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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Mounana au Gabon, symbole de la colonialit&#233; environnementale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mounana-au-Gabon-symbole-de-la-colonialite-environnementale</link>
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		<dc:date>2023-06-20T06:48:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Micha&#235;l Pauron, Nestor Engone Ellou&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Gabon</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-06-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sorti d&#233;but mai 2023, l'ouvrage collectif Justice environnementale dans les espaces ruraux en Afrique met en lumi&#232;re les injustices persistantes en mati&#232;re de pollution. Afrique XXI publie un extrait du chapitre consacr&#233; &#224; la mine d'uranium de Mounana, dans le sud-est du Gabon, exploit&#233;e par les Fran&#231;ais de 1958 &#224; 1999. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment faire reconna&#238;tre les pr&#233;judices environnementaux subis par les populations en Afrique ? Et comment obtenir r&#233;paration ? C'est &#224; ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/capture_d_e_cran_le_2023-06-19_a_14.04_38-e9bef.png?1781047719' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sorti d&#233;but mai 2023, l'ouvrage collectif Justice environnementale dans les espaces ruraux en Afrique met en lumi&#232;re les injustices persistantes en mati&#232;re de pollution. Afrique XXI publie un extrait du chapitre consacr&#233; &#224; la mine d'uranium de Mounana, dans le sud-est du Gabon, exploit&#233;e par les Fran&#231;ais de 1958 &#224; 1999.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Mounana-au-Gabon-symbole-de-la-colonialite-environnementale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire reconna&#238;tre les pr&#233;judices environnementaux subis par les populations en Afrique ? Et comment obtenir r&#233;paration ? C'est &#224; ces questions &#8211; et &#224; bien d'autres &#8211; que tente de r&#233;pondre un collectif de vingt-huit chercheur&#183;es dans l'ouvrage Justice environnementale dans les espaces ruraux en Afrique (&#233;ditions Qu&#230;). Trois grandes th&#233;matiques &#8211; le partage de l'eau, l'industrie extractive et la reconnaissance des communaut&#233;s locales &#8211; sont explor&#233;es &#224; travers des &#233;tudes de cas en Afrique du Sud, au S&#233;n&#233;gal, au Mozambique, en C&#244;te d'Ivoire, en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, au Ghana et en Guin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y est &#233;galement question du rapport entre la colonisation et les injustices environnementales. Car les &#171; probl&#233;matiques environnementales, le plus souvent &#8220;cadr&#233;es&#8221; comme locales, font sens au regard de rapports de pouvoir in&#233;gaux, largement model&#233;s par le colonialisme et les politiques de libre-&#233;change &#187;, &#233;crit Val&#233;rie Deldr&#232;ve, directrice de recherche &#224; l'Institut national de la recherche agronomique (Inrae) et coorganisatrice du r&#233;seau Environmental Justice - Justice environnementale (EJJE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode coloniale est source de nombreux scandales &#233;cologiques et sociaux, et certains ont persist&#233; apr&#232;s les ind&#233;pendances. Le rapport des multinationales occidentales &#224; la nature en Afrique (priv&#233;e d'une valeur en soi et consid&#233;r&#233;e comme une marchandise) et aux Africains (n&#233;gation de son humanit&#233;, privation de justice) s'inscrit dans une continuit&#233; postcoloniale, ainsi que l'illustrent de nombreux projets extractivistes actuels &#8211; comme ceux de &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/En-Ouganda-le-projet-fou-de-Total&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;TotalEnergies en Ouganda&lt;/a&gt; et en Tanzanie, ou comme l'exploitation de la &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Les-bons-comptes-offshore-du-champion-de-la-bauxite-guineenne&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bauxite en Guin&#233;e&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur cet aspect, la Compagnie des mines d'uranium de Franceville (Comuf) est un cas d'&#233;cole. Devenue Cogema, puis Areva (et d&#233;sormais Orano), elle lance l'exploitation de la mine de