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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Fran&#231;ois Fillon : &#034;Encore un qu'on n'a pas vu venir&#8230;.&#034;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Francois-Fillon-Encore-un-qu-on-n-a-pas-vu-venir</link>
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		<dc:date>2017-02-21T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-12-13</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-02-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Brexit. Apr&#232;s le Brexit, Trump. Apr&#232;s Trump, Fillon. Encore un qu'on n'a pas vu venir. En 2012, lors de l'un de ses meetings &#233;lectoraux, Hollande avait affirm&#233; : &#171; L'ennemi, c'est la finance &#187;, une formule qu'il s'&#233;tait empress&#233; d'oublier sit&#244;t &#233;lu. De la m&#234;me fa&#231;on, lors de l'actuelle campagne &#233;lectorale, Fillon pourrait r&#233;sumer son propos en affirmant : &#171; l'ennemi, c'est l'Etat &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Fillon veut un Etat portion congrue, qui couvre le minimum d'espace possible, en r&#233;glementant le moins (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-02-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-02-21&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton29058-c9f73.jpg?1781235478' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Brexit. Apr&#232;s le Brexit, Trump. Apr&#232;s Trump, Fillon. Encore un qu'on n'a pas vu venir. En 2012, lors de l'un de ses meetings &#233;lectoraux, Hollande avait affirm&#233; : &#171; L'ennemi, c'est la finance &#187;, une formule qu'il s'&#233;tait empress&#233; d'oublier sit&#244;t &#233;lu. De la m&#234;me fa&#231;on, lors de l'actuelle campagne &#233;lectorale, Fillon pourrait r&#233;sumer son propos en affirmant : &#171; l'ennemi, c'est l'Etat &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Fillon veut un Etat portion congrue, qui couvre le minimum d'espace possible, en r&#233;glementant le moins possible, ce &#224; quoi contribue, par exemple, la suppression de toute dur&#233;e l&#233;gale du travail ou un code du travail r&#233;duit &#224; quelques feuillets. Il veut un Etat bon march&#233;, qui d&#233;pense le moins possible (100 milliards de moins sur 5 ans) et co&#251;te le moins possible (500 000 postes de fonctionnaires supprim&#233;s, des fonctionnaires qu'on fait travailler 39 heures). Enfin, Fillon veut un Etat bonnes-&#339;uvres. Les mesures qu'il propose reviennent &#224; d&#233;truire la protection sociale telle qu'&#233;chafaud&#233;e en 1945, mais il voit bien qu'un nettoyage par le vide est impossible. Resterait donc &#224; la charge du syst&#232;me public le minimum qu'on ne peut &#233;viter, &#171; les affections graves ou de longue dur&#233;e &#187; ou encore la retraite &#224; 65 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le programme de Fillon ne s'arr&#234;te pas &#224; sa partie &#233;conomique ; il se prolonge par une partie portant sur &#171; les probl&#232;mes de soci&#233;t&#233; &#187;. On peut consid&#233;rer qu'il n'y a pas de rapport n&#233;cessaire de l'une &#224; l'autre, qu'il s'agit simplement de chapitres diff&#233;rents d'un m&#234;me programme. J'avance pour ma part l'hypoth&#232;se inverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je remettrai la famille au c&#339;ur de notre projet politique &#187;, dit Fillon, dans une conception traditionnelle selon laquelle la femme est &#171; le pilier de la famille &#187; et la famille le pilier de la soci&#233;t&#233;. Une firme multinationale se fiche &#233;perdument du droit &#224; l'avortement, de la PMA, de la GPA ou encore du droit &#224; l'adoption pour les couples homosexuels. Il n'en est certainement pas de m&#234;me du petit ou moyen patron, qui a une famille. Il y a non-correspondance entre trust mondial et famille, il y a correspondance, par contre, entre petit producteur et famille. La famille tient la boutique et la boutique fait subsister la famille. Du petit patron qui est contre l'&#233;tat r&#233;glementaire, fiscaliste, social, on passe facilement &#224; l'individu qui est vent debout contre le droit &#224; l'avortement, le PACS, le mariage pour tous, en bref celui qui a fourni les incroyables