<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=17371&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La RD Congo et le panafricanisme de la photo</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-RD-Congo-et-le-panafricanisme-de-la-photo</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-RD-Congo-et-le-panafricanisme-de-la-photo</guid>
		<dc:date>2026-03-10T07:58:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tom Schneider</dc:creator>


		<dc:subject>Arts culture et soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La photographie congolaise a 100 ans. L'occasion d'ouvrir un dialogue sur la mani&#232;re dont l'&#339;il &#233;tranger a illustr&#233; une narration nationale. Aujourd'hui, les photographes contemporains affirment une lecture d&#233;coloniale de cette histoire et revendiquent pleinement le droit &#224; l'autorepr&#233;sentation. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. &lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;l&#233;br&#233; le 19 ao&#251;t 2025 &#224; Kinshasa, &#224; l'occasion de la Journ&#233;e internationale de la photographie, le centenaire de la photographie congolaise a mis en lumi&#232;re la vitalit&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Arts-culture-et-societe-+" rel="tag"&gt;Arts culture et soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Republique-Democratique-du-Congo-+" rel="tag"&gt;R&#233;publique D&#233;mocratique du Congo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-03-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/capture_d_e_cran_le_2026-03-09_a_13.48_09-41631.png?1781094324' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La photographie congolaise a 100 ans. L'occasion d'ouvrir un dialogue sur la mani&#232;re dont l'&#339;il &#233;tranger a illustr&#233; une narration nationale. Aujourd'hui, les photographes contemporains affirment une lecture d&#233;coloniale de cette histoire et revendiquent pleinement le droit &#224; l'autorepr&#233;sentation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/La-RD-Congo-et-le-panafricanisme-de-la-photo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;l&#233;br&#233; le 19 ao&#251;t 2025 &#224; Kinshasa, &#224; l'occasion de la Journ&#233;e internationale de la photographie, le centenaire de la photographie congolaise a mis en lumi&#232;re la vitalit&#233; du secteur en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RD Congo). De l'approche artistique de &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/RD-Congo-Quand-pleurent-les-arbres-de-sang&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sammy Baloji&lt;/a&gt; ou de L&#233;onard Pongo aux images &#171; de mise en sc&#232;ne &#187; de Pamela Tulizo en passant par la pratique journalistique d'Arlette Bashizi, la photographie congolaise se r&#233;invente sans cesse, questionnant des codes impos&#233;s vus par beaucoup comme &#171; eurocentr&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Indissociable de l'histoire de son pays, la photographie congolaise, pour exister pleinement, a d&#251; se d&#233;coloniser. Dans un pays en proie &#224; un manque criant de moyens et d'ambitions politiques d&#233;volus &#224; sa pratique, elle est depuis plusieurs ann&#233;es dynamis&#233;e par des artistes qui la font vivre dans le pays et grandir au-del&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une sc&#232;ne photographique qui change les codes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec sa s&#233;rie The Uncanny, r&#233;alis&#233;e entre 2011 et 2018, le photographe L&#233;onard Pongo, qui vit entre la Belgique et la RD Congo, son pays d'origine, exp&#233;rimente une expressivit&#233; d&#233;livr&#233;e d'un cadre normatif europ&#233;anis&#233; : &#171; En suivant mes proches sur place, je me suis concentr&#233; sur des moments de vie hors du focus habituel de la presse internationale. Ces photographies &#233;manent d'un ressenti plus que d'une tentative de narrativit&#233; univoque, un storytelling, qui serait proprement occidental. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lasse des photographies documentaires et questionnant sa propre pratique artistique, Pamela Tulizo d&#233;veloppe la &#171; photographie de mise en sc&#232;ne &#187; dans son pays : &#171; Je voulais faire de mes photographies des partitions de cin&#233;ma avec un plateau, un d&#233;cor et des acteurs pour raconter une histoire autrement &#187;, explique-t-elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les limites de l'imaginaire sont encore pouss&#233;es plus loin avec la s&#233;rie Imaginary Trip I (2016), de Gosette Lubondo. &#171; Troubl&#233;e par les lieux &#224; l'abandon o&#249; s'imprime la marque du temps &#187;, l'artiste photographe de 33 ans investit un train d&#233;saffect&#233; en gare de Kinshasa dans lequel elle met en sc&#232;ne &#171; des voyageurs imaginaires, dont l'expression et la tenue vestimentaire &#233;voquent l'atmosph&#232;re qui impr&#233;gnait autrefois ce lieu &#187;, d&#233;crit la galerie parisienne Angalia, qui l'expose r&#233;guli&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; On ne veut pas de photographies de Blancs.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans leur pratique, les photographes contemporains se sont affranchis des codes pr&#233;&#233;tablis. Les tendances de la photographie documentaire et de presse au Congo ont &#233;t&#233; &#233;tablies par des photographes venus de l'ext&#233;rieur, qui alimentaient en images des m&#233;dias &#233;trangers, eux-m&#234;mes format&#233;s. &#171; Les photographes congolais ont une pratique tr&#232;s personnelle avec des codes qui leur sont propres. Que ce soit dans la publicit&#233;, le mannequinat ou encore dans l'&#233;v&#233;nementiel, la photographie congolaise a sa propre identit&#233; &#187;, affirme L&#233;onard Pongo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pamela Tulizo rench&#233;rit : &#171; La ligne d'horizon, le cadrage, la construction de l'image sont bien diff&#233;rents en RD Congo et en Europe. &#187; &#171; Le couple qui se mariait a bien insist&#233; sur le fait qu'ils ne voulaient pas de photographies de Blancs &#187;, ironise la photographe, relatant une anecdote du temps o&#249; elle pratiquait la photographie &#233;v&#233;nementielle &#224; Goma (Nord-Kivu).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Faire face au manque de moyens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que les Beaux-Arts de Kinshasa se soient dot&#233;s d'un d&#233;partement photo en 2020, l'acc&#232;s &#224; l'apprentissage reste largement restreint, faute de fili&#232;re et d'universit&#233; sp&#233;cialis&#233;e. Alors, gr&#226;ce souvent &#224; des bourses, les plus motiv&#233;&#183;es, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre richement dot&#233;&#183;es, s'expatrient, notamment en Afrique du Sud. &#171; Je suis partie &#233;tudier au Market Photo Workshop de Johannesburg, car je ne trouvais pas d'&#233;cole ni de structure pour me former &#224; Goma &#187;, nous confie Pamela Tulizo. Un constat que partage la photojournaliste multiprim&#233;e Arlette Bashizi, elle aussi originaire de la capitale du Nord-Kivu : &#171; Moi, j'ai appris seule, en me formant sur les r&#233;seaux sociaux. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour pallier ce manque, les photographes s'organisent en cr&#233;ant des structures inclusives. Depuis bient&#244;t un an, l'association Efoth&#244;, bas&#233;e &#224; Goma, s'efforce de promouvoir la photographie congolaise &#224; travers des enseignements b&#233;n&#233;voles. &#171; Nous souhaitions mettre en relation des photographes exp&#233;riment&#233;s avec des jeunes d&#233;sireux de se lancer dans la photographie, afin de transmettre notre savoir, d'&#233;changer et de raconter notre r&#233;gion de notre propre voix, pour parler de ce qui s'y passe avec dignit&#233; &#187;, nous explique le photojournaliste bient&#244;t trentenaire Moses Sawasawa, l'un des fondateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marie-Jeanne Munyerenkana a particip&#233; &#224; ces ateliers, ainsi qu'&#224; l'exposition &#171; Survivre &#187;, initi&#233;e par Efoth&#244; et pr&#233;sent&#233;e &#224; Kinshasa fin 2025. &#171; &#192; Goma, il y a une carence en formation photographique. Avec Efoth&#244;, j'ai pu apprendre les bases du m&#233;tier et visibiliser mon travail, notamment dans le cadre de l'exposition &#187;, d&#233;veloppe-t-elle. Soutenu par les ambassades de Belgique et de Suisse en RDC, le projet &#171; Survivre &#187; (comme survivre &#224; la guerre dans l'est du pays) a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; &#224; l'Acad&#233;mie des beaux-arts de Kinshasa.