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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'autonomie des femmes &#224; l'&#232;re des politiques natalistes</title>
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		<dc:date>2026-01-27T06:32:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Alka Barua, Souvik Pyne </dc:creator>


		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les politiques natalistes, qui gagnent actuellement du terrain en Inde, sont des outils de contr&#244;le social qui renforcent les normes de genre. Ces programmes nuisent &#224; la justice reproductive en privil&#233;giant les objectifs d&#233;mographiques au d&#233;triment de l'autonomie ; nous avons besoin d'une approche fond&#233;e sur les droits, ax&#233;e sur le choix, la dignit&#233; et le bien-&#234;tre &#233;quitable. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH68/inde25-2-f0796.jpg?1781338277' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les politiques natalistes, qui gagnent actuellement du terrain en Inde, sont des outils de contr&#244;le social qui renforcent les normes de genre. Ces programmes nuisent &#224; la justice reproductive en privil&#233;giant les objectifs d&#233;mographiques au d&#233;triment de l'autonomie ; nous avons besoin d'une approche fond&#233;e sur les droits, ax&#233;e sur le choix, la dignit&#233; et le bien-&#234;tre &#233;quitable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/14/__trashed-3/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/12/14/__trashed-3/?jetpack_skip_subscription_popup&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En bref&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le discours nataliste de plus en plus pr&#233;sent en Inde refl&#232;te des inqui&#233;tudes politiques profondes concernant les changements d&#233;mographiques et la repr&#233;sentation f&#233;d&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; L'approche historique de l'Inde en mati&#232;re de sant&#233; reproductive a souvent donn&#233; la priorit&#233; au contr&#244;le d&#233;mographique plut&#244;t qu'&#224; l'autonomie individuelle, r&#233;v&#233;lant une tension persistante entre les droits et les objectifs d&#233;mographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Les nouvelles politiques natalistes en Inde encouragent non seulement la natalit&#233;, mais sapent &#233;galement les droits reproductifs, en particulier parmi les communaut&#233;s marginalis&#233;es, cr&#233;ant ainsi une hi&#233;rarchie de l&#233;gitimit&#233; en mati&#232;re de planification familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; La contradiction au sein des politiques d&#233;mographiques indiennes met en &#233;vidence la n&#233;cessit&#233; d'un cadre fond&#233; sur les droits qui privil&#233;gie le choix individuel et le bien-&#234;tre holistique plut&#244;t que de simples consid&#233;rations d&#233;mographiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 11 juillet 2025, lors d'un sommet organis&#233; &#224; l'occasion de la Journ&#233;e mondiale de la population, le ministre en chef de l'Andhra Pradesh, N. Chandrababu Naidu, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous allons bient&#244;t mettre en place une politique forte en mati&#232;re de croissance d&#233;mographique. La population est notre ressource &#233;conomique la plus importante. Le monde d&#233;pend de plus en plus des pays &#224; forte population &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;claration n'est pas isol&#233;e. Elle r&#233;v&#232;le une tendance croissante en Inde, en particulier dans les &#201;tats du sud, o&#249; la baisse des taux de f&#233;condit&#233; est de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme une pr&#233;occupation. Si le raisonnement officiel invoque principalement les craintes li&#233;es &#224; la diminution de la main-d'&#339;uvre, au ralentissement de la croissance &#233;conomique et au vieillissement de la population, des courants politiques plus profonds sont &#224; l'&#339;uvre (Lyngdoh et al. 2024 ; Saggurti et Gupta 2025).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'Inde pr&#233;tende pratiquer un f&#233;d&#233;ralisme coop&#233;ratif, les &#201;tats du sud sont de plus en plus sceptiques quant &#224; son fonctionnement r&#233;el. Ce scepticisme a conduit &#224; une contestation accrue du f&#233;d&#233;ralisme. Les questions cl&#233;s comprennent la mani&#232;re dont le f&#233;d&#233;ralisme fiscal est g&#233;r&#233;, la pression en faveur de la centralisation linguistique, en particulier par l'imposition de l'hindi, et l'abus des pouvoirs du gouverneur dans les affaires de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le f&#233;d&#233;ralisme fiscal est &#233;troitement li&#233; &#224; la population. Par exemple, la formule utilis&#233;e par la 15e Commission des finances pour d&#233;cider de la r&#233;partition des recettes fiscales