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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>La doctrine de L&#233;on XIV sur l'IA lue par le j&#233;suite qui a conseill&#233; Fran&#231;ois</title>
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		<dc:date>2026-06-02T10:31:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Gressani</dc:creator>


		<dc:subject>08_04 - 4 ou 8 articles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2026-06-02</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

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&lt;p&gt;Antonio Spadaro &#8212; Cent trente-cinq ans apr&#232;s Rerum Novarum, l'&#201;glise du premier pape am&#233;ricain prend position dans le d&#233;bat sur l'avenir de l'humanit&#233; au temps de l'intelligence artificielle, avec une encyclique qui s'attaque au transhumanisme, au colonialisme num&#233;rique et &#224; la nouvelle religion de la Silicon Valley. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une premi&#232;re lecture de Magnifica Humanitas &lt;br class='autobr' /&gt; 25 mai 2026 | tir&#233; du site Le grand continent &lt;br class='autobr' /&gt;
Le pape L&#233;on XIV vient de publier l'encyclique Magnifica Humanitas &#171; sur la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH117/pape_et_ia-3086b.png?1780396312' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='117' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Antonio Spadaro &#8212; Cent trente-cinq ans apr&#232;s Rerum Novarum, l'&#201;glise du premier pape am&#233;ricain prend position dans le d&#233;bat sur l'avenir de l'humanit&#233; au temps de l'intelligence artificielle, avec une encyclique qui s'attaque au transhumanisme, au colonialisme num&#233;rique et &#224; la nouvelle religion de la Silicon Valley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une premi&#232;re lecture de &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;25 mai 2026 | tir&#233; du site &lt;a href=&#034;https://legrandcontinent.eu/fr/2026/05/25/spadaro-magnifica-humanitas/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le grand continent&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le pape L&#233;on XIV vient de publier l'encyclique &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; &#171; sur la protection de la personne humaine &#224; l'&#232;re de l'intelligence artificielle &#187;. Vous avez travaill&#233; depuis longtemps sur le volet th&#233;ologico-num&#233;rique. Pourquoi ouvrir aujourd'hui ce chantier 1 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Antonio Spadaro :&lt;/strong&gt; Que cela nous plaise ou non, il est de fait ouvert. L'intelligence artificielle ne frappe pas &#224; la porte, elle est d&#233;j&#224; entr&#233;e dans la maison. On ne parle plus d'un simple ensemble d'outils mais d'un environnement mental, culturel et spirituel qui est devenu l'air que nous respirons, le code qui structure notre fa&#231;on de penser et de croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclique &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; na&#238;t de cette prise de conscience : on ne peut pas attendre que ces processus soient achev&#233;s pour se prononcer &#224; leur sujet. L&#233;on XIV l'exprime avec la force d'une image biblique : nous avons le choix entre la tour de Babel et la reconstruction de J&#233;rusalem. C'est maintenant qu'il nous faut faire preuve de discernement car, comme le souligne le document en citant Laudato Si' &#171; jamais l'humanit&#233; n'a eu autant de pouvoir sur elle-m&#234;me &#187; (&#167;4).