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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Un monde arrive &#224; sa fin</title>
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		<dc:date>2019-03-26T08:30:33Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Environnement</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une importante &#233;tude scientifique[1] nous alertait r&#233;cemment du d&#233;clin rapide de plus de 40 % des esp&#232;ces d'insectes &#224; l'&#233;chelle mondiale depuis une d&#233;cennie. Au rythme actuel, les insectes dispara&#238;traient d'ici un si&#232;cle, ce qui aurait des cons&#233;quences catastrophiques sur l'&#233;quilibre des &#233;cosyst&#232;mes naturels, la fertilit&#233; des sols, la pollinisation, l'alimentation de nombreuses esp&#232;ces insectivores &#8211; et donc sur la vie humaine. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : Revue Relations (no 801, avril 2019) &lt;br class='autobr' /&gt; Si (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Environnement-187-+" rel="tag"&gt;Environnement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton38404-f32da.jpg?1782210754' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une importante &#233;tude scientifique[1] nous alertait r&#233;cemment du d&#233;clin rapide de plus de 40 % des esp&#232;ces d'insectes &#224; l'&#233;chelle mondiale depuis une d&#233;cennie. Au rythme actuel, les insectes dispara&#238;traient d'ici un si&#232;cle, ce qui aurait des cons&#233;quences catastrophiques sur l'&#233;quilibre des &#233;cosyst&#232;mes naturels, la fertilit&#233; des sols, la pollinisation, l'alimentation de nombreuses esp&#232;ces insectivores &#8211; et donc sur la vie humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Revue Relations (no 801, avril 2019)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si l'urbanisation croissante et le r&#233;chauffement climatique expliquent en partie ce d&#233;clin, la principale cause, selon les chercheurs, r&#233;side dans l'agriculture intensive qui n&#233;cessite de grandes quantit&#233;s de pesticides et entra&#238;ne la destruction de l'habitat des insectes. Cette &#233;tude s'ajoute ainsi &#224; d'autres tout aussi pr&#233;occupantes : les unes portant sur le d&#233;clin de la biodiversit&#233; terrestre et aquatique &#8211; comparable &#224; une des grandes extinctions de masse de l'histoire terrestre &#8211;, les autres alertant sur la pollution de l'air, de l'eau douce et des mers, la rar&#233;faction des ressources naturelles, la d&#233;forestation, l'&#233;rosion des sols, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, nos gouvernements tergiversent quant aux mesures &#224; prendre : le gouvernement Trudeau r&#233;p&#232;te que l'&#233;cologie est sa priorit&#233; tout en agissant en sens contraire, et celui de Fran&#231;ois Legault se d&#233;marque par son indiff&#233;rence crasse face &#224; la question. Soulignons deux faits r&#233;cents et scandaleux : l'autorisation donn&#233;e par Sant&#233; Canada, sur la base d'analyses trafiqu&#233;es par Monsanto, de continuer d'utiliser le glyphosate, composante d'un pesticide extr&#234;mement dangereuse pour la sant&#233; et nuisible pour l'environnement ; et le cong&#233;diement, par le minist&#232;re de l'Agriculture du Qu&#233;bec, d'un agronome qui d&#233;non&#231;ait l'ing&#233;rence du secteur priv&#233; dans la recherche publique sur les pesticides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'&#233;tat de d&#233;gradation de la plan&#232;te et l'inaction criminelle des gouvernements, on se r&#233;jouit de voir se multiplier les initiatives citoyennes qui, apr&#232;s p&#233;titions et manifestations, accentuent d&#233;sormais la pression par l'organisation d'une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour la plan&#232;te (voir p. 6) et des actes de d&#233;sob&#233;issance civile &#224; travers le monde. Pour sortir de l'impasse tant civilisationnelle qu'&#233;cologique vers laquelle nous filons &#224; vive allure, on ne peut qu'appeler de nos v&#339;ux un vaste mouvement politique, &#224; l'image de l'Internationale socialiste &#224; une autre &#233;poque, qui fasse front contre le syst&#232;me global responsable de cette crise. Un mouvement capable de faire mentir la boutade du philosophe Fredric Jameson, qui traduit malheureusement la v&#233;rit&#233; tragique de notre temps : &#171; Il est plus facile d'imaginer la fin du monde que la fin du capitalisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, on ne peut plus continuer &#224; focaliser le d&#233;bat &#233;cologique sur les seuls changements climatiques, m&#234;me si leurs effets imm&#233;diats de plus en plus ressentis et spectaculaires jouent un r&#244;le mobilisateur ind&#233;niable pour &#233;veiller les consciences face &#224; l'urgence de la situation. En rester l&#224; emp&#234;che cependant de pointer du doigt la dimension soci&#233;tale et structurelle fondamentale du probl&#232;me, les facteurs d&#233;terminants de la crise sans pr&#233;c&#233;dent que nous vivons : le productivisme, l'extractivisme, la marchandisation des &#234;tres et des choses, l'individualisme exacerb&#233; et la surconsommation propres au capitalisme fond&#233; sur la croissance infinie et le profit &#224; tout prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le p&#233;ril li&#233; &#224; notre &#233;poque est en effet le fruit de cette mani&#232;re mortif&#232;re de se rapporter au monde comme s'il n'&#233;tait qu'un stock de ressources &#224; notre disposition. Notre mani&#232;re de vivre est indissociable d'un syst&#232;me &#233;conomique, d'une classe sociale richissime et d'une id&#233;ologie port&#233;e depuis les d&#233;buts de la modernit&#233; occidentale par un fantasme de puissance et de mainmise qui, s'il a longtemps fait r&#234;ver, se r&#233;v&#232;le aujourd'hui un v&#233;ritable cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Isoler l'&#233;cologie des enjeux politiques, sociaux, &#233;conomiques, &#233;thiques et m&#234;me spirituels, ne peut que conduire vers une r&#233;gulation technoscientifique de la soci&#233;t&#233;, adapt&#233;e au &#171; capitalisme vert &#187;. Pr&#233;tendant veiller &#224; l'&#233;quilibre &#233;cosyst&#233;mique de la Terre tout en faisant de la crise une occasion d'affaire, celui-ci continuera &#224; d&#233;truire la nature et &#224; nous rendre toujours plus &#233;trangers au monde &#8211; d&#233;mat&#233;rialis&#233;, quadrill&#233;, surveill&#233;, modul&#233;, contr&#244;l&#233;, marchandis&#233; et databas&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;coutons plut&#244;t ces nouvelles voix qui s'&#233;l&#232;vent et qui nous invitent &#224; entrer dans un rapport harmonieux et bienveillant avec la nature dont nous faisons partie. Nature dont il faut prendre soin comme de nous-m&#234;mes, en tant qu'&#234;tres aussi sensibles que rationnels. Pour traduire concr&#232;tement et de mani&#232;re cons&#233;quente les &#233;tudes alarmantes sur l'&#233;tat de la plan&#232;te, saurons-nous tourner le dos &#224; la surexploitation des ressources, &#224; la surconsommation, &#224; la destruction des habitats naturels et &#224; la pr&#233;tention d'&#234;tre ma&#238;tres et possesseurs de la nature ? La Semaine de la Terre, du 22 au 27 avril, sera une occasion de le dire publiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] F. S&#225;nchez-Bayo et K. Wyckhuys, &#171; Worldwide decline of the entomofauna : A review of its drivers &#187;, Biological Conservation, vol. 232, avril 2019.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'apparition de la Terre </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-apparition-de-la-Terre</link>
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		<dc:date>2019-01-29T07:53:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La mobilisation populaire autour des enjeux &#233;cologiques &#8211; les marches mondiales pour le climat et le Pacte pour la transition qu'ont d&#233;j&#224; sign&#233; plus de 250 000 personnes au Qu&#233;bec, entre autres &#8211; est l'expression d'une prise de conscience qui d&#233;passe la politique partisane. Elle exige des orientations soci&#233;tales radicales ainsi que des changements majeurs dans nos rapports avec l'environnement, nos mani&#232;res de vivre, de travailler, de produire, de consommer et m&#234;me de nous projeter dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton37560-c4ee5.jpg?1782210754' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La mobilisation populaire autour des enjeux &#233;cologiques &#8211; les marches mondiales pour le climat et le Pacte pour la transition qu'ont d&#233;j&#224; sign&#233; plus de 250 000 personnes au Qu&#233;bec, entre autres &#8211; est l'expression d'une prise de conscience qui d&#233;passe la politique partisane. Elle exige des orientations soci&#233;tales radicales ainsi que des changements majeurs dans nos rapports avec l'environnement, nos mani&#232;res de vivre, de travailler, de produire, de consommer et m&#234;me de nous projeter dans l'avenir. Les gouvernements ne peuvent faire la sourde oreille. L'erre d'aller ne tient plus. Une &#233;tape cruciale est franchie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Infolettre du CJF | Janvier 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le monde dans lequel nous vivons est profond&#233;ment &#233;branl&#233;. La Terre qui &#233;tait tenue pour acquise, comme un lieu allant de soi, appara&#238;t soudain dans toute sa centralit&#233; : comme la condition de notre humanit&#233; et de tout projet d&#233;mocratique. Avec la grave crise &#233;cologique, l'air, l'eau, les oc&#233;ans, les arbres, les plantes, les animaux, tout cela devient soudain pr&#233;caire. &#192; cause de notre mode de vie, de production et de consommation. &#192; cause de notre insouciance et de notre indiff&#233;rence &#224; leur &#233;gard, en grande partie li&#233;es &#224; notre conception du monde prisonni&#232;re d'un rationalisme &#233;troit et de l'id&#233;ologie capitaliste dominante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne nous comportons pas comme des habitants et des enfants de la Terre, notre maison commune &#8211; la Terre-m&#232;re, pour reprendre la mani&#232;re autochtone de la d&#233;signer, ce qui implique une profonde gratitude &#224; son &#233;gard en tant que matrice de la vie. Les arbres, les animaux, l'eau, le sol, l'air, sont nos fr&#232;res et s&#339;urs, comme le chantait saint Fran&#231;ois. Or, nous agissons plut&#244;t envers eux comme des ma&#238;tres et possesseurs, des exploiteurs, pr&#233;occup&#233;s uniquement par le profit qu'on peut en tirer. Nous avons b&#226;ti notre monde habit&#233;s par ce fantasme, cette volont&#233; de domination, qui nous rend &#233;trangers &#224; la Terre et &#224; ce qui