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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le capital &#233;tranger finance un enfer</title>
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		<dc:date>2010-07-27T08:19:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Khadija Sharife</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-07-27</dc:subject>

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&lt;p&gt;Alors que la Chine se retrouve fr&#233;quemment sous le feu des critiques en tant que plus gros &#233;metteur mondial de dioxyde de carbone, ses &#233;missions per capita (5 tonnes par personne) sont de loin plus basses que celles de l'Afrique du Sud. Khadija Sharife s'int&#233;resse de plus pr&#232;s aux soutiens dont b&#233;n&#233;ficie Eskom pour son projet de construire la nouvelle centrale au charbon Medupi, et s'interroge sur les b&#233;n&#233;ficiaires r&#233;els du projet et sur ses co&#251;ts. &lt;br class='autobr' /&gt; Le dragon de Beijing respire et, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Alors que la Chine se retrouve fr&#233;quemment sous le feu des critiques en tant que plus gros &#233;metteur mondial de dioxyde de carbone, ses &#233;missions per capita (5 tonnes par personne) sont de loin plus basses que celles de l'Afrique du Sud. Khadija Sharife s'int&#233;resse de plus pr&#232;s aux soutiens dont b&#233;n&#233;ficie Eskom pour son projet de construire la nouvelle centrale au charbon Medupi, et s'interroge sur les b&#233;n&#233;ficiaires r&#233;els du projet et sur ses co&#251;ts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le dragon de Beijing respire et, lorsqu'il le fait &#8211; &#233;tant donn&#233; que la Chine est devenue le plus grand &#233;metteur mondial de dioxyde de carbone (CO2), d&#233;passant m&#234;me l'&#233;conomie hyper-p&#233;troli&#232;re am&#233;ricaine, historiquement la championne mondiale de la pollution &#8211;, on pourrait s'attendre &#224; un souffle de feu violent. Mais m&#234;me avec une population qui exc&#232;de 1,3 milliards d'habitants, les &#233;missions de la Chine, avoisinant 5 tonnes per capita, sont plus basses que celles de l'Afrique du Sud, qui compte une population de 46 millions de personnes. L'Afrique du Sud, &#233;met environ 20 tonnes per capita, un niveau qui est, rapport&#233; au rendement &#233;conomique, comparable &#224; celui des &#201;tats-Unis. Ces derniers abritent 5 % de la population mondiale, mais engloutissant 25% de ses r&#233;serves de p&#233;trole. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, qu'est-ce que la Chine et l'Afrique du Sud &#8211; deux puissances &#233;mergentes sur le plan mondial &#8211; ont en commun ? Elles parlent toutes les deux le vocabulaire des pays en d&#233;veloppement. Et de la m&#234;me fa&#231;on, en collaboration avec l'Inde et les &#201;tats-Unis &#8211; d&#233;crits par le S&#233;nateur John Kerry comme les quatre &#171; cavaliers &#187; d&#233;tenant les solutions aux changements climatiques &#8211;, ces nations ont en main les r&#234;nes qui peuvent pousser le monde &#224; un saut dans l'ab&#238;me ou au contraire le retenir au bord du pr&#233;cipice. La Chine exploite des &#233;nergies fossiles pour dynamiser une &#233;conomie tourn&#233;e vers l'emploi, permettant ainsi &#224; 600 millions de personnes de s'extirper de la pauvret&#233; et contribuant, en cons&#233;quence, &#224; hauteur de 164% &#224; la r&#233;duction de la pauvret&#233; mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A contrario, l'Afrique du Sud est maintenant la soci&#233;t&#233; la plus in&#233;galitaire de la plan&#232;te.