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Si on n'expose pas en Europe ou aux &#201;tats-Unis, il est encore dur de se faire reconna&#238;tre &#224; l'international.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans ce m&#234;me &#233;lan de transmission et d'ind&#233;pendance, Pamela Tulizo a cr&#233;&#233; en 2021 le Tulizo Elle Space &#224; Goma, un centre de formation en art visuel r&#233;serv&#233; aux femmes. &#171; C'est un lieu o&#249; les femmes peuvent apprendre en toute s&#233;curit&#233;, sans jugement, et d&#233;couvrir comment sortir du cadre traditionnel de la communaut&#233;. &#187; Pendant quatre ans, le centre a accueilli des conf&#233;rences, des formations et des programmes de diffusion autour de l'art f&#233;minin, notamment des formations en photographie, &#171; mais son activit&#233; est r&#233;duite en raison de la situation s&#233;curitaire, faute de subventions et d'aide de l'&#201;tat &#187;, nous raconte la photographe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les photographes congolais&#183;es trouvent de plus en plus leur place dans ces &#233;v&#233;nements, mais &#171; si on n'expose pas en Europe ou aux &#201;tats-Unis, il est encore dur de se faire reconna&#238;tre &#224; l'international &#187;, souligne Pamela Tulizo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut des espaces cr&#233;&#233;s par nous et pour nous &#187;, poursuit la photographe, qui a cl&#244;tur&#233; l'ann&#233;e 2025 en exposant Baadayee (&#171; Apr&#232;s &#187;, en swahili) &#224; la Cit&#233; internationale des arts &#224; Paris. Cette s&#233;rie photographique porte sur des femmes demandeuses d'asile en France en mettant en lumi&#232;re leur vie avant l'exil et celle qu'elles imaginent apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les photographes ont su cr&#233;er des espaces pour transmettre leur exp&#233;rience, le manque d'institutions qui leur sont consacr&#233;es prive la photographie congolaise de la conservation et de la transmission de son histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'art du colonisateur &#224; l'image choisie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de recherches ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es autour de la naissance de la photographie sur le continent africain, si bien que le voile qui drape cette discipline ne peut &#234;tre lev&#233; que par des acad&#233;micien&#183;nes et des archivistes acharn&#233;&#183;es, parfois second&#233;&#183;es par la pr&#233;cieuse Revue noire, publication majeure entre 1990 et 2000, visant au rayonnement, sur tous les continents, de l'art contemporain africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au cours des ann&#233;es 1920 que la photographie, jusque-l&#224; strictement r&#233;serv&#233;e &#224; l'administration coloniale belge, commence &#224; gagner de jeunes Congolais&#183;es, comme l'indique Sandrine Colard dans sa th&#232;se Photography in the Colonial Congo, 1885-1960, en 2016. Ce tournant historique est aussi analys&#233; par Baudouin Bikoko, professeur &#224; l'Acad&#233;mie des beaux-arts de Kinshasa, dans son livre Photo comme &#233;criture (2024) : &#171; J'ai mis un point d'honneur &#224; marquer la diff&#233;rence entre la photographie au Congo et la photographie congolaise &#187;, explique-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'aube du XX&#7497; si&#232;cle, la photographie en RD Congo est domin&#233;e par l'administration coloniale belge et ses images dites &#171; officielles &#187;, produites &#224; destination de la m&#233;tropole. Ces photographies v&#233;hiculent une vision profond&#233;ment st&#233;r&#233;otyp&#233;e de la population congolaise, souvent d&#233;shumanisante, en la r&#233;duisant &#224; des figures exotiques ou utilitaires. Elles ne s'int&#233;ressaient pas r&#233;ellement &#171; &#224; notre culture ni &#224; notre identit&#233; propre &#187;, ajoute Baudoin Bikoko, car &#171; ce qui se passait dans la cit&#233; dite indig&#232;ne n'int&#233;ressait pas vraiment les Blancs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'id&#233;e &#233;tait de contraster les perspectives diverses de photographes europ&#233;ens et celles longtemps marginalis&#233;es de photographes africains.