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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Apr&#232;s la pand&#233;mie : une &#171; autre &#187; globalisation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-la-pandemie-une-autre-globalisation</link>
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		<dc:date>2021-03-23T07:24:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Walden Bello</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tout le monde le sait, la pand&#233;mie de la COVID-19 a eu un effet consid&#233;rable sur l'&#233;conomie mondiale. Les taux de croissance et les investissements se sont fortement affaiblis, l'emploi a fl&#233;chi, les gouvernements se sont endett&#233;s, etc. Pour certains, c'&#233;tait aussi la fin de la &#171; globalisation [1] &#187;, ou au moins d'une certaine globalisation, puisqu'il fallait refermer les fronti&#232;res, cesser la d&#233;localisation des activit&#233;s &#233;conomiques et r&#233;tablir des contr&#244;les pour que les &#201;tats puissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-28-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton47373-50187.jpg?1781450316' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout le monde le sait, la pand&#233;mie de la COVID-19 a eu un effet consid&#233;rable sur l'&#233;conomie mondiale. Les taux de croissance et les investissements se sont fortement affaiblis, l'emploi a fl&#233;chi, les gouvernements se sont endett&#233;s, etc. Pour certains, c'&#233;tait aussi la fin de la &#171; globalisation [1] &#187;, ou au moins d'une certaine globalisation, puisqu'il fallait refermer les fronti&#232;res, cesser la d&#233;localisation des activit&#233;s &#233;conomiques et r&#233;tablir des contr&#244;les pour que les &#201;tats puissent assurer une certaine s&#233;curit&#233; sanitaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;photo et article tir&#233;s de : Entre les ligne et les mots 2021 - Lettre n&#176;12 - 20 mars : Notes de lecture, textes, p&#233;tition &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 15 mars 2021 &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/15/apres-la-pandemie-une-%E2%80%89autre-globalisation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/03/15/apres-la-pandemie-une-%E2%80%89autre-globalisation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, si on regarde de l'autre c&#244;t&#233; du miroir, la pand&#233;mie a eu pour effet de renforcer la globalisation. Elle permet aux plus forts, dont les grandes entreprises multinationales, de renforcer leurs capacit&#233;s. Elle a probablement &#233;vit&#233; une nouvelle crise financi&#232;re (apr&#232;s celle de 2007-2008) qui semblait in&#233;vitable selon la plupart des observateurs. Elle justifie les pouvoirs autoritaires impos&#233;s par plusieurs &#201;tats au nom de la lutte contre cette pand&#233;mie. Elle cr&#233;e enfin un sentiment de peur et de faiblesse parmi les domin&#233;s, ce qui facilite la r&#233;pression, notamment contre les grands mouvements populaires qui ont travers&#233; la plan&#232;te en 2019 et jusqu'au d&#233;but de 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la question se pose de nouveau : comment penser &#224; un monde &#171; d&#233;globalis&#233; &#187; et en m&#234;me temps internationalis&#233;, o&#249; les politiques &#233;conomiques seraient con&#231;ues pour servir l'int&#233;r&#234;t des peuples ? Pour y voir clair, il faut revenir un peu en arri&#232;re pour observer ce qui s'est pass&#233; depuis la crise de 2007-2008, puis documenter les politiques en cours pour faire face &#224; la crise et projeter ce qui pourrait &#234;tre des perspectives de reconstruction populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De crise en crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2008, Barack Obama devient pr&#233;sident des &#201;tats-Unis. Il affirme alors que sa priorit&#233; est de r&#233;parer le syst&#232;me financier mondial, fortement secou&#233; par la crise d&#233;clench&#233;e par le krach de Wall Street. R&#233;troactivement, que peut-on constater ? L'administration Obama a &#233;t&#233; tr&#232;s h&#233;sitante et, en gros, le syst&#232;me financier est rest&#233; intact, malgr&#233; les engagements proclam&#233;s en faveur de la r&#233;forme financi&#232;re mondiale pris par le Sommet du groupe des 20 (G20) &#224; Pittsburgh en 2009. La l&#233;gislation impos&#233;e durant l'&#232;re Obama (le Dodd-Frank Act) n'a pas fonctionn&#233; et aujourd'hui, le syst&#232;me financier s'av&#232;re d&#233;sordonn&#233; et fragile. La crise est report&#233;e, si on peut dire, dans le contexte de la pand&#233;mie, mais elle est latente si on consid&#232;re les faits qui suivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grandes banques sauv&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain en 2008 parce qu'elles &#233;taient consid&#233;r&#233;es comme trop grandes pour faire faillite sont devenues encore plus fortes [2]. Les d&#233;p&#244;ts re&#231;us par les six grandes institutions financi&#232;res am&#233;ricaines ont augment&#233; de 43%. Elles ont augment&#233; leurs actifs de 84% et tripl&#233; les liquidit&#233;s qu'elles d&#233;tenaient avant la crise de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les produits financiers qui ont d&#233;clench&#233; la crise de 2008 (notamment les cr&#233;dits hypoth&#233;caires risqu&#233;s) continuent d'&#234;tre offerts. Cela inclut environ 6,7 milliards de dollars US adoss&#233;s &#224; des cr&#233;ances hypoth&#233;caires. La valeur de ces actifs s'est maintenue gr&#226;ce &#224; l'achat de 1,7 milliard de dollars de ces cr&#233;ances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques am&#233;ricaines d&#233;tiennent collectivement 157 milliards de dollars de produits d&#233;riv&#233;s, soit environ le double du PIB mondial. C'est 12% de plus que ce qu'elles poss&#233;daient au d&#233;but de la crise de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouvelles &#233;toiles du firmament financier &#8211; le consortium d'investisseurs institutionnels compos&#233; entre autres de fonds sp&#233;culatifs (hedge funds), de fonds de pension et d'autres entit&#233;s d'investisseurs &#8211; continuent &#224; se d&#233;ployer dans le monde sans pratiquement aucun contr&#244;le. Ces investisseurs sont prot&#233;g&#233;s par de puissants coupe-feux, dont les paradis fiscaux, les transactions en devises ou en valeurs mobili&#232;res et d'autres dispositifs qui &#233;chappent &#224; la l&#233;gislation des pays. Plus de 100 milliards de dollars sont prot&#233;g&#233;s dans des abris fiscaux flottants pour les super riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les op&#233;rateurs financiers accumulent des b&#233;n&#233;fices dans une mer de liquidit&#233;s fournies par les banques centrales, dont le d&#233;blocage de monnaie bon march&#233;, soi-disant pour acc&#233;l&#233;rer la fin de la r&#233;cession, ce qui a pouss&#233; le niveau mondial d'endettement &#224; 325 milliards de dollars, soit plus de trois fois la taille du PIB mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de contr&#244;ler davantage le secteur financier, plusieurs &#201;tats ont d&#233;cid&#233; de le lib&#233;raliser encore plus. La Chine, deuxi&#232;me &#233;conomie mondiale, est menac&#233;e d'une implosion financi&#232;re avec un march&#233; boursier volatil, une bulle immobili&#232;re et un secteur bancaire parall&#232;le non r&#233;glement&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penser une r&#233;forme structurante&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, douze ans apr&#232;s la crise de 2008, nous nous retrouvons donc au point mort. Pourtant des r&#233;formes d'envergure seraient envisageables si les d&#233;cideurs politiques &#233;taient d&#233;termin&#233;s et agissaient en coop&#233;ration. En voici quelques-unes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fermer les paradis fiscaux, ce qui implique d'obliger tous les &#201;tats &#224; divulguer leurs clients commerciaux et financiers. Inutile de dire que des sanctions s&#233;v&#232;res doivent &#234;tre impos&#233;es sous la forme d'amendes &#233;normes ou de peines de prison pour les institutions et leurs cadres qui ne respecteraient pas cette obligation. &#201;galement, taxer tous les mouvements de capitaux &#224; travers les fronti&#232;res, qu'ils soient effectu&#233;s entre des soci&#233;t&#233;s ind&#233;pendantes ou des filiales d'une m&#234;me entit&#233;. Le but de cette mesure, aussi connue sous le nom de taxe Tobin, n'est pas simplement de ralentir les mouvements de capitaux et d'instaurer une certaine stabilit&#233; financi&#232;re mondiale, mais de r&#233;duire consid&#233;rablement les rendements des investissements dans les fonds sp&#233;culatifs. Cela rendrait les contributeurs aux fonds moins attir&#233;s par les argumentaires de vente qui promettent des dividendes importants non impos&#233;s. Il ne faut pas oublier qu'au cours des soi-disant Trente Glorieuses, lorsque l'&#233;conomie internationale d'apr&#232;s-guerre &#233;tait &#224; son apog&#233;e, les mouvements transfrontaliers de capitaux sp&#233;culatifs ont &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interdire des titres adoss&#233;s &#224; des cr&#233;ances hypoth&#233;caires (que l'on d&#233;signe souvent par l'anglicisme mortgage-backed security ou MBS). Ces MBS avaient permis de d&#233;charger les risques sur les acheteurs qui ont servi &#224; l'&#233;mission de titres hypoth&#233;caires &#224; risque. Inond&#233; de titres toxiques, le syst&#232;me a failli tomber. Les mouvements de ces capitaux, mal compris m&#234;me par les r&#233;gulateurs gouvernementaux, constituent une menace s&#233;rieuse pour l'&#233;conomie r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;inventer une banque centrale de r&#233;serve pour garantir 100% des d&#233;p&#244;ts. Les pr&#234;ts seraient consentis par de grandes banques et financ&#233;s par des fonds propres ou par une dette &#224; long terme, et non par la cr&#233;ation de monnaie. L'argent redeviendrait un v&#233;ritable bien public avec une offre d&#233;termin&#233;e par le gouvernement ou la banque centrale. Les gouvernements n'auraient pas &#224; lutter contre les fluctuations de la cr&#233;ation ou de la destruction de monnaie qui se produisent automatiquement aujourd'hui lorsque les banques d&#233;cident de se d&#233;velopper ou de contracter des cr&#233;dits. Le contr&#244;le de la masse mon&#233;taire serait transf&#233;r&#233; des banques commerciales et des march&#233;s du