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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les femmes pour l'annulation des dettes : &#171; {Nos vies valent plus que leurs cr&#233;dits } &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-femmes-pour-l-annulation-des-dettes-Nos-vies-valent-plus-que-leurs-credits</link>
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		<dc:date>2022-11-15T07:01:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Bruneau, Christine Vanden Daelen , Tica Moreno</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les lectures f&#233;ministes de l'&#233;conomie placent la durabilit&#233; de la vie comme point de d&#233;part des analyses. Cela permet d'inverser les priorit&#233;s, d'&#233;laborer de nouvelles questions et de cr&#233;er des propositions d'alternatives. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots &lt;br class='autobr' /&gt;
Capire a interview&#233; Camille Bruneau et Christine Vanden Daelen, auteures d'un livre sur les r&#233;ponses f&#233;ministes aux dettes ill&#233;gitimes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face aux dettes croissantes des &#201;tats et des gens, cette voie a &#233;t&#233; emprunt&#233;e par le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L113xH150/arton54820-e9b5f.jpg?1781376112' class='spip_logo spip_logo_right' width='113' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les lectures f&#233;ministes de l'&#233;conomie placent la durabilit&#233; de la vie comme point de d&#233;part des analyses. Cela permet d'inverser les priorit&#233;s, d'&#233;laborer de nouvelles questions et de cr&#233;er des propositions d'alternatives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/11/08/les-femmes-pour-lannulation-des-dettes-nos-vies-valent-plus-que-leurs-credits/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Entre les lignes et les mots&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capire a interview&#233; Camille Bruneau et Christine Vanden Daelen, auteures d'un livre sur les r&#233;ponses f&#233;ministes aux dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux dettes croissantes des &#201;tats et des gens, cette voie a &#233;t&#233; emprunt&#233;e par le f&#233;minisme dans diff&#233;rentes parties du monde, et est r&#233;cup&#233;r&#233;e dans les pages du livre Nos vies valent plus que leurs cr&#233;dits &#8211; Face aux dettes, des r&#233;ponses f&#233;ministes. La dette est pr&#233;sent&#233;e comme l'un des m&#233;canismes de l'accumulation capitaliste et remise en question &#224; partir des exp&#233;riences collectives, intimes et politiques des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de l'interview pour Capire, les auteures Camille Bruneau et Christine Vanden Daelen ont rendu compte du processus collectif de construction de cette &#233;laboration, depuis les luttes contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; qui ont suivi la crise financi&#232;re de 2008-2009, en passant par les luttes &#233;cof&#233;ministes et autour de la reproduction sociale. L'&#233;criture s'est nourrie d'un dialogue avec l'&#233;volution et la diversit&#233; des luttes f&#233;ministes et du processus d'articulation du Comit&#233; pour l'Abolition des Dettes Ill&#233;gitimes (CADTM). Le livre est un instrument de lutte f&#233;ministe et internationaliste. Il apporte la puissance des actions politiques pour l'annulation des dettes et nous pr&#233;sente des issues possibles qui s'opposent &#224; la naturalisation des pi&#232;ges de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi les dettes sont-elles consid&#233;r&#233;es ill&#233;gitimes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine : Ce livre part du principe qu'on parle de dettes ill&#233;gitimes et odieuses. Que sont en gros les dettes ill&#233;gitimes ? Une dette ill&#233;gitime est une dette qui n'a pas servi &#224; financer ou &#224; r&#233;pondre aux besoins des populations. Elle a par contre directement aliment&#233; les profits et int&#233;r&#234;ts des cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, les dettes ill&#233;gitimes sont largement majoritaires, que ce soit dans les Suds ou dans le Nord. Les dettes ill&#233;gitimes s'autoalimentent les unes les autres, dans le sens o&#249; au nom de la dette, on impose aust&#233;rit&#233; et ajustement structurel qui g&#233;n&#232;rent une r&#233;cession obligeant les &#201;tats &#224; recourir toujours plus &#224; l'endettement. Les dettes ill&#233;gitimes forment ainsi un cercle vicieux qui, si on ne l'arr&#234;te pas, ne produit que saccage social, aust&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e et destruction de tout bien &#234;tre collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : Il y a, en plus, la notion de dette odieuse, c'est-&#224;-dire qu'elle n'a pas servi les int&#233;r&#234;ts de la population et ce en connaissance de cause &#8211; soit du cr&#233;ancier, soit du d&#233;biteur. Ce n'est pas juste &#171; on a fait une erreur &#187; ; si cela se passe &#224; r&#233;p&#233;tition, c'est parce que c'est devenu structurel, cela alimente le capitalisme et le renforcement des in&#233;galit&#233;s. C'est pour cette raison qu'on dit que c'est criminel. Il y a un certain nombre d'arguments et de normes juridiques qui existent pour expliquer pourquoi ces dettes ne devraient pas &#234;tre rembours&#233;es. Ils ont d&#233;j&#224; &#233;t&#233; utilis&#233;s lors de la r&#233;alisation d'audits de dettes publiques comme ce fut le cas pour l'&#201;quateur, par exemple. En droit international, il y a d'autres arguments comme les changements fondamentaux de circonstances et la force majeure par exemple. Il est donc n&#233;cessaire de d&#233;montrer que ces dettes peuvent ne pas &#234;tre pay&#233;es, et c'est &#231;a qu'on essaie de mettre en avant dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; On invite &#224; d&#233;passer le sentiment d'obligation presque &#171; morale &#187;, o&#249; l'on se dit &#171; on s'est endett&#233;.e, il fau trembourser &#187;, et de rappeler que m&#234;me juridiquement, on peut exiger l'annulation des dettes ill&#233;gitimes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment diff&#233;rents &#233;l&#233;ments du capitalisme h&#233;t&#233;ropatriarcal colonialiste, c'est-&#224;-dire, l'extraction des ressources naturelles, l'exploitation par le travail salari&#233; et le travail gratuit, s'articulent dans la logique syst&#233;mique de la dette ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : La dette est vraiment un outil de renforcement de l'accaparement et l'extraction que le capitalisme met en place pour cr&#233;er de l'accumulation. Qu'il s'agisse de r&#233;aliser des &#233;conomies via un travail gratuit ou un travail de plus en plus d&#233;valoris&#233;, ou que ce soit via une exploitation de plus en plus acc&#233;l&#233;r&#233;e et d&#233;vastatrice des ressources naturelles, ou des travailleurs et des travailleuses, la dette est l'instrument qui va permettre d'acc&#233;l&#233;rer ce processus n&#233;cessaire pour cr&#233;er l'accumulation capitaliste. C'est le r&#233;sultat d'avoir enlev&#233; toute valeur &#224; ces proc&#233;d&#233;s ; la capacit&#233; r&#233;g&#233;n&#233;ratrice de la nature, la reproduction sociale qui est effectu&#233;e en majeur partie par les femmes, mais aussi, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, par les petit.es paysan.nes, par toutes les personnes qui prennent soin du monde et des autres, et par tous les travailleurs et travailleuses des secteurs essentiels. En effet, la culture dominante, donc capitaliste et h&#233;t&#233;ropatriarcale, d&#233;valorise ces processus et activit&#233;s, ce qui justifie le fait de pouvoir les exploiter de plus en plus, et la dette va justifier le fait qu'on doit, de mani&#232;re de plus en plus rapide, extraire de la richesse de toutes ces choses qu'on consid&#232;re comme infinies, sans valeur et extensibles, pour cr&#233;er, finalement, la valeur mon&#233;taire n&#233;cessaire au remboursement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit la dette comme une continuation de la colonisation, comme un outil de colonisation continu, pas seulement du Nord envers les Suds, mais aussi de tous ces corps marginalis&#233;s, de tous ces processus. Nous, ce qu'on propose c'est, effectivement, une lecture conjointe de &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine : La dette colonise l'intime des femmes, comme le soulignent V&#233;ronica Gago, Luci Cavallero et Silvia Federici dans la pr&#233;face du livre. Il est important de comprendre &#224; quel point d&#233;sormais la dette p&#233;n&#232;tre les foyers, les communaut&#233;s, dont le bien-&#234;tre voire bien souvent la survie est une responsabilit&#233; assign&#233;e aux femmes par le patriarcat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Puisqu'au nom du remboursement de la dette publique, l'&#201;tat social et les services publics ont &#233;t&#233; d&#233;truits, toute augmentation de dette publique est synonyme d'endettement priv&#233; accru pour les femmes. De fait, pour pallier le manque de soutien public &#224; la reproduction sociale et continuer &#224; assurer vaille qui vaille la survie de leurs proches, toujours plus de femmes tombent dans la spirale infernale du surendettement. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette colonise ainsi l'intime et le quotidien des femmes qui surendett&#233;es deviennent de plus en plus insolvables et connaissent d&#232;s lors des violences sp&#233;cifiques : on parle d'esclavage par la dette et de prostitution pour dette. On voit &#224; quel point, au-del&#224; des concepts, dans l'intime des femmes, la dette a des cons&#233;quences criminelles, violentes et machistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'exemple des cas concrets dans diff&#233;rents pays est un aspect tr&#232;s int&#233;ressant du livre. Comment voyez-vous le r&#244;le des luttes contre la dette dans les diff&#233;rentes strat&#233;gies anticapitalistes des pays du Nord et des Suds ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : La dette a des cons&#233;quences tellement concr&#232;tes dans la vie des gens que, toutes les luttes peuvent, de la mani&#232;re qui leur sont la plus coh&#233;rente dans leurs contextes et dans leurs v&#233;cus, presque toujours quelque chose &#224; dire au sujet de la dette et de l'aust&#233;rit&#233;. Quand j'&#233;tais au S&#233;n&#233;gal, au s&#233;minaire sur les microcr&#233;dits, bien que chaque t&#233;moignage concernait des cas individuels et localis&#233;s de microcr&#233;dits, on pouvait quasi toujours faire le lien avec le fait que l'endettement public a augment&#233; et que c'est &#231;a qui les a emmen&#233;es aux situations tr&#232;s concr&#232;tes qu'elles vivent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mon sens, ce qui peut &#234;tre vraiment renfor&#231;ant c'est de faire justement le lien avec la dette publique, ce que nous permet, &#224; des &#233;chelles beaucoup plus internationales, d'avoir des revendications communes par rapport &#224; son annulation. Parce qu'au final ce que vivent les femmes du S&#233;n&#233;gal par rapport au microcr&#233;dit, ce n'est pas seulement &#224; cause des institutions de microfinances, mais c'est tr&#232;s intimement li&#233; aussi &#224; ce que, par exemple, en tant que belges ou fran&#231;aises, on pourrait avoir revendiqu&#233; envers nos gouvernements. On peut et on doit revendiquer la fin de l'aust&#233;rit&#233; chez nous, mais aussi exiger l'annulation des cr&#233;ances envers le S&#233;n&#233;gal par exemple. Donc, les demandes d'annulation dans d'autres pays peuvent &#234;tre traduites en exigences d'annulation chez nous aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine : J'ai eu la chance de pouvoir, ces 20 derni&#232;res ann&#233;es, avoir &#233;t&#233; en contact avec les mouvements f&#233;ministes &#224; un niveau international, europ&#233;en mais aussi en Belgique. J'ai pu voir &#224; quel point les mouvements f&#233;ministes se sont empar&#233;s de la question des dettes et comment ils ont su personnaliser les questions d'endettement. Puisque &#231;a touche les femmes pour toutes les raisons qu'on explique dans le livre, dans le quotidien d'une mani&#232;re tr&#232;s concr&#232;te, les f&#233;minismes ont pris en compte les v&#233;cus des personnes les plus impact&#233;es par les dettes et des v&#233;cus qui, parce qu'on est dans un syst&#232;me patriarcal, &#233;taient, en g&#233;n&#233;ral, invisibilis&#233;s ou non-&#233;cout&#233;s. Les mouvements f&#233;ministes ont apport&#233;, avec le temps, des r&#233;ponses parfois bien plus innovantes, surtout en termes de luttes, contre les dettes que les mouvements anti-dettes eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Est-ce que vous pouvez donner quelques exemples de ce type de r&#233;ponse f&#233;ministe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine : Par exemple, les gr&#232;ves f&#233;ministes qui ont permis de mettre en avant tout le travail invisible. Si l'on se pose la question de pourquoi ce travail est invisible, on se pose la question de quels sont les syst&#232;mes de domination qui rendent ce travail invisible et on arrive au capitalisme aliment&#233; par les dettes. Le fait d'avoir pu travailler la th&#233;matique des f&#233;minismes tout en militant pour l'annulation des dettes m'a permis de passer de pr&#233;occupations li&#233;es &#224; la &#171; macro&#233;conomie &#187; &#224; des domaines plus li&#233;s au v&#233;cu, au vivant, au personnel et aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camille : Par rapport &#224; la dette, les f&#233;minismes ont continu&#233; &#224; faire ce qu'ils ont toujours fait, c'est-&#224;-dire mettre sur la place publique et rendre collectif ce qu'on nommait priv&#233; et intime. Ils r&#233;alisent une lecture structurelle, collective et politique de la dette, comme le fait le CADTM &#233;galement. Ils permettent d'affirmer que la dette n'est pas un probl&#232;me individuel auquel il faut trouver une solution individuelle, que ce n'est pas une honte ni de la malchance ou encore une tare d&#233;coulant du fait qu'on ait mal g&#233;r&#233; son budget mal fait ses calculs, qu'on doit r&#233;gler seul.es. Ils ont su d&#233;montrer que c'est le r&#233;sultat des logiques et des d&#233;cisions politiques structurelles, qui d&#233;coulent d'une culture de domination, qui est profond&#233;ment capitaliste et h&#233;t&#233;ropatriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interview r&#233;alis&#233;e par Tica Moreno&lt;br class='autobr' /&gt;
Transcription en fran&#231;ais et traduction vers le portugais par Andr&#233;ia Manfrin Alves&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://capiremov.org/fr/entrevue/les-femmes-pour-lannulation-des-dettes-nos-vies-valent-plus-que-leurs-credits/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://capiremov.org/fr/entrevue/les-femmes-pour-lannulation-des-dettes-nos-vies-valent-plus-que-leurs-credits/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La dette : m&#233;canisme infernal au c&#339;ur de la f&#233;minisation des migrations</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dette-mecanisme-infernal-au-coeur-de-la-feminisation-des-migrations</link>
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		<dc:date>2021-03-16T07:14:31Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Impulsant partout dans son sillage une crise de la reproduction sociale, c'est-&#224;-dire une d&#233;possession des moyens n&#233;cessaires &#224; la reproduction de la vie, la dette occupe un r&#244;le central dans les parcours migratoires des femmes. Elle provoque leur d&#233;part tout en conditionnant leurs emplois dans les pays d'&#233;migration. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : CADTM infolettre , le 2021-03-09 &lt;br class='autobr' /&gt;
3 mars par Christine Vanden Daelen &lt;br class='autobr' /&gt;
Image de l'exposition &#171; Vos toilettes propres, nos propres papiers ! &#187; fait par la Ligue des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton47232-a1b00.png?1781376113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Impulsant partout dans son sillage une crise de la reproduction sociale, c'est-&#224;-dire une d&#233;possession des moyens n&#233;cessaires &#224; la reproduction de la vie, la dette occupe un r&#244;le central dans les parcours migratoires des femmes. Elle provoque leur d&#233;part tout en conditionnant leurs emplois dans les pays d'&#233;migration.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-dette-mecanisme-infernal-au-coeur-de-la-feminisation-des-migrations&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2021-03-09&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 mars par Christine Vanden Daelen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image de l'exposition &#171; Vos toilettes propres, nos propres papiers ! &#187; fait par la Ligue des travailleuses domestiques (Bruxelles)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La dette au service d'une &#233;conomie genr&#233;e et raciale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme globalis&#233;, au sein duquel le &#171; syst&#232;me dette &#187; est essentiel, exacerbe les rapports sociaux in&#233;galitaires. Il alimente et accentue tant les in&#233;galit&#233;s li&#233;es &#224; la classe sociale qu'au sexe et &#224; la &#171; race &#187;. De fait, le capitalisme est structurellement patriarcal. Il ne pourrait fonctionner sans l'exploitation du travail reproductif [1] des femmes, travail d&#233;valoris&#233;, sous-estim&#233;, invisibilis&#233; et d&#232;s lors, fort mal r&#233;mun&#233;r&#233; ou carr&#233;ment gratuit. De plus, il se fonde sur des logiques raciales &#233;tablissant un principe hi&#233;rarchique entre personnes &#171; blanches &#187; et &#171; non-blanches &#187;. Ces derni&#232;res sont assign&#233;es au-bas de l'&#233;chelle sociale et de la division du travail ce qui favorise leur exploitation &#224; outrance. Ainsi, capitalisme, patriarcat et racisme s'imbriquent et renforcent mutuellement leurs oppressions. La dette, outil majeur de consolidation de ce capitalisme patriarcal et racial, s'attaque aux populations les plus vuln&#233;rables, les plus marginalis&#233;es dont les femmes pr&#233;caires, migrantes et racis&#233;es font indubitablement partie. Elles sont ainsi sp&#233;cifiquement concern&#233;es par les mesures exig&#233;es en son nom accentuant division sexuelle et raciale du travail et violences sexistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'exil forc&#233; des femmes comme cons&#233;quence du syst&#232;me dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette n'est pas neutre au niveau du genre. Les d&#233;structurations qu'elle engendre ont des impacts sexosp&#233;cifiques poussant toujours plus de femmes &#224; quitter leurs familles, leurs communaut&#233;s, leurs villes, villages et pays non pas pour s'engager dans un projet aux potentialit&#233;s &#233;mancipatrices mais pour tenter de survivre et d'assurer leur subsistance tout comme celle de leurs proches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;mant&#232;lement de l'&#201;tat social au c&#339;ur des exigences aust&#233;ritaires a de multiples implications pour les femmes. Les privatisations et coupes budg&#233;taires impos&#233;es aux services publics et sociaux les affectent sp&#233;cifiquement comme travailleuses [2], usag&#232;res et b&#233;n&#233;ficiaires majoritaires de ces secteurs mais &#233;galement comme m&#232;res, compagnes, filles qui devront &#171; compenser &#187; la perte ou l'inaccessibilit&#233; de ces services. De fait, pour assurer les t&#226;ches de soins et d'&#233;ducation d&#233;laiss&#233;es par la fonction publique, elles n'ont pas d'autre choix que de soit diminuer leur temps de travail r&#233;mun&#233;r&#233;, soit de pr&#233;lever dans leurs maigres ressources les fonds n&#233;cessaires pour la prise en charge de leurs enfants et parents d&#233;pendants. On assiste ainsi &#224; une v&#233;ritable substitution des r&#244;les et responsabilit&#233;s essentielles de l'&#201;tat vers la sph&#232;re familiale et donc vers les femmes. Au nom de la dette publique, du concept d' &#171; &#201;tat social &#187; on passe &#224; celui de &#171; m&#232;re sociale &#187;. Assumer cette charge suppl&#233;mentaire est synonyme pour beaucoup de femmes d'int&#233;gration &#224; marche forc&#233;e aux flux migratoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; tout &#224; l'exportation &#187;, mesure phare de l'ajustement structurel, pr&#233;carise fortement les femmes et particuli&#232;rement les femmes rurales, premi&#232;res productrices et agricultrices mondiales. Bas&#233; sur un extractivisme sans limite des ressources naturelles, ce &#171; mod&#232;le &#187; prive les femmes de leurs moyens de subsistance et territoires. Progressivement, l'intensification des monocultures d'exportation, g&#233;n&#233;ralement aux mains des hommes, remplacent les cultures vivri&#232;res souvent f&#233;minines qui doivent se retirer sur des terrains marginaux. Le &#171; tout &#224; l'exportation &#187; signifie &#233;galement l'accaparement et l'exploitation intensive et extensive des terres, des rivi&#232;res, des lacs, etc. par des multinationales b&#233;n&#233;ficiant de l'aval des gouvernements et des IFI. D&#233;poss&#233;d&#233;es des moyens de production n&#233;cessaires &#224; la reproduction de leur vie, arrach&#233;es &#224; des modes de vie ant&#233;rieurs non marchands qui assuraient leur souverainet&#233; alimentaire ainsi que celle de leur famille, toujours plus de femmes rurales des Suds doivent migrer vers les villes ou les pays du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que pourvoyeuses principales des besoins de la famille, les femmes sentent plus durement les effets de l'augmentation des prix des biens de consommation courante r&#233;sultant de la d&#233;valuation des monnaies locales, de l'augmentation de la TVA ou encore de la fin de la subsidiation des produits de base, package de politiques prescrites afin d'assurer le remboursement de la dette. Pour pouvoir continuer &#224; subvenir aux besoins de base de leur famille, elles doivent, souvent au d&#233;triment de leur sant&#233; physique et mentale, augmenter toujours plus leur travail gratuit et/ou avoir recours &#224; l'endettement priv&#233;. Ce n'est pas un hasard si le microcr&#233;dit, ayant comme cible favorite les femmes, s'est extr&#234;mement d&#233;velopp&#233; au sein des &#233;conomies ajust&#233;es [3]. Pour &#233;chapper &#224; leurs cr&#233;anciers, certaines d'entre elles quitteront leur lieu de vie et communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands projets extractivistes soutenus par les IFI (cf. l'agroalimentaire, l'exploitation mini&#232;re ou &#233;nerg&#233;tique &#224; grande &#233;chelle, &#8230;) n'h&#233;sitent pas faire appel &#224; des groupes arm&#233;s pour &#171; prot&#233;ger &#187; les sites qu'ils s'accaparent. Ces &#171; hommes en armes &#187; exercent fr&#233;quemment des violences sexuelles contre les femmes pour les pousser elles et leurs familles &#224; quitter les territoires et ressources convoit&#233;es. Souvent en premi&#232;re ligne de la r&#233;sistance face &#224; ces m&#233;gaprojets, les femmes se confrontent &#224; une violence r&#233;pressive de haute intensit&#233;. L'augmentation des d&#233;penses militaires financ&#233;es par la dette accentue &#233;galement les violences sp&#233;cifiques &#224; l'&#233;gard des femmes souvent utilis&#233;es comme &#171; butin de guerre. &#187; Migrer constitue pour ces femmes souvent le seul moyen d'&#233;chapper &#224; ces violences multiformes, de sauver leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Des chemins d'&#233;migration cadenass&#233;s par la dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein d'un capitalisme toujours plus mondialis&#233;, les femmes migrantes (avec ou sans-papier) sont les travailleuses majoritaires de secteurs d'emplois dont le d&#233;veloppement est intrins&#232;quement li&#233; aux politiques de la dette. Focus sur deux d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ZLE : Zones de libre-&#233;change ou de libre exploitation des femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La prolif&#233;ration de ces zones de libre-&#233;change (aussi appel&#233;es &#171; zones franches &#187;) est l'une des cons&#233;quences directes de la dissolution de toute r&#232;glementation du travail, de toute r&#233;gulation, promue par les IFI. Elles attirent massivement les multinationales profitant d'une main d'&#339;uvre &#224; tr&#232;s bas salaire essentiellement f&#233;minine et &#171; exploitable &#224; gogo &#187;. Dans ces usines d'exportation (essentiellement du textile et de l'&#233;lectronique) vers le Nord global, les conditions de travail s'apparentent &#224; de l'esclavage moderne [4], les travailleuses mettant en danger leur sant&#233; pour des salaires qui leur permettent &#224; peine de survivre. Lorsqu'elles s'organisent et revendiquent, les entreprises les licencient et/ou d&#233;localisent vers de nouvelles zones laissant sur le carreau des millions de personnes. Que ces emplois &#224; obsolescence ultrarapide et aux conditions de travail effroyables suscitent de fort importants flux de migrations f&#233;minines rurales et internationales est r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tendue de la mis&#232;re qu'elles fuient ou &#224; laquelle elles tentent de suppl&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes au service de la reproduction sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction de l'&#201;tat social l&#224; o&#249; il existait, impliquant coupes budg&#233;taires, marchandisation et privatisation des services publics n&#233;cessaires &#224; la reproduction de la vie (les soins, l'enseignement, la petite enfance, les secteurs sociaux) entraine un appel de travailleuses des Suds charg&#233;es d'y assurer la reproduction sociale. Les emplois la garantissant [5], qu'ils soient formels ou non, sont syst&#233;matiquement d&#233;valoris&#233;s car naturalis&#233;s comme &#171; f&#233;minins &#187;, consid&#233;r&#233;s comme n'&#233;tant pas du &#171; v&#233;ritable travail &#187; et d&#232;s lors, mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, flexibles et pr&#233;caires. Fort peu attractifs pour les travailleuses nationales qui tentent de r&#233;sister, ils forment une niche d'emplois pour des femmes se situant &#224; l'imbrication des oppressions de classe, de sexe et de &#171; race &#187; : les femmes migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein de la sph&#232;re priv&#233;e, face &#224; la p&#233;nurie ou &#224; l'inaccessibilit&#233; de services publics et de protection sociale, au refus persistant des hommes de partager les t&#226;ches domestiques et au vieillissement rapide de la population, pour sauvegarder leur acc&#232;s au travail r&#233;mun&#233;r&#233;, les femmes qui financi&#232;rement le peuvent, externalisent le surplus de travail de reproduction sociale vers les femmes migrantes. Ces derni&#232;res confient &#224; leur tour &#224; des femmes plus pauvres et/ou plus vuln&#233;rables qu'elles le travail reproductif qu'elles ne peuvent plus fournir au sein de leurs familles. On assiste ainsi &#224; ce que les f&#233;ministes ont nomm&#233; la &#171; chaine globale du Care &#187; qui maintient l'ordre des dominations et la structure capitaliste patriarcale et raciale qu'il sert &#224; plein r&#233;gime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour conclure, notons que le cynisme du &#171; syst&#232;me dette &#187; est sans limite : les femmes migrant pour pallier la crise de la reproduction sociale orchestr&#233;e par l'ajustement structurel dont l'exploitation est devenue cruciale pour sauvegarder l'entretien de la vie au Nord, sont des pourvoyeuses nettes de devises pour leurs pays d'origine, devises dont une partie sert &#224; rembourser la dette ou &#224; contracter de nouveaux pr&#234;ts&#8230; La spirale infernale de la dette atteint ainsi son paroxysme et d&#233;montre combien toute strat&#233;gie d'&#233;mancipation gagne &#224; inclure dans ses revendications l'abolition des dettes ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Notes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Le travail reproductif englobe tout le travail accompli pour reproduire la vie humaine. Dans une perspective capitaliste, il se rapporte aux soins n&#233;cessaires &#224; prodiguer &#224; une personne afin qu'elle soit en capacit&#233; de travailler. Ce travail de (re)production de la force de travail est indispensable au capitalisme : sans lui il n'y a ni production ni reproduction des marchandises et d&#232;s lors pas d'accumulation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Globalement, les femmes composent les 2/3 des travailleurs/euses des secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation et des services sociaux mais surtout aux postes &#171; subalternes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Pour une analyse critique de la microfinance : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/microcredit-1538?lang=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/microcredit-1538?lang=fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Journ&#233;es de travail de plus de 12h sans r&#233;elle pause, se prolongeant bien souvent la nuit, avec des heures de travail suppl&#233;mentaires impos&#233;es, dans le bruit, l'insalubrit&#233; avec un faible &#233;clairage, r&#232;glements tr&#232;s s&#233;v&#232;res, amendes, fouilles corporelles, tests de grossesse obligatoires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Regroupant les secteurs des services des soins, du travail domestique et sexuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Vanden Daelen Permanente au CADTM Belgique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand la Banque mondiale s'int&#233;resse aux femmes&#8230;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quand-la-Banque-mondiale-s-interesse-aux-femmes</link>
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		<dc:date>2021-03-09T08:42:52Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-03-09</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors qu'&#224; la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration des PAS (Plans d'ajustements structurels), la Banque mondiale &#233;tait on ne peut plus indiff&#233;rente aux r&#244;les des femmes dans les &#233;conomies qu'elle soumettait ainsi qu'aux cons&#233;quences ravageuses de ses politiques sur les conditions de (sur)vie m&#234;me des femmes, dans les ann&#233;es 1990, cette institution s'employa &#224; apparaitre comme &#233;tant d&#233;sormais un r&#233;el instrument de leur &#233;mancipation. &lt;br class='autobr' /&gt; 26 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen tir&#233; de : CADTM infolettre , le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-28-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-03-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-03-09&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH58/arton47092-4bc67.jpg?1781376113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='58' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors qu'&#224; la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration des PAS (Plans d'ajustements structurels), la Banque mondiale &#233;tait on ne peut plus indiff&#233;rente aux r&#244;les des femmes dans les &#233;conomies qu'elle soumettait ainsi qu'aux cons&#233;quences ravageuses de ses politiques sur les conditions de (sur)vie m&#234;me des femmes, dans les ann&#233;es 1990, cette institution s'employa &#224; apparaitre comme &#233;tant d&#233;sormais un r&#233;el instrument de leur &#233;mancipation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;26 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen&lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Quand-la-Banque-mondiale-s-interesse-aux-femmes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2021-03-02&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question du genre devient omnipr&#233;sente dans toutes ses &#233;laborations et projets&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semblant d&#233;sormais tr&#232;s soucieuse de prendre en compte la situation sp&#233;cifique des femmes et d'accroitre leurs possibilit&#233;s de choix, la BM leur &#171; consacra &#187; une multitude de programmes et de pr&#234;ts. Elle ordonna quantit&#233; de projets de formation professionnelle pour les &#171; &lt;i&gt; femmes &#224; faibles revenus &lt;/i&gt; &#187;, de modernisation de l'enseignement int&#233;grant la question de l'&#233;galit&#233; entre les filles et les gar&#231;ons, d'am&#233;lioration de la nutrition, de planning familial ou encore d'aides &#224; la production et la &#171; &lt;i&gt; participation &#233;conomique des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Comment expliquer ce revirement, ce nouvel engouement de la Banque mondiale pour les femmes et les conditions de leur &#233;mancipation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pression des mouvements de contestation aux PAS&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Ne nous leurrons pas ! L'int&#233;gration de la dimension du genre &#224; toutes ses actions et projections n'est certes pas l'expression d'une volont&#233; de la Banque mondiale de spontan&#233;ment lutter contre les innombrables discriminations qui p&#232;sent sur les femmes mais constitue bien plus une des pi&#232;ces maitresses d'une op&#233;ration de communication visant restaurer sa l&#233;gitimit&#233; bien &#233;corn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous la pression de mouvements populaires d'opposition aux PAS, les experts de la BM ont bien &#233;t&#233; contraints d'admettre que les strat&#233;gies d'ajustement des '80 avaient totalement &#233;chou&#233;es. Elles n'ont r&#233;ussi qu'&#224; installer des r&#233;cessions durables allant de pair avec une aggravation des in&#233;galit&#233;s et de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors, afin de recr&#233;er un consensus autour des mesures d'ajustement, d'endiguer et de r&#233;cup&#233;rer le m&#233;contentement contre le nouvel ordre &#233;conomique n&#233;olib&#233;ral r&#233;v&#233;l&#233; par des luttes sociales massives et spectaculaires (telles que les mobilisations de Seattle, la cr&#233;ation des FSM &#224; Porto Alegre, la premi&#232;re Marche mondiale des Femmes men&#233;e contre les politiques des IFI &#224; New York en 2000, les actions du mouvement zapatiste au Mexique ou encore du mouvement des sans terre (MST) au Br&#233;sil), la Banque mondiale d&#233;veloppe la th&#233;matique du fameux &#171; d&#233;veloppement participatif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De quoi s'agit-il ? En associant la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; &#224; la r&#233;alisation des Documents strat&#233;giques de r&#233;duction de la pauvret&#233; (DSRP), documents conditionnant l'allocation d'un pr&#234;t par la BM, la Banque va r&#233;ussir &#224; cr&#233;er l'illusion de leur participation aux politiques de &#171; d&#233;veloppement &#187; n&#233;olib&#233;ral qu'elle impose. Pourquoi s'agit-il d'une illusion participative ? : Les marges de man&#339;uvre de la &#171; soci&#233;t&#233; civile &#187; dans l'&#233;laboration des DSRP sont proportionnelles aux diktats et volont&#233;s de la BM qui aura toujours le dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre astuce, et non des moindres, de la doctrine du &#171; d&#233;veloppement participatif &#187; : ce dispositif permet &#224; la Banque de r&#233;cup&#233;rer l'activit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile. Cette soci&#233;t&#233; civile est compos&#233;e d'ONG, d'associations de terrain, de comit&#233;s de quartier et de voisinage dans lesquels on retrouve bon nombre de femmes et d'organisations f&#233;minines et/ou f&#233;ministes qui assurent &#224; bon compte une grande partie des t&#226;ches sanitaires et &#233;ducatives que l'&#201;tat ne remplit plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons que toute tentative de r&#233;cup&#233;ration est r&#233;v&#233;latrice d'un rapport de force : on ne r&#233;cup&#232;re que ce qui para&#238;t mena&#231;ant et subversif. En ce sens, si la tentative de r&#233;cup&#233;ration par les IFI des mouvements de lutte des femmes d&#233;montre qu'elles repr&#233;sentent d&#233;sormais, tout comme la probl&#233;matique du genre, une force et une composante incontournable, elle ne demeura pas sans cons&#233;quence pour la radicalit&#233; initiale (transformation structurelle) du projet f&#233;ministe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, sous couvert de rendre le &#171; d&#233;veloppement &#187; &#171; durable &#187; et &#171; genr&#233; &#187;, la Banque mondiale esp&#232;re incorporer les femmes et les mouvements f&#233;ministes au processus, &#224; les faire rouler pour la mondialisation n&#233;olib&#233;rale [1]. Ce faisant, les IFI b&#233;n&#233;ficient de la l&#233;gitimit&#233; morale du mouvement des femmes et surtout profitent de leur &#233;nergie, si longtemps non reconnue qu'aujourd'hui elle semble in&#233;puisable. L'instrumentalisation des femmes et de leurs mouvements constitue bien une strat&#233;gie redoutable dans la mise en &#339;uvre de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. Notons que la face consensuelle adopt&#233;e par la BM via sa doctrine de &#171; d&#233;veloppement participatif &#187; n'est pas moins cruelle que sa face coercitive, et ses r&#233;sultats sur la vie des femmes de chair et d'os ne sont pas moins n&#233;gatifs &#233;galement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, tout en profitant des potentialit&#233;s des femmes, le &#171; partenariat &#187; que la Banque mondiale pr&#233;tend instaurer ne repr&#233;sente qu'un subterfuge suppl&#233;mentaire lui permettant de neutraliser et de d&#233;politiser le mouvement f&#233;ministe, de lui &#244;ter toute autonomie id&#233;ologique, institutionnelle ou financi&#232;re et de simultan&#233;ment le purger de ses propositions radicales. De fait, cette dynamique de dialogue et de participation avec la Banque mondiale emp&#234;che toute analyse syst&#233;mique, toute strat&#233;gie relative aux causes structurelles des discriminations v&#233;cues au quotidien par les femmes dans d'innombrables domaines. Elle r&#233;duit d&#232;s lors le projet f&#233;ministe &#224; des politiques n'envisageant qu'un simple am&#233;nagement de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale patriarcale dans le sens d'une plus grande &#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes att&#233;nuant de la sorte toute sa radicalit&#233; initiale. Heureusement que les femmes s'&#233;tant lanc&#233;es dans ce vain et in&#233;gal &#171; dialogue &#187; avec les artisans de la mondialisation ne repr&#233;sentent qu'une