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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>S'unir pour &#234;tre plus forts contre l'industrie mini&#232;re</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-11-19</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; dimanche, des Autochtones de partout au Canada et aux &#201;tats-Unis se retrouvent &#224; Montr&#233;al pour &#233;changer, parler de leurs batailles, mais aussi de leurs solutions face &#224; l'app&#233;tit grandissant de l'industrie mini&#232;re sur leurs territoires. Allier leurs forces n'a jamais &#233;t&#233; aussi important dans l'actuel contexte politique nord-am&#233;ricain. &lt;br class='autobr' /&gt; Ces rencontres, ponctu&#233;es d'un nombre cons&#233;quent de conf&#233;rences, se tiennent &#224; l'occasion de la biennale du Western Mining Action Network, un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Premieres-nations-965-+" rel="tag"&gt;Premi&#232;res nations&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH48/capture_d_e_cran_le_2024-11-18_a_16.26_54-26113.png?1781054381' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='48' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; dimanche, des Autochtones de partout au Canada et aux &#201;tats-Unis se retrouvent &#224; Montr&#233;al pour &#233;changer, parler de leurs batailles, mais aussi de leurs solutions face &#224; l'app&#233;tit grandissant de l'industrie mini&#232;re sur leurs territoires. Allier leurs forces n'a jamais &#233;t&#233; aussi important dans l'actuel contexte politique nord-am&#233;ricain.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces rencontres, ponctu&#233;es d'un nombre cons&#233;quent de conf&#233;rences, se tiennent &#224; l'occasion de la biennale du Western Mining Action Network, un organisme am&#233;ricain fond&#233; en 1997 et dont le but est d'&#339;uvrer &#224; la protection de l'eau, de la terre et des &#234;tres humains contre les effets de l'extraction mini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La membre de la communaut&#233; shoshone estime que les Autochtones seront les premiers &#224; souffrir de la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, Earl Hatley, de l'organisme am&#233;ricain LEAD qui lutte contre l'exploitation mini&#232;re principalement dans trois &#201;tats am&#233;ricains (le Missouri, le Kansas et l'Oklahoma), souhaite que les Autochtones puissent avoir un droit de veto sur les projets miniers.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous constatons que les gouvernements canadien et am&#233;ricain font pression pour exploiter les terres rares qui se trouvent pour la plupart sur les territoires autochtones. Nous demandons le droit de dire non. L'exploitation mini&#232;re est &#233;ternelle et elle cr&#233;e un h&#233;ritage permanent pour nos communaut&#233;s. Une citation de Earl Hatley&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;George Lameboy, originaire de la communaut&#233; crie de Chisasibi, a justement soulign&#233; le manque de renseignements et de consultations concernant les projets miniers. Et ce, m&#234;me lorsqu'il s'agit de la phase d'exploration, alors que les d&#233;g&#226;ts que nous observons, rien qu'&#224; cette &#233;tape, suffisent &#224; r&#233;veiller les occupants des territoires vis&#233;s, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs d'entre eux ont aussi rappel&#233; que l'un des mat&#233;riaux qui suscitent les convoitises, l'or, n'est pas essentiel. La plupart ne sert qu'&#224; fabriquer des bijoux et des lingots, affirme Jaime Lopez Wolters, un allochtone qui travaille pour un organisme qui vise entre autres &#224; prot&#233;ger la vall&#233;e de Yosemite, en Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des appels au rassemblement ont aussi &#233;t&#233; formul&#233;s, notamment par Fermina Stevens. Mon appel s'adresse aux gens, au grand public, aux Autochtones et aux non-Autochtones, parce qu'en fin de compte, tout le monde sera concern&#233;. Nous devons donc tous nous r&#233;unir &#224; un moment ou &#224; un autre et d&#233;terminer comment nous allons proc&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs conf&#233;rences sont ainsi pr&#233;vues &#224; ce sujet : comment mobiliser les membres des communaut&#233;s concern&#233;es, comment cr&#233;er une coalition diversifi&#233;e, comment affronter un nouveau projet minier, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est formidable de se r&#233;unir avec des gens qui ont les m&#234;mes id&#233;es et qui luttent contre les compagnies mini&#232;res aux &#201;tats-Unis et au Canada, de partager des histoires et des strat&#233;gies pour atteindre notre objectif de prot&#233;ger la terre, les gens et la culture contre ces compagnies mini&#232;res, ajoute Jaime Lopez Wolters.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rodrigue Turgeon, qui est avocat pour MiningWatch, mais aussi copr&#233;sident du r&#233;seau Western Mining Action Network, estime que ces rencontres entre Autochtones de partout en Am&#233;rique du Nord sont tr&#232;s importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut bien venir en tant que Blancs, experts, leur expliquer certaines choses, mais de toute &#233;vidence, on n'arrivera jamais &#224; transmettre l'information aussi efficacement que si elle est transmise par d'autres Autochtones, explique-t-il avant d'ajouter que ce rassemblement est aussi l'occasion pour ceux qui sont aux pr&#233;mices d'une lutte contre un projet minier de b&#233;n&#233;ficier des le&#231;ons de ceux qui sont sur ce champ de bataille depuis de nombreuses ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sentiment ressort aussi chez diff&#233;rents intervenants : ils estiment qu'ils ne peuvent compter que sur eux-m&#234;mes et sur la mobilisation citoyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et surtout, la r&#233;cente &#233;lection de Donald Trump &#224; la pr&#233;sidence am&#233;ricaine et la mont&#233;e en popularit&#233; des conservateurs au Canada n'augurent rien de bon pour les militants venus &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas d'espoir que le gouvernement nous sauve, laisse tomber Fermina Stevens.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne pense pas que Trump ait la moindre consid&#233;ration pour l'environnement ou les peuples autochtones. Et je pense que la situation va s'aggraver au cours des quatre prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une citation de Fermina Stevens&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seule chose qu'on peut faire pour ralentir [les projets miniers], c'est la mobilisation citoyenne, une opposition solide et structur&#233;e. On a compris que personne ne peut nous aider, il y a juste nous autres, ajoute Louise Gagnon, une citoyenne septilienne oppos&#233;e au projet Strange Lake (nouvelle fen&#234;tre), qui verrait la construction d'une usine de transformation de terres rares dans le secteur de Sept-&#206;les (nouvelle fen&#234;tre).&lt;br class='autobr' /&gt;
Earl Hatley, lui aussi, croit en la force de la base, du mouvement grassroot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; George Lameboy, une lueur d'espoir traverse son regard. Il y a environ une semaine, je n'avais aucune id&#233;e de tous les mouvements qui existent &#224; travers l'Am&#233;rique du Nord concernant l'exploitation mini&#232;re. J'esp&#232;re donc obtenir des contacts et cr&#233;er des alliances, dit-il.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Canada : les feux de for&#234;t mettent en p&#233;ril culture et territoires autochtones</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Canada-les-feux-de-foret-mettent-en-peril-culture-et-territoires-autochtones</link>
