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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Bernie Sanders en embuscade</title>
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		<dc:date>2016-11-15T08:07:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benito P&#233;rez (Le Courrier)</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-08</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection de Donald Trump</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection de Donald Trump</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;S'il fait campagne pour Hillary Clinton, l'ex-candidat pr&#233;pare surtout l'apr&#232;s-8 novembre. L'alternative na&#238;tra-t-elle au sein des d&#233;mocrates ou des Verts de la pugnace Jill Stein ? &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du journal Le Courrier (Suisse). &lt;br class='autobr' /&gt;
Ses adversaires le savent : Bernie Sanders n'est pas de ceux qui renoncent facilement. Candidat malheureux lors de la primaire d&#233;mocrate, le s&#233;nateur du Vermont n'a pas dit son dernier mot et rappelle aux d&#233;faitistes que &#171; la politique ne s'arr&#234;te pas au soir de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Election-de-Donald-Trump-1275-+" rel="tag"&gt;&#201;lection de Donald Trump&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton28503-7389f.jpg?1781475205' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;S'il fait campagne pour Hillary Clinton, l'ex-candidat pr&#233;pare surtout l'apr&#232;s-8 novembre. L'alternative na&#238;tra-t-elle au sein des d&#233;mocrates ou des Verts de la pugnace Jill Stein ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du journal &lt;a href=&#034;http://www.lecourrier.ch/143967/bernie_sanders_en_embuscade&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Courrier&lt;/a&gt; (Suisse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses adversaires le savent : Bernie Sanders n'est pas de ceux qui renoncent facilement. Candidat malheureux lors de la primaire d&#233;mocrate, le s&#233;nateur du Vermont n'a pas dit son dernier mot et rappelle aux d&#233;faitistes que &#171; la politique ne s'arr&#234;te pas au soir de l'&#233;lection &#187;. Alors qu'il a fait activement campagne en faveur de Hillary Clinton, le socialiste r&#233;fl&#233;chit d&#233;j&#224; &#224; comment poursuivre sa petite r&#233;volution politique apr&#232;s le scrutin du 8 novembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une contre-attaque en vue, donc, dont le Vermontois est d&#233;j&#224; pr&#234;t &#224; d&#233;livrer l'ordre de marche : un livre de plus de 400 pages, qui sera publi&#233; la semaine suivant l'&#233;lection du ou de la nouvelle pr&#233;sidente. Intitul&#233; Notre r&#233;volution : un futur auquel croire, l'ouvrage reviendra notamment, selon son &#233;diteur Thomas Dunne, sur le d&#233;roulement de la campagne des primaires et sur les id&#233;es que M. Sanders entend continuer &#224; d&#233;fendre dans l'ar&#232;ne politique am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alliance de circonstances&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car ce sont les id&#233;es, et non les personnes, qui importent le plus aux yeux du s&#233;nateur ind&#233;pendant. Accus&#233; par ses supporters de s'&#234;tre trop acoquin&#233; avec la campagne Clinton depuis la fin des primaires, Bernie Sanders a plaid&#233; pour le pragmatisme lors d'une longue interview publi&#233;e dans The Nation : &#171; Je ne dis pas que Hillary Clinton est fantastique sur tous les enjeux. Je dis que sur beaucoup de questions, ses id&#233;es sont progressistes, et que l&#224; o&#249; elles ne le sont pas, nous la pousserons apr&#232;s l'&#233;lection pour qu'elles le deviennent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait donc moins un ralliement qu'une alliance de circonstances que Bernie Sanders aurait consenti envers la candidate d&#233;mocrate, pour laquelle il a encha&#238;n&#233; les meetings &#233;lectoraux cet automne. Les circonstances, en l'occurrence, sont que &#171; l'&#233;lection de Donald Trump serait un d&#233;sastre &#187;, souligne-t-il. Le Vermontois affirme toutefois que, la pr&#233;sidentielle pass&#233;e, il entend bien reprendre son insurrection socialiste. Sa campagne des primaires n'aurait donc constitu&#233; que le premier s&#233;isme d'un plus grand mouvement tectonique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'assaut du S&#233;nat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;pliques, d'ailleurs, commencent d&#233;j&#224; &#224; secouer l'ar&#232;ne politique am&#233;ricaine : Russ Feingold, ancien s&#233;nateur du Wisconsin en passe de reconqu&#233;rir son si&#232;ge, a en effet propos&#233; la formation autour de Bernie Sanders d'un bloc r&#233;solument progressiste au S&#233;nat. Celui-ci regrouperait autour d'un programme commun des l&#233;gislateurs de gauche comme Elizabeth Warren, du Massachussetts, Sherrod Brown, de l'Ohio, ou Jeff Merkley, de l'Oregon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seul s&#233;nateur &#224; avoir vot&#233; contre le Patriot Act en 2001, Russ Feingold est aussi connu comme un grand d&#233;tracteur du syst&#232;me de financement des campagnes. Son retour au Congr&#232;s, moyennant d'autres victoires d&#233;mocrates en Indiana ou en Caroline du Nord notamment, pourrait marquer une petite reconqu&#234;te du S&#233;nat par la gauche cet automne. L'enjeu principal : saper le pouvoir d'obstruction des R&#233;publicains, qui contr&#244;lent les deux chambres l&#233;gislatives depuis d&#233;but 2015. Mais pas uniquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir depuis le bas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence d'un bloc progressiste au Congr&#232;s permettrait aussi d'exercer une pression sur une &#233;ventuelle administration Clinton et plus g&#233;n&#233;ralement sur l'establishment d&#233;mocrate. L'objectif, comme l'a &#233;nonc&#233; &#224; plusieurs reprises Bernie Sanders, sera de les astreindre au programme adopt&#233; cet &#233;t&#233; lors de la convention nationale du parti. Les partisans du Vermontois, r&#233;unis &#224; Philadelphie parmi quelques 4700 d&#233;l&#233;gu&#233;s venus de tous les Etats, y avaient arrach&#233; l'introduction de mesures audacieuses, en mati&#232;re sociale notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas uniquement depuis Washington que M. Sanders entend poursuivre son mouvement : le groupe d'action politique qu'il a lanc&#233; apr&#232;s les primaires, &#171; Our Revolution &#187;, travaille en effet &#224; faire &#233;lire une multitude de repr&#233;sentants locaux, dans les l&#233;gislatures d'Etat ou les mairies. En mobilisant, formant et finan&#231;ant ainsi de petits candidats &#224; travers tout le pays, le groupe entend forger une nouvelle force de gauche &#171; depuis le bas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semer les graines&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont plus d'une centaine &#224; faire actuellement campagne sous la banni&#232;re d'&#171; Our Revolution &#187;. Parmi eux, bon nombre de membres des minorit&#233;s ethniques, mais surtout de millenials, une g&#233;n&#233;ration que les d&#233;mocrates peinent &#224; s&#233;duire. S'ils percent, ce seront autant de petits bastions progressistes qui bourgeonneront d'Etat en Etat. S'ils pers&#233;v&#232;rent, ce seront autant de candidats qui brigueront d'ici quelques ann&#233;es des postes de gouverneurs ou des si&#232;ges au Congr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A 74 ans, Bernie Sanders semble avoir compris que sa carri&#232;re seule ne suffira pas &#224; faire aboutir sa &#171; r&#233;volution &#187;. Il parait donc avoir opt&#233; pour un pari de plus long terme : semer les graines en terre fertile, et laisser le temps faire son &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En lien avec cet article : &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Echecs d&#233;mocratiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La partie jou&#233;e pour remporter la pr&#233;sidence &#233;tasunienne aura r&#233;serv&#233; son lot de surprises aux plus fins strat&#232;ges. Un suspense pas vraiment &#224; la hauteur du r&#233;sultat final : que Donald Trump ou Hillary Clinton gagne, l'argent l'aura emport&#233; sur la d&#233;mocratie. Pour approcher des fatidiques 270 &#171; grands &#233;lecteurs &#187; n&#233;cessaires &#224; leur &#233;lection, tous deux ont lev&#233; d'invraisemblables ...