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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Covid-19 (Allemagne) : l'extr&#234;me droite allemande surfe sur les mobilisations anti-masques</title>
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		<dc:date>2020-09-15T12:54:54Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-09-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite allemande, au moins une grande partie d'entre elle, jubile : elle a trouv&#233; &#171; son &#187; mouvement social, &#224; l'int&#233;rieur duquel elle &#233;volue tel un poisson dans l'eau. &lt;br class='autobr' /&gt; mercredi 9 septembre 2020, par RYON (du) Bertold paru sur le site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, touTEs les adversaires des mesures anti-coronavirus du gouvernement allemand qui ont manifest&#233; en nombre, notamment le samedi 1er ao&#251;t et le samedi 29 ao&#251;t &#224; Berlin &#8211; et qui s'appr&#234;tent &#224; manifester &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-09-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-09-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton44632-e8b48.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite allemande, au moins une grande partie d'entre elle, jubile : elle a trouv&#233; &#171; son &#187; mouvement social, &#224; l'int&#233;rieur duquel elle &#233;volue tel un poisson dans l'eau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;mercredi 9 septembre 2020, par RYON (du) Bertold&lt;br class='autobr' /&gt;
paru sur le site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, touTEs les adversaires des mesures anti-coronavirus du gouvernement allemand qui ont manifest&#233; en nombre, notamment le samedi 1er ao&#251;t et le samedi 29 ao&#251;t &#224; Berlin &#8211; et qui s'appr&#234;tent &#224; manifester &#224; nouveau le 3 octobre (jour de la f&#234;te nationale), &#224; Berlin mais aussi &#224; Constance sur la fronti&#232;re suisse &#8211;, ne sont certainement pas d'extr&#234;me droite. Mais touTEs tol&#232;rent l'extr&#234;me droite dont la pr&#233;sence dans ces manifestations est tr&#232;s visible, qu'il s'agisse de drapeaux noir-blanc-rouge (la tricolore de l'Empire entre 1871 et 1945, celle de la R&#233;publique &#233;tant noir-rouge-or), d'embl&#232;mes de divers mouvements et groupuscules ou encore de slogans faisant r&#233;f&#233;rence au &#171; r&#233;tablissement de la souverainet&#233; de l'Allemagne &#187; qui aurait disparu depuis 1945.&lt;br class='autobr' /&gt; Anti-intervention &#233;tatique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La protestation de rue contre les mesures anti-coronavirus est devenue, au fil des semaines et des mois, un mouvement massif. Il est &#224; noter que plusieurs composantes sont &#224; l'&#339;uvre dans ce mouvement. Un courant assez dominant est &#233;conomiquement lib&#233;ral voire libertarien et id&#233;ologiquement anti-intervention &#233;tatique, souvent proche soit du parti lib&#233;ral FDP (une des formations de la droite classique) soit du parti AfD (&#171; Alternative pour l'Allemagne &#187;), actuellement le principal parti d'extr&#234;me droite, fond&#233; en 2013 et qui a connu des perc&#233;es importantes depuis. Ce courant refuse aux pouvoirs publics, par principe, le droit d'&#171; entraver la vie &#233;conomique &#187;, avec les restrictions de service et fermetures d'entreprises ou restaurants au plus fort des mesures anti-coronavirus. &#173;Derri&#232;re lui, ce courant entra&#238;ne bon nombre de chefs de petites entreprises ou restaurants, artisanEs ou ind&#233;pendantEs r&#233;ellement inquiets pour leur existence &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le combat est devenu celui contre le port obligatoire &#8211; en maints endroits &#8211; du masque. Un deuxi&#232;me courant puissant est de nature religieuse ou para-religieuse (notamment &#233;sot&#233;rique ou proche de sectes chr&#233;tiennes), o&#249; le discours est pacifiste mais fonci&#232;rement obscurantiste, se m&#234;lant souvent avec un combat de principe contre les vaccins.&lt;br class='autobr' /&gt; Extr&#234;me droite organis&#233;e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un troisi&#232;me pilier du mouvement est l'extr&#234;me droite organis&#233;e, dont une partie de l'AfD (parti lui-m&#234;me divis&#233; sur le sujet, une fraction &#233;tant plus prudente dans l'&#233;valuation du risque sanitaire, inexistant voire &#171; mensonger &#187; selon certainEs), mais aussi la mouvance des Reichsb&#252;rger ou &#171; Citoyens de l'Empire &#187; &#8211; un courant activiste assez puissant qui nie la l&#233;galit&#233; de la R&#233;publique, seul la continuit&#233; juridique de l'&#201;tat allemand d&#233;mantel&#233; en 1945 &#233;tant l&#233;gitime &#8211;, les partisantEs allemandEs de la secte nord-am&#233;ricaine QAnon et des m&#233;dias fascisants tels que le mensuel Compact.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier, fond&#233; par un journaliste qui a appartenu &#224; l'extr&#234;me gauche jusque dans les ann&#233;es 1990, J&#252;rgen Els&#228;sser, publie des vid&#233;os de mobilisations. Autour des derni&#232;res manifestations des 1er et 29 ao&#251;t, on y percevait une v&#233;ritable euphorie, Els&#228;sser pr&#233;disant un renversement du gouvernement du m&#234;me type que celui subi par le r&#233;gime de la RDA en 1989, tout cela &#171; avec l'aide que Donald Trump et Vladimir Poutine donneront au peuple allemand pour sa lib&#233;ration &#187;. Lui et d'autres pr&#233;tendront, d'ailleurs, que &#171; 1,3 million de manifestantEs &#187; auraient pris la rue &#224; Berlin, le 1er ao&#251;t, l&#224; o&#249; la police n'en avait compt&#233; que 17 000 (elle parlera de 38 000 pour le 29 ao&#251;t), et annonceront un campement permanent du &#171; mouvement du peuple &#187; dans les rues de Berlin, &#171; nuit et jour &#187;, apr&#232;s le 29 ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette occupation n'a finalement pas eu lieu, la police n'ayant eu aucun mal de d&#233;gager les quelques tentes qui avaient &#233;t&#233; plant&#233;es. Les mouvances d'extr&#234;me droite auront, cependant, eu droit aux images spectaculaires qu'elles recherchaient, en prenant d'assaut, drapeaux du Reich &#224; la main, l'escalier du Parlement, alors gard&#233; par seulement trois policiers. Leur assaut &#8211; d&#233;clench&#233; par une fausse information (une oratrice pr&#233;tendait au microphone que &#171; Donald Trump est &#224; l'int&#233;rieur du b&#226;timent et nous attend, il faut lui montrer que nous sommes l&#224; &#187;) &#8211; a &#233;t&#233; vite repouss&#233;, gaz lacrymog&#232;ne aidant, mais puisqu'une partie de la presse a vite parl&#233; de mani&#232;re exag&#233;r&#233;e d'un &#171; essai de prise du Parlement &#187;, une partie de l'opinion publique a &#233;t&#233; amen&#233;e &#224; croire qu'il y avait l&#224; une v&#233;ritable tentative de putsch. Les &#233;l&#233;ments les plus extravagants en sortent v&#233;ritablement gris&#233;s, les autres tenteront de tirer profit du succ&#232;s num&#233;rique de la mobilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertold du Ryon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne : l'extr&#234;me droite et l'attentat de Hanau</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Il-y-a-les-ideologies-qui-tuent-ceux-qui-les</link>
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		<dc:date>2020-03-10T11:34:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a les id&#233;ologies qui tuent ; ceux qui les utilisent pour leurs actes, et ceux qui les diffusent sans se salir les mains eux-m&#234;mes. Le constat est ancien en ce qui concerne les effets mortif&#232;res produits par les &#171; id&#233;es &#187; racistes, antis&#233;mites et antihumanistes. Ce qui m&#232;ne souvent &#224; une sorte de division des t&#226;ches, qui peut s'installer entre les penseurs et les tueurs, entre les ex&#233;cutants et leurs commanditaires. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; du site du NPA &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce n'est pas pr&#233;cis&#233;ment ce qui s'est pass&#233; en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Allemagne-+" rel="tag"&gt;Allemagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-10-mars-2020-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton42401-1f956.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a les id&#233;ologies qui tuent ; ceux qui les utilisent pour leurs actes, et ceux qui les diffusent sans se salir les mains eux-m&#234;mes. Le constat est ancien en ce qui concerne les effets mortif&#232;res produits par les &#171; id&#233;es &#187; racistes, antis&#233;mites et antihumanistes. Ce qui m&#232;ne souvent &#224; une sorte de division des t&#226;ches, qui peut s'installer entre les penseurs et les tueurs, entre les ex&#233;cutants et leurs commanditaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://npa2009.org/actualite/international/allemagne-lextreme-droite-et-lattentat-de-hanau&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du NPA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas pr&#233;cis&#233;ment ce qui s'est pass&#233; en Allemagne ces derni&#232;res semaines. Ici l'ex&#233;cutant, ou plut&#244;t celui qui voulait se faire passer pour l'ex&#233;cutant d'une vision du monde afin d'assouvir ses propres fantasmes pouss&#233;s &#224; l'extr&#234;me, aura perturb&#233; l'agenda des propagandistes, des id&#233;ologues et politiciens avec qui il partageait au moins une partie de ses pseudo-id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;limination de populations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mercredi 19 f&#233;vrier au soir, Tobias Rathjen, un employ&#233; de banque au ch&#244;mage &#226;g&#233; de 43 ans, travers&#233; de complexes et psychopathe, inscrit &#224; un club de tireurs sportifs, a d'abord assassin&#233; neuf personnes &#8211; huit hommes et une femme &#8211; dans deux bars &#224; chicha de la ville de Hanau, dans la banlieue de Francfort. La majorit&#233; des victimes &#233;taient des Kurdes originaires de Turquie, mais d'autres &#233;taient Roms ou Allemand d'origine afghane. L'assassin s'est rendu ensuite au domicile de ses parents o&#249; il vivait &#224; nouveau depuis plusieurs mois, a tu&#233; sa m&#232;re &#226;g&#233;e de 72 ans et s'est suicid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe une dimension psychiatrique &#233;vidente dans la d&#233;marche de Tobias Rathjen, mais celle-ci comporte aussi une dimension id&#233;ologique. L'assassin a laiss&#233; une vid&#233;o-manifeste derri&#232;re lui, publi&#233; sur les r&#233;seaux sociaux peu avant son passage &#224; l'acte. Il y pr&#233;conise &#171; l'&#233;limination de populations &#187; enti&#232;res, pr&#233;sent&#233;es comme &#171; inassimilables &#187; mais &#171; d&#233;sormais install&#233;es en Allemagne &#187;. Ceci tout en pr&#233;sentant comme n&#233;cessaire une &#233;puration du peuple allemand qui m&#233;riterait d'&#234;tre &#171; r&#233;duit de moiti&#233; &#187;. Rathjen s'adresse aussi, dans cette vid&#233;o, &#224; la population nord-am&#233;ricaine en langue anglaise, l'alertant du fait qu'il existerait des &#171; installations souterraines militaires &#187; de leurs pays qui serviraient &#224; tuer des enfants. L'id&#233;ologie du complot, dont l'auteur de la tuerie &#233;tait manifestement imbib&#233;, pousse ici au d&#233;lire &#224; l'&#233;tat pur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle version, l'id&#233;ologie complotiste et raciste peut &#234;tre difficilement endoss&#233;e par une organisation structur&#233;e, et l'assassin de Hanau ne semble pas avoir &#233;t&#233; en contact avec une structure militante. Mais il est tout aussi &#233;vident que celui-ci n'a pas invent&#233;, tout seul, les affirmations &#224; propos des populations &#171; de culture &#233;trang&#232;re &#187;, pr&#233;sent&#233;es comme improductives et dangereuses, notamment musulmanes, qu'il r&#233;pand dans sa vid&#233;o.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobilisation antifasciste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela tombe plut&#244;t mal pour l'extr&#234;me droite structur&#233;e en parti, qui avait r&#233;ussi un coup politique au d&#233;but du mois. Le 5 f&#233;vrier, en effet, le parlement r&#233;gional de Thuringe avait &#233;lu, avec une majorit&#233; relative d'une voix, un nouveau pr&#233;sident de r&#233;gion issu du FDP &#8211; petit parti de la droite lib&#233;rale ne pesant que 5 % des voix, apr&#232;s plusieurs mois de blocage politique. Une majorit&#233; ne pouvait &#234;tre d&#233;gag&#233;e par l'un des partis du centre bourgeois, qu'en incluant soit Die Linke, soit le parti d'extr&#234;me droite AfD (qui p&#232;se environ 23 % des voix dans la r&#233;gion).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qu'a fait la droite (FDP et CDU), au profit d'une alliance honteuse, non d&#233;clar&#233;e, avec l'extr&#234;me droite. Elle a accept&#233; les voix de l'AfD, dont le leader r&#233;gional en Thuringe &#8211; Bj&#246;rn H&#246;cke &#8211; appartient, au passage, &#224; l'aile la plus ouvertement fasciste de ce parti, tout en se d&#233;clarant &#171; surprise &#187; de cet apport de voix. La presse a &#233;voqu&#233; des tractations pr&#233;alables entre &#233;lus r&#233;gionaux CDU et AfD... Mis sous pression par les directions nationales des partis CDU et FDP, le pr&#233;sident Kemmerich a annonc&#233; sa d&#233;mission, mais dans l'intention de se maintenir en poste pendant plusieurs mois voire plusieurs ann&#233;es au titre de &#171; pr&#233;sident d'un ex&#233;cutif provisoire pr&#233;parant de futures &#233;lections &#187;, dont la date restait &#224; fixer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'attentat de Hanau et la mobilisation antifasciste de rue qui s' en est suivie, avec notamment des rassemblements devant de nombreux bureaux de la CDU et du FDP &#224; travers le pays, ont eu raison de cette alliance de fait. La CDU, peu apr&#232;s la tuerie de Hanau, a d&#233;cid&#233; de sauter le pas et de faire une alliance avec Die Linke &#8211; pr&#233;sent&#233;e comme un moindre mal &#8211; afin de mettre en place un ex&#233;cutif provisoire et de fixer une date d'&#233;lections anticip&#233;es, en avril 2021. Au niveau f&#233;d&#233;ral (national), les sondages ont baiss&#233; &#224; la fois pour le parti AfD &#8211; qui recule d&#233;sormais &#224; 9 % des intentions de vote &#8211; et pour le FDP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la pr&#233;sence de l'extr&#234;me droite n'est, bien entendu, pas r&#233;gl&#233; pour autant, m&#234;me s'il existe d&#233;sormais au moins une contre-mobilisation antifasciste cons&#233;quente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertold du Ryon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Mali, &#224; l'heure de la visite de Macron : &#201;tat d&#233;liquescent et &#233;tat de guerre</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Mali-a-l-heure-de-la-visite-de-Macron-Etat-deliquescent-et-etat-de-guerre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Mali-a-l-heure-de-la-visite-de-Macron-Etat-deliquescent-et-etat-de-guerre</guid>
