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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les racines rouges de Hayao Miyazaki</title>
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		<dc:creator>Owen Hatherley</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Le Studio Ghibli, connu notamment &#224; travers les &#339;uvres de Hayao Miyazaki, n'est pas le Disney japonais, mais l'anti-Disney. Con&#231;us par des animateurs issus du mouvement communiste japonais, ses films c&#233;l&#232;brent le travail cr&#233;atif et la solidarit&#233; humaine contre le capitalisme et la guerre. &lt;br class='autobr' /&gt; 4 septembre 2024 | tir&#233; de contretemps.eu https://www.contretemps.eu/racines-rouges-hayao-miyazaki-japon-communisme-anticapitalisme-guerre/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Les racines de l'un des studios d'animation les plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/bd_japonais-b9257.png?1781779522' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Studio Ghibli, connu notamment &#224; travers les &#339;uvres de Hayao Miyazaki, n'est pas le Disney japonais, mais l'anti-Disney. Con&#231;us par des animateurs issus du mouvement communiste japonais, ses films c&#233;l&#232;brent le travail cr&#233;atif et la solidarit&#233; humaine contre le capitalisme et la guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;4 septembre 2024 | tir&#233; de contretemps.eu&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/racines-rouges-hayao-miyazaki-japon-communisme-anticapitalisme-guerre/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/racines-rouges-hayao-miyazaki-japon-communisme-anticapitalisme-guerre/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les racines de l'un des studios d'animation les plus prosp&#232;res de ces derni&#232;res d&#233;cennies se trouvent chez Toei Doga, le d&#233;partement d'animation de l'une des plus grandes soci&#233;t&#233;s cin&#233;matographiques du Japon. Au milieu des ann&#233;es 1960, les conditions de travail dans le secteur &#233;taient brutales, les &#233;quipes d'animateurs produisant des centaines de dessins par jour pour des dessins anim&#233;s t&#233;l&#233;vis&#233;s tels qu'Astro Boy (Astro le petit robot).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;lais de fabrication &#233;taient courts et la qualit&#233; n'avait aucune importance ; au moins un animateur est d'ailleurs mort au travail. Les jeunes animateurs Hayao Miyazaki (1941-) et Isao Takahata (1935-2018) comptaient parmi les d&#233;l&#233;gu&#233;s syndicaux les plus en vue du studio Toei. Il existe une photographie montrant le jeune Miyazaki, m&#233;gaphone &#224; la main, &#224; la t&#234;te d'une gr&#232;ve. Vingt ans plus tard, Miyazaki et Takahata fonderont ensemble leur propre studio, le Studio Ghibli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghibli devait &#234;tre tout ce que les studios existants n'&#233;taient pas, m&#234;me s'il restait d&#233;di&#233; &#224; l'&#233;laboration de divertissements populaires. Ses animations fluides et riches d&#233;crivent ouvertement les dangers de la destruction de l'environnement, de la guerre et du capitalisme, mais flottent en quelque sorte &#8211; comme son h&#233;ros, le &#171; cochon rouge &#187; Porco Rosso &#8211; sous le radar politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miyazaki ne pouvait s'emp&#234;cher de d&#233;clarer : &#171; Je dois dire que je d&#233;teste les &#339;uvres de Disney &#187;, alors m&#234;me que Ghibli signait en 1996 un accord de distribution &#224; l'&#233;tranger avec le conglom&#233;rat multinational. Les films de Ghibli ne sont jamais propagandistes, mais, dans leur d&#233;contraction, ils ont donn&#233; naissance &#224; une forme tr&#232;s particuli&#232;re d'&#233;cosocialisme. Miyazaki et Takahata font partie des quelques cin&#233;astes marxistes que le militant socialiste William Morris (1834-1896) aurait reconnu comme des &#226;mes s&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps, l'orientation politique de Ghibli n'a jamais &#233;t&#233; un secret. En 1995, le r&#233;alisateur de Patlabor et de Ghost in the Shell, Mamoru Oshii, (1951) issu de la Nouvelle Gauche libertaire, a qualifi&#233; Takahata de &#171; stalinien &#187;, Miyazaki de &#171; quelque