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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les &#233;lections municipales &#224; Montr&#233;al, un point de vue de gauche</title>
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		<dc:date>2021-10-19T20:49:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Shragge, Jason Price, Mostafa Henaway</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-10-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On est au milieu d'une campagne &#233;lectorale &#224; Montr&#233;al pour la mairie et le conseil municipal qui semble &#234;tre une r&#233;p&#233;tition de la derni&#232;re campagne, avec un Denis Coderre rebaptis&#233; qui d&#233;fie Val&#233;rie Plante. Balarama Holness est &#224; la t&#234;te d'une troisi&#232;me &#233;quipe, le Mouvement Montr&#233;al. Et au niveau des arrondissements, plusieurs partis locaux se disputent des postes. Eric Shragge , Jason Price, Mostafa Henaway sont les co-auteurs de La politique urbaine &#224; Montr&#233;al : Guide des citoyen.ne.s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Municipalites-et-regions-" rel="directory"&gt;Municipalit&#233;s et r&#233;gions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-theme-quebec-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-10-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-10-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH77/arton50023-71333.png?1781298339' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On est au milieu d'une campagne &#233;lectorale &#224; Montr&#233;al pour la mairie et le conseil municipal qui semble &#234;tre une r&#233;p&#233;tition de la derni&#232;re campagne, avec un Denis Coderre rebaptis&#233; qui d&#233;fie Val&#233;rie Plante. Balarama Holness est &#224; la t&#234;te d'une troisi&#232;me &#233;quipe, le Mouvement Montr&#233;al. Et au niveau des arrondissements, plusieurs partis locaux se disputent des postes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Eric Shragge , Jason Price, Mostafa Henaway sont les co-auteurs de &lt;i&gt;La politique urbaine &#224; Montr&#233;al : Guide des citoyen.ne.s &lt;/i&gt;,Black Rose Books, 2021&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a beaucoup en jeu dans cette &#233;lection, &#224; la fois pour r&#233;pondre aux conditions d'avant la pand&#233;mie et pour r&#233;parer ses cons&#233;quences. Il y a urgence pour l'avenir de la ville et de la plan&#232;te. Les d&#233;fis fondamentaux sont le changement climatique, les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques et sociales, y compris de race et de genre, et la n&#233;cessit&#233; de construire une v&#233;ritable d&#233;mocratie urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Tant les partis en comp&#233;tition que les autres candidat.e.s qui se pr&#233;sentent doivent &#234;tre mises au d&#233;fi de r&#233;pondre &#224; ces probl&#232;mes. Les le&#231;ons importantes de notre livre nous am&#232;nent &#224; examiner l'interaction entre les structures et le contexte sp&#233;cifique qui fa&#231;onnent les probl&#232;mes et les options, ainsi que l'action des citoyennes et des citoyens dans leurs quartiers, dans les lieux de travail, ainsi que dans les mouvements sociaux qui luttent pour leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pouvoir in&#233;gal&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le pouvoir est in&#233;galement partag&#233;. Une part importante est entre les mains du capital priv&#233;, lui permettant de fa&#231;onner le paysage urbain. Cependant, les chapitres de notre livre d&#233;montrent le contre-pouvoir que les syndicats, les organisations communautaires et les mouvements sociaux peuvent exercer pour contester le processus de d&#233;veloppement capitaliste, force dominante qui fa&#231;onne la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Pour s'orienter face aux &#233;lections, il faut examiner les contraintes auxquelles est confront&#233;e toute administration municipale, quelles que soient son id&#233;ologie et ses politiques. Il y a des barri&#232;res structurelles profond&#233;ment ancr&#233;es qui fa&#231;onnent les possibilit&#233;s et cr&#233;ent des limites au sein desquelles les administrations sont oblig&#233;es &#224; agir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir des gouvernements municipaux est tr&#232;s limit&#233;, et les forces dominantes qui fa&#231;onnent la ville sont &#224; l'ext&#233;rieur du bureau de la maire et du conseil municipal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a un nombre de facteurs qui jouent ici un r&#244;le. La premi&#232;re est le fait que la propri&#233;t&#233; fonci&#232;re appartient en grande partie &#224; des particuliers et particuli&#232;res. Il s'agit d'une marchandise destin&#233;e &#224; maximiser la valeur et le profit. Et parce que la plupart des revenus de la ville viennent des imp&#244;ts fonciers, plus une