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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>&#171; Il ne doit rester aucune trace de moi &#187; : les femmes afghanes &#233;cart&#233;es des m&#233;dias</title>
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		<dc:date>2026-05-12T06:49:45Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Rad Radan, Yalda Amini</dc:creator>


		<dc:subject>Afghanistan</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lorsque des agents du minist&#232;re taliban charg&#233; de la propagation de la vertu et de la pr&#233;vention du vice ont interpell&#233; Kulsum dans une rue de l'ouest de l'Afghanistan, elle ne travaillait pas pour une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision et ne portait pas de cam&#233;ra professionnelle. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle &#233;tait une cr&#233;atrice de contenu sur Instagram qui tentait de r&#233;cup&#233;rer le paiement d'une publicit&#233; qu'elle avait publi&#233;e en ligne aupr&#232;s d'un magasin local. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre hommes &#224; bord de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Medias-sociaux-et-mass-medias-" rel="directory"&gt;M&#233;dias sociaux et mass medias&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afghanistan-27-+" rel="tag"&gt;Afghanistan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Medias-+" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/afghan-women-writer-2-1065a.webp?1781023761' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lorsque des agents du minist&#232;re taliban charg&#233; de la propagation de la vertu et de la pr&#233;vention du vice ont interpell&#233; Kulsum dans une rue de l'ouest de l'Afghanistan, elle ne travaillait pas pour une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision et ne portait pas de cam&#233;ra professionnelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/04/il-ne-doit-rester-aucune-trace-de-moi-2-textes/?jetpack_skip_subscription_popup&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle &#233;tait une cr&#233;atrice de contenu sur Instagram qui tentait de r&#233;cup&#233;rer le paiement d'une publicit&#233; qu'elle avait publi&#233;e en ligne aupr&#232;s d'un magasin local.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre hommes &#224; bord de deux motos l'ont suivie, a-t-elle racont&#233; au Zan Times lors d'un entretien t&#233;l&#233;phonique fin 2025. Ils l'ont humili&#233;e devant les passant&#183;es et l'ont forc&#233;e &#224; monter &#224; l'arri&#232;re d'un v&#233;hicule sous la menace d'une arme. &#171; &lt;i&gt;Ils ne m'ont m&#234;me pas laiss&#233;e m'asseoir sur le si&#232;ge&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Ils m'ont pouss&#233;e dans le coffre du v&#233;hicule. &lt;/i&gt; &#187; Pendant trois jours, sa famille a ignor&#233; o&#249; elle se trouvait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette jeune femme de 23 ans &#233;tait &#233;tudiante en m&#233;decine lorsque les talibans ont interdit aux femmes l'acc&#232;s &#224; l'enseignement universitaire en d&#233;cembre 2022. Par la suite, elle s'est tourn&#233;e vers les r&#233;seaux sociaux, l'un des rares moyens qui lui restaient pour gagner sa vie. Elle publiait des vid&#233;os de son quotidien et faisait la promotion de magasins et d'entreprises locaux. &#192; son apog&#233;e, a-t-elle d&#233;clar&#233;, elle gagnait 10 000 afghanis par mois, suffisamment pour aider &#224; subvenir aux besoins de sa famille, notamment de son p&#232;re, qui est ouvrier journalier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'avais besoin de travailler &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233; au Zan Times apr&#232;s sa lib&#233;ration. &#171; Je voulais aider ma famille. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Zan Times a interrog&#233; 23 femmes journalistes et professionnelles des m&#233;dias dans sept provinces d'Afghanistan &#224; l'approche de la Journ&#233;e mondiale de la libert&#233; de la presse. Leurs t&#233;moignages r&#233;v&#232;lent une profession qui s'effondre sous le poids de multiples pressions. Les responsables talibans restreignent les d&#233;placements, la parole, l'image et la pr&#233;sence publique des femmes. Les propri&#233;taires de m&#233;dias exploitent la passion des femmes pour le journalisme afin d'obtenir une main-d'&#339;uvre non r&#233;mun&#233;r&#233;e ou sous-pay&#233;e. Certaines structures de soutien aux journalistes reproduisent les m&#234;mes abus de pouvoir qu'elles sont cens&#233;es combattre. Parall&#232;lement, les familles, craignant la honte et les repr&#233;sailles, deviennent souvent une source suppl&#233;mentaire de restriction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moins 15 des femmes interrog&#233;es par Zan Times d&#233;clarent avoir quitt&#233;, avoir &#233;t&#233; contraintes de quitter ou avoir &#233;t&#233; licenci&#233;es de leur poste dans le journalisme, les r&#233;seaux sociaux ou un emploi sp&#233;cifique dans les m&#233;dias en raison de harc&#232;lement, d'un manque de r&#233;mun&#233;ration, de menaces des talibans, de n&#233;potisme, de pressions familiales ou de conditions de travail dangereuses. Au moins cinq d'entre elles ont d&#233;clar&#233; que des hommes occupant des postes de pouvoir &#8212; notamment des responsables de m&#233;dias, des membres des talibans ou des personnalit&#233;s li&#233;es aux structures de soutien aux journalistes &#8212; les avaient pouss&#233;es &#224; se marier, &#224; avoir des relations sexuelles ou &#224; nouer des relations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des femmes ont demand&#233; &#224; Zan Times de ne pas citer le nom de leur lieu de travail ni de leur province, et de ne pas inclure de d&#233;tails permettant de les identifier, par crainte de repr&#233;sailles. Zan Times s'abstient donc de divulguer ces noms et ces provinces afin de prot&#233;ger la s&#233;curit&#233; des femmes interrog&#233;es. Nous avons toutefois pu corroborer les faits relat&#233;s par ces femmes gr&#226;ce &#224; des entretiens men&#233;s aupr&#232;s de diff&#233;rentes sources.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kulsum a d&#233;clar&#233; avoir re&#231;u, avant sa d&#233;tention, des avertissements de la part de responsables du minist&#232;re de la Vertu et de la Vice des talibans lui enjoignant de ne pas appara&#238;tre en ligne ni de se montrer en public. &#171; &lt;i&gt; Ils m'ont dit que je ne devais pas &#234;tre active sur les r&#233;seaux sociaux &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me si je respectais les r&#232;gles du hijab qu'ils exigeaient, ils m'ont dit que je n'avais pas le droit de travailler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s ces avertissements, Kulsum a quitt&#233; l'Afghanistan avec sa famille. Elles et ils sont rest&#233;&#183;es en Iran pendant un an, mais ont d&#251; retourner en Afghanistan lorsqu'elles et ils n'ont pas r&#233;ussi &#224; trouver du travail. Elle a repris son activit&#233; en ligne, essayant de gagner de l'argent gr&#226;ce &#224; la publicit&#233;. Peu apr&#232;s, des responsables talibans se sont pr&#233;sent&#233;s au domicile de sa famille pendant son absence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'automne 2025, elle a d&#233;clar&#233; avoir &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e par les talibans et s'&#234;tre fait confisquer son t&#233;l&#233;phone. Aucune femme officier n'&#233;tait pr&#233;sente lors de son arrestation, a-t-elle pr&#233;cis&#233;, alors qu'elle &#233;tait emmen&#233;e au poste de police, puis &#224; la Direction de la m&#339;urs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant trois jours et trois nuits, sa famille a ignor&#233; ce qui lui &#233;tait arriv&#233;. &#171; &lt;i&gt;Ma famille a fouill&#233; les maisons de nos proches&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Puis elles et ils se sont rendus dans les h&#244;pitaux et les morgues, essayant de trouver la moindre trace de moi&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle a finalement &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, les responsables talibans ont convoqu&#233; son p&#232;re, son fr&#232;re et son oncle, a-t-elle expliqu&#233;. Elle et ses proches masculins ont &#233;t&#233; contraint&#183;es de signer des engagements &#233;crits stipulant qu'elle ne reprendrait pas son activit&#233; en ligne, que les talibans qualifiaient de &#171; crime moral &#187;. Son compte Instagram a &#233;t&#233; supprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Kulsum, le ch&#226;timent ne s'est pas arr&#234;t&#233; &#224; sa lib&#233;ration. Tr&#232;s vite, ses proches et son entourage ont commenc&#233; &#224; s'interroger sur ce qui lui &#233;tait arriv&#233; pendant les trois jours o&#249; elle avait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Elles et ils me disaient : &#171; Dieu seul sait ce qui t'est arriv&#233; pendant ces trois nuits&lt;/i&gt; &#187; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. En Afghanistan, la d&#233;tention ne s'arr&#234;te pas aux portes de la prison. Elle suit les femmes jusqu'&#224; leur domicile. Une femme arr&#234;t&#233;e ou d&#233;tenue pendant la nuit est contrainte de rendre des comptes non seulement sur ce qui s'est pass&#233;, mais aussi sur ce que les autres imaginent qu'il lui est arriv&#233;. Lorsqu'elle a finalement &#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e, les responsables talibans ont convoqu&#233; son p&#232;re, son fr&#232;re et son oncle, a-t-elle expliqu&#233;. Elle et ses proches masculins ont &#233;t&#233; contraint&#183;es de signer des engagements &#233;crits stipulant qu'elle ne se livrerait plus &#224; son activit&#233; en ligne, que les talibans qualifiaient de &#171; &lt;i&gt;crime moral&lt;/i&gt; &#187;. Son compte Instagram a &#233;t&#233; supprim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas de Kulsum, ses proches soup&#231;onnaient qu'elle avait &#233;t&#233; victime d'abus sexuels en prison. En Afghanistan, c'est toujours la femme qui est tenue pour responsable et stigmatis&#233;e. Deux jours apr&#232;s sa lib&#233;ration, accabl&#233;e par les accusations et l'humiliation, Kulsum a tent&#233; de se suicider, a-t-elle racont&#233;, et a &#233;t&#233; hospitalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes qui continuent &#224; travailler dans le secteur des m&#233;dias sont confront&#233;es &#224; une pression diff&#233;rente mais li&#233;e. Elles sont souvent sollicit&#233;es par des m&#233;dias qui souhaitent proposer des programmes destin&#233;s aux femmes, mais on leur refuse souvent un salaire, des documents officiels, une protection ou le respect de leur dignit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria, 25 ans, a obtenu son dipl&#244;me de journalisme en 2022. Passionn&#233;e par la radio, elle s'est rendue dans une station locale d'une province du nord-est pour demander s'il y avait un poste vacant. Le propri&#233;taire, un homme d'une quarantaine d'ann&#233;es, lui a dit qu'elle pouvait pr&#233;senter des &#233;missions destin&#233;es aux femmes, mais que la station n'avait pas le budget n&#233;cessaire pour lui verser un salaire ni prendre en charge ses frais de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impatiente de d&#233;buter sa carri&#232;re, elle a sign&#233; un contrat qui l'obligeait &#224; &#234;tre pr&#233;sente &#224; la station six jours par semaine, de 8h &#224; 16h, et &#224; accomplir toutes les t&#226;ches qui lui &#233;taient confi&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Chaque matin, malgr&#233; la joie de m'asseoir derri&#232;re le micro, je sentais mon corps trembler&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'&#233;tait la peur de demander &#224; ma m&#232;re de l'argent pour le taxi.&lt;/i&gt; &#187; Elle payait 50 afghanis par jour pour le transport. Sa m&#232;re lui donnait cet argent pr&#233;lev&#233; sur le budget du m&#233;nage ou le demandait au p&#232;re de Maria. &#192; l'&#233;poque, son p&#232;re &#233;tait le seul membre de la famille &#224; avoir un emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2023, Maria a &#233;t&#233; envoy&#233;e par la station de radio &#224; une formation psychosociale de trois jours organis&#233;e par une organisation de soutien aux journalistes financ&#233;e par des bailleurs de fonds internationaux. Les participantes &#233;taient cens&#233;es recevoir de l'argent pour leurs frais de transport. &#192; la fin du s&#233;minaire, a-t-elle