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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>En Afrique, Facebook pratique le colonialisme num&#233;rique</title>
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		<dc:date>2022-04-19T07:25:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nesrine Malik</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-04-19</dc:subject>

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&lt;p&gt;En perte de vitesse dans les pays industrialis&#233;s, Facebook a investi l'Afrique, notamment en se rendant indispensable pour de nombreuses activit&#233;s &#233;conomiques. Mais cet int&#233;r&#234;t du mastodonte num&#233;rique pour le continent prend appui sur un monopole qui menace les &#233;quilibres politiques et sociaux des pays africains. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Courrier international. &lt;br class='autobr' /&gt;
En Afrique, Facebook est Internet. Les entreprises et les particuliers en sont tr&#232;s d&#233;pendants, car l'acc&#232;s &#224; l'appli et au site est gratuit sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-04-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-04-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton52434-994f9.jpg?1781091309' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En perte de vitesse dans les pays industrialis&#233;s, Facebook a investi l'Afrique, notamment en se rendant indispensable pour de nombreuses activit&#233;s &#233;conomiques. Mais cet int&#233;r&#234;t du mastodonte num&#233;rique pour le continent prend appui sur un monopole qui menace les &#233;quilibres politiques et sociaux des pays africains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.courrierinternational.com/article/monopole-en-afrique-facebook-pratique-le-colonialisme-numerique-webfirst-nouveau-site&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Courrier international&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, Facebook est Internet. Les entreprises et les particuliers en sont tr&#232;s d&#233;pendants, car l'acc&#232;s &#224; l'appli et au site est gratuit sur de nombreux r&#233;seaux africains de t&#233;l&#233;communications : autrement dit, nul besoin d'avoir achet&#233; des recharges pour s'en servir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, Facebook a lanc&#233; Free Basics, un service qui donne acc&#232;s &#224; la plateforme m&#234;me sans cr&#233;dit de donn&#233;es. Con&#231;u pour fonctionner sur des t&#233;l&#233;phones mobiles rudimentaires, qui composent la vaste majorit&#233; des appareils utilis&#233;s sur le continent, Free Basics donne acc&#232;s &#224; des contenus limit&#233;s, sans son, image ou vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cinq ans, Free Basics a &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233; dans 32 pays d'Afrique. Et l'ambition de Facebook ne s'arr&#234;te pas l&#224;. Quand il n'existe aucun prestataire t&#233;l&#233;com pour cr&#233;er un partenariat, ou quand les infrastructures sont insuffisantes, le g&#233;ant met au point des satellites qui peuvent d&#233;ployer un acc&#232;s &#224; Internet dans des r&#233;gions recul&#233;es. Mais ce projet a essuy&#233; un revers en 2016, quand une fus&#233;e de SpaceX, l'entreprise d'Elon Musk, a explos&#233; et d&#233;truit le satellite Amos-6 &#224; son bord, que Facebook voulait mettre en orbite pour louer des connexions &#224; Internet en partenariat avec Eutelsat, fabricant fran&#231;ais de satellites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique, l'acc&#232;s &#224; Internet a presque toujours lieu sur un t&#233;l&#233;phone mobile ; environ 8 % des foyers africains ont un ordinateur, alors que 50 % ont un mobile. La moiti&#233; des mobiles ont une connexion &#224; Internet, mais pas gr&#226;ce &#224; des forfaits sur abonnement. La majorit&#233; des utilisateurs de donn&#233;es mobiles ach&#232;tent des recharges et alternent parfois entre plusieurs cartes SIM pour profiter des offres les plus avantageuses. Quand leur forfait de donn&#233;es mobiles est &#233;coul&#233;, ils conservent leur acc&#232;s &#224; Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Occident, les internautes suppriment leur compte Facebook