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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>F&#233;minisme et Barbie</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Feminisme-et-Barbie</link>
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		<dc:date>2023-08-29T08:05:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana Dumitrescu</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-08-29</dc:subject>

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&lt;p&gt;Barbie : ce qui a attis&#233; ma curiosit&#233; et m'a incit&#233; &#224; y aller, ce sont les nombreux commentaires selon lesquels ce film est &#171; f&#233;ministe &#187;. Mais le fond du film tourne finalement autour de Ken et non pas de Barbie. C'est lui qui impose le d&#233;bat et qui contraint l'action. Attention, je &#171; spoile &#187; l'int&#233;gralit&#233; du film pour le d&#233;crypter. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'autrice. &lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s une longue absence sur Mediapart, j'ai d&#233;cid&#233; de reprendre mes billets sur ce blog. Je vous pr&#233;pare une analyse en deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-des-femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-08-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-08-29&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH79/capture_d_e_cran_le_2023-08-28_a_19.16_02-e718d.png?1781243108' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Barbie : ce qui a attis&#233; ma curiosit&#233; et m'a incit&#233; &#224; y aller, ce sont les nombreux commentaires selon lesquels ce film est &#171; f&#233;ministe &#187;. Mais le fond du film tourne finalement autour de Ken et non pas de Barbie. C'est lui qui impose le d&#233;bat et qui contraint l'action. Attention, je &#171; spoile &#187; l'int&#233;gralit&#233; du film pour le d&#233;crypter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/ana-dumitrescu/blog/230723/feminisme-et-barbie&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'autrice&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une longue absence sur Mediapart, j'ai d&#233;cid&#233; de reprendre mes billets sur ce blog. Je vous pr&#233;pare une analyse en deux volets sur l'Extr&#234;me droite, la premi&#232;re partie sous l'angle des expatri&#233;s soutenant les mouvances extr&#233;mistes nationales, la deuxi&#232;me partie &#233;tant consacr&#233;e &#224; la convergence des extr&#234;mes droites ainsi qu'&#224; leurs nouvelles cibles au sein des populations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que je finisse ce travail d'analyse, je vous propose pour red&#233;marrer un billet plus l&#233;ger mais qui a toutefois son importance : d&#233;crypter le film Barbie. Je ne vais pas vous proposer une analyse cin&#233;matographique ni une critique mais m'attacher &#224; analyser le message &#171; f&#233;ministe &#187; dont serait porteur le film. Attention, je vais spoiler l'int&#233;gralit&#233; du film pour le d&#233;crypter, donc si vous souhaitez le voir, ne lisez pas ce qui suit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la base, je n'&#233;tais pas du tout encline &#224; aller voir &#034;Barbie&#034;. Ce n'est pas le genre de film qui me plait cin&#233;matographiquement parlant. Ce qui a attis&#233; ma curiosit&#233; et m'a incit&#233; &#224; y aller, ce sont les nombreux tweets et commentaires disant que ce film est f&#233;ministe. Je ne vous cache pas que je suis partie avec un &#224;-priori n&#233;gatif sur la question. J'essaierai ici d'&#234;tre le plus neutre possible dans mon approche m&#234;me si je ne garantis rien. J'ai donc visionn&#233; ce film en salle comme n'importe quel autre long-m&#233;trage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Histoire de mettre quelques lignes sur le film en tant que film, je dirais qu'il est visuellement bien r&#233;alis&#233;, qu'il emm&#232;ne dans un univers, qu'on y retrouve quelques r&#233;f&#233;rences &#224; d'autres fictions tel &#034;Les hommes pr&#233;f&#232;rent les blondes&#034; avec Marylin Monroe, r&#233;f&#233;rences que je vous laisserai le soin de trouver tout seul (&#231;a commence d&#232;s l'intro) et que pour les nostalgiques de leur enfance, on retrouve des Barbie que nous avons pu conna&#238;tre. Il