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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>R&#233;volution, d&#233;mocratie, double pouvoir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Revolution-democratie-double-pouvoir</link>
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		<dc:date>2021-06-08T07:32:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>D&#233;bats</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions des extraits de deux textes de Daniel Bensa&#239;d et Fran&#231;ois Sabado, dans lesquels sont abord&#233;es la fa&#231;on dont le parti doit n&#233;cessairement (se) poser la question du pouvoir, ainsi que la probl&#233;matique &#171; classique &#187; du double pouvoir, &#233;l&#233;ment central dans le processus de conqu&#234;te du pouvoir et de destruction de l'&#201;tat bourgeois. &lt;br class='autobr' /&gt; Revue L'Anticapitaliste no 120 novembre 2020 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Fran&#231;ois Sabado &lt;br class='autobr' /&gt;
Cr&#233;dit Photo Le lundi 20 avril 2009, &#224; Caen, les gaziers et les &#233;lectriciens de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Gauche-politique-intellectuelle-et-debats-" rel="directory"&gt;Gauche politique, intellectuelle et d&#233;bats&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Debats-515-+" rel="tag"&gt;D&#233;bats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-06-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-06-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton48598-0bd25.jpg?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions des extraits de deux textes de Daniel Bensa&#239;d et Fran&#231;ois Sabado, dans lesquels sont abord&#233;es la fa&#231;on dont le parti doit n&#233;cessairement (se) poser la question du pouvoir, ainsi que la probl&#233;matique &#171; classique &#187; du double pouvoir, &#233;l&#233;ment central dans le processus de conqu&#234;te du pouvoir et de destruction de l'&#201;tat bourgeois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste no 120&lt;br class='autobr' /&gt;
novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cr&#233;dit Photo&lt;br class='autobr' /&gt;
Le lundi 20 avril 2009, &#224; Caen, les gaziers et les &#233;lectriciens de GRDF et de ERDF, filiales de GDF et de EDF, sont en gr&#232;ve depuis 3 semaines. &#169; Phototh&#232;que Rouge / JMB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions de la d&#233;mocratie parlementaire bourgeoise (appareil de r&#233;pression, administration, Constitution, lois, r&#232;glements), qui s'appuient sur la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du capital et des grands moyens de production et de communication, sont au service de la domination des classes dominantes. Elles ne peuvent servir d'instrument pour renverser cette domination et pour transf&#233;rer le pouvoir de la classe bourgeoise &#224; la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelles structures d'auto-organisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience historique comme la politique actuelle des classes dominantes montrent leur refus de toute transformation radicale et la violence qu'elles opposent &#224; la volont&#233; populaire. Et lorsque les peuples arrachent des victoires parlementaires, comme en Espagne en juillet 1936 ou au Chili en 1971-1973, les classes dominantes n'h&#233;sitent pas &#224; bafouer le suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche reste une de nos diff&#233;rences fondamentales avec le r&#233;formisme. Une transformation radicale de la soci&#233;t&#233; ne peut se faire fans le cadre des institutions bourgeoises, en faisant confiance aux &#233;lections parlementaires par une accumulation graduelle de r&#233;formes et de conqu&#234;tes de positions. La r&#233;action des classes dominantes et la coh&#233;rence forte du syst&#232;me capitaliste exigent une rupture avec celui-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alisation pleine et enti&#232;re de la d&#233;mocratie exige la remise en cause de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e du Capital et de la vieille machine d'&#201;tat. Elle d&#233;bouche sur l'affrontement avec l'&#201;tat bourgeois, en particulier avec son appareil de r&#233;pression qu'il faut alors briser. De ces situations de crise r&#233;volutionnaire &#233;mergent de nouvelles structures d'auto-organisation et de pouvoir populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combinaison de d&#233;mocratie directe et de d&#233;mocratie repr&#233;sentative (assembl&#233;es &#233;lues), ces institutions devront constituer l'expression, tout &#224; la fois du processus r&#233;volutionnaire et de la souverainet&#233; populaire. Elles seront alors en situation de se substituer aux vieilles institutions bourgeoises. Pour assurer leur l&#233;gitimit&#233;, ces nouvelles institutions de la d&#233;mocratie sociale (conseils dans les entreprises et assembl&#233;es dans les communes, assembl&#233;es locales, r&#233;gionales, nationales de citoyens ou de salari&#233;s) devront recourir au suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce point de vue, si nous d&#233;finissons le suffrage universel comme l'expression du vote d&#233;mocratique &#8211; &#171; un homme/une femme &#233;gale une voix &#187;, il peut se d&#233;ployer autant sur le territoire de la commune que celui des entreprises. S'il existe des formules chez L&#233;nine, Trotsky et, surtout chez Gramsci, pr&#233;sentant la d&#233;mocratie socialiste ou le pouvoir des conseils comme une d&#233;mocratie de &#171; conseils d'usine &#187; appuy&#233;e &#171; sur les groupement de production &#187;, l'exp&#233;rience historique nous rappelle que les &#233;lus de la Commune de Paris repr&#233;sentaient des assembl&#233;es &#233;lues au suffrage universel et que les soviets de la r&#233;volution russe &#233;taient des conseils territoriaux, accompagn&#233;s par des conseils ouvriers dans les entreprises, des conseils de paysans et des conseils de soldats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autogestion sociale et d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche permet aussi d'envisager, apr&#232;s la conqu&#234;te du pouvoir, une d&#233;mocratie des producteurs librement associ&#233;e, bas&#233;e sur le suffrage universel. Assembl&#233;es populaires territoriales ou conseils communaux &#233;lus peuvent coexister avec des conseils de travailleurs &#233;lus par les salari&#233;s des entreprises de la commune ou d'un territoire donn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les structures d'auto-organisation (assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, rencontres, r&#233;unions) appuyant et contr&#244;lant en permanence tous les conseils, assembl&#233;es et repr&#233;sentants &#233;lus, favorisant ainsi la construction du socialisme par en bas. Certaines exp&#233;riences historiques ont mis &#224; l'ordre du jour la possibilit&#233; d'un syst&#232;me de deux assembl&#233;es : l'une &#233;lue directement au suffrage universel, l'autre repr&#233;sentant les secteurs sociaux et les diff&#233;rentes formes d'organisation du pouvoir populaire. Elles peuvent exprimer l'exigence d'expression de la d&#233;mocratie sociale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, dans un tel syst&#232;me, les deux assembl&#233;es doivent avoir la m&#234;me l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique et donc relever de l'&#233;lection au suffrage universel. L'assembl&#233;e des secteurs sociaux ou de conseils de travailleurs n'est pas un simple contre-pouvoir aux assembl&#233;es territoriales. C'est un pouvoir souverain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci nous conduit donc dans cette hypoth&#232;se &#224; opter, dans une soci&#233;t&#233; de transition, pour une certaine forme de &#171; dualit&#233; de pouvoir &#187; assurant une tension entre la d&#233;mocratie politique et sociale. Mais n'est-ce pas l'expression des contradictions d'une soci&#233;t&#233; de transition au socialisme, o&#249; deux processus coexistent et se croisent : un d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat et de ses institutions politiques d'une part, et, d'autre part, l'autogestion sociale, une soci&#233;t&#233; &#171; des producteurs &#187; librement associ&#233;s ? Et si des conflits ou des contradictions entre assembl&#233;es surgissent, alors ce serait au peuple souverain de d&#233;cider, par r&#233;f&#233;rendum ou vote au suffrage universel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enseignements des exp&#233;riences historiques, de la R&#233;volution fran&#231;aise de 1789/1793, &#224; la R&#233;volution russe de 1917, en passant par la Commune de Paris de 1871, nous conduisent, apr&#232;s la liquidation des vieilles institutions de l'&#201;tat bourgeois, &#224; mettre l'accent sur la d&#233;mocratie autog&#233;r&#233;e de la commune ou de l'entreprise et sur une combinaison d'assembl&#233;es de citoyens et de producteurs qui &#233;largissent les conditions du d&#233;bat politique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;mocratie socialiste devrait signifier non pas une restriction mais un &#233;largissement sans pr&#233;c&#233;dent des libert&#233;s d&#233;mocratiques, garantir un pluralisme politique, le suffrage universel le plus &#233;quitable, la repr&#233;sentation des minorit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle devrait commencer &#224; surmonter la division entre l'&#233;conomique et le politique, la scission entre le producteur et le citoyen. Elle devrait &#233;tablir la responsabilit&#233; des &#233;lus devant leurs mandants, favoriser tout ce qui r&#233;duit la d&#233;l&#233;gation de pouvoir, afin que l'&#201;tat puisse commencer &#224; d&#233;p&#233;rir en tant que corps s&#233;par&#233; de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la d&#233;mocratie socialiste, c'est toujours plus de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Extraits de &#171; R&#233;volution et d&#233;mocratie &#187;, Critique communiste n&#176;175, printemps 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mort de Fidel Castro : Une page se tourne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mort-de-Fidel-Castro-Une-page-se-tourne</link>
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		<dc:date>2016-12-06T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>Cuba</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Fidel Castro sera identifi&#233;, &#224; jamais, &#224; la r&#233;volution cubaine. Dans les ann&#233;es 1960, cette r&#233;volution a suscit&#233; un enthousiasme sans pr&#233;c&#233;dent dans les jeunes g&#233;n&#233;rations de r&#233;volutionnaires... Il faut se repr&#233;senter le monde de l'&#233;poque : la guerre froide bat son plein et le stalinisme g&#232;le le mouvement ouvrier international. La r&#233;volution cubaine va d&#233;bloquer cette situation en cr&#233;ant un nouvel espoir. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;surgence d'une dynamique r&#233;volutionnaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Cuba-+" rel="tag"&gt;Cuba&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-centrale-et-du-sud-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud et Cara&#239;bes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-12-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-12-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH113/arton28952-e32bb.jpg?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='113' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Fidel Castro sera identifi&#233;, &#224; jamais, &#224; la r&#233;volution cubaine. Dans les ann&#233;es 1960, cette r&#233;volution a suscit&#233; un enthousiasme sans pr&#233;c&#233;dent dans les jeunes g&#233;n&#233;rations de r&#233;volutionnaires... Il faut se repr&#233;senter le monde de l'&#233;poque : la guerre froide bat son plein et le stalinisme g&#232;le le mouvement ouvrier international. La r&#233;volution cubaine va d&#233;bloquer cette situation en cr&#233;ant un nouvel espoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article39587&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;surgence d'une dynamique r&#233;volutionnaire internationaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment une &#171; gu&#233;rilla &#187; de quelques dizaines, puis de quelques centaines de militants, entra&#238;ne-t-elle tout un peuple dans le renversement de la dictature sanglante de Batista ? Comment expliquer qu'un peuple de 10 millions d'habitants r&#233;ussit &#224; faire face &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, et &#224; polariser ainsi la situation mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; qu'il faut reconna&#238;tre les qualit&#233;s de direction de Fidel Castro. Celle ci-s'inscrit dans la tradition de Jos&#233; Marti, r&#233;volutionnaire cubain, champion de la lutte pour la lib&#233;ration nationale contre l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. Mais il faut noter une double sp&#233;cificit&#233; de la r&#233;volution cubaine : alors que les strat&#233;gies d'alliance avec la bourgeoisie nationale dominent le mouvement ouvrier de l'&#233;poque, Fidel et ses camarades impulsent une strat&#233;gie de lutte arm&#233;e, combinant des actions de gu&#233;rilla, le mouvement des masses, des manifestations et gr&#232;ves insurrectionnelles. La deuxi&#232;me sp&#233;cificit&#233;, c'est qu'en s'opposant &#224; l'&#171; imp&#233;rialisme yankee &#187;, la direction cubaine assure la souverainet&#233; du pays. Pour cela, elle nationalise les grandes propri&#233;t&#233;s capitalistes, en particulier nord-&#173;am&#233;ricaines, et commence &#224; sortir le pays du sous-d&#233;veloppement, notamment en mati&#232;re d'&#233;ducation et de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si Cuba est un petit pays, Fidel propulse un processus r&#233;volutionnaire au sein m&#234;me de l'h&#233;misph&#232;re occidental. L'alchimie entre Fidel et Che Guevara renoue avec les meilleures traditions internationalistes du mouvement ouvrier. D'embl&#233;e, les appels au soutien des peuples en lutte se multiplient, en commen&#231;ant par l'appui au peuple vietnamien. Les Cubains organisent en janvier 1966 la conf&#233;rence internationale dite &#171; Tricontinentale &#187;, qui regroupe les forces anti-imp&#233;rialistes d'Afrique, d'Asie et d'Am&#233;rique latine. Une premi&#232;re depuis les grandes conf&#233;rences internationales des ann&#233;es vingt. Cette politique se concr&#233;tise dans les luttes arm&#233;es entreprises par le Che en Am&#233;rique latine (Bolivie) et en Afrique (Congo). Elle se manifeste aussi dans les ann&#233;es 1970, par l'envoi de milliers de soldats cubains pour aider le peuple angolais &#224; repousser les assauts des troupes sud-africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pouvons &#8211; et devons &#8211; discuter de certaines d&#233;viations militaristes des strat&#233;gies cubaines, mais l'essentiel, pour l'&#233;poque, est cette r&#233;surgence d'une dynamique r&#233;volutionnaire internationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pressions sovi&#233;tiques et d&#233;formations bureaucratiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;volution cubaine va, d&#232;s la fin des ann&#233;es 1960, s'affronter &#224; la r&#233;alit&#233; des rapports de forces et du march&#233; mondial. Elle paie dans sa chair l'avertissement lanc&#233; au mouvement r&#233;volutionnaire d&#232;s la r&#233;volution russe : &#171; Le socialisme ne se construit pas dans un seul pays &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isol&#233;e, &#233;trangl&#233;e par le blocus et l'embargo nord-am&#233;ricain, la direction cubaine a de moins en moins les moyens de sa politique. Les accords tactiques n&#233;cessaires avec l'URSS contre l'imp&#233;rialisme se transforment en subordination politique. En ao&#251;t 1968, Fidel Castro soutient l'intervention russe en Tch&#233;coslovaquie. Sur le plan &#233;conomique, le choix de renforcer la monoculture sucri&#232;re affaiblit consid&#233;rablement le pays et aboutit &#224; l'&#233;chec de la &#171; Zafra &#187; &#173;&#8211; r&#233;colte du sucre &#8211; de 1970. Il accro&#238;t la d&#233;pendance de Cuba envers l'URSS, d'autant plus que le blocus nord-&#173;am&#233;ricain se renforce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le mod&#232;le sovi&#233;tique sert de plus en plus de r&#233;f&#233;rence. Les conceptions verticalistes li&#233;es &#224; l'empreinte du militarisme sur la politique cubaine ajout&#233;es au mod&#232;le sovi&#233;tique accentuent les d&#233;formations bureaucratiques de l'&#201;tat cubain : restriction des libert&#233;s d&#233;mocratiques, absence de pluralisme politique, r&#233;pression contre les opposants, consolidation du r&#233;gime du parti unique, inexistence de structures sociales ou politiques propres au peuple cubain...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, nombreux vont pr&#233;dire, &#224; l'instar de l'URSS et des pays de l'Est, un effondrement de la r&#233;volution cubaine. Mais malgr&#233; les ann&#233;es terribles de la &#171; p&#233;riode sp&#233;ciale &#187; marqu&#233;e par la fin de l'aide sovi&#233;tique, conjugu&#233;e &#224; l'embargo nord-am&#233;ricain, Cuba a tenu ! Car, au-del&#224; de ses erreurs, sa r&#233;volution n'a jamais &#233;t&#233; une importation russe. C'est un mouvement historique propre au peuple cubain. Ses ressorts &#171; anti-yankees &#187;, les acquis de sa r&#233;volution &#8211; m&#234;mes t&#233;nus &#8211;, sa volont&#233; farouche de souverainet&#233;, ont &#233;t&#233; plus forts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; quand ? Les rapports de forces sont terriblement d&#233;favorables. Que va faire l'administration nord-am&#233;ricaine : submerger Cuba de marchandises ou continuer l'embargo ? Apr&#232;s la mort de Fidel, comment les forces au sein du Parti communiste et du peuple cubain vont-elles se r&#233;organiser ? Les partisans d'une voie chinoise ou vietnamienne l'emporteront-ils ? Une fois de plus, le peuple cubain saura-t-il trouver les voies et les moyens de poursuivre la r&#233;volution ? Nous l'esp&#233;rons et le soutenons dans ce combat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelque chose a chang&#233; dans la situation sociale et politique en France</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelque-chose-a-change-dans-la-situation-sociale-et-politique-en-France</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelque-chose-a-change-dans-la-situation-sociale-et-politique-en-France</guid>
