<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=1910&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique 2022 : L'insoutenable fardeau de la dette</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-2022-L-insoutenable-fardeau-de-la-dette</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afrique-2022-L-insoutenable-fardeau-de-la-dette</guid>
		<dc:date>2022-09-06T10:50:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-09-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En fin mars 2020, le chef de l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais, Macky Sall, lan&#231;ait, &#224; la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, un appel pour &#171; une annulation de la dette publique et pour un r&#233;&#233;chelonnement de la dette priv&#233;e de l'Afrique &#187; afin de permettre aux &#201;tats africains de lutter contre la Covid-19, dont le premier cas africain s'&#233;tait manifest&#233; le mois pr&#233;c&#233;dent en &#201;gypte. Il exposait presque ainsi au grand jour le retour de la dette comme fardeau pour les &#201;tats africains, in&#233;galement certes. Ce qui, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-09-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-09-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton53757-d3d9c.png?1678984476' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En fin mars 2020, le chef de l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais, Macky Sall, lan&#231;ait, &#224; la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, un appel pour &#171; une annulation de la dette publique et pour un r&#233;&#233;chelonnement de la dette priv&#233;e de l'Afrique &#187; afin de permettre aux &#201;tats africains de lutter contre la Covid-19, dont le premier cas africain s'&#233;tait manifest&#233; le mois pr&#233;c&#233;dent en &#201;gypte. Il exposait presque ainsi au grand jour le retour de la dette comme fardeau pour les &#201;tats africains, in&#233;galement certes. Ce qui, &#233;videmment, ne pouvait dater de l'arriv&#233;e de la Covid-19, mais l'avait effectivement pr&#233;c&#233;d&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Afrique-2022-L-insoutenable-fardeau-de-la-dette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appel qui, m&#234;l&#233; &#224; quelques autres, a relativement &#233;t&#233; entendu, de fa&#231;on tr&#232;s att&#233;nu&#233;e, par la dite &#171; communaut&#233; internationale &#187;. Les solutions apport&#233;es &#224; ce probl&#232;me de la dette &#8211; principalement l'Initiative de suspension du service de la dette des pays dits les plus pauvres (ISSD), inspir&#233;e au Club de Paris (groupe informel d'&#201;tats cr&#233;anciers, principalement des puissances occidentales) et au G20 (groupe des 20 premi&#232;res &#233;conomies mondiales), par la Banque mondiale et le Fonds mon&#233;taire international en avril 2020 &#8211; semblent plut&#244;t, &#224; son terme (fin 2021) avoir favoris&#233; son alourdissement qu'un suppos&#233; all&#232;gement, contribuant ainsi &#224; r&#233;duire davantage la probabilit&#233; de r&#233;aliser les objectifs du d&#233;veloppement durable (ODD). Comme si, cr&#233;anciers bilat&#233;raux, multilat&#233;raux et priv&#233;s paraissent diff&#233;remment d&#233;termin&#233;s &#224; se servir encore de cet endettement critique comme une arme, par une quasi g&#233;n&#233;ralisation de la relance des &#171; r&#233;formes structurelles &#187; en Afrique subsaharienne, en cours avant la Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Africa Rising &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'arriv&#233;e de la pand&#233;mie de Covid-19, le 21e si&#232;cle &#233;tait g&#233;n&#233;ralement pr&#233;sent&#233;, par les fid&#232;les de la religion de la croissance, comme celui de l'espoir pour l'Afrique, subsaharienne en l'occurrence, car la croissance du taux moyen du PIB [1] se situait au-dessus de la moyenne mondiale, autour de 5 % contre 3 %, pendant une bonne partie des deux premi&#232;res d&#233;cennies. Par exemple, de 2001 &#224; 2012, des &#233;conomies d'Afrique subsaharienne (Angola, Burkina Faso, &#201;thiopie, Ghana, Guin&#233;e &#233;quatoriale, Mozambique, Niger, Nigeria, Rwanda, Tchad) affichaient des taux de croissance parmi les plus &#233;lev&#233;s du monde. La Guin&#233;e &#233;quatoriale (entre 2001 et 2005) et l'Angola, &#233;conomies p&#233;troli&#232;res parvenant m&#234;me &#224; 20 % et plus ; le Ghana et le Niger nouvellement p&#233;troliers sont pass&#233;s respectivement de 8% en 2010 &#224; 15 % en 2011, et de 2,3 % &#224; 11,2 % de 2011 &#224; 2012 ; gr&#226;ce surtout &#224; la production aurif&#232;re ayant raval&#233; la cotonni&#232;re au second rang, le Burkina Faso est pass&#233; pendant la m&#234;me p&#233;riode, de 4,2 % &#224; 10 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, en 2010, le tr&#232;s influent cabinet de conseil McKinsey a parl&#233;, sans grand &#233;cho en ce moment-l&#224;, de l'existence de &#171; lions &#187; &#233;conomiques en Afrique, dont la &#171; manne des mati&#232;res premi&#232;res ne peut &#224; elle seule expliquer la croissance de l'Afrique. En fait, &#224; peine 24 % de la hausse du PIB entre 2000 et 2008 ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;r&#233;s par le secteur des ressources naturelles. Le reste provient des secteurs tels que le commerce de gros et de d&#233;tail, les transports, les t&#233;l&#233;communications et l'industrie manufacturi&#232;re [&#8230;] les gouvernements ont r&#233;duit l'inflation, leurs dettes &#233;trang&#232;res et leurs d&#233;ficits budg&#233;taires, jetant les bases d'une croissance plus saine [2] &#187;. Assez r&#233;percut&#233;e, par contre, va &#234;tre, la pr&#233;sentation de cette croissance africaine par The Economist (prestigieux journal pro-Capital) dans son num&#233;ro du 3 d&#233;cembre 2011, ayant &#224; la une &#171; Africa Rising &#187;, parlant d'un continent ayant &#171; une chance r&#233;elle de marcher sur les pas de l'Asie &#187; [3], c'est-&#224;-dire des&#171; dragons &#187; (Cor&#233;e du Sud, Hong-Kong, Singapour, Ta&#239;wan), et&#171; tigres &#187; (Indon&#233;sie, Malaisie, Philippines, Tha&#239;lande) du Sud-Est asiatique manifestant pendant les ann&#233;es 1980-1990 un dit&#171; miracle asiatique &#187;, avec un taux de croissance moyen de 11 % &#224; 8 % avant la&#171; crise asiatique &#187;(1997-1998), dont l'un des facteurs a &#233;t&#233; l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, apr&#232;s les&#171; dragons &#187; et &#171; tigres &#187; asiatiques, dont la crise avait assez affect&#233; les laudateurs, c'&#233;tait le tour des &#171; lions &#187; africains, ne jouant pas certes le r&#244;le de moteur de l'&#233;conomie mondiale ou n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233;s comme op&#233;rateurs de quelque &#8220;miracle africain&#8221;. Retentissante a &#233;t&#233; cette une, d'autant plus que celle du num&#233;ro du 13 mai 2000, de ce prestigieux journal, faisait dans l'afropessimisme : &#171; The hopeless continent &#187;. Se r&#233;f&#233;rant, d'une part, &#224; l'Afrique des ann&#233;es 1980-1990, marqu&#233;e aussi bien par les tumultes de la &#171; d&#233;mocratisation &#187;/&#171; ouverture d&#233;mocratique &#187; que par les conflits arm&#233;s &#8211; ayant abouti &#224; un g&#233;nocide au Rwanda (1994), dans le contexte de la crise de la dette et du programme d'ajustement structurel au Rwanda et en Ouganda (principal pays d'accueil des exil&#233;&#183;e&#183;s rwandais&#183;es depuis des d&#233;cennies, o&#249; se d&#233;veloppait une rwandophobie&#8230;) &#8211;, les putschs militaires, la corruption, l'aggravation de la situation sociale des couches sociales populaires,urbaines comme rurales, etc. (m&#234;me si la croissance moyenne du PIB dans la sous-r&#233;gion subsaharienne avait n&#233;anmoins&#171; avoisin&#233; 4 % par an sur la p&#233;riode de 1995-1997 et celle du PIB r&#233;el par habitant est devenue positive [4] &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des ph&#233;nom&#232;nes qui n'&#233;taient pas souvent d&#233;pourvus de lien avec la crise de la dette &#8211; g&#233;n&#233;ralis&#233;e, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, &#224; l'instar du Botswana &#8211; et le suppos&#233; rem&#232;de impos&#233; par les institutions financi&#232;res internationales (Banque mondiale, Fonds mon&#233;taire international), les programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, s'av&#233;rant socialement tr&#232;s nocifs [5]. D'autre part, au possible suppos&#233; se dessiner alors :&#171; Le nouveau mill&#233;naire a apport&#233; plus de d&#233;sastre que d'espoir &#224; l'Afrique. Pire, les quelques lueurs d'espoir sont vacillantes [6] &#187;, &#233;tait-il affirm&#233; dans un article du The Economist de mai 2000. Ce qui a &#233;t&#233; relativement d&#233;menti par les statistiques des ann&#233;es suivantes, au cours desquelles le terme &#8220;d&#233;veloppement&#8221; apparaissant comme menac&#233; de ringardise par &#8220;&#233;mergence&#8221;, l'horizon de cette croissance continue devenait l'&#233;mergence &#8211; symbolis&#233;e mondialement par la Chine devenant une puissance capitaliste (mais se consid&#233;rant encore &#8220;en d&#233;veloppement&#8221;). D'ailleurs, certaines de ces &#233;conomies seraient m&#234;me, sans tambours ni trompettes, &#224; consid&#233;rer, en 2017, comme d&#233;j&#224; &#233;mergentes (par ordre de performance : Maurice, Afrique du Sud, Seychelles, Botswana, Cap-Vert, Rwanda, Ghana, Namibie, S&#227;o Tom&#233;-et-Principe), selon l'Index de l'&#233;mergence en Afrique 2017 [7]. D'autres (Ouganda, S&#233;n&#233;gal, Zambie, Tanzanie, Kenya, Gabon, B&#233;nin, Malawi, Lesotho) &#233;tant alors au &#171; seuil &#187; de l'&#233;mergence, correspondant aux &#171; pr&#233;&#233;mergents &#187; selon le FMI, par exemple [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La baisse des cours des ressources naturelles/mati&#232;res premi&#232;res export&#233;es &#224; partir de la mi-2014, un effet retard&#233; de la crise d&#233;clench&#233;e en 2007/2008 par les &#201;tats-Unis et l'Europe occidentale, a fait reculer le taux moyen de croissance du PIB des pays subsahariens riches en ressources naturelles (hors Afrique du Sud et Nig&#233;ria) &#8211; plus affect&#233;s en toute logique que ceux dits&#171; pauvres en ressources naturelles &#187;,au PIB situ&#233; &#224; 6,6% et 5,8 % &#8211; de 4,3 % en 2013 (la moyenne &#233;tant &#224; 3,4 %) &#224; 3,4 %, 2,5 % et 2 % (passant en de&#231;&#224; des moyennes mondiales de 3,5 %, 3,4 % et 3,1 %), successivement en 2014, 2015, 2016. N&#233;anmoins, &#224; la veille de la pand&#233;mie, il &#233;tait revenu au-dessus de la moyenne mondiale. Selon le FMI, il&#171; devrait se maintenir &#224; 3,2 % en 2019 et s'acc&#233;l&#233;rer &#224; 3,6 % en 2020 &#187; alors que &#171; la croissance mondiale devrait s'&#233;lever de 3,0 % en 2019 &#224; 3,4 % en 2020 &#187; [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;African Debt Rising Again&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant cetafro-optimismemaintenu, cette c&#233;l&#233;bration entretenue de la croissance performante du PIB en Afrique subsaharienne a relativement couvert la sonnette d'alarme tir&#233;e sur une autre croissance en cours, celle du r&#233;endettement public. Alors qu'&#233;taient sur le point de prendre fin les derniers traitements de la crise de la dette des ann&#233;es 1980-1990, &#224; savoir l'Initiative en faveur des pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s (PPTE) adopt&#233;e en 1996 et renforc&#233;e en 1999, puis l'Initiative d'all&#232;gement de la dette multilat&#233;rale (IADM) instaur&#233;e en 2005 (en compl&#233;ment de l'Initiative PPTE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles consistaient &#224; ramener &#224; un niveau dit soutenable les dettes &#8211; dont le ratio aux recettes annuelles des exportations &#233;tait de plus de 150 % &#8211;, bilat&#233;rales (d&#233;tenues par des &#201;tats, y compris la dite aide publique au d&#233;veloppement et la dette commerciale garantie par l'&#201;tat du cr&#233;ancier), multilat&#233;rales (d&#233;tenues par les institutions financi&#232;res internationales/multilat&#233;rales : la Banque mondiale, le FMI, et l'institution r&#233;gionale africaine, la Banque africaine de d&#233;veloppement) et priv&#233;es (alors, les banques et les fonds d'investissements qui achetaient des titres de la dette souveraine) d'une trentaine d'&#201;tats subsahariens, entre autres, de 2000 &#224; 2015 [10].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, un prolongement de l'ajustement structurel au n&#233;olib&#233;ralisme des ann&#233;es 1980-1990 : une r&#233;forme de l'&#233;conomie capitaliste mondiale &#8211; coordonn&#233;e par les institutions financi&#232;res internationales/multilat&#233;rales, principalement &#8211; imposant aux &#201;tats surendett&#233;s &#8211; d'Afrique, d'Am&#233;rique dite latine, d'Asie, voire de l'ex-bloc sovi&#233;tique &#8211; la r&#233;organisation, la restructuration des &#233;conomies, des soci&#233;t&#233;s &#8211; l'&#233;ducation et la sant&#233; &#233;taient aussi concern&#233;es &#8211;, pour des conditions optimales d'accumulation du capital, de r&#233;alisation des profits par le secteur priv&#233; &#8211; dans le respect de sa hi&#233;rarchisation mondiale &#8211; devenant de facto le vrai souverain, ventriloque [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors orn&#233; d'un suppos&#233; souci de r&#233;duction de la pauvret&#233; qu'avait aggrav&#233;e les programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, par des coupes claires dans les budgets dits sociaux (sant&#233;, &#233;ducation, emplois publics&#8230;). L'efficacit&#233; globale de cette&#171; op&#233;ration d&#233;pannage &#187;(comme le disait Ernest Mandel du Plan Baker [12]&#8211; du nom de l'alors Secr&#233;taire d'&#201;tat au Tr&#233;sor des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, des ann&#233;es 1985-1988 &#8211;, d'incitation des banques priv&#233;es &#224; pr&#234;ter davantage aux &#201;tats d'Am&#233;rique dite latine pataugeant dans la dette, mais ayant finalement &#233;chou&#233;) de plus a &#233;t&#233; si limit&#233;e (un d&#233;pannage bricol&#233;, car la panne est appel&#233;e &#224; se reproduire quelque temps apr&#232;s, voire de fa&#231;on aggrav&#233;e)qu'elle a &#233;t&#233; critiqu&#233;e, par exemple, comme&#171; illusion ou arnaque &#187; [13] ; le caract&#232;re structurel de l'endettement ayant &#233;t&#233; n&#233;glig&#233; dans la conception de l'initiative, prisonni&#232;re du paradigme favorisant l'endettement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le nouvel endettement a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme&#171; in&#233;luctable malgr&#233; les all&#232;gements de dette r&#233;alis&#233;s dans le pass&#233; &#187; [14]. Des &#201;tats post-PPTE et post-IADM ont tr&#232;s vite particip&#233; au processus de r&#233;endettement des ann&#233;es 2010, non d&#233;pourvu d'indices inqui&#233;tants :&#171; si les niveaux d'endettement actuels restent g&#233;n&#233;ralement tr&#232;s inf&#233;rieurs &#224; ceux pr&#233;c&#233;dant l'initiative, plusieurs pays se r&#233;-endettent &#224; un rythme tr&#232;s soutenu : par exemple, 13 ont vu leur dette publique ext&#233;rieure cro&#238;tre de plus de 10 points du PIB dans les cinq derni&#232;res ann&#233;es [15] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le nouvel endettement a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; commein&#233;luctable malgr&#233; les all&#232;gements de dette r&#233;alis&#233;s dans le pass&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un nouveau processus d'endettement sans grande originalit&#233; [16], car survenant apr&#232;s une crise de l'&#233;conomie capitaliste, celle de 2007-2009, n'ayant presque pas frapp&#233; d'embl&#233;e les &#233;conomies subsahariennes, mais qui s'y est n&#233;anmoins r&#233;percut&#233;e compte tenu, par exemple, de la grande d&#233;pendance budg&#233;taire de nombre de celles-ci de l'exportation des ressources naturelles/mati&#232;res premi&#232;res vers les &#233;conomies du centre capitaliste, &#233;picentre de la crise. Comme dans la crise des ann&#233;es 1970, avec des p&#233;trodollars &#224; foison, les &#201;tats d'Afrique subsaharienne, entre autres, dont le taux de croissance rassurait, se sont vus offrir la possibilit&#233;, entre autres par les fonds de pension et autres investisseurs institutionnels, de s'endetter &#224; bas taux d'int&#233;r&#234;t, qui seront par la suite relev&#233;s par les cr&#233;anciers priv&#233;s (ne se limitant plus aux banques, incluant aussi des fonds d'investissements&#8230;) quand les recettes seront affect&#233;es par la crise. L'importance de ces cr&#233;anciers ira croissante, fixant les taux d'int&#233;r&#234;t &#224; la t&#234;te du client, telle que dessin&#233;e aussi par les agences de notation &#8211; des bullshit enterprises, pour parler comme l'anthropologue anarchiste David Graeber- jusqu'&#224; 16 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, le taux d'emprunt de l'Angola p&#233;troli&#232;re aux cr&#233;anciers priv&#233;s s'est situ&#233; de 2010 &#224; 2014 en moyenne &#224; 4,32 %, de 2015 &#224; 2019 &#224; 5,86 % contre une moyenne sous-r&#233;gionale de 1,55 % et 1,51 %. La C&#244;te d'Ivoire a emprunt&#233; de 2017 &#224; 2019 &#224; un taux moyen de 5,33 % au priv&#233; contre 1,12 % aux cr&#233;anciers bilat&#233;raux et multilat&#233;raux, le Ghana (devenu aussi p&#233;trolier) &#224; 6,83 % pendant la m&#234;me p&#233;riode contre 1,78 % pour les cr&#233;anciers bilat&#233;raux et multilat&#233;raux. Des taux assez &#233;lev&#233;es concernent aussi le Gabon, l'&#201;thiopie, le Kenya, Madagascar, la Zambie, l'Afrique du Sud le Nigeria, la Tanzanie et autres victimes de la main visiblement cupide du march&#233; [17].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir de ces cr&#233;anciers priv&#233;s est une particularit&#233; de cette version mise &#224; jour du principe de &#8220;s'endetter pour se d&#233;velopper&#8221;, promu par la Banque mondiale dans les ann&#233;es 1970, devenu en quelque sorte &#8220;s'endetter pour &#233;merger&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Chine principale cr&#233;anci&#232;re ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre particularit&#233; de la p&#233;riode, l'existence des puissances &#233;conomiques &#233;mergentes dont la demande par certains des ressources naturelles/mati&#232;res premi&#232;res a amorti, dans la sous-r&#233;gion subsaharienne, le choc de la baisse de la demande des puissances &#233;conomiques traditionnelles en crise, suivie d'une baisse des prix de ces produits de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puissances &#233;mergentes &#233;tant par ailleurs des cr&#233;anci&#232;res et la Chine la principale d'entre elles. Sa boulimie des ressources naturelles, s'accompagnant d'une &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; cr&#233;anci&#232;re &#8211; par abondance de liquidit&#233;s &#8211;, au nom aussi d'une suppos&#233;e solidarit&#233; Sud-Sud pour l'&#233;mergence &#224; leur tour des &#233;conomies africaines. Par exemple, en les dotant d'infrastructures consid&#233;r&#233;es comme n&#233;cessaires &#224; la croissance pour l'&#233;mergence, mais que des d&#233;cennies de coop&#233;ration post-coloniale avec les puissances traditionnelles, d'aide publique au d&#233;veloppement, n'avaient permis de poss&#233;der &#8211; la Chine et les autres puissances &#233;conomiques &#233;mergentes partagent avec les puissances traditionnelles la m&#234;me religion &#233;conomique &#233;cocidaire de la croissance, du productivisme, du gigantisme, etc. &#8211;, non seulement du fait de la ph&#233;nom&#233;nale &#8220;incurie&#8221; (aussi facteur d'une accumulation priv&#233;e du capital) des gouvernants africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suppos&#233;e g&#233;n&#233;rosit&#233; par solidarit&#233; Sud-Sud &#8211; consacr&#233;e par le nouveau si&#232;ge de l'Union Africaine (Addis-Abeba), dont la construction a quasi enti&#232;rement &#233;t&#233; financ&#233;e par la Chine, offrant m&#234;me le mobilier &#8211; mais aussi, voire surtout, relation &#233;conomique capitaliste c'est-&#224;-dire anim&#233;e par la qu&#234;te du profit (pour le capital chinois public et priv&#233;) qui, en situation asym&#233;trique, comme l'illustre assez l'histoire des relations internationales in&#233;galitaires en g&#233;n&#233;ral, des relations Nord-Sud en particulier, favorise le tissage des liens de d&#233;pendance. D'o&#249; le discours, assez sonore et r&#233;current dans la dite grande presse internationale, dans certaines revues acad&#233;miques, voire tenu par des officiels &#8211; surtout dans le centre traditionnel de la domination, mais repris aussi par des voix africaines &#8211; du&#171; pi&#232;ge de la dette &#187;que la Chine aurait tr&#232;s habilement tendu &#224; l'Afrique, devenant ainsi son principal cr&#233;ancier [18]. Un statut cens&#233; favoriser un nouveau n&#233;ocolonialisme, voire suscitant&#171; la crainte d'une nouvelle colonisation &#187; [19], non plus &#8220;occidentale&#8221;, mais chinoise cette fois-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans nier la part importante des cr&#233;ances chinoises [20], bilat&#233;rales surtout, dans la dette subsaharienne &#8211; ce que m&#234;me la Chine ne r&#233;cuse pas &#8211;, pass&#233;es de moins de 40 milliards de dollars [21] en 2010 &#224; 153 milliards de dollars en 2019, des &#233;tudes r&#233;centes entreprennent en ce temps de pand&#233;mie et de tension entre la premi&#232;re puissance traditionnelle (&#201;tats-Unis d'Am&#233;rique) et la Chine, de d&#233;montrer le contraire de ce qui serait plut&#244;t une narration sans rigueur, guid&#233;e par un pr&#233;jug&#233; g&#233;opolitique li&#233; &#224; ce que d'aucuns consid&#232;rent analogiquement comme une nouvelle &#8220;guerre froide&#8221;. La Chine est certes l'un des grands cr&#233;anciers de l'Afrique subsaharienne, le principal cr&#233;ancier de certains &#201;tats subsahariens, cependant, ce seraient les cr&#233;anciers priv&#233;s ext&#233;rieurs (les banques commerciales, les cr&#233;anciers obligataires &#8230;), chinois exclus, dont l'importance croissante avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; indiqu&#233;e bien avant la pand&#233;mie, qui d&#233;tiennent la plus grande partie de la dette africaine :&#171; African governments owe three times more debt to Western banks, asset managers and oil traders than to China, and are charged double the interest [22] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le stock de la dette publique ext&#233;rieure, connue, de l'Afrique subsaharienne est pass&#233;e de 2010 &#224; 2019, de 305 milliards $ &#233;tats-uniens &#224; 665 milliards, soit de 24 % &#224; 40 % du PIB sous r&#233;gional, de 76 % &#224; 156 % des exportations [23]. Dont une part importante d'obligations souveraines :&#171; Lorsqu'on inclut les nouveaux eurobonds &#233;mis cette ann&#233;e par le B&#233;nin, la C&#244;te d'Ivoire, l'&#201;gypte et le Maroc, l'encours global des eurobonds africains &#224; la mi f&#233;vrier 2021 est de 147 milliards $. L'Afrique subsaharienne compte pour 60 % de cette enveloppe [24] &#187;. &#201;taient alors consid&#233;r&#233;s comme surendett&#233;s &#224; l'arriv&#233;e de la pand&#233;mie : Congo-Brazzaville, &#201;rythr&#233;e, Gambie, Mozambique, S&#227;o Tom&#233;-et-Principe, Soudan du Sud, Zimbabwe, et en risque &#233;lev&#233; de surendettement : Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Centrafrique, &#201;thiopie, Ghana, Sierra Leone, Tchad, Zambie. Soit le tiers de la sous-r&#233;gion subsaharienne. Bien plus de la moiti&#233; &#233;tant contrainte de repasser sous les fourches caudines du FMI ; par exemple, l'acc&#232;s &#224; la facilit&#233; &#233;largie de cr&#233;dit &#233;tant soumis &#224; la r&#233;alisation de&#171; r&#233;formes structurelles &#187;, expression moins connot&#233;e que programme d'ajustement structurel mis &#224; jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Croissance, R&#233;endettement et cons&#233;quences sociales populaires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forte croissance et le r&#233;-endettement n'ont pas favoris&#233; la diversification &#233;conomique des pays d&#233;pendants, pour un bon nombre, principalement de l'exportation des ressources naturelles/mati&#232;res premi&#232;res, de l'extractivisme. Une contribution &#233;vidente &#224; la crise &#233;cologique que subissent d&#233;j&#224; s&#233;v&#232;rement des peuples de la sous-r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'est m&#234;me agi d'une croissance d&#233;s-industrialisante, comparativement aux d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes, non par adh&#233;sion, &#233;cologiquement motiv&#233;e, &#224; l'anti-industrialisme ou la d&#233;croissance, mais suite, entre autres, &#224; la liquidation, pendant la premi&#232;re vague de l'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, de nombre d'entreprises d'&#201;tat, de manufactures tr&#232;s mal g&#233;r&#233;es &#8211; n'ayant pas &#233;t&#233; restructur&#233;es en entreprises mixtes ou c&#233;d&#233;es au priv&#233; &#8211; des deux premi&#232;res d&#233;cennies post-coloniales, quand l'&#201;tat entrepreneur &#233;conomique n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme une anomalie dans le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8220;&#201;mergence de la classe moyenne&#8221; et croissance des pauvres&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette croissance, en p&#233;riode aussi des OMD (cette premi&#232;re promesse de &#8220;Quinze glorieuses&#8221; pour les soci&#233;t&#233;s capitalistes p&#233;riph&#233;riques, dites en d&#233;veloppement), n'a pas profit&#233; aux couches sociales populaires, surtout celles rurales, et pire celles du genre f&#233;minin. Selon une &#233;tude du staff de l'&#233;conomiste en chef d'alors de la Banque africaine de d&#233;veloppement, Mthuli Ncube (ministre des Finances du Zimbabwe depuis 2018),&#171; The Middle of the Pyramid : Dynamics of the Middle Class &#187; [25], parue en avril 2011, soit entreLions on the move : The progress and potential of African economies(juin 2010) et &#171; Africa Rising &#187;, dans la p&#233;riode de croissance du PIB a &#233;merg&#233; une classe moyenne [26] africaine, constitu&#233;e alors de 34 % de la population. Une suppos&#233;e dynamique de &#8220;moyennisation&#8221; des soci&#233;t&#233;s africaines, &#224; l'instar de celle des soci&#233;t&#233;s du centre capitaliste pendant les dites Trente glorieuses post-Seconde Guerre mondiale, ou celle suppos&#233;e des &#171; dragons asiatiques &#187;. Mais les crit&#232;res de classification de cette &#233;tude se sont av&#233;r&#233;s non rigoureux, paraissant plus guid&#233;s par la l&#233;gitimation ou la d&#233;fense d'une croissance &#233;conomique n&#233;olib&#233;rale, co-organis&#233;e par la BAD, qui serait inclusive. En fait, ont &#233;t&#233; incluses dans la classe moyenne, comme &#171; classe flottante &#187; &#8211; situ&#233;e en de&#231;&#224; des deux autres couches, la &#171; classe basse &#187; (4 &#224; 10 dollars, &#224; parit&#233; de pouvoir d'achat) et de la &#171; classe haute &#187; (10 &#224; 20 dollars), celle-ci n'est pas &#224; confondre avec la &#171; classe riche &#187;, le sommet de la pyramide, situ&#233;e au-dessus de la classe moyenne qui constitue le milieu de la pyramide, la base &#233;tant les pauvres &#8211; les personnes vivant avec 2 &#224; 4 dollars par jour, pass&#233;es de 132 millions en 2000 &#224; 198 millions en 2010, soit plus de la moiti&#233; des 326 millions constituant la dite classe moyenne en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Classe flottante &#187; parce qu'une grande partie, active dans le secteur informel pr&#233;caire, franchit &#224; reculons, de temps &#224; autre, le seuil international de pauvret&#233; (1,90 dollar par jour [27]). Rejoignant ainsi la mar&#233;e montante des pauvres qui, en d&#233;pit du recul (tr&#232;s faible dans le cadre des OMD [28]) du taux&#171; de 54 % en 1990 &#224; 41 % en 2015[au niveau mondial : en moyenne de 30 % &#224; 10 % ; de 47 % &#224; 14 % pour les pays dits en d&#233;veloppement]a augment&#233;, grimpant de 278 millions[de pauvres]en 1990 &#224; 413 millions en 2015 [29] &#187;. Parmi ces pauvres, des millions de salari&#233;&#183;e&#183;s, y compris concernant les emplois cr&#233;&#233;s, &#224; un tr&#232;s faible taux, pendant la p&#233;riode de forte croissance [30]. La situation des femmes salari&#233;es &#233;tant g&#233;n&#233;ralement pire que celle des hommes. L'Afrique en g&#233;n&#233;ral, subsaharienne en l'occurrence, &#233;tant l'une des championnes du monde en mati&#232;re d'emplois vuln&#233;rables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Afrique subsaharienne est l'une des championnes du monde en mati&#232;re d'emplois vuln&#233;rables.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une vuln&#233;rabilit&#233; de l'emploi renforc&#233;e depuis la r&#233;forme des codes du travail dans le cadre de l'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral des ann&#233;es 1980-1990 jusqu'aux autres r&#233;formes, cens&#233;es attirer les investisseurs &#233;trangers, qu'&#233;valuait, il y a encore deux ans, la Banque mondiale dans sa publicationDoing Business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant le surgissement du nouveau virus corona, la direction de l'Organisation Mondiale de la Sant&#233; (OMS) de la r&#233;gion Afrique (ne regroupant que des pays d'Afrique subsaharienne &#8211; sans leSoudan et Djibouti &#8211; plus l'Alg&#233;rie) publiait un&#201;tat de la sant&#233; dans la r&#233;gion africaine de l'OMS(2018) qui confirmait ce qui est &#233;prouv&#233; quotidiennement par les usager&#183;e&#183;s des services de sant&#233; publics, certes sans la consid&#233;ration s&#233;v&#232;re, courante dans les opinions publiques, des grands h&#244;pitaux publics comme des mouroirs [31] : &#171; L'acc&#232;s aux services essentiels est faible : seuls trois pays (S&#227;o Tom&#233; et Principe, Maurice et les Seychelles) ont un indice d'acc&#232;s sup&#233;rieur &#224; 0,50. Les pays de la r&#233;gion ne sont pas en mesure de fournir les infrastructures, le personnel et les produits n&#233;cessaires pour ces services &#187;. La sant&#233; publique avait &#233;t&#233;, avec l'&#233;cole publique, parmi les principales cibles de la premi&#232;re vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral en Afrique subsaharienne. Son financement, d&#233;j&#224; insuffisant auparavant, a &#233;t&#233; sacrifi&#233; au profit du service de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La sant&#233; publique a &#233;t&#233;, avec l'&#233;cole publique, parmi les principales cibles de la premi&#232;re vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral en Afrique subsaharienne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;solution prise, par la suite, par les chefs d'&#201;tat de l'Organisation de l'Unit&#233; Africaine (pr&#233;d&#233;cesseure de l'Union Africaine), &#224; Abuja, en 2001, pour un financement de la sant&#233; &#224; hauteur de 15 % du budget n'est respect&#233; en 2019 que par quelques &#201;tats : 6 selon l'Union Africaine, 2 selon l'OMS [32]. Dans l'un et l'autre cas n'y figure pas le Nigeria dont 60 % des recettes sont, en 2017, consacr&#233;s au service de la dette, alors que la part du budget consacr&#233;e &#224; la sant&#233; n'&#233;tait que de 4,6 % et &#224; l'&#233;ducation de 5,68 %, parmi les plus faibles de la sous-r&#233;gion subsaharienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tacitement, il s'agit, depuis les ann&#233;es 1980-1990, d' y encourager le d&#233;veloppement du secteur priv&#233;, accessible &#224; la couche sup&#233;rieure de la fameuse classe moyenne ; les plus riches, gouvernant&#183;e&#183;s compris ou surtout, &#233;tant des adeptes du tourisme m&#233;dical (aller en consultation m&#233;dicale &#224; l'&#233;tranger, plus hors d'Afrique qu'en Afrique pour les plus fortun&#233;&#183;e&#183;s, dont les gouvernant&#183;e&#183;s), n'&#233;tant pas ainsi concern&#233;&#183;e&#183;s par l'&#233;tat du syst&#232;me de sant&#233; publique local. Les pauvres devant se d&#233;brouiller avec un personnel m&#233;dical tr&#232;s d&#233;ficitaire et dont les conditions de travail, la pr&#233;carit&#233;, dans le contexte des valeurs n&#233;olib&#233;rales progressivement pr&#233;gnantes, ne manquent pas souvent d'affecter la d&#233;ontologie, la moralit&#233; (des cas urgents ou graves non re&#231;us par le personnel soignant, faute d'argent [33]). L'atteinte de l'ODD 3 (&#171; Bonne sant&#233; et bien-&#234;tre &#187; pour tous/toutes [34]), tout comme de nombreux autres ODD (seconde promesse de &#8220;Quinze glorieuses&#8221;, mais mondiales car int&#233;grant suppos&#233;ment le principe &#233;cologique), est absolument, syst&#233;matiquement, incompatible avec la dynamique capitaliste, n&#233;olib&#233;rale ou non, structurellement in&#233;galitaire. Des objectifs fix&#233;s pour 2020 n'&#233;taient pas en voie d'&#234;tre r&#233;alis&#233;s, avant la manifestation du nouveau virus corona.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;ducation scolaire d&#233;laiss&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation scolaire (g&#233;n&#233;ralement n&#233;ocoloniale en Afrique subsaharienne) dont les conditions ont &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement d&#233;grad&#233;es par la premi&#232;re vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, le confirme. Certes, d'ind&#233;niables progr&#232;s ont &#233;t&#233; accomplis dans la sous-r&#233;gion en mati&#232;re de taux de scolarisation, m&#234;me apr&#232;s les ann&#233;es 1980-1990 est-il souvent rappel&#233;. Mais en n'insistant pas sur la r&#233;alit&#233; de l'&#233;cole publique, faite de classes surcharg&#233;es [35], par d&#233;ficit flagrant du personnel enseignant (par gel ou r&#233;duction du recrutement des fonctionnaires) et de sa qualit&#233; (sans formation, de statut pr&#233;caire&#8230;) [36], de nouvelles salles de classes, de nouvelles &#233;coles construites [37] proportionnellement &#224; la croissance d&#233;mographique ; en ne soulignant pas que la croissance du taux de scolarisation s'accompagne d'une d&#233;scolarisation massive : &#224; la fin desOMD (dont le deuxi&#232;me &#233;tait d'assurer la scolarit&#233; primaire pour tous/toutes les enfants), co&#239;ncidant presque avec celle de la croissance soutenue, la Banque mondiale constatait que&#171; Le probl&#232;me de la non scolarisation et de la d&#233;scolarisation est g&#233;n&#233;ralis&#233; dans toute l'Afrique subsaharienne et concerne plus de la moiti&#233; des jeunes de 12 &#224; 24 ans[&#8230;]Pour la plupart, les jeunes abandonnent avant d'entrer au secondaire[&#8230;]Les jeunes filles [38], les jeunes ruraux et les grands adolescents sont les plus susceptibles de ne pas fr&#233;quenter l'&#233;cole, un effet qui est amplifi&#233; par la pauvret&#233; [39] &#187;. En 2012, en pleine croissance &#233;conomique donc, il aurait fallu, selon l'Unesco, recruter l'&#233;quivalent de 75 % du corps enseignant en activit&#233; en Afrique subsaharienne, pour combler le d&#233;ficit au niveau du primaire. Ce qui s'explique par, entre autres, le non-respect par les &#201;tats des taux internationaux de r&#233;f&#233;rence du financement de l'&#233;ducation &#224; savoir&#171; au moins 4 &#224; 6 % du produit int&#233;rieur brut et/ou au moins 15 &#224; 20 % du total des d&#233;penses publiques &#187;, rappel&#233;s constamment par le Forum mondial de l'&#201;ducation [40], des planchers en fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Afrique subsaharienne, les sous-r&#233;gions d'Afrique australe, d'Afrique de l'Ouest, d'Afrique de l'Est, d'Afrique centrale consacrent respectivement en pourcentage du PIB, en 2018 : 5,9 %, 4 %, 3,5 % et 3,1 % [41]. Le classement est quasiment le m&#234;me concernant la part des d&#233;penses publiques :&#171; les gouvernements de la r&#233;gion de l'Afrique centrale sont ceux qui consacrent la part la plus faible de leurs d&#233;penses &#224; l'&#233;ducation (15 %) tandis que ceux d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique australe affichent les parts les plus &#233;lev&#233;es (en moyenne 18 %) &#187;. En ce qui concerne l'&#233;cole aussi, la premi&#232;re vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral a appris que, pour le paiement de la dette ext&#233;rieure, les d&#233;penses publiques devraient &#234;tre r&#233;duites et, par exemple, lascolarisation dans le priv&#233; encourag&#233;e. Les &#201;tats subsahariens s'y conforment encore, en cette p&#233;riode de surendettement, d'exposition au surendettement et de suppos&#233;e marche vers la r&#233;alisation des ODD, en m&#234;me temps. Des cr&#233;anciers priv&#233;s, &#224; l'instar de Glencore, Trafigura, rechignant alors &#224; restructurer la dette de leurs d&#233;biteurs p&#233;troliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette contre les Objectifs du D&#233;veloppement Durable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dynamique r&#233;elle du monde se dirige g&#233;n&#233;ralement en direction oppos&#233;e du d&#233;veloppement durable. Les rapports sur la croissance des in&#233;galit&#233;s, sur les d&#233;g&#226;ts et menaces &#233;cocidaires (non durabilit&#233;) se succ&#232;dent depuis quelques ann&#233;es. Ce n'est donc pas, concernant l'Afrique en g&#233;n&#233;ral, subsaharienne en l'occurrence, qu'une question de d&#233;ficit de la qualit&#233; des statistiques, comme le fait croire la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique [42]. Des objectifs fix&#233;s pour 2020 n'&#233;taient pas en voie d'&#234;tre r&#233;alis&#233;s, avant la manifestation du nouveau virus corona. Dans le rapport annuel de 2019, du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies il est &#233;crit, par exemple, concernant l'Afrique subsaharienne qu'&#171; En Afrique subsaharienne, les cibles relatives &#224; la pauvret&#233;, &#224; la mortalit&#233; maternelle et &#224; l'&#233;ducation ne sont pas atteintes, et on estime qu'il faudrait un triplement du taux de croissance &#233;conomique de l'Afrique en 2018 (3,2 %)pour que les objectifs du d&#233;veloppement durable puissent &#234;tre r&#233;alis&#233;s. En 2017, l'esp&#233;rance de vie &#233;tait de 61 en Afrique subsaharienne, contre 72 ans dans le monde. C'est en Afrique que le taux d'emploi informel, dont on estime qu'il repr&#233;sente 85,8 % de l'ensemble des emplois, et que le taux d'emploi vuln&#233;rable, qui atteint en moyenne 66 %, sont les plus &#233;lev&#233;s au monde. Cinq des huit crises li&#233;es &#224; l'ins&#233;curit&#233; alimentaire qui ont &#233;t&#233; d&#233;crites comme les plus graves en 2018 sont survenues en Afrique [43] &#187;.L'une des menaces pesant sur la r&#233;alisation des ODD est-il affirm&#233; dans ce rapport est&#171; la vuln&#233;rabilit&#233; li&#233;e &#224; la dette[qui]a consid&#233;rablement augment&#233; dans les pays &#224; faible revenu &#187;(p. 5). Ainsi, faudrait-il une&#171; coop&#233;ration internationale en mati&#232;re &#187;entre autres&#171; d'all&#232;gement de la dette &#187;, dans la d&#233;cennie suivante dite&#171; d'action en faveur du d&#233;veloppement durable &#187;(p. 5), mais qui va commencer sous le rythme de la Covid-19.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui 2030, c'est dans huit ans. Les &lt;a href=&#034;https://www.agenda-2030.fr/17-objectifs-de-developpement-durable/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;17 ODD&lt;/a&gt; sont promis &#224; un sort semblable &#224; celui des &lt;a href=&#034;https://www.un.org/fr/millenniumgoals/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;8 OMD&lt;/a&gt; (en 2015) qu'ils ont prolong&#233;s en vain, dans un contexte effectivement de grand &#233;cart entre le discours sur la suppos&#233;e durabilit&#233; et la pratique de la religion de la croissance, la lutte contre la pauvret&#233; proclam&#233;e et la croissance des in&#233;galit&#233;s. En fait, trente ans de diversion, impr&#233;gn&#233;s d'id&#233;ologie de la &#171; fin des id&#233;ologies &#187;, de la &#171; fin de l'histoire &#187;, rendant tout (de la fin de la pauvret&#233; aux rapports &#233;cologiquement sains &#224; la nature extra-humaine, en passant par l'&#233;galit&#233; des genres [44]) possible dans le cadre du capitalisme (n&#233;olib&#233;ralis&#233; ou &#171; pur &#187;, en l'occurrence) pos&#233; comme &#171; horizon ind&#233;passable &#187; de l'histoire humaine. Ce en faveur d'une minorit&#233; ne se privant pas de d&#233;magogie [45]. C'est dans ce cadre ou paradigme, d&#233;politisant &#8211; excluant la compr&#233;hension des soci&#233;t&#233;s comme des r&#233;alit&#233;s actuellement structur&#233;es par des divergences, des int&#233;r&#234;ts antagoniques entre classes sociales (entre exploiteurs/exploiteuses et exploit&#233;&#183;e&#183;s), genres (entre phallocrates et f&#233;ministes), races/ethnies ou nations (non pas dans le sens d'&#201;tat-nation, mais, par exemple, de nations indig&#232;nes/autochtones), &#233;cologistes et &#233;cocidaires, etc., cat&#233;gories sociales entre lesquelles il y a les masses flottantes de damn&#233;&#183;e&#183;s de la terre et couches inf&#233;rieures de la classe moyenne captur&#233;es ou embarqu&#233;es dans l'id&#233;ologie des classes dominantes et dirigeantes ainsi que les autres id&#233;ologies participant de la reproduction en dernier ressort de l'ordre in&#233;galitaire, anti-&#233;mancipateur (int&#233;grismes religieux, identitarismes ethniques/racistes&#8230;), in&#233;galitaristes et &#233;galitaires, &#8211; que s'expriment g&#233;n&#233;ralement maintes esp&#233;rances et d&#233;ceptions (plut&#244;t que des d&#233;sillusions), concernant, en l'occurrence, les traitements du probl&#232;me de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les profiteurs de la croissance et co-facteurs du r&#233;endettement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La croissance et le r&#233;-endettement subsaharien&#183;ne&#183;s ont &#233;t&#233; aussi en faveur d'une minorit&#233; vari&#233;e. Par co&#239;ncidence, l'ann&#233;e 2015, pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme celle de la fin du cycle de forte croissance, est aussi celle du rapport du Groupe de hautes personnalit&#233;s sur les flux financiersillicites d&#233;montrant que, entre autres, une part des profits r&#233;alis&#233;s pendant la p&#233;riode de forte croissance est sortie illicitement, apr&#232;s avoir, par ailleurs, &#233;chapp&#233; &#224; l'imposition. Ou l'avoir minor&#233;, en favorisant l'optimisation fiscale des grandes entreprises qui rendait les pays attractifs pour les investisseurs &#233;trangers. Des pratiques courantes contribuant ainsi au d&#233;ficit budg&#233;taire des &#201;tats africains en g&#233;n&#233;ral, subsahariens en l'occurrence, donc un facteur de leur endettement. Autrement dit sans ces flux financiers illicites, ou fuite de capitaux, le r&#233;-endettement aurait &#233;t&#233; &#233;vit&#233; ou att&#233;nu&#233; &#8211; exclusion faite de l'esprit pr&#233;dateur des gouvernants. Ce qui est confirm&#233; par le Rapport sur le d&#233;veloppement de l'Afrique 2020 de la Cnuced [46] : &#171; Au total, les fuites des capitaux se sont mont&#233;es &#224; environ 88,6 milliards de dollars par an en 2013-2015,soit environ 3,7 % du PIB africain &#187;(p. 177), soit de 3 &#224; 2 fois le service de la dette ext&#233;rieure africaine pendant chacune de ces trois ann&#233;es, soit plus que la dite aide publique au d&#233;veloppement (48 milliards de dollars) ou les investissements &#233;trangers directs (54 milliards de dollars).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fuite des capitaux du continent africain vers le Nord est deux &#224; trois fois plus &#233;lev&#233;e que le service de la de ext&#233;rieure. C'est le double de l'aide publique au d&#233;veloppement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui, sur les trois ans (268,5 milliards $), est sup&#233;rieur &#224; la somme du service de la dette ext&#233;rieure de l'Afrique de 2010 &#224; 2017 (234,50 milliards $), ainsi qu'&#224; celui de l'ensemble des pays dits en d&#233;veloppement de 2014 (252,2 milliards $). Pendant la p&#233;riode de forte croissance &#8211; accompagn&#233;e d&#233;j&#224; de r&#233;-endettement, y compris des &#201;tats ayant b&#233;n&#233;fici&#233; des initiatives PPTE et IADM et au cours de laquelle certains &#201;tats, autres que l'Afrique du Sud, se sont lanc&#233;s dans l'emprunt obligataire &#8211; &#171; Entre 2000 et 2015, elle[la fuite des capitaux]s'est &#233;lev&#233;e &#224; 836 milliards de dollars, soit 2,6 % du PIB. En moyenne, au cours de la p&#233;riode 2013-2015, les valeurs aberrantes absolues les plus importantes concernent le Nig&#233;ria (41 milliards de dollars), l'&#201;gypte (17 milliards de dollars) et l'Afrique du Sud (14,1 milliards de dollars) [47] &#187;(p. 208), rapport&#233;e &#224; la&#171; dette ext&#233;rieure de 770 milliards $US en 2018, &#8220;l'Afrique est un[e]cr&#233;anci[&#232;re]net[te]du reste&#8221; [48] &#187;.{}&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fuite des capitaux atteint des records au Nig&#233;ria, en Egypte et en Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participent aussi &#224; cette fuite des capitaux des gouvernants complices des investisseurs &#8211; dans la fraude fiscale, par exemple &#8211;, s'octroyant des privil&#232;ges l&#233;gaux ou/et ill&#233;gaux, d&#233;tournant des fonds publics en guise d'accumulation initiale priv&#233;e du capital [49], etc. Ainsi que des entrepreneurs locaux &#8211; dont des millionnaires en dollars :Maurice compte 3200 millionnaires. Le nombre de millionnaires a cr&#251; de 250 % entre 2000 et 2015 sur cette &#238;le touristique de l'oc&#233;an Indien, loin devant la moyenne de 146 % en Afrique[&#8230;]Jusqu'&#224; la fin du mois de juin dernier, il y avait 163.000 millionnaires en dollars am&#233;ricains sur le continent africain, avec une fortune estim&#233;e &#224; 670 milliards USD [50] &#187;&#8211;, bon nombre, par leur proximit&#233; avec les gouvernants, jouant de la surfacturation des march&#233;s avec les pouvoirs publics, obtenant la garantie de leurs emprunts par l'&#201;tat [51], voire revendiquant des dettes de l'&#201;tat &#224; leur &#233;gard (dans la dette int&#233;rieure) s'av&#233;rant fictives en cas d'audit (pratiques non pas particuli&#232;res aux capitalistes africain&#183;e&#183;s, mais capitalistes universelles).James K. Boyce, L&#233;once Ndikumanapr&#233;cisent que&#171; les &#233;lites nationalessont aid&#233;es et encourag&#233;es par des banques, des comptables etdes soci&#233;t&#233;sde conseil externes pour orchestrer la fuite des capitaux des pays africains &#187; [52].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour r&#233;aliser la fuite des capitaux les &#233;lites nationales sont aid&#233;es et encourag&#233;es par des banques, des comptables et des soci&#233;t&#233;s de conseil externes pour orchestrer la fuite des capitaux des pays africains&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parler du fardeau de la dette publique ext&#233;rieure africaine, subsaharienne en l'occurrence, exige de mentionner qu'elle profite &#224; ces cat&#233;gories qui pouvaient &#234;tre &#8220;sanctionn&#233;es&#8221;, si seulement la&#171; communaut&#233; internationale &#187; &#8211;ces flux pouvant &#234;tre trac&#233;s, aussi bien dans les circuits financiers, patrimoniaux &#8220;normaux&#8221; que dans les paradis fiscaux, comme le prouvent les diff&#233;rents &#8220;papers&#8221; depuis quelques ann&#233;es, mentionnant aussi des dirigeant&#183;e&#183;s subsaharien&#183;ne&#183;s &#8211; &#233;tait anim&#233;e par le sens de la justice, plut&#244;t que de faire porter en fin de compte le fardeau du service de la dette par les classes/couches sociales populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dette sous la Covid-19&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi c'est en pleine croissance d'un r&#233;-endettement de maints &#201;tats subsahariens, d'un surendettement de certains d'entre eux, que la Covid-19 est arriv&#233;e en Afrique ; les mesures pr&#233;ventives entrainaient, de surcro&#238;t, un ralentissement de l'&#233;conomie, mondialement comme localement. L'impact du processus de n&#233;olib&#233;ralisation, en cours depuis l'ajustement structurel des ann&#233;es 1980-1990, sur les syst&#232;mes de sant&#233; publique, pr&#233;sent&#233; d'une certaine fa&#231;on dans l'&#201;tat de la sant&#233; dans la r&#233;gion Afrique de l'OMS(2018), pr&#233;sageait des effets d'un degr&#233; de virulence pire quece qui se manifestait d&#233;j&#224; dans les soci&#233;t&#233;s du capitalisme d&#233;velopp&#233;.La forte croissance des &#233;conomies africaines en g&#233;n&#233;ral, subsaharienne en l'occurrence, n' y avait pas stopp&#233; la d&#233;gradation des syst&#232;mes de sant&#233; publique &#233;voqu&#233;e plus haut. La r&#233;cente &#233;pid&#233;mie d'Ebola dans quelques pays d'Afrique de l'Ouest (2014-2016), avec sa dizaine de milliers de mort&#183;e&#183;s, victimes aussi d'une certaine pr&#233;carit&#233; des syst&#232;mes de sant&#233; locaux, ne s'&#233;tait pas effac&#233;e des m&#233;moires. Ce qui a contribu&#233; au catastrophisme sanitaire ayant caract&#233;ris&#233; les premi&#232;res pr&#233;visions sur les effets de la pand&#233;mie dans la sous-r&#233;gion [53], et a eu, malgr&#233; tout, un effet mobilisateur sur certains dirigeant&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s, &#224; l'instar du chef d'&#201;tat s&#233;n&#233;galais, sur des personnalit&#233;s, organisations de la soci&#233;t&#233; civile/du mouvement social. Ainsi, l'annulation de la dette publique ext&#233;rieure des &#201;tats africains, devant permettre au moins le transfert du service de la dette au financement de la sant&#233; publique et &#224; la solidarit&#233; sociale, a &#233;t&#233; assez vite pr&#233;sent&#233;e comme un moyen de plus dans la lutte contre la pand&#233;mie dans ces soci&#233;t&#233;s de revenu faible et interm&#233;diaire, aux &#233;conomies particuli&#232;rement extraverties. Un appel au bon sens lanc&#233; &#224; la&#171; communaut&#233; internationale &#187;dont les r&#233;ponses n'ont pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur des attentes relevant de l'humanisme, plut&#244;t que de la religion du profit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) ou l'all&#232;gement-alourdissement du service de la dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res internationales, des &#201;tats membres du Club de Paris, du G20, comme ayant apparemment entendu autre chose, ont r&#233;pondu d'abord par l'Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) &#8211; d&#233;cid&#233;e en avril 2020. Il s'agissait d'all&#233;ger le service de la dette des &#201;tats consid&#233;r&#233;s comme &#224; faible revenu, non pas en proc&#233;dant &#224; quelque annulation, comme demand&#233;e par des &#201;tats africains et des organisations de la soci&#233;t&#233; civile, en l'occurrence, mais de suspendre le paiement du service de la dette bilat&#233;rale de mai &#224; d&#233;cembre 2020, afin de&#171; concentrer[les]ressources sur la lutte contre la pand&#233;mie et[de]prot&#233;ger la vie et les moyens de subsistance de millions de personnes vuln&#233;rables [54] &#187;. Parmi les crit&#232;res, il fallait faire partie &#171; des pays &#233;ligibles aux financements de l'AID [Association internationale pour le d&#233;veloppement, charg&#233;e des pr&#234;ts concessionnels de la Banque mondiale], qui sont &#224; jour sur le service de la dette d&#251;e au FMI et &#224; la Banque mondiale &#187; (qui &#171; b&#233;n&#233;ficient d'un financement du FMI, y compris des facilit&#233;s rapides d'urgence (IFR/FCR), ou en ont fait la demande &#224; la Direction g&#233;n&#233;rale du FMI &#187;) ainsi des &#171; pays les moins avanc&#233;s tels que d&#233;finis par les Nations unies, qui sont &#224; jour sur le service de la dette d&#251; au FMI et &#224; la Banque mondiale &#187; [55] et b&#233;n&#233;ficier ou avoir sollicit&#233; un financement du FMI. Et, &#224; condition, entre autres, d'utiliser l'argent pour&#171; accro&#238;tre les d&#233;penses sociales, sanitaires ou &#233;conomiques en r&#233;ponse &#224; la crise &#187;et de&#171; ne contracter aucune nouvelle dette mon concessionnelle pendant la p&#233;riode de suspension, autre que les accords dans le cadre de cette initiative ou conform&#233;ment aux limites convenues dans le cadre de la politique de limitation de la dette (DLP) du FMI ou de la politique de la Banque mondiale sur les emprunts non concessionnels &#187;. Le service suspendu &#233;tant r&#233;&#233;chelonn&#233; sur trois ans (2022-2024), avec une ann&#233;e de gr&#226;ce. 28 &#201;tats subsahariens y ont particip&#233;, apr&#232;s l'avoir demand&#233;. 6 autres, &#233;ligibles, ne l'ont pas fait &#224; cause probablement, entre autres, de l'engagement &#224; ne pas contracter un emprunt non concessionnel (sur le march&#233; financier, par exemple) le temps de la suspension ou de la faible part de leur dette bilat&#233;rale. Envisageable &#224; son lancement, l'initiative a &#233;t&#233; prolong&#233;e par la suite, d'abord jusqu'en juin 2021, puis jusqu'en d&#233;cembre 2021 &#8211; le paiement du service suspendu et l'ann&#233;e de gr&#226;ce &#233;tant par cons&#233;quent prolong&#233;s jusqu'en 2026 &#8211; afin de permettre&#171; aux pays b&#233;n&#233;ficiaires de mobiliser davantage de ressources pour faire face aux d&#233;fis de la crise et, le cas &#233;ch&#233;ant, de passer &#224; une approche plus structurelle pour rem&#233;dier aux vuln&#233;rabilit&#233;s de la dette, notamment par le biais d'un programme soutenu par le FMI de qualit&#233; dans les tranchessup&#233;rieures de cr&#233;dit et d'un traitement dans le Cadre commun [56] &#187;. En effet, par la suite, en novembre 2020, a &#233;t&#233; aussi initi&#233; un &#171; Cadre commun pour les traitements de dette au-del&#224; de l'ISSD &#187; portant sur la restructuration de la dette, par n&#233;gociation au cas par cas entre le d&#233;biteur et les institutions multilat&#233;rales (Banque mondiale, FMI), et avec les autres cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le Club de Paris, ayant suspendu 1,807 milliard de dollars des 28 &#201;tats subsahariens ayant particip&#233; &#224; l'initiative &#8211; sur 4,6 milliards pour les 42 &#201;tats de sa liste &#8211;, de mai 2020 &#224; d&#233;cembre 2021, ou pendant un ou deux des semestres [57], il s'agit d'un succ&#232;s [58]. Une appr&#233;ciation nullement partag&#233;e, par exemple, par des organisations n'ayant pas attendu la fin du moratoire pour en faire la critique. Par exemple, l'European Network on Debt and Development (Eurodad) se demandait en octobre 2020 si cette&#171; initiative de suspension du service de la dette du G20 [ne revenait pas] &#224; &#233;coper le Titanic avec un seau ? &#187; [59]. Quant au &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Le-CADTM-condamne-les-mesures-du-G20-sur-la-dette&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes&lt;/a&gt; (CADTM, pr&#233;c&#233;demment Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde), il avait carr&#233;ment condamn&#233; l'initiative [60].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'ISSD, il &#233;tait reproch&#233; principalement d'avoir remplac&#233; la demande d'annulation de la dette, qu'elle soit partielle ou int&#233;grale, par une demande de suspension du service de la dette. Ce qui, certes, n'a pas manqu&#233; d'aider les d&#233;biteurs participant &#224; l'ISSD, surtout ceux ayant un service lourd pendant la p&#233;riode de suspension, &#224; l'instar du Cameroun (368 millions de dollars, sur un service total, tous cr&#233;anciers confondus, de 885,228 millions de dollars [61]), de l'Angola (295 millions sur 6,886 milliards), du Kenya (209 millions, 2,422 milliards), de la Mozambique (171 millions sur 1,407 milliard), du Congo-Brazzaville (145 millions sur 733,860 millions), de la C&#244;te d'Ivoire (125 millions sur 1,896 milliard), du S&#233;n&#233;gal (102 millions sur 1,335 milliard), de la Tanzanie (85 millions sur1,198 milliard), concernant le Club de Paris (auquel &#233;taient associ&#233;&#183;e&#183;s le Portugal et la Turquie). Pour certains &#201;tats comme les Comores (sur 5,131 millions de dollars), la Guin&#233;e-Bissau (15,851 millions de dollars) le Tchad (110,789 millions), il s'est agi &#224; peine de 2 millions de dollars pour chacun ; 1 million de dollars pour le Lesotho (sur 59,818 millions de dollars), le Togo (sur 85,927 millions de dollars). Pour les uns comme pour les autres, il s'agit de sommes presque insignifiantes en pourcentage. De son c&#244;t&#233; la Chine a proc&#233;d&#233; &#224; une suspension globale de 5,7 milliards de dollars et revendique concernant l'Afrique subsaharienne des&#171; suspensions de paiement du service de la dettede plus de 1,3 milliard de dollars, soit pr&#232;s de 30% de la suspension totale du service de la dette du G20, faisant du pays le plus grand contributeur &#224; l'ISSD &#187; [62], mais sans donner des d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il ne s'agissait que d'un report de paiement non d'une r&#233;duction, l'all&#232;gement n'ayant &#233;t&#233; que provisoire, une accumulation d'arri&#233;r&#233;s (gratuits) dont le paiement est &#233;tal&#233; sur trois &#224; quatre ans plut&#244;t qu'&#224; payer en un an. Ainsi, le terme &#8220;all&#232;gement&#8221; est quelque peu trompeur, car il s'agit aussi, &#233;videmment, d'un alourdissement du service de la dette pour les quatre ann&#233;es suivantes. &#192; moins que l'ISSD soit suivie de l'obtention, apr&#232;s n&#233;gociation au cas par cas, d'une r&#233;duction de la dette par le Cadre commun de traitement de la dette au-del&#224; de l'ISSD &#187; (&#224; quel prix social populaire ?). Pour le moment aucune des trois demandes (&#201;thiopie, Tchad, Zambie) dans le Cadre commun n'est &#224; un stade avanc&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Institutions multilat&#233;rales et cr&#233;anciers priv&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La modicit&#233; des sommes suspendues s'explique par le fait d'une part que la Banque mondiale qui est une cr&#233;anci&#232;re de grande importance &#8211; 18,9 % de la partie de la dette subsaharienne concern&#233;e par l'ISSD [63]&#8211;, cens&#233;e &#234;tre, avec le FMI, au d&#233;part de l'initiative et servant de r&#233;f&#233;rence pour l'&#233;ligibilit&#233; des b&#233;n&#233;ficiaires, s'est exempt&#233;e de proc&#233;der &#224; quelque all&#232;gement tout en s'affirmant pr&#233;occup&#233;e par la r&#233;ussite de cet all&#232;gement(-alourdissement). Ce qui ne manque pas de coh&#233;rence,malgr&#233; l'apparence. En effet, il n'y a pas pour cette institution multilat&#233;rale (c'est-&#224;-dire dont les parts ne sont d&#233;tenues que par les gouvernements, institution appartenant au syst&#232;me des Nations unies) de contrainte concernant la participation &#224; l'ISSD en tant que cr&#233;anci&#232;re. Selon la fiche technique de l'ISSD :&#171; Les banques multilat&#233;rales de d&#233;veloppement seront invit&#233;es &#224; explorer plus avant les options de suspension du service de la dette pendant la p&#233;riode de suspension, tout en maintenant leur notation actuelle et leur faible co&#251;t de financement [64] &#187;. La Banque mondiale manifeste aussi bien de l'incoh&#233;rence que de la coh&#233;rence, non pas sous le m&#234;me rapport, certes. Incoh&#233;rence en effet par rapport &#224; sa position de soutien majeur &#224; l'ISSD et le refus, en m&#234;me temps de s'engager &#224; proc&#233;der &#224; la suspension, c'est-&#224;-dire de faire ce qu'elle pousse les cr&#233;anciers bilat&#233;raux &#224; faire, alors qu'avec les autres banques multilat&#233;rales de d&#233;veloppement, elles d&#233;tiennent une part des cr&#233;ances quasi &#233;quivalente &#224; celle bilat&#233;rale. Par attachement &#224; sa&#171; notation actuelle &#187;mentionn&#233;e dans la fiche technique.Comme l'affirmentIolanda Fresnillo etalii,&#171; Les priorit&#233;s de la Banque mondiale : pr&#233;server son alliance avec les agences de notation et les march&#233;s financiers &#187;(p. 14). En toute coh&#233;rence, en fait, car sa pratique, tout comme celles du FMI, de la BAD et consorts, consiste &#224; favoriser, &#224; construire le&#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187;dans le &#171; d&#233;veloppement &#187;, le n&#233;olib&#233;ralisme est loin d'&#234;tre mourant. C'est ainsi que, d'autre part, les cr&#233;anciers priv&#233;s, dont la part s'accro&#238;t depuis quelques ann&#233;es dans la dette publique africaine en g&#233;n&#233;ral [65], subsaharienne en l'occurrence, passant de 56 milliards de dollars en 2010 &#224; 194 milliards en 2019, dont 135 milliards dus aux porteurs d'obligations, jusqu'&#224; &#234;tre la part la plus importante selon les &#233;tudes r&#233;centes cit&#233;es plus haut, se sont quasiment tenus &#224; l'&#233;cart de l'initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour cause, ils &#233;taient plus exempt&#233;s de contrainte que les banques multilat&#233;rales :&#171; Les cr&#233;anciers priv&#233;s seront appel&#233;s publiquement &#224; participer &#224; l'initiative &#224; des conditions comparables &#187;. Ce que leur syndicat, l'Institut de la Finance Internationale (IFF) a traduit entermes de&#171; participation volontaire du secteur priv&#233; &#187;dont l'efficacit&#233; promise s'est sold&#233;e par la suspension de 0,024 milliards de dollars par des cr&#233;anciers priv&#233;s, pour l'ensemble des d&#233;biteurs participant &#224; l'ISSD [66]. Les appels &#224; leur participation lanc&#233;s par la directrice du FMI et le pr&#233;sident de la Banque mondiale ne pouvaient avoir d'effets, l'ayant &#233;t&#233; plut&#244;t pour la forme. L'essentiel &#233;tant ainsi qu'ils ont &#233;t&#233;&#171; appel&#233;s publiquement &#224; participer &#187;.Sans plus. Ce serait en fait illogique, dans ce contexte n&#233;olib&#233;ral, que ces institutions multilat&#233;rales (de la fonction publique internationale, formellement) en imposent au Capital financier (priv&#233;), avant-garde actuelle du capitalisme, au service duquel elles dictent, depuis quatre d&#233;cennies, &#224; des &#201;tats dits souverains, en l'occurrence de la p&#233;riph&#233;rie subsaharienne, des fondamentaux &#233;conomiques du capitalisme d'aujourd'hui. Une question de pouvoir effectif. Ainsi, par exemple, les agences de notation, sorte de milices des cr&#233;anciers priv&#233;s, ont, sans vergogne, menac&#233; certains &#201;tats africains, &#224; l'instar du s&#233;n&#233;galais, non pas d'envisager solliciter une suspension aux cr&#233;anciers priv&#233;s, mais juste pour avoir adh&#233;r&#233; &#224; l'ISSD, sous peine de baisser leur note, s'exposant ainsi, en guise de repr&#233;sailles, &#224; emprunter &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t plus &#233;lev&#233;s sur les march&#233;s financiers, offens&#233;s dans leur souverainet&#233; de facto [67].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui peut expliquer aussi la non participation du Ghana et du Nigeria, &#233;ligibles mais dont les principaux cr&#233;anciers &#233;taient priv&#233;s, comme la C&#244;te d'Ivoire et le S&#233;n&#233;gal (respectivement &#224; hauteur de 37 %, 37 %, 45 %, et 31 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services de la dette dus aux cr&#233;anciers priv&#233;s, en 2020 et 2021 ont &#233;t&#233; bel et bien pay&#233;s. Y compris avec une part de ce qui devrait &#234;tre consacr&#233; &#224; la lutte contre la Covid-19 et ses cons&#233;quences sociales, &#233;conomiques, le suivi que&#171; les ressources lib&#233;r&#233;es par cette initiative b&#233;n&#233;ficieront directement aux populations des pays les plus pauvres touch&#233;s par la crise &#187;(Club de Paris) ayant &#233;t&#233; oubli&#233; en chemin. Lescons&#233;quences de la pand&#233;mie sur le quotidien de centaines de millions de personnes des couches sociales populaires relevaient, pour ces cr&#233;anciers, d'une tout autre plan&#232;te. Ils n'ont pas ainsi &#233;t&#233; perturb&#233;s par lesdits all&#232;gements. D'autant plus que l'ann&#233;e 2020 a &#233;t&#233; aussi une ann&#233;e d'endettement. Malgr&#233; la suspension du service de la dette, quelques annulations de dettes par le FMI (600 millions de dollars, cf. Jubilee Debt Campaign, &#171; How the G20 debt suspension&#8230; &#187;), le stock de la dette subsaharienne est pass&#233; de 665 milliards de dollars en 2019 &#224; 702 milliards de dollars en 2020. Par exemple, des &#201;tats ISSD ont re&#231;u pendant la p&#233;riode des pr&#234;ts du FMI &#8211; dont le processus avait &#233;t&#233; d&#233;clench&#233; avant la pand&#233;mie (une condition d'&#233;ligibilit&#233; &#224; l'ISSD), ou subs&#233;quemment &#224; la pand&#233;mie et ses effets :&#171; l'ann&#233;e derni&#232;re nous avons octroy&#233; des pr&#234;ts d'un montant 13 fois sup&#233;rieur &#224; la moyenne annuelle de la d&#233;cennie pr&#233;c&#233;dente &#187;, a affirm&#233; la Directrice g&#233;n&#233;rale du FMI en mars 2022 [68].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#234;ts du FMI, faut-il rappeler sont toujours conditionn&#233;s par l'application des&#171; r&#233;formes structurelles &#187;profitables au Capital priv&#233;. D'autres cr&#233;anciers bilat&#233;raux, multilat&#233;raux et priv&#233;s ont aussi pr&#234;t&#233;s &#224; l'Afrique subsaharienne. Par exemple, la dette publique ext&#233;rieure du Kenya &#8211; un grand d&#233;biteur du priv&#233;, n'ayant rejoint l'ISSD qu'&#224; compter de janvier 2021 et obtenu une suspension de 209 millions de dollars &#8211; est pass&#233;e de 34,9 milliards de dollars &#224; 38,1 milliards. Celle du Niger &#8211; dernier rang mondial de l'Indice de d&#233;veloppement humain en 2019, comme en 2020, et confront&#233; au terrorisme &#8211;, dont le service a &#233;t&#233; suspendu de mai 2020 &#224; d&#233;cembre 2021 pour 16 millions de dollars, est pass&#233;e de 2019 &#224; 2020, de 3,6 milliards de dollars &#224; 4,5 milliards de dollars. Ce qui a continu&#233; en 2021, 2022. Ainsi, en cette ann&#233;e 2022, le Ghana qui n'empruntait plus au FMI depuis 2019, s'est remis en programme avec, car surendett&#233; et subissant, comme les autres pays subsahariens, l'impact &#233;conomique (inflation) de l'invasion russe de l'Ukraine, source d'approvisionnement en produits alimentaires, en hydrocarbures, en engrais&#8230; Plus du tiers des &#201;tats subsahariens se trouve donc en situation de surendettement ou expos&#233; &#224; l'&#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les emprunts de ces ann&#233;es de pand&#233;mie servent aussi &#224;, entre autres, payer le service de la dette aux cr&#233;anciers priv&#233;s. Ainsi, comme l'a d&#233;montr&#233; la Jubilee Debt Campaign, tout en &#233;tant hostiles &#224; l'ISSD, cescr&#233;anciers priv&#233;s en ont &#233;t&#233;, au final, des b&#233;n&#233;ficiaires [69]. Et paraissent d&#233;termin&#233;s &#224; contrer le Cadre commun qui, plus qu'une br&#232;ve suspension, envisage la restructuration de la dette des &#201;tats demandeurs. Le principe du traitement au cas par cas para&#238;t ne pas int&#233;resser les d&#233;biteurs, beaucoup moins nombreux que pour l'ISSD : trois candidats seulement (Tchad, &#201;thiopie, puis Zambie) depuis janvier 2021 (le comit&#233; des cr&#233;anciers de la Zambie a pris, le 18 juillet 2022, sa premi&#232;re d&#233;cision, un soutien &#224; un emprunt au FMI sollicit&#233; par la Zambie). Serait-ce par crainte de repr&#233;sailles de la part des [70] cr&#233;anciers priv&#233;s, par des &#201;tats pris au pi&#232;ge du&#171; syst&#232;me dette &#187; ? Les cr&#233;anciers priv&#233;s ne s'&#233;tant pas encore exprim&#233;s concernant le processus zambien, quand bien m&#234;me&#171; le comit&#233; des cr&#233;anciers invit[ait]instamment les cr&#233;anciers priv&#233;s et les autres cr&#233;anciers bilat&#233;raux &#224; s'engager sans d&#233;lai &#224; n&#233;gocier avec la Zambie les traitements de la dette qui sont essentiels pour garantir la pleine efficacit&#233; du traitement de la dette de la Zambie au titre du cadre commun [71] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre r&#233;ponse apport&#233;e par la &#171; communaut&#233; internationale &#187;, suite &#224; la demande, en 2020, de certaines organisations de la soci&#233;t&#233; civile/mouvement social, de certains dirigeants africains, a &#233;t&#233; l'annonce par le FMI, en ao&#251;t 2021, de l'offre &#224; tous les &#201;tats membres de 456 milliards de droits de tirage sp&#233;ciaux (650 milliards de dollars), une allocation r&#233;glementaire de secours aux &#201;tats membres en cas de n&#233;cessit&#233; &#233;vidente, non remboursable. &#192; repartir conform&#233;ment au principe in&#233;galitaire, de l'institution : non pas &#8220;un pays, une voix&#8221;, mais &#8220;un dollar, une voix&#8221;, autrement dit, proportionnellement &#224; la quote-part, au poids dans l'&#233;conomie mondiale de chaque &#201;tat. Ainsi, les &#201;tats-Unis (17, 43 %, soit 118 mds $), le Japon (6,47 %), la Chine (6,40 % ; 43 mds), l'Allemagne (5,59 %) ont re&#231;u chacun plus que l'ensemble de l'Afrique (5 %), soit par exemple, 118 milliards de dollars pour les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, 43 milliards de dollars pour la Chine contre 33 mds pour les 54 &#201;tats africains. L'avis est assez partag&#233; que les sommes allou&#233;es aux &#201;tats subsahariens sont insuffisantes. Des &#201;tats comme le Congo, la Guin&#233;e, la Guin&#233;e &#233;quatoriale, le Tchad, le Malawi, la Mauritanie ont consacr&#233; la totalit&#233; ou presque de leur allocation &#224; la r&#233;duction de leur dette au FMI. Par ailleurs, conscientes de la modicit&#233; des allocations, certaines puissances &#233;conomiques avaient promis de transf&#233;rer une partie de leur part de DTS aux &#201;tats dits pauvres, dont des subsahariens. N&#233;anmoins, apr&#232;s l'annonce de la d&#233;cision,&#171; la &lt;a href=&#034;http://www.cadrm.org/Effet-d-annonce-du-FMI-a-propos-de-650-milliards-de-dollars-de-Droits-de-Tirage&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proposition qui domine&lt;/a&gt; actuellement les d&#233;bats consiste &#224; un jeu de dupes. Les pays riches pr&#234;teraient &#224; int&#233;r&#234;t une part des DTS qui leur sont allou&#233;s alors qu'ils y auront acc&#232;s gratuitement [72] &#187;. La France, par exemple, s'&#233;tait propos&#233;e de pr&#234;ter une part de ses DTS au Soudan, en guise &#8230; d'aide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'&#233;manciper du &#171; syst&#232;me dette &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les cons&#233;quences socio-&#233;conomiques de la pand&#233;mie, ayant empir&#233; la vie des centaines de millions de personnes sur tous les continents d&#233;j&#224; victimes du syst&#232;me capitaliste auparavant, auxquelles se sont ajout&#233;es celles de l'invasion de l'Ukraine, les seigneurs de la &#171; communaut&#233; internationale &#187; (&#201;tats du G7, cr&#233;anciers priv&#233;s, institutions financi&#232;res multilat&#233;rales) paraissent d&#233;cid&#233;s &#224; faire moins que l'initiative PPTE et l'IADM (d&#233;cri&#233;es en leur temps comme &#233;tant des pseudo-solutions, de surcro&#238;t inscrites dans le si socialement nocif ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral) en ne proc&#233;dant pas &#224; l'annulation des dettes. Ce qui serait possible, comme le rappelait Oxfam, par exemple, en vendant une petite partie de la r&#233;serve d'or du FMI. Ainsi, ils ne cessent de prouver par leur insensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard des solutions sens&#233;es, concernant l'endettement critique et ses effets sociaux, propos&#233;es depuis des d&#233;cennies par des organisations de la soci&#233;t&#233; civile/mouvements sociaux,&#171; qu'il n' y a rien &#224; attendre des institutions financi&#232;res internationales &#187;et autres seigneurs du syst&#232;me (dont les &#201;tats puissances). Il s'agit d'une insensibilit&#233; logique, maquill&#233;e en man&#339;uvres de diversion, dict&#233;e par le principe du profit-roi. Comme cela se manifeste aussi sur la question &#233;cologique, si vitale mais malmen&#233;e par les transnationales extractivistes, entre autres. Malheureusement, il n'y a aussi rien &#224; attendre des classes dirigeantes et dominantes d'Afrique, en g&#233;n&#233;ral, de la sous-r&#233;gion subsaharienne, dont les int&#233;r&#234;ts s'opposent &#224; une dynamique de mobilisation d&#233;mocratique contre le &#171; syst&#232;me dette &#187; comme instrument de reproduction d'une humanit&#233; in&#233;galitaire, du syst&#232;me des in&#233;galit&#233;s plus dynamique que jamais auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura d'issue &#171; au syst&#232;me dette &#187; que par la construction d'une dynamique alternative, &#224; celle des saigneurs des peuples par la dette, pour une souverainet&#233; populaire et d&#233;mocratique, tirant les le&#231;ons des diff&#233;rents &#233;checs dans la construction du panafricanisme et de l'internationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga, 11 ao&#251;t 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le taux de croissance du PIB est, dans la &#8220;science &#233;conomique&#8221; h&#233;g&#233;monique, un crit&#232;re majeur d'appr&#233;ciation de la sant&#233; &#233;conomique d'un pays. Ce qui est contest&#233;, tr&#232;s minoritairement pour le moment, par des &#233;conomistes et des non-&#233;conomistes. Par exemple, dans le calcul du PIB peuvent &#234;tre int&#233;gr&#233;s l'argent de la prostitution, du trafic de drogue, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] McKinsey Global Institute,&#171; L'heure des Lions &#187; : L'Afrique &#224; l'aube d'une croissance p&#233;renne&#8211; Synth&#232;se, p. 2 (la version int&#233;grale parue en anglais est intitul&#233;e Lions on the move : The progress and potential of African economies ; juin 2010) ;&lt;a href=&#034;http://www.mckinsey.com/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mckinsey.com/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &#171; Africa Rising &#187;, The Economist, december 3rd, 2011 ;&lt;a href=&#034;https://www.economist.com/leaders/2011/12/03/africa-rising&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.economist.com/leaders/2011/12/03/africa-rising&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] FMI, &#171; Acc&#233;l&#233;rer la croissance et r&#233;duire la pauvret&#233; en Afrique subsaharienne &#8211; le r&#244;le du FMI &#187;, d&#233;cembre 2000,&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/external/np/exr/ib/2000/fra/120100f.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/external/np/exr/ib/2000/fra/120100f.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Pour les adeptes du n&#233;olib&#233;ralisme, la croissance des ann&#233;es 2001-2015 est fille de l'ajustement structurel des ann&#233;es 1980-1990 :&#171; la pouss&#233;e r&#233;formiste [des] ann&#233;es 1990 leur a permis d'enregistrer des &#233;pisodes prolong&#233;es de croissance du PIB r&#233;el, qui ont dur&#233; parfois 30 ans. Cette croissance ininterrompue s'est traduite par un doublement du PIB dans 28 des 45 pays d'Afrique subsaharienne. &#187; selon le FMI (Perspectives &#233;conomiques r&#233;gionales. Afrique subsaharienne : faire face &#224; l'incertitude, octobre 2019, p.11 ;&lt;a href=&#034;http://www.imf.