propri&#233;t&#233; vaut sur le march&#233;, plus les revenus municipaux sont &#233;lev&#233;s. Cela favorise une approche dit de &#171; ruissellement &#187; : la ville a plus de revenus, elle peut en faire plus, et les revenus sont li&#233;s &#224; l'augmentation de la valeur des propri&#233;t&#233;s. Cela se joue dans la p&#233;riode actuelle d'intense sp&#233;culation financi&#232;re, l'immobilier &#233;tant une marchandise cl&#233; pour l'investissement du capital, alimentant davantage ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En second lieu, la ville est un niveau de gouvernement tr&#232;s subalterne et soumis aux d&#233;cisions du gouvernement provincial. On pourrait offrir de multiples exemples, mais deux sont surtout frappants pour la fa&#231;on dont ils fa&#231;onnent la mobilit&#233; &#224; l'int&#233;rieur de la ville : la structure Turcot, con&#231;ue pour amener le plus grand nombre possible de voiture au centre-ville et de retour &#224; la maison, et le projet du REM comme nouveau mode de transport, financ&#233; en partie important par le priv&#233; et li&#233; au d&#233;veloppement immobilier. Ce projet a peu &#224; voir avec les priorit&#233;s de la ville en mati&#232;re de transport en commun. Ces projets transformeront et ont d&#233;j&#224; transform&#233; fondamentalement la ville, faisant fi des &#233;lu.e.s par la d&#233;mocratie municipale. La ville a peu de pouvoir, et la d&#233;mocratie des &#233;lections municipales est &#233;mouss&#233;e par cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Trois approches de l'administration urbaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	C'est dans ce contexte, et sans trop nuancer, que nous pr&#233;sentons trois approches de l'administration municipale. En r&#233;alit&#233;, les approches se chevauchent. Mais chacune repr&#233;sente des directions et strat&#233;gies diff&#233;rentes du d&#233;veloppement urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La premi&#232;re est l'approche dominante. Il s'agit d'un mod&#232;le de croissance dict&#233; par les int&#233;r&#234;ts et les objectifs du capital immobilier et financier. Dans cette approche, la ville est consid&#233;r&#233;e comme un lieu d'investissement, et la terre est une marchandise pour le d&#233;veloppement priv&#233; &#224; la recherche de profit. De m&#234;me, la ville rivalise avec d'autres villes pour attirer les investissements priv&#233;s pour le tourisme (exemple, le Grand Prix). Elle investit dans les infrastructures en vue d'attirer des investissements dans de nouveaux secteurs, comme les jeux et le vid&#233;o &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il y a une dimension environnementale limit&#233;e, dans la mesure o&#249; le verdissement de la ville et le d&#233;veloppement des transports urbains sont un moyen pour attirer des investissements, mais cela &#224; condition de ne pas cr&#233;er des obstacles pour le march&#233; priv&#233;. Ce mod&#232;le de croissance est justifi&#233; par les budgets municipaux qui sont largement bas&#233;s sur l'imp&#244;t foncier. L'utilisation des sols contribue au budget de la ville. Il s'agit d'une approche dite &#171; du ruissellement &#187; du d&#233;veloppement urbain : elle profiterait en th&#233;orie &#224; tout le monde en raison de sa cr&#233;ation d'emplois et du plus gros budget municipal. Mais il est clair qui poss&#232;de le pouvoir et comment ce pouvoir est exerc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	La deuxi&#232;me approche ressemble plus &#224; la politique de Projet Montr&#233;al. Elle privil&#233;gie un programme vert et socialement progressiste mais elle joue dans les limites existantes et ne lance que des d&#233;fis timides aux structures &#233;conomiques et &#224; la politique dominantes. Elle consid&#232;re l'administration municipale comme un acteur qui agit ind&#233;pendamment des autres organisations et forces progressistes. De plus, particuli&#232;rement dans le cas de Montr&#233;al, il existe d'&#233;normes barri&#232;res et limites inh&#233;rentes &#224; ces structures qui cr&#233;ent des obstacles &#224; un programme progressiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le gouvernement de la ville a une structure bureaucratique puissante qui dirige la ville en d&#233;passant en effet les &#233;lu.e.s. De plus, la ville est le niveau de gouvernement qui a le moins d'autonomie. Son pouvoir d'imposer le revenu et la richesse est limit&#233;. Ainsi, par exemple, sans le financement des gouvernements provincial et f&#233;d&#233;ral, il lui est impossible de construire un nombre important de logements sociaux. Le gouvernement municipal fait ce qu'il peut dans des limites &#233;tablies et dans le cadre des processus bureaucratiques/technocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Des gouvernements comme celui de Projet Montr&#233;al peuvent essayer d'adopter des politiques progressistes et