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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#192; Khartoum, le syst&#232;me de sant&#233; est &#224; terre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre</link>
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		<dc:date>2026-04-28T06:31:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Shamael Elnoor</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum estime les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars. Il souligne que 75 % des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; endommag&#233;s. &#192; l'&#233;chelle nationale, un tiers des &#233;tablissements ont &#233;t&#233; touch&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique XXI. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans le cadre des activit&#233;s du r&#233;seau M&#233;dias ind&#233;pendants sur le monde arabe et publi&#233; sur Assafir Al-Arabi le 4 d&#233;cembre 2025. Cette coop&#233;ration r&#233;gionale rassemble &#233;galement Maghreb (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-04-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-04-28&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/capture_d_e_cran_le_2026-04-27_a_07.23_12-f1fa1.png?1781048932' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum estime les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars. Il souligne que 75 % des h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; endommag&#233;s. &#192; l'&#233;chelle nationale, un tiers des &#233;tablissements ont &#233;t&#233; touch&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/A-Khartoum-le-systeme-de-sante-est-a-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique XXI&lt;/a&gt;. Ce reportage a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; dans le cadre des activit&#233;s du r&#233;seau M&#233;dias ind&#233;pendants sur le monde arabe et publi&#233; sur Assafir Al-Arabi le 4 d&#233;cembre 2025. Cette coop&#233;ration r&#233;gionale rassemble &#233;galement Maghreb Emergent, Mada Masr, Babelmed, Mashallah News, Nawaat, 7iber et Orient XXI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Le-mepris-du-droit-international-dans-un-silence-presque-total?var_mode=calcul&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Les-monts-Nouba-rattrapes-par-les-combats?var_mode=calcul&#034;&gt;troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikhlas, &#226;g&#233;e de 45 ans, ne s'attendait pas &#224; ce que la guerre &#233;clate quelques jours avant son op&#233;ration. Le 24 avril 2023, les m&#233;decins de l'h&#244;pital italien Al-Salam &#224; Khartoum, sp&#233;cialis&#233; en chirurgie cardiaque, comptaient lui remplacer deux valves, selon sa s&#339;ur. Le 15 avril, alors que la famille commen&#231;ait ses pr&#233;paratifs pour l'hospitalisation, le premier coup de feu a retenti &#224; proximit&#233; de l'h&#244;pital, situ&#233; au sud de la capitale soudanaise. La direction de l'&#233;tablissement a demand&#233; &#224; tous les patients dont la venue &#233;tait programm&#233;e de rester chez eux jusqu'&#224; nouvel ordre. Mais la situation, plut&#244;t que de s'am&#233;liorer, a vir&#233; au cauchemar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme des millions d'autres Soudanais, Ikhlas pensait qu'il s'agissait de simples tensions entre l'arm&#233;e et les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) qui se dissiperaient rapidement. Mais son c&#339;ur d&#233;j&#224; affaibli n'a pas tenu le coup et elle est d&#233;c&#233;d&#233;e quelques semaines plus tard. Sa s&#339;ur raconte qu'ils ont d&#251; la transporter &#224; bord d'un v&#233;hicule militaire et faire le tour de plusieurs h&#244;pitaux, qui avaient ferm&#233; leurs portes ou cess&#233; de fonctionner d&#232;s les premi&#232;res heures de la guerre. Son d&#233;c&#232;s a finalement &#233;t&#233; constat&#233; dans un cabinet de gyn&#233;cologie obst&#233;trique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ikhlas est l'une des nombreuses personnes qui ont perdu la vie parce qu'elles n'ont pu acc&#233;der aux soins de sant&#233; ou ont d&#251; interrompre leur traitement. La London School of Hygiene &amp; Tropical Medicine (&#201;cole de Londres de la sant&#233; publique et de la m&#233;decine tropicale) a recens&#233; (1) environ 61 000 d&#233;c&#232;s dans l'&#201;tat de Khartoum au cours des quatorze premiers