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.imf.org&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ma traduction de&#171; The new{}millenium has brought more disaster than hope to Africa. Worse, the few candles of hope are flickering weakly &#187;,&#171; The heart of the matter &#187;,The Economist, may 11th2000 ; &lt;a href=&#034;https://www.economist.com/special/2000/05/11/the-heart-of-the-matter&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.economist.com/special/2000/05/11/the-heart-of-the-matter&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Mamadou Gazibo et Olivier Mbabia, (pr&#233;face de Dr. Ibrahim Assane Mayaki, secr&#233;taire ex&#233;cutif du NEPAD),Index de l'&#233;mergence en Afrique 2017, PRAME (P&#244;le de recherche sur l'Afrique et le monde &#233;mergent)/OBEMA (Observatoire de l'&#233;mergence en Afrique), Montr&#233;al, 2018. Dans les ann&#233;es 1960, il a &#233;t&#233; question d'&#233;mergence en Afrique, mais pour pr&#233;diquer les &#201;tats produits par la d&#233;colonisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Les listes de l'Indexsont partiellement diff&#233;rentes de celles du FMI (Perspectives &#233;conomiques r&#233;gionales : Afrique subsaharienne, mai 2017, p. 13). Les crit&#232;res del'Indexne se limitant pas &#224; l'&#233;conomique, au-del&#224; donc de ceux ordinairement utilis&#233;s, par exemple, pour le groupe dit des BRICS, (dans lequel la pr&#233;sence sud-africaine n'avait pas manqu&#233; d'&#234;tre consid&#233;r&#233;e comme quelque g&#233;n&#233;rosit&#233; &#224; l'&#233;gard de l'Afrique plut&#244;t qu'une comparabilit&#233; ou proximit&#233; des performances sud-africaines avec celles des autres membres), voire avec ceux pour la Turquie et autres. Comme un ajustement, non d&#233;pr&#233;ciatif, une adaptation s&#233;mantique &#224; la &#8220;r&#233;alit&#233; africaine&#8221;. Dans sa pr&#233;face, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'Agence du NEPAD (Nouveau partenariat &#233;conomique pour le d&#233;veloppement de l'Afrique), Dr. Ibrahim Assane Mayaki pr&#233;cise ainsi le sens de l'&#233;mergence pr&#233;sent&#233;e dansl'Index :&#171; D&#233;velopper un index de l'&#233;mergence en Afrique, c'est aller au-del&#224; des aspects strictement quantitatifs, et prendre en compte un environnement qualitatif et n&#233;anmoins mesurable. Outre l'&#233;conomie, ce sont les champs de la politique, du d&#233;veloppement humain et de la soci&#233;t&#233; qu'il convient de convoquer &#187;(p. 5). Quant aux auteurs apr&#232;s un tour d'horizon de la polys&#233;mie d'&#171; &#233;mergence &#187;, ils la d&#233;finissent, dans l'avant-propos, comme&#171; un processus de transformation &#233;conomique soutenue qui se traduit par des performances aux plans social et humain et qui prend place dans un contexte politique et institutionnelstable susceptible d'en assurer la soutenabilit&#233; &#187;(p. 9). Ils indiquent au passage que pour certain&#183;e&#183;s auteur&#183;e&#183;s, &#171; la fin de la crise de la dette &#187;fait partie des&#171; myriades d'opportunit&#233;s &#187;qui caract&#233;risent{}l'&#233;mergence (p. 8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] FMI,Perspectives &#233;conomiques r&#233;gionales. Afrique subsaharienne : faire face &#224; l'incertitude, p. IX et 2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] On pourrait dire que ces deux initiatives n'ont pas encore pris fin, car la Somalie, trente et uni&#232;me &#201;tat subsaharien concern&#233;, n'a atteint qu'en 2020 le &#171; point de d&#233;cision &#187;, la premi&#232;re des deux &#233;tapes du processus (la seconde &#233;tant le &#171; point d'ach&#232;vement &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Le capitalisme chinois, tout en profitant de la n&#233;olib&#233;ralisation de la mondialisation capitaliste, n'est pas soumis &#224; la souveraint&#233; du capital priv&#233;, mais pilot&#233; par l'&#201;tat chinois, dont le parti dirigeant, le Parti communiste chinois, a de nombreux milliardaires parmi ses membres, voire les membres du comit&#233; central. Le plus c&#233;l&#232;bre et plus riche milliardaire chinois, Jack Ma, est membre du parti (il n'en a pas &#233;t&#233; d&#233;missionn&#233;, malgr&#233; quelques d&#233;saccords, sur la relative autonomie de son empire &#233;conomique, avec l'&#201;tat chinois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Ernest Mandel, &#171; La dynamique infernale de la spirale de l'endettement &#187;,Inprecor, 217, 1986,&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l'endettement?id=804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/article-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l'endettement?id=804&lt;/a&gt;, ou&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Coup-d-oeil-dans-le-retroviseur-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Coup-d-oeil-dans-le-retroviseur-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Damien Millet, &#171; L'initiative PPTE : entre illusion et arnaque &#187;, 2 d&#233;cembre 2003,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/L-initiative-PPTE-entre-illusion-et-arnaque&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/L-initiative-PPTE-entre-illusion-et-arnaque&lt;/a&gt; ; Aminata Barry Tour&#233;, &#171; Initiatives PPTE et all&#232;gement de la dette : Audit et r&#233;pudiation &#187;, 19 ao&#251;t 2006,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Initiatives-PPTE-et-allegement-de,2010&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Initiatives-PPTE-et-allegement-de,2010&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Marin Ferry, Beno&#238;t Jonveaux, Maxime Terrieux, &#171; La soutenabilit&#233; des dettes en Afrique : &#233;tat des lieux et enjeux futurs &#187;, Macro&#233;conomie et d&#233;veloppement, mai 2021, n&#176; 34, p. 17-23.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] De +10 points du Mali, S&#233;n&#233;gal et Rwanda &#224; +25 points du Congo-Brazzaville en passant par +17 points du Ghana et du Lib&#233;ria, le +23 points du Niger, Ana&#239;s Le Gouguec &#171; L'Afrique aura-t-elle besoin d'une nouvelle initiative &#8220;Pays Pauvres Tr&#232;s Endett&#233;s&#8221; ? &#187;,Tr&#233;sor-&#201;co, n&#176; 164, mars 2016, p. 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Cf., par exemple, cette pr&#233;sentation de la crise pr&#233;c&#233;dente de la dette, Ernest Mandel, &#171; La dynamique infernale de la spirale de l'endettement &#187;,Inprecor, 217, 1986,&lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l'endettement?id=804&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/article-La-dynamique-infernale-de-la-spirale-de-l'endettement?id=804&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Avec aplomb, sans avoir pris le temps de s'informer, d&#233;j&#224;, l'&#233;conomiste s&#233;n&#233;galais Felwine Sarr affirmait que &#171; majoritairement (except&#233; pour la Chine) nous nous endettons &#224; des taux concessionnels &#187;(Felwine Sarr (propos recueillis par Folashad&#233; Soul&#233; et Camilla Toulmin),&#171; Felwine Sarr : La crise du Covid-19 indique une n&#233;cessit&#233; de changement et de repenser le monde de demain &#187;,ineteconomics.org,{}16 juin 2020,&lt;a href=&#034;https://www.ineteconomics.org/perspectives/blog/felwine-sarr-la-crise-du-covid-19-indique-une-n&#233;cessit&#233;-de-changement-et-de-repenser-le-monde-de-demain&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ineteconomics.org/perspectives/blog/felwine-sarr-la-crise-du-covid-19-indique-une-n&#233;cessit&#233;-de-changement-et-de-repenser-le-monde-de-demain&lt;/a&gt;). Alors que si les pr&#234;ts de la Chine peuvent l'&#234;tre &#224; des taux sup&#233;rieurs &#224; ceux des autres cr&#233;anciers bilat&#233;raux (les &#201;tats) ainsi que des multilat&#233;raux (Banque mondiale, FMI, etc.), il n'atteignent pas g&#233;n&#233;ralement ceux des cr&#233;anciers priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Cf., par exemple, parmi les plus r&#233;cents, &#171; Les pr&#234;ts chinois &#224; l'Afrique pourraient d&#233;clencher une crise financi&#232;re mondiale, selon Olaf Scholz [chancelier allemand] &#187;,Agence Ecofin, 31 mai 2022,&lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/actualites/3105-98211-les-prets-chinois-a-lafrique-pourraient-declencher-une-crise-financiere-mondiale-selon-olaf-scholz&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agenceecofin.com/actualites/3105-98211-les-prets-chinois-a-lafrique-pourraient-declencher-une-crise-financiere-mondiale-selon-olaf-scholz&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Malick Diawara, &#171; Dette et colonisation de l'Afrique : ces peurs que r&#233;veille la Chine &#187;,Le Point Afrique, 2018,&lt;a href=&#034;https://www.lepoint.fr/economie/dette-et-colonisation-de-l-afrique-ces-peurs-que-reveille-la-chine-03-09-2018-2247943_28.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lepoint.fr/economie/dette-et-colonisation-de-l-afrique-ces-peurs-que-reveille-la-chine-03-09-2018-2247943_28.php&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Chiara Filoni, &#171; La politique de pr&#234;ts chinoise en Afrique subsaharienne &#187;, 2 janvier 2020,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-politique-de-prets-chinoise-en-Afrique-subsaharienne&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/La-politique-de-prets-chinoise-en-Afrique-subsaharienne&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Le dollar indiqu&#233; dans l'ensemble du texte est celui des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Debt Justice (ex-Jubilee Debt Campaign), &#171; African governments owe three times more debt to private lenders than China &#187;, 11 juillet 2022 ;&lt;a href=&#034;https://debtjustice.org.uk/press-release/african-governments-owe-three-times-more-debt-to-private-lenders-than-china&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://debtjustice.org.uk/press-release/african-governments-owe-three-times-more-debt-to-private-lenders-than-china&lt;/a&gt;. En 2018 d&#233;j&#224;, la m&#234;me organisation affirmait que &#171; &#183;20 % of African government external debt is owed to China&#183;17 % of African government external interest payments are made to China&#183;In contrast, 32 % of African government external debt is owed to private lenders, and 35 % to multilat&#233;ral institutions such as the World Bank&#183;55 % of external interest payments are to private creditors &#187;Jubilee Debt Campaign, &#171; Africa's growing debt crisis : Who is the debt owed to ? &#187;, october 2018 ; Nicolas Lippolis &amp; Harry Verhoeven, &#171; Politics by Default : China and the Global Governance of African Debt &#187;, Survival. Global Politics and Strategy, vol. 64, 2022, issue 3, p. 153-178,&lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/00396338.2022.2078054.Concernant&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/00396338.2022.2078054.Concernant&lt;/a&gt; la participation fran&#231;aise, cf. Oxfam et la Plateforme Fran&#231;aise Dette et D&#233;veloppement,Taux d'int&#233;r&#234;ts financiers, d&#233;sint&#233;r&#234;t humain. Le r&#244;le des institutions financi&#232;res fran&#231;aises priv&#233;es dans l'endettement des pays en d&#233;veloppement, octobre 2021.{}La Banque africaine de d&#233;veloppement aussi l'a affirm&#233; dans l'&#233;dition 2021 de sesPerspectives de l'&#233;conomie africaine :&#171; Depuis 2015, les cinq principaux cr&#233;anciers de l'Afrique sont les cr&#233;anciers obligataires (27 % de la dette du continent &#224; la fin 2019), la Chine (13 %), l'Association internationale de d&#233;veloppement du Groupe de la Banque mondiale (IDA) (12 %), la Banque africaine de d&#233;veloppement (7 %) et d'autres pr&#234;teurs multilat&#233;raux (7 %). Les cinq principaux cr&#233;anciers bilat&#233;raux de l'Afrique sont la Chine (13 %), les &#201;tats-Unis (4 %), la France (2,9 %), l'Arabie Saoudite (2,5 %) et le Royaume-Uni (2,4 %) &#187;(p. 55-56)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] World Bank Group,International Debt Services 2022, Washington DC, World Bank, 2022, p. 39.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Idriss Linge, &#171; L'Afrique remboursera pour pr&#232;s de 100 milliards $ d'eurobonds dans les 10 prochaines ann&#233;es &#187;,Agence Ecofin, 18 f&#233;vrier 2021, &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/finance/1802-85326-l-afrique-remboursera-pour-pres-de-100-milliards-deurobonds-dans-les-10-prochaines-annees&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agenceecofin.com/finance/1802-85326-l-afrique-remboursera-pour-pres-de-100-milliards-deurobonds-dans-les-10-prochaines-annees&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Mthuli Ncube, Charles Leyeka Lufumpa, Steve Kayizzi-Mugerwa, &#171; The Middle of the Pyramid : Dynamics of the Middle Class &#187;,Market Brief,April 2011,&lt;a href=&#034;http://www.afdb.org.Pour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.afdb.org.Pour&lt;/a&gt; la diversit&#233; des discussions, critiques, de cette &#233;mergence de la classe moyenne africaine (valable pour la sous-r&#233;gion subsaharienne), cf., par exemple, celle ant&#233;rieure &#224; l'&#233;tude de la BAD, Jean-Christophe Servant, &#171; Mirage des classes moyennes africaines &#187;,Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2010, p. 18 ; Jean Nanga, &#171; Quel boom des classes moyennes en Afrique ? &#187;, 24 d&#233;cembre 2014, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Quel-boom-des-ckasses-moyennes-en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Quel-boom-des-ckasses-moyennes-en&lt;/a&gt; ; Alinah Segobye, Alioune Sall, Rasigan Maharajh and Geci Karuri-Sebina, &#171; Whither the African Middle Class in a &#8220;African Rising&#8221; ? &#187;, inPerspectives Africa, issue 1, february 2014, p. 39-44 ; Henning Melber (ed.),The Rise of Africa's middle class : Myths, realities, and critical engagements, London, Zed Books, 2016 ;Julie Vandal, &#171; Classe moyenne africaine : les v&#339;ux pieux et la r&#233;alit&#233; &#187;,RFI, 2 f&#233;vrier 2018 ;&lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20180202-classe-moyenne-africaine-voeux-pieux-realite-societe-etudes-instituts&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/hebdo/20180202-classe-moyenne-africaine-voeux-pieux-realite-societe-etudes-instituts&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] La pertinence de la cat&#233;gorie de &#171; classe moyenne &#187; est discut&#233;e parmi les sociologues, son ind&#233;finition explique l'usage du pluriel &#171; classes moyennes &#187;, ne r&#233;solvant pas en fait le probl&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Depuis 2018, la Banque mondiale, s'&#233;tant, rendue compte que ce seuil n'&#233;tait pas bien raisonnable, en a ajout&#233; deux autres, r&#233;servant celle-l&#224; aux pays dits &#224; revenu faible (26) : 3,20 pour les pays &#224; dits &#224; revenu interm&#233;diaire de la tranche inf&#233;rieure (14 pays subsahariens) et 5,50 dollars pour ceux de la tranche sup&#233;rieure (8 pays) rejoignant presque ainsi l'Organisation internationale du travail qui fixait d&#233;j&#224; l'extr&#234;me pauvret&#233; &#224; moins de 1,90 dollar, la &#171; pauvret&#233; mod&#233;r&#233;e &#187; entre 1,90 et 3,10 dollars, la &#171; quasi-pauvret&#233; &#187; entre 3,10 et 5 dollars, et la &#171; classe moyenne &#233;mergente &#187; entre 5 et 13 dollars (Emploi et questions sociales dans le monde &#8211; Tendances pour 2016). La pauvret&#233;, bien s&#251;r, ne se limite pas au niveau mon&#233;taire, mais celui-ci d&#233;termine l'acc&#232;s aux soins de sant&#233;, une scolarit&#233; normale, des conditions de logement d&#233;centes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Le 1erdes Objectifs du mill&#233;naire pour le d&#233;veloppement (&#171; &#233;liminer l'extr&#234;mepauvret&#233; et la faim &#187;) visait la r&#233;duction de moiti&#233; du taux de pauvret&#233; entre 2000 et 2015. Ce recul du taux est n&#233;anmoins, par sa faiblesse, un &#233;chec. De surcro&#238;t en p&#233;riode de forte croissance de l'Afrique en g&#233;n&#233;ral, subsaharienne en l'occurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Beegle, Kathleen et Luc Christiaensen, (&#233;ds).,Acc&#233;l&#233;rer la r&#233;duction de la pauvret&#233; en Afrique.&#8221; Vue d'ensemble, Washington, DC : Banque mondiale, 2019, p. 1. La r&#233;gion Afrique de la Banque mondiale n'inclut pas l'Afrique du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] {}Selon l'&#233;dition 2019 desPerspectives &#233;conomiques en Afrique, du Groupe de la Banque africaine de d&#233;veloppement&#171; Au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies, l'Afrique a enregistr&#233; l'une des acc&#233;l&#233;rations de croissance les plus rapides et les plus soutenues, mais cette croissance n'a pas &#233;t&#233; favorable &#224; l'emploi. Une augmentation de la croissance du PIB de 1 % sur la p&#233;riode 2000-2014 n'a &#233;t&#233; associ&#233;e qu'&#224; une croissance de 0,41 % de l'emploi, ce qui correspond &#224; un taux de croissance annuel de l'emploi inf&#233;rieur &#224; 1,8 %, soit bien en de&#231;&#224; des 3 % de croissance annuelle de la population active. Si cette tendance se maintient, 100 millions de personnes vont rejoindre les rangs des ch&#244;meurs en Afrique d'ici 2030 [&#8230;] L'une des caract&#233;ristiques les plus saillantes du march&#233; du travail en Afrique est la forte pr&#233;valence de l'emploi informel, option par d&#233;faut pour la grande majorit&#233; de la main-d'&#339;uvre en expansion [&#8230;] l'Afrique enregistre les taux estim&#233;s d'informalit&#233; les plus &#233;lev&#233;s au monde, avec 72 % (et m&#234;me 90 % dans certains pays) des emplois non agricoles[&#8230;]. De plus, rien n'indique que l'informalit&#233; soit en recul en Afrique &#187;p. xx,&lt;a href=&#034;http://www.afdb.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.afdb.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Josiane Kouagheu, &#171; Eseka, un &#8220;mouroir&#8221; r&#233;v&#233;lateur de l'&#233;tat des h&#244;pitaux camerounais &#187;,Le Monde, 25 octobre 2017,&lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/25/a-eseka-un-mouroir-revelateur-de-l-etat-des-hopitaux-camerounais_5205677_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2017/10/25/a-eseka-un-mouroir-revelateur-de-l-etat-des-hopitaux-camerounais_5205677_3212.html&lt;/a&gt; ; Amaury de F&#233;ligonde, &#171; Le secteur de la sant&#233; en Afrique &#8230; un patient &#224; soigner d'urgence &#187;,Jeune Afrique, 15 mai 2017, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/438829/societe/secteur-de-sante-afrique-patient-a-soigner-durgence/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/438829/societe/secteur-de-sante-afrique-patient-a-soigner-durgence/&lt;/a&gt;. L'Afrique du Sud n'est pas &#233;pargn&#233;e : &#171; 'There's a huge amount of fear, and of mental and emotional fatigue. We were working with a skeleton staff even before Covid-19 and now we're down another 30%,'said Dr John Black. Last year, the BBC found poor conditions in hospitals in South Africa's Eastern Cape province.'Services are starting to crumble under the strain. Covid has opened up all the chronic cracks in the system. It's creating a lot of conflict,'he said, confirming reports that patients had been'fighting for oxygen'supplies in a ward at Livingstone Hospital in Port Elizabeth. &#187;,Andrew Harding(Africa correspondent),&#171; Coronavirus in South Africa Inside Port Elizabeth's 'hospitals of horrors' &#187;,BBC News, 15 July 2020,&lt;a href=&#034;https://www.bbc.com/news/world-africa-53396057&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bbc.com/news/world-africa-53396057&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Viviane Diatta, &#171; Seuls 6 pays consacrent 15 % de leur budget &#224; la sant&#233; &#187;,SenePlus, 6 mars 2019,&lt;a href=&#034;https://www.enqueteplus.com/content/programme-de-sante-en-afrique-seuls-6-pays-consacrent-15-de-leur-budget-&#224;-la-sant&#233;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.enqueteplus.com/content/programme-de-sante-en-afrique-seuls-6-pays-consacrent-15-de-leur-budget-&#224;-la-sant&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Cf., par exemple, Clarisse Juompan-Yakam, &#171; Mort tragique devant l'h&#244;pital Laquintinie de Douala : &#8220;Je ne me serais jamais pardonn&#233; de n'avoir rien essay&#233;&#8221; &#187;,Jeune Afrique, 13 avril 2016,&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/mag/315173/societe/ne-me-serais-jamais-pardonne-de-navoir-rien-essaye/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/mag/315173/societe/ne-me-serais-jamais-pardonne-de-navoir-rien-essaye/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Il s'agit d'une tautologie, l'OMS tendant &#224; oublier la d&#233;finition de la sant&#233; dans sa Constitution :&#171; La sant&#233; est un &#233;tat de complet bien-&#234;tre physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmit&#233; &#187;(Constitution de l'Organisation mondiale de la sant&#233;, 1948) &#187;. Elle n'est pas rappel&#233;e dans l'&#201;tat de la sant&#233; dans la r&#233;gion africaine de l'OMS, car, par exemple, certains facteurs d'un bien-&#234;tre social ne figurent pas parmi les cibles de l'ODD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Dans certains pays dit de revenu interm&#233;diaire de la tranche inf&#233;rieure comme le Congo, des classes de plus d'une centaine d'&#233;l&#232;ves, du primaire au secondaire, sont fr&#233;quentes, voire la norme, dans les &#233;tablissements publics urbains. Ce que ne refl&#232;tent pas, par exemple, les ratios &#233;l&#232;ves/enseignant&#183;e pr&#233;sent&#233;s dansRem&#233;dier &#224; la p&#233;nurie. Garantir un nombre suffisant d'enseignants qualifi&#233;s et soutenu en Afrique subsahariennepar l'&#201;quipe Sp&#233;ciale internationale sur les Enseignants pour &#201;ducation 2030.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Cf., par exemple, Badara N'Diaye, &#171; L'&#201;cole de la dette au S&#233;n&#233;gal &#187;, in &#201;ric Toussaint, Arnaud Zacharie (dir.),Abolir la dette pour lib&#233;rer le d&#233;veloppement, CADTM, Bruxelles, 2001, p. 132-151.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Ce qui peut s'expliquer aussi par la gabegie : par exemple, au Gabon, avant la baisse des cours du p&#233;trole, principal source de recettes d'exportation, &#171; 60 lyc&#233;es pr&#233;vus au budget de l'&#201;tat en 2013 [&#8230;] n'ont jamais vu le jour &#187;, Mays Mouissi, &#171; Les carences du syst&#232;me &#233;ducatif au Gabon &#187;,mays-mouissi.com, 17 mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] &#171; 33 millions d'enfants n'allaient pas &#224; l'&#233;cole en Afrique subsaharienne en 2012, dont 5,5 millions de filles au Nig&#233;ria et plus d'un million en &#201;thiopie [&#8230;] 56 % des enfants non scolaris&#233;s s'av&#232;rent &#234;tre des filles &#187;, Franck Kuwonu, &#171; Des millions de filles non scolaris&#233;es &#187;,Afrique Renouveau, avril 2015, ,&lt;a href=&#034;https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/ao&#251;t-2015/des-millions-de-filles-non-scolaris&#233;es&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/ao&#251;t-2015/des-millions-de-filles-non-scolaris&#233;es&lt;/a&gt; ; Marie-Christine Deleigne, Marc Pilon, &#171; Le taux de scolarisation &#224; l'&#233;preuve du genre en Afrique &#187;, in M&#233;lanie Jacquemin (dir.),&#202;tre fille ou gar&#231;on : Regards crois&#233;s sur l'enfance et le genre, Ined &#201;ditions, 2016,&lt;a href=&#034;http://books.openedition.org/ined/4197&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://books.openedition.org/ined/4197&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Keiko Inoue, Emanuela Di Gropello, Yesmin Sayin Taylor et James Gresham, Les jeunes non scolaris&#233;s et d&#233;scolaris&#233;s d'Afrique subsaharienne : Politiques pour le changement.Directions du de&#769;veloppement. Washington DC, Banque mondiale, 2015, p. 25 ; DOI : 10.1596/978-1-4648-0688-9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] D&#233;claration d'Incheon :{}&#171; &#201;ducation 2030 : Vers une &#233;ducation de qualit&#233; inclusive et &#233;quitable et un apprentissage tout au long de la vie pour tous &#187;, inForum Mondial de l'&#201;ducation 2015- Rapport final, 21 mai 2015, Unesco, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Union Africaine, Unicef,Transformer l'&#233;ducation en Afrique : un aper&#231;u bas&#233; sur des donn&#233;es probantes et des recommandations pour des am&#233;liorations &#224; long terme,{}(document non dat&#233;, mais mentionnant la Covid-19), p. 22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] CEA, &#171; La r&#233;alisation des ODD en Afrique ne sera possible qu'avec des donn&#233;es de haute qualit&#233; &#187;, 9 mai 2019,&lt;a href=&#034;https://archive.uneca.org/fr/stories/la-r&#233;alisation-des-odd-en-afrique-ne-sera-possible-qu'avec-des-donn&#233;es-de-haute-qualit&#233;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://archive.uneca.org/fr/stories/la-r&#233;alisation-des-odd-en-afrique-ne-sera-possible-qu'avec-des-donn&#233;es-de-haute-qualit&#233;&lt;/a&gt;. Cf. aussi dans la m&#234;me tendance illusionniste, Issa Faye, &#171; La BAD pourrait jouer un r&#244;le catalytique et accompagner ses pays membres dans la mise en &#339;uvre des ODD &#187;, 5 novembre 2015,&lt;a href=&#034;https://www.afdb.org/fr/interview/02/21/2019-0953/la-bad-pourrait-jouer-un-role-catalytique-et-accompagner-ses-pays-membres-regionaux-dans-la-mise-en-&#339;uvre-des-odd-entretien-avec-issa-faye-manager-au-departement-de-la-recherche-de-la-bad-6952&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afdb.org/fr/interview/02/21/2019-0953/la-bad-pourrait-jouer-un-role-catalytique-et-accompagner-ses-pays-membres-regionaux-dans-la-mise-en-&#339;uvre-des-odd-entretien-avec-issa-faye-manager-au-departement-de-la-recherche-de-la-bad-6952&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Conseil &#233;conomique et social des Nations unies, Edition sp&#233;ciale : point sur les objectifs de d&#233;veloppement durable. Rapport du Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral, 8 mai 2019,E/2019/68, p. 29.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] Le FMI parle aussi des&#171; d&#233;penses prioritaires n&#233;cessaires &#224; la promotion de la convergence sociale &#187;, Communiqu&#233; de presse n&#176; 22/120 &#171; C&#244;te d'Ivoire : D&#233;claration des services du FMI &#224; l'issue de leur mission de 2022 au titre de l'article IV &#187;, 22 avril 2022,&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/15/pr22120-cote-divoire-imf-staff-completes-2022-article-iv.mission-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/04/15/pr22120-cote-divoire-imf-staff-completes-2022-article-iv.mission-&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] La Commission des entreprises et du d&#233;veloppement durable &#8211; compos&#233;e de chefs d'entreprises &#8211; s'int&#233;resse aux ODD, en toute &#233;vidence, pour ce qu'elle pourra rapporter, vu que la durabilit&#233; est cens&#233;e ne pas changer fondamentalement le syst&#232;me &#233;conomique, mais juste&#171; transformer les march&#233;s &#187; : &#171; La r&#233;alisation des Objectifs mondiaux g&#233;n&#232;rerait des opportunit&#233;s d'une valeur de 12 000 milliards de dollars dans les quatre syst&#232;mes &#233;conomiques examin&#233;s par la Commission. On compte parmi ceux-ci les secteurs de l'agro-alimentaire, de l'urbanisme, de l'&#233;nergie et des mat&#233;riaux, de la sant&#233; et du bien-&#234;tre. Ensemble, ces activit&#233;s comptent pour quelque 60 pour cent de l'&#233;conomie r&#233;elle et sont essentielles &#224; la r&#233;alisation des Objectifs mondiaux &#187;,Rapport de la Commission des entreprises et du d&#233;veloppement durable : De meilleures entreprises, un monde meilleur. Note de synth&#232;se, janvier 2017, p. 3,&lt;a href=&#034;https://sdgresources.relx.com/reports/better-business-better-world-executive-summary&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://sdgresources.relx.com/reports/better-business-better-world-executive-summary&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[46] CNUCED,Rapport 2020 sur le d&#233;veloppement &#233;conomique en Afrique : Les flux financiers illicites et le d&#233;veloppement durable en Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[47] En Afrique du Sud, sous la pand&#233;mie, s'est poursuivie&#171; la fuite des capitaux (t&#233;moin la sortie de 1,75 milliard d'USD[dollars &#233;tats-uniens]des portefeuilles sud-africains observ&#233;e au cours du mois de mars &#187;,Cesar Calderon, Gerard Kambou, Calvin Z Djiofack, Megumi Kubota, Vijdan Korman, Catalina Cantu Canales,Africa's Pulse, No. 21 (Avril 2020). Washington, DC. La Banque mondiale, 2020, p. 2, Doi : 10.1596/978-1-4648-1569-0.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[48] R&#233;mi Vilain, &#171; Flux financiers illicites : Afrique premi&#232;re cr&#233;anci&#232;re du monde &#187;, 15 octobre 2020,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org./Flux-financiers-illicites-Afrique-premi&#232;re-cranciere-au-monde&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org./Flux-financiers-illicites-Afrique-premi&#232;re-cranciere-au-monde&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[49] &#171; Scandale de la dette cach&#233;e au Mozambique : o&#249; sont pass&#233;s les 2 milliards de dollars ? &#187;,Jeune Afrique,&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1226640/economie/scandale-de-la-dette-cachee-au-mozambique-ou-sont-passes-les-2-milliards-de-dollars/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/1226640/economie/scandale-de-la-dette-cachee-au-mozambique-ou-sont-passes-les-2-milliards-de-dollars/&lt;/a&gt;. Le{}Mozambique, auparavant bon &#233;l&#232;ve de la BM et du FMI, &#233;tait confront&#233; &#224; des &#233;meutes de la faim, contre l'&#233;talage d'enrichissement des gouvernants, dirig&#233;s par le millionnaire Guebuza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[50] Wei Shan, Guangqi Cui, &#171; Johannesburg compte le plus grand nombre de millionnaires en Afrique &#187;,french.peopledaily.com, 7 septembre 2015,&lt;a href=&#034;http://french.peopledaily.com.cn/Afrique/n/2015/0907/c96852-8946371.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://french.peopledaily.com.cn/Afrique/n/2015/0907/c96852-8946371.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[51] Par exemple, l'affaire de la dette ext&#233;rieure cach&#233;e de 2 milliards de dollars, emprunt&#233;s par des entreprises priv&#233;es (mozambicaines et &#233;trang&#232;res) et garanties par l'&#201;tat mozambicain, moyennant corruption, pendant des ann&#233;es de forte croissance (2011-2014), et constituant un des facteurs du surendettement mozambicain, ayant entrain&#233; un gel des relations du Mozambique avec le FMI, de 2016 &#224; 2022 cf., par exemple, Mathieu Olivier, &#171; Dette cach&#233;e : le scandale qui &#233;branle le Mozambique &#187;,Jeune Afrique, 27 mars 2019,&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/mag/752779/politique/dette-cachee-du-mozambique-le-scandale-qui-ebranle-la-republique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/mag/752779/politique/dette-cachee-du-mozambique-le-scandale-qui-ebranle-la-republique/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[52] James K. Boyce, L&#233;once Ndikumana, &#171; Fuite des capitaux arr&#234;ter le pillage de l'Afrique pour &#233;viter l'explosion sociale &#187;,Jeune Afrique17 janvier 2022,&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1279612/economie/fuite-des-capitaux-arreter-le-pillage-de-lafrique-pour-eviter-lexplosion-sociale/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/1279612/economie/fuite-des-capitaux-arreter-le-pillage-de-lafrique-pour-eviter-lexplosion-sociale/&lt;/a&gt; ; Ristel Tchounand, &#171; FinCEN Files : l'argent &#171; blanchi &#187; par les banques mondiales implique (aussi) des oligarques dans 22 pays d'Afrique &#187;,La Tribune Afrique, 23 septembre 2020 (devenu inaccessible sur le site deLa Tribune Afrique, il est accessible sur celui de La Teranga&lt;a href=&#034;https://www.lateranga.info/FinCEN-Files-l-argent-blanchi-par-les-banques-mondiales-implique-aussi-des-oligarques-dans-22-pays-d-Afrique_a65903.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lateranga.info/FinCEN-Files-l-argent-blanchi-par-les-banques-mondiales-implique-aussi-des-oligarques-dans-22-pays-d-Afrique_a65903.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[53] Bien que chacune personne qui meurt, surtout si cette mort aurait pu &#234;tre emp&#234;ch&#233;e, est toujours un drame pour ses proches, on peut dire que l'h&#233;catombe redout&#233;e, un taux de mortalit&#233; beaucoup plus &#233;lev&#233; en Afrique qu'ailleurs, n'a pas eu lieu : 4 % des d&#233;c&#232;s enregistr&#233;s dans le monde. Ce qui s'explique aussi bien par la promptitude des gouvernants &#224; instaurer les mesures d&#233;j&#224; &#233;prouv&#233;es ailleurs que par des facteurs d&#233;mographiques, climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[54] Club de Paris &#171; Initiative pour la suspension du service de la dette - Mod&#232;le de lettre de demande &#187;&lt;a href=&#034;https://clubdeparis.org/fr/file/3019/download?token=lQsy4t1N&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://clubdeparis.org/fr/file/3019/download?token=lQsy4t1N&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[55] Club de Paris, &#171; Initiative de suspension du service de la dette pour les pays les plus pauvres. Fiche descriptive &#187;, 16 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/suspension-du-service-dette-pays-plus-pauvres-addendum-15-04-2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/suspension-du-service-dette-pays-plus-pauvres-addendum-15-04-2020&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[56] Club de Paris, &#171; Derni&#232;re extension de l'initiative de suspension du service de la dette &#187;, Communiqu&#233; de presse, 13 avril 2021,&lt;a href=&#034;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/derniere-extension-initiative-suspension-du-service-dette-issd-13&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/derniere-extension-initiative-suspension-du-service-dette-issd-13&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[57] Des &#201;tats africains ont soit embarqu&#233; au d&#233;part et sont descendus en chemin, soit ont pris le train en marche, apr&#232;s avoir annonc&#233; ne pas vouloir s'embarquer. Ainsi, la C&#244;te d'Ivoire, l'&#201;thiopie, le Lesotho, Madagascar n'y ont particip&#233; que de mai 2020 &#224; juin 2021 ; la Guin&#233;e-Bissau et l'Ouganda, de janvier 2021 &#224; juin 2021 ; le Kenya, de janvier 2021 &#224; d&#233;cembre 2021 ; S&#227;o Tom&#233;-et-Principe, de mai 2020 &#224; d&#233;cembre 2020. N'ont pas particip&#233; parmi les &#233;ligibles : B&#233;nin, Ghana, Liberia, Nigeria, Rwanda, Somalie, Soudan du Sud. Cependant le Liberia figure dans le tableau de Debt Justice avec 78 % du service de la dette suspendu en fin juin 2021 (&#171; G20 initiative leads to less than a quarter of debt payments being suspended &#187;) Les int&#233;r&#234;ts de la dette de toute l'Afrique s'&#233;levait en 2020 &#224; 44 milliards de dollars. Par ailleurs, la liste du FMI compte 48 participants, contre 42 pour la liste du Club de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[58] Calcul&#233; &#224; partir du tableau annex&#233; &#224; Club de Paris, &#171; Le Club de Paris a mis en &#339;uvre avec succ&#232;s l'ISSD et ses extensions &#187;, Communiqu&#233; de presse, 23 f&#233;vrier 2022,&lt;a href=&#034;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/club-paris-a-mis-&#339;uvre-succes-issd-ses-extensions-23-02-2022&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/club-paris-a-mis-&#339;uvre-succes-issd-ses-extensions-23-02-2022&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[59] Iolanda Fresnillo etalii, Initiative de suspension du service de la dette du G20 : &#233;coper le Titanic avec un seau ?{{}}Rapport parall&#232;le d'Eurodad sur les limites de l'Initiative de suspension du service de la dette du G20,octobre 2020,&lt;a href=&#034;https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/eurodad/pages/768/attachments/original/1603714545/Rapport-ISSD-FR.pdf?1603714545&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://d3n8a8pro7vhmx.cloudfront.net/eurodad/pages/768/attachments/original/1603714545/Rapport-ISSD-FR.pdf?1603714545&lt;/a&gt;. Une synth&#232;se du rapport est publi&#233;e sur le site duCADTM :Romain Comp&#232;re, &#171; Les limites du syst&#232;me ISSD (Initiative de suspension du service de la dette) du G-20Synth&#232;se du rapport EURODAD &#187;, 7 d&#233;cembre 2020,&lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Les-limites-du-systeme-ISSD-Initiative-de-suspension-du-service-de-la-dette-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Les-limites-du-systeme-ISSD-Initiative-de-suspension-du-service-de-la-dette-du&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[60] CADTM International, &#171; Le CADTM condamne les mesures du G20 sur la dette &#187;, 16 octobre 2020,19060.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[61] Donn&#233;es de la Banque mondiale pour les services de la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[62] &#171; La Chine condamne les tentatives am&#233;ricaines de calomnier sa politique d'aide &#233;trang&#232;re &#187;, Xinhua, 22 juillet 2022, .&lt;a href=&#034;http://french.xinhuanet.com/20220722/37d1d99c924b4e47a8718705070baf42/c.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://french.xinhuanet.com/20220722/37d1d99c924b4e47a8718705070baf42/c.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[63] Selon Marie Toulemonde &#171; Dette : qui sont les cr&#233;anciers de l'Afrique ? &#187;,Jeune Afrique, 9 juillet 2021,&lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/1196909/economie/dette-qui-sont-les-creanciers-de-lafrique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/1196909/economie/dette-qui-sont-les-creanciers-de-lafrique&lt;/a&gt;. Ainsi, le Rwanda, dont la Banque mondiale est le principal cr&#233;ancier multilat&#233;ral &#8211; par ailleurs non expos&#233; alors au surendettement &#8211; a jug&#233; inutile de participer &#224; l'ISSD.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[64] Club de Paris, &#171; Initiative de suspension du service de la dette pour les pays les plus pauvres. Fiche descriptive &#187;,15 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/suspension-du-service-dette-pays-plus-pauvres-addendum-15-04-2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://clubdeparis.org/fr/communications/communique-presse/suspension-du-service-dette-pays-plus-pauvres-addendum-15-04-2020&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[65] Par exemple, selon lesPerspectives &#233;conomiques de l'Afrique 2019de la BAD,&#171; La composition de la dette en Afrique a &#233;volu&#233;, les pays ayant une tendance &#224; d&#233;laisser la dette ext&#233;rieure officielle et &#224; conditions pr&#233;f&#233;rentielles, en faveur de la dette commerciale, qui implique des co&#251;ts de service plus &#233;lev&#233;s &#187;(p. 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[66] Jubilee Debt Campaign, &#171; How the G20 debt suspension initiative benefits private lenders &#187;, october 2021, sur &lt;a href=&#034;https://jubileedebt.org.uk/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://jubileedebt.org.uk/&lt;/a&gt; ou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[67] Cf., par exemple, Jean Mermoz Konandi, &#171; Cr&#233;ances priv&#233;es : S&amp;P met en garde les pays b&#233;n&#233;ficiaires de l'ISSD &#187;,SikaFinance, 17 f&#233;vrier 2021,{}&lt;a href=&#034;https://www.sikafinance.com/marches/creances-privees-sp-met-en-garde-les-pays-beneficiaires-de-lissd_26661&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sikafinance.com/marches/creances-privees-sp-met-en-garde-les-pays-beneficiaires-de-lissd_26661&lt;/a&gt; ; la r&#233;action officielle s&#233;n&#233;galaise &#224; la tentative d'intimidation par l'agence Moody's :Minist&#232;re s&#233;n&#233;galais des Finances et du Budget, &#171; Note d'information sur l'annonce de Moody's de mettre le S&#233;n&#233;gal sous revue pour d&#233;gradation &#187;,Financial Afrik, 13 juin 2020,&lt;a href=&#034;https://www.financialafrik.com/2020/06/13/note-dinformation-sur-lannonce-de-moodys-de-mettre-le-senegal-sous-revue-pour-degradation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.financialafrik.com/2020/06/13/note-dinformation-sur-lannonce-de-moodys-de-mettre-le-senegal-sous-revue-pour-degradation/&lt;/a&gt;. Cette note, mentionnant aussi les pr&#233;c&#233;dents ivoirien et &#233;thiopien &#8211; celle-ci &#233;tant aussi coupable d'avoir, apr&#232;s le Tchad, demand&#233; de restructuration par le Cadre commun &#8211; (il y en a eu d'autres) de l'agence de notation, n'est pas une critique de la r&#233;action de Moody's, mais une pr&#233;cision sur le fait que la note du S&#233;n&#233;gal n'&#233;tait pas d&#233;grad&#233;e, mais qu'elle &#233;tait juste plac&#233;e en revue, situation&#171; pouvant mener &#224; une d&#233;gradation. L'&#201;tat du S&#233;n&#233;gal continue d'avoir une approche proactive durant la p&#233;riode de surveillance. Il s'agira de continuer &#224; produire les &#233;l&#233;ments susceptibles de prouver la volont&#233; et la capacit&#233; du S&#233;n&#233;gal &#224; assurer le service de la dette, malgr&#233; son adh&#233;sion &#224; l'ISSD &#187;. Les cr&#233;anciers recourent aux agences de notation, comme &#224; des gangs ou milices priv&#233;es pour &#8220;discipliner&#8221;, ramener &#224; leur raison un ou des clients consid&#233;r&#233;s comme en voie d'insoumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[68] Kristalina Georgieva, &#171; Debout avec et pour l'Afrique. observations de la Directrice g&#233;n&#233;rale du FMI, Kristalina Georgieva, lors de la table-ronde sur le financement pour une croissance durable et inclusive en Afrique, &#224; l'occasion du sommet Union europ&#233;enne-Union africaine &#187;, 18 f&#233;vrier 2022,&lt;a href=&#034;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/02/18/sp021822-stepping-up-with-and-for-Africa&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.imf.org/fr/News/Articles/2022/02/18/sp021822-stepping-up-with-and-for-Africa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[69] Jubilee Debt Campaign, &#171; How the G20 debt suspension initiative benefits private lenders &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[70] &#201;ric Toussaint,Le syst&#232;me dette. Histoire des dettes souveraines et de leur r&#233;pudiation, Les Liens qui Lib&#232;rent, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[71] Communiqu&#233; : &#171; Deuxi&#232;me r&#233;union du Comit&#233; des cr&#233;anciers pour la Zambie au titre du cadre commun de traitement de la dette au-del&#224; de l'ISSD &#187;, 18 juillet 2022,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[72] Milan Rivi&#233; et &#201;ric Toussaint, &#171; Effet d'annonce du FMI &#224; propos de 650 milliards de dollars de Droits de Tirage Sp&#233;ciaux &#187;, 7 septembre 2021,&lt;a href=&#034;http://www.cadrm.org/Effet-d-annonce-du-FMI-a-propos-de-650-milliards-de-dollars-de-Droits-de-Tirage&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadrm.org/Effet-d-annonce-du-FMI-a-propos-de-650-milliards-de-dollars-de-Droits-de-Tirage&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; propos de &#171; Capital voyou &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-propos-de-capital-voyou</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-propos-de-capital-voyou</guid>
		<dc:date>2022-08-22T11:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Burkina Faso</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-06-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce rapport de Sasha Mentz-Lagrange et Stefanie Swanepoel, La financiarisation du paludisme en Afrique. Le Burkina Faso, capitaux voyous et moustiques g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, pour The African Center for Biodiversity (avril 2022), pr&#233;sente de fa&#231;on convaincante que la lutte contre le paludisme est consid&#233;r&#233;e comme un business rentable, s'inscrivant dans &#171; la financiarisation des &#8220;grandes&#8221; maladies &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de De CADTM infolettre , le 2022-06-15 &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec pour principale entrepreneure, dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Burkina-Faso-+" rel="tag"&gt;Burkina Faso&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-06-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-06-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton53323-20166.png?1678787009' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce rapport de Sasha Mentz-Lagrange et Stefanie Swanepoel, La financiarisation du paludisme en Afrique. Le Burkina Faso, capitaux voyous et moustiques g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, pour The African Center for Biodiversity (avril 2022), pr&#233;sente de fa&#231;on convaincante que la lutte contre le paludisme est consid&#233;r&#233;e comme un business rentable, s'inscrivant dans &#171; la financiarisation des &#8220;grandes&#8221; maladies &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de De &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/A-propos-de-capital-voyou&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CADTM infolettr&lt;/a&gt;e &lt;bulletin-cadtm@cadtm.org&gt;, le 2022-06-15&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec pour principale entrepreneure, dans le cas du Burkina Faso, la Fondation Bill et Melinda Gates (FBMG), &#224; travers le r&#233;seau international Target Malaria (aussi actif au Cap-Vert, Ghana, Mali, en Ouganda) dont elle est la principale source de financement. Elle s'est ainsi subordonn&#233;e, voire s'est substitu&#233;e aux pouvoirs publics en la mati&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la critique de ce processus avanc&#233; du &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187; (Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc), id&#233;al du capitalisme, dans la lutte contre le paludisme, est quelque peu &#233;mouss&#233;e, dans ce rapport, par la conception, ambigu&#235;, du capitalisme exprim&#233;e par l'expression &#171; capital voyou &#187; (&#171; rogue capitalism &#187;, p. 6) [1]. Celle-ci, d&#233;signant sans aucun doute le philanthrocapitalisme de la FBMG, est ainsi d&#233;finie : &#171; &lt;i&gt; Le capital voyou se caract&#233;rise par une extraction de richesses ayant des impacts n&#233;gatifs mat&#233;riels r&#233;els sur la vie des gens et l'&#233;cologie (FIAN International et al., 2020) afin de fournir des retours sur investissement aux actionnaires, qui sont tr&#232;s rarement li&#233;s au syst&#232;me qui est pill&#233;. Lorsque le capital voyou p&#233;n&#232;tre dans un pays dot&#233; d'un syst&#232;me de gouvernance faible et fortement corrompu, il est en mesure de fa&#231;onner dans une large mesure les conditions dans lesquelles il op&#232;re &lt;/i&gt; &#187; (p. 10). Ce qui donne l'impression qu'il ne s'agit pas d'une caract&#233;ristique ordinaire, normale, que ce serait du marginal, de l'exceptionnel, dans l'histoire du capitalisme, dont l'un des avatars est pourtant l'imp&#233;rialisme. Alors qu'est actuellement, plus qu'auparavant, assez &#233;vidente l'influence des transnationales sur les &#201;tats, leur fa&#231;onnage &#171; dans une large mesure &#187;, dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes p&#233;riph&#233;riques en g&#233;n&#233;ral aussi dites Sud Global, en Afrique en l'occurrence. Sans remonter au fa&#231;onnage, aux premiers temps de la mondialisation &#8211; celui de la mondialisation marchande [2] &#8211; de ces soci&#233;t&#233;s extra-europ&#233;ennes (avec effet en retour sur les soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes, rien d&#233;j&#224; que par la consommation de la tomate, du sucre, du th&#233;, de la pomme de terre, etc.) par la dynamique expansive du capital. Par exemple de l'East India Company (d&#232;s 1600) &#224; la Royal Niger Company (&#224; partir de 1886) &#8211; la &#8220;fondatrice&#8221; du Nigeria colonial &#8211;, sans oublier le sort tragique qui a &#233;t&#233; fait, par des pires que voyous, aux autochtones du continent dit am&#233;ricain, d&#232;s le 16e si&#232;cle. La phase actuelle, n&#233;olib&#233;rale, de la mondialisation est, &#224; travers, entre autres, les politiques d'ajustement structurel, consacrant la domination des grandes entreprises priv&#233;es, une certaine mise &#224; jour de cette tradition, poly-rythm&#233;e, du capital, en fait ininterrompue. &#192; moins de nier l'existence permanente de ces rapports de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; du capital (priv&#233;) d'asseoir sa supr&#233;matie, pour le reste des temps, s'exprime &#224; une autre &#233;chelle par le &#171; partenariat strat&#233;gique &#187; entre l'Organisation des Nations unies (multigouvernementale, faut-il rappeler) et le Forum &#233;conomique mondial [3], dans lequel ce sont plut&#244;t les agences de celle-l&#224; (de la Fao &#224; l'Unesco, en passant par l'OMS, l'OIT, la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique), &#8220;progressistes&#8221; pendant les ann&#233;es 1960-1970 (voire jusqu'au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980), qui paraissent s'inscrire dans la strat&#233;gie de celui-ci. C'est dans cette dynamique que s'inscrit l'influence de la FBMG (leader mondial du philanthrocapitalisme) au sein aussi bien de l'OMS que de l'agence de d&#233;veloppement de l'Union Africaine, le NEPAD : l'une et l'autre &#233;tant favorables aux OGM, promues par la FBMG (Bill Gates &#233;tant investisseur dans les semences et les moustiques g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s) qui co-finance ces agences. Ce qui ne revient nullement &#224; r&#233;duire les &#201;tats, les agences onusiennes, panafricaines &#224; de simples marionnettes. Leurs dirigeant&#183;e&#183;s y trouvent aussi, par des affinit&#233;s id&#233;ologiques de classe, leurs int&#233;r&#234;ts, tout en jouant &#224; &#234;tre guid&#233;&#183;e&#183;s par l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'usage de l'expression &#171; capital voyou &#187; pour d&#233;signer autre chose que la branche du capital d&#233;nomm&#233;e g&#233;n&#233;riquement la mafia, par exemple, expose &#224; &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme l'expression d'une adh&#233;sion &#224; la perp&#233;tuation du capitalisme, en roman&#231;ant son histoire, riche en actes de barbarie, non marginaux (sur tous les continents, du protocapitalisme au n&#233;olib&#233;ralisme). Ce qui est d&#233;clin&#233; ces derni&#232;res d&#233;cennies sous forme d'opposition entre un suppos&#233; bon capital, industriel, et un mauvais capital, financier, par la critique procapitaliste du n&#233;olib&#233;ralisme. Elle s'appuie sur une des versions tronqu&#233;es de l'histoire du capitalisme. Celle consistant &#224; pr&#233;senter le capitalisme des trois d&#233;cennies post-Seconde Guerre mondiale dit fordiste-keyn&#233;sien (du nom de l'industriel automobile et pro-fasciste &#233;tats-unien Henry Ford pr&#244;nant une hausse des salaires pouvant permettre aux travailleurs/travailleuses d'&#234;tre aussi des client&#183;e&#183;s des marchandises qu'elles/ils produisent et de celui de l'&#233;conomiste anglais John Maynard Keynes th&#233;oricien de l'&#201;tat entrepreneur &#233;conomique, du rejet du principe du march&#233; auto-r&#233;gul&#233; ou &#171; main invisible du march&#233; &#187;, de politiques sociales r&#233;ductrices des in&#233;galit&#233;s, du ch&#244;mage, etc.), aussi dit des Trente Glorieuses, de l'&#201;tat providence/Welfare State (ayant ainsi permis l'&#233;l&#233;vation du niveau de vie dans les classes populaires, favoris&#233; la consommation de masse dans les soci&#233;t&#233;s du capitalisme central), comme s'il s'agissait de la r&#232;gle dans l'histoire du capitalisme, de l'orthodoxie, non pas d'une exception, d'une parenth&#232;se dans la bicentenaire histoire de la soci&#233;t&#233; capitaliste (grosso modo &#224; partir du 18e si&#232;cle). Keynes justifiait la n&#233;cessit&#233; de la r&#233;forme du capitalisme par la menace que repr&#233;sentaient, pour le capitalisme, depuis la fin du 19e si&#232;cle, l'existence d'un mouvement ouvrier dynamique, le mouvement communiste &#8211; &#171; spectre &#187; qui hantait les capitalistes, les &#201;tats bourgeois europ&#233;ens. Ce qui avait d&#233;j&#224;, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, pouss&#233; &#224; l'instauration par le chancelier allemand Bismarck d'un &#201;tat dit social, tr&#232;s relativement pr&#233;curseur de l'&#201;tat providence/Welfare State capitaliste envisag&#233; par Keynes. La peur des capitalistes a &#233;t&#233; amplifi&#233;e par la R&#233;volution russe d'octobre 1917, ayant davantage modifi&#233; les rapports de force entre les capitalistes et le prol&#233;tariat, voire entre les peuples colonis&#233;s et les puissances capitalistes coloniales. En acqu&#233;rant l'ind&#233;pendance, les ex-colonies devenues &#201;tats ont retenu le principe de l'&#201;tat acteur &#233;conomique, avec des services sociaux publics, g&#233;n&#233;ralement de qualit&#233; m&#233;diocre, expression de leur sous-d&#233;veloppement capitaliste. Globalement, le capitalisme a ainsi &#233;t&#233; relativement &#8220;civilis&#233;&#8221; par la menace communiste (m&#234;me pervertie par le r&#233;gime de Staline).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est devenu plus effectif du lendemain de la Seconde Guerre mondiale, jusqu'&#224; la fin des ann&#233;es 1970, pendant une partie de la p&#233;riode dite de guerre froide opposant le camp capitaliste dit du &#171; monde libre &#187; au camp dit communiste/socialiste, du fait aussi du prestige de l'URSS (bien que stalinienne), co-vainqueure de premier rang de l'Allemagne nazie, ainsi que de celui des communistes d'Europe dont la participation &#224; la r&#233;sistance anti-nazie &#233;tait reconnue. Alors que les capitalistes avaient g&#233;n&#233;ralement, dans un pays comme la France, collabor&#233; avec l'occupant allemand nazi, ayant &#233;t&#233; ainsi discr&#233;dit&#233;s. Ce qui a contribu&#233; au dynamisme des luttes sociales men&#233;es dans l'apr&#232;s-guerre, assez riches en acquis sociaux. Ainsi, la nostalgie, y compris dans une grande partie du mouvement altermondialiste, du centre capitaliste surtout, principalement critique du &#171; capitalisme sauvage &#187;, des suppos&#233;s exc&#232;s actuels du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois ces trois d&#233;cennies n'avaient pas fait perdre au capital sa nature pr&#233;datrice, in&#233;galitaire &#8211; la consommation de masse, dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes d&#233;velopp&#233;es, n'y supprimait pas les in&#233;galit&#233;s sociales &#8211;, comme en t&#233;moignent aussi les pratiques &#233;cocidaires de la technoscience (adopt&#233;e aussi par le bloc rival dit socialiste/communiste impr&#233;gn&#233; de l'id&#233;ologie du Progr&#232;s issue des Lumi&#232;res), de l'id&#233;ologie de la croissance &#233;conomique (&#224; propos desquelles il ne manquait pas de lanceurs/lanceuses d'alerte, faiblement audibles vu le consum&#233;risme ambiant dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes d&#233;velopp&#233;es), les guerres coloniales, puis n&#233;ocoloniales (la guerre dite froide &#233;tant froide au Nord, mais chaude au Sud (Daniel Bensa&#239;d), aussi pour le contr&#244;le des ressources naturelles, dont le pillage contribuait aussi &#224; la consommation de masse au confort dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes d&#233;velopp&#233;es ; &#233;tant un avatar du capitalisme, le fordisme-keyn&#233;sianisme &#233;tait compatible avec l'imp&#233;rialisme, avec l'&#233;change in&#233;gal), le racisme (des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#224; l'Afrique du Sud &#8211; l'&#233;conomiste sud-africain Stephen Gelb consid&#233;rait le r&#233;gime d'apartheid sud-africain comme un &#171; fordisme racial &#187;), le soutien aux r&#233;gimes monopartistes et dictatoriaux pro-capitalistes aussi bien en Afrique, Am&#233;rique dite latine et Asie qu'en Europe (Espagne, Gr&#232;ce, Portugal). Des r&#233;alit&#233;s aucunement glorieuses de cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de cette p&#233;riode a correspondu &#224; la hausse de la dette publique ext&#233;rieure des &#201;tats dits alors du Tiers-Monde, cons&#233;quence, entre autres, de l'incitation &#224; l'&#8220;endettement pour le d&#233;veloppement&#8221; &#8211; qui les aurait aussi fait entrer dans la soci&#233;t&#233; de consommation de masse &#8211; &#224; faible taux d'int&#233;r&#234;ts, men&#233;e par la Banque mondiale du fait de l'abondance d'argent dans les grandes banques d'Europe occidentale et d'Am&#233;rique du Nord, suivie d'une hausse &#233;tats-unienne des taux d'int&#233;r&#234;ts, multipliant le volume &#224; rembourser, devenant asphyxiant. Une occasion d'embarquer les &#201;tats d&#233;biteurs dans la n&#233;olib&#233;ralisation de leurs &#233;conomies &#8211; tournant pris au Royaume-Uni (par la Premi&#232;re ministre Margaret Thatcher) et aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (par le pr&#233;sident Jimmy Carter, puis surtout par son successeur Ronald Reagan), &#224; la suite du laboratoire chilien (sous la dictature militaire de Augusto Pinochet), caract&#233;ris&#233; aussi par la &#8220;d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re&#8221;, le retour de la &#171; main invisible du march&#233; &#187; &#8211;, &#224; travers les programmes d'ajustement structurel impos&#233;s aux &#201;tats dits souverains par les institutions financi&#232;res de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds mon&#233;taire international) dont ils sont des membres en position subordonn&#233;e. Les services sociaux publics d&#233;j&#224; quantitativement insuffisants et de faible qualit&#233; vont en faire particuli&#232;rement les frais [5]. On a ainsi parl&#233; de recolonisation, de l'Afrique par exemple. Mais il s'agit plut&#244;t de n&#233;olib&#233;ralisation du n&#233;ocolonialisme &#8211; quoi qu'il en soit, la soci&#233;t&#233; ou la situation n&#233;ocoloniale n'est pas &#224; confondre avec celle coloniale &#8211;, favorisant une plus grande emprise des capitaux, des transnationales, sur des &#201;tats dits souverains (n&#233;anmoins domin&#233;s, d&#233;pendants, sans &#234;tre des colonies, m&#234;me dans le cas de la Fran&#231;afrique), les &#233;conomies, les soci&#233;t&#233;s du Sud Global. Les classes dirigeantes, les fractions locales de la classe dominante, capitaliste, du Sud partagent avec les dominants du Nord les profits de cette n&#233;olib&#233;ralisation, aux d&#233;pens des classes sociales et groupes sociaux populaires, o&#249;, en Afrique et ailleurs, se comptent les victimes du paludisme, entre autres maladies (tuberculose, diarrh&#233;e, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;olib&#233;ralisme est une phase de l'histoire du capitalisme, mais d'un capitalisme d&#233;sormais d&#233;barrass&#233;, d&#233;complex&#233;, surtout apr&#232;s la fin du bloc dit communiste (fin 1980-d&#233;but 1990), de l'&#233;quilibre des forces &#233;tabli par le dynamisme du mouvement ouvrier et autres forces d'&#233;mancipation, jusqu'aux ann&#233;es 1970. Dynamisme ayant &#233;t&#233;, en m&#234;me temps, att&#233;nu&#233;, au fil des ans, voire des acquis sociaux, par les sortil&#232;ges, en puissance exponentielle, de la marchandise, dans la soci&#233;t&#233; de consommation &#8211; avec sa &#171; fi&#232;vre de la consommation [&#8230;], une fi&#232;vre d'ob&#233;issance &#224; un ordre non &#233;nonc&#233; &#187; disait Pier Paolo Pasolini (Ecrits corsaires) &#8211;, par l'accentuation du &#8220;r&#233;formisme&#8221; des bureaucraties syndicales, etc.. Ainsi, &#224; partir des ann&#233;es 1990, le capitalisme s'est retrouv&#233; sans concurrent effectif, quasiment exorcis&#233; de la menace communiste, le mouvement &#233;mancipateur &#233;tant g&#233;n&#233;ralement affaibli ; la &#171; pens&#233;e unique &#187;, du capitalisme triomphateur, s'imposait en &#233;conomie, porteuse aussi du &#171; capitalisme sauvage &#187; (une mise &#224; jour de celui des 18e et 19e si&#232;cles). Par ailleurs, pour la reproduction assur&#233;e de son h&#233;g&#233;monie, pour plus d'efficacit&#233; dans son fonctionnement, le capitalisme a, entre autres, int&#233;gr&#233;/r&#233;cup&#233;r&#233; des aspects pouvant l'&#234;tre, en les d&#233;samor&#231;ant, dans la mesure du possible, des revendications des luttes &#233;mancipatrices des ann&#233;es 1960-1970 cr&#233;ant ainsi un &#171; nouvel esprit du capitalisme &#187; (Luc Boltanski, Eve Chiapello), pseudo-progressiste, promoteur de plus d'individualisme pseudo-&#233;mancipateur, etc. Toujours en perfectionnement de nos jours. Ainsi, si pendant les Trente glorieuses, le capital manifestait, enracin&#233; dans une tradition au moins centenaire, une surdit&#233; certaine &#224; l'&#233;gard des critiques, peu sonores, du culte du Progr&#232;s, de la Croissance, de la Technoscience, de nos jours, il ne se prive pas, g&#233;n&#233;ralement, de contre-produire un discours d'&#233;cologie de march&#233;, de promouvoir des pratiques pr&#233;tendument &#233;cologiques grotesquement disproportionn&#233;es aux d&#233;g&#226;ts d&#233;j&#224; l&#224; et in&#233;vitablement &#224; venir, r&#233;sultant de ses activit&#233;s. Le capital n'est pas pr&#234;t &#224; se suicider pour le sauvetage de l'humanit&#233;, de la nature non humaine. L'accumulation par tous les moyens possibles, quel qu'en soit le co&#251;t, pour les autres, tel est le principe qu'il a pratiqu&#233; dans son pass&#233;, et pratique encore, avec &#233;vidence, dans son pr&#233;sent n&#233;olib&#233;ral, capital industriel, capital commercial, capital financier, (connect&#233;s les uns aux autres, avec des actionnaires plurisectoriels) confondus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ladite financiarisation, c'est le pouvoir du capital financier &#8211; s'&#233;tant d&#233;j&#224; manifest&#233; de la fin du 19e si&#232;cle aux trois premi&#232;res d&#233;cennies du 20e, &#224; la mesure du d&#233;veloppement capitaliste &#224; cette &#233;poque-l&#224; &#8211;, correspondant &#224; et co-structurant la phase n&#233;olib&#233;rale du capitalisme. C'est sa pointe avanc&#233;e, non pas un quelconque d&#233;voiement ou &#233;cart par rapport &#224; un fictif capitalisme humaniste, moral. De la fin du 19e si&#232;cle aux premi&#232;res d&#233;cennies du 20e, les pr&#233;curseurs de Bill Gates et consorts, les premiers milliardaires &#233;tats-uniens (Andrew Carnegie, Andrew Mellon, John Pierpont Morgan, John D. Rockefeller, etc.), pour leur ind&#233;cence, leurs forfaits sociaux, leur avidit&#233;, leur corruption de l'establishment politique &#233;tats-unien &#8211; sans inclure leurs forfaits &#224; l'&#233;tranger, g&#233;n&#233;ralement soutenus par le gouvernement &#8211;, avaient &#233;t&#233; surnomm&#233;s les &#171; barons voleurs &#187;. Ce qu'ils ont pens&#233; couvrir en cr&#233;ant des fondations dites philanthropiques, croyant aussi, en bon chr&#233;tiens, s'acheter des places au paradis. Un puissant m&#233;canisme id&#233;ologique. En notre &#233;poque de globalisation marchande, de &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187; tr&#232;s avanc&#233;s, Bill Gates (actionnaire aussi dans, entre autres, l'industrie de l'armement, secteur tr&#232;s prosp&#232;re du capital, d&#233;j&#224; avant le n&#233;olib&#233;ralisme) ne fait, comme ses pairs, que marcher sur les pas de ces capitalistes &#233;rig&#233;s en mod&#232;les. Ce n'est pas prot&#233;ger des vies humaines (du chikungunya, de la dengue, du paludisme, de la zika) [6] qui int&#233;resse fondamentalement la FBMG et autres investisseurs obstin&#233;s dans la production et l'utilisation des moustiques g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s au Burkina Faso comme en Australie, au Br&#233;sil, dans la Cara&#239;be, aux &#201;tats-Unis (Californie, Floride), malgr&#233; les &#233;checs aux &#206;les Ca&#239;mans, en Malaisie, vu que les effets secondaires, sur les humains et la nature non humaine, de cette fausse solution ne les pr&#233;occupent pas, mais c'est accumuler davantage toujours [7]. Ce qui est pour le capitalisme, non seulement pour les acteurs de la financiarisation, &#171; la loi et les proph&#232;tes &#187; (Karl Marx).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les crises &#233;cologique (climat, biodiversit&#233;, etc.) et sociale (croissance des in&#233;galit&#233;s, de la pauvret&#233;, etc.) actuelles, tout comme son histoire &#8211; &#224; la diff&#233;rence des manuels de &#171; science &#233;conomique &#187; &#8211;, montrent que le capital n'est pas que voyou, mais cynique, criminel, structurellement. Ainsi, m&#234;me si actuellement, par l'emprise multidimensionnelle/globalisante croissante et mortif&#232;re du capitalisme, la fin du monde para&#238;t une possibilit&#233; plus r&#233;elle que la fin du capitalisme (Fredric Jameson), il n'est pas question de confondre l'anti-n&#233;olib&#233;ralisme pro-capitaliste et l'anti-capitalisme, de contribuer au blanchiment de tel capital par rapport &#224; tel autre. Au-del&#224; de l'opposition &#224; l'utilisation des moustiques g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;s, &#224; la financiarisation de la lutte contre le paludisme et autres maladies, il s'agit de soustraire la sant&#233; des griffes du capitalisme. Ce qui ne peut se r&#233;aliser sans combattre aussi l'emprise de celui-ci sur tous les autres secteurs de la soci&#233;t&#233; et sur la vie non humaine. C'est comme totalit&#233; multidimensionnelle que le capitalisme est &#224; combattre. L'esp&#233;rance d'une autre vie &#233;cologico-sociale que celle impos&#233;e par le capitalisme n'est pas &#224; perdre, elle est &#224; vivifier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
[1] C'est le titre d'une publication, de FIAN International, Transnational Institute et Focus on the Global South, Rogue capitalism and the financialization of territories and nature (2020) dont la version fran&#231;aise a pr&#233;f&#233;r&#233; traduire &#171; rogue &#187; par &#171; d&#233;voy&#233; &#187; plut&#244;t que par &#171; voyou &#187;. Cependant c'est &#171; voyou &#187; qui a &#233;t&#233; retenu dans la traduction fran&#231;aise du rapport de Sasha Mentz-Lagrange et Stefanie Swanepoel. L'expression est &#233;videmment inspir&#233;e de &#171; &#201;tat voyou &#187; de George Bush Jr., le super-voleur criant au voleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Contrairement &#224; une id&#233;e encore r&#233;pandue par le complexe acad&#233;mico-m&#233;diatique, relay&#233;e aussi au sein du mouvement altermondialisme, la mondialisation du capital n'est pas une nouveaut&#233; des derni&#232;res d&#233;cennies du 20e si&#232;cle. Au 19e si&#232;cle, Karl Marx affirmait &#171; La d&#233;couverte des contr&#233;es aurif&#232;res et argentif&#232;res d'Am&#233;rique, l'extermination et l'asservissement de la population indig&#232;ne, son ensevelissement dans les mines, les d&#233;buts de la conqu&#234;te et du sac des Indes orientales, la transformation de l'Afrique en garenne commerciale pour la chasse aux peaux noires, voil&#224; de quoi est faite l'aurore de l'&#232;re de la production capitaliste. Ces processus idylliques sont des moments majeurs de l'accumulation initiale. Dans la foul&#233;e suit la guerre commerciale des nations europ&#233;ennes, qui a la plan&#232;te pour th&#233;&#226;tre &#187;, Le Capital, Livre I, Chap. XXIV, &#171; La pr&#233;tendue accumulation initiale &#187;. Autrement dit la soci&#233;t&#233; capitaliste que l'on peut dater du 18e si&#232;cle d&#233;coule de cette dynamique d'expansion plan&#233;taire, initi&#233;e comme mondialisation marchande ou du capital marchand/commercial : &#171; La mondialisation a permis de donner naissance au capitalisme &#187;, a rappel&#233; r&#233;cemment Alain Bihr dans sa somme en trois tomes, Le premier &#226;ge du capitalisme (1415-1763) (Lausanne/Paris, Page 2/Syllepse, 2018-2019). &#192; la fin du 20e si&#232;cle a commenc&#233; non pas La Mondialisation, mais la phase n&#233;olib&#233;rale de la mondialisation du capital, caract&#233;ris&#233;e par, entre autres, l'intensification de la marchandisation de tout ce qui peut l'&#234;tre dans la mesure du possible (globalisation), de l'importance accrue de la sph&#232;re financi&#232;re, consid&#233;r&#233;e comme d&#233;r&#233;glement&#233;e, de &#171; la finance &#187; d&#233;j&#224; active aussi dans les phases ant&#233;rieures (par exemple, &#171; Lorsque Darwin publia De la descendance de l'homme, la chasse aux Indiens battait toujours son plein en Argentine. Elle &#233;tait financ&#233;e par un emprunt obligataire. Lorsque les Indiens furent &#233;limin&#233;s des terres, celles-ci furent partag&#233;es entre les porteurs. Chaque obligation donnait droit &#224; 2500 hectares &#187;, affirme Sven Lindqvist dans Exterminez toutes ces brutes, Paris, Le Serpent &#224; Plumes, 1998 [Stockholm, 1992 ; traduit du su&#233;dois par Alain Gnaedig], p. 155, en se r&#233;f&#233;rant &#224; un ouvrage d'histoire de l'Argentine datant de 1964). Cette importance de &#171; la finance &#187; ne signifie nullement que l'extorsion de la survaleur dans la sph&#232;re productive (extractiviste, industrielle, etc.) a cess&#233; d'&#234;tre centrale pour le capitalisme, comme le prouvent les d&#233;localisations vers des pays &#224; main d'&#339;uvre tr&#232;s bon march&#233; ou l'importation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e, formelle et informelle (les sans-papiers). Une part importante du capital financier provient de cette exploitation/surexploitation de la force de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Collectif, La gouvernance globale sous l'emprise des entreprises ! L'accord de partenariat entre le Forum &#233;conomique mondial (FEM) et l'ONU est une menace dangereuse pour le syst&#232;me onusien. Lettre ouverte &#224; M Ant&#243;nio Guterres, Secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral des Nations unies, 7 octobre 2019, disponible par exemple &#224; : &lt;a href=&#034;https://actionsolidaritetiersmonde.org/inquietudes-face-a-une-emprise-grandissante-des-entreprises-transnationales-sur-les-organisations-des-nations-unies-consacrees-a-lalimentation/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://actionsolidaritetiersmonde.org/inquietudes-face-a-une-emprise-grandissante-des-entreprises-transnationales-sur-les-organisations-des-nations-unies-consacrees-a-lalimentation/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ailleurs qu'en Afrique, l'&#201;tat fran&#231;ais, par exemple, a, plusieurs fois, ch&#232;rement pay&#233;, entre autres, le cabinet McKinsey &#8211; transnationale priv&#233;e affirm&#233;e experte en n&#233;olib&#233;ralisation &#8211;, pour la production de recommandations, en faveur des int&#233;r&#234;ts du Capital, de ses seigneurs, suppos&#233;es plus avis&#233;es que celles qu'auraient produites des commissions minist&#233;rielles/des &#8220;comp&#233;tences&#8221; de l'administration publique (&#171; dans la plupart des cas, les &#233;quipes de direction sont comp&#233;tentes, fournies et elles devraient &#234;tre en mesure de r&#233;aliser, seules, des expertises, puis de mettre en &#339;uvre des changements structurels n&#233;cessaires &#187;). En Belgique, il a sugg&#233;r&#233; une r&#233;forme de l'enseignement public et a remport&#233; le march&#233; de la r&#233;flexion sur ladite r&#233;forme, devant, sans originalit&#233;, n&#233;olib&#233;ralement parlant, aboutir &#224; la subordination de l'&#201;ducation, recherche comprise, aux d&#233;sid&#233;ratas, attentes du capital priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Cf., par exemple, la documentation produite par le Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes/CADTM (anciennement, Comit&#233; pour l'annulation de la dette du Tiers-Monde) : &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Le rapport inscrit &#224; juste titre l'Initiative pr&#233;sidentielle am&#233;ricaine contre le paludisme parmi les initiatives de &#171; financiarisation du paludisme &#187; (p. 24). La pr&#233;sidence &#233;tats-unienne entreprend de sauver des Africain.e.s tout en n&#233;gligeant, par racisme structurel aussi, la situation des pauvres des ghettos, des r&#233;serves (de Natives/Indien&#183;ne&#183;s) aux &#201;tats-Unis m&#234;mes. Du soft power, en fait. Aider ces pauvres-ci n'est pas rentable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Concernant le Br&#233;sil, &#171; Une ville de 50 000 habitants devra d&#233;bourser 670 000 &#224; 1,6 million d'euros par an pour b&#233;n&#233;ficier de cette m&#233;thode et 335 000 euros les ann&#233;es suivantes pour le maintien de la population des insectes transg&#233;niques &#187;, AFP/L'Express, &#171; Br&#233;sil : une &#8220;usine&#8221; de moustiques OGM pour venir &#224; bout de la dengue &#187; L'Express, 30 juil. 2014 ; &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/bresil-une-usine-de-moustiques-ogm-pour-venir-a-bout-de-la-dengue_1563037.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.fr/actualite/societe/sante/bresil-une-usine-de-moustiques-ogm-pour-venir-a-bout-de-la-dengue_1563037.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga est militant du CADTM en Afrique, il collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; la revue Inprecor.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Afrique au temps de la pand&#233;mie de coronavirus</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-Afrique-au-temps-de-la-pandemie-de-coronavirus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-Afrique-au-temps-de-la-pandemie-de-coronavirus</guid>
		<dc:date>2022-03-15T11:44:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce temps de pand&#233;mie de coronavirus qu'en est-il de l'Afrique et de ses relations avec les principales puissances ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Photo : (&#171; Malodi detail : bread moteki &#187; by FredR is marked with CC BY-NC-ND 2.0 - https://search.openverse.engineering/image/1c72d163-9756-430b-b903-f590ef24f8a5) &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
