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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#201;tats-Unis : soul&#232;vement des migrant&#183;es et des secteurs populaires</title>
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		<dc:date>2025-06-17T06:37:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-06-17</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#233;gaphone en main, la femme crie : &#171; Nous les voyons pour ce qu'ils sont, une organisation terroriste. ICE (Immigration and Customs Enforcement), hors de Paramount. Vous n'&#234;tes pas les bienvenus ici. &#187; &#192; leurs c&#244;t&#233;s, d'autres femmes brandissent des drapeaux am&#233;ricains et mexicains et des banderoles rejetant les raids et les d&#233;portations, entour&#233;es de nuages de gaz lacrymog&#232;nes tir&#233;s par la Garde nationale depuis ses v&#233;hicules blind&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; 12 juin 2025 - tir&#233; du Entre les lignes entre les mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/fuck_ice-34144.png?1781024387' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#233;gaphone en main, la femme crie : &lt;i&gt;&#171; Nous les voyons pour ce qu'ils sont, une organisation terroriste. ICE (Immigration and Customs Enforcement), hors de Paramount. Vous n'&#234;tes pas les bienvenus ici. &#187;&lt;/i&gt; &#192; leurs c&#244;t&#233;s, d'autres femmes brandissent des drapeaux am&#233;ricains et mexicains et des banderoles rejetant les raids et les d&#233;portations, entour&#233;es de nuages de gaz lacrymog&#232;nes tir&#233;s par la Garde nationale depuis ses v&#233;hicules blind&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;12 juin 2025 - tir&#233; du Entre les lignes entre les mots - &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/12/etats-unis-soulevement-des-migrants-et-des-secteurs-populaires-et-autres-textes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/12/etats-unis-soulevement-des-migrants-et-des-secteurs-populaires-et-autres-textes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que cela se passait &#224; Los Angeles, le pr&#233;sident Trump a envoy&#233; deux mille soldats. Mais les manifestants ont tenu t&#234;te &#224; l'ICE et aux agents de l'immigration, ce qui a donn&#233; lieu &#224; plus de 50 arrestations en deux jours, d&#233;clenchant une crise politique alors que les autorit&#233;s locales rejettent les d&#233;cisions du gouvernement f&#233;d&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chasse aux migrants &#8211; l'ICE poursuivait litt&#233;ralement les gens dans la rue &#8211; a provoqu&#233; une r&#233;action populaire qui a mis en &#233;vidence les fissures dans les institutions de l'&#201;tat, les chefs de la police de la ville et du comt&#233; de Los Angeles s'&#233;tant d&#233;solidaris&#233;s des actions, affirmant que leurs subordonn&#233;s n'&#233;taient pas impliqu&#233;s dans les arrestations. Dans certains cas, les manifestants ont encercl&#233; les installations de l'&#201;tat o&#249; les migrants &#233;taient achemin&#233;s par bus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;picentre de la r&#233;volte des migrants est la ville de Paramount, une ville de 51 000 habitants dont huit sur dix sont d'origine latinoam&#233;ricaine. Depuis la ville voisine de Los Angeles, nous avons contact&#233; Lucrecia, une migrante mexicaine autochtone, qui nous a fait part de ses r&#233;flexions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce que nous voyons dans les rues, c'est le m&#233;contentement de nombreuses personnes contre ce gouvernement fasciste. Ces deux derni&#232;res ann&#233;es, il a &#233;t&#233; important de voir comment la communaut&#233; des migrants et d'autres secteurs de la soci&#233;t&#233; de ce pays sont descendus dans la rue. Toutes les manifestations de l'ann&#233;e derni&#232;re contre le g&#233;nocide en Palestine montrent que les gens en ont assez. Ce que nous voyons, c'est la force et le courage des jeunes qui ont des papiers, mais qui se rebellent contre l'&#233;tat actuel des choses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucrecia raconte : &#171; J'ai &#233;t&#233; impressionn&#233;e par la fa&#231;on dont on s'occupait des sans-papiers, et ce sont eux qui sortent maintenant dans la rue pour &#233;viter d'&#234;tre expuls&#233;s. Cette solidarit&#233; qui est n&#233;e depuis l'ann&#233;e derni&#232;re, l'attention port&#233;e aux personnes les plus vuln&#233;rables, est quelque chose de remarquable. Ceux qui mettent leur corps dans la rue sont des citoyens avec des papiers qui sont contre la politique de Trump &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interrog&#233;e sur le r&#244;le des diff&#233;rents secteurs, sexes et g&#233;n&#233;rations, elle d&#233;clare : &#171; Les femmes et les jeunes ont jou&#233; un r&#244;le fondamental dans ce processus. Il y a une g&#233;n&#233;ration de jeunes et d'adultes dont les parents ont &#233;migr&#233; et qui sont n&#233;s ici, qui constituent la grande majorit&#233; de ceux qui sont dans la rue. Les jeunes apprennent avec des personnes &#226;g&#233;es de 40 &#224; 60 ans, et ce n'est pas un hasard si cela se produit &#224; Los Angeles, car il y a ici une histoire de r&#233;sistance qui leur permet d'&#233;largir l'horizon de leurs luttes, parce que les jeunes apprennent des luttes du pass&#233;, et maintenant ils parlent de fascisme, de racisme, de colonialisme, et cela les am&#232;ne &#224; voir leur lutte non pas comme quelque chose d'isol&#233;, mais comme li&#233;e &#224; ce qui se passe au niveau international &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lucrecia est convaincue que ce qui se passe en Californie est tr&#232;s similaire au sc&#233;nario que nous observons habituellement en Am&#233;rique latine. Les gens continuent de sortir, de les affronter et n'ont pas peur d'eux. La peur est due &#224; la forte pr&#233;sence de l'&#201;tat, mais les gens savent qu'il est temps de s'organiser et de descendre dans la rue. La plupart des personnes qui sont dans la rue ont r&#233;gl&#233; leur statut migratoire. C'est tr&#232;s important car ils ne se battent pas pour quelque chose de personnel, mais pour la dignit&#233; de l'emploi et de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous l'avons interrog&#233;e sur la continuit&#233; des manifestations, car en d'autres occasions, il y a eu des explosions qui se sont ensuite calm&#233;es. &#171; Il est tr&#232;s difficile de maintenir des manifestations dans ce pays. Apr&#232;s les grandes manifestations sur la Palestine, on ne parle plus et on ne mentionne pas la fa&#231;on dont l'&#201;tat r&#233;prime de mani&#232;re tr&#232;s profonde. Mais la r&#233;pression ne va pas arr&#234;ter ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;. Cela ne s'arr&#234;tera pas, m&#234;me si la fa&#231;on dont ils r&#233;priment est d&#233;vastatrice. Non, il n'y a aucun moyen d'arr&#234;ter cela. Les gens connaissent les cons&#233;quences, mais ils continuent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ra&#250;l Zibechi&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : &lt;a href=&#034;https://desinformemonos.org/estados-unidos-levantamiento-de-migrantes-y-sectores-populares/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://desinformemonos.org/estados-unidos-levantamiento-de-migrantes-y-sectores-populares/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.cdhal.org/etats-unis-soulevement-des-migrants-et-des-secteurs-populaires/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cdhal.org/etats-unis-soulevement-des-migrants-et-des-secteurs-populaires/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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		<title>La d&#233;rive autoritaire en &#201;quateur</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-8-decembre-quatre-enfants-d-origine</link>
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		<dc:date>2025-01-28T07:24:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-01-21</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;quateur</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 8 d&#233;cembre, quatre enfants d'origine africaine ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s puis ont disparu &#224; Guayaquil, le plus jeune n'ayant que 11 ans, alors qu'ils avaient quitt&#233; leur domicile pour jouer au football. Dans la vid&#233;o qui circule sur Internet, on peut voir comment au moins 10 soldats les ont fait monter dans une camionnette et les ont maltrait&#233;s. Quinze jours plus tard, leurs corps ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s br&#251;l&#233;s pr&#232;s d'une caserne militaire. &lt;br class='autobr' /&gt; 9 janvier 2025 | tir&#233; d'Inprecor Ra&#250;l Zibechi &lt;br class='autobr' /&gt;
Les tribunaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Equateur-+" rel="tag"&gt;&#201;quateur&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/equateur-3-f312e.png?1781024388' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 8 d&#233;cembre, quatre enfants d'origine africaine ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s puis ont disparu &#224; Guayaquil, le plus jeune n'ayant que 11 ans, alors qu'ils avaient quitt&#233; leur domicile pour jouer au football. Dans la vid&#233;o qui circule sur Internet, on peut voir comment au moins 10 soldats les ont fait monter dans une camionnette et les ont maltrait&#233;s. Quinze jours plus tard, leurs corps ont &#233;t&#233; retrouv&#233;s br&#251;l&#233;s pr&#232;s d'une caserne militaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 janvier 2025 | tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/node/4531&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Inprecor&lt;/a&gt; Ra&#250;l Zibechi&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tribunaux ont d&#233;clar&#233; que les gar&#231;ons avaient &#233;t&#233; victimes d'une &#171; disparition forc&#233;e &#187; et ont tenu l'&#201;tat &#233;quatorien pour responsable. Il n'y avait aucune preuve qu'ils avaient commis des crimes, contrairement &#224; ce que les autorit&#233;s avaient d&#233;clar&#233;. Les forces arm&#233;es se contredisent. Elles ont d'abord affirm&#233; qu'ils avaient &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;s dans de parfaites conditions. Ensuite, elles ont plac&#233; en d&#233;tention 16 officiers en uniforme faisant l'objet d'une enqu&#234;te du bureau du procureur g&#233;n&#233;ral, responsable des &#233;v&#233;nements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne contre les enfants a &#233;t&#233; d&#233;clench&#233;e en haut lieu : &#171; Le 24 d&#233;cembre, sur les r&#233;seaux sociaux et les groupes WhatsApp, des centaines de comptes, r&#233;cemment cr&#233;&#233;s et vraisemblablement faux, ont commenc&#233; une campagne de diffamation contre les mineurs, affirmant que leur disparition &#233;tait n&#233;cessaire et qu'ils &#233;taient li&#233;s &#224; des groupes criminels &#187; (&#171; Infobae &#187;, 24/12/2024). Le gouvernement et les institutions publiques ont tent&#233; de dissimuler les faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre, le minist&#232;re public &#233;quatorien a confirm&#233; que les quatre corps retrouv&#233;s correspondent au groupe d'enfants port&#233;s disparus le 8 d&#233;cembre. Une vague d'indignation secoue le pays. L'Alliance des organisations pour les droits humains de l'&#201;quateur a d&#233;clar&#233; que cette affaire s'inscrivait &#171; dans une pratique d'abus d'autorit&#233; et de force, de discrimination, de stigmatisation et de profilage racial &#187; de la part des forces de s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233; &#233;quatorienne d&#233;couvre qu'il s'agit d'une guerre contre ceux d'en bas, cons&#233;quence du racisme structurel et de la militarisation croissante du pays, un processus aussi r&#233;cent qu'intense. L'&#233;tat d'urgence est en vigueur en &#201;quateur presque sans interruption depuis janvier, dans le cadre de la pr&#233;tendue guerre contre le crime organis&#233;, un argument avanc&#233; par le pr&#233;sident Daniel Noboa, mais en r&#233;alit&#233; il s'agit de contenir les secteurs populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif f&#233;ministe et anti-prison Mujeres de Frente, qui travaille dans les prisons, affirme que l'&#201;quateur est devenu &#171; un &#201;tat paramilitaire &#187; dont l'&#233;picentre se trouve dans les prisons. &#187; Depuis 2015, l'&#201;tat, par l'interm&#233;diaire de la police, avec le soutien des grandes entreprises et de l'ambassade des &#201;tats-Unis, a arm&#233; les prisonniers et les a &#8220; organis&#233;s &#8221; en groupes criminels pour faciliter le mode d'accumulation par d&#233;possession au service des pouvoirs d'en haut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi nous devons r&#233;pondre, c'est pourquoi un pays comme l'&#201;quateur, qui &#233;tait il y a encore cinq ans l'un des plus pacifiques et des plus stables du continent, a entam&#233; cette d&#233;rive vers la militarisation et l'effondrement des institutions d&#233;mocratiques. Je vois deux raisons principales : l'une g&#233;opolitique et l'autre int&#233;rieure, toutes deux li&#233;es entre elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;quateur est un acteur important de la g&#233;opolitique r&#233;gionale. C'est le premier point d&#233;cisif pour comprendre les raisons qui poussent les &#201;tats-Unis, le Pentagone et le Commandement Sud &#224; tisser des liens &#233;troits avec le gouvernement Noboa. Un gouvernement rejet&#233; par la population, qui n'est pas capable d'&#234;tre gouvern&#233; par la l&#233;galit&#233; et la l&#233;gitimit&#233; de ses actions. Ce gouvernement a obtenu la cession des &#238;les Gal&#225;pagos pour que les &#201;tats-Unis y &#233;tablissent une base militaire permanente, fournissant des installations pour le fonctionnement de la flotte et de la force a&#233;rienne du Commandement Sud. C'est la position g&#233;ographique id&#233;ale pour r&#233;pondre &#224; la pr&#233;sence croissante de la Chine, qui a inaugur&#233; il y a quelques semaines le port de Chancay, dans le nord du P&#233;rou, qui aspire &#224; devenir un lien cl&#233; dans le commerce entre l'Asie et l'Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me question concerne la r&#233;action des &#233;lites &#233;quatoriennes au soul&#232;vement indig&#232;ne et populaire de 2019. Cette action collective des peuples indig&#232;nes et des secteurs populaires a abouti &#224; une victoire politique sur le gouvernement de Quito, un triomphe aux yeux de l'opinion publique, mais aussi &#224; la d&#233;faite des forces de police, qui ont d&#251; reculer face aux peuples organis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant les treize jours du soul&#232;vement, ils ont r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter plus de 200 policiers, qui sont rest&#233;s sous la garde des indig&#232;nes et de la population jusqu'&#224; ce que leur lib&#233;ration soit n&#233;goci&#233;e avec les organisations internationales de d&#233;fense des droits humains. Il est clair qu'aucune classe dirigeante ne peut accepter une telle situation sans r&#233;agir violemment, comme l'ont fait plus tard les &#233;lites en cr&#233;ant un &#201;tat paramilitaire li&#233; au trafic de drogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux processus se combinent ici : la militarisation interne et l'alignement externe sur le Pentagone. La Maison Blanche a tout int&#233;r&#234;t &#224; avoir un gouvernement soumis en Am&#233;rique du Sud, tandis que les classes dirigeantes &#233;quatoriennes ont int&#233;r&#234;t &#224; la tutelle d'un alli&#233; capable de soutenir le militarisme interne tout en restant neutre face aux violations flagrantes des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la nouvelle r&#233;alit&#233; de la militarisation du pays pose un &#233;norme d&#233;fi aux forces sociales populaires, en particulier au mouvement indig&#232;ne. Depuis son apparition publique dans les ann&#233;es 1980, la Conaie (Conf&#233;d&#233;ration des nationalit&#233;s indig&#232;nes de l'&#201;quateur) &#224; toujours &#233;volu&#233; dans un cadre d&#233;mocratique, ses droits d'organisation et de manifestation ont toujours &#233;t&#233; respect&#233;s, bien qu'elle ait parfois &#233;t&#233; durement r&#233;prim&#233;e. La douzaine de soul&#232;vements indig&#232;nes qui ont eu lieu depuis 1990 se sont sold&#233;s par des victoires ou des &#233;checs, mais la Conaie a g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; reconnue par l'&#201;tat comme un interlocuteur l&#233;gitime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, il devra agir dans de nouvelles conditions, sous la pression du militarisme et de la soci&#233;t&#233; pour la s&#233;curit&#233; et l'ordre. Les gouvernements ne permettront pas de nouveaux soul&#232;vements, comme ceux qui, par le pass&#233;, ont modifi&#233; l'&#233;quilibre des pouvoirs dans le pays. Les mouvements d'en bas ne seront pas interdits mais &#233;troitement contr&#244;l&#233;s, leurs dirigeants surveill&#233;s et soumis &#224; un chantage &#224; la collaboration avec le syst&#232;me. Ils devront se r&#233;inventer pour faire face aux nouveaux d&#233;fis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans &lt;i&gt;naiz&lt;/i&gt; le 5 janvier 2024&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Venezuela. Un r&#233;gime &#171; civilo-militaire-policier &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Venezuela-Un-regime-civilo-militaire-policier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Venezuela-Un-regime-civilo-militaire-policier</guid>
		<dc:date>2024-09-17T06:39:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emiliano Tran Montovani, Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-09-17</dc:subject>
		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Emiliano Ter&#225;n Mantovani est l'une des voix critiques les plus influentes et les plus ind&#233;pendantes au Venezuela, aujourd'hui. Sociologue &#224; l'Universit&#233; centrale du Venezuela, Emiliano Ter&#225;n Mantovani a collabor&#233; &#224; des initiatives telles que l'Atlas de la justice environnementale et le Groupe scientifique pour l'Amazonie. Il n'a pas &#233;t&#233; facile d'organiser cet entretien, car il doit agir avec une extr&#234;me prudence face &#224; la militarisation &#233;crasante que conna&#238;t le pays. &lt;br class='autobr' /&gt; 5 septembre 2024 | (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-09-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-09-17&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Venezuela-+" rel="tag"&gt;V&#233;n&#233;zuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-1696-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/marduro_et_machado-ee8e8.png?1781024388' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Emiliano Ter&#225;n Mantovani est l'une des voix critiques les plus influentes et les plus ind&#233;pendantes au Venezuela, aujourd'hui. Sociologue &#224; l'Universit&#233; centrale du Venezuela, Emiliano Ter&#225;n Mantovani a collabor&#233; &#224; des initiatives telles que l'Atlas de la justice environnementale et le Groupe scientifique pour l'Amazonie. Il n'a pas &#233;t&#233; facile d'organiser cet entretien, car il doit agir avec une extr&#234;me prudence face &#224; la militarisation &#233;crasante que conna&#238;t le pays.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;5 septembre 2024 | tir&#233; du site alencontre.org | Photo : Nicolas Maduro et Maria Corina Machado&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/laune/venezuela-un-regime-civilo-militaire-policier.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/laune/venezuela-un-regime-civilo-militaire-policier.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ra&#250;l Zibechi : Comment caract&#233;riseriez-vous le gouvernement de Maduro ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Emiliano Ter&#225;n Mantovani :&lt;/strong&gt; Depuis le 28 juillet 2024, une fraude &#233;lectorale a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e au Venezuela dont on parlera beaucoup quand on se souviendra des plus grandes fraudes &#233;lectorales de l'histoire contemporaine de l'Am&#233;rique latine, comme la &#171; chute du syst&#232;me &#187; au Mexique [1] celle d'Alberto Fujimori [en 2000] au P&#233;rou, ou quelques cas insolites en Am&#233;rique centrale. Aujourd'hui, une reconfiguration du r&#233;gime politique est propos&#233;e afin de pouvoir gouverner dans des conditions d'ill&#233;gitimit&#233; sociale, politique et internationale compl&#232;te. Il s'agit d'une reconfiguration dangereuse car elle vise &#224; pousser la r&#233;pression et le contr&#244;le social &#224; des niveaux inusit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Permettez-moi tout d'abord de dire d'o&#249; nous venons, afin de voir o&#249; nous pourrions aller. Le gouvernement de Maduro a &#233;volu&#233; au cours des 11 derni&#232;res ann&#233;es d'une mani&#232;re qui tend de plus en plus vers la d&#233;cadence, dans tous les sens du terme. Il a pulv&#233;ris&#233; le cadre des droits sociaux, cherchant &#224; &#233;touffer toute dissidence politique et sociale, avec une r&#233;pression brutale de l'ensemble du camp populaire, m&#234;me si vous &#234;tes un chaviste critique. Le Venezuela a &#233;t&#233; gouvern&#233; en vertu d'un &#233;tat d'urgence permanent : un &#233;tat d'urgence l&#233;gal, par d&#233;cret, qui a dur&#233; plus de cinq ans, de 2016 &#224; 2021, quelque chose de totalement anti-constitutionnel, mais qui, paradoxalement, a &#233;t&#233; normalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, l'architecture du pouvoir a &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;e par une restructuration progressive de l'Etat. Le point de d&#233;part r&#233;side dans l'Etat corporatiste et militariste fa&#231;onn&#233; sous le gouvernement d'Hugo Ch&#225;vez, ses mani&#232;res autoritaires et verticales de faire de la politique, qui posent comme principe fondamental la plus grande loyaut&#233; envers le dirigeant avant toute chose. Les structures et les r&#233;seaux de corruption de l'Etat constituent &#233;galement un facteur ant&#233;rieur important. Ces &#233;l&#233;ments ont trouv&#233; une continuit&#233; dans le gouvernement de Maduro, mais d&#233;sormais sans le charisme et la l&#233;gitimit&#233; politique de Ch&#225;vez, sans les &#233;normes revenus p&#233;troliers qui &#233;taient autrefois disponibles, et dans le contexte de l'effondrement structurel du Venezuela. Tout a commenc&#233; &#224; &#234;tre impos&#233; principalement par la contrainte et la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Assembl&#233;e nationale, largement remport&#233;e par l'opposition en 2015, a &#233;t&#233; ignor&#233;e et une Assembl&#233;e nationale parall&#232;le a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2017 ; des entreprises aux mains des militaires ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es en vue de l'appropriation et de la gestion directes et priv&#233;es de la richesse. La grande pauvret&#233; engendr&#233;e par la crise a &#233;t&#233; utilis&#233;e politiquement, en mettant en place des canaux institutionnels pour l'attribution s&#233;lective de la richesse aux fonctionnaires de l'Etat et aux partisans du Parti socialiste unifi&#233; du Venezuela (PSUV). L'acc&#232;s &#224; l'information a &#233;t&#233; supprim&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses forces de s&#233;curit&#233; &#233;tatiques et para-&#233;tatiques ont &#233;t&#233; install&#233;es, une structure de corruption et de pouvoir incontest&#233;, et cela dans un environnement d'impunit&#233; et de militarisation maximales. Ce qui a abouti, &#233;galement, &#224; consolider la d&#233;rive mafieuse de l'Etat. Tout cela &#233;tait justifi&#233; au nom de la &#171; d&#233;fense de la r&#233;volution et du socialisme &#187; et de la &#171; lutte contre la droite &#187;. Nous avons donc assist&#233; &#224; un changement de r&#233;gime de l'int&#233;rieur et &#224; la consolidation d'une dictature d'un nouveau type, un r&#233;gime de type patrimonial et oligarchique, qui favorise &#224; son tour l'appropriation directe des richesses r&#233;gionales afin de maintenir les loyaut&#233;s provinciales [le Venezuela compte 23 structures administratives provinciales]. Le Venezuela est d&#232;s lors gouvern&#233; comme une hacienda, une image qui rappelle les r&#233;gimes politiques du dernier quart du XIXe si&#232;cle et du premier quart du XXe si&#232;cle en Am&#233;rique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.Z. Toutefois, certains consid&#232;rent ce r&#233;gime comme &#233;tant de gauche.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne permet d'affirmer qu'il s'agit d'un gouvernement progressiste, et encore moins d'un gouvernement de gauche. Il y a une importante lib&#233;ralisation de l'&#233;conomie, avec parmi d'autres facteurs : la promotion et la protection des capitaux transnationaux, de larges exemptions fiscales, des privatisations discr&#232;tes, la promotion de zones &#233;conomiques sp&#233;ciales, la cr&#233;ation d'un Venezuela VIP (tourisme, restaurants, bars, voyages, camionnettes de luxe) r&#233;serv&#233; aux &#233;trangers, aux hommes d'affaires et aux hauts fonctionnaires de l'Etat ; la d&#233;gradation programm&#233;e des salaires, en les maintenant en bolivars alors que l'&#233;conomie est totalement dollaris&#233;e ; l'abandon du secteur public. Fedec&#225;maras [Federaci&#243;n de C&#225;maras y Asociaciones de Comercio y Producci&#243;n de Venezuela], la principale structure entrepreneuriale du pays &#8211; qui a toujours &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e comme le grand ennemi de Ch&#225;vez &#8211; est maintenant une amie du r&#233;gime de Maduro. En analysant les diverses mesures &#233;conomiques, nous pouvons affirmer que nous sommes confront&#233;s &#224; l'une des restructurations n&#233;olib&#233;rales les plus agressives de la r&#233;gion, bien qu'il ne s'agisse en aucun cas d'un n&#233;olib&#233;ralisme traditionnel. L'&#233;volution d'un syst&#232;me autoritaire et la n&#233;olib&#233;ralisation de l'&#233;conomie sont deux facteurs d'un m&#234;me processus de changement de r&#233;gime au Venezuela. L'un est fonction de l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des hommes d'affaires, il faut ajouter : la nouvelle alliance du r&#233;gime de Maduro est avec les &#233;glises &#233;vang&#233;liques, comme Jair Bolsonaro l'a fait au Br&#233;sil ; le chavisme a critiqu&#233; &#193;lvaro Uribe, l'ancien pr&#233;sident colombien [d'ao&#251;t 2002 &#224; ao&#251;t 2010], mais Maduro a d&#233;ploy&#233; un r&#233;seau de groupes de choc paramilitaires similaires. En effet, Maduro a r&#233;cemment annonc&#233; que son pouvoir reposait sur une alliance &#171; civile-militaire-polici&#232;re &#187;. En