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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La naissance d'une dette agricole et alimentaire</title>
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		<dc:date>2019-02-05T12:32:32Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest, Renaud Duterme</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-02-05</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans un rapport accablant sur l'alimentation publi&#233; par la revue m&#233;dicale The Lancet, les auteurs pointent notamment la responsabilit&#233; des multinationales de l'agroalimentaire dans la double &#233;pid&#233;mie de sous-alimentation et d'ob&#233;sit&#233; qui touche notre plan&#232;te. Ils d&#233;noncent &#233;galement leur responsabilit&#233; dans le r&#233;chauffement climatique. L'occasion de publier ci-dessous un chapitre tir&#233; du livre La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, dans lequel nous analysions les origines et les d&#233;rives de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-02-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-02-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton37664-02f5a.png?1674677194' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un rapport accablant sur l'alimentation publi&#233; par la revue m&#233;dicale The Lancet, les auteurs pointent notamment la responsabilit&#233; des multinationales de l'agroalimentaire dans la double &#233;pid&#233;mie de sous-alimentation et d'ob&#233;sit&#233; qui touche notre plan&#232;te. Ils d&#233;noncent &#233;galement leur responsabilit&#233; dans le r&#233;chauffement climatique. L'occasion de publier ci-dessous un chapitre tir&#233; du livre La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, dans lequel nous analysions les origines et les d&#233;rives de ce syst&#232;me moribonde, domin&#233; par l'agrobusiness.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Venezuela, &#201;gypte, in&#233;galit&#233;s, Gr&#232;ce...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est bien un domaine o&#249; la g&#233;ographie Nord-Sud garde toute sa pertinence, c'est celui de l'alimentation mondiale. Il suffit d'observer la carte du monde de la malnutrition pour constater les ravages de la faim dans les pays du tiers-monde. C'est l&#224; un des plus grands &#233;checs du syst&#232;me &#233;conomique actuel : alors que la production agricole n'a jamais &#233;t&#233; aussi abondante, une personne sur sept souffre de la faim, au moins un tiers des aliments produits sont gaspill&#233;s [1] et le nombre de personnes en surpoids d&#233;passe d&#233;sormais le nombre d'affam&#233;s. Ces chiffres d&#233;montrent &#224; eux seuls l'absurdit&#233; du mod&#232;le agricole dominant, gangren&#233; par des imp&#233;ratifs de profit sans borne et de concurrence &#224; outrance. Or les causes historiques expliquant cette situation sont pr&#233;cis&#233;ment les m&#234;mes que celles qui expliquent la dette &#233;cologique : colonisation, exploitation intensive, plans d'ajustement structurel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230; En d'autres termes, les modifications de la production agricole, d'abord par le colonisateur, ensuite par les institutions financi&#232;res internationales &#224; travers les r&#232;gles du jeu du commerce mondial, imposent de reconna&#238;tre que la dette agricole, alimentaire, fait partie int&#233;grante de la dette &#233;cologique . En effet, les facteurs affectant l'environnement finissent toujours par avoir une incidence sur l'alimentation des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Une vieille histoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, pour comprendre les in&#233;galit&#233;s alimentaires d'aujourd'hui, il faut revenir quelques si&#232;cles en arri&#232;re. D&#232;s la colonisation, la structure de la production alimentaire des pays du tiers-monde fut totalement transform&#233;e dans le but de fournir aux m&#233;tropoles les ressources dont elles avaient besoin. La promotion du &#171; tout-&#224;-l'exportation &#187; au d&#233;triment des cultures vivri&#232;res rendit ces pays extr&#234;mement vuln&#233;rables aux al&#233;as climatiques. Mike Davis d&#233;montre ainsi de fa&#231;on magistrale la responsabilit&#233; des politiques coloniales dans de nombreuses famines survenues au XIXe si&#232;cle dans la &#171; p&#233;riph&#233;rie &#187; &#224; la suite d'une s&#233;rie de s&#233;cheresses li&#233;es au courant marin El Ni&#241;o. Dans de nombreux pays, &#233;crit-il, &#171; la s&#233;cheresse acheva une paysannerie d&#233;j&#224; mise &#224; genoux par l'ouverture au march&#233; mondial &#187; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, &#224; l'instar des paysans anglais plusieurs si&#232;cles auparavant, des milliers de producteurs furent rendus d&#233;pendants d'un approvisionnement ext&#233;rieur, aux conditions du march&#233;, par la soumission de l'agriculture au mod&#232;le colonial capitaliste. Les cons&#233;quences en sont encore visibles aujourd'hui, 70 % des pays du Sud &#233;tant des importateurs nets de produits alimentaires [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mise au pas des agriculteurs du Sud se poursuivit apr&#232;s les ind&#233;pendances. Ici encore, l'utilisation de la dette fut fondamentale, puisque les plans d'ajustement structurel impos&#233;s par le FMI et la Banque mondiale ne firent que renforcer la priorit&#233; d&#233;j&#224; donn&#233;e aux cultures d'exportation, n&#233;cessaires &#224; l'accumulation de devises [4]. C'est ainsi que la d&#233;pendance au march&#233; mondial des pays du tiers-monde s'accentua. Le meilleur (ou le pire ?) exemple en est probablement Ha&#239;ti, qui, autrefois autosuffisant, est aujourd'hui contraint d'importer du riz, notamment en provenance des &#201;tats-Unis [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un syst&#232;me truqu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture des fronti&#232;res commerciales promue par les institutions financi&#232;res internationales depuis les ann&#233;es 1980 a eu des cons&#233;quences particuli&#232;rement d&#233;sastreuses pour l'alimentation de peuples entiers. Dans l'agriculture comme dans l'industrie, les grandes puissances (Grande-Bretagne, &#201;tats-Unis, Japon) se sont d&#233;velopp&#233;es en prot&#233;geant leurs producteurs de la concurrence &#233;trang&#232;re. Ce n'est qu'une fois &#233;tablie leur position de force qu'elles se permettaient, sous couvert de lib&#233;ralisme, d'imposer le libre-&#233;change &#224; leur &#171; partenaires &#187; les moins comp&#233;titifs. Toutes proportions gard&#233;es, cela reste encore vrai aujourd'hui, et cela passe notamment par le m&#233;canisme de la dette. Marcel Mazoyer, ing&#233;nieur agronome, r&#233;sume la situation de la fa&#231;on suivante : &#171; Le FMI et la Banque mondiale se pressent aupr&#232;s des pays endett&#233;s pour leur imposer un libre-&#233;change agricole [&#8230;]. La baisse des protections a &#233;t&#233; une des conditions &#224; l'attribution de nouveaux cr&#233;dits, qui &#233;taient con&#231;us pour rembourser la dette, perp&#233;tuant ainsi le cycle infernal [6]. &#187; De cette fa&#231;on, on a assist&#233; &#224; une mise en concurrence de l'ensemble des agriculteurs de la plan&#232;te, des exploitations agro-industrielles latifundiaires du Br&#233;sil ou d'Australie aux petits paysans, en passant par les agriculteurs subventionn&#233;s d'Europe ou d'Am&#233;rique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car une autre &#171; trahison &#187; de ce syst&#232;me qui se pr&#233;tend &#171; lib&#233;ral &#187;, c'est le deux poids, deux mesures qui caract&#233;rise les relations &#233;conomiques mondiales. Alors que l'on interdit aux &#201;tats du Sud, via les plans d'ajustement structurel ou l'Organisation mondiale du commerce (OMC), de soutenir leurs petits producteurs, les gouvernements &#233;tasunien et europ&#233;ens subventionnent leurs agriculteurs &#224; coups de milliards de dollars. Les r&#232;gles du jeu sont donc biais&#233;es, comme l'explique Marcel Mazoyer : &#171; Les subventions g&#233;n&#233;reusement accord&#233;es par le Nord conduisent &#224; un syst&#232;me qui leur permet de vendre en dessous de leur prix de revient [&#8230;]. Alors qu'ils imposent le libre-&#233;change &#224; tout le monde, ils s'autorisent &#224; truquer les r&#232;gles des subventions, qui viennent compenser la diff&#233;rence qui existe entre le prix de march&#233; international et le prix de revient de leurs agriculteurs. &#187; De l'autre c&#244;t&#233;, poursuit-il, &#171; les pays pauvres ne peuvent pas faire de m&#234;me parce qu'ils n'ont pas les ressources budg&#233;taires pour subventionner leurs producteurs [&#8230;]. Le prix international devient inf&#233;rieur au prix de revient de 80 % des paysans dans le monde. Et s'ils ne sont pas aid&#233;s, ils mourront de pauvret&#233; et de faim, ou seront oblig&#233;s de quitter leur ferme [7] &#187;. C'est un v&#233;ritable dumping, qui permet d'expliquer pourquoi des aliments europ&#233;ens se retrouvent sur des march&#233;s d'Afrique &#224; un prix inf&#233;rieur &#224; celui des produits locaux, plongeant les producteurs dans la d&#233;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Politique agricole commune (PAC) est r&#233;v&#233;latrice de ce pernicieux syst&#232;me. Instaur&#233;e &#224; l'origine pour assurer la s&#233;curit&#233; alimentaire de l'Europe, elle constitue aujourd'hui une machine de destruction de la petite agriculture, promouvant &#224; tout-va l'agriculture industrielle, notamment &#224; travers la lib&#233;ralisation des prix et une politique de subsides favorable aux grands groupes agroalimentaires [8]. Les effets sont &#233;galement n&#233;gatifs au Nord, puisque le nombre d'agriculteurs chute d'ann&#233;e en ann&#233;e, ce qui accro&#238;t toujours plus la taille des exploitations restantes [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une contre-r&#233;forme agraire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre &#233;l&#233;ment permettant de comprendre l'impasse agricole dans laquelle nous nous trouvons est la r&#233;partition des terres arables. Les politiques fonci&#232;res promues depuis la colonisation et jusqu'&#224; nos jours repr&#233;sentent de v&#233;ritables contre-r&#233;formes agraires, puisqu'elles entra&#238;nent une concentration toujours plus importante des terres dans des mains toujours moins nombreuses. Depuis plusieurs si&#232;cles, l'accaparement des terres ne cesse de s'accentuer, enrichissant une poign&#233;e de propri&#233;taires terriens et d'entreprises transnationales au d&#233;triment des petits producteurs, souvent contraints de travailler sous contrat salari&#233; dans de grandes exploitations ou de rejoindre les p&#233;riph&#233;ries des m&#233;gapoles. La sociologie des populations souffrant de la faim est d'ailleurs embl&#233;matique : 75 % sont des ruraux (parmi lesquels 9 sur 10 sont des paysans pauvres, des ouvriers agricoles mal pay&#233;s et leur famille), les 25 % restants &#233;tant des producteurs agricoles condamn&#233;s &#224; l'exode par la pauvret&#233; et la faim [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que la tr&#232;s grande majorit&#233; des paysans soient d&#233;pourvus de terres est &#233;galement r&#233;v&#233;lateur de la d&#233;tresse alimentaire mondiale actuelle. Les travailleurs agricoles sont souvent contraints de produire avant tout pour le march&#233; mondial, au d&#233;triment de leurs propres besoins. M&#234;me la situation des petits propri&#233;taires est difficile, car leurs engagements financiers (pr&#234;ts pour l'achat des semences, du mat&#233;riel agricole, etc.) les obligent &#224; produire pour rembourser leur dette. Sur l'autre plateau de la balance, les grands propri&#233;taires pratiquent sur des surfaces consid&#233;rables une culture intensive de produits tropicaux, d'aliments &#224; destination du b&#233;tail ou d'agrocarburants, principalement destin&#233;s aux march&#233;s et aux consommateurs moyens du Nord, mais aussi, de plus en plus souvent, &#224; ceux des pays &#233;mergents (sans oublier les milliers d'hectares laiss&#233;s en jach&#232;re &#224; des fins sp&#233;culatives).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien ici que le probl&#232;me de la faim n'est pas tant une question de quantit&#233;s produites que d'acc&#232;s &#224; la terre. Ces dix derni&#232;res ann&#233;es, le ph&#233;nom&#232;ne d'accaparement des terres a litt&#233;ralement explos&#233;, concernant plus de 200 millions d'hectares [11]. Outre les entreprises et les investisseurs financiers (sp&#233;culateurs, banques, fonds de pension, hedge funds&#8230;), ce sont les &#201;tats manquant de potentialit&#233;s agricoles qui ach&#232;tent des milliers d'hectares. On assiste ainsi &#224; une v&#233;ritable ru&#233;e vers les terres arables de la part de l'Arabie Saoudite, du Qatar, de l'Union europ&#233;enne ou encore de la Cor&#233;e du Sud. Et de nombreux &#201;tats se voient contraints de vendre leurs terres aux plus offrants, notamment pour satisfaire les exigences du FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me agro-alimentaire mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis ses d&#233;buts, le capitalisme entra&#238;ne une concentration des moyens de production. Celle-ci a probablement atteint un niveau in&#233;gal&#233; dans l'histoire de l'humanit&#233; avec l'av&#232;nement de l'&#233;conomie mondialis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur de l'alimentation n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Cette concentration repr&#233;sente un facteur d'explication d&#233;cisif de l'ins&#233;curit&#233; alimentaire dans laquelle vit une bonne partie de la population mondiale. Le syst&#232;me agricole est en effet tenu par quelques multinationales tentaculaires qui ont la haute main sur les fili&#232;res agricoles en amont et en aval. Par exemple, dix entreprises contr&#244;lent aujourd'hui &#224; elles seules la moiti&#233; du march&#233; mondial des semences commerciales [12]. Et les semences ne sont pas l'unique secteur concern&#233;. Selon l'association Grain, ces deux derni&#232;res d&#233;cennies ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre d'un changement radical : les grandes entreprises contr&#244;lent d&#233;sormais la production en tant que telle, notamment par le biais de l'agriculture contractuelle. Concr&#232;tement, la puissance de ces conglom&#233;rats leur permet de soumettre des producteurs &#224; leurs normes et exigences, conduisant &#224; la faillite les moins aptes &#224; y r&#233;pondre. Ces normes peuvent &#234;tre quantitatives, qualitatives ou sanitaires. Par ce moyen, les grandes entreprises ont le pouvoir d'imposer partout la monoculture (d&#233;sastreuse pour la biodiversit&#233; et &#224; l'origine de &#171; d&#233;serts verts [13] &#187;), de saper les syst&#232;mes de semences paysans et de s'introduire dans les march&#233;s locaux [14]. Et il est inutile de souligner leur poids dans la fixation des prix et des march&#233;s de ressources n&#233;cessaires &#224; la survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Cargill est embl&#233;matique. Cette multinationale dont le chiffre d'affaires se compte en dizaines de milliards de dollars est sp&#233;cialis&#233;e dans le n&#233;goce de l'huile de palme, la canne &#224; sucre, l'&#233;levage laitier, le b&#233;tail, les volailles, les porcs et l'aquaculture. Selon Jean Ziegler, la structure de cette soci&#233;t&#233; lui permet de stocker d'&#233;normes quantit&#233;s de bl&#233;, de riz ou de ma&#239;s dans l'attente de prix plus r&#233;mun&#233;rateurs ; lorsque ces prix sont d'actualit&#233;, elle peut &#233;couler sa marchandise sur les cinq continents en un temps record [15]. Ziegler explique : &#171; Les oligopoles p&#232;sent de tout leur poids pour imposer les prix alimentaires &#224; leur avantage, c'est-&#224;-dire au niveau le plus &#233;lev&#233; possible. Mais quand il s'agit de conqu&#233;rir un march&#233; local, d'&#233;liminer des concurrents, les seigneurs des grains pratiquent volontiers le dumping. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation actuelle de l'agriculture a donc pour effet, d'une part, de d&#233;sarmer totalement les &#233;conomies du Sud et, d'autre part, de standardiser la production agricole en se focalisant uniquement sur les cultures potentiellement les plus r&#233;mun&#233;ratrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La bourse aux mati&#232;res premi&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chicago, Kansas City, Minneapolis : ces trois villes &#233;tasuniennes situ&#233;es de part et d'autres de la Corn Belt [16] ont en commun d'abriter les principales places boursi&#232;res o&#249; se n&#233;gocient les prix des mati&#232;res premi&#232;res agricoles. Compte tenu de la situation &#233;voqu&#233;e pr&#233;c&#233;demment, elles sont devenues de plus en plus d&#233;terminantes pour l'avenir alimentaire de plusieurs milliards de personnes. Les deux derni&#232;res d&#233;cennies ont vu augmenter comme jamais auparavant la volatilit&#233; des cours des mati&#232;res agricoles, cr&#233;ant in&#233;vitablement un terrain de jeux id&#233;al pour les sp&#233;culateurs. La finance, en collaboration avec les multinationales dominantes du commerce agricole, a transform&#233; les courbes des prix alimentaires en montagnes russes. Bien &#233;videmment, &#224; l'autre bout de la cha&#238;ne, ce sont les plus d&#233;munis qui subissent de plein fouet les effets de cette instabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paroxysme de cette situation a &#233;t&#233; atteint en 2008, lorsque les prix des principaux aliments de base (bl&#233;, riz, ma&#239;s) ont litt&#233;ralement explos&#233;, tandis que ceux des mati&#232;res premi&#232;res cultiv&#233;es par de nombreux agriculteurs (cacao, th&#233;, caf&#233;) restaient stables et relativement bas. La plupart du temps, ce sont les al&#233;as climatiques et l'insuffisance de l'offre par rapport &#224; une demande croissante qui sont point&#233;s du doigt comme responsables des hausses de prix. Ces explications comportent certes une part de v&#233;rit&#233; (mauvaises r&#233;coltes, augmentation de la consommation de viande dans les pays &#233;mergents, agrocarburants&#8230;), mais force est de constater que la sp&#233;culation aggrave grandement le mal, notamment en raison du comportement moutonnier des investisseurs financiers, pour qui les perspectives de profit passent bien avant l'alimentation de centaines de millions de personnes. Ainsi, &#224; la suite de la d&#233;b&#226;cle boursi&#232;re de 2007, l'afflux consid&#233;rable de fonds sur les march&#233;s agricoles a emp&#234;ch&#233; des populations enti&#232;res d'acheter de la nourriture, ce qui a donn&#233; lieu &#224; des &#233;meutes de la faim dans une quinzaine de pays [17]. Cela s'explique par le fait que, &#171; dans les m&#233;nages des pays pauvres, 60 &#224; 80 % du budget total est d&#233;pens&#233; pour les produits alimentaires [18] &#187;. On pourrait penser qu'une hausse des prix favorise les petits producteurs, mais il n'en est rien, pour deux raisons : en premier lieu, une grande partie de ces derniers (principalement au Sud) sont des acheteurs nets de produits alimentaires, c'est-&#224;-dire qu'ils consacrent plus d'argent aux d&#233;penses alimentaires qu'ils n'en gagnent en vendant leur production ; en second lieu, les co&#251;ts de production (&#233;nergie, fertilisants&#8230;) ont tendance &#224; augmenter parall&#232;lement aux prix des mati&#232;res premi&#232;res [19]. Par cons&#233;quent, la hausse du chiffre d'affaires de ces producteurs est directement absorb&#233;e par l'augmentation des co&#251;ts. En cons&#233;quence, les paysans se retrouvent dans une situation d'instabilit&#233; profonde. Ils sont de plus en plus nombreux &#224; &#234;tre contraints de s'endetter, de vendre leur mat&#233;riel, leur cheptel ou leur terre. Ils fournissent bient&#244;t une main-d'&#339;uvre saisonni&#232;re bon march&#233; et vont grossir la population des bidonvilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tonnamment, ces &#233;l&#233;ments d'explication sont souvent tus par les grandes institutions financi&#232;res internationales, pour qui la question de la faim se r&#233;duit &#224; une insuffisance de la productivit&#233;. Les rem&#232;des propos&#233;s &#8211; industrialisation de l'agriculture et lib&#233;ralisation des march&#233;s agricoles &#8211; ne font donc qu'aggraver le mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; noter que la p&#233;nurie alimentaire peut &#233;galement devenir source de profit. &#192; l'instar des commer&#231;ants sans scrupules qui, en p&#233;riode de famine, stockaient des aliments afin de s'enrichir sur le dos des affam&#233;s, il existerait une sp&#233;culation sur des esp&#232;ces menac&#233;es d'extinction. Ainsi, la firme Mitsubishi, qui contr&#244;le 40 % du march&#233; du thon rouge, cong&#232;le des quantit&#233;s astronomiques de ce poisson. De l&#224; &#224; pr&#233;dire que, en cas d'effondrement des r&#233;serves naturelles, les quantit&#233;s stock&#233;es pourront se marchander &#224; des prix colossaux, il n'y a qu'un pas [20] &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre les paysans, contre la nature, contre les consommateurs&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nul besoin d'&#234;tre agronome pour comprendre que tout ce qui pr&#233;c&#232;de engendre un syst&#232;me &#224; la fois absurde, dangereux, injuste et insoutenable :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; absurde, cela se voit dans notre assiette : standardisation des produits [21], aliments transport&#233;s, pour la plupart, sur des milliers de kilom&#232;tres [22] (pommes du Chili, haricots du Kenya&#8230;), fruits et l&#233;gumes sans saveur, omnipr&#233;sence de la malbouffe, multiplication des scandales alimentaires [23], gaspillage consid&#233;rable lors de la production, du transport et de la consommation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; dangereux du fait de l'usage de pesticides [24] et d'antibiotiques, du manque de vitamines dans les aliments d&#251; &#224; la standardisation des produits, des &#233;pid&#233;mies animales r&#233;currentes [25], de l'absence de tra&#231;abilit&#233; des produits [26], de l'explosion des taux d'ob&#233;sit&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; injuste &#224; cause de la concentration des exploitations (en France, leur taille a &#233;t&#233; multipli&#233;e par 70 en quarante ans) [27], de la perte d'acc&#232;s au march&#233; des semences, des profits faramineux r&#233;alis&#233;s par une classe de sp&#233;culateurs et d'industriels, de la faim dans laquelle vivent des millions d'autres, de l'appauvrissement des petits agriculteurs (au Sud comme au Nord) [28], de la d&#233;shumanisation de leur m&#233;tier, qui s'apparente de plus en plus &#224; un travail de technicien [29]&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; insoutenable en raison de l'appauvrissement de la biodiversit&#233; (v&#233;g&#233;tale et animale), des monocultures, de l'&#233;rosion, de la d&#233;forestation, des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (CO2 et m&#233;thane principalement) [30], de la pollution des nappes phr&#233;atiques (notamment par le lisier), des conditions de vie d&#233;plorables des animaux, de la destruction des paysages, de la surconsommation d'eau, de p&#233;trole, de terres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat actuel de l'agriculture mondiale est donc une parfaite illustration du fait que les peuples subissent les cons&#233;quences de d&#233;cisions prises par une infime minorit&#233; (les 1 %) pour qui la conduite des affaires est uniquement guid&#233;e par des perspectives de profit &#224; court terme. On voit l&#224; les effets n&#233;fastes que peuvent avoir dans la vie quotidienne de la majorit&#233; la concentration des pouvoirs et l'absence de d&#233;mocratie &#233;conomique. Par cons&#233;quent, l'agro-business et ses acteurs (sp&#233;culateurs, financiers, grands propri&#233;taires fonciers) doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme d&#233;biteurs d'une dette agricole et alimentaire vis-&#224;-vis de la majorit&#233;. Reconna&#238;tre cela doit nous conduire &#224; nous r&#233;approprier notre alimentation, par le d&#233;mant&#232;lement des grands groupes, l'imposition de v&#233;ritables r&#233;formes agraires, la mise en &#339;uvre de politiques de soutien aux petits producteurs et aux pratiques de l'agro&#233;cologie (plus efficace que l'agriculture intensive [31]), une relocalisation de la production, et surtout une autonomie nationale, r&#233;gionale et locale accrue. En somme, il faut interrompre le creusement de cette dette alimentaire en d&#233;concentrant la production agricole et en promouvant une agriculture de proximit&#233;, par et pour les paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Chiffres de la FAO publi&#233;s en septembre 2013 : &lt;a href=&#034;http://www.fao.org/docrep/018/i3347e/i3347e.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fao.org/docrep/018/i3347e/i3347e.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Mike Davis, G&#233;nocides tropicaux, Paris, La D&#233;couverte, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Grain, L'&#201;cologiste, n&#176; 26, &#233;t&#233; 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Voir Eric de Ruest et Renaud Duterme, La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, chapitre 2&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Sophie Perchellet, Ha&#239;ti. Entre colonisation, dette et domination, Li&#232;ge, CADTM/PAPDA, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Marcel Mazoyer, &#171; La situation agricole et alimentaire mondiale et ses cons&#233;quences pour l'Afrique &#187;, 2006, &lt;a href=&#034;http://www.gabrielperi.fr/Communication-de-Marcel-Mazoyer&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gabrielperi.fr/Communication-de-Marcel-Mazoyer&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Un exemple parmi d'autres : en 2012, le premier b&#233;n&#233;ficiaire fran&#231;ais de la PAC a &#233;t&#233; le groupe Doux, sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;levage de volailles. Il a empoch&#233; pas moins de 55 millions d'euros (&lt;a href=&#034;http://farmsubsidy.openspending.org/FR/2012/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://farmsubsidy.openspending.org/FR/2012/&lt;/a&gt;), alors que son chiffre d'affaires pour 2010 s'&#233;levait &#224; 1,406 milliard d'euros (&lt;a href=&#034;http://www.doux.com/-Panorama-financier-.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.doux.com/-Panorama-financier-.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] En Belgique, le nombre de fermes est pass&#233; de 114 000 en 1980 &#224; moins de 40 000 aujourd'hui. Le nombre de fermes perdues chaque ann&#233;e est estim&#233; &#224; 3 000. Les chiffres sont tout aussi catastrophiques dans les autres pays d'Europe. Depuis la mise en place de la PAC, 80 % des agriculteurs de l'Union europ&#233;enne ont &#233;t&#233; contraints de cesser leur activit&#233;. Voir Marianne (Belgique), n&#176; 21, juillet-ao&#251;t 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Marcel Mazoyer, &#171; La situation agricole et alimentaire mondiale et ses cons&#233;quences pour l'Afrique &#187;, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Chiffres du Centre national de coop&#233;ration au d&#233;veloppement (CNCD), Bruxelles, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Grain, Hold-up sur l'alimentation, Gen&#232;ve, CETIM, 2012, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Il s'agit des monocultures industrielles d'arbres principalement destin&#233;s &#224; l'exportation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Grain, Hold-up sur l'alimentation, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Jean Ziegler, Destruction massive. G&#233;opolitique de la faim, Paris, Seuil, 2011, p. 160-162.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] La Corn Belt, qui s'&#233;tend de part et d'autre des Grands Lacs, est une zone agricole majeure aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Voir notamment Damien Millet, &#201;ric Toussaint, La crise, quelles crises ?, Bruxelles, Aden, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] CNCD, Oxfam, SOS Faim, Fairfin, &#171; La Complicit&#233; des banques belges dans la sp&#233;culation sur l'alimentation &#187;, juin 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Ibid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] &lt;a href=&#034;http://www.independent.co.uk/environment/nature/revealed-the-bid-to-corner-worlds-bluefin-tuna-market-1695479.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.independent.co.uk/environment/nature/revealed-the-bid-to-corner-worlds-bluefin-tuna-market-1695479.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Cette standardisation est renforc&#233;e par l'interdiction faite aux paysans europ&#233;ens de reproduire et &#233;changer des semences absentes des catalogues officiels. Voir &lt;a href=&#034;http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-semences-de-varietes-traditionnelles-ne-peuvent-plus-etre-commercialisees?id=7809281&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rtbf.be/info/societe/detail_les-semences-de-varietes-traditionnelles-ne-peuvent-plus-etre-commercialisees?id=7809281&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Cinq mille kilom&#232;tres en moyenne, selon Esther Vivas, &#171; Occuper le syst&#232;me agricole et alimentaire &#187;, &lt;a href=&#034;http://esthervivas.com/francais/occuper-le-systeme-agricole-et-alimentaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://esthervivas.com/francais/occuper-le-systeme-agricole-et-alimentaire/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Le dernier en date fut la d&#233;couverte de viande de cheval dans des lasagnes industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] On d&#233;nombre 3 millions de cas d'empoisonnement chaque ann&#233;e selon l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS), cit&#233;e par l'association Fr&#232;res des hommes, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Ces &#233;pid&#233;mies sont grandement facilit&#233;es par l'industrialisation de l'&#233;levage. &#171; On a assist&#233; &#224; un changement dans la nature des exploitations, qui a transform&#233; les anciens clos de l'&#233;levage traditionnel en de vastes enfers satur&#233;s d'excr&#233;ments, concentrant des dizaines, voire des centaines de milliers d'animaux aux syst&#232;mes immunitaires affaiblis, r&#233;duits &#224; suffoquer dans la chaleur et le lisier tout en &#233;changeant &#224; toute vitesse leurs agents pathog&#232;nes avec leurs compagnons d'infortune et leur path&#233;tique prog&#233;niture. &#187; Mike Davis, &#171; Le capitalisme et la grippe porcine &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/interventions/mike-davis-capitalisme-grippe-porcine&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.contretemps.eu/interventions/mike-davis-capitalisme-grippe-porcine&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Voir Jean-Pierre Coffe, Arr&#234;tons de manger de la merde !, Paris, Flammarion, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Isabelle Saporta, Le Livre noir de l'agriculture, Paris, Fayard, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] En France, les agriculteurs repr&#233;sentent la cat&#233;gorie professionnelle la plus touch&#233;e par le suicide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Isabelle Saporta, Le Livre noir de l'agriculture, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Selon Grain, le mode de production actuel de notre nourriture serait responsable de pr&#232;s de la moiti&#233; des &#233;missions totales de gaz &#224; effet serre d'origine humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Voir notamment Vincent Liegey, St&#233;phanie Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot, Un projet de d&#233;croissance, Paris, Utopia, 2013, p. 91-97.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dette-cachee-de-l-economie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-dette-cachee-de-l-economie</guid>
		<dc:date>2014-04-22T12:13:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest, Renaud Duterme</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un plaidoyer et des solutions indispensables pour une prise de conscience globale de la crise environnementale que nous traversons. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des entrevues audio avec Eric de Ruest et Renaud Duterme. Pour &#233;couter les entrevues, se rendre sur la page du CADTM ; &lt;br class='autobr' /&gt; http://cadtm.org/La-dette-cache-de-l-economie &lt;br class='autobr' /&gt; Interview d'&#201;ric De Ruest sur France Bleu Berry, 14 mars 2014. 7min. &lt;br class='autobr' /&gt;
Interview d'&#201;ric De Ruest sur Radio Occitania, 21 mars 2014. 45min &lt;br class='autobr' /&gt;