de prioriser des enjeux comme les espaces verts, la mobilit&#233; collective, le logement social. Mais ils le font en s'appuyant sur des approches traditionnelles qui se limitent aux pouvoirs d&#233;j&#224; tr&#232;s limit&#233;s de la ville. Il s'agit donc d'une pratique administrative et bureaucratique traditionnelle dans laquelle le pouvoir est centralis&#233; dans le bureau du ou de la maire et dans le comit&#233; ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ce genre de gouvernement soutient qu'il &#233;quilibre les int&#233;r&#234;ts de tous et de toutes, favorisant parfois des politiques progressistes aux d&#233;pens des grands promoteur.e.s, mais cela dans un cadre de compromis et de n&#233;gociation &#224; la fois avec le secteur priv&#233; et avec les autres niveaux de gouvernement.	Mais la puissance du capital financier et d'un gouvernement provincial hostile r&#233;&#233;quilibrent s&#233;v&#232;rement la balance vers les int&#233;r&#234;ts du d&#233;veloppement priv&#233; et, dans le contexte actuel, vers la sp&#233;culation financi&#232;re et l'&#233;talement urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Une troisi&#232;me approche consiste &#224; consid&#233;rer l'administration municipale comme faisant partie d'une opposition plus large au syst&#232;me &#233;conomique et social existant. S'emparer du gouvernement municipal est une dimension d'une remise en cause plus large de la structure de pouvoir dominante. En alliance avec les mouvements sociaux et les organismes communautaires, et en s'appuyant sur son propre parti, le gouvernement municipal cherche &#224; devenir un v&#233;hicule d'&#233;ducation et de mobilisation populaire pour d&#233;fendre des politiques et des programmes environnementaux, &#233;conomiques et sociaux et pour apporter des changements auxquels vont r&#233;sister les forces du capital. En s'appuyant sur ces comp&#233;tences et &#233;tant soutenu par des alli&#233;s populaires, ce genre de gouvernement municipal agit en faveur d'une redistribution des biens, des services et de la richesse. Il cherche &#224; retirer les terres du march&#233;, &#224; d&#233;velopper la ville &#224; l'usage des citoyen.ne.s et dans le respect de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette troisi&#232;me approche peut sembler trop id&#233;aliste par rapport &#224; ce que le gouvernement d'une ville peut faire. Mais il y a des pr&#233;c&#233;dents dans l'histoire de Montr&#233;al. Le FRAP (Front d'action politique) &#233;tait un parti politique urbain qui s'est pr&#233;sent&#233; aux &#233;lections en 1970. Il a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; comme coalition d'organisations communautaires et syndicales et se voyait comme une tentative de construire un parti dans les quartiers populaires et qui unirait les syndicats et les organisations communautaires les plus militantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	&#192; la fin des ann&#233;es 1970, lors de son bref virage &#224; gauche, le Mouvement des citoyennes et des citoyens de Montr&#233;al (RCM) avait comme vision une ville de conseils de quartier (le pr&#233;curseur de la version &#233;dulcor&#233;e des conseils d'arrondissement qui existent maintenant), comme lieu d'alliance entre la communaut&#233; organis&#233;e et le monde du travail en vue de contester le pouvoir de la classe dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Ces deux visions consid&#233;raient le gouvernement municipal comme un outil pour renforcer la puissance de la contestation locale, comme plate-forme pour contester le pouvoir de classe dominante. Il y a aussi &#233;videmment l'histoire de comment ces visions radicales ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;es par des politicien.ne.s &#171; pragmatiques &#187; et &#171; r&#233;formistes &#187; qui ont assum&#233; le leadership des partis et ont ensuite pris le pouvoir. Il est peut-&#234;tre facile de rejeter cette vision radicale du gouvernement urbain comme irr&#233;aliste. Mais sans l'alliance entre les forces populaires d'opposition et le gouvernement municipal, des r&#233;formes progressistes sont au mieux difficiles, et au pire impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Dans le contexte actuel, il existe des contrastes importants entre Coderre et Plante sur la fa&#231;on dont elle et lui affrontent ces d&#233;fis et ces limites. Mais il y a aussi certains points communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Coderre dans son incarnation actuelle pr&#233;tend avoir appris de ses erreurs du pass&#233; et &#234;tre pr&#234;t &#224; reprendre le leadership de la ville, guid&#233; par de nouvelles id&#233;es. En r&#233;alit&#233;, il est toujours &#171; l'homme de l'establishment &#187; avec des liens &#233;troits avec le monde des affaires, du sport et le Parti lib&#233;ral. Le processus de son retour nous en dit long sur sa compr&#233;hension de la