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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les solidaires &#224; la crois&#233;e des chemins</title>
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		<dc:date>2024-01-30T08:15:58Z</dc:date>
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		<dc:creator>B&#225;lint Demers </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-01-30</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec solidaire</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous un texte qui dessine une orientation strat&#233;gique visant &#224; permettre &#224; Qu&#233;bec solidaire de d&#233;passer sa situation actuelle de stagnation. Il donne des r&#233;ponses &#224; une s&#233;rie de questions incontournables. Nous ne partegeons nullement l'orientation propos&#233;e mais nous pensons que ce texte pourrait ouvrir des d&#233;bats essentiels. Nous allons donner nos r&#233;ponses et nous invitons nos lectrices et nos lecteurs &#224; s'engager dans les discussions que ce texte ne manquera pas de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-quebecoise-86-" rel="directory"&gt;Politique qu&#233;b&#233;coise&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-01-30-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-01-30&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-solidaire-22-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec solidaire&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/qs_croisee_des_chemins-b1903.png?1782045215' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous publions ci-dessous un texte qui dessine une orientation strat&#233;gique visant &#224; permettre &#224; Qu&#233;bec solidaire de d&#233;passer sa situation actuelle de stagnation. Il donne des r&#233;ponses &#224; une s&#233;rie de questions incontournables. Nous ne partegeons nullement l'orientation propos&#233;e mais nous pensons que ce texte pourrait ouvrir des d&#233;bats essentiels. Nous allons donner nos r&#233;ponses et nous invitons nos lectrices et nos lecteurs &#224; s'engager dans les discussions que ce texte ne manquera pas de soulever. &lt;/i&gt; &#201;crivez-nous &#224; redaction@pressegauche.org . (La r&#233;daction de Presse-toi &#224; gauche !)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les r&#233;sultats d&#233;cevants de l'&#233;lection de 2022 ont ouvert &#224; Qu&#233;bec solidaire (QS) une p&#233;riode de remise en question. En effet, tant sa stagnation &#233;lectorale que l'ascension du Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) indiquent que le parti de gauche est &#224; la crois&#233;e des chemins. Une nouvelle p&#233;riode s'ouvre, qui verra probablement la politique qu&#233;b&#233;coise se r&#233;aligner sur le clivage opposant souverainistes et f&#233;d&#233;ralistes. Pour ne pas &#234;tre renvoy&#233;s au statut de &#171; bonne conscience du parlement &#187; et faire cro&#238;tre leur poids politique, les solidaires devront sauter de plain-pied dans cette configuration, ce qui implique de revoir leurs rapports avec leurs fr&#232;res ennemis p&#233;quistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conjoncture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut prendre la pleine mesure du cycle politique en train de s'ouvrir et faire un bilan lucide de la place qu'y occupent QS et le PQ. En effet, outre la domination &#233;lectorale de la Coalition avenir Qu&#233;bec (CAQ), la politique partisane des cinq derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;e par une incertitude quant &#224; la force politique susceptible de constituer une alternative au gouvernement. Suite &#224; son succ&#232;s &#233;lectoral en 2018, il a sembl&#233; que QS pouvait jouer ce r&#244;le. Or, depuis l'&#233;lection de 2022, il appara&#238;t de plus en plus clairement que le parti de gauche s'est fait damer le pion par le PQ, dont les pr&#233;sents niveaux sondagiers n'ont jamais &#233;t&#233; atteints par les solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les d&#233;sillusions de la population par rapport &#224; la CAQ et le leadership de Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP), trois raisons expliquent le succ&#232;s du PQ :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Comme indiqu&#233; dans une pr&#233;c&#233;dente analyse,&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; durant la p&#233;riode 2019-2022, alors que le PQ &#233;tait affaibli, QS n'a pas profit&#233; de cette conjoncture pour adopter un positionnement politique apte &#224; absorber son &#233;lectorat et &#224; devenir le principal parti souverainiste. Il s'est plut&#244;t focalis&#233; sur l'&#233;lectorat jeune et urbain et des circonscriptions traditionnellement lib&#233;rales, occultant son ind&#233;pendantisme. L'adh&#233;sion aux id&#233;es de la gauche lib&#233;rale am&#233;ricaine l'a en outre &#233;loign&#233; du sens commun de la majorit&#233; des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois sur les enjeux symboliques-institutionnels (ce que d'aucuns d&#233;signent comme les questions &#171; identitaires &#187; : la&#239;cit&#233;, lutte contre le racisme, politiques linguistiques, immigration, etc.). Cela a consid&#233;rablement nui &#224; ses chances de rallier des nationalistes de gauche et des sociaux-d&#233;mocrates d&#233;&#231;us par le PQ (ou par la CAQ&#8230;), ou encore des franges de l'&#233;lectorat plus ind&#233;cises, qui auraient autrement pu &#234;tre tent&#233;s par le vote solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) En parall&#232;le, le PQ est revenu avec &#233;clat &#224; ses fondamentaux, ce que Jacques Parizeau d&#233;signait comme &#171; ses deux jambes &#187; : l'ind&#233;pendantisme et la social-d&#233;mocratie. Ce double positionnement lui permet de s'adresser aux &#233;lecteurs d&#233;&#231;us de la CAQ, mais aussi de QS. &#192; l'inverse, dans quel autre parti politique se trouve le bassin d'&#233;lecteurs dans lequel les solidaires sont susceptibles de puiser, compte tenu de leur trajectoire depuis 2019 ? Un bassin d'&#233;lecteurs qui seraient &#224; la fois ind&#233;pendantistes au conditionnel, lib&#233;raux du point de vue des questions symboliques-institutionnelles, et de gauche et &#233;cologistes d'un point de vue socio-&#233;conomique ? Poser la question c'est y r&#233;pondre : il n'y en a pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le PQ se positionne aussi de mani&#232;re adroite sur des enjeux &#224; la fois actuels et h&#233;t&#233;roclites : environnement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec une plateforme &#233;lectorale s&#233;rieuse en mati&#232;re de transition &#233;nerg&#233;tique.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , d&#233;mondialisation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;PSPP a fait des d&#233;clarations &#224; ce sujet durant sa course &#224; la chefferie, et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , immigration massive, la&#239;cit&#233;, inqui&#233;tudes suscit&#233;es par le num&#233;rique&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au printemps 2023, le PQ a &#233;t&#233; &#224; la pointe dans la lutte pour convaincre le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; , etc. En alliant des propositions tranchantes &#224; une rh&#233;torique mod&#233;r&#233;e, il se pare d'un profil antisyst&#232;me temp&#233;r&#233; par un ton de sinc&#233;rit&#233; ancr&#233; dans le sens commun. Cela l'aide &#224; se d&#233;marquer, y compris &#224; l'ext&#233;rieur de son &#233;lectorat traditionnel, ce qui n'a pas nui &#224; sa victoire dans l'&#233;lection partielle de Jean-Talon. Ces positionnements contribuent en outre &#224; construire un discours &#224; vocation h&#233;g&#233;monique, proposant une vision d'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et de son avenir, qui donne un sens plus