p&#232;che n&#233;anmoins par sa longueur et devient pesant &#224; la fin. &#199;a reste une bonne distraction au m&#234;me titre qu'un &#034;Mario&#034; ou un film du m&#234;me genre. On signalera un film qui a fait un effort d'inclusion sur le handicap, le poids et les origines m&#234;me s'il y aurait des choses &#224; dire l&#224;-dessus mais on va s'abstenir. Je signale aussi que le film n'est pas vraiment destin&#233; aux enfants m&#234;me s'il est regardable par les plus grands. Je fais le choix de ne pas parler de la r&#233;alisatrice car pour moi ce film est un film de commande Mattel. &#192; partir de l&#224;, je pense que le propos du film est un propos Mattel. Seul le cin&#233;ma d'auteur permet encore une certaine libert&#233; d'expression. Le cin&#233;ma de commande reste du film corporate d&#233;guis&#233;. Voici pour la partie purement cin&#233;ma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8659; Spoiler &#224; partir d'ici &#8659;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous souhaitez vous faire une opinion propre sans vous faire influencer par mon point de vue, je vous conseille d'aller voir le film avant de me lire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction du film&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film d&#233;marre sur une sc&#232;ne o&#249; des petites filles, genre Laura Ingalls, jouent &#224; la maman et &#224; la dinette avec des vieux poupons. C'est l&#224; qu'arrive une Barbie de 10 m&#232;tres de haut et toutes les petites filles &#233;clatent rageusement la t&#234;te de leur petit baigneur contre le sol. Barbie a r&#233;volutionn&#233; le jeu des petites filles, voil&#224; le message de base qui pose l'id&#233;e du film. Et d'entr&#233;e de jeu c'est g&#234;nant car la petite fille passe de la maman &#224; la bombe sexuelle, deux facettes clich&#233;es de la femme. La Barbie qui appara&#238;t &#224; l'&#233;cran est bien entendu la Barbie d'origine avec son maillot de bain ray&#233;. Pour l'&#233;poque, cela peut &#234;tre vu telle une &#233;mancipation mais pour ma part, j'en doute un peu surtout que dans l'absolu Barbie n'a pas remplac&#233; le nourrisson et la dinette. Aujourd'hui encore on ose vendre des aspirateurs jouets. Les clich&#233;s se sont juste cumul&#233;s pour les petites filles. Je rajoute ici une petite pr&#233;cision historique : Barbie n'est pas la premi&#232;re poup&#233;e du genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La toute premi&#232;re s'appelle Bild Lilli et elle est allemande. Ruth Handler (on viendra &#224; elle un peu plus loin), l'inventrice de Barbie, a ramen&#233; d'Allemagne quelques Bild Lilli dont elle s'est all&#233;grement inspir&#233;e pour sa Barbie. En 1964, Mattel rach&#232;te les droits de la poup&#233;e allemande et de l&#224; Barbie s'est vue assurer le monopole du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite du film va ensuite se d&#233;rouler dans deux univers distinct : Barbieland, le monde imaginaire et la vraie vie. Mattel pose les marques de l'imaginaire et du r&#233;el. Barbie est l&#224; pour renforcer l'univers des petites filles occidentales et &#231;a de mani&#232;re positive. C'est r&#233;p&#233;t&#233; sous le ton de l'humour plusieurs fois dans le film. &#199;a sent surtout la bonne grosse publicit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re partie du film : Pr&#233;sentation de Barbieland&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cette introduction des gamines destructrices de poupons, nous arrivons &#224; Barbieland, le pays de(s) Barbie. Elles s'appellent toutes Barbie au point que l'ami qui m'a accompagn&#233; voir le film m'a dit ne plus en pouvoir du d&#233;but &#224; force de les entendre toutes se saluer par un &#171; Hi Barbie ! &#187;. &#199;a pose le d&#233;cor, en carton p&#226;te. Barbie salue Barbie, Barbie prend sa douche sans eau et boit dans une tasse vide. On insiste bien sur la r&#233;ussite professionnelle d'une partie de ces Barbie : de m&#233;decin &#224; Prix Nobel, elles exercent dans tous les domaines de la soci&#233;t&#233;. On a m&#234;me droit &#224; un mini discours sur la ploutocratie. Dans ce monde de Barbie, il y a aussi la version masculine : les Ken. Les Ken sont d&#233;crits comme stupides et sont des accessoires pour