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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>IVe Internationale : &#171; Il s'agit d'un Manifeste &#233;cosocialiste, un Manifeste du marxisme r&#233;volutionnaire d'aujourd'hui &#187;</title>
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		<dc:date>2025-03-04T12:49:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-04</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien. La IVe internationale qui tient son congr&#232;s en f&#233;vrier 2025 discutera de &#171; Rompre avec la croissance capitaliste, pour une alternative &#233;cosocialiste &#187; autour d'un Manifeste du marxisme r&#233;volutionnaire &#224; l'&#232;re de la destruction &#233;cologique et sociale. Nous avons demand&#233; &#224; Christine Poupin de nous en dire plus sur ce manifeste. &lt;br class='autobr' /&gt; Hebdo L'Anticapitaliste - 743 (27/02/2025) &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment a germ&#233; l'id&#233;e de ce manifeste, et comment a-t-il &#233;t&#233; &#233;labor&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt;
En juin 2018, lors d'une r&#233;union du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/megabassines-2e0c6.png?1741092596' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien. La IVe internationale qui tient son congr&#232;s en f&#233;vrier 2025 discutera de &#171; Rompre avec la croissance capitaliste, pour une alternative &#233;cosocialiste &#187; autour d'un Manifeste du marxisme r&#233;volutionnaire &#224; l'&#232;re de la destruction &#233;cologique et sociale. Nous avons demand&#233; &#224; Christine Poupin de nous en dire plus sur ce manifeste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/opinions/international/ive-internationale-il-sagit-dun-manifeste-ecosocialiste-un-manifeste-du&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Hebdo L'Anticapitaliste&lt;/a&gt; - 743 (27/02/2025)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment a germ&#233; l'id&#233;e de ce manifeste, et comment a-t-il &#233;t&#233; &#233;labor&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2018, lors d'une r&#233;union du Bureau, un camarade a dit que nous devrions travailler &#224; un projet de soci&#233;t&#233; future. J'ai rarement vu une proposition emporter une telle adh&#233;sion. Le manque d'un horizon enthousiasmant est si criant que cette proposition est apparue comme une &#233;vidence, et le chantier s'est ouvert. Le Comit&#233; international de 2019 a discut&#233; d'une &#171; Proposition pour un d&#233;bat programmatique &#187; et a d&#233;cid&#233; de poursuivre largement et publiquement le d&#233;bat. Courant 2020, trois commissions &#8212; sur l'&#233;cologie, les questions LGBTIQ et l'oppression des femmes et le f&#233;minisme &#8212; ont produit chacune une contribution sur le type de soci&#233;t&#233; que nous voulons. Un groupe de travail s'est ensuite constitu&#233; pour s'atteler au travail de r&#233;daction. Premier plan, premi&#232;res r&#233;dactions des diff&#233;rentes parties, &#233;changes avec des scientifiques&#8230; Un travail de plusieurs mois d&#233;bouche sur une premi&#232;re &#171; Contribution &#224; l'&#233;laboration d'un programme &#233;cosocialiste dans le cadre de la n&#233;cessaire r&#233;duction de la production mat&#233;rielle globale &#187; qui est adopt&#233;e comme base de travail par le Comit&#233; international de f&#233;vrier 2022. C'est d&#233;sormais un texte global dans lequel &#171; le monde pour lequel nous nous battons &#187; occupe une place importante. Le travail se poursuit &#8212; rapport en octobre 2023, changement de plan, changement de titre&#8230; &#8212; pour aboutir &#224; une version &#171; provisoirement d&#233;finitive &#187; adopt&#233;e par le Comit&#233; international de f&#233;vrier 2024. C'est cette version qui, traduite en fran&#231;ais, anglais, castillan, arabe, portugais&#8230; est discut&#233;e dans les diff&#233;rentes sections. Discussions qui donnent lieu &#224; de nombreux amendements, apportant pr&#233;cisions, nuances, compl&#233;ments. Un nouveau travail d'enrichissement du document aboutit au texte qui est soumis au vote du Congr&#232;s mondial de f&#233;vrier 2025.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de l&#224;, le Manifeste entame une nouvelle vie, publique, car nous souhaitons qu'il soit largement d&#233;battu bien au-del&#224; des rangs de la Quatri&#232;me internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est l'importance d'un tel texte, et quel est son objectif pour la IVe Internationale ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que ce texte est tr&#232;s important pour la IVe Internationale, et au-del&#224;. Juste une premi&#232;re pr&#233;cision : ce n'est pas un texte &#171; &#233;colo &#187;. Nous avons d&#233;j&#224; adopt&#233; des textes importants sur l'&#233;cologie au 15e congr&#232;s en 2003 avec &#171; &#201;cologie et socialisme &#187; et au dernier congr&#232;s en 2018 avec &#171; La destruction capitalisme de l'environnement et l'alternative &#233;cosocialiste &#187;. L&#224;, c'est autre chose ; c'est v&#233;ritablement un Manifeste &#233;cosocialiste, un Manifeste du marxisme r&#233;volutionnaire d'aujourd'hui. Dire &#171; aujourd'hui &#187;, cela signifie dans une situation qui est surd&#233;termin&#233;e par la menace de cataclysme que le bouleversement climatique fait peser sur l'humanit&#233;. Et cela conditionne notre programme, notre projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s l'intro, le texte donne le cadre et le niveau de l'enjeu. Notre &#233;poque est celle d'une double crise historique : la crise de l'alternative socialiste face &#224; la crise multiforme de la &#171; civilisation &#187; capitaliste. L'objectif est bien de contribuer &#224; r&#233;pondre &#224; cette crise de l'alternative. D'y contribuer &#224; partir des acquis historiques de notre courant, marxiste, r&#233;volutionnaire, antibureaucratique et de ses actualisations inspir&#233;es des luttes sociales et &#233;cologiques, et des r&#233;flexions critiques anticapitalistes qui se d&#233;veloppent dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes convaincuEs que la r&#233;volution est plus que jamais n&#233;cessaire, non seulement pour mettre fin &#224; l'exploitation, aux oppressions, &#224; la domination du capital sur nos vies, mais aussi pour &#171; tirer le frein d'urgence &#187; et sauver l'humanit&#233; d'une catastrophe &#233;cologique sans pr&#233;c&#233;dent dans l'histoire humaine. Mais nous sommes aussi convaincuEs aussi qu'il ne suffit pas de dire &#171; une seule solution la r&#233;volution &#187; (m&#234;me si c'est vrai !)&#8230; Nous avons besoin de mieux comprendre le monde et les multiples crises qui le secouent, et sur cette base de construire un programme de revendications &#224; partir des besoins et des exigences des exploit&#233;Es et des opprim&#233;Es, un programme qui in&#233;vitablement pose la question du pouvoir, qui dirige ? qui poss&#232;de ? Un programme pour aider &#224; agir, car nous savons que c'est dans l'action, dans l'auto-organisation que se construisent l'envie, la force et la conscience de pouvoir changer le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre vocabulaire, on appelle cela la d&#233;marche de transition. Rien que de tr&#232;s classique ! Mais elle doit absolument &#234;tre r&#233;actualis&#233;e dans son contenu pour r&#233;pondre aux menaces et aux d&#233;fis globaux pos&#233;s par la crise &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'existence de ce manifeste exprime-t-il un changement de p&#233;riode, au sens l&#233;niniste, et/ou un changement de paradigme politique pour la IVe Internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux fois oui ! Le monde est &#224; un moment de bascule. Comme le dit notre camarade Daniel Tanuro :&lt;i&gt; &#171; Il est trop tard pour &#233;viter la catastrophe, il s'agit d'emp&#234;cher qu'elle se transforme en cataclysme. L'enjeu est la soutenabilit&#233; physique de l'esp&#232;ce humaine sur la seule plan&#232;te vivable du syst&#232;me solaire &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bouleversement &#233;cologique n'est pas une manifestation parmi d'autres de la crise historique du capitalisme. Il est au c&#339;ur des contradictions insurmontables de ce syst&#232;me, qu'il aggrave tout en &#233;tant aggrav&#233; par ces contradictions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit donc plus seulement d'int&#233;grer l'&#233;cologie dans quelques chapitres de notre &#173;programme mais de faire du respect des &#233;quilibres &#233;cologiques de la plan&#232;te son fil conducteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous utilisons le terme &#171; &#233;cosocialisme &#187; depuis longtemps d&#233;j&#224;, mais nous avons besoin d'en tirer toutes les implications. La d&#233;croissance de la consommation globale d'&#233;nergie, donc la d&#233;croissance de la production mat&#233;rielle et des transports, est une contrainte physique incontournable. La d&#233;croissance n'est ni un programme ni un projet de soci&#233;t&#233;, mais une d&#233;croissance juste, tenant compte des responsabilit&#233;s diff&#233;renci&#233;es et des cons&#233;quences in&#233;gales, doit impr&#233;gner notre programme, tout notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit aussi d'int&#233;grer pleinement les apports du f&#233;minisme sur la place de la reproduction sociale et de mettre le soin aux humains et au vivant au centre. L'obligation de rompre avec le tout-productivisme, qui a impr&#233;gn&#233; et impr&#232;gne encore le mouvement ouvrier, a aussi des implications strat&#233;giques. Nous devons partir des luttes &#233;cosociales existantes, pour gagner la participation des salari&#233;Es et les arracher &#224; l'h&#233;g&#233;monie productiviste du capital, ce qui est un enjeu d&#233;cisif. Ainsi, les luttes antiproductivistes et contre toutes les oppressions ne sont pas &#224; c&#244;t&#233; des luttes contre l'exploitation mais font partie de la lutte des classes vivante. Tel est le sens de ce projet de Manifeste. Faire vraiment de l'&#233;cosocialisme notre programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par la r&#233;daction&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'impossible transition &#233;nerg&#233;tique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-impossible-transition-energetique</link>
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		<dc:date>2023-01-17T12:00:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-01-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique est omnipr&#233;sente dans les discours de toutes celles et tous ceux qui pr&#233;tendent combattre le changement climatique. Elle appara&#238;t comme la potion magique permettant d'&#233;chapper au cataclysme. &lt;br class='autobr' /&gt; Photo et article tir&#233; de NPA 29 &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce discours n'est pas r&#233;cent. Vieux de cinquante-cinq ans, il fait miroiter un changement dans la continuit&#233;, une &#233;volution harmonieuse et &#171; naturelle &#187; voire in&#233;vitable. Transition, &#231;a sonne bien, tranquille, sans heurts, &#224; la diff&#233;rence (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-01-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH148/arton55424-09fa6.jpg?1674680237' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='148' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La transition &#233;nerg&#233;tique est omnipr&#233;sente dans les discours de toutes celles et tous ceux qui pr&#233;tendent combattre le changement climatique. Elle appara&#238;t comme la potion magique permettant d'&#233;chapper au cataclysme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Photo et article tir&#233; de NPA 29&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours n'est pas r&#233;cent. Vieux de cinquante-cinq ans, il fait miroiter un changement dans la continuit&#233;, une &#233;volution harmonieuse et &#171; naturelle &#187; voire in&#233;vitable. Transition, &#231;a sonne bien, tranquille, sans heurts, &#224; la diff&#233;rence des brutales &#171; rupture &#187; ou pire &#171; r&#233;volution &#187;. Il n'est donc pas inutile d'examiner de plus pr&#232;s cette formule qui revient comme un mantra, son (in)efficacit&#233;, son histoire, sa fonction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du c&#244;t&#233; des COPs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre 2022, alors que la plan&#232;te br&#251;le et qu'il y a urgence absolue, la COP27 se termine &#224; nouveau sur le refus des &#201;tats de s'attaquer r&#233;ellement aux &#233;nergies fossiles. La prochaine COP se tiendra &#224; Duba&#239;, autant dire qu'il y a peu de chance qu'elle fasse mieux que les pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble du texte final adopt&#233; &#224; Charm el-Cheikh, le mot &#171; transition &#187; ne revient pas moins de onze fois et &#224; quatre reprises la transition est m&#234;me qualifi&#233;e de juste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'en 2021, &#224; Glasgow, que les &#233;nergies fossiles ont &#233;t&#233; cit&#233;es (timidement) pour la premi&#232;re fois dans l'accord officiel. Un an apr&#232;s, la COP27 se contente de r&#233;p&#233;ter les m&#234;mes formules creuses. Le point seize contient la seule occurrence des mots &#171; fossiles &#187; et &#171; charbon &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les termes &#171; gaz &#187; et &#171; p&#233;trole &#187; sont quant &#224; eux purement et simplement absents, alors que la combustion du charbon, du p&#233;trole et du gaz est &#224; l'origine de pr&#232;s de 90&#8239;% des &#233;missions mondiales de CO2, et que le charbon pour produire de l'&#233;lectricit&#233; en &#233;met &#224; lui seul 45&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un chef-d'&#339;uvre de prudence alambiqu&#233;e, il &#171; invite les Parties &#224; acc&#233;l&#233;rer la mise au point, le d&#233;ploiement et la diffusion de technologies, ainsi que l'adoption de politiques, afin d'op&#233;rer une transition vers des syst&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques &#224; faibles &#233;missions, notamment en intensifiant rapidement le d&#233;ploiement de mesures de production d'&#233;lectricit&#233; propre et d'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique, y compris en acc&#233;l&#233;rant les efforts en vue de l'abandon progressif (phase down) de l'&#233;lectricit&#233; produite &#224; partir de charbon et de la suppression progressive (phase out) des subventions inefficaces en faveur des combustibles fossiles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la partie III consacr&#233;e &#224; l'&#233;nergie, &#171; les transitions propres et justes vers les &#233;nergies renouvelables &#187; visent &#224; &#171; renforcer un bouquet &#233;nerg&#233;tique propre, y compris les &#233;nergies renouvelables et &#224; faible taux d'&#233;mission, [&#8230;] dans le cadre de la diversification des bouquets et des syst&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques &#187;. On comprend bien que diversification ne signifie ni suppression ni remplacement des combustibles fossiles qui ne sont m&#234;me pas mentionn&#233;s. D&#233;velopper les &#233;nergies renouvelables ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, si &#231;a rapporte, mais surtout en les additionnant aux fossiles dont il n'est pas question de sortir. On appr&#233;ciera aussi la notion de &#171; bouquet &#233;nerg&#233;tique propre &#187; lourd de technologies hasardeuses comme la capture-s&#233;questration du carbone tant vant&#233;e par l'industrie fossile qui fait miroiter la possibilit&#233; de capter le CO2 en sortie de chemin&#233;es d'usine. L'industrie &#233;tait omnipr&#233;sente avec 636 lobbyistes, encore plus nombreux lors de cette COP que lors de la pr&#233;c&#233;dente et plus nombreux que les d&#233;l&#233;gations nationales des dix pays les plus touch&#233;s par les d&#233;r&#232;glements climatiques, selon l'ONG Global Witness.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et dans la r&#233;alit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es sont riches d'enseignements. En 2020, la pand&#233;mie a fait chuter l'activit&#233; &#233;conomique et la demande en &#233;nergie, et le confinement a provoqu&#233; une r&#233;duction importante de l'utilisation des combustibles fossiles en particulier dans les transports. Cela s'est refl&#233;t&#233; dans la diminution des &#233;missions de CO2 fossiles estim&#233;e &#224; &#8211; 7&#8239;% en moyenne (&#8211; 12&#8239;% aux &#201;tats-Unis, &#8211; 11 % dans l'Union europ&#233;enne). Une baisse d'autant plus notable que ces &#233;missions ont &#233;t&#233; en hausse continue entre 2005 et 2018 (+ 1,4&#8239;% par an en moyenne entre 2005 et 2017, + 1,9&#8239;% en 2018).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2021, la relance de l'activit&#233; &#233;conomique mondiale a entra&#238;n&#233; une augmentation de 4 % de la demande mondiale d'&#233;nergie. Malgr&#233; la croissance importante des &#233;nergies renouvelables, la majeure partie de l'augmentation de la demande a &#233;t&#233; satisfaite par les combustibles fossiles. Ainsi, pour la production d'&#233;lectricit&#233;, l'utilisation des &#233;nergies renouvelables a cru de 5&#8239;%, celle du charbon de 9&#8239;%. Cette explosion se traduit m&#233;caniquement par des &#233;missions record de CO2 en hausse de 6&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse de la demande conjugu&#233;e &#224; une crise de l'offre et aux effets de l'invasion de l'Ukraine par la Russie de Poutine provoque une crise &#233;nerg&#233;tique mondiale qui se traduit par une hausse des prix sans pr&#233;c&#233;dent et&#8230; des b&#233;n&#233;fices pour les groupes fossiles tout aussi exceptionnels. &#192; partir de septembre 2021, les prix ont atteint des niveaux sup&#233;rieurs m&#234;me &#224; ceux de 1973 en pleine crise p&#233;troli&#232;re ; celui du gaz a &#233;t&#233; multipli&#233; par dix en Europe et en Asie, par trois aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces augmentations n'ont pas fait reculer leur utilisation, tout au contraire. Face aux prix &#233;lev&#233;s des &#233;nergies fossiles, loin de chercher &#224; s'en affranchir, beaucoup de gouvernements ont mis en &#339;uvre des politiques qui n'ont fait qu'en renforcer la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On assiste selon les cas &#224; l'augmentation de la production interne (charbon en Chine), &#224; un rebond de l'exploitation de gisements que l'augmentation des prix rend &#224; nouveau rentables (fracturation hydraulique pour le gaz aux &#201;tats-Unis&#8230;), &#224; la diversification des importations vers des produits comme le GNL (gaz naturel liqu&#233;fi&#233;) &#233;metteur puissant de gaz &#224; effet de serre car il doit &#234;tre liqu&#233;fi&#233; par compression pour &#234;tre charg&#233; dans les m&#233;thaniers puis regaz&#233;ifi&#233; pour &#234;tre utilis&#233;, les deux proc&#233;d&#233;s consommant de l'&#233;nergie fossile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La liste serait trop longue des projets climaticides (re)lanc&#233;s &#224; la faveur de la crise. Surtout, comme le montre une analyse publi&#233;e le 29 ao&#251;t 2022 par l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) et l'Agence internationale de l'&#233;nergie (AIE), le soutien public global apport&#233; aux combustibles fossiles dans 51 pays du monde a presque doubl&#233;, passant de 362,4 milliards de dollars en 2020 &#224; 697,2 milliards de dollars en 2021. Et il ne s'agit l&#224; que du soutien direct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La transition &#233;nerg&#233;tique n'est pas en marche &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'affirme et d&#233;montre le rapport sur la situation mondiale des &#233;nergies renouvelables 2022 de REN211.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, avant la pand&#233;mie, sur dix ans, les capacit&#233;s de production des &#233;nergies renouvelables ont effectivement augment&#233;, mais la consommation d'&#233;nergie globale et l'utilisation des combustibles fossiles ont cr&#251; plus rapidement. En cons&#233;quence, la part des combustibles fossiles dans la consommation finale totale d'&#233;nergie est rest&#233;e sensiblement la m&#234;me depuis 2009 (de 80,7&#8239;% en 2009 &#224; 79,6&#8239;% en 2019). Les &#233;nergies renouvelables ont fourni un peu plus de 11,7&#8239;% de la demande finale mondiale d'&#233;nergie en 2019, en l&#233;g&#232;re hausse par rapport aux 8,7&#8239;% de 2009. Pourtant, sur cette p&#233;riode, les co&#251;ts de production des &#233;nergies renouvelables ont baiss&#233; spectaculairement. Ainsi, le co&#251;t du solaire photovolta&#239;que a chut&#233; de 89&#8239;% entre 2010 et 2021 (de 0,400 &#224; 0,046 dollars par kWh).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des financements et des subventions faramineux pour les fossiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 2016 &#224; 2021, les soixante plus grandes banques mondiales ont octroy&#233; entre 723 et 830 milliards de dollars par an aux criminels climatiques, pour atteindre le montant cumul&#233; de 4 600 milliards de dollars. En 2021 leur financement du secteur particuli&#232;rement destructeur des sables bitumineux a augment&#233; de 51&#8239;%. Du c&#244;t&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires on trouve TotalEnergies, Exxon Mobil, BP, Petrobras ou Saudi Aramco et du c&#244;t&#233; des financeurs J. P. Morgan occupe la premi&#232;re place et BNP Paribas la dixi&#232;me mais la premi&#232;re comme financeur du p&#233;trole et du gaz offshore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats ne sont pas en reste. &#171; Les combustibles fossiles re&#231;oivent 11 millions de dollars de subventions par minute &#187; annonce le FMI. Selon lui &#171; &#224; l'&#233;chelle mondiale, les subventions aux combustibles fossiles s'&#233;levaient &#224; 5 900 milliards de dollars ou 6,8&#8239;% du PIB en 2020 et devraient atteindre 7,4&#8239;% du PIB en 2025 &#187;. Soit, chaque ann&#233;e, davantage que le total des moyens accord&#233;s &#224; la sant&#233; dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arriver &#224; ce r&#233;sultat, l'&#233;tude du FMI prend en compte les soutiens aux &#233;nergies fossiles au sens large, &#224; savoir les subventions directes, ou explicites, au p&#233;trole, au gaz et au charbon. Il s'agit des r&#233;ductions gouvernementales sur les prix des carburants ou du soutien direct aux producteurs, mais aussi des subventions implicites li&#233;es au financement des cons&#233;quences n&#233;gatives de l'usage de ces &#233;nergies. Et ce sont elles qui p&#232;sent le plus lourd dans la balance, 88&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce calcul est sous-tendu par l'id&#233;e toute lib&#233;rale que le &#171; prix correct &#187; des fossiles int&#233;grant ces &#171; externalit&#233;s n&#233;gatives &#187; permettrait aux m&#233;canismes de march&#233;, de concurrence non fauss&#233;e, de jouer leur r&#244;le et de conduire &#224; la transition vers les renouvelables devenues ainsi comp&#233;titives. Cependant il permet de mettre en &#233;vidence les effets d&#233;l&#233;t&#232;res des fossiles et&#8230; des choix des &#201;tats. Effectivement, c'est bien l'argent public qui supporte les co&#251;ts cach&#233;s mais bien r&#233;els : ceux li&#233;s &#224; la pollution atmosph&#233;rique repr&#233;senteraient pr&#232;s de la moiti&#233; des subventions mondiales, suivis des co&#251;ts du r&#233;chauffement climatique, puis d'autres cons&#233;quences mat&#233;rielles, telles que les embouteillages et l'entretien des infrastructures, ou humaines, tels les accidents de la route&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la transition &#233;nerg&#233;tique n'existe pas dans la r&#233;alit&#233;, comment expliquer l'acharnement &#224; l'invoquer avec autant d'ent&#234;tement au m&#233;pris des faits ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
