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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La rupture de la coalition gouvernementale et le frein &#224; l'endettement</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-01-21</dc:subject>
		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; bien y regarder, un gouvernement de coalition qui ne visait qu'&#224; mettre en place de tr&#232;s modestes r&#233;formes sociales et environnementales n'a plus aucune chance d'y parvenir si le FDP en est partie prenante. Consid&#233;r&#233; sous l'angle de la strat&#233;gie de parti, le social-lib&#233;ralisme a fait son temps, pour autant qu'il reste une once de responsabilit&#233; sociale au SPD. C'est l&#224; tout le sens de la rupture de la coalition &#171; feu tricolore &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 15 janvier 2025 | tir&#233; du site inprecor.org (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/rupture_de_la_coalition_gouvernmentale-bef75.png?1781236303' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; bien y regarder, un gouvernement de coalition qui ne visait qu'&#224; mettre en place de tr&#232;s modestes r&#233;formes sociales et environnementales n'a plus aucune chance d'y parvenir si le FDP en est partie prenante. Consid&#233;r&#233; sous l'angle de la strat&#233;gie de parti, le social-lib&#233;ralisme a fait son temps, pour autant qu'il reste une once de responsabilit&#233; sociale au SPD. C'est l&#224; tout le sens de la rupture de la coalition &#171; feu tricolore &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;15 janvier 2025 | tir&#233; du site inprecor.org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/node/4538&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/node/4538&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue du FDP, sa participation &#224; la coalition des &#171; feux tricolore &#187; n'a pas &#233;t&#233; payante si l'on en juge par ses r&#233;sultats &#233;lectoraux. Le nouveau gouvernement est entr&#233; en fonction en octobre 2021. Depuis les &#233;lections r&#233;gionales de 2022, le parti n'a cess&#233; de perdre du terrain, d'abord au profit de la CDU/CSU, puis de l'AfD. L'&#233;toile des Verts n'est vraiment tomb&#233;e qu'en 2023 avec la d&#233;b&#226;cle de la loi sur le chauffage et le fiasco qui a suivi sur le financement des objectifs climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la loi sur le chauffage, le ministre de l'&#201;conomie Robert Habeck voulait amorcer le tournant thermique dans le domaine de l'habitat en rendant obligatoire l'installation de pompes &#224; chaleur. Le projet de loi n'avait pas suffisamment pris en compte les nombreuses situations particuli&#232;res qui existent dans ce domaine, il a suscit&#233; une temp&#234;te de protestations venues de diff&#233;rents c&#244;t&#233;s, o&#249; se m&#234;laient critiques fond&#233;es sur le plan pratique et refus de principe de toute r&#233;novation &#233;cologique. Les corrections apport&#233;es ult&#233;rieurement au projet de loi n'ont en rien pu emp&#234;cher la chute &#233;lectorale des Verts (entre 2 et 6,6 pour cent). D'autant moins que plus tard dans l'ann&#233;e, la Cour constitutionnelle f&#233;d&#233;rale a fait droit &#224; une contestation de la CDU. Celle-ci voulait emp&#234;cher que des cr&#233;dits non utilis&#233;s d'un montant de 60 milliards d'euros provenant de la dette non utilis&#233;e contract&#233;e lors de la crise de la Covid en 2021 &#224; un nouveau fonds pour le climat et la transformation de l'&#233;conomie. Or, le ministre Habeck comptait fermement sur cet argent pour financer ses investissements pr&#233;vus dans la protection du climat. Par la suite, la coalition n'a fait que passer en tr&#233;buchant d'une pol&#233;mique sur les trous budg&#233;taires &#224; une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la diminution des ressources budg&#233;taires, le chef du FDP Christian Lindner a vu son heure arriver : Il a exig&#233; cat&#233;goriquement que l'argent destin&#233; &#224; la protection climatique soit pr&#233;lev&#233; sur les budgets sociaux. Pour se justifier, il a invoqu&#233; la r&#232;gle du frein &#224; l'endettement. Le frein &#224; l'endettement est une disposition introduite dans la Loi fondamentale (Grundgesetz) en 2009 qui interdit aux L&#228;nder de contracter de nouveaux emprunts, quelle que soit la conjoncture, et qui limite l'endettement de l'Etat f&#233;d&#233;ral &#224; un maximum de 0,35 pour cent du produit int&#233;rieur brut (PIB) en valeur nominale. Parall&#232;lement, il est autoris&#233; de constituer un nouveau fonds en fonction de la conjoncture, mais celui-ci doit &#234;tre r&#233;aliment&#233; les ann&#233;es de reprise &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lindner, en sa qualit&#233; de ministre, est cens&#233; avoir fait le serment de respecter la Loi fondamentale &#8211; c'est en tout cas ainsi qu'il a justifi&#233; ses &#171; niet &#187; r&#233;p&#233;t&#233;s, par exemple concernant le financement d'une s&#233;curit&#233; de base pour les enfants, la revalorisation du revenu citoyen en fonction de l'inflation et, pour finir, son &#171; non &#187; &#224; un budget sp&#233;cial pour le soutien &#224; la guerre en Ukraine. Apr&#232;s l'&#233;clatement de la coalition, il a toutefois &#233;t&#233; sermonn&#233; par le chef de la CDU, Friedrich Merz, qui a d&#233;clar&#233; qu'&#224; l'exception des droits fondamentaux, tous les autres articles de la Loi fondamentale pouvaient &#234;tre modifi&#233;s. Comme s'il voulait souligner l'absurdit&#233; &#8211; ou plut&#244;t la limpidit&#233; &#8211; des intentions politiques de Lindner, Merz, qui sera probablement le prochain chancelier et avec lequel Lindner veut absolument gouverner, a maintenant lui-m&#234;me &#233;voqu&#233; une r&#233;forme du frein &#224; l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des budgets fant&#244;mes, il y en a toujours eu dans l'histoire de la R&#233;publique f&#233;d&#233;rale ; autrefois, ils &#233;taient cach&#233;s, mais depuis la &#171; reconstruction de l'Est &#187; dans les ann&#233;es 90, ils sont mis en place ouvertement &#224; chaque fois que la situation est tendue : en 2011, le fonds pour le climat et la transformation, en 2020 le fonds Covid avec 200 milliards d'euros ; au d&#233;but de la guerre en Ukraine, 100 milliards d'euros de fonds sp&#233;ciaux pour l'arm&#233;e allemande. Avec de tels budgets parall&#232;les, tout gouvernement f&#233;d&#233;ral se ment &#224; lui-m&#234;me, &#224; l'opinion publique et &#224; ses partenaires europ&#233;ens sur sa situation budg&#233;taire r&#233;elle : il se pr&#233;sente comme un mod&#232;le en mati&#232;re d'endettement, car les crit&#232;res officiels sont plus ou moins respect&#233;s. Mais les dettes accumul&#233;es par le biais des budgets parall&#232;les d&#233;passent de loin les dettes budg&#233;taires : 147,2 milliards d'euros de cr&#233;dits ont d&#251; &#234;tre contract&#233;s derni&#232;rement pour les fonds sp&#233;ciaux, alors que 45,6 milliards d'euros de cr&#233;dits pr&#233;visionnels &#233;taient inscrits au budget ordinaire. Le volume de tous les budgets parall&#232;les r&#233;unis s'&#233;l&#232;ve &#224; 869 milliards d'euros, dont 522 milliards sont financ&#233;s par des emprunts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tel qu'il a &#233;t&#233; g&#233;r&#233; par Lindner, cet instrument a &#233;t&#233; un gourdin utilis&#233; contre des mesures sociales d'urgence ainsi que contre des investissements &#233;cologiques. Le fonds pour le climat et la transformation a &#233;t&#233; amput&#233; de 45 milliards, de nombreux projets ont &#233;t&#233; abandonn&#233;s, notamment la r&#233;novation des chemins de fer qui doit d&#233;sormais &#234;tre financ&#233;e sur fonds propres, c'est-&#224;-dire par de nouvelles privatisations. Une bonne partie des objectifs climatiques a &#233;t&#233; sacrifi&#233;e, l'&#233;nergie nucl&#233;aire est r&#233;introduite dans le jeu en tant qu'&#171; &#233;nergie verte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en adoptant une telle orientation, le gouvernement se met lui-m&#234;me des b&#226;tons dans les roues. Apr&#232;s des d&#233;cennies d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale, cela grince dans tous les secteurs publics. En mai de cette ann&#233;e, l'Institut de l'&#233;conomie allemande a chiffr&#233; le retard d'investissement &#224; 600 milliards d'euros. Le rapport Draghi &#224; la Commission europ&#233;enne r&#233;clame 800 milliards pour l'UE. Ceux-ci ne doivent pas &#234;tre affect&#233;s en priorit&#233; &#224; l'armement, mais aux transports, &#224; l'&#233;ducation, au logement, au num&#233;rique. &#171; Investir, investir, investir &#187;, peut-on y lire &#8211; rien de vraiment nouveau, mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, cela s'est toujours heurt&#233; au dogme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce moment, tout gouvernement qui veut promouvoir des r&#233;formes doit &#339;uvrer sous l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s du frein &#224; l'endettement. Car pour subventionner des besoins extraordinaires en capitaux, les budgets parall&#232;les sont bien s&#251;r toujours &#224; disposition, mais pas pour le social. Friedrich Merz s'est exprim&#233; tr&#232;s clairement &#224; ce sujet : le journal t&#233;l&#233;vis&#233; Tagesschau le citait le 14 novembre en ces termes :&lt;i&gt; &#171; On peut bien s&#251;r proc&#233;der &#224; des modifications. Mais la question est : pourquoi faire ? Le r&#233;sultat sera-t-il que nous consacrerons encore plus d'argent &#224; la consommation et &#224; la politique sociale ? Dans ce cas, la r&#233;ponse est non. [&#8230;] Cela est important pour les investissements, cela est important pour le progr&#232;s, cela est important pour la base de vie de nos enfants ? Alors la r&#233;ponse peut &#234;tre diff&#233;rente &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le frein &#224; l'endettement