&#8232;Selon l'index GINI de mesure de l'in&#233;galit&#233; entre les plus riches et les plus pauvres (en vertu duquel une valeur de 1 correspond &#224; une in&#233;galit&#233; compl&#232;te, alors qu'une valeur de 0 correspond &#224; une &#233;galit&#233; compl&#232;te), l'Afrique du Sud aurait ainsi d&#233;pass&#233; le Br&#233;sil, avec un coefficient d'in&#233;galit&#233; &#224; 0,67. Mais le gouvernement sud-africain maintient que ce classement n'est pas une repr&#233;sentation ad&#233;quate du bien-&#234;tre de la population, d&#232;s lors que 13 millions de personnes d&#233;pendent de l'assistance sociale fournie via les services de base gratuits, laissant moins de ressources disponibles pour les services de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, comme un ministre du Gauteng l'a r&#233;cemment r&#233;v&#233;l&#233;, les manifestations de la population sont la meilleure mesure de la qualit&#233; des services fournis par l'&#201;tat. Or le ch&#244;mage, l'&#233;lectricit&#233; et l'eau ont &#233;t&#233; le motif de nombreuses actions de protestation populaire en Afrique du Sud, avec au moins 8000 manifestations par an en moyenne. L'une des solutions pourrait &#234;tre un investissement significatif dans les industries fortement cr&#233;atrices d'emploi de &#171; l'&#233;nergie verte &#187;. L'Afrique du Sud d&#233;tient plus de 50 000 MW en &#233;nergie &#233;olienne disponible, capable de fournir 70 % des besoins &#233;nerg&#233;tiques estim&#233;s pour le futur, &#224; quoi s'ajoutent 500 000 MW d'&#233;nergie solaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais jusqu'&#224; maintenant, les fermes &#233;oliennes telles que Klipheuwel &#8211; construite pour une co&#251;t de 5 millions de dollars et donnant du courant &#224; 2500 foyers &#8211; restent uniquement &#171; exp&#233;rimentales &#187; en Afrique du Sud. En mati&#232;re d'&#233;nergie verte, m&#234;me si la Chine n'est peut-&#234;tre pas un mod&#232;le pour des ONG influentes comme Greenpeace &#8211; une organisation qui a d&#233;crit l'Afrique du Sud telle &#171; la Star du Sommet de Copenhague sur le climat &#187; -, Beijing a, dans un souci de s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique (et d'ind&#233;pendance vis-&#224;-vis des sources &#233;trang&#232;res et volatiles de carburants fossiles), augment&#233; sa capacit&#233; &#233;olienne de 124% en 2009 seulement, g&#233;n&#233;rant 13 803 MW avec 10 129 turbines. Ces turbines chinoises construites en quelques mois ont g&#233;n&#233;r&#233; plus de la moiti&#233; des besoins totaux en &#233;nergie de l'Afrique du Sud. La Chine ne se limite pas &#224; revitaliser et &#224; prot&#233;ger son &#233;conomie par la s&#233;curit&#233; &#233;nerg&#233;tique, elle d&#233;veloppe aussi &#8211; et d'une fa&#231;on cruciale &#8211; de tr&#232;s nombreux emplois hautement qualifi&#233;s pour ses infrastructures. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Association Europ&#233;enne de l'Energie Eolienne (EWEA) estime que de la prospection &#224; la construction, l'&#233;nergie &#233;olienne a g&#233;n&#233;r&#233; 15 emplois par MW, soit 151 316 emplois au sein de l'Union Europ&#233;enne en 2007 (des emplois directs et indirects reli&#233;s &#224; la manufacture, l'installation, l'op&#233;ration et la maintenance). Faites la comparaison avec l'industrie des combustibles fossiles : plus de 80% des nations riches en p&#233;trole sont gouvern&#233;es par des autocraties, et il y a une corr&#233;lation de l'ordre de 92% entre les ventes d'armes et le p&#233;trole. Les industries d'extraction ne sont pas uniquement d&#233;pendantes des multinationales &#233;trang&#232;res, elles g&#233;n&#232;rent aussi des pollutions l&#233;tales, et leur impact sur le nombre d'emplois cr&#233;&#233;s sont, selon les Nations Unies, n&#233;gligeables. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une d&#233;claration au R&#233;gulateur National de l'&#201;nergie d'Afrique du Sud (NERSA), l'actuel Pr&#233;sident d'Eskom &#8211; le fournisseur national d'&#233;nergie de l'Afrique du Sud - Mpho Makwana, a affirm&#233; sous serment (le 22 janvier 2010) que l'Afrique du Sud pourrait compter sur 5000 MW, assez d'&#233;nergie pour alimenter le Cap (Ouest, Est et Namibie), gr&#226;ce &#224; 2500 turbines &#233;oliennes de 2 MW sur une &#233;tendue de 900 km2 pour une p&#233;riode de 4 ans. Mais jusqu'&#224; maintenant, le plan d'investissement de 50 milliards de dollars d'Eskom &#8211; d&#233;velopp&#233; pour alimenter en &#233;nergie non seulement l'Afrique du Sud, mais aussi les industries extractives de ses &#201;tats clients situ&#233;s &#224; travers l'Afrique sub-saharienne, depuis le Mozambique et le Lesotho, jusqu'&#224; la Namibie, le Botswana, le Swaziland et le Zimbabwe - privil&#233;gie une autre source d'&#233;nergie : le charbon. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque Mondiale a mis tout son poids derri&#232;re &#171; la star de ce spectacle &#187; : Medupi, une centrale &#233;nerg&#233;tique au charbon de 4800 MW. Elle a avanc&#233; 3,75 milliards de dollars am&#233;ricains au gouvernement sud-africain pour la r&#233;alisation de cette centrale. De prime abord, il s'agit d'un capital peu co&#251;teux, avec une marge fixe de 0,5% (et une variable de 0,24%), coupl&#233;e &#224; une p&#233;riode de gr&#226;ce de 7 ann&#233;es, et 28 ann&#233;es pour le service de la dette. Mais le pr&#234;t devra &#234;tre financ&#233; en devises fortes, de sorte que le pays devra s'orienter davantage encore vers les exportations de mati&#232;res premi&#232;res peu co&#251;teuses. Il est aussi estim&#233; que Medupi pourrait g&#233;n&#233;rer plus de CO2 que 115 pays en d&#233;veloppement, c'est-&#224;-dire 25 millions de tonnes chaque ann&#233;e, pr&#233;levant de l'eau de trois zones de captage d&#233;j&#224; surexploit&#233;es : les bassins versants du Vaal, d'Orange et du Limpopo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, 40 nouvelles mines de charbon seraient cr&#233;&#233;es. Selon la Banque Mondiale, Medupi sera la premi&#232;re centrale &#233;nerg&#233;tique en Afrique &#224; utiliser une technologie de &#171; charbon propre &#187; supercritique, r&#233;duisant les &#233;missions de 5%, ainsi que de nouveaux m&#233;canismes de capture et de s&#233;questration du carbone (CCS). Le directeur g&#233;n&#233;ral d'Eskom, Steve Lennon, a confirm&#233; l'utilisation de la technologie CCS en affirmant : &#171; Un des sites que nous construisons est pr&#234;t pour le CCS, m&#234;me si, pour &#234;tre franc, personne ne sait vraiment ce en quoi cela consiste pour le moment. &#187; Parall&#232;lement, la technologie supercritique, si elle est vraiment implant&#233;e, r&#233;duira de fait la capacit&#233; r&#233;elle de Medupi &#224; 3600 MW. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironiquement, la diff&#233;rence entre les co&#251;ts en capitaux des 5000 MW du projet &#233;olien, et des 3600-4800 MW de Medupi &#8211; dont les co&#251;ts totaux se situent &#224; 125 milliards de rands (16,60 milliards de dollars), est de 3,5 milliards de dollars am&#233;ricains &#8211; pratiquement &#233;quivalente au montant du pr&#234;t de la Banque Mondiale. Mais la Banque Mondiale a soutenu les arguments d'Eskom pr&#233;sentant le projet comme n&#233;cessaire pour g&#233;n&#233;rer l'&#233;lectricit&#233; requise afin d'alimenter le pays et de pr&#233;venir ainsi les difficult&#233;s &#233;conomiques qui pourraient affecter les travailleurs pauvres, &#224; la fois directement &#8211; via des coupures d'&#233;lectricit&#233; qui touchent 80% des citoyens connect&#233;s au r&#233;seau &#8211; et indirectement &#224; travers l'&#233;conomie qui a souffert de la perte d'un million d'emplois en 2009 uniquement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;lestages &#233;lectriques constat&#233;s