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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Ru&#233;e de capitaux vers l'accaparement des terres</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ruee-de-capitaux-vers-l-accaparement-des-terres</link>
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		<dc:date>2014-06-03T08:30:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'Italien</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Agriculture</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des signaux qui ne mentent pas. La d&#233;cision des Nations Unies de consacrer l'ann&#233;e 2014 &#224; l'agriculture familiale constitue un r&#233;v&#233;lateur de la vuln&#233;rabilit&#233; croissante de cette agriculture dans la mondialisation, o&#249; des vecteurs de lib&#233;ralisation des march&#233;s et de concentration industrielle sapent les bases &#233;conomiques de son d&#233;veloppement. Mises en place il y a d&#233;j&#224; quelques d&#233;cennies, les mesures de soutien &#224; l'agriculture de m&#233;tier et aux fermes de petite et moyenne taille sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Agriculture-+" rel="tag"&gt;Agriculture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-06-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-06-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton17917-95cf5.jpg?1781295771' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a des signaux qui ne mentent pas. La d&#233;cision des Nations Unies de consacrer l'ann&#233;e 2014 &#224; l'agriculture familiale constitue un r&#233;v&#233;lateur de la vuln&#233;rabilit&#233; croissante de cette agriculture dans la mondialisation, o&#249; des vecteurs de lib&#233;ralisation des march&#233;s et de concentration industrielle sapent les bases &#233;conomiques de son d&#233;veloppement. Mises en place il y a d&#233;j&#224; quelques d&#233;cennies, les mesures de soutien &#224; l'agriculture de m&#233;tier et aux fermes de petite et moyenne taille sont ainsi, plus que jamais, mises &#224; l'&#233;preuve par de puissants coups de b&#233;lier donn&#233;s par les promoteurs d'une agriculture de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site du journal Le Mouton noir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi en est-il de la dynamique de l'accaparement des terres, un ph&#233;nom&#232;ne mondialis&#233; qui touche d&#233;sormais tous les continents. Ce ph&#233;nom&#232;ne d&#233;signe l'acquisition ou la location d'importantes superficies de terres par des compagnies ou des fonds d'investissement, qui visent &#224; g&#233;rer ces terres selon des strat&#233;gies de valorisation industrielle ou financi&#232;re qui bouleversent les mod&#232;les &#171; traditionnels &#187; d'habitation du domaine agricole. La plupart du temps, ce processus d'implantation d'une agriculture de capitaux se traduit aussi bien par le r&#233;tr&#233;cissement des perspectives de d&#233;veloppement de l'agriculture de m&#233;tier que par la d&#233;structuration d'&#233;conomies agricoles locales, qui se voient d&#233;poss&#233;d&#233;es des meilleures superficies de leur patrimoine foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne commence &#224; &#234;tre bien document&#233;e. Les donn&#233;es compil&#233;es par la Matrice fonci&#232;re, un organisme international d'enregistrement des transactions fonci&#232;res d'envergure, ne laissent planer aucun doute. Ainsi, &#224; l'&#233;chelle mondiale, ce sont pr&#232;s de 203 millions d'hectares de terres &#8211; soit trois fois la taille de la France &#8211; qui ont &#233;t&#233; accapar&#233;es entre 2000 et 2010. Compte tenu du contexte macro-&#233;conomique, des facteurs d&#233;mographiques et des pr&#233;misses id&#233;ologiques qui conditionnent actuellement l'encadrement du commerce international, la tendance semble bien vouloir se maintenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux sources du ph&#233;nom&#232;ne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ru&#233;e des grands d&#233;tenteurs de capitaux vers les terres agricoles proc&#232;de d'au moins deux causes. D'abord, depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000, une demande accrue pour les produits agricoles s'est manifest&#233;e &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ces produits sont en effet utilis&#233;s aussi bien aux fins de la d&#233;carbonisation de la base &#233;nerg&#233;tique (biocarburants) qu'&#224; l'approvisionnement de certains pays faisant face &#224; une hausse importante de la demande int&#233;rieure en denr&#233;es alimentaires (cultures vivri&#232;res). Voulant tirer profit de cette demande, des investisseurs se sont lanc&#233; dans l'acquisition massive de terres agricoles afin de se positionner dans ces fili&#232;res o&#249; les produits agricoles constituent la base des investissements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde cause explique ce ph&#233;nom&#232;ne : le poids de plus en plus grand des pratiques et des acteurs financiers dans le secteur agricole. Confront&#233;s &#224; l'instabilit&#233; croissante du syst&#232;me financier, les fonds de pension et les soci&#233;t&#233;s d'investissement ont en effet trouv&#233; dans les terres agricoles des actifs strat&#233;giques pour leurs portefeuilles. Ces actifs remplissent deux fonctions : ils procurent une couverture contre la volatilit&#233; des march&#233;s et offrent un rendement financier soutenu et appr&#233;ciable. En effet, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, l'investissement dans les terres agricoles a pr&#233;sent&#233; des rendements importants, supplantant m&#234;me des indices de r&#233;f&#233;rence &#171; standards &#187; comme le Standard &amp; Poor's 500 et l'indice du march&#233; immobilier am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La situation au Qu&#233;bec&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette dynamique frappe d'abord et avant tout les pays du sud, le Qu&#233;bec n'est pas &#233;pargn&#233; pour autant. En effet, des investisseurs canadiens et qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; acqu&#233;rir des blocs de terres agricoles afin d'en tirer le maximum de rendement. La Banque Nationale du Canada, Agriterra, Partenaires agricoles S.E.C., mais surtout Pangea sont des investisseurs priv&#233;s qui se sont