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;troite troisi&#232;me voie de Jill Stein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a commenc&#233; sa campagne dans le silence des m&#233;dias. Le ph&#233;nom&#232;ne &#171; Bernie &#187;, puis le duel Hillary Clinton-Donald Trump semblaient boucher tout horizon &#224; l'&#233;nergique Jill Stein. Mais la t&#233;nacit&#233; de l'&#233;cologiste a fini par payer. Avec 2% &#224; 4% des intensions de vote, la militante de Chicago est assur&#233;e de faire bien mieux que ses 0,36% de 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s &#224; gauche m&#234;me pour le Green Party, Jill Stein r&#234;vait encore cet &#233;t&#233; d'enr&#244;ler Bernie Sanders dans sa conqu&#234;te de la Maison Blanche. Mais le s&#233;nateur du Vermont a pr&#233;f&#233;r&#233; poursuivre son travail au sein du Parti d&#233;mocrate (lire ci-dessus) et donc appuyer son ancienne adversaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une candidate d&#233;mocrate &#224; laquelle Jill Stein r&#233;serve la plupart de ses fl&#232;ches. &#171; Hillary Clinton, c'est la reine du volte-face &#187;, accuse-t-elle, incr&#233;dule devant le discours gauchis&#233; de l'ex-secr&#233;taire d'Etat. A chaque micro, elle rappelle le soutien des Clinton aux accords de libre-&#233;change, &#224; la d&#233;r&#233;gulation de Wall Street, &#224; l'invasion de l'Irak, aux &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Hillary, la reine du volte-face&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle pointe en particulier sa politique &#233;trang&#232;re. Avec le soutien de quelques propagandistes de choix &#8211; Viggo Mortensen, Susan Sarandon ou encore Oliver Stone &#8211;, elle met en garde contre &#171; le risque tr&#232;s &#233;lev&#233; d'une guerre nucl&#233;aire avec la Russie &#187;. Jugeant la progression de l'OTAN vers l'est de l'Europe plus dangereuse que la propre politique de Vladimir Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inaudible pour la majorit&#233; des Etasuniens, ce discours s&#233;duit pourtant une fraction significative des 12 millions de partisans de Bernie Sanders. De la tr&#232;s marxiste International Socialist Organization jusqu'&#224; des jeunes inorganis&#233;s ayant peu appr&#233;ci&#233; le ralliement de leur h&#233;ros socialiste &#224; &#171; la repr&#233;sentante de Wall Street &#187;. Les sondages indiquent qu'une moiti&#233; des 18-30 ans ayant soutenu &#171; Bernie &#187; refuseraient de voter pour Hillary Clinton. Preuve que la pression au &#171; vote utile &#187; n'est pas si forte, en particulier hors des &#171; swing states &#187;, ces Etats h&#233;sitants qui devraient d&#233;partager les deux favoris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une candidate qui sait galvaniser ses auditoires&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si elle n'a pas l'audience m&#233;diatique d'un Ralph Nader, candidat du Green Party des ann&#233;es 1996 et 2000, Jill Stein sait galvaniser ses auditoires autour de th&#232;mes centraux pour la gauche &#233;tasunienne que sont les droits des femmes, ceux des minorit&#233;s ethniques ou la d&#233;fense de l'environnement. Au risque de se couper des plus l&#233;galistes, y compris au sein des Verts, Jill Stein aime entretenir une image d'ardente activiste. Depuis septembre, elle fait face &#224; une inculpation pour &#171; vandalisme &#187; apr&#232;s une manifestation au Dakota du Nord contre un pipeline contest&#233; par une communaut&#233; autochtone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des orientations qui ont la sympathie de Rose M. Brewer, professeure en Afro American et African Studies &#224; l'Universit&#233; du Minnesota. Proche de Black Lives Matter, elle a observ&#233; les campagnes de Bernie Sanders puis de Jill Stein d'un &#339;il plut&#244;t amical. Mais si l'un est jug&#233; trop insouciant quant &#224; l'injustice qui touche les minorit&#233;s, l'autre demeure d&#233;connect&#233;e des classes populaires, regrette-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'auraient-ils pu, d&#232;s lors, faire cause commune dans cette campagne ? Impossible, r&#233;plique Bhaskar Sunkara : &#171; Comment imaginer que Bernie Sanders abandonne un parti de masse &#224; large spectre qu'il a presque s&#233;duit pour une formation marginale, elle-m&#234;me divis&#233;e ? &#187; fait mine d'interroger le journaliste et directeur du magasine de gauche Jacobin. &#171; Le moment de Jill Stein n'est pas arriv&#233;, rench&#233;rit Rose M. Brewer, mais le futur grand parti de gauche dont l'Am&#233;rique a besoin comprendra tant le Green Party que Bernie Sanders &#187;, parie-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benito Perez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Membres de la g&#233;n&#233;ration Y, enfants de l'&#226;ge num&#233;rique n&#233;s apr&#232;s 1980.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syriza : &#171; Pas de sacrifices pour l'euro &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syriza-Pas-de-sacrifices-pour-l-euro</link>
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		<dc:date>2015-06-02T07:54:37Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benito P&#233;rez (Le Courrier)</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Courrier, 27-5-2015 &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;put&#233;e de Syriza Afroditi Stampouli pense qu'un accord avec les cr&#233;anciers est encore possible : &#171; Une rupture serait tout aussi n&#233;faste pour l'Europe. &#187; De passage &#224; Gen&#232;ve, la d&#233;put&#233;e de Syriza Afroditi Stampouli d&#233;crit quatre mois d'avanc&#233;es sociales. Elle voit dans l'attitude des cr&#233;anciers une &#171; attaque contre les travailleurs de toute l'Europe &#187;. M&#233;decin engag&#233;e, forg&#233;e dans la grande lutte estudiantine de 1979, Afroditi Stampouli participe &#224; l'aventure de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-la-Grece-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-06-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-06-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH146/arton22366-7d609.png?1782050875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Courrier, 27-5-2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;put&#233;e de Syriza Afroditi Stampouli pense qu'un accord avec les cr&#233;anciers est encore possible : &#171; Une rupture serait tout aussi n&#233;faste pour l'Europe. &#187; De passage &#224; Gen&#232;ve, la d&#233;put&#233;e de Syriza Afroditi Stampouli d&#233;crit quatre mois d'avanc&#233;es sociales. Elle voit dans l'attitude des cr&#233;anciers une &#171; attaque contre les travailleurs de toute l'Europe &#187;. M&#233;decin engag&#233;e, forg&#233;e dans la grande lutte estudiantine de 1979, Afroditi Stampouli participe &#224; l'aventure de Syriza depuis sa fondation en 2004. Militante f&#233;ministe, syndicaliste, altermondialiste de la premi&#232;re heure, la native de Serres, dans le nord de la Gr&#232;ce, si&#232;ge au Parlement national depuis 2012. Ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233;e de faire un crochet ce week-end par Gen&#232;ve, &#233;tape de la quatri&#232;me Marche mondiale des femmes, qu'elle accompagne depuis son d&#233;part le 8 mars au Kurdistan. Pour Le Courrier, Mme Stampouli revient sur les quatre premiers mois de pouvoir de Syriza.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Votre deuxi&#232;me mandat de d&#233;put&#233;e, d&#233;but&#233; en f&#233;vrier dernier, doit &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rent du premier : comment vit-on la responsabilit&#233; de gouverner la Gr&#232;ce dans un contexte si difficile ?	