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ensuite une raison li&#233;e au calendrier symbolique et doctrinal. L'encyclique a &#233;t&#233; sign&#233;e le 15 mai 2026, soit exactement 135 ans apr&#232;s Rerum novarum de L&#233;on XIII. C'est une revendication de continuit&#233; et de rupture qui n'a rien d'une co&#239;ncidence. Tout comme Rerum novarum r&#233;pondait &#224; la question ouvri&#232;re de la premi&#232;re r&#233;volution industrielle, Magnifica Humanitas r&#233;pond aux res novae de la r&#233;volution num&#233;rique. Le parall&#232;le est m&#233;thodologique : ce que L&#233;on XIII a fait pour le salaire, le temps de travail et le droit d'association des travailleurs, L&#233;on XIV le fait pour la dignit&#233; de la personne &#224; l'&#232;re de l'algorithme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ouvrir cette discussion au sein de l'&#201;glise catholique ? Quelles sont les ambitions et les limites de cette encyclique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille de l'&#233;lection du pape, j'&#233;crivais dans La Repubblica que l'intelligence artificielle serait le d&#233;fi que le futur pontife devrait relever non seulement pour l'&#201;glise, mais aussi pour l'humanit&#233; tout enti&#232;re. J'ajoutais qu'il devrait le faire &#224; une &#233;poque o&#249; celle-ci n'est plus seulement un outil, mais un &#233;cosyst&#232;me : elle impr&#232;gne la vie quotidienne, conditionne la pens&#233;e, fa&#231;onne le d&#233;sir et remet en question l'humain lui-m&#234;me. Et je concluais en &#233;crivant qu'il fallait une intelligence qui ne banalise pas la foi en adoptant la grammaire des codes &#233;thiques de start-upers mais qui sache vraiment interroger le sens de la vie &#224; l'&#232;re des donn&#233;es et des algorithmes. Je suis heureux de ne pas avoir &#233;t&#233; d&#233;menti dans mes pr&#233;visions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise ne se prononce pas sur l'IA parce qu'elle pr&#233;tend avoir une comp&#233;tence technique. Elle intervient parce que la question technologique est, fondamentalement, une question spirituelle. Il ne s'agit pas seulement d'&#233;valuer ce que la technologie fait &#224; l'homme, mais ce qu'elle fait de l'homme : comment elle modifie notre fa&#231;on de percevoir la r&#233;alit&#233;, de nous relier les uns aux autres, voire de croire. &#192; notre &#233;poque, la v&#233;ritable question n'est pas de savoir si l'intelligence artificielle pourra devenir humaine, mais si l'intelligence humaine pourra rester humaine. Cette question est anthropologique, donc th&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ambition de &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; est immense : offrir un cadre de principes &#8212; dignit&#233;, bien commun, destination universelle des biens, subsidiarit&#233;, solidarit&#233;, justice sociale &#8212; qui ne soit pas une liste morale artificielle, mais une grammaire pour lire la transformation en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; limite &#187; vertueuse, d'ailleurs honn&#234;tement d&#233;clar&#233;e par le document lui-m&#234;me, est que l'&#201;glise n'offre pas de &#171; parole d&#233;finitive &#187; sur des questions sp&#233;cifiques, mais des crit&#232;res de discernement. C'est la diff&#233;rence entre ceux qui pr&#233;tendent donner des r&#233;ponses toutes faites et ceux qui accompagnent un processus de jugement communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi consiste la nouvelle doctrine de L&#233;on XIV sur le num&#233;rique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; n'ajoute pas l'IA comme appendice th&#233;matique &#224; la doctrine sociale de l'&#201;glise. L'encyclique fait quelque chose de bien plus radical : elle reconna&#238;t que la transformation num&#233;rique interpelle de l'int&#233;rieur les cat&#233;gories m&#234;mes de la doctrine sociale et en demande un d&#233;veloppement suppl&#233;mentaire. C'est tout le sens du paragraphe 17 : &#171; l'intelligence artificielle doit &#234;tre comprise non pas comme un th&#232;me annexe, ni comme une urgence &#224; g&#233;rer, mais comme une transformation qui interpelle de l'int&#233;rieur les cat&#233;gories de la Doctrine sociale et en r&#233;clame un d&#233;veloppement suppl&#233;mentaire dans la fid&#233;lit&#233; &#224; l'&#201;vangile. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaut&#233;s doctrinales les plus importantes sont au moins au nombre de cinq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premi&#232;rement : l'IA n'est pas moralement neutre, tout artefact technique comporte des choix et des priorit&#233;s (&#167; 104). Deuxi&#232;mement : la subsidiarit&#233; est red&#233;finie pour le monde num&#233;rique, o&#249; le &#171; niveau sup&#233;rieur &#187; n'est plus l'&#201;tat mais les grandes plateformes technologiques qui fixent les conditions d'acc&#232;s &#224; la vie publique (&#167; 71). Troisi&#232;mement : les donn&#233;es sont reconnues comme faisant partie de la destination universelle des biens &#8212; brevets, algorithmes, infrastructures num&#233;riques sont des biens qui ne peuvent rester concentr&#233;s entre les mains de quelques-uns (&#167; 67). Quatri&#232;mement : le document introduit le concept de &#171; d&#233;sarmement de l'IA &#187; : soustraire cette technologie &#224; la logique de la comp&#233;tition arm&#233;e, qui n'est plus seulement militaire mais aussi &#233;conomique et cognitive (&#167; 110). Cinqui&#232;mement : le colonialisme num&#233;rique est identifi&#233; comme une nouvelle forme d'extraction non plus seulement des ressources naturelles, mais aussi des donn&#233;es sanitaires, des profils &#233;pid&#233;miologiques, des cartes g&#233;n&#233;tiques. Ce sont l&#224; les &#171; nouvelles &#8216;terres rares' du pouvoir &#187; (&#167; 178).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquer le titre de l'encyclique ? Quelles en sont les sources scripturaires et philosophiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce titre se d&#233;ploie dans une double r&#233;sonance. D'une part, il renvoie au Magnificat de Marie, le cantique de la Vierge qui voit le dessein de Dieu renverser les logiques du pouvoir, &#233;lever les humbles, renvoyer les riches les mains vides. La conclusion de l'encyclique s'articule enti&#232;rement autour du Magnificat en tant que programme spirituel et politique. D'autre part, il affirme la &#171; magnifique humanit&#233; &#187; cr&#233;&#233;e par Dieu et r&#233;v&#233;l&#233;e dans sa pl&#233;nitude en Christ, une humanit&#233; qu'aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur (&#167; 15).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sources philosophiques sont multiples. La ligne augustinienne est forte : les &#171; deux cit&#233;s &#187; et les &#171; deux amours &#187; structurent ainsi le troisi&#232;me chapitre. On y trouve Guardini, avec son avertissement sur l'homme moderne non &#233;duqu&#233; &#224; l'usage juste du pouvoir (n&#167; 93). On y croise &#233;galement Hannah Arendt, cit&#233;e au sujet de la dissolution de la distinction entre fait et fiction comme pr&#233;misse du totalitarisme (&#167; 134). Au total, la trame est d'inspiration thomiste dans sa structure &#8212; la gr&#226;ce qui &#233;l&#232;ve la nature, la &#171; distance infinie &#187; entre notre nature et la vie de Dieu (&#167; 127) &#8212;, mais dans une tonalit&#233; narrative et biblique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi s'agit-il d'un changement par rapport aux positions d&#233;finies par la note Antiqua et Nova de janvier 2025 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette note produite par le Dicast&#232;re pour la Doctrine de la Foi en collaboration avec le Dicast&#232;re pour la Culture et l'&#201;ducation &#233;tait un document d'orientation, qui distinguait l'intelligence humaine de l'intelligence artificielle et posait les bases &#233;thiques du d&#233;bat. Magnifica Humanitas passe &#224; un niveau sup&#233;rieur : d'un document &#233;manant de dicast&#232;res &#224; une encyclique papale, elle rev&#234;t le plus haut poids magist&#233;riel dans le registre de l'enseignement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre diff&#233;rence tient &#224; l'ampleur et &#224; l'ambition. Antiqua et nova analysait l'IA. Magnifica Humanitas l'inscrit dans une vision globale de la doctrine sociale, la relie explicitement &#224; la question de la guerre, des armes autonomes, du travail, de l'&#233;ducation, des nouvelles formes d'esclavage. Surtout, elle introduit un &#233;l&#233;ment fondamental : la critique structurelle de la concentration du pouvoir entre les mains d'acteurs priv&#233;s transnationaux, qui red&#233;finissent les conditions d'acc&#232;s &#224; la vie publique (&#167; 95). L'encyclique est donc plus politique, plus g&#233;opolitique mais aussi plus conflictuelle que la note.