		<dc:date>2017-06-27T01:18:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Mali</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-06-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vendredi 9 juin, la mort de quatre casques bleus guin&#233;ens &#224; Kidal &#8211; dans le nord-est du Mali &#8211; vient rappeler que la violence djihadiste est loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;e dans cette partie du Sahel. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les soldats des Nations unies ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans une attaque au mortier contre un camp de la Minusma, la troupe des Nations unies pour le Mali. Elle a &#233;t&#233; revendiqu&#233;e par le &#171; Groupe de soutien &#224; l'islam et aux musulmans &#187;, une nouvelle alliance de groupements (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mali-+" rel="tag"&gt;Mali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-06-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-06-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton31400-8adab.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vendredi 9 juin, la mort de quatre casques bleus guin&#233;ens &#224; Kidal &#8211; dans le nord-est du Mali &#8211; vient rappeler que la violence djihadiste est loin d'&#234;tre &#233;puis&#233;e dans cette partie du Sahel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41331&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soldats des Nations unies ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans une attaque au mortier contre un camp de la Minusma, la troupe des Nations unies pour le Mali. Elle a &#233;t&#233; revendiqu&#233;e par le &#171; Groupe de soutien &#224; l'islam et aux musulmans &#187;, une nouvelle alliance de groupements djihadistes qui a pr&#234;t&#233; all&#233;geance au r&#233;seau Al-Qa&#239;da.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est surtout la d&#233;liquescence et le discr&#233;dit croissant frappant l'&#201;tat malien, dans un contexte d'in&#233;galit&#233;s sociales persistantes et de corruption galopante, qui favorisent l'implantation continue de groupes djihadistes. Le pr&#233;sident en exercice, Ibrahim Boubacar Ke&#239;ta (&#171; IBK &#187;) &#8211; &#233;lu en 2013 alors qu'il portait un espoir de changement dans une partie importante de la population &#8211; partage aujourd'hui l'impopularit&#233; de son grand ami Fran&#231;ois Hollande...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 9 juillet, il souhaite faire voter la population sur un projet de modification du texte constitutionnel qui cr&#233;erait un S&#233;nat, inexistant jusqu'ici, et dont le chef de l'&#201;tat nommerait une partie des membres. Mais de larges secteurs de la population consid&#232;rent qu'il y aurait plus important &#224; faire dans un pays o&#249;, il y a trois mois, la sant&#233; publique &#233;tait en gr&#232;ve &#171; dure &#187; pendant plus d'un mois (alors que les impay&#233;s de salaires des m&#233;decins et autres personnels des h&#244;pitaux atteignaient plusieurs mois...), et que des patients mouraient dans l'attente d'une op&#233;ration urgente. Et ce vendredi 9 juin, un rassemblement d'opposantEs &#224; la modification constitutionnelle et au r&#233;f&#233;rendum a &#233;t&#233; dispers&#233; par la force dans la capitale Bamako.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et toujours la Fran&#231;afrique...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait en effet urgent de redonner un espoir &#224; une population dont une partie a sombr&#233; dans la d&#233;sesp&#233;rance politique. Au lieu de cela, le pouvoir fran&#231;ais mise sur un accompagnement militaire accru en vue de faire reculer les forces djihadistes dans le nord du pays (o&#249; mi-mai &#224; Taghlit, celles-ci ont lapid&#233; un couple non mari&#233;). Des forces largement rejet&#233;es par la population malienne, mais qui profitent du vide institutionnel et politique laiss&#233; autour d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s celle &#224; Angela Merkel &#224; Berlin, la deuxi&#232;me visite d'&#201;tat de Macron l'a donc conduit le 19 mai &#224; Gao (au nord du Mali) chez les troupes fran&#231;aises. Initialement baptis&#233;e &#171; op&#233;ration Serval &#187;, l'intervention militaire fran&#231;aise au Mali avait commenc&#233; en janvier 2013. Puis le d&#233;part de la plupart des troupes a &#233;t&#233; promis pour la fin de la m&#234;me ann&#233;e... Or, devant la recrudescence des incursions djihadistes, cette op&#233;ration a &#233;t&#233; supplant&#233;e en 2014 par la force &#171; Barkhane &#187;, environ 4 000 soldats, et &#233;tendue cette fois-ci &#224; toute la partie occidentale et centrale de la bande Sahel (son QG se trouve &#224; N'Djamena au Tchad).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la visite de Macron au Mali, un renforcement de la militarisation de la zone du Sahel a &#233;t&#233; annonc&#233;, avec des arm&#233;es africaines dans le r&#244;le de forces suppl&#233;tives. Et c'est officiellement la France, et pas un &#201;tat africain, qui a annonc&#233; le 6 juin au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies la cr&#233;ation d'une nouvelle troupe de 5 000 soldats issus de cinq &#201;tats africains pour &#171; combattre les djihadistes et les trafiquants de drogue &#187;. Le texte qui l&#233;gitimera le d&#233;ploiement de cette troupe a cependant &#233;t&#233; bloqu&#233;, les USA (et accessoirement les Britanniques) refusant de contribuer &#224; son financement, alors que la Russie et la Chine appuyaient le projet. Et vendredi dernier, le gouvernement fran&#231;ais a donc d&#251; pr&#233;senter une nouvelle version du m&#234;me texte, mettant davantage l'accent sur la menace djihadiste...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne, &#233;lection r&#233;gionale du Mecklembourg : Un vote anti-r&#233;fugi&#233;Es qui approfondit la crise politique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-election-regionale-du-Mecklembourg-Un-vote-anti-refugieEs-qui</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Allemagne-election-regionale-du-Mecklembourg-Un-vote-anti-refugieEs-qui</guid>
		<dc:date>2016-09-06T11:06:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-09-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(tir&#233; du site du NPA - https://npa2009.org/) &lt;br class='autobr' /&gt;
Contrairement &#224; la France, les &#233;lections r&#233;gionales en Allemagne n'ont pas lieu toutes &#224; la m&#234;me date, mais une par une ; ou alors elles sont regroup&#233;es par deux ou trois. Ces scrutins constituent ainsi, tout au long du mandat d'un gouvernement f&#233;d&#233;ral (national) et ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, autant de tests &#171; grandeur nature &#187; pour &#233;valuer l'impact des politiques nationales sur la popularit&#233; des partis et forces politiques. &lt;br class='autobr' /&gt; Ce mois-ci, ce sont deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-09-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-09-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L128xH150/arton27495-053f9.png?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='128' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(tir&#233; du site du NPA - &lt;a href=&#034;https://npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://npa2009.org/&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la France, les &#233;lections r&#233;gionales en Allemagne n'ont pas lieu toutes &#224; la m&#234;me date, mais une par une ; ou alors elles sont regroup&#233;es par deux ou trois. Ces scrutins constituent ainsi, tout au long du mandat d'un gouvernement f&#233;d&#233;ral (national) et ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e, autant de tests &#171; grandeur nature &#187; pour &#233;valuer l'impact des politiques nationales sur la popularit&#233; des partis et forces politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce mois-ci, ce sont deux des Etats-r&#233;gions ou L&#228;nder allemands qui votent pour leurs ex&#233;cutifs r&#233;gionaux. Le Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale, une r&#233;gion pauvre situ&#233;e au Nord-Est de l'Allemagne &#8211; en ex-RDA et proche de la fronti&#232;re polonaise &#8211;, est d&#233;j&#224; pass&#233; aux urnes, dimanche 04 septembre ; son vote sera suivi de celui de Berlin, la capitale qui constitue en m&#234;me temps un Etat-r&#233;gion et qui s'exprimera le 18 septembre prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cette occasion, 61,6 % de l'&#233;lectorat se sont exprim&#233;s, dimanche dernier dans le Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale. Ce qui constitue une participation en forte hausse : + 10,1 % par rapport au dernier scrutin comparable en 2011, et selon les commentaires exprim&#233;s le soir de l'&#233;lection sur la premi&#232;re cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision allemande ARD, ce fort recul de l'abstention s'observe essentiellement &#224; cause de la principale formation d'extr&#234;me droite : le parti AfD (&#171; Alternative pour l'Allemagne &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce parti, officiellement fond&#233; au printemps 2013, est le grand gagnant de cette &#233;lection. Avec 20,8 % des voix exprim&#233;es, la nouvelle formation se qualifie d'embl&#233;e pour la seconde place, derri&#232;re le Parti social-d&#233;mocrate (SPD) qui maintient sa premi&#232;re place mais perd 5,0 % des suffrages avec 30,6 pour cent. Le parti AfD d&#233;passe ainsi l'Union chr&#233;tienne-d&#233;mocrate (CDU), le parti de la droite classique auquel appartient Angela Merkel &#8211; la chanceli&#232;re dont la propre circonscription se trouve dans cette r&#233;gion -, rel&#233;gu&#233; &#224; la troisi&#232;me place avec 19,0 % et une perte s&#232;che de 4,0 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, le parti d'extr&#234;me droite gagne des &#233;lecteurs &amp; &#233;lectrices en phagocytant &#224; peu pr&#232;s toutes les autres forces politiques, tout en puisant en m&#234;me temps dans le r&#233;servoir des ancienNeS abstentionnistes. Sur environ 180.000 voix obtenues au total par le nouveau parti, 55.000 &#224; 56.000 viennent ainsi d'&#233;lecteurs et &#233;lectrices n'ayant pas particip&#233; au dernier scrutin. 22.000 ou 23.000 de voix, selon les sources, viennent de la droite classique (CDU) ; 20.000 parviennent du parti n&#233;onazi NPD, jusqu'ici repr&#233;sent&#233; au parlement r&#233;gional mais qui le quitte d&#233;sormais, puisque le NPD chute de 6,0 % (score obtenu en 2011) &#224; 3,0 %, ce qui le prive de ses mandats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le NPD (fond&#233; en 1964 en fusionnant plusieurs petits partis r&#233;sidus du nazisme) repr&#233;sente une extr&#234;me droite &#171; moins complex&#233;e &#187;, c'est-&#224;-dire plus affich&#233;e et plus dure que le parti AfD. Mais les fronti&#232;res entre les deux formations ne sont pas &#233;tanches. Ainsi dans la semaine avant l'&#233;lection, le co-pr&#233;sident de ce dernier parti &#224; l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale (nationale), J&#246;rg Meuthen, a-t-il d&#233;clar&#233; que si le parti n&#233;onazi concurrent &#8211; le NPD &#8211; pr&#233;sentait des &#171; propositions raisonnables &#187; au Landtag ou parlement r&#233;gional, sa formation allait voter pour celles-ci. Jusqu'ici, l'ensemble des grands partis politiques avait adopt&#233; une ligne de boycott de toutes les initiatives parlementaires venant du NPD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Meuthen lui-m&#234;me, &#233;lu au parlement r&#233;gional du Bade-Wurttemberg (sud-ouest de l'Allemagne), sort &#224; peine d'une crise politique qui a temporairement fait exploser le groupe parlementaire dans cette r&#233;gion. Un &#233;lu, Wolfgang Gedeon, avait cru bon de citer le c&#233;l&#232;bre faux antis&#233;mite intitul&#233; &#171; Les Protocoles des sages de Sion &#187; comme une source pr&#233;tendument s&#233;rieuse, dans un de ses livres r&#233;cents. Gedeon, un fou-furieux politique qui a d'ailleurs &#233;t&#233; un militant maoiste-stalinien dans les ann&#233;es 1970, a fini par &#234;tre exclu du groupe en juillet 2016, mais apr&#232;s de multiples tergiversations et apr&#232;s une scission du groupe d'&#233;lus r&#233;gionaux... dont un tiers avaient refus&#233; de sanctionner l'&#233;lu antis&#233;mite par une exclusion. A l'heure actuelle, le parti AfD poss&#232;de ainsi deux groupes d`&#233;lus s&#233;par&#233;s, au parlement r&#233;gional du Bade-Wurttemberg situ&#233; &#224; Stuttgart. Mais une r&#233;unification du groupe est d&#233;sormais pr&#233;vue pour se faire septembre. L'affaire avait gravement nui au parti AfD &#224; court terme parce que, si le racisme &#224; l'encontre des immigr&#233;Es et r&#233;fugi&#233;Es a bien trouv&#233; sa place dans le paysage politique allemand (de la mani&#232;re la plus ouverte avec le parti AfD mais pas uniquement l&#224;), l'antis&#233;mitisme reste largement frapp&#233; d'un tabou, dans ce pays, pour des raisons historiques &#233;videntes. Or, la crise interne du parti semble d&#233;sormais surmont&#233;e, sans lui nuire durablement. A l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale (nationale), le parti AfD, qui avait fortement chut&#233; au d&#233;but de l'&#233;t&#233; 2016, est d&#233;sormais remont&#233; &#224; 12 % des intentions de vote et a ainsi d&#233;pass&#233; Les Verts (&#224; 11 %), mais aussi Die Linke, le parti de gauche tax&#233; de 9 % des intentions de vote &#224; l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale (plus en ex-Allemagne de l'Est, bien moins &#224; l'ouest).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale, la totalit&#233; des voix nouvellement attir&#233;es par le parti AfD ne parvient pas de la droite et de l'extr&#234;me droite (CDU et NPD), ensemble avec les ex-abstentionnistes. 15.000 &#224; 16.000 des voix d&#233;sormais exprim&#233;es pour AfD proviennent aussi d'anciens &#233;lecteurs et &#233;lectrices du Parti social-d&#233;mocrate d'Allemagne (SPD) ; et, bien pire, 16.000 ou 18.000 de ces voix &#8211; selon les sources - correspondent &#224; d'ancienNeS &#233;lecteurs et &#233;lectries du parti de gauche Die Linke. Ce dernier chute d'ailleurs gravement, en passant de 18,4 % des voix (en 2011) &#224; 13,2 %, dans une r&#233;gion qui fut l'un de ses fiefs et o&#249; son pr&#233;d&#233;cesseur (le &#171; Parti du socialisme d&#233;mocratique &#187;, PDS) a d'ailleurs particip&#233; au gouvernement r&#233;gional dans le pass&#233;, entre 1998 et 2006. Die Linke n'appara&#238;t, visiblement, plus comme une expression cr&#233;dible du m&#233;contentement social aux yeux de beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me qui a pris le dessus sur tous les autres, au cours de cette campagne, fut celui de l'accueil des migrantEs et r&#233;fugi&#233;Es, doubl&#233; d'un d&#233;bat largement fantasmagorique sur la place de l'islam. Ce dernier &#233;tant incarn&#233;, pendant plusieurs semaines de campagne au mois d'ao&#251;t, par un pseudo-d&#233;bat sur la burqa, men&#233; en premier lieu par le ministre de l'Int&#233;rieur Lorenz Caffier (CDU) &#8211; par ailleurs t&#234;te de liste du parti au scrutin de dimanche -, alors m&#234;me qu'aucune burqa ne semble avoir &#233;t&#233; vue sur place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#233;lectorat, 53 % des personnes interrog&#233;es ont cit&#233; &#171; la justice sociale &#187; comme d&#233;cisive &#224; leurs yeux, et 20 % ont cit&#233; &#171; l'afflux de r&#233;fugi&#233;s &#187;. Mais interrog&#233;Es sur leur attitude vis-&#224;-vis du dernier sujet, 62 % des interrog&#233;Es (et 96 % parmi les &#233;lecteurs et &#233;lectrices du parti AfD) d&#233;clarent ainsi &#171; craindre que l'influence de l'islam ne devienne trop forte &#187; ; 47 % d&#233;clarent &#171; avoir peur du fait qu'un tel nombre de r&#233;fugi&#233;s est venu en Allemagne &#187;, alors que 43 % y voient tout de m&#234;me aussi &#171; un enrichissement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SPD, qui gouverne la r&#233;gion du Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale avec la CDU dans le cadre d'une &#171; Grande coalition &#187; (celle-ci devrait continuer &#224; g&#233;rer la r&#233;gion), avait commenc&#233; &#224; critiquer sur sa droite la chanceli&#232;re Angela Merkel, &#224; propos de sa d&#233;cision de fin ao&#251;t 2015 de laisser entrer au pays les migrantEs se trouvant en Gr&#232;ce et sur la &#171; route des Balkans &#187;. Sigmar Gabriel, chef du SPD et ministre de l'Economie et des finances dans le cadre de la &#171; Grande coalition &#187; qui gouverne aussi &#224; l'&#233;chelle f&#233;d&#233;rale, avait commenc&#233; par critiquer la phrase de Merkel de l'&#233;poque : &#171; Wir schaffen das ! &#187; (&#171; Nous allons r&#233;ussir cela ! &#187;, se r&#233;f&#233;rant &#224; l'accueil et &#224; l'int&#233;gration des r&#233;fugi&#233;Es). Mais sa r&#233;cente critique &#233;tait ambigu&#235;, pouvant laisser entendre parfois que Merkel avait autoris&#233; trop de migrantEs &#224; venir, mais parfois plut&#244;t qu'il aurait fallu affecter plus de moyens pour l'accueil de ces migrantEs, pour des cours de langue allemande etc. Son coll&#232;gue de parti Erwin Sellering, pr&#233;sident sortant de la r&#233;gion du Mecklembourg-Pom&#233;ranie occidentale, avait cependant plus clairement demand&#233; une limitation du nombre de migrantEs entrant dans le pays, avant le scrutin r&#233;gional ; tout en d&#233;clarant que son parti, le SPD, devait se battre pour les voix des &#233;lecteurs tent&#233;s de voter pour le parti AfD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est rarement ainsi, en leur faisant de tr&#232;s importantes concessions id&#233;ologiques, qu'on a r&#233;ussi &#224; endiguer la mont&#233;e des partis racistes et d'extr&#234;me droite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bertold du Ryon&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Hiss&#232;ne Habr&#233;, ancien dictateur tchadien, condamn&#233; : Faire aussi le proc&#232;s de la Fran&#231;afrique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Hissene-Habre-ancien-dictateur-tchadien-condamne-Faire-aussi-le-proces-de-la</link>
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		<dc:date>2016-06-14T04:49:24Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-06-14</dc:subject>