mois de la guerre, dont 21 000 par balles. La faim et les maladies &#233;vitables seraient donc les principales causes de d&#233;c&#232;s dans cet &#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une destruction massive du secteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me avant la guerre, le syst&#232;me de sant&#233; soudanais souffrait d'une fragilit&#233; multidimensionnelle. Il &#233;tait confront&#233; &#224; des probl&#232;mes complexes, en raison du budget restreint du minist&#232;re, qui ne d&#233;passait gu&#232;re 10 % du budget global du pays. Cette situation a progressivement &#233;rod&#233; son secteur public, parall&#232;lement &#224; une expansion consid&#233;rable du secteur priv&#233;. Les services de sant&#233; sont devenus difficilement accessibles pour la majorit&#233; des citoyens, dans un pays o&#249; le taux de pauvret&#233; s'est largement accru. La guerre a naturellement aggrav&#233; la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum ne dispose pas de statistiques officielles concernant le nombre de d&#233;c&#232;s dus &#224; l'absence de soins, mais l'Association des m&#233;decins soudanais aux &#201;tats-Unis (Sudanese American Physicians Association - SAPA) a indiqu&#233; dans un rapport (2) dat&#233; de fin 2024 que 711 000 des plus de 2 millions de patients que compte l'&#201;tat de Khartoum avaient &#233;t&#233; directement affect&#233;s par les attaques contre les h&#244;pitaux, soit pr&#232;s d'un tiers d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rapport pr&#233;cise &#233;galement que 70 % des dommages caus&#233;s aux h&#244;pitaux ont eu lieu entre avril et d&#233;cembre 2023. La majorit&#233; des grands &#233;tablissements publics et priv&#233;s sont situ&#233;s &#224; proximit&#233; du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e et de l'a&#233;roport, o&#249; ils ont &#233;t&#233; transform&#233;s en zones militaires d&#232;s les premi&#232;res heures du conflit. Quarante et un h&#244;pitaux sur les 87 de l'&#201;tat de Khartoum, dont la moiti&#233; fournissait des soins de sant&#233; primaires, ont subi des dommages au cours des 500 premiers jours. Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum &#233;value les pertes de son secteur sanitaire public et priv&#233; &#224; 12 milliards de dollars (10,2 milliards d'euros). Environ 90 % des h&#244;pitaux priv&#233;s ont &#233;t&#233; endommag&#233;s, auxquels s'ajoutent 23 laboratoires pharmaceutiques, 2 300 pharmacies et 450 entreprises fournissant du mat&#233;riel m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;lectricit&#233; impact&#233;e par le trafic de cuivre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat de Khartoum a subi des d&#233;g&#226;ts sans pr&#233;c&#233;dent. L'h&#244;pital Ibrahim Malik, le plus grand de l'&#201;tat, situ&#233; au sud de la capitale, est aussi l'un des plus importants centres de chirurgie c&#233;r&#233;brale et neurologique du Soudan. Aucune pi&#232;ce n'a &#233;t&#233; &#233;pargn&#233;e. Un scanner d'une valeur de plusieurs millions de dollars a &#233;t&#233; vandalis&#233; dans le seul but d'en retirer les fils de cuivre. Le kilo de ce m&#233;tal se vend autour de 5 dollars, et son commerce a connu un essor consid&#233;rable depuis le d&#233;but de la guerre, impactant surtout le secteur de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; du quartier g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e, Al-Shaab, l'un des plus grands h&#244;pitaux universitaires du pays, est aujourd'hui incapable de reprendre ses activit&#233;s. Avant la guerre, l'&#233;tablissement soignait des milliers de patients de tout le pays. Les derni&#232;res statistiques, collect&#233;es avant la guerre, indiquent qu'il accueillait quotidiennement plus de 1 000 patients atteints de maladies cardiovasculaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; proximit&#233; de l'h&#244;pital Al-Shaab se trouve Al-Dhara, le principal centre oncologique du pays. En raison de la forte pr&#233;valence du cancer au Soudan, l'&#233;tablissement a connu ces derni&#232;res ann&#233;es un encombrement constant, les patients venant de toutes les provinces. Selon les statistiques du minist&#232;re de la Sant&#233;, 28 000 cas de cancer y sont diagnostiqu&#233;s chaque ann&#233;e. Si l'h&#244;pital a &#233;t&#233; largement &#233;pargn&#233; par la guerre, la reprise de ses