ces jours marqu&#233;s par les protestations populairse, les camps de travail forc&#233; pour les &#171; terroristes &#187; et les &#171; auteurs de coup d'Etat &#187; sont mis en avant, rappelant le Nayib Bukele du Salvador [pr&#233;sident depuis le 1er juin 2019]. Les deux gouvernements qui ont le plus favoris&#233; la destruction des droits en Am&#233;riquedu Sud aujourd'hui sont pr&#233;cis&#233;ment ceux de Javier Milei [en Argentine, il est en fonction depuis d&#233;cembre 2023] et de Nicol&#225;s Maduro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que certains activistes de gauche qui continuent &#224; le soutenir n'ont m&#234;me pas r&#233;ussi &#224; comprendre le niveau de d&#233;cadence et de conservatisme, et la d&#233;rive mafieuse de ce r&#233;gime. Et ils finissent par &#234;tre entra&#238;n&#233;s par cette d&#233;cadence, en soutenant ce d&#233;sastre et en sapant leur propre cr&#233;dibilit&#233;. C'est le sympt&#244;me d'une erreur d'orientation historique qui doit nous ramener &#224; la question de savoir ce qu'est la gauche dans cette crise, qui est une crise mondiale. Quel est le sens historique de la gauche aujourd'hui, ce qu'elle repr&#233;sente, qui elle incarne et d&#233;fend, comment elle comprend la relation entre l'&#233;thique et la politique, comment elle r&#233;pond &#224; ce monde changeant et violent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me conclusion est que ce r&#233;gime de corruption, d'abus, de pr&#233;carisation de la vie et de violence r&#233;pressive [2]est compris et ressenti par la grande majorit&#233; des V&#233;n&#233;zu&#233;liens comme un cauchemar. Un cauchemar dont ils veulent voir la fin. C'&#233;tait l'un des facteurs pr&#233;alables cette &#233;lection du 28 juillet : une lassitude populaire maximale &#224; l'&#233;gard du gouvernement de Maduro, une insatisfaction jamais vue au cours des 25 ann&#233;es du processus bolivarien ont cr&#233;&#233; cette masse critique de m&#233;contentement g&#233;n&#233;ralis&#233; incontestable et qui s'est traduite de mani&#232;re flagrante dans les &#233;lections. Dans tous les secteurs sociaux des V&#233;n&#233;zu&#233;liens on a vot&#233; massivement contre Maduro, qu'ils soient d'origine rurale ou urbaine, jeunes ou &#226;g&#233;&#183;e&#183;s, les plus pr&#233;caires, ou membres des classes moyennes ; que ce soit &#224; Caracas, dans les Andes, dans les Llanos [r&#233;gion centrale du Venezuela, comprenant, entre autres, les Etats de Gu&#225;rico, Cojedes et Apure], en Amazonie ; qu'ils proviennent de diff&#233;rents secteurs de la gauche, du centre, de la droite, de milieux religieux ou ath&#233;s, tous, avec une force sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire &#233;lectorale v&#233;n&#233;zu&#233;lienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela ne semble pas &#234;tre compris par une partie de la gauche, qui a tristement criminalis&#233; les manifestations populaires dans les quartiers les plus pauvres du pays, les qualifiant d'&#171; ultra-droite &#187;, ce qui renforce les m&#233;canismes de r&#233;pression et de pers&#233;cution en cours. Et, dans d'autres cas, ces fractions dites de gauche infantilisent et m&#233;sestiment la population, affirmant qu'il s'agit de personnes confuses, manipul&#233;es et d&#233;pourvues de jugement, qui livrent le pays aux Etats-Unis. Elles ne disposent d'aucune approche autocritique ni d'un minimum de compr&#233;hension de la faillite de ce projet politique chaviste pour que les gens fuient en passant les fronti&#232;res. Aucune autocritique qui conduirait &#224; une r&#233;flexion profonde sur les erreurs commises par les gouvernements bolivariens. Au contraire, je constate que cette partie de la gauche s'obstine sans cesse &#224; faire peser sur les &#233;paules du peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien le poids de ces &#233;checs et de le soup&#231;onner car il proteste contre le manque d'eau, contre son salaire de mis&#232;re ou parce qu'il veut que son vote soit respect&#233;. Et ces fractions lui disent qu'il &#171; fait le jeu de la droite &#187;, en r&#233;p&#233;tant sans cesse ce type de chantage. Pour ces membres de cette gauche, le peuple n'a pas le droit de se rebeller, il doit se taire et soutenir le gouvernement&#8230; jusqu'&#224; la fin des temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.Z. O&#249; va le r&#233;gime ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi nous assistons probablement est une nouvelle r&#233;organisation politique, plus radicale, plus extr&#233;miste, pour le contr&#244;le de la population. Les garanties constitutionnelles sont de facto suspendues. Les porte-parole du gouvernement eux-m&#234;mes ont fait &#233;tat de plus de 2 200 arrestations en quelques jours, en dehors de toute proc&#233;dure l&#233;gale, touchant l'ensemble du spectre social et politique du pays. Les forces de s&#233;curit&#233; arr&#234;tent les passants pour v&#233;rifier si leur t&#233;l&#233;phone ne contient pas de contenu anti-gouvernemental afin de les arr&#234;ter. Des m&#233;canismes de d&#233;lation sociale ont &#233;t&#233; mis en place pour d&#233;noncer les opposant&#183;e&#183;s. Une application a m&#234;me &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour afficher leurs noms, adresses et photos. Les maisons de ceux qui protestent ou s'opposent au gouvernement ont &#233;t&#233; marqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, sur la base des discours officiels et des d&#233;clarations des agences de s&#233;curit&#233;, des contenus sont diffus&#233;s pour effrayer la population, annon&#231;ant qu'&#171; elles vont venir vous chercher &#187; ; et des prisonniers en tenue d'incarc&#233;r&#233; sont film&#233;s &#8211; imitant de la sorte les op&#233;rations du salvadorien Bukele &#8211; au moment o&#249; ils crient des slogans pro-gouvernementaux. Les r&#233;seaux sociaux font l'objet d'une surveillance stricte et un Conseil national de cybers&#233;curit&#233; a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; pour officialiser cette surveillance. Une loi a &#233;t&#233; adopt&#233;e pour contr&#244;ler les ONG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut l'imaginer, la population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est terrifi&#233;e et en &#233;tat de choc. Voil&#224; le contenu de ce que le gouvernement Maduro a appel&#233; une nouvelle alliance &#171; civile-militaire-polici&#232;re &#187;. Nous vivons dans une soci&#233;t&#233; totalement polic&#233;e, quasi orwellienne. Le r&#233;gime cherche &#224; contr&#244;ler toutes les sph&#232;res et toutes les expressions de la soci&#233;t&#233;. Dans quelle mesure cette situation est-elle viable &#224; long terme ? Il est difficile de le savoir, mais ce qui est clair, c'est que dans ce sc&#233;nario, le conflit se situe au plus profond de la subjectivit&#233;, de l'int&#233;grit&#233; subjective. C'est de la biopolitique &#224; l'&#233;tat pur. Le corps-sujet est un otage dans son propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.Z. Comment caract&#233;risez-vous l'opposition men&#233;e par Mar&#237;a Corina Machado ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mar&#237;a Corina Machado a un programme politico-&#233;conomique n&#233;olib&#233;ral orthodoxe de privatisations massives et d'alliances avec le capital international, ainsi qu'une proximit&#233; g&#233;opolitique avec les Etats-Unis et ce que ces secteurs appellent le &#171; monde libre &#187;. C'est une femme issue des classes &#233;conomiques sup&#233;rieures, d'une famille d'importants hommes d'affaires. Sa position sur le processus bolivarien a toujours &#233;t&#233; classiste, rupturiste et conflictuelle, m&#234;me s'il est certain que, pour se rendre plus acceptable et &#233;largir le spectre de ces alliances, elle s'est r&#233;cemment d&#233;plac&#233;e vers des positions plus mod&#233;r&#233;es. Dans tous les cas, il convient de souligner que le r&#233;cent affrontement &#233;lectoral et politique pour les V&#233;n&#233;zu&#233;liens s'est d&#233;roul&#233; entre deux forces n&#233;olib&#233;rales. Cela nous montre le type de crois&#233;e face &#224; laquelle le peuple v&#233;n&#233;zu&#233;lien s'est trouv&#233; et continuera de se trouver pour le moment. S'affirme le profond besoin de construire progressivement une alternative politique &#224; cela, une voie de revendication populaire et souveraine qui cherche &#233;galement &#224; changer le mod&#232;le de soci&#233;t&#233;, qui commence s&#233;rieusement &#224; penser au-del&#224; du p&#233;trole et de l'extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a des nuances sur l'opposition qui doivent &#234;tre mentionn&#233;es, afin d'op&#233;rer une interpr&#233;tation actualis&#233;e. Nous ne sommes pas en 2017. Bien que la grande majorit&#233; de la population rejette le gouvernement, nous ne sommes pas face &#224; deux blocs politiques forts qui s'affrontent sur un certain pied d'&#233;galit&#233;. Le gouvernement de Maduro actuellement contr&#244;le tout : les forces arm&#233;es et les forces de s&#233;curit&#233;, le pouvoir judiciaire, le pouvoir &#233;lectoral, le pouvoir l&#233;gislatif, la grande majorit&#233; des gouvernements r&#233;gionaux [Etats] et municipaux, les m&#233;dias nationaux, l'industrie p&#233;troli&#232;re, tout. Tout. La v&#233;rit&#233; est que la situation de 2017 ou m&#234;me de 2019 ne peut &#234;tre compar&#233;e &#224; la pr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le secteur de l'opposition que Mar&#237;a Corina Machado dirige aujourd'hui n'est pas homog&#232;ne. Machado n'en a pas le contr&#244;le total et a fait face &#224; de nombreux adversaires politiques internes. Pour les &#233;lections, elle a r&#233;ussi &#224; faire l'unit&#233; avec les autres acteurs de la coalition, mais il est difficile de savoir si cette unit&#233; tiendra, compte tenu de leurs ant&#233;c&#233;dents conflictuels. A ce jour, il n'y a pas de consensus sur son programme &#233;conomique &#171; orthodoxe &#187;, puisque, par exemple, tout le monde n'est pas d'accord sur la privatisation de PDVSA [Petr&#243;leos de Venezuela, SA]. Si l'opposition actuelle prenait le pouvoir pr&#233;sidentiel, le chavisme contr&#244;lerait toujours la Cour supr&#234;me, l'Assembl&#233;e nationale, le Conseil &#233;lectoral et les autres branches du gouvernement. M&#234;me si Mar&#237;a Corina Machado &#233;tait au pouvoir, elle devrait probablement faire face au chavisme comme opposition. Et elle serait m&#234;me face &#224; une population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne qui n'a pas &#233;t&#233; historiquement encline aux id&#233;es n&#233;olib&#233;rales, mais plut&#244;t &#224; une culture politique anti-oligarchique. Se poserait &#233;galement la question du niveau de soutien militaire &#224; Mar&#237;a Corina Machado, compte tenu de l'antipathie r&#233;ciproque de longue date. Le contexte v&#233;n&#233;zu&#233;lien est tr&#232;s instable et fragment&#233;. C'est probablement ce qu'une partie de la gauche et divers mouvements sociaux ont &#233;valu&#233; lorsqu'ils ont d&#233;cid&#233; qu'ils pr&#233;f&#233;raient affronter un gouvernement de Machado plut&#244;t que de Maduro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.Z. Comment voyez-vous l'avenir ? Une guerre civile est-elle possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier sc&#233;nario se r&#233;sume &#224; ce que Maduro reste au pouvoir, gr&#226;ce &#224; trois facteurs : 1&#176; un r&#233;gime de r&#233;pression brutale qui emp&#234;che l'&#233;mergence d'une force dissidente significative ou d'une alternative politique forte ; 2&#176; un r&#233;gime qui sait d&#233;j&#224; g&#233;rer le pays avec un co&#251;t politique tr&#232;s faible, c'est-&#224;-dire qu'il sait gouverner dans un contexte d'effondrement et de chaos, et ne se soucie pas beaucoup des mises en question et de l'isolement international. La population v&#233;n&#233;zu&#233;lienne en est la grande perdante ; 3&#176; un r&#233;gime qui parvient &#224; consolider certains circuits commerciaux internationaux pour ses ressources naturelles, en tenant compte de certaines licences p&#233;troli&#232;res et gazi&#232;res qui pourraient &#234;tre maintenues compte tenu des besoins &#233;nerg&#233;tiques mondiaux, du soutien de la Chine, de l'Iran, de la Turquie, de la Russie, entre autres, ainsi que de la commercialisation d'autres mati&#232;res premi&#232;res, et qui attend que les eaux se calment pour inviter plus ouvertement de nouveaux investisseurs internationaux. Ce n'est pas la premi&#232;re fois que la cruaut&#233; de l'extractivisme soutient et l&#233;gitime des dictatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement de Maduro a tent&#233; de reconqu&#233;rir certains de ses anciens &#233;lecteurs par le biais de divers m&#233;canismes client&#233;laires ou de discours d&#233;magogiques. Et, plus avant, se profilera ce &#224; quoi nous avons assist&#233; : une &#233;rosion durable de son soutien, une d&#233;b&#226;cle totale. Il n'est pas improbable qu'un sc&#233;nario de rupture se dessine t&#244;t ou tard, m&#234;me si, je le r&#233;p&#232;te, nous ne savons ni quand ni quelle forme prendra cette rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre question concerne les d&#233;placements au sein du bloc gouvernemental, qui a &#233;galement &#233;t&#233; lent et qui, ces derniers jours, s'est traduit dans des manifestations publiques de m&#233;contentement, comme celle de Francisco