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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'itin&#233;rance des femmes commence souvent avant la rue</title>
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		<dc:date>2026-06-16T12:13:51Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>M&#233;lanie Fournier</dc:creator>


		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
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		<dc:subject>04_03 - 3 ou 6 articles</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous reconnaissons l'itin&#233;rance lorsqu'elle se donne &#224; voir dans la rue : un corps dehors, expos&#233;, sans adresse fixe. Cette image nous arrange presque autant qu'elle nous inqui&#232;te. Elle permet de croire que le probl&#232;me commence l&#224; o&#249; le domicile s'arr&#234;te. Or les trajectoires des femmes d&#233;jouent ce sc&#233;nario. Elles se logent souvent dans des espaces priv&#233;s, derri&#232;re des formes de stabilit&#233; apparente, l&#224; o&#249; le danger se retire du regard sans dispara&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de The conversation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Feminisme-et-LGBT-" rel="directory"&gt;F&#233;minisme et LGBT&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2026-06-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2026-06-16&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH93/capture_d_e_cran_le_2026-06-15_a_14.00_16-e079f.png?1781612070' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='93' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reconnaissons l'itin&#233;rance lorsqu'elle se donne &#224; voir dans la rue : un corps dehors, expos&#233;, sans adresse fixe. Cette image nous arrange presque autant qu'elle nous inqui&#232;te. Elle permet de croire que le probl&#232;me commence l&#224; o&#249; le domicile s'arr&#234;te. Or les trajectoires des femmes d&#233;jouent ce sc&#233;nario. Elles se logent souvent dans des espaces priv&#233;s, derri&#232;re des formes de stabilit&#233; apparente, l&#224; o&#249; le danger se retire du regard sans dispara&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://theconversation.com/litinerance-des-femmes-commence-souvent-avant-la-rue-282652&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The conversation&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour plusieurs, le dedans n'a jamais &#233;t&#233; ce sanctuaire que c&#233;l&#232;brent nos fictions domestiques. Il a parfois &#233;t&#233; le lieu m&#234;me o&#249; la menace s'installe et devient ordinaire. Avoir un toit, dans ces conditions, ne suffit pas &#224; &#234;tre en s&#233;curit&#233; ; encore faut-il que ce lieu puisse &#234;tre habit&#233; sans reconduire ce dont il devait prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mes recherches doctorales en psychologie, men&#233;es aupr&#232;s de femmes ayant connu l'itin&#233;rance et le relogement, j'&#233;tudie cet &#233;cart entre &#234;tre log&#233;e et pouvoir habiter. Il invite &#224; penser l'itin&#233;rance f&#233;minine au-del&#224; de l'absence de logement, &#224; partir d'une fragilisation du rapport au refuge lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hors de la rue, mais pas &#224; l'abri&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle passe d'un divan &#224; l'autre, accepte une chambre provisoire, reste parfois dans une relation violente ou compose avec une hospitalit&#233; qui exige quelque chose en retour. Elle n'est pas dehors. Elle n'est pourtant nulle part chez elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'on appelle &lt;a href=&#034;https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/75-006-x/2016001/article/14678-fra.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'itin&#233;rance cach&#233;e&lt;/a&gt; : non pas l'absence compl&#232;te de toit, mais l'impossibilit&#233; de disposer d'un lieu &#224; soi. Cette forme d'itin&#233;rance tient souvent &#224; une pr&#233;sence tol&#233;r&#233;e chez les autres, r&#233;vocable, conditionnelle. Et puisqu'elle se d&#233;roule dans des espaces priv&#233;s, elle demeure plus difficile &#224; reconna&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce retrait tient aussi &#224; une strat&#233;gie de survie. Si plusieurs femmes &#233;vitent la rue, ce n'est pas parce que leur situation serait moins grave, mais parce que &lt;a