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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>De la pr&#233;carit&#233; &#224; l'asservissement dans l'&#233;conomie informelle indienne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-la-precarite-a-l-asservissement-dans-l-economie-informelle-indienne</link>
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		<dc:date>2026-05-26T06:42:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Vishal Jairam Kamble</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2026-05-26</dc:subject>
		<dc:subject>Monde du travail et syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet article fait partie d'une s&#233;rie sp&#233;ciale consacr&#233;e aux d&#233;fis actuels du monde du travail, &#233;labor&#233;e &#224; partir d'un atelier organis&#233; &#224; l'universit&#233; de Kassel en septembre 2025 par des ancien&#183;nes &#233;tudiant&#183;es, des collaborateurs/collaboratrices et des ami&#183;es de la Global Labour University. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Inde a l&#233;galement aboli le travail forc&#233; en 1976. Pourtant, pr&#232;s de cinq d&#233;cennies plus tard, des travailleurs et des travailleuses continuent d'&#234;tre secouru&#183;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-mouvement-syndical-international-" rel="directory"&gt;Le mouvement syndical international&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-05-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-05-26&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Monde-ouvrier-et-syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Inde-822-+" rel="tag"&gt;Inde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH49/inde_travail-eb556.jpg?1781034511' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='49' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article fait partie d'une s&#233;rie sp&#233;ciale consacr&#233;e aux d&#233;fis actuels du monde du travail, &#233;labor&#233;e &#224; partir d'un atelier organis&#233; &#224; l'universit&#233; de Kassel en septembre 2025 par des ancien&#183;nes &#233;tudiant&#183;es, des collaborateurs/collaboratrices et des ami&#183;es de la Global Labour University.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/19/de-la-precarite-a-lasservissement-dans-leconomie-informelle-indienne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde a l&#233;galement aboli le travail forc&#233; en 1976. Pourtant, pr&#232;s de cinq d&#233;cennies plus tard, des travailleurs et des travailleuses continuent d'&#234;tre secouru&#183;es de conditions qui s'apparentent fortement &#224; l'esclavage. Cette persistance soul&#232;ve une question d&#233;rangeante si le travail forc&#233; est ill&#233;gal, pourquoi continue-t-il d'exister &#224; une telle &#233;chelle ? La r&#233;ponse r&#233;side non seulement dans la faiblesse de l'application de la loi, mais aussi dans l'organisation quotidienne du travail elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le travail forc&#233; ne se manifeste pas sous forme de cha&#238;nes ou d'ench&#232;res. Il s'inscrit plut&#244;t dans des relations &#233;conomiques marqu&#233;es par l'informalit&#233;, la pr&#233;carit&#233; et l'endettement, o&#249; le contr&#244;le s'exerce sans propri&#233;t&#233; formelle (Bales, 2016). Pour des millions de travailleurs/travailleuses, l'informalit&#233; n'est pas une situation temporaire mais une r&#233;alit&#233; permanente. Pour survivre dans cette r&#233;alit&#233;, il faut souvent emprunter de l'argent pour subvenir &#224; ses besoins fondamentaux, migrer pour trouver du travail ou acc&#233;der aux soins de sant&#233;. Ces dettes, contract&#233;es par d&#233;sespoir plut&#244;t que par choix, deviennent des m&#233;canismes de contr&#244;le qui privent progressivement les travailleurs/travailleuses de leur libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article soutient que l'esclavage moderne en Inde ne peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un crime isol&#233; ou comme le seul r&#233;sultat d'une d&#233;faillance du syst&#232;me