peu trotskiste &#187; et le studio Ghibli de &#171; Kremlin &#187;. Le studio Toei, comme beaucoup de studios dans les ann&#233;es 60, &#233;tait en grande partie contr&#244;l&#233; par le Parti Communiste Japonais, et bien que Miyazaki ait d&#233;clar&#233; n'avoir jamais &#233;t&#233; un membre cotisant, il ne fait aucun doute que Takahata et lui &#233;taient des compagnons de route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve quelques r&#233;f&#233;rences malicieuses &#224; ce sujet dans leurs films. L'as de l'aviation de Porco Rosso (1992), par exemple, refuse de s'engager dans l'arm&#233;e de l'air sous Benito Mussolini &#8211; d&#233;clarant &#171; mieux vaut &#234;tre un cochon qu'un fasciste &#187; &#8211; et dans une sc&#232;ne, son amante Gina chante l'hymne de la Commune de Paris &#171; Le Temps des Cerises &#187;. Mais la vision politique de Ghibli se manifeste surtout dans ses &#339;uvres qui traitent de la campagne, au Japon et ailleurs, qui appara&#238;t &#224; la fois comme un r&#234;ve et un cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ghibli est bas&#233;e &#224; Tokyo, la plus grande m&#233;tropole du monde, et c'est peut-&#234;tre l'absence d'une &#171; campagne &#187; proche qui en fait un tel centre d'int&#233;r&#234;t pour le travail du studio. Dans Mon voisin Totoro (1988), les cr&#233;atures d'une for&#234;t fantasm&#233;e et transfigur&#233;e aident &#224; consoler deux enfants de la ville dont la m&#232;re est soign&#233;e pour une maladie chronique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'un des mondes oniriques les plus politiquement r&#233;v&#233;lateurs de Ghibli appara&#238;t dans le pr&#233;c&#233;dent Le ch&#226;teau dans le ciel (1986), dans lequel un gar&#231;on d'un village minier se retrouve &#224; explorer la citadelle flottante d&#233;truite d'une soci&#233;t&#233; de haute technologie devenue obsol&#232;te que se disputent des aristocrates malveillants. Les paysages du film sont directement inspir&#233;s de la visite de Miyazaki et Takahata dans le sud du Pays de Galles en 1985.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant l'intention de r&#233;aliser un film sur la r&#233;volution industrielle, ils se sont embarqu&#233;s pour un voyage de recherche dans les Vall&#233;es (South Wales Velleys), une r&#233;gion aux &#233;tranges paysages ruraux et industriels o&#249; les maisons en terrasse sont entrecoup&#233;es de montagnes, de mines et d'usines sid&#233;rurgiques. Pour quiconque conna&#238;t les Valleys, le film est plut&#244;t inqui&#233;tant, mais le sud du Pays de Galles n'a pas &#233;t&#233; qu'une simple source d'inspiration visuelle. Le hasard a voulu qu'ils s'y trouvent au lendemain de la gr&#232;ve des mineurs de 1984-85. L'ann&#233;e suivante, Miyazaki a exprim&#233; son admiration pour le &#171; v&#233;ritable sens de la solidarit&#233; &#187; qu'il a trouv&#233; dans les villages miniers, et le film en est clairement inspir&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme leur film pr&#233;c&#233;dent, la fable &#233;cologique post-apocalyptique Nausica&#228; de la vall&#233;e du vent (1984), Le Ch&#226;teau dans le ciel est l'affirmation d'une vision particuli&#232;re de la nature et d'une vision particuli&#232;re du travail. Ghibli, malgr&#233; le grotesque de certains de ses films, n'a jamais cherch&#233; &#224; &#234;tre branch&#233; ou odieux. Parlant en 1982 de son rejet de la vague de bandes dessin&#233;es nihilistes gekiga d'apr&#232;s 1968, Miyazaki a expliqu&#233; qu'il avait d&#233;cid&#233; qu'il &#233;tait &#171; pr&#233;f&#233;rable d'exprimer de mani&#232;re honn&#234;te que ce qui est bon est bon, que ce qui est joli est joli et que ce qui est beau est beau &#187;. Le travail manuel est l'une des choses que Miyazaki et Takahata pr&#233;sentent constamment comme belles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fonderies du Ch&#226;teau dans le ciel aux ouvri&#232;res qui assemblent des avions dans Porco Rosso, les films Ghibli regorgent d'images de personnes en train de fabriquer des objets. Les films peuvent facilement &#234;tre caricatur&#233;s comme &#233;tant anti-technologiques, &#233;tant donn&#233; la quantit&#233; de destruction &#233;cologique qu'ils d&#233;peignent, en particulier avec les films plus