entre les &#201;tats repose d&#233;sormais sur les donn&#233;es du recensement de 2011. Elle recommande &#233;galement des allocations pour plusieurs programmes financ&#233;s par le gouvernement central sur la base des chiffres par habitant. Ce changement affecte en particulier les subventions destin&#233;es &#224; la sant&#233;, &#224; la gouvernance locale et &#224; la gestion des catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent, les d&#233;cisions politiques semblent favoriser les investissements dans les &#201;tats qui obtiennent de mauvais r&#233;sultats, plut&#244;t que de r&#233;compenser ceux qui ont obtenu de bons r&#233;sultats. Cette tendance est souvent renforc&#233;e par le favoritisme dont b&#233;n&#233;ficient les &#201;tats qui sont politiquement align&#233;s sur le gouvernement central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le prochain exercice de d&#233;limitation, qui redistribuera les si&#232;ges parlementaires &#224; l'aide de donn&#233;es d&#233;mographiques actualis&#233;es, a suscit&#233; un malaise important. Les &#201;tats du sud craignent de perdre leur repr&#233;sentation politique et d'&#234;tre marginalis&#233;s. Parall&#232;lement, les &#201;tats ayant des taux de f&#233;condit&#233; plus &#233;lev&#233;s pourraient acqu&#233;rir une influence disproportionn&#233;e. Ces craintes ont encourag&#233; un soutien subtil, mais croissant, aux politiques natalistes qui peuvent se faire au d&#233;triment des droits individuels et de l'autonomie reproductive. Ce d&#233;bat refl&#232;te une lutte plus large impliquant des facteurs d&#233;mographiques, sociaux et culturels, la gouvernance et le f&#233;d&#233;ralisme &#233;quitable.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Un paysage politique conflictuel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'approche de l'Inde en mati&#232;re de sant&#233; reproductive et de contr&#244;le d&#233;mographique a longtemps &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;e par des facteurs culturels, sociaux et politiques. L'Inde a &#233;t&#233; l'un des premiers pays &#224; mettre en place un programme de planification familiale financ&#233; par l'&#201;tat en 1952.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa cr&#233;ation, ce programme a &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233; par la conviction que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;veloppement est le meilleur contraceptif &lt;/i&gt; &#187;. Ancr&#233; dans une vision n&#233;o-malthusienne du monde, il partait du principe que la croissance d&#233;mographique incontr&#244;l&#233;e mena&#231;ait les ressources limit&#233;es et le d&#233;veloppement &#233;conomique, perp&#233;tuant ainsi la pauvret&#233;. Les pays occidentaux ont renforc&#233; cette vision. Ils ont encourag&#233; le contr&#244;le d&#233;mographique dans les pays du Sud, en particulier en Inde, comme &#233;tant n&#233;cessaire &#224; la stabilit&#233; mondiale et au progr&#232;s vers la modernisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d&#233;mographiques de l'Inde se sont traditionnellement concentr&#233;es sur des chiffres, tels que l'indice synth&#233;tique de f&#233;condit&#233; et le rapport de masculinit&#233; &#224; la naissance. L'autonomie individuelle a fait l'objet de beaucoup moins d'attention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de ses premi&#232;res d&#233;cennies, le programme de planification familiale a adopt&#233; une approche coercitive et ax&#233;e sur des objectifs. Les personnes et les professionnel&#183;les de sant&#233; &#233;taient incit&#233;&#183;es &#224; recourir &#224; des m&#233;thodes contraceptives permanentes. &#192; cette &#233;poque, l'avortement a &#233;t&#233; l&#233;galis&#233; sous certaines conditions. Cette d&#233;cision a fait l'objet d'un d&#233;bat, non seulement comme moyen d'am&#233;liorer la sant&#233; publique et de r&#233;duire la mortalit&#233; maternelle, mais aussi comme effort des d&#233;mographes pour contr&#244;ler la croissance d&#233;mographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces strat&#233;gies ont abouti &#224; une coercition g&#233;n&#233;ralis&#233;e, en particulier pendant la p&#233;riode d'urgence, marqu&#233;e par des campagnes massives de vasectomie et de graves violations des droits humains. La r&#233;action n&#233;gative du public &#224; cette p&#233;riode, combin&#233;e &#224; l'adh&#233;sion de l'Inde au Programme d'action (PoA) lors de la Conf&#233;rence internationale sur la population et le d&#233;veloppement (CIPD) de 1994, a entra&#238;n&#233; un changement de politique largement symbolique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; objectifs &#187; ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par des &#171; &lt;i&gt;niveaux de r&#233;alisation attendus &lt;/i&gt; &#187;, mais les pratiques coercitives ont persist&#233; sous le nouveau nom de &#171; Programme