dans le pass&#233;, aujourd'hui att&#233;nu&#233;s par Eskom &#224; travers des plannings horaires de &#171; partage de la charge &#187; impos&#233;s aux citoyens, ont co&#251;t&#233; 4,66 milliards de dollars selon le R&#233;gulateur National de l'&#201;nergie (NER). En effet, des petites et moyennes entreprises ont d&#251; fermer sous le poids des coupures de courant, et des citoyens ont &#233;t&#233; forc&#233;s &#224; utiliser des bougies et des &#233;quipements au gaz. Au-del&#224; de ces discours de justification qui s'affichent comme super-progressistes, qui b&#233;n&#233;ficie r&#233;ellement de Medupi et quels en sont les co&#251;ts ? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une contribution pour le Washington Post, publi&#233;e juste avant que les principaux d&#233;cideurs de la Banque Mondiale &#8211; dont les &#201;tats-Unis et la Grande-Bretagne &#8211; ne soient appel&#233;s &#224; voter sur le projet de pr&#234;t, le ministre des Finances sud-africain Pravin Gordhan a d&#233;clar&#233; que la production d'&#233;lectricit&#233; n'avait pas &#171; tenu le rythme &#187; en raison d'une &#171; nouvelle et forte demande en &#233;lectricit&#233;. Des millions de Sud-Africains auparavant marginalis&#233;s sont maintenant connect&#233;s au r&#233;seau. &#187; Le charbon serait, semble-t-il, n&#233;cessaire pour la stabilit&#233; politique et &#233;conomique du pays, en permettant le maintien des services de base. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Gordhan pr&#233;sente une v&#233;rit&#233; trompeuse, destin&#233;e &#224; masquer la pourriture au c&#339;ur d'Eskom qui explique les coupures de courant, son manque de capitaux, ainsi que le choix de d&#233;veloppement sp&#233;cifique que repr&#233;sente Medupi : des &#171; Accords Tarifaires Sp&#233;ciaux &#187; secrets, sign&#233;s pendant la p&#233;riode de l'apartheid, assurent actuellement &#224; certaines grandes entreprises un acc&#232;s aux tarifs d'&#233;lectricit&#233; les plus bas du monde. Le pr&#233;c&#233;dent Pr&#233;sident d'Eskom, Jacob Maroga, a r&#233;cemment r&#233;v&#233;l&#233; devant les tribunaux que ces &#171; accords pr&#233;f&#233;rentiels &#187; b&#233;tonn&#233;s h&#233;rit&#233;s de la p&#233;riode de l'apartheid ne pourraient pas &#234;tre ren&#233;goci&#233;s, le co&#251;t de rachat de l'&#233;nergie aupr&#232;s des multinationales &#233;trang&#232;res tels que la fonderie BHP Billiton &#233;tant prohibitif : 5,9 trilliards de rands ou 800 milliards de dollars am&#233;ricains. Les mains de l'&#201;tat, a d&#233;clar&#233; Maroga, sont li&#233;es. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque 38 entreprises, dont Anglo American, Alcan et BHP Biliton, consomment 40% de l'&#233;nergie g&#233;n&#233;r&#233;e par Eskom &#224; 0,05$ am&#233;ricains par kWh &#8211; l'&#233;nergie la moins ch&#232;re du monde. Elle sera subventionn&#233;e par les citoyens, Eskom pr&#233;voyant d'imposer d'une augmentation de 25% du tarif pour ces derniers, qui n'utilisent que 5 &#224; 10% de l'&#233;nergie nationale. Les co&#251;ts d'acc&#232;s augmenteront de 50 &#224; 120 dollars am&#233;ricains par mois pendant une p&#233;riode de trois ans. Eskom, qui voulait augmenter ses tarifs de 35% par an, a re&#231;u un feu vert pour une augmentation de 24% par an. La compagnie d'&#233;lectricit&#233; affirme que Medupi permettra &#224; l'&#201;tat d'augmenter l'Allocation d'Electricit&#233; de Base Gratuite (FBE) octroy&#233;e par foyer et par mois de 50 kWh &#224; 75 kWh. Qu'est-ce que tout cela signifie, dans le meilleur sc&#233;nario, pour 85 % de la population du pays ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les revenus moyens mensuels d'un foyer de citoyens noirs, par exemple, disposant d'emplois stables dans le secteur formel, avoisine les 550 dollars, ce qui