activit&#233;s est toutefois conditionn&#233;e &#224; la fourniture des services de base tels que l'eau, l'&#233;lectricit&#233; et l'assainissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des centaines de professionnels de la sant&#233; d&#233;c&#233;d&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre avril 2023 et d&#233;cembre 2024, dans le pays, l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) a recens&#233; la mort de 122 professionnels et l'arrestation de dizaines d'autres. Le nombre total de d&#233;c&#232;s parmi le personnel a atteint 317 en f&#233;vrier 2025. Pour le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum, ce manque de personnel, coupl&#233; au manque d'infrastructures, risquent de mettre le syst&#232;me sous pression si le nombre de citoyens retournant &#224; Khartoum augmente : la population de l'&#201;tat est pass&#233;e de 15 millions d'habitants &#224; 6 millions, dont la majorit&#233; se concentre dans le district de Karary, pr&#232;s de la ville d'Omdourman, selon des sources officielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Omdourman est l'une des trois villes de l'agglom&#233;ration de Khartoum. Les FSR contr&#244;laient l'ouest de la ville et ses vieux quartiers au sud, tandis que l'arm&#233;e contr&#244;lait le nord. Bien que la guerre ne se soit pas &#233;tendue &#224; l'ensemble de la ville, elle a laiss&#233; des traces apparentes sur un grand nombre d'&#233;tablissements sanitaires. De nombreux h&#244;pitaux situ&#233;s dans les zones contr&#244;l&#233;es par les FSR ont &#233;t&#233; mis hors service, notamment l'h&#244;pital universitaire d'Omdourman, qui a cess&#233; ses activit&#233;s pendant plus d'un an, jusqu'en octobre 2024. Il a depuis rouvert gr&#226;ce au soutien direct du Centre d'aide humanitaire et de secours Roi Salman (KSRelief), ainsi qu'aux efforts de la population locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Dr Abdel Moneim Ali, directeur de l'h&#244;pital d'Omdurman, affirme que tous les services ont repris leurs activit&#233;s et souligne que l'h&#244;pital propose m&#234;me des prestations qui n'existaient pas avant la guerre, telles que le traitement des maladies du pancr&#233;as.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un manque criant d'oxyg&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des derniers appareils d'imagerie par r&#233;sonance magn&#233;tique (IRM) de l'&#201;tat de Khartoum a &#233;t&#233; install&#233; dans un centre situ&#233; &#224; la p&#233;riph&#233;rie de la ville d'Omdourman, et l'h&#244;pital d'Omdourman cherche &#224; s'en procurer un autre. Khartoum souffre par ailleurs d'un manque de lits en soins intensifs. Le directeur de l'h&#244;pital d'Omdourman affirme que seize chambres dans ce service devraient bient&#244;t &#234;tre pr&#234;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital est par ailleurs confront&#233; &#224; des probl&#232;mes d'&#233;lectricit&#233; et de carburant, ainsi qu'&#224; une grave p&#233;nurie d'oxyg&#232;ne caus&#233;e par l'arr&#234;t de la principale usine sp&#233;cialis&#233;e de Khartoum. Une fois op&#233;rationnels, les services de soins intensifs auront besoin de 96 bouteilles d'oxyg&#232;ne par jour, au prix de 10 dollars la bouteille. L'h&#244;pital d'Omdourman fonctionne aujourd'hui avec 600 lits, sur une capacit&#233; totale de 800 lits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si la situation s'&#233;tait invers&#233;e, les habitants des p&#233;riph&#233;ries b&#233;n&#233;ficient d&#233;sormais des services pour lesquels ils se d&#233;pla&#231;aient auparavant vers le centre de Khartoum. Ce changement semble logique au vu des politiques du minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum : le directeur de la m&#233;decine pr&#233;ventive, Dr Ahmed Al-Bashir, affirme que la priorit&#233; est donn&#233;e aux zones dens&#233;ment peupl&#233;es, et non &#224; la situation des h&#244;pitaux avant la guerre. Le centre-ville de Karthoum &#233;tant compl&#232;tement d&#233;sert&#233;, la priorit&#233; a &#233;t&#233; mise sur ces zones p&#233;riph&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Recruter des coop&#233;rants pour combler les manques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation semble un peu meilleure dans l'&#201;tat d'Al-Jazirah, situ&#233; dans le centre du pays. La ville de Wad Madani est devenue un