de bien-&#234;tre familial &#187;. Bien que l'approche dite du &#171; &lt;i&gt;panier de choix &lt;/i&gt; &#187; visait &#224; promouvoir l'autonomie et la prise de d&#233;cision &#233;clair&#233;e parmi les utilisateursutilisatrices, les pr&#233;f&#233;rences des prestataires de soins de sant&#233;, influenc&#233;es par les objectifs institutionnels et les imp&#233;ratifs de contr&#244;le d&#233;mographique, ont continu&#233; &#224; fa&#231;onner les services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, les prestataires de soins de sant&#233; poussent souvent les utilisateurs/utilisatrices &#224; choisir certaines m&#233;thodes, ce qui signifie que les personnes n'ont pas vraiment la libert&#233; de d&#233;cider par elles-m&#234;mes. Cela r&#233;v&#232;le un probl&#232;me plus profond et non r&#233;solu : il existe un &#233;cart entre le soutien aux droits reproductifs en principe et le fonctionnement r&#233;el du programme dans la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de cette p&#233;riode, la loi de 1994 sur les techniques de diagnostic pr&#233;natal et pr&#233;-conceptionnel (PCPNDT) a &#233;t&#233; introduite afin de mettre fin &#224; l'utilisation abusive de la technologie &#224; des fins de s&#233;lection du sexe. Cependant, la mani&#232;re dont cette loi a &#233;t&#233; appliqu&#233;e a parfois fini par restreindre l'acc&#232;s aux services d'avortement au deuxi&#232;me trimestre, que ce soit intentionnellement ou non. Ses sanctions s&#233;v&#232;res ont sem&#233; la peur parmi les prestataires de services, qui craignaient de subir des cons&#233;quences juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les campagnes publiques autour de la loi visaient &#224; sensibiliser le public &#224; l'importance des filles. Mais elles ont souvent conduit les gens &#224; penser que la plupart des avortements au deuxi&#232;me trimestre &#233;taient pratiqu&#233;s pour des raisons de s&#233;lection du sexe. Ces messages sugg&#233;raient &#233;galement, peut-&#234;tre involontairement, que les f&#339;tus avaient une personnalit&#233; juridique. Cela a renforc&#233; la stigmatisation autour de l'avortement et soutenu les arguments contre le droit de choisir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de communication claire sur la n&#233;cessit&#233;, la l&#233;galit&#233; et la s&#233;curit&#233; des services d'avortement a permis la propagation d'opinions n&#233;gatives. En cons&#233;quence, des barri&#232;res sociales et psychologiques persistantes rendent d&#233;sormais plus difficile l'acc&#232;s aux services d'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, pour ajouter &#224; ces difficult&#233;s, le cadre juridique indien comporte &#233;galement de solides fondements anti-choix. Le Code p&#233;nal indien de 1860, h&#233;ritage colonial, a criminalis&#233; l'avortement dans ses articles 312 &#224; 314, refl&#233;tant une opposition morale et religieuse &#224; l'avortement et au contr&#244;le des naissances. Ces dispositions ont &#233;t&#233; conserv&#233;es presque sans changement dans le Bharatiya Nyaya Sanhita (BNS) de 2023. En cons&#233;quence, l'avortement continue d'&#234;tre criminalis&#233; dans le pays, n'&#233;tant autoris&#233; qu'&#224; titre &#171; exceptionnel &#187; en vertu de la loi de 1971 sur l'interruption m&#233;dicale de grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les objectifs du Mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement, introduits en 2000, ont influenc&#233; la strat&#233;gie Reproductive and Child Health-II (Sant&#233; reproductive et infantile II). Cela a conduit &#224; mettre fortement l'accent sur la r&#233;duction de la mortalit&#233; maternelle. Ces priorit&#233;s ont jet&#233; les bases de la Mission nationale pour la sant&#233;. Plus tard, les objectifs de d&#233;veloppement durable ont continu&#233; &#224; mettre l'accent sur la r&#233;duction de la mortalit&#233; maternelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, au cours de la m&#234;me p&#233;riode, des strat&#233;gies telles que &#171; Family Planning 2020 &#187; (Planification familiale 2020) et &#171; Family Planning 2030 &#187; (Planification familiale 2030) ont fait progresser le programme de stabilisation d&#233;mographique (Family Planning 2030). Ainsi, dans la pratique, l'environnement politique indien reste un m&#233;lange confus d'&#233;l&#233;ments pro-natalistes, pro-choix et anti-choix, refl&#233;tant souvent des priorit&#233;s &#233;tatiques contradictoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le mythe du libre choix&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;fenseur&#183;es des droits et de la justice en mati&#232;re de sant&#233; sexuelle et reproductive d&#233;fendent le droit fondamental de chaque personne &#224; prendre des d&#233;cisions libres, &#233;clair&#233;es et volontaires concernant son corps, sa sexualit&#233; et sa vie reproductive. Cela