		<dc:date>2016-04-05T07:44:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado, Olivier Besancenot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-04-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;4 avril 2016 | Hebdo anticapitaliste &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce 31 Mars, un million de personnes, sont descendues dans la rue pour manifester leur rejet de la &#171; Loi Travail &#187; du gouvernement Hollande. Le 9 mars, d&#233;j&#224;, pr&#232;s de 500.000 personnes, avaient d&#233;j&#224; battu le pav&#233;, dans plus de 250 villes du pays. C'est une mobilisation populaire nationale qui se construit : des jeunes, des anciens, des salari&#233;s, des lyc&#233;ens, des &#233;tudiants, des ch&#244;meurs. Mais, surtout, fait majeur, une nouvelle g&#233;n&#233;ration &#233;merge, non (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/arton25850-33180.png?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;4 avril 2016 | Hebdo anticapitaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce 31 Mars, un million de personnes, sont descendues dans la rue pour manifester leur rejet de la &#171; Loi Travail &#187; du gouvernement Hollande. Le 9 mars, d&#233;j&#224;, pr&#232;s de 500.000 personnes, avaient d&#233;j&#224; battu le pav&#233;, dans plus de 250 villes du pays. C'est une mobilisation populaire nationale qui se construit : des jeunes, des anciens, des salari&#233;s, des lyc&#233;ens, des &#233;tudiants, des ch&#244;meurs. Mais, surtout, fait majeur, une nouvelle g&#233;n&#233;ration &#233;merge, non seulement dans les gr&#232;ves et manifestations lyc&#233;ennes et &#233;tudiantes mais aussi dans les cort&#232;ges salari&#233;s et syndicaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comment ne pas &#233;voquer, m&#234;me si dans chaque pays, le mouvement a son expression particuli&#232;re, ces milliers de jeunes qui ont occup&#233; les places des grandes villes dans l'Etat espagnol, comme les &#171; indign&#233;s &#187;, ou particip&#233; &#224; l'&#233;mergence de Podemos, ou ces luttes de jeunes d' &#187;Occupy Wall Street &#187; aux USA. . Cette nouvelle vague de radicalisation de la jeunesse, s'est aussi, exprim&#233;e lors des manifestations sur la COP 21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rassemble, et fait converger tous ces secteurs, et il y a de quoi, c'est d'abord le rejet de la &#171; loi travail &#187; du gouvernement, &#171; une bombe atomique &#187; contre les droits et acquis sociaux. La gauche gouvernementale a os&#233; ce que la droite la plus r&#233;actionnaire, n'avait os&#233; faire. Il s'agit en fait de la destruction du Code du travail-lois, d&#233;crets, r&#232;glements- qui, arrach&#233;s par des d&#233;cennies de luttes et de conflits sociaux, prot&#232;gent les droits des travailleurs contre l'exploitation capitaliste. Alors, que jusqu' &#224; ce jour ,les dispositions du Code du travail , l' emportaient sur les accords d'entreprise, les contrats de travail particuliers, les d&#233;rogations, la &#171; loi travail &#187; ou &#171; loi El Khomri &#187;- du nom de la ministre-inverse la hi&#233;rarchie des normes sociales :elle subordonne les droits sociaux au &#171; bon fonctionnement de l' entreprise &#187; ; Ainsi, selon le bon vouloir des patrons ,couvert par le chantage &#224; l' emploi, des accords locaux pourront d&#233;cider de la dur&#233;e du temps de travail, du montant du salaire, de la possibilit&#233; de licencier, sans passer par le respect d'un certain nombre de dispositions r&#233;glementaires. Finies les 35 heures, on pourra travailler plus pour gagner moins, et si les profits baissent, l'employeur pourra revoir les horaires &#224; la hausse et sur une ann&#233;e les r&#233;mun&#233;rations &#224; la baisse. C'est la pr&#233;carisation &#224; vie de toutes les conditions de travail. On comprend, la vive r&#233;action du monde du travail et de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement aurait d&#251; d'ailleurs, y prendre garde, lorsque les sondages indiquaient que 70 % des fran&#231;ais s'opposaient au projet de loi, et encore plus, lorsqu'une p&#233;tition sur les r&#233;seaux sociaux, r&#233;unissaient plus de 1.200.000 signatures. Depuis le mouvement a pris son envol. Ce ne sont plus seulement des opinions, ou des signatures mais des, r&#233;unions, des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, des manifestations. Des milliers de jeunes s'engagent, se politisent. Car il ne s'agit pas seulement d'exiger le retrait de la Loi travail, mais, de s'insurger contre les effets de la crise capitaliste de ces derni&#232;res ann&#233;es : l'explosion des in&#233;galit&#233;s, les injustices sociales, les politiques d'aust&#233;rit&#233;, le mode d'organisation &#233;conomique bas&#233; sur la rentabilit&#233; capitaliste, la concurrence, et le productivisme destructeur de l'environnement. Ces ressorts socio-&#233;conomiques se sont conjugu&#233;s, &#224; l'exigence d&#233;mocratique contre une r&#233;forme constitutionnelle qui, en instaurant une d&#233;ch&#233;ance nationalit&#233; pour les binationaux, allait stigmatiser, toute une partie de la population d'origine &#233;trang&#232;re. Durcissement des politiques d'aust&#233;rit&#233;, discriminations et racisme, trop c'est trop, &#171; l'eau du vase a d&#233;bord&#233; &#187;, les gens sont dans la rue !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et cela, s'exprime dans de nouvelles formes de luttes, comme l'occupation de places ou de lieux symboliques, apr&#232;s les manifestations. Ainsi des milliers de jeunes ont particip&#233; &#224; une initiative appel&#233;e, la &#171; nuit debout &#187;, place de la R&#233;publique, &#224; Paris. A l'appel d'un collectif, de journalistes, intellectuels, animateurs de luttes, des milliers de personnes, sans signes syndicaux ou politiques, ont &#233;chang&#233;, discut&#233; durant plusieurs heures apr&#232;s la manifestation. Ces milliers de jeunes ont d&#233;cid&#233; de se donner de nouveaux rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, ce mouvement peut prendre une nouvelle dimension, car il s'inscrit dans une conjoncture marqu&#233;e par la conjonction d'une crise sociale et d'une crise politique. Les jeunes et le monde du travail manifestent alors que le pr&#233;sident et le gouvernement n'a jamais &#233;t&#233; aussi faible politiquement. Hollande a du recul&#233; et annul&#233; sa r&#233;forme constitutionnelle. Mais du coup, pour des milliers de jeunes et de salari&#233;s, ce recul peut en appeler d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en effet, un bras de fer qui oppose maintenant le gouvernement et la jeunesse, les salari&#233;s et les syndicats qui rejettent le projet de loi. Le gouvernement a divis&#233;, le front syndical, puisqu'il a obtenu le soutien de la CFDT, mais la majorit&#233; des organisations syndicales-la CGT, FO, la FSU, Solidaires- appuy&#233;e sur une tr&#232;s large opinion des salari&#233;s, continuent &#224; exiger le retrait du projet de loi. La discussion parlementaire sur le projet de loi va durer jusqu' au mois de juin. On ne peut exclure un &#171; accident &#187; parlementaire, o&#249; le gouvernement ne parvient pas &#224; faire adopter son projet, et s'ouvre alors, une crise politique nationale. De nouvelles manifestations sont pr&#233;vues la semaine prochaine, le 5 et le 9 avril. Ce mouvement va s'&#233;tendre, s'approfondir, se durcir. La question de l'&#233;preuve de force avec le pouvoir est pos&#233;e. Comment articuler la pr&#233;paration d'un mouvement d'ensemble qui mobilise la majorit&#233; de la population, et ces nouvelles formes de luttes- occupation des places, de certaines zones- blocage de l'activit&#233; ? Comment combiner l'unit&#233; d'action syndicales et des formes d'auto-organisation de la jeunesse et des travailleurs ? Comment redonner force et cr&#233;dibilit&#233;, non seulement &#224; des journ&#233;es de gr&#232;ve nationale mais aussi &#224; la perspective de gr&#232;ve prolong&#233;e, si le gouvernement ne retire pas son projet ? Ce sont les questions qui vont, maintenant, se poser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source Viento Sur &lt;a href=&#034;http://www.vientosur.info/spip.php?article11152&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.vientosur.info/spip.php?article11152&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat d'urgence : les &#171; d&#233;chus &#187; de la gauche en &#233;tat de choc ? &#8211; Pour un sursaut civil, social et politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-d-urgence-les-dechus-de-la-gauche-en-etat-de-choc-Pour-un-sursaut-civil</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-d-urgence-les-dechus-de-la-gauche-en-etat-de-choc-Pour-un-sursaut-civil</guid>
		<dc:date>2016-01-12T08:25:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado, Olivier Besancenot</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;lundi 4 janvier 2016 | Europe solidaire sans fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour Fran&#231;ois Sabado et Olivier Besancenot, membres du NPA, &#171; La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; &#233;tablit l'id&#233;e selon laquelle il y aurait &#171; deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais &#187;. Or, quelle que soit l'atrocit&#233; des actes dont il peut &#234;tre question, lorsque cette s&#233;lection est autoris&#233;e, on sait quand elle commence et jamais, ni quand, ni comment, elle s'arr&#234;te &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans le paquet-cadeau de la r&#233;forme constitutionnelle, qui vise &#224; nous apprendre &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton24764-10743.jpg?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;lundi 4 janvier 2016 | Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Fran&#231;ois Sabado et Olivier Besancenot, membres du NPA, &#171; La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; &#233;tablit l'id&#233;e selon laquelle il y aurait &#171; deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais &#187;. Or, quelle que soit l'atrocit&#233; des actes dont il peut &#234;tre question, lorsque cette s&#233;lection est autoris&#233;e, on sait quand elle commence et jamais, ni quand, ni comment, elle s'arr&#234;te &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans le paquet-cadeau de la r&#233;forme constitutionnelle, qui vise &#224; nous apprendre &#224; vivre selon les codes de l'&#233;tat d'urgence permanent, le pr&#233;sident Hollande n'a pas oubli&#233; de glisser la d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233; pour les binationaux n&#233;s en France, qui se seraient rendus coupables d'actes terroristes. Ce cadeau empoisonn&#233; appelle une r&#233;action massive et unitaire de la part de toutes celles et de tous ceux qui entendent s'y opposer. Il est des lignes politiques et morales qui, lorsqu'elles sont franchies, outrepass&#233;es, provoque une profonde d&#233;sapprobation qu'il s'agit &#224; pr&#233;sent de traduire en mobilisation pour peser sur le d&#233;bat public et faire reculer le gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233; appartient pr&#233;cis&#233;ment &#224; cette cat&#233;gorie de lignes rouges &#224; ne pas d&#233;passer. A telle enseigne que, en 2010, lors du projet de loi sur l'immigration pr&#233;sent&#233; par l'ancien pr&#233;sident Sarkozy, qui proposait d&#233;j&#224; la d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; pour les personnes d'origine &#233;trang&#232;re ayant volontairement port&#233; atteinte &#224; la vie de policiers et de gendarmes, toute la gauche s'&#233;tait exprim&#233;e vent debout contre cette aberration - Fran&#231;ois Hollande inclus. A l'&#233;poque, ce dernier y voyait un acte &#171; attentatoire [&#8230;] &#224; la tradition r&#233;publicaine &#187;. Pour le Parti socialiste, le secr&#233;taire national David Assouline d&#233;non&#231;ait, quant &#224; lui, une mesure qui &#171; n'est pas dissuasive &#187;, &#171; qui ne sert &#224; rien pour la s&#233;curit&#233; des Fran&#231;ais &#187; et qui &#171; installe l'id&#233;e qu'il y a deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais &#187;. Le S&#233;nat s'opposait au projet selon les m&#234;mes arguments. Lors de ce d&#233;bat, nombreux sont ceux qui ont tenu &#224; rappeler l'historique de ce sinistre projet politique : d'abord port&#233; par l'extr&#234;me droite fran&#231;aise dans les ann&#233;es trente, la d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233; a &#233;t&#233; mise en application par le r&#233;gime de collaboration avec l'occupation nazie du Mar&#233;chal P&#233;tain. Cette mesure a &#233;t&#233; effac&#233;e en quasi-totalit&#233; &#224; la Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233; &#233;tablit, en effet, l'id&#233;e selon laquelle il y aurait &#171; deux cat&#233;gories de Fran&#231;ais &#187;. Or, quelle que soit l'atrocit&#233; des actes dont il peut &#234;tre question, lorsque cette s&#233;lection est autoris&#233;e, on sait quand elle commence et jamais, ni quand, ni comment, elle s'arr&#234;te. La Convention europ&#233;enne des droits de l'homme de 1948, &#224; l'instar de celle de l'ONU de 1961, s'oppose aux actions nationales susceptibles de multiplier le nombre d'apatrides dans le monde. Toutefois, cela ne semble pas faire vaciller l'opinion de M. Hollande et de son gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la pr&#233;tendue efficacit&#233; de la mesure dans la lutte contre Daech, qui peut encore y croire ? Une personne ayant commis de tels actes ne doit-il pas d'abord rendre des comptes &#224; la justice du pays auquel il est cens&#233; appartenir plut&#244;t qu'ailleurs, voire nulle part. Jusqu'&#224; preuve du contraire, le terrorisme n'est pas une nationalit&#233;. Parmi les Fran&#231;ais qui se revendiquent de l'Etat islamique, il semblerait qu'un quart, peut-&#234;tre un tiers, soient des convertis, n&#233;s en France, et qui ne poss&#232;dent par cons&#233;quent qu'une seule nationalit&#233; : la nationalit&#233; fran&#231;aise. C'est une preuve suppl&#233;mentaire qui montre l'absurdit&#233; de cette mesure, qui dissimule mal une port&#233;e id&#233;ologique naus&#233;abonde, que seule l'extr&#234;me droite portait il y a peu : &#233;tablir un corollaire improbable et r&#233;voltant entre terrorisme et immigration. Ce corolaire nocif, qui l&#233;gitime dans l'opinion l'id&#233;e selon laquelle notre ins&#233;curit&#233; et l'immigration sont deux ph&#233;nom&#232;nes contigus. Cette ligne rouge &#233;tait inacceptable en 2010 ; elle l'est tout autant en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux convertis &#224; cette mesure justifient ce ralliement au nom du fait que nous serions d&#233;sormais en guerre. Argument d&#233;j&#224; entendu au printemps dernier, suite aux attentats de janvier, pour rendre plus pr&#233;sentable une loi relative au renseignement controvers&#233;e. Or, ce projet de loi, tout comme les appels lancinants &#224; un &#171; Patriot Act &#224; la fran&#231;aise &#187;, &#233;tait largement antidat&#233; et remontait &#224; bien avant les attentats. Dans son livre la strat&#233;gie du choc, la militante altermondialiste Naomi Klein avait d&#233;j&#224; &#233;voqu&#233; la mani&#232;re dont les pouvoirs s'y entendaient pour instrumentaliser l'&#233;motion de l'opinion, lorsqu'elle est plac&#233;e, de fait, dans un &#233;tat de sid&#233;ration suite &#224; des grands chocs sociaux, &#233;conomiques, &#233;cologiques ou militaires, tels des r&#233;voltes, des r&#233;volutions, des guerres, des attentats ou des catastrophes naturelles. C'est ainsi que bien des gouvernements saisissent l'opportunit&#233; de faire passer des r&#233;formes lib&#233;rales et s&#233;curitaires concoct&#233;es de longue date. Strat&#233;gie couch&#233;e sur le papier, le 26 octobre 2001, aux Etats-Unis lorsque George W.Bush pr&#233;sentait un texte long de 132 pages, restreignant les libert&#233;s fondamentales et d&#233;l&#233;guant un pouvoir d'exception aux agences et officines gouvernementales. Strat&#233;gie mise en application dans la guerre en Irak de 2003. A l'&#233;poque les critiques de la classe politique fran&#231;aise ne manquaient pas. Elles &#233;taient m&#234;me nourries pour d&#233;plorer le bilan d'un &#233;pisode &#171; va-t-en-guerre et arbitraire &#187;. Lorsqu'un informaticien am&#233;ricain, du nom d'Edward Snowden, d&#233;cidait, en 2013, de rendre publique les informations embarrassantes compil&#233;es par la NSA, l'agence de surveillance US, elles sont devenues unanimes. Deux ann&#233;es seulement se sont &#233;coul&#233;es. Aujourd'hui, c'est un Fran&#231;ois Hollande, prisonnier de ses calculs politiciens pour 2017, autant que de la crise politique qui l'&#233;loigne toujours plus de la r&#233;alit&#233;, qui utilise les m&#234;mes peurs, le m&#234;me choc, pour justifier ses guerres, son Etat d'urgence, ses mesures s&#233;curitaires et la d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233;. Et comme &#224; l'accoutum&#233;e, chacun de constater que le renforcement de l'Etat p&#233;nal accompagne le d&#233;mant&#232;lement de l'Etat social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, la d&#233;ch&#233;ance qui semble se nouer aujourd'hui est bien celle de la gauche. A moins que tous &#171; les d&#233;chus &#187; de cette gauche au pouvoir redressent la t&#234;te, sortent de leur propre &#233;tat de sid&#233;ration, et parlent d'une m&#234;me voix, au-del&#224; des diff&#233;rences des uns et des autres, afin de bloquer ce projet inique. Pourquoi pas une manifestation nationale contre cette modification avant le vote ? Pourquoi pas un front commun, un comit&#233; national contre la d&#233;ch&#233;ance de la nationalit&#233;, fond&#233; sur un objectif rassembleur, dans un &#233;tat d'esprit respectueux de nos diversit&#233;s et de nos positionnements politiques ? Tout est &#224; d&#233;battre et &#224; imaginer ensemble. Mais il y a urgence car nous sommes nombreux &#224; souhaiter un sursaut civil, social et politique qui enraye ce sempiternel glissement &#224; droite de la classe politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Olivier Besancenot et Fran&#231;ois Sabado&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; Etat d'urgence : les &#171; d&#233;chus &#187; de la gauche en &#233;tat de choc ? &#187;. 4 JANV. 2016. &#201;DITION : LES INVIT&#201;S DE MEDIAPART :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/040116/etat-d-urgence-les-dechus-de-la-gauche-en-etat-de-choc-0&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/040116/etat-d-urgence-les-dechus-de-la-gauche-en-etat-de-choc-0&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les attentats du 13 novembre &#224; Paris : la terreur de l'Etat islamique, l'&#233;tat d'urgence en France, nos responsabilit&#233;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-attentats-du-13-novembre-a-Paris-la-terreur-de-l-Etat-islamique-l-etat-d</link>
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		<dc:date>2015-11-24T08:32:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado, Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Attentats de Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Solidarit&#233; avec les victimes ! &lt;br class='autobr' /&gt;
Les 13 novembre constitue un changement dans la situation politique nationale et internationale. L'Etat islamique (EI, Daesh) a encore frapp&#233; ; et plus fort encore. En janvier, les cibles &#233;taient les journalistes de Charlie Hebdo, la police et les juifs. Cette fois-ci, c'est la jeunesse du pays qui est vis&#233;e. Ils n'ont pas tu&#233; n'importe o&#249; et n'importe qui : ils se sont attaqu&#233; aux jeunes, &#224; la jeunesse sous toutes ses couleurs, quelque soient ses origines, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton24250-18864.jpg?