Arias C&#225;rdenas [ambassadeur au Mexique] ou du ministre de la culture, Ernesto Villegas. Il est &#233;vident qu'au c&#339;ur des questions qui se posent, il y a celles des dissensions internes, y compris dans le secteur militaire, qui auront une influence d&#233;terminante sur la crise. Les d&#233;nouements de cette situation ne seront pas le fruit de la seule inertie. Ce sont les capacit&#233;s de mobilisation qui leur donneront forme et dynamisme. Il reste &#224; voir comment &#233;volueront les r&#233;sistances sociales, comment le m&#233;contentement, la peur et la terreur que les gens &#233;prouvent seront canalis&#233;s, que ce soit sous l'emprise de tendances &#224; la paralysie et &#224; l'accoutumance, ou au travers d'autres expressions du malaise, de la rage, du sentiment de ne pas avoir d'avenir et d'une nouvelle forme de ras-le-bol qui mobilisera sans doute des formes beaucoup plus intenses et inconnues. La cr&#233;ativit&#233; sociale et la pers&#233;v&#233;rance seront cruciales pour la recomposition populaire en ces temps de dictature de fer. La r&#233;action internationale sera importante, bien que diversifi&#233;e, et sera probablement d&#233;clench&#233;e en fonction de l'&#233;volution des alternatives de changement dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la situation &#233;conomique int&#233;rieure sera cruciale. La soi-disant reprise &#233;conomique repose sur des bases tr&#232;s fragiles. La r&#233;partition des richesses reste extr&#234;mement in&#233;gale et nous ne pouvons pas oublier que nous sortons d'une longue crise &#233;conomique, d&#233;termin&#233;e par l'&#233;puisement du mod&#232;le fond&#233; sur la rente p&#233;troli&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R.Z. Peut-on s'attendre &#224; des affrontements plus violents ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un sc&#233;nario possible si toutes les voies pour une solution pacifique sont d&#233;finitivement ferm&#233;es, bien qu'une guerre civile n&#233;cessite deux camps arm&#233;s, et au Venezuela ce monopole est essentiellement d&#233;tenu par le gouvernement maduriste. (Article publi&#233; par l'hebdomadaire uruguayen Brecha le 30 ao&#251;t 2024 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] En 1988, le Secr&#233;tariat du gouvernement mexicain invoqua une &#171; panne &#187; du syst&#232;me &#233;lectronique, les r&#233;sultats &#171; obtenus &#187; avec une semaine de retard donn&#232;rent le candidat du PRI, Carlos Salinas de Gortari, vainqueur, contre Cuauht&#233;moc C&#225;rdenas du Front d&#233;mocratique national. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'organisation non-gouvernementale Foro Penal recens&#233; plus 1580 &#171; prisonniers politiques &#187;, dont 114 mineurs. Les procureurs, selon des instances gouvernementales, ont inculp&#233; des centaines &#8211; plus de 2200 officiellement &#8211; de personnes pour &#171; incitation &#224; la haine &#187;, &#171; r&#233;sistance &#224; l'autorit&#233; &#187; et &#171; terrorisme &#187;.Le nombre de morts, lors des manifestations r&#233;prim&#233;es, s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de 25. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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		<title>Colombie. &#171; Bogot&#225; un an apr&#232;s la r&#233;volte. Une exp&#233;rience socio-politique au-dessus des nuages, &#224; la hauteur des r&#234;ves &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Colombie-Bogota-un-an-apres-la-revolte-Une-experience-socio-politique-au-dessus</link>
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		<dc:date>2022-04-26T06:59:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Colombie</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Se rendre &#224; Alto Fucha est un voyage qui implique de monter. Quittez Bogot&#225; en direction du sud-est, traversez l'&#233;norme ville de San Crist&#243;bal et commencez la mont&#233;e dans la cha&#238;ne de montagnes, en longeant la rivi&#232;re qui serpente dans la montagne. L'environnement devient plus vert &#224; mesure que nous montons et plus froid &#224; mesure que nous nous enfon&#231;ons dans les collines. &lt;br class='autobr' /&gt; 18 avril 2022 | tir&#233; du site alencontre.org (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Colombie-+" rel="tag"&gt;Colombie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-1696-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton52544-0780a.png?1781024388' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Se rendre &#224; Alto Fucha est un voyage qui implique de monter. Quittez Bogot&#225; en direction du sud-est, traversez l'&#233;norme ville de San Crist&#243;bal et commencez la mont&#233;e dans la cha&#238;ne de montagnes, en longeant la rivi&#232;re qui serpente dans la montagne. L'environnement devient plus vert &#224; mesure que nous montons et plus froid &#224; mesure que nous nous enfon&#231;ons dans les collines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 avril 2022 | tir&#233; du site alencontre.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ameriques/amelat/colombie/colombie-bogota-un-an-apres-la-revolte-une-experience-socio-politique-au-dessus-des-nuages-a-la-hauteur-des-reves.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/ameriques/amelat/colombie/colombie-bogota-un-an-apres-la-revolte-une-experience-socio-politique-au-dessus-des-nuages-a-la-hauteur-des-reves.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la p&#233;riph&#233;rie de Bogot&#225;. C'est ici que la ville c&#244;toie le p&#225;ramo [&#233;cosyst&#232;me des r&#233;gions situ&#233;es au-dessus de la ligne foresti&#232;re continue] &#224; une altitude de 3100 m&#232;tres. O&#249; la pr&#233;carit&#233; des habitations r&#233;v&#232;le que des milliers de paysans ont d&#251; grimper, litt&#233;ralement, pour trouver un bout de terrain sur lequel construire leur maison. Toutes ont &#233;t&#233; construites par des familles de paysans fuyant la violence et par des migrants v&#233;n&#233;zu&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le ordinaire des autoconstructions est la verticalit&#233;, pour tirer le meilleur parti du terrain. Deux &#233;tages sont le minimum, mais cela peut &#234;tre trois, en fonction du nombre d'enfants et de petits-enfants des familles. Le travail est &#224; inventer : vente ambulante, recyclage de cartons et emplois temporaires montrent la pr&#233;carit&#233; de la vie derri&#232;re les briques rouges et les toits de t&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alto Fucha compte quelque six mille habitants, mais &#224; La Cecilia, ce quartier coinc&#233; entre le p&#225;ramo et la vall&#233;e, o&#249; coule la rivi&#232;re Fucha, ils sont &#224; peine plus de mille. Amener l'eau et l'&#233;lectricit&#233; dans les maisons a &#233;t&#233; un v&#233;ritable combat, rendu possible gr&#226;ce &#224; l'organisation du quartier. Dans la rue principale, toujours en pente, se dresse la Casa de la Lluvia (des Id&#233;es), une construction simple avec une structure en bambou ou troncs creux l&#233;gers (guaduas), des murs l&#233;gers et des toits transparents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maison est le centre social et culturel de La Cecilia, situ&#233;e dans la r&#233;serve foresti&#232;re des Cerros Orientales de Bogota. Il a &#233;t&#233; construit par des dizaines de voisins dans le cadre d'un travail communautaire qui a d&#233;but&#233; en 2012, il y a tout juste dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La zone est riche en ressources et, en raison de son emplacement, elle est convoit&#233;e par la sp&#233;culation des grands promoteurs immobiliers, qui cherchent &#224; faire des affaires avec des secteurs disposant de hauts revenus s'ils parviennent &#224; d&#233;poss&#233;der les habitants actuels. Cela est plus que difficile en raison du haut niveau d'organisation de la communaut&#233; et de la conscience claire des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unique pi&#232;ce de la Casa de la Lluvia est remplie de jeunes, filles et gar&#231;ons. Il doit y avoir plus de 70 personnes, appartenant &#224; 22 collectifs du quartier et des environs. Ils sont venus pour partager et d&#233;battre, pour &#233;couter de la musique et lire des textes. Le matin, ils construisaient un espace en plein air avec des guaduas, de longs troncs creux et &#233;pais qui, disent-ils, sont plus r&#233;sistants que le bois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons ensuite d&#233;jeun&#233; chez Tina, une voisine qui ouvre ses portes &#224; la communaut&#233;, et o&#249; les gens se sentent chez eux. Mais si vous ne mangez pas tous les plats qu'ils servent, deux au minimum, vous &#234;tes rigoureusement grond&#233; par les dames en cuisine qui surveillent votre attitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ronde (la r&#233;union collective) commence &#224; prendre forme. Au-dessus de la porte, un &#233;norme panneau en laine indique : &#171; Digna Rabia &#187;. Iv&#225;n, de Huertop&#237;a, un collectif pionnier qui soutient plusieurs jardins potagers et en promeut des dizaines, explique que Bryan C&#225;rdenas, l'un des fondateurs, s'est noy&#233; &#224; Chipas apr&#232;s avoir visit&#233; des communaut&#233;s de l'EZLN. Le zapatisme a une place dans le c&#339;ur de ces collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation de chaque groupe est dynamique mais dure plus d'une heure : biblioth&#232;ques, groupes de d&#233;fense des droits de l'homme, groupes de d&#233;fense de la nature et du territoire, groupes de femmes et de m&#233;dias d'en bas, groupes artistiques et culturels, groupes de musique populaire et rappeurs. La surprise est assur&#233;e par un groupe d'enfants : Huerta Ra&#237;ces de la Monta&#241;a (Jardin des racines de la montagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils montrent leur page Facebook pour expliquer qui ils sont et ce qu'ils font : &#171; Nous, les filles et les gar&#231;ons du collectif Ra&#237;ces de la Monta&#241;a, connaissons l'eau, nous connaissons la terre, nous connaissons le vent, nous connaissons le feu, nous connaissons l'amour, c'est pourquoi cet espace est n&#233; de nos c&#339;urs, un espace qui a subi autant de changements que notre existence&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils s'occupent de l'un des 23 potagers urbains de ce quartier. Combien y en a-t-il dans tout Bogota ? Et ils le font en jouant et en riant, comme les enfants qu'ils sont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des h&#233;bergeurs, Francel&#237;as, explique que la Casa de la Lluvia est &#171; une classe environnementale ouverte construite par la communaut&#233; elle-m&#234;me, car ici tout, tout, a &#233;t&#233; fait par la communaut&#233;. &#187; Il ne le dit pas en public, mais il a re&#231;u plusieurs menaces de groupes para-policiers, c'est-&#224;-dire de l'Etat colombien, parce qu'&#224; un peu plus de 30 ans, il est l'un des leaders du quartier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la visite, il explique que Huertop&#237;a, le collectif qui a commenc&#233; il y a quelque temps avec la promotion de potagers urbains, s'est transform&#233; au contact des communaut&#233;s, o&#249; il a pris racine et il a chang&#233;, comme cela arrive &#224; toute vie qui est vraiment vivante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le jardin ne sert pas seulement &#224; produire de la nourriture &#187;, explique Yodi. &#171; Nous cr&#233;ons des relations sociales, de nouveaux sentiments et de nouveaux sens. Le jardin est une sorte de p&#233;dagogie de l'art et de l'&#233;ducation &#224; l'environnement. &#187; A c&#244;t&#233; d'elle, entour&#233;e d'enfants agit&#233;s, Laura ajoute que &#171; tout ce que nous faisons reproduit la vie &#187;. Elle est active dans le domaine des peintures murales, un art collectif qui a gagn&#233; une &#233;norme popularit&#233; avec la r&#233;volte de l'ann&#233;e derni&#232;re, d&#233;ployant ce qu'elle appelle elle-m&#234;me &#171; l'artivisme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus s&#233;rieusement, Iv&#225;n ajoute que &#171; le potager fait partie d'un projet de r&#233;sistance, li&#233; aux collines et aux rivi&#232;res, un lieu de rencontre pour la r&#233;sistance &#187;. L'objectif de toutes les personnes pr&#233;sentes est de &#171; transformer les Comandos de Atenci&#243;n Inmediata (CAIS) &#8211; unit&#233;s locales de la Police Nationale de Colombie &#8211; en potagers et en biblioth&#232;ques &#187;. Les Comandos de Atenci&#243;n Inmediata sont des unit&#233;s de police territoriales qui sont d&#233;ploy&#233;es dans chaque quartier afin de maintenir le contr&#244;le de la police sur la population. Ces derni&#232;res ann&#233;es, des centaines d'entre elles (CAIS) ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es et quelques-unes ont &#233;t&#233; transform&#233;es en biblioth&#232;ques populaires dans toutes les grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un militant chevronn&#233; affirme que pendant la r&#233;volte [d&#232;s avril-mai 2021], il y avait une relation directe entre les jardins potagers et les soupes populaires qui &#233;taient install&#233;es aux points de r&#233;sistance. Pour la premi&#232;re fois de leur vie, de nombreux &#171; fauch&#233;s &#187; ont eu &#171; trois coups &#187; en une journ&#233;e, soit trois repas, un r&#234;ve impossible dans la vie quotidienne de ceux qui sont au bas de l'&#233;chelle. [Voir sur les formes de cette protestation populaire l'article publi&#233; sur ce site en date du 24 ao&#251;t 2021.