<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=14370&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>S&#233;n&#233;gal. Les ferments du coup d'&#201;tat institutionnel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Senegal-Les-ferments-du-coup-d-Etat-institutionnel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Senegal-Les-ferments-du-coup-d-Etat-institutionnel</guid>
		<dc:date>2024-02-13T06:57:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ousmane Diallo</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;gal</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-02-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mettant fin de mani&#232;re unilat&#233;rale, et sans base l&#233;gale, au processus &#233;lectoral trois semaines avant le premier tour de la pr&#233;sidentielle, Macky Sall a plong&#233; le S&#233;n&#233;gal dans une crise institutionnelle sans pr&#233;c&#233;dent. Depuis qu'il dirige le pays, il n'a cess&#233; d'instrumentaliser la justice &#224; des fins politiques et de r&#233;primer les voix critiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le 3 f&#233;vrier 2024 et l'annonce par le pr&#233;sident Macky Sall du report sine die du scrutin (1), le S&#233;n&#233;gal se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Senegal-+" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;gal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-02-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-02-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/capture_d_e_cran_le_2024-02-11_a_18.25_54-00caf.png?1782073910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mettant fin de mani&#232;re unilat&#233;rale, et sans base l&#233;gale, au processus &#233;lectoral trois semaines avant le premier tour de la pr&#233;sidentielle, Macky Sall a plong&#233; le S&#233;n&#233;gal dans une crise institutionnelle sans pr&#233;c&#233;dent. Depuis qu'il dirige le pays, il n'a cess&#233; d'instrumentaliser la justice &#224; des fins politiques et de r&#233;primer les voix critiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Senegal-Les-ferments-du-coup-d-Etat-institutionnel&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 3 f&#233;vrier 2024 et l'annonce par le pr&#233;sident Macky Sall du report sine die du scrutin (1), le S&#233;n&#233;gal se dirigeait vers une &#233;lection pr&#233;sidentielle qui se distinguait de toutes les pr&#233;c&#233;dentes pour deux raisons. D'abord, pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays, le pr&#233;sident sortant, Macky Sall, n'&#233;tait pas candidat, ce qui, th&#233;oriquement, devait ouvrir le jeu politique et favoriser un vrai d&#233;bat sur les options futures. En outre, le principal leader de l'opposition, Ousmane Sonko, n'&#233;tait pas lui non plus candidat : il a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; des joutes &#233;lectorales &#224; la suite de proc&#233;dures judiciaires qui ont abouti &#224; sa condamnation et &#224; son in&#233;ligibilit&#233; pour une dur&#233;e de cinq ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce 3 f&#233;vrier, tout a chang&#233; lorsque, dans un discours &#224; la nation, Macky Sall a abrog&#233; le d&#233;cret fixant le premier tour de la pr&#233;sidentielle au 25 f&#233;vrier, pr&#233;textant une &#171; crise &#187; entre le Conseil constitutionnel, dont deux des sept membres ont &#233;t&#233; accus&#233;s de corruption, et l'Assembl&#233;e nationale, qui a &#233;tabli une commission parlementaire afin d'enqu&#234;ter sur ces all&#233;gations. C'est un moment in&#233;dit dans l'histoire du pays, qui le plonge dans une grande incertitude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vingt candidats devaient se pr&#233;senter au suffrage des citoyens s&#233;n&#233;galais. Mais deux candidats majeurs n'en ont pas eu la possibilit&#233;, ils ont &#233;t&#233; exclus de la course : Karim Wade, du Parti d&#233;mocratique s&#233;n&#233;galais (PDS), en raison de sa double nationalit&#233; (s&#233;n&#233;galaise et fran&#231;aise), et ce malgr&#233; la publication d'un d&#233;cret de renonciation d'all&#233;geance &#224; la R&#233;publique fran&#231;aise dat&#233; du 16 janvier 2024 ; et Ousmane Sonko. &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Senegal-chronique-d-une-insurrection-annoncee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;D&#233;tenu depuis le mois de juin 2023&lt;/a&gt;, d'abord chez lui puis &#224; la prison de S&#233;bikotane, le leader du Pastef (Patriotes africains du S&#233;n&#233;gal pour le travail, l'&#233;thique et la fraternit&#233;) a vu son recours rejet&#233; par le Conseil constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La campagne officielle &#233;tait cens&#233;e d&#233;buter le 4 f&#233;vrier et s'&#233;taler sur trois semaines. Mais, dans les faits, elle a commenc&#233; depuis longtemps : pr&#233;cis&#233;ment depuis mars 2021, lorsque Sonko a &#233;t&#233; accus&#233; de viols et de menaces de morts sur une jeune femme, Adji Sarr, et d&#233;tenu &#224; la section de recherches de la gendarmerie nationale. Au c&#339;ur du d&#233;bat qui a suivi &#8211; que l'on peut r&#233;sumer ainsi : &#171; le syst&#232;me contre le candidat anti-syst&#232;me &#187; &#8211;, plusieurs questions ont &#233;t&#233; soulev&#233;es, telles que la politisation de l'administration publique, l'&#233;tat de la justice s&#233;n&#233;galaise, ou encore les enjeux li&#233;s &#224; la corruption et &#224; la gestion des deniers publics. Ces questions &#233;taient d&#233;j&#224; centrales lors des &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Senegal-la-presidentielle-de-2024-se-joue-maintenant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;lections