a le m&#234;me effet en Allemagne que les exigences du FMI dans le Sud mondial : il est utilis&#233; pour emp&#234;cher le progr&#232;s et imposer une discipline aux revendications sociales. Cela est contest&#233; m&#234;me dans les milieux bourgeois. Mais c'est l&#224; que la classe propri&#233;taire du capital se trouve entre l'arbre et l'&#233;corce, car en Allemagne, non seulement on ne forme pas assez de personnel qualifi&#233;, mais les &#233;coles, les h&#244;pitaux, le r&#233;seau ferroviaire, etc. se d&#233;gradent - des secteurs qui sont tout &#224; fait n&#233;cessaires &#224; la reproduction du capital et qui ont un impact sur l'attractivit&#233; de l'Allemagne comme lieu de production. Ce qui a du sens pour une entreprise isol&#233;e, par exemple pour &#233;conomiser les co&#251;ts de formation, n'en a pas au niveau macro&#233;conomique. Et la privatisation des services publics d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral a pour cons&#233;quence que ceux-ci ne fonctionnent plus pour la collectivit&#233;, et donc aussi pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, de quel droit le gouvernement allemand exige-t-il des autres pays de l'UE qu'ils respectent la discipline budg&#233;taire s'il ne le fait pas lui-m&#234;me ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La coalition a, malgr&#233; les obstacles, introduit une s&#233;rie de mesures positives : l'augmentation du salaire minimum &#224; 12 euros ; une augmentation exceptionnelle de 12 % des plafonds de ressources pour le revenu de citoyennet&#233; (Lindner a r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher une nouvelle revalorisation en fonction de l'inflation), la poursuite du d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables. La mesure qui a le plus facilit&#233; la vie du plus grand nombre a &#233;t&#233; le ticket de transport &#224; 9 euros &#224; l'&#233;t&#233; 2022, puis le Deutschlandticket &#224; 49 euros - pour ce prix, il &#233;tait possible de prendre des trains r&#233;gionaux dans toute la R&#233;publique ; il devrait maintenant &#234;tre supprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation des allocations familiales a &#233;chou&#233; &#224; cause de Lindner, tout comme la fusion de diff&#233;rentes prestations en une garantie de base pour les enfants ; il voulait financer son projet favori, la pension de retraite en actions, en partie avec les cotisations de retraite. Des projets importants comme la garantie de la retraite, le logement abordable ou la r&#233;forme des soins sont rest&#233;s lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, la d&#233;cision gouvernementale qui a le plus contribu&#233; au glissement g&#233;n&#233;ral vers la droite est la question des r&#233;fugi&#233;s - la d&#233;cision impos&#233;e dans toute l'UE de d&#233;poser les demandes d'asile aux fronti&#232;res ext&#233;rieures de l'UE afin de ne pas laisser entrer les migrants. Sur cette question, comme sur celle du r&#233;armement, il y avait un grand consensus parmi les partis de la coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lindner mise d&#233;sormais tout sur une reformation de la coalition noire-jaune (CDU-FDP). C'est un r&#234;ve pass&#233;iste : le panorama des partis en Allemagne est d&#233;sormais si fragment&#233; qu'une grande coalition ne pourrait &#234;tre constitu&#233;e qu'avec des difficult&#233;s &#233;normes, tandis que trois partis seront probablement n&#233;cessaires pour former un gouvernement. Est-ce que dans ce cas Lindner en fera &#224; nouveau partie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://intersoz.org/der-ampel-bruch-und-die-schuldenbremse/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Publi&#233; par l'ISO le 25 novembre 2024&lt;/a&gt;, traduit de l'allemand par Pierre Vandevoorde&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne : la temp&#234;te se l&#232;ve &#8211; Le congr&#232;s du SPD et la formation d'une coalition gouvernementale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-la-tempete-se-leve-Le-congres-du-SPD-et-la-formation-d-une-coalition</link>
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		<dc:date>2018-02-13T08:14:03Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-02-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce fut de justesse. Trois ou quatre pour cent de moins et le congr&#232;s du SPD (social-d&#233;mocrate) n'aurait pas autoris&#233; l'ouverture de discussions en vue de former une grande coalition gouvernementale avec Merkel. Retour sur les &#233;l&#233;ments clefs de ce congr&#232;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'appui des grandes f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales de la Rh&#233;nanie-Westphalie du Nord ou de la Hesse a &#233;t&#233; obtenu gr&#226;ce &#224; l'int&#233;gration de trois revendications centrales dans les n&#233;gociations &#224; venir : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton33632-43ed7.jpg?1781236304' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce fut de justesse. Trois ou quatre pour cent de moins et le congr&#232;s du SPD (social-d&#233;mocrate) n'aurait pas autoris&#233; l'ouverture de discussions en vue de former une grande coalition gouvernementale avec Merkel. Retour sur les &#233;l&#233;ments clefs de ce congr&#232;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article43101&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appui des grandes f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales de la Rh&#233;nanie-Westphalie du Nord ou de la Hesse a &#233;t&#233; obtenu gr&#226;ce &#224; l'int&#233;gration de trois revendications centrales dans les n&#233;gociations &#224; venir :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; une r&#233;glementation plus g&#233;n&#233;reuse des allocations familiales pour les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s provisoirement admis ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; la suppression des contrats de travail &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e sans raison objective, en particulier pour les jeunes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; l'harmonisation des honoraires pour les patient&#183;e&#183;s de l'assurance-maladie publique et de l'assurance priv&#233;e (de telle mani&#232;re qu'il ne soit pas plus lucratif pour les m&#233;decins de soigner ces derniers).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les dirigeant&#183;e&#183;s de ces f&#233;d&#233;rations r&#233;gionales, c'&#233;tait la clef pour approuver la poursuite des n&#233;gociations. En revanche, les Jeunes socialistes (Jusos) sont rest&#233;s fid&#232;les &#224; leur opposition &#224; la grande coalition (Groko). Il est int&#233;ressant de voir que les r&#233;sistances &#224; la Groko sont venues principalement de villes et de r&#233;gions comme Dortmund, Stuttgart, la Hesse et de quelques r&#233;gions de l'Est (la Saxe-Anhalt, la Thuringe, Berlin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res s'appuient sur une classe de travailleurs&#183;euses qualifi&#233;s bien pay&#233;s, les secondes connaissent en partie une coalition avec Die Linke. Les Jusos auront &#233;t&#233; les orateurs du Non &#224; ce congr&#232;s, les personnalit&#233;s du SPD qui avaient auparavant critiqu&#233; les r&#233;sultats des discussions pr&#233;alables ne s'&#233;tant pas manifest&#233;es &#224; la tribune. Il existe un profond malaise dans le SPD, qui pour l'instant n'a pas encore trouv&#233; son porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce jour, les r&#233;sultats des discussions pr&#233;alables contiennent des reculs politiques patents, comme la d&#233;cision de ne pas respecter les objectifs climatiques, ou encore le plafonnement de l'accueil des r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s, leur encasernement dans des centres d'h&#233;bergement et le refus des allocations familiales pour les r&#233;fugi&#233;&#183;e&#183;s provisoirement admis. D'un autre c&#244;t&#233;, il y a aussi une tentative de satisfaire un peu la client&#232;le du SPD, puisque les m&#233;nages &#224; moyen et bas revenus, surtout s'ils ont des enfants, sont d&#233;grev&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A qui profite la Groko ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la demande de la S&#252;ddeutsche Zeitung, un groupe de chercheurs du Zentrum f&#252;r Europ&#228;ische Wirtschaftsforschung (ZEW) et de l'Institut f&#252;r die Zukunft der Arbeit (IZA) a calcul&#233; ce que rapporterait financi&#232;rement la Groko aux m&#233;nages allemands. Le r&#233;sultat est qu'aussi bien les gens &#224; faible revenu (la client&#232;le du SPD) que les couches moyennes (courtis&#233;es tant par le SPD que par la CDU) en profiteraient surtout. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine : du point de vue des revenus, la Groko est meilleure que l'ancienne tentative de coalition Jama&#239;que (noir, jaune et vert : lib&#233;raux, chr&#233;tiens-&#173;d&#233;mocrates et Verts). La direction du SPD a abondamment mis en avant ces &#171; succ&#232;s &#187; lors du congr&#232;s extraordinaire sur la coalition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il semble que cela ne soit plus suffisant. Mises en pleine lumi&#232;re, ces quelques centaines d'euros qui tomberaient en plus chaque ann&#233;e (et qui sait par quoi ils seront absorb&#233;s&#8230;) apparaissent ridicules compar&#233;es aux milliards dont les nanti&#183;e&#183;s et les hauts revenus se gavent. On ne peut en aucune mesure parler d'une vraie correction de l'in&#233;galit&#233; de r&#233;partition des revenus et de la fortune, pourtant si n&#233;cessaire. La coalition ne proc&#232;de &#224; aucun changement fondamental de la politique fiscale, bien que les caisses de l'Etat f&#233;d&#233;ral soient pleines &#224; ras bord et que le r&#233;acteur de la conjoncture vrombisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, hormis la suppression des contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e sans raison objective &#8211; qui ne figure pas encore dans l'accord de coalition &#8211; aucune mesure susceptible de modifier les d&#233;gradations structurelles n'est envisag&#233;e. Ces d&#233;t&#233;riorations, qui r&#233;sultent d'une d&#233;cennie de privatisations et de d&#233;r&#233;gulations, du march&#233; du travail surtout, ont dramatiquement alt&#233;r&#233; la situation des salari&#233;&#8226;e&#8226;s. Cela a commenc&#233; avec l'Agenda 2010, suivi du pillage des caisses de retraite et de la d&#233;pr&#233;dation du syst&#232;me de sant&#233; publique. La pression sur les salaires, sur les loyers, sur les conditions de travail persiste. Dans la p&#233;riode gouvernementale pr&#233;c&#233;dente, il y a au moins eu le salaire minimal, aussi insuffisant soit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la direction du SPD avait voulu d&#233;fendre, comme condition de la coalition ou pour tol&#233;rer celle-ci, son assurance-maladie citoyenne &#8211; avec la m&#234;me pugnacit&#233; que la CSU a fait passer sa politique anti-r&#233;fugi&#233;s &#8211; alors il aurait conquis les c&#339;urs, mais il n'a pas os&#233; le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que contient l'accord issu des discussions pr&#233;paratoires n'est pas suffisant pour sa base qui, apr&#232;s les derniers r&#233;sultats &#233;lectoraux, catastrophiques, a le sentiment de s'&#234;tre fait avoir. Les d&#233;clarations d'intention de la direction ne fonctionnent plus. Une grande partie des membres estime que les r&#233;sultats des discussions pr&#233;paratoires ne sont pas assez contraignants et que les ministres SPD finiront par s'incliner. La base ne fait plus confiance &#224; l'orientation de sa direction. Elle a bien assez de raisons pour cela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des partis groggy&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union d&#233;mocrate-chr&#233;tienne d&#233;clare fermement qu'il n'y a pas de nouvelles n&#233;gociations possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de savoir pourquoi. Veut-elle laisser tomber la Groko et faire confiance &#224; Dobrindt, (membre de la CSU bavaroise, ancien ministre des transports, pr&#233;sident du groupe parlementaire de la CSU ; il est le repr&#233;sentant de la droite dure) plut&#244;t qu'&#224; Merkel ? Veut-elle rabaisser encore davantage le SPD (un jeu risqu&#233;, aussi) ? Ou encore, subit-elle la pression de sa base en vue d'imprimer une orientation conservatrice &#224; la nouvelle coalition ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CSU (Union chr&#233;tienne-&#173;sociale), alli&#233;e bavaroise et conservatrice de la CDU de Merkel, est celle qui a perdu le plus lors des derni&#232;res &#233;lections au Bundestag, mais c'est elle qui s'exprime le plus durement et avance les propositions les plus &#224; droite. Pouss&#233;e par la crainte de voir le succ&#232;s &#233;lectoral de l'AfD, parti x&#233;nophobe, se r&#233;p&#233;ter lors des &#233;lections r&#233;gionales en Bavi&#232;re cette ann&#233;e, elle bouscule le SPD sans &#233;gard pour les d&#233;g&#226;ts. L'&#233;lectorat de la chanceli&#232;re n'attend plus d'elle qu'elle forme une coalition pour la mener ensuite &#224; bon port &#224; travers la temp&#234;te, mais lui demande au contraire qu'elle se batte plus durement dans la lutte pour la r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merkel est ainsi soumise &#224; une pression massive de sa droite et la mod&#233;ration n'est pas utile dans ce cadre. Elle doit avoir le courage de d&#233;fendre offensivement les glissements &#224; gauche qu'elle a impos&#233;s &#224; la CDU ces derni&#232;res ann&#233;es, contre cette coterie de droite. Mais elle ne le peut pas &#8211; toute sa science s'est &#233;vapor&#233;e et le nouveau gouvernement promet d'&#234;tre au mieux une foire d'empoigne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'inverse de la pr&#233;c&#233;dente, cette coalition, quelle que soit sa forme, sera bien davantage soumise &#224; des pressions et des attentes contradictoires. Merkel (CSU), Schulz (SPD), Seehofer (CSU) sont tous groggy. Dans leur parti respectif, des affrontements sont pr&#233;visibles, qui s'exprimeront aussi dans les syndicats. La direction du syndicat de l'alimentation et de la restauration (NGG) a adress&#233; au pr&#233;sident de la fa&#238;ti&#232;re syndicale DGB, Reiner Hoffmann, une lettre ouverte critiquant son appui &#224; la Groko. Ce n'est certainement qu'un hors-d'&#339;uvre. Cela cr&#233;era de nouvelles marges de man&#339;uvre pour les mouvements sociaux, leur permettant de faire de la protestation sociale un acteur autonome et fort. C'est la chance &#224; ne pas rater pour la gauche, qu'elle s'appelle ou non Die Linke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angela Klein&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; solidarit&#233;S &#187; (Suisse), n&#176; 322 (01/02/2018) p. 11-12 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.solidarites.ch/journal/d/article/8502&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.solidarites.ch/journal/d/article/8502&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
* Traduction et &#233;dition : Daniel S&#252;ri.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Gr&#232;ce : une nouvelle vague de luttes</title>
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		<dc:date>2013-11-05T09:33:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein, Antonis Ntavanellos</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-11-05</dc:subject>

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&lt;p&gt;Apr&#232;s un repli au d&#233;but de l'ann&#233;e, la Gr&#232;ce conna&#238;t depuis quelques mois une reprise des mobilisations : mouvement de solidarit&#233; avec les travailleurs de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique ERT brutalement ferm&#233;e par le gouvernement, nouvelles gr&#232;ves dans l'enseignement &#224; la rentr&#233;e, mobilisations antifascistes massives apr&#232;s l'assassinat du rappeur Pavlos par les neo-nazis de l'Aube Dor&#233;e,.. Et cela alors que la situation &#233;conomique et sociale continue de se d&#233;t&#233;riorer. Quelles sont les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH108/arton15708-b73fa.jpg?1781236305' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='108' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s un repli au d&#233;but de l'ann&#233;e, la Gr&#232;ce conna&#238;t depuis quelques mois une reprise des mobilisations : mouvement de solidarit&#233; avec les travailleurs de la cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision publique ERT brutalement ferm&#233;e par le gouvernement, nouvelles gr&#232;ves dans l'enseignement &#224; la rentr&#233;e, mobilisations antifascistes massives apr&#232;s l'assassinat du rappeur Pavlos par les neo-nazis de l'Aube Dor&#233;e,.. Et cela alors que la situation &#233;conomique et sociale continue de se d&#233;t&#233;riorer. Quelles sont les caract&#233;ristiques de ces luttes ? Quel r&#244;le y joue la gauche radicale ? Quelles sont les perspectives politiques en cette rentr&#233;e ? C'est &#224; ces questions que r&#233;pond Antonis Ntavanellos, dirigeant de l'organisation Gauche Ouvri&#232;re Internationaliste (DEA) qui joue un r&#244;le important dans l'aile gauche de SYRIZA. Cette interview est pr&#233;c&#233;d&#233;e d'un petit article sur la poursuite de la d&#233;gradation sociale dans le pays, r&#233;alis&#233; par la r&#233;daction du site anticapitaliste suisse A l'Encontre. (Avanti4.be)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La d&#233;gradation sociale se poursuit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la r&#233;daction de &#034;A l'Encontre&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le retard habituel, l'institut de statistique grec, l'Elstat, a publi&#233; d&#233;but septembre les chiffres du ch&#244;mage pour le mois de juin 2013. Le nombre de ch&#244;meurs enregistr&#233;s s'&#233;l&#232;ve &#224; 1.403.698, soit 174.709 de plus qu'en juin 2012. Par rapport &#224; la population active, le taux a atteint 27,9%. Il se situe officiellement, pour les jeunes entre 15 et 24 ans, &#224; 58,8% et, pour ceux dans la tranche d'&#226;ge de 25 &#224; 34 ans, &#224; 37,4%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les m&#233;dias mettent avant tout l'accent sur Aube dor&#233;e et les mesures prises par le gouvernement, le ch&#244;mage reste un &#233;l&#233;ment social et politique des plus importants dans la situation grecque. De tr&#232;s nombreux reportages indiquent que des dizaines de milliers de salari&#233;&#8226;e&#8226;s ne re&#231;oivent pas leur paie depuis trois &#224; six mois. Les exemples de ch&#244;meurs qualifi&#233;s auxquels on propose des salaires de 490 euros net pour un travail hebdomadaire de 54 heures sont monnaie courante, comme le sont les reportages de ch&#244;meurs de longue dur&#233;e dont la famille doit vivre de la pension de leurs parents qui ne d&#233;passe pas 500 euros par mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ch&#244;meur de 45 ans avec deux enfants d&#233;crit une situation pareille et la r&#233;sume ainsi : &#171; 500 euros pour cinq, et pour le pain seulement je dois d&#233;penser 1,82 euro par jour. &#187; Pour rappel, le salaire minimum est pass&#233; de 780 euros &#224; 586 en f&#233;vrier 2012. En termes de revenu net, la somme est de 480 &#224; 490 euros mensuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but octobre, un plan de r&#233;organisation des retraites a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;. La retraite de base devrait atteindre le maximum de 360 euros par mois. Elle devrait &#234;tre compl&#233;t&#233;e par &#171; une assurance vie obligatoire &#187; (de fait un second pilier) &#224; laquelle s'int&#233;resse le groupe d'assurance allemand Allianz. En termes d'acc&#232;s &#224; la sant&#233;, le pr&#233;sident du syst&#232;me national de sant&#233; (EOPYY), Dimitris