Barbie. Le Ken-Ryan Gosling s'est amourach&#233; de la Barbie principale interpr&#233;t&#233; par Margot Robbie mais elle le friendzone totalement. Ken est une pauvre &#226;me en peine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbie donne une f&#234;te et tous les Ken sont invit&#233;s. Ce sont des hommes-objets. Le Ken-Gosling veut rester apr&#232;s la f&#234;te mais il est exclu par une after-party non mixte. Il fait un monologue attrist&#233; du pauvre mec rejet&#233; par une r&#233;union de femmes non-mixtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le lendemain c'est le drame, car Barbie apr&#232;s sa teuf de l'enfer se r&#233;veille avec des &#233;tats d'&#226;me sur le sens profond de la vie. Sa tartine en plastique du petit-d&#233;j est cram&#233;e pour le coup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce petit monde parfait va se d&#233;r&#233;gler. Barbie, suite &#224; ces &#233;tats d'&#226;me, va perdre ses petits pieds de ballerine pour avoir un pied de femme. Elle va m&#234;me avoir de la cellulite et l&#224; c'est le drame. Elle va donc aller chercher conseil aupr&#232;s de la Barbie d&#233;glingu&#233;e, l'&#233;quivalent de la sorci&#232;re du village. La Barbie d&#233;glingu&#233;e est d&#233;glingu&#233;e par la faute des petites filles qui l'ont maltrait&#233;es. La Barbie moche l'est parce que les petites filles lui ont coup&#233; les cheveux et parce qu'elles ont dessin&#233; sur son visage. Hummm. L&#224; aussi je tique un peu. Beaucoup. J'ai du mal &#224; savoir comment interpr&#233;ter ce passage du film qui me laisse un arri&#232;re-go&#251;t amer. Surtout que la Barbie d&#233;glingos, c'est un peu la Barbie r&#233;volt&#233;e, f&#233;ministe, lib&#233;r&#233;e du villages de Barbie standardis&#233;es. Double hummmm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solution que propose la Barbie cracra &#224; Margot Robbie, la Barbie st&#233;r&#233;otype (donc clairement affich&#233;e comme un clich&#233;) c'est de choisir entre une paire de chaussures &#224; talon (repr&#233;sentant la politique de l'autruche) ou une paire de Birkenstock (repr&#233;sentant le choix d'aller dans le monde r&#233;el donc l'&#233;mancipation). Ok &#233;mancipation &#233;gal Birkenstock.... Comment dire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement la Barbie st&#233;r&#233;otype n'aura pas le choix et m&#234;me si elle ne voulait pas des Birkenstock, elle les prend, forc&#233;e par la cracra-d&#233;glingos. Elle s'en va donc &#224; bord de sa petite auto rose sur le chemin de la vie, la vraie. Dans le d&#233;sert, elle se rend compte que Ken a embarqu&#233; clandestinement dans sa voiture. Elle n'en veut pas au d&#233;part mais elle le garde. De l&#224; commence la deuxi&#232;me partie du film, le monde r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personnellement, cette premi&#232;re partie m'a donn&#233; un sentiment de g&#234;ne de par son c&#244;t&#233; hyper-caricatural. En effet, il ne suffit pas pour &#234;tre f&#233;ministe de montrer un pauvre Ken avec ses travers masculins (intol&#233;rance &#224; la douleur, vantardise, drague lourdingue) vs une Barbie femme forte mais tout aussi caricaturale. D'ailleurs, personnellement, j'y vois plut&#244;t une description d'un f&#233;minisme commercial employ&#233; par certains pour le discr&#233;diter. Je ne suis pas &#224; l'aise avec cela. De plus, le personnage de Ken-Gosling n'est pas rendu antipathique. La sc&#232;ne sur la r&#233;union non-mixe laisse une impression mi-figue mi-raisin. On a envie de rire parce que le Ken est pitoyable mais &#231;a ne porte pas forc&#233;ment un regard bienveillant sur la non-mixit&#233;, qui est ridiculis&#233;e et r&#233;duite &#224; une soir&#233;e pyjama. Finalement si les Barbie se r&#233;unissent entre elles c'est forc&#233;ment pour parler futile malgr&#233; tout un discours de d&#233;part sur leurs professions de m&#233;decin, de journaliste ou de prix Nobel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me partie : le monde r&#233;el&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; on se dit, tiens, &#231;a va vraiment commencer. Barbie se prend du harc&#232;lement de rue, Ken aussi mais pas dans un contexte tr&#232;s clair &#224; vrai dire. On ne comprend pas tr&#232;s bien si &#224; ce