municipales et l&#233;gislatives de 2022&lt;/a&gt;, &#224; l'issue desquelles la coalition de l'opposition avait r&#233;ussi &#224; percer des lignes et &#224; d&#233;stabiliser l'assise de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle. D'une certaine fa&#231;on, le 25 f&#233;vrier devait &#234;tre le dernier &#233;pisode de ce long feuilleton m&#234;me si, depuis, des scissions ont eu lieu au sein de l'opposition comme du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une administration fortement politis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la justice, tout le processus &#233;lectoral ayant abouti &#224; la promulgation des candidats d&#233;finitifs le 20 janvier a &#233;t&#233; entach&#233; d'accusations d'obstruction et de partialit&#233;. D&#233;j&#224; en septembre 2023, le retrait des fiches de parrainage, qui doit permettre aux candidats de se faire sponsoriser par une partie des &#233;lecteurs (entre 0,8 et 1 % du fichier &#233;lectoral), des &#233;lus locaux ou des parlementaires, a suscit&#233; la controverse. En effet, la Direction g&#233;n&#233;rale des &#233;lections (DGE) a refus&#233; de d&#233;livrer des fiches au mandataire d'Ousmane Sonko, arguant du fait qu'il a &#233;t&#233; radi&#233; des listes &#233;lectorales apr&#232;s sa condamnation pour &#171; corruption de la jeunesse &#187;, et son inculpation pour &#171; atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ce refus, l'opposition a engag&#233; plusieurs proc&#233;dures devant les tribunaux du S&#233;n&#233;gal et de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) pour contester cette mesure administrative. Si la Cour de justice de la Cedeao a estim&#233;, en novembre, que l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais n'avait pas viol&#233; les droits d'Ousmane Sonko en le radiant des listes et en dissolvant le Pastef, le jugement des tribunaux s&#233;n&#233;galais a &#233;t&#233; plus favorable aux plaidoiries de l'opposition, apr&#232;s moult p&#233;rip&#233;ties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque le tribunal de &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Senegal-A-Ziguinchor-avec-Sonko-jusqu-a-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ziguinchor&lt;/a&gt; (Casamance) a contest&#233; la radiation de Sonko et demand&#233; sa r&#233;int&#233;gration et l'octroi de fiches par la DGE, celle-ci a refus&#233; d'ex&#233;cuter ce jugement, arguant que l'&#201;tat allait porter appel &#8211; ce en d&#233;pit du fait qu'en mati&#232;re &#233;lectorale toute d&#233;cision de justice doit &#234;tre ex&#233;cut&#233;e imm&#233;diatement sans pr&#233;judice des recours par les autres parties. Lorsque la Commission &#233;lectorale nationale autonome (Cena) a interpell&#233; publiquement la DGE et lui a demand&#233; &#224; son tour, en octobre 2023, d'octroyer les fiches de parrainage au mandataire du Pastef, tous les commissaires ont &#233;t&#233; limog&#233;s et remplac&#233;s par d&#233;cret pr&#233;sidentiel. Bien que le mandat des commissaires de la Cena soit &#233;chu depuis mai 2021 (2) et que l'opposition ait longtemps critiqu&#233; leur maintien ill&#233;gal, leur limogeage &#224; quatre mois de l'&#233;lection n'a fait que renforcer le sentiment de mise au pas des institutions &#233;lectorales par l'ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces p&#233;rip&#233;ties n'ont pris fin que le 15 d&#233;cembre, lorsque le tribunal d'instance de Dakar a confirm&#233; le jugement de celui de Ziguinchor. Pourtant, en d&#233;pit de ce retournement de situation, le mandataire de Sonko n'a jamais pu r&#233;cup&#233;rer les fiches de parrainage. Comme on pouvait s'y attendre dans un tel contexte, cette candidature a &#233;t&#233; rejet&#233;e, et malgr&#233; un ultime recours des avocats de Sonko, le Conseil constitutionnel, dans sa d&#233;cision du 20 janvier, a motiv&#233; cette exclusion sur la base de la condamnation d&#233;finitive de Sonko pour &#171; diffamation &#187; et &#171; injures publiques &#187;, et non sur l'argument initial de sa condamnation pour &#171; corruption de la jeunesse &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me judiciaire sous pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'inauguration, en janvier 2024, du nouveau palais de justice de Rufisque, une ville de la banlieue de la capitale, l'ancien procureur de la R&#233;publique et actuel premier pr&#233;sident de la cour d'appel de Dakar, Amady Diouf, a &lt;a href=&#034;https://lequotidien.sn/amady-diouf-1er-president-de-la-cour-dappel-de-dakar-le-metiers-envers-les-juges-est-le-debut-dun-effondrement-de-la-democratie/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;nonc&#233;&lt;/a&gt; &#171; le m&#233;pris envers les juges dont il ne faut jamais rire ou se complaire &#187;. Pour lui, c'est &#171; le signe d'une faillite morale et le d&#233;but d'un effondrement de la d&#233;mocratie &#187;. &#171; Force est de souligner que nous exer&#231;ons nos offices dans un contexte o&#249; les institutions r&#233;publicaines, particuli&#232;rement la justice, subissent des attaques injustifi&#233;es et des critiques que nourrissent et entretiennent des positions partisanes et la m&#233;connaissance profonde du mode de fonctionnement de la justice &#187;, a-t-il rench&#233;ri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours traduit un malaise qui n'a fait que monter depuis des ann&#233;es au sein de l'institution judiciaire, laquelle subit des critiques virulentes depuis le d&#233;but de l'affaire Adji Sarr/Sonko &#8211; critiques portant essentiellement sur sa partialit&#233; et son inf&#233;odation au pouvoir ex&#233;cutif. Ces questions avaient