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		<dc:date>2023-08-29T08:20:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-08-29</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les feux de for&#234;t qui font rage au Canada depuis d&#233;but juin impactent &#233;norm&#233;ment les territoires et les communaut&#233;s autochtones. De grandes parties de leurs terres de chasse et de p&#234;che sont d&#233;j&#224; parties en fum&#233;e et leur isolement les rend encore plus vuln&#233;rables. &lt;br class='autobr' /&gt; 21 ao&#251;t 2023 | tir&#233; de mediapart.fr | Photo : Des territoires br&#251;l&#233;s dans la r&#233;gion East Prairie Metis Settlement, en Alberta, le 4 juillet 2023. &#169; Photo Noah Berger / AP via Sipa &lt;br class='autobr' /&gt; Montr&#233;al (Canada).&#8211; Allan Saganash est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/terre_brulee_au_canada-15433.png?1781465515' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les feux de for&#234;t qui font rage au Canada depuis d&#233;but juin impactent &#233;norm&#233;ment les territoires et les communaut&#233;s autochtones. De grandes parties de leurs terres de chasse et de p&#234;che sont d&#233;j&#224; parties en fum&#233;e et leur isolement les rend encore plus vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;21 ao&#251;t 2023 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/210823/canada-les-feux-de-foret-mettent-en-peril-culture-et-territoires-autochtones&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mediapart.fr&lt;/a&gt; | Photo : Des territoires br&#251;l&#233;s dans la r&#233;gion East Prairie Metis Settlement, en Alberta, le 4 juillet 2023. &#169; Photo Noah Berger / AP via Sipa&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Montr&#233;al (Canada).&lt;/strong&gt;&#8211; Allan Saganash est encore sous le choc des feux de for&#234;t qui ont frapp&#233; sa communaut&#233; de Waswanipi, &#224; plus de 700 kilom&#232;tres au nord de Montr&#233;al, au Qu&#233;bec.&lt;i&gt; &#171; J'ai &#233;t&#233; malade pendant plus de trois semaines. Je toussais et j'ai d&#233;velopp&#233; une infection pulmonaire &#224; cause de la fum&#233;e. Je suis asthmatique et je fais partie des nombreuses personnes qui ont d&#233;velopp&#233; des probl&#232;mes pulmonaires &#224; cause des cendres qui sont tomb&#233;es sur notre communaut&#233; &#187;&lt;/i&gt;, explique cet autochtone de la nation crie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nord de la province et ailleurs dans le pays, un ciel orange enveloppe certaines zones durement touch&#233;es par ces feux de for&#234;t que tout le monde voit comme les pires ayant jamais touch&#233; le Canada. La communaut&#233; crie de Waswanipi se trouve tout pr&#232;s du plus gros feu de for&#234;t jamais connu au Qu&#233;bec. Il continue de d&#233;vaster des hectares, laissant derri&#232;re lui des paysages de d&#233;solation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la province, la majeure partie des feux de for&#234;t non ma&#238;tris&#233;s se trouvaient dans le territoire de la nation crie, dans la r&#233;gion Eeyou Istchee Baie-James, l&#224; o&#249; r&#233;side justement Allan Saganash.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, les communaut&#233;s de Behchok&#491;&#768;, Dettha et Ndil&#491;, dans les Territoires du Nord-Ouest, ont r&#233;cemment re&#231;u un ordre d'&#233;vacuation. Un autre feu se rapproche doucement de la communaut&#233; de Kamloops, en Colombie-Britannique. En Alberta, celle d'East Prairie Metis Settlement a vu plusieurs maisons br&#251;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, les populations autochtones sont les plus touch&#233;es par ces incendies. &#192; la mi-ao&#251;t, Services aux Autochtones Canada, le minist&#232;re qui s'occupe des dossiers concernant les autochtones, indique que plus de 25 000 membres des Premi&#232;res Nations ont &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s et que 74 communaut&#233;s sont concern&#233;es. Les autochtones ne repr&#233;sentent pourtant que 5 % de la population canadienne, mais plus de 42 % des &#233;vacuations dues &#224; des incendies de for&#234;t ont eu lieu dans des communaut&#233;s compos&#233;es &#224; plus de la moiti&#233; d'autochtones, selon Parcs Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les communaut&#233;s autochtones ont d&#233;j&#224; d&#251; g&#233;rer des feux de for&#234;t par le pass&#233;, mais l'ann&#233;e 2023 semble marquer un tournant quant &#224; leur intensit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mode de vie menac&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Dans les 15 derni&#232;res ann&#233;es, &#224; cause des feux, on a d&#251; &#233;vacuer deux communaut&#233;s. Cette ann&#233;e, en huit semaines, on a d&#251; &#233;vacuer huit des neuf communaut&#233;s cries du Qu&#233;bec. Certains ont pu &#234;tre &#233;vacu&#233;s par la route, mais d'autres ont d&#251; &#234;tre &#233;vacu&#233;s par les airs &#187;&lt;/i&gt;, indique Mady Gull-Masty, la grande cheffe de la nation crie sur les ondes de CNN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On aurait dit qu'un volcan &#233;tait entr&#233; en &#233;ruption &#187;&lt;/i&gt;, assure Allan Saganash en &#233;voquant les cendres qui se sont accumul&#233;es sur les toits, dans les v&#233;hicules et m&#234;me sur les lacs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cons&#233;quences sont dramatiques pour les autochtones. Ces incendies menacent d'importantes activit&#233;s culturelles telles que la chasse, la p&#234;che et la cueillette de plantes. La for&#234;t est un pan entier de leur identit&#233; et les autochtones estiment qu'ils mettent en p&#233;ril tout un mode de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de personnes ont d&#233;j&#224; perdu leur camp d'&#233;t&#233;. Allan Saganash confirme : &lt;i&gt;&#171; Nous avons perdu vingt-cinq camps jusqu'&#224; pr&#233;sent. (Les autorit&#233;s) sont encore en train de faire le d&#233;compte. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume Proulx, doctorant en g&#233;ographie culturelle &#224; l'Universit&#233; du Qu&#233;bec en Abitibi-T&#233;miscamingue, explique que les familles autochtones ont souvent plusieurs camps et petits chalets dans diff&#233;rents endroits du territoire. Il rappelle que c'est la s&#233;dentarisation forc&#233;e qui les a parqu&#233;es dans ce qu'on appelle aujourd'hui des r&#233;serves, des villages cr&#233;&#233;s artificiellement. Mais le lien avec le territoire se poursuit tant bien que mal, et souvent les non-autochtones n'en comprennent pas l'importance &#233;motionnelle ni mat&#233;rielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ils ont leur motoneige, leur tron&#231;onneuse, du mat&#233;riel forestier&#8230; &#199;a repr&#233;sente beaucoup de dollars qui risquent de partir en fum&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, explique encore Guillaume Proulx.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une strat&#233;gie de lutte anti-incendie contest&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, la priorit&#233; pour la Soci&#233;t&#233; de protection des for&#234;ts contre le feu (Sopfeu) est de prot&#233;ger, dans l'ordre, les vies humaines, les infrastructures strat&#233;giques et la for&#234;t. Une strat&#233;gie que critique Constant Awashish, grand chef de la nation atikamekw. &lt;i&gt;&#171; La for&#234;t passe en dernier malheureusement. Que les autochtones pensent &#224; la for&#234;t en premier est souvent mal vu. &#199;a passe parfois pour de la d&#233;sob&#233;issance civile. Prot&#233;ger la for&#234;t, c'est prot&#233;ger la m&#233;moire familiale pour certains autochtones &#187;&lt;/i&gt;, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avis que partage Allan Saganash. &#171; &lt;i&gt; La Sopfeu ne s'est pas occup&#233;e des incendies isol&#233;s, ils les ont laiss&#233;s br&#251;ler et se sont concentr&#233;s sur les incendies qui mena&#231;aient les communaut&#233;s ou les villes voisines &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il. Ces petits incendies ont finalement &lt;i&gt;&#171; fusionn&#233; et sont devenus &#233;normes et incontr&#244;lables &#187;&lt;/i&gt;, ajoute-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constant Awashish explique que plusieurs Atikamekw se sont mobilis&#233;s pour prot&#233;ger eux-m&#234;mes leur camp.&lt;i&gt; &#171; Les camps sont li&#233;s &#224; une histoire familiale. Le but est de prot&#233;ger la m&#233;moire et on ne pouvait pas leur dire d'arr&#234;ter &#187;&lt;/i&gt;, dit-il en expliquant qu'il serait pertinent de former les autochtones &#224; r&#233;agir rapidement dans ce genre de situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Guillaume Proulx, il existe aussi un enjeu &#233;conomique.