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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le chemin parcouru. Enlev&#233;es et disparues : violences sexuelles et m&#233;moire historique</title>
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		<dc:date>2025-03-11T07:23:10Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nuria Alabao</dc:creator>


		<dc:subject>Argentine</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2025-03-11</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'exercice de reconstruction du pass&#233; dans le livre &#171; The Call &#187; de Leila Guerriero permet de comprendre la port&#233;e des avanc&#233;es f&#233;ministes dans la reconnaissance sociale du viol. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces derniers temps, nous avons assist&#233; &#224; une certaine ambivalence de nos r&#233;alisations dans la lutte contre les violences sexuelles. D'une part, la r&#233;&#233;dition #MeToo de ces derniers mois embrouille plus qu'elle ne contribue, du fait de son instrumentalisation dans des guerres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Argentine-+" rel="tag"&gt;Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-03-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-03-11&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L89xH150/argentine-2-60fc6.jpg?1781529865' class='spip_logo spip_logo_right' width='89' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'exercice de reconstruction du pass&#233; dans le livre &#171; The Call &#187; de Leila Guerriero permet de comprendre la port&#233;e des avanc&#233;es f&#233;ministes dans la reconnaissance sociale du viol.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/03/05/le-chemin-parcouru-enlevees-et-disparues-violences-sexuelles-et-memoire-historique/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers temps, nous avons assist&#233; &#224; une certaine ambivalence de nos r&#233;alisations dans la lutte contre les violences sexuelles. D'une part, la r&#233;&#233;dition #MeToo de ces derniers mois embrouille plus qu'elle ne contribue, du fait de son instrumentalisation dans des guerres partisanes. D'autre part, nous avons r&#233;ussi &#224; mettre les violences sur le devant de la sc&#232;ne et &#224; pointer des abus pass&#233;s sous silence, non sans d'importants d&#233;saccords f&#233;ministes sur la meilleure fa&#231;on d'y rem&#233;dier. Toutefois, au-del&#224; des d&#233;bats en cours, cette semaine des 8M est &#233;galement l'occasion de regarder en arri&#232;re et de reconna&#238;tre le chemin parcouru. Il est bon de se rappeler que les fronti&#232;res de ce que nous identifions aujourd'hui comme des violences sexuelles ont boug&#233;, et ce gr&#226;ce aux f&#233;minismes et aux femmes qui, apr&#232;s en avoir souffert, en ont parl&#233; publiquement malgr&#233; toutes les difficult&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre magistral de Leila Guerriero, La llamada (Anagrama, 2024), a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; largement comment&#233; dans la presse, mais j'y reviens parce qu'il offre des le&#231;ons importantes et un point de comparaison qui nous permet de percevoir clairement ces avanc&#233;es. La llamada raconte la biographie de l'Argentine Silvia Labayru, une gu&#233;rillera montonera qui, &#224; l'&#226;ge de vingt ans et enceinte de cinq mois, a &#233;t&#233; enlev&#233;e, tortur&#233;e, viol&#233;e et forc&#233;e de travailler pour ses ravisseurs au service de la dictature militaire. Quelques mois apr&#232;s le coup d'&#201;tat &#8211; 1976 &#8211; elle a &#233;t&#233; captur&#233;e et emmen&#233;e &#224; l'ESMA, l'&#201;cole de m&#233;canique navale, o&#249; fonctionnait un centre de d&#233;tention clandestin, o&#249; des milliers de personnes ont &#233;t&#233; tortur&#233;es et assassin&#233;es. Dans ce lieu de terreur, elle a accouch&#233; sur une table d'une petite fille qui, une semaine plus tard, a &#233;t&#233; remise &#224; ses grands-parents paternels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout le livre, entre le quotidien le plus banal et le r&#233;cit de l'horreur, r&#233;pond &#224; la question de savoir comment on peut continuer &#224; vivre apr&#232;s cette exp&#233;rience ; car on continue &#224; vivre &#8211; ce qui est souvent oubli&#233; dans les r&#233;cits m&#233;diatiques de terreur sexuelle, qui relatent g&#233;n&#233;ralement les viols comme si, apr&#232;s cet &#233;v&#233;nement, les femmes devaient &#234;tre irr&#233;m&#233;diablement ab&#238;m&#233;es. Mais