fraction du mouvement f&#233;ministe qui est par essence multiple et h&#233;t&#233;rog&#232;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre le signe d'un progressisme &#233;mergeant au sein de la Banque mondiale, l'int&#233;gration de la th&#233;matique du genre au sein de ses strat&#233;gies est directement li&#233; &#224; des int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; partir de 2001, que la Banque mondiale, dans son rapport &#171; Attacking Povrety &#187;, &#233;tablit le lien entre in&#233;galit&#233;s de genre et pauvret&#233; des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat &#233;tabli, la Banque adopta le postulat suivant : une r&#233;duction des discriminations multiformes que subissent les femmes permettra d'augmenter leur productivit&#233; autant dans l'espace domestique que sur le march&#233; du travail. En luttant contre les discriminations &#224; l'&#233;gard des femmes, la Banque mondiale esp&#232;re am&#233;nager de fa&#231;on plus rentable des rapports sociaux de sexe tellement in&#233;gaux qu'ils en sont devenus contre-productifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, on constate sans surprise que La Banque mondiale consid&#232;re les femmes comme une ressource, un investissement, un facteur de production dont il convient de stopper la sous-utilisation pour les projeter sur le devant de la sph&#232;re productive qu'elle soit mon&#233;taire ou domestique. Leur participation lib&#233;r&#233;e de toute entrave li&#233;e &#224; leur sexe permettra d'augmenter la productivit&#233; et int&#233;gration au march&#233; globalis&#233; des &#233;conomies des Suds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A aucun moment, les avanc&#233;es recherch&#233;es des droits des femmes ne sont vues comme des fins en soi par la Banque mondiale. Elles sont totalement subordonn&#233;es &#224; des objectifs &#233;conomiques. Pour la Banque, l'&#233;galit&#233; des genres ne vaut que si elle est source d'efficience &#233;conomique, que si elle est capitalistiquement rentable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les mouvements f&#233;ministes sont bien conscients que l'&#233;mancipation des femmes ne pourra advenir que par des changements syst&#233;miques (mettant fin aux trois syst&#232;mes d'oppression des femmes : patriarcat, capitalisme, racisme), toute notion de changement des rapports de force pour atteindre ne fut-ce que l'&#233;galit&#233; des sexes, si prometteuse en termes de croissance pour la Banque, est totalement absente de ses discours et th&#233;ories. Mais devons-nous encore nous en &#233;tonner ? Je ne pense pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures pseudo-favorables aux droits, libert&#233;s et possibilit&#233;s de choix des femmes promues par la Banque mondiale ne contiennent pas de vis&#233;es r&#233;ellement &#233;mancipatoires ni pour les femmes ni pour le reste de la soci&#233;t&#233;. Et ce pour trois raisons ais&#233;ment identifiables :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1) La Banque mondiale cherche &#224; concilier plusieurs exigences &#224; terme &lt;/strong&gt; incompatibles : d'un c&#244;t&#233;, la volont&#233; de rationaliser les &#233;conomies, de les rendre plus productives et efficaces suppose de faire dispara&#238;tre les formes de violence et d'oppression les plus criantes, d'&#233;tendre partiellement l'autonomie et la libert&#233; de choix des individuEs et de faire en sorte que le maximum d'entre elles/eux soient &#224; m&#234;me d'exercer une activit&#233; productive et d'un autre cot&#233;, le risque si ce processus va trop loin, de laisser cette extension de la marge de choix se transformer en une v&#233;ritable &#233;mancipation incompatible avec la mondialisation n&#233;olib&#233;rale. C'est en partie pour limiter les &#171; risques &#187; d'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de toute forme d'oppression que la Banque mondiale soutient bien plus des strat&#233;gies de promotion individualistes de la part des femmes que des m&#233;canismes d'&#233;mancipation collectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2) Si l'insertion des femmes au march&#233; du travail (le plus souvent informel) &lt;/strong&gt; est encourag&#233;e, la Banque mondiale consid&#232;re les femmes d'abord et avant tout comme &#233;tant des &#233;ducatrices, des productrices de capital humain : le leur et celui de leur famille. Ainsi sans explicitement confiner les femmes &#224; la sph&#232;re priv&#233;e du foyer, la Banque ne leur reconnait pas pour autant un acc&#232;s identique aux hommes &#224; la sph&#232;re publique, sph&#232;re o&#249; g&#233;n&#233;ralement les activit&#233;s sont g&#233;n&#233;ratrices d'un revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soulignons qu'&#224; aucun moment la Banque mondiale ne remet en cause la division sexuelle du travail attribuant aux femmes la responsabilit&#233; du travail reproductif et aux hommes celle du travail productif. Elle exacerbe m&#234;me cette r&#233;partition sexu&#233;e des t&#226;ches puisqu'en imposant le d&#233;sengagement de l'&#201;tat, la Banque mondiale va contribuer &#224; augmenter la part du travail domestique des femmes les rel&#233;guant ainsi &#224; la sph&#232;re priv&#233;e de la famille. En effet, ce seront bien elles qui tenteront par une augmentation de leur travail gratuit et invisible de pallier ces services auparavant gratuits notamment dans les domaines de l'&#233;ducation, de la sant&#233;, des infrastructures (transport, syst&#232;me d'approvisionnement en eau, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3) Bien que la Banque mondiale et le syst&#232;me capitaliste qu'elle incarne entretienne &lt;/strong&gt; une relation contradictoire avec la famille (d'un c&#244;t&#233;, elle a besoin de la famille qui par l'ordre social et sexu&#233; qu'elle garanti assure la reproduction gratuite de la force de travail ; d'un autre c&#244;t&#233;, la Banque a besoin de pouvoir disposer d'une force de travail libre de se vendre dans tous les sens du terme, ce qui par l'incorporation massive des femmes dans le travail salari&#233; d&#233;stabilise en permanence cette m&#234;me institution familiale), elle demeure &#224; leurs yeux LA cellule de base de la soci&#233;t&#233;. Or, il n'est plus &#224; d&#233;montrer &#224; quel point la famille est un vecteur puissant de transmission et de reproduction de la domination patriarcale qui oppresse les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour contrer ces man&#339;uvres d'instrumentalisation et de r&#233;cup&#233;ration du mouvement f&#233;ministe et des femmes, il est plus que jamais essentiel que se renforcent les r&#233;seaux de lutte qui privil&#233;gient leur ind&#233;pendance id&#233;ologique, institutionnelle et financi&#232;re. Seuls de tels mouvements totalement libres de toute suj&#233;tion autant &#224; l'endroit des gouvernements que des institutions internationales (Banque mondiale et ONU) sont les vecteurs d'une r&#233;elle &#233;mancipation individuelle et collective des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le CADTM en favorisant les convergences avec les mouvements f&#233;ministes autonomes qui comme lui privil&#233;gient comme strat&#233;gie la mobilisation populaire et luttent contre le capitalisme patriarcal et racial accroit son propre engagement f&#233;ministe tout en soutenant simultan&#233;ment le renforcement de ces mouvements. Cet engagement est indispensable s'il veut effectivement lutter pour la fin de toutes les formes d'oppression des &#234;tres humains &#8211; hommes ou femmes. De fait, le CADTM a bien compris qu'alors que tous les syst&#232;mes d'oppression sont imbriqu&#233;s et ont des racines communes, on ne peut pr&#233;tendre lutter contre le syst&#232;me de domination capitaliste sans s'attaquer &#224; celui qui asservit les femmes et &#224; plus forte raison les femmes racis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Jules Falquet, De gr&#233; ou de force, p.123&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Vanden Daelen Permanente au CADTM Belgique&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>F&#233;minismes et Banque mondiale : un mariage &#171; contre-nature &#187; ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Feminismes-et-Banque-mondiale-un-mariage-contre-nature</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Feminismes-et-Banque-mondiale-un-mariage-contre-nature</guid>
		<dc:date>2021-02-23T07:06:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, une partie du mouvement f&#233;ministe, g&#233;n&#233;ralement li&#233;e &#224; la droite comme au n&#233;o-conservatisme, a tent&#233; une &#171; strat&#233;gie &#187; d'int&#233;gration et de participation avec une institution beaucoup moins &#171; sympathique &#187; de la mondialisation : la Banque mondiale. &lt;br class='autobr' /&gt; 11 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen tir&#233; de : CADTM infolettre&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-02-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-02-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton46919-79a88.jpg?1781376113' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 90, une partie du mouvement f&#233;ministe, g&#233;n&#233;ralement li&#233;e &#224; la droite comme au n&#233;o-conservatisme, a tent&#233; une &#171; strat&#233;gie &#187; d'int&#233;gration et de participation avec une institution beaucoup moins &#171; sympathique &#187; de la mondialisation : la Banque mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;11 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen&lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Feminismes-et-Banque-mondiale-un-mariage-contre-natu&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voulant am&#233;nager la mondialisation n&#233;olib&#233;rale dans un sens plus &#171; &#233;galitaire &#187;, cette mouvance clairement r&#233;formiste ne d&#233;veloppe &#171; aucune position critique face aux politiques d'ajustement structurel ni &#224; la mise en &#339;uvre du n&#233;olib&#233;ralisme. La mondialisation y est analys&#233;e comme un ph&#233;nom&#232;ne irr&#233;versible et uniquement vue au travers de ses effets positifs et n&#233;gatifs sur les femmes [1] &#187;. Leur contribution au projet &#233;mancipateur du f&#233;minisme sera encore plus insignifiante que celle du lobbying des f&#233;ministes institutionnelles exerc&#233; au sein de l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les repr&#233;sentantes de ce type de f&#233;minisme se retrouvent en particulier dans les grandes organisations f&#233;minines de lobbying politique telle que WEDO (Women's Environment and Development Organization). Le but premier de ce r&#233;seau est de rendre la &#171; gouvernance globale d&#233;mocratique, responsable, &#233;quitable et sensible au genre &#187;. Dans ce dessein, WEDO propose des mesures de r&#233;gulation de la mondialisation favorisant en particulier la participation des femmes aux d&#233;cisions n&#233;olib&#233;rales ainsi que l'encouragement &#171; de politiques de commerce qui soient plus concern&#233;es par les besoins des femmes au sein des n&#233;gociations commerciales de l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) &#187;. Ainsi, loin de vouloir comme d'autres abolir l'OMC, WEDO s'est fix&#233; comme objectif de la d&#233;mocratiser et d'y int&#233;grer le genre [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche visant &#224; remodeler le march&#233; mondial, &#224; lui donner une forme plus supportable pour les femmes, n'affronte nullement l'ordre &#233;conomique international ni l'exploitation sur laquelle il repose. Elle d&#233;nonce les violences faites aux femmes dans la sph&#232;re du priv&#233; sans mentionner la violence structurelle inh&#233;rente &#224; la logique d'accumulation capitaliste. De plus, en omettant de placer la f&#233;minisation de la pauvret&#233; dans le contexte de l'&#233;volution des relations capitalistes, elle est condamn&#233;e &#224; &#234;tre incompl&#232;te et &#224; se faire coopter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubliant leur origine libertaire en tant que mouvement de pression et de critique sociale, pr&#244;nant de nouveaux rapports et de nouvelles fa&#231;ons d'&#234;tre hommes et femmes, cette mouvance des f&#233;ministes institutionnalis&#233;es &#233;troitement li&#233;e aux promoteurs de la mondialisation s'expose &#224; de nombreux dangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, en s'associant aux IFI (Institutions financi&#232;res internationales), elles contribuent, presque malgr&#233; elles, &#224; la reproduction au sein de leurs organisations de la culture hi&#233;rarchique patriarcale pr&#233;valant &#224; la Banque mondiale tout comme aux Nations unies. Ainsi, et ce en totale opposition par rapport aux principes &#233;thiques originaux du mouvement, cette conception du f&#233;minisme finit par dupliquer, sans autre forme de proc&#232;s, les formes et les valeurs du syst&#232;me patriarcal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, sous couvert de rendre le &#171; d&#233;veloppement &#187; &#171; durable &#187; et &#171; genr&#233; &#187;, la Banque mondiale esp&#232;re incorporer les femmes et le mouvement f&#233;ministe au processus, &#224; les faire &#171; rouler &#187; pour la mondialisation n&#233;olib&#233;rale [3]. Ce faisant, les IFI b&#233;n&#233;ficient de la l&#233;gitimit&#233; morale du mouvement des femmes et surtout profitent de leur &#233;nergie, si longtemps non reconnue qu'aujourd'hui elle semble in&#233;puisable. L'instrumentalisation des femmes et de leurs mouvements constitue bien une strat&#233;gie redoutable dans la mise en &#339;uvre de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en profitant des potentialit&#233;s des femmes, le &#171; partenariat &#187; que la Banque mondiale pr&#233;tend instaurer ne repr&#233;sente qu'un subterfuge suppl&#233;mentaire lui permettant de neutraliser et de d&#233;politiser le mouvement f&#233;ministe, de lui &#244;ter toute autonomie id&#233;ologique, institutionnelle ou financi&#232;re et de simultan&#233;ment le purger de ses propositions radicales. Heureusement que les femmes s'&#233;tant lanc&#233;es dans ce vain et in&#233;gal &#171; dialogue &#187; avec les artisans de la mondialisation ne repr&#233;sentent qu'une fraction du mouvement f&#233;ministe qui est par essence multiple et h&#233;t&#233;rog&#232;ne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Nalu Faria, &#171; Le f&#233;minisme latino-am&#233;ricain : perspectives face au n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, REMTE, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/IMG/doc/Le_feminisme_latinoamericain_et_caribeen_-_perspectives_face_au_neoliberalisme.doc&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/IMG/doc/Le_feminisme_latinoamericain_et_caribeen_-_perspectives_face_au_neoliberalisme.doc&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Sabine Masson, &#171; F&#233;minisme et mouvement antimondialisation &#187;, dans Nouvelles questions f&#233;ministes, &#171; A contresens de l'&#233;galit&#233; &#187;, Lausanne, vol. 22, n&#176;3, 2003, 168p.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Jules Falquet, &#171; De gr&#233; ou de force, les femmes dans la mondialisation &#187;, Paris, La dispute, 2008, p.123&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Video : Imbrications &#8211; Femmes, race et classe dans les mouvement sociaux</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Video-Imbrications-Femmes-race-et-classe-dans-les-mouvement-sociaux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Video-Imbrications-Femmes-race-et-classe-dans-les-mouvement-sociaux</guid>
		<dc:date>2020-12-08T12:54:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen , Jules Falquet</dc:creator>


		<dc:subject>Vid&#233;os</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-12-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;8 d&#233;cembre 2020 | tir&#233; du site du CADTM &lt;br class='autobr' /&gt;
Pr&#233;sentation du livre Imbrications &#8211; Femmes, race et classe dans les mouvements sociaux de Jules Falquet, sociologue, enseignante-chercheuse &#224; l'Universit&#233; de Paris, militante f&#233;ministe&#8211; France et Christine Vanden Daelen (CADTM Belgique), lors des Rencontres d'automne 2020 du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment les mouvements sociaux ont-ils &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; l'imbrication des rapports sociaux ? Quels furent les apports des femmes racis&#233;es et majoritairement issues de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-111-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Videos-333-+" rel="tag"&gt;Vid&#233;os&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-12-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-12-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;iframe width=&#034;560&#034; height=&#034;315&#034; src=&#034;https://www.youtube.com/embed/xbmYTqX7pOM&#034; frameborder=&#034;0&#034; allow=&#034;accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture&#034; allowfullscreen&gt;&lt;/iframe&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 d&#233;cembre 2020 | tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation du livre Imbrications &#8211; Femmes, race et classe dans les mouvements sociaux de Jules Falquet, sociologue, enseignante-chercheuse &#224; l'Universit&#233; de Paris, militante f&#233;ministe&#8211; France et Christine Vanden Daelen (CADTM Belgique), lors des Rencontres d'automne 2020 du CADTM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment les mouvements sociaux ont-ils &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; l'imbrication des rapports sociaux ? Quels furent les apports des femmes racis&#233;es et majoritairement issues de classes populaires ? Comment le concept de l'imbrication s'est-il forg&#233; ? Comment diff&#233;rentes luttes (guerri&#232;res au Salvador, zapatistes au Mexique, Noires au Br&#233;sil, en R&#233;publique Dominicaine et aux USA et enfin f&#233;ministes et lesbiennes &#171; autonomes &#187; en Am&#233;rique latine et Cara&#239;bes) ont-elles li&#233; rapports sociaux de sexe, de race et de classe ? Comment la proposition de l'imbrication, en allant au-del&#224; de l'identit&#233;, permet de penser autrement les alliances ? Voil&#224; une multiplicit&#233; de propositions et d'analyses que partagea Jules Falquet &#224; ses Rencontres d'automne du CADTM. Elles structurent son nouveau livre qui en s'appuyant sur les aspects multidimensionnels de l'oppression ouvre des perspectives stimulantes en termes de r&#233;flexions et de luttes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rences entre &#171; intersectionnalit&#233; &#187; et imbrication, les contours du f&#233;minisme universaliste et la d&#233;radicalisation des mouvements sociaux anim&#232;rent les discussions entre Jules Falquet et les participantEs. On vous invite &#224; les rejoindre via cette captation vid&#233;o :&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rapports sociaux in&#233;galitaires au sein du travail : une &#233;vidence durant le confinement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rapports-sociaux-inegalitaires-au-sein-du-travail-une-evidence-durant-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Rapports-sociaux-inegalitaires-au-sein-du-travail-une-evidence-durant-le</guid>