Mounana, dans le sud-est du Gabon, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, avant l'ind&#233;pendance. Cette exploitation durera quarante-et-un ans. Aujourd'hui encore, d'anciens salari&#233;s, les familles de certains d'entre eux et les populations vivant aux abords de la mine tentent d'obtenir r&#233;paration pour les pollutions qui ont affect&#233; l'eau et les sols (sources de nourriture pour de nombreux habitants), ainsi que la sant&#233; des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette qu&#234;te de justice est &#233;tudi&#233;e par Nestor Engone Ellou&#233;. L'injustice v&#233;cue sur place est &#171; tridimensionnelle &#187;, analyse le chercheur. Elle est en effet &#233;conomique, avec l'extraction du minerai au m&#233;pris de l'environnement &#8211; extraction destin&#233;e &#224; l'exportation et dont l'&#201;tat fran&#231;ais tire le principal b&#233;n&#233;fice. Elle est sociale, avec le &#171; mal de reconnaissance &#187; v&#233;cu par les victimes. Et elle est enfin judiciaire, puisqu'aucune action en justice n'a encore abouti &#224; cause de la &#171; non-r&#233;troactivit&#233; de la loi &#187;. Le principe du &#171; pollueur-payeur &#187;, notamment, n'est apparu que bien apr&#232;s la cession de la mine en 1999. Tandis que les pollutions perdurent, &#171; ce n'est pas la temporalit&#233; des faits qui devrait servir de crit&#232;re &#224; la qualification de &#8220;crime&#8221;, mais la temporalit&#233; des injustices &#187;, estime Nestor Engone Ellou&#233;. Cette persistance des injustices, ajoute-t-il, &#171; est moins le r&#233;sultat de l'absence d'un cadre juridique contraignant que celui de l'existence d'un rapport de domination qui, ipso facto, favorise l'exploitation des ressources et invisibilise les victimes des pollutions qui en r&#233;sultent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons ci-dessous un extrait du chapitre 5 &#233;crit par Nestor Engone Ellou&#233; et intitul&#233; : &#171; R&#233;parer les injustices historiques au Gabon par une approche restaurative et d&#233;coloniale appliqu&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;saventure environnementale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; [&#8230;] Dans le cas de Mounana, au Gabon, les plaintes d&#233;pos&#233;es (1) par pr&#232;s de 1 618 ouvriers gabonais (2) expos&#233;s &#224; la radioactivit&#233; demeurent &#224; ce jour sans suite. Cette paralysie peut s'expliquer par le fait que le principe pollueur-payeur n'ait &#233;t&#233; adopt&#233; dans le code minier gabonais qu'apr&#232;s la cessation en 1999 des activit&#233;s d'une compagnie mini&#232;re d'uranium, filiale d'un groupe international.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, ces plaintes se heurtent au principe g&#233;n&#233;ral de non-r&#233;troactivit&#233; de la loi, qui stipule qu'une loi ne dispose que pour l'avenir. Pour engager la responsabilit&#233; juridique, il faut d&#232;s lors que l'action incrimin&#233;e enfreigne une obligation ou une interdiction en vigueur au moment de sa r&#233;alisation. Au regard de ces obstacles juridiques, on pourrait penser que la difficult&#233; de r&#233;soudre le probl&#232;me des injustices environnementales historiques ne tiendrait qu'aux limites de leur judiciarisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, il ne s'agit l&#224; que d'une dimension du probl&#232;me qui ne doit pas voiler les causes profondes de ces injustices. Pour mettre en lumi&#232;re ces causes, il faudrait chercher &#224; comprendre pourquoi l'industrie extractive en vient &#224; g&#233;n&#233;rer des injustices environnementales persistantes et comment elle maintient les victimes de ces injustices dans une absence de justice. Tel sera l'objet principal de cette r&#233;flexion, qui vise &#224; montrer que ces injustices sont le fruit du prolongement d'un rapport colonial &#224; l'environnement qui est &#224; l'&#339;uvre dans les activit&#233;s des industries extractives en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[&#8230;] L'exploitation de l'uranium &#224; Mounana, ville situ&#233;e au sud-est du Gabon, s'est d&#233;roul&#233;e pendant trente-huit ann&#233;es. Pour l'industrie nucl&#233;aire fran&#231;aise, la d&#233;couverte du gisement de Mounana fin d&#233;cembre 1956 repr&#233;sentait &#171; une magnifique truffe &#187; d'uranium et la promesse d'une &#171; belle aventure &#187; (3). Si ce r&#233;cit cadre avec la richesse