on continue &#224; vivre, m&#234;me dans ce cas, que nous prenons comme un exemple, un exemple extr&#234;me. Cependant, Labayru elle-m&#234;me se rebelle contre l'id&#233;e que toute sa biographie devrait &#234;tre lue &#224; la lumi&#232;re de ce moment. Non seulement la r&#233;ponse de la protagoniste est complexe, mais l'autrice a r&#233;ussi &#224; faire en sorte que l'histoire ait tellement de facettes qu'il est impossible qu'elle ne transperce pas certaines certitudes. Oui, c'est une &#339;uvre qui fait chavirer, la meilleure fa&#231;on, peut-&#234;tre, de r&#233;fl&#233;chir en profondeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Les violences sexuelles sont consid&#233;r&#233;es comme faisant partie de la torture et n'ont &#233;t&#233; reconnues comme un crime qu'en 2010 &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence sexuelle faisait partie int&#233;grante de la torture syst&#233;matiquement appliqu&#233;e &#224; l'ESMA. &#171; &lt;i&gt;Nos corps &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme un butin de guerre&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare Labayru dans l'un des proc&#232;s contre la dictature. Cependant, bien que le premier proc&#232;s ait eu lieu en 1985, les violences sexuelles ont &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;es comme faisant partie de la torture et n'ont &#233;t&#233; sp&#233;cifiquement reconnues comme un crime qu'en 2010. En fait, bien que la protagoniste ait sugg&#233;r&#233; qu'elle avait &#233;t&#233; viol&#233;e, elle explique que lors de ces proc&#232;s, on ne lui a jamais demand&#233; de d&#233;tails sur les viols. Il semble que ce ne soit pas si important &#224; l'&#233;poque. Une autre des victimes de repr&#233;sailles, Bettina Ehrenhaus, explique dans le livre : &#171; &lt;i&gt;Nous nous sommes dit&lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;Ce n'est qu'une autre &#233;ventualit&#233;, ce que nous devons faire, c'est sauver nos vies. Et si cela m'arrivait dans la rue, c'est la m&#234;me chose. Je ne risquerais pas ma vie parce que j'ai &#233;t&#233; viol&#233;e. On survit. Le fait d'&#234;tre d&#233;shabill&#233;e &#233;tait un probl&#232;me mineur. Aujourd'hui, je ne consid&#232;re pas cela comme un probl&#232;me mineur, mais &#224; l'&#233;poque, c'&#233;tait le cas &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, 1980 ou 1990, il &#233;tait encore plus difficile de parler publiquement de ces questions qu'aujourd'hui. &#171; A l'&#233;poque, d&#233;noncer un viol &#233;tait doublement condamn&#233;. Dans le monde militant, le fait que l'on kidnappe des femmes et que l'on d&#233;nonce le viol portait atteinte au moral r&#233;volutionnaire, &#224; l'image des Montoneros &#187;, explique Labayru. Elle explique le cas de Sara Solarz de Osatinsky, l'&#233;pouse d'un membre de la direction de l'organisation, assassin&#233;e avec ses deux enfants. Lorsque, lors d'un des premiers proc&#232;s, elle a expliqu&#233; les viols qu'elle avait subis pendant des mois &#224; l'ESMA, ses propres coll&#232;gues &#171; &lt;i&gt;ont voulu l'engloutir parce qu'elle avait sali le nom d'Osatinsky &lt;/i&gt; &#187;, explique Mme Labayru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les plus de 5 000 personnes pass&#233;es par l'ESMA, 90% ont &#233;t&#233; assassin&#233;es. Un petit nombre a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;, le plus souvent parce qu'elles &#233;taient contraintes de travailler pour la dictature &#8211; dans la presse ou la falsification de documents, entre autres &#8211; dans l'espace m&#234;me o&#249; leurs camarades &#233;taient tortur&#233;es. Le m&#233;canisme &#233;tait furieusement pervers. Celles qui survivaient devaient faire face aux doutes de leurs propres camarades : et celle-ci, pourquoi a-t-elle &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e ? Le mot &#171; trahison &#187; est un th&#232;me r&#233;current dans les rencontres des exil&#233;es. Apr&#232;s tout, elles avaient travaill&#233; pour les militaires afin de survivre, c'&#233;tait du travail d'esclave, mais ensuite, dit Labayru, ce n'&#233;tait pas si clair. La forme la plus r&#233;pandue de cette condamnation des survivantes &#233;tait l'accusation, voil&#233;e ou non, d'avoir consenti &#224; avoir des relations sexuelles avec les militaires pour sauver leur vie, ou encore d'avoir eu des relations affectives avec eux. &#171; &lt;i&gt;C'est vrai que tu sortais avec Tigre Acosta [l'un des patrons de l'ESMA]&lt;/i&gt; &#187;, a d&#233;clar&#233; plus tard un