		<dc:subject>Tchad</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'organisation de droits de l'homme FIDH (F&#233;d&#233;ration internationale des Ligues des droits de l'homme) y voit &#171; un verdict historique pour les victimes &#187;. Vincent Hiribarren, enseignant au King's College de Londres en histoire africaine, consid&#232;re que ce proc&#232;s &#171; fonde enfin une justice universelle &#187;. Il est ici question du proc&#232;s, ouvert en septembre 2015, qui a conduit &#224; la condamnation de l'ex-dictateur tchadien Hiss&#232;ne Habr&#233;... &lt;br class='autobr' /&gt; Ce dernier, qui vivait depuis son renversement en 1990 &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton26772-c5af5.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'organisation de droits de l'homme FIDH (F&#233;d&#233;ration internationale des Ligues des droits de l'homme) y voit &#171; un verdict historique pour les victimes &#187;. Vincent Hiribarren, enseignant au King's College de Londres en histoire africaine, consid&#232;re que ce proc&#232;s &#171; fonde enfin une justice universelle &#187;. Il est ici question du proc&#232;s, ouvert en septembre 2015, qui a conduit &#224; la condamnation de l'ex-dictateur tchadien Hiss&#232;ne Habr&#233;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce dernier, qui vivait depuis son renversement en 1990 &#171; en exil &#187; au S&#233;n&#233;gal, a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; la prison &#224; vie le 30 mai dernier. Ses victimes tant qu'elles sont encore en vie auront maintenant jusqu'au 31 juillet pour d&#233;poser des demandes d'indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crimes, disparitions et tortures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habr&#233; a &#233;t&#233; condamn&#233; pour &#171; crimes contre l'humanit&#233; &#187;, tortures et disparitions forc&#233;es, mais aussi pour viols. Des dizaines de milliers de personnes avaient &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es, maltrait&#233;es et souvent tu&#233;es par la &#171; Direction de la documentation et de la s&#233;curit&#233; &#187; (DDS), le service secret du dictateur, au pouvoir de juin 1982 &#224; d&#233;cembre 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le verdict a &#233;t&#233; prononc&#233; par les Chambres africaines extraordinaires (CAE). La Cour p&#233;nale internationale (CPI) &#224; La Haye, qui statue actuellement &#8211; dans le cadre d'un proc&#232;s autrement plus probl&#233;matique &#8211; sur Laurent Gbagbo, pr&#233;sident de la C&#244;te d'Ivoire renvers&#233; en avril 2011 par l'arm&#233;e fran&#231;aise, ne pouvait pas juger l'ex-dictateur tchadien, car statutairement, la CPI ne peut reconna&#238;tre que les crimes commis apr&#232;s l'entr&#233;e en vigueur de ses statuts, en 2002. Hiss&#232;ne Habr&#233; n'&#233;tait alors plus au pouvoir...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La composition de ces chambres africaines &#233;tait destin&#233;e &#224; parer aux reproches, souvent adress&#233;s &#224; la CPI, de repr&#233;senter une justice partiale car ne jugeant ou recherchant &#171; que des personnalit&#233;s africaines &#187; (Laurent Gbagbo, le milicien congolais Jean-Pierre Bemba, le dictateur soudanais Omar el-B&#233;chir...). Il est vrai que la CPI n'a encore jug&#233; aucun dirigeant occidental. Il est tout aussi vrai que des r&#233;gimes africains instrumentalisent de telles critiques pour tenter de se d&#233;douaner, &#224; peu de frais, de leurs crimes pourtant bien r&#233;els.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;res plaintes en 1999...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, les CAE avaient &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es sous la pression d'un pays europ&#233;en, en l'occurrence la Belgique. Ce pays, qui conna&#238;t le principe de &#171; justice universelle &#187; en mati&#232;re de violations des droits de l'homme (de tels crimes pouvant &#234;tre poursuivis y compris sans lien territorial avec la Belgique) avait cherch&#233; &#224; juger Hiss&#232;ne Habr&#233; dans les ann&#233;es 2000 suite &#224; des plaintes d&#233;pos&#233;es &#224; partir de 1999. Or, le S&#233;n&#233;gal n'avait pas pu, ou pas voulu, extrader Hiss&#232;ne Habr&#233;, qui y &#233;tait &#171; bien au chaud &#187;, jouissant de sa fortune (qui est consid&#233;rable).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour parer au probl&#232;me de la non-extradition et sous pression internationale, le S&#233;n&#233;gal avait fini par consentir &#224; ce que Habr&#233; soit jug&#233; par les CAE. Leur financement (&#224; hauteur de 8,6 millions d'euros) a &#233;t&#233; assur&#233; pour environ 40 % par le Tchad, pays o&#249; la dictature d'Hiss&#232;ne Habr&#233; avait commis ses crimes (mais dont le r&#233;gime actuel d'Idriss D&#233;by, au pouvoir depuis le 1er d&#233;cembre 1990, n'est gu&#232;re plus recommandable...), pour deux millions d'euros par l'Union europ&#233;enne, et pour environ un million d'euros par l'Union africaine. Le reste a &#233;t&#233; pris en charge par plusieurs pays europ&#233;ens : Benelux, Allemagne et France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La France et Mitterrand en soutien&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant le jugement de l'ex-dictateur sanguinaire Habr&#233; est positif, autant il est &#224; parier que les critiques &#8211; qui &#233;voqueront l&#224; encore une &#171; justice occidentale &#187; ou &#171; anti-africaine &#187; &#8211; ne se tairont pas. Hiss&#232;ne Habr&#233;, qui a longtemps &#233;t&#233; soutenu par la France lorsqu'il &#233;tait au pouvoir (avant que le gouvernement fran&#231;ais ne lui pr&#233;f&#232;re son successeur Idriss D&#233;by), avait de fa&#231;on d&#233;magogique jou&#233; sur le registre &#171; anti-imp&#233;rialiste &#187; au cours de son proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'organisation Human Rights Watch (HRW) pr&#233;pare, actuellement, &#171; un rapport accablant sur le r&#244;le de la France &#187; (selon le journal le Monde), c'est-&#224;-dire sur son soutien initial au r&#233;gime tchadien sous Hiss&#232;ne Habr&#233;. En effet, la France du pr&#233;sident Mitterrand avait d&#233;ploy&#233; une &#171; aide &#187; militaire au Tchad &#224; partir de 1982, puis &#233;tait intervenue militairement &#224; partir de 1984 dans ce pays. Il s'agissait alors de contrer la p&#233;n&#233;tration de troupes libyennes dans le nord du pays. Le caract&#232;re sanguinaire du r&#233;gime au pouvoir &#224; N'Djamena ne lui posait alors visiblement aucun probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, des troupes fran&#231;aises sont toujours pr&#233;sentes au Tchad, et le r&#233;gime d'Idriss D&#233;by &#8211; formellement &#171; r&#233;&#233;lu &#187; en avril 2016 avec, selon les chiffres officiels, plus de 95 % des voix &#8211; est susceptible d'&#234;tre jug&#233; &#224; son tour, pour ses crimes et violations des droits de l'homme...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quand le tour du pouvoir fran&#231;ais ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Allemagne : l'extr&#234;me droite menace &#8211; Elle s'unifie davantage en Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Allemagne-l-extreme-droite-menace-Elle-s-unifie-davantage-en-Europe</link>
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		<dc:date>2016-05-17T10:11:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Allemagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les militants d'extr&#234;me droite ont du &#234;tre sportifs pour se rendre au Palais des congr&#232;s situ&#233; dans la zone a&#233;roportuaire de Stuttgart, la riche capitale du Sud-Ouest du pays. Le parti allemand d'extr&#234;me droite AfD (abr&#233;viation des termes &#171; Alternatives pour l'Allemagne &#187;) y tenait son congr&#232;s les 30 avril et 1er mai... &lt;br class='autobr' /&gt; Mais des antifascistes, &#171; 800 &#224; 900 &#187; selon la police, avaient d&#233;cid&#233; de bloquer les entr&#233;es et s'&#233;taient donn&#233; les moyens d'y parvenir. La police a interpell&#233; plus de 500 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton26396-5a9a9.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les militants d'extr&#234;me droite ont du &#234;tre sportifs pour se rendre au Palais des congr&#232;s situ&#233; dans la zone a&#233;roportuaire de Stuttgart, la riche capitale du Sud-Ouest du pays. Le parti allemand d'extr&#234;me droite AfD (abr&#233;viation des termes &#171; Alternatives pour l'Allemagne &#187;) y tenait son congr&#232;s les 30 avril et 1er mai...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais des antifascistes, &#171; 800 &#224; 900 &#187; selon la police, avaient d&#233;cid&#233; de bloquer les entr&#233;es et s'&#233;taient donn&#233; les moyens d'y parvenir. La police a interpell&#233; plus de 500 d'entre eux, mais un certain nombre de participantEs au congr&#232;s du parti AfD ont n&#233;anmoins &#233;t&#233; oblig&#233;s de rejoindre le lieu du congr&#232;s en escaladant divers obstacles...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Changement de logiciel ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce congr&#232;s &#233;tait le premier depuis celui, surchauff&#233;, d'Essen les 4 et 5 juillet 2015. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;v&#233;nement marquant avait &#233;t&#233; la scission du parti fond&#233; un peu plus de deux ans plus t&#244;t. La direction originelle, rassembl&#233;e autour de Bernd Lucke, professeur d'universit&#233; en mati&#232;re d'&#233;conomie &#224; Hambourg, fut alors pouss&#233;e au d&#233;part. Une direction qui &#233;tait majoritairement compos&#233;e d'&#171; experts &#187; en &#233;conomie ou d'industriels tels que Hans-Olaf Henkel, ancien pr&#233;sident du groupement patronal BDI, des ultralib&#233;raux sur le plan &#233;conomique mais oppos&#233;s &#224; la construction europ&#233;enne sous sa forme actuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais au cours de l'ann&#233;e 2014, le rejet de l'immigration est devenue le second grand sujet du parti AfD. Et l'ultralib&#233;ralisme a &#233;t&#233; contest&#233; par des courants qui cherchent plut&#244;t &#224; construire un parti d'extr&#234;me droite dot&#233; d'une base populaire, en utilisant un discours &#171; social &#187; un peu &#224; l'instar du FN fran&#231;ais. L'ancienne direction, jug&#233;e trop &#171; &#233;litiste &#187;, a donc &#233;t&#233; chass&#233;e en juillet 2015 &#224; Essen, o&#249; Bernd Lucke a &#233;t&#233; battu &#224; plate couture par sa rivale et actuelle pr&#233;sidente du parti, Frauke Petry, par 60 % des voix contre 37 %. Lucke a imm&#233;diatement quitt&#233; le parti et en a fond&#233; un autre deux semaines plus tard, ALFA (&#171; Alliance pour le progr&#232;s et le r&#233;veil &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALFA ne joue actuellement presque aucun r&#244;le, sauf que cinq des sept d&#233;put&#233;Es AfD &#233;lus au Parlement europ&#233;en en 2014 lui appartiennent aujourd'hui. Ils si&#232;gent &#224; Strasbourg dans un groupe au c&#244;t&#233; des conservateurs britanniques. Ce groupe a exclu les deux d&#233;put&#233;Es rest&#233;s fid&#232;le au parti AfD. L'une, Beatrix von Storch, proche des milieux chr&#233;tiens int&#233;gristes, est all&#233;e si&#233;ger avec le parti souverainiste britannique UKIP de Nigel Farage. Le second, Marcus Pretzell, qui se trouve aussi &#234;tre le compagnon de la chef du parti, Frauke Petry, vient d'annoncer la question en annon&#231;ant qu'il allait si&#233;ger dans le m&#234;me groupe que le FN fran&#231;ais et le FP&#214; autrichien. L'extr&#234;me droite europ&#233;enne, dont les partis fran&#231;ais et autrichien constituent des p&#244;les forts, s'unifie ainsi davantage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reste l'offensive antisociale et ultra-r&#233;actionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en reste pas moins que AfD demeure attach&#233; au lib&#233;ralisme &#233;conomique, bien davantage que le FN fran&#231;ais, en tout cas dans le discours public de ce dernier. Le congr&#232;s de Stuttgart a adopt&#233; un &#171; programme fondamental &#187; (le parti n'en poss&#233;dait pas jusque-l&#224;) de 74 pages, dont le projet avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; en f&#233;vrier dernier. La premi&#232;re esquisse avait fait l'objet de d&#233;bats et de pol&#233;miques, en raison du toll&#233; public suscit&#233; par certaines des revendications : la privatisation de l'assurance ch&#244;mage et de l'assurance accidents, la restriction du droit de divorcer, l'augmentation d'un &#226;ge de la retraite d&#233;j&#224; en voie d'allongement vers les 67 ans, le quasi-d&#233;mant&#232;lement de l'audiovisuel public... Le texte propos&#233; a &#233;t&#233; &#171; d&#233;radicalis&#233; &#187; sur certains points, surtout sur les mesures antisociales. En mati&#232;re d'assurances contre le ch&#244;mage et contre les accidents (de travail), le programme ne pr&#233;conise plus leur privatisation... mais seulement &#224; r&#233;fl&#233;chir &#224; une &#171; refonte radicale de leur mode de financement &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 400 pages d'amendements et trois projets globaux alternatifs avaient &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;s, projets &#233;manant plut&#244;t de courants encore plus ouvertement d'extr&#234;me droite. Mais le temps manquait pour en d&#233;battre vraiment &#224; Stuttgart, le congr&#232;s s'en est donc tenu aux fondamentaux en mati&#232;re programmatique, &#233;cartant surtout tout d&#233;bat sur la ligne &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau programme a n&#233;anmoins r&#233;veill&#233; l'attention des m&#233;dias par certains points bien &#171; radicaux &#187;, dont l'interdiction totale de la construction de mosqu&#233;es en Allemagne. Et un passage du texte, ajout&#233; sur initiative de la branche jeunesse (bien extr&#234;me...), demande d'abolir toute &#171; union politique &#187; europ&#233;enne et de ne conserver l'Union europ&#233;enne que si elle se borne &#224; &#234;tre uniquement une &#171; union &#233;conomique &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Burundi - Un mandat de trop....</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Burundi-Un-mandat-de-trop</link>
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		<dc:date>2015-08-25T11:56:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Burundi</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-08-25</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Aucun avertissement, aucune mise en garde n'y a fait. Mardi 21 juillet 2015, le pr&#233;sident burundais Pierre Nkurunziza, &#226;g&#233; de 51 ans et pr&#233;dicateur chr&#233;tien allum&#233; &#224; ses heures perdues, s'est officiellement fait &#171; r&#233;&#233;lire &#187; pr&#233;sident de la R&#233;publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; dans le n&#176;29 d'Afriques en lutte. &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Elire &#187; est ici un gros mot puisque personne, quasiment, ne donnerait le moindre kopek pour parier sur v&#233;racit&#233; des r&#233;sultats. Une mission d'observateurs de la Communaut&#233; est-africaine (EAC) a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-08-25-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-08-25&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton23079-e2f04.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Aucun avertissement, aucune mise en garde n'y a fait. Mardi 21 juillet 2015, le pr&#233;sident burundais Pierre Nkurunziza, &#226;g&#233; de 51 ans et pr&#233;dicateur chr&#233;tien allum&#233; &#224; ses heures perdues, s'est officiellement fait &#171; r&#233;&#233;lire &#187; pr&#233;sident de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; dans le n&#176;29 d'Afriques en lutte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Elire &#187; est ici un gros mot puisque personne, quasiment, ne donnerait le moindre kopek pour parier sur v&#233;racit&#233; des r&#233;sultats. Une mission d'observateurs de la Communaut&#233; est-africaine (EAC) a d'ailleurs consid&#233;r&#233;, le 24 juillet, que &#171; le processus &#233;lectoral n'a pas r&#233;pondu aux principes et aux normes d'&#233;lections libres, &#233;quitables, pacifiques, transparentes et cr&#233;dibles &#187;. Le 23 juillet, la Haute repr&#233;sentante de l'Union europ&#233;enne, Federica Mogherini, avait d&#233;clar&#233; qu'&#171; en d&#233;pit des efforts de la communaut&#233; internationale (&#8230;.) en vue de faciliter un dialogue inter-burundais, il apparait &#233;vident que les progr&#232;s dans la mise en &#339;uvre des d&#233;cisions de l'Union africaine du 13 juin et de la Communaut&#233; d'Afrique de l'est du 6 juillet sont insuffisants. Seule la mise en &#339;uvre compl&#232;te de ces d&#233;cisions aurait ouvert la voie &#224; la tenue d'&#233;lections cr&#233;dibles et inclusives au Burundi dont le r&#233;sultat serait repr&#233;sentatif. En maintenant les &#233;lections, le Gouvernement en a d&#233;cid&#233; autrement. &#187; Quant aux observateurs de l'Union Africaine (UA) , ils sont arriv&#233;s trop tard pour observer le d&#233;roulement de l'&#233;lection sur le terrain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, la Mission d'observation &#233;lectorale des Nations Unies au Burundi (MENUB) a d&#233;clar&#233;, le 27 juillet 2015, que &#171; les libert&#233;s d'expression, de r&#233;union et d'association, conditions essentielles &#224; l'exercice effectif du droit de vote, ont &#233;t&#233; s&#233;v&#232;rement entrav&#233;es. Les violences (&#8230;) ont (&#8230;) toutefois, marqu&#233; de fa&#231;on regrettable ce processus (&#233;lectoral). &#187; La d&#233;claration de la MENUB poursuivra en constatant &#171; que, m&#234;me si le jour du scrutin &#233;tait paisible et les op&#233;rations conduites d'une mani&#232;re ad&#233;quate, l'environnement g&#233;n&#233;ral n'&#233;tait pas propice au d&#233;roulement d'un processus &#233;lectoral libre, cr&#233;dible et inclusif. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 28 juillet, le Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations Unies s'est d'ailleurs pench&#233; sur la situation au Burundi, sans qu'on connaisse les r&#233;sultats de ses d&#233;lib&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scrutin pr&#233;sidentiel au Burundi, pays de 9,8 millions d'habitant-e-s situ&#233; en Afrique de l'Est francophone, avait d&#251; &#234;tre report&#233; &#224; deux reprises depuis le mois de juin 2015, en raison de vives protestations. Les affrontements ont fait au moins 80 morts, la plupart par balles, et 160.000 r&#233;fugi&#233;s burundais ont &#233;t&#233; enregistr&#233;s ces derniers mois dans les pays voisins (surtout au Rwanda, en RDC et en Tanzanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En violation de la Constitution du pays et des accords internationaux d'Arusha, entr&#233;s en vigueur en 2005 pour mettre fin &#224; douze ann&#233;es de guerre civile qui avaient caus&#233; environ 300.000 morts, le pr&#233;sident sortant avait d&#233;cid&#233; de se repr&#233;senter &#171; co&#251;te que co&#251;te &#187;. Le texte constitutionnel, dont la r&#233;daction &#233;tait issue des accords d'Arusha, interdit au chef de l'Etat d'effectuer plus de deux mandats successifs (ce qui est aussi le cas en France ou aux Etats-Unis d'Am&#233;rique). Or, Nkurunziza avait adopt&#233; une interpr&#233;tation &#171; libre &#187; du texte constitutionnel, celle qui l'arrangeait. Alors qu'en 2005, la guerre civile sanglante au Burundi n'&#233;tait pas totalement termin&#233;e, une &#233;lection g&#233;n&#233;rale ne pouvait pas &#234;tre organis&#233;e sur la totalit&#233; du territoire du pays. Ainsi, &#224; l'&#233;poque, c'est le parlement provisoire &#8211; lui aussi issu des accords d'Arusha &#8211; qui avait &#233;lu le pr&#233;sident. En revanche, en 2010, c'est officiellement le peuple qui a &#171; (r&#233;)&#233;lu &#187; Pierre Nkurunziza ; or, &#224; l'&#233;poque, il fut le seul candidat&#8230; tous les autres s'&#233;tant retir&#233;, en consid&#233;rant que des fraudes massives se pr&#233;paraient, entachant la r&#233;gularit&#233; du scrutin. Selon l'interpr&#233;tation aujourd'hui adopt&#233;e par Pierre Nkurunziza, seul le second mandat qu'il a effectu&#233; (entre 2010 et 2015) doit &#234;tre pris en compte, mais le premier (2005 &#224; 2010) ne doit pas &#234;tre pris en compte. Ce qui lui ouvre la voie pour un troisi&#232;me mandat&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de sa nouvelle candidature, officiellement faite le 25 avril 2015 lors d'un congr&#232;s de son parti, le CNDD-FDD (Conseil national pour la d&#233;fense de la d&#233;mocratie-Forces de d&#233;fense de la d&#233;mocratie), a mis le feu aux poudres et a d&#233;clench&#233; des manifestations. Celles-ci ont &#233;t&#233; violemment r&#233;prim&#233;es, par la police, mais surtout par des milices, les &#171; Imbon&#233;rakur&#233; &#187; (Ceux qui voient loin), issues de la jeunesse du parti au pouvoir. Dans ce cadre, des civils proches du pouvoir ont &#233;t&#233; arm&#233;s et entrain&#233;s par les forces de r&#233;pression &#233;tatiques. A la mi-mai 2015, une partie de l'arm&#233;e a, quant &#224; elle, tent&#233; un putsch contre le pr&#233;sident Nkurunziza, mais ce dernier se solda par un &#233;chec. Ceci probablement parce que les rangs des putschistes avaient &#233;t&#233; infiltr&#233;s par des militaires proches du pouvoir, et que les plans avaient &#233;t&#233; &#233;vent&#233;s au pr&#233;alable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant d'annoncer sa candidature, Nkurunziza avait par ailleurs d&#251; surmonter des r&#233;sistances consid&#233;rables, y compris au sein m&#234;me de son parti, dont 130 cadres r&#233;calcitrants avaient &#233;t&#233; relev&#233;s de leurs fonctions. L'Eglise catholique au Burundi, l'Administration &#233;tats-unienne et l'Union europ&#233;enne lui ont formellement d&#233;conseill&#233; le troisi&#232;me mandat. Le gouvernement fran&#231;ais, lui, est en revanche rest&#233; &#233;trangement discret voire silencieux. Aux repr&#233;sentant-e-s de la Diaspora burundaise et d'ONG fran&#231;aises qui avaient demand&#233; &#224; &#234;tre re&#231;us au Quai d'Orsay pour souligner les dangers de la situation au Burundi, il fut r&#233;pondu qu' &#171; on se m&#234;le pas de la situation int&#233;rieure de ce pays &#187;. En revanche, la coop&#233;ration polici&#232;re entre les deux pays &#8211; alors que la France formait jusqu'alors la police burundaise, et la finan&#231;ait en partie &#8211; a &#233;t&#233; gel&#233;e, suite aux affrontements. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Officiellement, 3,8 millions d'adultes burundais et burundaises &#233;taient appel&#233;-e-s aux urnes ; le pouvoir pr&#233;tend que 73,44 % entre eux et elles auraient vot&#233;. Mais la plupart des observateurs et observatrices &#233;voquent des bureaux de vote qui &#233;taient souvent vide, un reportage de RFI annon&#231;ant 20 % de participation dans des quartiers domin&#233;s par l'opposition et 40 % dans ceux r&#233;put&#233;s proches du pouvoir, &#224; Bujumbura. Concernant la capitale, Bujumbura, m&#234;me le pouvoir n'a pas os&#233; annoncer une participation forte, craignant un d&#233;calage trop visible avec la r&#233;alit&#233; observable par tou-te-s ; la participation officiellement annonc&#233;e pour Bujumbura-ville est ainsi de 29,75 %. Mais &#171; sur les collines &#187;, comme on dit au Burundi (et au Rwanda voisin), autrement dit dans les villages, la population &#233;taient ouvertement terroris&#233;e par les milices. Les gens &#233;taient ainsi contraints de voter &#8211; gare &#224; celui ou celle qui n'avait pas l'index marqu&#233; par l'encre ind&#233;l&#233;bile, dans lequel &#233;tait mouill&#233; le doigt de l'&#233;lecteur ou de l'&#233;lectrice !-, ou alors consid&#233;r&#233;s comme &#171; ayant vot&#233; &#187;, de gr&#233; ou de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit candidats se pr&#233;sentaient officiellement. Mais trois d'entre eux avaient annonc&#233;, lors d'une conf&#233;rence de presse tenue le 18 juillet &#8211; &#224; trois jour de l'ouverture du vote -, qu'ils se retiraient de la course parce que le scrutin qui s'annon&#231;ait ne r&#233;pondait pas &#171; aux normes internationales &#187;. Il s'agissait de Jean Minani, chef du parti FRODEBU (&#171; Front pour la d&#233;mocratie du Burundi &#187;), et de deux anciens chefs d'Etat : Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya. La CENI (Commission &#233;lectorale nationale ind&#233;pendante) leur a r&#233;pondu que leur retrait n'&#233;tait pas effectu&#233; dans les r&#232;gles ; leurs noms continuaient ainsi &#224; &#234;tre marqu&#233;s sur les bulletins, le jour du vote. Ce qui n'a pas d&#251; inciter leurs partisan-e-s &#224; aller voter. Selon les chiffres officiels, Jean Minani a obtenu 1,36 % des suffrages exprim&#233;s et les deux autres candidats retir&#233;s, moins de 1 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois autres candidats &#233;taient visiblement l&#224; pour la d&#233;coration, &#233;tant les chefs de mini-partis consid&#233;r&#233;s comme des alli&#233;s plus ou moins inconditionnels du CNDD-FDD au pouvoir. Restait un autre candidat, Agathon Rwasa, le chef d'une coalition &#233;lectorale construite autour des FNL (Forces nationales de lib&#233;ration) qu'il anime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir l'a officiellement mont&#233; en position d' &#171; opposant num&#233;ro 1 &#187;, lui reconnaissant 18,99 % selon les chiffres officiels (r&#233;sultats qui sont tout sauf fiables&#8230;) ; dans le d&#233;partement du Bujumbura-rural qui entoure la capitale, il se trouve m&#234;me devant le pr&#233;sident sortant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir contest&#233; la validit&#233; du scrutin au cours du week-end du 25-26 juillet, c'-est-&#224;-dire imm&#233;diatement apr&#232;s l'annonce des r&#233;sultats officiels le 24 juillet, Rwasa s'est ravis&#233; et a annonc&#233; qu'il allait accepter de si&#233;ger &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Cette derni&#232;re avait &#233;t&#233; &#233;lue fin juin 2015 &#8211; &#224; la date initialement pr&#233;vue pour l'&#233;lection pr&#233;sidentielle qui avait d&#251;, elle, &#234;tre report&#233;e -, dans des conditions tout aussi peu dignes de confiance. Juste auparavant, le 23 juillet, le pr&#233;sident Nkurunziza avait annonc&#233; qu'il acceptait la formation d'un &#171; gouvernement d'union nationale &#187;&#8230; telle que l'avait r&#233;clam&#233; Agathon Rwasa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il appara&#238;t donc que ce dernier est visiblement bien dispos&#233; &#224; &#171; aller &#224; la soupe &#187;, alors m&#234;me que ses propres partisans se font parfois canarder dans la rue. Cependant, m&#234;me si une v&#233;ritable alliance entre ces deux forces &#8211; les partisans du pr&#233;sident Nkurunziza et celle d'Agathon Rwasa &#8211; voyait le jour, ce ne serait pas un bon signe pour l'avenir. Rwasa animait, dans un pass&#233; r&#233;cent, un mouvement arm&#233; qui rivalisait avec les milices du CNDD-FDD, jusqu'&#224; la fin de la guerre civile. Les deux mouvement &#233;taient anim&#233;s par un nationalisme Hutu, le nom initial du parti repr&#233;sent&#233; par Rwasa &#233;tant d'ailleurs Palipehutu pour &#171; Parti de la lib&#233;ration du peuple hutu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme Hutu est dirig&#233; contre la minorit&#233; Tutsi (environ 15 % de la population totale, au Burundi tout aussi qu'au Rwanda voisin). Mais il faut pr&#233;ciser qu'&#224; la diff&#233;rence du Rwanda &#8211; o&#249; les Tutsi &#233;taient &#233;cart&#233;s du pouvoir d&#232;s avant l'ind&#233;pendance des deux pays en 1962, et tr&#232;s t&#244;t victimes de violences -, les &#233;lites du Burundi &#233;taient rest&#233;es longtemps issues de la population des Tutsi. C'&#233;tait notamment vrai pour l'arm&#233;e. Une partie des Tutsi d&#233;tenait la r&#233;alit&#233; du pouvoir, et le premier pr&#233;sident d&#233;mocratiquement &#233;lu qui &#233;tait issu de la population Hutu, Melchior Ndadaye, fut assassin&#233; en 1993 apr&#232;s trois mois seulement au pouvoir. Si la population Hutu avait donc initialement quelques raisons de s'&#233;nerver, le nationalisme &#224; base &#171; ethnique &#187; a fait ses ravages aussi au Burundi (bien que la situation globale soit diff&#233;rente de celle du Rwanda voisin), et ceci avant comme apr&#232;s 1993. La guerre civile, ayant &#233;clat&#233; en 1993, a vu de nombreux massacres d'innoncent-e-s sur la base de leur seule appartenance &#171; ethnique &#187;, et parmi les victimes &#233;taient de nombreux civils Tutsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis les accords d'Arusha, l'ancienne r&#233;alit&#233; concernant la r&#233;partition du pouvoir est d'ailleurs d&#233;pass&#233;e, puisque ces accords instituent des quotas au niveau de l'acc&#232;s aux positions dans l'arm&#233;e afin d'assurer une certaine mixit&#233; &#171; ethnique &#187;. Le pouvoir d'attraction du nationalisme Hutu du parti au pouvoir depuis 2005, du CNDD-FDD, est par ailleurs &#233;rod&#233; car le parti est &#171; us&#233; &#187; par l'exercice du pouvoir. Mais la mobilisation des milices &#171; Imbonerakure &#187;, depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e 2015 &#8211; sur fond de crise politique -, risque de revitaliser ce nationalisme &#224; base ethnique. Tout comme l'alliance possible avec les anciennes FNL qui, elles, ne sont pas us&#233;es par l'exercice du pouvoir. Elles constituent d'ailleurs la derni&#232;re force &#224; avoir rendu les armes, &#224; la fin de la guerre civile : alors que les accords d'Arusha sont entr&#233;s en vigueur en 2005, les FNL n'ont renonc&#233; aux armes qu'en 2006&#8230; avant de les reprendre pour quelques mois en 2008. Un accord sp&#233;cial conclu en d&#233;cembre de la m&#234;me ann&#233;e a fini par int&#233;grer les FNL au jeu politique, et celles-ci se sont alors transform&#233;es en parti politique civil, abandonnant la premi&#232;re partie du nom initial (Palipehutu-FNL). Si les deux partis, CNDD-FDD et FNL, se rapprochent, cela risque n&#233;anmoins de redonner vigueur &#224; une certaine id&#233;ologie nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de militaires arm&#233;s ayant d&#233;sert&#233; les rangs officiels dans le Nord du Burundi, aux fronti&#232;res du Rwanda (dont l'essentiel du pouvoir est tenu par d'anciens Tutsi, m&#234;me si les appellations &#171; ethniques &#187; ont &#233;t&#233; bannies dans le Rwanda post-g&#233;nocide de 1994), pourraient aussi contribuer &#224; une escalade &#233;ventuelle. Certains militaires comme certain-e-s civils consid&#232;rent, aujourd'hui, qu'apr&#232;s la d&#233;monstration de pouvoir de Nkurunziza qui s'est montr&#233; intransigeant et qui a impose sa &#171; r&#233;&#233;lection &#187; &#224; n'importe quel prix, seule la force arm&#233;e constitue encore un recours. Mais alors que des m&#233;dias nationalistes hutu en Europe commencent &#224; &#233;crire que le Rwanda se trouve pr&#233;tendument &#171; derri&#232;re les rebelles &#187; au Burundi, la situation pourrait s'envenimer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons, par ailleurs, que le passage en force de Nkurunziza constitue aussi un exemple extr&#234;mement mauvais pour toute la r&#233;gion. Nombreux sont les pr&#233;sidents, dans l'Afrique des Grands Lacs (comme ailleurs sur le continent&#8230; bien que l'exercice n'ait pas r&#233;ussi &#224; un certain Blaise Compaor&#233; en 2014), qui n'attendent qu'un pr&#233;texte ou une occasion pour traficoter les constitutions de leurs pays, afin de se maintenir au pouvoir. Au Rwanda voisin, la constitution interdisait un troisi&#232;me mandat au pr&#233;sident Paul Kagam&#233; &#8211; &#233;lu en 2003 et en 2010, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; vice-pr&#233;sident depuis 1994 -, mais le parlement a donn&#233; un feu vert &#224; une nouvelle candidature de celui-ci, le 14 juillet dernier. L' Administration &#233;tats-unienne vient de se prononcer contre ce plan, alors que les USA sont plut&#244;t proches du pouvoir rwandais actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, sur le fond, le r&#233;gime rwandais s'analyse diff&#233;remment de celui du m&#233;galomane Pierre Nkurunziza, dans la mesure o&#249; Paul Kagam&#233; et son parti, le &#171; Front patriotique rwandais &#187; (bien que gouvernant aujourd'hui de fa&#231;on autoritaire), ont &#171; au moins &#187; mis fin au g&#233;nocide en 1994. Mais d'autres pr&#233;sidents nettement moins recommandables ne cherchent, eux aussi, qu'&#224; suivre les exemples en mati&#232;re de maintien au pouvoir. Tels que, par exemples, les cleptocrates au pouvoir en RDC (Joseph Kabila) et surtout au Congo-Brazzaville (Denis Sassou-Ngessou, par ailleurs un pilier de la Fran&#231;afrique). Tous ces trois pr&#233;sidents &#8211;Rwanda, RDC, Congo-Brazzaville &#8211; &#233;taient, d'ailleurs, initialement arriv&#233;s au pouvoir par la force des armes, bien que les situations politiques qui pr&#233;c&#233;daient leur arriv&#233;e soient loin d'&#234;tre identiques. La r&#233;gion est donc loin de conna&#238;tre une stabilit&#233; politique, au sens positif du terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le Front national : quatre d&#233;cennies d'une histoire chaotique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-Front-national-quatre-decennies-d-une-histoire-chaotique</link>
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		<dc:date>2014-06-17T12:25:46Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon, Raoul Guerra</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Relook&#233; sous la direction de Marine Le Pen, le Front national est donc parvenu &#224; surfer spectaculairement sur la crise. Retour sur une trajectoire de quatre d&#233;cennies, avec ses hauts et ses bas, ses &#233;volutions id&#233;ologiques et ses adaptations politiques. &lt;br class='autobr' /&gt; N&#233; sur les cendres du mouvement &#171; muscl&#233; &#187; Occident, le groupe Ordre nouveau (ON) est fond&#233; en novembre 1969. Contrairement &#224; l'organisation dont il est issu, ON ambitionne d'&#233;largir son champ d'intervention au-del&#224; de la simple (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-06-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-06-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton18055-392d7.png?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Relook&#233; sous la direction de Marine Le Pen, le Front national est donc parvenu &#224; surfer spectaculairement sur la crise. Retour sur une trajectoire de quatre d&#233;cennies, avec ses hauts et ses bas, ses &#233;volutions id&#233;ologiques et ses adaptations politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;N&#233; sur les cendres du mouvement &#171; muscl&#233; &#187; Occident, le groupe Ordre nouveau (ON) est fond&#233; en novembre 1969. Contrairement &#224; l'organisation dont il est issu, ON ambitionne d'&#233;largir son champ d'intervention au-del&#224; de la simple utilisation de la barre de fer et va rapidement envisager de participer aux &#233;lections. Conscient de l'image d&#233;sastreuse que v&#233;hicule son mouvement, ON est &#224; l'origine d'un &#171; Front national pour l'unit&#233; fran&#231;aise &#187; (FNUF ou FN), structure &#224; vocation &#233;lectorale mise en place pour les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1973. L'ensemble de l'extr&#234;me droite est sollicit&#233;e pour prendre part &#224; l'aventure, en remisant ses divergences au vestiaire. Elle r&#233;pond pr&#233;sent &#224; la quasi unanimit&#233; &#8211; les royalistes de l'Action fran&#231;aise d&#233;clinent l'offre poliment &#8211; et s'accorde sur le nom de Jean-Marie Le Pen comme porte-parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du groupuscule au parti &#233;lectoral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ag&#233; alors de 45 ans, Le Pen a d&#233;j&#224; un long parcours &#224; l'extr&#234;me droite. En 1955, il s'&#233;tait engag&#233; comme volontaire pour l'Indochine mais n'y &#233;tait arriv&#233; qu'apr&#232;s la d&#233;faite de Dien Bi&#234;n Phu. De retour en France, il milite aux c&#244;t&#233;s de Pierre Poujade et est &#233;lu, &#224; 27 ans, plus jeune d&#233;put&#233; de l'Assembl&#233;e nationale en 1956. Il rompt rapidement avec Poujade et s'engage pour l'Alg&#233;rie fran&#231;aise. Il sera plus tard accus&#233; d'avoir lui m&#234;me pratiqu&#233; la torture. En 1963, il fonde la SERP (Soci&#233;t&#233; d'&#233;tudes et de relations publiques), &#233;ditrice entre autre de disques de chants nazis, et organise en 1965 la campagne pr&#233;sidentielle de Jean-Louis Tixier-Vignancour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen participe donc &#224; la cr&#233;ation du FN qui voit le jour le 5 octobre 1972, salle des Horticulteurs &#224; Paris. Ce front cherche &#224; incarner la &#171; droite nationale, sociale et populaire &#187;, seule &#224; m&#234;me de barrer &#171; la route au Front populaire &#187; et capable de &#171; chasser les voleurs du pouvoir &#187;. Jean-Marie Le Pen, vedette m&#233;diatique, met en avant le th&#232;me de l'immigration, principal angle d'attaque