l'habite. Nous constatons cependant l'impasse de cet aveuglement et les cons&#233;quences catastrophiques de cette d&#233;mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cri de la Terre, pour reprendre une image biblique, appelle &#224; une v&#233;ritable &#171; conversion &#187;, &#224; un retournement radical de nos comportements, de notre agir. Il nous faut prendre conscience des liens vitaux qui nous unissent &#224; la Terre, au moment m&#234;me o&#249; nos conditions d'existence sont fragilis&#233;es, menac&#233;es dangereusement. C'est notre existence de &#171; terriens &#187;, partie int&#233;grante de la Terre, qui &#233;merge et s'impose &#224; nous avec force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie capitaliste, posant le profit et la croissance &#224; tout prix comme des dogmes et la marchandisation du monde comme un processus irr&#233;versible, manifeste son caract&#232;re mystificateur. Continuer &#224; abuser ainsi de la Terre a un prix que nous ne pouvons plus nous permettre de payer. La fragilit&#233; et les limites de la vie reprennent leurs droits. La d&#233;mesure et la croissance infinie se r&#233;v&#232;lent des idoles sanguinaires. S'enrichir impun&#233;ment de la sorte signifie dilapider les ressources de mani&#232;re &#233;hont&#233;e et hypoth&#233;quer gravement non seulement les prochaines g&#233;n&#233;rations, mais aussi celles d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accusation rab&#226;ch&#233;e adress&#233;e aux &#233;cologistes selon laquelle ils auraient une posture utopiste et irr&#233;aliste ne tient plus. C'est plut&#244;t de continuer dans ce cul-de-sac productiviste et consum&#233;riste qui est de l'ordre d'une illusion l&#233;tale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation pr&#233;sente est intenable et exige en effet de la part des gouvernements des actions concr&#232;tes &#224; la mesure de l'urgence &#233;cologique. Ne pas le faire serait consacrer notre impuissance et consentir &#224; la fatalit&#233;, et donc au dessein des grandes forces technocratiques et financi&#232;res qui contr&#244;lent la plan&#232;te et profitent encore de cet &#233;tat de choses. Cependant les politiques publiques, pour &#234;tre &#224; la hauteur de la situation, doivent &#234;tre faites au b&#233;n&#233;fice de la population et de la soci&#233;t&#233; enti&#232;re et non seulement d'une &#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la r&#233;volte des gilets jaunes en France, on en voit l'importance : ces politiques doivent s'attaquer de front aux structures &#233;conomiques, industrielles, financi&#232;res, fiscales qui fragilisent l'environnement et la soci&#233;t&#233;, mais sans fragiliser, du m&#234;me coup, les plus pauvres. Elles exigent d'&#234;tre accompagn&#233;es de mesures sociales et fiscales et du renforcement des services publics universels (notamment le transport en commun). Les mesures &#233;cologiques d'envergure doivent tourner radicalement le dos au n&#233;olib&#233;ralisme qui appauvrit la soci&#233;t&#233; et d&#233;truit les &#233;cosyst&#232;mes au profit d'une &#233;lite financi&#232;re toujours plus vorace. Le cri de la Terre et le cri des pauvres ne font qu'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;lan populaire en faveur de l'&#233;cologie balaie l'argument qui rime avec d&#233;mission selon lequel l'adoption de mesures &#233;cologiques &#171; trop radicales &#187; dans un pays ne sert &#224; rien si celles-ci ne sont pas aussi adopt&#233;es par l'ensemble des autres pays. Car ce que cet &#233;lan exprime, au fond, est de l'ordre d'un imp&#233;ratif &#233;thique autant que politique, d'un projet de soci&#233;t&#233; qui ne peut &#234;tre remis &#224; plus tard parce qu'il s'arrime au plus pr&#232;s avec les raisons de vivre. Ne pas s'y engager sous pr&#233;texte d'un soi-disant &#171; r&#233;alisme &#187; serait v&#233;cu comme une v&#233;ritable trahison, une complicit&#233; honteuse avec un processus qui d&#233;truit le monde et la vie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;thique et l'intelligence artificielle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-ethique-et-l-intelligence-artificielle</link>
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		<dc:date>2018-03-27T15:35:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En novembre dernier, Yoshua Bengio, directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montr&#233;al, a lanc&#233;, avec une &#233;quipe pluridisciplinaire (compos&#233;e de sp&#233;cialistes en &#233;thique, philosophie, informatique, psychologie, droit, etc.), le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al pour un d&#233;veloppement responsable de l'intelligence artificielle (IA), invitant la population &#224; participer &#224; la r&#233;daction des balises &#233;thiques qui encadreraient ce d&#233;veloppement (voir ). La date limite pour leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Revue-Relations-Nouveau-numero-+" rel="tag"&gt;Revue Relations - Nouveau num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-03-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-03-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton34181-7b069.jpg?1781836500' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En novembre dernier, Yoshua Bengio, directeur de l'Institut des algorithmes d'apprentissage de Montr&#233;al, a lanc&#233;, avec une &#233;quipe pluridisciplinaire (compos&#233;e de sp&#233;cialistes en &#233;thique, philosophie, informatique, psychologie, droit, etc.), le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al pour un d&#233;veloppement responsable de l'intelligence artificielle (IA), invitant la population &#224; participer &#224; la r&#233;daction des balises &#233;thiques qui encadreraient ce d&#233;veloppement (voir &lt;span class='ressource'&gt;&lt;declarationmontreal-iaresponsable.com&gt;&lt;/span&gt;
). La date limite pour leur remettre des recommandations est le 31 mars. Si l'initiative est judicieuse &#8211; car grandes sont les inqui&#233;tudes que soul&#232;ve toute cette recherche sur l'IA, en m&#234;me temps qu'elle ouvre des pistes d'innovation prometteuses &#8211;, il n'en reste pas moins que l'approche &#233;thique propos&#233;e, centr&#233;e principalement sur la gestion des risques, affaiblit grandement sa port&#233;e r&#233;elle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://cjf.qc.ca/revue-relations/publications/mars-avril-2018/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Relations no 795&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yoshua Bengio et son &#233;quipe sont conscients des menaces suscit&#233;es par le d&#233;veloppement de l'IA : le raffinement et le renforcement du dispositif de contr&#244;le des individus, de normalisation des comportements et de manipulation de l'information, l'utilisation de robots-tueurs, etc. Ils proposent de faire face &#224; ces risques et abus potentiels, mais aussi aux cons&#233;quences sociales et aux enjeux &#233;thiques li&#233;s &#224; usage de l'IA, en &#233;tablissant des principes g&#233;n&#233;raux servant de balises &#224; la recherche et pouvant inspirer la l&#233;gislation. Toutefois, aussi souhaitable soit-elle, cette d&#233;marche risquerait, si on en restait l&#224;, de n'&#234;tre qu'un exercice cosm&#233;tique servant &#224; &#171; rassurer &#187; l'opinion publique, sans gu&#232;re g&#234;ner l'emprise grandissante sur nos vies de l'id&#233;ologie techniciste qui pr&#233;side actuellement au d&#233;veloppement de l'IA, en tout point adapt&#233;e aux int&#233;r&#234;ts des oligarchies techno-financi&#232;res de la Silicon Valley et de Wall Street. Or, c'est par l&#224; que se normalisent une conception de la vie et de l'&#234;tre humain, une mani&#232;re de vivre et un rapport au monde dangereusement r&#233;ducteurs, entra&#238;nant de graves cons&#233;quences sociales et &#233;cologiques et une profonde rupture anthropologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'essayait de montrer Marie-Claude Goulet, m&#233;decin et professeure &#224; la Facult&#233; de m&#233;decine de l'Universit&#233; de Montr&#233;al, dans un article intitul&#233; &#171; Les menaces technicistes de l'intelligence artificielle &#187; (Le Devoir, 25 novembre 2017) en s'appuyant sur les travaux du philosophe et clinicien franco-argentin Miguel Benasayag, notamment son ouvrage Cerveau augment&#233;, homme diminu&#233; (La D&#233;couverte, 2016). Elle mettait ainsi en garde, entre autres, contre le processus de colonisation de la vie par la technologie qui est en cours actuellement, qui tend &#224; mettre l'humain au service de la technologie et &#224; consacrer le &#171; triomphe d'un physicalisme r&#233;ductionniste o&#249; les comportements de l'&#234;tre humain sont analys&#233;s comme une s&#233;rie m&#233;canique de mouvements surd&#233;termin&#233;s par des lois physiques et chimiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Yoshua Bengio, nomm&#233; plusieurs fois dans l'article ainsi que l'institut qu'il dirige, publiait aussit&#244;t une r&#233;ponse : &#171; La communaut&#233; de l'intelligence artificielle a bien fait ses devoirs &#187; (Le Devoir, 2 d&#233;cembre 2017). Or, celle-ci laisse perplexe, tant elle r&#233;v&#232;le le peu d'int&#233;r&#234;t qu'il porte &#224; cette critique : il n'y a que de bonnes et de mauvaises pratiques, et le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al est l&#224; pour les baliser ad&#233;quatement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le philosophe Marc-Antoine Dilhac, membre de l'&#233;quipe pluridisciplinaire, allait dans le m&#234;me sens lors du lancement du projet de D&#233;claration : les sc&#233;narios catastrophiques rattach&#233;s &#224; l'IA ne concernent pas tant les machines intelligentes que l'usage qu'on en fait, semblait-il dire. &#201;trange constat quand plusieurs concepteurs de Facebook, par exemple, exprimaient r&#233;cemment leur profond regret d'avoir contribu&#233; &#224; cr&#233;er &#171; des outils qui d&#233;truisent le tissu social &#187;, selon les mots de Chamath Palihapitiya. Que le projet de D&#233;claration de Montr&#233;al ne se soucie pas de cette r&#233;alit&#233; est pour le moins une lacune. Un &#233;l&#233;ment qui devrait allumer un voyant rouge &#224; cet &#233;gard est l'enthousiasme manifest&#233; par Nick Bostrom pour cette initiative, lui qui est le chef de file du mouvement transhumaniste, promouvant l'humain augment&#233; et am&#233;lior&#233; &#8211; et ultimement le cyborg &#8211;, et fantasmant sur l'immortalit&#233; (voir &#171; Le corps obsol&#232;te ? L'id&#233;ologie transhumaniste en question &#187;, Relations, no 792, octobre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette menace techniciste, si nous la prenons au s&#233;rieux, invite &#224; l'extr&#234;me prudence et, surtout, &#224; une r&#233;flexion collective sur les enjeux anthropologiques et soci&#233;taux sous-jacents, d'autant plus urgente que l'industrie multimilliardaire de l'IA pousse dans le sens d'une acc&#233;l&#233;ration des innovations et de notre adaptation &#224; celles-ci, comme s'il s'agissait d'une fatalit&#233;. Un premier geste symbolique pour orienter pleinement l'IA au service du vivant serait de cesser de la comparer &#224; l'intelligence humaine, irr&#233;ductible &#224; une logique computationnelle, comparaison qui ne sert qu'&#224; poser la soi-disant sup&#233;riorit&#233; de l'IA et &#224; int&#233;rioriser, du m&#234;me coup, la r&#233;duction de l'humain et de la vie &#224; la technique, pour le plus grand bonheur d'une oligarchie qui y trouve son profit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le sens du politique </title>