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans son exposition Recaptioning Congo, pr&#233;sent&#233;e au mus&#233;e de la photographie FoMu &#224; Anvers en 2022, Sandrine Colard pr&#233;sente une chronique de la longue et turbulente histoire de la photographie dans le Congo colonial. &#171; L'id&#233;e de l'exposition &#233;tait de contraster les perspectives diverses de photographes europ&#233;ens et celles longtemps marginalis&#233;es de photographes africains, dans un r&#233;gime colonial belge qui a contr&#244;l&#233; et manipul&#233; les images &#187;, explique Salom&#233; Omanga, programmatrice culturelle de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;closion des studios photo d'artistes dans Kinshasa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les recherches de Baudouin Bikoko lui permettent d'identifier Samuel Lema comme le premier photographe congolais, dont le premier clich&#233; date de 1925, alors qu'il travaille pour une mission protestante su&#233;doise dans le Kongo central. Dans cette r&#233;gion &#233;mergent &#233;galement d'autres figures pionni&#232;res, telles qu'Antoine Freitas (1904-1966), d'origine angolaise. Photographes ambulants, ils sillonnent les provinces avec leurs &#171; cam&#233;ras box &#187;, non sans susciter une profonde m&#233;fiance : leur pratique, assimil&#233;e &#224; la sorcellerie, leur vaut le surnom de &#171; Muena Magimbu &#187;, &#171; magicien sorcier &#187;, en langue tshiluba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord l'apanage des Europ&#233;ens, les studios photo tenus par des Congolais &#233;closent dans la capitale au milieu du XXe si&#232;cle, dans le sillage de la fi&#232;vre ind&#233;pendantiste. Port&#233;e par une timide &#171; ouverture &#187; impuls&#233;e par l'administration coloniale et ses r&#233;formes administratives d'ordre culturel et social pr&#233;c&#233;dant l'ind&#233;pendance, la photographie suscite un int&#233;r&#234;t croissant.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Les photographes congolais&#183;es cherchent &#224; saisir une ville en transformation permanente et en pleine effervescence.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Souvent install&#233;s en plein air, les studios photo donnent lieu aux premi&#232;res photographies de famille, immortalis&#233;es notamment par le c&#233;l&#232;bre Jean Depara, qui installera plus tard son mythique studio, le Jean Whisky Depara, sur l'avenue Kato. &#192; mesure que les pancartes des studios photo fleurissent le long des larges avenues de Kinshasa, la photo se d&#233;veloppe entre les murs des boutiques, souvent sur le mode du portrait. C'est ainsi qu'Antoine Freitas ouvre Antoine Photo ou que Samuel Lema s'impose plus tard avec le Studio Less, sur l'avenue Bukaka. Peu &#224; peu, les profondes mutations urbaines de la capitale fa&#231;onnent la pratique photographique. Les photographes congolais&#183;es cherchent &#224; saisir une ville en transformation permanente et en pleine effervescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ann&#233;es 1950 aux ann&#233;es 1970, la vie nocturne en RD Congo est &#224; son apog&#233;e, et les bars de la capitale r&#233;sonnent au son de la rumba congolaise, glorifiant l'ind&#233;pendance fra&#238;chement acquise. L'appareil de Jean Depara capture cette ambiance festive et ses &#171; belles nuits &#187; en sillonnant les bars mythiques de l'&#233;poque, comme le Oui Fifi ou l'Afro-Negro. Il atteint une renomm&#233;e internationale en devenant le photographe attitr&#233; du guitariste Franco.