cr&#233;dit &#224; la banque centrale et au gouvernement, ce qui r&#233;tablirait la capacit&#233; du gouvernement &#224; appliquer des mesures afin de stabiliser l'&#233;conomie ou peut-&#234;tre m&#234;me d'orienter le d&#233;veloppement &#233;conomique vers des objectifs soci&#233;taux tels que l'&#233;galit&#233; et la durabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nationaliser les plus grandes institutions financi&#232;res. Le Conseil international de stabilit&#233; financi&#232;re (FSB) a identifi&#233; 29 banques dont la d&#233;faillance aurait des cons&#233;quences n&#233;gatives au niveau mondial. Les banques ayant plus de 50 milliards de dollars d'actifs devraient automatiquement &#234;tre nationalis&#233;es pour s'assurer qu'elles ne seraient pas un fardeau pour le public si une crise financi&#232;re se produisait. De plus, il faut dresser des barri&#232;res &#233;tanches entre les banques commerciales et les banques d'investissement. Cette mesure, mise en place pendant la Grande D&#233;pression (loi Glass-Steagall aux &#201;tats-Unis), doit &#234;tre r&#233;tablie. &#201;galement, s&#233;vir sur la cupidit&#233; des dirigeants des institutions financi&#232;res. Enfin, &#233;vincer les agences de notation de cr&#233;dit. Ces agences, comme Standard and Poor's, Moody's et Fitch, sont actuellement sur la d&#233;fensive en raison des dommages caus&#233;s &#224; leur r&#233;putation, mais elles continuent de fonctionner comme des oligopoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Convoquer un nouveau &#171; Bretton Woods &#187;. La r&#233;forme des institutions financi&#232;res multilat&#233;rales est probablement l'op&#233;ration la plus difficile, car la vo&#251;te des institutions mondiales et r&#233;gionales qui se font passer pour un syst&#232;me de gouvernance mondiale est maintenant dans un &#233;tat de d&#233;sarroi profond &#8211; une situation qui est peut-&#234;tre &#224; son niveau le plus grave depuis la Seconde Guerre mondiale, en raison de l'&#233;rosion de l'ordre lib&#233;ral domin&#233; par les &#201;tats-Unis et de la crise de la mondialisation. Le Fonds mon&#233;taire international (FMI) n'a pas r&#233;ussi &#224; remplir le r&#244;le de banquier de dernier ressort. Il est plut&#244;t devenu le gestionnaire de l'ajustement structurel dans le monde, de concert avec le G20, le Conseil de stabilit&#233; financi&#232;re (CSF) et le Comit&#233; de B&#226;le sur le contr&#244;le bancaire. Ces institutions n'ont pas tenu leur promesse de promouvoir la stabilisation financi&#232;re mondiale. Il faudrait donc convoquer une nouvelle conf&#233;rence de Bretton Woods pour cr&#233;er des institutions plus repr&#233;sentatives dont le mandat serait de gouverner le syst&#232;me financier mondial, de r&#233;former le syst&#232;me mon&#233;taire international et d'organiser le financement du d&#233;veloppement &#233;conomique, du d&#233;veloppement social et de la restauration de l'environnement. Compte tenu de l'exp&#233;rience historique, il serait probablement avis&#233; de mettre en place un r&#233;seau d'institutions d&#233;centralis&#233;es plut&#244;t que de recr&#233;er le consortium centralis&#233; FMI-Banque mondiale-OMC. Outre la d&#233;centralisation, parmi les principes qui devraient guider le nouveau syst&#232;me, figureraient le maintien de l'espace de d&#233;veloppement des &#233;conomies nationales, en particulier dans le sud, la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s &#224; la fois au sein des pays et entre les pays, et la r&#233;alisation d'un &#233;quilibre entre le d&#233;veloppement &#233;conomique et la protection de l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, tout cela exigerait des r&#233;formes majeures au niveau de la finance mondiale et du syst&#232;me mon&#233;taire, notamment :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;mettre sur la table un projet pour un syst&#232;me mondial efficace de contr&#244;le des capitaux et de taxes sur les devises pour contrer le pouvoir des fonds sp&#233;culatifs de transf&#233;rer des capitaux d'une juridiction &#224; une autre ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;repenser la fiscalit&#233; ciblant le 1% (et m&#234;me le 1% du 1%) tout en emp&#234;chant ces super riches de fuir vers les paradis fiscaux gr&#226;ce &#224; des efforts r&#233;gionaux ou mondiaux coordonn&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;imaginer des institutions de financement du d&#233;veloppement, du climat et de la sant&#233; publique, financ&#233;es par des fonds publics et non coinc&#233;s dans des &#171; pseudo-partenariats &#187; priv&#233;-public ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;penser la cr&#233;ation, par accord international, d'une monnaie fiduciaire pour servir de moyen d'&#233;change international, mettant fin au monopole du dollar am&#233;ricain en tant que monnaie de r&#233;serve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walden Bello [3], Nouveaux Cahiers du socialisme, no. 25, hiver 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://alter.quebec/apres-la-pandemie-une-%E2%80%89autre-globalisation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alter.quebec/apres-la-pandemie-une-%E2%80%89autre-globalisation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.cahiersdusocialisme.org/sortie-de-crise-de-la-pandemie-ou-du-capitalisme-no-25-hiver-2021/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cahiersdusocialisme.org/sortie-de-crise-de-la-pandemie-ou-du-capitalisme-no-25-hiver-2021/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] En fran&#231;ais, le mot courant est &#171; mondialisation &#187;. Cependant, le terme anglais &#171; globalisation &#187; semble plus juste. Avant l'essor rapide des &#233;changes &#233;conomiques sous l'&#233;gide du n&#233;olib&#233;ralisme, le monde &#233;tait d&#233;j&#224; &#171; mondialis&#233; &#187; autour des grands blocs de l'Est et de l'Ouest et de la fracture Nord-Sud. Le terme &#171; globalisation &#187; implique une int&#233;gration plus en profondeur, &#224; la fois verticale et horizontale, non seulement des activit&#233;s &#233;conomiques, mais aussi des r&#233;gimes politiques (ce que les pouvoirs appellent la &#171; gouvernance &#187;), culturels et &#233;cologiques. Cette globalisation s'exerce par un ensemble de dispositifs agr&#233;&#233;s par les puissances capitalistes et impos&#233;s aux autres. Elle est g&#233;r&#233;e par des syst&#232;mes complexes codifi&#233;s autour des accords de libre-&#233;change, des m&#233;canismes qui prot&#232;gent les investissements et imposent la lib&#233;ralisation financi&#232;re, notamment. Au-del&#224; des mots, on pourrait dire que notre monde actuel &#171; globalis&#233; &#187; est une nouvelle &#233;tape du capitalisme &#171; mondialis&#233; &#187; qui existe depuis 100 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Il s'agit de six grandes banques, souvent appel&#233;es les &#171; big six &#187; : J.P. Morgan Chase, Citigroup, Wells Fargo, Bank of America, Goldman Sachs et Morgan Stanley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Walden Bello est chercheur au Focus on the Global South, un think tank asiatique de gauche, ainsi que copr&#233;sident de son conseil d'administration. Il est &#233;galement professeur adjoint de sociologie &#224; l'Universit&#233; d'&#201;tat de New York &#224; Binghamton. Pierre Beaudet a traduit et abr&#233;g&#233; le texte original, After COVID-19 : Can we Tame Global Finance ?, Bangkok, Focus on the Global South et Transnational Institute, 2020, &lt;a href=&#034;https://focusweb.org/wp-content/uploads/2020/08/A4_AfterCovid19_WEB.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://focusweb.org/wp-content/uploads/2020/08/A4_AfterCovid19_WEB.pdf&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Biden et l'Asie-Pacifique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Biden-et-l-Asie-Pacifique</link>
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		<dc:date>2020-11-24T07:18:53Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Walden Bello</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Biden peut att&#233;nuer la guerre commerciale de Trump et ramener une d&#233;fense limit&#233;e des droits de l'homme, mais il peut y avoir plus de continuit&#233; que l'une ou l'autre administration ne l'admet. En supposant que Joe Biden prendra les r&#234;nes de la pr&#233;sidence le 20 janvier 2021, &#224; quoi ressemblera sa politique probable envers la r&#233;gion Asie-Pacifique ? &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Plateforme altermondialiste. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est peu probable que Joe Biden poursuive la guerre commerciale de Trump avec la Chine. Ce serait tout (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton45789-5cd5b.png?1781450317' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Biden peut att&#233;nuer la guerre commerciale de Trump et ramener une d&#233;fense limit&#233;e des droits de l'homme, mais il peut y avoir plus de continuit&#233; que l'une ou l'autre administration ne l'admet. En supposant que Joe Biden prendra les r&#234;nes de la pr&#233;sidence le 20 janvier 2021, &#224; quoi ressemblera sa politique probable envers la r&#233;gion Asie-Pacifique ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alter.quebec/biden-et-lasie-pacifique/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Plateforme altermondialiste&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu probable que Joe Biden poursuive la guerre commerciale de Trump avec la Chine. Ce serait tout simplement trop d&#233;stabilisant pour tout le monde. Non seulement les &#201;tats-Unis d&#233;pendent grandement de la Chine pour un si grand nombre de leurs importations industrielles, mais de nombreux pays d&#233;pendent de la Chine comme march&#233; pour leurs exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas seulement des mati&#232;res premi&#232;res et des produits agricoles, comme dans le cas de l'Afrique et de l'Am&#233;rique latine, respectivement, mais aussi des produits industriels, comme dans le cas de l'Asie du Sud-Est, qui fabrique des composants qui sont exp&#233;di&#233;s en Chine, assembl&#233;s l&#224;-bas, puis envoy&#233;s. aux &#201;tats-Unis, en Europe et partout ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il est important de souligner que le groupe Biden partage la vision de l'administration Trump de la Chine en tant que principal concurrent strat&#233;gique des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs opinions n&#233;gatives