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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>L'&#233;cologie politique du pape et les appels &#224; sortir des &#233;nergies fossiles (1, 2, 3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-ecologie-politique-du-pape-et-les-appels-a-sortir-des-energies-fossiles-1-2-3</link>
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		<dc:date>2025-04-29T10:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-04-29</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous republions trois billets de Jean Gadrey sur l'encyclique du pape Fran&#231;ois sur les changements climatiques. Ces billets permettent de bien appr&#233;cier le position du pape Fran&#231;ois sur cet enjeu essentiel. Ce texte a d'abord &#233;t&#233; publi&#233; sur Presse-toi &#224; gauche en 2015. Il est tir&#233; du blog de Jean Gadrey. (PTAG) &lt;br class='autobr' /&gt; Les mauvaises nouvelles sur l'&#233;tat et sur l'avenir du climat et de &#171; la plan&#232;te &#187; se succ&#232;dent r&#233;guli&#232;rement, mais je les ai report&#233;es &#224; un billet ult&#233;rieur, car autant les &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-04-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-04-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L102xH150/arton22635-0edde.png?1781758602' class='spip_logo spip_logo_right' width='102' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous republions trois billets de Jean Gadrey sur l'encyclique du pape Fran&#231;ois sur les changements climatiques. Ces billets permettent de bien appr&#233;cier le position du pape Fran&#231;ois sur cet enjeu essentiel. Ce texte a d'abord &#233;t&#233; publi&#233; sur Presse-toi &#224; gauche en 2015. Il est tir&#233; du blog de Jean Gadrey. (PTAG)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les mauvaises nouvelles sur l'&#233;tat et sur l'avenir du climat et de &#171; la plan&#232;te &#187; se succ&#232;dent r&#233;guli&#232;rement, mais je les ai report&#233;es &#224; un billet ult&#233;rieur, car autant les &#171; grands d&#233;cideurs &#187; semblent pour l'instant d'une faiblesse coupable, complice, ou criminelle, autant les choses bougent du c&#244;t&#233; de la soci&#233;t&#233; civile, laquelle vient de recevoir un puissant renfort avec l'encyclique du pape Fran&#231;ois (version int&#233;grale ici en cliquant sur l'ic&#244;ne)).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2379 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.pressegauche.org/IMG/pdf/encyclique_pape.pdf?2379/ca0d008aab5765ba9dd597a35d6227f08133b66f2eec1f7a179416394df264a5' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 953.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1783364866' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ce billet et dans les deux suivants je pr&#233;sente des extraits tr&#232;s bri&#232;vement comment&#233;s de CET ECRIT A MON SENS HISTORIQUE, y compris pour le non croyant et militant d'une &#233;cologie sociale radicale que je suis. J'y ai en effet trouv&#233; beaucoup d'autres motifs d'accord que ce que j'ai lu jusqu'ici dans la presse, qui en a fait une lecture trop souvent &#233;dulcorante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce premier billet, il ne s'agira que du chapitre 1, qui contient un diagnostic sans complaisance, remarquablement clair, argument&#233; sur une base scientifique, mais &#233;galement socialement &#171; engag&#233;, &#224; la fois de l'&#233;tat de d&#233;labrement de la &#171; maison commune &#187;, des risques d'effondrement, et des responsabilit&#233;s humaines, mais pas de tous les humains&#8230; Les passages en majuscules sont de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;PREMIERS EXTRAITS : POLLUTIONS, CLIMAT, EAU&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La terre, notre maison commune, semble se transformer toujours davantage en un immense d&#233;potoir. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le climat est un bien commun, de tous et pour tous&#8230; BEAUCOUP DE CEUX QUI DETIENNENT PLUS DE RESSOURCES ET DE POUVOIR ECONOMIQUE OU POLITIQUE SEMBLENT SURTOUT S'EVERTUER A MASQUER LES PROBLEMES ou &#224; occulter les sympt&#244;mes, en essayant seulement de r&#233;duire certains impacts n&#233;gatifs du changement climatique. Mais beaucoup de sympt&#244;mes indiquent que ces effets ne cesseront pas d'empirer si nous maintenons les mod&#232;les actuels de production et de consommation. (p. 10-11) &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut r&#233;duire les &#233;missions en &#171; rempla&#231;ant l'utilisation de combustibles fossiles et en accroissant des sources d'&#233;nergie renouvelable &#187;. (p. 11)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire personnel : le pape ne pr&#233;conise pas le nucl&#233;aire comme voie de sortie&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
La question de l'eau est trait&#233;e pages 11-12. Avec en particulier ceci : &#171; Tandis que la qualit&#233; de l'eau disponible se d&#233;t&#233;riore constamment, il y a une tendance croissante, &#224; certains endroits, &#224; privatiser cette ressource limit&#233;e, TRANSFORMEE EN MARCHANDISE SUJETTE AUX LOIS DU MARCHE. En r&#233;alit&#233;, l'acc&#232;s &#224; l'eau potable et s&#251;re est un droit humain primordial, fondamental et universel, parce qu'il d&#233;termine la survie des personnes, et par cons&#233;quent il est une condition pour l'exercice des autres droits humains. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA BIODIVERSITE ET LE CERCLE VICIEUX DES INTERVENTIONS SUPPOSEES REPARER LES DOMMAGES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vient ensuite le th&#232;me de &#171; la perte de biodiversit&#233; &#187;, dont toutes les grandes dimensions sont trait&#233;es avec pr&#233;cision. Extraits : &#171; il ne suffit pas de penser aux diff&#233;rentes esp&#232;ces seulement comme &#224; d'&#233;ventuelles &#171; ressources &#187; exploitables, en oubliant qu'elles ont UNE VALEUR EN ELLES-MEMES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les constants d&#233;sastres provoqu&#233;s par l'&#234;tre humain appellent une nouvelle intervention de sa part, si bien que l'activit&#233; humaine devient omnipr&#233;sente, avec tous les risques que cela implique. Il se cr&#233;e en g&#233;n&#233;ral un cercle vicieux o&#249; l'intervention de l'&#234;tre humain pour r&#233;soudre une difficult&#233;, bien des fois, aggrave encore plus la situation&#8230; en regardant le monde, nous remarquons que CE NIVEAU D'INTERVENTION HUMAINE, FREQUEMMENT AU SERVICE DES FINANCES ET DU CONSUMERISME, fait que la terre o&#249; nous vivons devient en r&#233;alit&#233; moins riche et moins belle, toujours plus limit&#233;e et plus grise, tandis qu'en m&#234;me temps le d&#233;veloppement de la technologie et des offres de consommation continue de progresser sans limite. Il semble ainsi que nous pr&#233;tendions SUBSTITUER &#224; une beaut&#233;, irrempla&#231;able et irr&#233;cup&#233;rable, une autre cr&#233;&#233;e par nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On ne peut pas non plus ignorer les &#233;normes int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques internationaux qui, sous pr&#233;texte de les sauvegarder, peuvent porter atteinte aux souverainet&#233;s nationales. De fait, il existe &#171; des propositions d'internationalisation de l'Amazonie, qui servent uniquement des INTERETS ECONOMIQUES DES CORPORATIONS TRANSNATIONALES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;INEGALITE PLANETAIRE (ECOLOGIE SOCIALE) ET DEMOGRAPHIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Aujourd'hui, nous ne pouvons pas nous emp&#234;cher de reconna&#238;tre qu'une vraie approche &#233;cologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit INTEGRER LA JUSTICE DANS LES DISCUSSIONS SUR L'ENVIRONNEMENT, pour &#233;couter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Accuser l'augmentation de la population et non le consum&#233;risme extr&#234;me et s&#233;lectif de certains est une fa&#231;on de ne pas affronter les probl&#232;mes. On pr&#233;tend l&#233;gitimer ainsi le mod&#232;le de distribution actuel o&#249; UNE MINORITE SE CROIT LE DROIT DE CONSOMMER DANS UNE PROPORTION QU'IL SERAIT IMPOSSIBLE DE GENERALISER, parce que la plan&#232;te ne pourrait m&#234;me pas contenir les d&#233;chets d'une telle consommation. En outre, nous savons qu'on gaspille approximativement un tiers des aliments qui sont produits, et &#171; que lorsque l'on jette de la nourriture, c'est comme si l'on volait la nourriture &#224; la table du pauvre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA DETTE ECOLOGIQUE ET LA RESPONSABILITE DES MULTINATIONALES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarquable reprise ici des th&#232;mes de la dette &#233;cologique (voir ce billet : La dette &#233;cologique du Nord vis-&#224;-vis du Sud) et de la justice environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a, en effet, une vraie &#171; DETTE ECOLOGIQUE &#187;, particuli&#232;rement entre le Nord et le Sud, li&#233;e &#224; des d&#233;s&#233;quilibres commerciaux, avec des cons&#233;quences dans le domaine &#233;cologique, et li&#233;e aussi &#224; l'utilisation disproportionn&#233;e des ressources naturelles, historiquement pratiqu&#233;e par certains pays. Les exportations de diverses mati&#232;res premi&#232;res pour satisfaire les march&#233;s du Nord industrialis&#233; ont caus&#233; des dommages locaux, comme la pollution par le mercure dans l'exploitation de l'or ou par le dioxyde de soufre dans l'exploitation du cuivre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut sp&#233;cialement tenir compte de l'utilisation de l'espace environnemental de toute la plan&#232;te, quand il s'agit de stocker les d&#233;chets gazeux qui se sont accumul&#233;s durant deux si&#232;cles et ont g&#233;n&#233;r&#233; une situation qui affecte actuellement tous les pays du monde. Le r&#233;chauffement caus&#233; par l'&#233;norme consommation de certains pays riches a des r&#233;percussions sur les r&#233;gions les plus pauvres de la terre, sp&#233;cialement en Afrique, o&#249; l'augmentation de la temp&#233;rature jointe &#224; la s&#233;cheresse fait des ravages au d&#233;triment du rendement des cultures. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui suit est un terrible r&#233;quisitoire contre les multinationales :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; &#192; cela, s'ajoutent les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par l'exportation vers les pays en d&#233;veloppement des d&#233;chets solides ainsi que de liquides toxiques, et par l'activit&#233; polluante d'entreprises qui s'autorisent dans les pays moins d&#233;velopp&#233;s ce qu'elles ne peuvent dans les pays qui leur apportent le capital : &#171; Nous constatons que souvent les entreprises qui agissent ainsi sont des multinationales, qui font ici ce qu'on ne leur permet pas dans des pays d&#233;velopp&#233;s ou du d&#233;nomm&#233; premier monde. G&#233;n&#233;ralement, en cessant leurs activit&#233;s et en se retirant, elles laissent de grands passifs humains et environnementaux tels que le ch&#244;mage, des populations sans vie, l'&#233;puisement de certaines r&#233;serves naturelles, la d&#233;forestation, l'appauvrissement de l'agriculture et de l'&#233;levage local, des crat&#232;res, des coteaux tritur&#233;s, des fleuves contamin&#233;s et quelques &#339;uvres sociales qu'on ne peut plus maintenir &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La terre des pauvres du Sud est riche et peu pollu&#233;e, mais L'ACCES A LA PROPRIETE DES BIENS ET AUX RESSOURCES POUR SATISFAIRE LES BESOINS VITAUX LEUR EST INTERDIT PAR UN SYSTEME DE RELATIONS COMMERCIALES ET DE PROPRIETE STRUCTURELLEMENT PERVERS. Il faut que les pays d&#233;velopp&#233;s contribuent &#224; solder cette dette, en limitant de mani&#232;re significative la consommation de l'&#233;nergie non renouvelable et en apportant des ressources aux pays qui ont le plus de besoins, pour soutenir des politiques et des programmes de d&#233;veloppement durable &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : il serait bon que la pape se prononce sur les APE (accords dits de &#171; partenariat &#233;conomique &#187; entre l'Europe et l'Afrique, voir ce billet) car j'ai peu de doute sur le fait qu'il ne pourrait que les condamner s&#233;v&#232;rement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA FAIBLESSE DES REACTIONS POLITIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les derni&#232;res citations de ce chapitre, on ne trouve pas les termes de &#171; capitalisme financier &#187;. Mais vous en reconnaitrez ais&#233;ment les traits caract&#233;ristiques.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La faiblesse de la r&#233;action politique internationale est frappante. LA SOUMISSION DE LA POLITIQUE A LA TECHNOLOGIE ET AUX FINANCES se r&#233;v&#232;le dans l'&#233;chec des Sommets mondiaux sur l'environnement. Il y a trop d'int&#233;r&#234;ts particuliers, et tr&#232;s facilement l'int&#233;r&#234;t &#233;conomique arrive &#224; pr&#233;valoir sur le bien commun et &#224; manipuler l'information pour ne pas voir affect&#233;s ses projets. En ce sens, le Document d'Aparecida r&#233;clame que &#171; dans les interventions sur les ressources naturelles ne pr&#233;dominent pas les int&#233;r&#234;ts des groupes &#233;conomiques qui ravagent d&#233;raisonnablement les sources de la vie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire : c'est bien pour cela qu'il faut condamner vigoureusement l'invitation faite &#224; des multinationales &#171; qui ravagent &#187; l'environnement de soutenir la COP 21, et de s'en pr&#233;valoir dans leur communication, ce qui a d&#233;j&#224; commenc&#233;. Voir ce billet : &#171; Conf&#233;rence sur le climat (COP 21) : la France d&#233;roule le tapis rouge pour les multinationales les plus polluantes ! &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Pendant ce temps, LES POUVOIRS ECONOMIQUES CONTINUENT DE JUSTIFIER LE SYSTEME MONDIAL ACTUEL, OU PRIMENT UNE SPECULATION ET UNE RECHERCHE DU REVENU FINANCIER QUI TENDENT A IGNORER TOUT CONTEXTE, DE MEME QUE LES EFFETS SUR LA DIGNITE HUMAINE ET SUR L'ENVIRONNEMENT &#187;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une plus grande attention est requise de la part de la politique pour pr&#233;venir et pour s'attaquer aux causes qui peuvent provoquer de nouveaux conflits. Mais C'EST LE POUVOIR LIE AUX SECTEURS FINANCIERS QUI RESISTE LE PLUS A CET EFFORT&#8230; Pourquoi veut-on pr&#233;server aujourd'hui un pouvoir qui laissera dans l'histoire le souvenir de son incapacit&#233; &#224; intervenir quand il &#233;tait urgent et n&#233;cessaire de le faire ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'esp&#233;rance nous invite &#224; reconna&#238;tre qu'il y a toujours une voie de sortie, que nous pouvons toujours repr&#233;ciser le cap, que nous pouvons toujours faire quelque chose pour r&#233;soudre les probl&#232;mes. Cependant, DES SYMPTOMES D'UN POINT DE RUPTURE SEMBLENT S'OBSERVER, &#224; cause de la rapidit&#233; des changements et de la d&#233;gradation, qui se manifestent tant dans des catastrophes naturelles r&#233;gionales que dans des crises sociales ou m&#234;me financi&#232;res, &#233;tant donn&#233; que les probl&#232;mes du monde ne peuvent pas &#234;tre analys&#233;s ni s'expliquer de fa&#231;on isol&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Certaines r&#233;gions sont d&#233;j&#224; particuli&#232;rement en danger et, ind&#233;pendamment de toute pr&#233;vision catastrophiste, IL EST CERTAIN QUE L'ACTUEL SYSTEME MONDIAL EST INSOUTENABLE DE DIVERS POINTS DE VUE, PARCE QUE NOUS AVONS CESSE DE PENSER AUX FINS DE L'ACTION HUMAINE &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;L'&#233;cologie politique du pape et les appels &#224; sortir des &#233;nergies fossiles (2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je poursuis dans la s&#233;lection de passages &#224; mon sens particuli&#232;rement importants, souvent percutants, de cette encyclique historique. Les intertitres sont de moi. Petite histoire : selon Fox News, cha&#238;ne ultraconservatrice, ce pape est &#171; l'homme le plus dangereux de la plan&#232;te &#187;. Un &#171; sacr&#233; &#187; compliment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHAPITRE 2 : EXTRAITS, SUR LES DROITS FONDAMENTAUX, LA PROPRIETE PRIVEE ET LES BIENS COMMUNS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Quand on propose une vision de la nature uniquement comme objet de profit et d'int&#233;r&#234;t, cela a aussi de s&#233;rieuses cons&#233;quences sur la soci&#233;t&#233;&#8230; Toute approche &#233;cologique doit incorporer une perspective sociale qui prenne en compte les droits fondamentaux des plus d&#233;favoris&#233;s. LE PRINCIPE DE SUBORDINATION DE LA PROPRIETE PRIVEE A LA DESTINATION UNIVERSELLE DES BIENS et, par cons&#233;quent, le droit universel &#224; leur usage, est une &#171; r&#232;gle d'or &#187; du comportement social, et &#171; le premier principe de tout l'ordre &#233;thico-social &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout paysan a le droit naturel de poss&#233;der un lot de terre raisonnable, o&#249; il puisse &#233;tablir sa demeure, travailler pour la subsistance de sa famille et avoir la s&#233;curit&#233; de l'existence. Ce droit doit &#234;tre garanti pour que son exercice ne soit pas illusoire mais r&#233;el. Cela signifie que, en plus du titre de propri&#233;t&#233;, le paysan doit compter sur les moyens d'&#233;ducation technique, sur des cr&#233;dits, des assurances et la commercialisation &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'environnement est un bien collectif, patrimoine de toute l'humanit&#233;, sous la responsabilit&#233; de tous&#8230; Les &#233;v&#234;ques de Nouvelle Z&#233;lande se sont demand&#233;s ce que le commandement &#171; tu ne tueras pas &#187; signifie quand &#171; vingt pour cent de la population mondiale consomment les ressources de telle mani&#232;re qu'ils volent aux nations pauvres, et aux futures g&#233;n&#233;rations, ce dont elles ont besoin pour survivre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHAPITRE 3 : EXTRAITS SUR LA TECHNOSCIENCE, LE PRODUCTIVISME, LA CROISSANCE ILLIMITEE ET LA CULTURE ECOLOGIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La technoscience, bien orient&#233;e, non seulement peut produire des choses r&#233;ellement pr&#233;cieuses pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie de l'&#234;tre humain, depuis les objets usuels pour la maison jusqu'aux grands moyens de transport, ponts, &#233;difices, lieux publics, mais encore est capable de produire du beau et de &#171; projeter &#187; dans le domaine de la beaut&#233; l'&#234;tre humain immerg&#233; dans le monde mat&#233;riel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous ne pouvons pas ignorer que l'&#233;nergie nucl&#233;aire, la biotechnologie, l'informatique, la connaissance de notre propre ADN et d'autres capacit&#233;s que nous avons acquises, nous donnent un terrible pouvoir. Mieux, elles donnent &#224; ceux qui ont la connaissance, et surtout le pouvoir &#233;conomique d'en faire usage, UNE EMPRISE IMPRESSIONNANTE SUR L'ENSEMBLE DE L'HUMANITE et sur le monde entier.