large au projet p&#233;quiste et l'ancre dans le temps long de l'histoire nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces atouts, il est probable que les troupes de PSPP parviennent &#224; constituer l'opposition officielle en 2026, voire qu'ils mettent la CAQ en situation de gouvernement minoritaire. Une prise du pouvoir p&#233;quiste appara&#238;t plus incertaine, mais ne doit non plus pas &#234;tre exclue. Dans un cas comme dans l'autre, et &#224; condition que le PQ maintienne son cap ind&#233;pendantiste, cela signifierait la repolarisation du d&#233;bat politique autour de la question nationale, qui obligerait les forces politiques ayant actuellement une attitude timor&#233;e face &#224; celle-ci (c'est-&#224;-dire QS et la CAQ) &#224; se positionner nettement ou &#224; s'effondrer politiquement. C'est le principal d&#233;fi auquel les solidaires feront face dans les prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deux boussoles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment continuer &#224; exister et &#224; cro&#238;tre &#233;lectoralement dans une polarisation entre le camp f&#233;d&#233;raliste et un PQ de fait &#224; la t&#234;te du camp souverainiste et occupant en grande partie un espace politique commun avec les solidaires (ind&#233;pendantisme, social-d&#233;mocratie, &#233;cologie) ? Le statu quo n'est pas une option : s'il continue &#224; se focaliser uniquement sur les points sociaux et &#233;cologiques de son programme (en particulier dans leur version &#233;dulcor&#233;e et technocratique de 2022) en accordant une place minimale &#224; l'ind&#233;pendance et en adoptant une posture proche du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (PLQ) sur les questions symboliques-institutionnelles, le parti de gauche sera pris en &#233;tau dans un contexte politique au sein duquel il appara&#238;tra au mieux ind&#233;cis, au pire d&#233;connect&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il faut en ce sens se rem&#233;morer le sort des partis de l'extr&#234;me gauche (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, deux &#171; boussoles &#187; strat&#233;giques s'offrent maintenant &#224; QS. D'une part, radicaliser la voie suivie depuis 2019 en se convertissant au f&#233;d&#233;ralisme, pour devenir une sorte de NPD-Qu&#233;bec, et d'autre part, adopter un souverainisme de gauche d&#233;complex&#233;, en continuit&#233; avec ce qui avait &#233;t&#233; esquiss&#233; durant la campagne &#233;lectorale de 2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re option implique de partager un espace politique commun avec le PLQ, en constituant l'aile gauche du futur camp du &#171; Non &#187;. Les solidaires pourraient alors potentiellement rallier les franges progressistes des &#233;lecteurs f&#233;d&#233;ralistes. Rien ne garantit toutefois que cet &#233;lectorat et les comt&#233;s qui y sont associ&#233;s soient en nombre suffisant pour cro&#238;tre &#233;lectoralement ni que le PLQ soit si ais&#233; &#224; &#233;carter. La stagnation &#233;lectorale de 2022, suite &#224; une campagne &#233;lectorale tendant vers cette boussole, est un signe avant-coureur des limites bien r&#233;elles de cette strat&#233;gie, qui, &#224; terme, pourrait entra&#238;ner la perte de comt&#233;s &#224; l'ext&#233;rieur de Montr&#233;al, mais aussi dans l'est de la m&#233;tropole, au profit du PQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience historique confirme en outre le cul-de-sac que constitue cette option : jamais, au Qu&#233;bec, except&#233; la tentative avort&#233;e d'Ad&#233;lard Godbout, un processus de transformation sociale n'a &#233;t&#233; men&#233; sans une volont&#233; parall&#232;le d'&#233;mancipation nationale, et vice-versa. M&#234;me les lib&#233;raux de Jean Lesage ont d&#251; s'y r&#233;signer pour lancer la R&#233;volution tranquille sous les auspices du &#171; Ma&#238;tre chez nous &#187;. Ajoutons &#224; cela que pour Qu&#233;bec solidaire, se d&#233;tourner de l'ind&#233;pendance &#233;quivaut aussi &#224; renoncer &#224; des pans entiers de son projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, la seconde boussole, celle du souverainisme de gauche, est la seule &#224; &#234;tre viable et coh&#233;rente pour les solidaires. Elle va en outre dans le sens des orientations d&#233;fendues en 2023 par deux des trois candidates au poste de porte-parole du parti, auxquelles les d&#233;l&#233;gu&#233;s solidaires ont accord&#233;, au premier tour du scrutin, plus de 70% de leurs votes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, cette avenue pourrait mettre en p&#233;ril la r&#233;&#233;lection de d&#233;put&#233;s solidaires dans des comt&#233;s acquis depuis 2022 au profit du PLQ, mais ce genre de consid&#233;ration tactique ne devrait jamais primer sur les choix strat&#233;giques. En ce sens, sans rien enlever aux m&#233;rites individuels de ces nouveaux d&#233;put&#233;s, la perte, lors de la pr&#233;c&#233;dente &#233;lection, d'une circonscription en r&#233;gion &#233;loign&#233;e a port&#233; un coup tr&#232;s dur &#224; QS sur le plan symbolique, que les gains montr&#233;alais ne sauraient compenser. &#192; l'inverse, la trajectoire du PQ depuis que PSPP a pris sa t&#234;te montre bien que l'adoption d'une strat&#233;gie coh&#233;rente, ax&#233;e sur des objectifs de long terme et la volont&#233; de mener une v&#233;ritable bataille culturelle, est la cl&#233; d'une progression politique v&#233;ritablement transformatrice, m&#234;me si elle n'est pas imm&#233;diatement porteuse &#233;lectoralement. La m&#234;me chose peut d'ailleurs &#234;tre dite du PQ de Ren&#233; L&#233;vesque, qui n'avait que six d&#233;put&#233;s &#224; la veille de remporter les &#233;lections de 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire le choix du souverainisme de gauche implique toutefois pour les solidaires de d&#233;velopper un espace politique commun avec le PQ, puisque QS n'est malheureusement plus en mesure d'&#234;tre le parti souverainiste dominant. Il s'agit donc de construire activement, aux c&#244;t&#233;s des p&#233;quistes, le prochain camp du &#171; Oui &#187;, en cherchant &#224; y accro&#238;tre leur poids politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un espace politique commun&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut ici pr&#233;ciser ce que l'on entend par un &#171; espace politique commun&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La notion d'espace politique commun peut &#234;tre approch&#233;e comme un embryon ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; &#187;. Celui-ci n'implique pas n&#233;cessairement une alliance &#233;lectorale ou gouvernementale, m&#234;me s'il la rend possible &#224; terme&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'absence d'un espace politique commun, et de son aboutissement logique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Il signifie plut&#244;t un front commun, coordonn&#233; ou pas en fonction des circonstances, et dirig&#233; vers un objectif partag&#233; : construire une nouvelle majorit&#233; politique, sociale et culturelle autour d'un projet de souverainet&#233;, que les solidaires viseraient &#224; rendre le plus d&#233;mocratique et &#233;galitaire possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#232;nement politique r&#233;cent fournit un bon exemple de ce qui aurait pu &#234;tre un embryon de cet espace politique commun, n'e&#251;t &#233;t&#233; une erreur strat&#233;gique d&#233;plorable de QS : l'abolition du serment &#224; la monarchie britannique. Apr&#232;s l'&#233;lection de 2018, les solidaires men&#233;s par Sol Zanetti &#233;taient parvenus &#224; remettre cette question au premier plan. Puis, suite &#224; l'&#233;lection de 2022, PSPP a fait monter la pression davantage en refusant de pr&#234;ter serment au roi, les d&#233;put&#233;s solidaires