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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Afrique du Sud. Les effets meurtriers des inondations face &#224; la politique du gouvernement Ramaphosa&#8230; qui encourage le charbon et le m&#233;thane</title>
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		<dc:date>2022-05-03T07:15:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mary Galvin, Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(Johannesburg, le 14 avril 2022) Les pluies diluviennes et inondations ont de nouveau ravag&#233; la troisi&#232;me plus grande ville d'Afrique du Sud, Durban, tuant au moins 300 habitants lundi [actuellement, le nombre de morts est estim&#233; &#224; plus de 400 et 41000 personnes sont brutalement affect&#233;es], obligeant des milliers d'autres &#224; &#233;vacuer leurs maisons et emp&#234;chant la circulation des personnes et des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; en raison de l'effondrement des routes et des ponts. Dans de nombreuses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-05-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton52651-b37fd.jpg?1781068618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Johannesburg, le 14 avril 2022) Les pluies diluviennes et inondations ont de nouveau ravag&#233; la troisi&#232;me plus grande ville d'Afrique du Sud, Durban, tuant au moins 300 habitants lundi [actuellement, le nombre de morts est estim&#233; &#224; plus de 400 et 41000 personnes sont brutalement affect&#233;es], obligeant des milliers d'autres &#224; &#233;vacuer leurs maisons et emp&#234;chant la circulation des personnes et des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; en raison de l'effondrement des routes et des ponts. Dans de nombreuses zones, les ruptures de conduites de distribution d'eau et l'effondrement du syst&#232;me &#233;lectrique ont laiss&#233; les robinets &#224; sec et le courant coup&#233; pendant des jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ecologie/afrique-du-sud-les-effets-meurtriers-des-inondations-face-a-la-politique-du-gouvernement-ramaphosa-qui-encourage-le-charbon-et-le-methane.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan en vies humaines perdues d&#233;passe le pr&#233;c&#233;dent record de Durban, qui &#233;tait de 64 morts lors de la &#171; bombe de pluie &#187; d'avril 2019, lorsque 168 millim&#232;tres sont tomb&#233;s en 24 heures, faisant au moins 75 millions de dollars de d&#233;g&#226;ts. En octobre 2017, 108 mm sont tomb&#233;s en une journ&#233;e, faisant 11 morts [1 mm de pluie repr&#233;sente 1 litre par m&#232;tre carr&#233;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remonte plus loin, Durban a accueilli en 2011 le sommet annuel des Nations unies sur le climat COP17, g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; comme un &#233;chec politique mondial (mais pas selon le n&#233;gociateur du d&#233;partement d'Etat am&#233;ricain Todd Stern qui a c&#233;l&#233;br&#233; aupr&#232;s d'Hillary Clinton ce qu'il a qualifi&#233; de &#171; succ&#232;s significatif pour les Etats-Unis &#187;). Pourtant, les responsables de la ville ont sembl&#233; insensibles &#224; la menace imminente, ne prenant pas la peine de r&#233;parer les infrastructures de base apr&#232;s 2017, m&#234;me dans des sites tr&#232;s connus comme le foyer de travailleurs migrants des Glebelands, touch&#233; par la violence, dont le toit n'a toujours pas &#233;t&#233; r&#233;par&#233; deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 11 avril, le ciel a d&#233;vers&#233; 351 mm. Une fois de plus, il &#233;tait &#233;vident que la municipalit&#233; de Durban (officiellement connue sous le nom d'eThekwini), la province du KwaZulu-Natal et le gouvernement de l'Etat national ne s'engagent pas v&#233;ritablement &#224; s'adapter &#224; la crise climatique, notamment en mettant sur pied un g&#233;nie civil suffisamment robuste et un simple entretien des syst&#232;mes de drainage des eaux pluviales d&#233;j&#224; inad&#233;quats. Les normes de construction et de mise &#224; disposition de logements de l'Etat pour des milliers de zones r&#233;sidentielles de la ville se sont r&#233;v&#233;l&#233;es inad&#233;quates. Les communaut&#233;s pauvres de Durban ont &#233;t&#233; les plus durement touch&#233;es : sur les 550 bidonvilles informels de la ville, au moins 164 sont situ&#233;s dans des plaines