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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Unedic : une dette &#224; 35 milliards d'euros pour le bonheur des investisseurs</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Unedic-une-dette-a-35-milliards-d-euros-pour-le-bonheur-des-investisseurs</link>
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		<dc:date>2018-05-29T06:20:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Anouk Renaud, J&#233;r&#244;me Duval, Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Rencontre avec Pascal Franchet, membre du GACDAC, un groupe de citoyennes et citoyens qui ont audit&#233; les comptes de l'assurance ch&#244;mage et en ont sorti un rapport interm&#233;diaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la permission de J&#233;r&#244;me Duval &lt;br class='autobr' /&gt; Qu'est-ce que l'Unedic ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La protection sociale fran&#231;aise est principalement compos&#233;e de la S&#233;curit&#233; sociale qui comporte, telle qu'elle est n&#233;e en octobre 1945, quatre caisses nationales, g&#233;r&#233;es majoritairement par les repr&#233;sentants des salari&#233;s &#233;lus : la caisse nationale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-240-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-05-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-05-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH69/arton34959-77684.jpg?1782050264' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='69' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rencontre avec Pascal Franchet, membre du GACDAC, un groupe de citoyennes et citoyens qui ont audit&#233; les comptes de l'assurance ch&#244;mage et en ont sorti un rapport interm&#233;diaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la permission de J&#233;r&#244;me Duval&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que l'Unedic ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protection sociale fran&#231;aise est principalement compos&#233;e de la S&#233;curit&#233; sociale qui comporte, telle qu'elle est n&#233;e en octobre 1945, quatre caisses nationales, g&#233;r&#233;es majoritairement par les repr&#233;sentants des salari&#233;s &#233;lus : la caisse nationale d'assurance maladie (Cnam) ; la caisse nationale d'allocations familiales (Cnaf) ; la caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et la caisse d'accident du travail et des maladies professionnelles (AT/MP).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nombre de ch&#244;meur-euse-s &#233;tait tr&#232;s faible &#224; la Lib&#233;ration (de l'ordre de 183 000, soit un taux de 1 % de la population active) et il n'y avait donc pas de caisse d'assurance ch&#244;mage lors de la cr&#233;ation de la S&#233;curit&#233; sociale. En 1958, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle entame des discussions avec le syndicat Force ouvri&#232;re (FO) pour cr&#233;er, hors de la S&#233;curit&#233; sociale, une caisse d'assurance ch&#244;mage (l'Unedic = l'Union nationale interprofessionnelle pour l'emploi dans l'industrie et le commerce). Cette caisse qui verra le jour le 1er janvier 1959 est en fait une association de type loi 1901 g&#233;r&#233;e paritairement par les syndicats de salari&#233;s et les repr&#233;sentants du patronat. Elle fixe les taux de cotisations et les conditions d'indemnisation au moyen d'une convention tous les deux ou trois ans. Mais l'&#201;tat peut se substituer (g&#233;n&#233;ralement en cas de d&#233;saccords) aux &#171; partenaires &#187; sociaux pour d&#233;terminer les modalit&#233;s du r&#233;gime d'indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Anouk Renaud, J&#233;r&#244;me Duval : Comment est n&#233;e l'id&#233;e d'auditer les comptes de l'Unedic et qu'est-ce que le GACDAC ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Franchet : Le candidat Macron avait clairement exprim&#233; son intention de r&#233;former en profondeur l'assurance ch&#244;mage pendant sa campagne &#233;lectorale. Le traitement du ch&#244;mage est d&#233;j&#224; insatisfaisant, que ce soit du point de vue du personnel de P&#244;le emploi, soumis &#224; de tr&#232;s mauvaises conditions de travail, ou de celui des ch&#244;meur-euse-s faiblement indemnis&#233;-e-s en montant et en nombre et faisant l'objet de la vindicte m&#233;diatique et populiste (les ch&#244;meurs &#171; en vacances aux Bahamas &#187; 1, pour n'en donner qu'un exemple).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin octobre, d&#233;but novembre 2017, soit apr&#232;s la d&#233;cision de remplacer une part de la cotisation en CSG (imp&#244;t indirect assis principalement sur les salaires et les retraites), des militant-e-s du secteur syndical et associatif ainsi que des personnes engag&#233;es &#224; titre personnel dans diff&#233;rentes luttes ayant trait au ch&#244;mage ont d&#233;cid&#233; de se retrouver et de travailler &#224; un examen le plus complet possible des comptes de l'Unedic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier travail avait &#233;t&#233; esquiss&#233; en 2015 avec la Coordination des intermittents et pr&#233;caires 2, Recours Radiation 3, le CADTM et les Matermitentes 4. Des contacts avaient &#233;t&#233; &#233;tablis avec des syndicalistes sur la question de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que fut cr&#233;&#233; le GACDAC (Groupe d'audit citoyen de la dette de l'assurance ch&#244;mage) qui n'est compos&#233; que d'individus qui mettent en commun leurs exp&#233;riences et connaissances pour faire de cet audit interm&#233;diaire un outil argument&#233; au service des luttes contre la remise en cause des droits des ch&#244;meur-euse-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les principales conclusions &#224; tirer de votre rapport interm&#233;diaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'examen des informations disponibles sur les sites officiels et au prix de recherches multiples, mais dont les r&#233;sultats publi&#233;s sont toujours v&#233;rifiables, nous avons pu faire plusieurs constats :&lt;br class='autobr' /&gt;
Les taux de cotisations n'ont pas boug&#233; depuis 2003 alors que seul-e-s 43 % des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses inscrit-e-s &#224; P&#244;le emploi sont indemnis&#233;-e-s &#224; hauteur de 900 euros par mois en moyenne, soit proche du seuil officiel de pauvret&#233;. Pire, depuis janvier 2018, une part importante de cette cotisation (environ 1/3) fait l'objet d'exon&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La somme allou&#233;e &#224; l'indemnisation des ch&#244;meurs est inf&#233;rieure ou &#233;quivalente aux cotisations encaiss&#233;es. Pourtant l'Unedic est en d&#233;ficit chronique depuis des ann&#233;es. Pourquoi ? En 2009, il y a eu une fusion entre l'ANPE et les Assedic (voulue sous Sarkozy et mise en place sous Hollande) qui a donn&#233; naissance &#224; P&#244;le emploi. Dans le m&#234;me temps, s'est orchestr&#233;e une informatisation priv&#233;e (et tr&#232;s ch&#232;re) des missions de P&#244;le Emploi. L'Unedic r&#233;mun&#232;re aussi le cabinet Deloitte, Ernst &amp; Young, les trois agences de notation Moody's, Standard &amp; Poor's et Fitch Ratings, toutes d&#233;penses dont le GACDAC a demand&#233; les montants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; l'emprunt compense ce d&#233;ficit mais n'am&#233;liore pas la situation des comptes de l'Unedic, v&#233;ritable vache &#224; lait pour des entreprises priv&#233;es qui se partagent le g&#226;teau de la d&#233;mat&#233;rialisation des missions de P&#244;le emploi et de l'Unedic en les sous-traitant &#224; des entreprises priv&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce recours syst&#233;matis&#233; et ali&#233;n&#233; &#224; la dette constitue d'une part une charge suppl&#233;mentaire pour l'Unedic (de l'ordre de 400 millions d'euros par an pour les seuls int&#233;r&#234;ts) et une source de profit consid&#233;rable pour les investisseurs dont nombre d'entre eux &#233;chappent &#224; l'imp&#244;t via les paradis fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'impact de cette politique d'endettement sur le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;quilibre des comptes de la S&#233;curit&#233; sociale n'est devenu possible que gr&#226;ce au recours &#224; l'emprunt et aux mesures d'aust&#233;rit&#233; vot&#233;es chaque ann&#233;e depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 par les gouvernements successifs. La dette des organismes de protection sociale est de 226,1 milliards d'euros au 4e trimestre 2017 dont 35 milliards d'euros environ pour l'assurance ch&#244;mage 5, ce qui est &#224; la fois peu, beaucoup et consid&#233;rable. Peu au regard du budget de la protection sociale en France qui est de l'ordre de 750 milliards d'euros en 2016 6. Beaucoup eu &#233;gard aux besoins non satisfaits et &#224; la d&#233;pendance des diff&#233;rents r&#233;gimes de protection sociale &#224; cette dette. Et consid&#233;rable si on prend en compte le poids politique de cette dette utilis&#233;e pour justifier les politiques de rigueur et la remise en cause des conquis sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous qu'est-ce qu'on devrait faire de la dette de l'Unedic et, &#224; contrario, quel est le projet du