d'ailleurs entra&#238;n&#233; la &lt;a href=&#034;https://sanslimitesn.com/exclusif-voici-la-lettre-de-demission-du-magistrat-ibrahima-hamidou-deme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;mission&lt;/a&gt; avec fracas d'un membre du Conseil sup&#233;rieur de la magistrature (CSM) qui d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; en 2018 le mauvais fonctionnement de la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les affaires judiciaires qui ont abouti &#224; l'in&#233;ligibilit&#233; d'Ousmane Sonko ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par leur caract&#232;re politique &#8211; qu'il s'agisse de la plainte pour viols et menaces de mort d'Adji Sarr en f&#233;vrier 2021, qui a abouti &#224; une condamnation ferme &#224; deux ans de prison pour &#171; corruption de la jeunesse &#187; en juin 2023 ; ou de la plainte pour diffamation et injures publiques du ministre Mame Mbaye Niang, qui s'est conclue par une condamnation &#224; une peine de six mois de prison avec sursis et &#224; une amende de 200 millions FCFA (pr&#232;s de 308 000 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le de ces proc&#233;dures judiciaires, les manifestations politiques ont &#233;t&#233; fortement r&#233;prim&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233;, aboutissant &#224; la mort d'au moins 56 personnes entre mars 2021 et ao&#251;t 2023, selon &lt;a href=&#034;https://www.amnesty.org/fr/documents/afr49/6995/2023/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Amnesty International&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'incarc&#233;ration est devenu la norme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait que plusieurs membres du Pastef ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s et d&#233;tenus pour &#171; appels &#224; l'insurrection &#187; apr&#232;s avoir appel&#233; &#224; manifester ou &#224; protester contre ce qu'ils consid&#233;raient &#234;tre des abus de pouvoir n'a fait que renforcer ce sentiment de partialit&#233;. Parmi ceux-ci figurent les maires des Parcelles Assainies (Djamil San&#233;), de Keur Massar-Nord (Adama Sarr), de Keur Massar-Sud (Mohamed Bilal Diatta) et de Sangalkam (Pape Sow) &#8211; tous &#233;lus en janvier 2022 &#8211;, et plusieurs autres &#233;lus municipaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En avril 2023, le secr&#233;taire national du Pastef, Bassirou Diomaye Faye, qui est aussi le candidat de ce parti &#224; la pr&#233;sidentielle en lieu et place d'Ousmane Sonko, &#233;tait arr&#234;t&#233; &#224; son bureau au minist&#232;re des Finances pour avoir d&#233;nonc&#233; dans un post Facebook la &#171; clochardisation de la justice &#187; (3). Il &#233;tait inculp&#233; pour outrage &#224; la magistrature. Ces charges seront plus tard alourdies, lorsqu'il sera accus&#233;, avec Sonko, en juillet 2023, d'&#171; atteinte &#224; la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat, appel &#224; l'insurrection et association de malfaiteurs &#187; &#224; la suite de la dissolution par mesure administrative du Pastef. Quelques semaines plus t&#244;t, Macky Sall avait annonc&#233; sa non-participation &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle et sa volont&#233; d'&#234;tre sans r&#233;serve dans sa &#171; d&#233;fense de la R&#233;publique &#187; face &#224; ceux qui voudraient la saper. La r&#233;pression a &#233;t&#233; brutale mais n'a pas pu entamer la dynamique politique enclench&#233;e par le Pastef, ni taire les fortes r&#233;serves par rapport &#224; l'inf&#233;odation de la magistrature aux desiderata de l'ex&#233;cutif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En septembre 2023, le comit&#233; pour la lib&#233;ration des d&#233;tenus politiques estimait que plus de 1 000 personnes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es et emprisonn&#233;es depuis mars 2021 dans le cadre de la r&#233;pression politique li&#233;e &#224; ces affaires. L'incarc&#233;ration est devenue la norme plut&#244;t que l'exception. Au trop-plein de d&#233;tenus s'ajoute le non-respect de la proc&#233;dure judiciaire par les chambres d'accusation. Ainsi, des demandes de libert&#233; provisoire ne re&#231;oivent m&#234;me pas de r&#233;ponse (ni positive, ni n&#233;gative), en violation du code de proc&#233;dure p&#233;nale. C'est le cas de Cheikh Oumar Diagne et de Abdou Karim Gueye, deux activistes proches du Pastef, arr&#234;t&#233;s en mars 2023 pour &#171; appel &#224; l'insurrection, appel &#224; la violence contre les institutions et atteinte &#224; la s&#251;ret&#233; de l'&#201;tat &#187;, et d&#233;tenus depuis &#224; Rebeuss, la principale prison de Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;rive de l'hyper-pr&#233;sidentialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus r&#233;cemment, l'exclusion de Karim Wade de la liste des candidats &#224; la pr&#233;sidentielle (apr&#232;s un recours d'une autre candidate, Rose Wardini, sur sa double nationalit&#233; franco-s&#233;n&#233;galaise) a entra&#238;n&#233; une nouvelle salve de critiques contre le Conseil constitutionnel. D&#233;non&#231;ant la &#171; corruption &#187; et les &#171; conflits d'int&#233;r&#234;t &#187; de deux juges parmi les sept, ainsi que la fuite du jugement avant m&#234;me la d&#233;claration publique du Conseil constitutionnel, le PDS a pouss&#233; &#224; la cr&#233;ation d'une commission d'enqu&#234;te parlementaire le 31 janvier, avec le soutien d'une partie des d&#233;put&#233;s de la majorit&#233;. Cette &#171; crise institutionnelle &#187; fabriqu&#233;e de toutes pi&#232;ces entre le pouvoir parlementaire et le pouvoir judiciaire a servi de pr&#233;texte &#224; la suspension de tout le