D'o&#249; vient l'expression &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette expression &#224; g&#233;om&#233;trie variable pr&#233;tend tant&#244;t d&#233;crire le pass&#233;, tant&#244;t pr&#233;parer l'avenir. Pour Jean-Baptiste Fressoz2 qui se penche sur sa g&#233;n&#233;alogie aux &#201;tats-Unis apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, elle a pour fonction &#171; de projeter un pass&#233; &#233;nerg&#233;tique imaginaire pour annoncer un futur qui pourrait l'&#234;tre tout autant &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il constate que contrairement &#224; ce qui est ressass&#233;, l'histoire &#233;nerg&#233;tique n'est pas faite de transitions &#233;nerg&#233;tiques, mais d'additions. Invoquer des phases qui feraient se succ&#233;der l'avant r&#233;volution industrielle du bois, puis le XIXe si&#232;cle du charbon suivi du XXe si&#232;cle du p&#233;trole est en contradiction avec la r&#233;alit&#233; historique. Ainsi la r&#233;volution industrielle a en r&#233;alit&#233; vu la consommation de bois exploser au XIXe si&#232;cle dans les pays industrialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, la Grande-Bretagne a consomm&#233; davantage de bois pour la seule extraction du charbon de ses mines (planches, &#233;tais, poteaux) qu'elle n'en br&#251;lait au milieu du XVIIIe si&#232;cle. Le p&#233;trole ne remplace pas la houille, mais en augmente l'extraction pour ses tankers, pipelines, raffineries. L'automobile n&#233;cessite des infrastructures et de la sid&#233;rurgie qui en consomment &#233;norm&#233;ment&#8230; L'id&#233;e de transition ne s'appuie donc pas sur &#171; une observation du pass&#233; &#187; qui a vu les consommations de charbon, de p&#233;trole et d'hydro&#233;lectricit&#233; augmenter conjointement et s'additionner, mais vient de &#171; l'anticipation du futur &#187; ; &#171; elle ne vient pas des historiens, mais du milieu de la prospective &#233;nerg&#233;tique &#187;. Son &#233;mergence est relativement r&#233;cente et intimement li&#233;e au nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1953, un rapport command&#233; par l'AEC (Atomic Energy Commission), intitul&#233; Energy in the Future, s'appuie sur trois arguments : la demande croissante en &#233;nergie, l'&#233;puisement du p&#233;trole et du charbon &#224; l'horizon d'un si&#232;cle et&#8230; le r&#233;chauffement climatique, pour en conclure que les r&#233;serves fossiles seront &#233;puis&#233;es en 2050 et qu'une &#171; transition vers le nucl&#233;aire &#187; est inexorable. Le nucl&#233;aire promu est celui des surg&#233;n&#233;rateurs cens&#233;s &#171; ouvrir un avenir &#233;nerg&#233;tique sans fin &#224; l'humanit&#233; &#187; et &#233;chapper aux menaces que ferait peser la rar&#233;faction des ressources &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'&#234;tre comp&#233;titif face aux &#233;nergies fossiles mais de les remplacer quand elles deviendront rares ou &#233;puis&#233;es. La question du nucl&#233;aire n'est alors pas &#233;conomique mais existentielle. Dans la foul&#233;e se multiplient les alertes sur le pic p&#233;trolier, la crise &#233;nerg&#233;tique (bien avant le choc p&#233;trolier de 1973)&#8230; toujours associ&#233;es &#224; la promotion des surg&#233;n&#233;rateurs. C'est dans ce contexte que na&#238;t en 1967, l'expression de &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187;. Jusqu'&#224; nos jours, elle conna&#238;t un immense succ&#232;s recouvrant des propositions diverses et vari&#233;es, contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la bouche de Carter en 1977, elle d&#233;signe un plan &#233;nerg&#233;tique qui pr&#233;voit la multiplication par trois de l'extraction de houille. J.-B. Fressoz souligne qu'&#224; l'appui de son discours, Carter convoque l'histoire et la fable de trois syst&#232;mes &#233;nerg&#233;tiques, bois puis charbon puis gaz/p&#233;trole, se succ&#233;dant quasi naturellement dans le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Transition : le grand fourre-tout.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au changement climatique, au tournant des ann&#233;es 1980 la r&#233;ponse est : &#171; on a le temps &#187;. La d&#233;claration issue de la premi&#232;re conf&#233;rence mondiale sur le changement climatique qui se tient &#224; Gen&#232;ve en 1979 affirme : &#171; Il est possible que les effets du changement climatique deviennent significatifs au milieu du si&#232;cle prochain. Cette &#233;chelle de temps est suffisante pour r&#233;orienter si n&#233;cessaire la mani&#232;re dont op&#232;re l'&#233;conomie mondiale, l'agriculture et la production &#233;nerg&#233;tique &#187;. Le d&#233;lai de mise en &#339;uvre d'une transition hors des fossiles est estim&#233; &#224; environ cinquante ans. Il importe donc de se h&#226;ter lentement&#8230; &#192; partir de ce moment, la transition &#233;nerg&#233;tique deviendra le mot cl&#233; de toutes les conf&#233;rences internationales, l'&#233;l&#233;ment de langage r&#233;current des gouvernements. C'est l'autre nom de la procrastination climatique. Dans les trois d&#233;cennies qui suivent, la consommation mondiale de gaz est multipli&#233;e par trois, celle de charbon par deux et celle du p&#233;trole augmente de 60&#8239;%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2010, aux &#201;tats-Unis, la &#171; transition &#233;nerg&#233;tique &#187; couvre le d&#233;veloppement &#224; grande &#233;chelle de l'extraction de gaz de schiste pour affranchir le pays des hydrocarbures import&#233;s du Proche-Orient. En France, c'est aussi au nom de la transition &#233;nerg&#233;tique que Macron relance le programme nucl&#233;aire promu &#233;nergie d&#233;carbon&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Transition aussi du c&#244;t&#233; de travaux de mod&#233;lisation pour atteindre la &#171; neutralit&#233; carbone &#187; en 2050. Le sc&#233;nario de N&#233;gawatt s'appuie sur l'articulation sobri&#233;t&#233;-efficacit&#233; pour diviser par deux la consommation d'&#233;nergie et sur le d&#233;veloppement des renouvelables jusqu'&#224; 100&#8239;% de la production. Il pr&#233;voit l'arr&#234;t total du nucl&#233;aire en 2045. L'ADEME pr&#233;sente quatre sc&#233;narios qui se distinguent par le volume de la baisse de la consommation (de &#8211; 55 % &#224; &#8211; 25&#8239;%) et, de mani&#232;re inversement proportionnelle, celui de l'absorption du CO2 par les &#171; puits de carbone &#187; que constituent les for&#234;ts et les prairies voire par des technologies (hasardeuses) de captation-s&#233;questration. En revanche, ils ont tous en commun de garder au moins une part de nucl&#233;aire. Apr&#232;s avoir fait le choix, parmi trois hypoth&#232;ses, de celle du &#171; moindre changement des mode de vie et de r&#233;industrialisation profonde &#187; qui aboutit &#224; la pr&#233;vision de consommation d'&#233;nergie la plus haute en 2050, RTE (r&#233;seau de transport d'&#233;lectricit&#233;) pr&#233;sente six sc&#233;narios de production d'&#233;lectricit&#233; : trois d'abandon du nucl&#233;aire entre 2050 et 2060 et trois impliquant la construction de nouveaux r&#233;acteurs nucl&#233;aires pour fournir entre 25 % et 50&#8239;% du mix d'ici 2050. Son &#233;valuation des six sc&#233;narios conclut sans surprise &#224; privil&#233;gier le renouvellement du parc nucl&#233;aire !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces travaux ont le grand m&#233;rite de fournir des &#233;l&#233;ments chiffr&#233;s sur les diff&#233;rentes consommations, sur les capacit&#233;s de production, sur les possibles &#233;conomies d'&#233;nergie&#8230; des chiffres &#224; consid&#233;rer toujours avec un esprit critique. Ils mettent aussi en &#233;vidence, parfois involontairement par le biais qu'ils introduisent, que les choix &#233;nerg&#233;tiques sont des choix politiques et sociaux, des choix de soci&#233;t&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Changer d'&#233;nergie et&#8230; changer de soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le productivisme capitaliste fond&#233; sur l'extractivisme fossile a conduit l'humanit&#233; dans une dramatique impasse &#224; la fois &#233;cologique et sociale. Parmi les multiples bouleversements &#233;cologiques, le changement climatique est le plus global et le plus dangereux. Il menace de rendre la terre inhabitable pour des milliards d'hommes, de femmes et d'enfants, les plus pauvres et les moins responsables de ce d&#233;sastre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour arr&#234;ter la catastrophe en marche, il faut imp&#233;rativement r&#233;duire de moiti&#233; les &#233;missions mondiales de CO2 et de m&#233;thane avant 2030 et les annuler avant 2050. La fin des &#233;nergies fossiles n'est pas n&#233;gociable. Il faut imp&#233;rativement passer d'un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; &#224; 80&#8239;% sur les &#233;nergies fossiles &#224; un nouveau syst&#232;me bas&#233; sur les renouvelables. Il s'agit bien d'un nouveau syst&#232;me et pas de remplacer les premi&#232;res par les secondes dans un syst&#232;me demeur&#233; identique. Ce syst&#232;me a &#233;t&#233; construit pour les fossiles. Reconduire la m&#234;me production centralis&#233;e, le m&#234;me mode de distribution&#8230; serait &#224; la fois inefficace, &#233;cologiquement destructeur et socialement d&#233;sastreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le souligne Laurence Raineau3, &#171; le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique actuel ne permet pas aux &#233;nergies renouvelables de tirer profit de leur plus grand atout : exploiter partout les multiples sources d'&#233;nergie pr&#233;sentes localement, m&#234;me en faible densit&#233; afin qu'elles s'additionnent et se compl&#232;tent &#187;. Un nouveau syst&#232;me devrait &#171; s'adapter &#224; cette &#233;nergie abondante, in&#233;puisable, mais &#233;parse, en rapprochant par exemple la source de l'usage &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir des fossiles signifie &#224; la fois que 80 % environ des r&#233;serves connues de charbon, de p&#233;trole et de gaz naturel doivent rester dans le sol et qu'une tr&#232;s grande partie des installations li&#233;es au syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique fossile doit &#234;tre mise au rebut (le reste devra &#234;tre mis au service de la construction du nouveau syst&#232;me). Or, r&#233;serves et infrastructures (un cinqui&#232;me du PIB mondial) repr&#233;sentent du capital pour les compagnies et les &#201;tats capitalistes qui les poss&#232;dent. L'&#233;norme destruction de capital incontournable n'a pas grand-chose &#224; voir avec une transition en douceur : elle implique l'affrontement avec les secteurs les plus puissants et structurants du syst&#232;me capitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le vent, le soleil&#8230; sont in&#233;puisables, les mat&#233;riaux n&#233;cessaires &#224; leur utilisation ne le sont pas. Il est donc incontournable de r&#233;duire la consommation finale d'&#233;nergie et donc la production mat&#233;rielle et les transports. Cette d&#233;croissance est une contrainte physique objective : c'est dans ce cadre que certaines productions doivent cro&#238;tre pour r&#233;pondre aux gigantesques besoins insatisfaits de la partie la plus pauvre de l'humanit&#233;. R&#233;pondre &#224; ces deux imp&#233;ratifs impose une rupture radicale avec le syst&#232;me capitaliste et sa logique productiviste : il s'agit de produire non plus des marchandises pour le profit mais des valeurs d'usage pour satisfaire les besoins. Ce n'est plus la logique du profit qui guide et organise la production mais la d&#233;termination d&#233;mocratique des besoins humains r&#233;els et la r&#233;g&#233;n&#233;ration de l'&#233;cosyst&#232;me mondial&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un v&#233;ritable changement de civilisation, d'une r&#233;volution &#233;cosocialiste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 25 d&#233;cembre 2022 Christine Poupin Revue L'Anticapitaliste n&#176;141 (d&#233;cembre 2022)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://lanticapitaliste.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lanticapitaliste.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les scientifiques et le climat : lanceurs d'alerte, cautions ou pousse-au-climaticide ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-scientifiques-et-le-climat-lanceurs-d-alerte-cautions-ou-pousse-au</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-scientifiques-et-le-climat-lanceurs-d-alerte-cautions-ou-pousse-au</guid>
		<dc:date>2019-09-24T11:39:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-09-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous nous limiterons dans cet article &#224; la question du climat. Elle ne r&#233;sume pas &#224; elle seule l'ensemble des crises &#233;cologiques, mais illustre bien le r&#244;le contradictoire des scientifiques et experts. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des scientifiques, l'oc&#233;anographe Jean Revelle et le g&#233;ologue Hans Suess, lancent d&#232;s les ann&#233;es 1950 l'alerte sur le changement climatique. &#192; partir de 1958, les travaux du chercheur David Keeling permettent de mesurer l'augmentation de la teneur de l'atmosph&#232;re en CO2. Bien avant eux, les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-09-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-09-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH110/arton40383-faebc.png?1676792961' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='110' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous nous limiterons dans cet article &#224; la question du climat. Elle ne r&#233;sume pas &#224; elle seule l'ensemble des crises &#233;cologiques, mais illustre bien le r&#244;le contradictoire des scientifiques et experts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des scientifiques, l'oc&#233;anographe Jean Revelle et le g&#233;ologue Hans Suess, lancent d&#232;s les ann&#233;es 1950 l'alerte sur le changement climatique. &#192; partir de 1958, les travaux du chercheur David Keeling permettent de mesurer l'augmentation de la teneur de l'atmosph&#232;re en CO2. Bien avant eux, les travaux du savant su&#233;dois Svante Arrhenius en 1896 avaient &#233;tabli le r&#244;le du dioxyde de carbone dans ce qu'il nommera &#171; l'effet de serre &#187;, et fait le lien avec la consommation croissante de charbon et le d&#233;veloppement de l'industrie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site du NPA -&lt;a href=&#034;https://npa2009.org/idees/culture/les-scientifiques-et-le-climat-lanceurs-dalerte-cautions-ou-pousse-au-climaticide&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/idees/culture/les-scientifiques-et-le-climat-lanceurs-dalerte-cautions-ou-pousse-au-climaticide&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le GIEC : une organisation hybride&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat, en anglais Intergovernmental Panel on Climate Change, IPCC) en 1988 marque un tournant, tant cette instance est d&#233;sormais incontournable. Sa naissance comme ses r&#232;gles de fonctionnement m&#234;lent &#233;troitement science et g&#233;opolitique. En effet, le GIEC est cr&#233;&#233; par le G7 (&#201;tats-Unis, Japon, Allemagne, France, Grande-Bretagne, Canada, Italie) sous la pression de Reagan et de Thatcher pour emp&#234;cher une agence de l'ONU, &#171; soup&#231;onn&#233;e de militantisme &#233;cologique1 &#187;, de s'imposer comme r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'expertise climatique. Il est plac&#233; sous l'&#233;gide de deux organismes de l'ONU, l'Organisation m&#233;t&#233;orologique mondiale et le Programme des Nations Unies pour l'environnement. C'est une organisation hybride qui associe repr&#233;sentants des &#201;tats (195) et scientifiques. La mission des scientifiques est d'&#171; &#233;valuer, sans parti pris et de fa&#231;on m&#233;thodique, claire et objective, les informations scientifiques, techniques et socio-&#233;conomiques n&#233;cessaires pour comprendre le changement climatique, ses r&#233;percussions et les risques futurs, ainsi que les strat&#233;gies d'adaptation et d'att&#233;nuation envisageables &#187;. Le GIEC n'entreprend pas de nouvelles recherches mais &#233;value l'&#233;tat des connaissances sur la base de la documentation technique publi&#233;e et examin&#233;e. Il se compose de trois groupes de travail (groupe 1 sur les &#233;l&#233;ments scientifiques, groupe 2 sur les impacts et l'adaptation, groupe 3 sur l'att&#233;nuation2). Il a fourni cinq rapports d'&#233;valuation (1990, 1995, 2001, 2007, 2014 &#8211; le 6e est pr&#233;vu pour 2022), ainsi que des rapports sp&#233;ciaux comme celui d'octobre 2018 sur les cons&#233;quences d'un r&#233;chauffement de 1,5&#176;C (SR15). Bien loin des accusations d'exag&#233;ration prof&#233;r&#233;es par les climato-n&#233;gationistes comme Trump, qui a cess&#233; de payer la contribution des &#201;tats-Unis au budget du GIEC (1,6 million d'euros/an sur 6 millions), la tendance est, par construction, plut&#244;t &#224; sous-estimer la menace. D'ailleurs chaque nouveau rapport confirme l'hypoth&#232;se la plus grave des pr&#233;visions pr&#233;c&#233;dentes. Les conclusions ne sont &#233;videmment pas exemptes de biais id&#233;ologiques. Par exemple, dans le cinqui&#232;me rapport, le groupe 3 &#233;crit que &#171; les mod&#232;les supposent des march&#233;s qui fonctionnent pleinement et un comportement de march&#233; concurrentiel &#187;, dans le plus pur style n&#233;olib&#233;ral3&#8230; Enfin et surtout, les conclusions et le &#171; r&#233;sum&#233; &#224; l'intention des d&#233;cideurs &#187; doivent &#234;tre approuv&#233;es par les repr&#233;sentants des &#201;tats, il s'agit donc de conclusions politiques, fruit du rapport de forces entre les &#201;tats ou groupes d'&#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contr&#244;ler le thermostat de la plan&#232;te : la g&#233;oing&#233;nierie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les scientifiques ne font pas qu'&#233;valuer le changement climatique. Les sciences et techniques sont aussi utilis&#233;es pour agir sur le climat ou tenter de le faire. La recherche pour contr&#244;ler le climat n'est pas nouvelle ; dans les ann&#233;es 1960 elle se cantonnait &#224; l'&#233;chelle locale, elle visait par exemple &#224; d&#233;tourner des tornades en Floride mais surtout elle avait des fins militaires, en particulier au cours de la guerre du Vietnam pour d&#233;clencher des pluies massives&#8230; Avec l'aggravation du changement climatique, on change d'&#233;chelle, l'id&#233;e d'un &#171; plan B &#187; gagne du terrain, associant confiance aveugle dans les solutions techno-scientifiques (Paul Crutzen, prix Nobel de chimie) et calcul capitaliste. Prenant acte que les &#233;missions ne diminueront pas, ou pas assez, voire continueront d'augmenter, il n'y aurait d'autre choix que d'agir, soit en amont sur le rayonnement solaire lui-m&#234;me, soit en aval en &#171; capturant &#187; le CO2 en exc&#232;s. Ce sont les deux grandes directions de la g&#233;oing&#233;nierie. La premi&#232;re, dite de gestion du rayonnement solaire (GRS) regroupe des propositions plus ou moins fantaisistes (a&#233;rosols dans la stratosph&#232;re, sels marins dans les nuages pour les rendre plus r&#233;fl&#233;chissants, r&#233;flecteurs spatiaux&#8230;). La voie la plus &#171; s&#233;rieusement &#187; explor&#233;e est la pulv&#233;risation de particules de soufre dans la tr&#232;s haute atmosph&#232;re, imitant l'explosion du volcan Pinatubo qui avait effectivement fait baisser significativement les temp&#233;ratures. Outre les difficult&#233;s techniques, le co&#251;t exorbitant, les effets ind&#233;sirables (pluies acides&#8230;), une telle &#171; solution &#187; condamne &#224; continuer &#233;ternellement les vaporisations, car un arr&#234;t provoquerait une remont&#233;e brutale des temp&#233;ratures. Question suppl&#233;mentaire mais essentielle : qui d&#233;cide ? Qui a la main sur le thermostat de la plan&#232;te ? Les mesures de GRS ne figurent dans aucun des profils d'&#233;volution retenus par le rapport sp&#233;cial du GIEC (SR15). Elles semblent pour l'heure &#233;cart&#233;es&#8230; mais pour combien de temps ? La deuxi&#232;me direction, celle de l'&#233;limination du dioxyde de carbone (CDR, pour Carbon dioxide removal) figure en revanche en bonne place. Le SR15 conclut que pour avoir une chance sur deux de maintenir le r&#233;chauffement en dessous de 1,5 &#176;C, les &#233;missions nettes (la somme des &#233;missions et des absorptions) de carbone doivent &#234;tre r&#233;duites de moiti&#233; en douze ans et &#224; z&#233;ro en 2050. C'est l&#224; que les &#171; techniques &#224; &#233;missions n&#233;gatives &#187; (NETs) interviennent. Ce terme (trompeur) recouvre des propositions tr&#232;s diff&#233;rentes, de l'indispensable d&#233;sartificialisation et reboisement des terres&#8230; au pire : la bio&#233;nergie avec capture et stockage du carbone (BECCS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BECCS pr&#233;tend absorber &#224; grande &#233;chelle le CO2 pr&#233;sent dans l'atmosph&#232;re dans de vastes monocultures, br&#251;ler cette biomasse, capturer le CO2 &#233;mis par la combustion et le stocker dans des couches g&#233;ologiques profondes&#8230; Outre les probl&#232;mes de la permanence et de la s&#233;curisation du stockage de CO2 qui sont loin d'&#234;tre r&#233;solus, les cons&#233;quences sociales et &#233;cologiques sont innombrables : accaparement des terres et de l'eau au d&#233;triment de l'alimentation des populations, des paysanEs et des peuples, recours massif aux engrais et biocides voire aux OGM, perte de biodiversit&#233;&#8230;Un seul des quatre sc&#233;narios arch&#233;types4 qui d&#233;crivent les diff&#233;rents futurs possibles (le sc&#233;nario qui pr&#233;voit une r&#233;duction drastique de la demande &#233;nerg&#233;tique et donc des &#233;missions) exclut le recours &#224; la BECCS. Le pire est donc &#224; craindre ! D'autres techniques d'&#233;limination du CO2 sont explor&#233;es voire exp&#233;riment&#233;es. La capture du carbone dans l'air (DACCS) est loin d'&#234;tre au point. Concernant le captage en sortie d'usine, au Canada le CO2 &#233;mis par une centrale thermique est capt&#233; et inject&#233; dans des puits de p&#233;trole pour en extraire sous sa pression du p&#233;trole jusqu'alors inaccessible5&#8230; Capter le CO2 pour extraire plus de p&#233;trole : &#224; l'arriv&#233;e, ce n'est donc pas moins mais plus de carbone !!! La fertilisation des oc&#233;ans par la dispersion de particules de fer en surface afin de favoriser la croissance du plancton et donc l'absorption du CO2 a &#233;t&#233; test&#233;e par de nombreux gouvernements. Ces essais ont eu lieu &#224; partir des ann&#233;es 1990 sur des surfaces allant jusqu'&#224; des dizaines de milliers de km2. Un moratoire sur cette technique &#224; la fois inefficace et dangereuse a &#233;t&#233; adopt&#233; non sans difficult&#233;s et blocages en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fausses croyances, vrais enjeux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'affirme le Manifeste contre la g&#233;oing&#233;nierie6 sign&#233; par de tr&#232;s nombreuses organisations nationales et internationales en octobre 2018 : &#171; [La g&#233;oing&#233;nierie] perp&#233;tue les fausses croyances selon lesquelles le mod&#232;le industriel actuel de production et de consommation, injuste et d&#233;vastateur tant &#233;cologiquement que socialement, ne peut &#234;tre transform&#233; et que nous avons par cons&#233;quent besoin de solutions technologiques pour ma&#238;triser ses effets. En r&#233;alit&#233;, les changements et transformations dont nous avons vraiment besoin pour affronter la crise climatique sont surtout d'ordre &#233;conomique, politique et social. [&#8230;] Notre maison, nos terres et territoires ne sont pas un laboratoire de technologies de modification de l'environnement &#224; &#233;chelle plan&#233;taire. &#187; &#171; Prendre les pires risques pour ne rien changer &#187; pourrait &#234;tre le slogan de la g&#233;oing&#233;nierie. Les technosciences les plus p&#233;rilleuses et incertaines sont convoqu&#233;es pour &#233;carter la seule issue possible et durable : la sortie des &#233;nergies fossiles, la transformation radicale du syst&#232;me de production et de consommation, la suppression des productions et des transports inutiles&#8230;Cette voie est &#233;videmment inacceptable pour les capitalistes et les gouvernants qui ont tout int&#233;r&#234;t &#224; (faire) croire qu'on peut continuer &#224; br&#251;ler gaz, charbon et p&#233;trole, en promouvant v&#233;hicules &#233;lectriques et &#233;nergie nucl&#233;aire et en ajoutant une pinc&#233;e de renouvelables et de recyclage pour la d&#233;co&#8230; Elle est aussi le r&#233;sultat de la croyance dans le fait que la Science peut tout, qu'on finira bien par trouver une solution technique. Et cette foi dans le progr&#232;s est partag&#233;e bien au-del&#224; de ceux qui ont objectivement int&#233;r&#234;t &#224; entretenir cette illusion. Le mouvement ouvrier a longtemps cultiv&#233; cet espoir aveugle que le Progr&#232;s, compris comme progr&#232;s scientifique et technique, &#233;tait in&#233;luctablement porteur de progr&#232;s social, de bien-&#234;tre voire d'&#233;mancipation.Aujourd'hui, face &#224; l'obscurantisme des climato-n&#233;gationistes (entre autres) et la subordination de la recherche aux besoins du capital, des scientifiques s'engagent pour une &#171; r&#233;appropriation citoyenne et d&#233;mocratique de la science, afin de la mettre au service du bien commun &#187; (Charte de l'association Sciences citoyennes7). Parce que les choix techniques ne sont pas neutres, mettre l'expertise au service du mouvement social et permettre l'&#233;laboration d&#233;mocratique des choix scientifiques et techniques constitue un enjeu essentiel pour construire un projet &#233;mancipateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Sylvestre Huet, &#171; Comment cette structure a impos&#233; son autorit&#233; scientifique &#187;, Lib&#233;ration, 2 novembre 2014.&lt;br class='autobr' /&gt;