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'intervention humaine sur la nature s'est toujours v&#233;rifi&#233;e, mais longtemps elle a eu comme caract&#233;ristique d'accompagner, de se plier aux possibilit&#233;s qu'offrent les choses elles-m&#234;mes&#8230; Maintenant, en revanche, ce qui int&#233;resse c'est d'extraire tout ce qui est possible des choses par l'imposition de la main de l'&#234;tre humain, qui tend &#224; ignorer ou &#224; oublier la r&#233;alit&#233; m&#234;me de ce qu'il a devant lui&#8230; DE LA, ON EN VIENT FACILEMENT A L'IDEE D'UNE CROISSANCE INFINIE OU ILLIMITEE, qui a enthousiasm&#233; beaucoup d'&#233;conomistes, de financiers et de technologues. Cela suppose le mensonge de la disponibilit&#233; infinie des biens de la plan&#232;te, qui conduit &#224; la &#171; presser &#187; jusqu'aux limites et m&#234;me au-del&#224; des limites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, la technique a un penchant pour chercher &#224; tout englober dans sa logique de fer, et l'homme qui poss&#232;de la technique &#171; sait que, en derni&#232;re analyse, CE QUI EST EN JEU DANS LA TECHNIQUE, CE N'EST NI L'UTILITE, NI LE BIEN-ETRE, MAIS LA DOMINATION : une domination au sens le plus extr&#234;me de ce terme &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; Le march&#233; ne garantit pas en soi le d&#233;veloppement humain int&#233;gral ni l'inclusion sociale. En attendant, nous avons un &#171; surd&#233;veloppement, o&#249; consommation et gaspillage vont de pair, ce qui contraste de fa&#231;on inacceptable avec des situations permanentes de mis&#232;re d&#233;shumanisante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; LA CULTURE ECOLOGIQUE ne peut pas se r&#233;duire &#224; une s&#233;rie de r&#233;ponses urgentes et partielles aux probl&#232;mes qui sont en train d'appara&#238;tre par rapport &#224; la d&#233;gradation de l'environnement, &#224; l'&#233;puisement des r&#233;serves naturelles et &#224; la pollution. Elle DEVRAIT ETRE UN REGARD DIFFERENT, UNE PENSEE, UNE POLITIQUE, UN PROGRAMME EDUCATIF, UN STYLE DE VIE ET UNE SPIRITUALITE QUI CONSTITUERAIENT UNE RESISTANCE FACE A L'AVANCEE DU PARADIGME TECHNOCRATIQUE&#8230; Chercher seulement un rem&#232;de technique &#224; chaque probl&#232;me environnemental qui surgit, c'est isoler des choses qui sont entrelac&#233;es dans la r&#233;alit&#233;, et c'est se cacher les vraies et plus profondes questions du syst&#232;me mondial. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; LA LIBERATION PAR RAPPORT AU PARADIGME TECHNOCRATIQUE REGNANT a lieu, de fait, en certaines occasions, par exemple, quand des communaut&#233;s de petits producteurs optent pour des syst&#232;mes de production moins polluants, en soutenant un mode de vie, de bonheur et de cohabitation non consum&#233;riste ; ou bien quand la technique est orient&#233;e prioritairement pour r&#233;soudre les probl&#232;mes concrets des autres, avec la passion de les aider &#224; vivre avec plus de dignit&#233; et moins de souffrances &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remarque (Jean Gadrey) : pour &#234;tre honn&#234;te, je vous livre aussi cette citation qui ne peut susciter de ma part le m&#234;me enthousiasme que la quasi totalit&#233; de l'encyclique :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Puisque tout est li&#233;, la d&#233;fense de la nature n'est pas compatible non plus avec la justification de l'avortement &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA NECESSITE DE PRESERVER LE TRAVAIL ET LA PETITE PAYSANNERIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans n'importe quelle approche d'une &#233;cologie int&#233;grale qui n'exclue pas l'&#234;tre humain, il est indispensable d'incorporer la valeur du travail&#8230; dans la r&#233;alit&#233; sociale mondiale actuelle, au-del&#224; des int&#233;r&#234;ts limit&#233;s des entreprises et d'une rationalit&#233; &#233;conomique discutable, il est n&#233;cessaire que &#171; l'on continue &#224; se donner comme objectif prioritaire L'ACCES AU TRAVAIL&#8230; POUR TOUS &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les &#233;conomies d'&#233;chelle, sp&#233;cialement dans le secteur agricole, finissent par forcer les petits agriculteurs &#224; vendre leurs terres ou &#224; abandonner leurs cultures traditionnelles&#8230; Les autorit&#233;s ont le droit et la responsabilit&#233; de prendre des mesures de soutien clair et ferme aux petits producteurs et &#224; la vari&#233;t&#233; de la production. Pour qu'il y ait une libert&#233; &#233;conomique dont tous puissent effectivement b&#233;n&#233;ficier, il peut parfois &#234;tre n&#233;cessaire de mettre des limites &#224; ceux qui ont plus de moyens et de pouvoir financier &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CRITIQUE DES OGM&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est difficile d'&#233;mettre un jugement g&#233;n&#233;ral sur les d&#233;veloppements de transg&#233;niques (OMG), v&#233;g&#233;taux ou animaux, &#224; des fins m&#233;dicales ou agropastorales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me en l'absence de preuves irr&#233;futables du pr&#233;judice que pourraient causer les c&#233;r&#233;ales transg&#233;niques aux &#234;tres humains, et m&#234;me si, dans certaines r&#233;gions, leur utilisation est &#224; l'origine d'une croissance &#233;conomique qui a aid&#233; &#224; r&#233;soudre des probl&#232;mes, il y a des difficult&#233;s importantes qui ne doivent pas &#234;tre relativis&#233;es. En de nombreux endroits, suite &#224; l'introduction de ces cultures, on constate une concentration des terres productives entre les mains d'un petit nombre, due &#224; &#171; la disparition progressive des petits producteurs, qui, en cons&#233;quence de la perte de terres exploitables, se sont vus oblig&#233;s de se retirer de la production directe &#187;. Les plus fragiles deviennent des travailleurs pr&#233;caires, et beaucoup d'employ&#233;s ruraux finissent par migrer dans de mis&#233;rables implantations urbaines. L'EXTENSION DE LA SURFACE DE CES CULTURES DETRUIT LE RESEAU COMPLEXE DES ECOSYSTEMES, diminue la diversit&#233; productive, et compromet le pr&#233;sent ainsi que l'avenir des &#233;conomies r&#233;gionales. Dans plusieurs pays, on per&#231;oit une tendance au d&#233;veloppement des oligopoles dans la production de grains et d'autres produits n&#233;cessaires &#224; leur culture, et la d&#233;pendance s'aggrave encore avec la production de grains st&#233;riles qui finirait par obliger les paysans &#224; en acheter aux entreprises productrices &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CHAPITRE 4 : UNE ECOLOGIE INTEGRALE &#171; QUI A CLAIREMENT DES DIMENSIONS HUMAINES ET SOCIALES &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est fondamental de chercher des solutions int&#233;grales qui prennent en compte les interactions des syst&#232;mes naturels entre eux et avec les syst&#232;mes sociaux. Il n'y a pas deux crises s&#233;par&#233;es, l'une environnementale et l'autre sociale, mais une seule et complexe crise socio-environnementale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a, avec le patrimoine naturel, un patrimoine historique, artistique et culturel, &#233;galement menac&#233;. Il fait partie de l'identit&#233; commune d'un lieu &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il est indispensable d'accorder une attention sp&#233;ciale aux COMMUNAUTES ABORIGENES et &#224; leurs traditions culturelles. Elles ne constituent pas une simple minorit&#233; parmi d'autres, mais elles doivent devenir les principaux interlocuteurs, surtout lorsqu'on d&#233;veloppe les grands projets qui affectent leurs espaces. En effet, la terre n'est pas pour ces communaut&#233;s un bien &#233;conomique, mais un don de Dieu et des anc&#234;tres qui y reposent, un espace sacr&#233; avec lequel elles ont besoin d'interagir pour soutenir leur identit&#233; et leurs valeurs. Quand elles restent sur leurs territoires, ce sont pr&#233;cis&#233;ment elles qui les pr&#233;servent le mieux. Cependant, en diverses parties du monde, elles font l'objet de pressions pour abandonner leurs terres afin de les laisser libres pour des projets d'extraction ainsi que pour des projets agricoles et de la p&#234;che, qui ne pr&#234;tent pas attention &#224; la d&#233;gradation de la nature et de la culture &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cologie politique du pape et les appels &#224; sortir des &#233;nergies fossiles (3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce troisi&#232;me billet de la s&#233;rie est consacr&#233; aux deux derniers chapitres (5 et 6) de l'encyclique. Je rappelle que les intertitres sont de moi, mais pour le reste, je ne vois pas de diff&#233;rence notable, sur le fond, entre les citations de ce billet et les analyses d'Attac, des Amis de la Terre, du CCFD, des objecteurs de croissance, ou celles que je propose r&#233;guli&#232;rement sur ce blog ou encore dans mon livre r&#233;cent (avec Aurore Lalucq) &#171; Faut-il donner un prix &#224; la nature ? &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le chapitre 5 propose &#171; quelques lignes d'orientation &#187;. Extraits :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour affronter les probl&#232;mes de fond qui ne peuvent pas &#234;tre r&#233;solus par les actions de pays isol&#233;s, un consensus mondial devient indispensable &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Nous savons que la technologie reposant sur les combustibles fossiles tr&#232;s polluants &#8211; surtout le charbon, mais aussi le p&#233;trole et, dans une moindre mesure, le gaz &#8211; a besoin d'&#234;tre remplac&#233;e, progressivement et sans retard &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; La Conf&#233;rence des Nations unies sur le d&#233;veloppement durable, d&#233;nomm&#233;e Rio + 20, a &#233;mis UN LONG ET INEFFICACE DOCUMENT FINAL. Les n&#233;gociations internationales ne peuvent pas avancer de mani&#232;re significative en raison de la position des pays qui mettent leurs int&#233;r&#234;ts nationaux au-dessus du bien commun g&#233;n&#233;ral &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il reste vrai qu'il y a des RESPONSABILITES COMMUNES MAIS DIFFERENCIEES, simplement parce que&#8230; les pays qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; d'un degr&#233; &#233;lev&#233; d'industrialisation, au prix d'une &#233;norme &#233;mission de gaz &#224; effet de serre, ont une plus grande responsabilit&#233; dans l'apport de la solution aux probl&#232;mes qu'ils ont caus&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DESOLE POUR JEAN TIROLE, MAIS LES MARCHES DE DROITS A POLLUER NE SONT NI JUSTES NI A LA HAUTEUR&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La strat&#233;gie d'achat et de vente de &#171; cr&#233;dits de carbone &#187; peut donner lieu &#224; une nouvelle forme de sp&#233;culation, et cela ne servirait pas &#224; r&#233;duire l'&#233;mission globale des gaz polluants. Ce syst&#232;me semble &#234;tre une solution rapide et facile, sous l'apparence d'un certain engagement pour l'environnement, mais qui n'implique, en aucune mani&#232;re, de changement radical &#224; la hauteur des circonstances. Au contraire, il peut devenir un exp&#233;dient qui permet de soutenir la surconsommation de certains pays et secteurs &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les pays pauvres doivent avoir comme priorit&#233; l'&#233;radication de la mis&#232;re et le d&#233;veloppement social de leurs habitants, bien qu'ils doivent analyser le niveau de consommation scandaleux de certains secteurs privil&#233;gi&#233;s de leur population et contr&#244;ler la corruption. Il est vrai aussi qu'ils doivent d&#233;velopper des formes moins polluantes de production d'&#233;nergie, mais pour cela ILS DOIVENT POUVOIR COMPTER SUR L'AIDE DES PAYS QUI ONT CONNU UNE FORTE CROISSANCE AU PRIX DE LA POLLUTION ACTUELLE DE LA PLANETE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le XXIe si&#232;cle&#8230; est le th&#233;&#226;tre d'un affaiblissement du pouvoir des &#201;tats nationaux, surtout parce que LA DIMENSION ECONOMIQUE ET FINANCIERE, DE CARACTERE TRANSNATIONAL, TEND A PREDOMINER SUR LA POLITIQUE. Dans ce contexte, la maturation d'institutions internationales devient indispensable, qui doivent &#234;tre plus fortes et efficacement organis&#233;es, avec des autorit&#233;s d&#233;sign&#233;es &#233;quitablement par accord entre les gouvernements nationaux, ET DOTEES DE POUVOIR POUR SANCTIONNER &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;POLITIQUES NATIONALES ET LOCALES, SOCIETE CIVILE ET DEMOCRATIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Face &#224; la possibilit&#233; d'une utilisation irresponsable des capacit&#233;s humaines, PLANIFIER, COORDONNER, VEILLER, ET SANCTIONNER sont des fonctions imp&#233;ratives de chaque &#201;tat &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En certains lieux, se d&#233;veloppent des coop&#233;ratives pour l'exploitation d'&#233;nergies renouvelables, qui permettent l'autosuffisance locale, et m&#234;me la vente des exc&#233;dents. Ce simple exemple montre que L'INSTANCE LOCALE PEUT FAIRE LA DIFFERENCE alors que l'ordre mondial existant se r&#233;v&#232;le incapable de prendre ses responsabilit&#233;s. En effet, on peut &#224; ce niveau susciter une plus grande responsabilit&#233;, un fort sentiment communautaire, une capacit&#233; sp&#233;ciale de protection et une cr&#233;ativit&#233; plus g&#233;n&#233;reuse, un amour profond pour sa terre ; l&#224; aussi, on pense &#224; ce qu'on laisse aux enfants et aux petits-enfants &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La soci&#233;t&#233;, &#224; travers des organismes non gouvernementaux et des associations interm&#233;diaires, doit obliger les gouvernements &#224; d&#233;velopper des normes, des proc&#233;dures et des contr&#244;les plus rigoureux. SI LES CITOYENS NE CONTROLENT PAS LE POUVOIR POLITIQUE &#8211; national, r&#233;gional et municipal &#8211; un contr&#244;le des dommages sur l'environnement n'est pas possible non plus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut cesser de penser en termes d'&#171; interventions &#187; sur l'environnement, pour &#233;laborer des politiques con&#231;ues et discut&#233;es par toutes les parties int&#233;ress&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ECONOMIE, LA FINANCE, LE MARCHE ET L'ECOLOGIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La politique ne doit pas se soumettre &#224; l'&#233;conomie et celle-ci ne doit pas se soumettre aux diktats ni au paradigme d'efficacit&#233; de la technocratie&#8230; Sauver les banques &#224; tout prix, en en faisant payer le prix &#224; la population, sans la ferme d&#233;cision de revoir et de r&#233;former le syst&#232;me dans son ensemble, r&#233;affirme UNE EMPRISE ABSOLUE DES FINANCES QUI N'A PAS D'AVENIR ET QUI POURRA SEULEMENT GENERER DE NOUVELLES CRISES apr&#232;s une longue, co&#251;teuse et apparente gu&#233;rison. La crise financi&#232;re de 2007-2008 &#233;tait une occasion pour le d&#233;veloppement d'une nouvelle &#233;conomie plus attentive aux principes &#233;thiques, et pour une nouvelle r&#233;gulation de l'activit&#233; financi&#232;re sp&#233;culative et de la richesse fictive. Mais il n'y a pas eu de r&#233;action qui aurait conduit &#224; repenser les crit&#232;res obsol&#232;tes qui continuent &#224; r&#233;gir le monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans ce contexte, il faut toujours se rappeler que &#171; LA PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT NE PEUT PAS ETRE ASSUREE UNIQUEMENT EN FONCTION DU CALCUL FINANCIER DES COUTS ET DES BENEFICES. L'environnement fait partie de ces biens que les m&#233;canismes du march&#233; ne sont pas en mesure de d&#233;fendre ou de promouvoir de fa&#231;on ad&#233;quate &#187;. Une fois de plus, il faut &#233;viter une conception magique du march&#233; qui fait penser que les probl&#232;mes se r&#233;soudront tout seuls par l'accroissement des b&#233;n&#233;fices des entreprises ou des individus. Est-il r&#233;aliste d'esp&#233;rer que celui qui a l'obsession du b&#233;n&#233;fice maximum s'attarde &#224; penser aux effets environnementaux qu'il laissera aux prochaines g&#233;n&#233;rations ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De plus, quand on parle de biodiversit&#233;, on la con&#231;oit au mieux comme une r&#233;serve de ressources &#233;conomiques qui pourrait &#234;tre exploit&#233;e, mais ON NE PREND PAS EN COMPTE SERIEUSEMENT, ENTRE AUTRES, LA VALEUR REELLE DES CHOSES, leur signification pour les personnes et les cultures, les int&#233;r&#234;ts et les n&#233;cessit&#233;s des pauvres &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE &#171; CERTAINE DECROISSANCE &#187; POUR LES PAYS RICHES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De toute mani&#232;re, si dans certains cas le d&#233;veloppement durable entra&#238;nera de nouvelles formes de croissance, dans d'autres cas, face &#224; l'accroissement vorace et irresponsable produit durant de nombreuses d&#233;cennies, IL FAUDRA PENSER AUSSI A MARQUER UNE PAUSE EN METTANT CERTAINES LIMITES RAISONNABLES, VOIRE A RETOURNER EN ARRIERE AVANT QU'IL NE SOIT TROP TARD. Nous savons que le comportement de ceux qui consomment et d&#233;truisent toujours davantage n'est pas soutenable, tandis que d'autres ne peuvent pas vivre conform&#233;ment &#224; leur dignit&#233; humaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi L'HEURE EST VENUE D'ACCEPTER UNE CERTAINE DECROISSANCE DANS QUELQUES PARTIES DU MONDE, METTANT A DISPOSITION DES RESSOURCES POUR UNE SAINE CROISSANCE EN D'AUTRES PARTIES &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LA CROISSANCE DURABLE COMME TROMPERIE TECHNOCRATIQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit simplement de red&#233;finir le progr&#232;s. Un d&#233;veloppement technologique et &#233;conomique qui ne laisse pas un monde meilleur et une qualit&#233; de vie int&#233;gralement sup&#233;rieure ne peut pas &#234;tre consid&#233;r&#233; comme un progr&#232;s. D'autre part, la qualit&#233; r&#233;elle de vie des personnes diminue souvent &#8211; &#224; cause de la d&#233;t&#233;rioration de l'environnement, de la mauvaise qualit&#233; des produits alimentaires eux-m&#234;mes ou de l'&#233;puisement de certaines ressources &#8211; dans un contexte de croissance &#233;conomique. Dans ce cadre, le discours de LA CROISSANCE DURABLE DEVIENT SOUVENT UN MOYEN DE DISTRACTION et de justification qui enferme les valeurs du discours &#233;cologique dans la logique des finances et de la technocratie ; LA RESPONSABILITE SOCIALE ET ENVIRONNEMENTALE DES ENTREPRISES SE REDUIT D'ORDINAIRE A UNE SERIE D'ACTIONS DE MARKETING ET D'IMAGE.&lt;br class='autobr' /&gt;