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		<dc:date>2017-05-16T08:59:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Gabriel Nadeau-Dubois sur la sc&#232;ne politique est une bonne nouvelle pour Qu&#233;bec solidaire (QS) au moment o&#249; Fran&#231;oise David, un pilier historique de ce parti, tire sa r&#233;v&#233;rence. Ce jeune militant du mouvement &#233;tudiant a fait ses preuves comme analyste politique dans les m&#233;dias ces derni&#232;res ann&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; &#201;ditorial tir&#233; de la revue Relations, no 790, juin 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il a notamment d&#233;montr&#233; un jugement politique remarquable et une capacit&#233; de vulgariser d'importants enjeux de soci&#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L115xH150/arton30866-a8b88.png?1782210754' class='spip_logo spip_logo_right' width='115' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'arriv&#233;e de Gabriel Nadeau-Dubois sur la sc&#232;ne politique est une bonne nouvelle pour Qu&#233;bec solidaire (QS) au moment o&#249; Fran&#231;oise David, un pilier historique de ce parti, tire sa r&#233;v&#233;rence. Ce jeune militant du mouvement &#233;tudiant a fait ses preuves comme analyste politique dans les m&#233;dias ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;ditorial tir&#233; de la &lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/article.php?ida=3975&amp;title=strongle-sens-du-politique-strong&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;revue Relations, no 790, juin 2016&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a notamment d&#233;montr&#233; un jugement politique remarquable et une capacit&#233; de vulgariser d'importants enjeux de soci&#233;t&#233; dans une perspective de gauche, sans compromission &#224; l'&#233;gard de la justice sociale et du bien commun. En cela, il serait certainement un atout comme d&#233;put&#233; &#224; l'Assembl&#233;e nationale et porte-parole de QS, en particulier pour permettre au parti de franchir le &#171; mur des r&#233;gions &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais son entr&#233;e en politique est aussi de bon augure pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise dans son ensemble. En tant que figure embl&#233;matique du &#171; printemps &#233;rable &#187;, puis comme artisan du r&#233;cent processus de consultation citoyenne &#171; Faut qu'on se parle &#187;, men&#233; &#224; travers le Qu&#233;bec, il a su injecter un dynamisme d&#233;mocratique rafra&#238;chissant dans l'espace public, qui en a bien besoin. La d&#233;ferlante de nouveaux membres qui rallient QS gr&#226;ce &#224; lui en t&#233;moigne. Il est bon de se rappeler de temps &#224; autre que la politique ne se r&#233;duit pas aux &#171; vraies affaires &#187; &#8211; pour reprendre le slogan du gouvernement Couillard qui traduit bien la colonisation du domaine politique par la logique n&#233;olib&#233;rale &#8211; et que la d&#233;mocratie ne se r&#233;duit pas &#224; jouer les ventriloques de la majorit&#233; silencieuse. Au fondement du politique, il y a l'engagement citoyen et le partage collectif de la parole en vue de discerner ensemble d&#233;mocratiquement les grandes orientations de la soci&#233;t&#233; et du bien commun. Et s'y tenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, ce renforcement de QS aura peut-&#234;tre aussi comme vertu de d&#233;tourner Jean-Fran&#231;ois Lis&#233;e d'une tentation qui le d&#233;mange : celle de se tourner vers la Coalition Avenir Qu&#233;bec pour jouer la carte identitaire, risquant ainsi d'affaiblir le mouvement ind&#233;pendantiste. Car la question identitaire, c'est le pain b&#233;ni des lib&#233;raux ; ils s'en servent en ma&#238;tres comme d'un &#233;pouvantail. Et si, plus largement, la droite y tient tellement, c'est qu'elle n'a rien &#224; proposer politiquement, &#233;conomiquement et socialement &#224; la soci&#233;t&#233; prise dans les mailles du tout-au-march&#233; financier et du contr&#244;le s&#233;curitaire tentaculaires. Comme elle a une peur atavique de l'action collective et de la participation citoyenne, vouant un culte aveugle &#224; l'ordre, elle se rabat sur une m&#233;moire et une identit&#233; class&#233;es, fig&#233;es, r&#233;ifi&#233;es, pour ne pas dire fich&#233;es. Le pass&#233;, garant de l'avenir, fait toujours autorit&#233; pour elle et d&#233;termine le pr&#233;sent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, une &#171; politique &#187; tourn&#233;e vers l'identit&#233; nationale est st&#233;rile, pr&#233;cis&#233;ment parce qu'elle n'est pas politique. Cela ne veut pas dire que la culture et la langue n'impr&#232;gnent pas la politique, &#224; moins de consid&#233;rer cette derni&#232;re comme la chasse gard&#233;e d'une &#233;lite technocratique en attendant de lui substituer la gouvernance des algorithmes, en cette &#232;re manag&#233;riale et num&#233;rique. Ce qui est v&#233;ritablement en jeu dans une politique nationale, c'est le sens de l'existence de la nation ou, en d'autres mots, le projet de soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut s'accrocher &#224; l'identit&#233; comme &#224; une bou&#233;e. C'est ce que font certains courants nationalistes d'extr&#234;me-droite europ&#233;ens, mais ils n'arriveront qu'&#224; b&#226;tir des nations autoritaires repli&#233;es sur elles-m&#234;mes, saisies par la peur et la haine de l'autre. Le communautarisme comme le nationalisme identitaire n'offrent pas de r&#233;sistance &#224; la globalisation n&#233;olib&#233;rale, car ils participent, chacun &#224; leur mani&#232;re, de l'antipolitisme qui la caract&#233;rise. D&#232;s lors, opposer le nationalisme identitaire au nihilisme capitaliste ne nous sort pas de ses griffes ; au contraire, cela nous y enserre d&#233;sesp&#233;r&#233;ment, comme le fascisme avant lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La table semble donc mise pour la convergence des partis ind&#233;pendantistes, dans un souci historique de contrer l'accaparement de la souverainet&#233; populaire par une &#233;lite oligarchique transnationale, en redonnant sens &#224; un projet de soci&#233;t&#233; qui ait des r&#233;sonances tant sur les plans politique, &#233;conomique et &#233;cologique que social et culturel. Certes, QS, le Parti qu&#233;b&#233;cois et Option nationale ne sont pas r&#233;ductibles les uns aux autres, mais ils peuvent n&#233;anmoins &#339;uvrer ensemble &#224; faire aboutir la fondation politique de la nation qu&#233;b&#233;coise qui tarde &#224; advenir, en misant sur les forces vives de la soci&#233;t&#233; et sur la mise en route d'une assembl&#233;e constituante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette perspective, QS pourrait d&#233;sormais avoir la mission singuli&#232;re d'offrir un programme politique irrempla&#231;able &#8211; dans la mesure o&#249; il sortira des v&#339;ux pieux et de la liste d'&#233;picerie des vertus sociales. C'est celui d'incarner au Qu&#233;bec une certaine id&#233;e du socialisme, si du moins on renoue avec le sens qu'en donnait, au d&#233;but du XIXe si&#232;cle, l'un des premiers &#224; utiliser le mot, Pierre Leroux, &#224; savoir un projet qui d&#233;fend la soci&#233;t&#233; contre l'individualisme des rapaces, et la libert&#233; contre l'assujettissement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le sens de l'existence de la nation</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sens-de-l-existence-de-la-nation-26521</link>
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		<dc:date>2016-06-07T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est l'&#233;ditorial du nouveau num&#233;ro de la revue Relations intitul&#233; &#171; La puissance de la cr&#233;ation &#187; (no 784, mai-juin 2016). Presse-toi &#224; gauche poursuit ainsi sa collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Le site de Relations : www.revuerelations.qc.ca &lt;br class='autobr' /&gt; Dans une lettre publique (&#171; Une nouvelle route &#224; d&#233;fricher &#187;, Le Devoir, 23 avril 2016), Pierre Karl P&#233;ladeau &#8211; peu avant sa r&#233;cente d&#233;mission comme chef (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Revue-Relations-Nouveau-numero-+" rel="tag"&gt;Revue Relations - Nouveau num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-05-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-05-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton26521-a73b6.jpg?1781728264' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est l'&#233;ditorial du nouveau num&#233;ro de la revue Relations intitul&#233; &#171; La puissance de la cr&#233;ation &#187; (no 784, mai-juin 2016). Presse-toi &#224; gauche poursuit ainsi sa collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans une lettre publique (&#171; Une nouvelle route &#224; d&#233;fricher &#187;, Le Devoir, 23 avril 2016), Pierre Karl P&#233;ladeau &#8211; peu avant sa r&#233;cente d&#233;mission comme chef du Parti qu&#233;b&#233;cois (PQ) &#8211; tendait la main aux autres formations politiques et mouvements citoyens ind&#233;pendantistes. Il les invitait tous &#224; converger en vue de briser le monopole du pouvoir promis aux lib&#233;raux en raison du fractionnement des votes et du syst&#232;me &#233;lectoral actuel. Cette lettre bien intentionn&#233;e, cosign&#233;e par la d&#233;put&#233;e V&#233;ronique Hivon, doit certes &#234;tre lue de mani&#232;re critique, car le PQ s'est trop souvent servi de l'ind&#233;pendance pour se contenter, une fois au pouvoir, de pratiquer une simple gouvernance de centre-droite, pour ne pas dire carr&#233;ment de droite.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois, dans cet appel &#224; la convergence, il faut souligner une autocritique m&#233;ritoire : &#171; Termin&#233; l'appel aux &#034; brebis &#233;gar&#233;es &#034;, c'est toute notre approche que nous avons repens&#233;e et r&#233;invent&#233;e, plus que jamais convaincus que cette diversit&#233; au sein du mouvement ind&#233;pendantiste ne constitue pas une faiblesse, mais une v&#233;ritable force, une &#233;tincelle capable de donner un souffle renouvel&#233; &#224; notre grand projet. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Or, reconna&#238;tre que le PQ &#171; n'a pas le monopole de la souverainet&#233; &#187; devrait orienter les efforts vers la mise en &#339;uvre d'une plateforme ind&#233;pendantiste pluri-partisane et citoyenne visant &#224; d&#233;finir un programme &#224; ce &#171; grand projet &#187; qui soit &#224; la hauteur des enjeux de soci&#233;t&#233; soulev&#233;s par les profondes crises &#8211; politique, &#233;conomique et &#233;cologique &#8211; que nous subissons. Celles-ci sont en effet l'occasion &#8211; le &#171; signe des temps &#187; (kairos), diraient les &#233;vangiles &#8211; d'une interrogation s&#233;rieuse sur le sens du projet national. Voulons-nous continuer, en tant que nation, d'&#234;tre objet passif de l'histoire, manipul&#233;s par le courant dominant nous entra&#238;nant dans la fuite en avant de la globalisation capitaliste ? Devenir de v&#233;ritables acteurs de l'histoire n'exige-t-il pas, de mani&#232;re urgente, de mobiliser les forces citoyennes et d&#233;mocratiques cr&#233;atrices ? Nous ne pouvons plus simplement nous rabattre sur le pass&#233; &#8211; et encore moins sur le pr&#233;sent &#8211; comme garants de l'avenir, sauf &#224; vouloir &#234;tre aplatis par le bulldozer de la globalisation. Face &#224; des forces qui cherchent &#224; tout prix &#224; nous r&#233;duire en une masse d'indiff&#233;rents et d'insignifiants &#8211; un vaste troupeau d'individus seulement occup&#233;s &#224; survivre, produire et consommer, comme si rien d'autre n'importait &#8211;, nous devons mettre au centre de nos pr&#233;occupations le sens m&#234;me de l'existence nationale.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
J'inscris cette r&#233;flexion sous l'horizon d'un &#233;crit du philosophe Karel Kosik, publi&#233; durant le Printemps de Prague, en 1968, avant l'occupation sovi&#233;tique, dans l'hebdomadaire de l'Union des &#233;crivains tch&#233;coslovaques Literarny Listy. &#171; L'existence, la survie en elle-m&#234;me, ne peuvent pas fournir &#224; la nation un programme, ni la fonder en signification. L&#224; o&#249; le simple fait d'exister devient tout, la nation se trouve r&#233;duite &#224; rien &#8211; c'est-&#224;-dire &#224; une survie d'unit&#233; biologique, de cr&#233;ature n&#233;e des hasards de l'histoire. Mais ce qui est r&#233;ellement en jeu c'est le sens de cette existence. [&#8230;] L'existence d'une nation se con&#231;oit comme un programme, une t&#226;che se renouvelant sans cesse &#187; (&#171; Notre crise actuelle &#187; dans A.-J. Liehm [dir.], Socialisme &#224; visage humain, &#233;d. Albatros, Paris, 1977, p. 50).&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
La fondation politique &#8211; jusqu'&#224; maintenant ajourn&#233;e &#8211; de la nation qu&#233;b&#233;coise me semble une r&#233;ponse collective en r&#233;sonance avec notre &#233;poque. Une r&#233;ponse qui doit tourner le dos &#224; l'embourgeoisement consum&#233;riste qui a servi &#224; ratatiner l'&#234;tre humain en consommateur et en client, oubliant qu'il est habit&#233; par le souci du commun. Une r&#233;ponse &#171; radicale &#187; en ce qu'elle touche &#224; la &#171; racine &#187; de la crise politique, &#233;conomique et &#233;cologique actuelle en cherchant &#224; arracher le pouvoir des mains d'une oligarchie financi&#232;re et technocratique qui n'a de cesse de transformer le monde en r&#233;servoir de sa richesse et de mettre la soci&#233;t&#233; au service des soci&#233;t&#233;s cot&#233;es en bourse.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le slogan du Parti lib&#233;ral du Qu&#233;bec, &#171; S'occuper des vraies affaires &#187;, en est l'expression locale, carburant &#224; la d&#233;politisation, &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie et &#224; la banalisation de la crise &#233;cologique comme si celle-ci n'&#233;tait, justement, qu'une occasion d'affaires.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, la crise actuelle nous confronte &#224; l'urgence de reposer la question du sens de la nation. Cela exige de revisiter le mod&#232;le social et coop&#233;ratif qu&#233;b&#233;cois en l'orientant r&#233;solument dans le sens d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement et de production &#233;cologique et solidaire assurant une protection institutionnelle des biens communs. Cela ne peut que passer par l'institutionnalisation d'une d&#233;mocratie participative qui mobilise les forces vives de la soci&#233;t&#233; &#224; travers des forums citoyens et, en particulier, une assembl&#233;e constituante en vue de fonder la nation sur des bases d&#233;mocratiques solides.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Si c'est cela que le PQ appelle de ses v&#339;ux, tendre la main ne suffit pas. Il faut rejoindre la base et converger vers un vaste mouvement dont les Organisations unies pour l'ind&#233;pendance (OUI Qu&#233;bec) sont un germe prometteur. Les &#233;lections de 2018 venues, la proposition d'Amir Khadir (Presse-toi &#224; gauche, 19 avril 2016) me semble une piste &#224; privil&#233;gier : des &#171; primaires sociales &#187; o&#249; les forces du mouvement d&#233;termineraient le candidat ind&#233;pendantiste dans leur comt&#233;, derri&#232;re lequel se rallieraient les partis ind&#233;pendantistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La r&#233;sistance, imp&#233;ratif de notre temps</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-resistance-imperatif-de-notre-temps</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-resistance-imperatif-de-notre-temps</guid>
		<dc:date>2016-04-05T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-03-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jamais peut-&#234;tre la r&#233;sistance n'aura &#233;t&#233; autant &#224; l'ordre du jour que maintenant tant le tableau est sombre, &#224; l'image de notre temps. La crise &#233;cologique, d'une gravit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent, sonne l'alarme avec fracas. La Terre crie et se joint &#224; la clameur des pauvres. Des &#233;lites voraces la transforment petit &#224; petit en leur propri&#233;t&#233; priv&#233;e et elle en vient &#224; &#234;tre d&#233;vast&#233;e par leur soif insatiable de profit et leur app&#233;tit effr&#233;n&#233; de jouissance. Plus que jamais elles usurpent les richesses de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-03-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-03-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH37/arton25688-10cbe.jpg?1781495673' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='37' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jamais peut-&#234;tre la r&#233;sistance n'aura &#233;t&#233; autant &#224; l'ordre du jour que maintenant tant le tableau est sombre, &#224; l'image de notre temps. La crise &#233;cologique, d'une gravit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent, sonne l'alarme avec fracas. La Terre crie et se joint &#224; la clameur des pauvres. Des &#233;lites voraces la transforment petit &#224; petit en leur propri&#233;t&#233; priv&#233;e et elle en vient &#224; &#234;tre d&#233;vast&#233;e par leur soif insatiable de profit et leur app&#233;tit effr&#233;n&#233; de jouissance. Plus que jamais elles usurpent les richesses de la plan&#232;te : un rapport d'Oxfam nous r&#233;v&#233;lait qu'en 2014, 20 % de la population s'appropriait 94,5 % des richesses mondiales, dont le 1 % le plus riche d&#233;tient &#224; lui seul la moiti&#233;. Et le foss&#233; qui les s&#233;pare des pauvres ne cesse de se creuser en toute impunit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;sistance est donc sans contredit l'imp&#233;ratif de notre &#233;poque. Et si le mot, pour nous francophones, &#233;voque spontan&#233;ment la France sous l'occupation allemande, tant mieux. Car nous sommes bien en terre occup&#233;e et &#171; pacifi&#233;e &#187; par une id&#233;ologie dominante qui cherche par tous les moyens &#224; nous convaincre du caract&#232;re in&#233;luctable de l'&#233;tat de choses actuel, &#224; nous faire plier le dos. C'est le progr&#232;s, nous dit-on, on n'y peut rien. Pendant ce temps, des dispositifs techniques, s&#233;curitaires et financiers tendent &#224; r&#233;duire la soci&#233;t&#233; &#224; l'&#233;tat de syst&#232;me autor&#233;gul&#233; et les &#234;tres humains au rang de simples instruments &#224; son service &#8211; jetables si possible. Gris&#233;s par le progr&#232;s technologique, certains sont m&#234;me tent&#233;s par le fantasme, de plus en plus r&#233;alisable, d'une (d&#233;s)humanit&#233; d&#233;lest&#233;e de l'exp&#233;rience sensible, comme d'une peau morte, et enfin d&#233;livr&#233;e de la vuln&#233;rabilit&#233;, de l'empathie comme de la souffrance &#8211; la technique, par son efficacit&#233;, se substituant avantageusement, pour eux, &#224; la chair et &#224; l'esprit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entrer dans la r&#233;sistance consiste d&#232;s lors, en tout premier lieu, &#224; remettre le conflit &#224; l'ordre du jour, au c&#339;ur de la cit&#233;, qu'il n'a jamais quitt&#233;e. C'est en finir avec le conte capitaliste &#224; dormir debout de la &#171; Fin de l'histoire &#187; qui berce notre somnolence, selon lequel il n'y a plus d'injustices structurelles (que des irritants sociaux et &#233;conomiques), plus de colonialisme (que des interventions humanitaires) et surtout pas de rapports de pouvoir ni de domination (que des experts et des gestionnaires consciencieux). C'est remettre les pendules &#224; l'heure des luttes sociales et politiques, au risque d'&#234;tre tax&#233;s de dangereux radicaux. Comme l'&#233;crivait le philosophe dissident tch&#232;que Jan Patocka dans Essais h&#233;r&#233;tiques (Verdier, 1981), peu de temps avant de mourir des suites d'un long interrogatoire policier en 1977, c'est assumer courageusement une &#171; vie dans et pour la libert&#233; &#187;. C'est rappeler que la libert&#233; n'est pas qu'une &#171; valeur &#187; r&#233;confortante et nich&#233;e au panth&#233;on de l'ordre &#233;tabli, qu'elle &#171; ne commence pas &#034;apr&#232;s seulement&#034;, une fois la lutte termin&#233;e ; au contraire, sa place est justement dans cette lutte &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous l'horizon du conflit, constitutif de la vie en soci&#233;t&#233; et de la libert&#233; politique, parmi les formes de r&#233;sistance, l'action non violente se pr&#233;sente comme un chemin privil&#233;gi&#233; &#224; entreprendre. Elle allie les moyens aux fins, comme la semence