bataillons de la Manif pour tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voil&#224; dans l'univers de la petite production qui, dans un m&#234;me mouvement, joint &#224; la rage contre un Etat envahissant la d&#233;fense acharn&#233;e des valeurs traditionnelles. Le &#171; contre l'Etat &#187; du programme Fillon (contre l'Etat r&#233;glementaire, contre l'Etat fiscaliste, contre l'Etat social) pourrait &#234;tre aussi bien celui d'une firme multinationale que celui d'une PME : compte tenu de ce qui pr&#233;c&#232;de, je suis amen&#233; &#224; mettre l'accent sur le deuxi&#232;me de ces termes, sur le petit et moyen patronat, sur tout ce qu'on peut regrouper sous l'appellation g&#233;n&#233;rale de : petite production. N'est-ce pas cette petite production que l'on a pu voir &#224; la man&#339;uvre lors du mouvement breton des &#171; bonnets rouges &#187;, mouvement dress&#233; contre l'Etat-Paris sous ses deux visages honnis de l'Etat-r&#233;glementation et de l'Etat-fiscalit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Fillon, nous sommes bien s&#251;r toujours sur les sentiers du n&#233;olib&#233;ralisme, toujours sous h&#233;g&#233;monie du capital mondialis&#233;, financiaris&#233;. Il ne s'agit pas de dire que la base sociale de Fillon est la petite production. Mais de sugg&#233;rer qu'avec Fillon proposition est faite au reste de la droite de se regrouper autour du langage de la petite production. C'est une question de repr&#233;sentation politique, et non de base sociale. On d&#233;limite ainsi une droite r&#233;actionnaire au sens le plus profond du terme, o&#249; il s'agit, comme le mot l'indique, de faire tourner &#224; l'envers l'horloge historique, et donc de remonter le temps, au moins jusqu'en 1914. D'o&#249;, l'impression d'une droite-revenant, &#224; propos de laquelle on se dit : &#171; mais d'o&#249; elle sort celle-l&#224; ? &#187;. Que l'on songe, ne serait-ce qu'un instant, &#224; Val&#233;ry Giscard-d'Estaing et &#224; sa droite &#171; moderniste &#187;, pour mesurer le chemin parcouru.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs, les th&#232;mes qui devraient plus particuli&#232;rement int&#233;resser un trust mondial sont pratiquement tous absents du discours de Fillon : Brexit et ses cons&#233;quences, avenir de l'euro (pourtant menac&#233; par le FN), crise des institutions europ&#233;ennes (&#224; peine &#233;voqu&#233;e), libre circulation (des capitaux, des produits, de la main-d'&#339;uvre) ou protectionnisme, sort des diff&#233;rents trait&#233;s (CETA, TAFTA), d&#233;localisations (ignor&#233;es). Une telle liste (qu'on pourrait facilement allonger) montre bien de quel c&#244;t&#233; penche le programme de Fillon, &#224; quoi il s'int&#233;resse v&#233;ritablement, de qui il se fait le h&#233;raut. &lt;br class='autobr' /&gt;
Brexit, Trump, Fillon : pas de doute, nous avons chang&#233; de p&#233;riode. Nous sommes d&#233;sormais dans celle de la grande r&#233;volte contre la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Dans les cercles dirigeants l'inqui&#233;tude grandit et il s'agit de briser les r&#233;sistances qui, partout, rel&#232;vent la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, pour le moment, la repr&#233;sentation politique du capital mondialis&#233; a &#233;t&#233; transmise &#224; une petite production r&#234;vant du pass&#233;, et ceci sans doute parce que la casserole commence &#224; chauffer et qu'il faut la l&#226;cher, parce que son manche br&#251;le. Ce capital mondialis&#233; laisse faire Fillon &amp; C&#176;, et s'appr&#234;te &#224; en profiter si l'op&#233;ration est un succ&#232;s, ou &#224; la d&#233;noncer si c'est un &#233;chec. La victoire du candidat &#233;cologiste &#224; la pr&#233;sidentielle autrichienne et la d&#233;faite de Renzi en Italie montrent que tout est encore dans la balance. Comme d'hab. la finale se jouera en France, si on en venait au programme Fillon. Haut les c&#339;urs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achev&#233; de r&#233;diger le 5/12/2016&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise : l'heure de v&#233;rit&#233; - Que faire ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-l-heure-de-verite-Que-faire</link>