gouvernement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re chose qu'on devrait faire serait de dire la v&#233;rit&#233; &#224; la population, en premier lieu aux travailleur-se-s puisque c'est (&#224; travers l'argent des cotisations) une part de leur salaire qui est ainsi d&#233;pens&#233;e au lieu d'&#234;tre consacr&#233;e &#224; l'assurance ch&#244;mage. Dire la v&#233;rit&#233; implique en tout premier de dresser un cadastre public des titres de la dette 7 : qui poss&#232;de quoi ? Combien &#231;a leur rapporte ? Si ils paient ou non des imp&#244;ts sur les revenus tir&#233;s de ces titres de la dette ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est imp&#233;ratif de d&#233;cider aussi d'une suspension du paiement de cette dette (capital et int&#233;r&#234;ts), un moratoire le temps n&#233;cessaire &#224; un audit citoyen int&#233;gral. Au vu de cet audit, un r&#233;f&#233;rendum populaire devrait d&#233;cider si cette dette a &#233;t&#233; souscrite dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ou si au contraire, elle n'a profit&#233; qu'&#224; une partie infime et privil&#233;gi&#233;e de la population. Dans ce dernier cas, ce r&#233;f&#233;rendum devrait d&#233;cider de son annulation pure et simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudrait mettre en d&#233;bat les r&#233;ponses alternatives &#224; cette dette, celles concernant une meilleure gestion, cette fois transparente, d'une assurance ch&#244;mage g&#233;r&#233;e par les seul-e-s salari&#233;-e-s, avec un financement qui permette une indemnisation au moins &#233;gale au salaire minimum pour tous les priv&#233;s d'emploi. Enfin et dans le m&#234;me temps, il est important de dire et de mettre en &#339;uvre des mesures cr&#233;atrices d'emplois socialement et &#233;cologiquement utiles, ce qui, entre autres, augmenterait les recettes de l'assurance ch&#244;mage et diminuerait ses d&#233;penses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble de mesures alternatives est radicalement &#224; l'oppos&#233; de ce que fait le gouvernement actuel qui veut d&#233;naturer l'assurance ch&#244;mage assise sur la mutualisation collective d'une partie des salaires en une m&#233;canique faisant la part belle &#224; un syst&#232;me assurantiel individuel qui, in fine, augmentera surtout les profits des soci&#233;t&#233;s capitalistes d'assurance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette de l'Unedic op&#232;re comme un outil de culpabilisation, justifiant le renforcement des contr&#244;les et des sanctions envers les ch&#244;meuses et ch&#244;meurs, et cachant les r&#233;elles responsabilit&#233;s politiques de cette situation. N'est-ce pas le m&#234;me &#171; syst&#232;me dette &#187; qui op&#232;re afin de justifier l'aust&#233;rit&#233; impos&#233;e aux populations par temps de sauvetage bancaire ? ou encore qui permet de remettre en cause le statut public de la SNCF, &#233;galement tr&#232;s endett&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le matraquage id&#233;ologique est inscrit dans les faits. Il en est ainsi tout particuli&#232;rement avec la dette sociale qui serait pr&#233;tendument due par les b&#233;n&#233;ficiaires de la protection sociale. Les attaques les plus violentes contre les conquis sociaux remontent &#224; l'hiver 1995/1996. Le gouvernement au pouvoir instaura la contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS), plus explicite politiquement que la Contribution sociale g&#233;n&#233;ralis&#233;e (CSG) mais relevant de la m&#234;me strat&#233;gie : faire payer aux salari&#233;-e-s et aux retrait&#233;-e-s les dettes dues par le patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela illustre bien &#224; quel point le salariat est d&#233;poss&#233;d&#233; du fruit du travail qu'il produit. La bataille que nous devons mener ne pourra pas &#234;tre gagn&#233;e si nous n'inversons pas ce raisonnement dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand l'endettement n'est pas important, il demeure un support efficace pour justifier des politiques d'aust&#233;rit&#233; et de rigueur, voire des r&#233;formes structurelles qui bouleversent et d&#233;truisent les conquis sociaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est certain qu'il y a des similitudes entre la dette de la SNCF, celle de l'&#201;tat et celle de l'assurance ch&#244;mage : &#224; chaque fois, du c&#244;t&#233; des cr&#233;anciers on retrouve le m&#234;me trio : banques, fonds d'investissements et en cherchant un peu : paradis judiciaires et fiscaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la SNCF, le rapport du cabinet d'expertise CHSCT &#171; DEGEST &#187; montre que le co&#251;t de cette dette est d&#251; &#224; la fois &#224; des choix politiques et &#224; une financiarisation extr&#234;me (pour 100 euros emprunt&#233;s, 41 seulement servent &#224; l'investissement et 59 vont aux int&#233;r&#234;ts). Ce n'est plus un &#171; effet boule de neige &#187;, c'est une v&#233;ritable avalanche ! 8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'&#201;tat, le rapport du Collectif d'audit citoyen pointe deux causes principales &#224; l'endettement : la chute des recettes fiscales au profit des classes dominantes / des plus riches et un &#171; effet boule de neige &#187; avec des taux d'int&#233;r&#234;t dont le paiement accro&#238;t le stock de la dette. &#192; ces deux causes, nous en rajoutons une troisi&#232;me qui est le manque &#224; gagner pour le budget &#233;tatique de l'&#233;vasion fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ces trois exemples (&#201;tat, SNCF et Assurance ch&#244;mage), on a la mesure de l'enjeu de classe des luttes en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle suite comptez-vous donner &#224; vos travaux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le GACDAC a mis l'accent sur ce qui est cach&#233; au public dans les comptes de l'Unedic avec des questions tr&#232;s pr&#233;cises dans une lettre ouverte adress&#233;e &#224; la ministre du Travail, au directeur et aux membres du conseil d'administration de l'Unedic.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous attendons et exigeons ces r&#233;ponses pour compl&#233;ter le rapport interm&#233;diaire que nous avons produit. Nous avons adress&#233; une copie du rapport et de la lettre ouverte aux parlementaires qui sont saisi-e-s d'un projet de loi portant r&#233;forme de la formation professionnelle, de l'apprentissage et de l'assurance ch&#244;mage. Nous souhaitons &#234;tre entendus par la commission des affaires sociales et participer &#233;ventuellement &#224; la r&#233;daction de questions parlementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre ces instances importantes, c'est aupr&#232;s de la population que nous voulons parler au moyen d'&#233;changes, de conf&#233;rences. Un d&#233;bat doit s'instaurer sur quelle protection sociale nous voulons, g&#233;r&#233;e par qui ? financ&#233;e comment ? pour quelles d&#233;penses ?, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, nous souhaitons que cette question de la dette de l'assurance ch&#244;mage soit accapar&#233;e par le mouvement social au sens large (syndicats, associations et partis politiques) comme une question centrale de la machine de guerre lanc&#233;e contre la population et les salari&#233;-e-s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne : Politis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par J&#233;r&#244;me Duval et Anouk Renaud du CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.&#171; Ce n'est pas une question de s&#233;v&#233;rit&#233;, mais plut&#244;t de d&#233;finir des r&#232;gles claires et comprises par tout le monde. Car quand vous &#234;tes salari&#233; et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas gr&#226;ce &#224; l'assurance ch&#244;mage, il est l&#233;gitime de se dire que ce syst&#232;me marche sur la t&#234;te ! &#187; (dans une interview de &#201;tienne Adam, d&#233;put&#233; LREM, au journal local Paris Normandie, donn&#233;e le 4 novembre 2017).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.Un intermittent du spectacle est en France un artiste ou technicien qui travaille par intermittence pour des entreprises du spectacle vivant, du cin&#233;ma, et de l'audiovisuel et qui b&#233;n&#233;ficie, suivant des crit&#232;res de nombres d'heures travaill&#233;es, et apr&#232;s une cotisation suppl&#233;mentaire appliqu&#233;e uniquement &#224; cette tranche socio-professionnelle. La Coordination des intermittents et pr&#233;caires regroupe celles et ceux qui r&#233;pondent &#224; cette d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.Recours radiation est avant tout un site o&#249; des conseils et un soutien sont apport&#233;s aux ch&#244;meurs en difficult&#233; face &#224; P&#244;le emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.Matermitentes est un collectif qui regroupe des femmes &#224; emploi discontinu qui luttent pour faire valoir leurs droits en mati&#232;re de cong&#233;s maternit&#233; et d'arr&#234;ts maladie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.Institut national de la statistique et des &#233;tudes &#233;conomiques (Insee), 26/03/2018.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.Source : France, portrait social, &#233;dition 2016 &#8211; Insee R&#233;f&#233;rences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.NDLR : aujourd'hui, l'anonymat des d&#233;tenteurs de titres publics est prot&#233;g&#233; juridiquement. Nous ne savons ainsi pas qui d&#233;tient la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.Voir le rapport.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Audit, la contagion ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Audit-la-contagion</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Audit-la-contagion</guid>