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Solidarit&#233; avec les victimes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 13 novembre constitue un changement dans la situation politique nationale et internationale. L'Etat islamique (EI, Daesh) a encore frapp&#233; ; et plus fort encore. En janvier, les cibles &#233;taient les journalistes de Charlie Hebdo, la police et les juifs. Cette fois-ci, c'est la jeunesse du pays qui est vis&#233;e. Ils n'ont pas tu&#233; n'importe o&#249; et n'importe qui : ils se sont attaqu&#233; aux jeunes, &#224; la jeunesse sous toutes ses couleurs, quelque soient ses origines, ses religions (ou absence de religion), ses opinions politiques. Au moins 130 morts, plus de 350 bless&#233;s &#8211; un millier au bas mot de t&#233;moins directs du carnage. Beaucoup d'entre nous ont des proches parmi les victimes et, sinon, nous avons des amis qui en ont. L'onde de choc, l'&#233;motion, est profonde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; le 22 novembre 2015 | Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'objectif poursuivi par les commandos de l'Etat islamique ne fait pas myst&#232;re : fracturer par la terreur la soci&#233;t&#233;. Cr&#233;er une situation o&#249; la guerre des uns contre les autres s'impose ; o&#249; la peur dresse d'infranchissables barri&#232;res entre les citoyennes et citoyens selon leurs origines, leurs religions, leurs modes de vie, leurs identit&#233;s &#8211; creuser un foss&#233; de sang au sein m&#234;me de la religion musulmane, forcer les croyants &#224; choisir un camp. Qui n'est pas avec nous jusqu'&#224; l'inhumain est contre nous, et devient une cible &#171; l&#233;gitime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentats de Paris ont &#233;t&#233; parmi les plus sanglants perp&#233;tr&#233;s dans le monde par l'&#201;tat islamique et autre mouvement similaire, qui r&#233;pondent &#224; la m&#234;me logique destructrice. Notre solidarit&#233; est internationale, elle se tourne en particulier vers celles et ceux qui, en d'autres pays, la combattent au p&#233;ril de leurs vies : en Syrie et en Irak, au Liban et &#224; Bamako, au Pakistan et en Turquie&#8230;. Nous devons avant tout affirmer notre compassion, notre identification, notre fraternisation avec les victimes, avec leurs proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un tel moment, nous continuons bien entendu poursuivre la lutte de classes, &#224; soutenir le combat de toutes et tous les opprim&#233;s ; mais au-del&#224;, nous d&#233;fendons l'humanit&#233; contre la barbarie. La dimension humaniste de l'engagement r&#233;volutionnaire reste pour nous une boussole. Toute politique progressiste commence par l'indignation, l'&#233;motion. Elle ne se r&#233;duit pas, bien entendu, &#224; celles-ci, mais tel est son point de d&#233;part. N'opposons pas r&#233;fl&#233;chir &#224; pleurer ! Ne parlons pas d'une langue de bois, n'&#233;crivons pas d'une plume glac&#233;e ! Ici et maintenant, aidons les victimes et leurs proches, participons aux moments de deuil, aux minutes de silence, aux manifestations de solidarit&#233;. Nous sommes dans ce mouvement &#8211; et c'est de l&#224; que nous pouvons expliquer nos positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel que soit le r&#244;le de l'imp&#233;rialisme, l'Etat islamique est responsable de ses actes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;volutionnaires se doivent de rejeter clairement et nettement la barbarie fondamentaliste. Elle doit &#234;tre combattue &#8211; par nos m&#233;thodes, selon notre orientation et non celle de nos gouvernants &#8211;, mais elle doit &#234;tre activement d&#233;faite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le choc des &#233;v&#233;nements, des organisations de gauche, associations et syndicats ont pli&#233; devant l'appel &#224; l'union nationale ; d'autres comme en r&#233;action ont tellement soulign&#233; les tr&#232;s r&#233;elles responsabilit&#233;s politiques et historiques de l'imp&#233;rialisme occidental que la d&#233;nonciation de l'Etat islamique en est devenue inaudible. Au fil des jours, les prises de position se sont souvent clarifi&#233;es. Tant mieux. Mais on lit encore bien des articles jugeant que si les attentats &#171; n'avaient aucune excuse &#187;, il fallait avant tout prendre en compte &#171; le contexte &#187; &#8211; l'analyse dudit contexte se r&#233;duisant pour l'essentiel &#224; l'&#233;num&#233;ration des m&#233;faits imp&#233;rialistes, on pourrait en conclure que les mouvements fondamentalistes ne font que r&#233;agir &#224; l'action des grandes puissances et que nous devrions en quelque sorte leur accorder des circonstances att&#233;nuantes. Il est n&#233;cessaire de lever toute ambig&#252;it&#233; &#224; ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etrangement, bien des plumes de gauche d&#233;noncent vigoureusement les attentats fondamentalistes, mais se refusent &#224; condamner nomm&#233;ment, explicitement, les mouvements qui les commettent. Plus &#233;trange encore, bien des organisations qui n'h&#233;sitent pas &#224; le faire (nommer les coupables, expliciter leur caract&#232;re r&#233;actionnaire) n'en tirent aucune cons&#233;quence pratique. Quand on en arrive aux t&#226;ches, le combat contre le terrorisme et contre ces fondamentalismes n'est plus mentionn&#233; ; ce qui, soit dit en passant, laisse &#224; nos gouvernants le monopole des r&#233;ponses sp&#233;cifiques. Nous sommes g&#233;n&#233;ralement d'accord pour nous attaquer aux imp&#233;rialismes et &#224; leurs guerres, &#224; une mondialisation capitaliste destructrice, aux in&#233;galit&#233;s et aux discriminations, &#224; l'id&#233;ologie du choc des civilisations, aux racismes &#8211; dont l'islamophobie &#8211;, aux h&#233;ritages du pass&#233; colonial, aux politiques s&#233;curitaires et &#233;tats d'exception, aux appels &#224; l'union nationale et &#224; la paix sociale&#8230; A certaines causes donc et aux cons&#233;quences des drames que nous vivons. Mais nous devons aussi combattre l'influence de Daesh (entre autres) dans nos propres soci&#233;t&#233;s et nous solidariser concr&#232;tement avec les r&#233;sistances populaires dans les pays du Sud d&#233;chir&#233;s par le fanatisme religieux &#8211; un devoir internationaliste s'il en est ! Il y a l&#224; un &#171; point aveugle &#187; dans une bonne part de la gauche radicale, m&#234;me celle qui ne sombre pas dans un &#171; campisme &#187; d&#233;l&#233;t&#232;re. C'est pourquoi nous donnons de l'importance &#224; cette question dans notre contribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat islamique et autre mouvement similaire ne se contentent pas de r&#233;agir ; ils agissent selon un agenda qui leur est propre. Ce sont des acteurs politiques qui poursuivent des objectifs d&#233;termin&#233;s. Il fait peu de doute que Daesh soit effectivement responsable des attentats de Paris. Cette organisation a construit un proto&#201;tat sur un territoire &#233;quivalent &#224; celui de la Grande-Bretagne. Elle g&#232;re une administration, accumule d'immenses richesses (&#233;valu&#233;es &#224; pr&#232;s d'1,8 milliards de dollars), organise la contrebande de p&#233;trole ou de coton. Elle m&#232;ne des op&#233;rations de guerre sur de multiples th&#233;&#226;tres d'op&#233;rations, a recrut&#233; des informaticiens du plus haut niveau&#8230; Elle n'est pas une marionnette ! Elle est responsable de ces actes &#8211; totalement responsable des attentats qu'elle commet en tant de lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette responsabilit&#233; propre ne s'efface pas du fait des responsabilit&#233;s de l'imp&#233;rialisme, aussi &#233;crasantes soient ces derni&#232;res &#8211; et depuis longtemps : des accords Sykes-Picot du d&#233;but du XXe si&#232;cle aux interventions actuelles des grandes puissances. On entend souvent dire que sans l'intervention US de 2003 en Irak (qui a d&#233;stabilis&#233; la r&#233;gion, disloqu&#233; des Etats), Daesh n'existerait pas. Ce n'est vrai qu'en ce qui concerne un encha&#238;nement sp&#233;cifique qui a conduit &#224; la fondation de l'Etat islamique tel qu'on le conna&#238;t. Autrement, c'est faux. L'&#233;mergence des forces djihadistes ne d&#233;coule pas m&#233;caniquement de la seule domination imp&#233;rialiste, elle est le produit combin&#233; de nombreux facteurs qui vont de la faillite des gauches arabes (et europ&#233;ennes) jusqu'&#224; la volont&#233; des bourgeoisies dans la r&#233;gion d'avoir de nouvelles forces contre-r&#233;volutionnaires pour appuyer leurs ambitions r&#233;gionales ou combattre la mont&#233;e r&#233;volutionnaire au sein du monde arabe. C'est aussi vrai concernant la mont&#233;e des fondamentalismes religieux en d'autres parties du monde, y compris dans des pays qui n'ont rien connu de comparable &#224; la guerre de 2003, comme l'Inde (extr&#234;me droite hindouiste), la Birmanie (extr&#234;me droite bouddhiste) ou les Etats-Unis (extr&#234;me droite chr&#233;tienne &#8211; puissante bien avant 2011 et fort proche de Bush).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retour sur le &#171; choc des barbaries &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une responsabilit&#233; imp&#233;rialiste occidentale, comme au lendemain de la guerre 14-18 (le trait&#233; de Versailles) dans la mont&#233;e du nazisme en Allemagne. Les antifascistes de l'&#233;poque n'ont pas manqu&#233; de le rappeler syst&#233;matiquement. Cependant, une fois qu'il a pris son envol, le parti nazi a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; et combattu en tant que tel. Daesh a pris son envol&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons continuer &#224; expliquer le contexte, mais l'Etat islamique doit &#234;tre appr&#233;hend&#233; pour ce qu'il est, pas comme la simple ombre port&#233;e de l'Occident. L'imp&#233;rialisme contemporain, les politiques n&#233;olib&#233;rales, la mondialisation capitaliste, les entreprises de recolonisation, les guerres sans fin d&#233;chirent le tissu social d'un nombre croissant de pays, lib&#233;rant toutes les barbaries. Mais les fondamentalismes religieux sont eux aussi de redoutables agents de la d&#233;sint&#233;gration de soci&#233;t&#233;s enti&#232;res. Il n'y a pas en l'occurrence une &#171; barbarie principale &#187; (de l'Occident) qu'il faudrait combattre aujourd'hui et une &#171; barbarie secondaire &#187; (Daesh et consort) dont on ne devrait se pr&#233;occuper que dans un avenir ind&#233;fini. L'inverse est tout aussi vrai : on ne doit pas fermer les yeux sur la barbarie imp&#233;rialiste et celle des dictatures &#171; alli&#233;es &#187; sous pr&#233;texte de combattre la barbarie fondamentaliste. Il n'y a pas de hi&#233;rarchie dans l'horreur. On doit d&#233;fendre activement et sans attendre toutes les victimes de ces barbaries jumelles, qui se nourrissent l'une l'autre, sous peine de faillir &#224; nos devoirs politiques et humanitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fondamentalismes religieux ont souvent &#233;t&#233; initialement soutenus par Washington au nom de la lutte contre l'URSS (en Afghanistan, au Pakistan&#8230;) avant d'affirmer leur autonomie, voire de se retourner contre leur parrain. Profond&#233;ment r&#233;actionnaires, ces mouvements n'ont rien de progressiste. Il n'y a pas &#171; d'anti-imp&#233;rialisme r&#233;actionnaire &#187; ! Ils veulent imposer un mod&#232;le de soci&#233;t&#233; &#224; la fois capitaliste et pass&#233;iste, totalitaire au sens fort du terme. Bien entendu, la France est frapp&#233;e en raison de sa politique moyen-orientale ou de son histoire coloniale et post colonial. Mais lorsque Daesh massacre les Yezidis parce qu'ils sont Yezidis, r&#233;duit des populations &#224; l'esclavage, vend des femmes, d&#233;stabilise le Liban, pousse aux extr&#234;mes les violences interconfessionnelles (notamment &#224; l'encontre des chiites), quel est le rapport avec un suppos&#233; anti-imp&#233;rialisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les mouvements fondamentalistes n'ont pas les m&#234;mes bases, la m&#234;me strat&#233;gie. Certains, comme l'Etat islamique, sont-ils fascistes ? Ils n'entretiennent pas les m&#234;mes rapports (complexes) avec des secteurs des bourgeoisies imp&#233;rialistes comme en Europe dans les ann&#233;es 30, mais les reproduisent avec des secteurs des bourgeoisies de &#171; puissances r&#233;gionales &#187; comme au Moyen-Orient l'Iran, l'Arabie saoudite, le Qatar, la Turquie&#8230; Ils attirent la &#171; poussi&#232;re d'humanit&#233; &#187; de soci&#233;t&#233;s en d&#233;liquescence aussi bien que des &#233;l&#233;ments des &#171; classes moyennes &#187;, d'une &#171; petite bourgeoisie &#187; d'un salariat &#233;duqu&#233;. Ils usent de la terreur &#171; par en bas &#187; pour imposer leur ordre. Ils d&#233;shumanisent l'Autre et en font des boucs &#233;missaires comme hier les nazis des Juifs, Tziganes ou homosexuels. Ils &#233;radiquent toutes formes de d&#233;mocratie et d'organisations populaires progressistes. L'exaltation religieuse occupe la m&#234;me fonction que l'exaltation nationale dans l'entre-deux-guerres et leur permet, en sus, de se d&#233;ployer internationalement. Il serait &#233;trange que les convulsions provoqu&#233;es par la mondialisation capitaliste ne donnent pas naissance &#224; de nouveaux fascismes, comme il serait &#233;tonnant que ces derniers ressemblent trait pour trait &#224; ceux du si&#232;cle pr&#233;c&#233;dent. Il y a une diff&#233;rence avec les fascismes europ&#233;ens, c'est l'imbrication de cette r&#233;action int&#233;griste totalitaire, de la crise de dislocation d'Etats, et des rapports de domination imp&#233;rialistes-&#233;conomiques et militaires qui encadrent la r&#233;gion. La lutte antiterroriste doit &#234;tre men&#233;e par les peuples de la r&#233;gion, et non par une coalition de puissances occidentales. Une nouvelle intervention militaire des puissances imp&#233;rialistes et de la Russie, appuy&#233;e sur chacun de ses flancs, par les pays du golfe et par la dictature syrienne, peut affaiblir Daesh sur le plan militaire, mais elle ne peut que provoquer une r&#233;action de rejet de tous les peuples sunnites de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise de soci&#233;t&#233; en France&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentats du 13 novembre ont &#233;t&#233; avant tout commis par des Fran&#231;ais ou Franco-Belges &#8211; la France &#233;tant avec la Belgique deux des pays d'o&#249; les d&#233;parts pour la Syrie ont &#233;t&#233; les plus fournis. Il n'y a pas un profil unique des personnes qui se rallient &#224; l'Etat islamique. Elles peuvent &#234;tre de familles croyantes, musulmanes la&#239;ques ou non musulmanes : les convertis r&#233;cents, non arabes, sont assez nombreux. De m&#234;me, elles peuvent &#234;tre issues de milieux tr&#232;s pr&#233;caris&#233;s ou stables, avoir un pass&#233; de d&#233;linquant ou pas. Dans certains cas, la &#171; radicalisation &#187; d'un individu est l'aboutissement d'un long processus ; pour d'autres, il s'agit d'un basculement brutal. Comme on pouvait s'y attendre, la plupart des hommes qui ont commis des attentats en France proviennent de milieux particuli&#232;rement d&#233;favoris&#233;s, ont connu la prison et ont &#233;t&#233; membres de gangs, mais pas tous. Confront&#233;s &#224; cette pluralit&#233; des profils, nous ne pouvons nous contenter d'explications simples, uniquement sociologiques (pr&#233;carisation, racialisation des rapports sociaux&#8230;) ou historiques (l'empreinte postcoloniale).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la diff&#233;rence de radicalisations ant&#233;rieures de la jeunesse, celle-ci est tr&#232;s minoritaire et ne porte pas les m&#234;mes aspirations humanistes. L'Etat islamique se met lui-m&#234;me en sc&#232;ne sous son jour le plus cru : &#171; venez couper des t&#234;tes avec nous &#187;. L'arm&#233;e fran&#231;aise a massivement tortur&#233;, notamment durant la bataille d'Alger, mais le gouvernement et l'&#233;tat-major niaient farouchement leurs crimes : pas d'appels proclamant &#171; Rejoignez, votre Grande Arm&#233;e, venez torturer avec nous &#187; ! Daesh affiche explicitement un discours de haine et d'exclusion de l'Autre (&#224; l'instar des plus extr&#234;mes des extr&#234;mes droites). Il n'y a pas d'analogie possible entre les d&#233;parts actuels en Syrie et la constitution des brigades internationales lors de la guerre civile espagnole &#8211; ou la radicalisation des ann&#233;es 60.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien de banal dans tout cela ni dans le recours &#224; la terreur de masse. Pr&#233;tendre que le terrorisme serait l'arme &#171; naturelle &#187; des opprim&#233;s dans des guerres &#171; asym&#233;triques &#187;, c'est ignorer les le&#231;ons des grands combats de lib&#233;ration du si&#232;cle pass&#233;, des guerres r&#233;volutionnaires. Dans les luttes pour leur ind&#233;pendance ou contre l'imp&#233;rialisme, en Indochine ou en Am&#233;rique latine, les attentats terroristes ont &#233;t&#233; &#224; l'&#233;poque rares et les mouvements concern&#233;s ont g&#233;n&#233;ralement rapidement compris que le co&#251;t politique de telles op&#233;rations &#233;tait trop &#233;lev&#233; &#8211; et posait bien des probl&#232;mes &#233;thiques. En Alg&#233;rie, le FLN, qui s'&#233;tait aventur&#233; sur ce terrain a vite fait marche arri&#232;re, sous la pression de certains de ses secteurs ou des mouvements de solidarit&#233; avec l'ind&#233;pendance alg&#233;rienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous subissons les cons&#233;quences ultimes de la &#171; crise du politique &#187;, de la d&#233;socialisation inh&#233;rente &#224; nos soci&#233;t&#233;s n&#233;olib&#233;rales et de leur injustice croissante, de la d&#233;faite subie par nos g&#233;n&#233;rations (les radicaux des ann&#233;es 60-70), de l'incapacit&#233; des gauches dans nos pays &#224; offrir une quelconque perspective radicale et &#224; agir au sein des populations pr&#233;caris&#233;es. Nous touchons de ce fait &#224; des domaines que la plupart d'entre nous ne maitrisons pas : la psychosociologie, le rapport entre fragilit&#233;s identitaires individuelles et d&#233;liquescence du tissu social, les qu&#234;tes adolescentes. L'Etat islamique offre une armure identitaire et du pouvoir : pouvoir de la repr&#233;sentation, pouvoir des armes, pouvoir sur les femmes, pouvoir de vie et de mort&#8230; Bien plus qu'un suppos&#233; anti-imp&#233;rialisme, c'est ce qui fait son attrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des questions que nous devons int&#233;grer plus que nous ne l'avons fait jusqu'&#224; maintenant ; et dont nous pouvons d&#233;j&#224; tirer quelques implications. Le combat antiraciste, aussi important soit-il, ne suffit pas. A l'encontre de l'individualisme n&#233;olib&#233;ral et son anonymat (qui conna&#238;t ses voisins ?) il faut favoriser, reconstituer, les lieux de socialisation, du &#171; vivre ensemble &#187;, de la mixit&#233; &#8211; et r&#233;introduire une r&#233;flexion de fond sur l'&#233;thique de l'engagement et de la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle situation, tous les racismes constituent un danger mortel, dont le racisme d'Etat bien entendu, mais pas seulement. Luttons contre ce qui peut alimenter les tensions intercommunautaires, opposer les opprim&#233;s les uns aux autres que ce soient le racisme anti-arabe ou la n&#233;grophobie, l'antis&#233;mitisme ou l'islamophobie, la discrimination des Roms&#8230; &#8211; et pour cela, nourrissons une culture du vivre ensemble, du respect des droits de toutes et tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nos t&#226;ches internationalistes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers &#233;v&#233;nements (13 novembre, attentats au Sina&#239; contre l'avion de ligne russe&#8230;), ont pr&#233;cipit&#233; une &#233;volution des alliances que l'on percevait d&#233;j&#224; avant, avec la formation d'une grande coalition : int&#233;gration de la Russie, abandon des pr&#233;tentions &#224; l'autonomie de la France, inqui&#233;tudes manifest&#233;es jusqu'en en Arabie saoudite sur le d&#233;ploiement de l'Etat islamique&#8230; En contrepartie, le r&#233;gime Assad est confort&#233; alors qu'il est &#224; l'origine de la crise syrienne et coupable des crimes que l'ont conna&#238;t. Cela suffira-t-il &#224; favoriser un accord temporaire entre puissances r&#233;gionales appartenant aux dits &#171; blocs &#187; sunnite et chiite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore bien t&#244;t pour mesurer toutes les implications de ce tournant dans la situation internationale. Soulignons pour l'heure les points suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les compromis entre Occidentaux et la Turquie ou le r&#233;gime Assad se feront au d&#233;triment des forces qui sur le terrain m&#233;ritent le plus notre soutien : Kurdes, Yezidis, composantes progressistes et non confessionnelles de la r&#233;sistance au r&#233;gime. Il faut leur apporter notre solidarit&#233; politique et mat&#233;rielle et exiger qu'ils re&#231;oivent notamment un armement ad&#233;quat &#8211; ce dont les composantes progressistes de l'ASL n'ont jamais b&#233;n&#233;fici&#233; (et pourtant, elles r&#233;sistent !) et ce dont les Kurdes pourraient &#234;tre priv&#233;s, en particulier sur le front syrien. Force est de reconna&#238;tre que nous n'avons jamais fait en France, en ce domaine, ce que nous aurions d&#251;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'intensification des bombardements de la coalition, avec le prix exorbitant pay&#233; par les civils, risque de renforcer l'audience de Daesh aupr&#232;s d'autres composantes islamistes op&#233;rant en Syrie. Le r&#233;sultat net de cette politique serait alors de conforter &#224; la fois le r&#233;gime Assad et les organisations fondamentalistes (&#224; commencer par l'Etat islamique) ! Pour &#233;viter ce pi&#232;ge, il faut rompre avec la logique des grandes puissances : aidons les forces populaires en Syrie, en Irak &#224; poursuivre leur combat au lieu de vouloir se substituer &#224; elles, voire &#224; les marginaliser plus encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luttons donc contre la politique de guerre de nos gouvernants, mais comprenons aussi la sp&#233;cificit&#233; de ce conflit, bien diff&#233;rent des guerres d'Indochine ou d'Alg&#233;rie : le retrait des troupes fran&#231;aises ou am&#233;ricaines signifiait alors la fin des principales ing&#233;rences &#233;trang&#232;res et cr&#233;ait les conditions d'une victoire. Ce n'est pas le cas aujourd'hui au Moyen-Orient : il resterait la Turquie, l'Iran (et le Hezbollah), l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Alg&#233;rie, l'Egypte&#8230; Dans une g&#233;opolitique aussi complexe, il nous faut &#233;couter les mouvements que nous soutenons pour tenir compte de ce dont ils ont besoin mat&#233;riellement et politiquement. C'est aux peuples de d&#233;cider pas aux coalitions imp&#233;rialistes. Mais, et c'est une dimension particuli&#232;re de cette guerre, les Kurdes comme les d&#233;mocrates syriens ont demand&#233; et demande une aide sanitaire et militaire, y compris aux gouvernements occidentaux. Il faut la leur donner. Pas de substitution &#224; la d&#233;cision et &#224; l'autod&#233;termination des forces d&#233;mocratiques syriennes et kurdes, mais aucune h&#233;sitation &#224; les aider et &#224; faire pression sur nos gouvernements pour qu'ils r&#233;pondent aux appels qu'ils lancent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, l'hypocrisie