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		<dc:date>2011-08-16T08:48:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2011-08-16</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous voil&#224; &#224; la veille du troisi&#232;me anniversaire de la chute de Lehman Brothers qui, le 15 septembre 2008, a marqu&#233; le d&#233;but officiel de la crise proprement financi&#232;re. Une nouvelle crise occupe le devant de la sc&#232;ne, celle de la dette souveraine, et elle est pr&#233;sent&#233;e comme totalement ind&#233;pendante de la premi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
7 ao&#251;t 2011 &lt;br class='autobr' /&gt; Il y a surendettement des Etats et ce surendettement serait d&#251; &#224; l'imp&#233;ritie des gouvernements, &#224; leur laisser-aller en mati&#232;re de d&#233;penses. Il n'en est rien : la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-08-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-08-16&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH118/arton7845-a4baa.png?1781534573' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous voil&#224; &#224; la veille du troisi&#232;me anniversaire de la chute de Lehman Brothers qui, le 15 septembre 2008, a marqu&#233; le d&#233;but officiel de la crise proprement financi&#232;re. Une nouvelle crise occupe le devant de la sc&#232;ne, celle de la dette souveraine, et elle est pr&#233;sent&#233;e comme totalement ind&#233;pendante de la premi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 ao&#251;t 2011&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a surendettement des Etats et ce surendettement serait d&#251; &#224; l'imp&#233;ritie des gouvernements, &#224; leur laisser-aller en mati&#232;re de d&#233;penses. Il n'en est rien : la crise de la dette souveraine n'est qu'une prolongation de la grande crise qui a failli emporter le monde il y a trois ans. Avec l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re (en particulier am&#233;ricaine), la dette des m&#233;nages est devenue celle des organismes financiers, et celle-ci &#224; son tour est devenue celle des Etats. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(...)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'heure de v&#233;rit&#233; a sonn&#233; de part et d'autre de l'Atlantique, parce que la crise continue, en prenant d'autres d&#233;guisements et que les exp&#233;dients utilis&#233;s pour reporter les &#233;ch&#233;ances sont en voie d'&#233;puisement. En Europe cette crise prend surtout la forme du surendettement public, aux Etats-Unis surtout celle d'un &#233;touffement de la croissance. Mais la d&#233;cision de Standard and Poor's de d&#233;grader la note am&#233;ricaine en dit long sur le caract&#232;re universel d'une crise mondialis&#233;e. Le dernier rempart, celui des Etats, est en train de c&#233;der.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mordant la main qui les a nourris, les &#171; march&#233;s &#187; exigent d'&#234;tre sauv&#233;s sur fonds publics, puis n'h&#233;sitent pas &#224; se ruer sur ces m&#234;mes Etats qui les ont secourus. Sous leur pression, les politiques d'aust&#233;rit&#233; mises en place approfondissent la crise et ce, d'autant plus violemment qu'elles sont maintenant g&#233;n&#233;ralis&#233;es. Ce faisant, suppos&#233;es r&#233;duire l'endettement, ces politiques l'aggravent au contraire, par r&#233;duction des recettes fiscales. Pris dans ce cercle vicieux, le monde capitaliste a d'autant plus de mal &#224; trouver la voie de la sortie que les munitions publiques ont &#233;t&#233; tir&#233;es et sont d&#233;sormais &#233;puis&#233;es, qu'il s'agisse de l'instrument budg&#233;taire ou du mon&#233;taire, les taux des banques centrales &#233;tant toujours maintenus au plancher, sans grands r&#233;sultats. Derri&#232;re des Etats d&#233;sarm&#233;s, on voit maintenant appara&#238;tre clairement les lois implacables du syst&#232;me capitaliste, celles dict&#233;es par la soif inextinguible de profit, un syst&#232;me menac&#233; d'effondrement et qui risque d'entra&#238;ner l'humanit&#233; tout enti&#232;re dans sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Que faire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas ici le lieu d'&#233;noncer l'int&#233;gralit&#233; d'un programme qui passerait en revue