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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Afrique-France, dettes et asservissements</title>
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		<dc:date>2021-10-19T07:16:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-10-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les endettements cr&#233;&#233;s par les gouvernements des &#201;tats dits d&#233;mocratiques sont destin&#233;s - selon la doxa dominante d&#233;fendue par les pays riches comme la France, ainsi que l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement, l'AFD, le FMI, la Banque mondiale, etc. - &#224; acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement, la croissance &#233;conomique et en cons&#233;quence la cr&#233;ation d'emplois, in fine, le progr&#232;s social. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de CADTM infolettre , le 2021-10-12 8 octobre par Nicolas Sersiron &lt;br class='autobr' /&gt;
Image by Ophelia Noor is licensed with (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-10-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-10-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton49952-cee47.jpg?1781253500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous les endettements cr&#233;&#233;s par les gouvernements des &#201;tats dits d&#233;mocratiques sont destin&#233;s - selon la doxa dominante d&#233;fendue par les pays riches comme la France, ainsi que l'Agence fran&#231;aise de d&#233;veloppement, l'AFD, le FMI, la Banque mondiale, etc. - &#224; acc&#233;l&#233;rer le d&#233;veloppement, la croissance &#233;conomique et en cons&#233;quence la cr&#233;ation d'emplois, in fine, le progr&#232;s social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Afrique-France-dettes-et-asservissements&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettre&lt;/a&gt; &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2021-10-12&lt;br class='autobr' /&gt;
8 octobre par Nicolas Sersiron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image by Ophelia Noor is licensed with CC BY-NC-SA 2.0. To view a copy of this license, visit &lt;a href=&#034;https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/2.0/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant les pays africains ont de grandes difficult&#233;s &#224; rembourser leurs emprunts, et leurs dettes augmentent depuis des d&#233;cennies. &#171; En 2021, les remboursements pr&#233;vus aux cr&#233;anciers de la part de (tous les) pays appauvris s'&#233;l&#232;vent &#224; 350 milliards de dollars. C'est 58 fois ce que l'ONU demande pour &#233;viter les famines. &#187; R.Vivien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, les budgets nationaux sont plomb&#233;s par une corruption et le d&#233;tournement des &#233;lites du Sud, organis&#233;s volontairement par les pays &#171; dits &#187; d&#233;velopp&#233;s. Les dettes n'&#233;tant pas investies dans l'&#233;conomie, les remboursements se font alors au d&#233;triment des peuples : sant&#233;, &#233;ducation et services publics gratuits ne sont plus qu'un lointain souvenir, la privatisation s'amplifie et l'injustice cro&#238;t. Les ressources naturelles export&#233;es sont brad&#233;es, l'agriculture vivri&#232;re est mise &#224; mal, les accaparements de terre ne cessent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le d&#233;veloppement &#233;conomique n'est pas au rendez-vous promis et le progr&#232;s social absent. Le nombre d'affam&#233;s et d'habitants incapables d'avoir une vie active par carence alimentaire se chiffre en milliards. Donc, pour le continent africain, la dette n'a pas produit le d&#233;veloppement &#233;conomique et les cr&#233;ations d'emplois promis par les pouvoirs locaux, les pays riches &#171; aidant &#187; et les institutions financi&#232;res domin&#233;es par les pays du Nord. &#192; l'inverse, elle a tr&#232;s fortement particip&#233; &#224; l'enrichissement des banques, des multinationales des pays industriels et d'une bourgeoisie locale corrompue.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; OMD vs ODD&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces obstacles, l'ONU a cr&#233;&#233;, en 2000, les OMD, les objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement. Soutenus par un tr&#232;s grand nombre de pays, ils &#233;taient destin&#233;s &#224; &#233;liminer la grande pauvret&#233; avant 2015, &#171; &#224; aider, dans le monde entier, des hommes, des femmes et des enfants &#224; vivre mieux &#187;. Devant le fiasco de cette initiative, les m&#234;mes acteurs ont d&#233;cid&#233; de transformer les OMD en ODD, objectifs pour un d&#233;veloppement durable. Ces deux mots accol&#233;s s'opposent, leur sens est aussi obscur que le projet qu'ils sous-tendent. Surtout lorsque l'on comprend que les pays d&#233;velopp&#233;s sont les pilleurs, ceux qui pratiquent l'extractivisme depuis plusieurs si&#232;cles, et que les pays dits &#171; en d&#233;veloppement &#187; sont les pays pill&#233;s, encore plus aujourd'hui qu'hier. Les 17 objectifs qui devront &#234;tre atteints en 2030 ont pour buts la justice sociale et la pr&#233;servation de la plan&#232;te. On aimerait tellement y croire. Ces tr&#232;s vertueux objectifs ont de fortes probabilit&#233;s de n'&#234;tre pas plus atteints que ceux des OMD pr&#233;c&#233;dents, sauf renversement total de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le continent africain est depuis 5 si&#232;cles un r&#233;servoir de ressources humaines et naturelles. Malgr&#233; ces immenses pillages r&#233;alis&#233;s par les pays industrialis&#233;s, il reste encore des for&#234;ts, des minerais, du p&#233;trole, des terres et des poissons &#224; voler, des enfants, des femmes et des hommes &#224; exploiter. On peut affirmer que, sans ces ressources, ni l'Europe, qui la premi&#232;re a puis&#233; dans les richesses humaines et naturelles de ce continent, ni les &#201;tats-Unis et les autres pays industrialis&#233;s dont la Chine, n'auraient pu atteindre le d&#233;veloppement mat&#233;riel et la puissance dont ils sont si fiers aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce triangulaire, Europe-Afrique-Am&#233;rique-Europe - qui a tellement enrichi l'Europe - n'a pu exister que par la mise en esclavage de plusieurs dizaines de millions d'Africains &#224; partir du 16e si&#232;cle. Extraits par la force de leur territoire ancestral, ils ont &#233;t&#233; contraints aux travaux forc&#233;s dans les mines et sur les terres am&#233;ricaines colonis&#233;es pendant plus de trois si&#232;cles. Par ailleurs on estime &#224; 50 millions, a minima, le nombre de natifs des Am&#233;riques &#224; avoir &#233;t&#233; extermin&#233;s par les conqu&#233;rants blancs qui se sont empar&#233;s de leurs territoires, for&#234;ts, mines, fleuves, mers, montagnes au Sud comme au Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est seulement au milieu du 19e, que l'esclavage et le commerce triangulaire ont enfin pu &#234;tre arr&#234;t&#233;s gr&#226;ce aux f&#233;roces guerres locales (victoire de Toussaint Louverture sur l'arm&#233;e de Napol&#233;on en 1804 &#224; Ha&#239;ti) et &#224; la r&#233;sistance de nombreuses femmes et hommes libres. Cependant, et simultan&#233;ment, l'Europe entame alors la colonisation arm&#233;e de l'Afrique. L'occupation durera un si&#232;cle. Pillages extractivistes, exactions multiples, assassinats et travaux forc&#233;s seront le quotidien de nombreux africaines et africains pendant cette p&#233;riode. Face aux luttes arm&#233;es de r&#233;sistance et &#224; la prise de conscience des peuples occidentaux, les Europ&#233;ens cesseront leurs occupations militaires progressivement apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale. La capitulation des Britanniques en Inde en 1947, face &#224; la r&#233;sistance du peuple indien mass&#233; derri&#232;re Gandhi, sera le premier signal de cette grande retraite.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; Colonialisme masqu&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pillage extractiviste qui a tant profit&#233; aux pays industrialis&#233;s ne s'arr&#234;tera pas pour autant. Pas question de l&#226;cher la proie. L'asservissement de ces pays par l'occupation arm&#233;e sera remplac&#233; par les dettes ill&#233;gitimes et les d&#233;mocraties d'apparence. Organis&#233; par les pays industriels, le n&#233;o-colonialisme se r&#233;alisera sous la forme de deux actions principales : les &#233;liminations-assassinats de nombreux &#233;lus d&#233;mocrates travaillant au bien-&#234;tre de leurs peuples, et leur remplacement par des dirigeants corruptibles (Lumumba assassin&#233;, Mobutu sera institu&#233; pr&#233;sident de l'ex Congo belge) d'une part. D'autre part, l'impossible remboursement de dettes ill&#233;gitimes et les baisers de la mort du FMI et de la Banque mondiale venus &#224; leur &#171; secours &#187;. Ainsi, les dettes, tr&#232;s majoritairement d&#233;tourn&#233;es - ou investies dans des &#233;l&#233;phants blancs (cath&#233;drale de Yamoussoukro en C&#244;te d'Ivoire) au profit des multinationales du Nord - n'apporteront aucun d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre les dettes publiques, n'ayant quasiment jamais profit&#233; aux populations, seront rembours&#233;es par leur travail. Pire encore, elles serviront de levier pour contraindre ces pays &#224; exporter leurs ressources naturelles en brut et transformer leur agriculture vivri&#232;re en cultures destin&#233;es &#224; l'export au nom de remboursements pourtant impossibles. Si vous ne pouvez pas payer, creusez ! Une dette doit &#234;tre rembours&#233;e !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'av&#232;nement de la soci&#233;t&#233; de consommation en Occident, puis en Asie, avec son besoin insatiable de ressources naturelles, vol&#233;es ou tr&#232;s peu pay&#233;es, explique pourquoi pauvret&#233; et faim sont plus importantes aujourd'hui qu'il y a 60 ans en Afrique, au moment des ind&#233;pendances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des pays francophones, le panorama de la Fran&#231;afrique est &#233;clairant. Le franc CFA, tr&#232;s contest&#233;, a subi une fausse transformation. Remplac&#233; progressivement par l'ECO-Macron, il ne supprimera pas la vassalisation par la monnaie des &#201;tats utilisant le CFA-ECO. Les accords de libre-&#233;change (ALE et APE) entre un partenaire 100 fois plus puissant, tr&#232;s d&#233;favorables aux pays africains, sont renforc&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aide publique au d&#233;veloppement g&#233;r&#233;e par l'AFD est essentiellement une diplomatie des mati&#232;res premi&#232;res et une autoroute pour les entreprises fran&#231;aises au d&#233;triment des soci&#233;t&#233;s locales. Les multiples corruptions des multinationales et des pays du Nord ne cessent pas. Les dettes ill&#233;gitimes, odieuses, ill&#233;gales ou insoutenables ne sont pas abolies malgr&#233; les immenses difficult&#233;s de ces pays &#224; effectuer les remboursements et les coupes drastiques dans leurs d&#233;penses publiques. L'&#233;vasion financi&#232;re gr&#226;ce aux Paradis fiscaux est consid&#233;rable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne parle au Nord que de d&#233;mocratie et de libert&#233; alors que le but n'est autre que l'asservissement de ces pays, peuples et gouvernants, pour profiter de leurs richesses &#224; bon compte. Les agissements des services secrets du Nord et les autres manipulations politiques fran&#231;aises emp&#234;chent les pouvoirs d&#233;mocratiques de s'exercer. Les autres pays industrialis&#233;s, pour lesquels les ressources naturelles africaines et humaines sont indispensables au maintien de leur supr&#233;matie, ont plus ou moins les m&#234;mes pratiques. Ce sont les maux essentiels qui rendent les beaux discours des ODD hypocrites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout est fait pour que les citoyens du Nord croient possible la concr&#233;tisation de ces 17 objectifs pleins d'espoir. En France tous les m&#233;dias appartiennent soit au gouvernement qui ment, soit &#224; une dizaine de milliardaires qui mentent tout autant. Ces derniers ont tout int&#233;r&#234;t &#224; ce que les citoyens fran&#231;ais ne comprennent pas ce qui se passe en Afrique. Il est indispensable qu'ils croient que la pauvret&#233; des populations des pays &#171; dits en d&#233;veloppement &#187; vient de leur manque de travail, d'inadaptation au monde moderne, voire de corruption end&#233;mique : oubliant au passage qui sont les corrupteurs. Les Fran&#231;ais peuvent ainsi continuer &#224; vivre dans l'hyper confort mat&#233;riel et le g&#226;chis consum&#233;riste, certes de fa&#231;on in&#233;galitaire, sans se sentir ni responsables ni coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 2189 Milliardaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les milliardaires dirigent le monde. En 2020, ils ont vu leurs fortunes d&#233;passer pour la premi&#232;re fois les 10 000 milliards de dollars pendant que l'&#233;conomie mondiale s'&#233;croulait sous l'effet des restrictions li&#233;es au Covid. La puissance financi&#232;re des multinationales, dont ils sont les ma&#238;tres, leur permet de corrompre les &#233;lus et de dicter les lois par un lobbying intense pour installer la politique qui les enrichit au d&#233;triment du reste de l'humanit&#233; et de la nature. Cette perversion quasi totale du syst&#232;me d&#233;mocratique doit &#234;tre cach&#233;e aux peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propri&#233;t&#233; des m&#233;dias leur permet de faire passer de fausses informations m&#234;l&#233;es &#224; quelques bribes de v&#233;rit&#233;, de ne pas parler de ce qui r&#233;v&#233;lerait leurs vols, corruptions, d&#233;g&#226;ts &#233;cologiques, et ainsi de cr&#233;er suffisamment de confusion dans la t&#234;te de ceux qui les croient, pour ne pas &#234;tre d&#233;sign&#233;s comme les grands responsables de la catastrophe. Si la moiti&#233; de la population, voire moins, comprenait cela, ne pensez-vous pas qu'elle se l&#232;verait pour faire changer les choses ? Alors que les pauvres meurent de faim en Afrique et ailleurs, que la nature et le climat se d&#233;gradent rapidement, ces ma&#238;tres du monde, qui n'ont jamais &#233;t&#233; aussi riches, n'apparaissent pas encore aux yeux du plus grand nombre comme les premiers responsables de ces crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Gilets jaunes, Convention citoyenne pour le climat, S&#233;curit&#233; Sociale, OMS&lt;br class='autobr' /&gt;
150 citoyens, tir&#233;s au sort, ont &#233;t&#233; r&#233;unis dans la Convention citoyenne pour le climat, la C.C.C., en France en octobre 2019, pour d&#233;terminer des mesures pour lutter contre le changement climatique tout en respectant la justice sociale. Pr&#233;cis&#233;ment, un an apr&#232;s les premi&#232;res manifestations des Gilets Jaunes qui &#233;branl&#232;rent si fortement le pouvoir fran&#231;ais. Ces derniers refusaient de subir les augmentations du prix des carburants faites au nom de la pr&#233;servation du climat. En effet, ils ne gagnaient pas suffisamment d'argent avec leur travail pour payer cette taxe carbone suppl&#233;mentaire. Aller travailler avec leur v&#233;hicule, l&#224; o&#249; n'existaient pas de transport en commun devenait impossible. &#192; partir d'une lutte face &#224; l'urgence, ils ont collectivement pris conscience de l'injustice sociale globale &#224; laquelle ils &#233;taient assign&#233;s depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyens lambda de la C.C.C., majoritairement ignorants des grands enjeux de soci&#233;t&#233;, se sont mis au travail avec ardeur. Sur les 149 propositions qu'ils ont &#233;mises, de fa&#231;on fort judicieuse, apr&#232;s 6 mois de travail, le gouvernement Macron-des-riches n'en a retenu que 28, contrairement &#224; sa promesse initiale de toutes les appliquer. Pourquoi ? Parce qu'elles auraient remis en cause tout l'&#233;difice pyramidal de la financiarisation de l'&#233;conomie &#224; leurs profits ainsi que la privatisation des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il acceptable que les grandes multinationales de l'agroalimentaire comme Nestl&#233; revendent l'eau puis&#233;e gratuitement dans les sources communes de r&#233;gions comme Vittel en France ou ailleurs avec d'immenses b&#233;n&#233;fices. Cela alors que les populations n'ont plus acc&#232;s &#224; l'eau de leur propre sous-sol ? Qu'en Inde les puits vid&#233;s par Coca Cola soient remplis par les eaux pollu&#233;es de la fabrication et salissent la nappe phr&#233;atique sur des dizaines de km. Que Texaco-Chevron ait pu polluer d&#233;lib&#233;r&#233;ment la for&#234;t amazonienne de l'&#201;quateur sur des milliers d'hectares et que, condamn&#233; &#224; payer 9 milliards de dollars, cette entreprise n'ait encore rien vers&#233; 30 ans apr&#232;s les faits ? Est-il tol&#233;rable que les milices, soudoy&#233;es indirectement par les multinationales, fassent r&#233;gner la terreur au Kivu pour que le cobalt soit extrait par des enfants esclaves avec une simple pioche dans des boyaux mal &#233;tay&#233;s qui s'&#233;croulent trop souvent ? Cela au profit du Rwanda voisin, exportateur complice, mais avant tout pour le b&#233;n&#233;fice de l'industrie mondiale de la high tech.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il acceptable que la s&#233;curit&#233; sociale fran&#231;aise verse des milliards d'euros pour des tests de covid controvers&#233;s et des injections exp&#233;rimentales au prix fort &#224; des multinationales priv&#233;es qui engrangent des centaines de milliards de b&#233;n&#233;fices ? Le covid va mettre &#224; genoux financi&#232;rement le syst&#232;me de sant&#233; public fran&#231;ais. Surendetter volontairement la s&#233;curit&#233; sociale n'est-il pas le moyen trouv&#233; par le gouvernement pour le privatiser encore plus vite au profit des mutuelles priv&#233;es et des cliniques ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-il acceptable que l'OMS qui, face &#224; une pand&#233;mie mondiale, informe sur les moyens d'y faire face, soit de fait aux mains d'entreprises priv&#233;s ? Depuis quelques ann&#233;es ce sont les grandes entreprises du m&#233;dicament, les fondations de sant&#233; (Gavi, Bill et Melinda Gates fondation, Rockfeller fondation, etc.) les banques et fonds d'investissement qui financent tr&#232;s majoritairement cette institution internationale. Ce sont donc elles qui la dirigent de fait, &#233;videmment pour leur b&#233;n&#233;fice, avant celui des peuples ! Et que penser de cette aide qu'il faudrait donner aux pays africains car ils n'ont pas les moyens financiers de payer ces vaccins alors que les populations ne sont pas ou tr&#232;s peu malades ? L'&#201;tat indien de l'Uttar Pradesh, 250 millions d'habitants, a soign&#233; la population avec de l'Ivermectine d&#232;s juin 2021. Apr&#232;s une flamb&#233;e de l'&#233;pid&#233;mie en mai, il n'y avait quasiment plus de morts ni de cas en juillet [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Reconqu&#233;rir la souverainet&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La justice climatique, environnementale et sociale est au plus bas pour les Africains, elles est en tr&#232;s forte r&#233;gression en France et dans le monde dit d&#233;velopp&#233;, les in&#233;galit&#233;s sont croissantes pour tous les peuples de la plan&#232;te. La libert&#233; est tr&#232;s gravement remise en cause en Chine, ailleurs l'autoritarisme se d&#233;veloppe, la d&#233;mocratie s'amenuise, la pauvret&#233; progresse. Une guerre politico-sanitaire a &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;e par les pouvoirs politiques sur toute la plan&#232;te, l'&#233;conomie mondiale a &#233;t&#233; mise en berne. Pendant que les petits entrepreneurs disparaissent, les valeurs boursi&#232;res augmentent, les b&#233;n&#233;fices des grands groupes s'acc&#233;l&#232;rent. C'est la guerre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre monde arrive &#224; un point de non-retour climatique et environnemental. Le patriarcat - dont le sous-ensemble est nomm&#233; capitalisme - nous entra&#238;ne vers d'inimaginables destructions. Les deux derni&#232;res guerres mondiales, parties d'Europe, ont d&#233;vast&#233; le monde et tu&#233; 50 millions de personnes. Que dire des immenses catastrophes environnementales et humaines qui s'annoncent ? O&#249; seront-elles rang&#233;es dans l'histoire de l'humanit&#233; ? Depuis des d&#233;cennies des hommes et des femmes de tous les pays ont lutt&#233; contre le colonialisme et son avatar le n&#233;o-colonialisme dans les pays du Sud. Sans succ&#232;s notable. Cette troisi&#232;me guerre mondiale, n'est-elle pas le fait de sociopathes milliardaires, qui tentent d'&#233;tendre cet asservissement colonial aux peuples des pays dits d&#233;velopp&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles erreurs avons-nous commises ? Au moment de la derni&#232;re guerre mondiale une grande partie des peuples d'Europe avaient une forme d'autonomie alimentaire et &#233;conomique. Les grandes usines tayloris&#233;es &#233;taient encore peu r&#233;pandues. En France, le quart de la population vivaient de la terre et nourrissait avec des produits locaux les autres fran&#231;ais. Hors les grandes villes, chacun cultivait un lopin de terre. Aujourd'hui, au nom de ce que tout le monde a cru &#234;tre le progr&#232;s, le confort mat&#233;riel b&#226;ti sur l'extractivisme et le pillage, nous a fait perdre cette autonomie, base de toute souverainet&#233; ? Certes la souverainet&#233; politique n'&#233;tait pas toujours au rendez-vous sinon les deux guerres mondiales n'auraient pas eu lieu. Mais aujourd'hui quelles souverainet&#233;s nous reste-t-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si demain une nouvelle pand&#233;mie appara&#238;t, ou qu'une gigantesque panne d'&#233;lectricit&#233; fige les grandes villes et bloque internet comme en Chine en septembre 2021, que mangerons-nous, de quelle &#233;nergie disposerons-nous ? Dans les ann&#233;es 1960, 60 % de l'&#233;nergie &#233;lectrique fran&#231;aise &#233;tait d'origine renouvelable et sans danger : les barrages hydrauliques. Les pollutions industrielles croissaient fortement, c'&#233;tait le d&#233;but du r&#233;chauffement climatique et des destructions massives de la nature. Mais il &#233;tait encore possible d'&#233;viter les catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Croissance z&#233;ro&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1972, le rapport au club de Rome, r&#233;alis&#233; sous la direction de Meadows, appelait &#224; la croissance z&#233;ro pour faire face &#224; la catastrophe environnementale programm&#233;e. Paul Ehrlich, biologiste auteur de &#171; Population bomb &#187; en 1968, arguant que la croissance d&#233;mographique serait responsable de tous les maux de la terre, proposait comme solution de laisser une bonne partie de l'humanit&#233; mourir de faim !!! Un eug&#233;niste plus radical que ceux qui s&#233;vissaient dans les camps de concentration nazis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'av&#232;nement de l'agriculture et de la s&#233;dentarisation qui lui est intrins&#232;quement li&#233;e, l'Homme n'a cess&#233; de vouloir dominer la nature. Cette id&#233;e a permis au patriarcat de se d&#233;velopper. L'hubris, l'esprit de domination et la comp&#233;tition sont progressivement devenus les moteurs de cette nouvelle organisation sociale. La soci&#233;t&#233; dite moderne v&#233;n&#232;re la technique comme &#233;tant le mantra du progr&#232;s et de la comp&#233;tition. Oubliant qu'&#224; chaque avanc&#233;e correspond une nouvelle destruction de la terre-m&#232;re et une nouvelle ali&#233;nation pour l'&#234;tre humain. On commence enfin &#224; en mesurer les cons&#233;quences, mais rien ne change. 50 ans apr&#232;s le rapport Meadows, la croissance &#233;conomique appuy&#233;e par les progr&#232;s techniques a continu&#233; sur le m&#234;me rythme. Les tenants de cette strat&#233;gie mortif&#232;re s'ent&#234;tent &#224; penser toujours et encore que la technique sera capable de r&#233;soudre les probl&#232;mes dont elle est la cause !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; D&#233;nouer les fils de notre esclavage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous pensons que les solutions ne pourront advenir aussi bien en Afrique, en France et dans le monde que par :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;une forte d&#233;croissance des in&#233;galit&#233;s,&lt;br class='autobr' /&gt;