De la Covid-19 et de la dette africaine &lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis 2020, la vie mondiale est d'une certaine fa&#231;on rythm&#233;e par celle du coronavirus dit SARS-CoV-2, facteur de la Covid-19, maladie (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH103/arton51830-e4098.jpg?1678984476' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='103' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En ce temps de pand&#233;mie de coronavirus qu'en est-il de l'Afrique et de ses relations avec les principales puissances ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo : (&#171; Malodi detail : bread moteki &#187; by FredR is marked with CC BY-NC-ND 2.0 - https://search.openverse.engineering/image/1c72d163-9756-430b-b903-f590ef24f8a5)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/L-Afrique-au-temps-de-la-pandemie-de-coronavirus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la Covid-19 et de la dette africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 2020, la vie mondiale est d'une certaine fa&#231;on rythm&#233;e par celle du coronavirus dit SARS-CoV-2, facteur de la Covid-19, maladie pand&#233;mique qui s'av&#232;re assez mortelle. Elle avait &#233;t&#233; annonc&#233;e au d&#233;but de sa propagation comme devant &#234;tre catastrophique en Afrique. En ce d&#233;but 2022, la grande catastrophe annonc&#233;e en Afrique n'a pas (encore ?) eu lieu : environ 241,7 000 d&#233;c&#232;s, officiellement, dans les 55 &#201;tats (au 1er f&#233;vrier 2022, Africa Centres for Disease Control and Prevention), sur une population d'1,3 milliard, avec des disparit&#233;s entre d'une part l'Afrique du Sud (95,8 milliers de d&#233;c&#232;s pour 58 millions d'habitant&#183;e&#183;s), l'&#201;gypte (22,9 milliers pour 100 millions d'hab.), la Tunisie (26,6 milliers pour presque 10,9 millions d'hab.), le Maroc (15,5 milliers pour 35 millions d'hab.) totalisant presque les 2/3 de d&#233;c&#232;s, d'autre part les 302 du Niger (17,1 millions d'hab.), les 372 du Burkina Faso (18,4 millions d'hab.), les 715 du Mali (14,5 millions d'hab.), les 786 de la C&#244;te d'Ivoire (22,6 millions d'hab.). Il va de soi que chaque d&#233;c&#232;s est un drame pour les parent&#183;e&#183;s, les ami&#183;e&#183;s. L'Afrique compte le quart des d&#233;c&#232;s dans l'Union europ&#233;enne (sans le Royaume-Uni post-Brexit) : 967 125 pour 447 millions d'hab. (presque 3 fois moins que la population africaine) ; les &#201;tats-Unis avec 915 434 d&#233;c&#232;s pour 330 millions d'hab. font 3,7 fois plus que l'Afrique. Si ce catastrophisme ambiant n'&#233;tait pas souvent d&#233;nu&#233; de fantasmes sur l'Afrique &#8211; continent suppos&#233; essentiellement un lieu du n&#233;gatif ou du dramatique &#8211; ayant, en retour, suscit&#233; quelque r&#233;action complotiste africaine, il exprimait aussi la conscience par certaines institutions d'une certaine r&#233;alit&#233; des soci&#233;t&#233;s africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar de l'OMS tr&#232;s au fait des carences traditionnelles de la sant&#233; publique en Afrique, expos&#233;e auparavant au reste du monde par l'&#233;pid&#233;mie d'Ebola dans quatre soci&#233;t&#233;s ouest-africaines (2014) : v&#233;tust&#233; des infrastructures de sant&#233; publique, trop faible ratio m&#233;decin/millier d'habitant&#183;e&#183;s, forte d&#233;pendance pharmaceutique, inexistence souvent de structures de recherche fondamentale, etc. Une situation qui avait &#233;t&#233; aggrav&#233;e par les politiques d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, impos&#233;es dans les ann&#233;es 1980-1990 par les institutions financi&#232;res de Bretton Woods (Banque mondiale et Fonds mon&#233;taire international) charg&#233;es, avec d'autres, de la propagation mondiale du n&#233;olib&#233;ralisme, et se caract&#233;risant par, entre autres, des coupes claires dans les budgets des secteurs sociaux, celui de la sant&#233; en l'occurrence. Les &#201;tats africains &#8211; comme ceux d'Am&#233;rique latine et d'Asie &#8211; endett&#233;s &#233;tant somm&#233;s d'accorder la priorit&#233; au remboursement de la dette publique ext&#233;rieure. Ce qui s'accompagnait par ailleurs, au nom d'un pr&#233;tendu &#171; consensus de Washington &#187;, de la promotion du secteur priv&#233;, d'une organisation de la marche vers le &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187; (Naomi Klein), jusque dans les secteurs dits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#171; reforme structurelle &#187; a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e, bien qu'inachev&#233;e, comme le facteur d'une d&#233;cennie (du d&#233;but des ann&#233;es 2000 aux ann&#233;es 2014-2015), de forte croissance du PIB moyen de l'Afrique, &#224; 5 % &#8211; avec des grandes disparit&#233;s : allant des PIB &#224; deux chiffres &#224; ceux autour de 3% &#8211;, derri&#232;re l'Asie (6 %) et au dessus de la moyenne mondiale (3 %), malgr&#233; la crise des &#233;conomies dites d&#233;velopp&#233;es en 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour d'une crise de la dette africaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux moyen d'endettement de la R&#233;gion Afrique avait &#233;t&#233; r&#233;duit au milieu des ann&#233;es 2000 par les initiatives &#171; pays pauvres tr&#232;s endett&#233;s &#187; et &#171; am&#233;nagement de la dette multilat&#233;rale &#187;. Mais &#224; la veille de la pand&#233;mie, soit quatre &#224; cinq ans apr&#232;s la fin du taux moyen de croissance du PIB &#224; 5 %, situ&#233; &#224; 3,5 % en 2019, la dette publique ext&#233;rieure de plusieurs &#201;tats africains de toutes les sous-r&#233;gions africaines, de l'&#201;gypte au Zimbabwe, &#233;tait de nouveau en hausse (de 15 % en moyenne pour l'Afrique du Nord entre 2015 et 2020). 1/3 des &#201;tats africains se trouve soit surendett&#233; ( par exemple : 212 % du PIB pour le Soudan, 173 % pour l'&#201;rythr&#233;e, 125 % pour le Mozambique), soit risquent de le devenir (82 % pour le Ghana, 66 % pour le Rwanda). Ainsi, la dette publique ext&#233;rieure des &#201;tats de l'Afrique dite subsaharienne est pass&#233;e de 33 % en 2010 &#224; environ 58 % du PIB. D&#233;penser plus pour le service de la dette que pour les secteurs sociaux, est ainsi de nouveau &#224; l'ordre du jour, malgr&#233; leur &#233;tat d&#233;j&#224; d&#233;plorable, de la sant&#233; publique, en l'occurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'a confirm&#233; de fa&#231;on on ne peut plus &#233;vidente le d&#233;but de la lutte contre la pand&#233;mie, la forte croissance moyenne du PIB n'a profit&#233; qu'&#224; une infime minorit&#233; (classes dirigeantes et capitalistes sans distinction d'origine), n'&#233;tant pas accompagn&#233;e d'un v&#233;ritable progr&#232;s en mati&#232;re sociale, profitable aux classes populaires, o&#249; souvent pr&#233;vaut l'activit&#233; dans l'&#233;conomie dite informelle (85,8 % de l'emploi total, Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique, 2019) aux revenus plus pr&#233;caires que consid&#233;r&#233;s comme d&#233;cents. Par exemple, en rapport direct avec la sant&#233;, est demeur&#233; difficile l'acc&#232;s &#224; l'eau saine, potable, dans de grandes villes africaines. De ce fait, respecter la mesure barri&#232;re de lavage r&#233;gulier des mains au savon n'&#233;tait pas &#233;vident jusque dans des quartiers populaires autres que les bidonvilles africains (o&#249; l'eau potable peut &#234;tre vendue beaucoup plus ch&#232;re que dans les quartiers &#8220;normaux&#8221;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le pire paraissait tr&#232;s probable. La dette &#233;tant en hausse, jusqu'au surendettement, les charges sont donc plus lourdes pour ces &#201;tats. Les institutions de Bretton Woods ne proposant comme rem&#232;de principal qu'une version relook&#233;e de l'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, relativement adapt&#233;e au stade de n&#233;olib&#233;ralisation d&#233;j&#224; atteint &#8211;&#8211; &#171; intensifier les reformes structurelles &#187;, pendant la pand&#233;mie, selon le pr&#233;sident de la BAD. Ce qui revient &#224; prendre le chemin inverse de celui du progr&#232;s social profitable &#8220;durablement&#8221; aux classes populaires. Avec, par dessus le march&#233;, le r&#233;&#233;chelonnement peu probable d'une partie de plus en plus importante de la dette, celle due &#224; la finance priv&#233;e. Car des institutions financi&#232;res pourtant multilat&#233;rales, &#224; l'instar du FMI, en sont maintenant les rabatteurs, poussant les &#201;tats africains &#224; s'endetter davantage sur les march&#233;s financiers &#8211; aux taux d'emprunt g&#233;n&#233;ralement bien plus &#233;lev&#233;s. Ceux-ci sont devenus, avec 40 % de dettes d&#233;tenues (de 23 % en 2010 &#224; 39 % en 2019, en Afrique du Nord ; de 29 % en 2009 &#224; 43 % en 2019 en Afrique dite subsaharienne) les principaux cr&#233;anciers de l'Afrique, devant les cr&#233;anciers multilat&#233;raux (Banque mondiale, Banque africaine de d&#233;veloppement, FMI, etc.) et bilat&#233;raux (&#201;tats) dont les parts ont baiss&#233;. Comme si ces institutions avaient maintenant pour actionnaires les BlackRock, Citigroup, Cr&#233;dit Agricole, Goldman Sachs, JP Morgan et autres du m&#234;me acabit, non plus les &#201;tats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui rel&#232;ve du processus de concr&#233;tisation du &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187;, principe du n&#233;olib&#233;ralisme ou &#171; pur capitalisme &#187; (Michel Husson). Des &#233;missions d'obligations, emprunts r&#233;alis&#233;s sur le march&#233; financier, par des &#201;tats africains sont m&#234;me applaudis par la presse financi&#232;re locale ou panafricaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces gros cr&#233;anciers priv&#233;s ont, pendant la pand&#233;mie, confirm&#233; leur cynique surdit&#233; capitaliste en ne s'associant pas &#224; l'Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) des &#8220;pays les moins avanc&#233;s&#8221; &#8211; de mai 2020 &#224; fin d&#233;cembre 2020 d'abord, &#233;tendue par la suite de janvier &#224; d&#233;cembre 2021 &#8211; prise par le G20, la Banque mondiale et le FMI [1]. Cette suspension du service de la dette &#233;tant cens&#233;e contribuer au financement, par les &#201;tats des &#171; pays moins avanc&#233;s &#187;, de la lutte contre la pand&#233;mie, &#224; la fourniture de l'aide sociale aux plus d&#233;muni&#183;e&#183;s, etc. Il y avait d&#233;j&#224; 420 millions d'extr&#234;mement pauvres en Afrique avant la pand&#233;mie, soit un&#183;e Africain&#183;e sur trois. En 2020, du fait des faillites de micro-entreprises frapp&#233;es par l'&#201;tat d'urgence sanitaire, de la paralysie du secteur touristique maghr&#233;bin, avec l'informel qui l'entoure, des licenciements, des r&#233;ductions de salaires, etc., 30 millions de personnes ont bascul&#233; dans la pauvret&#233;. Des scenarios, de la BAD, estimaient la perte d'emplois entre 25 et 30 millions en 2020 : &#171; les principales victimes seront surtout les travailleurs pauvres qui repr&#233;sentent pr&#232;s de la moiti&#233; des salari&#233;s &#187;, des salari&#233;&#183;e&#183;s pauvres, en temps ordinaire, basculant, au ch&#244;mage, donc dans l'extr&#234;me pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#8220;solidarit&#233; familiale&#8221; manifestant davantage ses limites au fil des d&#233;cennies. Les estimations de la paup&#233;risation pour 2021 sont plus &#233;lev&#233;es : 490 millions (Cnuced, Rapport sur le d&#233;veloppement de l'Afrique 2021) car avec aussi la succession des vagues et de variants, des entreprises ont &#233;t&#233; contraintes de suspendre leurs activit&#233;s, de r&#233;duire leurs effectifs. Au Maroc, par exemple, en 2021, &#171; 24 % des GE [grandes entreprises] ont d&#233;clar&#233; une r&#233;duction de leurs effectifs, contre 34 % des PME et 43 % des TPE &#187;. Ainsi, malgr&#233; l'h&#233;mipl&#233;gie financi&#232;re de ces &#201;tats, &#224; l'&#233;conomie extravertie, particuli&#232;rement frapp&#233;s par le fort ralentissement de la demande en mati&#232;res premi&#232;res, la baisse des importations &#8211; facteur aussi de la hausse des prix de certaines denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; dans les villes et villages d'Afrique &#8211; donc amenuisement des recettes fiscales, les cr&#233;anciers priv&#233;s exigent d'&#234;tre rembours&#233;s. Tant pis pour les pauvres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc, si la l&#233;talit&#233; de la Covid-19 en Afrique n'est pas catastrophique &#8211; encore une fois, chaque d&#233;c&#232;s &#233;tant &#233;videmment un drame pour les parent&#183;e&#183;s, les ami&#183;e&#183;s &#8211;, la pand&#233;mie s'av&#232;re n&#233;anmoins un facteur aggravant de la situation sociale populaire des soci&#233;t&#233;s africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la d&#233;pendance diversifi&#233;e des &#233;conomies africaines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est, par ailleurs, une nouvelle monstration de la persistance de la d&#233;pendance des &#233;conomies africaines plut&#244;t que d'une situation actuelle &#224; la porte de la &#171; lib&#233;ration &#233;conomique &#187; (Vera Songwe, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale adjointe de l'ONU et secr&#233;taire ex&#233;cutive de la CEA). En effet, la pand&#233;mie &#8211; du fait par exemple de l'incapacit&#233; d'une autonomie africaine en mati&#232;re vaccinale &#8211; a reconfirm&#233; que les ann&#233;es de croissance du PIB, consid&#233;r&#233;e comme exceptionnelle, n'ont pas souvent favoris&#233; des initiatives de sortie de l'extraversion &#233;conomique. Bien au contraire, celle-ci a &#233;t&#233; renforc&#233;e par le d&#233;veloppement de l'extractivisme, de la monoculture agricole d'exportation, principaux facteurs, le plus souvent, la dite croissance. Une particuli&#232;re sensibilit&#233; donc aux fluctuations des march&#233;s des mati&#232;res premi&#232;res et autres produits bruts d'exportation, &#233;chappant g&#233;n&#233;ralement au contr&#244;le des &#8220;producteurs africains&#8221;. N&#233;anmoins, la baisse de la demande, de la part des &#233;conomies capitalistes d&#233;velopp&#233;es, au lendemain du d&#233;clenchement de la crise de 2008 n'a pas s&#233;v&#232;rement impact&#233; les &#201;tats africains d&#233;pendant de ces exportations, du fait de l'&#8220;&#233;mergence&#8221; de nouvelles puissances &#233;conomiques, la Chine principalement, ayant maintenu, voire cr&#251; leur demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, dans le cadre de son d&#233;veloppement capitaliste, de sa dynamique de croissance du PIB &#224; deux chiffres, d'un certain consum&#233;risme, la Chine s'est av&#233;r&#233;e grande demandeuse des mati&#232;res premi&#232;res, des produits d'Afrique : du p&#233;trole aux avocats, en passant par le cobalt et le caf&#233;. Les &#201;tats africains, &#8220;partenaires&#8221; &#233;conomiques de la Chine, ont pu maintenir la t&#234;te hors de l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, avec des liquidit&#233;s disponibles, en ayant fait, hors d'Afrique, par exemple, une gros d&#233;tenteur des bons du tr&#233;sor de l'h&#233;g&#233;mon &#233;tats-unien, la Chine est maintenant l'un principaux cr&#233;anciers bilat&#233;raux des &#201;tats africains dits subsahariens, voire est en t&#234;te (une certaine opacit&#233; de cette dette a suscit&#233; un d&#233;bat sur son taux r&#233;el), des pr&#234;ts, voire des dons, permettant aussi de doter l'Afrique en infrastructures que les partenaires traditionnels n'avaient pas r&#233;alis&#233;es, et se faisant rembourser, dans certains cas, en ressources naturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Esquissant ainsi comme un affaiblissement de la d&#233;pendance de ceux-ci &#224; l'&#233;gard des puissances capitalistes occidentales, dont des anciennes puissances coloniales. Au nom aussi d'une solidarit&#233; &#8220;Sud-Sud&#8221; (se r&#233;f&#233;rant &#224; la Conf&#233;rence de Bandoeng, 1955) entre ex-colonies et semi-colonie des puissances europ&#233;ennes. Ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une diversification de la d&#233;pendance. Car si la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique, supplantant donc la France, par exemple, dans ses ex-colonies, att&#233;nuant son influence, la Fran&#231;afrique n'a pas pour autant disparu. En Afrique dite anglophone, o&#249; pr&#233;vaut traditionnellement la d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de l'ancienne puissance coloniale, la Grande-Bretagne, ainsi que de l'h&#233;g&#233;mon mondial depuis le 20e si&#232;cle, les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, se d&#233;veloppe aussi le partenariat avec la Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un partenariat d&#233;lest&#233; du paternalisme, se voilant derri&#232;re la d&#233;fense de la d&#233;mocratie ou promotion du respect des droits humains, bien s&#233;lective, car absente des discours officiels des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, de l'Union europ&#233;enne, et de la Grande-Bretagne concernant les monarchies p&#233;troli&#232;res du Golfe pouvant &#234;tre objectivement consid&#233;r&#233;es comme parmi les pires violateurs des droits humains, avec l'&#201;tat chinois, mais &#233;tant, par exemple, de grosses clientes des industries de l'armement de ces &#201;tats se pr&#233;sentant en missionnaires de la d&#233;mocratie, du respect des droits humains dans le reste du monde &#8211; tout en pratiquant de plus en plus, localement, un lib&#233;ralisme autoritaire ayant parfois l'air d'envier la soci&#233;t&#233; de surveillance chinoise , m&#234;me avant la pand&#233;mie de Covid-19, propice &#224; une meilleure accumulation du capital. Ainsi &#8211; sans pour autant cautionner la violence politique ethnicis&#233;e meurtri&#232;re l'ayant port&#233; au pouvoir, son option capitaliste, ni celle du partenaire chinois (son deuxi&#232;me cr&#233;ancier et son premier cr&#233;ancier bilat&#233;ral) &#8211; le pr&#233;sident kenyan, Uhuru Kenyatta a insist&#233;, &#224; l'occasion de l'inauguration d'un &#8230; terminal p&#233;trolier, en d&#233;but janvier 2022, sur le partenariat non paternaliste chinois : &#171; Our partnership with China is not a partnership based on China telling us what to do. It is a partnership of friends, working together to meet Kenya's socio-economic agenda [&#8230;] China was there when we asked for partnership in developing it [&#8230;] We do not need lectures about what we need, we need partners to help us achieve what we require &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande cr&#233;anci&#232;re bilat&#233;rale des &#201;tats africains, premi&#232;re partenaire commerciale, la Chine est aussi en t&#234;te des investisseurs directs &#233;trangers en Afrique pendant les ann&#233;es 2016-2020. Avec 70,6 milliards $, elle a fait plus que les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (23,7), la France (19,5), le Royaume-Uni (16,3) et l'Allemagne (9,7) mis ensemble, et cr&#233;&#233; presque autant d'emplois, 170,1 milliers, que l'ensemble &#201;tats-Unis (54 milliers), France (46,2 milliers), Allemagne (36,5 milliers) Royaume-Uni (35,2 milliers), soit 171,9 milliers (source : Financial Times). Dit &#171; gagnant-gagnant &#187;, l'investissement chinois est fondamentalement capitaliste, surtout dans les zones &#233;conomiques, aux salaires tr&#232;s bas, entre autres, avec une pr&#233;f&#233;rence pour la main d'&#339;uvre f&#233;minine consid&#233;r&#233;e aussi comme plus flexible (&#201;thiopie, par exemple). L'Afrique est r&#233;put&#233; fournir un particulier retour sur investissement. Par ailleurs, des &#201;tats africains, comme le Maroc, la Tunisie ont exprim&#233; leur int&#233;r&#234;t pour le projet chinois de financement des infrastructures initi&#233; en 2013, dit &#171; nouvelles routes de la soie &#187; &#8211; concernant l'Asie, l'Am&#233;rique latine, l'Arctique, l'Europe centrale &#8211;, dans lequel figurait d&#233;j&#224; l'&#201;gypte, consid&#233;r&#233; par ses d&#233;tracteurs, comme un projet de construction de la domination chinoise dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Chine et l'Afrique pendant la pand&#233;mie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'accompagne du d&#233;veloppement d'un soft-power chinois. Face &#224; l'inefficacit&#233; du M&#233;canisme Covax, de lutte contre la facture vaccinale &#8211; plut&#244;t que de lev&#233;e des brevets qui serait plus efficace &#8211;, seulement 6 % de la population africaine est vaccin&#233;e (certains dons de vaccins ont &#233;t&#233; de proche p&#233;remption, poussant par exemple le Nigeria &#224; en d&#233;truire 1 million de doses p&#233;rim&#233;es) [2], la Chine lors du Forum sur la coop&#233;ration sino-africaine (FOCAC 2021) a promis d'augmenter son soutien sanitaire &#224; la lutte contre la pand&#233;mie par un don de 600 millions de doses de vaccins, la co-production locale de 400 millions de doses, autrement dit lever le brevet des vaccins qui seront co-produits. Par ailleurs, existe d&#233;j&#224;, dans le cadre du soft-power chinois une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision chinoise CCTV diffusant, dans les langues officielles, ses programmes dans toutes les sous r&#233;gions africaines. La pand&#233;mie n'a pas arr&#234;t&#233; l'attribution des bourses chinoises &#224; des &#233;tudiant&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s, en m&#234;me temps que se d&#233;veloppe ces derni&#232;res ann&#233;es l'enseignement du mandarin dans le syst&#232;me scolaire, y compris d&#232;s l'enseignement primaire (Afrique du Sud, Kenya, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande presse, fran&#231;aise comme &#233;tats-unienne par exemple, g&#233;n&#233;ralement li&#233;e au grand capital investissant en Afrique, des think tanks proches aussi des d&#233;cideurs politiques, voire des chercheur&#183;e&#183;s, discourent contre la &#171; menace chinoise &#187;, le &#171; n&#233;ocolonialisme chinois &#187; &#8211; le substantif &#233;tant souvent incongru dans leurs pages &#8211;, l'&#171; ogre chinois &#187;, anti-&#233;cologique en plus, &#224; la diff&#233;rence, implicitement, des transnationales dites occidentales, d'insertion de l'Afrique &#171; dans une strat&#233;gie chinoise d'encerclement du Nord par le Sud &#187; (Jean-Pierre Cabestan, sinologue fran&#231;ais). Une mise &#224; jour de la peur du &#171; p&#233;ril jaune &#187;, de la peur du suppos&#233; &#171; Flot montant des peuples de couleur contre la supr&#233;matie mondiale des blancs &#187; (Lothrop Stoddard, 1925).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Afrique appara&#238;t ainsi comme le terrain d'une comp&#233;tition entre la Chine, les &#201;tats-Unis et la France/Union europ&#233;enne que ni la Covid-19, ni le ralentissement de la croissance chinoise n'att&#233;nuent. En effet, l'Afrique est un autre terrain de la forte rivalit&#233; entre les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique et la Chine &#8211; plus effective, &#224; partir de la pr&#233;sidence Obama et accrue sous la pr&#233;sidence Trump, en Asie, dans l'Indo-Pacifique, et dans son arri&#232;re-cour, l'Am&#233;rique dite latine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme indiqu&#233; plus haut la Chine a supplant&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique en mati&#232;re d'investissements directs &#233;trangers en Afrique. Le voyage, en novembre 2021, du secr&#233;taire d'&#201;tat &#233;tats-unien, fermant la parenth&#232;se Trump (ayant parl&#233; de l'Afrique en termes de &#8220;pays de merde&#8221;), au Kenya &#8211; o&#249; s'est rendu quelques semaines apr&#232;s le ministre chinois des Affaires &#233;trang&#232;res &#8211;, Nigeria et S&#233;n&#233;gal &#8211; o&#249; s'est tenue par la suite, les derniers jours de novembre 2021, la grande rencontre africano-chinoise, le 8e Forum sur la coop&#233;ration sino-africaine &#8211; a &#233;t&#233; marqu&#233; entre autres par l'expression de cette rivalit&#233;, de fa&#231;on plut&#244;t implicite, les dirigeants des pays visit&#233;s &#233;tant de ceux qui ne cachent pas leur grande sympathie pour la coop&#233;ration avec la Chine, m&#234;me si pour le chef de l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais (depuis la pr&#233;sidence de Senghor, le S&#233;n&#233;gal est un important alli&#233; africain francophone des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique), par exemple, il faudrait r&#233;duire la part de la dette dans les investissements chinois, accentuer les investissements dits productifs pour booster effectivement le d&#233;veloppement de l'Afrique, la construction d'&#171; un avenir en commun &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que concernant l'Union europ&#233;enne/France et la Chine, la rivalit&#233; coexiste avec un projet de partenariat tripartite (Chine, Europe/France, Afrique), Croissance partag&#233;e entre l'Afrique, la Chine et l'Europe (Croissance PEACE), en fait un partenariat entre la Chine et l'Union europ&#233;enne en Afrique, r&#233;duite par la suite, en 2015, &#224; la France et la Chine en Afrique. Mais &#224; Paris, l'esprit de comp&#233;tition para&#238;t l'emporter sur celui de coop&#233;ration, non sans quelque d&#233;calage avec, par exemple, le Conseil fran&#231;ais des investisseurs en Afrique (CIAN), tr&#232;s int&#233;ress&#233; par le partenariat avec les entreprises chinoises. Recevant &#224; Paris son coll&#232;gue chinois Xi Jinping en 2019, le chef de l'&#201;tat fran&#231;ais, Emmanuel Macron lui avait affirm&#233; : &#171; Nous ne sommes pas en Afrique des rivaux strat&#233;giques [&#8230;] nous pouvons &#234;tre davantage des partenaires dans la dur&#233;e sur les plans de la s&#233;curit&#233;, de l'&#233;ducation, des infrastructures et du d&#233;veloppement &#187; (cit&#233; par l'AFP avec Le Figaro). Ce qui a &#233;t&#233; rappel&#233;, en cette p&#233;riode de pand&#233;mie, par des personnalit&#233;s fran&#231;aises comme Jean-Pierre Raffarin (ex-Premier ministre fran&#231;ais, pr&#233;sident de la Fondation Prospective et Innovation) Etienne Giros (pr&#233;sident du CIAN), Lionel Zinsou (membre du club de l'&#233;lite fran&#231;aise Le Si&#232;cle et ex-Premier ministre du B&#233;nin). Ladite coop&#233;ration tripartite s'est d&#233;j&#224; concr&#233;tis&#233;e dans le priv&#233;, par exemple pour la construction du barrage hydraulique de Kalata en Guin&#233;e, entre l'entreprise d'&#201;tat chinoise CWE et l'entreprise fran&#231;aise Tractebel, par le partenariat entre le groupe Bollor&#233; et le g&#233;ant chinois du commerce en ligne, Alibaba, et en cette nouvelle ann&#233;e, en Ouganda et en Tanzanie, pour l'exploitation du p&#233;trole du Lac Albert en Ouganda et son acheminement en Tanzanie &#8211; projet contest&#233;, par des collectifs locaux et &#233;trangers, pour raisons sociales et environnementales &#8211; par le consortium constitu&#233; par TotalEnergies, l'entreprise chinoise CNOOC et les &#201;tats ougandais et tanzanien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position officielle fran&#231;aise pourrait s'expliquer par l'initiative r&#233;cente de l'Union europ&#233;enne concernant les financements, le Global Gateway en position de rivalit&#233; plut&#244;t que de partenariat avec la Chine et ses &#171; nouvelles routes de la soie &#187;. Ne pouvant &#234;tre un hasard du calendrier, d&#232;s le lendemain de la cl&#244;ture du FOCAC 2021, ayant malgr&#233; tout, confirm&#233; la pr&#233;tendue &#8220;solidarit&#233; Sud-Sud&#8221; entre les classes dirigeantes/dominantes de Chine et d'Afrique, la pr&#233;sidente de la Commission de l'Union europ&#233;enne, Ursula von der Leyen, en visite &#224; Dakar, a annonc&#233;, en compagnie du pr&#233;sident s&#233;n&#233;galais (devant assurer en 2022 la pr&#233;sidence tournante de l'Union Africaine) la mise &#224; disposition de 150 milliards d'euros par l'Union europ&#233;enne pour l'investissement en Afrique sur six ans, soit la moiti&#233; des 300 milliards du Global Gateway, non limit&#233; &#224; l'Afrique, en concurrence avec les &#171; routes de la soie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats africains, dont les classes dirigeantes adh&#232;rent sans exception aucune au capitalisme, semblent s'attendre &#224; ce que cette concurrence entre puissances capitalistes, cette bataille d'&#233;l&#233;phants n'ab&#238;me pas l'herbe-Afrique mais puisse la fertiliser. Car, il s'agit bel et bien d'une concurrence entre puissances qui ne se d&#233;roule pas (encore ?) sur les mers, ou &#224; coup de bombes. En fait, la Chine, qui se proclame encore construisant le socialisme tout en faisant l'&#233;loge du capitalisme au Forum de Davos (ses &#233;changes &#233;conomiques avec les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#8211; malgr&#233; Trump &#8211; et l'Union europ&#233;enne sont incommensurablement plus importants que ceux avec l'Afrique) contribue &#224; davantage de dynamique capitaliste en Afrique &#224; l'&#233;tape actuelle de sa mondialisation. Par exemple, les routes, les chemins de fer, les ports construits, le sont plus pour le transport des mati&#232;res premi&#232;res, des marchandises que pour la circulation des personnes, celle-ci pouvant &#234;tre d&#233;termin&#233;e comme mobilit&#233; de la force de travail contribuant &#224; sa flexibilisation, pour un &#8220;meilleur&#8221; retour sur investissement, caract&#233;ristique de l'Afrique en n&#233;olib&#233;ralisation. Cette conception est partag&#233;e par les classes dirigeantes africaines et fractions locales de la classe capitaliste. Il en est autant des relations de l'Afrique avec les autres puissances dites &#233;mergentes, &#224; l'instar de la Turquie, de la Russie. Celle-ci, &#224; la faveur de la crise malienne surtout, est devenue aussi une cible des puissances dites occidentales et leurs relais m&#233;diatiques, car perturbant la reproduction de l'ordre militaire n&#233;ocolonial &#233;tabli par la France dans certaines de ses anciennes colonies, soutenue par l'Union europ&#233;enne dans le cas du Mali. [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Jihadistes, putschistes maliens, fran&#231;ais et mercenaires russes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diversification du partenariat s'est &#233;tendue au Mali au domaine militaire, avec l'engagement, apr&#232;s la Centrafrique, de la soci&#233;t&#233; militaire priv&#233;e (SMP) ou de mercenariat russe, Wagner, en r&#233;action de la junte militaire au pouvoir depuis mai 2021 &#224; l'inefficacit&#233; de la pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re face aux groupes islamiques arm&#233;s s&#233;vissant au Mali, au Niger et au Burkina Faso aussi. L'incomp&#233;tence de l'arm&#233;e locale &#233;tant ainsi affirm&#233;e par les militaires au pouvoir. Mais, il s'agit surtout d'un d&#233;saveu de l'Op&#233;ration Barkhane active depuis 2014, sous le leadership de l'arm&#233;e fran&#231;aise, accompagn&#233;e d'autres arm&#233;es europ&#233;ennes et b&#233;n&#233;ficiant de la collaboration technique du Commandement militaire pour l'Afrique de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (Africom). Ce recours au mercenariat, d&#233;ni&#233; plus d'une fois par le gouvernement malien, d&#233;nonc&#233; par la &#171; communaut&#233; internationale &#187; n'ayant pas fermement exprim&#233; une d&#233;sapprobation de la normalisation des SMP en entreprises, est soutenu par une large partie de la population malienne, car ne comprenant pas l'incapacit&#233; de ces arm&#233;es europ&#233;ennes, cens&#233;es performantes, &#224; ne pas venir &#224; bout pendant huit ans de ces jihadistes (dont le recrutement est favoris&#233; aussi par la quasi absence de l'administration publique, des services sociaux, etc., dans des zones rurales de certaines soci&#233;t&#233;s africaines, r&#233;sultant en partie des politiques d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral en prolif&#233;ration &#224; partir des ann&#233;es 1980). Ce dans un climat, au sein de l'espace francophone sous-r&#233;gional, de mont&#233;e, au sein de l'opinion publique, de la critique des relations entre la France et ses anciennes colonies, symbolis&#233;es d'ailleurs par le maintien de l'ancien franc des colonies fran&#231;aises d'Afrique (FCFA) ainsi que celui de la pr&#233;sence militaire fran&#231;aise dans quelques pays, des interventions militaires fran&#231;aises. M&#234;me le blocus global impos&#233; au Mali par la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) &#8211; compos&#233; d'ex-colonies non seulement de la France, mais aussi de la Grande-Bretagne et du Portugal &#8211;, en r&#233;action officiellement &#224; la longue dur&#233;e d&#233;cid&#233;e de la p&#233;riode de transition (5 ans) devant aboutir au retour &#233;lectoralement des civils au pouvoir, est interpr&#233;t&#233; aussi comme influenc&#233; par la France. Celle-ci &#233;tant active au Conseil de s&#233;curit&#233; des Nations unies pour des sanctions contre le Mali de la junte et des mercenaires. Ceux-ci tra&#238;nant une r&#233;putation de violateurs des droits humains, l&#224; o&#249; ils sont pass&#233;s, et de pr&#233;dateurs de ressources naturelles. Des caract&#233;ristiques en fait des SMP. Avec le blocus financier du Mali par la CEDEAO, comment d'autre pourrait-il s'acquitter des 9 &#224; 10 millions d'euros par mois que co&#251;terait la prestation de Wagner ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La place de la Russie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affirmation avec insistance d'un lien fort entre la SMP Wagner et le Minist&#232;re russe de la D&#233;fense, l'&#201;tat russe, inscrit la participation de celle-l&#224; dans une strat&#233;gie russe d'influence en Afrique, comme une nostalgie du temps de la guerre dite froide quand certains &#201;tats africains &#233;taient align&#233;s derri&#232;re l'URSS, m&#234;me si d'aucuns l'&#233;taient tout en se maintenant dans la zone du FCFA par exemple. La France est &#233;branl&#233;e certes, mais l'escalade avec le Mali va t-elle atteindre le stade de rupture des relations entre l'ancienne colonie et l'ancienne puissance coloniale ? Le sens de la &#8220;souverainet&#233; nationale&#8221; affich&#233; par la junte militaire ira t-il jusqu'&#224; envisager une sortie du n&#233;ocolonialisme collectif ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toutes les autres puissances actuellement en situation de rivalit&#233; les unes avec les autres, l'int&#233;r&#234;t de la Russie pour l'Afrique est &#233;conomiquement motiv&#233;. Certes sans pr&#233;tendre &#224; la m&#234;me ampleur que l'activisme chinois. Elle s'active dans plusieurs secteurs en Afrique : dans la vente des armes de guerre en Afrique (en 2018, elle a vendu 3.2 milliards $ d'armes &#224; l'&#201;gypte pourtant subventionn&#233;e annuellement en la mati&#232;re par les &#201;tats-Unis d'am&#233;ricaine ; 2,1 milliards &#224; l'Alg&#233;rie, etc.), des r&#233;acteurs nucl&#233;aires &#224; l'Afrique du Sud, construit une centrale nucl&#233;aire en &#201;gypte, des gazoducs au Nigeria et ailleurs, investit dans le secteur minier au Gabon, en Guin&#233;e, en Namibie et ailleurs, elle exporte des produits alimentaires (s'imposant face &#224; la France pour l'exportation du bl&#233; sur le march&#233; alg&#233;rien)&#8230; Dans ses &#233;changes avec l'Afrique, elle a r&#233;alis&#233;, en 2018, un exc&#233;dent commercial de 17 milliards de dollars. Bref, elle participe, en pr&#233;tendant contribuer &#224; la fin du &#8220;colonialisme&#8221; en Afrique, &#224; y consolider la dynamique du capitalisme, avec sa dimension &#233;cocidaire en croissance, modifiant peut-&#234;tre au passage les rapports de force entre les dites puissances, mais veillant &#224; la reproduction de celui-ci. Il ne peut ainsi en &#234;tre attendue une dynamique &#233;mancipatrice. Celle-ci ne pouvant &#234;tre que le fait des classes populaires, des f&#233;ministes, des &#233;cologistes, m&#234;me si la p&#233;riode incline plus au pessimisme de la raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Voir notamment CADTM International, &#171; Crise de la dette : Un sommet du G20 pour rien &#187;, 15 octobre 2021. Disponible &#224; : &lt;a href=&#034;https://cadtm.org/Communique-Crise-de-la-dette-Un-sommet-du-G20-pour-rien&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cadtm.org/Communique-Crise-de-la-dette-Un-sommet-du-G20-pour-rien&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Eric Toussaint, &#171; La Banque mondiale et le FMI reconnaissent que l'&#233;cart se creuse de plus en plus entre le Nord et le Sud &#187;, 1er f&#233;vrier 2022. Disponible &#224; : &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/La-Banque-mondiale-et-le-FMI-reconnaissent-que-l-ecart-se-creuse-de-plus-en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/La-Banque-mondiale-et-le-FMI-reconnaissent-que-l-ecart-se-creuse-de-plus-en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir notamment, CADTM Afrique, &#171; D&#233;claration du CADTM Afrique relative aux sanctions de la CEDEAO et de l'UEMOA contre le Mali &#187;, 2 f&#233;vrier 2022. Disponible &#224; : &lt;a href=&#034;https://cadtm.org/Declaration-du-CADTM-Afrique-relative-aux-sanctions-de-la-CEDEAO-et-de-l-UEMOA&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cadtm.org/Declaration-du-CADTM-Afrique-relative-aux-sanctions-de-la-CEDEAO-et-de-l-UEMOA&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie III</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46550</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46550</guid>
		<dc:date>2021-02-16T13:07:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la troisi&#232;me et derni&#232;re partie de l'&#233;tude de Jean Nanga (voir liens des deux pr&#233;c&#233;dentes parties &#224; la fin de l'article). Les deuxi&#232;me et premi&#232;re parties sont disponibles ici. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la premi&#232;re partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la deuxi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du CPP de Nkrumah &#224; l'ANC de Mandela : comme une triste r&#233;p&#233;tition historique &lt;br class='autobr' /&gt;
En fait, derri&#232;re la &#171; crise de la connaissance &#187; sous forme de persistance post-coloniale du nationalisme culturel, issu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-02-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-02-02&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L143xH150/arton46550-5f7f2.jpg?1674712514' class='spip_logo spip_logo_right' width='143' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la troisi&#232;me et derni&#232;re partie de l'&#233;tude de Jean Nanga (voir liens des deux pr&#233;c&#233;dentes parties &#224; la fin de l'article). Les deuxi&#232;me et premi&#232;re parties sont disponibles ici.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-19416&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-45799?var_mode=calcul&#034;&gt;premi&#232;re partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46541&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du CPP de Nkrumah &#224; l'ANC de Mandela : comme une triste r&#233;p&#233;tition historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, derri&#232;re la &#171; crise de la connaissance &#187; sous forme de persistance post-coloniale du nationalisme culturel, issu en grande partie de la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187;, derri&#232;re les masques n&#233;gro-africains (African personality, socialisme africain, etc.), parfois amalgam&#233;s au &#8220;socialisme scientifique&#8221;, s'exprimaient bien, dans le cas du CPP de Nkrumah &#8211; comme d'autres en Afrique post-coloniale &#8211; les int&#233;r&#234;ts sociaux petits-bourgeois de la fraction dominante au sein du Parti-&#201;tat (CPP). Ceci a logiquement abouti au premier &#233;chec retentissant de ladite &#171; r&#233;volution africaine &#187; [1]. C'est ainsi que dans les classes populaires ghan&#233;ennes, il n'y avait pas eu de mobilisation assez d&#233;termin&#233;e contre les putschistes, pour d&#233;fendre un r&#233;gime certes confront&#233; &#224; la baisse du cours du cacao (un des deux principaux produits d'exportation), &#224; un surendettement, au gel des pr&#234;ts britanniques, &#233;tats-uniens, en guise de chantage, etc. Mais un r&#233;gime qui les avait aussi d&#233;laiss&#233;es socialement, avait musel&#233; les syndicats des salari&#233;&#183;e&#183;s, etc., bris&#233; l'&#233;lan du mouvement des femmes (All African Women's League, Federation of Gold Coast Women, etc.) en le r&#233;duisant &#224; un rouage bureaucratis&#233; (National Council of Ghana Women) du CPP [2]. Pourquoi d&#233;fendre un r&#233;gime dont les t&#233;nors se pr&#233;occupaient surtout de la conservation de leurs privil&#232;ges mat&#233;riels &#8211; Nkrumah &#233;tant personnellement consid&#233;r&#233; comme une des exceptions &#8211;, voire de leur m&#233;tamorphose en bourgeois, sous le couvert dudit socialisme africain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187; avait dit P. Hountondji au moment o&#249; l'Afrique connaissait ses premiers &#201;tats dirig&#233;s par des partis se proclamant &#8220;marxistes-l&#233;ninistes&#8221;, constructeurs du socialisme scientifique. Mais, il s'est finalement av&#233;r&#233;, dans les cas du Congo-Brazzaville et du B&#233;nin &#8211; valable aussi pour les quelques autres (malgr&#233; une certaine d&#233;sinformation anti-marxiste/anticommuniste, il n'&#233;taient pas bien nombreux au cours des ann&#233;es 1970-1980 pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme tels : Angola, Cap-Vert, Ethiopie post-imp&#233;riale, Guin&#233;e-Bissau, Mozambique, Somalie, Zimbabwe) &#8211; qu'il s'agissait d'un &#171; marxisme de fa&#231;ade [&#8230;] id&#233;ologie d'une bourgeoisie administrative et compradore, d'une v&#233;ritable sorcellerie, aux antipodes de la &#8220;science&#8221; &#187; [3]. La m&#233;ditation sur le cas ghan&#233;en (sous Nkrumah), entre autres, n'ayant pas &#233;t&#233; effectivement &#224; l'ordre du jour, ces r&#233;gimes ont &#233;t&#233; emport&#233;s par le vent de la d&#233;mocratisation (port&#233; par la r&#233;action sociale populaire aux cons&#233;quences nocives des programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral cens&#233;s rem&#233;dier &#224; la crise de la dette publique ext&#233;rieure des &#201;tats, entre autres expressions d'une crise des &#233;conomies n&#233;ocoloniales) ayant souffl&#233; sur nombre de r&#233;gimes africains structurellement n&#233;ocoloniaux, sans distinction d'id&#233;ologie (proclam&#233;e ou non), &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1980. Au cours de laquelle se n&#233;gociait la fin de l'apartheid constitutionnel en Afrique du Sud (institu&#233; en 1948), dont la concr&#233;tisation initi&#233;e par la lib&#233;ration de Nelson Mandela (1990) a &#233;t&#233; accueillie avec une grande joie par nombre de panafricanistes progressistes, consid&#233;rant cette victoire sur l'apartheid constitutionnel comme le prodrome d'une Afrique du Sud de la justice sociale. Ce qui ne manquerait pas de r&#233;percussions ailleurs en Afrique. D'autant plus que le pouvoir de l'ANC &#8211; hormis les deux ans de transition &#8211; va &#234;tre celui d'une Alliance Tripartite, avec le Parti communiste sud-africain (SACP) et le Congr&#232;s des syndicats d'Afrique du Sud (COSATU). Mais cela s'est assez vite av&#233;r&#233; par la suite comme du &#171; Talk left, walk right &#187; [4] . Une r&#233;p&#233;tition historique, en quelque sorte, dans un contexte international de marche triomphale du n&#233;olib&#233;ralisme, au cours duquel la cote politique du progressisme social &#233;tait au plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;ANC, Fin de l'apartheid et &#171; post-apartheid apartheid &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, il s'est assez vite av&#233;r&#233; que les int&#233;r&#234;ts r&#233;ellement d&#233;fendus par l'ANC (membre de l'Internationale socialiste dont les organisations membres s'accommodent g&#233;n&#233;ralement du n&#233;olib&#233;ralisme, une fois au pouvoir, voire avant) sont principalement ceux de la petite bourgeoisie noire, une composante en croissance du capital local qui, dans ce cas sud-africain, est le plus ancien et le plus d&#233;velopp&#233; d'Afrique. Pour le d&#233;veloppement duquel, faut-il rappeler, avait &#233;t&#233; constitutionnalis&#233; la supr&#233;matie blanche (apartheid), pendant quatre d&#233;cennies. Au fil des ann&#233;es, la fin de l'apartheid constitutionnel a principalement signifi&#233;, en mati&#232;re sociale, une consolidation de la classe capitaliste sud-africaine (dont une fraction &#8220;&#233;clair&#233;e&#8221; avait consid&#233;r&#233;, dans les ann&#233;es 1980, que le r&#233;gime d'apartheid constitutionnel devenait caduc), gr&#226;ce &#224;, entre autres, plus de participation des Noir&#183;e&#183;s [5] &#224; la dite classe, &#224; partir d'une production volontariste de capitalistes noir&#183;e&#183;s (le Black Economic Empowerment, BEE), en partie li&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'ANC. Autrement dit, plus de participation de Noir&#183;e&#183;s d'une part &#224; la domination capitaliste, &#224; l'exploitation, &#224; la surexploitation de la force de travail en Afrique du Sud. Celle-ci y est tr&#232;s majoritairement noire, sud-africaine, mais aussi originaire d'ailleurs en Afrique, principalement de certains pays voisins, et dans une moindre mesure d'autres sous-r&#233;gions du continent. D'autre part, ce capital noir participe au sous-imp&#233;rialisme sud-africain dans la sous-r&#233;gion australe (dans la continuation du capital de l'apartheid constitutionnel), voire hors d'Afrique australe. &#192; l'instar de la tentative de rivaliser avec l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais en Centrafrique (2007-2013), que le renversement du pr&#233;sident Fran&#231;ois Boziz&#233; a enterr&#233;e, avec 13 membres des forces arm&#233;es sud-africaines en RCA. Il est fort probable que ce capital noir participe aussi &#224; l'expansion extra-africaine du capital sud-africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps que cette &#171; rapacious elite black bourgeoisie &#187; [6], n&#233;e sous la pr&#233;sidence du h&#233;ros de la lutte anti-apartheid, Nelson Mandela &#8211; ainsi lou&#233; par Achille Mbembe, s'inspirant du philosophe Hegel : &#171; En lui, l'Afrique du Sud, cet accident g&#233;ographique qui peine &#224; se faire concept, aura trouv&#233; son Id&#233;e &#187; [7] &#8211;, se sont d&#233;velopp&#233;es les in&#233;galit&#233;s sociales, &#224; propos desquelles l'Afrique du Sud est devenue ces derni&#232;res ann&#233;es une championne mondiale [8]. L'ANC, ayant reni&#233; son &#8220;programme minimum&#8221;, la Charte de la Libert&#233; (1955) &#8211; marqu&#233;e aussi bien par le contexte keyn&#233;sien post-Seconde Guerre mondiale que par la strat&#233;gie de la r&#233;volution nationale d&#233;mocratique et populaire, l'&#8220;&#233;tapisme&#8221; de son principal alli&#233; historique, le SACP &#8211; en arrivant au pouvoir (1994-1996), voire avant (c'est en 1991 que Mandela, a fait son chemin de Davos), et embrass&#233; le n&#233;olib&#233;ralisme [9], a ainsi produit une &#171; post-apartheid apartheid South Africa &#187; (Percy More). Une nouvelle forme de soci&#233;t&#233; d'apartheid o&#249; l'on retrouve des vives s&#233;quelles de l'apartheid constitutionnel (blanc/noir) ainsi qu'un &#233;largissement du foss&#233; entre les classes sociales parmi les Noir&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En guise d'aur&#233;ole de ce &#171; post-apartheid apartheid &#187;, a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e, instrumentalis&#233;e, une version sud-africaine/zimbabw&#233;enne de l'african personality : l'Ubuntu. Cette pr&#233;tendue philosophie traditionnelle (sud-africaine, par la suite consid&#233;r&#233;e comme celle de toute l'Afrique dite noire), dont le suppos&#233; principe (en nguni/zulu) &#171; umuntu ngumuntu ngabantu &#187; (en anglais : &#171; a person is a person through others persons &#187; ; traduction litt&#233;rale en fran&#231;ais : &#171; une personne ne l'est que gr&#226;ce &#224;/&#224; travers d'autres personnes &#187; ; traduction courante : &#171; je suis, parce que nous sommes &#187;) [10] ne fait qu'exprimer le communautarisme/communalisme suppos&#233; caract&#233;riser essentiellement les (n&#233;gro-)Africain&#183;e&#183;s, les Noir&#183;e&#183;s. Par opposition &#233;videmment &#8211; comme dans la n&#233;gritude, la philosophie bantoue (pr&#233;sent&#233;e par le r&#233;v&#233;rend p&#232;re Placide Tempels, missionnaire belge au Congo belge), le consciencisme, le communautarisme &#8211; &#224; l'individualisme suppos&#233; caract&#233;riser essentiellement, les Blancs/Blanches Europ&#233;en&#183;ne&#183;s, les Occidentaux/Occidentales. Il s'agit d'une mise &#224; jour de l'ignorance historique, assez satisfaite, h&#233;rit&#233;e de la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187;, d&#233;j&#224; mentionn&#233;e plus haut, et de la compatibilit&#233; de ce nationalisme culturel (porteur, dans l'Afrique du Sud de Nelson Mandela, de Thabo Mbeki, d'une suppos&#233;e &#171; Renaissance africaine &#187; ; Jacob Zuma ayant plus &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme &#171; 100 % Zulu Boy &#187;) avec le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ladite philosophie traditionnelle (n&#233;gro-)africaine apr&#232;s avoir, par exemple, &#233;t&#233; invoqu&#233;e pour la r&#233;conciliation nationale sud-africaine, a &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e, &#224; partir de 2002, dans le vade-mecum du capital sud-africain (sous h&#233;g&#233;monie blanche), le King Report on Corporate for Governance for South Africa qui recommande en son point 38, la n&#233;cessit&#233; de l'&#171; observation et la prise en compte de la vision du monde et de la culture africaine dans la gouvernance des entreprises en Afrique du Sud &#187;, avec une mention explicite &#224; &#171; l'Ubuntu (humanit&#233;) &#187;. Cette recommandation &#233;tait suivie de l'indication de suppos&#233;s particularismes africains, parmi lesquels une pr&#233;f&#233;rence pour le consensus plut&#244;t que pour la discorde (entendre le conflit de classe, rejet&#233;, &#224; l'&#233;poque d&#233;j&#224;, aussi bien par le conscienciste Nkrumah que par le fabien Arthur Lewis) [11]. Participent alors &#224; la publicit&#233; de l'Ubuntu, des int&#233;r&#234;ts de classe hostiles &#224; toute id&#233;ologie d&#233;barrass&#233;e des &#171; mythologies oppos&#233;es de l'imp&#233;rialisme et du nationalisme des peuples coloniaux &#187; (Adiele Eberechukuwu Afigbo, op. cit.). Les int&#233;r&#234;ts du capital convergent avec ceux du nationalisme petit-bourgeois post-colonial qui s'av&#232;re assez sensible aux opportunit&#233;s de mutation sociale ascendante individuelle/individualiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; illustr&#233; dans le Ghana nouvellement ind&#233;pendant, par exemple, par la trajectoire d'un D.-K. Foevie : au d&#233;part un dirigeant tr&#232;s combatif du syndicat des mineurs, la Mine Employees Union, pendant la p&#233;riode coloniale, puis du Trade Unions Congress (TUC), alli&#233; du CPP au pouvoir. Par la suite, il &#171; accepta en 1958 des conditions restrictives d'une nouvelle structure du TUC, et, tout en restant &#224; la t&#234;te du syndicat, rejoignit la direction de la State Gold Mining Corporation, et en prenant m&#234;me la direction quelque temps apr&#232;s &#187; (F. Cooper, p. 443). Le CPP &#233;tant alors hostile &#224; la lutte de classe prol&#233;tarienne en p&#233;riode post-coloniale. Quatre d&#233;cennies plus tard, en Afrique du Sud, c'est l'ancien dirigeant de la National Union of Mineworkers pendant la p&#233;riode d'apartheid, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e constituante (1994), et, &#224; l'&#233;poque, pr&#233;sum&#233; dauphin de Mandela &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique, num&#233;ro 2 de l'ANC sous la pr&#233;sidence de Jacob Zuma, Cyril Ramaphosa qui acc&#232;de en 2018 &#224; la pr&#233;sidence de la R&#233;publique. Et, ce qui n'est pas un d&#233;tail, apr&#232;s avoir amass&#233; une fortune colossale &#8211; comme quelque autre ancien dirigeant syndical noir &#8211; en tant que, entre autres, actionnaire important de la LonMin (entreprise mini&#232;re ayant fait massacrer une trentaine de ses mineurs en gr&#232;ve, &#224; Marikana, en ao&#251;t 2012, suite &#224; un appel &#224; la r&#233;pression polici&#232;re par, entre autres, lui-m&#234;me), patron de Mc Do en Afrique du Sud et membre du conseil consultatif international de Coca-Cola. Peut-il encore promouvoir la lutte de classe des exploit&#233;&#183;e&#183;s, le renversement du capitalisme, toy-toyer en chantant &#171; I am a socialist &#187; ? Quant &#224; son ex-rival et vainqueur pour la succession de Mandela, &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat sud-africain, Thabo Mbeki (membre du bureau politique du SACP jusqu'en 1990), il partage actuellement avec le num&#233;ro 1 du capital africain, Aliko Dangote, la co-pr&#233;sidence des AfroChampions. Derri&#232;re la corruption expos&#233;e de Zuma, il y a la constitution d'un tr&#232;s large r&#233;seau familial d'entreprises (priv&#233;es) dans diff&#233;rents secteurs dit &#171; Zuma Incorporated &#187; [12]. L'avidit&#233; accumulatrice y est telle que des dirigeants de l'ANC ont, pendant la crise sanitaire et sociale actuelle, surfactur&#233; la vente &#224; l'&#201;tat de mat&#233;riel sanitaire (masques, gel hydro-alcoolique), des denr&#233;es de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; destin&#233;e aux tr&#232;s d&#233;muni&#183;e&#183;s, au titre de l'aide sociale pendant le confinement. Denr&#233;es alimentaires que d'autres dirigeants de l'ANC ont partiellement d&#233;tourn&#233;es et revendues. Des manifestations locales de la profitabilit&#233; pour les riches que constitue aussi la lutte contre la pand&#233;mie en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Connaissance et &#233;mancipation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette flagrante d&#233;rive de l'organisation leader du mouvement sud-africain d'&#233;mancipation (la plus ancienne organisation et parmi les plus prestigieuses d'Afrique, dont l'&#233;rosion de l'&#233;lectorat ne fait que progresser d'une &#233;lection &#224; l'autre, malgr&#233; sa maestria en mati&#232;re de client&#233;lisme [13]), m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233;e hors d'Afrique du Sud aussi, plus s&#233;rieusement sans doute que les &#8220;&#233;checs&#8221; pr&#233;c&#233;dents. Surtout par celles et ceux qui mettent encore l'accent essentiellement que sur la commune identit&#233; raciale comme facteur de la &#171; r&#233;volution africaine &#187;. Car celle-ci ne pourra &#234;tre entreprise avec efficience sans, entre autres, une culture de l'&#171; analyse lucide &#187; &#8211; d&#233;pourvue &#233;videmment de biais racialiste ou g&#233;oculturaliste, h&#233;ritage de l'ethnologie coloniale fructifi&#233; aussi de la petite-bourgeoisie politicienne autant qu'intellectuelle, celle-ci alimentant celle-l&#224; &#8211;, c'est-&#224;-dire une culture de la &#171; connaissance concr&#232;te de la r&#233;alit&#233; de chaque pays et de l'Afrique ainsi que des exp&#233;riences concernant d'autres peuples &#187;, et de la &#171; critique juste &#187; (Amilcar Cabral, &#171; Une crise de connaissance &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la &#171; r&#233;volution africaine &#187; ne devrait &#234;tre envisag&#233;e ou pens&#233;e ni en se focalisant sur une seule identit&#233; (chaque &#234;tre humain &#233;tant toujours une imbrication ou un complexe d'identit&#233;s, appartenant ainsi en m&#234;me temps &#224; plusieurs cat&#233;gories sociales), mais en articulant les identit&#233;s de classe, de genre [14], d'ethnie ou de race [15], voire d'autres, dans le cadre de la soci&#233;t&#233; capitaliste g&#233;n&#233;ralement n&#233;ocoloniale, ni dans l'isolement national ou m&#234;me continental, ni sans articulation du socio-&#233;conomique et de l'&#233;cologique. Ceci s'av&#232;re particuli&#232;rement exigeant en mati&#232;re de connaissance &#8211; l'&#233;cologie reposant le probl&#232;me de l'articulation de la connaissance de la nature avec celle des soci&#233;t&#233;s &#8211;, vu l'unit&#233; de l'identit&#233; et de la diversit&#233; des soci&#233;t&#233;s humaines, la tr&#232;s grande diversit&#233; de toute la vie extra-humaine, les probl&#232;mes cr&#233;&#233;s par le Progr&#232;s et ceux qui pourront d&#233;couler de la &#8220;transition &#233;cologique&#8221; dans chaque formation sociale, toujours en articulation avec le reste du monde (totalit&#233; plus concr&#232;te dans la phase actuelle de la mondialisation qu'auparavant, comme nous le rappelle le nouveau virus corona, avec sa pand&#233;mie), les impr&#233;vus et incertitudes de l'histoire humaine. Comme le disait d&#233;j&#224; en son temps Mehdi Ben Barka : &#171; Les probl&#232;mes qui se posent maintenant et qui se poseront dans l'avenir deviennent de plus en plus complexes et ne peuvent &#234;tre affront&#233;s que par une &#233;tude s&#233;rieuse et approfondie &#187; [16]. Ce qui exige une d&#233;mocratisation dans la mesure du possible, de la production des connaissances, de leur diffusion/circulation, leur libre discussion et leur am&#233;lioration, en articulant la th&#233;orie et la pratique (les luttes sociales, les exp&#233;rimentations alternatives, etc.), la qu&#234;te du vrai et le sens du bien commun (&#233;cologique et social). &#192; l'oppos&#233; du sort fait actuellement, par les classes dirigeantes, au d&#233;veloppement de la connaissance des et dans les soci&#233;t&#233;s africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'id&#233;al d'une &#233;mancipation de l'Afrique souffre aussi particuli&#232;rement des cons&#233;quences de l'attaque men&#233;e, partout ailleurs aussi dans le monde, depuis les ann&#233;es 1980, par le volet &#201;cole/&#201;ducation des politiques d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral impos&#233;es par les institutions financi&#232;res internationales (Banque mondiale, FMI). Attaque port&#233;e contre la &#8220;massification&#8221; dite parfois &#8220;d&#233;mocratisation&#8221; post-coloniale de la scolarisation (au taux variant selon les pays ; plus masculine que f&#233;minine, plus urbaine que rurale &#8230;), revenant ainsi &#224; une restriction de l'acc&#232;s des jeunes issu&#183;e&#183;s des classes populaires, des familles pauvres, &#224; l'instruction secondaire et sup&#233;rieure qui avait &#233;t&#233; rendu possible par ladite massification (au lendemain de l'ind&#233;pendance du Ghana &#171; on lan&#231;a le plan de r&#233;formes de l'enseignement probablement le plus ambitieux de toute l'Afrique. Les portes des &#233;coles primaires, secondaires, et des universit&#233;s furent largement ouvertes &#224; tous [&#8230;] Trois universit&#233;s furent cr&#233;&#233;es, au lieu d'une seule au d&#233;part. Le nombre d'&#233;tudiants s'&#233;leva de quelques centaines [871 [17] ] en 1957 &#224; pr&#232;s de 7 000 en 1966 &#187;, selon S. Ikoku, op. cit., p. 20). Certes, il ne s'agissait pas d'une scolarisation usant de quelque p&#233;dagogie conscientisante, car elle &#233;tait organis&#233;e selon la conception dominante, bourgeoise, de l'&#201;cole &#8211; principalement, un appareil contribuant &#224; la reproduction de l'ordre &#233;tabli, dont le fonctionnement requiert aussi l'int&#233;gration de personnes issues des classes sociales, des milieux sociaux populaires, la production de transfuges de classe &#8211; adopt&#233;e et adapt&#233;e par les &#201;tats n&#233;ocoloniaux africains (dont nombre de dirigeant&#183;e&#183;s sont encore issu&#183;e&#183;s de familles appartenant aux couches sociales populaires). Par exemple, toujours au Ghana de Nkrumah, &#171; Des universitaires occidentaux dont les vues sur l'organisation de l'enseignement sup&#233;rieur &#233;taient d&#233;j&#224; d&#233;pass&#233;es dans leurs pays d'origine contr&#244;laient effectivement les universit&#233;s ghan&#233;ennes. Ou bien, ce contr&#244;le &#233;tait remis &#224; des Africains qui &#233;taient soit inexp&#233;riment&#233;s, soit nationalistes, mais d'une mani&#232;re sentimentale, ou encore opportunistes [&#8230;] Bref, les universit&#233;s vivaient dans le style traditionnel de l'Angleterre du XVIIIe si&#232;cle, au lieu d'&#234;tre des centres intellectuels de la nouvelle Afrique &#187; (S. Ikoku, p. 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;cole post-coloniale/n&#233;ocoloniale s'est aussi caract&#233;ris&#233;e, se caract&#233;rise, par une forte s&#233;lection : sans pour autant f&#233;tichiser les dipl&#244;mes, le taux de r&#233;ussite &#224; l'examen de fin du secondaire, baccalaur&#233;at, par exemple, est g&#233;n&#233;ralement inf&#233;rieur &#224; 50 % &#8211; voire jusqu'&#224; 20 % &#8211; des candidat&#183;e&#183;s, succ&#232;s minoritaire pour une minorit&#233; parvenue jusque l&#224;. Par exemple, au Maroc : &#171; le taux d'analphab&#233;tisme stagne &#224; plus de 43 % de la population. Si la scolarisation a consid&#233;rablement augment&#233;, le taux de d&#233;perdition annuelle des &#233;l&#232;ves fait que seule 13 % d'une cohorte arrive au baccalaur&#233;at &#187; [18]. Taux de d&#233;perdition qui est aussi tr&#232;s &#233;lev&#233; en Afrique du Sud, avant la douzi&#232;me ann&#233;e, celle du matric (&#233;quivalent du baccalaur&#233;at), surtout dans les couches sociales les plus d&#233;favoris&#233;es. Et, comme par application du &#171; post-apartheid apartheid &#187;, il existe deux examens distincts du matric : l'un pour le secondaire priv&#233;, l'autre pour le secondaire public o&#249; ne sont pas g&#233;n&#233;ralement scolaris&#233;s les enfants des ex-dirigeant&#183;e&#183;s du mouvement anti-apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'&#233;cole post-coloniale/n&#233;ocoloniale africaine se caract&#233;rise aussi, presque partout, par une trop faible dotation en structures de documentation, de recherche. Comme l'affirmait, &#224; juste titre Jean-Marc &#201;la, en se limitant &#224; l'Afrique dite subsaharienne : &#171; En Afrique noire, mettre de l'argent pour &#233;quiper un laboratoire est une absurdit&#233; pour de nombreux chefs d'&#201;tat qui ont bien d'autres pr&#233;occupations [&#8230;]les priorit&#233;s sont ailleurs que dans la recherche et l'activit&#233; scientifique au sein d'une soci&#233;t&#233; en devenir [&#8230;] &#192; l'&#233;vidence, les contraintes de l'ajustement structurel ne sauraient servir d'alibi pour expliquer l'absence des infrastructures de recherche dans les universit&#233;s africaines. Bien avant la crise &#233;conomique qui s'est aggrav&#233;e dans les ann&#233;es 80, les budgets de r&#233;pression ou de r&#233;pression et ceux de la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique ont toujours &#233;t&#233; sup&#233;rieurs aux ressources consacr&#233;es &#224; l'enseignement sup&#233;rieur et &#224; la recherche en Afrique noire &#187; [19]. La part moyenne actuellement affich&#233;e de presque 17 % consacr&#233;e &#224; l'&#201;ducation dans les budgets nationaux (dans la partie dite subsaharienne) s'av&#232;re concr&#232;tement tr&#232;s inf&#233;rieure aux besoins de ces soci&#233;t&#233;s &#224; la population majoritairement jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pire, cette attaque n&#233;olib&#233;rale pousse d'une part &#224; la hausse des frais d'inscription dans les &#233;tablissements sup&#233;rieurs publics, de l'autre &#224; favoriser l'enseignement priv&#233;, l'une et l'autre &#233;tant en conformit&#233; avec la discrimination par l'argent, ce f&#233;tiche de la soci&#233;t&#233; capitaliste, dont le culte est universellement en intensification. Les objectifs dans l'enseignement sup&#233;rieur surtout sont d&#233;sormais appel&#233;s &#224; &#234;tre &#233;tablis &#171; en &#233;troite collaboration avec l'industrie et le commerce &#187; [20] &#8211; fondations philanthrocapitalistes et firmes transnationales interviennent ainsi dans l'organisation de la recherche acad&#233;mique en Afrique, aussi &#224; travers le financement du NEPAD devenu l'agence de d&#233;veloppement de l'Union Africaine, voire avec le soutien des Nations unies &#8211; marginalisant et d&#233;pr&#233;ciant les savoirs ou disciplines qui ne s'av&#232;rent pas assez int&#233;ressantes pour le Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette agression n&#233;olib&#233;rale de l'&#201;cole, pourtant n&#233;ocoloniale, il y a au niveau acad&#233;mique africain, cens&#233; haut lieu du savoir, inexistence de d&#233;bats de fonds, quasi-inexistence des r&#233;flexions sur ce qui a &#233;t&#233; traditionnellement nomm&#233; &#201;cole, comme un des facteurs de l'&#233;mancipation collective [21]. Celle-ci est d'ailleurs de plus en plus consid&#233;r&#233;e comme un projet d&#233;suet par l'&#8220;&#233;lite&#8221; intellectuelle davantage embarqu&#233;e aussi dans l'individualisme n&#233;olib&#233;ral, chaque jour un peu plus sous le charme des doux chants du monstre capitaliste dit n&#233;olib&#233;ral. Pour le philosophe sud-africain Michael Neocosmos, &#171; What seems to be underlying the thinking of intellectuals today in Africa is fundamentally a &#8216;fear of the masses', what Ranci&#232;re [La haine de la d&#233;mocratie, 2005] refers to as &#8216;demophobia' &#187; [22]. Il n'y a pas en effet dans l'Afrique actuelle des intellectuel&#183;le&#183;s de grande r&#233;putation pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;&#183;e&#183;s comme des compagnons/compagnes de route radicaux/radicales des classes populaires &#8211; la pr&#233;occupation premi&#232;re de celles-ci n'&#233;tant pas g&#233;n&#233;ralement l'Identit&#233; (raciale s'entend) ou le g&#233;oculturalisme, &#224; la mode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors de ce monde acad&#233;mique, il y a trop peu &#8211; en proportionnalit&#233; inverse de l'ampleur du travail &#224; accomplir &#8211; d'organisations, de r&#233;seaux, de centres, s'av&#233;rant producteurs, &#224; partir de diff&#233;rents secteurs de la soci&#233;t&#233;, de connaissances critiques, alternatives, pour l'&#233;mancipation des damn&#233;&#183;e&#183;s de la terre. Par ailleurs, il fait un peu plus que planer sur bon nombre de ces r&#233;seaux et organisations, sp&#233;cialis&#233;es sur tel ou tel fragment de la r&#233;alit&#233;/totalit&#233;, la tentation de consid&#233;rer chacune que son &#171; fragment est &#8220;plus complet&#8221; que les autres &#187; [23], d'opter pour une approche suppos&#233;e apolitique/non politique &#8211; surtout quand des fondations philanthropiques du capital contribuent &#224; leur financement. Cette carence dans la production des connaissances, participant de la lutte pour l'&#233;mancipation collective, provient aussi du fait que les organisations politiques, les organisations syndicales (des travailleurs/travailleuses) africaines pouvant &#234;tre porteuses d'une alternative au capitalisme, pouvant interagir avec d'autres secteurs de la &#8220;soci&#233;t&#233; civile&#8221;, sont devenues, comme jamais auparavant, quasiment invisibles [24], voire sont actuellement inexistantes dans la grande majorit&#233; des soci&#233;t&#233;s africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, par exemple, la jeunesse africaine scolaris&#233;e &#8211; partie d&#233;terminante d'un avenir d'&#233;mancipation &#8211; se trouve, comme jamais auparavant, g&#233;n&#233;ralement &#224; la merci de l'h&#233;g&#233;monie id&#233;ologique du Capital, en campagne de promotion, ces derni&#232;res ann&#233;es, de certaines fili&#232;res de formation les plus favorables &#224; sa reproduction. &#192; l'instar de l'ouverture dans plusieurs pays africains &#8211; de Maurice au Maroc, en passant par le S&#233;n&#233;gal, la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo, le Kenya &#8211; des succursales des business schools d'Europe et des &#201;tats-Unis, ou qui s'en inspirent, de la suppos&#233;e g&#233;n&#233;rosit&#233; de Huawei offrant des bourses d'&#233;tudes concernant le num&#233;rique &#8211; bien plus nocif que les &#171; sc&#233;narios des films d'Hollywood &#187; que Nkrumah consid&#233;rait comme des &#171; armes &#187; de la domination n&#233;ocoloniale &#8211;, dont l'emprise devrait &#234;tre combattue (&#224; titre de rappel : la 4G est arriv&#233;e en Centrafrique avant de l'&#234;tre en France), y compris pour raison &#233;cologique. Des structures de reproduction de la domination, relayant la diffusion de la culture d'une certaine inculture, ne pouvant que consolider l'&#171; absence d'id&#233;ologie &#187; (Fanon, Cabral), &#171; le d&#233;faut id&#233;ologique &#187; (Cabral), que renforcer l'h&#233;g&#233;monie du capitalisme dont l' &#171; id&#233;ologie est devenue un sens commun, donnant le sentiment qu'il n'y a pas d'alternative &#187; [25]. Quant &#224; la grande partie de cette jeunesse, issue des classes populaires, et ne pouvant acc&#233;der &#224; ces formations consid&#233;r&#233;es comme privil&#233;gi&#233;es, sans toutefois &#233;chapper aux influences de l'id&#233;ologie dominante &#8211; aussi calibr&#233;e pour les diff&#233;rentes cat&#233;gories sociales &#8211;, elle est destin&#233;e &#224; y demeurer, &#224; &#234;tre expos&#233;e soit aux emplois qui s'av&#232;rent davantage flexibles, pr&#233;caires, soit au ch&#244;mage massif &#8211; l'arm&#233;e de r&#233;serve du prol&#233;tariat &#8211; ainsi qu'aux fl&#233;aux sociaux que les soci&#233;t&#233;s capitalistes sont habiles &#224; produire ou entretenir pour la diversion des victimes du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, cette offensive n&#233;olib&#233;rale sur le terrain de l'&#201;cole est une promesse d'aggravation au sein des soci&#233;t&#233;s africaines de la conception de la connaissance (mondialement &#233;tablie) dont la dynamique, ayant contribu&#233; &#224; rendre le capital &#171; comme ma&#238;tre et possesseur de la nature &#187; (gr&#226;ce &#224; la technoscience pouvant &#234;tre d&#233;finie comme la capture de la science par la technique pour les besoins de l'industrie, capitaliste en l'occurrence), s'av&#232;re de nos jours &#233;cocidaire (avec son culte de la croissance &#233;conomique, du progr&#232;s, de l'innovation, etc.), reproductrice/productrice universellement des injustices sociales, avec laquelle il est, par cons&#233;quent, n&#233;cessaire &#8211; d'une &#171; n&#233;cessit&#233; contingente &#187; [26] s'entend &#8211; de pr&#233;parer la rupture. Sans, toutefois, que soit envisag&#233;, en Afrique, au nom de quelque suppos&#233;e &#233;pist&#233;mologie racialis&#233;e ou g&#233;oculturelle, de faire table rase du savoir produit en quatre &#224; trois si&#232;cles de sciences modernes (dites occidentales). En d&#233;pit du fait qu'elles ont aussi &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralement, sont encore instrumentalis&#233;es dans l'organisation, la justification de l'exploitation, de l'oppression des humains par d'autres, des in&#233;galit&#233;s &#224; travers le monde. Car en m&#234;me temps ont &#233;t&#233; et sont produites, &#224; la marge ou ouvertement contre ce syst&#232;me &#233;cocidaire, des connaissances &#8211; Fanon parlait de tenir compte aussi des &#171; th&#232;ses quelques fois prodigieuses soutenues [en] Europe &#187; (Les damn&#233;s de la terre, Conclusion [27]) mais qui n'ont pu &#234;tre concr&#233;tis&#233;es &#8211; pouvant, tout comme des savoirs couramment dits endog&#232;nes, servir de points d'appui pour le d&#233;veloppement d'une autre dynamique de la connaissance &#8211; sans lequel il n'y aura pas d'&#233;mancipation (ne pouvant &#234;tre que collective) &#8211; articul&#233;e aux luttes sociales, en lien avec le principe d'une &#233;mancipation &#224; l'&#233;gard aussi bien de la maltraitance de la nature extra-humaine [28], que de l'exploitation des humains (classes domin&#233;es, majoritaires) par d'autres (classes dominantes, minoritaires), ou encore des oppressions (celles post&#233;rieures au capitalisme et qu'il a recycl&#233;es &#8211; la phallocratie, par exemple &#8211;, ainsi que les nouvelles qu'il a produites)&#8230; Autrement dit, &#171; il faut [en effet] plus que la seule connaissance. Il faut un bouleversement complet de tout notre mode de production pass&#233;, et avec lui, de tout notre r&#233;gime social actuel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga, 2 octobre 2020&lt;br class='autobr' /&gt;