		<dc:date>2020-05-12T07:16:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Camille Bruneau, Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les rapports sociaux au sein du travail sont repr&#233;sentatifs des rapports in&#233;galitaires dans la soci&#233;t&#233;. La reproduction du capitalisme s'appuie sur l'appropriation d'un surtravail (salari&#233;, gratuit et informel) effectu&#233; par une majorit&#233; de femmes, notamment autour de la reproduction sociale. L'attribution de ce travail - autant essentiel qu'il n'est pr&#233;caris&#233; - se fait notamment autour de crit&#232;res de genre et de &#171; race &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; 30 avril par Christine Vanden Daelen , Camille Bruneau tir&#233; de : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton43529-59d91.jpg?1781376114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les rapports sociaux au sein du travail sont repr&#233;sentatifs des rapports in&#233;galitaires dans la soci&#233;t&#233;. La reproduction du capitalisme s'appuie sur l'appropriation d'un surtravail (salari&#233;, gratuit et informel) effectu&#233; par une majorit&#233; de femmes, notamment autour de la reproduction sociale. L'attribution de ce travail - autant essentiel qu'il n'est pr&#233;caris&#233; - se fait notamment autour de crit&#232;res de genre et de &#171; race &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;30 avril par Christine Vanden Daelen , Camille Bruneau &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : [CADTM-Infolettre] Covid-19, f&#233;minismes, dettes, Afrique, crise...&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapports-sociaux-inegalitaires-au-sein-du-travail-une-evidence-durant-le&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapports-sociaux-inegalitaires-au-sein-du-travail-une-evidence-durant-le&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passer en revue l'&#233;volution historique du travail des femmes en France au XXe si&#232;cle nous aide &#224; comprendre sa distribution actuelle et les diff&#233;rentes r&#233;alit&#233;s v&#233;cues par les femmes et les populations pr&#233;caires, de tout temps, mais rendues encore plus p&#233;nibles et finalement, un peu plus visibles dans le contexte actuel de confinement et de crise multidimensionnelle du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars 2020 sur son Facebook, Fran&#231;oise Verges [1] constate :&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#8220;Il y a donc d&#233;sormais les confin&#233;.e.s et les non-confin&#233;.e.s&lt;/strong&gt; qui assurent la vie quotidienne des premiers - qui apportent les denr&#233;es aux boutiques, qui rangent sur les &#233;tag&#232;res, nettoient, tiennent la caisse, les &#233;boueurs, les postier.e.s, les livreurs (j'en ai vu 3 d&#233;j&#224; depuis ce matin), les conductrices/conducteurs de transport, les femmes de m&#233;nage des h&#244;tels et les serveuses/serveurs des h&#244;tels (qui restent ouverts et assurent un room service), et tant d'autres. Classe, genre, &#226;ge, racialisation, sant&#233; traversent les deux groupes mais les non-confin&#233;.e.s sont les plus expos&#233;.e.s. Dans les &#233;l&#233;ments du confinement, il y a celles/ceux qui vivent dans 12m2 et celles/ceux dans 150m2, qui peuvent se faire livrer ou pas, qui ont de quoi s'abonner &#224; des tas de sites de streaming ou pas, qui ont un grand d&#233;bit pour assurer les cours &#224; la maison ou pas, qui peuvent aider les enfants &#224; faire les le&#231;ons ou pas, qui ont un ordinateur et une imprimante ou pas, qui sont totalement isol&#233;es ou pas, qui ont des papiers ou pas, qui sont financi&#232;rement &#224; l'aise ou pas, les femmes et enfants qui vivent avec des compagnons violents, les femmes seules avec des enfants, bref, &lt;strong&gt;des milliers et milliers de situations noy&#233;es sous le discours d'union nationale dans un pays o&#249; les in&#233;galit&#233;s, les violences d'&#233;tat, le racisme et le sexisme organisent la vie sociale depuis des ann&#233;es&lt;/strong&gt;. Les actes de solidarit&#233;, nombreux, qui s'organisent et sont formidables ne doivent pas remplacer les responsabilit&#233;s de l'&#233;tat. (Je parle l&#224; de la vie quotidienne, pas du personnel m&#233;dical et de toutes les personnes qui assurent la vie d'un h&#244;pital - donc aussi celles/ceux qui nettoient, gardent, font l'administration...- &#233;videmment tr&#232;s expos&#233;s). &lt;strong&gt;Le confinement est rendu possible gr&#226;ce &#224; toutes ces personnes invisibilis&#233;es et bien trop souvent mal pay&#233;es et exploit&#233;es.&#8221;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour Jules Falquet [2] et comme le relai le Collectif 8 Mars Li&#232;ge [3], ce confinement est on ne peut plus in&#233;galitaire, et ce sont les rapports sociaux en vigueur qui en d&#233;terminent les configurations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes, en particulier les femmes racialis&#233;es (mais aussi une minorit&#233; d'hommes racialis&#233;s), sont en premi&#232;re ligne des risques encourus, car elles souvent assign&#233;Es aux activit&#233;s essentielles mais pourtant p&#233;nibles et effectu&#233;es dans des conditions pr&#233;caires. C'est absurde mais cela est une partie int&#233;grante des logiques de l'accumulation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me capitaliste a par essence, besoin d'un groupe, d'une population d&#233;valoris&#233;e et exploitable afin d'assurer la continuit&#233; des profits et de la croissance. Ce syst&#232;me se base sur des rapports sociaux in&#233;galitaires sans lesquelles il ne peut tout simplement pas exister. En l'occurrence, la d&#233;valorisation des femmes et de leur travail (r&#233;mun&#233;r&#233; et gratuit) et l'exploitation des personnes racialis&#233;es, qui est l&#233;gitim&#233;e par l'h&#233;ritage du colonialisme. &lt;strong&gt;Historiquement, l'exploitation des femmes, au m&#234;me titre que l'expansion coloniale, le pillage des ressources ou l'esclavage, ne fut pas une cons&#233;quence mais bien une condition &#224; l'expansion capitaliste.&lt;/strong&gt; Il ne s'agit pas d'affirmer que par d&#233;finition, le capitalisme a besoin d'oppression de genre pour se reproduire, mais on peut constater qu'il n'a jamais exist&#233; sans oppression de genre. Tirant profit de discours et configurations sociales ant&#233;rieures, la mise en place des modes de production capitaliste ont accentu&#233; les pires traits du patriarcat pr&#233;-existant. On peut citer la&lt;strong&gt; formalisation de la s&#233;paration entre les travaux dits de &#171; production &#187; dans la sph&#232;re &#171; publique &#187;, valoris&#233;s socialement, et les activit&#233;s dites de &#171; reproduction &#187; de la sph&#232;re &#171; priv&#233;e &#187;, invisibilis&#233;es et d&#233;valoris&#233;es car sans valeur marchande.&lt;/strong&gt; Cette division sexuelle du travail existe aussi au sein du travail salari&#233;, les femmes &#233;tant majoritaires dans les professions mal pay&#233;es et/ou &#224; temps partiel des secteurs de la sant&#233;, du soin, du m&#233;nage, de l'&#233;ducation,&#8230; Cela est justifi&#233; par les constructions sociales inh&#233;rentes au patriarcat qui naturalise des r&#244;les et repr&#233;sentations de genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme et l'aust&#233;rit&#233; ont exacerb&#233; la pr&#233;carisation des services publics et des secteurs &#171; f&#233;minins &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous venons de vivre 40 ann&#233;es de casse du secteur de la sant&#233; et des droits du travail au nom de la lib&#233;ralisation d l'&#233;conomie, ph&#233;nom&#232;ne particuli&#232;rement accentu&#233; au nom de l'aust&#233;rit&#233; depuis la crise financi&#232;re de 2008. Les liens communautaires et de solidarit&#233; locale ont &#233;galement &#233;t&#233; attaqu&#233;s par le discours et les mesures n&#233;olib&#233;rales, ne facilitant en aucun cas les possibilit&#233;s pour faire face &#224; la pr&#233;sente crise multiple (&#233;conomique, sanitaire, &#233;cologique, sociale..) . L'une des raisons pour lesquelles la crise s'av&#232;re si difficile &#224; g&#233;rer dans de nombreux pays est que l'h&#244;pital public &#233;tait d&#233;j&#224; gravement affect&#233; par un sous-financement et une pr&#233;carisation dramatique de l'emploi. La mortalit&#233; n'est pas due seulement au virus, mais bien &#224; l'aust&#233;rit&#233; et &#224; l'&#233;tat du secteur de la sant&#233;. Pour faire face &#224; l'&#233;pid&#233;mie, le gouvernement belge propose aux h&#244;pitaux de contracter des dettes [4]... Il proposera de nouvelles mesures d'aust&#233;rit&#233; en fin de crise pour compenser les d&#233;penses effectu&#233;es&#8230; les d&#233;cideurs et d&#233;cideuses n'ont finalement et sans surprise pas appris grand-chose de ces ann&#233;es d'aust&#233;rit&#233;, de d&#233;tresse sociale et d'&#233;puisement des travailleurs/euses de la sant&#233;. Au-del&#224; de la sant&#233;, les in&#233;galit&#233;s engendr&#233;es par les coupes dans certains budgets sociaux sont exacerb&#233;es aujourd'hui, et nombre de femmes sont concern&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Qui sont les femmes en premi&#232;re ligne ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on parle des femmes en premi&#232;res lignes, nous ne parlons pas de celles en t&#233;l&#233;travail derri&#232;re leur ordinateur avec une cr&#232;che priv&#233;e &#224; disposition ou assez d'espace mental pour s'occuper de leurs enfants (m&#234;me si cela ne les emp&#234;che pas d'&#234;tre confront&#233;es &#224; la r&#233;alit&#233; du travail gratuit quotidien, de potentielles violences conjugales, de manque de suivi gyn&#233;cologique, etc.). Nous parlons surtout des femmes issues des milieux populaires. Le secteur de la sant&#233; au sens large (m&#233;decins, infirmi&#232;rEs, mais aussi personnel de nettoyage, employ&#233;Es administratifs,..) compte 700.000 personnes en Belgique, dont une majorit&#233; de femmes : &lt;strong&gt;un quart des femmes actives le sont au sein du secteur de la sant&#233;, contre 6 % pour les hommes [5]. Elles repr&#233;sentent ainsi 3/4 du personnel soignant. &lt;/strong&gt;Les autres secteurs et professions jug&#233;es essentielles ces derni&#232;res semaines, comme les cr&#232;ches, les maisons de repos et la grande distribution sont &#233;galement tr&#232;s f&#233;minis&#233;es et peu valoris&#233;es (environ 90 % de femmes au sein des caissi&#232;rEs). Le personnel des titres-services est aussi particuli&#232;rement expos&#233; aux risques. En ce qui concerne le nettoyage et la domesticit&#233;, on y retrouve une &#233;crasante majorit&#233; de femmes migrantes, qui se retrouvent aussi soit expos&#233;es &#224; de hauts risques (en continuant &#224; travailler) soit perdent leurs emplois sans compensation (car en situation irr&#233;guli&#232;re). Force est de constater qu'&lt;strong&gt;un gouffre existe entre l'utilit&#233; sociale de ces activit&#233;s et la reconnaissance et les salaires dont elles jouissent. &lt;/strong&gt;Les activit&#233;s de reproduction sociale, c'est-&#224;-dire les activit&#233;s essentielles &#224; la reproduction de la vie et de la soci&#233;t&#233; humaine, sont invisibilis&#233;es et assign&#233;es majoritairement aux femmes, particuli&#232;rement &#224; des femmes pr&#233;caris&#233;es. La crise sanitaire actuelle exacerbe ces in&#233;galit&#233;s et visibilise le fait que ce sont des personnes souvent marginalis&#233;es (femmes migrantes) qui font en r&#233;alit&#233; tourner la machine capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette organisation in&#233;galitaire du travail perdure depuis des si&#232;cles, la pand&#233;mie du Covid-19 met en lumi&#232;re le travail indispensable, mais invisibilis&#233; et sous valoris&#233;, effectu&#233; par des populations pr&#233;caris&#233;es. La distribution genr&#233;e et raciale du travail (et donc du risque !) n'a rien d'anodin, mais r&#233;sulte de choix &#233;minemment politiques. Il est donc essentiel de r&#233;fl&#233;chir &#224; ces configurations pour l'apr&#232;s-crise, afin de permettre aux femmes en particulier et aux pr&#233;caris&#233;.e.s en g&#233;n&#233;ral de reprendre le contr&#244;le sur leur vie et leur travail.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;strong&gt;Le &#8220;travail&#8221; au centre des rapports de force et des combats f&#233;ministes&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le travail, enjeu absolu des soci&#233;t&#233;s dites &#171; modernes &#187; et source principale de moyens de subsistance (lisez, de revenus dans une soci&#233;t&#233; capitaliste) est, pour bon nombre d'entre nous, cribl&#233; d'in&#233;galit&#233;s entretenues par les classes dirigeantes. Il est n&#233;cessaire de s'int&#233;resser &#224; la notion de travail pour comprendre les rapports de domination, en l'occurrence, envers les femmes. L'immense apport des &#233;crits f&#233;ministes fut d'&#233;largir la notion de travail, en d&#233;montrant qu'elle est le fruit d'une construction sociale et de rapports de force, et ainsi, de politiser ses aspects invisibilis&#233;s [6] L'&#233;largissement de la notion de travail permet de le consid&#233;rer non seulement comme une fonction &#233;conomique (de production, de cr&#233;ation de capital) mais &#233;galement comme une fonction politique de (re)production des rapports sociaux. En y int&#233;grant tout &#171; ce qui permet le/la production du mieux vivre ensemble en soci&#233;t&#233; &#187; [7], une s&#233;rie d'activit&#233;s invisibilis&#233;es par l'&#233;conomie capitaliste deviennent centrales. Utiliser le travail comme angle d'analyse permet ainsi non seulement de comprendre les rapports in&#233;galitaires, mais aussi de s'y attaquer, de tendre &#224; les d&#233;construire pour les d&#233;passer. C'est pour cela que le contr&#244;le du travail, et du discours qui d&#233;cide ce qui est consid&#233;r&#233; comme du travail ou non, est un enjeu central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est essentiel de reconna&#238;tre, premi&#232;rement, que les rapports de force au sein du travail ne se limitent pas &#224; l'exploitation salariale et de classe mais incluent des rapports de genre (et de race, etc.). Le travail est &#224; la fois influenc&#233; par les normes de genre et contribue &#224; les cr&#233;er en reproduisant les in&#233;galit&#233;s entre sexes &#224; travers son organisation et sa distribution. Deuxi&#232;mement, les analyses de gauche ont pendant longtemps &#233;t&#233; (et sont encore en partie) limit&#233;es parce qu'elles assimilent de fa&#231;on r&#233;ductrice travail et travail salari&#233;. Or, le travail se joue aussi dans la sph&#232;re priv&#233;e. Il ne se restreint donc pas &#224; des rapports de classe mais contient aussi des rapports de genre pr&#233;sents dans l'intime du quotidien, refl&#233;tant et influen&#231;ant les normes soci&#233;tales en vigueur, comme l'ont d&#233;montr&#233; les f&#233;ministes mat&#233;rialistes entre autres. Cela dit, malgr&#233; cet apport incontestable des mat&#233;rialistes, la focalisation de nombreuses chercheuses et militantes sur ce travail dans la sph&#232;re &#171; priv&#233;e &#187; et le d&#233;sir, la n&#233;cessit&#233;, de s'en affranchir, les ont &#233;loign&#233;es d'une autre exploitation sp&#233;cifique, elle aussi invisibilis&#233;e : le travail de type domestique et du care &#171; salari&#233; &#187; mais sous pay&#233;, pris en charge par une majorit&#233; de femmes racis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;poque d'implantation du capitalisme est synonyme de naturalisation de rapports d'exploitation, o&#249; race, classe, et genre ne se &#171; superposent &#187; pas simplement mais s'imbriquent, cr&#233;ant ainsi des v&#233;cus et dynamiques sp&#233;cifiques d'exploitation au sein m&#234;me de groupes sociaux sp&#233;cifiques (&#171; les femmes &#187;, &#171; les prol&#233;taires &#187;,&#8230;). Quand on parle de l'histoire du travail, qu'il soit gratuit, pay&#233;, d&#233;clar&#233; ou non, malgr&#233; la pertinence de d&#233;noncer une organisation sexu&#233;e du travail, il est tout aussi important de visibiliser l'exp&#233;rience et la trajectoire de diff&#233;rentes femmes : elles n'y vivent pas toutes le m&#234;me destin et les m&#234;mes exp&#233;riences. Des oppressions sp&#233;cifiques s'articulent, tant&#244;t &#224; l'&#233;chelle individuelle (discrimination envers des individus de la part d'individus), tant&#244;t de fa&#231;on plus collective et structurelle, lorsque l'&#201;tat (post)colonial et n&#233;olib&#233;ral organise la continuit&#233; de l'assignation in&#233;galitaire du travail reproductif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Le travail r&#233;mun&#233;r&#233; : des in&#233;galit&#233;s persistantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, &#224; travers le monde, le secteur des services a de loin d&#233;pass&#233; l'industrie ou l'agriculture en termes de personnes employ&#233;es, ce qui correspond en partie &#224; l'entr&#233;e des femmes sur le march&#233; du travail. Cependant, les femmes travaillent globalement moins d'heures salari&#233;es et constituent la majorit&#233; des personnes en sous-emploi non choisi, particuli&#232;rement dans les pays appauvris.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Alors que les femmes sont de plus en plus pr&#233;sentes sur le march&#233; de l'emploi, leur situation - en moyenne, et surtout pour certaines populations - ne s'am&#233;liore pas pour autant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une discrimination institutionnalis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caract&#233;ristiques actuelles du travail f&#233;minin sont r&#233;v&#233;latrices de la configuration et de l'imbrication des oppressions racistes et sexistes sous le n&#233;olib&#233;ralisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes sont enferm&#233;es dans certains r&#244;les (p&#233;nalisants) en lien avec leurs capacit&#233;s soi-disant &#8220;naturelles&#034; ; il existe trois formes principales de l'in&#233;galit&#233; et du mal emploi des femmes : le salaire d'appoint, l'in&#233;galit&#233; salariale et le temps partiel. En comprendre les origines d&#233;montre que l'injustice d'aujourd'hui n'est pas un hasard de l'histoire mais bien l'h&#233;ritage des reculs en cours depuis le XVIe si&#232;cle. Tout cela est explor&#233; plus en d&#233;tails dans un ouvrage &#224; para&#238;tre cette ann&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les femmes rejoignent massivement le monde du travail r&#233;mun&#233;r&#233; apr&#232;s la 2e guerre mondiale, mais elles ne le font pas dans les m&#234;mes conditions. Plusieurs facteurs ont influenc&#233; ces &#233;volutions : les luttes f&#233;ministes des ann&#233;es &#8216;60 et &#8216;70, l'augmentation du nombre de femmes dipl&#244;m&#233;es, la tertiarisation du march&#233; du travail (multiplication des activit&#233;s professionnelle orient&#233;es vers la production de biens immat&#233;riels, m&#233;tiers de services et de soins) et les politiques migratoires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Prenons le cas de la France pour illustrer ces liens entre politiques migratoires et emploi r&#233;mun&#233;r&#233; des femmes. La &#8220;crise de la domesticit&#233;&#8221; de la fin du XIXe si&#232;cle m&#232;ne &#224; une f&#233;minisation du secteur domestique. En 1851 on d&#233;compte 63 % de femmes domestiques et 83 % en 1901, souvent originaires de l'&#233;tranger : avant la 1re guerre mondiale &#233;norm&#233;ment d'Allemandes, puis d'Italiennes et de Polonaises sont recrut&#233;es ; apr&#232;s la deuxi&#232;me, d&#233;but de l'&#233;poque postcoloniale, ce sont des femmes, soi-disant ne travaillaient pas dans leurs pays d'origine, qui sont embauch&#233;es. Ces femmes sont mises au travail pour r&#233;pondre &#224; la demande croissante de la petite bourgeoisie en &#8220;bonnes &#224; tout faire&#8221;. La transformation des services pr&#233;c&#233;demment assur&#233;s gratuitement dans la sph&#232;re domestique en emplois pr&#233;caires, mal pay&#233;s et d&#233;laiss&#233;s par les Fran&#231;aisEs [8] est la condition de l'&#233;mancipation de certaines femmes via une vie professionnelle. Ce r&#233;am&#233;nagement du travail est organis&#233; politiquement, comme en attestent des programmes tels que le BUMIDOM dans les ann&#233;es &#8216;60-70. Il encadre l'immigration et le recrutement de ressortissantEs des territoires d'outre-mer, notamment d'hommes pour la Poste et l'industrie automobile et de femmes antillaises et r&#233;unionnaise dirig&#233;es vers la domesticit&#233; et le param&#233;dical (elles sont par ailleurs confront&#233;es aux contr&#244;le des naissances dans les DOMs) [9] Ces ann&#233;es signent une r&#233;organisation sociale, politique et capitaliste, &#224; l'&#233;chelle globale comme nationale. L'&#201;tat met en place dans les ann&#233;es &#8216;70 le regroupement familial permettant aux femmes de rejoindre l'&#233;conomie fran&#231;aise et de gonfler ses rangs de travailleuses pr&#233;caires, dont on observe des traitements diff&#233;rents selon l'origine. Apr&#232;s 1977, cependant, les pouvoirs publics ne leur octroient plus de permis de travail, les poussant ainsi dans la clandestinit&#233;. Apr&#232;s la vague de r&#233;gularisation des ann&#233;es 80, ces migrantes &#8220;r&#233;apparaissent&#8221; soudainement dans les statistiques de l'emploi [10].&lt;br class='autobr' /&gt;
