<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=15521&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Soudan. Le Kadamoul, un symbole social et politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-Le-Kadamoul-un-symbole-social-et-politique</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Soudan-Le-Kadamoul-un-symbole-social-et-politique</guid>
		<dc:date>2026-02-24T08:12:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fouad Ibrahim Shousha, Louise Aurat</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-02-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Port&#233; initialement pour des raisons climatiques, le kadamoul a depuis quelques d&#233;cennies bien d'autres usages. Ce foulard, commun aux peuples du d&#233;sert, concentre une charge symbolique, politique et culturelle forte que les bellig&#233;rants de la guerre qui d&#233;chire le pays depuis bient&#244;t trois ans ne manquent pas d'exploiter. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant le d&#233;but de la guerre au Soudan, le 15 avril 2023, Badr travaillait dans un magasin de mat&#233;riel &#233;lectronique. Il s'est reconverti peu de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-02-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-02-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/capture_d_e_cran_le_2026-02-23_a_13.37_31-9da11.png?1781347686' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Port&#233; initialement pour des raisons climatiques, le kadamoul a depuis quelques d&#233;cennies bien d'autres usages. Ce foulard, commun aux peuples du d&#233;sert, concentre une charge symbolique, politique et culturelle forte que les bellig&#233;rants de la guerre qui d&#233;chire le pays depuis bient&#244;t trois ans ne manquent pas d'exploiter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-Le-Kadamoul-un-symbole-social-et-politique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le d&#233;but de la guerre au Soudan, le 15 avril 2023, Badr travaillait dans un magasin de mat&#233;riel &#233;lectronique. Il s'est reconverti peu de temps apr&#232;s les premiers affrontements en ouvrant une boutique sp&#233;cialis&#233;e dans les v&#234;tements et accessoires militaires, dans le Nord-Darfour. Le kadamoul compte parmi ses produits phares. Ce long turban que l'on enroule autour de la t&#234;te, de la bouche ou du cou, existe en diff&#233;rents mod&#232;les, dont le blanc en coton dit &#171; civil &#187; pour les grandes occasions (mariages, r&#233;unions familiales, etc.), et le beige et kaki pour les camouflages militaires. Ce dernier, le plus recherch&#233; par sa client&#232;le, est fabriqu&#233; en Chine et import&#233; du Tchad voisin. En deux ans, les ventes n'ont pas cess&#233; d'augmenter. Badr re&#231;oit m&#234;me des commandes depuis l'&#233;tranger. &#171; Au d&#233;part, c'&#233;tait plut&#244;t des soldats de l'arm&#233;e soudanaise ou ceux des forces conjointes [alli&#233;es de l'arm&#233;e, NDLR] qui l'achetaient, mais maintenant c'est devenu un accessoire de mode pour les civils qui les soutiennent &#187;, constate le commer&#231;ant joint par t&#233;l&#233;phone. Une m&#233;tamorphose qui ne passe pas inaper&#231;ue dans le paysage. Avant que le conflit &#233;clate, peu d'habitants osaient s'afficher avec un kadamoul, militaire ou civil, surtout en ville, car les autorit&#233;s l'associaient &#224; la criminalit&#233;. Il l'est d'ailleurs toujours aux yeux de certains Soudanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kadamoul est un attribut commun aux peuples du d&#233;sert du Sahara, et son nom varie selon les r&#233;gions. Le fameux ch&#232;che des peuples touaregs s'appelle par exemple &#171; tagelmust &#187;. Le climat du Soudan est majoritairement sec et aride, la fonction du kadamoul est d'abord de prot&#233;ger du soleil, de la poussi&#232;re et des temp&#234;tes de sable dans des r&#233;gions d&#233;sertiques telles que le Darfour et le Kordofan. Mais il est aussi port&#233; ailleurs sur le territoire &#8211; principalement par des hommes. Bien que ce foulard soit per&#231;u comme un h&#233;ritage ancestral par ceux qui le rev&#234;tent, une partie de la population au Soudan le jugait comme un &#233;l&#233;ment culturel &#171; &#233;tranger &#187;. &#171; Au lyc&#233;e, au moment de la semaine culturelle [c&#233;l&#233;bration annuelle qui vise &#224; promouvoir les traditions de chaque groupe ethnique du pays, NDLR], si tu venais avec un kadamoul on te disait &#8220;toi tu es tchadien, tu n'es pas soudanais, &#231;a c'est le truc des Zaghawas&#8221; &#187;, se souvient Sadam, &#233;l&#232;ve dans un lyc&#233;e du Sud-Darfour dans les ann&#233;es 2010. Ces propos t&#233;moignent des discriminations envers certaines ethnies sous la dictature d'Omar Al Bachir, au pouvoir de 1989 &#224; 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien chef de l'&#201;tat se pr&#233;sentait souvent avec une coiffe blanche en tissu, qu'un &#339;il ignorant pourrait confondre avec un kadamoul. Ce couvre-chef, appel&#233; imama, contient, lui, une dimension religieuse. Le port de ce turban s'inscrit dans une tradition proph&#233;tique, que califes ou souverains ottomans ont notamment embrass&#233;e. Arriv&#233; au sommet de l'&#201;tat par un putsch militaire en 1989, Omar Al-Bachir installe un pouvoir islamiste raciste, au profit des &#233;lites arabes de la capitale et du Nord-Soudan, renfor&#231;ant un sentiment d'appartenance &#224; la culture arabe et musulmane, dans un pays riche d'une grande diversit&#233; culturelle. Un recensement de la population de 1956 (1), date de l'ind&#233;pendance du