r&#233;cemment lanc&#233;s dans l'achat de terres agricoles en d&#233;ployant diff&#233;rentes formules. Ces investisseurs ont pour mandat de faire fructifier les capitaux qu'ils g&#232;rent, en maximisant les revenus issus des terres achet&#233;es bien souvent de producteurs sortants. Au Qu&#233;bec comme dans d'autres pays, cette dynamique a pour cons&#233;quence de bloquer l'acc&#232;s de la rel&#232;ve agricole &#224; la propri&#233;t&#233;, rel&#232;ve pourtant essentielle pour assurer la p&#233;rennit&#233; de l'occupation du territoire agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'inspirant de ce qui se fait en France et en Belgique, le Qu&#233;bec pourrait se doter d'un instrument d'observation et d'intervention sur le foncier agricole afin de consolider les bases de l'agriculture de m&#233;tier. &#192; cet effet, l'Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine (IR&#201;C) a propos&#233; la cr&#233;ation d'une Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement et de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec (SADAQ), qui serait mandat&#233;e pour r&#233;aliser ces objectifs strat&#233;giques. Il s'agirait d'un dispositif institutionnel de premi&#232;re importance, qui viendrait soutenir le renouvellement du mod&#232;le agricole qu&#233;b&#233;cois, dans un contexte marqu&#233; par la mont&#233;e en puissance d'une agriculture de capitaux. Non seulement cette institution permettrait-elle de limiter l'app&#233;tit de cette agriculture de capitaux, mais elle donnerait surtout aux communaut&#233;s agricoles r&#233;gionales un levier suppl&#233;mentaire pour ma&#238;triser leur d&#233;veloppement et donner &#224; l'agriculture de m&#233;tier les moyens de se red&#233;ployer dans la nouvelle donne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration du 4 mai 2012 : appel &#224; sortir du cirque et de l'encadrement du spectacle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-du-4-mai-2012-appel-a-sortir-du-cirque-et-de-l-encadrement-du</link>
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		<dc:date>2012-05-08T09:06:01Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Coutu, Daphn&#233;e Poirier, &#201;ric Martin, Eric Pineault, Fran&#231;ois L'Italien, Jacques-Alexandre Mascotto, Jean-Michel Marcoux, Maxime Ouellet, Sarah-Nadine Lanouette</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant que les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois d&#233;battent de questions triviales - vote secret, indexation, position du PQ, &#171; violence &#187; - ce sont &#233;trangement les journalistes &#233;trangers qui semblent le mieux &#224; m&#234;me de saisir l'importance de la lutte que m&#232;nent les &#233;tudiant-e-s du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt; Selon le Guardian britannique : les &#233;tudiants du Qu&#233;bec sont &#171; the most powerful challenge to neoliberalism on the continent &#187; (le plus important d&#233;fi pour le n&#233;olib&#233;ralisme du continent). M&#234;me Paris Match, le journal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Education-18-+" rel="tag"&gt;&#201;ducation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH118/arton10193-45e94.png?1781490230' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='118' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant que les m&#233;dias qu&#233;b&#233;cois d&#233;battent de questions triviales - vote secret, indexation, position du PQ, &#171; violence &#187; - ce sont &#233;trangement les journalistes &#233;trangers qui semblent le mieux &#224; m&#234;me de saisir l'importance de la lutte que m&#232;nent les &#233;tudiant-e-s du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Selon le Guardian britannique : les &#233;tudiants du Qu&#233;bec sont &#171; the most powerful challenge to neoliberalism on the continent &#187; (le plus important d&#233;fi pour le n&#233;olib&#233;ralisme du continent). M&#234;me Paris Match, le journal people fran&#231;ais, s'interroge : &#171; Le premier grand mouvement socio-&#233;cologique est-il en train de na&#238;tre dans la Belle Province ? Rarement, en tout cas, revendications &#233;conomiques, sociales et environnementales n'ont paru aussi imbriqu&#233;es &#224; une telle &#233;chelle et sur une telle dur&#233;e. C'est sans doute l'un des aspects les plus novateurs de ce &#171; printemps &#233;rable &#187; &#187;. M&#234;me si les chroniqueurs s'acharnent &#224; faire passer le mouvement &#233;tudiant pour un mouvement particulariste, on doit constater que le printemps qu&#233;b&#233;cois, au m&#234;me titre que le printemps arabe, est en lutte contre un syst&#232;me global et une &#233;lite d&#233;tach&#233;e, mensong&#232;re et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que ce soit de la part des m&#233;dias, du gouvernement et soi-disant experts, nous avons affaire syst&#233;matiquement &#224; une entreprise de d&#233;politisation de la lutte &#233;tudiante. On ne veut pas, en effet, entendre la parole des &#233;tudiant-e-s, et l'on ram&#232;ne toute l'affaire &#224; une question proc&#233;durale et technique. Force est de constater que, d'une part, cette d&#233;politisation atteint un sommet lorsque par tous les moyens, le gouvernement oppose les droits pr&#233;tendument individuels aux droits collectifs, alors que : l'individu ne peut exercer ses libert&#233;s que dans un monde commun et dans le cadre d'une communaut&#233; d'appartenance. Et d'autre part, les droits confin&#233;s &#224; l'individu accentuent l'isolement de cet individu et le r&#233;duisent &#224; l'&#233;tat de consommateur, lequel est par d&#233;finition cens&#233; jouir de son acte solitaire. Jamais un individu seul ne peut faire soci&#233;t&#233;, c'est-&#224;-dire agir politiquement dans et pour le commun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; preuve, le pouvoir politique et m&#233;diatique impose une grille de lecture qui avance que la gr&#232;ve &#233;tudiante est un &#171; boycott &#187;. La violence de l'&#201;tat (matraquages, grenades, r&#233;pression) se double d'une violence symbolique qui est d'autant plus pernicieuse qu'elle impose les cadres de pens&#233;e orwelliens avec lesquels il faut, selon elle, comprendre ce qui est en train d'arriver. Alors que m&#234;me le Guardian reconna&#238;t que l'&#201;tat ne c&#233;dera pas m&#234;me un