de la politique du FN, une &#171; immigration incontr&#244;l&#233;e (&#8230;) menace pour l'emploi, pour la s&#233;curit&#233; et pour la sant&#233; des Fran&#231;ais &#187; et d&#233;nonce d'un m&#234;me mouvement une majorit&#233; politique qui a &#171; trahi la volont&#233; de ses &#233;lecteurs &#187; au profit des &#171; syndicats marxistes &#187;. Ce qui lui permet de conclure que &#171; puisque les tenants de la droite lib&#233;rale ont abandonn&#233; la place, la seule droite est maintenant la n&#244;tre : la droite nationale &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours est relativement liss&#233; et la quincaillerie habituelle (croix celtiques, matraques et casques) se fait dor&#233;navant plus discr&#232;te. Il n'en demeure pas moins que le FN, au moment de sa fondation, se place lui-m&#234;me clairement dans une filiation avec le fascisme historique, italien plut&#244;t que fran&#231;ais d'ailleurs. Lorsqu'il est cr&#233;&#233;, l'extr&#234;me droite fran&#231;aise est plut&#244;t groupusculaire. Or, dans l'Italie voisine, il existe un parti relativement puissant &#8211; qui p&#232;se environ 10 % des voix &#8211;, le MSI (Mouvement social italien), qui donnera toute son aide, militante et financi&#232;re, &#224; la cr&#233;ation du FN en France. Le MSI est clairement de filiation fasciste, et ne s'en cache pas vraiment d'ailleurs : il utilise comme logo le symbole de la flamme tricolore &#8211; en l'occurrence vert-blanc-rouge &#8211;, adopt&#233;e d&#232;s sa naissance en 1946. Dans l'imm&#233;diat apr&#232;s-guerre, elle symbolise aux yeux des fondateurs du parti n&#233;ofasciste &#8211; le MSI est commun&#233;ment qualifi&#233; par cet adjectif &#8211; &#171; l'&#226;me de Benito Mussolini qui monte au ciel, depuis son cercueil &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FN adoptera ce m&#234;me symbole lors de sa fondation, en bleu-blanc-rouge cette fois-ci&#8230; et il l'a d'ailleurs conserv&#233;e jusqu'&#224; aujourd'hui. Si l'origine exacte de cette flamme n'est sans doute pas connue de tous les adh&#233;rents, la g&#233;n&#233;ration des fondateurs, elle, ne l'ignore en rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les efforts de pr&#233;sentation et la volont&#233; de se poser en v&#233;ritable alternative au &#171; syst&#232;me &#187;, le premier scrutin auquel participe le FN &#8211; les &#233;lections l&#233;gislatives de mars 1973 &#8211; est un &#233;chec (1,3 %), qui fera rapidement resurgir les particularismes des diff&#233;rentes chapelles, notamment entre Ordre nouveau et les partisans de Jean-Marie Le Pen. ON, dont la base se sent flou&#233;e, renoue avec l'activisme et la violence. &#171; Meeting fasciste, meeting interdit ! &#187; : le 21 juin 1973, l'extr&#234;me gauche d&#233;cide d'emp&#234;cher la tenue d'un meeting d'ON &#171; contre l'immigration sauvage &#187; et s'oppose aux forces de l'ordre qui le prot&#232;gent. La soir&#233;e se soldera par des bless&#233;s dans les rangs de la police, mais surtout par la dissolution de la Ligue communiste (qui sera refond&#233;e un peu plus tard sous le nom de Ligue communiste r&#233;volutionnaire) et d'ON. Ordre nouveau va n&#233;anmoins poursuivre dans la logique du rassemblement et cr&#233;e les comit&#233;s &#171; Faire front &#187; puis, en novembre 1974, le Parti des forces nouvelles (PFN), principal concurrent du Front national pour la d&#233;cennie qui s'ouvre. Jean-Marie Le Pen, de son c&#244;t&#233;, r&#233;organise la direction du FN autour de sa garde rapproch&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si le PFN mise sur un rapprochement imm&#233;diat avec la droite classique [2] &#8211; qu'il s'agisse des milieux du RPR autour de Charles Pasqua, ou de l'UDF sous Val&#233;ry d'Estaing qu'auront ralli&#233; Alain Madelin et d'autres ex-Occident en 1974 &#8211;, le FN va quant &#224; lui jouer la carte de l'ind&#233;pendance. Son programme met en avant les th&#232;mes classiques de l'extr&#234;me droite : anti-marxisme, fin du monopole syndical, peine de mort, opposition &#224; l'avortement, d&#233;nonciation d'une droite qui m&#232;nerait une politique de gauche, en gardant toujours le th&#232;me de l'immigration comme unique explication de la crise sociale qui se profile d&#233;j&#224; &#224; l'horizon : &#171; un million de ch&#244;meurs, c'est un million d'immigr&#233;s en trop ! &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La travers&#233;e du d&#233;sert va se poursuivre pour l'extr&#234;me droite fran&#231;aise encore quelques ann&#233;es. Faute d'un nombre suffisant de signatures d'&#233;lus pour se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, Jean-Marie Le Pen (FN) et Pascal Gauchon (PFN) sont l'un comme l'autre dans l'incapacit&#233; d'&#234;tre candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de mai 1981, qui verra la victoire de Fran&#231;ois Mitterrand. L'espoir que cr&#233;e cette victoire pour le &#171; peuple de gauche &#187; est &#224; la hauteur des d&#233;convenues qui vont suivre. Incapable de r&#233;soudre la crise, la gauche de gouvernement impose bient&#244;t une politique d'aust&#233;rit&#233; dont l'extr&#234;me droite va tirer profit. En 1983, Jean-Pierre Stirbois, alors secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du FN, est &#233;lu au conseil municipal de la ville de Dreux (Eure et Loir) avec 16 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La strat&#233;gie d'ind&#233;pendance a fini par payer et le FN est d&#233;sormais h&#233;g&#233;monique &#224; l'extr&#234;me droite. Exit le Parti des forces nouvelles et sa volont&#233; de tisser de liens avec la droite classique : le principal concurrent du FN est &#224; l'&#233;tat groupusculaire en 1986 et ne s'en remettra pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1983-1989 : le FN s'installe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des quinze ann&#233;es suivantes, le FN va s'installer durablement dans le paysage politique. En juin 1984, il obtient 11 % des voix aux &#233;lections europ&#233;ennes, ce qui lui permet d'envoyer dix &#233;lus au parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1986, &#224; la faveur d'un scrutin proportionnel mis en place par Fran&#231;ois Mitterrand, 35 d&#233;put&#233;s frontistes font leur entr&#233;e &#224; l'Assembl&#233;e nationale. Deux ans plus tard, aux pr&#233;sidentielles de 1988, Jean-Marie Le Pen recueille 14 % des suffrages. Suite aux &#233;lections de 1994, le FN envoie 11 d&#233;put&#233;s si&#233;ger au parlement europ&#233;en. Cette ascension atteint son apog&#233;e en 1995 quand Le Pen obtient 15 % &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premiers succ&#232;s du parti se construisent au d&#233;triment de la droite conservatrice. Les perc&#233;es &#233;lectorales initiales du FN se font gr&#226;ce &#224; des &#233;lecteurs qui tournent le dos &#224; la droite classique (&#224; l'&#233;poque, le RPR et l'UDF). Il s'agit essentiellement de couches moyennes ou petites-bourgeoises &#8211; petits patrons, artisans, commer&#231;ants, exploitants agricoles ou encore professions lib&#233;rales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Principal motif de leur d&#233;sarroi vis-&#224;-vis de la droite RPR/UDF : celle-ci ne d&#233;fend plus suffisamment, &#224; leurs yeux, le petit capital contre le gros (mais aussi contre le mouvement ouvrier). Sur fond de mouvements de concentration du capital, induits par la modernisation de l'appareil &#233;conomique, mais aussi par l'ouverture des fronti&#232;res &#224; l'int&#233;rieur de la CEE (Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne), ces milieux sociaux se sentent menac&#233;s dans leur existence et mis en danger face au rouleau-compresseur du grand capital le plus productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand la gauche PS/PCF arrive au gouvernement en mai 1981, cette peur de l'avenir prend une tournure plus id&#233;ologique : voil&#224; les Rouges qui veulent nous ruiner ! Dans un &#233;tat de &#171; panique morale &#187; doubl&#233; d'une peur &#233;conomique, ces milieux sociaux voient leur monde menac&#233; d'&#233;branlement. Ils prennent ainsi la rue, d'autant que les forces de gauche ou syndicales commencent &#224; la d&#233;serter (faut-il d&#233;ranger nos camarades au gouvernement ?).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestations cat&#233;gorielles impuls&#233;es par la droite marquent donc la p&#233;riode, en 1982 et 1983. Jean-Marie Le Pen participe d'ailleurs lui-m&#234;me &#224; certaines de ces manifestations, telle celle appel&#233;e le 13 septembre 1982 par le &#171; Syndicat national du patronat moderne et ind&#233;pendant &#187;, dont le chef de l'&#233;poque, G&#233;rard Deuil, est un admirateur de P&#233;tain. En 1984, c'est une mobilisation plus &#171; culturelle &#187; et id&#233;ologique qui donne un sens, ou un suppl&#233;ment d'&#226;me, &#224; l'ensemble : la droite et l'extr&#234;me droite descendent dans la rue pour une mobilisation de masse en d&#233;fense de l'&#171; &#233;cole libre &#187;, autrement dit les privil&#232;ges de l'enseignement priv&#233; et confessionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'&#233;poque, le discours &#233;conomique et social du FN qui accompagne ce premier ancrage &#233;lectoral est clair : avec Reagan pour mod&#232;le, il d&#233;fend farouchement le lib&#233;ralisme &#233;conomique, un droit du plus fort appliqu&#233; &#224; l'&#233;conomie. L'essentiel du discours, c'est : &#224; bas les syndicats, &#224; bas l'imp&#244;t &#8211; ce qui doit rappeler des souvenirs de jeunesse &#224; Jean-Marie Le Pen, ex d&#233;put&#233; poujadiste en 1956 &#8211;, &#224; bas l'intervention de l'Etat dans la sph&#232;re &#233;conomique. Le Code du travail ? Il faut tailler dedans. Les organisations de salari&#233;s ? De m&#233;chants preneurs en otage. Quand, le 15 f&#233;vrier 1982, une milice patronale attaque brutalement une usine (de fromage) occup&#233;e par des gr&#233;vistes, &#224; Isigny dans le Calvados, Jean-Marie Le Pen lui accorde d'ailleurs son &#171; total soutien &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'orientation du discours &#233;volue dans les ann&#233;es qui suivent. Le fond de l'affaire r&#233;side dans un double mouvement. Premi&#232;rement, les couches moyennes et petites-bourgeoises ainsi gagn&#233;es &#233;lectoralement au d&#233;but des ann&#233;es 1980 restent malgr&#233; tout disput&#233;es entre le FN et la droite classique. Attir&#233;es par certaines promesses &#233;lectorales ou certaines mesures qui lui sont adress&#233;es, une partie d'entre elles se tourne &#8211; au moins ponctuellement &#8211; &#224; nouveau vers le RPR et l'UDF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les cadres de l'extr&#234;me droite font &#224; la fin de cette d&#233;cennie un pari strat&#233;gique : le bloc sovi&#233;tique commence &#224; montrer des fissures puis s'&#233;croule, l'ancien ordre &#171; bipolaire &#187; du monde s'effondre. Ces cadres exultent : &#171; c'est la fin du communisme, la disparition du marxisme et des syndicats influenc&#233;s par lui, il n'y a plus aucune alternative progressiste au pouvoir en place. &#187; Il devient donc possible et n&#233;cessaire, &#224; la fois, de s'adresser plus fortement aussi aux classes populaires et aux salari&#233;s qui, jusqu'ici, se reconnaissent plut&#244;t dans la gauche&#8230; Tout cela sur fond d'une division du monde politique en termes de clivages de classe, qui, selon l'extr&#234;me droite, &#171; n'a plus aucun sens &#187;. Ils en viennent donc &#224; la conclusion suivante : &#171; L'alternative au syst&#232;me, l'expression &#224; la col&#232;re sociale, c'est nous dor&#233;navant. Et nous seuls ! &#187; Certaines couches de l'&#233;lectorat, d&#233;&#231;ues par les partis de gauche &#8211; PS ou PCF &#8211;, viendront d'ailleurs effectivement voter pour le FN &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt-dix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle orientation id&#233;ologique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1989/1990, le parti d'extr&#234;me droite effectue un important tournant sur des questions cruciales, que ce soit son positionnement &#233;conomique et social ou ses orientations en mati&#232;re de politique internationale. Sur ce dernier point, on assiste &#224; d'importantes ruptures avec la doctrine pr&#233;c&#233;dente : rejet du pro-am&#233;ricanisme &#8211; tr&#232;s prononc&#233; pendant l'&#232;re Ronald Reagan &#8211; et de l'atlantisme ; nouveau positionnement (pro-Irak) de Jean-Marie Le Pen pendant la crise du Golfe en 1990 et la guerre du Golfe de janvier/f&#233;vrier 1991. Le FN en profitera pour semer la confusion politique, sur fond d'opposition &#224; la participation de l'arm&#233;e fran&#231;aise, en collant des affiches &#171; Mitterrand &#8211; la guerre. Le Pen &#8211; la paix &#187; (f&#233;vrier 1991). Cela lui vaudra d'ailleurs les sympathies passag&#232;res d'une frange des populations d'origine arabe, et permettra &#224; l'extr&#234;me droite d'attirer &#224; elle quelques ex &#171; r&#233;volutionnaires &#187; tomb&#233;s dans une confusion id&#233;ologique grave (dont ceux de la mouvance &#171; rouge-brune &#187; du d&#233;but des ann&#233;es 1990).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique et sociale, le FN abandonne &#233;galement &#224; cette &#233;poque son opposition &#224; certains acquis sociaux datant de l'&#232;re Mitterrand (cinqui&#232;me semaine de cong&#233;s pay&#233;s, introduction du RMI) qu'il avait rejet&#233;s jusqu'ici. Dans son programme &#233;lectoral pour les l&#233;gislatives de mars 1993, il fait pour la premi&#232;re fois des promesses sur les (bas) salaires. Toutes les promesses sociales &#8211; maintien d'acquis sociaux et/ou am&#233;lioration &#8211; sont coupl&#233;es &#224; la &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187;, combin&#233;e &#224; l'id&#233;e de cr&#233;er des caisses sociales s&#233;par&#233;es pour &#171; Fran&#231;ais &#187; et &#171; &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#233;galement &#224; cette &#233;poque que le parti d'extr&#234;me droite tente de faire passer &#171; le mondialisme &#187; (terme qu'il forge dans les ann&#233;es 1990) ou la mondialisation (terme qu'il utilise plut&#244;t aujourd'hui), et surtout les d&#233;localisations d'usines, comme principale pr&#233;occupation des travailleurs et surtout principale source des maux sociaux. En parlant de mondialisme hier ou de mondialisation aujourd'hui, il tente d'assimiler toute forme d'internationalisme (des syndicats, de la gauche) aux maux qui accableraient les travailleurs fran&#231;ais : puisque &#171; les syndicats du syst&#232;me &#187; seraient eux aussi &#171; mondialistes &#187;, l'extr&#234;me droite serait &#171; la seule alternative &#187;. Par des actions telles que des distributions de tracts devant des usines (par exemple &#224; Moulinex, en octobre 1996, avec Bruno M&#233;gret) ou de br&#232;ves apparitions dans des manifestations syndicales (Le Havre, 1996), le FN cible surtout les d&#233;localisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FN op&#232;re donc au d&#233;but des ann&#233;es 1990 un virage qu'on peut qualifier de &#171; national-social &#187;. Il cherche d&#233;sormais &#224; s'&#233;riger en alternative &#224; la fois &#224; la gauche et &#224; la droite classique, se positionnant (par le verbe) &#171; contre le syst&#232;me &#187;. Suite &#224; la pr&#233;tendue &#171; mort du marxisme &#187; et de toute alternative &#224; gauche &#8211; une croyance qui se r&#233;pand suite &#224; la chute du mur de Berlin &#8211;, il se convainc qu'apr&#232;s avoir gagn&#233; 10 &#224; 15 % de l'&#233;lectorat venu de la droite classique, il en gagnera encore au moins autant venu de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#232;ges du FN croient ainsi arriver, seuls contre tous les partis politiques de &#171; l'establishment &#187;, &#224; des scores &#233;lectoraux avoisinant les 30 %. Mais entre 1995 &#224; 1998, ils doivent se rendre &#224; l'&#233;vidence : cela ne marche pas comme pr&#233;vu. En r&#233;action &#224; l'&#233;chec partiel de cette strat&#233;gie, ils acc&#233;l&#232;rent la cadence en cherchant d&#232;s lors &#224; cr&#233;er des relais en dehors des institutions de l'Etat : associations de locataires dans les HLM, une foultitude d'associations-satellites&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu des ann&#233;es 1990, le FN tente &#233;galement de mettre en &#339;uvre une politique &#171; syndicale &#187;. Il fonde de pseudo-syndicats qu'il contr&#244;le &#233;troitement (&#171; FN police &#187;, &#171; FN p&#233;nitentiaire &#187;, &#171; FN RATP &#187;) mais ceux-ci se voient interdire par la Justice de se pr&#233;valoir de la qualit&#233; de syndicats. Plus tard, il se cantonnera &#224; la t&#226;che d'attirer vers lui des militants des v&#233;ritables organisations syndicales, sans mener pour autant un v&#233;ritable travail &#224; l'int&#233;rieur de leurs organisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique que le parti d'extr&#234;me droite cherche &#224; mettre en place dans cette p&#233;riode (1995/98) ressemble en partie &#224; celle des mouvements fascistes historiques. Cela reste cependant cantonn&#233; &#224; une &#233;chelle bien plus modeste, loin des centaines de milliers de prol&#233;taires enr&#244;l&#233;s dans les SA du parti nazi allemand autour de 1930. Des cadres et des dirigeants useront parfois d'une rh&#233;torique se voulant &#171; r&#233;volutionnaire &#187;, pr&#233;tendant qu'ils sont en mesure de d&#233;fier &#171; le syst&#232;me &#187;. En octobre 1996, &#224; la sortie d'une r&#233;union publique &#224; Paris, Bruno Gollnisch participe ainsi &#224; une tentative de militants FN de proc&#233;der &#224; un d&#233;p&#244;t de gerbe (non autoris&#233;) sous l'Arc de Triomphe. Le policier en faction est soulev&#233; par des militants d'extr&#234;me droite et chass&#233; manu militari. &#171; C'est ainsi que commencent les r&#233;volutions ! &#187; s'&#233;crie alors Gollnisch. Quatre jour plus tard, &#224; Montceau-les-Mines, le service d'ordre du FN &#8211; le d&#233;sormais fameux DPS &#8211; attaque une contre-manifestation avec une violence consid&#233;rable. On peut ainsi observer les germes d'un comportement qui singe une vraie dynamique fasciste. M&#234;me si les conditions historiques ne se pr&#234;tent alors pas &#224; une tentative de renverser la R&#233;publique bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, cette strat&#233;gie n'aboutit pas aux r&#233;sultats escompt&#233;s : les forces de gauche, mais surtout les forces syndicales, r&#233;sistent encore relativement bien &#8211; les ann&#233;es 1995 &#224; 1998 sont riches en gr&#232;ves et luttes sociales. Et une partie des anciens &#233;lecteurs de droite, plut&#244;t conservateurs ou r&#233;actionnaires, qui avaient &#233;t&#233; gagn&#233;s dans la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente, quittent le navire vers 1995 : ils ne comprennent pas trop que le FN, &#224; leurs yeux, &#171; gauchise &#187; son discours social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise strat&#233;gique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, le FN des ann&#233;es 1995-1998 aura connu une progression importante en termes d'enracinement militant. Mais la vie de ce parti n'est pas qu'un long fleuve tranquille. Ses changements d'orientation, mais aussi l'&#233;chec partiel de ses strat&#233;gies, vont conduire &#224; une crise et &#224; une rupture : suite &#224; la lutte pour le pouvoir entre Jean-Marie Le Pen et Bruno M&#233;gret, la grande scission du FN pendant l'hiver 1998/99, provoquant une v&#233;ritable implosion de son appareil militant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bruno M&#233;gret avait fait sienne l'id&#233;e que, tant que la &#171; strat&#233;gie de la grande alternative &#187; &#8211; visant &#224; chasser la gauche et la droite classique &#8211; ne portait pas ses fruits, il fallait envisager des alliances au moins locales avec cette droite classique. En Italie, une premi&#232;re coalition droite-extr&#234;me droite (regroupant le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, le MSI postfasciste qui deviendra Alliance nationale en 1995, et la Ligue du Nord) gouverne le pays en 1994. Cela inspire certains cadres plus jeunes du FN, tandis que Jean-Marie Le Pen reste convaincu qu'il incarne &#171; l'homme providentiel &#187;, que le peuple reconna&#238;tra quand viendra l'heure fatidique d'une crise grave, et pr&#233;f&#232;re ne pas s'engager dans cette voie. Et surtout, voyant Bruno M&#233;gret mettre en &#339;uvre une politique d'alliance, suite aux &#233;lections r&#233;gionales du 15 mars 1998, dans plusieurs conseils r&#233;gionaux (en faisant &#233;lire des pr&#233;sidents d'ex&#233;cutifs r&#233;gionaux tels que Charles Million en Rh&#244;ne-Alpes), le vieux chef commence &#224; craindre de perdre le contr&#244;le de son parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean-Marie Le Pen pousse alors son &#171; d&#233;l&#233;gu&#233; g&#233;n&#233;ral &#187; (c'est le titre officiel de M&#233;gret), num&#233;ro deux et id&#233;ologue en chef du parti d'extr&#234;me droite, vers la sortie. Suite aux licenciements de plusieurs de ses proches auparavant employ&#233;s dans l'appareil FN, M&#233;gret entre en r&#233;bellion en d&#233;cembre 1998, et se fait imm&#233;diatement exclure du parti. Jean-Marie Le Pen n'attend que ce moment pour lancer une grande purge, ridiculisant publiquement les troupes &#8211; &#171; petite minorit&#233; d'extr&#233;mistes, d'activistes et peut-&#234;tre m&#234;me de racistes &#187; &#8211; de &#171; Nabot-l&#233;on &#187;, comme il qualifiera M&#233;gret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir perdu la bataille pour le nom &#171; FN &#187; devant les tribunaux, la minorit&#233; exclue tente de se regrouper dans un nouveau parti, le Mouvement national r&#233;publicain (MNR). Mais la scission &#233;choue politiquement : M&#233;gret attire &#224; lui, &#224; la fois, les n&#233;onazis et les jeunes activistes &#171; radicaux &#187; les plus remuants (un militant et candidat MNR, Maxime Brunerie, tirera le 14 juillet 2002 sur le pr&#233;sident Jacques Chirac) et de jeunes cadres bien form&#233;s et avides de participation au pouvoir. Ces deux milieux sont, en effet, impatients vis-&#224;-vis du vieux chef Le Pen que M&#233;gret et les siens consid&#232;rent &#171; d&#233;sormais comme un boulet pour son parti, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; sa chance &#187;. Or, le mariage entre les deux tendances ne fonctionne pas. Par ailleurs, M&#233;gret, qui jouait auparavant le r&#244;le d'&#233;minence grise du chef et d'intellectuel-id&#233;ologue, ne passe pas comme &#171; figure capable d'incarner un chef &#187; aux yeux du public d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec patent de la scission, le FN maintenu (&#171; canal historique &#187;) r&#233;siste, mais devient une coquille vide. Apr&#232;s une saign&#233;e de militants &#8211; il en reste 15 000 sur les 42 000 &#224; jour de cotisation de la fin 1998 &#8211;, mais surtout le d&#233;part de la majorit&#233; des cadres et de la moiti&#233; des &#233;lus, le parti se r&#233;duit aux &#233;l&#233;ments les plus &#226;g&#233;s et les plus passifs, ceux qui ne remettent pas en cause le chef. Le FN se transforme en boutique &#233;lectorale et n'a gu&#232;re d'activit&#233;s en dehors de ces p&#233;riodes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, l'&#233;v&#233;nement du 21 avril 2002 &#8211; avec un Jean-Marie Le Pen qui acc&#232;de au second tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle, o&#249; il &#171; se ramasse &#187; cependant face &#224; Jacques Chirac &#8211; ne constitue gu&#232;re plus qu'un feu de paille. Lorsque le candidat Nicolas Sarkozy effectue, en 2006-2007, une OPA sur l'&#233;lectorat du FN (en multipliant les gestes symboliques tels que l'annonce de la cr&#233;ation d'un &#171; minist&#232;re de l'identit&#233; nationale &#187;, ou en recourant aux services de l'id&#233;ologue Patrick Buisson), celle-ci semble d'abord r&#233;ussir. Le FN, apr&#232;s avoir connu des scores de 15 % depuis une d&#233;cennie, tombe &#224; 10,5 % lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2007, puis &#224; 4,3 % aux l&#233;gislatives de juin 2007 : cela fait 25 ans qu'il n'a pas connu pareil &#233;chec. Son avenir semble alors en jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Succession et rebond&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est que lorsque Jean-Marie Le Pen accepte enfin d'ouvrir les portes de sa succession &#224; la t&#234;te du FN &#8211; apr&#232;s avoir compris compris qu'une succession &#171; biologique &#187;, d'ordre familial et dynastique, est possible &#8211;, que le parti se remet &#224; flot. C'est &#224; peu pr&#232;s au m&#234;me moment, en 2010, que commence le reflux vers l'extr&#234;me droite d'anciens &#233;lecteurs du FN qui &#233;taient pass&#233;s &#224; l'UMP de Sarkozy. Cela devient visible aux r&#233;gionales de mars 2010, o&#249; le FN remonte parfois tr&#232;s fortement, obtenant une moyenne de 17 % pour ses listes pr&#233;sentes au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 janvier 2011, Marine Le Pen reprend la pr&#233;sidence du FN lors du congr&#232;s qui se tient &#224; Tours. Elle remobilise le parti, m&#234;me si ce dernier connait plusieurs scissions &#8211; plut&#244;t vers la droite, port&#233;es par des &#233;l&#233;ments tels que Carl Lang ou Pierre Vial qui n'acceptent pas la &#171; modernisation id&#233;ologique &#187; promise par Marine Le Pen. Les m&#233;dias, souvent fascin&#233;s par la nouvelle pr&#233;sidente du FN &#8211; une &#171; bonne cliente &#187;, photog&#233;nique, sachant parler, relativement jeune &#8211; pr&#233;sentent alors son discours sous l'angle de la nouveaut&#233;, le FN &#171; s'int&#233;ressant d&#233;sormais aussi au social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la nouvelle chef du parti d'extr&#234;me droite ne fait que mettre au go&#251;t du jour les recettes en mati&#232;re &#233;conomique et sociale d&#233;j&#224; test&#233;es dans les ann&#233;es 1990, avec un discours plus liss&#233; dans la forme. C'est ainsi qu'elle utilise davantage le terme de &#171; mondialisation &#187; (utilis&#233; aussi par d'autres forces pour d&#233;crire les changements dans la division internationale du travail, une r&#233;alit&#233; &#233;conomique objective), l&#224; o&#249; le p&#232;re parlait plut&#244;t de &#171; mondialisme &#187;, un terme plus id&#233;ologique qui pouvait tout aussi bien englober d'autres ph&#233;nom&#232;nes tels que l'universalit&#233; des droits de l'homme, l'internationalisme, ou le &#171; complot &#187; mondial fantasm&#233; (juif, ma&#231;onnique...). Marine Le Pen recentre le discours affich&#233;, en tentant de le faire appara&#238;tre plus &#171; objectif &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la vraie nouveaut&#233; de la p&#233;riode qui s'ouvre aujourd'hui ne r&#233;side pas tant dans le comportement du FN lui-m&#234;me. Elle r&#233;side dans la crise avec toutes ses cons&#233;quences, une crise qui risque d'ouvrir de nouvelles opportunit&#233;s inou&#239;es &#224; cette extr&#234;me droite, en France comme sur le plan international. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour un Ordre nouveau, avril 1973, &#171; Qu'est-ce que la droite nationale &#187;, J.-M. Le Pen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Le PFN participera notamment &#224; la campagne pr&#233;sidentielle de Val&#233;ry Giscard d'Estaing en 1974.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Affiche &#233;lectorale, 1978.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans la revue l'Anticapitaliste n&#176;55, juin 2014. &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Elections europ&#233;ennes : Conna&#238;tre et combattre l'Europe des extr&#234;mes droites</title>
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		<dc:date>2014-05-13T12:39:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'issue des &#233;lections europ&#233;ennes qui se tiendront le 25 mai prochain (le 22 mai sur les &#238;les britanniques), il est fort probable que l'extr&#234;me droite sortira avec un poids renforc&#233; au Parlement europ&#233;en. Mais il est aussi fort improbable qu'elle pourra reproduire &#224; Strasbourg tous les faits et gestes pratiqu&#233;s &#171; &#224; la maison &#187;... &lt;br class='autobr' /&gt; Ainsi, le 13 f&#233;vrier 2014, deux d&#233;put&#233;s du Parlement hongrois ont montr&#233; qu'ils ne tergiversaient pas avec l'Union europ&#233;enne. Tam&#225;s Gaudi-Nagy, d&#233;put&#233; du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-13&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17660-33297.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'issue des &#233;lections europ&#233;ennes qui se tiendront le 25 mai prochain (le 22 mai sur les &#238;les britanniques), il est fort probable que l'extr&#234;me droite sortira avec un poids renforc&#233; au Parlement europ&#233;en. Mais il est aussi fort improbable qu'elle pourra reproduire &#224; Strasbourg tous les faits et gestes pratiqu&#233;s &#171; &#224; la maison &#187;...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi, le 13 f&#233;vrier 2014, deux d&#233;put&#233;s du Parlement hongrois ont montr&#233; qu'ils ne tergiversaient pas avec l'Union europ&#233;enne. Tam&#225;s Gaudi-Nagy, d&#233;put&#233; du parti fasciste Jobbik, et Bal&#225;zs Lenhardt, d&#233;put&#233; non inscrit mais ancien membre du Jobbik, se sont saisis du drapeau de l'Union europ&#233;enne et ont jet&#233; par la fen&#234;tre le drapeau &#233;toil&#233; qui ornait jusque-l&#224; le fronton du Parlement. Ce drapeau symbolisait, selon les mots des deux d&#233;put&#233;s, &#171; la colonisation de la Hongrie &#187; par des forces &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une d&#233;monstration &#171; virile &#187; qui n'est pas pour d&#233;plaire au FN fran&#231;ais&#8230; bien que ce dernier s'y prenne par des m&#233;thodes un peu diff&#233;rentes de celles appliqu&#233;es par l'extr&#234;me droite hongroise. Deux drapeaux de l'Union europ&#233;enne se trouvaient, jusqu'&#224; tr&#232;s r&#233;cemment, &#224; la mairie de Fr&#233;jus (Var), l'un plac&#233; sur le balcon, l'autre dans le bureau du maire de la ville. Or, le nouveau maire de Fr&#233;jus est membre du FN : David Rachline, 26 ans, militant depuis douze ans et admirateur de Jean-Marie Le Pen. Avant qu'il ne soit &#233;lu, Rachline avait promis d'enlever les drapeaux &#233;toil&#233;s de la mairie : &#171; Ils n'ont rien &#224; y faire ! &#187; Une fois &#233;lu, et alors qu'il tentait de montrer une image &#171; rassurante &#187; et institutionnalis&#233;e, il d&#233;clara cependant que ce n'&#233;tait pas l'urgence de l'heure de les enlever, qu'il avait autre chose &#224; faire. Puis on a appris quelques jours plus tard que le drapeau du balcon de la mairie avait bel et bien disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux belles illustrations des rapports &#224; l'UE de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne, et l'occasion pour l'Anticapitaliste de se pencher sur la strat&#233;gie de cette Europe brune &#224; quelques jours des &#233;lections europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une critique r&#233;actionnaire de l'Union europ&#233;enne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas des partisans inconditionnels de l'Union europ&#233;enne telle qu'elle fonctionne aujourd'hui. De notre point de vue, l'&#233;chelle institutionnelle europ&#233;enne constitue un nouveau niveau de prise de d&#233;cisions &#233;conomiques et politiques investi par la bourgeoisie, qui tente ainsi de contourner certains obstacles qui entravent son offensive dans les &#201;tats-membres. Mais les luttes pour les droits des salari&#233;Es, des exploit&#233;Es et des populations en g&#233;n&#233;ral doivent aussi &#234;tre men&#233;es &#224; ce niveau-l&#224;. C'est tout le contraire de l'extr&#234;me droite qui attaque le cadre europ&#233;en car il est sup&#233;rieur aux &#201;tats nationaux...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les extr&#234;mes droites de tous les pays du continent f&#233;tichisent cette question du niveau o&#249; sont prises les d&#233;cisions, au lieu de se concentrer avant tout sur le contenu des d&#233;cisions, et donc de mettre &#224; nu les rapports de forces politiques et sociaux dont elles sont le r&#233;sultat. C'est le fait m&#234;me que des choix soient effectu&#233;s &#224; un niveau &#171; supra-national &#187;, au lieu de l'&#234;tre dans le cadre des &#201;tats-nations &#8211; mod&#232;le politique traditionnel de la bourgeoisie depuis 150 &#224; 200 ans &#8211;, qui est pr&#233;sent&#233; comme intrins&#232;quement mauvais. Comme si des choix de soci&#233;t&#233;, qui seraient act&#233;s par un gouvernement national au nom de la &#171; guerre &#233;conomique &#187; (qui oppose actuellement plut&#244;t des &#171; grands ensembles &#187; r&#233;gionaux : UE, &#201;tats-Unis ou Chine, mais qui existe de fa&#231;on plus larv&#233;e aussi entre les &#201;tats membres de l'Union), seraient forc&#233;ment meilleurs ! Dans l'&#233;tat actuel du rapport de forces entre les classes, ils ne le seraient assur&#233;ment pas, d'autant plus que cette guerre &#233;conomique serait encore exacerb&#233;e entre les diff&#233;rents pays europ&#233;ens, si une majeure partie des d&#233;cisions &#233;taient renationalis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il serait tout &#224; fait l&#233;gitime de d&#233;noncer l'absence d'espaces v&#233;ritablement d&#233;mocratiques au niveau de l'Union : par exemple, le Parlement europ&#233;en n'est m&#234;me pas un v&#233;ritable parlement bourgeois dans la mesure o&#249; il ne poss&#232;de pas l'initiative des lois. Dans l'&#233;tat actuel des choses, il doit &#234;tre consult&#233; et donner son avis, parfois son accord, sur les projets de loi europ&#233;ens (directives ou r&#232;glements). Mais il ne peut pas proposer des textes, pr&#233;rogative qui appartient au seul pouvoir ex&#233;cutif : la Commission de Bruxelles qui doit saisir et le Parlement et le Conseil europ&#233;en, ce dernier repr&#233;sentant les gouvernements nationaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'Europe des nations &#187; en guise de d&#233;mocratie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, ce n'est pas du tout le caract&#232;re peu d&#233;mocratique de cette proc&#233;dure &#8211; y compris sous l'angle du fonctionnement normal d'une d&#233;mocratie bourgeoise &#8211; qui est critiqu&#233; par l'extr&#234;me droite. Au contraire, celle-ci voudrait revenir &#224; une &#171; Europe des nations &#187;, o&#249; les coop&#233;rations rel&#232;vent pour l'essentiel des seuls m&#233;canismes intergouvernementaux. Cela signifie que les pouvoirs ex&#233;cutifs nationaux s'arrangeraient entre eux, et &#233;ventuellement avec une administration situ&#233;e au niveau europ&#233;en, sur les &#171; compromis &#187; souhait&#233;s. Au lieu de s'engager vers plus de d&#233;mocratie, on s'en &#233;loignerait encore consid&#233;rablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut parier que de tels arrangements seraient bien trouv&#233;s, si jamais la vision de l'extr&#234;me droite devait l'emporter &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne&#8230; mais &#224; l'exclusion totale de toute &#171; immixtion &#187; par les