pays, d&#233;nombrait cinquante-six groupes ethniques principaux, tandis qu'il existe encore plus d'une centaine de langues en usage. En 2009, la Cour p&#233;nale internationale a &#233;mis un mandat d'arr&#234;t &#224; l'encontre d'Omar Al-Bachir, l'accusant entre autres de nettoyage ethnique &#224; l'encontre des populations noires telles que les Fours, les Masalits et les Zaghawas, dans le cadre de la guerre du Darfour, d&#233;clench&#233;e en 2003 et qui n'a jamais v&#233;ritablement cess&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sous Omar Al-Bachir, un code vestimentaire strict&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime de l'ancien pr&#233;sident imposait un code vestimentaire strict, encadr&#233; par une loi d&#232;s 1991. Le Code p&#233;nal soudanais pr&#233;voyait une peine maximale de quarante coups de fouet pour quiconque &#171; commet[tait] un acte ind&#233;cent, un acte qui viol[ait] la moralit&#233; publique, ou port[ait] des v&#234;tements ind&#233;cents &#187;. &#192; ce titre, des dizaines de milliers de femmes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es (2) pour un pantalon jug&#233; trop moulant. &#192; Khartoum, l'espace urbain &#233;tait divis&#233; pour &#234;tre mieux surveill&#233; (3). Les membres des comit&#233;s de quartier, partisans du r&#233;gime plac&#233;s &#224; la t&#234;te de circonscriptions, &#233;taient choisis en fonction de leur degr&#233; &#171; d'arabit&#233; &#187; et d'islamisation. Des polices les secondaient pour veiller aux bonnes m&#339;urs, qui comprenaient la tenue vestimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le manuel scolaire &#171; Nos v&#234;tements &#187;, un support d'&#233;tude pour les &#233;l&#232;ves de l'&#233;cole primaire toujours utilis&#233;, refl&#232;te cette id&#233;ologie islamiste supr&#233;maciste. Parmi les illustrations se trouve une carte qui pr&#233;tend exposer les diff&#233;rentes coutumes vestimentaires r&#233;gionales. En r&#233;alit&#233;, elle donne une repr&#233;sentation homog&#232;ne et exclusive, et, comme d'autres particularit&#233;s vestimentaires locales, le kadamoul est absent de l'iconographie. La tenue masculine de r&#233;f&#233;rence se compose d'une galabiya pour les hommes et d'un thob pour les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_54975 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH267/04945f2333fbcbdc-7101996d-94719.png?1781347686' width='500' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la guerre au Darfour, des d&#233;crets sont publi&#233;s dans plusieurs &#201;tats de cette vaste r&#233;gion (Nord-Darfour (4), Ouest-Darfour) et d'autres localit&#233;s, comme la capitale, pour interdire le port du kadamoul, sous peine de sanctions allant de peines d'amendes &#224; l'emprisonnement. Cette mesure est justifi&#233;e par les autorit&#233;s pour des raisons de s&#233;curit&#233;. Elle cible directement les rebelles qui arborent le kadamoul comme une protection et un moyen de dissimuler leur visage, dans un contexte de lutte arm&#233;e, mais aussi comme un embl&#232;me de leur r&#233;volte. Les opposants au r&#233;gime fustigent notamment sa politique de marginalisation. Depuis l'ind&#233;pendance, aucun pr&#233;sident originaire des &#201;tats du Darfour, de l'Est ou du Sud, n'a gouvern&#233; le pays. Tous viennent du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un symbole d'africanit&#233; marginalis&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mai 2008, la guerre qui oppose le gouvernement et les groupes rebelles marque un tournant car, pour la premi&#232;re fois, l'un d'entre eux, le Mouvement pour la justice et l'&#233;galit&#233; (MJE), parvient &#224; mener une attaque dans la banlieue de la capitale, Khartoum. Selon Mohamed Torchin, chercheur soudanais au Dimensions for Strategic Studies et sp&#233;cialiste de la g&#233;opolitique africaine, cet &#233;v&#233;nement a contribu&#233; &#224; &#171; donner une visibilit&#233; et une force au kadamoul &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Le kadamoul, associ&#233; aux soci&#233;t&#233;s africaines du Sahel, a ainsi &#233;t&#233; per&#231;u comme un symbole d'africanit&#233; marginalis&#233;e au sein d'un &#201;tat qui cherchait &#224; se d&#233;finir comme arabe. L'histoire du kadamoul nous montre comment les dynamiques de pouvoir, d'identit&#233; et de culture s'entrecroisent dans la construction du nationalisme soudanais et dans les politiques d'exclusion symbolique men&#233;es par le r&#233;gime central.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;cennie plus tard, en 2018, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/soudan-se-souvenir-de-la-revolution,8219&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une r&#233;volution &#233;clate&lt;/a&gt;. Omar Al-Bachir est &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/soudan-une-troisieme-revolution,3024&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;renvers&#233;&lt;/a&gt; le 11 avril 2019. Parmi les contestations des manifestants : la politique identitaire du r&#233;gime soudanais (5). Une critique qu'atteste le slogan &#171; Nous sommes tous Darfouris &#187;. Les manifestants d&#233;fendent un Soudan afro-arabe inclusif et multiculturel. Les sit-ins, principalement &#224; Khartoum, ont permis &#224; des Soudanais de divers horizons de se rencontrer et de s'unir autour d'un objectif commun : la chute du r&#233;gime et un transfert du pouvoir aux civils. Plusieurs initiatives artistiques et culturelles ont &#233;t&#233; organis&#233;es pour renforcer la coh&#233;sion sociale et