QUAND LA QUETE DU PROFIT FAIT DES DEGATS NON PAYES PAR LES ENTREPRISES&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le principe de la maximisation du gain&#8230; est une distorsion conceptuelle de l'&#233;conomie : si la production augmente, il importe peu que cela se fasse au prix des ressources futures ou de la sant&#233; de l'environnement ; si l'exploitation d'une for&#234;t fait augmenter la production, personne ne mesure dans ce calcul la perte qu'implique la d&#233;sertification du territoire, le dommage caus&#233; &#224; la biodiversit&#233; ou l'augmentation de la pollution. Cela veut dire que les entreprises obtiennent des profits en calculant et en payant une part infime des co&#251;ts &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vais m'en tenir l&#224; dans cette s&#233;lection de citations qui a pu vous sembler longue mais qui m'a demand&#233; en r&#233;alit&#233; un effort de r&#233;duction tant on trouve du grain &#224; moudre dans ce texte. J'ai laiss&#233; de c&#244;t&#233; les messages religieux, nombreux, document&#233;s, mais qui ne sont pas de mon ressort. Je ne doute pas qu'ils parleront aux croyants, ajoutant peut-&#234;tre de la force politique aux messages, analyses et propositions du pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je consacrerai le prochain billet, au-del&#224; de cette encyclique, mais en accord avec elle, aux mouvements citoyens appelant &#224; sortir des &#233;nergies fossiles. Tel pourrait bien &#234;tre l'axe principal, m&#234;me s'il n'est pas le seul, des mobilisations pour le climat en 2015 et sans doute ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Rembourser la &#171; dette Covid-19 &#187; ou l'annuler d'une fa&#231;on ou d'une autre ? </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Rembourser-la-dette-Covid-19-ou-l-annuler-d-une-facon-ou-d-une-autre</link>
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		<dc:date>2020-05-05T10:00:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cette question se pose pour bien d'autres dettes pass&#233;es ou futures, au Nord comme (et surtout) au Sud. Mais limitons-nous, pour l'ann&#233;e 2020 et pour la France, &#224; la tr&#232;s forte croissance du d&#233;ficit public attribuable autant &#224; l'&#233;pid&#233;mie qu'&#224; sa gestion d&#233;sastreuse, avec une forte hausse des d&#233;penses et une forte baisse des recettes. D'o&#249; un accroissement correspondant du stock de la dette publique soit, peut-&#234;tre, 15 points de pourcentage du PIB (environ 360 milliards d'euros) de &#171; dette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH51/arton43417-add80.png?1781758602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='51' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cette question se pose pour bien d'autres dettes pass&#233;es ou futures, au Nord comme (et surtout) au Sud. Mais limitons-nous, pour l'ann&#233;e 2020 et pour la France, &#224; la tr&#232;s forte croissance du d&#233;ficit public attribuable autant &#224; l'&#233;pid&#233;mie qu'&#224; sa gestion d&#233;sastreuse, avec une forte hausse des d&#233;penses et une forte baisse des recettes. D'o&#249; un accroissement correspondant du stock de la dette publique soit, peut-&#234;tre, 15 points de pourcentage du PIB (environ 360 milliards d'euros) de &#171; dette Covid &#187; venant s'ajouter &#224; une dette pr&#233;-Covid repr&#233;sentant 100% du PIB.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;30 avril 2020 | tir&#233; du blog de Jean Gadrey - Alternatives &#233;conomiques&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politiques de droite (incluant LREM) ont une r&#233;ponse orthodoxe, traditionnelle et&#8230; catastrophique y compris pour la r&#233;duction du poids de la dette : &lt;strong&gt;il va bien falloir rembourser, donc d&#232;s 2021 freiner les d&#233;penses&lt;/strong&gt; car dans cette id&#233;ologie on refuse d'augmenter les recettes au nom du combat contre les fameux &#171; pr&#233;l&#232;vements obligatoires &#187;. Citations : Fran&#231;ois Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, dans le JDD : &lt;i&gt;&#171; Dans la dur&#233;e il faudra rembourser cet argent &#187;. Bruno Le Maire, le 10 avril : &#171; &#192; la sortie de cette crise, il faudra faire des efforts, le redressement sera long et il passera par le d&#233;sendettement du pays &#187;&lt;/i&gt;. C'est cette r&#233;ponse qui a conduit la Gr&#232;ce &#224;&#8230; &#234;tre plus endett&#233;e que jamais, avec une dette &#233;quivalant &#224; 180 % du PIB d&#233;but 2020, plus qu'au pire moment de sa mise sous tutelle par une UE fonctionnant de fait comme une &#171; d&#233;sunion europ&#233;enne &#187;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rembourser &#224; qui ? &#192; ceux qui ont pr&#234;t&#233; &#224; l'&#201;tat. Dans l'UE, depuis le trait&#233; de Maastricht en 1992, les seuls pr&#234;teurs autoris&#233;s (ce qui exclut toute banque centrale) sont &#171; les march&#233;s financiers &#187;, en d'autres termes des banques priv&#233;es, assurances et autres organismes de placements financiers ou de &#171; fonds &#187; qui ach&#232;tent des obligations de l'&#201;tat fran&#231;ais et qui les placent sur &#171; le march&#233; obligataire &#187; ou qui les revendent &#224; la BCE depuis qu'elle a, apr&#232;s des ann&#233;es de r&#233;sistance purement id&#233;ologique, contourn&#233; les trait&#233;s pour acheter aux banques priv&#233;es une partie des dettes publiques des pays de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UN POUVOIR INOU&#207; CONFI&#201; AUX MARCH&#201;S FINANCIERS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi ce pouvoir inou&#239; attribu&#233; aux march&#233;s financiers&lt;/strong&gt;, c'est-&#224;-dire in fine &#224; des grands actionnaires priv&#233;s, march&#233;s dont le fonctionnement purement sp&#233;culatif va alors dicter les taux d'int&#233;r&#234;t vers&#233;s par chaque &#201;tat sur ses emprunts ? L'argument central, typiquement n&#233;olib&#233;ral, est celui de l'incitation &#224; la &#171; discipline budg&#233;taire &#187; (entendez aust&#233;rit&#233; pour les peuples) pour les pays les plus &#171; dispendieux &#187;. &lt;strong&gt;Les march&#233;s &#171; indisciplin&#233;s &#187; comme instrument &#171; disciplinaire &#187; (au sens aust&#233;ritaire)&lt;/strong&gt; pour sabrer dans les d&#233;penses publiques, avec le r&#233;sultat d&#233;sastreux que l'on constate aujourd'hui sur les syst&#232;mes de sant&#233; et les h&#244;pitaux, et plus g&#233;n&#233;ralement les services publics et la protection sociale. Cela devrait faire hurler : de grands int&#233;r&#234;ts financiers incontr&#244;l&#233;s (ou presque) prenant en partie le contr&#244;le de la d&#233;mocratie et des choix budg&#233;taires !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet argument &#171; disciplinaire &#187; est celui que plusieurs pays europ&#233;ens, Allemagne en t&#234;te, ont une nouvelle fois avanc&#233; pour refuser les &#171; corona bonds &#187;. Pour information, ces derniers seraient des obligations communes aux &#201;tats de l'UE, permettant la mutualisation de leurs dettes. Ce syst&#232;me reposerait certes toujours sur les march&#233;s financiers, mais avec cet avantage (limit&#233; mais non n&#233;gligeable) que tous les pays paieraient les m&#234;mes taux d'int&#233;r&#234;t, pour l'instant faibles, sur les nouveaux emprunts. Pour des d&#233;tails techniques sur la charge d'int&#233;r&#234;t, suivre &lt;a href=&#034;https://www.fipeco.fr/fiche/La-charge-dint&#233;r&#234;ts-de-la-dette-publique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce lien&lt;/a&gt; et, sur les corona bonds, &lt;a href=&#034;https://www.touteleurope.eu/actualite/qu-est-ce-que-les-corona-bonds.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;celui-ci&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.boursorama.com/actualite-economique/actualites/bce-lagarde-ecarte-un-rachat-direct-de-dette-publique-e752364dd434f6d5f624d4af5ea55679&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;M&#234;me argument disciplinaire chez Christine Lagarde&lt;/a&gt; lorsqu'elle a refus&#233; r&#233;cemment (21 avril) que la BCE ach&#232;te des dettes directement aux gouvernements de la zone euro car cela &#171; compromettrait la capacit&#233; d'encourager &lt;strong&gt;une politique budg&#233;taire disciplin&#233;e &#187;&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EN FAIT, AUCUN &#201;TAT NE REMBOURSE VRAIMENT SES DETTES !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.capital.fr/economie-politique/historique-la-france-emprunte-a-15-ans-a-taux-negatif-1349346&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Dans les faits&lt;/a&gt;, lorsque l'&#201;tat fran&#231;ais (via l'Agence France Tr&#233;sor) emprunte quelques milliards sur les march&#233;s &#224; un taux d'int&#233;r&#234;t donn&#233; et pour une &#233;ch&#233;ance donn&#233;e (&#224; 5 ans, 10 ans, 15 ans, 30 ans voire 50 ans), le principal probl&#232;me budg&#233;taire n'est pas celui du remboursement du capital &#224; &#233;ch&#233;ance, c'est celui du paiement r&#233;gulier des int&#233;r&#234;ts. En effet, &#224; l'&#233;ch&#233;ance, ce sont de nouveaux emprunts qui prennent le relais pour rembourser le capital (cela s'appelle &#171; faire rouler la dette &#187;). Il se peut tr&#232;s bien que le stock de dette augmente mais que la charge annuelle de paiement des int&#233;r&#234;ts diminue, parce que les taux d'int&#233;r&#234;t faiblissent. C'est m&#234;me la tendance depuis deux d&#233;cennies et surtout depuis 2011. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALORS, L'&#201;TAT PEUT S'ENDETTER SANS LIMITE ET SANS PROBL&#200;ME ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, et c'est pour cela qu'il faut pousser &#224; ce que la &#171; dette covid &#187; soit r&#233;duite, soit par son effacement, soit autrement. Plusieurs raisons confortent cet argument (voir aussi &lt;a href=&#034;https://www.politis.fr/articles/2019/04/le-cout-de-la-dette-francaise-diminue-est-ce-vraiment-une-bonne-nouvelle-40311/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cet article de Politis&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la charge des int&#233;r&#234;ts vers&#233;s sur la dette publique a certes nettement diminu&#233; en % du PIB : 1,7 % du PIB en 2018 contre 3,5 % en 1998. Mais cela repr&#233;sente quand m&#234;me pr&#232;s de 40 milliards d'euros pr&#233;lev&#233;s sur le budget de l'&#201;tat et qui vont dans les poches de sp&#233;culateurs priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la tendance &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t proches de z&#233;ro est &#233;minemment r&#233;versible quand c'est la sp&#233;culation financi&#232;re qui m&#232;ne le bal, m&#234;me si la BCE la freine pour l'instant. Rien n'exclut que l'ann&#233;e 2020 voie le retour de taux &#233;lev&#233;s pour certains pays si les sp&#233;culateurs commencent &#224; s'affoler devant la mont&#233;e en fl&#232;che des dettes publiques partout dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, argument trop souvent omis par les &#233;conomistes keyn&#233;siens de gauche, le caract&#232;re jug&#233; budg&#233;tairement supportable ou soutenable du poids des int&#233;r&#234;ts est toujours plus ou moins li&#233; &#224; une hypoth&#232;se de croissance &#233;conomique &#224; perp&#233;tuit&#233;, laquelle est &#233;cologiquement insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre argument en faveur de la r&#233;duction de la &#171; dette Covid &#187; est que, s'il faut en effet s'endetter dans la p&#233;riode &#224; venir, autant le faire pour le plus grand projet d'avenir qui soit : freiner la destruction climatique et &#233;cologique en cours, ce qui va exiger beaucoup plus que les montants actuellement mis sur la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la dette est l'un des instruments les plus importants pour faire rentrer dans le rang les aspirations &#224; la justice, y compris climatique, et pour tenter d'imposer l'aust&#233;rit&#233; publique au profit des rendements financiers priv&#233;s. C'est ce que montre le sociologue Benjamin Lemoine : &lt;i&gt;&#171; les march&#233;s financiers fixent les conditions du financement public. Non seulement le taux d'int&#233;r&#234;t mais &#233;galement quelle politique macro&#233;conomique doit &#234;tre suivie pour recueillir leur assentiment &#187; &lt;/i&gt;(&lt;a href=&#034;https://www.politis.fr/articles/2019/04/le-cout-de-la-dette-francaise-diminue-est-ce-vraiment-une-bonne-nouvelle-40311/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ALORS : REMBOURSER OU ANNULER ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par les strat&#233;gies de remboursement, toujours partiel comme on l'a vu, mais qui peuvent en effet r&#233;duire le stock de dette si et quand on estime qu'il le faut. Je mets de c&#244;t&#233; le r&#244;le de l'inflation, pour l'instant absente, et difficile &#224; r&#233;g&#233;n&#233;rer politiquement &#224; supposer qu'on le souhaite, ce qui n'est pas mon cas : la sobri&#233;t&#233; mat&#233;rielle et &#233;nerg&#233;tique est tout sauf inflationniste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent alors comme principaux moyens (de gauche) ceux de la fiscalit&#233;. Je les ai &#233;voqu&#233;s dans un billet pr&#233;c&#233;dent : &lt;strong&gt;&#171; J'ai estim&#233; pour ma part &#224; &lt;a href=&#034;https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/06/16/l-assistance-aux-riches-un-pognon-de-dingue-a-plus-de-300-milliards-par-an&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;300 milliards d'euros par an&lt;/a&gt; le co&#251;t pour les finances publiques de l'assistance aux riches ! &#187;&lt;/strong&gt;, en y incluant le co&#251;t de la fraude et de l'&#233;vasion fiscale, une partie des &#171; niches &#187; fiscales et sociales, et la baisse de la fiscalit&#233; sur les revenus et sur le patrimoine des plus riches et des entreprises depuis une trentaine d'ann&#233;es. Un &#171; pognon de dingue &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;EFFACER UNE PARTIE DES DETTES PUBLIQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Admettons toutefois que, dans l'imm&#233;diat, ces solutions socialement justes aient peu de chances d'&#234;tre retenues par le Pr&#233;sident des riches et du CAC 40. D'autant qu'&#224; mon sens, il vaudrait mieux les r&#233;server pour les grands investissements de la r&#233;volution &#233;cologique et sociale, qui auront besoin de d&#233;penses publiques ANNUELLES consid&#233;rables pendant une longue p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste un joker qui pourrait passer la barre politique moyennant une pression citoyenne. Dans le m&#234;me &lt;a href=&#034;https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2020/04/05/urgence-economique-il-faut-depenser-en-2020-200-a-300-milliards-d-argent-public-dans-la-sante-les-personnes-empechees-de-travailler-et-les-pme-en-risque-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;billet pr&#233;c&#233;dent&lt;/a&gt;, je citais Ga&#235;l Giraud : &#171; Il y a, par ailleurs, un moyen simple de soulager tout de suite les finances publiques des &#201;tats en &#233;tat d'urgence nationale : &lt;strong&gt;effacer les dettes publiques d&#233;tenues par la BCE&#8230;&lt;/strong&gt; La seule annulation du remboursement du principal revient &#224; faire dispara&#238;tre plusieurs centaines de milliards d'euros de dettes souveraines. &lt;strong&gt;Dans le cas de la France, une estimation sugg&#232;re un montant d'environ 400 milliards d'euros aujourd'hui. &#187;&lt;/strong&gt;. Ga&#235;l Giraud ajoute : &#171; Cela signifierait que l'&#201;tat fran&#231;ais pourrait d'embl&#233;e injecter 17% du PIB (pr&#233;-pand&#233;mie) dans l'&#233;conomie &#187;. D'abord pour r&#233;orienter les financements publics, &#224; cibler certes sur la sant&#233;, mais surtout sur la bifurcation &#233;cologique et sociale sans laquelle les d&#233;cennies &#224; venir deviendraient des p&#233;riodes autrement plus dramatiques que ce que nous vivons. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela rejoint la &lt;a href=&#034;http://tnova.fr/notes/crise-economique-et-ecologique-osons-des-decisions-de-rupture&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition de Laurence Scialom et Baptiste Bridonneau&lt;/a&gt;&lt;strong&gt;d'annulation partielle des dettes publiques d&#233;tenues par la BCE, conditionnelle au r&#233;investissement des m&#234;mes montants dans des investissements publics &#171; verts &#187;&lt;/strong&gt;, par nouvelle &#233;mission de dette. Voir, pour une version courte, leur tribune. Extrait : &#171; les &#201;tats pourraient financer les investissements de la transition &#233;cologique en s'endettant, sans que le ratio dette/PIB n'augmente. Tout nouvel endettement en vue d'investissements bas carbone co&#239;nciderait avec l'annulation d'un volume de dette de m&#234;me ampleur par la BCE. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, la BCE, par la voix de Christine Lagarde, refuse ce genre de solutions. Mais, en 2009, la BCE refusait obstin&#233;ment des pratiques non orthodoxes qu'elle s'est mise ensuite &#224; adopter sous la pression des &#233;v&#233;nements et pour conjurer des risques semblables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe des variantes &#224; l'effacement pur et simple d'une partie ou de la totalit&#233; des dettes Covid par la BCE. Parmi elles on trouve une proposition d'Alain Minc, ce qui tend &#224; prouver qu'elle n'est pas r&#233;volutionnaire : une &lt;strong&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/alain-minc-pour-une-dette-publique-a-perpetuite-1195545&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dette &#224; perp&#233;tuit&#233;&lt;/a&gt; &#187;&lt;/strong&gt;, que l'&#201;tat ne rembourserait jamais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'EST DONC DE L'ARGENT MAGIQUE ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment diable la BCE pourrait-elle faire un &#171; cadeau &#187; de 400 milliards &#224; la France, et donc de plusieurs milliers de milliards d'euros &#224; l'ensemble des pays de l'UE touch&#233;s par la crise sanitaire, alors qu'elle n'a &#171; en propre &#187; (ses fonds propres) qu'environ 75 milliards ? Comment peut-elle avoir d&#233;j&#224; d&#233;cid&#233;, le 19 mars dernier, d'injecter&lt;a href=&#034;https://www.novethic.fr/actualite/finance-durable/isr-rse/coronavirus-la-bce-injecte-750-milliards-d-euros-pour-soutenir-economie-148355.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;750 milliards d'euros&lt;/a&gt; suppl&#233;mentaires en s'engageant &#224; racheter (aupr&#232;s des banques) des dettes d'entreprises et des dettes d'&#201;tats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de gens croient encore que les banques, centrales ou non, ne peuvent pr&#234;ter que de l'argent qu'elles d&#233;tiennent. Ce n'est pas le lieu de faire un cours d'&#233;conomie, mais, en deux mots, chaque fois qu'une banque priv&#233;e accorde un cr&#233;dit, &lt;strong&gt;elle cr&#233;e de l'argent &#171; &#224; partir de rien &#187;&lt;/strong&gt; (argent qui va circuler, servir &#224; des achats, etc.) et chaque fois qu'un &#171; agent &#187; lui rembourse une dette, c'est de l'argent &#171; d&#233;truit &#187;. Et une banque priv&#233;e a le droit d'accorder un montant total de cr&#233;dits plusieurs fois sup&#233;rieur &#224; ses fonds propres, dans un rapport (ou ratio de solvabilit&#233;) fix&#233; par des r&#232;gles politiques. Cela n'est pas vraiment &#171; magique &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.lafinancepourtous.com/decryptages/marches-financiers/acteurs-de-la-finance/comite-de-bale/bale-iii/ratio-de-solvabilite-bancaire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;c'est institutionnalis&#233;&lt;/a&gt; (plus ou moins bien&#8230;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la BCE, comme toute banque centrale, elle peut cr&#233;er de la monnaie sans limite tant que cela n'affecte pas la confiance et la l&#233;gitimit&#233; de l'euro comme devise. Ce qui n'a rien &#224; voir avec ses fonds propres, mais beaucoup &#224; voir avec les risques que font courir &#224; la zone euro et &#224; sa monnaie des &#233;go&#239;smes nationaux que l'on a encore vus &#224; l'&#339;uvre r&#233;cemment, jusque dans la gestion de la crise sanitaire. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ET AU-DEL&#192; DE CES PROPOSITIONS IMM&#201;DIATES ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce billet porte sur ce qu'il serait utile et possible de faire d&#232;s maintenant &lt;strong&gt;dans le cadre institutionnel existant.&lt;/strong&gt; Lequel est tout sauf acceptable puisque m&#234;me les plus efficaces de ces sc&#233;narios s'appuient sur les march&#233;s financiers tels qu'ils fonctionnent, en limitant juste un peu leur pouvoir de nuisance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une question centrale pour l'avenir concerne le besoin d'en finir avec la privatisation actuelle de la monnaie afin d'en retrouver la ma&#238;trise collective et d'en faire un bien commun. Je vais me contenter de citer Jean-Marie Harribey : &#171; Aujourd'hui, on peut et on doit resocialiser la monnaie, c'est-&#224;-dire retrouver la ma&#238;trise du cr&#233;dit et donc de la cr&#233;ation mon&#233;taire pour financer les &#233;normes investissements de transition &#233;cologique. La crise du coronavirus montre &#224; quel point &lt;strong&gt;on a besoin d'un p&#244;le bancaire public, d'un contr&#244;le social sur celui-ci et d'une banque centrale qui soit celle de l'ensemble de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;. Au lieu d'obliger les &#201;tats &#224; emprunter sur les march&#233;s financiers soit directement, soit indirectement via le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233;, la BCE devrait financer directement les d&#233;penses publiques. C'est-&#224;-dire &#233;tendre ce que la Banque d'Angleterre vient de d&#233;cider pour financer les seules d&#233;penses li&#233;es au red&#233;marrage de l'&#233;conomie paralys&#233;e par la pand&#233;mie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Ajout du 2 mai &#224; 17h25 : j'ai re&#231;u de Jean-Michel Servet une int&#233;ressante remarque &#224; propos de la derni&#232;re phrase de mon billet. La voici :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Je suis tout &#224; fait en phase avec l'analyse, sauf avec la fin de l'article qui indique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#034;C'est-&#224;-dire &#233;tendre ce que la Banque d'Angleterre vient de d&#233;cider pour financer les seules d&#233;penses li&#233;es au red&#233;marrage de l'&#233;conomie paralys&#233;e par la pand&#233;mie &#187;.&#034;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la Banque of England il s'agit de reconnaissance de dettes pour le court terme par des avances consid&#233;rablement accrues (comme il en existe en Angleterre depuis la fin XVIIe si&#232;cle), dette que le gouvernement s'engage &#224; rembourser. Pour le moyen et long termes il s'agit d'emprunts sur les march&#233;s financiers, donc l&#224; encore d'une dette. Le Monde publiera tr&#232;s bient&#244;t un article o&#249; j'en fais avec Sol&#232;ne Morvant-Roux l'analyse. Dans un r&#233;cent article paru dans le Monde Patrick Artus fait l'hypoth&#232;se implicite que l'annulation de ces dettes des gouvernements aux banques centrales est quasiment act&#233;e . On peut au contraire penser que ses dettes p&#232;seront dans les d&#233;bats politico &#233;conomiques des mois voire des ann&#233;es &#224; venir comme &#034;le milliard des &#233;migr&#233;s&#034; apr&#232;s 1815 ou comme la question des r&#233;parations allemandes apr&#232;s 1918. Comme indiqu&#233; dans votre article, le remboursement de ces dettes peut &#234;tre au c&#339;ur de l'agenda n&#233;olib&#233;ral poursuivi, &#224; la mani&#232;re d'une &#233;p&#233;e de Damocl&#232;s.&#034;]&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le coronavirus r&#233;v&#232;le l'extr&#234;me fragilit&#233; de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-coronavirus-revele-l-extreme-fragilite-de-la-mondialisation-neoliberale</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-coronavirus-revele-l-extreme-fragilite-de-la-mondialisation-neoliberale</guid>
		<dc:date>2020-03-17T08:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-03-17</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un krach financier d&#251; au coronavirus est fort probable. Plut&#244;t que de se r&#233;jouir d'une r&#233;cession mondiale impos&#233;e qui aurait des effets humains d&#233;vastateurs, &#171; la crise actuelle peut agir comme un r&#233;v&#233;lateur des fragilit&#233;s extr&#234;mes de la mondialisation et contribuer &#224; sa condamnation &#187;, &#233;crit l'auteur de cette tribune. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Reporterre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Gadrey, &#233;conomiste, professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; Lille I, est l'auteur d'Adieu &#224; la croissance &#8212; bien vivre dans un monde solidaire (Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-03-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-03-17&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton42539-da94c.jpg?1781758602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un krach financier d&#251; au coronavirus est fort probable. Plut&#244;t que de se r&#233;jouir d'une r&#233;cession mondiale impos&#233;e qui aurait des effets humains d&#233;vastateurs, &#171; la crise actuelle peut agir comme un r&#233;v&#233;lateur des fragilit&#233;s extr&#234;mes de la mondialisation et contribuer &#224; sa condamnation &#187;, &#233;crit l'auteur de cette tribune.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-coronavirus-revele-l-extreme-fragilite-de-la-mondialisation-neoliberale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reporterre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Gadrey, &#233;conomiste, professeur honoraire &#224; l'Universit&#233; Lille I, est l'auteur d'&lt;a href=&#034;https://www.lespetitsmatins.fr/collections/adieu-a-la-croissance-bien-vivre-dans-un-monde-solidaire/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Adieu &#224; la croissance &#8212; bien vivre dans un monde solidaire&lt;/a&gt; (Les Petits matins, 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on en croit les &#233;ditorialistes &#233;conomiques qui tiennent le haut du pav&#233; m&#233;diatique, le grand p&#233;ril li&#233; &#224; la diffusion potentiellement mondiale du &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Coronavirus-pas-de-panique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;coronavirus&lt;/a&gt; n'est pas de type sanitaire comme le pensent les personnes ordinaires qui n'ont pas &#233;t&#233; form&#233;es ni d&#233;form&#233;es par l'&#233;conomie. Les malades, les morts par milliers, certes c'est f&#226;cheux. Mais il y a bien pire : la &lt;a href=&#034;https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/coronavirus-la-banque-de-france-revoit-en-baisse-sa-prevision-de-croissance-1183123&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;croissance mondiale est terriblement affect&#233;e&lt;/a&gt;, voire infect&#233;e. L'&#233;conomie tousse et le ph&#233;nom&#232;ne devient, lui aussi, viral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, la croissance chinoise est en train de plonger. Certains &#233;voquent d&#233;j&#224; en fr&#233;missant une r&#233;cession &#224; venir (&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/03/04/coronavirus-la-chine-quasi-paralysee-flirte-avec-la-recession_6031763_3234.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le Monde&lt;/a&gt; du 4 mars 2020) dans l'Empire du milieu, qui &#233;tait devenu le symbole de l'hyper croissance : la croissance de l'&#233;conomie chinoise entre 1983 et 2013 a &#233;t&#233; de 10,2 % par an en moyenne, ce qui laisse tr&#232;s loin derri&#232;re nos modestes &#171; Trente Glorieuses &#187;. Il est vrai qu'un essoufflement s'est produit depuis une dizaine d'ann&#233;es, avec &#171; seulement &#187; 8,1 % en moyenne entre 2008 et 2018, un petit 6,6 % en 2018 et 6,1 % en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le virus de la r&#233;cession mondiale menace d&#233;sormais, par une contamination qu'on ne peut freiner en se lavant les mains, tous les pays dits industrialis&#233;s, puis probablement d'autres. Pourquoi d'abord ces pays ? Parce que ce &#171; r&#233;cessovirus &#187; se propage surtout par voie a&#233;rienne et maritime (pour les marchandises et les personnes), et par voie &#233;lectronique (pour la sph&#232;re financi&#232;re) entre des espaces industriels, commerciaux, financiers et touristiques &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un monde du capitalisme financier o&#249; les banques syst&#233;miques et les fonds d'investissement et de pension font la loi tant que &#231;a rapporte (et exigent des deniers publics pour les sauver sinon), o&#249; les Bourses dominent l'&#233;conomie, o&#249; les multinationales ont jou&#233; la mise en concurrence de pays qui se mettent, sous leur influence, au dumping social, &#233;cologique et fiscal. Un monde et des pays o&#249; la d&#233;r&#233;gulation est devenue la r&#232;gle, qu'il s'agisse de la finance, des accords dits de libre-&#233;change et de libre investissement &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Ceta-Mercosur-les-accords-de-libre-echange-donnent-le-pouvoir-aux-multinationales&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qui donnent de plus en plus de pouvoir aux multinationales&lt;/a&gt;, y compris pour fixer les r&#232;gles du jeu contre les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, celui de la mondialisation financi&#232;re n&#233;olib&#233;rale, le coronavirus joue le r&#244;le d'une simple allumette capable de mettre feu &#224; tout un immeuble parce que ce dernier est construit avec des mat&#233;riaux hautement inflammables, parce que les conduites de gaz sont perc&#233;es, parce qu'il n'y a pas d'alarme incendie ni de services de pompiers. Bien d'autres allumettes auraient pu et peuvent encore mener &#224; une possible r&#233;cession li&#233;e &#224; un krach boursier [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les objecteurs de croissance, dont je fais partie, il est tentant de voir dans la crise actuelle un argument de poids : les &#233;missions mondiales de gaz &#224; effet de serre et toutes les autres pollutions reculent fortement sous l'effet de cette nette d&#233;crue de la croissance mondiale. Alors, vive le virus qui a &#171; produit &#187; cette d&#233;monstration en vraie grandeur ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un sc&#233;nario de r&#233;cession mondiale dans les structures &#233;conomiques et sociales actuelles n'a rien de d&#233;sirable humainement et socialement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emprunter cette voie est pourtant d&#233;conseill&#233;. D'abord, rien ne dit pour l'instant que le freinage de la croissance durera plus de quelques mois, m&#234;me si la probabilit&#233; d'un krach financier est forte. Ensuite, un sc&#233;nario de r&#233;cession mondiale dans les structures &#233;conomiques et sociales actuelles n'a rien de d&#233;sirable humainement et socialement &#8212; cela provoquerait encore plus d'exclusion, de ch&#244;mage et de d&#233;tresse, et certainement pas un r&#233;veil &#233;cologique &#8212; pas plus qu'un sc&#233;nario de pand&#233;mie mondiale qui toucherait alors les populations les plus fragiles. Puis, associer dans les esprits les bienfaits de la sobri&#233;t&#233; choisie et un virus mortel autour duquel les grands m&#233;dias jouent &#224; &#171; plus anxiog&#232;ne que moi tu meurs &#187; n'est pas le meilleur moyen de convaincre. Enfin et surtout, ce serait confondre l'allumette et le syst&#232;me inflammable du lib&#233;ral-croissancisme financier. Aller directement du virus &#224; la croissance ou d&#233;croissance est une erreur. Il faut mettre en cause ce syst&#232;me et son extr&#234;me fragilit&#233; face &#224; des chocs qui reviendront r&#233;guli&#232;rement. Le coronavirus n'est pas un bon alli&#233; des objecteurs de croissance s'ils en font un usage simpliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le dire autrement, un coronavirus n'aurait qu'un impact tr&#232;s limit&#233; sur l'&#233;conomie dans un monde o&#249; la finance serait sous contr&#244;le public, o&#249; la monnaie serait un bien commun, o&#249; la majorit&#233; des productions essentielles (y compris &#233;nerg&#233;tiques) serait relocalis&#233;e, ou la sobri&#233;t&#233; mat&#233;rielle et &#233;nerg&#233;tique supplanterait le consum&#233;risme, et o&#249; l'on mettrait fin &#224; la domination &#233;conomique et politique des multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, la crise actuelle peut agir comme un r&#233;v&#233;lateur des fragilit&#233;s extr&#234;mes de la mondialisation lib&#233;rale-croissanciste et contribuer &#224; sa condamnation. D'autres crises ant&#233;rieures n'ont pas suffi pour la mettre en accusation avec suffisamment de poids. Il n'est pas certain qu'on y parvienne avec celle-ci, mais il faut tenter.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Effondrement en cours : on fait quoi ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Effondrement-en-cours-on-fait-quoi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Effondrement-en-cours-on-fait-quoi</guid>