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli&lt;/strong&gt; : Cela change tout, en effet. Si nous conservons une fonction de contr&#244;le du gouvernement, notre r&#244;le est surtout de proposer des lois. Or l'application de notre programme n&#233;cessite beaucoup de modifications l&#233;gislatives. Notre premi&#232;re t&#226;che a &#233;t&#233; de r&#233;pondre &#224; la crise humanitaire. D&#233;sormais, l'alimentation, le logement et l'&#233;lectricit&#233; sont garantis. Nous avons aussi vot&#233; une loi pour l'humanisation des prisons. Par manque de place, des milliers de d&#233;tenus &#233;taient enferm&#233;s dans des conditions d&#233;plorables au sein des commissariats ou autres cellules d'urgence. En diminuant la dur&#233;e des peines, nous avons pu d&#233;sengorger les prisons. Nous avons aussi mis en application une loi &#171; oubli&#233;e &#187;, qui permet de lib&#233;rer les toxicomanes incarc&#233;r&#233;s s'ils s'engagent dans un programme de sevrage. Concernant l'&#233;ducation, nous avons &#233;limin&#233; des r&#232;gles qui limitaient le droit &#224; l'&#233;ducation sup&#233;rieure. L'acc&#232;s &#224; l'universit&#233; est facilit&#233; pour les &#233;l&#232;ves du secondaire venant de milieux modestes. Et il est &#224; nouveau possible de reprendre des &#233;tudes &#224; tout moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question sanitaire vous pr&#233;occupe particuli&#232;rement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Oui, car l'aust&#233;rit&#233; a provoqu&#233; une grave crise, faisant exploser le taux de mortalit&#233;, selon une &#233;tude publi&#233; par The Lancet, avec des cons&#233;quences grandissantes sur l'esp&#233;rance de vie. Beaucoup de personnes ont perdu leur couverture maladie en tombant au ch&#244;mage, c'est pourquoi nous avons instaur&#233; le principe d'une couverture m&#233;dicale sans crit&#232;re de ressources. Nous avons aussi supprim&#233; la taxe de prise en charge hospitali&#232;re. Au niveau du personnel, nous pr&#233;voyons d'engager quelque 4500 soignants pour redoter les h&#244;pitaux dans lesquels les d&#233;parts &#224; la retraite n'&#233;taient plus compens&#233;s. Et les travailleurs de la sant&#233; ont pu recevoir leurs arri&#233;r&#233;s de salaire pour les gardes effectu&#233;es depuis 2012. Enfin, nous avons bon espoir de parvenir &#224; un accord avec les entreprises pharmaceutiques pour faire baisser le prix des m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et en mati&#232;re &#233;conomique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Pour relancer l'&#233;conomie, nous avons pr&#233;vu un m&#233;canisme de remboursement &#233;tag&#233; des charges sociales, afin de faire rentrer l'argent mais aussi afin de permettre la r&#233;int&#233;gration dans le syst&#232;me, sans p&#233;nalit&#233;, des petites entreprises et des ind&#233;pendants qui ne parvenaient plus &#224; payer. Plus largement, nous cherchons &#224; r&#233;partir diff&#233;remment la charge fiscale, faisant contribuer davantage ceux qui ont profit&#233; de la crise et soulageant les autres. Nous avons aussi r&#233;embauch&#233; les fonctionnaires qui avaient &#233;t&#233; licenci&#233;s au m&#233;pris de la Constitution. Par exemple, nous avons rouvert la radio-t&#233;l&#233;vision nationale, lui r&#233;attribuant tous ses canaux, r&#233;gionaux notamment. Le pr&#233;c&#233;dent gouvernement en avait fait une toute petite structure centralis&#233;e, histoire de mieux la contr&#244;ler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous aviez aussi promis de fiscaliser l'Eglise et d'&#233;conomiser sur l'arm&#233;e. Avez-vous renonc&#233; &#224; ces mesures ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Non. Elles ne sont pas abandonn&#233;es mais tout d'abord nous nous attelons &#224; faire rentrer les imp&#244;ts de ceux qui devraient payer mais ne paient pas, comme certains grands entrepreneurs. L'Europe vous emp&#234;che quand m&#234;me d'appliquer une partie de votre programme, comme le rel&#232;vement du salaire minimum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gouvernements n&#233;olib&#233;raux europ&#233;ens exigent que l'on abaisse les rentes des retrait&#233;s et refusent qu'on augmente le salaire minimum. Mais, pour nous, il s'agit des lignes rouges &#224; ne pas franchir. La loi pr&#233;voyant la hausse du salaire minimum &#224; 751 euros et qui restaure les conventions collectives sera vot&#233;e d'ici &#224; une ou deux semaines. Certains pensent que les Grecs travaillent moins que les autres et qu'ils peuvent prendre leur retraite &#224; 50 ans. C'est faux, &#233;videmment. Les chiffres d'Eurostat attestent que les Grecs travaillent plus d'heures et de jours que la moyenne europ&#233;enne. Quant &#224; la retraite, presque tous les Grecs la prennent apr&#232;s 60 ans. Cette l&#233;gende vient du fait qu'il y a des secteurs &#224; part, comme celui des banques, o&#249; l'on partait plus t&#244;t, mais c'&#233;taient les employeurs qui &#233;taient demandeurs, afin d'embaucher des employ&#233;s moins chers.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment expliquez-vous que les cr&#233;anciers insistent tant sur la baisse des revenus des Grecs si leur but est d'&#234;tre rembours&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Le souci des gouvernements n&#233;olib&#233;raux d'Europe n'est pas la dette. Sinon ils seraient favorables &#224; une hausse des salaires qui s'accompagne d'une hausse des recettes fiscales. C'est une attaque de classe, une attaque contre les droits des travailleurs de toute l'Europe, pas seulement les Grecs, cela a &#233;t&#233; la m&#234;me chose en Espagne, d'o&#249; la victoire de Podemos ce week-end. Ce qu'ils d&#233;fendent, c'est une augmentation du profit des entreprises, un renforcement de l'exploitation. Ce n'est pas une bataille entre des pays du Nord et un pays du Sud, mais oppose les gouvernements n&#233;olib&#233;raux aux travailleurs, y compris de leur propre pays. Dans ce cas, il para&#238;t illusoire d'esp&#233;rer un accord avec ces gouvernements qui semblent d&#233;cid&#233;s &#224; faire de la Gr&#232;ce un exemple pour tout pays qui voudrait s'&#233;carter de leur politique. Je pense, malgr&#233; tout, qu'un accord est possible. Car si une rupture serait mauvaise pour la Gr&#232;ce, elle serait aussi n&#233;faste pour l'ensemble de l'Europe ! Je ne crois pas que ce serait un bon exemple de provoquer une catastrophe &#233;conomique pour l'ensemble du continent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis f&#233;vrier, le gouvernement de Syriza a rembours&#233; plusieurs milliards d'euros sans recevoir l'aide promise. N'aurait-il pas fallu rompre avec les cr&#233;anciers d&#232;s le d&#233;part, lorsque les caisses n'&#233;taient pas encore vides ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Mais les caisses ne sont pas vides ! Les rentr&#233;es fiscales suffisent &#224; faire face aux &#233;ch&#233;ances, payer les salaires, les retraites, les fournisseurs, etc. Ce que l'Etat ne peut plus faire, c'est de payer la dette si elle n'est pas refinanc&#233;e par le m&#233;canisme europ&#233;en. Tant que la Gr&#232;ce peut payer, elle le fait. Mais si demain le gouvernement doit choisir entre payer la dette ou assurer ses d&#233;penses courantes, il fera le second choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que se passera-t-il si la Banque centrale europ&#233;enne venait &#224; fermer le dernier canal de financement qu'elle maintient aux banques grecques. La Gr&#232;ce devrait sortir de l'euro, non ?	