l'interculturalit&#233; (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &#192; Khartoum, je lui d&#233;conseillerai de porter un kadamoul &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un &#233;v&#233;nement politique quelques ann&#233;es apr&#232;s, en octobre 2020, donne l'espoir d'une paix &#224; venir : la signature d'un accord de paix &#224; Juba, au Soudan du Sud, entre le gouvernement de transition n&#233; de la r&#233;volution et une partie des groupes rebelles. Tout au long du processus de n&#233;gociations d'une paix au Darfour, les dirigeants des groupes rebelles portent le kadamoul, comme &#224; Doha en 2013 ou &#224; Juba. &#171; Apr&#232;s la chute de B&#233;chir, les autorit&#233;s politiques estimaient que le kadamoul n'&#233;tait plus une source d'anxi&#233;t&#233; ou de menace, mais plut&#244;t le symbole d'une diversit&#233; culturelle, analyse Mohamed Torchin. Nous sommes dans une phase de transition o&#249; cette diversit&#233; peut s'exprimer et reste ouverte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conflit arm&#233; qui &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/les-risques-de-desintegration-du-soudan,6399&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a &#233;clat&#233; en avril 2023&lt;/a&gt; opposant les forces arm&#233;es soudanaises (FAS) du pays, dirig&#233;es par Abdel Fattah al-Buhran, et les Forces de soutien rapide (FSR), men&#233;es par Mohamed Hamdan Dogolo, dit Hemetti, et leurs soutiens locaux et internationaux respectifs a balay&#233; les aspirations populaires &#224; voir na&#238;tre un gouvernement civil. Depuis, le pays est plong&#233; dans une nouvelle guerre meurtri&#232;re. Les deux camps ont commis des violations des droits humains et sont responsables de la mort de dizaines de milliers de civils. Dans ce contexte, le kadamoul est instrumentalis&#233; par chacune des parties prenantes alors m&#234;me qu'elles l'interdisaient auparavant dans leurs rangs. Les FSR en ont fait un signe de ralliement et d'unit&#233;, et les FAS, soutenues par plusieurs mouvements rebelles (les forces conjointes), s'affichent &#233;galement avec le kadamoul, refusant sa r&#233;cup&#233;ration par les FSR. La diff&#233;rence majeure entre les deux est une nuance de couleur : les premiers pr&#233;f&#232;rent le beige, et les seconds le kaki. Ce turban traditionnel est ainsi devenu &#171; un champ de bataille culturel, o&#249; se jouent la l&#233;gitimit&#233; morale des combattants et l'avenir identitaire des peuples du Darfour &#187;, observe Mada El Fatih dans un article (7) du m&#233;dia num&#233;rique The New Arab. Le journaliste et chercheur au Centre d'&#233;tudes diplomatiques &amp; strat&#233;giques de Paris argue qu'&#171; il ne s'agit pas uniquement d'un habit, mais d'un vecteur d'accusation ou de r&#233;habilitation dans un conflit profond&#233;ment enracin&#233; dans les fractures ethniques, politiques et symboliques du Soudan &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, les politiciens et activistes soup&#231;onn&#233;s d'&#234;tre du c&#244;t&#233; des FSR sont coiff&#233;s par les internautes d'un kadamoul, gr&#226;ce &#224; l'art du photomontage. Les dessinateurs qui chroniquent la guerre r&#233;duisent aussi souvent les paramilitaires &#224; leur turban beige. &#171; Si un ami part &#224; Khartoum, je lui d&#233;conseillerai de porter un kadamoul &#187;, affirme Mada El Fatih, assurant que l'habit continue d'inspirer aupr&#232;s de la population crainte et terreur. Les FSR ciblent des groupes ethniques en particulier (dont les Zaghawas, les Fours, les Masalits) et continuent de perp&#233;trer des crimes contre l'humanit&#233;, selon la Cour p&#233;nale internationale (8), comme &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Soudan-A-El-Fasher-nous-vivons-dans-l-odeur-du-sang-et-de-la-mort&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; El Fasher, en octobre 2025&lt;/a&gt;. Ces attaques sont comparables &#224; celles perp&#233;tr&#233;es quelques ann&#233;es plus t&#244;t par les Janjawid, milices arabes auxquelles Omar Al-Bachir a fait appel pour mater la r&#233;bellion au Darfour et asseoir sa politique d'arabisation. Hemetti, qui dirige les FSR, &#233;tait l'un des chefs des Janjawid. Le m&#234;me homme qui &#233;tait au service de l'ancien dictateur, contre les groupes rebelles, pr&#233;tend aujourd'hui &#234;tre le d&#233;fenseur des marginalis&#233;s s'opposant aux &#233;lites politiques et militaires de Khartoum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'objectif est de transmettre un message politique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un revirement qu'illustre l'apparition du kadamoul sur la t&#234;te de ses hommes. Autrefois, le b&#233;ret rouge composait l'uniforme des FSR, non le turban du d&#233;sert. &#171; Hemetti n'avait pas h&#233;sit&#233; &#224; refuser le kadamoul aux combattants, puis il l'a ensuite autoris&#233;, rel&#232;ve Mohamed Torchin. Je pense qu'il souhaitait que cet &#233;l&#233;ment identitaire serve de porte d'entr&#233;e pour attirer tous les groupes pr&#233;sents dans la r&#233;gion du Darfour et &#224; travers le Sahel. &#192; travers le kadamoul, l'objectif est de transmettre un message politique visant &#224; cr&#233;er une nouvelle alliance ou de parvenir &#224; une compr&#233;hension commune malgr&#233; les divergences politiques. &#187; Des observateurs soudanais vont jusqu'&#224; qualifier (9) la politique d'Hemetti de &#171; R&#233;publique du kadamoul &#187;. La r&#233;putation du chef de guerre a largement d&#233;pass&#233; les fronti&#232;res du Soudan, des mercenaires de diff&#233;rents pays de la r&#233;gion du Sahel comme le Niger ou le Tchad sont venus grossir les effectifs des FSR.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'arm&#233;e, des figures de premier plan se sont montr&#233;es avec un kadamoul : Yasser al-Atta, commandant en chef adjoint des forces arm&#233;es soudanaises, et le g&#233;n&#233;ral Shams al-Din Kabbashi, chef d'&#233;tat-major adjoint des FAS. Selon Hamid Hagar, g&#233;n&#233;ral au sein des forces conjointes joint par Afrique XXI, il s'agit d'un message de &#171; reconnaissance &#187; envers les mouvements arm&#233;s du Darfour qui se battent aux c&#244;t&#233;s des FAS depuis avril 2024 (principalement le Mouvement pour la justice et l'&#233;galit&#233; et l'une des factions de l'Arm&#233;e de lib&#233;ration du Soudan dirig&#233;e par Minni Minnawi).&lt;/p&gt;