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu avant la fin du tour, une pluie impertinente se met &#224; tomber sur les toits et nous emp&#234;che d'&#233;couter les derni&#232;res interventions. Alors que la r&#233;union commence &#224; se disperser, des sons &#233;mergent, d'abord un rap d&#233;non&#231;ant les brutalit&#233;s polici&#232;res. Un gar&#231;on demande, en dansant : &#171; Combien de personnes pourraient manger avec ce que vaut un uniforme de l'Esmad ? &#187; [Esmad : Escuadr&#243;n M&#243;vil Antidisturbios]. Aux points de r&#233;sistance, disent-ils, le rap &#233;tait le son capable de faire bouger les corps et les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis la musique andine de l'Agrupaci&#243;n Moque &#8211; inspir&#233;e des rythmes quechuas d'Otavalo [un peuple indig&#232;ne d'Equateur] &#8211; se fait entendre, calme et profonde. Avant de partir, ils montrent des photos de la construction de la Casa de la Lluvia, il y a quelques ann&#233;es &#224; peine, alors qu'elle &#233;tait la derni&#232;re du quartier. Aujourd'hui, on peut voir de nombreuses autres nouvelles constructions en haut de la colline, qui s'installent suite &#224; la migration ininterrompue des paysans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous promenons dans le quartier et Francel&#237;as nous montre les jardins potagers qui entourent la maison et les espaces communs qu'ils ont cr&#233;&#233;s et qu'ils entretiennent, tandis que certains voisins jettent des regards curieux par les fen&#234;tres. D&#233;signant les maisons, il explique que toutes arboraient des chiffons rouges durant les premiers mois de la pand&#233;mie, signe que la famille &#233;tait affam&#233;e. La solidarit&#233; et les casseroles &#233;taient la r&#233;ponse du quartier &#224; l'insupportable absence de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardant vers la montagne, il explique que le collectif r&#234;ve de g&#233;rer l'&#233;ventuel parc li&#233; &#224; Fucha, en haut des deux collines. Ils ne cessent de r&#234;ver, peut-&#234;tre parce qu'ils vivent au-dessus des nuages, loin du vacarme infernal de la grande ville. (Article publi&#233; sur le site desInform&#233;monos et de Correspondencia des prensa, le 11 avril 2022 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Am&#233;rique latine, un nouveau cycle de luttes pour les mouvements sociaux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Amerique-latine-un-nouveau-cycle-de-luttes-pour-les-mouvements-sociaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/En-Amerique-latine-un-nouveau-cycle-de-luttes-pour-les-mouvements-sociaux</guid>
		<dc:date>2018-09-11T07:09:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-09-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;M&#233;moire des luttes publie ci-dessous l'entretien (en espagnol) donn&#233; au site Rebeli&#243;n par le journaliste uruguayen sp&#233;cialiste des mouvements sociaux latino-am&#233;ricains Ra&#250;l Zibechi. Intitul&#233; &#171; Mouvements sociaux, un nouveau cycle de luttes &#187;, ce texte s'appuie sur la publication, par l'auteur, de son nouvel ouvrage Movimientos sociales en Am&#233;rica Latina. El &#8216;mundo otro' en movimiento. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;moires des luttes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il expose les principales th&#232;ses sur ce th&#232;me, dont celle selon laquelle &#8211; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-09-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-09-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton35914-d6af8.jpg?1781024388' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;M&#233;moire des luttes publie ci-dessous l'entretien (en espagnol) donn&#233; au site &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=245916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rebeli&#243;n&lt;/a&gt; par le journaliste uruguayen sp&#233;cialiste des mouvements sociaux latino-am&#233;ricains Ra&#250;l Zibechi. Intitul&#233; &lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=245916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Mouvements sociaux, un nouveau cycle de luttes &#187;&lt;/a&gt;, ce texte s'appuie sur la publication, par l'auteur, de son nouvel ouvrage &lt;a href=&#034;https://www.traficantes.net/libros/movimientos-sociales-en-am%C3%A9rica-latina&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Movimientos sociales en Am&#233;rica Latina. El &#8216;mundo otro' en movimiento&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.medelu.org/En-Amerique-latine-un-nouveau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;moires des luttes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il expose les principales th&#232;ses sur ce th&#232;me, dont celle selon laquelle &#8211; contrairement aux id&#233;es re&#231;ues et propag&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es &#8211;, l'Am&#233;rique latine ne conna&#238;t pas un reflux des mouvements populaires, mais au contraire, une recrudescence de leurs combats. Ils formeraient m&#234;me une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'acteurs et ouvriraient &#171; un nouveau cycle de luttes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;s sous le r&#233;gime &#171; extractiviste &#187; qui caract&#233;rise le mod&#232;le de d&#233;veloppement latino-am&#233;ricain, ces mouvements ont des caract&#233;ristiques in&#233;dites que l'auteur &#233;tudie dans son ouvrage : ils mobilisent la jeunesse urbaine et les femmes ; leurs modes d'action sont pacifiques, et ils organisent leurs mobilisations de mani&#232;re autonome par rapport aux institutions et au champ politique et &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, l'auteur souligne que ces mouvements inscrivent leurs luttes et d&#233;veloppent leurs alternatives dans une territorialit&#233; qu'ils opposent &#224; la d&#233;-territorialisation des rapports de production et des relations sociales impos&#233;e par le capitalisme financier et mondialis&#233;. Ainsi, Ra&#250;l Zibechi remarque : &#171; On se dirige vers une autonomie plus int&#233;grale (des mouvements) qui implique qu'ils disposent d'un territoire, d'une production (&#233;conomique et sociale) propre, qui puisse le plus possible s'&#233;loigner de l'utilisation de l'agrochimie. Une autonomie qui, en d&#233;finitive, englobe tous les aspects de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une contre-soci&#233;t&#233; ? D'autres soci&#233;t&#233;s dans la soci&#233;t&#233; ? Dans son ouvrage, Ra&#250;l Zibechi en ouvre les portes et, &#224; la mani&#232;re du g&#233;ographe, il en &#233;tudie l'organisation du territoire et des populations. Ce faisant, il en propose une cartographie exhaustive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/noticia.php?id=245916&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'arm&#233;e contre les classes dangereuses : le Br&#233;sil sur les pas du Mexique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-armee-contre-les-classes-dangereuses-le-Bresil-sur-les-pas-du-Mexique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-armee-contre-les-classes-dangereuses-le-Bresil-sur-les-pas-du-Mexique</guid>
		<dc:date>2018-03-20T08:25:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Mexique</dc:subject>
		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier, le gouvernement de Michel Temer a confi&#233; la s&#233;curit&#233; de Rio de Janeiro aux forces arm&#233;es. Des corps de police aux pompiers et aux prisons, tout passe sous le contr&#244;le des militaires. L'excuse, comme toujours, est la violence et le trafic de drogue, qui, bien s&#251;r, existent et sont extr&#234;mement dangereux pour la population. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de tlaxcala.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Rio est l'une des villes les plus violentes du monde. En 2017, il y a eu 6 731 morts et 16 fusillades quotidiennes avec un solde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mexique-+" rel="tag"&gt;Mexique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/arton34078-a169a.jpg?1781024389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 16 f&#233;vrier, le gouvernement de Michel Temer a confi&#233; la s&#233;curit&#233; de Rio de Janeiro aux forces arm&#233;es. Des corps de police aux pompiers et aux prisons, tout passe sous le contr&#244;le des militaires. L'excuse, comme toujours, est la violence et le trafic de drogue, qui, bien s&#251;r, existent et sont extr&#234;mement dangereux pour la population.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=22989&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tlaxcala.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rio est l'une des villes les plus violentes du monde. En 2017, il y a eu 6 731 morts et 16 fusillades quotidiennes avec un solde minimum de deux morts chacune, presque toujours des Noirs. &lt;a href=&#034;http://goo.gl/CvnFQU&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sur les 50 villes les plus violentes du monde, 19 sont br&#233;siliennes et 43 sont latino-am&#233;ricaines&lt;/a&gt;. Parall&#232;lement, le Br&#233;sil est parmi les 10 pays les plus in&#233;galitaires du monde, dont certains sont aussi les plus violents, comme Ha&#239;ti, la Colombie, le Honduras, le Panama et le Mexique (&lt;a href=&#034;http://goo.gl/XPKd7Y&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://goo.gl/XPKd7Y&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon les chiffres officiels 11,5 millions de personnes vivent dans des favelas&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Rio de Janeiro, les agissements des porteurs d'uniformes ont une caract&#233;ristique particuli&#232;re : ils se concentrent sur les favelas, c'est-&#224;-dire qu'ils s'en prennent &#224; la population pauvre, noire et jeune. Dans les 750 favelas de Rio o&#249; vivent 1,5 des 6 millions d'habitants de la ville. Les soldats se tiennent aux sorties, photographient toutes les personnes, leur demandent leurs documents et v&#233;rifient leur identit&#233;. Ce genre de contr&#244;le n'avait jamais &#233;t&#233; fait de mani&#232;re aussi intensive et cibl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que l'arm&#233;e est charg&#233;e de l'ordre public au Br&#233;sil. &#192; Rio, les militaires sont intervenus 11 fois l'ann&#233;e derni&#232;re, dans le cadre des missions GLO (Garantie de la Loi et de l'Ordre), une l&#233;gislation qui a &#233;t&#233; appliqu&#233;e lors de grands &#233;v&#233;nements comme les visites du Pape et le Mondial. Depuis 2008, ils ont assum&#233; des fonctions de police &#224; 14 reprises. Mais maintenant il s'agit d'une occupation militaire qui investit tout l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux analystes ont soulign&#233; que l'intervention est vou&#233;e &#224; l'&#233;chec, puisque les pr&#233;c&#233;dentes, m&#234;me ponctuelles, n'ont pas donn&#233; grand-chose. Ils y ajoutent l'&#233;chec des Unit&#233;s de police pacificatrice (UPP), qui &#224; l'&#233;poque ont &#233;t&#233; glorifi&#233;es comme la grande solution au probl&#232;me de l'ins&#233;curit&#233;, vu qu'elles &#233;taient install&#233;es dans les favelas m&#234;me, comme une police de proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, les analystes soulignent que la guerre contre la drogue au Mexique est un &#233;chec lamentable, qui pour l'instant s'est sold&#233; par plus de 200 000 morts et 30 000 disparus, alors que le trafic de drogue, loin d'avoir &#233;t&#233; d&#233;fait, s'est renforc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je pense qu'il convient de signaler que ces lectures sont partielles, parce qu'en r&#233;alit&#233;, ces interventions sont extr&#234;mement efficaces pour atteindre les objectifs inavouables des classes dominantes et de leurs gouvernements : le contr&#244;le et l'extermination de la population potentiellement rebelle ou non int&#233;grable. C'est la raison qui pousse &#224; militariser des pays entiers en Am&#233;rique latine, sans toucher &#224; l'in&#233;galit&#233;, qui est la cause premi&#232;re de la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il y a quatre raisons qui donnent &#224; penser que nous sommes confront&#233;s &#224; des interventions extr&#234;mement fructueuses, au Br&#233;sil, mais aussi en Am&#233;rique centrale, au Mexique et en Colombie, pour parler des cas les plus &#233;vidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est que la militarisation des forces de s&#233;curit&#233; r&#233;ussit &#224; blinder l'&#201;tat en tant que garant des int&#233;r&#234;ts des 1 pour cent les plus riches , des grandes multinationales, des appareils d'&#201;tat arm&#233;s et des gouvernements. On peut se demander pourquoi il est n&#233;cessaire, en cette p&#233;riode de l'histoire, de blinder ces secteurs. La r&#233;ponse : parce que les deux tiers de la population sont &#224; d&#233;couvert, sans droits sociaux, au prix de l'accumulation par d&#233;possession / quatri&#232;me guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me ne donne rien aux majorit&#233;s noires (51% au Br&#233;sil), indig&#232;nes et m&#233;tisses. Seulement pauvret&#233; et services minables de sant&#233;, d'&#233;ducation et de transport. Il ne leur offre pas un emploi d&#233;cent ou une r&#233;mun&#233;ration ad&#233;quate, il les pousse