de l'uranium d&#233;couvert &#224; Mounana, il est en d&#233;calage avec la r&#233;alit&#233; de la m&#233;saventure sanitaire et environnementale v&#233;cue par les populations expos&#233;es aux effets n&#233;fastes de la pollution caus&#233;e par l'exploitation des gisements dans cette localit&#233; du Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Risques sanitaires inacceptables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant longtemps, les travailleurs et les riverains ont &#233;t&#233; maintenus dans une ignorance des risques inh&#233;rents aux activit&#233;s mini&#232;res. L'enqu&#234;te qui a lev&#233; le voile de cette ignorance a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce &#224; une initiative d'un collectif des anciens travailleurs miniers de Mounana, cr&#233;&#233; en 2005. La cr&#233;ation de ce collectif a &#233;t&#233; inspir&#233;e par les actions men&#233;es par l'ONG nig&#233;rienne Aghirin'man, qui avait mobilis&#233; l'ONG Sherpa et la Criirad [NDLR : Commission de recherche et d'information ind&#233;pendantes sur la radioactivit&#233;] pour mener une enqu&#234;te sur l'&#233;tat des lieux sanitaire et environnemental du site d'exploitation des mines d'uranium d'Arlit, au Niger, en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport d'enqu&#234;te publi&#233; par la Criirad le 20 avril 2005 avait fait &#233;tat de &#171; risques sanitaires non n&#233;gligeables, voire inacceptables &#187; (4). La publication de ce rapport sur la situation d'Arlit avait motiv&#233; les travailleurs gabonais &#224; lutter contre l'opacit&#233; des informations sur le niveau et les cons&#233;quences de la toxicit&#233; des mines de Mounana. Peu convaincus par la volont&#233; des autorit&#233;s gabonaises d'entreprendre une telle initiative, les anciens travailleurs de Mounana s'&#233;taient alors constitu&#233;s en collectif pour solliciter &#224; leur tour les soutiens de l'ONG Sherpa et de la Criirad. Les enqu&#234;tes men&#233;es par les deux organismes &#224; Mounana ont mis en lumi&#232;re des faits de pollution graves, comme le rel&#232;ve un rapport de 2009 de la Criirad qui indique que pr&#232;s de 7,5 millions de tonnes de d&#233;chets radioactifs ont &#233;t&#233; produits &#224; Mounana :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; [Les] r&#233;sultats pr&#233;liminaires montrent qu'en 2009, des d&#233;chets radioactifs sont toujours pr&#233;sents dans l'environnement accessible &#224; la population. Dans la for&#234;t, le sol est contamin&#233; par des r&#233;sidus d'extraction de l'uranium. (...) Au total, on estime &#224; plus de 2 millions de tonnes la quantit&#233; de r&#233;sidus radioactifs d&#233;vers&#233;s directement dans la rivi&#232;re sur les 7,5 millions de tonnes produites entre 1961 et 1999.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En plus de son impact sur les &#233;cosyst&#232;mes, le rapport de la Criirad montre que la pollution radioactive a affect&#233; directement la sant&#233; et la vie sociale des riverains. D'une part, en raison du niveau de radiation pr&#233;sent &#224; de nombreux endroits accessibles au public : &#171; Certaines valeurs au contact du sol sont 2 &#224; 50 fois sup&#233;rieures &#224; la normale. Ceci concerne aussi bien des lieux en plein air (for&#234;t) que des b&#226;timents ou l'habitat (Cit&#233; Cadres, Cit&#233; R&#233;novation) (5) &#187;. Et d'autre part, en raison de la mise en place de plusieurs zones de restriction d'usage dans le but de limiter les activit&#233;s des riverains &#224; proximit&#233; des zones pollu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Une activit&#233; brutale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, compte tenu de la promiscuit&#233; entre les anciens sites miniers et les lieux d'activit&#233;s des riverains, le respect strict des zones de restriction d'usage conduirait in&#233;vitablement les riverains &#224; se priver des usages sociaux de l'environnement. De fait, parce qu'ils continuent de mener une vie sociale (p&#234;che, baignade, plantation, etc.), les riverains &#171; cohabitent toujours avec les effets radioactifs de l'uranium &#187; (6) sur ce territoire qui porte les &#171; stigmates d'une activit&#233; brutale &#187; (7).