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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#171; Il y a un g&#233;nocide contre nous, peuples qui d&#233;fendons la nature. &#187;</title>
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		<dc:date>2022-10-18T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miriam Miranda</dc:creator>


		<dc:subject>Honduras</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-10-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Miriam Miranda, leader garifuna du Honduras, s'exprime sur le racisme, la pers&#233;cution politique et l'organisation des femmes &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots et Capir&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
En ce mois de septembre, Capire s'est entretenu avec Miriam Miranda, coordinatrice g&#233;n&#233;rale de l'Organisation fraternelle noire du Honduras (Ofraneh). Miriam a d&#233;nonc&#233; les pers&#233;cutions subies par le peuple afro-autochtone Garifuna, elle a partag&#233; l'agenda et les engagements politiques de son organisation ainsi que son (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Honduras-+" rel="tag"&gt;Honduras&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-202-10-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-10-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton54459-f8b8d.jpg?1781083855' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Miriam Miranda, leader garifuna du Honduras, s'exprime sur le racisme, la pers&#233;cution politique et l'organisation des femmes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/10/16/il-y-a-un-genocide-contre-nous-peuples-qui-defendons-la-nature/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt; et Capir&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce mois de septembre, Capire s'est entretenu avec Miriam Miranda, coordinatrice g&#233;n&#233;rale de l'Organisation fraternelle noire du Honduras (Ofraneh). Miriam a d&#233;nonc&#233; les pers&#233;cutions subies par le peuple afro-autochtone Garifuna, elle a partag&#233; l'agenda et les engagements politiques de son organisation ainsi que son point de vue sur les liens entre l'antiracisme, le f&#233;minisme et la d&#233;fense de la nature et des biens communs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Miriam a &#233;galement expliqu&#233; le processus de pers&#233;cution politique qu'elle subit actuellement, dirig&#233; par le parquet hondurien et d&#233;nonc&#233; par des organisations au Honduras et sur le continent. Vous pouvez &#233;couter l'interview en espagnol ou en lire la traduction ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvons-nous commencer par pr&#233;senter votre trajectoire et celle du peuple garifuna ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis afro-autochtone. Nous sommes le peuple Garifuna, c'est-&#224;-dire un m&#233;lange d'autochtones Arawaks et d'Africains noirs. Ce m&#233;lange s'est produit sur l'&#238;le de S&#227;o Vicente au XVI&#232;me si&#232;cle. Plus tard, apr&#232;s une guerre sanglante contre nos anc&#234;tres, nous sommes arriv&#233;s au Honduras le 12 avril 1797, plus pr&#233;cis&#233;ment dans la communaut&#233; de Punta Gorda, &#224; Roat&#225;n, dans les &#238;les de la Baie. Tr&#232;s peu de gens connaissent cette histoire car les &#238;les de la Baie sont consid&#233;r&#233;es comme une simple attraction touristique. Nous sommes un peuple matrilin&#233;aire dans lequel les femmes jouent un r&#244;le essentiel. Nous sommes situ&#233;s sur la c&#244;te atlantique du Honduras, mais on trouve &#233;galement des Garifunas au Belize, au Guatemala, au Nicaragua, et aujourd'hui il y a une grande population garifuna aux &#201;tats-Unis, o&#249; est &#233;tablie la plus grande concentration apr&#232;s le Honduras. C'est le r&#233;sultat de toute la pression que nous subissons sur la c&#244;te et dans un pays qui est devenu une narco-dictature au cours des 12 derni&#232;res ann&#233;es, o&#249; il existe un conflit majeur sur les territoires du peuple Garifuna. Les gens choisissent de partir. Nous pensons qu'il existe une politique visant &#224; vider les territoires pour les c&#233;der aux entreprises et, surtout, pour que les actuels puissants groupes du pays puissent s'en accaparer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous vivons dans une zone extr&#234;mement vuln&#233;rable, sous grande pression et tr&#232;s contest&#233;e. Il y a des disputes tous les jours sur les territoires du peuple Garifuna. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvez-vous nous dire comment Ofraneh s'est organis&#233;e et quels sont actuellement ses fronts de travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple Garifuna s'est organis&#233; avec les Noirs anglophones dans les ann&#233;es 1970, dans le cadre de l'installation de la production de bananes au Honduras, pour lutter contre le racisme et la discrimination. Les pratiques racistes du Nord sont devenues tr&#232;s fortes dans les plantations de bananes. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, nous avions pu organiser un rassemblement du peuple garifuna. Cette organisation a &#233;volu&#233; pour devenir ce qu'est Ofraneh aujourd'hui : une organisation communautaire qui travaille avec diff&#233;rentes communaut&#233;s et groupes, et qui constitue aujourd'hui la repr&#233;sentation politique du peuple garifuna pour la d&#233;fense de ses droits collectifs et de ses droits territoriaux ancestraux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous organisons la communaut&#233; garifuna, o&#249; qu'elle se trouve, car nous ne voulons pas que le lien familial et la communalit&#233; du peuple garifuna soient bris&#233;s. Ce qui se passe aux &#201;tats-Unis ou dans d'autres pays affecte la communaut&#233; garifuna qui vit ici au Honduras. Actuellement, nous constatons les effets forts de la culture acquise aux &#201;tats-Unis, dans le Nord, qui d&#233;truit le tissu social des communaut&#233;s garifunas. Les jeunes ne perdent pas seulement leur identit&#233;, ils int&#232;grent &#233;galement des anti-valeurs qui brisent cette harmonie communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le peuple garifuna est une grande famille, et o&#249; que nous soyons, nous avons toujours un lien entre nous. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourriez-vous nous parler de la pers&#233;cution que vous subissez actuellement, et nous dire quelles sont les motivations derri&#232;re l'ouverture d'une enqu&#234;te sur vous-m&#234;me par le bureau du procureur g&#233;n&#233;ral ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a une histoire. Au cours des cinq derni&#232;res ann&#233;es, des personnes appartenant au peuple garifuna ont &#233;t&#233; assassin&#233;es comme jamais auparavant. Nous avons pay&#233; cher ces 12 ann&#233;es de narco-dictature, car le peuple garifuna n'est pas rest&#233; silencieux. Les disparitions forc&#233;es, comme celle du pr&#233;sident de l'Association communautaire [de la ville de Triunfo de la Cruz], enlev&#233; &#224; son domicile le 28 juillet 2020, ne touche pas seulement les familles les plus proches des jeunes disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Entrer dans les maisons, faire sortir les gens de chez eux, c'est un message fort. Il n'est pas possible d'&#233;valuer ce que cela signifie pour une communaut&#233; culturellement diff&#233;renci&#233;e. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la disparition forc&#233;e des jeunes, nous avons cr&#233;&#233; le Comit&#233; d'enqu&#234;te et de recherche des jeunes garifunas de Triunfo de la Cruz &#8211; SUNLA, un mot garifuna signifiant &#171; Assez ! &#187;. L'objectif est d'exiger que justice soit faite, mais aussi de mettre fin &#224; la pers&#233;cution, &#224; la criminalisation et, surtout, &#224; la violence dans les communaut&#233;s garifunas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e derni&#232;re, un an apr&#232;s la disparition forc&#233;e de nos gar&#231;ons, nous nous sommes rendus au bureau du procureur et nous avons pr&#233;sent&#233; une p&#233;tition qui incluait le respect des sentences de la Cour interam&#233;ricaine des Droits de l'Homme et la fin de la criminalisation. Un an plus tard, nous sommes retourn&#233;s au parquet, nous avons demand&#233; une audience aupr&#232;s du procureur g&#233;n&#233;ral de la R&#233;publique, et le silence a &#233;t&#233; absolu. Cette ann&#233;e, au lieu de suivre leur devoir, ils ont commenc&#233; &#224; nous d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que cette action du parquet est aussi un signe de la fragilit&#233; du gouvernement de Xiomara Castro. Le fait qu'ils puissent utiliser un tel pouvoir pour nous criminaliser, au moment m&#234;me o&#249; le gouvernement de Xiomara Castro est en train de construire un pouvoir populaire, est la preuve de ce dont nous avons parl&#233; : il ne suffit pas d'avoir la pr&#233;sidence de la R&#233;publique quand il y a une crise institutionnelle qui rend les d&#233;fenseuses et d&#233;fenseurs vuln&#233;rables et les affecte. Nous devenons la cible des institutions pour qu'elles puissent attaquer d'autres organisations sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Honduras est un pays o&#249; r&#232;gne l'impunit&#233;, o&#249; les d&#233;fenseuses et d&#233;fenseurs, m&#234;me avec des mesures de protection, sont assassin&#233;s, comme ce fut le cas pour Berta C&#225;ceres. Je dispose &#233;galement de mesures de protection, mais c'est &#224; moi de me prot&#233;ger, car l'&#201;tat ne me donne aucune garantie, aucune protection.