2.&#171; Le Giec a trente ans : son histoire, son r&#244;le... et un climat toujours plus chaud &#187;, Reporterre, 2 mars 2018.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.GT 3, 5e rapport d'&#233;valuation.&lt;br class='autobr' /&gt;
4.Tableau &#171; Characteristics of four illustrative model pathways &#187;, IPCC SR15.&lt;br class='autobr' /&gt;
5.Interview de Pat Mooney sur &lt;a href=&#034;https://sciencescitoyennes.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sciencescitoyennes.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
6.&lt;a href=&#034;http://www.geoengineeringmonitor.org/wp-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.geoengineeringmonitor.org/wp-..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
7.&lt;a href=&#034;https://sciencescitoyennes.org/l_associa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sciencescitoyennes.org/l_associa..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gilets jaunes : un mouvement populaire in&#233;dit &#8211; Le point d&#233;but f&#233;vrier</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Gilets-jaunes-un-mouvement-populaire-inedit-Le-point-debut-fevrier</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Gilets-jaunes-un-mouvement-populaire-inedit-Le-point-debut-fevrier</guid>
		<dc:date>2019-03-26T00:22:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin, Patrick Le Moal</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;tir&#233; de l'anticapitaliste, NPA2009.org &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rouleau compresseur de la start-up Macron semblait avancer inexorablement. Le mouvement des Gilets jaunes est parvenu &#224; mettre en crise le gouvernement, la col&#232;re populaire est d'une ampleur telle qu'il a &#233;t&#233; oblig&#233; de reculer, au moins symboliquement. &lt;br class='autobr' /&gt; C'est la premi&#232;re fois depuis 2006, lorsque la mobilisation massive de la jeunesse rejointe par plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ve appel&#233;es par les syndicats a impos&#233; le retrait du CPE (Contrat premi&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton38456-13813.png?1676792961' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de l'anticapitaliste, NPA2009.org&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rouleau compresseur de la start-up Macron semblait avancer inexorablement. Le mouvement des Gilets jaunes est parvenu &#224; mettre en crise le gouvernement, la col&#232;re populaire est d'une ampleur telle qu'il a &#233;t&#233; oblig&#233; de reculer, au moins symboliquement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est la premi&#232;re fois depuis 2006, lorsque la mobilisation massive de la jeunesse rejointe par plusieurs journ&#233;es de gr&#232;ve appel&#233;es par les syndicats a impos&#233; le retrait du CPE (Contrat premi&#232;re embauche), qu'un gouvernement est confront&#233; &#224; une crise qu'il ne peut r&#233;soudre autrement qu'en abandonnant son projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, depuis le tournant n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980, les luttes sociales se sont multipli&#233;es en France. Mais ces luttes successives, ces journ&#233;es de gr&#232;ve, ces manifestations de masse n'ont pu, dans le meilleur des cas, que limiter l'ampleur de la destruction des conqu&#234;tes sociales de la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente et n'ont pu emp&#234;cher une longue s&#233;rie de d&#233;faites et de reculs sociaux qui s'est encore allong&#233;e ces derniers mois avec la loi travail qui a d&#233;tricot&#233; une partie du code du travail, la privatisation de la SNCF et la destruction du statut des cheminots.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a trois mois nous cherchions en vain comment en finir avec cette spirale et mettre en &#233;chec la nouvelle contre-r&#233;forme des retraites programm&#233;e par Macron en 2019. Aujourd'hui l'ampleur et la d&#233;termination radicale du mouvement des Gilets jaunes, un mouvement social imp&#233;tueux, inventif et incontr&#244;lable, ont r&#233;ussi &#224; modifier le rapport des forces, &#224; bouleverser sensiblement la situation politique et sociale en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la suite, il a d'ores et d&#233;j&#224; d&#233;stabilis&#233; le gouvernement Macron, en l'emp&#234;chant au moins temporairement de poursuivre sa course folle aux contre-r&#233;formes. Il semble qu'un certain nombre de r&#233;formes soient repouss&#233;es sans date dont celles qui concernent les retraites, la sant&#233;, la fonction publique&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un mouvement qui dure et rebondit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de 2 mois, ce mouvement dure et rebondit, ne respectant ni la tr&#234;ve de fin d'ann&#233;e ni l'union nationale suite &#224; l'attentat de Strasbourg [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a commenc&#233; par la signature d'une p&#233;tition qui s'est r&#233;pandue comme une tra&#238;n&#233;e de poudre sur les r&#233;seaux sociaux. Il s'est ensuite d&#233;velopp&#233;e hors de tout cadre politique ou syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En novembre, les blocages de ronds-points routiers ont commenc&#233;. &#201;taient vis&#233;s les carrefours aux abords des villes pour perturber le fonctionnement &#233;conomique en entravant la circulation des camions. Des centaines de milliers de Gilets jaunes (au moins 300 000) ont particip&#233; &#224; ces 2 500 op&#233;rations de blocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir du samedi 17 novembre, des manifestations non autoris&#233;es, non concert&#233;es avec la police, avec des parcours &#233;voluant au gr&#233; des manifestant&#183;e&#183;s ont r&#233;uni des centaines de milliers de participant&#183;e&#183;s chaque semaine. &#192; Paris dans les quartiers riches, les quartiers des minist&#232;res, les lieux de pouvoir dans lesquels les manifestations du mouvement ouvrier ne se rendent pas et dans les centres-villes. La r&#233;pression polici&#232;re contre ces manifestations a &#233;t&#233; croissante ; le 1er d&#233;cembre, le symbolique Arc de Triomphe est tagu&#233; et d&#233;grad&#233; au cours d'affrontements tr&#232;s violents, au Puy-en-Velay la pr&#233;fecture est incendi&#233;e et les a&#233;roports de Nice et Nantes ont &#233;t&#233; bloqu&#233;s. Le 8 d&#233;cembre, le gouvernement veut impressionner, il mobilise 85 000 policiers avec un arsenal militaire et des blind&#233;s, fait proc&#233;der &#224; plus de 2 000 arrestations &#171; pr&#233;ventives &#187; sans arriver &#224; emp&#234;cher les manifestations dans les rues de Paris et de la plupart des grandes villes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cette date, la r&#233;pression a r&#233;ussi &#224; emp&#234;cher les Gilets jaunes de manifester en masse &#224; Paris, mais pas dans le reste du pays. M&#234;me si le nombre de manifestant&#183;es diminue depuis mi-d&#233;cembre, il reste depuis cette date chaque samedi &#224; un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233;. Le mouvement est toujours pr&#233;sent, mobilise toujours aujourd'hui des dizaines de milliers de personnes tr&#232;s d&#233;termin&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant le gouvernement a tout fait pour casser la mobilisation, avec une r&#233;pression polici&#232;re et judiciaire sans pr&#233;c&#233;dents, en c&#233;dant un peu et en ouvrant un simulacre de d&#233;bat pour chercher &#224; isoler politiquement les Gilets jaunes du reste de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la manifestation du 1er d&#233;cembre, il annonce tout simplement l'annulation de la hausse des taxes sur les carburants qui avait mis le feu aux poudres, mais c'est trop peu et trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la manifestation du 8 d&#233;cembre, il fait des annonces selon le principe g&#233;n&#233;ral &#171; je te fais un cadeau, mais c'est toi qui paies &#187;. Elles sont toutes financ&#233;es par l'imp&#244;t, sans jamais prendre un euro de plus aux riches et aux patrons : une augmentation de 100 &#8364; par mois pour les salari&#233;&#183;e&#183;s au SMIC, &#171; sans qu'il n'en co&#251;te rien &#224; leur employeur &#187;, une prime de fin d'ann&#233;e dans les entreprises&#8230; au choix des patrons, le retour de l'exon&#233;ration des imp&#244;ts sur les heures suppl&#233;mentaires, l'annulation de la hausse d'un imp&#244;t participant au financement de la s&#233;curit&#233; sociale pour les retrait&#233;s dont le revenu est inf&#233;rieur &#224; 2 000 &#8364;&#8230; C'est une arnaque, mais symboliquement il recule !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ajoute l'organisation d'un &#171; Grand D&#233;bat &#187; jusqu'au 15 mars, pour que selon lui chacun s'exprime dans son quartier ou sur internet. Ce d&#233;bat est enti&#232;rement orient&#233; et verrouill&#233;, avec des questions ferm&#233;es du type &#171; quels imp&#244;ts faut-il baisser &#187;, &#171; faut-il supprimer certains services publics &#187;, &#171; comment finance-t-on la transition &#233;cologique : par l'imp&#244;t, par les taxes ? &#187; etc. et des questions ouvertes en mode &#171; cause toujours &#187; ! Mais cette arnaque, si elle ne prend pas chez les Gilets jaunes, permet de mobiliser les m&#233;dias et de redonner encore plus de place &#224; la parole du gouvernement et de Macron qui se d&#233;pense sans compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ferlement r&#233;pressif contre les &#171; classes dangereuses &#187; a atteint un niveau sans pr&#233;c&#233;dents, en s'appuyant sur les lois s&#233;curitaires issues de l'&#233;tat d'urgence mis en place lors des attentats et en d&#233;ployant un niveau de violences polici&#232;res in&#233;gal&#233;. Il y a eu des milliers d'arrestations, parfois pr&#233;ventives comme le 8 d&#233;cembre &#224; Paris, des milliers d'interdictions de manifester dans certaines villes, des centaines de condamnations &#224; des peines de prison de plusieurs mois, voire plusieurs ann&#233;es, la plupart du temps lors de proc&#233;dures exp&#233;ditives. Une femme de 80 ans a &#233;t&#233; tu&#233;e par une grenade lacrymog&#232;ne, des centaines de manifestant&#183;e&#183;s ont &#233;t&#233; gri&#232;vement meurtris : 4 personnes une main arrach&#233;e par des grenades, 20 personnes &#233;borgn&#233;es par des flash-balls et des grenades de d&#233;sencerclement, des dizaines bless&#233;es par des fragments de grenades explosives, des centaines molest&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Des dizaines de milliers de manifestant&#183;e&#183;s non violents sont assimil&#233;s &#224; &#171; une foule haineuse &#187;, selon les termes de Macron [2]. Le gouvernement surench&#233;rit en d&#233;fendant l'adoption d'une nouvelle &#171; loi anti-casseurs &#187; hypercriminalisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#224; encore, le mouvement des Gilets jaune change la situation. Le gouvernement Macron, apr&#232;s celui de Hollande a us&#233; et abus&#233; de la r&#233;pression comme arme politique : g&#233;n&#233;ralisation des mesures issues de l'&#233;tat d'urgence, r&#233;pression et criminalisation, g&#233;n&#233;ralisation des m&#233;thodes appliqu&#233;es aux quartiers populaires et aux migrant&#183;e&#183;s &#224; toutes les expressions politiques et sociales avec une surutilisation m&#233;diatique des sc&#232;nes d'affrontements pour d&#233;cr&#233;dibiliser les mobilisations. Mais l'affaire s'est retourn&#233;e. Les sc&#232;nes de violence n'ont pas diminu&#233; le soutien tacite de la population au mouvement des Gilets jaunes : c'est la police qui est apparue de plus en plus largement comme responsable des violences. Et commence &#224; monter une mobilisation contre l'utilisation des flash-balls ou lanceurs de balles de d&#233;fense [3] et de grenades explosives, soutenue par des organisations de d&#233;fense des droits humains. La multiplication de plaintes et d'enqu&#234;tes affaiblit la l&#233;gitimit&#233; de la politique r&#233;pressive du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Qui sont les Gilets jaunes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement a rendu visibles les invisibilis&#233;&#183;e&#183;s, ce dont t&#233;moigne le paternalisme condescendant, voire le m&#233;pris de classe des m&#233;dias et des dominants qui s'exprime de mani&#232;re d&#233;brid&#233;e face &#224; cette mobilisation sans repr&#233;sentants, sans ces porte-parole si pris&#233;s du monde m&#233;diatico-politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mouvement d'ouvrier&#183;es, employ&#233;&#183;es, ch&#244;meur&#183;es, pr&#233;caires, retrait&#233;&#183;es, artisan&#183;es, des micro-entrepreneur&#183;es&#8230; Pour la moiti&#233; d'entre elles et eux, c'est leur premi&#232;re mobilisation, car d'autres sont parfois d'anciens ou toujours syndiqu&#233;&#183;es, notamment parmi les retrait&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de la moiti&#233; sont des femmes. Ils et elles ne font pas partie des milieux les plus d&#233;favoris&#233;s, mais des milieux modestes qui poss&#232;dent pour la plupart une voiture, et sont issu&#183;es des quartiers populaires des m&#233;tropoles et des d&#233;serts ruraux et p&#233;riph&#233;riques : il n'y a quasiment pas de Gilets jaunes dans les grandes villes et notamment &#224; Paris. Lorsque les Gilets jaunes manifestent dans les centres-villes, c'est dans un espace qui ne leur est pas familier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bon nombre, elles et ils ont essay&#233; de s'en sortir par le travail, ont cherch&#233; &#224; avoir une maison et pour cela se sont &#233;loign&#233;s des centres-villes [4], rejoignant les habitant&#183;es des petites villes oubli&#233;es par la m&#233;tropolisation [5]. La s&#233;gr&#233;gation spatiale les a rel&#233;gu&#233;&#183;es toujours plus loin, dans des quartiers, des petites villes &#233;loign&#233;es des grandes agglom&#233;rations, endroits priv&#233;s de tout service public, de tout ce qui est n&#233;cessaire pour vivre correctement. Ils/elles ont beau travailler, dans des conditions de plus en plus difficiles, ils n'arrivent plus &#224; joindre les deux bouts, &#224; vivre d&#233;cemment, dignement. Ils et elles vivent un d&#233;classement et en plus sont objet des moqueries des &#233;lites !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;lls/elles prennent la parole, s'insurgent contre les in&#233;galit&#233;s criantes, contre les difficult&#233;s de leur vie quotidienne, contre le m&#233;pris et l'arrogance des dominants. Cette exasp&#233;ration populaire a un caract&#232;re de classe &#233;vident, ce qui explique sa popularit&#233; dans toutes les franges des classes populaires. Car c'est un mouvement social profond qui vient d'une partie de la classe des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es telle qu'elle est aujourd'hui en France. Une classe &#233;clat&#233;e, pr&#233;caris&#233;e, aux statuts divers. La majorit&#233; des salari&#233;&#183;es qui sont dans cette mobilisation n'ont pas de contacts avec les organisations syndicales, la gr&#232;ve, la d&#233;fense collective. Quand un ouvrier&#183;e se fait autoentrepreneur&#183;e parce qu'il/elle ne supporte plus la hi&#233;rarchie, ou ne trouve pas de boulot, il/elle c&#244;toie des artisans qui sont &#233;trangl&#233;&#183;es par les banques et les grands groupes. Tous habitent dans les m&#234;mes quartiers, les m&#234;mes zones, dans les m&#234;mes conditions de rel&#233;gation relative, dans la m&#234;me gal&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quelles revendications ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation &#233;tait partie du refus d'une nouvelle augmentation de la taxe carbone sur les carburants, injuste socialement et inefficace sur le plan &#233;cologique. Le caract&#232;re antifiscaliste qui semblait dominer au d&#233;part et les tentatives d'instrumentalisation de l'extr&#234;me droite et de la droite extr&#234;me ont &#233;t&#233; relativis&#233;es par la dynamique propre du mouvement, qui s'est consid&#233;rablement &#233;largi : les taxes sur l'essence n'&#233;taient que &#171; la goutte d'eau qui fait d&#233;border le vase &#187;. Le refus de l'injustice a provoqu&#233; une &#233;volution vers une contestation sociale plus globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part a donc vite &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; par l'&#233;laboration d'un cahier de revendications, allant m&#234;me au-del&#224; de la d&#233;nonciation de l'injustice fiscale, du refus des mesures gouvernementales, avan&#231;ant des exigences offensives.&lt;br class='autobr' /&gt;
En portant des exigences de justice, d'&#233;galit&#233; et de d&#233;mocratie, le mouvement r&#233;active le d&#233;bat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet on ne peut pas r&#233;duire les aspirations populaires &#224; des revendications purement mat&#233;rielles, m&#234;me si elles sont bien pr&#233;sentes. Il y a dans la vitesse et la profondeur d'une mobilisation qui refuse l'arbitraire &#233;tatique et le d&#233;ni de d&#233;mocratie, l'expression d'une &#233;motion profonde, bien au-del&#224; des seules revendications mat&#233;rielles qui cherchent &#224; traduire en chiffres ce refus de l'injustice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles et ils en ont &#171; ras le bol &#187; du m&#233;pris des puissants, ne supportent plus l'humiliation que leur fait vivre la soci&#233;t&#233;, et particuli&#232;rement le pr&#233;sident Macron.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelles sont ces exigences admises par le mouvement et transmises &#224; tous les m&#233;dias par &#233;crit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Contre un syst&#232;me fiscal injuste : les plus riches b&#233;n&#233;ficient de cadeaux fiscaux comme la suppression de l'imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune (ISF) alors que les services publics sont en mauvais &#233;tat voire inaccessibles. Il faut que les fraudeurs fiscaux soient punis et que chacun contribue selon ses moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Contre l'accumulation des attaques contre le pouvoir d'achat, les retraites&#8230; s'exprime l'exigence morale que les plus fragiles soient prot&#233;g&#233;s, que les travailleuses et travailleurs soient correctement r&#233;mun&#233;r&#233;s, que la solidarit&#233; fonctionne, que les services publics soient assur&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le refus du m&#233;pris des puissants et de l'humiliation, l'exigence de dignit&#233; et de respect expliquent la focalisation contre Macron. Ce dernier repr&#233;sente l'oligarchie, il est le pr&#233;sident des riches qui, par son exercice du pouvoir plein de morgue et de m&#233;pris, incarne une politique de l'in&#233;galit&#233;, d'un monde o&#249; il y a des sup&#233;rieurs &#8211; &#171; premiers de cord&#233;e &#187; &#8211; et des inf&#233;rieurs. Macron assume et sc&#233;narise son m&#233;pris des modestes, de ces ouvri&#232;res d'un abattoir breton qui sont &#171; pour beaucoup des illettr&#233;es &#187;, de ces ouvriers qui n'ont pas compris que &#171; la meilleure fa&#231;on de se payer un costard, c'est de travailler &#187;, de ces &#171; gens qui ne sont rien &#187;, de ces fain&#233;ants qui ne veulent pas &#171; traverser la rue &#187; pour trouver du boulot, du &#171; pognon de dingue &#187; d&#233;pens&#233; inutilement dans les aides sociales&#8230; &#171; Macron d&#233;mission &#187; est ainsi le mot d'ordre le plus repris partout !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le discr&#233;dit du syst&#232;me politique et des &#233;lus comme la volont&#233; de trouver les moyens de se faire entendre et de contr&#244;ler placent au centre l'exigence d'une d&#233;mocratie r&#233;elle qui ne se r&#233;sume pas au droit de vote. C'est le sens de la demande du r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne (RIC). Dans la col&#232;re contre l'injustice et les dominants, dans la solidarit&#233; des domin&#233;&#183;e&#183;s, cherche &#224; se construire une nouvelle expression politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; &#192; la dimension politique, s'ajoute l'exp&#233;rience de lieux de rencontre, de liens sociaux et amicaux qui rompent avec l'isolement, l'individualisation et la solitude.