inondables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durban greenwash&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La municipalit&#233; est souvent accus&#233;e de rel&#226;cher ses efforts en mati&#232;re de protection du climat, en d&#233;pit d'une rh&#233;torique contraire &#8211; par exemple, en 2020, en affirmant &#171; &#234;tre &#224; la pointe de l'action contre le changement climatique, gr&#226;ce &#224; son leadership progressiste et &#224; son engagement au sein du C40 Leadership Group &#187; (un r&#233;seau promu par l'ancien maire de New York, Michael Bloomberg). Il y a beaucoup trop d'&#233;loges de la part d'universitaires d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233;, bien qu'&#224; l'occasion, les journalistes s&#233;parent la r&#233;alit&#233; de la fiction pr&#233;sent&#233;e par le C40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan d'action climatique de Durban de 2019 ne fait pas face &#224; l'urgence, bien qu'il soit au moins fond&#233; sur ce que les climatologues pr&#233;disaient dix ans auparavant : les zones s&#232;ches seront beaucoup plus sujettes &#224; la s&#233;cheresse, et les zones c&#244;ti&#232;res humides et l'est de l'Afrique du Sud beaucoup plus pluvieuses, avec une plus grande intensit&#233; des &#233;v&#233;nements m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais personne ne peut nier le greenwashing notoire de Durban, qui a m&#234;me entra&#238;n&#233; la r&#233;ception du Prix du WWF en 2014, pour laquelle les bureaucrates de la ville ont engag&#233; un tricheur professionnel de l'internet qui a d&#233;tourn&#233; des comptes Twitter, en partie pour promouvoir un syst&#232;me d'&#233;change de carbone de la Banque mondiale qui a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, malgr&#233; les rapports des m&#233;dias sur les poursuites imminentes de la maire de l'&#233;poque, Zandile Gumede, pour de multiples accusations de corruption et d'escroquerie &#224; l'achat de d&#233;chets solides, le &#171; One Planet City Challenge &#187; du San Francisco Global Climate Action Summit a qualifi&#233; Durban comme &#171; un leader de l'action climatique &#187; parce qu'elle &#171; continue de combiner des objectifs ambitieux et une action cibl&#233;e avec des initiatives de d&#233;veloppement communautaire &#187;. Zandile Gumede a &#233;t&#233; de 2016 jusqu'&#224; son arrestation et sa d&#233;mission forc&#233;e &#224; la mi-2019, la vice-pr&#233;sidente du r&#233;seau climatique urbain du C40, r&#233;v&#233;lant &#224; nouveau l'incomp&#233;tence effective des &#233;lites climatiques mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Parler g&#233;n&#233;reux et vert, marcher avare et sale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, imm&#233;diatement apr&#232;s la pluie de 2019 &#224; Durban, le pr&#233;sident Cyril Ramaphosa [en fonction depuis le 15 f&#233;vrier 2018] s'est rendu sur place &#8211; aux c&#244;t&#233;s de Zandile Gumede &#8211; pour constater les d&#233;g&#226;ts, conc&#233;dant que &#171; la force de la nature est tellement puissante et c'est en partie la caract&#233;ristique du changement climatique qu'elle frappe au moment o&#249; nous nous y attendons le moins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'aide d'urgence et au paiement de ce que les Nations unies appellent les &#171; pertes et dommages &#187;, il a promis : &#171; J'ai imm&#233;diatement contact&#233; notre Tr&#233;sor et demand&#233; si nous avions de l'argent pour aider notre peuple. Et ils ont r&#233;pondu &#8220;Pr&#233;sident, nous avons l'argent.&#8221; L'argent sera donc mobilis&#233; pour aider notre peuple. Il s'agit de situations d'urgence pour lesquelles nous &#233;tablissons un budget, donc les ressources seront mobilis&#233;es de la mani&#232;re la plus large possible afin que notre peuple qui est actuellement dans le besoin soit aid&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le Tr&#233;sor public n'a d&#233;bloqu&#233; que 6,25 millions de dollars pour r&#233;pondre aux besoins urgents en mati&#232;re de logement, soit &#224; peine 14% de l'estimation faite par la ville elle-m&#234;me, soit 46 millions de dollars de d&#233;g&#226;ts sur les zones habitu&#233;es caus&#233;s par la temp&#234;te d'avril, montant lui-m&#234;me consid&#233;r&#233; comme faible compte tenu de l'ampleur des destructions et de la n&#233;cessit&#233; d'une reconstruction ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 13 avril, Cyril Ramaphosa est retourn&#233; &#224; Durban pour rendre visite aux victimes des inondations. Il a d&#233;clar&#233; : &#171; Cette catastrophe fait partie du changement climatique. Elle nous indique que le changement climatique est s&#233;rieux, qu'il est l&#224;. Nous ne pouvons plus remettre &#224; plus tard ce que nous devons faire, et les mesures que nous devons prendre pour faire face au changement climatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses paroles apaisantes, son hypocrisie &#233;tait flagrante. Avant 2016, lorsqu'il a vendu son conglom&#233;rat priv&#233; Shanduka [Ramaphosa a pass&#233; du statut de syndicaliste &#224; celui de puissant homme d'affaires], Cyril Ramaphosa &#233;tait si press&#233; de creuser pour trouver du charbon qu'il n'a pas obtenu les permis d'eau requis (apparemment en raison de la corruption li&#233;e &#224; la r&#233;glementation), qu'il a d&#233;plac&#233; les r&#233;sidents locaux et s'est &#233;galement associ&#233; &#224; la c&#233;l&#232;bre soci&#233;t&#233; suisse Glencore [Zoug] &#224; un moment o&#249; cette derni&#232;re faisait l'objet de poursuites internationales pour des dizaines de motifs. (La remarque n'a pas &#233;chapp&#233; aux habitants qui se souviennent du r&#244;le de son fondateur, Marc Rich, dans l'application des sanctions &#224; l'&#233;poque de l'apartheid.) Il y a un an, m&#234;me certains anciens alli&#233;s ouvriers de Ramaphosa se sont retourn&#233;s contre lui, &#233;tant donn&#233; les soup&#231;ons plausibles sur le fait qu'il aurait favoris&#233; la branche charbon du groupe Glencore aux d&#233;pens des consommateurs lors d'une bataille sur la tarification de l'&#233;lectricit&#233; en 2014-15. A cette &#233;poque, Ramaphosa occupait d&#233;j&#224; le poste de vice-pr&#233;sident de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que l'Afrique du Sud soit menac&#233;e de sanctions climatiques li&#233;es au commerce l'ann&#233;e derni&#232;re, Ramaphosa a manifest&#233; sa r&#233;sistance aux revendications des militants qui demandaient que l'Etat mette un terme &#224; son histoire d'amour destructrice avec les combustibles fossiles, l'exploitation mini&#232;re profonde, le raffinage et l'&#233;lectrolyse &#224; forte intensit&#233; d'&#233;lectricit&#233;. Par exemple, en juillet dernier, afin de lutter contre une insurrection mozambicaine dans la province de Cabo Delgado, riche en gaz, Ramaphosa a d&#233;ploy&#233; plus de 1000 soldats de l'arm&#233;e et des h&#233;licopt&#232;res indispensables en cas de catastrophe (n'en laissant qu'un seul &#224; Durban pour les sauvetages d'urgence cette semaine). Ces forces militaires d&#233;fendent principalement les int&#233;r&#234;ts des compagnies p&#233;troli&#232;res occidentales et chinoises qui forent le quatri&#232;me plus grand champ de m&#233;thane du monde. Les insurg&#233;s continuent d'agir dans l'ombre, bien que Total ait annonc&#233; la reprise de ses activit&#233;s de forage et de traitement du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce virage soudain vers l'&#233;nergie m&#233;thanif&#232;re ? En 2020, le ministre des Entreprises publiques du gouvernement Ramaphosa &#8211; qui, dix ans plus t&#244;t, en tant que ministre des Finances, avait obtenu le plus grand pr&#234;t jamais accord&#233; par la Banque mondiale pour financer les plus grandes centrales &#224; charbon du monde, alors en construction &#8211; a engag&#233; un ancien cadre de Sasol [entreprise chimique], connu sous le nom de &#171; M. Charbon &#187;, pour diriger Eskom, la soci&#233;t&#233; para-&#233;tatique d'&#233;lectricit&#233;. C'est l&#224; qu'il a annonc&#233;, &#224; la mi-2021, que 44% des fonds de sa &#171; transition &#233;nerg&#233;tique juste &#187; &#8211; dont 8,5 milliards de dollars de financement suppos&#233; de la d&#233;carbonisation allou&#233;s lors de la COP26 de Glasgow en novembre dernier &#8211; serviraient &#224; convertir des centrales au charbon en centrales au gaz m&#233;thane (et que de nouvelles centrales seraient construites). Il est aujourd'hui largement admis que le m&#233;thane a un pouvoir r&#233;chauffant bien sup&#233;rieur au CO2, et qu'il est m&#234;me quatre-vingt fois pire sur un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres contributions permanentes du gouvernement Ramaphosa &#224; la crise climatique sont