lui embo&#238;tant le pas, avant de se r&#233;tracter. Advenant que les solidaires aient maintenu leur engagement, la suite aurait probablement pris la forme d'un front commun o&#249; le PQ et QS auraient d&#233;fendu leur d&#233;marche avec des arguments et des tactiques communicationnelles parfois communes, d'autres fois s&#233;par&#233;es. Certes, ils auraient, chacun &#224; leur mani&#232;re, tent&#233; de tirer politiquement parti de cette d&#233;marche pour leur propre compte, et n'auraient pas manqu&#233; de s'opposer sur d'autres enjeux en cours de route. Mais leurs actions n'en auraient pas moins &#233;t&#233; subordonn&#233;es &#224; un objectif partag&#233;, impliquant un degr&#233; de solidarit&#233; et de coh&#233;sion minimale, afin de rendre leur message intelligible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le type de configuration que les solidaires doivent chercher &#224; reproduire, &#224; grande &#233;chelle. &#201;videmment, il n'agit pas d'oublier que le PQ reste un adversaire politique, et de refuser de marquer des points politiques et &#233;lectoraux &#224; ses d&#233;pens. Toutefois, cela implique d'assumer que les solidaires poursuivent avec les p&#233;quistes des objectifs communs (ind&#233;pendance, &#201;tat social, transition &#233;nerg&#233;tique) auxquels il faut rallier la population, et s'opposent aux m&#234;mes &#171; ennemis &#187; (la vaste majorit&#233; du grand patronat, les f&#233;d&#233;ralistes et le r&#233;gime de la p&#233;tromonarchie constitutionnelle canadienne), qui cherchent &#224; limiter les progr&#232;s du Qu&#233;bec depuis toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des inflexions n&#233;cessaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette avenue met cependant QS face &#224; une difficult&#233;. Les derni&#232;res ann&#233;es ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par un antagonisme f&#233;roce entre solidaires et p&#233;quistes, qui s'est cristallis&#233;, au moins depuis 2019, autour des enjeux symboliques-institutionnels (dits &#171; identitaires &#187;). Pourtant, au d&#233;part, QS s'&#233;tait constitu&#233; en r&#233;action au virage n&#233;olib&#233;ral du PQ effectu&#233; sous l'&#232;re Bouchard, et poursuivi sous le gouvernement de Pauline Marois. Le maintien durable du parti dans l'opposition, ainsi que son repositionnement social-d&#233;mocrate et &#233;cologiste, entam&#233; sous Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e, puis confirm&#233; et clarifi&#233; sous PSPP, en parall&#232;le aux grands d&#233;bats sur les enjeux symboliques-institutionnels (la&#239;cit&#233;, racisme, d&#233;fense du fran&#231;ais, immigration) ont progressivement amen&#233; les solidaires &#224; porter sur ce dernier plan leur opposition au PQ, d'autant plus que cela leur permet, dans un m&#234;me temps, de s'opposer au nationalisme conservateur de la CAQ, et de mettre ces deux adversaires dans la m&#234;me case, celle de la &#171; fermeture &#187; et de l' &#171; exclusion &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie a atteint ses limites, au moins pour deux raisons. D'une part, elle handicape consid&#233;rablement la croissance &#233;lectorale de QS. En effet, si le clivage ouverture/fermeture conforte la base &#233;lectorale urbaine du parti, l'on peut penser qu'il a l'effet inverse chez celles et ceux associ&#233;s de fait &#224; son c&#244;t&#233; obscur, c'est-&#224;-dire la majorit&#233; de la population qui soutient la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat, craint le recul du fran&#231;ais, rejette l'immigration massive et est globalement r&#233;fractaire aux th&#232;ses de la gauche lib&#233;rale am&#233;ricaine. Cela est encore plus vrai pour les nationalistes de gauche ou sociaux-d&#233;mocrates, nombreux au Qu&#233;bec, et qui devraient &#234;tre une cible &#233;lectorale prioritaire des solidaires. L'on peut douter que cet &#233;lectorat go&#251;te &#224; cette rh&#233;torique manich&#233;enne, lui qui ne fait qu'adh&#233;rer &#224; des positions bien ancr&#233;es dans l'histoire politique nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, le clivage ouverture/fermeture rend impossible la constitution d'un espace politique commun avec le PQ, celui-ci &#233;tant de fait associ&#233; par QS &#224; une part sombre du souverainisme qu&#233;b&#233;cois et aux nationaux-f&#233;d&#233;ralistes de la CAQ. Pire encore, il nuit &#224; la progression du projet ind&#233;pendantiste lui-m&#234;me, une part non n&#233;gligeable de celui-ci &#233;tant associ&#233;e &#224; la &#171; fermeture &#187; et &#224; l'&#171; exclusion &#187;. Il est en effet pour le moins pr&#233;somptueux de penser (ou d'esp&#233;rer) qu'une citoyenne ou un citoyen f&#233;d&#233;raliste convaincu par l'ind&#233;pendantisme &#171; inclusif &#187; des solidaires (dont ils font par ailleurs rarement la promotion) accepte de voter &#171; oui &#187; en faisant abstraction de tout un pan (majoritaire) du souverainisme qu&#233;b&#233;cois, qui lui serait du c&#244;t&#233; du rejet et de la peur de l'Autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, si QS veut retrouver le chemin de la croissance &#233;lectorale tout en participant &#224; la construction d'un espace politique souverainiste avec le PQ, il devra renoncer au clivage ouverture/fermeture-inclusion/exclusion et revoir ou mettre en veilleuse une partie de ses positionnements sur les questions symboliques-institutionnelles. Trois inflexions sont essentielles pour marquer cette &#233;volution : sur le fran&#231;ais, sur la la&#239;cit&#233; et sur l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, concernant la protection du fran&#231;ais, QS devrait rapidement se positionner en faveur de l'extension de la loi 101 au niveau coll&#233;gial, une mesure qui figurait d&#233;j&#224; au programme d'Option nationale et qui est d&#233;fendue par la F&#233;d&#233;ration nationale des enseignantes et des enseignants du Qu&#233;bec. Ensuite, concernant la la&#239;cit&#233;, les solidaires pourraient mettre en veilleuse leur opposition &#224; la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat jusqu'&#224; un r&#233;f&#233;rendum gagnant. Ce serait d'autant plus prudent que dans l'optique d'une invalidation de la loi en question par les tribunaux canadiens, QS &#233;viterait de se retrouver dans la position inconfortable et ambigu&#235; o&#249; il devrait d&#233;fendre la l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique d'une loi que par ailleurs il aspire &#224; voir invalider en en retirant la clause d&#233;rogatoire. Finalement, le parti de gauche gagnerait &#224; revoir son discours sur les seuils d'immigration, qui semble surtout motiv&#233; par le souci de s'inscrire dans le camp de l'&#171; ouverture &#187; et de l'&#171; inclusion &#187;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; le cas pour la la&#239;cit&#233;, les seuils (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . L'ampleur prise par le d&#233;bat sur l'immigration massive et incontr&#244;l&#233;e orchestr&#233;e par la CAQ et le gouvernement f&#233;d&#233;ral &#8211; un d&#233;bat qui n'est pas pr&#232;s de se terminer &#8211; devrait encourager les solidaires &#224; se d&#233;tourner de la question des seuils comme marqueurs &#171; d'ouverture &#187;, pour mettre l'emphase sur leurs propositions visant concr&#232;tement &#224; am&#233;liorer les conditions de vie et l'int&#233;gration des immigrantes et des immigrants (francisation en entreprise, r&#233;gionalisation, reconnaissance des dipl&#244;mes, etc.). Cela permettrait de s'attaquer de front aux cons&#233;quences humaines bien r&#233;elles pour ces personnes des politiques caquistes et lib&#233;rales, qui sont loin d'&#234;tre motiv&#233;es par la solidarit&#233; internationale, mais bien par la constitution d'une arm&#233;e de r&#233;serve du capital. Dans