couvre les choix en mati&#232;re de contraception, de grossesse, d'accouchement, d'avortement, de partenaires sexuels et de m&#233;thodes de planification familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable libert&#233; de choix signifie bien plus que la simple mise en place de lois ou de programmes gouvernementaux limit&#233;s. Elle n&#233;cessite un environnement dans lequel les personnes ont acc&#232;s &#224; des informations compl&#232;tes et &#224; des soins de sant&#233;, &#224; la stabilit&#233; &#233;conomique, &#224; la protection contre la violence et la discrimination, et &#224; un soutien pour &#233;liminer les obstacles syst&#233;miques, en particulier pour les communaut&#233;s marginalis&#233;es. Pour cette raison, il est essentiel d'examiner les politiques sous l'angle plus large de la justice et de l'&#233;quit&#233;, plut&#244;t que de se concentrer uniquement sur les droits l&#233;gaux ou les d&#233;tails des programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions politiques mettent en &#233;vidence une vision &#233;troite de la d&#233;mographie. Le gouvernement encourage souvent la natalit&#233; plut&#244;t que d'apporter un soutien durable aux parent&#183;es et &#224; l'&#233;ducation des enfants, en particulier parmi les familles marginalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d&#233;mographiques de l'Inde se sont traditionnellement concentr&#233;es sur des chiffres, tels que l'indice synth&#233;tique de f&#233;condit&#233; (ISF) et le rapport de masculinit&#233; &#224; la naissance. L'autonomie individuelle a quant &#224; elle &#233;t&#233; beaucoup moins prise en compte. Le foss&#233; entre une approche ax&#233;e sur les chiffres et une approche qui respecte v&#233;ritablement les droits humains, la dignit&#233; et l'&#233;quit&#233; en mati&#232;re de sant&#233; reproductive est &#233;vident. Dans la pratique, la mise en &#339;uvre des politiques continue d'&#234;tre dict&#233;e par des objectifs d&#233;mographiques et des consid&#233;rations politiques plut&#244;t que par un engagement en faveur des droits individuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2020, la Haute Cour de Delhi et la Cour supr&#234;me ont toutes deux rejet&#233; une requ&#234;te visant &#224; faire appliquer une norme nationale de deux enfants, affirmant ainsi l'engagement de l'Inde en faveur des droits reproductifs et du choix volontaire dans le cadre du Programme d'action de la Conf&#233;rence internationale sur la population et le d&#233;veloppement et des principes consacr&#233;s dans la Politique nationale en mati&#232;re de population (MoHFW 2002 ; NPP 2000).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; le discours officiel en faveur du libre choix, les politiques et les programmes gouvernementaux restent incoh&#233;rents. D'une part, ils adoptent une approche nataliste en offrant des incitations financi&#232;res &#224; la natalit&#233;, en particulier dans les communaut&#233;s confront&#233;es &#224; un d&#233;clin d&#233;mographique, telles que les Parsis (programme Jiyo Parsi) et les groupes tribaux particuli&#232;rement vuln&#233;rables (PVTG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, plus de 35 projets de loi pr&#233;conisant une politique des deux enfants ont &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s aux assembl&#233;es l&#233;gislatives indiennes depuis l'ind&#233;pendance. Plusieurs &#201;tats ont adopt&#233; des lois qui p&#233;nalisent les personnes ayant plus de deux enfants. Elles restreignent l'acc&#232;s aux programmes gouvernementaux, &#224; l'emploi et m&#234;me &#224; l'&#233;ligibilit&#233; &#224; des fonctions politiques, ce qui se traduit par un traitement injuste de ces personnes [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles politiques ont des cons&#233;quences n&#233;gatives graves. Elles entra&#238;nent un d&#233;s&#233;quilibre entre les sexes, la traite des femmes, les mariages forc&#233;s, l'exploitation sexuelle et l'abandon. Un cas r&#233;cent dans l'&#201;tat du Madhya Pradesh, o&#249; un quatri&#232;me enfant a failli &#234;tre tu&#233; parce que ses parents craignaient de perdre leur emploi dans la fonction publique, montre &#224; quel point ces cons&#233;quences peuvent &#234;tre graves. Ces probl&#232;mes ne sont pas seulement des statistiques, ils constituent de graves violations des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions politiques mettent en &#233;vidence une vision &#233;troite de la d&#233;mographie. Le gouvernement encourage souvent les naissances plut&#244;t que d'apporter un soutien durable aux parents et &#224; l'&#233;ducation des enfants, en particulier parmi les familles marginalis&#233;es. Par exemple, des programmes tels que Janani Suraksha Yojana (JSY) et Beti Bachao Beti Padhao (BBBP) encouragent les accouchements en milieu hospitalier et la sant&#233; maternelle &#224; court terme, ainsi que