r&#233;cents comme Ponyo sur la falaise (2008) qui traitent explicitement du changement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le Studio Ghibli adh&#232;re davantage &#224; une distinction inspir&#233;e par William Morris entre &#171; travail utile &#187; et &#171; labeur inutile &#187;, ce dernier &#233;tant illustr&#233; de mani&#232;re particuli&#232;rement m&#233;morable dans le travail sans fin, digne du purgatoire et organis&#233; de mani&#232;re despotique du film Le voyage de Chihiro (2001). En 1979, Miyazaki a critiqu&#233; les s&#233;ries de robots mecha pour lesquelles le Japon commen&#231;ait &#224; &#234;tre connu &#224; l'&#233;tranger, en raison de l'approche in&#233;vitablement juv&#233;nile et ali&#233;n&#233;e de la technologie dans ce genre. Il pr&#233;f&#233;rait que &#171; le protagoniste se batte pour construire sa propre machine, qu'il la r&#233;pare lorsqu'elle tombe en panne et qu'il doive la faire fonctionner lui-m&#234;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La faire fonctionner lui-m&#234;me &#187;. C'est exactement ce que font les gens dans les films de Ghibli, s'exprimant &#224; travers le travail qu'ils font avec leurs mains. Les films de Miyazaki peuvent t&#233;moigner &#224; la fois d'une admiration pour les r&#233;alisations du travail humain et d'une horreur pour leurs cons&#233;quences, comme dans Le vent se l&#232;ve (2013), un film d'&#233;poque situ&#233; dans les ann&#233;es 1930 qui d&#233;peint avec amour le d&#233;veloppement et la construction de l'avion Mitsubishi A6M et montre comment il a &#233;t&#233; utilis&#233; par l'imp&#233;rialisme japonais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Takahata est rest&#233; marxiste jusqu'&#224; sa mort en 2018, tandis que Miyazaki a perdu la foi dans les ann&#233;es 1990 alors qu'il achevait la version manga de Nausica&#228; de la vall&#233;e du vent. Selon les termes de Miyazaki, il a &#171; fait l'exp&#233;rience de ce que certains pourraient consid&#233;rer comme une capitulation politique &#187;, c'est-&#224;-dire qu'il a d&#233;cid&#233; &#171; que le marxisme &#233;tait une erreur &#187;. Il souligne que cela n'a rien &#224; voir avec des &#233;v&#233;nements politiques ou personnels, mais qu'il s'agit plut&#244;t d'un rejet philosophique du romantisme ouvri&#233;riste &#8211; &#171; les masses sont capables de faire un nombre infini de choses stupides &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; &#8211; et d'un rejet du &#171; mat&#233;rialisme marxiste &#187; et de la philosophie du progr&#232;s mat&#233;riel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Miyazaki lui-m&#234;me a r&#233;sum&#233; son parcours politique en disant qu'il &#233;tait &#171; redevenu un vrai simple d'esprit &#187;. Le fait d'&#234;tre copropri&#233;taire d'une entreprise &#224; succ&#232;s soutenue par Disney n'y est peut-&#234;tre pas &#233;tranger. Bien que les conditions de travail chez Ghibli soient r&#233;put&#233;es bien meilleures que dans la plupart des studios d'animation japonais, il s'agit toujours d'une entreprise capitaliste, qui gagne des millions gr&#226;ce aux produits d&#233;riv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, Miyazaki et le Studio Ghibli ont conserv&#233; un d&#233;go&#251;t pour la guerre &#8211; il n'y a peut-&#234;tre pas de plus grand film anti-guerre que Le tombeau des lucioles (1988) de Takahata &#8211; et pour l'imp&#233;rialisme. La repr&#233;sentation des fascismes japonais et allemand dans Le vent se l&#232;ve (2013) a suscit&#233; la col&#232;re des nationalistes japonais, tandis que le f&#233;roce Le ch&#226;teau ambulant (2004), le dernier v&#233;ritable chef-d'&#339;uvre de Miyazaki, a canalis&#233; la &#171; rage &#187; du r&#233;alisateur face &#224; la guerre en Irak, durant laquelle il a refus&#233; de se rendre aux &#201;tats-Unis. Le ch&#226;teau de ce film, une machine organique, changeante et r&#233;active, est l'une des images les plus puissantes de Miyazaki d'une technologie non ali&#233;n&#233;e. De m&#234;me, Miyazaki ne s'est jamais, au moins sur le plan philosophique, r&#233;concili&#233; avec le capitalisme : Le voyage de Chihiro regorge d'images horribles de l'exploitation industrielle et de la domination des classes sous l'apparence d'une fantaisie