		<dc:date>2015-05-26T06:48:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sansu, Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D&#233;but mai 2015, un rapport parlementaire in&#233;dit a &#233;t&#233; rendu public qui traite de la dette publique. Ce rapport accompagne une proposition de loi europ&#233;enne relative &#224; la dette souveraine des &#201;tats de la zone euro, pr&#233;sent&#233;e par Nicolas Sansu, d&#233;put&#233; PCF, au nom du groupe Front de gauche &#224; l'Assembl&#233;e nationale. &lt;br class='autobr' /&gt; Le rapporteur a auditionn&#233; plusieurs acteurs de la critique de la dette publique en France, membres du CADTM, d'ATTAC, de l'OFCE, des &#233;conomistes atterr&#233;s, tous militants au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH112/arton22279-a67ff.png?1781157237' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='112' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;but mai 2015, un rapport parlementaire in&#233;dit a &#233;t&#233; rendu public qui traite de la dette publique. Ce rapport accompagne une proposition de loi europ&#233;enne relative &#224; la dette souveraine des &#201;tats de la zone euro, pr&#233;sent&#233;e par Nicolas Sansu, d&#233;put&#233; PCF, au nom du groupe Front de gauche &#224; l'Assembl&#233;e nationale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le rapporteur a auditionn&#233; plusieurs acteurs de la critique de la dette publique en France, membres du CADTM, d'ATTAC, de l'OFCE, des &#233;conomistes atterr&#233;s, tous militants au Collectif d'audit citoyen ainsi que des universitaires et chercheurs sp&#233;cialis&#233;s sur des th&#232;mes voisins de la dette publique, de la Banque centrale europ&#233;enne et de la gouvernance &#233;conomique europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport de 60 pages est une pierre de plus &#224; l'&#233;difice de la mobilisation contre la dette publique ill&#233;gitime qui frappe les peuples europ&#233;ens. Faisant siennes les conclusions du rapport du CAC sur les causes de l'accroissement de la dette publique fran&#231;aise (effets de la financiarisation et fiscalit&#233; favorable aux grandes entreprises et aux m&#233;nages les plus ais&#233;s), le rapporteur condamne &#233;galement les dispositions issues des trait&#233;s europ&#233;ens, notamment celles concernant le statut de la Banque centrale europ&#233;enne qui favorisent les march&#233;s financiers au d&#233;triment des finances et politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Argentine, la Commission bicam&#233;rale d'audit de la dette pour la p&#233;riode de 1976 &#224; 2014, vient d'&#234;tre mise en place conform&#233;ment &#224; la &#171; loi de paiement souverain &#187;, adopt&#233;e en septembre 2014 , et devra rendre son rapport dans 180 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec nos amis argentins, nous plaidons pour que cet audit soit, comme en &#201;quateur, un audit int&#233;gral de la dette, non confidentiel et qu'il implique une participation citoyenne active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans moins d'un mois (le 18 juin), la Commission pour la V&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque fera conna&#238;tre son rapport interm&#233;diaire &#224; quelques jours de l'&#233;ch&#233;ance pr&#233;vue par l'accord du 20 f&#233;vrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis cette date, apr&#232;s avoir priv&#233; les banques grecques d'une partie de l'accessibilit&#233; aux liquidit&#233;s, l'Eurogroupe exerce un chantage terrible envers le gouvernement issu d&#233;mocratiquement des urnes le 25 janvier, voulant lui imposer un m&#233;morandum suppl&#233;mentaire du m&#234;me registre que les pr&#233;c&#233;dents qui ont ruin&#233; l'&#233;conomie du pays depuis 2010 et plong&#233; des millions de grecs dans la pr&#233;carit&#233;, le ch&#244;mage et la mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proposition de loi europ&#233;enne pr&#233;sent&#233;e par le Front de gauche a, de fait, &#233;t&#233; censur&#233;e par le parti socialiste et une partie de la droite. Pour eux, la transparence n'est pas &#224; l'ordre du jour !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la Commission des finances de l'Assembl&#233;e nationale a accept&#233; la cr&#233;ation d'une commission parlementaire d'enqu&#234;te appel&#233;e pudiquement : &#171; Mission d'information et d'&#233;valuation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne pouvons qu'approuver cette initiative parlementaire tout en exigeant que son travail et ses r&#233;sultats ne soient pas confidentiels, que cette mission parlementaire ne limite pas ses investigations et que l'audit soit, comme en &#201;quateur, comme en Gr&#232;ce, un audit int&#233;gral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, nous vous invitons &#224; prendre connaissance du rapport et de ses conclusions sur la dette souveraine des &#201;tats de la zone euro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sommaire du rapport&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;INTRODUCTION 5&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;I. S'EXON&#201;RER DE LA &#171; SID&#201;RATION &#187; DE LA DETTE 7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. LA DETTE : UN SYST&#200;ME DE DOMINATION POLITIQUE ET &#201;CONOMIQUE 7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. La dette : une question morale et politique 7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. L'emprunt, la dette : une relation humaine suivie 7&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. La notion de dette injuste 8&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Les origines de la dette contemporaine en France 9&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Le r&#233;sultat d'une politique fiscale inefficace en faveur des plus ais&#233;s 10&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Apr&#232;s l'inflation, l'effet &#171; boule de neige &#187; 15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. La socialisation d'une crise de la dette priv&#233;e 17&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Un outil de pression sur les choix politiques et sociaux 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Une justification facile pour toutes les r&#233;formes antisociales 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Mais de quelles g&#233;n&#233;rations futures parle-t-on ? 18&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Dette brute, dette nette, actifs nets 19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. L'URGENCE : EXTRAIRE PROGRESSIVEMENT LA FRANCE DE LA TUTELLE DES MARCH&#201;S FINANCIERS 20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Les raisons du recours aux march&#233;s financiers 20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Un recours aux march&#233;s financiers pour lutter contre l'inflation 20&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Des conditions de financement aujourd'hui tr&#232;s favorables 21&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Bient&#244;t une nouvelle crise financi&#232;re ? 23&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Une gestion opaque de la dette 24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Les cr&#233;anciers de la France prot&#233;g&#233;s par un secret l&#233;gal 24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Une part importante de non-r&#233;sidents parmi les cr&#233;anciers qui singularise la France 24&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Vers un cadastre de la dette ? 