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Honduras est devenu un laboratoire politique apr&#232;s le coup d'&#201;tat de 2009. Mais il y a aussi eu deux autres coups d'&#201;tat qui sont pass&#233;s inaper&#231;us : le coup d'&#201;tat du Congr&#232;s national contre la Cour supr&#234;me de justice le 12 d&#233;cembre 2012 (le &#171; coup d'&#201;tat du 12/12/12 &#187;) et le coup d'&#201;tat &#233;lectoral de 2017. Le Honduras a connu une s&#233;rie de coups d'&#201;tat qui ont d&#233;truit ses institutions. Ce n'est donc pas un hasard s'ils ont engag&#233; des poursuites p&#233;nales contre moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2021, vous avez d&#233;clar&#233; dans une interview qu'&#171; il y a un plan de g&#233;nocide contre le peuple Garifuna. &#187; Pourquoi le g&#233;nocide est-il l'un des outils des puissants, non seulement au Honduras mais dans le monde entier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs crises auxquelles nous sommes confront&#233;s en tant qu'humanit&#233;, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire. La plus importante est la crise environnementale. Le plus gros probl&#232;me pour nous, en tant que peuples, est que les quelques ressources restantes se trouvent dans les r&#233;gions autochtones, dans les r&#233;gions de la population noire, dans les r&#233;gions de nos peuples. Nous sommes confront&#233;s &#224; des entreprises et &#224; des &#201;tats qui r&#233;pondent aux int&#233;r&#234;ts des entreprises priv&#233;es et des soci&#233;t&#233;s internationales. L'intention est de d&#233;truire nos peuples : de cette fa&#231;on, ils pourront s'approprier les quelques ressources qui existent encore dans nos territoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils doivent d&#233;truire les peuples parce qu'il y a de la r&#233;sistance. Pendant plus de cinq si&#232;cles, nous avons v&#233;cu dans ces territoires en utilisant uniquement ce qui est n&#233;cessaire, non pas pour survivre, mais pour vivre. J'ai &#233;t&#233; invit&#233; &#224; donner une conf&#233;rence &#224; des &#233;tudiants et nous avons parl&#233; de comment se mesure la pauvret&#233;. On dit que les autochtones sont pauvres. Pourquoi, s'ils vivent en utilisant seulement ce qui est n&#233;cessaire pour vivre ? Ils sont consid&#233;r&#233;s comme pauvres parce qu'il existe une conception diff&#233;rente de la pauvret&#233; et du d&#233;veloppement. Aujourd'hui, nous sommes confront&#233;s &#224; un mod&#232;le de d&#233;veloppement destructeur pour la nature et pour tous les &#234;tres vivants de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui s'est pass&#233; avec un immense h&#244;tel construit &#224; Bahia de Tela : ils ont d&#233;truit une zone enti&#232;re de grande biodiversit&#233; pour en faire un parcours de golf de 18 trous, o&#249; des millions de litres d'eau sont n&#233;cessaires pour que le terrain de golf reste vert. Ils ont d&#233;truit les fray&#232;res, o&#249; les tortues pondaient leurs &#339;ufs, et les ont recouvertes de goudron. Pour moi, c'est un &#233;cocide. Ils ont fait une terrible campagne publique contre Ofraneh parce qu'ils ont dit que nous &#233;tions contre le d&#233;veloppement. Je pose la question : quel d&#233;veloppement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois cela comme un processus poussant au suicide, m&#234;me si c'est contre nous-m&#234;me que nous sommes pouss&#233;s au suicide en tant qu'&#234;tres humains &#8211; parce que la plan&#232;te Terre va se r&#233;g&#233;n&#233;rer, c'est ce que nous voyons tous les jours. C'est pourquoi je dis qu'il existe, &#224; l'&#233;chelle plan&#233;taire, un processus et une politique de g&#233;nocide contre les peuples qui d&#233;fendent la nature, qui d&#233;fendent les ressources naturelles et la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans cette d&#233;fense de la vie, quel est le r&#244;le des femmes noires et autochtones ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 20 ou 30 ans, nous, les femmes, nous avons guid&#233; la d&#233;fense de nos territoires. Nous ne d&#233;fendons pas seulement notre corps-territoire, nous d&#233;fendons aussi le territoire en g&#233;n&#233;ral. Je me souviens d'un d&#233;bat auquel j'ai particip&#233; sur la question du f&#233;minisme &#171; pur &#187;, c'est-&#224;-dire ce courant f&#233;ministe qui d&#233;fend le corps-corps, mais qui ne s'int&#233;resse pas &#224; la d&#233;fense des ressources naturelles ou