pouce sans qu'il y ait soul&#232;vement populaire massif, nos propres journaux et t&#233;l&#233;visions d&#233;plorent le manque d'ordre et de s&#233;curit&#233;. Mais le d&#233;sordre n'est pas impos&#233; par les &#233;tudiant-e-s : il est l'expression de la nature m&#234;me du capitalisme financier, dont le modus operandi est la destruction du monde commun. Il est ainsi clair que la s&#233;curit&#233; dont on nous rabat les oreilles est l'injonction de se taire et de s'adapter constamment &#224; la fuite en avant d'un syst&#232;me qui ne r&#233;pond plus qu'aux exigences de sa propre croissance infinie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette p&#233;riode cruciale o&#249; tous et toutes avons le sentiment de avons le sentiment perdre le contr&#244;le et la mainmise sur ce qui advient de notre appartenance commune et de la maintenance de nos vies, il est urgent de rappeler que la signification profonde du mouvement initi&#233; par les &#233;tudiant-e-s s'oppose &#224; la fausse &#233;mancipation lib&#233;rale qui pose la libert&#233; personnelle comme seule r&#233;ponse &#224; la crise g&#233;n&#233;rale de la soci&#233;t&#233;. Cette pseudo-libert&#233; est une fuite en avant vers la guerre de tous contre tous. Or, il n'y a v&#233;ritablement de libert&#233; individuelle que dans son incarnation et son expression collectives. Ce que les &#233;tudiant-e-s expriment, c'est le refus de la perte du monde commun. Les &#233;tudiant-e-s ont bien compris que le chantier de d&#233;molition qui tient lieu d'avenir qu'on leur offre est non seulement une insulte &#224; l'intelligence, mais aussi une impasse civilisationnelle. Les &#233;tudiant-e-s n'ont rien &#224; perdre que leurs dettes, ils ont un monde &#224; se r&#233;approprier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;ric Martin, professeur, philosophie, &#201;douard-Montpetit&lt;br class='autobr' /&gt;
Beno&#238;t Coutu, charg&#233; de cours, sociologie, UQAM &lt;br class='autobr' /&gt;
Sarah-Nadine Lanouette, professeure, philosophie, Lionel-Groulx,&lt;br class='autobr' /&gt;
Maxime Ouellet, professeur associ&#233;, &#233;cole des m&#233;dias, UQAM&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Michel Marcoux, chercheur ind&#233;pendant&lt;br class='autobr' /&gt;
Daphn&#233;e Poirier, professeure, sociologie, St-Jean-sur-Richelieu&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Pineault, professeur, sociologie, UQAM&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques-Alexandre Mascotto, professeur associ&#233;, sociologie, UQAM&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois L'Italien, chercheur post-doctoral, Universit&#233; Laval&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration du 25 avril 2012 pour la d&#233;fense de la soci&#233;t&#233; </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-du-25-avril-2012-pour-la-defense-de-la-societe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Declaration-du-25-avril-2012-pour-la-defense-de-la-societe</guid>
		<dc:date>2012-05-01T08:49:07Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Beno&#238;t Coutu, &#201;ric Martin, Fran&#231;ois L'Italien, Jacques Mascotto, Jean-Michel Marcoux, Maxime Ouellet</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;ducation</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec vit actuellement une des crises les plus profondes de son histoire depuis la crise d'Octobre. Le gouvernement dit que les d&#233;s sont jou&#233;s, que la fatalit&#233; du destin aurait men&#233; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et ses universit&#233;s &#224; int&#233;grer le capitalisme globalis&#233;. D'autres pr&#244;nent le dialogue et le consensus. Mais le dialogue est impossible. Le gouvernement autoritaire n'&#233;coute pas : il oppose les injonctions, les matraques et l'humiliation. Il demande aux &#233;tudiant-e-s de s'excuser chaque (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton10119-fe260.jpg?1781490232' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec vit actuellement une des crises les plus profondes de son histoire depuis la crise d'Octobre. Le gouvernement dit que les d&#233;s sont jou&#233;s, que la fatalit&#233; du destin aurait men&#233; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et ses universit&#233;s &#224; int&#233;grer le capitalisme globalis&#233;. D'autres pr&#244;nent le dialogue et le consensus. Mais le dialogue est impossible. Le gouvernement autoritaire n'&#233;coute pas : il oppose les injonctions, les matraques et l'humiliation. Il demande aux &#233;tudiant-e-s de s'excuser chaque fois qu'une poubelle est renvers&#233;e. Ou qu'une banque est bloqu&#233;e durant l'heure du diner. Nous sommes dans l'impasse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Aucune de ces deux positions n'est en mesure d'&#233;valuer la gravit&#233; de la crise qui se joue dans les soci&#233;t&#233;s occidentales, et dont la gr&#232;ve &#233;tudiante n'est qu'un sympt&#244;me. Il s'agit d'une crise civilisationnelle qui d&#233;passe la crise de 1929 : il s'agit d'une crise du capitalisme dans sa forme de reproduction qui l'oppose de fa&#231;on irr&#233;ductible au travail, &#224; la nature et aux acquis sociaux de l'humanit&#233;. Le capital, pour se valoriser, n'a d'autre choix que de s'attaquer au patrimoine commun de l'humanit&#233;, et d'obliger chacun &#224; payer le prix de son inclusion dans le syst&#232;me. Et en porte-parole du capitalisme globalis&#233;, l'&#233;lite &#233;conomique d&#233;fend bec et ongles le prix d'entr&#233;e dans ses domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;lite a chang&#233;. Elle nest plus de ce monde. Elle a coup&#233; tout rapport avec le peuple, s'est retourn&#233;e contre le peuple. Il s'agit d'une &#233;lite transnationale et d&#233;territorialis&#233;e qui n'a qu'un but : profiter de la transformation des profits en rente. Pour ensuite se tirer. Le Plan Nord en est l'exemple achev&#233;. Le d&#233;tournement de la mission des universit&#233;s suit derri&#232;re. En cons&#233;quence, nous assistons &#224; la d&#233;possession de la capacit&#233; des individus et des peuples d'agir sur leur propre destin. D&#233;sormais, pour faire partie de cette &#171; dissoci&#233;t&#233; &#187;, il faut payer un droit d'entr&#233;e pour pouvoir esp&#233;rer b&#233;n&#233;ficier d'un