moment l&#224; Ken est cens&#233; symboliser une figure gay ou pas. D'ailleurs, tout le film n'est pas clair sur l'identit&#233; de genre. On a vraiment l'impression d'&#234;tre dans un monde h&#233;t&#233;ro-norm&#233; flirtant l&#233;g&#232;rement avec un univers LGBTQ, mais c'est tellement noy&#233; et pas clair dans l'intention qu'on h&#233;site vraiment. C'est comme si Mattel, producteur du film et d&#233;tenteur de la franchise, faisait un l&#233;ger coup de pied sous la table mais pas trop, histoire que &#231;a ne se voit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette position ambig&#252;e sera renforc&#233;e un peu plus loin dans le film par le personnage d'Allan, un autre type de Ken qui a vraiment exist&#233; en tant que poup&#233;e, et qui se d&#233;marque du Ken en n'adh&#233;rant pas &#224; ses principes. On ne sait pas vraiment si Allan est un homme gay ou un homme h&#233;t&#233;ro (cis) f&#233;ministe . On peut s'imaginer &#224; tort ou &#224; raison, je ne sais pas, que la Barbie deglingos serait lesbienne. C'est flou. Tr&#232;s flou. Et certainement voulu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sc&#232;ne d'harc&#232;lement de rue voit son apoth&#233;ose au moment o&#249; Barbie interpelle des hommes sur un chantier leur disant qu'elle n'a pas de vagin et que Ken n'a pas d'organes sexuels ce que contredit Ken par derri&#232;re. De l&#224; s'ensuivent quelques p&#233;rip&#233;ties. Iels finissent au commissariat &#224; deux reprises pour violence et vol, o&#249; l&#224; aussi Barbie se fait harceler sexuellement. Iels troquent leur tenues ann&#233;es 80 pour des tenues am&#233;ricaines type cowboy, rose moulant pour Barbie et gilet &#224; franges et chapeau type Dallas pour Ken. C'est ainsi qu'iels vont d&#233;ambuler dans le monde r&#233;el. On peut y voir une critique de l'&#233;lectorat de Trump, du bon am&#233;ricain r&#233;ac accroch&#233; autant &#224; ses clich&#233;s sexistes qu'&#224; ses traditions d'un autre &#226;ge mais je ne suis pas certaine que la r&#233;f&#233;rence soit flagrante pour tout le monde. Moi je l'interpr&#232;te ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224;, les chemins de Barbie et de Ken se s&#233;parent. Barbieland serait la vision enfantine et le monde r&#233;el serait la vision adulte. Le chemin des hommes et des femmes se s&#233;parent. Barbie est prise dans une vision mystique lui donnant une information sur sa raison d'&#234;tre alors que Ken d&#233;couvre le patriarcat. Cette symbolique du sens de la vie est tr&#232;s pr&#233;sente dans le film. Tout doit avoir un sens. L'apoth&#233;ose de ce message est &#224; la toute fin du film o&#249; le fant&#244;me de Ruth Handler explique que l'&#234;tre humain &#224; une fin mais que son message se perp&#233;tue au-del&#224; de sa vie. D'ailleurs un des d&#233;clencheurs du d&#233;but du film de la prise de conscience de la Barbie St&#233;r&#233;otyp&#233;e, en plus des pieds plats et de la cellulite, c'est l'interrogation sur sa propre mort. Elle est r&#233;veill&#233;e par des pens&#233;es de mort. Ensuite dans le monde r&#233;el, Barbie complimente une vieille femme au bout de sa vie sur sa beaut&#233; et elle pleure. Vie, sens de la vie, vieillesse et mort. C'est assez brouillon et j'ai un peu de mal &#224; raccrocher ce wagon mystico-religieux au reste du film. Cela doit certainement symboliser l&#224; aussi le passage de l'enfance &#224; l'&#226;ge adulte, de la jeune femme &#224; la vieille femme mais je le dis : pour moi c'est franchement rat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Barbie se pose un tas de questions graves et existentielles, Ken d&#233;couvre gr&#226;ce &#224; quelques livres (th&#233;orie) un monde de possibles qui s'offre &#224; lui dans un univers patriarcal. Il d&#233;cide donc de se chercher un travail viril mais il se fait bouler par manque de comp&#233;tence (pratique). Pour traduire : en th&#233;orie le patriarcat existe mais pas dans la pratique. Donc ce patriarcat n'est pas si patriarcal que &#231;a vu qu'il faut &#234;tre qualifi&#233; pour obtenir un poste. La critique, dans le monde r&#233;el, est peanuts. Le patriarcat va se limiter au monde de l'imaginaire l&#224; o&#249; va d&#233;cider de rentrer Ken, abandonnant l&#226;chement Barbie dans sa qu&#234;te