l'effacement rapide du patriarcat : recherche de puissance, avidit&#233;, &#233;crasement du f&#233;minin, domination destructive de la nature au lieu d'un sage contr&#244;le de ses propres penchants autodestructeurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
la recherche d'une v&#233;ritable justice qui permettra &#224; tous les humains de manger, se soigner, se d&#233;placer librement, de vivre une existence digne.&lt;br class='autobr' /&gt;
une &#233;ducation de qualit&#233; vers l'autonomie pour les enfants&lt;br class='autobr' /&gt;
une agriculture relocalis&#233;e, p&#233;renne et &#224; dimension humaine qui respecte les cycles de l'eau et de la vie des sols, seule capable de nourrir l'humanit&#233; sur le long terme&lt;br class='autobr' /&gt;
l'abandon du confort mat&#233;riel individuel en tant que valeur supr&#234;me. Cette valeur mortif&#232;re sera remplac&#233;e par l'entraide, la solidarit&#233;, le partage, la sobri&#233;t&#233;, l'&#233;change, la culture, l'autonomie, l'&#233;l&#233;vation de l'esprit et la pratique de tout ce qui permettra aux humains de faire soci&#233;t&#233; sans s'autod&#233;truire&lt;br class='autobr' /&gt;
une lutte pour l'av&#232;nement d'une forme de gouvernement qui soit au service de tous et toutes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce texte n'engage pas n&#233;cessairement le CADTM. L'auteur reste enti&#232;rement responsable de son &#233;crit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] NDLR : Le CADTM &#233;met d'importantes r&#233;serves concernant les affirmations de l'auteur sur ce point&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Quelle est la part des facteurs environnementaux dans la croissance des migrations ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelle-est-la-part-des-facteurs-environnementaux-dans-la-croissance-des</link>
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		<dc:date>2021-06-22T06:59:49Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-06-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand un&#183;e paysan&#183;ne ne peut plus vivre de la terre qu'iel cultive parce que les conditions climatiques ont chang&#233; : s&#233;cheresses r&#233;currentes, saisons des pluies raccourcies, d&#233;plac&#233;es, voire diluviennes avec inondations, que la mont&#233;e de la mer noie les terres comme au Bangladesh, ou que les temp&#233;ratures d&#233;j&#224; &#233;lev&#233;es dans la r&#233;gion du Sahel sont devenues excessives, que fera-t-il ou elle ? &lt;br class='autobr' /&gt; 4 juin 2021 | tir&#233; du site du CADTM (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH97/arton48907-03efc.jpg?1781253500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='97' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand un&#183;e paysan&#183;ne ne peut plus vivre de la terre qu'iel cultive parce que les conditions climatiques ont chang&#233; : s&#233;cheresses r&#233;currentes, saisons des pluies raccourcies, d&#233;plac&#233;es, voire diluviennes avec inondations, que la mont&#233;e de la mer noie les terres comme au Bangladesh, ou que les temp&#233;ratures d&#233;j&#224; &#233;lev&#233;es dans la r&#233;gion du Sahel sont devenues excessives, que fera-t-il ou elle ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;4 juin 2021 | tir&#233; du site du CADTM&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Quelle-est-la-part-des-facteurs-environnementaux-dans-la-croissance-des&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Quelle-est-la-part-des-facteurs-environnementaux-dans-la-croissance-des&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand l'environnement est fracass&#233; par des coul&#233;es de boues, des pollutions dues &#224; des extractions mini&#232;res ou &#224; des &#233;nergies fossiles, des barrages comme Belo Monte en Amazonie qui noie un millier de km2 et ass&#232;che les fleuves en aval, que les for&#234;ts sont ras&#233;es et br&#251;l&#233;es (Amazonie, Indon&#233;sie) ou que les accaparements par la finance internationale et l'agriculture productiviste lui enl&#232;vent sa terre et son eau, cela pour y implanter des cultures industrielles de soja, de canne &#224; sucre ou d'h&#233;v&#233;a, que fera l'habitant&#183;e de ces r&#233;gions pour nourrir sa famille ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un&#183;e petit&#183;e p&#234;cheur/euse ne trouve plus de poissons parce que des bateaux-usines pour la p&#234;che industrielle, venus d'Europe au large des c&#244;tes somaliennes ou des c&#244;tes d'Afrique de l'Ouest, des bateaux chinois dans le canal du Mozambique, ou ailleurs, ont an&#233;anti la ressource halieutique, que fera-t-iel pour survivre ?&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; Les causes profondes, cach&#233;es&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvret&#233; individuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impossible de manger, boire, etc. lorsqu'un bouleversement environnemental ou climatique se produit si l'on n'a ni argent, ni assurance. Au Venezuela ou en Inde plus des 2/3 de la population vit avec 1/2 dollar par jour. Mais pourquoi ces peuples sont-ils si pauvres alors que leurs pays regorgent de ressources naturelles ou/et que leur culture ancestrale, leur savoir agricole sont si riches ? En Somalie, dans la Mer Rouge, les p&#234;cheurs/euses, voyant leurs poissons vol&#233;s par des bateaux &#233;trangers, s'&#233;taient transform&#233;&#183;es en pirates ! Au S&#233;n&#233;gal de jeunes p&#234;cheurs/euses sans travail tentent de rejoindre l'Europe depuis plusieurs d&#233;cennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauvret&#233; publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faiblesse des budgets publics est la cons&#233;quence d'un produit int&#233;rieur brut, PIB, tr&#232;s faible. Celui du Bangladesh est de 265 milliards de dollars, sa population de 165 millions d'habitants. Par comparaison, le PIB de la France est de 2 900 milliards de dollars pour 67 millions d'habitants. Un PIB dix fois sup&#233;rieur avec 100 millions d'habitants en moins. Pour le Nigeria, l'Inde et tant d'autres, le rapport est le m&#234;me. Les deux tiers des Indien&#183;nes vivent avec moins d'1/2 dollar par jour. Ces chiffres disent combien toute d&#233;gradation environnementale, tout changement de politique vers une lib&#233;ralisation-privatisation peut affecter durement les populations de ces pays, jusqu'&#224; mettre en jeu leur survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Absence de filet social&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ch&#244;mage pay&#233;, s&#233;curit&#233; maladie, aides au logement, aides aux entreprises, etc. n'existent pas dans les pays pauvres. En Inde la grande majorit&#233; des employ&#233;&#183;es n'a pas de contrat, iels travaillent dans le syst&#232;me informel. Quant aux centaines de millions de petit&#183;es paysan&#183;nes, iels sont aussi sans aucune protection publique, par exemple contre les pr&#234;teurs pratiquant des taux d'int&#233;r&#234;t pouvant aller jusqu'&#224; 5 % par jour. Quand un changement environnemental se produit, les populations ne peuvent plus se nourrir. N'ayant pas les moyens d'acheter de la nourriture, elles quittent leur territoire de vie ancestral.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les autres facteurs qui poussent aux migrations ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Destructions, vols, accaparements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand un changement environnemental se produit, les populations ne peuvent plus se nourrir. N'ayant pas les moyens d'acheter de la nourriture, elles quittent leur territoire de vie ancestral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La destruction du territoire de vie d'une population par des multinationales extractivistes est importante : accaparements de for&#234;ts, de terres arables, d'eau douce d&#233;di&#233;e &#224; l'agriculture productiviste. Comment est-ce possible ? Dans de nombreuses r&#233;gions du monde, les populations vivent sur des territoires et cultivent selon le syst&#232;me coutumier. D'une certaine mani&#232;re, la terre &#171; appartient &#187; &#224; celui qui la travaille. Le droit de propri&#233;t&#233; n'existe pas dans les civilisations orales, la terre est commune et partag&#233;e. Les Occidentaux opposent alors un droit de propri&#233;t&#233; - un &#233;crit, obtenu des responsables politiques du pays - &#224; des populations qui vivent sans titre sur leurs parcelles depuis des d&#233;cennies. Des multinationales contraignent ainsi des peuples &#224; quitter leurs territoires de vie &#224; l'aide de la force publique. Ces accaparements, souvent en r&#233;alit&#233; des vols, ou pay&#233;s avec quelques sacs de cacahu&#232;tes, r&#233;sultent de la corruption des d&#233;cideurs locaux et nationaux. Car la finance internationale a trouv&#233; l&#224; un nouveau champ de sp&#233;culation. La terre agricole sera de plus en plus rare car le gaspillage des consommateur/trices des pays riches augmente et la population mondiale cro&#238;t. Cette mainmise sur les terres est activement soutenue aussi bien par les pays industrialis&#233;s que par les institutions financi&#232;res du type Banque mondiale et FMI : grands serviteurs de la finance internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du colonialisme au n&#233;ocolonialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays industrialis&#233;s, pour assouvir leur soif inextinguible de ressources naturelles, que l'on nomme extractivisme, utilisent la technique de l'endettement ill&#233;gitime (ill&#233;gal, odieux ou insoutenable) des pays dits en d&#233;veloppement, PED. Ces pays, pill&#233;s depuis des si&#232;cles, ont &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s de d&#233;velopper une industrie de transformation par les pays pilleurs. D&#232;s les ind&#233;pendances, la soumission de leur &#233;conomie par une finance voleuse a remplac&#233; les arm&#233;es coloniales d'occupation. Ce n&#233;ocolonialisme a permis la continuit&#233; des pillages extractivistes. Pire encore, cet asservissement par la dette a abouti &#224; l'augmentation exponentielle de l'extractivisme au moment de l'explosion de la soci&#233;t&#233; de consommation dans les pays riches. Ce que l'on appelle en France les trente glorieuses a &#233;t&#233; catastrophique pour les pays colonis&#233;s, devenus les PED, et leur population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que l'assujettissement des pays les plus pauvres &#224; l'avidit&#233; des pays industrialis&#233;s soit complet, ces derniers, en plus de l'endettement ill&#233;gitime, ont pratiqu&#233; la corruption des bourgeoisies au pouvoir et l'assassinat des pr&#233;sidents r&#233;calcitrants au pillage, tels Lumumba au Congo ou Thomas Sankara au Burkina Faso et bien d'autres, en Am&#233;rique du Sud et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pilleurs ont aussi attis&#233; la mont&#233;e des tensions internes aboutissant &#224; des guerres ethniques, civiles, religieuses. Ils ont utilis&#233; leurs services secrets pour provoquer d'autres coups tordus emp&#234;chant ces pays d'acc&#233;der &#224; une r&#233;elle ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Technique de l'endettement, corruption, concurrence d&#233;loyale des multinationales&lt;br class='autobr' /&gt;
D&#232;s qu'un pays ne peut plus honorer ses dettes, tr&#232;s majoritairement ill&#233;gitimes, le FMI intervient avec un pr&#234;t de secours conditionn&#233; &#224; l'application de politiques d'ajustement structurel, dites PAS. Les conditionnalit&#233;s de ces pr&#234;ts sont les m&#234;mes depuis 40 ans. Privatisation des services publics et des grandes entreprises publiques, suppression de la sant&#233; et de l'&#233;ducation gratuite, fin des aides aux produits de premi&#232;re n&#233;cessit&#233;, libre-&#233;change imposant une concurrence d&#233;loyale entre le petit producteur et les multinationales &#233;trang&#232;res et surtout libert&#233; de mouvements des capitaux, exfiltration l&#233;galis&#233;e des b&#233;n&#233;fices hors du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;ts aux PED ne sont jamais destin&#233;s &#224; venir en aide &#224; une population paup&#233;ris&#233;e, impact&#233;e par les changements climatiques ou des d&#233;sastres environnementaux, mais &#224; sauver les banques du Nord, voire les &#201;tats pr&#234;teurs ; &#224; maintenir la soumission des gouvernements par une forme de corruption pour qu'ils participent, m&#234;me contre leur volont&#233;, au pillage extractiviste des richesses mini&#232;res, fossiles, halieutiques, agricoles et aux privatisations des entreprises de leur pays, cela au d&#233;triment de leur peuple ; &#224; op&#233;rer un transfert financier du Sud pauvre au profit du Nord industrialis&#233; par le remboursements des int&#233;r&#234;ts, et surtout acc&#233;l&#233;rer le transfert de leurs richesses naturelles vers les pays industrialis&#233;s, aujourd'hui majoritairement la Chine ; &#224; permettre au FMI, &#224; la Banque mondiale et au Club de Paris regroupant les pays cr&#233;anciers, de les pousser toujours plus avant dans le syst&#232;me ultralib&#233;ral. Comment ? En exigeant tous les remboursements et leurs int&#233;r&#234;ts, m&#234;me si la dette est odieuse et insoutenable pour l'&#233;conomie et la population du pays, et que payer revient &#224; s'auto-piller !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les multinationales, gr&#226;ce aux PAS, peuvent s'approprier les ressources et les entreprises qu'elles souhaitent. Pour verrouiller le tout, des ALE ou APE (accords de libre-&#233;change ou de partenariat &#233;conomique) sont souvent impos&#233;s par le FMI et la Banque mondiale. Ils contiennent des clauses ISDS (arbitrages par des juges priv&#233;s). Ainsi les multinationales sont certaines de ne quasiment jamais perdre leurs investissements dans un pays &#233;tranger, m&#234;me si de nouveaux gouvernements veulent d&#233;fendre les ressources naturelles de leur pays. Ainsi, si les investissements impactent cruellement les populations et l'environnement, les arbitrages seront en d&#233;faveur des &#201;tats impact&#233;s. Le plus souvent ils perdront contre les multinationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Impossible remboursement, destruction des &#233;conomies, changement climatique, exils&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le poids de la dette financi&#232;re est cruellement d'actualit&#233; dans les pays du Sud en 2020. Nombreux sont les pays devenus incapables de verser int&#233;r&#234;ts et remboursements. Ils seront malheureusement rejoints par d'autres si le prix du baril ne remonte pas. Dans ces &#233;conomies dites primaires, non industrialis&#233;es, l'essentiel des ressources budg&#233;taires est fournie par l'exportation des mati&#232;res premi&#232;res brutes. Or leurs prix sont parall&#232;les &#224; ceux du baril de p&#233;trole, sauf exception. Ce dernier qui &#233;tait mont&#233; largement au-dessus de 100 dollars entre 2011 et 2014, ne d&#233;passe pas les 50 dollars depuis 2015, entra&#238;nant dans sa chute le prix des ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de nous, la destruction de l'&#233;conomie grecque depuis 2010-2015 par le FMI et la BCE, et la privatisation de la nature, au nom de son sauvetage est un exemple d'application des PAS. Plages, &#238;les, mines, eau, ports, a&#233;roports ont &#233;t&#233; vendus et la population lourdement appauvrie. R&#233;sultat : tous les dipl&#244;m&#233;s sont partis travailler &#224; l'&#233;tranger. La Gr&#232;ce privatis&#233;e mettra 30 ans ou plus pour retrouver une &#233;conomie assurant une vie digne &#224; tous et toutes. La dette publique fr&#244;le les 190 % en 2021. Ce traitement de choc ultralib&#233;ral a produit le m&#234;me r&#233;sultat que celui subi en 1973 au Chili o&#249; tout a &#233;t&#233; privatis&#233;, y compris l'eau des fleuves. La pauvret&#233; y est toujours forte, la libert&#233; faible. Les exils furent nombreux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;cheresses et inondations provoquent une instabilit&#233; telle qu'il devient impossible de vivre et se nourrir sur certains territoires ancestraux. &#192; travers de terribles &#233;preuves, au p&#233;ril de leur vie, quelques un&#183;es tentent de rejoindre les pays qui se sont enrichis en volant les biens communs de l'humanit&#233;, voire pr&#233;cis&#233;ment ceux de leur pays, au cours des si&#232;cles pass&#233;s. L'Afrique subsaharienne regroupe pr&#232;s d'un milliard de personnes. Sa responsabilit&#233; dans le r&#233;chauffement plan&#233;taire est d'environ 1 %. Pourtant, les temp&#233;ratures ont augment&#233;, dans certaines r&#233;gions d&#233;j&#224; chaudes, si fortement que la vie y est devenu presque impossible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a que peu de migrations environnementales l&#224; o&#249; il existe des revenus dignes. &#192; Phoenix, en Arizona, le thermom&#232;tre d&#233;passe r&#233;guli&#232;rement les 50&#176;C et il est impossible de sortir dans la rue en &#233;t&#233; tant que le soleil n'est pas couch&#233;. Pourtant il n'y a pas de migrations notables des populations quittant Phoenix. La ville finance des recherches pour r&#233;sister aux vagues de chaleur de plus en plus longues. En 2050, la ville sera sans doute invivable, mais en attendant la r&#233;sistance s'organise, et les climatiseurs tournent &#224; fond, ce qui, malheureusement, participe au r&#233;chauffement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Externalit&#233;s n&#233;gatives, les d&#233;chets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les externalit&#233;s n&#233;gatives ne sont jamais prises en charge par les multinationales extractivistes. Elles sont pourtant immenses : d&#233;possession des ressources, pollutions des terres, st&#233;rilisation des sols, accaparements, d&#233;placement de centaines de milliers d'habitant&#183;es comme en &#201;thiopie, consommation et pollution de l'eau par les monocultures industrielles, d&#233;forestations massives pour l'h&#233;v&#233;a, le soja, les palmiers &#224; huile ou la canne &#224; sucre, pollutions g&#233;n&#233;ralis&#233;es des eaux et de l'air par les pesticides, et enfin ethnocides. Les Bunong du Cambodge, tribu de chasseurs/euses-cueilleurs/euses, ont vu leur for&#234;t ras&#233;e par Bollor&#233;-Socfin, et remplac&#233;e par une plantation d'h&#233;v&#233;as. Les d&#233;chets de cette industrialisation et de la consommation effr&#233;n&#233;e des pays industrialis&#233;s issus majoritairement de la transformation des richesses naturelles du Sud, sont tr&#232;s souvent r&#233;export&#233;s vers le Sud. D'abord les PED, les pays pill&#233;s, empruntent aux pays riches pour tenter de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts des si&#232;cles de colonisation. Ensuite pour payer leurs dettes, ils exportent leurs ressources naturelles, sans y gagner grand-chose, sinon les migrations cesseraient. Et ensuite ils importent, bien s&#251;r contre leur volont&#233;, les d&#233;chets de la transformation industrielle de leurs ressources naturelles par les industries du Nord et le gaspillage g&#233;n&#233;ralis&#233; des pays riches, nomm&#233; consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pires et les plus dramatiques de ces d&#233;chets sont les gaz &#224; effets de serre, GES. Il y a aussi l'envoi des rebuts &#233;lectroniques, vieux plastiques, cargos, voitures, trains, gasoil mal raffin&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans le pillage des ressources naturelles, r&#233;chauffement et d&#233;r&#232;glement climatiques n'existeraient pas. Les premiers impact&#233;s par le changement climatique sont les pays les plus pauvres, souvent les plus chauds, ceux qui n'ont pas les moyens de s'adapter ou de r&#233;sister. Impossible de fermer les fronti&#232;res aux GES ! Les pays du Nord et la population restent inconscients et/ou sourds aux drames qui se jouent ailleurs. Un peu plus de soleil en Europe ne change pas la vie. Pour le moment, c'est ce que la majorit&#233; croit !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Dette &#233;cologique vs. profits&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La somme de ces externalit&#233;s n&#233;gatives est nomm&#233;e dette &#233;cologique. &#192; l'inverse de la dette financi&#232;re dont les cr&#233;anciers du Nord exigent le remboursement, cette derni&#232;re n'est jamais r&#233;par&#233;e, compens&#233;e ou prise en compte par les pays pilleurs. Pourquoi ? Parce que les profits des grands actionnaires des multinationales ne pourraient pas exister sans ces vols des ressources naturelles. Vol car non prise en charge des dommages caus&#233;s &#224; la nature et aux habitant&#183;es, de la disparition d&#233;finitive de ces ressources. En plus, les prix des ressources naturelles sont tr&#232;s faibles car fix&#233;s dans les bourses du Nord. Quel serait le montant des dividendes vers&#233;s par Total &#224; ses actionnaires si le prix du p&#233;trole extrait devait compenser le co&#251;t du r&#233;chauffement produit par sa combustion aux peuples impact&#233;s ? Z&#233;ro ! Ou bien le prix du p&#233;trole exploserait !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays riches ne veulent pas partager les b&#233;n&#233;fices, avec les pays pauvres et leurs peuples, des transformations en biens marchands des ressources qui leurs sont vol&#233;es. Pourtant cela r&#233;soudrait rapidement la question des migrations. Il est plus facile de fermer les fronti&#232;res, de cr&#233;er la police Frontex, dont le budget ne cesse d'augmenter, de laisser les racistes et x&#233;nophobes &#233;taler leur haine, aux &#201;tats-Unis de renforcer et allonger le mur les s&#233;parant des pays du Sud, que de reconna&#238;tre sa responsabilit&#233; dans la cause de ces migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel avenir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les changements climatiques p&#232;sent lourdement sur les paysan&#183;nes et les habitant&#183;es des PED, bient&#244;t ils impacteront l'ensemble de l'humanit&#233;. Celleux qui encore aujourd'hui gobent les arguments des climatosceptiques sont celleux qui ne veulent pas voir que la plus grande partie de l'humanit&#233; vit dans la pauvret&#233; pour que, elleux, vivent dans le confort mat&#233;riel et le gaspillage, source des profits des actionnaires et du r&#233;chauffement. Les PED sont asservis par les pays pilleurs pour satisfaire leurs besoins consum&#233;ristes cr&#233;ant en retour une pauvret&#233; chronique chez les pill&#233;s. Pour ces derniers les changements climatiques sont une sanction suppl&#233;mentaire, fonci&#232;rement injuste. Bien que n'ayant aucune responsabilit&#233; dans leur propre pauvret&#233;, et encore moins dans les d&#233;sastres environnementaux qu'iels endurent, de plus en plus d'habitant&#183;es subissent de fait une dramatique double peine. Pour esp&#233;rer survivre, l'exil devient alors la seule issue. Quel qu'en soit le prix ! Dans un monde comprenant enfin que le partage entre les humains et le respect de la nature sont l'avenir de toustes, le climat cessera de se d&#233;grader et l'exil dispara&#238;tra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article extrait du magazine AVP - Les autres voix de la plan&#232;te, &#171; Dettes &amp; migrations : Divisions internationales au service du capital &#187; paru en mai 2021. Magazine disponible en consultation gratuite, &#224; l'achat et en formule d'abonnement.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Auteur.&lt;strong&gt;e&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sersiron Ex-pr&#233;sident du CADTM France, auteur du livre &#171; Dette et extractivisme &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des &#233;tudes de droit et de sciences politiques, il a &#233;t&#233; agriculteur-&#233;leveur de montagne pendant dix ans. Dans les ann&#233;es 1990, il s'est investi dans l'association Survie aux c&#244;t&#233;s de Fran&#231;ois-Xavier Verschave (Fran&#231;afrique) puis a cr&#233;&#233; &#201;changes non marchands avec Madagascar au d&#233;but des ann&#233;es 2000. Il a &#233;crit pour 'Le Sarkophage, Les Z'indign&#233;s, les Amis de la Terre, CQFD.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il donne r&#233;guli&#232;rement des conf&#233;rences sur la dette.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Renouvellement ou d&#233;veloppement, vivre ou mourir sans fin</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Renouvellement-ou-developpement-vivre-ou-mourir-sans-fin</link>