sur la politique industrielle de la Chine ne sont pas si diff&#233;rentes de celles que l'on trouve dans le rapport 2017 de la Maison Blanche sur la crise de la fabrication am&#233;ricaine r&#233;dig&#233; par le conseiller de Trump Peter Navarro. Ils partagent le m&#234;me point de vue selon lequel la Chine progresse en braconnant la propri&#233;t&#233; intellectuelle am&#233;ricaine et sont pr&#234;ts &#224; prendre des mesures pour emp&#234;cher la Chine d'acqu&#233;rir un avantage technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, il faut se rendre compte que ce n'est pas Trump qui a d&#233;sign&#233; la Chine comme le principal concurrent am&#233;ricain. Ce processus a commenc&#233; avec George W. Bush, en vertu duquel la Chine a &#233;t&#233; renomm&#233;e de &#171; partenaire strat&#233;gique &#187; &#224; &#171; concurrent strat&#233;gique &#187;. Bush, Jr., cependant, n'a pas donn&#233; suite &#224; des politiques anti-chinoises concr&#232;tes, car il voulait cultiver la Chine comme alli&#233;e dans la soi-disant guerre contre le terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Barack Obama l'a fait avec son tournant vers l'Asie, o&#249; le gros des forces navales am&#233;ricaines a &#233;t&#233; repositionn&#233; pour &#171; contenir &#187; la Chine. D'une certaine mani&#232;re, on peut dire que Trump a simplement radicalis&#233; la position d'Obama envers la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuit&#233; militaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, il existe une pr&#233;sence institutionnelle dans la r&#233;gion qui est rest&#233;e tr&#232;s coh&#233;rente &#224; travers diff&#233;rents pr&#233;sidents, r&#233;publicains ou d&#233;mocrates, et c'est l'arm&#233;e am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e joue un r&#244;le beaucoup plus important dans la formulation de la politique en Asie-Pacifique que dans d'autres r&#233;gions du monde. Alors m&#234;me que les entreprises am&#233;ricaines ont embrass&#233; la Chine parce qu'elle offrait une main-d'&#339;uvre bon march&#233; qui am&#233;liorait leur rentabilit&#233;, le Pentagone &#233;tait toujours sceptique quant &#224; de meilleures relations avec P&#233;kin et il a conduit &#224; d&#233;velopper la vision oppos&#233;e de la Chine en tant que rivale strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut souligner que la doctrine op&#233;rationnelle de la guerre du Pentagone est AirSea Battle, o&#249; il est clair que la Chine est &#171; l'ennemi &#187;. L'objectif primordial est, en cas de guerre, de p&#233;n&#233;trer les d&#233;fenses A2 / AD (Anti-Access / Area Denial) de la Chine afin de porter un coup mortel sur l'infrastructure industrielle du pays dans le sud-est de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous Trump, deux mesures majeures privil&#233;gi&#233;es par le Pentagone ont &#233;t&#233; prises : l'installation d'un syst&#232;me de d&#233;fense antimissile (THAAD) dirig&#233; &#224; la fois contre la Chine et la Cor&#233;e du Nord en Cor&#233;e du Sud, et le red&#233;ploiement en Asie-Pacifique de missiles nucl&#233;aires &#224; port&#233;e interm&#233;diaire visant en Chine apr&#232;s que les &#201;tats-Unis se soient retir&#233;s du trait&#233; INF (Intermediate Range Nuclear Forces) en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les &#201;tats-Unis d&#233;passent la Chine pour la d&#233;fense de pr&#232;s de trois pour un, entre 650 et 250 milliards de dollars (en 2018). La Chine ne poss&#232;de que 260 ogives nucl&#233;aires, contre 5 400 pour Washington, et les ICBM (missiles balistiques intercontinentaux) de P&#233;kin sont dat&#233;s, bien qu'ils soient en cours de modernisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capacit&#233; navale offensive de la Chine est minuscule par rapport &#224; celle des &#201;tats-Unis. Elle poss&#232;de deux porte-avions de l'&#233;poque sovi&#233;tique, tandis que les &#201;tats-Unis ont 11 groupes de force op&#233;rationnelle et ont introduit un porte-avions &#224; la pointe de la technologie, l'USS Gerald Ford.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine n'a qu'une seule base &#224; l'&#233;tranger &#8211; &#224; Djibouti dans la corne de l'Afrique &#8211; tandis que les &#201;tats-Unis ont des centaines de bases et d'installations autour de la Chine, y compris au Japon, en Cor&#233;e du Sud et aux Philippines, et une base flottante mobile sous la forme de la septi&#232;me flotte. qui domine la mer de Chine m&#233;ridionale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me s'il choisit de d&#233;fier militairement les &#201;tats-Unis &#8211; ce qui est un gros &#171; si &#187; &#8211; P&#233;kin ne pourra le faire de mani&#232;re significative qu'apr&#232;s quelques d&#233;cennies de plus. Pourtant, le grand objectif strat&#233;gique du Pentagone, qui restera inchang&#233; sous une administration Biden, sera d'arr&#234;ter la Chine bien avant qu'elle n'atteigne la parit&#233; strat&#233;gique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mer de Chine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de cela, la mer de Chine m&#233;ridionale / la mer des Philippines occidentale) continuera d'&#234;tre un site de confrontation navale intense entre la Chine et les &#201;tats-Unis, ainsi qu'entre la Chine et les pays de l'ASEAN dont les justes revendications sur les zones et territoires &#233;conomiques exclusifs que P&#233;kin a ignor&#233;s .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables vietnamiens, par exemple, ont exprim&#233; tr&#232;s clairement leurs craintes que le niveau de tension soit tel qu'une simple collision avec un navire puisse d&#233;g&#233;n&#233;rer en une forme de conflit plus &#233;lev&#233;e, car il n'y a pas de r&#232;gles ou d'ententes r&#233;gissant les relations militaires, sauf un &#233;quilibre instable de Puissance. Et tout le monde sait &#224; quoi peuvent conduire des situations d'&#233;quilibre des pouvoirs volatiles, l'&#233;quilibre europ&#233;en avant la Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;tant une le&#231;on inqui&#233;tante &#224; cet &#233;gard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, la d&#233;militarisation et la d&#233;nucl&#233;arisation de la mer de Chine m&#233;ridionale sont la vraie r&#233;ponse &#224; l'escalade des tensions dans la r&#233;gion, et les gouvernements de l'ASEAN et la soci&#233;t&#233; civile devraient pousser plus &#233;nergiquement cette alternative. Il est cependant peu probable qu'&#224; partir de maintenant, la Chine ou les &#201;tats-Unis sous Biden soient ouverts &#224; cette alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La p&#233;ninsule cor&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles que soient ses motivations, Trump a contribu&#233; &#224; mettre fin &#224; l'&#233;tat de guerre froide dans la p&#233;ninsule cor&#233;enne, bien qu'il aurait pu faire plus. Les tensions se sont apais&#233;es et la population de toute la Cor&#233;e en est les b&#233;n&#233;ficiaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden, cependant, &#233;tait un guerrier quand il s'agissait de la Cor&#233;e alors qu'il &#233;tait vice-pr&#233;sident. On craint que sous Biden, il y ait un retour au statu quo ante de la confrontation au couteau qui a marqu&#233; les relations entre la Cor&#233;e du Nord et les administrations d&#233;mocrates et r&#233;publicaines avant Trump.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le statut de la Cor&#233;e du Sud et du Japon en tant que satellites am&#233;ricains restera inchang&#233; sous une pr&#233;sidence Biden. Ils n'ont vraiment pas le choix, &#233;tant des pays occup&#233;s militairement. Le Japon accueillant 25 bases militaires am&#233;ricaines majeures et la Cor&#233;e 15, ainsi que des dizaines d'installations militaires plus petites, ces deux pays servent de tremplin principal du Pentagone pour l'endiguement de la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Droits de l'homme et diplomatie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Washington reprendra le b&#226;ton des droits de l'homme contre le nord-cor&#233;en Kim Jong Un, qu'il avait totalement abandonn&#233; sous Trump. En outre, les droits de l'homme occuperont une place plus centrale dans l'approche de Biden &#224; l'&#233;gard de la Chine que sous Trump, bien que le besoin de Biden du soutien de Xi pour maintenir sa position int&#233;rieure fragile att&#233;nuera probablement son invocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden mentionnera probablement &#233;galement les droits de l'homme vis-&#224;-vis du pr&#233;sident Rodrigo Duterte aux Philippines, bien que les premi&#232;res f&#233;licitations de Duterte &#224; Biden, le besoin de Biden de soutien de la part de dirigeants &#233;trangers pour sa l&#233;gitimit&#233; et la menace continue de Duterte d'abroger l'accord sur les forces de visite am&#233;ricano-philippines peut inciter le pr&#233;sident &#233;lu &#224; baisser le volume en dessous de ce qu'il &#233;tait sous Obama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parenth&#232;se, les droits de l'homme sont un plaidoyer extr&#234;mement important et la soci&#233;t&#233; civile internationale et les Nations Unies devraient le promouvoir de mani&#232;re plus agressive. Le probl&#232;me est que lorsque les &#201;tats-Unis l'utilisent, ils sont instrumentalis&#233;s en tant que partie &#171; soft power &#187; du r&#233;pertoire de la politique &#233;trang&#232;re de Washington visant &#224; promouvoir ses int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques et strat&#233;giques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Une visite en Syrie : une descente vers la &#171; guerre civile &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Une-visite-en-Syrie-une-descente-vers-la-guerre-civile</link>