href=&#034;https://homelesshub.ca/resource/state-womens-housing-need-homelessness-canada/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'espace public et certains refuges peuvent devenir des lieux d'exposition&lt;/a&gt; accrue. Les recherches documentent des risques importants de victimisation, de harc&#232;lement et d'agression dans ces contextes. La fuite vers des espaces priv&#233;s fragiles constitue alors moins une solution qu'un d&#233;placement de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &lt;a href=&#034;https://cremis.ca/publications/articles-et-medias/portrait-des-femmes-en-situation-ditinerance-de-multiples-visages/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;tude sur la spirale de l'itin&#233;rance au f&#233;minin&lt;/a&gt;, une participante r&#233;sumait brutalement ce choix pi&#233;g&#233; : devoir aller &#171; chez un [homme] qui te maltraite, qui te fait tous les temps, pour avoir une adresse &#187;. La formule est dure, mais elle dit ce que les cat&#233;gories administratives peinent &#224; saisir : l'adresse peut parfois &#234;tre obtenue au prix de sa propre s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un tiers des sans-abris recens&#233;s sont des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette invisibilit&#233; a des effets tr&#232;s concrets. Les femmes apparaissent moins nombreuses dans les d&#233;nombrements de l'itin&#233;rance visible, mais elles sont fortement pr&#233;sentes dans ses &lt;a href=&#034;https://www.quebec.ca/famille-et-soutien-aux-personnes/itinerance/portrait-des-personnes-en-situation-ditinerance?&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;formes cach&#233;es&lt;/a&gt;. Ce qui &#233;chappe au regard public &#233;chappe aussi plus facilement aux m&#233;canismes de reconnaissance et d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'invisibilit&#233; devient alors une forme de preuve contre celles qu'elle efface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un angle mort d'autant plus pr&#233;occupant que m&#234;me la part visible de l'itin&#233;rance f&#233;minine augmente. &#192; Montr&#233;al, la proportion de femmes recens&#233;es en situation d'itin&#233;rance visible est &lt;a href=&#034;https://santepubliquemontreal.ca/sites/drsp/files/media/document/DRSP_Pub_2024_11_18_DenombrementItinerance_5_GroupesAge.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pass&#233;e de 23 % &#224; 29 % en quatre ans&lt;/a&gt;. Si ce chiffre ne rend pas compte de tout le ph&#233;nom&#232;ne, il suffit pourtant &#224; rappeler que cette r&#233;alit&#233; n'a rien de marginal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;pendance et dette implicite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sous-reconnaissance tient aussi &#224; une attente sociale persistante : une femme devrait pouvoir &#234;tre accueillie quelque part. Comme si les liens familiaux, amoureux ou amicaux formaient naturellement autour d'elle un filet de protection. Tant qu'elle peut dormir chez quelqu'un, sa situation reste difficile &#224; nommer. Or cette aide apparente peut masquer une d&#233;pendance fragile, une dette implicite, une impossibilit&#233; de choisir vraiment o&#249; rester.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces trajectoires correspondent rarement &#224; une rupture nette. Elles prennent plut&#244;t la forme d'arrangements qui semblent provisoirement tenir, jusqu'&#224; ce qu'ils c&#232;dent. L'itin&#233;rance f&#233;minine se loge souvent dans ce d&#233;lai : avant la rue, avant l'urgence visible, au moment m&#234;me o&#249; la survie d&#233;pend encore du maintien de liens parfois co&#251;teux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Violence dans l'enfance, d&#233;part pr&#233;coce&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant la rue, certaines violences s'installent dans l'espace m&#234;me qui aurait d&#251; faire abri. Une femme rencontr&#233;e dans une recherche sur le sens du chez-soi &lt;a href=&#034;https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S027249440500006X&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;sume cette fracture pr&#233;coce&lt;/a&gt; : &#171; Aucun des endroits o&#249; j'ai v&#233;cu avec mes parents ne ressemblait &#224; un chez-moi &#187;. Elle &#233;voque ensuite une intervention polici&#232;re dans sa chambre d'enfant, au milieu de ses jouets. Ce type de