&lt;br class='autobr' /&gt; R&#233;action &#224; l'offensive n&#233;olib&#233;rale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes est la r&#233;action d'une partie des classes populaires &#224; quatre d&#233;cennies d'offensive n&#233;olib&#233;rale qui ont amplifi&#233; et approfondi les in&#233;galit&#233;s sociales. La classe dominante &#233;choue &#224; maintenir son r&#244;le dirigeant, son autorit&#233; : elle n'arrive plus &#224; imposer le consentement des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Macron avait b&#233;n&#233;fici&#233;, pour se faire &#233;lire, du discr&#233;dit des partis politiques qui ont conduit les politiques lib&#233;rales depuis les ann&#233;es 1980. Son projet d'une politique ultralib&#233;rale dans le cadre d'un r&#233;gime politique autoritaire bute aujourd'hui sur un obstacle de taille : la r&#233;action de celles et ceux qui en sont les victimes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis son &#233;lection, il a mis en &#339;uvre, &#224; marche forc&#233;e, une politique de rupture qui amplifie la politique n&#233;olib&#233;rale des gouvernements ant&#233;rieurs. Il a voulu imposer en m&#234;me temps toutes les r&#233;formes lib&#233;rales ultrasensibles [6] longtemps diff&#233;r&#233;es en utilisant avec ostentation les institutions monarchiques de la Ve R&#233;publique. Entour&#233; d'un personnel politique &#224; son image, il &#233;carte la discussion de compromis avec les partis et syndicats. Pour cette oligarchie, la d&#233;mocratie est une perte de temps, &#224; l'extr&#234;me rigueur des concertations sont envisageables, mais surtout pas des n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes s'en prend aux politiques, au gouvernement, au pr&#233;sident, jug&#233;s responsables des politiques injustes, mais ne vise ni les patrons ni l'exploitation capitaliste en tant que telle. Il d&#233;fend une r&#233;paration des injustices les plus flagrantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'&#233;crit Samuel Hayat : &#171; Leur liste de revendications sociales est la formulation de principes &#233;conomiques essentiellement moraux : il est imp&#233;ratif que les plus fragiles (SDF, handicap&#233;s&#8230;) soient prot&#233;g&#233;s, que les travailleurs soient correctement r&#233;mun&#233;r&#233;s, que la solidarit&#233; fonctionne, que les services publics soient assur&#233;s, que les fraudeurs fiscaux soient punis (&#8230;). L&#224; est s&#251;rement ce qui donne sa force au mouvement, et son soutien massif dans la population : il articule, sous forme de revendications sociales, des principes d'&#233;conomie morale que le pouvoir actuel n'a eu de cesse d'attaquer de mani&#232;re explicite, voire en s'en enorgueillissant. D&#232;s lors, la coh&#233;rence du mouvement se comprend mieux, tout comme le fait qu'il ait pu se passer d'organisations centralis&#233;es &#187;. [7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &#8230;sans que les organisations politiques et syndicales ne jouent un r&#244;le&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique du mouvement a suivi son cours sans que les organisations politiques et syndicales ne jouent un r&#244;le. Ce mouvement a heurt&#233; de plein fouet le gouvernement, mais aussi les responsables syndicaux et politiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste a &#233;t&#233; saisissant entre le soutien massif de la population, en premier lieu dans les classes populaires, et la caricature qui en a &#233;t&#233; faite dans beaucoup de cercles de gauche. Mais, dans les entreprises, alors m&#234;me que les salari&#233;&#183;es soutiennent massivement le mouvement, il n'y a pas pour le moment de contagion sous forme de gr&#232;ve. L'id&#233;e que &#171; c'est le moment &#187; ne s'impose pas, m&#234;me quand des sections syndicales et/ou des militant&#183;es radicaux ont cherch&#233; &#224; mobiliser en ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si des responsables de La France insoumise, comme Jean-Luc M&#233;lenchon ou Fran&#231;ois Ruffin, tout comme Olivier Besancenot du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) dans plusieurs interventions t&#233;l&#233;vis&#233;es, ont tenu &#224; marquer leur soutien au mouvement, toutes les grandes organisations syndicales, non seulement la CFDT et FO mais aussi la CGT ont refus&#233; de soutenir les manifestations. Sur le terrain, un certain nombre de structures syndicales, de militant&#183;e&#183;s n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; apporter leur soutien et &#224; appeler &#224; participer aux actions des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'absence de r&#233;action unitaire des organisations syndicales d&#232;s le 1er et le 8 d&#233;cembre &#224; la r&#233;pression violente, aux arrestations, par exemple sous la forme d'une journ&#233;e de gr&#232;ve avec des manifestations dans toute la France, est un rendez-vous manqu&#233; privant de soutien des membres des classes populaires en lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation a commenc&#233; &#224; changer en janvier : dans de nombreuses villes, les &#171; gilets rouges &#187; syndicaux &#233;taient de plus en plus pr&#233;sents et accept&#233;s dans les manifestations. Et lorsque la CGT a appel&#233; seule, bien tardivement, &#224; une gr&#232;ve de 24 heures le mardi 5 f&#233;vrier, des secteurs significatifs des Gilets jaunes ont appel&#233; &#224; en faire une &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale reconductible &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela s'est traduit par des manifestations plus nombreuses que celles des seuls Gilets jaunes ou des seules organisations syndicales. Pour celles et ceux qui ont particip&#233; &#224; ces manifestations, la convergence a &#233;t&#233; r&#233;elle et avec une visible joie d'&#234;tre ensemble. En outre, cette jonction manifeste une certaine r&#233;sistance aux courants les plus r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant on est loin de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 24 heures, sans parler de la gr&#232;ve reconductible. Il n'y a pour l'instant pas de changement qualitatif dans la mobilisation d'autres secteurs des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Un produit de la succession d'&#233;checs du mouvement social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement questionne directement aussi le mouvement syndical sur l'(in)efficacit&#233; de ses modes d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'existence des Gilets jaunes est le produit de la succession d'&#233;checs du mouvement social des derni&#232;res ann&#233;es en France. La nouveaut&#233;, la t&#233;nacit&#233; et les premiers succ&#232;s des Gilets jaunes &#233;clairent cruellement les limites des luttes des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la p&#233;riode des &#171; trente glorieuses &#187;, le conflit de classe &#233;tait une forme de lien au sein de la soci&#233;t&#233; : les capitalistes n&#233;gociaient avec le mouvement ouvrier, la S&#233;curit&#233; sociale, la gestion des retraites, la formation professionnelle, etc. Pour les n&#233;olib&#233;raux, comme le disait Thatcher, &#171; il n'y a pas de soci&#233;t&#233; &#187;, il y a les individus et le march&#233;. Exit le mouvement syndical. L'&#201;tat est garant de la concurrence et quand c'est n&#233;cessaire, et &#231;a l'est de plus en plus souvent, assure la r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques men&#233;es par les capitalistes lors des restructurations &#233;conomiques ont diminu&#233; la capacit&#233; de blocage de l'&#233;conomie par la gr&#232;ve sur le lieu de travail. Les groupes industriels sont de plus en plus gros et internationalis&#233;s avec des unit&#233;s de production de plus en plus petites, dispers&#233;es par la sous-traitance. Seulement 34 % de salari&#233;&#183;es travaillent dans des entreprises employant plus de 500 personnes dont une bonne part dans des &#233;tablissements de taille inf&#233;rieure. &#192; de rares exceptions notables (raffineries, transports&#8230;), les salari&#233;&#183;es n'ont pas le sentiment que leur gr&#232;ve va &#234;tre efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, les conditions de travail, avec l'explosion de la pr&#233;carit&#233; [8], ont chang&#233; &#8211; tout comme les conditions du militantisme, et plus encore avec les effets de la loi sur la repr&#233;sentation du personnel. Si l'on ajoute les ch&#244;meur&#183;es et les autoentrepreneur&#183;es&#8230; la part des exploit&#233;&#183;es et des opprim&#233;&#183;es qui est en contact avec les organisations syndicales est de plus en plus limit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res mobilisations nationales (retraites, loi travail) se sont traduites par une succession de manifestations, parfois tr&#232;s puissantes, mobilisant des millions de personnes, mais qui ont &#233;t&#233; incapables de faire plus que&#8230; de permettre de compter les m&#233;content&#183;e&#183;s. Nous ne sommes plus dans la p&#233;riode o&#249; la puissance des manifestations faisait peser la menace d'un autre niveau d'affrontement. Aujourd'hui ces manifestations syndicales sont, au contraire (y compris lorsqu'elles sont massives), la marque de l'impuissance &#224; faire plus. On manifeste parce qu'on ne peut pas faire moins, sans autre moyen de pression efficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les organisations politiques ne structurent plus les salari&#233;&#183;es sur les lieux de travail et n'ont qu'une relation &#233;lectorale avec les classes populaires, c'est-&#224;-dire tr&#232;s distante !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apparition des Gilets jaunes, apr&#232;s celle des Nuits Debout, en dehors des anciens cadres, met en &#233;vidence l'ext&#233;riorit&#233; du mouvement social organis&#233; &#224; l'&#233;gard de bien des secteurs des couches populaires dans lesquels ces organisations n'ont pas (plus) aucune implantation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement Nuit debout, bien que limit&#233; en France, avait mobilis&#233; d'autres couches sociales, jeunes, urbaines, plus form&#233;es, plus enclines &#224; d&#233;battre, elles aussi en ext&#233;riorit&#233; au mouvement social organis&#233;, qui ont cherch&#233; &#224; changer le rapport de force par l'occupation des places. Il y avait dans ce mouvement comme dans celui des Gilets jaunes un &#171; d&#233;gagisme &#187;, un refus de toutes les organisations qui apparaissent comme inutiles, voire nuisibles, en tout cas pas adapt&#233;es &#224; la situation, ne r&#233;pondant pas aux besoins des domin&#233;&#183;e&#183;s. Cette ext&#233;riorit&#233; touche aussi les associations existantes qui ne sont pas per&#231;ues comme repr&#233;sentantes naturelles de celles et ceux qui veulent agir. Ainsi les appels citoyens &#224; des mobilisations f&#233;ministes (#Metoo) ou &#233;cologistes (#ilestencoretemps) se sont multipli&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement des Gilets jaunes met aussi en &#233;vidence que le lieu de travail n'est plus le centre d'organisation de l'affrontement de classe. Il a cherch&#233; et trouv&#233; d'autres lieux (ronds-points), d'autres outils (les r&#233;seaux sociaux), d'autres formes (blocages, manifestations non d&#233;clar&#233;es&#8230;), d'autres cibles (les beaux quartiers, lieux de pouvoir&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'auto-organisation horizontale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que de commentaires acerbes sur un mouvement qui n'est pas capable d'avoir des repr&#233;sentants !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas de repr&#233;sentants ne signifie pas obligatoirement pas d'organisation, ni de d&#233;bats ou de d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces secteurs des classes populaires ont construit des collectifs, ont cherch&#233; &#224; s'unifier hors de l'entreprise, dans l'espace public que sont les ronds-points et les p&#233;ages d'autoroute. Ce qui est tout &#224; fait in&#233;dit, c'est la dimension d'embl&#233;e nationale d'un mouvement spontan&#233; qui s'est d&#233;velopp&#233; simultan&#233;ment partout au travers de milliers d'actions locales coordonn&#233;es. Les r&#233;seaux sociaux ont permis de relier des individus qui ne se connaissaient pas, de mani&#232;re assez horizontale, &#233;galitaire, bien que m&#233;di&#233;e par les algorithmes desdits r&#233;seaux sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la seule puissance des r&#233;seaux sociaux ne peut expliquer l'ampleur du mouvement des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit &#224; petit, c'est autour des groupes des ronds-points que s'est spontan&#233;ment organis&#233; le mouvement. L&#224; o&#249; ils ont tenu [9], se sont cr&#233;&#233;s des groupes sous des formes les plus diverses : du groupe qui se r&#233;unit r&#233;guli&#232;rement, d&#233;cide &#224; la majorit&#233; apr&#232;s d&#233;bat de ses actions, a m&#234;me une expression publique, jusqu'au secteur qui d&#233;cide sans d&#233;bat entre celles et ceux qui sont l&#224;, avec parfois un chef autoproclam&#233;. Parfois un ou plusieurs ronds-points d&#233;signent un&#183;e porte-parole. Chaque groupe d&#233;cide par lui-m&#234;me ce que vont &#234;tre ses r&#232;gles, ici l'extr&#234;me droite exclut un militant anticapitaliste, ailleurs c'est l'inverse !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les actions communes, l'essentiel se d&#233;cide sur les r&#233;seaux sociaux. Un groupe fait une proposition, par exemple l'occupation d'un centre commercial, envoie l'information sur les r&#233;seaux sociaux, les autres r&#233;agissent&#8230; ou pas. L'action se fait s'il y a assez de monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations hebdomadaires du samedi sont de plus en plus rejointes par d'autres participant&#183;es, parfois syndicalistes. Lors de ces manifestations, le parcours se d&#233;cide au consensus informel (quand il n'est pas impos&#233; par r&#233;action aux offensives polici&#232;res). Si d'aucun&#183;es veulent prendre une direction, ils/elles y vont, si la majorit&#233; qui est derri&#232;re n'est pas d'accord, elle ne suit pas et cr&#233;e son propre parcours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un mouvement dans lequel chacun&#183;e d&#233;cide de ce qu'il fait, le plus souvent en accord tacite avec son groupe. Pour la plupart des participant&#183;e&#183;s, y compris celles et ceux qui sont syndiqu&#233;s, ont particip&#233; &#224; des gr&#232;ves, c'est la premi&#232;re fois de leur vie qu'ils/elles d&#233;cident et agissent ainsi par eux-m&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment cette absence de structuration permet les diff&#233;rentes man&#339;uvres, tant personnelles que de groupes d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'extr&#234;me droite n'est pas dominante dans le mouvement, comme le prouve le fait qu'elle n'a pas r&#233;ussi &#224; imposer la th&#233;matique anti-immigr&#233;s, elle est quand m&#234;me pr&#233;sente dans certains ronds-points et dans les manifestations. Dans celles ci, l'absence de toute structuration d&#233;mocratique permet &#224; de petits groupes organis&#233;s des op&#233;rations comme lors de la manifestation du 1er d&#233;cembre &#224; Paris, ou lors de l'attaque contre le cort&#232;ge du NPA le 26 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement les enqu&#234;tes indiquent qu'un tiers des participant&#183;e&#183;s se d&#233;clarent &#171; apolitiques &#187;, ni de droite ni de gauche, et parmi celles et ceux qui se positionnent, plus de 40 % se situent &#224; gauche, 15 % &#224; l'extr&#234;me gauche, moins de 15 % &#224; droite et aux environs de 5 % &#224; l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; des Gilets jaunes d'&#234;tre ma&#238;tres de leurs d&#233;cisions et actions au niveau local a incontestablement enracin&#233; le mouvement et contribu&#233; &#224; son succ&#232;s. Mais il a besoin de se coordonner au niveau r&#233;gional et national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La maturation du mouvement ne produit pas &#224; ce jour de structuration &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;d&#233;mocratique. Les d&#233;buts de structuration nationale au travers de l'Assembl&#233;e des Assembl&#233;es &#224; l'initiative du groupe de Commercy sont positifs, mais encore limit&#233;s. La r&#233;union qui s'est tenue le 27 janvier a regroup&#233; 350 personnes, mais seulement une soixantaine de d&#233;l&#233;gu&#233;&#183;es mandat&#233;s par des rond-points/groupes/assembl&#233;es locales, et une vingtaine de d&#233;l&#233;gations d'observateurs, sans compter les participants individuels et les journalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'absence de d&#233;bat national d&#233;mocratique renforce un des traits constitutifs du mouvement : l'imp&#233;ratif de l'unanimit&#233;. Sont avanc&#233;es les revendications pouvant faire imm&#233;diatement consensus. Le r&#233;f&#233;rendum d'initiative citoyenne (RIC) en est l'exemple type, les points qui risquent de diviser sont mis &#224; l'&#233;cart. Le d&#233;sir d'un peuple homog&#232;ne, sans division, conduit &#224; nier la dimension politique de son action. Les clivages, les contradictions sont refoul&#233;s. Or il y a des d&#233;bats entre diverses options. Se manifestent par exemple une option plus n&#233;gociatrice, une option &#171; d&#233;gagiste &#187;, une option &#233;lectoraliste qui appelle &#224; la formation d'un mouvement politique &#224; la mode du &#171; 5 &#233;toiles &#187; italien qui pour le moment ne prend pas. Enfin, les options nationalo-identitaires peuvent &#233;galement se renforcer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;passement du refus du d&#233;bat politique est un des enjeux. Le &#171; peuple &#187; n'est ni homog&#232;ne ni unanime, il est travers&#233; d'int&#233;r&#234;ts et d'avis divergents. C'est la disparition des oppressions et de l'exploitation qui permettra l'&#233;galit&#233; et la justice sociale, pas la n&#233;gation de leur existence. Les oppressions ne sont pas solubles dans l'invocation d'un &#171; peuple &#187;, les combattre n&#233;cessite l'auto-organisation des premier&#183;e&#183;s concern&#233;s. Loin de supprimer la politique, la d&#233;mocratie directe peut lui rendre sa fonction d'expression de choix de soci&#233;t&#233; diff&#233;rents, de confrontation d'id&#233;es, au d&#233;triment de celle de pourvoyeur d'&#233;curies &#233;lectorales. Il faut accepter l'antagonisme politique, le conflit, qui sont n&#233;cessaires &#224; la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le mouvement a fait avancer un certain nombre de d&#233;bats&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Sur les questions de l'&#233;cologie et du climat. Alors qu'on assiste au d&#233;veloppement du mouvement pour le climat &#8211; marches pour le climat r&#233;guli&#232;res et nombreuses depuis septembre, succ&#232;s de la p&#233;tition &#171; l'affaire du si&#232;cle &#187; [10]&#8230; &#8211; le gouvernement a cherch&#233; &#224; opposer &#171; fin de mois et fin du monde &#187;, social et &#233;cologie&#8230; L'augmentation de la taxe carbone sur les carburants est apparue pour ce qu'elle est : injuste socialement (comme les autres imp&#244;ts indirects qui p&#233;nalisent plus les pauvres que les riches) et inefficace &#233;cologiquement. La moralisation/punition de l'utilisation de la voiture est inefficace alors que le tout-voiture est impos&#233; par toute l'organisation du travail, du logement, des services publics... Le capitalisme ne se contente pas d'exploiter la force de travail mais structure le temps et les espaces de vie, impose un &#171; d&#233;m&#233;nagement &#187; du territoire fa&#231;onn&#233; par le tout-voiture, la sp&#233;culation fonci&#232;re, l'organisation sociale et &#233;conomique centr&#233;e autour de quelques grandes m&#233;tropoles inscrites dans la mondialisation lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette s&#233;gr&#233;gation spatiale a &#233;t&#233; mise en &#233;vidence par celles et ceux qui sont oubli&#233;s-sacrifi&#233;s, priv&#233;s de service public et de tout ce qui est n&#233;cessaire pour vivre correctement. Le lien indispensable entre justice sociale et justice climatique a avanc&#233;, dans les slogans des marches climat, comme dans les pr&#233;occupations du mouvement &#233;cologiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La place des femmes. Beaucoup s'&#233;tonnent de leur forte pr&#233;sence, qui contraste avec leur faible visibilit&#233; dans l'action syndicale et politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur mobilisation r&#233;v&#232;le qu'elles sont la majorit&#233; des travailleurs pauvres, &#224; temps partiel, pr&#233;caris&#233;s, des retrait&#233;s pauvres&#8230; Elle vient rompre l'invisibilit&#233; de cette partie du prol&#233;tariat responsable de l'essentiel du travail du soin, dans la sant&#233;, le service &#224; la personne&#8230; Elles sont peu reconnues, mal pay&#233;es, avec des conditions de travail difficiles, beaucoup &#233;l&#232;vent seules leurs enfants. Les exigences ne concernent pas seulement le travail et le salaire, mais aussi tout ce qui fait la vie donc le logement, le transport, l'acc&#232;s aux services publics&#8230; autant de questions dont les femmes ont majoritairement la charge et qui ne sont pas prises en charge par le syndicalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#233;norme bouleversement ouvre de nouvelles possibilit&#233;s&#8230; mais rien n'est &#233;crit &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une diff&#233;rence entre la frange la plus mobilis&#233;e (jusqu'&#224; 500 000 personnes) et ce qui se passe au plan politique dans le reste de la population. La tendance lourde de la mont&#233;e de l'extr&#234;me droite n'est pas invers&#233;e, au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution dans l'affrontement a une dynamique anti-Macron remettant en cause les choix capitalistes n&#233;olib&#233;raux, mais la dynamique politique actuelle est telle que des mouvements de ce type peuvent aussi profiter &#224; l'extr&#234;me droite : le mouvement ne peut &#224; lui seul r&#233;gler spontan&#233;ment ces d&#233;bats. Si l'extr&#234;me droite peut profiter du mouvement des Gilets jaunes, il serait faux de penser que c'est le mouvement des Gilets jaunes qui renforce l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les quelques centaines de milliers de Gilets jaunes soutenus par l'immense majorit&#233; de la population ont r&#233;ussi &#224; d&#233;stabiliser Macron et son gouvernement, mais il est clair que pour le faire c&#233;der, il faut mettre en mouvement les autres couches de la classe des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s qui, si elles soutiennent ce mouvement, ne se sont pas mises en mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne suffit pas de dire &#171; convergence &#187; pour unifier toutes les col&#232;res, et surtout cela ne pourra se faire sous une seule banni&#232;re, m&#234;me celle des Gilets jaunes qui a pourtant montr&#233; son efficacit&#233;. Cette unit&#233; dans l'action des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s ne pourra se faire que dans le m&#233;tissage des formes d'organisation et des moyens d'action, dans la reconnaissance qu'il n'y a pas un peuple homog&#232;ne, mais que des oppressions, dominations (de genre, de classe, raciste) n&#233;cessitent l'auto-organisation des premier&#183;e&#183;s concern&#233;&#183;e&#183;s pour les combattre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous vivons une situation in&#233;dite avec un mouvement social imp&#233;tueux, inventif et incontr&#244;lable. In extremis, nous f&#234;tons enfin par les luttes le 50e anniversaire de Mai 68, avec cette mobilisation des Gilets jaunes dont les caract&#233;ristiques montrent &#224; quel point les conditions des luttes de classe se sont modifi&#233;es au cours de ces 50 derni&#232;res ann&#233;es. C'est un bouleversement, nous sommes entr&#233;&#183;es dans le XXIe si&#232;cle !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, si le mouvement actuel a cr&#233;&#233; une crise politique majeure, on est loin d'une inversion des dynamiques fondamentales de la p&#233;riode, celle de &#171; la possibilit&#233; du fascisme &#187;, inscrites dans les rapports de forces mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle vague de mobilisations montre &#224; nouveau l'absence criante d'une expression politique des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des opprim&#233;&#183;e&#183;s et d'un outil politique utile pour leur action quotidienne. Un tel collectif militant, r&#233;seau, organisation ne peut se construire qu'autour d'un projet &#233;mancipateur, d'une perspective politique, qui doivent s'&#233;laborer &#224; partir des exigences de justice sociale, de r&#233;partition des richesses et de d&#233;mocratie. Partir des mouvements r&#233;els, des collectifs en mouvement, pour repenser des formes d'organisation d&#233;mocratiques&#8230; telle est aujourd'hui plus que jamais la t&#226;che des anticapitalistes, des r&#233;volutionnaires, de celles et ceux qui veulent en finir avec l'exploitation et les oppressions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rouen, le 8 f&#233;vrier 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Poupin et Patrick Le Moal&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.-S.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Inprecor n&#176; 659-660 janvier-f&#233;vrier 2019 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-France-Gilets%20jaunes%20:%20un%20mouvement%20populaire%20in&#233;dit?id=2224&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/article-France-Gilets%20jaunes%20:%20un%20mouvement%20populaire%20in&#233;dit?id=2224&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Christine Poupin, militante syndicale dans la chimie, est porte-parole du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) et membre du Bureau ex&#233;cutif de la IVe Internationale. Patrick Le Moal est militant de la IVe Internationale et membre de la direction du Nouveau parti anticapitaliste (NPA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Le 11 d&#233;cembre, un attentat commis par un individu se r&#233;clamant de l'&#201;tat islamique sur le march&#233; de No&#235;l de Strasbourg a fait 5 morts et 11 bless&#233;&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Discours du Pr&#233;sident Emmanuel Macron, lors de la c&#233;r&#233;monie des v&#339;ux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Qui sont les armes de dernier niveau avant les balles r&#233;elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Tous les jours 17 millions de personnes (2/3 des actifs) vont travailler hors de leur commune de r&#233;sidence, 14 millions d'entre elles sont oblig&#233;es d'utiliser leur v&#233;hicule personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. L&#224; o&#249; l'emploi est de plus en plus rare car 80 % des emplois cr&#233;&#233;s le sont dans les 15 grosses m&#233;tropoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6 .D&#233;mant&#232;lement par ordonnances de pans entiers du code du travail et du droit du licenciement, gel des salaires, renforcement du contr&#244;le des ch&#244;meurs, r&#233;forme de la retraite avec introduction d'un syst&#232;me par points, suppression des effectifs publics, hausse de la CSG pour les retrait&#233;s, y compris les plus modestes, r&#233;forme de la formation professionnelle, remise en cause des obligations de service public de la SNCF et nouvelle r&#233;forme des retraites etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. ESSF (article 47262), Pass&#233; pr&#233;sent : Les Gilets Jaunes, l'&#233;conomie morale et le pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Par exemple sur les cha&#238;nes de fabrication automobile, il n'est pas rare que la moiti&#233; des op&#233;rateurs soient int&#233;rimaires, et dans la plupart des secteurs, sous l'effet de l'automatisation et de la sous-traitance, les secteurs de fabrication bloquant la production sont minoritaires&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Impossible de conna&#238;tre le nombre de ronds-points concern&#233;s, plusieurs centaines ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. P&#233;tition pour soutenir une action en justice contre le gouvernement fran&#231;ais pour son inaction climatique qui a recueilli plus de 2 millions de signatures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les d&#233;fis pour la gauche dans la zone euro</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-defis-pour-la-gauche-dans-la-zone-euro-30694</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-defis-pour-la-gauche-dans-la-zone-euro-30694</guid>