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; (Un bref silence..) On pense que &#231;a n'arrivera pas ! (Elle rit.) C'est impossible. Je ne crois pas que la BCE voudra se suicider ! Il n'y a pas de plan B ou vous ne voulez pas nous le r&#233;v&#233;ler ? Si on se met &#224; parler de plan B, cela signifierait que le plan A est perdu. Ce qui n'est pas le cas ! Syriza, qui s'est r&#233;uni en comit&#233; central le week-end dernier, semble toutefois divis&#233; sur la strat&#233;gie. Non. Il n'y a qu'une seule strat&#233;gie. Les trois textes d&#233;pos&#233;s au comit&#233; central ne s'opposent pas, ils pr&#233;sentent juste des variations. La diff&#233;rence entre le texte majoritaire et le second r&#233;side dans la n&#233;cessit&#233; ou non d'&#233;tablir d'ores et d&#233;j&#224; ce plan B (lire ci-contre). Pour la majorit&#233;, ce n'est simplement pas &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour beaucoup de militants de gauche en Europe, Syriza est un mod&#232;le. Et se demandent quel est votre secret : comment avez-vous pu rassembler durablement autant de courants de gauche ?! &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Afroditi Stampouli :&lt;/strong&gt; Il n'y a pas de secret ! A Syriza on peut discuter, avoir des id&#233;es diff&#233;rentes. Simplement, nous sommes d'accord sur l'essentiel, c'est-&#224;-dire sur les r&#233;ponses qu'il faut apporter aux probl&#232;mes de la population et sur les revendications face aux cr&#233;anciers et &#224; la classe dominante ! De plus, le seul d&#233;saccord important &#8211; faut-il comme pr&#233;alable &#224; toute politique alternative sortir de l'euro ? &#8211; transcendait d&#233;j&#224; les partis qui ont fond&#233; Syriza. Or ce clivage a eu tendance &#224; s'effacer ces derni&#232;res ann&#233;es, en particulier depuis que la majorit&#233; a adopt&#233; la ligne actuelle qui proclame : &#171; Aucun sacrifice pour l'euro &#187;. Si les gouvernements n&#233;olib&#233;raux d&#233;cident de punir la Gr&#232;ce en la sortant de l'euro : c'est leur choix, pas le n&#244;tre, mais nous assumerons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Courrier, 27-5-2015 Benito PEREZ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Courte majorit&#233; pour Tsipras Faut-il continuer &#224; n&#233;gocier malgr&#233; les &#171; m&#233;thodes d'extorsion &#187; des cr&#233;anciers ou rompre au plus vite si l'Europe ne change pas d'attitude ? Le Comit&#233; central de Syriza &#233;tait saisi samedi 23 et dimanche 24 mai de cette question sibylline, derri&#232;re laquelle se sont mesur&#233;es les deux principales sensibilit&#233;s du parti de la gauche radicale grecque. Avec &#224; la cl&#233; un avertissement envoy&#233; au premier ministre Alexis Tsipras, dont la majorit&#233; se r&#233;duit de mois en mois au sein de l'instance. Pour l'aile (encore) minoritaire, qui a rassembl&#233; quelque 44% des voix, le &#171; compromis honorable &#187; recherch&#233; par le gouvernement para&#238;t bien mal engag&#233;. Elle r&#233;clame donc la mise en place d'un &#171; plan B &#187;, qui impliquerait l'arr&#234;t imm&#233;diat des remboursements (la prochaine &#233;ch&#233;ance concerne une cr&#233;ance aupr&#232;s du FMI, &#224; verser le 5 juin prochain). Ce d&#233;faut devrait &#234;tre accompagn&#233; d'une &#171; nationalisation des banques &#187;, d'une &#171; taxation substantielle de la fortune et des grandes propri&#233;t&#233;s &#187;, et d'une r&#233;gulation du march&#233; du travail, avec garantie pour les droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'heure, le Comit&#233; central pr&#233;f&#232;re garder sa confiance en Alexis Tsipras, dont la motion r&#233;affirme la recherche d'un accord, mais place des conditions minimales &#224; celui-ci : l'obligation de d&#233;gager des exc&#233;dents budg&#233;taires doit &#234;tre mod&#233;r&#233;e et laisser place &#224; d'importants investissements. Syriza refuse &#233;galement toute nouvelle coupe dans les salaires et les pensions et exige une restructuration de la dette. BPZ&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entrevue avec &#201;ric Toussaint : &#171; La Banque du Sud est une alternative, pas celle des BRICS &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Entrevue-avec-Eric-Toussaint-La-Banque-du-Sud-est-une-alternative-pas-celle-des</link>
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		<dc:date>2014-08-19T08:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benito P&#233;rez (Le Courrier), &#201;ric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie mondiale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-08-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les enjeux financiers du d&#233;veloppement n'ont plus de secrets pour Eric Toussaint. Fondateur en 1990 du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), ce politologue belge a notamment &#233;t&#233; associ&#233; par le gouvernement de &#201;quateur au lancement de la Banque du Sud. Malgr&#233; la paralysie actuelle de cet organisme, M.&#8200;Toussaint continue de croire &#224; ce projet initi&#233; en 2007 par sept &#201;tats sud-am&#233;ricains comme une alternative progressiste &#224; la Banque mondiale.. Il se montre en revanche (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-mondiale-+" rel="tag"&gt;Economie mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-08-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-08-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton18582-e39c2.jpg?1782050875' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les enjeux financiers du d&#233;veloppement n'ont plus de secrets pour Eric Toussaint. Fondateur en 1990 du Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers-monde (CADTM), ce politologue belge a notamment &#233;t&#233; associ&#233; par le gouvernement de &#201;quateur au lancement de la Banque du Sud. Malgr&#233; la paralysie actuelle de cet organisme, M.&#8200;Toussaint continue de croire &#224; ce projet initi&#233; en 2007 par sept &#201;tats sud-am&#233;ricains comme une alternative progressiste &#224; la Banque mondiale.. Il se montre en revanche sceptique quant au projet de banque d'investissement annonc&#233; par les cinq principaux pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette interview a &#233;t&#233; publi&#233;e par le quotidien suisse Le Courrier le samedi 16 ao&#251;t 2014 | 19 ao&#251;t 2014&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les BRICS annoncent vouloir cr&#233;er une alternative &#224; la Banque mondiale (BM). Une bonne nouvelle pour le d&#233;veloppement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Toussaint : Vouloir cr&#233;er une alternative &#224; la BM serait en effet une excellente nouvelle, mais je ne crois pas du tout que ce soit le cas ici. Les cinq &#201;tats qui constituent les BRICS sont des pays capitalistes &#233;mergents qui cherchent &#224; pr&#233;server leurs int&#233;r&#234;ts, dans la mesure o&#249; le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la BM sont des instruments contr&#244;l&#233;s par les grandes puissances traditionnelles. La Nouvelle banque de d&#233;veloppement (NBD) se diff&#233;rencie, en promettant de ne pas mettre de conditionnalit&#233;s, telles que des plans d'ajustement structurel, &#224; ses pr&#234;ts et d'appliquer &#8211; mais le fera-t-elle ? &#8211; le principe : un pays-une voix. &#199;a ne suffit pas &#224; en faire une alternative. Ce serait juste un moindre mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si je r&#233;sume : on &#233;changerait une BM soumise &#224; Washington par une NBD au service de l'imp&#233;rialisme chinois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parler, &#224; la suite de l'&#233;conomiste br&#233;silien Rui Mauro Marini, de sous-imp&#233;rialisme, au sens que ces pays, Br&#233;sil et Chine en t&#234;te, investissent massivement dans les pays en d&#233;veloppement pour d&#233;fendre des int&#233;r&#234;ts politiques ou &#233;conomiques propres, pas pour le d&#233;veloppement des r&#233;cipiendaires des fonds. Ce qui les diff&#233;rencie du vrai imp&#233;rialisme, comme celui des &#201;tats-Unis, c'est qu'ils n'emploient pas &#8211; encore ? &#8211; de moyens militaires. A l'exception de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que serait, selon vous, une vraie alternative &#224; la BM ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce en 2007 de la cr&#233;ation de la Banque du Sud (BdS) repr&#233;sentait cet espoir. &#192; la demande du pr&#233;sident Rafael Correa, j'ai particip&#233; &#224; la r&#233;daction de la position &#233;quatorienne lors de la cr&#233;ation de la Banque du Sud, puis &#224; un conseil des ministres des sept pays fondateurs. L'&#201;quateur et le Venezuela avaient une vision claire d'un &#233;tablissement devant servir l'emploi et l'int&#233;gration continentale. Et des projets tr&#232;s concrets, comme une industrie pharmaceutique de produits g&#233;n&#233;riques ou la reconnexion des pays d'Am&#233;rique du Sud par le rail, avec production de mat&#233;riel roulant, qui aurait aussi signifi&#233; moins de pollution et des avanc&#233;es industrielles et technologiques. La BdS, c'&#233;tait encore une monnaie commune et alternative, &#171; le sucre &#187;. Ou l'id&#233;e de transf&#233;rer des moyens des pays les mieux dot&#233;s en r&#233;serves de change vers les autres. C'&#233;tait un projet d'int&#233;gration, qui tenait compte de l'int&#233;r&#234;t des peuples et aurait pu s'&#233;largir sans peine &#224; l'Am&#233;rique centrale et &#224; la Cara&#239;be, notamment car il se voulait transparent &#8211; comptes publics, audits externes &#8211; et d&#233;mocratique. Pour &#234;tre alternatif &#224; la BM, il fallait &#234;tre un exemple, et donc ambitieux. Ainsi, il &#233;tait exclu que les fonctionnaires de la BdS b&#233;n&#233;ficient d'une immunit&#233; judiciaire, contrairement &#224; ceux de la BM... Malheureusement, ce projet est aujourd'hui paralys&#233;. Sept ans apr&#232;s sa fondation, la banque n'a octroy&#233; aucun pr&#234;t !