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Imaginer enfin des alternatives 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Se s&#233;parer du stock de dette publique : un moratoire ou une taxe exceptionnelle 25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Financer les d&#233;ficits autrement 26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Construire un p&#244;le public bancaire de grande ampleur 26&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d. La cr&#233;ation d'un circuit du Tr&#233;sor europ&#233;en 28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;II. LIB&#201;RER LES PEUPLES EUROP&#201;ENS DU JOUG DE LA DETTE 28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A. SORTIR DU DIKTAT DE LA DETTE POUR PR&#201;SERVER LES DROITS FONDAMENTAUX 28&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Cesser de faire de la dette un instrument de chantage et d'asservissement des peuples europ&#233;ens 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Les r&#232;gles europ&#233;ennes relatives &#224; la ma&#238;trise de la dette et du d&#233;ficit publics sont d&#233;nu&#233;es de fondement &#233;conomique 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Elles conduisent &#224; mener des politiques d'aust&#233;rit&#233; au bilan &#233;conomique, social et politique dramatique 31&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Organiser une &#171; op&#233;ration v&#233;rit&#233; &#187; sur la dette afin de permettre aux peuples europ&#233;ens d'exercer un v&#233;ritable contr&#244;le sur la dette et de se r&#233;approprier le d&#233;bat &#233;conomique 36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. Soutenir la Commission grecque de v&#233;rit&#233; sur la dette publique 36&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Instaurer une conf&#233;rence europ&#233;enne sur la dette 38&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B. DONNER UN NOUVEL &#201;LAN &#192; L'&#201;CONOMIE ET &#192; LA SOCI&#201;T&#201; EUROP&#201;ENNES 40&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. D&#233;finir une autre politique budg&#233;taire, au service de la croissance et de la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s 41&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. De nouvelles ressources fiscales 43&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Lutter de mani&#232;re efficace contre l'&#233;vasion fiscale et les paradis fiscaux 44&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;c. Un Fonds d'investissement europ&#233;en solidaire, social et &#233;cologique 45&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Mettre la politique mon&#233;taire au service de l'&#233;conomie r&#233;elle 46&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. La politique d'assouplissement quantitatif, un outil efficace ? 46&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. Dans quelle mesure l'action de la BCE est-elle l&#233;gitime ? 48&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C. LIB&#201;RER LES &#201;TATS EUROP&#201;ENS DE LA TUTELLE DES MARCH&#201;S FINANCIERS 49&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le secteur bancaire 49&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a. La r&#233;forme inachev&#233;e du secteur bancaire classique 49&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b. L'inqui&#233;tante absence de r&#233;gulation du syst&#232;me bancaire parall&#232;le 54&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Instaurer une taxe europ&#233;enne ambitieuse sur les transactions financi&#232;res 57&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;EXAMEN EN COMMISSION 61&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;TABLEAU COMPARATIF 73&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 1 : LISTE DES PERSONNES AUDITIONN&#201;ES PAR LE RAPPORTEUR 77&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ANNEXE 2 : DISCOURS DE LA PR&#201;SIDENTE DU PARLEMENT GREC, ZO&#201; KONSTANTOPOULOU, &#192; LA SESSION INAUGURALE DE LA COMMISSION DE V&#201;RIT&#201; DE LA DETTE PUBLIQUE, 5 AVRIL 2015 79&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne : &lt;a href=&#034;http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2738.asp&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2738.asp&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dette europ&#233;enne - Et en plus, ils ne savent pas compter !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dette-europeenne-Et-en-plus-ils-ne-savent-pas-compter</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Dette-europeenne-Et-en-plus-ils-ne-savent-pas-compter</guid>
		<dc:date>2013-05-28T09:55:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-05-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique des plans d'aust&#233;rit&#233; europ&#233;ens est leur inefficacit&#233; patente pour r&#233;soudre les endettements publics et les d&#233;ficits budg&#233;taires des &#201;tats. Ils sont de moins en moins nombreux ceux qui affirment que ces plans constituent un rem&#232;de efficace &#224; la crise. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt; Il est difficile, en effet, de nier l'&#233;vidence : les entreprises ferment par milliers, le ch&#244;mage atteint des sommets in&#233;gal&#233;s, les d&#233;ficits publics et les dettes publiques continuent &#224; battre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton14180-f166b.jpg?1782050264' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique des plans d'aust&#233;rit&#233; europ&#233;ens est leur inefficacit&#233; patente pour r&#233;soudre les endettements publics et les d&#233;ficits budg&#233;taires des &#201;tats. Ils sont de moins en moins nombreux ceux qui affirment que ces plans constituent un rem&#232;de efficace &#224; la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du CADTM.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il est difficile, en effet, de nier l'&#233;vidence : les entreprises ferment par milliers, le ch&#244;mage atteint des sommets in&#233;gal&#233;s, les d&#233;ficits publics et les dettes publiques continuent &#224; battre des records, la r&#233;cession s'est install&#233;e durablement en Europe. Tous ces plans d'aust&#233;rit&#233; sont pourtant fond&#233;s sur des calculs, des pr&#233;visions &#224; partir desquels sont &#233;labor&#233;es des strat&#233;gies d'o&#249; d&#233;coulent ces plans honnis par les populations. Et si ces calculs &#233;taient faux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui se dessine aujourd'hui. La presse regorge de d&#233;clarations d'&#233;conomistes du FMI ou de responsables d'institutions europ&#233;ennes pour signifier que les calculs qui fondent ces plans sont inexacts ou encore qu'il faudrait att&#233;nuer la duret&#233; des mesures impos&#233;es, le rem&#232;de risquant de tuer le malade. Ces plans aggraveraient la situation &#233;conomique des &#201;tats et impacteraient lourdement la croissance. C'est en fait toute la politique mise en &#339;uvre depuis le d&#233;but de la crise qui est contest&#233;e dans ses fondements. Au bout de 4 ans d'usage de ces plans, le constat est sans appel : la baisse des d&#233;penses publiques (fonctionnement et investissement public) entraine une chute de l'activit&#233; &#233;conomique et fragilise les recettes budg&#233;taires. Les d&#233;ficits publics grandissent et la dette publique augmente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 types d'erreurs ont &#233;t&#233; act&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re erreur, qui fait un &#171; buzz &#187; dans la presse &#233;conomique, est celle de la relation jug&#233;e automatique entre le niveau de la dette publique et la croissance. &#192; la lumi&#232;re des crises pass&#233;es, 2 &#233;conomistes du FMI (Reinhart et Rogoff) ont fourni un br&#233;viaire |1| aux n&#233;olib&#233;raux europ&#233;ens pour justifier les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Ces derniers en ont fait une sorte de r&#232;gle budg&#233;taire. Selon nos &#233;diles &#233;conomistes, une dette sup&#233;rieure &#224; 90 % fait baisser la croissance de 1 %. Pour conforter cette th&#232;se valid&#233;e par le FMI |2| et devenue un dogme de la politique europ&#233;enne, ils comparent l'&#233;volution de 20 pays |3| de l'OCDE sur la p&#233;riode 1946-2009 et en concluent ce qui pr&#233;c&#232;de.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 erreurs manifestes invalident pourtant cette projection :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Nos 2 ma&#238;tres &#224; penser des institutions europ&#233;ennes se sont bas&#233;s en effet sur la seule moyenne arithm&#233;tique de l'&#233;volution du ratio dette/croissance sans tenir compte de l'&#233;volution de la m&#233;diane (qui s&#233;pare en deux parts &#233;gales l'&#233;chantillon, une au dessus, l'autre en dessous). La diff&#233;rence de r&#233;sultat entre les 2 m&#233;thodes est pourtant consid&#233;rable : la moyenne indique une &#233;volution de - 0,1% du PIB alors que la variation que donne la m&#233;diane est de + 2,1%. Cette diff&#233;rence de variation entre la moyenne et la m&#233;diane indique l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des pays qui constituent l'&#233;chantillon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le choix de ces 20 pays semble arbitraire et selon les pourfendeurs de ces comptes, 3 pays ont m&#234;me &#233;t&#233; oubli&#233;s (volontairement ?) des calculs. Int&#233;gr&#233;s dans les calculs, la chute du PIB ne serait plus de 3 points mais de 0,8 seulement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode choisie (1946-2009) est elle aussi consid&#233;r&#233;e trop courte &#224; l'&#233;chelle de l'&#233;conomie mondiale et de l'histoire de ses crises. Sur la p&#233;riode 1880-2009, des pays comme la France, l'Italie, le Canada ou le Royaume-Uni ont connu des p&#233;riodes associant des dettes publiques sup&#233;rieures &#224; 130% et une croissance soutenue du PIB. Le choix retenu de la p&#233;riode est donc insuffisant pour en conclure une automaticit&#233; entre dette et croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les auteurs ont tout bonnement omis, pour appr&#233;cier les d&#233;ficits, de constater la baisse des recettes fiscales (baisse du taux moyen d'imposition et du taux marginal des pays de l'OCDE depuis 30 ans), se focalisant sur l'&#233;volution des d&#233;penses. Pour les &#201;tats-Unis, les auteurs ne se sont pas pr&#233;occup&#233;s non plus de la baisse importante de l'&#233;pargne des m&#233;nages et du recours facilit&#233; &#224; l'emprunt pour pallier la baisse du pouvoir d'achat des salaires de la grande