des forces occidentales doit &#234;tre d&#233;nonc&#233;e : d'un c&#244;t&#233;, elles pr&#233;tendent combattre le terrorisme et de l'autre elles appuient des r&#233;gimes comme ceux du Qatar, de l'Arabie saoudite ou de la Turquie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coalition qui se constitue n'est en rien une alliance &#171; d&#233;mocratique &#187; contre une menace totalitaire. Outre nos imp&#233;rialismes &#171; classiques &#187;, elle comprend la Russie de Poutine, l'Arabie saoudite dont le r&#233;gime est tr&#232;s proche du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; pr&#244;n&#233; par Daesh, le Qatar, la th&#233;ocratie iranienne, la Turquie d'Erdogan&#8230; Quelle que soit la nature de l'Etat islamique, toute analogie avec un &#171; front d&#233;mocratique antifasciste &#187; est invalide. Nous ne sommes ni avec la coalition, ni avec Daesh, ni avec Assad. Nous sommes pour le droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples &#8211; dont le peuple palestinien &#8211;, contre toutes les barbaries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tournant de la situation nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en janvier dernier apr&#232;s le massacre des journalistes de Charlie, la mort du personnel de police, l'attaque de l'Hypercacher1, l'&#233;motion a submerg&#233; le pays &#8211; ce qui est &#233;videmment parfaitement normal. Les actes islamophobes se sont multipli&#233;s, mais ils sont le fait d'une frange seulement de la population. Les actes de solidarit&#233; et de convivialit&#233; se sont aussi multipli&#233;s : grand sourire dans le m&#233;tro quand on croise un Magr&#233;bin, galanterie ostentatoire (m&#234;me si d&#233;su&#232;te) quand on s'efface pour laisser passer une femme voil&#233;e, r&#233;occupation des lieux de f&#234;tes et de mixit&#233;, rejet des amalgames&#8230; Malheureusement, tous ces gestes-l&#224; ne sont pas recens&#233;s et n'entrent pas dans les statistiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme en janvier, aussi, les politiques s&#233;curitaires sont pl&#233;biscit&#233;es, les forces de l'ordre applaudies. Or, plus encore qu'en janvier, le gouvernement saisit l'occasion pour prendre des mesures liberticides. Ce fut hier le cas de la loi sur le renseignement qui donne des pouvoirs exorbitants aux services secrets. C'est maintenant le cas avec l'instauration de l'&#233;tat d'urgence, son durcissement par le Parlement, l'appel du gouvernement fran&#231;ais &#224; ce que l'Union europ&#233;enne suive avec, notamment, le fichage des passagers prenant l'avion, et l'annonce par Fran&#231;ois Hollande d'une r&#233;forme constitutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France est d&#233;j&#224; dot&#233;e de deux r&#233;gimes d'exception, forg&#233;s notamment &#224; l'occasion de la guerre d'Alg&#233;rie : l'&#233;tat d'urgence (une demi-loi martiale qui lib&#232;re les forces de l'ordre du contr&#244;le judiciaire et limite les libert&#233;s) et l'&#233;tat de si&#232;ge (une loi martiale int&#233;grale donnant les pleins pouvoirs &#224; l'arm&#233;e). Pourquoi cela ne suffit-il pas &#224; nos gouvernants ? Parce que le recours &#224; l'&#233;tat d'urgence, par exemple, est limit&#233; dans le temps et demande un vote parlementaire &#8211; qui en l'occurrence fut presque unanimement favorable : elle a &#233;t&#233; soutenue par la grande majorit&#233; des socialistes, des Verts et des d&#233;put&#233;s communistes. La r&#233;forme constitutionnelle permettrait au gouvernement (ou au pr&#233;sident ?) de prendre plus librement des mesures d'exception &#8211; et de faire finalement de l'exception la r&#232;gle : intervention de l'arm&#233;e en mati&#232;re de police, perquisitions arbitraires, d&#233;tentions &#171; pr&#233;ventives &#187;, interdiction des manifestations ou gr&#232;ves, censure de la presse, etc. Le texte de loi que r&#233;digera Hollande n'est pas encore connue, mais ses intentions sont claires. Le r&#233;gime deviendra de plus en plus autoritaire, la militarisation de soci&#233;t&#233; fera un bond en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon nombre de personnes s'inqui&#232;tent de ce qui se passerait si Marine Le Pen et le Front national emportaient les &#233;lections (un sc&#233;nario qui ne rel&#232;ve pas de la politique fiction), mais ne se demandent pas ce que les Hollande, Valls, Sarkozy ou autres en feront. Il est donc tr&#232;s important de rappeler ce que les gouvernements &#171; r&#233;publicains &#187; ont fait par le pass&#233; &#8211; dont la torture en Alg&#233;rie et l'adoption d'une loi d'amnistie qui interdit de mettre en accusation ses auteurs (on ne peut que les accuser d'apologie de la torture si, apr&#232;s-coup, il en d&#233;fendent l'usage), l'oubli m&#233;diatique du massacre des Alg&#233;riens de Paris le 17 octobre 1961 (terrorisme d'Etat s'il en est), le putsch des g&#233;n&#233;raux &#224; Alger, de multiples coups fourr&#233;s des services secrets, l'attentat contre le Rainbow Warrior de Greenpeace (un mort, terrorisme d'Etat &#224; nouveau), l'assassinat de dirigeants kanaks, etc. En fait, l'ensemble des lois s&#233;curitaires adopt&#233;es ces derni&#232;res ann&#233;es et les dispositifs de surveillance mis en place peuvent permettront au pouvoir quel qu'il soit de mener une guerre civile rampante quand il le d&#233;sirera. Enfin, au-del&#224; de la marche au tout s&#233;curitaire, il y a un calcul politique. Hollande et Valls comptent sur l'&#233;tat d'exception pour utiliser une nouvelle fois l'arsenal bonapartiste et se hisser d'une certaine fa&#231;on, au-dessus des partis et des institutions. Op&#233;ration qui vise &#224; neutraliser le bilan catastrophique des gouvernements depuis 2012 et &#224; promettre au Parti socialiste de meilleurs r&#233;sultats &#233;lectoraux. Pari des plus hasardeux. Hollande et Valls peuvent jouer la carte s&#233;curitaire, appuy&#233;e sur les institutions de la Ve R&#233;publique, mais dans la situation politique actuelle o&#249; les vents mauvais vont &#224; droite et &#224; l'extr&#234;me droite, ce sont ces forces qui risquent de profiter de cette man&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sistances &#224; la prolongation de l'&#233;tat d'urgence ont &#233;t&#233; tr&#232;s faibles dans la gauche parlementaire, mais plus importante &#224; la base (au sein du PCF par exemple, contre le vote de ses repr&#233;sentants) ou dans le mouvement social et syndical : Solidaires, mais aussi la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moment politique pr&#233;sent est lourd de tr&#232;s grands dangers. La d&#233;mocratie politique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; vid&#233;e de son contenu, les assembl&#233;es &#233;lues n'ayant plus prise sur les principales d&#233;cisions (qui rel&#232;ve de l'Union, de l'OMC, des trait&#233;s intergouvernementaux&#8230;). Ce sont maintenant les libert&#233;s civiques, d&#233;j&#224; sous contraintes, qui risquent de devenir une coque vide. Le gouvernement veut pouvoir assigner la soci&#233;t&#233; &#224; r&#233;sidence. Or la population n'en a pas conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important est de lier entre eux les terrains de r&#233;sistance, de manifester notre solidarit&#233; avec les victimes du terrorisme, donner les moyens mat&#233;riels, politiques et militaires de survivre et de vaincre aux peuples qui luttent pour leur libert&#233;, d'aider les forces progressistes et non confessionnelles qui luttent sur le terrain tout &#224; la fois contre l'obscurantisme sanguinaire, terroriste, de Daesh et celui du r&#233;gime d'Assad qui l'a tant favoris&#233;. C'est arr&#234;ter d'engager des guerres et des bombardements, arr&#234;ter de soutenir des r&#233;gimes absolutistes et de promouvoir les injustices sociales et politiques au Moyen-Orient comme ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;tat des forces progressistes en France est assez d&#233;sastreux, mais, en ce moment cl&#233;, des points d'appui pour r&#233;sister existent : dans les sentiments de solidarit&#233; partag&#233;s au sein de la population, dans la r&#233;action de la jeunesse, dans le refus par bon nombre d'associations et syndicats d'accepter des mesures liberticides, un r&#233;gime permanent d'exception. De quoi construire un front uni en d&#233;fense des libert&#233;s ici et ailleurs, du vivre ensemble, de la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre Rousset, Fran&#231;ois Sabado, 22 novembre 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article &#233;crit pour le site Viento Sur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36454&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36454&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Nous renvoyons &#224; l'article que nous avions alors &#233;crit : ESSF (article 34100), [-art34100] :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34100&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34100&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Social-d&#233;mocratie : une crise profonde</title>
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&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176;66 (juin 2015) Jeudi 4 Juin 2015, mise &#224; jour Samedi 27 Juin 2015, 08:28 &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Gauche r&#233;formiste, fin de l'histoire ? &#187; C'est le th&#232;me d'un des derniers d&#233;bats organis&#233;s sur le site Mediapart. Il est vrai que face aux derniers d&#233;veloppements de la social-d&#233;mocratie en Europe, la question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Dans un contexte de pouss&#233;e des forces de droite et d'extr&#234;me droite, les d&#233;b&#226;cles ou d&#233;faites &#233;lectorales des partis socialistes en France, en Espagne, en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton22727-63b53.png?1781290251' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Revue L'Anticapitaliste n&#176;66 (juin 2015)&lt;br class='autobr' /&gt;
Jeudi 4 Juin 2015, mise &#224; jour Samedi 27 Juin 2015, 08:28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Gauche r&#233;formiste, fin de l'histoire ? &#187; C'est le th&#232;me d'un des derniers d&#233;bats organis&#233;s sur le site Mediapart. Il est vrai que face aux derniers d&#233;veloppements de la social-d&#233;mocratie en Europe, la question m&#233;rite d'&#234;tre pos&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un contexte de pouss&#233;e des forces de droite et d'extr&#234;me droite, les d&#233;b&#226;cles ou d&#233;faites &#233;lectorales des partis socialistes en France, en Espagne, en Belgique, en Gr&#232;ce, derni&#232;rement en Grande-Bretagne, et les pertes militantes substantielles pour les syndicats et les partis r&#233;formistes dans toute l'Europe, constituent le d&#233;cor de cette crise. Cela ne signifie pas la fin de la social-d&#233;mocratie : les partis socialistes, m&#234;me affaiblis, peuvent jouer un r&#244;le important dans leurs pays respectifs. Mais le font-ils encore comme des partis de &#171; la gauche r&#233;formiste &#187; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#171; pasokisation &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque parti a son histoire et les diff&#233;rences sont notables entre, d'une part, les liens qui unissent la social-d&#233;mocratie allemande ou le Labour Party britannique au mouvement syndical et, d'autre part, ceux plus distanci&#233;s du Parti socialiste fran&#231;ais avec le mouvement syndical. Mais ils subissent tous plus ou moins un recul important. Certains, comme en Allemagne dans les ann&#233;es 1990, ont connu une perte massive d'adh&#233;rents tout en se maintenant comme force de premier plan. D'autres, tel le Pasok en Gr&#232;ce, se sont effondr&#233;s. D'autres encore, comme en France ou en Espagne, connaissent des crises qui les affaiblissent substantiellement. Globalement leurs rapports au mouvement populaire, sap&#233;s par leur soutien aux politiques d'aust&#233;rit&#233;, sont de plus en plus faibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait cependant hasardeux de pr&#233;voir leur disparition. Les pronostics sur une &#171; pasokisation &#187; de toute la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne, &#224; l'image de l'effondrement du Pasok grec, ne se sont pas &#224; cette &#233;tape v&#233;rifi&#233;s. L'histoire de ces partis, leur insertion dans les institutions, leur fonctionnalit&#233; dans les syst&#232;mes bourgeois d'alternance leur permettent de continuer &#224; jouer un r&#244;le politique important. Le PS portugais est donn&#233; vainqueur des prochaines &#233;lections. Le Labour Party a perdu les &#233;lections mais il a obtenu 30 % des suffrages. Les partis fran&#231;ais et espagnols reculent substantiellement mais les sondages leur promettent encore un score autour de 20%. Bref, le &#171; cas Pasok &#187; ne s'est pas g&#233;n&#233;ralis&#233;. Son effondrement est li&#233; aux caract&#233;ristiques de la situation en Gr&#232;ce, &#224; une conjonction de la crise &#233;conomique et d'une crise de l'Etat qui se traduit par la dislocation de nombre de ses institutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons-nous donc des g&#233;n&#233;ralisations h&#226;tives. Il est n&#233;cessaire de suivre la situation de chaque parti socialiste pour d&#233;terminer l'action politique dans chaque pays. Des tournants brusques sont &#224; pr&#233;voir : comment le PSOE ma&#238;trisera-t-il sa crise de direction et r&#233;sistera-t-il &#224; la pouss&#233;e de Podemos ? Quelle sera la situation du PS en France si son candidat n'est pas au deuxi&#232;me tour d'une &#233;lection pr&#233;sidentielle, qui verrait alors s'affronter la droite et l'extr&#234;me droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation de la social-d&#233;mocratie s'est structurellement fragilis&#233;e. En effet, au-del&#224; des r&#233;alit&#233;s &#233;lectorales et organisationnelles, des hauts et des bas que vivent les partis socialistes, ceux-ci sont directement percut&#233;s par les changements historiques de la situation mondiale. Les effets &#233;conomiques et sociaux de la crise du capitalisme globalis&#233;, les nouveaux rapports de forces entre les classes marqu&#233;s par la nouvelle offensive n&#233;olib&#233;rale et la d&#233;construction des conqu&#234;tes sociales arrach&#233;es par le mouvement ouvrier et, enfin, le poids du bilan historique du si&#232;cle dernier sur les id&#233;es, les valeurs, les programmes de transformation de la soci&#233;t&#233;, ont profond&#233;ment chang&#233; la nature des partis socialistes. Ce n'est plus la &#171; m&#234;me &#187; social-d&#233;mocratie, ce n'est &#171; m&#234;me plus &#187; la social-d&#233;mocratie !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La social-d&#233;mocratie de la contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La longue dur&#233;e de la contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale et son acc&#233;l&#233;ration depuis le d&#233;but de la crise de 2008 ont entra&#238;n&#233; une mutation qualitative de la social-d&#233;mocratie. D&#232;s qu'elle est au pouvoir, elle se comporte comme un agent direct et z&#233;l&#233; de l'Union europ&#233;enne, de la Tro&#239;ka et de ses politiques d'aust&#233;rit&#233;. Cette transformation s'est traduite par une int&#233;gration sans pr&#233;c&#233;dent des appareils de la social-d&#233;mocratie dans les sommets de l'Etat et de l'&#233;conomie globalis&#233;e. Les partis socialistes sont devenus &#171; de moins en moins ouvriers et de plus en plus bourgeois &#187;. La brutalit&#233; des politiques n&#233;olib&#233;rales endoss&#233;es par la social-d&#233;mocratie sape ses bases sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a m&#234;me conduit des organismes de r&#233;flexion politico-id&#233;ologiques du PS fran&#231;ais comme &#171; Terra nova &#187;, &#224; pr&#233;coniser un changement des bases et des cibles sociales de la social-d&#233;mocratie. Il fallait remplacer les ouvriers et les employ&#233;s par les techniciens sup&#233;rieurs, les cadres, les couches moyennes. Bref, il fallait &#171; changer de peuple &#187;. La composition des organes de direction s'est elle aussi modifi&#233;e : les enseignants, les bureaucrates syndicaux, les avocats (&#171; les bistrotiers &#187;, ajoutait Trotsky), ont laiss&#233; place aux &#233;narques, technocrates et financiers. Au point que les partis socialistes connaissent une esp&#232;ce de d&#233;vitalisation, une rupture avec des pans entiers de leur histoire, une perte d'adh&#233;rents et un remplacement de plus en plus important des militants par des professionnels de la politique, &#233;lus, assistants ou attach&#233;s de ces m&#234;mes &#233;lus, une client&#232;le d&#233;pendante de ces partis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques de l'Union europ&#233;enne suivies par les dirigeants socialistes ont aggrav&#233; cette mutation qualitative. Les politiques d'&#171; union nationale &#187; qui dominent aujourd'hui en Europe poussent dans le m&#234;me sens. Il ne s'agit pas d'une &#233;ni&#232;me politique d'aust&#233;rit&#233; appliqu&#233;e par des gouvernements de gauche : les processus actuels changent la nature de ces partis. Plus la crise s'approfondit, plus la social-d&#233;mocratie s'adapte et n'a plus d'autre choix que de devenir une pi&#232;ce ma&#238;tresse du dispositif n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette transformation ? D'aucuns pensaient que sous les effets de la crise des secteurs des classes dominantes, et &#224; leur suite les partis de l'Internationale socialiste en Europe, allaient s'orienter vers des politiques keyn&#233;siennes ou n&#233;o-keyn&#233;siennes, de relance de la demande, d'intervention publique plus forte. Au contraire, les partis socialistes ont relay&#233;, quand ils n'en ont pas &#233;t&#233; &#224; l'initiative, les politiques d'aust&#233;rit&#233;, en particulier avec la brutalit&#233; qu'on conna&#238;t en Europe du sud. Aucune classe dominante ni aucun Etat ne reprend &#224; son compte des politiques keyn&#233;siennes ou de compromis sociaux. Au contraire, ces secteurs utilisent la crise pour accro&#238;tre les taux d'exploitation et de plus-value. La concurrence inter-capitaliste les conduit &#224; une marche forc&#233;e pour baisser le niveau de vie de millions de gens. Mais au-del&#224; des grandes tendances &#233;conomiques, il y a un probl&#232;me politique : le choix keyn&#233;sien est le produit de rapports de forces impos&#233;s par les luttes de classe. Ce sont la R&#233;volution russe et les pouss&#233;es des luttes des ann&#233;es 1930, ou celles de l'apr&#232;s-guerre et des ann&#233;es 1960, qui ont impos&#233; de telles politiques aux bourgeoisies et aux Etats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la d&#233;gradation du rapport de forces au d&#233;triment des classes populaires n'oblige en rien ceux d'en haut &#224; des politiques de concessions ou de compromis sociaux. A l'inverse, ils redoublent leurs attaques en imposant l'aust&#233;rit&#233; et ils dictent cette politique &#224; leurs &#171; lieutenants &#187; sociaux-d&#233;mocrates. Du Pasok grec aux autres partis socialistes d'Europe du sud, en passant par l'ensemble de l'Internationale socialiste, r&#232;gnent les politiques de soumission &#224; la dette, de respect de la &#171; r&#232;gle d'or &#187; de l'aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire, de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts patronaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La transformation bourgeoise de la social-d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus est in&#233;gal selon les pays, en particulier selon que les partis soient au pouvoir ou dans l'opposition. Mais toute la social-d&#233;mocratie conna&#238;t ces processus de transformation. On ne peut donc se contenter d'aligner toutes les trahisons de la social-d&#233;mocratie depuis le 4 ao&#251;t 1914, ou leurs exp&#233;riences de gestion des affaires capitalistes tout au long du XXe si&#232;cle, pour ne retenir que les continuit&#233;s historiques sans noter une profonde rupture dans les derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e de la longue contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale et son acc&#233;l&#233;ration depuis le d&#233;but de la crise ont consid&#233;rablement r&#233;duit les marges de man&#339;uvres du r&#233;formisme classique. La brutalit&#233; des dirigeants de l'Union europ&#233;enne avec la Gr&#232;ce confirme qu'ils veulent interdire toute exp&#233;rience, m&#234;me limit&#233;e, de gestion r&#233;formiste. Du coup &#171; il n'y a plus de grain &#224; moudre &#187;, pour reprendre la formule de l'ancien dirigeant de Force Ouvri&#232;re, Andr&#233; Bergeron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de la France : ce n'est pas la premi&#232;re fois que les PS d&#233;fendent et appliquent des politiques bourgeoises, ou qu'ils participent &#224; des gouvernements bourgeois. Ils se sont m&#234;me effondr&#233;s apr&#232;s la guerre d'Alg&#233;rie. Mais ils ont pu reconstruire un nouveau PS au congr&#232;s d'&#201;pinay, en surfant sur l'apr&#232;s Mai 68. Aujourd'hui en revanche, apr&#232;s cette longue dur&#233;e d'int&#233;gration dans la contre-r&#233;forme lib&#233;rale, et la descente aux enfers qu'il conna&#238;t actuellement, on ne voit pas comment le PS pourrait se reconstruire en renouant avec les classes populaires. Car depuis plusieurs d&#233;cennies, il n'applique pas n'importe quelle politique bourgeoise : il remet en cause tous les &#233;quilibres sociopolitiques qui permettaient pr&#233;cis&#233;ment &#224; la social-d&#233;mocratie de remplir la &#171; double fonction r&#233;formiste &#187; qui visait, m&#234;me quelquefois de mani&#232;re impossible, &#224; obtenir des compromis sociaux favorables aux travailleurs tout en sauvegardant l'ordre capitaliste. La contre-r&#233;forme n&#233;olib&#233;rale interdit cette &#171; double man&#339;uvre &#187; r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ajoutons &#224; cela que les tendances autoritaires actuelles des r&#233;gimes bourgeois et la perte de substance &#171; d&#233;mocratique, m&#234;me bourgeoise &#187; des institutions parlementaires conduisent &#224; une r&#233;traction de la base politique des PS. Sous des formes diff&#233;rentes, les partis socialistes peuvent se transformer en partis bourgeois. Deviennent-ils pour autant des partis bourgeois comme les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas tout &#224; fait, puisque le fonctionnement de l'alternance exige des PS qu'ils marquent leur diff&#233;rence avec les autres partis bourgeois. Certains restent li&#233;s, par leur origine historique, au mouvement ouvrier, bien que les liens avec leur base sociale et politique soient de plus en plus distendus. Il reste aujourd'hui encore des traces de cette histoire qui cr&#233;ent autant de contradictions et d'oppositions au sein de ces partis. Ils peuvent garder un certain rapport au peuple de gauche, m&#234;me s'il est de plus en plus distendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette mutation qualitative, si elle allait jusqu'au bout, transformerait ces partis en &#171; partis d&#233;mocrates &#224; l'am&#233;ricaine &#187;. Type de transformation qu'a connu non un parti social-d&#233;mocrate, mais le Parti communiste italien, devenu parti bourgeois de centre-gauche. En fonction de l'histoire de la gauche dans chaque pays, les n&#233;cessit&#233;s de l'alternance politique peuvent n&#233;anmoins inciter &#224; ce que ces partis ne soient pas des partis bourgeois comme les autres. Dans les pays o&#249; l'histoire du mouvement ouvrier reste vivante et o&#249; la social-d&#233;mocratie est encore forte, cette derni&#232;re ne peut jouer un r&#244;le cl&#233; dans le jeu et les institutions politiques que parce qu'elle se r&#233;clame encore d'une histoire &#171; social-d&#233;mocrate &#187; et d'un certain rapport &#224; des secteurs des classes populaires. Mais les partis socialistes de ce d&#233;but du XXIe si&#232;cle n'ont plus grand chose &#224; voir avec ceux des XIXe et XXe si&#232;cles. Ces partis, qui organisaient et repr&#233;sentaient des secteurs du mouvement ouvrier, tournent le dos &#224; cette histoire et se jettent &#224; corps perdu dans la conversion n&#233;olib&#233;rale, plus n&#233;olib&#233;rale que &#171; social-lib&#233;rale &#187; d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transformation n&#233;olib&#233;rale de la social-d&#233;mocratie est bien engag&#233;e, mais elle n'est pas suffisante, pour les courants les plus &#224; droite des partis socialistes. En France par exemple, Valls a d&#233;clar&#233; plusieurs fois qu' il fallait liquider toutes les r&#233;f&#233;rences social-d&#233;mocrates. Macron, banquier et ministre des finances de Hollande, a rench&#233;ri en appelant lui aussi &#224; l'abandon de &#171; toutes les vieilleries de la gauche &#187;. Ce qu'ils veulent, c'est transformer le processus en cours &#8211; bien engag&#233;, encore une fois &#8211; en tendance achev&#233;e, quitte &#224; casser le parti socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confrontation peut exploser en cas d'une d&#233;faite du PS aux prochaines pr&#233;sidentielles de 2017. Les droites socialistes sont aujourd'hui &#224; l'offensive mais force est de constater que face aux tenants de la marche forc&#233;e vers la transformation n&#233;olib&#233;rale, les diverses oppositions ne renouent pas avec un r&#233;formisme classique et encore moins avec les id&#233;es des courants de gauche historiques de la social-d&#233;mocratie. Les politiques n&#233;olib&#233;rales ne sont corrig&#233;es qu'&#224; la marge. Christian Paul, premier signataire de la motion des frondeurs pour le prochain congr&#232;s du PS, a vot&#233; pour le trait&#233; budg&#233;taire. Il a aussi vot&#233; pour l'ANI et l'allongement de l'&#226;ge de la retraite. Autrement dit, il n'a repris aucun des marqueurs traditionnels d'une &#233;ventuelle gauche socialiste. De m&#234;me Martine Aubry, &#171; critique &#187; du gouvernement, s'est en fin de compte align&#233;e sur la motion appuy&#233;e par Hollande et Valls. Les ann&#233;es de contre-r&#233;formes n&#233;olib&#233;rales et les reculs qu'a connus le mouvement ouvrier en Europe sont pass&#233;es par l&#224;. L'horizon de ceux qui, au sein des partis socialistes, s'opposent aux trahisons les plus criantes, reste born&#233; par les fondamentaux des politiques n&#233;olib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces changements de la social-d&#233;mocratie ont des cons&#233;quences sur le plan de l'orientation politique des anticapitalistes. La perspective d'une politique et d'un gouvernement de rupture avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; ne peut s'accompagner d'alliances avec les partis socialistes. Enfin, &#224; l'instar des exp&#233;riences de Syriza et de Podemos, et au-del&#224; des probl&#232;mes politiques discut&#233;s dans ces formations, ces exemples montrent que pour avancer dans la construction d'une alternative politique, celle-ci doit se former &#224; l'ext&#233;rieur de la gauche traditionnelle, une gauche &#171; qui n'est m&#234;me plus r&#233;formiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'exp&#233;rience de Podemos dans l'Etat espagnol, son originalit&#233;, ses d&#233;fis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-experience-de-Podemos-dans-l-Etat-espagnol-son-originalite-ses-defis</link>
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		<dc:date>2015-06-01T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2015-06-02</dc:subject>

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&lt;p&gt;Expos&#233; pr&#233;sent&#233; par Fran&#231;ois Sabado &#224; une r&#233;union de la Soci&#233;t&#233; Louise Michel &#224; Paris le 28 mai 2015. &lt;br class='autobr' /&gt;
Vous avez pr&#233;sent&#233; &#171; Podemos &#187; comme la surprise qui vient d'Espagne. Et, en effet , Podemos est une excellente surprise pour les classes populaires et un cauchemar pour les classes dominantes de l'Etat espagnol. Mais, c'est surtout, un mouvement in&#233;dit. &lt;br class='autobr' /&gt;
In&#233;dit par la rapidit&#233; du d&#233;veloppement d'un mouvement politico-&#233;lectoral : entre 15 et 20 % de votes, confirm&#233;s par une nette pouss&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Expos&#233; pr&#233;sent&#233; par Fran&#231;ois Sabado &#224; une r&#233;union de la Soci&#233;t&#233; Louise Michel &#224; Paris le 28 mai 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/EMC9zC3Z72U&#034; frameborder=&#034;0&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;
&lt;p&gt;Vous avez pr&#233;sent&#233; &#171; Podemos &#187; comme la surprise qui vient d'Espagne. Et, en effet , Podemos est une excellente surprise pour les classes populaires et un cauchemar pour les classes dominantes de l'Etat espagnol. Mais, c'est surtout, un mouvement in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;In&#233;dit par la rapidit&#233; du d&#233;veloppement d'un mouvement politico-&#233;lectoral : entre 15 et 20 % de votes, confirm&#233;s par une nette pouss&#233;e lors des derni&#232;res &#233;lections municipales et r&#233;gionales. 200.000 adh&#233;sions cliqu&#233;es ; entre 60.000 et 120.000 votants lors de consultations organis&#233;es ; 20 &#224; 30.000 militants dans les cercles, auxquels peut se joindre une partie des milliers de personnes qui ont particip&#233; pour la premi&#232;re fois aux campagnes municipales et r&#233;gionales ; une manifestation nationale, Madrid, de plus de 120.000 personnes. Bref une spirale ascendante, massive et rapide. Rapide, car, cette situation est des plus r&#233;cente : cela a commenc&#233; juste a avant les &#233;lections europ&#233;ennes de 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi, in&#233;dit par la convergence de forces : Podemos ne r&#233;sulte pas de r&#233;organisations internes au mouvement ouvrier ou &#224; la gauche, ni de convergences de forces organis&#233;es substantielles.. C'est la rencontre de personnalit&#233;s : &#233;quipe de communication politique de Pablo Iglesias &#224; l'universit&#233; de Complutence de Madrid, de personnalit&#233;s issues de l'eurocommunisme, du n&#233;grisme, du chavisme &#8211; animateurs du CIM &#8211; Centre International Miranda- centre de formation du chavisme , de sa gauche et une participation de IA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce point, on associe souvent Syriza et Podemos. Il y a un point commun, aux deux forces, et sp&#233;cifique, &#224; ces deux pays, en Europe : ces formations politiques ont r&#233;ussi &#224; construire, l'expression politique, d'une mobilisation de la soci&#233;t&#233; contre l'aust&#233;rit&#233; et les r&#233;gimes en place. Mais il y a cette diff&#233;rence : Syriza est la r&#233;sultante d'une longue histoire, d'une r&#233;organisation des forces du mouvement ouvrier, de la jeunesse, de l'altermondialisme, liant des courants d'origines diverses, d'abord des courants issus du parti communiste et de ce qu'on a appel&#233; l'eurocommunisme, des courants trotskystes, et divers secteurs de la gauche critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos, lui, &#224; la diff&#233;rence de Syriza est un mouvement ext&#233;rieur &#224; la gauche traditionnelle, qui , tout en ayant une grande influence dans des secteurs militants , socialistes, communistes, syndicalistes, n'est pas le produit d'une r&#233;organisation ou recomposition du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Sa force, c'est l'expression de la radicalit&#233; d'un secteur important de la soci&#233;t&#233; , et en particulier de la jeunesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Ses faiblesses, ses fragilit&#233;s r&#233;sultent aussi de sa jeunesse, de sa relative inexp&#233;rience, ses difficult&#233;s d'organisation..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1) Saisir Podemos dans son rapport &#224; la situation espagnole&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut saisir Podemos sans comprendre la sp&#233;cificit&#233; de la crise dans l'Etat espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) D'abord, par la profondeur de la crise &#233;conomique 25% de ch&#244;mage, 40 % des jeunes &#8211; ph&#233;nom&#232;ne massif d'&#233;migration, baisse de 17 % du pouvoir d'achat, appauvrissement massif salariat et petite bourgeoisie. &#192; peine, compens&#233;e, dans certains cas, par les solidarit&#233;s familiales..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) Ensuite, par l'irruption de mouvements sociaux et socio politiques avec le 15 M 2011. Le mouvement des indign&#233;s, et qui a &#233;t&#233; ensuite relay&#233; par, des marches pour la dignit&#233;, les &#171; mareas &#187;, blanches dans la sant&#233;, vertes, dans l'&#233;ducation, des journ&#233;es de gr&#232;ves nationales, des mobilisations dans la sant&#233;, mobilisation contre les expulsions en ciblant les banques, Gamonal remise en cause &#224; Burgos d'un projet de r&#233;am&#233;nagement d'une avenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c) Par l'&#233;clatement d'une crise de la &#171; transition Post franquiste &#187; ouverte en 1978 : la crise fait voler en &#233;clats la politique de pactes sociaux entre les syndicats et le patronat ; la corruption, et les affaires ont rendu l'&#233;difice politico institutionnel, vermoulu ; les formes de l'abdication du roi a montr&#233; la panique des sommets de l'Etat. Le probl&#232;me des nationalit&#233;s avec la crise catalane et des autres nationalit&#233;s ont aussi affaibli le r&#233;gime. Ce sont les effets combin&#233;s de la crise sociale et de cette crise politique qui vont cr&#233;er une crise de l&#233;gitimit&#233; sociale et institutionnelle pour les classes dominantes &#8211; ce que Podemos appelle la &#171; caste &#187; &#8211;, qui vont donner une dynamique politique d&#233;mocratique au mouvement des indign&#233;s et aux mobilisations sociales, avec l' exigence de &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187; et de remise en cause des pouvoirs, sous des formes tr&#232;s diverses : critiques et remises en cause des d&#233;cisions bancaires , refus des expulsions, d&#233;bats populaires sur comment changer l'exercice de la d&#233;cision d&#233;mocratique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d) La conjonction de la crise &#233;conomique et politique provoque la crise du bipartisme qui vient d'exploser au grand jour apr&#232;s les &#233;lections r&#233;gionales et municipales. Le PP a obtenu 27 % avec 6 millions de voix, mais a perdu 2,5 millions de voix par rapport aux &#233;lections de 2011 ; le PSOE a obtenu 25% avec 5,5 millions de voix, mais a perdu 775.000 voix. Podemos a fait une perc&#233;e , pour sa premi&#232;re pr&#233;sentation &#224; ce type d'&#233;lections en obtenant entre 15 et 20% des suffrages. Cuidadanos &#8211; qui a &#233;t&#233; constitu&#233; pour &#234;tre le &#171; podemos de droite &#187;, 6,5% avec 1,5 m. Izquierda Unida, coalition anim&#233;e par le PCE, sort consid&#233;rablement affaibli, n'&#233;tant plus consid&#233;r&#233; comme une des quatre forces politiques qui comptent. On est pass&#233; du bipartisme au quadripartisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;e) Ces r&#233;sultats donneraient, aujourd'hui, en projection de si&#232;ges au parlement, les r&#233;sultats suivants : PP : 120 (-66) ; PSOE : 108 (-2) ; PODEMOS : 37 ; Cuidadanos : 18. La situation est donc , totalement ouverte : est-ce que les &#233;lections de novembre seront avanc&#233;es ? Y aura-t-il une dynamique cumulative qui continuera &#224; propulser Podemos au-del&#224; des 20 % ? Les r&#233;sultats actuels, notamment &#224; Madrid et &#224; Barcelone, peuvent, en effet donner une nouvelle impulsion , &#224; Podemos .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2) La dynamique positive de Podemos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une nouvelle p&#233;riode politique, de nouveaux rapports de forces, l'ouverture de nouveaux possibles sur la base d'une politique qui a constitu&#233; une rupture dans l'&#233;quilibre espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos exprime :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Le rejet de l'aust&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* La souverainet&#233; populaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'id&#233;e d'un processus constituant, avec une assembl&#233;e constituante&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Un mouvement ext&#233;rieur au syst&#232;me contre la caste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une force radicale antisyst&#232;me qui se situe dans une perspective de changement liant la mobilisation et la conqu&#234;te du pouvoir par les urnes, par des r&#233;formes de l'Etat. Du coup, il y a forces et faiblesses dans la d&#233;marche : son programme est anti-aust&#233;rit&#233;, mais il reste dans un cadre plus ou moins keyn&#233;sien, en s'autolimitant sur une redistribution radicale des richesses et les n&#233;cessaires incursions dans la propri&#233;t&#233; des secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie. Il pose le probl&#232;me d'une transformation sociale, mais &#224; partir de l'Etat. Ce r&#233;formisme radical est aussi inspir&#233; par les exp&#233;riences latino- am&#233;ricaines, v&#233;n&#233;zu&#233;liennes, &#233;quatoriennes, boliviennes, justement, l&#224; o&#249; l'Etat a constitu&#233; un point d'appui dans la r&#233;sistance, m&#234;me partielle, &#224; l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Le probl&#232;me, dans cette conception, c'est que nous sommes dans un Etat du centre imp&#233;rialiste et pas dans un pays latino-am&#233;ricain domin&#233; par l'imp&#233;rialisme nord-am&#233;ricain. L'Etat est l'instrument direct des classes dominantes, li&#233;es au capital international et en particulier aux institutions de l'Union europ&#233;enne. Ces conceptions de la transformation sociale, &#224; partir de l'Etat, les r&#233;f&#233;rences populistes ou eurocommunistes, peuvent &#234;tre celle du r&#233;formisme. Mais Podemos ne peut &#234;tre rang&#233; dans le r&#233;formisme des partis traditionnels de la gauche. Nous n'avons pas affaire &#224; des appareils traditionnels bureaucratiques. Ce r&#233;formisme n'est pas cristallis&#233;, avec une base mat&#233;rielle, compar&#233;e &#224; celle des appareils sociaux-d&#233;mocrates ou des directions syndicales. Cela ouvre des espaces et de nouveaux possibles. Les lignes peuvent bouger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3. La n&#233;cessit&#233; d'une nouvelle r&#233;flexion strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;tape, le probl&#232;me plus substantiel, c'est de repenser le sch&#233;ma tactique et strat&#233;gique qui dominait dans l'&#233;quipe dirigeante de Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sch&#233;ma de base de Pablo Iglesias &#233;tait le suivant : il s'agissait d'organiser quasiment un &#171; raid &#187; ou un &#171; blitz krieg &#187;, une &#171; guerre &#233;clair &#187; pour conqu&#233;rir la majorit&#233; parlementaire aux &#233;lections de novembre 2015. La rapidit&#233; du ph&#233;nom&#232;ne les a conduit &#224; centrer leur politique sur l'id&#233;e de &#171; gagner &#187;, de gagner vite, sur la base d'un effondrement des partis traditionnels, et donc de construire une &#171; machinerie &#233;lectorale &#187; hypercentralis&#233;e &#8211; d'o&#249; les choix faits par le groupe dirigeant aux assises de Podemos. C'est ce sch&#233;ma, en tout cas, qui a servi d'argumentation pour limiter l'expression du pluralisme et imposer les listes uniques pour la repr&#233;sentation de la direction aux assises de podemos- sur la base d'un programme national populaire au plus petit d&#233;nominateur commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; ne v&#233;rifie pas ou nuance s&#233;rieusement la validit&#233; de ce sch&#233;ma. La crise en Espagne est certes impressionnante, notamment le ch&#244;mage des jeunes, mais, l'Espagne n'est pas la Gr&#232;ce. Son niveau de d&#233;veloppement &#233;conomique, sa base productive, son syst&#232;me bancaire sont &#224; un autre niveau. Le pays a &#233;t&#233; attaqu&#233; par les politique d'aust&#233;rit&#233;, mais pas saign&#233; comme la Gr&#232;ce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat n'a pas &#233;t&#233; disloqu&#233; comme en Gr&#232;ce. Du coup, le PSOE ne connait pas, &#224; cette &#233;tape de processus de &#171; pasokisation &#187;. Il garde 25 %. La bourgeoisie garde des capacit&#233;s de man&#339;uvre : Le Parti populaire reste le premier parti. Le PSOE ne s'effondre pas. Cuidadanos, m&#234;me s'il n'a pas eu le r&#233;sultat escompt&#233;, peut toujours peser dans la voie d'une sauvegarde du r&#233;gime en s'alliant aux autres partis ; dans ces conditions, un gouvernement de Podemos aux prochaines &#233;lections g&#233;n&#233;rales est peu probable. D&#232;s lors toutes les combinaisons sont possibles : de &#171; l'ingouvernabilit&#233; &#187; &#224; des syst&#232;mes d'alliances qui assurent la continuit&#233; du r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, le projet du dernier congr&#232;s de Podemos doit &#234;tre revu : un raid avec une machinerie &#233;lectorale