		<dc:date>2019-10-07T19:24:35Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-10-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, la &#171; collapsologie &#187;, ou th&#233;orie de l'effondrement des civilisations dites &#171; industrielles &#187;, fait beaucoup parler et pol&#233;miquer. Ces id&#233;es relaient et compl&#232;tent, en les dramatisant, celles port&#233;es depuis longtemps par des &#171; objecteurs de croissance &#187;. La dramatisation est justifi&#233;e : les plus r&#233;cents rapports scientifiques, tout comme les constats quasi quotidiens de l'&#233;tat de la plan&#232;te, sont beaucoup plus alarmants encore qu'ils ne l'&#233;taient il y a dix ans. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-10-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-10-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH92/arton40399-bd2ac.jpg?1781758602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='92' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis quelque temps, la &#171; collapsologie &#187;, ou th&#233;orie de l'effondrement des civilisations dites &#171; industrielles &#187;, fait beaucoup parler et pol&#233;miquer. Ces id&#233;es relaient et compl&#232;tent, en les dramatisant, celles port&#233;es depuis longtemps par des &#171; objecteurs de croissance &#187;. La dramatisation est justifi&#233;e : les plus r&#233;cents rapports scientifiques, tout comme les constats quasi quotidiens de l'&#233;tat de la plan&#232;te, sont beaucoup plus alarmants encore qu'ils ne l'&#233;taient il y a dix ans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.politis.fr/articles/2019/09/effondrement-en-cours-on-fait-quoi-40822/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Politis&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; des militants du social et de l'&#233;cologie, l'accueil de ces id&#233;es va du rejet &#224; l'adoption plus ou moins nuanc&#233;e. La rencontre avec des th&#232;ses qui annoncent comme probable un effondrement d'ici, peut-&#234;tre, une &#224; deux d&#233;cennies, provoque un choc que certains trouvent salutaire et d'autres d&#233;mobilisateur, ou d&#233;pourvu de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les critiques de ces id&#233;es, on peut citer cette tribune collective publi&#233;e par Le Monde du 16 ao&#251;t dernier sous le titre : &#171; &#201;cologie, climat : l'effondrement n'est pas in&#233;luctable &#187;. En r&#233;alit&#233;, le diagnostic n'est gu&#232;re moins alarmant, car les sources scientifiques sont les m&#234;mes. Ce qui diff&#232;re est plut&#244;t la tonalit&#233; de l'espoir (&#171; rien n'est in&#233;luctable &#187;) oppos&#233;e &#224; ce que cette tribune nomme une &#171; strat&#233;gie de communication catastrophiste &#187; : la peur ou la &#171; panique &#187; seraient d&#233;mobilisatrices.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela m&#233;rite r&#233;flexion. Les &#233;crits des &#171; collapsologues &#187; jouent moins sur la panique que sur la raison et les strat&#233;gies de r&#233;silience. En cas d'urgence vitale, l'exc&#232;s d'optimisme &#8211; caract&#233;ristique d'une certaine &#171; psychologie positive &#187; &#8211; peut lui aussi freiner l'action. Selon Ant&#243;nio Guterres, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies, pas vraiment un collapsologue, &#171; si nous ne changeons pas de cap d'ici &#224; 2020, nous risquons de d&#233;passer le moment o&#249; nous pouvons encore &#233;viter les changements climatiques incontr&#244;lables, avec des cons&#233;quences d&#233;sastreuses &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il faut questionner ces id&#233;es, c'est plut&#244;t sous l'angle des r&#233;ponses &#224; apporter &#224; un effondrement &#233;mergent mais dont l'&#233;ch&#233;ance et l'ampleur sont tr&#232;s incertaines. Pour les collapsologues, les issues consisteraient d'abord, outre une r&#233;volution mentale &#224; susciter, &#224; construire de petits syst&#232;mes locaux r&#233;silients. Des &#171; innovations aux marges &#187;. Nul doute qu'il en faudra mais, pour qu'elles ne soient pas r&#233;serv&#233;es &#224; une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e, des politiques publiques ambitieuses et radicales, du local au global, sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls de puissants mouvements collectifs de r&#233;sistance et d'alternatives pourraient r&#233;duire &#224; n&#233;ant le pouvoir destructeur de la finance, des multinationales et de leurs relais politiques, principaux responsables de l'effondrement. Les collapsologues ont pris conscience de cette exigence (1), en &#233;voquant notamment le besoin d'institutions coop&#233;ratives, de politiques de &#171; rationnement &#187; &#233;galitaire des usages de la nature, et de seuils de richesse. C'est l'une des voies de convergence entre &#171; le rouge et le vert &#187;, dans l'hypoth&#232;se incertaine o&#249; il n'est pas d&#233;j&#224; trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Gadrey Professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233; Lille-I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Sur Youtube, entretien de Pablo Servigne avec Fran&#231;ois Ruffin (31 octobre 2018).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En France, les tr&#232;s riches &#233;mettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/20-11-2018-Blogue-de-Jean-Gadrey-En-France</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/20-11-2018-Blogue-de-Jean-Gadrey-En-France</guid>
		<dc:date>2018-11-27T07:52:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-03-16</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;20/11/2018 | Blogue de Jean Gadrey &lt;br class='autobr' /&gt;
En France, les tr&#232;s riches &#233;mettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus ! &lt;br class='autobr' /&gt; Ce titre repose sur des &#233;valuations imparfaites, mais les ordres de grandeur sont r&#233;alistes. &lt;br class='autobr' /&gt;
On a tr&#232;s peu de donn&#233;es fiables sur les &#233;missions de CO2 en fonction des revenus. Les meilleures &#224; ma connaissance sont celles de Chancel et Piketty &#224; l'&#233;chelle mondiale, dans leur &#233;tude (en anglais) (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;20/11/2018 | Blogue de Jean Gadrey&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, les tr&#232;s riches &#233;mettent 40 fois plus de carbone que les pauvres, mais les pauvres paient plus de 4 fois plus de taxe carbone en % de leurs revenus !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ce titre repose sur des &#233;valuations imparfaites, mais les ordres de grandeur sont r&#233;alistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a tr&#232;s peu de donn&#233;es fiables sur les &#233;missions de CO2 en fonction des revenus. Les meilleures &#224; ma connaissance sont celles de Chancel et Piketty &#224; l'&#233;chelle mondiale, dans leur &#233;tude (en anglais) &#171; Carbon and inequality : from Tokyo to Paris &#187;, publi&#233;e en 2015, ainsi que les estimations d'une &#233;tude d'Oxfam de la m&#234;me ann&#233;e (celle de la COP21), dont les r&#233;sultats sont voisins. Mais dans les deux cas, on manque de chiffres nationaux, lacune que je vais essayer de combler en partie avec les moyens du bord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le monde, selon Chancel et Piketty, les 10 % des individus les plus &#233;metteurs (qui sont en gros les 10 % les plus riches, vu la corr&#233;lation assez forte entre revenu et &#233;missions) sont responsables de 45 % des &#233;missions mondiales, pendant que les 50 % les moins &#233;metteurs ne produisent que 13 % de ces &#233;missions mondiales. Dit autrement, une personne appartenant au groupe des 10 % du haut &#233;met en moyenne 17 fois plus qu'une personne faisant partie de la moiti&#233; &#171; du bas &#187;. Ces r&#233;sultats tiennent compte des &#233;missions &#171; import&#233;es &#187; dans les produits et services consomm&#233;s par les individus (&#171; empreinte carbone &#187;), avec quelques complications sur lesquelles je passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre r&#233;sultat majeur, concernant les in&#233;galit&#233;s extr&#234;mes : les 1 % les plus riches (en revenu) de pays tr&#232;s riches tels que les &#201;tats-Unis ou Singapour ont des niveaux d'&#233;missions par personne d&#233;passant 250 tonnes de CO2 par an (on parle de &#171; CO2 &#233;quivalent &#187;) pour Singapour, 320 pour les &#201;tats-Unis, 200 pour le Canada, etc., chiffres pour l'ann&#233;e 2013. &#192; l'autre extr&#233;mit&#233;, les 10 % les plus pauvres des pays les plus pauvres (par exemple le Honduras ou le Rwanda) sont &#224; environ 0,1 tonne par an, soit 2000 ou 3000 fois moins que les tr&#232;s riches des pays tr&#232;s riches.&lt;br class='autobr' /&gt;
Je le dis autrement, car c'est &#233;norme : il y a dans le monde, par millions, des tr&#232;s riches qui &#233;mettent 2000 &#224; 3000 fois plus que les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la France n'est pas trait&#233; sp&#233;cifiquement dans cette &#233;tude mondiale. Je vais donc me livrer &#224; un exercice approximatif faute de mieux. J'appelle &#171; tr&#232;s riches &#187; les 1 % du haut de l'&#233;chelle des revenus et je souhaite comparer leur empreinte carbone moyenne &#224; celle des 10 % les moins riches (le &#171; premier d&#233;cile &#187; des revenus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait gr&#226;ce &#224; Chancel et Piketty que pour les 1 % les plus riches des Canadiens les &#233;missions annuelles par personne sont de 200 tonnes de CO2. Or le Canada est un pays o&#249; le revenu moyen est sup&#233;rieur de peu &#224; celui de la France (environ + 14 % en 2017 en &#171; parit&#233;s de pouvoir d'achat &#187; selon la Banque mondiale) et o&#249; les in&#233;galit&#233;s mesur&#233;es par le coefficient de Gini sont presque identiques. On peut donc parier raisonnablement que les 1 % les plus riches du Canada ont une empreinte carbone sans doute un peu sup&#233;rieure &#224; celle des Fran&#231;ais, mais d'assez peu, et pour &#234;tre tr&#232;s prudent j'affecterai aux tr&#232;s riches Fran&#231;ais une empreinte moyenne de 20 % inf&#233;rieure &#224; celle de leurs homologues canadiens, soit 160 tonnes par an et par personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quel chiffre retenir pour l'empreinte carbone moyenne par personne du premier d&#233;cile en France, donn&#233;e que je n'ai pas trouv&#233;e mais qui existe peut-&#234;tre dans les fichiers en ligne de Chancel et Piketty que je ne suis pas parvenu &#224; ouvrir&#8230; ? En &#233;tant une nouvelle fois prudent, je vais retenir comme ordre de grandeur le chiffre de 4 tonnes de CO2 par an, sachant que selon Chancel et Piketty les personnes du troisi&#232;me d&#233;cile (dont le niveau de vie est 1,8 fois celui du premier d&#233;cile) &#233;mettaient en moyenne 6,5 tonnes par personne en 2013 (leur &#233;tude ne fournit malheureusement aucun autre chiffre pour la France).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sumons : au moins 160 tonnes en moyenne pour les 1 % les plus riches, au plus 4 tonnes pour les 10 % les plus pauvres, cela fait 40 fois plus pour les premiers, estimation basse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La taxe carbone p&#232;se plus de 4 fois plus sur le budget des plus pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a sur ce point des donn&#233;es par d&#233;ciles, dont celles trouv&#233;es dans un document sur &#171; les effets distributifs de la fiscalit&#233; carbone en France &#187;, par Audrey Berry. La fiscalit&#233; carbone repr&#233;senterait 0,68 % du revenu disponible des 10 % les moins riches et 0,23 % pour les 10 % les plus riches, soit 3 fois moins. De son c&#244;t&#233;, Lucas Chancel avance le chiffre de 5 fois moins dans sa tribune de Lib&#233; du 12 novembre (&#171; Taxe carbone : peut-on concilier &#233;cologie et justice sociale ? &#187;), mais c'est peut-&#234;tre parce que les bases de comparaison diff&#232;rent. Peu importe pour ce qui suit, je couperai la poire en deux en estimant que les 10 % les plus riches paient environ 4 fois moins de taxe carbone que les 10 % les plus pauvres en proportion de leurs revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'en est-il des 1 % les plus riches ? Aucune source ne le dit &#224; ma connaissance, mais on sait au moins que le poste &#171; avion &#187; p&#232;se de plus en plus lourd dans les &#233;missions lorsque le revenu grimpe (voir cette enqu&#234;te IPSOS pour l'observatoire du bilan carbone des m&#233;nages), et comme il n'y a aucune fiscalit&#233; carbone pour le transport a&#233;rien, cela va n&#233;cessairement all&#233;ger beaucoup le poids de cette fiscalit&#233; dans le budget des tr&#232;s riches. On peut donc affirmer sans trop de risque que la taxe carbone p&#232;se &#171; plus de 4 fois plus &#187; sur le budget des 10 % les plus pauvres que sur celui des tr&#232;s riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Derni&#232;re remarque &#171; pour la route &#187; (ou autre mode de d&#233;placement moins polluant&#8230;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il serait risqu&#233; de prendre ces constats, si ahurissants soient-ils, comme une incitation &#224; ne faire aucun effort de sobri&#233;t&#233; &#233;nerg&#233;tique et de r&#233;duction de notre empreinte carbone, au motif que les tr&#232;s riches polluent beaucoup plus que l'immense majorit&#233;. Qu'il faille prendre des mesures contre la d&#233;mesure d'une petite minorit&#233; est &#233;vident, mais il est non moins &#233;vident que l'empreinte carbone de l'immense majorit&#233; des gens dans les pays riches est insoutenable. Il nous faut aller collectivement vers une empreinte carbone nette devenant nulle vers 2050 (la &#171; neutralit&#233; carbone &#187;). C'est possible (voir le sc&#233;nario n&#233;gaWatt), mais en menant des politiques ambitieuses de transition juste dont on connait les grandes lignes, plus encore que par des actes individuels au demeurant n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste toutefois &#224; retenir de ces constats d'in&#233;galit&#233;s &#233;normes, aussi bien pour les &#233;missions que pour les efforts fiscaux, que l'acceptation par le plus grand nombre des mesures de sauvegarde du climat (dont la fiscalit&#233; carbone fait partie mais dont elle ne peut pas &#234;tre le principal outil) passe par une nette r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s sociales et des injustices fiscales. C'est la grande condition pour que ces mesures soient consid&#233;r&#233;es comme justes. Si elle n'est pas remplie, la transition n&#233;cessaire se heurtera &#224; des oppositions compr&#233;hensibles, alors qu'elle aurait besoin d'un soutien tr&#232;s large.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Deux &#171; Nobel &#187; pro-croissance &#224; contre-climat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Deux-Nobel-pro-croissance-a-contre-climat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Deux-Nobel-pro-croissance-a-contre-climat</guid>
		<dc:date>2018-11-06T07:03:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-11-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ceux et celles qui lisent la presse avec un peu d'attention auront sans doute rep&#233;r&#233; l'attribution du &#171; Nobel &#187; 2018 &#224; deux &#233;conomistes (Paul Romer et William Nordhaus) ayant en effet une grande r&#233;putation, pr&#233;sent&#233;s en quelque sorte comme des &#171; &#233;colos &#187; de la profession, comme si le jury de ce pseudo-Nobel d'&#233;conomie avait eu la main heureuse alors que le GIEC vient juste de sortir un rapport d'alerte rouge sur le climat. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Qui plus est, comme ces deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton36628-8b60c.png?1781758603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ceux et celles qui lisent la presse avec un peu d'attention auront sans doute rep&#233;r&#233; l'attribution du &#171; Nobel &#187; 2018 &#224; deux &#233;conomistes (Paul Romer et William Nordhaus) ayant en effet une grande r&#233;putation, pr&#233;sent&#233;s en quelque sorte comme des &#171; &#233;colos &#187; de la profession, comme si le jury de ce pseudo-Nobel d'&#233;conomie avait eu la main heureuse alors que le GIEC vient juste de sortir un rapport d'alerte rouge sur le climat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2018/10/09/deux-nobel-pro-croissance-a-contre-climat&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, comme ces deux &#233;conomistes ne sont ni l'un ni l'autre des ultras dans la profession, bien que tous les deux bien n&#233;oclassiques, et comme Romer s'est fendu en 2016 d'un article assez assassin sur la chapelle des macro-&#233;conomistes &#171; mainstream &#187; (&#171; The trouble with macroeconomics &#187;), la sympathie des &#171; alter &#187;, h&#233;t&#233;rodoxes &#187; ou &#171; atterr&#233;s &#187; leur semble acquise &#224; peu de frais. Voir par exemple ce court article de Christian Chavagneux sur Alternatives &#233;conomiques, et ce commentaire sur Facebook de l'&#233;conomiste atterr&#233; post-keyn&#233;sien Dany Lang : &#171; Au vu de son article tr&#232;s critique de 2016, je vois la nomination de Paul Romer comme laur&#233;at du prix de la Banque de Su&#232;de (le soi-disant &#034;prix Nobel d'&#233;conomie&#034;) comme une assez bonne nouvelle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, ils sont bien gentils les copains, mais je ne peux vraiment pas partager leurs appr&#233;ciations au motif que la premi&#232;re qualit&#233; d'un &#233;conomiste serait de ne pas &#234;tre totalement &#171; mainstream &#187; mais juste un peu d&#233;cal&#233; (pas tant que &#231;a en fait), et donc que cette nomination, c'est mieux que si c'&#233;tait pire. J'ai sign&#233; il y a peu de temps un appel &#171; Europe, ne plus d&#233;pendre de la croissance &#187; (publi&#233; par Lib&#233; le 16 septembre), et pour moi Romer et Nordhaus sont aux antipodes de ce qu'il faudrait faire pour &#233;viter l'effondrement du climat et du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Romer, le proph&#232;te de l'abondance&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commen&#231;ons par Paul Romer, en revenant &#224; ses id&#233;es sur la &#171; croissance endog&#232;ne &#187;, dont il dresse un bilan actualis&#233; dans une longue interview datant de novembre 2001 pour la revue &#171; strategy+business &#187;. L'id&#233;e forte est simple : contrairement aux facteurs de production mat&#233;riels, les connaissances peuvent cro&#238;tre et se multiplier sans limite, d'o&#249; il r&#233;sulte que la production de richesses &#233;conomiques peut elle aussi, cro&#238;tre sans limite temporelle dans les &#233;conomies contemporaines qui sont &#171; knowledge based &#187; (fond&#233;es sur le savoir). Il y a certes des &#171; rendements d&#233;croissants &#187; dans l'exploitation des ressources mat&#233;rielles, mais on trouve au contraire des rendements croissants dans l'&#233;conomie de la connaissance, des &#171; id&#233;es &#187;, des logiciels, etc. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien avant cela, Romer avait fait &#171; pire &#187;. En 1990 (&#171; Endogenous technological change &#187;, Journal of political economy, vol. 98 ; n&#176; 5), il expliquait que le r&#244;le essentiel des savoirs et des innovations (ou du &#171; capital humain &#187;) pour booster la croissance r&#233;side dans les &#171; incitations du march&#233; &#187; et la profitabilit&#233; attendue, que l'extension de la taille des march&#233;s induit une plus forte croissance, et que, de ce fait, le &#171; libre-&#233;change &#187; international est un acc&#233;l&#233;rateur de croissance et un atout, notamment pour les pays &#224; faible niveau de d&#233;veloppement. Dans un autre texte plus r&#233;cent (Economic Growth, The Concise Encyclopedia of Economics, David R. Henderson, ed. Liberty Fund, 2007), lisible par des non &#233;conomistes, il expliquait doctement que les pays en d&#233;veloppement avaient tout int&#233;r&#234;t &#224; encourager l'investissement direct de firmes &#233;trang&#232;res, &#224; respecter leurs droits de propri&#233;t&#233;, et &#224; &#233;viter toute r&#233;gulation &#171; pesante &#187; ainsi que des taux marginaux d'imposition &#233;lev&#233;s. On comprend que la Banque mondiale l'ait recrut&#233;, m&#234;me si ensuite il a fait sa mauvaise t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en termine avec lui, sans pr&#233;tendre en avoir fait le tour, loin de l&#224;. Voici deux de ses questions/r&#233;ponses dans une autre interview, pour la revue Reason (revue sous-titr&#233;e &#171; free minds and free markets &#187;, ce qui serait un bon titre pour Romer lui-m&#234;me !!!) en d&#233;cembre 2001. Le titre de cette interview est significatif : &#171; Post-scarcity prophet &#187;, le proph&#232;te de la post-raret&#233;, soit aussi le proph&#232;te de l'abondance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q. What do you see as the necessary preconditions for technological progress and economic growth ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romer : One extremely important insight is that the process of technological discovery is supported by a unique set of institutions. Those are most productive when they're tightly coupled with the institutions of the market. The Soviet Union had very strong science in some fields, but it wasn't coupled with strong institutions in the market&#8230; The wonder of the United States is that we've created institutions of science and institutions of the market. They're very different, but together they've generated fantastic benefits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Q. You often cite the combinatorial explosion of ideas as the source of economic growth. What do you mean by that ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romer : On any conceivable horizon &#8212; I'll say until about 5 billion years from now, when the sun explodes &#8212; we're not going to run out of discoveries.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, on est tranquilles, avec lui on est partis pour 5 milliards d'ann&#233;es de croissance&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;NORDHAUS, l'autre proph&#232;te de l'abondance &#233;ternelle contre les &#171; pessimistes &#187; du Club de Rome et leurs successeurs&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Passons &#224; son co-laur&#233;at, William Nordhaus, un autre h&#233;raut de la croissance &#224; perp&#233;tuit&#233;. Il a commenc&#233; tr&#232;s t&#244;t dans cette voie, d&#232;s les ann&#233;es 1970, et je n'ai rien trouv&#233; de r&#233;cent qui montrerait qu'il a vir&#233; sa cuti comme d'autres l'ont fait, votre serviteur entre autres. On lui doit, peu apr&#232;s la publication en 1972 du rapport du Club de Rome &#171; les limites de la croissance &#187;, un article de combat (The allocation of energy resources, Brooking papers, 1973). Il y entreprend de montrer que, m&#234;me dans le domaine de l'&#233;nergie, qui semblait &#224; l'&#233;poque (et souvent encore aujourd'hui) celui o&#249; la raret&#233; risquait de survenir le plus vite &#224; moyen terme en compromettant la croissance, il n'y a en r&#233;alit&#233; aucun probl&#232;me s&#233;rieux en exploitant jusqu'&#224; plus soif les r&#233;serves d'&#233;nergies fossiles jusqu'en 2070, avec ensuite le relais du nucl&#233;aire tout puissant jusqu'&#224; &#171; un futur ind&#233;fini &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, Nordhaus s'int&#233;resse &#224; l'&#233;cologie et donc &#224; la &#171; croissance verte &#187;, il est partisan de la taxation des &#233;missions de carbone, mais &#224; des niveaux ridiculement bas, en tout cas au regard des propositions d'une autre &#233;conomiste de renom, nettement plus au fait des enjeux climatiques, Nicholas Stern. Il fait partie de ce courant d'&#233;conomistes avocats &#224; la fois de la croissance verte, un mythe scientiste, et de l'attribution de prix pour la nature, une impasse &#233;conomiste (voir ce billet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, non, je ne me f&#233;licite pas du tout de l'attribution de ces deux &#171; Nobel &#187; pro-croissance et productivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajout une heure apr&#232;s la mise en ligne : je viens de d&#233;couvrir sur le site d'Alternatives &#233;conomiques l'article d'Antonin Pottier sur Nordhaus, mis en ligne aujourd'hui, et il faut vraiment vous pr&#233;cipiter dessus. Conclusion effarante. D&#233;cid&#233;ment, presque tous les &#233;conomistes renomm&#233;s sont des fous dangereux...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le krach financier qui se profile</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-krach-financier-qui-se-profile-36533</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-krach-financier-qui-se-profile-36533</guid>
		<dc:date>2018-10-23T07:18:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-10-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Article actualis&#233; le 12 octobre 2018 | tir&#233; du blogue de Jean Gadrey &lt;br class='autobr' /&gt;
Le krach qui se pr&#233;pare n'est pas forc&#233;ment pour demain, mais on s'en approche. Personne ne sait quel en sera le facteur d&#233;clencheur (et donc quand cela se produira) car les candidats sont nombreux pour ce titre, mais tous les signaux sont au rouge fonc&#233;. Les ann&#233;es 2018 ou 2019 pourraient bien voir une r&#233;&#233;dition du plongeon de l'ann&#233;e 2008. En pire, car ce qui a &#233;t&#233; fait depuis dix ans est largement insuffisant, comme on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-10-23-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-10-23&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton36533-94e41.jpg?1781758603' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article actualis&#233; le 12 octobre 2018 | tir&#233; du blogue de Jean Gadrey&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le krach qui se pr&#233;pare n'est pas forc&#233;ment pour demain, mais on s'en approche. Personne ne sait quel en sera le facteur d&#233;clencheur (et donc quand cela se produira) car les candidats sont nombreux pour ce titre, mais tous les signaux sont au rouge fonc&#233;. Les ann&#233;es 2018 ou 2019 pourraient bien voir une r&#233;&#233;dition du plongeon de l'ann&#233;e 2008. En pire, car ce qui a &#233;t&#233; fait depuis dix ans est largement insuffisant, comme on va le voir, et les capacit&#233;s des &#201;tats (bien plus endett&#233;s qu'en 2008), des banques centrales et des banques priv&#233;es &#224; amortir le choc sont nettement moindres qu'en 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pourquoi ce diagnostic de signaux au rouge fonc&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : ce billet est une version fortement d&#233;velopp&#233;e et accompagn&#233;e de quelques graphiques d'une courte tribune &#224; para&#238;tre dans Politis jeudi prochain 7 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;UNE BULLE BOURSI&#200;RE SANS PR&#201;C&#201;DENT OU PRESQUE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord et surtout, la bulle boursi&#232;re actuelle bat tous les records, y compris ceux de 2008. Le Dow Jones tutoie ou d&#233;passe les 24.000 points fin 2017 contre moins de 14.000 au sommet de 2008, record pr&#233;c&#233;dent. L'autre grand indice, le Nasdaq, n'est pas en reste (graphiques ci-dessous) Les sp&#233;cialistes des bulles boursi&#232;res utilisent un indicateur plus fiable (indice de Shiller, qui tient compte des fluctuations conjoncturelles et de l'inflation). Lui aussi est au plus haut. Il d&#233;passe le niveau atteint juste avant le krach de 1929, bien qu'il soit inf&#233;rieur &#224; son record s&#233;culaire, au moment de la &#171; bulle de la nouvelle &#233;conomie &#187; en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Graphique 1. Le Dow Jones du 01/01/1997 au 02/12/2017&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3959 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH413/908577eea78e6420-bafa3d36-b792c.png?1781758603' width='500' height='413' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;20 ans de Dow Jones&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Actualisation au 12 octobre 2018 : &#231;a monte toujours depuis un an, mais avec des cahots ces derniers temps&lt;/i&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Dow Jones jusqu'au 12 octobre 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graphique 2. Le Nasdaq depuis 20 ans, graphique du 02/12/17&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3960 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH406/9b0103c57b28d308-e5ffe20c-82fb1.png?1781758603' width='500' height='406' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;20 ans de Nasdaq&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Actualisation au 12 octobre 2018 : le sommet est proche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Nasdaq jusqu'au 12 octobre 2018&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH337/fb1d0255fe7ff11b-cf67a360-06d36.png?1781758604' width='500' height='337' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NON PAS UNE BULLE, MAIS DES BULLES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la bulle ne concerne pas que les actions. La bulle obligataire (surtout celle des obligations d'&#201;tat) n'est pas moins gonfl&#233;e, comme l'indique un graphique que l'on peut consulter en suivant ce lien : &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.businessbourse.com/2017/11/27/la-plus-grosse-bulle-obligataire-en-800-ans-dhistoire-ne-cesse-denfler/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.businessbourse.com/2017/11/27/la-plus-grosse-bulle-obligataire-en-800-ans-dhistoire-ne-cesse-denfler/&lt;/a&gt; C'est d'autant plus significatif que, dans le monde, le march&#233; global des obligations porte sur un stock de valeur estim&#233; &#224; plus de 100.000 milliards de dollars, contre environ 64.000 pour le march&#233; des actions, et que le volume des transactions sur les obligations (700 milliards de dollars PAR JOUR !) est plus de trois fois sup&#233;rieur &#224; celui qui porte sur les actions (source : &lt;a href=&#034;https://www.fool.com/knowledge-center/5-bond-market-facts-you-need-to-know.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fool.com/knowledge-center/5-bond-market-facts-you-need-to-know.aspx&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoutent, aux &#201;tats-Unis, une nouvelle bulle immobili&#232;re, moins explosive que la pr&#233;c&#233;dente mais assez nette (l'indice des prix du logement approche d&#233;sormais celui d'avant la chute de 2007), et trois grosses bulles de cr&#233;dit qui enflent rapidement : celle de la dette &#233;tudiante, dont le montant avoisine les 1500 milliards de dollars, celle des cr&#233;dits automobiles (plus de 1100 milliards de dollars, montant port&#233; &#224; 1240 milliards mi-2018), et celle des dettes sur les cartes de cr&#233;dit, de plus de 1000 milliards de dollars. Le total de la dette des m&#233;nages (environ 13.000 milliards$) d&#233;passe dans ce pays le niveau d'avant 2008, port&#233;e principalement et &#224; nouveau par des pr&#234;ts hypoth&#233;caires (environ 9000 milliards$). Source : &lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/international/la-dette-des-menages-americains-depasse-son-record-de-2008-747135.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.latribune.fr/economie/international/la-dette-des-menages-americains-depasse-son-record-de-2008-747135.html&lt;/a&gt; Actualisation : au premier trimestre 2018, cette dette avait encore progress&#233;, voir cette source.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi &#233;voquer, parmi d'autres facteurs d&#233;clenchants possibles, la bulle de la dette des entreprises chinoises, plus &#233;norme encore que celle des m&#233;nages am&#233;ricains. Le pouvoir chinois se veut rassurant, mais dans une tribune publi&#233;e il y a quelques jours par le tr&#232;s officiel Quotidien du Peuple, le gouverneur &#8211; il est vrai sur le d&#233;part - de la Banque centrale chinoise d&#233;non&#231;ait des risques financiers &#8220;nombreux, vastes, cach&#233;s, complexes, contagieux et dangereux&#8221;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES BANQUES ONT REPRIS DES PRATIQUES &#192; HAUTS RISQUES&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre facteur d'un probable plongeon : les le&#231;ons de la crise de 2008 ont &#233;t&#233; largement oubli&#233;es, le lobby bancaire &#233;tant toujours aussi actif pour contribuer &#224; cet oubli et pour trouver et soutenir des responsables politiques proches de ses int&#233;r&#234;ts. En particulier, les banques am&#233;ricaines ont recommenc&#233; &#224; vendre des pr&#234;ts &#224; des emprunteurs peu solvables : 23 millions d'Am&#233;ricains peu solvables ont un pr&#234;t automobile subprime, et 7 millions n'ont pas pay&#233; leurs pr&#234;ts &#233;tudiants, dont 700.000 retrait&#233;s qui n'ont pas fini de rembourser ! Quant &#224; la titrisation de ces pr&#234;ts douteux pour les revendre &#224; des sp&#233;culateurs (technique qui a amplifi&#233; la crise des subprimes) elle a repris de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir sur ces questions Michel Crinetz, blogueur &#224; la fois sur ce site et sur M&#233;diapart, qui conna&#238;t ces questions de pr&#232;s comme ancien superviseur financier, dans ces deux billets : &#171; Vivement la prochaine grande crise financi&#232;re ! La derni&#232;re avant une vraie r&#233;forme&#8230; &#187; &lt;a href=&#034;http://blogs.alternatives-economiques.fr/michel-crinetz/2017/09/11/vivement-la-prochaine-grande-crise-financiere-la-derniere-avant-une-vraie-reforme%E2%80%A6&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.alternatives-economiques.fr/michel-crinetz/2017/09/11/vivement-la-prochaine-grande-crise-financiere-la-derniere-avant-une-vraie-reforme%E2%80%A6&lt;/a&gt; (11 septembre 2017), et &#171; renaissance des subprime &#187; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/michel-crinetz/blog/080917/renaissance-des-subprime&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/michel-crinetz/blog/080917/renaissance-des-subprime&lt;/a&gt; (8 septembre 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un court extrait de ces analyses : &#171; le syst&#232;me financier a &#233;t&#233; r&#233;form&#233; [aux &#201;tats-Unis] par la loi Dodd-Franck ; l'a-t-il &#233;t&#233; correctement, et suffisamment ? Pas suffisamment, et de loin, puisqu'il a laiss&#233; subsister les trois m&#233;canismes ayant cr&#233;&#233;, diffus&#233; et amplifi&#233; les risques subprime &#187;. Ces trois m&#233;canismes sont la vente de pr&#234;ts &#224; des emprunteurs peu solvables, la titrisation de ces pr&#234;ts &#224; hauts risques pour les vendre &#224; des sp&#233;culateurs de court terme, et la possibilit&#233; non interdite de cr&#233;ation de produits d&#233;riv&#233;s ou synth&#233;tiques &#224; partir de ces cr&#233;dits &#224; risque &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;LES BANQUES CENTRALES ONT ABUS&#201; DE L'INJECTION DE LIQUIDIT&#201;S SANS EXIGER DES BANQUES PRIV&#201;ES LA MOINDRE CONTREPARTIE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les politiques d'injections massives de liquidit&#233;s par les banques centrales depuis dix ans (au total 9000 milliards de dollars depuis 2008, et, en 2017, 200 milliards d'euros par mois !), d'abord pour soutenir le secteur financier d&#232;s 2008, ensuite pour tenter de relancer une croissance atone, ont fortement amplifi&#233; la sp&#233;culation avec cet argent &#171; tombant du ciel &#187;, et non pas l'investissement utile, ce qui aurait pourtant &#233;t&#233; possible si ces banques n'&#233;taient pas celles&#8230; du capital financier. Ces politiques dites de &#171; quantitative easing &#187; ne peuvent plus gu&#232;re se prolonger. Mais toutes ces banques tremblent &#224; l'id&#233;e de freiner ce que Stiglitz appelait d&#233;j&#224; en octobre 2008 &#171; une transfusion sur un patient souffrant d'h&#233;morragie interne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite &#224; nouveau Michel Crinetz : &#171; Les banques centrales en sont r&#233;duites &#224; cr&#233;er toujours plus d'argent pour le capital financier, de l'argent toujours plus liquide et plus fugace, ce qui augmente le risque de crise. La contrepartie de la monnaie centrale cr&#233;&#233;e est compos&#233;e de titres financiers dont, dop&#233; par cette cr&#233;ation mon&#233;taire continue, le prix ne cesse de monter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CERTAINS ACTEURS FINANCIERS COMMENCENT &#192; SE POSER DES QUESTIONS, MAIS ILS SONT D&#201;BORD&#201;S PAR &#171; L'EXUB&#201;RANCE IRRATIONNELLE &#187; DE LEUR PROPRE &#171; BASE &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier indice de trouble dans la famille finance : ce sont depuis peu de grandes banques, ou certains de leurs analystes, qui s'inqui&#232;tent pour la suite des &#233;v&#233;nements, notamment la Deutsche Bank, la Bank of America et m&#234;me&#8230; Goldman Sachs. Ainsi que le FMI. Mais la raison ne peut suffire quand r&#232;gne sur ces march&#233;s l'exub&#233;rance irrationnelle, une expression (et le titre d'un gros livre qui date de 2000 pour la traduction fran&#231;aise) de Robert Shiller, reprise ensuite par Alan Greenspan, ancien patron de la Fed. On peut aussi citer dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e cet autre titre de livre : &#171; de l'euphorie &#224; la panique : penser la crise financi&#232;re &#187;, par Andr&#233; Orl&#233;an (&#233;ditions Rue d'Ulm, 2009, 111 pages, 7,10 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite pour conclure l'excellent Michel Crinetz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Jusqu'o&#249; le volume de cette bulle peut-il gonfler avant qu'elle explose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est pas &#233;conomique mais psychologique : un jour un grand investisseur prend peur et commence &#224; vendre en masse, entra&#238;nant &#224; sa suite le reste du troupeau. Alors le cyclone balaye les march&#233;s financiers, et rien ne va plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les banques centrales ne vont plus : elles diront que ce n'est plus un probl&#232;me de liquidit&#233;, mais un probl&#232;me de solvabilit&#233;, pas de leur ressort. Comme apr&#232;s la crise de 2008, o&#249; les &#201;tats ont d&#251; intervenir directement pour sauver plusieurs de leurs grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les &#201;tats d&#233;sormais vraiment &#224; court d'argent devront enfin reprendre le contr&#244;le de leurs banques centrales. Et enfin solidifier la liquidit&#233; pour des financements durables : ce ne sont pas les besoins qui manquent&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Climat : il sera bient&#244;t trop tard, alors qu'est-ce qu'on attend ? (1)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Climat-il-sera-bientot-trop-tard-alors-qu-est-ce-qu-on-attend-1</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Climat-il-sera-bientot-trop-tard-alors-qu-est-ce-qu-on-attend-1</guid>