processus &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces diff&#233;rents retournements de situation illustrent l'instrumentalisation du pouvoir judiciaire par les acteurs politiques, &#224; commencer par l'ex&#233;cutif &#8211; et tout particuli&#232;rement durant les deux mandats de Macky Sall (au pouvoir depuis 2012). Il est utile de rappeler qu'avant Sonko deux autres figures de l'opposition, Karim Wade et Khalifa Sall, avaient &#233;t&#233; exclues de la pr&#233;sidentielle de 2019 &#224; la suite, l&#224; aussi, de d&#233;cisions de justice : ils avaient &#233;t&#233; condamn&#233;s en 2015 et 2018, respectivement pour &#171; enrichissement illicite &#187; et &#171; escroquerie portant sur les deniers publics &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce 3 f&#233;vrier, l'hyper-pr&#233;sidentialisme s&#233;n&#233;galais a franchi un nouveau seuil avec la suspension unilat&#233;rale du processus &#233;lectoral par Macky Sall. En effet, cette d&#233;cision, qui a &#233;t&#233; prise avant m&#234;me que la commission parlementaire ait pu auditionner les membres du Conseil constitutionnel et v&#233;rifier les all&#233;gations port&#233;es par Karim Wade, est davantage la r&#233;sultante de la volont&#233; d'un homme et de son clan de confisquer le pouvoir et de se pr&#233;munir d'&#233;ventuelles poursuites que d'un souci r&#233;el de prot&#233;ger les institutions. &#192; bien des &#233;gards, cette d&#233;cision constitue un coup d'&#201;tat institutionnel par son caract&#232;re unilat&#233;ral et anticonstitutionnel, lequel risque de g&#233;n&#233;rer une crise aux cons&#233;quences potentiellement d&#233;sastreuses pour le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Le 5 f&#233;vrier, l'Assembl&#233;e nationale a, dans un contexte de grande tension, valid&#233; le report au 15 d&#233;cembre 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Les commissaires de la Cena sont &#233;lus pour un mandat de six ans, et sa composition est renouvelable par tiers tous les trois ans. Le mandat du pr&#233;sident Doudou Ndir &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;chu en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Il &#233;tait toujours en prison d&#233;but f&#233;vrier 2024.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au S&#233;n&#233;gal, chronique d'une insurrection annonc&#233;e</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Senegal-chronique-d-une-insurrection-annoncee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Senegal-chronique-d-une-insurrection-annoncee</guid>
		<dc:date>2023-06-13T06:45:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ousmane Diallo</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;n&#233;gal</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-06-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La tension entre le pouvoir et le camp d'Ousmane Sonko, tr&#232;s populaire chez les jeunes, n'a cess&#233; de grimper depuis deux ans. En instrumentalisant la justice depuis son &#233;lection afin d'&#233;carter ses principaux concurrents et en laissant penser qu'il briguerait un troisi&#232;me mandat, Macky Sall a pris le risque de faire de l'ancien lanceur d'alerte un martyr, et de voir la rue s'embraser. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
En mars 2021, le S&#233;n&#233;gal &#233;tait, cinq jours durant, et en plusieurs endroits, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Senegal-+" rel="tag"&gt;S&#233;n&#233;gal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-06-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-06-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/capture_d_e_cran_le_2023-06-12_a_10.04_32-96c8c.png?1782073910' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La tension entre le pouvoir et le camp d'Ousmane Sonko, tr&#232;s populaire chez les jeunes, n'a cess&#233; de grimper depuis deux ans. En instrumentalisant la justice depuis son &#233;lection afin d'&#233;carter ses principaux concurrents et en laissant penser qu'il briguerait un troisi&#232;me mandat, Macky Sall a pris le risque de faire de l'ancien lanceur d'alerte un martyr, et de voir la rue s'embraser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Senegal-chronique-d-une-insurrection-annoncee&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2021, le S&#233;n&#233;gal &#233;tait, cinq jours durant, et en plusieurs endroits, le th&#233;&#226;tre d'un d&#233;ferlement de manifestations spontan&#233;es apr&#232;s l'arrestation d'Ousmane Sonko, per&#231;ue comme un abus du pouvoir. Au cours de ces cinq jours d'&#233;meutes, 14 manifestants avaient perdu la vie, dont 12 (parmi lesquels 3 mineurs) &#224; la suite de tirs par balles de la police, de la gendarmerie et de l'arm&#233;e. Plusieurs b&#226;timents publics et biens priv&#233;s avaient &#233;t&#233; d&#233;truits par les manifestants en furie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce furent les &#171; r&#233;gulateurs sociaux &#187;, &#224; savoir les marabouts et des leaders de la soci&#233;t&#233; civile, qui finirent par apaiser la situation en n&#233;gociant un compromis entre le pouvoir et l'opposition. Cinq jours apr&#232;s son interpellation, la justice pla&#231;ait Ousmane Sonko sous contr&#244;le judiciaire et le lib&#233;rait tout en confisquant son passeport. Le M24, qui coordonnait alors l'action des partis politiques et de la soci&#233;t&#233; civile, suspendait son appel &#224; manifester. Les &#171; r&#233;gulateurs sociaux &#187; visitaient les familles des victimes (morts et bless&#233;s), leur accordant des r&#233;parations &#171; officieuses &#187; pour les dommages subis et appelant &#224; la paix. L'&#201;tat s&#233;n&#233;galais