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Outre les riverains, la pollution radioactive de Mounana concerne de mani&#232;re directe les anciens ouvriers de la mine. La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux &#8211; 455 sur les 481 interrog&#233;s dans le cadre d'une enqu&#234;te r&#233;alis&#233;e par l'ONG Sherpa en 2007 &#8211; ont indiqu&#233; qu'il y avait &#171; une absence totale d'information sur les risques inh&#233;rents &#224; la radioactivit&#233; et au gaz radon &#187; (8), auxquels ils avaient &#233;t&#233; expos&#233;s quand ils travaillaient pour la compagnie mini&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2009, le collectif des anciens travailleurs miniers et l'Association Mounana, &#233;galement cr&#233;&#233;e en 2005, ont pris contact avec l'ONG Sherpa afin d'examiner les moyens juridiques &#224; mettre en &#339;uvre pour obtenir une r&#233;paration des pr&#233;judices (maladies, d&#233;c&#232;s) imputables selon eux &#224; leur travail au contact de l'uranium (9). &#192; ce jour, vingt-deux ans apr&#232;s l'arr&#234;t de l'exploitation des mines &#224; ciel ouvert et souterraines de Mounana, les membres du collectif des anciens travailleurs miniers, form&#233; par 1 618 anciens employ&#233;s gabonais de la compagnie mini&#232;re (10), sont toujours en attente de justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Colonialit&#233; environnementale et persistance des injustices&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] La situation de Mounana se caract&#233;rise par une forme de colonialit&#233; dans la mesure o&#249; s'y perp&#233;tue une &#171; inf&#233;riorisation qui prend appui sur l'extraction des ressources et l'exploitation de la force de travail, dans une logique de reproduction &#233;largie du capital &#187; (11). &#192; Mounana, le maintien de l'&#233;conomie extractiviste et le r&#244;le de la France prolongent cette logique d'inf&#233;riorisation et perp&#233;tuent une colonialit&#233; environnementale (12) qu'on doit analyser &#224; partir d'une arch&#233;ologie du projet colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier se rapporte entre autres &#224; &#171; l'imposition d'une mani&#232;re singuli&#232;re, violente et destructrice d'habiter la terre &#187; (13). Cet &#171; habiter colonial de la Terre &#187; d&#233;bouche sur un &#233;cocide (destruction des &#233;cosyst&#232;mes d'un territoire) (14) au profit de la m&#233;tropole coloniale, et sur un alt&#233;ricide qui se traduit par la non-reconnaissance des droits des populations autochtones du territoire soumises aux int&#233;r&#234;ts de l'expansion coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Ce projet colonial, qui s'ancre dans un &#171; habiter colonial &#187;, se caract&#233;rise par deux dimensions. D'un c&#244;t&#233;, par une exp&#233;rience coloniale de la nature (15) qui prive cette derni&#232;re d'une valeur en soi pour la r&#233;duire &#224; un statut de marchandise (16) subordonn&#233;e aux processus d'exploitation et de d&#233;t&#233;rioration de l'environnement. D'un autre c&#244;t&#233;, par une n&#233;gation de l'humanit&#233; des populations autochtones des territoires colonis&#233;s. Ces deux dimensions sont constitutives d'une double inconsid&#233;ration. Une inconsid&#233;ration de la valeur intrins&#232;que de la nature et une inconsid&#233;ration du respect des droits naturels d'autres humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; d&#233;ni de reconnaissance de l'humanit&#233; de l'autre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette double inconsid&#233;ration semble &#234;tre &#224; l'&#339;uvre dans la relation des industries extractives en Afrique postcoloniale. En effet, il y a comme un prolongement de &#171; l'habiter colonial &#187; qui se joue dans le rapport des industries extractives aux territoires exploit&#233;s et aux populations locales expos&#233;es, au point qu'on puisse consid&#233;rer qu'en situation postcoloniale, les effets de la pollution environnementale &#171; prolongent et reproduisent ceux du colonialisme &#187; (17). Dans le cas de Mounana, ce prolongement est rendu possible par la continuit&#233; des acteurs et par la continuit&#233; des repr&#233;sentations coloniales de la nature et des humains affect&#233;s par les effets de l'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, s'agissant de la continuit&#233; des acteurs, elle rel&#232;ve du fait que la prospection de l'uranium a d&#233;but&#233; avant l'ind&#233;pendance du Gabon. Elle s'inscrivait donc dans une logique coloniale d'accaparement des ressources. Durant la p&#233;riode coloniale, c'est le Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique fran&#231;ais qui a lanc&#233; la prospection de l'uranium au Gabon &#224; partir de 1946 avec, entre autres, l'objectif de faire de la France une puissance &#233;nerg&#233;tique et nucl&#233;aire au sortir de la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement ce Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique qui va cr&#233;er la compagnie mini&#232;re qui exploite l'uranium &#224; Mounana apr&#232;s les ind&#233;pendances. De fait, l'ind&#233;pendance du Gabon en 1960 ne co&#239;ncide pas avec une rupture des liens d'exploitation qui relient ce pays &#224; l'ancienne puissance imp&#233;riale fran&#231;aise. Et l'exploitation postcoloniale de l'uranium permet aux m&#234;mes acteurs &#171; d'externaliser les charges environnementales de leur enrichissement en dehors de leurs territoires continentaux &#187; (18).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;construire &#171; l'habiter colonial &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, s'agissant de la continuit&#233; des repr&#233;sentations, les activit&#233;s mini&#232;res postcoloniales ne rompent pas avec la double inconsid&#233;ration coloniale de la valeur intrins&#232;que de la nature et des populations locales soumises aux effets de la pollution environnementale. En effet, c'est parce que les for&#234;ts et les rivi&#232;res sont d&#233;pouill&#233;es de toute valeur intrins&#232;que qu'il est possible d'y d&#233;verser des tonnes de d&#233;chets radioactifs, comme l'a fait la compagnie mini&#232;re &#224; Mounana. Et c'est parce qu'il y a un d&#233;ni de reconnaissance de l'humanit&#233; de l'Autre que la pollution qui l'affecte en vient &#224; &#234;tre ni&#233;e ou banalis&#233;e, et que les revendications des victimes des pollutions demeurent inconsid&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] L'invisibilisation et l'inaudibilit&#233; des victimes de Mounana ne rel&#232;vent donc pas uniquement des limites de la judiciarisation des effets de la pollution caus&#233;e par la compagnie mini&#232;re. Elles rel&#232;vent surtout d'un m&#233;canisme profond qui prend place dans une histoire coloniale au fondement d'un rapport dominant/domin&#233;, exploitant/exploit&#233;. L'exploitation des ressources mini&#232;res par les multinationales prolonge ce rapport de domination et le rend &#171; plus durable et plus enracin&#233; que le colonialisme au sein duquel il a &#233;t&#233; engendr&#233; &#187; (19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, face aux injustices environnementales historiques, la justice environnementale ne doit pas seulement consister &#224; rendre les victimes visibles et &#224; r&#233;parer les torts qu'elles subissent. Elle doit &#233;galement impliquer la d&#233;construction des dispositifs qui maintiennent l'habiter colonial. Parmi ces dispositifs, il y a, d'une part, l'ordre juridique peu contraignant qui perp&#233;tue un certain r&#233;gime d'impunit&#233; et, d'autre part, le syst&#232;me extractiviste qui maintient les &#233;changes &#233;cologiquement in&#233;gaux et permet aux multinationales de tirer profit de l'exploitation des ressources sans internaliser leurs v&#233;ritables co&#251;ts sociaux et environnementaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une justice environnementale appliqu&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradigme de la justice restaurative s'inscrit dans une perspective non id&#233;ale qui ne vise pas la justice parfaite, mais qui cherche les moyens d'&#233;liminer les injustices rep&#233;rables. En visant la recherche des &#171; modalit&#233;s de sortie de conflit &#187; (20) sans s'inscrire dans une logique strictement corrective, l'approche restaurative de la justice permet de se recentrer sur la prise en consid&#233;ration des besoins des victimes et sur la recherche des r&#233;ponses (judiciaires ou politiques) qu'il est possible d'apporter pour traiter les injustices et emp&#234;cher qu'elles se reproduisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un cas comme celui de Mounana, elle peut &#234;tre une voie int&#233;ressante pour sortir les victimes de la situation d'absence de justice dans laquelle elles sont maintenues par les obstacles judiciaires. D'un point de vue m&#233;thodologique, cette approche implique, en premier lieu, de partir de l'identification des victimes &#224; l'identification des responsables, en passant par