un m&#234;me ordre d'id&#233;e, la captation massive, aux d&#233;pens des pays du sud, d'une main-d'&#339;uvre instruite et qualifi&#233;e, devrait &#234;tre d&#233;nonc&#233;e par un parti se disant altermondialiste. Au passage, QS ne perdrait rien de son vernis &#171; inclusif &#187;, tout en favorisant la constitution d'un espace politique souverainiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers un r&#233;publicanisme radical&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles inflexions sur les questions symboliques-institutionnelles sont d'autant plus n&#233;cessaires que l'un des enjeux importants de la p&#233;riode &#224; venir consistera &#224; d&#233;finir les contours du nationalisme qu&#233;b&#233;cois tel qu'il sera port&#233; par le futur camp du &#171; Oui &#187;. Le nationalisme conservateur, qui occupe une position de force depuis plusieurs ann&#233;es, se nourrit de ses affrontements avec les id&#233;es de la gauche lib&#233;rale am&#233;ricaine, que le clivage ouverture/fermeture pratiqu&#233; par QS ne fait qu'alimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les solidaires, s'ils veulent qu'une conception politique de la nation qu&#233;b&#233;coise ait pr&#233;dominance, y compris dans le cadre d'un &#233;ventuel d&#233;bat r&#233;f&#233;rendaire, ont tout int&#233;r&#234;t &#224; s'inscrire dans un discours r&#233;publicain susceptible de prendre de revers la rh&#233;torique conservatrice et de rejoindre le sens commun de la majorit&#233;. D'ailleurs, ce discours est d&#233;j&#224; contenu dans le programme du parti (par exemple, les points 7, 11. 1. 2, 11. 2 et 11. 3), mais a jusqu'ici &#233;t&#233; sous-mobilis&#233; au profit de l'approche lib&#233;rale mise de l'avant depuis 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette optique, les solidaires trouveraient au PQ un alli&#233; inattendu en la personne de PSPP. En effet, conclure, comme c'est souvent le cas &#224; gauche, que ce dernier creuse le sillon du nationalisme conservateur serait commettre une erreur d'analyse. Un examen attentif des &#233;crits et des interventions du chef du PQ indique clairement que si celui-ci se positionne sur les enjeux privil&#233;gi&#233;s du nationalisme conservateur (parmi d'autres), il le fait avec une logique, une rh&#233;torique et des raisonnements diff&#233;rents, qui rel&#232;vent du r&#233;publicanisme. Par exemple, il critique le multiculturalisme non pas au nom de la pr&#233;dominance de la &#171; majorit&#233; historique francophone &#187; (formule f&#233;tiche du principal intellectuel organique du camp conservateur), mais bien parce que celui-ci emp&#234;che la constitution d'une communaut&#233; politique de citoyennes et de citoyens construisant ensemble un avenir commun. Cela lui permet &#224; la fois de r&#233;colter des appuis dans les franges plus conservatrices de l'&#233;lectorat et dans certains m&#233;dias, mais aussi de mani&#232;re beaucoup plus large, dans les rangs des nationalistes de gauche que les positions lib&#233;rales de QS sur ces sujets rebutent&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans cet entretien r&#233;alis&#233; en France, PSPP confie son souci de porter un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l&#224; o&#249; le r&#233;publicanisme de PSPP se limite aux enjeux symboliques-institutionnels et &#224; la contestation des symboles monarchistes, les solidaires peuvent aller beaucoup plus loin. Dans ce m&#234;me mouvement, ils peuvent aussi &#233;viter le principal &#233;cueil qui les guettera dans la construction d'un espace politique souverainiste. En effet, &#224; trop se rapprocher d'un PQ en pleine ascension, QS court le risque d'y &#234;tre confondu, perdant de sa pertinence politique et &#233;lectorale, &#224; l'image de ce qui &#233;tait arriv&#233; aux communistes de Georges Marchais s'alliant aux socialistes de Fran&#231;ois Mitterrand. Par cons&#233;quent, pour les solidaires, la mise de l'avant d'un r&#233;publicanisme radical viserait &#224; amener le projet de pays dans le sens du projet solidaire, tout en se diff&#233;renciant des p&#233;quistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, un r&#233;publicanisme radical aurait l'avantage de prendre &#224; rebrousse poile ce qui constitue le talon d'Achille du PQ. Malgr&#233; sa mue actuelle, il ne faudrait pas oublier que ce dernier a autrefois fortement contribu&#233; &#224; introduire le n&#233;olib&#233;ralisme au Qu&#233;bec, que son &#171; pr&#233;jug&#233; favorable aux travailleurs &#187; a souvent pris la forme d'une trahison des int&#233;r&#234;ts du monde du travail, qu'il a &#233;t&#233; (et reste ?) un adepte du libre-&#233;change, etc. Surtout, la question de la souverainet&#233; populaire, centrale au r&#233;publicanisme tel que mis de l'avant dans le programme solidaire, constitue un angle mort du PQ depuis sa cr&#233;ation, lui qui, suivant une tradition h&#233;rit&#233;e du parlementarisme britannique, s'est focalis&#233; sur la souverainet&#233; de l'&#201;tat, ou, au mieux, du parlement&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour s'en convaincre, voir l'ouvrage de Marc Chevrier, La R&#233;publique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle est &#224; l'heure actuelle un point parmi d'autres dans le programme de QS, la souverainet&#233; populaire est susceptible de constituer le principe unificateur articulant l'ensemble du projet solidaire : ind&#233;pendance, partage des richesses, souverainet&#233; alimentaire, d&#233;centralisation, transition &#233;nerg&#233;tique, &#233;mancipation des peuples autochtones, f&#233;minisme, etc. Cela, pour une raison simple : parce qu'il pr&#244;ne que la souverainet&#233; nationale doit &#234;tre exerc&#233;e par le peuple, le principe de souverainet&#233; populaire pr&#233;suppose l'&#233;galit&#233; de toutes les composantes de celui-ci, donc de l'ensemble des citoyennes et des citoyens. Pour &#234;tre co-souveraines et co-souverains, ceux-ci doivent &#234;tre en capacit&#233; d'agir comme tel. La souverainet&#233; populaire implique ainsi, &#224; l'&#233;chelle collective et individuelle, de pouvoir d&#233;cider par soi-m&#234;me et pour soi-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, ce qui est trop souvent limit&#233; &#224; l'expression de la volont&#233; nationale peut &#234;tre &#233;tendu &#224; toutes les sph&#232;res de l'existence : la souverainet&#233; du peuple, c'est le pouvoir des travailleuses et des travailleurs dans leur entreprise, c'est ma&#238;triser sa vie par l'acc&#232;s &#224; une &#233;ducation gratuite, la&#239;que et de qualit&#233; et &#224; des soins de sant&#233; universels, c'est contr&#244;ler ce qui se retrouve dans son assiette, c'est la d&#233;concentration de comp&#233;tences vers les municipalit&#233;s, au plus proche des citoyennes et des citoyens, c'est vivre en harmonie avec la nature, c'est reconna&#238;tre aux premiers peuples ce que l'on se reconna&#238;t &#224; soi-m&#234;me. C'est aussi, pour les femmes, le droit de disposer librement de sa vie et de son corps. Au niveau institutionnel, la souverainet&#233; populaire justifie l'introduction des r&#233;formes d&#233;mocratiques mises de l'avant par QS depuis des ann&#233;es : mode de scrutin proportionnel, r&#233;f&#233;rendums d'initiative citoyenne, tirage au sort, assembl&#233;e constituante. Cette approche rejoint en outre celle d&#233;fendue par la nouvelle porte-parole du parti. C'est, au fond, la gauche dans ce qu'elle a de meilleur depuis la R&#233;volution fran&#231;aise. Et c'est ce que les solidaires devraient incarner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ce r&#233;publicanisme radical est compatible avec la ligne actuellement suivie par le PQ du point de vue de la construction d'un espace politique commun, il s'en distingue assez nettement pour que QS soit en mesure de marquer