&lt;ol class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'arm&#233;e soudanaise a accept&#233; &#224; contrec&#339;ur le kadamoul dans le cadre de son accord avec les forces conjointes. Elle s'&#233;tait auparavant oppos&#233;e aux mouvements de lutte arm&#233;e qui le portaient et n'avait pas reconnu les besoins environnementaux et culturels des populations du d&#233;sert.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Il justifie ce mea culpa, &#171; compte tenu de la n&#233;cessit&#233; des services des forces conjointes et de l'urgence de l'&#233;volution de la pens&#233;e des chefs militaires concernant la r&#233;gion et leur respect des habitants des zones frontali&#232;res du d&#233;sert du Darfour &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les r&#233;seaux sociaux, des civils au Soudan et dans la diaspora se drapent &#233;galement avec le kadamoul kaki militaire pour encourager les forces conjointes. &#192; des milliers de kilom&#232;tres de son pays natal, Sadam, exil&#233; en France, est un peu surpris par cette nouvelle mode, qu'il doute &#234;tre une v&#233;ritable ouverture culturelle. Il juge l'attitude de l'arm&#233;e opportuniste : &#171; Pendant vingt-quatre ans, l'&#201;tat a d&#233;truit &#233;conomiquement et socialement le Darfour. Et maintenant, les gens nous aiment parce que les leaders des forces conjointes sont des Zaghawas et qu'ils se sont battus contre les FSR. Ce que je comprends, c'est que si tu as de la force on te respecte, sinon, non. &#187; Depuis sa boutique sur le terrain, Badr affirme que les mentalit&#233;s autour de lui &#233;voluent : &#171; La population r&#233;alise que le kadamoul n'a pas de lien avec la criminalit&#233;, comme certains l'ont pr&#233;tendu auparavant, mais qu'il s'agit bien d'un symbole culturel. Dieu merci, le peuple a fini par comprendre. &#187; Aujourd'hui, il enroule fi&#232;rement le kadamoul autour de la t&#234;te de son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- Abdu Mukhtar Musa, &#171; Marginalization and ethnicization in the Sudan : how the elite failed to stabilize a diverse country &#187;, Contemporary Arab Affairs, 2010, &lt;a href=&#034;https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17550912.2010.522113&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- AFP, &#171; Port du pantalon par les femmes au Soudan : une r&#233;pression al&#233;atoire &#187;, 8 septembre 2009, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/depeches/105674/politique/port-du-pantalon-par-les-femmes-au-soudan-une-repression-aleatoire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Armelle Choplin, &#171; Khartoum au d&#233;fi de la paix, la capitale soudanaise entre violence urbaine et symbole de r&#233;conciliation &#187;, 25 septembre 2009, &#224; &lt;a href=&#034;https://paris1.hal.science/hal-00419758/document&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;retrouver ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- Dabanga, &#171; North Darfur sit-in achieves ban on motorcycles &#187;, 10 juillet 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5- Cl&#233;ment Deshayes, &#171; Contester la politique identitaire du r&#233;gime soudanais &#187;, Cahiers d'&#233;tudes africaines, 2020, &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/etudesafricaines/32607&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disponible ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6- Comme le &lt;a href=&#034;https://www.aa.com.tr/ar/%D8%A7%D9%84%D8%AF%D9%88%D9%84-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%B1%D8%A8%D9%8A%D8%A9/%D8%A8%D9%85%D8%B4%D8%A7%D8%B1%D9%83%D8%A9-15-%D9%82%D8%A8%D9%8A%D9%84%D8%A9-%D8%A7%D9%86%D8%B7%D9%84%D8%A7%D9%82-%D9%85%D9%87%D8%B1%D8%AC%D8%A7%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D9%86%D9%88%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D8%AB%D9%82%D8%A7%D9%81%D9%8A-%D8%A8%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%88%D8%AF%D8%A7%D9%86/2299946&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Festival de la diversit&#233;&lt;/a&gt;, qui s'est tenu au mus&#233;e national du Soudan en 2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7- Mada al-Fatih, &#171; Kadmul &#187;... &#192; propos des habits et de la guerre au Soudan, 21 octobre 2024, [&#224; lire ici&#8594;&lt;a href=&#034;https://www.alaraby.co.uk/opinion/&#1575;&#1604;&#1603;&#1583;&#1605;&#1608;&#1604;-&#1593;&#1606;-&#1575;&#1604;&#1604;&#1576;&#1575;&#1587;-&#1608;&#1575;&#1604;&#1581;&#1585;&#1576;-&#1601;&#1610;-&#1575;&#1604;&#1587;&#1608;&#1583;&#1575;&#1606;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alaraby.co.uk/opinion/&#1575;&#1604;&#1603;&#1583;&#1605;&#1608;&#1604;-&#1593;&#1606;-&#1575;&#1604;&#1604;&#1576;&#1575;&#1587;-&#1608;&#1575;&#1604;&#1581;&#1585;&#1576;-&#1601;&#1610;-&#1575;&#1604;&#1587;&#1608;&#1583;&#1575;&#1606;&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8- Merve