majorit&#233; de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; &#224; penser que les calculs ont &#233;t&#233; adapt&#233;s aux r&#233;sultats attendus, il n'y a qu'un pas. La contestation de cette m&#233;thode pour le moins empirique conduit &#224; dire qu'il n'y a pas de lien lin&#233;aire entre le niveau de la dette publique et la croissance du PIB d'un pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde erreur, dont on parle moins mais qui est de taille, est la critique de plus en plus partag&#233;e du lien entre aust&#233;rit&#233; et croissance. Selon les id&#233;ologues de la tro&#239;ka, l'aust&#233;rit&#233; (entendez la r&#233;duction des d&#233;penses publiques et la rigueur pour la majorit&#233; de la population) devrait permettre un assainissement des finances publiques et donner un &#233;lan &#224; la croissance. Pour justifier cette strat&#233;gie, le FMI consid&#232;re que la hausse de la fiscalit&#233; directe entraine automatiquement une perte de croissance et que la seule bonne r&#233;ponse se trouve du cot&#233; de la baisse des d&#233;penses publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'augmentation de la fiscalit&#233; conduirait &#224; une perte automatique de croissance. Ce lien entre budget et fiscalit&#233; d'une part et croissance d'autre part est appel&#233; multiplicateur. De cette conviction &#233;rig&#233;e en th&#233;or&#232;me d&#233;coule les politiques n&#233;olib&#233;rales appliqu&#233;es par les gouvernements depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1980 et r&#233;sum&#233; par le chancelier social-d&#233;mocrate Helmut Schmidt : &#171; Les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'apr&#232;s-demain &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le FMI, ce multiplicateur &#233;tait de 0,5. Traduction : 10&#8364; de hausse d'imp&#244;t implique 5&#8364; de perte de croissance du PIB (10&#8364; X 0,5). Le FMI r&#233;vise maintenant ses calculs en indiquant que, tous comptes revus, ce coefficient multiplicateur, calcul&#233; sur les 80 derni&#232;res ann&#233;es, se trouve plut&#244;t entre 0,9 et 1,7 selon la conjoncture. Nouvelle traduction : 10&#8364; d'augmentation de la fiscalit&#233; produirait une variation du PIB se situant entre une perte de 9&#8364; et un gain de 17&#8364;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conclusion : si le coefficient initial (0,5) pouvait fonder, aux yeux des lib&#233;raux, les politiques d'aust&#233;rit&#233; (baisse des d&#233;penses publiques et de l'imp&#244;t direct, surtout celui des tranches les plus &#233;lev&#233;es et des grandes entreprises), celui de 1,7 rappelle que mener une politique d'aust&#233;rit&#233; en temps de crise est une aberration sans nom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;clarations et r&#233;visions de calculs ne sont suivies d'aucune remise en cause ni d'aucune att&#233;nuation des m&#233;morandums impos&#233;s aux peuples des pays p&#233;riph&#233;riques du Sud et de l'Est de l'Union Europ&#233;enne. Ce sont les m&#234;mes politiques et la m&#234;me strat&#233;gie qui commencent &#224; s'appliquer dans les pays plus riches du Centre de l'Union europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le savait d&#233;j&#224; : ce n'est pas l'honn&#234;tet&#233; intellectuelle qui caract&#233;rise les mentors du n&#233;olib&#233;ralisme et on ne peut attendre de ses laquais qu'ils r&#233;visent leurs strat&#233;gies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion m&#234;me de croissance que les &#233;diles portent aux nues est plus que contestable (la croissance de quoi et pour qui ?). Pour bien comprendre la finalit&#233; des &#233;valuations fausses et projections erron&#233;es du FMI, il suffit de remplacer le mot &#171; croissance &#187; par celui de profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le propos n'est pas d'apporter des solutions &#224; la crise &#233;conomique et sociale mais au contraire d'en aggraver les effets pour mieux instaurer un talon de fer sur les populations et tout d'abord sur les salari&#233;s pour permettre la restauration d'un taux de profit plus conforme &#224; leur avidit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils peuvent, pour cela, compter sur les gouvernements en place, qu'ils appartiennent au camp de la droite traditionnelle ou &#224; celui de la social-d&#233;mocratie convertie depuis plus de 30 ans au social-lib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Reinhart, Carmen M., and Kenneth S. Rogoff, 2010, &#8220;Growth in a Time of Debt,&#8221; American Economic Review : Papers and Proceedings, Vol. 100, No. 2, p. 573&#8211;78.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Perspectives de l'&#233;conomie mondiale, oct. 2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Australie, Autriche, Belgique, Canada, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Gr&#232;ce, Irlande, Italie, Japon, Pays-Bas, Nouvelle-Z&#233;lande, Norv&#232;ge, Portugal, Espagne, Su&#232;de, Royaume-Uni, &#201;tats-Unis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'auteur est du CADTM France&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hongrie : nouveau laboratoire social</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Hongrie-nouveau-laboratoire-social</link>
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		<dc:date>2012-01-24T08:20:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Hongrie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-01-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des voix s'&#233;l&#232;vent &#8211; dans les rues de Hongrie et dans les institutions de l'UE &#8211; contre la Loi fondamentale que le gouvernement ultra-nationaliste d'Orban vient de mettre en vigueur. Mais nous d&#233;non&#231;ons une seule et m&#234;me politique antisociale et antid&#233;mocratique, qu'elle soit men&#233;e par le capital transnational ou avec le label hongrois ; nous le faisons avec ceux qui, en Hongrie, ont pu voter pour l'adh&#233;sion de leur pays &#224; l'UE en esp&#233;rant (&#224; tort) que cela les prot&#233;gerait de la mont&#233;e (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton9156-00f44.png?1782050264' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des voix s'&#233;l&#232;vent &#8211; dans les rues de Hongrie et dans les institutions de l'UE &#8211; contre la Loi fondamentale que le gouvernement ultra-nationaliste d'Orban vient de mettre en vigueur. Mais nous d&#233;non&#231;ons une seule et m&#234;me politique antisociale et antid&#233;mocratique, qu'elle soit men&#233;e par le capital transnational ou avec le label hongrois ; nous le faisons avec ceux qui, en Hongrie, ont pu voter pour l'adh&#233;sion de leur pays &#224; l'UE en esp&#233;rant (&#224; tort) que cela les prot&#233;gerait de la mont&#233;e d'une extr&#234;me droite raciste, antis&#233;mite, affichant ouvertement des sigles nazis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La Hongrie a &#233;t&#233; le premier pays de l'UE (membre depuis 2004), &#224; avoir recours aux pr&#234;ts du FMI (20 milliards d'euros en octobre 2008) assortis de conditions drastiques : gel des salaires, recul de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite &#224; 65 ans pour les hommes et les femmes, chasse syst&#233;matis&#233;e aux pauvres pour r&#233;duire ou supprimer les aides sociales, suppression massive d'emplois publics, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la dette publique hongroise d&#233;passe les 83 % de son PIB, en partie parce que, sous &#233;tiquette socialiste, les pr&#233;ceptes n&#233;olib&#233;raux ont &#233;t&#233; appliqu&#233;s pour attirer les capitaux priv&#233;s, alors que les r&#233;sistances sociales ont emp&#234;ch&#233; plusieurs ann&#233;es durant la privatisation notamment des services de sant&#233;. Et ses besoins de financement &#224; court terme sont consid&#233;rables (il lui faut trouver entre 15 et 20 milliards d'euros en devises au plus vite). C'est tout l'enjeu d'un nouvel accord en cours avec le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La purge qu'a d&#233;j&#224; connue la population ne suffit pas. Avec la Loi fondamentale adopt&#233;e en avril 2011 et qui s'applique depuis le 1er janvier, les maigres acquis sociaux qui subsistent vont dispara&#238;tre : poursuite des privatisations des services publics (notamment des &#233;coles), fin de la progressivit&#233; de l'imp&#244;t avec un taux unique &#224; 16 % sur les revenus, TVA qui passe de 25 &#224; 27 % sur les produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, augmentation des taxes sur l'essence, le tabac et l'alcool, instauration de la mise &#224; pied sans justification dans le secteur public, refonte du r&#233;gime des retraites, instauration d'une &#171; r&#232;gle d'or &#187; sur les d&#233;ficits publics, etc. Mais ce n'est pas contre cette politique sociale que protestent les institutions europ&#233;ennes ! Les &#233;tiquettes sont brouill&#233;es, parce que les m&#234;mes politiques se m&#232;nent dans le cadre d'alternances sans alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; qui a amen&#233; Orban et le Fidesz (coalition de centre droit) au pouvoir en 2010 est aussi fragile que celle de l'adh&#233;sion &#224; l'UE (adopt&#233;e &#224; 80 % par r&#233;f&#233;rendum en 2003 mais avec une participation inf&#233;rieure &#224; 45%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations consid&#233;rables r&#233;agissant en partie &#224; ces plans d'aust&#233;rit&#233; (plus de 100 000 personnes &#224; Budapest le 4 janvier) font penser &#224; celles du peuple grec en lutte contre la Tro&#239;ka. Mais elles se dressent aussi contre une loi qui verrouille les proc&#233;dures d'alternance d&#233;mocratique et pr&#244;nent un droit du sang (vote des Hongrois). En l'absence d'alternative politique (le principal parti d'opposition, le Parti socialiste de Gyurcsany est pro-UE et adepte des &#171; potions &#187; du FMI alors qu'Orban est lui-m&#234;me vice-pr&#233;sident du PPE). Tout reste &#224; construire en Hongrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sens de la crise grecque</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sens-de-la-crise-grecque</link>