revenu et d'un pouvoir d'achat. Mais il faut dissiper ce mirage du succ&#232;s qui viendra apr&#232;s la lutte concurrentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout, nous voyons la crise, en Europe comme ailleurs. Partout s'&#233;tale devant nos yeux le m&#232;rne spectacle d'&#233;lites accroch&#233;es &#224; leurs m&#234;mes privil&#232;ges, se d&#233;cha&#238;ner contre les peuples. Ne laissant ainsi aux uns que le choix de se contenter des conditions de survie de plus en plus aust&#232;res et horribles, et aux autres la course concurrentielle pour faire partie des &#171; amis de Davos &#187; et participer aux s&#233;rails de l'&#233;lite globalis&#233;e. Pour eux, il faudra payer le prix fort, et accepter de nombreux sacrifices. Tel est l'avenir que l'on pr&#233;sente &#224; cette jeunesse qui doit non seulement travailler d'arrache-pied pour atteindre un niveau d'&#233;ducation en accord avec les niveaux de la concurrence mais aussi valoriser leur dipl&#244;mes, dont la &#171; valeur &#187; d&#233;pend du prix que l'on a bien voulu accorder sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeunesse du Qu&#233;bec l'a bien compris et elle n'est pas dupe. Elle se bat pour d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; et la justice contre la barbarie et les &#233;lites qui l'ont d&#233;j&#224; trahi. Nous sommes en pr&#233;sence d'un conflit proprement politique qui oppose les &#233;lites d&#233;j&#224; globalis&#233;es et d&#233;racin&#233;es &#224; ceux et celles qui savent que notre seul avenir est la justice et le commun. Nous lan&#231;ons un appel au peuple : la seule position possible est de s'opposer r&#233;solument &#224; ce gouvernement qui cherche &#224; diviser le peuple. L'existence de la soci&#233;t&#233;, la n&#244;tre, est non-n&#233;gociable. Les &#233;lites nous ont d&#233;clar&#233; la guerre avec une puissance &#233;conomique, polici&#232;re, judiciaire, m&#233;diatique qui doit trouver une r&#233;ponse politique. Contre leur violence, nous appelons &#224; la r&#233;sistance. Nous appelons &#224; l'unit&#233; dies forces en lutte, par-del&#224; les diff&#233;rences, pour la d&#233;fense du monde commun, dans un monde dont nous avons h&#233;rit&#233;, et que nous d&#233;sirons transmettre. Et pour la d&#233;fense de ce qui nous constitue comme &#234;tre humain, c'est-a-dire notre capacit&#233; de mettre en commun notre puissance de vivre : notre libert&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Coutu, charg&#233; de cours, sociologie, UQAM. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eric Martin, professeur, philosophie, Edouard-Montpetit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maxime Ouellet, professeur associ&#233;, &#233;cole des m&#233;dias, UQAM.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois L'Italien, chercheur post-doctoral, Universit&#233; Laval .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;.lean-Michel Marcoux, chercheur ind&#233;pendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacques Mascotto, professeur associ&#233;, sociologie, UQAM. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;claration du 1 mai 2012 - fin de cycle, fin de r&#232;gne et transition</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Declaration-du-1-mai-2012-fin-de-cycle-fin-de-regne-et-transition</link>
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		<dc:date>2012-05-01T08:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexandre Mascotto, Beno&#238;t Coutu, Daphn&#233;e Poirier, &#201;ric Martin, Eric Pineault, Fran&#231;ois L'Italien, Jean-Michel Marcoux, Maxime Ouellet, Michel Ratt&#233;</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-01</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous avons la &#171; chance &#187; de b&#233;n&#233;ficier d'un recul historique pour pouvoir faire le bilan du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce programme doit &#234;tre jug&#233; sur ce qu'il a fait et d&#233;fait depuis les ann&#233;es 1980. Son bilan &#233;conomique, &#233;cologique et politique est catastrophique. Il est temps d'arr&#234;ter ceux qui osent encore dire : &#171; si le march&#233; ne va pas bien c'est parce qu'il n'y a pas encore assez de march&#233; &#187;. Ces porte-paroles doivent &#234;tre compris pour ce qu'ils sont : des faiseurs de crises. Il y a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-de-solidarite-internationaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement de solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-01&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L83xH150/arton10182-7a10a.jpg?1781490233' class='spip_logo spip_logo_right' width='83' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous avons la &#171; chance &#187; de b&#233;n&#233;ficier d'un recul historique pour pouvoir faire le bilan du capitalisme n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce programme doit &#234;tre jug&#233; sur ce qu'il a fait et d&#233;fait depuis les ann&#233;es 1980. Son bilan &#233;conomique, &#233;cologique et politique est catastrophique. Il est temps d'arr&#234;ter ceux qui osent encore dire : &#171; si le march&#233; ne va pas bien c'est parce qu'il n'y a pas encore assez de march&#233; &#187;. Ces porte-paroles doivent &#234;tre compris pour ce qu'ils sont : des faiseurs de crises. Il y a tout simplement trop de logique marchande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;currence des nombreuses crises et l'impossibilit&#233; d'en sortir d&#233;montrent que rien ne va plus, que ce programme n&#233;olib&#233;ral ne marche pas, et que de persister dans ce programme l&#224; est la v&#233;ritable et sombre utopie. Les utopistes ne sont pas les gens qui manifestent dans la rue, mais plut&#244;t ceux qui jugent que la situation g&#233;n&#233;rale actuelle peut continuer alors qu'on coure &#224; la catastrophe : le climat peut continuer de se r&#233;chauffer, les banques peuvent continuer de socialiser leurs pertes et de capitaliser sur l'accroissement de notre endettement personnel et collectif, des millions de r&#233;fugi&#233;s de la globalisation peuvent continuer de fuir la d&#233;gradation de leurs conditions d'existence, les esp&#232;ces vivantes peuvent continuer de dispara&#238;tre les unes apr&#232;s les autres, nous pouvons rester dans le p&#233;trole jusqu'en 