		<dc:date>2017-12-11T19:32:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Premier de deux billets. Celui-ci contient des constats qui peuvent assombrir votre moral, le second est destin&#233; &#224; vous le remonter&#8230; Le titre du pr&#233;sent billet rassemble celui de l'appel r&#233;cent des 15,000 scientifiques (une mise en garde s&#233;v&#232;re), et celui d'un documentaire optimiste de Marie-Monique Robin diffus&#233; en 2016 : &#171; Qu'est-ce qu'on attend ? &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#199;a chauffe et &#231;a va continuer, mais dans quelle mesure ? &lt;br class='autobr' /&gt;
L'appel des 15.000 n'est pas catastrophiste, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton33098-cbc19.jpg?1781758604' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Premier de deux billets. Celui-ci contient des constats qui peuvent assombrir votre moral, le second est destin&#233; &#224; vous le remonter&#8230; Le titre du pr&#233;sent billet rassemble celui de l'appel r&#233;cent des 15,000 scientifiques (une mise en garde s&#233;v&#232;re), et celui d'un documentaire optimiste de Marie-Monique Robin diffus&#233; en 2016 : &#171; Qu'est-ce qu'on attend ? &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2017/12/11/climat%C2%A0-il-sera-bientot-trop-tard-alors-qu%E2%80%99est-ce-qu%E2%80%99on-attend%C2%A0-1&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#199;a chauffe et &#231;a va continuer, mais dans quelle mesure ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel des 15.000 n'est pas catastrophiste, il ne dit nullement que c'est fichu, mais il a de quoi inqui&#233;ter et si possible pousser &#224; agir VITE pour &#233;viter les sc&#233;narios noirs pour l'humanit&#233;. Il en a beaucoup &#233;t&#233; question dans les m&#233;dias et donc je me contenterai de deux graphiques. Le premier a &#233;t&#233; bien diffus&#233;, mais il est toutefois utile de le commenter car pour les non-initi&#233;s ce n'est pas si simple. Pour moi non plus d'ailleurs mais je m'accroche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3405 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH364/b40a4c4015fe023a-af894b97-68a2d.jpg?1781758604' width='500' height='364' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les courbes de ce graphique repr&#233;sentent les &#233;missions mondiales de gaz &#224; effet de serre (pas seulement le CO2) le tout en milliards de tonnes (ou Gigatonnes, soit Gt, je passe sur la technique de mesure en &#171; &#233;quivalent CO2) &#233;mises par an, de 1970 &#224; 2015 : c'est la courbe rouge, fond&#233;e sur des mesures r&#233;elles. Puis, &#224; droite, on a quatre courbes hypoth&#233;tiques d&#233;pendant des politiques de r&#233;duction faible ou forte de ces &#233;missions d&#232;s maintenant. Retenons qu'en 1970 le monde &#233;mettait autour de 27 Gt/an, qu'on va probablement atteindre le double, autour de 54 Gt, vers 2020 et qu'il faudrait imp&#233;rativement diviser ce chiffre par au moins deux d'ici 2050 pour esp&#233;rer rester sous la barre des +2&#176; de r&#233;chauffement au cours de ce si&#232;cle, et par cinq pour rester sous les + 1,5&#176;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retenons aussi que les &#171; engagements &#187; non contraignants pris par les pays signataires de l'accord de Paris au cours de la COP21 nous conduiraient &#224; un sc&#233;nario qu'on peut qualifier de tr&#232;s noir (plus de 3&#176;) vu qu'un large consensus existe parmi les sp&#233;cialistes pour estimer qu'au-del&#224; des +2&#176; il existe une probabilit&#233; d'emballement sur laquelle je n'insiste pas pour &#233;viter de plomber l'ambiance plus qu'il n'est n&#233;cessaire&#8230; Une image est parfois utilis&#233;e : un ou deux degr&#233;s de plus pour notre organisme c'est tr&#232;s ennuyeux mais pas dramatique, &#231;a devient grave au-del&#224; de 2&#176; et &#231;a peut &#234;tre mortel ensuite. C'est un peu la m&#234;me chose pour le climat et la vie humaine sur terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On est d&#233;j&#224; &#224; + 1&#176; d'augmentation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des sc&#233;narios d'&#233;missions, qu'en est-il de l'&#233;volution des temp&#233;ratures elles-m&#234;mes, de quelles temp&#233;ratures au juste, et que veut dire &#171; ne pas d&#233;passer +2&#176; &#187; ? Les chiffres de r&#233;f&#233;rence concernent une moyenne mondiale des temp&#233;ratures annuelles &#224; la surface du globe. Quant aux +2&#176;, c'est par rapport &#224; une p&#233;riode dite pr&#233;industrielle, autour de 1900, avant la premi&#232;re grande &#233;l&#233;vation d'origine humaine (&#224; partir de 1920 environ), &#233;l&#233;vation devenue tr&#232;s forte apr&#232;s la seconde guerre mondiale, au cours des fameuses Trente (PAS SI) Glorieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le graphique suivant est l'un des plus connus. On le doit &#224; James Hansen et Makiko Sato (Goddard Institute for Space Studies, Nasa). On peut n'en retenir que la courbe rouge, qui &#171; lisse &#187; des variations mensuelles ou annuelles (on appelle cela une moyenne mobile, mais peu importe). La courbe verte est, sur la p&#233;riode 1970-2017, une droite dite de corr&#233;lation qui se prolonge jusque 2020 pour indiquer ce qui se passerait en cas de prolongation de la tendance suivie depuis 1970.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3406 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/IMG/jpg/climat_-_il_sera_biento_t_trop_tard_alors_qu_est-ce_qu_on_attend_2.jpg?3406/1364dd07b22416b1dca3565a50b29e3e9f79898be657901b2dad855a7316b03a&#034; class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH292/1364dd07b22416b1-16aa9a54-60986.jpg?1781758604' width='500' height='292' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Conclusion principale : on est d&#233;j&#224; en 2017 &#224; presque +1&#176; de r&#233;chauffement, et il ne faut absolument pas d&#233;passer 2&#176;. Et par ailleurs, m&#234;me si des d&#233;cisions tr&#232;s ambitieuses &#233;taient prises vite, le r&#233;chauffement se poursuivrait au cours de ce si&#232;cle, l'objectif vital &#233;tant de le freiner puis de le stopper. C'est ce qui diff&#233;rencie la machine climatique d'autres pollutions graves mais moins angoissantes &#224; long terme : elle a une forte inertie li&#233;e au fait que les &#233;missions en exc&#232;s qui se trouvent sur nos t&#234;tes mettent beaucoup de temps (des si&#232;cles) &#224; se &#171; r&#233;sorber &#187;. Pour deux raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, sur une tonne de CO2 &#233;mise cette ann&#233;e, la moiti&#233; sera toujours pr&#233;sente dans l'atmosph&#232;re dans cent ans et une partie non n&#233;gligeable dans plusieurs si&#232;cles. Ensuite, les oc&#233;ans captent 93% de la chaleur li&#233;e au CO2 en exc&#232;s, mais ils ne la restituent que tr&#232;s lentement (plusieurs si&#232;cles) apr&#232;s l'arr&#234;t des &#233;missions. Au total, il faudra des si&#232;cles pour en revenir &#224; l'&#233;quilibre climatique de la p&#233;riode pr&#233;industrielle, m&#234;me en aboutissant au cours de ce si&#232;cle &#224; z&#233;ro &#233;missions nettes (&#233;missions moins absorption, voir ci-apr&#232;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour rester sous les + 2&#176;, quels objectifs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport du PNUE (fin 2014) fond&#233; sur les travaux du GIEC, il faut :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Viser un pic des &#233;missions dans les 5 &#224; 10 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; R&#233;duire de plus de moiti&#233; des &#233;missions totales de GES (CO2 , m&#233;thane, protoxyde d'azote&#8230;) d'ici 2050 dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Z&#233;ro &#233;mission nette de carbone de 2055 &#224; 2070 (neutralit&#233; carbone, voir ci-apr&#232;s)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Z&#233;ro &#233;mission nette de tous les GES &#224; partir de 2080.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N.B. &#171; Z&#233;ro &#233;mission nette &#187; = le peu d'&#233;missions restantes doit &#234;tre compens&#233; en &#171; retirant &#187; un m&#234;me volume de CO2 de l'atmosph&#232;re : capture/stockage technique (pour l'instant pas au point), ou s&#233;questration naturelle en augmentant les capacit&#233;s des for&#234;ts mais aussi de sols restaur&#233;s, strat&#233;gie essentielle mais n&#233;glig&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le &#171; budget carbone &#187; de l'humanit&#233; d'ici la fin du si&#232;cle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une autre bonne fa&#231;on de raisonner. En effet, les GES pr&#233;sents dans l'atmosph&#232;re constituent un stock accumul&#233;, et on sait estimer, compte tenu de donn&#233;es techniques sur la dur&#233;e de pr&#233;sence de ces GES, ce qu'il est possible d'&#233;mettre au maximum d'ici 2100 pour atteindre les objectifs pr&#233;c&#233;dents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ordre de grandeur : pour rester sous les 2&#176;, ne pas &#233;mettre plus de 1000 Gt (milliards de tonnes) d'&#233;quivalent CO2 d'ici 2100. Ce chiffre &#233;tait celui avanc&#233; en 2016, il est donc aujourd'hui un peu inf&#233;rieur, mais bon&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Combien en &#233;met-on aujourd'hui par an ? Autour de 50 Gt en 2015, et cela augmente encore chaque ann&#233;e. A raison de 50 Gt/an, on &#233;puiserait le &#171; budget du si&#232;cle &#187; en 20 ans !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; : 1) l'exigence du GIEC (2014) : commencer &#224; diminuer dans les 5 &#224; 10 prochaines ann&#233;es, passer &#224; moins de 44 Gt en 2025, 36 en 2030, 21 en 2050, et z&#233;ro &#233;mission nette d&#232;s que possible ensuite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) L'exigence des ONG : laisser dans le sol 80 % des r&#233;serves connues d'&#233;nergies fossiles&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour l'instant, en n'en prend pas le chemin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine par quelques faits qui ne sont pas bons pour le moral, mais le prochain billet sera moins d&#233;primant&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Laisser les &#233;nergies fossiles dans le sol ? Un peu partout dans le monde, la fi&#232;vre de &#171; l'extractivisme &#187;, propuls&#233;e par des multinationales, des banques et certains &#201;tats, se poursuit. Je ne d&#233;veloppe pas, c'est connu. Voir aussi le point 4 pour la France. Heureusement, cette fi&#232;vre se heurte &#224; des r&#233;sistances dont je parlerai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Voir cet article &#233;difiant sur l'incontournable site Reporterre &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Lutte-pour-le-climat-Le-monde-en-delire-planifie-des-centaines-de-nouveaux&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lutte pour le climat ? Le monde en d&#233;lire planifie des centaines de nouveaux a&#233;roports&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite le chapeau de cet excellent article de fond ; &#171; Les projections du secteur de l'aviation donnent le tournis : d'ici &#224; une vingtaine d'ann&#233;es, le nombre de voyages en avion doublerait. Les projets d'infrastructures a&#233;roportuaires se multiplient faisant fi des cons&#233;quences climatiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Quelques extraits d'un article r&#233;cent de La Croix, qu'on ne suspectera pas de faire partie des &#171; &lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/Climat-promesses-loin-objectif-2-C-selon-ONU-2017-10-31-1300888521&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Khmers verts&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;cart est &#034;catastrophique&#034; entre les promesses nationales de limitation des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre et les r&#233;ductions qu'il faudrait op&#233;rer pour maintenir le r&#233;chauffement en-dessous de 2&#176;C, a pr&#233;venu mardi le responsable environnement de l'ONU, &#224; six jours de la COP23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les engagements de r&#233;duction d'&#233;missions &#224; horizon 2025 ou 2030 pr&#233;sent&#233;s volontairement par les Etats &#224; la COP21 fin 2015, devraient faire monter le mercure de plus de 3&#176;C d'ici 2100.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;v&#233;latrice de l'urgence : la pr&#233;sence pour la premi&#232;re fois d'un chapitre sur le sujet, longtemps tabou, des techniques qui permettraient d'aspirer le CO2 de l'atmosph&#232;re (via les for&#234;ts et les sols, mais aussi des proc&#233;d&#233;s industriels encore incertains). Voir le point 5 sur la g&#233;o-ing&#233;nierie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Pendant que Macron organise son sommet climat, &lt;a href=&#034;https://www.bastamag.net/Pendant-que-Macron-organise-son-sommet-climat-l-Etat-continue-de-financer&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'Etat continue de financer all&#232;grement le r&#233;chauffement plan&#233;taire&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que fait &#171; le bras arm&#233; de l'&#201;tat dans l'&#233;conomie &#187; ? La Caisse des d&#233;p&#244;ts et consignations, g&#232;re des dizaines de milliards d'euros issus de l'&#233;pargne des Fran&#231;ais ou des cotisations retraites. Cens&#233;e &#171; r&#233;pondre &#224; un besoin d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187;, est-elle exemplaire en mati&#232;re d'investissements au service du climat et des g&#233;n&#233;rations futures ? Pas vraiment. L'enqu&#234;te conjointe men&#233;e par notre Observatoire des multinationales et l'organisation environnementale 350.org montre que cette v&#233;n&#233;rable institution continue de financer all&#232;grement les &#233;nergies tr&#232;s polluantes que sont le charbon, le p&#233;trole et le gaz. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Les menaces de la g&#233;o-ing&#233;nierie se pr&#233;cisent. Pour l'oligarchie qui lance et finance les projets les plus climaticides, la solution est toute trouv&#233;e : financer des projets, qui pourraient &#234;tre financi&#232;rement tr&#232;s rentables &#224; terme (c'est quand m&#234;me le crit&#232;re n&#176;1, non ?) de manipulation du climat, de refroidissement artificiel, comme ensemencer les oc&#233;ans pour doper leur capacit&#233; de s&#233;questration du carbone ou pulv&#233;riser des nuages &#224; base de sulfates pour r&#233;fracter les rayons du soleil et assombrir ainsi le ciel. Ces projets &#171; terrifiants &#187; (selon un sp&#233;cialiste am&#233;ricain) sont a priori interdits par un moratoire des Nations-Unies&#8230; que les &#201;tats-Unis n'ont pas sign&#233;, et ils doivent faire l'objet de premi&#232;res exp&#233;rimentations. Voir l'excellent article de Maxime Combes et Genevi&#232;ve Azam dans Reporterre : &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/La-poussee-de-la-geo-ingenierie-est-une-terrifiante-defaite-politique&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La pouss&#233;e de la g&#233;o-ing&#233;nierie est une terrifiante d&#233;faite politique&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, c'est mal parti, mais voir quand m&#234;me le billet suivant&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le krach financier qui se profile</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-krach-financier-qui-se-profile</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-krach-financier-qui-se-profile</guid>