ne reconnaissait toutefois pas sa responsabilit&#233; envers ces victimes et ne montrait aucune volont&#233; de poursuivre les enqu&#234;tes sur ces violations des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans plus tard, le S&#233;n&#233;gal vit des journ&#233;es similaires &#224; celles de mars 2021. La condamnation d'Ousmane Sonko et de Ndeye Khady Ndiaye, propri&#233;taire du salon de massage Sweet Beauty, &#224; une peine de deux ans d'emprisonnement ferme pour, respectivement, &#171; corruption de la jeunesse &#187; et &#171; incitation &#224; la d&#233;bauche &#187;, a imm&#233;diatement entra&#238;n&#233; une autre s&#233;rie de manifestations r&#233;prim&#233;es dans le sang. Lors des journ&#233;es du 1er et du 2 juin, 15 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es selon le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur &#8211; un bilan d&#233;j&#224; plus lourd que celui de mars 2021. Le S&#233;n&#233;gal vit sa crise politique la plus s&#233;rieuse depuis 1988, ann&#233;e au cours de laquelle une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et une contestation &#233;lectorale avaient fait vaciller le pouvoir d'Abdou Diouf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers jours, la rue a encore une fois r&#233;pondu aux d&#233;faillances de la R&#233;publique. Mais alors qu'en mars 2021 les m&#233;diateurs sociaux avaient pu d&#233;canter la situation, leur capacit&#233; &#224; en faire de m&#234;me aujourd'hui est loin d'&#234;tre garantie, leur cr&#233;dibilit&#233; et leur impartialit&#233; &#233;tant de plus en plus remises en question par l'opposition. Au cours de ces deux derni&#232;res ann&#233;es, et dans le contexte de l'affaire juridico-politique &#171; Sweet Beauty &#187;, dont la conclusion judiciaire pourrait l'emp&#234;cher de se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2024, Ousmane Sonko, jusqu'alors simple membre de l'opposition, a pris une nouvelle envergure aux niveaux national et international, suscitant int&#233;r&#234;ts et craintes, en articulant les aspirations d'une jeunesse et d'une classe moyenne d&#233;sabus&#233;es, et &#339;uvrant &#224; la crispation des relations entre la France et le S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but &#233;tait une plainte pour viols&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'&#233;clatement de l'affaire &#171; Sweet Beauty &#187;, en 2021, Rama Salla Dieng, militante f&#233;ministe et ma&#238;tresse de conf&#233;rences &#224; l'Universit&#233; d'&#201;dimbourg (Royaume-Uni), &#233;crivait que le &#171; corps des femmes est depuis toujours une ar&#232;ne de batailles politiques &#187;1 au S&#233;n&#233;gal. Au d&#233;but &#233;tait une plainte pour viols et menaces de mort, soumise &#224; la section de recherches de la gendarmerie de la M&#233;dina (un quartier de Dakar), &#224; l'encontre de celui qui &#233;tait alors d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale. L'autrice de la plainte, Adji Raby Sarr, une employ&#233;e du salon de massage pay&#233;e au pourboire, accusait Ousmane Sonko de l'avoir viol&#233;e &#224; plusieurs reprises entre d&#233;cembre 2020 et f&#233;vrier 2021, et de l'avoir menac&#233;e de mort en cas de d&#233;nonciation. Si Ousmane Sonko a reconnu avoir fr&#233;quent&#233; ce salon de massage pour ses probl&#232;mes lombaires, il a toujours ni&#233; les accusations port&#233;es contre lui et n'a cess&#233; de d&#233;noncer un complot politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire qui allait structurer les d&#233;bats politiques pour les ann&#233;es &#224; venir &#233;clatait &#224; un moment particulier : Macky Sall avait r&#233;ussi &#224; coopter l'opposant Idrissa Seck, arriv&#233; deuxi&#232;me &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2019, en le nommant pr&#233;sident du Conseil &#233;conomique, social et environnemental, et en ouvrant le gouvernement &#224; plusieurs membres de son parti. En effet, le remaniement gouvernemental de novembre 2020 int&#233;grait plusieurs anciens critiques du gouvernement comme Oumar Sarr, du Parti d&#233;mocratique s&#233;n&#233;galais (PDS), et Aissata Tall Sall, du Parti socialiste/Osez l'avenir, tout en &#233;jectant plusieurs potentiels dauphins de Macky Sall comme Aminata &#171; Mimi &#187; Tour&#233;, Makhtar Ciss&#233; ou encore Amadou Ba, alors ministre des Affaires &#233;trang&#232;res. Ce faisant, Ousmane Sonko &#233;tait l'un des seuls opposants &#224; Macky Sall encore en marge de ce genre de tractations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation de viols et de menaces de mort qui devait sonner le glas de sa carri&#232;re politique et paver la voie &#224; un &#171; deuxi&#232;me quinquennat &#187;/&#171; troisi&#232;me mandat &#187; pour Macky Sall a domin&#233; les d&#233;bats publics. Si les partisans de Sonko y voient une machination politique ayant pour but d'&#233;carter du jeu un acteur politique qui se distingue par son discours radical contre le syst&#232;me politico-&#233;conomique, mais aussi contre les relations &#233;troites entre la France et le S&#233;n&#233;gal et la corruption des politiques et de l'administration, ses contempteurs, parmi lesquels figurent les tenants du pouvoir, arguaient qu'il ne s'agissait que d'une simple affaire de m&#339;urs impliquant un homme politique qui avait abus&#233; de son statut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adji Sarr, 20 ans, issue d'un milieu social modeste, employ&#233;e dans des conditions pr&#233;caires dans un salon de massage, se trouvait ainsi au centre de l'attention ; par sa voix, et par ses propos, elle pesait sur les aspirations de millions de S&#233;n&#233;galais&#183;es