juridique. Il doit au contraire &#234;tre per&#231;u comme la cons&#233;quence de la pr&#233;carit&#233; structurelle qui caract&#233;rise le travail informel. L'asservissement ne r&#233;sulte pas du fait que les travailleurs/travailleuses ignorent leurs droits, mais parce que le march&#233; du travail ne leur laisse que peu d'alternatives viables. Lorsque les salaires sont insuffisants, les contrats inexistants et la protection sociale inaccessible, le consentement lui-m&#234;me devient fragile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'appuyant sur des op&#233;rations de sauvetage de travailleurs/travailleuses asservi&#183;es men&#233;es &#224; Osmanabad et dans d'autres districts de l'&#201;tat du Maharashtra, cet article montre comment la coercition s'exerce par le biais de contrats de travail ordinaires plut&#244;t que par la violence ouverte. Il d&#233;montre comment la dette, la migration et le syst&#232;me de castes &#8212; ce syst&#232;me rigide de stratification sociale qui attribue un statut et des r&#244;les en fonction de la naissance &#8212; s'entrecroisent pour pousser les travailleurs/travailleuses de la pr&#233;carit&#233; vers l'asservissement, m&#234;me dans des secteurs consid&#233;r&#233;s comme &#233;conomiquement vitaux. Enfin, il examine comment la solidarit&#233; entre les universitaires, les syndicats et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile peut contribuer &#224; lutter contre le travail forc&#233; en s'attaquant &#224; ses racines structurelles plut&#244;t qu'&#224; ses seuls sympt&#244;mes.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
L'esclavage moderne en Inde&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esclavage moderne d&#233;signe les situations dans lesquelles des personnes sont incapables de refuser un travail ou de le quitter en raison de contraintes, de menaces ou d'abus de pouvoir. L'Organisation internationale du travail le d&#233;finit comme un terme g&#233;n&#233;rique qui englobe le travail forc&#233;, la servitude pour dettes et la traite des &#234;tres humains, o&#249; l'exploitation persiste malgr&#233; les interdictions l&#233;gales formelles (OIT, 2017). Contrairement &#224; l'esclavage historique, l'esclavage moderne ne repose pas sur la propri&#233;t&#233; l&#233;gale. Il s'exerce plut&#244;t par le contr&#244;le exerc&#233; sur les choix, la mobilit&#233; et les moyens de subsistance des travailleurs/travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, l'esclavage moderne n'est pas une exception, mais une caract&#233;ristique r&#233;currente de l'&#233;conomie informelle. Il touche de mani&#232;re disproportionn&#233;e les Dalits et les Adivasis &#8212; des communaut&#233;s historiquement marginalis&#233;es officiellement d&#233;sign&#233;es comme &lt;i&gt;&#171; castes r&#233;pertori&#233;es &#187; et &#171; tribus r&#233;pertori&#233;es &lt;/i&gt; &#187; &#8212; ainsi que les travailleurs/travailleuses migrant&#183;es, dont la marginalisation sociale et &#233;conomique les rend plus vuln&#233;rables &#224; la coercition. Des pratiques telles que la restriction de la libert&#233; de mouvement, la retenue des salaires et les menaces de violence sont courantes dans divers secteurs, notamment l'agriculture, la construction, les briqueteries et le travail domestique. Ces pratiques apparaissent rarement comme de l'&#171; &lt;i&gt;esclavage&lt;/i&gt; &#187; dans les registres officiels, mais elles en refl&#232;tent les caract&#233;ristiques fondamentales : la perte de libert&#233; et l'exploitation du travail sous la contrainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le march&#233; du travail indien est en grande majorit&#233; informel, avec plus de 90% des travailleurs/travailleuses employ&#233;&#183;es en dehors de tout contrat formel et des syst&#232;mes de protection sociale (OIT, 2018). Les travailleurs et les travailleuses du secteur informel per&#231;oivent g&#233;n&#233;ralement de faibles salaires, sont confront&#233;&#183;es &#224; des conditions d'emploi pr&#233;caires et n'ont pas acc&#232;s &#224; des voies de recours