nombreuses. Le premier m&#233;gaprojet pr&#233;sidentiel prioritaire en mati&#232;re d'infrastructures dans le cadre du plan de d&#233;veloppement national (dont Ramaphosa &#233;tait le vice-pr&#233;sident en 2012) consiste &#224; exporter 18 milliards de tonnes de charbon &#224; partir d'un site situ&#233; dans la province natale de ses parents, le Limpopo. Si les infrastructures ferroviaires et &#233;lectriques associ&#233;es sont un jour achev&#233;es, cela co&#251;tera au moins 100 milliards de dollars. Son &#233;quipe Transnet est d&#233;termin&#233;e &#224; privatiser les lignes ferroviaires afin d'augmenter les exportations de charbon &#8211; l'ann&#233;e derni&#232;re, seulement 59 millions de tonnes, suite aux op&#233;rations des voleurs et vandales &#8211; pour les porter &#224; 75 millions par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans le Limpopo, son gouvernement fait la promotion de la zone &#233;conomique sp&#233;ciale de Musina-Makhado MMSEZ (situ&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de son village natal traditionnel), d'une valeur de 17 milliards de dollars, une initiative fi&#232;rement annonc&#233;e en 2018 apr&#232;s que lui et Xi Jinping ont copr&#233;sid&#233; le Forum sur la coop&#233;ration sino-africaine : &#171; Les projets suivants au sein de la MMSEZ ont &#233;t&#233; class&#233;s prioritaires pour leur mise en &#339;uvre : une centrale &#224; charbon de 4600 MW, une cimenterie et d'autres projets m&#233;tallurgiques. &#187; M&#234;me sans le g&#233;n&#233;rateur &#224; charbon initialement pr&#233;vu, que les militant&#183;e&#183;s pour le climat semblent avoir neutralis&#233; le mois dernier, les &#171; autres projets m&#233;tallurgiques &#187; &#233;mettront 34 m&#233;gatonnes de CO2 par an, selon les responsables. Ainsi, d'ici 2030, si le projet se poursuit, ils repr&#233;senteront 8% de l'objectif national de 420 m&#233;gatonnes de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, sans objection pr&#233;sidentielle, le ministre de l'Energie de Cyril Ramaphosa fait une promotion inconsid&#233;r&#233;e du gaz m&#233;thane et du charbon, son ministre de l'Environnement rejette les injonctions judiciaires de r&#233;duire la pollution chez les deux plus grands &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre (Eskom et Sasol). Et son ministre des Finances retarde (de plusieurs ann&#233;es) l'augmentation de ce qui est une taxe sur le carbone incroyablement faible, une taxe actuellement de seulement 0,42 $/tonne en raison d'exemptions, par rapport aux estimations les plus r&#233;centes d'un co&#251;t du carbone de 3000 $/tonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le co&#251;t d'une transition in&#233;quitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est vital, car en appliquant un principe rudimentaire de &#171; pollueur-payeur &#187; comme moyen de lever des fonds &#8211; mais de mani&#232;re progressive et non r&#233;gressive (comme l'ont fait les gouvernements fran&#231;ais et &#233;quatorien en 2018-19, suscitant des protestations sociales massives) &#8211; des fonds pourraient &#234;tre lev&#233;s non seulement pour les r&#233;parations des pertes et dommages, mais aussi pour les investissements n&#233;cessaires au sein des communaut&#233;s pauvres en mati&#232;re de protection climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'augmentation spectaculaire du ch&#244;mage dans ces r&#233;gions en raison du Covid-19, il existe des r&#233;serves non employ&#233;es de travailleurs du b&#226;timent et d'ouvriers de travaux g&#233;n&#233;raux qui peuvent r&#233;parer et renforcer les syst&#232;mes de drainage, reconstruire les routes endommag&#233;es, construire des maisons plus solides et des ponts plus s&#251;rs, restaurer les zones humides et r&#233;habiliter les r&#233;seaux riverains pour qu'ils agissent comme une &#233;ponge. L'&#233;nergie solaire et &#233;olienne ainsi que l'am&#233;lioration des transports en commun n&#233;cessitent &#233;galement des subventions g&#233;n&#233;reuses. Selon certains, un &#171; million d'emplois climatiques &#187; pourraient &#234;tre cr&#233;&#233;s ici, s'il y avait une volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le gouvernement n'a pas tenu ses nombreuses promesses de &#171; reconstruire en mieux &#187; apr&#232;s le blocage &#233;conomique d&#251; au Covid-19. M&#234;me si, en octobre 2020, Cyril Ramaphosa a