de sens. Ou comment faire passer les femmes pour des mythomanes dans un film cens&#233; &#234;tre f&#233;ministe. A ce niveau c'est du grand art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps-l&#224; dans son r&#234;ve mystique, Barbie voit une adolescente et ni une ni deux elle va la chercher et la trouve dans son lyc&#233;e. Sasha est pr&#233;sent&#233;e comme rebelle et mordante par un camarade mais Barbie n'a pas froid aux yeux et y va. Sasha lui sort tout un la&#239;us sur le f&#233;minisme et le capitalisme. Sasha c'est la jeune d'aujourd'hui qui ne joue plus aux Barbie et qui les trouve ringardes. Elle est habill&#233;e de noir et en baggy. C'est la rebelle, l'anarchiste, celle qui critique la soci&#233;t&#233; car elle est jeune. Dans la suite du film, elle adoptera des v&#234;tements plus girly et rentrera dans le droit chemin de la pens&#233;e. Hum....En gros critiquer le syst&#232;me serait une na&#239;vet&#233; de jeunesse. Pas tr&#232;s f&#233;ministe l&#224; non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On apprend ensuite dans le film qu'en fait c'est Gloria, la m&#232;re de Sasha, qui a fait appel dans ses souvenirs &#224; Barbie en lui imputant ses propres angoisses de mort ainsi qu'en lui dessinant la tenue de cowboy. Les jeunes sont donc en qu&#234;te d'une utopie qu'ils abandonnent ensuite pour devenir un adulte frustr&#233; dans sa vie, sans r&#234;ve ni espoirs. D'ailleurs, comble du cynisme, Gloria est standardiste chez Mattel. Car oui, Mattel s'est mis en sc&#232;ne dans le film et c'est terriblement p&#233;nible et ce &#224; tous les niveaux, en commen&#231;ant par la m&#232;re ex-fan de Barbie, venue mourir dans un poste sous-qualifi&#233; pour la firme qui lui a vendu du r&#234;ve &#233;tant gosse. Le capitalisme se fout ouvertement de ta gueule sur grand &#233;cran.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant de d&#233;velopper le reste, je vais faire une petite parenth&#232;se ici pour expliquer l'histoire, elle aussi cynique de Mattel. Celle qui est pr&#233;sent&#233;e comme la cr&#233;atrice de Barbie c'est Ruth Handler. Elle est repr&#233;sent&#233;e sous les traits d'une gentille mamie d&#233;bonnaire dans une cuisine m&#234;me si &#224; la fin du film on apprend qu'elle a eu une double mastectomie (la g&#233;nance &#224; son comble) et qu'elle a &#233;t&#233; poursuivie par le fisc. Dans les faits, Ruth Handler a effectivement eu un cancer du sein et suite &#224; son op&#233;ration, elle fonde une soci&#233;t&#233; de fabrication de proth&#232;se mammaire n'en ayant pas trouv&#233; de r&#233;alistes &#224; l'&#233;poque sur le march&#233; mais &#231;a on ne l'apprend pas dans le film. On nous balance juste une sc&#232;ne o&#249; elle dit en rigolant : j'ai plus de seins, j'ai subi une double mastectomie. On est cens&#233; &#234;tre pli&#233;e de rire l&#224; ? Whoouaaah trop dr&#244;le, la meuf elle a plus de seins. Nan s&#233;rieux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Revenons donc &#224; Mattel. Mattel a &#233;t&#233; fond&#233; apr&#232;s-guerre en 1945 par le mari de Ruth et un de ses amis. Le nom commercial de Mattel est issue de leur deux pr&#233;noms : MATT Matson et ELliot Handler. Ruth &#233;tait d&#233;j&#224; mari&#233;e &#224; Elliot mais son nom ne figure aucunement dans le nom de la soci&#233;t&#233;. Pourtant d&#232;s le d&#233;part, elle a particip&#233; activement. Mattel a commenc&#233; son activit&#233; avec la vente de cadre photo et de meubles pour poup&#233;e fait &#224; partir de ces cadres. Ils ont ensuite sorti un ukul&#233;l&#233;. Ironie du sort, Barbie appara&#238;t le lendemain de la journ&#233;e international des droits de femmes, le 09 mars 1959. C'est le jouet le plus vendu du groupe. Bien entendu que dans le film on ne parle nulle part des scandales dont le groupe a fait l'objet, du plomb dans les jouets au scandale de violences sexuelles subies par leurs ouvri&#232;res en Chine. On souligne juste le fait que Ruth a eu des d&#233;m&#234;l&#233;s avec le Fisc. C'est pas grave, elle est morte de toute fa&#231;on. Et puis c'est une femme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le film la soci&#233;t&#233; est pr&#233;sent&#233;e comme une soci&#233;t&#233; dont la direction est compos&#233;e uniquement d'hommes. Dans le