au sous-emploi et au mal-nomm&#233; secteur informel. &#192; long terme, une population qui ne re&#231;oit rien ou presque rien du syst&#232;me est appel&#233;e &#224; se r&#233;volter. C'est pourquoi ils militarisent, t&#226;che qu'ils accomplissent avec succ&#232;s, pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est que la militarisation &#224; l'&#233;chelle macro est compl&#233;t&#233;e par un contr&#244;le de plus en plus raffin&#233;, qui fait appel &#224; de nouvelles technologies pour surveiller de pr&#232;s et de l'int&#233;rieur des communaut&#233;s qu'il consid&#232;re comme dangereuses. Ce ne peut pas &#234;tre une co&#239;ncidence si dans tous les pays ce sont les plus pauvres, c'est-&#224;-dire ceux qui peuvent d&#233;stabiliser le syst&#232;me, qui sont contr&#244;l&#233;s de la mani&#232;re la plus implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Juste un exemple. Quand ils ont fait don de plaques de t&#244;le pour les maisons du Chiapas, ils ont pris soin de les peindre afin d'identifier, d'en haut, les familles non-zapatistes. Les politiques sociales salu&#233;es par les progressistes font partie de ces modes de contr&#244;le qui fonctionnent en fait comme des m&#233;thodes de contre-subversion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me probl&#232;me est que le double contr&#244;le, macro et micro, g&#233;n&#233;ral et singulier, est en train de prendre dans ses filets les soci&#233;t&#233;s du monde entier. En Europe, ce sont des amendes ou de la prison pour ceux qui sortent des clous. En Am&#233;rique latine, c'est la mort et la disparition pour ceux qui se r&#233;voltent ou, simplement, ceux qui d&#233;noncent et se mobilisent. On ne r&#233;prime plus seulement ceux qui prennent les armes, comme dans les ann&#233;es 60 et 70, mais toute la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutation des modes de contr&#244;le, en isolant et soumettant ceux qui pourraient se rebeller ou d&#233;sob&#233;ir, est l'un des changements les plus notables mis en &#339;uvre par le syst&#232;me en cette p&#233;riode de chaos qui peut mettre fin au capitalisme et au r&#232;gne des 1%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me raison sont des questions. Que veut dire gouverner quand nous avons affaire &#224; des formes de contr&#244;le qui n'acceptent de voter que tous les quatre, cinq ou six ans ? &#192; quoi cela sert-il de miser tous les efforts politiques sur les urnes s'ils fraudent et envoient les militaires dans la rue, comme au Honduras ? Je ne dis pas qu'il ne faut pas voter. Je me demande juste pour quoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de continuer &#224; r&#233;fl&#233;chir sur nos strat&#233;gies. L'&#201;tat est une hydre monstrueuse au service des 1%. Cela ne changera pas si nous arrivons &#224; la barre de commandement, parce qu' au sommet de la pyramide ce seront toujours les m&#234;mes, avec tout le pouvoir de nous faire d&#233;guerpir quand bon leur semble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Tlaxcala&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2018/03/02/opinion/016a2pol&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jornada.unam.mx/2018/03/02/opinion/016a2pol&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Date de parution de l'article original : 02/03/2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les jeux de l'exclusion et de la militarisation</title>
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		<dc:date>2016-08-16T08:13:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Sports</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-08-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La pr&#233;sence massive de militaires dans les rues de Rio de Janeiro pour les Jeux olympiques n'est qu'un faible r&#233;v&#233;lateur d'une tendance bien plus profonde &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; par Alencontre le 12 - ao&#251;t - 2016 &lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on se fonde sur les donn&#233;es officielles, 68'000 agents de s&#233;curit&#233; surveillent Rio de Janeiro, c'est-&#224;-dire sept militaires par athl&#232;te (10'500 sportifs participent aux Jeux), sans compter 20'000 autres stationn&#233;s dans d'autres villes, dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Sports-+" rel="tag"&gt;Sports&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH119/arton27218-cb997.png?1781024389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='119' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La pr&#233;sence massive de militaires dans les rues de Rio de Janeiro pour les Jeux olympiques n'est qu'un faible r&#233;v&#233;lateur d'une tendance bien plus profonde &#224; l'&#339;uvre dans la soci&#233;t&#233; br&#233;silienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 12 - ao&#251;t - 2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'on se fonde sur les donn&#233;es officielles, 68'000 agents de s&#233;curit&#233; surveillent Rio de Janeiro, c'est-&#224;-dire sept militaires par athl&#232;te (10'500 sportifs participent aux Jeux), sans compter 20'000 autres stationn&#233;s dans d'autres villes, dans les a&#233;roports, aux fronti&#232;res et dans les gares d'autobus. Le nombre total double celui des forces de l'ordre mobilis&#233;es pour les Jeux de Londres, bien qu'il n'atteigne pas celui atteint lors de ceux de P&#233;kin en 2008, au cours desquels 110'000 soldats avaient &#233;t&#233; mobilis&#233;s. Il convient d'ajouter &#224; ce chiffre &#233;norme les 12 navires de grande taille, 50 de petite et les 28 h&#233;licopt&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a &#224; peine une semaine, l'ONG Justi&#231;a Global a diffus&#233; un important rapport portant le titre de Violation des droits humains dans la ville olympique, un guide sur les atteintes que l'&#233;v&#233;nement provoque dans les couches populaires de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document de 44 pages commence par souligner &#171; la souffrance d'une ville dans son ensemble, la douleur qui a progressivement grandi et qui a &#233;t&#233; v&#233;cue pendant les ann&#233;es de pr&#233;paration du principal &#233;v&#233;nement sportif du monde. &#187; La ville s'est transform&#233;e &#171; en guichet de commerce en faveur des grandes entreprises de la construction, des entrepreneurs, des compagnies de transport, du capital priv&#233; &#187;. Par contre, pour les secteurs populaires, la pr&#233;paration des Jeux a impliqu&#233; &#171; l'approfondissement des processus de s&#233;gr&#233;gation socio-spatiaux de contr&#244;le et de privatisation de l'espace public, de destruction de la population noire et pauvre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rendre possible les travaux des Jeux (agrandissement des a&#233;roports et des ports, des autoroutes et des voies de d&#233;placement rapide), 77'000 personnes ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es, ce qui en fait &#171; la politique la plus importante de d&#233;placements forc&#233;s de l'histoire de la ville &#187;. Il faut ajouter &#224; cela les politiques de contr&#244;le urbain qui impliquent la r&#233;pression et l'expulsion des vendeurs ambulants, &#171; le d&#233;placement forc&#233; des gens qui vivent dans la rue, l'emprisonnement de masse et l'utilisation d'effectifs militaires dans les favelas et les quartiers p&#233;riph&#233;riques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un point de vue urbanistique, la Ville olympique et les &#233;normes d&#233;penses effectu&#233;es par l'Etat ont modifi&#233; la structure urbaine : d'une centralit&#233; ax&#233;e sur la baie de Guanabara et le port, elle s'est d&#233;plac&#233;e vers la Barra da Tijuca, un quartier de l'ouest, privil&#233;gi&#233; et cher, qui conna&#238;t un processus brutal de sp&#233;culation immobili&#232;re et d'expulsion de la population pauvre. Certaines favelas, comme celle Metr&#243; Mangueira, proche du stade de Maracan&#225;, ont &#233;t&#233; enti&#232;rement d&#233;plac&#233;es sous le pr&#233;texte de la construction d'un parking.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas le plus embl&#233;matique est celui de Vila Aut&#243;dromo, une communaut&#233; de p&#234;cheurs form&#233;e &#224; partir de 1969 dans une zone o&#249; s'est &#233;difi&#233;e la Ville olympique. Un d&#233;logement brutal a laiss&#233; &#224; peine 20 familles sur les 600 que comprenait le quartier. Au cours m&#234;me du processus de d&#233;logement, un h&#244;tel cinq &#233;toiles a &#233;t&#233; construit. Une fois les Jeux termin&#233;s et le d&#233;mant&#232;lement d'une partie des logements qui abritent les athl&#232;tes, les principaux entrepreneurs et compagnies immobili&#232;res lanceront des op&#233;rations luxueuses g&#233;n&#233;rant des profits de plusieurs millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La Loi des olympiades &#187; : un &#233;tat d'exception&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 juillet, quatre organisations des droits humains (Justi&#231;a Global, Conectas, Artigo 19 et ISHR [International Service for Human Rights]) ont d&#233;nonc&#233; devant le Conseil des droits humains de l'ONU, &#224; Gen&#232;ve, les violations commises lors des travaux pour les Jeux olympiques, ainsi que la militarisation pr&#233;sente de la ville suite &#224; l'annonce de l'occupation de six favelas pendant l'&#233;v&#233;nement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils ont d&#233;nonc&#233;, en parall&#232;le, le manque de transparence des d&#233;penses publiques, en particulier dans le domaine de la mobilit&#233; urbaine ainsi que la d&#233;claration, par le gouverneur de Rio de l'Etat de calamit&#233; publique qui a conduit le gouvernement f&#233;d&#233;ral &#224; injecter pr&#232;s d'un milliard d'euros pour les Jeux, alors que, au m&#234;me moment, des coupes budg&#233;taires sont effectu&#233;es dans des services publics essentiels. A cela s'ajoutent les r&#233;ductions de salaires en utilisant la crise &#233;conomique grave.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s l'Institut de politiques alternatives pour le C&#244;ne sud, l'Etat de Rio de Janeiro, entre 2013 et 2016, a op&#233;r&#233; une diminution de 12 &#224; 10% des d&#233;penses consacr&#233;es &#224; l'&#233;ducation alors que ceux d&#233;volu &#224; la s&#233;curit&#233; publique ont cr&#251; de 10 &#224; 15% du budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, le Comit&#233; populaire de la Coupe et des Olympiades de Rio, dans lequel participe des organisations populaires de diff&#233;rentes villes qui ont abrit&#233; en 2014 la Coupe du monde de football, a convoqu&#233; entre le 1er et le 5 ao&#251;t des Journ&#233;es de lutte contre les Jeux de l'exclusion au centre de la ville au cours desquelles des d&#233;bats, des ateliers et des actions de rue se sont tenus. Ces journ&#233;es ont d&#233;nonc&#233; la consolidation d'une &#171; cit&#233; s&#233;gr&#233;gu&#233;e &#187; o&#249; les in&#233;galit&#233;s augmentent de fa&#231;on permanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que le grand public ignore toutefois &#8211; car les m&#233;dias s'efforcent &#224; l'occulter &#8211; c'est que les Jeux olympiques (ainsi que les championnats mondiaux de football) impliquent l'approbation d'une l&#233;gislation d'exception qui restreint s&#233;rieusement les droits des gens. Le 10 mai dernier, en m&#234;me temps que le pays d&#233;battait du processus engag&#233; contre Dilma Rousseff, la pr&#233;sidente du moment a sign&#233; la Loi 13.263, connue sous le nom de &#171; Loi des olympiades &#187;, qui, selon ses critiques, est en contradiction avec les lois en vigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette loi interdit la pr&#233;sentation d'affiches contenant des &#171; messages offensants &#187; dans les installations officielles ou des drapeaux &#171; &#224; des fins qui ne correspondent pas &#224; une manifestation festive et amicale &#187;. En d'autres termes, ne sont pas tol&#233;r&#233;es les protestations et les mobilisations &#224; proximit&#233; des lieux o&#249; se tiennent les comp&#233;titions. Cette norme va dans la m&#234;me direction que la Loi antiterroriste approuv&#233;e l'ann&#233;e derni&#232;re, une loi qui restreint le droit de manifestation et criminalise les mouvements sociaux, vus comme objets de l'intervention polici&#232;re et des services de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Jeux passent et la soci&#233;t&#233; reste polaris&#233;e et militaris&#233;e. De m&#234;me que les travaux ont marqu&#233; un avant et un apr&#232;s, d&#233;chirant le tissu urbain au profit des grandes entreprises et de la sp&#233;culation immobili&#232;re, la pr&#233;sence militaire et polici&#232;re est faite pour rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas un hasard qu'une nouvelle politique de s&#233;curit&#233; urbaine pour contr&#244;ler les favelas a &#233;t&#233; engag&#233;e d&#232;s que la tenue du Mondial de football a &#233;t&#233; attribu&#233;e au Br&#233;sil. En 2008 a &#233;t&#233; mise en place la premi&#232;re Unit&#233; de police pacificatrice (UPP) dans la favela de Santa Mar&#237;a. Cette politique s'est intensifi&#233;e &#224; partir de 2010, lorsque Rio a &#233;t&#233; choisi comme si&#232;ge des Olympiades.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 2008 et mars 2014, 38 UPP ont &#233;t&#233; install&#233;es, toutes dans des favelas, sous pr&#233;texte de lutter contre le narcotrafic. Les UPP sont une sorte de commissariats fortifi&#233;s qui occupent militairement le quartier sans affecter beaucoup le commerce des drogues. L'impact le plus grand concerne la population qui est harcel&#233;e et humili&#233;e lors de contr&#244;les racistes et sexistes. Lorsqu'un groupe de jeunes souhaite faire une f&#234;te dans la favela, il doit n&#233;gocier l'autorisation avec l'UPP afin de r&#233;gler la consommation d'alcool et limiter ou interdire des musiques comme le funk, car les policiers consid&#232;rent qu'elles favorisent les narco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les faits, les normes et les lois appliqu&#233;es dans les favelas sont diff&#233;rentes de celles en vigueur dans la ville car les quartiers pauvres vivent sous un &#233;tat d'exception permanent. Les Jeux n'ont pas cr&#233;&#233; cet &#233;tat d'exception, mais ils l'ont consolid&#233; et l'ont amen&#233;, pour le temps des comp&#233;titions, &#224; un point un extr&#234;me. Un retour en arri&#232;re sera tr&#232;s difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, la moiti&#233; des Br&#233;siliens sont oppos&#233;s aux Jeux olympiques et 63% sont convaincus qu'ils apporteront plus d'aspects n&#233;gatifs que de b&#233;n&#233;fices. (Article publi&#233; le 7 ao&#251;t 2016 sur le site Naiz, traduction A L'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#233;sil : la vague de pression peut exploser</title>