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se situe-t-elle par rapport &#224; l'histoire des prises de position du Saint-Si&#232;ge vis-&#224;-vis du num&#233;rique depuis Jean-Paul II ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise n'a jamais &#233;t&#233; &#233;trang&#232;re &#224; la question technologique. D&#232;s 1963, Inter mirifica parlait des technologies de la communication comme de &#171; merveilleuses d&#233;couvertes &#187; qui touchent l'esprit humain. Et Paul VI, le 19 juin 1964, s'adressant au Centre d'automation de l'Aloisianum de Gallarate dirig&#233; par les j&#233;suites, a prononc&#233; des mots extraordinaires sur la mani&#232;re dont &#171; le cerveau m&#233;canique vient en aide au cerveau spirituel &#187; et sur la fa&#231;on dont l'effort visant &#224; insuffler aux instruments m&#233;caniques le reflet des fonctions spirituelles est &#171; &#233;lev&#233; &#224; un service qui touche au sacr&#233; &#187;. &#192; notre &#233;poque, la crainte est qu'avec l'intelligence artificielle, il se passe exactement le contraire : que ce soit le reflet des instruments m&#233;caniques qui s'insuffle dans le cerveau spirituel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'appuyant sur cela, Magnifica Humanitas fait un bond qualitatif. Jean-Paul II parlait des m&#233;dias, Beno&#238;t XVI du continent num&#233;rique, Fran&#231;ois du paradigme technocratique et de l'IA au G7. L&#233;on XIV int&#232;gre l'IA dans la structure m&#234;me de la doctrine sociale, non pas comme un th&#232;me suppl&#233;mentaire, mais comme une lentille &#224; travers laquelle repenser tous les principes, du bien commun &#224; la justice sociale. C'est la premi&#232;re encyclique qui consacre des pages syst&#233;matiques &#224; l'IA et &#224; la r&#233;volution num&#233;rique en tant que question centrale de la coexistence humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rerum novarum entrait concr&#232;tement dans le sujet des salaires et des horaires de travail. Quels sont les &#233;l&#233;ments les plus concrets de Magnifica Humanitas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclique ne se limite pas aux principes. Je rel&#232;verais six passages pr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le travail, elle contient la d&#233;nonciation du fait que l'IA peut d&#233;qualifier les travailleurs, les soumettre &#224; une surveillance automatis&#233;e et les rel&#233;guer &#224; des fonctions rigides et r&#233;p&#233;titives, et la demande que toute introduction de l'automatisation s'accompagne de mesures v&#233;rifiables de protection de l'emploi et de requalification (&#167;&#167; 150-156). En mati&#232;re d'&#233;ducation, elle formule la proposition de nous former &#224; &#171; je&#251;ner de l'IA &#187; et de prot&#233;ger les jeunes de la &#171; s&#233;duction subtile qui fait para&#238;tre inutile la pens&#233;e humaine &#187; (&#167; 140). Concernant les mineurs, elle demande des interventions l&#233;gislatives fixant des limites d'&#226;ge pour l'acc&#232;s aux appareils num&#233;riques et responsabilisant les fournisseurs de services (&#167; 142). Sur la finance, elle d&#233;nonce le fait que la rente du capital risque de se substituer au revenu du travail (&#167; 160). Sur les armes, elle affirme le principe selon lequel la d&#233;cision l&#233;tale ne peut &#234;tre d&#233;l&#233;gu&#233;e &#224; des processus automatis&#233;s et doit rester sous un contr&#244;le humain effectif (&#167; 200). Enfin, sur l'esclavage, elle d&#233;nonce le travail invisible de millions de personnes &#8212; &#233;tiquetage de donn&#233;es, mod&#233;ration de contenus, extraction de terres rares &#8212; demande pardon pour le retard historique de l'&#201;glise &#224; condamner l'esclavage (&#167;&#167; 173-176).