		<dc:date>2017-05-02T12:00:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alexis Cukier, Christine Poupin, Costas Lapavitsas, &#201;ric Toussaint, Jeanne Chevalier, Marina Albiol, Miguel Urb&#225;n, Stathis Kouvelakis, Zoe Konstantopoulou</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-05-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La campagne &#233;lectorale en France indique une fois de plus qu'une partie tr&#232;s importante de la population veut des solutions radicales et de gauche pour sortir de la crise. Le nombre massif de participants aux meetings de Jean Luc M&#233;lenchon et de la France Insoumise en est la preuve, de m&#234;me que les r&#233;sultats des sondages sur les intentions de vote. On ne peut que s'en r&#233;jouir. Cette pouss&#233;e en faveur des id&#233;es radicales &#224; gauche de d&#233;sob&#233;issance aux trait&#233;s europ&#233;ens est un bon signe. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-05-01-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-05-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton30694-f3d87.jpg?1674811767' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La campagne &#233;lectorale en France indique une fois de plus qu'une partie tr&#232;s importante de la population veut des solutions radicales et de gauche pour sortir de la crise. Le nombre massif de participants aux meetings de Jean Luc M&#233;lenchon et de la France Insoumise en est la preuve, de m&#234;me que les r&#233;sultats des sondages sur les intentions de vote. On ne peut que s'en r&#233;jouir. Cette pouss&#233;e en faveur des id&#233;es radicales &#224; gauche de d&#233;sob&#233;issance aux trait&#233;s europ&#233;ens est un bon signe. Les candidatures de Philippe Poutou et de Nathalie Arthaud, tous deux d'extr&#234;me gauche, rencontrent &#233;galement une sympathie certaine. La sortie de Philippe Poutou contre Fran&#231;ois Fillon et Marine Le Pen, lors du d&#233;bat t&#233;l&#233;vis&#233; du 4 avril 2017 a suscit&#233; beaucoup d'int&#233;r&#234;t y compris au-del&#224; des fronti&#232;res de la France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 avril - tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voici un texte co-sign&#233; par plus de 70 personnes &lt;/strong&gt;actives dans de nombreux pays d'Europe (voir liste compl&#232;te en bas de l'article). Ce texte collectif &#233;tablit une analyse claire des rapports de force dans l'Union europ&#233;enne et avance une s&#233;rie de propositions radicales mais n&#233;cessaires, pour quiconque pr&#233;tend lutter contre l'aust&#233;rit&#233;, en faveur d'une Europe des peuples et pour la transition &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui fait l'importance de ce texte, outre son contenu, est qu'il est co-sign&#233; par des personnalit&#233;s et des militant-e-s de plus de 15 pays europ&#233;ens, provenant de diff&#233;rents horizons : de Podemos et Izquierda Unida au Bloc de Gauche portugais, du Parti de Gauche au NPA en passant par Ensemble ! et des membres de la France Insoumise en France, de l'Unit&#233; populaire &#224; Antarsya en passant par Zoe Konstantopoulou en Gr&#232;ce, de la gauche radicale danoise &#224; celle de Chypre en passant par celle de pays comme la Slov&#233;nie, la Bosnie-Herz&#233;govine ou la Hongrie. Il est sign&#233; par des d&#233;put&#233;-e-s europ&#233;en-ne-s de diff&#233;rents partis et de diff&#233;rents pays, par le responsable des finances de la Ville de Madrid, par l'ex-pr&#233;sidente du parlement grec, par une s&#233;rie de membres de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette,970&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dette grecque&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 10 propositions avanc&#233;es dans ce texte r&#233;sultent de l'analyse de la situation en Europe depuis 2010, de l'affrontement entre Syriza et la&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Troika,764&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tro&#239;ka&lt;/a&gt; &#8211; car ce fut bien un affrontement &#8211; au premier semestre 2015 et de l'application des politiques d'aust&#233;rit&#233; par Syriza depuis lors, mais aussi des exp&#233;riences espagnoles, irlandaises ou chypriotes. Les &#233;v&#233;nements r&#233;cents ont clairement d&#233;montr&#233; la n&#233;cessit&#233; pour un gouvernement de gauche d'avoir le courage de d&#233;sob&#233;ir aux injonctions des autorit&#233;s et des trait&#233;s europ&#233;ens. Cela doit s'accompagner d'une mobilisation populaire encourag&#233;e par le gouvernement et d'une s&#233;rie de mesures fortes : organiser un audit de la dette avec participation citoyenne, mettre en place un contr&#244;le des mouvements de capitaux, socialiser le secteur financier et le secteur de l'&#233;nergie, r&#233;former radicalement la fiscalit&#233;&#8230; Et bien s&#251;r, avoir l'in&#233;vitable d&#233;bat sur la zone euro, dont la sortie est une option qui doit &#234;tre d&#233;fendue au moins dans certains pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse objective des politiques europ&#233;ennes des derni&#232;res ann&#233;es nous am&#232;ne invariablement &#224; cette conclusion : seules des mesures souveraines et unilat&#233;rales fortes d'autod&#233;fense permettront aux autorit&#233;s nationales et aux peuples qui les ont mandat&#233;es pour rompre avec l'aust&#233;rit&#233; de mettre en &#339;uvre cette rupture et de donner une premi&#232;re r&#233;ponse au probl&#232;me de la &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette-illegitime,761&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dette ill&#233;gitime&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de mai 2010, la dette est devenue un th&#232;me central en Gr&#232;ce et dans le reste de la zone euro. Le premier programme de 110 milliards d'euros mis au point par la Tro&#239;ka, qui s'est constitu&#233;e pour son &#233;laboration et son ex&#233;cution, a brutalement provoqu&#233; l'augmentation de la dette publique grecque. Le m&#234;me processus s'est produit en Irlande (2010), au Portugal (2011), &#224; Chypre (2013) et en Espagne sous une forme particuli&#232;re. Les programmes avaient cinq objectifs fondamentaux :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &lt;strong&gt;Permettre aux banques priv&#233;es &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cas de la Gr&#232;ce, il s'agissait des banques grecques, fran&#231;aises, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de recevoir un soutien public&lt;/strong&gt; afin de ne pas payer la facture de l'&#233;clatement de la bulle du cr&#233;dit priv&#233; qu'elles avaient cr&#233;&#233;e et &#233;viter une nouvelle crise financi&#232;re priv&#233;e internationale de grande ampleur &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; cette &#233;poque, les activit&#233;s de plusieurs des grandes banques fran&#231;aises, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. &lt;strong&gt;Donner aux nouveaux cr&#233;anciers publics&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le cas de la Gr&#232;ce, il s'agissait de 14 &#201;tats de la zone euro &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; qui se sont substitu&#233;s aux cr&#233;anciers priv&#233;s un pouvoir &#233;norme de coercition&lt;/strong&gt; sur les gouvernements et les institutions des pays p&#233;riph&#233;riques afin d'imposer une politique faite d'aust&#233;rit&#233; radicale, de d&#233;r&#232;glementations (&#224; l'encontre de toute une s&#233;rie de conqu&#234;tes sociales), de privatisations et de renforcement des pratiques autoritaires (voir le point 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. &lt;strong&gt;Pr&#233;server le p&#233;rim&#232;tre de la zone euro &lt;/strong&gt;(cela signifie maintenir dans la zone euro la Gr&#232;ce et les autres pays de la p&#233;riph&#233;rie) qui constitue un outil puissant aux mains des grandes entreprises priv&#233;es europ&#233;ennes et des &#233;conomies qui dominent cette zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. &lt;strong&gt;Faire de l'approfondissement des politiques n&#233;olib&#233;rales&lt;/strong&gt; en Gr&#232;ce en particulier, mais aussi dans les autres pays de la P&#233;riph&#233;rie, un exemple et un moyen de pression sur l'ensemble des populations europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. &lt;strong&gt;Renforcer &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne (tant sur le plan de l'UE que dans chaque &#201;tat membre) les formes autoritaires de gouvernement &lt;/strong&gt;sans recourir directement &#224; de nouvelles exp&#233;riences de type fasciste, nazi, franquiste, salazariste ou du r&#233;gime des colonels grecs (1967-1974)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ce dernier aspect est souvent insuffisamment pris en compte car l'accent est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut tirer des le&#231;ons de l'&#233;chec de la politique adopt&#233;e par le gouvernement d'Alexis Tsipras en 2015 pour rompre avec l'aust&#233;rit&#233;. De m&#234;me, il faut prendre conscience des limites de l'exp&#233;rience du gouvernement socialiste minoritaire d'Antonio Costa au Portugal&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors des &#233;lections l&#233;gislatives du 4 octobre 2015, les forces de gauche, ont (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une orientation alternative sur l'aust&#233;rit&#233;, la dette, les banques et la zone euro &lt;strong&gt;Une orientation alternative et favorable aux int&#233;r&#234;ts des peuples doit &#224; la fois porter sur l'aust&#233;rit&#233;, sur la dette publique, sur les banques priv&#233;es, sur la zone euro, sur l'opposition aux politiques autoritaires. &lt;/strong&gt;Le bilan de la p&#233;riode 2010-2016 dans la zone euro est clair : il est impossible de sortir de l'aust&#233;rit&#233; sans apporter des r&#233;ponses au moins &#224; ces 5 probl&#233;matiques. Bien s&#251;r, il faut ajouter que l'alternative doit aussi aborder d'autres probl&#232;mes, parmi lesquels la crise climatique et &#233;cologique, la crise humanitaire li&#233;e au renforcement de l'Europe forteresse (qui condamne chaque ann&#233;e &#224; une mort certaine dans la M&#233;diterran&#233;e ou ailleurs des milliers de candidats &#224; l'immigration ou/et &#224; l'asile), la crise au Proche Orient. Il s'agit &#233;galement de lutter contre l'extr&#234;me-droite et la mont&#233;e du racisme. Apr&#232;s l'&#233;lection de Donald Trump, mais aussi apr&#232;s l'apparition du mouvement radical qui s'est retrouv&#233; dans la campagne de Bernie Sanders et qui est appel&#233; &#224; se battre en toute premi&#232;re ligne contre Trump et ses projets, la gauche radicale, les mouvements syndicaux, sociaux, f&#233;ministes et &#233;cologiques europ&#233;ens doivent jeter des ponts vers les forces qui r&#233;sistent aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande partie de la gauche radicale ayant une repr&#233;sentation parlementaire avait et a encore une perception erron&#233;e de l'int&#233;gration europ&#233;enne au travers de l'UE et de la zone euro. Pour le dire simplement, elle voyait dans l'UE et la zone euro plus d'avantages que d'inconv&#233;nients. Elle consid&#233;rait que tant l'UE que la zone euro &#233;taient compatibles avec le retour &#224; des politiques sociales-d&#233;mocrates, avec un peu moins d'injustice, avec un peu de relance keyn&#233;sienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est fondamental sur la base de l'exp&#233;rience de l'ann&#233;e 2015 de renforcer le camp des forces qui n'entretiennent pas d'illusions sur l'UE et la zone euro et qui mettent en avant une authentique perspective &#233;cosocialiste de rupture avec l'UE telle qu'elle est constitu&#233;e. Il faut partir du constat que l'UE et la zone euro ne sont pas r&#233;formables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2015, chacun a pu faire le constat qu'il est impossible de convaincre, sur la base de la l&#233;gitimit&#233; qu'offre le suffrage d&#233;mocratique et par la simple discussion, la Commission europ&#233;enne, le FMI, la BCE et les gouvernements n&#233;olib&#233;raux au pouvoir dans les autres pays europ&#233;ens de prendre des mesures qui respectent les droits des citoyens grecs ainsi que ceux des peuples en g&#233;n&#233;ral. Le r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet 2015 qu'ils ont combattu avec le chantage et la coercition (&#224; savoir la fermeture des banques grecques 5 jours avant le r&#233;f&#233;rendum) ne les a pas convaincus de la n&#233;cessit&#233; de faire des concessions. Au contraire, bafouant les droits d&#233;mocratiques fondamentaux, ils ont radicalis&#233; leurs exigences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, en principe, toute une s&#233;rie de mesures devraient et pourraient &#234;tre prises &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne pour relancer l'&#233;conomie, r&#233;duire l'injustice sociale, rendre soutenable le remboursement de la dette et redonner de l'oxyg&#232;ne &#224; la d&#233;mocratie. Yanis Varoufakis, en tant que ministre grec des finances, a fait en f&#233;vrier 2015 des propositions qui allaient dans ce sens. Il s'agissait d'&#233;changer la dette grecque contre deux nouveaux types &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Oligations&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'obligations&lt;/a&gt; : 1. des obligations index&#233;es sur la croissance ; 2. des obligations dites &#8216;perp&#233;tuelles', au sens o&#249; la Gr&#232;ce rembourserait uniquement les int&#233;r&#234;ts mais &#224; perp&#233;tuit&#233;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cf. : .&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Les propositions de Varoufakis, bien que mod&#233;r&#233;es et parfaitement r&#233;alisables, n'avaient, en r&#233;alit&#233;, aucune chance d'&#234;tre accept&#233;es par les autorit&#233;s europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Commission, la BCE, le FESF ne veulent pas entendre les peuples C'est le cas de toute une s&#233;rie de propositions visant &#224; all&#233;ger radicalement le poids de la dette de la Gr&#232;ce comme celle de nombreux autres pays europ&#233;ens (par la mutualisation des dettes, par l'&#233;mission d'eurobonds, etc.). Techniquement, elles pourraient &#234;tre mises en &#339;uvre mais il faut bien constater que dans le contexte politique et avec les rapports de force qui pr&#233;valent dans l'Union europ&#233;enne, les pays avec un gouvernement progressiste ne peuvent pas esp&#233;rer &#234;tre entendus, respect&#233;s et encore moins soutenus par la Commission europ&#233;enne, la BCE, le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233;. La BCE a les moyens d'asphyxier le syst&#232;me bancaire d'un &#201;tat membre de la zone euro en coupant l'acc&#232;s des banques aux liquidit&#233;s. Comme mentionn&#233;, elle en a fait usage en Gr&#232;ce en 2015. L'Union bancaire et le pouvoir arbitraire de la BCE renforcent les moyens de coercition dont disposent les institutions europ&#233;ennes pour faire &#233;chouer une exp&#233;rience de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trait&#233;s sont devenus hyper contraignants en mati&#232;re de dette et de d&#233;ficit. Dans l'absolu, les autorit&#233;s europ&#233;ennes, dont le conseil des ministres, pourraient d&#233;cider d'y d&#233;roger en tenant compte de la situation de crise (ils l'ont d&#233;j&#224; fait en faveur de gouvernements qui &#233;taient de leur bord &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour ne citer que quelques exemples : la France de Nicolas Sarkozy et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;) mais il est clair qu'ils n'en ont nullement l'intention. Au contraire, tant ces institutions que le FMI et les gouvernements n&#233;olib&#233;raux en place dans les autres pays ont combattu activement le gouvernement grec alors que celui-ci faisait preuve d'une tr&#232;s grande mod&#233;ration (c'est le moins qu'on puisse dire). La plupart des m&#233;dias et de nombreux dirigeants politiques europ&#233;ens ont pourtant pr&#233;sent&#233; Alexis Tsipras et Yanis Varoufakis comme des rebelles, voire des radicaux anti-europ&#233;ens. La Tro&#239;ka a combattu l'exp&#233;rience en cours en Gr&#232;ce entre janvier et juillet 2015 afin de d&#233;montrer &#224; tous les peuples d'Europe qu'il n'y a pas d'alternatives au mod&#232;le capitaliste n&#233;olib&#233;ral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La capitulation du gouvernement d'Alexis Tsipras 1 ne leur a pas suffi, les dirigeants europ&#233;ens et le FMI ont exig&#233; et ont obtenu du gouvernement Tsipras II d'approfondir les politiques n&#233;olib&#233;rales en s'attaquant encore un peu plus au syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale, au syst&#232;me des retraites en particulier, en acc&#233;l&#233;rant les privatisations, en imposant de multiples changements sur le plan juridique et l&#233;gislatif qui constituent des reculs structurels fondamentaux en faveur du grand capital et contre les biens communs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Modification de la l&#233;gislation afin qu'en cas de faillite d'une entreprise, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Toutes ces nouvelles mesures et contre-r&#233;formes renforcent l'injustice et la pr&#233;carit&#233;. Si les cr&#233;anciers finissent par accorder un nouveau r&#233;am&#233;nagement de la dette &lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La dette a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; restructur&#233;e en 2012. Les autorit&#233;s europ&#233;ennes avaient (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, ce sera &#224; la condition de poursuivre le m&#234;me type de politiques. Dans ce cas, une r&#233;duction de dette ne constituera en rien une victoire ou m&#234;me une consolation. Ce sera seulement une mesure visant &#224; garantir la poursuite des remboursements et tenter d'&#233;viter une reprise vigoureuse des luttes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une premi&#232;re conclusion s'impose : sans prendre des mesures souveraines et unilat&#233;rales fortes d'autod&#233;fense, les autorit&#233;s nationales et les peuples qui les ont mandat&#233;es pour rompre avec l'aust&#233;rit&#233; ne pourront pas mettre fin &#224; la violation des droits humains perp&#233;tr&#233;e &#224; la demande des cr&#233;anciers et des grandes entreprises priv&#233;es. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pourraient r&#233;torquer que si un gouvernement de gauche venait au pouvoir &#224; Madrid, il pourrait utiliser le poids de l'&#233;conomie espagnole (4e &#233;conomie de la zone euro &#224; l'aune du PIB) dans la n&#233;gociation avec les principaux gouvernements de la zone euro et obtenir des concessions que Tsipras ne pouvait pas obtenir. Quelles concessions ? La possibilit&#233; de relancer l'&#233;conomie et l'emploi par des d&#233;penses publiques massives et donc avec un d&#233;ficit public consid&#233;rable ? Berlin, la BCE et au moins 5 ou 6 autres capitales de la zone euro s'y opposeront ! La possibilit&#233; de prendre des mesures tr&#232;s fortes &#224; l'&#233;gard des banques ? La BCE appuy&#233;e par la Commission rejettera cette option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est &#233;galement s&#251;r, c'est que si des forces de gauche radicale acc&#233;daient au gouvernement dans des pays comme le Portugal, Chypre, l'Irlande, la Slov&#233;nie, les 3 r&#233;publiques baltes, ils n'auraient pas les moyens de convaincre la commission et la direction de la BCE de les laisser mettre fin &#224; l'aust&#233;rit&#233;, arr&#234;ter les privatisations et d&#233;velopper les services publics, r&#233;duire radicalement la dette... Ces gouvernements devront r&#233;sister et prendre des mesures unilat&#233;rales pour d&#233;fendre leur population. Et si plusieurs gouvernements de gauche se mettaient en place simultan&#233;ment dans plusieurs pays de la zone euro et exigeaient ensemble une ren&#233;gociation ? Bien s&#251;r ce serait une tr&#232;s bonne chose mais cette possibilit&#233; est &#233;galement &#224; exclure ne f&#251;t-ce que pour des raisons de calendrier &#233;lectoral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'un gouvernement de gauche au pouvoir &#224; Paris, en cas de victoire de M&#233;lenchon &#224; la pr&#233;sidentielle de mai 2017 et des forces de gauche radicale aux l&#233;gislatives qui suivront, pourrait forcer &#224; une r&#233;forme de l'euro ? C'est l'hypoth&#232;se de l'&#233;quipe de campagne de Jean-Luc M&#233;lenchon. On peut raisonnablement douter de cette possibilit&#233;. Admettons que JL M&#233;lenchon acc&#232;de &#224; la pr&#233;sidence et constitue un gouvernement. Il voudra appliquer un ensemble de mesures de justice sociale et tenter d'obtenir une r&#233;forme de l'euro. Qu'est-ce qui serait possible ? Ce qui est tout &#224; fait possible pour un gouvernement de gauche en France, c'est de d&#233;sob&#233;ir aux trait&#233;s et de faire respecter son choix mais il ne pourra pas obtenir une r&#233;forme profonde de la zone euro. Pour obtenir cela, il faudrait des victoires &#233;lectorales simultan&#233;es tant dans les principaux pays que dans plusieurs pays de la p&#233;riph&#233;rie. Ceci dit, il est clair qu'un gouvernement de la France insoumise et de ses alli&#233;s qui prendrait des mesures unilat&#233;rales en faveur de la population de la France et des peuples du monde (par exemple annuler de mani&#232;re unilat&#233;rale les dettes de la Gr&#232;ce et des pays dits en d&#233;veloppement &#224; l'&#233;gard de la France) pourrait jouer un r&#244;le positif en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une strat&#233;gie internationaliste qui pr&#244;ne une int&#233;gration europ&#233;enne des peuples &lt;strong&gt;En faisant ces constats, il ne s'agit pas de chercher une issue nationaliste &#224; la crise. Tout autant que par le pass&#233;, il est n&#233;cessaire d'adopter une strat&#233;gie internationaliste et de pr&#244;ner une int&#233;gration europ&#233;enne des peuples oppos&#233;e &#224; la poursuite de l'int&#233;gration actuelle qui est totalement domin&#233;e par les int&#233;r&#234;ts du grand capital. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maillons faibles de la cha&#238;ne de domination intra-europ&#233;enne se trouvent dans les pays p&#233;riph&#233;riques. Si Syriza avait adopt&#233; une strat&#233;gie correcte, un tournant positif aurait pu &#234;tre pris en 2015. Cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. Les autres maillons faibles de la cha&#238;ne o&#249; la gauche radicale peut acc&#233;der au gouvernement dans les ann&#233;es &#224; venir sont notamment l'Espagne et le Portugal. Peut-&#234;tre est-ce &#233;galement possible dans les ann&#233;es qui viennent en Irlande, en Slov&#233;nie, &#224; Chypre etc. Cela d&#233;pendra de plusieurs facteurs : la capacit&#233; de la gauche radicale de tirer les le&#231;ons de l'ann&#233;e 2015 et d'avancer des propositions anticapitalistes et d&#233;mocratiques qui entra&#238;nent l'adh&#233;sion&#8230; Cela d&#233;pendra sans le moindre doute du degr&#233; de mobilisation populaire&#8230; S'il n'y a pas une pression de la rue, des quartiers, des lieux de travail pour des changements r&#233;els et pour refuser les compromis boiteux, l'avenir sera glauque.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Dix propositions afin de ne pas reproduire la capitulation que nous avons connue en Gr&#232;ce&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;viter de reproduire la capitulation que nous avons connue en Gr&#232;ce en 2015, voici dix propositions pour la mobilisation sociale et l'action d'un gouvernement r&#233;ellement au service du peuple &#224; mettre en &#339;uvre imm&#233;diatement et simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La premi&#232;re proposition est la n&#233;cessit&#233;, pour un gouvernement de gauche, de d&#233;sob&#233;ir&lt;/strong&gt;, de mani&#232;re tr&#232;s claire et annonc&#233;e au pr&#233;alable, &#224; la Commission europ&#233;enne. Le parti qui pr&#233;tend, ou la coalition de partis qui pr&#233;tendent gouverner et, bien s&#251;r, nous pensons &#224; l'Espagne, devront refuser d'ob&#233;ir, d&#232;s le d&#233;but, aux exigences d'aust&#233;rit&#233;, et s'engager &#224; refuser l'&#233;quilibre budg&#233;taire. Il faudra dire : &#171; Nous ne respecterons pas l'obligation d&#233;cr&#233;t&#233;e par les trait&#233;s europ&#233;ens de respecter l'&#233;quilibre budg&#233;taire parce que nous voulons augmenter les d&#233;penses publiques pour lutter contre les mesures antisociales et d'aust&#233;rit&#233;, et pour entreprendre la transition &#233;cologique &#187;. Par cons&#233;quent, le premier point est de s'engager d'une mani&#232;re claire et d&#233;termin&#233;e &#224; d&#233;sob&#233;ir. Apr&#232;s la capitulation grecque, il est essentiel d'abandonner l'illusion d'obtenir de la Commission europ&#233;enne et des autres gouvernements europ&#233;ens qu'ils respectent la volont&#233; populaire. Conserver cette illusion nous conduirait au d&#233;sastre. Nous devons d&#233;sob&#233;ir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deuxi&#232;me point : S'engager &#224; appeler &#224; la mobilisation populaire. &lt;/strong&gt;Tant au niveau de chaque pays qu'au niveau europ&#233;en. Cela aussi a &#233;chou&#233; en 2015 en Gr&#232;ce et en Europe. Il est &#233;vident que les mouvements sociaux europ&#233;ens ne furent pas &#224; la hauteur en termes de manifestations, qui certes eurent lieu, mais ne montr&#232;rent pas un niveau suffisant de solidarit&#233; avec le peuple grec. Mais il est vrai aussi que l'orientation strat&#233;gique de Syriza ne pr&#233;voyait pas de faire appel &#224; la mobilisation populaire au niveau europ&#233;en, ni m&#234;me de faire appel &#224; la mobilisation populaire en Gr&#232;ce. Et quand le gouvernement de Tsipras a appel&#233; &#224; la mobilisation par le r&#233;f&#233;rendum du 5 Juillet 2015, ce fut pour ensuite ne pas respecter la volont&#233; populaire de 61,5 % des Grecs, qui avaient refus&#233; d'ob&#233;ir aux exigences des cr&#233;anciers et avaient rejet&#233; leurs propositions.&lt;br class='autobr' /&gt;
Rappelons-nous qu'&#224; partir de la fin f&#233;vrier 2015 et jusque fin juin 2015, Yanis Varoufakis et Alexis Tsipras ont fait des d&#233;clarations qui visaient &#224; convaincre l'opinion qu'un accord &#233;tait en vue et que les choses s'arrangeaient. Imaginons au contraire qu'apr&#232;s chaque n&#233;gociation importante, ils aient expliqu&#233; les enjeux, au travers de communiqu&#233;s, par des d&#233;clarations orales aux m&#233;dias, par des prises de parole sur les places publiques, devant le si&#232;ge des institutions europ&#233;ennes &#224; Bruxelles et ailleurs. Imaginons qu'ils aient fait la lumi&#232;re sur ce qui se tramait, cela aurait abouti &#224; des concentrations de milliers ou de dizaines de milliers de personnes, les r&#233;seaux sociaux auraient relay&#233; &#224; des centaines de milliers ou des millions de destinataires ce discours alternatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troisi&#232;me point : S'engager &#224; organiser un audit de la dette avec la participation des citoyens. &lt;/strong&gt;Les situations dans les 28 pays de l'Union europ&#233;enne sont diff&#233;rentes, de m&#234;me bien s&#251;r &#224; l'int&#233;rieur de la zone euro. Il y a des pays europ&#233;ens o&#249; la suspension des remboursements est une mesure de n&#233;cessit&#233; absolue et prioritaire, comme dans le cas de la Gr&#232;ce dans le but de r&#233;pondre avant tout aux besoins sociaux et de garantir les droits humains fondamentaux. C'est aussi un &#233;l&#233;ment cl&#233; d'une strat&#233;gie d'autod&#233;fense. En Espagne, au Portugal, &#224; Chypre, en Irlande, cela d&#233;pend du rapport de force et de la conjoncture. Dans d'autres pays, il est possible de r&#233;aliser d'abord l'audit et ensuite d&#233;cider de la suspension des remboursements. Ces mesures doivent &#234;tre mises en &#339;uvre en tenant compte de la situation sp&#233;cifique de chaque pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quatri&#232;me mesure. Mettre en place un contr&#244;le des mouvements de capitaux. &lt;/strong&gt;Et tenir compte de ce que cela signifie. C'est &#224; dire aller &#224; l'encontre de l'id&#233;e selon laquelle il serait interdit aux citoyens de transf&#233;rer quelques centaines d'euros &#224; l'&#233;tranger. Il est &#233;vident que les transactions financi&#232;res internationales seront autoris&#233;es jusqu'&#224; un certain montant. Par contre, il s'agit de mettre en place un contr&#244;le strict sur les mouvements de capitaux au-dessus de ce montant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cinqui&#232;me mesure : Socialiser le secteur financier et le secteur de l'&#233;nergie. &lt;/strong&gt;Socialiser le secteur financier ne consiste pas seulement &#224; d&#233;velopper un p&#244;le bancaire public. Il s'agit de d&#233;cr&#233;ter un monopole public sur le secteur financier, &#224; savoir les banques et les soci&#233;t&#233;s d'assurance. Il s'agit d'une socialisation du secteur financier sous contr&#244;le citoyen. C'est-&#224;-dire transformer le secteur financier en service public&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une explication &#224; propos de la socialisation des banques, voir Que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Dans le cadre de la transition &#233;cologique, bien s&#251;r, la socialisation du secteur de l'&#233;nergie est &#233;galement une mesure prioritaire. Il ne peut y avoir de transition &#233;cologique sans monopole public sur le secteur de l'&#233;nergie, tant au niveau de la production que de la distribution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Proposition num&#233;ro six : Cr&#233;ation d'une monnaie compl&#233;mentaire, non convertible et l'in&#233;vitable d&#233;bat sur l'euro.&lt;/strong&gt; Que ce soit dans le cas d'une sortie de l'euro ou d'un maintien dans la zone euro, il est n&#233;cessaire de cr&#233;er une monnaie compl&#233;mentaire non convertible. Autrement dit, une monnaie qui sert, en circuit court, aux &#233;changes &#224; l'int&#233;rieur du pays. Par exemple, pour le paiement de l'augmentation des retraites, des augmentations de salaire aux fonctionnaires, pour le paiement des imp&#244;ts, pour le paiement des services publics ... Utiliser une monnaie compl&#233;mentaire permet de se d&#233;tacher et de sortir partiellement de la dictature de l'euro et de la&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Banque-centrale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banque centrale&lt;/a&gt;europ&#233;enne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien s&#251;r, on ne peut pas &#233;viter le d&#233;bat sur la zone euro. Dans plusieurs pays, la sortie de la zone euro est &#233;galement une option qui doit &#234;tre d&#233;fendue par les partis, les syndicats, d'autres mouvements sociaux. Plusieurs pays de la zone euro ne pourront pas r&#233;ellement rompre avec l'aust&#233;rit&#233; et lancer une transition &#233;cosocialiste sans quitter la zone euro. Dans le cas d'une sortie de la zone euro, il faudrait soit mettre en &#339;uvre une r&#233;forme mon&#233;taire redistributive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb11&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En appliquant un taux de change progressif au passage de l'euro &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh11&#034;&gt;11&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; soit appliquer un imp&#244;t exceptionnel progressif au-dessus de 200 000 &#8364;. Cette proposition ne concerne que le patrimoine liquide, elle ne concerne donc pas le patrimoine immobilier (maisons, etc.) &#233;voqu&#233; dans la septi&#232;me mesure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La septi&#232;me mesure : une r&#233;forme radicale de la fiscalit&#233;. &lt;/strong&gt;Supprimer la TVA sur les biens et les services de consommation de base, comme la nourriture, l'&#233;lectricit&#233;, le gaz et l'eau (pour ces trois derniers, jusqu'&#224; un certain niveau de consommation par individu)&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb12&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cela peut &#234;tre combin&#233; avec des mesures de gratuit&#233; sur la consommation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh12&#034;&gt;12&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, et d'autres biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;. Par contre, une augmentation de la TVA sur les biens et les produits de luxe, etc. Nous avons aussi besoin d'une augmentation des imp&#244;ts sur les b&#233;n&#233;fices des entreprises priv&#233;es et des revenus au-dessus d'un certain niveau. Autrement dit, un imp&#244;t progressif sur les revenus et sur le patrimoine. La maison d'habitation devrait &#234;tre exon&#233;r&#233;e d'imp&#244;t en dessous d'un certain montant qui varie en fonction de la composition du foyer. La r&#233;forme de la fiscalit&#233; doit produire des effets imm&#233;diats : une baisse tr&#232;s sensible des imp&#244;ts indirects et directs pour la majorit&#233; de la population et une augmentation tr&#232;s sensible pour les 10 % les plus riches et pour les grandes entreprises. Enfin, la lutte contre la fraude et l'&#233;vasion fiscale serait intensifi&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Huiti&#232;me mesure : D&#233;privatisations.&lt;/strong&gt; &#171; Racheter &#187; les entreprises privatis&#233;es pour un euro symbolique. Ainsi, de ce point de vue, utiliser l'euro pourrait s'av&#233;rer tr&#232;s sympathique, en payant un euro symbolique &#224; ceux qui ont profit&#233; des privatisations. Et renforcer et &#233;tendre les services publics sous contr&#244;le citoyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neuvi&#232;me mesure : La mise en &#339;uvre d'un vaste plan d'urgence pour la cr&#233;ation d'emplois socialement utiles et pour la justice.&lt;/strong&gt; R&#233;duire le temps de travail avec maintien des salaires. Abroger les lois antisociales et adopter des lois pour rem&#233;dier &#224; la situation de la dette hypoth&#233;caire abusive, des dispositions qui concernent en priorit&#233; des pays comme l'Espagne, l'Irlande, la Gr&#232;ce... Cela pourrait tr&#232;s bien se r&#233;soudre par la loi, en &#233;vitant des proc&#232;s (car il y a de nombreux proc&#232;s sur la dette hypoth&#233;caire o&#249; les m&#233;nages sont confront&#233;s aux banques). Un Parlement peut d&#233;cr&#233;ter par une loi l'annulation des dettes hypoth&#233;caires inf&#233;rieures &#224; 150 000 euros par exemple et mettre ainsi un terme &#224; des proc&#233;dures judiciaires. Il s'agit aussi de mettre en &#339;uvre un vaste programme de d&#233;penses publiques afin de relancer l'emploi et l'activit&#233; socialement utile en favorisant les circuits courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dixi&#232;me mesure : Entamer un v&#233;ritable processus constituant.&lt;/strong&gt; Il ne s'agit pas de changements constitutionnels dans le cadre des institutions parlementaires actuelles. Il s'agirait de dissoudre le parlement et de convoquer l'&#233;lection au suffrage direct d'une Assembl&#233;e constituante. Et de rechercher &#224; ins&#233;rer ce processus dans d'autres processus constituants au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont dix propositions de base &#224; soumettre au d&#233;bat. Mais une chose est certaine, les mesures &#224; prendre doivent aller &#224; la racine des probl&#232;mes et elles doivent &#234;tre appliqu&#233;es simultan&#233;ment car il faut un programme coh&#233;rent. En l'absence de la mise en &#339;uvre de mesures radicales annonc&#233;es depuis le d&#233;but, il n'y aura pas de rupture avec les politiques d'aust&#233;rit&#233;. Il est impossible de rompre avec les politiques d'aust&#233;rit&#233; sans prendre des mesures radicales contre le grand capital. Ceux qui pensent que l'on peut &#233;viter cela sont des &#171; enfumeurs &#187; qui ne pourront pas obtenir de r&#233;elles avanc&#233;es concr&#232;tes. Au niveau europ&#233;en, la nature de l'architecture europ&#233;enne et l'ampleur de la crise du capitalisme font qu'il n'y a pas de r&#233;el espace pour des politiques productivistes n&#233;o-keyn&#233;siennes. L'&#233;cosocialisme ne doit pas &#234;tre &#224; la marge mais au c&#339;ur du d&#233;bat, d'o&#249; doivent venir les propositions imm&#233;diates et concr&#232;tes. Il faut mener &#224; bien la lutte contre l'aust&#233;rit&#233; et se lancer sur le chemin de l'anticapitalisme. La transition &#233;cosocialiste est une n&#233;cessit&#233; absolue et imm&#233;diate.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce texte a &#233;t&#233; traduit et publi&#233; dans 8 langues :&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Anglais : Ten Proposals to Beat the European Union&lt;br class='autobr' /&gt;
Espagnol : Un manifiesto para desobedecer tratados europeos 'injustos'&lt;br class='autobr' /&gt;
Portugais : Os desafios da esquerda na zona euro&lt;br class='autobr' /&gt;
N&#233;erlandais/Flamand : Uitdagingen voor links in de eurozone&lt;br class='autobr' /&gt;
Grec : &#927;&#953; &#960;&#961;&#959;&#954;&#955;&#942;&#963;&#949;&#953;&#962; &#947;&#953;&#945; &#964;&#951;&#957; &#945;&#961;&#953;&#963;&#964;&#949;&#961;&#940; &#963;&#964;&#951;&#957; &#949;&#965;&#961;&#969;&#950;&#974;&#957;&#951;&lt;br class='autobr' /&gt;
Bosnien-croate-mont&#233;n&#233;grin-serbe : 10 predloga kako pobediti Evropsku uniju&lt;br class='autobr' /&gt;
Italien : Le sfide per la sinistra nella zona euro
&lt;br /&gt;&#8212; -&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Liste des signataires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALLEMAGNE&lt;br class='autobr' /&gt;
Angela Klein, revue SOZ&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;AUTRICHE&lt;br class='autobr' /&gt;
Christian Zeller, professeur de g&#233;ographie &#233;conomique, Universit&#233; de Salzburg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOSNIE-HERZ&#201;GOVINE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tijana Okic, philosophe&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BELGIQUE&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Bonfond, &#233;conomiste, membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean-Claude Deroubaix, sociologue &#224; l'Universit&#233; de Mons&lt;br class='autobr' /&gt;
Mauro Gasparini, LCR/SAP&lt;br class='autobr' /&gt;
Corinne Gobin, politologue &#224; l'ULB&lt;br class='autobr' /&gt;
Herman Michiel, &#233;diteur de la revue Ander Europa&lt;br class='autobr' /&gt;
Christine Pagnoulle, prof. honoraire Universit&#233; de Li&#232;ge, pr&#233;sidente ATTAC-Li&#232;ge&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;ric Toussaint, porte-parole du CADTM international, coordinateur scientifique de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CHYPRE&lt;br class='autobr' /&gt;
Stavros Tombazos, &#233;conomiste, prof. universitaire, membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DANEMARK&lt;br class='autobr' /&gt;
Soren Sondergaard, d&#233;put&#233;, ex-d&#233;put&#233; europ&#233;en&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ESPAGNE&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Albarrac&#237;n, &#233;conomiste et sociologue, Podemos, membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;br class='autobr' /&gt;
Marina Albiol, Eurod&#233;put&#233;e de Izquierda Unida et porte-parole la d&#233;l&#233;gation de la Gauche plurielle au parlement europ&#233;en. &lt;br class='autobr' /&gt;
Yago &#193;lvarez, activiste, membre de la plate-forme d'audit citoyen de la dette -PACD PACD&lt;br class='autobr' /&gt;
Josep Maria Antentas, professeur de sociologie de l'Universit&#233; Autonome de Barcelone (UAB).&lt;br class='autobr' /&gt;
Rommy Arce, conseill&#232;re municipale de Madrid, membre de la coalition Ahora Madrid et de Podemos&lt;br class='autobr' /&gt;
Ra&#250;l Camargo, Secr&#233;taire Politique de Podemos de la Communaut&#233; de Madrid y D&#233;put&#233; de celle-ci. Militant de Anticapitalistas &lt;br class='autobr' /&gt;
Sergi Cutillas, &#233;conomiste de Ekona. Membre du Groupe promoteur du nouveau mouvement politique catalan Un Pa&#237;s En Com&#250;, Catalunya, membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;br class='autobr' /&gt;
J&#233;r&#244;me Duval, membre du CADTM et de la PACD&lt;br class='autobr' /&gt;
Manolo Gari, &#233;conomiste, activiste &#233;cosocialiste, militant de Anticapitalistas y membro de Podemos&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#225;tima Mart&#237;n, journaliste, membre du CADTM et de la PACD&lt;br class='autobr' /&gt;
Teresa Rodr&#237;guez, d&#233;put&#233;e andalouse, ex-eurod&#233;put&#233;e, porte-parole de Podemos Andaluc&#237;a.&lt;br class='autobr' /&gt;
Carlos Sanchez Mato, conseiller municipal et responsable des finances de la mairie de Madrid &lt;br class='autobr' /&gt;
Miguel Urb&#225;n, eurod&#233;put&#233; Podemos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;FRANCE&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Besancenot, porte-parole du NPA &lt;br class='autobr' /&gt;
Jeanne Chevalier, Parti de Gauche (souscrit aux 10 propositions mais pas &#224; l'introduction)&lt;br class='autobr' /&gt;
Eric Coquerel, coordinateur politique du Parti de Gauche (souscrit aux 10 propositions mais pas &#224; l'introduction)&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Cours-Salies, professeur de sociologie &#224; l'Universit&#233; Paris 8, Ensemble !&lt;br class='autobr' /&gt;
L&#233;on Cr&#233;mieux, NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexis Cukier - Ensemble ! EReNSEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Penelope Duggan, Responsable de la revue International Viewpoint &lt;br class='autobr' /&gt;
Pascal Franchet, pr&#233;sident CADTM France&lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre Khalfa, copr&#233;sident de la Fondation Copernic&lt;br class='autobr' /&gt;
Djordje Kuzmanovic, Parti de Gauche (souscrit aux 10 propositions mais pas &#224; l'introduction)&lt;br class='autobr' /&gt;
Jan Malewski, r&#233;dacteur de la revue Inprecor&lt;br class='autobr' /&gt;
Myriam Martin et Jean-Fran&#231;ois Pellissier, porte-paroles d'Ensemble !&lt;br class='autobr' /&gt;
Corinne Morel Darleux, Parti de Gauche (souscrit aux 10 propositions mais pas &#224; l'introduction)&lt;br class='autobr' /&gt;
Christine Poupin, porte-parole NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
Catherine Samary, &#233;conomiste, membre d'ATTAC France&lt;br class='autobr' /&gt;
Patrick Saurin, syndicaliste SUD, membre du CADTM et de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GR&#200;CE&lt;br class='autobr' /&gt;
Tassos Anastassiadis, sociologue et journaliste (Antarsya)&lt;br class='autobr' /&gt;
Aris Chatzistefanou, r&#233;alisateur des documentaires Debtocracy et Catastroika&lt;br class='autobr' /&gt;
Nikos Chountis, eurod&#233;put&#233; Unit&#233; Populaire, ex-d&#233;put&#233; europ&#233;en, ex-vice ministre dans le premier gouvernement de Tsipras&lt;br class='autobr' /&gt;
Zoe Konstantopoulou, ex-pr&#233;sidente du parlement grec, fondatrice du mouvement politique Plefsi Eleftherias, pr&#233;sidente de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque (souscrit aux 10 propositions mais pas &#224; l'introduction)&lt;br class='autobr' /&gt;
Stathis Kouvelakis, King's College London, Unit&#233; Populaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Costas Lapavitsas, &#233;conomiste, SOAS University of London, EReNSEP&lt;br class='autobr' /&gt;
Spyros Marchetos, Universit&#233; Aristote de Thessalonique, membre d'Antarsya, membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;br class='autobr' /&gt;
Yorgos Mitralias, Greeks for Bernie's Mass Movement - CADTM Gr&#232;ce ; membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;br class='autobr' /&gt;
Antonis Ntavanelos, RedNetwork, Unit&#233; Populaire &lt;br class='autobr' /&gt;
Leonidas Vatikiotis, periodista (Antarsya), membre de la commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette grecque&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;HONGRIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Judit Morva, &#233;conomiste, r&#233;dactrice de la revue BALMIX&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ITALIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Gigi Malabarba, ouvrier RiMaflow en autogestion - Fuorimercato, ex-s&#233;nateur, Communia Network, Italie &lt;br class='autobr' /&gt;
Checchino Antonini, directeur de la revue &#171; L'Anticapitalista &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LUXEMBOURG&lt;br class='autobr' /&gt;
Justin Turpel, ancien d&#233;put&#233; d&#233;i L&#233;nk &#8211; la Gauche &lt;br class='autobr' /&gt;