rend les hausses de tarifs inabordables. Pour les travailleurs pauvres &#8211; les 60% les moins favoris&#233;s qui acc&#232;dent &#224; uniquement 15% du revenu moyen par foyer et comptent sur les 50 kWh de FBE (permettant par exemple de faire bouillir de l'eau 17 jours par mois) -, leur pauvret&#233; &#233;nerg&#233;tique, d&#233;finie par l'incapacit&#233; &#224; payer l'&#233;lectricit&#233; au-del&#224; du FBE, fait que les hausses de tarifs sont une forme l&#233;tale d'apartheid &#233;conomique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Banque Mondiale a elle-m&#234;me a une longue histoire de financement &#224; la fois du r&#233;gime de l'apartheid et d'Eskom : de 1951 &#224; 1967, plus de 200 millions de dollars furent fournis &#224; des taux pr&#233;f&#233;rentiels sp&#233;cialement destin&#233;s &#224; la construction de centrales au charbon, pr&#233;vues pour permettre au r&#233;gime de l'apartheid de fonctionner ind&#233;pendamment des fournisseurs &#233;trangers de combustibles fossiles, et pr&#233;venir ainsi les dangers de boycott. Ce mod&#232;le correspond &#224; des dettes odieuses h&#233;rit&#233;es l'apartheid, et impos&#233;es au gouvernement de lib&#233;ration. Lors de la seconde &#233;lection, cette dette &#8211; identifi&#233;e par Nelson Mandela comme le premier obstacle au d&#233;veloppement, a culmin&#233; &#224; 376 milliards de rands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, l'&#201;tat avait mis aux ench&#232;res autant d'actifs que possible, dont une douzaine d'entreprises publiques. &#192; travers Medupi, l'Afrique du Sud, class&#233;e par le magazine The Economist comme le march&#233; &#233;mergent le plus risqu&#233; au monde en 2009 en raison d'une balance des paiements d&#233;ficitaire, se pr&#233;pare &#224; devenir encore plus risqu&#233;e. Et cela n'inclut pas la pollution &#233;cologique. Comme l'a r&#233;v&#233;l&#233; le g&#233;ologue Terence McCarthy, le drainage des mines &#224; l'acide combin&#233; aux nouvelles technologies mini&#232;res du charbon vont transformer les r&#233;gions charbonni&#232;res tel que Mpumalanga en v&#233;ritable d&#233;sert en une centaine d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;j&#224;, dans son discours budg&#233;taire de 2005, Trevor Manuel avait affirm&#233; que la protection environnementale entraverait la croissance &#233;conomique. Mais il n'y a pas que l'environnement qui soit corrompu : un fonds d'investissement qui est s&#251;r d'engranger des b&#233;n&#233;fices est Chancellor House, le fonds d'investissement de l'ANC. Cr&#233;&#233; en 2003, et compos&#233; d'entit&#233;s financi&#232;res &#233;troitement li&#233;es au complexe &#233;nerg&#233;tico-minier, Chancellor House n'est ni audit&#233; ni transparent. Un de ses membres, Hitachi Power Africa (HPA), a re&#231;u un contrat de 38,5 milliards de rands (60% ou 23 milliards de rands destin&#233;s &#224; HPA) afin de fournir des chaudi&#232;res &#224; Eskom pour ses projets Medupi et Khusili, ce dernier march&#233; ayant &#233;t&#233; octroy&#233; sans appel d'offre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chancellor House Holdings&#8211; d&#233;tenu par Chancellor House Trust&#8211; un fonds aux contours mal connus - d&#233;tient 25% de HPA, le fonds sud-africain de l'entreprise japonaise du m&#234;me nom, acquis pour plus d'un million de rands. Le pr&#233;sident d'Hitachi, Johannes Musel, a d&#233;clar&#233; : &#171; Nous ne savions pas que Chancellor House &#233;tait une fa&#231;ade pour l'ANC. Nous l'avons appris en 2007 seulement, par la presse... Aucun argent ne va aux partis politiques &#187;. Cette affirmation a &#233;t&#233; confirm&#233;e par le directeur financier d'Hitachi, Robin Duff : &#171; Ils ne sont pas oblig&#233;s l&#233;galement de s'identifier aupr&#232;s de nous &#187;. Les