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Y a-t-il des risques li&#233;s &#224; une mauvaise interpr&#233;tation de ce texte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vois deux &#233;cueils possibles. D'une part, que les catholiques lisent le texte comme un manuel de r&#233;ponses et non comme ce qu'il est : une invitation au discernement. D'autre part, que les la&#239;cs le rejettent comme une ing&#233;rence confessionnelle. C'est la raison pour laquelle L&#233;on XIV a &#233;t&#233; tr&#232;s attentif au registre utilis&#233;. L'encyclique s'adresse explicitement &#171; &#224; tous les hommes et toutes les femmes de bonne volont&#233; &#187; avec la formule johannique de Pacem in terris. Les principes qu'elle propose &#8212; dignit&#233; inali&#233;nable, bien commun, justice sociale, subsidiarit&#233; &#8212; ne sont pas confessionnels : ils sont l'h&#233;ritage d'une tradition de pens&#233;e qui dialogue avec la raison. En citant Arendt, Guardini, Platon, Frankl, et m&#234;me Tolkien, le texte construit un langage commun. Le fondement th&#233;ologique est l&#224; et il est solide &#8212; l'Incarnation comme crit&#232;re anthropologique &#8212;, mais la structure argumentative est accessible &#224; quiconque prend au s&#233;rieux la question de savoir ce que signifie &#234;tre humain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'agit-il de nouveaux probl&#232;mes pos&#233;s par la r&#233;volution de l'IA ou d'une nouvelle reformulation des r&#233;ponses dans l'histoire mill&#233;naire du christianisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux, et l'encyclique le reconna&#238;t. La structure biblique &#8212; Babel et J&#233;rusalem &#8212; montre que la tentation de la domination et la possibilit&#233; d'une reconstruction commune sont des constantes anthropologiques. Mais les nouveaux probl&#232;mes sont bien r&#233;els : l'opacit&#233; des algorithmes, la simulation de la relation humaine par un chatbot, la possibilit&#233; de d&#233;l&#233;guer &#224; une machine la d&#233;cision de tuer, la cr&#233;ation de deepfakes, le colonialisme des donn&#233;es de sant&#233; sont autant de ph&#233;nom&#232;nes sans pr&#233;c&#233;dent. Le point d&#233;cisif est que l'IA n'est pas un probl&#232;me &#224; r&#233;soudre, mais un environnement dans lequel il nous faut vivre. Il s'agit d'&#233;valuer comment la technologie modifie notre fa&#231;on de percevoir la r&#233;alit&#233;, de nouer des relations, voire de croire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclique reconna&#238;t que la question technologique est &#171; &#224; la racine, une question spirituelle &#187; : l'IA n'est pas un outil parmi d'autres mais un environnement qui restructure la conscience. Et la r&#233;ponse ne peut &#234;tre uniquement &#233;thique, elle doit &#234;tre th&#233;ologique et spirituelle. L'ann&#233;e derni&#232;re, dans un livre de dialogues que j'ai co-sign&#233; avec l'artiste Michelangelo Pistoletto, nous avions d'ailleurs consacr&#233; une session de conversation &#224; la &#171; spiritualit&#233; algorithmique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de la sc&#233;nographie de Magnifica Humanitas&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi le choix de la date de signature s'est-il port&#233; sur le 15 mai ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 15 mai 1891 &#233;tait la date choisie par L&#233;on XIII pour Rerum novarum. 135 ans plus tard, le m&#234;me jour, L&#233;on XIV a sign&#233; la Magnifica Humanitas. Le message est clair : ce pontife s'inscrit dans la lign&#233;e de son pr&#233;d&#233;cesseur &#233;ponyme et revendique pour l'IA la m&#234;me ambition syst&#233;matique que L&#233;on XIII avait pour la question ouvri&#232;re. Le nom &#171; L&#233;on &#187; n'a pas &#233;t&#233; choisi par hasard lors du conclave. Le pape lui-m&#234;me l'a expliqu&#233; dans son premier discours aux cardinaux, en reliant explicitement la doctrine sociale de l'&#201;glise &#224; la nouvelle r&#233;volution industrielle et &#224; l'intelligence artificielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une Commission interdicast&#233;rielle sur l'intelligence artificielle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e par L&#233;on XIV le lendemain de la signature de l'encyclique. De quoi