Aydogan, &#171; International Criminal Court reports war crimes, crimes against humanity committed in Sudan &#187;, Anadolu Agency, 20 janvier 2026, &#224; &lt;a href=&#034;https://www.aa.com.tr/en/world/international-criminal-court-reports-war-crimes-crimes-against-humanity-committed-in-sudan/3804587&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9- Joshua Craze et Raga Makawi, &#171; The Republic of Kadamol, A Portrait of the Rapid Support Forces at War &#187;, Small Arms Survey, 2025, &#224; &lt;a href=&#034;https://www.smallarmssurvey.org/resource/republic-kadamol-portrait-rapid-support-forces-war&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Soudan, r&#233;sister en dessinant</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Soudan-resister-en-dessinant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Soudan-resister-en-dessinant</guid>
		<dc:date>2024-08-20T08:01:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Louise Aurat</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-08-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Contraints de fuir la guerre qui ravage leur pays depuis plus d'un an, les dessinateurs soudanais mettent leur talent au service de l'information et de la paix malgr&#233; les dangers. Lanc&#233; d&#233;but 2024, le magazine en ligne Khartoon Mag vise &#224; les soutenir et &#224; donner une visibilit&#233; &#224; leurs caricatures. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le bougainvillier magenta arros&#233; tendrement par sa m&#232;re. Des rires, des pleurs. Le placard rempli de vaisselle uniquement destin&#233;e aux grandes occasions. Les livres (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Arts-visuels-caricatures-dessins-peintures-" rel="directory"&gt;Arts visuels (caricatures, dessins, peintures)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-08-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-08-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_e_cran_le_2024-08-19_a_13.18_38-aae33.png?1781623033' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Contraints de fuir la guerre qui ravage leur pays depuis plus d'un an, les dessinateurs soudanais mettent leur talent au service de l'information et de la paix malgr&#233; les dangers. Lanc&#233; d&#233;but 2024, le magazine en ligne Khartoon Mag vise &#224; les soutenir et &#224; donner une visibilit&#233; &#224; leurs caricatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Soudan-resister-en-dessinant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bougainvillier magenta arros&#233; tendrement par sa m&#232;re. Des rires, des pleurs. Le placard rempli de vaisselle uniquement destin&#233;e aux grandes occasions. Les livres minutieusement collectionn&#233;s au fil des ann&#233;es, qui ne seront jamais lus... Quand elle a fui la guerre, Shiroug Idris a emport&#233; une somme de d&#233;tails, et en parcourant ses illustrations soign&#233;es le lecteur devine que ces objets p&#232;sent dans son c&#339;ur autant que s'ils avaient pu &#234;tre transport&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dessinatrice a quitt&#233; sa maison trois semaines apr&#232;s l'&#233;clatement de la guerre au Soudan, en avril 2023. Quelques mois plus tard, la voil&#224; de nouveau d&#233;plac&#233;e. Elle garde une image de cet exode, qu'elle fige sur son carnet &#224; dessins. Elle, assise dans un bus c&#244;t&#233; fen&#234;tre o&#249; elle plonge son regard ; en dessous de son portrait, la jeune femme de 26 ans note : &#171; Malgr&#233; la peur, j'ai vu la plus belle sc&#232;ne de coucher de soleil se refl&#233;tant sur les champs de mil &#8211; sous les pieds nus des passagers qui s'y balan&#231;aient. &#187; Shiroug est l'une des trois contributrices actuelles de la r&#233;sidence virtuelle du magazine en ligne &lt;a href=&#034;https://khartoonmag.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Khartoon Mag&lt;/a&gt;. La premi&#232;re syllabe pour Khartoum, la capitale du Soudan, et Khalid, du pr&#233;nom du fondateur ; et la seconde pour cartoon, dessin en fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aventure &#233;ditoriale d&#233;bute en janvier 2024 alors que la guerre ravage toujours le pays. L'objectif est de donner tous les trois mois la possibilit&#233; &#224; trois dessinateurs soudanais, sur place ou en exil, de raconter le conflit en postant chaque semaine leurs dessins. Du t&#233;moignage personnel &#224; la caricature politique, les artistes de diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations documentent les violations en cours, d&#233;noncent les auteurs de crimes, reviennent sur les origines du mal, s&#232;ment l'espoir. &#171; Un espace libre &#187; et &#171; sans censure &#187; con&#231;u par Khalid Albaih.