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		<dc:date>2012-04-10T08:03:20Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Walden Bello</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Syrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-04-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le vendredi 6 avril 2012, &#224; Douma, dans la banlieue de Damas, &#224; Rastan, &#224; Hama, &#224; Idleb, les forces de r&#233;pression du clan Assad n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; tirer sur des manifestants et &#224; mener leur offensive contre les insurg&#233;s. A Mouadamiy&#233; dans la province de la capitale Damas et &#224; Hama, des tireurs embusqu&#233;s (snipers) ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s sur les immeubles. Dans la ville c&#244;ti&#232;re de Banias, des forces polici&#232;res ont tent&#233; d'emp&#234;cher les manifestations en encerclant toutes les mosqu&#233;es. &#192; Dmeir, &#224; 40 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-04-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-04-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH122/arton9925-c7add.png?1781450317' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le vendredi 6 avril 2012, &#224; Douma, dans la banlieue de Damas, &#224; Rastan, &#224; Hama, &#224; Idleb, les forces de r&#233;pression du clan Assad n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; tirer sur des manifestants et &#224; mener leur offensive contre les insurg&#233;s. A Mouadamiy&#233; dans la province de la capitale Damas et &#224; Hama, des tireurs embusqu&#233;s (snipers) ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s sur les immeubles. Dans la ville c&#244;ti&#232;re de Banias, des forces polici&#232;res ont tent&#233; d'emp&#234;cher les manifestations en encerclant toutes les mosqu&#233;es. &#192; Dmeir, &#224; 40 kilom&#232;tres au nord de Damas, de violents combats ont oppos&#233; des d&#233;serteurs de l'arm&#233;e et des forces du r&#233;gime qui ont pris d'assaut la ville. A Homs, des bombardements &#8211; qui se sont accentu&#233;s au cours des trois derniers jours &#8211; auraient tu&#233; au moins dix personnes, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans la m&#234;me province, plusieurs femmes auraient p&#233;ri sous les balles de miliciens pro r&#233;gime, selon les Comit&#233;s locaux de coordination. Sami Ibrahim, du &#171; R&#233;seau syrien des droits de l'homme &#187;, confiait &#224; V&#233;ronique Gaymard, de RFI, le 6 avril : &#171; A Homs, au moment o&#249; je vous parle, 14 personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es rien que pour cette journ&#233;e. Donc rien n'a chang&#233;, les chars continuent de cibler et de tirer sur des civils. Cette tr&#234;ve humanitaire de deux heures pour permettre de tuer pendant 22 heures n'est pas acceptable. (&#8230;) On ne veut plus de d&#233;clarations, on ne veut plus de mots, on ne veut plus de promesses, on veut des actions concr&#232;tes sur le terrain. &#187; Sami Ibrahim estime par ailleurs que les promesses du r&#233;gime syrien ne valent que sur le papier, pas sur le terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se dit d&#233;&#231;u de la d&#233;claration adopt&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU et ne croit pas &#224; l'ultimatum fix&#233; au 10 avril. Selon Loveday Morris, du quotidien The Independent (7 avril 2012), les attaques contre les manifestants &#224; Douma et &#224; Saqba, dans la grande banlieue de Damas, ont &#233;t&#233; f&#233;roces. &#171; Des brutalit&#233;s similaires, selon divers rapports, ont &#233;t&#233; exerc&#233;es par les forces de s&#233;curit&#233; qui cherchaient &#224; disperser les milliers de personnes qui d&#233;fiaient le r&#233;gime en manifestant apr&#232;s la pri&#232;re du vendredi. &#187; Il conclut que le durcissement de la r&#233;pression par le r&#233;gime s'exerce avant l'&#233;ch&#233;ance du 10 avril et que le flot de r&#233;fugi&#233;s vers la Turquie et la Jordanie gonfle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, selon le journaliste de The Independent, qui est bas&#233; dans ce pays, l'accueil des r&#233;fugi&#233;s ne se fait pas dans des camps. Diverses forces, entre autres le Hezbollah, s'y opposent fortement. Il s'effectue donc par divers r&#233;seaux qui peuvent &#234;tre familiaux, communautaires ou qui font de la &#171; r&#233;ception &#187; des r&#233;fugi&#233;s une source de revenus. Selon J&#233;r&#244;me Bastion (journal de France Culture, 18 heures, 7 avril 2012), le nombre de r&#233;fugi&#233;s qui arrivent bless&#233;s en Turquie ne cesse d'augmenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions, ci-dessous, le r&#233;cit d'un court voyage fait en Syrie, en mars 2012, par Walden Bello. Ce dernier (voir note en fin d'article) ne connaissait pas la Syrie. Il &#233;tait en mission pour prendre contact avec des travailleuses domestiques &#233;migrantes des Philippines. Son r&#233;cit traduit, &#224; la fois, des impressions d'un sociologue qui sait &#171; voir &#187; et qui, &#171; en mission officielle &#187;, est en contact avec des personnes qui ne s'opposent pas au r&#233;gime de Bachar el-Assad. (R&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un bruit faisant penser &#224; un coup de tonnerre me r&#233;veille &#224; trois heures du matin lundi, quelques heures apr&#232;s mon arriv&#233;e &#224; Damas. Je pense &#224; l'approche d'une temp&#234;te avant que mon cerveau &#233;puis&#233; par le d&#233;calage horaire ne replonge dans le sommeil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand je descends faire du jogging &#224; six heures, les petites rues autour de l'H&#244;tel Arjaan sont bloqu&#233;es par des gardes de s&#233;curit&#233; solidement charpent&#233;s qui m'avertissent que je ne peux courir que dans les terrains de l'h&#244;tel. Je n'ai aucune intention de me disputer avec des gars arm&#233;s de kalachnikovs, et je commence &#224; r&#233;aliser que leur pr&#233;sence est peut-&#234;tre li&#233;e &#224; ce qui m'a r&#233;veill&#233; quelques heures plus t&#244;t. Ce n'est que lorsque la voiture de l'ambassade philippine me prend &#224; l'h&#244;tel &#224; 9h30 que le personnel diplomatique me met au courant de ce qui s'est vraiment pass&#233;. Le bruit de tonnerre venait de l'explosion d'une grenade propuls&#233;e qui a tu&#233; huit terroristes pr&#233;sum&#233;s dans un b&#226;timent &#224; deux blocs de mon h&#244;tel et &#224; trois blocs environ de l'ambassade philippine ici dans le quartier Mezzeh (ouest), qui est connu comme &#233;tant le quartier diplomatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;change de tirs entre les forces gouvernementales et les &#171; citoyens afghans &#187; [sic] &#8211; selon la description des m&#233;dias contr&#244;l&#233;s par le gouvernement &#8211; a dur&#233; six heures. Tout comme les deux explosions massives qui se sont produites dimanche, quelques heures avant que je n'arrive dans la capitale syrienne, annon&#231;aient que la r&#233;bellion contre le r&#233;gime &#233;tait vraiment arriv&#233;e dans la capitale. Ces explosions ont d&#233;truit deux b&#226;timents gouvernementaux &#8211; consid&#233;r&#233;s comme &#233;tant tout &#224; fait s&#251;rs &#8211; au centre de la capitale et ont tu&#233; 27 personnes et bless&#233; une centaine d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Homs : une ville bris&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, je me rends dans la ville qui est devenue le symbole de la version syrienne du &#171; Printemps arabe &#187; : Homs. Cette ville, un bastion de l'opposition, a subi en f&#233;vrier un si&#232;ge de 26 jours par l'arm&#233;e syrienne. Les estimations du nombre de personnes tu&#233;es varient. Le chef de la police en admet quelque 3000, la presse occidentale rapporte le double ou davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis en Syrie dans ma fonction de dirigeant du comit&#233; de la Chambre des repr&#233;sentants philippine pour les questions ayant trait aux travailleurs (philippins) &#224; l'&#233;tranger. Mon voyage &#224; Homs fait partie d'une mission pour localiser des travailleurs philippins en Syrie &#8211; principalement des travailleuses domestiques &#8211; qui se trouvent encore dans le pays ou qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans les combats. Le projet est de rapatrier ces personnes ou leurs d&#233;pouilles aux Philippines. Les travailleurs philippins font partie des millions de travailleurs immigr&#233;s qui ont &#233;t&#233; ou risquent d'&#234;tre pris entre deux feux [entre autres, en Lybie] dans le &#171; Printemps arabe &#187; en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous entrons dans la ville, qui se trouve &#224; quelque 165 kilom&#232;tres de Damas, les signes de la guerre sont encore apparents. En plein midi, on ne voit personne dans les rues et l'Universit&#233; de Baath, o&#249; se sont d&#233;roul&#233;s certains des combats parmi les plus intenses, est d&#233;serte. Les rues sont encombr&#233;es de d&#233;chets. Et aucun signe de vie ne se manifeste bloc apr&#232;s bloc de b&#226;timents. Les routes asphalt&#233;es sont cahoteuses et portent les traces des chars qui ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s pour mater la r&#233;sistance. Nous passons &#224; c&#244;t&#233; de la carcasse br&#251;l&#233;e d'un transport de troupes blind&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au rond-point, o&#249; une statue du p&#232;re de l'actuel pr&#233;sident, Hafez el-Assad, nous regarde avec une bienveillance &#224; la Kim Il-sung, nous tombons sur notre premier check point. Des soldats arm&#233;s de kalachnikovs examinent nos papiers pendant que notre chauffeur, un Syrien appel&#233; &#171; Teddy &#187; et qui parle parfaitement l'anglais, explique en arabe que nous essayons d'atteindre le poste de police pour savoir ce qui est advenu de la d&#233;pouille d'une travailleuse domestique philippine tu&#233;e dans une embuscade au cours des combats. Nous traversons deux nouveaux check points avec des gardes de s&#233;curit&#233; soup&#231;onneux portant les AK-47 omnipr&#233;sents avant d'atteindre le poste de police devant lequel on a &#233;rig&#233; une barricade improvis&#233;e de pneus, de bouts de bois et de pierres. La pens&#233;e qui traverse mon esprit est que cette barri&#232;re n'arr&#234;terait pas un poseur de bombes d&#233;termin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'enqu&#234;te sur une mort&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'enqu&#234;teur en chef du nom de Tobias qui nous accueille. Nous lui expliquons que nous avons r&#233;ellement besoin d'en savoir plus sur la mort de cette citoyenne des Philippines, &#226;g&#233;e de 23 ans, qui est d&#233;c&#233;d&#233;e apr&#232;s avoir re&#231;u une balle &#224; travers la poitrine dans une embuscade. Cela a eu lieu le 24 f&#233;vrier &#224; 23 heures alors qu'elle roulait avec son employeur, qui &#233;tait accompagn&#233; de son fils de huit ans, sur la route principale, au cours de la derni&#232;re phase du si&#232;ge de la ville. Nous voulions &#233;galement localiser son employeur et encaisser son salaire en retard pour l'envoyer &#224; sa famille aux Philippines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tobias