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		<dc:date>2010-03-30T08:37:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pascal Franchet</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-30</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; dit beaucoup de choses sur la crise et la Gr&#232;ce ces derni&#232;res semaines, des plus naus&#233;abondes [1] aux plus confuses. Il en r&#233;sulte un argumentaire exportable dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Les m&#233;dias ont abondamment repris le message officiel qui tient en 5 chapitres : &lt;br class='autobr' /&gt;
1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187; ; 2) Elle est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro ; 3) L'Union europ&#233;enne compatit mais n'y peut rien si ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L147xH150/arton4465-d22b3.png?1781267620' class='spip_logo spip_logo_right' width='147' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; dit beaucoup de choses sur la crise et la Gr&#232;ce ces derni&#232;res semaines, des plus naus&#233;abondes [1] aux plus confuses. Il en r&#233;sulte un argumentaire exportable dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s. Les m&#233;dias ont abondamment repris le message officiel qui tient en 5 chapitres :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187; ;&lt;br class='autobr' /&gt;
2) Elle est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro ;&lt;br class='autobr' /&gt;
3) L'Union europ&#233;enne compatit mais n'y peut rien si ce n'est encourager des plans de rigueur et demander la mise sous tutelle du pays ;&lt;br class='autobr' /&gt;
4) La Gr&#232;ce doit prendre des mesures d'aust&#233;rit&#233; pour r&#233;duire son d&#233;ficit public ;&lt;br class='autobr' /&gt;
5) La sortie de crise des pays d&#233;velopp&#233;s implique des plans d'aust&#233;rit&#233; et de rigueur de m&#234;me nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du Bulletin du CADTM France)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il faut d&#233;coder ce message id&#233;ologique destin&#233; en fait &#224; tous les peuples des pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 1) La Gr&#232;ce a trich&#233; pour cacher une dette publique &#171; insoutenable &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui sans doute et cela r&#233;v&#232;le un &#201;tat gangr&#233;n&#233; par la corruption et les petits arrangements entre amis. Il semble &#233;tabli aujourd'hui que la banque am&#233;ricaine Goldman Sachs, par des montages complexes (swaps de devises) et des produit d&#233;riv&#233;s, ait permis au gouvernement grec de r&#233;duire fictivement sa dette publique de plus de 2 milliards d'euros [2] au moyen d'un pr&#234;t invisible. Cela avait permis &#224; la Gr&#232;ce d'entrer dans la zone euro. Il est &#233;galement &#233;tabli que les gouvernements successifs depuis 2001 ont ferm&#233; les yeux sur cette minoration de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais elle n'est pas la seule et les pays de la zone euro font assaut d'hypocrisie en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1996, l'Italie a eu recours &#224; des swaps avec la banque J.P.Morgan pour r&#233;duire artificiellement son d&#233;ficit. Depuis, Berlusconi a c&#233;d&#233; pour 10 Mds d'euros les droits d'entr&#233;e des mus&#233;es nationaux &#224; une soci&#233;t&#233; financi&#232;re qui re&#231;oit en &#233;change 1,5 Mds d'euros par an pendant 10 ans. La France, elle, a &#233;mis en 2000 des emprunts et inscrit le remboursement des int&#233;r&#234;ts &#224; la fin d'une p&#233;riode de 14 ans. En 2004, Goldman Sachs et Deutsche Bank ont r&#233;alis&#233; un montage financier pour l'Allemagne appel&#233; &#171; Aries Vermoegensverwaltungs &#187;. L'Allemagne aurait ainsi emprunt&#233; &#224; des taux largement sup&#233;rieurs &#224; ceux du march&#233;, uniquement pour &#233;viter que la dette n'&#233;merge dans les comptes publics [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Relativiser le &#171; gouffre abyssal &#187; de la Gr&#232;ce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce aurait donc un d&#233;ficit de 12,7% et non de 6% comme annonc&#233; par l'ancien gouvernement et une dette publique de 115% mais si on compare &#224; d'autres pays, il n'y a pas de quoi hurler avec les loups. Le co&#251;t du service de la dette &#233;tait de 14% du PIB en 1993, il est maintenant de 6% ! La situation des comptes de l'&#201;tat grec est certes loin de l'&#233;quilibre mais elle est moins d&#233;grad&#233;e comparativement &#224; d'autres pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tableau 1 : &#201;tat de la dette publique dans les principaux pays de la zone euro en % du Produit int&#233;rieur brut (PIB)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1781109092' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ni la Commission europ&#233;enne, ni Eurostat et encore moins les agences de notation, n'ont de le&#231;ons &#224; donner &#224; la Gr&#232;ce !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2001, la Commission europ&#233;enne ne pouvait ignorer le peu de fiabilit&#233; des comptes pr&#233;sent&#233;s par la Gr&#232;ce. Elle n'avait qu'&#224; regarder les comptes des administrations centrales de ce pays pour mesurer le d&#233;ficit permanent du budget de l'&#201;tat grec, de voir la multiplication des commandes d'armements, d'appr&#233;cier le co&#251;t des Jeux Olympiques de 2004 et les comparer aux moyens budg&#233;taires et aux r&#233;serves d&#233;tenues par la Banque centrale grecque pour comprendre que la dette officielle (rendue pr&#233;sentable pour int&#233;grer la zone euro) n'&#233;tait pas celle annonc&#233;e. Elle ne pouvait l'ignorer mais en r&#233;alit&#233; ne voulait pas le d&#233;noncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'int&#233;gration de la Gr&#232;ce dans la zone euro lui &#233;tait n&#233;cessaire pour des questions politiques et g&#233;ostrat&#233;giques. Les meilleurs avocats de la Gr&#232;ce &#233;taient, en 2001, la France (2e fournisseur en armement de la Gr&#232;ce) et l'Allemagne. Les banques de ces deux pays d&#233;tiennent aujourd'hui 80% de la dette grecque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; d'Eurostat, pas de le&#231;ons non plus &#224; donner !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'agence Bloomberg, Eurostat &#233;tait parfaitement au courant de cette op&#233;ration. C'est aussi au nom de r&#232;gles comptables bien arrangeantes que l'institut statistique de l'UE &#233;carte des encours des dettes publiques, les milliards d'euros donn&#233;s aux banques sans contrepartie dans le cadre des plans de sauvetage (d&#233;cision SEC de juin 2009). C'est le m&#234;me Eurostat qui permet de ne pas int&#233;grer dans l'encours de la dette publique les montants des emprunts lanc&#233;s par les &#201;tats (&#171; grand emprunt &#187; en France, emprunts grec et portugais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, les contribuables (ceux qui ne b&#233;n&#233;ficient pas des r&#233;ductions d'imp&#244;ts accord&#233;es aux classes ais&#233;es) devront bien r&#233;gler ces sommes d'une fa&#231;on ou d'une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant aux agences de notation, quelle fiabilit&#233; leur accorder ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont une cr&#233;dibilit&#233; sacr&#233;ment sujette &#224; caution, elles qui notaient au plus haut Lehman Brothers trois jours avant sa faillite et triple A, les subprimes titris&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces m&#234;mes agences &#171; extralucides &#187; font pourtant la pluie et le beau temps sur les march&#233;s financiers, y compris ceux non r&#233;glement&#233;s dits OTC (Over The Counter &#8211; &#171; de gr&#233; &#224; gr&#233; &#187;) tels le march&#233; des produits toxiques ou des CDS (Credits Default Swaps- assurances contre le risque d'impay&#233;s). Elles sont intimement li&#233;es aux banques anglo-saxonnes (et notamment &#224; Goldman Sachs et &#224; Citibank).