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		<dc:date>2019-03-25T20:32:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-03-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Est &#171; d&#233;velopp&#233; &#187; le pays qui pratique depuis plusieurs si&#232;cles l'extractivisme, le pillage &#224; grande &#233;chelle des ressources naturelles que sont les biens communs. Chez lui d'abord, mais surtout chez les autres pour s'approprier tout ce qu'il n'a pas ou qui est excessivement destructeur ou trop polluant chez lui. Bois et autres produits tropicaux, soja, huile de palme, caoutchouc, agrocarburant, minerais de toutes sortes, &#233;nergies fossiles, ressources halieutiques sont import&#233;s depuis 5 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-03-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-03-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton38412-0b0f0.jpg?1781253500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Est &#171; d&#233;velopp&#233; &#187; le pays qui pratique depuis plusieurs si&#232;cles l'extractivisme, le pillage &#224; grande &#233;chelle des ressources naturelles que sont les biens communs. Chez lui d'abord, mais surtout chez les autres pour s'approprier tout ce qu'il n'a pas ou qui est excessivement destructeur ou trop polluant chez lui. Bois et autres produits tropicaux, soja, huile de palme, caoutchouc, agrocarburant, minerais de toutes sortes, &#233;nergies fossiles, ressources halieutiques sont import&#233;s depuis 5 si&#232;cles et transform&#233;s industriellement par les pays extractivistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Banque mondiale, dettes coloniales, banques...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 mars par Nicolas Sersiron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le commerce triangulaire avec l'esclavage, la colonisation avec le travail forc&#233; et le n&#233;ocolonialisme actuel avec les leviers de la dette ill&#233;gitime et du libre-&#233;change forment une continuit&#233; d'asservissement des autres peuples, un accaparement du sol et du sous-sol de leurs pays. Ils sont les bases du &#171; d&#233;veloppement &#187;, nomm&#233; aussi &#171; progr&#232;s &#187;, des pays les plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pays &#171; d&#233;velopp&#233; &#187; est aussi celui qui a fait dispara&#238;tre les paysans et leur monde pour les remplacer par des exploitants agricoles : ceux qui soignaient la terre ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par ceux qui la saignent au profit de l'immense lobby de l'agroalimentaire avec l'aide d'&#233;normes robots que sont les assistants p&#233;trolivores, des engrais et des pesticides chimiques, eux aussi &#224; base d'&#233;nergies fossiles. Un pays, qui se dit moderne comme la France, d&#233;truit la fertilit&#233; de ses terres, pollue ses eaux douces, l'air et la sant&#233; des fran&#231;ais. Mais en plus, &#224; travers ses multinationales, il ach&#232;te/accapare les terres des autres pays, expulse les paysans, pompe et pollue l'eau et in fine exporte vers lui-m&#234;me les mati&#232;res premi&#232;res agricoles produites pour en profiter &#224; un prix tr&#232;s faible. Lesquelles sont majoritairement destin&#233;es &#224; nourrir ses propres &#233;levages, voire abreuver ses voitures. Viandes et produits laitiers sont transform&#233;s par nos usines et distribu&#233;s dans nos supermarch&#233;s de pays dits d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble a pour r&#233;sultat la disparition de son autonomie alimentaire. Sa d&#233;pendance quasi totale au p&#233;trole et aux transports trans-oc&#233;aniques pour son alimentation (France, Europe) rend le pays tr&#232;s fragile face aux effondrements en cours (biodiversit&#233;, climat, r&#233;serves halieutiques, acidification des oc&#233;ans, d&#233;forestations) et ceux &#224; venir toujours plus graves. Pire encore, nos pays subventionnent leur agriculture. En exportant une part de leurs ressources alimentaires, ils ruinent l'agriculture des autres pays dans une concurrence dite &#171; libre &#187;, en r&#233;alit&#233; sans r&#232;gle et parfaitement fauss&#233;e par l'application de la loi du plus fort. L'extractivisme &#233;tant la base du capitalisme, nos pays s'approprient aussi les mines, les puits de p&#233;trole et toutes les grandes entreprises des autres gr&#226;ce &#224; une finance dominatrice et corruptrice issue du d&#233;veloppement colonial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pays d&#233;velopp&#233;s sont, et de tr&#232;s loin, les premiers responsables de l'effondrement de la biodiversit&#233;, de la destruction de l'environnement, de sa pollution, du chaos climatique et de l'acc&#233;l&#233;ration du r&#233;chauffement, etc. Le d&#233;veloppement se fait par une recherche fr&#233;n&#233;tique de la croissance du PIB&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, donc par la comp&#233;tition et l'&#233;crasement des plus faibles. Le pouvoir d'achat moyen/an s'y compte en dizaines de milliers de dollars alors que dans un pays dit en &#171; d&#233;veloppement &#187; le pouvoir d'achat/an se compte en quelques centaines de dollars/an. Dans les deux cas les in&#233;galit&#233;s internes, au Sud comme au Nord, sont en progression. Le d&#233;veloppement produit surtout une croissance des profits des d&#233;tenteurs de capitaux - les v&#233;ritables d&#233;tenteurs du pouvoir &#233;conomique et politique avec en retour, plus de r&#233;chauffement, de catastrophes environnementales et de mis&#232;re pour le plus grand nombre. Il ne faut pas oublier que ce pillo-d&#233;veloppement profite aussi aux classes moyennes urbanis&#233;s qui le d&#233;fendent par leur style de vie pour conserver leur confort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pollution et r&#233;chauffement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Chine et les &#201;tats-Unis, les deux premiers &#233;metteurs de CO2, sont aussi les deux pays les plus in&#233;galitaires. &#192; leur image, les pays les plus d&#233;velopp&#233;s, nous, pr&#244;nant inlassablement comp&#233;titivit&#233; et croissance, sont ceux qui acc&#233;l&#232;rent le plus vite vers le &#171; no futur &#187; climatique et environnemental ! Un fran&#231;ais, voire un europ&#233;en, utilise 24h sur 24 l'&#233;quivalent de 400 &#171; esclaves &#187;, ou assistants, &#233;nerg&#233;tiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comparaison faite par Jancovici entre la capacit&#233; de travail d'un homme compt&#233; en kwh - 0,05 &#224; 0,5kwh/jour, travail intellectuel ou physique - et celle d'un litre de p&#233;trole &#233;gale &#224; 10 kwh. Une image plus parlante : l'&#233;nergie d'un plein d'essence &#233;quivaut au travail physique moyen d'une personne pendant un an. En 2050 ou bien avant, quand la f&#234;te du p&#233;trole sera termin&#233;e, le quotidien risque fort d'&#234;tre gravement d&#233;croissant pour les 2 milliards d'humains - dont la majorit&#233; des fran&#231;ais - qui vivent avec des centaines d'assistants &#233;nerg&#233;tiques. En effet le prix d'un plein de carburant reste d&#233;risoire compar&#233; au salaire de 15 000 euros/an que touche un smicard au cours d'une ann&#233;e de travail compt&#233; en kw/h. Malgr&#233; l'extension des &#233;nergies renouvelables - dont la fabrication est consommatrice de p&#233;trole et polluante - en 2050, gaspillage et consommation appartiendront &#224; l'Histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, croire que la voiture &#233;lectrique individuelle ralentira le r&#233;chauffement et les d&#233;sastres environnementaux est un r&#234;ve de capitalistes en mal de profit. L'&#233;nergie grise, celle qui est n&#233;cessaire &#224; la construction de ce genre de voiture, batteries comprises, &#233;quivaut &#224; celle qu'il faut pour construire une voiture thermique plus son utilisation pendant 150 000 km. Sans oublier l'hyper extractivisme du lithium, des m&#233;taux rares, du cobalt, etc, qui lui sont indispensables et la production d'&#233;lectricit&#233; avec des &#171; renouvelables &#187; si c'est possible. Pour 1 &#224; 2 milliards de v&#233;hicules c'est tr&#232;s peu probable, quant &#224; la pollution aux nano et micro particules issues de l'usure des pneus et des freins, on continue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pays non &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays &#171; non d&#233;velopp&#233; &#187; o&#249; celui qui a du travail ne gagne que quelques centaines d'euros par an, il y a extr&#234;mement peu de voitures particuli&#232;res compar&#233; aux pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;. La C&#244;te d'Ivoire, 25 millions d'habitants, un des pays les plus &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; de l'Afrique subsaharienne, importe 6 000 voitures neuves par an. Par comparaison, en France avec une population de 65 millions, il se vend chaque ann&#233;e plus de 2 millions de voitures neuves, soit proportionnellement 1000 fois plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La civilisation thermo-industrielle n'a pu se &#171; d&#233;velopper &#187; qu'avec l'utilisation massive des &#233;nergies fossiles au profit du 1/5 de la population mondiale. Au rythme actuel des extractions, 100 millions de barils/jour en 2018, cette civilisation ne durera pas plus d'un si&#232;cle. L'utilisation massive des &#233;nergies fossiles date des ann&#233;es 1950, en 2050 il fera si chaud, au rythme actuel ce sera +3&#176; voire +4&#176;, et les ressources auront tellement diminu&#233; que la parenth&#232;se thermo-industrielle sera imp&#233;rativement referm&#233;e. Alors comment mangerons-nous sans ce syst&#232;me agro-alimentaire, totalement shoot&#233; au p&#233;trole ? Environ 2 000, plus les 400 assistants &#233;nerg&#233;tiques de chacun d'entre nous [1] sont aujourd'hui au service d'un exploitant agricole fran&#231;ais ! Engrais, pesticides, machinisme, arrosage, sans oublier l'aval, transport, transformation, distribution. Il est grand temps que tous ceux qui r&#234;vent d'un avenir vivable se mettent les mains dans la terre pour apprendre &#224; produire, localement et sans p&#233;trole, une nourriture de base avant qu'il ne soit trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Inversement un pays non d&#233;velopp&#233; (mal..., sous..., en voie de...) est un pays pill&#233;. Celui dont les richesses sont extraites et export&#233;es, les pollutions laiss&#233;es sur place, dont les &#233;lites sont corrompues et le pays endett&#233; par les pilleurs, les pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;. Un pays &#171; non d&#233;velopp&#233; &#187; est donc un pays colonis&#233; par les pays extractivistes et leurs multinationales pilleuses, avec de nombreux partenariats priv&#233;s/publics, pour un parfait pillage : vol de leurs ressources min&#233;rales, v&#233;g&#233;tales, fossiles, plus exploitation dramatique du travail. Un pays &#171; non d&#233;velopp&#233; &#187; s'il veut rejoindre le club des pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; - ceux qui d&#233;truisent le biotope de tous les terriens et sont responsables de l'&#233;cocide - doit piller les autres pays et les autres peuples, y compris les pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, s'il peut le faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qu'&#224; r&#233;ussi la Chine en quelques d&#233;cennies et que tente de faire l'Inde &#224; son tour. Les mesures protectionnistes &#233;tasuniennes contre la Chine en sont la preuve. Si le d&#233;veloppement leur a permis de sortir une partie de leur population de la mis&#232;re, pour combien de temps et avec quelles boucles de r&#233;troaction dues aux maxi pollutions et au r&#233;chauffement ? Les catastrophes &#233;cologiques et les guerres li&#233;es &#224; ces d&#233;veloppements &#233;conomiques sont d&#233;j&#224; l&#224;. En 2018 la Chine &#233;mettait deux fois plus de CO2 que les &#201;tats-Unis, m&#234;me si chaque &#201;tasunien &#233;met encore deux fois plus qu'un Chinois, alors que son pays, par ses exportations de biens industriels, est devenu l'atelier du monde, en particulier celui des &#201;tats-Unis. Le but de ces d&#233;lires d&#233;veloppementistes ! Consommer toujours plus pour faire plus de profits, donc d&#233;truire toujours plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; D&#233;veloppement ou renouvellement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un enfant se d&#233;veloppe physiquement jusqu'&#224; atteindre sa taille adulte, il en va de m&#234;me pour un jeune arbre quand il a acc&#232;s &#224; la lumi&#232;re. Dans la for&#234;t, les grands arbres emp&#234;chent, par leur seule pr&#233;sence, les jeunes de grandir, leur canop&#233;e d&#233;ploy&#233;e bloque les rayons du soleil, la photosynth&#232;se ne peut se r&#233;aliser. Si la for&#234;t se d&#233;veloppait comme les pays en croissance durable, la for&#234;t deviendrait si dense que toute vie y serait impossible, elle s'autod&#233;truirait. Ce que fait le cancer dans un corps humain par une multiplication (mitose) infinie de certaines cellules. Quand les plus grands et les plus vieux arbres meurent ou tombent, un jour d'orage et de vent, un trou de lumi&#232;re se fait, les jeunes en attente peuvent alors cro&#238;tre et devenir adultes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre corps, chaque jour un milliard de cellules meurent et autant naissent. Tous les terriens, bact&#233;ries, vert&#233;br&#233;s, insectes, naissent, croissent, puis disparaissent en laissant la place aux suivants. Une &#233;conomie capable de conserver un avenir ne peut &#234;tre en croissance et en d&#233;veloppement continu sauf &#224; hypoth&#233;quer tr&#232;s gravement l'avenir de tous. Le syst&#232;me &#233;conomique de nos pays n'existe qu'en utilisant les ressources naturelles finies, sans limite. Au rythme des pr&#233;l&#232;vements actuels, ils ne pourront plus fonctionner tr&#232;s longtemps. La nature, dont nous sommes un &#233;l&#233;ment parmi d'autres, ne se d&#233;veloppe pas mais se renouvelle. Elle &#233;volue lentement, ce qui a permis &#224; l'humanit&#233; de prosp&#233;rer dans un climat tr&#232;s favorable depuis une dizaine de mill&#233;naires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constatant les d&#233;sastres en cours, les d&#233;tenteurs de capitaux, ces fous-drogu&#233;s du profit qui dirigent le monde, ont d&#233;cid&#233; de faire du d&#233;veloppement... durable. Pourtant, une croissance infinie dans un monde fini est une fable pour endormir les grands enfants que nous sommes. Maintenus dans l'ignorance ou au contraire satur&#233;s d'informations plus ou moins vraies sur ces graves questions, le d&#233;veloppement durable leur ouvre la possibilit&#233; d'&#234;tre dans le d&#233;ni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sistons au funeste projet des d&#233;veloppementistes et de ceux qui en profitent, ne les laissons pas nous suicider. Il est imp&#233;rieux de lutter pour inverser la tendance, il est urgent d'aller vers une d&#233;croissance des in&#233;galit&#233;s. C'est seulement dans un monde plus juste - celui o&#249; il n'y aura plus ce 1 % qui poss&#232;de la majorit&#233; de la richesse globale, pollue individuellement cent ou mille fois plus que chacun des 99 % restants - qu'il sera possible de lutter tous ensemble contre la vertigineuse d&#233;gradation de notre biotope, l'&#233;cosyst&#232;me qui nous permet de vivre. Le livre &#171; Pourquoi l'&#233;galit&#233; est meilleure pour tous &#187; le montre tr&#232;s bien [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seule une marche vers la simplicit&#233;, la sobri&#233;t&#233;, l'entraide, la solidarit&#233;, la gratuit&#233;, la d&#233;marchandisation, respectueuse des libert&#233;s, pourra nous amener vers plus d'&#233;galit&#233; et donc vers un monde avec un avenir vivable. Jamais une dictature capitalo-communiste, &#224; la chinoise par exemple, ou un totalitarisme capitaliste et pseudo d&#233;mocratique comme ceux qui s'annoncent &#224; coup de LBD chez nous, ne fera dispara&#238;tre comp&#233;tition et cupidit&#233; comme valeurs primordiales. En &#233;tant &#224; l'oppos&#233; de l'&#233;galit&#233;, cela an&#233;antira aussi la libert&#233;. Le renversement de ces valeurs mortif&#232;res, &#224; la base de la civilisation suicidaire occidentale, est fondamental pour que chacun comprenne sa responsabilit&#233;, accepte l'immense transformation de son quotidien, voire m&#234;me devienne un activiste de ce combat pour la survie de tous les terriens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait envie de manger cinq &#224; dix fois moins de viande, laisser sa voiture pour p&#233;daler, ne plus prendre l'avion pour aller paresser sous les cocotiers et nouer des affaires, cesser de sublimer sa libido dans la consommation, s'il n'y trouve pas un v&#233;ritable &#233;panouissement ? Impossible tant que d'autres continuent &#224; s'enrichir, salir et r&#233;chauffer sans vergogne, tant que les 1 % n'abandonnent pas la croissance de leurs profits, les principes de comp&#233;tition, de d&#233;veloppement, de consommation inutile et destructrice, de pouvoir et d'accroissement des in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouvellement de notre &#233;cosyst&#232;me, sans lequel il n'y aura pas de futur, repose d'un c&#244;t&#233; sur le renoncement &#224; cette civilisation qui a abouti &#224; la domination de quelques-uns sur notre vie et l'avenir de tous les terriens. De l'autre sur la cr&#233;ation d'un monde d'esp&#233;rances et d'entraides o&#249; chacun aura une place digne, un monde de partage, une aventure de vie qui donnera du sens &#224; nos actions et de la force pour accepter ce bouleversement de notre quotidien. Croire que la technique trouvera des solutions au r&#233;chauffement, &#224; la casse environnementale et sociale actuelle est aussi cr&#233;dible que le discours de nos &#171; grands ing&#233;nieurs &#187; sur le traitement des d&#233;chets nucl&#233;aires. Nos magnifiques centrales en crachent depuis 50 ans et la technique, malgr&#233; ses promesses r&#233;p&#233;t&#233;es, n'a toujours rien trouv&#233; pour se d&#233;barrasser de leur immense danger. Ils s'accumulent par milliers de tonnes pour des dizaines de milliers d'ann&#233;es sans que l'on sache qui les g&#232;rera pendant si longtemps. Mais comme l'indique le titre du livre de Pablo Servigne et de ses coauteurs &#171; Une autre fin du monde est possible &#187; [3]. &#192; nous tous de la faire advenir !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Pour produire la nourriture aujourd'hui consomm&#233;e par les fran&#231;ais, il faudrait une population agricole de&#8230; 1,8 milliard de personnes (pour 65 millions de fran&#231;ais) si nous avions le m&#234;me r&#233;gime alimentaire et pas d'&#233;nergie fossile ou fissile. Bien s&#251;r, les conventions choisies peuvent se discuter, il est possible qu'il suffise de 500 millions (!!).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jancovici.com/transition-energetique/l-energie-et-nous/combien-suis-je-un-esclavagiste/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Richard Wilkinson et Kate Pickett, Pourquoi l'&#233;galit&#233; est meilleure pour tous, ed Les petits matins 2013&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Pablo Servigne, Rapha&#235;l Stevens, Gauthier Chapelle, Une autre fin du monde est possible, ed. Anthropoc&#232;ne Seuil 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Interview avec l'&#233;crivain Nicolas Sersiron sur le concept d'extractivisme et ses effets sur les peuples</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Interview-avec-l-ecrivain-Nicolas-Sersiron-sur-le-concept-d-extractivisme-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Interview-avec-l-ecrivain-Nicolas-Sersiron-sur-le-concept-d-extractivisme-et</guid>
		<dc:date>2019-01-22T07:32:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Economie internationale</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;ATTAC Maroc a organis&#233; au Maroc des conf&#233;rences de pr&#233;sentation du livre &#171; Dette et extractivisme &#187; avec la pr&#233;sence de son auteur Nicolas Sersiron, &#224; Skoura (le 02 d&#233;cembre 2018), Rabat (05 d&#233;cembre) et Agadir (07 d&#233;cembre). Et pour approcher les militant-e-s du contenu de ce livre traduit vers l'arabe par ATTAC Maroc et le sens du syst&#232;me de l'extractivisme, Ali Aznague a r&#233;alis&#233; cet interview avec son auteur. &lt;br class='autobr' /&gt;