La r&#233;organisation globale de l'&#233;conomie et la destruction de l'&#201;tat social qui bat son plein avec la mondialisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondialisation (voir aussi Globalisation)&lt;br class='autobr' /&gt;
(extrait de F. Chesnais, 1997a)&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;Jusqu'&#224; une date r&#233;cente, il paraissait possible d'aborder l'analyse de la mondialisation en consid&#233;rant celle-ci comme une &#233;tape nouvelle du processus d'internationalisation du capital, dont le grand groupe industriel transnational a &#233;t&#233; &#224; la fois l'expression et l'un des agents les plus actifs.&lt;br class='autobr' /&gt;
Aujourd'hui, il n'est manifestement plus possible de s'en tenir l&#224;. La &#171; mondialisation de l'&#233;conomie &#187; (Adda, 1996) ou, plus pr&#233;cis&#233;ment la &#171; mondialisation du capital &#187; (Chesnais, 1994), doit &#234;tre comprise comme &#233;tant plus - ou m&#234;me tout autre chose - qu'une phase suppl&#233;mentaire dans le processus d'internationalisation du capital engag&#233; depuis plus d'un si&#232;cle. C'est &#224; un mode de fonctionnement sp&#233;cifique - et &#224; plusieurs &#233;gards important, nouveau - du capitalisme mondial que nous avons affaire, dont il faudrait chercher &#224; comprendre les ressorts et l'orientation, de fa&#231;on &#224; en faire la caract&#233;risation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les points d'inflexion par rapport aux &#233;volutions des principales &#233;conomies, internes ou externes &#224; l'OCDE, exigent d'&#234;tre abord&#233;s comme un tout, en partant de l'hypoth&#232;se que vraisemblablement, ils font &#171; syst&#232;me &#187;. Pour ma part, j'estime qu'ils traduisent le fait qu'il y a eu - en se r&#233;f&#233;rant &#224; la th&#233;orie de l'imp&#233;rialisme qui fut &#233;labor&#233;e au sein de l'aile gauche de la Deuxi&#232;me Internationale voici bient&#244;t un si&#232;cle -, passage dans le cadre du stade imp&#233;rialiste &#224; une phase diff&#233;rant fortement de celle qui a pr&#233;domin&#233; entre la fin de Seconde Guerre mondiale et le d&#233;but des ann&#233;es 80. Je d&#233;signe celui-ci pour l'instant (avec l'espoir qu'on m'aidera &#224; en trouver un meilleur au travers de la discussion et au besoin de la pol&#233;mique) du nom un peu compliqu&#233; de &#171; r&#233;gime d'accumulation mondial &#224; dominante financi&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;renciation et la hi&#233;rarchisation de l'&#233;conomie-monde contemporaine de dimension plan&#233;taire r&#233;sultent tant des op&#233;rations du capital concentr&#233; que des rapports de domination et de d&#233;pendance politiques entre &#201;tats, dont le r&#244;le ne s'est nullement r&#233;duit, m&#234;me si la configuration et les m&#233;canismes de cette domination se sont modifi&#233;s. La gen&#232;se du r&#233;gime d'accumulation mondialis&#233; &#224; dominante financi&#232;re rel&#232;ve autant de la politique que de l'&#233;conomie. Ce n'est que dans la vulgate n&#233;o-lib&#233;rale que l'&#201;tat est &#171; ext&#233;rieur &#187; au &#171; march&#233; &#187;. Le triomphe actuel du &#171; march&#233; &#187; n'aurait pu se faire sans les interventions politiques r&#233;p&#233;t&#233;es des instances politiques des &#201;tats capitalistes les plus puissants (en premier lieu, les membres du G7). Cette libert&#233; que le capital industriel et plus encore le capital financier se valorisant sous la forme argent, ont retrouv&#233;e pour se d&#233;ployer mondialement comme ils n'avaient pu le faire depuis 1914, tient bien s&#251;r aussi de la force qu'il a recouvr&#233;e gr&#226;ce &#224; la longue p&#233;riode d'accumulation ininterrompue des &#171; trente glorieuses &#187; (l'une sinon la plus longue de toute l'histoire du capitalisme). Mais le capital n'aurait pas pu parvenir &#224; ses fins sans le succ&#232;s de la &#171; r&#233;volution conservatrice &#187; de la fin de la d&#233;cennie 1970.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;en plein essor durant cette d&#233;cennie instaure une nouvelle gestion de la reproduction sociale. Le secteur des services est restructur&#233; afin de r&#233;duire les d&#233;penses publiques et d'absorber la main d'&#339;uvre : les femmes migrantes gonflent les rangs de ces domaines d'emploi de plus en plus pr&#233;caires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Racisme, patriarcat et besoins de l'&#233;conomie sont manifestement li&#233;s. Lorsqu'on parle de l'emploi des &#8220;femmes&#8221;, voire m&#234;me de la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s hommes-femmes, il ne faut pas oublier que cette participation f&#233;minine au march&#233; r&#233;mun&#233;r&#233; du travail est souvent synonyme d'un accroissement des in&#233;galit&#233;s entre femmes elles-m&#234;mes (par exemple entre femmes travaillant &#224; l'ext&#233;rieur de la sph&#232;re domestique et femmes employ&#233;es pour suppl&#233;er &#224; leur &#8220;absence&#8221; au sein des foyers). Il est important d'attirer l'attention sur cette r&#233;alit&#233; trop souvent invisibilis&#233;e. De m&#234;me, il est important de se demander syst&#233;matiquement de quelles femmes il est question, et de nuancer notre analyse en fonction de leur situation au sein des diff&#233;rents rapports de domination (de classe, de sexe et de race).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, il existe bel et bien une division sexuelle du travail, mais elle est &#233;galement travers&#233;e par des rapports sociaux de race, particuli&#232;rement en ce qui concerne la reproduction sociale. Celle-ci est essentielle au capitalisme et au bien &#234;tre de la soci&#233;t&#233;. Les personnes qui la prennent en charge sont particuli&#232;rement mobilis&#233;es en cas de crise, et expos&#233;es aux risques en cas de crise sanitaire. Bien qu'il inclut des femmes blanches et des hommes, racis&#233;es, force est de constater que la groupe concern&#233; est majoritairement continu&#233; de femmes issues des milieux populaires et de la migration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces analyses se poursuivent dans le prochain livre du CADTM &#224; para&#238;tre cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] Autrice du Ventre des Femmes et de Un f&#233;minisme d&#233;colonial&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/jules-falquet/blog/300320/le-coup-du-virus-et-le-coup-d-etat-militaro-industriel-global&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/jules-falquet/blog/300320/le-coup-du-virus-et-le-coup-d-etat-militaro-industriel-global&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Et-maintenant-vous-le-voyez-le-travail-des-femmes &#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Et-maintenant-vous-le-voyez-le-travail-des-femmes&#160;&lt;/a&gt; ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] Voir &lt;a href=&#034;https://lasanteenlutte.org/covid-19-le-deconfinement/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lasanteenlutte.org/covid-19-le-deconfinement/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] &lt;a href=&#034;https://www.lesoir.be/290223/article/2020-03-26/coronavirus-un-quart-des-femmes-actives-en-belgique-travaillent-dans-le-secteur&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lesoir.be/290223/article/2020-03-26/coronavirus-un-quart-des-femmes-actives-en-belgique-travaillent-dans-le-secteur&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Krinsky, J. et Simonet, M., &#171; D&#233;ni de travail : l'invisibilisation du travail aujourd'hui : Introduction. &#187;, 2012, Soci&#233;t&#233;s contemporaines, N&#176; 87, p. 5-23.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] Cukier, A., &#171; De la centralit&#233; politique du travail : les apports du f&#233;minisme mat&#233;rialiste &#187;, paru dans Bidet, A., Galerand, E. et Kergoat, D. (dir.), Dossier &#171; F&#233;minismes mat&#233;rialistes &#187;, Nouvelles Questions F&#233;ministes, 2016.&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] Nous disons bien &#8220;d&#233;laiss&#233;s&#8221; car c'est un contexte de protection l&#233;gales des travailleurs/euses nationaux, instaurant des quotas de personnes migrantes etc., on ne peut parler d'immigration qui &#8220;vole&#8221; le travail au Fran&#231;aisEs comme certainEs se plaisent &#224; dire. Falquet, J. et Moujoud, N., &#171; Cent ans de sollicitude en France. Domesticit&#233;, reproduction sociale, migration et histoire coloniale &#187;, 2010, Agone n&#176;43, Comment le genre trouble la classe, pp 169-195. Quelle page ?&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] Voir par exemple Verges, F., Un f&#233;minisme d&#233;colonial, 2019, La Fabrique, p. 86.&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Falquet, J. et Moujoud, N., &#171; Cent ans de sollicitude en France. Domesticit&#233;, reproduction sociale, migration et histoire coloniale &#187;, 2010, Agone n&#176;43, Comment le genre trouble la classe, pp. 169-195. Quelle page ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Comment la dette renforce-t-elle l'oppression des femmes ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Comment-la-dette-renforce-t-elle-l-oppression-des-femmes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Comment-la-dette-renforce-t-elle-l-oppression-des-femmes</guid>
		<dc:date>2017-03-14T08:33:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-03-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dette n'est nullement neutre du point de vue du genre. Bien au contraire, elle constitue un obstacle colossal &#224; l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les mesures macro&#233;conomiques qui lui sont associ&#233;es sont sexu&#233;es tant dans leurs caract&#233;ristiques que dans leurs effets. Partout, elles imposent les pires r&#233;gressions sociales aux populations les plus fragilis&#233;es, les plus pauvres, et donc majoritairement aux femmes. &lt;br class='autobr' /&gt;
tir&#233; de : CADTM Info bulletin &#233;lectronique 11 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-International-67-+" rel="tag"&gt;International&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-03-14-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-03-14&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton30069-727f9.jpg?1781376114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dette n'est nullement neutre du point de vue du genre. Bien au contraire, elle constitue un obstacle colossal &#224; l'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes &#224; l'&#233;chelle mondiale. Les mesures macro&#233;conomiques qui lui sont associ&#233;es sont sexu&#233;es tant dans leurs caract&#233;ristiques que dans leurs effets. Partout, elles imposent les pires r&#233;gressions sociales aux populations les plus fragilis&#233;es, les plus pauvres, et donc majoritairement aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : CADTM Info bulletin &#233;lectronique 11 mars 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les plus vuln&#233;rables (les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes jeunes, &#226;g&#233;es, migrantes, sans emploi, les femmes provenant d'une minorit&#233; ethnique, du milieu rural ou encore ayant &#233;t&#233; victimes de violences) d'entre elles sont les plus pressuris&#233;es pour voler au secours des profiteurs de la dette. Tout comme les plans d'ajustement structurel (PAS) appauvrissent et ext&#233;nuent les femmes du Sud depuis plus de 30 ann&#233;es, les plans d'aust&#233;rit&#233; saignent d&#233;sormais celles d'Europe. Les m&#234;mes m&#233;canismes d&#233;coulant d'une m&#234;me id&#233;ologie n&#233;olib&#233;rale sont partout &#224; l'&#339;uvre. Privatisations, lib&#233;ralisations, restrictions budg&#233;taires au menu des politiques n&#233;olib&#233;rales justifi&#233;es par la dette sabrent les droits sociaux des femmes, accentuent leur pauvret&#233;, durcissent et aggravent les in&#233;galit&#233;s entre les sexes et sapent les conqu&#234;tes f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pertes d'emplois et de revenus nets pour les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout sous l'effet de la crise de la dette, le taux de ch&#244;mage des femmes augmente. En Europe, l'emploi devient de plus en plus inaccessible particuli&#232;rement pour les jeunes femmes des pays les plus touch&#233;s par la crise de la dette |1|. Dans les pays du Sud, beaucoup de femmes perdent leur emploi suite aux licenciements massifs impos&#233;s &#224; la fonction publique par les Institutions financi&#232;res internationales (IFI) mais pas uniquement&#8230; L'application d'autres mesures structurelles des PAS telles que la d&#233;valuation de la monnaie locale, le tout &#224; l'exportation ou encore la lib&#233;ralisation du commerce mondial, en &#233;loignant les femmes du monde du travail r&#233;mun&#233;r&#233; ou en les propulsant dans un salariat proche de l'esclavage |2| participent &#224; faire de leur autonomie &#233;conomique un objectif toujours plus insaisissable |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'elle ne condamne pas directement les femmes au ch&#244;mage, la crise de la dette lamine leurs revenus. De fait, l'une des principales variables d'ajustement du &#171; syst&#232;me-dette &#187; consiste &#224; r&#233;duire salaire et temps de travail des employ&#233;-e-s du secteur public compos&#233; majoritairement de femmes. Ces diminutions salariales entra&#238;nent un tel manque &#224; gagner pour les femmes employ&#233;es dans le secteur formel (et plus sp&#233;cifiquement dans la fonction publique) qu'afin de joindre les deux bouts, elles doivent le plus souvent prendre au minimum un second voire un troisi&#232;me travail mais cette fois-ci souvent dans le secteur informel o&#249; r&#232;gne l'arbitraire et l'exploitation &#224; outrance ou elles se trouvent accul&#233;es &#224; alterner, comme en Angleterre, leur temps de travail avec celui de leur conjoint : alors que l'un-e travaille de jour, l'autre travaille de nuit pour &#233;viter de devoir allouer une partie de leurs revenus &#224; la garde des enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes &#226;g&#233;es ne sont pas &#233;pargn&#233;es par les politiques de la dette, loin de l&#224;. Alors qu'elles ont travaill&#233; toute leur vie, elles sont de plus en plus nombreuses &#224; vivre l'enfer d'une vieillesse d&#233;munie. Dans les pays o&#249; des pensions existent, leur montant est sans cesse diminu&#233; tandis que l'&#226;ge de la retraite pour les femmes est simultan&#233;ment retard&#233; |4|. Les retrait&#233;es deviennent inexorablement l'un des groupes les plus expos&#233;s au risque de pauvret&#233;. En 2015, pas moins de 16 % d'entre elles vivent sous le seuil de pauvret&#233; en Union europ&#233;enne |5|. Ce pourcentage grimpe jusqu'&#224; pas moins de 23 % |6| lorsqu'elles vivent seules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En comprimant constamment les revenus des femmes, PAS et aust&#233;rit&#233; alimentent un indicateur important des in&#233;galit&#233;s structurelles hommes-femmes : partout sur la plan&#232;te l'&#233;cart salarial augmente. Selon les derni&#232;res estimations de l'OIT (2016), les femmes &#224; l'&#233;chelle mondiale gagneraient en moyenne 77 % du salaire masculin |7|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre le saccage de l'emploi f&#233;minin et la destruction des revenus des femmes, la crise de la dette encourage &#233;galement la pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de l'emploi f&#233;minin. Elle est accentu&#233;e par la forte d&#233;r&#233;glementation du march&#233; du travail et la d&#233;sagr&#233;gation du droit syndical. Pour les femmes, cette remise en cause du droit du travail se solde par un renforcement consid&#233;rable de leur exploitation. Ainsi, progressivement, le travail pr&#233;caire, flexible et informel des femmes constitue du Sud au Nord de la plan&#232;te davantage la norme que l'exception. Or, non seulement ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces emplois-l&#224; qui sont les premiers supprim&#233;s en cas de licenciement mais en plus, ils ne permettent pas ou peu aux travailleuses d'acc&#233;der &#224; la protection qu'offre la l&#233;gislation du travail et la s&#233;curit&#233; sociale. En outre, le fait que l'&#233;galit&#233; entre les sexes n'apparaisse plus comme une priorit&#233; pour les gouvernements encourage les employeurs &#224; recourir en toute impunit&#233; &#224; des pratiques ill&#233;gales comme le licenciement de femmes enceintes ou apr&#232;s leur cong&#233; de maternit&#233;. Ainsi partout sur la plan&#232;te, au nom du remboursement de la dette publique, les femmes travaillent plus pour gagner moins dans des conditions de travail fortement d&#233;grad&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; o&#249; elle se manifeste, la crise de la dette est bel et bien synonyme de pr&#233;carisation financi&#232;re, physique et psychologique du travail des femmes, d'augmentation de leur pauvret&#233; et de perte d'autonomie financi&#232;re, &#233;l&#233;ment fondamental de toute r&#233;elle &#233;mancipation des femmes. De plus, les politiques d'aust&#233;rit&#233;, en p&#233;nalisant le droit &#224; l'emploi r&#233;mun&#233;r&#233; des femmes et en les obligeant rester confin&#233;es &#224; la sph&#232;re priv&#233;e pour y endosser leur r&#244;le dit &#171; traditionnel &#187; de m&#232;re