s'agit-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un organisme qui r&#233;unit des repr&#233;sentants des diff&#233;rents dicast&#232;res de la Curie romaine, avec pour mission de coordonner la r&#233;ponse du Saint-Si&#232;ge &#224; l'IA, de faciliter l'&#233;change d'informations, de promouvoir le dialogue et, aspect crucial, de r&#233;gir &#233;galement l'utilisation de l'IA au sein m&#234;me du Vatican. Ce n'est pas un groupe de r&#233;flexion : c'est un organe de gouvernance interne et de discernement institutionnel. L'encyclique elle-m&#234;me demande &#224; l'&#201;glise de v&#233;rifier en son sein les principes qu'elle propose au monde (&#167;&#167; 86-89).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment comprendre la sc&#233;nographie de la publication ce lundi 25 mai ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sentation publique apr&#232;s le week-end de la signature permet &#224; la presse internationale de couvrir le document de mani&#232;re ad&#233;quate. Mais la v&#233;ritable question porte sur la composition de la tribune. La pr&#233;sence de Christopher Olah &#8212; cofondateur d'Anthropic, l'une des entreprises les plus avanc&#233;es dans la recherche sur la s&#233;curit&#233; de l'IA &#8212; est un geste d'une grande port&#233;e. L'encyclique elle-m&#234;me lance &#171; un appel particulier &#224; ceux qui d&#233;veloppent les intelligences artificielles &#187;, reconnaissant que &#171; l'innovation technologique peut &#234;tre, d'une certaine mani&#232;re, une forme humaine de participation &#224; l'acte divin de la cr&#233;ation &#187; (&#167; 111).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fait qu'un ing&#233;nieur en IA &#8212; pas n'importe quel capitaine d'industrie &#8212; prenne place lors de la pr&#233;sentation d'une encyclique papale est un signal clair : l'&#201;glise ne s'exprime pas contre la Silicon Valley, mais bien avec ses acteurs les plus r&#233;fl&#233;chis. Anthropic est une entreprise qui a plac&#233; la s&#233;curit&#233; et l'interpr&#233;tabilit&#233; de l'IA au c&#339;ur de sa mission. L'encyclique en appelle pr&#233;cis&#233;ment &#224; cela : la transparence, la responsabilit&#233;, et ce que L&#233;on XIV appelle le &#171; d&#233;sarmement &#187; de l'IA, c'est-&#224;-dire sa soustraction &#224; la logique de la comp&#233;tition pour la restituer &#224; la pluralit&#233; des cultures humaines et des formes de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur la crise de l'am&#233;ricanisme et l'&#339;cum&#233;nisme de la haine&lt;br class='autobr' /&gt;
Parmi les g&#233;ants de la tech, beaucoup croient que le d&#233;veloppement de l'IA a lanc&#233; une course vers une forme d'intelligence g&#233;n&#233;rale qui pourrait prendre la place de Dieu. Que pense l'&#201;glise de ce ph&#233;nom&#232;ne ? Est-elle la v&#233;ritable concurrente d'OpenAI ou de Palantir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; aborde cette question de front avec sa critique du transhumanisme et du posthumanisme. C'est ce que le document appelle un &#171; archipel d'&#238;les conceptuelles diff&#233;rentes, reli&#233;es toutefois par le m&#234;me oc&#233;an de pr&#233;suppos&#233;s : la centralit&#233; de la technique et le r&#234;ve de d&#233;passer les limites de la condition humaine &#187; (&#167; 116). Le d&#233;veloppement technologique exprime une forme de d&#233;sir de &#171; transcendance &#187; par rapport &#224; la condition humaine telle qu'elle est v&#233;cue actuellement. Autrement dit, la technologie a bien une vocation spirituelle, la question est : laquelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;glise de Rome n'est pas la &#171; concurrente &#187; d'OpenAI. Mais elle est peut-&#234;tre son interlocutrice la plus radicale car elle pose la question qu'aucun laboratoire ne peut &#233;luder : le v&#233;ritable &#171; plus qu'humain &#187; ne r&#233;side pas dans l'am&#233;lioration technique mais dans la gr&#226;ce. Comme le dit l'encyclique, il existe une &#171; distance infinie &#187; entre notre nature et la vie de Dieu, et seul l'Infini qui se donne peut surmonter cette disproportion (&#167; 127). Contre le salut prom&#233;th&#233;en des acc&#233;l&#233;rationnistes, l'&#201;glise propose un accomplissement qui ne se conquiert pas mais se re&#231;oit. Ce n'est pas un signal rassurant : c'est un message subversif par rapport &#224; la m&#233;taphysique implicite de la Silicon Valley.