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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Pour r&#233;soudre le dilemme de Greta : rompre avec le mod&#232;le &#233;conomique dominant</title>
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		<dc:date>2023-02-07T09:45:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jean-Luc Filion, Louis Desmeules,</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-02-07</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>

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&lt;p&gt;Suite au dossier L'&#201;COSOCIALISME, UNE STRAT&#201;GIE POUR NOTRE TEMPS - Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 28 - Automne 2022 &lt;br class='autobr' /&gt; Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Le film Don't look up[1], avec Leonardo Di Caprio dans le r&#244;le principal, pr&#233;sente une parodie de la situation actuelle concernant la crise climatique. Une catastrophe est annonc&#233;e par les scientifiques, mais on refuse d'agir. Les m&#233;dias se pr&#233;occupent davantage de divertissement que des avertissements de la communaut&#233; scientifique. L'appareil politique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-02-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-02-07&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/greta2-ed9ab.png?1781325679' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite au dossier L'&#201;COSOCIALISME, UNE STRAT&#201;GIE POUR NOTRE TEMPS - Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 28 - Automne 2022&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film Don't look up[1], avec Leonardo Di Caprio dans le r&#244;le principal, pr&#233;sente une parodie de la situation actuelle concernant la crise climatique. Une catastrophe est annonc&#233;e par les scientifiques, mais on refuse d'agir. Les m&#233;dias se pr&#233;occupent davantage de divertissement que des avertissements de la communaut&#233; scientifique. L'appareil politique corrompu est incapable de r&#233;pondre &#224; l'urgence : cette com&#233;die noire illustre un peu ce que nous vivons. En effet, selon le dernier rapport du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC), nous nous dirigeons tout droit vers la catastrophe. Devant cela, la jeune Greta Thunberg refuse de baisser les bras et r&#233;clame de v&#233;ritables actions concr&#232;tes. Pourquoi les gens ne coop&#232;rent-ils pas pour faire changer les choses ? Pourquoi ne faisons-nous rien malgr&#233; tous ces avertissements ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce que Kaushik Basu, ancien &#233;conomiste en chef &#224; la Banque mondiale, tente d'expliquer par ce qu'il appelle le &#171; dilemme &#187; de Greta. Il s'efforce d'&#233;clairer nos comportements face &#224; la crise &#224; la lumi&#232;re de th&#233;ories &#233;conomiques qui &#233;vitent cependant toute rupture avec le mod&#232;le &#233;conomique dominant. Selon Basu, &#171; si nous avons raison de nous inqui&#233;ter que les dirigeants n'en fassent pas assez &#224; la COP26, nous devons &#233;galement &#234;tre conscients qu'il y a un probl&#232;me scientifique sur cette question. &#192; propos des changements climatiques et d'autres questions, nous devons comprendre le jeu social et &#233;conomique que nous jouons, et essayer de modifier ses r&#232;gles afin que nos intentions morales individuelles soient mieux refl&#233;t&#233;es dans les r&#233;sultats collectifs[2] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et si le probl&#232;me &#233;tait mal pos&#233; ? S'il ne concernait pas nos actions individuelles, mais le syst&#232;me &#233;conomique dans son ensemble ? Comme l'affirment Legault, Theurillat-Cloutier et Savard dans Pour une &#233;cologie du 99 %[3], nous avons de bonnes raisons de croire que le capitalisme est incompatible avec la pr&#233;servation de la vie humaine sur terre. Il convient d'abord de montrer les limites des solutions qui passent, notamment, par un march&#233; du carbone et insister plut&#244;t sur l'importance d'une v&#233;ritable d&#233;mocratisation de l'&#233;conomie. Pour ce faire, il faudra d&#233;laisser la th&#233;orie des jeux et les autres th&#233;ories &#233;conomiques qui ne remettent pas en cause les fondements de l'ordre destructeur du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un march&#233; du carbone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire la transition vers une &#233;conomie &#224; faible &#233;mission de carbone, la COP26 mise sur une mobilisation du capital. En se d&#233;fendant de faire la promotion du blanchiment d'argent, on croit sinc&#232;rement &#224; la possibilit&#233; que le capital puisse permettre de faire une v&#233;ritable transition &#233;cologique d'ici 2050. On esp&#232;re ainsi d&#233;carboniser le march&#233; tout en pr&#233;servant les structures &#233;conomiques actuelles. C'est ce que l'&#233;conomiste Marianna Mazzucato, cit&#233;e par Basu, d&#233;fend dans ses nouvelles th&#233;ories &#233;conomiques. Il s'agit d'encourager certains comportements en utilisant les taxes et les imp&#244;ts. L'&#201;tat est vu comme outil servant &#224; fa&#231;onner le march&#233; : la fiscalit&#233; pourrait ainsi servir, selon Mazzucato, de gouvernail pour effectuer la transition souhait&#233;e et s'attaquer &#224; la crise climatique. Pour l'autrice, le socialisme est d&#233;pourvu de sens pratique et le capitalisme est l&#224; pour de bon. Tout se passe comme si notre syst&#232;me &#233;conomique ne faisait pas partie du probl&#232;me, comme s'il suffisait de changer des r&#232;gles en surface sans changer de mod&#232;le &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements de surface n'emp&#234;cheront pas les multinationales de s'en tirer &#224; bon compte. Comme le notent Legault, Theurillat-Cloutier et Savard : &#171; Le march&#233; du carbone est non seulement inefficace, mais dangereux. M&#234;me s'il r&#233;ussissait vraiment &#224; r&#233;duire significativement les &#233;missions (ce qui n'est pas le cas actuellement), il resterait difficile &#224; comprendre pour le commun des mortels, sujet &#224; la sp&#233;culation et &#224; la fraude et, enfin, injuste pour la majorit&#233;, en particulier pour les habitants du Sud[4] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme, qui ne peut survivre sans exploitation, profit, accumulation et production sans fin, est incompatible avec la production d'&#233;nergie renouvelable et la d&#233;croissance. &#171; Pour ce qui est des r&#233;serves de p&#233;trole qui doivent &#234;tre laiss&#233;es sous terre, il faudrait que les multinationales acceptent de rayer pr&#232;s de 27 000 milliards de dollars de leurs actifs, soit pr&#232;s de 10 fois le PIB du Royaume-Uni. Faire cela sans planification de l'&#233;conomie provoquerait une crise &#233;conomique et sociale explosive. Cette planification est impossible sans rompre avec la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de ces infrastructures. Cela signifie s'attaquer &#224; un des piliers du syst&#232;me capitaliste[5]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc poser le probl&#232;me autrement, &#224; l'ext&#233;rieur du cadre &#233;conomique actuel, parce que c'est pr&#233;cis&#233;ment ce cadre qui pose probl&#232;me. Comme l'a not&#233; Kovel, le capitalisme n'est pas un syst&#232;me rationnel neutre, compos&#233; d'acteurs libres de leurs choix. C'est un syst&#232;me de domination qui exploite le travail et qui est incompatible avec la protection de l'environnement[6]. Pour changer notre fa&#231;on de produire, il faut donc quitter le mode de production actuel. &#171; Cela implique que l'on travaille &#224; constituer un mouvement politique anticapitaliste au sein de coop&#233;ratives de travail, de syndicats locaux, d'associations &#233;tudiantes, de groupes &#233;cologistes et communautaires[7]. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sortir du cadre restreint de la th&#233;orie des jeux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable th&#233;orie critique doit aussi bien d&#233;crire les circonstances et les causes de notre ali&#233;nation que d'indiquer les chemins qui lib&#232;rent. Or, la plupart des &#233;conomistes s'inspirant de la th&#233;orie des jeux cherchent &#224; donner un verni scientifique, soi-disant neutre, &#224; leur motivation profonde pour justifier le statu quo. L'explication de l'inaction en mati&#232;re de justice climatique &#224; l'&#233;chelle des relations internationales propos&#233;e par certains &#233;conomistes n'&#233;chappe pas &#224; cette logique du &#171; apr&#232;s moi le d&#233;luge &#187;. Si nous souhaitons aller dans le sens d'une critique &#233;mancipatrice, nous ne pouvons plus s&#233;rieusement pr&#233;tendre nous en tenir &#224; des mod&#232;les inspir&#233;s de la th&#233;orie des jeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que cette th&#233;orie, &#233;labor&#233;e dans le contexte de la guerre froide, fait la promotion d'une vision solipsiste du social[8]. En effet, la plupart des mod&#232;les de jeu utilis&#233;s dans diverses exp&#233;rimentations, r&#233;elles ou fictives, r&#233;duisent la personne humaine &#224; l'&#233;tat de monade, calculatrice de ses int&#233;r&#234;ts, engag&#233;e dans une lutte sans merci pour la victoire. Cette vision de la personne humaine a une incidence sur les sch&#233;mas appliqu&#233;s aux probl&#232;mes de d&#233;cisions collectives que les &#233;conomistes comme Basu cherchent &#224; interpr&#233;ter. Pour formaliser les probl&#232;mes de d&#233;cisions collectives, ils doivent les r&#233;duire &#224; des configurations finies et &#224; des causalit&#233;s proximales. Or, cette double r&#233;duction bloque toute possibilit&#233; de tenir compte des valeurs, conceptions de la justice concurrentes, normes, id&#233;ologies, identit&#233;s, qui structurent des syst&#232;mes de domination et d'exploitation dont la description et la d&#233;nonciation ne sont pas mod&#233;lisables dans un jeu formel. L'horizon spatio-temporel et id&#233;ologique d&#233;terminant en grande partie le monde v&#233;cu par les acteurs du &#171; jeu social &#187; se trouve ainsi d&#233;pouill&#233; de tout ce qui compte pour parvenir &#224; s'entendre sur le diagnostic des circonstances qui nous asservissent et les moyens &#224; notre disposition pour nous en lib&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple devenu classique de la &#171; trag&#233;die des communs[9] &#187; pour mieux comprendre l'aporie dans laquelle nous nous trouvons lorsque nous tentons d'utiliser la th&#233;orie des jeux pour expliquer un probl&#232;me &#224; la fois &#233;conomique et &#233;cologique. Nous devons la version originale de cette exp&#233;rience de pens&#233;e devenue c&#233;l&#233;brissime au biologiste Garrett Hardin. Depuis plus de 50 ans, l'influence de cette exp&#233;rience de pens&#233;e formul&#233;e en 1968 ne faiblit pas. Elle a &#233;t&#233; utilis&#233;e dans l'ensemble des sciences sociales et a donn&#233; lieu &#224; plusieurs variantes inspir&#233;es de la th&#233;orie des jeux[10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Examinons une variante de cette &#171; trag&#233;die des communs[11] &#187;. Imaginons que nous sommes tous des producteurs