et/ou d'&#233;pouse au foyer, sont de puissantes courroies de r&#233;activation d'une id&#233;ologie patriarcale, conservatrice et sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes au c&#339;ur de la destruction de la protection sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom des &#233;conomies &#224; r&#233;aliser pour g&#233;rer la &#171; crise de la dette &#187;, l&#224; o&#249; ils subsistent, les budgets de protection sociale connaissent des restrictions draconiennes : diminutions des allocations de ch&#244;mage, des allocations sociales, des aides aux familles, des allocations de maternit&#233;, des prestations aux personnes d&#233;pendantes, etc. Ces coupes affectent particuli&#232;rement les femmes dans la mesure o&#249;, parce qu'elles assument encore le r&#244;le de responsables principales de la famille et sont souvent pr&#233;caires financi&#232;rement, elles sont plus d&#233;pendantes des allocations sociales que les hommes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Politiques familiales et programmes promouvant l'&#233;galit&#233; des genres sont des cibles privil&#233;gi&#233;s des politiques d'aust&#233;rit&#233;. Les services de soins pour les enfants et personnes &#224; charge deviennent de moins en moins abordables, ad&#233;quats, accessibles et leur qualit&#233; se d&#233;grade. Nombre de femmes se voient d&#232;s lors contraintes soit de diminuer leurs heures de travail r&#233;mun&#233;r&#233;es soit de carr&#233;ment abandonner le march&#233; de l'emploi pour pouvoir prendre en charge leur travail reproductif. Les associations de promotion des femmes se trouvent elles aussi dans l'&#339;il du cyclone des restrictions budg&#233;taires. Leurs subventions ne cessent de diminuer lorsqu'elles ne sont pas tout simplement supprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate &#224; quel point le &#171; syst&#232;me-dette &#187; met ainsi en danger les acquis des combats f&#233;ministes, renforce les st&#233;r&#233;otypes existants de l' &#171; homme gagne-pain &#187; et de la &#171; femme au foyer &#187; et comment il ambitionne de faire porter le prix de la crise principalement aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'&#201;tat social &#224; la &#171; M&#232;re sociale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; est une attaque en r&#232;gle contre les services publics : services sociaux, sant&#233;, &#233;ducation, &#233;nergie, transports, infrastructures&#8230; Tout y passe ! Tous sont r&#233;duits, supprim&#233;s, privatis&#233;s ou leurs frais d'utilisation augmentent consid&#233;rablement. Cette mise &#224; mort de l'&#201;tat social touche en premier lieu et triplement les femmes. &#201;tant majoritaires dans la fonction publique, elles sont les principales victimes des licenciements massifs qui lui sont impos&#233;s. Les femmes sont &#233;galement les premi&#232;res usag&#232;res des services publics. Leur participation au march&#233; du travail d&#233;pend de services &#224; l'enfance accessibles, elles ont plus recours aux soins de sant&#233; pour elles-m&#234;mes (soins gyn&#233;cologiques, li&#233;s &#224; la grossesse, &#224; la maternit&#233; mais aussi &#224; une esp&#233;rance de vie plus longue,&#8230;) ou pour leurs proches, elles utilisent plus les transports publics, etc. Enfin, ce sont elles qui doivent, via une augmentation de leur travail non r&#233;mun&#233;r&#233; et invisible, assurer les t&#226;ches de soins et d'&#233;ducation d&#233;laiss&#233;es par la fonction publique. On assiste ainsi &#224; une v&#233;ritable substitution des r&#244;les et des responsabilit&#233;s essentielles de l'&#201;tat vers le priv&#233; et donc singuli&#232;rement vers les femmes, les emp&#234;chant de participer pleinement &#224; toutes les sph&#232;res de la vie. Au nom de la dette publique, une translation a lieu : du concept d' &#171; &#201;tat social &#187; on passe &#224; celui de &#171; M&#232;re sociale &#187;. Et ce gratuitement, pour r&#233;duire les d&#233;penses, rembourser les banquiers et payer la dette : elle n'est pas belle la crise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dommages caus&#233;s de par le monde aux droits sexuels et reproductifs des femmes r&#233;sultent &#233;galement en grande partie des politiques de la dette. Alors qu'ils permettent aux femmes d'exercer un contr&#244;le sur leurs propres corps et d&#232;s lors, sur leur vie, aust&#233;rit&#233; et PAS diminuent les financements des structures permettant de les garantir. Partout, toujours moins de subsides publics sont attribu&#233;s &#224; la pr&#233;vention du VIH, aux IVG, aux plannings familiaux, aux services de sant&#233; pr&#233; et postnataux et aux soins de sant&#233; pr&#233;ventifs des femmes. Les maternit&#233;s et centres de gyn&#233;cologie sont g&#233;n&#233;ralement les premiers services hospitaliers &#224; &#234;tre supprim&#233;s au nom des &#233;conomies &#224; r&#233;aliser pour rembourser la dette. Relevons &#233;galement que dans les pays o&#249; elle a &#233;t&#233; conquise de hautes luttes, l'autod&#233;termination reproductive des femmes est sans cesse attaqu&#233;e |8|. Ainsi, en entravant (lorsqu'ils existent) les droits sexuels et reproductifs des femmes, la dette n'annihile pas seulement la libert&#233; des femmes de choisir quel type de vie elles veulent mener et &#224; quel moment mais elle renforce simultan&#233;ment des courants de pens&#233;es r&#233;actionnaires pour lesquels les femmes sont avant tout des m&#232;res et de pr&#233;f&#233;rence des m&#232;res au foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques de la dette m&#232;nent &#224; une usure g&#233;n&#233;ralis&#233;e des femmes. Min&#233;es par l'impact psychologique d'une pauvret&#233; s'amplifiant, une sant&#233; se d&#233;gradant sans cesse sous le poids de trop de labeur et le stress induit par l'obligation&lt;br class='autobr' /&gt; d'assumer de multiples r&#244;les, les femmes des classes populaires n'ont plus de temps pour souffler, s'occuper de leur propre personne ou pour participer aux affaires publiques. Cependant, alors qu'elles supportent les pires cons&#233;quences de la dette, les femmes sont les v&#233;ritables cr&#233;anci&#232;res au niveau national et international. Elles sont titulaires d'une &#233;norme dette sociale. Sans leur travail gratuit de production, de reproduction et de soins aux personnes, nos soci&#233;t&#233;s p&#233;ricliteraient tout simplement ! Ce n'est d&#232;s lors nullement un euph&#233;misme que de d&#233;clarer que l'ill&#233;gitimit&#233; de la dette est encore plus criante lorsqu'on est une femme. Dette et &#233;mancipation des femmes sont parfaitement antinomique. Tout v&#233;ritable processus &#233;mancipatoire implique de lutter contre ce syst&#232;me dette qui, de concert avec le patriarcat, asservit les femmes et les emp&#234;che de jouir de leurs droits les plus fondamentaux. C'est pourquoi, partout dans le monde, les mouvements f&#233;ministes refusent cette logique mortif&#232;re, travaillent &#224; renforcer leurs convergences et s'engagent sur le terrain de la lutte contre la dette ill&#233;gitime , contre les Institutions Financi&#232;res Internationales et plus largement, contre le syst&#232;me n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| En Gr&#232;ce, en 2016, 55,9 % des femmes de moins de 25 ans sont sans emploi tandis qu'en Espagne, 47 % des jeunes femmes partagent cette r&#233;alit&#233;. Eurostat, ch&#244;mage par &#226;ge et par sexe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Suite &#224; ces mesures une nouvelle fraction de travailleuses a int&#233;gr&#233; le salariat industriel ou agricole dans des conditions de travail d&#233;testables et pour des salaires de mis&#232;re. Nombre d'entre elles n'ont pas eu d'autre choix pour survivre que de rejoindre les usines en zones franches (maquiladoras) o&#249; les l&#233;gislations du travail sont suspendues ou inexistantes et r&#232;gne l'exploitation &#224; outrance, le tout dans un dans un contexte de violence exacerb&#233; contre les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| Pour plus d'informations sur l'impact de ces ajustements structurels sur les revenus des femmes des pays du Sud voir : Christine Vanden Daelen, &#171; La dette, les PAS : analyse des impacts sur la vie des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| En Autriche, depuis 2014, les femmes, au lieu d'arr&#234;ter de travailler &#224; 57 ans doivent attendre leurs 60 ans. De mani&#232;re similaire, en Italie, depuis 2012, les femmes doivent continuer &#224; trimer jusqu'&#224; leurs 66 ans avant de pouvoir toucher leur retraite. Voir : &#171; Cosaprevede la RiformaFornero &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| Eurostat, Taux de risque de pauvret&#233; par seuil de pauvret, &#226;ge et sexe &#8211; enqu&#234;te EU-SILC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| United Nations, &#171; The world'swomen 2015, Trends and statistics &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| OIT (2016), &#171; Les Femmes au Travail, Tendances 2016 &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| En Espagne, en 2014, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarit&#233; internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus pratiquer l'IVG. Donald Trump signe en janvier 2017 un d&#233;cret interdisant le financement d'ONG am&#233;ricaines qui soutiennent l'avortement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les femmes d'Europe face &#224; l'aust&#233;rit&#233; et &#224; la dette publique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-femmes-d-Europe-face-a-l-austerite-et-a-la-dette-publique</link>
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		<dc:date>2017-02-07T06:58:05Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>

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&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
La dette , cheval de Troie d'une guerre sociale sans pr&#233;c&#233;dent contre les peuples d'Europe, n'est nullement neutre du point de vue du genre. Les mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es en son nom sont sexu&#233;es autant dans leurs caract&#233;ristiques que dans leurs effets. &lt;br class='autobr' /&gt; 2 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour l'Union europ&#233;enne, le FMI et leurs gouvernements complices, le seul moyen de r&#233;soudre la crise est d'appliquer de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton29581-017f8.png?1781376114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 3 f&#233;vrier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette , cheval de Troie d'une guerre sociale sans pr&#233;c&#233;dent contre les peuples d'Europe, n'est nullement neutre du point de vue du genre. Les mesures d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;es en son nom sont sexu&#233;es autant dans leurs caract&#233;ristiques que dans leurs effets.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;2 f&#233;vrier par Christine Vanden Daelen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'Union europ&#233;enne, le FMI et leurs gouvernements complices, le seul moyen de r&#233;soudre la crise est d'appliquer de rigides mesures d'aust&#233;rit&#233;. Selon la doxa n&#233;o-lib&#233;rale, elles permettraient aux &#201;tats endett&#233;s de rembourser leur dette et de retrouver le sacro-saint &#233;quilibre budg&#233;taire. En r&#233;alit&#233;, ce tout-aust&#233;ritaire n'engendre qu'un saccage social sans pr&#233;c&#233;dent au sein des pays somm&#233;s de l'appliquer. Le d&#233;sastre humanitaire qui ravage la Gr&#232;ce depuis 2010 est l'effroyable mat&#233;rialisation de l'application des Memoranda of Understanding (MoU) |1|. Accompagn&#233;s de r&#233;formes structurelles socialement r&#233;trogrades, ils d&#233;truisent le pays &#224; coup de privatisations, augmentation de taxes injustes telle que la TVA, coupes dans les salaires, les pensions, la sant&#233;, l'&#233;ducation, la culture, etc. Outre cette antinomie entre d&#233;veloppement social et aust&#233;rit&#233;, toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette d&#233;montre sans ambigu&#239;t&#233; qu'elle est sexu&#233;e tant dans ses caract&#233;ristiques que dans ses effets. Loin de s'attaquer aux responsables de cette crise, aux riches et aux grands patrimoines, l'aust&#233;rit&#233; touche les populations les plus fragilis&#233;es, les plus pr&#233;caires et donc encore, malheureusement, majoritairement les femmes et plus particuli&#232;rement, celles qui sont les plus vuln&#233;rables (les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes jeunes, &#226;g&#233;es, migrantes, les femmes provenant d'une minorit&#233; ethnique, du milieu rural&#8230;). Tout comme les plans d'ajustement structurel ont appauvri les femmes du Sud, les plans d'aust&#233;rit&#233; sont en train de saigner celles de l'Europe. Privatisations, lib&#233;ralisations et restrictions budg&#233;taires sabrent les droits sociaux des femmes, accentuent leur pauvret&#233;, durcissent et aggravent les in&#233;galit&#233;s entre les sexes et sapent les &#8216;conquis' f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous analyserons tout au long de cet article comment les politiques de la dette font r&#233;gresser les droits sociaux-&#233;conomiques des femmes et sanctionnent leur &#233;mancipation partout en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes au coeur de la destruction de la protection sociale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;aliser des &#233;conomies en vue de g&#233;rer la &#171; crise de la dette &#187;, les budgets de protection sociale subissent en Europe des restrictions draconiennes. Partout, on assiste &#224; des diminutions des allocations de ch&#244;mage, des allocations sociales, des aides aux familles, des allocations de maternit&#233;, des prestations aux personnes d&#233;pendantes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces coupes affectent particuli&#232;rement les femmes dans la mesure o&#249;, parce qu'elles assument encore le r&#244;le de responsables principales de la famille et sont plus pr&#233;caires financi&#232;rement, elles sont plus d&#233;pendantes des allocations sociales que les hommes. Par le fait que les prestations et allocations sociales constituent une part non n&#233;gligeable de leur revenu en comparaison avec les hommes |2|, ce sont elles qui sentent le plus douloureusement les effets de leur diminution dans leur vie de tous les jours. Les groupes les plus vuln&#233;rables sont les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes &#226;g&#233;es et les migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat est particuli&#232;rement criant dans deux domaines :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mesures d'aust&#233;rit&#233; enrayent les politiques familiales des &#201;tats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;cision de la Commission europ&#233;enne en juillet 2015 de retirer la proposition de loi pour l'augmentation du cong&#233; de maternit&#233; de 14 &#224; 18 semaines est un exemple de l'&#233;chec de l'UE, de ses &#201;tats membres, de s'investir pour une protection digne et humaine des femmes europ&#233;ennes |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Royaume-Uni, la subvention de bonne sant&#233; pendant la grossesse, les allocations familiales, les cr&#233;dits d'imp&#244;ts li&#233;s &#224; la naissance d'un enfant ont tous &#233;t&#233; restreints ou gel&#233;s. D'autres r&#233;ductions de prestations sociales, comme celles des aides au logement, touchent les femmes de fa&#231;on disproportionn&#233;e. De fait, davantage de femmes que d'hommes d&#233;pendent de ces indemnit&#233;s. Une &#233;tude command&#233;e par le syndicat britannique TUC rel&#232;ve que, suite &#224; toutes ces mesures, les m&#232;res c&#233;libataires perdent pas moins de 18 % de leurs revenus nets |4|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les femmes sont souvent d&#233;savantag&#233;es en termes d'acc&#232;s et de niveau des allocations de ch&#244;mage (en Allemagne, en 2010, sur les 47 % de femmes sans emploi seulement 28 % touchent des allocations de ch&#244;mage |5|) |6|, les politiques d'aust&#233;rit&#233; ambitionnent encore de les diminuer. Ainsi, en Belgique, apr&#232;s la r&#233;forme Di Rupo qui pr&#233;voyait une d&#233;gressivit&#233; accrue des allocations de ch&#244;mage, la fin de l'indemnit&#233; &#224; vie et le durcissement de la Politique d'accompagnement des ch&#244;meurs, le nouveau gouvernement MR-NVA a mis en place une v&#233;ritable chasse aux ch&#244;meurs. Ces mesures restrictives touchent particuli&#232;rement les femmes : elles composent 61 % des personnes exclues du ch&#244;mage en 2016 |7|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques d'aust&#233;rit&#233; minent les programmes instaurant l'&#233;galit&#233; des genres&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les mesures de promotion de l'&#233;galit&#233; des sexes ne doivent pas &#234;tre un &#171; luxe &#187; r&#233;serv&#233; uniquement aux p&#233;riodes de croissance &#233;conomique, on constate tr&#232;s clairement que la crise de la dette entra&#238;ne une diminution, autant de l'attention des politiques que des financements pour les m&#233;canismes d'&#233;galit&#233; des genres, ainsi que pour la mise en pratique des lois en la mati&#232;re. En Espagne, le minist&#232;re pour l'&#201;galit&#233; a &#233;t&#233; supprim&#233; et absorb&#233; par le minist&#232;re de la Sant&#233; en 2010 tandis qu'en Italie, le budget des politiques familiales est pass&#233; de 185,3 &#224; 19,8 millions d'euros entre 2011 et 2013 (une diminution de 89 %) |8|. Or, l'importance de l'existence de telles politiques est particuli&#232;rement criante en p&#233;riode de r&#233;cession.