Parlements, voire les populations et les soci&#233;t&#233;s civiles ! Somme toute, ce n'est pas forc&#233;ment le fait de d&#233;cider au niveau europ&#233;en qui d&#233;range le plus l'extr&#234;me droite. Le premier &#224; avoir temporairement &#171; unifi&#233; &#187; l'Europe continentale au 20e si&#232;cle, c'&#233;tait le pouvoir hitl&#233;rien, mais on sait par quelles m&#233;thodes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui d&#233;range plus profond&#233;ment l'extr&#234;me droite, c'est premi&#232;rement le fait que l'Union europ&#233;enne actuelle, historiquement fond&#233;e sur l'instauration puis l'extension d'un march&#233;, ne refl&#232;te pas une image de volont&#233; de puissance politique. De plus, en raison de cette primaut&#233; de l'&#233;conomique, des m&#233;canismes de la concurrence et de la libert&#233; de circulation des capitaux, l'extr&#234;me droite r&#233;clame une composante plus &#171; charnelle &#187; qui manque &#224; ses yeux. Elle pourrait se r&#233;clamer d'une Europe qui s'afficherait comme celle de &#171; la race blanche &#187;, ouvertement fond&#233;e sur des crit&#232;res de pseudo-appartenance ethnique, et/ou sur une identification &#171; culturelle &#187; ou &#171; civilisationnelle &#187; commune. Mais les interpr&#233;tations divergent &#224; l'extr&#234;me droite sur ce qui devrait fonder une telle Europe : devrait-elle &#234;tre d'essence chr&#233;tienne, ou alors renouer avec une identit&#233; pr&#233;-chr&#233;tienne, pa&#239;enne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Moins d'UE ! &#187; pour l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant qu'elle puisse imposer ses visions, l'extr&#234;me droite du continent europ&#233;en se retrouve dans une d&#233;nonciation commune de l'Union europ&#233;enne, telle qu'elle existe. Ses impr&#233;cations trouvent &#8211; c'est ce qu'il faut craindre en tout cas &#8211; un &#233;cho plus large dans le contexte de la crise et des politiques d'aust&#233;rit&#233; exacerb&#233;es depuis 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP&#214; (&#171; Parti de la Libert&#233; d'Autriche &#187;) de Heinz-Christian Strache, dont le score d&#233;passera probablement les 20 %, a ainsi adopt&#233; toute une s&#233;rie de slogans de campagne qui se r&#233;f&#232;rent au rejet de l'Union actuelle. On trouve ainsi sur ses affiches pour la campagne des &#233;lections europ&#233;ennes des slogans tels que (sous forme de rime en version originale...) : &#171; L'Autriche change d'id&#233;es : Trop d'UE, c'est con ! &#187;, ou alors : &#171; Nous comprenons votre col&#232;re &#8211; Trop d'UE, ce n'est bon pour personne ! &#187;. Enfin, reprenant un refrain plus que classique dans toute l'extr&#234;me droite du continent : &#171; D'abord nous, l'Autriche, et ensuite l'UE ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Luxembourg, c'est le parti nationaliste ADR (&#171; Parti r&#233;formiste d'alternative d&#233;mocratique &#187;) qui affiche le slogan : &#171; Moins d'Europe, plus de Luxembourg ! &#187; Quant au PVV (&#171; Parti de la libert&#233; &#187; n&#233;erlandais) du tribun anti-musulman Geert Wilders, il affiche : &#171; Moins d'UE ! &#187; R&#233;cemment, ce parti a fait calculer par une agence de notation britannique, &#171; Capital Economics &#187;, le pr&#233;tendu gain que r&#233;aliserait les Pays-Bas en cas de retrait de l'Union europ&#233;enne... Pr&#233;sent&#233;e le 6 f&#233;vrier 2014 &#224; La Haye, l'&#233;tude arrive au r&#233;sultat demand&#233; par le parti qui l'avait command&#233; : les Pays-Bas seraient pr&#233;tendument plus riches sans l'Union europ&#233;enne !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les droites sous influences...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu du climat politique actuel en Europe, on trouve des slogans similaires aussi chez des partis politiques bourgeois qui n'appartiennent pas &#224; l'extr&#234;me droite. En Italie, c'est le cas du parti &#171; Forza Italia &#187;, fond&#233; en 1994 par Silvio Berlusconi. Il s'agit ici plus d'un parti-entreprise sans id&#233;ologie, vou&#233; au &#171; marketing &#187; politique, que d'une formation d'extr&#234;me droite (stricto sensu), bien que ce parti ait gouvern&#233; &#224; plusieurs reprises avec des forces d'extr&#234;me droite. Or, pour les &#233;lections europ&#233;ennes &#224; venir, le parti &#171; Forza Italia &#187; se pr&#233;sente avec le slogan suivant : &#171; Plus d'Italie en Europe &#8211; moins d'Europe en Italie ! &#187; Un slogan pour le moins ambigu, mais dans lequel (transpos&#233; &#224; la France) pourrait aussi se reconna&#238;tre une partie de l'UMP. Celle-ci se pr&#233;sente avec un slogan non moins ambigu : &#171; L'Europe, nous l'aimons tellement que nous voulons la changer &#187;, cela alors que toute une frange du parti se voit attir&#233;e par les sir&#232;nes d'un discours &#171; souverainiste &#187; qui d&#233;nonce l'Union europ&#233;enne. Laurent Wauquiez, ex-porte-parole du gouvernement sous Nicolas Sarkozy et qui passait pour un &#171; pro-europ&#233;en convaincu &#187;, a ainsi largement &#233;volu&#233; vers cette autre frange politique de la bourgeoisie fran&#231;aise. Actuellement, il revendique ainsi un retour &#224; l'&#171; Europe des six &#187;, autrement dit, &#224; la configuration de la Communaut&#233; &#233;conomique europ&#233;enne (CEE), l'anc&#234;tre de l'UE, entre 1957 et 1973. Ce qui &#233;quivaut &#224; un d&#233;mant&#232;lement de la majeure partie de l'&#233;difice europ&#233;en construit depuis...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'int&#233;rieur de l'UMP, une fraction importante du parti d&#233;nonce d&#233;sormais ouvertement la libre circulation des travailleurEs, y compris &#224; l'int&#233;rieur de l'Union europ&#233;enne, mais surtout pour les ressortissants roumains et bulgares. Aussi, les clivages actuels du parti sur la &#171; question europ&#233;enne &#187; font se d&#233;lecter les cadres du FN, qui sp&#233;culent sur une exacerbation de ces clivages politiques...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les extr&#234;mes droites et le pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez peu probable que les diff&#233;rents partis d'extr&#234;me droite participeront &#224; Strasbourg &#224; la formation du futur ex&#233;cutif europ&#233;en. De plus, il est plus qu'improbable par ailleurs qu'ils obtiennent une majorit&#233; au futur Parlement europ&#233;en qui sortira des urnes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans une telle constellation, il ne faut pas s'attendre &#224; ce que ces m&#234;mes partis participent &#224; une large coalition au sein du Parlement europ&#233;en en vue de former la future commission : ils y perdraient leur positionnement habituel, consistant &#224; d&#233;noncer le plus bruyamment possible les institutions europ&#233;ennes dans leur fonctionnement actuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une majorit&#233; des partis d'extr&#234;me droite europ&#233;ens n'ont pas encore particip&#233;, sur la p&#233;riode historique r&#233;cente, &#224; des gouvernements nationaux. Certains partis le refusent d'ailleurs actuellement, au moins tant qu'ils ne sont pas en position de force et capables de s'imposer &#224; des alli&#233;s potentiels, en devenant d'abord la premi&#232;re force politique &#224; droite. C'est cela qui constitue actuellement la strat&#233;gie du FN fran&#231;ais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Italie, au c&#244;t&#233; de Berlusconi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, certains partis de la mouvance ont pris une part active &#224; la formation de coalitions gouvernementales, voire ont particip&#233; &#224; des ex&#233;cutifs. C'est le cas de deux formations de l'extr&#234;me droite italienne, puisqu'&#224; la fois la &#171; Ligue du Nord &#187; (parti r&#233;gionaliste et raciste fond&#233; en 1989) et les &#171; postfascistes &#187; de l'ancien parti MSI (n&#233;ofasciste, transform&#233; en 1995 en &#171; Alliance nationale &#187; &#8211; AN, puis partiellement absorb&#233; en 2009 par le rassemblement berlusconien &#171; Peuple de la libert&#233; &#187; &#8211; PDL) ont plusieurs fois particip&#233; &#224; des gouvernements. C'&#233;tait le cas des ex&#233;cutifs conduits par Silvio Berlusconi entre avril et d&#233;cembre 1994, puis de 2001 &#224; 2006, et encore de 2008 jusqu'en 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En Autriche, du pouvoir &#224; l'opposition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP&#214; a lui aussi particip&#233;, avec des ministres issus de ses rangs, &#224; un gouvernement f&#233;d&#233;ral. Au scrutin l&#233;gislatif du 3 octobre 1999, le parti alors dirig&#233; par J&#246;rg Haider avait atteint un score record de 27 % et d&#233;pass&#233; (pour la premi&#232;re fois) l&#233;g&#232;rement le parti de la droite classique OVP. Une longue n&#233;gociation avait abouti &#224; la formation d'un gouvernement commun du FP&#214; et du OVP. Ce dernier a &#233;t&#233; constitu&#233; en f&#233;vrier 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FP&#214; a plut&#244;t mal g&#233;r&#233; (et dig&#233;r&#233;) sa participation gouvernementale, alors que ses ministres commen&#231;aient parfois &#224; se notabiliser et &#224; s'autonomiser totalement du parti. Par exemple, le jeune et fringant ministre des Finances, Karl-Heinz Grasser, a fini par rejoindre la droite classique (tout en s'enrichissant personnellement...). De 27 % des voix, le FP&#214; a ainsi d&#233;gringol&#233;, d'abord &#224; 10 % des voix lors du scrutin l&#233;gislatif anticip&#233; fin 2002, puis &#224; 6 % aux &#233;lections europ&#233;ennes de 2004. En 2005, le parti a quitt&#233; la coalition gouvernementale, tout en se scindant en deux, le BZO ou &#171; Alliance Avenir Autriche &#187; issu de la scission restant encore dans l'ex&#233;cutif jusqu'en 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, depuis que l'extr&#234;me droite autrichienne a retrouv&#233; les bancs de l'opposition, elle s'est &#224; nouveau renforc&#233;e, et la scission a &#233;t&#233; quasiment absorb&#233;e depuis que J&#246;rg Haider a trouv&#233; la mort en octobre 2008. Aujourd'hui, le FP&#214; peut s'attendre &#224; des scores entre 20 % et 25 %, que ce soit au niveau national ou au scrutin europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au Danemark et aux Pays-Bas, des soutiens sans participation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Danemark et aux Pays-Bas, les partis d'extr&#234;me droite locaux sont d'essence plut&#244;t lib&#233;rale en mati&#232;re &#233;conomique, alors que le FN fran&#231;ais et le FP&#214; autrichien ont tous les deux effectu&#233; un tournant &#171; national-social &#187;, vers un discours protectionniste et misant sur la d&#233;magogie sociale. Ils ont tous les deux pratiqu&#233; le &#171; soutien sans participation &#187;. Le DFP (&#171; Parti du peuple danois &#187;) de Pia Kjaersgaard a soutenu des gouvernements minoritaires de droite, depuis octobre 2001 jusqu'au scrutin l&#233;gislatif du 15 septembre 2011. Son score a alors l&#233;g&#232;rement baiss&#233;, de 14 % &#224; un peu moins de 12 %. Or, depuis qu'il se trouve dans l'opposition, les intentions de vote pour le DFP ont &#224; nouveau augment&#233; dans les sondages, le pla&#231;ant dans les premiers mois de 2014 entre 19 % et 25 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Pays-Bas, c'est le PVV de Geert Wilders qui est entr&#233; dans une majorit&#233; parlementaire suite aux &#233;lections l&#233;gislatives du 9 juin 2010. Il soutenait alors une majorit&#233; de droite constitu&#233;e avec les chr&#233;tiens-d&#233;mocrates (CDA) et les lib&#233;raux de droite (VVD), ces derniers formant le gouvernement. Or, au printemps 2012, le PVV a fait &#233;clater l'alliance en s'opposant &#224; une mesure antisociale sur les retraites... alors qu'il soutenait par ailleurs les mesures d'aust&#233;rit&#233;. Il se trouve aujourd'hui dans l'opposition alors que son score a baiss&#233; de 17 % &#224; 10 % des voix apr&#232;s la fin de son alliance. Aujourd'hui, il est largement remont&#233; dans les sondages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le gouvernement norv&#233;gien contre l'immigration&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actuellement, le &#171; Parti du progr&#232;s &#187; (FrP) de Siv Jensen participe au gouvernement de la Norv&#232;ge, pays situ&#233; en Europe mais non membre de l'UE, suite aux &#233;lections de septembre 2013. Il a sept ministres. Le FrP &#233;tant, comme tous les partis d'extr&#234;me droite ou quasiment, un parti anti-immigration, il a imprim&#233; sa marque &#224; la politique norv&#233;gienne dans ce domaine. Le nombre d'expulsions effectivement pratiqu&#233;es a augment&#233; de 30 % pour l'ann&#233;e 2013, passant de 3 958 l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#224; 5 198.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alliance internationale r&#233;actionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs partis d'extr&#234;me droite en Europe ont gagn&#233; une certaine &#171; respectabilit&#233; &#187; institutionnelle, et se montrent donc plus regardants sur leurs alliances. Ainsi, le Jobbik hongrois &#233;tait alli&#233; de 2009 jusqu'en 2013 avec le FN fran&#231;ais dans le cadre de l'&#171; Alliance europ&#233;enne des mouvements nationaux &#187;, une alliance pr&#233;sid&#233;e par Bruno Gollnisch jusqu'&#224; ce que Marine Le Pen le somme de d&#233;missionner. Depuis, jug&#233; trop fascisant, Jobbik a &#233;t&#233; exclu de l'alliance form&#233;e par les principaux partis d'extr&#234;me droite. C'est la m&#234;me chose pour le parti grec &#171; Aube dor&#233;e &#187;, trop ouvertement hitl&#233;rien pour certains...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six partis d'extr&#234;me droite se sont retrouv&#233;s le 15 novembre 2013 &#224; Vienne pour sceller une alliance dans le cadre des &#233;lections europ&#233;ennes &#224; venir : le FP&#214; autrichien, le FN fran&#231;ais, la Ligue du Nord (Italie), le Vlaams Belang (Belgique), les &#171; D&#233;mocrates su&#233;dois &#187;, ainsi qu'un petit parti slovaque, le SNS. Ils se sont fix&#233; comme objectif de constituer &#224; l'avenir &#171; le troisi&#232;me groupe du Parlement europ&#233;en &#187;. Autrement dit, le groupe le plus fort derri&#232;re ceux du &#171; Parti populaire europ&#233;en &#187; (PPE, qui regroupe la droite classique) et de la social-d&#233;mocratie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un septi&#232;me parti, le PVV hollandais, fera aussi partie de l'alliance, son pr&#233;sident Geert Wilders ayant rencontr&#233; Marine Le Pen le 13 novembre &#224; La Haye. Wilders a appel&#233; alors les partis scandinaves d'extr&#234;me droite &#224; rejoindre la coalition, une proposition imm&#233;diatement rejet&#233;e par le DFP danois. En effet, hors de question pour ce dernier de s'allier avec le FN fran&#231;ais jug&#233; trop antis&#233;mite, en tout cas tant que Jean-Marie Le Pen continue &#224; avoir un certain poids dans le parti...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dossier r&#233;alis&#233; par Bertold du Ryon (Commission nationale antifasciste)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans l'Hebdo L'Anticapitaliste - 241 (08/05/2014). &lt;a href=&#034;http://www.npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Elections europ&#233;ennes : le paysage contrast&#233; des extr&#234;mes droites</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Elections-europeennes-le-paysage-contraste-des-extremes-droites</link>
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		<dc:date>2014-04-22T12:12:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bertold du Ryon</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-04-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nombreux seront les pays qui enverront &#224; Strasbourg davantage de d&#233;put&#233;s d'extr&#234;me droite que sous la mandature 2009 &#224; 2014. Les effets de la crise &#233;conomique et sociale qui a marqu&#233; l'ensemble de cette p&#233;riode, la m&#233;fiance accrue vis-&#224;-vis des politiques et des institutions de l'Union europ&#233;enne ou encore les d&#233;ceptions engendr&#233;es par plusieurs gouvernements &#171; de gauche &#187; risquent de favoriser ces formations. &lt;br class='autobr' /&gt;
Int&#233;ressante d&#233;cision des juges allemands&#8230; &lt;br class='autobr' /&gt;