7 janvier Nicolas Sersiron en entrevue avec Aznague Ali | tir&#233; de la lettre du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-internationale-+" rel="tag"&gt;Economie internationale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH77/arton37528-8665d.png?1781253500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;ATTAC Maroc a organis&#233; au Maroc des conf&#233;rences de pr&#233;sentation du livre &#171; Dette et extractivisme &#187; avec la pr&#233;sence de son auteur Nicolas Sersiron, &#224; Skoura (le 02 d&#233;cembre 2018), Rabat (05 d&#233;cembre) et Agadir (07 d&#233;cembre). Et pour approcher les militant-e-s du contenu de ce livre traduit vers l'arabe par ATTAC Maroc et le sens du syst&#232;me de l'extractivisme, Ali Aznague a r&#233;alis&#233; cet interview avec son auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7 janvier Nicolas Sersiron en entrevue avec Aznague Ali | tir&#233; de la lettre du CADTM&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extractivisme c'est quoi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extractivisme est un nouveau mot, il est destin&#233; &#224; mieux comprendre le fonctionnement d'un monde domin&#233; par les d&#233;tenteurs de capitaux et la marchandisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Il d&#233;signe le pillage des ressources naturels (v&#233;g&#233;tales, mini&#232;res et fossiles) par quelques grands actionnaires et institutions financi&#232;res. Une d&#233;possession-privatisation des biens communs, qui appartiennent pourtant &#224; tous les terriens : humains, animaux, insectes, v&#233;g&#233;taux, bact&#233;ries&#8230; Mais il d&#233;signe en plus le pillage des ressources humaines, esclavage historique, travail forc&#233; colonial, travail sous pay&#233;, etc. et aussi le pillage des ressources financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet apr&#232;s la la fin de l'occupation des pays colonis&#233;s, les pays dits &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187;, les pilleurs, ont invent&#233; la dette ill&#233;gitime comme nouveau syst&#232;me d'asservissement afin de continuer et surtout amplifier le vol des ressources naturelles. Le but &#233;tant de satisfaire l'app&#233;tit des fous du profit au pouvoir. La soci&#233;t&#233; actuelle n'existe qu'en consommant les ressources de la plan&#232;te et en les transformant en biens &#224; gaspiller le plus vite possible pour pouvoir en fabriquer de nouveaux. Extractivisme, productivisme, consum&#233;risme, profits, d&#233;chets, pollutions&#8230; Et apr&#232;s quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette dette publique ill&#233;gitime correspond &#224; des emprunts que les populations remboursent &#224; travers leurs imp&#244;ts, directs et indirects, alors que les cr&#233;dits n'ont pas &#233;t&#233; investis pour am&#233;liorer leur bien &#234;tre parfois dans des investissements inutiles quand il n'ont pas &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;s par les classes dirigeantes du pays. En plus d'&#234;tre une forme de pillage extractiviste, elle est aussi le levier du grand pillage des ressources naturelles et du travail des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel est l'impact de l'extractivisme dans les pays dits en &#171; d&#233;veloppements &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds Mon&#233;taire International (FMI) et la Banque mondiale ont impos&#233;, &#224; la faveur de grandes difficult&#233;s de remboursement des pays en &#171; d&#233;veloppement &#187; au cours des ann&#233;es 1980, les Plans d'ajustement structurels, les PAS. Ces pays ont du renoncer aux d&#233;penses publiques d'&#233;ducation, de sant&#233;, d'infrastructures et d'investissements, transformer une partie de l'agriculture vivri&#232;re en agriculture d'exportation, accepter le libre-&#233;change et la privatisation des grandes entreprises publiques. Pourquoi ? Le but d&#233;clar&#233; &#233;tait de d&#233;gager les moyens financiers pour rembourser la dette publique. Le r&#233;sultat a &#233;t&#233; un appauvrissement des pays et de leur population plus une perte d'autonomie des d&#233;cideurs dans la gestion &#233;conomique de leur nation. Ainsi, pour rembourser la dette ill&#233;gitime, et en &#233;change de quelques pr&#234;ts de secours, il leur a fallu privatiser les entreprises mini&#232;res, extraire toujours plus de ressources naturelles destin&#233;es &#224; &#234;tre export&#233;es brutes et bien sur aussi exporter des mati&#232;res premi&#232;res v&#233;g&#233;tales et alimentaires. C'est ainsi que la boucle des pillages extractivistes s'est referm&#233;e sur les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences du syst&#232;me dette et extractivisme sur l'agriculture paysanne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exporter des mati&#232;res premi&#232;res agricoles et ainsi obtenir les devises n&#233;cessaires aux remboursements des dettes ill&#233;gitimes, les gouvernements des pays endett&#233;s ont &#233;t&#233; pouss&#233;s &#224; transformer l'agriculture vivri&#232;re et paysanne, en agriculture industrialis&#233;e. Pourtant la petite agriculture familiale nourrit, encore en 2018, la tr&#232;s grande majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te. En utilisant tr&#232;s peu d'intrants chimiques, elle est peu d&#233;pendante des importations et des &#233;nergies fossiles, elle ne d&#233;truit pas les sols et ne r&#233;chauffe pas le climat. De plus elle permet aux pays d'avoir une autonomie alimentaire incomparable avec celle que peut procurer l'agriculture productiviste. En plus elle donne du travail &#224; une grande partie de la population. Son grand d&#233;faut pour les bourgeoisies au pouvoir et les sp&#233;culateurs venus de l'&#233;tranger gr&#226;ce au libre-&#233;change impos&#233; par les PAS, est qu'elle ne leur apporte aucun profit. Les petits paysans ach&#232;tent peu d'intrants, utilisent peu d'&#233;nergie, s'&#233;changent leurs semences, s'entraident, consomment une partie de ce qu'ils produisent et vendent sur les march&#233;s locaux leurs surplus. Alors tous les moyens vont &#234;tre progressivement mis en &#339;uvre pour que les d&#233;tenteurs de capitaux puissent accaparer les terres des petits paysans, en les volant, en disant qu'ils n'ont pas de titre, qu'ils n'utilisent pas suffisamment les terres ou qu'ils les cultivent mal, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qu'ils quittent leurs fermes d'autres strat&#233;gies sont utilis&#233;es : ne jamais leur distribuer de subventions, ne pas faire de formations, les obliger &#224; utiliser des semences brevet&#233;es qu'il leur faut racheter chaque ann&#233;e et qui implique l'achat de pesticides. Le but est alors de les appauvrir suffisamment pour qu'ils quittent leurs terres en ne pouvant plus &#224; subvenir &#224; leurs besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;sister au syst&#232;me extractiviste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re mani&#232;re est &#233;videmment la r&#233;sistance et l'organisation active. La cr&#233;ation de collectif de producteur, de coop&#233;ratives et d'&#233;changes de savoirs est d&#233;cisive car elle permet d'organiser la d&#233;fense juridique voire d'utiliser l'opinion publique &#224; son profit en faisant conna&#238;tre ses combats pour la survie d'une agriculture b&#233;n&#233;fique pour tous. Il existe aussi la possibilit&#233; de cr&#233;ation de syst&#232;mes qui relient plus fortement les producteurs d'aliments sains ou bio et les consommateurs. En France par exemple, les AMAP se d&#233;veloppent sans discontinuer depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre piste importante est de montrer que l'agriculture paysanne est beaucoup plus capable d'adaptation et de r&#233;silience face au r&#233;chauffement climatique, aux s&#233;cheresses, aux inondations, au chaos climatique. Pour l'eau, une ressource vitale qui se rar&#233;fie et va manquer de plus en plus, il faut montrer, expliquer, d&#233;fendre la permaculture, l'agroforesterie, et l'agriculture biologique en g&#233;n&#233;ral. Non seulement ces techniques utilisent beaucoup moins d'eau mais en plus elle ne la pollue pas avec les pesticides et les nitrates. On sait aussi que les pesticides et l'agroalimentaire industriel sont responsables de nombreuses maladies modernes et chroniques comme les cancers, diab&#232;tes, probl&#232;mes cardiovasculaires, ob&#233;sit&#233;, affections neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives (Parkinson, Alzheimer). L'agriculture biologique et locale est non seulement meilleur pour la sant&#233; la sant&#233; des humains. La bataille de l'opinion est sans nul doute un tr&#232;s bon moyen pour d&#233;fendre les petits paysans et leur savoir faire plut&#244;t que de les faire dispara&#238;tre au moment ou on a absolument besoins d'eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version arabe sur le lien :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://attacmaroc.org/%D8%AD%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D9%85%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%A7%D8%AA%D8%A8-%D9%86%D9%8A%D9%83%D9%88%D9%84%D8%A7-%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D9%88%D9%86-%D8%AD%D9%88%D9%84-%D9%85%D9%81/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://attacmaroc.org/%D8%AD%D9%88%D8%A7%D8%B1-%D9%85%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D9%83%D8%A7%D8%AA%D8%A8-%D9%86%D9%8A%D9%83%D9%88%D9%84%D8%A7-%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D8%B3%D9%8A%D8%B1%D9%88%D9%86-%D8%AD%D9%88%D9%84-%D9%85%D9%81/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'accaparement des terres est criminel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-accaparement-des-terres-est-criminel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-accaparement-des-terres-est-criminel</guid>
		<dc:date>2019-01-14T18:29:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-01-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; L'accaparement de terres est l'achat par des financiers &#233;trangers, (en complicit&#233; avec les pouvoirs locaux) de sols agricoles ou de for&#234;ts sur lesquels vivent et se nourrissent des peuples indig&#232;nes. Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, les surfaces de terres accapar&#233;es ont couvert 30 millions d'hectares, (plus que la surface agricole fran&#231;aise), et le mouvement est loin d'&#234;tre termin&#233;. Les plantations de palmiers &#224; huile sont responsables d'une grande partie des accaparements de ces (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-01-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-01-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton37392-b4c6c.jpg?1781253500' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'accaparement de terres est l'achat par des financiers &#233;trangers, (en complicit&#233; avec les pouvoirs locaux) de sols agricoles ou de for&#234;ts sur lesquels vivent et se nourrissent des peuples indig&#232;nes. Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, les surfaces de terres accapar&#233;es ont couvert 30 millions d'hectares, (plus que la surface agricole fran&#231;aise), et le mouvement est loin d'&#234;tre termin&#233;. Les plantations de palmiers &#224; huile sont responsables d'une grande partie des accaparements de ces derni&#232;res ann&#233;es. La croissance des investissements des fonds de pension &#233;tats-uniens dans les terres agricoles est spectaculaire. En plus, les structures offshore et les flux financiers illicites jouent un r&#244;le important dans les op&#233;rations actuelles. Les communaut&#233;s sont les premi&#232;res &#224; remarquer que les soci&#233;t&#233;s qui ach&#232;tent sont souvent plus int&#233;ress&#233;es par le blanchiment d'argent, l'&#233;vasion fiscale ou le vol des &#233;conomies des gens que par l'agriculture. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt;
Ces quelques lignes sont extraites d'une grande analyse sur les accaparements de l'association GRAIN [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : Objet : [CADTM-INFO] Bonne ann&#233;e de combat 2019&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;thiopie, un exemple terrible parmi tant d'autres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours des ann&#233;es 2010 [2], dans la r&#233;gion de Gambela en &#201;thiopie, 225 000 paysans Nuers et Anuaks ont &#233;t&#233; contraints par la force publique de quitter leur territoire de vie pour &#234;tre villagis&#233;s. De petites maisons avec des surfaces de terres peu fertiles, insuffisantes pour les nourrir, sans titre de propri&#233;t&#233; et souvent sans eau pour le b&#233;tail, sont devenues leur nouvel espace de &#171; vie &#187;. Certains ont choisi, ont &#233;t&#233; contraints &#224; l'exil vers les bidonvilles des grandes agglom&#233;rations, comme par exemple celui de Nairobi au Kenya. Qu'ils restent ou qu'ils partent, ce sera la mis&#232;re. &#171; En 2009-2010, Karuturi Global a obtenu l'allocation de 300 000 hectares en Gambela et ailleurs en &#201;thiopie pour des projets agricoles. L'investisseur n'a pourtant jamais cultiv&#233; plus de quelques milliers d'hectares. [3] &#187; Au Kenya il a fait faillite, ce pr&#233;dateur indien doit quitter l'&#201;thiopie. &#171; Les communaut&#233;s locales ont compris qu'elles s'en tirent beaucoup mieux sans les investissements de l'entreprise et ses vaines promesses d'opportunit&#233;s d'emploi, d'autres avantages &#233;conomiques et de s&#233;curit&#233; alimentaire. [4] &#187; Ce mouvement d'accaparement des terres, avec ses drames sociaux et ses catastrophes environnementales, est pourtant tr&#232;s ancien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Les enclosures, naissance de la privatisation des terres nourrici&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res d&#233;possessions, nomm&#233;es &#171; enclosures &#187;, ont eu lieu en Angleterre d&#232;s le 16e si&#232;cle. Institu&#233;es par la royaut&#233;, elles avaient pour but d'isoler des parcelles de terres agricoles communales pour les privatiser. Les nouveaux propri&#233;taires devaient les clore avec des murs ou des haies et les cultiver pour y faire des productions commerciales. Certains estiment qu'en instituant la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des terres, le mouvement des enclosures est &#224; l'origine du capitalisme. Il provoquera l'appauvrissement des villageois par l'amenuisement des surfaces de terres communales et des &#171; vaines p&#226;tures &#187;. De fr&#233;quentes r&#233;voltes se produiront, celle de Norfolk en 1549 sera mat&#233;e dans le sang. De nombreuses femmes, tr&#232;s engag&#233;es dans la r&#233;sistance &#224; la d&#233;possession des communs, seront poursuivies pour sorcellerie [5]. Le grand exode vers les villes fera de l'Angleterre le pays le plus urbanis&#233; de son &#233;poque. Les bras pour la r&#233;volution industrielle du 19e si&#232;cle ont &#233;t&#233; ainsi rendus disponibles. Dickens, dans ses romans, t&#233;moigne de la mis&#232;re qui sera ainsi cr&#233;&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la m&#234;me &#233;poque que les europ&#233;ens partiront &#224; la conqu&#234;te de l'Am&#233;rique du Sud et ensuite de l'Am&#233;rique du Nord. Cette colonisation, commenc&#233;e par Christophe, le bien nomm&#233;, Colomb (pour colonisateur), s'&#233;talera sur plusieurs si&#232;cles. Le plus grand accaparement de terres de tous les temps, aboutira par assassinats, g&#233;nocides ou maladies, &#224; la disparition de 100 millions d'am&#233;rindiens, selon certains auteurs. Aujourd'hui les grands propri&#233;taires terriens (Br&#233;sil, Argentine, &#201;tats-Unis, Canada), qui poss&#232;dent des dizaines de milliers d'hectares, grands exportateurs de soja, ma&#239;s, bl&#233;, viande, etc., sont les descendants des colons blancs europ&#233;ens. Sans oublier les fermes d'Australie s'&#233;talant sur des dizaines de milliers d'hectares avec le triste sort r&#233;serv&#233; aux aborig&#232;nes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La crise de 2008 et les faux pr&#233;textes des accaparements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au crash des investissements traditionnels dans l'immobilier, le rush des sp&#233;culateurs sur les denr&#233;es alimentaires a &#233;t&#233; spectaculaire. R&#233;sultat le prix des c&#233;r&#233;ales de base a &#233;t&#233; multipli&#233; par deux, voire trois. Ce qui a provoqu&#233; de grandes &#233;meutes de la faim en &#201;gypte, Maroc, Indon&#233;sie, Philippines, Ha&#239;ti, Nigeria, Cameroun, C&#244;te d'Ivoire, Mozambique, Mauritanie, S&#233;n&#233;gal, Burkina Faso... Jean Ziegler, d&#233;non&#231;ait alors la &#171; destruction syst&#233;matique des agricultures vivri&#232;res &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise a aussi &#233;t&#233; le d&#233;clencheur d'une nouvelle ru&#233;e sur la terre. La sp&#233;culation/d&#233;possession supplante alors le droit &#224; la vie. &#171; On voit ainsi se mettre en place toute une financiarisation de la cha&#238;ne de production alimentaire &#224; l'&#233;chelle mondiale. [6] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;possession des paysans pratiquant une agriculture familiale de subsistance utilise l'alibi de l'apparente non mise en culture des terres communes, alors que ces derniers ne font que respecter le cycle des saisons. En 2017 en &#201;thiopie, le gouvernement explique : &#171; Nous allons inviter des investisseurs qui lanceront des cultures commerciales. Vous n'exploitez pas bien les terres. Elles restent inutilis&#233;es. [7] &#187; Alors au nom du progr&#232;s et de l'efficacit&#233;, une agriculture industrielle exportatrice doit remplacer l'agriculture et l'&#233;levage familial auto-consommateur, respectueux de la nature, dont les surplus sont vendus sur les march&#233;s locaux, donc sans profit pour les &#233;lites locales, souvent corrompues, et les d&#233;tenteurs de capitaux mondialis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, selon une d&#233;cision de la Cour Internationale de Justice de 2016, &#171; les cas d'accaparement des terres syst&#233;matiques et suffisamment graves dans leurs cons&#233;quences peuvent &#234;tre port&#233;s devant la justice comme crimes contre l'humanit&#233;. [8] &#187; On est l&#224; face &#224; une nouvelle conqu&#234;te de type colonial, un renouvellement d'une forme de pillage extractiviste dans lequel les terres sont assimil&#233;es &#224; de simples puits &#224; profit, un autre genre de mines &#224; ciel ouvert. L'installation de monocultures avec machines agricoles et fertilisants chimiques les videront rapidement de leur fertilit&#233;. Chasser les peuples qui ont pr&#233;serv&#233; la ressource et respect&#233; l'environnement est un &#171; d&#233;tail de l'histoire &#187; pour les accapareurs. La lecture de la lettre des riverains chass&#233;s par les plantations de l'entreprise Socfin-Bollor&#233; au Cameroun permet de comprendre leur r&#233;sistance active et la catastrophe produite [9]. Surtout si l'on sait que Paul Biya, le dictateur au pouvoir depuis 36 ans, vient d'&#234;tre r&#233;&#233;lu en 2018 pour 7 ans avec le discret soutien de la France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; De la redistribution &#224; l'accaparement, l'ill&#233;gitimit&#233; des privatisations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers la question de la d&#233;possession des terres collectives, il appara&#238;t clairement que la d&#233;-communisation, la privatisation, l&#233;galis&#233;e par des parlements et des gouvernements, n'a jamais &#233;t&#233; l&#233;gitime, car elle n'a pas &#233;t&#233; faite dans l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Les pillages extractivistes n'ont pu exister qu'en privil&#233;giant des int&#233;r&#234;ts particuliers sur ceux du reste de la population, une constante du capitalisme. M&#234;me s'il y a eu de grandes r&#233;formes agraires (redistribution des terres) en France au moment de la r&#233;volution, en Chine, en Inde, &#224; Cuba et dans bien d'autres pays, aujourd'hui un mouvement inverse avec les accaparements et agrandissements de fermes est en cours. Cette privatisation des terres a soutenu l'industrialisation agricole et permis &#224; l'agroalimentaire de devenir le plus grand lobby plan&#233;taire. De l'amont avec les semences brevet&#233;es, engrais chimiques, pesticides, machinisme, transports et pr&#234;ts bancaires, jusqu'&#224; l'aval avec la transformation industrielle (c&#233;r&#233;ales, viande, lait), les transports, le libre-&#233;change et la distribution par les supermarch&#233;s, les profits sont &#233;normes, sauf pour la grande majorit&#233; des agriculteurs et exploitants agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale, l'exode rural vers les villes sera fortement encourag&#233;. Des 10 millions d'agriculteurs de l'avant-guerre, 1/4 de la population, il ne restait en 2016 que 885 400 exploitants agricoles, moins de 2 % des fran&#231;ais. La Politique Agricole Commune (PAC) verse des subventions &#224; l'hectare, dites d&#233;coupl&#233;es de la culture qui y sera pratiqu&#233;e. Selon Aur&#233;lie Trouv&#233; [10], elles repr&#233;sentent en 2016, 85 % du revenu des agriculteurs fran&#231;ais. Ainsi plus l'exploitant poss&#232;de d'hectares, plus la quantit&#233; de subventions est importante. Certaines exploitations sont devenues si grandes et si ch&#232;res que seules des institutions financi&#232;res, parfois chinoises, sont capables de les acheter aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un accaparement &#171; soft &#187; qui se fait au profit des grandes entreprises de l'agrobusiness et dans lequel il ne restera &#224; terme que des employ&#233;s mal pay&#233;s et des machines robotis&#233;es. Avec le libre-&#233;change, le moins disant &#233;cologique, financier et social l'emporte, quel que soit le lieu de production sur la plan&#232;te. Avec les porte-conteneurs g&#233;ants et les camions, les prix des transports sont bas car les co&#251;ts r&#233;els ne sont pas pris en compte. Le r&#233;chauffement climatique, la casse environnementale et humaine n'existent pas pour les grands actionnaires de l'agrobusiness puisqu'ils ne leurs co&#251;tent rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Accaparement, un pillage extractiviste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but du 21e si&#232;cle, les accaparements de terres avec l'industrialisation de l'agriculture se r&#233;v&#232;lent &#234;tre de m&#234;me nature que le mouvement pr&#233;dateur de l'extractivisme global qui oublie les g&#233;n&#233;rations futures, ne prend plus soin de la terre, pire la saigne, et st&#233;rilise les sols. En Indon&#233;sie, les for&#234;ts primaires sont br&#251;l&#233;es pour &#234;tre remplac&#233;es par des palmiers &#224; huile. En Amazonie, la culture du soja et les &#233;levages de b&#339;ufs grignotent la for&#234;t d'ann&#233;e en ann&#233;e, des millions d'hectares des savanes br&#233;siliennes &#224; la richissime biodiversit&#233;, le Cerrado, subissent le m&#234;me sort. Et dans le grand massif forestier d'Afrique centrale, en RDC, les accapareurs ont bien entam&#233; la destruction. L'article du chercheur br&#233;silien Felipe Milanez, &#171; Bolsonaro encourage les massacres des d&#233;fenseurs dans les zones agricoles et le carnage &#233;cologique &#187; [11] annonce une acc&#233;l&#233;ration des accaparements extractivistes et de la violence. Impossible de trouver la moindre justification &#224; la bidonvilisation des peuples chass&#233;s de leur terres dans les pays du Sud et &#224; la mis&#232;re ainsi cr&#233;&#233;e. Les productions issues de ces accaparements iront le plus souvent nourrir les &#233;levages &#224; destination des populations majoritairement repues des pays industrialis&#233;s, abreuver leurs voitures ou cuire les frites des cha&#238;nes de burgers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; La majorit&#233; des accaparements de terres agricoles est li&#233;e &#224; l'accaparement de l'eau&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf dans les immenses fermes non irrigu&#233;es, d&#233;di&#233;es &#224; une agriculture productiviste extensive et pluviale comme le soja en Am&#233;rique du Sud, les accaparements des terres en Afrique ne se font jamais sans la confiscation de l'eau douce. L'agriculture industrielle n'h&#233;site pas &#224; pomper l'eau pourtant n&#233;cessaire &#224; la vie et &#224; l'agriculture des populations avoisinantes. Dans les denr&#233;es alimentaires ou les plantes pour les agrocarburants export&#233;es &#224; la suite d'accaparements, il y a une tr&#232;s importante exportation d'eau &#171; virtuelle &#187; (irrigation n&#233;cessaire au d&#233;veloppement des v&#233;g&#233;taux export&#233;s). Une ressource pourtant essentielle pour l'alimentation de tous alors que les s&#233;cheresses et les inondations sont en forte augmentation et de plus en plus dramatiques. A contrario, l'agriculture vivri&#232;re - dans laquelle le travail humain est important et les surfaces cultiv&#233;es de petites tailles - ne gaspille pas l'eau, ni ne l'exporte. Cela alors que les rendements &#224; surface &#233;gale y sont de 5 &#224; 10 fois plus &#233;lev&#233;s. De plus, elle ne produit pas ou tr&#232;s peu de gaz &#224; effet de serre (GES). Non seulement l'agriculture productiviste consomme &#233;norm&#233;ment d'eau, d&#233;truit la biodiversit&#233;, les for&#234;ts, les sols agricoles, pollue l'air, l'eau douce, les oc&#233;ans avec ses intrants chimiques, mais en plus elle r&#233;chauffe gravement le climat : 30 % des &#233;missions globales de GES pour la partie production agricole mais de 44 &#224; 57 % si l'on y rajoute la partie transformation, distribution, gaspillage &#8230; qui lui est intrins&#232;quement li&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette pr&#233;dation agro-industrielle et son cort&#232;ge d'externalit&#233;s n&#233;gatives gravissimes pour la vie actuelle et &#224; venir des terriens, est-elle n&#233;cessaire pour nourrir le monde ? Certainement pas quand on conna&#238;t la part de 75 % conserv&#233;e par l'agriculture paysanne dans l'alimentation de la population mondiale. Ces destructions ne pourront apporter in fine que la famine alors qu'elles sont bien loin de nourrir le monde. A contrario, si l'on accepte que l'agriculture soit d&#233;di&#233;e au profit, dans lequel chaque personne doit manger 50 &#224; 100 kg de viande et encore plus de produits laitiers chaque ann&#233;e, comme les europ&#233;ens, les &#233;tasuniens voire maintenant les chinois et les indiens, alors continuons &#224; d&#233;velopper les accaparements et l'industrialisation agricole. Ce qui sera pourtant impossible sans augmenter encore les d&#233;forestations d&#233;j&#224; d&#233;vastatrices et le vol des terres : lire en note de bas de page l'incroyable accaparement de 450 hectares &#224; Pornic [12]. Pourtant des changements en cours laissent pr&#233;sager d'un possible sursis !