juridiques. Pour beaucoup, la survie quotidienne d&#233;pend de l'emprunt d'argent pour couvrir les frais de nourriture, de soins de sant&#233; ou de migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette devient un m&#233;canisme central reliant l'informalit&#233; au travail forc&#233;, en particulier lorsque l'emploi est g&#233;r&#233; par des interm&#233;diaires qui combinent recrutement, supervision et contr&#244;le, brouillant ainsi la fronti&#232;re entre travail &#171; libre &#187; et travail forc&#233; (Barrientos, 2013). Les travailleurs/travailleuses acceptent souvent des avances de la part d'employeurs ou de pr&#234;teurs informels avant le d&#233;but du travail. Ces pr&#234;ts sont pr&#233;sent&#233;s comme une aide, mais se transforment rapidement en outils de contr&#244;le. Les salaires sont retenus ou d&#233;duits pour rembourser des dettes gonfl&#233;es, garantissant ainsi que le remboursement reste perp&#233;tuellement hors de port&#233;e. Les employeurs peuvent restreindre les d&#233;placements des travailleurs/travailleuses, confisquer leurs t&#233;l&#233;phones portables ou leurs documents d'identit&#233;, ou les menacer de violence pour les emp&#234;cher de partir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La migration accentue cette vuln&#233;rabilit&#233;, en particulier dans les contextes de migration circulaire et saisonni&#232;re o&#249; les travailleurs/travailleuses restent priv&#233;&#183;es de protection sociale, d'information juridique et de soutien politique local (Srivastava, 2019). Les travailleurs/travailleuses migrantes arrivent souvent sur leur lieu de travail sans r&#233;seau de soutien local ni connaissance de la l&#233;gislation du travail. D&#233;connect&#233;&#183;es des syst&#232;mes de protection sociale de l'&#201;tat et des syndicats, elles et ils deviennent d&#233;pendant&#183;es de leurs employeurs pour se nourrir, se loger et gagner leur vie. Le syst&#232;me des castes aggrave encore ces risques. Les travailleurs/travailleuses dalits et adivasis, d&#233;j&#224; victimes de discrimination, sont plus enclin&#183;es &#224; accepter des conditions d'exploitation et moins susceptibles de b&#233;n&#233;ficier d'un soutien institutionnel en cas d'abus. Cette combinaison d'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique, de marginalisation sociale et de r&#233;glementation insuffisante engendre ce que l'on peut qualifier de cycle de vuln&#233;rabilit&#233;. La pr&#233;carit&#233; pousse les travailleurs/travailleuses vers des conditions de travail risqu&#233;es, tandis que l'absence de contr&#244;le permet &#224; la coercition de persister sans grande cons&#233;quence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le sauvetage d'Osmanabad&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique d&#233;crite ci-dessus est apparue au grand jour lors d'une op&#233;ration de sauvetage de travailleurs/travailleuses assujetti&#183;es &#224; la servitude men&#233;e dans le district d'Osmanabad, dans l'&#201;tat du Maharashtra, en d&#233;cembre 2023. L'affaire a &#233;t&#233; r&#233;v&#233;l&#233;e lorsqu'un&#183;e travailleur/travailleuses s'est &#233;chapp&#233;&#183;e d'une plantation de canne &#224; sucre et a contact&#233; une ligne d'assistance t&#233;l&#233;phonique d&#233;di&#233;e aux travailleurs/travailleuses lors d'une campagne de sensibilisation communautaire. L'op&#233;ration de sauvetage a finalement permis d'identifier 22 travailleurs/travailleuses, parmi lesquels des migrant&#183;es originaires de plusieurs &#201;tats indiens et du N&#233;pal, dont la plupart appartenaient aux communaut&#233;s dalit et adivasi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs/travailleuses ont rapport&#233; avoir &#233;t&#233; contraint&#183;es de travailler plus de 12 heures par jour sans salaire, confin&#233;s la nuit dans des pi&#232;ces ferm&#233;es &#224; cl&#233; et priv&#233;s d'acc&#232;s &#224; l'eau potable et &#224; des installations sanitaires. Leurs t&#233;l&#233;phones portables avaient &#233;t&#233; confisqu&#233;s et des menaces de violence &#233;taient utilis&#233;es