engag&#233; l'Etat &#224; embaucher 800 000 nouveaux travailleurs, les coupes budg&#233;taires sans pr&#233;c&#233;dent du Tr&#233;sor sont entr&#233;es en vigueur peu apr&#232;s. Ces coupes ont ass&#233;ch&#233; les fonds n&#233;cessaires non seulement &#224; la r&#233;paration des infrastructures endommag&#233;es, mais aussi &#224; la mise en &#339;uvre d'une v&#233;ritable &#171; transition juste &#187; : l'aide aux travailleurs d&#233;log&#233;s par la d&#233;carbonisation, que ce soit dans le charbonnage ou dans le complexe de raffineries de Durban Sud (o&#249; les firmes Engen et Sapref ont r&#233;cemment mis fin &#224; leurs activit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si davantage de fonds publics avaient &#233;t&#233; disponibles pour le redressement de Durban en 2019 &#8211; et r&#233;serv&#233;s pour ne pas &#234;tre victimes des tendances pr&#233;sum&#233;es &#224; la corruption de Zandile Gumede &#8211; les travaux n&#233;cessaires d'adaptation au climat auraient pu avoir lieu. Pourtant, comme l'a fait remarquer cette semaine le journaliste local Des Erasmus du Daily Maverick, un cas fondamental de mal-gouvernance ne peut &#234;tre dissimul&#233; : &#171; Les gouvernements locaux et provinciaux ont parl&#233; du changement climatique jusqu'&#224; ce qu'on leur rappelle que, au-del&#224; du changement climatique, les mauvaises infrastructures, le drainage et l'entretien des &#233;gouts, les maisons mal construites et le fait d'autoriser les habitants &#224; construire des maisons sur les berges des rivi&#232;res avaient &#233;galement contribu&#233; de mani&#232;re significative aux retomb&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels types d'investissements r&#233;silients au changement climatique sont n&#233;cessaires ? Une premi&#232;re &#233;tape essentielle consiste &#224; am&#233;liorer les syst&#232;mes d'alerte pr&#233;coce et la pr&#233;paration aux inondations, puisque le service m&#233;t&#233;orologique de l'Etat a admis avoir largement sous-estim&#233; la puissance de la temp&#234;te. D'autres constructions &#224; forte intensit&#233; de main-d'&#339;uvre sont n&#233;cessaires : petits barrages et digues, renforcement des routes et des ponts, am&#233;lioration de la qualit&#233; des canalisations et du traitement de l'eau, g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques de secours pour les stations de pompage, &#233;vacuation beaucoup plus efficace des eaux de pluie, y compris leur entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, des am&#233;liorations de la stabilit&#233; des logements sont n&#233;cessaires dans les quartiers ouvriers de la ville, ainsi que pour toutes les structures construites sur des collines instables et pr&#232;s des oc&#233;ans et des rivi&#232;res. Et il faut investir bien davantage dans les infrastructures vertes, notamment en am&#233;liorant l'entretien des for&#234;ts, des plaines inondables et des zones humides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique rouge-verte insaisissable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, les rapports de forces devront &#234;tre modifi&#233;s en profondeur et de toute urgence. La fa&#231;on dont cela se produira n'est pas encore claire. En effet, bien que Ramaphosa soit en train de perdre rapidement le pouvoir en interne au sein de son parti, l'ANC (Congr&#232;s national africain) tr&#232;s divis&#233; &#8211; qui n'a obtenu que 42% aux &#233;lections de 2021 (25% de moins qu'il y a 20 ans) et a perdu la plupart des grandes villes au profit des partis d'opposition de centre-droit &#8211; un nouveau danger est apparu : un courant d'extr&#234;me droite et x&#233;nophobe dans les milieux de la classe ouvri&#232;re ciblant les immigr&#233;s africains et asiatiques (ce qui rappelle le Brexit, Trump, Bolsonaro, Duterte, Orban, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, il existe des scissions majeures dans la communaut&#233; progressiste : deux coalitions diff&#233;rentes pour la justice climatique, un terrible clivage dans le mouvement ouvrier de gauche, des d&#233;connexions permanentes entre les militants dans les collectivit&#233;s, qui m&#232;nent des batailles similaires mais sans coh&#233;rence organisationnelle, et d'autres malheurs bien connus auxquels la gauche ind&#233;pendante est confront&#233;e partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sespoir de modifier ces rapports de forces