une diff&#233;rence. Il permettra &#233;galement de critiquer le parti de PSPP si celui-ci c&#233;dait aux sir&#232;nes patronales et n&#233;olib&#233;rales, et ce au nom d'une logique d&#233;mocratique que patrons et n&#233;olib&#233;raux chercheront toujours &#224; museler. Dans un m&#234;me temps, le r&#233;publicanisme radical constitue en lui-m&#234;me un rejet de la p&#233;tromonarchie constitutionnelle canadienne, dont les institutions, du S&#233;nat au gouvernement des juges, sont la n&#233;gation m&#234;me de la souverainet&#233; populaire. Finalement, et c'est le point le plus important, dans une &#232;re de crises continuelles o&#249; nombre de nos compatriotes sentent leur vie leur filer entre les doigts et vivent avec l'impression maintes fois confirmer que l'avenir leur &#233;chappe, la souverainet&#233;, la leur comme celle qu'ils partagent avec les autres, peut constituer la promesse de remettre un peu d'ordre et de sens dans leur existence. Cela constitue la question politique fondamentale des ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, s'ils persistent dans la voie suivie jusqu'ici, les solidaires risquent d'&#234;tre per&#231;us comme incapables d'y apporter des r&#233;ponses pertinentes, car emp&#234;tr&#233;s dans des plis tactiques et id&#233;ologiques qui les &#233;loignent des d&#233;fis de l'&#233;poque. Un espace politique souverainiste se d&#233;veloppera tout de m&#234;me, mais sans eux, et lorsque, &#224; la veille d'un prochain r&#233;f&#233;rendum, ils le rejoindront &#8211; si encore ils le rejoignent &#8211;, ce sera comme spectateurs. &#192; l'inverse, ils peuvent faire le choix, pour reprendre les mots de Gordon Lefebvre, de remiser leur harnais d'origine au profit du harnais de l'utile, et d'apporter d&#232;s maintenant une contribution n&#233;cessaire &#224; l'avenir du pays. Le Qu&#233;bec leur en saurait gr&#233;.&lt;/p&gt;
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Drainville d'interdire les cellulaires dans les classes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Il faut en ce sens se rem&#233;morer le sort des partis de l'extr&#234;me gauche marxiste-l&#233;niniste des ann&#233;es 1970 : refusant de se positionner sur la question nationale, ils s'enfonc&#232;rent dans un sectarisme politique contre-productif, avant de s'effondrer, suite au r&#233;f&#233;rendum de 1980, en m&#234;me temps que le r&#234;ve ind&#233;pendantiste qu'ils avaient pourtant conspu&#233;. Dans l'intervalle, les arguments qu'ils invoquaient contre l'adoption de la loi 101 ressemblaient &#233;trangement &#224; ceux mobilis&#233;s par les solidaires 40 ans plus tard pour s'opposer &#224; la loi 21.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La notion d'espace politique commun peut &#234;tre approch&#233;e comme un embryon ou une composante d'un &#233;ventuel &#171; bloc historique &#187; au sens gramscien du terme. Celui-ci est un concept beaucoup plus large, tant du point des transformations impuls&#233;es que de leur port&#233;e sur tous les plans : politique, &#233;conomique, sociale, culturelle, g&#233;opolitique, etc. Par exemple, au Qu&#233;bec, l'espace politique souverainiste et social-d&#233;mocrate, partag&#233; au fil des ann&#233;es par le PLQ de Jean Lesage, le RIN, l'Union nationale de Daniel Johnson et finalement par le PQ, qui en est venu &#224; l'incarner &#224; lui seul, ne devrait pas &#234;tre confondu avec le bloc historique nationaliste et modernisateur de la R&#233;volution tranquille. De m&#234;me, un espace politique commun ne pr&#233;figure pas n&#233;cessairement la forme prise ult&#233;rieurement par un bloc historique. Dans la France des ann&#233;es 1970, socialistes et communistes ont form&#233; un espace politique de gauche tr&#232;s avanc&#233; (avec la r&#233;daction d'un programme commun et des alliances &#233;lectorales), mais le bloc historique qui en a &#233;merg&#233;, prenant la forme d'un europ&#233;isme (n&#233;o)lib&#233;ral-libertaire h&#233;g&#233;monique pendant pr&#232;s de 40 ans, n'a que peu &#224; voir avec ses ambitions de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;L'absence d'un espace politique commun, et de son aboutissement logique, c'est-&#224;-dire un programme partag&#233; de gouvernement, est d'ailleurs ce qui manquait au projet d'alliance PQ-QS de 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Contrairement &#224; ce qui a &#233;t&#233; le cas pour la la&#239;cit&#233;, les seuils d'immigration n'ont pas &#233;t&#233;, sauf erreur, l'objet d'un d&#233;bat en bonne et due forme &#224; QS, expliquant peut-&#234;tre les prises de position brouillonnes du parti &#224; ce sujet au fil des ann&#233;es. Par exemple, durant un d&#233;bat organis&#233; par Le Devoir dans le cadre de la course au porte-parolat, Ruba Ghazal, pourtant en pointe sur ces questions, louait le nationalisme d'&#171; inclusion &#187; qui aurait eu cours au Qu&#233;bec dans les ann&#233;es 1980, tout en condamnant fermement une partie du nationalisme qu&#233;b&#233;cois actuel qui pr&#233;senterait l'immigration comme une menace contre la pr&#233;dominance du fran&#231;ais. Elle oubliait au passage de mentionner que le Qu&#233;bec des ann&#233;es 1980 avait des seuils d'immigration beaucoup plus proches de ceux d&#233;fendus aujourd'hui par le PQ. De m&#234;me, elle faisait abstraction du fait que le message implicite de la loi 101, qu'elle d&#233;fend par ailleurs avec fiert&#233;, est justement que l'immigration peut constituer une menace pour le fran&#231;ais, justifiant d'imposer celui-ci aux enfants issus de l'immigration &#224; l'&#233;cole primaire et secondaire. Cet exemple montre bien que le positionnement actuel de QS sur l'immigration, outre que de nourrir un humanitarisme en manque de rep&#232;res, est surtout utilis&#233; comme un marqueur accentuant le clivage avec le PQ.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans cet entretien r&#233;alis&#233; en France, PSPP confie son souci de porter un discours critique du &#171; wokisme &#187; sans ali&#233;ner &#224; son projet les franges de l'&#233;lectorat &#224; la sensibilit&#233; &#171; intersectionnelle &#187; : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=Mc4Ikh4ogJ4&amp;t=2026s&amp;pp=ygUicGF1bCBzYWludCBwaWVycmUgcGxhbW9uZG9uIGZyYW5jZQ%3D%3D&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.youtube.com/watch?v=Mc4Ikh4ogJ4&amp;t=2026s&amp;pp=ygUicGF1bCBzYWludCBwaWVycmUgcGxhbW9uZG9uIGZyYW5jZQ%3D%3D&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour s'en convaincre, voir l'ouvrage de Marc Chevrier, La R&#233;publique qu&#233;b&#233;coise : histoire d'une id&#233;e suspecte (2012).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les trois erreurs de Qu&#233;bec solidaire</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-trois-erreurs-de-Quebec-solidaire</link>