la survie des filles. Cependant, ils ne font que tr&#232;s peu pour soutenir les soins &#224; long terme ou investir dans des infrastructures de garde d'enfants ad&#233;quates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que ces programmes soient pr&#233;sent&#233;s comme favorisant l'&#233;galit&#233; des sexes, ils refl&#232;tent en r&#233;alit&#233; une approche &#233;tatique de la reproduction. Certaines naissances, en particulier celles de filles, sont prioritaires pour atteindre des objectifs d&#233;mographiques et sociaux fond&#233;s sur une mentalit&#233; h&#233;t&#233;ronormative et patriarcale. Les politiques natalistes au niveau de l'&#201;tat, souvent pr&#233;sent&#233;es comme des r&#233;ponses &#224; des menaces d&#233;mographiques per&#231;ues, accordent une importance nationale &#224; la procr&#233;ation. Pourtant, elles ne fournissent pas le soutien structurel n&#233;cessaire pour &#233;lever les enfants dans des environnements s&#251;rs et sains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le programme Integrated Child Development Services (ICDS) a &#233;t&#233; cr&#233;&#233; en 1975 pour fournir des services de garde &#224; la petite enfance par l'interm&#233;diaire des centres anganwadi. Mais l'ICDS reste sous-financ&#233; et &#224; bout de souffle. Ce manque de soutien ad&#233;quat fait peser un fardeau injuste sur les femmes, les obligeant souvent &#224; quitter le march&#233; du travail et renfor&#231;ant les in&#233;galit&#233;s persistantes entre les sexes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreuses femmes, l'infertilit&#233; a de graves cons&#233;quences sociales. Elles peuvent &#234;tre victimes de stigmatisation, de reproches, de discrimination, d'exclusion sociale, de d&#233;tresse &#233;motionnelle, voire d'abandon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si beaucoup pensent que la baisse des taux de f&#233;condit&#233; refl&#232;te les choix personnels des femmes, la r&#233;alit&#233; est beaucoup plus complexe. Les in&#233;galit&#233;s structurelles, les normes de genre et les pratiques coercitives influencent toutes les d&#233;cisions en mati&#232;re de reproduction, en particulier dans les communaut&#233;s marginalis&#233;es et pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un exemple flagrant est le refus de contraception &#224; 75 groupes tribaux particuli&#232;rement vuln&#233;rables (PVTG) reconnus par l'&#201;tat. En 1979, le gouvernement a interdit la st&#233;rilisation pour ces groupes. Cette d&#233;cision a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme un moyen de les prot&#233;ger contre la coercition. Cependant, l'intention sous-jacente &#233;tait nataliste : l'objectif &#233;tait d'augmenter leur population en restreignant leur autonomie reproductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En refusant l'acc&#232;s &#224; la contraception et &#224; l'avortement, l'&#201;tat a port&#233; atteinte &#224; la justice reproductive et viol&#233; les engagements nationaux et les obligations internationales de l'Inde en mati&#232;re de droits humains. Bien que l'&#201;tat du Chhattisgarh ait r&#233;voqu&#233; cette d&#233;cision en 2018, son existence d&#233;montre &#224; quel point les objectifs d&#233;mographiques priment souvent sur les choix individuels et traitent les communaut&#233;s marginalis&#233;es comme des atouts d&#233;mographiques plut&#244;t que comme des citoyen&#183;nes jouissant de droits &#233;gaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce paysage politique complexe et parfois contradictoire, fa&#231;onn&#233; par les engagements internationaux, le discours officiel et des priorit&#233;s culturelles et d&#233;mographiques profond&#233;ment ancr&#233;es, l'infertilit&#233; reste largement ignor&#233;e par le discours nataliste et les politiques publiques (UNFPA 2025a). Depuis 1992-1993, l'infertilit&#233; secondaire a presque doubl&#233; en Inde et pourrait contribuer de mani&#232;re significative &#224; la r&#233;cente baisse des taux de f&#233;condit&#233; (Kundu et al. 2023) [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour de nombreuses femmes, l'infertilit&#233; a de graves cons&#233;quences sociales. Elles peuvent &#234;tre victimes de stigmatisation, de reproches, de discrimination, d'exclusion sociale, de d&#233;tresse &#233;motionnelle et m&#234;me d'abandon. L'absence de politiques de soutien refl&#232;te une vision &#233;troite et utilitaire de la reproduction, qui privil&#233;gie les objectifs d&#233;mographiques au d&#233;triment du bien-&#234;tre individuel et de la justice reproductive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde a r&#233;affirm&#233; &#224; plusieurs reprises son engagement en faveur d'une approche volontaire et fond&#233;e sur les droits en mati&#232;re de planification familiale et de sant&#233; reproductive. Dans une d&#233;claration sous serment adress&#233;e &#224; la Cour