Interview d'&#201;ric De Ruest sur France Bleu Auvergne, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L99xH150/arton17408-f0d17.jpg?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un plaidoyer et des solutions indispensables pour une prise de conscience globale de la crise environnementale que nous traversons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des entrevues audio avec Eric de Ruest et Renaud Duterme. Pour &#233;couter les entrevues, se rendre sur la page du CADTM ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/La-dette-cache-de-l-economie&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/La-dette-cache-de-l-economie&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Interview d'&#201;ric De Ruest sur France Bleu Berry, 14 mars 2014. 7min.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'&#201;ric De Ruest sur Radio Occitania, 21 mars 2014. 45min&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'&#201;ric De Ruest sur France Bleu Auvergne, 4 avril 2014. 5min30sec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview de Renaud Duterme sur RFI, 6 avril 2014. 40min &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre montre que les exploitations &#233;conomiques et environnementales sont indissociables et qu'elles sont imputables &#224; une minorit&#233; accroch&#233;e &#224; une id&#233;ologie r&#233;ductionniste et court-termiste dangereuse. D&#233;but&#233; il y a cinq si&#232;cles avec l'expansion coloniale europ&#233;enne, le saccage se poursuit aujourd'hui avec l'imposition plan&#233;taire du capitalisme productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dette &#233;cologique s'est d&#232;s lors accumul&#233;e sans jamais &#234;tre int&#233;gr&#233;e dans les bilans financiers et sociaux. Elle est parfois &#233;voqu&#233;e timidement dans les discours de certains dirigeants politiques mais, malgr&#233; la succession de catastrophes industrielles ces derni&#232;res d&#233;cennies, elle reste inaudible face &#224; la doxa de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; impose la mise en place de solutions originales et radicales pour sortir des crises multiples que nous traversons et qui portent en elles les germes d'un effondrement civilisationnel. &#201;volution du droit &#224; l'environnement, fin des m&#233;canismes de domination &#233;conomique mondialis&#233;s, relocalisation des instances d&#233;cisionnelles et mise en place d'une d&#233;mocratie r&#233;elle et participative ; ces solutions font &#233;chos aux nombreuses mobilisations qui secouent de plus en plus largement la plan&#232;te, tout en &#233;vitant les messages culpabilisants dont nous sommes abreuv&#233;s au quotidien. Ce livre est un plaidoyer afin de vivre l'&#233;cologie connect&#233;e aux r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques, sociales et spirituelles, pour le plus grand bien de l'humanit&#233; et de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sommaire :&lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;face Plaidoyer pour la dette &#233;cologique par Jean Gadrey&lt;br class='autobr' /&gt;
Avant-propos Dette &#233;cologique : de quoi parle-t-on ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;re Partie&lt;br class='autobr' /&gt;
Une f&#234;te tr&#232;s priv&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Capitalisme contre nature (Daniel Tanuro)&lt;br class='autobr' /&gt;
2. G&#233;ohistoire de la dette &#233;cologique (Renaud Duterme)&lt;br class='autobr' /&gt;
3. L'&#233;nergie du d&#233;sespoir (Eric de Ruest)&lt;br class='autobr' /&gt;
4. Le cauchemar chimique : un crime de guerre &#233;conomique (Eric de Ruest)&lt;br class='autobr' /&gt;
5. La naissance d'une dette agricole et alimentaire (Renaud Duterme)&lt;br class='autobr' /&gt;
6. NIMBY ou a transformation du reste du monde en d&#233;charge (Renaud Duterme)&lt;br class='autobr' /&gt;
7. Tirer profit des grands chantiers environnementaux (Eric de Ruest)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me Partie&lt;br class='autobr' /&gt;
Des solutions communes&lt;br class='autobr' /&gt;
8. Sortir de la dette &#233;cologique (Eric de Ruest et Renaud Duterme)&lt;br class='autobr' /&gt;
9. Pour une justice int&#233;grant les crimes &#233;cologiques (Eric de Ruest)&lt;br class='autobr' /&gt;
10. Vers une &#233;volution de la d&#233;mocratie (Renaud Duterme)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>10 - Vers une &#233;volution de la d&#233;mocratie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/10-Vers-une-evolution-de-la-democratie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/10-Vers-une-evolution-de-la-democratie</guid>
		<dc:date>2014-04-15T11:48:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest, Renaud Duterme</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions le dernier chapitre du livre de Renaud Duterme et &#201;ric de Ruest, ayant pour titre &#034;La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, le scandale plan&#233;taire, publi&#233; chez Les liens qui lib&#232;rent. Ce chapitre d&#233;montre que &#034;mettre un terme &#224; la dette &#233;cologique implique de repenser la d&#233;mocratie sous sa forme actuelle. (R&#233;daction - Presse-toi &#224; gauche !) &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre montre que les exploitations &#233;conomiques et environnementales sont indissociables et qu'elles sont imputables &#224; une minorit&#233; accroch&#233;e &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L99xH150/arton17304-baa56.jpg?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='99' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions le dernier chapitre du livre de Renaud Duterme et &#201;ric de Ruest, ayant pour titre &#034;La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, le scandale plan&#233;taire, publi&#233; chez Les liens qui lib&#232;rent. Ce chapitre d&#233;montre que &#034;mettre un terme &#224; la dette &#233;cologique implique de repenser la d&#233;mocratie sous sa forme actuelle. (R&#233;daction - Presse-toi &#224; gauche !)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre montre que les exploitations &#233;conomiques et environnementales sont indissociables et qu'elles sont imputables &#224; une minorit&#233; accroch&#233;e &#224; une id&#233;ologie r&#233;ductionniste et court-termiste dangereuse. D&#233;but&#233; il y a cinq si&#232;cles avec l'expansion coloniale europ&#233;enne, le saccage se poursuit aujourd'hui avec l'imposition plan&#233;taire du capitalisme productiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une dette &#233;cologique s'est d&#232;s lors accumul&#233;e sans jamais &#234;tre int&#233;gr&#233;e dans les bilans financiers et sociaux. Elle est parfois &#233;voqu&#233;e timidement dans les discours de certains dirigeants politiques mais, malgr&#233; la succession de catastrophes industrielles ces derni&#232;res d&#233;cennies, elle reste inaudible face &#224; la doxa de la croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;alit&#233; impose la mise en place de solutions originales et radicales pour sortir des crises multiples que nous traversons et qui portent en elles les germes d'un effondrement civilisationnel. Evolution du droit &#224; l'environnement, fin des m&#233;canismes de domination &#233;conomique mondialis&#233;s, relocalisation des instances d&#233;cisionnelles et mise en place d'une d&#233;mocratie r&#233;elle et participative ; ces solutions font &#233;chos aux nombreuses mobilisations qui secouent de plus en plus largement la plan&#232;te, tout en &#233;vitant les messages culpabilisants dont nous sommes abreuv&#233;s au quotidien. Ce livre est un plaidoyer afin de vivre l'&#233;cologie connect&#233;e aux r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques, sociales et spirituelles, pour le plus grand bien de l'humanit&#233; et de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La dette cach&#233;e de l'&#233;conomie, par Renaud Duterme et Eric de Ruest, &#233;d. Les Liens qui lib&#232;rent, 208 p.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les d&#233;gradations environnementales &#233;tant souvent commises avec l'aval des autorit&#233;s et sans le consentement direct des populations, mettre un terme &#224; la dette &#233;cologique implique de repenser la d&#233;mocratie sous sa forme actuelle. C'est d'autant plus important que la crise &#233;cologique, incluant une rar&#233;faction des ressources, est une menace en tant que telle contre la paix : elle constitue un terreau fertile pour voir appara&#238;tre des restrictions des libert&#233;s, des conflits identitaires (notamment en raison de l'augmentation des r&#233;fugi&#233;s climatiques), voire une dictature verte.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'expression est utilis&#233;e ici pour d&#233;signer un pouvoir politique prenarlt (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;mocratie repr&#233;sentative en crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'inertie du monde politique, notamment au sujet de la question &#233;cologique, s'explique en grande partie par la nature m&#234;me de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, en vigueur dans la majorit&#233; des pays. Celle-ci, souvent pr&#233;sent&#233;e comme le seul r&#233;gime mat&#233;riellement possible dans une soci&#233;t&#233; aussi complexe que la n&#244;tre, est fond&#233;e sur l'&#233;lection de repr&#233;sentants pour une dur&#233;e d&#233;termin&#233;e au terme de laquelle ils sont soit reconduits, soit &#233;cart&#233;s du pouvoir. &#192; de rares exceptions pr&#232;s, les mandats sont donc irr&#233;vocables entre deux scrutins. L'&#233;lecteur accepte de se d&#233;faire de sa souverainet&#233; au profit d'une classe politique dirigeante. Cela pourrait se justifier si les repr&#233;sentants politiques faisaient preuve d'une certaine vertu. Or l'actualit&#233; nous montre sans cesse que les femmes et les hommes de pouvoir sont des personnes comme les autres (m&#234;me s'ils sont issus, g&#233;n&#233;ralement, de milieux relativement ais&#233;s), avec leurs motivations et int&#233;r&#234;ts propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce fait, la plupart des politiciens privil&#233;gient une vision &#224; court terme, pour la simple raison qu'ils ont besoin que des r&#233;sultats apparaissent avant la fin de leur l&#233;gislature s'ils veulent &#234;tre r&#233;&#233;lus. Mais la majorit&#233; des grandes questions de soci&#233;t&#233; ne peuvent &#234;tre r&#233;solues en l'espace de quelques ann&#233;es ; elles requi&#232;rent une politique coh&#233;rente sur du (tr&#232;s) long terme. L'&#233;cologie est embl&#233;matique &#224; cet &#233;gard. La crise actuelle impose de prendre des mesures profondes, co&#251;teuses ei souvent contraignantes, dont les effets ne seront visibles que dans plusieurs ann&#233;es. Pensons au d&#233;veloppement des transports en commun ou encore &#224; la r&#233;duction drastique de l'utilisation d'&#233;nergies fossiles. Cette situation n'incite pas la classe politique &#224; se charger r&#233;solument du probl&#232;me environnemental, si ce n'est par le biais de mesures cibl&#233;es mais souvent palliatives (primes &#233;cologiques, taxe carbone, amendes ... ). De plus, bien souvent, les d&#233;cisions &#233;cologiquement b&#233;n&#233;fiques se r&#233;v&#232;lent entrer en contradiction avec les int&#233;r&#234;ts d'une partie du monde du travail (industrie, transport routier et a&#233;rien, secteur de la publicit&#233; ... ), dans lequel se recrute en majorit&#233; l'&#233;lectorat de base de bien des partis politiques. C'est pourquoi l'&#233;cologie passe souvent &#224; la trappe au profit de la sauvegarde de l'emploi. Par exemple, il est inconcevable d'envisager une contraction drastique de la production dans certains secteurs quand le ch&#244;mage touche plus de 10 % de la population active dans la plupart des pays (du moins sans r&#233;duction du temps de travail). On observe &#233;galement cette tendance chez de nombreuses forces de gauche, syndicats et partis communistes en t&#234;te. Comme l'explique Aur&#233;lien Bernier, &#171; les gouvernements &#034;font de l'environnement&#034; lorsque celte th&#233;matique est rentable d'une point de vue &#233;lectoral &#187;. Il ajoute : &#171; Si les politiques environnementales ne semblent progresser qu'apr&#232;s des accidents catastrophiques, elles reculent encore plus vite en cas de crise &#233;conomique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Aur&#233;lien Bernier, Comment la mondialisation a tu&#233; l'&#233;cologie, op.cit. p.109&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre une oligarchie mondiale (les 1 %) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;passer cette tendance implique de f&#233;d&#233;rer les luttes syndicales et &#233;cologiques contre les responsables de la double impasse, &#233;cologique et sociale, dans laquelle nous nous trouvons. Comme nous l'avons r&#233;p&#233;t&#233; dans ces pages, l'analyse &#224; travers le prisme des classes sociales conserve aujourd'hui toute sa pertinence. Elle doit donc &#234;tre au c&#339;ur des mobilisations, d'un c&#244;t&#233; comme de l'autre. Le plus souvent, les politiciens ne font que suivre le courant dominant. Pour &#233;viter que la dette &#233;cologique ne continue de se creuser, pour sortir du cadre id&#233;ologique existant, la prise de conscience et la sensibilisation sont urgentes. Cet ouvrage est notre humble contribution pour avancer dans cette direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, il est illusoire d'esp&#233;rer voir na&#238;tre de v&#233;ritables solutions dans la sph&#232;re institutionnelle. Les crises environnementale et &#233;conomique sont les deux facettes d'un syst&#232;me &#224; bout de souffle. Or derri&#232;re ce syst&#232;me se cachent des hommes et des femmes, les fameux 1 % qui dictent aux 99 % restants comment vivre leur vie. Cette oligarchie, d&#233;connect&#233;e des r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par la majorit&#233;, rassemble une bonne partie des &#233;lites politiques et &#233;conomiques, contr&#244;lant la finance, les principales entreprises multinationales et les m&#233;dias dominants. Nous ne nous trouvons pas face &#224; une th&#233;orie du complot, mais plut&#244;t face &#224; une grande proximit&#233; id&#233;ologique entre des acteurs mus par l'app&#226;t du gain, quelles qu'en soient les cons&#233;quences sociales et &#233;cologiques, le tout baignant dans un sch&#233;ma de pens&#233;e h&#233;g&#233;monique tout &#224; fait englobant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence de liens inextricables entre le monde politique et la sph&#232;re industrielle permet de comprendre l'immobilisme actuel de part et d'autre de l'&#233;chiquier politique. Le premier d&#233;pendant souvent des financements de la seconde pour faire campagne, il n'est point question de se la mettre &#224; dos en adoptant des l&#233;gislations contraires &#224; ses int&#233;r&#234;ts. Si les &#201;tats-Unis sont certainement le pays o&#249; cette collusion est le plus visible (les campagnes pr&#233;sidentielles &#233;tant directement financ&#233;es par des donateurs priv&#233;s), de nombreux autres &#201;tats connaissent une situation similaire. &#201;voquons par exemple le P&#233;rou, o&#249; le pr&#233;sident (un milliardaire de droite), apr&#232;s avoir promis &#224; la population, pendant sa campagne, de privil&#233;gier les sources d'eau par rapport &#224; l'extraction mini&#232;re, a retourn&#233; sa veste une fois &#233;lu et n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; r&#233;primer les agriculteurs qui s'&#233;levaient contre l'exploitation d'or dans les mines des montagnes proches des sources d'eau douce. Sortir de la dette &#233;cologique peut contribuer &#224; r&#233;duire. voire &#224; supprimer la collusion potentielle entre les sph&#232;res politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224; d'une d&#233;rive du syst&#232;me de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, mais bien d'une de ses cons&#233;quences in&#233;vitables. Tel qu'il existe actuellement, ce syst&#232;me conduit n&#233;cessairement &#224; une professionnalisation de la politique. &#203;tre une femme ou un homme politique est dor&#233;navant un m&#233;tier &#224; part enti&#232;re, et l'&#233;lection de tel ou tel candidat repose davantage sur son charisme, son apparence et sa communication que sur ses id&#233;es. D'o&#249; une politique souvent vide de contenu, se focalisant sur les &#233;motions au d&#233;triment des vrais enjeux de soci&#233;t&#233;. Il est de plus en plus difficile pour un candidat d'&#233;mettre une opinion radicale sur un quelconque sujet, sous peine de rompre avec la ligne de son parti, dont il est prisonnier, et de se mettre &#224; dos une partie de son &#233;lectorat. De ce fait, il n'est gu&#232;re surprenant que la classe politique connaisse un tel d&#233;ficit de cr&#233;dibilit&#233; ct que l'on atteigne de tels records dans les taux d'abstention ou les votes identitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rnocratiser le quotidien &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Instaurer un syst&#232;me v&#233;ritablement d&#233;mocratique, plus participatif (au sens noble du terme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Par opposition &#224; la d&#233;rive que pr&#244;nent certains hommes et femmes politiques.