racont&#233;, elle a re&#231;u 1 500 afghanis. Alors qu'elle rangeait l'enveloppe dans son sac, le directeur de la radio l'a appel&#233;e et lui a demand&#233; de l'apporter &#224; son bureau. &#171; Ils m'en ont pris 1 000 &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt; Trois cents sont partis en frais de transport. Il ne me restait plus que 200 afghanis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s deux ans pass&#233;s &#224; travailler dans ces conditions, la station a obtenu un projet financ&#233; par des donateurs/donatrices d'une valeur de 35 000 dollars am&#233;ricains pour une dur&#233;e d'un an, selon Maria. On a demand&#233; au personnel de fournir ses dipl&#244;mes pour la demande de financement. Les femmes travaillant &#224; la station de radio esp&#233;raient que cela signifiait qu'elles seraient enfin r&#233;mun&#233;r&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cela, on leur a dit qu'elles recevraient un repas de midi, et non des salaires, a-t-elle d&#233;clar&#233; au Zan Times. &#171; &lt;i&gt; Nous avons vu ce projet comme une lueur d'espoir &lt;/i&gt; &#187;, a d&#233;clar&#233; Maria. &#171; &lt;i&gt;Mais le plus dur, c'est que cette organisation internationale r&#233;put&#233;e ne nous a m&#234;me pas demand&#233; si nous &#233;tions r&#233;mun&#233;r&#233;es ou non.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maria a d&#233;missionn&#233; en 2024. Elle a d&#233;clar&#233; que la station avait refus&#233; de lui d&#233;livrer une attestation d'exp&#233;rience ou une lettre de recommandation, lui expliquant qu'elle n'y avait pas droit car elle n'avait pas effectu&#233; huit ans de stage non r&#233;mun&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand j'ai fait mes valises et que j'ai regard&#233; le micro pour la derni&#232;re fois, j'ai eu l'impression que tous mes r&#234;ves s'&#233;taient &#233;teints &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; En descendant les escaliers, j'ai pleur&#233; en silence pour ma voix, qui avait &#233;t&#233; &#233;touff&#233;e. Ils ne m'ont pas seulement vol&#233; mon argent. Ils m'ont &#244;t&#233; ma volont&#233; de vivre et ma motivation pour le journalisme. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La question du travail non r&#233;mun&#233;r&#233; est revenue &#224; plusieurs reprises dans les entretiens. Rahan a expliqu&#233; qu'elle avait quitt&#233; le journalisme apr&#232;s une longue p&#233;riode sans salaire. Haya a &#233;galement d&#233;clar&#233; qu'elle &#233;tait partie &#224; cause d'un non-paiement et parce qu'elle avait &#233;t&#233; contrainte de partager l'argent d'un s&#233;minaire avec le propri&#233;taire d'un m&#233;dia. Negar a expliqu&#233; qu'elle avait quitt&#233; son ancien emploi parce que le m&#233;dia ne la payait pas ; elle travaille d&#233;sormais &#224; domicile tout en enseignant dans une &#233;cole maternelle, car le journalisme est tr&#232;s mal r&#233;mun&#233;r&#233;. &#192; Kaboul, Nahid a d&#233;clar&#233; avoir quitt&#233; les m&#233;dias locaux en raison de l'absence de salaire. Elle travaille d&#233;sormais pour des m&#233;dias en exil, mais continue de faire face &#224; de graves difficult&#233;s financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien qu'Aria travaille toujours, elle affirme ne recevoir que 4 000 afghanis par mois pour quatre &#233;missions, bien moins que ce que touchent ses coll&#232;gues masculins pour une charge de travail similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les femmes qui restent dans le secteur des m&#233;dias, les faibles salaires s'ajoutent aux restrictions qui p&#232;sent sur ce qu'elles peuvent dire. Aria explique qu'elle travaille pour une &#233;mission culturelle et po&#233;tique, mais que m&#234;me l&#224;, les r&#232;gles des talibans dictent le contenu. Elle pr&#233;cise qu'elle ne peut pas r&#233;citer de po&#232;mes d'une voix m&#233;lodieuse, utiliser certains mots, ni aborder des questions li&#233;es &#224; l'&#233;ducation des filles, au f&#233;minisme ou &#224; des sujets susceptibles &#171; &lt;i&gt;d'&#233;clairer l'esprit du public &lt;/i&gt; &#187;. Son contenu doit &#234;tre approuv&#233; par son