pour diverses raisons, notamment les probl&#232;mes relatifs au respect de la vie priv&#233;e, l'instabilit&#233; politique accentu&#233;e en raison de ses algorithmes qui privil&#233;gient le d&#233;saccord et les tensions, et le c&#244;t&#233; ringard de la navigation sur la plateforme. Les plus jeunes pr&#233;f&#232;rent des contenus plus courts et &#233;ph&#233;m&#232;res, comme sur TikTok, Instagram et Snapchat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la lanceuse d'alerte Frances Haugen, qui a t&#233;moign&#233; au S&#233;nat des &#201;tats-Unis, l'entreprise sait que sa croissance stagne dans certaines r&#233;gions et aupr&#232;s de certains publics. &#8220;Facebook comprend que pour continuer &#224; se d&#233;velopper, il faut trouver de nouveaux utilisateurs&#8221;, a-t-elle d&#233;clar&#233; aux s&#233;nateurs. Un document interne de Facebook fait r&#233;f&#233;rence &#224; la baisse du nombre de jeunes utilisateurs dans les &#8220;&#233;conomies les plus d&#233;velopp&#233;es&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme l'industrie du tabac a tourn&#233; ses efforts vers les march&#233;s &#233;mergents quand sa croissance ailleurs a &#233;t&#233; sap&#233;e par de grands proc&#232;s, des r&#233;glementations et des campagnes de sensibilisation, Facebook s'int&#233;resse &#224; de nouvelles r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, au d&#233;but de la pand&#233;mie [de Covid-19], mes d&#233;placements sur le continent africain ont &#233;t&#233; limit&#233;s pendant des mois d'affil&#233;e &#8211; par exemple en &#201;gypte, pendant une fermeture de l'a&#233;roport et un strict couvre-feu. Mon compte Facebook &#8211; vestige de ma jeunesse et de vieilles habitudes en ligne &#8211; est devenu un outil essentiel pour contacter des entreprises, trouver des num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone, commander &#224; manger et m&#234;me conna&#238;tre les bons plans pour trouver un vaccin. Les liens que j'ai consult&#233;s m'ont syst&#233;matiquement men&#233;e &#224; une page &#8220;Inscrivez-vous &#224; Facebook pour commenter ou &#233;crire un message&#8221;. J'ai fini par r&#233;activer mon compte de mauvaise gr&#226;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Facebook, une plateforme vitale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fil d'actualit&#233; que j'ai retrouv&#233; ressemblait &#224; un vaisseau fant&#244;me peupl&#233; de virus et d'op&#233;rations d'hame&#231;onnage, &#224; un espace d&#233;sert&#233; par mes amis et proches, qui n'utilisaient plus le r&#233;seau mais n'avaient pas supprim&#233; leur compte. Malgr&#233; tout, Facebook est vite devenu l'appli que j'utilisais le plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mona Amin a v&#233;cu la m&#234;me chose. Quand elle a quitt&#233; les &#201;tats-Unis pour le Kenya, en 2017, Facebook &#233;tait incontournable. Dans un nouveau pays qui n'avait pas les infrastructures auxquelles elle &#233;tait habitu&#233;e, elle a d&#251; tout trouver &#8211; un logement et des meubles &#8211; sur Facebook. Pour quelqu'un dont les derni&#232;res interactions sur ce r&#233;seau consistaient &#224; liker des photos apr&#232;s une soir&#233;e, la nouvelle interface a sembl&#233; d&#233;routante et peu ergonomique. &#8220;Je ne savais m&#234;me plus comment m'en servir, confie-t-elle. Mais c'est utile et beaucoup de gens utilisent encore ce r&#233;seau. Ou ils y sont retourn&#233;s.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les internautes dont le pays a une &#233;conomie instable, o&#249; la cha&#238;ne logistique est pr&#233;caire, Facebook n'est pas simplement utile, c'est une plateforme vitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balqees Awad vit dans un quartier recul&#233; de la capitale soudanaise, Khartoum, une ville qui traverse depuis trois ans une p&#233;riode d'instabilit&#233; politique et des p&#233;nuries de nourriture et de carburant. Sur Facebook, un groupe ferm&#233; s'est r&#233;v&#233;l&#233; un lien vital pour trouver du pain et de l'essence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand une boulangerie re&#231;oit du pain, ou qu'une station essence est approvisionn&#233;e, quelqu'un le signale toujours dans ce groupe. On est m&#234;me inform&#233; quand il y a une pr&#233;sence polici&#232;re particuli&#232;re dans certains quartiers. Les patrouilles arr&#234;tent parfois des gens sans raison, pour les extorquer ou les placer en d&#233;tention.