aux fruits, comme l'existence &#224; la vie qui est elle-m&#234;me chemin. Elle a le pouvoir de rallier la majorit&#233; silencieuse, trop souvent au service du statu quo, tout en &#233;veillant les consciences ; elle d&#233;joue la spirale de la violence et ses effets pervers tout en mettant en branle les forces et aptitudes n&#233;cessaires &#224; une vie juste et solidaire : courage, audace, humour, inventivit&#233;, confiance, in&#233;branlable fermet&#233;. Elle repose, comme l'ont montr&#233; Gandhi et Martin Luther King, entre autres, sur deux fondements : la non-coop&#233;ration et la d&#233;sob&#233;issance civile dont l'arsenal se d&#233;cline en des centaines de tactiques. Or, le combat qui est le n&#244;tre en est un de ruptures inventives. Dans l'esprit de l'action non violente, il nous faut, d'une part, la conviction et l'audace de cesser autant que possible, par nos mani&#232;res d'&#234;tre et d'agir, de collaborer au bon fonctionnement d'un capitalisme pr&#233;dateur et, d'autre part, soutenir, encourager et imaginer des pratiques individuelles et collectives alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la mobilisation g&#233;n&#233;rale au service de la production d&#233;cha&#238;n&#233;e et du fantasme de la ma&#238;trise totale du vivant fait voler en &#233;clat toute id&#233;e de limites, comme si celles-ci &#233;taient une tare, la r&#233;sistance passe &#224; cet &#233;gard par la r&#233;appropriation des limites qui constituent notre humanit&#233; &#8211; le temps, le monde, le corps, la langue, sources d'inspiration in&#233;puisables. Elle consiste fondamentalement &#224; accueillir la vie dans sa vuln&#233;rabilit&#233;. &#192; en toucher la beaut&#233;, &#224; y puiser la joie. &#192; embrasser un mode de vie simple et &#224; &#233;duquer le d&#233;sir que le consum&#233;risme exacerbe. &#192; cr&#233;er des liens entre nous qui ne soient pas des cha&#238;nes, mais des liens et des pratiques d'amiti&#233;, d'entraide, de partage, d'interd&#233;pendance, sortant de l'utilitarisme et de l'&#233;conomisme ambiants. La r&#233;sistance consiste aussi &#224; approfondir nos liens avec la langue et l'art, qui ouvrent vers l'ineffable et l'invisible, en ne craignant pas d'&#233;pouser parfois le pas lent des po&#232;tes, attentifs &#224; lier la mati&#232;re et l'esprit, le silence et la parole, le temps et l'infini. Elle consiste &#224; tisser des liens avec la Terre autrement que pour l'exploiter et la ma&#238;triser, incitant aussi &#224; s'&#233;merveiller et &#224; rendre gr&#226;ce. Il nous faut renouer avec le temps, compagnon intime de la lutte, qui nous lie &#224; la longue lign&#233;e des combattants et des combattantes pour qui l'espoir &#233;touff&#233; n'est pas signe d'une qu&#234;te illusoire et vaine, mais semence pr&#233;cieuse d'un monde plus humain dont chaque nouvelle g&#233;n&#233;ration est porteuse et promesse d'&#233;closion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance ne peut faire, non plus, l'&#233;conomie d'interdits &#224; ne pas franchir, qui reposent sur une conscience aiguis&#233;e de la capacit&#233; d'inhumanit&#233; tapie en chacun de nous, qui est la cons&#233;quence de notre conscience et de notre libert&#233; et qui n&#233;cessite une constante vigilance de notre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On per&#231;oit bien la relation &#233;troite de la r&#233;sistance avec la notion d'amour du monde, le th&#232;me du premier dossier (no 782, f&#233;vrier 2016) de la trilogie qui entame cette ann&#233;e du 75e anniversaire de Relations. L'amour du monde appelle en effet la r&#233;sistance pour se vivre pleinement et s'incarner dans une mani&#232;re d'&#234;tre et de vivre. Exister (ex-sistere) et r&#233;sister (re-sistere), comme l'&#233;voque l'&#233;tymologie latine, ne sont-ils pas li&#233;s l'un &#224; l'autre par la dignit&#233; ? R&#233;sister, c'est en effet se tenir (sistere) debout face &#224; ce qui menace l'existence en y opposant un non radical &#8211; signe d'un oui fondamental &#224; la vie que nous balbutions tous sans le savoir &#224; la naissance, mais qu'il faut assumer un jour pour s'enraciner r&#233;solument dans la libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renoncer &#224; la r&#233;sistance &#8211; par cynisme, indolence, insouciance ou peur &#8211; serait un peu se renier soi-m&#234;me et trahir l'id&#233;e d'humanit&#233; en rompant la cha&#238;ne qui nous lie aux autres &#8211; pass&#233;s, pr&#233;sents et &#224; na&#238;tre. Car r&#233;sister, c'est au fond maintenir vivante, par notre vie, l'&#233;tincelle de l'esp&#233;rance au c&#339;ur du monde. Le r&#234;ve de la bont&#233;, comme &#233;cho humain &#224; la beaut&#233; du monde. Le r&#234;ve de Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; un certain moment, face aux &#233;v&#233;nements publics, nous savons que nous devons refuser. Le refus est absolu, cat&#233;gorique. Il ne discute pas, ni ne fait entendre ses raisons. C'est en quoi il est silencieux et solitaire, m&#234;me lorsqu'il s'affirme, comme il le faut, au grand jour. Les hommes qui refusent et qui sont li&#233;s par la force du refus, savent qu'ils ne sont pas encore ensemble. Le temps de l'affirmation commune leur a pr&#233;cis&#233;ment &#233;t&#233; enlev&#233;. Ce qui leur reste, c'est l'irr&#233;ductible refus, l'amiti&#233; de ce Non certain, in&#233;branlable, rigoureux, qui les rend unis et solidaires. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Maurice Blanchot, &#201;crits politiques 1953-1993&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'amour du monde &#8211; socle de toute r&#233;sistance</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-amour-du-monde-socle-de-toute-resistance</link>
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		<dc:date>2016-02-09T08:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-01-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; La beaut&#233; [&#8230;] provoque en rafale la surprise, l'admiration, la gratitude &#224; l'&#233;gard de la terre, de la vie, et [&#8230;] dynamise d'un m&#234;me &#233;lan l'&#233;tonnement d'&#234;tre &#034; l&#224; &#034;, au monde, et le d&#233;sir d'y cro&#238;tre ; d'y cro&#238;tre et d'y durer dans toute notre gloire de vivants. &#187; Sylvie Germain, Songes du temps &lt;br class='autobr' /&gt; Le 75e anniversaire de Relations nous convie &#224; nous rem&#233;morer et &#224; c&#233;l&#233;brer le souffle qui nous anime et porte &#224; se placer du c&#244;t&#233; des exclus pour imaginer ensemble un monde meilleur &#8211; plus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-01-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-01-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton24942-676d6.jpg?1782038935' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; La beaut&#233; [&#8230;] provoque en rafale la surprise, l'admiration, la gratitude &#224; l'&#233;gard de la terre, de la vie, et [&#8230;] dynamise d'un m&#234;me &#233;lan l'&#233;tonnement d'&#234;tre &#034; l&#224; &#034;, au monde, et le d&#233;sir d'y cro&#238;tre ; d'y cro&#238;tre et d'y durer dans toute notre gloire de vivants. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Sylvie Germain, Songes du temps&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 75e anniversaire de Relations nous convie &#224; nous rem&#233;morer et &#224; c&#233;l&#233;brer le souffle qui nous anime et porte &#224; se placer du c&#244;t&#233; des exclus pour imaginer ensemble un monde meilleur &#8211; plus humain, plus juste, plus beau. Ainsi, les trois premiers dossiers de l'ann&#233;e 2016 prendront la forme d'un triptyque sur les th&#232;mes de l'amour du monde, la r&#233;sistance et la cr&#233;ation, et chercheront &#224; tracer l'esprit d'une revue qui conspire, &#224; travers l'analyse critique, l'art, les questions de sens, &#224; humaniser le monde dans toutes ses dimensions &#8211; sociale, politique, &#233;thique, esth&#233;tique, spirituelle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi commencer par l'amour du monde ? D'abord parce que par sa polys&#233;mie &#8211; le monde peut d&#233;signer &#224; la fois les gens, l'espace qui les relie, la nature, la Terre &#8211;, cette notion exprime &#224; la fois le d&#233;vouement &#224; l'&#233;gard des affaires humaines, le souci du commun et l'exp&#233;rience sensible d'appartenir au monde, d'en &#234;tre partie int&#233;grante. Mais ensuite, parce qu'elle renvoie aussi &#224; l'&#233;merveillement devant sa beaut&#233; et celle de la vie que nous partageons avec le vivant sur la Terre, notre maison commune ; l'ouverture saisissante &#224; quelque chose qui nous d&#233;passe et nous porte, une transcendance au c&#339;ur de l'immanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la philosophe Hannah Arendt qui a introduit dans la pens&#233;e contemporaine la notion d'amour du monde ou amor mundi. Elle soulignait par l&#224; l'attention particuli&#232;re que portent les &#234;tres humains &#224; leurs semblables en tant qu'&#234;tres libres, parlants et agissants, et &#224; l'espace commun qu'ils partagent, qui les relie et les s&#233;pare &#224; la fois : le monde. Entre eux, le monde devient &#171; objet de dialogue &#187; ; ensemble ils d&#233;battent, agissent et luttent en vue de construire un s&#233;jour humain sur Terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appeler &#224; l'amour du monde, c'est ainsi invoquer la pluralit&#233; humaine, qui implique les d&#233;saccords et les conflits, les alliances et les solidarit&#233;s, l'action citoyenne, les luttes sociales et politiques. Aimer le monde, c'est d&#232;s lors assumer la responsabilit&#233; d'un monde commun, au-del&#224; de nos diff&#233;rences et divergences, &#224; travers des espaces publics de d&#233;bat et de confrontation, mais aussi &#224; travers des institutions cristallisant dans le temps cette libert&#233; en acte contre le conformisme, la soumission du grand nombre &#224; quelques-uns ou le r&#232;gne des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s. Le monde commun dispara&#238;t quand cesse cette libert&#233; politique, quand chacun est renvoy&#233; &#224; sa vie priv&#233;e, sans plus, quand l'espace commun est confisqu&#233; par des experts ou des tyrans, le d&#233;bat public, musel&#233;, ou encore la soci&#233;t&#233;, tout occup&#233;e &#224; consommer et &#224; produire. Quand le commun cesse d'&#234;tre sujet de dialogue, alors, nous alerte Arendt, la d&#233;solation et l'immonde s'immiscent dans cet espace abandonn&#233; aux forces impersonnelles du march&#233; ou de la technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'amour du monde &#233;voque d&#232;s lors une posture de r&#233;sistance fondamentale face &#224; la d&#233;mesure technoscientifique et &#224; l'app&#226;t insatiable du