c&#233;l&#232;bre pr&#233;sentateur de t&#233;l&#233;vision &#224; l'une des d&#233;tenues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation &#233;tait &#233;galement particuli&#232;rement tordue, car si certaines ont &#233;t&#233; viol&#233;s alors qu'elles &#233;taient attach&#233;s &#224; l'ESMA, d'autres ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de sortir d&#238;ner ou d'aller &#224; l'h&#244;tel et d'avoir des relations sexuelles avec eux dans le cadre de leur processus de &#171; r&#233;tablissement &#187;. C'est ainsi que l'arm&#233;e appelait la fiction selon laquelle elle r&#233;&#233;duquait ces femmes pour les d&#233;barrasser de leurs id&#233;es gauchistes et de leur militantisme afin de les &#171; r&#233;ins&#233;rer &#187; dans la soci&#233;t&#233;. Dans le cadre de ce processus, on demandait &#224; certaines femmes d'accepter d'avoir des relations avec eux, de faire semblant d'&#234;tre leurs flirts ou leurs petites amies. Labayru a non seulement quitt&#233; sa cellule pour rencontrer dans des h&#244;tels Alberto Eduardo Gonz&#225;lez, &#171; Gato &#187;, son interrogateur pendant la torture, mais elle s'est &#233;galement rendue dans la maison du militaire o&#249; elle a &#233;galement &#233;t&#233; forc&#233;e d'avoir des relations sexuelles avec sa femme. &#171; &lt;i&gt;Et ce viol par sa femme, je n'ai pas os&#233; en parler &#224; qui que ce soit. Non seulement cela, mais j'avais du mal &#224; comprendre qu'elle &#233;tait aussi une violeuse&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aujourd'hui nous pensons que les femmes viol&#233;es sont souvent soup&#231;onn&#233;es d'avoir provoqu&#233; le viol, de ne pas avoir suffisamment r&#233;sist&#233;, dans ces ann&#233;es-l&#224;, le sentiment &#233;tait &#233;crasant. Tout cela rendait encore plus difficile la compr&#233;hension de ce qui se passait avec les viols. Labayru ose &#233;galement affronter le tabou de l'&#233;ventuel plaisir ressenti lors de l'agression : &#171; Il y a beaucoup de pudibonderie &#224; ce sujet, &#224; savoir que les viols doivent n&#233;cessairement impliquer de la violence, un sentiment de d&#233;go&#251;t et qu'il ne peut y avoir aucune forme de plaisir. Et vous dites : &#171; Ecoutez, m&#234;me si vous avez eu du plaisir, m&#234;me si vous avez eu quarante-huit orgasmes, c'est quand m&#234;me un viol &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Si nous voulons conserver le consentement, la possibilit&#233; de dire non est un horizon ind&#233;passable. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand on ne peut pas dire non&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment r&#233;pondre &#224; une question fr&#233;quente &#224; l'&#233;poque, mais qui perdure encore aujourd'hui : avez-vous r&#233;sist&#233; ? Comment avez-vous pu r&#233;sister dans un camp de torture et d'extermination ? Labayru est claire : &#171; &lt;i&gt;Le fait qu'ils ne vous aient pas tortur&#233;e lors du viol ne signifie pas qu'il ne s'agissait pas de viols, car ils vous forcent &#224; faire quelque chose en vous kidnappant et en vous mena&#231;ant de mort. Cela n'a pas d'autre nom que le viol, mais c'est difficile &#224; comprendre, m&#234;me pour les personnes enlev&#233;es elles-m&#234;mes&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Nous n'avions pas non plus la certitude que ce qui s'&#233;tait pass&#233; &#233;tait un viol. Nous avons commenc&#233; &#224; nous demander dans quelle mesure je ne m'&#233;tais pas prostitu&#233;e. Mais on ne d&#233;cide de rien l&#224;-dedans. Dans un camp de concentration, il n'y a pas de consentement &lt;/i&gt; &#187;, dit-elle. Nombre d'entre elles ont d&#251; porter la culpabilit&#233; pendant longtemps par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats sur le consentement qui ont eu lieu au cours des derni&#232;res d&#233;cennies ont d&#233;plac&#233; la fronti&#232;re de la violence sexuelle pour &#233;tablir clairement que si vous ne pouvez pas dire non, il s'agit d'un viol. Aujourd'hui, personne ne douterait que ce qui s'est pass&#233; est un viol &#8211; presque personne ? Mais cette affaire illustre bien les objections &#224; la formule magique du &#171; oui, c'est oui &#187;, capable d'effacer toutes les ambigu&#239;t&#233;s ou complexit&#233;s de la preuve.