&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La Banque des BRICS conna&#238;tra-t-elle un meilleur sort ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parviendront-ils &#224; se mettre d'accord sur des projets ? On peut se demander si ces cinq pays ne s'associent pas surtout pour montrer aux puissances traditionnelles qu'ils pourraient le faire. En r&#233;alit&#233;, selon moi, ces cinq pays ont peu d'int&#233;r&#234;ts communs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ont-ils la surface financi&#232;re pour faire vivre une telle banque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans aucun doute ! La Chine, &#224; elle seule, poss&#232;de plus de 3000 milliards de dollars de r&#233;serves de change dont elle ne sait que faire. C'est &#233;norme, presque deux fois le total des dettes publiques externes des pays en d&#233;veloppement. Une bonne part de cet argent est plac&#233; en bons du Tr&#233;sor am&#233;ricain : la Chine est la premi&#232;re cr&#233;anci&#232;re des &#201;tats-Unis. Le Br&#233;sil et la Russie, &#233;galement, ont des r&#233;serves tr&#232;s importantes. Seule l'Afrique du Sud aura de la peine &#224; mettre les 10 milliards de dollars au capital de d&#233;part de l'&#233;tablissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'investissement du Br&#233;sil dans la NBD ne signe-t-il pas l'acte de d&#233;c&#232;s de la BdS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celle-ci est d&#233;j&#224; mal en point... Mais, avec ou sans le Br&#233;sil, l'Am&#233;rique du Sud poss&#232;de encore les moyens financiers de d&#233;marrer ce projet. Selon moi, Brasilia est le principal responsable du blocage. Le Br&#233;sil poss&#232;de sa propre banque de d&#233;veloppement, la BNDES, qui investit &#233;norm&#233;ment &#224; l'&#233;tranger. Son poids, en Am&#233;rique du Sud, &#233;quivaut &#224; celui de la Banque interam&#233;ricaine de d&#233;veloppement et aux pr&#234;ts de la BM dans la r&#233;gion ! Le Br&#233;sil la privil&#233;gie. Il n'a particip&#233; &#224; la BdS que pour freiner un concurrent potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cet &#233;chec et les difficult&#233;s financi&#232;res de l'Argentine et du Venezuela ne sont-ils pas le signe que le r&#234;ve d'ind&#233;pendance latino-am&#233;ricain &#233;tait hors de port&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; Hugo Ch&#225;vez a propos&#233; la BdS, le projet &#233;tait tout &#224; fait raisonnable ! L'erreur a peut-&#234;tre &#233;t&#233; de penser qu'il fallait &#224; tout prix mettre le Br&#233;sil dans le coup. La plupart des pays du continent ont quand m&#234;me prouv&#233; qu'ils pouvaient s'&#233;loigner du consensus n&#233;olib&#233;ral. Des structures nouvelles ont commenc&#233; &#224; fonctionner, telle que l'Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Am&#233;rique (ALBA). Il y a aussi la d&#233;cision de l'&#201;quateur, de la Bolivie et du Venezuela de se retirer du tribunal de la BM en mati&#232;re d'investissement. Et l'augmentation des imp&#244;ts pay&#233;s par les entreprises &#233;trang&#232;res qui exploitent les ressources naturelles. C'est insuffisant en regard du potentiel r&#233;el de ces pays et des d&#233;fis &#224; relever, mais il est encore temps : il faudrait une r&#233;action forte dans les deux ans &#224; venir. Des responsables gouvernementaux poussent dans ce sens. Sans quoi je crains que le sous-continent n'aille vers de grandes difficult&#233;s financi&#232;res. Un sc&#233;nario semblable &#224; celui de la crise de la dette de 1982 est dans l'air.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y-a-t-il des signes avant-coureurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, les &#201;tats-Unis se pr&#233;parent &#224; augmenter les taux d'int&#233;r&#234;ts qu'ils ont massivement baiss&#233;s avec la crise de 2007-2008. Cela va rench&#233;rir le refinancement de la dette au moment m&#234;me o&#249; les revenus des &#201;tats sud-am&#233;ricains sont menac&#233;s par une baisse de la demande mondiale de mati&#232;res premi&#232;res. Je crains que ces pays ne se rendent compte d'ici deux &#224; trois ans qu'ils ont rat&#233; une magnifique occasion, durant la d&#233;cennie pass&#233;e, de se doter d'instruments financiers alternatifs destin&#233;s &#224; les blinder contre des d&#233;cisions prises par les pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.lecourrier.ch/123072&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lecourrier.ch/123072&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Nous allons prendre le pouvoir &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benito P&#233;rez (Le Courrier)</dc:creator>


		<dc:subject>Chili</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-11</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;PORTRAIT &#8226; Appuy&#233; sur le mouvement social, Marcel Claude, leader de la gauche radicale chilienne, se donne quatre ans pour imposer un projet &#233;cosocialiste. &lt;br class='autobr' /&gt; Son nom &#224; la fran&#231;aise ne trompe pas longtemps : le projet de Marcel Claude est latino-am&#233;ricain. Ce professeur d'&#233;conomie de 56&#8200;ans, leader de la coalition de gauche Todos a la Moneda (TALM, Tous au palais pr&#233;sidentiel), veut inscrire le Chili dans le processus d'&#233;mancipation continental. Son score modeste &#8211;&#8200;moins de 3%&#8200;&#8211; &#224; la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L108xH150/arton16564-92f6b.png?1782050876' class='spip_logo spip_logo_right' width='108' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;PORTRAIT &#8226; Appuy&#233; sur le mouvement social, Marcel Claude, leader de la gauche radicale chilienne, se donne quatre ans pour imposer un projet &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son nom &#224; la fran&#231;aise ne trompe pas longtemps : le projet de Marcel Claude est latino-am&#233;ricain. Ce professeur d'&#233;conomie de 56&#8200;ans, leader de la coalition de gauche Todos a la Moneda (TALM, Tous au palais pr&#233;sidentiel), veut inscrire le Chili dans le processus d'&#233;mancipation continental. Son score modeste &#8211;&#8200;moins de 3%&#8200;&#8211; &#224; la pr&#233;sidentielle de novembre 2013, loin derri&#232;re la vainqueur de centre-gauche Michelle Bachelet, ne le d&#233;courage pas : la lutte pour un changement de mod&#232;le &#233;conomique et social prendra du temps. Marcel Claude s'y affaire ces jours en Europe, aupr&#232;s de la diaspora chilienne (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politis&#233; d&#232;s sa prime jeunesse, ce fils de bonne famille d&#233;mocrate-chr&#233;tienne entre v&#233;ritablement en politique en 1995. Un peu contre son gr&#233;. Directeur de l'Unit&#233; des comptes environnementaux au sein de la Banque nationale, l'&#233;conomiste r&#233;put&#233;, docteur de l'universit&#233; belge de Louvain, publie un rapport alarmant sur l'&#233;tat &#233;cologique du