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un peu d'espoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Sud, de plus en plus de populations r&#233;sistent aux accapareurs. Dans les pays industrialis&#233;s, de plus en plus de personnes comprennent que la viande, le lait, les agrocarburants sont des vecteurs du d&#233;sastre. Une d&#233;croissance de la consommation de prot&#233;ines animales est en cours dans les pays du Nord, &#224; terme ce mouvement s'il continue lib&#233;rera des terres. Pour faire un 1 kg de viande ou de lait il faut environ 10 kg de c&#233;r&#233;ales, des centaines de kilos de fourrage ou/et des hectares de prairies, plus des milliers de m&#232;tres cubes d'eau. Ainsi, le d&#233;veloppement rapide d'une agriculture biologique non industrielle li&#233;e &#224; une consommation de prot&#233;ines animales en forte diminution pourraient stopper les d&#233;sastres du r&#233;chauffement climatique. La diminution des surfaces d&#233;di&#233;es &#224; l'agriculture productiviste, une agro&#233;cologie favorable, un couvert v&#233;g&#233;tal permanent plus une reforestation des surfaces lib&#233;r&#233;es, permettraient de recapter une partie du CO2 &#233;mis et de r&#233;duire l'accaparement des terres jusqu'&#224; le rendre inutile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; De l'affrontement entre deux cultures d&#233;pend notre avenir &#224; tous&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un immense affrontement se produit actuellement entre deux projets agricoles. Celui qui respecte les terres, le vivant et se donne les moyens de cr&#233;er un avenir pour l'ensemble des terriens (humains, animaux et v&#233;g&#233;taux) donc un projet qui prend en compte les g&#233;n&#233;rations futures. L'autre, sans autre vision que l'imm&#233;diatet&#233; du profit, base sa strat&#233;gie sur l'industrialisation, l'expansion de l'agrobusiness, donc sur l'accroissement des quantit&#233;s produites, et transform&#233;es, le gaspillage, etc. Ce qui n&#233;cessite accaparements des terres, d&#233;forestations et pollutions. Dans ce syst&#232;me, agriculture, transformation et distribution n'existent que pour les profits avec le faux pr&#233;texte de nourrir le monde. Il faut produire le maximum de prot&#233;ines v&#233;g&#233;tales pour les transformer en prot&#233;ines animales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commercialiser 1 kg de viande transform&#233;e en steaks, nuggets, pizza, etc., ou 1 litre de lait transform&#233; en yaourts, fromages etc., rapporte des dizaines voire des centaines de fois plus de b&#233;n&#233;fices que de vendre un kilo de bl&#233; en brut ou 1 litre de lait sans transformation. A la sortie de la ferme, le prix d'un kg de bl&#233; ou de ma&#239;s est 0,20 euro, celui d'un litre de lait est de 0,30 euro. C'est pourquoi, de 70 % &#224; 80 % des terres agricoles sont d&#233;di&#233;es &#224; la viande et au lait, m&#234;me si une partie grandissante sert &#224; la production d'agrocarburants et d'huile de palme. Pourtant encore aujourd'hui, si 75 % de la population mondiale est nourrie par l'agriculture vivri&#232;re et familiale c'est avec seulement 25 % des terres agricoles et tr&#232;s peu de prot&#233;ines animales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pays d&#233;velopp&#233;s ! Jusqu'&#224; quand ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une caract&#233;ristique mal comprise et pourtant d&#233;terminante, de ceux que l'on nomme pays &#171; d&#233;velopp&#233;s &#187; est la disparition des agriculteurs. Ils ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par l'industrialisation, les machines &#224; p&#233;trole, la chimie et le libre-&#233;change des denr&#233;es alimentaires. Une nourriture peu ch&#232;re - achetable uniquement dans les quelques r&#233;seaux de la grande distribution - souvent pr&#234;te &#224; manger, ont amen&#233; une forme de confort et d'assoupissement. Les contre-indications de cette m&#233;dication alimentaire moderne sont pourtant aussi visibles que gravissimes. On assiste &#224; une progression incroyable des maladies non transmissibles comme ob&#233;sit&#233;, cancer, diab&#232;te, maladies neurod&#233;g&#233;n&#233;ratives et psychiatriques plus la perte compl&#232;te d'autonomie alimentaire des populations. Tout &#231;a pour avoir du temps suppl&#233;mentaire pour se droguer aux &#233;crans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'aveuglement et le d&#233;ni sont saisissants. Alors que l'effondrement a commenc&#233; avec l'acc&#233;l&#233;ration brutale du r&#233;chauffement, l'immense perte de biodiversit&#233; animale et v&#233;g&#233;tale, quelques effondrements, plus importants encore, pourraient faire revenir de terribles famines, y compris dans les pays du Nord. Quel serait l'impact d'un effondrement &#233;quivalent &#224; celui de la deuxi&#232;me guerre mondiale en Europe sur notre capacit&#233; d'approvisionnement ? Car &#224; cette &#233;poque, si la majorit&#233; de la population &#224; pu manger - parfois tr&#232;s mal, mais sans mourir de faim - c'est gr&#226;ce &#224; l'existence d'une agriculture paysanne pratiqu&#233;e en France par un quart de la population. Si nous ne r&#233;agissons pas rapidement face &#224; la destruction des agricultures paysannes locales et respectueuses de notre biotope, plus r&#233;silientes aux chocs &#224; venir, plus humaines et plus solidaires, ce confort qui nous tient bien &#224; l'abri pourrait se transformer en sauve-qui-peut !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &lt;a href=&#034;https://www.grain.org/fr/article/entries/5508-accaparement-mondial-des-terres-agricoles-en-2016-ampleur-et-impact&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.grain.org/fr/article/entries/5508-accaparement-mondial-des-terres-agricoles-en-2016-ampleur-et-impact&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;https://www.monde-diplomatique.fr/2013/12/STIENNE/49912&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.monde-diplomatique.fr/2013/12/STIENNE/49912&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://www.grain.org/es/bulletin_board/entries/5865-les-anuak-condamnent-les-efforts-visant-a-reporter-le-depart-d-ethiopie-de-karuturi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.grain.org/es/bulletin_board/entries/5865-les-anuak-condamnent-les-efforts-visant-a-reporter-le-depart-d-ethiopie-de-karuturi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;https://www.oaklandinstitute.org/les-anuak-condamnent-les-efforts-visant-a-reporter-le-depart-dethiopie-de-karuturi&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.oaklandinstitute.org/les-anuak-condamnent-les-efforts-visant-a-reporter-le-depart-dethiopie-de-karuturi&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Sylvia Federicci met en relation le mouvement des enclosures et la r&#233;sistance des femmes &#224; la suppression des communs avec la chasse aux sorci&#232;res. Les r&#233;gions touch&#233;es par les enclosures ont souvent vu des proc&#232;s importants pour sorcellerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cqfd-journal.org/L-accaparement-des-terres-est-un&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/fr/news/2012/01/17/ethiopie-les-deplacements-forces-provoquent-la-faim-et-la-detresse&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.hrw.org/fr/news/2012/01/17/ethiopie-les-deplacements-forces-provoquent-la-faim-et-la-detresse&lt;/a&gt; &#171; La plupart des zones o&#249; vivaient les populations actuellement d&#233;plac&#233;es ont vocation &#224; &#234;tre mises en location par le gouvernement, au profit d'un d&#233;veloppement agricole commercial &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &lt;a href=&#034;https://www.farmlandgrab.org/post/view/28498-accaparement-des-terres-corruption-et-crime-industriel-mise-a-jour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.farmlandgrab.org/post/view/28498-accaparement-des-terres-corruption-et-crime-industriel-mise-a-jour&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;http://www.multinationales.org/IMG/pdf/lettre_des_riverains_des_plantations.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.multinationales.org/IMG/pdf/lettre_des_riverains_des_plantations.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Le Monde Diplomatique, septembre 2018&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Bresil-Bolsonaro-encourage-les-massacres-dans-les-zones-agricoles-et-l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cadtm.org/Bresil-Bolsonaro-encourage-les-massacres-dans-les-zones-agricoles-et-l&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Cet automne, la SAFER* (l'organisme charg&#233; de prot&#233;ger les terres agricoles de la sp&#233;culation) a permis &#224; un agro-industriel d'acc&#233;der &#224; 450 hectares sur la commune de Pornic. Cela malgr&#233; la candidature de plusieurs jeunes paysans, l'opposition de la mairie et de la majorit&#233; des agriculteurs locaux. Cet ensemble de 4 fermes importantes avec b&#226;timents aurait pu permettre d'installer des dizaines de jeunes paysans (5 &#224; 10 &#233;leveurs, 20 paysans boulangers ou 100 mara&#238;chers bio). En plus de participer &#224; la mort de nos campagnes, ce grand projet c&#233;r&#233;alier chimique menace &#233;galement notre patrimoine naturel : prairies, haies et zones humides.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sortir du syst&#232;me agroalimentaire extractiviste, destructeur de l'environnement et de la sant&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Sortir-du-systeme-agroalimentaire-extractiviste-destructeur-de-l-environnement</link>
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		<dc:date>2018-05-21T19:29:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-05-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'extractivisme est le pillage des ressources naturelles, communes &#224; nous tous, par les actionnaires des multinationales, avec en prime la destruction des &#233;cosyst&#232;mes. Minerais, &#233;nergies fossiles, poissons, for&#234;ts, terres fertiles, eau douce, climat existent pour le bien-&#234;tre de tous les &#234;tres vivants, Bruno Latour parle des Terrestres. La privatisation de ces ressources pour le profit de quelques-uns est une d&#233;possession, un vol, voire une destruction. L'exercice de &#171; droits de propri&#233;t&#233; &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-05-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-05-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH60/arton34869-35bad.jpg?1781253501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='60' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'extractivisme est le pillage des ressources naturelles, communes &#224; nous tous, par les actionnaires des multinationales, avec en prime la destruction des &#233;cosyst&#232;mes. Minerais, &#233;nergies fossiles, poissons, for&#234;ts, terres fertiles, eau douce, climat existent pour le bien-&#234;tre de tous les &#234;tres vivants, Bruno Latour parle des Terrestres. La privatisation de ces ressources pour le profit de quelques-uns est une d&#233;possession, un vol, voire une destruction. L'exercice de &#171; droits de propri&#233;t&#233; &#187; ne peut en aucun cas le justifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] Palestine, Asie, Gr&#232;ce, Extractivisme, RDC, Colombie, France...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Si, selon cette civilisation, ils sont l&#233;gaux, pour la grande majorit&#233; de l'humanit&#233;, ils sont ill&#233;gitimes car contraires &#224; l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et aux droits de la nature. Cela m&#234;me si nous, les occidentaux et maintenant d'autres classes moyennes ailleurs, en profitent indirectement. La majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te n'y ont pas ou peu acc&#232;s quand bien m&#234;me, ces ressources seraient extraites sur leur territoire de vie. N'oublions pas que 80 % des ressources communes sont utilis&#233;es par 20 % de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce vol, ce que l'on nomme les externalit&#233;s n&#233;gatives - pollutions, casses environnementales, destructions diverses, pertes de territoires pour les populations, travail sous-pay&#233; r&#233;sultant de ces pillages - sont mises &#224; la charge de la nature et de l'ensemble des peuples. L'accumulation des profits capitalistes r&#233;sulte de cette double action : privatisation de la ressource commune, et mise en commun de l'ensemble du n&#233;gatif : d&#233;r&#232;glement climatique, pollutions, d&#233;forestation, pertes de territoires, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit-on se sentir responsables de polluer et de r&#233;chauffer en utilisant une voiture pour aller au supermarch&#233; et au travail ? Responsable oui, car le r&#233;sultat multipli&#233; par 1 ou 2 milliards de v&#233;hicules est dramatique en terme de r&#233;chauffement aussi bien pour le futur des enfants que celui de la nature, le biotope des Terrestres. Mais rien n'est organis&#233; pour qu'il en soit autrement, coupable, non. Et pourtant... En France, l'absence, la disparition ou la privatisation des transports collectifs existants, la non relocalisation des productions, la d&#233;sorganisation du territoire en g&#233;n&#233;ral par la centralisation et la diminution des services publics de proximit&#233; participent &#224; la catastrophe climatique et environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi parler de syst&#232;me agroalimentaire extractiviste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nature est autonome. Elle n'a pas besoin de nous pour exister. C'est par la biodiversit&#233; v&#233;g&#233;tale et animale qui r&#233;ussit cet exploit. La for&#234;t en est un exemple parfait : pas d'irrigation, pas d'engrais, pas de machinisme. Une production de biomasse bien sup&#233;rieure au meilleur champ de ma&#239;s irrigu&#233;, engraiss&#233; et empoissonn&#233; qui tue les insectes et les oiseaux et ab&#238;me la sant&#233; des humains. Les mono-cultures, et les mono-&#233;levages sont &#224; l'oppos&#233; de l'&#233;cosyst&#232;me forestier. De nombreuses b&#233;quilles leurs sont indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans l'extraction du p&#233;trole et du gaz, sans l'industrie chimique, les engrais azot&#233;s et les pesticides, sans l'extraction de la potasse et du phosphate, ressources non renouvelables, et sans la consommation, la pollution croissante d'eau douce et les robots agricoles &#233;nergivores, les terribles monocultures, comme les d&#233;serts verts de soja, ne seraient pas possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans les immenses accaparements de terres et d&#233;forestations, le soja OGM &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'Am&#233;rique du sud n'inonderait pas l'Europe. En autonomie, notre continent produirait la moiti&#233; ou peut-&#234;tre moins, de lait et de viande. Ce qui serait encore bien suffisant pour nous nourrir et &#233;viterait beaucoup de gaspillage &#233;nerg&#233;tique, de terres et d'aliments. Les prix seraient certes un peu plus &#233;lev&#233;s, mais la nourriture d'une qualit&#233; nettement sup&#233;rieure. Calories vides en quantit&#233; et peu ch&#232;res, ou micronutriments et qualit&#233; avec un prix plus &#233;lev&#233;, il faut choisir avant que les d&#233;sastres s'accentuent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les surfaces de soja cultiv&#233;es par le Br&#233;sil et l'Argentine sont de 60 millions ha, ce qui repr&#233;sente la moiti&#233; de la surface agricole europ&#233;enne (128 millions ha), deux fois celle de la France 28 mha SAU (surface agricole utile). Sur les 185 millions de tonnes de soja produites dans le monde, la France en importe 4,5 mt, la plus grande part des prot&#233;ines nourrissant ses animaux d'&#233;levage. Les paysans sans terre, MST, les favelas surpeupl&#233;es et ultra violentes sont le r&#233;sultat de l'accaparement des terres, de la pampa et des for&#234;ts br&#233;siliennes par quelques riches exploitants. Et c'est en particulier nous, les occidentaux, qui en profitons depuis quelques d&#233;cennies. Cela pour nous gaver inutilement de prot&#233;ines animales aux cons&#233;quences dramatiques sur les peuples, l'environnement et notre sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment ce syst&#232;me agroalimentaire d&#233;truit-il l'environnement et le climat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insecticides, fongicides, herbicides, charrues, engins lourds d&#233;truisent la vie des sols : la mati&#232;re organique, la MOS, dispara&#238;t, la fertilit&#233; naturelle s'amenuise durablement. Les &#233;paisseurs de terres arables se sont dangereusement amincies. Les causes sont connues : la destruction de la vie souterraine. Le labour et les sols mis &#224; nu favorisent l'&#233;rosion hydrique et &#233;olienne, cela depuis les ann&#233;es 1950-60. Dans quelques d&#233;cennies, si rien ne change, il ne restera que la roche m&#232;re dans des endroits de plus en plus nombreux. Alors ce sera au revoir l'autonomie alimentaire, bonjour le d&#233;sert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand demain le p&#233;trole sera trop cher &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans ou avec tr&#232;s peu d'engrais, pesticides, irrigation, pollinisation et avec des sols morts, comment mangerons-nous ? Le syst&#232;me productiviste et extractiviste est incapable de produire sans b&#233;quilles artificielles et importations massives. Par son incapacit&#233; &#224; retenir les le&#231;ons des effondrements de l'histoire et son absence totale de regards sur l'avenir, il nous pr&#233;pare les pires famines que le monde ait jamais connues. Pour qualifier cette mani&#232;re de fonctionner de la &#171; Civilisation &#187;, J&#233;r&#244;me Baschet a &#233;crit un livre dont le titre est &#171; D&#233;faire la tyrannie du pr&#233;sent &#187;. Le pr&#233;sentisme r&#233;sulte de cette recherche de profit imm&#233;diat qui recouvre de plus en plus d'activit&#233;s humaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Laherrere et Olivier Berruyer, sp&#233;cialistes de l'&#233;nergie, ont r&#233;alis&#233; un graphique dans lequel on voit la courbe de production du p&#233;trole (conventionnel et non conventionnel) en l&#233;g&#232;re baisse, croiser la courbe des d&#233;couvertes qui, elle, s'&#233;croule compl&#232;tement en 2020-2025. Quant &#224; la consommation, Le Monde du 17.04.18 titrait en premi&#232;re page : &#171; La demande de p&#233;trole va continuer &#224; augmenter. &#187; Sans nouvelles d&#233;couvertes cela est pourtant improbable. Ainsi donc la mont&#233;e des prix est in&#233;luctable mais en plus d'&#234;tre tr&#232;s forte, elle sera ing&#233;rable puisque non pr&#233;par&#233;e par nos d&#233;cideurs pr&#233;sentistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agro-alimentaire industriel, totalement d&#233;pendant du p&#233;trole pour produire, transformer et distribuer, n'est pas pr&#233;par&#233; &#224; soutenir un tel choc. Comment l'agriculture conventionnelle surendett&#233;e, largement subventionn&#233;e, pourra-t-elle continuer &#224; nourrir la population alors que ses rendements sont en baisse tendancielle pour cause de sols appauvris, sans vie et &#233;rod&#233;s et que le climat est de plus en plus chaotique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sachant qu'il faut entre 5 et 15 prot&#233;ines v&#233;g&#233;tales pour produire une prot&#233;ine animale, c'est l'ensemble du syst&#232;me de production et du mode alimentaire carn&#233;-laitier qui seront durablement boulevers&#233;s. Ne pas penser demain c'est vouer les populations urbanis&#233;es &#224; des chocs d'une tr&#232;s grande brutalit&#233; aussi bien sur le plan physique que psychologique. La r&#233;silience, la capacit&#233; d'un &#233;cosyst&#232;me ou d'un &#234;tre vivant &#224; se relever d'un choc pr&#233;visible est nettement am&#233;lior&#233;e si elle a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;e. Nos gouvernants, comme l'ensemble du syst&#232;me agroalimentaire industriel, sont dans le d&#233;ni. Tel est le r&#233;sultat de cette tyrannie du pr&#233;sent qui gouverne le monde. Les d&#233;cideurs ne veulent pas tenir compte des exemples du pass&#233; ni penser le futur. La Res-publica, la chose publique, est devenue, la res-actionnariale, la R&#233;-actionnaire. Le peuple vote, la finance d&#233;cide, cela en fonction de profits &#224; tr&#232;s court terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi l'agriculture industrielle ne prend pas en charge ses nuisances ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginons que demain un gouvernement courageux d&#233;cide enfin de faire payer les pollueurs : pour les pesticides et les nitrates, les entreprises productrices et accessoirement les agriculteurs. Le nettoyage de l'eau co&#251;te entre 800 et 2 400 euros par ha en France, dixit Jacques Caplat. Il faut rajouter le prix de la disparition de 80% des insectes, la fin des abeilles &#224; celui de la chute vertigineuse des oiseaux, 30 % ont disparu. Que l'on pense &#224; l'ensemble des maladies induites par les perturbateurs endocriniens issus des pesticides que nous respirons ou mangeons, le total est affolant, non chiffrable mais colossal. Transformer les pollueurs-pay&#233;s par la PAC, Monsanto-Bayer, Syngenta, etc, en pollueurs-payeurs des d&#233;sastres qu'ils provoquent permettrait de donner une chance &#224; la vie et &#224; toutes les formes d'agricultures respectueuses du vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous compl&#233;tons ce tableau par l'impact de l'ensemble du syst&#232;me agroalimentaire sur le climat, &#233;valu&#233; par GRAIN, entre 44 et 57% de l'ensemble des &#233;missions de GES - production, transformation, emballage, cha&#238;ne du froid, distribution, transport - nous comprenons instantan&#233;ment qu'il est urgent d'aller vers un mod&#232;le permettant de diminuer rapidement et tr&#232;s fortement tous ces impacts n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revenons sur la grande question de nourrir la population mondiale et de lui offrir une alimentation de qualit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette agriculture nourrit-elle le monde ? Non. Aujourd'hui environ 70 % de la population est encore aliment&#233;e par l'agriculture paysanne. De plus, avec le libre &#233;change impos&#233; par les PAS, les plans d'ajustement structurel&lt;br class='autobr' /&gt;