Par ailleurs, la d&#233;cision r&#233;cente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-04-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-04-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17368-c2acf.jpg?1677554994' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nombreux seront les pays qui enverront &#224; Strasbourg davantage de d&#233;put&#233;s d'extr&#234;me droite que sous la mandature 2009 &#224; 2014. Les effets de la crise &#233;conomique et sociale qui a marqu&#233; l'ensemble de cette p&#233;riode, la m&#233;fiance accrue vis-&#224;-vis des politiques et des institutions de l'Union europ&#233;enne ou encore les d&#233;ceptions engendr&#233;es par plusieurs gouvernements &#171; de gauche &#187; risquent de favoriser ces formations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1908 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/Europe-Extreme-Droite-1.jpg?1908/8ad467d5396fc269d681c127b0f9d1b5db5a499a9bb783bcad0ee9f490051e50&#034; class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='JPEG - 69.9 kio' type=&#034;image/jpeg&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/Europe-Extreme-Droite-1-ccb04-2a347.jpg?1674940764' width='150' height='111' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Int&#233;ressante d&#233;cision des juges allemands&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, la d&#233;cision r&#233;cente du tribunal constitutionnel f&#233;d&#233;ral d'Allemagne &#8211; qui a supprim&#233;, le 26 f&#233;vrier 2014, toute barri&#232;re minimale &#224; l'entr&#233;e du parlement europ&#233;en &#8211; augmente fortement les chances de l'extr&#234;me droite allemande d'y avoir des d&#233;put&#233;s. Jusqu'ici, une barri&#232;re sous forme d'un seuil minimum de 5 % des voix &#233;tait appliqu&#233;e aux &#233;lections nationales en Allemagne, mais abaiss&#233;e (depuis 2011) &#224; 3 % pour les &#233;lections europ&#233;ennes. Or, en ce mois de f&#233;vrier 2014, les juges constitutionnels allemands ont d&#233;cid&#233; que cette nouvelle barri&#232;re &#233;tait elle aussi contraire &#224; la constitution allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique de leur d&#233;cision repose sur le fait que le parlement europ&#233;en n'a aucun pouvoir face &#224; l'ex&#233;cutif. Si la barri&#232;re des 5 % se justifie en Allemagne, par la n&#233;cessit&#233; de former des majorit&#233;s et des oppositions stables face &#224; l'ex&#233;cutif (dans un contexte de scrutin proportionnel), la m&#234;me n&#233;cessit&#233; n'existerait pas au parlement europ&#233;en... Le parlement de Strasbourg ne faisant pas le poids, ce n'est pas tr&#232;s grave s'il est plus &#171; &#233;parpill&#233; &#187; ! Voil&#224;, en tout cas, l'int&#233;ressante logique de cette d&#233;cision des juges allemands&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le pays le plus peupl&#233; de l'Union pourrait envoyer des d&#233;put&#233;s appartenant, non pas &#224; une formation de droite nationaliste ou d'extr&#234;me droite, mais &#224; plusieurs &#224; la fois. De l'AfD (&#171; Alternative pour l'Allemagne &#187;), parti souverainiste et &#171; eurosceptique &#187; auquel les sondages promettent environ 5 %, jusqu'au NPD &#8211; une formation quasi ouvertement n&#233;onazie qui existe depuis 1964, mais a &#233;t&#233; marginale pendant la plupart de son existence &#8211;, il existe toute une gamme de formations politiques &#224; droite de la droite. Comme il suffira d'environ 1 % des voix exprim&#233;es pour d&#233;crocher un si&#232;ge &#224; Strasbourg, cela semble &#224; port&#233;e m&#234;me du NPD, dont les &#233;nergies militantes sont galvanis&#233;es par cette perspective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une unit&#233; non &#233;vidente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la forte probabilit&#233; que l'extr&#234;me droite voie sa pr&#233;sence au parlement europ&#233;en renforc&#233;e ne signifie pas qu'elle y constituera de fa&#231;on certaine un bloc soud&#233; et puissant. Le pass&#233; r&#233;cent a montr&#233; que des divisions se sont facilement fait jour entre diff&#233;rentes formations d'extr&#234;me droite, &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne. Ainsi, le premier groupe parlementaire commun form&#233; par de tels partis &#224; Strasbourg, de 1989 &#224; 1994, a explos&#233; au bout de quelques mois sur fond de rivalit&#233;s entre les n&#233;ofascistes italiens du MSI (&#171; Mouvement social italien &#187;) et les &#171; Republikaner &#187; ouest-allemands. Alors que les &#171; REPs &#187; allemands &#8211; qui ont d&#251; quitter le parlement europ&#233;en en 1994 &#8211; insistaient sur le &#171; caract&#232;re allemand &#187; du &#171; Tyrol du sud &#187; (la province italienne du Haut-Adige, pass&#233;e en 1918 de l'Autriche &#224; l'Italie), cela d&#233;plaisait fort aux eurod&#233;put&#233;s italiens du MSI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, rebelote : sous la pr&#233;sidence de Bruno Gollnisch, une vingtaine d'eurod&#233;put&#233;s d'extr&#234;me droite venant d'une petite dizaine de pays (France, Italie, Belgique, Autriche, Roumanie et Bulgarie&#8230;) r&#233;ussirent &#224; former un groupe. Le nombre minimum d'eurod&#233;put&#233;s, exig&#233; pour la formation d'un groupe, &#233;tait atteint suite &#224; l'entr&#233;e de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'Union. A l'&#233;poque, ces deux pays comptaient des formations d'extr&#234;me droite fortes : le &#171; Parti de la Grande Roumanie &#187; (PRM) et le parti bulgare Ataka, m&#234;me si leur poids s'est relativis&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, au cours de la m&#234;me ann&#233;e, le groupe s'est d&#233;sagr&#233;g&#233; &#224; nouveau : il explosa en novembre 2007, suite &#224; une vague de pogroms en Italie dirig&#233;e contre des Roms, sur fond de rumeurs attribuant des crimes (viols) &#224; ce groupe de population. En plein &#233;lan, l'eurod&#233;put&#233;e italienne Alessandra Mussolini &#8211; oui, la &#171; petite-fille de&#8230; &#187; &#8211; s'&#233;cria un peu trop fortement qu'il fallait virer tous les Roumains d'Italie, y compris l'ambassadeur de ce pays. Les eurod&#233;put&#233;s roumains du PRM protest&#232;rent vivement, insistant sur le fait que selon eux, il ne fallait surtout pas &#171; confondre &#187; Roms et Roumains&#8230; Le groupe explosa et, par la suite, les forces d'extr&#234;me droite ne r&#233;ussirent plus &#224; atteindre le nombre minimum de d&#233;put&#233;s exig&#233; (relev&#233; &#224; 25 suite &#224; l'&#233;lection de 2009).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2013, un regroupement partiel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, plusieurs forces d'extr&#234;me droite se pr&#233;sentent ensemble aux prochaines &#233;lections europ&#233;ennes. Le 15 novembre 2013, six d'entre elles ont conclu un pacte &#233;lectoral &#224; Vienne. C'est le FP&#214; de Heinz-Christian Strache (&#171; Parti de la libert&#233; d'Autriche &#187;, fond&#233; en 1956 puisque la surveillance des Alli&#233;s contre une r&#233;surgence d'un parti h&#233;ritier du nazisme fut lev&#233;e en 1955, suite au Trait&#233; de neutralit&#233;) qui les a accueillies dans la capitale autrichienne. Les autres participants &#233;taient le FN fran&#231;ais &#8211; repr&#233;sent&#233; &#224; l'occasion par sa d&#233;put&#233;e Marion Mar&#233;chal-Le Pen &#8211;, le Vlaams Belang (&#171; Int&#233;r&#234;t flamand &#187;) de Belgique, la Ligue du Nord (italienne), les &#171; D&#233;mocrates su&#233;dois/SD &#187; ainsi qu'un parti nationaliste slovaque, le SNS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre parti n'&#233;tait pas pr&#233;sent &#224; Vienne, mais Marine Le Pen avait rencontr&#233; son chef deux jours plus t&#244;t, le 13 novembre &#224; La Haye. Il s'agit du &#171; Parti pour la libert&#233; &#187; (PVV) n&#233;erlandais, dont le fondateur et chef Geert Wilders avait donn&#233; &#224; cette occasion une conf&#233;rence de presse commune avec la pr&#233;sidente du FN. Au m&#234;me moment, ils s'&#233;taient &#233;galement promis mutuellement de travailler ensemble avant la prochaine &#233;lection europ&#233;enne puis, apr&#232;s le scrutin, au futur parlement. Cependant, au moins un parti entretenant une relation suivie avec Geert Wilders, et qui fut appel&#233; par ce dernier &#224; se joindre aussi &#224; l'alliance, a publiquement d&#233;clin&#233; l'offre. Le 14 novembre 2013, le porte-parole du &#171; Parti du peuple danois &#187; (DFP), Soren Sondergaard, d&#233;clara qu'il &#233;tait hors de question de s'allier avec le FN fran&#231;ais : Jean-Marie Le Pen avait selon lui encore trop de pouvoir au sein de ce parti, dont l'histoire &#233;tait (toujours selon Sondergaard) trop fortement marqu&#233;e par l'empreinte de l'antis&#233;mitisme. Ce dernier ne fait gu&#232;re partie de l'h&#233;ritage du PVV n&#233;erlandais ni du DFP au Danemark, des formations avant tout oppos&#233;es &#224; l'immigration musulmane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le FN fran&#231;ais a exclu, le 15 f&#233;vrier 2014, de coop&#233;rer avec certaines formations en Europe. En font partie : le Jobbik hongrois (trop antis&#233;mite et trop amateur de nationalismes asiatiques, dont le nationalisme turc), Aube Dor&#233;e en Gr&#232;ce (trop ouvertement n&#233;onazi) et le parti bulgare Ataka (trop violent dans son discours).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dehors m&#234;me des luttes li&#233;es &#224; des rivalit&#233;s nationalistes, le paysage de l'extr&#234;me droite en Europe ne pr&#233;sente pas un visage uniforme. Il est en effet travers&#233; par une s&#233;rie de clivages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etat-nation, r&#233;gions, Europe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs partis d'extr&#234;me droite sont adeptes d'un centralisme fort &#224; l'&#233;chelle de l'Etat-nation. C'est le cas en France du FN (auquel s'opposent sur ce point les &#171; Identitaires &#187;, adeptes des &#171; identit&#233;s enracin&#233;es r&#233;gionales &#187; compl&#233;t&#233;es par les &#171; identit&#233;s nationale et europ&#233;enne &#187;). Le FN pr&#233;sente ainsi les r&#233;gions comme des &#171; parasites &#187; qui visent &#224; affaiblir l'Etat-nation ; agissant &#8211; dans une sorte de mouvement de pince &#8211; de concert avec l'Union europ&#233;enne, elles repr&#233;senteraient une menace envers la souverainet&#233; de la nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce point de vue est loin d'&#234;tre partag&#233; par l'ensemble des forces d'extr&#234;me droite. Certaines d'entre elles sont au contraire adeptes d'une r&#233;gionalisation pouss&#233;e, voire de l'ind&#233;pendance d'une r&#233;gion particuli&#232;re, oppos&#233;e au reste du pays. Notamment la Ligue du Nord en Italie. Ce parti raciste et r&#233;gionaliste, fond&#233; en 1989, a oscill&#233; au fil des ans entre ind&#233;pendantisme et f&#233;d&#233;ralisme &#224; l'&#233;chelle de l'Italie. Il s'est oppos&#233; sur la question de l'unit&#233; nationale aux h&#233;ritiers du MSI (l'ancien Mouvement social italien, n&#233;ofasciste), alors que les deux forces ont appartenu ensemble &#224; plusieurs gouvernements, depuis la formation du premier cabinet de Silvio Berlusconi, en avril 1994. Dans ses premi&#232;res ann&#233;es, la Ligue du Nord avait m&#234;me plastronn&#233; qu'au sud de Rome &#171; commence l'Afrique &#187;. Au fond, elle consid&#232;re que ces gens du Sud italien &#171; paresseux et gangr&#233;n&#233;s par la mafia &#187; ne font qu'engloutir l'argent gagn&#233; dans le Nord industrialis&#233;. Aujourd'hui, elle a un peu mod&#233;r&#233; le ton vis-&#224;-vis des autres parties de l'Italie, tout en durcissant celui qu'elle emploie contre l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est encore plus clairement le cas du Vlaams Belang en Belgique, h&#233;ritier depuis 2004 du Vlaams Blok (Bloc flamand), formellement dissous apr&#232;s la disparition de son financement public pour cause de racisme trop pouss&#233;. Sous son ancien comme sous son nouveau nom, ce parti avance le slogan &#171; Belgie barst &#187;, traduit en fran&#231;ais &#171; Que la Belgique cr&#232;ve ! &#187; H&#233;ritier du nationalisme flamand, notamment de ses courants qui ont collabor&#233; avec l'Allemagne nazie pendant la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, il milite pour l'ind&#233;pendance d'une Flandre qui quitterait le royaume belge pour &#233;ventuellement s'associer avec les Pays-Bas voisins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; du cas flamand r&#233;side dans le fait que cette partie nord de la Belgique a &#233;t&#233;, historiquement, opprim&#233;e linguistiquement et marginalis&#233;e &#233;conomiquement (la grande bourgeoisie &#233;tant francophone depuis le 19e si&#232;cle), avant que la situation ne se renverse &#224; partir des ann&#233;es 1960. Aujourd'hui, la Flandre est la partie de loin la plus riche de la Belgique, sur fond de crise de l'ancienne industrie lourde concentr&#233;e en Wallonie. Alors que le nationalisme flamand garde un c&#244;t&#233; revanchard, en souvenir de l'ancienne position subalterne de la Flandre &#224; l'int&#233;rieur du royaume de Belgique, ses positions se combinent aujourd'hui en m&#234;me temps avec des positions n&#233;olib&#233;rales (notamment quand il s'agit de casser le syst&#232;me de s&#233;curit&#233; sociale belge, en rompant toute p&#233;r&#233;quation financi&#232;re et toute solidarit&#233; entre les r&#233;gions). N&#233;anmoins, le Vlaams Belang se trouve en perte de vitesse depuis 2009, dans la mesure o&#249; un parti nationaliste-flamand de droite dure, mais n'ayant pas de racines fascistes contrairement au VB, s'est mis &#224; chasser sur ses terres. Celui-ci, la &#171; Nouvelle alliance flamande &#187; (N-VA), est aujourd'hui devenu le parti dominant en Flandre, dirig&#233; par Bart de Wever qui est devenu maire d'Anvers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les alliances avec la droite &#171; traditionnelle &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le positionnement vis-&#224;-vis d'une &#233;ventuelle participation gouvernementale ou (en tout cas) &#224; une majorit&#233; parlementaire est un autre facteur de division. Aujourd'hui, la majorit&#233; des partis &#171; &#224; droite de la droite &#187; dot&#233;s en Europe de l'Ouest d'une certaine surface &#233;lectorale ont particip&#233; &#224; des majorit&#233;s parlementaires. Le DFP Danemark a soutenu un gouvernement conservateur-lib&#233;ral d'octobre 2001 &#224; septembre 2011, le PVV des Pays-Bas l'a fait de juin 2010 &#224; avril 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres sont m&#234;me entr&#233; dans des cabinets gouvernementaux. Ainsi, diff&#233;rentes forces de l'extr&#234;me droite italienne &#8211; Ligue du Nord, MSI puis une partie de ses h&#233;ritiers &#8211; ont particip&#233; &#224; trois gouvernements dirig&#233;s par Silvio Berlusconi, en 1994, de 2001 &#224; 2006, puis entre 2008 et 2013. Le FP&#214; autrichien a lui aussi envoy&#233; des ministres dans un gouvernement commun avec le parti conservateur et chr&#233;tien-social &#214;VP (&#171; Parti du peuple autrichien &#187;) entre 2000 et 2005/06.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La particularit&#233; du cas autrichien r&#233;side dans le fait que le FP&#214; avait obtenu en octobre 1999 un nombre de voix (autour de 27 %) l&#233;g&#232;rement sup&#233;rieur &#224; celui de l'&#214;VP, derri&#232;re la social-d&#233;mocratie. Mais par la suite il d&#233;gringola rapidement : 10 % aux &#233;lections anticip&#233;es (suite &#224; une crise gouvernementale) de novembre 2002, 6 % aux &#233;lections europ&#233;ennes de juin 2004. Ce n'est qu'apr&#232;s &#234;tre rentr&#233; dans l'opposition et suite &#224; sa scission (temporaire) de 2005 qu'il retrouva des scores plus importants. Par ailleurs, en dehors de l'Union europ&#233;enne, le &#171; Parti du progr&#232;s &#187; (FrP) de Norv&#232;ge, anti-imp&#244;ts et anti-immigration, participe avec sept ministres au gouvernement depuis octobre 2013.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, le FN fran&#231;ais a toujours refus&#233; d'&#234;tre le partenaire minoritaire d'une alliance avec la droite &#8211; qui pour une s&#233;rie de raisons n'y est pas non plus favorable. De m&#234;me des partis &#224; forte rh&#233;torique &#171; anti-syst&#232;me &#187;, tels que le NPD allemand, ne peuvent-ils aucunement s'attendre &#224; &#234;tre int&#233;gr&#233;s dans une alliance, &#224; court ou moyen terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le positionnement &#233;conomique et social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une troisi&#232;me ligne de clivage est la question du positionnement &#233;conomique et social, qui rejoint partiellement celle de la possibilit&#233; d'une alliance avec la droite classique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs partis d'extr&#234;me droite adoptent avant tout un discours de d&#233;fense de la (surtout petite) propri&#233;t&#233;, du refus de l'imp&#244;t et du partage ; m&#234;me si cet aspect est ethnicis&#233;, en promettant aux pauvres &#171; nationaux &#187; d'&#234;tre toujours mieux trait&#233;s que les pauvres &#171; allochtones &#187;. Un tel discours reste largement compatible avec celui de la droite conservatrice ou lib&#233;rale, n'emp&#234;chant donc aucunement une alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais d'autres formations misent sur une r&#233;cup&#233;ration de la col&#232;re sociale et du m&#233;contentement populaire, tentant (au besoin en renfor&#231;ant un discours bas&#233; sur le &#171; complot contre les nations et les travailleurs &#187;, et/ou en ayant recours &#224; un antis&#233;mitisme &#224; connotation &#233;conomique) de se pr&#233;senter comme une force de revanche sociale. Il s'agit pour elles d'appara&#238;tre comme une alternative &#171; radicale &#187; y compris aux forces conservatrices et r&#233;actionnaires bourgeoises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier positionnement est typiquement celui des partis anti-immigration et anti-imp&#244;ts de l'Europe du nord, par exemple le &#171; Parti du progr&#232;s &#187; en Norv&#232;ge, qui ne se veulent nullement anticapitalistes ni m&#234;me antilib&#233;raux. Le second a &#233;t&#233; adopt&#233; en totalit&#233; ou en partie, suite &#224; un tournant &#171; national-social &#187; les &#233;loignant d'un positionnement initial plut&#244;t ultralib&#233;ral, par des formations telles que le FN fran&#231;ais ou le FP&#214; autrichien. Mais cela rend plus difficile et plus contradictoire une &#233;ventuelle alliance avec des forces de la droite &#171; classique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Paru dans la Revue L'Anticapitaliste n&#176;53 (avril 2014). &lt;a href=&#034;http://npa2009.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://npa2009.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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