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		<dc:date>2014-06-17T08:28:04Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre une image apocalyptique avanc&#233;e par un militant radical, cette r&#233;flexion a &#233;t&#233; faite par le ministre du Secr&#233;tariat G&#233;n&#233;ral de la Pr&#233;sidence, Gilberto Carvalho &#224; l'issue d'une rencontre avec des mouvements sociaux &#224; Rio de Janeiro le 29 mai dernier. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interpell&#233; et hu&#233; par des militants oppos&#233;s &#224; la Coupe du Monde, le ministre a d&#233;clar&#233; accepter qu'une &#171; partie de la soci&#233;t&#233; &#187; pense ainsi, mais qu'il ne s'agit que d'&#171; une petite avant-garde &#187;. Tout en ajoutant que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton18082-470f9.jpg?1781024389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre une image apocalyptique avanc&#233;e par un militant radical, cette r&#233;flexion a &#233;t&#233; faite par le ministre du Secr&#233;tariat G&#233;n&#233;ral de la Pr&#233;sidence, Gilberto Carvalho &#224; l'issue d'une rencontre avec des mouvements sociaux &#224; Rio de Janeiro le 29 mai dernier. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; interpell&#233; et hu&#233; par des militants oppos&#233;s &#224; la Coupe du Monde, le ministre a d&#233;clar&#233; accepter qu'une &#171; partie de la soci&#233;t&#233; &#187; pense ainsi, mais qu'il ne s'agit que d'&#171; une petite avant-garde &#187;. Tout en ajoutant que les critiques sont une &#171; vague de pression qui explose &#187; (&#171; O Estado de S&#227;o Paulo &#187;, 29/4/14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/archivo_opinion/autor/front/16/41018&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jornada.unam.mx/archivo_opinion/autor/front/16/41018&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a au gouvernement une certaine inqui&#233;tude quant &#224; ce qui peut arriver pendant le Mondial. Le niveau de rejet de cette rencontre sportive augmente de mani&#232;re soutenue. Selon l'entreprise d'opinion publique Datafolha, la Coupe du Monde avait le soutien de 79% des Br&#233;siliens en 2008, chiffre qui est tomb&#233; &#224; 48% en avril dernier (datafolha.folha.uol.com.br, 8/4/14). La majorit&#233; de la population affirme qu'elle ne souhaite pas que le Br&#233;sil postule &#224; nouveau pour accueillir la Coupe du Monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les raisons sont nombreuses : le gaspillage de deniers publics dans les chantiers des stades - qui b&#233;n&#233;ficient &#224; une poign&#233;e de grandes entreprises de la construction alors que les moyens pour la sant&#233;, l'&#233;ducation et le transport se r&#233;duisent - ; l'expulsion de milliers de personnes de leurs quartiers afin d'agrandir des a&#233;roports, des autoroutes et des stades ; et la l&#233;gislation impos&#233;e par la FIFA, qui emp&#234;che la vente ambulante aux abords des stades, et un ensemble de dispositions ressenties comme des affronts par une bonne partie de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'&#233;l&#233;ment central est la r&#233;bellion qui se propage &#224; partir des favelas, surtout &#224; Rio et &#224; S&#227;o Paulo. Au cours de ces derniers mois, l'activisme dans les favelas a parall&#232;lement augment&#233; avec celle de la violence polici&#232;re et il d&#233;borde r&#233;guli&#232;rement dans les rues. On a pu observer, au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, trois moments cl&#233;s de cet activisme croissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier a eu lieu il y a un an, dans la conjoncture cr&#233;&#233;e par les manifestations de juin. Malgr&#233; une r&#233;pression brutale (balles en caoutchouc dans les rues et balles en plomb dans les favelas), les mobilisations des &#171; favelados &#187; ont commenc&#233; &#224; cro&#238;tre. En juillet, elle se sont multipli&#233;es &#224; la suite de la disparition du ma&#231;on Amarildo de Souza dans les locaux de l'Unit&#233; de Police Pacificatrice (UPP) de la favela Rocinha. Ce drame est devenu un symbole des tortures et des assassinats de la part de la police militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre et janvier, ce furent les &#171; rolezinhos &#187; ; la sortie massive des jeunes des favelas pour se divertir, danser du &#171; funk &#187; et chanter dans les grands centres commerciaux. Ce ph&#233;nom&#232;ne s'est surtout produit &#224; S&#227;o Paulo et a rassembl&#233; jusqu'&#224; 6.000 adolescents qui ont &#233;t&#233; re&#231;us avec des insultes par les clients et les employ&#233;s et par des coups de matraque par la police et les gardes priv&#233;s des centres commerciaux. Au Br&#233;sil, la musique funk est consid&#233;r&#233;e comme un genre apparent&#233; au narcotrafic et est souvent pers&#233;cut&#233;e pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me moment se passe actuellement. Le 16 mars dernier, Claudia da Silva Ferreira a &#233;t&#233; bless&#233;e par la police militaire au cours d'une op&#233;ration dans la favela Morro da Congonha, &#224; Rio. Son corps a &#233;t&#233; plac&#233; dans le coffre arri&#232;re d'une voiture de patrouille pour l'emmener &#224; l'h&#244;pital, mais en cours de route, le coffre s'est ouvert et elle a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; sur 300 m&#232;tres, ce qui l'a tu&#233;. Un enregistrement vid&#233;o de la sc&#232;ne a &#233;t&#233; diffus&#233; par les r&#233;seaux sociaux, ce qui a provoqu&#233; une vague d'indignation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22 avril, le corps sans vie du danseur de la TV Globo Douglas Rafael da Silva a &#233;t&#233; retrouv&#233; dans une garderie de la favela Pavao Pavaocinho, o&#249; il avait &#233;t&#233; rendre visite &#224; sa fille de quatre ans. Comme bien d'autres, il a &#233;t&#233; confondu avec un narcotrafiquant et tu&#233; par la police. Quelques jours plus tard, des centaines de manifestants ont occup&#233; l'avenue Notre-Dame de Copacabana, proche de la favela, aux cris de &#171; Police, assassine ! &#187;. Dans la r&#233;pression qui a suivi, un enfant de 12 ans a &#233;t&#233; tu&#233; par la police. Comme toujours, la police a menti et c'est la population qui a apport&#233; les preuves qui l'inculpent. Ce qui est nouveau, c'est la capacit&#233; d'exprimer cette rage dans l'une des principales avenues de l'un des quartiers les plus hupp&#233;s de Rio de Janeiro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois &#233;l&#233;ments de fond sont &#224; la base de cette croissante mobilisation des pauvres urbains. Premi&#232;rement, les politiques sociales sont en train de montrer leurs limites. Au cours des premiers mandats de Lula (2003-2011), les transferts de moyens et les successives augmentations du salaire minimum sont parvenus &#224; am&#233;liorer de mani&#232;re substantielle les revenus des plus pauvres. Mais les ann&#233;es passant, ceux-ci s'affrontent &#224; d'autres probl&#232;mes : la mauvaise qualit&#233; des services, surtout dans la sant&#233; et l'&#233;ducation, et les faibles possibilit&#233;s d'acc&#233;der &#224; de meilleurs emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, les politiques de contr&#244;le social, compl&#233;mentaires aux politiques sociales, ont &#233;chou&#233;. Les UPP, install&#233;es dans 38 des 700 favelas de Rio, ne r&#233;solvent pas le probl&#232;me du narcotrafic alors qu'elles empirent la vie de la population. Le sociologue Jos&#233; Claudio Alves soutient que les UPP &#171; sont une force d'occupation et non une force de changement de la logique politique, &#233;conomique, sociale et culturelle des communaut&#233;s &#187; (IHU Online, 14/4/14).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, elles emp&#234;chent les manifestations culturelles des favelas associ&#233;es au funk. De l'autre, elles affectent les profits du narcotrafic mais non le trafic en lui-m&#234;me. Elles n'alt&#232;rent pas &#171; l'essence du crime organis&#233;, seulement sa mani&#232;re de fonctionner &#187;, dit Alves. Pour d&#233;sarticuler les bandes criminelles, il faudrait s'attaquer &#224; l'appareil d'Etat lui-m&#234;me, comme la police, car c'est lui qui les alimente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, les &#171; favelados &#187; ont de moins en moins peur. Avant d'occuper les avenues en criant &#171; assassins &#187; &#224; la face des policiers, ils avaient essay&#233; pendant longtemps de mener la r&#233;bellion dans leurs propres espaces. Mais il y a derri&#232;re tout cela des si&#232;cles d'affronts accumul&#233;s. Et les chantiers de la Coupe du Monde sont une insulte suppl&#233;mentaire. Dans la favela Morro da Providencia (coll&#233;e &#224; la baie de Guanabara et au port), l'unique place a &#233;t&#233; occup&#233;e par une &#233;norme tour du t&#233;l&#233;ph&#233;rique qui permet aux touristes de photographier les pauvres en toute s&#233;curit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait ce qui se passe lorsque ceux d'en bas n'ont plus peur. A un certain moment, les masses vont occuper les larges avenues. Il est possible qu'elles profitent du m&#233;contentement suscit&#233; par la Coupe du Monde. Ce n'est qu'une question de temps.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Argentine : Le&#231;ons de la d&#233;faite de Monsanto &#224; C&#243;rdoba</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Argentine-Lecons-de-la-defaite-de-Monsanto-a-Cordoba</link>
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		<dc:date>2014-01-28T08:42:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-01-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les multinationales ne peuvent &#234;tre vaincues que s'il existe un puissant mouvement social, soutenu par une partie significative de la population. Un tribunal provincial de C&#243;rdoba a jug&#233; que Monsanto devait arr&#234;ter la construction de son usine de traitement de semences de ma&#239;s transg&#233;nique &#224; Malvinas Argentinas, donnant ainsi raison &#224; la plainte d&#233;pos&#233;e par les voisins de la zone qui campent depuis trois mois &#224; l'entr&#233;e du chantier. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 janvier 2014 &lt;br class='autobr' /&gt;