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;), passe donc par la remise en cause de certains de ses fondements. Des contre-pouvoirs doivent &#234;tre &#233;tablis, comme la possibilit&#233; de r&#233;voquer n'importe quel mandataire et l'interdiction d'occuper un mandat en cas de non-respect du programme pour lequel il a &#233;t&#233; &#233;lu ; une plus grande transparence doit &#234;tre exig&#233;e dans le financement des campagnes, des partis ou des politiques ; &#224; l'instar de l'exp&#233;rience de Porto Alegre, le budget doit &#234;tre soumis &#224; la population et approuv&#233; par elle ; l'usage de pratiques de d&#233;mocratie directe telles que le r&#233;f&#233;rendum doit &#234;tre encourag&#233; pour certaines d&#233;cisions. Il faut envisager en outre une relocalisation de la prise de d&#233;cision, une forme de f&#233;d&#233;ralisme fonctionnant du bas vers le haut, la publicit&#233; des d&#233;bats, notamment par le recours &#224; des jurys populaires sur certaines questions de soci&#233;t&#233;, la mise en place d'un contr&#244;le citoyen sur les secteurs publics ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela doit viser la d&#233;professionnalisation de la politique et encourager l'int&#233;r&#234;t de la population pour la chose publique, en permanence et non plus uniquement lors des p&#233;riodes d'&#233;lection. Une v&#233;ritable d&#233;mocratie ne saurait &#234;tre effective sans la participation et la pr&#233;occupation de tout un chacun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela doit commencer dans nos vies quotidiennes, nos &#233;coles, nos quartiers, sur nos lieux de travail. Il est inconcevable que la sph&#232;re &#233;conomique soit le seul secteur o&#249; la d&#233;mocratie serait &#233;cart&#233;e au profit d'une vision hi&#233;rarchique verticale, pr&#233;tendument la plus efficace. C'est une revendication que l'on retrouve sous la plume de Mike Davis, pour qui &#171; l'enjeu n'est rien de moins que de parvenir &#224; la d&#233;mocratie &#233;conomique ; en l'esp&#232;ce, &#224; un syst&#232;me o&#249; les gens ordinaires d&#233;cideraient des grandes questions comme les d&#233;penses sociales, les taux d'int&#233;r&#234;t, les transferts de capitaux, la cr&#233;ation d'emplois, le r&#233;chauffement climatique ... [ ... ] Si le d&#233;bat ne porte pas sur le pouvoir &#233;conomique, alors il ne sert &#224; rien&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mike Davis, Soyez r&#233;alistes, demandez l'impossible, Paris, Les Prairies (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;, La prise de pouvoir par les travailleurs sur les moyens de production est d&#233;j&#224; une r&#233;alit&#233; dans de nombreuses r&#233;gions du monde. Pensons aux cuup&#233;mtives, qui, entre autres vertus, ont pour effet d'impliquer directement les travailleurs dans leur outil de production et, la plupart de temps, de relocaliser une grande partie de l'&#233;conomie, permettant ainsi de sortir de la d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique et de renforcer la r&#233;silience des communaut&#233;s locales&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans ce cas encore, il sera certainement plus facile d'atteindre un id&#233;al (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ; aux diverses entreprises autog&#233;r&#233;es au lendemain des crises argentine, grecque, &#233;tasunienne ... ; au mouvement des initiatives en transition ; aux monnaies locales, qui favorisent le commerce local tout en instaurant une relation &#224; l'environnement beaucoup plus soutenable ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il faut souligner le r&#244;le de l'&#233;ducation. C'est d&#232;s le plus jeune &#226;ge que doit nous &#234;tre enseign&#233;e la n&#233;cessit&#233; de s'impliquer dans la vie quotidienne, le respect des &#233;cosyst&#232;mes, l'autonomie ou encore la coop&#233;ration et l'entraide. Il est illusoire d'esp&#233;rer une soci&#233;t&#233; plus juste si l'on sacrifie la jeunesse pour des motifs financiers, comme cela se fait aujourd'hui. Une fois de plus, pourquoi ne pas s'inspirer d'exp&#233;riences mises en place dans le Sud ? Les zapatistes du Mexique sont certainement ceux qui ont pouss&#233; ie plus loin la logique alternative et d&#233;mocratique : d&#233;centralisation, absence de professionnalisation des fonctions politiques, rotation des t&#226;ches entre les habitants selon les comp&#233;tences de chacun(e), dynamique fond&#233;e sur le consensus, m&#233;canismes de contr&#244;le et d'&#233;valuation responsables, charges politiques non r&#233;mun&#233;r&#233;es, priorit&#233; donn&#233;e &#224; la pratique sur la th&#233;orie, apprentissage de la vie en communaut&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raul Ornelas Bernal, L'Autonomie, axe de la r&#233;sistance zapatiste, Paris. Rue (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;... Un nouveau projet progressiste et &#233;mancipateur doit voir le jour, fondant une nouvelle vision de soci&#233;t&#233;, &#224; la fois &#233;cologique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif doit consister dans une d&#233;centralisation du pouvoir qui permettrait aux populations d'avoir le contr&#244;le sur leur milieu de vie&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les luttes contre des projets urbanistiques et immobiliers qu'ont r&#233;cemment (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#192; l'inverse de ce que l'on observe aujourd'hui, les d&#233;cisions d&#233;mocratiques seraient prises par celles et ceux qui sont appel&#233;s &#224; en subir les cons&#233;quences&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vincent Liegey, St&#233;phanie Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Afin d'&#233;viter un repli communautaire ou territorial, il faudra instaurer conjointement une vision de coop&#233;ration avec les autres entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es, notamment pour g&#233;rer les questions plus globales. Il est important de noter que, contrairement au mod&#232;le de nos soci&#233;t&#233;s actuelles, le processus d&#233;mocratique se fera de bas en haut, chaque &#233;chelon &#233;tant contr&#244;l&#233; par l'&#233;chelon inf&#233;rieur de fa&#231;on &#224; &#233;viter tout d&#233;rapage. &#171; La sauvegarde de l'&#234;tre humain et de la nature d&#233;pend d'une reconstruction politique de la soci&#233;t&#233;, qui en ferait une d&#233;mocratie en r&#233;alit&#233; et non pas en paroles&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;4. Corn&#233;lius Castoriadis, Une soci&#233;t&#233; &#224; la d&#233;rive, Paris, Seuil, 2005, p.238.&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. &#187; La t&#226;che est consid&#233;rable, mais les enjeux ne le sont pas moins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'expression est utilis&#233;e ici pour d&#233;signer un pouvoir politique prenarlt des mesures &#233;cologiques de fa&#231;on brutale et autoritaire afin de r&#233;soudre une grave crise environnementale. Dans son livre Effondrement (op. cit.) , Iared Diamond laisse &#224; penser qu'il pourrait &#234;tre favorable &#224; ce type de &#171; solution. Il apporte ainsi implicitement son soutien &#224; la dictature de Rafael Trujillo en R&#233;publique dominicaine, tout comme &#224; la politique anti-nataliste du pouvoir chinois.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Aur&#233;lien Bernier, Comment la mondialisation a tu&#233; l'&#233;cologie, op.cit. p.109&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Par opposition &#224; la d&#233;rive que pr&#244;nent certains hommes et femmes politiques.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Mike Davis, &lt;i&gt;Soyez r&#233;alistes, demandez l'impossible&lt;/i&gt;, Paris, Les Prairies ordinaires, 2012, p.10&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans ce cas encore, il sera certainement plus facile d'atteindre un id&#233;al d&#233;mocratique de fa&#231;on volontaire que par la relocalisation forc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Raul Ornelas Bernal, L'Autonomie, axe de la r&#233;sistance zapatiste, Paris. Rue des Cascades.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Les luttes contre des projets urbanistiques et immobiliers qu'ont r&#233;cemment connues la Turquie, le Br&#233;sil et l'Europe (en France contre l'a&#233;roport de Notre-Dame-des-Landes, en Espagne contre le projet de &#171; Las Vegas europ&#233;en &#187; ... ) peuvent clairement &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme des combats pour d&#233;mocratiser la prise de d&#233;cision dans les domaines de l'am&#233;nagement du territoire ou de la r&#233;partition des budgets.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Vincent Liegey, St&#233;phanie Madelaine, Christophe Ondet, Anne-Isabelle Veillot, Un projet de d&#233;croissance, op. cit., p. 75.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;4. Corn&#233;lius Castoriadis, Une soci&#233;t&#233; &#224; la d&#233;rive, Paris, Seuil, 2005, p.238.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie verte : un nouveau round pour l'endettement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-economie-verte-un-nouveau-round-pour-l-endettement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-economie-verte-un-nouveau-round-pour-l-endettement</guid>
		<dc:date>2012-06-19T12:10:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2012-06-12</dc:subject>
		<dc:subject>Rio+20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;A voir le contenu des n&#233;gociations qui se d&#233;roulent dans le cadre officiel du sommet de Rio+20, le moment est opportun pour attirer l'attention des peuples sur ce qui se trame derri&#232;re la fa&#231;ade bienveillante de l'ONU. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site du CADTM) &lt;br class='autobr' /&gt; La crise structurelle que conna&#238;t le capitalisme depuis la fin du si&#232;cle dernier est en passe d'accoucher d'un nouveau cycle de destruction pire que tout ce que nous avons subi jusqu'ici. Afin de renouer avec la croissance et les b&#233;n&#233;fices, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Rio-20-+" rel="tag"&gt;Rio+20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L109xH150/arton10666-717b5.png?1677097383' class='spip_logo spip_logo_right' width='109' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A voir le contenu des n&#233;gociations qui se d&#233;roulent dans le cadre officiel du sommet de Rio+20, le moment est opportun pour attirer l'attention des peuples sur ce qui se trame derri&#232;re la fa&#231;ade bienveillante de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site du CADTM)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise structurelle que conna&#238;t le capitalisme depuis la fin du si&#232;cle dernier est en passe d'accoucher d'un nouveau cycle de destruction pire que tout ce que nous avons subi jusqu'ici. Afin de renouer avec la croissance et les b&#233;n&#233;fices, le capital a besoin de nouvelles marchandises et d&#233;bouch&#233;s qu'il veut aller puiser, avec la b&#233;n&#233;diction des instances internationales, dans les ressources naturelles, telles l'air et l'eau, les crises &#233;cologiques et les services environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle potion magique vendue pour r&#233;soudre tous nos probl&#232;mes s'appelle &#233;conomie verte ou capitalisme vert. Elle n'est diff&#233;rente du capitalisme financier que dans le discours marketing. L'arr&#234;t de l'exploitation d&#233;raisonn&#233;e des ressources naturelles, des &#233;nergies fossiles ou encore l'accaparement des terres arables au profit des multinationales n'est pas au programme. Ce qui change par contre, c'est la possibilit&#233; de faire passer le &#171; business as usual &#187; pour de la lutte contre les d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques engendr&#233;s par... ces m&#234;mes corporations &#233;cocidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cela va plus loin. L&#224; o&#249; les peuples ont des solutions raisonn&#233;es &#224; offrir dans le cadre de la lutte contre le changement climatique ou l'effondrement de la biodiversit&#233;, le march&#233; n'y voit que des opportunit&#233;s pour augmenter ses profits. Il n'a que faire de trouver des solutions pour r&#233;soudre durablement les crises qu'il cr&#233;e et qui le priveraient de ces nouveaux d&#233;bouch&#233;s. L&#224; o&#249; nous disons qu'il faut r&#233;duire les &#233;missions, les acteurs du march&#233; envisagent des solutions de geo-ingeniering les plus insens&#233;es telles que celle qui consiste &#224; repeindre en blanc le dessus des glaciers ayant fondus pour compenser la diminution de l'albedo |1|. L'exemple peut sembler &#233;norme mais la Banque mondiale s'est montr&#233;e int&#233;ress&#233;e &#224; financer de tels projets pourtant largement d&#233;cri&#233;s par la communaut&#233; scientifique |2|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'&#233;tant un des acteurs internationaux les plus discr&#233;dit&#233;s des d&#233;cennies pass&#233;es, tant pour les d&#233;sastres sociaux engendr&#233;s &#224; l'&#233;chelle de continents entiers que pour son soutien &#224; de nombreux projets &#233;cologiquement dramatiques, la Banque continue de jouir aupr&#232;s des diplomaties occidentales d'une aura de cr&#233;dibilit&#233; qui lui a permis de g&#233;rer les fonds verts allou&#233;s par la communaut&#233; internationale pour la lutte contre le changement climatique. Le loup a les cl&#233;s de la bergerie et va s'en servir pour d&#233;vorer le Sud &#224; la sauce dette et sous couvert d'&#233;cologie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le round de n&#233;gociations en cours, de nombreux observateurs de la soci&#233;t&#233; civile ont mis en garde contre les nombreuses r&#233;gressions |3| par rapport aux avanc&#233;es conceptuelles valid&#233;es lors du Sommet de la Terre de Rio en 1992 |4|. Une des plus importantes est sans doute celle qui reconnaissait &#171; la responsabilit&#233; partag&#233;e mais diff&#233;renci&#233;e &#187;. La communaut&#233; internationale &#233;tait alors pleinement consciente que les responsabilit&#233;s pour les crises &#233;cologiques ne pesaient pas d'un m&#234;me poids sur les &#233;paules des nations. Celles qui se sont industrialis&#233;es en premier ont &#233;mis bien plus de polluants terrestres et atmosph&#233;riques que les pays dits en d&#233;veloppement. La charge des r&#233;parations devant d&#232;s lors revenir proportionnellement aux plus gros pollueurs historiques. Revendications que l'on retrouve dans le concept de dette &#233;cologique |5|. Pourtant, aujourd'hui, ce concept &#233;thique de base est remis en cause par la sacro-sainte comp&#233;titivit&#233;. Ce qui risque fort probablement d'en d&#233;couler ressemble &#224; ceci :&lt;br class='autobr' /&gt; Sous couvert de luttes &#233;cologiques, les pays du sud se verront oblig&#233;s de recourir &#224; de nouveaux emprunts, pour financer des projets technologiques, dans le cadre de l'adaptation et la mitigation aux changements climatiques ou contre l'&#233;rosion de la biodiversit&#233;. Impossible de refuser de participer &#224; l'effort international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La BM et les institutions internationales parleront de dons alors qu'il s'agira de pr&#234;ts avec un taux l&#233;g&#232;rement inf&#233;rieur &#224; celui du march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; Les multinationales seront les seules &#224; tirer leur &#233;pingle du jeu en engrangeant des profits consid&#233;rables gr&#226;ce &#224; la vente de technologies et infrastructures sens&#233;es apporter des solutions (digues en ciment, nanotechnologies, OGM, projets de geo-ingeniering, nucl&#233;aire, agrocarburants, etc.) aux probl&#232;mes dont elles sont en grande partie responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afin de continuer &#224; rembourser la dette qui les &#233;trangle d&#233;j&#224; et pour faire face &#224; ce nouveau cycle d'endettement, les pays du sud seront contraints de c&#233;der toujours plus leurs ressources naturelles contre des dollars. Le cycle infernal se poursuivra toujours plus loin vers des niveaux inimaginables de saccage des &#233;cosyst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi, il est indispensable de mettre un terme &#224; cette spirale de violence et de destruction cr&#233;&#233;e par les r&#232;gles de bases du capitalisme et de l'&#233;conomie de march&#233;. Les peuples ont des solutions &#224; apporter, il est temps de les entendre. Le 18 juin, le G20 se r&#233;unira pour parler... d'&#233;conomie verte, alors mobilisons-nous pour faire entendre une autre voix ! Interpellons nos politiques ! Occupons ! Idem pour la journ&#233;e du 20 juin qui sera la journ&#233;e du Sommet de Peuples de Rio+20. Mobilisez, interpellez, occupez ! Ne l&#226;chons rien tant que les solutions des peuples, telle la d&#233;claration finale du Sommet des peuples de Cochabamba |6| sur le climat, seront exclues des discussions internationales. C'est notre Terre, notre Monde, nos Institutions, notre Avenir.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &lt;a href=&#034;http://www.futura-sciences.com/fr/d..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.futura-sciences.com/fr/d..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/green-busin..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/green-busin..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &lt;a href=&#034;http://viacampesina.org/fr/index.ph..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://viacampesina.org/fr/index.ph..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &lt;a href=&#034;http://climatjustice.org/rio20-enje..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://climatjustice.org/rio20-enje..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette-ecologique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Dette-ecologique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Declaration-fi..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Declaration-fi..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Autoroute pour l'enfer</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Autoroute-pour-l-enfer</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Autoroute-pour-l-enfer</guid>