nous dit qu'il a aid&#233; &#224; amener la femme &#224; l'h&#244;pital, mais qu'il n'avait que le num&#233;ro du portable de l'employeur, appareil qui ne fonctionnait plus. Il n'y avait pas de num&#233;ro d'appareil fixe et pas d'adresse pour l'employeur, et il nous explique qu'il n'est pas impossible que l'homme et sa famille aient d&#233;j&#224; quitt&#233; la ville. Tobias essaie de se montrer soucieux et amical, mais il est visiblement impatient de nous voir les talons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de partir je lui demande s'il y a peut-&#234;tre d'autres travailleuses domestiques philippines qui auraient pu &#234;tre bless&#233;es ou tu&#233;es au cours du si&#232;ge. J'avais en effet entendu des r&#233;cits de Philippines qui avaient &#233;t&#233; pi&#233;g&#233;es pr&#232;s des zones de combat &#224; Homs et qui avaient fui pour trouver refuge &#224; l'ambassade &#224; Damas, et je pensais qu'il pouvait y en avoir d'autres qui avaient &#233;t&#233; tu&#233;es ou bless&#233;es au cours des combats. Mais Tobias nous dit qu'il n'en a pas entendu parler. Nous n'avons actuellement pas d'autre contact &#224; Homs, ce qui souligne la difficult&#233; &#224; se renseigner sur le sort de personnes &#171; neutres &#187; pi&#233;g&#233;es dans une zone de guerre lorsqu'on ne compte pas sur la coop&#233;ration d'un gouvernement d'accueil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir quitt&#233; le poste de police, Teddy d&#233;clare, en faisant allusion aux recherches de Tobias concernant les circonstances de la mort de la Philippine dont nous tentons de retrouver la trace : &#171; C'est un pi&#232;tre travail de police pour un gars qui dit avoir pris en charge personnellement le cas de cette fille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peuple sous occupation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous cherchons &#224; sortir de la ville nous apercevons plusieurs groupes de personnes, mais celles-ci disparaissent alors que nous longeons des rang&#233;es et des rang&#233;es de b&#226;timents locatifs d&#233;sert&#233;s. Nous apercevons de temps en temps un enfant qui court ici ou l&#224; et quelques adolescents press&#233;s, mais c'est tout. Lorsque nous arrivons &#224; un check point que nous avions franchi plus t&#244;t, on nous arr&#234;te &#224; nouveau et cette fois les soldats se montrent plus m&#233;fiants et posent davantage de questions. Ils demandent &#224; voir les papiers de mes compagnons syriens et les examinent longuement, mais curieusement ils ne demandent pas &#224; voir mon passeport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224; je me rends pleinement compte du fait que nous sommes dans une ville occup&#233;e. Les soldats consid&#232;rent les gens comme des ennemis et ceux-ci leur rendent la pareille. Je ne vois aucune perspective de r&#233;conciliation entre les deux camps. En plaisantant &#224; moiti&#233;, je demande &#224; Teddy de nous conduire &#224; Bab Amr, le district populaire qui a &#233;t&#233; le plus touch&#233; par le si&#232;ge du gouvernement en f&#233;vrier 2012. Il dit que des &#233;l&#233;ments arm&#233;s de la r&#233;sistance s'y trouvent peut-&#234;tre et qu'ils pourraient croire que notre voiture appartient &#224; une agence de s&#233;curit&#233; du gouvernement. &#171; Ce ne serait pas une bonne id&#233;e de devenir otage des terroristes. En tant que diplomates vous pourriez valoir des millions pour eux &#187;, m'explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque nous atteignons enfin l'autoroute, apr&#232;s une bonne heure et demie dans cette ville bris&#233;e, nous lan&#231;ons tous un soupir de soulagement. En plaisantant on se dit que puisqu'ils ne connaissent pas bien le Sud-Est asiatique, les soldats gouvernementaux pensaient probablement que j'&#233;tais un Chinois et donc favorable au r&#233;gime Assad. Cela signifie-t-il que nous devons dire que je suis asiatique-am&#233;ricain si nous sommes arr&#234;t&#233;s par des forces rebelles ? Et nous rions tous. Comme Assad est isol&#233; maintenant et que ses alli&#233;s se r&#233;duisent pratiquement &#224; la Chine, la Russie, l'Iran et le Liban, la plupart des diplomates et visiteurs &#233;trangers sont trait&#233;s avec de plus en plus de m&#233;fiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une heure et demie plus tard nous arrivons &#224; Tartous, sur les rives chatoyantes de la M&#233;diterran&#233;e. Il y a du monde dans les rues et m&#234;me en d&#233;but d'apr&#232;s-midi des familles se prom&#232;nent sur la corniche qui est l'aspect le plus attrayant de Tartous [port escale pour la flotte russe]. Ce lieu semble avoir largement &#233;chapp&#233; aux &#171; troubles &#187; &#233;tant donn&#233; que la majorit&#233; de la population y est alaouite, donc des &#171; gens du pr&#233;sident &#187;. La guerre civile a mis fin &#224; l'&#233;conomie touristique, mais il y a un sentiment de s&#233;curit&#233; physique que l'on ne trouve plus ailleurs, m&#234;me &#224; Damas. J'ai l'impression que cela ne durera pas tr&#232;s longtemps. Tartous et Homs : deux mondes diff&#233;rents, deux visages du m&#234;me pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#171; guerre civile &#187; prolong&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, de retour &#224; Damas, je lis qu'il y a eu des combats acharn&#233;s entre les troupes gouvernementales et les forces rebelles dans la ville orientale de Deir Ezzour. De pair avec les attaques &#224; Damas, les combats &#224; Deir Ezzour (&#224; 430 kilom&#232;tres de Dams) semblent indiquer la nouvelle strat&#233;gie des forces insurg&#233;es qui attaquent les forces gouvernementales &#224; plusieurs endroits au lieu de les affronter dans une &#171; grande bataille &#187; comme ils l'ont fait &#224; Homs, o&#249; ils ne faisaient pas le poids face aux armes lourdes de l'arm&#233;e syrienne. Ce qu'on appelle l'Arm&#233;e libre syrienne est actuellement probablement tr&#232;s d&#233;savantag&#233;e en termes d'armement, mais les armes qui arrivent de l'Arabie saoudite et de quelques autres Etats du Golfe dirig&#233;s par des &#233;lites sunnites qui partagent la m&#234;me affiliation sectaire religieuse que la majorit&#233; des Syriens vont indubitablement modifier la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entretiens que j'ai eus avec des diplomates, des travailleurs d'ONG et des journalistes au cours de mon bref s&#233;jour en Syrie montrent qu'il y a des &#233;valuations tr&#232;s diverses de la &#171; durabilit&#233; &#187; du r&#233;gime Assad. Certains pensent qu'il peut tenir ind&#233;finiment, certains mesurent son existence en mois et d'autres disent que l'effondrement pourrait se produire plus vite que pr&#233;vu parce que l'&#233;conomie est paralys&#233;e par les sanctions internationales. Mais il existe un consensus sur un fait : c'est que pour le peuple syrien les choses vont empirer avant de s'am&#233;liorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je quitte la Syrie quatre jours apr&#232;s mon arriv&#233;e, avec 11 travailleuses domestiques. Elles sont heureuses d'&#234;tre &#224; l'abri du danger, mais elles se font &#233;galement du souci concernant le sort des compatriotes et amies qu'elles laissent derri&#232;re elles dans un pays qui est en train de sombrer dans une guerre civile. (Traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Ce r&#233;cit de voyage a &#233;t&#233; publi&#233; sur le site Counterpunch, en date du 27 mars 2012. Walden Bello, sociologue, n&#233; &#224; Manille (Philippines) en 1945, est un des critiques connus de la &#171; mondialisation &#233;conomique &#187; pour ce qui est des pays de la p&#233;riph&#233;rie. Il est membre de la Chambre des repr&#233;sentants philippine. Il est directeur de l'ONG Focus on the Global South, bas&#233;e &#224; Bangkok. Il a &#233;t&#233; actif dans le Transnational Institute (bas&#233; &#224; Amsterdam).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est professeur aupr&#232;s de l'Universit&#233; des Philippines (Diliman). Il &#233;crit des articles pour Foreign Policy in Focus et pour de tr&#232;s nombreuses publications. En fran&#231;ais, les Editions du Rocher ont publi&#233; en 2011 son ouvrage intitul&#233; : La D&#233;mondialisation. Id&#233;es pour une nouvelle &#233;conomie mondiale. En 2009, il y a publi&#233; The Food War, Verso Book.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;conomie mondiale en 2011 : la reprise r&#233;gresse et les convulsions menacent</title>
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		<dc:date>2011-01-11T03:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Walden Bello</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2011-01-11</dc:subject>

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&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, le d&#233;ficit s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de neuf pour cent du Produit Int&#233;rieur Brut. Ce n'est pas un d&#233;ficit incontr&#244;lable, mais la droite am&#233;ricaine a r&#233;ussi l'exploit de faire de la peur du d&#233;ficit et de la dette f&#233;d&#233;rale une force plus grande dans l'esprit du public que la crainte de l'approfondissement de la stagnation et de la hausse du ch&#244;mage. &lt;br class='autobr' /&gt; Contrairement &#224; leurs pr&#233;visions d'un optimisme prudent d'une reprise soutenue d&#232;s la fin de 2009, l'humeur dominante dans les milieux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-01-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-01-11&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, le d&#233;ficit s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de neuf pour cent du Produit Int&#233;rieur Brut. Ce n'est pas un d&#233;ficit incontr&#244;lable, mais la droite am&#233;ricaine a r&#233;ussi l'exploit de faire de la peur du d&#233;ficit et de la dette f&#233;d&#233;rale une force plus grande dans l'esprit du public que la crainte de l'approfondissement de la stagnation et de la hausse du ch&#244;mage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Contrairement &#224; leurs pr&#233;visions d'un optimisme prudent d'une reprise soutenue d&#232;s la fin de 2009, l'humeur dominante dans les milieux &#233;conomiques lib&#233;raux est comme l'a dit sombre, sinon pire. Les faucons de la lutte au d&#233;ficit ont pris le dessus au niveau politique aux &#201;tats-Unis et en Europe, et les militants de la relance des d&#233;penses publiques comme laur&#233;at du prix Nobel Paul Krugman et le chroniqueur du Financial