faits, le PDG de Mattel est bien un homme Ynon Kreiz. D'ailleurs Ynon Kreiz d&#233;clare avoir ri en voyant sa caricature dans le film. Rien d'&#233;tonnant en fait. Car rien ne prot&#232;ge mieux le patriarcat que son autod&#233;rision. Rire de soi-m&#234;me permet de dire au public : &#171; regardez ces phallocrates dans le film, c'est vrai, c'est dirig&#233; par des hommes mais on a trop d'humour, on se moque de nous-m&#234;mes donc on est des f&#233;ministes. &#187; En fait non. C'est tout sauf f&#233;ministe. &#199;a ne d&#233;nonce rien, &#231;a ne change rien et on s'octroie le luxe d'en rigoler au nez des femmes et m&#234;me d'avoir l'audace de les embarquer dans cette parodie et de vouloir les faire rire. Je te baise mais j'en rigole et tu ris aussi, donc je ne te baise pas vraiment, n'est-ce-pas ? C'est la phallocratie la plus crasse et la plus cynique qui soit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir au d&#233;roul&#233; du film, Barbie se fait chopper &#224; la sortie du lyc&#233;e de Sasha par les gens de Mattel. Au d&#233;but, elle est super contente, forc&#233;ment des hommes viennent la sauver mais apr&#232;s elle se rend compte qu'ils veulent la niquer en la foutant dans une bo&#238;te et en la renvoyant chez elle. Mais Barbie est finaude et elle s'&#233;chappe. C'est l&#224; qu'elle rencontre par hasard en ouvrant une mauvaise porte, le fant&#244;me de Ruth Handler dans sa cuisine. Ruth est pr&#233;sent&#233;e sous l'image d'une gentille grand-m&#232;re. C'est Ruth, la cr&#233;atrice qui aide Barbie a s'&#233;chapper. Entraide f&#233;minine, hahahahah. Et &#231;a continue car elle tombe sur Sasha et sa m&#232;re. Cette derni&#232;re l'embarque avec elle et nous fait une sc&#232;ne digne de GTA. On apprend qu'elle a appris &#224; conduire ainsi gr&#226;ce &#224; un mec. Oui. Oui. Un mec lui a appris car elle ne pouvait pas apprendre seule. Sa fille lui pose la question et elle r&#233;pond que le dit mec est son p&#232;re afin de ne pas avouer avoir eu d'autres relations avant. L&#224; aussi c'est la g&#233;nance la plus totale. On apprend aussi que Gloria est mari&#233;e avec un homme d&#233;crit comme mou et que donc c'est elle qui a des pens&#233;es de mort. En gros, la vraie vie &#231;a rend d&#233;pressive et &#231;a tue nos r&#234;ves de petite filles. Un peu plus loin dans le film on verra d'ailleurs des Barbie d&#233;pressives, c'est &#224; dire qui pleurent avec le mascara qui coulent. L&#224; aussi c'est total g&#233;nance pour les personnes qui souffrent r&#233;ellement de d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me Partie : Kendom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ce beau monde prend la route pour Barbieland. Et l&#224;, c'est le drame. Elles d&#233;couvrent que Barbieland est devenu Kendom, Ken ayant introduit le patriarcat en l'absence de Barbie st&#233;r&#233;otyp&#233;e. Comme Ken est un ersatz masculin un peu con, il a d'abord cru que le patriarcat c'&#233;tait la domination par les chevaux donc il y a des images de mustangs fougueux partout, y compris un pendentif &#224; son cou. Mais cette troisi&#232;me partie du film vaut son pesant d'or tellement je trouve que c'est rat&#233;, sexiste et contre productif &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Barbie, Sasha et sa m&#232;re se retrouvent dans un patriarcat tr&#232;s caricatural. Cha&#238;ne en or qui brille, manteau en fourrure, domination dans les relations, etc. Les Ken veulent changer la constitution de Barbieland pour la transformer en toute l&#233;galit&#233; en un patriarcat d'&#233;tat. Toutes les Barbie sont devenus les esclaves des Ken, habill&#233;es en soubrettes, leur apportant &#224; boire. Ken-Gosling a pris possession de la maison de Barbie en chef pendant son absence. C'est devenu la Mojo dojo casa house. Les Ken ont atteint leur apog&#233;e et sont devenus la caricature d'une caricature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le moment de souligner un fait important. Le fond du film tourne finalement autour de Ken et non pas de Barbie. C'est lui qui impose le d&#233;bat et qui contraint l'action. Et ici je vais faire un petit rappel cin&#233;matographique plus que vital pour rappeler les r&#232;gles d'un film qui n'est pas sexiste. &#199;a s'appelle le test de Bechdel et