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces agences ne travaillent pas avec une boule de cristal, mais avec les donn&#233;es fournies par l'&#233;metteur de l'emprunt consid&#233;r&#233; ou de la mise sur le march&#233; de tel ou tel produit. Dans le cas qui nous occupe, elles n'ont abaiss&#233; la note des emprunts d'&#201;tat qu'une fois que de nouvelles donn&#233;es ont &#233;t&#233; fournies par le gouvernement grec lui-m&#234;me apr&#232;s le changement de majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt; 2) La Gr&#232;ce est au bord de la cessation de paiement comme d'autres pays de la zone euro&lt;/strong&gt; &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le message a une fonction premi&#232;re : celle d'augmenter les taux de r&#233;mun&#233;ration (primes de risque) et donc les profits des pr&#234;teurs (dont Goldman Sachs et des hedge funds). L'emprunt &#233;mis par la Gr&#232;ce s'est ainsi n&#233;goci&#233; &#224; 6,40 % soit le double de ce qu'un cr&#233;ancier pouvait esp&#233;rer en la mati&#232;re. A noter que cet emprunt de 5 milliards d'euros a re&#231;u, lors de l'appel d'offre, 3 fois l'offre initiale [4]. Beau d&#233;menti de la part des financiers pour un pays consid&#233;r&#233; comme &#171; au bord de la cessation de paiement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;ologie dominante a une propension &#224; comparer la situation du budget de l'&#201;tat avec celui d'un m&#233;nage ou d'une entreprise, ce qui n'a aucun sens. Un &#201;tat, &#224; la diff&#233;rence d'un m&#233;nage ou d'une entreprise, a toujours la possibilit&#233; d'augmenter ses recettes via l'imp&#244;t. C'est, avec une esp&#233;rance de vie bien sup&#233;rieure, une diff&#233;rence essentielle et la raison qui rend absurde cette comparaison. L'&#201;tat am&#233;ricain existe depuis 221 ans et accumule de la dette depuis 1837, soit 173 ann&#233;es cons&#233;cutives [5].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde raison d'&#234;tre de ce discours alarmiste est de pr&#233;parer l'opinion publique &#224; accepter une cure de r&#233;gression sociale et d'aust&#233;rit&#233;. Le gouvernement grec a aussi toute latitude de proc&#233;der &#224; une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; pour abolir les cadeaux fiscaux et sociaux faits aux classes ais&#233;es et aux entreprises, imposer les revenus du capital et de la rente, bref d'augmenter ses recettes fiscales pour supprimer son d&#233;ficit budg&#233;taire. C'est bien une question de choix politique que le PASOK (Parti socialiste en Gr&#232;ce) choisit de ne pas faire parce qu'il est d'accord sur l'essentiel du n&#233;olib&#233;ralisme : le monde grec est et doit rester dans une &#233;conomie n&#233;olib&#233;rale de march&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques publiques men&#233;es depuis plusieurs dizaines d'ann&#233;es par les gouvernements successifs ont accru les d&#233;ficits publics et le stock de la dette publique. L'entr&#233;e dans la zone euro (2001) n'a fait qu'amplifier ce ph&#233;nom&#232;ne. (cf. les tableaux 2, 3 et 4 ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2 : Comparaison des politiques fiscales de la Gr&#232;ce et de l'UE &#224; 27&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1781109092' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 3 : Solde public (en % du PIB)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_577 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau_2.png?577/cca5e18c3e6a53c35cfe9fa34c2faea16027bab2d16979888f6c00355161d71c&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 12.5 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH46/grece_tableau_2-4f6cb-908de.png?1781109092' width='150' height='46' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 4 : Dette publique (en% du PIB)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_576 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/grece_tableau1.png?576/1c99093332d89625e6698601278298b45bb535c4919ac784c6dd3b44e2a5fa47&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 19.3 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/grece_tableau1-574b6-6bc8b.png?1781109092' width='150' height='65' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;3) L'Union europ&#233;enne compatit, mais n'y peut rien si ce n'est exiger des plans de rigueur et demander la mise sous tutelle du pays&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) n'a pas le droit de pr&#234;ter aux &#201;tats !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la Banque centrale europ&#233;enne a pr&#234;t&#233; massivement aux banques priv&#233;es en 2008-2009 pour les sauver de la faillite, elle n'est pas autoris&#233;e &#224; en faire autant &#224; l'&#233;gard des pouvoirs publics des &#201;tats membres. C'est un comble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'article 123 du Trait&#233; de Lisbonne stipule l'interdiction faite &#224; la BCE et aux Banques centrales des &#201;tats membres de proc&#233;der &#224; &#171; l'acquisition directe aupr&#232;s [des autorit&#233;s publiques, des autres organismes ou entreprises publics des &#201;tats membres] des instruments de leur dette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, pas d'acquisition &#171; directe &#187; (et pas d'aide aux &#201;tats) mais des pr&#234;ts pr&#233;f&#233;rentiels sont pourtant accord&#233;s aux banques qui d&#233;posent en garantie &#8230; des titres des obligations des &#201;tats (dont ceux de l'&#201;tat grec !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belle hypocrisie que cette m&#233;canique permise par le Trait&#233; de Lisbonne.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque Europ&#233;enne d'Investissement, dont on conna&#238;t l'amoralit&#233; dans les pays en d&#233;veloppement [6] ne peut pas non plus financer le d&#233;ficit grec ? Sur le papier, c'est vrai. Mais dans la &#171; vraie vie &#187;, elle finance bien des projets d'investissement discutables qui creusent le d&#233;ficit public et augmentent la dette publique comme les Jeux Olympiques de 2004 dont le co&#251;t total n'est toujours pas connu (estim&#233; entre 20 et 30 milliards d'euros).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;4) La Gr&#232;ce doit prendre des mesures d'aust&#233;rit&#233; pour r&#233;duire son d&#233;ficit public&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; o&#249; les tenants du capitalisme &#233;conomique et financier veulent en venir ! Prenant pr&#233;texte d'une dette publique consid&#233;r&#233;e comme &#171; insoutenable &#187;, le gouvernement impose, au nom d'un assainissement budg&#233;taire, une cure d'aust&#233;rit&#233; sans pr&#233;c&#233;dent &#224; sa population : fin des mesures de relance, gel des salaires des fonctionnaires en 2010, baisse de 10% des primes et de 30% des heures suppl&#233;mentaires dans la fonction publique, 10% de baisse aussi des d&#233;penses publiques dont 100 millions d'euros en moins pour l'&#233;ducation, r&#233;duction des d&#233;penses hospitali&#232;res, allongement de 2 ans de l'&#226;ge de d&#233;part en retraite qui passe ainsi &#224; 63 ans, gel des embauches, r&#233;duction des CDD dans la fonction publique, augmentation des taxes sur les combustibles, le tabac, les t&#233;l&#233;phones portables, hausse de 2 points de la TVA&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l'Union europ&#233;enne en veut plus ! Elle exige des r&#233;formes structurelles qui concernent l'ensemble des administrations, la lib&#233;ralisation du march&#233; des marchandises, la flexibilisation du travail, des r&#233;formes en profondeur des retraites et de la sant&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bas mot, c'est 15% de ch&#244;mage au moins et une contraction de 7,5% du PIB qui attend le peuple grec &#224; court terme, selon les pr&#233;visions de la Deutsche Bank.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, d'autres solutions budg&#233;taires internes existent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies attendues avec le plan d'aust&#233;rit&#233; sont de l'ordre de 5 Mds d'euros. D'autres choix sont pourtant possibles ! Ainsi, la Gr&#232;ce est le pays de l'UE dont les d&#233;penses militaires sont les plus importantes en pourcentage du PIB national. Elles atteignaient 9,642 Mds de dollars en 2006 [7]. En 2008, la Gr&#232;ce tenait le premier rang europ&#233;en avec 2,8% de son PIB consacr&#233; &#224; l'armement et ce chiffre n'inclut pas la totalit&#233; des d&#233;penses militaires [8]. Ce co&#251;t consid&#233;rable pour le budget de l'&#201;tat profite d'abord aux industries d'armements am&#233;ricaines et europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Gr&#232;ce est aussi le num&#233;ro 1 mondial des flottes commerciales avec plus de 4 000 navires qui ponctionnent chaque ann&#233;e l'&#201;tat grec de pr&#232;s de 6 Mds d'euros de TVA gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes avantageux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La majorit&#233; des gros employeurs ont transf&#233;r&#233; leurs actifs dans des soci&#233;t&#233;s off-shore chypriotes (et n'y sont impos&#233;s qu'au taux de 10%). L'&#233;glise grecque orthodoxe est exon&#233;r&#233;e d'imp&#244;t, bien que championne nationale de d&#233;tention de biens immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques grecques ont per&#231;u 28 Mds d'euros de fonds publics au titre de plans de sauvetage sans aucune contrepartie et maintenant, elles sp&#233;culent contre la dette publique en toute impunit&#233;. Les moyens existent donc de faire autrement !