d&#233;mocratie. D&#232;s qu'il a signal&#233; son retour, il s'est vu confier, ou il a pris, la direction de son parti Ensemble Montr&#233;al. Qui prend les d&#233;cisions dans ce parti ? Les membres votent-elles et ils pour la direction, ou le font les membres &#233;lus du conseil ? Il est clair que le parti &#8211; c'est Coderre, un club priv&#233;, comme &#233;tait le Parti Civique de Jean Drapeau. Compte tenu le pouvoir prononc&#233; du maire dans la structure de la ville, Coderre repr&#233;sente l'approche &#171; la ville c'est moi ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Coderre peut &#234;tre d&#233;crit comme meneur de claque pour la ville. Il cherche &#224; la &#171; mettre sur la carte &#187; en pensant grand, en attirant des &#233;v&#233;nements et des investissements. Il utilise une rh&#233;torique progressiste, mais sans propositions concr&#232;tes, afin de masquer son attachement au march&#233; libre et son soutien aux investissements sp&#233;culatifs. Un bon exemple est son opposition &#224; la limitation mod&#233;r&#233;e du d&#233;veloppement de logements par l'administration actuelle dans le cadre de sa politique 20-20-20. (Le r&#232;glement &#171; 20-20-20 &#187; du 1er avril 1921 oblige les promoteurs immobiliers &#224; construire des logements sociaux, abordables et familiaux : 20 % de logements sociaux, 20 % de logements abordables et 20 % de &#171; logements familiaux &#187; avec un minimum de trois chambres.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En m&#234;me temps, Coderre comprend les limites de l'administration municipale. Il a promu activement et avec un certain succ&#232;s l'augmentation de ses pouvoirs. Il est trop t&#244;t pour voir comment tout cela se jouera. Mais sur la base de son pass&#233; et de la forme qu'a prise sa r&#233;surrection, on peut anticiper un soutien &#224; une ville verte mais seulement dans la mesure o&#249; cela ne g&#234;ne pas la circulation et le stationnement et ne freine pas le d&#233;veloppement priv&#233; et la sp&#233;culation. Il y aura aussi peu ou pas de souci pour la justice du logement, mais un appui aux habitations de haute densit&#233; sans &#233;gard &#224; qui les occupera. Des &#233;v&#233;nements &#224; grande &#233;chelle r&#233;appara&#238;tront, puisque le monde aime les cirques. Les probl&#232;mes fondamentaux de pauvret&#233;, de la p&#233;nurie de logements abordables et du pouvoir d&#233;mocratique local seront absents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En qui concerne Projet Montr&#233;al, les probl&#232;mes sont diff&#233;rents. Nous ne passerons pas en revue ici toutes ses r&#233;alisations et tous ses &#233;checs, ni les d&#233;tails de sa plate-forme. Il est clair que les priorit&#233;s de ce gouvernement ont &#233;t&#233; l'augmentation constante d'espaces verts, l'am&#233;lioration et l'extension des transports publics et un engagement en faveur du logement social et de revenu mixte, ainsi que du soutien &#224; des formes alternatives de d&#233;veloppement &#233;conomique, comme les &#233;conomies circulaires et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est facile de critiquer les &#233;checs de ce gouvernement. En m&#234;me temps, nous devons reconna&#238;tre les limites du gouvernement municipal pr&#233;sent&#233;es ci-dessus. Il y a de nombreux d&#233;fis. Mais celui dont nous voulons discuter ici, puisqu'il est central, est le rapport entre une administration municipale progressiste et les mouvements populaires locaux, sociaux et environnementaux, avec parfois, les membres de Projet Montr&#233;al poussant tous et toute pour une transformation de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Au cours de son premier mandat, l'administration du Projet Montr&#233;al s'est comport&#233;e de mani&#232;re tr&#232;s traditionnelle &#8211; comme un gouvernement politiquement et socialement d&#233;tach&#233; de ses alli&#233;.e.s potentiel.le.s. L'administration a agi de mani&#232;re tr&#232;s autoritaire envers les conseillers et les conseill&#232;res dissident.e.s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un programme politique qui veut red&#233;finir l'utilisation des terres, d&#233;fier la sp&#233;culation et le d&#233;veloppement priv&#233; dans le logement, placer les v&#233;los et les pi&#233;tons au-dessus des voitures, agir en faveur d'une r&#233;duction importante des &#233;missions de carbone est directement confront&#233; au pouvoir du secteur priv&#233;, &#224; une grande partie des m&#233;dias de masse et aux gouvernements provincial et f&#233;d&#233;ral. Sans strat&#233;gie alternative, un deuxi&#232;me mandat de Projet Montr&#233;al sera confront&#233; &#224; des limites s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Le Projet Montr&#233;al devrait se consid&#233;rer comme parti d'opposition m&#234;me s'il remporte les &#233;lections &#8211; d'opposition au pouvoirs &#233;conomiques et