pour les dissuader de s'enfuir. Le site de travail &#233;tait &#233;loign&#233; et d&#233;lib&#233;r&#233;ment isol&#233;, rendant tout contact avec l'ext&#233;rieur difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Localiser le site et lancer l'op&#233;ration de sauvetage s'est av&#233;r&#233; difficile. Les autorit&#233;s locales ont tard&#233; &#224; r&#233;agir et l'employeur s'est oppos&#233; &#224; toute intervention. Une op&#233;ration conjointe impliquant des acteurs/actrices de la soci&#233;t&#233; civile, la police et des responsables du district a finalement permis de faire sortir les travailleurs/travailleuses. Une partie des salaires a pu &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233;e et les travailleurs:travailleuses ont &#233;t&#233; renvoy&#233;&#183;es dans leurs r&#233;gions d'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, les limites de cette op&#233;ration de sauvetage sont rapidement apparues. Aucune plainte officielle n'a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e, et les travailleurs/travailleuses n'ont pas re&#231;u de certificats de lib&#233;ration ni eu acc&#232;s aux programmes de r&#233;insertion garantis par la loi. Beaucoup n'ont pas souhait&#233; engager de poursuites judiciaires par crainte de repr&#233;sailles, de perte de revenus et par manque de confiance dans le syst&#232;me judiciaire. Deux autres cas survenus dans la r&#233;gion illustrent encore davantage ces sch&#233;mas. Dans l'un d'eux, 15 travailleurs/travailleuses &#8212; dont des enfants et des mineurs &#8212; avaient &#233;t&#233; maintenu&#183;es en servitude pendant 10 ans en &#233;change d'une avance ; lorsque le chef de famille s'est trouv&#233; dans l'incapacit&#233; de rembourser la dette, d'autres membres de la famille ont &#233;galement &#233;t&#233; contraint&#183;es &#224; la servitude. Dans un autre, sept enfants ont &#233;t&#233; retenus captifs dans une maison ferm&#233;e &#224; cl&#233; et contraints &#224; effectuer des travaux d'&#233;maillage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire d'Osmanabad et d'autres cas montrent comment le travail forc&#233; moderne reste souvent invisible aux yeux de l'&#201;tat, &#224; moins que des acteurs/actrices ext&#233;rieurs&#183;e n'interviennent. Ils mettent &#233;galement en &#233;vidence un foss&#233; persistant entre le sauvetage et la responsabilisation. Bien que des lois existent pour abolir le travail forc&#233;, leur application reste in&#233;gale, en particulier lorsque les employeurs appartiennent &#224; des castes privil&#233;gi&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; contre l'esclavage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La persistance du travail forc&#233; ne peut &#234;tre combattue uniquement par des op&#233;rations de sauvetage. Elle n&#233;cessite des strat&#233;gies plus larges qui s'attaquent aux conditions structurelles &#224; l'origine de la vuln&#233;rabilit&#233;. La collaboration entre les universitaires, les syndicats et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile est cruciale &#224; cet &#233;gard. Les universitaires peuvent documenter et analyser les formes changeantes de coercition, tandis que les syndicats et les organisations de la soci&#233;t&#233; civile apportent des connaissances ancr&#233;es dans la r&#233;alit&#233;, issues des exp&#233;riences v&#233;cues par les travailleurs/travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La syndicalisation des travailleurs/travailleuses rev&#234;t une importance particuli&#232;re. Lorsque les travailleurs/travailleuses sont organis&#233;&#183;es, elles et ils sont mieux &#224; m&#234;me de r&#233;sister &#224; la coercition, de n&#233;gocier leurs salaires et d'exiger des comptes. L'organisation collective r&#233;duit &#233;galement l'isolement, en particulier pour les migrant&#183;es. Parall&#232;lement, des strat&#233;gies de solidarit&#233; mondiale peuvent contribuer &#224; lutter contre l'exploitation inh&#233;rente aux cha&#238;nes d'approvisionnement. Les lois sur la diligence raisonnable et les m&#233;canismes