p&#244;le m&#233;dical alternatif. Des cabinets de m&#233;decins s'y sont m&#234;me install&#233;s. Avant la guerre, Al-Jazirah disposait d'une infrastructure m&#233;dicale plut&#244;t acceptable, ce qui lui a donc permis de prendre la rel&#232;ve temporairement, jusqu'&#224; la prise de contr&#244;le d'Al-Jazirah par les FSR, fin 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation s'est alors d&#233;grad&#233;e, avec un impact sur l'acc&#232;s aux soins dans les r&#233;gions centrales du Soudan. Le minist&#232;re de la Sant&#233; du Soudan a alors annonc&#233; qu'un stock de m&#233;dicaments d'une valeur estim&#233;e &#224; 20 millions de dollars avait disparu. L'&#201;tat a finalement &#233;t&#233; repris par l'arm&#233;e en janvier 2025. Les autorit&#233;s locales estiment les pertes du secteur sanitaire &#224; environ 63 millions de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pillages, actes de vandalisme sur des v&#233;hicules et des transformateurs &#233;lectriques... Pour le Dr Osama Abdel Rahman, directeur g&#233;n&#233;ral de la Sant&#233; de l'&#201;tat d'Al-Jazirah, les principaux obstacles &#224; la reprise totale des activit&#233;s sont les coupures d'&#233;lectricit&#233; et le manque de professionnels m&#233;dicaux, m&#234;me si le minist&#232;re essaie de recruter des coop&#233;rants, ce qui aurait permis de combler &#224; hauteur de 75 % l'absence de soignants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Wad Madani, le centre de chimioth&#233;rapie a pu rouvrir, mais pas le service de radioth&#233;rapie. L'h&#244;pital Al-Jazirah, sp&#233;cialis&#233; dans les maladies r&#233;nales, a repris les s&#233;ances de dialyse, mais pas les transplantations. Quant au centre de cardiologie, l'un des plus grands &#233;tablissements sp&#233;cialis&#233;s sur le continent africain, seules les consultations y sont possibles. Dans la ville, les services de gyn&#233;cologie, de p&#233;diatrie et les maternit&#233;s, ainsi que l'h&#244;pital g&#233;n&#233;ral, fonctionnent presque normalement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une augmentation de la mortalit&#233; maternelle et infantile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdel Rahman souligne que les services de vaccination, de nutrition, de sant&#233; maternelle et de sant&#233; mentale ont &#233;t&#233; affect&#233;s. Le minist&#232;re f&#233;d&#233;ral a enregistr&#233; une augmentation des maladies infantiles et de la mortalit&#233; maternelle. Il indique que l'&#201;tat a comptabilis&#233; trente d&#233;c&#232;s maternels en 2024, qui sont retomb&#233;s &#224; quatre en 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds des Nations unies pour la population estime &#224; 105 000 le nombre de femmes enceintes au Soudan qui peinent &#224; acc&#233;der aux soins en raison de la p&#233;nurie de m&#233;dicaments et de la fermeture des maternit&#233;s. En octobre 2024, le minist&#232;re de la Sant&#233; a annonc&#233; une augmentation des taux de mortalit&#233; maternelle et infantile, et a recens&#233; respectivement 295 d&#233;c&#232;s pour 100 000 naissances et 51 d&#233;c&#232;s pour 1 000 nouveau-n&#233;s. M&#233;decins sans fronti&#232;res a rapport&#233; que le taux de mortalit&#233; maternelle enregistr&#233; entre janvier et ao&#251;t 2024, dans deux h&#244;pitaux soutenus par l'organisation dans le sud du Darfour, d&#233;passait 7 % du total des d&#233;c&#232;s maternels enregistr&#233;s par l'organisation dans le monde en 2023.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OMS a estim&#233; que l'offre m&#233;dicale au Soudan couvrait actuellement un quart des besoins r&#233;els du pays, et a cherch&#233; &#224; collecter 4 milliards de dollars pour r&#233;pondre &#224; l'urgence sanitaire. L'intensification et l'extension g&#233;ographique des vagues de d&#233;placements a cr&#233;&#233; un environnement propice &#224; la propagation des maladies infectieuses. Divers types de fi&#232;vres sont ainsi apparues, et 2 500 d&#233;c&#232;s dus &#224; l'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s. Les services de vaccination ont &#233;t&#233; compl&#232;tement interrompus dans certaines r&#233;gions, et le taux de contamination par la rougeole a augment&#233;, avec 5 000 cas enregistr&#233;s entre avril et septembre 2023, selon l'OMS. Mille deux cents enfants ont trouv&#233; la mort, probablement &#224; cause