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils supposent une r&#233;forme en profondeur de la fiscalit&#233; mais le gouvernement PASOK, au service des capitalistes, a choisi de laisser les choses en l'&#233;tat et de faire payer les pauvres pour rester dans la zone euro, pourtant source de d&#233;r&#233;glementation et de perte de souverainet&#233; nationale, au nom de la &#171; concurrence libre et non fauss&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;5) La sortie de crise des pays d&#233;velopp&#233;s implique des plans d'aust&#233;rit&#233; et de rigueur de m&#234;me nature&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays d&#233;velopp&#233;s, le m&#234;me message est reproduit par les gouvernants et les m&#233;dias. Que ce soit au Portugal o&#249; le gouvernement s'est lanc&#233; dans un vaste programme de privatisation des services publics ; en Espagne, emp&#234;tr&#233;e dans la crise immobili&#232;re et qui conna&#238;t un taux de ch&#244;mage autour de 20% ; en Irlande dont le d&#233;ficit budg&#233;taire est voisin de celui de la Gr&#232;ce ; en Italie qui d&#233;tient le record de l'UE avec une dette publique &#224; 127% de son PIB ; ou encore au Royaume-Uni dont le d&#233;ficit d&#233;passe d&#233;sormais les 14,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres pays europ&#233;ens doivent s'attendre aussi &#224; passer &#224; la moulinette des plans d'aust&#233;rit&#233;. Les projets de r&#233;forme des r&#233;gimes de retraite et la casse des syst&#232;mes de sant&#233; et de s&#233;curit&#233; sociale sont d&#233;j&#224; partout &#224; l'&#339;uvre en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est certaine : l'argent public, obtenu &#224; taux tr&#232;s faible par les grandes banques priv&#233;es aupr&#232;s de la Banque centrale europ&#233;enne, n'ira pas aux m&#233;nages ni aux entreprises. Les encours de cr&#233;dit ont massivement diminu&#233; en 2009 partout en Europe. Cet argent va d&#233;j&#224; et ira de nouveau &#224; la sp&#233;culation sur le &#171; risque souverain &#187;, la dette publique. Aujourd'hui, la Gr&#232;ce ; demain, le Portugal, l'Espagne, l'Italie, l'Irlande. Apr&#232;s-demain, la Belgique, la France&#8230; La zone euro se trouve compl&#232;tement &#233;clat&#233;e et r&#233;v&#232;le son v&#233;ritable visage : c'est un syst&#232;me construit pour les &#233;conomies les plus riches sur le dos des plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Conclusions provisoires et six propositions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Union europ&#233;enne est en faillite politique : avec une monnaie commune mais une concurrence fiscale et sociale entre ses &#201;tats membres, avec son march&#233; commun mais sans aucun m&#233;canisme de transfert de ressources des riches vers les pauvres, avec son dogme n&#233;olib&#233;ral qui &#233;crase les peuples, elle est incapable de fournir une r&#233;ponse &#224; la crise pour sa population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En retour, les peuples commencent &#224; organiser la riposte et se mobilisent : deux gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales massives et cons&#233;cutives en Gr&#232;ce, des manifestations monstres dans la plupart des grandes villes ; &#224; 93%, les Islandais ont refus&#233; le paiement des dettes priv&#233;es pr&#233;vu par la loi Icesave [9] ; des manifestations impressionnantes au Portugal ; des manifestations aussi le 23 mars qui marquent le d&#233;but d'un 3e tour social en France. Le vent se l&#232;ve partout en Europe et porte le refus des salari&#233;s, des retrait&#233;s et des pauvres, &#224; faire les frais de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui manque &#224; ces mobilisations, outre de rompre avec l'isolement des luttes, c'est un d&#233;bouch&#233; qui fasse le lien entre le social et la r&#233;ponse politique. Partout en Europe, les mouvements sociaux ont besoin de porter des &#233;l&#233;ments de programme alternatifs pour r&#233;pondre &#224; la crise syst&#233;mique, faisant le choix de la d&#233;fense et de l'&#233;largissement des droits collectifs contre la logique de la valorisation du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question centrale pos&#233;e par ces &#171; crises-pr&#233;textes &#187; des dettes publiques au Nord tient en une autre r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cela, il faut tenir deux fers au feu : augmenter les salaires en pr&#233;levant sur les dividendes et mettre en &#339;uvre une r&#233;forme fiscale d'ampleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Augmenter les salaires serait porteur d'un d&#233;sendettement des m&#233;nages et ouvrirait des d&#233;bouch&#233;s &#224; la production de biens et de services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement une r&#233;duction radicale du temps de travail avec maintien des salaires et embauches compensatoires. Cela permettrait de r&#233;pondre &#224; la fois au probl&#232;me du ch&#244;mage, &#224; celui du financement de la s&#233;curit&#233; sociale (gr&#226;ce &#224; l'augmentation du nombre de cotisants) et &#224; l'insuffisance de loisirs pour ceux qui travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme fiscale harmonis&#233;e &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne permettrait d'annuler les nombreuses niches fiscales, de r&#233;tablir une fiscalit&#233; progressive pour tous les revenus (imp&#244;ts sur le revenu et imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s), de r&#233;duire ou de supprimer les imp&#244;ts indirects qui frappent surtout les plus pauvres (TVA, taxes sur les produits p&#233;troliers), instaurerait un imp&#244;t exceptionnel sur les revenus financiers et sur le patrimoine des cr&#233;anciers de la dette, sans oublier la taxation des autres revenus du capital et de la rente immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une politique budg&#233;taire assainie de notre point de vue devra aussi annuler les nombreuses exon&#233;rations de cotisations sociales des entreprises, augmenter les cotisations des employeurs, et ainsi garantir un d&#233;veloppement de la protection sociale pour tous et un niveau correct des retraites et des pensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le syst&#232;me financier a fait la preuve de sa nocivit&#233; sociale. Il faut exproprier les banques ainsi que les autres organismes financiers, les transf&#233;rer vers le domaine public et les placer sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi la n&#233;cessit&#233; de proc&#233;der &#224; un audit citoyen des dettes publiques, d'en mesurer la l&#233;gitimit&#233; ou l'ill&#233;gitimit&#233; (qu'ont-elles financ&#233; ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons ces propositions en d&#233;bat pour d&#233;terminer un cahier de revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pascal Franchet&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;FRANCHET Pascal&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Des &#171; bons mots &#187; empreints de racisme comme le titre de l'article du journal Le Monde du 6 f&#233;vrier 2010 &#171; La &#8220;mauvaise Gr&#232;ce&#8221; met l'euro sous tension &#187;, &#224; l'acronyme &#171; PIGS &#187;, cochons en anglais (Portugal, Irlande, Gr&#232;ce et Espagne-Spain) invent&#233; par le tr&#232;s lib&#233;ral journal The Economist.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; Avec la complicit&#233; de Godman Sachs, elle a ainsi am&#233;lior&#233; la pr&#233;sentation de ses comptes, et c'est ce qui lui est reproch&#233;. Pourtant ce gain a &#233;t&#233; marginal. Les transactions incrimin&#233;es, r&#233;alis&#233;es en 2001, auraient abaiss&#233; la dette grecque de 2,367 milliards d'euros, faisant passer celle-ci de 105,3 &#224; 103,7% du PIB sur la p&#233;riode concern&#233;e. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.irefeurope.org/content/l..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.irefeurope.org/content/l..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;http://www.lexpansion.com/Services/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lexpansion.com/Services/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] D&#233;p&#234;che AFP du 4 mars 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] &#171; Cessons de comparer le budget du gouvernement &#224; celui d'un m&#233;nage &#187;, par Randall Wray, &lt;a href=&#034;http://contreinfo.info/article.php3..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://contreinfo.info/article.php3..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Sur le site des Amis de la terre :&lt;a href=&#034;http://www.amisdelaterre.org/-Banqu..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.amisdelaterre.org/-Banqu..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] D&#233;penses militaires mondiales &lt;a href=&#034;http://www.julg7.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.julg7.com&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Source OTAN =&lt;a href=&#034;http://www.nato.int/docu/pr/2009/p0..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nato.int/docu/pr/2009/p0..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Voir Olivier Bonfond, J&#233;r&#244;me Duval, Damien Millet, Ouf, les Islandais ont dit non !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Pascal Franchet est vice-pr&#233;sident du CADTM France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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