supr&#234;me en 2020, le minist&#232;re de la Sant&#233; et du Bien-&#234;tre familial a reconnu que les mesures coercitives de contr&#244;le d&#233;mographique sont &#171; contre-productives et conduisent &#224; des distorsions d&#233;mographiques &#187;. Cependant, dans la pratique, les restrictions sur les services, les programmes d'incitation et les politiques punitives limitant les naissances &#224; deux enfants r&#233;v&#232;lent des tensions persistantes entre un cadre fond&#233; sur les droits et les programmes de contr&#244;le d&#233;mographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce la bonne approche ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population indienne devrait atteindre un pic de 1,6 milliard d'habitant&#183;es en 2048 avant de redescendre &#224; 1,1 milliard d'ici 2100, avec un taux de f&#233;condit&#233; total (TFT) qui devrait tomber &#224; 1,3, bien en dessous du seuil de renouvellement des g&#233;n&#233;rations de 2,1. &#192; l'&#233;chelle mondiale, alors que la population a tripl&#233; depuis 1950, la f&#233;condit&#233; moyenne est pass&#233;e de 5 &#224; 2,25 enfants par femme en 2024 (UNFPA 2025b). Ces chiffres indiquent un changement d&#233;mographique naturel, et non une crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es empiriques ont syst&#233;matiquement d&#233;montr&#233; un lien &#233;troit entre l'indice de d&#233;veloppement humain (IDH) et l'indice synth&#233;tique de f&#233;condit&#233;. Selon la th&#233;orie de la transition d&#233;mographique, &#224; mesure que les pays progressent sur les plans &#233;conomique, social et m&#233;dical, les taux de f&#233;condit&#233; et de mortalit&#233; diminuent en raison de l'&#233;ducation des femmes, du report du mariage, de l'am&#233;lioration des soins de sant&#233;, de l'acc&#232;s &#224; la contraception, de l'augmentation des revenus et du co&#251;t d'opportunit&#233; accru de la maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mesures ont aliment&#233; un discours sur le &#171; contr&#244;le s&#233;lectif de la population &#187;. Ce discours attise les craintes des minorit&#233;s quant &#224; l'extinction culturelle, tout en alimentant les inqui&#233;tudes des groupes majoritaires quant au risque d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;d&#233;pass&#233;s&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur ce cadre, la th&#233;orie de la deuxi&#232;me transition d&#233;mographique &#233;met l'hypoth&#232;se que dans les soci&#233;t&#233;s hautement d&#233;velopp&#233;es, les taux de f&#233;condit&#233; pourraient continuer &#224; baisser encore davantage en raison de l'&#233;volution des valeurs, d'une plus grande autonomie individuelle, de la recherche de l'&#233;panouissement personnel et de l'&#233;volution des r&#244;les attribu&#233;s aux hommes et aux femmes, qui ne privil&#233;gient plus la procr&#233;ation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la corr&#233;lation entre l'indice de d&#233;veloppement humain et l'indice synth&#233;tique de f&#233;condit&#233; n'est pas universellement lin&#233;aire. Des pays comme l'Inde et plusieurs de ses voisins ont connu une forte baisse de la f&#233;condit&#233; malgr&#233; des niveaux d'indice de d&#233;veloppement humain mod&#233;r&#233;s. Cette anomalie apparente s'explique par une interaction complexe entre les politiques d&#233;mographiques men&#233;es par l'&#201;tat, les normes culturelles profond&#233;ment enracin&#233;es et les dynamiques de genre dominantes qui influencent les comportements reproductifs d'une mani&#232;re qui n'est pas toujours directement li&#233;e aux indicateurs de d&#233;veloppement conventionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d&#233;mographiques de l'Inde ont toujours &#233;t&#233; influenc&#233;es par de fortes id&#233;es ethno-r&#233;gionalistes. Le programme national de planification familiale, bien qu'officiellement universel, a en pratique cibl&#233; de mani&#232;re disproportionn&#233;e les communaut&#233;s marginalis&#233;es. Ce ciblage s'est souvent traduit par des campagnes de st&#233;rilisation coercitives et des incitations que beaucoup ont consid&#233;r&#233;es comme des tentatives d'ing&#233;nierie d&#233;mographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De telles mesures ont aliment&#233; un discours sur le &#171; &lt;i&gt; contr&#244;le s&#233;lectif de la population &lt;/i&gt; &#187;. Ce discours attise les craintes des minorit&#233;s quant &#224; l'extinction culturelle, tout en alimentant les inqui&#233;tudes des groupes majoritaires quant au risque d'&#234;tre &#171; &lt;i&gt;d&#233;pass&#233;s &lt;/i&gt; &#187;. En cons&#233;quence, la f&#233;condit&#233; est devenue un substitut &#224; la politique identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de s'attaquer aux v&#233;ritables probl&#232;mes de p&#233;nurie de ressources et de d&#233;ficits de d&#233;veloppement, la