toutes les mesures n&#233;cessaires, certaines qui d&#233;coulent directement de la situation actuelle, d'autres qui en sont la cons&#233;quence logique, d'autres encore qui s'attaquent au syst&#232;me capitaliste dans ce qu'il a de plus fondamental. Cela serait utile, mais le feu est &#224; la maison et il faut mettre en &#339;uvre l'indispensable quitte &#224; ce que, &#224; partir de l&#224;, d'autres voies soient ouvertes sur un autre horizon. Il faut &#8211; priorit&#233; des priorit&#233;s &#8211; &#233;teindre l'incendie de la dette. Il faut &#8211; geste de survie &#8211; ma&#238;triser la finance, l'emp&#234;cher de nuire, une bonne fois pour toutes. Il faut &#8211; pr&#233;paration de l'avenir - jeter les bases d'un red&#233;marrage, de fa&#231;on &#224; assurer l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence absolue est de faire face au probl&#232;me de la dette publique. Trois points sont essentiels : 1) quel que soit le pays, il faut d&#233;cr&#233;ter un moratoire sur la dette existante et la soumettre &#224; un audit, pour porter un jugement circonstanci&#233; et d&#233;terminer quelles dettes seront rembours&#233;es et quelles ne le seront pas. Une partie substantielle de la dette, cela est clair, devra &#234;tre r&#233;pudi&#233;e. Le reste sera soumis &#224; restructuration : r&#233;&#233;chelonnement, r&#233;duction, plafonnement, etc. 2) r&#233;former dans les plus brefs d&#233;lais les statuts de la BCE, pour permettre le financement mon&#233;taire du d&#233;ficit public (achat par la BCE des titres de la dette publique lors de leur &#233;mission). La BCE proc&#232;de d&#233;j&#224; &#224; des achats de tels titres, mais il s'agit surtout du &#171; march&#233; de l'occasion &#187;, o&#249; les titres achet&#233;s par les banques sont revendus. Ce qui permet aux banques, tout &#224; la fois, d'exiger une prime de risque lors de l'achat du titre et d'&#234;tre assur&#233;es ensuite de pouvoir le revendre. Le financement mon&#233;taire du d&#233;ficit enl&#232;verait son pouvoir de chantage &#224; la finance. 3) En mati&#232;re de d&#233;ficit public, il faut redresser la situation, surtout s'il faut renoncer aux fonds fournis par les march&#233;s. Une r&#233;forme fiscale d'ampleur s'impose, pour revenir sur les avantages consentis aux patrons et taxer fortement les hauts revenus, les profits des soci&#233;t&#233;s et les patrimoines des riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise l'a montr&#233; de fa&#231;on &#233;clatante&#8230;. et d&#233;sastreuse : il faut ligoter la finance . Ce qui, outre l'interdiction de la titrisation des cr&#233;ances et des fonds sp&#233;culatifs, implique la lev&#233;e du secret bancaire, la chasse aux paradis fiscaux et la constitution d'un grand p&#244;le bancaire public, par nationalisation d'un nombre significatif de banques en position dominante. L'appareil bancaire doit &#234;tre soumis &#224; un contr&#244;le s&#233;v&#232;re, la s&#233;paration entre banque de d&#233;p&#244;ts et banques d'affaires restaur&#233;e. Il faut taxer les transactions financi&#232;res, instaurer le contr&#244;le du mouvement des capitaux. Il faut interdire les ventes &#224; d&#233;couvert, qui permettent la sp&#233;culation sur titres. Il faut aussi placer les Bourses en position subordonn&#233;e, ce que nous pouvons obtenir par une taxation renforc&#233;e des plus-values, l'introduction d'un d&#233;lai entre l'achat et la revente des actions ou carr&#233;ment la non cessibilit&#233; des titres &#233;mis. Il faut enfin mettre les banques centrales et toutes les institutions financi&#232;res sous le strict contr&#244;le des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ne veut pas que les m&#234;mes causes produisent les m&#234;mes effets, il faut rompre avec le mod&#232;le de la mondialisation lib&#233;rale. Ce qui suppose bien des choses qu'on ne peut d&#233;velopper ici, qu'il s'agisse du droit de propri&#233;t&#233; de l'entreprise, d'une autre mondialisation (et d'une autre Europe), du p&#233;rim&#232;tre des biens communs ou encore de la crise &#233;cologique. Mais l'indispensable, le socle &#224; partir duquel b&#226;tir, c'est un nouveau rapport salarial. En effet, il faut un nouveau partage de la valeur ajout&#233;e, radicalement