Times, Martin Wolf, voient dans le resserrement budg&#233;taire un moyen infaillible de tuer la reprise h&#233;sitante des &#233;conomies du centre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais alors que les &#201;tats-Unis et l'Europe semblent se diriger vers une exacerbation de la crise &#224; court terme et une stagnation &#224; long terme, certains analystes pr&#233;tendent discerner un &#171; d&#233;couplage &#187; de l'Asie de l'est et d'autres r&#233;gions en d&#233;veloppement de l'&#233;conomie occidentale. Cette tendance a commenc&#233; &#224; appara&#238;tre au d&#233;but de 2009 suite &#224; l'importance massive du programme de relance chinois, qui a non seulement r&#233;tabli la croissance &#224; deux chiffres en Chine, mais qui a favoris&#233; le passage de plusieurs pays voisins comme Singapour et la Cor&#233;e du Sud de la r&#233;cession &#224; la reprise. En 2010, la production industrielle de l'Asie a rattrap&#233; sa tendance historique, &#034;comme si la Grande R&#233;cession ne s'&#233;tait jamais produite &#187;, a &#233;crit l'Economist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que les Etats-Unis, l'Europe et l'Asie suivent des chemins divergents ? O&#249; un &#171; d&#233;couplage &#187; se produit-il r&#233;ellement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le triomphe de l'aust&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les &#233;conomies du centre, l'indignation contre les exc&#232;s des institutions financi&#232;res qui ont pr&#233;cipit&#233; la crise &#233;conomique a c&#233;d&#233; la place &#224; l'inqui&#233;tude devant les d&#233;ficits massifs cr&#233;&#233;s par les gouvernements engag&#233;s dans la stabilisation du syst&#232;me financier, l'arr&#234;t de l'effondrement de l'&#233;conomie r&#233;elle, et la contraction du ch&#244;mage. Aux &#201;tats-Unis, le d&#233;ficit s'&#233;l&#232;ve &#224; plus de neuf pour cent du Produit Int&#233;rieur Brut. Ce n'est pas un d&#233;ficit incontr&#244;lable, mais la droite am&#233;ricaine a r&#233;ussi l'exploit de faire de la peur du d&#233;ficit et de la dette f&#233;d&#233;rale une force plus grande dans l'esprit du public que la crainte de l'approfondissement de la stagnation et de la hausse du ch&#244;mage. En Grande-Bretagne et aux &#201;tats-Unis, les conservateurs fiscaux ont obtenu un mandat clair aux &#233;lections de 2010 tandis qu'en Europe continentale, l'Allemagne en position de force a mis le reste de la zone euro devant le fait qu'il ne serait plus possible de subventionner les d&#233;ficits des &#233;conomies les plus faibles de l'union mon&#233;taire comme celles de l'Europe : la Gr&#232;ce, l'Irlande, l'Espagne et le Portugal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la logique rationnelle c&#232;de la place &#224; une logique id&#233;ologique. La logique impeccable des D&#233;mocrates selon laquelle les d&#233;penses de relance &#233;taient n&#233;cessaire pour sauver et cr&#233;er des emplois ne cadre pas le massage r&#233;chauff&#233; des R&#233;publicains selon lequel &#034;les d&#233;penses du pr&#233;sident Obama de l'ordre de 787 milliards de dollars en 2009 pour stimuler la reprise n'&#233;tait qu'un pas de plus vers le &#171; socialisme &#187; et la &#171; perte des libert&#233;s individuelles.&#034; En Europe, les keyn&#233;siens ont fait valoir que le rel&#226;chement budg&#233;taire ne saurait pas aider les &#233;conomies en difficult&#233; de l'Europe du Sud et d'Irlande, ni la puissante machine &#233;conomique allemande elle-m&#234;me &#233;tant donn&#233; que ces &#233;conomies absorbent les exportations allemandes. Comme aux &#201;tats-Unis, une justification solide s'est av&#233;r&#233; ne pas cadrer avec l'image provocatrices v&#233;hicul&#233;s dans les m&#233;dias, montrant des Allemands &#233;conomes subventionnant de M&#233;diterran&#233;ens h&#233;donistes et des Irlandais d&#233;pensiers. L'Allemagne a approuv&#233; &#224; contrecoeur les plans de sauvetage de la Gr&#232;ce et de l'Irlande, mais seulement &#224; condition que les Grecs et les Irlandais soient soumis &#224; des programmes d'aust&#233;rit&#233; sauvages qui ont &#233;t&#233; d&#233;crits par au moins deux anciens ministres de haut rang allemands selon le Financial Times comme une avanc&#233;e de une &#8220;souffrance impos&#233;e &#224; la soci&#233;t&#233; qui est sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire moderne.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour du d&#233;couplage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triomphe de l'aust&#233;rit&#233; aux &#201;tats-Unis et en 'Europe ne manquera pas d'&#233;liminer ces deux r&#233;gions comme moteurs de la reprise de l'&#233;conomie mondiale. Mais l'Asie est-elle en effet dans une autre dynamique, celle qui lui ferait porter, comme Sisyphe, le fardeau de la croissance mondiale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e que l'avenir &#233;conomique de l'Asie soit d&#233;coupl&#233; de celui des &#233;conomies du centre n'est pas nouvelle. Elle &#233;tait &#224; la mode avant la crise financi&#232;re qui a frapp&#233; l'&#233;conomie am&#233;ricaine en 2007-2008. Mais il a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; qu'elle &#233;tait un mirage et que la r&#233;cession aux &#201;tats-Unis - o&#249; sont destin&#233;es les exportations de la Chine et les autres &#233;conomies d'Asie- a entra&#238;n&#233; un recul important et rapide en Asie &#224; partir de la fin 2008 jusqu'&#224; la moiti&#233; de l'ann&#233;e 2009. Ce fut la p&#233;riode qui a fourni des images t&#233;l&#233;visuelles de millions de travailleurs migrants chinois mis &#224; pied dans les zones &#233;conomiques c&#244;ti&#232;res et de leur retour &#224; la campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer la contraction, la Chine, dans la panique, a lanc&#233; ce que Charles Dumas, auteur de Fractures dans la mondialisation, a caract&#233;ris&#233; comme un &#171; stimulus interne violent&#034; de 4 billions de yuans (580 $ billions). Cette mesure a atteint un niveau d'environ 13 pour cent du produit int&#233;rieur brut en 2008 et constituait &#171; probablement le plus important programme dans l'histoire, m&#234;me y compris les guerres.&#034; Le stimulus non seulement a permis un retour &#224; une croissance &#224; deux chiffres de la Chine, mais elle a aussi pouss&#233; les pays d'Asie qui en &#233;taient devenus d&#233;pendants &#224; une reprise rapide alors que l'Europe et les &#201;tats-Unis stagnaient. C'est ce renversement remarquable qui a conduit &#224; la renaissance de l'id&#233;e de d&#233;couplage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste chinois a renforc&#233; cette notion en affirmant qu'un changement fondamental de politique donnant la priorit&#233; &#224; la consommation int&#233;rieure sur la croissance tir&#233;e par les exportations s'&#233;tait produit. Mais un examen plus approfondi montre que cette affirmation semble &#234;tre plus th&#233;orique que r&#233;elle. En fait, la croissance tir&#233;e par les exportations demeure l'axe strat&#233;gique, un fait qui est soulign&#233; par le refus persistant de la Chine de laisser le yuan s'appr&#233;cier, une politique qui vise &#224; maintenir sa comp&#233;titivit&#233; au niveau des exportations. La phase de soutien &#224; la consommation nationale semble avoir pris fin en Chine, comme le note Dumas, &#034;avec le transfert massif de la stimulation b&#233;n&#233;fique de la demande int&#233;rieure &#224; quelque chose ressemblant &#233;troitement &#224; un fonctionnement courant, vers 2005-2007, soit une croissance tir&#233;e par les exportations avec un peu de surchauffe. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas seulement les analystes occidentaux comme Dumas qui ont soulign&#233; ce retour &#224; une croissance tir&#233;e par les exportations. Yu Yongding, un technocrate influent qui a servi en tant que membre du comit&#233; mon&#233;taire de la Banque centrale de Chine, confirme qu'il s'agit bien d'un retour aux politiques courantes : &#171; En Chine, le rapport du commerce au PIB et le rapport exportations / PIB sont d&#233;j&#224; respectivement sup&#233;rieurs &#224; 60 pour cent et &#224; 30 pour cent, l'&#233;conomie ne peut pas continuer &#224; d&#233;pendre de la demande ext&#233;rieure pour soutenir sa croissance. Malheureusement, avec un grand secteur d'exportation qui emploie des dizaines de millions de travailleurs, cette d&#233;pendance est devenue structurelle. Cela signifie que la r&#233;duction de la d&#233;pendance commerciale de la Chine est beaucoup plus qu'une question de mise au point de la politique macro&#233;conomique. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour &#224; la croissance tir&#233;e par les exportations n'est pas simplement un cas de d&#233;pendance structurelle. Il s'agit en fait d'un ensemble d'int&#233;r&#234;ts de la p&#233;riode de r&#233;forme qui, comme le dit Yu, &#034;se sont transform&#233;s en int&#233;r&#234;ts, qui ont men&#233; de durs combats pour prot&#233;ger ce qu'ils ont.&#034; Le lobby d'exportation qui rassemble des entrepreneurs priv&#233;s, des gestionnaires des entreprises d'Etat, des investisseurs &#233;trangers, et des technocrates du gouvernement a un poids pr&#233;pond&#233;rant &#224; Beijing. Si la justification de d&#233;penses de relance a &#233;t&#233; &#233;clips&#233;e par l'id&#233;ologie aux Etats-Unis, en Chine, la rationalit&#233; tout aussi impeccable de la n&#233;cessit&#233; de la croissance interne a &#233;t&#233; &#233;cras&#233;e par des int&#233;r&#234;ts mat&#233;riels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;flation globale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des analystes comme Dumas rappellent &#224; la Chine que le retour vers &#233;conomie orient&#233;e vers l'exportation est incompatible avec les efforts des &#201;tats-Unis et de l'Europe pour stimuler leur reprise gr&#226;ce &#224; une croissance tir&#233;e par les exportations tout en &#233;levant des barri&#232;res &#224; l'entr&#233;e des importations asiatiques. Le r&#233;sultat probable de la promotion concurrentielle de ce m&#233;lange explosif sera de pousser l'exportation et la protection nationale par les trois principaux secteurs de l'&#233;conomie mondiale &#224; un moment du commerce mondial relativement moins porteur d'expansion mondiale, mais d'une d&#233;flation mondiale. Comme Jeffrey Garten, ancien sous-secr&#233;taire am&#233;ricain du Commerce sous Bill Clinton, a &#233;crit : &#034;Alors que tant d'attention a port&#233; sur la consommation et la demande industrielle aux &#201;tats-Unis et en Chine, les politiques d&#233;flationnistes se sont empar&#233;es de l'Europe, le plus important secteur de l'&#233;conomie mondiale et cela pourrait compromettre la croissance &#233;conomique mondiale ... Les difficult&#233;s pourraient entra&#238;ner l'Europe &#224; redoubler d'attention sur les exportations, alors que les &#201;tats-Unis, l'Asie et l'Am&#233;rique latine parient sur la vente de leurs productions &#233;conomiques &#224; l'&#233;tranger, ce qui exacerbe les tensions mon&#233;taires d&#233;j&#224; &#233;lev&#233;es. Cela pourrait conduire &#224; une r&#233;surgence de l'&#233;tat-parrainant des politiques industrielles, d&#233;j&#224; en pleine croissance partout dans le monde. Et ensemble, ces facteurs pourraient enflammer le protectionnisme virulent que tout le monde craint. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise de l'Ancien R&#233;gime&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que nous r&#233;serve 2011 et au-del&#224; ? Garten nous met en garde face aux &#171; turbulences exceptionnelles comme durant les jours o&#249; l'ordre &#233;conomique mondial a connu un moment chaotique, &#233;ventuellement destructeur.&#034; Le plus plus pessimistes craignent que des secteurs dirigeants de l'&#233;conomie mondiale se d&#233;sint&#232;grent sous leurs yeux. Ce pessimisme n'est pas un monopole occidental,mais il est partag&#233; par l'influent technocrate Chinois Yu Yongding, qui pr&#233;tend que la Chine a profit&#233; de la vague de la mondialisation, mais que son mod&#232;le de croissance a presque &#233;puis&#233; son potentiel. &#034;Il a atteint un point crucial : sans ajustements structurels douloureux, l'&#233;lan de sa croissance &#233;conomique pourrait &#234;tre soudainement perdu. La croissance rapide de la Chine a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; &#224; un co&#251;t extr&#234;mement &#233;lev&#233;. Seuls les g&#233;n&#233;rations futures en conna&#238;tront le vrai prix. &#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les progressistes dans la conjoncture&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; l'appr&#233;hension des personnalit&#233;s de l'establishment comme Garten et Yu, pour de nombreux progressistes, la turbulence et le conflit qui les accompagnent sont n&#233;cessaires de la naissance d'un nouvel ordre. Les travailleurs ont obtenu des gains salariaux significatifs et ont remport&#233; des gr&#232;ves dans certaines entreprises &#233;trang&#232;res en 2010 comme les manifestants d'Irlande, de Gr&#232;ce, de France et de Grande-Bretagne. Mais ni en Chine ni en Occident ni ailleurs ceux qui r&#233;sistent pour la plupart ne v&#233;hiculent pas une vision alternative de l'ordre capitaliste mondial. Du moins, pas encore.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;* Un membre de la Chambre des Repr&#233;sentants des Philippines, Walden Bello a &#233;crit un certain nombre de livres sur l'&#233;conomie politique mondiale, dont le plus r&#233;cent porte sur l'alimentatio.n Wars (London : Verso, 2009). Il est &#233;galement comme analyste senior de Global South . Il est bas&#233; &#224; Bangkok.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un nouveau consensus capitaliste en voie de r&#233;alisation</title>
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		<dc:date>2009-03-17T07:36:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Walden Bello</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
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&lt;p&gt;Les &#233;lites politiques et &#233;conomiques convergent vers la social-d&#233;mocratie globale comme solution &#224; la crise &#233;conomique actuelle. Pourtant, nous avons besoin de plus qu'une gestion sociale, argumente Walden Bello : nous devrions aspirer &#224; un mod&#232;le d'organisation sociale que a pour but l'&#233;galit&#233; et le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'&#233;conomie nationale et globale. &lt;br class='autobr' /&gt; Traduction de Fran&#231;oise Breault &lt;br class='autobr' /&gt;
Il n'est pas surprenant que la rapide d&#233;t&#233;rioration de l'&#233;conomie globale combin&#233;e avec l'arriv&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lites politiques et &#233;conomiques convergent vers la social-d&#233;mocratie globale comme solution &#224; la crise &#233;conomique actuelle. Pourtant, nous avons besoin de plus qu'une gestion sociale, argumente Walden Bello : nous devrions aspirer &#224; un mod&#232;le d'organisation sociale que a pour but l'&#233;galit&#233; et le contr&#244;le d&#233;mocratique de l'&#233;conomie nationale et globale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Traduction de Fran&#231;oise Breault&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas surprenant que la rapide d&#233;t&#233;rioration de l'&#233;conomie globale combin&#233;e avec l'arriv&#233;e au pouvoir d'un pr&#233;sident des &#201;tats-Unis afroam&#233;ricain lib&#233;ral ait suscit&#233; chez des millions de personnes l'espoir que le monde entre dans une nouvelle &#232;re. Quelques-unes des nominations du pr&#233;sident Barack Obama &#8211; en particulier l'ex-secr&#233;taire au Tr&#233;sor, Larry Summers pour pr&#233;sider le Conseil &#233;conomique national, le chef du Comit&#233; de la r&#233;serve f&#233;d&#233;rale de New-York, . Tim Geithner, &#224; la t&#234;te du Tr&#233;sor, et l'ex-maire de Dallas, Ron Kird comme repr&#233;sentant au commerce &#8211; ont certainement suscit&#233; quelque scepticisme. Mais l'impression que les vieilles formules n&#233;olib&#233;rale sont compl&#232;tement discr&#233;dit&#233;es ont convaincu plusieurs que le nouveau leadership d&#233;mocratique dans la plus grande &#233;conomie du monde va rompre avec les politiques fondamentalistes du march&#233; qui ont r&#233;gn&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une importante question, naturellement, est jusqu'&#224; quel point cette rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme sera d&#233;cisive et d&#233;finitive. D'autres questions cependant, visent jusqu'au coeur du capitalisme lui-m&#234;me. Est-ce que la propri&#233;t&#233; publique. l'intervention et le contr&#244;le sera utilis&#233; simplement pour stabiliser le capitalisme, apr&#232;s quoi ce contr&#244;le sera redonn&#233; aux &#233;lites corporatives ? Allons-nous voir une deuxi&#232;me ronde de capitalisme Keyn&#233;sien, o&#249; l'&#201;tat et les &#233;lites corporatives collaborent avec le monde du travail bas&#233; sur une politique industrielle, de croissance et de salaires &#233;lev&#233;s &#8211; bien que cette fois avec une dimension verte ? Ou serons-nous t&#233;moins du d&#233;but d'un tournant fondamental dans la propri&#233;t&#233; et le contr&#244;le de l'&#233;conomie dans une direction plus citoyenne ? Le syst&#232;me de capitalisme global pose certainement des limites &#224; la r&#233;forme, mais en aucun autre temps dans ce dernier demi-si&#232;cle, ces limites n'ont paru plus perm&#233;ables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pr&#233;sident Nicolas Sarkozy de France a d&#233;j&#224; &#233;nonc&#233; sa position. En d&#233;clarant que &#171; le capitalisme du laissez-faire est mort &#187; il a cr&#233;&#233; un fond strat&#233;gique d'investissement de 20 milliards d'euros pour promouvoir l'innovation technologique, garder les industries avanc&#233;es entre les mains fran&#231;aises, et sauver des emplois. &#171; Le jour o&#249; nous ne b&#226;tirons plus de trains, d'avions, d'automobiles, et de bateaux, que restera-t-il de l'&#233;conomie fran&#231;aise ? &#187; demanda-t-il r&#233;cemment. &#171; Souvenirs. Je ne ferai pas de la France une simple r&#233;serve touristique &#187;. Cette sorte de politique industrielle agressive dirig&#233; en partie dans le but de plaire &#224; la traditionnelle classe ouvri&#232;re blanche, peut &#234;tre rapproch&#233;e des politiques d'exclusion et anti-immigration avec lesquelles le Pr&#233;sident fran&#231;ais a &#233;t&#233; associ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La social-d&#233;mocratie globale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau Keyn&#233;sisme national s'accordant aux vues de Sarkozy, n'est cependant pas la seule alternative disponible aux &#233;lites globales. &#201;tant donn&#233; le besoin de l&#233;gitim&#233; globale pour promouvoir leurs int&#233;r&#234;ts dans un monde o&#249; la balance du pouvoir est d&#233;plac&#233; vers le Sud, les &#233;lites occidentales doivent rendre plus attrayante une Sociale d&#233;mocratie europ&#233;enne et un &#171; New Deal &#187; lib&#233;ral qu'on pourrait nommer &#171; Sociale d&#233;mocratie globale &#187; ou SDG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me avant le plein d&#233;ploiement de la crise financi&#232;re, les partisans de la SDG avaient d&#233;j&#224; avanc&#233; cette position comme une alternative &#224; la globalisation n&#233;olib&#233;rale en r&#233;ponse aux stresses et tensions provoqu&#233;es par cette derni&#232;re. Une personnalit&#233; associ&#233;e &#224; cette alternative, est le premier ministre britannique Gordon Brown, qui avait orchestr&#233; la r&#233;ponse europ&#233;enne &#224; l'effondrement financier par une nationalisation partielle des banques. Largement reconnu comme le parrain du programme &#171; Make Poverty History &#187; (&#171; Rel&#233;guons la pauvret&#233; &#224; l'histoire &#187;) au Royaume-uni, Brown pendant il &#233;tait encore chancelier, a propos&#233; ce qu'il a appel&#233; une &#171; alliance capitaliste &#187; entre le march&#233; et les institutions de l'&#201;tat qui reproduirait au niveau global ce que, disait-il, Franklin Roosevelt avait fait pour l'&#233;conomie nationale : &#171; garantir les b&#233;n&#233;fices du march&#233; pendant qu'on en dompte les exc&#232;s &#187; Ce doit &#234;tre un syst&#232;me, a poursuivi Brown, &#171; qui int&#232;gre tous les b&#233;n&#233;fices du march&#233; global, et de la fluidit&#233; des capitaux, minimise le risque de rupture, maximise les chances pour tous, dont celles des plus vuln&#233;rables &#8211; en r&#233;sum&#233; la restauration du bien public et de hautes valeurs dans l'&#233;conomie internationale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'articulation de ce discours sur la sociale d&#233;mocratie globale, un groupe h&#233;t&#233;rog&#232;ne s'est joint &#224; Brown, dont, parmi d'autres, l'&#233;conomiste Jeffry Sachs, George Soros, ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Kofi Annan, le sociologue David Held, le &#171; prix Nobel &#187; Joseph Stiglitz, et m&#234;me Bill Gates. Il y a, &#233;videment, des diff&#233;rences dans les positions de ces personnes, mais l'orientation des perspectives est la m&#234;me : proposer un ordre social r&#233;form&#233; et revitaliser un consensus id&#233;ologique pour le capitalisme global.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques-une des propositions-cl&#233;s avanc&#233;es par les partisans de la SDG :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La globalisation est essentiellement b&#233;n&#233;fique pour le monde ; les n&#233;olib&#233;raux ont simplement &#233;chou&#233; dans le travail de la gestion et de sa vente au public ;&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est urgent de sauver la globalisation d'entre les mains des n&#233;olib&#233;raux parce que la globalisation est r&#233;versible et en fait, est possiblement dans le processus d'&#234;tre renvers&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