, aux pays les plus faibles depuis trois d&#233;cennies et les subventions accord&#233;es aux agricultures des pays les plus riches, cette concurrence d&#233;loyale oblige les paysans du Sud &#224; quitter leur territoire vers les bidonvilles. Donc, au lieu de les nourrir elle les affame. Ils se retrouvent sans terres, ni travail. Ce ne sont pas les diff&#233;rents ALE, accords de libre-&#233;change que l'Europe est en train d'imposer aux pays africains qui les nourrira et ralentira les migrations, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agroalimentaire industriel nourrira-t-il le monde dans les d&#233;cennies &#224; venir, comme il le pr&#233;tend, pour pouvoir continuer sa folle trajectoire malgr&#233; les critiques de plus en plus nombreuses ? Pas plus,voire encore moins, qu'aujourd'hui si elle continue &#224; : d&#233;forester, appauvrir les sols, polluer les eaux, imposer des semences clon&#233;es ne poussant qu'avec des intrants chimiques et non adaptables &#224; leur environnement, r&#233;chauffer la plan&#232;te, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment sortir du syst&#232;me agroalimentaire industriel ? Cr&#233;er de la r&#233;silience face &#224; l'acc&#233;l&#233;ration des chocs &#233;nerg&#233;tiques et climatiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agir collectivement est indispensable. Pour cela une bonne solution est de rejoindre les associations et de participer aux diff&#233;rents combats contre le r&#233;chauffement climatique et la destruction de la nature par les actionnaires des multinationales. Il faut aussi renforcer les luttes pour la relocalisation de v&#233;ritables services publics, pour le maintien ou la r&#233;ouverture de transports collectifs et locaux &#224; prix abordables comme le train et les bus. Ils &#233;mettent 6 &#224; 7 fois moins de CO2 qu'une personne seule en voiture et 10 fois moins que l'avion dont le k&#233;ros&#232;ne n'est pas tax&#233;. Se battre aussi pour l'annulation des dettes comme celle du gouvernement fran&#231;ais analys&#233;es comme &#233;tant ill&#233;gitimes &#224; 59 % par le collectif d'audit citoyen, le CAC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res sont utilis&#233;es pour justifier les politiques d'aust&#233;rit&#233; dont le but est de casser les grandes avanc&#233;es sociales. Comment cela fonctionne-t-il ? Cr&#233;er un d&#233;ficit chronique &#224; la s&#233;curit&#233; sociale ou &#224; l'assurance ch&#244;mage en ne mettant pas les cotisations au niveau des besoins, investir des milliards dans les TGV d&#233;ficitaires, sous-budg&#233;tiser les h&#244;pitaux et les services publics en g&#233;n&#233;ral, entra&#238;nent pour ces services l'obligation d'emprunter sur le march&#233; des capitaux puis de payer des int&#233;r&#234;ts aux pr&#234;teurs. Lesquels, r&#233;fugi&#233;s dans des paradis fiscaux , ne payent pas d'imp&#244;ts sur ces revenus vers&#233;s par les contribuables. Ne pas augmenter le budget des universit&#233;s quand le nombre d'&#233;tudiants croit chaque ann&#233;e est une autre technique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es de matraquage sur les mauvais fonctionnements, les d&#233;ficits soit-disant structurels et/ou les salari&#233;s privil&#233;gi&#233;s, il devient beaucoup plus facile de proposer aux &#233;lecteurs na&#239;fs et d&#233;sinform&#233;s de privatiser ces services publics au nom d'une soit-disant efficacit&#233;. R&#233;sultat, le chacun pour soi : la pauvret&#233; et les in&#233;galit&#233;s augmentent. Ce qui entra&#238;ne, pour un nombre de personnes de plus en plus grand, l'obligation de se nourrir avec de la malbouffe pas ch&#232;re mais empoisonn&#233;e des supermarch&#233;s, de prendre sa voiture pour aller travailler et faire ses courses. Mais aussi de ne pouvoir acc&#233;der &#224; des soins de qualit&#233; et de proximit&#233;, de faire dispara&#238;tre progressivement l'enseignement gratuit pour tous et de ne pouvoir offrir des conseils de sant&#233; et alimentation sans conflits d'int&#233;r&#234;ts, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est d'une urgente n&#233;cessit&#233; de refonder une recherche fondamentale et agricole financ&#233;e par le public pour qu'elle ne soit plus sous l'emprise des lobbies des pesticides, des semences, des engrais chimiques, du p&#233;trole, des fabricants de machines voire des banques. Qu'elle se mette au service de la sant&#233; de la population, du sauvetage du climat et de l'alimentation de demain avant qu'une grande partie de la population mondiale ne puisse plus se nourrir. Que l'agriculture avec des sols de nouveaux vivants et des for&#234;ts de feuillus redeviennent les capteurs-stockeurs de CO2, ce qu'ils ont &#233;t&#233; jusque dans les ann&#233;es 1950-60. Et qu'ainsi ils soient capables de refroidir la plan&#232;te en r&#233;absorbant une grande part du stock &#233;mis par le productivisme agricole et la d&#233;forestation depuis les ann&#233;es 1950.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Recr&#233;er un syst&#232;me bancaire agissant pour l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral et contr&#244;l&#233; par les citoyens, au service d'une agriculture &#233;cologique. Que le vivant, le climat, la sant&#233; priment sur le profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Refonder la PAC, la politique agricole europ&#233;enne qui, par ses subventions, pousse &#224; l'agrandissement continu des exploitations et aux monocultures appauvrissant les sols et pr&#233;parant la d&#233;sertification. Lutter pour qu'elle soit au service de la population et non des lobbies d&#233;j&#224; cit&#233;s. Il faut une politique qui privil&#233;gie les petites exploitations en poly-culture et poly-&#233;levage. &#192; l'inverse des grandes monocultures qui re&#231;oivent l'essentiel des subventions : 80 % de la PAC va &#224; 20 % des exploitations. Ce qui revient &#224; lutter contre l'accaparement des terres par des entit&#233;s financi&#232;res ou de riches exploitants, seuls aujourd'hui capables d'acheter les grandes fermes en monocultures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plaider pour une agriculture biologique faisant primer le vivant, la biodiversit&#233; et le local sur les transports longues distances des intrants et des produits exotiques ou import&#233;s. Que ce ne soit plus le moins-disant social, financier et &#233;cologique qui l'emporte sur le climat et la sant&#233; des peuples. D&#233;velopper les exp&#233;riences et la recherche en permaculture, agroforesterie, culture sur sols vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan individuel, il faut changer la mani&#232;re de se nourrir. En allant vers la simplification des produits achet&#233;s, l'abandon des plats pr&#233;par&#233;s en usine, refaire la cuisine &#224; la maison, rechercher le plus d'autonomie alimentaire possible et privil&#233;gier les approvisionnements locaux. Il est temps de remplacer les pelouses par des l&#233;gumes, produire une part de ses aliments, participer &#224; des AMAP, cr&#233;er des jardins collectifs et de soutenir toutes les mises en commun citoyennes de la production et de la distribution agricole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les amateurs de viandes et produits laitiers, il serait important de ne plus consommer que ce qui est produit dans des fermes locales n'utilisant aucun intrant, c&#233;r&#233;ales, engrais chimiques et pesticides industriels qui sont en grande partie import&#233;s. Ce qui veut dire diviser environ par plus ou moins 10 la consommation actuelle. Passer de 180gr/jour de viande &#224; 20gr, de 100gr de poissons &#224; 10gr, d'1 litre de produits issus du lait &#224; 100gr par jour et d'un &#339;uf par jour &#224; un &#339;uf ou deux par semaine. Un tiers de la population mondiale &#233;tant en surpoids ou ob&#232;se, il y aurait tout &#224; gagner sur le plan sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, 70 % des surfaces agricoles &#233;taient d&#233;di&#233;s &#224; l'&#233;levage. Diminuer tr&#232;s fortement la consommation de produits animaux permettrait de re-forestrer rapidement la plan&#232;te avec des feuillus diversifi&#233;s, grands capteurs de CO2 et non avec des monocultures d'arbres st&#233;rilisant les sols. Beaucoup de machines agricoles seraient inutiles et les agriculteurs redeviendraient de r&#233;els soigneurs de la terre, et non plus des extractivistes-extract&#233;s, saignant la nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment remplacer ces produits d'origine animale ? Manger plus de v&#233;g&#233;taux crus et cuits est encore aujourd'hui la meilleure possibilit&#233;. Pour que cela fonctionne il faut que leur qualit&#233; gustative et leur contenu en micronutriments progresse, que les pesticides r&#233;gressent. Bien s&#251;r il faut aussi r&#233;apprendre &#224; manger des aliments complets et des l&#233;gumineuses (pois, haricots, lentilles, etc). Diminuer les prot&#233;ines animales au profit des v&#233;g&#233;tales implique de sortir de l'id&#233;e que puissance et sant&#233; sont li&#233;es &#224; la viande. Notre imaginaire a &#233;t&#233; colonis&#233; par la communication mensong&#232;re de l'agroalimentaire. Sans un engagement volontariste de l'&#233;tat l'&#233;volution sera trop lente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de s'&#233;loigner des m&#233;gapoles qui nous rendent d&#233;pendants de l'ensemble du syst&#232;me d'approvisionnement p&#233;trolivore (supermarch&#233;, d&#233;placements auto, cha&#238;ne du froid et, in fine, de l'&#233;nergie nucl&#233;aire. C'est aussi le bon chemin pour travailler sur la r&#233;silience &#224; l'effondrement qui vient. Notre civilisation a beaucoup de difficult&#233; &#224; se transformer pour r&#233;duire l'impact des dangers consid&#233;rables qui s'annoncent. Alors que d'immenses famines sont pr&#233;visibles, notre gouvernement envoie l'arm&#233;e et des blind&#233;s pour casser la ZAD de NDDL et d&#233;loger quelques centaines de personnes qui r&#233;alisaient une exp&#233;rience divergente de simplicit&#233; volontaire et de micro-fermes en construisant un essai in vivo de r&#233;silience par l'agriculture et le collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sersiron&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pas ch&#232;res les belles tomates, pas ch&#232;res ? </title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-01-30</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des serres marocaines &#224; nos &#233;tals de supermarch&#233;s, les &#233;tapes de la vie d'une tomate rendent compte &#224; elles seules de la vision court-termiste et pr&#233;datrice du capitalisme, motiv&#233; par la rentabilit&#233; imm&#233;diate. Le temps de production, de circulation des marchandises, de travail sont toujours soumis &#224; l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233;, de vitesse et d'acc&#233;l&#233;ration continues. Le capitalisme et l'agriculture productiviste qu'il promeut, d&#233;nu&#233;s de consid&#233;ration pour le temps de r&#233;g&#233;n&#233;ration des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH81/arton33432-8828a.jpg?1781253501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='81' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des serres marocaines &#224; nos &#233;tals de supermarch&#233;s, les &#233;tapes de la vie d'une tomate rendent compte &#224; elles seules de la vision court-termiste et pr&#233;datrice du capitalisme, motiv&#233; par la rentabilit&#233; imm&#233;diate. Le temps de production, de circulation des marchandises, de travail sont toujours soumis &#224; l'imp&#233;ratif de rentabilit&#233;, de vitesse et d'acc&#233;l&#233;ration continues. Le capitalisme et l'agriculture productiviste qu'il promeut, d&#233;nu&#233;s de consid&#233;ration pour le temps de r&#233;g&#233;n&#233;ration des ressources naturelles, pour la qualit&#233; des vies humaines, ne tiennent pas compte des v&#233;ritables co&#251;ts agricoles, sociaux et &#233;cologiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Vendredi 26 janvier 2018&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Suivre l'itin&#233;raire d'une tomate, comprendre ses implications, est une invitation &#224; un freinage d'urgence, &#224; une sortie radicale de cette course effr&#233;n&#233;e &#224; l'ab&#238;me, une invitation &#224; inscrire notre avenir dans le temps lent de la nature, aux antipodes de celui du profit. En ce sens, changer la mani&#232;re de nous nourrir et de nous procurer les aliments est un levier puissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2016 au Maroc, avec mon ami Omar Aziki, responsable syndical et membre d'Attac-CADTM Maroc, nous avons particip&#233; &#224; une r&#233;union des ouvriers de la tomate dans un village de la plaine du Souss proche d'Agadir. Petit patron d'une dizaine de travailleurs, il a &#233;t&#233; contraint de vendre son exploitation pour &#233;viter la faillite, il produisait des tomates sous 7 hectares de serres canariennes. Devant ces hommes et femmes r&#233;unis par leur syndicat, il me demande d'intervenir avec lui. Calmes et chaleureux, le teint burin&#233; par le soleil, les pesticides et des conditions de travail tr&#232;s dures, ils sont attentifs. Alors, je parle de l'extractivisme et de la catastrophe qui vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'agriculture productiviste &#224; tout bout de champ&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Produire avec toujours plus d'engrais et de pesticides dans ce syst&#232;me de march&#233; &#224; flux tendu, r&#233;pondre &#224; la demande en toute saison, c'est rentrer dans le cercle infernal du monde financier. Les commandes des supermarch&#233;s europ&#233;ens, la rotation incessante des camions, le besoin toujours plus pressant de rentr&#233;es financi&#232;res imposent un rythme qui ne tient pas compte du temps n&#233;cessaire &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration des &#233;cosyst&#232;mes. Les sols se st&#233;rilisent &#224; cause des &#233;pandages de pesticides, d'engrais chimiques, de l'irrigation continue. La d&#233;gradation de la mati&#232;re organique du sol en est la cons&#233;quence dramatique. Micro-organismes, champignons, mycorhizes, bact&#233;ries, insectes, vers&#8230; la microfaune et la microflore qui constituent la fertilit&#233; sont tu&#233;es. Co&#251;te que co&#251;te, il faut faire pousser des plantes &#171; malades dans un sol mort &#187; comme le disent les Bourguignon, c&#233;l&#232;bre couple d'agronomes sp&#233;cialis&#233; dans l'&#233;tude des sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la plaine du Souss, &#224; force de pompage, la nappe phr&#233;atique s'&#233;puise. Demain, comment vivront les centaines de milliers d'habitants de la r&#233;gion d'Agadir et bien d'autres Marocains ? Que mangeront-ils dans un pays aux sols st&#233;rilis&#233;s avec une nappe vide ? A-t-on le temps et la volont&#233; de penser cet ab&#238;me ? L'imp&#233;ratif d'un pr&#233;sent domin&#233; par le profit et les imm&#233;diatet&#233;s efface le futur. Chaque jour, il faut travailler, prendre soin des l&#233;gumes, &#233;pandre des engrais chimiques, pulv&#233;riser des pesticides, cueillir, emballer, exp&#233;dier, nourrir la noria de camions &#233;trangers qui avalent quotidiennement les milliers de caisses de tomates. Une grande r&#233;forme agraire, une d&#233;-privatisation, le r&#233;tablissement du droit d'usage de la terre &#224; celles et ceux qui la travaillent se feront un jour, car ces mesures sont le seul moyen de changer le cours de leur vie si difficile et aussi de nourrir la population de demain, avec l'indispensable respect de l'eau et des sols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette proposition est en opposition frontale avec leur v&#233;cu d'aujourd'hui. Qui suis-je, petit Fran&#231;ais juste d&#233;barqu&#233; de sa Bourgogne, pour pouvoir parler d'un futur hors de port&#233;e ? A eux qui sont si cruellement ins&#233;r&#233;s, quasi esclaves de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale et de son instantan&#233;it&#233;, soumis &#224; l'imp&#233;rialisme des grands actionnaires des supermarch&#233;s, des banques et autres interm&#233;diaires. Comment faire entendre ces imp&#233;rieuses n&#233;cessit&#233;s &#224; ces junkies du b&#233;n&#233;fice, qui vivent au rythme du trading&lt;br class='autobr' /&gt; &#224; haute fr&#233;quence, d&#233;cident de la vie de milliers de travailleurs et ainsi de notre avenir et de celui de nos enfants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une nouvelle r&#233;volution verte contre la nature et les peuples&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de temps auparavant, nous &#233;tions r&#233;unis dans la ville de Safi, &#224; l'est de Marrakech, avec Omar et 150 autres militants venus du Maroc et d'autres continents pour participer &#224; l'Alter COP 22 organis&#233;e en contrepoint de la COP officielle. Cette r&#233;union &#233;tait destin&#233;e &#224; montrer les incoh&#233;rences d'un monde et l&#224;, particuli&#232;rement, d'un pays et de son roi-businessman. Celui-ci pr&#233;tend faire une nouvelle r&#233;volution verte agricole avec la production de phosphate dont son pays est un des grands producteurs. Cela avec l'exportation vers l'Afrique de ce fertilisant chimique, la construction d'une centrale &#224; charbon et d'un port en eau profonde pour alimenter l'usine d'engrais phosphat&#233;s. Mohamed VI et les financiers qui l'entourent jouent le profit contre le climat et surtout l'avenir de centaines de millions d'Africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Industrialiser l'agriculture du Sud Global, c'est expulser les populations de leur territoire de vie, de leurs champs, les repousser vers les bidonvilles o&#249; elles devront se nourrir d'aliments issus de la &#171; Junk Food &#187; mondialis&#233;e, si toutefois elles peuvent les payer. Malbouffe, maladie et mis&#232;re garanties. Et tout cela avec l'argument aussi &#171; admirable &#187; que mensonger : nourrir le monde de demain. Les terres tropicales se pr&#234;tent encore plus mal que celles du Nord &#224; l'industrialisation avec tracteurs, engrais, semences clon&#233;es et irrigations &#224; outrance. La couche arable y est beaucoup plus fragile, l'&#233;rosion par les pluies diluviennes et le vent l'emporte facilement si elle est mise &#224; nu par les monocultures intensives. Les terres, conserv&#233;es depuis des temps imm&#233;moriaux par l'agriculture familiale, deviendront rapidement impropres &#224; nourrir qui que ce soit. Rendement et profits pour les sp&#233;culateurs ne dureront pas. L'irrigation &#224; outrance ass&#233;chera les nappes - parfois fossiles - et les remont&#233;es de sel st&#233;riliseront les sols. Des milliers d'hectares de terres en Inde sont aujourd'hui st&#233;rilis&#233;s, les nappes d'eau y sont de plus en plus profondes et difficiles &#224; atteindre et les grands glaciers himalayens fondent et diminuent chaque ann&#233;e. Les grands fleuves qui y prennent leur source assurent l'irrigation d'une l'agriculture nourrissant plusieurs centaines de millions de personnes en Asie. D&#233;j&#224; 25% des fleuves de la plan&#232;te n'atteignent plus la mer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La face cach&#233;e du &#171; miracle &#233;conomique &#187; sous serre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un camion charg&#233; de cagettes de tomates est gar&#233; dans la rue boueuse, juste devant la salle du syndicat. Je suis &#233;tonn&#233; par cette production en d&#233;cembre. On m'apprend que dix mois par an des milliers de tonnes de tomates (450 000 t/an) sortent des 12 000 hectares de serres de la r&#233;gion et sont en majorit&#233; export&#233;es vers l'Europe. Pourtant la faillite les guette tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le kilo de tomates est vendu 0,10 euro/kg &#224; la sortie des serres alors que le co&#251;t de production est de 0,20 euro/kg &#8211; cela ressemble fort &#224; la production du lait en France, alors que les producteurs sont au bord du d&#233;p&#244;t de bilan, les transformateurs et distributeurs augmentent leur marge b&#233;n&#233;ficiaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seuls les gros serristes, propri&#233;taires d'au moins une centaine d'hectares de tomates, survivent encore. Pour combien de temps avec l'augmentation continue de leurs dettes ? 100 000 personnes travaillent dans les serres et font vivre la r&#233;gion. Les salaires de 150 euros par mois sont pourtant notoirement insuffisants pour permettre &#224; une famille de mener une vie digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque jour 33 camions (30 t par camion), soit 1 000 t, arrivent en Europe, en moyenne liss&#233;e sur l'ann&#233;e. Pour Paris, c'est 3 000 km aller plus 3 000 km retour : pneus, diesel (2 000 litres, soit 5 t de CO&#178;), acier, plastique, bitume, sable pour construire les autoroutes. Tout cela pour bien peu de choses profitables sur un plan nutritionnel. En effet, dans les 95% d'eau et les 5% de mati&#232;res s&#232;ches contenues dans une tomate, il y a peu des micronutriments indispensables au fonctionnement de nos cellules et beaucoup de poison. Les serristes sont contraints de remplacer le sol devenu st&#233;rile par de la fibre de coco irrigu&#233;e avec de l'eau contenant tous les nutriments chimiques et pesticides n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut du p&#233;trole pour produire les pesticides sans lesquels jamais une de ces tomates ne pourrait survivre &#224; toutes les maladies li&#233;es &#224; ces monocultures intensives. Du p&#233;trole encore pour les transports de toutes sortes, les machines agricoles, la transformation des min&#233;raux en engrais chimiques comme le phosphate et la potasse. Du gaz et du p&#233;trole aussi pour extraire l'azote de l'air et le transformer en engrais azot&#233;s. Du p&#233;trole toujours et toute l'ann&#233;e pour extraire l'eau et irriguer les pieds de tomates. 5 litres d'eau minimum sont n&#233;cessaires, donc virtuellement export&#233;s, pour produire 1 kg de tomates. Une eau qui commence &#224; manquer cruellement dans la plaine du Souss. Et pour extraire le p&#233;trole, il faut de plus en plus de p&#233;trole car il est de plus en plus difficile &#224; extraire, mais il faut aussi de plus en plus de m&#233;taux. Or comme leur concentration est de plus en plus faible dans les min&#233;raux m&#233;tallif&#232;res, il faut aussi de plus en plus de p&#233;trole. Une histoire sans fin avec une fin de plus en plus proche&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;chauffement climatique, pollutions au diesel, d&#233;t&#233;rioration de la sant&#233;, extraction sans fin de ressources naturelles limit&#233;es, etc. Tout ceci repr&#233;sente une dette &#233;cologique qui s'accumule, comme une bulle qui gonfle, une bombe sociale et &#233;cologique &#233;norme qui ne pourra qu'exploser un jour prochain. Cette dette non financi&#232;re, jamais prise en compte ni compens&#233;e ni r&#233;par&#233;e, est la contrepartie cach&#233;e de ces profits priv&#233;s, cette drogue dure des 0,1%, voire 1%, extraite des b&#233;n&#233;fices issus du vol des biens communs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'humanit&#233; peut-elle &#233;chapper &#224; cette destruction organis&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tomates sont ici une illustration des ravages du libre-&#233;change et de l'extractivisme qui diminuent chaque jour notre esp&#233;rance de vie &#224; tous. On agite pourtant le mythe de &#171; demain tous centenaires &#187;. Mais des enfants n&#233;s avec ce si&#232;cle, combien atteindront 2 100 ? Comment feront-ils pour vivre sur une plan&#232;te qui sera plus chaude de 3 &#224; 5 degr&#233;s ? On sait que 50 000 personnes sont mortes en Europe suite &#224; une &#233;l&#233;vation de la temp&#233;rature de quelques degr&#233;s (4-5) pendant quelques jours en 2003.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors ! Avec une &#233;l&#233;vation permanente de la temp&#233;rature et des pointes encore plus &#233;lev&#233;es - selon notre capacit&#233; &#224; ralentir le d&#233;sastre en cours - sans &#233;nergie fossile, avec des sols en grande partie st&#233;rilis&#233;s (si l'agriculture productiviste est maintenue), des mers vid&#233;es de leurs poissons par la p&#234;che industrielle, une mont&#233;e des oc&#233;ans et une sant&#233; ab&#238;m&#233;e par une alimentation pollu&#233;e et de plus en plus difficile &#224; produire : combien atteindront cent ans ? Combien pourront seulement survivre sur une plan&#232;te r&#233;chauff&#233;e, d&#233;sol&#233;e par les gaspillages et les pollutions inutiles de la civilisation ? Les famines mondialis&#233;es de demain se construisent aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce mod&#232;le n'est pas in&#233;luctable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment construire une soci&#233;t&#233; r&#233;siliente au r&#233;chauffement climatique, &#224; la disparition des ressources naturelles, &#224; un tr&#232;s probable effondrement d'une civilisation de plus en plus complexe, avec ces m&#233;gapoles immenses et d&#233;pourvues de toute autonomie alimentaire et &#233;nerg&#233;tique ? Les changements de comportements individuels sont porteurs d'espoir, et toutes les avanc&#233;es collectives pour lutter contre la catastrophe en cours sont tr&#232;s importantes car elles entra&#238;nent toujours plus de personnes &#224; prendre conscience de l'urgence d'une transformation de leur quotidien vers la simplicit&#233; volontaire. Mais cela restera insuffisant si des d&#233;cisions politiques globales allant &#224; contre-courant des grandes tendances actuelles ne sont pas prises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour commencer, il est vital de ne maintenir que la partie indispensable des transports intercontinentaux par bateaux et avions de la nourriture si nous voulons diminuer l'impact de notre alimentation sur l'avenir de nos enfants. Fini les centaines de milliers de tonnes de soja am&#233;ricain pour le b&#233;tail europ&#233;en ou chinois. En effet, largement utilis&#233;s par l'agro-business, ils ont un impact consid&#233;rable - qui cro&#238;t fortement avec l'augmentation du PIB mondial et du libre-&#233;change - sur le climat mais aussi sur l'eau, l'effondrement de la biodiversit&#233;, la d&#233;forestation, l'eutrophisation des oc&#233;ans, la sant&#233;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il faut participer financi&#232;rement et culturellement &#224; l'&#233;mergence de petites exploitations en poly-culture et poly-&#233;levage plut&#244;t que de faire dispara&#238;tre celles qui se sont maintenues jusqu'&#224; aujourd'hui et, surtout, cesser de subventionner l'accroissement des grandes exploitations destructrices de l'environnement. Ces petites fermes seront bien diff&#233;rentes de celles qui maillaient le territoire europ&#233;en un demi-si&#232;cle en arri&#232;re gr&#226;ce aux nouvelles compr&#233;hensions de la vie des plantes et du sol. Comme elles, leur fonctionnement se fera avec tr&#232;s peu d'intrants ext&#233;rieurs, sans p&#233;trole ou si peu, et beaucoup d'autonomie. En 2017, plus des 2/3 de la population mondiale sont encore nourris par l'agriculture locale et familiale, sans profit pour les d&#233;tenteurs de capitaux. La permaculture, l'agroforesterie et l'agro&#233;cologie, issues tant des savoirs anciens que des d&#233;couvertes r&#233;centes, sont les nouveaux chemins de la r&#233;silience alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capables de nourrir les populations locales, ces fermes feront dispara&#238;tre d'immenses gaspillages. Elles diminueront les transports alimentaires et agricoles de toutes sortes. Y compris celui consistant &#224; utiliser un v&#233;hicule &#224; p&#233;trole de plus d'une tonne d'acier et de plastique pour aller, dans un supermarch&#233; &#233;loign&#233;, acheter de la nourriture import&#233;e et des plats pr&#233;par&#233;s industriellement. Alors qu'ils sont incapables de nous maintenir en bonne sant&#233;. Fini les &#233;normes robots agricoles p&#233;trolivores, les monocultures mortif&#232;res, les paysans solitaires et endett&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;coloniser notre imaginaire de valeurs omnipr&#233;sentes comme le mat&#233;rialisme, la cupidit&#233; et l'individualisme est urgent. D&#233;croissance des in&#233;galit&#233;s, reconstruction des communs, partage, rel&#233;gation du profit sont les premiers pav&#233;s du chemin qui permettra d'aller vers un monde vivable pour tous les &#234;tres vivants et les v&#233;g&#233;taux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Migrations, pillages et climat </title>