qui gagne sur la base d'un programme minimum ne peut fonctionner dans les rapports de forces actuels. Le d&#233;bat doit s'enrichir d' une nouvelle r&#233;flexion tactique et strat&#233;gique , qui doit combiner &#171; guerre de positions &#187; et acc&#233;l&#233;rations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 4. Programme minimum ou dynamique de rupture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de Podemos et en particulier Pablo Iglesias s'est montr&#233;e d'une grande capacit&#233; dans le choix de concentrer la bataille politique, dans ses capacit&#233;s de communication politique, en particulier la vis&#233;e de &#171; la construction d'un mouvement national populaire contre la caste &#187;. Une de leurs r&#233;f&#233;rences est Ernest Laclau philosophe argentin qui a th&#233;oris&#233; sur la notion de &#171; populisme &#187; &#224; partir de l'exp&#233;rience de Juan Peron en Argentine. Le populisme de Laclau, c'est l'objectif de rassembler la communaut&#233; nationale autour du leader sur la base d'un plus petit d&#233;nominateur commun. Cette approche a &#233;t&#233; actualis&#233;e, selon lui, par le chavisme. Ces r&#233;f&#233;rences servaient de fondement &#224; une strat&#233;gie de rassemblement autour de &#187; signifiants flottants &#187;, de r&#233;f&#233;rences g&#233;n&#233;rales qui peuvent rassemble et constituer le peuple. Ce sont les notions de souverainet&#233; nationale, de justice, de droits sociaux, d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iglesias, qui conna&#238;t l' histoire de la r&#233;volution russe, tente d'interpr&#233;ter cette strat&#233;gie de mani&#232;re plus radicale, &#233;t&#233; jusqu' &#224; faire le parall&#232;le avec Les mots d'ordres des bolcheviques sur le &#171; pain, la paix , la libert&#233;, la terre &#187; . Il y a deux questions dans cette d&#233;marche qu'il faut d&#233;m&#234;ler. La premi&#232;re pr&#233;occupation, correcte, c'est d'essayer de concentrer le programme politique d'un parti dans quelques revendications ou mots d'ordre. Je vais subir la critique de certains, mais je crois que la direction de podemos a raison de vouloir rompre avec des programmes trop &#233;toff&#233;s, trop d&#233;taill&#233;s.. Mais la deuxi&#232;me chose, discutable dans certaines dimensions de cette politique de Podemos, c'est, au nom de la simplification, de mod&#233;rer certaines revendications, parce qu'elles diviseraient &#171; la &#171; communaut&#233; &#187; ou seraient porteuses de confrontations de classes, au sens large. Cette conception r&#233;ductrice peut conduire &#224; l'&#233;vitement de probl&#232;mes cl&#233;s, par exemple, sur les questions suivantes : l'annulation de la dette ? Quelle organisation du syst&#232;me bancaire ? La question des nationalisations et de la propri&#233;t&#233; ? Cette conception r&#233;ductrice peut aussi conduire &#224; &#233;viter ou sous-estimer des questions comme celle des nationalit&#233;s, du droit &#224; l'avortement. S'il faut concentrer sur une ou deux revendications centrales , celles-ci doivent faire le lien entre ce que ressentent des millions de citoyens et travailleurs et une autre logique qui commence &#224; rompre avec l'aust&#233;rit&#233; capitaliste, avec le pouvoir des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout maintenant avec l'apparition de cuidadanos le &#171; Podemos de droite &#187;. Il faut des d&#233;limitations plus nettes. Et l&#224; il y a eu un d&#233;bat dans la direction de Podemos autour de la notion &#171; occupation du centre ou du centre de gravit&#233; de la vie politique &#187;. Avec deux approches soit rester dans le &#171; flou ou signifiant flou &#187; pour gagner des voix au centre , en fait en mod&#233;rant le programme , ou alors , on met l'accent sur la n&#233;cessit&#233; de r&#233;ponse &#224; la crise du syst&#232;me capitaliste et pas seulement &#224; la corruption financi&#232;re et on rassemble son camp social, les salari&#233;s, les ch&#244;meurs, les classes populaires et m&#234;me &#171; le peuple de gauche &#187;, surtout face &#224; la politique de centre droit de cuidadanos. Il fallait d&#233;limiter en tout cas sur le plan de la lutte contre l'aust&#233;rit&#233;. Ce qu'a fait Iglesias, &#224; la fin de la campagne o&#249; il a mis plus l'accent sur le Podemos d'origine. Il a parl&#233; de populisme de gauche et non plus seulement de populisme comme le fait un autre dirigeant de Podemos : Inego Errejon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 5. Sur la notion de peuple&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin sur la notion de peuple, il y aussi mati&#232;re &#224; discussion. Si c'est une formule g&#233;n&#233;rale qui recouvre les classes populaires, et &#171; le peuple contre la caste &#187; ou ceux d'en bas contre ceux d'en haut&#8230; et essaye de contourner les r&#233;f&#233;rences &#224; la gauche qui sont discr&#233;dit&#233;s par les directions de la gauche traditionnelle, pourquoi pas ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si la notion de peuple vise &#224; ne plus penser la confrontation et l'affrontement en termes de luttes de classes, au sens large, &#224; ne plus penser les luttes autour de sujets sp&#233;cifiques, mais articul&#233;s autour de la lutte contre le syst&#232;me capitaliste. C'est tout &#224; fait discutable. Autre &#233;cueil &#224; &#233;viter, c'est la notion de peuple qui se substitue aux partis, organisations et associations. Mais on a vu que la r&#233;alit&#233; des &#233;lections municipales a impos&#233; une politique de rassemblement &#224; Podemos. Impos&#233;, car la direction de Podemos ne voulait pas, au d&#233;but, participer aux municipales. Elle a tol&#233;r&#233; des coalitions unitaires, mais, ruse de l'histoire, ces listes ont eu des bons r&#233;sultats. Elles ont m&#234;me &#233;largi l'influence de Podemos. Et, il y a m&#234;me eu une construction par en bas de ce que nos camarades appellent une &#171; unit&#233; populaire &#187; autour d'assembl&#233;es repr&#233;sentatives qui ont construit les listes et organis&#233; la campagne. On voit d&#233;j&#224; qu'&#224; Madrid, mais aussi &#224; Barcelone, &#224; Cadiz, Saragosse, d'autres villes. La dynamique a &#233;t&#233; tr&#232;s positive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 6. Et la question nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question nationale, &#224; savoir les questions catalanes, basques, galliciennes, sont des questions centrales dans un Etat qui n' a pas connu de r&#233;volution bourgeoise et qui n' a donc pas assur&#233; les conditions pour la formation d'un Etat unifi&#233;. Ce n'est pas l'avis de la direction de Podemos. Quand Iglesias parle de souverainet&#233; nationale ou de processus constituant, il pense &#224; L'Espagne et non aux nations d'Espagne. Il aborde le processus constituant comme une rupture avec la constitution de 1978, mais qui n'int&#232;gre pas des processus constituants &#224; l'&#233;chelle des nationalit&#233;s catalanes et basques. Il ne d&#233;fend pas, explicitement, le droit d'autod&#233;termination pour ces nationalit&#233;s. Il indique que c'est aux Catalans de choisir leur destin, mais il ne pr&#233;cise pas sous quelles formes. Il nous dit, m&#234;me, que sa pr&#233;f&#233;rence, c'est qu'ils restent dans l'Etat espagnol. En fait la question nationale, en Catalogne comme au Pays basque, est une question en tension dans le camp populaire ; d'une part, une partie des classes populaires est &#171; ind&#233;pendantiste &#187;, d'autre part, en particulier les travailleurs immigrants proc&#233;dant d'autres r&#233;gions d'Espagne, en particulier d'Andalousie, ne partagent pas ce sentiment. Il faut donc chercher les voies du rassemblement en tenant compte de ses diff&#233;renciations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique constituant un bloc social et politique unifiant toutes les classes populaires, dans toutes leurs sensibilit&#233;s, doit partir du droit &#224; l'autod&#233;termination. Elle doit permettre de poser la question de l'ind&#233;pendance, sans en faire un pr&#233;alable au rassemblement. C'est ce qu'ont fait, les principaux leaders de Barcelona en comu, en particulier Alda Colau. En Catalogne, ce serait tout &#224; fait regrettable que les progressistes n'arrivent pas &#224; une alliance int&#233;grant les forces de Barcelona en comu et les CUP &#8211; anticapitalistes nationalistes &#8211;, et que ces derniers, au nom de l'ind&#233;pendance, refusent de construire un bloc anti-aust&#233;rit&#233;. Il faut donc d&#233;battre des conditions d'une telle alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 7. Quelle politique d'alliances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre question compliqu&#233;e, les alliances. La perspective d'un gouvernement de Podemos n'est pas pour l'imm&#233;diat : il faut donc d&#233;finir une politique unitaire qui tient compte des aspirations populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette &#233;tape, la direction de Podemos a donn&#233; deux grandes indications : d'abord, tout faire pour chasser le Parti populaire &#8211; formation recouvrant des secteurs de la droite et de l'extr&#234;me droite &#8211; du pouvoir. Pour donner une id&#233;e de la violence de l'affrontement avec le Parti populaire : la maire de Madrid appelle, par exemple, les madril&#232;nes &#224; se mobiliser contre le &#171; communisme &#187;, &#171; contre les soviets &#187;. La polarisation sociale et politique est, donc, tr&#232;s vive. La deuxi&#232;me indication de refuser tout gouvernement r&#233;gional ou municipal avec le PSOE, deuxi&#232;me parti de l'aust&#233;rit&#233; et de la &#171; caste &#187;. Cette politique est fondamentale, car si Podemos s'int&#233;grait de mani&#232;re subordonn&#233;e dans des coalitions domin&#233;es par le PSOE, cela signifierait la fin de la singularit&#233; de Podemos : son rejet de la caste et son ext&#233;riorit&#233; au syst&#232;me, ce qui a fait sa force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois soulign&#233;s ces deux grands principes, de nombreux cas se poseront pour les investitures pour les postes de maires ou de pr&#233;sident des ex&#233;cutifs r&#233;gionaux. Des accords pour emp&#234;cher le Parti populaire de prendre une mairie ou de permettre l'&#233;lection d'un maire de Podemos seront surement discut&#233;s au cas par cas. En Andalousie, Podemos et Teresa Rodriguez ont demand&#233; des mesures minimum pour voter pour l'investiture du gouvernement andalou : z&#233;ro corruption, des transferts budg&#233;taires vers la sant&#233; et l'&#233;cole et la rupture de r&#233;gion andalouse avec les banques qui ont expuls&#233; des habitants de leurs demeures. Le PSOE a refus&#233;, et du coup il y a blocage. Il faut en m&#234;me temps prendre ses responsabilit&#233;s, appliquer le mandat donn&#233; par les &#233;lecteurs, mais ne pas s'allier &#224; la caste ou des secteurs de la caste, en l'occurrence former des ex&#233;cutifs avec le PSOE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 8. Quelle structuration pour une nouvelle formation politique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin se pose les probl&#232;mes de r&#233;organisation de Podemos&#8230; La complexit&#233; de la situation actuelle pose le probl&#232;me d'une structuration d'une nouvelle formation politique, un type de parti en quelque sorte, par l'organisation &#8211; l'organisation et la coordination des cercles &#8211; l'organisation de l'action politique et pas seulement de la communication, l'organisation du d&#233;bat et d'un pluralisme politique au sein de Podemos. Il y a d'ailleurs l&#224; un paradoxe : d'un c&#244;t&#233; l'allure libertaire du 15 M et de la dynamique sociopolitique espagnole et de l'autre la tentation de l'hypercentralisation autour du leader et de la machine &#233;lectorale, mais l&#224; encore la r&#233;alit&#233; est plus compliqu&#233;e, car les adh&#233;rents de Podemos aspirent &#224; leur repr&#233;sentation. Exemple : Tereza Rodriguez en Andalousie, la coalition de Madrid, les repr&#233;sentants &#224; Saragosse, &#224; Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais surtout, les &#233;lections municipales cr&#233;ent une nouvelle situation pour Podemos. En animant ou participant &#224; des coalitions unitaires, &#224; l'organisation d'assembl&#233;es repr&#233;sentatives pour &#233;lire des candidats sur les listes municipales et discuter des plateformes locales, ces &#233;lections peuvent constituer une nouvelle phase dans la construction d'un mouvement pour une unit&#233; populaire. Il s'agit apr&#232;s ces &#233;lections de montrer les capacit&#233;s de gestion des nouveaux &#233;lus de podemos, mais surtout de constituer de ces positions &#233;lectorales de point d'appui pour se lier aux luttes et aux mouvements sociaux. D'autant, comme l'ont rappel&#233; nos camarades d'anticapitalistas, que les institutions ne sont pas neutres, que de nombreux pi&#232;ges leur seront tendus pour les &#171; institutionnaliser &#187;. De ce point de vue, l'exigence affirm&#233;e pour que les salaires des &#233;lus n'exc&#232;dent pas les 1930 euros est une excellente mesure pour assurer que les &#233;lus soient des citoyens et salari&#233;s comme les autres&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournant en Europe ? Nous avons signal&#233; la situation sp&#233;cifique en Gr&#232;ce et dans l'Etat espagnol, mais l'ampleur de la crise en Espagne et d'une alternative populaire radicale constitue un changement dans la situation en Europe. Bien s&#251;r les situations ne sont pas reproductibles, mais la vague Podemos suscite un grand int&#233;r&#234;t, non seulement dans les milieux militants, mais dans la jeunesse et plus largement. Cela indique qu'un changement est possible, que les politiques d'aust&#233;rit&#233; peuvent &#234;tre bloqu&#233;es et surtout que de nouvelles forces politiques peuvent se lever pour la justice et l'&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;br class='autobr' /&gt;
SABADO Fran&#231;ois&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Charlie Hebdo &#8211; Et maintenant ? L'&#233;v&#233;nement, sa port&#233;e, ses enjeux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Charlie-Hebdo-Et-maintenant-L-evenement-sa-portee-ses-enjeux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Charlie-Hebdo-Et-maintenant-L-evenement-sa-portee-ses-enjeux</guid>
		<dc:date>2015-01-20T08:12:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado, Pierre Rousset</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-01-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Vous ne voulez plus des classes ni de leur lutte ? Vous aurez les pl&#232;bes et les multitudes anomiques. Vous ne voulez plus des peuples ? Vous aurez les meutes et les tribus. Vous ne voulez plus des partis ? Vous aurez le despotisme de l'opinion ! &#187; Daniel Bensa&#239;d, &#201;loge de la politique profane &lt;br class='autobr' /&gt; Il est trop t&#244;t pour tirer toutes les cons&#233;quences des &#233;v&#233;nements de ces derniers jours, mais il faut prendre la mesure de ce qui s'est pass&#233;. Nous avons v&#233;cu un moment historique. Et d'abord par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton20540-75d3c.png?1781290252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Vous ne voulez plus des classes ni de leur lutte ? Vous aurez les pl&#232;bes et les multitudes anomiques. Vous ne voulez plus des peuples ? Vous aurez les meutes et les tribus. Vous ne voulez plus des partis ? Vous aurez le despotisme de l'opinion ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Daniel Bensa&#239;d, &#201;loge de la politique profane&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est trop t&#244;t pour tirer toutes les cons&#233;quences des &#233;v&#233;nements de ces derniers jours, mais il faut prendre la mesure de ce qui s'est pass&#233;. Nous avons v&#233;cu un moment historique. Et d'abord par la force et massivit&#233; des manifestations du samedi 10 et du dimanche 11 janvier. Pr&#232;s de cinq millions de personnes manifestant les m&#234;me jours sur tout le territoire, c'est du jamais vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de toutes les confusions, ces manifestations ont &#233;t&#233; un grand moment de fraternit&#233; humaine comme en t&#233;moignent les r&#233;actions et le comportement des gens. Ils se parlaient, s'entraidaient pour avancer sous la pression de la multitude rassembl&#233;e. Des sc&#232;nes &#8211; de courte dur&#233;e, dans ces apr&#232;s-midi de samedi et dimanche &#8211; rappelaient certains moments des manifs de 1995 ou de 1968, domin&#233;es par la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Approchant les 5 millions, ce sont des cort&#232;ges largement compos&#233;s de salari&#233;s ; beaucoup de jeunes aussi. Ce sont des manifestations populaires, dans les centres-ville, mais aussi dans une tr&#232;s grande partie des banlieues. Sans &#234;tre &#171; sociales-syndicales &#187; ou &#171; sociales-de lutte &#187;, elles indiquaient que la soci&#233;t&#233; se mobilisait. On peut discuter le jugement suivant, mais ces rassemblements ont r&#233;uni avant tout le &#171; peuple de gauche &#187;. Dans cette fraternit&#233; contre la barbarie de la terreur, pour les libert&#233;s d&#233;mocratiques, la libert&#233; d'expression, notons la pr&#233;sence de pancartes ou de signes contre tous les racismes &#8211; le racisme antis&#233;mite comme antimusulman. De m&#234;me, il ne faut pas faire de contre sens sur le &#171; Nous sommes tous Charlie &#187; r&#233;p&#233;t&#233; &#224; l'infini. En reprenant, ce mot d'ordre, des millions de personnes n'exprimaient pas un soutien &#224; la ligne &#233;ditoriale du journal &#8211; la grande majorit&#233; de ceux qui scandaient &#171; nous sommes tous Charlie &#187; connaissait plus ou moins le journal, mais ne le lisaient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous sommes tous Charlie &#187; a explos&#233; comme un cri de solidarit&#233; humaine contre les assassinats. Il a pu &#234;tre d&#233;clin&#233; de diff&#233;rentes fa&#231;ons. L'id&#233;e d'un &#171; Charlie ouvrier &#187; &#8211; &#224; savoir lier la solidarit&#233; avec les journalistes assassin&#233;s &#224; la n&#233;cessit&#233; d'une mobilisation pour les droits sociaux &#8211; a m&#234;me &#233;t&#233; &#233;voqu&#233;e. On peut discuter la formule, mais, au-del&#224;, il y a une id&#233;e juste, celle de creuser un sillon : donner des contenus d&#233;mocratiques et sociaux &#224; l'indignation et &#224; l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce profond mouvement de la soci&#233;t&#233; qui s'est exprim&#233; depuis le 7 janvier et les anticapitalistes doivent en &#234;tre, dialoguer avec ces millions de citoyens qui y participent. Ce n'&#233;taient pas des manifestations r&#233;actionnaires ; elles n'&#233;taient pas avant tout domin&#233;es par l'Union nationale, les politiques s&#233;curitaires ou antisociales annonc&#233;es par le gouvernement. La soci&#233;t&#233; a boug&#233;, spontan&#233;ment, avec plein de confusion, mais dans un sens progressiste. C'est le point de d&#233;part de notre r&#233;flexion et c'est dans ce cadre qu'il faut examiner les probl&#232;mes qui se posent &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premier probl&#232;me, l'Union nationale. Nous avons eu raison de d&#233;noncer les op&#233;rations d'Union nationale tant avec Sarkozy que les man&#339;uvres avec Le Pen. Nous avons encore eu plus raison de d&#233;noncer &#171; les satrapes internationaux &#187; qui ont accompagn&#233; Hollande dans son op&#233;ration de promotion de l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et des diverses coalitions imp&#233;rialistes. Quel scandale que les Netanyahou, Bongo, Orban et autres assassins des libert&#233;s aient &#233;t&#233; invit&#233;s &#224; ce d&#233;fil&#233;. Pas d'appel avec Hollande, avec le PS ou l'UMP, ni de t&#234;te de manifestation ou d'organisation commune, pas de rendez-vous &#171; pr&#233;sidentiel &#187;. De ce point de vue, il faut remarquer que Jean-Luc M&#233;lenchon et le Front de gauche ont dans un premier temps couvert l'op&#233;ration, mais qu'ils s'en sont d&#233;gag&#233;s le samedi apr&#232;s midi, l'affaire devenant vraiment trop compromettante. Pour notre part nous devions certes exprimer ces critiques, mais nous aurions d&#251; donner de fa&#231;on plus soutenue la priorit&#233; &#224; la solidarit&#233; avec les millions de manifestants. Car les gens n'ont pas &#233;t&#233; dupes : ils sont descendus dans la rue, mais pas pour soutenir les op&#233;rations politiques. Ce qu'ils retiennent de ces journ&#233;es de manifestations, ce sont les