2050, notre vie peut &#234;tre encore plus encha&#238;n&#233;e &#224; la productivit&#233;, parce que le temps c'est de l'argent et qu'il n'y a pas d'autre monde possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or du temps nous en n'avons plus, et ce monde s'enferme sur lui-m&#234;me jusqu'&#224; l'asphyxie, dans une lutte concurrentielle de tous contre tous, au grand plaisir des &#233;lites d&#233;racin&#233;es qui en tirent de vertigineux profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; r&#233;volution culturelle &#187; comme l'a nomm&#233;e Raymond Bachand, a bel et bien &#233;chou&#233;. N'en d&#233;plaise &#224; ses supporteurs, l'&#233;chec est &#233;vident. Ils n'ont plus rien &#224; offrir que &#231;a, un &#233;chec lamentable ; l'&#233;chec comme programme politique et comme mode de d&#233;veloppement de la soci&#233;t&#233; qui m&#232;ne inexorablement &#224; des crises sociale, environnementale, &#233;conomique et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conclusion est d&#232;s lors celle-ci : la r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale, qui a consist&#233; &#224; laminer toutes les institutions de la soci&#233;t&#233; et &#224; leur substituer des organisations priv&#233;es, est &#224; bout de souffle ; elle ne peut se poursuivre qu'au prix d'une intervention autoritaire de l'&#201;tat et de manipulations des r&#233;actions instinctives de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire devant la situation ? Pour l'instant, il n'y a que deux points de vue qui semblent envisageables : soit vouloir, devant la crise du &#171; mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois &#187;, en revenir nostalgiquement &#224; la R&#233;volution tranquille, soit s'entred&#233;chirer dans une r&#233;action aux accents autoritaires &#8211; laquelle se pointe d&#233;j&#224; &#224; l'horizon, en Europe comme dans les Am&#233;riques. Manifestement, aucune de ces deux perspectives ne propose une solution viable et vivable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'encontre de ces deux impossibles sorties de crise, une autre possibilit&#233; s'offre nous : une transition vers un monde plus &#233;galitaire et plus &#233;cologique. Cette transition est d&#233;j&#224; en route, dans la mesure o&#249; dans la crise il y a un ralentissement qui est une fa&#231;on de lutter contre cette crise et une fa&#231;on de donner la possibilit&#233; d'indiquer une autre voie. Il s'agit de saisir ce moment qui s'offre &#224; nous. Le mouvement social initi&#233; par la d&#233;termination des &#233;tudiants et &#233;tudiantes en gr&#232;ve est un premier pas de cette transition qui doit absolument &#234;tre prolong&#233;e par une transformation g&#233;n&#233;rale de notre mod&#232;le soci&#233;tal d&#233;suet et mortif&#232;re. Nous appelons &#224; l'unit&#233; du peuple qu&#233;b&#233;cois, dans toutes ses diff&#233;rences, toutes cat&#233;gories sociales confondues, &#224; inaugurer ensemble cette n&#233;cessaire et in&#233;luctable transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;t&#233; expropri&#233;s du pouvoir. Il est temps de mettre un terme &#224; cette d&#233;possession de nos vies. Nous sommes le peuple. Nous sommes le pouvoir. Nous appelons le peuple &#224; reprendre pouvoir sur sa vie, &#224; se r&#233;approprier ce qui lui appartient d&#233;j&#224;, et saisir l'instant pr&#233;sent afin de commencer d&#232;s maintenant &#224; r&#233;aliser ensemble la transition in&#233;luctable, n&#233;cessaire et indispensable &#224; la survie de notre commune humanit&#233;. Ensemble, soyons les artisans de la br&#232;che et les d&#233;fenseurs de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que notre commun &#233;lan en soit un exemple !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beno&#238;t Coutu, charg&#233; de cours, sociologie, UQAM,&lt;br class='autobr' /&gt;
Michel Ratt&#233;, charg&#233; de cours, sociologie, UQAM,&lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois L'Italien, chercheur post-doctoral, Universit&#233; Laval,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Martin, professeur, philosophie, &#201;douard-Montpetit,&lt;br class='autobr' /&gt;
Maxime Ouellet, professeur associ&#233;, &#233;cole des m&#233;dias, UQAM,&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Michel Marcoux, chercheur ind&#233;pendant,&lt;br class='autobr' /&gt;
Daphn&#233;e Poirier, professeure, sociologie, St-Jean-sur-Richelieu,&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Pineault, professeur, sociologie, UQAM,&lt;br class='autobr' /&gt;
Jacques-Alexandre Mascotto, professeur associ&#233;, sociologie, UQAM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Accaparement des terres et financiarisation : les enjeux pour l'agriculture qu&#233;b&#233;coise</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Accaparement-des-terres-et-financiarisation-les-enjeux-pour-l-agriculture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Accaparement-des-terres-et-financiarisation-les-enjeux-pour-l-agriculture</guid>
		<dc:date>2012-04-03T08:38:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois L'Italien</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-04-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'accaparement des terres est un ph&#233;nom&#232;ne mondial qui n'a eu de cesse de prendre de l'ampleur au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Le rapport que nous avons produit visait &#224; d&#233;gager les principales caract&#233;ristiques de cette dynamique qui restructure de fond en comble les mod&#232;les &#171; traditionnels &#187; de d&#233;tention et de gestion du foncier agricole. Nous avons aussi avanc&#233; des propositions pour que le mod&#232;le agricole qu&#233;b&#233;cois organise une riposte pour contrer cette dynamique. &lt;br class='autobr' /&gt; D'abord, les donn&#233;es (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH149/arton9849-08baf.jpg?1781589950' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='149' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'accaparement des terres est un ph&#233;nom&#232;ne mondial qui n'a eu de cesse de prendre de l'ampleur au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Le rapport que nous avons produit visait &#224; d&#233;gager les principales caract&#233;ristiques de cette dynamique