et pouvait d&#233;terminer la trajectoire politique de la nation. Une pression forte sur une jeune femme qui &#233;tait entr&#233;e par effraction sur la sc&#232;ne publique et qui est devenue &#224; son corps d&#233;fendant un jouet pour les acteurs politiques s&#233;n&#233;galais. Le fait qu'elle aurait &#233;t&#233; soutenue par Me Gaby So, avocat au barreau de Dakar, dans la r&#233;daction de la plainte pour viols et menaces de mort, et que plusieurs membres de la coalition au pouvoir l'aient soutenue dans sa qu&#234;te de justice, a tr&#232;s t&#244;t donn&#233; &#224; l'affaire un relent politique, de m&#234;me que la lev&#233;e de l'immunit&#233; parlementaire d'Ousmane Sonko, en f&#233;vrier 2021, ainsi que les arrestations pr&#233;ventives de plusieurs membres de son parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une figure anti-syst&#232;me&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations f&#233;ministes qui ont longtemps lutt&#233; pour la criminalisation du viol ont subi de multiples pressions pour &#171; porter &#187; cette affaire et d&#233;fendre Adji Sarr face &#224; Ousmane Sonko. Un ministre de la Justice a ainsi reproch&#233; &#224; plusieurs de ces associations de ne pas avoir d&#233;fendu Adji Sarr, bien que le gouvernement ait acc&#233;d&#233; &#224; la demande de criminalisation du viol en janvier 2020 &#8211; ce malgr&#233; les r&#233;ticences du corps judiciaire qui s'inqui&#233;tait de la difficult&#233; de prouver la r&#233;alit&#233; de ce crime en l'absence d'&#233;l&#233;ments scientifiques et/ou m&#233;dicaux, qui &#233;taient peu utilis&#233;s jusqu'alors, faute de moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023, lorsque la justice relaxe au b&#233;n&#233;fice du doute Sitor Ndour, ancien maire de Fatick et alli&#233; du pr&#233;sident, pour des faits de viol sur une domestique mineure servant de nourrice pour ses enfants, en d&#233;pit des messages audio de l'accus&#233; suppliant la m&#232;re de la victime de ne pas porter plainte et de trouver un accommodement avec lui, l'incr&#233;dulit&#233; de l'opinion face &#224; sa partialit&#233; ne fait qu'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ralliement autour d'Ousmane Sonko dans cette affaire vient ainsi en partie des suspicions de manipulation judiciaire dans le but d'&#233;carter un adversaire politique. En ce sens, l'affaire &#171; Sweet Beauty &#187; et l'utilisation des moyens de l'&#201;tat pour exercer un pouvoir de contr&#244;le et de coercition sur Ousmane Sonko a &#233;corn&#233; l'image d'une d&#233;mocratie s&#233;n&#233;galaise r&#233;put&#233;e stable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, plus fondamentalement, Ousmane Sonko articule des griefs partag&#233;s au sein de la soci&#233;t&#233; s&#233;n&#233;galaise, quant &#224; la pr&#233;dation de l'&#233;conomie par les &#233;lites, &#224; la captation de l'&#233;conomie s&#233;n&#233;galaise par des capitaux &#233;trangers, en particulier fran&#231;ais, qui b&#233;n&#233;ficient d'exemptions fiscales sans impact positif sur les conditions des travailleurs, et aussi quant aux collusions entre cercles du pouvoir et cercles maraboutiques, dont les int&#233;r&#234;ts convergent souvent et qui s'accordent en g&#233;n&#233;ral sans que &#171; ceux d'en bas &#187; ne soient pris en compte. C'est contre ce syst&#232;me qu'Ousmane Sonko a construit son discours politique depuis son irruption sur la sc&#232;ne politique en 2014, en apparaissant d'abord comme un lanceur d'alerte sur les incoh&#233;rences de la politique gouvernementale. Le fait qu'il &#233;tait &#224; l'&#233;poque inspecteur des imp&#244;ts et domaines et que nombre de ses coll&#232;gues et m&#234;me des acteurs &#233;conomiques t&#233;moignaient de sa probit&#233; lui a donn&#233; une certaine cr&#233;dibilit&#233; en tant que critique du &#171; syst&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Prot&#233;ger le projet &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1960, le S&#233;n&#233;gal s'est positionn&#233; comme un havre de stabilit&#233; politique dans la sous-r&#233;gion en maintenant des liens forts avec la France et les &#201;tats-Unis, qui se refl&#232;tent dans les relations &#233;conomiques et s&#233;curitaires. Au cours des deux mandats de Macky Sall, le S&#233;n&#233;gal a eu des taux de croissance &#233;conomique fr&#244;lant les 10 %, gr&#226;ce aux secteurs tertiaire et primaire en particulier. Mais cette croissance n'est pas &#171; mang&#233;e &#187; par les locaux, et notamment par les gorgorlous (ceux qui se d&#233;brouillent pour gagner leur pain quotidien), qui ne se retrouvent pas dans ces chiffres et qui sont affect&#233;s par l'inflation sur les prix des produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et de l'&#233;nergie. En 2022, celle-ci avait atteint pr&#232;s de 10 % au S&#233;n&#233;gal, r&#233;duisant le pouvoir d'achat de millions de travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces difficult&#233;s s'ajoutent des probl&#232;mes &#233;conomiques qui poussent des milliers de jeunes dans la force de l'&#226;ge &#224; tenter de fuir le pays chaque ann&#233;e, en qu&#234;te de meilleures perspectives. Pour tous ces d&#233;class&#233;s du syst&#232;me, Ousmane Sonko repr&#233;sente un espoir d'avenir meilleur car il est l'un des rares acteurs politiques &#224; oser contester la structure de l'&#233;conomie et &#224; d&#233;noncer les r&#233;ponses cosm&#233;tiques &#224; un probl&#232;me de fond. Dans le discours ambiant, &#171; prot&#233;ger le projet &#187; est un terme qui revient souvent. Et ce projet est incarn&#233; par Ousmane Sonko.