d'autres corps. Je me r&#233;jouis que, ces derni&#232;res ann&#233;es, la question de la d&#233;fense du territoire ait &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e par de nombreux mouvements f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, les femmes, nous sommes les premi&#232;res &#224; nous occuper de la maison et des ressources. Combien de femmes doivent marcher des kilom&#232;tres et des kilom&#232;tres pour se procurer un peu d'eau ? Combien de femmes doivent d&#233;fendre les semences ? Nous sommes pr&#233;sentes depuis des si&#232;cles, mais au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, des femmes ont &#233;merg&#233; pour assurer la continuit&#233; de l'humanit&#233;, pour d&#233;fendre l'id&#233;e d'une maison commune pour nos fils et nos filles, afin que ces nouvelles g&#233;n&#233;rations puissent vraiment profiter de ce qui existe, avoir une vie pleine, bien manger, respirer un air pur, profiter de la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors de l'activit&#233; ATALC du mois dernier, vous avez d&#233;clar&#233; que &#171; nous devons nous d&#233;p&#234;cher, non seulement dans l'analyse, mais aussi dans la r&#233;daction de propositions &#187;. Quelles sont les propositions &#224; cr&#233;er ou &#224; faire avancer dans la r&#233;gion de l'Am&#233;rique latine et des Cara&#239;bes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons plus permettre que la construction de ce qui nous revient de droit soit mise entre les mains d'autres personnes. Nous sommes dans une p&#233;riode de consolidation du fascisme. La concentration du pouvoir de ceux qui contr&#244;lent aujourd'hui le syst&#232;me &#233;conomique et politique est si grande qu'elle pousse les gens &#224; quitter leur pays pour aller souffrir dans d'autres pays, dans des conditions extr&#234;mes de violation des droits humains. Que ferons-nous de la question de la migration si nous ne faisons rien pour que les gens restent dans le pays ? Nous avons le droit d'&#233;migrer, mais nous avons aussi le droit de rester dans nos pays, de construire un pays diff&#233;rent. Qu'est-ce que nous construisons petit &#224; petit, &#224; partir des mouvements sociaux, qui nous permette de rompre avec &#231;a et de montrer que nous pouvons le faire, que nous pouvons changer les choses ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Ofraneh, nous d&#233;veloppons un processus d'autonomie et de souverainet&#233; alimentaire &#224; Vallecito, un territoire que nous parvenons petit &#224; petit &#224; lib&#233;rer des mains du trafic de drogue. Nous plantons des cocotiers pour remplacer et nous opposer &#224; la plantation de palmiers &#224; huile, non seulement pour r&#233;tablir le r&#233;gime alimentaire du peuple garifuna, mais aussi pour pallier aux probl&#232;mes de sant&#233;. Nous avons sept centres de sant&#233; ancestraux en activit&#233;, qui dispensent des soins de sant&#233; de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et qui s'engagent &#224; r&#233;cup&#233;rer la m&#233;moire historique de l'utilisation des plantes m&#233;dicinales du peuple garifuna. Nous devons &#234;tre forts pour faire face aux maladies et aux &#233;pid&#233;mies : faire attention &#224; la nourriture, &#224; la fa&#231;on dont nous vivons, &#224; la sant&#233; mentale, &#224; la question de l'eau et de l'air que nous respirons. Nous devons aller bien, et cela signifie &#224; la fois construire et d&#233;construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mouvements de femmes peuvent en faire plus &#224; partir de nos espaces. M&#234;me si nous sommes dans des zones urbaines, nous devons construire des territoires libres et autonomes o&#249; nous pouvons &#234;tre plus humains. La violence &#233;rode la soci&#233;t&#233;, d&#233;truit le tissu social et les communaut&#233;s. Il est essentiel de faire face &#224; la violence, et nous le faisons en g&#233;n&#233;rant de l'amour. Les communaut&#233;s, les quartiers et les villes doivent trouver des moyens de lutter contre la violence et la d&#233;shumanisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233;e par Helena Zelic&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit du portugais par Claire Laribe&lt;br class='autobr' /&gt;
Langue originale : espagnol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://capiremov.org/fr/entrevue/miriam-miranda-il-y-a-un-genocide-contre-nous-peuples-qui-defendons-la-nature/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://capiremov.org/fr/entrevue/miriam-miranda-il-y-a-un-genocide-contre-nous-peuples-qui-defendons-la-nature/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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