Je remercie Michel Cahen pour ses observations. Mais je suis seul responsable des imperfections du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Le putsch militaire de 1965 en Alg&#233;rie, ayant men&#233; au pouvoir une autre faction du Front de lib&#233;ration nationale, a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme une continuation de la r&#233;volution alg&#233;rienne. Autrement dit, m&#234;me dirig&#233;e par le colonel Houari Boumediene, la R&#233;publique alg&#233;rienne d&#233;mocratique et populaire &#233;tait r&#233;put&#233;e offrir un soutien particulier et l'asile aux r&#233;volutionnaires d'Afrique et d'ailleurs. Ce que rappelle, de fa&#231;on bien r&#233;sum&#233;e, le r&#233;cent article de Youcef Oussama Bounab : &#171; Algeria's forgotten revolutionary history &#187;, Africa is a country, 19 march 2020, &lt;a href=&#034;https://africasacountry.com/2020/03/algerias-forgotten-revolutionary-history&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africasacountry.com/2020/03/algerias-forgotten-revolutionary-history&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Cf., par exemple, Awoa Kwakyem a Opong, Rewriting Women into Ghanaian History 1950-1966, University of Accra, MPhil History Degree, Septembre 2012, disponible sur &lt;a href=&#034;http://ugspace.ug.edu.gh&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ugspace.ug.edu.gh&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Fabien Eboussi Boulaga, Les conf&#233;rences nationales en Afrique noire. Une affaire &#224; suivre, Paris, Karthala, 1993, p. 36.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Patrick Bond, Talk Left, Walk Right. South Africa's Frustrated Global Reforms, Scottsville (South Africa), University of Kwazulu Natal Press, 2004 (ouvrage t&#233;l&#233;chargeable gratuitement sur le site de l'auteur : &lt;a href=&#034;http://ccs.ukzn.ac.za/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ccs.ukzn.ac.za/&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Dans le langage du mouvement anti-apartheid, les Coloureds et les (descendant&#183;e&#183;s d')Indien&#183;ne&#183;s sont des Noir&#183;e&#183;s. Depuis 2008, les descendant&#183;e&#183;s de Chinois&#183;es sont aussi officiellement class&#233;&#183;e&#183;s comme Noir&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Magobo Percy More, &#171; Locating Frantz Fanon in Post-Apartheid South Africa &#187;, Journal of Asian and African Studies, 2014, DOI : 10.1177/0021909614561103.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Achille Mbembe, &#171; Nelson Mandela, les chemins inattendus &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 2013, p. 14-15. Il s'agit d'une adaptation du propos rapport&#233; du philosophe Hegel sur Napol&#233;on Bonaparte, qu'il a vue &#171; &#224; cheval &#187;, suppos&#233; incarner alors l'&#171; Esprit absolu &#187;. Comme il a &#233;t&#233; dit plus haut, dans la philosophie de Hegel, l'Esprit, l'Id&#233;e ou la Raison est le principe de l'Histoire, l'Histoire est le d&#233;ploiement de ce principe qui se r&#233;alise particuli&#232;rement en certains peuples (&#171; moments &#187;), s'incarne en de &#171; grands hommes &#187; &#8230; En l'occurrence, le grand homme Mandela, en promouvant le BEE, entre autres, a, d'une certaine fa&#231;on, exprim&#233; l'esprit n&#233;olib&#233;ral du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Cf. parmi les derni&#232;res &#233;tudes : Aroop Chatterjee, L&#233;o Czajka, Amory Gethin, Estimating the Distribution of Household Weath in South Africa, Southern Centre for Inequality Studies and World Inequality Lab, april 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] L'activiste anti-apartheid et sociologue Trevor Ngwane rappelle ainsi, laconiquement, la mutation de Mandela concernant l'option n&#233;olib&#233;rale de l'ANC : &#171; In january 1990 he'd announced &#8211; in the note smuggled out from Pollsmoor Prison &#8211; that nationalization continued to be the policy of the ANC ; &#8216;growth through redistribution' was the line. By September 93 he was touring Western capitals with the National Party Finance Minister, Derek Keys, speaking at the UN, pleading for foreign investment and guaranteeing the repatriation of profits and capital-protection measures. Without detracting from those twenty-seven years in jail &#8211; what that cost him, what he stood for &#8211; Mandela has been the real sellout, the biggest betrayer of his people. &#187;, &#171; Sparks in the township &#187;, New Left Review, 22, july-august 2003, (p. 37-56), p. 41 pour la citation. Une lecture contraire &#224; celle dithyrambique d'Achille Mbembe, ci-dessus cit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] C'est en fait la transfiguration, &#224; partir des ann&#233;es 1930, en Afrique du Sud, d'un principe monarchique zulu : &#171; inkosi yinkosi ngabantu &#187; (traduit en anglais par &#171; a king is a king through the people &#187;), cf., par exemple, Table-ronde &#171; &#8216;Ubuntu' and &#8216;race' : being with others between two discourses &#187;, The Salon from Johannesburg, n&#176; 6, 2013, (p. 37-44), p. 41, pour la citation ; Sabelo J. Ndlovu-Gatsheni, &#171; Inkosi yinkosi ngabantu : an interrogation of governance in precolonial Africa &#8211; the case of the Ndebele of Zimbabwe &#187;, Southern African Humanities, Vol. 20, 2008, p. 375&#8211;397. Ce n'est pas ici le lieu de d&#233;velopper la critique de l'ubuntulogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] King Report on Corporate Governance for South Africa, Executive Summary, Juta &amp; Company Limited, march 2002, p. 17-18 (notre propre traduction). Dans l'&#233;dition mise &#224; jour de 2009, le King Report III, r&#233;f&#233;rence est toujours faite &#224; la prise en compte de l'Ubuntu dans la gestion du personnel (p. 9, 14, 61). Aim&#233; C&#233;saire reprochait &#224; La philosophie bantou du missionnaire chr&#233;tien et belge au Congo, Tempels, de pr&#233;senter les choses comme si &#171; les Bantous ne demandent de satisfaction que d'ordre ontologique &#187;, au bonheur, &#233;videmment, des compagnies belges (Discours sur le colonialisme, Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1955, p. 36-37).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] M&amp;G Centre for Investigative Journalism, &#171; Zuma Incorporated &#187;, Mail &amp; Guardian/amaBhungane, March19, 2010, &lt;a href=&#034;http://amabhungane.co.za/article/2010-03-19-Zuma-incorporated&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://amabhungane.co.za/article/2010-03-19-Zuma-incorporated&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Certes, &#224; la diff&#233;rence du Ghana ayant instaur&#233;, apr&#232;s referendum, le monopartisme, l'ANC au pouvoir, dans un contexte multipartiste, veille sur les m&#233;canismes client&#233;listes de stabilisation d'une masse critique de son &#233;lectorat, y compris au sein de la g&#233;n&#233;ration des Noir&#183;e&#183;s n'ayant pas subi le r&#233;gime d'apartheid (les &#171; born free &#187;) et v&#233;cu le combat men&#233; par l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Comme il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mentionn&#233; plus haut, la diff&#233;renciation raciale interne (concitoyenne) ne concerne qu'une partie de soci&#233;t&#233;s africaines, &#224; la diff&#233;rence de sa r&#233;alit&#233; normative dans les soci&#233;t&#233;s o&#249; sont install&#233;es les diasporas africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Cf., par exemple, Carole Boyce Davis, &#171; Pan-Africanism, transnational black feminism and the limits of culturalist analyses in African gender discourses &#187;, Feminist Africa, 19, 2014, p. 78-93, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.feministafrica.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.feministafrica.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Mehdi Ben Barka, op. cit. p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Selon le World Survey of Education de l'Unesco, cit&#233; par Abou Moumouni Dioffo, L'&#233;ducation en Afrique. (Nouvelle &#233;dition &#224; partir du texte de 1964, sous la direction de Fr&#233;d&#233;ric Caille. Avant-propos de Mamadou Badji), Qu&#233;bec, &#201;ditions science et bien commun, 2019, p. 198 ; disponible sur le site des Classiques des sciences sociales : &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Montassir Sakhi et Hamza Esmili, &#171; Comprendre et agir, appel &#224; un autre Maroc : cr&#233;er les conditions d'un nouveau mouvement social &#187;, Contretemps, 7 mai 2015, &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/comprendre-et-agir-appel-a-un-autre-maroc-creer-les-conditions-dun-nouveau-mouvement-social/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/comprendre-et-agir-appel-a-un-autre-maroc-creer-les-conditions-dun-nouveau-mouvement-social/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Jean-Marc Ela, L'Afrique &#224; l'&#232;re du savoir : science, soci&#233;t&#233; et pouvoir, Paris, L'Harmattan, 2006, p. 198. Acqu&#233;rir, avec l'argent public, des propri&#233;t&#233;s priv&#233;es immobili&#232;res, avec parcs automobiles de luxe, &#224; travers le monde, par exemple, semble consid&#233;r&#233;, par ces dirigeants et leur prog&#233;niture, comme beaucoup plus important que, par exemple, l'ouverture des biblioth&#232;ques scolaires ou publiques, ou leur r&#233;approvisionnement, quand il en existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Issa Shivji &#171; Les avocats dans le contexte du n&#233;olib&#233;ralisme : des suppliants professionnels de l'autorit&#233;, ou la conscience d'amateurs de la soci&#233;t&#233; ? Discours d'adieu &#224; l'occasion du d&#233;part officiel &#224; la retraite de l'Universit&#233; de Dar es Salaam, Tanzanie, 15 juillet 2006 &#187;, CODESRIA Bulletin, Nos 3 &amp; 4, 2006, (p. 17-28), p. 25-26, disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.codesria.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.codesria.org&lt;/a&gt;. Cf. aussi, par exemple, Zipporah Musau, &#171; Universit&#233;s entrepreneuriales : associer recherche et affaires &#187;, Afrique Renouveau, &#233;dition sp&#233;ciale Jeunes, 2017, &lt;a href=&#034;https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/&#233;dition-sp&#233;ciale-sur-la-jeunesse-2017/universit&#233;s-entrepreneuriales-associer-recherche-et&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.un.org/africarenewal/fr/magazine/&#233;dition-sp&#233;ciale-sur-la-jeunesse-2017/universit&#233;s-entrepreneuriales-associer-recherche-et&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Cf., par exemple, les n&#176; 1 &amp; 2, 2009, de la Revue de l'enseignement sup&#233;rieur en Afrique (publi&#233;e par le Codesria, acronyme anglais du Conseil sup&#233;rieur pour le d&#233;veloppement de la recherche en sciences sociales en Afrique) consacr&#233;s au Processus de Bologne (programme de n&#233;olib&#233;ralisation de l'enseignement sup&#233;rieur en Europe) en Afrique ; disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.codesria.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.codesria.org&lt;/a&gt;. Cf. aussi, par exemple, Lila Chouli, &#171; Le n&#233;olib&#233;ralisme dans l'enseignement sup&#233;rieur burkinab&#233; &#187;, Savoir/Agir, n&#176; 10, d&#233;cembre 2009, p. 119-127 ; Jean-Marc &#201;la, idem.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Michael Neocosmos, &#171; Thinking Political Emancipation and the Social Sciences in Africa : Some Critical Reflections &#187;, Africa Development, Volume XXXIX, N&#176; 1, 2014, (p. 125-158), p. 146, disponible sur ww.codesria.org.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Ngugi Wa Thiong'o, Pour une Afrique libre, Paris, Philippe Rey, 2017[Calcutta, Seagull Books, 2015 ; traduction de l'anglais par Samuel Sfez], p. 122. L'altermondialisme bien que se voulant anti-globalisation semble n'avoir pas d&#233;velopp&#233; parmi les organisations (et leurs membres) une conscience des liens du fragment/de la partie (secteur exploit&#233;/opprim&#233; ou territoire) et de la totalit&#233;/globalit&#233;, de l'&#233;tablissement n&#233;cessaire des liens/articulation entre les diff&#233;rents fragments constituant la totalit&#233; capitaliste, dans la perspective de mettre un terme &#224; celle-ci. C'est une question, entre autres, de formation m&#233;thodologique, li&#233;e, bien s&#251;r, &#224; l'id&#233;al poursuivi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Le syndicat national des travailleurs de la m&#233;tallurgie d'Afrique du Sud (NUMSA) a lanc&#233;, en 2018, apr&#232;s son expulsion du Cosatu, le Parti socialiste r&#233;volutionnaire des travailleurs/travailleuses (SRWP) dont le nombre de voix (24 000) obtenu aux derni&#232;res &#233;lections sud-africaines s'est av&#233;r&#233; tr&#232;s inf&#233;rieur au nombre de ses membres (340 000) ainsi que des membres (800 000) de sa conf&#233;d&#233;ration syndicale, la F&#233;d&#233;ration des syndicats d'Afrique du Sud (SAFTU, cr&#233;&#233;e en 2017, apr&#232;s l'expulsion du Numsa et d'autres d&#233;parts de la Cosatu), cf., par exemple, Allan Kolski Horwitz, &#171; The collapse of Numsa's movement for socialism ? &#187;, Amandla !, issue n&#176; 65, August 2019, p. 24-25. C'est le probl&#232;me l&#233;ninien du d&#233;calage entre la conscience trade-unioniste et la conscience politique de classe parmi les prol&#233;taires, en l'occurrence dans la soci&#233;t&#233; au prol&#233;tariat le plus organis&#233; et mobilis&#233; d'Afrique, parmi les plus mobilis&#233;s au monde, comme le lui reproche le Forum de Davos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Issa Shivji, &#171; Reclaiming Pan-Africanism for social emancipation &#187;, Amandla !, Issue n&#176; 67/68, december 2019, (p. 32-34), p. 33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Concernant cet apparent oxymore, cf. Daniel Bensa&#239;d, Marx l'intempestif. Grandeurs et mis&#232;res d'une aventure critique (XIXe - XXe si&#232;cles), Paris, Fayard, 1995, p. 302-320.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] En ce 21e si&#232;cle, ce n'est pas au &#171; tiers monde de recommencer une histoire de l'homme &#187; (comme l'affirmait Fanon au d&#233;but de la phrase), mais c'est la t&#226;che des divers et vari&#233;s collectifs militants de l'&#233;mancipation humaine &#233;galitaire de partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Par exemple, pour Friedrich Engels, &#171; les faits nous rappellent &#224; chaque pas que nous ne r&#233;gnons nullement sur la nature comme un conqu&#233;rant r&#232;gne sur un peuple &#233;tranger, comme quelqu'un qui serait hors de la nature, mais que nous lui appartenons avec notre chair, notre sang, notre cerveau, que nous sommes dans son sein et que toute notre domination sur elle r&#233;side dans l'avantage que nous avons sur l'ensemble des autres cr&#233;atures de conna&#238;tre ses lois et de pouvoir nous en servir judicieusement. Et en fait, nous apprenons chaque jour &#224; comprendre plus correctement ces lois et &#224; conna&#238;tre les cons&#233;quences plus ou moins lointaines de nos interventions dans le cours normal des choses de la nature. Surtout depuis les &#233;normes progr&#232;s de la science de la nature au cours de ce si&#232;cle, nous sommes de plus en plus &#224; m&#234;me de conna&#238;tre aussi les cons&#233;quences naturelles lointaines, tout au moins de nos actions les plus courantes dans le domaine de la production, et, par suite, d'apprendre &#224; les ma&#238;triser. Mais plus il en sera ainsi, plus les hommes non seulement sentiront, mais sauront &#224; nouveau qu'ils ne font qu'un avec la nature et plus deviendra impossible cette id&#233;e absurde et contre nature d'une opposition entre l'esprit et la mati&#232;re, l'homme et la nature, l'&#226;me et le corps, id&#233;e qui s'est r&#233;pandue en Europe depuis le d&#233;clin de l'antiquit&#233; classique et qui a connu avec le christianisme son d&#233;veloppement le plus &#233;lev&#233;. &#187;, &#171; Le r&#244;le du travail dans la transformation du singe en homme &#187;, in Dialectique de la nature (1983), (p. 134-143), p. 142 de l'&#233;dition num&#233;ris&#233;e de la collection &#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221; : &lt;a href=&#034;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://classiques.uqac.ca/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://classiques.uqac.ca/&lt;/a&gt;. Aux cons&#233;quences naturelles, s'ajoutent les &#171; cons&#233;quences sociales indirectes et lointaines de notre activit&#233; productive et, de ce fait, la possibilit&#233; nous est donn&#233;e de dominer et de r&#233;gler ces cons&#233;quences aussi. Mais pour bien mener cette r&#233;glementation, il faut plus que la seule connaissance. Il faut un bouleversement complet de tout notre mode de production pass&#233;, et avec lui, de tout notre r&#233;gime social actuel &#187; (idem).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie II</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46541</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46541</guid>
		<dc:date>2021-02-09T12:51:25Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-02-02</dc:subject>
		<dc:subject>Ghana</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction aux trois parties : 1960 est l'ann&#233;e du passage du Ghana au statut de r&#233;publique, Kwame Nkrumah en devenant le pr&#233;sident. Soixante ans plus tard, il demeure en Afrique une r&#233;f&#233;rence majeure. Cependant, il y a cinq d&#233;cennies d&#233;j&#224;, le philosophe Paulin Hountondji avait lanc&#233; un appel : &#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187;. C'est &#224; une compr&#233;hension de cet &#233;chec que veut, modestement, contribuer ce texte. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nous publions ci-dessous la deuxi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-02-02-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-02-02&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ghana-+" rel="tag"&gt;Ghana&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton46541-02db4.jpg?1674712515' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Introduction aux trois parties : 1960 est l'ann&#233;e du passage du Ghana au statut de r&#233;publique, Kwame Nkrumah en devenant le pr&#233;sident. Soixante ans plus tard, il demeure en Afrique une r&#233;f&#233;rence majeure. Cependant, il y a cinq d&#233;cennies d&#233;j&#224;, le philosophe Paulin Hountondji avait lanc&#233; un appel : &#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187;. C'est &#224; une compr&#233;hension de cet &#233;chec que veut, modestement, contribuer ce texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-19340&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous publions ci-dessous la deuxi&#232;me partie de l'&#233;tude de Jean Nanga. Pour la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-45799?var_mode=calcul&#034;&gt;partie 1, voir Kwame Nkrumah et la lutte de classe&lt;/a&gt;. Pour la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46550&#034;&gt;troisi&#232;me partie, c'est ici&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;CPP : Entre socialisme africain et socialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, malgr&#233; la mention, alors consid&#233;r&#233;e comme nouvelle, de la &#8220;lutte des classes&#8221; dans le discours de certains membres d'un CPP (devenu parti unique en janvier 1964), Le Consciencisme demeurait encore attach&#233; &#224; l'African personality, au socialisme africain, alors ardemment d&#233;fendu par maints dirigeants du CPP. Certes, la &#8220;R&#233;volution&#8221; ghan&#233;enne &#233;tait cens&#233;e entr&#233;e dans une nouvelle phase apr&#232;s l'instauration (par voie r&#233;f&#233;rendaire) du monopartisme (au nom aussi de la suppos&#233;e tradition africaine), avec le lancement du plan septennal (1964-1970), mais celui-ci a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; par Ikoku comme une &#171; politique &#233;conomique [&#8230;] orient&#233;e vers le socialisme, mais mise en &#339;uvre par des hommes hostiles au socialisme, li&#233;s au capitalisme &#233;tranger, et souvent corrompus &#187; (op. cit., p. 214). De son c&#244;t&#233; Y. B&#233;not a parl&#233; du &#171; Ghana socialiste [qui] manque de socialistes &#187; (op. cit., p. 243). L'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; sociale, id&#233;ologique, du CPP, mise sous le tapis pendant la phase de la lutte anticoloniale, pour l'ind&#233;pendance nationale, le non progressisme de l'entourage britannique de Nkrumah (soulign&#233; par L. Kaba) s'exprimaient derri&#232;re cet attachement de la majorit&#233; de la direction du CPP au socialisme africain, ce rejet de la lutte des classes, qui ne s'appuyait nullement sur une sociologie de la soci&#233;t&#233; ghan&#233;enne d'alors, sur laquelle &#233;tait cens&#233;e s'appuyer la politique sociale de l'&#201;tat ghan&#233;en selon Nkrumah. C'est, par exemple, le d&#233;ni de la lutte des classes qui explique l'insignifiance des expressions suppos&#233;es de l'ant&#233;riorit&#233; du &#8220;socialisme africain&#8221; &#224; l'&#233;gard du marxisme, pr&#233;sent&#233;es par Baako, sans allusion &#224; la question fondamentale de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production dans la soci&#233;t&#233; ghan&#233;enne post-coloniale ainsi que des classes sociales qui lui sont li&#233;es. Sinon, en la consid&#233;rant de fa&#231;on assez l&#233;g&#232;re, comme le rapporte Yves B&#233;not : &#171; Il [Baako] avait d&#233;clar&#233; quelques semaines plus t&#244;t [en avril 1964], &#224; un meeting organis&#233; par les syndicats, que le socialisme &#233;tait une affaire de cerveaux, et non de richesse et de pauvret&#233;. Celui qui est riche mais fait servir son cerveau &#224; un usage progressiste est socialiste, alors que celui qui est pauvre mais utilise mal son cerveau, est r&#233;actionnaire. Les travailleurs d'Accra se content&#232;rent de rire &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, le CPP, se voulant parti de la &#171; nation enti&#232;re &#187;, en p&#233;riode post-coloniale, ne pouvait &#234;tre d&#233;pourvu d'&#233;l&#233;ments de la &#171; classe [&#8230;] associ&#233;e au pouvoir social &#187; pendant la p&#233;riode coloniale et que l'ind&#233;pendance avait d'ailleurs d&#233;velopp&#233;e, &#233;largie. Aussi &#224; partir de l'africanisation des postes de direction qu'avait initi&#233;e Nkrumah devenu Premier ministre du nouvel &#201;tat ind&#233;pendant (1957, membre du Commonwealth et ayant ainsi pour cheffe la Reine d'Angleterre). Bien au contraire, leur pr&#233;sence &#233;tait devenue assez d&#233;terminante dans la vie du CPP, par cons&#233;quent dans sa gestion de l'&#201;tat, dans la structuration de la soci&#233;t&#233; ghan&#233;enne. Ce qui s'illustrait d&#233;j&#224; par, entre autres, des pratiques qui se d&#233;velopperont aussi dans les autres &#201;tats ind&#233;pendants africains. Ainsi, d&#232;s 1960 (ann&#233;e de apr&#232;s l'&#233;rection du Ghana en R&#233;publique), C. L. R. James (un des anciens mentors marxistes de Nkrumah) faisait remarquer aux cadres du CPP que &#171; When I was here in 1957, I got certain impressions of what was taking place. Since I have come back here in 1960 there has been great progress. The situation however has changed and I notice now what was not noticeable then, a tremendous concern with bribery and corruption in government. I have seen it in the newspapers and people are talking to me about it and people who are patriotic citizens are talking about it because they want their country in that respect also to be as advanced as any other country in the world &#187; (July 1960) [2]. Samuel Ikoku, &#8211; un de ceux que des caciques du CPP consid&#233;raient comme des agents de Moscou voulant &#233;loigner Nkrumah du socialisme africain, en le poussant &#224; mettre l'accent sur les int&#233;r&#234;ts de classe &#8211;, va parler de l'existence de &#171; clans procapitalistes &#187;, d'une &#171; aile capitaliste du CPP &#187; (p. 194) &#224; son arriv&#233;ec au pouvoir, ayant produit par la suite des &#171; nouveaux riches du gouvernement &#187; (p. 204), &#171; la droite du parti, c'est-&#224;-dire des nouveaux riches, des trafiquants haut plac&#233;s &#187; (p. 215). Il va de soi que les int&#233;r&#234;ts de ceux-ci ne s'identifiaient pas &#224; ceux des classes populaires, base du CPP comprise. &#192; tel point qu'au lendemain des &#233;lections l&#233;gislatives de 1965, ayant consacr&#233; le pouvoir de la droite, des procapitalistes &#224; la direction du CPP &#8211; pour lesquels travailler &#224; la satisfaction des besoins sociaux des classes populaires n'&#233;tait pas une priorit&#233; &#8211;, &#171; le Ghana se trouvait dans cette posture ridicule, de confier la marche vers le socialisme &#224; un parlement [monopartiste, CPP] hostile au socialisme &#187; (p. 121) [3]. Alors qu'une telle transformation, du capitalisme n&#233;ocolonial au socialisme, devrait s'articuler avec une interpr&#233;tation dynamique de la soci&#233;t&#233; &#224; transformer, qu'auraient partag&#233;e les parlementaires, au moins &#8211; &#224; d&#233;faut de favoriser la participation &#233;largie, au sein des classes populaires, &#224; la production et discussion de cette interpr&#233;tation. Ceci aurait &#233;t&#233; incompatible avec l'id&#233;ologie petite-bourgeoise du socialisme africain, avec un r&#233;gime monopartiste (anti-d&#233;mocratique).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; titre de rappel, encore une fois : en 1962, soit deux ans avant la publication de Le Consciencisme, Nkrumah avait, dans une approche assez illusionn&#233;e de la sociologie, consid&#233;r&#233;, face aux africanistes, que c'est la sociologie qui &#171; apporte les fondements les plus solides pour une politique sociale &#187;, non pas l'ethnologie, m&#234;me transfigur&#233;e, d'o&#249; sont issues les id&#233;es de l' African personality, du socialisme africain. Mais, celles-ci &#233;taient davantage instrumentalis&#233;es, au fil des ann&#233;es post-coloniales, par la majorit&#233; droiti&#232;re de la direction du CPP, dirigeant l'&#201;tat ghan&#233;en et d&#233;sormais principalement anim&#233;e par la reproduction &#233;largie de ses privil&#232;ges, comme on put le voir en r&#233;action &#224; la publication de Le n&#233;ocolonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme (1965) dont l'accent l&#233;ninien du titre n'&#233;tait pas consid&#233;r&#233; comme de bon augure pour ses int&#233;r&#234;ts, ses privil&#232;ges [4]. Ainsi, &#233;tait confirm&#233; que le discours sur le &#171; retour aux sources &#187; pouvait &#234;tre &#171; une expression consciente ou inconsciente, d'opportunisme politique de la part de la petite-bourgeoisie &#187; [5], ici en p&#233;riode post-coloniale. N&#233;anmoins, Nkrumah avait apparemment choisi de sous-estimer ou n&#233;gliger cette expression plut&#244;t consciente qu'inconsciente de l'opportunisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Panafricanisme &#224; dominante n&#233;ocoloniale et anti-imp&#233;rialisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attitude s'&#233;tendait &#224; son panafricanisme, comme l'illustre sa volont&#233; obsessionnelle de construire un panafricanisme &#233;mancipateur avec des dirigeants africains demeur&#233;s assez subordonn&#233;s aux anciennes puissances coloniales, s'av&#233;rant pourtant d&#233;fenseurs des int&#233;r&#234;ts n&#233;ocoloniaux. C'&#233;tait comme si, par la gr&#226;ce de l'African personality, l'id&#233;al panafricaniste, suppos&#233;ment commun, aurait transcend&#233; l'adh&#233;sion consciente au n&#233;ocolonialisme, la transfigurant en processus &#233;mancipateur des peuples : &#171; l'int&#233;r&#234;t de l'Afrique doit &#234;tre le premier souci des chefs d'&#201;tats africains &#187; (L'Afrique doit s'unir, 1963). Alors que l'auteur de cet ouvrage est d&#233;j&#224; d&#233;nonciateur pertinent du n&#233;o-colonialisme (chapitre XVIII), bien conscient que le statut de &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187; de nombre de ses pairs &#8211; parmi ceux qui avaient re&#231;u l'ind&#233;pendance dans les premi&#232;res ann&#233;es de la d&#233;cennie 1960 &#8211; avait &#233;t&#233; acquis sans qu'ils aient brill&#233; par quelque v&#233;ritable lutte contre l'&#201;tat colonial, par quelque confrontation syst&#233;matique avec l'ordre colonial. &#192; l'instar de celle que manifestait au Congo belge &#201;mery Patrice Lumumba, &#224; la t&#234;te du Mouvement national congolais. Leur statut ayant g&#233;n&#233;ralement &#233;t&#233; acquis comme par quelque faveur de la puissance coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce f&#251;t le cas dans les colonies fran&#231;aises d'Afrique &#233;quatoriale et occidentale, o&#249;, lors du referendum de 1958, presque tous les principaux dirigeants politiques avaient dress&#233; l'&#233;crasante majorit&#233; du corps &#233;lectoral des territoires &#224; refuser l'ind&#233;pendance. Ils pr&#233;f&#233;raient la m&#233;tamorphose de la domination coloniale, c'est-&#224;-dire la Communaut&#233;, sous domination m&#233;tropolitaine &#233;videmment (on n'avait pas manqu&#233; de parler de &#8220;Commonwealth &#224; la fran&#231;aise&#8221;), succ&#233;dant &#224; l'Union fran&#231;aise (1946-1958) ayant d&#233;j&#224; fait de certains d'entre eux des membres du gouvernement fran&#231;ais. Ainsi, F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny (membre des gouvernements fran&#231;ais, de f&#233;vrier 1956 &#224; mai 1961 et pr&#233;sident de la C&#244;te d'Ivoire &#224; partir de novembre 1960 &#8211; il n'y a pas d'erreur dans les dates) avait mal re&#231;u, deux ans plus tard, en 1960, le tournant &#8220;d&#233;colonisateur&#8221; de l'&#201;tat colonial fran&#231;ais (la C&#244;te d'Ivoire acc&#232;de &#224; l'ind&#233;pendance en ao&#251;t 1960 et le pr&#233;sident de cette nouvelle R&#233;publique est en m&#234;me temps ministre du gouvernement fran&#231;ais jusqu'en mai 1961). Mais il a vite &#233;t&#233; rassur&#233; pour la suite par le maintien de la tutelle imp&#233;rialiste fran&#231;aise, &#224; travers, entre autres, les accords dits de coop&#233;ration entre la France et les nouveaux &#201;tats dits ind&#233;pendants (conservant les bases militaires fran&#231;aises sur leurs territoires). Pour Mehdi Ben Barka, cela &#171; a consist&#233; en r&#233;sum&#233; &#224; accorder &#8220;g&#233;n&#233;reusement&#8221; l'ind&#233;pendance politique, au besoin en cr&#233;ant des &#201;tats factices, &#224; proposer une coop&#233;ration dont le but &#233;tait une pr&#233;tendue prosp&#233;rit&#233;, mais dont les bases objectives sont en dehors de l'Afrique &#187; [6]. C'&#233;tait la m&#233;tamorphose du colonialisme en &#171; n&#233;ocolonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme &#187; (d&#233;j&#224; pratiqu&#233; ailleurs, par exemple en Am&#233;rique dite latine). N&#233;ocolonialisme, que les puissances imp&#233;rialistes avaient mis &#224; l'ordre du jour des rapports Nord-Sud et auquel n'allait pas &#233;chapper alors m&#234;me un &#201;tat qui n'avait pas subi strictement la colonisation, l'&#201;thiopie (membre de la Soci&#233;t&#233; des Nations, mais tragiquement occup&#233;e de 1936 &#224; 1941 par l'Italie fasciste de Benito Mussolini) [7], alors dirig&#233;e par l'empereur Hail&#233; S&#233;lassi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La participation de l'&#201;thiopie &#224; la Conf&#233;rence Afro-Asiatique de Bandung (avril 1955) avait &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e, en cette p&#233;riode de guerre dite froide, par son alignement derri&#232;re les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique pendant la guerre de Cor&#233;e (1950-1953) et l'h&#233;bergement d'une base militaire &#233;tats-unienne, de 1954 &#224; la chute de l'empereur en 1974, au prix d'une forte d&#233;pendance financi&#232;re. Elle exprimait ainsi, malgr&#233; le non-alignement proclam&#233;, une subordination concr&#232;te &#224; des int&#233;r&#234;ts occidentaux. N&#233;anmoins, cette &#201;thiopie imp&#233;riale (dans un empire, le principe ce n'est pas l'&#233;galit&#233;, mais l'in&#233;galit&#233; entre les &#234;tres humains) va &#234;tre &#8211; aussi pour la symbolique d'avoir &#233;chapp&#233; &#224; la colonisation &#8211; le lieu de naissance de l'Organisation de l'unit&#233; africaine (1963) et abriter son si&#232;ge. Comme s'il s'agissait de symboliser aussi que l'anti-colonialisme &#8211; tardivement manifest&#233; par bon nombre de &#8220;p&#232;res de l'ind&#233;pendance&#8221; &#8211;, faussement suppos&#233; anti-imp&#233;rialiste, ne signifiait surtout pas anticapitalisme, en ces temps de la guerre dite froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La posture anti-imp&#233;rialiste &#233;tant alors, comme il a &#233;t&#233; dit plus haut, non seulement celle d'un Arthur Lewis, bien qu'&#233;conomiste du d&#233;veloppement, d'un d&#233;veloppement capitaliste et partisan du Congr&#232;s pour la libert&#233; de la culture, mais aussi celle du chef du Gouvernement provisoire de la France lib&#233;r&#233;e de l'occupation allemande nazie, le g&#233;n&#233;ral Charles de Gaulle. L'organisateur de la Conf&#233;rence des gouverneurs g&#233;n&#233;raux &#224; Brazzaville (1944) qui avait &#233;cart&#233; dans ses recommandations &#171; la constitution &#233;ventuelle, m&#234;me lointaine, de self-governments dans les colonies &#187; et qui comme premier pr&#233;sident de la Ve R&#233;publique fran&#231;aise (&#224; partir de 1958), consid&#233;r&#233; comme &#8220;d&#233;colonisateur&#8221;, ayant pourtant eu sa part de guerre contre les nationalisme alg&#233;rien (1954-1962) et camerounais (1955-1971), s'est, en effet, proclam&#233; anti-imp&#233;rialiste, &#224; un certain moment : &#171; Nous avons proc&#233;d&#233; &#224; la premi&#232;re d&#233;colonisation jusqu'&#224; l'an dernier. Nous allons passer maintenant &#224; la seconde. Apr&#232;s avoir donn&#233; l'ind&#233;pendance &#224; nos colonies, nous allons prendre la n&#244;tre. L'Europe occidentale est devenue, sans m&#234;me s'en apercevoir, un protectorat des Am&#233;ricains. Il s'agit maintenant de nous d&#233;barrasser de leur domination [&#8230;] Le grand probl&#232;me, maintenant que l'affaire d'Alg&#233;rie est r&#233;gl&#233;e, c'est l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain. Le probl&#232;me est en nous, parmi nos couches dirigeantes, parmi celles des pays voisins. Il est dans les t&#234;tes. &#187; (4 janvier 1963) [8]. Comme si l'esprit de la Communaut&#233; n'avait pas continu&#233; d'animer les relations des &#201;tats nouvellement ind&#233;pendants avec l'ancienne m&#233;tropole coloniale, impactant le processus panafricaniste institutionnel. Sous la forme, entre autres, d'opposition men&#233;e par F. Houphou&#235;t-Boigny &#224; l'orientation pr&#233;conis&#233;e par Kwame Nkrumah (L'Afrique doit s'unir, 1963), ayant abouti &#224; une Organisation de l'unit&#233; africaine, &#224; l'unit&#233; minimale plut&#244;t qu'au d&#233;clenchement d'un processus devant aboutir &#224; une union africaine. L'attitude du chef de l'&#201;tat ivoirien, par ailleurs co-leader du projet de l'Eurafrique, illustrait assez bien, selon Nkrumah, le n&#233;ocolonialisme, fran&#231;ais en l'occurrence, dont la critique va s'accentuer, avec la publication de Le n&#233;o-colonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos d'un Ghana communiste&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier ouvrage de Nkrumah pr&#233;sident exprime non seulement sa conscience des m&#233;canismes de d&#233;pendance des ex-colonies fran&#231;aises &#224; l'&#233;gard de l'ex-m&#233;tropole coloniale, devenue m&#233;tropole n&#233;ocoloniale, comme obstacle &#224; l'unit&#233; africaine vers l'union africaine, mais aussi celle de la toile tiss&#233;e par l'imp&#233;rialisme, en g&#233;n&#233;ral. &#192; l'&#233;gard duquel l'&#201;tat ghan&#233;en ne pouvait alors, malheureusement, se targuer d'&#234;tre ind&#233;pendant et qui ne pouvait, selon Nkrumah, &#234;tre combattu, avec efficience, que dans une unit&#233; africaine vers l'union des &#201;tats africains. Emprise imp&#233;rialiste &#224; laquelle Nkrumah s'accommodait, en effet, comme le rappelait en mai 1964 un journaliste &#233;tats-unien, paraissant bien conna&#238;tre le Ghana, voire Nkrumah et connu de lui, et qui s'&#233;tait m&#234;me encore entretenu avec Nkrumah quelques semaines auparavant, &#171; Although Ghana would seen to be on the verge of becoming an orthodox Marxist state, there is a wide gap between theory and reality. Only one foreign firm has been nationalized &#8211; and generously compensated. Ghana's trade is still largely with Europe, and most foreign aid still come from the West. Nkrumah has repeatedly insisted that there is plenty of room for private foreign investment. In fact, the success of his seven-year development plan depends on it &#187; [9]. Une situation &#233;conomique qui ne pouvait que fragiliser le projet panafricaniste de Nkrumah, surtout dans une p&#233;riode se caract&#233;risant en m&#234;me temps par, entre autres, une marxisation du discours nationaliste, socialiste du CPP, en fait celui de son aile gauche, minoritaire. Ce qui effrayait, n&#233;anmoins, les chancelleries des &#201;tats capitalistes d&#233;velopp&#233;s, &#224; en croire un article ant&#233;rieur du m&#234;me journal &#233;tats-unien dont l'auteur, &#224; la diff&#233;rence de son confr&#232;re (&#233;crivant post&#233;rieurement), n'&#233;tait pas port&#233; &#224; la distinction entre la diffusion de cette rh&#233;torique &#8220;r&#233;volutionnaire&#8221; et le &#8220;r&#233;alisme&#8221; &#233;conomique du r&#233;gime : &#171; Diplomats in Accra [&#8230;] have conclued, almost unanimously, that that country is rapidly becoming an undisguised Marxist state. They hold that the Government of President Kwame Nkrumah is seeking ideological control over the judiciary, education, the civil service, the army, the police. These views are confirmed almost daily by the Government owned press and radio, which have proclaimed &#8220;total war&#8221; on capitalism and are demanding a nationwide purge of all &#8220;antiprogressive&#8221; elements [&#8230;] The most radical change in the Government's Policy is sudden emphasis on the &#8220;class struggle&#8221;. Until recently, President Nkrumah maintained that Ghana was seeking to develop &#8220;African Socialism&#8221; and that, because of the &#8220;communal&#8221; nature of African society, class frictions were non existent &#187; [10]. Une telle pr&#233;sentation du climat politique rendait, n&#233;anmoins, probl&#233;matique, hypoth&#233;quait certaines contributions attendues, des &#201;tats-Unis par exemple, au financement du plan septennal du r&#233;gime de Nkrumah (1964-1970). Planification &#233;conomique qui ne pouvait pourtant &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme incompatible avec le capitalisme en cette p&#233;riode post-Seconde Guerre mondiale, assez marqu&#233;e par le Plan Marshall, con&#231;u sous la pr&#233;sidence de Harry Truman pour les &#201;tats d'Europe aux &#233;conomies d&#233;truites par la guerre. Ainsi que par l'influence de l'&#233;conomiste h&#233;t&#233;rodoxe britannique John Maynard Keynes, th&#233;oricien de l'&#201;tat acteur &#233;conomique, du &#8220;plein emploi&#8221;, caract&#233;ristiques, entre autres, de la p&#233;riode qui va &#234;tre dite du Welfare State, des Trente Glorieuses (grosso modo 1945-1975). Ce plan ghan&#233;en &#8211; ni le premier, ni l'unique en cette Afrique post-colonis&#233;e ou n&#233;ocolonis&#233;e &#8211; avait &#233;t&#233;, de surcro&#238;t, &#233;labor&#233; avec la participation d'&#233;conomistes lib&#233;raux [11].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'id&#233;e propag&#233;e d'un Ghana communiste ne correspondait pas aux faits, a r&#233;it&#233;r&#233; Ikoku qui, &#224; la diff&#233;rence du journaliste du New York Times, ne limite pas la pr&#233;sence &#8220;occidentale&#8221; au domaine &#233;conomique, d&#233;mystifiant davantage aussi bien la propagande des supporters progressistes du r&#233;gime de Nkrumah que la d&#233;sinformation men&#233;e &#224; l'&#233;poque par ses adversaires : &#171; Cette accusation de communisme ne repose sur rien [&#8230;] Sur le plan &#233;conomique, en 1962-1963, lors du premier grand assaut de la contre-r&#233;volution, moins de 10 % du commerce ghan&#233;en se faisaient avec les pays socialistes. En 1966, sur 200 millions de livres emprunt&#233;s au dehors, moins de 20 millions provenaient de pays socialistes. &#192; la fin de 1965, moins de 5 % de sp&#233;cialistes &#233;trangers travaillant au Ghana venaient de pays socialistes. Et s'il est vrai que l'assistance technique pour les services de s&#233;curit&#233; provenait de l'U.R.S.S., tout le personnel &#233;tranger de l'arm&#233;e venait d'Angleterre et du Canada. Quant aux investissements priv&#233;s &#233;trangers, ils &#233;taient tous occidentaux, sauf quelques entreprises libanaises et indiennes. Bref, la campagne contre le pr&#233;tendu communisme de Nkrumah n'avait d'autre but que de servir de couverture &#224; l'attaque occidentale contre un pays africain dont la volont&#233; d'ind&#233;pendance d&#233;rangeait les int&#233;r&#234;ts des puissances imp&#233;rialistes &#187; (p. 195-196). Ce qui peut &#234;tre consid&#233;r&#233; comme incoh&#233;rent, quand abstraction est faite de la politique ext&#233;rieure des &#201;tats-Unis face au nationalisme des &#201;tats d&#233;pendants/domin&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, du renversement en 1909 (apr&#232;s une quinzaine d'ann&#233;es d'all&#233;geance au capital &#233;tats-unien, n'ayant pas emp&#234;ch&#233; le refus de la concession d'un canal inter-oc&#233;anique &#224; celui-ci) du pr&#233;sident nicaraguayen Jos&#233; Santos Zelaya &#224; l'annulation par le gouvernement des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique du pr&#234;t promis au gouvernement &#233;gyptien de Gamal Abdel Nasser (l'ayant appris &#224; la radio) pour la construction du barrage d'Assouan &#8211; &#224; cause, entre autres, de la manifestation de non alignement ayant consist&#233; &#224; acheter des armes &#224; l'URSS, de la reconnaissance de la R&#233;publique populaire de Chine par l'&#201;gypte, de l'intention exprim&#233;e d'obtenir de l'URSS une participation au financement de la construction du barrage d'Assouan&#8230; [12] &#8211;, en passant par le putsch militaire de juin 1954 au Guatemala contre le Pr&#233;sident (colonel) Jacobo Arbenz Guzman (nationaliste social-d&#233;mocrate/pro-capitaliste ayant entrepris une r&#233;forme &#233;conomique &#8211; principalement la r&#233;forme agraire, consid&#233;r&#233;e comme une atteinte &#224; la &#8220;souverainet&#233;&#8221; de l'&#233;tats-unienne United Fruit Company, cr&#233;atrice des &#8220;r&#233;publiques banani&#232;res&#8221; &#8211; finalement victime d'un putsch militaire co-organis&#233; par la CIA, apr&#232;s quatre ans de pr&#233;sidence) [13], voire par l'intention d'&#233;carter De Gaulle de la direction de la France post-Lib&#233;ration (ni co-organisatrice, ni participante &#224; la Conf&#233;rence des vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale &#224; Yalta, f&#233;vrier 1945), les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique ont montr&#233; les limites qu'ils fixaient au nationalisme, &#224; l'ind&#233;pendance de leurs suppos&#233;s partenaires. Comme l'a rapport&#233; John P. C. Matthews : &#171; Neutralism in the West sphere of influence (i.e. the free world), he [John Foster Dulles, le Secr&#233;taire d'&#201;tat du pr&#233;sident Dwight David Eisenhower] told an audience in Iowa on June 9th, &#8220;is an immoral and shortsighted conception &#187; [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nkrumah qui en appelait aux capitaux occidentaux et voulait avoir un &#201;tat entrepreneur &#233;conomique, banal en plein keyn&#233;sianisme dans les soci&#233;t&#233;s capitalistes d&#233;velopp&#233;es, n'&#233;tait pas communiste sans &#234;tre anti-communiste [15]. Cependant, n'&#233;tait-ce pas une &#171; conception sans perspicacit&#233; et immorale &#187; de sa part de s'ing&#233;rer dans la guerre du Vietnam, non pas en s'alignant derri&#232;re les &#201;tats-Unis pour l'&#233;crasement du Front National de Lib&#233;ration vietnamien (dirig&#233; par Ho Chi Minh) mena&#231;ant les int&#233;r&#234;ts des &#201;tats-Unis (obs&#233;d&#233;s par la th&#233;orie des dominos [16]) dans cette sous-r&#233;gion asiatique, mais, en voulant, au nom du non alignement, jouer les m&#233;diateurs, en commen&#231;ant par consulter la Chine, tout en propageant la critique du n&#233;ocolonialisme (qu'illustrait le r&#233;gime du Sud Vietnam, gouvern&#233; par Ngo Dinh Diem, contr&#244;l&#233; par les &#201;tats-Unis) ? Un crime de l&#232;se-majest&#233; imp&#233;rialiste, un mauvais exemple, malgr&#233; le fait d'avoir caress&#233; publiquement les &#201;tats-Unis dans le sens du poil, &#224; un mois de son renversement (accompli par des hi&#233;rarques militaires ghan&#233;ens pendant le voyage de Nkrumah en Chine, pour ladite m&#233;diation) : &#171; The United States is a capitalist country. In fact, it is the leading capitalist power in the world today. Like Britain in the heyday of its imperial power, the United States is, and rightly so, adopting a conception of dual mandate in its relations with the developing world. This dual mandate, if properly applied, could enable the United States to increase its own prosperity and at the same time assist in increasing the prosperity of the developing countries &#187; [17]. La prosp&#233;rit&#233; de toutes les classes sociales de ces pays, voire d&#233;j&#224; de celles de toutes les classes sociales &#233;tats-uniennes ? Ou celle de la classe dirigeante, accompagn&#233;e d'une classe dite moyenne, charg&#233;es de reproduire la d&#233;pendance ? Une posture apolog&#233;tique des &#201;tats-Unis qui semble tr&#232;s surprenante de la part de l'auteur de Le n&#233;o-colonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme. Car cette opinion, apparemment motiv&#233;e diplomatiquement, tranche avec la d&#233;monstration du livre, d'une rigueur d&#233;termin&#233;e par un id&#233;al paraissant avoir gagn&#233; en pr&#233;cision &#224; partir du mitan de ann&#233;es 1960 et qui hantait le d&#233;partement d'&#201;tat &#233;tats-unien, affirmant entre autres qu'&#171; Au premier rang des n&#233;o-colonialistes, on trouve les &#201;tats-Unis, qui ont longtemps domin&#233; l'Am&#233;rique latine. Ils se sont tourn&#233;s vers l'Europe, maladroitement d'abord, puis avec plus de s&#251;ret&#233; apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, quand la plupart des pays de ce continent &#233;taient endett&#233;s &#224; leur &#233;gard. Depuis lors, avec m&#233;thode et minutie, le Pentagone s'est mis en devoir de consolider leur emprise, dont on peut constater les effets dans le monde entier &#187; (Chapitre 18 : Les m&#233;canismes du n&#233;ocolonialisme [18]. Comme un brouillage, une ambigu&#239;t&#233; &#8211; l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; id&#233;ologique de son entourage a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; plus haut &#8211;, ayant, en fin de compte, caract&#233;ris&#233; le discours et la pratique de Nkrumah pr&#233;sident, avec laquelle il ne rompra effectivement (au niveau du discours) que pendant son exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;African personality et lutte des classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, alors que son ex-principal conseiller &#233;conomique, W. A. Lewis &#8211; ayant n&#233;anmoins contribu&#233; &#224; l'&#233;laboration du plan septennal de l'&#201;tat ghan&#233;en (1964-1970), comme il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; indiqu&#233; &#8211;, affirmait, &#224; juste titre, en 1965, &#224; partir de la diversit&#233; des soci&#233;t&#233;s africaines, de la r&#233;alit&#233; des nouveaux &#201;tats africains co-existant dans l'Organisation de l'Unit&#233; Africaine cr&#233;&#233;e depuis deux ans (1963), que &#171; L'id&#233;e que de cette diversit&#233; sortira quelque chose qui sera universellement ou uniquement africain semble d'une grande invraisemblance &#8211; qu'il s'agisse de la &#8220;n&#233;gritude&#8221;, de la &#8220;personnalit&#233; africaine&#8221;, ou de quelque syst&#232;me intrins&#232;quement africain. La seule m&#233;thode de pens&#233;e f&#233;conde, quand il s'agit du peuple africain consiste &#224; le consid&#233;rer, d'une part, comme aussi divers que le reste de l'humanit&#233;, et d'autre part, comme exactement semblable au reste de l'humanit&#233;, en ce qu'il ob&#233;it aux m&#234;mes motivations fondamentales et qu'il est susceptible de r&#233;agir &#224; peu pr&#232;s de la m&#234;me fa&#231;on que les autres peuples &#187; (Lewis, p. 40), Nkrumah &#233;tait, de son c&#244;t&#233;, rest&#233; attach&#233; encore quelques ann&#233;es &#224; l'African personality. Car, cette croyance sert encore de principe organisateur &#224; l'&#233;dition, revue et corrig&#233;e en 1969 (pendant son exil guin&#233;en) de Le Consciencisme, en d&#233;pit de certaines modifications faites (recens&#233;es par le philosophe b&#233;ninois Paulin J. Hountondji [19]). Pourtant, lors de sa communication &#224; un s&#233;minaire cairote, intitul&#233;e &#171; African Socialism revisited &#187; (1967), soit deux ans avant cette nouvelle &#233;dition de Le Consciencisme, il avait exprim&#233; une remise en cause de la vision idyllique de l'Afrique pr&#233;coloniale sur laquelle &#233;tait fond&#233;e l'id&#233;e du communalisme africain : &#171; All available evidence from the history of Africa up to the eve of the European colonisation, shows that African society was neither classless nor devoid of a social hierarchy. Feudalism existed in some parts of Africa before colonisation ; and feudalism involves a deep and exploitative social stratification, funded on the ownership of land. It must also be noted that slavery existed in Africa before European colonisation, although the earlier European contact gave slavery in Africa some of its most vicious characteristics &#187; [20].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la non ambigu&#239;t&#233; du propos, un partisan de l'afrocentricit&#233; a cit&#233; cette communication de Nkrumah en faisant de lui un d&#233;fenseur persistant de ce qu'il avait entrepris de critiquer, en se r&#233;f&#233;rant m&#234;me &#224; ce passage de la communication : &#171; Today &#8216;African Socialism' seems to espouse the view that the traditional society was a classless society imbued with the spirit of humanism and to express a nostalgia for that spirit. Such a conception of socialism makes a fetish of the communal African society &#187; [21]. Il semble ne l'avoir pas compris, car en guise de commentaire &#8211; comme pour celles et ceux qui n'auraient pas compris le propos de Nkrumah &#8211; il affirme : &#171; The central theme in African socialism is communalism. African communalism maintains that the central values of Africans in traditional societies were communal rather than individualistic. Individualism belongs to the West while communalism belongs to Africa &#187;. La critique du f&#233;tichisme du communalisme est transform&#233;e, par l'afrocentriste, en apologie du suppos&#233; communalisme. Il en est autant chez son coll&#232;gue Kwame Botwe-Asamoah quand dans sa pr&#233;sentation des &#171; trois aspects de la pens&#233;e philosophico-politique de Nkrumah &#187; [22], il affirme que &#171; First, his socio-political philosophy returns to traditional African ethics, humanistic values and egalitarian mode of production to formulate a new socio-economic system for post-independence Africa &#187;. Ce qui est bien logique, vu qu'il n'y a aucune r&#233;f&#233;rence &#224; &#171; African Socialism revisited &#187; et que La lutte des classes en Afrique y appara&#238;t comme une r&#233;f&#233;rence tr&#232;s mineure, non sans amalgame, y compris comparativement &#224; des textes ant&#233;rieurs &#224; et contemporains de la premi&#232;re &#233;dition de Le Consciencisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il est possible d'arguer que m&#234;me dans La lutte des classes en Afrique (1970 ; 1972 pour la traduction fran&#231;aise), cette croyance en l'African personality n'a pas tout &#224; fait disparu, car en parlant de l'&#171; id&#233;ologie de la R&#233;volution africaine &#187;, &#224; la fin du chapitre 6 (&#171; Intelligentsia et intellectuels &#187;), il pr&#233;cise qu'&#171; Unique en son genre, elle s'est d&#233;velopp&#233;e dans le cadre de la R&#233;volution africaine. Elle est, enfin, le produit de la Personnalit&#233; africaine, autant que des principes du socialisme scientifique &#187; (p. 48). Auparavant, dans le chapitre 3 (&#171; Caract&#233;ristiques et id&#233;ologies des classes &#187;, il a reproch&#233; &#224; la n&#233;gritude de donner &#171; une description erron&#233;e de la personnalit&#233; africaine &#187; (p. 29). Autrement dit, la sienne propre ne renvoyait pas &#224; une fiction, n'&#233;tait pas erron&#233;e. Mais ce sont les rares occurrences de &#171; personnalit&#233; africaine &#187; dans La lutte des classes en Afrique. African personality qui, rappelons-le, avait une connotation ind&#233;niablement racialiste chez E. W. Blyden, hostile au m&#233;tissage &#8220;racial&#8221;, malgr&#233; la sympathie qu'il a exprim&#233;e pour l'Islam (d'origine arabe). Cette connotation, h&#233;rit&#233;e de la grammaire coloniale, n'a pas absolument disparu chez Nkrumah, car dans la &#171; Conclusion &#187;, resurgit la confusion entre panafricanisme et pann&#233;grisme, un effacement de la pluralit&#233; &#8220;raciale&#8221; de l'Afrique : &#171; C'est autour de la lutte des peuples africains pour la lib&#233;ration et l'unit&#233; du Continent qu'une authentique culture n&#233;gro-africaine prendra sa forme. L'Afrique est un Continent, un Peuple, une Nation &#187; (p. 107) [23]. Une &#171; authentique culture n&#233;gro-africaine &#187;, &#224; c&#244;t&#233;, par exemple, d'une authentique culture kabyle (il n'y a, selon les historien&#183;ne&#183;s, de peuple kabyle, depuis des mill&#233;naires, qu'en Kabylie, en Alg&#233;rie, en Afrique), d'une culture afrikaner (produite depuis le XVIIe si&#232;cle par les Boers &#8211; paysan&#183;ne&#183;s originaires de Hollande &#8211; en Afrique du Sud) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dans cet ouvrage, publi&#233; quelques mois apr&#232;s la derni&#232;re &#233;dition de Le Consciencisme que sont critiqu&#233;es, faisant suite &#224; &#171; African Socialism revisited &#187;, les &#171; conclusions erron&#233;es, postulant que l'Afrique constituait une entit&#233; distincte &#224; laquelle ne s'appliquaient pas les crit&#232;res &#233;conomiques et valables pour le reste du monde &#187;, la propagation &#171; des mythes tels que ceux du &#8220;Socialisme africain&#8221; et du &#8220;socialisme pragmatique&#8221; &#187; [24]. Il y est plus qu'esquiss&#233; une pratique de la sociologie &#171; qui, plus que toute autre discipline, apporte les fondements les plus solides pour une politique sociale &#187; (Discours aux africanistes, 1962, op. cit.), d'une sociologie critique, pr&#233;sentant une typologie des classes sociales en Afrique, leur origine, leurs caract&#233;ristiques et id&#233;ologies, y compris le rapport de la classe &#224; la race, dans une Afrique qu'il consid&#232;re alors comme &#171; le th&#233;&#226;tre d'une violente lutte des classes &#187; (p. 10) &#8211; lutte des classes que le Premier ministre Nkrumah avait consid&#233;r&#233; comme &#171; pass&#233; de mode &#187; en p&#233;riode post-coloniale. Ce qui pouvait aboutir &#224; la r&#233;volution socialiste africaine, moment de la r&#233;volution socialiste mondiale (dernier chapitre et Conclusion). La r&#233;percussion sur son panafricanisme &#233;tait assez &#233;vident : l'OUA dont il avait &#233;t&#233; l'un des artisans est alors consid&#233;r&#233;e comme s&#233;rieusement plomb&#233;e par la nature des &#201;tats qui la composent, &#233;tant soumis, quasiment tous, aux puissances imp&#233;rialistes. Cette critique &#8211; autocritique implicite &#8211; du &#171; mythe &#187; du &#8220;socialisme africain&#8221; a &#233;t&#233; aussi omise, r&#233;cemment, par Blondin Ciss&#233; qui pourtant indique La lutte des classes en Afrique dans la bibliographie de son texte (&#171; La probl&#233;matique de la Renaissance africaine dans le Consciencisme de Nkrumah : pour une relecture du socialisme africain &#187; [25]), mais sans qu'il y en ait une quelconque trace dans l'article. Il est vrai que parler de la lutte des classes n'est pas actuellement &#224; la mode ou gratifiant, dans l'intelligentsia africaine peut-&#234;tre pire qu'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, ce qui n'est pas aussi souvent relev&#233;, m&#234;me le Tiers-Monde, consid&#233;r&#233; comme une troisi&#232;me voie, un non-alignement, un neutralisme entre le capitalisme et le socialisme, n'est d&#233;sormais, pour Nkrumah, qu'un mythe, comme une posture d'&#233;vitement de la r&#233;alit&#233; bipolaire d'alors par les &#201;tats qui s'en revendiquent encore &#171; a form of political escapism &#8211; a reluctance to face the stark realities of the present situation. The oppressed and exploited peoples are the struggling revolutionary masses committed to the socialist world. Some of them are not yet politically aware. Others are very much aware, and are already engaged in the armed liberation struggle. At whatever stage they have reached in their resistance to exploitation and oppression, they belong to the permanent socialist r&#233;volution. They do not constitute a &#8216;Third World'. They are part of the revolutionary upsurge which is everywhere challenging the capitalist, imperialist and neo-colonialist power structure of reaction and counter-revolution. There are thus two worlds only, the revolutionary and the counter-revolutionary world &#187; [26]. Une critique du Tiers-Monde diff&#233;rente de celle faite, par la suite, par exemple, par Hannah Arendt. Selon celle-ci le Tiers-Monde est &#171; une id&#233;ologie, une illusion &#187; &#8211; dans l'acception p&#233;jorative d'id&#233;ologie, &#233;videmment &#8211;, qui n'avait d'int&#233;r&#234;t en fait que pour &#171; des peuples qui se trouvent situ&#233;s au plus bas niveau &#8211; c'est-&#224;-dire les Noirs africains &#187; [27] &#8211; un m&#233;pris racialiste non surprenant de la part de celle qui &#233;tait, par exemple, partisane du maintien de la s&#233;gr&#233;gation raciale scolaire aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique [28].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais Nkrumah, qui s'&#233;tait accept&#233; au pouvoir comme Osagyefo (r&#233;dempteur), omettait de mentionner que cette connaissance erron&#233;e des r&#233;alit&#233;s africaines en g&#233;n&#233;ral, de la r&#233;alit&#233; ghan&#233;enne en particulier, avait guid&#233; sa politique &#224; la t&#234;te de la R&#233;publique du Ghana. Qu'il avait ainsi contribu&#233; &#8211; &#224; son insu ? &#8211; &#224; contrecarrer la r&#233;volution africaine en mettant sous le boisseau le principe donc la pratique de la lutte des classes &#8211; comme l'ont rappel&#233; diff&#233;remment Samuel Ikoku, Frederick Cooper, cit&#233;s plus haut &#8211; sous pr&#233;texte d'unit&#233; nationale (post-coloniale) suppos&#233;e anti-imp&#233;rialiste incarn&#233;e par le CPP. Au nom de ce qui passait alors pour un &#171; retour aux sources africaines &#187; &#8211; justifiant, au passage, entre autres, l'instauration du monopartisme comme dans les autres post-colonies africaines, av&#233;r&#233;es n&#233;ocoloniales. En revanche, son ami Cabral &#8211; ayant profit&#233; de son m&#233;tier d'agronome, ainsi que de l'implantation rurale de la lutte arm&#233;e, pour enrichir sa connaissance des soci&#233;t&#233;s du Cap-Vert et de Guin&#233;e-Bissau (voire d'Angola [29]) &#8211;, &#224; titre de rappel, consid&#233;rait par contre ledit &#171; retour aux sources africaines &#187; comme pouvant &#234;tre une &#171; expression consciente ou inconsciente d'opportunisme politique de la part de la petite-bourgeoisie &#187; [30]. En effet, tout comme L. S. Senghor, chantre du &#171; socialisme africain &#8211; enfant l&#233;gitime des compromissions n&#233;ocoloniales &#187; [31], ne pouvait parler d'exploitation des paysan&#183;ne&#183;s talib&#233;s de la confr&#233;rie mouride (productrice d'arachide pour les huileries coloniales, continu&#233;e sous le n&#233;ocolonialisme) par les dignitaires de celle-ci [32], Nkrumah pr&#233;sident paraissait m&#234;me conciliateur concernant les relations, &#233;videmment in&#233;galitaires, entre les autorit&#233;s dites traditionnelles &#8211; partisanes, contre l'unitarisme de Nkrumah, d'un Ghana f&#233;d&#233;ral, o&#249; les &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s devraient leur servir de fiefs &#8211; et leurs sujet&#183;te&#183;s, par ailleurs citoyen&#183;ne&#183;s de la R&#233;publique du Ghana. Une telle attitude de Nkrumah pr&#233;sident pouvait alors &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une mise &#224; jour post-coloniale/n&#233;ocoloniale de la superposition de tr&#232;s d&#233;testables abus pr&#233;coloniaux et coloniaux, &#233;voqu&#233;e par Aim&#233; C&#233;saire dans son Discours sur le colonialisme (apr&#232;s avoir affirm&#233;, de fa&#231;on plut&#244;t provocatrice : &#171; je fais l'apologie syst&#233;matique des civilisations para-europ&#233;ennes &#187;, p. 21).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du panafricanisme comme culturalisme petit-bourgeois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'impact d'une telle attitude th&#233;orique sur la pratique de la &#171; r&#233;volution africaine &#187; qu'a relev&#233;, dans un passage de son hommage fun&#232;bre (largement conventionnel) &#224; Nkrumah, Cabral (qui, &#224; titre de rappel, fixait comme but &#224; la r&#233;volution africaine, voie de l'&#233;mancipation, l'abolition de &#171; toutes les formes d'oppression &#187;, de &#171; l'exploitation du travail par qui que ce soit &#187; [33]) : &#171; Oui, l'imp&#233;rialisme est criminel et sans scrupules, mais nous ne devons pas tout mettre sur son large dos. [&#8230;] Jusqu'&#224; quel point donc le succ&#232;s de la trahison au Ghana aurait-il &#233;t&#233; li&#233; ou non &#224; des probl&#232;mes de la lutte des classes, des contradictions de la structure sociale, du r&#244;le du Parti et d'autres institutions, y compris les forces arm&#233;es, dans le cadre d'un nouvel &#201;tat ind&#233;pendant ? Jusqu'&#224; quel point, nous demandons-nous, le succ&#232;s de la trahison ne serait-il pas li&#233; au probl&#232;me de la d&#233;finition correcte de cette entit&#233; historique et artisane de l'histoire qu'est le peuple, et &#224; son action quotidienne en d&#233;fense de ses propres conqu&#234;tes dans l'ind&#233;pendance ? &#187; [34]. Ces propos &#233;taient en fait adress&#233;s, assez &#233;videmment, non plus &#224; Nkrumah, mais &#224; celles/ceux &#8211; majoritaires ? [35]&#8211; qui, alors, se passaient toujours d'une &#171; analyse lucide &#187; des soci&#233;t&#233;s africaines tout en pr&#233;tendant lutter pour l'&#233;mancipation de l'Afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces propos peuvent aussi &#234;tre adress&#233;s, mutatis mutandis, aux tenant&#183;e&#183;s actuel&#183;le&#183;s d'un panafricanisme dominant et demeurant simpliste dans la critique du n&#233;ocolonialisme &#8211; La lutte des classes en Afrique ayant effectu&#233; &#224; propos une avanc&#233;e par rapport &#224; Le n&#233;ocolonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme, en y incluant &#8211; en termes de &#171; collaborateurs &#187;, certes &#8211; les acteurs africains. Ils peuvent enfin &#234;tre adress&#233;s &#224; celles et ceux qui paraissent aveugles (volontairement ?) au contexte actuel d'une lutte de classe men&#233;e non seulement par l'imp&#233;rialisme, les institutions financi&#232;res internationales, mais aussi par les capitalistes africain&#183;e&#183;s [36] dans le cadre d'&#201;tats africains davantage ins&#233;r&#233;s dans le capitalisme, voire dirig&#233;s, ici et l&#224;, par des capitalistes av&#233;r&#233;s. Cet ensemble constitue ainsi le bloc capitaliste post-colonial/n&#233;ocolonial, tr&#232;s conscient de ses int&#233;r&#234;ts d&#233;terminants, communs (en d&#233;pit de son caract&#232;re hi&#233;rarchis&#233; et d'in&#233;vitables divergences internes, fractionnelles aux d&#233;terminations diverses). Ce bloc capitaliste n&#233;ocolonial (sans fronti&#232;res) m&#232;ne une lutte contre les classes sociales et milieux sociaux populaires en g&#233;n&#233;ral (petite paysannerie agricole, prol&#233;tariat et assimil&#233;s, sous-prol&#233;tariat, etc.), avec un impact particulier sur les femmes de ces classes populaires, sur lesquelles reposent aussi, &#233;videmment, les t&#226;ches essentielles de reproduction. Il s'agit d'une lutte pour l'accumulation du capital expliquant aussi, surtout en cette p&#233;riode o&#249; pr&#233;vaut l'id&#233;ologie de la &#171; fin des id&#233;ologies &#187;, l'instrumentalisation des identit&#233;s ethniques/r&#233;gionales/nationales et confessionnelles par des fractions politiciennes des classes dirigeantes dans certaines soci&#233;t&#233;s africaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, apparemment, &#224; en croire l'attitude de certain&#183;e&#183;s nationalistes africain&#183;e&#183;s, n&#233;gro-africain&#183;e&#183;s surtout, il ne faudrait pas tenir compte de la participation africaine &#224; ce bloc capitaliste post-colonial (n&#233;olib&#233;ral) et au capital international. Ainsi, les &#8220;AfroChampions&#8221;, des capitalistes africain&#183;e&#183;s investissant au-del&#224; du cadre national, et les &#8220;African Globalizers&#8221;, qui investissent aussi hors d'Afrique, devraient &#234;tre regard&#233;s avec fiert&#233;. Au nom de l'appartenance commune &#224; l'Afrique, et pour leurs supporteurs/supportrices n&#233;gro-africain&#183;e&#183;s, au nom de l'identit&#233; raciale commune. L'Afrique &#233;tant souvent expos&#233;e &#224; ce r&#233;ductionnisme m&#233;lanique. Pourtant, l'ampleur du capital accumul&#233;, voire la c&#233;l&#233;rit&#233; de cette accumulation, exprime au moins qu'elles/ils ne sont pas moins exploiteurs/exploiteuses que &#171; les riches richissimes &#187; d'ailleurs, avec lesquel&#183;le&#183;s elles/ils partagent d&#233;sormais &#171; les pages porno-financi&#232;res des magazines Forbes et Fortune &#187; [37]. La situation est devenue bien pire que celle constat&#233;e, avec un accent assez fanonien, par le Nkrumah de La lutte des classes en Afrique : &#171; En Afrique, l'ennemi interne, qui est la bourgeoisie r&#233;actionnaire, doit &#234;tre d&#233;masqu&#233; : il s'agit d'une classe d'exploiteurs, de parasites et de collaborateurs des imp&#233;rialistes et n&#233;o-colonialistes, desquels d&#233;pend le maintien de leurs positions puissantes et privil&#233;gi&#233;es. La bourgeoisie africaine est essentielle &#224; la continuit&#233; de la domination et de l'exploitation imp&#233;rialistes et n&#233;o-colonialistes &#187; (p. 104).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ce panafricanisme demeure encore prisonnier de sa nature de classe originelle, petite-bourgeoise, marqu&#233; par le clivage racial am&#233;ricain (h&#233;rit&#233; de l'esclavage) et colonial (en Afrique dite noire), ne s'int&#233;ressant pas &#224; la sociologie actuelle des soci&#233;t&#233;s africaines, aux luttes de classe qui s'y d&#233;roulent n&#233;anmoins, tr&#232;s souvent en faveur de la classe exploiteuse (toutes races confondues). Ce panafricanisme post-colonial s'est ainsi plac&#233; dans le sillage d'un Hail&#233; Selassi&#233;, d&#233;finissant ainsi, dans son c&#233;l&#232;bre discours &#224; la tribune des Nations unies en octobre 1963 (post&#233;rieur &#224; la naissance, sous son &#233;gide, de l'OUA), sa lutte contre l'exploitation : &#171; Pour ce qui est de l'&#233;galit&#233; entre les hommes, l&#224; aussi il y a un d&#233;fi et une opportunit&#233; &#224; saisir ; le d&#233;fi est d'insuffler une vie nouvelle aux id&#233;aux d&#233;j&#224; inscrits dans la Charte, l'opportunit&#233; est de rapprocher les hommes de la libert&#233; et de la vraie &#233;galit&#233; [&#8230;] l'&#233;galit&#233; entre les hommes que nous visons est &#224; l'oppos&#233; de l'exploitation d'un peuple par un autre, dont les pages de l'histoire, et en particulier celles &#233;crites sur les continents d'Afrique et d'Asie, nous parlent si abondamment. L'exploitation ainsi consid&#233;r&#233;e pr&#233;sente plusieurs aspects, mais quelle que soit la forme qu'il prenne, ce fl&#233;au doit &#234;tre &#233;vit&#233; l&#224; o&#249; il n'existe pas et &#233;radiqu&#233; l&#224; o&#249; il existe &#187;. On voit bien l&#224; une conception limit&#233;e de l'&#233;galit&#233;, entre &#8220;peuples&#8221; et non pas entre concitoyen&#183;ne&#183;s [38], assez logique pour un &#8220;Roi des rois&#8221;, ne pouvant concevoir une &#233;galit&#233; avec ses sujets (m&#234;me quand elle est dite parlementaire, la monarchie a pour principe la situation, consid&#233;r&#233;e comme naturelle, de la famille imp&#233;riale/royale/princi&#232;re au dessus de l'&#233;galit&#233; entre citoyen&#183;ne&#183;s/sujet&#183;te&#183;s, comme dans La ferme des animaux de George Orwell) en b&#233;n&#233;ficiaire qu'il &#233;tait de la soumission des rapports sociaux f&#233;odaux au capitalisme. Ainsi la revendication de l'&#233;galit&#233; multidimensionnelle &#8211; l'in&#233;galit&#233; sociale &#233;tant consubstantielle au capitalisme (la racisation &#233;tant une construction sociale) &#8211; dans les soci&#233;t&#233;s africaines n'est pas courante chez ces panafricanistes, plut&#244;t proches, en effet, d'un Hail&#233; Selassi&#233; que d'un Walter Rodney qui incluait la lutte des classes dans le combat panafricaniste post-colonial [39].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, bien moins encore que dans les ann&#233;es 1960-1970, ne se profile pas vraiment &#224; l'horizon la d&#233;sertion massive &#8211; &#171; suicide &#187; disait Cabral [40] &#8211; politique de leur classe sociale par des membres de la petite bourgeoisie, pour se mettre du c&#244;t&#233; des classes exploit&#233;es africaines, des cat&#233;gories sociales opprim&#233;&#183;e&#183;s d'Afrique. Pourtant il ne pourra &#234;tre question d'&#233;mancipation effective de l'Afrique que suite &#224; une victoire sur l'exploitation, les oppressions, les injustices/in&#233;galit&#233;s qui concernent la tr&#232;s grande majorit&#233; des Africain&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce panafricanisme dominant &#8211; surtout dans son expression &#224; partir des m&#233;tropoles imp&#233;rialistes o&#249; g&#233;n&#233;ralement persiste le racisme [41], demeure attrayant le postmodernisme &#8211; s'accroche principalement au discours identitaire &#8220;racial&#8221; diversement d&#233;clin&#233; (essentialisme, culturalisme, une certaine d&#233;colonialit&#233;, etc.), n'articulant pas, sinon mal, cette identit&#233; raciale (noire, principalement) &#8211; &#233;rig&#233;e en Identit&#233; &#8211; opprim&#233;e, avec les autres formes d'identit&#233; (de sexe/genre, de classe, etc.) opprim&#233;es et exploit&#233;es. D'une part, on &#233;tablit couramment la confusion entre panafricanisme et pan-n&#233;grisme &#8211; quand on parle de &#8220;diaspora africaine&#8221; ou de &#8220;personnes d'ascendance africaine&#8221;, il faut entendre &#8220;diaspora noire&#8221;, &#8220;personnes d'ascendance n&#233;gro-africaine&#8221; [42] &#8211; et ainsi les Africain&#183;e&#183;s non noir&#183;e&#183;s, de l'Afrique septentrionale &#224; l'Afrique australe (o&#249; persiste dans certaines soci&#233;t&#233;s un racisme anti-Noir&#183;e&#183;s), en passant par l'Afrique occidentale (o&#249; persiste aussi dans quelques soci&#233;t&#233;s une discrimination ethnique &#224; l'&#233;gard des populations touaregs et arabes), ne feraient pas partie des Africain&#183;e&#183;s. Ce qui est une r&#233;gression par rapport &#224; Nkrumah d&#233;non&#231;ant que l' &#171; On cherche &#224; diviser l'Afrique en deux zones fictives, au nord et au sud du Sahara, en insistant sur les diff&#233;rences de race, de religion et de culture &#187; (L'Afrique doit s'unir). D'autre part, on postule l'existence d'une solidarit&#233;, le partage des m&#234;mes valeurs par les N&#233;gro-Africain&#183;e&#183;s &#8211; voire par les Noir&#183;e&#183;s, quel que soit leur pays ou continent, du fait de leur appartenance au &#171; monde noir &#187;, de leur suppos&#233;e n&#233;gritude substantielle. Par exemple, le Rapport alternatif sur l'Afrique (RASA) en posant la question (c'est en fait un principe dudit rapport) &#171; L'Afrique et les Africains ne doivent-ils pas construire leurs propres instruments de mesure de leurs progr&#232;s et de leurs d&#233;fis &#224; partir des valeurs et r&#233;alit&#233;s qui leur sont propres ? &#187; prouve la persistance de l'influence de la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187; : quelles peuvent bien &#234;tre ces valeurs que partageraient toute l'Afrique dite noire, les N&#233;gro-Africain&#183;e&#183;s d'hier, comme d'aujourd'hui, sans distinction des appartenances de classe sociale, de genre, etc. ? &#201;videmment, lesdites valeurs sont pr&#233;tendues propres &#224; l'Afrique, comme il a &#233;t&#233; dit plus haut, sans quelque comparaison historique, sym&#233;trique, avec ce dont elles sont cens&#233;es &#234;tre distingu&#233;es, une tradition h&#233;rit&#233;e de l'ethnologie coloniale/occidentale. Bien qu'on y retrouve la r&#233;f&#233;rence &#224; Fanon et Cabral concernant &#171; l'absence d'id&#233;ologie &#187;, &#171; la carence id&#233;ologique &#187; (p. 82), la mention de &#171; classes dirigeantes locales d&#233;sireuses [seulement ?] de participer &#224; l'exploitation de leur peuple &#187; (p. 84), ce texte &#224; plusieurs mains, id&#233;ologiquement &#233;clectique, est n&#233;anmoins &#224; dominante diff&#233;rentialiste/culturaliste et non assum&#233;e comme &#233;tant &#224; dominante pro-capitaliste (m&#234;me si y ont contribu&#233; quelques uns des rares intellectuel&#183;le&#183;s anticapitalistes africain&#183;e&#183;s). Ceci n'est possible qu'en ne s'int&#233;ressant nullement &#224; la sociologie, &#224; la vie concr&#232;te de ces soci&#233;t&#233;s. On reproduit ainsi le m&#233;pris pour l'histoire n'ayant cess&#233; de montrer que cette commune appartenance n'avait pas, par exemple, emp&#234;ch&#233; des actes de chauvinisme national massif, voire officiel, entre n&#233;gro-africains, d'Abidjan (vers la fin de la p&#233;riode coloniale) &#224; Durban (la n&#233;gro-afrophobie post-apartheid : le si chauvin prince Mangosuthu Gatsa Buthelezi a &#233;t&#233; de fa&#231;on continue ministre de l'Int&#233;rieur sous la pr&#233;sidence de Nelson Mandela, puis de Thabo Mbeki), en passant par Brazzaville (l'expulsion massive, il y a quelques ann&#233;es, des Congolais&#183;e&#183;s de l'autre rive fluviale). Cette croyance ou fantasme sur la solidarit&#233; n&#233;gro-africaine &#8211; voire du &#171; monde noir &#187; &#8211; exprime en effet un aveuglement fr&#233;quent face aux faits historiques. Ou une certaine surdit&#233; &#224; l'&#233;gard, par exemple, de la pr&#233;cision apport&#233;e, au d&#233;but des ann&#233;es 1970, par l'un des initiateurs/initiatrices du mouvement de la n&#233;gritude, Aim&#233; C&#233;saire, s'&#233;tant affirm&#233; &#171; contre une id&#233;ologie fond&#233;e sur la n&#233;gritude [&#8230;] quand une th&#233;orie, disons litt&#233;raire, se met au service d'une politique, je crois qu'elle devient infiniment d&#233;testable [&#8230;] parce que je crois effectivement qu'il y a la lutte des classes, par exemple [&#8230;] Je refuse absolument une esp&#232;ce de pann&#233;grisme idyllique &#224; force de confusionnisme [&#8230;] la n&#233;gritude je ne la rejette pas, mais je la regarde avec un &#339;il extr&#234;mement critique [&#8230;] En plus, ma conception de la n&#233;gritude n'est pas biologique, elle est culturelle et historique. Je crois qu'il y a toujours un certain danger &#224; fonder quelque chose sur le sang que l'on porte, les trois gouttes de sang noir [&#8230;] Si on fait &#231;a, on tombe dans un gobinisme renvers&#233;. Et &#231;a me para&#238;t grave &#187; [43].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, il y a une sorte d'europ&#233;ocentrisme/occidentalocentrisme dans ce panafricanisme pann&#233;griste, car il semble encore tr&#232;s pr&#233;occup&#233; &#224; affirmer une &#171; fiert&#233; africaine &#187; [44] (entendre &#8220;fiert&#233; noire&#8221;) face au narcissisme de l'&#8220;Europ&#233;en blanc&#8221; (avec son extension am&#233;ricaine), plac&#233; de ce fait comme central, duquel on semble attendre une reconnaissance, pourtant si &#233;vidente, d'humanit&#233; enti&#232;re. Une prolongation ainsi de ce que Fanon, parlant de la Soci&#233;t&#233; africaine de culture (initi&#233;e par Alioune Diop, le fondateur de la revue Pr&#233;sence Africaine et de la maison d'&#233;dition &#233;ponyme, principale organisatrice des Congr&#232;s des &#233;crivains et artistes noirs, Paris 1956 et Rome 1959) consid&#233;rait comme des &#171; manifestations exhibitionnistes : montrer aux Europ&#233;ens qu'il existe une culture africaine, s'opposer aux Europ&#233;ens ostentatoires et narcissistes, tel sera le comportement habituel des membres de cette Soci&#233;t&#233; &#187;. Contre ce narcissisme des dominant&#183;e&#183;s jouissant pathologiquement de leur blanchit&#233;, se dresse un narcissisme r&#233;actif des domin&#233;&#183;e&#183;s qui se manifeste de nos jours postmodernistes de fa&#231;on amplifi&#233;e, du fait aussi de l'importance des images, du num&#233;rique qui accro&#238;t celle-ci. Fanon parlait d'un &#171; cul-de-sac &#187;, pouvant certes, pour quelques tenant&#183;e&#183;s actuel&#183;le&#183;s de ladite fiert&#233;, &#234;tre rentable en esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes, en carri&#232;re sur le march&#233; spectaculaire acad&#233;mico-m&#233;diatique des identit&#233;s (l'identit&#233; de classe exploit&#233;e en &#233;tant exclue) &#8211; dont le centre demeure l'Europe et les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique &#8211;, en pr&#233;sence r&#233;guli&#232;re garantie dans les villes dudit centre, leurs lieux de pouvoir intellectuel, source de prestige (occidentalocentr&#233;). Mais sans toutefois avoir des effets perceptibles concernant ou vraiment contribuer &#224; la lutte pour l'&#233;mancipation des peuples africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie I&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie II&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie III (&#224; venir)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Y. B&#233;not, op. cit., note infrapaginale 22, p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] C. L. R. James, Nkrumah and the Ghana Revolution, London, Allison &amp; Busby, 1977, p. 172 (&#224; propos de cette conf&#233;rence aux cadres du CPP, C. L. R. James indique dans l'introduction de son livre que &#171; Nkrumah learnt about the speech and its reception, expressed his approval and told me that he would get the text printed. I sent the script to him and it was never acknowledged, far less printed &#187; (p. 10). Autrement dit, il s'agit d'une promesse non tenue ressemblant &#224; la censure d'un texte contenant des passages critiques &#224; l'&#233;gard du gouvernement. Au tout d&#233;but de la &#171; r&#233;volution dahom&#233;enne &#187;, le philosophe b&#233;ninois Paulin J Hountondji, affirmait concernant le CPP, dans l'espoir que quelque le&#231;on en soit tir&#233;e : &#171; Nkrumah a &#233;chou&#233; parce que son Parti, le &#8220;Convention People's Party&#8221; n'&#233;tait plus en 1966 cette puissante organisation de masse qu'il avait &#233;t&#233; de 1949 &#224; 1957, ann&#233;e de l'ind&#233;pendance, mais &#233;tait devenu un champ d'intrigues et de luttes d'influences, entre adulateurs et corrompus d'un Chef coup&#233; du peuple [&#8230;] L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187;, Libert&#233;s, Cotonou, Editions Renaissance, 1973, p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Par ailleurs, concernant ce plan de d&#233;veloppement, cens&#233; mener au socialisme, selon Ikoku, Ama Biney rappelle que &#171; world class economists such as Dudley Seers, Arthur Lewis, Nicholas Caldor [Kaldor], Albert Hirschmann, Joseph Bognar, and Tony Killick contibuted before its official launch in 1964 &#187;, Ama Biney, op. cit., p. 109.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Selon Samuel Ikoku, protagoniste de la guerre gauche-droite autour de Nkrumah, l'aile droite contr&#244;lant le parlement mais inqui&#232;te de la critique du n&#233;ocolonialisme que d&#233;veloppait d&#233;sormais Nkrumah, consid&#233;r&#233;e comme une menace pour leurs int&#233;r&#234;ts, r&#233;agissait, par exemple, en rappelant, par tract, que &#171; le socialisme africain [&#8230;] n'est pas ath&#233;e et ne repose pas sur la lutte des classes. Ils pr&#233;tendaient que Nkrumah &#233;tait tomb&#233; sous l'influence de gens qui &#233;taient des agents de Moscou [&#8230;] D'autres tracts exigeaient de lui qu'il renvoie ces hommes sous peine d'&#234;tre accus&#233; d'avoir trahi son premier id&#233;al de socialisme africain &#187;, S. G. Ikoku, op. cit., p. 215-216.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Amilcar Cabral, &#171; Le r&#244;le de la culture dans la lutte pour l'ind&#233;pendance &#187; (1972), in Unit&#233; et Lutte, p. 179.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Mehdi Ben Barka, &#171; La r&#233;volution nationale en Afrique et en Asie &#187; (1963), in Mehdi Ben Barka (recueil de textes), Gen&#232;ve, CETIM, 2013, p. 62.