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_47178 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L409xH639/edf4b425d9bd2838-18f3fc13-54eef.png?1781038190' width='409' height='639' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce dessinateur soudanais, qui a v&#233;cu aux quatre coins du globe et de mani&#232;re &#233;pisodique au Soudan (son p&#232;re &#233;tait diplomate), est convaincu que, aussi simple soit-il, un dessin est un puissant outil politique. Notamment parce qu'&#171; il parle &#224; tous et ouvre des conversations &#187;, soutient-il. Les siens ont &#233;t&#233; largement diffus&#233;s sur la toile au moment des &#171; printemps arabes &#187;, au d&#233;but des ann&#233;es 2010. Fort de cette reconnaissance internationale, ce r&#233;volutionnaire virtuel se bat pour donner &#224; voir le travail de ses pairs au Soudan. Ces derni&#232;res ann&#233;es, il a initi&#233; plusieurs projets allant dans ce sens, comme la cr&#233;ation d'un fonds pour soutenir la communaut&#233; artistique (Sudan Artist Fund) ou encore l'&#233;dition de Sudan Retold, une collection d'&#339;uvres de 31 artistes explorant l'histoire de la nation. Une nouvelle fois avec Khartoon Mag, Khalid mise sur la force de l'art pour instiller un changement positif : &#171; Utiliser l'art pour parler &#224; notre peuple, faire comprendre aux Soudanais la complexit&#233; de leur identit&#233;, cela nous gu&#233;rira. Le Soudan est un grand pays, tr&#232;s diversifi&#233;. Dans chaque maison nous trouvons l'&#201;gypte, l'&#201;thiopie, le Kenya... Seuls l'art et l'&#233;ducation peuvent nous aider &#224; vivre ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le bruit des bombes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux figures politiques reviennent souvent sous les coups de crayon des dessinateurs : Abdelfattah al-Burhan, chef de l'arm&#233;e soudanaise, et Mohamed Hamdan Dagalo, dit &#171; Hemetti &#187;, chef des Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire. Dans un dessin du mois d'avril 2024, Ahmed Fouad (nom d'artiste : Ben) repr&#233;sente le futur sous la forme d'un jeune homme &#233;trangl&#233; de la poigne des deux guerriers. Ce sont les principaux visages de ce conflit d&#233;vastateur. Le 15 avril 2023, des &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Le-Soudan-en-voie-de-desintegration&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;premiers &#233;changes de tirs&lt;/a&gt; retentissent &#224; Khartoum. Les deux camps revendiquent mutuellement le contr&#244;le des principaux sites gouvernementaux et la population est prise en otage. Tayeb Hajo (nom d'artiste : Too Dope), tout &#224; la fois musicien, compositeur et dessinateur, r&#233;sume ce brutal changement de d&#233;cor dans le titre d'un autoportrait : &#171; From Rap &amp; Boom Bap to War &amp; Boum Bombs &#187;. Dans ses oreilles, le bruit des bombes est venu remplacer celui des rythmiques de rap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;clenchement de cette nouvelle guerre s'inscrit dans une longue histoire tumultueuse. Les protagonistes sont bien connus des observateurs de la vie politique que sont les caricaturistes. Dans une bande dessin&#233;e intitul&#233;e sobrement Hemetti, Yousif Elamin retrace en long et en large l'ascension de cet homme. Il nous rappelle qu'il &#233;tait le vice-pr&#233;sident du Conseil militaire de transition, dirig&#233; par Abdelfattah al-Burhan, son adversaire actuel. Les deux s'&#233;taient alli&#233;s en 2019 apr&#232;s la chute du dictateur Omar al-Bachir, dont le peuple avait r&#233;clam&#233; le d&#233;part lors d'immenses manifestations populaires. Le pouvoir n'a jamais &#233;t&#233; pleinement remis aux civils. Si Hemetti a particip&#233; au renversement de l'ancien pr&#233;sident, il n'a pas toujours &#233;t&#233; son opposant. &#171; L'histoire de Hemetti commence en 2003 &#187;, nous raconte Yousif. Il remonte ainsi la chronologie du seigneur de guerre au g&#233;nocide du Darfour, pour lequel Omar al-Bachir a &#233;t&#233; accus&#233; par la Cour p&#233;nale internationale (CPI). Des massacres auxquels les milices de Hemetti ont particip&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepoids &#224; ce r&#233;cit, dans une autre publication au narratif plus personnel, Yousif explique comment sa vision de l'arm&#233;e s'est transform&#233;e au fil des ann&#233;es. Nourri &#224; la propagande militaire depuis l'enfance, les images glorieuses diffus&#233;es par la t&#233;l&#233; ont &#233;t&#233; petit &#224; petit entach&#233;es par ses relations tendues avec les repr&#233;sentants de l'ordre (la police mais aussi les agents administratifs), puis par l'alliance des forces arm&#233;es avec les milices g&#233;nocidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Documenter ce qu'il se passe &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site se revendique comme ind&#233;pendant et entend offrir des &#171; sources impartiales &#187; aux internautes sur la situation au Soudan. Les artistes ont &#224; c&#339;ur de d&#233;noncer les exactions des deux camps. &#171; Je dessine autant sur l'arm&#233;e que sur les FSR. Ce qui m'importe, c'est que toutes ces injustices cessent, insiste Osman Obaid. Malgr&#233; la guerre, les politiciens restent concentr&#233;s sur le pouvoir. Mon r&#244;le est de documenter ce qu'il se passe... Faire pression sur eux et leur dire qu'ils n'ont pas le droit de s'accaparer le pouvoir. &#187; Une t&#226;che qui n'est pas sans risque : les dessinateurs sont nombreux &#224; avoir re&#231;u des insultes, voire des menaces, sur les r&#233;seaux sociaux. Pour cette raison, le r&#233;dacteur en chef, Ahmed Mahgoub, a d&#251; se r&#233;soudre &#224; supprimer une caricature de l'un de ses dessinateurs vivant au Soudan. Elle repr&#233;sentait les deux bellig&#233;rants chacun sur une pile de cadavres, l'un invoquant &#171; la d&#233;mocratie &#187;, l'autre &#171; la patrie &#187;. &#171; Notre priorit&#233; est la s&#233;curit&#233; de notre &#233;quipe. Nous avons d&#233;cid&#233; de retirer le dessin, mais d'une certaine fa&#231;on cela montre que notre travail suscite des r&#233;actions &#187;, estime Ahmed.