qui restructure de fond en comble les mod&#232;les &#171; traditionnels &#187; de d&#233;tention et de gestion du foncier agricole. Nous avons aussi avanc&#233; des propositions pour que le mod&#232;le agricole qu&#233;b&#233;cois organise une riposte pour contrer cette dynamique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D'abord, les donn&#233;es enregistr&#233;es par la Matrice fonci&#232;re nous r&#233;v&#232;lent l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne. Ainsi, &#224; l'&#233;chelle mondiale, ce sont pr&#232;s de 203 millions d'hectares de terres &#8211; soit trois fois la taille de la France &#8211; qui ont &#233;t&#233; accapar&#233;es entre 2000 et 2010. Ces terres ont &#233;t&#233; acquises pour &#234;tre int&#233;gr&#233;es &#224; diff&#233;rents secteurs, &#224; commencer par le secteur agricole :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1106 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/IREC_1.jpg?1106/3397e2d84e552cbabad4e37f85c2fdf357fbe564a2777ef6af13794859708655&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 44.9 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH57/IREC_1-90a89-77267.jpg?1781067076' width='150' height='57' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce constat s'explique : une demande accrue pour les commodit&#233;s agricoles se manifeste &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ces commodit&#233;s sont en effet utilis&#233;es aussi bien aux fins de la d&#233;carbonisation de la base &#233;nerg&#233;tique (biocarburants), qu'&#224; l'approvisionnement de certains pays faisant face &#224; une hausse fulgurante de la demande int&#233;rieure en denr&#233;es alimentaires (cultures vivri&#232;res). Capitalisant sur cette demande, des investisseurs se sont donc lanc&#233;s dans l'acquisition massive de terres agricoles afin de se positionner dans ces fili&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seconde cause explique ce ph&#233;nom&#232;ne : le poids de plus en plus grand des pratiques et acteurs financiers dans le secteur agricole. Confront&#233;s &#224; l'instabilit&#233; croissante du syst&#232;me financier, les fonds de pension et les soci&#233;t&#233;s d'investissement ont en effet trouv&#233; dans les terres agricoles des actifs strat&#233;giques venant meubler leurs portefeuilles. Ces actifs remplissent deux fonctions : couverture contre la volatilit&#233; des march&#233;s et rendement financier. Au cours des derni&#232;res ann&#233;es, l'investissement dans les terres agricoles a en effet pr&#233;sent&#233; des rendements importants, supplantant m&#234;me des indices de r&#233;f&#233;rence :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1107 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/IREC_2.jpg?1107/5a192b8e3415e40c03d74dcbf7dc8f67633502328ed0a1ada51d226f6d80f2f3&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 98.3 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/IREC_2-79ab7-cac64.jpg?1781067077' width='150' height='103' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec n'est pas &#233;pargn&#233; par cette dynamique. En effet, des investisseurs canadien et qu&#233;b&#233;cois ont d&#233;j&#224; commenc&#233; &#224; acqu&#233;rir des blocs de terres agricoles afin d'en tirer le maximum de rendement. Bonnefield Canadian Farmland Corp., le fonds AgriTerra mais aussi la Banque nationale du Canada sont des investisseurs priv&#233;s qui ont pour mandat d'augmenter leurs gains en capitaux en achetant des terres, haussant du coup le prix de ces derni&#232;res. Cette strat&#233;gie sp&#233;culative a pour cons&#233;quence de bloquer l'acc&#232;s de la rel&#232;ve agricole &#224; la propri&#233;t&#233;, rel&#232;ve pourtant essentielle pour assurer la p&#233;rennit&#233; de l'occupation du territoire agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En s'inspirant de ce qui se fait notamment en France, le Qu&#233;bec devra se doter d'instruments d'observation et d'intervention sur le foncier, freinant ainsi la financiarisation du foncier agricole. Afin de coordonner ces dispositifs, nous avons propos&#233; la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; de d&#233;veloppement agricole du Qu&#233;bec, capitalis&#233;e par l'&#233;pargne salariale du secteur agroalimentaire et contr&#244;l&#233;e par les acteurs du monde agricole. &#192; cette soci&#233;t&#233; se grefferaient des structures r&#233;gionales de surveillance et d'am&#233;nagement du foncier, structures qui permettraient de prot&#233;ger les fondements du mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois en agriculture.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir du p&#233;trole, engager la reconversion &#233;cologique de la base &#233;nerg&#233;tique et renouer avec la souverainet&#233; &#233;conomique du Qu&#233;bec </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sortir-du-petrole-engager-la-reconversion-ecologique-de-la-base-energetique-et</link>
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		<dc:date>2012-02-21T08:54:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eric Pineault, Fran&#231;ois L'Italien</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Politique qu&#233;b&#233;coise</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-02-21</dc:subject>

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&lt;p&gt;(Ce texte est un extrait d'une recherche intitul&#233;e &#171; Se sortir la t&#234;te du sable, la contribution de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement du Qu&#233;bec au d&#233;veloppement des &#233;nergies fossiles au Canada &#187; &#233;crite par &#201;ric Pineault et Fran&#231;ois L'Italien. Cette recherche a &#233;t&#233; publi&#233;e par l'Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine. Nous avons trouv&#233; important de vous inviter &#224; lire tout particuli&#232;rement la partie o&#249; les auteurs pr&#233;sentent une alternative globale aux choix faits par les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton9466-01b61.png?1781589951' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Ce texte est un extrait d'une recherche intitul&#233;e &#171; Se sortir la t&#234;te du sable, la contribution de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement du Qu&#233;bec au d&#233;veloppement des &#233;nergies fossiles au Canada &#187; &#233;crite par &#201;ric Pineault et Fran&#231;ois L'Italien. Cette recherche a &#233;t&#233; publi&#233;e par l'Institut de recherche en &#233;conomie contemporaine. Nous avons trouv&#233; important de vous inviter &#224; lire tout particuli&#232;rement la partie o&#249; les auteurs pr&#233;sentent une alternative globale aux choix faits par les administrateurs de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement. PTAG)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mobilisant l'&#233;pargne capitalis&#233;e des Qu&#233;b&#233;coises et des Qu&#233;b&#233;cois au profit de l'exploitation des secteurs p&#233;troliers et gaziers de l'Ouest canadien, la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement fait actuellement preuve d'un manque de vision qui l'entra&#238;ne loin de sa mission initiale et retarde ind&#251;- ment le coup d'envoi d'une grande transition devant mener &#224; la &#171; d&#233;carbonisation &#187; de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise. Pire encore : la Caisse va directement &#224; l'encontre de la strat&#233;gie de d&#233;veloppement durable adopt&#233;e par le gouvernement du Qu&#233;bec en 2007, qui comporte notamment un volet de lutte aux changements climatiques. Or, l'ampleur et la rapidit&#233; des changements exig&#233;s par l'urgence climatique vont faire de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement un acteur de premier plan dans cette transition et elle devra, pour cela, faire des choix d'investissement coh&#233;rents : en fait, pour sortir le Qu&#233;bec du p&#233;trole et contribuer &#224; la diminution des gaz &#224; effet de serre, la Caisse devra elle-m&#234;me pr&#233;alablement se sortir d'une strat&#233;gie de placement dans les &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie n'a pas &#233;t&#233; choisie par les principaux d&#233;posants de la Caisse qui voudraient peut-&#234;tre que les choses se fassent autrement. En plus d'envoyer &#224; la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise un signal clair, la sortie de cette fili&#232;re serait l'occasion pour la Caisse de devenir le catalyseur d'un nouveau &#171; mod&#232;le qu&#233;b&#233;cois &#187;, qui serait fond&#233; sur un processus de conversion &#233;cologique de la base industrielle et &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec. Le Qu&#233;bec b&#233;n&#233;ficie de toutes les conditions mat&#233;rielles et institutionnelles n&#233;cessaires pour structurer rapidement cette conversion qui se concr&#233;tiserait par la r&#233;organisation et le d&#233;veloppement de nouvelles fili&#232;res &#233;conomiques &#224; haute efficacit&#233; &#233;co-&#233;nerg&#233;- tique. Dans un rapport de recherche publi&#233; en 2010 sous la direction de Robert Laplante, l'IR&#201;C propose d'amorcer cette transition en s'attaquant &#224; la d&#233;pendance du secteur des transports au p&#233;trole. Le rapport montre de mani&#232;re claire qu'un changement de cap dans ce secteur aurait des r&#233;percussions favorables aussi bien sur le plan &#233;cologique qu'&#233;conomique, la d&#233;pendance au p&#233;trole entra&#238;nant simultan&#233;ment des effets d&#233;l&#233;t&#232;res sur les deux plans. Pour donner une id&#233;e du poids &#233;conomique de cette ressource sur le Qu&#233;bec, les importations de p&#233;trole et de gaz seraient pass&#233;es de sept milliards $ en 2000 &#224; 18 milliards $ en 2008, soit une augmentation de pr&#232;s de 257 % en huit ans seulement.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Robert LAPLANTE(sous la direction), L'&#233;lectrification du transport collectif (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Non seulement cela est-il la traduction d'un laisser-faire minant les efforts &#233;co-&#233;nerg&#233;tiques qui se font ici, mais ces importations plombent durement la balance commerciale du Qu&#233;bec. La r&#233;insertion de ces flux de d&#233;penses dans l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise aurait un impact significatif et viendrait appuyer le d&#233;ploiement d'une solution de rechange porteuse, soit un plan d'&#233;lectrification massive des transports collectifs. Capitalisant sur les projets d'&#233;lectrification d&#233;j&#224; en cours, ce plan mettrait l'accent sur les atouts dont dispose d&#233;j&#224; le Qu&#233;bec pour d&#233;velopper de mani&#232;re coh&#233;rente et soutenue la fili&#232;re du mat&#233;riel de transport collectif roulant. Le projet d'un syst&#232;me national de transport collectif interurbain haute-vitesse, utilisant la technologie qu&#233;b&#233;coise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce plan doit &#234;tre financ&#233; et c'est ici que pourraient intervenir les strat&#233;gies d'investissement de la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement. En se retirant des secteurs &#233;nerg&#233;tiques sales, la Caisse serait en mesure de s'engager dans la reconversion &#233;cologique de l'&#233;conomie qu&#233;b&#233;coise par le biais d'une politique de placement adapt&#233;e &#224; cette fili&#232;re en devenir. Ce ne sont pas les moyens qui manquent pour op&#233;rer ce soutien : l'entr&#233;e dans le capital de soci&#233;t&#233;s impliqu&#233;es dans la production de mat&#233;riel roulant, l'achat d'obligations &#224; long terme que pourrait &#233;mettre la soci&#233;t&#233; de gestion et d'op&#233;ration du syst&#232;me national de monorail interurbain, la cr&#233;ation d'un fonds d'investissement sp&#233;cifique pour le d&#233;veloppement d'initiatives de production d'&#233;nergie, d'habitat et de transport &#233;cologique et collectif, le financement de soci&#233;t&#233;s mixtes consacr&#233;es aux services techniques et &#224; la commercialisation &#224; l'&#233;tranger de l'expertise en cette mati&#232;re, constituent des exemples de ce que la Caisse est en mesure de d&#233;cider pour organiser financi&#232;rement cette premi&#232;re et strat&#233;gique &#233;tape de transition. Plus largement, ce fonds souverain serait &#224; l'avant-garde d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement plus viable &#171; &#233;colomiquement &#187; que le r&#233;gime actuel, o&#249; l'&#233;pargne collective est d&#233;tourn&#233;e effectivement de sa fonction &#233;conomique et sociale. L'effet d'entra&#238;nement li&#233; &#224; la puissance de march&#233; de la Caisse, qui a jou&#233; de mani&#232;re si n&#233;gative avec la crise des PCAA en 2008, pourrait alors au contraire servir &#224; redonner un sens et une stabilit&#233; financi&#232;re &#224; la gestion fiduciaire en l'inscrivant dans la vie &#233;conomique et &#233;cologique &#224; long terme.