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &#192; titre de rappel, le Ghana de Nkrumah n'est pas le premier &#201;tat ind&#233;pendant d'Afrique, car bien avant lui, &#233;taient ind&#233;pendants, par ordre chronologique : l'Ethiopie (n'ayant pas &#233;t&#233; strictement une colonie, malgr&#233; l'invasion par l'Italie fasciste), le Lib&#233;ria (1847), l'&#201;gypte (1922), la Libye (1951), le Maroc (1956), le Soudan (1956), la Tunisie (1956).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Alain Peyrefitte, C'&#233;tait de Gaulle, Paris, Gallimard, 2002, p. 603 et 606. De Gaulle se r&#233;f&#232;re &#224; l'emprise &#233;tats-unienne subs&#233;quente &#224; l'European Recovery Program ou Plan Marshall (1948-1952), une aide subordonnante aux &#201;tats d'Europe occidentale, qui s'&#233;tendait aux colonies. Dans le cas fran&#231;ais : &#171; L'Outre-mer fran&#231;ais a b&#233;n&#233;fici&#233; sur les cr&#233;dits Marshall ordinaires de $287 millions environ, soit 11 % de l'aide totale &#224; la France et &#224; ses territoires d&#233;pendants [&#8230;] On remarque que dans le partage entre pays d'Afrique du Nord et d'Afrique Noire, l'Afrique du Nord l'emporte largement [&#8230;] La gestion de l'aide Marshall dans les TOM a entrain&#233; des incidents finalement plus nombreux qu'en France. Les heurts entre le n&#233;o-imp&#233;rialisme lib&#233;ral am&#233;ricain et le narcissisme paternaliste fran&#231;ais &#233;taient in&#233;vitables &#187;, selon G&#233;rard Bossuat (&#171; La contre-valeur de l'aide am&#233;ricaine &#224; la France et &#224; ses territoires d'Outre-Mer &#187;, in Colloque tenu &#224; Bercy les 21, 22 et 23 mars 1991 sous la direction de R&#233;n&#233; Girault et Maurice L&#233;vy-Leboyer, Le Plan Marshall et le rel&#232;vement &#233;conomique de l'Europe, Paris, Comit&#233; pour l'histoire &#233;conomique et financi&#232;re de la France, Minist&#232;re des Finances, 1993, (p. 177-199), p. 195 et 196 pour la citation). Par anti-imp&#233;rialisme, en 1966-1967, De Gaulle, en retirant la France de l'OTAN, a mis fin &#224; la pr&#233;sence sur le sol fran&#231;ais des bases (30) de l'arm&#233;e des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, install&#233;es en France &#224; partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Mais tout en maintenant au m&#234;me moment les bases militaires fran&#231;aises dans presque toutes ses anciennes colonies. Autrement dit, un anti-imp&#233;rialiste n&#233;ocolonialiste/imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &#171; Portait of Nkrumah as Dictator &#187;, New York Times, May 3, 1964, &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/1964/05/03/archives/portrait-of-nkrumah-as-dictator.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nytimes.com/1964/05/03/archives/portrait-of-nkrumah-as-dictator.html&lt;/a&gt;. &#192; propos de cette domination du capital occidental, cf. aussi, par exemple, l'historien africaniste Robert Cornevin (dans un article publi&#233; quelques jours apr&#232;s le putsch militaire) &#171; Le coup d'&#201;tat militaire d'Accra ne doit pas nous faire oublier les r&#233;alisations dues au socialisme ghan&#233;en &#187;, Le Monde diplomatique, mars 1966, p. 1 et 3. Dans son article cit&#233; plus haut &#8211; une recension de l'ouvrage de l'un des &#233;conomistes cit&#233;s plus haut (Tony Killick, Development economics in action : a study of economic Policy in Ghana, second edition, London and New York, Routledge, 2010) ayant contribu&#233; &#224; la pr&#233;paration du plan septennal de l'&#201;tat ghan&#233;en &#8211;, Jasper Ayelazuno (Abembia) affirme, concernant le suppos&#233; socialisme de l'&#233;conomie ghan&#233;enne sous Nkrumah, que &#171; This is a serious theoretical oversight since Killick admits that, for all his socialist and [anti]neocolonialism rhetoric, Nkrumah did not nationalise private enterprises. Rather, he tried to woo foreign direct investments and even transacted business with private capital. Killick also notes that the liberal governments of Ghana (i.e., the NLC, the Busia-led government and the Kuffuor-led government) also continued with some of Nkrumah's state-interventionist policies &#187;, p. 390.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] &#171; Ghana is Viewed As Going Marxist ; Regime Proclaiming &#8216;Total War' on Capitalism &#187;, Lagos, January 8, 1964, &lt;a href=&#034;https://www.nytimes.com/1964/01/09/archives/ghana-is-viewed-as-going-marxist-regime-proclaiming-total-war-on.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.nytimes.com/1964/01/09/archives/ghana-is-viewed-as-going-marxist-regime-proclaiming-total-war-on.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Dans le Tanganyika nouvellement ind&#233;pendant, le Premier ministre &#8220;socialiste africain&#8221; Julius Nyerere, a nomm&#233; au minist&#232;re des Finances, un colonial conservateur de droite, ayant auparavant servi comme ministre au Kenya (colonial) et qui int&#233;grera par la suite la Banque mondiale, Sir Ernest Vase. Celui-ci a &#233;t&#233;, en cela, consid&#233;r&#233; comme le cerveau du Plan Triennal de D&#233;veloppement (1961-1964). Son influence dans l'organisation du gouvernement tanganyikais est alors, n&#233;anmoins, consid&#233;r&#233;e comme incongrue par Nkrumah. Le ministre de la Sant&#233; et du Travail du Tanganyika &#233;tait aussi un Britannique, D. N. M. Bryceson. Le deuxi&#232;me plan, le Plan Quinquennal (1964-1969), a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; par &#171; une &#233;quipe de six &#8220;experts&#8221; &#233;trangers sous la direction de M. J. Faudon &#187;, Michael Jennings, &#171; &#8216;We Must Run While Others Walk' : popular participation and development crisis in Tanzania, 1961-9 &#187;, Journal of Modern African Studies, 41, 2, 2003, (p. 163&#8211;187), p, 165, DOI : 10.1017/S0022278X0300421X.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#171; Le Congr&#232;s am&#233;ricain qui repr&#233;sente les &#201;tats am&#233;ricains avait demand&#233; que soit coup&#233;e toute aide &#224; l'&#201;gypte, car nous avons refus&#233; d'accepter l'occupation et l'exploitation de notre territoire. Ce fut notre punition &#187;, Discours de Gamal Abdel Nasser [annon&#231;ant la nationalisation de la Compagnie du Canal de Suez] (Alexandrie, 26 juillet 1956), Notes et &#233;tudes documentaires : &#201;crits et Discours du colonel Nasser, Paris, La Documentation fran&#231;aise. 20.08.1956, n&#176; 2.206 ; &lt;a href=&#034;http://www.cvce.eu/obj/Discours_de_Gamal_Abdel_Nasser_Alexandrie_26_juillet_1956-fr-d0ecf835-9f40-4c43-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.cvce.eu/obj/Discours_de_Gamal_Abdel_Nasser_Alexandrie_26_juillet_1956-fr-d0ecf835-9f40-4c43-&lt;/a&gt; a2ed-94c186061d2a.html.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Dans son discours d'investiture &#224; la pr&#233;sidence du Guatemala (1951), Arbenz s'&#233;tait clairement pos&#233; en partisan du capitalisme en affirmant comme l'un des trois objectifs fondamentaux de son gouvernement &#171; a convertir a Guatemala de un pa&#237;s atrasado y de econom&#237;a predominantemente feudal en un pa&#237;s moderno y capitalista [&#8230;] nuestra pol&#237;tica tendra que estar basada necesariamente en el impulso a la iniciativa privada, en el desarollo del capital guatemalteco en cuyas manos deberi&#225;n encontrarse las actividades fundamentales de la econom&#237;a nacional, y en cuanto al capital extranjero debemos repetir que sera bienvenido siempre que se ajuste &#224; las distintas condiciones que se van creando en la medida que nos desarrollamos, que se subordine siempre a las leyes guatelmaltecas, coopere al desenvolvimiento &#233;conomico del pa&#237;s y se abstenga estrictamente de intervenir en la vida politica y social de la Naci&#243;n &#187;, &#171; Discurso de Jacobo Arbenz Guzman, el 15 de marzo de 1951 &#187;, Comunidades de Poblaci&#243;n en Resistencia, &lt;a href=&#034;https://web.archive.org/web/20141222002546/http://cpr-urbana.blogspot.com72013/08/discurso-de-jacobo-arbenz-guzman-el-15.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://web.archive.org/web/20141222002546/http://cpr-urbana.blogspot.com72013/08/discurso-de-jacobo-arbenz-guzman-el-15.html&lt;/a&gt;. (ma traduction : &#171; transformer le Guatemala d'un pays arri&#233;r&#233; et d'&#233;conomie &#224; pr&#233;dominance f&#233;odale en un pays moderne et capitaliste [&#8230;] notre politique sera n&#233;cessairement bas&#233;e sur la stimulation de l'initiative priv&#233;e, le d&#233;veloppement d'un capital guat&#233;malt&#232;que dans les mains duquel devront se trouver les secteurs fondamentaux de l'&#233;conomie nationale, et quant au capital &#233;tranger nous r&#233;p&#233;tons qu'il sera toujours le bienvenu, s'ajustant aux conditions distinctes qui seront cr&#233;&#233;es au cours de notre d&#233;veloppement, en respectant toujours les lois du Guatemala, coop&#233;rant au d&#233;veloppement du pays et s'abstenant strictement de s'ing&#233;rer dans la vie politique et sociale de la Nation [guat&#233;malt&#232;que] &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] P. C. Matthews, &#171; John Foster Dulles and the Suez Crisis of 1956. A Fifty Year Perspective &#187;, American Diplomacy, September 2006, &lt;a href=&#034;http://www.unc.edu/depts/diplomat/item/2006/0709/matt/matthew_suez.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.unc.edu/depts/diplomat/item/2006/0709/matt/matthew_suez.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Dans le sixi&#232;me paragraphe de l'Introduction de Le n&#233;o-colonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme, Nkrumah pr&#233;cise que &#171; La lutte contre le n&#233;ocolonialisme n'a pas pour but d'interdire le placement des capitaux des pays d&#233;velopp&#233;s dans les pays qui le sont moins, mais d'emp&#234;cher l'utilisation de la puissance financi&#232;re des nations industrielles &#224; l'appauvrissement des nations moins d&#233;velopp&#233;es &#187;. Comme l'avait dit quelques ann&#233;es auparavant le pr&#233;sident nationaliste bourgeois guat&#233;malt&#232;que J. Arbenz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Pour les strat&#232;ges &#233;tats-uniens la perte d'un pays dans cette sous-r&#233;gion asiatique pouvait entrainer un autre, puis un autre, etc., par r&#233;percussion &#8211; comme semblait l'illustrer alors la menace de perdre le Vietnam, apr&#232;s avoir perdu la Chine. C'est ce qu'il fallait endiguer au Vietnam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] K. Nkrumah, &#171; Discours du pr&#233;sident ghan&#233;en lors de l'inauguration du barrage de la Haute-Volta &#187;, 22 janvier 1966, &lt;a href=&#034;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1795&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1795&lt;/a&gt;. Sur le putsch, cf. le chap. 14 &#171; La contre-r&#224;volution : c) F&#233;vrier 1966 &#187; de l'ouvrage d&#233;j&#224; cit&#233; d'Ikoku, r&#233;dig&#233; longtemps avant la d&#233;classification des documents &#233;tats-uniens relatifs au putsch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Dans L'Afrique doit s'unir (1963), il concluait ainsi son commentaire d'une d&#233;claration de l'&#233;conomiste du D&#233;partement d'&#201;tat, th&#233;oricien majeur du d&#233;veloppement et strat&#232;ge imp&#233;rialiste, Walt Whitman Rostow (auteur de Les &#233;tapes de la croissance &#233;conomique, publi&#233; en 1960, un classique de la &#8220;science &#233;conomique&#8221; orthodoxe sur le d&#233;veloppement, capitaliste s'entend) : &#171; C'est sans doute l&#224; l'un des r&#233;sum&#233;s les plus cyniques, mais aussi les plus sinc&#232;res jamais publi&#233;s de la fa&#231;on dont un pays riche r&#233;agit en face des besoins et des esp&#233;rances des jeunes nations du monde &#187; (p. 213 de la r&#233;&#233;dition de 1994). Pour l'int&#233;r&#234;t port&#233; par l'administration &#233;tats-unienne au Ghana pendant les deux derni&#232;res ann&#233;es de pr&#233;sidence de Nkrumah, au G&#233;n&#233;ral Ankrah, avant et apr&#232;s le putsch, on peut consulter le volume des Foreign Relations of the United States (FRUS) consacr&#233; au Ghana : FRUS 1964-68, Vol. XXIV : Africa, Ghana (&lt;a href=&#034;http://www.state.gov/www.about_state/history/vol_xxiv&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.state.gov/www.about_state/history/vol_xxiv&lt;/a&gt; )&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Dans son ouvrage classique, Sur la &#8220;philosophie africaine&#8221; (Paris, Maspero, 1976), Paulin Hountondji, critique de l'ethnophilosophie &#8211; terme inspir&#233; du titre de la th&#232;se inachev&#233;e de Nkrumah : Mind and Thought in Primitive Society. A Study in Ethno-Philosophy with Special Reference to the Akan Peoples of the Gold Coast, West Africa &#8211; a proc&#233;d&#233;, dans le chapitre 7 (&#171; L'Id&#233;e de Philosophie dans le Consciencisme de Nkrumah) &#224; une comparaison de la premi&#232;re &#233;dition (1964) et la derni&#232;re (1970), concernant le rapport &#224; l'africanisme. Ainsi, conclut-il, par exemple, que &#171; malgr&#233; les remaniements importants ainsi op&#233;r&#233;s, l'&#233;dition de 1970 reste largement tributaire des pr&#233;suppositions id&#233;ologiques d'avant 1965. Plut&#244;t que de repl&#226;trer le texte initial, Nkrumah aurait d&#251;, pour &#234;tre cons&#233;quent avec lui-m&#234;me, renier purement et simplement l'ancien texte et &#233;crire &#224; nouveaux frais un nouveau livre &#187; (p. 179). Cf. aussi, par exemple, Gr&#233;goire Mavounia, &#171; Notes sur l'&#233;volution de la pens&#233;e de K. Nkrumah (Du &#8220;consciencisme&#8221; &#224; la &#8220;lutte des classes&#8221;) &#187; (Revue congolaise de droit, n&#176; 1, janvier-juin 1987, p. 49-65).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] K. Nkrumah, &#171; African Socialism revisited &#187; (1967), Paper read at the Africa Seminar held in Cairo at the invitation of the two organs At-Talia and Problems of Peace and Socialism, &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/subject/africa/nkrumah/1967/african-socialism-revisited.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/subject/africa/nkrumah/1967/african-socialism-revisited.htm&lt;/a&gt;, Adjei-Gyamfi Yaw, &#171; Afrocentricity : An Important Feature of the Pan African Tradition &#187;, This is Africa, october 2, 2018 ; &lt;a href=&#034;https://thisisafrica.me/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://thisisafrica.me/&lt;/a&gt;. Il est clair que l'afrocentriste n'a pas compris qu'il s'agit d'une critique par Nkrumah du f&#233;tichisme dudit communalisme africain. Il en est autant de son coll&#232;gue Kwame Botwe-Asamoah quand il affirme dans la pr&#233;face de son ouvrage sur Nkrumah (Kwame Nkrumah's Politico-Cultural Thought and Policies. An African-Centered Paradigm for the Second Phase of the African Revolution, London &amp; New York, Routledge, 2005) que &#171; his socio-political philosophy returns to traditional African ethics, humanistic values and egalitarian mode of production to formulate a new socio-economic system for post-independence Africa &#187;. Cf. aussi les pages 166-168 de la conclusion de l'ouvrage de Botwe-Asamoah qui ne se r&#233;f&#232;re aucunement &#224; ce qui est post&#233;rieur &#224; Le Consciencisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Adjei-Gyamfi Yaw, &#171; Afrocentricity : An Important Feature of the Pan African Tradition &#187;, This is Africa, october 2, 2018 ; &lt;a href=&#034;https://thisisafrica.me/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://thisisafrica.me/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Kwame Nkrumah's Politico-Cultural Thought and Policies. An African-Centered Paradigm for the Second Phase of the African Revolution, London &amp; New York, Routledge, 2005, p. x.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Un d&#233;tail sans doute : l'&#233;pouse de Nkrumah &#233;tait d'origine &#233;gyptienne, une Africaine s&#233;mite &#8220;blanche&#8221; ou &#8220;brune&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] K. Nkrumah, La lutte des classes en Afrique, Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1972 [Londres, Panaf Books Ltd, 1970, traduit de l'anglais par Marie-A&#239;da Bah Diop], p. 10. Pour les &#171; &#8220;socialismes africains&#8221;, en plus de l'ouvrage de Yves B&#233;not d&#233;j&#224; cit&#233; cf., par exemple, Sa&#239;d Bouamama, Figures de la r&#233;volution africaine. De Kenyatta &#224; Sankara, Paris, La D&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Pr&#233;sence Africaine, 2012/2, N&#176; 185-186, p. 61-76, &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-presence-africaine-2012-1-page-61.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-presence-africaine-2012-1-page-61.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] K. Nkrumah, &#171; The Myth of the Third World &#187;, Labour Monthly, october 1968, p. 462-465 ; &lt;a href=&#034;http://www.unz.org/Pub/LabourMonthly-1968oct-00462&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.unz.org/Pub/LabourMonthly-1968oct-00462&lt;/a&gt;. Id&#233;e reprise dans La lutte des classes en Afrique : &#171; Le monde en d&#233;veloppement n'est pas un bloc homog&#232;ne oppos&#233; &#224; l'imp&#233;rialisme. Le concept de &#8220;Tiers-Monde est illusoire. Car, pour une large part, il demeure sous domination imp&#233;rialiste &#187;, p. 102.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Hannah Arendt, &#171; Politique et r&#233;volution &#187; (1970), in H. Arendt, Du mensonge &#224; la violence. Essais de politique contemporaine, Paris, Calmann-L&#233;vy/Presses Pocket &#8220;Agora&#8221;, 1972 [1969-1972], (p. 209-241), p. 218.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Hannah Arendt, &#171; R&#233;flexions sur Little Rock &#187; (1959), in Hannah Arendt, Responsabilit&#233; et jugement, Paris, Payot, 2005, p. 217-236.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] En agronome, Cabral, r&#233;sidant alors au Portugal avait &#233;t&#233; en mission plusieurs fois en Angola, entre 1955 et 1958, o&#249; il avait, par ailleurs, particip&#233; &#224; l'organisation du mouvement angolais de lib&#233;ration nationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] A. Cabral, Unit&#233; et Lutte, op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Stanislas Adotevi, op. cit., p. 115.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] En plus du livre de Jean Copans, Les marabouts de l'arachide. La confr&#233;rie mouride et les paysans du S&#233;n&#233;gal (Paris, Le Sycomore, 1980), on peut consulter, par exemple, l'article de Mohamed Gu&#232;ye, &#171; Touba, une zone de non-droit au c&#339;ur de la R&#233;publique &#187;, D&#233;fis Sud, f&#233;vrier-mars 2015, p. 17-19) ; et plus port&#233;s sur le politique et le religieux : l'ouvrage de Christian Coulon, Le marabout et le prince (Islam et pouvoir au S&#233;n&#233;gal), Bordeaux, Institut d'&#233;tudes politiques/Centre d'&#233;tude d'Afrique noire, 1981, l'article de Sanou Mbaye, &#171; Les d&#233;rives d'un bic&#233;phalisme politico-religieux &#187;, Pambazuka, 17 avril 2009, &lt;a href=&#034;http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/55700&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pambazuka.org/fr/category/comment/55700&lt;/a&gt;), l'entretien vid&#233;o : &#171; Moussa S&#232;ne Absa [cin&#233;aste s&#233;n&#233;galais] accuse : &#8220;les politiciens et les marabouts ont pris ce pays en otage&#8221; &#187;, entretien vid&#233;o, du 4 f&#233;vrier 2020, &lt;a href=&#034;https://www.leral.net/Moussa-Sene-Absa-accuse-les-politiciens-et-les-marabouts-ont-pris-ce-pays-en-otage_a269736.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leral.net/Moussa-Sene-Absa-accuse-les-politiciens-et-les-marabouts-ont-pris-ce-pays-en-otage_a269736.html&lt;/a&gt; (la vid&#233;o est en ligne sur plusieurs sites s&#233;n&#233;galais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Extrait d'un propos de Cabral aux gu&#233;rilleros, au village de Mak&#233; en 1966, rapport&#233; par G&#233;rard Chaliand, Lutte arm&#233;e en Afrique, Paris, Fran&#231;ois Maspero, 1967, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] A. Cabral, &#171; Allocution prononc&#233;e &#224; l'occasion de la Journ&#233;e Kwame Nkrumah &#187; (&#224; l'occasion de ses obs&#232;ques), Pr&#233;sence Africaine, num&#233;ro d'hommage &#224; Nkrumah, 1972, p. 5-10. Kwame Botwe-Asamoah cite l'hommage de Cabral &#224; Nkrumah en ne mentionnant pas ce passage critique (p. 174).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Sur quoi s'est appuy&#233; le Rapport alternatif sur l'Afrique (RASA). Num&#233;ro z&#233;ro. Un rapport pour l'Afrique par l'Afrique, Dakar, juin 2018, &lt;a href=&#034;http://www.rasa-africa.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.rasa-africa.org&lt;/a&gt;) en affirmant que &#171; De 1960 &#224; 1970, les premiers intellectuels &#233;taient &#224; la fois r&#233;volutionnaires et panafricanistes &#187; (p. 56) ? Que peut bien signifier &#171; r&#233;volutionnaires &#187;, surtout quand la phrase suivante dit que &#171; Beaucoup &#233;taient dans l'ombre des premiers dirigeants comme conseillers &#187; ? Des intellectuels &#171; r&#233;volutionnaires &#187; ayant servi de conseillers aux dirigeants n&#233;ocoloniaux qu'&#233;taient presque tous les suppos&#233;s &#171; p&#232;res des ind&#233;pendances africaines &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Cf., par exemple, J. Nanga, &#171; Aper&#231;u sur l'actuelle classe dominante en Afrique &#187;, CADTM, 29 janvier 2018, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Apercu-sur-actuelle-classe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Apercu-sur-actuelle-classe&lt;/a&gt;. Pour Jacqueline Mugo (secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de Business Africa, une association patronale panafricaine, et directrice de la F&#233;d&#233;ration des employeurs du Kenya), par exemple, la flexibilit&#233; est le pr&#233;sent et l'avenir du march&#233; du travail (J. Mugo, &#171; En Afrique, l'entrepreneuriat est per&#231;u comme l'une des cl&#233;s de la croissance &#187;, Agyp.co, 12 f&#233;vrier 2017, &lt;a href=&#034;https://www.agyp.co/en-afrique-lentrepreneuriat-est-percu-comme-lune-des-cles-de-la-croissance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agyp.co/en-afrique-lentrepreneuriat-est-percu-comme-lune-des-cles-de-la-croissance/&lt;/a&gt;), ce qui est une assomption de la pr&#233;carit&#233;, de la pr&#233;carisation des emplois, des revenus des moyen&#183;ne&#183;s et petit&#183;e&#183;s salari&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Eduardo Galeano, Sens dessus dessous. L'&#233;cole du monde &#224; l'envers, Paris, Homnisph&#232;res, 2004 [Uruguay, Ediciones del Chancito, et autres &#233;ditions d'Argentine, de Colombie et du Mexique, 1998 ; traduit de l'espagnol (Uruguay) par Lydia ben Ytzhak], p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Quand dans le m&#234;me discours il d&#233;nonce &#8211; dans un passage rendu c&#233;l&#232;bre par sa mise en chanson/musique par Bob Marley &amp; The Wailers, sous le titre de &#171; War &#187; &#8211; l'existence dans &#171; certaines nations des citoyens de premi&#232;re classe et de seconde classe &#187;, ce n'est pas en pensant aux classes sociales, mais aux races, comme le dit aussi bien la phrase ant&#233;rieure sur les races &#8220;sup&#233;rieure&#8221; et &#8220;inf&#233;rieure&#8221; ainsi que celle post&#233;rieure faisant r&#233;f&#233;rence &#224; la couleur de la peau devant devenir aussi insignifiante que celle des yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Cf., par exemple, Walter Rodney, &#171; Panafricanisme et lutte des classes &#187; (1974-1975), P&#233;riode, &lt;a href=&#034;http://revueperiode.net/panafricanisme-et-lutte-des-classes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://revueperiode.net/panafricanisme-et-lutte-des-classes/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] A. Cabral, &#171; Fondements et objectifs de la lib&#233;ration nationale et structure sociale &#187;, p. 168-169.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Par exemple, en Angleterre encore monarchique (avec sa minorit&#233; de nobles et l'&#233;crasante majorit&#233; de roturier&#183;e&#183;s) dans le personnel enseignant des universit&#233;s, c'est-&#224;-dire dans l'&#233;lite intellectuelle, &#171; L'&#233;cart de salaire entre les Blancs et les minorit&#233;s ethniques est de 9%, mais il s'&#233;l&#232;ve &#224; 14 % pour les seuls Noirs. Ces minorit&#233;s sont exclues des postes les plus prestigieux &#187;, Aris Martinelli, &#171; Une gr&#232;ve &#224; l'Universit&#233; dans l'Angleterre r&#233;actionnaire &#187;, Contretemps, 19 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Cf., par exemple, RASA, op. cit., p. 35 et p. 38 o&#249; la fa&#231;on de mentionner le racisme anti-Noir&#183;e&#183;s en Afrique du Nord &#8211; ind&#233;niablement existant, inacceptable et, heureusement, combattu sur place &#8211; donne l'impression que n'est pas incluse dans le RASA cette partie de l'Afrique, o&#249; certes la consid&#233;ration d'&#234;tre Africain&#183;e ne semble pas si &#233;tablie, au sein des populations majoritairement non noires (cf., par exemple, St&#233;phanie Pouessel (dir.), Noirs au Maghreb. Enjeux identitaires, Tunis/Paris, Institut de recherche sur le Maghreb contemporain/Karthala, 2012), du fait de la r&#233;duction de l'africanit&#233; &#224; la n&#233;gro-africanit&#233; &#224; l'&#233;gard de laquelle persistent des pr&#233;jug&#233;s, du racisme h&#233;rit&#233; aussi bien du pass&#233; de traite transsaharienne que de l'image dominante de la n&#233;grit&#233; diffus&#233;e dans le monde par les cultures racistes blanches d'Europe et des Am&#233;riques. En m&#234;me temps, il existe dans des soci&#233;t&#233;s ouest-africaines, une discrimination &#224; l'&#233;gard de la partie touar&#232;gue (non noire) de la population, rendue visible en ce XXIe si&#232;cle par quelque &#233;ni&#232;me r&#233;bellion arm&#233;e. Ainsi, l'id&#233;e de l'Afrique que v&#233;hicule ce rapport, malgr&#233; la contribution de quelques Africain&#183;e&#183;s non noir&#183;e&#183;s, est racialiste, un h&#233;ritage du colonialisme avec lequel on pr&#233;tend pourtant vouloir rompre &#233;pist&#233;miquement. Ainsi : qu'est-ce que l'Afrique, qui est Africain&#183;e en ce XXIe si&#232;cle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Aim&#233; C&#233;saire &#224; Lilyan Kesteloot, cit&#233; par Ren&#233; Depestre, Bonjour et adieu &#224; la n&#233;gritude suivi de Travaux d'identit&#233;, Paris, Robert Laffont, 1980, p. 144-145. La pr&#233;cision apport&#233;e par C&#233;saire (en 1972-1973) s'oppose &#224; la conception de Senghor ayant &#233;rig&#233; la n&#233;gritude en id&#233;ologie (le &#8220;socialisme africain&#8221; &#233;tant une &#233;manation des valeurs du &#8220;monde noir&#8221;). L'&#233;motion n&#232;gre de Senghor rel&#232;ve aussi du &#171; gobinisme renvers&#233; &#187;, car pour Gobineau &#171; Que l'immense sup&#233;riorit&#233; des blancs dans le domaine entier de l'intelligence, s'associe &#224; une inf&#233;riorit&#233; non moins marqu&#233;e dans l'intensit&#233; des sensations. Le blanc est beaucoup moins dou&#233; que le noir et que le jaune sous le rapport sensuel &#187; (Essai sur l'in&#233;galit&#233; des races, page 197 de l'&#233;dition &#233;lectronique dans la collection &#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221; sur le site de l'Universit&#233; du Qu&#233;bec &#224; Chicoutimi : &lt;a href=&#034;http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.uqac.ca/Classiques_des_sciences_sociales&lt;/a&gt;. Quant aux &#171; trois gouttes de sang noir &#187;, c'est le titre d'un ouvrage d'Elie Faure (Les trois gouttes de sang, Paris, Edgar Malf&#232;re, &#233;diteur, 1929, p. 113-114), historien de l'art &#8211; auquel Senghor s'est souvent r&#233;f&#233;r&#233; &#8211; d&#233;fenseur d'un g&#233;nie rythmique du Noir, en transfigurant, positivement, l'id&#233;e de Gobineau. Il s'agit, chez C&#233;saire, d'une critique de l'appropriation invers&#233;e du principe raciste &#233;tats-unien du &#8220;one-drop rule&#8221;, la goutte de sang &#8220;non blanc&#8221; qui suffisait pour exclure les m&#233;tis&#183;ses de la race blanche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] RASA, p. 103. Cf. aussi p. 48 o&#249; est cit&#233; Abdoulaye Wade, alors pr&#233;sident du S&#233;n&#233;gal (&#171; il faut raviver la fiert&#233; africaine &#187;), qui est rest&#233; assez fid&#232;le &#224; cet &#171; ent&#234;tement &#187; (&#171; L'ent&#234;tement est la libert&#233; qui se fixe en une singularit&#233; et se tient &#224; l'int&#233;rieur de la servitude &#187;, selon Hegel, Ph&#233;nom&#233;nologie de l'Esprit 1, 1807, Paris, Gallimard, 1993 [traduction de l'allemand et notes par Gwendoline Jarczyk et Pierre-Jean Labarri&#232;re], p. 204 ; il s'agit ici de la servitude organis&#233;e par et pour le Capital dont la dynamique a produit, entre autres : 1&#176;) la conqu&#234;te des &#8220;Am&#233;riques&#8221;, le massacre des autochtones/ &#8220;Indien&#183;ne&#183;s&#8221; et l'importation esclavagiste des Noir&#183;e&#183;s ; 2&#176;) la colonisation de l'Afrique), depuis la critique du f&#233;d&#233;ralisme colonial, sans revendication de l'ind&#233;pendance (A. Wade, &#171; Imposture du f&#233;d&#233;ralisme &#187;, Pr&#233;sence Africaine, n&#176; 5, d&#233;cembre 1955-janvier 1956, p. 101-105), jusqu'&#224; la co-conception du NEPAD (Nouveau partenariat pour le d&#233;veloppement de l'Afrique) que l'altermondialiste nig&#233;rien Moussa Tchangari a, de fa&#231;on tr&#232;s pertinente, d&#233;nomm&#233; le &#171; boubou africain du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique : Les ind&#233;pendances n&#233;ocoloniales de 1960 : Soixante ans apr&#232;s</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/AFRIQUE-Les-independances-neocoloniales-de-1960-Soixante-ans-apres</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/AFRIQUE-Les-independances-neocoloniales-de-1960-Soixante-ans-apres</guid>
		<dc:date>2021-01-19T12:19:58Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-01-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En 1960, 17 territoires coloniaux d'Afrique centrale (Cameroun &#8211; sous tutelle de l'ONU, administr&#233; par la France &#8211;, Centrafrique, Congo, Congo belge, Gabon, Tchad), occidentale (C&#244;te d'Ivoire, Dahomey/B&#233;nin, Haute-Volta/Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Nigeria, Soudan fran&#231;ais/Mali, S&#233;n&#233;gal, Togo sous tutelle de l'ONU, administr&#233; par la France), australe (Madagascar) et orientale (Somalie) sont proclam&#233;s &#201;tats ind&#233;pendants. Ainsi, l'ann&#233;e 2020 est celle de leur soixantenaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; par (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-01-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-01-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH146/arton46285-32db3.jpg?1678984477' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='146' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1960, 17 territoires coloniaux d'Afrique centrale (Cameroun &#8211; sous tutelle de l'ONU, administr&#233; par la France &#8211;, Centrafrique, Congo, Congo belge, Gabon, Tchad), occidentale (C&#244;te d'Ivoire, Dahomey/B&#233;nin, Haute-Volta/Burkina Faso, Mauritanie, Niger, Nigeria, Soudan fran&#231;ais/Mali, S&#233;n&#233;gal, Togo sous tutelle de l'ONU, administr&#233; par la France), australe (Madagascar) et orientale (Somalie) sont proclam&#233;s &#201;tats ind&#233;pendants. Ainsi, l'ann&#233;e 2020 est celle de leur soixantenaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Inprecor no 679-680, novembre-d&#233;cembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, presque partout, le nouveau coronavirus et sa pand&#233;mie en ont g&#234;n&#233; la c&#233;l&#233;bration, pr&#233;vue sans doute fastueuse. Par ailleurs, cette pand&#233;mie peut aussi &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une opportunit&#233; saisie par nombre de ces &#201;tats &#8211; dont la mauvaise sant&#233; &#233;conomique (endettement public critique, par exemple), donc sociale, n'avait pas attendu ce virus &#8211; pour ne pas proc&#233;der &#224; quelque dernier bilan de ladite ind&#233;pendance. Car, au seuil de son troisi&#232;me &#226;ge, celle-ci est encore loin d'&#234;tre un d&#233;racinement de la colonisation, une d&#233;colonisation achev&#233;e. Par les modalit&#233;s &#8211; r&#233;elles, non celles des r&#233;cits officiels et para-officiels sur l'anticolonialisme &#8211; d'acc&#232;s &#224; l'ind&#233;pendance, il s'est g&#233;n&#233;ralement plus agi d'une m&#233;tamorphose du colonialisme en n&#233;ocolonialisme, peut-il encore &#234;tre rappel&#233;. Celui-ci, advenu dans le contexte international de domination du keyn&#233;sianisme post-Seconde Guerre mondiale, est, depuis quatre d&#233;cennies, adapt&#233; &#224; la forme n&#233;olib&#233;rale de la domination du capital &#8211; la vie de celui-ci &#233;tant le moteur de la vague colonialiste du XIXe si&#232;cle &#8211; impos&#233;e &#224; ces &#201;tats, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De la &#171; d&#233;colonisation &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appr&#233;cier la d&#233;colonisation ou l'ind&#233;pendance acquise par ces &#201;tats africains (en rejoignant alors dix autres, Afrique du Sud incluse) exige de rappeler ce qu'est la colonisation : appropriation d'un territoire, par la force des armes ou par quelque trait&#233; frauduleux, en s'attribuant subs&#233;quemment la souverainet&#233; sur les peuples autochtones par l'imposition de nouvelles institutions et/ou par le r&#233;am&#233;nagement subalternisant des institutions autochtones. Mais surtout en transformant les territoires conquis en espaces d'activit&#233;s &#233;conomiques au profit principalement de la puissance conqu&#233;rante (europ&#233;enne, en l'occurrence), de ses ressortissants install&#233;s, surtout en cas de colonie de peuplement. Ainsi, du XIXe si&#232;cle au d&#233;but du XXe si&#232;cle, il s'est agi de soumettre les territoires africains conquis &#224; la logique du capital (ce qui ne signifie pas les faire ressembler aux m&#233;tropoles coloniales), en fonction de leurs ressources (comme l'indiquent certaines d&#233;nominations, h&#233;rit&#233;es de l'&#233;poque mercantiliste, &#224; l'instar de la C&#244;te d'Ivoire). Ce qui en faisait des extensions de l'&#233;conomie m&#233;tropolitaine. M&#234;me des territoires consid&#233;r&#233;s comme d&#233;pourvus de richesses naturelles l'ont &#233;t&#233;, car &#233;tant int&#233;ressants g&#233;ostrat&#233;giquement. Cette domination s'&#233;tant, par ailleurs, par mixture de &#171; christianisme constantinien &#187; (1) et d'id&#233;ologie des Lumi&#232;res, targu&#233;e d'&#234;tre une mission civilisatrice, un fardeau pour les puissances coloniales suppos&#233;es vou&#233;es au progr&#232;s de ces colonis&#233;&#183;e&#183;s, &#224; la commune humanit&#233;, malgr&#233; tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, d&#233;coloniser signifierait, logiquement, non seulement acc&#233;der &#224; la souverainet&#233; &#233;tatique internationale, mais aussi, pour les ex-colonis&#233;&#183;e&#183;s, entreprendre la rupture avec le principe, &#233;conomique plus que racial (il est d&#233;montr&#233; avec assez de pertinence que le racisme moderne a &#233;t&#233; construit pour/pendant l'esclavage des Noirs aux Am&#233;riques &#8211; du d&#233;ni chr&#233;tien de l'&#226;me aux Noir&#183;e&#183;s au mitan du XVIe si&#232;cle aux divagations &#171; scientifiques &#187; du XIXe si&#232;cle &#8211; puis pour la colonisation, sans que cela implique une identification m&#233;canique de l'anticapitalisme et de l'antiracisme) ayant motiv&#233;, anim&#233;, structur&#233; les rapports sociaux coloniaux hi&#233;rarchiques (subalternisant les autochtones en g&#233;n&#233;ral, les couches sociales populaires en particulier ; une minorit&#233; d'autochtones/indig&#232;nes &#233;tant int&#233;gr&#233;e, participant aux rouages de la domination et de l'exploitation coloniales, relativement au mode direct ou indirect de gouvernement colonial) et les m&#233;canismes de leur reproduction, de la domination &#233;conomico-politique ou globale. Ce qui n'est pas souvent le sens conf&#233;r&#233; &#224; la d&#233;colonisation, comme une expression s&#233;mantique de la colonialit&#233;. L'accent &#233;tant port&#233; essentiellement sur la suppos&#233;e souverainet&#233; politique sur des territoires configur&#233;s par les puissances coloniales. Accompagn&#233;e d'une certaine dimension culturelle, tr&#232;s marqu&#233;e par l'ethnologie coloniale et plus appel&#233;e &#224; &#234;tre instrumentalis&#233;e par les nouvelles minorit&#233;s dirigeantes &#8211; apr&#232;s l'avoir &#233;t&#233; par les chefferies traditionnelles et des intellectuels pendant le colonialisme direct &#8211; qu'&#224; contribuer &#224; une v&#233;ritable d&#233;colonisation. Les gestionnaires de ces nouveaux &#201;tats ind&#233;pendants concevant ainsi la d&#233;colonisation dans l'oubli, ou plut&#244;t une certaine assomption de la dimension capitale qu'est l'&#233;conomique h&#233;rit&#233; du colonialisme et l'ayant motiv&#233;. Ce qui n'est pas surprenant eu &#233;gard aux modalit&#233;s d'acc&#232;s de ces territoires &#224; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#171; ind&#233;pendances &#187; de l'ann&#233;e 1960&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est assez notoire que dans les territoires fran&#231;ais d'Afrique &#233;quatoriale/centrale (AEF), d'Afrique occidentale (AOF) et de Madagascar, les futurs &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187; et leurs organisations politiques, exception faite du Guin&#233;en S&#233;kou Tour&#233; et la section locale du Rassemblement d&#233;mocratique africain (RDA) en 1958, n'entendaient pas sortir de la dynamique initi&#233;e avec l'Union fran&#231;aise (1946) qui conduisit certains au Parlement fran&#231;ais, voire plus tard au gouvernement fran&#231;ais, suivie de la loi-cadre de 1956, dite Defferre, ayant instaur&#233; les conseils de gouvernement territoriaux, puis de la Communaut&#233; (1958) instituant des &#201;tats/R&#233;publiques autonomes et rattach&#233;es &#224; la France. Cette assimilation &#224; la France &#8211; vot&#233;e r&#233;f&#233;rendairement, g&#233;n&#233;ralement &#224; plus de 90 %, en 1958 &#8211; une sorte de colonialisme participatif, &#233;tait g&#233;n&#233;ralement pr&#233;f&#233;r&#233;e par les futurs &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187; &#224; quelque perspective d'ind&#233;pendance. M&#234;me la F&#233;d&#233;ration du Mali, initi&#233;e en janvier 1959 par le S&#233;n&#233;gal, le Soudan fran&#231;ais (abandonn&#233;s au dernier moment par le Dahomey &#8211; actuel B&#233;nin &#8211; et la Haute-Volta &#8211; actuel Burkina Faso &#8211; attir&#233;s par l'Ivoirien F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny dans son Conseil de l'Entente), n'entendait pas couper le cordon ombilical &#233;conomique, militaire et politique avec la France, envisageait demeurer dans la Communaut&#233; (L&#233;opold S&#233;dar Senghor, pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e F&#233;d&#233;rale du Mali, jusqu'&#224; l'&#233;clatement de la F&#233;d&#233;ration en ao&#251;t 1960, puis pr&#233;sident du S&#233;n&#233;gal &#224; partir de septembre 1960, va &#8211; les pr&#233;sidents ivoirien F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny et malgache Philipert Tsiranana aussi &#8211; demeurer ministre conseiller de la r&#233;publique fran&#231;aise jusqu'en mai 1961, sous le Premier ministre Michel Debr&#233;) (2). Ainsi, c'est ind&#233;pendamment de la profonde volont&#233; de leurs dirigeants (3), par une conjonction de la pression de certaines couches sociales (&#233;tudiants et fonctionnaires syndiqu&#233;s), aussi influenc&#233;es par les ind&#233;pendances ghan&#233;enne (1957) et guin&#233;enne (1958), et d'un tardif r&#233;alisme &#8220;d&#233;colonisateur&#8221; m&#233;tropolitain, que ces &#201;tats sont devenus &#8220;ind&#233;pendants&#8221; et leurs dirigeants des p&#232;res co-fondateurs de ces &#201;tats n&#233;o-coloniaux (4). Une ind&#233;pendance n&#233;ocoloniale soutenue par des accords de d&#233;pendance dits de coop&#233;ration (&#233;conomique, mon&#233;taire, militaire, etc.). Le pr&#233;sident ghan&#233;en Kwame Nkrumah, analyste du n&#233;ocolonialisme, parlait &#224; leur propos d'&#171; &#201;tats semi-ind&#233;pendants &#187; ou &#171; apparemment ind&#233;pendants &#187; (5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'ind&#233;pendance anglophone de cette ann&#233;e-l&#224;, celle du Nigeria, elle est proclam&#233;e mais, comme au Ghana (1957-1960), le nouvel &#201;tat, membre du Commonwealth, conserve comme cheffe, de 1960 &#224; 1963, la Reine d'Angleterre (Elizabeth II, qui est toujours sur le tr&#244;ne !). La Constitution du nouvel &#201;tat ind&#233;pendant ayant &#233;t&#233; soumise &#224; une validation &#8211; voire pire &#8211; par le Colonial Office. Ainsi, il n'y a pas chez Nnamdi Azikiwe (ancien mentor du panafricanisme de Nkrumah et virulent anticolonialiste pendant longtemps, assez proche du fabianisme), Gouverneur g&#233;n&#233;ral et Commandant en chef de la F&#233;d&#233;ration du Nigeria (1960-1963) &#8211; y repr&#233;sentant ainsi la Reine, avant d'en devenir le pr&#233;sident en 1963 &#8211;, tout comme chez le Premier ministre du nouvel &#201;tat ind&#233;pendant, Abubakar Tafawa Balewa, quelque projet de rupture avec une &#233;conomie capitaliste dans laquelle s'est d&#233;j&#224; confortablement install&#233;e une partie de l'&#233;lite colonis&#233;e nig&#233;riane. Le Colonial Office aussi avait su contribuer &#224; ce positionnement, en ce temps-l&#224; de la guerre dite froide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Congo belge, rien chez le pr&#233;sident Joseph Kasavubu, par exemple dans son discours du jour de l'ind&#233;pendance (30 juin), n'indiquait le projet d'une rupture avec l'&#233;conomie capitaliste construite localement par la colonisation. Certes son concurrent, le Premier ministre Patrice &#201;mery Lumumba, avait, par son Mouvement national congolais, exprim&#233; la volont&#233; de r&#233;viser le monopole foncier d&#233;tenu par le colonat belge, les compagnies &#224; charte belges. Et dans son fameux discours du 30 juin, il avait envisag&#233; qu'&lt;i&gt;&#171; Ensemble, mes fr&#232;res et s&#339;urs (&#8230;) Nous allons &#233;tablir ensemble la justice sociale et assurer que chacun re&#231;oive la juste r&#233;mun&#233;ration de son travail &#187;&lt;/i&gt;. Mais l'imp&#233;rialisme et ses alli&#233;s autochtones, en commettant le premier assassinat politique post&#233;rieur &#224; cette ind&#233;pendance massive, ne lui ont pas laiss&#233; le temps d'&#233;laborer, de pr&#233;ciser s'il fallait ou non rompre avec le capitalisme (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au premier pr&#233;sident de la Somalie ind&#233;pendante, Abdallah Aden Osman Daar, et son gouvernement, ils ne consid&#233;raient pas, g&#233;n&#233;ralement, comme incompatibles l'ind&#233;pendance proclam&#233;e et la domination de l'&#233;conomie somalienne par le capital italien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Continuit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le capitalisme, les nouveaux &#201;tats ont g&#233;n&#233;ralement conserv&#233; aussi des pratiques des administrations coloniales pendant la p&#233;riode, dite a posteriori, de transition ou d'&#233;ducation au n&#233;ocolonialisme, amorc&#233;e, sauf au Congo belge (7), au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. &#192; l'instar de la fraude &#233;lectorale que l'on nomme concernant l'empire fran&#231;ais les &#171; proc&#233;d&#233;s &#8220;alg&#233;riens&#8221; &#187; (8), les &#171; &#233;lections &#224; l'alg&#233;rienne &#187; (9), en r&#233;f&#233;rence au premier territoire o&#249; l'administration coloniale fran&#231;aise l'a pratiqu&#233;e de fa&#231;on &#233;vidente. Dans ses m&#233;moires, le prix Nobel de litt&#233;rature (1986), le nig&#233;rian Wole Soyinka, a rappel&#233; que &#171; ce furent les Britanniques qui apprirent aux Nig&#233;rians l'art de truquer les &#233;lections &#187; (10). Par ailleurs, l'&#233;volution du &#171; gouvernement indirect &#187; britannique et la r&#233;forme du colonialisme fran&#231;aise en colonialisme participatif (loi-cadre de 1956 instaurant les conseils de gouvernement territoriaux dirig&#233;s par des autochtones &#233;lus ; la Communaut&#233; de 1958 ayant donn&#233; naissance &#224; des &#201;tats/R&#233;publiques autonomes) consistaient aussi en la d&#233;l&#233;gation du pouvoir r&#233;pressif aux gouvernants autochtones. Par exemple, ce conseil d'un bureaucrate colonial &#224; d'autres administrateurs coloniaux fran&#231;ais : &lt;i&gt;&#171; &#192; mon avis, &#224; la prochaine &#233;tape, la police sera &#224; peu pr&#232;s enti&#232;rement entre les mains des conseils de gouvernement (&#8230;) Vous allez avoir &#224; r&#233;primer un certain nombre de manifestations, par exemple : qu'est-ce qui va se passer si c'est vous qui faites r&#233;primer ? Vous savez tr&#232;s bien que vous allez avoir des difficult&#233;s. Si c'est le conseil de gouvernement qui prend la responsabilit&#233; d'interdire ou r&#233;primer certaines manifestations, s'il le fait faire par un personnel territorial, c'est-&#224;-dire un personnel sous ses ordres, l'op&#233;ration n'a pas du tout le m&#234;me caract&#232;re &#187;&lt;/i&gt; (11). Quant &#224; la corruption, celle du syst&#232;me juridique &#233;tait l'un des griefs formul&#233;s &#224; l'&#233;gard de l'administration coloniale britannique, par exemple, par le mouvement des femmes nig&#233;rianes dans l'apr&#232;s Seconde Guerre mondiale. Ces diff&#233;rentes pratiques &#8211; la corruption ne se limitant pas au syst&#232;me juridique &#8211; sont, au fil du temps, devenues excessives dans la plupart de ces pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'ind&#233;pendance est g&#233;n&#233;ralement n&#233;ocoloniale. Le n&#233;ocolonialisme, c'est ici l'ind&#233;pendance politique, l'existence d'&#201;tats reconnus internationalement comme souverains, mais demeurant assez d&#233;pendants des m&#233;tropoles coloniales en particulier, de l'imp&#233;rialisme en g&#233;n&#233;ral &#8211; avec la possibilit&#233; d'une certaine diversit&#233; des dominants, conform&#233;ment ou non &#224; la hi&#233;rarchie intra-imp&#233;rialiste (12) &#8211; &#224; travers des m&#233;canismes &#233;prouv&#233;s, surtout &#233;conomiques mais aussi culturels. M&#233;canismes qui profitent aussi aux couches dirigeantes autochtones, g&#233;n&#233;ralement alli&#233;es objectives du capital imp&#233;rialiste, avec toutefois la possibilit&#233; de frictions internes, comme celle ayant conduit &#224; l'assassinat du premier pr&#233;sident du Togo, Sylvanus Olympio (assassin&#233; en 1963), pro-capitaliste (ex-directeur local de la transnationale britannico-hollandaise Unilever) dont l'un des griefs &#233;tait d'avoir voulu s'&#233;manciper de la France, au profit du capital dit anglo-saxon, projet de sortie de l'ancien franc des colonies fran&#231;aises d'Afrique (au sigle FCFA conserv&#233;, malgr&#233; le changement), inclus. Comme disait, en 1960, le Premier ministre fran&#231;ais, Michel Debr&#233;, &#224; son pr&#233;sident (Charles de Gaulle), Olympio voulait &#171; garder les mains libres &#187; (13). Ce qui n'&#233;tait pas, donc, le cas des autres chefs d'&#201;tats dits ind&#233;pendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Soixante ans apr&#232;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En cette ann&#233;e 2020, la situation n'a pas fondamentalement chang&#233; : la n&#233;ocolonialit&#233; des dites ind&#233;pendances persiste, m&#234;me si la situation n'est plus absolument identique &#224; celle des ann&#233;es 1960 (14). Il y a eu des r&#233;am&#233;nagements, des restructurations de la domination, en fonction de nouveaux rapports de forces induits par la n&#233;olib&#233;ralisation de la mondialisation depuis les ann&#233;es 1980, l'effondrement du &#171; bloc communiste &#187; de la guerre froide, l'&#233;mergence de nouvelles puissances capitalistes en ce nouveau si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re militaire, les arm&#233;es coloniales, y compris la fran&#231;aise, ont quitt&#233; certains &#201;tats ind&#233;pendants dans les ann&#233;es 1960. N&#233;anmoins, la France conserve des bases militaires en C&#244;te d'Ivoire, au Gabon et au S&#233;n&#233;gal. Le B&#233;nin, le Cameroun et le Togo font partie du champ de la mission navale fran&#231;aise Corymbe dans le golfe de Guin&#233;e, pour la protection des tankers. Avec, dans le cadre de la &#171; lutte contre le terrorisme &#187; islamiste, l'Op&#233;ration Barkhane qui est d&#233;ploy&#233;e, depuis 2014, au Burkina Faso, au Mali, en Mauritanie, au Niger, au Tchad. Sans oublier la Centrafrique o&#249; elle a, entre autres, assez vite mis un terme aux ambitions militaires, &#233;conomiquement motiv&#233;es, sud-africaines (2013). Par ailleurs, d'autres forces militaires &#233;trang&#232;res sont, plus que jamais auparavant, pr&#233;sentes en Afrique, dont les pays ind&#233;pendants de 1960. Ainsi, en 2007-2008, les &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, imp&#233;rialiste en chef, ont cr&#233;&#233; un commandement militaire pour l'Afrique (Africom), dont le quartier g&#233;n&#233;ral n'a pu &#234;tre install&#233; en Afrique (il l'est &#224; Stuttgart, en Allemagne), par opposition assez d&#233;termin&#233;e, en ces ann&#233;es-l&#224;, de l'Union africaine (UA). N&#233;anmoins, l'arm&#233;e &#233;tatsunienne est actuellement beaucoup plus pr&#233;sente que jamais en Afrique, dans une grande majorit&#233; de pays, dont des ind&#233;pendants de 1960 (Cameroun, Burkina Faso, Gabon, Niger, Centrafrique, S&#233;n&#233;gal, Somalie, Tchad). D'autres arm&#233;es europ&#233;ennes (Allemagne, Belgique, Italie, Russie) sont aussi pr&#233;sentes au Mali, au Niger, en Centrafrique (15). La Force africaine en attente (FAA) envisag&#233;e par l'UA comme devant permettre la r&#233;duction de la pr&#233;sence militaire &#233;trang&#232;re en Afrique est quasi inexistante. Quant &#224; la force militaire du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad), elle peut &#234;tre plus consid&#233;r&#233;e comme suppl&#233;tive de l'arm&#233;e fran&#231;aise (Barkhane). En fait, derri&#232;re ce d&#233;ploiement militaire non africain au nom de la &#171; lutte contre le terrorisme &#187; islamiste (au d&#233;veloppement duquel certains de ces &#171; partenaires &#187; extra-africains ne peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme &#233;trangers) &#8211; pouvant &#234;tre accompagn&#233;e d'&#171; aide au d&#233;veloppement &#187; &#8211;, il y a aussi bien la publicit&#233; des instruments de la mort, ces marchandises on&#233;reuses produites dans ces &#201;tats dits d&#233;velopp&#233;s, que l'int&#233;r&#234;t pour les mati&#232;res premi&#232;res strat&#233;giques : de l'uranium nig&#233;rien, centrafricain &#8211; pour la France et consorts, inquiets de l'int&#233;ressement manifeste chinois pour les ressources de ces pays &#8211; au p&#233;trole somalien, encore inexploit&#233;, pour les &#201;tats-Unis (ayant motiv&#233; l'intervention militaire de 1993, Restore Hope, ayant mal tourn&#233;). Comme une mise en d&#233;pendance s&#233;curitaire dont ne sont pas dupes, par exemple, les manifestants nig&#233;riens demandant le d&#233;part des militaires fran&#231;ais, &#233;tatsuniens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re mon&#233;taire, les anciens territoires de l'AEF et de l'AOF ayant opt&#233; pour la Communaut&#233; en 1958 demeurent attach&#233;s au principal survivant de la zone franc, le franc CFA (16) &#8211; la d&#233;monstration de sa nature n&#233;ocolonialiste (profitable au capital fran&#231;ais et &#224; son &#201;tat ainsi qu'aux classes dirigeantes des &#201;tats africains concern&#233;s) est largement revitalis&#233;e ces derni&#232;res ann&#233;es &#8211;, en fait, &#224; l'euro, monnaie de l'Union europ&#233;enne. C'est ainsi, par exemple, qu'&#224; la dynamique de cr&#233;ation d'une monnaie de la Communaut&#233; &#233;conomique des &#201;tats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'ECO, a &#233;t&#233; substitu&#233; (fin d&#233;cembre 2019-mai 2020), sous l'initiative des chefs d'&#201;tat fran&#231;ais Emmanuel Macron et ivoirien Alassane Ouattara, le lancement d'un ECO rempla&#231;ant le FCFA de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire ouest-africaine (UEMOA dont les &#201;tats sont aussi membres de la CEDEAO, un regroupement plus large) (17). Dans une zone mon&#233;taire CEDEAO, p&#232;serait particuli&#232;rement le Nigeria, premi&#232;re &#233;conomie non seulement de la sous-r&#233;gion (70 % du PIB de la CEDEAO, et 5 &#224; 6 fois le PIB de l'UEMOA, dont le PIB ivoirien repr&#233;sente d'habitude pr&#232;s du tiers), mais de toute la r&#233;gion Afrique. Le Nigeria &#8211; premier fournisseur actuel de la C&#244;te d'Ivoire, devant la France, imbu de sa supr&#233;matie &#233;conomique, tr&#232;s jaloux de sa souverainet&#233; mon&#233;taire nationale et peu dispos&#233; &#224; se soumettre &#224; la discipline qui r&#233;sulterait d'une monnaie communautaire &#8211; fait partie des 2/3 des membres de la CEDEAO ne r&#233;unissant pas les crit&#232;res dits de convergence (taux de d&#233;ficit, d'inflation, de dette publique). Ainsi le lancement de l'eco-CEDEAO a &#233;t&#233;, en septembre 2020, renvoy&#233; sine die. Quant aux &#201;tats de l'autre sous-zone du FCFA, la Communaut&#233; &#233;conomique et mon&#233;taire de l'Afrique centrale (18) (CEMAC, dont les dirigeants, aussi d&#233;pourvus que leurs pairs de la moindre qualit&#233; positive, paraissent en comp&#233;tition permanente pour la palme de la pr&#233;varication en Afrique, voire au-del&#224;), on ne pouvait en attendre quelque audace ou projet intelligent d'ind&#233;pendance. La laisse fran&#231;aise demeure pr&#233;f&#233;rable &#224; l'ind&#233;pendance : la CEMAC serait dispos&#233;e &#224; se mettre dans les pas du FCFA-ECO, mais, &#224; la diff&#233;rence de l'UEMOA, sans remise en question de la domicilation du compte d'op&#233;rations (leurs r&#233;serves de change) au Tr&#233;sor public fran&#231;ais. Soit pour ce qu'il est cens&#233; rapporter, soit par crainte, par les technocrates connaissant la kleptomanie de leurs employeurs, qu'une fois rapatri&#233;es, ces r&#233;serves de change en soient victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alignement derri&#232;re le Capital international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le n&#233;ocolonialisme aujourd'hui, c'est aussi l'alignement derri&#232;re le Capital international n&#233;olib&#233;ralis&#233;, dont la hi&#233;rarchie est en restructuration, suite par exemple &#224; la constitution de l'Union europ&#233;enne (UE, 1992). Les liens des &#201;tats ind&#233;pendants de 1960 (&#201;I 1960 dans la suite), avec celle-ci (&#224; l'origine Commission &#233;conomique europ&#233;enne) datent d'ailleurs de la premi&#232;re Convention de Yaound&#233; (1963) aujourd'hui Accord de Cotonou, &#233;tendu aux Cara&#239;bes et au Pacifique (ACP/UE), en voie d'expiration (d&#233;cembre 2020) et cens&#233; c&#233;der la place &#224; un autre accord, en cours de n&#233;gociation. Sans qu'ait abouti l'Accord de partenariat &#233;conomique (APE), en n&#233;gociation depuis 2002 dans le cadre dudit Accord de Cotonou, confront&#233; aux r&#233;ticences de nombreux &#171; partenaires &#187; non europ&#233;ens, dont la majorit&#233; des &#201;I 1960, craignant d'&#234;tre davantage d&#233;savantag&#233;s. &#192; Madagascar (80 % de la production mondiale de vanille) ayant l'Union europ&#233;enne pour principal march&#233; d'exportation de ses produits (plus de 40 %), l'APE est appliqu&#233; &#224; partir de 2012. Le Cameroun (exportateur de cacao, banane, etc. vers l'UE) et la C&#244;te d'Ivoire (assez d&#233;pendante de l'exportation du cacao, dont elle est la premi&#232;re productrice mondiale, de la banane, du thon, du bois), prisonniers, comme bien d'autres, de la sp&#233;cialisation agricole coloniale et peu soucieux d'une solidarit&#233;/int&#233;gration sous-r&#233;gionale, ont choisi chacun l'activation dudit accord, se d&#233;solidarisant ainsi des autres membres respectivement de la CEMAC et de la CEDEAO. Ayant &#233;t&#233; plus guid&#233;s par les int&#233;r&#234;ts des exportateurs de ces produits, g&#233;n&#233;ralement des firmes transnationales. Avec, entre autres cons&#233;quences pr&#233;vues, une baisse des recettes douani&#232;res. &#192; Madagascar, elle &#233;tait pr&#233;vue &#224; 10 % &#224; partir de 2015. Pour la C&#244;te d'Ivoire, &lt;i&gt;&#171; les pertes cumul&#233;es de recettes douani&#232;res (droits de douane + TVA) sur les importations venant de l'UE28-RU [UE &#224; 28 avec le Royaume-Uni] passeront de 65,1 millions d'euros (M&#8364;) de T5 (19) (3 septembre 2021) &#224; 898 M&#8364; en T10 (2026), 2,5 milliards d'euros (Md&#8364;) en T15 (2031), 4,4 Md&#8364; en T20 (2036) et 11Md&#8364; en T35 (2051) &#187; &lt;/i&gt; (20). Cette &#171; absurdit&#233; &#187;, profitable &#224; une minorit&#233; capitaliste aux d&#233;pens du Tr&#233;sor public donc de certaines d&#233;penses sociales, s'applique aussi au Cameroun, car &lt;i&gt;&#171; le Cameroun n'aurait jamais d&#251; signer cet APE parce que plusieurs &#233;tudes men&#233;es entre 2005 et 2013 tant par le minist&#232;re de l'&#201;conomie que celui des Finances, avaient indiqu&#233; que le pays allait &#234;tre perdant sur tous les plans dans ce partenariat (&#8230;). [&lt;/i&gt;Selon] l'&#233;tude du minist&#232;re camerounais des Finances men&#233;e en 2008 (&#8230;) les pertes de recettes se situeraient &#224; 168,2 milliards de Fcfa en 2023, pour un cumul de 1 102 milliards de Fcfa sur l'ensemble de la p&#233;riode de d&#233;mant&#232;lement. Les gains de recettes &#224; l'ouverture seront modestes et ne pourront pas compenser les pertes. Ils &#233;valuent ces gains &#224; 191,5 milliards de Fcfa de mani&#232;re cumulative sur la p&#233;riode. La prise en compte de ces gains entra&#238;nera une perte nette cumul&#233;e estim&#233;e &#224; 911,3 milliards de Fcfa &#187; (21). Les dirigeants camerounais paraissent s'en rendre compte apr&#232;s &#171; 16 milliards de moins-values budg&#233;taires &#187; d'ao&#251;t 2016 &#224; mars 2020, selon la douane camerounaise (22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Six d&#233;cennies auparavant, certains futurs &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187; avaient exprim&#233;, suite &#224; la cr&#233;ation de la CEE &#8211; ayant instaur&#233; un &#171; R&#233;gime d'association &#187; avec les conseils de gouvernement de la loi-cadre Defferre &#8211; la volont&#233; de construire l'Eurafrique. Jusqu'&#224; la pr&#233;f&#233;rer, par la suite, au projet d'une union africaine des &#201;tats, dont l'Organisation de l'unit&#233; africaine a &#233;t&#233; un ersatz. L'une des cons&#233;quences de ce demi-centenaire, voire soixantenaire, de &#171; partenariat &#187;, in&#233;galitaire malgr&#233; tout, avec la CEE/UE est la persistance post-coloniale de la sp&#233;cialisation africaine en fourniture de produits de base, de mati&#232;res premi&#232;res, aux d&#233;pens de l'agriculture vivri&#232;re, de la transformation locale n&#233;cessaire de certains produits, et d'une assez effective diversification de ces &#233;conomies. Ainsi, l'importante d&#233;pendance alimentaire de ces soci&#233;t&#233;s potentiellement capables de se nourrir &#8211; si seulement la satisfaction des besoins locaux &#233;tait un des principes d'organisation de l'&#233;conomie, la souverainet&#233; &#233;conomique d&#233;mocratique dans laquelle s'inscrirait la souverainet&#233; alimentaire (23) &#8211; dont les &#201;tats ont &#233;t&#233; sp&#233;cialis&#233;s en produits de rente (agricoles, miniers&#8230;) pour les &#233;conomies dominantes. Eu &#233;gard aux man&#339;uvres actuelles de diversion du Capital concernant le changement climatique, celui-ci va tr&#232;s probablement faire &#233;chouer les projets en cours de suppos&#233;e r&#233;duction de ladite d&#233;pendance. Avec, entre autres cons&#233;quences, plus d'ins&#233;curit&#233; alimentaire, de la &#171; pr&#233;valence de la sous-alimentation &#187; (FAO), d&#233;j&#224; tr&#232;s prononc&#233;e en Afrique centrale et de l'Ouest auxquelles appartiennent la quasi-totalit&#233; des &#201;I 1960 (24).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, des voix de l'UE envisagent maintenant l'&#233;tablissement d'un partenariat fond&#233; sur&#8230; l'&#233;galit&#233;. Non parce qu'elle serait subitement touch&#233;e par l'humanisme, mais par calcul capitaliste : &lt;i&gt;&#171; Pour arriver &#224; un accord mutuellement b&#233;n&#233;fique, il faut que le paradigme change. Sinon les pays africains tenteront de plus en plus de s'orienter vers des pays comme la Chine, et d'&#233;tablir des relations commerciales avec des pays &#233;mergents : Inde ou Br&#233;sil &#187;&lt;/i&gt; (25). La restructuration du capital international est en effet aussi marqu&#233;e par l'&#233;mergence de ces nouvelles puissances capitalistes qui instrumentalisent &#224; souhait la commune appartenance au &#171; Sud &#187; (tout en maintenant de relations &#233;conomiques plus importantes avec les puissances capitalistes traditionnelles). Par exemple, la Chine est devenue la premi&#232;re fournisseuse de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (&#224; 20 %, contre 6 % pour la Belgique), de Madagascar, de la Somalie. Elle coiffe au poteau la France au Congo, au Togo, etc. Tout comme elle est devenue la premi&#232;re cr&#233;anci&#232;re bilat&#233;rale de nombre de ces &#201;I 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soumission, g&#233;n&#233;ralement (26), de ceux-ci au capital international, &#224; l'imp&#233;rialisme en restructuration n&#233;olib&#233;rale, est manifeste depuis la crise structurelle du n&#233;ocolonialisme, des &#201;tats du capitalisme p&#233;riph&#233;rique, sous forme, entre autres, de la crise de la dette publique ext&#233;rieure (&#224; partir de fin ann&#233;es 1970 &#8211; ann&#233;es 1980). Celle-ci est survenue au lendemain de la revendication d'un Nouvel ordre &#233;conomique international (NOEI), initi&#233;e en 1973 par des &#201;tats non-align&#233;s/du tiers-monde, se consid&#233;rant comme l&#233;s&#233;s par l'&#233;change in&#233;gal, adopt&#233; par l'ONU en 1974, mais quasi imm&#233;diatement paralys&#233; par les puissances imp&#233;rialistes tr&#232;s attach&#233;es &#224; l'&#233;change in&#233;gal. &#192; la place de ce NOEI a &#233;t&#233; par la suite impos&#233;e, apr&#232;s une nocive g&#233;n&#233;rosit&#233; cr&#233;anci&#232;re (l'endettement pour le d&#233;veloppement promu par la Banque mondiale, par abondance des p&#233;tro-dollars au cours de ces ann&#233;es 1970, un des facteurs de la crise de la dette des &#201;tats du tiers-monde), l'int&#233;gration dans un nouvel ordre capitaliste international, celle de la phase n&#233;olib&#233;rale de la mondialisation, &#224; partir des programmes d'ajustement structurel (le S&#233;n&#233;gal et la C&#244;te d'Ivoire &#233;tant parmi les pionniers en Afrique), de la Banque mondiale et du FMI, ces institutions du n&#233;ocolonialisme collectif (puissances imp&#233;rialistes et &#201;tats de la p&#233;riph&#233;rie capitaliste en sont in&#233;galitairement membres, dans le respect de la hi&#233;rarchie du capitalisme mondial). Une victime assez particuli&#232;re de cet endettement critique et de son rem&#232;de socialement nocif a &#233;t&#233; la Somalie du g&#233;n&#233;ral Muhammad Syad Barre (pro-&#233;tatsunien, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; pro-sovi&#233;tique, voire &#171; socialiste scientifique &#187;, comme quelques autres impostures africaines) : c'est l'un des principaux facteurs de la longue crise dont elle essaie encore de sortir (27).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Supr&#233;matisme du priv&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, une nouvelle crise de la dette publique en Afrique est en cours, avec parmi les dix &#201;tats les plus endett&#233;s, en ratio dette/PIB, deux des &#201;I 1960 : la Mauritanie (9e) et le Congo (10e). Tous ces &#201;I 1960 sont ainsi concern&#233;s par la nouvelle vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral, derri&#232;re des d&#233;nominations comme programme de &#171; r&#233;formes structurelles &#187; &#224; la Facilit&#233; &#233;largie de cr&#233;dit, ou d'&#171; instrument de coordination de la politique &#233;conomique &#187;, avec de nouveaux emprunts multilat&#233;raux &#224; la cl&#233; (le FMI ne brille pas par l'annulation des dettes). La lutte contre le Covid-19 a &#233;t&#233; aussi une opportunit&#233; pour le FMI de pr&#234;ter davantage aux &#201;tats d&#233;j&#224; captifs. Il s'agit encore d'injonction &#224; avancer dans la n&#233;olib&#233;ralisation de leur capitalisme, n'ayant pourtant jamais assur&#233; de bons lendemains sociaux pour les classes populaires, les laiss&#233;&#183;e&#183;s-pour-compte de la phase pr&#233;c&#233;dente du capitalisme. Les &#201;tats doivent encore proc&#233;der &#224;, entre autres, la privatisation de leurs entreprises, parmi les plus rentables, &#233;videmment, ayant surv&#233;cu &#224; la vague pr&#233;c&#233;dente. Autrement dit, l'organisation de plus d'h&#233;t&#233;ronomie, de d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard d'une fiscalit&#233; dont les taux doivent en m&#234;me temps &#234;tre attractifs, sous la surveillance de Doing Business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, la transnationale singapourienne OLAM a r&#233;cemment acquis la Nouvelle soci&#233;t&#233; cotonni&#232;re du Togo, juste apr&#232;s la Soci&#233;t&#233; cotonni&#232;re du Tchad. Le coton a &#233;t&#233; rendu deuxi&#232;me produit d'exportation du Tchad, mais demeure le premier produit agricole d'exportation et industriel du Togo. La C&#244;te d'Ivoire continue le processus de privatisation, la cession de parts dans les secteurs bancaire, minier, etc., d&#233;velopp&#233;e &#224; partir des ann&#233;es 1990. Par exemple, l'une de ses principales banques, la Banque de l'habitat de C&#244;te d'Ivoire est sur la liste. Le capital fran&#231;ais, traditionnellement h&#233;g&#233;monique (50 % des recettes fiscales ivoiriennes) ne manquera pas d'&#234;tre servi, car depuis l'aide de l'arm&#233;e fran&#231;aise &#224; Alassane Ouattara pour son installation au palais en 2011, les investissements fran&#231;ais sont en croissance. Le Cameroun va privatiser, par exemple, sa compagnie a&#233;rienne (Camair-Co) apr&#232;s l'avoir remise &#224; flot (y compris en appareils), alors que &#171; plus de trois d&#233;cennies apr&#232;s les fameux Programmes d'ajustement structurel (PAS) impos&#233;s par les institutions de Bretton Woods, en l'occurrence le Fonds mon&#233;taire international (FMI), l'&#233;conomie camerounaise ne s'est plus jamais v&#233;ritablement relev&#233;e, nonobstant une juxtaposition de programmes &#233;conomiques &#187; (28). Au Nigeria, parmi la dizaine d'entreprises &#224; privatiser, il y a la Nigerian National Petroleum Corporation, num&#233;ro 1 du capital public nig&#233;rian, partenaire en joint-ventures des g&#233;ants mondiaux du secteur p&#233;trolier op&#233;rant au Nigeria et riche d'une bonne dizaine de filiales. Le capital britannique post-Brexit qui entend renforcer sa pr&#233;sence au Nigeria est aussi int&#233;ress&#233; par cette vague de privatisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les mieux plac&#233;s dans ce processus de consolidation du &#171; supr&#233;matisme du priv&#233; &#187; (Naomi Klein, la Strat&#233;gie du choc) sont principalement les transnationales extra-africaines. La propension des transnationales &#224; une quasi-souverainet&#233; &#8211; &#171; elles font la loi &#187; est-il dit couramment &#8211; sur des secteurs dans certains &#201;tats o&#249; elles op&#232;rent, voire leur influence au sein d'institutions multilat&#233;rales, &#224; l'instar de certaines agences onusiennes, ou de l'Union africaine, peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme la mise &#224; jour post-coloniale n&#233;olib&#233;rale d'une certaine tradition de la mondialisation (par exemple, au commencement du Nigeria colonial, fin XIXe si&#232;cle, &#233;tait la Royal Niger Company, dans la tradition de l'East India Company et de la Compagnie n&#233;erlandaise des Indes orientales n&#233;es avec le XVIIe si&#232;cle). Des transnationales africaines aussi sont acqu&#233;resses, &#224; l'instar de Maroc Telecom ayant acquis Gabon Telecom, entre autres (29). Voire des capitalistes autochtones : par exemple, la Compagnie ivoirienne pour le d&#233;veloppement du textile a &#233;t&#233; acquise par un capitaliste milliardaire (en FCFA) ivoirien. Au B&#233;nin, est d&#233;nonc&#233;e non seulement la privatisation intensifi&#233;e &lt;i&gt;&#171; sous des vocables aussi divers que vari&#233;s (privatisation, mise en concession, affermage, gestion d&#233;l&#233;gu&#233;e, etc.) &#187;, dont sont souvent b&#233;n&#233;ficiaires des transnationales originaires de l'ancienne puissance coloniale, mais aussi qu'elle se fait &#171; au profit du Pr&#233;sident Patrice Talon et de son clan &lt;i&gt; &#187;&lt;/strong&gt; (30).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces acquisitions par le priv&#233; s'accompagnent g&#233;n&#233;ralement de licenciements dits &#171; plans sociaux &#187;, de flexibilisation des emplois, etc., plut&#244;t que de la cr&#233;ation de nouveaux emplois pr&#233;tendument d&#233;cents. Autrement dit, une d&#233;t&#233;rioration de la situation des classes sociales et milieux sociaux populaires dont la conscience par le FMI est exprim&#233;e par son apparente pr&#233;occupation pour la pr&#233;servation des &#171; d&#233;penses sociales &#187; ou des &#171; acquis sociaux &#187;, la &#171; croissance inclusive &#187;. Une pr&#233;occupation plut&#244;t cache-sexe car &#233;tant en grand &#233;cart avec les cons&#233;quences des autres &#171; r&#233;formes structurelles &#187; conditionnant depuis quatre d&#233;cennies la pr&#233;tendue aide apport&#233;e par le FMI aux &#201;tats sous ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral. En complicit&#233; avec sa s&#339;ur jumelle, la Banque mondiale cens&#233;e, en novlangue n&#233;olib&#233;rale, &#171; &#339;uvrer pour un monde sans pauvret&#233; &#187;, mais, en attendant qu'elle r&#233;alise ce grand dessein, en co-produisant de la pauvret&#233;, en contribuant au d&#233;veloppement des in&#233;galit&#233;s sociales, genr&#233;es, dans le monde en g&#233;n&#233;ral, dans les &#201;tats ind&#233;pendants de 1960, en l'occurrence. M&#234;me s'il para&#238;t que c'est le Covid-19 qui a r&#233;v&#233;l&#233; &#224; Macky Sall (S&#233;n&#233;gal), Alassane Ouattara (C&#244;te d'Ivoire), Mahamadou Issoufou (Niger), respectivement, &#171; l'injustice du syst&#232;me &#233;conomique &#187; mondial, &#171; l'&#233;go&#239;sme des pays riches &#187;, la n&#233;cessit&#233; d'un &#171; d&#233;bat sur les in&#233;galit&#233;s &#187; et d'une nouvelle &#171; r&#233;partition des richesses &#224; l'&#233;chelle mondiale et dans chaque pays &#187; (31).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des propos qui expriment non pas une des cons&#233;quences sociales de l'option &#233;conomique (capitaliste) dominante mondialement, mais l'hypocrisie ou la d&#233;magogie d'individus b&#233;n&#233;ficiant de ce syst&#232;me (32).