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations de promotion des femmes sont elles aussi dans l'oeil du cyclone des restrictions budg&#233;taires impos&#233;es au nom de la dette. Partout en Europe, plannings familiaux, maisons des femmes, maisons d'accueil pour femmes battues, viol&#233;es et maltrait&#233;es, lignes d'&#233;coute et d'aide t&#233;l&#233;phonique pour femmes en situation de crise, refuges pour femmes et enfants&#8230; doivent faire face &#224; une diminution de leurs subventions autant publiques que priv&#233;es. Ainsi, bien que la crise soit synonyme d'une f&#233;minisation de la pauvret&#233; et d'une accentuation de la pr&#233;carit&#233; des femmes, tant financi&#232;re que psychologique et physique (les chiffres attestent que les violences domestiques augmentent avec la crise), les associations de femmes - qui pouvaient leur offrir soutien et perspectives - deviennent de moins en moins accessibles et doivent r&#233;duire la quantit&#233; et la qualit&#233; des services qu'elles peuvent fournir aux femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'&#201;tat social &#224; la &#171; M&#232;re sociale &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; constitue une attaque en r&#232;gle contre les services publics : services sociaux, sant&#233;, &#233;ducation, &#233;nergie, transports, infrastructures&#8230; Tout y passe ! Tous sont r&#233;duits, supprim&#233;s, privatis&#233;s et/ou leurs frais d'utilisation augmentent consid&#233;rablement. Ce saccage de l'&#201;tat social touche en premier lieu et triplement les femmes. Pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;tant majoritaires dans la fonction publique |9|, elles sont les premi&#232;res victimes des politiques de licenciements massifs, impos&#233;es partout en Europe ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les femmes sont &#233;galement les usag&#232;res majoritaires des services publics. Leur participation au march&#233; du travail d&#233;pend de services &#224; l'enfance accessibles, elles ont plus recours aux services de sant&#233; pour elles-m&#234;mes (cf. soins gyn&#233;cologiques, li&#233;s &#224; la grossesse, &#224; la maternit&#233; mais aussi &#224; un temps de vie plus long&#8230;) ou pour leurs proches, elles utilisent plus les transports publics, etc. Des services collectifs de qualit&#233;, en nombre suffisant et abordables financi&#232;rement constituent des leviers incontournables de l'&#233;galit&#233; des sexes, de l'autonomie financi&#232;re des femmes et, &#224; terme, de leur &#233;mancipation ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin, ce sont elles qui doivent, via une augmentation de leur travail non r&#233;mun&#233;r&#233; et invisible, assurer les t&#226;ches de soins et d'&#233;ducation d&#233;laiss&#233;es par la fonction publique. Dans bien des cas, cette carence de services publics est suppl&#233;&#233;e par le travail des femmes migrantes et sans papier, tr&#232;s souvent exploit&#233;es, sans acc&#232;s &#224; aucune forme de protection sociale et expos&#233;es &#224; des violences racistes et sexistes. On assiste ainsi &#224; une v&#233;ritable substitution des r&#244;les et des responsabilit&#233;s essentielles de l'&#201;tat vers le priv&#233; et donc vers les femmes, les emp&#234;chant de participer pleinement &#224; toutes les sph&#232;res de la vie. Au nom de la dette publique, une translation a lieu : du concept d'&#171; &#201;tat social &#187; on passe &#224; celui de &#171; M&#232;re sociale &#187;. Et ce, gratuitement, pour r&#233;duire les d&#233;penses, rembourser les banquiers et payer la dette : elle n'est pas belle la crise ?! Les politiques d'aust&#233;rit&#233;, en p&#233;nalisant le droit &#224; l'emploi r&#233;mun&#233;r&#233; des femmes et en les obligeant &#224; regagner la sph&#232;re priv&#233;e pour y rendosser leur r&#244;le dit &#171; traditionnel &#187; de m&#232;re et/ou d'&#233;pouse au foyer sont en outre de puissantes courroies de r&#233;activation d'une id&#233;ologie patriarcale, conservatrice et sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diminution des financements publics r&#233;sultant des politiques aust&#233;ritaires dans le secteur de la sant&#233; a des r&#233;percussions directes sur la sant&#233; sexuelle et reproductive des femmes ainsi que sur leurs conditions de travail (cf. elles sont travailleuses majoritaires dans le domaine de la sant&#233;). Partout, en Europe, toujours moins de subsides publics sont attribu&#233;s &#224; la pr&#233;vention du VIH, aux IVG, aux plannings familiaux, aux services de sant&#233; pr&#233; et post-natals et aux soins de sant&#233; pr&#233;ventifs des femmes. Les maternit&#233;s et centres de gyn&#233;cologie sont g&#233;n&#233;ralement les premiers services hospitaliers &#224; &#234;tre supprim&#233;s au nom des &#233;conomies &#224; r&#233;aliser pour rembourser la dette. Ainsi, durant la derni&#232;re d&#233;cennie, pas moins de 20 % des maternit&#233;s fran&#231;aises ont &#233;t&#233; ferm&#233;es |10|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Gr&#232;ce, avant l'arriv&#233;e de Syriza au pouvoir, la Tro&#239;ka avait oblig&#233; les femmes &#224; verser 1000 &#8364; pour mettre au monde leurs enfants |11|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Relevons &#233;galement que dans les pays o&#249; elle a &#233;t&#233; conquise de hautes luttes, l'autod&#233;termination reproductive des femmes est sans cesse attaqu&#233;e. Loin d'&#234;tre g&#233;n&#233;ralis&#233; en Europe, le droit &#224; l'avortement est toujours fragile. En Espagne, en 2014, il a bien failli ne plus exister. Sans les manifestations massives de rue et la solidarit&#233; internationale, les femmes de ce pays ne pourraient plus pratiquer l'IVG. De plus, si le droit &#224; l'avortement est g&#233;n&#233;ralement le r&#233;sultat de mobilisations intenses, son application r&#233;elle est loin d'&#234;tre garantie. En effet, parall&#232;lement aux pressions des lobbies politico-religieux, des contraintes purement pragmatiques telles que des difficult&#233;s d'acc&#232;s aux services et centres d'IVG, des d&#233;lais d'attente trop longs, un manque de m&#233;decins sp&#233;cialis&#233;s et un d&#233;faut manifeste d'information emp&#234;chent de nombreuses femmes de recourir pratiquement &#224; l'avortement. En entravant les droits sexuels et reproductifs des femmes, la dette n'annihile pas seulement la libert&#233; des femmes de choisir quel type de vie elles veulent mener et &#224; quel moment mais elle renforce simultan&#233;ment des courants de pens&#233;es r&#233;actionnaires pour lesquels les femmes sont avant tout des m&#232;res et de pr&#233;f&#233;rence des m&#232;res au foyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsqu'on prend en consid&#233;ration l'ensemble des pr&#233;judices caus&#233;s par le &#171; syst&#232;me dette &#187; sur la sant&#233; publique et par extension sur celle des femmes, une conclusion s'impose : avec l'application de l'aust&#233;rit&#233;, la sant&#233; n'est plus consid&#233;r&#233;e comme un droit humain fondamental mais comme une marchandise qu'il faut acheter sur le march&#233;. Toute notion d'assistance et de service public accessible &#224; tou-te-s ind&#233;pendamment de ses revenus et/ou de sa position sociale &#224; &#233;t&#233; &#233;vinc&#233;e. Seule la logique du profit priv&#233; pr&#233;domine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mobilisations f&#233;ministes face &#224; la crise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on l'a vu au-travers de cet article, la dette et ses politiques sont contraires &#224; toute vis&#233;e &#233;mancipatrice des femmes : non seulement elles sapent leur autonomie financi&#232;re ainsi que toute possibilit&#233; de mieux pouvoir concilier leurs diff&#233;rents temps de vie |12| &#8211; via, entre autres, l'acc&#232;s &#224; des services publics &#8211; mais de plus, elles ambitionnent de leur faire supporter majoritairement le prix de la crise. &#192; cause de leur position plus fragile sur le march&#233; du travail et, d&#232;s lors, d'un pouvoir de n&#233;gociation amoindri, les femmes acceptent plus &#171; facilement &#187; que les hommes des conditions de travail pr&#233;caires, avec un salaire diminu&#233; et sans s&#233;curit&#233; sociale. Elles sont en premi&#232;re ligne des coupes dans les secteurs de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, du secteur associatif o&#249; elles sont simultan&#233;ment usag&#232;res et employ&#233;es majoritaires. Partout l'aust&#233;rit&#233; impulse une f&#233;minisation de la pauvret&#233;, une pr&#233;carisation de l'emploi f&#233;minin, une augmentation consid&#233;rable de leur charge de travail gratuit fourni pour amortir les effets d&#233;vastateurs de la crise et, de plus, elle d&#233;truit les &#8216;conquis' f&#233;ministes&#8230; Or, alors que les femmes supportent les pires cons&#233;quences de la crise, elles n'ont &#224; payer aucune dette de quelque nature soit-elle ! Ce sont elles les v&#233;ritables cr&#233;anci&#232;res au niveau national et international. Elles sont titulaires d'une &#233;norme dette sociale. Sans leur travail gratuit de production, de reproduction et de soins aux personnes, nos soci&#233;t&#233;s p&#233;ricliteraient tout simplement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en Europe, les mouvements f&#233;ministes travaillent &#224; renforcer la r&#233;sistance des femmes face &#224; la destruction de leurs droits. D&#233;but 2011, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;, en Gr&#232;ce, l'Initiative &#171; Femmes en mouvement contre la dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233; &#187;. L'objectif de ce mouvement ind&#233;pendant, pionnier en Europe dans la lutte contre la dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233;, est de parvenir &#224; mettre sur pied un front coordonn&#233; des f&#233;ministes europ&#233;ennes contre le &#171; syst&#232;me dette &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces femmes ont exig&#233; des audits des comptes publics nationaux et locaux mais aussi des audits d'h&#244;pitaux, de centres sociaux, d'&#233;coles. Elles ont initi&#233; et particip&#233; aux mouvements &#171; nous ne payons pas &#187; qui refusent de payer les transports publics, dont le prix a tripl&#233; pour rembourser la dette en Gr&#232;ce, les nouveaux p&#233;ages routiers et les nouveaux imp&#244;ts injustes impos&#233;s aux pauvres et &#224; la classe moyenne. Fin janvier 2014, elles ont contribu&#233; &#224; la cr&#233;ation d'une maison de solidarit&#233; des femmes, espace ouvert et autog&#233;r&#233; avec pour objectif de donner de l'aide &#224; toutes celles en souffrance &#224; cause de l'aust&#233;rit&#233;, aux femmes qui connaissent la pauvret&#233; absolue et sont en d&#233;tresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es une solidarit&#233; europ&#233;enne extraordinaire s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; partir de beaucoup de pays europ&#233;ens vers la Gr&#232;ce en collaboration avec l'Initiative &#171; Femmes en mouvement contre la dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233; &#187; : caravanes citoyennes depuis l'Italie, la France, la Belgique etc. continuent de s'organiser pour apporter m&#233;dicaments, biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; et pour sensibiliser les autres peuples europ&#233;ens &#224; la crise humanitaire que ce pays traverse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Marche mondiale des femmes a organis&#233; en 2015 une caravane f&#233;ministe pour apporter le soutien de cette organisation &#224; toutes les femmes d'Europe en lutte contre les politiques d'aust&#233;rit&#233;, le patriarcat et la r&#233;pression gouvernementale |13|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 mars 2015 le collectif &#171; Elles s'en m&#234;lent &#187;, Vie F&#233;minine Bruxelles, le CADTM, le Monde selon les Femmes, la Marche mondiale des femmes et la CSC (Conf&#233;d&#233;ration des syndicats chr&#233;tiens) Femmes, ont lanc&#233; publiquement le Comit&#233; d'action &#171; V'l&#224; la facture ! &#187;. Son objectif consiste &#224; mettre en lumi&#232;re les impacts sp&#233;cifiques pour les femmes des mesures d'aust&#233;rit&#233; d&#233;cid&#233;es par le gouvernement belge : manque de place pour l'accueil des enfants et des personnes &#226;g&#233;es, fin de l'allocation d'insertion illimit&#233;e dans le temps |14|, etc. Les militantes du Comit&#233; &#171; V'l&#224; la facture ! &#187; refusent la socialisation des dettes des banques et les mesures aust&#233;ritaires qui coupent les d&#233;penses publiques. Pour elles, l'&#201;tat a une dette non pas envers les banques mais envers les femmes qui travaillent gratuitement faute de services publics suffisants et de qualit&#233;. De cela l'id&#233;e d'envoyer une facture &#224; l'&#201;tat : &#171; on enverra la facture &#224; l'&#201;tat pour qu'il rembourse toutes les heures de travail gratuit que nous faisons pour compenser, entre autres, le manque de cr&#232;ches et de soins pour les personnes &#226;g&#233;es. Nous voulons qu'il investisse ces sommes dans le refinancement des services publics et de la protection sociale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plate-forme demande : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; l'arr&#234;t imm&#233;diat de ces plans d'aust&#233;rit&#233; impos&#233;s au nom d'une dette qui n'a pas servi les int&#233;r&#234;ts des populations ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; un audit f&#233;ministe afin d'identifier la dette ill&#233;gitime et l'impact sp&#233;cifique de l'aust&#233;rit&#233; sur les femmes suite au d&#233;mant&#232;lement des services publics et de la protection sociale. Tout l'argent &#233;conomis&#233; sur le dos de femmes doit &#234;tre r&#233;investi dans les secteurs sociaux, notamment dans le refinancement des allocations sociales et des services d'accueil &#224; la petite enfance et aux personnes en grande d&#233;pendance ; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une fiscalit&#233; qui cesse de favoriser les riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, via une diversit&#233; et une multiplicit&#233; des modes d'actions, les femmes sont bel et bien en marche contre la dette ill&#233;gitime. Leurs initiatives, d&#233;termination et solidarit&#233; renforcent les mouvements sociaux qui d&#233;noncent le tout-aust&#233;ritaire au profit exclusif de la finance et contre les peuples. En s'appropriant et en incarnant les luttes et revendications des f&#233;ministes, ces mouvements n'en seront que plus repr&#233;sentatifs et emplis des &#233;nergies des populations les plus touch&#233;es par cette aust&#233;rit&#233; absurde, r&#233;cessive et compl&#232;tement injuste qui d&#233;truit toute forme d'&#201;tat social susceptible de contribuer &#224; l'&#233;mancipation v&#233;ritable de toutes et de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est extrait du magazine du CADTM : Les Autres Voix de la Plan&#232;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| &#171; Plans de sauvetage &#233;conomique &#187; impos&#233;s &#224; la Gr&#232;ce par la Tro&#239;ka&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Au Royaume-Uni, en moyenne un cinqui&#232;me du revenu des femmes est compos&#233; de prestations d'aides sociales et d'exemptions de taxe en comparaison &#224; un dixi&#232;me pour les hommes. WDG, &#171; A Gender Impact Assessement of the Coalition Government Budget &#187;, June 2010&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| &lt;a href=&#034;http://europa.eu/rapid/press-releas...&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://europa.eu/rapid/press-releas...&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.womenlobby.org/Withdrawa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.womenlobby.org/Withdrawa..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Maternity-Leave-Directive-is-a-blow-for-women-s-rightsin ?lang=en&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats &#8211; CES, Enqu&#234;te du 8 mars 2011, p. 19. &lt;a href=&#034;https://www.etuc.org/IMG/pdf/8_Marc..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.etuc.org/IMG/pdf/8_Marc..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|5| M. Jespen, European Trade Union Institute (ETUI), &#171; Aspects contemporains de la crise au f&#233;minin &#187;, intervention durant le S&#233;minaire Le nerf de la guerre&#8230;des sexes. Rapports sociaux et argent organis&#233; par L'Universit&#233; des femmes, Bruxelles, 16 d&#233;cembre 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|6| Les syst&#232;mes de protection sociale continuent d'&#234;tre construits sur le concept d'une carri&#232;re ininterrompue au cours d'une vie professionnelle allant de 40 &#224; 45 ans, ce qui correspond rarement au cycle de la vie professionnelle des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|7| &lt;a href=&#034;http://www.lesoir.be/1126644/articl..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lesoir.be/1126644/articl..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|8| Malfer L.&amp; autres, Family audit : la certificazione familiare aziendale, Franco Angeli, 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|9| En Europe, les femmes repr&#233;sentent 78 % de la force de travail des services sociaux et de sant&#233; et 60 % des enseignant-e-s des secteurs primaires et secondaires. Voir Oxfam International/ European Women's Lobby, Op. Cit., p 24-25&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|10| &#171; Ces maternit&#233;s qui doivent s'am&#233;liorer&#8230; ou fermer &#187;, Guillaume Guichard, 22/01/2015, Le Figaro, &lt;a href=&#034;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lefigaro.fr/conjoncture/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|11| &lt;a href=&#034;http://www.gaucherepublicaine.org/i..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.gaucherepublicaine.org/i..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|12| Cf. &#233;quilibre entre temps de vie professionnel, familial et personnel des femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|13| https://marchemondialedesfemmes2015...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|14| L'allocation d'insertion est une allocation pour demandeurs/euses d'emploi accessible apr&#232;s les &#233;tudes. Depuis le 1er janvier, les jeunes sans emploi qui ont plus de 25 ans ne pourront plus b&#233;n&#233;ficier d'une allocation d'insertion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La dette n'est pas neutre du point de vue du genre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-dette-n-est-pas-neutre-du-point-de-vue-du-genre</link>
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		<dc:date>2017-01-17T06:41:26Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Samedi 14 janvier 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Compte-rendu de l'atelier &#171; Face au capitalisme et au patriarcat : quelles luttes et strat&#233;gies des femmes ? &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Christine s'est ainsi int&#233;ress&#233;e &#224; la situation europ&#233;enne et a montr&#233; &#224; quel point la dette est un obstacle colossal &#224; l'&#233;galit&#233; hommes-femmes. &lt;br class='autobr' /&gt; Christine Vanden Daelen : . &lt;br class='autobr' /&gt; En effet, les mesures macro-&#233;conomiques qui lui sont associ&#233;es sont sexu&#233;es. Partout, elles imposent les pires r&#233;gressions sociales (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-des-femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-01-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton29272-5513d.jpg?1781376114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tire de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Samedi 14 janvier 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte-rendu de l'atelier &#171; Face au capitalisme et au patriarcat : quelles luttes et strat&#233;gies des femmes ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine s'est ainsi int&#233;ress&#233;e &#224; la situation europ&#233;enne et a montr&#233; &#224; quel point la dette est un obstacle colossal &#224; l'&#233;galit&#233; hommes-femmes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Christine Vanden Daelen : .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En effet, les mesures macro-&#233;conomiques qui lui sont associ&#233;es sont sexu&#233;es. Partout, elles imposent les pires r&#233;gressions sociales aux populations les plus fragilis&#233;es, les plus pauvres, et donc majoritairement aux femmes (les femmes composent 70% de la population consid&#233;r&#233;e comme pauvre). Elles leur font payer les effets d'une crise profonde dont ils et elles ne sont en rien responsables. Au nom de l'aust&#233;rit&#233;, on assiste &#224; des privatisations, des lib&#233;ralisations, des coupes dans la s&#233;curit&#233; sociale&#8230; qui attaquent les droits des femmes, accentuent leur pauvret&#233; et sapent les acquis f&#233;ministes. Ainsi, lutter pour l'&#233;mancipation des femmes implique n&#233;cessairement de lutter contre la dette.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dette a des impacts sp&#233;cifiques sur les femmes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle d&#233;truit leur emploi r&#233;mun&#233;r&#233; : partout le ch&#244;mage des femmes augmente. Cet impact sexuellement diff&#233;renci&#233; de la crise sur l'emploi est r&#233;v&#233;lateur de la pr&#233;gnance d'une segmentation professionnelle qui confine les femmes dans des ghettos d'emplois f&#233;minins souvent pr&#233;caires. Le ch&#244;mage moyen des femmes est de 9,7 % en Europe. Dans les pays les plus touch&#233;s par la dette, la situation est encore plus critique. Ainsi, en Gr&#232;ce le taux de ch&#244;mage des jeunes femmes atteint 55,9 %. Par ailleurs, les taux de ch&#244;mage ne prennent pas en compte les temps partiels (qui sont &#224; 80 % occup&#233;s par des femmes).&lt;br class='autobr' /&gt;