croissance d&#233;mographique est souvent pr&#233;sent&#233;e comme un &#171; &lt;i&gt;fardeau &lt;/i&gt; &#187;. Cette formulation transforme les transitions d&#233;mographiques en comp&#233;titions &#224; somme nulle entre diff&#233;rentes communaut&#233;s et r&#233;gions. La politisation de la reproduction est &#233;vidente dans les d&#233;clarations publiques, telles que celles du Vishwa Hindu Parishad, qui exhortent les familles de la religion majoritaire &#224; avoir plus d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chercheurs et les chercheuses ont montr&#233; que les st&#233;r&#233;otypes sur les taux de f&#233;condit&#233; des minorit&#233;s sont trompeurs. Elles et ils ont d&#233;montr&#233; que ces taux sont davantage influenc&#233;s par les in&#233;galit&#233;s socio-&#233;conomiques que par l'identit&#233; religieuse. Malgr&#233; cela, les inqui&#233;tudes d&#233;mographiques de la majorit&#233; continuent de dominer le discours public. Cette domination nuit &#224; la justice reproductive, &#224; l'efficacit&#233; des politiques d&#233;mographiques et &#224; l'unit&#233; nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les politiques natalistes s'appuient souvent sur des id&#233;es moralistes, patriarcales, voire ethno-nationalistes. Les citoyen&#183;nes &#171; &lt;i&gt; id&#233;aux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; g&#233;n&#233;ralement d&#233;finis par la culture ou la religion dominante &#8211; sont encourag&#233;s&#183;e &#224; avoir plus d'enfants. En revanche, les groupes marginalis&#233;s peuvent &#234;tre subtilement ou ouvertement d&#233;courag&#233;s de se reproduire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tendances refl&#232;tent des sch&#233;mas mondiaux, tels que la th&#233;orie du &#171; &lt;i&gt; grand remplacement&lt;/i&gt; &#187;. Cette th&#233;orie pr&#233;sente le d&#233;clin des populations blanches comme une forme d'extinction culturelle qui n&#233;cessiterait une intervention politique urgente. Dans le m&#234;me temps, elle consid&#232;re la croissance des populations non blanches comme une surpopulation dangereuse qui doit &#234;tre contr&#244;l&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce type d'alarmisme s&#233;lectif r&#233;v&#232;le &#224; quel point les d&#233;bats sur la population sont souvent utilis&#233;s pour renforcer les hi&#233;rarchies raciales et culturelles existantes, plut&#244;t que pour traiter de v&#233;ritables questions d&#233;mographiques. Les m&#234;mes groupes qui s'inqui&#232;tent de la baisse de la f&#233;condit&#233; des Blanc&#183;hes soutiennent &#233;galement des programmes agressifs de planification familiale qui ciblent les communaut&#233;s de couleur, tant dans le monde entier que dans leur propre pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques qui r&#233;compensent les personnes qui ont plus d'enfants vont souvent de pair avec des restrictions du droit de retarder ou d'&#233;viter une grossesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant au niveau mondial qu'en Inde, on constate un chevauchement notable entre les politiques natalistes (politiques qui encouragent les personnes &#224; avoir plus d'enfants) et les programmes qui portent atteinte aux droits humains. Les efforts visant &#224; augmenter les taux de natalit&#233; se font souvent au d&#233;triment de l'autonomie individuelle, des droits reproductifs et de l'&#233;galit&#233; des sexes. Le natalisme ne fonctionne pas seulement comme une strat&#233;gie d&#233;mographique. Il devient &#233;galement un moyen de justifier les restrictions d'acc&#232;s &#224; la contraception, &#224; l'avortement et &#224; l'ensemble des services de planification familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques qui r&#233;compensent les personnes qui ont plus d'enfants vont souvent de pair avec des restrictions du droit de retarder ou d'&#233;viter une grossesse. Par exemple, l'interdiction de la st&#233;rilisation pour les groupes tribaux particuli&#232;rement vuln&#233;rables et l'in&#233;galit&#233; d'acc&#232;s aux services d'avortement limitent les choix des personnes. Les questions telles que l'infertilit&#233; et le fardeau permanent que repr&#233;sente le r&#244;le parental font l'objet de peu d'attention politique. Alors que les services de f&#233;condation in vitro (FIV) et de procr&#233;ation m&#233;dicalement assist&#233;e (PMA) sont de plus en plus accessibles aux classes privil&#233;gi&#233;es, de nombreuses communaut&#233;s marginalis&#233;es sont au contraire soumises &#224; des pressions, voire &#224; des contraintes, pour participer &#224; des programmes de st&#233;rilisation g&#233;r&#233;s par le gouvernement. Cette approche s&#233;lective et ax&#233;e sur les r&#233;sultats met en &#233;vidence les priorit&#233;s &#233;troites de la politique reproductive actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois indiennes sur l'adoption