La mobilisation a &#233;t&#233; impuls&#233;e par de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton16417-694b1.png?1781024389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les multinationales ne peuvent &#234;tre vaincues que s'il existe un puissant mouvement social, soutenu par une partie significative de la population. Un tribunal provincial de C&#243;rdoba a jug&#233; que Monsanto devait arr&#234;ter la construction de son usine de traitement de semences de ma&#239;s transg&#233;nique &#224; Malvinas Argentinas, donnant ainsi raison &#224; la plainte d&#233;pos&#233;e par les voisins de la zone qui campent depuis trois mois &#224; l'entr&#233;e du chantier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 janvier 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation a &#233;t&#233; impuls&#233;e par de petits groupes ; les &#171; M&#232;res de Ituzaing&#243; &#187;, l'Assembl&#233;e &#171; Malvinas Lutte pour la Vie &#187; et par de simples individus. Elle a eu la vertu de s'inscrire dans la dur&#233;e en d&#233;pit des menaces du gouvernement provincial et du syndicat de la construction. La population de Malvinas Argentinas sympathise avec cette cause et soutien la r&#233;sistance, ce qui a pouss&#233; la justice ce 9 janvier dernier &#224; d&#233;cider de paralyser les travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont toujours des petits groupes qui prennent l'initiative, avec comme principe la nature justifi&#233;e de leur action et sans tenir compte du &#171; rapport de forces &#187;. Ensuite, souvent bien plus tard, l'Etat finit par reconna&#238;tre que les voix critiques avaient raison. Plus tard encore, ceux qui &#233;taient criminalis&#233;s deviennent des h&#233;ros, y compris pour ceux qui les ont r&#233;prim&#233;s. Le point crucial, &#224; mes yeux, comme l'enseigne l'histoire des luttes sociales, est le changement culturel, la diffusion de nouvelles mani&#232;res de voir le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant la disparition des lois s&#233;gr&#233;gationnistes aux Etats-Unis, la discrimination raciale fut vaincue dans les faits. Le 1er d&#233;cembre 1955, une femme, Rosa Parks, refusa de s'asseoir sur les si&#232;ges r&#233;serv&#233;s aux Noirs dans un autobus en s'asseyant au contraire sur un si&#232;ge r&#233;serv&#233; aux Blancs. Elle fut arr&#234;t&#233;e &#224; Montgomery, Alabama, pour avoir viol&#233; la loi. Des dizaines de personnes suivirent son exemple et d'autres dizaines l'avaient pr&#233;c&#233;d&#233;e. Mais son action de d&#233;sob&#233;issance a eu un impact parce qu'elle fut suivie par un tr&#232;s grand nombre de gens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960, Franklin McCain, un activiste noir de 73 ans de Caroline du Nord, s'installa avec trois amis au bar d'un caf&#233; de la cha&#238;ne Woolworth dans la ville de Greensboro. C'&#233;tait un lieu exclusivement r&#233;serv&#233; aux Blancs. Ils demand&#232;rent un caf&#233; et attendirent toute la journ&#233;e mais ne furent pas servis. Le lendemain, ils revinrent en d&#233;pit des insultes des Blancs et des menaces des policiers. A la fin de la semaine, ils &#233;taient d&#233;j&#224; des centaines et la protestation s'&#233;tendit &#224; des dizaines de villes. La cha&#238;ne Woolworth se vit oblig&#233;e &#224; permettre l'entr&#233;e des Noirs dans ses &#233;tablissements. Mais ce n'est qu'entre 1964 et 1965 que l'Etat a &#233;t&#233; forc&#233; d'abroger les lois sur la discrimination raciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois qu'il s'agit l&#224; de l'une des le&#231;ons les plus importantes que nous donne &#233;galement la victoire de la population de Malvinas Argentinas contre Monsanto. Nous devons faire les choses de la mani&#232;re la plus intelligente et lucide possible, mais surtout des actions men&#233;es &#224; bien et comprise par les gens ; des actions simples, pacifiques, capables de mettre &#224; nu les probl&#232;mes qui nous affligent, comme s'asseoir l&#224; o&#249; on veut dans l'autobus et pas l&#224; o&#249; on voudrais nous obliger, ou camper face &#224; l'une des plus puissantes multinationales du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui viendra apr&#232;s ne d&#233;pendra plus de nous. Qu'une partie significative de la population marque son accord et accompagne la lutte, qu'elle y participe d'une mani&#232;re ou d'une autre, d&#233;pend de facteurs que personne ne contr&#244;le et pour lesquels il n'existe pas de recettes ni de tactiques pr&#233;&#233;tablies. Du point de vue du mouvement social et des changements n&#233;cessaires, on ne peut pas vaincre l'extractivisme en r&#233;clamant des lois &#224; l'Etat. Les lois viendront quand ce mod&#232;le aura &#233;t&#233; vaincu culturellement et politiquement sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que les gouvernements de la r&#233;gion, au-del&#224; de leur orientation concr&#232;te dans chaque pays, s'appuient tous sur l'extractivisme. Mais c'est &#224; nous qu'il incombe de vaincre ce mod&#232;le, avec des milliers de petites actions comme celles d&#233;velopp&#233;es par les &#171; M&#232;res de Ituzaing&#243; &#187; et par les campeurs de Malvinas Argentinas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ra&#250;l Zibechi est un journaliste uruguayen, sp&#233;cialiste des mouvements sociaux en Am&#233;rique latine. Il collabore aux journaux &#171; Brecha &#187; et &#171; La Jornada &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Peut-on vaincre Monsanto ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Peut-on-vaincre-Monsanto</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ra&#250;l Zibechi</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-10-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'une des plus grandes multinationales du monde est aujourd'hui la cible de divers mouvements et de multiples actions internationales. Plaintes et mobilisations de tous types convergent contre une entreprise qui repr&#233;sente un s&#233;rieux danger pour la sant&#233; de l'humanit&#233;. Analyser la vari&#233;t&#233; des initiatives existantes et apprendre d'elles peut nous aider &#224; comprendre un mouvement d'un genre nouveau, transfrontalier, capable d'articuler des activistes du monde entier dans des activit&#233;s communes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton15528-65f52.jpg?1781024389' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'une des plus grandes multinationales du monde est aujourd'hui la cible de divers mouvements et de multiples actions internationales. Plaintes et mobilisations de tous types convergent contre une entreprise qui repr&#233;sente un s&#233;rieux danger pour la sant&#233; de l'humanit&#233;. Analyser la vari&#233;t&#233; des initiatives existantes et apprendre d'elles peut nous aider &#224; comprendre un mouvement d'un genre nouveau, transfrontalier, capable d'articuler des activistes du monde entier dans des activit&#233;s communes concr&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le campement de protestation dress&#233; aux portes de la fabrique de semences que Monsanto est en train de b&#226;tir &#224; Malvinas Argentinas, &#224; 14 Km de la ville de Cordoba (Argentine), est l'un des meilleurs exemples de la mobilisation en cours. La multinationale pr&#233;voit d'y installer 240 silos de semences de ma&#239;s transg&#233;nique dans le but de semer 3,5 millions d'hectares. Cette fabrique utilisera des millions de litres d'agents agrochimiques pour le traitement de ces semences et une partie des r&#233;sidus &#171; seront d&#233;vers&#233;s dans le sous-sol et l'eau, provoquant ainsi de graves dommages &#187; soutient Medardo &#193;vila V&#225;zquez, du R&#233;seau des M&#233;decins des Villages Fumig&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre Monsanto a obtenu certaines victoires &#224; Ituzaing&#243;, un quartier de Cordoba proche du lieu o&#249; l'ont veut installer la fabrique de semences de ma&#239;s. C'est l&#224; qu'est n&#233;e il y a dix ans l'association des M&#232;res de Ituzaing&#243; qui a d&#233;couvert que 80% des enfants du quartier ont des agents agrochimiques dans le sang et qu'il s'agit d'une des causes de mortalit&#233; et de malformation infantiles. En 2012, elles ont gagn&#233; pour la premi&#232;re fois un proc&#232;s contre un producteur et un fumigateur condamn&#233;s &#224; trois ans de prison conditionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le campement de Malvinas Argentinas existe d&#233;j&#224; depuis un mois et il est soutenu par l' &#171; Assembl&#233;e des Voisins Malvinas Lutte pour la Vie &#187;. Ils sont parvenus &#224; gagner le soutien d'une bonne partie de la population : selon des sondages officiels, 87% de la population veut un r&#233;f&#233;rendum populaire et 58% rejette l'installation de la multinationale Monsanto, mais 73% craignent d'exprimer publiquement leur opinion de peur des pr&#233;judices possibles (P&#225;gina 12, 19/09/13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campeurs ont r&#233;sist&#233; &#224; une tentative d'expulsion men&#233;e par le syndicat de la construction (UOCRA) affili&#233; &#224; la CGT (Conf&#233;d&#233;ration G&#233;n&#233;rale du Travail, principale f&#233;d&#233;ration syndicale argentine, NdT), et au harc&#232;lement policier et des autorit&#233;s provinciales, mais ils comptent avec le soutien du maire, d'autres syndicats et d'organisations sociales. Ils ont re&#231;u le soutien du Prix Nobel de la Paix, Adolfo P&#233;rez Esquivel, et de Nora Corti&#241;as, des M&#232;res de la Place de Mai. Ils sont parvenus &#224; paralyser la construction de la fabrique et &#224; emp&#234;cher l'arriv&#233;e de camions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La lutte contre Monsanto a &#233;galement atteint un tout petit village touristique du sud du Chili, Puc&#243;n, au bord du lac Villarrica, o&#249; 90 dirigeants de la multinationale provenant des Etats-Unis, d'Argentine, du Br&#233;sil et du Chili s'&#233;taient r&#233;unis dans un luxueux h&#244;tel pour une convention. Des groupes &#233;cologistes, des coop&#233;ratives et des collectifs d'Indiens mapuche de Villarrica et Puc&#243;n se sont consacr&#233;s &#224; &#171; escrachar &#187; [1] la pr&#233;sence de Monsanto dans le pays (El Clar&#237;n, 13/10/13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; de seulement deux actions parmi de nombreuses autres qui se produisent dans toute la r&#233;gion latino-am&#233;ricaine contre Monsanto. A mon avis, les diverses mobilisations qui ont lieu dans plus de 40 pays contre cette multinationale nous permettent de tirer quelques conclusions du point de vue de l'activisme antisyst&#233;mique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, les actions massives auxquelles participent plusieurs dizaines de milliers de personnes dans le monde sont importantes parce qu'elles permettent de montrer &#224; l'ensemble de la population que l'opposition &#224; des entreprises comme Monsanto, et par cons&#233;quent aux OGM, n'est pas limit&#233;e &#224; des minorit&#233;s critiques. Dans ce sens, les Journ&#233;es Mondiales d'action, comme celle du 12 octobre dernier, sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mobilisations de petits groupes, de plusieurs dizaines ou centaines de personnes, comme celles qui ont lieu &#224; Puc&#243;n et &#224; Malvinas Argentinas, ainsi que contre plusieurs projets miniers dans la cordill&#232;re andine, sont tout aussi n&#233;cessaires que les grandes manifestations. D'une part, c'est un moyen d'&#234;tre pr&#233;sent dans les m&#233;dias de mani&#232;re permanente. Mais, surtout, c'est la meilleure voie pour forger des militants, harceler les multinationales et opposer une action critique &#224; toutes leurs initiatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans ces petits groupes que s'&#233;laborent les id&#233;es et c'est en leur sein que naissent les nouvelles formes de lutte capables de r&#233;nover la culture politiques et les m&#233;thodes de protestation. C'est l&#224; o&#249; peuvent na&#238;tre des liens communautaires, les liens solides entre les personnes qui sont tellement n&#233;cessaire pour approfondir la lutte. Apr&#232;s un mois de campement &#224; Malvinas Argentinas, les manifestants ont &#171; commenc&#233; &#224; &#233;riger des murs en torchis, construit un four en argile et un verger organique au bord de la route &#187; (D&#237;a a D&#237;a de C&#243;rdoba, 13 octobre 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En troisi&#232;me lieu, il est fondamental d'&#233;tayer les d&#233;nonciations avec des arguments scientifiques et, si possible, d'impliquer des autorit&#233;s avis&#233;es en la mati&#232;re. Le cas du biologiste argentin Ra&#250;l Montenegro, prix Nobel Alternatif en 2004 (&#171; Right Livelihood Award &#187;), qui s'est impliqu&#233; dans la lutte contre Monsanto et avec les M&#232;res de Ituzaing&#243;, montre que l'engagement des scientifiques est n&#233;cessaire autant que possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La quatri&#232;me question importance est celle de l'opinion des simples gens, de diffuser leurs croyances et leur sentiment sur les transg&#233;niques (ou contre toute initiative du mod&#232;le extractiviste). La subjectivit&#233; des personnes s'exprime d'une mani&#232;re qui ne s'accorde pas toujours aux plus rigoureuses &#233;tudes acad&#233;miques, mais leurs opinions sont tout aussi importantes que ces derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, je crois qu'il est n&#233;cessaire de ne pas seulement nous focaliser sur une multinationale comme Monsanto, qui est l'une des plus terribles de celles qui op&#232;rent dans le monde. En r&#233;alit&#233;, elle n'est que la partie la plus visible d'un mod&#232;le d'accumulation et de d&#233;veloppement que nous qualifions d'&#171; extractiviste &#187; et qui se consacre &#224; l'expropriation des biens communs et &#224; la transformation de la nature en marchandise. Dans ce sens, il est important de souligner ce qu'ont en commun les monocultures transg&#233;niques, l'industrie mini&#232;re et la sp&#233;culation immobili&#232;re, c'est-&#224;-dire la forme assum&#233;e par l'extractivisme dans les villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parvenons &#224; vaincre Monsanto, alors nous pouvons vaincre les autres multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.jornada.unam.mx/2013/10/18/index.php?section=opinion&amp;article=024a1pol&#8232;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.jornada.unam.mx/2013/10/18/index.php?section=opinion&amp;article=024a1pol&#8232;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be : Ataulfo Riera&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Escrache est le nom donn&#233; en Argentine, Uruguay, Espagne et d'autres pays hispanophones &#224; un certain type de manifestation publique ou des activistes vont sur le lieu de travail ou de domicile de ceux qu'ils veulent d&#233;noncer publiquement. Cette d&#233;nonciation publique est pacifique et se fait aux moyens de chants, pancartes, musique, graffiti et th&#233;&#226;tre de rue&#8230; (source : Wikip&#233;dia)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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