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		<dc:date>2017-09-05T21:03:11Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Immigration</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-09-05</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue du CADTM - Les autres voix de la plan&#232;te &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'Allemagne avec 1,79 enfant par m&#233;nage est en d&#233;clin d&#233;mographique. La production de ses richesses repose sur le salariat. Il lui faut importer une main d'&#339;uvre dont elle n'aura pas &#224; assurer le soin les premi&#232;res ann&#233;es et dont elle esp&#232;re le d&#233;part avant la retraite. L'ethnicisation des classes sociales qui en d&#233;coule donne &#224; voir, ici comme ailleurs, l'efficace persistance des structures coloniales au c&#339;ur des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-09-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-09-05&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton31819-365f8.png?1781253501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de la revue du CADTM - &lt;i&gt;Les autres voix de la plan&#232;te&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'Allemagne avec 1,79 enfant par m&#233;nage est en d&#233;clin d&#233;mographique. La production de ses richesses repose sur le salariat. Il lui faut importer une main d'&#339;uvre dont elle n'aura pas &#224; assurer le soin les premi&#232;res ann&#233;es et dont elle esp&#232;re le d&#233;part avant la retraite. L'ethnicisation des classes sociales qui en d&#233;coule donne &#224; voir, ici comme ailleurs, l'efficace persistance des structures coloniales au c&#339;ur des villes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, 20/01/2016. Cologne : une variation ethnique de la domination (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; l'exode vers l'Europe des populations du Moyen-Orient fuyant la guerre par millions, certains accueillent ces migrants &#224; bras ouverts quand d'autres les refusent compl&#232;tement. Du fait de cette actualit&#233; brutale, les centaines de milliers d'Africains, traversant la M&#233;diterran&#233;e en risquant la mort, sont estomp&#233;s ou qualifi&#233;s de r&#233;fugi&#233;s &#233;conomiques. Donc &#224; renvoyer chez eux. Pourtant ne cherchent-ils pas &#224; &#233;chapper eux aussi &#224; la mort : l&#224; par d&#233;nuement ? Leur pauvret&#233; devenue mis&#232;re en comparaison&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#233;f&#233;rence &#224; la mimesis d&#233;fendue par Ren&#233; Girard dans le livre La violence et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; de l'opulence Europ&#233;enne, ne leur impose-t-elle pas cette migration pour sauver leur famille, pour simplement vivre Notre capacit&#233; &#233;motionnelle est-elle satur&#233;e par le sort dramatique des Syriens, des Irakiens, etc, l'actualit&#233; de guerres morbides et &#171; incompr&#233;hensibles &#187; ainsi que par les attentats terroristes qui d&#233;localisent et internalisent une guerre que l'on croyait &#171; &#233;trang&#232;re &#187; ? Nos pays n'auraient-ils aucune responsabilit&#233; dans ces migrations en constante augmentation, que les r&#233;fugi&#233;s proviennent du Moyen-Orient ou d'Afrique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bravo &#224; l'Allemagne qui accueille un million de mi - grants, mais est-il acceptable qu'elle fasse un tri entre ceux qui fuient la guerre et ceux qui ne peuvent plus vivre sur leurs territoires ancestraux ? En 2050, la population allemande aura diminu&#233; de 10 millions d'individus, or la sup&#233;riorit&#233; &#233;conomique de ce pays a &#233;t&#233; acquise par le maintien de salaires inf&#233;rieurs &#224; ses voisins gr&#226;ce aux lois Hartz IV vot&#233;es apr&#232;s la r&#233;unification. De ce fait, les gains de productivit&#233; n'ont pas &#233;t&#233; transform&#233;s en salaires&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La productivit&#233; est la quantit&#233; de services ou de biens produits par une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Avec une monnaie unique, le bas niveau des salaires devient un param&#232;tre d&#233;cisif dans la comp&#233;tition &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me de l'Union. En d&#233;cidant d'accepter l'arriv&#233;e d'un grand nombre de migrants souvent jeunes, bien form&#233;s et surtout pr&#234;ts &#224; accepter de bas salaires et des conditions de travail m&#233;diocres pour reconstruire leur vie et s'int&#233;grer,Merkel montre clairement que c'est la puissance et la domination de l'Allemagne sur les autres pays europ&#233;ens, par le maintien de salaires inf&#233;rieurs aux autres, qui sont privil&#233;gi&#233;s par son gouvernement. L'image de g&#233;n&#233;rosit&#233; est toujours bonne &#224; prendre, mais n'est-ce pas un certain &#233;go&#239;sme et une volont&#233; de pouvoir qui guide ces d&#233;cisions domin&#233;es par le capitalisme ultralib&#233;ral et mondialis&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement &#171; socialiste &#187;, d'une France qui conserve une natalit&#233; et un apport migratoire suffisant, n'accueille quant &#224; lui que quelques milliers de r&#233;fugi&#233;s, et se moule ainsi dans les id&#233;es d'un FN nationaliste et x&#233;nophobe. La constitutionalisation de l'inutile d&#233;ch&#233;ance de nationalit&#233;, le maintien de l'&#233;tat d'urgence comme le refus de l'entr&#233;e des migrants sont d'abord destin&#233;s &#224; affaiblir les partis de la droite classique &#224; qui le FN prend de plus en plus de voix, en vue des pr&#233;sidentielles de 2017. L'enjeu &#233;lectoral domine tout. Cynisme et strat&#233;gie l'emportent sur le n&#233;cessaire accueil des r&#233;fugi&#233;s et l'image d'une France des droits de l'homme. Face &#224; Le Pen, au second tour de la pr&#233;sidentielle en 2017, c'est le socialiste ou le r&#233;publicain pr&#233;sent qui l'emportera. Tous les coups sont permis pour &#234;tre celui-l&#224; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le destin de ceux qui meurent de faim ou qui sont vou&#233;s &#224; une mis&#232;re sans issue ne devient le v&#233;ritable param&#232;tre des d&#233;cisions publiques que si l'&#233;motion populaire se manifeste dans les sondages, la vraie boussole de nos dirigeants. Pourtant il y a un lien &#233;troit entre l'enrichissement continu des pays du Nord et la pauvret&#233; persistante, aggrav&#233;e par le chaos climatique et les guerres, d'une grande partie de ceux du Sud. Les v&#233;ritables causes de ces migrations Sud-Nord, doivent rester cach&#233;es sinon c'est l'injustice globale, par d&#233;possession et pillages multiples, organis&#233;e depuis des si&#232;cles par les Europ&#233;ens puis tous les pays industrialis&#233;s, qui appara&#238;tra. Au-del&#224; de l'&#233;motion, il faut revenir aux sources des in&#233;galit&#233;s internationales pour comprendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extractivisme, dette ill&#233;gitime et r&#233;chauffement climatique &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains chercheurs, le doublement du prix des principales c&#233;r&#233;ales en 2008, dont ces pays sont de grands importateurs, aurait &#233;t&#233; un des &#171; d&#233;tonateurs &#187; des r&#233;voltes arabes&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Limiter le d&#233;clenchement de ces r&#233;voltes au seul fait de l'augmentation du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. En Syrie, la s&#233;cheresse durant plusieurs ann&#233;es et une gestion catastrophique de la ressource en eau par le gouvernement seraient les causes principales &#224; l'origine de la r&#233;volte de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Selon les Nations unies, pas moins de 1,3 million de Syriens des zones rurales ont &#233;t&#233; affect&#233;s par cette grande s&#233;cheresse. Au cours de la seule ann&#233;e 2009, plus de 300 000 agriculteurs auraient d&#233;sert&#233; le nord-est du pays, incapables de maintenir leur activit&#233; &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ban Ki Moon (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU) &#233;crit en 2007 &lt;i&gt; &#171; Le conflit du Darfour a commenc&#233; comme une crise &#233;cologique, due au moins en partie au changement climatique &#187;... &#171; En quarante ans, les pluies ont diminu&#233; de 16 &#224; 30 % et le climat d&#233;sertique (moins de 100 mm de pr&#233;cipitations par an) s'est d&#233;cal&#233; de 100 km vers le Sud. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; Apr&#232;s plusieurs s&#233;cheresses catastrophiques durant les ann&#233;es 70-80, environ 400 000 agricul - teurs et &#233;leveurs nomades ont migr&#233; vers le Sud-Darfour. &lt;i&gt; &#171; Les Arabes nomades venus du Nord, en particu - lier, se sont de plus en plus s&#233;dentaris&#233;s sur les terres des paysans non-arabes du Sud. &#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; La guerre attis&#233;e par Khartoum en serait la cons&#233;quence. D'autres sont par - tis dans des pays &#233;trangers chercher du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il existe des explications multiples pour comprendre les tr&#232;s grands mouvements de population, m&#234;me si les migrations actuelles du Moyen-orient ont pour cause primordiale le r&#233;chauffement climatique et les guerres. Ces exodes massifs ne sont sans doute que le d&#233;but d'une nouvelle &#232;re. La diminution en surface et en &#233;paisseur des grands glaciers, andins et surtout himalayens est inqui&#233;tante. Romshoo, sp&#233;cialiste des glaciers au Cachemire &#233;crit &lt;i&gt; &#171; Nous avons relev&#233; une baisse significative des flots provenant des glaciers. Au moins deux grands glaciers himalayens ont disparu depuis 50 ans, tandis que d'autres, situ&#233;s dans un bassin crucial, ont r&#233;tr&#233;ci de 27 %&#187;&lt;/i&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Ils sont les r&#233;servoirs des grands fleuves qui irriguent les terres de centaines de millions de paysans. Sans les eaux de leur fonte, une grande partie de l'agriculture asiatique deviendra im - possible et la famine ne pourra que cr&#233;er des vagues de migrations comme le monde n'en a jamais connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les migrations africaines et moyen-orientales vers l'Europe n'en sont sans doute que les pr&#233;misses qui, elles-m&#234;mes, sont infimes compar&#233;es aux migrations transfrontali&#232;res. La population mondiale se compte en milliards depuis moins d'un si&#232;cle. &#171; Merci &#187; aux militants climato-sceptiques tels les fr&#232;res Koch ou les grands actionnaires d'Exxon qui, avec les millions de dollars issus du pillage des &#233;nergies fossiles, ont financ&#233; les &#233;tudes bidonn&#233;es de scientifiques corrompus&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; id=&#034;nh9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Connaissant les dangers du r&#233;chauffement par la combustion du p&#233;trole depuis des d&#233;cennies, ces criminels ont privil&#233;gi&#233; leurs profits. Or ils continuent &#224; jouir d'une vie ultra luxueuse sans &#234;tre inqui&#233;t&#233;s par une quelconque justice alors que de nombreuses mi - grations sont la cons&#233;quence d'un appauvrissement r&#233;sultant des pillages coloniaux, et n&#233;o-coloniaux - dont celui du p&#233;trole auquel ils ont largement particip&#233; - et du chaos climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Extractivisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causes v&#233;ritables du r&#233;chauffement par les gaz &#224; effet de serre (GES) sont li&#233;es &#224; l'explosion de l'extractivisme apr&#232;s la seconde guerre mondiale. Si le pillage des ressources naturelles et leurs d&#233;possessions par les Europ&#233;ens a commenc&#233; il y a cinq si&#232;cles, avec pour &#233;nergie la force physique des esclaves africains exil&#233;s de force en Am&#233;rique, il s'est amplifi&#233; avec la colonisa - tion arm&#233;e de presque tous les continents. Le pillage des ressources naturelles min&#233;rales, fossiles, v&#233;g&#233;tales et celui des &#233;cosyst&#232;mes a alors pris une ampleur comparable &#224; celui des ressources humaines &#224; travers le travail forc&#233; des peuples colonis&#233;s. Or c'est bien l'invention de la machine &#224; vapeur - bateaux, chemins de fer, machines industrielles de transformation des mati&#232;res premi&#232;res - qui va entra&#238;ner les conqu&#234;tes de tous les continents par les Europ&#233;ens et donner naissance &#224; la civilisation thermo-industrielle&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Gras, 2007, Le Choix du feu. Aux origines de la crise climatique, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; . Avec le commerce triangulaire des si&#232;cles pass&#233;s, irriguant l'Europe d'or, d'argent et de produits tropicaux pill&#233;s, notre continent s'&#233;tait d&#233;j&#224; fortement enrichi. Ce n'&#233;tait rien compar&#233; au flux de richesses qui d&#233;ferleront au cours du 19&#232;me et du d&#233;but du 20&#232;me. L'envers de ce fulgurant enrichissement d'une petite caste en Europe, aux &#201;tats-Unis et dans les autres pays indus - trialis&#233;s, sera l'appauvrissement des d&#233;poss&#233;d&#233;s des autres continents. Ce sera aussi le d&#233;but des ravages environnementaux, monocultures st&#233;rilisant les sols, d&#233;chets miniers, pollutions de l'atmosph&#232;re, des terres et des eaux, d&#233;forestations, etc. Des d&#233;sastres pourtant mineurs par rapport &#224; ceux qui seront produits apr&#232;s la Seconde Guerre Mondiale par l'extension consid&#233;rable d'une civilisation thermo-industrielle dop&#233;e au p&#233;trole, avec le moteur thermique, la chimie, l'&#233;lectricit&#233;, le nucl&#233;aire... Mais comment les pays industrialis&#233;s ont-ils r&#233;ussi &#224; cr&#233;er la soci&#233;t&#233; de consommation et de gaspillage, et donc &#224; intensifier de fa&#231;on consid&#233;rable leurs pillages extractivistes des mati&#232;res premi&#232;res indispensables &#224; cette &#171; r&#233;volution &#187; ? Cela alors que les arm&#233;es coloniales d'occupation quittaient les ter - ritoires soumis en abandonnant la propri&#233;t&#233; de sols et sous-sols ultra riches et des travailleurs quasi gratuits ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Assassinats et dettes ill&#233;gitimes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe deux &#233;l&#233;ments essentiels pour comprendre comment s'est op&#233;r&#233;e la continuit&#233; puis l'extension exponentielle des pillages apr&#232;s les d&#233;colonisations. La mise en place du syst&#232;me dette a &#233;t&#233; synchronis&#233;e avec les assassinats ou d&#233;missions forc&#233;es des d&#233;cideurs d&#233;mocrates des nouveaux &#201;tats ind&#233;pendants par les services secrets occidentaux. C'est ainsi que le chah d'Iran &#171; succ&#233;dera &#187; par la force &#224; Mossadegh en 1953 suite &#224; la nationalisation du p&#233;trole, Mobutu &#224; Lumumba assassin&#233; au Za&#239;re en 1961, lui qui voulait l'autonomie de son pays, Pinochet &#224; Allende au Chili en 1973 qui avait nationalis&#233; le cuivre, Compaor&#233; &#224; Thomas Sankara au Burkina en 1987 qui refusait de payer la dette ill&#233;gitime et travaillait pour l'ind&#233;pendance &#233;conomique du Burkina. Ces nouveaux d&#233;cideurs, parfois &#233;lus mais toujours corrompus, d&#233;tour - neront les pr&#234;ts de la Banque mondiale, comme ceux des pays pr&#234;teurs, pour leurs profits personnels et ceux de leurs affid&#233;s. Des bourgeoisies compradores prendront ainsi le pouvoir des pays dits en &#171; d&#233;veloppement &#187; pour des d&#233;cennies. A l'inverse des premiers gouvernants au moment des ind&#233;pendances, elles dirigeront alors ces nations, non pour le bien vivre de leur peuple mais pour le bien avoir des multinationales occidentales, puis asiatiques. Les pays industrialis&#233;s, le FMI et la Banque mondiale &#224; leurs ordres, s'imposeront comme conseillers et experts en &#171; bonne gouvernance &#187;. Ce qui en clair consiste &#224; accentuer les pillages extractivistes et payer les cr&#233;anciers internationaux. Au nom du remboursement de dettes odieuses et ill&#233;gitimes suite &#224; des d&#233;tournements, des aides li&#233;es ou de pr&#234;ts ill&#233;gaux, ces institutions imposeront une diminution drastique des d&#233;penses sociales et une augmentation sans fin des exportations de ressources naturelles &#224; l'&#233;tat brut. Une partie de l'agriculture vivri&#232;re sera transform&#233;e en culture d'exportation, les grandes entreprises publiques seront privatis&#233;es et le libre &#233;change impos&#233;. Les produits subventionn&#233;s de l'agriculture du Nord pourront entrer librement, instaurant une concurrence &#171; libre et totalement fauss&#233;e &#187; ruinant la petite paysannerie du Sud. Quant aux ressources naturelles, exploit&#233;es par des multinationales ayant acquis par les plans d'ajustement structurel le droit de rapatrier librement leurs b&#233;n&#233;fices, elles seront export&#233;es en ne laissant que des miettes aux pays extract&#233;s. Les plus-values issues de la transformation, b&#233;n&#233;fices financiers, emplois dans l'industrie et les services, d&#233;coulant de ce processus, se feront au Nord. Les pays du Sud seront vol&#233;s par des strat&#233;gies diversifi&#233;es et cach&#233;es telles les contrats l&#233;onins, les prix de transfert &#224; travers les paradis fiscaux, les mensonges sur les quantit&#233;s extraites et la corruption des &#171; &#233;lites &#187;, complices actives de ces trafics. Ces exportations de ressources naturelles ne rapporteront aucun b&#233;n&#233;fice aux populations quand elles ne leurs voleront pas leur territoire de vie. Les accaparements de terres, v&#233;ritables recolonisations des terres par la finance internationale, au nom d'une pseudo efficacit&#233; de l'agriculture productiviste - mais d'une r&#233;elle contribution au r&#233;chauffement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Lib&#233;ration, 20/01/2016. Cologne : une variation ethnique de la domination masculine. Sylvie Raynal et Yves Raibaud&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;R&#233;f&#233;rence &#224; la mimesis d&#233;fendue par Ren&#233; Girard dans le livre La violence et le sacr&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;La productivit&#233; est la quantit&#233; de services ou de biens produits par une personne dans un temps donn&#233;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Limiter le d&#233;clenchement de ces r&#233;voltes au seul fait de l'augmentation du prix des mati&#232;res premi&#232;res serait bien s&#251;r trop r&#233;ducteur. Les causes profondes sont &#224; trouver du c&#244;t&#233; de l'injustice, des in&#233;galit&#233;s croissantes et d'une pauvret&#233; persistante de la population. N&#233;anmoins, il est ind&#233;niable que ce facteur est &#224; prendre en compte&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/02/28/la-these-qui-associait-printemps-arabe-et-changement-climatique_4375775_3232.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2014/02/28/la-these-qui-associait-printemps-arabe-et-changement-climatique_4375775_3232.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.grotius.fr/darfour-tchad-sagit-il-de-la-premiere-guerre-du-climat&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.grotius.fr/darfour-tchad-sagit-il-de-la-premiere-guerre-du-climat&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Ibid&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.goodplanet.info/actualite/2015/11/17/fonte-des-glaciers-capitale-asphyxiee-linde-bousculee-par-le-rechauffe-ment-climatique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.goodplanet.info/actualite/2015/11/17/fonte-des-glaciers-capitale-asphyxiee-linde-bousculee-par-le-rechauffe-ment-climatique&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://sciences-critiques.fr/laure-noualhat-les-climatos-ceptiques-se-moquent-de-la-verite-scientifique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sciences-critiques.fr/laure-noualhat-les-climatos-ceptiques-se-moquent-de-la-verite-scientifique/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Alain Gras, 2007, Le Choix du feu. Aux origines de la crise climatique, Fayard, 281 p.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Dette et extractivisme : Introduction</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Dette-et-extractivisme-Introduction</link>
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		<dc:date>2017-08-15T09:13:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-08-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction du livre Dette et extractivisme &#233;crit par Nicolas Sersiron, ancien pr&#233;sident du CADTM France. Ce livre est sorti sur papier aux &#233;ditions Utopia en octobre 2014. Il est possible de se le procurer soit en librairie soit de le commander sur ce site au prix de 8 euros. &lt;br class='autobr' /&gt; tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Lundi 17 juillet 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
7 juillet par Nicolas Sersiron &lt;br class='autobr' /&gt;
Les 5 chapitres sont publi&#233;s s&#233;par&#233;ment au courant de l'&#233;t&#233; 2017. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le syst&#232;me dette &lt;br class='autobr' /&gt;
, que la majorit&#233; des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Environnement-41-" rel="directory"&gt;Environnement&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-08-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-08-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/arton31492-74679.jpg?1781253501' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction du livre Dette et extractivisme &#233;crit par Nicolas Sersiron, ancien pr&#233;sident du CADTM France. Ce livre est sorti sur papier aux &#233;ditions Utopia en octobre 2014. Il est possible de se le procurer soit en librairie soit de le commander sur ce site au prix de 8 euros.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Lundi 17 juillet 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