gain qui gouvernent notre &#233;poque et ordonnent nos mani&#232;res de vivre et de penser en se posant comme un destin in&#233;luctable. Car ce qui ne sont que des moyens au service de la communaut&#233; humaine sont devenus de v&#233;ritables idoles : l'Argent, la Marchandise et le Progr&#232;s technique. Sur leurs autels sont sacrifi&#233;es des multitudes, jet&#233;es comme rebuts, et la nature, pill&#233;e et ravag&#233;e. Ce culte sans tr&#234;ve ni esp&#233;rance est celui de la religion capitaliste qui r&#233;git nos vies &#8211; par la sp&#233;culation boursi&#232;re, le consum&#233;risme, le productivisme, la marchandisation du monde&#8230; &#8211; du matin au soir, du berceau au cercueil, d'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre. Devant ces dieux de la mort, il nous faut &#234;tre ath&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car le temps n'est pas que de l'argent et du calcul, et l'histoire qu'une expansion sans fin de l'accumulation du capital ou de la mainmise financi&#232;re et technique sur la vie. On voudrait nous faire croire que tout est monnayable, que tout n'est qu'int&#233;r&#234;t &#233;go&#239;ste. Que nous sommes une &#238;le. Non, nous sommes archipels, et ce qui semble nous s&#233;parer, en fait, nous r&#233;unit si l'on recentre le regard, si regardant son nombril on per&#231;oit la trace du lien qui lib&#232;re et donne vie. L'amour du monde est la reconnaissance de ce lien natif, existentiel. Des liens intimes, invisibles, symboliques, m&#233;moriels nous unissent, qu'explorent &#224; t&#226;tons, &#224; leur mani&#232;re, l'amiti&#233; et la parole partag&#233;e, la tendresse et le don, la vie communautaire et le travail des mains, l'art et la spiritualit&#233;, la philosophie et la religion. Il est accueil de notre fragilit&#233; dans l'entraide, de nos limites dans le partage, de la finitude dans l'ouverture &#224; l'exp&#233;rience sensible et &#224; la beaut&#233; de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une voix qui sourd du fond des temps nous rappelle la promesse rattach&#233;e &#224; la faiblesse v&#233;cue : &#171; Vous traiterez l'&#233;tranger en s&#233;jour parmi vous comme un indig&#232;ne du milieu de vous ; vous l'aimerez comme vous-m&#234;mes, car vous avez &#233;t&#233; &#233;trangers dans le pays d'&#201;gypte &#187; (L&#233;vitique, 19, 34). Nous savons &#224; quoi conduit de pr&#233;f&#233;rer la force : le pouvoir et la richesse scandaleuse d'une oligarchie ; le colonialisme ; la dictature ; le terrorisme d'&#201;tat ; la course aux armements ; la d&#233;vastation de la Terre ; le transhumanisme qui fantasme d'en finir avec les m&#233;diations langagi&#232;res, symboliques et culturelles inh&#233;rentes &#224; la condition humaine, jug&#233;es, au mieux, comme des obstacles archa&#239;ques &#224; d&#233;passer, au pire, comme des tares &#224; &#233;radiquer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immonde est en chacun et en chacune. Mais l'amour du monde tout autant. Nous sommes &#224; tout moment dans la libert&#233; qui nous fait. Aujourd'hui est toujours le temps du choix o&#249; se joue l'avenir du monde. La br&#232;che de notre humanit&#233;. La vie, en se d&#233;ployant dans la conscience, fait du sens non pas une r&#233;ponse &#224; trouver mais l'&#171; oxyg&#232;ne &#187; de notre &#234;tre, qui nous pousse &#224; r&#233;pondre par notre vie &#224; une question &#233;prouvante, audible de l'int&#233;rieur de soi : &#171; Suis-je le gardien de mon fr&#232;re&#8230; de ma s&#339;ur ? &#187; La sagesse biblique l'a exprim&#233; ainsi dans la premi&#232;re &#233;piphanie de Dieu : &#171; J'ai vu la mis&#232;re de mon peuple&#8230; J'ai entendu son cri devant ses oppresseurs &#8230; Je viens le d&#233;livrer &#187; (Exode 3). &#201;couter le cri de la mis&#232;re, de l'injustice, de l'oppression, et s'en laisser &#233;branler ; oser voir au-del&#224; des masques des pouvoirs en place ; &#233;prouver la v&#233;rit&#233; nue du sang vers&#233; et consentir &#224; y r&#233;pondre, malgr&#233; sa propre mis&#232;re, malgr&#233; la force de l'immobilisme et de la peur qui vantent les vertus de la servitude volontaire, voil&#224; qui rel&#232;ve au plus haut point de l'amour du monde. Celui-ci alors s'apparente &#224; un don, &#224; une gr&#226;ce : quelque chose de plus grand que soi, qui sourd de soi comme d'ailleurs, et pousse &#224; donner en retour, &#224; se donner soi-m&#234;me jusqu'&#224; risquer sa vie et m&#234;me parfois la perdre, comme signe de fid&#233;lit&#233; amoureuse &#224; la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter la contingence devient d&#232;s lors l'exp&#233;rience d'une transcendance, d'une b&#233;ance myst&#233;rieuse qui nous lie les uns les autres, d'o&#249; &#233;mane la bont&#233; qui lib&#232;re... O&#249; l'existence devient chant et louange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommaire du nouveau num&#233;ro (janvier-f&#233;vrier 2016 No 782) de la revue Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title> &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Danger-impasse-du-progres</link>
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		<dc:date>2015-09-29T08:33:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Revue Relations - Nouveau num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187; (no 780, octobre 2015). En kiosques le 25 septembre, une soir&#233;e-lancement intitul&#233;e Sortir des impasses du progr&#232;s aura lieu le 14 octobre &#224; Qu&#233;bec et le 22 octobre &#224; Montr&#233;al. &lt;br class='autobr' /&gt;
Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son r&#233;dacteur en chef, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton23492-1af41.png?1781836500' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; Danger : impasse du progr&#232;s &#187; (no 780, octobre 2015). En kiosques le 25 septembre, une soir&#233;e-lancement intitul&#233;e Sortir des impasses du progr&#232;s aura lieu le 14 octobre &#224; Qu&#233;bec et le 22 octobre &#224; Montr&#233;al.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son r&#233;dacteur en chef, Jean-Claude Ravet, qui ouvre le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;REVUE RELATIONS - Nouveau dossier - Danger : impasse du progr&#232;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au nom de l'&#233;galit&#233; et de la libert&#233;, les luttes sociales pour la justice en Occident ont longtemps brandi le progr&#232;s comme &#233;tendard de ralliement. Les forces de la domination &#233;taient identifi&#233;es aux forces de la r&#233;action qui cherchaient &#224; pr&#233;server leurs privil&#232;ges en maintenant le peuple en &#233;tat de soumission et dans des conditions de vie mis&#233;rables. Ainsi, depuis le si&#232;cle des Lumi&#232;res jusqu'au d&#233;but du si&#232;cle dernier, l'innovation scientifique et technologique pouvait &#234;tre vue comme une alli&#233;e privil&#233;gi&#233;e de la r&#233;volution sociale et politique en permettant de soulager le poids du labeur et de la vie quotidienne des pauvres. Le XXe si&#232;cle nous a fortement d&#233;sillusionn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Percevant avec effroi l'essor de la technique comme force aveugle au service du conformisme &#171; des ma&#238;tres d'aujourd'hui &#187;, le philosophe allemand Walter Benjamin &#8211; mort en 1940, sans conna&#238;tre ni Auschwitz ni Hiroshima &#8211; a &#233;t&#233; l'un des premiers &#224; d&#233;noncer la barbarie qui accompagnait la marche triomphale du &#171; progr&#232;s &#187;. Au point d'&#233;crire dans ses notes pr&#233;paratoires &#224; ses fameuses th&#232;ses Sur le concept d'histoire : &#171; Marx dit que les r&#233;volutions sont la locomotive de l'histoire. Mais peut-&#234;tre en va-t-il tout autrement. Il se peut que les r&#233;volutions soient plut&#244;t le geste par lequel l'humanit&#233; qui voyage dans ce train tire le frein d'urgence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne savons que trop bien aujourd'hui que le progr&#232;s peut effectivement &#234;tre source d'effroyables catastrophes et d'inhumanit&#233;. On n'a qu'&#224; penser &#224; la panoplie de bombes nucl&#233;aires capables de d&#233;truire plusieurs fois la plan&#232;te, &#224; la sophistication de la guerre &#224; travers les drones et la robotisation, aux multiples dispositifs de contr&#244;le social et de manipulation de masse, &#224; la marchandisation de la vie, &#224; la financiarisation de l'&#233;conomie. De l'ordre de la ma&#238;trise et de la prouesse technique, ce progr&#232;s pave plut&#244;t la voie &#224; une d&#233;shumanisation croissante de la soci&#233;t&#233;, &#224; une destruction des biens communs, &#224; la mainmise sur le vivant et &#224; la d&#233;vastation de la Terre, en plus d'enrichir, de mani&#232;re scandaleuse et m&#234;me obsc&#232;ne, une infime minorit&#233; affair&#233;e &#224; &#233;tendre toujours plus son pouvoir aux d&#233;pens de populations confin&#233;es &#224; l'impuissance et au d&#233;sarroi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le d&#233;sert cro&#238;t &#187;. C'est ainsi qu'Hannah Arendt d&#233;crivait cette infiltration insidieuse dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233; d'une logique instrumentale et marchande, o&#249; les questions du sens et de la libert&#233; politique sont radicalement &#233;vacu&#233;es au profit de consid&#233;rations purement techniques d'efficacit&#233;, de rentabilit&#233;, de productivit&#233;&#8230; Le monde humain en vient ainsi &#224; &#234;tre aplati, uniformis&#233;, r&#233;duit &#224; un simple champ d'int&#233;r&#234;ts priv&#233;s, d'&#233;nergies et de ressources &#8211; si ce n'est pas &#224; un champ de bataille &#8211;, corrodant les espaces politiques et sociaux, t&#233;moins de la profondeur du sens, de la centralit&#233; de la parole partag&#233;e, de l'action concert&#233;e et solidaire dans l'existence humaine. Progressent ainsi l'insignifiance, la d&#233;solation, l'ali&#233;nation. Et la d&#233;mesure&#8230; puisque toute limite est de plus en plus per&#231;ue comme une contrainte inacceptable &#224; la libert&#233; de l'individu, d&#233;li&#233; de toute responsabilit&#233; individuelle et collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup sont &#224; ce point &#233;blouis par les exploits techniques incessants qu'ils refusent de voir les ravages &#233;cologiques, sociaux, politiques, moraux et spirituels qu'ils provoquent. Le mot d'ordre du d&#233;but de la modernit&#233;, &#171; Dominez la nature &#187;, s'est transform&#233;, dans la postmodernit&#233;, en &#171; Soyez soumis &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette face hideuse du progr&#232;s est repr&#233;sent&#233;e sans fard par le capitalisme n&#233;olib&#233;ral, lib&#233;r&#233; d&#233;sormais