c'est en trois questions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Il doit y avoir au moins deux femmes nomm&#233;es (nom/pr&#233;nom) dans l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- qui parlent ensemble&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- et qui parlent de quelque chose qui est sans rapport avec un homme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines sc&#232;nes peuvent correspondre &#224; cette d&#233;finition avec laquelle Mattel a subtilement jou&#233;, mais la r&#233;alit&#233; c'est que Ken impose les r&#232;gles du jeu car finalement Barbie n'a pas foutu grand-chose dans sa d&#233;ambulation dans la vie r&#233;elle &#224; part ramener une femme mal mari&#233;e et subalterne de Mattel et une adolescente rebelle afin de combattre les Ken. Gentil ou m&#233;chant Ken, peu importe mais tout tourne autour de lui. Le combattre. Et l&#224; aussi c'est une mauvaise interpr&#233;tation du f&#233;minisme car le f&#233;minisme ce n'est pas combattre les hommes mais imposer la femme et son travail dans un espace social et public inexistant ou limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois &#233;galement dans ce monde imaginaire f&#233;minin d&#233;figur&#233;e par les Ken une m&#233;taphore de la sexualit&#233; des adolescentes (l'entr&#233;e brutale de l'homme dans la vie de la femme). L'utilisation r&#233;currente du terme de petite amie &#224; distance et par intermittence revient sans arr&#234;t donc sans faire de psychologie de comptoir, c'est l'effet que cela me procure. Tout est bas&#233; sur des non-dits dans ce film, des allusions parfois perverses, le plus souvent cynique tout cela sur fond d'une com&#233;die rose bonbon. La forme est jolie, le fond est d&#233;gueu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sauver Barbieland, Barbie, la m&#232;re et sa fille comprennent leur unique r&#244;le est l&#224;. Voil&#224; enfin r&#233;v&#233;l&#233; le sens profond du voyage de Barbie. C'est un peu foutraque dans le sc&#233;nario vu qu'au d&#233;part Barbie devait rechercher le pourquoi du comment de sa cellulite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trois personnages d&#233;cident pour trouver une solution de retourner chez la Barbie d&#233;glingos qui entre temps est un peu moins cracra, son visage &#233;tant d&#233;barbouill&#233;. Chez elle, il y a un centre de r&#233;&#233;ducation des Barbie endoctrin&#233;es par le verbiage des Ken. Genre, on les sort d'une secte. S'ensuit un kidnapping de toutes les Barbie qu'on r&#233;&#233;duque. Un plan d'une grande intelligence est &#233;chafaud&#233; afin d'emp&#234;cher le vote de la constitution et que Kendom remplace d&#233;finitivement Barbieland. Le plan constitue &#224; rendre les Ken jaloux entre eux afin qu'ils se tapent sur la gueule. Une strat&#233;gie toute f&#233;minine comme dirait le dernier des r&#233;acs. Clich&#233; ultime autant masculin que f&#233;minin. S'en est navrant. Bien entendu que cela fonctionne et les Ken s'affrontent sur une plage puis dans une danse finale. Pendant que les Ken se tapent dessus, les Barbie votent pour maintenir leur Constitution. Victoire pour les Barbie et grand soulagement, tout va revenir comme avant. Je souligne que les Barbie n'ont aucunement regagn&#233; le pouvoir par leur intelligence ni par leur profession ni par leur prix Nobel mais bien par des ruses de s&#233;ductions dignes du si&#232;cle dernier. Il n'y a rien de plus anti-f&#233;ministe au monde. D'ailleurs les hommes en prennent aussi par leur grade car ils sont sanguins et stupides. L&#224; aussi ce n'est pas f&#233;ministe. Finalement, si l'homme &#233;tait aussi stupide, pourquoi le sexisme existerait ? En conclusion, taper &#224; la fois sur les pires clich&#233;s des femmes et les pires clich&#233;s de hommes ne sert &#224; rien socialement &#224; part faire rire le spectateur &#224; peu de frais. Pour cela nous avions des magnifiques sp&#233;cialistes durant les ann&#233;es 80 tel qu'Aldo Maccione, grand pr&#233;curseur en la mati&#232;re. Si cela vous a plu, je ne peux que vous conseiller de regarder ses nombreuses &#339;uvres et il y a de quoi faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce stade tu crois qu'enfin le film est fini, mais non. Le pire arrive. Mais c'est quoi le pire, me