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Impr&#233;gn&#233;s d'id&#233;ologie capitaliste, ces dirigeants sont plus pr&#233;occup&#233;s par le taux de croissance du PIB. Ainsi, en se r&#233;f&#233;rant au titre d'une &#233;tude de l'institution de Bretton Woods, Alassane Ouattara a d&#233;clar&#233; en pleine campagne &#233;lectorale : &#171; La Banque mondiale a m&#234;me dit que la C&#244;te d'Ivoire est au bord du paradis &#187; (33). Des crit&#232;res qui pourraient susciter, aujourd'hui encore, la m&#234;me attitude d&#233;sapprobatrice que celle d'Aim&#233; C&#233;saire au mitan des ann&#233;es 1950 : pour justifier la colonisation, ne pas la consid&#233;rer comme une &#171; chosification &#187;, &lt;i&gt;&#171; On me lance &#224; la t&#234;te des faits, des statistiques, des kilom&#233;trages de routes, de canaux, de chemins de fer (&#8230;). On m'en donne plein la vue de tonnage de coton, de cacao export&#233; &#187; &lt;/i&gt; (34). Par exemple, en r&#233;action &#224; l'exhibition des taux de croissance du PIB, il est affirm&#233;, dans telle soci&#233;t&#233; des &#201;I 1960, que &#171; le taux de croissance ne se mange pas &#187;. Alors que le recours &#224; d'autres crit&#232;res &#233;loigne plut&#244;t dudit paradis, car relevant d'une conception de la souverainet&#233; ne se limitant pas &#224; celle de l'ind&#233;pendance acquise en 1960, qui ne s'exerce presque pas face aux puissances capitalistes dont la souverainet&#233;, de fait, la domination est dite imp&#233;rialisme, comme &#224; celle attribu&#233;e dans les faits &#224; la dette dans l'expression &#171; dette souveraine &#187;. Une conception oppos&#233;e &#224; celle d'une souverainet&#233; qu'exerce une minorit&#233; autochtone &#8211; g&#233;n&#233;ralement li&#233;e &#224; ces puissances tout en en &#233;tant relativement autonome &#8211; sur la population, oubliant classiquement entre deux sollicitations du suffrage universel direct (quand elles ont lieu) la souverainet&#233; fondamentale. Celle du peuple, qui est majoritairement constitu&#233;e par les classes sociales/milieux sociaux populaires, et qui devrait s'exercer pour son auto-&#233;mancipation. Ainsi, peut-on consid&#233;rer comme &#233;tant &#171; au bord du paradis &#187; cette C&#244;te d'Ivoire qui n'a pas attendu la Covid-19 pour figurer parmi les &#171; 20 pays aux syst&#232;mes de sant&#233; les moins performants du monde &#187; (35) ? Elle est pr&#233;c&#233;d&#233;e au bas du tableau par le Togo, Niger, Madagascar, Cameroun, et suivie du Congo, Nigeria, B&#233;nin, Tchad, la Centrafrique, soit plus de la moiti&#233; des &#201;I 1960&#8230; Autant avec son taux d'alphab&#233;tisation de 43,10 %, parmi les dix inf&#233;rieurs &#224; 60 % de ces &#201;I 1960 (des 59,60 % du Nigeria &#8211; champion &#233;conomique de l'Afrique, ayant en m&#234;me temps &#171; le plus grand nombre d'enfants non scolaris&#233;s dans le monde &#187; (36), 13 millions &#8211; aux 19,10 % du Niger, en passant par les 57,70 % du S&#233;n&#233;gal et les 52,10 % de la Mauritanie) ? La part f&#233;minine de ces taux bas y &#233;tant, par exemple, pour la C&#244;te d'Ivoire, le B&#233;nin, le Niger, le Burkina Faso, inf&#233;rieure &#224; 50 %, jusqu'&#224; 11 %. Alors que, sans s'illusionner sur la forme et le contenu actuels de l'alphab&#233;tisation dominante, il est impossible de participer effectivement &#224; l'exercice de la souverainet&#233; en &#233;tant analphab&#232;te. Comme le disait Cheikh Anta Diop, pendant la lutte pour l'ind&#233;pendance, dans les ann&#233;es 1950, et sans faire dans l'&#233;litisme : &lt;i&gt;&#171; Dans un pays neuf c'est le devoir des citoyens de se donner une culture g&#233;n&#233;rale tr&#232;s solide de mani&#232;re &#224; pouvoir juger avec comp&#233;tence de toutes les questions sur lesquelles ils seront amen&#233;s &#224; donner leur avis. Sinon l'&#233;dification pourra &#234;tre monstrueuse &#187; &lt;/i&gt; (37). Or aucun de ces &#201;I 1960 n'a favoris&#233; une quelconque formation &#224; la citoyennet&#233;, &#224; l'&#233;mancipation (m&#234;me avec des taux d'alphab&#233;tisation de 83 % au Gabon, 79 % au Congo, 75 % au Cameroun). Nombre de ces &#201;I 1960, &#224; l'instar de ceux de l'ancienne AEF, &#233;tant des &#171; d&#233;mocratures &#187; (des dictatures d'allure d&#233;mocratique, selon Eduardo Galeano). Quant &#224; leurs coefficients de Gini (38), ils se situent entre 32,6 % en Mauritanie (124e place mondiale sur 161, le moins in&#233;galitaire des &#201;I 1960) et les 56,2 % de la Centrafrique (6e, le plus in&#233;galitaire des &#201;I 1960), en passant par les 48,9 % du Congo (16e), les 43 % du Nigeria (42e), les 41,3 % de la C&#244;te d'Ivoire (55e), exprimant l'existence pr&#233;tendue (pr&#233;-)paradisiaque (un consum&#233;risme niais et &#233;cocide) d'une infime minorit&#233; (kleptocrates et bureaucrates affid&#233;s, capitalistes autochtones). Et, globalement, en mati&#232;re d'indice du d&#233;veloppement humain (IDH du PNUD), la grande majorit&#233; des &#201;I 1960 (treize pays) appartient &#224; la classe du d&#233;veloppement humain faible : du Nigeria (158e sur 189) au Niger (189e), en passant par Madagascar (162e), la C&#244;te d'Ivoire (165e), la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (179e), le Burkina Faso (182e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des performances sociales on ne peut plus m&#233;diocres, syst&#233;matiquement en d&#233;faveur des classes populaires, qui s'av&#232;rent un h&#233;ritage de la politique sociale coloniale (d&#233;j&#224; un &#171; circuit de bons services et de complicit&#233; &#187;, entre les colonisateurs et des autorit&#233;s dites traditionnelles, &#171; au d&#233;triment des peuples &#187; selon Aim&#233; C&#233;saire), une cons&#233;quence du n&#233;ocolonialisme collectif n&#233;olib&#233;ral initi&#233; dans les ann&#233;es 1980-1990, fondamentalement assum&#233; par les classes dirigeantes locales &#8211; au-del&#224; de ces &#201;I 1960 &#8211; relevant bien de la nature injuste et in&#233;galitaire du syst&#232;me &#233;conomique mondial, dans laquelle s'inscrit aussi bien la colonisation que le Covid-19. Injustices et in&#233;galit&#233;s syst&#233;miques qui sont aggrav&#233;es, en l'occurrence, par la kleptomanie des gouvernants (comme mode d'accumulation primitive du capital). Ainsi, les &#233;ventuelles dizaines de millions de victimes sociales du Covid-19 en Afrique vont s'ajouter aux centaines de millions de victimes de Pochvid, ant&#233;rieure au Covid-19. Parmi lesquelles, des jeunes du Nigeria, dont une bonne partie est pass&#233;e de la d&#233;nonciation du gangst&#233;risme policier (#EndSARS), &#224; celle des in&#233;galit&#233;s/injustices sociales, du ch&#244;mage, dans cet &#201;tat champion du capitalisme africain (PIB, 3e en capitalistes millionnaires/milliardaires en dollars, etc.) et, en m&#234;me temps, du pourcentage de pauvres extr&#234;mes dans le monde (43 % de la population). Le pouvoir du g&#233;n&#233;ral (&#224; la retraite) et phallocrate assum&#233; Buhari (39) ne s'est pas emp&#234;ch&#233;, en ce mois du soixantenaire de l'ind&#233;pendance (1e octobre 1960), de r&#233;pondre &#224; cette mobilisation par l'assassinat de manifestant&#183;e&#183;s pacifiques au p&#233;age de Lekki (entr&#233;e/sortie d'un quartier d'affaires de la capitale &#233;conomique Lagos), le soir du 20 octobre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ind&#233;pendance acquise en 1960 par ces &#201;tats &#233;tait n&#233;ocoloniale. Elle l'est encore et ne peut que, en bonne logique capitaliste, reproduire les in&#233;galit&#233;s/injustices sociales et environnementales, profitables &#224; l'imp&#233;rialisme, aux classes dirigeantes locales, aux intellectuel&#183;le&#183;s plus ou moins &#224; leur service &#8211; ces &#171; obscurcisseur&#183;e&#183;s &#187; (A. C&#233;saire) de la compr&#233;hension des dynamiques &#233;conomiques-&#233;cocides, sociales, culturelles, politiques. Ainsi la lutte contre le bloc n&#233;ocolonial ou n&#233;ocolonialisme collectif, contre les diff&#233;rentes d&#233;pendances reproduites et produites depuis 1960 est &#224; continuer, aux diff&#233;rentes &#233;chelles (locale, sous-r&#233;gionale, r&#233;gionale), malgr&#233; la particuli&#232;re difficult&#233;, en ces temps-ci, pour les partisan&#183;e&#183;s de l'&#233;mancipation, &#224; se faire entendre. La sortie de cette lutte, globalement men&#233;e, de sa quasi-confidentialit&#233; actuelle, sa popularisation, par auto-organisation des domin&#233;es, exploit&#233;es, opprim&#233;es, est une condition sine qua non d'une v&#233;ritable ind&#233;pendance, au del&#224; des &#201;I 1960, de toute l'Afrique (territoires d&#233;pendants, de l'Atlantique nord &#224; l'oc&#233;an Indien, en passant par la M&#233;diterran&#233;e, inclus), d'une &#233;mancipation des peuples africains, fondamentalement incompatible avec le capitalisme dont le colonialisme, puis le n&#233;ocolonialisme, sont en fait des avatars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 novembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Jean Nanga est correspondant d'Inprecor en Afrique centrale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Il s'agit, pour l'intellectuel &#233;tatsunien noir Cornel West, de l'&#201;glise issue de la conversion de l'empereur Constantin au christianisme (IVe si&#232;cle de notre &#232;re), &#171; idol&#226;tre &#187; et li&#233;e aux dominants [nobles, esclavagistes, bourgeois, blancs racistes], aux conqu&#233;rants [colonisateurs], &#224; l'&#171; Am&#233;rique imp&#233;riale &#187; et sa &#171; spiritualit&#233; de march&#233; &#187;, qu'il oppose au &#171; christianisme proph&#233;tique &#187; soucieux de l'instauration de la &#171; justice terrestre &#187;, de la d&#233;mocratie, de la paix, etc., telle que l'ont manifest&#233;, concernant le XXe si&#232;cle, par exemple, Martin Luther King (cf. par exemple, Cornel West, Tragicomique Am&#233;rique, Paris, Payot, 2005 [2004], p. 159-185), la th&#233;ologie de la lib&#233;ration&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Avant leur propre revirement, certains de ces dirigeants assimilationnistes pensaient m&#234;me que l'&#201;tat colonial fran&#231;ais devait sanctionner ceux qui &#233;taient subitement devenus ind&#233;pendantistes : &#171; D&#232;s la cl&#244;ture de la sixi&#232;me session du conseil ex&#233;cutif [de l'ex-Afrique &#233;quatoriale fran&#231;aise], MM. Youlou et Tombalbaye, pr&#233;sident de la R&#233;publique du Congo [non encore ind&#233;pendante] et Premier ministre du Tchad, estimaient en effet dangereux que la R&#233;publique fran&#231;aise maintienne son aide &#233;conomique aux &#201;tats r&#233;clamant leur ind&#233;pendance. Selon eux, l'assistance financi&#232;re constitue la base de l'argumentation opposable aux extr&#233;mistes soucieux de rel&#226;cher les liens avec la France &#187;, Philippe Decraene (Centre des hautes &#233;tudes sur l'Afrique et l'Asie modernes et pendant longtemps sp&#233;cialiste de l'Afrique dite noire au journal le Monde), &#171; L'&#233;volution g&#233;n&#233;rale du continent africain entra&#238;ne la transformation de la Communaut&#233; en groupement d'&#201;tats ind&#233;pendants &#187;, le Monde diplomatique, janvier 1960, p. 8. C'est comme en r&#233;action que Mamadou Dia, alors vice-pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration du Mali, va &#8211; &#224; la veille de l'ind&#233;pendance du Mali, dans un texte assez pr&#233;occup&#233; par l'&#233;quilibre entre l'ind&#233;pendance et l'&#8220;amiti&#233;&#8221; avec la France, publi&#233; dans le m&#234;me journal &#8211; parler de &#171; ceux qui en Afrique voudraient &#234;tre les seuls &#8220;amis&#8221; de la France pour attirer sur eux toutes les faveurs &#187;, M. Dia, &#171; Sur la voie de l'ind&#233;pendance dans la Conf&#233;d&#233;ration &#187;, le Monde diplomatique, avril 1960, p. 7. Petite querelle entre colonis&#233;s/n&#233;o-colonis&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny l'exprimait en ces termes : en mai 1959 &#171; je venais d'&#234;tre investi comme Premier ministre de mon pays (&#8230;) j'allai voir le g&#233;n&#233;ral de Gaulle. On me repr&#233;sente comme un valet de l'influence fran&#231;aise, lui dis-je en substance. On dit partout que je suis &#224; la remorque du gouvernement fran&#231;ais. On m'a accul&#233; &#224; la r&#233;volte. Aussi, mon G&#233;n&#233;ral, je suis oblig&#233; de vous annoncer que les pays de l'Entente ont d&#233;cid&#233; de demander leur ind&#233;pendance &#187;, cit&#233; par Paul-Henri Siriex, Houphou&#235;t-Boigny ou la sagesse africaine, Abidjan et Paris, Les Nouvelles &#201;ditions Africaines, 1986, p. 182-183.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. Bien que proclam&#233;s ind&#233;pendants, la Centrafrique, le Congo, le Gabon, Madagascar, le S&#233;n&#233;gal et le Tchad ont entrepris, avec la France, la transformation de la Communaut&#233; en Communaut&#233; contractuelle ou r&#233;nov&#233;e qui ne fonctionnera pas, m&#234;me si la Communaut&#233; n'a &#233;t&#233; abrog&#233;e en France que par l'article 14 de la Loi constitutionnelle n&#176; 95-880 du 4 ao&#251;t 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Kwame Nkrumah, L'Afrique doit s'unir, Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1964 [1963], p. 210. Cf. aussi du m&#234;me, Le n&#233;o-colonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme (1965, 1973).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le fait qu'il avait invit&#233;, avec Kasavubu, l'URSS dans la &#171; crise du Congo &#187; ne suffit pas pour le classer comme communiste. D'ailleurs, il attendait aussi des &#201;tats-Unis, o&#249; il n'avait pas &#233;t&#233; re&#231;u par le pr&#233;sident Eisenhower, une contribution &#224; la r&#233;solution de la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ce n'est qu'en 1957 qu'eurent lieu, dans quelques villes, les premi&#232;res &#233;lections d'indig&#232;nes (des bourgmestres), y initiant ainsi la tr&#232;s br&#232;ve transition au n&#233;ocolonialisme ou tr&#232;s bref colonialisme participatif belge (1957-1960). Soit deux ann&#233;es apr&#232;s la proposition, faite par le journaliste et enseignant universitaire belge, ayant travaill&#233; au Congo, Jef Van Bilsen, d'&#171; Un plan de trente ans pour l'&#233;mancipation de l'Afrique belge &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. Claude Bourdet, &#171; Les &#233;lections outre-mer &#187;, les Temps modernes, n&#176; 70, ao&#251;t 1951, pp. 355-366.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Ahmed Boumendjel, &#171; L'Alg&#233;rie unanime &#187;, Esprit, octobre 1951, pp. 508-527.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Wole Soyinka, Ibadan, les ann&#233;es pagaille. M&#233;moires : 1946-1965, Paris Actes Sud, 1997, p. 438.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Andr&#233; Soucadaux &#224; la &#171; Conf&#233;rence des hauts-commissaires et chefs de territoires &#187; du minist&#232;re de la France d'Outre-mer, 24 avril 1957, cit&#233; par Nicolas Bancel, &#171; La voie &#233;troite : la s&#233;lection des dirigeants africains lors de la transition vers la d&#233;colonisation &#187;, Mouvements, 2002/3, n&#176; 21-22 (p. 28-40), p. 38 ; &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-3-page-28.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-mouvements-2002-3-page-28.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. Par exemple, le pr&#233;tendu anticolonialisme des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (poss&#233;dant jusqu'&#224; nos jours des colonies dites euph&#233;miquement &#171; unincorporated territories &#187;, avec, par exemple, des colonis&#233;&#183;e&#183;s qui, du fait d'un certain &#8220;indig&#233;nat&#8221;, ne participent pas aux &#233;lections pr&#233;sidentielles &#233;tatsuniennes) exprimait la volont&#233; de mettre un terme &#224; la domination exclusive, au monopole du profit, des puissances coloniales europ&#233;ennes sur les territoires. Dans Position de l'U.P.C. vis-&#224;-vis de l'ind&#233;pendance du Kamerun sign&#233;e par F&#233;lix Moumi&#233;, Ernest Ouandi&#233;, Abel Kingu&#233;, l'organisation nationaliste camerounaise d&#233;non&#231;ait : &#171; La position de la d&#233;l&#233;gation am&#233;ricaine prenant au cours de cette session [des Nations unies] la t&#234;te des puissances coloniales pour torpiller les l&#233;gitimes aspirations nationales d'un pays africain, contre la volont&#233; des d&#233;l&#233;gu&#233;s d'Afrique, aura eu le m&#233;rite de d&#233;montrer la vanit&#233; de l'&#8220;anticolonialisme&#8221; dont ne cessent de se r&#233;clamer des dirigeants am&#233;ricains dans leurs discours &#187; (Conakry, 29 d&#233;cembre 1959), p. 2-3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. Extrait d'une lettre de Michel Debr&#233; au g&#233;n&#233;ral de Gaulle, le 23 avril 1960, cit&#233; par Guia Migani, La France et l'Afrique subsaharienne, 1957-1963. Histoire d'une d&#233;colonisation entre id&#233;aux eurafricains et politiques de puissance, Bruxelles, P.I.E. Peter Lang, 2008, p. 138.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Cf., par exemple, J. Nanga, &#171; Fran&#231;Afrique : les ruses de la raison post-coloniale &#187;, Contretemps, n&#176; 16, janvier 2006, pp. 111-124.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. La Chine, les &#201;mirats arabes unis, l'Inde, le Japon aussi ont acquis des installations militaires en Afrique australe et orientale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. L'autre monnaie survivante de la zone franc est le franc des Comores (&#201;tat ind&#233;pendant en 1975). Madagascar a lanc&#233; le franc malgache en 1963 tout en restant dans la zone franc CFA, d'o&#249; il va sortir en 1974. Le Mali en est sorti en 1962, puis y est retourn&#233; en 1984.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Cf. la critique, un peu sarcastique, du r&#233;cent &#171; d&#233;bat &#187; parlementaire fran&#231;ais sur le franc CFA (septembre 2020) par Fanny Pigeaud et Ndongo Samba Sylla, &#171; Pauvret&#233; du d&#233;bat parlementaire fran&#231;ais sur le franc CFA &#187;, Mediapart.fr, 6 octobre 2020, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/fanny-pigeaud/blog/041020/pauvrete-du-debat-parlementaire-francais-sur-le-franc-cfa&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/fanny-pigeaud/blog/041020/pauvrete-du-debat-parlementaire-francais-sur-le-franc-cfa&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. La Guin&#233;e &#233;quatoriale (ex-colonie de l'Espagne) qui en est membre ne fait pas partie des &#201;tats ind&#233;pendants de 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. &#171; T &#233;tant le d&#233;but de l'application de l'APE, avec l'APEi elle a commenc&#233; pour quelques lignes tarifaires le 3 f&#233;vrier 2017 (T1) et sera de plus en plus importante de T2 (3 septembre 2018) &#224; T4 (3 septembre 2020) o&#249; le pourcentage des DD des produits lib&#233;ralis&#233;s passe &#224; 63,75% en T4. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Jacques Berthelot, &#171; L'absurde APE int&#233;rimaire de C&#244;te d'Ivoire &#187;, SOL, 31 mars 2018, &lt;a href=&#034;https://www.sol-asso.fr/wp-content/uploads/2017/01/Labsurde-APE-int&#233;rimaire-de-C&#244;te-dIvoire-SOL-31-mars-2018.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.sol-asso.fr/wp-content/uploads/2017/01/Labsurde-APE-int&#233;rimaire-de-C&#244;te-dIvoire-SOL-31-mars-2018.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. Boniface Tchuenkam, &#171; Le Cameroun redoute d&#233;j&#224; l'impact de l'APE sur ses recettes &#187;, Le Financier d'Afrique, 3 septembre 2020, &lt;a href=&#034;https://www.bilaterals.org/./?le-cameroun-redoute-deja-l-impact&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bilaterals.org/./?le-cameroun-redoute-deja-l-impact&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. Brice R. Mbodiam et Sylvain Andzongo, &#171; APE : en d&#233;pit des protestations de l'UE, le Cameroun maintient la suspension du d&#233;mant&#232;lement tarifaire jusqu'&#224; fin 2020 &#187;, Agence Ecofin, 12 novembre 2020, &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/economie/1211-82344-ape-en-depit-des-protestations-de-l-ue-le-cameroun-maintient-la-suspension-du-demantelement-tarifaire-jusqu-a-fin-2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agenceecofin.com/economie/1211-82344-ape-en-depit-des-protestations-de-l-ue-le-cameroun-maintient-la-suspension-du-demantelement-tarifaire-jusqu-a-fin-2020&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. La Via Campesina, par exemple, la d&#233;finit, tr&#232;s bri&#232;vement, comme &#171; le droit des populations, de leur pays ou unions, &#224; d&#233;finir leur politique agricole et alimentaire sans dumping vis-&#224;-vis des pays tiers &#187;, &lt;a href=&#034;https://viacampesina.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://viacampesina.org/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;24. FAO, Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique et Commission de l'Union africaine, Vue d'ensemble r&#233;gionale de la s&#233;curit&#233; alimentaire et la nutrition en Afrique 2019, Accra/Rome, 2020, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.4060/ca7343fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.4060/ca7343fr&lt;/a&gt;. Hormis la Mauritanie tous les &#201;I 1960 sont class&#233;s comme importateurs nets des produits alimentaires, avec une forte importation pour onze d'entre eux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25. Centre d'information Europe Direct, &#171; Europe-Afrique : un partenariat &#224; consolider &#187;, Maison de l'Europe de Paris et Voix d'Europe, 22 avril 2020, &lt;a href=&#034;http://paris-europe.eu/europe-afrique-partenariat-a-consolider/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://paris-europe.eu/europe-afrique-partenariat-a-consolider/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26. Des difficult&#233;s de tr&#233;sorerie ont pouss&#233; des &#201;tats &#224; quelque friction avec des transnationales, &#224; l'instar du Gabon, en 2018, avec la fran&#231;aise Veolia (entreprise m&#232;re de la Soci&#233;t&#233; d'eau et d'&#233;nergie du Gabon), ou du Nigeria reprochant, en 2018, aux entreprises d'exploitation p&#233;troli&#232;re de n'avoir pas ajust&#233; les royalties &#224; la hausse du cours du p&#233;trole pendant des ann&#233;es, comme le dispose la loi. Ainsi il s'agit d'une dette qui doit &#234;tre r&#233;gl&#233;e aux &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s p&#233;troliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;27. Michel Chossudovsky, &#171; D&#233;pendance alimentaire, &#8220;ing&#233;rence humanitaire&#8221; en Somalie &#187;, le Monde diplomatique, juillet 1993, pp. 16-17.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28. Achille Mbog Pibasso, &#171; Cameroun : les privatisations et les partenariats publics/priv&#233;s pr&#233;occupent le GICAM [Groupement interpatronal du Cameroun] &#187;, Financial Afrik, 19 novembre 2019, &lt;a href=&#034;https://www.financialafrik.com/2019/11/19/cameroun-les-privatisations-et-les-partenariats-publics-prives-preoccupent-le-gicam/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.financialafrik.com/2019/11/19/cameroun-les-privatisations-et-les-partenariats-publics-prives-preoccupent-le-gicam/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29. Sur le capital marocain en Afrique, cf., par exemple, Omar Aziki, &#171; Maroc : tremplin pour les conqu&#234;tes n&#233;ocoloniales de l'Afrique &#187;, CADTM, 19 novembre 2017, &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/spip.php?page=imprimer&amp;id_article=15476&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/spip.php?page=imprimer&amp;id_article=15476&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30. Conf&#233;d&#233;ration syndicale des travailleurs du B&#233;nin, &#171; Privatisation des soci&#233;t&#233;s d'&#201;tat sous la Rupture : La Cstb condamne la politique de &#8220;tout priv&#233; et de l'&#201;tat minimum&#8221; &#187;, Cotonou.com, 15 septembre 2017, &lt;a href=&#034;http://news.acotonou.com/h/102169.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://news.acotonou.com/h/102169.html&lt;/a&gt;. Patrice Talon, champion du capitalisme b&#233;ninois, a &#233;t&#233; &#233;lu pr&#233;sident en 2016. Il est pr&#233;sum&#233; avoir b&#233;n&#233;fici&#233;, en tant qu'entrepreneur, des faveurs de ses pr&#233;d&#233;cesseurs &#224; la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;31. Idriss Linge, &#171; Quatre pr&#233;sidents africains d&#233;noncent l'in&#233;quit&#233; du syst&#232;me &#233;conomique actuel dans cette p&#233;riode de Covid-19 &#187;, Agence Ecofin, 20 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.agenceecofin.com/politique/1905-76784-quatre-presidents-africains-denoncent-l-inequite-du-systeme-economique-actuel-dans-cette-pediode-de-covid-19&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.agenceecofin.com/politique/1905-76784-quatre-presidents-africains-denoncent-l-inequite-du-systeme-economique-actuel-dans-cette-pediode-de-covid-19&lt;/a&gt;. Le d&#233;bat a-t-il d&#233;j&#224; commenc&#233; ou va-t-il bient&#244;t &#234;tre lanc&#233; concernant le Niger ? En bon membre de l'Internationale socialiste, M. Issoufou ne s'en tient qu'&#224; la dimension &#171; r&#233;partition des richesses &#187;, assez &#224; la mode, non pas &#224; celles de la propri&#233;t&#233; des moyens de production, conditionnant ladite r&#233;partition, ainsi que de la d&#233;termination &#233;cologique de la production des biens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32. Macky Sall a officiellement d&#233;clar&#233; apr&#232;s son &#233;lection, ses actions et propri&#233;t&#233;s immobili&#232;res, des biens &#233;valu&#233;s &#224; 1,3 milliard de FCFA (selon Wikip&#233;dia et des journaux s&#233;n&#233;galais) ; Muhamadou Issoufou a &#233;t&#233; directeur technique d'une filiale d'Areva, avant de se lancer dans la comp&#233;tition politique ; Alassane Ouattara a &#233;t&#233; directeur adjoint du FMI tout en &#233;tant un homme d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33. Cit&#233; par Amandine R&#233;aux, &#171; En C&#244;te d'Ivoire, la croissance ne profite pas &#224; tous &#187;, la Croix, 31 octobre 2020, &lt;a href=&#034;https://www.la-croix.com/Monde/En-Cote-dIvoire-croissance-profite-pas-tous-2020-10-31-1201122206&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.la-croix.com/Monde/En-Cote-dIvoire-croissance-profite-pas-tous-2020-10-31-1201122206&lt;/a&gt;. Il se r&#233;f&#232;re au titre d'un rapport de la Banque mondiale, Aux portes du paradis &#8211; Comment la C&#244;te d'Ivoire peut rattraper son retard technologique ? (f&#233;vrier 2018), laissant penser que, gr&#226;ce &#224; la mise &#224; jour technologique, le n&#233;olib&#233;ralisme produit des paradis, sans doute pour la minorit&#233; constituant les classes exploiteuses, dirigeantes, toutefois &#233;cocides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34. Aim&#233; C&#233;saire, Discours sur le colonialisme, Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1955, p. 20.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;35. Coumba Sylla &amp; Assane Diagne, &#171; La C&#244;te d'Ivoire parmi les 20 pays aux syst&#232;mes de sant&#233; les moins performants au monde &#187;, Africa Check (&#171; organisation non partisane qui encourage la pr&#233;cision dans le d&#233;bat public et dans les m&#233;dias &#187;), 21 f&#233;vrier 2018, &lt;a href=&#034;https://fr.africacheck.org/reports/cote-divoire-parmi-20-pays-aux-systemes-de-sante-performants-monde/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.africacheck.org/reports/cote-divoire-parmi-20-pays-aux-systemes-de-sante-performants-monde/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;36. Peluola Adewale, &#171; Still crawding at 60 : Capitalism has failed Nigeria &#187;, Democratic Socialist Movement, 1er octobre 2020, &lt;a href=&#034;http://www.socialistnigeria.org/4749/2020/10/01/still-crawling-at-60-capitalism-has-failed-nigeria&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.socialistnigeria.org/4749/2020/10/01/still-crawling-at-60-capitalism-has-failed-nigeria&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;37. Cheikh Anta Diop, &#171; Alerte sous les Tropiques &#187;, Pr&#233;sence Africaine, nouvelle s&#233;rie, n&#176; 5, d&#233;cembre 1955-janvier 1956, pp. 32-33.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38. Mesure des in&#233;galit&#233;s de revenus, entre riches et pauvres : l'&#233;galit&#233; &#233;tant situ&#233;e &#224; 0 % et l'in&#233;galit&#233; maximale &#224; 100 %. L'Afrique du Sud est class&#233;e n&#176;1 mondiale des in&#233;galit&#233;s &#224; 63 %, suivie du Botswana (60,5 %) et de la Namibie (59,1 %).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39. Le chef de l'&#201;tat nig&#233;rian avait publiquement demand&#233;, en octobre 2016, &#224; sa femme, pourtant citoyenne, de ne pas s'exprimer publiquement sur la politique, car ce ne serait pas son domaine : en tant qu'&#233;pouse, elle &#171; appartient &#224; sa cuisine, son salon et une autre pi&#232;ce &#187;. Par ironie de l'histoire, il s'av&#232;re que dans le mouvement #EndSARS un r&#244;le majeur dans l'organisation a &#233;t&#233; jou&#233;, de notori&#233;t&#233; publique, par des femmes de la Feminist Coalition &#8211; comme une mise &#224; jour du mouvement des femmes nig&#233;rianes initi&#233; contre le pouvoir colonial au d&#233;but du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Angola-Nigeria : mobilisations contre l'ordre &#233;tabli aux pays de l'or noir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Angola-Nigeria-mobilisations-contre-l-ordre-etabli-aux-pays-de-l-or-noir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Angola-Nigeria-mobilisations-contre-l-ordre-etabli-aux-pays-de-l-or-noir</guid>
		<dc:date>2021-01-19T12:18:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-01-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En octobre 2020, commen&#231;ant par l'anniversaire de son ind&#233;pendance (1er octobre 1960), le soixanti&#232;me en l'occurrence, le Nig&#233;ria a connu presque deux semaines de mobilisation du mouvement contre la violence polici&#232;re, #EndSARS, constitu&#233; en majorit&#233; de jeunes. Alors qu'en Angola, apr&#232;s une manifestation contre la corruption en octobre, &#224; la suite d'autres, le jour m&#234;me du 45&#232;me anniversaire (11 novembre 2020) des jeunes sont descendu&#183;e&#183;s dans la rue, manifestant une fois de plus leur col&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-01-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-01-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton46314-18af9.jpg?1678984477' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En octobre 2020, commen&#231;ant par l'anniversaire de son ind&#233;pendance (1er octobre 1960), le soixanti&#232;me en l'occurrence, le Nig&#233;ria a connu presque deux semaines de mobilisation du mouvement contre la violence polici&#232;re, #EndSARS, constitu&#233; en majorit&#233; de jeunes. Alors qu'en Angola, apr&#232;s une manifestation contre la corruption en octobre, &#224; la suite d'autres, le jour m&#234;me du 45&#232;me anniversaire (11 novembre 2020) des jeunes sont descendu&#183;e&#183;s dans la rue, manifestant une fois de plus leur col&#232;re concernant leur rel&#233;gation sociale. Des mobilisations qui peuvent &#234;tre consid&#233;r&#233;es comme les derniers bilans de d&#233;cennies post-coloniales par une nouvelle g&#233;n&#233;ration, dans deux &#201;tats bien class&#233;s &#233;conomiquement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru sur le site de la Quatri&#232;me Internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
13 janvier 2021&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mobilisation populaire dans la premi&#232;re &#233;conomie et premi&#232;re productrice de p&#233;trole en Afrique &#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soixanti&#232;me anniversaire de l'ind&#233;pendance du Nig&#233;ria s'est d&#233;roul&#233; dans l'ambiance morose cr&#233;&#233;e par la SARS-CoV-2. Mais cela va changer les jours suivants, suite &#224; la derni&#232;re forfaiture de la brigade sp&#233;ciale de la police charg&#233;e de la lutte contre le grand banditisme, la SARS (Special Anti-Robbery Squad (SARS), s'&#233;tant transform&#233;e, au fil des ans, en praticienne constante de la violation des droits humains, voire d'un certain gangst&#233;risme (de l'extorsion des objets &#224; des individus ayant crois&#233; leur chemin aux ex&#233;cutions sommaires, en passant par des actes de torture et demandes de ran&#231;on). Une &#233;ni&#232;me ex&#233;cution sommaire (film&#233;e) le surlendemain dudit anniversaire a, par la suite, r&#233;activ&#233; la demande de sa dissolution pure et simple, #EndSARS. Avec cette fois-ci une mobilisation assez populaire &#8211; principalement des jeunes, constituant apparemment la cible pr&#233;f&#233;r&#233;e de la SARS, sur la base de leur look &#8211;, ayant quitt&#233; les &#8220;r&#233;seaux sociaux&#8221; pour occuper les rues le 8 octobre, en pleine pand&#233;mie de Covid-19, au del&#224; d'Abuja (capitale f&#233;d&#233;rale) et de Lagos (capitale &#233;conomique). Des gays et lesbiennes parvenant &#224; y participer, malgr&#233; l'homophobie ambiante1, la Feminist Coalition s'av&#233;rant centrale dans l'organisation de la solidarit&#233;, malgr&#233; la phallocratie, ambiante aussi2. Revendication de dissolution que les autorit&#233;s ont affirm&#233; avoir entendue, avec quatre autres dont la hausse des salaires des policier&#183;e&#183;s. Mais, sans toutefois susciter une d&#233;mobilisation des manifestant&#183;e&#183;s, d'une part craignant d'&#234;tre dup&#233;&#183;e&#183;s une nouvelle fois : le remplacement de la SARS par SWAT (Special Weapons and Tactics) &#233;tant consid&#233;r&#233; comme un simple ravalement de la fa&#231;ade. D'autre part, du fait qu'&#224; la d&#233;nonciation de la violence polici&#232;re s'est ajout&#233;e celle d'autres injustices, sociales. Autrement dit la d&#233;nonciation de la violence sociale inflig&#233;e &#224; la majorit&#233; de la population, qu'exprimaient des pancartes revendiquant aussi &#171; #end unemployment, #end commercialization of education, #end hunger, #end lack of free medical care&#8230; &#187;3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la premi&#232;re &#233;conomie africaine en mati&#232;re de produit int&#233;rieur brut, premi&#232;re productrice africaine de p&#233;trole (principalement par les majors mondiaux du secteur : Chevron, Exxon, Shell, Total) &#8211; 94 % des recettes d'exportation &#8211;, tr&#232;s extractiviste et extravertie, r&#233;put&#233;e &#233;conomiquement dynamique aussi pour la croissance de ses capitalistes (millionnaires et milliardaires en dollars), se caract&#233;rise, en m&#234;me temps, par un taux tr&#232;s &#233;lev&#233; de pauvret&#233; (70 % de la population d'environ 210 millions d'habitant&#183;e&#183;s est consid&#233;r&#233; comme vivant sous le seuil de pauvret&#233;), de ch&#244;mage (27,1 %, dont 53 % de jeunes), avec ses 13 millions d'enfants non scolaris&#233;&#183;e&#183;s &#8211; surtout des filles &#8211;, ses &#171; usines &#224; b&#233;b&#233;s &#187; pour la vente, l'approvisionnement du march&#233; international de la prostitution f&#233;minine, etc. Une situation sociale populaire qui s'est aggrav&#233;e avec la baisse, depuis 2014, des cours du p&#233;trole brut. &#192; laquelle s'est ajout&#233;e r&#233;cemment la baisse de la demande occasionn&#233;e par l'impact de la pand&#233;mie de Covid-19 (expression de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale) sur l'&#233;conomie mondiale. Et comme si cela n'impactait pas d&#233;j&#224; trop les classes populaires, apr&#232;s avoir proc&#233;d&#233; &#224; une hausse de la TVA, le gouvernement (avec une dette correspondant &#224; 48% du PIB, en croissance inqui&#233;tante depuis 2019), embarqu&#233;e dans des accords avec des institutions financi&#232;res internationales/IFI (FMI, Banque mondiale, voire Banque africaine de d&#233;veloppement), s'est pli&#233;, au mois de septembre, &#224; l'injonction n&#233;olib&#233;rale de mettre un terme &#224; la subvention de l'&#233;lectricit&#233; et du carburant. De laquelle ne peut que r&#233;sulter une nouvelle hausse de leurs prix. Les cons&#233;quences n&#233;gatives de celles-ci sur les budgets des classes moyennes inf&#233;rieures, des classes populaires &#8211; la modique hausse du salaire minimum conquise l'ann&#233;e pass&#233;e n'est pas appliqu&#233;e dans pr&#232;s d'un tiers des &#201;tats de la f&#233;d&#233;ration &#8211;, par r&#233;percussion de cette hausse sur les prix, par exemple, des denr&#233;es alimentaires et des transports, n'ont manqu&#233; de susciter des mouvements spontan&#233;s de d&#233;sapprobation dans les quartiers populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a pouss&#233; les principales centrales syndicales des salari&#233;&#183;e&#183;s (Nigerian Labour Congress, Trade Union Congress) &#224; appeler &#224; une gr&#232;ve illimit&#233;e. Mais, par la suite, &#171; Technically the strike has been &#8220;suspended&#8221; for two weeks &#187;4la veille de la date fix&#233;e (28 septembre 2020) par les directions syndicales. Soit quelques jours avant l'impr&#233;vue mobilisation #EndSARS. Par ailleurs, avait &#233;t&#233; accord&#233;e auparavant au gouvernement la suspension de la gr&#232;ve des m&#233;decins du secteur public (syndiqu&#233;&#183;e&#183;s &#224; la National Association of Residents Doctors, 40 % des m&#233;decins, revendiquant, entre autres, le paiement des arri&#233;r&#233;s de salaires datant de 2014-2016, la hausse des salaires). La sant&#233; publique &#233;tant, en logique n&#233;olib&#233;rale privil&#233;giant le priv&#233;, une des principales victimes des coupes claires budg&#233;taires &#8211; ce qui n'est pas une exclusivit&#233; nig&#233;riane ou africaine. Tant pis pour les pauvres ! Il en est ainsi aussi de l'&#233;ducation publique, o&#249;, par contre, les universitaires de l'Academic Staff Union of Universities, ont maintenu leur gr&#232;ve paralysant, depuis mars (jusqu'en cette deuxi&#232;me semaine de d&#233;cembre), les universit&#233;s publiques. Ainsi, &#224; la mi-octobre, le gouvernement nig&#233;rian va consid&#233;rer cette gr&#232;ve comme favorisant la participation massive des &#233;tudiant&#183;e&#183;s aux mobilisations #EndSARS. Pourtant, affirmait une universitaire, &lt;i&gt;&#171; all we are asking for is a fair treatment as teachers [&#8230;].We are not asking for outrageous amounts of gratuities but something that places us above the poverty line &#187;5. En fin septembre, la Coalition for Revolution (CORE) appelait &#224; une manifestation nationale le 1er octobre 2020, d&#233;non&#231;ant entre autres, les &#171; anti-people policies &#187;, les &#171; extra-judicial killings &#187;, une &#171; poorly thought-out foreign loans that would burden and enslave future generations &#187;6.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mobilisation #EndSARS, dans plusieurs &#201;tats du Nig&#233;ria, appara&#238;t ainsi, certes dans un contexte international de lutte contre les violences polici&#232;res aux &#201;tats-Unis et en France, mais aussi et surtout dans un contexte social local d'actions de r&#233;sistance contre l'agression n&#233;olib&#233;rale des classes populaires, ce qui n'est pas actuellement une particularit&#233; du Nig&#233;ria. L'occupation par des manifestant&#183;e&#183;s, pendant deux semaines, du p&#233;age de l'autoroute de Lekki, &#224; Lagos (capitale &#233;conomique), n'est pas d&#233;pourvue de symbolique : la cit&#233; de Lekki est celle du business, une zone de libre-&#233;change&#8230;7D'ailleurs, des figures principales du capitalisme nig&#233;rian ont &#233;t&#233; montr&#233;es du doigt pour tentative de diviser et faire cesser le mouvement en sollicitant l'adh&#233;sion de certains individus m&#233;diatiques de celui-ci au ravalement de fa&#231;ade (passage de la SARS &#224; SWAT), afin que le business reprenne son cours habituel8. Il est aussi question de la participation des fondations philanthrocapitalistes (MacArthur Foundation, Open Society Foundation)9, charg&#233;es du dorage des cha&#238;nes de la domination capitaliste. Mais sans succ&#232;s, la mobilisation a continu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ainsi, probablement, l'option prise &#8211; apr&#232;s avoir recouru les jours pr&#233;c&#233;dents &#224; des hommes de main contre les manifestant&#183;e&#183;s, sans parvenir &#224; briser la mobilisation &#8211; de tirer sur des manifestant&#183;e&#183;s, au p&#233;age de Lekki (une dizaine de mort&#183;e&#183;s) et autres meurtres de manifestant&#183;e&#183;s, auxquel&#183;le&#183;s nous rendons hommage, &#224; travers le territoire nig&#233;rian. Comme s'il s'agissait de rappeler que la violence de la SARS n'&#233;tait pas un tout mais n'&#233;tait que la violence &#171; la plus visible, la plus quotidienne, pour tout dire, la plus grossi&#232;re d'une structure donn&#233;e &#187;, pour parler comme Frantz Fanon, &#224; propos d'autre chose10.Celle de la force publique, voire d'un &#201;tat n&#233;ocolonial dont l'histoire est assez marqu&#233;e par trois d&#233;cennies de succession &#224; sa t&#234;te de putchistes, hi&#233;rarques de l'arm&#233;e (1966-1998). &#192; l'instar de l'actuel chef de l'&#201;tat nig&#233;rian, Muhammadu Buhari (pr&#233;sident putschiste de 1984 &#224; 1985, apr&#232;s avoir particip&#233; &#224; un pr&#233;c&#233;dent putsch) revenu au pouvoir en 2015, par les urnes, mais qui semble ne pas &#234;tre suffisamment d&#233;lest&#233; de sa culture de caserne. Une force publique qui s'av&#232;re impuissante depuis une d&#233;cennie face aux groupes arm&#233;s islamistes (Boko Haram et consorts) qui violentent, kidnappent des jeunes filles, tuent la population dans le Nord, mais ne se montre implacable, aguerrie que face &#224; des manifestant&#183;e&#183;s pacifiques11. Comme l'a rappel&#233; quelqu'un &lt;i&gt;&#171; the policing system is principally designed, in its origins and its ideology, to protect the political elite at the expense of ordinary citizens. Up until a few weeks ago, the Nigerian Police was established and regulated by a 1943 colonial law. This law was itself enacted to regulate a policing system established in 1930 &#187;&lt;/i&gt;12. Ce qui est une bonne expression du post-colonialisme n&#233;ocolonial. D'o&#249; le manque de d&#233;ploration particuli&#232;re des manifestant&#183;e&#183;s tu&#233;&#183;e&#183;s &#224; Lekki et ailleurs par le chef de l'&#201;tat nig&#233;rian, exprimant par contre, par solidarit&#233; interne &#224; la classe dirigeante, sa d&#233;solation concernant, par exemple, la destruction et le pillage, par des manifestant&#183;e&#183;s enrag&#233;&#183;e&#183;s par le &#171; massacre de Lekki &#187;, de la r&#233;sidence &#171; inviolable &#187;13 de l'Oba (roi traditionnel) de Lagos, o&#249; manifestant&#183;e&#183;s et soldats &#8211; appartenant aussi n&#233;anmoins aux classes populaires &#8211; se sont partag&#233; ses r&#233;serves de riz, entre autres denr&#233;es alimentaires stock&#233;es. Au cours de l'expression de leur rage, des manifestant&#183;e&#183;s d&#233;couvrant, en plus d'un endroit, l'existence de stocks de denr&#233;es alimentaires destin&#233;s aux pauvres pendant la crise sanitaire, mais ayant &#233;t&#233; comme d&#233;tourn&#233;s par des dignitaires du pouvoir (f&#233;d&#233;r&#233;, f&#233;d&#233;ral), les ont, avec d'autres pauvres (soldats compris), finalement informellement &#8220;r&#233;cup&#233;r&#233;s&#8221;. En attendant la r&#233;alisation de &#171; our broad plan to lift 100 million Nigerians out of poverty in the next 10 years ; the creation of N75 billion National Youth Investment Fund &#187; &#233;voqu&#233; par le chef de l'&#201;tat pendant son discours post-massacre de Lekki14.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plan qui semble destin&#233; &#224; demeurer une promesse. Eu &#233;gard aux accords conclus par l'&#201;tat nig&#233;rian avec les membres du n&#233;ocolonialisme collectif que sont ces IFI (FMI, BM, BAD) pour l'approfondissement de la n&#233;olib&#233;ralisation, la poursuite des &#171; r&#233;formes structurelles &#187;, en &#233;change d'un endettement, profitable aussi, &#233;videmment, &#224; ces IFI cr&#233;anci&#232;res. Parmi lesdites r&#233;formes, il y a la privatisation d'une dizaine d'entreprises d'&#201;tat rentables15 dont la Nigerian National Petroleum Company (ayant une dizaine de filiales), centrale dans le produit national brut nig&#233;rian. Autrement dit de nouveaux cadeaux qui vont &#234;tre faits aux principaux b&#233;n&#233;ficiaires habituels de l'ind&#233;pendance n&#233;ocoloniale du Nig&#233;ria, d'autres constitutifs du n&#233;ocolonialisme collectif pass&#233; en mode n&#233;olib&#233;ral : le capital transnational, les capitalistes autochtones souvent li&#233;&#183;e&#183;s aux gouvernant&#183;e&#183;s politiques (du f&#233;d&#233;r&#233; au f&#233;d&#233;ral) dont, la r&#233;putation de kleptomanie accumulatrice de capital &#8211; outre la niaiserie consum&#233;riste, d'(auto-)attribution des march&#233;s publics, etc., noy&#233;s dans le terme &#8220;corruption&#8221; &#8211; n'est plus &#224; faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#8230; et manifestations dans la deuxi&#232;me productrice de p&#233;trole, sixi&#232;me &#233;conomie africaine et surendett&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comm&#233;moration critique de l'ind&#233;pendance a &#233;t&#233; plus &#233;vidente en Angola : des jeunes, en majorit&#233;, ont brav&#233; l'interdiction de manifester le 11 novembre 2020 (45&#232;me anniversaire d'une ind&#233;pendance arrach&#233;e, en faveur du Mouvement pour la lib&#233;ration de l'Angola/MPLA, apr&#232;s 13 ans de guerre de lib&#233;ration nationale, dans le contexte, en m&#233;tropole coloniale portugaise, de la &#8220;r&#233;volution des &#339;illets&#8221; &#8211; 1974-1975, contre, entre autres, les guerres coloniales &#8211;, suivie d'une guerre civile angolaise de 27 ans &#8211; 1975-2002 &#8211;, l'un des terrains chauds de la guerre dite froide16, ayant d&#233;truit une bonne partie des infrastructures). Ils se sont ainsi expos&#233;s &#224; la r&#233;pression, les policiers ayant aussi tir&#233; &#224; balles r&#233;elles, mais sans un &#233;quivalent du &#171; massacre de Lekki &#187;, faisant semble t-il un mort. Pour les manifestants, 45 ans d'injustices sociales, c'&#233;tait trop. Comme au Nig&#233;ria, ce n'&#233;tait pas une manifestation sans ant&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Depuis la derni&#232;re d&#233;cennie du r&#233;gime de d&#233;mocrature de Jos&#233; Eduardo Dos Santos (1979-2017), avec la fin de la guerre civile (en 2002), la jeunesse angolaise a pris l'habitude de manifester son m&#233;contentement. Malgr&#233;, par exemple, l'intimidation, par le r&#233;gime, de l'association dite Mouvement r&#233;volutionnaire d'Angola, souvent pr&#233;sent&#233; comme social mais apolitique, ayant appel&#233; &#224; la r&#233;volution en mars 2011 (dans le contexte africain des soul&#232;vements populaires dans sa sous-r&#233;gion septentrionale), initiant ainsi la dynamique diversifi&#233;e dite des Rev&#250;s (r&#233;volutionnaires) consid&#233;rant alors que 32 ans d'un pouvoir reproducteur d'injustices sociales, c'&#233;tait trop. Ou l'op&#233;ration r&#233;pressive qui a &#233;t&#233; men&#233;e, quelques ann&#233;es plus tard (2015-2016) sous forme de proc&#232;s de certain&#183;e&#183;s desdits rev&#250;s dit&#183;e&#183;s &#8220;15 + 2&#8221; (15 hommes et 2 femmes) accus&#233;&#183;e&#183;s de se pr&#233;parer &lt;i&gt;&#171; &#224; r&#233;aliser des actes visant &#224; porter atteinte &#224; l'ordre et &#224; la s&#233;curit&#233; du pays &#187;&lt;/i&gt; (30 juin 2015) sur la base d'une r&#233;union de lecture collective d'un livre consid&#233;r&#233; comme subversif par le r&#233;gime de Dos Santos. Son ancien ministre de la D&#233;fense et rempla&#231;ant &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat, le g&#233;n&#233;ral &#224; la retraite Jo&#227;o Lauren&#231;o, n'est pas &#233;pargn&#233; par cette dynamique, m&#234;me sous la crise sanitaire de la Covid-19, l'&#233;tat d'urgence. Celui-ci semble d'ailleurs marqu&#233; par, entre autres, des actes de violences polici&#232;res qui, sans comparaison avec celles quasi-syst&#233;matiques de la SARS en temps ordinaire d&#233;j&#224;, ont &#233;t&#233; plusieurs fois meurtri&#232;res : &#171; &lt;i&gt; Les meurtres commis par les policiers s'accumulent et continuent, ils ne savent rien faire d'autre que de tirer sur la g&#226;chette, de tuer les pauvres gens et les habitants des banlieues, dans les coins paum&#233;s &#187;,&lt;/i&gt; affirmait un journaliste local, en attirant l'attention sur la pauvret&#233;, g&#233;n&#233;ralement, des victimes17. Nous rendons hommage aussi &#224; toutes les victimes de cette violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec le d&#233;tournement des fonds publics et l'auto-attribution des march&#233;s (plut&#244;t que la &#8220;corruption&#8221;) par les gouvernants, la pauvret&#233; et le ch&#244;mage sont les principaux sujets mobilisant les jeunes depuis 2011. Les manifestant&#183;e&#183;s angolais&#183;es du 11 novembre 2020, essentiellement des jeunes, ayant brav&#233; un dispositif policier suppos&#233; dissuasif, parlaient encore de leur ch&#244;mage, leurs ventres vides, la faim qui leur &#233;tait plus quotidienne que la Covid-19. En effet, malgr&#233; une croissance du PIB (6&#232;me rang africain) ayant, avant 2014 (baisse des cours du p&#233;trole brut), atteint jusqu'&#224; 20 % chez ce 2&#232;meproducteur p&#233;trolier d'Afrique (40 % du PIB) &#8211; dont une grande partie d&#233;coule de la domination angolaise du Cabinda &#8211; et 7&#232;me mondial de diamant, la redistribution des richesses y est, comme au Nig&#233;ria, particuli&#232;rement in&#233;galitaire : le nombre de pauvres (en s'en tenant au seuil complaisant d'1,90 $ &#233;tats-unien) y est tr&#232;s &#233;l&#233;v&#233; et en croissance18, du fait aussi d'un fort taux de ch&#244;mage (32,7 %). Ce qui est, &#233;videmment, la cons&#233;quence de la r&#233;alit&#233; de l'insertion de l'Angola dans l'&#233;conomie capitaliste mondiale, comme &#233;conomie domin&#233;e par le capital international (chinois compris) et plus extractiviste que le Nig&#233;ria, ainsi que de la kleptomanie des gouvernant&#183;e&#183;s, r&#233;alisant aussi leur accumulation capitaliste priv&#233;e aux d&#233;pens du tr&#233;sor public. Une coutume particuli&#232;rement flagrante en Afrique centrale, avec le chef de l'&#201;tat et sa famille assurant le pilotage de la forfaiture. Les 38 ans de pouvoir de Jos&#233; Eduardo Dos Santos ont ainsi &#233;t&#233; le moment de constitution et de d&#233;veloppement de La dos Santos Company19 et autres fortunes/entreprises de dignitaires du MPLA, de leurs pr&#234;te-noms/associ&#233;&#183;e&#183;s, animant, avant comme apr&#232;s 2014, aussi bien la dynamique capitaliste priv&#233;e autochtone que celle d'ailleurs &#8211; le capital angolais a investi sur tous les continents20, avec une pr&#233;f&#233;rence particuli&#232;re pour l'ancien pays colonisateur ayant pousser certains &#224; parler, m&#234;me apr&#232;s 2014, de &#8220;colonisation &#224; l'envers&#8221;, de &#8220;rachat du Portugal par l'Angola&#8221;, etc. &#8211;, paradis fiscaux inclus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme pour exprimer une sensibilit&#233; &#224; la croissance de la pauvret&#233; et du ch&#244;mage des jeunes, Jo&#227;o Louren&#231;o avait promis, comme candidat puis pr&#233;sident &#233;lu, la cr&#233;ation de centaines de milliers d'emplois, dans une &#233;conomie pourtant d&#233;j&#224; en r&#233;cession (&#224; partir de 2016). Non seulement la promesse n'a pas (encore) &#233;t&#233; tenue, mais la hausse du ch&#244;mage risque plut&#244;t de continuer. Car dans le cadre d'un accord avec le FMI, le gouvernement angolais surendett&#233; (dette estim&#233;e &#224; plus de 110 % du PIB) s'est engag&#233;, lui aussi, en 2018, &#224; accomplir des &#171; reformes structurelles &#187; n&#233;olib&#233;rales, devant permettre une croissance &#233;conomique ayant pour moteur le secteur priv&#233;. Ainsi, est, par exemple, programm&#233;e la privatisation de 190 entreprises d'&#201;tat, surtout les plus rentables dont la p&#233;troli&#232;re nationale, Sonangol, la diamantaire Endiama. Ce qui non seulement profitera au capital transnational, aux capitalistes autochtones et affairistes du MPLA (famille Dos Santos d&#233;sormais exclue), mais s'accompagnera aussi de licenciements plut&#244;t que de cr&#233;ation d'emplois. Avec, fort probablement, la perte par les salari&#233;&#183;e&#183;s de certains droits &#8211; flexibilisation n&#233;olib&#233;rale oblige, pour attirer les investisseurs, sous le regard du co-organisateur de la domination de classe qu'est Doing Business. Malgr&#233; une apparente sensibilit&#233; du FMI au social populaire, &#224; l'&#171; inclusion &#187;, les d&#233;penses budg&#233;taires dites sociales ne peuvent &#233;chapper &#224; l'ajustement au principe aust&#233;ritaire, dans un pays o&#249; l'acc&#232;s &#224; la sant&#233; et l'&#233;ducation publiques demeure assez limit&#233;, avec une qualit&#233; souvent d&#233;plor&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; la &#8220;lutte contre la corruption&#8221;, promise aussi, le r&#233;gime de Louren&#231;o a certes marqu&#233; des points en s'attaquant &#224; la Dos Santos Company et sa client&#232;le politique et/ou affairiste. Cependant, elle est aussi critiqu&#233;e comme &#233;tant men&#233;e sous forme de r&#232;glement de comptes &#224; la fraction Dos Santos, fermant les yeux et les oreilles concernant d'autres acteurs de ladite &#8220;corruption&#8221;. Par exemple, les manifestations d'octobre 2020, reprim&#233;es par la police, d&#233;noncaient le maintien &#224; son poste du directeur de cabinet, aussi consid&#233;r&#233; comme bras droit, de Jo&#227;o Louren&#231;o, un affairiste notoire pr&#233;sum&#233; s'&#234;tre attribu&#233; des march&#233;s publics et avoir d&#233;tourn&#233; des fonds publics. Le 9 novembre, des manifestants exprimaient m&#234;me le souhait de voir partir l'employeur de celui qui est trait&#233; de voleur mais semble ne pas int&#233;resser la justice. Quoi qu'il en soit, la d&#233;termination de Jo&#227;o Louren&#231;o a r&#233;aliser &#171; les reformes structurelles &#187; n&#233;olib&#233;rales (avec le soutien particulier de son &#233;pouse, une ancienne ministre angolaise et ancienne administratrice &#224; la Banque mondiale) pourra r&#233;duire les d&#233;tournements de fonds publics (&#8220;corruption&#8221;), cons&#233;quemment &#224; la privatisation des poules aux &#339;ufs d'or, la &#8220;petite corruption&#8221; se perp&#233;tuera sans doute &#224; cause de la paup&#233;risation des fonctionnaires, mais la dite d&#233;termination ne pourra pas r&#233;soudre les probl&#232;mes de ch&#244;mage et de pauvret&#233;, des injustices sociales, qui rel&#232;vent de la nature de l'&#233;conomie capitaliste, opt&#233;e par les dirigeants angolais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;de la critique des classes dirigeantes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le refus pratique, empirique, de la prolongation de cette option, commune aux classes dirigeantes de ces deux pays p&#233;troliers, le r&#234;ve d'un autre Angola (&#171; un Angola meilleur &#187; que souhaiterait aussi Jo&#227;o Louren&#231;o21), d'un autre Nig&#233;ria (&lt;i&gt;&#171; We are more resolved to press not just for justice but for a new and better Nigeria where all citizens are safe and can thrive &#187;&lt;/i&gt;22), qu'ont plus ou moins exprim&#233; les manifestant&#183;e&#183;s angolais&#183;es et nig&#233;rian&#183;e&#183;s. Sans souvent d&#233;noncer le &#171; n&#233;ocolonialisme &#187; ou le &#171; n&#233;olib&#233;ralisme &#187;.D'ailleurs, les manifestant&#183;e&#183;s n'h&#233;sitent pas &#224; recourir au langage des IFI, en pr&#244;nant la &#171; bonne gouvernance &#187; comme l'un des objectifs de leur lutte &#8211; les mots ne manquent pas d'importance : pour le FMI et la BM qui ont propag&#233; l'expression, il s'agit de la &#171; bonne gouvernance &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme, n&#233;ocolonial en ce qui concerne les &#201;tats africains en g&#233;n&#233;ral &#8211; et en se revendiquant sans motivation politique23, ce qui est assez logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ces mouvements ne sont pas homog&#232;nes. Ainsi, dans le cas nig&#233;rian, au lendemain du &#171; massacre de Lekki &#187;, alors que des collectifs de manifestant&#183;e&#183;s, condamnant les actes de destruction des biens publics (commissariats de police&#8230;) et priv&#233;s, de pillage des centres commerciaux et autres, appelaient &#224; quitter la rue, &#224; op&#233;rer une retraite sur les &#8220;r&#233;seaux sociaux&#8221;, l'Alliance on Surviving Covid and Beyond (ASCAB)24, par exemple, exprimait de son c&#244;t&#233; le souhait d'une (re)dynamisation des luttes sociales, dans un langage que certains diraient id&#233;ologique : &lt;i&gt;&#171; Nous, les organisations sous-list&#233;es et les repr&#233;sentants des travailleurs organis&#233;s, apportons notre soutien sans &#233;quivoque aux manifestants de #EndSARS et au mouvement de protestation de masse et appelons nos membres &#224; se joindre aux protestations continues. Nous appelons &#224; une intervention consciente des travailleurs et de leurs organisations, et d'une mani&#232;re qui puisse ouvrir la voie &#224; une conversation structur&#233;e et solide au sein du mouvement et parmi les peuples opprim&#233;s et r&#233;sistants sur la voie &#224; suivre [...] Le gouvernement et l'&#233;lite dirigeante sont maintenant tr&#232;s faibles et divis&#233;s. Ils ne savent pas quoi faire. Il est donc temps de faire avancer nos revendications syndicales. Les travailleurs de la sant&#233; doivent recommencer &#224; faire gr&#232;ve. Les enseignants doivent s'organiser pour agir autour des promesses que leur a faites Buhari. Le NLC et le TUC devraient pr&#233;voir des actions concernant les augmentations des prix du carburant et de l'&#233;lectricit&#233; et la mise en &#339;uvre compl&#232;te du salaire minimum dans tous les &#201;tats, ainsi que la r&#233;pression brutale des protestations populaires par le gouvernement &#187;&lt;/i&gt;25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; une certaine h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; du mouvement angolais, elle s'est r&#233;cemment manifest&#233;e par les r&#233;ponses apport&#233;es &#224; l'invitation au dialogue par Jo&#227;o Louren&#231;o. Des organisations de la jeunesse manifestante, y ont r&#233;pondu favorablement et particip&#233; le 26 octobre 2020, la consid&#233;rant comme une opportunit&#233; pour trouver ensemble, avec le pouvoir, des pistes pour la r&#233;solution des fl&#233;aux sociaux motivant les mobilisations. Tandis que pour d'autres, du MPLA gouvernant depuis 45 ans, dans un m&#233;pris certain du peuple, lui envoyant la police, meurtri&#232;re &#224; certaines occasions, il ne peut &#234;tre esp&#233;r&#233; quelque changement de nature ou abandon de ses int&#233;r&#234;ts contraires &#224; ceux du peuple angolais. Toutefois, les unes et les autres s'activent pour l'organisation des premi&#232;res &#233;lections municipales, en esp&#233;rant, sans doute, une d&#233;faite du MPLA et une possible pression populaire sur les &#233;lu&#183;e&#183;s, parmi lesquel&#183;le&#183;s des rev&#250;s. Position qui peut &#234;tre profitable au principal parti d'opposition, l'UNITA, soutenant la jeunesse manifestante tout en ne s'opposant aucunement &#8211; &#233;tant pro-capitaliste depuis la guerre dite froide &#8211; aux orientations g&#233;n&#233;rales du n&#233;ocolonialisme collectif, actuellement n&#233;olib&#233;ralis&#233;, dont les int&#233;r&#234;ts sont de plus en plus partag&#233;s par le MPLA au pouvoir, et g&#233;n&#233;rateur de la gravit&#233; de la situation sociale contest&#233;e par une partie de la jeunesse d'Angola. Tout comme celle du Nig&#233;ria, &#224; la suite d'autres en Afrique et, on ne peut que le souhaiter, avant et en m&#234;me temps encore que d'autres26. Ce qui est presque la promesse d'une alternance sans alternative (&#233;conomique, sociale, politique&#8230;), en Angola, caract&#233;ristique des &#233;lections dites d&#233;mocratiques &#8211; quand elles ont lieu &#8211; en Afrique, voire ailleurs, &#224; l'instar du Nig&#233;ria post-r&#233;gimes militaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Angola, au Nig&#233;ria, comme ailleurs, ces manifestations contre les violences polici&#232;res, la &#8220;corruption&#8221;, pour la justice sociale, peuvent &#234;tre l'amorce d'une conscience de la n&#233;cessit&#233;, opt&#233;e, d'une alternative, globale et &#233;mancipatrice, au n&#233;ocolonialisme. Quelles que soient les particularit&#233;s locales, d&#233;terminantes, l'alternative ne sera n&#233;anmoins possible qu'&#224; partir, au moins, de l'auto-organisation combative des classes populaires, des femmes et des jeunes damn&#233;&#183;e&#183;s de ces terres, permanente, diversifi&#233;e et f&#233;d&#233;r&#233;e &#8211; d&#233;passant les instrumentalisations de l'ethnicit&#233; et de la religion d&#233;nonc&#233;es par la dynamique de #EndSARS, par exemple &#8211; &#233;laborant collectivement, de la fa&#231;on la plus large et d&#233;mocratique possible, sur la soci&#233;t&#233;, le mouvement et ses perspectives, sans oublier les contextes africain et mondial. Malgr&#233; l'acc&#233;l&#233;ration cens&#233;e caract&#233;riser notre &#233;poque27, ce travail ne peut &#234;tre effectu&#233; que sans pr&#233;cipitation, avec en m&#233;moire la trajectoire des soul&#232;vements populaires r&#233;cents en Afrique (&#8220;r&#233;cup&#233;ration&#8221; par des repr&#233;sentants politiques des int&#233;r&#234;ts anti-&#233;mancipation populaire), comme ailleurs dans le monde28, ayant prouv&#233; la r&#233;silience du n&#233;ocolonialisme collectif, confirm&#233; de nouveau la force du capitalisme comme syst&#232;me multidimensionnel, &#224; l'immense capacit&#233; d'ensorcellement (y compris au sein du &#8220;camp&#8221; anti-n&#233;olib&#233;ral, voire anticapitaliste) et s'av&#233;rant aussi autoritaire, davantage autoritaire, m&#234;me dans les pays d'ordinaire consid&#233;r&#233;s comme de tradition d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas plus qu'hier et ailleurs, il n'y a pas aujourd'hui, en Angola et au Nig&#233;ria, en Afrique et ailleurs, de bon raccourci pour une auto-&#233;mancipation soucieuse de l&#233;guer aux g&#233;n&#233;rations futures non seulement des soci&#233;t&#233;s bas&#233;es sur les principes de souverainet&#233; populaire, d'&#233;galit&#233; sociale et des genres, de respect de la libert&#233; d'expression, de la dignit&#233; humaine, des diff&#233;rences (orientations sexuelles, par exemple), etc., mais aussi une terre en bonne sant&#233;. Ceci n'est pas possible sous le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; luta continua !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 12 d&#233;cembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1.&lt;br class='autobr' /&gt; Adeniyi Ademoroti, &#171; #EndSARS excluded queer protesters. What will it take for acceptance ? &#187;, African Arguments, 28 october 2020, https://africa&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 2.&lt;br class='autobr' /&gt; La f&#233;ministe Angel Nduka-Nwosu (#SayHerNameNigeria, travaillant sur &#171; les exp&#233;riences genr&#233;es de femmes entre les mains de la police nig&#233;riane &#187; a attir&#233; l'attention sur les faits, entre autres, (s'&#233;tant produits aussi ailleurs qu'au Nig&#233;ria) que &#171; In one of the protests to #ENDSARS in Edo State, three Benin women were raped by men believed to be men protesting against the brutality of SARS. In Lagos, there were numerous stories of women being molested, harassed and even punched in the face by male protesters who explicitly said, &#8220;We will not let a woman lead us&#8221; &#187;, A. Nduka-Nwosu, &#171; #ENDSARS : Is a Woman's Place Really in the Revolution ? &#187;, African Feminism, 25 october 2020, https://africa&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 3.&lt;br class='autobr' /&gt; Femi Aborisade, &#171; Nigeria's movement against brutality and poverty &#187;, in Femi Aborisade et Andy Wynne, &#171; #EndSARS : Nigeria's Mass Movement Protest &#187;, Roape, october 27, 2020, https://roape&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 4.&lt;br class='autobr' /&gt; Abiodun Bagmiboye, Chinedu Bosah, &#171; SPN [Socialist Party of Nigeria] Condemns Suspension of Strike by NLC and TUC Leadership &#187;, Democratic Socialist Movement, 29 september 2020, &lt;a href=&#034;http://www.soc&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.soc&#8230;&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 5.&lt;br class='autobr' /&gt; Cit&#233;e par Kabiru Yusuf, &#171; Nigerian universities on strike for one of every five years since 1999, data shows &#187;, Premium Times, november 4, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.pr&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pr&#8230;&lt;/a&gt;. Pour se faire une id&#233;e de l'&#233;tat de l'universit&#233; publique nig&#233;riane, cf. par exemple, l'interview du pr&#233;sident de l'Academic Staff Union of Universities, Prof. Abiodun Ogunyemi, par Iyabo Lawal, &#171; Strike will continue as long as govt withholds our salaries, says ASUU &#187;, Guardian, 29 october 2020, https://guardi&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 6.&lt;br class='autobr' /&gt; Alfred Olufemi, &#171; October 1 : #RevolutionNow organisers call for nationwidw protest &#187;, Premium, September 25, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.pr&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pr&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; 7.&lt;br class='autobr' /&gt; Par ailleurs, &#171; Pour une partie de la rue, l'&#233;lite politico-affairiste de Lagos constatant le blocage de ses affaires et de ses entreprises, aurait en effet une part de responsabilit&#233; dans ce bain de sang &#187;, affirme Jean-Christophe Servant, &#171; Au Nigeria, le grand dessillement &#187;, Les blogs du Diplo, 6 novembre 2020, https://blog.m&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 8.&lt;br class='autobr' /&gt; Dimeji Akinloye, &#171; Dangote, Elumelu Under Fire for &#8216;Attempting to Corner' #EndSARS Protesters &#187;, Business Elite Africa, october 15, 2020, https://busine&#8230; ; Alfred Olufemi, &#171; #EndSARS : Kwara Governor speaks on controversial meeting with Dangote, Wizkid, others &#187;, Premium Times, october 15, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.pr&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.pr&#8230;&lt;/a&gt;. Il a &#233;t&#233; aussi question de tentative de division du mouvement par instrumentalisation des identit&#233;s ethniques et religieuses, le chef de l'&#201;tat &#233;tant originaire du nord et musulman, o&#249; ont surgi des pro-SARS, et les mobilisations &#233;tant plus dynamiques au sud o&#249; se trouvent, par exemple Lagos, et des &#201;tats p&#233;troliers o&#249; le ch&#244;mage des jeunes est aussi massif qu'ailleurs (cf., par exemple, Seye Olumide, &#171; Rights group urges Nigerians to reject ehnic sentiment on &#8220;EndSARS protests &#187;, Guardian, 1er novembre 2020, https://guardi&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt; 9.&lt;br class='autobr' /&gt; Baba Aye, &#171; #EndSARS : r&#233;bellion, r&#233;pression ] r&#233;sistance in Nigeria &#187;, Amandla !, n&#176; 73/74 december 2020, (p. 45-48), p. 46.&lt;br class='autobr' /&gt; 10.&lt;br class='autobr' /&gt; C'est l'adaptation d'un propos de Fanon sur le racisme dans son intervention au 1er Congr&#232;s des &#201;crivains et Artistes noirs (Paris, 1956) : &#171; Le racisme n'est pas un tout mais l'&#233;l&#233;ment le plus visible, le plus quotidien, pour tout dire, &#224; certains moments, le plus grossier d'une structure donn&#233;e &#187;, F. Fanon, &#171; Racisme et Culture &#187;, republi&#233; dans Pour la r&#233;volution africaine : &#233;crits politiques, Paris, La D&#233;couverte, 2006 [Fran&#231;ois Maspero, 1964], (p. 37-52), p. 39.&lt;br class='autobr' /&gt; 11.&lt;br class='autobr' /&gt; &#192; propos du massacre des 43 agriculteurs par Boko Haram en fin novembre : &#171; We informed Military Before The Attack But Nothing Was Done, Zabarmari Residents Say &#187;, Sahara Reporters, november 30, 2020, http://saharar&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 12.&lt;br class='autobr' /&gt; Ayo Sogunro, &#171; Why #EndSARS won't quit &#187;, Africa Arguments, octobre 15, 2020, https://africa&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 13.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; FULL SPEECH : Buhari's address on #EndSARS protests &#187;, october 22, 2020, https://health&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 14.&lt;br class='autobr' /&gt; Idem.&lt;br class='autobr' /&gt; 15.&lt;br class='autobr' /&gt; La privatisation de l'entreprise nationale d'&#233;lectricit&#233; en 2013 n'a pas r&#233;gl&#233; les probl&#232;mes du r&#233;seau &#233;lectrique national nig&#233;rien, bien au contraire, la situation a empir&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; 16.&lt;br class='autobr' /&gt; Le MPLA &#233;tant soutenu par l'URSS et Cuba, alors que ses adversaires l'Union pour l'ind&#233;pendance totale de l'Angola/UNITA et le Front national de lib&#233;ration de l'Angola/FNLA avaient le soutien des &#201;tats-Unis, de l'Europe occidentale et de l'Afrique du Sud de l'apartheid.&lt;br class='autobr' /&gt; 17.&lt;br class='autobr' /&gt; Sim&#227;o Hossi, &#171; Angola : la police abat un jeune de 23 ans pour infraction aux r&#232;gles de confinement, selon les m&#233;dias locaux &#187;, Global Voices en Fran&#231;ais, 24 ao&#251;t 2020, (traduit par Laim Anderson et V&#233;ronique Danz&#233;), &lt;a href=&#034;https://fr.glo&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.glo&#8230;&lt;/a&gt;. Cf. aussi, par exemple, du m&#234;me &#171; En Angola, des manifestant&#183;e&#183;s r&#233;clament justice pour S&#237;lvio Dala, un m&#233;decin d&#233;c&#233;d&#233; en garde &#224; vue &#187;, Global Voices en Fran&#231;ais, 25 septembre 2020 (traduit par Laila Le Guen), &lt;a href=&#034;https://fr.glo&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.glo&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; 18.&lt;br class='autobr' /&gt; Selon la Banque mondiale, se r&#233;f&#233;rant au seuil tr&#232;s complaisant de 1,9 $ &#233;tats-unien, the absolute number of poor in Angola actually increased from 4.9 million to 6.7 million between 2000 and 2014, reaching over 10 million by 2018. &#187; sur une population d'environ 31 millions de personnes, World Bank, Angola Poverty Assessment, june 24, 2020, p.ii, https://openkn&#8230;.&lt;br class='autobr' /&gt; 19.&lt;br class='autobr' /&gt; Selon le titre de l'ouvrage d'Estelle Maussion (journaliste &#224; Jeune Afrique), La dos Santos Company. Mainmise sur l'Angola, Paris, Karthala, 2019. Cf. aussi les Luanda Leaks de l'International Consortium of Investigative Journalism (ICIJ, &lt;a href=&#034;https://www.ic&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ic&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; 20.&lt;br class='autobr' /&gt; Cf., par exemple, la longue liste &#233;tablie par un des membres de l'ICIJ, Max de Haldevang, &#171; All the Companies tied to Isabel dos Santos &#187;, Quartz, january 19, 2020, &lt;a href=&#034;https://qz.com&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://qz.com&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt; 21.&lt;br class='autobr' /&gt; Ce qu'il a d&#233;clar&#233; &#224; une d&#233;l&#233;gation de la jeunesse manifestante qu'il a re&#231;ue le 26 novembre 2020, pour un dialogue.&lt;br class='autobr' /&gt; 22.&lt;br class='autobr' /&gt; Coalition of Protest Groups, &#171; A Statement from The Coalition of Protest Groups Accross Lagos and Nigeria &#187;, (cpgnigeria.medium.com, october 23, 2020, https://cpgnig&#8230;).&lt;br class='autobr' /&gt; 23.&lt;br class='autobr' /&gt; &#171; These protests have never been politically motivated. It is not about ethnicity or tribalism. The young people across the country are demanding justice, good governance, accountability and reforms &#187;, Coalition of Protest Groups, idem. D'o&#249;, comme partout ailleurs dans le monde, la revendication, face &#224; la croissance des in&#233;galit&#233;s sociales, d'une suppos&#233;e juste redistribution des richesses, sans remise en cause du capitalisme, dans une nostalgie mal fond&#233;e du capitalisme des &#171; Trente Glorieuses &#187;, de l'&#171; &#201;tat providence &#187;/du &#171; Welfare State &#187;. C'est ce qui distingue de nos jours l'anti-n&#233;olib&#233;ralisme (anti-anticapitaliste) de l'anticapitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt; 24.&lt;br class='autobr' /&gt; Une coalition d'organisations de travailleurs/travailleuses salari&#233;&#183;e&#183;s et une septantaine d'organisations de la soci&#233;t&#233; civile cr&#233;&#233;e &#171; for the protection of the interest of workers and the vulnerable poor against the far-reaching economic and socio-cultural impact of COVID-19 in Nigeria &#187;, Sahara Reporters, &#171; Covid-19 : Falana Heads New Coalition to Champion Workers' Interest, Welfare &#187;, April 29, 2020, http://saharar&#8230;'-interest-welfare.&lt;br class='autobr' /&gt; 25.&lt;br class='autobr' /&gt; Extrait de la d&#233;claration ins&#233;r&#233;e dans Andy Wynne, &#171; #EndSARS Protestors in Nigeria Need Our Solidarity &#187;, in Femi Aborisade et Andy Wynne, op. cit.&lt;br class='autobr' /&gt; 26.&lt;br class='autobr' /&gt; Au moment o&#249; s'ach&#232;ve la r&#233;daction de cet article, le mouvement #EndSARS essaie de se relancer, malgr&#233; les menaces de r&#233;pression ouvertement exprim&#233;es par le chef de la police nig&#233;riane, &#224; demi-mot par le chef de l'&#201;tat, soutenus d'une certaine fa&#231;on par des organisations de la soci&#233;t&#233; civile (y compris un syndicat &#233;tudiant) &#8211; la soci&#233;t&#233; civile &#233;tant aussi le champs d'int&#233;r&#234;ts divergents, voire contradictoires &#8211;, exprimant leur hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard d'une nouvelle mobilisation, en arguant d'une in&#233;vitabilit&#233; des destructions et pillages qui s'ensuivraient. Par ailleurs, le gouvernement a annonc&#233; une tr&#232;s l&#233;g&#232;re baisse du prix du carburant &#224; la pompe, ayant subi en quelques mois cinq hausses, et n'exclut pas une baisse &#224; venir du prix de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt; 27.&lt;br class='autobr' /&gt; Hartmut Rosa, Acc&#233;l&#233;ration. Une critique sociale du temps, Paris, La D&#233;couverte, 2010 [Berlin, 2005].&lt;br class='autobr' /&gt; 28.&lt;br class='autobr' /&gt; Par exemple, dans un entretien, le co-fondateur du mouvement burkinab&#233; Le balai citoyen, l'artiste Smockey affirme qu' &#171; On a vu ce qui est arriv&#233; aux Podemos, en Espagne, et on en a tir&#233; les le&#231;ons, on a trouv&#233; d'autres moyens pour plonger dans l'eau sans se mouiller [rires]. On verra le r&#233;sultat dans quelques ann&#233;es &#187;, Smockey (propos recueillis par S&#233;verine Kodjo-Grandvaux), &#171; La vraie question est de savoir si ce sont les &#233;lites qui ont trahi les peuples &#187;, Le Monde, 5 octobre 2020, &lt;a href=&#034;https://www.le&#8230;&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.le&#8230;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Kwame Nkrumah et la lutte de classe : &#171; African personality &#187;, consciencisme et panafricanisme dans le capitalisme &#8211; Partie I</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-45799</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-45799</guid>