&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Gilles BOURQUE et Robert LAPLANTE, &#171; &#201;pargne et investissement : enjeux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la politique de &#171; placements sales &#187; de la Caisse t&#233;moigne du fait que la mission primordiale de cette institution qui est d'assurer la souverainet&#233; &#233;conomique du Qu&#233;bec a &#233;t&#233; perdue de vue. Nous l'avons montr&#233;, la volont&#233; politique et l'arrangement institutionnel qui ont donn&#233; &#224; la Caisse la place qu'elle a aujourd'hui dans l'&#233;conomie ont &#233;t&#233; structur&#233;s en fonction d'un bouclage entre l'&#233;pargne salariale publique et les flux d'investissement renfor&#231;ant l'&#233;conomie du Qu&#233;bec en g&#233;n&#233;ral et du secteur public en particulier. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre pleinement politique, la ma&#238;trise du destin de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise a &#233;t&#233; planifi&#233;e sur le plan &#233;conomique gr&#226;ce &#224; ce fonds souverain qui a jou&#233; ce r&#244;le durant pr&#232;s de trente ans. Malgr&#233; la corruption actuelle de sa mission qui a clairement d&#233;but&#233; sous l'&#232;re d'Henri-Paul Rousseau en 2002, le code g&#233;n&#233;tique de la Caisse n'a pas &#233;t&#233; alt&#233;r&#233; et elle demeure puissamment &#233;quip&#233;e pour donner au Qu&#233;bec les moyens de sa souverainet&#233; &#233;conomique sur plusieurs fronts &#224; la fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la Caisse de d&#233;p&#244;t et placement pourrait &#234;tre la pierre angulaire de l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique du Qu&#233;bec. D&#233;j&#224;, comme nous l'avons vu, en &#233;paulant la strat&#233;gie de sortie des &#233;nergies fossiles par une &#233;lectrification massive du transport collectif, un premier pas essentiel aurait &#233;t&#233; franchi en ce sens. De plus, il est devenu une v&#233;rit&#233; de La Palice que de dire que le Qu&#233;bec est bien pourvu en sources potentielles d'&#233;nergies propres. Ce patrimoine &#233;cologique pourrait &#234;tre au c&#339;ur d'une nouvelle &#233;conomie naturelle bas&#233;e sur la diversification des sources, des modes de gestion et des usages de l'&#233;nergie au Qu&#233;bec. L'&#233;olien et le solaire, principalement, pourraient constituer deux sources importantes venant compl&#233;ter, avec l'hydro-&#233;lectricit&#233;, l'infrastructure &#233;nerg&#233;tique alternative aux &#233;nergies fossiles. La Caisse pourrait jouer la m&#234;me fonction de levier financier qu'elle fait actuellement avec les sables bitumineux, mais en contribuant de mani&#232;re active au soutien d'une &#233;conomie verte dont la rente et la gestion des services &#233;nerg&#233;tiques seraient socialis&#233;es via la constitution de soci&#233;t&#233;s mixtes. Il s'agit l&#224; d'un exemple d'intervention parmi mille qui s'offrent &#224; cette institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Caisse de d&#233;p&#244;t et placement pourrait &#233;galement viser la souverainet&#233; &#233;conomique du Qu&#233;bec en assurant un r&#244;le de premier plan dans la formation d'un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement des ressources naturelles, comme les mines et les for&#234;ts. Dans les deux cas, ces ressources ont &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233;es jusqu'ici selon une stricte base sectorielle, laissant les logiques de valorisation des grandes corporations structurer l'essentiel de l'activit&#233; &#233;conomique. Bas&#233; sur les strat&#233;gies de diminution de co&#251;ts et de croissance externe de ces soci&#233;t&#233;s, ce mod&#232;le de d&#233;veloppement a d&#233;poss&#233;d&#233; le Qu&#233;bec de ses richesses naturelles au nom des &#171; retomb&#233;es &#233;conomiques &#187; qu'il g&#233;n&#233;rait. Or, cette &#233;conomie domin&#233;e par les produits faiblement transform&#233;s, que la Caisse reconduit en investissant dans les sables bitumineux, n'est plus compatible avec la nouvelle donne et doit laisser place &#224; une &#233;conomie domin&#233;e par les relations de proximit&#233;, le d&#233;veloppement endog&#232;ne des localit&#233;s et le respect des limites des &#233;cosyst&#232;mes. Plus particuli&#232;rement, une politique de placement ax&#233;e sur le d&#233;veloppement de syst&#232;mes productifs locaux, organis&#233;s selon une cha&#238;ne de valeur laissant une large place &#224; l'innovation et &#224; la recherche, permettrait aux communaut&#233;s locales de ne plus d&#233;pendre d'un mod&#232;le productiviste et instable de d&#233;veloppement. La Caisse pourrait consacrer une part importante de son portefeuille pour soutenir la cr&#233;ation de ces syst&#232;mes productifs, structur&#233;s par des circuits courts, dont un certain nombre existent d&#233;j&#224; dans les communaut&#233;s locales sans qu'ils n'aient les leviers financiers et institutionnels n&#233;cessaires pour prendre de l'expansion. Ainsi, &#224; terme, c'est &#224; l'av&#232;nement et &#224; l'essor de v&#233;ritables mod&#232;les alternatifs de d&#233;veloppement des ressources naturelles auquel devrait contribuer la Caisse, mod&#232;les qui donneraient un nouveau souffle &#224; l'industrie manufacturi&#232;re qu&#233;b&#233;coise en r&#233;organisant sur une base territoriale ses structures, ses fonctions et ses d&#233;bouch&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Robert LAPLANTE(sous la direction), L'&#233;lectrification du transport collectif : un pas vers l'ind&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique, Rapport de recherche de l'IREC, 2010, p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;. Gilles BOURQUE et Robert LAPLANTE, &#171; &#201;pargne et investissement : enjeux autour de la reconversion vers une &#233;conomie verte &#187;, Note d'intervention de l'IR&#201;C num&#233;ro 3, f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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