Kontos, membre de la Nouvelle D&#233;mocratie, a indiqu&#233; fin septembre que 3,068 millions de citoyens se trouvaient sans assurance. Des recherches plus approfondies montrent que ce chiffre est sous-estim&#233;, car il n'inclut pas les petits commer&#231;ants ayant d&#251; fermer leur commerce ou les travailleurs de la construction qui perdent leur couverture lorsqu'ils ne paient plus leurs contributions suite &#224; la perte de leur emploi. Le chiffre plus proche de la r&#233;alit&#233;, sans compter &#233;videmment les migrant&#8226;e&#8226;s, d&#233;passe les 4 millions. Ce chiffre doit &#234;tre compar&#233; au nombre officiel d'assur&#233;s : 6,171 millions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'expropriation de logements de personnes n'ayant pas pay&#233; leurs imp&#244;ts immobiliers, qui ont explos&#233;, et/ou ayant d'autres dettes envers l'Etat est un th&#232;me d&#233;battu au parlement grec actuellement. Le rapport entre le montant de la dette et la valeur immobili&#232;re suscite de nombreuses interrogations pour ce qui est soit du transfert du bien immobilier &#224; l'Etat pour effacer la dette, soit du transfert &#224; une troisi&#232;me partie qui se retrouve avec le restant de la dette &#224; payer, selon la valeur imput&#233;e &#224; la propri&#233;t&#233;. En outre monte une vraie col&#232;re parmi les tr&#232;s nombreux propri&#233;taires de logement dont une part importante est incapable de payer les frais de chauffage, cela d'autant plus qu'un nouvel imp&#244;t frappe le fioul domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;cente enqu&#234;te indique que 44% des m&#233;nages grecs ne pourront pas chauffer leur maison cet hiver. Or, ce pourcentage a &#233;t&#233; &#233;tabli avant la prise en compte de l'augmentation de l'imp&#244;t. Il n'est pas difficile d'imaginer les effets du froid sur la sant&#233; d'enfants tr&#232;s jeunes ou de personnes &#226;g&#233;es. Un des th&#232;mes de Samaras en 2012 n'&#233;tait autre que le suivant, traditionnel : si les communistes arrivent au pouvoir, ils prendront vos maisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cet arri&#232;re-fond social, trac&#233; &#224; gros traits, qu'il faut resituer le dialogue politique avec Antonis Ntavanellos, dirigeant de SYRIZA et de DEA, traduit ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pourrons-nous avancer vers la constitution large de comit&#233;s populaires de r&#233;sistance ? &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrevue avec Antonis Ntavanellos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview d'Antonis Davanellos par Angela Klein pour le magazine mensuel allemand Sozialistische Zeitung.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Angela Klein : Suite &#224; l'annonce par le gouvernement Samaras de la &#171; mise en disponibilit&#233; &#187; de 25.000 fonctionnaires, le mouvement de gr&#232;ve dans la fonction publique d&#232;s le 17 septembre &#8211; qui s'est r&#233;p&#233;t&#233; sous une forme plus r&#233;duite les 24 et 25 &#8211;, dans la foul&#233;e de la mobilisation des &#233;coles, des lyc&#233;es et des h&#244;pitaux, a eu une ampleur d'importance. Comment juges-tu a posteriori cette mobilisation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : La gr&#232;ve a &#233;t&#233; un grand succ&#232;s. Cela est apparu avec &#233;vidence lors de la manifestation du 18 septembre qui a &#233;t&#233; l'une des plus importantes manifestations de la fonction publique. Elle a r&#233;uni 100.000 participant&#8226;e&#8226;s. Une caract&#233;ristique de cette manifestation a r&#233;sid&#233; dans les multiples secteurs pr&#233;sents avec leurs pancartes et leurs calicots. &#201;videmment, les enseignants du syndicat du secondaire, qui &#233;taient en plein mouvement de gr&#232;ve, constituaient le tron&#231;on le plus significatif de la manifestation. Mais on notait de m&#234;me une large participation des salari&#233;&#8226;e&#8226;s des h&#244;pitaux, des employ&#233;s municipaux et des universit&#233;s. On peut dire que de nombreuses petites rivi&#232;res ont converg&#233; &#224; cette occasion suite &#224; l'appel de la conf&#233;d&#233;ration syndicale du secteur public (ADEDY).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel &#233;tait le soutien &#224; cette lutte du secteur public de la part des autres fractions du salariat et de la population ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Chacun et chacune subit des atteintes suite &#224; l'application des plans d'aust&#233;rit&#233;, les M&#233;morandums impos&#233;s par la Tro&#239;ka (UE, FMI, BCE). Il ne s'agit donc pas seulement du secteur public, des travailleurs du secteur priv&#233;, des ch&#244;meuses et des ch&#244;meurs, des retrait&#233;&#8226;e&#8226;s, de celles et ceux qui n'ont quasiment plus acc&#232;s aux m&#233;dicaments et aux soins de sant&#233;, mais aussi de couches de la dite classe moyenne. Il en d&#233;coule le sentiment croissant que chaque mobilisation contre l'aust&#233;rit&#233; est un combat qui concerne tout un chacun. D&#232;s lors, l'emprise de la propagande gouvernementale contre la &#171; subversion &#187; ou contre les fonctionnaires privil&#233;gi&#233;s est fortement affaiblie. Il en d&#233;coule que cette mobilisation du secteur public &#233;tait largement vue comme faisant partie int&#233;grante de la r&#233;sistance face &#224; l'aust&#233;rit&#233; et de la lutte contre la politique du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce sentiment se prolongeait ainsi : la gr&#232;ve de la fonction publique est consid&#233;r&#233;e comme un instrument de d&#233;fense de ce qui reste de &#171; l'Etat social &#187;, c'est-&#224;-dire l'&#233;ducation publique, les h&#244;pitaux, le syst&#232;me de retraite, etc. Cela a &#233;largi le soutien &#224; la mobilisation des divers secteurs de la fonction publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur cette base qu'on a vu se cr&#233;er &#171; des comit&#233;s populaires de r&#233;sistance &#187; qui avaient pour but de soutenir les gr&#233;vistes. De m&#234;me, l'occupation d'&#233;coles secondaires &#233;tait faite pour appuyer les enseignants en Gr&#232;ce. Des &#233;tudiants universitaires ont aussi particip&#233; au mouvement, d'autant plus que le staff des universit&#233;s est directement vis&#233;. Toutefois, il faut constater que la direction d'ADEDY reste pour l'essentiel passive et, d&#232;s lors, la solidarit&#233; est difficile &#224; transformer en un mouvement de gr&#232;ve d'ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au d&#233;but de cette ann&#233;e, la gr&#232;ve des enseignants du secondaire a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e sous l'effet de la d&#233;cision du gouvernement de Samaras d'appliquer une loi de type militaire, celle de la r&#233;quisition. Cette loi se concr&#233;tise par l'envoi d'une lettre &#224; chaque enseignant et si ce dernier ne reprend pas le travail, il est menac&#233; d'&#234;tre licenci&#233;, dans tous les cas d'&#234;tre r&#233;prim&#233;. En septembre de cette ann&#233;e, Samaras n'a pas fait appel &#224; cette loi. Pour quelle raison ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Ce n'&#233;tait pas si facile pour lui. La gr&#232;ve pr&#233;c&#233;dente avait &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e durant les examens nationaux, qui sont d'une grande importance car leurs r&#233;sultats d&#233;terminent dans quelle universit&#233; les &#233;tudiants pourront poursuivre leurs &#233;tudes. Dans ce contexte, il &#233;tait plus ais&#233; pour le gouvernement d'obtenir un soutien contre la gr&#232;ve. Il y avait beaucoup de personnes qui affirmaient que les enseignant&#8226;e&#8226;s avaient raison de faire gr&#232;ve, mais qu'ils ne devaient pas le faire dans cette p&#233;riode. M&#234;me la gauche &#233;tait h&#233;sitante &#224; soutenir de mani&#232;re inconditionnelle la lutte des enseignants. Toutefois, la d&#233;cision d'appliquer cette loi martiale qu'est la r&#233;quisition a &#233;t&#233; per&#231;ue de mani&#232;re n&#233;gative, y compris par des secteurs de la population qui &#233;taient contre la gr&#232;ve durant les examens nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, en septembre, la situation &#233;tait diff&#233;rente. Il &#233;tait tr&#232;s difficile aux mass media, en particulier aux cha&#238;nes de TV qui appuient le gouvernement, de reprendre le th&#232;me &#224; la mode au printemps : &#171; Oui &#224; une gr&#232;ve mais pas maintenant &#187;. Ces mass media ne pouvaient r&#233;p&#233;ter l'op&#233;ration au risque d'appara&#238;tre encore plus hypocrites. Mais, surtout, la situation d'ensemble &#233;tait tr&#232;s diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps apr&#232;s l'arr&#234;t autoritaire de la gr&#232;ve des enseignants, une initiative tout aussi autoritaire a &#233;t&#233; prise par le gouvernement Samaras : la fermeture de l'ERT (radiot&#233;l&#233;vision publique) le 11 juin. La r&#233;action populaire face &#224; cette d&#233;cision a &#233;t&#233; &#233;norme. Un impressionnant mouvement de solidarit&#233; s'est d&#233;velopp&#233;, un v&#233;ritable dialogue de masse s'est &#233;tabli entre les employ&#233;&#8226;e&#8226;s de l'ERT qui occupaient le b&#226;timent et des milliers et milliers de personnes, de d&#233;l&#233;gations d'entreprises, d'h&#244;pitaux, d'&#233;coles qui soutenaient leur mouvement. L'ERT a continu&#233; &#224; fonctionner en diffusant en streaming ses &#233;missions, des d&#233;bats &#233;taient organis&#233;s, des concerts donn&#233;s par les deux orchestres r&#233;put&#233;s faisant partie du personnel de l'ERT, etc. La d&#233;cision d'imposer le silence &#224; l'ERT a mis en crise le gouvernement. Diriger avec une &#171; main de fer &#187; n'&#233;tait pas accept&#233; par de larges fractions de la population et &#233;tait gros de risques pour le gouvernement Samaras. Enfin, en septembre, d'autres gr&#232;ves convergeaient avec celle des enseignants du secondaire, ce qui d&#233;senclavait celle-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d&#232;s lors compr&#233;hensible que le gouvernement Samaras ait du penser &#224; deux fois avant de prendre une mesure aussi impopulaire que la r&#233;quisition qui aurait pu ais&#233;ment d&#233;boucher sur une crise plus ample que celle de l'ERT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce d&#233;but d'automne, il appara&#238;t que la disponibilit&#233; &#224; se mobiliser est plus grande qu'au d&#233;but 2013.