&lt;i&gt; &#171; La Sopfeu laisse br&#251;ler la for&#234;t au nord de la for&#234;t exploit&#233;e par la foresterie, soit environ au nord du 51e parall&#232;le, donc elle prot&#232;ge aussi ce qui est strat&#233;gique pour l'&#233;conomie de march&#233; &#187;&lt;/i&gt;, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or la for&#234;t est bien plus que &#231;a pour les autochtones. &lt;i&gt;&#171; La strat&#233;gie de la Sopfeu est le r&#233;sultat d'une perception qui dit que la nature est s&#233;par&#233;e de l'humain. Mais pour les autochtones, la nature et l'humain sont fortement reli&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, poursuit le doctorant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;lanie Morin, porte-parole de la Sopfeu, d&#233;fend la strat&#233;gie de l'institution. Elle explique qu'il est important de pr&#233;server les installations &#233;lectriques et les barrages, en plus des habitations. Mais &lt;i&gt;&#171; il est impossible de mettre nos gens sur tout le territoire &#187;&lt;/i&gt;, se d&#233;fend-elle. Rien que dans le secteur d'Eeyou Istchee Baie-James, ce sont entre 150 et 200 personnes qui sont mobilis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angoisse et stress de l'&#233;vacuation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents ordres d'&#233;vacuation donn&#233;s &#224; travers tout le pays sont aussi une source de stress et d'angoisse. La priorit&#233; est donn&#233;e aux personnes &#226;g&#233;es, aux enfants et aux plus vuln&#233;rables, notamment les r&#233;sidents souffrant de probl&#232;mes respiratoires. Une situation qui entra&#238;ne un &#233;clatement des familles, alors qu'elles sont un rep&#232;re fort pour les autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus, Guillaume Proulx souligne que les communaut&#233;s cries sont essentiellement anglophones. &lt;i&gt;&#171; Le fran&#231;ais est leur troisi&#232;me langue apr&#232;s le cri et l'anglais, alors c'est compliqu&#233; pour eux d'&#234;tre d&#233;plac&#233;s dans le sud du Qu&#233;bec, o&#249; on parle essentiellement fran&#231;ais &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il. D'autres communaut&#233;s ne parlent ni fran&#231;ais ni anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'isolement g&#233;ographique rend ces communaut&#233;s encore plus vuln&#233;rables. Il faut composer avec le fait qu'il n'existe parfois aucune route qui y m&#232;ne et que l'&#233;vacuation ne peut se faire que par avion. Au Qu&#233;bec, il n'y a qu'une seule route principale qui permet de rejoindre le sud de la province : &#224; la mi-ao&#251;t, la route Billy Diamond &#233;tait ferm&#233;e sur 200 kilom&#232;tres et celle qui m&#232;ne &#224; la communaut&#233; de Wemindji &#233;tait, quant &#224; elle, totalement ferm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tout le pays, d&#233;j&#224; presque 14 millions d'hectares ont br&#251;l&#233; depuis le d&#233;but de la saison, soit un cinqui&#232;me de la surface de la France. Les experts s'accordent &#224; dire que cette saison est deux fois pire que la saison pr&#233;c&#233;dente et qu'elle risque de s'&#233;tirer jusqu'en septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Canada, les incendies n'&#233;tanchent pas la soif de p&#233;trole de l'Alberta</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Canada-les-incendies-n-etanchent-pas-la-soif-de-petrole-de-l-Alberta</link>
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		<dc:date>2023-05-23T08:13:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-05-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Alors que des feux de for&#234;ts et de broussailles frappent durement la province, premi&#232;re productrice de p&#233;trole du pays, les conservateurs au pouvoir refusent de prendre leurs distances avec les hydrocarbures. Et lui pr&#233;f&#232;rent des solutions technologiques pour capter le CO2. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Montr&#233;al (Canada).&#8211; 38 000 personnes &#233;vacu&#233;es, un &#233;tat d'urgence d&#233;clar&#233; en pleine campagne &#233;lectorale, plus de soixante-dix feux encore actifs &#224; la date du 17 mai et plus de 728 000 hectares (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-67-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/capture_d_e_cran_le_2023-05-22_a_10.59_10-44019.png?1781465516' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que des feux de for&#234;ts et de broussailles frappent durement la province, premi&#232;re productrice de p&#233;trole du pays, les conservateurs au pouvoir refusent de prendre leurs distances avec les hydrocarbures. Et lui pr&#233;f&#232;rent des solutions technologiques pour capter le CO2.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/190523/au-canada-les-incendies-n-etanchent-pas-la-soif-de-petrole-de-l-alberta&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al (Canada).&#8211; 38 000 personnes &#233;vacu&#233;es, un &#233;tat d'urgence d&#233;clar&#233; en pleine campagne &#233;lectorale, plus de soixante-dix feux encore actifs &#224; la date du 17 mai et plus de 728 000 hectares partis en fum&#233;e. Sans parler de la qualit&#233; de l'air qui se d&#233;t&#233;riore au fil des jours, plusieurs villes &#233;tant d&#233;sormais dans le brouillard. La situation ne semblait pas s'arranger puisque des ordres d'&#233;vacuation sont encore donn&#233;s et 2 500 pompiers sont toujours d&#233;ploy&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de quoi inqui&#233;ter l'Alberta, plus grosse province productrice de p&#233;trole au Canada. Elle se pose depuis longtemps comme l'une des moins enclines &#224; offrir des r&#233;ponses radicales &#224; la crise climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'enjeu &#233;conomique est important. M&#234;me &#224; l'&#233;chelle de tout le pays. Le Canada est en effet le quatri&#232;me producteur de p&#233;trole au monde. Presque quatre millions de barils sont produits tous les jours en Alberta, qui assure 80 % de la production totale du pays. Plus de 180 000 personnes travaillent dans l'industrie p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re dans la province.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_42061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-05-22_a_10.59_10.png?42061/d9b1c485ff164775f289ae2d4cf74401f756cc4f249c28f583de015b7f79e781&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH368/d9b1c485ff164775-7407b9cf-05885.png?1781465517' width='500' height='368' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alors forc&#233;ment, les politiques jouent gros d&#232;s qu'il s'agit de proposer des solutions pour lutter contre les changements climatiques. Et ce, m&#234;me si l'Alberta repr&#233;sentait 38 % des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) du pays en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la guerre en Ukraine, l'Alberta pose &#233;galement le Canada comme un producteur de p&#233;trole fiable, sur lequel l'Europe peut compter. Les feux ont toutefois ralenti cette production effr&#233;n&#233;e, puisque plusieurs entreprises ont d&#233;cid&#233; de la suspendre par mesure de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coll&#233; &#224; ses valeurs productivistes, le Parti conservateur uni (au pouvoir actuellement) mise surtout sur le technosolutionnisme pour r&#233;pondre &#224; la crise climatique. La volont&#233; d'agir du gouvernement &#171; n'est pas inexistante, juge Fr&#233;d&#233;ric Boily, professeur de science politique &#224; l'Universit&#233; de l'Alberta, dans un article publi&#233; sur le site Le Climatoscope. Mais elle est subordonn&#233;e &#224; la d&#233;termination conservatrice de d&#233;fendre le secteur p&#233;trolier et gazier et, surtout, elle repose sur l'id&#233;e que la technologie constitue la solution privil&#233;gi&#233;e pour diminuer les GES [gaz &#224; effet de serre, ndlr] &#233;mis dans la province &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un changement de cap par rapport au pr&#233;c&#233;dent gouvernement dirig&#233; par les n&#233;o-d&#233;mocrates. Sous leur r&#232;gne, l'Alberta avait adopt&#233; la taxe carbone en 2015. Quatre ans plus tard, les conservateurs ont repris le pouvoir et renvers&#233; le plan de lutte contre la crise climatique de leurs pr&#233;d&#233;cesseurs. La premi&#232;re ministre actuelle, la conservatrice Danielle Smith, a d&#233;j&#224; exprim&#233; des doutes sur le fait que l'activit&#233; humaine soit l'une des principales causes du r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix du solutionnisme technologique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chercheur am&#233;ricain Evgeny Morozov &#233;voquait d&#233;j&#224; le technosolutionnisme dans son ouvrage de 2014, Pour tout r&#233;soudre, cliquez ici. Il expliquait que bien au-del&#224; d'un argument marketing, les solutions technologiques sont une id&#233;ologie. Pas question de diminuer la production de p&#233;trole et de gaz d&#233;sormais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut d'abord adopter des solutions technologiques pour permettre &#224; l'industrie de poursuivre son d&#233;veloppement. On veut augmenter la production de mani&#232;re verte. Mais en d&#233;finitive, c'est difficile de faire baisser les GES en augmentant la production de p&#233;trole &#187;, dit Fr&#233;d&#233;ric Boily.