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		<dc:date>2022-10-25T10:06:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>B&#225;lint Demers </dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections qu&#233;b&#233;coises 2022</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aux &#233;lections parlementaires qu&#233;b&#233;coises du 3 octobre dernier, la Coalition Avenir Qu&#233;bec du premier ministre Fran&#231;ois Legault (centre droit nationaliste), au pouvoir depuis 2018, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue avec une forte majorit&#233; de si&#232;ges (90 sur 125 et 40,97% des voix). La gauche de Qu&#233;bec solidaire (QS), men&#233;e par Gabriel Nadeau-Dubois, a quant &#224; elle obtenu 15,42% des suffrages et 11 si&#232;ges. Pour les solidaires, ces r&#233;sultats t&#233;moignent d'une inqui&#233;tante stagnation &#233;lectorale. &lt;br class='autobr' /&gt; B&#225;lint Demers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Opinions-" rel="directory"&gt;Opinions&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Elections-quebecoises-2022-+" rel="tag"&gt;&#201;lections qu&#233;b&#233;coises 2022&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-10-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-10-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton54437-2068f.png?1781379061' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux &#233;lections parlementaires qu&#233;b&#233;coises du 3 octobre dernier, la Coalition Avenir Qu&#233;bec du premier ministre Fran&#231;ois Legault (centre droit nationaliste), au pouvoir depuis 2018, a &#233;t&#233; r&#233;&#233;lue avec une forte majorit&#233; de si&#232;ges (90 sur 125 et 40,97% des voix). La gauche de Qu&#233;bec solidaire (QS), men&#233;e par Gabriel Nadeau-Dubois, a quant &#224; elle obtenu 15,42% des suffrages et 11 si&#232;ges. Pour les solidaires, ces r&#233;sultats t&#233;moignent d'une inqui&#233;tante stagnation &#233;lectorale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;B&#225;lint Demers 13 octobre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, ceux-ci sont peu ou prou les m&#234;mes qu'aux &#233;lections de 2018 (16,10% des voix et 10 si&#232;ges), o&#249; ils avaient doubl&#233; leurs suffrages et tripl&#233; leur repr&#233;sentation. Si la d&#233;putation du parti s'est accrue dans la m&#233;tropole montr&#233;alaise, celui-ci a perdu son unique si&#232;ge en r&#233;gion &#233;loign&#233;e (dans la circonscription de Rouyn-Noranda-T&#233;miscamingue), reconduisant l'image de parti des centres-villesi qui lui colle &#224; la peau depuis sa cr&#233;ation. Pourtant, au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es, la perte de vitesse des partis traditionnels, le Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec (centre droit f&#233;d&#233;raliste) et le Parti Qu&#233;b&#233;cois (centre gauche souverainiste), d&#233;gageait un espace pour se poser comme v&#233;ritable alternative &#224; la Coalition Avenir Qu&#233;bec (CAQ), un espoir ouvertement entretenu par le parti de gauche. Qu'est-ce qui explique cet &#233;chec ? Trois erreurs commises au cours de la derni&#232;re l&#233;gislature permettent de tirer des le&#231;ons pour l'avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re erreur : s'opposer &#224; la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour QS, l'apr&#232;s-2018 &#233;tait l'occasion de rev&#234;tir les habits de ce qu'avait &#233;t&#233; autrefois le Parti Qu&#233;b&#233;cois (PQ), en prolongeant et en actualisant son h&#233;ritage politique. Depuis sa fondation en 1968 jusqu'au milieu des ann&#233;es 1990, ce parti avait incarn&#233; un vaste mouvement national et populaire pour la souverainet&#233; du Qu&#233;bec et la construction d'un &#201;tat social. Sa mise en veilleuse du projet ind&#233;pendantiste apr&#232;s l'&#233;chec du r&#233;f&#233;rendum de 1995 et sa conversion au n&#233;olib&#233;ralisme ont cependant entra&#238;n&#233; une lente &#233;rosion de ses appuis, base sur laquelle QS a &#233;merg&#233;. Durant l'&#233;lection de 2018, ce dernier avait adopt&#233; une strat&#233;gie mod&#233;r&#233;ment populiste, se posant comme un mouvement &#171; populaire &#187; visant &#224; balayer la &#171; vieille classe politique &#187;. En parall&#232;le, il avait muscl&#233; son positionnement nationalisteii en fusionnant avec les ind&#233;pendantistes radicaux d'Option nationale, une petite formation issue d'une scission d'avec le PQ. Au terme de la campagne, avec autant de d&#233;put&#233;s et un suffrage presque &#233;quivalent (16,10% contre 17,06%, alors le r&#233;sultat le plus bas de l'histoire du PQ), QS avait toutes les cartes en main pour se poser comme le nouveau parti du &#171; peuple et de la nation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le parti de gauche a cependant emprunt&#233; une voie inverse. D&#233;battue durant l'hiver et le printemps 2019, la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat propos&#233;e par le CAQ venait parachever un d&#233;bat vieux de dix ans sur les rapports entre l'&#201;tat et les religions au Qu&#233;bec&lt;br class='autobr' /&gt;
iii. Insuffisante et cosm&#233;tique, cette loi fait de l'interdiction des signes religieux dans certains postes-cl&#233;s de la fonction publique (essentiellement : enseignants, forces de l'ordre, juges) son axe majeur d'intervention. Jusque-l&#224;, Qu&#233;bec solidaire avait une approche relativement effac&#233;e, proposant une issue mitoyenne (interdiction limit&#233;e aux forces de l'ordre et aux juges), sans toutefois d&#233;velopper une vision globale de la la&#239;cit&#233; au Qu&#233;bec. Cette position a connu une nette inflexion en mars 2019, lorsque le Conseil national du parti s'est oppos&#233; &#224; toute interdiction de signes religieux et a ouvert la porte au port du voile int&#233;gral dans la fonction publique, au nom de &#171; l'inclusion &#187; des minorit&#233;s ethnoculturelles et de la lutte contre le racisme antimusulman. Entre temps, les id&#233;es de la gauche lib&#233;rale am&#233;ricaine, tr&#232;s impopulaires aupr&#232;s de la majorit&#233; de la population, avaient p&#233;n&#233;tr&#233; le parti en profondeur, ce que le premier ministre Legault et des commentateurs politiques de tous bords ont t&#244;t fait de pointer du doigt.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle prise de position &#233;tait lourde de cons&#233;quences. En effet, la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a longtemps v&#233;cu sous le joug de l'&#201;glise catholique, alors que celle-ci contr&#244;lait les syst&#232;mes de sant&#233; et d'&#233;ducation et avait ses entr&#233;es dans les officines gouvernementales. La la&#239;cisation a d'ailleurs constitu&#233; un aspect central de la R&#233;volution tranquilleiv, un vaste mouvement d'&#233;mancipation national, social et d&#233;mocratique commenc&#233; en 1960, dont le PQ a &#233;t&#233; un v&#233;hicule essentiel. En ce sens, contrairement &#224; ce qu'affirmaient les opposants &#224; la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat, celle-ci a moins &#224; voir avec le racisme qu'avec le mouvement radical de d&#233;confessionnalisation qui caract&#233;rise l'histoire du Qu&#233;bec modernev.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2018, lors d'un &#233;v&#233;nement soulignant son retrait de la vie politique, Amir Khadir, premier d&#233;put&#233; et figure de proue de QS depuis ses d&#233;buts, avait invit&#233; les d&#233;l&#233;gu&#233;s du parti &#224; ne pas tourner le dos &#224; leurs compatriotes sur cette question, au prix de creuser un foss&#233; qu'il serait difficile &#224; combler. En effet, le choix fait par le parti de gauche, en rupture avec tout un h&#233;ritage politique et avec environ 65% de la population favorable &#224; la Loi sur la la&#239;cit&#233; de l'&#201;tat, impliquait de fermer la porte &#224; toute ambition s&#233;rieuse de remplacer le PQ et d'effectuer une mue &#171; nationale-populaire &#187; pour affronter le nationalisme conservateur de la CAQ. La suite est &#224; l'avenant, QS continuant &#224; diluer son profil nationaliste. Par exemple, face au recul document&#233; et de plus en plus alarmant du poids des locuteurs francophones face aux anglophones, les solidaires ont adopt&#233; un positionnement effac&#233; et minimal. La reconnaissance et le maintien du fran&#231;ais comme langue officielle et commune constituent pourtant un autre jalon de la R&#233;volution tranquille, aux c&#244;t&#233;s du progr&#232;s social et de la lutte pour la souverainet&#233; nationale. Durant la pr&#233;sente campagne, le parti de gauche a d'ailleurs mis en sourdine son discours ind&#233;pendantiste, pour ne pas s'ali&#233;ner les franges de l'&#233;lectorat anglophone, lib&#233;ral et f&#233;d&#233;raliste qu'il convoitait dans les quartiers centraux de Montr&#233;al. Il a ainsi laiss&#233; un