politiques dominants. Comment l'administration municipale peut-elle augmenter son pouvoir ? Deux &#233;tapes sont n&#233;cessaires. La premi&#232;re &#233;tape est une ren&#233;gociation des pouvoirs avec le gouvernement provincial pour donner &#224; la ville un plus grand contr&#244;le sur ses finances et son d&#233;veloppement. Coderre a eu un certain succ&#232;s pendant son mandat, mais sous Legault cela semble tr&#232;s improbable. Il s'agit donc d'un plan &#224; plus long terme, qui apporterait la possibilit&#233; d'une d&#233;mocratie locale plus significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	En attendant, probablement longtemps, l'administration municipale doit nouer des alliances avec la base populaire, y compris les organisations de logement, de l'environnement et de justice sociale. Elle doit soutenir leurs revendications et mobiliser en cause commune autour des enjeux fondamentaux de notre temps. Ce processus sera un de tension, mais le gouvernement municipal peut faire partie d'un contre-pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Un exemple d'&#233;chec est la d&#233;cision controvers&#233;e prise par Plante de fermer partiellement le chemin Camilien Houde sur le Mont Royal. C'&#233;tait un &#233;chec en grande partie &#224; cause des pressions des chauffeur.e.s et des m&#233;dias dominants. Sans entrer dans une discussion sur le fond de l'affaire, ce qui n'a pas &#233;t&#233; fait, c'est mobiliser &#224; la fois les groupes extra-parlementaires soutenant la r&#233;duction de l'automobile et l'expansion des espaces verts et les membres du parti dans les associations locales pour d&#233;fendre la d&#233;cision et pour soutenir le verdissement de la montagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Il est trop t&#244;t pour situer le Mouvement Montr&#233;al et Balarama Holness. Ils ont pris des positions progressistes, comme la proposition de prendre de l'argent aux budgets de la police et l'engagement de construire des logements sociaux. Cependant, il est facile de faire des promesses si on ne dit pas comment on va les r&#233;aliser, comment on obtiendra les ressources pour le faire et le soutien des niveaux sup&#233;rieurs de gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais cela s'applique &#224; tous les partis. Car la p&#233;riode &#233;lectorale ressemble parfois &#224; une comp&#233;tition pour promettre plus sans expliquer comment les promesses vont &#234;tre livr&#233;es. Dans le cas de Holness, il manque aussi une structure de parti claire et de responsabilit&#233;s envers ses membres. Les int&#233;r&#234;ts de qui sont repr&#233;sent&#233;s ? Comme dans le cas de Coderre, le leader semble avoir un pouvoir absolu au sein du le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Les &#233;lu.e.s ont tendance &#224; s'isoler et une fois &#233;lu.e.s. Elles et ils croient que leur &#171; mandat &#187; est toute l'autorit&#233; qu'il faut. Il n'y a aucune analyse du cadre plus large du pouvoir. Il n'y a pas de pratique de construction et de maintien d'une base de pouvoir plus large entre les &#233;lections, pas de consid&#233;ration du r&#244;le que peuvent jouer des alli&#233;.e.s pour soutenir les changements progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Cette erreur trahit non seulement une m&#233;connaissance du fonctionnement du pouvoir dans la Ville de Montr&#233;al, mais aussi une grave erreur de strat&#233;gie &#233;lectorale. Avec la nouvelle plate-forme de Projet Montr&#233;al, les int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, tels que les sp&#233;culateur.e.s et les promoteur.e.s immobilier.e.s, les commer&#231;ant.e.s, l'establishment politique et les m&#233;dias s'opposeront aux tentatives de limiter le d&#233;veloppement priv&#233;, de ralentir la circulation automobile, d'utiliser les ressources publiques pour la redistribution aux populations &#224; faible revenu, de restreindre l'action des d&#233;veloppeurs, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Sans une compr&#233;hension de la fa&#231;on dont le pouvoir fonctionne et de qui sont les alli&#233;.e.s, le changement progressiste et la r&#233;forme urbaine ne seront pas possibles. La consultation et la construction d'alliances avec les alli&#233;.e.s et la constitution d'une large base populaire sont la cl&#233; pour faire avancer la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	Mais parall&#232;lement, les organisations communautaires et les mouvements sociaux doivent s'organiser, coordonner leurs revendications et se concentrer sur la mairie. Sans un processus ascendant d'en bas et une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e &#224; la mairie pour construire une alliance d'opposition, quelle que soit l'intention des &#233;lu.e.s, les puissances dominantes l'emporteront.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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