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les feux de for&#234;ts qui font rage dans la province, les mentalit&#233;s n'ont pas &#233;volu&#233;. En 2016, l'&#233;norme feu de Fort McMurray avait eu des cons&#233;quences dramatiques : cent mille personnes avaient d&#251; fuir et les d&#233;g&#226;ts repr&#233;sentaient pr&#232;s de 9 milliards de dollars. &#171; Ces feux ont eu un impact bien plus important que les feux actuels, et pourtant, les mentalit&#233;s n'ont pas chang&#233; par la suite &#187;, souligne Fr&#233;d&#233;ric Boily.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le professeur, la population de l'Alberta est tr&#232;s attach&#233;e &#224; une industrie de l'&#233;nergie pourvoyeuse d'emplois. &#171; C'est un secteur encore efficace financi&#232;rement &#187;, explique Fr&#233;d&#233;ric Boily. Et surtout, d'apr&#232;s lui, &#171; la population est tr&#232;s r&#233;ceptive aux id&#233;es technosolutionnistes du parti conservateur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril, le gouvernement conservateur de Danielle Smith a &#233;voqu&#233; pour la premi&#232;re fois l'objectif de 2050 pour atteindre la neutralit&#233; carbone. Lors de cette annonce, le parti a mis en avant plusieurs technologies pour y arriver comme l'utilisation et le stockage de CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au lieu de prendre ses distances avec les hydrocarbures, notre plan montre que nous utiliserons ces ressources de fa&#231;on novatrice et diff&#233;rente, afin de permettre &#224; notre province de fournir une &#233;nergie produite de fa&#231;on durable au reste du monde &#187;, avait d&#233;clar&#233; de son c&#244;t&#233; la ministre de l'environnement, Sonya Savage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux ans, son homologue f&#233;d&#233;ral, Steven Guilbault, avait rappel&#233; que cette technologie n'&#233;tait pas encore au point et qu'elle allait encore n&#233;cessiter de nombreuses ann&#233;es de recherche. En plus, les experts s'accordent pour dire qu'il n'est pas possible que toutes les &#233;missions soient capt&#233;es et stock&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les autres solutions envisag&#233;es, le nucl&#233;aire revient sur le devant de la sc&#232;ne et, en Alberta, o&#249; il n'y a pas de centrales nucl&#233;aires, les autorit&#233;s envisagent de d&#233;velopper des petits r&#233;acteurs modulaires. L'id&#233;e a &#233;t&#233; &#233;mise en 2020 sous le gouvernement conservateur de Jason Kenney. Il expliquait alors que ces petits r&#233;acteurs pourraient fournir de l'&#233;nergie sans &#233;missions et &#224; faible co&#251;t. L'industrie des sables bitumineux pourrait aussi profiter de la vapeur de ces installations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Alberta veut aussi miser sur l'hydrog&#232;ne. Pourtant, de nombreux experts soulignent son co&#251;t particuli&#232;rement &#233;lev&#233;. Les feux de cette ann&#233;e, qui risquent de s'&#233;tendre aux provinces environnantes, vont-ils changer la donne ? En pleine campagne &#233;lectorale provinciale, rien n'est moins s&#251;r, selon Fr&#233;d&#233;ric Boily. Les &#233;lections doivent se tenir le 29 mai, mais certains r&#233;clament leur report, vu la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;minicides au Canada : &#171; C'est un tsunami &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Feminicides-au-Canada-C-est-un-tsunami</link>
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		<dc:date>2023-05-23T08:07:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-05-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Canada enregistre une hausse sans pr&#233;c&#233;dent de f&#233;minicides, dont un tiers ont pour cibles des femmes autochtones. Une situation qui alarme les repr&#233;sentants des premiers peuples et les organismes de pr&#233;vention contre les violences faites aux femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Montr&#233;al (Qu&#233;bec, Canada).&#8211; D&#233;cembre 2022. Kerra et Cambria Harris ne s'attendaient pas &#224; devenir les repr&#233;sentantes des femmes autochtones disparues ou assassin&#233;es. Les deux jeunes femmes ont perdu leur m&#232;re, Morgan. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Droits-des-femmes-" rel="directory"&gt;Droits des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-05-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-05-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH115/capture_d_e_cran_le_2023-05-22_a_18.02_47-4f11f.png?1781465518' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='115' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Canada enregistre une hausse sans pr&#233;c&#233;dent de f&#233;minicides, dont un tiers ont pour cibles des femmes autochtones. Une situation qui alarme les repr&#233;sentants des premiers peuples et les organismes de pr&#233;vention contre les violences faites aux femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/220523/feminicides-au-canada-c-est-un-tsunami&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montr&#233;al (Qu&#233;bec, Canada).&#8211; D&#233;cembre 2022. Kerra et Cambria Harris ne s'attendaient pas &#224; devenir les repr&#233;sentantes des femmes autochtones disparues ou assassin&#233;es. Les deux jeunes femmes ont perdu leur m&#232;re, Morgan. Elle &#233;tait port&#233;e disparue depuis plusieurs mois et, selon la police, les restes de son corps se trouveraient dans un d&#233;potoir de la ville de Winnipeg, au Manitoba (ouest du Canada). La police estime que la t&#226;che est trop complexe pour les retrouver enti&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cambria Harris le r&#233;p&#232;te : &#171; Ces femmes, qui nous ont donn&#233; la vie, sont sacr&#233;es et elles doivent toujours &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme telles. &#199;a continue d'arriver et on laisse faire. Personne ne fait rien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les larmes aux yeux, r&#233;primant souvent un sanglot, Kerra et Cambria Harris s'exprimaient alors devant un parterre d'&#233;lu&#183;es autochtones venu&#183;es de tout le pays &#224; Ottawa. Emmitoufl&#233;es dans des couvertures offertes par d'autres femmes autochtones en signe de soutien, les deux s&#339;urs avaient fait part de leur d&#233;sarroi et r&#233;p&#233;t&#233; que la police devait fouiller le d&#233;potoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgan Harris fait partie d'une longue liste d'autochtones assassin&#233;es dans l'une des villes consid&#233;r&#233;es comme les plus racistes du pays. D&#233;j&#224; cinq morts suspectes ces derniers mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le racisme freine les enqu&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, ces femmes courent jusqu'&#224; douze fois plus que les autres le risque d'&#234;tre assassin&#233;es. Depuis 1980, pr&#232;s de 1 200 autochtones ont &#233;t&#233; assassin&#233;es ou ont disparu dans une indiff&#233;rence quasi totale. Proportionnellement, ce chiffre officiel &#233;quivaudrait &#224; 55 000 femmes fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un rapport r&#233;cent le confirme : les femmes autochtones repr&#233;sentent 36 % des victimes de f&#233;minicides au Canada, alors qu'elles ne composent que 5 % de la population du pays, qui compte au total 38 millions d'habitant&#183;es, selon l'Observatoire canadien du f&#233;minicide pour la justice et la responsabilit&#233; (OCFJR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s les familles, les enqu&#234;tes sont souvent b&#226;cl&#233;es. Elles ne sont pas prises au s&#233;rieux et les st&#233;r&#233;otypes collent encore &#224; la peau des victimes : ce ne sont &#171; que &#187; des toxicomanes, prostitu&#233;es ou alcooliques. En bref, elles sont responsables de leur sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Mich&#232;le Audette, premi&#232;re femme autochtone &#233;lue s&#233;natrice au Canada, la situation est une &#233;ni&#232;me cons&#233;quence des politiques colonialistes men&#233;es dans le pays. &#171; Pendant longtemps, les communaut&#233;s religieuses et politiques ont permis qu'on batte, humilie et violente les femmes autochtones. Nous avons des preuves dans les archives &#187;, explique celle qui a aussi &#233;t&#233; commissaire lors de la grande enqu&#234;te nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassin&#233;es (2016-2019).