b&#233;n&#233;ficiaires ont &#233;t&#233; d&#233;crits comme &#171; des entit&#233;s supportant la lutte des Noirs &#187;, mais la d&#233;fense de Musel semble peu convaincante et bien tardive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vice-pr&#233;sident Kgalema Mthlante a admis que Chancellor House avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e pour &#234;tre un v&#233;hicule de l'ANC. &#171; Ce dont nous avons h&#233;rit&#233; nous a corrompu, et nous essayons maintenant de g&#233;rer un syst&#232;me corrompu et un syst&#232;me de valeurs erron&#233;es. Le nouvel ordre (apr&#232;s 1994)&#8230; a h&#233;rit&#233; d'un syst&#232;me de valeurs bien &#233;tabli, qui place l'acquisition individuelle de la fortune au c&#339;ur des valeurs de la soci&#233;t&#233; dans son ensemble &#187;, a d&#233;clar&#233; Gwede Mantashe, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ANC, &#224; l'h&#244;tel de ville de Johannesburg. Ironiquement, c'est Mantashe lui m&#234;me qui s'est battu am&#232;rement &#8211; ce sont les mots du journal Mail and Guardian &#8211; pour emp&#234;cher Chancellor House de se d&#233;sengager de HPA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le journal, les profits attendus de HPA sont estim&#233;s &#224; entre 460 millions et 1 milliard de rands, sous r&#233;serve de la marge d'erreur habituelle&#8230;&#8232;M&#234;me si le conflit d'int&#233;r&#234;t &#233;tait connu d&#232;s 2007, l'&#201;tat ne s'est pas tout de suite d&#233;sengag&#233; en d&#233;pit de l'avis rendu en ce sens par le Tr&#233;sorier-G&#233;n&#233;ral Matthews Phona. Toutefois, la Banque Mondiale a choisi de ne pas pr&#234;ter attention &#224; ce conflit d'int&#233;r&#234;ts. En outre, elle a affirm&#233; que financer le charbon sale &#233;tait parfaitement acceptable, dans la mesure o&#249; 260 millions de dollars avaient &#233;t&#233; investis par ailleurs dans szq projets solaires et &#233;oliens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais malgr&#233; le faible co&#251;t du pr&#234;t de la Banque Mondiale, toute poursuite de la d&#233;valuation mon&#233;taire &#8211; avoisinant les 15% depuis 1996 avec les nombreuses chutes du rand sud-africain - am&#232;nera forc&#233;ment le pr&#234;t &#224; s'appr&#233;cier. Plus r&#233;cemment, Eskom a d&#233;clar&#233; avoir ren&#233;goci&#233; le contrat &#171; pr&#233;f&#233;rentiel &#187; avec Biliton, enlevant 95% des ristournes en vigueur. Le nouveau contrat devait &#234;tre sign&#233; le 27 mai 2010. Jadis, le capital &#233;tranger &#8211; d&#233;crit par les architectes de l'apartheid comme &#171; des briques dans les murs de d&#233;fense du r&#233;gime &#187; &#8211; a financ&#233; la machinerie de l'apartheid, et a br&#251;l&#233; l'Afrique du Sud vivante. Une fois de plus, le capital &#233;tranger finance un enfer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fois, les effets s'en feront sentir en dehors du pays, sur tout le continent - qui pourrait conna&#238;tre un d&#233;clin de 50% de sa production alimentaire d'ici &#224; 2020, ainsi qu'un conflit sur le partage de ses bassins d'eau &#8211; le tout au nom du d&#233;veloppement. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Khadija Sharife is est un journaliste auditrice au Centre for Civil Society (CCS). Elle est bas&#233;e en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte est paru dans l'&#233;dition anglaise de Pambazuka &lt;br class='autobr' /&gt;
(&lt;a href=&#034;http://www.pambazuka.org/en/category/features/64410&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pambazuka.org/en/category/features/64410&lt;/a&gt;). Il a &#233;t&#233; traduit par Virginie Lef&#232;vre, traductrice b&#233;n&#233;vole pour rinoceros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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