l'identification des besoins des victimes. En second lieu, elle implique de s'int&#233;resser &#224; la d&#233;construction des causes qui ont rendu les injustices possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, s'agissant de l'identification des victimes de Mounana, on peut distinguer trois cat&#233;gories de victimes : celle des anciens travailleurs de la compagnie mini&#232;re, celle des populations riveraines de Mounana, et celle des g&#233;n&#233;rations futures qui seront &#233;galement expos&#233;es aux cons&#233;quences de la pollution. Il est important de porter une &#233;gale attention &#224; l'ensemble de ces cat&#233;gories de victimes en favorisant leur participation (ou celle de leurs repr&#233;sentants) aux conf&#233;rences restauratives qui pourraient &#234;tre organis&#233;es &#224; Mounana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conf&#233;rence restaurative est une forme de m&#233;diation qui permet la r&#233;gulation d'un conflit en r&#233;unissant des participants diversifi&#233;s (infracteur, victimes, etc.). Dans un cadre qui peut &#234;tre en dehors du cadre judiciaire, l'organisation d'une conf&#233;rence restaurative permet de rendre les revendications des victimes plus audibles et d'inciter les acteurs mis en cause &#224; r&#233;parer les dommages caus&#233;s aux victimes et &#224; la communaut&#233;. Une telle initiative pourrait &#234;tre une suite donn&#233;e aux activit&#233;s entam&#233;es par l'Observatoire de la sant&#233; de Mounana ferm&#233; &#224; ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;contamination des sols et des eaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, s'agissant de l'identification des besoins des victimes, si l'on s'en tient &#224; la description de la tridimensionnalit&#233; qui caract&#233;rise la situation de Mounana, alors on peut, d'un point de vue analytique, consid&#233;rer deux principaux besoins de justice : un besoin de reconnaissance et un besoin de r&#233;paration. D'une part, la reconnaissance est la premi&#232;re manifestation de la justice rendue, au sens o&#249; elle permet &#224; la victime d'une injustice d'&#234;tre l&#233;gitim&#233;e dans sa position de victime. [...] D'autre part, &#224; travers leurs mobilisations, les victimes de Mounana manifestent un besoin de r&#233;paration des torts qu'elles ont subis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce besoin de r&#233;paration s'exprime g&#233;n&#233;ralement sous forme de demandes d'indemnisation &#224; travers les proc&#232;s intent&#233;s par les anciens ouvriers ou leurs familles. Il s'exprime &#233;galement sous forme d'un triple besoin d'assistance : en mati&#232;re d'accompagnement m&#233;dical (pour le cas par exemple des 243 travailleurs, toutes cat&#233;gories confondues, faisant &#233;tat de probl&#232;mes pulmonaires) ; en mati&#232;re de relogement des populations qui r&#233;sident dans des habitations construites avec les mat&#233;riaux contamin&#233;s ; et en mati&#232;re de r&#233;habilitation et de d&#233;contamination des sols et des eaux pour permettre aux g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes et futures de ne pas injustement supporter le fardeau des cons&#233;quences de la pollution environnementale de Mounana.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Une fois ces besoins identifi&#233;s, il est n&#233;cessaire de se demander qui doit les prendre en charge. Au lieu de ne s'en tenir qu'&#224; la recherche des responsabilit&#233;s p&#233;nales ou civiles, il est possible de se tourner vers la recherche de r&#233;parations politiques, en organisant des conf&#233;rences restauratives qui impliqueraient la participation de l'&#201;tat gabonais, du groupe minier et de l'&#201;tat fran&#231;ais, dont la responsabilit&#233; politique peut &#234;tre engag&#233;e puisque ce dernier a &#233;t&#233; actionnaire majoritaire au sein de la compagnie mini&#232;re et du groupe minier auquel elle appartient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reconna&#238;tre le crime d'&#233;cocide&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conf&#233;rence restaurative impliquant l'ensemble de ces acteurs pourrait servir de cadre &#224; la reconnaissance publique du tort fait aux victimes de Mounana. Cela pourrait d&#233;boucher sur des r&#233;parations politiques inspir&#233;es du mod&#232;le de traitement des pr&#233;judices historiques de l'apartheid en Afrique du Sud. Ainsi