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Effectivement, au d&#233;but de cette ann&#233;e, il y eut une d&#233;moralisation relative provoqu&#233;e par des espoirs bien trop optimistes, suscit&#233;s en fin 2012 et qui ne se sont pas mat&#233;rialis&#233;s. En effet, malgr&#233; les deux jours de gr&#232;ve en novembre 2012, le gouvernement a toutefois adopt&#233; un nouveau programme d'aust&#233;rit&#233;. Il y avait eu de nombreuses gr&#232;ves sectorielles, mais elles restaient isol&#233;es. Leur jonction avec des secteurs plus larges du salariat ne s'effectuait pas. D&#232;s lors, il &#233;tait plus facile pour le gouvernement de Samaras &#8211; une coalition entre la Nouvelle D&#233;mocratie, le PASOK et la Gauche d&#233;mocratique &#8211; soit de les r&#233;primer, soit d'utiliser la r&#233;quisition, soit de les laisser s'user. Cette p&#233;riode a pris fin avec ce que je nommerai la crise de l'ERT qui a marqu&#233; une nouvelle mont&#233;e du mouvement de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais un &#233;l&#233;ment plus important doit &#234;tre soulign&#233;. De nombreux militants, syndicalistes, travailleurs actifs ont tir&#233; des le&#231;ons de la p&#233;riode ant&#233;rieure. Cette le&#231;on n'&#233;tait pas celle que l'on pourrait pr&#233;senter sous la formule : &#171; Nous ne pouvons pas gagner &#187;. Cette le&#231;on s'est traduite par l'id&#233;e suivante : &#034;Un secteur ne peut pas gagner seul ; un jour de gr&#232;ve traditionnelle n'est pas suffisant&#034;. Il en a d&#233;coul&#233; d&#232;s le d&#233;but septembre des efforts conscients pour coordonner des activit&#233;s. Et la compr&#233;hension qu'une victoire, m&#234;me partielle, n&#233;cessitant une s&#233;rieuse organisation s'est impos&#233;e. Cela cr&#233;e la possibilit&#233;, je dis bien la possibilit&#233;, de redonner vie &#224; des traditions oubli&#233;es de la classe ouvri&#232;re telles que l'&#233;lection de comit&#233;s de gr&#232;ve, la constitution de fonds de financement des gr&#232;ves, les piquets devant les &#233;tablissements en gr&#232;ve, les sit-in, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une meilleure collaboration entre les diverses tendances de la gauche par rapport au pass&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Le probl&#232;me de l'unit&#233; de la gauche persiste. Sur le plan politique central, les affrontements continuent. Mais durant les derniers mois il y a eu de nombreux exemples d'une coop&#233;ration meilleure dans l'action. Lors de l'occupation de l'ERT, les drapeaux de SYRIZA, d'ANTARSYA et du PAME (&#171; front de masse &#187; &#224; coloration syndicale, dirig&#233; par le PC &#8211; KKE) &#233;taient c&#244;te &#224; c&#244;te. Au cours de la derni&#232;re gr&#232;ve des enseignants, les propositions des courants syndicaux de SYRIZA et d'ANTARSYA &#233;taient communes. Lors de la manifestation du secteur public, le PAME a march&#233; avec les autres secteurs, rompant avec sa tactique traditionnelle d'organiser une marche s&#233;par&#233;e, dans une autre direction, marquant sa distance face &#224; la mobilisation de la gauche radicale et des forces syndicales. Enfin, et cela est important, &#224; l'occasion des manifestations contre l'assassinat du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, il y a eu diverses coordinations entre le PAME et toutes les autres forces de la gauche et antifascistes. Il semble qu'&#233;merge une compr&#233;hension que, sur des questions essentielles, nous avons besoin d'une unit&#233; dans l'action. Il faudra voir si ces exemples positifs restent limit&#233;s ou si nous devrons souffrir du m&#234;me type d'affrontements. Nous restons toujours assez &#233;loign&#233;s de ce dont nous aurions absolument besoin : un front d'action unifi&#233;, conscient et permanent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il du soutien que peut avoir ce gouvernement parmi la population ? Le message de Samaras et du ministre des Finances Stournaras selon lequel l'&#233;conomie grecque sort du tunnel a-t-il une quelconque cr&#233;dibilit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Le gouvernement dispose d'un soutien, en dehors de secteurs qui lui sont directement li&#233;s, sous une forme n&#233;gative en quelque sorte. C'est-&#224;-dire la peur d'une faillite, la peur d'une sortie de l'eurozone, la peur de &#171; l'instabilit&#233; &#187;, la peur de l'inconnu si la gauche (SYRIZA, coalition de diverses forces) arrivait au gouvernement. Cette peur et son utilisation sont suffisantes pour maintenir le noyau traditionnel des votants de droite, mais pas plus que cela. Le gouvernement ne dispose d'aucune perspective cr&#233;dible &#224; offrir pour une large majorit&#233; de la population. C'est pour cette raison qu'il choisit &#224; diverses occasions de gouverner avec une main de fer et de d&#233;ployer en permanence son vaste appareil policier. N&#233;anmoins, les limites de cet autoritarisme &#233;tant &#233;videntes, Samaras s'est vu contraint de multiplier les annonces selon lesquelles la politique &#233;conomique &#233;tait couronn&#233;e par une &#171; success story &#187;, c'est-&#224;-dire par une sortie de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; th&#233;orie &#187; a &#233;t&#233; mise &#224; bas tr&#232;s vite par la r&#233;alit&#233;. La r&#233;cession continue de marquer l'&#233;conomie, avec un recul propre &#224; une situation de guerre. Le niveau de vie de la majorit&#233; des gens est attaqu&#233; au-del&#224; de tout ce qui &#233;tait imaginable il y a trois ans, et de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; ne cessent d'&#234;tre mises en &#339;uvre. D&#232;s lors, l'optimisme de fa&#231;ade de Samaras et de Stournaras ne convainc personne. La Tro&#239;ka parle d'un nouveau pr&#234;t important, ce qui ne signifie rien d'autre que la signature d'un nouveau M&#233;morandum d'aust&#233;rit&#233;. Apr&#232;s trois ans d'une brutale &#171; rigueur &#187;, la dette reste au niveau de 2010. L'objectif de &#171; retourner sur les march&#233;s &#187; (emprunts obligataires sur les march&#233;s financiers) appara&#238;t impossible dans un avenir envisageable. En m&#234;me temps, les attaques continuent. Prenons un exemple. Quand le gouvernement introduit une taxe de 25 euros lors d'une hospitalisation, il est tr&#232;s difficile de convaincre les gens que &#171; les choses vont dans la bonne direction &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, ne pouvant offrir une perspective &#171; positive &#187;, Samaras cherche &#224; organiser un bloc social sur la base de r&#233;flexes conservateurs : un style d'attaques contre la gauche propre au climat de la guerre froide, la d&#233;nonciation du chaos social pour stimuler la crainte, une hostilit&#233; exacerb&#233;e contre les gr&#232;ves et les syndicats. Afin d'imposer cette &#171; contre-r&#233;volution &#187; id&#233;ologique dans les rangs majoritaires de la soci&#233;t&#233;, Samaras doit imposer une contre-r&#233;volution concr&#232;te, mat&#233;rielle, sur les lieux de travail, en priorit&#233;. Pour ce faire il a besoin d'infliger des d&#233;faites d'ampleur aux divers mouvements des salari&#233;s afin de changer les rapports de force de mani&#232;re aigu&#235;. Un peu comme Thatcher l'a fait lors de la gr&#232;ve des mineurs en 1984-85. Mais une telle victoire ne sera pas ais&#233;e pour lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels r&#233;sultats donnent les sondages &#224; propos des diff&#233;rents partis ? Est-il vrai que les partis gouvernementaux d&#233;clinent et qu'Aube dor&#233;e accro&#238;t son audience ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Les sondages, du moins ceux publi&#233;s, sont relativement stables au cours des derniers mois. La Nouvelle D&#233;mocratie (ND) et SYRIZA restent en t&#234;te avec des fluctuations. Lorsqu'il y a une mont&#233;e des luttes, SYRIZA prend la t&#234;te ; lors du d&#233;clin des mobilisations, ND gagne en influence. Le PASOK (social-d&#233;mocratie), partenaire mineur de ND, qui collabore totalement la mise en &#339;uvre du programme de Samaras, s'&#233;croule, au m&#234;me titre que DIMAR (Gauche d&#233;mocratique de Fotis Kouv&#233;lis) qui soutient le gouvernement mais n'est plus dans le gouvernement. Le d&#233;clin du PASOK et de DIMAR est une indication de la bipolarisation extr&#234;me entre la droite et la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les n&#233;onazis d'Aube Dor&#233;e, dans les sondages publi&#233;s, sont en troisi&#232;me position, avec des r&#233;sultats oscillant entre 12 et 15%. Les nationalistes &#171; anti-aust&#233;rit&#233; &#187; du LAOS (Alerte populaire orthodoxe) et les Grecs ind&#233;pendants sont sur le d&#233;clin. Il est difficile de juger de l'audience politico-&#233;lectorale d'Aube Dor&#233;e. Elle semblait avoir &#233;t&#233; stopp&#233;e suite au meurtre de Pavlos Fyssas et aux mobilisations. Une partie des personnes ayant une intention de vote, lors des sondages, d&#233;claraient &#171; retourner &#187; vers la Nouvelle D&#233;mocratie. Il est trop t&#244;t pour avoir un jugement sur cette dynamique &#233;lectorale. L'essentiel en ce domaine est de continuer la mobilisation anti-n&#233;onazie, entre autres dans les &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il des relations entre la Nouvelle D&#233;mocratie et Aube Dor&#233;e, diverses connexions ont &#233;t&#233; mises au jour fin septembre-d&#233;but octobre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Historiquement, il