		<dc:date>2011-01-18T13:53:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Sommet de Cancun</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-01-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les officiels se sont congratul&#233;s, les grands m&#233;dias ont exult&#233;, certaines ONG ont m&#234;me parl&#233; de victoire historique. Cancun aurait &#233;t&#233; une r&#233;ussite et l'on se croirait en route pour un paradis climatique. &lt;br class='autobr' /&gt;
H&#233;las, la victoire claironn&#233;e ne concernait pas la protection du climat, un comble, mais la capacit&#233; de n&#233;gociations inter-gouvernementales. L'ONU aurait, gr&#226;ce &#224; cet accord, d&#233;montr&#233; son utilit&#233; dans le dialogue constructif entre les &#201;tats. Simple show m&#233;diatique pour nous faire oublier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Sommet-de-Cancun-+" rel="tag"&gt;Sommet de Cancun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-01-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-01-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH142/arton6294-81a8b.png?1679049134' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='142' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les officiels se sont congratul&#233;s, les grands m&#233;dias ont exult&#233;, certaines ONG ont m&#234;me parl&#233; de victoire historique. Cancun aurait &#233;t&#233; une r&#233;ussite et l'on se croirait en route pour un paradis climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;H&#233;las, la victoire claironn&#233;e ne concernait pas la protection du climat, un comble, mais la capacit&#233; de n&#233;gociations inter-gouvernementales. L'ONU aurait, gr&#226;ce &#224; cet accord, d&#233;montr&#233; son utilit&#233; dans le dialogue constructif entre les &#201;tats. Simple show m&#233;diatique pour nous faire oublier le lamentable &#233;chec de Copenhague ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sans aucun doute, car &#224; la lecture du document final, force est de constater que non seulement rien de contraignant n'est mis en &#339;uvre pour ralentir le d&#233;sastre climatique, mais qu'au contraire, on propose en attendant la prochaine rencontre annuelle une batterie de solutions faussement &#233;cologiques que l'on confie au march&#233; et &#224; ses promoteurs les plus n&#233;fastes. Pseudo-solutions et report des &#233;ch&#233;ances, sans oublier le d&#233;ni des propositions issues des mouvements sociaux r&#233;clamant partout dans le monde une justice sociale et &#233;cologique. Survol d'une h&#233;catombe annonc&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce qui ressort de &#171; l'accord &#187;&lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt;
Les n&#233;gociations sur le climat sont d'abord une question de tr&#232;s gros sous. &#201;vidence pour une civilisation qui a extrait l'&#233;conomie de l'ensemble des processus du vivant pour l'&#233;riger comme dogme quasi religieux. Ce culte irrationnel de la croissance infinie, m&#226;tin&#233; d'une mauvaise lecture du principe de comp&#233;tition des esp&#232;ces pos&#233; par Charles Darwin, est l'unique credo d'une grande majorit&#233; des d&#233;cideurs. Pour notre plus grand malheur, ceux-ci sont d&#232;s lors incapables de penser en d'autres termes, malgr&#233; les enjeux de survie auxquels nous sommes confront&#233;s. Chacune des parties dominantes veut conc&#233;der le moins possible en termes &#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : l'accord ne comporte rien de r&#233;ellement contraignant en termes de r&#233;ductions des Gaz &#224; Effet de Serre (GES), mais comme il fallait donner l'impression d'agir tout en continuant la marche forc&#233;e de la croissance, on nous a pr&#233;sent&#233; pour seules solutions des m&#233;canismes profitables &#233;conomiquement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le m&#233;canisme REDD+ (R&#233;duction des &#201;missions dues &#224; la D&#233;forestation et &#224; la D&#233;gradation de la for&#234;t dans les pays en d&#233;veloppement)&lt;/strong&gt; |1| : critiqu&#233; depuis sa cr&#233;ation en 2005 par de nombreux analystes &#233;cologistes |2|, militant-e-s, indig&#232;nes, puisqu'il favorise... la d&#233;forestation mais aussi l'expulsion de populations indig&#232;nes des territoires qu'elles entretiennent et prot&#232;gent depuis des temps imm&#233;moriaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe d'expropriation est soutenu par de grandes ONG de stricte conservation des for&#234;ts (de type de celle qui a un gentil panda comme logo), trop souvent du c&#244;t&#233; des &#201;tats-Unis dans les n&#233;gociations afin que REDD+ soit g&#233;r&#233; par des m&#233;canismes de march&#233;. REDD+ est aussi inad&#233;quat d'un point de vue temporel pour une v&#233;ritable r&#233;duction de la concentration des GES dans l'atmosph&#232;re que n&#233;faste pour la pr&#233;servation de la biodiversit&#233;. En effet, les enjeux aujourd'hui sont d'extraire de l'atmosph&#232;re les d&#233;chets gazeux de la combustion des &#233;nergies fossiles issues de l'industrialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Charbon, p&#233;trole et gaz &#233;taient un stock d'&#233;nergie thermique, mais aussi de GES enfouis dans le sol progressivement sur plusieurs millions d'ann&#233;es. Et en 200 ans, nous avons lib&#233;r&#233; cette manne immense de GES, perturbant le fragile &#233;quilibre climatique. Avec une capacit&#233; moyenne de stockage &#233;valu&#233;e &#224; 100 ans, les arbres rel&#226;cheront bien vite le C02 captur&#233; et tous les &#171; efforts &#187; consentis n'auront servi &#224; rien. Quant &#224; la biodiversit&#233;, mettre un prix sur les seuls arbres comme puits de carbone ignore la complexit&#233; des &#233;changes naturels et l'interd&#233;pendance des esp&#232;ces. On voit d'immenses monocultures d'arbres &#234;tre &#233;ligibles aux deniers de REDD+, alors qu'il s'agit bel et bien de la continuation de la destruction de la nature ayant un impact n&#233;gatif sur le climat. La seule solution de sortie de crise est un changement global de syst&#232;me et l'arr&#234;t rapide des industries extractives des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le commerce de carbone&lt;/strong&gt; : une fausse solution par excellence qui laisse au march&#233; le soin de r&#233;soudre les probl&#232;mes qu'il a cr&#233;&#233;s |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;conomie verte&lt;/strong&gt; : Fer de lance d'une nouvelle phase du capitalisme apr&#232;s l'&#233;chec du capitalisme financier |4| , l'&#233;conomie verte est pens&#233;e et voulue en termes de p&#233;rennisation de la croissance &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, elle nous est pr&#233;sent&#233;e avec un label vert : nucl&#233;aire vert (sic, re-sic et re-re-sic), voitures &#233;cologiques (quid des peintures synth&#233;tiques, des r&#233;sines chimiques, des quantit&#233;s d'&#233;nergie et de mati&#232;res premi&#232;res n&#233;cessaires &#224; la fabrication des dites voitures ?, etc.), agrocarburants qui privent les populations du Sud d'immenses territoires n&#233;cessaires &#224; la production d'aliments leur permettant de vivre, principe de recyclage g&#233;n&#233;ralis&#233; (un leurre pour tenter le statu quo soci&#233;tal en totale contradiction avec les lois de la thermodynamique puisque l'&#233;nergie ne peut &#234;tre recycl&#233;e et la mati&#232;re recycl&#233;e devient de moins en moins utilisable), etc. La liste des fausses solutions, les seules qui arrivent sur le march&#233; de l'&#233;conomie verte actuellement, est par trop longue au regard des quelques solutions int&#233;ressantes qui &#233;mergent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fonds climatique&lt;/strong&gt; : confi&#233; dans un premier temps au Groupe Banque mondiale (GBM), ou comment confier la gestion de la bergerie &#224; un loup climatique...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alerte ! Le GBM va g&#233;rer les nouveaux fonds verts !&lt;/strong&gt; |5|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GBM est-il qualifi&#233; et l&#233;gitime pour g&#233;rer un fonds climat ? Oui &#224; en croire le minist&#232;re belge des finances, en accord avec celui de l'&#233;nergie et du climat. Non pour celles et ceux qui prennent le temps d'analyser s&#233;rieusement les r&#233;sultats du GBM. En effet, si l'on consid&#232;re l'&#233;volution des investissements de cette institution dans les domaines &#233;nerg&#233;tiques ces derni&#232;res ann&#233;es, on d&#233;couvre que si la part allou&#233;e aux &#233;nergies renouvelables et aux &#233;conomies d'&#233;nergie est en augmentation, la part d&#233;di&#233;e aux &#233;nergies fossiles est elle en nette augmentation et est cinq fois sup&#233;rieure aux financements de projets d&#233;di&#233;s aux &#233;nergies renouvelables. Le GBM est donc clairement une part du probl&#232;me, pas de la solution. Pour la simple ann&#233;e 2008, les investissements du GBM dans les &#233;nergies fossiles contribu&#232;rent &#224; hauteur de 7% du total mondial des &#233;missions de GES du secteur &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, depuis 1992 d&#233;j&#224;, la Banque mondiale est en charge du GEF (Global Environment Facility, Fonds pour l'Environnement Mondial), un Fonds au service de la CCNUCC |6| pour lutter contre le changement climatique (mais aussi pour la pr&#233;servation de la biodiversit&#233; et pour la lutte contre la d&#233;sertification). De plus, lorsque l'on analyse les 26 derniers investissements r&#233;alis&#233;s dans le secteur &#233;nerg&#233;tique, pas un seul n'a servi &#224; apporter de l'&#233;lectricit&#233; aux populations du Sud ni &#224; contribuer &#224; leur bien-&#234;tre. De d&#233;placements de populations dus aux m&#233;ga-barrages &#224; la construction de centrales &#224; charbon augmentant le prix de l'&#233;lectricit&#233; pour les populations les plus pauvres ainsi que le poids de la dette sur leurs &#233;paules, la Banque mondiale &#233;choue encore et toujours face &#224; ses objectifs de r&#233;duction de la pauvret&#233;, mais r&#233;ussit toujours plus &#224; faciliter l'acc&#232;s des multinationales &#233;tatsuniennes aux ressources du Sud. La Banque mondiale, un outil au service du capitalisme &#233;tatsunien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agissements du pr&#233;sident &#233;tatsunien Obama ne laissent aucun doute &#224; ce sujet. En juin 2009, lorsqu'il a avalis&#233; une loi pr&#233;voyant l'affectation de ressources suppl&#233;mentaires &#224; diff&#233;rents secteurs (dont un nouveau financement de 106 milliards de dollars pour les guerres en Irak et Afghanistan, et l'augmentation des fonds mis &#224; disposition du FMI), il a pris soin d'ajouter un signing statement |7| o&#249; il d&#233;clarait qu'il ne se consid&#233;rait pas li&#233; par certaines dispositions de cette loi qui &#171; limitent [sa] capacit&#233; &#224; conduire les activit&#233;s diplomatiques et les n&#233;gociations en mati&#232;re d'affaires &#233;trang&#232;res &#187; |8| . Les sections de la loi qu'Obama a choisi d'ignorer demandaient que les repr&#233;sentants &#233;tatsuniens &#224; la Banque mondiale agissent pour le renforcement des normes quant aux droits des travailleurs et &#224; l'environnement, pour la prise en compte des gaz &#224; effet de serre dans l'&#233;valuation des projets, pour plus de transparence dans les budgets, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cancun : la voix des peuples a &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e mais la mobilisation ne faiblit pas.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet des peuples sur le changement climatique qui s'est tenu &#224; Cochabamba (Bolivie) en mai 2010, suite &#224; l'&#233;chec de Copenhague, s'est termin&#233; par une d&#233;claration des peuples sur le climat. Celle-ci aurait d&#251; &#234;tre int&#233;gr&#233;e aux travaux de ce COP16 de Cancun, mais a simplement &#233;t&#233; ignor&#233;e. Des d&#233;l&#233;gu&#233;-e-s de la soci&#233;t&#233; civile, des communaut&#233;s indig&#232;nes, se sont vu refuser l'entr&#233;e du Moon Palace, luxueux endroit o&#249; se d&#233;roulaient les n&#233;gociations, alors qu'ils/elles poss&#233;daient une accr&#233;ditation valable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Bolivie, soutenue par les mouvements sociaux plan&#233;taires, a refus&#233; cet accord de Cancun |9| et va tenter de le faire annuler en d&#233;posant un recours aupr&#232;s de la Cour internationale de justice de La Haye car l'approbation de ce genre d'accord doit se faire au consensus. Les propositions du gouvernement Morales &#233;cart&#233;es dans les n&#233;gociations concernaient entre autres la r&#233;duction drastique des &#233;missions, mais aussi la mise en place d'un tribunal international pour sanctionner les infractions aux accords climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On comprend d&#232;s lors beaucoup mieux pourquoi ces voix n'ont pas &#233;t&#233; &#233;cout&#233;es par les poids lourds des n&#233;gociations. Ces voix d&#233;rangent, elles emp&#234;chent de commercer en rond, elles rappellent les r&#233;alit&#233;s du monde vrai, de l'en-dehors du petit monde &#233;conomique. Elles expriment, et de plus en plus fort, qu'il est l'heure, l'heure de changer de paradigme, l'heure de faire payer la dette &#233;cologique aux responsable du d&#233;sastre actuel, l'heure de passer du bien-&#234;tre de quelques-uns au Bien-Vivre pour toutes et tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car &#224; d&#233;faut,&#8232;c'est la petite heure &#224; l'&#233;chelle de l'univers o&#249; nous avons foul&#233; la plan&#232;te Terre qui ne sera bient&#244;t qu'un souvenir pass&#233; si l'on d&#233;passe les fatidiques 2&#176;C, Nous, nous serons sur l'autoroute pour l'enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Le principe de REDD &#233;tait dans un premier temps de r&#233;mun&#233;rer les PED qui r&#233;duiraient leur d&#233;forestation. Puis s'y sont ajout&#233;es la d&#233;gradation des for&#234;ts, la gestion foresti&#232;re, les plantations d'arbres et la conservation des stocks de carbone, pour devenir REDD+ depuis 2007. Chaque principe de REDD+ est hautement discutable quant aux bienfaits qu'il engendrerait pour la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Voir l'article (en anglais) tr&#232;s utile sur ce sujet : &lt;a href=&#034;http://www.redd-monitor.org/2010/12..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.redd-monitor.org/2010/12..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Albert Einstein disait : &#171; La folie, c'est se comporter de la m&#234;me mani&#232;re et s'attendre &#224; un r&#233;sultat diff&#233;rent &#187;. Au vu des r&#233;sultats des premi&#232;res phases de ce m&#233;canisme, il ne faut pas s'attendre &#224; voir les industries r&#233;duire leurs &#233;missions globales, mais plut&#244;t faire le contraire. Pour une analyse critique du march&#233; de carbone : &lt;a href=&#034;http://www.france.attac.org/spip.ph..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.france.attac.org/spip.ph..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| &#201;chec, sauf pour les ultra-nantis qui ont encore un peu plus concentr&#233; les richesses dans leurs mains durant la crise financi&#232;re de 2008. Au niveau europ&#233;en, le transfert de fonds des &#201;tats vers les grandes institutions financi&#232;res dans le cadre de leur sauvetage est &#224; hauteur de 4 500 milliards d'euros ! Cet argent va &#234;tre ponctionn&#233; de nos imp&#244;ts, de nos syst&#232;mes de protections sociales, de l'&#233;ducation, sous couvert d'aust&#233;rit&#233;. Il ne s'agit de rien de moins que d'un hold-up organis&#233;. Je n'ose imaginer les r&#233;sultats que produira l'&#233;chec prochain du capitalisme vert sur la nature.&lt;br class='autobr' /&gt;