La croissance et l'&#233;quit&#233; peuvent entrer en conflit, et dans ce cas, on doit prioriser l'&#233;quit&#233; ; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le libre-&#233;change peut, en fait, ne pas &#234;tre b&#233;n&#233;fique &#224; long terme et peut laisser dans la pauvret&#233; la majorit&#233; ; aussi c'est important pour les accords commerciaux d'&#234;tre subordonn&#233;s aux conditions sociales et environnementales ;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'unilat&#233;ralisme doit &#234;tre &#233;vit&#233; et une r&#233;forme fondamentale des institutions multilat&#233;rales et des accords doivent &#234;tre entrepris &#8211; un processus qui peut impliquer la suppression ou la neutralisation de quelques-uns, comme, dans le cadre de l'OMC, l'Accord sur les droits des propri&#233;t&#233;s intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) ;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'int&#233;gration sociale globale, ou la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s &#224; l'int&#233;rieur et entre les pays, doit accompagner l'int&#233;gration du march&#233; global. &lt;br class='autobr' /&gt;
La dette globale des pays en voie de d&#233;veloppement doit &#234;tre annul&#233;e ou drastiquement r&#233;duite, de fa&#231;on &#224; ce que les &#233;pargnes locales puissent &#234;tre utilis&#233;es pour stimuler l'&#233;conomie locale et de l&#224;, contribuer &#224; la reflation globale. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;gradation de la pauvret&#233; et de l'environnement sont si s&#233;v&#232;res qu'un programme massif d'aide, un &#171; Plan Marshall &#187; du Nord au Sud doit &#234;tre &#233;tabli &#224; l'int&#233;rieur du cadre des &#171; Objectifs de d&#233;veloppement du mill&#233;naire &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
Une &#171; deuxi&#232;me r&#233;volution verte &#187; doit &#234;tre lanc&#233;e, sp&#233;cialement en Afrique, &#224; travers l'adoption g&#233;n&#233;ralis&#233;e de semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt;
D'importants investissements doivent &#234;tre consacr&#233;s pour diriger l'&#233;conomie globale vers des sentiers plus soutenables au niveau de l'environnement, avec le gouvernement dans le r&#244;le de leader (Keynesisme vert ou Capitalisme vert &#187;) &lt;br class='autobr' /&gt;
L'action militaire pour r&#233;soudre les probl&#232;mes doit &#234;tre subordonn&#233;e &#224; la diplomatie et d'un &#171; soft powe &#187; bien que l'intervention militaire humanitaire dans des situations de g&#233;nocide doit &#234;tre maintenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites de la sociale d&#233;mocratie globale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La sociale d&#233;mocratie globale n'a pas re&#231;u beaucoup de critiques, peut-&#234;tre parce que plusieurs progressistes sont encore en train de se battre dans la derni&#232;re guerre, c'est-&#224;-dire contre le n&#233;olib&#233;ralisme. Une critique est urgente et pas seulement parce que la SDG est vraisemblablement le successeur du n&#233;olib&#233;ralisme. Plus important, bien que la SDG a quelques &#233;l&#233;ments positifs, elle comporte comme le mod&#232;le de la vieille sociale d&#233;mocratie Keynsesienne, un nombre de traits probl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une critique peut commencer par souligner les probl&#232;mes avec quatre des &#233;l&#233;ments de la perspective SDG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement, la SDG partage le biais du n&#233;olib&#233;ralisme pour la globalisation, se diff&#233;renciant principalement par la promesse de promouvoir une globalisation meilleure que celle des n&#233;olib&#233;raux. Cela &#233;quivaut &#224; dire cependant, qu'en ajoutant simplement la dimension de &#171; l'int&#233;gration sociale globale &#187;, un processus intrins&#232;quement socialement et &#233;cologiquement destructeur et perturbateur peut &#234;tre digestible et acceptable. La SDG prend pour acquis que la population veut r&#233;ellement faire partie d'une &#233;conomie globale et fonctionnellement int&#233;gr&#233;e o&#249; les fronti&#232;res entre le national et l'international sont disparues. Mais en fait, les gens ne pr&#233;f&#232;rent-ils pas faire partie d'&#233;conomies soumises au contr&#244;le local et sont ne sont-ils pas rebut&#233;s par les flous de l'&#233;conomie internationale ? En r&#233;alit&#233;, la trajectoire descendante actuelle des &#233;conomies interconnect&#233;es confirme la validit&#233; d'une des principales critiques du processus de globalisation par le mouvement antiglobalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, la SDG partage la pr&#233;f&#233;rence du n&#233;olib&#233;ralisme pour le march&#233; comme principal m&#233;canisme de production, de distribution et de consommation, se diff&#233;renciant principalement en pr&#233;conisant l'intervention de l'&#201;tat pour r&#233;gler les &#233;checs du march&#233;. La sorte de globalisation que le monde a besoin, selon Jeffry Sachs, dans son livre The End of Poverty, (La fin de la pauvret&#233;), passe par le &#171; harnachement....du pouvoir remarquable du commerce et de l'investissement tout en reconnaissant, corrigeant et compensant ses limites par une action collective. &#187; Cela est tr&#232;s diff&#233;rent de dire que les citoyens et la soci&#233;t&#233; civile doivent prendre les d&#233;cisions &#233;conomiques importantes et que le march&#233;, comme la bureaucratie de l'&#201;tat, est seulement un m&#233;canisme pour mettre en oeuvre les d&#233;cisions prises d&#233;mocratiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la SDG est un projet technocratique, avec des experts concevant et for&#231;ant des r&#233;formes par le haut sur la soci&#233;t&#233; au lieu d'&#234;tre un projet participatif o&#249; les initiatives sont propos&#233;es du bas vers le haut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatri&#232;mement, la SDG, tout en critiquant le n&#233;olib&#233;ralisme, accepte le cadre du capitalisme monopole, qui profite fondamentalement des profits tir&#233;s de la plus value du travail par l'exploitation, qui va de crise en crise du &#224; ses tendances intrins&#232;ques vers la surproduction, et qui tend &#224; pousser l'environnement &#224; ses limites dans la recherche de profits. Tout comme le Keyn&#233;sisme traditionnel dans l'ar&#232;ne nationale, la SDG recherche dans l'ar&#232;ne globale un nouveau compromis de classe qui serait accompagn&#233; par de nouvelles m&#233;thodes pour contenir ou minimiser la tendance vers les crises du capitalisme. Tout comme la vieille sociale d&#233;mocratie et le &#171; New-Deal ont stabilis&#233; le capitalisme national, la fonction historique de la sociale d&#233;mocratie globale serait de minimiser les contradictions du capitalisme global contemporain et de le rel&#233;gitimer apr&#232;s la crise et le chaos laiss&#233;s par le n&#233;olib&#233;ralisme. SDG rel&#232;ve, &#224; sa racine, de la gestion sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obama a le talent pour &#233;tablir des ponts entre les discours politiques diff&#233;rents. Il est aussi une &#171; table rase &#187; en ce qui concerne l'&#233;conomie. Comme Franklin Roosevelt, il n'est pas li&#233; par les formules de l'ancien r&#233;gime. Il est un pragmatique dont le crit&#232;re-cl&#233; est le succ&#232;s de la gestion sociale. Comme tel, il se trouve dans une position unique pour diriger cet ambitieux programme r&#233;formiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche doit se r&#233;veiller&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que les progressistes &#233;taient pleinement engag&#233;s dans la guerre contre le n&#233;olib&#233;ralisme, la r&#233;flexion r&#233;formiste s'&#233;laborait dans les cercles plus critiques de l'establishment. Cette r&#233;flexion est sur le point de devenir politique, et les progressistes doivent redoubler de travail pour s'impliquer. Ce n'est pas seulement une question de passer de la critique &#224; des solutions. Le d&#233;fi est de d&#233;passer les limites de l'imagination politique progressiste impos&#233;e par l'agressivit&#233; du d&#233;fi n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980, combin&#233; &#224; l'effondrement des r&#233;gimes socialistes bureaucratiques dans les ann&#233;es 1990. Les progressistes devraient courageusement aspirer une fois de plus &#224; un mod&#232;le d'organisation sociale qui vise &#224; l'&#233;galit&#233; et au contr&#244;le d&#233;mocratiquement participatif de l'&#233;conomie nationale et de l'&#233;conomie globale comme pr&#233;-requis pour une libert&#233; collective et individuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme le vieux r&#233;gime Keyn&#233;sien d'apr&#232;s-guerre, la social-d&#233;mocratie globale vise la gestion sociale. En contraste, la perspective progressiste vise la lib&#233;ration sociale.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Foreign Policy in Focus (FPIF), un projet de l'Institute for Policy Studies (Institut d'&#233;tudes politique) . Copyright 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Walden Ballo, professeur de sciences politiques et sociales de l'Universit&#233; des Philippines (Manille) est membre de l'Institut transnational d'Amsterdam et pr&#233;sident de la Coalition : Freedom from Debt, ainsi qu'analyste senior pour Focus on the Global South.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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