millions de participantes et participants, pas le carr&#233; de saigneurs de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me probl&#232;me, la pr&#233;sence mobilis&#233;e de la jeunesse arabo-musulmane. Des dizaines de milliers de personnes franco-alg&#233;riennes, marocaines ou tunisiennes &#233;taient pr&#233;sentes, avec un grand nombre de drapeaux de pays du Maghreb, par exemple. Mais la majorit&#233; n'&#233;tait pas l&#224;. La &#171; ligne &#187; &#233;ditoriale de Charlie Hebdo a jou&#233; ici un r&#244;le de repoussoir ; ainsi que le sentiment de deux poids deux mesures dans la r&#233;pression (Dieudonn&#233; condamn&#233;, mais pas Zemmour). La faible mobilisation &#224; Marseille est une indication de cette in&#233;galit&#233; dans la mobilisation. Le risque de c&#233;sure est r&#233;el. Il faut &#8211; et c'est l'une de nos t&#226;ches prioritaires &#8211; combattre ce danger de fracture. D'abord en luttant contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et leurs cons&#233;quences sur les plus pauvres, les plus d&#233;favoris&#233;s qui vivent dans nos banlieues. En luttant pour l'&#233;galit&#233; des droits, en particulier pour le vote pour les &#233;trangers aux &#233;lections. Les r&#233;volutionnaires doivent &#234;tre en pointe contre l'islamophobie ; tous les actes racistes doivent &#234;tre d&#233;nonc&#233;s. Il faut d&#233;fendre le droit des musulmans &#224; pratiquer leur religion, d&#233;fendre les mosqu&#233;es lorsqu'elles sont attaqu&#233;es. Il faut que le mouvement ouvrier et d&#233;mocratique apparaisse &#224; leurs c&#244;t&#233;s. Cela commence par des manifestations tangibles de solidarit&#233;, d'aide aux plus jeunes dans les &#233;coles. La population arabo-musulmane doit &#234;tre d&#233;fendue contre toutes les agressions quand elle est attaqu&#233;e parce qu'arabe, parce que musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet antiracisme, nous l'opposons de m&#234;me &#224; l'antis&#233;mitisme. Plus que jamais &#8211; et c'est difficile &#8211;, il faut faire la diff&#233;rence entre la politique sioniste de l'Etat d'Isra&#235;l et la population juive que nous devons &#8211; elle aussi &#8211; d&#233;fendre contre toutes les agressions, quand elle est attaqu&#233;e parce que juive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me probl&#232;me, la volont&#233; du gouvernement d'utiliser ces &#233;v&#233;nements pour accroitre l'arsenal juridique de &#171; l'antiterrorisme &#187; &#224; coup de lois liberticides, &#224; l'instar du Patriot Act impos&#233; par Washington apr&#232;s le 11 Septembre. C'est un enjeu capital : on ne combattra pas le terrorisme en s'attaquant aux droits et libert&#233;s fondamentales. Les organisations ouvri&#232;res et d&#233;mocrates doivent se dresser contre toute mesure gouvernementale allant dans ce sens. Elles doivent donc refuser de participer de pr&#232;s ou de loin aux r&#233;unions qui vont commencer autour d'un &#171; pacte de s&#233;curit&#233; &#187; propos&#233; par le PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;me probl&#232;me : comment &#233;viter le &#171; choc des barbaries &#187; &#8211; la barbarie imp&#233;rialiste et celle d'organisations comme l'Etat islamique (Daesh) et Al-Qaeda. La barbarie imp&#233;rialiste et ses soutiens dictatoriaux oppriment tous les jours des millions d'&#234;tres humains dans le monde. C'est sur ce terreau que les organisations fondamentalistes et terroristes prosp&#232;rent. Elles se nourrissent des interventions internationales &#8211; comme celles engag&#233;es par Etats-Unis et autres puissances occidentales en Afghanistan, au Moyen-Orient, en Irak &#8211; ou r&#233;gionales comme avec le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie&#8230; Le d&#233;veloppement de ces organisations fondamentalistes a souvent &#233;t&#233; initialement encourag&#233; par Washington ou des Etats tels que le Pakistan. Mais elles mettent maintenant en &#339;uvre leur propre politique et leur propre strat&#233;gie de confrontation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sans cesse rappeler une &#233;vidence : la violence terroriste de ces mouvements fondamentalistes est avant tout tourn&#233;e contre les populations de pays musulmans. Elles s'attaquent &#224; toutes les libert&#233;s, aux droits fondamentaux et jouent un r&#244;le contre-r&#233;volutionnaire majeur (&#224; l'encontre des aspirations progressistes du &#171; printemps arabe &#187; par exemple). Elles imposent un degr&#233; de terreur qui &#233;voque celui des mouvements fascistes dans les ann&#233;es 1930. Elles sont ennemies du genre humain. Nos camarades du Pakistan caract&#233;risent certaines d'entre elles comme des fascismes religieux ; une caract&#233;risation qui peut faire d&#233;bat. Mais elles doivent &#234;tre combattues alors que de Paris au Nord Nig&#233;ria, elles multiplient les actes barbares. Combattues dans nos pays, mais aussi par la solidarit&#233; internationale : en luttant contre les guerres imp&#233;rialistes, en aidant les mouvements progressistes qui r&#233;sistent aux assauts fondamentalistes &#224; Koban&#234;, Alep, au Pakistan &#8211; et en d&#233;fendant partout les victimes de leur intol&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinqui&#232;me probl&#232;me : notre faiblesse et l'affaiblissement g&#233;n&#233;ral du mouvement ouvrier dans ses centres historiques &#8211; en particulier l'Europe. La mondialisation capitaliste plonge nos soci&#233;t&#233;s dans une spirale sans fin de crises sociales. La pr&#233;carisation s'&#233;tend et prend des formes dramatiques. Ni la &#171; gauche de la gauche &#187; ni les syndicats ne sont &#224; m&#234;me d'offrir une r&#233;ponse radicale &#224; ces attaques radicales du capital mondialis&#233;. Dans ces conditions, les fondamentalismes (de toutes religions) et les nouvelles extr&#234;mes droites (x&#233;nophobes et racistes) peuvent pr&#233;tendre occuper le terrain id&#233;ologique de la radicalit&#233;. Nous avons besoin d'un front international de r&#233;sistance antifasciste, anti-fondamentaliste large ; mais aussi d'une gauche militante capable d'offrir une alternative radicale au capitalisme. Pour se faire, cette gauche doit &#234;tre enracin&#233;e au sein des populations frapp&#233;es par la pr&#233;carit&#233;. Ce n'est aujourd'hui pas le cas ; et c'est l'un de nos talons d'Achille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin d'autres dimensions &#224; prendre en compte concernent la situation politique fran&#231;aise. Fran&#231;ois Hollande arrivera-t-il &#224; utiliser cette crise pour se hisser peu ou prou de mani&#232;re bonapartiste au-dessus des partis et du PS pour assurer sa mise sur orbite pour 2017 ? Arrivera-t-il, dans la continuit&#233; de son op&#233;ration d'Union nationale &#224; poursuivre sa politique d'aust&#233;rit&#233; en aggravant la situation sociale de millions de travailleurs ? Arrivera-t-il &#224; contenir la droite et l'extr&#234;me droite qui ont &#233;t&#233; ces derniers jours marginalis&#233;es ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique de mobilisation de la soci&#233;t&#233;, ces derniers jours, ouvre aussi une autre possibilit&#233; : l'indignation et l'aspiration d&#233;mocratique peuvent prendre un contenu social, au travers de luttes et de mobilisation pour les droits &#224; la dignit&#233;, contre l'injustice sociale, contre toutes les oppressions, pour l'&#233;galit&#233; de droits. Mener ensemble ces combats communs pour surmonter les divisions dont les pouvoirs dominants tirent leur force.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les anticapitalistes doivent tout faire pour que ce rebond d&#233;mocratique s'approfondisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Tribune &#233;crite pour Viento Sur (Etat espagnol).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notes sur le d&#233;bat &#171; Imp&#233;rialisme et g&#233;opolitique &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Notes-sur-le-debat-Imperialisme-et-geopolitique</link>
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		<dc:date>2014-10-28T08:11:09Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-10-28</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des diff&#233;rences entre l'imp&#233;rialisme de la fin du XIX/d&#233;but du XXe si&#232;cle et l'imp&#233;rialisme globalis&#233; du d&#233;but XXIe ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es dans les notes de Pierre Rousset [2] ou dans le texte de Michel Husson [3]. Je voudrais, pour ma part, souligner ici deux grandes diff&#233;rences entre ces deux &#233;poques historiques : &lt;br class='autobr' /&gt; La premi&#232;re consiste en un basculement du monde, avec un changement des centres de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale (&#233;mergence de la Chine et de nouvelles puissances &#233;conomiques en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH121/arton19472-f0e4b.jpg?1781290252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='121' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des diff&#233;rences entre l'imp&#233;rialisme de la fin du XIX/d&#233;but du XXe si&#232;cle et l'imp&#233;rialisme globalis&#233; du d&#233;but XXIe ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;es dans les notes de Pierre Rousset [2] ou dans le texte de Michel Husson [3]. Je voudrais, pour ma part, souligner ici deux grandes diff&#233;rences entre ces deux &#233;poques historiques :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La premi&#232;re consiste en un basculement du monde, avec un changement des centres de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale (&#233;mergence de la Chine et de nouvelles puissances &#233;conomiques en Asie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La deuxi&#232;me diff&#233;rence concerne le mouvement ouvrier organis&#233;. Il &#233;tait en d&#233;veloppement et en expansion m&#234;me si elle fut interrompue par les guerres mondiales et le fascisme &#224; la fin du XIXe et d&#233;but du XXe si&#232;cle. En revanche, il conna&#238;t une crise historique au d&#233;but de ce XXIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1.	Le basculement du monde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut prendre la mesure de ce basculement. Ce n'est pas un changement ou un d&#233;placement conjoncturel, avec un retour &#224; la normale une fois la crise pass&#233;e. Pour le mesurer, on peut prendre comme r&#233;f&#233;rence les basculements o&#249; les centres de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale changent, comme en 1760-1780 entre les Pays-Bas et l'Angleterre, ou durant l'entre-deux guerre, entre l'Angleterre et les Etats-Unis. Sauf que cette fois-ci, c'est un changement non seulement continental, mais d'un autre monde au sens &#233;conomique, social, politique culturel. C'est un changement o&#249; l'Occident (Europe et USA) qui a domin&#233; le monde depuis la d&#233;couverte de l'Am&#233;rique perd son h&#233;g&#233;monie au profit de nouvelles puissances &#233;mergentes ou de vielles puissances qui retrouvent leur force 4 ou 5 si&#232;cles apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.1	Dans ces nouveaux rapports mondiaux, l'Europe d&#233;cline, les Etats-Unis perdent leur h&#233;g&#233;monie &#233;conomique, m&#234;me s'ils restent la premi&#232;re puissance militaire mondiale. Beaucoup va d&#233;pendre des d&#233;veloppements de la crise aux USA. Mais la part des pays du G7 dans le PIB mondial qui &#233;tait de 56 % au d&#233;but des ann&#233;es 1980 n'est plus en 2010 qu'&#224; environ 40 %. Les pr&#233;visions indiquent que les courbes de croissance entre les ex-G7 d'un c&#244;t&#233; et, de l'autre, la Chine et les nouvelles puissances en Asie, vont, m&#234;me se croiser durant la d&#233;cennie qui vient ; et en termes de revenu moyen par habitant, cela pourrait aussi se faire dans les ann&#233;es 2030-2040. Les indications de croissance de ces dix derni&#232;res ou quinze derni&#232;res ann&#233;es autour de 8 &#224; 12 % pour la Chine et l'Inde, contre 1 &#224; 2 % pour l'Europe ou 2 &#224; 3 % pour les USA, ou bien en termes de r&#233;serves mondiales manifestent ces changements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.2	Dans cette crise, la carte du monde se redessine et la comp&#233;tition fait rage.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces nouveaux rapports de forces d&#233;bouchent sur de nouvelles tensions &#233;conomiques inter-capitalistes ou inter-imp&#233;rialistes qui peuvent dans certaines conjonctures d&#233;boucher sur des conflits militaires. Le recul des Etats-Unis se traduit par une crise de son h&#233;g&#233;monie. Les USA restent la premi&#232;re puissance mondiale, mais ses positions se sont affaiblies sur tous les terrains de guerre de la plan&#232;te. Les rapports de forces ont chang&#233; entre le nouvel ordre mondial du d&#233;but des ann&#233;es 1990 et la situation actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1.3 On ne peut pas expliquer la crise europ&#233;enne sans ce basculement du monde. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE veut aligner le march&#233; du travail europ&#233;en sur le march&#233; mondial. Mais c'est en Europe que la crise peut prendre des formes de crise d'effondrement du fait, au fond, de ses positions de faiblesses dans la comp&#233;tition mondiale. L'Allemagne reste l'un des principaux pays exportateurs 47 % du PIB, Japon 17%, Chine 15 % , mais elle est aussi touch&#233;e par la contraction du march&#233; mondial. Aussi, pour r&#233;pondre &#224; la concurrence mondiale, les classes dominantes europ&#233;ennes veulent liquider ce qui reste du &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187;. Il y a encore trop de social et, &#224; leurs yeux, il doit &#234;tre d&#233;mantel&#233; ; c'est l'explication de l'offensive sp&#233;culative sur les march&#233;s europ&#233;ens. Les &#171; march&#233;s &#187;, qui sont des r&#233;alit&#233;s mat&#233;rielles : les banquiers, les dirigeants de fonds de pension, les dirigeants des multinationales exigent l'augmentation du taux de plus-value par la baisse des salaires, la liquidation de la s&#233;curit&#233; sociale et l'augmentation du temps de travail. D'o&#249; la brutalit&#233; des politiques d'aust&#233;rit&#233; &#224; s'adapter au march&#233; mondial de la force de travail tir&#233; par les rapports sociaux des puissances &#233;mergentes, ce qui implique la baisse du pouvoir d'achat de 10 &#224; 15 points sur les ann&#233;es qui viennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en plus et c'est ce qui donne un caract&#232;re aigu, explosif &#224; la crise, le type de construction politique qu a connu l'Europe ajoute au probl&#232;me : avec les divergences ou trajectoires de divergences &#233;conomiques entre divers p&#244;les de l'UE (Allemagne et cercle allemand-Pays-Bas, Autriche, Europe du Nord, la p&#233;riph&#233;rie sud de l'Europe avec la France quelque part au centre). Les rapports franco-allemands expriment la r&#233;alit&#233; &#233;conomique, politique et institutionnelle de l Europe, mais sans Etat europ&#233;en, sans direction, sans plan de d&#233;veloppement ni r&#233;ponses fondamentales &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi ce basculement du monde entraine un d&#233;clin de l'Europe, sape les bases de la d&#233;mocratie politique, les bases sociales et &#233;lectorales des grands partis traditionnels. Il cr&#233;e les conditions d'un d&#233;veloppement de tendances autoritaires. Nous voyons cela dans les rapports entre Tro&#239;ka et certains pays d Europe du Sud. Mais nous voyons aussi cela dans les crises politiques nationales o&#249; l'extr&#234;me droite peut &#234;tre projet&#233;e au-devant de la sc&#232;ne politique. Bien que les int&#233;r&#234;ts de la bourgeoisie globalis&#233;e ne correspondent pas ceux d'une option &#171; nationale protectionniste &#187; de l'extr&#234;me droite, un &#171; accident politique &#187; peut survenir menant l'extr&#234;me droite aux portes du pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2.	Une crise historique du mouvement ouvrier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.1 Ce nouveau red&#233;ploiement imp&#233;rialiste&lt;/strong&gt; ne peut &#234;tre saisi que dans les nouveaux rapports de forces entre les classes dans les m&#233;tropoles imp&#233;rialistes, marqu&#233;s par un affaiblissement historique du mouvement ouvrier traditionnel. Dans ce contexte, quelle est la situation du mouvement ouvrier, de la gauche ? Nous pensions (et la IVe Internationale n &#233;tait pas seule &#224; penser ainsi !) que la profondeur de la crise &#233;conomique entrainerait une nouvelle dynamique de recomposition et r&#233;organisation du mouvement ouvrier et des mouvements sociaux. Il y a bien des exp&#233;riences comme celle de Syriza, des nouveaux mouvements comme les Indign&#233;s, mais il y a n&#233;anmoins un d&#233;calage entre l'explosivit&#233; de la situation et la traduction politique, organique de ces mouvements : pas de renforcement des syndicats, des partis r&#233;formistes, de la gauche radicale, de la gauche r&#233;volutionnaire ou de courants de gauche dans les grandes organisations, ni m&#234;me l'&#233;mergence de nouvelles organisations &#224; l'exception de Podemos. Il y a certes de nouvelles formes d'organisation, mais elles sont pour le moment trop instables. De plus, r&#233;trospectivement, c'est-&#224;-dire depuis le d&#233;but des crises capitalistes, il n y a jamais eu simultan&#233;ment une crise aussi profonde du syst&#232;me capitaliste et un mouvement ouvrier aussi faible pour y faire face (&#224; l'exception des conjonctures o&#249; le mouvement ouvrier avait &#233;t&#233; physiquement liquid&#233; par le fascisme ou les dictatures militaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2.2 Plusieurs facteurs p&#232;sent sur la situation du mouvement ouvrier :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a)	Les contre-r&#233;formes lib&#233;rales, depuis la fin des ann&#233;es 1970, &#224; l'&#233;chelle mondiale ont provoqu&#233; un processus de restructuration de la force de travail, son individualisation, sa pr&#233;carisation, le recul des droits collectifs, l'affaiblissement des organisations syndicales. La d&#233;sindustrialisation a liquid&#233; des dizaines de concentrations ouvri&#232;res. Sans compter le secteur dit &#171; informel &#187;. Les ouvriers et les employ&#233;s forment plus de 60 % de la population active, mais ce n'est pas la m&#234;me structure sociale qu'auparavant. En Chine ou dans d'autres pays d Asie, l'industrialisation a conduit &#224; une expansion sans pr&#233;c&#233;dent du prol&#233;tariat, mais nous ne sommes qu'au d&#233;but d une organisation de mouvements ind&#233;pendants du salariat et l&#224; aussi, &#224; cette &#233;tape, il n' y a pas de synchronisation des syndicats ou associations ou partis en Europe, Etats-Unis et en Asie. Il y a reculs &#224; l'Ouest et seulement d&#233;buts fragiles &#224; l Est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b)	Le bilan du si&#232;cle pass&#233; p&#232;se sur les probl&#232;mes d'une formation d'une conscience socialiste r&#233;volutionnaire : notamment celui du stalinisme sur le court XXe si&#232;cle o&#249;, pour des millions de gens, il y a eu identification du stalinisme avec le communisme - un XXe si&#232;cle qui s'est termin&#233; sur la globalisation capitaliste n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c)	Les partis et organisations sociaux-d&#233;mocrates ont connu une mutation sociale lib&#233;rale, disons plus exactement n&#233;o-lib&#233;rale. Elles gardent des liens historiques avec la social-d&#233;mocratie d'antan. Elles sont des forces d'alternance, donc elles doivent se distinguer des partis de droite en fonction, l&#224; aussi, des sp&#233;cificit&#233;s nationales, mais elles sont totalement int&#233;gr&#233;es &#224; la gestion de la crise. Il n' y a pas de diff&#233;rences entre la social-d&#233;mocratie et les dirigeants de la droite europ&#233;enne. Les processus de primaires et les ressemblances avec le parti d&#233;mocrate nord-am&#233;ricain vont dans le m&#234;me sens. Des partis de moins en moins ouvriers et de plus en plus bourgeois. Quant aux partis poststaliniens, ils sont r&#233;duits &#224; la crispation sectaire comme le PCP ou le KKE ; ou alors &#224; suivre les partis sociaux-d&#233;mocrates&lt;br class='autobr' /&gt; ; ou encore &#224; r&#233;sister en essayant d avoir une politique, dite &#171; anti-lib&#233;rale, mais de gestion de l'&#233;conomie et des institutions capitalistes &#187;. Des partis comme le PS en France vont tellement &#224; droite qu'ils laissent un espace pour ces formations, qui peuvent jouer un r&#244;le propre tant qu'elles ne sont pas oblig&#233;es d'aller directement au gouvernement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d)	Cette combinaison d'affaiblissement du mouvement ouvrier face &#224; plus de trois d&#233;cennies d'attaques n&#233;olib&#233;rales plus la politique des directions de la gauche donne les marges de manoeuvre &#224; la bourgeoisie mondiale pour &#171; g&#233;rer la crise &#187; en augmentant les positions des march&#233;s financiers et en approfondissant les attaques contre les classes populaires, voire m&#234;me dans les BRICS, en am&#233;liorant la situation mat&#233;rielle de millions de gens. Il y a toujours, pour le capital, une issue pour sortir de la crise s'il n y a pas de solutions ouvri&#232;res. Le probl&#232;me, c est que le co&#251;t social, &#233;cologique, humain de sa &#171; solution &#187; est de plus en plus terrible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Sabado&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir sur ESSF (article 33279), Le chaos g&#233;opolitique et ses implications : notes d'introduction pour une r&#233;flexion collective : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spi..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spi..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spi..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://hussonet.free.fr/ncs14w.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://hussonet.free.fr/ncs14w.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand la France s'enfonce dans la crise sociale et politique</title>