existait des connexions entre la droite extr&#234;me de ND, les partis d'extr&#234;me-droite comme le LAOS et les n&#233;onazis. Les liens entre Aube Dor&#233;e et des secteurs de l'appareil d'Etat &#233;taient la r&#232;gle et Aube Dor&#233;e, y compris ses noyaux initiaux, jouissaient de soutiens et de protection. Mais au cours des derniers mois, c'est devenu plus s&#233;rieux. J'ai mentionn&#233; pr&#233;c&#233;demment la strat&#233;gie de contre-r&#233;volution id&#233;ologique de Samaras et sa volont&#233; d'&#233;craser l'extr&#234;me-gauche et les secteurs syndicaux combatifs. On peut ais&#233;ment comprendre qu'Aube Dor&#233;e s'inscrivait parfaitement dans ce plan. Ainsi, Aube Dor&#233;e b&#233;n&#233;ficiait de la protection de la police. Dans une p&#233;riode r&#233;cente, il y a eu m&#234;me une escalade politique. Des commentateurs n&#233;olib&#233;raux avaient publiquement argument&#233; qu'Aube Dor&#233;e, &#224; condition &#171; d'&#234;tre un peu plus s&#233;rieuse &#187;, pouvait devenir un partenaire gouvernemental de la Nouvelle D&#233;mocratie. Des conseillers significatifs de Samaras, tous de la droite extr&#234;me, avan&#231;aient de mani&#232;re consistante une telle perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a chang&#233; apr&#232;s le meurtre de Pavlos Fyssas et le large rejet contre les n&#233;onazis. Actuellement, fin septembre, il y a une &#171; r&#233;pression &#187; (j'utilise les guillemets car je reste sceptique sur le r&#233;sultat final) contre Aube Dor&#233;e. Cela n'a rien &#224; voir avec l'antifascisme. Il s'agit d'une r&#233;organisation des rapports de force entre ND et Aube Dor&#233;e, ou entre l'Etat et Aube Dor&#233;e. Cela rel&#232;ve aussi d'un effort visant &#224; prendre l'initiative de la part du gouvernement sur le mouvement antifasciste actif dans la rue et de &#171; capturer &#187; le sentiment antifasciste au b&#233;n&#233;fice du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, il semble qu'un changement de strat&#233;gie s'op&#232;re, avec la Nouvelle D&#233;mocratie se pr&#233;sentant comme un gardien de la d&#233;mocratie et, plus important, de la &#171; stabilit&#233; &#187;. Cela aide ND au plan &#233;lectoral et modifie l'agenda politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias et les partis bourgeois affirment que la ligne de partage n'est pas entre ceux qui sont favorables &#224; l'aust&#233;rit&#233; et ceux qui sont contre l'aust&#233;rit&#233;, mais entre ceux qui sont favorables &#224; &#171; un front constitutionnel &#187; ou &#171; un &#233;ventail d&#233;mocratique &#187; contre Aube Dor&#233;e et &#171; l'extr&#233;misme en g&#233;n&#233;ral &#187; [et ceux qui se reconnaissent dans ces &#034;extr&#234;mes&#034; - Note d'Avanti], dans la mesure o&#249; de nombreux dirigeants politiques mettent un signe d'&#233;galit&#233; entre les n&#233;onazis et &#171; les extr&#233;mistes de la gauche radicale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tactique peut changer, &#233;videmment, dans une &#233;tape prochaine. Ni l'appareil d'Etat, ni la Nouvelle D&#233;mocratie ne veulent sinc&#232;rement &#233;craser Aube Dor&#233;e. Les n&#233;onazis constituent une r&#233;serve utile pour la classe dominante. Dans l'imm&#233;diat, leurs repr&#233;sentants pensent qu'il est mieux de contenir les n&#233;onazis mais, au moment o&#249; ils en auront besoin, ils faciliteront leur r&#233;&#233;mergence. Ainsi, frapper le danger n&#233;onazi revient au mouvement antifasciste, au mouvement ouvrier, &#224; la gauche, et pour cela il faut le faire dans la rue et dans les quartiers. Et cet objectif va de pair avec le combat contre l'aust&#233;rit&#233;, ainsi que celui contre le gouvernement Samaras. Notre r&#233;ponse &#224; la dite th&#233;orie des &#171; deux extr&#234;mes &#187; (les n&#233;onazis et la gauche radicale, avec le gouvernement s'affirmant comme &#171; le centre d&#233;mocratique &#187;) peut se traduire ainsi pour faire court : un extr&#234;me est compos&#233; du patronat, du gouvernement et de ses forces et des n&#233;onazis ; et &#171; l'autre &#187; est constitu&#233; par l'ensemble des salari&#233;s, la gauche et le syndicalisme de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il une chance de renverser le gouvernement Samaras ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : La vague des gr&#232;ves de septembre a indiqu&#233; que ce potentiel existait s'il pouvait reposer sur des secteurs encore plus larges. Cela ne s'est pas mat&#233;rialis&#233;. Et le gouvernement a r&#233;agi de mani&#232;re agile face &#224; la situation qui a surgi apr&#232;s l'assassinat de Pavlos Fyssas. Il a su en tirer un certain b&#233;n&#233;fice. D&#232;s lors, la possibilit&#233; de renverser le gouvernement, &#224; court terme, n'existe pas. Mais une telle possibilit&#233; peut r&#233;&#233;merger. Face aux politiques et aux mesures issues de l'application de l'actuel M&#233;morandum, chaque gr&#232;ve devient de fait une gr&#232;ve politique contre le gouvernement si elle veut faire aboutir ses revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa capacit&#233; &#224; survivre, le fait est que ce gouvernement reste faible. Il y a un d&#233;bat permanent sur la n&#233;cessit&#233; de constituer un nouveau gouvernement, y compris dans les rangs parlementaires, et cela en mettant &#224; la marge Samaras au cours de ce processus. Un tel changement peut ne pas se mat&#233;rialiser. Mais le simple fait qu'une telle discussion existe en dit long sur la confiance r&#233;duite dans ce gouvernement. Et ce dernier devra faire face &#224; de rudes probl&#232;mes dans le futur. Il doit simultan&#233;ment appliquer des lois qui concr&#233;tisent le dernier M&#233;morandum et faire passer au parlement un nouvel ensemble de mesures d'aust&#233;rit&#233;. La classe ouvri&#232;re au sens large a donn&#233; la preuve, &#224; diverses reprises au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es, qu'elle peut riposter. Deux gouvernements ont &#233;t&#233; renvers&#233;s : le gouvernement de Georges Papandr&#233;ou du PASOK et la coalition des trois partis dirig&#233;e par le &#171; technocrate &#187; Papad&#233;mos. D&#232;s lors, je suis assez certain qu'une nouvelle possibilit&#233; va appara&#238;tre, d'autant plus que les gr&#232;ves n'ont pas cess&#233; et que divers secteurs restent mobilis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est selon toi la t&#226;che de l'heure pour la gauche radicale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonis Ntavanellos&lt;/strong&gt; : Je dirai qu'aujourd'hui se pose le probl&#232;me tactique et strat&#233;gique de d&#233;velopper un mouvement socio-politique d'ensemble contre le gouvernement. J'ai pr&#233;c&#233;demment indiqu&#233; que chaque gr&#232;ve faisait face au d&#233;fi d'un affrontement avec le gouvernement pour gagner. Mais il ne d&#233;coule pas de ce constat qu'une telle mobilisation socio-politique va prendre forme de mani&#232;re spontan&#233;e. D&#232;s lors, la question centrale est la suivante : comment agir afin d'organiser un tel combat massif et militant afin de renverser un gouvernement qui ne va pas se laisser faire facilement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a des t&#226;ches que la bureaucratie syndicale est structurellement incapable d'accomplir, sans m&#234;me mentionner qu'elle ne le veut pas. Dans un tel contexte, deux &#233;l&#233;ments cl&#233;s ressortent : les initiatives de solidarit&#233; avec les diverses luttes et les initiatives prises par la base et les secteurs interm&#233;diaires des organisations syndicales, stimul&#233;es par l'intervention des courants de la gauche radicale dans une perspective d'unit&#233; d'action. Il en d&#233;coule qu'il faut trouver les formes qui vont aider &#224; organiser et &#224; &#233;largir des formes de r&#233;sistance et de contre-attaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, la mise en place de &#171; comit&#233;s populaires de r&#233;sistance &#187;, initiative qui vient juste de prendre forme, est d'une grande importance, encore faut-il que ces derniers se mat&#233;rialisent &#224; une &#233;chelle suffisamment ample. Les forces organis&#233;es de la gauche radicale peuvent constituer un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour d&#233;clencher une dynamique dans cette direction. Ainsi, c'est dans cette direction que nous devrions concentrer nos forces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 23 octobre sur le site suisse alencontre.org&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nouveau miracle &#233;conomique allemand : petits boulots et salaires de mis&#232;re</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-nouveau-miracle-economique-allemand-petits-boulots-et-salaires-de-misere</link>