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode voit aussi &#233;merger des femmes photographes de renom, m&#234;me si, comme le rappelle Bikoko, &#171; d&#232;s les ann&#233;es 1920, le Nigeria et le Ghana comptaient d&#233;j&#224; des femmes dans la profession &#187;. Jacqueline Sudila Mpate, proche de Mobutu Sese Seko, devient ainsi la premi&#232;re femme congolaise &#224; pouvoir photographier le Mar&#233;chal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les photographies de la p&#233;riode coloniale ont &#233;t&#233; r&#233;unies dans des fonds, conserv&#233;es, archiv&#233;es, au contraire de la photographie congolaise depuis le d&#233;but du XXe si&#232;cle, peu pr&#233;serv&#233;e, elles forment un mat&#233;riel de travail entre les mains de la jeune g&#233;n&#233;ration de photographes. L'id&#233;e est maintenant d'&#171; apporter de nouvelles l&#233;gendes aux photographies coloniales en laissant parler les premiers concern&#233;s pour d&#233;construire la propagande coloniale &#187;, explique Salom&#233; Omanga. D&#233;construire l'Histoire, &#224; d&#233;faut de pouvoir la refaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La photographie africaine sous tous les plans&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques ann&#233;es, les &#233;v&#233;nements autour de la photographie se multiplient en Afrique, &#171; stimulant la cr&#233;ation et les &#233;changes entre les photographes africains &#187;, selon L&#233;onard Pongo. Mais pas seulement : la renomm&#233;e des photographes africains exc&#232;de les limites de l'Afrique et bouleverse le cours des influences. En s'exposant, ils changent le narratif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;strong&gt;Festival Kokutan'Art&lt;/strong&gt; au Congo-Brazzaville s'est impos&#233; comme un rendez-vous incontournable pour la sc&#232;ne photographique africaine. Son &#233;dition 2025, sur le th&#232;me &#171; Afrotopiques, r&#233;-imaginer les possibles &#187;, a expos&#233; une dizaine d'artistes qui interrogent la richesse, la vitalit&#233; et la r&#233;silience des soci&#233;t&#233;s africaines face aux bouleversements mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L227xH394/d54f585df1d4ec50-3540ec26-9cd0b.png?1781031365' width='227' height='394' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lagos Photo, qui a f&#234;t&#233; en 2025 ses 15 ans, est d&#233;sormais le plus grand festival international de photographie du Nigeria. Fond&#233; en 2010 par Azu Nwagbogu, un ancien de National Geographic, l'&#233;v&#233;nement draine chaque ann&#233;e un nombre exponentiel de visiteurs. Son succ&#232;s non d&#233;menti l'am&#232;ne &#224; changer de dimension et &#224; devenir &#224; partir de 2025 une biennale de la photographie.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L227xH313/5504e652cf7b24ee-8f8a2dbb-7a689.png?1781031366' width='227' height='313' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'exposition &lt;strong&gt;Labphoto&lt;/strong&gt; se tient &#224; Bujumbura (Burundi) depuis le 21 f&#233;vrier. Six photographes burundais y exposent la restitution finale de deux ann&#233;es de travaux men&#233;s dans le cadre de l'atelier Photo Lab, qui vise &#224; la professionnalisation et &#224; la diffusion du travail de photographes et d'artistes burundais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_55209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L227xH284/5abcb325849f9b2a-d95f361c-db0da.png?1781031366' width='227' height='284' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme en ligne &lt;strong&gt;Africa Foto Fair&lt;/strong&gt; (AFF), cr&#233;&#233;e par la photographe &#233;thiopienne Aida Muluneh en 2022 afin de promouvoir les images d'artistes et de proposer des ressources aux apprenants, fait chaque ann&#233;e son festival. En 2025, sa 5e &#233;dition, qui s'est tenue &#224; Grand-Bassam et Abidjan, en C&#244;te d'Ivoire, a r&#233;uni plus d'une centaine d'exposants d'Afrique, d'Asie, d'Europe et d'Am&#233;rique, dont 67 artistes africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;strong&gt;biennale de Lubumbashi&lt;/strong&gt; (Haut-Katanga) a, quant &#224; elle, lanc&#233; un appel &#224; projets pour sa 10e &#233;dition, cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