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		<dc:date>2014-10-14T08:14:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Sabado</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2014-10-14</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me gouvernement Valls a obtenu la &#171; confiance &#187; de l'assembl&#233;e nationale, mais sans majorit&#233; absolue. Une cinquantaine de d&#233;put&#233;s PS, verts et radicaux se sont abstenus. Onze d&#233;put&#233;s du Front de gauche ont vot&#233; contre. Depuis 50 ans, aucun vote de confiance n'avait donn&#233; lieu qu'&#224; une majorit&#233; relative. Ce gouvernement est en sursis. &lt;br class='autobr' /&gt; La r&#233;cession voire la d&#233;flation p&#232;se sur l'activit&#233; &#233;conomique. Le ch&#244;mage avoisine les 6 millions de personnes et la pauvret&#233; en touche pr&#232;s de 9 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton19280-e7dc0.png?1781290252' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me gouvernement Valls a obtenu la &#171; confiance &#187; de l'assembl&#233;e nationale, mais sans majorit&#233; absolue. Une cinquantaine de d&#233;put&#233;s PS, verts et radicaux se sont abstenus. Onze d&#233;put&#233;s du Front de gauche ont vot&#233; contre. Depuis 50 ans, aucun vote de confiance n'avait donn&#233; lieu qu'&#224; une majorit&#233; relative. Ce gouvernement est en sursis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;cession voire la d&#233;flation p&#232;se sur l'activit&#233; &#233;conomique. Le ch&#244;mage avoisine les 6 millions de personnes et la pauvret&#233; en touche pr&#232;s de 9 millions. Le pouvoir d'achat de millions de salari&#233;s recule sous les effets du blocage des salaires et de l'augmentation des imp&#244;ts pour la majorit&#233; des foyers imposables. L'Europe comme le pays s'enfoncent dans la crise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette situation provoque aujourd'hui, dans des dizaines de quartiers populaires, des processus de d&#233;composition sociale. La r&#233;ponse de l'&#233;quipe au pouvoir &#224; ces convulsions, c'est l'approfondissement du cours n&#233;olib&#233;ral et la pr&#233;paration d'une politique autoritaire. Ce gouvernement est l'expression politique d'une alliance directe avec le patronat dans le cadre du &#171; pacte de responsabilit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En un mois, depuis l'annonce de sa composition, les mesures d&#233;cid&#233;es comme les d&#233;clarations de ministres, t&#233;moignent de cette orientation : abandon de l'encadrement des loyers mis en place par la loi Duflot, d&#233;r&#233;glementation du travail, lib&#233;ralisation du travail le dimanche, suppression des seuils sociaux et de la repr&#233;sentation syndicale dans les petites entreprises, renforcement du contr&#244;le des ch&#244;meurs. Tout cela prolongeant la clameur de Valls devant un parterre de patrons au Medef : &#171; j'aime l'entreprise. &#187; Cette aust&#233;rit&#233; est sans pr&#233;c&#233;dent car &#224; la diff&#233;rence des politiques de la fin des ann&#233;es 1970 ou des ann&#233;es 1980, l'offensive n&#233;olib&#233;rale actuelle vise &#224; d&#233;truire ce qui reste d'acquis ou de conqu&#234;tes sociales arrach&#233;es depuis 1944-45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la comp&#233;tition mondiale qui fait rage entre les Etats-Unis, les pays dits &#233;mergents dont la Chine et le &#171; noyau dur &#187; de l'Europe, les classes dominantes europ&#233;ennes et la bourgeoisie fran&#231;aise ont d&#233;cid&#233; de casser le &#171; mod&#232;le social europ&#233;en &#187; ou ce qu'il en reste : l'objectif est de baisser les salaires entre 20 et 30 % comme en Gr&#232;ce, en Espagne ou au Portugal. Cela passe par le blocage ou la diminution des salaires, mais aussi par l'allongement du temps de travail. Le ministre-banquier, Macron, a d&#233;j&#224; d&#233;clar&#233; que des accords d'entreprise devraient remettre en cause les 35 heures. L'agenda social du patronat et du gouvernement est de poursuivre le d&#233;mant&#232;lement de la s&#233;curit&#233; sociale, de faire exploser les conventions collectives et le code du travail en donnant la primaut&#233; aux accords d'entreprises et de r&#233;duire les services publics, notamment dans les collectivit&#233;s locales et territoriales. Jusqu'&#224; cette &#233;tape, la r&#233;alit&#233; de l'&#233;conomie et de la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise &#8211; de la cinqui&#232;me puissance mondiale &#8211; avait amorti le choc des contre-r&#233;formes en comparaison avec la situation des pays d'Europe du Sud, mais les exigences du patronat comme les choix actuels du gouvernement indiquent qu'ils vont passer &#224; la vitesse sup&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise politique ouverte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La source de la crise politique, c'est ce changement historique men&#233; par les gouvernements successifs qui ont d&#233;truit brutalement les conditions de travail et de vie de millions de gens. Comme l'indique le constitutionaliste Dominique Rousseau, &#171; on invoque toujours le bouclier institutionnel. Mais il risque de ne plus fonctionner, menac&#233; par plusieurs crises &#8211; &#233;conomique, sociale, morale et politique &#8211; qui se cumulent et ont crois&#233; une fracture profonde entre gouvernants et gouvern&#233;s. La panne de l'ordre institutionnel, la d&#233;composition du syst&#232;me politique sont les sympt&#244;mes de cette crise g&#233;n&#233;ral de l'ordre social. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet corrosif de la crise &#233;conomique vis-&#224;-vis des institutions et de l'Etat est aussi fort que celui de l'instabilit&#233; politique de l'apr&#232;s-guerre et de la d&#233;colonisation en 1958. La crise de repr&#233;sentation &#233;clate au grand jour. La base sociale et politique du gouvernement est des plus r&#233;tr&#233;cie. La politique de Hollande et Valls est minoritaire dans le pays, dans la gauche et dans le Parti socialiste. Les institutions de la Ve R&#233;publique permettent encore &#224; Fran&#231;ois Hollande de gouverner, mais elles ne masquent plus la r&#233;alit&#233; des rapports de forces r&#233;els dans le pays. L'hypoth&#232;se d'un gouvernement qui se retrouverait minoritaire &#224; l'assembl&#233;e nationale ne peut plus &#234;tre &#233;cart&#233;e. A partir de l&#224;, deux hypoth&#232;ses sont possibles : un nouveau gouvernement socialiste dont le centre de gravit&#233; tournerait autour de personnalit&#233;s comme Aubry, Cambad&#233;lis ou Bartolone, et la dissolution de l'Assembl&#233;e nationale. La menace d'une dissolution peut contraindre les d&#233;put&#233;s socialistes &#224; s'aligner, d'autant que dans la situation actuelle de nouvelles &#233;lections consacreraient, tr&#232;s certainement, une large victoire de la droite et de l'extr&#234;me droite et un processus de dislocation du PS. Mais les d&#233;put&#233;s socialistes savent aussi que Hollande et Valls les entra&#238;nent vers l'ab&#238;me. La confiance a &#233;t&#233; vot&#233;e, mais jusqu'&#224; quand une telle situation peut-elle tenir ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les divisions de la droite et la pression du Front national&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique s'accompagne d'une pouss&#233;e du Front national qui se fait sentir dans la vie politique mais aussi dans la soci&#233;t&#233;. Les sondages sont &#224; relativiser, surtout plus de deux ans avant l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, mais pour la premi&#232;re fois Marine Le Pen est donn&#233;e en t&#234;te au premier tour, avec pr&#232;s de 27 %, alors que le candidat du PS ne parviendrait pas au deuxi&#232;me tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paradoxalement, cette nouvelle perc&#233;e du FN contribue &#224; cr&#233;er les conditions d'une division de la droite qui pourrait amortir la descente aux enfers du PS ; division dans un d&#233;grad&#233; de positions entre un courant autoritaire populiste, essayant de contenir l'extr&#234;me droite en reprenant une partie de sa politique &#8211; incarn&#233; par Sarkozy &#8211;, et une alliance de la droite et des &#171; centres &#187; &#8211; repr&#233;sent&#233;e par Jupp&#233; &#8211; s'orientant vers une politique d'union nationale sous la houlette de l'Union europ&#233;enne et de la coalition allemande CDU-SPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'en sommes pas l&#224;. Les institutions et le mode de repr&#233;sentation emp&#234;chent &#224; ce jour la formation de coalition d'union nationale. Mais l&#224; aussi, des modifications de scrutin, notamment en instillant de la proportionnelle, pourraient ouvrir la voie d'une telle solution. En attendant, les divisions de la droite continuent &#224; la miner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le spectre de l'effondrement et de l'&#233;clatement du PS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une question se pose : pourquoi une telle brutalit&#233; dans les choix de Hollande et la politique de Valls ? La trajectoire &#171; sociale-lib&#233;rale &#187; du Parti socialiste n'est pas nouvelle. Son int&#233;gration dans les sommets de l'Etat et du capital financier est av&#233;r&#233;e depuis plusieurs ann&#233;es. Son processus de transformation de parti social-d&#233;mocrate en une sorte de &#171; parti d&#233;mocrate &#224; l'am&#233;ricaine &#187; est bien avanc&#233;. Mais cela ne suffit pas &#224; Valls, pour qui le PS reste &#171; trop &#224; gauche &#187;. Les quelques traces de son histoire qui travaillent les contradictions de ce parti doivent &#234;tre &#233;limin&#233;es. Rappelons-nous les d&#233;clarations de Valls, il y a quelques ann&#233;es, en faveur de l'abandon du nom &#171; socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui peut dire, alors, ce que sera la situation du PS dans les semaines ou les mois qui viennent ? Jusqu'&#224; maintenant, un processus comparable &#224; celui du PASOK &#8211; le Mouvement socialiste panhell&#233;nique, qui s'est effondr&#233; &#8211; semblait exclu, mais les choix de l'&#233;quipe Hollande-Valls peuvent provoquer un &#233;croulement de ce PS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade, les fragmentations ne d&#233;bouchent pas sur des courants de gauche. Une des variantes &#224; envisager face &#224; l'&#233;chec de Hollande-Valls serait une r&#233;organisation de l'appareil socialiste, avec Martine Aubry ou d'autres qui se profilent comme &#233;tant &#171; plus &#224; gauche &#187; que la direction actuelle. Mais tous, jusqu'&#224; ce jour, ont accept&#233; les politiques d'aust&#233;rit&#233;. D'ailleurs, les &#171; frondeurs &#187; divers et vari&#233;s ont tous soutenu &#8211; voire particip&#233; &#8211; au gouvernement qui a adopt&#233; la ligne du &#171; pacte de responsabilit&#233; &#187;, cet accord sc&#233;l&#233;rat avec le patronat. Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, avait occup&#233; les avant-postes dans cette politique. Il n'emp&#234;che qu'une telle crise provoque des tensions, des questionnements, des possibilit&#233;s de dialogue avec des militants socialistes qu'il faut suivre pr&#233;cis&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le Front de gauche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise politique gouvernementale risque aussi d'acc&#233;l&#233;rer les tensions et les fractures au sein du Front de gauche. La formule initiale du Front de gauche est &#171; caduque &#187;. Un coup terrible lui a &#233;t&#233; port&#233; par le choix des dirigeants du PCF de s'allier, lors des &#233;lections municipales de mars 2014, dans les principales villes avec le Parti socialiste. Le PCF cherche &#233;perdument &#224; reconstruire une nouvelle union de la gauche avec les &#171; frondeurs &#187;, les ex-ministres&#8230; et, pourquoi pas demain, Martine Aubry ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Jean Luc M&#233;lenchon il vient de d&#233;missionner de la direction du Parti de gauche pour jeter les jalons d'un mouvement pour la VIe R&#233;publique&#8230; autour d'un projet qui ressemble d&#233;j&#224; &#224; une future candidature pour la prochaine &#233;lection en 2017. Comment pr&#233;tendre lutter pour la d&#233;mocratie et regrouper autour d'un projet personnel ? La crise de repr&#233;sentation politique peut r&#233;server des surprises, mais si Chavez a eu un r&#244;le progressiste contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain dans les conditions historiques sp&#233;cifiques de l'Am&#233;rique latine, un projet de type &#171; chaviste &#187; peut-il constituer, dans l'Europe de ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, une r&#233;ponse &#224; la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pistes pour un programme d'urgence social et d&#233;mocratique au service des travailleurs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce d&#233;calage entre la r&#233;alit&#233; du pouvoir et celle des rapports de forces sociaux r&#233;els, les tensions sociales et politiques ne peuvent que s'exacerber et une explosion sociale ou d&#233;mocratique peut survenir &#224; n'importe quel moment et sur n'importe quelle question. Les manifestations racistes ou r&#233;actionnaires ne sont pas non plus &#224; &#233;carter. Lorsque les classes dominantes et les appareils traditionnels ne peuvent plus r&#233;gler les probl&#232;mes br&#251;lants de la situation par les m&#233;thodes parlementaires, alors c'est l'irruption des jeunes, des classes populaires qui est &#224; l'ordre du jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question sociale reste au centre de la situation politique. Toute la politique &#233;conomique et sociale du gouvernement doit &#234;tre rejet&#233;e, en commen&#231;ant par le &#171; pacte de responsabilit&#233; &#187; et le budget qui met en application les cadeaux au patronat et les attaques contre les services publics et la s&#233;curit&#233; sociale. La crise est telle que ce qui est &#224; l'ordre du jour, ce n'est pas un repl&#226;trage ou un saupoudrage du pacte de solidarit&#233; avec le Medef, mais un programme d'urgence au service des travailleurs et travailleuses ainsi que du plus grand nombre : interdiction des licenciements, augmentation du Smic et des salaires, cr&#233;ation massive d'emplois publics, d&#233;fense des 35 heures et r&#233;duction du temps de travail, d&#233;fense de la s&#233;curit&#233; sociale, nationalisation des secteurs cl&#233;s de l'&#233;conomie sous contr&#244;le des salari&#233;s, planification socio-&#233;cologique, annulation de la dette ill&#233;gitime, rupture avec les trait&#233;s europ&#233;ens. Cela doit s'accompagner d'une pr&#233;paration pour une confrontation avec les march&#233;s financiers et l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise politique exige aussi des r&#233;ponses d&#233;mocratiques radicales. Pour d&#233;nouer cette crise politique, il faut donner la parole au peuple, mais la question n'est pas de remplacer une majorit&#233; par une autre dans le cadre des m&#234;mes institutions et des m&#234;mes politiques d'aust&#233;rit&#233; engag&#233;es par la droite ou la gauche dite traditionnelle. Il faut un grand chambardement institutionnel : un d&#233;mant&#232;lement des institutions de la Ve R&#233;publique, en finir avec l'&#233;lection d'un pr&#233;sident de la R&#233;publique, comme avec le mode de scrutin majoritaire &#224; deux tours. Plus largement, la crise actuelle de repr&#233;sentation politique exige la rupture avec les institutions actuelles et l'ouverture d'un processus constituant qui mette au centre la &#171; d&#233;mocratie r&#233;elle &#187; : des assembl&#233;es &#233;lues au suffrage universel de la commune au niveau national, qui d&#233;cident de toutes les questions politiques, sociales et &#233;conomiques. Les march&#233;s capitalistes ne doivent plus primer sur la d&#233;mocratie. C'est au peuple et &#224; ses repr&#233;sentants de d&#233;cider, pas aux banquiers et capitaines d'industrie ! C'est ce que les anticapitalistes d&#233;fendraient dans un tel processus. Cette nouvelle d&#233;mocratie doit aussi s'accompagner d'une repr&#233;sentation proportionnelle de tous les courants et positions politiques. Un processus de d&#233;professionnalisation de la politique doit &#234;tre engag&#233;. Les revenus des &#233;lus ne doivent pas d&#233;passer le salaire moyen du pays. Le cumul des mandats doit &#234;tre exclu. Les citoyens doivent &#234;tre r&#233;guli&#232;rement consult&#233;s, au niveau o&#249; les d&#233;cisions sont prises, dans des assembl&#233;es ou par r&#233;f&#233;rendum. Bref, &#171; une d&#233;mocratie du peuple par le peuple et pour le peuple &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse et les travailleurs doivent pr&#233;parer le renversement de ce gouvernement par leurs propres m&#233;thodes de lutte. De nouvelles g&#233;n&#233;rations, comme celles apparues lors des gr&#232;ves &#224; la SNCF, montrent que les salari&#233;s, lorsque les conditions pour la lutte sont r&#233;unies, r&#233;sistent aux attaques gouvernementales et patronales, m&#234;me s'il peut y avoir un d&#233;calage substantiel entre la combativit&#233; et une conscience politique anticapitaliste. Les manifestations contre l'agression isra&#233;lienne &#224; Gaza t&#233;moignent aussi de la mobilisation d'un secteur de la population des quartiers populaires. Le 12 avril dernier, une coalition de syndicats, d'associations, de partis a rassembl&#233; des dizaines de milliers manifestants contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Il faut souligner que dans ces mobilisations, le NPA, avec d'autres, a eu un r&#244;le positif. Il faut maintenant redoubler dans cette voie unitaire et rassembler toutes celles et tous ceux qui veulent s'opposer, &#224; gauche, &#224; la politique du gouvernement, sur des objectifs et des revendications concr&#232;tes, comme le refus du budget Hollande-Valls. Tout pas en avant pour la mobilisation populaire doit &#234;tre soutenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas, une fois de plus, retomber dans les orni&#232;res de combinaisons &#171; plus &#224; gauche &#187;, mais qui restent dans le cadre des politiques d'aust&#233;rit&#233; et/ou des institutions actuelles. Face &#224; la crise politique, qui d&#233;soriente et d&#233;mobilise le peuple de gauche, il faut l'action et la discussion communes, mais pas pour se retrouver &#224; la remorque d'ex-ministres qui &#8211; il y a peu &#8211; soutenaient le pacte de responsabilit&#233;. Ni l'abstention ni le suivisme vis &#224; vis des parlementaires abstentionnistes ne peut constituer une alternative &#224; Valls. L'efficacit&#233; contre le patronat, les droites et l'extr&#234;me-droite, c'est la rupture avec toutes les politiques d'aust&#233;rit&#233; et l'ind&#233;pendance nette vis-&#224;-vis du Parti socialiste et de toutes les forces qui s'allient avec lui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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