diff&#233;rent de l'actuel, pour assurer les bases d'un autre d&#233;veloppement. Il faut aussi stabiliser le march&#233; du travail, en r&#233;tablissant la pr&#233;pond&#233;rance des CDI, en confinant les diverses formes du travail pr&#233;caire, en encadrant strictement les licenciements. Il faut garantir les acquis sociaux, en finir avec les politiques d'aust&#233;rit&#233;, reconstituer des services publics dignes de ce nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; le plus urgent. L'accomplir serait d&#233;j&#224; &#233;norme, mais s'en tenir l&#224; serait illogique. Ne voit-on pas que derri&#232;re tel ou tel &#171; exc&#232;s &#187; de la finance, il y a l'esprit d'un syst&#232;me, le capitalisme ? Ne voit-on pas que, derri&#232;re la mondialisation lib&#233;rale, il y a encore et &#224; nouveau les exigences d'un syst&#232;me, le capitalisme ? La crise actuelle a d&#233;j&#224; suscit&#233; d'immenses souffrances dans le monde. Ses nouveaux d&#233;veloppements sont, de ce point de vue, terriblement mena&#231;ants. Il est temps de tirer un trait, il est temps de changer d'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achev&#233; de r&#233;diger le 7/08/2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'heure de v&#233;rit&#233; se rapproche</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-heure-de-verite-se-rapproche</link>
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		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


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		<dc:subject>Edition du 2010-02-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Texte publi&#233; le 8 f&#233;vrier 2010 &lt;br class='autobr' /&gt;
Illusion : l'&#233;conomie mondiale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'effondrement des Bourses les 4 et 5 f&#233;vrier derniers a montr&#233; que la crise entrait dans une nouvelle phase. L'automne 2008 avait vu le paroxysme de la crise financi&#232;re et, dans la foul&#233;e, sa transmission &#224; l'&#233;conomie r&#233;elle. Cependant, apr&#232;s une chute ph&#233;nom&#233;nale en 2009 du PIB am&#233;ricain de &#8211; 2,4% (sans v&#233;ritable pr&#233;c&#233;dent depuis la grande crise), on avait cru pouvoir noter un redressement, vite baptis&#233; &#171; sortie de crise &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Texte publi&#233; le 8 f&#233;vrier 2010&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illusion : l'&#233;conomie mondiale &#233;tait en &#233;tat de l&#233;vitation, touchant &#224; peine le sol, port&#233;e &#224; bouts de bras par un soutien public d'une extraordinaire ampleur. Laissant filer les d&#233;ficits, se portant au secours des banques, mettant en &#339;uvre des plans de soutien, les d&#233;ficits publics ont atteint d'incroyables niveaux : 10 % du PIB aux Etats-Unis, 8% en France, plus de 12% au Royaume-Uni. Du coup, l'endettement public a crev&#233; tous les plafonds, atteignant 85% du PIB aux Etats-Unis ou 76% en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans un match de rugby on se refile un ballon qui br&#251;le les mains, ainsi a-t-on transform&#233; le surendettement des m&#233;nages am&#233;ricains en surendettement des Etats. Quand un d&#233;biteur s'av&#232;re incapable de faire face aux &#233;ch&#233;ances, il n'y a que deux fa&#231;ons de s'attaquer &#224; la dette en suspens : la transf&#233;rer ou l'annuler. Annuler les dettes aurait signifi&#233; entrer dans une crise financi&#232;re, puis &#233;conomique, de tr&#232;s grande ampleur ; on a pr&#233;f&#233;r&#233;, encore une fois, la fuite en avant, et la dette priv&#233;e a &#233;t&#233; transform&#233;e en dette publique. Ainsi, le probl&#232;me n'a pas &#233;t&#233; surmont&#233;, mais seulement d&#233;guis&#233;, et d&#233;plac&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surendettement public est universel, mais il y a toujours des maillons faibles. Ceux-ci se nomment Gr&#232;ce, Espagne, Portugal, Irlande. La Gr&#232;ce (dont la dette publique devrait atteindre les 125% du PIB en 2010) a &#233;t&#233; plac&#233;e de fait sous tutelle de la Commission europ&#233;enne. Mais les autres pays ne sont pas en reste et les pourcentages correspondants pr&#233;vus pour 2010 s'&#233;l&#232;vent &#224; 85% pour