|5| Mais une campagne internationale est en cours pour exiger que la BM se retire de la gestion financi&#232;re concernant le changement climatique=&gt; &lt;a href=&#034;http://www.worldbankoutofclimate.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.worldbankoutofclimate.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Convention Cadre des Nations Unies sur le Changement Climatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| D&#233;claration jointe &#224; l'acte de promulgation . Le pr&#233;d&#233;cesseur d'Obama &#224; la pr&#233;sidence, G.W. Bush avait &#233;t&#233; largement critiqu&#233; pour son abus dans l'utilisation des signing statements, qui alt&#233;raient de mani&#232;re substantielle le contenu des lois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Voir, en anglais, &lt;a href=&#034;http://thehill.com/homenews/adminis..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://thehill.com/homenews/adminis..&lt;/a&gt;. Voir &#233;glaement le signing statement &lt;a href=&#034;http://www.whitehouse.gov/the_press..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.whitehouse.gov/the_press..&lt;/a&gt;. et le texte de la loi &lt;a href=&#034;http://www.opencongress.org/bill/11..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.opencongress.org/bill/11..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| Voir la d&#233;claration du Sommet alternatif des peuples du Sud sur la justice climatique et son financement : &lt;a href=&#034;http://www.climate-justice-now.org/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.climate-justice-now.org/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Coup d'&#233;tat &#8211; Quito, le jour d'apr&#232;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Coup-d-etat-Quito-le-jour-d-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Coup-d-etat-Quito-le-jour-d-apres</guid>
		<dc:date>2010-10-05T12:17:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;quateur</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On parle de 30 000 policiers et militaires ayant pris part &#224; cette mutinerie. Ce nombre important va engendrer de nombreux probl&#232;mes pour le gouvernement, la justice et la d&#233;mocratie &#233;quatorienne &lt;br class='autobr' /&gt; Apr&#232;s cette journ&#233;e du 30 septembre 2010 qui a vu la mise en p&#233;ril non seulement de la vie du pr&#233;sident Corr&#233;a, de la s&#233;curit&#233; de nombreuses personnes &#224; travers le pays, mais aussi du processus d&#233;mocratique et constitutionnel de l'Equateur, le pays recouvre petit &#224; petit ses esprits.. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'heure (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Equateur-+" rel="tag"&gt;&#201;quateur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton5488-0dcfb.png?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On parle de 30 000 policiers et militaires ayant pris part &#224; cette mutinerie. Ce nombre important va engendrer de nombreux probl&#232;mes pour le gouvernement, la justice et la d&#233;mocratie &#233;quatorienne&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s cette journ&#233;e du 30 septembre 2010 qui a vu la mise en p&#233;ril non seulement de la vie du pr&#233;sident Corr&#233;a, de la s&#233;curit&#233; de nombreuses personnes &#224; travers le pays, mais aussi du processus d&#233;mocratique et constitutionnel de l'Equateur, le pays recouvre petit &#224; petit ses esprits..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure est &#224; la cicatrisation des blessures provoqu&#233;es par ce coup d'Etat manqu&#233;. Pour les familles et les proches des cinq victimes de cette journ&#233;e tragique, il faudra du temps, beaucoup de temps. Pour la population &#233;quatorienne, les blessures sont multiples. D'une part, la perte de confiance dans la police sens&#233; la prot&#233;ger entraine un sentiment palpable de craintes diffuses : de nombreux commerces sont rest&#233;s ferm&#233;s aujourd'hui un peu partout dans les grandes villes du pays. D'autre part, l'image internationale d&#233;sastreuse produite par ce coup de force irraisonn&#233; procure un sentiment de honte dans le c&#339;ur de ce peuple fier et risque de nuire au tourisme et &#224; ses rentr&#233;es &#233;conomiques tellement n&#233;cessaires pour le peuple &#233;quatorien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coup de force irraisonn&#233; foment&#233; par une opposition r&#233;actionnaire qui n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; utiliser la part de la police la plus cr&#233;dule pour tenter de d&#233;stabiliser le gouvernement en place. En effet, le point initial de cette r&#233;bellion polici&#232;re est un nouveau projet de loi sur les services publics fallacieusement utilis&#233; par les responsables de ce coup pour attiser la haine et la violence de ces gens d'armes, leur faisant croire &#224; la perte de privil&#232;ges et donc &#224; une diminution de leur salaire. Or, apr&#232;s sa lib&#233;ration, le pr&#233;sident s'est exprim&#233; longuement au balcon du palais pr&#233;sidentiel pour expliquer que ce texte ne comportait aucun m&#233;canisme permettant une quelconque diminution de leur salaire et que donc, la situation chaotique n'&#233;tait bas&#233;e que sur des propos erron&#233;s, mal compris, manipul&#233;s. Une nouvelle journ&#233;e sanglante sur cette terre pour les petits int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes des vrais responsables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point d'orgue de cette journ&#233;e de folie chaotique s'est incontestablement produit &#224; Guayaquil, la cit&#233; la plus peupl&#233;e de l'Equateur. Pillages de commerces, anomie ayant entrain&#233; des comportements proprement d&#233;lirants de la part d'automobilistes (non-respects des feux de signalisation et g&#233;n&#233;ralement des codes de conduites les plus &#233;l&#233;mentaires), racket par certains policiers, formation de bandes arm&#233;es ; la d&#233;mocratie ici comme ailleurs est fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On parle de 30 000 policiers et militaires ayant pris part &#224; cette mutinerie. Ce nombre important va engendrer de nombreux probl&#232;mes pour le gouvernement, la justice et la d&#233;mocratie &#233;quatorienne. En effet, comment juger un tel nombres de personnes, comment incarc&#233;rer les coupables[1] (sachant que la capacit&#233; totale d'incarc&#233;ration de pays est de 6 000 places) ? Comment un gouvernement peut-il g&#233;rer une telle h&#233;morragie au sein de l'ex&#233;cutif avec un risque minimum pour sa stabilit&#233; ? Comment recr&#233;er une coh&#233;sion n&#233;cessaire au sein m&#234;me des forces de l'ordre militaires et civiles ? Et surtout combien de temps faudra-t-il pour que la confiance revienne chez les citoyens envers ceux qui sont sens&#233; les prot&#233;ger ?&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est ensemble de probl&#233;matiques complexes viendra alourdir un peu plus, dans les mois &#224; venir, la vie politique et citoyenne du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'&#201;quateur pense ses blessures, retient son souffle et regarde l'avenir avec une pointe d'angoisse, sachant que sa d&#233;mocratie est fragile et qu'une petite partie fonci&#232;rement mauvaise de sa population peut r&#233;duire &#224; n&#233;ant les efforts quotidiens d'un peuple pour son d&#233;veloppement pacifique, respectueux de droits humains et de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Nous ne d&#233;fendons ici nullement ce type de coercition, punition, nous constatons simplement&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ethiopie : Le cas Gibe 3 &#8211; Un m&#233;ga-barrage controvers&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ethiopie-Le-cas-Gibe-3-Un-mega-barrage-controverse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ethiopie-Le-cas-Gibe-3-Un-mega-barrage-controverse</guid>
		<dc:date>2010-08-10T12:24:30Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>Ethiopie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un mouvement international tente de pr&#233;server la principale (et bien souvent unique) source de subsistance de 500 000 personnes en &#201;thiopie et au Kenya en emp&#234;chant la construction d'un complexe hydro&#233;lectrique sur la rivi&#232;re Omo. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Nous devons indiquer et montrer, m&#234;me lorsqu'elles sont cach&#233;es, toutes les relations du pouvoir politique qui contr&#244;le actuellement le corps social, l'opprime ou le r&#233;prime &#187;. (Michel Foucault in de la nature humaine, justice contre pouvoir &#8211; entretien avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ethiopie-+" rel="tag"&gt;Ethiopie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L79xH150/arton5032-019bb.jpg?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='79' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un mouvement international tente de pr&#233;server la principale (et bien souvent unique) source de subsistance de 500 000 personnes en &#201;thiopie et au Kenya en emp&#234;chant la construction d'un complexe hydro&#233;lectrique sur la rivi&#232;re Omo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous devons indiquer et montrer, m&#234;me lorsqu'elles sont cach&#233;es, toutes les relations du pouvoir politique qui contr&#244;le actuellement le corps social, l'opprime ou le r&#233;prime &#187;. (Michel Foucault in de la nature humaine, justice contre pouvoir &#8211; entretien avec Noam Chomsky - Cahier de l'Herne 2007).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me pays le plus peupl&#233; d'Afrique avec 85 millions d'habitants pour une superficie de 1,1 million de km&#178;, la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale d&#233;mocratique d'&#201;thiopie se situe dans la corne de l'Afrique. Seul pays du continent &#224; avoir &#233;chapp&#233; aux colonisations europ&#233;ennes jusqu'en 1935, l'&#201;thiopie sera alors agress&#233;e et envahie par l'arm&#233;e du r&#233;gime mussolinien et sera lib&#233;r&#233;e du fascisme en 1941. Cependant, les liens &#233;conomiques et politiques entre l'Italie et l'&#201;thiopie sont biens ant&#233;rieurs &#224; cette &#233;poque et se poursuivent encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le pays est d&#233;pendant &#233;conomiquement des apports de l'aide &#233;trang&#232;re &#224; hauteur de 90% de son budget. De plus, l'&#201;thiopie fait partie des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s, dans le cadre de l'initiative PPTE initi&#233;e par le FMI et la Banque mondiale |1|. Cela signifie que l'Ethiopie a obtenu l'effacement d'une partie de sa dette en &#233;change de mesures &#233;conomiques draconiennes d'inspiration n&#233;olib&#233;rale, comme le &#171; tout &#224; l'exportation &#187; concernant notamment ses ressources potentielles en &#233;nergie hydro&#233;lectrique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une politique &#233;nerg&#233;tique pour qui ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls 12% des Ethiopiens ont acc&#232;s au r&#233;seau &#233;lectrique centralis&#233;. C'est une des moyennes les plus basses du monde. 90% de la population d&#233;pend principalement de la biomasse |2| pour ses besoins &#233;nerg&#233;tiques de base, &#224; cause d'un manque d'infrastructures d'&#233;nergies alternatives mais aussi en raison du prix &#233;lev&#233; de l'&#233;lectricit&#233; fournie par la soci&#233;t&#233; nationale de distribution &#233;lectrique, l'Ethiopian Electric Power Corporation (EEPCo). Cette d&#233;pendance &#224; la biomasse a particip&#233; &#224; la d&#233;forestation d&#233;sastreuse du pays : il ne reste que 7% de la for&#234;t primaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, le gouvernement a lanc&#233; un programme &#233;nerg&#233;tique sur 25 ans pr&#233;par&#233; par une &#233;tude de la soci&#233;t&#233; canadienne Acres International Ltd |3| datant de 2003. Ce plan pr&#233;voyait &#224; son origine des investissements de 3,4 milliards de dollars entre 2005 et 2015, somme revue &#224; la hausse &#224; 7 milliards de dollars, provenant &#224; 90% de l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de nouveaux sites de production d'&#233;lectricit&#233; a absorb&#233; &#224; elle seule 70% des investissements initiaux, mais le plan initial ne pr&#233;voyait pas d'infrastructures pour la distribution rurale et le renforcement du r&#233;seau national rendu n&#233;cessaire par l'augmentation de la demande. Les populations n'ont jamais &#233;t&#233; consult&#233;es &#224; ce sujet et les dettes contract&#233;es dans ce cadre n'&#233;taient pas destin&#233;es &#224; l'am&#233;lioration de leurs conditions de vie, mais visaient plut&#244;t &#224; fournir de l'&#233;lectricit&#233; au march&#233; mondial. On retrouve donc l&#224; tous les ingr&#233;dients d'une dette odieuse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2005, l'objectif annonc&#233; par le gouvernement &#233;tait de tripler la production en 5 ans alors que l'&#233;tude d'Acres ne pr&#233;voyait initialement que son doublement en 10 ans (passant de 473 MW &#224; 981 MW). Il appara&#238;t que le gouvernement a surestim&#233; volontairement la demande int&#233;rieure, d&#233;passant largement les projections les plus optimistes, afin de produire pour l'exportation sans aucune garantie d'achat finalis&#233;e avec d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus celui-ci se focalise sur la production hydro&#233;lectrique issue de m&#233;ga projets sans opter pour une strat&#233;gie de diversification des sources d'&#233;nergies renouvelables. Le potentiel g&#233;othermique du pays est estim&#233; &#224; lui seul &#224; 1000 MW alors que le plan ne pr&#233;voit la construction que de deux sites pour une capacit&#233; totale de 37 MW !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gibe 3 : un &#233;co-cide en marche ...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La basse vall&#233;e de la rivi&#232;re Omo est inscrite au patrimoine arch&#233;ologique mondial par l'UNESCO. De nombreux fossiles d'Hominines y ont &#233;t&#233; d&#233;couverts et ont donn&#233; &#224; cette r&#233;gion une grande valeur pal&#233;oanthropologique. L'arriv&#233;e d'une armada m&#233;canis&#233;e pour construire un complexe de barrages g&#233;ants aura des effets d&#233;sastreux sur le paysage et les vestiges encore cach&#233;s de notre histoire commune. Au-del&#224; de ces vestiges, la vall&#233;e est le lieu de vie d'une multitude de populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Crocodiles, hippopotames et plus de 40 esp&#232;ces de poissons s'y sont d&#233;velopp&#233;s depuis des si&#232;cles, et bien s&#251;r une population humaine estim&#233;e &#224; quelques 200 000 agro-pasteurs, enti&#232;rement d&#233;pendants des crues alluvionnaires de la rivi&#232;re pour leur existence. La rivi&#232;re termine son parcours dans le lac Turkana en territoire k&#233;nyan. Les modifications engendr&#233;es par la construction de ces barrages aura des r&#233;percussions funestes sur le niveau du lac qui re&#231;oit 90% de son approvisionnement hydrique de l'Omo. Le lac et sa riche biodiversit&#233; sont la principale source de nourriture et de revenus pour plus de 300 000 p&#234;cheurs et agriculteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, le gouvernement &#233;thiopien a autoris&#233; la construction d'un complexe de barrages le long de cette rivi&#232;re (Gibe I, II et III) et projette d'en construire deux autres (Gibe IV et V) sans une r&#233;elle consultation des populations &#233;thiopiennes affect&#233;es par ces projets et sans aucune consultation des populations k&#233;nyanes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, l'eau retenue par Gibe 3 servira &#224; la production d'agro-carburants et autres productions n&#233;fastes de l'agro-industrie, sur des terres que le gouvernement &#233;thiopien est en train de c&#233;der aux multinationales du nord.&lt;br class='autobr' /&gt;
La construction du projet hydro&#233;lectrique Gibe 3 a d&#233;but&#233; en 2006 lorsque la compagnie &#233;thiopienne d'&#233;lectricit&#233; EEPCo a sign&#233; dans la pr&#233;cipitation un contrat avec la multinationale italienne Salini Costruttori. Un contrat sans appel d'offres et sans une analyse &#233;l&#233;mentaire des risques sociaux, &#233;conomiques, techniques et &#233;cologiques li&#233;s &#224; ce type de m&#233;ga-projets, en compl&#232;te violation des lois du pays et des standards internationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La l&#233;gislation &#233;thiopienne sur l'environnement stipule qu'une &#233;valuation d'impact environnemental et social (EIES) doit &#234;tre men&#233;e avant l'approbation de tout projet. Malgr&#233; cette l&#233;gislation, l'Agence f&#233;d&#233;rale &#233;thiopienne de protection de l'environnement a approuv&#233; l'EIES de mani&#232;re r&#233;troactive, en juillet 2008, deux ans apr&#232;s le commencement des travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'EIES a &#233;t&#233; men&#233;e par l'entreprise italienne CESI et a &#233;t&#233; financ&#233;e par l'EEPCo et Salini Costruttori, qui sont donc juge et partie, ce qui pose un grave probl&#232;me juridique. La collusion entre le gouvernement &#233;thiopien, l'ancienne puissance coloniale et l'une de ses grandes soci&#233;t&#233;s priv&#233;es est clairement mise en lumi&#232;re. Le rapport publi&#233; en janvier 2009 soutient le projet, pr&#233;tendant que l'impact sur l'environnement et les peuples concern&#233;s sera &#8216;n&#233;gligeable', voire &#8216;positif'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re phase de construction de Gibe III s'est arr&#234;t&#233;e, faute de moyens. Le gouvernement s'est alors tourn&#233; vers certains acteurs financiers &#233;trangers pour parachever ce projet.&lt;br class='autobr' /&gt;