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment se positionnent l'&#201;glise de L&#233;on XIV et la Magnifica Humanitas face &#224; l'acc&#233;l&#233;ration r&#233;actionnaire qui insuffle une &#233;nergie spectaculaire &#224; la Maison-Blanche de Donald Trump ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'encyclique ne nomme pas directement Trump, la r&#233;f&#233;rence est &#233;vidente dans plusieurs passages. Lorsqu'elle d&#233;nonce la &#171; culture de la puissance &#187; qui se nourrit de &#171; polarisations et de violences &#187; (&#167; 188) ; lorsqu'elle parle d'un &#171; faux r&#233;alisme &#187; qui pr&#233;sente la guerre comme in&#233;vitable (&#167; 205) ; lorsqu'elle critique la &#171; normalisation de la guerre &#187; et le r&#233;armement comme r&#233;ponse &#224; toute crise (&#167;&#167; 189-190) ; lorsqu'elle d&#233;mant&#232;le la logique du &#171; moi d'abord &#187; et de la construction d'une identit&#233; collective contre un ennemi, le lecteur reconna&#238;t sans difficult&#233; l'ombre de la Realpolitik trumpienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a un passage encore plus incisif, au paragraphe 133 : la d&#233;nonciation de ceux qui disposent de &#171; puissantes ressources techniques et &#233;conomiques &#187; et les utilisent pour &#171; &#224; convaincre un nombre important de personnes de ce qu'est la v&#233;rit&#233; sur l'&#234;tre humain, sur le monde, sur le sens de l'existence, sur la famille, voire sur Dieu &#187;. Le texte appelle cela un &#171; pouvoir pur, d&#233;pourvu de v&#233;rit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Steve Bannon a r&#233;cemment sign&#233; avec des personnalit&#233;s du monde &#233;vang&#233;lique une lettre proposant de fa&#231;onner l'&#232;re de l'IA &#224; travers le national-populisme. Comment l'&#201;glise fera-t-elle en sorte que &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; ne soit pas engloutie dans &#171; &lt;i&gt;Humans First&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le risque est r&#233;el mais l'encyclique le pr&#233;vient par une d&#233;marche th&#233;orique pr&#233;cise : l'humanisme qu'elle propose n'est pas ferm&#233;. Ce n'est pas la primaut&#233; de l'homme-qui-domine, mais la sauvegarde de l'homme-en-relation avec Dieu, avec les autres, avec la cr&#233;ation. C'est un &#171; anthropocentrisme situ&#233; &#187;, pour citer l'expression du pape Fran&#231;ois que L&#233;on XIV fait sienne dans la conclusion (&#167; 237). Contre le &#171; Humans First &#187; du national-populisme, Magnifica Humanitas oppose la logique du Magnificat : Dieu renverse les puissants de leurs tr&#244;nes et &#233;l&#232;ve les humbles. L'encyclique se termine par une lecture du cantique de Marie comme programme politique (&#167;&#167; 243-244). Le v&#233;ritable antidote au populisme technologique n'est donc pas une nouvelle primaut&#233; mais le renversement des hi&#233;rarchies du pouvoir. Mais ce n'est pas un hasard si le document consacre des pages d&#233;cisives aux migrants, aux femmes, aux travailleurs invisibles de la cha&#238;ne num&#233;rique, aux enfants dans les mines de terres rares.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lors du premier mandat de Trump, vous aviez employ&#233; une expression tr&#232;s dure pour qualifier l'alliance entre &#233;vang&#233;liques et catholiques aux &#201;tats-Unis : l'&#339;cum&#233;nisme de la haine. Est-il aujourd'hui devenu un &#339;cum&#233;nisme de la haine de l'IA ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; &#339;cum&#233;nisme de la haine &#187; &#8212; l'alliance entre le fondamentalisme &#233;vang&#233;lique et l'int&#233;grisme catholique qui se nourrit d'une simplification manich&#233;enne : ami-ennemi, nous-vous, bien-mal absolu &#8212; trouve en effet dans