le Portugal, 83% pour l'Irlande (44% en 2008), 66% pour l'Espagne (40% en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il &#233;tait &#233;vident d&#232;s le d&#233;part que cette situation ne pouvait pas durer. Le priv&#233; (consommation des m&#233;nages, investissement des entreprises) devait prendre la rel&#232;ve du public, permettant &#224; celui-ci de se retirer. Le grand probl&#232;me est que le priv&#233; n'a toujours pas embray&#233; sur le public, et le grand changement est que commence &#224; pr&#233;valoir dans l'establishment la crainte qu'il en soit encore ainsi pour de longs mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e qu'en somme la crise est loin d'&#234;tre termin&#233;e, et que nous ne sommes pas dans un sch&#233;ma en V, ni m&#234;me en W, mais sans doute plut&#244;t en L. Or, les plans de redressement des finances publiques qui ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s jusqu'ici sont tous bas&#233;s sur l'hypoth&#232;se d'un redressement vigoureux de l'&#233;conomie, qui permettrait de r&#233;duire les d&#233;ficits plus par l'accroissement rapide des recettes fiscales que par la r&#233;duction drastique des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le redressement attendu n'est pas au rendez-vous, exit l'hypoth&#232;se d'une mont&#233;e rapide des recettes fiscales et les gouvernements des pays qui sont dans le collimateur des investisseurs sont plac&#233;s devant un dilemme redoutable. Soit ils poursuivent le soutien &#224; l'&#233;conomie, &#233;vitent son effondrement, mais entrent dans une spirale autoentretenue dont on ne voit pas la fin, car ils aggravent leurs d&#233;ficits de telle sorte que ceux-ci sont de plus en plus co&#251;teux &#224; couvrir. Soit ils abandonnent le soutien &#224; l'&#233;conomie, retirant l'&#233;chafaudage public, mais ils risquent alors de pr&#233;cipiter l'&#233;conomie dans les profondeurs, sans avoir pour autant la garantie d'une r&#233;duction du d&#233;ficit public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pays sont tous membres de l'Union europ&#233;enne, et on peut penser qu'ils auraient droit &#224; un soutien de l'Union en tant que telle ou de certaines de ses composantes. Mais si les principales puissances &#233;conomiques europ&#233;ennes d&#233;cident d'aider ceux qui se d&#233;battent avec de l'eau jusqu'au cou, elles risquent d'&#234;tre entra&#238;n&#233;es et de couler &#224; leur tour, et ce d'autant plus qu'elles sont elles-m&#234;mes tr&#232;s endett&#233;es. Si ces puissances ne le font pas et que les pays les plus directement menac&#233;s font d&#233;faut sur leur dette, elles savent que la crise sera relanc&#233;e de fa&#231;on spectaculaire et qu'elles sont les suivantes sur la liste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les march&#233;s &#187; ne pensent pas, ne parlent pas, ils envoient des signaux, mais ceux-ci sont, en l'occurrence, assez clairs. &#171; Les investisseurs &#187; sont manifestement de plus en plus convaincus que les pays menac&#233;s ne pourront plus soutenir leurs &#233;conomies tr&#232;s longtemps. Il faudra alors sortir de la situation &#171; par le bas &#187;, c'est-&#224;-dire rechercher le redressement des finances publiques surtout par la r&#233;duction des d&#233;penses. Inutile de se faire des illusions : apr&#232;s avoir vol&#233;, &#224; fonds perdus, au secours des capitalistes, c'est aux travailleurs que ces gouvernements demanderont de faire des sacrifices, par augmentation des imp&#244;ts ou destruction des services publics. L'effondrement des march&#233;s qui vient d'avoir lieu peut alors facilement &#234;tre interpr&#233;t&#233; comme un s&#233;v&#232;re coup de semonce, un appel aux gouvernements sur la sellette de se mettre dans les plus brefs d&#233;lais &#224; l'ouvrage, de montrer qu'ils sont capables de s'attaquer &#224; la masse de la population pour sauver une infime minorit&#233;. Aux travailleurs d'organiser la r&#233;sistance, car cette crise est celle du capital, il n'est pas question d'en payer les pots cass&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isaac Johsua&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Crise financi&#232;re : &#171; Lundi noir &#187;, ann&#233;e rouge</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Crise-financiere-Lundi-noir-annee-rouge</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Crise-financiere-Lundi-noir-annee-rouge</guid>