de ses scrupules puritains, qui pr&#234;taient encore &#224; la main invisible du march&#233; le souci de solidarit&#233; et de partage &#8211; les vices priv&#233;s et les int&#233;r&#234;ts mesquins &#233;tant le &#171; mat&#233;riau &#187; id&#233;al des vertus publiques. Maintenant, il ne s'encombre plus de cette finalit&#233; &#233;thique, jouissance sans limite oblige. Le marquis de Sade rejoint l'&#233;conomiste Adam Smith au Panth&#233;on du capitalisme. La r&#233;duction de tout en objet de jouissance va de pair avec la r&#233;duction de tout en marchandises. Dans les deux cas, le monde de la vie n'a pas d'int&#233;r&#234;t, et les &#234;tres humains peuvent devenir superflus et jetables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le geste r&#233;volutionnaire de notre &#233;poque est bien d'empoigner le frein d'urgence du train emball&#233; de la production d&#233;cha&#238;n&#233;e, de la surconsommation sans borne et de la d&#233;mesure technoscientifique. Les mythes grecs et l'&#201;vangile, entre autres tr&#233;sors spirituels de l'humanit&#233;, nous avaient pourtant d&#233;j&#224; mis en garde contre les fantasmes de la d&#233;mesure &#8211; de plus en plus &#224; m&#234;me d'&#234;tre r&#233;alis&#233;s techniquement &#8211; comme source des pires calamit&#233;s et barbaries. Les vaincus d'aujourd'hui &#8211; ceux et celles qui refusent de se soumettre &#224; l'idole d'un tel &#171; progr&#232;s &#187;, de vivre comme si nous n'appartenions pas &#224; la Terre &#8211; doivent faire front et organiser la r&#233;sistance, au nom de la Terre-patrie, selon le beau mot d'Edgar Morin. Les paroles de Camus sont aussi plus que jamais d'actualit&#233; : &#171; Chaque g&#233;n&#233;ration, sans doute, se croit vou&#233;e &#224; refaire le monde. La mienne sait pourtant qu'elle ne le refera pas. Mais sa t&#226;che est peut-&#234;tre plus grande. Elle consiste &#224; emp&#234;cher que le monde se d&#233;fasse &#187; (Discours de Stockholm, 1957). &#192; la technicisation &#224; outrance de la vie, il faut opposer l'accueil de notre fragilit&#233;, le respect des conditions humaines et terrestres d'existence, et l'&#233;loge de la solidarit&#233;, particuli&#232;rement envers les plus pauvres, au nom de la dignit&#233; humaine. Au r&#232;gne de la fatalit&#233;, il faut opposer l'exigence d&#233;mocratique fondamentale : celle de d&#233;cider collectivement notre destin, et ce, en imposant s'il le faut des limites, de telle mani&#232;re que l'inhumain dont nous sommes malheureusement tous capables soit contenu, afin de permettre &#224; la libert&#233; de s'&#233;panouir pleinement en responsabilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit &#233;videmment pas d'&#234;tre b&#234;tement technophobes, mais d'appr&#233;hender de mani&#232;re critique la technique pour qu'elle ne se d&#233;veloppe pas au profit de quelques-uns ni dans l'esquive, voire le m&#233;pris de notre humanit&#233;. &#171; La science sans conscience n'est que ruine de l'&#226;me &#187;, nous a avertis Rabelais, il y a d&#233;j&#224; un demi-mill&#233;naire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous comprenons d&#232;s lors que la toute-puissance technicienne actuelle exige un surcro&#238;t de vie &#233;thique, de conscience morale, de jugement politique, d'action d&#233;mocratique, de bont&#233;, de beaut&#233;, bref, un approfondissement de notre humanit&#233;. Le v&#233;ritable progr&#232;s, celui qui doit revenir au c&#339;ur des luttes sociales, est indissociable d'une dimension politique, &#233;thique et spirituelle. Il consiste &#224; grandir int&#233;rieurement et collectivement, en savoir, en sagesse, en intelligence de la vie, en partage, en agir responsable. Celui-l&#224; ne m&#232;ne pas &#224; un cul-de-sac invivable, mais ouvre &#224; la joie de vivre.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2433 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L425xH550/f19ac14c5ebee66e-6d8b266e-b88fe.jpg?1781035275' width='425' height='550' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pas en notre nom ! </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pas-en-notre-nom</link>
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		<dc:date>2014-11-18T08:12:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-11-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 7 octobre dernier, le Canada entrait en guerre contre le groupe arm&#233; &#201;tat islamique (&#201;I). Comme &#224; son habitude, le gouvernement Harper, poursuivant sa politique militariste, s'est align&#233; servilement sur la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine comme, &#224; une autre &#233;poque, un vassal portait all&#233;geance &#224; son seigneur. &lt;br class='autobr' /&gt; Que signifie &#171; entrer en guerre &#187; ? Nous l'avions &#233;trangement oubli&#233;. &#171; C'est incompr&#233;hensible, nous sommes une nation en paix ! &#187; r&#233;pliquait-on abasourdis apr&#232;s les attentats (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-11-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-11-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton19808-7deb9.jpg?1782210755' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 7 octobre dernier, le Canada entrait en guerre contre le groupe arm&#233; &#201;tat islamique (&#201;I). Comme &#224; son habitude, le gouvernement Harper, poursuivant sa politique militariste, s'est align&#233; servilement sur la politique &#233;trang&#232;re am&#233;ricaine comme, &#224; une autre &#233;poque, un vassal portait all&#233;geance &#224; son seigneur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Que signifie &#171; entrer en guerre &#187; ? Nous l'avions &#233;trangement oubli&#233;. &#171; C'est incompr&#233;hensible, nous sommes une nation en paix ! &#187; r&#233;pliquait-on abasourdis apr&#232;s les attentats tragiques de Saint-Jean-sur-Richelieu et du Parlement canadien qui nous ont tout &#224; coup donn&#233; une id&#233;e de ce &#224; quoi pouvait ressembler l'atroce r&#233;alit&#233; de la guerre, avec son lot de victimes innocentes. Revenir &#224; cette paix factice serait de l'hypocrisie. Ce serait faire le jeu de ceux qui aspirent &#224; faire de la paix une partie int&#233;grante de la guerre, devenue sans fin. Or, c'est un peu ce &#224; quoi nous accule pr&#233;cis&#233;ment la &#171; guerre au terrorisme &#187;, qui vient renforcer la mainmise des &#201;tats-Unis et de leurs alli&#233;s sur les zones g&#233;ostrat&#233;giques et p&#233;trolif&#232;res en ces temps instables o&#249; de nouvelles alliances &#224; pr&#233;tention h&#233;g&#233;monique cherchent &#224; se former (&#171; Un monde qui vacille &#187;, Relations, no 770, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les vertueux de la guerre r&#233;torqueront que celle-ci est l'unique option devant la barbarie sans bornes de l'&#201;I. On disait la m&#234;me chose pour l'Afghanistan&#8230; m&#234;me si Ben Laden ne s'y trouvait pas ; pour l'Irak&#8230; qui n'avait finalement pas d'armes de destruction massive ; puis pour la Libye d'un tyran qui s'est av&#233;r&#233;, encore l&#224;, un faux pr&#233;texte. Ces guerres soi-disant n&#233;cessaires se sont r&#233;v&#233;l&#233;es de v&#233;ritables fiascos et elles ont contribu&#233; &#224; jeter dans les bras des extr&#233;mistes des pans entiers des populations de ces pays, livr&#233;s aux massacres, &#224; la terreur, &#224; la d&#233;solation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est de la cendre fumante de ces soci&#233;t&#233;s et de ces &#201;tats en ruine qu'est n&#233; l'&#201;I. Tout comme c'est le nouveau pouvoir irakien, entre autres, sous le regard bienveillant des puissances occidentales &#8211; et principalement des &#201;tats-Unis &#8211;, qui le consolide par son ostracisme envers l'importante minorit&#233; sunnite irakienne outrageusement marginalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; qui profite la spirale infernale de cette &#171; guerre du Bien contre le Mal &#187; ? Si ce chaos a &#233;t&#233; d&#233;sastreux pour les populations de la r&#233;gion, ne peut-il pas en revanche s'av&#233;rer hautement strat&#233;gique pour les puissances qui cherchent &#224; maintenir co&#251;te que co&#251;te leur h&#233;g&#233;monie et accro&#238;tre leur contr&#244;le ? L'&#201;I appara&#238;t ainsi comme l'ennemi tout d&#233;sign&#233; dans la poursuite de cet objectif. Il permet de mettre en sc&#232;ne, pour de nombreuses ann&#233;es encore, une guerre froide, ou plut&#244;t ti&#233;dasse, qui alimente juste assez la peur du terrorisme chez nous pour nous mettre au garde-&#224;-vous devant le &#171; n&#233;cessaire &#187; d&#233;ploiement de l'arsenal s&#233;curitaire et militaire cens&#233; maintenir la &#171; paix &#187;. La mani&#232;re dont les m&#233;dias ont r&#233;agi &#224; la fusillade au Parlement t&#233;moigne &#233;loquemment du fait que la peur peut engendrer l'anesth&#233;sie de la pens&#233;e critique. &#192; l'occasion de cet &#233;v&#233;nement, la pens&#233;e unique a trouv&#233; une assise honorable au nom de la d&#233;fense de la patrie. Le monde devenait soudainement lisse, il n'y avait que le Mal, clairement identifi&#233;, &#224; combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La barbarie de l'&#201;I sert malheureusement d'&#233;cran &#224; celle tout aussi abjecte qui ronge notre soci&#233;t&#233; &#171; d&#233;mocratique &#187;. Certes, on n'&#233;gorge pas des innocents sous les feux de la rampe, mais on ne se g&#234;ne pas, comme le font les &#201;tats-Unis, pour envoyer des drones qui bombardent et massacrent, toutes lumi&#232;res &#233;teintes, des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, victimes innocentes et anonymes de la chasse aux terroristes. Massacres qui se perp&#233;tueront d'ailleurs maintenant &#224; plus large &#233;chelle avec l'officialisation de la guerre. Quoi qu'en disent les bien-pensants, une critique radicale doit se faire entendre &#224; son endroit. D'autant que sous l'apparence du progr&#232;s technique, la d&#233;mocratie de march&#233; tant port&#233;e aux nues d&#233;poss&#232;de de plus en plus les citoyens de leurs pouvoirs et produit en masse des d&#233;racin&#233;s et des cyniques en tout genre. Certains, d&#233;sesp&#233;r&#233;s du vide qui les accable, s'inspireront ou se retrouveront sans doute dans les rangs de l'&#201;I ou d'autres groupes semblables &#8211; parfait ersatz religieux d'un monde d&#233;shumanis&#233; et marchandis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est plus que temps de ramener le combat sur le terrain politique et de s'attaquer aux causes profondes du conflit : une longue histoire de colonisation, d'oppression, d'exploitation qui tente de se perp&#233;tuer dans la guerre actuelle. Quand les repr&#233;sentants politiques agissent en valetaille des pouvoirs au service du d&#233;sordre &#233;tabli, l'action citoyenne doit prendre le relais pour les obliger &#224; &#339;uvrer &#224; une paix fond&#233;e sur la justice, sans laquelle le terrorisme ne peut que prosp&#233;rer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Accepter d'&#234;tre soumis &#224; la logique de guerre nous d&#233;poss&#232;dera un peu plus chaque jour de notre dignit&#233;, nous habituant &#224; enjamber des cadavres dans l'essor d'un monde o&#249; la conscience aura &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e au profit d'une paix factice &#8211; nous laissant, dans le noir, seuls avec notre honte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#169; Revue Relations/Centre justice et foi. Tous droits r&#233;serv&#233;s. Cr&#233;dits | Reproduction autoris&#233;e avec mention compl&#232;te de la source.