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		<dc:date>2011-03-15T08:13:14Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le prix du nouveau miracle de l'emploi on le trouve aupr&#232;s des int&#233;rimaires, dans le d&#233;veloppement du secteur des bas salaires, dans le gonflement du sous-emploi et dans l'augmentation sensible de la pauvret&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; La croissance spectaculaire du Produit national brut de 3,6% l'an pass&#233; a surtout &#233;t&#233; nourrie par les Etats du BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine), d'une part donc par des pays producteurs de mati&#232;res premi&#232;res et d'autre part par la Chine, qui, en novembre 2008, avait lanc&#233; un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton6819-30294.jpg?1781236306' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le prix du nouveau miracle de l'emploi on le trouve aupr&#232;s des int&#233;rimaires, dans le d&#233;veloppement du secteur des bas salaires, dans le gonflement du sous-emploi et dans l'augmentation sensible de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La croissance spectaculaire du Produit national brut de 3,6% l'an pass&#233; a surtout &#233;t&#233; nourrie par les Etats du BRIC (Br&#233;sil, Russie, Inde et Chine), d'une part donc par des pays producteurs de mati&#232;res premi&#232;res et d'autre part par la Chine, qui, en novembre 2008, avait lanc&#233; un programme conjoncturel de 390 milliards euros, qui jouera le r&#244;le de locomotive pour l'ensemble de la r&#233;gion de l'Asie du Sud-Est. Les exportations de marchandises en direction du Br&#233;sil ont progress&#233; de 61,3% en 2010, celles vers la Chine de 55,5% et vers la Russie de 18,3%. La prime &#224; la casse des voitures et le programme conjoncturel ont fait le reste &#8211; instruments classiquement keyn&#233;siens s'il en est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'emploi contre le salaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures prises par les partenaires sociaux ont aussi contribu&#233; &#224; maintenir une paix relative sur le march&#233; de l'emploi &#8211; ainsi le r&#232;glement du ch&#244;mage partiel (la part patronale des charges sociales a &#233;t&#233; prise en charge par les caisses publiques). L'institut syndical WSI relie l'absence d'une grande vague de ch&#244;mage &#224; la pratique conventionnelle dite de la &#171; s&#233;curit&#233; de l'emploi &#187;, introduite &#224; partir des ann&#233;es 90 et qui a fait tache d'huile depuis. Lorsque le carnet des commandes est un peu faiblard, elle pr&#233;voit que l'entreprise peut r&#233;duire le temps de travail et donc le salaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'institut n'est pas en mesure de fournir une &#233;valuation pr&#233;cise de ses effets. Finalement, la flexibilit&#233; du travail a bien fonctionn&#233; : les comptes d'&#233;pargne du travail ont &#233;t&#233; remis &#224; z&#233;ro et les travailleurs et travailleuses ont accumul&#233; une dette en heures de travail qui sera rembours&#233;e lors de la reprise. Les syndicats pratiquant le partenariat social peuvent donc se sentir encourag&#233; dans leur option de prioriser la s&#233;curit&#233; de l'emploi en &#233;change de r&#233;duction du salaire et de mise en veilleuse de la question de la r&#233;duction du temps de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une &#233;poque difficile pour la r&#233;sistance et la protestation sociales. Lorsque les &#171; amortisseurs sociaux &#187; (comme l'on dit en Italie) agissent, on fait le dos rond et l'on est content lorsque la mitraille passe par dessus. Reste la peur au ventre et le sentiment diffus qu'il n'est pas possible que le tsunami des licenciements de masse et des r&#233;ductions de salaire engloutisse le paysage tout autour de soi et que l'on reste seul survivant. Mais la peur n'a jamais nourri la volont&#233; de r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a toutefois eu une exception int&#233;ressante, celle de la manifestation de Nuremberg, avec ses 35'000 participant(e)s, un nombre qui surprit tout le monde et d'abord l'organisateur, le syndicat IG Metall. En Allemagne m&#233;ridionale, on explique cela ainsi : la pauvret&#233; et le ch&#244;mage n'&#233;taient jusqu'alors pas &#224; l'ordre du jour, sauf dans quelques r&#233;gions. La crise de 2008 a pour la premi&#232;re fois frapp&#233; partout et le risque de l'effondrement est devenu manifeste &#8211; que l'on pense &#224; la crainte exprim&#233;e par l'IG Metall du Bade-W&#252;rtemberg de voir la r&#233;cession &#233;conomique entra&#238;ner une vague de faillites de petites et moyennes entreprises dans le Jura souabe. La participation massive &#224; la manifestation de Nuremberg traduit cette crainte et la r&#233;volte contre la perspective de perdre durablement un emploi s&#251;r et encore bien pay&#233; pour s'engager sur la voie de la pr&#233;carit&#233;, emprunt&#233;e depuis longtemps par le reste de la r&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;caires et int&#233;rimaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceux et celles qui ont effectivement pay&#233; la crise, ce sont les int&#233;rimaires. Un tiers du &#171; miracle allemand de l'embauche &#187; s'est produit gr&#226;ce &#224; eux. Ils ne sont qu'&#224; peine syndiqu&#233;s, ont souvent des emplois sans lendemain, qui ne leur ouvrent pas les portes de l'assurance-ch&#244;mage de premier degr&#233; et forment la plus grande partie des &#171; &#233;r&#233;mistes &#187; de la loi Hartz IV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ch&#244;meurs et ch&#244;meuses ont aussi eu et ont encore l'occasion de descendre dans la rue, car la r&#233;forme de la loi Hartz mise en place par Madame von der Leyen (ministre f&#233;d&#233;rale du Travail, d&#233;mocrate-chr&#233;tienne, r&#233;d.) implique, finalement, des r&#233;ductions consid&#233;rables de l'aide. Le prix du nouveau miracle de l'emploi on le trouve aupr&#232;s des int&#233;rimaires, dans le d&#233;veloppement du secteur des bas salaires, dans le gonflement du sous-emploi et dans l'augmentation sensible de la pauvret&#233;. L'Allemagne est championne d'Europe du d&#233;veloppement des bas salaires : quiconque relie cela &#224; la priorit&#233; aux exportations est un farceur...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#233;canismes de gestion de la crise ne vont pas au-del&#224; du tr&#232;s court terme. La prime &#224; la casse des voitures tourne le dos aux objectifs d&#233;clar&#233;s du gouvernement en mati&#232;re de climat ; le programme conjoncturel a &#233;chou&#233; &#224; orienter socialement et &#233;cologiquement la relance. La priorit&#233; aux exportations m&#232;ne dans une impasse, car elle est fragile et cr&#233;&#233;e en outre de grands d&#233;s&#233;quilibres. Les projections pour cette ann&#233;e et l'ann&#233;e suivante sont d&#233;j&#224; en baisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et le printemps du keyn&#233;sianisme est termin&#233; : la crise de l'euro a fourni un pr&#233;texte bienvenu au gouvernement allemand pour faire un tournant en direction du frein &#224; la dette et des &#233;conomies budg&#233;taires. Non, la crise n'est pas derri&#232;re nous et il est &#224; craindre que les vraies difficult&#233;s soient encore &#224; venir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mobilisations anti-nucl&#233;aire massives</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Mobilisations-anti-nucleaire-massives</link>
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		<dc:date>2010-11-12T16:37:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Luttes sociales</dc:subject>
		<dc:subject>Vid&#233;os</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-11-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le mois d'avril de cette ann&#233;e, lorsque le gouvernement Merkel a d&#233;cid&#233; d'abandonner le soi-disant &#034;compromis nucl&#233;aire&#034; scell&#233; sous le gouvernement rouge-vert pr&#233;c&#233;dent, les manifestations contre l'&#233;nergie nucl&#233;aire ont repris avec une &#233;nergie surprenante : 120.000 personnes participent le 24 avril &#224; une cha&#238;ne humaine de 120 km entre Kr&#252;mmel/Hamburg et Brunsb&#252;ttel le long de la Basse-Elbe ; suit une manifestation de 100.000 personnes &#224; Berlin avec encerclement de la chancellerie et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-11-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-11-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L133xH150/arton5862-48fe6.png?1781236307' class='spip_logo spip_logo_right' width='133' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;object width=&#034;271&#034; height=&#034;217&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xfk8dg?additionalInfos=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xfk8dg?additionalInfos=0&#034; width=&#034;271&#034; height=&#034;217&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Depuis le mois d'avril de cette ann&#233;e, lorsque le gouvernement Merkel a d&#233;cid&#233; d'abandonner le soi-disant &#034;compromis nucl&#233;aire&#034; scell&#233; sous le gouvernement rouge-vert pr&#233;c&#233;dent, les manifestations contre l'&#233;nergie nucl&#233;aire ont repris avec une &#233;nergie surprenante : 120.000 personnes participent le 24 avril &#224; une cha&#238;ne humaine de 120 km entre Kr&#252;mmel/Hamburg et Brunsb&#252;ttel le long de la Basse-Elbe ; suit une manifestation de 100.000 personnes &#224; Berlin avec encerclement de la chancellerie et du Bundestag le 18 septembre, et une de 50.000 personnes le 9 octobre &#224; Munich.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vid&#233;o du 7 novembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;object width=&#034;271&#034; height=&#034;217&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xfk8dg?additionalInfos=0&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowFullScreen&#034; value=&#034;true&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;allowScriptAccess&#034; value=&#034;always&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; src=&#034;http://www.dailymotion.com/swf/video/xfk8dg?additionalInfos=0&#034; width=&#034;271&#034; height=&#034;217&#034; allowfullscreen=&#034;true&#034; allowscriptaccess=&#034;always&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;p&gt;Les quatre journ&#233;es de lutte dans le &#034;Wendland&#034; (le pays des Wendes, ou des Slaves dans le nord-est de la Basse-Saxe, proche des fronti&#232;res avec le Mecklenburg-Vorpommern, Brandenburg et Sachsen-Anhalt) ont marqu&#233; un grand pas en avant dans la lutte contre la prolongation de vie des centrales nucl&#233;aires. Depuis le mois d'avril de cette ann&#233;e, lorsque le gouvernement Merkel a d&#233;cid&#233; d'abandonner le soi-disant &#034;compromis nucl&#233;aire&#034; scell&#233; sous le gouvernement rouge-vert pr&#233;c&#233;dent, les manifestations contre l'&#233;nergie nucl&#233;aire ont repris avec une &#233;nergie surprenante : 120.000 personnes participent le 24 avril &#224; une cha&#238;ne humaine de 120 km entre Kr&#252;mmel/Hamburg et Brunsb&#252;ttel