espace de croissance &#224; un PQ que bien des observateurs enterraient pr&#233;matur&#233;ment, et qui, retrouvant un discours souverainiste et social-d&#233;mocrate muscl&#233;, est parvenu &#224; r&#233;colter 14,60% des voix, &#224; peine moins que son rival solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me erreur : une opposition timor&#233;e face &#224; la gestion sanitaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, en quatre ann&#233;es, QS a remis&#233; son populisme et son souverainisme au profit d'un positionnement plus traditionnel sur l'axe gauche-droite, opposant le camp de la CAQ pr&#233;sent&#233; comme ringard, intol&#233;rant et aveugle aux d&#233;fis climatiques &#224; un camp solidaire jeune, ouvert, &#233;cologiste et progressiste. En revanche, cet affrontement frontal ne s'est pas mat&#233;rialis&#233; pendant la pand&#233;mie de COVID-19. En effet, la posture de retenue et de mod&#233;ration adopt&#233;e par QS face &#224; l'action gouvernementale, compr&#233;hensible au d&#233;part, a &#233;t&#233; reconduite bien au-del&#224; du choc du premier confinement. Le parti de gauche a certes formul&#233; des critiques parcellaires (proposition de mettre en d&#233;bat l'usage du passeport vaccinal &#224; l'Assembl&#233;e nationale, puis demande d'un bilan &#171; scientifique &#187; de celui-ci, rejet de l'application du couvre-feu aux SDF, critique de la lenteur &#224; assurer l'a&#233;ration des &#233;coles, etc.), mais ces interventions n'ont jamais pris la forme d'une remise en question globale de la gestion de la crise sanitaire, ni d'un discours pointant les causes de celle-ci (libre-&#233;change, crise de l'&#233;cosyst&#232;me, destruction des services publics, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il aurait &#233;t&#233; possible d'articuler lutte contre la pand&#233;mie et soutien &#224; la vaccination &#224; une critique de la strat&#233;gie sanitaire gouvernementale : en proposant des alternatives au confinement, en s'opposant frontalement au passeport vaccinal, ou en remettant en question le poids d&#233;mesur&#233; des multinationales pharmaceutiques dans la conception et la distribution des vaccins. &#192; titre d'exemple, La France insoumise et Jean-Luc M&#233;lenchon ont adopt&#233; cette strat&#233;gie avec succ&#232;s, parvenant &#224; trouver un &#233;quilibre entre la demande d'ordre et de mobilisation face &#224; la pand&#233;mie et la gronde suscit&#233;e par l'autoritarisme gouvernemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, un seul parti s'est oppos&#233; frontalement &#224; la gestion de la crise sanitaire orchestr&#233;e par la CAQ : le Parti conservateur du Qu&#233;bec (PCQ). Dirig&#233; par &#201;ric Duhaime, un ex-animateur de radio d'ob&#233;dience libertarienne, celui-ci a bondi de moins de 1,46% des voix en 2018 &#224; 12,92% en 2022. La soudaine popularit&#233; de ce parti r&#233;side sans doute moins dans son positionnement radicalement n&#233;olib&#233;ral (except&#233; dans les banlieues de la ville de Qu&#233;bec et dans la r&#233;gion de la Beauce, aux sociologies &#233;lectorales particuli&#232;res), que dans sa capacit&#233; &#224; canaliser la col&#232;re provoqu&#233;e par les mesures sanitaires, en d&#233;fendant les libert&#233;s individuelles et en s'opposant frontalement &#224; la strat&#233;gie gouvernementale. Au passage, le PCQ a adopt&#233; le profil antisyst&#232;me qui &#233;tait jusque-l&#224; l'apanage de QS, et capter une partie du vote contestataire qui aurait pu revenir au parti de gauchevi. Dans un m&#234;me temps, ce dernier empruntait un chemin inverse : pour les solidaires, l'&#233;lection de 2022 devait &#234;tre celle de la professionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me erreur : une campagne contradictoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Durant la campagne &#233;lectorale, QS a consacr&#233; un effort consid&#233;rable &#224; projeter une image s&#233;rieuse, rassurante et mod&#233;r&#233;e : candidatures vedettes aux profils technocratiques, choix de s'adresser &#224; la &#171; classe moyenne &#187;, mise en sc&#232;ne de la vie priv&#233;e de Gabriel Nadeau-Dubois, etc. En parall&#232;le, des propositions phares ont &#233;t&#233; mises en retrait ou att&#233;nu&#233;es : les nationalisations ne sont plus &#233;voqu&#233;es, tout comme l'adoption d'une loi contre l'obsolescence programm&#233;e ou la limitation des &#233;carts de salaire en entreprise, la fin du financement public aux &#233;coles priv&#233;es vise d&#233;sormais &#224; associer celles-ci au r&#233;seau public en maintenant leur autonomie, la gratuit&#233; scolaire universitaire est renvoy&#233;e aux calendes grecques, etc. Cette strat&#233;gie a cependant &#233;t&#233; handicap&#233;e par des choix tactiques qui sont venus la contredire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en parall&#232;le avec ces tentatives de mod&#233;ration et de professionnalisation, QS a choisi un slogan &#233;lectoral, &#171; Changer d'&#232;re &#187;, qui invoque davantage une rupture radicale qu'une continuit&#233; rassurante. Dans un m&#234;me temps, les solidaires et leur chef de file ont continu&#233; &#224; se pr&#233;senter comme le parti de la jeunesse, en opposition &#224; la CAQ associ&#233;e aux &#233;lecteurs &#226;g&#233;svii. Le message de la campagne solidaire se r&#233;sumait ainsi en une opposition entre l'ancien et le nouveau, une configuration risqu&#233;e dans le contexte d'un &#233;lectorat vieillissant, et, surtout, contradictoire avec le ton rassurant et mod&#233;r&#233; voulu par le parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, les vell&#233;it&#233;s de professionnalisation et de mod&#233;ration ont tourn&#233; court avec la mise de l'avant de propositions mal calibr&#233;es, qui ont braqu&#233; une partie de cette &#171; classe moyenne &#187; &#224; laquelle QS s'adressait avec insistance. L'imp&#244;t sur la fortune promis par le parti sugg&#233;rait ainsi de tax&#233; de 0,1% les revenus nets de plus d'un million de dollars par ann&#233;es, de 1% ceux de plus de 10 millions, et de 1,5% ceux de plus de 100 000 millions. Si cette mesure ne devait viser que les 5% les plus riches de la population, elle n'en pas moins pr&#234;t&#233; flanc aux attaques de la CAQ et des commentateurs m&#233;diatiques, qui ont fait mouche en accusant QS de cibler la &#171; classe moyenne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, &#224; la diff&#233;rence des &#233;quivalents europ&#233;ens dont il est inspir&#233;, l'imp&#244;t sur la fortune des solidaires serait mis en place dans une soci&#233;t&#233; o&#249; il n'existe pas de syst&#232;me de retraite public et universelviii. Pour leurs vieux jours, les Qu&#233;b&#233;cois doivent investir dans des fonds de pension priv&#233;s ou dans l'immobilier, ce qui fait augmenter la valeur de leurs actifs, mais n'est pas n&#233;cessairement un bon indicateur de leur niveau de richesse. D'autant plus qu'avec la flamb&#233;e des co&#251;ts de l'immobilier des derni&#232;res d&#233;cennies, bien des individus ayant achet&#233; un logement &#224; un prix raisonnable sont d&#233;sormais propri&#233;taires d'actifs th&#233;oriquement de grande valeur, sans que cela ne se r&#233;percute dans leurs revenus ou leur niveau de vie. En urgence, le parti de gauche a d'ailleurs d&#251; promettre d'exempter les terres et les machineries agricoles de son imp&#244;t sur la fortune, une reculade qui a &#233;corn&#233; ses vell&#233;it&#233;s de professionnalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : bien des citoyens qui auraient de bonnes raisons de voter pour QS se sont sentis, &#224; tort ou &#224; raison, cibl&#233;s par cette proposition. De par sa complexit&#233; et son inad&#233;quation au contexte qu&#233;b&#233;cois, celle-ci portait mal le message du parti : la n&#233;cessit&#233; de