que le rel&#232;vent Antoine Garapon et Genevi&#232;ve Helleringer, ces r&#233;parations &#171; pr&#233;sentaient un double avantage : d'une part, elles n'obligeaient pas les b&#233;n&#233;ficiaires &#224; faire preuve de leur statut de victime ; d'autre part, elles participaient &#224; l'effort g&#233;n&#233;ral de reconstruction et de d&#233;veloppement du gouvernement &#187; (21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mise en &#339;uvre des mesures correctives de cet ordre est un d&#233;fi politique et diplomatique majeur, qu'il convient de relever pour permettre aux parties concern&#233;es d'apporter des r&#233;ponses concr&#232;tes aux attentes des victimes. Enfin, dans une logique de justice restaurative, la question de la pr&#233;vention des injustices est aussi importante que la question de la r&#233;paration des torts. Pour cela, il faut &#233;galement s'int&#233;resser &#224; la limitation des causes du dommage pour trouver le moyen d'&#233;viter que les injustices ne se reproduisent. Si on admet que la situation de Mounana est la cons&#233;quence d'une colonialit&#233; environnementale maintenue par les activit&#233;s extractives de la compagnie mini&#232;re, et si on consid&#232;re de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale que les industries extractives en Afrique poursuivent la logique de l'&#171; habiter colonial de la Terre &#187;, alors la pr&#233;vention des injustices environnementales doit impliquer des r&#233;ponses coercitives et transformatives ad&#233;quates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les r&#233;ponses coercitives, la reconnaissance du crime d'&#233;cocide (22) par les juridictions africaines peut &#234;tre envisag&#233;e. Il ne s'agit pas d'une revendication port&#233;e par les victimes de Mounana, mais d'une r&#233;ponse qu'il est possible de formuler pour d&#233;passer les blocages entretenus par le droit en vigueur au Gabon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rompre avec le mod&#232;le de d&#233;veloppement extractiviste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] Dans cette perspective, la reconnaissance du crime d'&#233;cocide par la Cour de justice de l'Union africaine pourrait faire &#233;merger un cadre normatif et coercitif capable d'accompagner les &#201;tats et les ONG en mati&#232;re de pr&#233;vention d'injustices environnementales graves. Il faudrait coupler une telle initiative, qui rel&#232;ve du champ de la justice p&#233;nale, avec des r&#233;ponses transformatives qui visent &#224; traiter les causes profondes des injustices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concernant ces r&#233;ponses transformatives, on pourrait mettre en avant la n&#233;cessit&#233; de rompre avec le mod&#232;le de d&#233;veloppement extractiviste, qui conduit les &#201;tats postcoloniaux &#224; perp&#233;tuer les m&#233;canismes de &#171; l'habiter colonial de la Terre &#187;. S'engager dans une telle rupture conduirait plusieurs pays africains &#224; sortir du &#171; naufrage de la d&#233;colonisation &#187; (23) qui les a conduits &#224; s'ins&#233;rer dans &#171; l'&#233;conomie-monde capitaliste &#187; (24) qui fait de la marchandisation universelle son cr&#233;do : marchandisation de la nature, marchandisation de la force de travail, marchandisation des moyens de consommation, et m&#234;me marchandisation des d&#233;chets dangereux export&#233;s vers l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les &#233;conomies africaines seront maintenues dans cette logique capitaliste de marchandisation et d'accumulation, elles maintiendront les conditions d'&#233;mergence d'injustices environnementales persistantes sur le continent. En cela, &#339;uvrer pour une transition d&#233;coloniale des &#233;conomies africaines est n&#233;cessaire pour mettre un terme &#224; la colonialit&#233; environnementale qui les caract&#233;rise. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Un collectif a &#233;t&#233; constitu&#233; en 2005 et plusieurs actions, notamment judiciaires, ont &#233;t&#233; men&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Falila Gbadamassi, Gabon : malades, d'anciens employ&#233;s de la filiale d'Areva demandent r&#233;paration, 24 novembre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Jacques Blanc, Les Mines et les mineurs fran&#231;ais d'uranium de 1945 &#224; 1975, 2008, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Rapport Criirad, n&#176; 0517, 2005, p. 11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Rapport du Criirad, 2009, p. 5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Pierre Lebas, Enqu&#234;tes pr&#233;alables &#224; la fermeture de la COMUF, Mounana, Comuf, 1997, p. 