de la rougeole et de la malnutrition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un syst&#232;me historiquement fragile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dengue s'est largement r&#233;pandue dans les &#201;tats de Khartoum et d'Al-Jazirah au cours des derniers mois. Le minist&#232;re de la Sant&#233; de l'&#201;tat de Khartoum a recens&#233; 13 692 cas, avec une faible l&#233;talit&#233;. Des chiffres remis en cause par les comit&#233;s de quartier et les associations locales, qui ont rapport&#233; un nombre de d&#233;c&#232;s plus important. En plus des fi&#232;vres, une &#233;pid&#233;mie d'h&#233;patite A a touch&#233; l'&#201;tat d'Al-Jazirah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nouvelles destinations attirent d&#233;sormais les d&#233;plac&#233;s. &#192; titre d'exemple, l'&#201;tat du Nil, situ&#233; dans le nord du pays, souffrait, comme les autres r&#233;gions du Soudan, d'in&#233;galit&#233;s de d&#233;veloppement et d'un manque de services. Ayant &#233;chapp&#233; &#224; la guerre, il est devenu un refuge aussi pour les m&#233;decins. Avant la guerre, la population de l'&#201;tat du Nil s'&#233;levait &#224; environ 1,5 million d'habitants. Ce chiffre a jusqu'&#224; quadrupl&#233;. En cons&#233;quence, les services m&#233;dicaux s'y sont consid&#233;rablement d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#244;pital de la police d'Atbara s'est transform&#233; en un v&#233;ritable p&#244;le m&#233;dical. Ce petit centre qui prenait en charge les cas simples et qui pratiquait les accouchements accueillent aujourd'hui les patients venus de plusieurs r&#233;gions du Soudan. Le Dr Al-Walid Mahjoub, directeur de l'h&#244;pital, explique que son &#233;tablissement a d&#251; relever d'importants d&#233;fis pour d&#233;velopper ses services et s'adapter au contexte national, notamment en se procurant des &#233;quipements de radiologie et de laboratoires, et en se dotant d'un groupe &#233;lectrog&#232;ne pour faire face &#224; la v&#233;tust&#233; du r&#233;seau public d'&#233;lectricit&#233;. Progressivement, l'h&#244;pital a mis en place des services de chirurgie orthop&#233;dique, de neurochirurgie, de chirurgie vasculaire, de chirurgie plastique et de chirurgie maxillo-faciale, ainsi que des unit&#233;s de soins intensifs pour la r&#233;animation cardiopulmonaire et les maladies cardiovasculaires. La plupart de ces services n'&#233;taient auparavant pas disponibles dans l'&#201;tat du Nil. L'h&#244;pital dispose actuellement d'une capacit&#233; op&#233;rationnelle de plus de 200 lits et de 11 salles d'op&#233;ration, et accueille quotidiennement jusqu'&#224; 750 patients.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le renversement de situation le plus spectaculaire est celui qui a eu lieu dans un petit h&#244;pital de campagne situ&#233; dans le sud-ouest de l'&#201;tat. Depuis son ouverture, en 2008, il remplissait les fonctions d'un centre de sant&#233; de base avec une fr&#233;quence quotidienne de quinze consultations non urgentes, principalement pour des services simples tels que le traitement des fi&#232;vres et des infections mineures, le suivi des maladies chroniques ou encore le traitement de piq&#251;res de scorpion. Aujourd'hui, Al-Jakayka est devenu un h&#244;pital de r&#233;f&#233;rence, ses services se sont &#233;tendus. L'une de ses &#233;quipes m&#233;dicales a m&#234;me r&#233;alis&#233; l'exploit de s&#233;parer un &#171; jumeau parasite &#187; (Ischiopagus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- London School of Hygiene &amp; Tropical Medicine, &#171; Invisible and severe' death toll of Sudan conflict revealed &#187;, 13 novembre 2024, &lt;a href=&#034;https://www.lshtm.ac.uk/newsevents/news/2024/invisible-and-severe-death-toll-sudan-conflict-revealed&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#224; lire ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Humanitarian Research Lab at Yale School of Public Health, Sudanese American Physicians Association, &#171; Widespread damage to healthcare facilities in Khartoum State, Sudan &#187;, 10 d&#233;cembre 2024. Disponible &lt;a href=&#034;https://sapa-usa.org/wp-content/uploads/2024/12/SAPA_YALE-HRL-report-dec-10-2024.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en PDF ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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