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'explosion des f&#233;minicides dans tout le pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus g&#233;n&#233;ralement, le dernier rapport de l'OCFJR atteste d'une explosion des f&#233;minicides dans le pays. Au total, l'an dernier, 184 femmes ont &#233;t&#233; tu&#233;es au Canada, ce qui correspond &#224; une augmentation de 27 % par rapport &#224; 2019. Cela signifie qu'au moins une femme est tu&#233;e tous les deux jours. C'est compter sans les victimes collat&#233;rales de ces meurtres, comme les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marci Ien, ministre f&#233;d&#233;rale des femmes, de l'&#233;galit&#233; des genres et de la jeunesse, estime qu'il s'agit d'un &#171; probl&#232;me de s&#233;curit&#233; nationale qui n&#233;cessite une r&#233;ponse de tous les niveaux de gouvernement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation des femmes est pire qu'avant la pand&#233;mie, assure Crystal Giesbrecht, membre du comit&#233; consultatif d'experts de l'OCFJR. &#171; Cela concerne la pauvret&#233;, l'emploi, les soins non r&#233;mun&#233;r&#233;s, la garde des enfants, la perte d'ind&#233;pendance et, bien s&#251;r, les violences sexuelles et les f&#233;minicides commis par des partenaires intimes &#187;, pr&#233;cise-t-elle, alarm&#233;e par la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 60 % des victimes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par leur compagnon ou par un ancien partenaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre membre de l'OCFJR, Claudette Dumont-Smith, croit m&#234;me que ces chiffres risquent d'augmenter cette ann&#233;e. Am&#232;rement, elle se dit &#171; pas surprise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, il est difficile de ne pas souligner encore une fois la part importante que repr&#233;sentent les femmes autochtones dans tous ces chiffres. &#171; C'est au Saskatchewan et au Manitoba que les taux de f&#233;minicides sont les plus &#233;lev&#233;s. Cela s'explique par le nombre disproportionn&#233; de f&#233;minicides de femmes autochtones, ainsi que par le taux plus &#233;lev&#233; de f&#233;minicides dans les zones non urbaines &#187;, dit Crystal Giesbrecht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais qu'est-ce qui peut expliquer ce bond ? Selon Manon Monastesse, directrice g&#233;n&#233;rale de la F&#233;d&#233;ration des maisons d'h&#233;bergement pour femmes, la pand&#233;mie a eu un impact important.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il n'y a eu aucun f&#233;minicide [au Qu&#233;bec] durant la pand&#233;mie et les confinements, car les hommes avaient une emprise totale sur leur femme. C'&#233;tait l'expression absolue du &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2023/05/03/le-controle-coercitif-une-notion-plus-precise-pour-lutter-contre-les-feminicides_6171846_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;contr&#244;le coercitif&lt;/a&gt; dans sa fa&#231;on la plus pure, indique Manon Monastesse. Mais quand on est ressortis, les femmes sont retourn&#233;es au travail, voir leurs coll&#232;gues, leurs amis, et l&#224;, je ne parlerais pas de vague mais de tsunami de f&#233;minicides &#187;, ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon elle, les hommes ont perdu ce contr&#244;le absolu sur leur conjointe et c'est ce qui les a pouss&#233;s &#224; tuer. &#171; Cette situation nous montre que lorsque l'homme tue, c'est quand il n'a plus d'emprise sur sa conjointe &#187;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles solutions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Observatoire souhaiterait que le f&#233;minicide soit int&#233;gr&#233; dans le Code p&#233;nal canadien et qu'il soit d&#233;sign&#233; comme un crime distinct. &#171; Il est bien document&#233; que dans les cas de f&#233;minicide, les accusations de meurtre sont souvent r&#233;trograd&#233;es au rang d'homicide involontaire, ce qui est connu sous le nom de &#8220;r&#233;duction pour cause d'intimit&#233;&#8221;. Reconna&#238;tre le f&#233;minicide comme un crime distinct contribuerait &#224; corriger cette disparit&#233; &#187;, plaide Crystal Giesbrecht.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement f&#233;d&#233;ral se dit d&#233;termin&#233; &#171; &#224; corriger les lacunes dans le Code criminel afin d'assurer une r&#233;ponse rigoureuse du syst&#232;me de justice p&#233;nale &#187;. Il rappelle que &#171; des consultations sur l'inclusion du f&#233;minicide dans le Code criminel ont commenc&#233; &#187;. Mais globalement, le minist&#232;re de la justice du Canada consid&#232;re que tout est d&#233;j&#224; en place pour punir les tueurs de femmes &#224; la hauteur de ce qu'ils m&#233;ritent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;voque aussi des sommes importantes &#8211; 300 millions de dollars &#8211; investies dans des refuges ou encore des centres d'aide aux victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours au niveau l&#233;gislatif, Claudette Dumont-Smith croit que les peines devraient &#234;tre plus lourdes pour les hommes qui tuent des femmes. &#171; En ce moment, on envoie plut&#244;t le message : &#8220;Ce n'est pas si grave si tu assassines une femme. Encore moins quand elle est autochtone&#8221; &#187;, dit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une approche propre aux femmes autochtones devrait aussi voir le jour. La s&#233;natrice Mich&#232;le Audette estime que lorsque les projecteurs sont dirig&#233;s vers la police, celle-ci fait un effort, mais rapidement, &#171; l'ancienne culture &#187; r&#233;appara&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, il y a aussi eu du positif. Manon Monastasse souligne par exemple la mise en place, il y a un peu plus d'un an, de cinq tribunaux sp&#233;cialis&#233;s en mati&#232;re de violences sexuelles et de violences conjugales. Ce projet pilote a toutefois &#233;t&#233; critiqu&#233; par la magistrature, car elle estimait qu'il remettait en cause les principes fondamentaux de la pr&#233;somption d'innocence et de l'impartialit&#233; de la cour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle dit que la province du Qu&#233;bec a mis en place de nombreux plans d'action pour r&#233;pondre &#224; la probl&#233;matique. &#171; Mais tous ces plans doivent converger et &#234;tre compl&#233;mentaires. Nous devons avoir des strat&#233;gies int&#233;gr&#233;es &#187;, dit-elle, en conc&#233;dant qu'il faut aussi s'attaquer aux racines du mal : le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Canada, des autochtones se r&#233;approprient leur territoire perdu</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Canada-des-autochtones-se-reapproprient-leur-territoire-perdu</link>
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		<dc:date>2023-01-17T08:05:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Premi&#232;res nations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-01-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des for&#234;ts &#233;ventr&#233;es, des caribous disparus, des campements inond&#233;s par les barrages&#8230; Le territoire des Innus, sur la C&#244;te-Nord du Qu&#233;bec, s'est transform&#233; sans leur consentement durant des d&#233;cennies. Aujourd'hui, certaines familles ont entrepris de le r&#233;investir. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