laitiers, partageant une parcelle de terrain. Si nous faisons tous pa&#238;tre nos vaches de 9 h &#224; 17 h, cinq jours par semaine, l'herbe aura assez de temps pour r&#233;cup&#233;rer, nos vaches auront assez &#224; manger et nous pourrons continuer &#224; utiliser cette parcelle de terre pour de nombreuses ann&#233;es &#224; venir. Parce que toutes nos vaches arrivent pour manger en m&#234;me temps et partent en m&#234;me temps, toutes re&#231;oivent leur juste part. Mais supposons qu'un agriculteur d&#233;cide de faire pa&#238;tre ses vaches &#224; 8 h plut&#244;t qu'&#224; 9 h. Au moment o&#249; le reste d'entre nous aura amen&#233; ses vaches au p&#226;turage, ces derni&#232;res auront mang&#233; plus d'herbe qu'elles ne le feraient normalement ; le reste des vaches ne mangent pas autant. Ainsi, les autres agriculteurs commencent &#224; amener leurs vaches &#224; 8 h, puis &#224; 7 h, puis 6 h, et ainsi de suite. Nous aurons tous des vaches plus grasses et en meilleure sant&#233;, mais bient&#244;t, l'herbe n'aura pas le temps de r&#233;cup&#233;rer, et finalement, nous aurons d&#233;truit le p&#226;turage commun. Sans herbe, toutes les vaches mourront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme cette exp&#233;rience de pens&#233;e met en relief des enjeux &#233;vidents de coordination, de comp&#233;tition et de coop&#233;ration dans un contexte o&#249; les ressources disponibles sont limit&#233;es, il n'est pas si &#233;tonnant qu'elle ait &#233;t&#233; reprise dans une myriade de travaux portant sur les d&#233;cisions collectives dans le contexte de la crise &#233;cologique. Le g&#233;ographe David Harvey notait d&#233;j&#224; il y a une dizaine d'ann&#233;es[12] qu'il ne comptait plus les fois qu'il avait vu l'article de Hardin cit&#233; comme un argument irr&#233;futable de la sup&#233;riorit&#233; du libre march&#233; pour une gestion saine des ressources sur la propri&#233;t&#233; commune. Car c'est bel et bien l'une des interpr&#233;tations dominantes de la &#171; trag&#233;die des communs &#187; : plusieurs tenants du n&#233;olib&#233;ralisme se sont saisis de l'exp&#233;rience de pens&#233;e pour illustrer les risques d'une propri&#233;t&#233; commune des ressources. La solution n&#233;olib&#233;rale &#224; la &#171; trag&#233;die des communs &#187; : la privatisation de l'herbe ! Les &#233;conomistes n&#233;oclassiques ont ainsi pu formaliser le tout dans un mod&#232;le inspir&#233; de la th&#233;orie des jeux et le tout devint &#171; scientifique &#187;. Or, comme le souligne &#224; juste titre Harvey, cette fa&#231;on de poser et d'interpr&#233;ter le probl&#232;me occulte compl&#232;tement l'une des causes &#233;videntes de la trag&#233;die : la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des vaches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'utilisation d'une telle exp&#233;rience de pens&#233;e par certains &#233;conomistes pour expliquer l'impasse de la crise climatique vise trop souvent &#224; d&#233;plorer les int&#233;r&#234;ts &#233;go&#239;stes des individus cupides ou &#224; envisager des r&#233;formes pour verdir le capitalisme. Il s'agit bien &#233;videmment d'un faux dilemme. Le cadre limit&#233; de la &#171; trag&#233;die des communs &#187; dans le temps et dans l'espace nous emp&#234;che de voir qu'&#224; l'&#233;chelle du globe et selon une &#233;chelle temporelle beaucoup plus &#233;tendue, les interactions sociales, politiques, &#233;conomiques et &#233;cologiques ne produisent pas les m&#234;mes effets que dans un &#171; p&#226;turage &#187;. Une telle exp&#233;rience de pens&#233;e a peut-&#234;tre le m&#233;rite d'exhiber certains &#233;l&#233;ments d'un probl&#232;me que nous n'aurions pu percevoir autrement, mais elle ne peut se substituer &#224; une v&#233;ritable mise en r&#233;cit par les historiens et les sociologues du d&#233;bat d&#233;mocratique impliquant des valeurs, identit&#233;s, normes et id&#233;ologies conflictuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne coop&#233;rons pas parce que nous sommes prisonniers d'un ordre &#233;conomique dont il nous faut imp&#233;rativement nous lib&#233;rer. C'est une v&#233;ritable t&#226;che collective de reconstruction et non celle d'acteurs isol&#233;s, prisonniers de leurs contradictions, dirait Marx, qui tentent de m&#233;nager la ch&#232;vre et le chou dans un jeu absurde. Pour paraphraser, Greta Thunberg : &#171; L'espoir ce n'est pas du bla-bla-bla, l'espoir c'est dire la v&#233;rit&#233;, c'est agir et &#231;a doit venir du peuple &#187;. Ainsi, les solutions pens&#233;es dans le cadre &#233;troit de l'&#233;conomie n&#233;olib&#233;rale ne nous seront d'aucun secours pour faire face ensemble aux d&#233;fis de la crise climatique. Il faut repenser le probl&#232;me plus largement en changeant notre mode de production et l'orientation donn&#233;e &#224; nos soci&#233;t&#233;s. Comme l'ont not&#233; Legault, Theurillat-Cloutier et Savard :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne se d&#233;barrassera pas de la consommation marchande et de ses cons&#233;quences &#233;cologiques en posant un jugement de haut sur les achats de nos voisins. On le fera en remettant en question la production dirig&#233;e par les capitalistes. On le fera en donnant acc&#232;s &#224; des moyens d'autosubsistance, en d&#233;mocratisant l'&#233;conomie et en cherchant &#224; nous d&#233;faire de la n&#233;cessit&#233; du travail salari&#233;[13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Louis Desmeules, Jean-Luc Filion, professeurs de philosophie au C&#233;gep de Sherbrooke&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Don't look up, film r&#233;alis&#233; par Adam McKay, 138 min., 2021. &lt;br class='autobr' /&gt;
2. Kaushik Basu, &#171; Glasgow, Greta et les bonnes intentions &#187;, La Presse, 30 octobre 2021. &#8593;&lt;br class='autobr' /&gt;
3. Fr&#233;d&#233;ric Legault, Arnaud Theurillat-Cloutier et Alain Savard, Pour une &#233;cologie du 99 %. 20 mythes &#224; d&#233;boulonner sur le capitalisme, Montr&#233;al, &#201;cosoci&#233;t&#233;, 2021. &lt;br class='autobr' /&gt;
4. Legault, Theurillat-Cloutier, Savard, ibid., p. 133. &lt;br class='autobr' /&gt;
5. Ibid., p. 113. &lt;br class='autobr' /&gt;
6. Joel Kovel, The Enemy of Nature. The End of Capitalism or the End of the World ?, Londres/New York, Zed Books, 2007. &lt;br class='autobr' /&gt;
7. Legault, Theurillat-Cloutier, Savard., op. cit., p. 259. &lt;br class='autobr' /&gt;
8. Fabien Locher, &#171; Les p&#226;turages de la Guerre froide : Garrett Hardin et la &#8220;Trag&#233;die des communs&#8221; &#187;, 9. Revue d'histoire moderne et contemporaine, n&#176; 60-1, 2013, p. 24. &lt;br class='autobr' /&gt;
10. Garrett Hardin, &#171; The tragedy of the commons &#187;, Science, vol. 162, 13 d&#233;cembre 1968, p. 1243-1248. &lt;br class='autobr' /&gt;
11. Pour l'histoire d&#233;taill&#233;e de l'influence de l'article de Hardin, voir Locher, op. cit. &lt;br class='autobr' /&gt;
12. Nous empruntons cette formulation de la &#171; trag&#233;die des communs &#187; &#224; Clancy Martin, Moral 13. Decision Making. How to Approach Everyday Ethics, Chantilly (Virginie), The Great Courses, 2014, p. 41-42. &lt;br class='autobr' /&gt;
13. David Harvey, &#171; The future of the commons &#187;, Radical History Review, n&#176; 109, 2011, p. 101. &lt;br class='autobr' /&gt;
Legault, Theurillat-Cloutier et Savard, op. cit. p. 39.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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