&lt;i&gt; Elles ont dit oui, mais pouvaient-elles dire non ? Aucun pas du &#171; non &#187; vers le &#171; oui &#187; ne r&#233;sout le probl&#232;me. La seule chose qui rend le oui libre, la seule chose qui le rend r&#233;versible, la seule chose qui le distingue d'un oui d'esclave, c'est qu'il est possible de dire &#8216;non'. Si nous voulons pr&#233;server le consentement, si nous nous y engageons, alors la possibilit&#233; de dire non est un horizon ind&#233;passable &lt;/i&gt; &#187;, explique Clara Serra dans El sentido de consentir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Labayru elle-m&#234;me, dans La llamada, cite In&#233;s Hercovich, une chercheuse qui, apr&#232;s avoir interrog&#233; de nombreuses victimes de viol, a soutenu que les femmes viol&#233;es acceptent en quelque sorte un &#233;change dans lequel elles abandonnent leur vagin ou une autre partie de leur corps pour survivre, ou pour le faire avec le moins de dommages possibles. &#171; &lt;i&gt;La mort qui plane autour de la sc&#232;ne, l'isolement qui les fait se sentir impuissantes, perturbent les significations des actions, et les codes habituels pour comprendre qu'ils ne sont plus utiles. Sous la menace de la mort, consentir c'est r&#233;sister&lt;/i&gt; &#187;, explique Hercovich. Il s'agit peut-&#234;tre d'une approche quelque peu inhabituelle, mais qui tente de souligner que la passivit&#233; apparente dont certaines femmes peuvent faire preuve dans une telle situation &#8211; leur immobilit&#233;, le fait qu'elles ne &#171; r&#233;sistent &#187; pas &#8211; est n&#233;anmoins un signe d'action, une perspective qui peut les aider &#224; surmonter la culpabilit&#233; qu'elles ressentent souvent de ne pas avoir r&#233;sist&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce n'est qu'en 1999 que la possibilit&#233; de viol conjugal a &#233;t&#233; incluse dans le code p&#233;nal argentin (1995 en Espagne) &#187;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fallait que la soci&#233;t&#233; change pour qu'il soit possible de d&#233;noncer&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier proc&#232;s pour des crimes de violence sexuelle commis &#224; l'ESMA a eu lieu en 2014, vingt ans apr&#232;s le premier proc&#232;s de la junte militaire. Labayru, ainsi que Mabel Lucrecia Luisa Zanta et Mar&#237;a Rosa Paredes, &#233;taient les plaignantes dans cette affaire. Les accus&#233;s ont &#233;t&#233; condamn&#233;s pour ce crime, bien qu'ils aient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; condamn&#233;s auparavant et qu'ils aient accumul&#233; plusieurs condamnations &#224; perp&#233;tuit&#233; pour des crimes contre l'humanit&#233;. Pour la premi&#232;re fois, il y a eu une reconnaissance claire et publique de ce qui s'&#233;tait pass&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il a fallu du temps pour que la soci&#233;t&#233; accepte les t&#233;moignages des victimes avec un regard diff&#233;rent. Ils ont d&#251; cesser de nous accuser d'&#234;tre des tra&#238;tres, des collaboratrices, des agentes des services, des putes &lt;/i&gt; &#187;, dit la protagoniste de L'Appel. Il a &#233;galement fallu que la soci&#233;t&#233; comprenne diff&#233;remment la violence sexuelle. Par exemple, ce n'est qu'en 1999 que la possibilit&#233; de viol au sein du mariage a &#233;t&#233; clairement incluse dans le code p&#233;nal argentin &#8211; en Espagne, en 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas si ce proc&#232;s aurait eu lieu dans les ann&#233;es 1990. Elle-m&#234;me ne se serait pas expos&#233;e de cette mani&#232;re il y a 20 ou 30 ans, parce que le proc&#232;s aurait &#233;t&#233; pour elle d'une terrible violence interrogatoire &#187;, affirme l'auteur du livre, Guerriero. Avec ce proc&#232;s, Labayru a senti qu'elle fermait un cycle : &#171; Je sais que j'ai eu une bonne vie. Je sais que j'ai eu une bonne vie et que j'ai encore une tr&#232;s bonne vie. Mais ils m'ont coup&#233; en deux. Oui, ces fils de pute m'ont coup&#233; en deux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Nuria Alabao&lt;br class='autobr' /&gt;
Journaliste et docteure en anthropologie sociale. Chercheuse sp&#233;cialis&#233;e dans le traitement des questions de genre dans la nouvelle extr&#234;me droite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://ctxt.es/es/20250301/Politica/48652/Nuria-Alabao&#8211;Leila-Guerriero-violacion-violencia-sexual-memoria-la-llamada.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ctxt.es/es/20250301/Politica/48652/Nuria-Alabao&#8211;Leila-Guerriero-violacion-violencia-sexual-memoria-la-llamada.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit avec DeepL.com (version gratuite)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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