de responsabilit&#233; des entreprises peuvent aider &#224; faire remonter la responsabilit&#233; vers le haut de la cha&#238;ne, plut&#244;t que de faire peser le fardeau uniquement sur les travailleurs/travailleuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;formes syst&#233;miques doivent placer la dignit&#233; des travailleurs/travailleuses au c&#339;ur de leurs pr&#233;occupations. L'inclusion financi&#232;re, gr&#226;ce &#224; l'acc&#232;s au cr&#233;dit formel, &#224; l'assurance et &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, peut affaiblir le lien entre endettement et servitude. L'acc&#232;s &#224; la justice doit &#234;tre simplifi&#233;, avec des m&#233;canismes de plainte plus rapides et des agent&#183;es form&#233;&#183;es capables de reconna&#238;tre les formes contemporaines de coercition. Surtout, les travailleurs/travailleuses doivent &#234;tre trait&#233;&#183;es comme des titulaires de droits dot&#233;s d'autonomie, et non simplement comme les b&#233;n&#233;ficiaires d'op&#233;rations de sauvetage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les cas de sauvetage de travailleurs/travailleuses asservi&#183;es &#233;voqu&#233;s ici montrent comment l'esclavage moderne en Inde est ancr&#233; dans les r&#233;alit&#233;s quotidiennes du travail informel. La pr&#233;carit&#233;, la migration et l'exclusion fond&#233;e sur le syst&#232;me des castes s'entrecroisent pour cr&#233;er des conditions o&#249; la coercition devient la norme. Malgr&#233; des cadres juridiques solides, la faiblesse de l'application de la loi et la fragmentation des march&#233;s du travail permettent &#224; l'esclavage de perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre l'esclavage moderne, il faut donc aller au-del&#224; des interventions ponctuelles et adopter des approches durables, fond&#233;es sur la solidarit&#233;, qui s'attaquent &#224; la vuln&#233;rabilit&#233; structurelle. En renfor&#231;ant l'organisation des travailleurs,/travailleuses l'application de la loi et la protection sociale, il est possible de briser les circuits qui m&#232;nent de la pr&#233;carit&#233; &#224; la servitude. La lutte contre l'esclavage moderne est en fin de compte une lutte pour la dignit&#233;, la s&#233;curit&#233; et la justice dans le travail informel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vishal Jairam Kamble&lt;br class='autobr' /&gt;
Vishal Jairam Kamble est responsable de la protection des travailleurs/travailleuses &#224; la Fondation Jan Sahas (Le Courage du Peuple) ; il a suivi en 2019 le programme &#171; Politiques du travail et mondialisation &#187; (LPG) de l'Universit&#233; mondiale du travail (GLU) et a auparavant travaill&#233; pour l'Aajeevika Bureau ainsi que pour d'autres organisations indiennes sp&#233;cialis&#233;es dans les questions sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://globallabourcolumn.org/2026/05/13/from-precarity-to-bondage-in-indias-informal-economy/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;https://globallabourcolumn.org/2026/05/13/from-precarity-to-bondage-in-indias-informal-economy/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
traduit par DE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bales, K. (2016) Blood and Earth : Modern Slavery, Ecocide, and the Secret to Saving the World, New York : Spiegel &amp; Grau.&lt;br class='autobr' /&gt;
Barrientos, S. (2013) &#8216;Labour chains : analysing the role of labour contractors in global production networks', Journal of Development Studies, 49(8).&lt;br class='autobr' /&gt;
International Labor Organization (ILO) (2017) Global Estimates of Modern Slavery : Forced Labour and Forced Marriage, Geneva : ILO.&lt;br class='autobr' /&gt;
International Labor Organization (ILO) (2018) Women and Men in the Informal Economy : A Statistical Picture, 3rd edn, Geneva : ILO.&lt;br class='autobr' /&gt;
Srivastava, R. (2019) Understanding Circular Migration in India, New Delhi : Institute for Human Development.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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