l'intelligence artificielle un multiplicateur parfait : des algorithmes qui r&#233;compensent la confrontation, des plateformes qui amplifient la polarisation, des deepfakes qui dissolvent la distinction entre vrai et faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'encyclique le reconna&#238;t lorsqu'elle met en garde contre le fait que &#171; la guerre n'est pas seulement men&#233;e, mais aussi pr&#233;par&#233;e culturellement &#224; travers des r&#233;cits simplistes, des logiques ami-ennemi, la d&#233;sinformation et la peur &#187; (&#167; 192). Et elle d&#233;crit l'&#233;mergence d'&#171; extr&#233;mismes religieux et de fanatismes identitaires &#187; qui s'allient &#224; &#171; un &#233;conomisme irrationnel &#187; (&#167; 206). Si l'&#339;cum&#233;nisme de la haine trouve dans l'IA une infrastructure technique pour s'&#233;tendre &#224; l'&#233;chelle mondiale, le risque est une forme in&#233;dite de fondamentalisme algorithmique o&#249; la haine n'a plus besoin de pr&#233;dicateurs puisqu'elle est automatis&#233;e. La r&#233;ponse de l'&#201;glise ne peut &#234;tre uniquement doctrinale : elle doit passer par une contre-culture de la rencontre, soutenue par une &#233;cologie de la communication (&#167; 137) et par une alliance &#233;ducative (&#167;&#167; 139-147).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans quelle mesure la figure de L&#233;on XIII est-elle une source d'inspiration pour L&#233;on XIV face au d&#233;fi du nouvel am&#233;ricanisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lien profond d&#233;passe le choix du nom. L&#233;on XIII ne s'est pas content&#233; d'&#233;crire Rerum novarum sur la question sociale : en 1899, il est intervenu contre l'&#171; am&#233;ricanisme &#187; avec la lettre Testem benevolentiae, d&#233;non&#231;ant la tendance de certains catholiques am&#233;ricains &#224; adapter la doctrine aux valeurs de la culture dominante &#8212; pragmatisme, individualisme, primaut&#233; de l'action sur la contemplation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, L&#233;on XIV se trouve face &#224; un nouvel am&#233;ricanisme, bien plus puissant que celui de 1899 : un am&#233;ricanisme qui ne se contente pas d'adapter la foi &#224; la culture, mais qui pr&#233;tend construire une religion civile o&#249; Dieu, la patrie et le march&#233; se fondent en un seul r&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet am&#233;ricanisme sacralise la puissance et le succ&#232;s, divinise l'efficacit&#233;, consid&#232;re la limite comme un d&#233;faut &#224; corriger. C'est exactement ce que le transhumanisme promet sur le plan technologique. &lt;i&gt;Magnifica Humanitas&lt;/i&gt; est donc, aussi, la r&#233;ponse &#224; ce nouvel am&#233;ricanisme, non pas sur le ton de la condamnation, mais avec la force d'une vision alternative : l'humanit&#233; magnifique n'est pas une humanit&#233; am&#233;lior&#233;e mais l'humanit&#233; habit&#233;e par Dieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la diff&#233;rence entre Babel et J&#233;rusalem : entre ceux qui construisent une tour pour se faire un nom et ceux qui reb&#226;tissent les murs pour que tous puissent y habiter.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Sources&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le j&#233;suite Antonio Spadaro s'int&#233;resse depuis des ann&#233;es &#224; la relation entre les technologies num&#233;riques et les questions de culture et de th&#233;ologie. Il a publi&#233; plusieurs ouvrages sur le sujet, notamment l'ouvrage pionnier Cyberteologia. Pensare il cristianesimo al tempo della rete (Vita e Pensiero, 2012) &#8212; paru en fran&#231;ais sous le titre Cyberth&#233;ologie : Penser le christianisme &#224; l'heure d'internet (Lessius, 2012) et en espagnol sous le titre Ciberteolog&#237;a. Pensar el cristianismo en tiempos de la red (Herder). Il a particip&#233; &#224; des s&#233;minaires et &#224; des congr&#232;s dans divers pays et a donn&#233; un cours sur ce th&#232;me &#224; l'Universit&#233; pontificale gr&#233;gorienne.&lt;/p&gt;
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