David Wagner, D&#233;put&#233; d&#233;i L&#233;nk &#8211; la Gauche&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;POLOGNE&lt;br class='autobr' /&gt;
Zbigniew Marcin Kowalewski, journaliste&lt;br class='autobr' /&gt;
Dariusz Zalega, journaliste&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PORTUGAL&lt;br class='autobr' /&gt;
Francisco Lou&#231;a, &#233;conomiste, Bloc de Gauche, ex-d&#233;put&#233;. Emet &#233;met certaines r&#233;serves sur quelques aspects techniques des 10 propositions. &lt;br class='autobr' /&gt;
Alda Sousa, Universit&#233; de Porto, ex-eurod&#233;put&#233;e, Bloc de Gauche&lt;br class='autobr' /&gt;
Rui Viana Pereira, designer sonore, membre du CADPP (Portugal)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ROYAUME UNI&lt;br class='autobr' /&gt;
Susan Pashkoff, Left Unity, Economic Policy Commission&lt;br class='autobr' /&gt;
Alan Thornett, Socialist Resistance in Britain&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SERBIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Andreja Zivkovic, chercheur&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SLOV&#201;NIE&lt;br class='autobr' /&gt;
Maja Breznik, chercheuse&lt;br class='autobr' /&gt;
Rastko Mo&#269;nik, sociologue, prof universitaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;SUISSE&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Batou, d&#233;put&#233; Solidarit&#233;s Gen&#232;ve, prof. Universit&#233; de Lausanne&lt;br class='autobr' /&gt;
Claude Calame, historien, &#201;cole des hautes &#233;tudes en sciences sociales EHESS - Paris, membre de Solidarit&#233;S&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cas de la Gr&#232;ce, il s'agissait des banques grecques, fran&#231;aises, allemandes, belges et hollandaises principalement (une quinzaine de grandes banques priv&#233;es pour donner une id&#233;e approximative). Pour une analyse d&#233;taill&#233;e voir Rapport pr&#233;liminaire de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque, juin 2015, chapitres 1 et 2, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Rapport-preliminaire-de-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Rapport-prelim...&lt;/a&gt; ; Intervention d'&#201;ric Toussaint &#224; la pr&#233;sentation du rapport pr&#233;liminaire de la Commission de la v&#233;rit&#233; le 17 juin 2015,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Intervention-d-Eric-Toussaint-a-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Intervention-d...&lt;/a&gt; ; voir aussi &#171; Gr&#232;ce : Les banques sont &#224; l'origine de la crise &#187;, publi&#233; le 23 d&#233;cembre 2016, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-Les-banques-sont-a-l-origine&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Grece-Les-banq...&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Enfin voir : Documents secrets du FMI sur la Gr&#232;ce avec commentaires d'&#201;ric Toussaint (CADTM), &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Documents-secrets-du-FMI-sur-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Documents-secr..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&#192; cette &#233;poque, les activit&#233;s de plusieurs des grandes banques fran&#231;aises, allemandes, hollandaises, belges, etc. concern&#233;es &#233;taient fortement imbriqu&#233;es avec les march&#233;s financiers aux &#201;tats-Unis et avec les plus grandes banques des &#201;tats-Unis et du Royaume-Uni. En plus, et c'est li&#233;, elles avaient acc&#232;s &#224; une importante ligne de cr&#233;dit offerte par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis, d'o&#249; l'int&#233;r&#234;t port&#233; par l'administration de Barack Obama &#224; la crise grecque et irlandaise, et plus g&#233;n&#233;ralement &#224; la crise bancaire europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Dans le cas de la Gr&#232;ce, il s'agissait de 14 &#201;tats de la zone euro &#171; repr&#233;sent&#233;s &#187; par la Commission europ&#233;enne, le FESF &#8211;Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re- (auquel a succ&#233;d&#233; le MES &#8211;M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233;), la BCE et le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ce dernier aspect est souvent insuffisamment pris en compte car l'accent est mis sur les aspects &#233;conomiques et sociaux. La tendance autoritaire &#224; l'int&#233;rieur de l'UE et de la zone euro est pourtant &#224; la fois un enjeu central et un objectif poursuivi de mani&#232;re d&#233;lib&#233;r&#233;e par la Commission europ&#233;enne et le grand capital. Cela touche le renforcement du pouvoir ex&#233;cutif, le recours &#224; des proc&#233;dures exp&#233;ditives de vote, la violation ou la limitation d'une s&#233;rie de droits, le non-respect des choix des &#233;lecteurs, l'augmentation de la r&#233;pression de la protestation sociale&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lors des &#233;lections l&#233;gislatives du 4 octobre 2015, les forces de gauche, ont obtenu la majorit&#233; absolue des si&#232;ges &#224; l'Assembl&#233;e nationale : le PS venait en deuxi&#232;me position, avec 32,4 % ; le Bloco de Esquerda (Bloc de gauche), est arriv&#233; en troisi&#232;me position avec 10,3 %, et 19 d&#233;put&#233;s (8 en 2011) ; le PCP gagne un si&#232;ge et dispose de 15 d&#233;put&#233;s ; le parti vert, PEV reste inchang&#233; avec 2 si&#232;ges.1 Un accord de gouvernement a &#233;t&#233; conclu en novembre 2015 : le PS gouverne seul et les deux autres partis plus radicaux (BE et PCP), tout en refusant d'entrer au gouvernement, soutiennent au Parlement ses d&#233;cisions quand elles leur conviennent.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cf. : &lt;a href=&#034;http://www.latribune.fr/actualites/..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.latribune.fr/actualites/..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour ne citer que quelques exemples : la France de Nicolas Sarkozy et l'Allemagne d'Angela Merkel n'ont pas &#233;t&#233; sanctionn&#233;es malgr&#233; le non-respect de leurs obligations en mati&#232;re de d&#233;ficit ; plus r&#233;cemment, la Commission a &#233;t&#233; &#233;galement laxiste &#224; l'&#233;gard du gouvernement de Mariano Rajoy en 2015 et en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Modification de la l&#233;gislation afin qu'en cas de faillite d'une entreprise, les banques cr&#233;anci&#232;res passent avant les salari&#233;s et les retrait&#233;s -de l'entreprise- (&#233;t&#233; 2015) ; marginalisation compl&#232;te des pouvoirs publics dans l'actionnariat des banques (d&#233;cembre 2015) ; pouvoir accru de l'organisme ind&#233;pendant de collecte des imp&#244;ts ; nouveaux reculs dans le r&#233;gime des retraites ; nouveaux reculs dans le code du travail ; instauration d'un m&#233;canisme de coupes budg&#233;taires automatiques en cas d'&#233;cart des objectifs d'exc&#233;dents budg&#233;taires inscrits dans le marbre du 3e M&#233;morandum. On constate &#233;galement une aggravation de l'endettement des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La dette a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; restructur&#233;e en 2012. Les autorit&#233;s europ&#233;ennes avaient annonc&#233; une r&#233;duction de 50 % de la dette grecque. En r&#233;alit&#233;, l'augmentation de la dette a repris de plus belle aussit&#244;t apr&#232;s la restructuration. Les mesures annonc&#233;es en d&#233;cembre 2016 constituent une v&#233;ritable com&#233;die (voir Michel Husson &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Grece-allegeme..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Grece-allegeme..&lt;/a&gt;. )&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Pour une explication &#224; propos de la socialisation des banques, voir Que faire des banques ? Version 2.0, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Que-faire-des-..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Que-faire-des-..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb11&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh11&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 11&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;11&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;En appliquant un taux de change progressif au passage de l'euro &#224; la nouvelle monnaie on diminuerait le liquide en possession du 1 % le plus riche et redistribuerait la richesse liquide aux m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb12&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh12&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 12&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;12&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Cela peut &#234;tre combin&#233; avec des mesures de gratuit&#233; sur la consommation d'eau, d'&#233;lectricit&#233;, de gaz, etc. par individu et jusqu'&#224; un certain niveau de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Si ce n'est pas nous, qui ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Si-ce-n-est-pas-nous-qui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Si-ce-n-est-pas-nous-qui</guid>
		<dc:date>2017-03-07T12:44:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin, Olivier Besancenot, Philippe Poutou</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-03-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;mardi 28 f&#233;vrier 2017 | tri&#233; du site du NPA &lt;br class='autobr' /&gt;
Attelons-nous &#224; construire une repr&#233;sentation politique pour les exploit&#233;(e)s et les opprim&#233;(e)s. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous vivons un processus de fin de r&#233;gime : tout est boulevers&#233;, en premier les deux partis piliers de l'histoire de la 5e R&#233;publique (LR et PS). La pr&#233;sidentielle de 2017 ne ressemble &#224; aucune des pr&#233;c&#233;dentes, les candidats tombant les uns apr&#232;s les autres comme les fruits pourris de l'arbre sur lequel s'appuie le capitalisme fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
A (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-03-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-03-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton29966-63181.png?1676189080' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;mardi 28 f&#233;vrier 2017 | tri&#233; du site du NPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Attelons-nous &#224; construire une repr&#233;sentation politique pour les exploit&#233;(e)s et les opprim&#233;(e)s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous vivons un processus de fin de r&#233;gime : tout est boulevers&#233;, en premier les deux partis piliers de l'histoire de la 5e R&#233;publique (LR et PS). La pr&#233;sidentielle de 2017 ne ressemble &#224; aucune des pr&#233;c&#233;dentes, les candidats tombant les uns apr&#232;s les autres comme les fruits pourris de l'arbre sur lequel s'appuie le capitalisme fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A droite, exit Sarkozy et Jupp&#233;, tandis que Fillon est dans la tourmente. Apr&#232;s les nombreuses affaires &#224; droite, le champion sorti de la primaire se pr&#233;sentait comme le Monsieur Propre. Fillon a pleinement jou&#233; les cartes du traditionalisme catholique et de la probit&#233;, puis s'est enlis&#233; dans une affaire m&#234;lant d&#233;tournements de fonds publics, emplois fictifs et corruption.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le parti des puissants dans la tourmente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les explications embrouill&#233;es de Fillon ne font pas oublier l'essentiel : leur monde n'est pas le n&#244;tre. Dans leur monde, on trouve normal de d&#233;tourner des centaines de milliers d'euros d'argent public pour entretenir sa famille et son ch&#226;teau. On peut puiser directement dans les caisses de l'&#201;tat comme si c'&#233;tait un compte &#233;pargne. C'est le comportement d'une ploutocratie qui s'&#233;tonne m&#234;me qu'on puisse lui demander des comptes, la froide illustration d'un syst&#232;me oligarchique rassemblant les dirigeants politiques, les hauts fonctionnaires et les grands patrons. Cette classe sociale ne conna&#238;t rien &#224; notre quotidien, &#224; nos angoisses, nos besoins...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose avec force la question de la d&#233;mocratie. Au niveau politique avec le contr&#244;le et la r&#233;vocabilit&#233; des &#233;lus, la limitation du salaire des &#233;lus au salaire moyen d'un ouvrier ou d'un employ&#233;, la suppression de la fonction pr&#233;sidentielle et du S&#233;nat. Mais aussi dans toutes les sph&#232;res de la soci&#233;t&#233;, car la d&#233;mocratie r&#233;elle, c'est la possibilit&#233; pour celles et ceux qui produisent les richesses de d&#233;cider librement et souverainement quoi produire, comment et &#224; quelles fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gauche institutionnelle : fin de partie, fin des partis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A gauche, la crise est d&#233;sormais ouverte. Exit le tandem Hollande-Valls, le choix de Hamon est un vote sanction des lois Macron et El Khomri. Dans une certaine mesure, ce choix peut &#234;tre compar&#233; au vote Corbyn dans le Parti travailliste britannique ou &#224; la polarisation autour de la campagne Sanders aux USA. Mais plus encore concernant Hamon, la musique est bien plus forte que les paroles... L'ex-ministre reste une fausse issue pour les classes populaires, assumant une partie des mesures anti-sociales de Hollande (comme les milliards donn&#233;s au patronat au travers du CICE...). Et son parti, le PS a &#233;t&#233; us&#233; par l'accumulation des r&#233;formes lib&#233;rales et antisociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PCF n'est pas en meilleur &#233;tat. Il semble avoir successivement remplac&#233; les fant&#244;mes de l'URSS puis de la gauche plurielle, par un hologramme qui troque l'histoire du mouvement ouvrier pour la Marseillaise, les grandes mobilisations sociales pour des r&#233;f&#233;rendums, l'internationalisme militant pour une France certes insoumise mais ferm&#233;e &#224; la solidarit&#233; avec les migrants...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; antisyst&#232;mes &#187;... au secours du syst&#232;me !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette instabilit&#233; politique, avec en particulier la d&#233;confiture de Fillon, propulse actuellement sur le devant de la sc&#232;ne Le Pen et Macron. Tous deux jouent en duo une balade &#171; antisyst&#232;me &#187;. Et pourtant... Le parti de l'h&#233;riti&#232;re Le Pen, qui a &#233;galement d&#233;tourn&#233; 340.000 euros de fonds publics du Parlement europ&#233;en, ne pense pas utile d'augmenter le SMIC et veut augmenter les exon&#233;rations de cotisations sociales, c'est-&#224;-dire vider les caisses de notre S&#233;cu pour remplir celles des patrons. Tout cela en tentant de faire croire que les &#233;trangers seraient responsables de la mis&#232;re que vivent les classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pur aventurier, Macron est financ&#233; on ne sait comment, et cultive un flou programmatique qui masque mal la volont&#233; d'aller jusqu'au bout de la contre-r&#233;volution n&#233;o-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Construire une alternative radicalement anticapitaliste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les violences contre Th&#233;o, la mort d'Adama Traor&#233;, la r&#233;pression contre le mouvement du printemps, ont montr&#233; que ce syst&#232;me n'a plus &#224; nous offrir que la violence de la matraque et l'odeur des lacrymog&#232;nes. Dans un tel contexte, les banlieues ont raison de vouloir mettre le feu &#224; toutes les injustices v&#233;cues. Et manifester pour la justice et la dignit&#233; le dimanche 19 mars est pour nous un premier pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, tout cela souligne la n&#233;cessit&#233; d'en finir avec un syst&#232;me oligarchique, se lib&#233;rer de tous ces avocats commis d'office qui pr&#233;tendent savoir ce qu'il faut faire en lieu et place des exploit&#233;Es et des opprim&#233;Es. L'urgence est autant &#224; la convergence des luttes qu'&#224; celle de contenus politiques et revendicatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons mettre &#224; l'ordre du jour de la lutte des classes un projet &#233;mancipateur qui aborde nos pr&#233;occupations, l'opposition entre nos conditions de vie et les ravages de leur course au profit : partager le temps de travail, interdire les licenciements et les suppressions de postes, &#233;radiquer la pauvret&#233;, garantir la gratuit&#233; des besoins essentiels, assurer la justice climatique, saisir les banques et annuler la dette, d&#233;fendre la libert&#233; de circulation et d'installation... Bref, dessiner les contours d'une autre soci&#233;t&#233;, &#233;cosocialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation ouverte par la crise actuelle peut &#234;tre un bol d'air non pollu&#233; montrant les ruptures n&#233;cessaires et les chemins &#224; prendre. Il faut s'en saisir pour en finir avec le vieux monde. Dans les d&#233;bats et dans les luttes en cours s'exprime une aspiration unitaire. Celle-ci ne doit pas se perdre dans les traditionnels calculs de l'arithm&#233;tique &#233;lectoraliste qui ne peuvent conduire que dans l'impasse d'une gauche plurielle relook&#233;e. La question n'est pas de d&#233;signer un champion pour se battre dans le cirque, mais bien d'en finir avec le cirque... Pas de retour en arri&#232;re, attelons-nous &#224; construire une repr&#233;sentation politique pour les exploit&#233;Es et des opprim&#233;Es, une force aussi fid&#232;le aux int&#233;r&#234;ts des classes populaires que le PS et la droite l'ont &#233;t&#233; &#224; ceux du Medef.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Poutou, Christine Poupin, Olivier Besancenot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Poutou est porte-parole du NPA, candidat &#224; la pr&#233;sidentielle 2017&lt;br class='autobr' /&gt;
Christine Poupin est porte-parole du NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
Olivier Besancenot est un ancien candidat &#224; la pr&#233;sidentielle, ancien porte-parole du NPA&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; Si ce n'est pas nous, qui m&#232;nera les combats dont a tant besoin notre pays ? &#187;. 28/02/2017 07:00 CET :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.huffingtonpost.fr/philippe-poutou/projet-anticapitaliste-presidentielle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.huffingtonpost.fr/philippe-poutou/projet-anticapitaliste-presidentielle/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelle &#233;cologie, quel socialisme, quelle transition ? Le manifeste &#233;cosocialiste du Parti de gauche en d&#233;bat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelle-ecologie-quel-socialisme-quelle-transition-Le-manifeste-ecosocialiste-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelle-ecologie-quel-socialisme-quelle-transition-Le-manifeste-ecosocialiste-du</guid>
		<dc:date>2013-08-06T11:45:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-08-06</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Sous la forme d'un hors-s&#233;rie sp&#233;cial de notre revue, le NPA publie un travail important de notre camarade de la LCR, Daniel Tanuro. En commentant de fa&#231;on critique le Manifeste &#233;cosocialiste du Parti de gauche, il contribue &#224; d&#233;finir le socialisme pour lequel nous nous battons. Essentiel, dans tous les sens du terme. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du site LCR-Lagauche, Belgique) &lt;br class='autobr' /&gt; Prenant appui sur la r&#233;f&#233;rence commune au Manifeste &#233;cosocialiste international publi&#233; en 2002, Daniel Tanuro s'applique &#224; d&#233;battre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2013-08-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2013-08-06&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton14738-fd526.png?1676792962' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sous la forme d'un hors-s&#233;rie sp&#233;cial de notre revue, le NPA publie un travail important de notre camarade de la LCR, Daniel Tanuro. En commentant de fa&#231;on critique le Manifeste &#233;cosocialiste du Parti de gauche, il contribue &#224; d&#233;finir le socialisme pour lequel nous nous battons. Essentiel, dans tous les sens du terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du site LCR-Lagauche, Belgique)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Prenant appui sur la r&#233;f&#233;rence commune au Manifeste &#233;cosocialiste international publi&#233; en 2002, Daniel Tanuro s'applique &#224; d&#233;battre point par point avec les 18 th&#232;ses du Manifeste pour l'&#233;cosocialisme adopt&#233; en mars 2013 par le congr&#232;s du Parti de gauche.&#8232;&#171; Pourquoi consacrer un tel travail au projet de Manifeste &#233;cosocialiste d'une formation politique particuli&#232;re dans un pays particulier ? Parce que (...) le document propos&#233; par le Parti de gauche fait p&#233;n&#233;trer le lecteur au c&#339;ur de l'&#233;norme, de la gigantesque, de la vertigineuse difficult&#233; &#224; laquelle sont in&#233;vitablement confront&#233;Es celles et ceux qui, en France et ailleurs, adoptent l'&#233;cosocialisme comme cadre de r&#233;flexion : comment r&#233;pondre &#224; la fois aux besoins sociaux et aux exigences &#233;cologiques lorsque trois milliards d'&#234;tres humains manquent de l'essentiel et que le sauvetage du climat impose de produire moins, sous peine de catastrophes irr&#233;versibles ? &#187; La discussion se concentre autour de trois questions d&#233;cisives : anticapitalisme ou antilib&#233;ralisme ? Autogestion ou pilotage par l'&#201;tat ? Refondation par les luttes ou r&#233;forme institutionnelle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derri&#232;re la finance, tout le syst&#232;me &#233;conomique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le premier point, le manifeste du PG d&#233;signe ceux qui sont pour lui &#171; les vrais coupables (...) : l'oligarchie financi&#232;re mondialis&#233;e, les gouvernements soumis aux lobbies des multinationales sans contr&#244;le d&#233;mocratique, les id&#233;ologues de la concurrence &#171; libre et non fauss&#233;e &#187;, du capitalisme vert et du libre-&#233;change &#187;. Mais force est de constater que Bhop&#226;l, Seveso, Fukushima, l'Erika, la destruction de la for&#234;t tropicale, le scandale de l'amiante et les autres catastrophes environnementales des derni&#232;res d&#233;cennies ne sont pas imputables &#224; ces seuls responsables..., et que le r&#233;chauffement climatique global, d&#251; principalement &#224; l'envol&#233;e des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre au cours des Trente Glorieuses, est le produit du fonctionnement ordinaire du capitalisme. Tout capitalisme est n&#233;cessairement productiviste parce que la concurrence pour le profit est son seul moteur. Il n'y a pas d'espace pour un &#171; &#233;cosocialisme par &#233;tapes &#187;, qui commencerait par rompre avec la mondialisation n&#233;olib&#233;rale en reportant les t&#226;ches anticapitalistes &#224; plus tard.&#8232;Surgit alors une autre discussion : pourquoi &#171; socialisme &#187; a-t-il si longtemps rim&#233; uniquement avec productivisme ? Est-ce d&#251; au projet socialiste lui-m&#234;me ? Sinon, quelles mesures, quel programme pour &#233;viter de retomber dans l'orni&#232;re ? Daniel Tanuro pointe &#171; trois ph&#233;nom&#232;nes combin&#233;s (qui) ont jou&#233; un r&#244;le majeur : l'&#233;tatisme, la bureaucratie et le repli national &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Articuler les ruptures sociales et &#233;cologiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conscient de la difficult&#233; qui &#171; r&#233;side dans le gouffre b&#233;ant entre la n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse d'une alternative socialiste et le niveau de conscience actuel (...) des exploit&#233;Es et des opprim&#233;Es &#187;, l'auteur propose de r&#233;pondre &#224; la fois aux demandes sociales et aux urgences &#233;cologiques, &#224; travers un programme qui permette d'amorcer la rupture. La nationalisation des secteurs de l'&#233;nergie et de la finance, sans indemnit&#233; ni rachat, est le point de d&#233;part incontournable d'un plan &#233;cosocialiste, articulant la suppression des productions inutiles ou nuisibles, la sortie du nucl&#233;aire et du tout-automobile, le passage &#224; une agriculture paysanne, la reconversion des travailleurs et travailleuses des secteurs condamn&#233;s, le d&#233;veloppement du secteur public, et le partage du travail entre toutes et tous sans perte de salaire&#8230;&#8232;Ce programme doit mettre en perspective la formation d'un gouvernement capable de l'appliquer, aux niveaux national, europ&#233;en et mondial. Mais une telle perspective &#171; ne doit pas servir &#224; justifier le rabaissement du programme au-dessous du niveau permettant effectivement la rupture, de m&#234;me que la n&#233;cessit&#233; d'une vaste mobilisation sociale ne doit pas servir &#224; justifier une strat&#233;gie &#233;tapiste de r&#233;forme pr&#233;alable des institutions &#187;. Une lecture indispensable !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bloc de gauche au Portugal : Un congr&#232;s contre la Tro&#239;ka</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bloc-de-gauche-au-Portugal-Un-congres-contre-la-Troika</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bloc-de-gauche-au-Portugal-Un-congres-contre-la-Troika</guid>