... rendu possible par les institutions financi&#232;res internationales&lt;br class='autobr' /&gt;
La Banque mondiale qui, pour cause de non appel d'offres, ne financera pas directement le projet, aidera cependant &#224; mobiliser le financement aupr&#232;s des investisseurs priv&#233;s en fournissant une garantie. Pirouette hypocrite mais l&#233;gale, selon les statuts si particuliers de la Banque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI) a d&#233;j&#224; pr&#234;t&#233; la somme de 91 millions de dollars pour la construction des barrages Gibe I et II alors que les conditions d'appel d'offres ne rencontraient pas ses directives op&#233;rationnelles ni celles de l'Union europ&#233;enne dont elle d&#233;pend, mais aussi en contradiction avec les standards internationaux et les recommandations de la Commission mondiale des barrages. Elle a &#233;t&#233; &#224; nouveau contact&#233;e par la soci&#233;t&#233; publique EEPCo pour Gibe III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que dans un document pr&#233;sentant le projet, la BEI affirme que &#171; les mesures de mitigations sont le r&#233;sultat d'une large consultation avec les populations locale &#187;, les associations locales et les groupes &#233;cologistes affirment le contraire et d&#233;noncent une campagne d'intimidation brutale r&#233;alis&#233;e par le gouvernement pour faire taire les voix dissidentes et emp&#234;cher toute r&#233;union publique sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque africaine de d&#233;veloppement (BafD) est aussi de la partie et, &#224; l'instar de la BEI, affirme que toutes les conditions d'analyse de risques et de consultations des populations sont remplies.&lt;br class='autobr' /&gt;
En finan&#231;ant ce projet &#224; travers son agence de coop&#233;ration au d&#233;veloppement, le gouvernement italien va favoriser les b&#233;n&#233;fices de sa multinationale en utilisant l'argent de l'aide publique au d&#233;veloppement tout en faisant payer le prix fort aux populations qui rembourseront les pr&#234;ts concern&#233;s si rien ne change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Imposer le refus de ces m&#233;ga-barrages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne internationale demande l'arr&#234;t de ce projet inacceptable. Elle est le fruit d'un collectif d'ONG qui fait pression sur les diff&#233;rents protagonistes |4|. Les mobilisations populaires contre certains projets technologiques pr&#233;sent&#233;s par leurs promoteurs comme sources de progr&#232;s ne datent pas d'hier. Et certaines d'entre elles ont men&#233; &#224; des blocages &#034;d&#233;finitifs&#034; l&#224; o&#249; les populations ont &#233;t&#233; les plus combatives. Ces luttes environnementales et sociales doivent venir en &#233;cho &#224; celles pour l'annulation d'une dette ill&#233;gitime et largement odieuse, promue par le CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tant que l'id&#233;ologie du d&#233;veloppement impos&#233;e par les institutions financi&#232;res internationales ne sera pas stopp&#233;e et rejet&#233;e pour ce qu'elle est vraiment, c'est &#224; dire un moyen organis&#233; par et pour les &#233;lites dans le seul but de maximiser leurs profits, il faudra sans cesse remettre l'ouvrage sur le m&#233;tier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Pour comprendre les m&#233;canismes et enjeux de l'initiative PPTE : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Initiative-PPT..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Initiative-PPT..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
|2| Essentiellement le bois et le charbon de bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Cette soci&#233;t&#233; a &#233;t&#233; accus&#233;e de corruption lors d'une &#233;tude r&#233;alis&#233;e pour un projet hydro&#233;lectrique au Lesotho. Voir : &lt;a href=&#034;http://www.odiousdebts.org/odiousde..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.odiousdebts.org/odiousde..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Une p&#233;tition est en ligne : &lt;a href=&#034;http://stopgibe3.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://stopgibe3.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Source CADTM.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les enjeux de la dette &#233;cologique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-enjeux-de-la-dette-ecologique</link>
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		<dc:date>2010-08-03T13:03:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'inconsciente pu&#233;rilit&#233; du n&#233;o-lib&#233;ralisme engendre toujours plus d'extractions, de nuisances chimiques, de d&#233;placement de populations, d'accaparement de terres pour toujours plus de monocultures, de r&#233;duction de la biodiversit&#233;. A un point tel que nous sommes, pour de nombreux scientifiques du vivant, &#224; l'aube de la sixi&#232;me extinction massive des esp&#232;ces. &lt;br class='autobr' /&gt; Un concept en cours d'&#233;laboration &lt;br class='autobr' /&gt;
Bien qu'il y ait un consensus quasiment g&#233;n&#233;ral sur le principe qu'il existe une dette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton4957-ca63a.jpg?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'inconsciente pu&#233;rilit&#233; du n&#233;o-lib&#233;ralisme engendre toujours plus d'extractions, de nuisances chimiques, de d&#233;placement de populations, d'accaparement de terres pour toujours plus de monocultures, de r&#233;duction de la biodiversit&#233;. A un point tel que nous sommes, pour de nombreux scientifiques du vivant, &#224; l'aube de la sixi&#232;me extinction massive des esp&#232;ces.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un concept en cours d'&#233;laboration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'il y ait un consensus quasiment g&#233;n&#233;ral sur le principe qu'il existe une dette &#233;cologique, il n'en existe pas de d&#233;finition univoque. Le &#034;qui doit &#224; qui et pourquoi ?&#034; est l'&#233;l&#233;ment complexe, bien plus que le concept lui-m&#234;me. A ce moment de la r&#233;flexion, surgit le probl&#232;me de rassembler un ensemble d'outils ad&#233;quats pour mesurer les impacts &#034;physiques&#034; de cette dette. Dans un second temps, il faut donner une valeur mon&#233;taire &#224; ce qui peut &#234;tre chiffr&#233; en &#233;vitant de le faire pour ce qui &#233;thiquement ne doit pas l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple : l'extraction mini&#232;re est chiffrable pour les quantit&#233;s de min&#233;raux accapar&#233;s, tandis qu'il serait aberrant de donner une valeur financi&#232;re aux morts li&#233;s aux conditions extr&#234;mes de cette extraction. M&#234;me si cette exploitation humaine est une part de la dette &#233;cologique (dans le sens ou les dettes sociales et historiques sont inclues dans le concept de &#233;cologique, l'humain &#233;tant inclus dans la nature |1| ).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport final sur l'&#233;laboration du concept de dette &#233;cologique du Centre pour le d&#233;veloppement soutenable de l'Universit&#233; de Ghent |2|propose l'utilisation d'un cadre de travail appel&#233; DPSIR pour le calcul des diff&#233;rents indicateurs dont il faut tenir compte dans cette analyse. D'une part les d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques, de l'autre la partie de la dette repr&#233;sentant ce qui a &#233;t&#233; &#034;utilis&#233; au d&#233;triment de&#034;. Un concept pertinent puisqu'il fait r&#233;f&#233;rence aux populations l&#233;s&#233;es d'un point de vue tant spatial que temporel. Par exemple, la gabegie de p&#233;trole utilis&#233; au d&#233;triment de, couvre donc autant les pays en d&#233;veloppement que les g&#233;n&#233;rations futures priv&#233;es de cette ressource &#233;puisable |3|. Ce double concept (de solidarit&#233; et de dur&#233;e) se retrouve dans le terme soutenable propos&#233; dans le rapport Brundtland |4| (&#171; sustainable &#187; en anglais, devenu &#224; tord &#171; durable &#187; dans sa traduction francophone).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, bien au del&#224; d'un simpliste clivage Nord (industrialis&#233;) / Sud (en d&#233;veloppement), il est important de mettre en &#233;vidence les clivages existant au c&#339;ur m&#234;me des soci&#233;t&#233;s. En effet, peut-on r&#233;clamer une m&#234;me dette &#233;cologique, &#224; un ouvrier du Nord et au PDG de la multinationale qui l'emploie ? A une militante altermondialiste, v&#233;g&#233;tarienne et cycliste europ&#233;enne et &#224; un pr&#233;sident africain au service de Wall Street et des Institutions financi&#232;res internationales (IFI's) ? Poser pr&#233;cis&#233;ment la question c'est ouvrir des voies nouvelles pour r&#233;-envisager les relations Sud-Nord, revoir les rapports que nous entretenons &#224; l'autorit&#233;, imaginer &#224; nouveau les types de d&#233;veloppements solidaires que nous pouvons envisager en terme de justice sociale, d'&#233;thique et de droits de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie historique de cette dette a &#233;t&#233; principalement contract&#233;e par les pays industrialis&#233;s en termes de dommages inflig&#233;s aux autres pays o&#249; &#224; l'ensemble de la biosph&#232;re depuis les pillages sans concession des ressources naturelles et humaines de Christophe Colomb &#224; maintenant. Et se perp&#233;tuant de plus belle. La destruction de la nature et des communaut&#233;s humaines, plut&#244;t que de se r&#233;duire en regard de ce qu'on appelle progr&#232;s, s'est acc&#233;l&#233;r&#233;e au cours des derni&#232;res d&#233;cennies. L'inconsciente pu&#233;rilit&#233; du n&#233;o-lib&#233;ralisme engendre toujours plus d'extractions, de nuisances chimiques, de d&#233;placement de populations, d'accaparement de terres pour toujours plus de monocultures, de r&#233;duction de la biodiversit&#233;. A un point tel que nous sommes, pour de nombreux scientifiques du vivant, &#224; l'aube de la sixi&#232;me extinction massive des esp&#232;ces |5| ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voyant que l'avidit&#233; n'avait pas de limite, la croissance pas de buts r&#233;ellement d&#233;fendables et que les d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques s'accumulaient, des ONG &#233;cologistes du Sud ont &#233;labor&#233; l'id&#233;e de dette &#233;cologique... et l'ont oppos&#233; &#224; la dette du tiers monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dette du Tiers Monde ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nantis du Nord sont les principaux d&#233;biteurs de la dette &#233;cologique. Ils sont aussi les principaux responsables de la pauvret&#233; des pays en d&#233;veloppement (PED). Nous ne r&#233;sistons pas ici &#224; vous proposer un extrait du livre &#034;la grande d&#233;sillusion&#034; de Joseph Stiglitz |6| :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;La responsabilit&#233; morale des cr&#233;anciers est particuli&#232;rement nette dans le cas des pr&#234;ts de la guerre froide. Quand le FMI pr&#234;tait de l'argent &#224; Mobutu, le c&#233;l&#232;bre pr&#233;sident du Za&#239;re (aujourd'hui R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo), ils savaient (ou auraient d&#251; savoir) que ces sommes, pour l'essentiel, ne serviraient pas &#224; aider les pauvres de ce pays mais &#224; enrichir Mobutu. On payait ce dirigeant corrompu pour qu'il maintienne son pays fermement align&#233; sur l'Occident. Beaucoup estiment injuste que les contribuables des pays qui se trouvaient dans cette situation soient tenus de rembourser les pr&#234;ts consentis &#224; des gouvernants corrompus qui ne les repr&#233;sentaient pas&#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de la dette du Congo, comme dans de tr&#232;s nombreux autres cas de dictatures |7| une majorit&#233; des pr&#234;ts consentis par les IFI's n'ont pas servi aux populations. Une part de la dette est issue de la colonisation belge et a donc quasiment int&#233;gralement servi &#224; enrichir la m&#233;tropole et les colons. Lorsque l'heure de l'ind&#233;pendance a sonn&#233;, les colons se sont sauv&#233;s en laissant le pire poison qu'il &#233;tait possible de laisser, apr&#232;s la destruction des soci&#233;t&#233;s indig&#232;nes et de la nature : la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Levier hypertrophi&#233; qui a permis de prolonger le pillage des ressources du Sud depuis les bureaux feutr&#233;s et climatis&#233;s de Washington et d'Europe, et passer ainsi d'une domination coloniale &#224; une domination financi&#232;re, plus perfide et tout aussi meurtri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annulation pure et simple de la dette du Tiers Monde tant pour des raisons historiques qu'&#233;cologiques est d&#232;s lors le premier pas n&#233;cessaire sur le chemin des r&#233;parations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Responsabilit&#233;s et r&#233;parations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si chercher &#224; affiner les calculs afin d'&#234;tre le plus exhaustif possible en regard du bon sens est une d&#233;marche empreinte de justice, il est n&#233;anmoins n&#233;cessaire de commencer sans plus attendre &#224; diffuser largement le concept de dette &#233;cologique vers les populations et le personnel politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Nord, en plus d'annuler la dette du tiers monde, doit commencer un transfert syst&#233;matique et gratuit des technologies propres, n&#233;cessaires et ad&#233;quates pour permettre le d&#233;veloppement soutenable de l'ensemble de l'humanit&#233;. Loin des hypocrites objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (OMD) et de l'aide publique au d&#233;veloppement (APD), une collaboration sans conditionnalit&#233;s doit &#233;merger devant l'urgence &#233;cologique. La comp&#233;tition (n'&#233;tant strictement pas l'ordre naturel des choses |8|) tant pr&#244;n&#233;e par les disciples du d&#233;sastre actuel, doit dispara&#238;tre et (re)faire place &#224; l'entraide internationale non marchande, facteur pr&#233;pond&#233;rant de l'&#233;volution des esp&#232;ces.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est indispensable de cesser aujourd'hui le gaspillage des ressources et les productions industrielles polluantes qui ne font qu'augmenter l'accumulation des dettes &#233;cologiques futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc un mouvement mondial et radical des peuples pour la survie des esp&#232;ces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Ce qui nous fait rejeter le terme d'environnement pour lui pr&#233;f&#233;rer d&#233;finitivement le terme de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| A d&#233;couvrir ici : &lt;a href=&#034;http://www.ecologicaldebt.org/What-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ecologicaldebt.org/What-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pour info, le g&#233;ant BP a, comme r&#233;serves prouv&#233;es, 18 Mds de barils. Nous consommons &#224; l'heure actuelle 82 millions de barils/jour. Une simple r&#232;gle de trois nous permet donc de conclure que BP a th&#233;oriquement de quoi subvenir &#224; 219 jours de consommation mondiale. Moins d'un an... Quand on sait que le taux de r&#233;cup&#233;ration moyen (c'est &#224; dire ce que l'on va pouvoir r&#233;ellement extraire) d'un gisement de p&#233;trole est de 30%, on voit plus clairement arriver le c&#233;l&#232;bre pic p&#233;trolier de Hubbert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Le Rapport Brundtland a &#233;t&#233; publi&#233; en 1987 par la commission mondiale sur l'environnement et le d&#233;veloppement. C'est l&#224; qu'apparu pour la premi&#232;re fois le terme de d&#233;veloppement soutenable devenu durable. On pourra reprocher &#224; ce document de concevoir l'&#233;cologie sous l'angle de la croissance &#233;conomique. &lt;a href=&#034;http://www.wikilivres.info/wiki/Rap..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wikilivres.info/wiki/Rap..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Michel Loreau : &#171; Une extinction massive des esp&#232;ces est annonc&#233;e pour le XXIe si&#232;cle &#187; &lt;a href=&#034;http://www.portaledibioetica.it/doc..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.portaledibioetica.it/doc..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Joseph Stiglitz est Prix Nobel d'&#233;conomie et ancien &#233;conomiste en chef de la banque mondiale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| Pas moins de 37 r&#233;pertori&#233;s dans &#034;Les chiffres de la dette 2009&#034; tir&#233; &#224; part du CADTM- &#233;ditions du Cerisier&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Lire absolument Marshall Sahlins (professeur honoraire d'anthropologie &#224; l'universit&#233; de Chicago) dans : &#171; La nature humaine : une illusion occidentale &#187; &lt;a href=&#034;http://www.lyber-eclat.net/lyber/sa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lyber-eclat.net/lyber/sa..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-fausses-explications-de-la-crise-alimentaire-dans-la-presse</link>