&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le profil des candidats est examin&#233; avant de les autoriser &#224; rejoindre le groupe, afin de v&#233;rifier qu'ils fourniront des informations dignes de confiance et qu'ils ne collecteront pas des renseignements &#224; transmettre &#224; des forces de s&#233;curit&#233; nerveuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de compte bancaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Balqees Awad ach&#232;te des donn&#233;es mobiles, tout comme elle ach&#232;te le reste &#8211; sa nourriture, son &#233;lectricit&#233; et son essence &#8211; en petites quantit&#233;s pr&#233;pay&#233;es. Elle ne re&#231;oit aucune facture en fin de mois &#224; part son loyer. &#8220;On appelle &#231;a la &#8216;petite petite &#233;conomie'&#8221;, explique Nanjala Nyabola, autrice et militante k&#233;nyane. Elle entend par l&#224; l'&#233;conomie &#8220;kadogo&#8221; au Kenya, o&#249; les produits sont vendus dans la plus petite quantit&#233; possible : une banane, une tranche de pain, 30 g de farine, 1 m&#233;ga de donn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit, c'est l'unit&#233; par d&#233;faut dans une grande partie de l'Afrique subsaharienne, non seulement pour &#233;tablir son budget, mais aussi parce qu'une grande partie de la population ne poss&#232;de pas de compte bancaire. C'est pourquoi les pr&#233;l&#232;vements automatiques des forfaits t&#233;l&#233;phoniques ne sont pas envisageables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, m&#234;me dans des pays plus industrialis&#233;s, Facebook conserve une forte emprise sur les entrepreneurs et les internautes. Amina Rashad est &#224; la t&#234;te de Glow, une entreprise implant&#233;e au Caire qui fournit des repas, des jus et des programmes de nutrition pour rester en bonne sant&#233;. Elle a fond&#233; Glow en 2017, chez elle, et elle a tout de suite cr&#233;&#233; les pages correspondantes sur Facebook et Instagram. &#8220;C'est ce qui a fait d&#233;marrer mon entreprise, explique-t-elle. C'est rest&#233; ma boutique en ligne pendant tr&#232;s longtemps.&#8221; Elle accepte des commandes par Messenger sur Facebook et gr&#226;ce &#224; un module WhatsApp int&#233;gr&#233; &#224; ses pages Facebook et Instagram. Quand les affaires ont commenc&#233; &#224; bien marcher, elle a pu diversifier la prise de commandes, en cr&#233;ant un site Internet et une appli, qui acceptent tous deux les commandes et les paiements. Comme sa client&#232;le est fortun&#233;e, il y a plus de chances que ces personnes aient un compte bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis une dizaine d'ann&#233;es, le commerce en ligne s'est rapidement d&#233;velopp&#233; en &#201;gypte, en particulier pour la livraison de repas et de courses, ce qui permet &#224; la classe moyenne cairote de gagner du temps et de l'&#233;nergie dans cette ville dens&#233;ment peupl&#233;e, tentaculaire et embouteill&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais certaines lacunes poussent Amina Rashad &#224; revenir aux r&#233;seaux sociaux, o&#249; les commandes sont valid&#233;es manuellement et r&#233;gl&#233;es &#224; la livraison. Le site et le syst&#232;me de paiement de l'entreprise sont h&#233;berg&#233;s sur une plateforme partag&#233;e et non propri&#233;taire, ce qui est un moyen courant et &#233;conomique de d&#233;velopper un commerce. Ces plateformes donnent lieu &#224; un bon volume de commandes et leur automatisation des paiements a co&#251;t relativement faible, mais elles ne permettent pas de contr&#244;ler la situation quand quelque chose tourne mal &#8211; en cas de panne de serveurs ou quand une maintenance urgente est n&#233;cessaire sur le site. &#8220;Mes produits sont tr&#232;s personnalis&#233;s&#8221;, souligne Amina Rashad, c'est pourquoi elle appr&#233;cie le fait de conserver un mode de commande moins anonyme, &#8220;car &#231;a me permet de consulter les d&#233;tails, de r&#233;pondre &#224; des