responsable &#224; la radio, qui entretient des relations amicales avec les talibans, a-t-elle d&#233;clar&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le harc&#232;lement sexuel et la coercition poussent &#233;galement les femmes &#224; quitter le journalisme. Au moins cinq des femmes interrog&#233;es par Zan Times ont d&#233;clar&#233; que des hommes occupant des postes de pouvoir avaient fait pression sur elles pour qu'elles se marient, aient des relations sexuelles ou entretiennent des relations amoureuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sakina travaillait auparavant comme animatrice radio dans une province de l'est du pays. Cette jeune femme de 26 ans a racont&#233; que son responsable &#224; la radio, un homme mari&#233; et p&#232;re de deux enfants, l'avait d'abord trait&#233;e avec gentillesse et avait fait l'&#233;loge de son travail. Puis il lui a envoy&#233; un message sur WhatsApp pour lui dire qu'il l'aimait et qu'il voulait l'&#233;pouser. Elle a essay&#233; de lui dire qu'elle &#233;tait fianc&#233;e pour qu'il la laisse tranquille. Au lieu de cela, a-t-elle racont&#233;, il l'a menac&#233;e. &#171; &lt;i&gt; Il disait : &#8220;Je vais t'enlever&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas s'il plaisantait ou s'il le pensait vraiment. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un reportage sur une catastrophe naturelle dans l'est de l'Afghanistan, Sakina a racont&#233; que le responsable avait tent&#233; de s'asseoir &#224; c&#244;t&#233; d'elle dans une tente et de lui tenir la main. Elle a refus&#233;. &#171; &lt;i&gt;Ce jour-l&#224;, je n'ai pas pu travailler &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais compl&#232;tement boulevers&#233;e. Je ne pouvais pas en parler aux membres de ma famille, car je savais quelles et 'ils m'en tiendraient responsable et m'emp&#234;cheraient de travailler.&lt;/i&gt; &#187; Le lendemain, des coll&#232;gues lui ont annonc&#233; qu'elle avait &#233;t&#233; licenci&#233;e. Lorsqu'elle a demand&#233; pourquoi, elles et ils lui ont r&#233;pondu qu'elle avait insult&#233; le responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rona, animatrice radio dans une province de l'est du pays, a d&#233;clar&#233; avoir &#233;t&#233; suivie par un membre des talibans alors qu'elle se rendait &#224; son travail en 2023. L'homme a arr&#234;t&#233; son pousse-pousse et lui a ordonn&#233; de ne plus sortir de chez elle. Lorsqu'elle lui a demand&#233; qui il &#233;tait, il a menac&#233; de la d&#233;noncer &#224; la brigade des m&#339;urs ainsi qu'&#224; la direction des renseignements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle raconte que ce m&#234;me homme l'a suivie jusqu'&#224; la station de radio et a frapp&#233; son conducteur de pousse-pousse apr&#232;s que celui-ci eut refus&#233; de lui donner son num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone. Elle a appris plus tard par le directeur de la radio que cet homme voulait la forcer &#224; se marier. Sa famille l'a emp&#234;ch&#233;e de travailler pendant un an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'un autre incident, a racont&#233; Rona, des agents charg&#233;s de veiller au respect des m&#339;urs ont fait irruption dans le studio alors qu'elle &#233;tait en plein direct. Une fois l'&#233;mission termin&#233;e, ils l'ont r&#233;primand&#233;e. &#171; &lt;i&gt; Ils m'ont dit : &#8220;N'as-tu donc aucune honte &lt;/i&gt; ?&#8221; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Je leur ai r&#233;pondu : &#8220;Je suis une femme, l'&#233;quipe technique est compos&#233;e de femmes, et je travaille pour les femmes. O&#249; est la honte ?&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s s'&#234;tre disput&#233;e avec eux, elle a &#233;t&#233; interdite d'antenne pendant trois mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle a n&#233;anmoins continu&#233; &#224; travailler &#224; la radio, car elle ne veut pas que la voix des femmes disparaisse. Elle gagne environ 2 000 afghanis par mois, y compris les frais de transport et de petites r&#233;mun&#233;rations pour l'enregistrement d'annonces. &#171; &lt;i&gt;Dans toutes les stations de radio o&#249; j'ai travaill&#233;, on m'a d'abord dit de faire de bonnes &#233;missions et on m'a promis que des projets allaient arriver et que je recevrais un bon salaire &lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Mais en cinq ans, sans exception, je n'ai jamais re&#231;u de salaire r&#233;gulier. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les structures mises en place pour soutenir les journalistes ont laiss&#233; tomber certaines femmes. Farank, 23 ans, a travaill&#233; pendant six mois au sein d'un groupe de coordination des femmes journalistes dans le nord de l'Afghanistan. Ce groupe &#233;tait cens&#233; d&#233;fendre les int&#233;r&#234;ts des femmes journalistes et aider &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes tels que le travail non r&#233;mun&#233;r&#233; et l'absence de cartes de presse. Dans certains cas, a-t-elle expliqu&#233;, le groupe a r&#233;ussi &#224; convaincre les m&#233;dias locaux de d&#233;livrer des cartes d'identit&#233; et d'envisager de r&#233;mun&#233;rer les femmes membres de leur personnel. Mais elle a fini par d&#233;missionner, invoquant le n&#233;potisme, le favoritisme et le partage des salaires. Dans certains cas, a-t-elle expliqu&#233;, les femmes ayant un contrat officiel devaient partager leur salaire mensuel de 100 dollars avec d'autres personnes qui avaient &#233;t&#233; ajout&#233;es de mani&#232;re informelle au groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une femme a d&#233;clar&#233; qu'on lui avait demand&#233; d'avoir des relations sexuelles en &#233;change d'un emploi ou d'une aide. Une autre, une journaliste divorc&#233;e ayant une fille, a d&#233;clar&#233; qu'un homme li&#233; &#224; un organisme de soutien aux journalistes avait utilis&#233; son divorce pour la harceler sexuellement, laissant entendre que, puisqu'elle &#233;tait divorc&#233;e, elle devait &#234;tre disponible pour des relations sexuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes avaient le sentiment de n'avoir personne vers qui se tourner en cas de probl&#232;me. Plusieurs d'entre elles ont d&#233;clar&#233; ne pas pouvoir se plaindre aupr&#232;s des talibans, car le simple fait d'&#234;tre journaliste femme pouvait les exposer &#224; des sanctions. D'autres ont expliqu&#233; qu'elles ne pouvaient pas parler du harc&#232;lement subi &#224; leur famille, de peur d'&#234;tre bl&#226;m&#233;es ou emp&#234;ch&#233;es de travailler. Certaines ont indiqu&#233; qu'elles ne pouvaient pas s'exprimer publiquement, car un propri&#233;taire de m&#233;dia, un responsable ou un harceleur pourrait les accuser d'immoralit&#233; et les mettre encore plus en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leurs t&#233;moignages montrent que les femmes journalistes afghanes n'ont pas disparu par manque de courage, de comp&#233;tences ou d'engagement. Elles sont &#233;cart&#233;es par un syst&#232;me qui punit leur visibilit&#233;, exploite leur travail et les laisse seules face aux cons&#233;quences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Kulsum travaille toujours en ligne sous un pseudonyme, sans montrer son visage ni utiliser sa voix. &#171; &lt;i&gt;Je suis toujours oblig&#233;e de travailler&lt;/i&gt; &#187;, a-t-elle d&#233;clar&#233;. &#171; &lt;i&gt;Mais il ne doit y avoir aucune trace de moi dans ce que je publie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hajar Sadat*, Laila Mandegar, Faranak, Maria Rahim, Hosai et Rahan ont contribu&#233; &#224; ce reportage.&lt;br class='autobr' /&gt;
*Les noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s afin de prot&#233;ger l'identit&#233; des personnes interrog&#233;es et des autrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rad Radan et Yalda Amini, 1er mai 2026&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://zantimes.com/2026/05/01/there-can-be-no-trace-of-me-afghan-women-pushed-out-of-media/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://zantimes.com/2026/05/01/there-can-be-no-trace-of-me-afghan-women-pushed-out-of-media/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction DE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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