partager les richesses et de taxer les riches pour faire face aux crises. Pour atteindre cet objectif, une telle mesure se devait d'&#234;tre tranchante, ne pas laisser place &#224; des ambigu&#239;t&#233;s, et de viser nettement la petite minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e qui profite du syst&#232;me : le fameux &#171; for the many, not the few &#187; de Jeremy Corbyn. &#192; cet effet, la taxe sur les &#171; surprofits &#187; des p&#233;troli&#232;res et des GAFAM, &#233;tonnamment propos&#233;e par le Parti Qu&#233;b&#233;cois, &#233;tait bien mieux calibr&#233;e. &#192; l'oppos&#233;e, celle de QS, plut&#244;t que d'en faire le camp de la taxation des riches, a fait du parti celui de la taxation tout court. D'autres propositions allant dans le m&#234;me sens, comme la taxe suppl&#233;mentaire &#224; la vente de v&#233;hicules polluants ou l'imp&#244;t sur l'h&#233;ritage, ont renforc&#233; cette impression. En parall&#232;le, et contrairement &#224; ce qui avait &#233;t&#233; le cas lors de l'&#233;lection de 2018 (par exemple, avec la promesse de mettre en place une assurance dentaire publique et universelle), QS n'est pas parvenu &#224; formuler des propositions s'inscrivant positivement dans l'espace public.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, outre des formulations vagues mettant en garde contre les changements climatiques ou invoquant la jeunesse et l'espoir, les solidaires ne sont pas parvenus &#224; dessiner une vision claire de leur projet de soci&#233;t&#233;. C'est l&#224; le point commun des trois erreurs commises durant les derni&#232;res ann&#233;es : l'&#233;chec &#224; mener une v&#233;ritable bataille culturelle visant &#224; faire bouger les lignes politiques sur le long terme. Un tel engagement aurait exig&#233; une doctrine et une strat&#233;gie globale, qui agiraient comme boussole dans les d&#233;bats les plus difficiles &#224; trancher, dans les moments de crise ou lors de la pr&#233;paration d'une campagne &#233;lectorale. Or, QS semble toujours d&#233;nu&#233; de cette &#171; boussole &#187;. La d&#233;cision tactique de moduler le discours du parti en fonction d'objectifs organisationnels de court terme (la prise de quelques circonscriptions lib&#233;rales &#224; Montr&#233;al), plut&#244;t que de miser sur vision coh&#233;rente visant &#224; toucher le plus grand nombre sur l'ensemble du territoire, en constitue le t&#233;moignage &#233;loquent. Rappelons pourtant qu'aux &#233;lections de 1973, le PQ r&#233;coltait 30,22% des voix et seulement 6 si&#232;ges, alors que trois ans plus tard il remportait les &#233;lections : prendre le pouvoir pour transformer la soci&#233;t&#233; signifie non pas s&#233;duire dans quelques circonscriptions, mais bien convaincre &#224; l'&#233;chelle d'une nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade, deux &#171; boussoles &#187; s'offrent &#224; Qu&#233;bec solidaire. La premi&#232;re consiste &#224; poursuivre son entreprise de mod&#233;ration et de professionnalisation, de renoncer &#224; son ind&#233;pendantisme pour rejoindre les &#233;lecteurs f&#233;d&#233;ralistes, et de se poser comme une alternative progressiste &#171; raisonnable &#187;, susceptible de prendre la place d'un Parti lib&#233;ral en d&#233;route et de constituer une alternative &#224; la CAQ. Les solidaires pourraient ainsi b&#233;n&#233;ficier de l'usure du pouvoir qui affectera n&#233;cessairement le gouvernement. Dans cette configuration, le parti resterait cependant perm&#233;able aux th&#232;ses impopulaires de la gauche lib&#233;rale am&#233;ricaine, ce qui freinerait consid&#233;rablement sa progression &#224; l'ext&#233;rieur de Montr&#233;al et des centres-villes. Dans le cadre d'un mode de scrutin uninominal &#224; un tour, o&#249; la m&#233;tropole est sous-repr&#233;sent&#233;e, cela repr&#233;sente un obstacle consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre option consiste &#224; revenir sur le chemin que QS avait arpent&#233; avec succ&#232;s en 2018, celui d'un mouvement national-populaire proposant, avec une pleine conscience de son h&#233;ritage politique et historique, une refondation d&#233;mocratique, sociale et &#233;cologique de la nation qu&#233;b&#233;coise, autour d'un projet de souverainet&#233;. En revanche, il est sans doute trop tard pour emprunter cette voie en solitaire : le PQ, l'&#233;ternel fr&#232;re ennemi, vit toujours, un r&#233;sultat qui est partiellement imputable aux erreurs des solidaires. Il y a donc fort &#224; parier que la question de l'alliance entre ces deux partis se posera dans les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
1.Une image confirm&#233;e par cette analyse chiffr&#233;e des r&#233;sultats &#233;lectoraux : &lt;a href=&#034;https://jeanneemard.wordpress.com/2022/10/07/ou-le-vote-de-quebec-solidaire-a-t-il-le-plus-change-en-2022/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jeanneemard.wordpress.com/2022/10/07/ou-le-vote-de-quebec-solidaire-a-t-il-le-plus-change-en-2022/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2.Au Qu&#233;bec, le terme &#171; nationalisme &#187; n'est pas n&#233;gativement connot&#233; comme c'est le cas en Europe. Il signifie simplement un positionnement politique qui met les int&#233;r&#234;ts du Qu&#233;bec devant ceux de la f&#233;d&#233;ration canadienne. Ainsi, le PQ comme QS se disent ou se sont dits nationalistes, tout comme la CAQ, malgr&#233; qu'elle ne soit pas ind&#233;pendantiste.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.Un d&#233;bat qui remonte &#224; l'hiver 2007, moment o&#249; commence la crise des &#171; accommodements raisonnables &#187;. &#192; cette &#233;poque, des demandes d'accommodements &#224; motifs religieux demand&#233;s aupr&#232;s d'organismes publics et priv&#233;s et rendus possibles par la Constitution canadienne (qui constitutionnalise le multiculturalisme et ne reconna&#238;t pas le principe de la&#239;cit&#233;), soul&#232;vent une forte indignation au Qu&#233;bec.&lt;br class='autobr' /&gt;
4. &#171; Ind&#233;pendance, socialisme, la&#239;cit&#233; &#187; &#233;tait d'ailleurs le mot d'ordre de la revue de gauche radicale Parti pris, &#224; plusieurs &#233;gards la matrice id&#233;ologique originelle de ce qui deviendrait, bien des ann&#233;es plus tard, Qu&#233;bec solidaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.Ce que d&#233;montrait une &#233;tude publi&#233;e &#224; la m&#234;me &#233;poque : Yannick Dufresne et al., &#171; Religiosity or racism ? The bases of opposition to religious accommodation in Quebec &#187;, Nations and nationalism 25, no. 2 (2019). &lt;br class='autobr' /&gt;
6.Selon un sondage Angus Reid publi&#233; le 28 septembre dernier, 13% des &#233;lecteurs ayant choisi les solidaires en 2018 avaient l'intention de voter pour les conservateurs &#224; la pr&#233;sente &#233;lection (contre 12% migrant vers la CAQ, 7% vers le PQ et 2% vers le PLQ) : &lt;a href=&#034;https://angusreid.org/wp-content/uploads/2022/09/2022.09.28_Quebec_election_tables.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://angusreid.org/wp-content/uploads/2022/09/2022.09.28_Quebec_election_tables.pdf&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
7.Gabriel Nadeau-Dubois a ainsi avanc&#233; que &#171; les vieux p&#233;quistes et les vieux lib&#233;raux ensemble, c'est &#231;a la Coalition Avenir Qu&#233;bec &#187;. Une d&#233;claration pour le moins contradictoire avec sa volont&#233; affich&#233;e de rejoindre les &#233;lecteurs du PQ et de construire une &#171; alliance interg&#233;n&#233;rationnelle &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
8.Une proposition pr&#233;sente dans la plateforme &#233;lectorale de QS, mais que le parti semble soigneusement &#233;viter de mettre de l'avant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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