a conduit certains militants climatiques courageux &#224; r&#233;clamer des sanctions internationales contre le gouvernement de Cyril Ramaphosa. Cette action refl&#232;te leur sentiment l&#233;gitime que ce type de punition est ce qui touche les &#233;lites, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; en 1985 lorsque les sanctions anti-apartheid ont frapp&#233; fort. En outre, la tarification du carbone propre au M&#233;canisme d'ajustement carbone aux fronti&#232;res (MACF) de l'Union europ&#233;enne (et d'autres pays occidentaux) pourrait bien creuser un foss&#233; suffisamment profond pour s&#233;parer le bloc des &#233;metteurs de carbone du reste de l'&#233;conomie. En r&#233;ponse directe &#224; la bombe &#224; retardement de Durban, ce mouvement et la coalition Oceans Not Oil, bas&#233;e &#224; Durban, ont &#233;galement ouvert un dossier d'homicide (involontaire) contre de hauts responsables du gouvernement, dont Ramaphosa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'optimisme est &#233;galement &#224; chercher du c&#244;t&#233; des simples habitants de Durban, qui s'efforcent de s'entraider (notamment le groupe d'aide d'urgence respect&#233; Gift of the Givers) et de durcir leurs critiques d&#233;j&#224; vives &#224; l'&#233;gard des gouvernements locaux, provinciaux et nationaux. Au cours du dernier demi-si&#232;cle, les militant&#183;e&#183;s de la ville ont souvent &#233;t&#233; au centre des luttes : en 1973, avec l'organisation des travailleurs portuaires, qui a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement ouvrier national ; au milieu des ann&#233;es 1980, avec la r&#233;sistance communautaire contre l'apartheid ; &#224; la fin des ann&#233;es 1990, avec le mouvement &#171; We are the Poors &#187;, qui a relanc&#233; les mouvements sociaux urbains ; en 2005, avec la sortie de prison de l'impressionnant groupe Abahlali baseMjondolo (qui collecte aujourd'hui des fonds pour venir en aide aux victimes des inondations) ; et dans la d&#233;fense de la justice environnementale par l'ONG groundWork et surtout par la South Durban Community Environmental Alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sidents de la classe ouvri&#232;re, frapp&#233;s par les pluies et les inondations, et furieux du manque de soutien de l'Etat dans plusieurs parties de la ville, protestent d&#233;j&#224; contre l'&#233;chec de l'Etat municipal, principalement en bloquant les principales art&#232;res. Des personnes d&#233;sesp&#233;r&#233;es ont &#233;galement p&#233;n&#233;tr&#233; dans des magasins et des conteneurs &#224; la recherche de nourriture, d'eau et de tout objet de valeur. Mais si ce genre de r&#233;actions socio-psychologiques ont acquis une importance, elles n'ont pas d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; autant qu'on le craignait : le dimanche pr&#233;c&#233;dent, le 10 avril, une marche du mouvement x&#233;nophobe dans le centre-ville (appel&#233;e &#171; Op&#233;ration Dudula &#187;, ce qui signifie &#171; refouler &#187;) a &#233;t&#233; un &#233;chec, n'attirant que quelques dizaines de participants locaux. N&#233;anmoins, autre signe des temps, le m&#234;me jour, l'ancienne maire Zandile Gumede a &#233;t&#233; &#233;lue par les membres de l'ANC &#224; la t&#234;te de la branche de Durban du parti au pouvoir, qui &#233;tait ces derni&#232;res ann&#233;es la plus importante du pays, bien que les poursuites judiciaires dont elle fait l'objet pour corruption puissent l'emp&#234;cher d'exercer ses fonctions. Tous ces processus politiques &#224; Durban confirment une fois de plus combien les dynamiques restent fluides et difficiles &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces processus peuvent aider la soci&#233;t&#233; dans son ensemble &#224; d&#233;terminer, une fois de plus, comment combattre l'oppression par une r&#233;ponse organisationnelle, une r&#233;ponse qui transcende les lamentations, les maigres r&#233;formes et la charit&#233;, bien que des centaines de milliers de personnes aient besoin d'une aide d'urgence en ce moment m&#234;me. La seule certitude est que la derni&#232;re bombe &#224; retardement de Durban annonce des injustices climatiques bien plus profondes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; sur le site Climate&amp;Capitalism, le 14 avril 2022 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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