		<dc:date>2008-02-12T09:03:12Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Isaac Johsua</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les garde-fous install&#233;s apr&#232;s 1929, qui corsetaient les mouvements du capital, ont &#233;t&#233; jet&#233;s par-dessus bord au cours des ann&#233;es 1980. D'o&#249; une constante aggravation de l'instabilit&#233; : la crise mexicaine de 1994-1995 n'a concern&#233; qu'un seul pays ; celle de 1997 toute une r&#233;gion continentale, l'Asie du sud-est ; celle de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, en 2001, s'est attaqu&#233;e au centre, aux &#201;tats-Unis. Quant &#224; la crise financi&#232;re actuelle, elle menace le monde entier. &lt;br class='autobr' /&gt; Aux &#201;tats-Unis, la crise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton1553-bdfcd.jpg?1781534574' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les garde-fous install&#233;s apr&#232;s 1929, qui corsetaient les mouvements du capital, ont &#233;t&#233; jet&#233;s par-dessus bord au cours des ann&#233;es 1980. D'o&#249; une constante aggravation de l'instabilit&#233; : la crise mexicaine de 1994-1995 n'a concern&#233; qu'un seul pays ; celle de 1997 toute une r&#233;gion continentale, l'Asie du sud-est ; celle de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187;, en 2001, s'est attaqu&#233;e au centre, aux &#201;tats-Unis. Quant &#224; la crise financi&#232;re actuelle, elle menace le monde entier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, la crise de la &#171; nouvelle &#233;conomie &#187; et la crise actuelle sont li&#233;es l'une &#224; l'autre. On n'a pu &#233;viter les effets d&#233;sastreux de la premi&#232;re qu'en ouvrant &#224; fond le robinet du cr&#233;dit, ce qui a grandement facilit&#233; le cr&#233;dit hypoth&#233;caire et lanc&#233; la bulle immobili&#232;re. Entre 2001 et 2006, le taux d'endettement des m&#233;nages am&#233;ricains a r&#233;alis&#233; un bond sans pr&#233;c&#233;dent de 30 points, ouvrant la voie &#224; la crise de surendettement que nous observons aujourd'hui. On n'a pu surmonter les effets de la premi&#232;re bulle, boursi&#232;re, qu'en se lan&#231;ant t&#234;te baiss&#233;e dans une deuxi&#232;me bulle, immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette deuxi&#232;me bulle a &#233;clat&#233; &#224; partir de 2006, entra&#238;nant une baisse des prix des logements, une accumulation d'invendus, une chute de la construction r&#233;sidentielle et l'effondrement de tr&#232;s nombreuses soci&#233;t&#233;s de cr&#233;dit hypoth&#233;caire. Innovation de la p&#233;riode, la titrisation des cr&#233;ances a dispers&#233; le risque d'insolvabilit&#233; des emprunteurs dans tout le syst&#232;me financier. Des institutions aussi prestigieuses que Citigroup, Merrill Lynch ou JP. Morgan ont annonc&#233; des sommes colossales de d&#233;pr&#233;ciation d'actifs pour les troisi&#232;me et quatri&#232;me trimestres 2007. Une nouvelle phase de la crise est franchie : l'appareil bancaire de la premi&#232;re puissance mondiale est durement atteint, certaines parmi les plus grandes banques sont menac&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les signes se multiplient quant &#224; la restriction de cr&#233;dits pratiqu&#233;e par des banques tentant de se prot&#233;ger. L&#224; est le plus grand danger, car une telle politique peut paralyser l'&#233;conomie am&#233;ricaine et la pr&#233;cipiter dans la r&#233;cession. Elle p&#232;se particuli&#232;rement lourd sur des m&#233;nages am&#233;ricains habitu&#233;s &#224; consommer &#224; cr&#233;dit. N'oublions pas l'effet richesse (qui postule un impact n&#233;gatif sur la consommation de la baisse de la valeur du logement), surtout pour les nombreux m&#233;nages qui &#171; adossent &#187; leurs divers cr&#233;dits sur la valeur de leur maison. Or, la consommation des m&#233;nages occupe une place exceptionnelle aux &#201;tats-Unis (70 % du PIB) et, &#224; partir du mois de d&#233;cembre, le tassement de celle-ci et l'affaissement de l'activit&#233; ont &#233;t&#233; de plus en plus &#233;vidents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dilemme redoutable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont ceux qui pensent que la r&#233;cession am&#233;ricaine s'est d&#233;j&#224; install&#233;e ou est in&#233;vitable. Telle est l'origine de la panique qui a secou&#233; les march&#233;s boursiers de la plan&#232;te, le lundi 21 janvier. Les op&#233;rateurs eux-m&#234;mes ne font gu&#232;re confiance aux rem&#232;des propos&#233;s par leurs dirigeants, la chute des cours ayant eu lieu malgr&#233; l'annonce par Bush d'un plan de relance de 150 milliards de dollars. Les marges de man&#339;uvre de la politique am&#233;ricaine sont, en r&#233;alit&#233;, fortement r&#233;duites. Le taux de la Fed a &#233;t&#233; ramen&#233; en catastrophe (le 22 janvier) &#224; 3,50 %, mais il n'est pas s&#251;r que cela incite les entreprises &#224; investir et, en ce qui concerne les m&#233;nages, jusqu'&#224; quel point cela peut-il les pousser &#224; s'endetter, alors que nous sommes pr&#233;cis&#233;ment face &#224; une crise de surendettement ? De son c&#244;t&#233;, le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages est nul et, pour financer le plan de relance de Bush, il n'y a plus d'exc&#233;dent budg&#233;taire (comme c'&#233;tait le cas en 2000, &#224; la veille de la crise de 2001), mais un d&#233;ficit, qui s'&#233;l&#232;ve d&#233;j&#224; &#224; 2,6 % du PIB en 2006. Enfin, nous avons toujours l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s du d&#233;ficit de la balance des transactions courantes, qui pousse &#224; la chute du billet vert face &#224; l'euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie am&#233;ricaine est plac&#233;e devant un dilemme redoutable : soit on r&#233;duit les d&#233;s&#233;quilibres, mais au risque de la d&#233;pression ; soit on relance l'activit&#233;, mais en aggravant les d&#233;s&#233;quilibres. Si le taux d'endettement des m&#233;nages baisse, le niveau d'activit&#233; est menac&#233; ; s'il poursuit son ascension, il pr&#233;pare la future crise. Si le taux d'&#233;pargne des m&#233;nages reste &#224; son niveau d'insignifiance, il ne garantit pas le financement de l'&#233;conomie am&#233;ricaine ; s'il se redresse, il porte atteinte &#224; la consommation. Si la Fed continue &#224; baisser ses taux, elle risque un krach du dollar ; si elle veut &#233;viter ce risque, elle ne baisse pas ses taux, mais n'apporte pas d'aide &#224; l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomie am&#233;ricaine joue le r&#244;le de locomotive pour le monde entier, et il n'y en a pas d'autre. C'est dire ce que serait l'impact d'une r&#233;cession am&#233;ricaine. La fabuleuse croissance chinoise n'est pas un recours : elle est en r&#233;alit&#233; largement d&#233;pendante du niveau d'activit&#233; am&#233;ricain, et ainsi en est-il pour nombre de pays &#233;mergents. La relation risque m&#234;me de fonctionner en sens inverse, l'affaissement de l'activit&#233; am&#233;ricaine entra&#238;nant une chute de leur &#233;mergence, en r&#233;v&#233;lant toutes les faiblesses cach&#233;es de pays qui pratiquent &#224; outrance le mod&#232;le d&#233;s&#233;quilibr&#233; du &#171; tir&#233; par les exportations &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pass&#233; a montr&#233; de quoi un capitalisme aux abois &#233;tait capable. Pr&#233;parer la mobilisation des travailleurs est donc une priorit&#233; de tout premier plan. Au-del&#224;, c'est le moment ou jamais d'expliquer partout la n&#233;cessit&#233; absolue d'en finir avec ce syst&#232;me. En effet, la preuve est faite : quand il marche, c'est au profit d'une minorit&#233;, aux d&#233;pens de ceux qui produisent les richesses. Quand il ne marche pas, il entra&#238;ne toute la population dans sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Source : &lt;a href=&#034;http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=7428&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rouge n&#176; 2237, 31/01/2008&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://orta.dynalias.org/archivesrouge/article-rouge?id=7428" class="spip_out"&gt;http://orta.dynalias.org/archivesro...&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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