pays. Le texte fait sensation. &#171; Je ne disais rien de tr&#232;s nouveau, mais venant de la Banque centrale du Chili, ce fut un peu comme si l'oracle avait parl&#233; ! &#187; Ulc&#233;r&#233;s, les producteurs forestiers les plus &#233;gratign&#233;s obtiennent sa t&#234;te. Mais Marcel Claude a trouv&#233; sa voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers l'&#233;cosocialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8232;A la t&#234;te de son ONG Terram, il va pourfendre les pouvoirs ill&#233;gitimes qui l'ont d&#233;missionn&#233; et, surtout, qui mettent &#224; sac le pays. Soci&#233;t&#233;s mini&#232;res &#8211;&#8200;qui polluent le peu d'eau qui coule dans le nord du Chili&#8200;&#8211;, exploitants forestiers &#8211;&#8200;&#171; qui sont en train de faire du sud si pluvieux un nouveau d&#233;sert &#187;&#8200;&#8211; et d&#233;pr&#233;dateurs de la longue c&#244;te chilienne (p&#234;cheurs industriels, pisciculteurs) sont dans le collimateur. Des entreprises d'autant plus n&#233;fastes qu'elles cr&#233;ent peu d'emplois et captent l'essentiel des b&#233;n&#233;fices. Dans le seul secteur du cuivre, quelque 30&#8200;milliards de dollars &#233;chappent chaque ann&#233;e aux Chiliens, souligne-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ton volontiers pol&#233;mique de ce lointain descendant d'exil&#233; anarchiste lui vaut des ennemis dans tous les cercles du pouvoir et quelques soucis avec les juges. Il en sort chaque fois vainqueur. Mais ses activit&#233;s associatives p&#233;riclitent, il doit se replier sur ses travaux universitaires. Il tente aussi de lancer un hebdo, sans plus de succ&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, c'est tout le combat &#233;cologiste qui pi&#233;tine. Se pose d&#232;s lors la question de la politique. &#171; La base de la croissance &#233;conomique chilienne est l'extraction sauvage des mati&#232;res premi&#232;res. Pour obtenir des r&#233;sultats, il faut revoir le mod&#232;le de d&#233;veloppement. &#187; Une conviction qui l'am&#232;ne naturellement vers l'&#233;cosocialisme, dont il publie l'un des premiers textes latino-am&#233;ricains (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le professeur d'&#233;conomie op&#232;re cette fois la jonction avec un mouvement &#233;tudiant &#224; la recherche d'expertise. Ses interventions &#233;lectrisent les foules universitaires. Lorsqu'il est question d'une candidature des mouvements sociaux &#224; la pr&#233;sidentielle, son nom est pl&#233;biscit&#233; par la base. A ce moment, la popularit&#233; du mouvement &#233;tudiant et le m&#233;contentement de la population face aux deux coalitions qui dominent le pays est tel que l'&#233;mergence d'un troisi&#232;me p&#244;le para&#238;t &#224; port&#233;e de main.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;faite porteuse d'espoir&#8232;La chute n'en sera que plus dure. Malgr&#233; des mobilisations de rue exceptionnelles &#8211; des dizaines de milliers de personnes sont l&#224; pour clore sa campagne &#8211;, Marcel Claude doit se contenter de moins de 200&#8200;000 suffrages. L'esp&#233;rance de changement port&#233;e par la socialiste Michelle Bachelet a &#233;t&#233; trop forte, et la candidature de plusieurs figures du mouvement &#233;tudiant &#224; ses c&#244;t&#233;s ont marginalis&#233; la troisi&#232;me voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un premier temps, Marcel Claude accuse le coup. Il s'en prend aux m&#233;dias et questionne la validit&#233; du scrutin. Des propos qui d&#233;clenchent des railleries, m&#234;me parmi ses alli&#233;s, qui pointent un &#233;go jug&#233; disproportionn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'ex-candidat para&#238;t rass&#233;r&#233;n&#233;. &#171; Pour moi, ce n'est pas un &#233;chec : il y a ceux qui font de la politique par la publicit&#233; et ceux qui font de la politique pour le pouvoir, je suis sur ce second terrain &#187;, justifie-t-il. Pour M.&#8200;Claude, les changements r&#233;clam&#233;s par Todos a La Moneda ne requi&#232;rent pas uniquement de gagner une comp&#233;tition &#233;lectorale, mais aussi de construire une base sociale solide. &#171; Nous n'avons pas juste besoin de 4&#8200;millions de voix pour prendre le pouvoir, nous avons aussi besoin qu'au moins un quart de ces &#233;lecteurs soient pr&#234;ts &#224; descendre dans la rue pour d&#233;fendre l'action de leur gouvernement. &#187; Et d'ass&#233;ner avec assurance : &#171; Lorsque nous prendrons le pouvoir, nous aurons la capacit&#233; d'agir. Les nationalisations des ressources naturelles, de la sant&#233; et de l'&#233;ducation que nous proposons ne se d&#233;cr&#232;tent pas depuis La Moneda. Sinon, il arrive ce qui est arriv&#233; &#224; Salvador Allende et &#224; tant d'autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce conflit in&#233;vitable entre les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; et ceux de la majorit&#233;, la coalition vainqueur l'an dernier n'a jamais eu l'intention de l'assumer, estime l'ancien candidat. Le nouveau discours plus offensif de Mme Bachelet ne serait qu'une &#171; construction publicitaire &#187;. &#171; Les deux coalitions dominantes d&#233;finissent leurs slogans &#233;lectoraux en fonction des sondages d'opinion, dans le but de gagner le scrutin. Mais une fois &#233;lus, tous s'asseyent avec les d&#233;tenteurs du pouvoir &#233;conomique pour d&#233;finir leur vrai programme gouvernemental. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du tout business &#224; la &#171; soci&#233;t&#233; des droits &#187;&#8232;&lt;/strong&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Marcel Claude, le mouvement politique et social TALM dispose d&#233;sormais de quatre ans pour mieux se faire conna&#238;tre et pointer les &#171; invraisemblables injustices et cruaut&#233;s &#187; du syst&#232;me chilien. &#171; Dans ce pays, tout est business, m&#234;me la Protection des mineurs, qui g&#232;re quelque 15 000 enfants &#224; &#8216;risque social', est un commerce priv&#233; subventionn&#233;, vous imaginez dans quelles conditions cela se fait ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation, le logement, la sant&#233; ne sont pas mieux lotis. Il n'est pas rare de se voir attribuer un rendez-vous hospitalier dans... trois ans, affirme-t-il. Champion du monde des maladies psychiatriques, le Chili ne prend pourtant pas en charge ce type de th&#233;rapies. &#171; C'est maximum quatre s&#233;ances par ann&#233;e ! Qui veut-on soigner ainsi ? &#187; s'exclame-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer du paradis du business &#224; une &#171; soci&#233;t&#233; des droits &#187;, leitmotiv de la campagne pass&#233;e, ne serait pas si complexe, d'un point de vue &#233;conomique. Outre la r&#233;cup&#233;ration des ressources naturelles et une r&#233;forme fiscale, le premier pas consisterait d&#233;j&#224; &#224; cesser de subventionner le secteur priv&#233;, s'exclame-t-il. L'an dernier, l'Etat aurait ainsi vers&#233; 1,2&#8200;milliard de dollars &#8211;&#8200;pr&#233;lev&#233;s sur les paies des salari&#233;s&#8200;&#8211; aux cliniques priv&#233;es. Des largesses qui font du secteur sanitaire le troisi&#232;me plus rentable du pays, tandis que les h&#244;pitaux publics, eux, sont sous-financ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le absurde qui voit l'Etat privil&#233;gier syst&#233;matiquement l'entreprise priv&#233;e le r&#233;vulse profond&#233;ment. &#171; Comment expliquer qu'un &#233;tablissement public re&#231;oive moins de subventions par usager que son concurrent priv&#233; ? Comment accepter que des entreprises soient exon&#233;r&#233;es de certaines taxes, alors que le simple citoyen doit la payer ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mod&#232;le latino-am&#233;ricain&#8232;&lt;/strong&gt;&#8232;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heurt&#233; par les in&#233;galit&#233;s devant la loi, Marcel Claude invoque volontiers les principes r&#233;publicains occidentaux, se disant &#171; tr&#232;s inspir&#233; &#187; par le mod&#232;le d'Etat social construit en Europe par les sociaux-d&#233;mocrates. Mais sa famille &#171; &#233;pist&#233;mologique &#187; est ailleurs, elle s'ancre dans le souverainisme latino-am&#233;ricain, du r&#233;volutionnaire cubain Jos&#233; Marti aux exp&#233;riences actuelles en Argentine, au Venezuela, en Uruguay, au Nicaragua ou encore en Bolivie. &#171; Il nous faut couper avec l'eurocentrisme et avec l'imp&#233;rialisme &#233;tasunien &#187;, dit-il, sans ambages. Ce qui passe &#171; &#233;videmment &#187; par un rejet des trait&#233;s de libre-&#233;change avec les pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la relation privil&#233;gi&#233;e de la droite continentale &#8211; h&#233;riti&#232;re des conquistadores &#8211; avec la &#171; m&#233;tropole &#187;, Marcel Claude r&#234;ve d'une nation chilienne assumant sa pluralit&#233; de cultures et de cosmovisions &#8211;&#8200;europ&#233;ennes, indig&#232;nes et africaines. En ce sens, la pr&#233;sence du parti mapuche Wallmapuwen au sein de sa coalition est &#171; fondamentale &#187;. &#171; La premi&#232;re mesure que nous prendrons en arrivant au pouvoir sera de lib&#233;rer l'ensemble des prisonniers politiques mapuches &#187;, d&#233;clare solennellement le politicien. Suivront &#171; la reconnaissance constitutionnelle des peuples autochtones, la restitution des terres spoli&#233;es, reconnaissance de leur autonomie culturelle, politique et &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; n'est pas affaire, pour Marcel Claude, de mode ou de droit international, mais d'essence m&#234;me de l'Am&#233;rique latine, de la nature de ses luttes : &#171; Ce continent a v&#233;cu cinq cents ans d'exploitation capitaliste et cinq cents ans de r&#233;sistance populaire. &#187; Un peuple, o&#249; &#171; chacun a du sang indien, europ&#233;en et noir &#187;. Un peuple, aussi, o&#249; se trouvent &#171; les ferments culturels &#8211;&#8200;notamment chez les indig&#232;nes&#8200;&#8211; qui pourraient nous sauver du d&#233;sastre &#233;cologique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.&#8232;Chilenos en Suiza (Chiliens en Suisse) organisent une conf&#233;rence avec M.&#8200;Claude ce soir (19&#8200;h) &#224; la Maison des associations de Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.&#8232;&lt;a href=&#034;http://www.rebelion.org/docs/60177.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rebelion.org/docs/60177.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La m&#233;moire du Sud ressurgit ; elle attise la haine de l'Occident &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-memoire-du-Sud-ressurgit-elle-attise-la-haine-de-l-Occident</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-memoire-du-Sud-ressurgit-elle-attise-la-haine-de-l-Occident</guid>
		<dc:date>2008-11-18T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Benito P&#233;rez (Le Courrier)</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans &#171; La Haine de l'Occident &#187;, le sociologue Jean Ziegler se fait l'interpr&#232;te du ressentiment des peuples du Sud &#224; l'&#233;gard d'un Nord &#171; aveugle et dominateur &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Texte publi&#233; dans [Le Courrier &gt;http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&amp;file=article&amp;sid=440808] &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce livre, personne d'autre n'aurait pu l'&#233;crire. Intellectuel suisse vers&#233; aux luttes du Sud, davantage &#233;cout&#233; &#224; Alger et Porto Alegre qu'&#224; Gen&#232;ve ou Berne, fr&#233;quentant les arcanes de l'ONU depuis pr&#232;s d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton2912-06fa8.jpg?1782050876' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &#171; La Haine de l'Occident &#187;, le sociologue Jean Ziegler se fait l'interpr&#232;te du ressentiment des peuples du Sud &#224; l'&#233;gard d'un Nord &#171; aveugle et dominateur &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte publi&#233; dans &lt;a href=&#034;http://www.lecourrier.ch/index.php?name=NewsPaper&amp;file=article&amp;sid=440808&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Courrier&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce livre, personne d'autre n'aurait pu l'&#233;crire. Intellectuel suisse vers&#233; aux luttes du Sud, davantage &#233;cout&#233; &#224; Alger et Porto Alegre qu'&#224; Gen&#232;ve ou Berne, fr&#233;quentant les arcanes de l'ONU depuis pr&#232;s d'un demi-si&#232;cle, Jean Ziegler seul pouvait dresser le constat implacable qui pr&#233;side &#224; La Haine de l'Occident (1) : loin de se combler, le foss&#233; entre le Nord et l'immense majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te se creuse inexorablement. Foss&#233; &#233;conomique bien connu, certes, mais surtout foss&#233; intellectuel, sensible, humain, politique. Face &#224; un Sud devenu acteur global, bien d&#233;cid&#233; &#224; achever la d&#233;colonisation, le sociologue d&#233;peint un Occident arrogant, incapable de reconna&#238;tre ses torts pass&#233;s et pr&#233;sents. La folle &#233;pop&#233;e bolivienne d'Evo Morales servant de mod&#232;le paroxystique au rejet de ce (n&#233;o)colonialisme et de son dernier avatar, le capitalisme globalis&#233;. S'il n'&#233;vite pas quelques impr&#233;cisions, La Haine de l'Occident a le m&#233;rite d'offrir une analyse originale &#8211; entre histoire et sociologie &#8211; aux crispations de la soci&#233;t&#233; internationale. Un ph&#233;nom&#232;ne &#224; la fois salutaire &#8211; dans sa dimension &#233;mancipatrice &#8211; et dangereux &#8211; tant il participe au blocage absolu des Nations Unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PROPOS RECUEILLIS PAR BENITO PEREZ POUR LE COURRIER&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi La Haine de l'Occident que vous d&#233;crivez diff&#232;re-t-elle de l'anti-occidentalisme qui guida d&#232;s les ann&#233;es 1950 le mouvement des non-align&#233;s et la d&#233;colonisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean Ziegler&lt;/strong&gt; : L'anticolonialisme des ann&#233;es 1950-1960 &#233;tait une lib&#233;ration territoriale. Le combat opposait une puissance occupante et un peuple occup&#233;. Aujourd'hui, le sujet collectif est le Sud ; paradoxalement, l'unit&#233; tricontinentale s'est r&#233;alis&#233;e sous l'effet du capitalisme de la jungle. A la lutte contre l'occupant s'est substitu&#233; un rejet du syst&#232;me de domination globalis&#233;. Quand Sartre disait : &#171; Pour aimer les hommes, il faut ha&#239;r ce qui les opprime &#187;, tout est dans le &#171; ce &#187;. La r&#233;action n'est pas dirig&#233;e contre un groupe d'hommes ou des individus mais contre les m&#233;canismes de l'oppression. C'est la diff&#233;rence entre la haine que j'appelle raisonn&#233;e et la haine pathologique v&#233;hicul&#233;e par certains groupes comme al-Qaida.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les ressorts de cette &#171; haine raisonn&#233;e &#187; de l'Occident ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette haine s'enracine dans le souvenir des syst&#232;mes d'oppression pr&#233;c&#233;dents &#8211; la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique latine, le commerce triangulaire, le colonialisme, le travail forc&#233;, etc. Elle combine cette m&#233;moire des souffrances pass&#233;es, qui remonte &#224; la surface et demande r&#233;paration et repentance, avec le rejet d'un syst&#232;me compl&#232;tement nouveau, mais dont les racines plongent dans les syst&#232;mes d'oppression pr&#233;c&#233;dents : le capitalisme globalis&#233;. Edgar Morin parle de &#171; filiation abominable &#187;. Les enfants ne meurent plus dans les bateaux transatlantiques ou sous les bombes de la l&#233;gion &#233;trang&#232;re, comme &#224; S&#233;tif (2), ils meurent de faim. Toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans succombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette m&#233;moire ressurgit-elle aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un grand myst&#232;re... La sociologie est incapable de saisir les m&#233;andres de la m&#233;moire. Dans le livre, je prends l'exemple de la Shoah, qui a mis quarante ans avant de s'installer dans la conscience publique. Pour l'esclavage, il s'est pass&#233; cent vingt ans depuis son abolition au Br&#233;sil, dernier pays &#224; l'avoir interdit. Quant &#224; la d&#233;colonisation, elle &#233;tait quasiment achev&#233;e dans les ann&#233;es 1960. Pourtant, c'est seulement aujourd'hui que cette m&#233;moire devient force historique et riposte sociale...