		<dc:date>2017-12-04T18:59:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-12-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le krach qui se pr&#233;pare n'est pas forc&#233;ment pour demain, mais on s'en approche. Personne ne sait quel en sera le facteur d&#233;clencheur (et donc quand cela se produira) car les candidats sont nombreux pour ce titre, mais tous les signaux sont au rouge fonc&#233;. L'ann&#233;e 2018 pourrait bien voir une r&#233;&#233;dition du plongeon de l'ann&#233;e 2008. En pire, car ce qui a &#233;t&#233; fait depuis dix ans est largement insuffisant, comme on va le voir, et les capacit&#233;s des &#201;tats (bien plus endett&#233;s qu'en 2008), des banques (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-12-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-12-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton32989-fc5e2.jpg?1781758605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le krach qui se pr&#233;pare n'est pas forc&#233;ment pour demain, mais on s'en approche. Personne ne sait quel en sera le facteur d&#233;clencheur (et donc quand cela se produira) car les candidats sont nombreux pour ce titre, mais tous les signaux sont au rouge fonc&#233;. L'ann&#233;e 2018 pourrait bien voir une r&#233;&#233;dition du plongeon de l'ann&#233;e 2008. En pire, car ce qui a &#233;t&#233; fait depuis dix ans est largement insuffisant, comme on va le voir, et les capacit&#233;s des &#201;tats (bien plus endett&#233;s qu'en 2008), des banques centrales et des banques priv&#233;es &#224; amortir le choc sont nettement moindres qu'en 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://blogs.alternatives-economiques.fr/gadrey/2017/12/03/le-krach-financier-qui-se-profile&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH278/30afbc15746976d6-4d105325-51e2e.jpg?1781758605' width='500' height='278' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce diagnostic de signaux au rouge fonc&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Note : ce billet est une version fortement d&#233;velopp&#233;e et accompagn&#233;e de quelques graphiques d'une courte tribune &#224; para&#238;tre dans Politis jeudi prochain 7 d&#233;cembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une bulle boursi&#232;re sans pr&#233;c&#233;dent ou presque&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord et surtout, la bulle boursi&#232;re actuelle bat tous les records, y compris ceux de 2008. Le Dow Jones tutoie ou d&#233;passe les 24.000 points contre moins de 14.000 au sommet de 2008, record pr&#233;c&#233;dent. L'autre grand indice, le Nasdaq, n'est pas en reste (graphiques ci-dessous) Les sp&#233;cialistes des bulles boursi&#232;res utilisent un indicateur plus fiable (indice de Shiller, qui tient compte des fluctuations conjoncturelles et de l'inflation). Lui aussi est au plus haut. Il d&#233;passe le niveau atteint juste avant le krach de 1929, bien qu'il soit inf&#233;rieur &#224; son record s&#233;culaire, au moment de la &#171; bulle de la nouvelle &#233;conomie &#187; en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Graphique 1. Le Dow Jones du 01/01/1997 au 02/12/2017&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH315/d6fbb8dcf14c8fb4-30f6aac9-707ba.jpg?1781758605' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Graphique 2. Le Nasdaq depuis 20 ans, graphique du 02/12/17&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH305/fc4f5c2bce1418c8-8be2fe9b-deae7.jpg?1781758605' width='500' height='305' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Non pas une bulle, mais des bulles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, la bulle ne concerne pas que les actions. La bulle obligataire (surtout celle des obligations d'&#201;tat) n'est pas moins gonfl&#233;e, comme l'indique un graphique que l'on peut consulter &lt;a href=&#034;https://www.businessbourse.com/2017/11/27/la-plus-grosse-bulle-obligataire-en-800-ans-dhistoire-ne-cesse-denfler/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;en suivant ce lien&lt;/a&gt; : C'est d'autant plus significatif que, dans le monde, le march&#233; global des obligations porte sur un stock de valeur estim&#233; &#224; plus de 100.000 millions de dollars, contre environ 64.000 pour le march&#233; des actions, et que le volume des transactions sur les obligations (700.000 milliards de dollars PAR JOUR !) est plus de trois fois sup&#233;rieur &#224; celui qui porte sur les actions (&lt;a href=&#034;https://www.fool.com/knowledge-center/5-bond-market-facts-you-need-to-know.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;source&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'y ajoutent, aux &#201;tats-Unis, une nouvelle bulle immobili&#232;re, moins explosive que la pr&#233;c&#233;dente mais assez nette (l'indice des prix du logement approche d&#233;sormais celui d'avant la chute de 2007), et trois grosses bulles de cr&#233;dit qui enflent rapidement : celle de la dette &#233;tudiante, dont le montant avoisine les 1500 milliards de dollars, celle des cr&#233;dits automobiles (plus de 1100 milliards de dollars), et celle des dettes sur les cartes de cr&#233;dit, de plus de 1000 milliards de dollars. Le total de la dette des m&#233;nages (environ 13.000 milliards$) d&#233;passe dans ce pays le niveau d'avant 2008, port&#233;e principalement et &#224; nouveau par des pr&#234;ts hypoth&#233;caires (environ 9000 milliards$). &lt;a href=&#034;https://www.latribune.fr/economie/international/la-dette-des-menages-americains-depasse-son-record-de-2008-747135.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Source&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait aussi &#233;voquer, parmi d'autres facteurs d&#233;clenchants possibles, la bulle de la dette des entreprises chinoises, plus &#233;norme encore que celle des m&#233;nages am&#233;ricains. Le pouvoir chinois se veut rassurant, mais dans une tribune publi&#233;e il y a quelques jours par le tr&#232;s officiel Quotidien du Peuple, le gouverneur &#8211; il est vrai sur le d&#233;part - de la Banque centrale chinoise d&#233;non&#231;ait des risques financiers &#8220;nombreux, vastes, cach&#233;s, complexes, contagieux et dangereux&#8221;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques ont repris des pratiques &#224; hauts risques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre facteur d'un probable plongeon : les le&#231;ons de la crise de 2008 ont &#233;t&#233; largement oubli&#233;es, le lobby bancaire &#233;tant toujours aussi actif pour contribuer &#224; cet oubli et pour trouver et soutenir des responsables politiques proches de ses int&#233;r&#234;ts. En particulier, les banques am&#233;ricaines ont recommenc&#233; &#224; vendre des pr&#234;ts &#224; des emprunteurs peu solvables : 23 millions d'Am&#233;ricains peu solvables ont un pr&#234;t automobile subprime, et 7 millions n'ont pas pay&#233; leurs pr&#234;ts &#233;tudiants, dont 700.000 retrait&#233;s qui n'ont pas fini de rembourser ! Quant &#224; la titrisation de ces pr&#234;ts douteux pour les revendre &#224; des sp&#233;culateurs (technique qui a amplifi&#233; la crise des subprimes) elle a repris de plus belle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir sur ces questions Michel Crinetz, blogueur &#224; la fois sur ce site et sur M&#233;diapart, qui conna&#238;t ces questions de pr&#232;s comme ancien superviseur financier, dans ces deux billets : &#171; &lt;a href=&#034;http://blogs.alternatives-economiques.fr/michel-crinetz/2017/09/11/vivement-la-prochaine-grande-crise-financiere-la-derniere-avant-une-vraie-reforme%E2%80%A6&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Vivement la prochaine grande crise financi&#232;re ! La derni&#232;re avant une vraie r&#233;forme&#8230;&lt;/a&gt; &#187; (11 septembre 2017), et &#171; &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/michel-crinetz/blog/080917/renaissance-des-subprime&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Renaissance des subprime&lt;/a&gt; &#187; (8 septembre 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici un court extrait de ces analyses : &#171; le syst&#232;me financier a &#233;t&#233; r&#233;form&#233; [aux &#201;tats-Unis] par la loi Dodd-Franck ; l'a-t-il &#233;t&#233; correctement, et suffisamment ? Pas suffisamment, et de loin, puisqu'il a laiss&#233; subsister les trois m&#233;canismes ayant cr&#233;&#233;, diffus&#233; et amplifi&#233; les risques subprime &#187;. Ces trois m&#233;canismes sont la vente de pr&#234;ts &#224; des emprunteurs peu solvables, la titrisation de ces pr&#234;ts &#224; hauts risques pour les vendre &#224; des sp&#233;culateurs de court terme, et la possibilit&#233; non interdite de cr&#233;ation de produits d&#233;riv&#233;s ou synth&#233;tiques &#224; partir de ces cr&#233;dits &#224; risque &#233;lev&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les banques centrales ont abus&#233; de liquidit&#233;s sans exiger des banques priv&#233;es la moindre contrepartie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les politiques d'injections massives de liquidit&#233;s par les banques centrales depuis dix ans (au total 9000 milliards de dollars depuis 2008, et ces derniers temps 200 milliards d'euros par mois !), d'abord pour soutenir le secteur financier d&#232;s 2008, ensuite pour tenter de relancer une croissance atone, ont fortement amplifi&#233; la sp&#233;culation avec cet argent &#171; tombant du ciel &#187;, et non pas l'investissement utile, ce qui aurait pourtant &#233;t&#233; possible si ces banques n'&#233;taient pas celles&#8230; du capital financier. Ces politiques dites de &#171; quantitative easing &#187; ne peuvent plus gu&#232;re se prolonger. Mais toutes ces banques tremblent &#224; l'id&#233;e de freiner ce que Stiglitz appelait d&#233;j&#224; en octobre 2008 &#171; une transfusion sur un patient souffrant d'h&#233;morragie interne &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite &#224; nouveau Michel Crinetz : &#171; Les banques centrales en sont r&#233;duites &#224; cr&#233;er toujours plus d'argent pour le capital financier, de l'argent toujours plus liquide et plus fugace, ce qui augmente le risque de crise. La contrepartie de la monnaie centrale cr&#233;&#233;e est compos&#233;e de titres financiers dont, dop&#233; par cette cr&#233;ation mon&#233;taire continue, le prix ne cesse de monter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains acteurs financiers commencent &#224; se poser des questions, mais ils sont d&#233;bord&#233;s par &#171; l'exub&#233;rance irrationnelle &#187; de leur propre &#171; base &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier indice de trouble dans la famille finance : ce sont depuis peu de grandes banques, ou certains de leurs analystes, qui s'inqui&#232;tent pour la suite des &#233;v&#233;nements, notamment la Deutsche Bank, la Bank of America et m&#234;me&#8230; Goldman Sachs. Ainsi que le FMI. Mais la raison ne peut suffire quand r&#232;gne sur ces march&#233;s l'exub&#233;rance irrationnelle, une expression (et le titre d'un gros livre qui date de 2000 pour la traduction fran&#231;aise) de Robert Shiller, reprise ensuite par Alan Greenspan, ancien patron de la Fed. On peut aussi citer dans le m&#234;me ordre d'id&#233;e cet autre titre de livre : &#171; de l'euphorie &#224; la panique : penser la crise financi&#232;re &#187;, par Andr&#233; Orl&#233;an (&#233;ditions Rue d'Ulm, 2009, 111 pages, 7,10 euros).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite pour conclure l'excellent Michel Crinetz :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jusqu'o&#249; le volume de cette bulle peut-il gonfler avant qu'elle explose ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse n'est pas &#233;conomique mais psychologique : un jour un grand investisseur prend peur et commence &#224; vendre en masse, entra&#238;nant &#224; sa suite le reste du troupeau. Alors le cyclone balaye les march&#233;s financiers, et rien ne va plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me les banques centrales ne vont plus : elles diront que ce n'est plus un probl&#232;me de liquidit&#233;, mais un probl&#232;me de solvabilit&#233;, pas de leur ressort. Comme apr&#232;s la crise de 2008, o&#249; les &#201;tats ont d&#251; intervenir directement pour sauver plusieurs de leurs grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les &#201;tats d&#233;sormais vraiment &#224; court d'argent devront enfin reprendre le contr&#244;le de leurs banques centrales. Et enfin solidifier la liquidit&#233; pour des financements durables : ce ne sont pas les besoins qui manquent&#8230; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Trump, Brexit : les naufrag&#233;s du &#171; libre-&#233;change &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Trump-Brexit-les-naufrages-du-libre-echange</link>
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		<dc:date>2016-11-09T16:32:39Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Gadrey</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tats-Unis</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-08</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lection de Donald Trump</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La victoire de Trump annonce un futur recul des droits humains, des droits des femmes, des droits des minorit&#233;s, des droits environnementaux et de la protection sociale dans un pays o&#249; cette derni&#232;re est d&#233;j&#224; d'une grande faiblesse et o&#249; l'&#232;re Obama n'a pas vu de recul des in&#233;galit&#233;s en d&#233;pit d'une croissance plus ou moins retrouv&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du blogue de l'auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais &#224; la question de savoir comment une majorit&#233; de votants a choisi ce candidat, il ne suffit pas de r&#233;pondre en mettant en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Etats-Unis-" rel="directory"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-231-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Etats-Unis-279-+" rel="tag"&gt;&#201;tats-Unis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-08&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Election-de-Donald-Trump-+" rel="tag"&gt;&#201;lection de Donald Trump&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton28511-c6a9e.jpg?1781758605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La victoire de Trump annonce un futur recul des droits humains, des droits des femmes, des droits des minorit&#233;s, des droits environnementaux et de la protection sociale dans un pays o&#249; cette derni&#232;re est d&#233;j&#224; d'une grande faiblesse et o&#249; l'&#232;re Obama n'a pas vu de recul des in&#233;galit&#233;s en d&#233;pit d'une croissance plus ou moins retrouv&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2016/11/09/trump-brexit-les-naufrages-du-%c2%ab-libre-echange-%c2%bb/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;blogue de l'auteur&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la question de savoir comment une majorit&#233; de votants a choisi ce candidat, il ne suffit pas de r&#233;pondre en mettant en avant un r&#233;flexe &#171; populiste &#187; ou &#171; anti establishment &#187;. Il faut aussi se demander quels facteurs ont pu l'encourager.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or l'un de ces facteurs, m&#234;me s'il en existe &#233;videmment d'autres, se trouve &#233;galement pr&#233;sent dans le Brexit et dans la mont&#233;e en Europe du vote d'extr&#234;me droite. C'est le fait que l'establishment de droite ou de gauche s'est fait presque partout et depuis longtemps l'avocat du soit disant libre-&#233;change, c'est-&#224;-dire d'une mondialisation n&#233;olib&#233;rale au service des multinationales et de la finance. Est-ce un hasard si des &#233;lections ont sign&#233; des d&#233;faites de ces avocats dans les deux pays qui sont all&#233;s le plus loin dans la c&#233;l&#233;bration du &#171; libre-&#233;change &#187; ? Malheureusement des d&#233;faites dont une droite socialement dure ou extr&#234;me a b&#233;n&#233;fici&#233;, mais des d&#233;faites quand m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/les-naufrages-du-libre-echange-de&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les naufrag&#233;s du libre &#233;change : de l'OMC au Tafta &#187;&lt;/a&gt; est le titre d'un livre collectif publi&#233; l'an dernier par Attac. Son titre fait &#233;cho &#224; celui du documentaire de 2012 de Marie-Monique Robin &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=tG89P8II0cA&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Les d&#233;port&#233;s du libre-&#233;change &#187;&lt;/a&gt;, consacr&#233; aux cons&#233;quences de l'ALENA (accord de libre-&#233;change nord am&#233;ricain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique), sign&#233; en 1992, et entr&#233; en vigueur en 1994. Dans ce film, l'accent &#233;tait mis sur les immenses d&#233;g&#226;ts provoqu&#233;s par l'ALENA au Mexique. Mais il faut savoir que ses d&#233;g&#226;ts sociaux, humains et &#233;conomiques ont &#233;t&#233; consid&#233;rables aussi aux Etats-Unis. Son bilan emploi est aussi d&#233;sastreux que son impact sur les salaires et les conditions de travail des cat&#233;gories moyennes et populaires, celles qui ont vot&#233; pour Trump ou qui se sont abstenues de voter Clinton.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croyance visant &#224; justifier aussi bien l'aust&#233;rit&#233; que le libre-&#233;change est : on ne peut sortir de la crise que par une croissance forte, par l'exportation et le libre investissement des firmes dont il faut renforcer la comp&#233;titivit&#233; par l'aust&#233;rit&#233; int&#233;rieure et en baissant les &#171; barri&#232;res &#187; &#224; l'acc&#232;s de leurs productions et de leurs investissements dans le monde. Cette croyance est mythique. Si tous les pays la suivaient, il s'agirait d'un jeu destructeur. Selon l'Economic Policy Institute de Washington, le bilan de l'ALENA entre 1993 et 2002 est tr&#232;s n&#233;gatif : le nombre d'emplois cr&#233;&#233;s aux Etats-Unis via l'augmentation des exportations est inf&#233;rieur de pr&#232;s de 900 000 aux pertes d'emploi li&#233;es &#224; l'exacerbation de la concurrence. Les promoteurs du projet promettaient 20 millions d'emplois cr&#233;&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut ajouter &#224; ce bilan emploi d&#233;sastreux le bilan sur les salaires et les conditions de travail, qui ont &#233;t&#233; tir&#233;s vers le bas dans tout le pays, et pas seulement dans les tr&#232;s nombreuses usines qui se sont construites le long de la fronti&#232;re entre les Etats-Unis et le Mexique pour profiter du droit du travail et des normes environnementales plus faibles encore au Mexique. L'ALENA (compl&#233;t&#233; par d'autres accords de libre-&#233;change depuis les ann&#233;es 1990) n'est pas pour rien dans la d&#233;gradation des conditions de travail et d'emploi d'une majorit&#233; de salari&#233;s am&#233;ricains. Il n'est pas pour rien dans le fait que le salaire r&#233;el m&#233;dian stagne depuis 30 ans, croissance ou pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas pour rien dans la victoire de Trump, qui a su faire campagne contre les accords dits de libre &#233;change (dont Obama et le clan Clinton ont toujours &#233;t&#233; de fervents supporters), en compl&#233;ment de son &#171; populisme r&#233;ac &#187; macho et x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant qu'une partie de la gauche fera (ou tentera de faire) passer en force des accords de &#171; libre-&#233;change &#187; (TAFTA, CETA, APE, etc.), des lois travail d&#233;truisant des protections collectives, ou des CICE comme cadeaux au patronat, le tout au nom de la comp&#233;titivit&#233; internationale, elle fera le lit des Trump, des pro-Brexit, et d'autres qui attendent leur tour en France et ailleurs. Le clan Clinton/Goldman Sachs/accords de libre-&#233;change vient de l'apprendre &#224; ses d&#233;pens. J'aurais &#171; malgr&#233; tout &#187; pr&#233;f&#233;r&#233; sa victoire, c'est certain, mais si au moins on pouvait tirer, &#224; gauche, quelques le&#231;ons de sa cuisante d&#233;faite&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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