et la maternit&#233; de substitution r&#233;v&#232;lent &#233;galement cette contradiction. Alors que la fertilit&#233; est c&#233;l&#233;br&#233;e, l'acc&#232;s &#224; la parentalit&#233; est restreint pour les personnes LGBTQ+, les hommes c&#233;libataires, les couples &#226;g&#233;s et les personnes handicap&#233;es. Ces exclusions sont moins li&#233;es au bien-&#234;tre des enfants qu'&#224; la mise en &#339;uvre d'id&#233;es h&#233;t&#233;ronormatives et capacitistes d'une famille &#171; &lt;i&gt;id&#233;ale &lt;/i&gt; &#187; ou socialement d&#233;sirable. Dans ces cas, le refus de l'acc&#232;s &#224; la reproduction n'est pas fond&#233; sur la capacit&#233; d'une personne &#224; s'occuper d'un enfant, mais sur sa conformit&#233; aux attentes et aux normes sociales dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contradictions d&#233;montrent comment le pr-onatalisme fonctionne comme une forme d'ing&#233;nierie d&#233;mographique s&#233;lective qui encourage la reproduction uniquement dans les limites sociales prescrites. Ces politiques reproductives finissent par cr&#233;er une hi&#233;rarchie de l&#233;gitimit&#233;, o&#249; le droit d'avoir des enfants et d'&#234;tre parent&#183;e est consid&#233;r&#233; comme un privil&#232;ge, accord&#233; uniquement &#224; celles et ceux qui satisfont &#224; des attentes morales, culturelles et religieuses sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Besoin d'un cadre fond&#233; sur les droits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les personnalit&#233;s politiques de tous bords ne se contentent plus de faire allusion &#224; des approches natalistes ; elles s'expriment d&#233;sormais de mani&#232;re explicite. Le ministre en chef du Tamil Nadu, M.K. Stalin, a d&#233;clar&#233; lors d'un mariage : &#171; &lt;i&gt;Je ne vous dirai pas de ne pas avoir d'enfants &#224; la h&#226;te, d'avoir des enfants imm&#233;diatement, mais donnez-leur de beaux pr&#233;noms tamouls.&lt;/i&gt; &#187; De son c&#244;t&#233;, Mohan Bhagwat, chef du Rashtriya Swayamsevak Sangh, a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt; La moyenne en Inde est de 2,1. C'est bien. Mais il ne manque pas 0,1 enfant&#8230; 2,1 signifie trois. Chaque Indien&#183;ne devrait donc s'assurer d'avoir trois enfants dans sa famille. Je dis cela du point de vue du pays&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes natalistes sont de plus en plus utilis&#233;s comme m&#233;canismes de contr&#244;le social, renfor&#231;ant les r&#244;les traditionnels des sexes, r&#233;glementant les structures familiales et s'alignant sur des id&#233;ologies anti-droits plus larges. Plut&#244;t que de faire progresser la justice reproductive, ces politiques sapent les principes fondamentaux du choix, de la dignit&#233; et de l'&#233;quit&#233; en mati&#232;re de sant&#233; et de droits reproductifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc essentiel que ces tendances soient examin&#233;es de mani&#232;re critique, en particulier en ce qui concerne leur impact sur les groupes marginalis&#233;s et le renforcement des in&#233;galit&#233;s syst&#233;miques. Lorsque de nouvelles politiques sont &#233;labor&#233;es ou que les politiques existantes sont r&#233;form&#233;es, elles doivent &#234;tre rigoureusement &#233;valu&#233;es &#224; la lumi&#232;re de leurs implications sociales, culturelles et politiques plus larges.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus important encore, les politiques en mati&#232;re de reproduction et de population doivent &#234;tre fermement ancr&#233;es dans un cadre fond&#233; sur les droits qui privil&#233;gie le choix individuel, l'autonomie corporelle et le bien-&#234;tre holistique plut&#244;t que les objectifs d&#233;mographiques ou l'opportunisme politique. Ce n'est que gr&#226;ce &#224; une telle approche que nous pourrons garantir que les politiques publiques favorisent v&#233;ritablement la justice reproductive et soutiennent le bien-&#234;tre des individu&#183;es et de leurs communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvik Pyne &amp; Alka Barua&lt;br class='autobr' /&gt;
Souvik Pyne est pr&#233;sident de CommonHealth India. Alka Barua est membre du comit&#233; consultatif du projet et responsable du th&#232;me de l'avortement chez CommonHealth India.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article est publi&#233; dans le cadre du prix Appan Menon Memorial Award 2025, qui a &#233;t&#233; d&#233;cern&#233; &#224; The India Forum.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.theindiaforum.in/public-policy/womens-autonomy-era-pro-natalist-policies&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.theindiaforum.in/public-policy/womens-autonomy-era-pro-natalist-policies&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit par DE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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