KanapeutKanapeut (Qu&#233;bec, Canada).&#8211; &#192; plus de huit heures de route de Montr&#233;al, la famille Kanap&#233; se retrouve dans son campement, tout pr&#232;s de l'un des nombreux barrages que compte la province. &#201;ric et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Premieres-nations-965-+" rel="tag"&gt;Premi&#232;res nations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-01-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH107/arton55518-0f177.png?1781465521' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='107' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des for&#234;ts &#233;ventr&#233;es, des caribous disparus, des campements inond&#233;s par les barrages&#8230; Le territoire des Innus, sur la C&#244;te-Nord du Qu&#233;bec, s'est transform&#233; sans leur consentement durant des d&#233;cennies. Aujourd'hui, certaines familles ont entrepris de le r&#233;investir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/150123/au-canada-des-autochtones-se-reapproprient-leur-territoire-perdu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;KanapeutKanapeut (Qu&#233;bec, Canada).&#8211; &#192; plus de huit heures de route de Montr&#233;al, la famille Kanap&#233; se retrouve dans son campement, tout pr&#232;s de l'un des nombreux barrages que compte la province. &#201;ric et Michel Kanap&#233;, deux fr&#232;res, font partie de ces Innus qui se sentent mieux dans la for&#234;t que dans leur r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils y ont construit de petits chalets et &#233;rig&#233; des tentes traditionnelles pour accueillir les visiteurs voulant, eux aussi, reconqu&#233;rir leur territoire, et renouer avec la culture qui y est attach&#233;e. Les fen&#234;tres de leurs chalets donnent sur &#171; le plus beau lac du coin &#187; selon eux : le lac aux perles. Et leur jardin est fait de tapis de mousse et de sapins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rejoindre ce petit havre de paix, il faut longer le fleuve Saint-Laurent durant six heures depuis Montr&#233;al. Puis monter au nord et s'enfoncer dans la for&#234;t, par une route de terre. Ce territoire qu'ils disent &#171; traditionnel &#187;, les Innus l'appellent le &#171; Nitassinan &#187;. Il s'&#233;tend sur plus de 130 000 km2 et rec&#232;le deux ressources pr&#233;cieuses : un r&#233;seau de lacs et de rivi&#232;res, ainsi que des for&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nitassinan compte pas moins de 13 centrales hydro&#233;lectriques et 16 barrages. Le plus grand d'entre eux, surnomm&#233; &#171; l'&#339;il du Qu&#233;bec &#187;, est Manic-5. Hydro-Qu&#233;bec, la soci&#233;t&#233; d'&#201;tat charg&#233;e de la production et de la distribution d'&#233;lectricit&#233; hydraulique, a construit ces barrages et inond&#233; par la m&#234;me occasion des territoires entiers de chasse et de trappe des Innus. Jamais Hydro-Qu&#233;bec ne leur a demand&#233; leur avis. Elle a pris, et n'a toujours rien donn&#233; en retour. Plusieurs dossiers de r&#233;clamations sont encore devant les tribunaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-01-16_a_13.30_28.png?7216/0144f943a315aa0f4b71712bbca5886fa522b52220eb73cc384619fac76b1772&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH355/0144f943a315aa0f-03a3cae7-b74e1.png?1781465522' width='500' height='355' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les compagnies foresti&#232;res ont aussi saign&#233; &#224; blanc ces for&#234;ts, transformant le paysage pour des d&#233;cennies. L&#224; encore, les Innus n'ont pas &#233;t&#233; consult&#233;s et ce n'est que r&#233;cemment que la loi a oblig&#233; les entreprises &#224; demander l'avis des autochtones pour chaque op&#233;ration qu'elles comptent entreprendre sur les territoires qu'ils revendiquent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contraints de quitter ce territoire, les Innus ont d&#251; s'installer dans des r&#233;serves, ces &#171; prisons sans murs &#187;, comme certains les appellent. Un passage forc&#233; du nomadisme &#224; la s&#233;dentarisation qui a laiss&#233; des s&#233;quelles profondes et bris&#233; leur lien avec leurs traditions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est temps pour les Innus de se r&#233;approprier ce territoire et de renouer avec leur culture. En ce vendredi, une vingtaine d'Innus de Pessamit, l'une des neuf r&#233;serves innues du Qu&#233;bec, est venue, invit&#233;e par &#201;ric et Michel Kanap&#233;, qui organisent des &#171; week-ends de ressourcement &#187;, pour les autochtones mais pas seulement. Les Blancs sont aussi les bienvenus pour d&#233;couvrir ce que l'&#233;cole ne leur apprend que de fa&#231;on rudimentaire sur ces premiers peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gros pick-up sont pr&#234;ts &#224; partir pour poser des collets et des pi&#232;ges &#224; castors, comme le faisaient leurs anc&#234;tres pas si lointains. Michel s'installe au volant. Accroch&#233;es &#224; son r&#233;troviseur, des serres d'un pygargue &#224; t&#234;te blanche. &#171; Quand je l'ai trouv&#233;, il agonisait&#8230; J'ai abr&#233;g&#233; ses souffrances et j'ai gard&#233; &#231;a &#187;, dit-il en levant le menton vers ce que certains appelleraient &#171; un troph&#233;e &#187;. Pas lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; de lui, son fusil. Michel ne quitte jamais le camp sans lui. On ne sait jamais. Il pourrait croiser un orignal (&#233;lan) ou une perdrix. &#192; l'arri&#232;re de son camion, quelques hommes et femmes viennent de monter pour l'accompagner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir perdu le lien avec le territoire, intimement reli&#233; &#224; leur culture, a &#233;t&#233; d&#233;vastateur pour beaucoup d'autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant le trajet, tous parlent leur langue : l'innu-aimun. Statistiques Canada d&#233;nombre environ 10 000 locuteurs alors que l'on comptait 20 000 Innus au Qu&#233;bec en 2021. La colonisation et les pensionnats, o&#249; pendant des d&#233;cennies ont &#233;t&#233; envoy&#233;s les enfants des autochtones, parfois sans leur accord, sont &#224; l'origine du d&#233;clin de toutes les langues autochtones au pays. Malgr&#233; les efforts mis en place pour les revitaliser, leur futur est encore incertain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la langue est intimement li&#233;e &#224; la culture et r&#233;v&#232;le la mani&#232;re de penser des Innus. Les traductions sont complexes. &#171; Tshinashkumitim &#187;, utilis&#233; par exemple pour dire &#171; merci &#187;, signifie : &#171; Je te donne une outarde en remerciement &#187;. Et le mot en innu-aimun pour d&#233;signer &#171; les Fran&#231;ais &#187; est en fait : &#171; Les gens venus avec de grands bateaux en bois &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-01-16_a_13.31_09.png?7215/df866a5d94e32b01f581ab63341c2b523181f9064d775e6fe53a71be32a18dea&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH754/df866a5d94e32b01-95598cf9-a6417.png?1781465523' width='500' height='754' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Certains des participants, comme l'a&#238;n&#233;e, Delvina Collard, ont v&#233;cu dans la for&#234;t avant d'&#234;tre oblig&#233;s de se s&#233;dentariser. Comme beaucoup d'Innus, Delvina est une femme de peu de mots. Et comme beaucoup d'Innus aussi, elle a le rire facile. Aujourd'hui, elle fabrique du pain banik, ce pain traditionnel autochtone. Les ingr&#233;dients sont simples. La technique un peu moins. C'est dans la for&#234;t qu'elle a appris tout ce qu'elle sait aujourd'hui. Delvina fait aussi partie des chanceuses qui n'ont pas &#233;t&#233; au pensionnat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avoir perdu ce lien avec le territoire, intimement reli&#233; &#224; leur culture, a &#233;t&#233; d&#233;vastateur pour beaucoup d'autochtones. Tous, au camp des Kanap&#233;, baptis&#233; Kanapeut, le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque &#201;ric Kanap&#233; observe les collines d&#233;sormais nues &#224; cause des entreprises foresti&#232;res, il a une pens&#233;e pour sa m&#232;re. &#171; La derni&#232;re fois qu'elle a vu son territoire avant de d&#233;c&#233;der, il &#233;tait comme &#231;a. C'est avec cette image en t&#234;te qu'elle est partie. Moi-m&#234;me, je ne reverrai jamais notre territoire comme il a &#233;t&#233; auparavant &#187;, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un paysage d&#233;figur&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; 49 ans, Michel, qui a v&#233;cu dans le bois jusqu'&#224; son adolescence, se souvient des sept kilom&#232;tres qu'il devait r&#233;guli&#232;rement parcourir en tirant son tra&#238;neau sur lequel reposait de la viande, car sa famille d&#233;m&#233;nageait le camp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le territoire a chang&#233;, mais nous aussi. Aujourd'hui, il est plus facilement accessible en voiture. Ces changements ne nous emp&#234;chent pas de pratiquer nos activit&#233;s traditionnelles &#187;, explique Michel alors qu'il revient de sa petite exp&#233;dition avec quelques participants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diane Riverin, 65 ans, est rest&#233;e au camp avec Delvina notamment. Dans la grande cuisine install&#233;e sous une immense tente, elle d&#233;p&#232;ce un li&#232;vre au pelage gris, presque blanc, alors que plusieurs personnes filment la sc&#232;ne. &#171; C'est pas tout le monde qui a la chance de pouvoir retourner dans le territoire comme &#231;a. &#192; Pessamit, nos jeunes s'ennuient, alors qu'ici on est occup&#233;s toute la journ&#233;e &#187;, dit-elle