enfantine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les subtilit&#233;s de la vision de Ghibli sur le d&#233;veloppement peuvent &#234;tre mieux per&#231;ues dans certains de ses films les plus calmes. Deux films des ann&#233;es 1990 se d&#233;roulent dans la ville nouvelle de Tama, un projet de d&#233;veloppement pilot&#233; par l'&#201;tat qui a ras&#233; d'immenses pans de campagne &#224; l'ext&#233;rieur de Tokyo dans les ann&#233;es 1970 : Pompoko et Si tu tends l'oreille. Pompoko, sorti en 1994, est une &#233;cocritique &#224; la mani&#232;re de ce que l'on peut attendre de Ghibli, dans laquelle les tanuki, les chiens viverrins consid&#233;r&#233;s dans le folklore japonais comme ayant une double vie, &#224; la fois animaux ordinaires et dot&#233;s de pouvoirs magiques comme la m&#233;tamorphose, complotent pour emp&#234;cher la construction de la ville nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'une merveilleuse farce et d'une description plus optimiste des r&#233;volutionnaires non humains que tout ce qu'a pu &#233;crire George Orwell. Mais Tama, une fois sortie de terre, est le cadre de la romance adolescente apparemment ordinaire de Si tu tends l'oreille, sorti en 1995. Une jeune fille qui vit dans une cit&#233; danchi &#8211; les logements sociaux construits en grand nombre &#224; Tama &#8211; a le b&#233;guin pour un gar&#231;on qui vit en amont, dans un quartier plus ancien et plus ais&#233; de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'antagonisme des classes et l'attirance entre les deux, assist&#233;s par un chat fant&#244;me anthropomorphique, sont d&#233;crits sans amertume, et le paysage urbain est dessin&#233; avec amour et pr&#233;cision : une image de la modernit&#233; japonaise elle-m&#234;me comme quelque chose de doux et d'humain. Cela refl&#232;te peut-&#234;tre le rejet par Miyazaki de la lutte des classes, mais cela fait &#233;galement partie de sa r&#233;action au nihilisme sous toutes ses formes. Ici aussi, dans le paysage moderne, ce qui est beau est beau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film le plus dialectique du studio Ghibli, et le plus subtilement marxien, est Souvenirs goutte &#224; goutte (1991) d'Isao Takahata. Dans ce film, Taeko, une femme approchant la trentaine et insatisfaite de sa vie &#224; Tokyo, se rend dans un village pour aider &#224; la r&#233;colte. Un jeune ouvrier agricole la conduit &#224; travers le paysage, avec ses rivi&#232;res, ses champs, ses marais et ses for&#234;ts, tous anim&#233;s avec amour dans des d&#233;tails luxuriants et m&#233;ticuleux. Elle le contemple avec &#233;merveillement, exprimant son admiration pour la &#171; nature &#187;. Un film de Disney en resterait l&#224;, mais pas Ghibli. Le fermier, souriant mais quelque peu m&#233;prisant, insiste sur le fait que tout ce qu'elle peut voir est le r&#233;sultat du travail humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semblant paraphraser The Country and the City du marxiste gallois du sud Raymond Williams (1912-1988), il lui dit que &#171; les citadins voient les arbres et les rivi&#232;res et sont reconnaissants &#224; la &#171; nature &#187; &#187;. Mais &#171; chaque parcelle a son histoire, pas seulement les champs et les rizi&#232;res. L'arri&#232;re-arri&#232;re-grand-p&#232;re de quelqu'un l'a plant&#233; ou d&#233;frich&#233; &#187;. &#192; la fin du film, Taeko d&#233;cide de rester dans le village, pr&#233;cis&#233;ment parce que son exp&#233;rience a &#233;t&#233; celle d'un travail au sein d'une communaut&#233; plut&#244;t que celle d'une spectatrice et d'une contemplatrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mondes imaginaires du Studio Ghibli sont des paysages de production et des espaces de solidarit&#233;, et voici, dans son film le plus r&#233;aliste, une petite image d'une v&#233;ritable utopie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Owen Hatherley est le r&#233;dacteur de la rubrique Culture de Jacobin et l'auteur de plusieurs ouvrages, dont Red Metropolis : Socialism and the Government of London.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; initialement par Jacobin. Traduit par Christian Dubucq pour Contretemps.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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