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Infolettre Revue Relations &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/infolettre.php?idn=37&amp;cle=gsgwbjx2c6g7rhbgm6h7&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cjf.qc.ca/fr/relations/infolettre.php?idn=37&amp;cle=gsgwbjx2c6g7rhbgm6h7&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Infolettre Revue Relations Des chemins d'humanit&#233; Alors que l'id&#233;ologie de la croissance et du progr&#232;s technique s'impose comme le seul rep&#232;re valable pour penser la vie collective, r&#233;sister &#224; cet aplatissement du monde exige qu'on y oppose du sens. Da...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'Inde, terre de luttes et d'espoirs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Inde-terre-de-luttes-et-d-espoirs</link>
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		<dc:date>2014-07-08T08:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Ravet</dc:creator>


		<dc:subject>Revue Relations</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-07-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;V&#233;ritable sous-continent, l'Inde est avec son 1,2 milliard d'habitants le 2e pays le plus populeux du monde &#8211; mais selon toute vraisemblance, elle d&#233;tr&#244;nera la Chine au 1er rang dans moins d'une d&#233;cennie. L'Uttar Pradesh, l'un des 35 &#201;tats de la f&#233;d&#233;ration indienne, &#224; lui seul, compte une population de 200 millions d'habitants, ce qui le placerait au 5e rang mondial s'il &#233;tait une nation. En plus des deux langues nationales, l'hindi et l'anglais, l'Inde a 21 langues officielles (divis&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton18227-04d77.jpg?1781836769' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;V&#233;ritable sous-continent, l'Inde est avec son 1,2 milliard d'habitants le 2e pays le plus populeux du monde &#8211; mais selon toute vraisemblance, elle d&#233;tr&#244;nera la Chine au 1er rang dans moins d'une d&#233;cennie. L'Uttar Pradesh, l'un des 35 &#201;tats de la f&#233;d&#233;ration indienne, &#224; lui seul, compte une population de 200 millions d'habitants, ce qui le placerait au 5e rang mondial s'il &#233;tait une nation. En plus des deux langues nationales, l'hindi et l'anglais, l'Inde a 21 langues officielles (divis&#233;es principalement en trois groupes linguistiques : indo-aryen, dravidien et tib&#233;to-birman), qui varient selon les &#201;tats. C'est sans compter les milliers de dialectes qu'on y parle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cette extraordinaire diversit&#233; s'exprime aussi dans le domaine religieux. En plus d'une forte majorit&#233; hindoue (80 %), elle-m&#234;me divis&#233;e en une multitude de sectes, l'Inde poss&#232;de aussi une importante minorit&#233; historique musulmane (entre 160 et 170 millions de personnes), qui en fait le 3e pays musulman dans le monde apr&#232;s l'Indon&#233;sie et le Pakistan. Viennent ensuite les sikhs (concentr&#233;s au Pendjab) et les chr&#233;tiens, tous deux constituant 2 % de la population et, en nombre moindre, les bouddhistes, les zoroastriens, les juifs et autres adeptes des quelque 1700 religions recens&#233;es en Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par sa richesse culturelle, spirituelle et religieuse mill&#233;naire, l'Inde a depuis longtemps fascin&#233; l'Occident. Mais &#224; l'&#232;re de la globalisation, ce qui attire le plus souvent les regards des m&#233;dias, c'est sa croissance &#233;conomique exceptionnelle, mesur&#233;e &#224; l'aune du PIB, qui la fait &#233;merger comme une puissance mondiale de plus en plus incontournable. Ce n'est pas de cette &#171; Inde qui brille &#187;, marqu&#233;e du blanc-seing des institutions financi&#232;res internationales, dont parle ce dossier, sinon en arri&#232;re-plan. Mais de l'Inde des d&#233;sh&#233;rit&#233;s, des opprim&#233;s, des d&#233;poss&#233;d&#233;s, celle des 900 millions d'Indiens et d'Indiennes vivant avec moins de 2 $ par jour (dont 600 millions avec moins de 1,25 $ par jour), selon la Banque asiatique de d&#233;veloppement. Cette Inde sacrifi&#233;e sur l'autel d'un d&#233;veloppement ne visant que l'enrichissement boulimique d'une infime &#233;lite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; miracle &#187; indien est le plus souvent un mirage. Dans les campagnes, o&#249; vit 70 % de la population, mais aussi dans les villes, m&#234;me si elles h&#233;bergent la grande partie de la classe moyenne (10 % de la population). Aux c&#244;t&#233;s de la trentaine de villes indiennes de plus d'un million d'habitants (dont 3 de plus de 10 millions : Mumbai, Kolkata et Delhi), on compte une vingtaine de bidonvilles de plus de 200 000 habitants ; le plus imposant, Dharavi, &#224; la p&#233;riph&#233;rie de Mumbai, en entasse un million. Voil&#224; les destinations privil&#233;gi&#233;es de l'exode rural.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont l&#224; les fruits empoisonn&#233;s du virage n&#233;olib&#233;ral qu'a n&#233;goci&#233; l'Inde dans les ann&#233;es 1990, sous les directives du Fonds mon&#233;taire international et de la Banque mondiale. Le gouvernement n'a pas seulement tourn&#233; le dos &#224; l'&#201;tat social, mais il a pr&#233;caris&#233; l'agriculture paysanne au profit de l'agriculture intensive, ax&#233;e sur l'exportation et les OGM, une v&#233;ritable catastrophe pour une population &#224; grande majorit&#233; rurale. Aux faillites massives d'agriculteurs se sont ajout&#233;s des probl&#232;mes comme la d&#233;forestation, l'expropriation de terres agricoles (environ 2 millions d'hectares entre 1990 et 2008), le d&#233;placement massif et forc&#233; de populations, sans parler des probl&#232;mes li&#233;s &#224; l'eau, cruciaux dans un pays qui abrite le cinqui&#232;me de la population mondiale mais &#224; peine 4 % des r&#233;serves d'eau douce. Notons en particulier la contamination des eaux de surface et le tarissement des nappes phr&#233;atiques &#8211; notamment au Pendjab, consid&#233;r&#233; comme le grenier de l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le foss&#233; abyssal qui se creuse entre les riches et les pauvres alimente une v&#233;ritable poudri&#232;re sociale. En plus des multitudes de mouvements sociaux r&#233;sistant &#224; la d&#233;possession et &#224; l'exploitation, on assiste &#224; la radicalisation des luttes de type gu&#233;rilla dans les r&#233;gions montagneuses, riches en for&#234;ts et en minerais. On observe aussi l'instrumentalisation des tensions interethniques et religieuses qui s'exprime par la multiplication d'&#233;meutes et la disparition des zones de mixit&#233;, notamment entre hindous et musulmans &#8211; ces derniers se r&#233;fugiant dans des ghettos. Le fait qu'un parti ultranationaliste, alliant id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale et fondamentalisme hindou, le Bharatiya Janata Party (BJP), ait rafl&#233; la majorit&#233; des si&#232;ges au Parlement lors des &#233;lections de mai dernier, n'a rien pour rassurer. Ni le fait que son chef, le populiste et tr&#232;s controvers&#233; Narendra Modi &#8211; accus&#233; d'incitation &#224; l'&#233;meute contre des populations musulmanes &#8211;, se retrouve premier ministre de l'Inde, d'ailleurs. Tout le monde s'attendait &#224; cette victoire, devant la grogne populaire que suscitait le Congr&#232;s national indien, principale composante de la coalition pr&#233;c&#233;demment au pouvoir et devenu le symbole de la corruption syst&#233;mique de l'&#201;tat indien. Mais la plupart se consolaient en pensant que le BJP serait minoritaire et allait devoir s'allier &#224; d'autres partis pour gouverner, ce qui ne sera pas le cas. Cette victoire consacre ainsi la fuite en avant dans les recettes n&#233;olib&#233;rales qui sont une des importantes sources des probl&#232;mes br&#251;lants de l'Inde d'aujourd'hui. Il n'est donc pas &#233;tonnant qu'on en vienne &#224; exacerber politiquement le sentiment ethnique et religieux afin de d&#233;tourner de la sph&#232;re politique la r&#233;volte des pauvres, de plus en plus laiss&#233;s &#224; eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le riche h&#233;ritage culturel et spirituel de l'Inde, ainsi que sa longue tradition de luttes sociales et politiques non violentes, nous font cependant garder un regard confiant sur ce g&#233;ant pris dans la tourmente. Les convulsions sociales dont ce pays est le th&#233;&#226;tre sont &#224; n'en pas douter le pr&#233;lude &#224; de nouvelles naissances, comme l'Inde l'a d&#233;montr&#233; tout au long de son histoire. Le courage quotidien, la force tranquille, la joie de vivre et la fr&#233;quentation famili&#232;re avec le divin dont le peuple indien est le t&#233;moin admirable couvent mille promesses d'humanit&#233;. Elles sont d&#233;j&#224; en germe, notamment dans le projet de r&#233;forme agraire et fonci&#232;re en vue de faire justice aux millions de paysans sans terre, dans la d&#233;mocratie villageoise participative et dans l'agriculture biologique et la protection de la biodiversit&#233; qui font rager les Monsanto de ce monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est tir&#233; du nouveau dossier de la revue Relations intitul&#233; &#171; L'Inde, terre de luttes et d'espoirs &#187; (no 773, ao&#251;t 2014) pr&#233;sentement en kiosque. Presse-toi &#224; gauche poursuit une collaboration avec la revue Relations de fa&#231;on &#224; &#233;largir les d&#233;bats qui y sont pr&#233;sent&#233;s et les partager &#224; son lectorat. Nous accueillons cette fois un texte de son r&#233;dacteur en chef, Jean-Claude Ravet, qui ouvre le dossier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le site de Relations : &lt;a href=&#034;http://www.revuerelations.qc.ca&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.revuerelations.qc.ca&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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