questions, de v&#233;rifier les allergies&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sinistres implications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Facebook qualifie de philanthropiques ses initiatives qui fournissent un acc&#232;s gratuit &#224; Internet en Afrique, mais elles sont aussi, selon toute probabilit&#233;, un moyen de se repositionner, &#224; mesure que les internautes occidentaux quittent le r&#233;seau et que d'autres s'y connectent ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces nouveaux march&#233;s, les utilisateurs se rendent compte progressivement que les avances de Facebook pourraient avoir de sinistres implications. Free Basics a pour ainsi dire &#233;t&#233; interdit en Inde en 2016, car certains se sont indign&#233;s du fait que l'initiative enfreigne la neutralit&#233; du Net &#8211; principe selon lequel tous les contenus et applications doivent &#234;tre autoris&#233;s par les fournisseurs d'acc&#232;s. Selon des recherches men&#233;es par Global Voices, Facebook se rend coupable de &#8220;colonialisme num&#233;rique&#8221; dans les r&#233;gions o&#249; l'entreprise &#8220;installe ce petit r&#233;seau qui transforme l'internaute en un consommateur, g&#233;n&#233;ralement passif, de contenus g&#233;n&#233;ralement publi&#233;s par des entreprises occidentales&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces consommateurs ne sont pas toujours passifs. La concentration de personnes inscrites sur Facebook dans certains pays africains a eu des effets positifs sur la libert&#233; d'expression et la mobilisation citoyenne dans des nations o&#249; des r&#233;gimes autoritaires contr&#244;lent &#233;troitement l'espace public. &#8220;Je suis convaincue, affirme Nanjala Nyabola, que les r&#233;seaux sociaux ont &#233;t&#233; utiles pour le d&#233;bat politique et la mobilisation dans les pays o&#249; la libert&#233; d'expression n'existe pas.&#8221; Apr&#232;s un coup d'&#201;tat militaire au Soudan, en octobre 2021, l'arm&#233;e a coup&#233; l'acc&#232;s &#224; Internet, mais certains ont r&#233;ussi &#224; diffuser en direct des manifestations sur Facebook. Pendant que je couvrais ces &#233;v&#233;nements, j'ai d&#251; &#224; nouveau me familiariser avec les fonctionnalit&#233;s de Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce que la plateforme faire preuve de n&#233;gligence en mati&#232;re de mod&#233;ration, les milices arm&#233;es et les r&#233;gimes autoritaires l'exploitent aussi pour diffuser leur propagande, sans parler du harc&#232;lement et des attaques personnelles qu'on y observe, comme partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cha&#238;ne am&#233;ricaine CNN a r&#233;v&#233;l&#233;, en octobre 2021, que Facebook savait que le r&#233;seau &#233;tait utilis&#233; pour inciter &#224; la violence en &#201;thiopie et n'est pas intervenu. Nanjala Nyabola souligne aussi &#8220;une incapacit&#233; &#224; investir dans les langues &#233;trang&#232;res, &#224; comprendre le contexte local&#8221;. Et d'ajouter : &#8220;Facebook a ouvert un si&#232;ge en Afrique en 2015. Les premiers mod&#233;rateurs de langue amharique ont &#233;t&#233; embauch&#233;s en 2019. Il n'est pas anodin que moins de 100 personnes travaillent sur la mod&#233;ration de contenus en &#201;thiopie.&#8221; Et l'amharique n'est qu'une langue d'&#201;thiopie sur plus de 80 au total.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que Facebook &#233;chappera &#224; toute r&#233;gulation en Afrique, les bienfaits de la plateforme pour les personnes sans voix seront neutralis&#233;s par ceux dont la parole est plus bruyante et plus puissante. Pour les PME et les internautes, Facebook reste pour l'instant incontournable. La survie du g&#233;ant est peut-&#234;tre menac&#233;e en Occident, &#224; mesure que se multiplient les appels &#224; sa r&#233;glementation, qui assombrissent ses perspectives. Mais en Afrique et dans d'autres r&#233;gions de l'h&#233;misph&#232;re Sud, l'influence &#233;conomique, politique et sociale de Facebook lui garantit quasiment une seconde vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nesrine Malik&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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