en tirant de toutes ses forces sur la douce fourrure de l'animal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; c&#244;t&#233; d'elle, Nancy Hervieux et Daisy Bellefleur ins&#232;rent la farce dans un intestin d'orignal pendant qu'Annuk St-Onge pr&#233;pare un th&#233;. Ce soir, un grand banquet est pr&#233;vu. Au menu : boudin d'orignal, pain banik, castor et li&#232;vre. &#192; l'ext&#233;rieur, Willis, le plus jeune du groupe, ne manque pas une miette des explications de Michel qui lui apprend &#224; d&#233;couper le castor qu'ils viennent de r&#233;cup&#233;rer. Le pi&#232;ge install&#233; la veille a eu raison du mammif&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les drames ne se comptent plus dans la communaut&#233;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout sera mang&#233;. Car les Innus ne g&#226;chent rien. Au fil des si&#232;cles, ils ont gard&#233; cette tradition de rendre honneur &#224; l'animal et d'utiliser tout ce qu'ils peuvent utiliser. La peau, les boyaux, les os&#8230; m&#234;me la queue du castor sera utilis&#233;e pour faire de la graisse. &#171; Si les sabots de l'orignal se mangeaient, on les mangerait ! &#187;, lance Michel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, avant de commencer le festin, Michael Kanap&#233;, un cousin des deux fr&#232;res, a pris quelques minutes pour remercier les animaux qui vont remplir les ventres ce soir. La petite pri&#232;re s'est faite en innu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques heures plus t&#244;t, il a dirig&#233; une c&#233;r&#233;monie dans la tente &#224; sudation install&#233;e au bord du lac. Dans cette sorte de hutte, le sol est tapiss&#233; de branches de sapin et une fosse est creus&#233;e pour recevoir des pierres chauff&#233;es. Seule une poign&#233;e d'Innus y a particip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Nathalie Hervieux. Elle revient du bord du lac en r&#233;ajustant la jupe traditionnelle qu'elle a rev&#234;tue pour la c&#233;r&#233;monie. La douceur de Nathalie cache des blessures profondes. La femme a subi de nombreuses agressions sexuelles et viols durant sa jeunesse. Son fr&#232;re a tu&#233; son p&#232;re. Son beau-fr&#232;re a tu&#233; sa s&#339;ur. Fi&#232;rement, elle annonce que cela fait plus de vingt ans qu'elle n'a pas touch&#233; une goutte d'alcool.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, elle aide les autres femmes &#224; ouvrir leur c&#339;ur et &#224; leur d&#233;lier la langue. &#171; Parler fait partie de la gu&#233;rison. Pour arr&#234;ter de s'en vouloir. D'&#234;tre en col&#232;re. Moi maintenant je veux &#233;crire un livre et y raconter mon histoire &#187;, dit-elle en r&#233;ajustant son bonnet aux couleurs de la nation innue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les drames ne se comptent plus dans les communaut&#233;s autochtones canadiennes. Violence, drogue, suicide, pauvret&#233;, absence d'eau potable&#8230; Rares sont celles et ceux qui y ont &#233;chapp&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_7214 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-01-16_a_13.31_37.png?7214/1cf4578476b5eb873d3fec0c73e8e805a061d55c938f4287470b3a54dea2f37d&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH356/1cf4578476b5eb87-bc3f62db-1e975.png?1781465523' width='500' height='356' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quiconque rencontre les Innus pour la premi&#232;re fois ne se doute pas de tous ces traumatismes. Jamais les rires n'auront autant r&#233;sonn&#233; dans cette for&#234;t de sapins. Ce n'est pas pour rien que les Innus sont surnomm&#233;s &#171; le peuple rieur &#187;. D&#232;s le r&#233;veil, aux aurores, ils rient &#224; gorge d&#233;ploy&#233;e, encha&#238;nent blagues et taquineries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a qu'au moment de la messe o&#249; les larmes prennent le dessus. &#201;vang&#233;lis&#233;s par les pr&#234;tres oblats, beaucoup d'Innus sont encore tr&#232;s croyants, malgr&#233; les abus que certains hommes d'&#201;glise ont pu faire subir &#224; leurs fr&#232;res et s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autour de la grande table de la cuisine, la majorit&#233; des participants sont r&#233;unis, chapelet en main. Au milieu tr&#244;ne une Bible traduite dans leur langue. &#171; J'ai pri&#233; pour nos enfants&#8230; qu'ils trouvent la lumi&#232;re. J'ai aussi pri&#233; pour les parents qui font face &#224; des probl&#232;mes de boisson, de drogue. On se sent impuissant &#187;, explique Diane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La (longue) pri&#232;re termin&#233;e, les regards fix&#233;s sur les mains se rel&#232;vent. Une femme lance une blague. Tout le monde rit. Et la vie continue. Le groupe s'active pour confectionner un petit fagot de branches fines de m&#233;l&#232;ze pour en faire une tisane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Innus sont avares de mots lorsqu'on leur demande ce que &#231;a leur fait de se trouver sur ce territoire. C'est avant tout leurs visages qu'il faut lire. Mais apr&#232;s quelques secondes de silence, certains l&#226;chent : &#171; &#199;a me fait du bien &#187;, &#171; Je me sens &#224; ma place &#187;, &#171; &#199;a fait des ann&#233;es que je r&#234;ve de venir ici &#187;, &#171; Ici, je suis dans l'instant pr&#233;sent, pas comme lorsque je suis dans la r&#233;serve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dimanche, un bus arrive pour chercher les visiteurs et les ramener &#224; Pessamit. Tous se placent en cercle pour entendre Delvina, l'a&#238;n&#233;e. Sourires, larmes, les adieux passent par de nombreuses &#233;motions. &#171; Il faut qu'on se batte pour prot&#233;ger notre territoire, conclut Annuk Saint-Onge. Encore. Comme les Mohawks se sont battus. Mon peuple se tait encore trop. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Canada : le &#171; convoi de la libert&#233; &#187;, symbole d'une d&#233;mocratie &#224; bout de souffle</title>
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		<dc:date>2022-02-15T07:57:59Z</dc:date>
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		<dc:creator>Delphine Jung</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2022-02-15</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis deux semaines, la capitale, Ottawa, est bloqu&#233;e par des camionneurs venus de tout le pays. Le &#171; convoi de la libert&#233; &#187; voulait d'abord d&#233;noncer la vaccination obligatoire des chauffeurs routiers. Les revendications de ce groupe devenu h&#233;t&#233;rog&#232;ne vont plus loin d&#233;sormais. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de M&#233;diapart. &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis que les chauffeurs routiers canadiens sont oblig&#233;s d'&#234;tre pleinement vaccin&#233;s pour traverser la fronti&#232;re avec les &#201;tats-Unis, Dominique Goudreau doit se passer des services de quatre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton51440-b5310.png?1781465524' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis deux semaines, la capitale, Ottawa, est bloqu&#233;e par des camionneurs venus de tout le pays. Le &#171; convoi de la libert&#233; &#187; voulait d'abord d&#233;noncer la vaccination obligatoire des chauffeurs routiers. Les revendications de ce groupe devenu h&#233;t&#233;rog&#232;ne vont plus loin d&#233;sormais.