le long de la Basse-Elbe ; suit une manifestation de 100.000 personnes &#224; Berlin avec encerclement de la chancellerie et du Bundestag le 18 septembre, et une de 50.000 personnes le 9 octobre &#224; Munich. Et maintenant, entre le 5 et le 9 novembre, des blocages et manifestations en diff&#233;rents endroits le long du chemin des &#034;castors&#034; entre Berg, proche de la fronti&#232;re avec la France, et Celle en Basse-Saxe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long des rails entre Dahlenburg et Gorleben (33 km) on a vu 50.000 personnes manifester le samedi 6 novembre, et les trois jour suivants entre 20 et 25.000 participer dans des blocages de toute sorte pour emp&#234;cher le train d'arriver au terminus. Les blocus les plus importants dureront 20 heures et plus, celui devant le centre des d&#233;chets &#224; Gorleben aura dur&#233; pendant 45 heures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Nous voil&#224; de retour&#034; avaient titr&#233; les journaux sympathisants avec le mouvement en avril. Un retour en force. Pour diff&#233;rentes raisons : Parce que le gouvernement Merkel, qui a mis moins de 12 mois pour battre le record du gouvernement plus detest&#233; dans l'histoire allemande depuis la guerre, s'est mis &#224; plat ventre devant les monopoles de l'&#233;nergie qui veulent prolonger le temps d'activit&#233; des centrales parce que cela leur rapporte des profits suppl&#233;mentaires de l'ordre de plusieurs milliards d'euros. Parce que ce gouvernement a d&#233;fait sans sourciller un compromis difficile et pr&#233;caire de ces m&#234;mes monopoles avec le gouvernement ant&#233;rieur. Parce que le secteur des &#233;nergie renouvelables est devenu un secteur important de l'&#233;conomie allemande produisant aujourd'hui 16% de l'&#233;nergie primaire et employant pr&#232;s de 340.000 ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Allemagne est un pays exportateur d'&#233;lectricit&#233; qui pourrait percevoir 100% de son &#233;nergie de ressouces renouvelables d'ici 2050. Mais la fixation sur le charbon et le nucl&#233;aire bloque, pour des raisons techniques, une augmentation de la part des renouvelables dans les r&#233;seaux &#233;nerg&#233;tiques - et donc dans les march&#233;s de l'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la peur d'une &#233;nergie qui menace le futur entier de l'humanit&#233; s'ajoute le d&#233;bat sur le climat. Alors que le traitement du charbon et du nucl&#233;aire demande une technologie centralis&#233;e et une forte concentration du capital, et donc une structure monopoliste de la production &#233;nerg&#233;tique, les &#233;nergies renouvelables marchent mieux dans des unit&#233;s plus petites, d&#233;centralis&#233;es, moins co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un progr&#232;s technologique, &#233;cologique, &#233;conomique et social qui se dessine &#224; l'horizon est mis en cause parce que le gouvernement n'a pas le courage de s'opposer au pouvoir des monopoles. Il y a 40 ans, sur fond de guerre froide, le d&#233;bat sur le nucl&#233;aire se nourissait de la peur de son potentiel destructif. Aujourd'hui il devient le symbole d'une chance rat&#233;e pour un futur digne d'&#234;tre v&#233;cu. La lutte contre le nucl&#233;aire et le charbon va former et politiser &#224; nouveau toute une g&#233;n&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le Wendland la r&#233;sistance contre le nucl&#233;aire fait partie d'une culture qui se transmet d&#233;sormais &#224; la 4&#232;me g&#233;n&#233;ration ; sa colonne vert&#233;brale est form&#233;e par des paysans, qui, de la grange au champ et au tracteur ont mis &#224; la disposition de la lutte tout ce qu'ils avaient. Ils ont fourni le gros de l'infrastructure pour ces quatre journ&#233;es de lutte, une infrastructure excellente et souvent bien sup&#233;rieure &#224; celle de la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement, une fois de plus, n'a pas boug&#233; : le site de Gorleben est officiellement d&#233;clar&#233; capable d'accueillir les d&#233;chets de forte radioactivit&#233; ; la prochaine livraison de &#034;castors&#8220; &#233;tant pr&#233;vue pour 2011. Nous, les manifestants, nous avons des r&#233;serves, nous pouvons doubler nos effectifs. Mais les forces de l'ordre ont touch&#233; un plafond. 20.000 policiers ont &#233;t&#233; de service dans le Wendland, la plupart entre 25 et 30 heures d'affil&#233;e : le dimanche soir ils &#233;tait tellement &#233;puis&#233;s qu'ils ont demand&#233; de n&#233;gocier avec les manifestants. En outre, beaucoup d'entre eux sympathisent avec les manifestants. Il ne leur sera pas possible, avec les moyens utilis&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;sent, de lib&#233;rer les rails du double de manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a plus encore, l'&#233;tincelle de la lutte s'est r&#233;pandue sur une grande parti du territoire : chaque centrale nucl&#233;aire, chaque nouvelle centrale de charbon rallume le d&#233;bat. Et l'ann&#233;e prochaine nous offrira six &#233;lections r&#233;gionales, dont une tr&#232;s importante au Bade-Wurttemberg. Dans les sondages, les partis au gouvernement &#224; Berlin sont en chute libre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Perc&#233;e de la gauche radicale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Percee-de-la-gauche-radicale</link>
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		<dc:date>2009-10-06T07:38:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Angela Klein</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le r&#233;sultat des &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre est contrast&#233;. D'un part, la droite obtient une majorit&#233; claire et va pouvoir former un gouvernement appuy&#233; sur une coalition entre chr&#233;tiens-d&#233;mocrates (CDU) et lib&#233;raux (FDP). Mais d'autre part, la gauche radicale, repr&#233;sent&#233;e par Die Linke, est en nette progression avec 12,5% des voix (8,8% aux &#233;lections de 2005), passant devant les Verts. &lt;br class='autobr' /&gt; Avec une perte de 11,2%, la social-d&#233;mocratie essuie sa plus grave d&#233;faite &#224; une &#233;lection (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;sultat des &#233;lections l&#233;gislatives du 27 septembre est contrast&#233;. D'un part, la droite obtient une majorit&#233; claire et va pouvoir former un gouvernement appuy&#233; sur une coalition entre chr&#233;tiens-d&#233;mocrates (CDU) et lib&#233;raux (FDP). Mais d'autre part, la gauche radicale, repr&#233;sent&#233;e par Die Linke, est en nette progression avec 12,5% des voix (8,8% aux &#233;lections de 2005), passant devant les Verts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec une perte de 11,2%, la social-d&#233;mocratie essuie sa plus grave d&#233;faite &#224; une &#233;lection l&#233;gislative depuis la fin de la guerre, son score de 23% &#233;tant le plus faible depuis 1949. Elle a perdu 4,5 millions de voix sur 45 millions de votants, dont 1,6 million ont &#233;t&#233; du c&#244;t&#233; de l'abstention, 780 000 &#224; Die Linke, 710 000 aux Verts et 620 000 au CDU. Elle est la premi&#232;re responsable du nouveau record d'abstention (70,8% de votants). Avec ce score, la social-d&#233;mocratie allemande est retomb&#233;e dans le &#171; ghetto des 30% &#187;, dont Willy Brandt l'avait sortie en 1972. D&#232;s le soir des &#233;lections, la jeunesse social-d&#233;mocrate a r&#233;clam&#233; un changement de cap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il para&#238;t assez &#233;vident que le SPD va chercher une ouverture vers des coalitions avec Die Linke &#224; tous les niveaux. Son plus grand obstacle &#224; une perspective d'alliance SPD&#8211;Die Linke&#8211;Verts au niveau f&#233;d&#233;ral sera l'orientation en politique ext&#233;rieure de Die Linke : dans une situation de normalit&#233; politique, c'est-&#224;-dire de domination politique bourgeoise, il est pratiquement exclu qu'un parti contre l'Otan participe &#224; un gouvernement. Pour int&#233;grer une telle alliance et acc&#233;der au gouvernement f&#233;d&#233;ral, Die Linke devra, comme les Verts l'ont d&#233;j&#224; fait, changer sa position en la mati&#232;re. Il faut donc s'attendre &#224; des conflits sur cette question au sein de Die Linke.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lib&#233;raux enregistrent, avec 14,6%, leur meilleur r&#233;sultat depuis 1949. Leurs fiefs se situent surtout dans le sud de l'Allemagne (Baden-W&#252;rttemberg, Bavi&#232;re), c'est &#224; dire dans les r&#233;gions les moins touch&#233;es par le ch&#244;mage. Ils ont profit&#233; d'un transfert tactique de voix des chr&#233;tiens-d&#233;mocrates vers eux, surtout en Bavi&#232;re. Ainsi le CSU, parti-&#201;tat chr&#233;tien-d&#233;mocrate de Bavi&#232;re, en d&#233;clin continu, n'a rapport&#233; que 41% des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain parlement f&#233;d&#233;ral sera donc divis&#233; en deux camps : le camp bourgeois et le camp oppositionnel compos&#233; du SPD, de Die Linke et des Verts. Cette constellation pourrait &#234;tre l'occasion de formuler une alternative politique et sociale avec une opposition qui m&#233;rite ce nom et se manifeste dans les luttes syndicales et les mouvements sociaux &#224; la hauteur des attaques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Die Linke pourrait prendre la t&#234;te d'une telle orientation si elle n'&#233;tait pas elle-m&#234;me divis&#233;e entre une aile (surtout &#224; l'est) qui con&#231;oit la politique au sens institutionnel traditionnel et ne ferait qu'administrer la crise du capitalisme et une minorit&#233; mal organis&#233;e et &#233;cartel&#233;e qui veut sortir du capitalisme. Tout d&#233;pendra de la reprise du terrain de la lutte par les organisations syndicales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Angela Klein&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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