demanderez-vous ? Et bien le pire c'est quand Barbie st&#233;r&#233;otyp&#233;e reprend sa maison. S'ensuit une lamentation de Ken o&#249; il dit un truc du genre : &#171; finalement si cette violence a exist&#233; c'est la faute des Barbie qui ne n'ont pas fait de place aux Ken dans leur monde &#187;. Alors l&#224; on arr&#234;te tout ! &#199;a c'est juste pas possible, m&#234;me au milli&#232;me degr&#233;, m&#234;me pour rire m&#234;me m&#234;me m&#234;me n'importe quoi. C'est juste inaudible. Dire &#224; une femme qu'elle a subi des violences et que c'est de sa faute, &#231;a ne passe pas et &#231;a ne passera jamais. Cette r&#233;plique m'est vraiment rest&#233;e au travers de la gorge. Et vous savez quelle est la r&#233;ponse sc&#233;naristique ensuite ? Barbie en chef qui r&#233;conforte le pauvre Ken en lui disant de se trouver une place dans le monde, en &#233;tant lui-m&#234;me. Tout &#231;a pour finir sur un monde o&#249; ils vivent tous en paix. La conclusion en est que les f&#233;ministes sont dangereuses &#224; vouloir imposer un pseudo monde de femmes, et que la gentille r&#233;ponse est de s'aimer les uns les autres. L&#224;, tu agonises carr&#233;ment sur ton si&#232;ge, le pop-corn se coince dans la trach&#233;e, tu es &#224; deux doigt de t'&#233;touffer tant au propre qu'au figur&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin du film&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224;, le pop-corn toujours coinc&#233; au fond de la gorge, tu te dis que le supplice va enfin finir pour de bon. Et non. C'est &#224; ce moment qu'intervient Ruth qui emm&#232;ne Barbie dans une sorte d'au-del&#224; et de discours sur le sens de la vie et l'emporwement. C'est long, long et long que j'avoue avoir totalement d&#233;croch&#233; de ce passage mystico-religieux final. On aurait dit un pr&#234;che d'un &#233;vang&#233;liste sur fond de d&#233;cor rappelant le paradis. Tu te mets &#224; prier que le g&#233;n&#233;rique soit enfin lanc&#233;. Dieu, venez-nous en aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi la fin de Gloria et de sa fille Sasha. Gloria retrouve son mari et tout va bien dans le meilleurs des mondes. Il est blond et &#224; appris &#224; parler espagnol pour faire plaisir &#224; sa femme qui est hispanique. C'est maintenant une femme combl&#233;e. Le bonheur d'une femme tient &#224; si peu... Un gentil petit mari et tout roule ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est toujours pas fini car il faut bien achever les spectateurs. Il reste le coup fatal. Celui avec lequel tu vas partir en sortant de la salle et que jamais plus tu n'oublieras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive enfin, la toute toute toute derni&#232;re sc&#232;ne de cette fin sans fin. D'ailleurs, &#224; plusieurs reprises, les personnages s'interrogent eux-m&#234;mes de savoir comment &#231;a peut finir. &#192; croire que les sc&#233;naristes ont mis toutes les fins alternatives les unes apr&#232;s les autres sans pouvoir trancher o&#249; et comment achever l'&#339;uvre. Et puis, ils ont eu l'id&#233;e ultime que vous devez tous conna&#238;tre si vous avez r&#233;sist&#233; en salle jusque l&#224;. C'est Barbie, redescendue du paradis, qui est de nouveau dans la vraie vie. Elle est chauss&#233;e de Birkenstock. Roses. Et elle va quelque part. Ce quelque part c'est chez le gyn&#233;cologue. Et vous savez ce qu'elle va y faire ? Elle va se faire construire un vagin. Cette fin est l'aboutissement de tout le cynisme du film quand on sait que le &#171; vagin de Barbie &#187; est un mod&#232;le de chirurgie plastique vulvaire qu'on propose aux femmes. Voici ici un article qui d&#233;montre comment Barbie a r&#233;ussi &#224; d&#233;gouter de leur vagin des petites filles. Tapez en recherche &#034;Vagin de Barbie&#034; et vous serez horrifi&#233; du ph&#233;nom&#232;ne. Barbie f&#233;ministe ? Vous en &#234;tes encore s&#251;r&#183;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s rien ne vous emp&#234;che d'avoir appr&#233;ci&#233; le film et d'y avoir pris du plaisir car on peut dans l'absolu rigoler de tout ou de presque tout. Mais par piti&#233; ne le qualifiez pas de &#034;f&#233;ministe&#034;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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