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, Ousmane Sonko est vu comme le seul (et peut-&#234;tre le dernier) espoir pour la r&#233;alisation de ces aspirations, mais aussi contre l'ambition pr&#234;t&#233;e &#224; Macky Sall de vouloir briguer un troisi&#232;me mandat, apr&#232;s avoir d&#233;j&#224; marginalis&#233; Karim Wade et Khalifa Sall, radi&#233;s de la liste des &#233;lecteurs et donc in&#233;ligibles apr&#232;s leurs condamnations en 2014 et 2017. De fait, on ne peut comprendre la r&#233;sistance &#224; toute arrestation d'Ousmane Sonko et l'appel de l'int&#233;ress&#233; &#224; descendre dans la rue pour d&#233;fendre le &#171; projet &#187; sans prendre en compte l'instrumentalisation de la justice afin d'&#233;carter les rivaux politiques de Macky Sall ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pr&#233;c&#233;dents Karin Wade et Khalifa Sall&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, &#224; peine &#233;lu, Macky Sall r&#233;activait la Cour de r&#233;pression de l'enrichissement illicite (Crei) pour juger les cas de corruption et de d&#233;tournement sous Abdoulaye Wade, son pr&#233;d&#233;cesseur au pouvoir de 2000 &#224; 2012. Karim Wade, fils de l'ancien pr&#233;sident et ancien tout-puissant ministre, fut l'une des cibles de cette cour et, au terme d'une proc&#233;dure de deux ans (2012-2014), il fut condamn&#233; pour enrichissement illicite &#224; payer une amende de 138 milliards de F CFA (plus de 210 millions d'euros). Cette condamnation le privait de ses droits politiques. &#192; l'issue de tractations diplomatico-politiques, Karim Wade fut forc&#233; de s'exiler &#224; Doha (Qatar) en 2016. Depuis, il n'a plus jamais remis les pieds au S&#233;n&#233;gal, et nombre de chefs de son parti, le PDS, ont ralli&#233; la majorit&#233; pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_42403 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/capture_d_e_cran_le_2023-06-12_a_10.05_23.png?42403/5976ccc1c77b60431d90de9be118e949f78edbe39a6ce9aac0a9656b6f77f176&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH238/5976ccc1c77b6043-3c4cb962-25f54.png?1782073910' width='500' height='238' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2017, c'&#233;tait au tour de Khalifa Sall, maire de Dakar de 2009 &#224; 2017, d'&#234;tre poursuivi par la justice et d'&#234;tre condamn&#233; &#224; une peine de cinq ans d'emprisonnement et &#224; une amende de 5 millions de F CFA pour &#171; escroquerie aux deniers publics &#187;, &#171; faux et usage de faux dans des documents administratifs &#187; et &#171; complicit&#233; en faux en &#233;criture de commerce &#187; dans l'affaire dite de la &#171; caisse d'avance &#187; de la ville de Dakar. Cette caisse d'avance, qui constituait un fonds de soutien social, &#233;tait utilis&#233;e comme fonds de mobilisation politique, et &#233;tait per&#231;ue comme un contrepoids dangereux &#224; la capacit&#233; financi&#232;re de la majorit&#233; pr&#233;sidentielle. Lors de sa condamnation, Khalifa Sall a lui aussi perdu ses droits civiques, et c'est pourquoi sa candidature &#224; la pr&#233;sidentielle de 2019 a &#233;t&#233; rejet&#233;e par le Conseil Constitutionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des fautes ont pu &#234;tre commises par les deux hommes lorsqu'ils &#233;taient aux affaires, les droits de la d&#233;fense ont &#233;t&#233; viol&#233;s dans les deux proc&#233;dures. R&#233;cemment, l'ancien procureur de la Crei a d&#233;nonc&#233; les immixtions politiques, exprimant sa frustration li&#233;e aux obstructions du chef de l'&#201;tat2. La mobilisation populaire autour de Sonko s'explique en partie par le manque de confiance envers la justice exacerb&#233; par ces affaires. Et c'est ce qui a pouss&#233; le camp Sonko &#224; adopter la strat&#233;gie de la &#171; rue publique &#187; en janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bras de fer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;bat est d&#233;sormais cliv&#233;, et chaque camp se radicalise. Les accusations de &#171; fascisme &#187; et de complicit&#233; avec la r&#233;bellion du Mouvement des forces d&#233;mocratiques de Casamance (MFDC), port&#233;es contre Sonko par des ministres, des directeurs d'agence et des patrons de quotidiens nationaux proches du pouvoir, sont de plus en plus fr&#233;quentes. Face &#224; l'ascension de Sonko, la r&#233;ponse consiste &#224; le diaboliser, et &#224; faire peur en invoquant les risques que pourrait causer son accession au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audition des parties dans le cadre de l'affaire &#171; Sweet Beauty &#187; &#224; partir de novembre 2022 a &#233;t&#233; le point de d&#233;part d'un nouveau bras de fer entre la rue et l'appareil &#233;tatique. Ousmane Sonko et ses partisans affirment depuis longtemps que le dossier de viols et de menaces de mort est vide. Ils arguent que le rapport de consultation m&#233;dicale &#233;tabli par un gyn&#233;cologue l'exon&#232;re et que le proc&#232;s-verbal d'enqu&#234;te r&#233;dig&#233; par la section de recherches a &#233;t&#233; manipul&#233; par l'ancien procureur de Dakar &#8211; et donc que le juge d'instruction aurait d&#251; clore l'information judiciaire. Il est vrai que le haut-commandant de la Gendarmerie avait diligent&#233; une enqu&#234;te interne sur le d&#233;roul&#233; de la proc&#233;dure en mars 2021, laquelle avait mis en lumi&#232;re des interf&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fuite vers Touba de Seydina Oumar Tour&#233;, l'un des deux capitaines enqu&#234;teurs, avant son retour &#224; Dakar et sa radiation du corps de la gendarmerie en juin 2021 pour &#171; fautes contre l'honneur, la probit&#233; et les devoirs g&#233;n&#233;raux du militaire &#187;, ont renforc&#233; le sentiment d'abus venant du sommet. Le remplacement du g&#233;n&#233;ral Jean-Baptiste Tine, haut-commandant de la Gendarmerie, en avril 2021, a quant &#224; lui &#233;t&#233; per&#231;u comme une sanction par rapport &#224; la gestion des manifestations de mars 2021. Il se trouve que le g&#233;n&#233;ral Tine est celui qui a commandit&#233; l'enqu&#234;te interne...