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		<dc:date>2008-04-15T12:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric De Ruest</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>International</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce m&#233;contentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augment&#233; de mani&#232;re aussi brutale qu'importante et les populations, d&#233;j&#224; paup&#233;ris&#233;es par la mondialisation, se retrouvent dans l'incapacit&#233; d'assumer cette charge suppl&#233;mentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flamb&#233;e sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-67-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-69-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton2026-ccb7a.jpg?1679107329' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce m&#233;contentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augment&#233; de mani&#232;re aussi brutale qu'importante et les populations, d&#233;j&#224; paup&#233;ris&#233;es par la mondialisation, se retrouvent dans l'incapacit&#233; d'assumer cette charge suppl&#233;mentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flamb&#233;e sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux &#233;conomiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'une part, une sp&#233;culation de replis sur les denr&#233;es alimentaires suite &#224; la crise des subprimes, d'autre part la production d'agrocarburants et le r&#233;chauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorit&#233;s locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en mati&#232;re de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalit&#233;s de la Banque mondiale, du Fonds mon&#233;taire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat &#233;conomique (APE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux qui fa&#231;onnent l'opinion publique font ici preuve d'une l&#233;g&#232;ret&#233; &#233;tonnamment orient&#233;e. C'est ainsi que l'on peut lire dans la presse &#233;crite belge : &#171; de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorit&#233;s locales donnent la priorit&#233; aux cultures d'exportation afin d'en retirer les devises pour acheter ce qu'ils ne produisent pas&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;p.4 de &#171; la libre Belgique &#187;, un article de M.F.C. (avec l'AFP et Reuters) (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Raccourci &#233;tonnant. Aussi &#233;tonnant que simplificateur et qui d&#233;douane &#224; peu de frais les politiques n&#233;olib&#233;rales de privatisation, de plans d'ajustement structurel, impos&#233;s depuis bient&#244;t trente ans par les institutions financi&#232;res internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les PAS (plans d'ajustement structurel) ont &#233;t&#233; impos&#233;s par les institutions de Bretton Woods aux pays du Sud dans le contexte de la crise de la dette du d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire E.Toussaint &#171; la finance contre les peuples : La bourse ou la vie &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ces m&#233;canismes, tout droit issus de l'id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale, englobent l'ensemble des secteurs des soci&#233;t&#233;s vis&#233;es. En effet, pour les th&#233;oriciens du n&#233;olib&#233;ralisme, la mondialisation d&#233;ploiera l'ensemble de ses bienfaits quand chaque r&#233;gion produira ce en quoi elle excelle et laissera donc le soin aux autres r&#233;gions de produire la majorit&#233; de ce dont elle a besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en substance la th&#233;orie des avantages comparatifs datant de 1817. Plus simplement, un pays reconnu comme &#233;tant particuli&#232;rement adapt&#233; &#224; la culture du cacao doit renoncer &#224; produire les c&#233;r&#233;ales, les huiles v&#233;g&#233;tales, les l&#233;gumineuses n&#233;cessaires &#224; l'alimentation de base de ses habitant(e)s et doit &#233;changer sur le march&#233; mondial sa production contre tout ce qui lui manque. Il s'agit donc de se couper des cultures vivri&#232;res s&#233;culaires et essentielles &#224; la souverainet&#233; alimentaire des peuples pour se plier aux jeux des &#233;conomistes. Jeux dangereux qui ont montr&#233;s leurs limites tr&#232;s rapidement et dont on peut contempler toute la d&#233;raison &#224; travers les &#233;checs observ&#233;s dans de nombreux pays ( Ha&#239;ti, le S&#233;n&#233;gal, le Burkina Faso, etc.). Dangereux car ignorants la destruction de la biodiversit&#233; au profit des monocultures d'exportations, ignorants aussi les impacts &#233;cologiques d&#233;sastreux des transports n&#233;cessaires pour toutes ces marchandises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, comment imaginer, sans une politique volontariste de contr&#244;le des prix, qu'un pays qui exporte l'arachide dont les cours restent bas pendant 20 ans sur le march&#233; mondial pourra importer les tracteurs et le p&#233;trole n&#233;cessaires &#224; son maintien sur ce march&#233; ? Quand on conna&#238;t la tendance des cours du Brent &#224; s'envoler toujours plus vers de nouveaux sommets et des prix des biens manufactur&#233;s &#224; rester d&#233;mesur&#233;ment sup&#233;rieurs aux cours de cette pauvre cacahu&#232;te, on imagine la catastrophe. C'est immanquablement la ruine et la famine pour la paysannerie locale et l'in&#233;vitable migration vers les bidonvilles pour une large partie de cette population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est donc cette th&#233;orie issue des milieux intellectuels r&#233;put&#233;s s&#233;rieux qui fait fi de la biodiversit&#233;, de la souverainet&#233; alimentaire des peuples, des risques de destruction par diff&#233;rents fl&#233;aux naturels ou humains accrus par le choix de la monoculture, de l'essence chaotique du march&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beno&#238;t Mandelbrot a con&#231;u, d&#233;velopp&#233; et utilis&#233; une nouvelle g&#233;om&#233;trie de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la pollution g&#233;n&#233;ralis&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e de transformation sociale &#224; l'&#233;chelle mondiale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans son premier rapport de 1999 consacr&#233; aux PAS, M. Fantu CHERU&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expert ind&#233;pendant aupr&#232;s de l'ancienne commission des droits de l'homme des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; explique que l'ajustement structurel va &#171; au del&#224; de la simple imposition d'un ensemble de mesures macro&#233;conomiques au niveau interne. Il est l'expression d'un projet politique, d'une strat&#233;gie d&#233;lib&#233;r&#233;e de transformation sociale &#224; l'&#233;chelle mondiale, dont l'objectif principal est de faire de la plan&#232;te un champ d'action o&#249; les soci&#233;t&#233;s transnationales pourront op&#233;rer en toute s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les PAS jouent un r&#244;le de 'courroies de transmission' pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et la r&#233;duction du r&#244;le de l'Etat dans le d&#233;veloppement national. &#187; R&#233;duction du r&#244;le de l'Etat. Et cela vient d'un rapporteur sp&#233;cial des Nations-Unies. M. CHERU n'est d'ailleurs pas le seul rapporteur des Nations-Unies &#224; avoir &#233;voqu&#233; dans ses travaux les cons&#233;quences n&#233;fastes des PAS. Des critiques d&#233;taill&#233;es issues des travaux d'autres experts onusiens font feu de tout bois dans les domaines du droit au logement, du droit &#224; l'alimentation ou encore &#224; celui de l'&#233;ducation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce propos la brochure &#233;dit&#233;e par le CETIM &#171; Dette et Droits Humains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
. L&#224; o&#249; les IFI imposent la privatisation et ouvrent une voie royale &#224; l'app&#233;tit gargantuesque des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc &#224; cause d'une dette trop souvent issue de dictatures ou d'emprunts r&#233;alis&#233;s par les puissances coloniales (l'un n'emp&#234;chant pas l'autre) et transf&#233;r&#233;s aux &#233;tats nouvellement ind&#233;pendants, que les gouvernements des pays du Sud (d'Afrique en particulier)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de l'ind&#233;pendance, la dette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; ont &#233;t&#233; contraints d'accepter les PAS et ainsi conc&#233;der une part importante de leur souverainet&#233;. Si bien qu'avancer aujourd'hui que les choix strat&#233;giques pour l'alimentation seraient encore dans les mains des gouvernements du Sud rel&#232;ve de l'escroquerie intellectuelle &#224; moins d'un manque d'information indigne du journalisme que l'on est en droit d'attendre en d&#233;mocratie. Entendons par l&#224; que fustiger &#224; tort les Africains est une contre-v&#233;rit&#233; lourde de sens et qui n'aide en rien &#224; cr&#233;er un climat fraternel entre les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un exemple pour mieux comprendre les impacts n&#233;gatifs des PAS : Ha&#239;ti&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;meutes qui se sont d&#233;clench&#233;es la semaine derni&#232;re &#224; Port-au-Prince, mais aussi dans d'autres villes ha&#239;tiennes, ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;es dans le sang. Une quarantaine de bless&#233;s au total dont quatorze par balles et au moins 5 morts. Pourtant, ces manifestations n'&#233;taient que le r&#233;sultat pr&#233;visible d'une flamb&#233;e subite du prix du riz (de l'ordre de 200%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on sait qu'aujourd'hui 82% de la population vit dans une pr&#233;carit&#233; absolue avec moins de 2$ par jour, on comprend facilement de telles r&#233;actions face &#224; cette augmentation. Ha&#239;ti utilise 80% de ces recettes d'exportations uniquement pour couvrir les importations n&#233;cessaires &#224; ses besoins alimentaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce qui laisse tr&#232;s peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est pourtant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Cependant, il n'en a pas toujours &#233;t&#233; comme cela. Avant la chape de plomb dictatoriale des Duvalier p&#232;re et fils (de 1954 &#224; 1986), l'&#238;le connaissait l'autosuffisance alimentaire. Mais la tendance qu'ont les IFI's &#224; soutenir les dictatures s'est encore confirm&#233;e ici et le peuple ha&#239;tien, en plus des blessures personnelles (tortures, ex&#233;cutions sommaires, climat de terreur permanent instaur&#233; par les tontons macoutes), se voit r&#233;clamer le remboursement de la dette externe qui culminait en septembre 2007 &#224; 1,54 milliard de dollars&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la Banque mondiale et l'Office des Nations unies contre la drogue et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Le secteur agricole aura &#233;t&#233; le plus durement touch&#233; par les exigences des pr&#234;teurs et puisque la population &#233;tait majoritairement rurale, l'ampleur des d&#233;g&#226;ts n'en a &#233;t&#233; que plus importante. En cause ? Principalement l'abaissement des droits de douane impos&#233; aux pays du Sud mais rarement respect&#233; entre l'Europe et les Etats-unis. Et l'encha&#238;nement fatal s'est mis en place ; arriv&#233;e d'un riz produit &#224; l'&#233;tranger &#224; moindre co&#251;t (car subventionn&#233;) donc exode vers les villes de nombreux paysans ruin&#233;s et donc impossibilit&#233; de r&#233;action du march&#233; local en cas de flamb&#233;e des prix sur le march&#233; international. Ici comme ailleurs, les b&#233;n&#233;fices de la lib&#233;ralisation sont inexistants pour la tr&#232;s grande majorit&#233; de la population, les d&#233;g&#226;ts sont par contre consid&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tsunami d'origine bien humaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les pompiers pyromanes communiquent, partout la presse y fait &#233;cho. Le (pas tr&#232;s bon) mot de L. Michel est cit&#233; par tous les journalistes de la place europ&#233;enne : &#171; un tsunami &#233;conomique et humanitaire &#187;. On pourrait croire par l&#224; que la crise a une cause extra-humaine, comme le fruit d'une catastrophe naturelle. Pourtant, comme nous l'avons d&#233;velopp&#233; plus haut, les causes de la crise sont par trop le r&#233;sultat de politiques dict&#233;es par les milieux financiers aux gouvernements du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi &#224; notre voracit&#233; &#233;nerg&#233;tique qu'il faut imputer une des causes de cette crise ; Les agrocarburants rentrent bien en concurrence, sur le march&#233;, avec les denr&#233;es alimentaires. La sp&#233;culation qui se fait autour de cette nourriture chang&#233;e en carburant tire le prix des c&#233;r&#233;ales et du sucre vers de nouveaux plafonds. M&#234;me Peter Brabeck, patron de la multinationale Nestl&#233;, s'inqui&#232;te de la situation dans une interview au journal suisse &#171; NZZ am Sonntag &#187; du 23 mars 2008. Pour lui, si l'on veut couvrir 20% de la demande p&#233;troli&#232;re avec des agrocarburants, il n'y aura plus rien &#224; manger&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc plus que temps d'abandonner ce mod&#232;le de (sous-)d&#233;veloppement n&#233;faste et de laisser le choix aux populations de cultiver prioritairement pour leur march&#233; int&#233;rieur. Actuellement, avec les connaissances acquises dans le domaine de l'agriculture respectueuse de l'environnement, nous pouvons viser l'autonomie alimentaire r&#233;gionale sur l'ensemble de la plan&#232;te et donc satisfaire &#224; un droit humain fondamental, celui de se nourrir d&#233;cemment. Les cons&#233;quences positives de ces progr&#232;s tant attendus seraient de favoriser rapidement la sant&#233; dans un premier temps, puis l'&#233;ducation, induisant une qualit&#233; de vie meilleure sous toutes les latitudes.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Source de l'article : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cadtm.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source de l'image : &lt;a href=&#034;http://www.blogs-afrique.info&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.blogs-afrique.info&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;p.4 de &#171; la libre Belgique &#187;, un article de M.F.C. (avec l'AFP et Reuters) ce jeudi 10 avril 2008 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire E.Toussaint &#171; la finance contre les peuples : La bourse ou la vie &#187; chap.8 p.187 co&#233;dition Syllepse /CADTM/CETIM, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Beno&#238;t Mandelbrot a con&#231;u, d&#233;velopp&#233; et utilis&#233; une nouvelle g&#233;om&#233;trie de la nature et du chaos. On sait moins que la g&#233;om&#233;trie fractale est n&#233;e des travaux que Mandelbrot avait consacr&#233;s &#224; la finance au cours des ann&#233;es 1960. Pour de plus amples informations lire : &#171; Fractales, hasard et finance &#187;, de Beno&#238;t Mandelbrot, 1959-1997 en poche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Expert ind&#233;pendant aupr&#232;s de l'ancienne commission des droits de l'homme des Nations-Unies (sur les effets des PAS sur la jouissance effective des droits humains - rapport E/CN.4/1999/50 du 24 f&#233;vrier 1999)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lire &#224; ce propos la brochure &#233;dit&#233;e par le CETIM &#171; Dette et Droits Humains &#187;, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de l'ind&#233;pendance, la dette directe s'&#233;l&#232;ve &#224; un total de 921 096 301,44 US$ &#187; (Tir&#233; de l'article de Dieudonn&#233; Ekowana).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce qui laisse tr&#232;s peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est pourtant n&#233;cessaire au d&#233;veloppement d'un pays. Jamais d'ailleurs le duo infernal FMI/BM ne s'est vant&#233; d'une quelconque r&#233;ussite de ses politiques sur cette &#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Selon la Banque mondiale et l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) B&#233;b&#233; Doc. aurait d&#233;tourn&#233; au total entre 300 et 800 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les b&#233;n&#233;fices des agrocarburants et qui a affirm&#233; qu'une transition vers ce type de palliatif au p&#233;trole aurait un impact n&#233;gatif sur la production alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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