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majeure partie des textes des dessins sont en arabe, car ils s'adressent d'abord &#224; la population soudanaise. Quelques-uns sont en anglais. Un partenariat avec la plateforme internationale Cartoon Movement, qui promeut des artistes du monde entier, vise &#224; donner davantage de visibilit&#233; aux dessinateurs. Dans un de ses dessins, Ben a gliss&#233; le hashtag #talk_about_Sudan, que l'on retrouve r&#233;guli&#232;rement sur les r&#233;seaux sociaux (ainsi que #keepEyesOnSudan). La guerre au Soudan ne b&#233;n&#233;ficie pas de la m&#234;me attention m&#233;diatique que celle qui se d&#233;roule &#224; Gaza. &#171; Il y a une couverture m&#233;diatique, mais les m&#233;dias &#233;trangers parlent des crimes sans les condamner &#187;, regrette Shiroug.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la plume d'Osman, nous voyons un membre des FSR b&#226;illonner de sa main la plan&#232;te enti&#232;re. La justesse de son trait lui permet souvent de se passer de mots. Il partage l'avis de sa cons&#339;ur : &#171; En tant qu'artistes, nous pensons que le monde a besoin de prendre une position plus forte et d'arr&#234;ter de soutenir les parties en conflit. &#187; Al-Burhan est un proche du chef d'&#201;tat de l'&#201;gypte voisine ou encore de l'Iran, et les FSR sont secr&#232;tement arm&#233;es par les &#201;mirats arabes unis. Ces alliances sont connues mais souvent tues par les repr&#233;sentants de la diplomatie internationale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_47177 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L424xH312/864b69117bbc48cd-2c397645-2a074.png?1781038190' width='424' height='312' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;gociations entre les deux parties en conflit sont pour l'instant dans l'impasse, et les conditions de vie de la population se d&#233;gradent. Plus de la moiti&#233; des Soudanais, soit 24 millions de personnes, sont confront&#233;s &#224; une &lt;a href=&#034;https://news.un.org/fr/story/2024/06/1146256&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ins&#233;curit&#233; alimentaire aigu&#235;&lt;/a&gt;. Environ 15 000 personnes sont d&#233;c&#233;d&#233;es depuis le 15 avril 2023, selon les Nations unies. Un chiffre probablement en de&#231;&#224; de la r&#233;alit&#233; puisque les experts de l'ONU ont recens&#233; un &lt;a href=&#034;https://www.letemps.ch/monde/au-soudan-10-000-a-15-000-morts-dans-une-seule-ville-du-darfour&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;nombre &#233;quivalent&lt;/a&gt; de morts uniquement &#224; Geneina, au &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Au-Darfour-le-gout-amer-des-promesses-non-tenues&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Darfour&lt;/a&gt;, o&#249; les FSR et des milices alli&#233;es ont d&#233;lib&#233;r&#233;ment vis&#233; la communaut&#233; des Massalits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un moyen de fixer les souvenirs et d'oublier la guerre &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les artistes sont comme les autres Soudanais, leur vie est durement affect&#233;e par la guerre. Les six r&#233;sidents ont jusqu'&#224; pr&#233;sent pu &#234;tre r&#233;mun&#233;r&#233;s gr&#226;ce &#224; l'International Media Support (IMS), une organisation &#224; but non lucratif bas&#233;e au Danemark qui soutient des m&#233;dias locaux dans des contextes de crise. Khalid Albaih cherche une autre source de financement pour que le magazine puisse continuer d'exister. Khartoon Mag entend donner l'opportunit&#233; aux dessinateurs de poursuivre leur travail, malgr&#233; le chemin de l'exode ou de l'exil que tous ont d&#251; emprunter. D&#233;but juin 2024, l'ONU recensait 12 millions de personnes contraintes de fuir leur foyer, dont 2 millions de r&#233;fugi&#233;s dans les pays voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shiroug et sa famille ont trouv&#233; refuge dans l'est du pays. Des voisins les ont avertis que des membres des RSF occupaient maintenant leur ancienne habitation. Dans sa derni&#232;re s&#233;rie d'illustrations, elle raconte avoir vu un jour, en se rendant &#224; l'h&#244;pital o&#249; elle travaille comme m&#233;decin, des miliciens des RSF en train de voler la seule ambulance de la ville. La jeune femme a continu&#233; sa route et a fait comme si elle n'en avait pas &#233;t&#233; t&#233;moin. Dessiner est pour elle &#171; un acte de r&#233;sistance &#187;, mais aussi &#171; un moyen de fixer les souvenirs et d'oublier la guerre &#187;. &#171; De nombreuses personnes s'identifient &#224; mes histoires, confie-t-elle. Quand les personnes ont faim et sont d&#233;plac&#233;es, c'est difficile d'appr&#233;cier l'art. &#199;a l'est aussi de dessiner, mais il est n&#233;cessaire d'informer le monde sur ce qu'il se passe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ben aussi a &#233;t&#233; plusieurs fois d&#233;plac&#233;. Il n'a pas d'&#233;lectricit&#233; et n'a que partiellement acc&#232;s &#224; Internet dans le village du nord du pays o&#249; il se trouve. Avant la guerre, ce jeune homme de 26 ans arrivait &#224; vivre de son art. Ce n'est plus le cas. Mais malgr&#233; les conditions de vie difficiles, il n'a pas cess&#233; de raconter les souffrances de son peuple. Ses vignettes color&#233;es aux traits enfantins contrastent avec la violence des sc&#232;nes qu'il d&#233;peint : des millions d'individus qui ont perdu tous leurs biens mat&#233;riels, les actes de pillage des FSR, les quartiers enti&#232;rement br&#251;l&#233;s, les disparitions, les viols... &#171; Alors que les violations sont &#233;videntes, certains refusent d'y croire &#187;, d&#233;nonce le dessinateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la r&#233;volution &#224; la guerre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nader