		<dc:date>2012-11-20T13:56:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-20</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les 10 et 11 novembre, Bloco de Esquerda (Bloc de Gauche) tenait son 8e congr&#232;s dans une actualit&#233; marqu&#233;e par la pr&#233;paration active des manifestations contre la venue d'Angela Merkel &#224; Lisbonne le lundi 12 puis de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 novembre. &lt;br class='autobr' /&gt; Le congr&#232;s lui-m&#234;me &#233;tait pr&#233;c&#233;d&#233; vendredi soir par un meeting international &#171; l'Europe contre l'aust&#233;rit&#233; &#187; avec des prises de paroles de Die Linke d'Allemagne, Izquierda Unida de l'&#201;tat espagnol, une vid&#233;o d'Alexis Tsipras de Syriza et la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Portugal-+" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-20-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-20&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton12322-d1a52.jpg?1676792962' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les 10 et 11 novembre, Bloco de Esquerda (Bloc de Gauche) tenait son 8e congr&#232;s dans une actualit&#233; marqu&#233;e par la pr&#233;paration active des manifestations contre la venue d'Angela Merkel &#224; Lisbonne le lundi 12 puis de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 novembre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le congr&#232;s lui-m&#234;me &#233;tait pr&#233;c&#233;d&#233; vendredi soir par un meeting international &#171; l'Europe contre l'aust&#233;rit&#233; &#187; avec des prises de paroles de Die Linke d'Allemagne, Izquierda Unida de l'&#201;tat espagnol, une vid&#233;o d'Alexis Tsipras de Syriza et la lecture d'une intervention de Jean-Luc M&#233;lenchon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous le mot d'ordre &#171; Vencer a troika &#187; se sont r&#233;unis pr&#232;s de 600 d&#233;l&#233;gu&#233;Es repr&#233;sentant plus de 6 000 militantEs. Le congr&#232;s extr&#234;mement bien couvert par les m&#233;dias a fait l'objet de longs reportages sur les cha&#238;nes d'information et dans les journaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1371 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/png/portugal_Bloco-de-Esquerda_2.png?1371/ced900109f5fa18f940024a470e5cef91aba1979f1dc6485620b82b5ed4a3368&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PNG - 2.9 kio' type=&#034;image/png&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/portugal_Bloco-de-Esquerda_2-20717-f3fa4.png?1675146947' width='150' height='100' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Rupture avec le m&#233;morandum&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le revendiqu&#233; du Bloco est Syriza. Mais avec des r&#233;sultats &#233;lectoraux nettement moins importants et surtout un rapport de forces social tr&#232;s diff&#233;rent, le Bloco mise sur une transformation rapide de la situation politique et sociale initi&#233;e par la manifestation du 15 septembre qui a r&#233;ussi &#224; faire reculer le gouvernement. Il d&#233;fend la proposition d'un gouvernement de gauche de rupture avec le m&#233;morandum de la tro&#239;ka bas&#233; sur quelques points : l'annulation de la dette ill&#233;gitime, la d&#233;fense des services publics et des droits &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233;, &#224; la s&#233;curit&#233; sociale, la nationalisation des banques qui ont &#233;t&#233; renflou&#233;es par l'&#201;tat et des secteurs qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;s (&#233;nergie, t&#233;l&#233;communications &#8230;), un nouveau syst&#232;me fiscal luttant contre la fraude et d&#233;pla&#231;ant la charge fiscale du travail sur le capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui la perspective d'un gouvernement de gauche contre la tro&#239;ka indique la volont&#233; de chasser le gouvernement Passos, l'urgence d'une politique de rupture&#8230; mais reste &#224; ce stade tr&#232;s alg&#233;brique, avec un PCP encore fort et extr&#234;mement sectaire se refusant &#224; toute alliance avec le Bloco et un PS avec lequel aucune politique de gauche n'est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gouvernement et mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La motion A recueille 80 % des voix, la motion B, 15 %, les 5 % restant se partagent entre la plate-forme anticapitaliste et des plates-formes locales. Les diff&#233;rences d'orientation sont peu lisibles dans les textes. Cependant de nombreuses interventions soutenant la motion A insistent sur le fait qu'un gouvernement de gauche de rupture avec la tro&#239;ka ne peut pas se faire avec le PS indiquant ainsi le d&#233;bat sous-jacent. La motion B d&#233;fend une option plus &#171; mouvementiste &#187; et pointe ce qu'elle consid&#232;re comme des probl&#232;mes d&#233;mocratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Bloco jouit d'une implantation locale et d'une influence syndicale et dans les mouvements sociaux comme celui qui &#233;tait &#224; l'initiative de la manifestation du 15 septembre, mais cette dimension &#233;tait relativement peu pr&#233;sente dans les interventions au profit des nombreuses d&#233;nonciations de la tro&#239;ka, de l'aust&#233;rit&#233;, de la pauvret&#233;, de la destruction des services publics&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce congr&#232;s voyait aussi la fin du mandat de coordonnateur du bureau politique de Francisco Lou&#231;a, figure centrale et fondatrice du Bloco dont la parole publique sera d&#233;sormais port&#233;e par Catarina Martins et Jo&#224;o Semedo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans Hebdo Tout est &#224; nous ! 170 (15/11/12)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#233;sil 2012 : injustices sociales et environnementales marchent du m&#234;me pas ! </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Bresil-2012-injustices-sociales-et-environnementales-marchent-du-meme-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Bresil-2012-injustices-sociales-et-environnementales-marchent-du-meme-pas</guid>
		<dc:date>2012-07-03T12:06:48Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>Br&#233;sil</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-07-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 20 ans, le Br&#233;sil accueillant le &#171; Sommet de la terre &#187; se positionnait alors comme le champion du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, d'un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement conciliant l'&#233;conomie, le social et l'environnement. Le Br&#233;sil qui re&#231;oit cette ann&#233;e la conf&#233;rence des Nations unies sur &#171; l'&#233;conomie verte &#187; se situe aux antipodes de cette promesse d'une alliance heureuse entre capitalisme et environnement. &lt;br class='autobr' /&gt;
vendredi 29 juin 2012 Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 155 (28/06/12) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Bresil-+" rel="tag"&gt;Br&#233;sil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-07-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-07-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton10879-3de1f.png?1676792962' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a 20 ans, le Br&#233;sil accueillant le &#171; Sommet de la terre &#187; se positionnait alors comme le champion du &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, d'un nouveau mod&#232;le de d&#233;veloppement conciliant l'&#233;conomie, le social et l'environnement. Le Br&#233;sil qui re&#231;oit cette ann&#233;e la conf&#233;rence des Nations unies sur &#171; l'&#233;conomie verte &#187; se situe aux antipodes de cette promesse d'une alliance heureuse entre capitalisme et environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vendredi 29 juin 2012&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans : Hebdo Tout est &#224; nous ! 155 (28/06/12)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans ce pays immense occupant la surface de la moiti&#233; de l'Am&#233;rique Latine, recelant des richesses naturelles colossales, la majorit&#233; de ses 180 millions d'habitants vit dans la plus grande pauvret&#233;. Le Br&#233;sil appara&#238;t comme l'un des pays les plus in&#233;galitaires de la plan&#232;te, un pays o&#249; l'&#233;cart entre la minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e et la majorit&#233; appauvrie est l'un des plus grands. Le Br&#233;sil est une sorte de &#171; Suissinde &#187; o&#249; les riches vivent comme en Suisse, les pauvres comme en Inde...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos camarades du PSOL (Partido SOcialismo e Liberdade) &#233;crivent dans la revue de leur secteur &#233;cosocialiste lanc&#233;e le 18 juin : &#171; Dans notre pays, dont la formation historique, socio-&#233;conomique et culturelle a &#233;t&#233; fond&#233;e sur la monoculture d'exportation, l'esclavage, la surexploitation syst&#233;matique et le g&#233;nocide des peuples indig&#232;nes et descendants des Africains, le vol et la d&#233;vastation de notre nature, le programme &#034;Acc&#233;l&#233;ration de la Croissance&#034; des gouvernements Lula puis Dilma est la derni&#232;re facette du &#034;d&#233;veloppementalisme&#034;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#171; d&#233;veloppementalisme &#187; a des cons&#233;quences dramatiques sur le plan social comme sur le plan environnemental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les campagnes, 1 % des propri&#233;taires latifundiaires occupent 40 % des terres agricoles du pays, alors que la masse des paysans n'a que de minuscules lopins, ou pas de terre du tout. Avec le d&#233;veloppement du capitalisme dans les campagnes, et le remplacement des cultures vivri&#232;res ou c&#233;r&#233;ali&#232;res par l'&#233;levage extensif de bovins &#8212; destin&#233;s &#224; l'exportation pour les cha&#238;nes McDonald's &#8212; les paysans sont expuls&#233;s des terres par les pistoleiros, les hommes de main des propri&#233;taires fonciers. Ces millions de paysans chass&#233;s affluent vers les grandes villes, en particulier les grandes m&#233;galopoles comme Rio de Janeiro et Sao Paulo, o&#249; la majorit&#233; d'entre eux est condamn&#233;e &#224; s'entasser dans les favelas, les mis&#233;rables bidonvilles qui entourent les villes, o&#249; ils n'ont ni &#233;lectricit&#233; ni eau courante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La complaisance du gouvernement &#224; l'&#233;gard de l'agro-industrie est criante : 10 % du budget de l'aide &#224; l'agriculture sont partag&#233;s entre des millions de familles de la petite production paysanne, qui fournit la plupart des cultures alimentaires du pays, tandis que 90 % vont &#224; une poign&#233;e de grands propri&#233;taires de l'agro-business capitaliste, produisant pour l'exportation (soja, ma&#239;s, bovins).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2008, le Br&#233;sil d&#233;passe les &#201;tats-Unis et est devenu, avec 19 % des pesticides utilis&#233;s dans le monde, le pays qui en utilise le plus. Selon l'Association br&#233;silienne de sant&#233; publique, le tiers des aliments consomm&#233;s dans le pays est contamin&#233; par les pesticides. C'est aussi dans les grandes propri&#233;t&#233;s consacr&#233;es &#224; la monoculture que se constatent les niveaux d'&#233;rosion des sols due &#224; l'eau et au vent les plus &#233;lev&#233;s. Le bilan du gouvernement c'est aussi l'ouverture du pays aux OGM de Monsanto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la d&#233;forestation est &#224; l'origine de pr&#232;s de 75 % des &#233;missions de CO2 du Br&#233;sil, la r&#233;vision du Code forestier, sous la pression des puissants lobbys agricoles, pr&#233;voit notamment une amnistie pour tous ceux qui ont d&#233;bois&#233; ill&#233;galement avant 2008. Le nouveau texte pr&#233;voyait aussi un assouplissement de la pr&#233;servation de la for&#234;t amazonienne, qui pouvait conduire &#224; une augmentation de la d&#233;forestation de pr&#232;s de 50 % d'ici &#224; 2020. Finalement, gr&#226;ce &#224; une forte mobilisation, la pr&#233;sidente Dilma Roussef a mis un veto partiel, r&#233;tablissant notamment l'obligation pour les grands propri&#233;taires terriens de reboiser des terres qu'ils avaient ill&#233;galement d&#233;bois&#233;es, les exigences sont moins strictes pour les petits agriculteurs et les &#233;leveurs pauvres. Mais tout affaiblissement de la loi met en danger la plus grande for&#234;t tropicale du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre dossier br&#251;lant : la d&#233;cision d'imposer le projet pharaonique de construction du barrage hydro-&#233;lectrique de Belo Monte sur le Rio Xingu, un affluent de l'Amazone. La construction du barrage a &#233;t&#233; lanc&#233;e en janvier dernier impliquant l'expulsion des habitantEs et la destruction d'une vaste aire bois&#233;e. La mobilisation continue. &#192; deux jours de l'ouverture du sommet, 300 personnes, des membres des communaut&#233;s amazoniennes mais aussi des militants &#233;cologistes, ont investi le chantier situ&#233; &#224; quelque 3 500 kilom&#232;tres de Rio de Janeiro afin de d&#233;noncer &#171; les crimes sociaux et environnementaux commis par la construction de ces grands projets hydro&#233;lectriques en Amazonie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce barrage n'est pas, loin s'en faut, le seul grand projet destructeur du pays, ils sont nombreux agressant et d&#233;truisant les territoires traditionnels cadre physique et culturel de vie des peuples indig&#232;nes et quilombolas (descendant des esclaves marrons), provoquant d&#233;tournement des fleuves, pollution des eaux et des sols, destruction de la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la convergence, la rencontre, le dialogue de l'ensemble des r&#233;sistances aux diff&#233;rentes manifestations de la barbarie capitaliste et productiviste qui fait la puissance et la richesse, du &#171; Sommet des peuples pour la justice sociale et environnementale &#187; qui se tenait en r&#233;ponse au sommet officiel, afin de mobiliser contre &#171; les fausses solutions &#187; &#224; la crise et la transformation de la nature en marchandise. Alors que, dans les villes comme dans les communaut&#233;s, les femmes sont les premi&#232;res victimes, la semaine a aussi &#233;t&#233; ponctu&#233;e par la marche des femmes r&#233;unissant 5 000 manifestantEs, de la Marche mondiale des femmes, de la CUT, de Via Campesina, de nombreuses forces f&#233;ministes et participantEs du Sommet des peuples. Avec des mots d'ordre contre les violences faites aux femmes, le droit &#224; disposer de son corps, mais aussi contre le capitalisme et pour dire que ni la terre, ni la nature, ni notre corps ne sont des marchandises, ont peut parler d'un &#233;cof&#233;minisme anticapitaliste !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Christine Poupin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>2e anniversaire du tremblement de terre - &#171; Le monde entier est en Ha&#239;ti &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/2e-anniversaire-du-tremblement-de-terre-Le-monde-entier-est-en-Haiti</link>
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		<dc:date>2012-01-17T13:10:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christine Poupin</dc:creator>


		<dc:subject>Ha&#239;ti</dc:subject>
		<dc:subject>Am&#233;rique latine</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-01-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;ll y a deux ans, un terrible tremblement de terre secouait Ha&#239;ti, faisant pr&#232;s de 200 000 morts. Ce triste anniversaire est l'occasion de revenir sur la situation du pays &#224; partir d'un entretien avec Didier Dominique, porte-parole de Batay Ouvriy&#233;, organisation &#171; lutte de classe &#187; qui a une implantation de plusieurs d&#233;cennies en Ha&#239;ti et avec laquelle le NPA entretient des rapports fraternels. &lt;br class='autobr' /&gt; Ironie du calendrier, le 15 octobre dernier, date choisie pour un nouveau rendez-vous donn&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Amerique-latine-" rel="directory"&gt;Am&#233;rique centrale et du sud&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Haiti-+" rel="tag"&gt;Ha&#239;ti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Amerique-latine-234-+" rel="tag"&gt;Am&#233;rique latine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-01-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-01-17&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton9096-9fc6e.png?1676792962' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ll y a deux ans, un terrible tremblement de terre secouait Ha&#239;ti, faisant pr&#232;s de 200 000 morts. Ce triste anniversaire est l'occasion de revenir sur la situation du pays &#224; partir d'un entretien avec Didier Dominique, porte-parole de Batay Ouvriy&#233;, organisation &#171; lutte de classe &#187; qui a une implantation de plusieurs d&#233;cennies en Ha&#239;ti et avec laquelle le NPA entretient des rapports fraternels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ironie du calendrier, le 15 octobre dernier, date choisie pour un nouveau rendez-vous donn&#233; par les Indign&#233;Es du monde entier, &#233;tait pour Ha&#239;ti le jour du renouvellement annuel du contrat de la Minustah (Mission des Nations unies de stabilisation d'Ha&#239;ti). La population est soumise &#224; l'occupation pure et simple de soldats issus de pas moins de 25 pays qui se livrent &#224; des exactions terribles : humiliations, viols, viols collectifs, ex&#233;cutions&#8230; et qui sont impliqu&#233;s dans la transmission criminelle de l'&#233;pid&#233;mie de chol&#233;ra. Les troupes sont tr&#232;s nombreuses, de 9 000 hommes avant le tremblement de terre, elles sont pass&#233;es &#224; 12 000, pour une population de moins de 10 millions d'habitants. Elles sont surarm&#233;es de chars et de tanks utilis&#233;s pour une r&#233;pression f&#233;roce, allant jusqu'&#224; tirer dans les quartiers populaires sur les &#233;glises, les h&#244;pitaux et les &#233;coles, &#224; laquelle la population r&#233;siste &#224; coup de pierres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bloquant ainsi toute expression d&#233;mocratique et libre, la pratique ignoble de la Minustah restera grav&#233;e dans l'histoire. R&#233;primer, arr&#234;ter, tuer&#8230; au seul profit des transnationales du textile qui, sous couvert de venir &#034;aider&#034; en &#034;cr&#233;ant du travail&#034;, ne viennent en fait que dans le but d'exploiter sans limite une classe ouvri&#232;re qu'ils ont eux-m&#234;mes rendue la plus pauvre et mis&#233;rable de la plan&#232;te, par l'interm&#233;diaire de leurs &#201;tats dominateurs et avec l'aide des collaborateurs locaux en tout genre. Tremblement de terre et chol&#233;ra aidant, la rendre encore plus mall&#233;able, opprim&#233;e et exploitable &#224; souhait est de leurs projets le plus immonde. &#187;1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la catastrophe a servi de pr&#233;texte tant &#224; l'intensification de la pr&#233;sence arm&#233;e que de la domination imp&#233;rialiste. La situation de la population est toujours aussi dramatique : des grottes creus&#233;es dans les tas d'ordures pour tenter de s'abriter, des &#171; biscuits de terre &#187; pour calmer la faim, pas d'eau, pas d'&#233;lectricit&#233;, pas de sant&#233; : &#171; si quelqu'un est malade, il est mort &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est baptis&#233; &#171; reconstruction &#187; est en r&#233;alit&#233; un plan de 40 zones franches. Clinton, qui est le pr&#233;sident de la Commission int&#233;rimaire pour la reconstruction d'Ha&#239;ti (CIRH) agit directement pour les int&#233;r&#234;t des capitalistes des secteurs de l'agroalimentaire, comme Monsanto ou le secteur des agrocarburants, et du textile qui cherchent &#224; b&#233;n&#233;ficier de l'une des mains-d'&#339;uvre les moins ch&#232;res du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces de la Minustah appuient clairement la dictature n&#233;o-duvali&#233;riste et m&#234;me le retour d'un duvali&#233;risme sans fard. Elle pr&#234;te main forte aux anciens duvali&#233;ristes, grands propri&#233;taires fonciers et macoutes des plus sanguinaires, qui reviennent r&#233;cup&#233;rer &#171; leurs terres &#187;, d&#233;logeant violemment les petits paysans travailleurs qui les occupent depuis plus de 25, 50 et parfois 100 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais loin de l'image v&#233;hicul&#233;e d'un peuple simplement &#171; malheureux et assist&#233; &#187;, les luttes, la r&#233;sistance face &#224; l'occupation et &#224; l'exploitation imp&#233;rialistes se d&#233;veloppent. En 2008, il y a eu le &#171; soul&#232;vement de la faim &#187;. En 2009, la lutte pour un salaire minimum de 5 dollars par jour &#8211; alors que les ateliers affichent 3 dollars mais n'en paient en r&#233;alit&#233; que 2 &#8211; a &#233;t&#233; durement r&#233;prim&#233;e, sept personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es. La constitution de syndicats est suivie du renvoi de ses principaux membres avec la complicit&#233; des fonctionnaires du minist&#232;re des Affaires sociales et du Travail. Ce fut le cas r&#233;cemment du syndicat du textile SOTA, dont le comit&#233; ex&#233;cutif a &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233; la semaine qui a suivi son annonce publique. Ce sont aussi les &#233;tudiants, les organisations populaires de quartier qui refusent les projets tape-&#224;-l'&#339;il du gouvernement pro-imp&#233;rialiste, et les organisations paysannes qui r&#233;sistent pied &#224; pied malgr&#233; la r&#233;pression. Plus d'un millier de personnes ont manifest&#233; le lundi 5 septembre devant les locaux de la base onusienne &#224; Port-Salut pour d&#233;noncer les viols et abus de toutes sortes commis par les soldats uruguayens cantonn&#233;s dans cette r&#233;gion, et r&#233;clamer le d&#233;part de la Minustah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* L'auteure est porte-parole du NPA (France)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Extrait du discours de Batay Ouvriy&#233; &#224; la Commission des droits humains du S&#233;nat br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Date anniversaire de la derni&#232;re bataille de la guerre d'ind&#233;pendance &#224; Verti&#232;res en 1803.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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