		<dc:date>2020-11-24T12:08:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Histoire</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;1960 est l'ann&#233;e du passage du Ghana au statut de r&#233;publique, Kwame Nkrumah en devenant le pr&#233;sident. Soixante ans plus tard, il demeure en Afrique une r&#233;f&#233;rence majeure. Cependant, il y a cinq d&#233;cennies d&#233;j&#224;, le philosophe Paulin Hountondji avait lanc&#233; un appel : &#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187;. C'est &#224; une compr&#233;hension de cet &#233;chec que veut, modestement, contribuer ce texte. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la deuxi&#232;me partie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lire la troisi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Histoire-+" rel="tag"&gt;Histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton45799-fe830.jpg?1678984477' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1960 est l'ann&#233;e du passage du Ghana au statut de r&#233;publique, Kwame Nkrumah en devenant le pr&#233;sident. Soixante ans plus tard, il demeure en Afrique une r&#233;f&#233;rence majeure. Cependant, il y a cinq d&#233;cennies d&#233;j&#224;, le philosophe Paulin Hountondji avait lanc&#233; un appel : &#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187;. C'est &#224; une compr&#233;hension de cet &#233;chec que veut, modestement, contribuer ce texte.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article55717&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-46541&#034;&gt;deuxi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lire la &lt;a href=&#034;https://www.pressegauche.org/Kwame-Nkrumah-et-la-lutte-de-classe-African-personality-consciencisme-et-465&#034;&gt;troisi&#232;me partie&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1960, une dizaine de colonies europ&#233;ennes d'Afrique acc&#233;daient &#224; l'ind&#233;pendance, rejoignant ainsi les huit &#201;tats africains existant alors. Parmi lesquels, le dernier &#224; avoir acquis son ind&#233;pendance, en 1957 : l'&#201;tat du Ghana, avec Kwame Nkrumah, dirigeant du Convention People's Party (CPP), comme Premier ministre, mais en restant n&#233;anmoins sous l'autorit&#233; de la couronne d'Angleterre, au sein du Commonwealth. 1960 est l'ann&#233;e du passage du Ghana au statut de r&#233;publique, K. Nkrumah en devenant le pr&#233;sident. Avec le projet de construction d'un Ghana socialiste, appel&#233; &#224; &#234;tre un fer de lance de la d&#233;colonisation int&#233;grale de l'Afrique, de la &#171; r&#233;volution africaine &#187;, pour la construction de l'unit&#233; africaine. Comme le pr&#244;naient aussi au m&#234;me moment, avec quelques diff&#233;rences, d'autres activistes et id&#233;ologues africains, &#224; l'instar de Mehdi Ben Barka, Amilcar Cabral, Frantz Fanon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soixante ans apr&#232;s, dans une Afrique qui demeure prisonni&#232;re du n&#233;ocolonialisme, comme forme de la domination capitaliste, sur lequel il a mis l'accent (Le N&#233;ocolonialisme dernier stade de l'imp&#233;rialisme), K. Nkrumah demeure une r&#233;f&#233;rence majeure pour nombre de partisan&#183;e&#183;s de l'&#233;mancipation des peuples africains. Mais ceux-l&#224; demeurent le plus souvent install&#233;&#183;e&#183;s dans ce que l'historien Adiele Eberechukuwu Afigbo a nomm&#233; &#171; les mythologies oppos&#233;es de l'imp&#233;rialisme et du nationalisme des peuples coloniaux [1] &#187;, plut&#244;t que proc&#233;dant &#224; un examen des rapports entre les id&#233;aux proclam&#233;s (socialisme, panafricanisme) les pratiques du r&#233;gime de Nkrumah (et son parti) et l'esprit de ce temps-l&#224;. Comme l'expression d'une surdit&#233; &#224; l'appel lanc&#233; il y a cinq d&#233;cennies par le philosophe Paulin Hountondji : &#171; L'&#233;chec de Nkrumah m&#233;rite d'&#234;tre m&#233;dit&#233; &#187; [2]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; une compr&#233;hension de cet &#233;chec que veut, modestement, contribuer ce texte, &#224; la suite d'autres, plut&#244;t contemporains de Nkrumah. Mais aussi, bri&#232;vement, &#224; la lumi&#232;re de deux d&#233;cennies de gestion du pouvoir par l'African National Congress de Nelson Mandela, ayant promis une &#171; Renaissance africaine &#187; en se r&#233;f&#233;rant &#224;, entre autres, l'Ubuntu, cette version locale de l'african personality, ce concept africaniste ayant inspir&#233; le consciencisme de Nkrumah et par lequel va commencer ce texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nkrumah sur les pas de Blyden : African personnality et consciencisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partisan de la &#8220;r&#233;volution africaine&#8221;, d'une &#233;mancipation de l'Afrique non seulement du colonialisme mais aussi du n&#233;ocolonialisme [3], Nkrumah, militant et intellectuel anticolonialiste, puis dirigeant de l'&#201;tat ghan&#233;en (&#224; partir de 1957), s'est abreuv&#233; intellectuellement &#224;, entre autres, ce que Valentin Mudimbe a nomm&#233; la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187; . Il s'agit, grosso modo, des connaissances sur les peuples ou soci&#233;t&#233;s colonis&#233;es d'Afrique produites pendant la domination coloniale par des administrateurs, des militaires, des missionnaires religieux, des savants, des entrepreneurs, des aventuriers. Connaissances qui se caract&#233;risent g&#233;n&#233;ralement par une essentialisation des diff&#233;rences culturelles, r&#233;sultant de la combinaison d'une observation superficielle, d'une compr&#233;hension a-historique, voire fantasmatique, influenc&#233;es par les diff&#233;rences biologiques apparentes dites raciales, des dits peuples ou soci&#233;t&#233;s. La pens&#233;e originelle de Nkrumah, tout comme celle l'ayant pr&#233;c&#233;d&#233;e, de L&#233;opold S&#233;dar Senghor, chantre de la n&#233;gritude, peut alors &#234;tre consid&#233;r&#233; comme une illustration du fait que &#171; ce qui finit par &#234;tre textualis&#233; comme la v&#233;rit&#233; de la culture indig&#232;ne est une part qui finit par &#234;tre incorpor&#233;e de fa&#231;on ambivalente dans les archives du savoir colonial [4] &#187;, l&#233;gu&#233; &#224;, ou assum&#233; d'une certaine fa&#231;on par, une grande partie de l'&#233;lite post-coloniale/n&#233;ocoloniale. Celle-ci arrivait, du fait aussi d'un certain empirisme, &#224; oublier que son interpr&#233;tation, essentialis&#233;e, de ladite culture &#8211; n&#233;gro-africaine en l'occurrence &#8211; d&#233;coulait en fait de ce savoir colonial, la posant d&#232;s lors faussement comme authenticit&#233;. Ainsi, il en est du discours de Nkrumah sur l'&#233;mancipation de l'Afrique, fond&#233; sur l'African personality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nkrumah n'en est pas l'initiateur. Car sans qu'il s'en r&#233;f&#232;re, ni dans son Autobiographie (1956) ni dans Le Consciencisme (1964, 1969) [5], c'est le Lib&#233;rien Edward Blyden (1832-1912) &#8211; originaire de la Cara&#239;be danoise, ayant immigr&#233; aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, puis arriv&#233; au Lib&#233;ria dans le cadre de l'American Colonization Society [6] &#8211; qui est consid&#233;r&#233; comme le premier &#224; avoir parl&#233; de l'African personality, dans la deuxi&#232;me moiti&#233; des ann&#233;es 1800. C'est ainsi un pr&#233;d&#233;cesseur aussi bien du n&#233;grisme ha&#239;tien [7], de la Renaissance noire de Harlem (New York, &#201;tats-Unis) que de la n&#233;gritude con&#231;ue &#224; Paris dans les ann&#233;es 1930, par les Antillais&#183;es Aim&#233; C&#233;saire, Suzanne C&#233;saire, Paulette Nadal, le Guyanais L&#233;on-Gontran Damas, le S&#233;n&#233;galais L&#233;opold S&#233;dar Senghor (qui va aussi parler de la &#171; personnalit&#233; africaine &#187;), etc. Bien avant que l'anthropologue ha&#239;tien Ant&#233;nor Firmin publie De l'&#233;galit&#233; des races (1885), une critique de l'Essai sur l'in&#233;galit&#233; des races humaines (1853-1855) du Fran&#231;ais Joseph-Arthur de Gobineau (1816-1882), Blyden avait rejet&#233; l'id&#233;e d'une inf&#233;riorit&#233; naturelle des Noir&#183;e&#183;s stipulant par exemple, selon lui, que &#171; The Negro is the European in embryo &#8211; in the undevelopped stage &#8211; and that when, by and by, he shall enjoy the advantages of civilisation and culture, he will become like the European [8] &#187;, gr&#226;ce &#224; la &#8220;mission civilisatrice&#8221;. &#192; cette hi&#233;rarchisation, il opposait le parall&#233;lisme des races : &#171; they are distinct but equal [&#8230;] Each race is endowed with peculiar talents, and watchful to the last degree is the great Creator over the individuality, the freedom and independance of each. In the music of the universe each shall give a different sound, but necessary to the grand symphony [9] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation coloniale des N&#233;gro-Africain&#183;e&#183;s, la pr&#233;tendue &#171; mission civilisatrice &#187; par les colons europ&#233;ens (blancs), &#233;tait ainsi selon Blyden, une entreprise de d&#233;naturation de ladite African personality &#233;manant de la culture n&#233;gro-africaine authentique/traditionnelle, d'avant les contacts directs, post-m&#233;di&#233;vaux, avec la civilisation dite europ&#233;enne ou blanche. Blyden alimentait ainsi le racialisme de l'ethnologie, alors en cours d'&#233;laboration depuis quelque temps, essentialisant les diff&#233;rences culturelles sous forme de d&#233;terminisme g&#233;ographique, voire biologique (racial), plut&#244;t que de proc&#233;der &#224; une analyse historique et compar&#233;e des diff&#233;rentes soci&#233;t&#233;s humaines, sans les lunettes raciales et hi&#233;rarchisantes des colons. Ces lunettes, l'anthropologue, philosophe et sociologue fran&#231;ais Lucien L&#233;vy-Bruhl (1857-1939), va continuer de les porter, avec une fi&#232;re allure de savant. Celui des &#171; soci&#233;t&#233;s inf&#233;rieures &#187; (1910) et de la &#171; mentalit&#233; primitive &#187; (1922) [10], qui ont particuli&#232;rement marqu&#233; l'ethnologie coloniale de la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la fin des ann&#233;es 1950 au mitan des ann&#233;es 1960, Nkrumah met l'accent sur l'African personality &#8211; en parlant parfois en termes de &#171; g&#233;nie africain &#187; &#8211; qu'il tient &#224; distinguer de la n&#233;gritude (dont les chantres ont longtemps ignor&#233; l'existence de l'&#339;uvre de Blyden [11]) : &#171; When I speak of the African genius, I mean something different from negritude [&#8230;] I mean something positive, our socialist conception of society, the efficiency and validity of our traditional statecraft, our highly developed code of morals, our hospitality and our purposal energy [12] &#187;. Une d&#233;finition qui n'aurait pas, pourtant, disconvenu &#224; la n&#233;gritude senghorienne (&#171; ensemble des valeurs culturelles du monde noir, telles qu'elles s'expriment dans la vie, les institutions et les &#339;uvres des noirs &#187;) qui s'&#233;tait abreuv&#233;e, entre autres, aux m&#234;mes sources que Blyden, la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187;, en la transfigurant (positivement), ainsi qu'au v&#233;cu, appr&#233;hend&#233; a-historiquement, des soci&#233;t&#233;s n&#233;gro-africaines (il n'y a pas, &#224; l'&#233;poque de Blyden, puis de la naissance de la n&#233;gritude, de production ethnologique n&#233;gro-africaine, &#224; proprement parler). Pourtant, l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dant celle de la d&#233;finition ci-dessus cit&#233;e, lors du 1er congr&#232;s international des africanistes (1962) &#8211; organis&#233; sous ses auspices &#224; Accra &#8211;, Nkrumah, particuli&#232;rement pr&#233;occup&#233; par une riche connaissance de l'Afrique qu'il consid&#233;rait comme une condition de son &#233;mancipation, avait appel&#233; au remplacement de l'ethnologie/anthropologie par la sociologie &#171; qui, plus que toute autre discipline, apporte les fondements les plus solides pour une politique sociale [13] &#187;. Certes, en s'illusionnant implicitement sur la neutralit&#233; axiologique de ladite sociologie qui &#233;tait d&#233;j&#224; riche en courants pouvant &#234;tre oppos&#233;s, par exemple sur le choix de leurs objets (mettant en avant tel(s) aspect (s) de la r&#233;alit&#233; sociale ou l'(les) occultant), de leurs m&#233;thodes, etc. Toutefois, il ne se privait pas de demeurer, en m&#234;me temps, attach&#233; &#224; l'affirmation de la suppos&#233;e African personality qui pourtant ne se fondait pas th&#233;oriquement/gnos&#233;ologiquement sur une sociologie de l'Afrique d'avant l'intrusion europ&#233;enne. Ainsi, ladite African personality est l'un des principes de sa &#171; philosophie et id&#233;ologie pour la d&#233;colonisation et le d&#233;veloppement avec une r&#233;f&#233;rence particuli&#232;re &#224; la r&#233;volution africaine &#187; : le consciencisme, expos&#233; dans l'ouvrage &#233;ponyme (1964), cens&#233; combler &#171; l'absence d'id&#233;ologie &#187; constat&#233;e et d&#233;plor&#233;e par Fanon (&#171; Cette Afrique &#224; venir &#187;, 1960, in Pour la r&#233;volution africaine), contribuer &#224; la r&#233;solution de la &#171; crise de la connaissance &#187; hypoth&#233;quant la &#171; r&#233;volution africaine &#187; selon Cabral [14].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Consciencisme et classes sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dite id&#233;ologie, le consciencisme, dessine un horizon &#8220;socialiste&#8221;, notamment en cons&#233;quence d'une fr&#233;quentation par Nkrumah de la th&#233;orie marxiste, des activistes marxistes noir&#183;e&#183;s aux &#201;tats-Unis et en Grande-Bretagne &#8211; &#224; l'instar du Trinidadien Cyril Lionel Robert James &#8211;, des marxistes de la sous-r&#233;gion ouest-africaine. Socialiste se proclame le parti de Nkrumah, le Convention People's Party (CPP) dans son programme : &#171; Le Nkruma&#239;sme, fond&#233; sur le socialisme scientifique, a une valeur universelle &#187; [15]. Cependant ledit &#8220;socialisme&#8221; est n&#233;anmoins &#224; consid&#233;rer comme un syncr&#233;tisme, car le m&#234;me programme parle d'&#171; une adaptation des principes socialistes aux donn&#233;es africaines &#187;. Il est question pour le th&#233;oricien du consciencisme de r&#233;-enracinement dans la suppos&#233;e tradition sociale africaine, consid&#233;r&#233;e comme communaliste : &#171; Dans la soci&#233;t&#233; africaine traditionnelle, en effet, aucun int&#233;r&#234;t ne pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme d&#233;terminant ; les pouvoirs l&#233;gislatif ou ex&#233;cutif ne soutenaient les int&#233;r&#234;ts d'aucun groupe particulier. Le but supr&#234;me &#233;tait le bien du peuple tout entier &#187; [16]. Le consciencisme a donc pour but de &#171; rendre &#224; l'Afrique ses principes sociaux humanistes et &#233;galitaires &#187; (p. 96), de &#171; reconstituer la soci&#233;t&#233; &#233;galitaire &#187; (p. 98). N&#233;anmoins &#8211; comme cela appara&#238;t d&#233;j&#224; chez le th&#233;ologien chr&#233;tien Blyden (manifestant un faible pour l'islam) [17] &#8211; l'Afrique va &#171; assimiler les &#233;l&#233;ments occidentaux, musulmans et euro-chr&#233;tiens pr&#233;sents en Afrique et les transformer de fa&#231;on &#224; ce qu'ils s'ins&#232;rent dans la personnalit&#233; africaine. Celle-ci se d&#233;finit elle-m&#234;me par l'ensemble des principes humanistes sur quoi repose la soci&#233;t&#233; africaine traditionnelle &#187; (idem). R&#233;-enracinement qu'exprimait en 1961 un des principaux dirigeants du CPP, Kofi Baako (ministre de l'&#201;ducation et de l'Information, puis de la D&#233;fense, 1961-1966), l'un des principaux promoteurs du &#8220;nkruma&#239;sme&#8221; : &#171; L'Afrique &#233;tait d'ailleurs pr&#233;destin&#233;e au Nkruma&#239;sme : la soci&#233;t&#233; traditionnelle est pr&#233;sent&#233;e comme une soci&#233;t&#233; &#8220;communautaire, c'est-&#224;-dire socialiste&#8221; (K. Baako). M. Baako ajoute : &#8220;Nous portons les v&#234;tements de nos familles, nous mangeons ensemble et nous partageons en g&#233;n&#233;ral avec autrui. C'est cela le socialisme et si un livre sur le socialisme devait &#234;tre &#233;crit, il l'aurait &#233;t&#233; en Afrique longtemps avant que Marx n'en ait eu l'id&#233;e&#8221; [18] &#187;, ou, un peu plus longuement : &#171; La soci&#233;t&#233; africaine a toujours repos&#233; sur la conscience des devoirs mutuels et l'individualisme n'a jamais fait partie de nos conceptions traditionnelles. L'&#233;galitarisme et l'appartenance &#224; une communaut&#233; ont &#233;t&#233; la base de la soci&#233;t&#233; africaine. Le socialisme a toujours &#233;t&#233; le trait essentiel de la soci&#233;t&#233; africaine, qui est fond&#233;e sur un point de vue spirituel (valeur de l'individu comme &#234;tre spirituel) et un point de vue humaniste. Chaque individu est sacr&#233; et nous nous consid&#233;rons tous comme ayant &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s de la m&#234;me mani&#232;re par le m&#234;me Cr&#233;ateur [&#8230;] Si nous sommes tous enfants de Dieu, alors &#233;tant fr&#232;res et s&#339;urs issus d'un m&#234;me p&#232;re, nous avons des devoirs mutuels, et la conscience du devoir de l'individu &#224; l'&#233;gard de la soci&#233;t&#233; et &#224; l'&#233;gard de tout autre &#234;tre humain est la base m&#234;me de tout socialisme [19] &#187;. Nous pouvons souligner en passant que ces propos, en plus des traces de monoth&#233;isme chr&#233;tien ou musulman d'origine extra-africaine orientale, expriment une flagrante ignorance des cultures, de la vie du monde rural europ&#233;en (du Moyen &#194;ge au d&#233;but du XXe si&#232;cle), assez caract&#233;ristique du culturalisme diff&#233;rentialiste n&#233;gro-africain, maladroitement, asym&#233;triquement comparatiste [20]. &#201;tant en cela h&#233;ritier non seulement du savoir colonial, mais aussi de l'urbanocentrisme, d'une esp&#232;ce de honte moderniste &#224; l'&#233;gard du monde rural historique europ&#233;en/des cultures rurales europ&#233;ennes, dominant au sein de l'intelligentsia m&#233;tropolitaine, europ&#233;enne &#8211; ethnologues de l'ailleurs inclus&#183;es &#8211;, se d&#233;tournant g&#233;n&#233;ralement de la n&#233;anmoins riche production des folkloristes de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, Le Consciencisme n'est nullement aveugle aux changements que le colonialisme a fait subir aux soci&#233;t&#233;s africaines, &#224; l'instar du recyclage (&#8220;indirect rule&#8221;, gouvernement indirect colonial britannique), plut&#244;t qu'une &#233;radication, des hi&#233;rarchies traditionnelles &#8211; allant du roi &#224; ses sujets, et &#224; leurs esclaves &#8211;, des nouvelles hi&#233;rarchies sociales (modernes) parmi les colonis&#233;&#183;e&#183;s. Ainsi, il y est question de tous ces colonis&#233;s (&#171; cadres africains &#187;, &#171; commer&#231;ants et n&#233;gociants, des gens de loi, des m&#233;decins, des politiciens et des syndicalistes &#187;, &#171; aussi des &#233;l&#233;ments &#224; l'esprit f&#233;odal &#187;) qui, bien avant l'ind&#233;pendance, &#171; form&#232;rent quelque chose de parall&#232;le &#224; la bourgeoisie europ&#233;enne [&#8230;] une classe d&#233;sormais associ&#233;e au pouvoir social &#187; (p. 87-88). Les int&#233;r&#234;ts sociaux, &#233;conomiques, de ladite classe &#233;tant ainsi objectivement divergents de ceux des colonis&#233;&#183;e&#183;s des autres classes sociales, les plus subalternes ; voire ils pouvaient leur &#234;tre antagoniques. Malgr&#233; le changement qu'a constitu&#233; l'ind&#233;pendance, cela n'avait pas &#233;t&#233; emport&#233; avec le colonialisme (par la d&#233;colonisation).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, en d&#233;pit d'une certaine volont&#233; de distinguer le conciencisme de la n&#233;gritude senghorienne, se constate chez Nkrumah une certaine adh&#233;sion &#224; l'id&#233;e d'une rationalit&#233; n&#233;gro-africaine caract&#233;ris&#233;e par son non-antagonisme, que Senghor opposait &#224; la suppos&#233;e rationalit&#233; antagonique blanche/europ&#233;enne [21] &#8211; la lutte des classes pouvant &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une de ses manifestations. Selon l'un de ses proches collaborateurs d'alors, le marxiste (ayant cess&#233; de l'&#234;tre plus tard) nig&#233;rian Samuel Ikoku, le pr&#233;sident Nkrumah &#171; ne tenait pas suffisamment compte du r&#244;le des classes &#187; [22]. Il mettait plut&#244;t l'accent sur le peuple, la nation, dont les int&#233;r&#234;ts sont consid&#233;r&#233;s comme devant finir, en p&#233;riode post-coloniale, par transcender ceux des classes sociales. Il est, d&#232;s lors, question dans Le Consciencisme du &#171; soutien qu'il [le CPP] re&#231;oit de la nation enti&#232;re &#187; qui &#171; lui permet de songer avec r&#233;alisme &#224; introduire des changements fondamentaux dans l'imbroglio social qu'a laiss&#233; le colonialisme &#187; (p. 123). Le soutien de la &#171; nation enti&#232;re &#187; fait r&#233;f&#233;rence au choix majoritaire/populaire (lors du r&#233;f&#233;rendum de janvier 1964) d'instaurer le monopartisme. La n&#233;cessit&#233; d'un r&#233;gime de parti unique &#233;tait justifi&#233;, entre autres, par l'id&#233;e qu'&#171; un syst&#232;me parlementaire &#224; plusieurs partis [&#8230;] ne serait en r&#233;alit&#233; qu'une ruse pour perp&#233;tuer de fa&#231;on sournoise la lutte in&#233;vitable entre les &#8220;nantis&#8221; et les &#8220;d&#233;poss&#233;d&#233;s&#8221; &#187; (p. 123) &#8211; clivage consid&#233;r&#233; comme produit que sous le colonialisme. Autrement dit ce n'est pas l'existence objective de ces classes sociales &#8211; aussi embryonnaires fussent certaines d'entre elles &#8211; qui constituait un probl&#232;me pour le consciencisme de Nkrumah, mais l'expression politique de leurs int&#233;r&#234;ts objectivement divergents, leur conflictualit&#233; pourtant reconnue en m&#234;me temps comme &#171; in&#233;vitable &#187;. Le consciencisme contribuait ainsi, th&#233;oriquement, &#224; la justification &#224; post&#233;riori de l'instauration du monopartisme par les nouveaux &#201;tats africains. Ceux-ci ayant g&#233;n&#233;ralement pr&#233;text&#233; de la n&#233;cessit&#233; de pr&#233;server l'unit&#233; nationale, face &#224; la suppos&#233;e menace de dislocation nationale qu'&#233;tait cens&#233;e repr&#233;senter la pluralit&#233; des partis politiques, suppos&#233;s user et abuser du client&#233;lisme ethnique/tribal. Bref, Nkrumah, &#224; l'instar de ses pairs, plaquait sur la soci&#233;t&#233; post-coloniale la grille de lecture ethnologique d'une suppos&#233;e soci&#233;t&#233; traditionnelle pr&#233;-coloniale, communaliste dans laquelle &#171; aucun int&#233;r&#234;t &#187; n'&#233;tait &#171; consid&#233;r&#233; comme d&#233;terminant &#187;. La gouvernance conscienciste devant ainsi revitaliser l'African personality.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette conception invalidant la lutte des classes dans les soci&#233;t&#233;s africaines post-coloniales &#233;tait assez courante &#224; l'&#233;poque, y compris chez celles/ceux &#8211; aussi rares soient-elles/ils parmi les &#233;lites n&#233;gro-africaines et leurs ami&#183;e&#183;s extra-africain&#183;e&#183;s &#8211; qui n'adh&#233;raient pas &#224; quelque variante du culturalisme n&#233;gro-africain (n&#233;gritude, African personality, l' &#171; ujaama &#187; du Tanganyikais puis Tanzanien Julius Nyerere, etc.). Il en est ainsi, par exemple, du principal conseiller &#233;conomique (1957-1958) du Premier ministre Nkrumah, l'Antillais britannique noir, originaire de Sainte-Lucie, William Arthur Lewis, sp&#233;cialiste de l'&#233;conomie du d&#233;veloppement &#8211; capitaliste s'entend (laur&#233;at, plus tard, en 1979, du Prix de la Banque Royale de Su&#232;de, couramment dit Prix Nobel d'&#233;conomie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;W. Arthur Lewis et l'inapplicabilit&#233; du marxisme en Afrique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De culture politique fabienne [23], et panafricaniste, Lewis consid&#233;rait, au cours de l'ann&#233;e ayant suivi la publication de Le Consciencisme, que &#171; la soci&#233;t&#233; ouest-africaine [espace auquel appartient le Ghana] n'entre pas dans les cat&#233;gories marxiennes &#187; [24], &#171; L'Afrique occidentale n'est absolument pas une soci&#233;t&#233; de classe dans l'acception marxienne &#187; (idem) &#171; il n'y a pas l&#224;-bas de classes sociales &#187; (p. 20). Il allait ainsi, apparemment, au del&#224; du pr&#233;sident Nkrumah qui reconnaissait n&#233;anmoins leur existence, de fa&#231;on assez impr&#233;cise certes, tout en &#233;vacuant leur conflictualit&#233; (couramment consid&#233;r&#233;e comme consubstantielle), pr&#244;nant sa caducit&#233; apr&#232;s l'ind&#233;pendance. Ce qui revient g&#233;n&#233;ralement &#224; vouloir voiler la conflictualit&#233;, en faveur de la classe dominante. Et Lewis pr&#233;cisait que &#171; Cela veut dire, non pas que la th&#233;orie marxienne soit fausse, mais que vraie ou fausse, elle ne s'applique pas &#224; l'Afrique occidentale, et c'est un fait d'une importance &#233;norme &#187; (ibidem), &#171; on essaie d'importer cette philosophie en Afrique occidentale, elle s'y r&#233;v&#232;le en grande partie inapplicable &#187; (idem). Cette pr&#233;tendue inapplicabilit&#233; du marxisme en Afrique ou son statut d'&#8220;id&#233;ologie import&#233;e&#8221; (exprim&#233;e aussi dans les rangs du CPP au pouvoir, malgr&#233; l'adh&#233;sion au &#171; socialisme scientifique &#187; proclam&#233;e dans son programme), relevait, comme dit pr&#233;c&#233;demment, d'un sens commun politico-intellectuel pendant les ann&#233;es 1960, voire jusqu'&#224; la d&#233;cennie suivante. Cela &#224; partir d'une compr&#233;hension de la &#171; th&#233;orie marxienne &#187; &#8211; l'usage de &#171; marxien &#187; dans l'ouvrage de Lewis ne rel&#232;ve pas de la distinction, assez courante en marxologie, avec &#8220;marxiste&#8221;, le premier cens&#233; renvoyer au texte de Marx, le second aux textes et pratiques de celles et ceux qui se r&#233;clament de lui/sa pens&#233;e (&#224; commencer par Engels), non sans connotation p&#233;jorative &#8211; qui est &#233;videmment probl&#233;matique, plut&#244;t simpliste, m&#233;caniste, voire relevant comme du &#171; ou&#239;-dire [25] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la &#171; th&#233;orie marxienne &#187; est &#233;voqu&#233;e par Lewis dans un sens dont le rejet par Marx lui-m&#234;me pouvait &#234;tre connu, &#224; l'&#233;poque, au sein de l'intelligentsia africaine ou panafricaniste. Par exemple, l'&#233;conomiste et dirigeant politique s&#233;n&#233;galais, Mamadou Dia [26], un socialisant non communiste, se disant m&#234;me &#171; marxiste sans l'ath&#233;isme [27] &#187; (car musulman), faisait d&#233;j&#224; r&#233;f&#233;rence, au cours des ann&#233;es 1950 [28], &#224; la correspondance de Marx relative au sens de la derni&#232;re phrase du chapitre XXVI de la premi&#232;re &#233;dition du livre 1 de Le Capital (&#171; Mais tous les autres pays de l'Europe occidentale parcourent le m&#234;me mouvement [que celui de l'Angleterre], bien que selon le milieu il change de couleur locale, ou se resserre dans un cercle plus &#233;troit, ou pr&#233;sente un caract&#232;re moins fortement prononc&#233;, ou suive un ordre de succession diff&#233;rent &#187;). Dans une des lettres &#8211; auxquelles se r&#233;f&#232;re Mamadou Dia &#8211; adress&#233;e &#224; Nikola&#239; Mikhailovski (1877), Marx avait pr&#233;cis&#233;, &#224; propos de cette phrase &#8211; concernant l'Europe occidentale, m&#234;me pas toute l'Europe, et surtout pas le monde entier &#8211; qu'il ne s'agissait pas d'&#171; une th&#233;orie historico-philosophique de la marche g&#233;n&#233;rale, fatalement impos&#233;e &#224; tous les peuples, quelles que soient les circonstances historiques o&#249; ils se trouvent plac&#233;s &#187; ou &#171; une th&#233;orie historico-philosophique dont la supr&#234;me vertu consiste &#224; &#234;tre supra-historique &#187;. Il l'illustra par la suite, de fa&#231;on plus pr&#233;cise, en r&#233;ponse &#224; une question de la populiste russe Vera Zassoulitch (1881), relative &#224; la phrase de Marx, concernant la Russie dont le d&#233;veloppement &#233;tait assez diff&#233;rent de celui de l'Angleterre, des pays d'Europe occidentale : &#171; en Russie gr&#226;ce &#224; une combinaison de circonstances unique, la commune rurale, encore &#233;tablie sur une &#233;chelle nationale, peut graduellement se d&#233;gager de ses caract&#232;res primitifs et se d&#233;velopper directement comme &#233;l&#233;ment de la production collective sur une &#233;chelle nationale &#187; ou &#171; cette commune est le point d'appui de la r&#233;g&#233;n&#233;ration sociale en Russie &#187; [29]. Autrement dit, il ne s'agissait nullement d'ajuster la r&#233;alit&#233; russe d'alors &#224; une sorte de lit de Procuste [30] marxiste qui consisterait en une soumission de la r&#233;alit&#233; russe aux diff&#233;rentes &#233;tapes par lesquelles s'&#233;tait d&#233;velopp&#233; le capitalisme en Angleterre. Ce qui aurait plut&#244;t relev&#233; de la conception traditionnelle de la m&#233;thode (&#224; laquelle n'adh&#233;raient pas Marx et Engels) consid&#233;r&#233;e comme un &#8220;outil&#8221; ext&#233;rieur &#224; l'objet ; tradition allant du philosophe grec antique Aristote au philosophe des Lumi&#232;res, Emmanuel Kant, et &#224; laquelle s'&#233;tait oppos&#233; Hegel en d&#233;finissant la m&#233;thode comme la structure du tout expos&#233;e dans son essentialit&#233; m&#234;me (la dialectique). Le tout en question &#233;tant, selon lui, l'Esprit/Id&#233;e/la Raison en mouvement. Une conception de la m&#233;thode reprise de fa&#231;on critique par ses disciples Engels et Marx, l'ayant traduite de fa&#231;on mat&#233;rialiste (la dialectique dite mat&#233;rialiste ou de la totalit&#233; concr&#232;te), en rejetant l'Esprit ou la Raison comme principe de l'histoire, en consid&#233;rant plut&#244;t les humains &#171; comme les auteurs et acteurs de leur propre drame [&#8230;] comme les acteurs et les auteurs de leur propre histoire &#187; (Marx, Mis&#232;re de la philosophie, 1847). Il s'agissait ainsi, selon Marx, concernant la Russie, de partir de la dynamique de la soci&#233;t&#233; russe, comme formation sociale pr&#233;cise, distincte et articul&#233;e &#224; d'autres, d&#233;j&#224; embarqu&#233;e dans l'histoire du capitalisme mais bien diff&#233;remment de l'Angleterre, de la France, de la Hollande, etc. &#8211; o&#249; n'existaient plus, au XIXe si&#232;cle, les propri&#233;t&#233;s communales, les communs, dont on reparle abondamment depuis quelques ann&#233;es &#8211;, et des possibilit&#233;s qu'offrait son &#233;tat r&#233;el : la coexistence dans ce pays de &#171; tous les degr&#233;s du d&#233;veloppement social [&#8230;] depuis la commune primitive jusqu'&#224; la grande industrie et &#224; la haute finance moderne &#187; consid&#233;r&#233;e par Engels, cette fois-ci, dans une lettre (avril 1885) &#224; la m&#234;me Zassoulitch, comme ce qui allait rythmer et d&#233;terminer la nature d'une &#233;ventuelle r&#233;volution en Russie. La &#171; th&#233;orie marxienne &#187; consistant ici non pas &#224; se soumettre la r&#233;alit&#233;, mais &#224; d&#233;terminer le possible souhait&#233; &#224; partir de la compr&#233;hension de la r&#233;alit&#233; comme totalit&#233; dynamique et complexe. Ce qui faisait dire &#224; Lukacs, concernant une suppos&#233;e orthodoxie marxiste : &#171; Le marxisme orthodoxe ne signifie donc pas une adh&#233;sion sans critique aux r&#233;sultats de la recherche de Marx, ne signifie pas une &#8220;foi&#8221; en une th&#232;se ou en une autre, ni l'ex&#233;g&#232;se d'un livre &#8220;sacr&#233;&#8221;. L'orthodoxie en mati&#232;re de marxisme se r&#233;f&#232;re bien au contraire et exclusivement &#224; la m&#233;thode [31] &#187;. Sans, en m&#234;me temps, du fait de l'historicit&#233;, de la dynamique du r&#233;el, de la totalit&#233; concr&#232;te, que soit fix&#233;e une orthodoxie dialectique du type &#8220;diamat&#8221; stalinien. Ainsi, la &#171; distension &#187; du marxisme, &#224; laquelle Fanon invite dans un passage assez c&#233;l&#232;bre de Les damn&#233;s de la terre &#8211; concernant l'analyse du probl&#232;me colonial (&#171; les analyses marxistes doivent &#234;tre toujours l&#233;g&#232;rement distendues chaque fois qu'on aborde le probl&#232;me colonial &#187;) &#8211;, et que nombreux pr&#233;sentent encore comme une originalit&#233; fanonienne, avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; pratiqu&#233;e par Marx et Engels dans leurs r&#233;ponses &#224; Zassoulitch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, consid&#233;r&#233;e ainsi non pas comme &#171; supra-historique &#187; ou &#171; philosophico-historique &#187;, il ne saurait &#234;tre question d'inapplicabilit&#233; de la &#171; th&#233;orie marxienne &#187; dans les soci&#233;t&#233;s africaines, en g&#233;n&#233;ral, ouest-africaines en l'occurrence, alors nouvellement sorties du joug colonial direct. Celui-ci, faut-il le rappeler, a succ&#233;d&#233; &#224; un plus long embarquement, diff&#233;renci&#233;, dans l'odyss&#233;e du capital, la gen&#232;se du capitalisme, la constitution du capitalisme historique, &#224; partir de la traite Atlantique, aussi bien que par l'esclavage dans les &#238;les africaines de l'oc&#233;an Indien, voire l'escale du Cap de Bonne esp&#233;rance sur la route des Indes orientales. Processus, de la traite &#224; la colonisation, au cours duquel ont &#233;t&#233; produites certaines des dites &#171; donn&#233;es africaines &#187;, &#171; sp&#233;cificit&#233;s africaines &#187;, ont &#233;t&#233; invent&#233;es certaines &#171; traditions africaines &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soci&#233;t&#233;s coloniales d'Afrique, tout comme celles post-coloniales d'alors sont ainsi d&#233;j&#224; marqu&#233;es par le mouvement du capital, mais diff&#233;remment, &#233;videmment, des soci&#233;t&#233;s ouest-europ&#233;ennes, nord-am&#233;ricaines, asiatiques, desdites latino-am&#233;ricaines, avec aussi des diff&#233;rences entre soci&#233;t&#233;s africaines (dans leur rapports au capital), comme il en existe aussi ordinairement entre les soci&#233;t&#233;s d'un m&#234;me continent, les r&#233;gions d'un m&#234;me pays. Identit&#233; et diff&#233;rences donc dans la structuration des soci&#233;t&#233;s par le capital. Comme l'exprime d'ailleurs Lewis, en s'attachant aux faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;W. A. Lewis : de l'id&#233;ologie &#224; la r&#233;alit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, malgr&#233; la suppos&#233;e inapplicabilit&#233;, Lewis constatait n&#233;anmoins l'effectivit&#233; dans les soci&#233;t&#233;s ouest-africaines post-coloniales de certaines cat&#233;gories couramment consid&#233;r&#233;es comme marxistes. Ainsi, indique t-il que &#171; la possession du sol ne pose pas de probl&#232;me politique. Le capitalisme non plus. Il n'y a dans cette partie du monde qu'une poign&#233;e de capitalistes, dont les plus gros sont des soci&#233;t&#233;s &#233;trang&#232;res. Le pourcentage des salari&#233;s est insignifiant et, dans presque tous les &#201;tats, le gouvernement est le plus gros employeur de main d'&#339;uvre &#187; (p. 19), &#171; la bourgeoisie est v&#233;ritablement importante au Ghana et encore plus au Nigeria. L&#224; o&#249; elle existe, elle tend &#224; s'allier avec les chefs et &#224; s'attirer l'hostilit&#233; des &#233;l&#233;ments plus radicaux &#187; (p. 23) [32] . Existence de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e de la terre, de capitalistes (&#233;trangers et autochtones), du salariat, d'alliances entre fractions autochtones socialement dominantes, inimiti&#233; ou conflictualit&#233; entre groupes/classes sociales, comme cela existait d&#233;j&#224; g&#233;n&#233;ralement partout ailleurs, en ces ann&#233;es 1960. Mais, avec des particularit&#233;s, exprimant, par exemple, leur structuration sociale ou leurs degr&#233;s de d&#233;veloppement au moment des intrusions europ&#233;ennes et ce qui a d&#233;coul&#233; de celles-ci, selon les degr&#233;s de r&#233;sistance ou/et de la soumission/collaboration. Ainsi, selon le non marxiste, voire l'anti-marxiste Lewis, &#171; S'il n'y a pas une classe de possesseurs des moyens de production qui monopolisent le pouvoir politique, en revanche la soci&#233;t&#233; y est divis&#233;e &#224; la fois verticalement et horizontalement &#187; (p. 20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'horizontalit&#233; renvoie &#224; la distinction par &#171; la tribu, la langue, l'habitat, ou tout autre diff&#233;rence pouvant cr&#233;er une solidarit&#233; de groupe &#187;. Quant &#224; la verticalit&#233;, &#171; avant l'arriv&#233;e des Britanniques et des Fran&#231;ais, la plus ancienne division verticale &#233;tait entre chefs et anciens d'une part, et membres de la tribu de l'autre &#187;. Tout cela fut restructur&#233; par l'autorit&#233; coloniale selon ses int&#233;r&#234;ts, en transformant, en g&#233;n&#233;ral, &#8211; malgr&#233; d'h&#233;ro&#239;ques r&#233;sistances, finalement vaincues, g&#233;n&#233;ralement &#8211; les &#171; chefs et anciens &#187;, y trouvant leurs int&#233;r&#234;ts, en collaborateurs (surtout sous la forme de l'&#8220;indirect rule&#8221;, dont on trouve aussi une variante dans les colonies fran&#231;aises, voire dans la &#171; colonisation portugaise &#8220;ultra-directe&#8221; &#187; selon Michel Cahen), sans lesquels l'administration coloniale n'aurait pas &#233;t&#233; efficace, auxquels se sont joints &#224; partir d'un moment des &#171; politiciens &#187; indig&#232;nes, &#8220;modernes&#8221; ou &#8220;&#233;volu&#233;s&#8221;. Il y a, par ailleurs, dans la nouvelle verticalit&#233;, &#171; la nouvelle &#8220;bourgeoisie&#8221;, compos&#233;e de commer&#231;ants, fermiers, membres de professions lib&#233;rales et autres personnes instruites. Cette classe est tr&#232;s peu nombreuse [&#8230;] Cette nouvelle bourgeoisie compos&#233;e de commer&#231;ants, de riches fermiers et de gens instruits de formation secondaire ou sup&#233;rieure, sans avoir d'homog&#233;n&#233;it&#233; politique, est unie par une assez grande solidarit&#233; &#187; (p. 23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, il existe une conscience de classe, certes dans le contexte de l'h&#233;ritage de la &#171; situation coloniale &#187; (Georges Balandier, 1951), avec ses hi&#233;rarchies sociales pouvant &#234;tre marqu&#233;es par la d&#233;mographie imp&#233;riale, ladite conscience de classe peut &#234;tre aussi marqu&#233;e par le fractionnement ethno-national. Ainsi la concurrence, interne &#224; la classe, entre les autochtones et ceux qui, arriv&#233;s sous le colonialisme, sont demeur&#233;s apr&#232;s les ind&#233;pendances : la concurrence avec les &#171; Syriens, Libanais, Indiens, Europ&#233;ens &#187;, les &#171; petits commer&#231;ants africains &#224; qui des concurrents libanais ou africains des autres parties du continent m&#232;nent la vie dure &#187;. Avec pour cons&#233;quence en certains pays, selon Frantz Fanon : &#171; Du nationalisme nous sommes pass&#233;s &#224; l'ultra-nationalisme, au chauvinisme, au racisme &#187; (Les damn&#233;s de la terre) Comme autre expression de la verticalit&#233;, il y a les &#171; m&#233;contents [&#8230;] plus nombreux que les bourgeois &#187;, mais constituant aussi une &#171; petite minorit&#233; &#187;, par rapport &#224; &#171; la grande masse du peuple [&#8230;] constitu&#233;e par les paysans qui vivent de la terre et n'accordent &#224; la politique qu'une attention marginale &#187;. Participent de ces &#171; m&#233;contents &#187;, non seulement des petits commer&#231;ants, mais aussi des jeunes dipl&#244;m&#233;s de l'enseignement primaire en qu&#234;te d'emploi, les instituteurs se consid&#233;rant mal r&#233;mun&#233;r&#233;s, des salari&#233;s en attente d'une augmentation des salaires, des &#171; fermiers qui r&#233;clament des prix plus &#233;lev&#233;s &#187;, des syndicalistes, etc. Des manifestations de la conscience de classe, contrairement &#224; ce que laissait entendre l'un des premiers articles de r&#233;f&#233;rence concernant la question de l'existence ou non des classes sociales en Afrique post-coloniale, par l'africaniste fran&#231;ais Jacques Binet, selon lequel &#233;tait inexistante la conscience de classe en Afrique dite noire (r&#233;duite aux ex-AEF et AOF) [33]. Ce, malgr&#233; l'existence des syndicats &#224; l'instar de celui des planteurs africains en C&#244;te d'Ivoire coloniale (dirig&#233; par F&#233;lix Houphou&#235;t-Boigny) qui en s'opposant au travail forc&#233; des indig&#232;nes, comme privil&#232;ge accord&#233; aux planteurs blancs, revendiquait, en tant que fraction indig&#232;ne des gros planteurs (bourgeoisie agraire/paysannerie riche), un droit &#233;galitaire &#224; l'exploitation de la main d'&#339;uvre agricole indig&#232;ne. Quant au syndicalisme des travailleurs, on en trouve les premi&#232;res traces &#8211; hors Afrique du Sud &#8211; d&#232;s la deuxi&#232;me d&#233;cennie du 20e si&#232;cle, m&#234;me s'il ne va &#234;tre l&#233;galis&#233; par les &#201;tats coloniaux qu'&#224; partir des ann&#233;es 1930 et se d&#233;velopper surtout &#224; partir des ann&#233;es 1940 [34]]. Certes, avec une &#171; conscience trade-unioniste &#187; g&#233;n&#233;ralement d&#233;pourvue de &#171; conscience social-d&#233;mocrate &#187; ou socialiste/communiste, selon la distinction l&#233;ninienne (Que faire ?, 1902). Mais non sans jouer un r&#244;le dans l'essor du nationalisme anticolonial, avec &#171; deux tendances assez nettes. L'une conduit &#224; exiger une &#233;galit&#233; de traitement avec les Europ&#233;ens et l'accession aux m&#234;mes droits. L'autre consiste &#224; exiger plus directement la reconnaissance de droits propres aux Africains, ind&#233;pendamment de la situation des Blancs, ou plus exactement contre la situation qui d&#233;coule de la pr&#233;sence dominatrice des Europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux tendances ne sont d'ailleurs pas contradictoires, car la premi&#232;re peut mener &#224; la seconde. Traduites en langage politique, elles signifient que la revendication de l'&#233;galit&#233; de traitement conduit &#224; la revendication d'ind&#233;pendance [35] &#187;. Par ironie de l'histoire, ces revendications ne vont plus &#234;tre soutenues quelques ann&#233;es plus tard, en p&#233;riode post-coloniale par des leaders nationalistes devenus chefs d'&#201;tat. Par exemple, &#224; la fin des ann&#233;es 1950, au d&#233;but du post-colonial ghan&#233;en, &#171; Nkrumah tr&#232;s d&#233;sireux maintenant de montrer que le Ghana offrait de bonnes conditions pour l'investissement ext&#233;rieur, se rangea du c&#244;t&#233; de la Chambre des Mines pour combattre les militants syndicaux [&#8230;] Nkrumah s'&#233;vertuait &#224; persuader les mineurs de ce que &#8220;leurs anciens r&#244;les de lutteurs contre les capitalistes &#233;tait pass&#233; de mode&#8221; et qu'ils devaient maintenant &#8220;inculquer &#224; nos travailleurs l'amour du travail et de la croissance&#8221; [&#8230;] &#171; Comme S&#233;kou Tour&#233; [ancien dirigeant syndical] au m&#234;me moment, Nkrumah t&#233;moigna de peu d'int&#233;r&#234;t pour les travailleurs en tant que tels, pour l'&#233;galit&#233; des salaires entre races, pour leur longue lutte en faveur des conditions d&#233;centes de vie et de la reconnaissance qu'ils demandaient, comme d'autres groupes de la soci&#233;t&#233;, vis-&#224;-vis de leurs droits &#224; s'organiser pour leur propre d&#233;fense [36] &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'av&#232;re ainsi que l'id&#233;e de la non pertinence du marxisme ou qu'il soit &#171; en grande partie inapplicable &#187; rel&#232;ve chez Lewis du choix id&#233;ologique, plut&#244;t que d'une suppos&#233;e neutralit&#233; axiologique sous-entendue dans le propos, cit&#233; plus haut, sur la fausset&#233; ou non du marxisme. Car il y a finalement une certaine reconnaissance de l'existence des classes sociales. Certes, elles sont autrement configur&#233;es que dans la repr&#233;sentation courante des soci&#233;t&#233;s capitalistes, r&#233;duites &#224; celles du capitalisme dit d&#233;velopp&#233;. Reconna&#238;tre l'existence des classes sociales revient &#224; reconna&#238;tre celle, consubstantielle, de la lutte entre elles. Il est &#233;vident que, pour son accumulation, la croissance de son profit, le capital dans sa diversit&#233; (d'origines nationales) indiqu&#233;e par Lewis, est condamn&#233; &#224; mener la lutte de classe, contre la classe dont l'exploitation, l'extorsion de la plus-value, produit et reproduit l'enrichissement des capitalistes, au Ghana post-colonial comme partout ailleurs, gr&#226;ce aussi &#224; la l&#233;gislation. En fait, le probl&#232;me ici est celui que Lewis ne pose pas comme tel, de l'articulation de la lutte contre les verticalit&#233;s de classe et nationale/ethnique (particularismes existant non seulement dans les colonies entre travailleurs europ&#233;ens et indig&#232;nes/africains, mais aussi, par exemple, aux &#201;tats-Unis entre force de travail blanche d'un c&#244;t&#233; et celle latina et noire de l'autre, au Japon entre force de travail japonaise et celle des &#8220;cor&#233;ens-au-Japon&#8221;, etc.) ainsi que d'autres n'ayant pas attir&#233; son attention, &#224; l'instar de celle entre les genres que le capitalisme colonial avait recycl&#233;e et l&#233;gu&#233;e, aussi comme arri&#232;re-plan de l'exploitation de la force de travail salari&#233;e, participant &#224; la reproduction de celle-ci. Par exemple, dit-il, parmi les &#171; m&#233;contents &#187; il y a les &#171; citoyens qui n'admettent pas l'autorit&#233; des chefs &#187; (Lewis, p. 24), c'est-&#224;-dire qui consid&#232;rent que les int&#233;r&#234;ts des chefferies traditionnelles (&#8220;ethniques&#8221;/&#8220;nationales&#8221;) &#8211; en g&#233;n&#233;ral, complices du pouvoir colonial, puis un composant de l'ordre n&#233;o-colonial, y compris dans les oppositions manifestant plus d'all&#233;geance &#224; l'&#233;gard des puissances imp&#233;rialistes &#8211; ne sont pas les leurs, malgr&#233; une commune appartenance tribale/ethnique/nationale. Lesdits int&#233;r&#234;ts &#233;taient d&#233;terminants ou pr&#233;tendaient &#224; l'&#234;tre, aux d&#233;pens de ceux des autres membres (les &#171; m&#233;contents &#187;) de la tribu/ethnie/nation. Penser &#224; une articulation des diff&#233;rentes appartenances sociales, des formes de conscience sociale, complexes, voire ambigu&#235;s [37], Paris, Karthala/ORSTOM, 1987. ]], a &#233;t&#233; exclu par cet &#233;conomiste &#8220;socialiste&#8221; fabien. Ce qui est g&#233;n&#233;ralement une acceptation implicite de la domination de classe bourgeoise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, cette allergie s'explique aussi par la contribution de l'ouvrage &#224; la guerre froide, sous les auspices du Congr&#232;s pour la libert&#233; de la culture (s'&#233;tant av&#233;r&#233;, par la suite, cr&#233;&#233; et entretenu discr&#232;tement par l'&#233;tats-unienne CIA, pour la d&#233;fense du &#8220;monde libre&#8221;, c'est-&#224;-dire du &#8220;camp&#8221; capitaliste [38]), comme l'indique Lewis dans l'&#171; Avant-propos &#187; de l'ouvrage : &#171; en juillet 1964, il [le Congr&#232;s pour La libert&#233; de la culture] a r&#233;uni &#224; King's College, Cambridge, une douzaine de sp&#233;cialistes de l'Afrique occidentale d'apr&#232;s l'ind&#233;pendance, &#224; qui j'ai soumis un premier jet de ces conf&#233;rences et qui ont pass&#233; trois jours autour d'une table &#224; les critiquer. La moiti&#233; environ d'entre eux ont accept&#233; ma th&#232;se fondamentale, les autres &#233;tant d'un avis diff&#233;rent, ce qui nous a permis d'avoir un &#233;change de vues tr&#232;s profitable qui m'a conduit &#224; une trentaine d'amendements, d'importance diverse &#187; [39]. Ce qui n'&#233;tait pas le cas de Le Consciencisme qui, en d&#233;pit de la frayeur anticommuniste davantage suscit&#233;e dans certains milieux par l'accentuation des relations de l'&#201;tat ghan&#233;en avec les &#201;tats dits socialistes, par exemple, relevait encore de la croyance de Nkrumah au non-alignement concernant la guerre dite froide. En effet, si la Yougoslavie co-fondatrice du mouvement des &#201;tats non-align&#233;s, &#224; Belgrade, en 1961, &#233;tait dirig&#233;e par le Parti communiste de Josip Broz dit Tito, le Ghana de Nkrumah, comme l'&#201;gypte de Gamal Abdel Nasser, l'Inde de Jawaharlal Nehru, autres co-fondatrices dudit mouvement, n'&#233;taient pas communistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A suivre : parties II et III.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Adiele Eberechukuwu Afigbo, &#171; Les r&#233;percussions sociales de la domination coloniale : les nouvelles structures sociales &#187;, chapitre 19 de Albert Adu Boahen (dir.), Histoire g&#233;n&#233;rale de l'Afrique. VII. L'Afrique sous domination coloniale, 1880-1935, Paris, 2000 [r&#233;impression ; 1re &#233;dition : 1987], (p. 527-547), p. 527 pour la citation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Libert&#233;s, Cotonou, Editions Renaissance, 1973, p. 58.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] K. Nkrumah, Le n&#233;o-colonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme (Londres, Panaf Books, 1965 ; Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1973). La conception du n&#233;ocolonialisme dans cet ouvrage nous para&#238;t sch&#233;matique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Homi K. Bhabha, Les lieux de la culture. Une th&#233;orie postcoloniale, Paris, Payot 2007 [Routledge, 1994 ; traduit de l'anglais (&#201;tats-Unis) par Fran&#231;oise Bouillot], p. 220. Le savoir colonial comprend le discours sur les races humaines, leur hi&#233;rarchisation, ayant pr&#233;c&#233;d&#233;, en l'occurrence, la vague de colonisation de l'Afrique de la fin du XIXe. La colonie hollandaise du Cap de Bonne Esp&#233;rance (Afrique du Sud) ainsi que la colonie fran&#231;aise de Saint-Louis (S&#233;n&#233;gal) datent du XVIIe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Ce qui peut s'expliquer par ce passage de la derni&#232;re partie de son discours au 1er Congr&#232;s des Africanistes (Accra 1962), introduisant sa longue citation de l'intellectuel et activiste sud-africain, Isaka Seme (un des tout premiers &#224; &#234;tre dipl&#244;m&#233; d'une universit&#233; des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, &#224; parler de la Renaissance de l'Afrique et un co-fondateur de ce qui deviendra l'ANC) : &#171; je vous confie sans pr&#233;tention que je n'ai pas l'habitude de citer quiconque &#187; (Kwame Nkrumah, &#171; Discours du 12 d&#233;cembre 1962 &#187;, in Lazare Ki-Zerbo (textes r&#233;unis &#224; l'occasion de la 1re Conf&#233;rence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora par), Le mouvement panafricaniste au XXe si&#232;cle. Textes de r&#233;f&#233;rence, Organisation internationale de la Francophonie, 2013 [premi&#232;re &#233;dition : 2006], (p. 331-341), p. 337 pour la citation). Alors que Nkrumah est cens&#233;, pendant son s&#233;jour aux &#201;tats-Unis (1935-1945), avoir fr&#233;quent&#233; le Harlem Story Club, renomm&#233; en 1938 la Blyden Society for the Study of African History, avec sa Blyden Bookstore, &#171; arguably Harlem's first bookstore specializing in African-American topics &#187;, selon Jacob S. Dorman, &#171; Lifted Out of the Commonplace Grandeur of Modern Times : Reappraising Edward Wilmot Blyden's Views of Islam and Afrocentrism in Light of His Scholarly Black Christian Orientalism &#187;, Souls (A Critical Journal of Black Politics, Culture and Society), 2010, 12 : 4, (p. 398-418), p. 414-415 ; &lt;a href=&#034;http://dx.doi.org/10.1080/10999949.2010.526067&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dx.doi.org/10.1080/10999949.2010.526067&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Il s'agit d'une entreprise &#233;tats-unienne d'installation, &#224; partir de 1822, par l'American Colonization Society, des Noir&#183;e&#183;s, lib&#233;r&#233;&#183;e&#183;s du statut d'esclaves aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, dans ce territoire &#8211; d&#233;j&#224; habit&#233; par des autochtones &#8211; qui sera d&#233;nomm&#233; Lib&#233;ria au moment de son ind&#233;pendance en 1847. Une installation qui s'est accompagn&#233;e d'une domination des Noir&#183;e&#183;s originaires des &#201;tats-Unis &#8211; venant d'Occident et christianis&#233;&#183;e&#183;s, donc se consid&#233;rant comme sup&#233;rieur&#183;e&#183;s, civilis&#233;&#183;e&#183;s &#8211; sur les peuples autochtones, qu'ils consid&#233;raient comme inf&#233;rieurs, non civilis&#233;s. Ainsi de l'ind&#233;pendance du Liberia en 1847 jusqu'en 1980 &#8211; putsch militaire meurtrier de Samuel Doe contre le pr&#233;sident William Richard Tolbert &#8211; le pouvoir &#233;tait d&#233;tenu par les descendants des familles de l'American Colonization Society, &#224; l'instar de Tolbert. Car, &#171; Thus only a few Liberians like Edward W. Blyden, a Liberian scholar, came to believe that the African peoples possessed any distinctive or tangible culture of their own which was worth preservation or deserved their study &#187;, (&#171; Liberians &#187; renvoie dans ce passage &#224; l'&#171; Americo-Liberian &#187;, distinct des &#171; African Peoples &#187;, les autochtones d'avant l'American Colonization Society), M. B. Akpan, &#171; Black Imperialism : Americo-Liberian Rule over the African Peoples of Liberia, 1841-1964 &#187;, Canadian Journal of African Studies/ Revue Canadienne des &#201;tudes Africaines, Vol. 7, No 2 (1973), (p. 217-236), p. 227 pour la citation. Dans Peau noire, masques blancs, F. Fanon parle de la hi&#233;rarchie &#233;tablie par les Antillais &#8211; parmi lesquels le Martiniquais se consid&#233;rait comme sup&#233;rieur au Guadeloup&#233;en &#8211; entre l'Antillais noir, consid&#233;r&#233; comme sup&#233;rieur, et le colonis&#233; n&#233;gro-africain&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Cf., par exemple, Ren&#233; Depestre, Bonjour et adieu &#224; la n&#233;gritude, suivi de Travaux d'identit&#233;, Paris, Robert Laffont, 1980.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Edward W. Blyden, &#171; &#8220;Africa and the Africans &#187;&#8221; [1878], in Christianity, Islam and the Negro Race [1887], Edinburg, Edinburg University Press, 1967, p. 276. Cette r&#233;f&#233;rence &#224; Blyden et Firmin concernant le refus de l'inf&#233;riorit&#233; des Noir&#183;e&#183;s, ne revient pas &#224; en faire les pionniers, car ils ont &#233;t&#233; devanc&#233;s, par exemple par l'ancien esclave (aux Antilles, puis aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique), originaire de l'actuel Nigeria, Olaudah Equiano (Ma v&#233;ridique histoire. Africain, esclave en Am&#233;rique, homme libre, 1789, r&#233;-&#233;dit&#233; par Mercure de France/L'Harmattan, Paris, 2008, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] E. W. Blyden, idem, p. 278.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Dans ses Carnets, ouvrage posthume (disponible en ligne dans la collection &#8220;Les classiques des sciences sociales&#8221; : &lt;a href=&#034;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&lt;/a&gt;), il y a une autocritique, relative certes, de certaines id&#233;es d&#233;velopp&#233;es dans les ouvrages ayant fait sa renomm&#233;e, par exemple : &#171; Du point de vue strictement logique aucune diff&#233;rence essentielle n'est constat&#233;e entre la mentalit&#233; primitive et la n&#244;tre. Dans tout ce qui touche &#224; l'exp&#233;rience courante ordinaire, transactions de toutes sortes, vie politique, &#233;conomique, usage de la num&#233;ration, etc., ils se comportent d'une fa&#231;on qui implique le m&#234;me usage de leurs facult&#233;s que nous faisons des n&#244;tres &#187; (17 juillet 1938), p. 47. &#192; la suite d'Aim&#233; C&#233;saire (Discours sur le colonialisme, Pr&#233;sence africaine, 1955), Stanislas Adotevi (N&#233;gritude et n&#233;grologues, Paris, Union g&#233;n&#233;rale d'&#233;ditions, 1972), et Paulin Hountondji (Sur la philosophie africaine, Paris, Maspero, 1976) ont attir&#233; l'attention sur ces Carnets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Dans L'Atlantique noir. Modernit&#233; et double conscience, (Kargo, 2003, [&#233;dition anglaise : Verso, 1993 ; trad. de l'anglais &#8211; &#201;tats-Unis &#8211; par Jean-Philippe Henquel]), Paul Gilroy cite L. S. Senghor : &#171; Dans les ann&#233;es 1930&#8230; nous puisions notre inspiration particuli&#232;rement &#8211; et paradoxalement &#8211; des &#8220;N&#233;gro-Am&#233;ricains&#8221; au sens g&#233;n&#233;ral du terme : du mouvement de la Renaissance de Harlem, mais &#233;galement du mouvement indig&#233;niste ha&#239;tien&#8230; tous les th&#232;mes qui devaient ult&#233;rieurement &#234;tre trait&#233;s par le mouvement de la n&#233;gritude avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; trait&#233;s par Blyden au milieu du XIXe si&#232;cle, aussi bien les vertus de la n&#233;gritude que la fa&#231;on ad&#233;quate de les illustrer &#187;, (p. 276). Ce qui peut laisser penser &#224; une influence de Blyden sur les chantres de la n&#233;gritude (francophone). Mais, ce n'&#233;tait nullement le cas, selon Elikia M'Bokolo : &#171; L&#233;opold S&#233;dar Senghor n'avait en revanche aucune connaissance d'Edward W. Blyden qu'il d&#233;couvrit seulement apr&#232;s 1967 en lisant la biographie de Blyden par Hollis R. Lynch [Edward Wilmot Blyden. Pan-Negro Patriot (1832-1912), Londres, Oxford University Press, 1967] : il avoua alors que toute la n&#233;gritude se trouvait dans Blyden &#187; (entretien d'Elikia M'Bokolo avec Hollis R. Lynch, octobre 1977), E. M'Bokolo, &#171; Le panafricanisme &#187;, communication faite &#224; la 1re Conf&#233;rence des intellectuels d'Afrique et de la diaspora, Dakar 6-9 octobre 2004. Le passage cit&#233; par P. Gilroy est, selon celui-ci, extrait de la pr&#233;face de L. S. Senghor &#224; Hollis R. Lynch (ed.), Selected Letters of Edward Wilmot Blyden dat&#233; de 1976.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Extrait d'un discours d'octobre 1963, &#224; l'occasion de la cr&#233;ation de l'Institut d'&#233;tudes africaines (Accra), cit&#233; par Ama Biney, The Political and Social Thought of Kwame Nkrumah, New York, Palgrave MacMillan, 2011, p. 120. Senghor ne s'emp&#234;chait pas de parler aussi de la &#171; personnalit&#233; africaine &#187;, sans conna&#238;tre la pens&#233;e de Blyden.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] K. Nkrumah, &#171; Discours du 12 d&#233;cembre 1962 &#187;, op. cit., p. 360. Il est clair qu'il s'agit d'une illusion sur la sociologie dont les travaux de presque toutes les &#233;coles se caract&#233;risent aussi par l'occultation de certains aspects de la r&#233;alit&#233; des soci&#233;t&#233;s &#233;tudi&#233;es. Les sociologues, leurs cat&#233;gories, grilles de lecture, n'&#233;chappent pas aux id&#233;ologies &#8211; dans l'acception p&#233;jorative &#8211;, qu'ils alimentent aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Ambassadeur en Afrique de l'Ouest du Front de lib&#233;ration nationale alg&#233;rien, Fanon a not&#233; dans un cahier, pendant une mission militaire dans le nord du Mali : &#171; Plus je p&#233;n&#232;tre les cultures et les cercles politiques, plus la certitude s'impose &#224; moi que le grand danger qui menace l'Afrique est l'absence d'id&#233;ologie &#187;, Frantz Fanon, &#171; Cette Afrique &#224; venir &#187; 1960), in F. Fanon, Pour la r&#233;volution africaine, Paris, La D&#233;couverte, 2006 [Fran&#231;ois Maspero, 1964], (p. 197-211), p. 207. De son c&#244;t&#233;, dans une communication &#224; la 3e Conf&#233;rence des peuples africains au Caire, Cabral a affirm&#233; que &#171; le bilan positif de l'ann&#233;e 1960 ne peut pas faire oublier la r&#233;alit&#233; d'une crise de la r&#233;volution africaine &#187; en pr&#233;cisant qu' &#171; Il nous semble que loin d'&#234;tre une crise de croissance, elle est principalement une crise de connaissance &#187;, Amilcar Cabral, &#171; Une crise de connaissance &#187;, 25 mars 1961 (Funda&#231;&#227;o M&#225;rio Soares, Documentos Mario Pinto de Andrade/04. Lutas de Liberta&#231;&#227;o/04. Investiga&#231;&#227;o e Textos/Am&#237;lcar Cabral/ Textos de Am&#237;lcar Cabral, 04343.001.001, &lt;a href=&#034;http://www.fundacao-mario-soares.pt/aeb_online/visualizador.php?bd=Documentos&amp;nome_da_pasta=04343.001.001&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.fundacao-mario-soares.pt/aeb_online/visualizador.php?bd=Documentos&amp;nome_da_pasta=04343.001.001&lt;/a&gt;). Plus tard, en janvier 1966, &#224; la Conf&#233;rence de solidarit&#233; des peuples d'Afrique, d'Am&#233;rique latine et d'Asie, &#224; La Havane, Cabral va parler aussi de l' &#171; absence d'id&#233;ologie &#187;, du &#171; manque total d'id&#233;ologie au sein des mouvements de lib&#233;ration nationale &#187; (&#171; Fondements et objectifs de la lib&#233;ration nationale et structure sociale &#187;, in Amilcar Cabral, Unit&#233; et Lutte, Paris, Maspero, 1980, p. 152).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Cit&#233; par Jacques Boyon, &#171; Une id&#233;ologie africaine : le Nkruma&#239;sme &#187;, Revue fran&#231;aise de science politique, 13e ann&#233;e, n&#176; 1, 1963, (p. 66-87), p. 67. Le nkruma&#239;sme &#233;tait enseign&#233; &#224; l'Institut id&#233;ologique de Winneba (une &#233;cole sup&#233;rieure du CPP) o&#249; exer&#231;aient, avec des Africains, des originaires du bloc sovi&#233;tique, en charge de l'enseignement du marxisme (stalinis&#233;), sans toutefois que l'institut soit sous leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] K. Nkrumah, Le Consciencisme, (1964), Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1976 [traduction revue d'apr&#232;s l'&#233;dition anglaise de 1969, par Starr et Mathieu Howlett], p. 87 de la r&#233;&#233;dition en format de forme, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Ce rapport de la &#8220;culture africaine&#8221; &#224; celles d'origine extra-africaine, implant&#233;es en Afrique, n'est pas si &#233;loign&#233; du principe senghorien de l'&#171; enracinement en soi et ouverture aux autres &#187; (L&#233;opold S. Senghor, N&#233;gritude, Arabit&#233; et Francit&#233;. R&#233;flexions sur le probl&#232;me de la culture, Beyrouth, &#201;ditions Dar Al-Kitab Allubnani, 1969, p. ix). Bien que ni Nkrumah ni Senghor ne se r&#233;f&#232;rent, &#224; ce propos, &#224; Blyden, la relation des Noir&#183;e&#183;s au christianisme et &#224; l'islam, in&#233;vitable dans la connaissance de l'Afrique de l'Ouest, voire l'inculturation de ceux-ci, a &#233;t&#233; aussi une des pr&#233;occupations de Blyden, th&#233;ologien chr&#233;tien de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Jacques Boyon, idem, p. 69.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Cit&#233; par Y. B&#233;not, Id&#233;ologies des ind&#233;pendances africaines, Paris, Maspero, 1969, 1972, p. 200.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Par exemple, en rapport avec le &#171; nous mangeons ensemble &#187; de Baako, l'historien &#233;tats-unien Eugen Weber, se r&#233;f&#233;rant aux M&#233;moires de la Soci&#233;t&#233; des Sciences &#8230; de la Creuse [France], 1938-1940, parle de &#171; la plupart des gens [qui]mangeaient dans le m&#234;me bol et les maisons des &#233;migrants furent les premi&#232;res &#224; adopter les assiettes &#187;, E. Weber, La fin des terroirs. La modernisation de la France rurale 1870-1914 (Stanford University Press, 1976 ; traduction fran&#231;aise par Antoine Berman et Bernard G&#233;ni&#232;s : Paris, Fayard, 1983), in E. Weber, La France de nos a&#239;eux, Paris, Fayard, 2005, p. 628-629, note n&#176; 30.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Malgr&#233; la r&#233;f&#233;rence au communalisme et l'&#233;vacuation de la lutte des classes par le consciencisme de Nkrumah, Yves B&#233;not n'avait pas retenu le consciencisme parmi les variantes du &#8220;socialisme africain&#8221;, ne parlant que du &#171; socialisme spirituel &#187; de Kofi Baako, pourtant chantre du nkruma&#239;sme. De son c&#244;t&#233;, Jean Ziegler consid&#233;rait le consciencisme comme &#171; une des plus riches, des plus fascinantes &#187; des &#171; nombreuses th&#233;ories du socialisme africain &#187;, en se r&#233;f&#233;rant au passage sur le &#171; socialisme scientifique &#187;, ci-dessus cit&#233;, du programme du CPP, mais en &#233;vacuant la dimension culturaliste (issue de la &#171; biblioth&#232;que coloniale &#187;) exprim&#233;e dans Le Consciencisme qu'il consid&#232;re n&#233;anmoins comme un &#171; syst&#232;me d&#233;concertant &#187; (au del&#224; de la &#171; formulation math&#233;matique du syst&#232;me &#187; dans le dernier chapitre de l'ouvrage), Jean Ziegler, &#171; Sur le plan &#233;conomique, la th&#232;se de Nkrumah en faveur du socialisme africain est confirm&#233;e par les travaux des organismes comp&#233;tents de l'O. N. U. &#187;, Le Monde diplomatique, avril 1966, p. 6. Plus tard, le politologue &#233;tats-unien, Francis Fukuyama, va (avant sa fameuse annonce de la fin de l'histoire) &#8211; dans le contexte des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique o&#249; g&#233;n&#233;ralement m&#234;me le capitalisme social-d&#233;mocrate est consid&#233;r&#233; comme socialiste, comme une menace communiste &#8211; assez justement caract&#233;riser ce &#8220;socialisme&#8221; : &#171; Moscow other major Third World clients at that time were a heterogeneous collection of left-leaning states like Egypt Under Nasser, Syria, India, Indonesia, Mali, Ghana and the like. Each one professed a vaguely socialist ideology tailored to the country's specific national and cultural traditions, maintained an equally vague non-aligned and anti-imperialist foreign Policy, and disavowed any adherence to orthodox Marxist-Leninist principles &#187;, F. Fukuyama, &#171; The New Marxist-Leninist States in the Third World &#187;, The Rand [Corporation] Paper Series, P-7020, September 1984, p. 1.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Samuel G. Ikoku, Le Ghana de Nkrumah. Autopsie de la 1re R&#233;publique (1957-1966), Paris, Fran&#231;ois Maspero, 1971 (traduit de l'anglais par Yves B&#233;not), p. 111. Une attitude qui n'est pas si diff&#233;rente de celle de Senghor, insistant encore, apr&#232;s avoir d&#233;missionn&#233; de la pr&#233;sidence n&#233;ocoloniale du S&#233;n&#233;gal (1980) : &#171; Je ne cesse de le dire, le principal probl&#232;me de cette deuxi&#232;me moiti&#233; du vingti&#232;me si&#232;cle n'est pas, pour le socialisme authentique, de supprimer, dans le cadre d'une nation, les in&#233;galit&#233;s entre &#8220;classes&#8221;, ou seulement entre &#8220;groupes sociaux&#8221; : il est de supprimer les in&#233;galit&#233;s entre pays d&#233;velopp&#233;s et pays sous-d&#233;velopp&#233;s &#8211; je ne dis pas &#8220;en d&#233;veloppement&#8221; &#187;, L. S. Senghor, &#171; De la th&#233;orie &#224; la pratique du socialisme africain &#187;, Ethiopiques, juillet 1981, &lt;a href=&#034;http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?page=imprimer-article&amp;id_article=1463&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?page=imprimer-article&amp;id_article=1463&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Grosso modo, la Fabian Society, n&#233;e &#224; la fin du XIXe, est un courant socialiste r&#233;formateur anglais, ou de centre-gauche, hostile &#224; la lutte des classes, assez li&#233; historiquement au Parti travailliste et au sein duquel Nkrumah jouissait d'une certaine sympathie. D'autres dirigeants nationalistes africains sont cens&#233;s avoir aussi subi l'influence fabienne, &#224; l'instar du Ghan&#233;en Joseph Boakye Danquah (mentor puis rival de Nkrumah), du Nig&#233;rian Nnamdi Azikiwe (ami de Nkrumah, puis m&#233;fiant &#224; l'&#233;gard de sa suppos&#233;e volont&#233; h&#233;g&#233;monique en Afrique, une fois que les deux &#233;taient devenus pr&#233;sidents), le Tanzanien Julius Nyerere&#8230; Le fabien Lewis se disait panafricaniste, anti-imp&#233;rialiste &#8211; &#224; la diff&#233;rence d'autres Britanniques (&#8220;blancs/blanches&#8221;) de l'entourage du pr&#233;sident Nkrumah, comme l'a dit Lancin&#233; Kaba : &#171; Quant aux ressortissants britanniques de l'entourage de N'Krumah, en dehors de Geoffrey Bing et de Cruise O'Brien, la plupart ne sont pas connus pour leurs id&#233;es socialistes ou radicales. Le panafricanisme ne les int&#233;resse pas particuli&#232;rement [&#8230;] Quelques-uns d'entre eux appr&#233;cient la justesse de vue de leur &#8220;ami&#8221;, certains n'ont pas le courage d'exprimer leurs opinions, et d'autres montrent leur hostilit&#233; &#224; tout programme panafricain et anti-imp&#233;rialiste &#187;, L. Kaba, Kwame N'Krumah et le r&#234;ve de l'Unit&#233; Africaine, Paris, Editions Chaka, 1991, p. 98-99. Un &#233;clectisme qui appara&#238;t comme de r&#232;gle autour Nkrumah.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] W. Arthur Lewis, La chose publique en Afrique occidentale, Paris, S.&#201;.D.&#201;.I.S., 1966 [London, Allen and Unwin, 1965], p. 23. Ainsi, apr&#232;s avoir affirm&#233; que &#171; S&#233;kou Tour&#233; a soutenu la m&#234;me opinion, niant formellement que l'analyse marxienne puisse s'appliquer &#224; l'Afrique &#187; (idem, p. 29), il affirme, concernant Modibo K&#233;ita (premier pr&#233;sident du Mali), Kwame Nkrumah et Sekou Tour&#233; (premier pr&#233;sident de la Guin&#233;e Conakry), que &#171; leur nationalisme est plus fort que leur marxisme &#187;, (Lewis, op. cit., p. 57) ; cf. aussi Jasper Ayelazuno (Abembia), citant l'&#233;conomiste britannique Dudley Seers, ayant collabor&#233; &#224; l'&#233;laboration du Plan septennal ghan&#233;en (1964-1970) : &#171; If there was any body of thought or ideology that Nkrumah drew inspiration from, it would bee nationalism (see Seers, 1983, The political economy of nationalism, Oxford University Press, 1983) &#187;, &#171; Development economics in action : a study of economic Policy in Ghana &#187;, Canadian Journal of Development Studies /Revue canadienne d'&#233;tudes du d&#233;veloppement, 2012, 33 :3, (p. 388-391), p. 390, &lt;a href=&#034;http://dx.doi.org/10.1080/02255189.2012.707974&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://dx.doi.org/10.1080/02255189.2012.707974&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Jean-Marie Vincent, Le marxisme apr&#232;s Marx, &#171; Introduction &#187;, Lausanne, Page 2, 2001, disponible sur Jean-Marie Vincent Online : &lt;a href=&#034;http://jeanmarievincent.free.fr/spip.php?article320&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://jeanmarievincent.free.fr/spip.php?article320&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Economiste, s&#233;nateur, puis d&#233;put&#233; du S&#233;n&#233;gal au parlement fran&#231;ais de 1949 &#224; 1956, vice-pr&#233;sident de l'&#233;ph&#233;m&#232;re Mali (f&#233;d&#233;ration du S&#233;n&#233;gal et du Soudan fran&#231;ais &#8211; actuel Mali &#8211; 1959-1960) au sein de la Communaut&#233; fran&#231;aise (1958-1960), pr&#233;sident du Conseil de gouvernement de la R&#233;publique du S&#233;n&#233;gal (1960-1962) &#8211; pr&#233;sid&#233;e par L. S. Senghor &#8211;, Mamadou Dia est limog&#233; en d&#233;cembre 1962, pour une pr&#233;tendue tentative de coup d'&#201;tat, et incarc&#233;r&#233; jusqu'en 1974. &#192; la diff&#233;rence de Senghor, il avait, au sein du Bloc Populaire S&#233;n&#233;galais, d&#233;fendu, en partisan de la &#8220;r&#233;volution africaine&#8221;, la ligne ind&#233;pendantiste, minoritaire, contre le &#8220;oui&#8221; &#224; la Communaut&#233; fran&#231;aise dans la Ve R&#233;publique (r&#233;f&#233;rendum de 1958).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Cit&#233; par Monjib Ma&#226;ti, &#171; Mamadou Dia et les relations franco-s&#233;n&#233;galaises (1957-1962) &#187;, Horizons Maghr&#233;bins &#8211; Le droit &#224; la m&#233;moire, n&#176; 53, 2005, L'Afrique &#224; voix multiples, (p. 40-53), p. 41 ; &lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/horma_0984-2616_2005_num_53_1_2299&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/horma_0984-2616_2005_num_53_1_2299&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Mamadou Dia, &#171; Proposition pour l'Afrique Noire &#187;, Pr&#233;sence Africaine, n&#176; 13, avril-mai 1957 (p. 41-57) : la r&#233;f&#233;rence &#224; la correspondance de Marx est faite aux pages 42-43.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] La premi&#232;re citation, concernant la commune russe (mir), est extraite du brouillon de la lettre de Marx, et la seconde de la lettre telle qu'elle a &#233;t&#233; envoy&#233;e &#224; V. Zassoulitch. Ainsi, le marxiste italien Antonio Gramsci, qui ignorait cette correspondance, avait consid&#233;r&#233;, &#224; juste titre, que la R&#233;volution d'Octobre 1917, en Russie, s'&#233;tait faite contre Le Capital, c'est-&#224;-dire contre la conception d'une &#171; th&#233;orie philosophico-historique de la marche g&#233;n&#233;rale, fatalement impos&#233;e aux peuples &#187; d&#233;j&#224; rejet&#233;e par l'auteur de cet ouvrage (Marx).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Dans la mythologie grecque, Procuste est un brigand qui ajustait ses victimes &#224; la longueur de son lit, soit en r&#233;duisant leurs membres, soit en les &#233;tirant&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Gyorgy Luk&#224;cs, Histoire et conscience de classe. Essai de dialectique marxiste (1922), Paris, Minuit, 1960 [traduction de l'allemand par Kostas Axelos et Jacqueline Bois], p. 16 de l'&#233;dition &#233;lectronique disponible sur &lt;a href=&#034;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.uqac.uquebec.ca/zone30/Classiques_des_sciences_sociales/index.html&lt;/a&gt;. Pour Julius Nyerere, th&#233;oricien d'un autre socialisme africain (l'&#171; ujaama &#187;), &#171; Il n'y a pas de th&#233;ologie du socialisme [&#8230;] Nous pouvons tirer des le&#231;ons de leurs [Marx, L&#233;nine] m&#233;thodes d'analyse et de leurs id&#233;es &#187;, J. K. Nyerere, &#171; Libert&#233; et socialisme &#187; (Ao&#251;t 1968), in J. K. Nyerere, Libert&#233; et Socialisme, Yaound&#233;, &#201;dition CLE, 1972 [traduit de l'anglais par Alain Collange], (p. 34-74), p. 51 et 52.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] C'est une alliance que va &#233;prouver Nkrumah sous forme d'opposition, motiv&#233;e &#233;conomiquement aussi, de certaines chefferies traditionnelles (rois et autres) &#224; sa politique. Par exemple, concernant la question de la souverainet&#233; sur les territoires aurif&#232;res, le commerce du cacao, etc.. Ainsi, le roi des Ashanti de 1970 &#224; 1999, Nana Opoku Ware II, a &#233;t&#233;, sous son nom officiel, Jacob Matthew Poku (1919-1999), ministre de la communication (1966-1969) du gouvernement instaur&#233; par les militaires putschistes ayant d&#233;mis Kwame Nkrumah (1966).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] J. Binet, &#171; La naissance des classes sociales en Afrique noire &#187;, Revue de l'action populaire, septembre-octobre 1961, n&#176; 151, p. 956-964.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Jean Maynaud, Anisse Salah-Bey, Le syndicalisme africain, Paris, Payot, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] Pierre Naville, &#171; Notes sur le syndicalisme en Afrique noire &#187;, Pr&#233;sence africaine, n&#176; 13, 1952, &#171; Le travail en Afrique noire &#187;, (p. 359-367), p. 365-366, pour la citation. C'est, par exemple, la premi&#232;re tendance qui est manifeste dans le roman de Semb&#232;ne Ousmane, Les bouts de bois de Dieu (1960), inspir&#233; de la gr&#232;ve des cheminots du Dakar-Niger (1947).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Frederick Cooper, D&#233;colonisation et travail en Afrique. L'Afrique britannique et fran&#231;aise 1935-1960, Paris/Amsterdam, Karthala/Sephis, 2004 [Cambridge University Press, 1996 ; traduit de l'anglais par Fran&#231;ois-G. Barbier Wiesser], p. 442-443 et 445.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Sur cette complexit&#233;, cf., par exemple, Michel Agier, Jean Copans et Alain Morice (&#233;tudes r&#233;unies et pr&#233;sent&#233;es par), Classes ouvri&#232;res d'Afrique noire[[Cf., par exemple, Frances Stonor Saunders : Qui m&#232;ne la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, Paris, Deno&#235;l, 2003 [&#233;dition anglaise : 1999, Granta Books ; traduction de l'anglais par Delphine Chevalier] ; Hugh Wilford, The Mightly Wurlitzer. Why the CIA played America, Harvard, Harvard University Press, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Cf., par exemple, Frances Stonor Saunders : Qui m&#232;ne la danse ? La CIA et la guerre froide culturelle, Paris, Deno&#235;l, 2003 [&#233;dition anglaise : 1999, Granta Books ; traduction de l'anglais par Delphine Chevalier] ; Hugh Wilford, The Mightly Wurlitzer. Why the CIA played America, Harvard, Harvard University Press, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Avant-dernier paragraphe de l'Avant-propos de son ouvrage (La chose publique en Afrique occidentale), p. 10. Cela ne veut nullement dire que Lewis &#233;tait au courant des liens dudit Congr&#232;s avec la CIA.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (3/3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-3-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-3-3</guid>
		<dc:date>2020-11-17T12:26:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous republions en trois parties l'article de Jean Nanga &#171; Afrique : Covid-19, ''&#233;lites'', dette, capitalisme et le ''temps d'apr&#232;s'' &#187; du 2 septembre 2020. Dans cette derni&#232;re partie, il poursuit son balayage des positions &#233;mises par le monde intellectuel africain avant d'analyser comment la pand&#233;mie permet d'acc&#233;l&#233;rer l'offensive n&#233;olib&#233;rale sur le continent. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; sur le site du CADTM, Pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes &lt;br class='autobr' /&gt;