Genie confie avoir perdu sa personnalit&#233; d'artiste pendant les premiers mois de la guerre, le c&#339;ur bris&#233; par la perte de ses biens et l'effondrement de sa nation. &#171; Mon studio personnel contenait des &#233;quipements num&#233;riques, beaucoup de peinture, des archives, des livres, des outils pour dessiner. Je n'ai plus rien. Ma voiture a &#233;t&#233; touch&#233;e par balles le premier jour de la guerre et c'est ce qui m'a oblig&#233; &#224; quitter rapidement Khartoum. J'ai essay&#233; de trouver un lieu d&#233;cent pour ma famille, de la nourriture et un travail pour payer le loyer et assurer les autres d&#233;penses &#187;, t&#233;moigne le caricaturiste &#226;g&#233; de 46 ans et finalement r&#233;fugi&#233; avec ses proches en &#201;gypte au bout d'un long voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nader a retrouv&#233; la force de r&#233;sister en militant du c&#244;t&#233; de la paix. Dans une publication de Khartoon Mag datant du 25 avril, il &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Devant moi se trouve une caricature repr&#233;sentant un &#233;norme crocodile essayant d'avaler un peintre. Ce dernier a mis son crayon dans le sens inverse des m&#226;choires [du reptile, qui] ne peut plus l'attaquer. Ce que je veux dire, c'est que peu importe la grandeur de la machine de guerre, elle peut s'arr&#234;ter si nos modestes efforts sont plac&#233;s au bon endroit.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Il se r&#233;f&#232;re &#224; une &#339;uvre du dessinateur fran&#231;ais Plantu, qui avait effectu&#233; une visite en 2009 dans les locaux du journal soudanais o&#249; travaillait alors Nadir. Comme un clin d'&#339;il, un des dessins qui illustrent l'article repr&#233;sente le visage d'un soldat belliqueux vers lequel sont point&#233;s deux pistolets qui ne risquent pas de tuer : deux colombes sont nich&#233;es dans leurs canons. &#192; c&#244;t&#233; de son travail pour le magazine en ligne, Nader a r&#233;alis&#233; un livre, Salam Salah (&#171; Paix et Arme &#187;) &#224; para&#238;tre prochainement, regroupant une trentaine de dessins visant &#224; documenter les &#233;tapes du conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'&#234;tre emport&#233;s par la guerre et de s'engager pour la paix, nombreux ont &#233;t&#233; les membres de Khartoon Mag &#224; avoir mis leur art au service de la cause r&#233;volutionnaire. En f&#233;vrier 2019, Nader avait &#233;t&#233; sollicit&#233; pour cr&#233;er une association regroupant les caricaturistes. Une page Facebook, &#171; Les caricatures de la r&#233;volution soudanaise &#187;, regroupant tous les dessins autour du soul&#232;vement avait vu le jour. Internet et les r&#233;seaux sociaux ont &#233;t&#233; de v&#233;ritables bulles d'air durant cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tous connect&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Nadir, Osman fait partie de ces caricaturistes soudanais qui vivent de leur art depuis plus d'une dizaine d'ann&#233;es. Il a connu le contr&#244;le syst&#233;matique des services de renseignements du r&#233;gime d'Omar al-Bachir et la censure au sein des r&#233;dactions. &#171; Apr&#232;s la chute d'Al-Bachir, c'est vrai qu'il y a eu une sorte de libert&#233; d'expression, nous avons essay&#233; de la conserver, mais nous avons &#233;chou&#233;. Pendant la p&#233;riode de transition, m&#234;me quand il y avait des civils au pouvoir, il y avait encore des pressions en interne &#187;, se rem&#233;more le dessinateur, aujourd'hui exil&#233; en Ouganda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'&#233;tat de peur qui persistait &#224; cette &#233;poque, Ahmed Mahgoub a constat&#233; un int&#233;r&#234;t renouvel&#233; de l'opinion publique pour la politique. Il a &#233;t&#233; &#224; l'origine en 2015 de la premi&#232;re maison &#233;dition consacr&#233;e enti&#232;rement &#224; la bande dessin&#233;e pour jeunes adultes, Kanoon Al Fan. &#171; Nous avons donn&#233; la possibilit&#233; &#224; de nombreux artistes d'&#234;tre publi&#233;s, d'&#234;tre visibles &#224; l'international en participant &#224; des foires. Leur niveau de confiance s'est am&#233;lior&#233; &#187;, estime le trentenaire. Une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'artistes a &#233;t&#233; form&#233;e. &#171; Auparavant, les contributeurs se concentraient davantage sur des sujets sociaux, et l&#224; tout le monde voulait entendre parler de politique et de la r&#233;volution. &#187; De nouveaux th&#232;mes sont apparus, tels que le racisme. Ben pense que la r&#233;volution, en &#233;veillant les consciences, est &#171; l'une des meilleures choses qui soient arriv&#233;es au Soudan et &#224; sa jeunesse &#187;. &#171; Je suis devenu un artiste politique plus que de divertissement &#187;, dit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kanoon Al Fan et d'autres initiatives ont cess&#233;, mais les dessinateurs n'ont pas disparu. Khartoon Mag illustre la r&#233;silience de la communaut&#233; artistique soudanaise. &#171; Je me suis toujours battu pour un Soudan o&#249; je pourrais vivre. Avec la guerre, je lutte pour un meilleur Soudan pour mes enfants &#187;, t&#233;moigne Khalid, avant de conclure : &#171; C'est pour le monde, pas seulement pour le Soudan, nous sommes tous connect&#233;s. Si le Soudan va mieux, le Tchad ira mieux, l'&#201;gypte aussi. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;******&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-manage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/center&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