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;sob&#233;issance civile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un contexte d'intenses pressions politiques sur l'appareil judiciaire &#8211; pressions venues des deux c&#244;t&#233;s &#8211;, la conclusion de cette affaire ne pouvait qu'&#234;tre contest&#233;e. Lorsque le doyen des juges a d&#233;cid&#233; de renvoyer le dossier devant la chambre criminelle, en janvier 2023, Ousmane Sonko et son parti, le Pastef (Patriotes africains du S&#233;n&#233;gal pour le travail, l'&#233;thique et la fraternit&#233;), ont adopt&#233; une nouvelle strat&#233;gie. Lors d'un discours tenu durant un grand meeting &#224; Keur Massar en janvier 2023, Sonko a dit &#171; confier &#187; son sort aux S&#233;n&#233;galais et a affirm&#233; que son testament &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233;. Face aux abus et &#224; l'arbitraire du pouvoir, il a appel&#233; au &#171; gatsa-gatsa &#187;, c'est-&#224;-dire &#224; un retour &#224; l'envoyeur face &#224; tous ces outrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir, en r&#233;ponse, a d&#233;nonc&#233; des appels &#224; l'insurrection et promis de &#171; d&#233;fendre la R&#233;publique &#187;. Depuis f&#233;vrier 2023, plusieurs confrontations ont oppos&#233; sympathisants de Sonko et forces de l'ordre, &#224; Mback&#233; (f&#233;vrier), Dakar (f&#233;vrier/mars) et Ziguinchor (mai). Dans une sc&#232;ne surr&#233;aliste capt&#233;e par des t&#233;l&#233;phones en f&#233;vrier, la brigade d'intervention polyvalente (BIP) de la police nationale a fracass&#233; le v&#233;hicule d'Ousmane Sonko, de retour d'un proc&#232;s pour diffamation, puis des policiers l'ont extrait de force de son v&#233;hicule pour le ramener chez lui, &#224; la cit&#233; Keur Gorgui. En mars 2023, pour la m&#234;me affaire de diffamation, policiers et partisans de Sonko se sont affront&#233;s au rond-point Mermoz, &#224; Dakar. Sonko, gaz&#233; et ramen&#233; de force au tribunal, puis hospitalis&#233;, a parl&#233; par la suite de &#171; tentative d'assassinat &#187;. La pression contre l'opposant va depuis crescendo. L'acc&#232;s &#224; sa r&#233;sidence est r&#233;guli&#232;rement bloqu&#233; par la police et la gendarmerie, sans aucune justification l&#233;gale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2023, &#224; l'annonce du d&#233;but du proc&#232;s de l'affaire &#171; Sweet Beauty &#187;, Sonko a appel&#233; &#224; une campagne de d&#233;sob&#233;issance civile pour protester contre l'arbitraire. De Ziguinchor, dont il est le maire, une ceinture compos&#233;e de ses partisans prot&#233;geait le leader du Pastef de toute arrestation par les forces de l'ordre. Une tentative d'arrestation a d'ailleurs caus&#233; la mort d'un policier, &#233;cras&#233; par un v&#233;hicule de police, et la blessure de plusieurs manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; bataille finale &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai, un jour apr&#232;s la fin des d&#233;bats, Ousmane Sonko a annonc&#233; son retour &#224; Dakar et a demand&#233; aux jeunes rassembl&#233;s devant son domicile s'ils &#233;taient pr&#234;ts &#224; l'accompagner. Ainsi, devant une foule acquise, il a d&#233;clar&#233; : &#171; Nous n'avons pas &#224; fl&#233;chir devant Macky Sall. Tous les S&#233;n&#233;galais qui ne peuvent pas accepter que notre projet soit compromis sur des bases telles que ce qui est en train de se passer, je les convie &#224; se mouvoir vers Dakar. Car s'il doit y avoir une bataille finale, elle se fera &#224; Dakar. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; caravane de la libert&#233; &#187;, qui devait passer par plusieurs villes entre Ziguinchor et Dakar, sur un trajet de 500 km, a constitu&#233; un autre &#233;pisode du bras de fer politique entre le pouvoir et Sonko. Elle a rapidement &#233;t&#233; interrompue le 27 mai, lorsque Ousmane Sonko a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; dans le d&#233;partement de Koungheul, alors qu'il &#233;tait s&#233;par&#233; de ses partisans, par le Groupement d'intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), puis assign&#233; officieusement &#224; r&#233;sidence &#224; Dakar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette arrestation, Ousmane Sonko, ainsi que les membres de sa maisonn&#233;e, sont priv&#233;s de leur libert&#233; de mouvement. Sonko n'a ainsi plus acc&#232;s &#224; ses avocats. Plusieurs manifestations spontan&#233;es ont &#233;clat&#233; dans la capitale ainsi que des appels &#224; lever de force les barricades &#233;rig&#233;es par la police &#224; la cit&#233; Keur Gorgui. Le 1er juin, lorsque le d&#233;lib&#233;r&#233; du proc&#232;s est tomb&#233;, les manifestants ont pris possession de plusieurs rues de Dakar, mais aussi de Ziguinchor, de Kaolack et de Pout, entre autres villes, pour d&#233;noncer l'iniquit&#233; d'un verdict qui risque de compromettre le &#171; projet &#187;. Les 1er et 2 juin, au moins 15 personnes ont perdu la vie, dont plusieurs &#224; la suite de tirs par balles des forces de l'ordre. Ousmane Sonko est devenu inaudible, car priv&#233; de tout moyen de communication. Mais la rue, elle, bruit d'&#233;nergie et de force, et semble sur le point d'exploser.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