r&#233;cit montre que la maison peut cesser tr&#232;s t&#244;t d'&#234;tre associ&#233;e &#224; la protection, pour devenir un lieu d'intrusion, d'alerte ou d'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es qu&#233;b&#233;coises vont dans le m&#234;me sens : environ une personne sur 13 d&#233;clare avoir subi de la violence sexuelle de la part d'un adulte avant l'&#226;ge de 15 ans. Dans pr&#232;s de &lt;a href=&#034;https://www.inspq.qc.ca/violence-sexuelle/statistiques/jeunes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;9 cas sur 10, l'incident le plus grave avait &#233;t&#233; commis par une personne connue&lt;/a&gt; de la victime. Les d&#233;parts pr&#233;coces du domicile prennent alors un autre sens. Certaines filles ne quittent pas la maison par d&#233;sir d'autonomie, mais parce que rester devient impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La maison, cens&#233;e prot&#233;ger, devient le lieu du danger&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette exposition ne dispara&#238;t pas &#224; l'&#226;ge adulte. Apr&#232;s l'&#226;ge de 15 ans, &lt;a href=&#034;https://csf.gouv.qc.ca/article/publicationsnum/portrait-quebecoises-violence/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;une femme sur quatre rapporte avoir subi au moins une agression sexuelle&lt;/a&gt; &#8212; sans compter les agressions commises par un partenaire intime, qui sont comptabilis&#233;es s&#233;par&#233;ment. Au Qu&#233;bec, &lt;a href=&#034;https://statistique.quebec.ca/fr/communique/violence-partenaires-intimes-femmes-principales-victimes-subissent-actes-consequences-graves&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;40 % des femmes de 18 ans et plus ayant d&#233;j&#224; &#233;t&#233; dans une relation intime ou amoureuse rapportent avoir subi au moins une forme de violence&lt;/a&gt; par un partenaire intime au cours de leur vie. La violence conjugale et familiale devient ainsi l'un des chemins par lesquels l'espace domestique peut pr&#233;cipiter vers l'itin&#233;rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me n'est pas seulement que certaines femmes subissent de la violence &#224; la maison. C'est que cette violence vient pr&#233;cis&#233;ment brouiller la fonction symbolique du domicile : le lieu cens&#233; prot&#233;ger devient celui dont il faut se prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'itin&#233;rance f&#233;minine appara&#238;t alors moins comme une sortie brutale hors du domicile que comme la cons&#233;quence d'un abri progressivement retourn&#233; contre celles qu'il devait prot&#233;ger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avant l'appartement autonome, il faut des lieux de transitions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;alit&#233;s obligent &#224; penser l'itin&#233;rance des femmes comme un continuum, et non comme un simple passage de la rue au logement. Avant m&#234;me l'acc&#232;s &#224; un appartement autonome, il faut multiplier les lieux de transition, les centres de jour et les espaces non mixtes o&#249; les femmes peuvent retrouver un minimum d'apaisement. Ces lieux ne sont pas des solutions de second ordre : ils repr&#233;sentent parfois le premier espace o&#249; le corps n'a plus &#224; demeurer continuellement en alerte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la r&#233;ponse ne peut pas s'arr&#234;ter au seuil de l'appartement. Pour plusieurs femmes, l'acc&#232;s &#224; un lieu &#224; soi ne met pas fin &#224; l'ins&#233;curit&#233; ; il exige un accompagnement capable de reconna&#238;tre ce que l'espace domestique peut r&#233;veiller. Le logement social avec soutien communautaire, les suivis &#224; long terme et les approches fond&#233;es sur la sant&#233; relationnelle ne sont donc pas des ajouts p&#233;riph&#233;riques aux politiques d'habitation. Ils conditionnent souvent la possibilit&#233; m&#234;me de rester quelque part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il ne suffit pas de demander si une femme est log&#233;e. Il faut aussi se demander ce que ce lieu rend possible &#8212; ou impossible. Peut-elle y demeurer sans peur, sans emprise, sans dispara&#238;tre &#224; nouveau du regard social ? La rue n'est pas toujours le point de d&#233;part du danger : elle en est parfois la forme la plus visible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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