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Jean-Kevin Aim&#233; Tsiba, L'exploitation mini&#232;re dans la r&#233;gion du Haut-Ogoou&#233; (Gabon) : contribution &#224; l'&#233;tude des impacts environnementaux, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- Samira Daoud, Jean-Pierre Getti, Areva au Gabon : rapport d'enqu&#234;te sur la situation des travailleurs de la COMUF, filiale gabonaise du groupe Areva-Cog&#233;ma, Sherpa, 4 avril 2007, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- Criirad, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10- Daoud &amp; Getti, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11- Arturo Escobar, Eduardo Restrepo, &#171; Anthropologies h&#233;g&#233;moniques et colonialit&#233; &#187;, Cahiers des Am&#233;riques latines n&#176;62, 2009, pp. 83-95&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12- Si on r&#233;sume bri&#232;vement la d&#233;finition de la colonialit&#233; formul&#233;e par Arturo Escobar et Eduardo Restrepo, on peut dire qu'elle est un ph&#233;nom&#232;ne d'&#171; inf&#233;riorisation des lieux, des groupes humains, des savoirs et des subjectivit&#233;s non occidentales &#187;, au profit d'une &#171; domination occidentale &#187; qui survit historiquement au colonialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13- Malcom Ferdinand, Une &#233;cologie d&#233;coloniale. Penser l'&#233;cologie depuis le monde cara&#239;b&#233;en, Le Seuil, 2019, p. 66.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14- Voir Polly Higgins, Earth Is Our Business : Changing the Rules of the Game, Shepheard-Walwyn, 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15- Florence Pinton, &#171; De la p&#233;riode coloniale au d&#233;veloppement durable. Le statut des savoirs locaux sur la nature dans la sociologie et l'anthropologie fran&#231;aises &#187;, Revue d'anthropologie des connaissances 2014/2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16- Giovanna Ricoveri, &#171; Un pass&#233; toujours pr&#233;sent. Une vision d'ensemble &#187;, &#201;cologie et politique 2, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17- Doris Farget, &#171; Colonialisme et pollution environnementale : prolongement et effets sur les droits des peuples autochtones &#187;, Criminologie, 2016, p. 95.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18- Malcom Ferdinand, Une &#233;cologie d&#233;coloniale.., op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19- An&#237;bal Quijano, &#171; &#8220;Race&#8221; et colonialit&#233; du pouvoir &#187;, Mouvements, 2007, p. 111.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20- Robert Cario, Justice restaurative, principes et promesses, L'Harmattan, 2010, p. 81.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21- Antoine Garapon, Genevi&#232;ve Helleringer, &#171; La r&#233;paration des pr&#233;judices de l'Histoire &#187;, In Ewald F. et al. (dir.), Les Limites de la r&#233;paration du pr&#233;judice, Dalloz, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22- Le d&#233;bat sur la criminalisation de l'&#233;cocide a &#233;t&#233; mis en avant d&#232;s les ann&#233;es 1970 par le juriste am&#233;ricain Richard Falk. Il est notamment le premier &#224; avoir propos&#233; une convention internationale sur le crime d'&#233;cocide en 1973, et &#224; avoir particip&#233; durant cette ann&#233;e au lancement d'une p&#233;tition pour la demande de r&#233;paration des &#171; crimes d'&#233;cocide &#187; commis au Vietnam (Falk, 1973 ; Maljean-Dubois, 2016). C'est dans la m&#234;me perspective que s'inscrivent aujourd'hui des juristes comme Polly Higgins et Val&#233;rie Cabanes, qui promeuvent la reconnaissance du crime d'&#233;cocide comme un cinqui&#232;me crime devant relever de la Cour p&#233;nale internationale (Cabanes, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23- Serge Latouche, &#171; De l'Afrique ambigu&#235; &#224; l'autre Afrique &#187;, Revue du MAUSS, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24- Immanuel Wallerstein, Capitalisme et &#233;conomie-monde 1450-1640, Flammarion, 1980.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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