La dette diminue les revenus des femmes : le syst&#232;me dette d&#233;truit le fonctionnariat or deux tiers des emplois publics sont occup&#233;s par des femmes. Dans les pays o&#249; il y avait une diff&#233;rence d'acc&#232;s &#224; la retraite entre les sexes, l'&#226;ge de la pension pour les femmes est constamment retard&#233;. Les retrait&#233;es europ&#233;ennes deviennent l'un des groupes les plus expos&#233;s au risque de pauvret&#233;. De plus, l'&#233;cart salarial, qui est de 22 % en moyenne en Belgique, augmente partout en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette d&#233;mant&#232;le l'&#201;tat social, la protection sociale. Ces coupes affectent particuli&#232;rement les femmes dans la mesure o&#249;, parce qu'elles assument encore majoritairement le r&#244;le de responsables principales de la famille et sont plus pr&#233;caires financi&#232;rement, elles sont plus d&#233;pendantes des allocations sociales que les hommes. Par ailleurs, les politiques d'&#233;galit&#233; hommes-femmes sont d&#233;sormais pr&#233;sent&#233;es comme un luxe r&#233;serv&#233; uniquement aux p&#233;riodes de croissance &#233;conomique. Notons aussi que le d&#233;clin des services publics oblige les femmes &#224; r&#233;duire, voire &#224; supprimer, leur temps de travail r&#233;mun&#233;r&#233; et ainsi &#224; perdre leur autonomie financi&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces attaques contre l'&#201;tat social, les femmes - via une augmentation de leur travail non r&#233;mun&#233;r&#233; et invisible - doivent prendre en charge les t&#226;ches de soin et d'&#233;ducation d&#233;laiss&#233;es par la fonction publique. Deux domaines sont particuli&#232;rement concern&#233;s : la sant&#233; et l'&#233;ducation. En tant que travailleuses majoritaires dans ces deux secteurs (deux tiers des effectifs de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et des services sociaux sont f&#233;minins en Europe), elles sont les premi&#232;res touch&#233;es par les pertes massives d'emplois et leurs conditions de travail se d&#233;gradent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notons enfin que l'aust&#233;rit&#233; d&#233;mant&#232;le le droit du travail et les droits syndicaux : le travail flexible et pr&#233;caire des femmes devient partout la norme plut&#244;t que l'exception. On assiste &#224; l'introduction dans le secteur formel de pratiques habituellement li&#233;es au secteur informel et qualifi&#233;es de &#171; mod&#232;le f&#233;minin &#187; susceptibles d'augmenter la comp&#233;titivit&#233; des entreprises. Les travailleuses europ&#233;ennes ont en outre &#224; faire face &#224; une augmentation des proc&#233;dures ill&#233;gales &#224; leur &#233;gard, en particulier lorsqu'elles sont enceintes ou apr&#232;s un cong&#233; de maternit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces m&#233;canismes entra&#238;nent une usure g&#233;n&#233;ralis&#233;e des femmes. Or, alors qu'elles en supportent les pires cons&#233;quences, les femmes n'ont &#224; payer aucune dette de quelque nature soit-elle. Ce sont elles les v&#233;ritables cr&#233;anci&#232;res tant au niveau national qu'international. Elles sont titulaires d'une &#233;norme dette sociale. Sans leur travail gratuit de production, de reproduction et de soins aux personnes, nos soci&#233;t&#233;s p&#233;ricliteraient tout simplement. Il n'est d&#232;s lors nullement un euph&#233;misme de d&#233;clarer que l'ill&#233;gitimit&#233; de la dette publique est encore plus criante lorsqu'on est une femme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'ill&#233;gitimit&#233; de la dette est encore plus criante lorsqu'on est une femme !</title>
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		<dc:date>2014-04-22T08:28:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Vanden Daelen </dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>F&#233;minisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233; ne sont nullement neutres du point de vue du genre. Toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette d&#233;montre sans ambigu&#239;t&#233; qu'elle est sexu&#233;e tant dans ses caract&#233;ristiques que dans ses effets. De fait, elle touche les populations les plus fragilis&#233;es, les plus pr&#233;caires et donc encore malheureusement majoritairement les femmes, et plus particuli&#232;rement celles qui sont les plus vuln&#233;rables (les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes jeunes, &#226;g&#233;es, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Feminisme-+" rel="tag"&gt;F&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/arton17367-10c65.jpg?1781376114' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dette et les mesures d'aust&#233;rit&#233; ne sont nullement neutres du point de vue du genre. Toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette d&#233;montre sans ambigu&#239;t&#233; qu'elle est sexu&#233;e tant dans ses caract&#233;ristiques que dans ses effets. De fait, elle touche les populations les plus fragilis&#233;es, les plus pr&#233;caires et donc encore malheureusement majoritairement les femmes, et plus particuli&#232;rement celles qui sont les plus vuln&#233;rables (les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes jeunes, &#226;g&#233;es, migrantes, les femmes provenant d'une minorit&#233; ethnique, du milieu rural&#8230;). Privatisations, lib&#233;ralisations, restrictions budg&#233;taires au menu de l'aust&#233;rit&#233; sabrent les acquis sociaux des femmes, accentuent leur pauvret&#233;, durcissent et aggravent les in&#233;galit&#233;s entre les sexes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;10 avril par Christine Vanden Daelen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pertes d'emplois et de revenus nets pour les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fonction publique est dans la ligne de mire directe de l'Europe aust&#233;ritaire. Suppression d'emplois publics, gel et/ou diminution des salaires des fonctionnaires constituent les variables d'ajustement favorites des politiques impos&#233;es au nom de la gestion de la dette. Or, comme au sein de l'Union europ&#233;enne 69,2% |1| des travailleurs de la fonction publique sont des femmes, ces mesures ont un effet disproportionn&#233; sur leur emploi et revenus |2|. De plus, au vu des bonnes conditions de travail g&#233;n&#233;ralement en cours dans le secteur public, incluant cong&#233;s-pay&#233;s, possibilit&#233;s de conciliation entre vie priv&#233;e et vie professionnelle et des salaires f&#233;minins sup&#233;rieurs &#224; ceux pratiqu&#233;s dans le priv&#233;, on mesure &#224; quel point les coupes drastiques appliqu&#233;es &#224; la fonction publique sont synonymes pour les femmes de pr&#233;carisation de leur emploi et de pertes salariales s&#232;ches |3|.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A titre d'exemples |4|, en Irlande, pays o&#249; le taux d'emploi f&#233;minin parmi les fonctionnaires est le plus &#233;lev&#233; en Europe (71,1%), 24 750 emplois publics ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, les embauches sont gel&#233;es et les salaires r&#233;duits de 5 et 15%. L'Angleterre, o&#249; les femmes composent pas moins de 64,65% des salari&#233;-e-s du secteur public, pr&#233;voit quant &#224; elle de supprimer 710 000 postes de fonctionnaires d'ici 2017. Il faut ajouter &#224; ces licenciements drastiques le gel depuis 2010 des salaires des employ&#233;-e-s de la fonction publique gagnant plus de 21 000&#163;/an (c'est-&#224;-dire plus de 25 036&#8364;/an). La Lettonie, qui compte 64,7% de femmes dans la fonction publique, a r&#233;duit de 20% l'effectif des fonctionnaires de l'administration centrale et baiss&#233; de 20% les salaires. Les professeurs dont 80% sont des femmes touchent des salaires de 30% inf&#233;rieurs &#224; ceux pratiqu&#233;s en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des pensions toujours plus faibles pour les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La retraite est un facteur d'in&#233;galit&#233; hommes-femmes. En Europe, les retrait&#233;es touchent en moyenne 39% |5| de moins que leurs homologues masculins. Cet &#233;cart s'explique par un march&#233; du travail structurellement in&#233;galitaire : les femmes touchent g&#233;n&#233;ralement une r&#233;mun&#233;ration inf&#233;rieure &#224; celles des hommes, leurs carri&#232;res professionnelles sont non lin&#233;aires faites d'emplois &#224; temps partiels, irr&#233;guliers, atypiques voire informels et bien souvent ponctu&#233;es d'arr&#234;ts de travail, notamment pour raisons familiales. Or, qui dit carri&#232;res en dents de scie, dit pensions rabot&#233;es, discriminantes par rapport &#224; celles des hommes. Ainsi, toutes les attaques contre le syst&#232;me de retraites au menu des plans d'aust&#233;rit&#233;, allant de la baisse et/ou du gel des pensions &#224; l'augmentation de l'&#226;ge de la retraite et &#224; l'alignement de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite des femmes sur celui des hommes dans les pays o&#249; existe une diff&#233;rence, le tout parfois associ&#233; &#224; un allongement des dur&#233;es de cotisations n&#233;cessaires pour toucher une pension pleine, touchent les femmes en premier lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Allemagne, o&#249; les femmes touchent des retraites de 44% inf&#233;rieures &#224; celles des hommes, le montant des pensions est gel&#233; depuis 2011. Si les femmes autrichiennes (dont la retraite est de 34% inf&#233;rieure &#224; celle des hommes) pouvaient toucher leur pension &#224; 57 ans, elles doivent d&#233;sormais, depuis cette ann&#233;e, attendre leurs 60 ans. En Italie (o&#249; la pension des femmes est de 31% inf&#233;rieure &#224; celles des hommes), elles sont contraintes depuis 2012 &#224; continuer de travailler jusqu'&#224; 65 ans. En Roumanie, l'&#226;ge de la retraite pour les femmes passe de 57 &#224; 63 ans et les pensions sont r&#233;duites de 15%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les retrait&#233;es deviennent inexorablement l'un des groupes les plus expos&#233;s au risque de pauvret&#233;. Pas moins de 22% |6| d'entre elles vivent sous le seuil de pauvret&#233; au sein de l'Union europ&#233;enne. Alors qu'elles ont travaill&#233; toute leur vie, certaines d'entre elles vivent l'enfer d'une vieillesse d&#233;munie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes au c&#339;ur de la destruction de la protection sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en Europe, au nom des &#233;conomies &#224; r&#233;aliser pour g&#233;rer la &#171; crise de la dette &#187;, les budgets de protection sociale subissent des restrictions draconiennes : diminutions des allocations de ch&#244;mage, des allocations sociales, des aides aux familles, des allocations de maternit&#233;, des prestations aux personnes d&#233;pendantes, etc. Ces coupes affectent particuli&#232;rement les femmes dans la mesure o&#249; parce qu'elles assument encore le r&#244;le de responsables principales de la famille et sont souvent pr&#233;caires financi&#232;rement, elles sont plus d&#233;pendantes des allocations sociales que les hommes. Du fait que les prestations et allocations sociales constituent une part non n&#233;gligeable du revenu des femmes en comparaison avec les hommes |7|, ce sont elles qui sentent le plus douloureusement les effets de leur diminution dans leur vie de tous les jours. Les groupes les plus vuln&#233;rables sont les m&#232;res c&#233;libataires, les femmes &#226;g&#233;es et les migrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angleterre par exemple, la subvention de bonne sant&#233; pendant la grossesse, les allocations familiales, les cr&#233;dits d'imp&#244;ts li&#233;s &#224; la naissance d'un enfant ont tous &#233;t&#233; r&#233;duits ou gel&#233;s. D'autres r&#233;ductions, comme celle des aides au logement, touchent les femmes de fa&#231;on disproportionn&#233;e, car davantage de femmes que d'hommes d&#233;pendent de ces prestations. Une &#233;tude command&#233;e par le syndicat anglais TUC rel&#232;ve que suite &#224; toutes ces mesures, les m&#232;res c&#233;libataires perdent pas moins de 18% de leurs revenus nets. En Allemagne, les allocations de maternit&#233; et du cong&#233; parental tout comme les allocations de ch&#244;mage sont diminu&#233;es, et l'allocation parentale de 300 euros anciennement allou&#233;e aux ch&#244;meurs/euses de longue dur&#233;e est carr&#233;ment supprim&#233;e. Au Portugal, les allocations de maternit&#233; et du cong&#233; parental sont restreintes. L'instauration de p&#233;nalit&#233;s pour non-respect du droit des femmes enceintes &#224; une allocation et &#224; un cong&#233; de maternit&#233; est report&#233;e et l'allocation pour soins prodigu&#233;s &#224; un enfant handicap&#233; coup&#233;e de 30%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'&#201;tat social &#224; la &#171; M&#232;re sociale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aust&#233;rit&#233; est une attaque en r&#232;gle contre les services publics : services sociaux, sant&#233;, &#233;ducation, &#233;nergie, transports, infrastructures&#8230; Tout y passe ! Tous sont r&#233;duits, supprim&#233;s ou leurs frais d'utilisation augmentent consid&#233;rablement. Or, les femmes sont les premi&#232;res usag&#232;res de ces services. Leur participation au march&#233; du travail d&#233;pend de services &#224; l'enfance accessibles, elles ont plus recours aux services de sant&#233; pour elles-m&#234;mes (cf. soins gyn&#233;cologiques, li&#233;s &#224; la grossesse, &#224; la maternit&#233; mais aussi &#224; un temps de vie plus long&#8230;) ou pour leurs proches, elles utilisent plus les transports publics, etc. Des services collectifs de qualit&#233;, en nombre suffisant et abordables financi&#232;rement, constituent des leviers incontournables de l'&#233;galit&#233; des sexes, de l'autonomie financi&#232;re des femmes et, &#224; terme, de leur &#233;mancipation. La destruction des services publics g&#233;n&#232;re une v&#233;ritable substitution des obligations fondamentales de l'&#201;tat vers le priv&#233; et donc vers les femmes. D&#233;sormais, ce sont elles qui doivent, via une augmentation de leur travail gratuit et invisible, assurer les t&#226;ches de soins et d'&#233;ducation d&#233;laiss&#233;es par la fonction publique |8|. Les politiques d'aust&#233;rit&#233;, en p&#233;nalisant le droit &#224; l'emploi r&#233;mun&#233;r&#233; des femmes et en les obligeant &#224; regagner la sph&#232;re priv&#233;e pour y rendosser leur r&#244;le dit &#171; traditionnel &#187; de m&#232;re et/ou d'&#233;pouse au foyer, sont de puissantes courroies de r&#233;activation d'une id&#233;ologie patriarcale, conservatrice et sexiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques illustrations signifiantes de l'impact genr&#233; des coupes dans les services publics. En France, 144 maternit&#233;s ont cess&#233; leur activit&#233; entre 2001 et 2012. Plus globalement en 35 ans, 800 maternit&#233;s ont &#233;t&#233; supprim&#233;es. Les &#233;coles maternelles publiques et gratuites pour les enfants &#224; partir de 2 ans sont ferm&#233;es au profit de &#171; jardins d'&#233;veil &#187; priv&#233;s et payants. 180 centres IVG ont disparu entre 2002 et 2012. Au Portugal, on assiste &#224; une diminution du nombre de cr&#232;ches coupl&#233;e &#224; des fermetures d'h&#244;pitaux et de jardins d'enfants publics. La principale maternit&#233; de Lisbonne a &#233;t&#233; ferm&#233;e, une autre &#233;galement tr&#232;s importante &#224; Coimbra est aussi menac&#233;e. Les investissements dans l'&#233;ducation publique sont pass&#233;s de 5,7% &#224; 3,9%, ce qui repr&#233;sente l'un des plus faibles taux au sein de l'UE. Le secteur des transports est privatis&#233;. Apr&#232;s les coupes, en Roumanie, seulement 3,84% du budget public est allou&#233; &#224; la sant&#233;, le plus faible pourcentage de toute l'Europe. Les h&#244;pitaux publics qui sont ferm&#233;s sont remplac&#233;s par des institutions priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travail &#224; temps partiel des femmes augmente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les pays europ&#233;ens soumis &#224; l'aust&#233;rit&#233; la plus exacerb&#233;e, le taux de travail partiel des femmes a augment&#233; (voir le tableau ci-dessous). Comme la perte de services publics est synonyme d'augmentation du travail domestique et de soins des femmes |9|, certaines d'entre elles n'ont pas d'autre choix que de soit diminuer leur temps de travail et d&#232;s lors, de basculer dans l'emploi &#224; temps partiel, soit de renoncer &#224; exercer un emploi r&#233;mun&#233;r&#233;. Notons que 80% des temps partiels impos&#233;s sont effectu&#233;s par des femmes et qu'en 2011, 31,6% des femmes travaillaient &#224; temps partiel contre 8,1% pour les hommes |10|. S'il &#233;tait encore n&#233;cessaire de d&#233;montrer &#224; quel point des services publics de qualit&#233; et accessibles sont primordiaux pour l'autonomie &#233;conomique des femmes, soulignons qu'en 2010, 28,3% du ch&#244;mage et du temps partiel des femmes s'expliquait par le manque de services de garde contre 27,9 % en 2009 et qu'en Union europ&#233;enne, le taux d'emploi des femmes ayant des enfants en bas &#226;ge &#233;tait toujours en 2009 inf&#233;rieur de 12,7% (contre 11,5% en 2008) &#224; celui des femmes sans enfant |11|.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1907 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/tableau3-3-8b17e.jpg?1907/47dc41dc8bc47c39bcda6841f80f75851608f3e6d0c433c4d1a240fd925218da&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 703.3 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/tableau3-3-8b17e-97092-0b88b.jpg?1781182843' width='150' height='72' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#201;volution du taux de travail &#224; temps partiel des femmes entre 2007 et 2012 |12|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des donn&#233;es fournies par cet article atteste bien de l'antinomie profonde opposant politiques aust&#233;ritaires et &#233;mancipation des femmes. Sur tout le continent europ&#233;en, elles paient le prix le plus &#233;lev&#233; de la gestion la crise de la dette, partout, elles sont frapp&#233;es en toute priorit&#233; dans tous les aspects de leur vie. Ce n'est d&#232;s lors nullement un euph&#233;misme que de d&#233;clarer que l'ill&#233;gitimit&#233; de la dette est encore plus criante lorsqu'on est une femme !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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