7 juillet par Nicolas Sersiron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 5 chapitres sont publi&#233;s s&#233;par&#233;ment au courant de l'&#233;t&#233; 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;, que la majorit&#233; des lecteurs du site commence &#224; bien conna&#238;tre, est mis en lien avec l'extractivisme. Il est en effet un des plus puissant leviers du pillage des ressources naturelles qui enrichit un petit nombre d'actionnaires, appauvri et d&#233;sesp&#232;re la grande majorit&#233; de l'humanit&#233; et d&#233;truit notre biotope. Au fil de la publication des chapitres, nous verrons comment le r&#233;chauffement climatique et l'extinction des esp&#232;ces vivantes en forte acc&#233;l&#233;ration, l'acidification des oc&#233;ans, la destruction des grands massifs forestiers, sont des cons&#233;quences directes des deux syst&#232;mes dette et extractivisme.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3138 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L400xH646/e3939c23a795847d-2d9ae9f1-c7af0.jpg?1781253501' width='400' height='646' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; est, selon David Graeber, l'un des n&#339;uds des rapports de pouvoir et de classes contemporains - de cette lutte qui oppose les 99 % aux autres, ces 1 %, &#171; dont il est clair qu'il s'agit des cr&#233;diteurs, explique-t-il, ceux-l&#224; qui sont en mesure de transformer leur richesse en influence politique, puis, en retour, de faire de leur influence politique la source de leur richesse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'analyse du syst&#232;me-dette, de l'extractivisme et de leur interd&#233;pendance nous semble essentielle pour comprendre le fonctionnement de la &#171; M&#233;gamachine &#187; |1|. L'extractivisme est une course au tr&#233;sor dans laquelle les plus forts ne reculent devant aucune violence pour s'accaparer les communs que sont les ressources naturelles de la plan&#232;te. Il y a quelques si&#232;cles, quand il n'y avait que la force humaine pour creuser des puits de mines, se saisir de l'or ou faire pousser le coton, la canne &#224; sucre ou le tabac, les armateurs et les colons utilisaient des esclaves soumis par le fouet et les armes &#224; feu. En 2013, ce sont des &#171; esclaves &#233;nerg&#233;tiques &#187; p&#233;trolivores qui sont utilis&#233;s pour extraire des m&#233;taux, du p&#233;trole ou du charbon, tandis que d'autres transforment les for&#234;ts en d&#233;serts verts de soja ou de palmiers &#224; huile. Alors que les arm&#233;es coloniales d'occupation ont disparu depuis plus de cinquante ans, sauf exception (Palestine, Tibet&#8230;), la d&#233;possession des ressources au profit des plus puissants s'est pourtant amplifi&#233;e. La dette ill&#233;gitime n'est-elle pas la nouvelle violence qui a permis d'imposer l'asservissement n&#233;ocolonial actuel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pillage des ressources mini&#232;res, fossiles et agricoles est &#224; l'origine du capitalisme, de la richesse de l'Europe et de son oligarchie, ce que Fernand Braudel nomme &#171; l'&#233;conomie-monde &#187; : un centre dominant et des p&#233;riph&#233;ries asservies. Notre id&#233;e est d'observer si la notion d'extractivisme, prise dans un sens large, recouvrant le pillage des ressources naturelles, humaines et financi&#232;res, permet d'expliquer aussi bien la croissance des in&#233;galit&#233;s sociales que la destruction de l'environnement. Depuis plusieurs si&#232;cles, l'extractivisme a presque toujours &#233;t&#233; une violente d&#233;possession des &#171; communs &#187;. Pourquoi l'or, le p&#233;trole, la terre et bien d'autres ressources naturelles seraient-ils la propri&#233;t&#233; de quelques actionnaires ? La nature n'est-elle pas notre bien le plus pr&#233;cieux, aujourd'hui comme demain ? Cette appropriation-d&#233;possession n'est-elle pas une rupture avec le donner-recevoir-rendre, coutume fondatrice des soci&#233;t&#233;s humaines, mise en exergue par Marcel Mauss ? Le pilleur ne la respecte pas. Il ne re&#231;oit pas, il prend par la force ou/et la corruption. En ne donnant pas et en ne rendant jamais, il provoque in&#233;galit&#233;s et pauvret&#233;, tout en d&#233;truisant les lois sociales ancestrales fond&#233;es sur l'&#233;change et le partage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Imaginez que des individus bien organis&#233;s r&#233;ussissent &#224; voler l'argent de tous les distributeurs de billets de banque de la terre le vendredi, la veille du week-end. Acceptons ensuite l'id&#233;e qu'il aura fallu un si&#232;cle aux extractivistes pour &#233;puiser p&#233;trole et m&#233;taux ayant n&#233;cessit&#233; 500 millions d'ann&#233;es pour se cr&#233;er. A l'&#233;chelle du temps g&#233;ologique, les deux jours du week-end apr&#232;s lesquels il sera possible de retrouver quelques billets dans les distributeurs dureront 273 si&#232;cles. Sans doute la terre aura-t-elle pu se refroidir, les grandes for&#234;ts repousser et les poissons repeupler les oc&#233;ans si quelques humains ont surv&#233;cu &#224; ce gigantesque hold-up pour le voir. Mais il aura manqu&#233; &#224; la nature quelques millions de si&#232;cles pour accumuler l'&#233;nergie du soleil par les v&#233;g&#233;taux et reconstituer les &#233;nergies fossiles. Les pays nantis ne sont-ils pas les d&#233;trousseurs de la Terre ? Il est donc indispensable de comprendre qui prend &#224; qui, comment, et surtout, pourquoi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;passant la capacit&#233; des &#233;cosyst&#232;mes &#224; se renouveler, ou en &#233;puisant les ressources non renouvelables, les entreprises extractivistes ne sont pas dans l'&#233;change avec la nature, ou la pacha mama, la terre m&#232;re des Indiens d'Am&#233;rique du sud. En plus de violer l'humanit&#233; enti&#232;re &#224; qui elles prennent sans jamais rendre, elles violent aussi les droits de la nature. Les eaux douces sont de plus en plus pollu&#233;es, les ressources fossiles et min&#233;rales atteignent leur pic de production, les nappes phr&#233;atiques s'ass&#232;chent, les glaciers fondent, les for&#234;ts disparaissent, le climat se d&#233;grade, les temp&#233;ratures montent, les r&#233;serves halieutiques s'&#233;puisent, la biodiversit&#233; animale et v&#233;g&#233;tale est en chute libre, les oc&#233;ans s'acidifient. Alors pourquoi les extractivistes acc&#233;l&#232;rent-ils encore le rythme de leurs pr&#233;dations ? Veulent-ils en finir avec les derniers gisements d'&#233;nergie fossile pour &#234;tre les ma&#238;tres du bouquet final, climatique et social ? Sinon que cherchent-ils ? La drogue argent ! Sans se soucier d'autre chose. Quand un pays est bien dot&#233; g&#233;ologiquement, comme la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, la RDC, aujourd'hui si pauvre et meurtrie, on parle de &#171; mal&#233;diction des richesses naturelles &#187;. Comment est-ce possible ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au syst&#232;me dette, il est pour nous ins&#233;parable de l'extractivisme. Comprendre comment la dette financi&#232;re ill&#233;gitime est le premier levier du pillage ainsi qu'une forme en elle-m&#234;me de pillage nous semble essentiel. Quant &#224; la dette &#233;cologique, si elle n'est jamais compens&#233;e ni r&#233;par&#233;e, n'est-elle pas justement la cons&#233;quence cach&#233;e de l'extractivisme, &#233;l&#233;ment essentiel du pouvoir et de l'enrichissement de l'oligarchie r&#233;gnante ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette ill&#233;gitime a &#233;t&#233; impos&#233;e aux nouveaux d&#233;cideurs, apr&#232;s les ind&#233;pendances des pays colonis&#233;s par les europ&#233;ens, pour remplacer la contrainte exerc&#233;e par les arm&#233;es d'occupation. Dissimul&#233;e au regard des peuples occidentaux, elle est pourtant d'une violence extr&#234;me. Son but n'a-t-il pas &#233;t&#233; d'assurer la continuit&#233; des pillages indispensables au d&#233;ploiement de la soci&#233;t&#233; de consommation pour les seuls occidentaux, et surtout pour les profits de quelques uns ? Les politiques d'aust&#233;rit&#233; et de r&#233;gression sociale en Europe ou aux &#201;tats-Unis, comme celles appliqu&#233;es dans les PED, ne sont-elles pas justifi&#233;es par le remboursement de dettes publiques tr&#232;s discutables ? L'ill&#233;gitimit&#233; n'est-elle pas fond&#233;e sur le fait que la population n'a ni emprunt&#233;, ni consenti formellement et encore moins profit&#233; des emprunts faits par les &#201;tats apr&#232;s la crise ? Alors, doit-elle les rembourser et en payer les int&#233;r&#234;ts ? Les dizaines de milliers de milliards de dollars de dettes issues du crash bancaire de 2008, ou les effets de la r&#233;cession qui a suivi, peuvent-ils &#234;tre mis &#224; la charge des citoyens ? L'ill&#233;gitimit&#233; n'est-elle pas fond&#233;e sur l'absence d'&#233;change inscrit dans la coutume ancestrale du donner-recevoir-rendre, principe qui impose aussi bien sur le plan social que moral de rendre un jour ce que l'on a re&#231;u ou emprunt&#233; ? Doit-on rendre ce que l'on n'a pas re&#231;u ? &#171; Celui qui ne doit rien, ne paie rien &#187;, &#171; don't owe, don't pay &#187; clament les altermondialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous examinerons d'abord les nombreuses formes d'extractivisme : extractions fossiles et mini&#232;res, biodiversit&#233;, environnement, agriculture, climat, travail. Ensuite nous regarderons l'origine des dettes r&#233;clam&#233;es aux pays domin&#233;s : l'extractivisme financier. Bien qu'elles soient souvent odieuses, ill&#233;gitimes voire ill&#233;gales, c'est pourtant au nom de leurs remboursements que le FMI (Fonds mon&#233;taire international), la BM (Banque mondiale) et les pays de la Triade |2| ont impos&#233; aux pays en d&#233;veloppement, les PED, le libre &#233;change, la destruction des budgets de l'&#233;ducation, de la sant&#233; et un extractivisme brutal par exportation de leurs ressources naturelles. Le remboursement d'une dette publique ill&#233;gitime menant &#224; l'aust&#233;rit&#233; n'est-il pas lui aussi inflig&#233; aux pays du Nord avec le m&#234;me sch&#233;ma ? Ne conduit-il pas &#224; une v&#233;ritable extraction par les d&#233;tenteurs de capitaux d'une part toujours plus grande de la plus-value produite par les travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fameuse dette &#233;cologique, que les d&#233;cideurs refusent de reconna&#238;tre, a plusieurs formes r&#233;sultant directement des pillages : la dette historique (esclavage, colonisation), la dette environnementale (pollutions, for&#234;ts br&#251;l&#233;es, effondrement de la biodiversit&#233;), la dette climatique et la dette sociale (in&#233;galit&#233;s, faim, destruction des habitats). Et si la croissance de la dette &#233;cologique correspond &#224; l'absence de r&#233;paration, pourquoi acceptons-nous qu'elle continue encore &#224; augmenter de nos jours ? Comment peut-on l'&#233;valuer et en quoi sa r&#233;paration-compensation est-elle un combat essentiel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le productivisme agricole vu sous l'angle de l'extractivisme, avec ses cons&#233;quences sur la vie des humains comme sur les grandes questions environnementales, n'est-il pas un des plus grands pillages des ressources de la plan&#232;te : terres agricoles, territoires de vie, for&#234;ts, eaux douces et biodiversit&#233; ? N'est-il pas aussi responsable de la disparition de la mati&#232;re organique des sols, la MOS, et d'une grosse part du stock des gaz &#224; effet de serre, les GES, et de la pollution : eaux, air, terres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La malbouffe au Nord et le d&#233;veloppement des ALD, affections de longue dur&#233;e, ne sont-ils pas les cons&#233;quences directes de la &#171; r&#233;volution verte &#187; : industrialisation de l'agriculture et de l'alimentation ? Ce mod&#232;le agricole, plut&#244;t que de nourrir le monde, comme il le pr&#233;tend, n'a-t-il pas au contraire cass&#233; les syst&#232;mes de s&#233;curit&#233; et d'autonomie alimentaires, provoquant faim et carence pour des milliards de personnes ? Le dernier rapport de la FAO (Food and Agriculture Organisation - Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture), montre qu'au-del&#224; des 840 millions d'humains souffrant de malnutrition aigu&#235;, ce sont plus de deux milliards qui n'absorbent pas assez de nutriments pour mener une vie active.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'audit citoyen et l'annulation des dettes ill&#233;gitimes sont possibles, l'&#201;quateur l'a prouv&#233; en 2008. L'Islande a emprisonn&#233; ses banquiers voyous en 2013 et n'a pas mis &#224; la charge de son peuple les pertes financi&#232;res de ses banques priv&#233;es. Les aides publiques au d&#233;veloppement du Sud ne sont-elles pas un moyen pour maintenir les &#233;changes in&#233;gaux entre les pays industrialis&#233;s et les PED ? Le contr&#244;le des capitaux et les pr&#233;l&#232;vements variables aux fronti&#232;res sur les importations de denr&#233;es alimentaires subventionn&#233;es ne seraient-ils pas, pour ces pays &#224; faibles revenus, des moyens assez simples pour lutter contre la faim et la pauvret&#233; ? Quelles formes pourraient prendre les r&#233;parations qui permettraient de stopper la croissance de la dette &#233;cologique au d&#233;triment des populations et de la nature ? Enfin, quelles alternatives individuelles, collectives ou/et politiques permettraient de construire une soci&#233;t&#233; post-extractiviste, post-consum&#233;riste, indispensable pour construire un avenir plus &#233;galitaire et vivable pour toutes et tous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Introduction&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chapitre 1&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Titre d'un livre de Serge Latouche, la M&#233;gamachine d&#233;signe l'emprise de la rationalit&#233; technoscientifique et &#233;conomique plan&#233;taire (Serge Latouche, La M&#233;gamachine, 1994, La D&#233;couverte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Japon, &#201;tats-Unis, Europe&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qui est responsable du sous-d&#233;veloppement de l'Afrique : les femmes africaines ou le G20 ?</title>
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		<dc:date>2017-08-15T09:05:29Z</dc:date>
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		<dc:creator> Anouk Renaud, Nicolas Sersiron</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
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&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Lundi 17 juillet 2017 &lt;br class='autobr' /&gt; 14 juillet par Anouk Renaud , Nicolas Sersiron &lt;br class='autobr' /&gt;
Emmanuel Macron a d&#233;clar&#233; lors du G20 qu'une partie des probl&#232;mes de l'Afrique provenait du taux de f&#233;condit&#233; de certains pays. Mais c'est renverser l'ordre des causes, comme l'expliquent Nicolas Sersiron et Anouk Renaud. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors du G20 des 7 et 8 juillet &#224; Hambourg, Emmanuel Macron a fait part de sa brillante analyse (encore une&#8230;) du sous-d&#233;veloppement de l'Afrique, dont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-367-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-08-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-08-15&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton31491-42cdf.jpg?1781253502' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : [CADTM-INFO] BULLETIN &#201;LECTRONIQUE - Lundi 17 juillet 2017&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;14 juillet par Anouk Renaud , Nicolas Sersiron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Emmanuel Macron a d&#233;clar&#233; lors du G20 qu'une partie des probl&#232;mes de l'Afrique provenait du taux de f&#233;condit&#233; de certains pays. Mais c'est renverser l'ordre des causes, comme l'expliquent Nicolas Sersiron et Anouk Renaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du G20 des 7 et 8 juillet &#224; Hambourg, Emmanuel Macron a fait part de sa brillante analyse (encore une&#8230;) du sous-d&#233;veloppement de l'Afrique, dont l'une des causes principales seraient les &#171; 7 &#224; 8 enfants des femmes africaines &#187; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les causes du &#171; sous-d&#233;veloppement &#187; africain ne sont apparemment pas enseign&#233;es &#224; l'ENA, pas plus que celles des &#171; sans-dents &#187; de son pr&#233;d&#233;cesseur. Confondre les sympt&#244;mes d'une maladie, ou d'un grave probl&#232;me comme la surpopulation, avec ses causes, est symptomatique de ces d&#233;cideurs n&#233;olib&#233;raux qui pr&#233;f&#232;rent faire porter la responsabilit&#233; des in&#233;galit&#233;s et des injustices sur les victimes plut&#244;t que sur les responsables. Mais pour cela il faut ranger l'histoire dans un tiroir inatteignable de sa m&#233;moire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oublier le pillage des ressources naturelles de ce continent par l'Europe depuis le milieu du XIXe si&#232;cle &#224; travers la violente colonisation d'hier, le dramatique n&#233;ocolonialisme d'aujourd'hui &#224; travers les assassinats, la corruption, l'extractivisme, l'ing&#233;rence politique fran&#231;africaine et la dette ill&#233;gitime&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;. Oublier aussi la trag&#233;die lointaine, de l'extraction de la force de travail durant les trois si&#232;cles pr&#233;c&#233;dents de ces dizaines de millions de jeunes africains, esclaves export&#233;s dans des conditions pires que le b&#233;tail. Cette pens&#233;e tellement primaire de Macron sur les femmes africaines r&#233;v&#232;le un m&#233;pris raciste et sexiste, &#233;manant du pr&#233;sident fran&#231;ais &#224; savoir un homme, un blanc et un chef d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Macron semble ignorer cette &#233;vidence empirique : la transition d&#233;mographique se fait naturellement d&#232;s que les femmes et hommes ont acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, &#224; la sant&#233;, &#224; une alimentation sans angoisse du lendemain, bref &#224; une vie digne. Et comment atteindre cet &#233;tat, si les politiques qui sont impos&#233;es &#224; ces pays par le FMI&lt;br class='autobr' /&gt;
, la Banque mondiale ainsi que par les pays industrialis&#233;s r&#233;unis au sein du Club de Paris |1| depuis les ann&#233;es 1980 et la grande crise de la dette , vingt ans apr&#232;s les d&#233;colonisations, sont des plans d'aust&#233;rit&#233; &#224; r&#233;p&#233;tition coupl&#233;s &#224; un libre-&#233;change totalement d&#233;loyal et une privatisation de leurs ressources. Dans les plans d'ajustement structurel impos&#233;s aux pays du Sud &#8211; ceux-l&#224; m&#234;me qui sont appliqu&#233;s &#224; la Gr&#232;ce aujourd'hui &#8211; une mesure phare &#233;tait la disparition de la gratuit&#233; de l'&#233;ducation et de la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes africaines, premi&#232;res victimes du n&#233;ocolonialisme et de l'extractivisme&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre responsables, les femmes africaines sont en fait les premi&#232;res victimes de ce syst&#232;me. En tant que pauvres, africaines mais aussi en tant que femmes. Les politiques d'ajustement structurel, impos&#233;es au nom du remboursement de dettes ill&#233;gitimes, ont fait exploser les in&#233;galit&#233;s entre les femmes et les hommes. Le travail gratuit des femmes d&#233;j&#224; colossal s'est encore accru, puisque les femmes pallient aux services sociaux d&#233;mantel&#233;s en s'occupant des enfants, des personnes &#226;g&#233;es ou malades. Les coupes dans les budgets de sant&#233; ont mis &#224; mal leurs droits sexuels et reproductifs. Aujourd'hui, 830 femmes meurent chaque jour de complications li&#233;es &#224; leur grossesse ou accouchement et qui pourraient &#234;tre &#233;vit&#233;es. Ces femmes vivent &#224; 99 % dans les pays en voie de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La violence des politiques extractivistes et imp&#233;rialistes prend une couleur bien singuli&#232;re et am&#232;re en ce qui les concerne. Le viol de masse s'av&#232;re une arme politique braqu&#233;e vers les femmes. Que ce soit lors du pillage du coltan et de la cassit&#233;rite en R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC), par exemple. Ou encore lors du g&#233;nocide rwandais, dans lequel la complicit&#233; des autorit&#233;s et des banques fran&#231;aises est av&#233;r&#233;e et au cours duquel l'ONU estime &#224; au moins 250 000 le nombre de viols de femmes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les discours &#224; la Macron qui alimentent l'id&#233;e que les enfants des pauvres sont une charge pour la soci&#233;t&#233;. Ce sont ces m&#234;mes discours qui ont abouti &#224; des avortements et st&#233;rilisations forc&#233;es pratiqu&#233;es en masse sur des femmes minoris&#233;es, notamment dans les colonies fran&#231;aises, comme le montre la politologue Fran&#231;oise Verg&#232;s dans son ouvrage, Le Ventre des femmes (Albin Michel, 2017), cit&#233; par Lib&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G20 fabrique du sous-d&#233;veloppement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;cisions que prennent vingt chefs d'&#201;tats industrialis&#233;s &#8211; parmi lesquels figurent les anciennes puissances coloniales, dor&#233;navant les pays les plus pollueurs et pilleurs de la plan&#232;te &#8211; dans leurs salles de r&#233;union aseptis&#233;es, prot&#233;g&#233;s de la col&#232;re de la rue par 20 000 policiers et un arsenal r&#233;pressif colossal, sont pr&#233;cis&#233;ment la source de la mis&#232;re africaine. Le G20 de Hambourg, pourtant plac&#233; sous le signe du soutien &#224; l'Afrique, ne fait pas exception &#224; la r&#232;gle. Pour r&#233;pondre aux probl&#232;mes de surendettement des &#201;tats, le G20 entend renforcer le r&#244;le des institutions financi&#232;res internationales, telles que le FMI, la BM ou encore le Club de Paris, dont on conna&#238;t non seulement l'inefficacit&#233; mais aussi le caract&#232;re n&#233;faste. L'initiative allemande Compact with Africa, pr&#233;sent&#233;e comme une bonne pratique &#224; suivre, consiste au renforcement des pr&#234;ts et investissements priv&#233;s en Afrique, autrement dit, ouvre (encore plus) la porte au surendettement des pays et au pillage de leur &#233;conomie au profit des banques et multinationales occidentales. Du haut de leurs cravates et de leurs certitudes, les chefs d'&#201;tat pr&#233;sentait cette &#171; aide &#187; &#224; l'Afrique comme un moyen de freiner l'immigration. N'y a-t-il pas, en effet, dans cette phrase de Macron la peur de voir les hordes de pauvresses et pauvres africains faire d&#233;border la M&#233;diterran&#233;e de leurs corps engloutis ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'accoutum&#233;e dans ce genre de rencontre au sommet, le G20 compte &#233;teindre un feu avec un lance-flammes. Car les vrais responsables du soi-disant &#171; sous-d&#233;veloppement &#187; de l'Afrique sont bien tous les Macron au pouvoir ainsi que leur monde : le FMI, la BM, les chefs d'&#201;tats occidentaux et les r&#233;gimes africains complices, le G20, le Club de Paris, les gouvernements fran&#231;ais successifs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir en ligne : &lt;a href=&#034;https://www.politis.fr/articles/201..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.politis.fr/articles/201..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Pour en savoir plus sur le Club de Paris, voir : Maud Bailly et Claude Quemar, &#171; Carton rouge pour le Club de Paris ! &#187;, CADTM, juillet 2016.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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