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/100222/canada-le-convoi-de-la-liberte-symbole-d-une-democratie-bout-de-souffle&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#233;diapart&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis que les chauffeurs routiers canadiens sont oblig&#233;s d'&#234;tre pleinement vaccin&#233;s pour traverser la fronti&#232;re avec les &#201;tats-Unis, Dominique Goudreau doit se passer des services de quatre de ses employ&#233;s. &#171; Je suis pour la libert&#233; de choix et je respecte leur d&#233;cision de ne pas &#234;tre vaccin&#233;s &#187;, indique ce chef d'une entreprise de transport de B&#233;cancour, &#224; 330 km d'Ottawa, qui assure de son c&#244;t&#233; &#234;tre vaccin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il estime que les camionneurs, &#171; qui sont rest&#233;s au front durant toute la pand&#233;mie &#187;, ne sont d&#233;sormais plus consid&#233;r&#233;s. &#171; Avant, on &#233;tait des h&#233;ros &#187;, regrette-t-il. Alors, pour manifester sa col&#232;re, il est parti avec 14 de ses camions rejoindre le &#171; convoi de la libert&#233; &#187; lanc&#233; par ses confr&#232;res de l'ouest du Canada. Il ajoute : &#171; Mes chauffeurs ne m'ont pas laiss&#233; tomber pendant la pand&#233;mie, c'est &#224; mon tour de leur rendre la pareille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti de Colombie-Britannique, sur la c&#244;te pacifique du pays, le 22 janvier, ce mouvement s'&#233;tait &#233;rig&#233; contre l'obligation vaccinale des transporteurs transfrontaliers. Plusieurs convois, venus de diff&#233;rentes provinces, ont &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/020222/le-canada-confronte-un-mouvement-de-protestation-contre-les-mesures-anti-covid&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ralli&#233; Ottawa&lt;/a&gt; les 28 et 29 janvier. S'ils &#233;taient quelques milliers de v&#233;hicules le premier week-end de rassemblement, ils ne sont d&#233;sormais plus que 400, selon les autorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Qu&#233;bec, une autre manifestation du m&#234;me genre a &#233;t&#233; organis&#233;e le 5 f&#233;vrier. Isabelle Villeneuve, une repr&#233;sentante publicitaire, fait partie de ses instigateurs. &#171; Je me suis dit que je n'&#233;tais pas la seule &#224; trouver que les mesures sanitaires &#233;taient coercitives &#187;, explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Villeneuve est loin d'&#234;tre du c&#244;t&#233; des antivaccins. Elle soutient plut&#244;t l'id&#233;e que les Qu&#233;b&#233;cois ont fait leur part, que le pays a un taux de vaccination tr&#232;s &#233;lev&#233; (80,1 %) et que l'&#233;tat d'urgence qui dure depuis maintenant presque deux ans nuit &#224; la d&#233;mocratie. &#171; Au d&#233;but, &#231;a avait une raison d'&#234;tre, mais c'est une mesure exceptionnelle. Le gouvernement prend les pleins pouvoirs pour agir vite et sans d&#233;bat. Il cr&#233;e deux sortes de citoyens et attise les divisions entre les vaccin&#233;s et les non-vaccin&#233;s &#187;, poursuit-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier argument que partage Pascale Dufour, professeure en science politique &#224; l'universit&#233; de Montr&#233;al. &#171; Dans les discours, tous les maux sont li&#233;s aux non-vaccin&#233;s en ce moment et on ne parle pas de sous-financement du syst&#232;me de sant&#233; &#187;, souligne-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isabelle Villeneuve rappelle d'ailleurs qu'elle est pleinement vaccin&#233;e, qu'elle n'a jamais &#233;t&#233; contre les vaccins, &#171; au contraire &#187;. &#171; Je n'ai jamais demand&#233; la fin de toutes les mesures sanitaires, je comprends qu'on est en pand&#233;mie et j'ai suivi toutes les recommandations. Mais l&#224;, les gens sont fatigu&#233;s &#187;, ajoute-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mouvement &#224; multiples facettes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais toutes sortes de revendications sont venues se greffer depuis. Le mouvement d&#233;passe largement les camionneurs. Il ne s'agit plus de demander la lev&#233;e de l'obligation vaccinale pour eux, mais de mettre fin aux mesures sanitaires et de r&#233;clamer la d&#233;mission du premier ministre, Justin Trudeau. Au milieu des drapeaux canadien brandis &#224; Ottawa, des drapeaux conf&#233;d&#233;r&#233;s et le symbole de QAnon ont parfois &#233;t&#233; aper&#231;us. Il faut dire que l'un des principaux groupes &#224; l'origine du mouvement est Canada Unity, dont le fondateur a d&#233;j&#224; tenu des propos complotistes et x&#233;nophobes sur les m&#233;dias sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Dufour pense que cet aspect &#171; fourre-tout &#187; r&#233;v&#232;le un vide politique. Les manifestants ne trouvent plus, parmi les politiques, de personnes capables de les repr&#233;senter. Selon la professeure, cette situation est une nouvelle preuve du dysfonctionnement des d&#233;mocraties occidentales. Le clivage droite-gauche ou souverainiste-f&#233;d&#233;raliste qui a pu animer le d&#233;bat politique canadien est &#224; ses yeux d&#233;pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Stockemer, professeur &#224; l'universit&#233; d'Ottawa, est beaucoup plus direct et insiste sur la marginalit&#233; du mouvement. Selon lui, il canalise les frustrations &#171; des gens de droite qui ont des tendances populistes essentiellement. Leur profil est celui des soutiens de Trump. Ils sont issus du mouvement libertarien. C'est en partie l'extr&#234;me droite, mais ce n'est pas que &#231;a &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement semble bien organis&#233; et jouit d'un fonds financier important. Une campagne GoFundMe pour le soutenir avait d'ailleurs r&#233;colt&#233; plus de 10 millions de dollars avant d'&#234;tre annul&#233;e par la plateforme de financement participatif. Cela a suscit&#233; la col&#232;re de plusieurs &#233;lus &#233;tatsuniens, notamment conservateurs. Certains ne cachent effectivement pas leur soutien aux camionneurs canadiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dominique Goudreau et Isabelle Villeneuve assurent en tout cas que les manifestant&#183;es les plus extr&#233;mistes font partie d'une minorit&#233;. &#171; Les m&#233;dias ont focuss&#233; l&#224;-dessus. Beaucoup de gens qui nous appuient sont des vaccin&#233;s &#187;, assure le chef d'entreprise. &#171; Peu importe la cause, il y aura toujours des gens qui seront l&#224; pour les mauvaises raisons. Oui, on est tann&#233;s, mais on va faire &#231;a dans le respect &#187;, dit encore Isabelle Villeneuve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; les entendre, ceux qui n'en peuvent plus des mesures sanitaires seraient loin d'&#234;tre minoritaires, contrairement &#224; ce que Justin Trudeau affirmait au d&#233;but des manifestations. D'ailleurs, selon un sondage publi&#233; le 8 f&#233;vrier, un Canadien sur trois soutient les camionneurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement dans l'impasse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascale Dufour croit m&#234;me que la minimisation du convoi par le premier ministre lib&#233;ral, ajout&#233;e &#224; une forme d'arrogance, a attis&#233; le mouvement. Une opinion que le camionneur Dominique Goudreau partage, lui qui assure que, sur sa route, plusieurs personnes ont offert de la nourriture et parfois m&#234;me de l'argent aux manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de deux semaines plus tard, si les camions sont moins nombreux &#224; bloquer le centre-ville de la capitale, des perturbations se font encore sentir. Plusieurs h&#244;tels ont d&#233;cid&#233; de fermer leurs r&#233;servations. Les &#233;manations de gaz et les klaxons fatiguent les riverain&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le klaxon d'un camion est extr&#234;mement puissant. Une dame a mesur&#233; une intensit&#233; de bruit d&#233;passant parfois les 100 d&#233;cibels dans son appartement &#187;, rapporte &#201;milie Taman, avocate en droit de la personne qui a entam&#233; un recours judiciaire au nom de plusieurs personnes habitant le centre-ville. Une &#171; animation &#187; que la capitale canadienne, ville de fonctionnaires de moins d'un million d'habitant&#183;es, n'a pas l'habitude de vivre. Le professeur Stockemer d&#233;plore le manque de r&#233;action des autorit&#233;s locales qui, selon lui, auraient mis un terme bien plus rapidement au rassemblement s'il avait &#233;t&#233; compos&#233; d'&#233;tudiantes et d'&#233;tudiants noirs ou d'autochtones [premiers occupants du Canada : Premi&#232;res Nations, Inuits et M&#233;tis &#8211; ndlr].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement est dans une impasse, et d'ailleurs le premier ministre se fait tr&#232;s discret depuis le d&#233;but du conflit. &#171; C'est un exercice politique difficile, selon Pascale Dufour, puisque les camionneurs manifestants ne sont pas des marginaux de la soci&#233;t&#233;. Ils sont plut&#244;t issus des classes moyennes et participent &#224; l'effort &#233;conomique. Le gouvernement ne va s&#251;rement pas c&#233;der &#224; leurs revendications, mais tendre la main serait d&#233;j&#224; un premier pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Dominique Goudreau, qui depuis est retourn&#233; &#224; B&#233;cancour, &#171; l'organisation de ce convoi est planifi&#233;e depuis longtemps, quand on r&#233;alise la logistique que cela a demand&#233;. Ils sont l&#224; pour rester tant que le gouvernement ne bougera pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Delphine Jung&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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