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels en sont les signes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exemples sont multiples. Regardez d&#233;cembre 2007. Sarkozy arrive en Alg&#233;rie pour signer des accords &#233;conomiques. Avant qu'il ne s'assoie &#224; la table, Bouteflika (le pr&#233;sident alg&#233;rien, ndlr) lui dit : &#171; D'abord vous vous excusez pour S&#233;tif. &#187; La m&#233;moire avant les affaires ! Ce &#224; quoi Sarkozy r&#233;pond : &#171; Je ne suis pas venu pour la nostalgie. &#187; Du coup, Bouteflika a refus&#233; de n&#233;gocier, au risque d'aller contre les int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels imm&#233;diats de l'Alg&#233;rie ! L'&#233;lection d'Evo Morales, un cocalero aymara, pas un intellectuel urbain d&#233;guis&#233; en Indien, est &#233;galement un signal tr&#232;s clair. Il est arriv&#233; au pouvoir en s'appuyant sur la m&#233;moire historique de son peuple, cinq cents ans de massacres, de souffrances. Aim&#233; C&#233;saire disait : &#171; J'habite un long silence, j'habite une blessure profonde. &#187; Eh bien ce silence est termin&#233;, la blessure s'est rouverte. Ce qu'a fait Evo &#8211; ren&#233;gocier 222 contrats p&#233;troliers en six mois, retrouver la souverainet&#233; sur ses ressources, inverser le rapport entre rentr&#233;es fiscales et b&#233;n&#233;fices priv&#233;s &#8211; aurait &#233;t&#233; impossible sans cette m&#233;moire historique devenue force sociale. Bien s&#251;r, Evo peut &#234;tre assassin&#233; demain. Mais si &#231;a devait arriver, plus aucun Occidental ne pourrait remettre les pieds en Bolivie avant trente ans ! La restauration n'est plus possible face &#224; cette conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne faut-il pas parler de fiert&#233;, indig&#232;ne en l'occurrence, plut&#244;t que de haine de l'Occident ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Le rejet est total, on le voit aux Nations Unies, dont les m&#233;canismes sont totalement paralys&#233;s. Toute la superstructure qui l&#233;gitimait la domination occidentale est emport&#233;e par cette haine. L'universalit&#233; des droits de l'homme est ainsi remise en cause, notamment du fait du double langage des Occidentaux, qui les invoquent &#224; bien plaire et les appliquent de fa&#231;on s&#233;lective. Quand un ambassadeur am&#233;ricain &#224; l'ONU ouvre la bouche pour parler de la d&#233;mocratie, il suscite de la haine ! De m&#234;me que l'ambassadeur fran&#231;ais lorsqu'il d&#233;fend le droit &#224; l'alimentation, alors m&#234;me que la France est la force principale au sein de l'Union europ&#233;enne qui organise le dumping des produits agricoles par les subventions &#224; l'exportation. Sur n'importe quel march&#233; africain, vous trouvez des produits fran&#231;ais, espagnols ou portugais moiti&#233; moins cher que les locaux. Il est inacceptable d'entendre l'Europe pr&#244;ner la lutte contre la faim quand elle la propage en d&#233;truisant l'agriculture africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En tant que tiers-mondiste, vous devriez &#234;tre heureux de voir le Sud entrer en action. Pourquoi lancer cet avertissement &#224; l'Occident ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis frapp&#233; par l'extraordinaire aveuglement de l'Occident. Face &#224; cette m&#233;moire bless&#233;e, il oppose une m&#233;moire arrogante. L'Occident pratique le n&#233;gationnisme le plus total. Prenez Sarkozy qui va &#224; Dakar justifier le colonialisme, car les Fran&#231;ais ont construit des routes, des centres de sant&#233;, etc. Il y a une ind&#233;cence &#224; vouloir justifier les centaines de milliers de morts... C'est le dernier avatar du colonialisme : la colonisation de l'histoire coloniale ! Bien s&#251;r, je suis &#233;galement tr&#232;s heureux quand je vois ce que r&#233;alise le peuple bolivien. Normalement, les Aymaras, les Quechuas, apr&#232;s ce qu'ils ont subi, devraient &#234;tre en miettes, liquid&#233;s, incapables d'une quelconque r&#233;action. Or non seulement ils ont &#233;t&#233; capables de r&#233;cup&#233;rer leur m&#233;moire et d'affirmer leur identit&#233;, mais ils sont aussi parvenus &#224; r&#233;aliser le plus incroyable transfert de richesses de ce si&#232;cle : les deuxi&#232;mes r&#233;serves gazi&#232;res du continent retir&#233;es aux seigneurs transnationaux pour les confier au peuple ! Vous imaginez ce que &#231;a demande comme force, comme capacit&#233; d'analyse et d'action. C'est un miracle absolu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pourraient faire les d&#233;mocraties occidentales pour att&#233;nuer cette haine et jeter des ponts vers le Sud ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cabral disait : &#171; C'est seulement quand le nombre de cadavres de l'oppresseur est suffisamment grand qu'il commence &#224; &#233;couter... &#187; Il n'y a pas de dialogue possible entre l'opprim&#233; et l'oppresseur. Ce qu'il faut, c'est la justice ! La premi&#232;re chose &#224; faire pour l'Occident, c'est de reconna&#238;tre les crimes commis, de s'excuser et de faire r&#233;paration, en d&#233;mantelant les structures d'oppression. Par exemple, en revenant &#224; la n&#233;gociation des prix des mati&#232;res premi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'Irak et la Palestine, l'ONU a-t-elle encore un r&#244;le &#224; jouer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, sa cr&#233;dibilit&#233; est ruin&#233;e. Je mets &#224; part les institutions sp&#233;cialis&#233;es qui ont leur utilit&#233; concr&#232;te. L'ann&#233;e derni&#232;re, le Programme alimentaire mondial a maintenu en vie 71 millions de personnes gr&#226;ce &#224; l'aide humanitaire. En revanche, l'ONU politique, le coeur du r&#233;acteur, a fondu. Les droits de l'homme sont un vaste champ de ruine. Les pires dictateurs du tiers monde se sentent l&#233;gitim&#233;s. Si on leur reproche quelque chose, ils disent : &#171; Et Guantanamo ? &#187; A c&#244;t&#233; des droits humains, la Charte des Nations Unies a deux autres piliers. La s&#233;curit&#233; collective : en cas d'agression arm&#233;e, l'ensemble de la soci&#233;t&#233; plan&#233;taire doit r&#233;agir. Avec la guerre pr&#233;ventive pratiqu&#233;e par les Am&#233;ricains, ce principe est par terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me &#8211; la justice sociale plan&#233;taire &#8211; ne se porte pas mieux. Avec une soci&#233;t&#233; internationale qui ne fonctionne plus, aucun des Objectifs du Mill&#233;naire ne pourra &#234;tre atteint. Au contraire, les in&#233;galit&#233;s se creusent, plus d'un milliard de personnes vivent dans un bidonville. La malaria progresse, la faim aussi. Pr&#232;s d'un milliard d'humains sont gravement sous-aliment&#233;s ; chaque jour, 100 000 personnes meurent de faim ou de ses suites imm&#233;diates. La FAO (l'organisme sp&#233;cialis&#233; de l'ONU pour l'alimentation, ndlr) affirme pourtant que l'agriculture mondiale, dans son stade actuel de d&#233;veloppement (sans OGM), pourrait nourrir 12 milliards d'&#234;tres humains. Il n'y a aucune fatalit&#233; &#224; ce massacre quotidien sauf cet ordre capitaliste du monde.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;PROPOS RECUEILLIS PAR BENITO PEREZ POUR LE COURRIER&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note :(1) La Haine de l'Occident, Jean Ziegler, Ed. Albin Michel, octobre 2008, Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
(2) Le 8 ao&#251;t 1945, une manifestation de nationalistes alg&#233;riens dans la ville de S&#233;tif tourne &#224; l'&#233;meute. La r&#233;pression de l'arm&#233;e coloniale fran&#231;aise fera de 8000 &#224; 45 000 morts, selon les sources.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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