Sommaire &lt;br class='autobr' /&gt; D'autres intellectuel&#183;le&#183;s, critiques de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton45613-22b69.jpg?1678984478' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous republions en trois parties l'article de Jean Nanga &#171; Afrique : Covid-19, ''&#233;lites'', dette, capitalisme et le ''temps d'apr&#232;s'' &#187; du 2 septembre 2020. Dans cette derni&#232;re partie, il poursuit son balayage des positions &#233;mises par le monde intellectuel africain avant d'analyser comment la pand&#233;mie permet d'acc&#233;l&#233;rer l'offensive n&#233;olib&#233;rale sur le continent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; sur le &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-3-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;, Pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D'autres intellectuel&#183;le&#183;s, critiques de l'Africa rising&lt;br class='autobr' /&gt; Grila : Le grand &#233;cart entre constat et perspectives ?&lt;br class='autobr' /&gt; Covid-19 et offensive n&#233;olib&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres intellectuel&#183;le&#183;s, critiques de l'Africa rising&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est d'ailleurs ce grand &#233;cart, entre les discours sur la &#8220;solidarit&#233; africaine&#8221; et des rapports sociaux intra-africains tr&#232;s in&#233;galitaires/tr&#232;s injustes, qui est, entre autres, relev&#233; par le texte d'autres intellectuel&#183;le&#183;s (88 [1]), tr&#232;s majoritairement africain&#183;e&#183;s (avec en t&#234;te de la liste des signataires le prix Nobel de litt&#233;rature 1986, Wole Soyinka, qui n'en serait pas un des r&#233;dacteurs/r&#233;dactrices, a-t-il laiss&#233; entendre ailleurs) [2], en affirmant que &#171; La pand&#233;mie du coronavirus met &#224; nu ce que les classes moyennes et ais&#233;es vivant dans les grandes m&#233;galopoles du continent ont feint de ne pas voir. Depuis pr&#232;s de dix ans, en effet, certains m&#233;dias, intellectuels, hommes politiques et institutions financi&#232;res internationales s'accrochent &#224; l'image d'une Afrique en mouvement, d'une Afrique nouvelle fronti&#232;re de l'expansion capitaliste. Une Afrique sur la voie de l'&#233;mergence &#233;conomique ; une Afrique dont les taux de croissance positifs feraient p&#226;lir d'envie plus d'un pays du nord &#187;. Et en rappelant la coexistence de ce r&#233;cit avec &#171; les conditions de pr&#233;carit&#233; chronique v&#233;cue par la majorit&#233; de leurs populations &#187; dont quelques-unes ont &#233;t&#233;, sont encore aujourd'hui, malgr&#233; tout, soumises au confinement, quelques autres menac&#233;es de re-subir un confinement. La pr&#233;carit&#233; ou le pr&#233;cariat, en Afrique du moins, n'est pas ainsi consid&#233;r&#233; comme n&#233; de la pand&#233;mie, &#224; la diff&#233;rence de ce qu'en affirmaient les intellectuel&#183;le&#183;s pr&#233;c&#233;dent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, dans ce texte peuvent &#234;tre remarqu&#233;s l'usage non seulement de l'expression &#171; classes moyennes et ais&#233;es &#187; &#8211; quand bien il existe des notions plut&#244;t pertinentes (petite bourgeoisie, bourgeoisie, etc.), &#171; ais&#233;es &#187; renvoyant dans le texte &#224; celles et ceux &#171; ayant la possibilit&#233; de travailler &#224; domicile &#187; pendant le confinement ; les patron&#183;ne&#183;s et actionnaires inclus&#183;es ? &#8211;, la mention des soci&#233;t&#233;s o&#249; pr&#233;valent des &#171; logiques de profit et de domination &#187;, mais aussi l'usage du terme, apparemment encore tabou pour les autres intellectuel&#183;le&#183;s (dans leur appel), &#171; capitalisme &#187;, indiquant la r&#233;alit&#233; dont rel&#232;vent ces logiques. Il y est m&#234;me question de &#171; prosp&#233;rit&#233; partag&#233;e sur des bases &#233;galitaires et respectueuses de la dignit&#233; de chacun. &#187; Ce qui la distingue des deux appels pr&#233;c&#233;dents, autant qu'une certaine insistance sur l'&#171; au-del&#224; de l'urgence &#187;, le devenu fameux &#171; jour d'apr&#232;s &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, invitation est faite aux destinataires de la lettre (&#171; dirigeants africains de tous bords [&#8230;], peuples africains et [&#8230;] ceux qui essaient de penser le continent &#187;) de &#171; saisir l'opportunit&#233; de cette crise pour mutualiser leurs efforts afin de repenser l'id&#233;e d'un &#201;tat au service du bien-&#234;tre des peuples, de rompre avec le mod&#232;le de d&#233;veloppement bas&#233; sur le cercle vicieux de l'endettement ext&#233;rieur, de sortir de la vision orthodoxe de la croissance pour la croissance, et du profit pour le profit &#187;. Autrement dit, pour aller &#224; l'essentiel, &#224; la diff&#233;rence de l'Afrique actuelle, avec ses &#171; classes moyennes et ais&#233;es &#187;, partisanes de &#171; l'&#233;mergence &#233;conomique &#187; (capitaliste, &#233;videmment) et la majorit&#233; des populations vivant dans des &#171; conditions de pr&#233;carit&#233; chronique &#187;, l'Afrique du &#171; jour d'apr&#232;s &#187; s'annonce post-id&#233;ologique, car il n'y aurait plus de diff&#233;rences, de divergences, de contradictions ; &#171; dirigeant[e]s politiques de tous bords &#187;, &#171; peuples africains &#187; et penseur&#183;e&#183;s s'&#233;tant accord&#233;&#183;e&#183;s sur &#171; une nouvelle id&#233;e politique d'Afrique &#187;, la r&#233;organisation du &#171; vivre ensemble &#187;, d&#233;sormais sur &#171; des bases &#233;galitaires et respectueuses de la dignit&#233; de chacun &#187; &#8211; esp&#233;rons que l'&#233;galit&#233; soit aussi celle entre les genres, et la dignit&#233;, celle de chacune aussi. Ce qui pourra &#234;tre consid&#233;r&#233;, ici aussi, comme une r&#233;actualisation de la suppos&#233;e tradition africaine ant&#233;-coloniale telle que couramment pr&#233;sent&#233;e, surtout dans les ann&#233;es 1950-1960 (dont la nature pr&#233;tendument solidaire a &#233;t&#233; trait&#233;e dans la partie pr&#233;c&#233;dente) : &#171; Dans la soci&#233;t&#233; africaine traditionnelle, en effet, aucun int&#233;r&#234;t ne pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233; comme d&#233;terminant ; les pouvoirs l&#233;gislatif ou ex&#233;cutif ne soutenaient les int&#233;r&#234;ts d'un groupe particulier. Le but supr&#234;me &#233;tait le bien du peuple tout entier &#187; (Kwame Nkrumah, Le Consciencisme, chapitre III, 1964). En fait une nostalgie qui a &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;e par la suite comme uchronique, un &#171; mythe &#187;, par le m&#234;me Nkrumah, post-pr&#233;sidence [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;organisation sur des &#171; bases &#233;galitaires &#187; qui est impossible &#224; r&#233;aliser, eu &#233;gard &#224; l'esprit &#233;conomique exprim&#233; dans cette lettre, laissant entendre, qu'ici aussi, il est fondamentalement question des r&#233;formes au sein de l'&#233;conomie actuellement dominante, du v&#339;u d'un capitalisme h&#233;t&#233;rodoxe dans lequel le culte de la croissance et du profit serait miraculeusement abandonn&#233;, alors qu'il est consubstantiel au capitalisme (&#224; ne pas ramener &#224; nos &#233;piceries de quartier en Afrique, &#224; l'&#8220;&#233;picerie kabyle&#8221; dans certaines villes ou quartiers en France). Les capitalistes africain&#183;e&#183;s, une composante des &#171; classes ais&#233;es &#187;, &#233;tant cens&#233;&#183;e&#183;s devenir &#8211; tout en demeurant, semble-t-il, propri&#233;taires priv&#233;&#183;e&#183;s des moyens de production &#8211; des partisan&#183;e&#183;s de l'&#233;galit&#233;, respectueux/respectueuses de la dignit&#233; de la force de travail exploit&#233;e productrice de survaleur qu'elles/ils s'approprient en principe, ainsi que de celle constituant l'&#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; (K. Marx).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au temps de la lutte contre le colonialisme tardif en g&#233;n&#233;ral, portugais en l'occurrence, Amilcar Cabral avait pens&#233; que la &#171; petite-bourgeoisie r&#233;volutionnaire doit &#234;tre capable de se suicider comme classe pour ressusciter comme travailleur r&#233;volutionnaire, enti&#232;rement identifi&#233;e avec les aspirations les plus profonds du peuple auquel elle appartient &#187; (&#171; Fondements et objectifs de la lib&#233;ration nationale et structure sociale &#187;, 1966). Ces intellectuel&#183;le&#183;s pensent, quant &#224; elles/eux, que les &#171; classes moyennes et ais&#233;es &#187; sont capables de se suicider comme &#171; classes moyennes et ais&#233;es &#187;, pour la construction de soci&#233;t&#233;s africaines &#233;galitaires. Alors que l'existence d'une bourgeoisie r&#233;volutionnaire ne rel&#232;ve plus, &#224; l'&#233;chelle mondiale, que d'un pass&#233; bien lointain. Voire que semble actuellement inexistante en Afrique quelque fraction de la petite bourgeoisie se voulant r&#233;volutionnaire (dans l'acception de Cabral).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est au nom d'un humanisme petit-bourgeois, malgr&#233; son respectable activisme pour la &#8220;d&#233;mocratie&#8221; au Nigeria et pour la paix dans le monde (cf. par exemple, les pages consacr&#233;es &#224; la trag&#233;die du peuple palestinien dans son Climat de peur, Actes Sud, 2005), que Wole Soyinka, dans un entretien post&#233;rieur &#224; cet appel, s'attend, en s'appuyant sur l'histoire mais tout en en &#233;vacuant certains faits pourtant majeurs, &#224; une sorte de sursaut des dirigeant&#183;e&#183;s politiques africain&#183;e&#183;s : &#171; Voulez-vous saisir cette opportunit&#233; pour r&#233;fl&#233;chir &#224; notre pleine et enti&#232;re existence en tant que peuple, et &#224; votre existence &#224; vous en particulier, en tant que dirigeant sur le continent africain&#8230; un continent qui porte une histoire d'esclavage, de colonisation, de n&#233;ocolonisation, d'exploitation sans fin ? Et si cet &#233;v&#233;nement &#233;tait le moment de vous poser, pour enfin r&#233;fl&#233;chir, et vous demander si vous n'avez pas trahi votre propre peuple, trahi votre propre humanit&#233; ? [4] &#187;. De la moraline, dirait le philosophe. Comme si cette histoire n'&#233;tait pas aussi celle de la succession de dirigeants cyniques, des collaborateurs de la traite &#224; ceux qui, d&#233;pourvus de quelque qualit&#233; (recommandable), sont arriv&#233;s &#224; mettre leurs pays &#224; feu et &#224; sang, faisant plus de victimes que des &#233;pid&#233;mies, rien que pour la conservation de leur pouvoir ou pour y acc&#233;der, c'est-&#224;-dire sans autre id&#233;al que la jouissance des privil&#232;ges, la satisfaction de leur kleptomanie qu'il permet. Le n&#233;ocolonialisme mentionn&#233; n'est-ce pas l'alliance, hi&#233;rarchis&#233; certes, entre les dirigeants interpell&#233;s et les puissances (politiques et &#233;conomiques, principalement des pays du centre capitaliste traditionnel, avec possibilit&#233; de restructuration, par exemple dans le contexte de mont&#233;e en puissance &#233;conomique de la Chine) et &#224; laquelle ils s'av&#232;rent in&#233;branlablement tr&#232;s attach&#233;s, aux d&#233;pens des majorit&#233;s sociales. Attendre quelque sursaut &#8220;humaniste&#8221; de ces dirigeants, indiff&#233;rents en temps dit normal aux malheurs chroniques des classes populaires (dont des maladies comme le paludisme, le sida, la tuberculose, etc. qui sont incomparablement plus meurtri&#232;res pour le moment que la Covid-19 en Afrique), revient &#224; esp&#233;rer des eucalyptus qu'ils produisent des mangues, des oranges ou qu'ils enrichissent le sol. Par ailleurs, ces dirigeants ne trahissent en fait rien, car leurs promesses sont g&#233;n&#233;ralement mensong&#232;res au moment de leur &#233;nonciation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Semble oubli&#233;, dans cet appel &#224; l'union sacr&#233;e de tous/toutes les Africain&#183;e&#183;s face &#224; la Covid-19, le fait que dans les derni&#232;res d&#233;cennies du 20e si&#232;cle, il y a eu des conf&#233;rences nationales, dites m&#234;mes souveraines, et autres concertations nationales. Elles r&#233;sultaient, entre autres des mobilisations sociales contre la paup&#233;risation populaire caus&#233;e par l'endettement critique (ayant plus profit&#233; aux kleptocrates et &#224; leurs partenaires capitalistes, d'Occident surtout, &#224; travers, par exemple, la surfacturation des grands travaux) organis&#233; par les IFI (par exemple, la Banque mondiale avait promu au cours des ann&#233;es 1970 &#8220;l'endettement pour se d&#233;velopper&#8221;, du fait de l'abondance des p&#233;trodollars), et les subs&#233;quents programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral. Conf&#233;rences nationales et autres assises qui ont, paradoxalement, &#233;t&#233; des moments de l&#233;gitimation nationale quasi consensuelle (organisations politiques et soci&#233;t&#233; civile, syndicats patronaux compris dans celle-ci) de l'option n&#233;olib&#233;rale, aur&#233;ol&#233;e de multipartisme (g&#233;n&#233;ralement sans r&#233;el pluralisme id&#233;ologique, dans le contexte de l'apr&#232;s destruction du Mur de Berlin), de &#8220;dynamisme&#8221; de la &#8220;soci&#233;t&#233; civile&#8221;. La &#8220;d&#233;mocratie&#8221;, ainsi instaur&#233;e, &#233;tait pr&#233;sent&#233;e, consid&#233;r&#233;e comme la forme de gouvernement permettant de r&#233;soudre les probl&#232;mes sociaux ayant caus&#233; les mobilisations sociales, alors que les gouvernant&#183;e&#183;s &#233;lu&#183;e&#183;s choisissent syst&#233;matiquement la direction oppos&#233;e, celle de la fixation, de l'aggravation durable desdits probl&#232;mes. En fait, ce fut un moment de nouvelle confirmation du &#171; d&#233;ficit id&#233;ologique &#187; en Afrique post-coloniale constat&#233; d&#233;j&#224; par Frantz Fanon (&#171; Cette Afrique &#224; venir &#187;, 1960) et Amilcar Cabral (&#171; Une crise de connaissance &#187;, 25 mars 1961 ; &#171; Fondements et objectifs de la lib&#233;ration nationale et structure sociale &#187;, janvier 1966), au moment de la guerre dite froide (ni l'un ni l'autre ne voulaient ainsi pr&#244;ner une &#8220;id&#233;ologie africaine&#8221;, mais une id&#233;ologie de l'&#233;mancipation humaine, c'est-&#224;-dire abolition de &#171; toutes les formes d'oppression &#187;, de &#171; l'exploitation du travail par qui que ce soit [5] &#187;). D&#233;ficit id&#233;ologique aggrav&#233; par le contexte n&#233;olib&#233;ral de propagande, renouvel&#233;e aussi, de l'id&#233;ologie de la fin des id&#233;ologies (la &#8220;science &#233;conomique&#8221; pr&#233;sentant plus qu'auparavant l'&#233;conomique, substrat et finalit&#233; de la soci&#233;t&#233; capitaliste, comme non id&#233;ologique). Comme cela se donne &#224; voir d&#233;j&#224; ci-dessus, les &#8220;&#233;lites&#8221; africaines produisent, g&#233;n&#233;ralement, sous une &#171; ennuyeuse apparence de diversit&#233; &#187; &#8211; pour reprendre une expression h&#233;g&#233;lienne &#8211;, avec une ind&#233;niable habilet&#233; rh&#233;torique, sophistique, des adaptations africaines (particularistes ou cosmopolites) de cette id&#233;ologie, y compris sous forme de &#171; manifestation assez raffin&#233;e d'apolog&#233;tique critique &#187;, comme le disait Ernst Bloch &#224; propos d'une certaine critique sociale dans le cin&#233;ma hollywoodien (Principe Esp&#233;rance, tome 1, chap. 29, 1959), en l'occurrence la critique pro-capitaliste du capitalisme n&#233;olib&#233;ral. Ce qui peut &#234;tre m&#233;diatiquement rentable, voire pour la carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, si les &#171; dirigeants africains de tous bords &#187; (les politiques) sont, &#224; juste titre, interpell&#233;s, ne le sont pas les autres acteurs/actrices, parmi la minorit&#233; b&#233;n&#233;ficiaire du drame v&#233;cu par les classes populaires africaines, que sont les capitalistes africain&#183;e&#183;s, avec lesquels il serait impossible de &#171; mutualiser [les] efforts &#187; pour la construction &#171; d'un &#201;tat au service du bien-&#234;tre des peuples &#187; et qui ne pourraient abandonner le principe &#171; du profit pour le profit &#187;. Il est illusoire d'attendre des capitalistes de partout en Afrique &#8211; les actifs/actives &#224; l'&#233;chelon national, comme celles et ceux qui le sont transnationalement (en Afrique et ailleurs) &#8211;, des associations patronales africaines, qu'elles/ils tournent le dos &#224; l'in&#233;galit&#233; structurelle du capitalisme, se m&#233;tamorphosent en partisan&#183;e&#183;s de l'&#233;galit&#233;. Tout comme, ne peut &#234;tre esp&#233;r&#233; en m&#234;me temps que les d&#233;mocrateurs (la d&#233;mocrature est une dictature d'apparence d&#233;mocratique selon Eduardo Galeano, parlant des r&#233;gimes ayant imm&#233;diatement succ&#233;d&#233; aux dictatures militaires des ann&#233;es 1970 en Am&#233;rique dite latine) et kleptocrates se transfigurent en d&#233;mocrates (soumis au contr&#244;le populaire bas&#233; sur une bonne information, une vraie formation citoyenne autonome) et personnes int&#232;gres. Alors qu'&#224; proprement parler, il n'y a pas actuellement, sauf dans une poign&#233;e de pays, de dynamisme de la lutte de classe des exploit&#233;&#183;e&#183;s [6], des luttes contre les diff&#233;rentes in&#233;galit&#233;s, injustices, oppressions (g&#233;n&#233;ralement imbriqu&#233;es) pouvant les contraindre &#224; une telle mutation. &#192; moins de penser que ce serait possible par quelque miracle de la &#8220;palabre africaine&#8221; mise &#224; jour. Par quelque r&#233;activation de la suppos&#233;e &#171; solidarit&#233; dont elle [l'Afrique] poss&#232;de les g&#232;nes &#187;, selon les intellectuel&#183;le&#183;s pr&#233;c&#233;dent&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble que c'est sur une telle m&#233;tamorphose qu'aurait planch&#233; l'&#233;dition de mars 2020 de l'Africa CEO Forum (haut lieu de concertation entre capitalistes africain&#183;e&#183;s, dirigeant&#183;e&#183;s politiques africains et investisseurs &#233;trangers &#8211; sans les classes populaires, &#233;videmment), annul&#233;e pour cause de pand&#233;mie, car elle avait pour th&#232;me : &#171; Capitalisme et bien commun : un nouvel horizon pour le secteur priv&#233; africain &#187;. Comme l'avait pr&#233;cis&#233; le pr&#233;sident de cet &#233;v&#233;nement (organis&#233; par le Groupe Jeune Afrique avec, entre autres partenaires, la Banque africaine de d&#233;veloppement, la Soci&#233;t&#233; financi&#232;re internationale du Groupe de la Banque mondiale) consid&#233;r&#233; comme majeur pour l'essor du capitalisme en Afrique, Amir Ben Yahmed (Groupe de presse Jeune Afrique), il s'agirait de r&#233;fl&#233;chir sur la r&#233;alisation d'&#171; un capitalisme africain au profit de tous &#187;, d'un &#171; capitalisme pour le bien commun &#187; [7]. Sans, cependant, se r&#233;f&#233;rer, dans son texte, &#224; quelque solidarit&#233; africaine g&#233;n&#233;tiquement d&#233;termin&#233;e. Sa source d'inspiration serait plut&#244;t le Manifeste de Davos 2020 (Davos Manifesto 2020 : The Universal Purpose of a Company in the Fourth Industrial Revolution, d&#233;cembre 2019) produit par Klaus Schwab (pr&#233;sident de l'autre forum, le Forum &#233;conomique mondial de Davos), pour sa derni&#232;re &#233;dition (janvier 2020). Et dont l'id&#233;e principale est : compte tenu des in&#233;galit&#233;s colossales actuelles, il faudrait passer &#224; un capitalisme ne profitant plus seulement aux actionnaires mais aussi &#224; toutes les &#171; parties prenantes &#187;, y compris donc la force de travail salari&#233;e. Conception de l'&#233;conomie (sociale) capitaliste qui est bien loin de conna&#238;tre un d&#233;but de commencement, vu que dans la principale &#233;conomie capitaliste du monde, par exemple, m&#234;me la p&#233;riode de la pand&#233;mie de Covid-19 a eu du bon pour les plus capitalistes des capitalistes : &#171; This year's Forbes report examines billionaire wealth as of March 18, 2020, a bit later than the February dates fixed upon in the magazine's previous 33 annual reports. By April 5, two-plus weeks after March 18, U.S. billionaires had seen their collective wealth rise back to $3.017 trillion, and by April 10 their wealth had surged to $3.229 trillion, surpassing the 2019 level. Between March 18 &#8212; the near bottom point of the pandemic financial swoon &#8212; and April 10, 2020, U.S. billionaire wealth rebounded by $282 billion [8] &#187;. Il n'en est pas autant, &#233;videmment, pour les autres &#171; parties prenantes &#187;, celles, par exemple, qui suent &#224; produire ces richesses. Mais l'Afrique &#233;tant consid&#233;r&#233;e comme d'une humanit&#233; si particuli&#232;re, avec ses vertus g&#233;n&#233;tiquement d&#233;termin&#233;es, ses capitalistes sauraient se m&#233;tamorphoser. Ce que fait douter n&#233;anmoins, par exemple, le panafricanisme exprim&#233; par l'ex-footballeur professionnel en Europe, Samuel Eto'o, appelant &#224; &#171; un sursaut d'orgueil, il faut qu'on sache se mettre ensemble. On ne sera jamais d'accord, mais l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral c'est l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral ! L'int&#233;r&#234;t de notre continent doit primer sur tout [9] &#187;. Mais, apr&#232;s avoir pr&#233;sent&#233; la cr&#233;ation d'emplois comme motiv&#233;e par la solidarit&#233;, l'altruisme, plut&#244;t que par la soif d'accumuler, il n'a pas oubli&#233; ses int&#233;r&#234;ts de milliardaire (en FCFA) membre autochtone du capital en Afrique : &#171; Il faut permettre aux Africains qui veulent investir dans notre continent d'avoir la priorit&#233; sur certaines choses et d'avoir des avantages aussi, parce que nous sommes n&#233;s dans ce continent-l&#224; et il est normal qu'on revienne et que l'on ait certains avantages pour pouvoir investir dans notre continent &#187; (idem). Une demande assez claire du privil&#232;ge d'autochtonie africaine pour l'exploitation/la surexploitation n&#233;olib&#233;rale de la force de travail africaine, la r&#233;alisation des profits, la reproduction des in&#233;galit&#233;s et injustices structurelles. C'est la voix du panafricanisme bourgeois : par &#171; int&#233;r&#234;t de notre continent &#187;, il faut plut&#244;t comprendre &#8220;nos int&#233;r&#234;ts de fraction autochtone de la classe exploiteuse&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, dans cet appel aussi, il n'est sous-entendu nulle part une rupture &#224; venir avec le capitalisme, cadre et co-facteur de la crise sanitaire, articulable &#224; la crise &#233;cologique, mais seulement avec tel ou tel autre des aspects du capitalisme n&#233;olib&#233;ralis&#233;. M&#234;me concernant la &#171; d&#233;pendance syst&#233;mique &#187; dans laquelle se trouvent les &#233;conomies, les &#201;tats africains, il n'est pas question de rupture mais juste de &#171; diminuer notre d&#233;pendance syst&#233;mique &#187; &#224; l'&#233;gard des puissances capitalistes, dont les anciennes m&#233;tropoles coloniales/imp&#233;riales. Une telle diminution serait tout &#224; fait autre chose que l'interd&#233;pendance qui exclut, en principe, des rapports de domination, de subordination entre les partenaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme certain&#183;e&#183;s altermondialistes souhaitaient une mondialisation (capitaliste n&#233;olib&#233;rale) &#224; visage humain (en ce qui concerne les altermondialistes du centre capitaliste, c'&#233;tait par nostalgie des pr&#233;tendues &#8220;Trente glorieuses&#8221;, consid&#233;r&#233;es en faisant abstraction du contexte de la guerre dite froide, des guerres coloniales/n&#233;ocoloniales, de la domination imp&#233;rialiste, de la mise en d&#233;pendance des &#201;tats du Tiers-Monde, avec son &#233;change in&#233;gal, du productivisme/consum&#233;risme &#233;cocidaire, etc.), l'un des signataires a parl&#233; ailleurs &#171; des opportunit&#233;s &#224; saisir afin de &#8220;coconstruire&#8221; une mondialisation plus &#233;quitable [10] &#187;. Autrement dit, le stade n&#233;olib&#233;ral de la mondialisation &#233;tant consid&#233;r&#233; comme actuellement &#233;quitable &#8211; dans l'acception &#171; &#224; la mode &#187; de l'&#233;quit&#233;, depuis les ann&#233;es 1990 (cf. Fran&#231;ois Brune, op. cit.) &#8211;, il s'agit d'en faire plus, sans, effectivement tendre vers l'&#233;galit&#233; : un changement sans la n&#233;cessit&#233; de &#171; changer de base &#187; (&#224; la diff&#233;rence de ce qui est envisag&#233; dans un hymne c&#233;l&#232;bre, de moins en moins chant&#233; ces derniers temps). Consid&#233;ration assez logique de vivre dans un monde &#233;quitable quand l'on appartient &#224; la tranche sup&#233;rieure de la &#8220;classe moyenne&#8221;, &#224; l'abri de la pr&#233;carisation. Alors que la mise en circulation ces derniers temps, par des id&#233;ologues du capitalisme, des expressions &#8211; de nouveaux mots envo&#251;tants de la &#171; sorcellerie capitaliste &#187; comme diraient Philippe Pignarre et Isabelle Stengers (La sorcellerie capitaliste. Pratiques de d&#233;senvo&#251;tement, 2005) &#8211; comme &#171; d&#233;veloppement inclusif &#187;, &#171; croissance inclusive &#187;, capitalisme &#171; des parties prenantes &#187; ou du &#171; bien commun &#187; indique assez explicitement que la dynamique en cours, est de nature exclusive, plus gravement injuste et in&#233;galitaire, comme jamais auparavant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au panafricanisme, l'appel &#224; &#171; retrouver son inspiration originelle apr&#232;s des d&#233;cennies d'errements &#187; manque de pr&#233;cision : s'agit-il de l'&#171; inspiration originelle &#187; n&#233;gro-am&#233;ricaine du panafricanisme, en cela plut&#244;t pan-n&#233;griste que panafricaine, les peuples d'Afrique &#233;tant de plusieurs &#8220;races&#8221;, depuis au moins le premier mill&#233;naire de l'&#232;re dite chr&#233;tienne ? S'agit-il du panafricanisme des ann&#233;es 1945-1963 ayant abouti, principalement, &#224; l'Organisation de l'unit&#233; africaine (OUA), &#224; dominante n&#233;ocoloniale (certains &#8220;p&#232;res de l'ind&#233;pendance&#8221; et fondateurs de l'OUA, &#233;tant alors plus int&#233;ress&#233;s par le projet de l'EurAfrique, le Commonwealth, la fran&#231;africaine Union africaine et malgache, etc.) ? OUA qui ne s'&#233;tait ainsi quasiment pas pr&#233;occup&#233;e de l'organisation du vivre ensemble (de l'&#233;conomique au culturel, en passant par les rapports entre les genres) &#224; partir du principe de l'&#233;galit&#233; sociale (un id&#233;al qui n'&#233;tait pas encore consid&#233;r&#233; comme une &#233;normit&#233;) dans les soci&#233;t&#233;s africaines dites ind&#233;pendantes. Les &#8220;&#233;lites&#8221; au service des &#201;tats dits ind&#233;pendants parlaient de panafricanisme tout en se distanciant davantage socialement, de fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, des peuples/classes populaires, y compris l'&#8220;&#233;lite&#8221; du Convention People's Party et de l'&#201;tat ghan&#233;en dirig&#233;s par un Kwame Nkrumah qui &#233;tait incontestablement &#224; l'avant-garde du panafricanisme post-colonial. Les classes populaires y &#233;tant alors contenues &#224; &#171; s'&#233;nivrer de l'&#233;pop&#233;e qui a conduit &#224; l'ind&#233;pendance &#187; (F. Fanon, Les damn&#233;s de la terre) Ainsi n'est-ce pas comme une promesse d'attachement au syst&#232;me dominant quand, concernant un suppos&#233; accomplissement de progr&#232;s consid&#233;rables, &#224; venir, dans le processus d'int&#233;gration africaine, il est juste reproch&#233; au dit processus d'avoir &#233;t&#233; &#171; con&#231;u que sur la base de la seule &#8220;doxa&#8221; du lib&#233;ralisme &#233;conomique &#187; (une r&#233;f&#233;rence implicite au Nouveau partenariat pour le d&#233;veloppement de l'Afrique/NEPAD [11], &#224; l'Agenda 2063 &#8211; L'Afrique que nous voulons de l'Union Africaine, &#224; la Zone de libre-&#233;change continentale africaine ?) ? Autrement dit, il ne s'agirait pas de rejeter la &#8220;doxa&#8221; du lib&#233;ralisme &#233;conomique &#187;, alias le n&#233;olib&#233;ralisme, mais de lui ajouter quelque chose d'autre. Du social sans doute, pour arriver au social-n&#233;olib&#233;ralisme promu ailleurs [12], car l'Africa Rising est reconnue, m&#234;me par des institutions de la n&#233;olib&#233;ralisation, n'avoir pas &#233;t&#233; &#8220;inclusive&#8221;. &#192; titre de rappel, ladite inclusion, sociale, dans le jargon des institutions promotrices ne signifiant pas instauration de m&#233;canismes favorisant l'&#233;galit&#233;, mais permettant une &#233;quit&#233; consid&#233;r&#233;e comme nullement incompatible avec la persistance des in&#233;galit&#233;s sociales structurelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, comme les appels pr&#233;c&#233;dents, celui-ci, malgr&#233; un int&#233;r&#234;t affich&#233; pour la science (mais d&#233;pourvu de quelque critique sur une certaine instrumentalisation capitaliste de la science, &#224; l'instar de la technoscience qui est pr&#233;sent&#233;e insidieusement comme facteur du d&#233;veloppement ou de l'&#233;mergence de l'Afrique, des semences g&#233;n&#233;tiquement modifi&#233;es &#224; l'expansion de la num&#233;risation), brille aussi par la non prise en compte de la dimension &#233;cologique, relevant, entre autres, de la connaissance scientifique des ph&#233;nom&#232;nes qui accablent les soci&#233;t&#233;s humaines, menacent l'avenir de la vie. Alors que l'Afrique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; affect&#233;e, &#224; r&#233;p&#233;tition, par le virus Ebola (dont l'origine est cens&#233;e, selon l'hypoth&#232;se assez partag&#233;e par les &#233;pid&#233;miologistes, li&#233;e, entre autres, &#224; la surexploitation capitaliste des for&#234;ts, plut&#244;t que par quelque croissance d&#233;mographique, comme avanc&#233;e par le n&#233;o-malthusianisme, ou la coupe de bois d'usage domestique), qu'elle subit d&#233;j&#224; les cons&#233;quences du r&#233;chauffement climatique (comme l'ont rappel&#233;, par exemple, les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les pluies de la premi&#232;re d&#233;cade de mai 2020, du Kenya au Congo, apr&#232;s les cyclones Idai et Kenneth ayant frapp&#233; l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente des pays d'Afrique australe, voire la temp&#234;te Fakir sur La R&#233;union, ce &#8220;d&#233;partement fran&#231;ais&#8221; bien situ&#233; &#8230; entre Madagascar et Maurice), plus intens&#233;ment, semble-t-il que les autres r&#233;gions du monde. Et les pr&#233;visions, plut&#244;t fiables en cette mati&#232;re, sont g&#233;n&#233;ralement plus alarmantes qu'ailleurs, sur cette terre commune. Si rien n'est s&#233;rieusement fait d&#232;s maintenant, globalement s'entend. Par ailleurs, elle risque de se retrouver avec un particulier appauvrissement des sols du fait de l'accaparements des terres, et g&#233;n&#233;ralement de l'offensive de l'agrobusiness au nom d'une r&#233;volution verte en Afrique qui pourra ne pas &#234;tre, par exemple, moins empoisonneuse de la nature non humaine et moins &#233;trangleuse de la petite paysannerie qu'elle l'a &#233;t&#233; partout ailleurs. Agrobusiness qui risque de profiter de la r&#233;cession des &#233;conomies d'Afrique pour renforcer son pouvoir sur des &#201;tats africains, sur l'Union Africaine (par exemple, la philanthrocapitaliste Fondation Melinda et Bill Gates est partenaire, financeure tr&#232;s int&#233;ress&#233;e du NEPAD - Agence de d&#233;veloppement de l'UA), leur faisant adopter des orientations &#233;cocides mais lui rapportant des profits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet oubli de mentionner, dans cet appel, la dimension &#233;cologique, serait-ce l'expression de la conscience d'une incompatibilit&#233; de l'&#233;cologie cons&#233;quente avec le capitalisme &#8211; m&#234;me pr&#233;sent&#233; comme &#171; d&#233;veloppement durable &#187;, &#171; croissance verte &#187; et autres oxymores dont se revendiquent actuellement des transnationales parmi les plus &#233;cocidaires [13] &#8211;, mais sans disposition &#224; en tirer les cons&#233;quences ?&lt;br class='autobr' /&gt; Grila : Le grand &#233;cart entre constat et perspectives ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oubli de la dimension &#233;cologique que l'on ne trouve pas dans les &#171; Observations du Grila sur la pand&#233;mie du Coronavirus. La condition du continent et une riposte panafricaine &#187;. En effet, le panafricaniste Groupe de recherche et d'initiative sur la lib&#233;ration de l'Afrique n'oublie ni la dimension &#233;cologique (&#171; la d&#233;gradation de la nature propice &#224; la circulation des virus &#187; r&#233;sultant de l'action des &#171; firmes transnationales et instances financi&#232;res &#187;), ni des facteurs de la pand&#233;mie (comme &#171; la connectivit&#233; transnationale des r&#233;seaux de communication &#187;, la &#171; sous-estimation &#187; de sa propagation, etc.), ni les divers impacts sur les femmes (&#171; En raison de la discrimination syst&#233;mique dans le syst&#232;me capitaliste et de certaines traditions culturelles patriarcales, les africaines du continent et les femmes de descendance africaine continuent d'assumer la charge du soin des enfants et des a&#238;n&#233;s. Ces femmes africaines sont confront&#233;es &#224; un plus haut taux de violence sexiste et &#224; l'ins&#233;curit&#233; &#233;conomique. Elles sont repr&#233;sent&#233;es de fa&#231;on disproportionn&#233;e dans le secteur informel avec des emplois sous-pay&#233;s et pr&#233;caires, sans assurance sociale, ou de cong&#233; maladie &#187; [14]), ni &#171; la crise du capitalisme [qui] perdure de fa&#231;on erratique &#187; depuis 2008 et &#171; la nature antisociale du capitalisme &#187;, ni les &#171; classes sociales &#187;, ni les &#171; paysan&#183;ne&#183;s qui assurent la poursuite de la production ou l'entretien des champs &#187;, ni le risque &#171; de conditionnalit&#233;s suppl&#233;mentaires des bailleurs de fonds &#187; et de chantage du FMI et de la Banque mondiale (&#171; Les pays africains qui promeuvent l'approche n&#233;olib&#233;rale ou n'osent pas lui tenir t&#234;te seront privil&#233;gi&#233;s &#187;), ni les &#171; allocations de ch&#244;mage aux travailleuses et travailleurs mis &#224; pied, des filets sociaux aux plus d&#233;munis, surtout &#224; ceux qui seraient confin&#233;s &#187; que devraient fournir les &#201;tats en accompagnement des mesures strictement sanitaires, ni la protection &#171; de la population de l'instrumentalisation religieuse ou culturaliste de la pand&#233;mie &#187;, ni l'option de &#171; d&#233;passer les mentalit&#233;s nationalistes et recouvrer un &#233;lan panafricain internationaliste et solidaire, pour d&#233;fendre l'humanit&#233;, les biens communs &#187;, etc. Bref, une assez synth&#233;tique contextualisation, un tour d'horizon permettant au lecteur/&#224; la lectrice lambda d'&#233;chapper &#224; l'approche diversement mutil&#233;e du ph&#233;nom&#232;ne, assez caract&#233;ristique des d&#233;clarations pr&#233;c&#233;demment pr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il y est aussi souhait&#233; une acc&#233;l&#233;ration de l'int&#233;gration africaine. Ce qui revient &#224; ne pas remettre en question la nature n&#233;olib&#233;rale du processus d'int&#233;gration en cours, allant du NEPAD (consid&#233;r&#233; &#224; juste titre, par l'altermondialiste nig&#233;rien Moussa Tchangari, comme le &#171; boubou africain du n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, taill&#233; au d&#233;part par les pr&#233;sidents Abdoulaye Wade du S&#233;n&#233;gal et Thabo Mbeki d'Afrique du Sud, soutenu par ses pairs d'alors, Abdelaziz Bouteflika de l'Alg&#233;rie et Olusegun Obasanjo du Nig&#233;ria) &#224; la Zone de libre-&#233;change continental africaine, cet &#171; afrolib&#233;ralisme &#187; [15]. Processus d'int&#233;gration qui est soutenu, financi&#232;rement, aussi bien par l'Union europ&#233;enne que par des transnationales, non africaines comme africaines (&#224; l'instar du club patronal &#8220;AfroChampions&#8221; co-pr&#233;sid&#233; par la premi&#232;re fortune africaine Aliko Dangote et l'ex-pr&#233;sident Thabo Mbeki) principalement motiv&#233;es par les profits qu'elles tireraient de ce vaste espace &#233;conomique plut&#244;t que par quelque volont&#233; de contribuer &#224; l'&#233;mancipation des peuples africains &#8211; la dynamique du profit &#233;tant en contradiction avec le processus d'&#233;mancipation, des exploit&#233;&#183;e&#183;s et opprim&#233;&#183;e&#183;s de tous les autres continents aussi. Ces peuples d'Afrique n'&#233;tant consid&#233;r&#233;s &#8211; tout comme ailleurs &#8211; que comme fournisseurs de la force de travail &#224; exploiter et consommateurs potentiels des marchandises, sans pouvoir de d&#233;cision, d&#233;pourvus d'une quelconque souverainet&#233; sur ledit processus. Une telle int&#233;gration, n&#233;olib&#233;rale, ne peut d'ailleurs que reproduire davantage &#171; la nature antisociale du capitalisme &#187; (tous les &#201;tats africains &#233;tant de nature capitaliste, malgr&#233; l'oubli dominant de ce fait dans le monde acad&#233;mique et comme l'a prouv&#233;, par exemple, la crise structurelle des ann&#233;es 1980-1990, &#171; la Grande D&#233;pression Africaine &#187; selon Thandika Mkandawire [16], focalis&#233;e sur le surendettement, g&#233;n&#233;ralement, et son suppos&#233; rem&#232;de, l'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral dans lequel bon nombre patauge depuis), pourtant rappel&#233;e plus haut dans le texte du Grila. C'est comme un oubli, mais qui affecte le mordant (de la premi&#232;re partie) du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, de fa&#231;on assez logique, la perspective n'est pas formul&#233;e en termes de post-capitalisme (&#233;cologique, socialiste, f&#233;ministe, etc.) mais en termes timor&#233;s, bien vagues d'&#171; av&#232;nement d'un d&#233;veloppement viable, &#233;quitable, durable et populaire par l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral continental &#187; ou de &#171; reconstruire des valeurs pour une autre &#233;conomie tourn&#233;e vers l'&#233;quit&#233;, l'&#233;galit&#233; des opportunit&#233;s, la d&#233;cision d&#233;mocratique et populaire, le respect des genres, des g&#233;n&#233;rations et de la nature &#187;. Du d&#233;veloppement durable, par exemple, on sait, au moins depuis son adoption par des transnationales co-responsables de la crise &#233;cologique et de son aggravation en cours, qu'il s'agit d'un &#171; impossible capitalisme vert &#187; (Daniel Tanuro, L'impossible capitalisme vert, 2010). Le d&#233;veloppement, capitaliste s'entend, est impossible sans la croissance qui, anim&#233;e par l'insatiabilit&#233; de l'accumulation du capital, infinie dans une nature finie, ne peut qu'&#234;tre &#233;cocidaire. Quant &#224; l'&#171; &#233;quitable &#187;, l' &#171; &#233;quit&#233; &#187;, il s'agit, rappelons-le, d'un usage actuel, faussement synonyme d' &#171; &#233;galitaire &#187;, d' &#171; &#233;galit&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en ces ann&#233;es post-destruction du Mur de Berlin, de suppos&#233;e fin de l'histoire, quand est &#233;voqu&#233;e l'&#233;quit&#233;, il ne s'agit plus de &#171; l'&#233;quit&#233; au sens o&#249; l'entendait Aristote, comme correctif de l'&#233;galit&#233; formelle [17] &#187;, mais de l'&#233;quit&#233; oppos&#233;e &#224; l'&#233;galit&#233; (principe alors en cours de ringardisation). Selon la d&#233;finition, critique, d&#233;j&#224; cit&#233;e, de No&#235;lle Burgi-Golub : &#171; l'&#233;quit&#233; tente de trouver un &#233;quilibre entre &#233;galit&#233; et in&#233;galit&#233; &#187;, non pas &#224; mettre un terme &#224; celle-ci, aux in&#233;galit&#233;s structurelles. C'est un des principes de la &#171; nouvelle narration propos&#233;e par les gestionnaires de la plan&#232;te [18] &#187; en n&#233;o-lib&#233;ralisation : &#171; En vertu du principe d'&#8220;&#233;quit&#233;&#8221;, un &#201;tat est juste s'il met en &#339;uvre une politique d'acc&#232;s de tous &#224; l'&#233;ducation. &#192; l'individu, ensuite, d'en tirer le meilleur profit dans le cadre de la comp&#233;tition scolaire. Ce faisant, les dirigeants ont avalis&#233; non seulement l'id&#233;e qu'il existe des in&#233;galit&#233;s l&#233;gitimes, r&#233;sultant notamment du m&#233;rite et de l'effort individuels, mais aussi celle que le syst&#232;me scolaire doit de plus en plus servir &#224; la s&#233;lection sociale. Ce que confirme la r&#233;alit&#233; du v&#233;cu quotidien &#187;. Celles et ceux issu&#183;e&#183;s des familles d&#233;favoris&#233;es, les femmes, les &#8220;racis&#233;&#183;e&#183;s&#8221; dans les soci&#233;t&#233;s multiraciales, qui ont pu &#8220;r&#233;ussir&#8221; dans la soci&#233;t&#233;, se faire une place sous le soleil du capital/des riches, de la phallocratie, de la race dominante, sont des individus ayant su saisir l'&#171; &#233;galit&#233; des chances &#187; ou l'&#171; &#233;galit&#233; des opportunit&#233;s &#187; (dans le texte du Grila). Celle-ci est, &#224; son tour, un principe de ladite &#233;quit&#233;. Par exemple, dans le Rapport sur le d&#233;veloppement dans le monde 2006 de la Banque mondiale intitul&#233;, comme pour repr&#233;ciser l'horizon, &#201;quit&#233; et d&#233;veloppement (Abr&#233;g&#233;, version fran&#231;aise), le terme &#8220;&#233;galit&#233;&#8221; n'appara&#238;t quasiment que dans l'expression &#171; &#233;galit&#233; des chances &#187;. Qui, rappelons-le, a &#233;t&#233; promue pour couvrir l'existence des m&#233;canismes sociaux structurels favorisant, au d&#233;part, plus les uns, les unes que les autres, compromettant ainsi l'effectivit&#233; de l'&#233;galit&#233;, impossible en fait dans le capitalisme en g&#233;n&#233;ral, surtout sous sa forme n&#233;olib&#233;rale, avec le f&#233;tichisme plus accentu&#233; du grand anti-&#233;galisateur qu'est l'argent. Ce qu'assume sans masque ledit rapport en pr&#233;cisant que &#171; l'objectif de l'action gouvernementale n'est pas d'obtenir l'&#233;galit&#233; dans les r&#233;sultats &#187; (p. 3 de l'Abr&#233;g&#233; dudit rapport de la Banque mondiale). Pour les &#171; nouveaux id&#233;ologues &#187;, les &#171; nouveaux r&#233;formateurs &#187; (Burgi-Golub), la persistance des in&#233;galit&#233;s ne rel&#232;ve pas du structurel, mais s'explique, fallacieusement, par l'incapacit&#233; de saisir les opportunit&#233;s, suppos&#233;es &#233;gales, par le manque de chance pour celles et ceux qui en p&#226;tissent. Alors que, logiquement, &#171; l&#224; o&#249; il y a &#233;galit&#233;, par d&#233;finition il n'y a pas besoin de chance ; et l&#224; o&#249; il y a chance il n'y a pas &#233;galit&#233;, mais hasard, gros lot ou lot de consolation&#8230; Le mot chance ne renvoie-t-il pas au monde de la loterie, un monde o&#249; l'on parie, un monde o&#249; quelques-uns gagnent &#8230; et o&#249; la plupart perdent ? [19] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La domination, rappelons-le, c'est aussi le fait que la grammaire des institutions garantes de la reproduction du syst&#232;me in&#233;galitaire arrive &#224; &#234;tre adopt&#233;e &#8211; consciemment ? inconsciemment ? &#8211; m&#234;me par celles/ceux qui se consid&#232;rent comme des adversaires dudit syst&#232;me. Comme le rappellent certain&#183;e&#183;s, en ayant fait une de leurs identit&#233;s, &#171; les mots sont importants &#187;, tr&#232;s importants m&#234;me, dans la lutte pour l'&#233;mancipation. Par ailleurs, n'est pas &#224; n&#233;gliger que l'adoption d'un tel vocabulaire, indiquant aussi l'horizon du possible choisi, favorise, par exemple, le financement de certaines organisations de la soci&#233;t&#233; civile par des fondations philanthrocapitalistes (Fondation Ford, Fondation Rockefeller, Open Society, etc.), tr&#232;s actives en Afrique et aucunement port&#233;es sur le suicide de leur syst&#232;me. Bien au contraire, leur philanthropie est motiv&#233;e par l'&#233;largissement des rangs de celles et ceux, des Africain&#183;e&#183;s (pouvant &#234;tre pr&#233;dispos&#233;&#183;e&#183;s en tant que &#8220;tr&#232;s &#233;duqu&#233;&#183;e&#183;s&#8221;) qui se chargent, aussi par les mots choisis de l'occultation des m&#233;canismes de reproduction de la domination du Capital &#8211; g&#233;n&#233;ralement la &#8220;n&#233;cessit&#233;&#8221; de b&#233;n&#233;ficier encore des financements (permettant aussi de ne pas se retrouver dans le pr&#233;cariat) emp&#234;che toute critique globale et radicale d'un syst&#232;me domin&#233; par les financeurs &#8211;, de produire des illusions strat&#233;giques, &#224; son profit, contre l'&#233;mancipation des exploit&#233;&#183;e&#183;s et des domin&#233;&#183;e&#183;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Appropriation de la grammaire des dominants qu'illustre aussi le fait qu'apr&#232;s avoir critiqu&#233; au d&#233;but du texte le sort fait aux femmes par &#171; le syst&#232;me capitaliste et certaines traditions culturelles patriarcales &#187;, il n'est donn&#233; en perspective que &#171; le respect des genres &#187;, pouvant &#234;tre compris ici comme respect de l'assignation sociale hi&#233;rarchis&#233;e des sexes, plut&#244;t que comme remise en question des rapports de pouvoir genr&#233;s. Et, auparavant, il a &#233;t&#233; question d'&#171; &#233;quit&#233; entre les genres &#187;. Dans le droit fil de ce qui s'est institutionnalis&#233; depuis au moins la 4e Conf&#233;rence mondiale de l'ONU sur les femmes (P&#233;kin, 1995) au cours de laquelle &#171; &#8220;Dans le texte officiel [&#8230;] il est question de remplacer le terme d'&#233;galit&#233; par celui d'&#233;quit&#233;, et celui de parit&#233; par partenariat&#8221; [&#8230;] le passage progressif d'une notion d'&#233;galit&#233; &#224; une notion d'&#233;quit&#233; &#8211; et de parit&#233; &#224; celle de partenariat &#8211; refl&#232;te l'offensive id&#233;ologique d'un lib&#233;ralisme triomphant, soucieux de justifier &#8220;ses justes in&#233;galit&#233;s&#8221; [20] &#187; ; &#8220;f&#233;minisme onusien&#8221; qui a d'une certaine fa&#231;on ramolli la r&#233;flexion sur l'&#233;galit&#233; des genres en Afrique [21]. Cet &#233;vitement, par le Grila, de l'expression &#8220;&#233;galit&#233; des hommes et des femmes&#8221; peut aussi relever d'un certain culturalisme africain (f&#233;minin comme masculin, beaucoup plus masculin que f&#233;minin) sur le sujet (assez amplifi&#233; dans les soci&#233;t&#233;s racistes, de pr&#233;dominance de la blanchit&#233;, dans la diaspora (n&#233;gro-)afrodescendante), couvrant mal une d&#233;fense de la phallocratie traditionnelle africaine, avec ses touches religieuses (chr&#233;tienne, musulmane). Par exemple, dans &#171; Ce que l'homme noir apporte &#187; (1939), L. S. Senghor (incontournable concernant le culturalisme (n&#233;gro-)africain) marie l'&#233;galit&#233; et la hi&#233;rarchie/l'in&#233;galit&#233; concernant la dot : &#171; La femme est l'&#233;gale de l'homme [&#8230;] On n'ach&#232;te pas la femme, on d&#233;dommage seulement sa famille &#187;. Pour quoi, si ce n'est pour la force de travail, produite, entretenue et finalement perdue par la parent&#232;le, et pour l'activit&#233; (de production et) sp&#233;cialis&#233;e de reproduction sociale qu'elle accomplira dans son nouveau foyer, normalement dirig&#233; par le &#8220;d&#233;dommageur&#8221;. Relativisme culturel mis &#224; jour, en ces temps consid&#233;r&#233;s par certain&#183;e&#183;s comme postmodernes, par des activistes f&#233;minines, &#224; l'instar de celles qui nient l'existence des genres dans certaines soci&#233;t&#233;s africaines pr&#233;coloniales, en prenant soin, &#233;videmment, de ne pas aborder la question du travail domestique des femmes, par exemple. Relativisme culturaliste qui consid&#232;re la lutte pour l'&#233;galit&#233; des hommes et des femmes comme relevant du f&#233;minisme, &#224; honnir parce que d'origine &#8220; blanche&#8221; ou &#8220;occidentale&#8221;. Autrement dit, ne pouvant exprimer que la domination culturelle imp&#233;rialiste (&#8220;blanche&#8221; ou &#8220;occidentale&#8221;), ou, pour &#234;tre tendance, la colonialit&#233;. Ainsi m&#234;me Fran&#231;oise Verg&#232;s dont le f&#233;minisme d&#233;colonial est anti-capitaliste, se trouve comme oblig&#233;e d'affirmer (dans un entretien qui, du fait d'&#234;tre gratuitement accessible sur internet, va &#234;tre, sans doute, plus lu en Afrique que son dernier livre Un f&#233;minisme d&#233;colonial, 2019) que &#171; Pour moi, le f&#233;minisme n'est pas les droits des femmes comme l'a d&#233;fini l'Europe [&#8230;] Pour moi, les droits des femmes, tels que l'Europe les d&#233;finit servent l'imp&#233;rialisme [&#8230;] Pour moi, le f&#233;minisme c'est la justice sociale, c'est la fin du capitalisme et de l'imp&#233;rialisme. Ce n'est pas simplement qu'il y ait autant de femmes d&#233;put&#233;es que d'hommes d&#233;put&#233;s &#224; l'assembl&#233;e [&#8230;] Je trouve que le f&#233;minisme qui vient aujourd'hui du Nigeria, d'Afrique du Sud, des femmes noires du Br&#233;sil, c'est &#231;a. Le f&#233;minisme blanc du Nord a vu cela et il r&#233;agit encore plus violemment parce qu'il a peur. Les femmes du Sud disent : &#8220;Nous, notre f&#233;minisme ce n'est pas le v&#244;tre. Nous, notre f&#233;minisme c'est un f&#233;minisme de justice sociale. Ce n'est pas un f&#233;minisme de 50/50. Ce n'est pas l'&#233;galit&#233; de genre. On veut que tous nos enfants aillent &#224; l'&#233;cole. On veut un acc&#232;s r&#233;el &#224; la sant&#233;, &#224; l'&#233;ducation, au logement, au travail. On veut que les femmes n'aient pas deux heures de transport &#224; faire pour aller travailler, gagner une mis&#232;re&#8230;&#8221; Pour moi, c'est &#231;a [&#8230;] La r&#233;volution viendra des femmes du Sud [22] &#187;. C'est comme si le contexte d'&#233;nonciation, (les Ateliers de la pens&#233;e, &#224; Dakar, anim&#233;s par des co-signataires du deuxi&#232;me appel trait&#233; plus haut) avait impos&#233; un tel confusionnisme. Entre autres questions possibles &#224; partir de ce g&#233;o-messianisme : &#8220;l'Europe&#8221; (des &#201;tats, on suppose) et les f&#233;ministes blanches du Nord mais &#224; la fois anti-capitalistes, anti-imp&#233;rialistes, anti-racistes, etc. &#8211; aussi minoritaires seraient encore celles-ci &#8211; sont-elles &#224; ranger ensemble ? Le f&#233;minisme du Sud est-il si homog&#232;ne ? N'y a-t-il pas des f&#233;ministes pro-capitalistes, des capitalistes f&#233;ministes en Afrique ? F&#233;ministes du Sud contre F&#233;ministes du Nord ? ou plut&#244;t Solidarit&#233; entre f&#233;ministes anticapitalistes et antiracistes du Nord et du Sud ? Affirmer que &#171; ce n'est pas l'&#233;galit&#233; de genre &#187; est-ce &#224; dire &#234;tre pour un &#8220;f&#233;minisme&#8221; de l'&#8220;&#233;quit&#233;&#8221;, de l'in&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes ? Autrement dit un f&#233;minisme &#8230; patriarcal ou un patriarcat f&#233;ministe. Qu'adviendrait-il si quelque Blanc (&#224; la Donald Trump ou quelque intellectuel&#183;le fran&#231;ais&#183;e obs&#233;d&#233;&#183;e par le d&#233;colonial) prenait le courage d'affirmer que son humanisme &#8220;ce n'est pas l'&#233;galit&#233; des races&#8221; (qui a le premier/la premi&#232;re parl&#233; de l'&#233;galit&#233; des races ?) ? La scolarisation de tous/toutes les enfants, n'est-ce qu'une pr&#233;occupation f&#233;minine (f&#233;ministe) ou plut&#244;t &#8220;universelle&#8221; comme le &#171; r&#233;el acc&#232;s &#224; la sant&#233; &#187;, qui concerne des millions et des millions de femmes, d'hommes et d'enfants, &#224; des proportions diff&#233;rentes certes, sur tous les continents ? Ce qui est assez diff&#233;rent de la revendication d'un acc&#232;s &#233;galitaire, entre hommes et femmes &#224; la terre, dans le cas de plusieurs soci&#233;t&#233;s africaines, contre les accaparements, pour un retour de la terre au statut de commun, mais d&#233;patriarcalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, ces panafricanistes, ayant pourtant point&#233; du doigt le risque d'&#171; instrumentalisation culturaliste de la pand&#233;mie &#187;, expriment, comme malgr&#233; eux, un culturalisme concernant les rapports hommes/femmes, entre les genres, au moment o&#249; en Afrique aussi, les femmes subissent particuli&#232;rement ladite pand&#233;mie, pour les raisons justement avanc&#233;es au d&#233;but de la d&#233;claration. C'est comme une illustration de la r&#233;silience (dans l'acception courante) du culturalisme et de phallocratie au sein de l'intelligentsia africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, il y a, dans la d&#233;claration, l'expression de cette quasi-impossibilit&#233; dans l'intelligentsia mainstream africaine, voire au sein du mouvement social africain (particuli&#232;rement en Afrique dite subsaharienne, sans l'Afrique du Sud, sans Maurice o&#249;, comme en Afrique du Nord, les bourgeoisies locales sont plus anciennes, et, para&#238;t davantage organis&#233;e la conscience de classe des exploit&#233;&#183;e&#183;s), malgr&#233; l'usage (une fois) de &#171; classes sociales &#187; dans le texte, d'&#233;voquer clairement, pour la lectrice/le lecteur lambda, le capital africain. Par exemple, le texte s'ach&#232;ve par un appel &#224; &#171; Saisir que la transition post pand&#233;mie sera une occasion autant pour l'imp&#233;rialisme et les forces r&#233;actionnaires de poursuivre l'effort de recoloniser l'Afrique &#187;. L'&#233;vidence du caract&#232;re exog&#232;ne de l'imp&#233;rialisme s'accompagne d'une mention des &#171; forces r&#233;actionnaires &#187; ne permettant pas de savoir si celles-ci aussi sont &#233;trang&#232;res, mais distinctes des imp&#233;rialistes. Ou s'il s'agit d'&#233;l&#233;ments autochtones (africains) dont les int&#233;r&#234;ts convergent relativement avec ceux de l'imp&#233;rialisme, jusqu'&#224; adh&#233;rer &#224; la &#8220;recolonisation&#8221; de l'Afrique, proc&#233;dant ainsi &#224; une mise &#224; jour de la tradition des participants africains (principalement des souverains) &#224; la traite n&#233;gri&#232;re, des collaborateurs indig&#232;nes (chefs &#8220;traditionnels&#8221; h&#233;ritiers de l'ant&#233;-colonial ou &#8220;invent&#233;s&#8221; par l'administration coloniale, cadres &#8220;modernes&#8221; dits &#8220;&#233;volu&#233;s&#8221;) du colonialisme, dont certains seront m&#233;tamorphos&#233;s en &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187;, premiers co-gestionnaires du n&#233;o-colonialisme. Depuis, ce &#171; circuit de bons services et de complicit&#233; &#187; (Aim&#233; C&#233;saire, Discours sur le colonialisme) n'a cess&#233; d'&#234;tre renouvel&#233;. Sa r&#233;alit&#233; n&#233;olib&#233;rale n'est pas &#224; consid&#233;rer, stricto sensu, comme une phase ou un processus de recolonisation de l'Afrique, sinon en mutilant la r&#233;alit&#233;, n&#233;ocoloniale en fait, au-del&#224; de la conception initiale du n&#233;ocolonialisme par Nkrumah, ayant n&#233;glig&#233; la part autochtone du bloc n&#233;ocolonial. Certes, l'imp&#233;rialisme demeure, m&#233;tamorphos&#233;, mais les &#201;tats africains sont formellement ind&#233;pendants, avec, malgr&#233; tout, une autonomie relative des classes dirigeantes locales, des classes dominantes locales, fractions autochtones de la classe capitaliste incluses &#8211; dont les rapports aux classes domin&#233;es sont, comme partout ailleurs, aussi relativement d&#233;termin&#233;s par les particularit&#233;s (des rapports ethniques/raciaux, confessionnels, des &#8220;traditions&#8221;, etc.) de chaque formation social-historique ou pays. Fractions locales de la classe dominante, pouvant &#234;tre caract&#233;ris&#233;es certes comme domin&#233;es par le capital extra-africain, mais dont, par exemple, la part des investissements (du capital africain), selon l'Africa CEO Forum, &#233;tait pass&#233;e de 8 % des investissements en Afrique en 2007 &#224; 23 % en 2013 (elle a l&#233;g&#232;rement baiss&#233; en 2015-2016, selon l'Africa-To-Africa-Investment. A First Look, BAD, 2018) et se classait comme le deuxi&#232;me producteur d'emplois en Afrique. Autrement dit, c'&#233;tait le deuxi&#232;me exploiteur de la force de travail d'autres Africain&#183;e&#183;s (malgr&#233; la faiblesse num&#233;rique du travail salari&#233; dans la plupart des soci&#233;t&#233;s africaines, comparativement aux soci&#233;t&#233;s capitalistes du centre traditionnel et de la semi-p&#233;riph&#233;rie) ou deuxi&#232;me extorqueur de la plus-value (l'Afrique &#233;tant le lieu d'un particulier retour sur investissement). L'importance de cette extorsion s'illustre par la visibilit&#233;, en ce 21e si&#232;cle, des millionnaires et milliardaires africain&#183;e&#183;s, qu'une certaine presse panafricaniste &#233;rige en fiert&#233;s pour l'Afrique, dans un oubli des clivages sociaux &#233;normes qu'elle manifeste, ou plut&#244;t en les minimisant, jetant ainsi comme une sorte de voile affectif sur l'exploitation. Pourtant les motivations de ces suppos&#233;es fiert&#233;s africaines sont fondamentalement les m&#234;mes que celles du capital imp&#233;rialiste, des capitaux provenant d'ailleurs. En d&#233;pit de certains aspects de diff&#233;renciation, historique, pouvant aller jusqu'&#224; des situations de tension, de relative conflictualit&#233; entre ceux-ci et certains secteurs des fractions autochtones de la classe, favorisant ainsi l'expression d'une sorte de nationalisme bourgeois post-colonial, tardif. Comme le soutenait, dans un langage trop rare au sein des classes dirigeantes africaines, l'alors gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Sanusi Lamido Sanusi (pr&#233;sident du conseil d'administration de Black Rhino, filiale africaine du fonds d'investissement rapace Blackstone, et bri&#232;vement &#233;mir Muhammadu Sanusi II de l'&#201;tat f&#233;d&#233;r&#233; de Kano, 2014-2020) &#224; propos du &#171; buharisme &#187; (la premi&#232;re pr&#233;sidence, par putsch militaire, de l'actuel pr&#233;sident nig&#233;rian, Muhammadu Buhari, 1983-1985) : &#171; Buharism therefore was a crisis in the dominant class, a fracturing of its members into a patriotic, nationalist group and a dependant, parasitic and corrupt one. It was not a struggle between classes but within the same class. A victory for Buharism would be a victory for the more progressive elements of the national bourgeoisie. Unfortunately the fifth columnists within the military establishment were allied to the backward and retrogressive elements and succeeded in defeating Buharism before it took firm root [23] &#187;. Tension ou conflictualit&#233; relative, entre cette suppos&#233;e bourgeoisie nationale et le capital imp&#233;rialiste, qui n'&#233;tait pas particuli&#232;rement manifeste au moment o&#249; Nkrumah publiait Le n&#233;ocolonialisme, dernier stade de l'imp&#233;rialisme (1965). Toutefois, l'imp&#233;rialisme et les classes dirigeantes locales sont, par principe et dans les faits, g&#233;n&#233;ralement solidaires contre les int&#233;r&#234;ts des classes populaires, au niveau local/national, comme au niveau r&#233;gional/continental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vu qu'il n'y a plus d'&#171; Afrique traditionnelle &#187; &#233;chappant &#224; la structuration des soci&#233;t&#233;s africaines par le capital, par l'argent, ou hostile &#224; l'accumulation des marchandises et autres symboles de la &#8220;modernit&#233;&#8221; [24] &#8211; &#224; l'instar des v&#233;hicules 4x4 et limousines rutilantes, voire la Rolls Royce d'Ado Abdullahi Bayero, pr&#233;d&#233;cesseur sur le tr&#244;ne de Kano (1963-2014) de Muhammadu Sanusi II (Sanusi Lamido Sanusi) &#8211;, ces &#171; forces r&#233;actionnaires &#187; ne peuvent &#234;tre que les fractions africaines du bloc n&#233;ocolonial. Celles qui tiennent les commandes politiques (et leurs rivales dites oppositions, attendant leur tour de gestion g&#233;n&#233;ralement pr&#233;datrice), ainsi que celles qui constituent la fraction autochtone/indig&#232;ne de la classe dominante partout en Afrique [25], organisant (avec le soutien de l'Union europ&#233;enne, de la Chine en nouvelle puissance capitaliste, des fondations philanthropiques du grand capital, &#233;tats-unien par exemple, etc.) l'int&#233;gration africaine en cours. Et dont l'acc&#233;l&#233;ration est n&#233;anmoins souhait&#233;e par le Grila. Int&#233;gration n&#233;olib&#233;rale qui n'en est pas moins une certaine continuation du panafricanisme n&#233;ocolonial, des &#201;tats post-coloniaux fondateurs de l'OUA, pour lesquels l'&#233;mancipation des classes populaires africaines n'&#233;tait pas une pr&#233;occupation, sinon pour en r&#233;primer les vell&#233;it&#233;s. Ainsi, pour &#234;tre cons&#233;quente, l'Afrique &#8211; dont la nature capitaliste post-coloniale est souvent oubli&#233;e dans le monde acad&#233;mique, y compris africain [26] &#8211; &#233;tant non seulement sous l'emprise du capital &#233;tranger, mais aussi de capitalistes africain&#183;e&#183;s, complices et concurrent&#183;e&#183;s en m&#234;me temps, la &#171; repolitisation d&#233;mocratique des masses panafricaines &#187;, ne devrait-elle pas &#234;tre conscientisation non seulement contre l'imp&#233;rialisme, mais en m&#234;me temps, contre l'afrocapitalisme/l'afrolib&#233;ralisme (dont certaines des figures descendent m&#234;me biologiquement des tenants du petit capital indig&#232;ne de l'&#233;poque coloniale ou des d&#233;buts du n&#233;ocolonialisme) ? L'africanit&#233; de ce capital ne change pas la nature exploiteuse, opprimante du capitalisme, n&#233;olib&#233;ralement ajust&#233;e en l'occurrence &#8211; &#224; travers par exemple, la mise &#224; jour des l&#233;gislations, r&#233;glementations, lesdites r&#233;formes r&#233;guli&#232;rement &#233;valu&#233;es par le rapport Doing Business de la Banque mondiale et qui ne sont jamais, dans les faits, favorables &#224; la force de travail exploit&#233;e. Pour les capitalistes africain&#183;e&#183;s aussi, les profits valent plus que des millions de vies humaines, celles qu'elles/ils exploitent pouvant toujours &#234;tre remplac&#233;es par d'autres, de l' &#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'illustre assez bien, en ce temps de pand&#233;mie de la Covid-19, le champion des capitalistes africains : &#171; Whereas public offices are shut, Dangote workers, for example, are exempted from the lock-down and the workers are angry that adequate protection is not being made available for their health [27] &#187;. Le profit attendu vaut bien plus que la sant&#233; de ses salari&#233;&#183;e&#183;s. M&#234;me si, selon une certaine tradition de compassion parmi les capitalistes, il s'exhibe en m&#234;me temps comme philanthrope, en contribuant financi&#232;rement &#224; la lutte contre la pand&#233;mie &#8211; de la redistribution spectaculaire, pouvant &#234;tre fiscalement int&#233;ress&#233;e, d'une infime partie de la plus-value extorqu&#233;e &#224; ses employ&#233;&#183;e&#183;s produisant sa richesse. Mais, en l'occurrence, il a &#233;t&#233; relev&#233; que le plus riche des &#8220;Afrochampions&#8221; a &#233;t&#233; &#171; the smallest donor, excluding those that didn't bother at all &#187; parmi les plus riches africain&#183;e&#183;s, avec 3,1 million de dollars, tr&#232;s en de&#231;&#224; des 55 millions chacun, offerts par des moins riches que lui (Nicky Oppenheimer &amp; famille &#8211; 4e rang des milliardaires africain&#183;e&#183;s &#8211;, Johann Rupert &amp; Famille &#8211; 5e rang &#8211;, Patrice Motsepe &#8211; 10e rang), des 33 millions de dollars de Issad Rebrab (6e fortune africaine, ayant, apr&#232;s cette &#8220;g&#233;n&#233;rosit&#233;&#8221;, &#171; licenci&#233; abusivement trois syndicalistes et sanctionn&#233; plusieurs travailleurs pour avoir particip&#233; &#224; la cr&#233;ation r&#233;guli&#232;re d'une section syndicale [28] &#187;, dans un groupe transnational, Cevital, aux tr&#232;s longues journ&#233;es de travail pour des salaires de mis&#232;re et dans des conditions d'ins&#233;curit&#233; sanitaire en pleine pand&#233;mie de Covid-19). Le total de la contribution des huit premi&#232;res fortunes africaines est de 212 millions de dollars, compar&#233;s aux 80 millions offerts par le milliardaire chinois Jack Ma (17e fortune mondiale, dont l'entreprise de commerce en ligne, Alibaba, s'est lanc&#233;e &#224; partir de 2018 &#224; la conqu&#234;te du march&#233; africain) et 40 millions du milliardaire et politicien &#233;tats-unien Michael Bloomberg (16e fortune mondiale, Bloomberg LP est un acteur financier en Afrique, partenaire de la BAD, par exemple) [29]. Autrement dit, ces deux derniers (plus riches, certes) s'av&#232;rent plus &#8220;g&#233;n&#233;reux&#8221; en Afrique, plus compatissants que leurs coll&#232;gues de classe sociale africain&#183;e&#183;s &#8211; rappelons que cet argent aussi est une part du profit tir&#233; de l'exploitation de leurs travailleurs/travailleuses, m&#234;me s'il ne s'agit pas d'africain&#183;e&#183;s, le don philanthropique pouvant aussi &#234;tre d&#233;ductible fiscalement &#8211; et en particulier le plus riche d'entre elles/eux qui &#8220;pouvait mieux faire&#8221;, au nom de la &#8220;solidarit&#233; africaine&#8221;. En attendant de passer &#224; la construction de soci&#233;t&#233;s o&#249; n'existeront plus les facteurs de la philanthropie.&lt;br class='autobr' /&gt; Covid-19 et offensive n&#233;olib&#233;rale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ces &#171; forces r&#233;actionnaires &#187;, il n'y a pas &#224; attendre quelque &#8220;temps d'apr&#232;s&#8221;, post-pand&#233;mique, qui serait substantiellement diff&#233;rent de celui d'avant la pand&#233;mie. Celle-ci n'a pas un pouvoir de transformation substantielle des valeurs des classes dirigeantes, en Afrique comme partout ailleurs. Par exemple, les occasionnelles envol&#233;es pro-&#201;tat providence de tel chef d'&#201;tat europ&#233;en &#8211; par ailleurs suppos&#233; partisan de l'annulation de la dette africaine &#8211;, au plus fort de la crise sanitaire, face aux d&#233;faillances &#233;videntes du syst&#232;me local de sant&#233; publique, s'av&#232;rent en cette p&#233;riode post-confinement (sous la pand&#233;mie persistante) comme relevant d'un opportunisme &#233;ph&#233;m&#232;re ou plut&#244;t de la d&#233;magogie. Le &#8220;temps d'apr&#232;s&#8221; &#8211; dans trois mois, dans un an &#8230; &#8211; ne fera que reproduire, concernant l'orientation &#233;conomique, celui d'avant la pand&#233;mie. D&#233;j&#224;, au nom du &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187; (celui-ci ne se privant pas toutefois de faire la manche aupr&#232;s des tr&#233;sors publics en p&#233;riode de crise, &#171; L'&#201;tat est l'assurance-vie des march&#233;s &#187;, a-t-il &#233;t&#233; rappel&#233; [30]) partag&#233; par les capitalistes et consorts, ainsi que par les &#201;tats africains, certains de ceux-ci, ont, comme ailleurs, annonc&#233; l'apport d'une aide financi&#232;re au capital priv&#233; local, pour la &#171; relance &#187; post-&#201;tat d'urgence sanitaire, post-confinement, plut&#244;t que pour quelque r&#233;orientation structurelle, de l'&#233;conomie (une promesse de consolidation des in&#233;galit&#233;s induite par le renforcement dudit supr&#233;matisme). Fid&#232;le &#224; lui-m&#234;me, malgr&#233; l'&#233;vocation devenue rituelle de la &#171; croissance inclusive &#187; le FMI en fait m&#234;me une conditionnalit&#233; pour l'octroi de l'&#8220;aide&#8221; sollicit&#233;e par les &#201;tats africains afin de lutter contre la pand&#233;mie et ses cons&#233;quences. Par exemple, Tito Mboweni (pass&#233; par Goldman Sachs), le ministre des Finances de la premi&#232;re &#233;conomie africaine, la tr&#232;s socialement in&#233;galitaire Afrique du Sud (dont le pr&#233;sident multimillionnaire, Cyril Ramaphosa, co-pilote actuellement l'int&#233;gration africaine, en tant que pr&#233;sident en exercice de l'Union Africaine) a annonc&#233; sans fard la pratique, &#224; venir, de la &#171; Shock Doctrine [31] &#187; : &#171; Most importantly, the crisis is an important opportunity for government to implement structural reforms to : restructure the network industries ; liberate SMMEs to be the engines of growth and employment ; and broad-based measures to lower the cost of doing business [32] &#187;. Par contre, rien n'est s&#233;rieusement annonc&#233; en faveur des classes populaires, dont les secteurs les plus d&#233;favoris&#233;s ont souvent &#233;t&#233; oubli&#233;s, m&#234;me dans les cas de confinement. Bien au contraire, malgr&#233; les postures de sensibilit&#233; &#224; l'&#233;gard de la situation critique du social populaire affich&#233;es par certaines institutions multilat&#233;rales, la recommandation du FMI, par exemple, &#8211; aux &#201;tats obtenant des pr&#234;ts du FMI pour lutter contre les cons&#233;quences &#233;conomico-sociales tr&#232;s importantes (&#171; monumentales &#187; selon Kristina Georgieva, la directrice g&#233;n&#233;rale du FMI, avril 2020) de la Covid-19 &#8211; &#224; poursuivre, dans l'apr&#232;s-Covid-19, les &#171; mesures et r&#233;formes structurelles &#187;, dont celles &#233;nonc&#233;es par le ministre sud-africain, une partie de ces classes sociales populaires va continuer &#224; en faire les frais, alors que le confinement a rappel&#233; partout le caract&#232;re essentiel de la force de travail d'ordinaire m&#233;pris&#233;e. Des frais qui seront tr&#232;s &#233;lev&#233;s, tr&#232;s probablement. En Tunisie, par exemple, l'emprunt &#171; engage [&#8230;] ce gouvernement, sit&#244;t la crise d&#233;pass&#233;e, &#224; poursuivre les politiques d'aust&#233;rit&#233; et en premier lieu la r&#233;duction de la masse salariale dans le secteur public, c'est-&#224;-dire dans le domaine des services sociaux, y compris la sant&#233; [33] &#187;. Ce qui est aussi pressenti pour l'apr&#232;s-Covid-19 en Afrique du Sud, o&#249; le gouvernement de Cyril Ramaphosa vient, &#224; son tour, d'obtenir un pr&#234;t important du FMI : &#171; using the treasury's estimate of the public sector average wage sector, more than 300 000 public sector workers will have to be fired by 2023 [34] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Maurice, situ&#233; &#224; l'avant-garde du capitalisme en Afrique, le gouvernement &#8211; surfant sans doute sur la vague du contr&#244;le local de la pand&#233;mie (deux semaines alors sans un seul nouveau cas, un nouveau cas &#224; la mi-ao&#251;t), tout en maintenant alors n&#233;anmoins le couvre-feu, la fermeture des classes, etc. &#8211; a fait adopter, avec c&#233;l&#233;rit&#233;, &#224; la mi-mai, la Covid-19 (Miscellaneous Provisions) Bill. Une attaque en r&#232;gle contre les acquis des travailleurs/travailleuses salari&#233;&#183;e&#183;s, consid&#233;r&#233;e par un dirigeant syndical et politique (Ashok Subron) comme la &#171; plus grande insulte faite &#224; l'&#233;gard des travailleurs depuis l'ind&#233;pendance &#187; [35]. En pr&#233;cisant par la suite qu'&#171; It undermines the right of the working class to be protected against abusive termination of employment for economic reasons, and to the gratuity to be paid in case termination of employment, as well as undermines the right of workers to be guaranteed a not less favorable work condition, in case of a transfer of ownership of companies. It enables companies to easily terminates the employment of workers after having received public funds from government [&#8230;] It forces &#8216;work from home', in very unfavorable conditions, whereby minimal working conditions under law can be derogated. It also undermines the recently won right of parents-workers to request &#8216;flextime work' to cater for an underage child or a child with impairment. [36] &#187;. Ce qui confirme que la Covid-19 &#8211; du fait de l'&#233;tat d'urgence sanitaire, du confinement qu'elle a impliqu&#233;s &#8211; est une opportunit&#233; saisie pour le patronat de partout non seulement pour &#234;tre aid&#233;e financi&#232;rement par l'&#201;tat &#8211; voire par le proto-&#201;tat communautaire dans le cas de l'Union europ&#233;enne &#8211; au nom de la &#171; relance &#233;conomique &#187;, mais aussi pour obtenir des gouvernants l'imposition de la flexibilit&#233;, de sa transformation enfin en norme, l&#224; o&#249; elle ne l'&#233;tait pas encore, ou &#233;tait consid&#233;r&#233;e comme insuffisante. Une exhibition de la nature capitaliste de l'&#201;tat, de la &#171; shock doctrine &#187; &#224; laquelle vont g&#233;n&#233;ralement se pr&#234;ter les cliques gouvernantes africaines. Comme si elles se sentaient coupables d'avoir pris, de prendre (la pand&#233;mie &#233;tant encore tr&#232;s dynamique) des mesures prot&#233;geant de la circulation du SRAS-CoV-2 la vie de la population, aux d&#233;pens, relativement, de la vie du Capital. Avec le ministre sud-africain des Finances (ci-dessus cit&#233;), adepte du culte de la croissance, du n&#233;olib&#233;ralisme, plusieurs voix au sein de l'&#8220;&#233;lite&#8221; africaine parlent en termes de moment propice pour le changement &#233;conomique [37], sans &#171; changer de base &#187;, &#233;videmment. Autrement dit, il s'agit de rendre, pendant la pand&#233;mie d&#233;j&#224;, l'Afrique plus capitaliste, plus n&#233;olib&#233;rale et plus rapidement qu'avant la Covid-19. Avec pour cons&#233;quences logiques, beaucoup plus d'in&#233;galit&#233;s et injustices sociales [38], plus d'agressions &#233;cocidaires nuisant &#233;videmment &#224; la sant&#233; (cf. d&#233;finition par l'OMS) surtout des exploit&#233;&#183;e&#183;s et opprim&#233;&#183;e&#183;s, qu'elles esp&#232;rent conjurer par l'invocation de la &#171; croissance inclusive &#187;, de la &#171; croissance durable &#187;, des &#171; &#233;nergies renouvelables &#187; (pour perp&#233;tuer le productivisme), etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon, par exemple, la secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'association patronale panafricaine, BUSINESS Africa/Organisation internationale des Employeurs, d&#233;j&#224; cit&#233;e, cette acc&#233;l&#233;ration se r&#233;alisera gr&#226;ce, entre autres, &#224; cet autre f&#233;tiche de la sorcellerie capitaliste qu'est la num&#233;risation/digitalisation (une mise &#224; jour du d&#233;terminisme technologique) dont les g&#233;ants mondiaux du secteur peuvent remercier la Covid-19 d'avoir, du fait du confinement, contribu&#233; &#224; la promouvoir davantage. Elle est appel&#233;e &#224; s'&#233;tendre partout en Afrique, du papotage t&#233;l&#233;phonique &#224; la &#8220;modernisation de l'agriculture&#8221;, en passant par le transfert d'argent (initi&#233; et contr&#244;l&#233; au Kenya par une transnationale de l'ancienne puissance coloniale, &#224; partir d'un projet du gouvernemental D&#233;partement du d&#233;veloppement international du Royaume-Uni, DFID [39]), la scolarisation, pr&#233;tendument pour booster le d&#233;veloppement, favoriser l'&#8220;&#233;mergence&#8221; de l'Afrique. D'autant plus qu'il y aurait m&#234;me, selon Achille Mbembe (apparemment tomb&#233; sous le charme du culturalisme n&#233;gro-africaniste, qu'il a longtemps critiqu&#233;, mais qui para&#238;t bien cot&#233; sur le march&#233; de l'exotisme intellectuel postmoderne), des affinit&#233;s entre les technologies num&#233;riques et les traditions africaines [40]. Et que, par ailleurs, la num&#233;risation est au c&#339;ur de la quatri&#232;me r&#233;volution industrielle, annonc&#233;e comme un incomparable progr&#232;s &#8211; alors qu'elle promet plut&#244;t d'&#234;tre une production d'innovations (terme qui est cens&#233; non discr&#233;dit&#233;, &#224; la diff&#233;rence de &#8220;progr&#232;s&#8221;) certes rentables pour le capital mais souvent superf&#233;tatoires (inutiles socialement et &#233;cologiquement parlant [41]), voire dangereuses (en mati&#232;re de libert&#233;s, par exemple) &#8211; que l'&#233;conomie africaine devrait [42], selon des d&#233;v&#244;t&#183;e&#183;s africain&#183;e&#183;s du capitalisme, &#224; d&#233;faut de l'aborder de plain-pied que les autres &#233;conomies, ne pas manquer : &#171; As a continent that continues to be impacted by historically low levels of development, Africa can and must take advantage of technological advances to industrialize, pursue inclusive growth, and attract investment &#187; selon Cyril Ramaphosa [43]. Alors que m&#234;me le pr&#233;sident fondateur du Forum de Davos, Klaus Schwab, reconna&#238;t, en usant d'un conditionnel que l'on dirait &#233;moussant, qu'en m&#234;me temps qu'elle &#171; ouvrira de nouveaux march&#233;s et stimulera la croissance &#233;conomique &#187;, elle ne manquera pas d'aggraver la dynamique in&#233;galitaire du capitalisme : ladite &#171; r&#233;volution pourrait perturber les march&#233;s du travail et ainsi renforcer les in&#233;galit&#233;s [&#8230;] Cela accro&#238;tra encore la s&#233;gr&#233;gation du march&#233; du travail entre un segment &#8220;qualification et r&#233;mun&#233;ration faibles&#8221; et un segment &#8220;comp&#233;tences et salaires &#233;lev&#233;s&#8221;, ce qui intensifiera les tensions sociales. Non seulement l'in&#233;galit&#233; est une pr&#233;occupation &#233;conomique importante, mais c'est &#233;galement l'inqui&#233;tude soci&#233;tale majeure associ&#233;e &#224; la Quatri&#232;me r&#233;volution industrielle [44] &#187;. Autrement dit, l'Afrique de la quatri&#232;me r&#233;volution industrielle sera plus in&#233;galitaire, plus injuste socialement. Aussi plus &#233;cocidaire, car il faudra bien accro&#238;tre l'extraction des mati&#232;res premi&#232;res pour la fabrication des nouveaux produits/nouvelles marchandises. Alors que, plut&#244;t que de vouloir se mettre au diapason de ladite r&#233;volution, du point de vue &#233;cologique &#171; le &#8220;retard num&#233;rique&#8221; de l'Afrique pourrait justement constituer sa chance [&#8230;] Plus un pays ou une r&#233;gion ont &#233;t&#233; loin dans un type de d&#233;veloppement num&#233;rique donn&#233;, plus il leur est difficile et co&#251;teux d'en sortir, un ph&#233;nom&#232;ne que les sp&#233;cialistes qualifient de &#8220;d&#233;pendance au sentier&#8221; (path dependency). &#192; l'inverse, il est donc encore temps pour l'Afrique d'&#233;viter beaucoup des erreurs qui ont &#233;t&#233; commises ailleurs en mati&#232;re de d&#233;veloppement num&#233;rique, mais &#224; condition d'agir vite et de s'en donner les moyens, y compris politiques et r&#233;glementaires [45] &#187;. Autrement dit, ne pas faire d&#233;pendre de la num&#233;risation, malgr&#233; tout, l'organisation de soci&#233;t&#233;s que l'on pourra dire du &#8220;bien vivre&#8221; commun, c'est-&#224;-dire d'&#233;galit&#233; et de justice sociale et environnementale. Un grand d&#233;fi &#224; relever, en ces temps-ci de d&#233;terminisme technologique, &#233;videmment motiv&#233; par l'avidit&#233; capitaliste, principalement des mastodontes du num&#233;rique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de pand&#233;mie, n'est pas, heureusement, que celle de l'expression de ces &#171; forces r&#233;actionnaires &#187; et intellectuel&#183;le&#183;s r&#233;put&#233;&#183;e&#183;s qui les accompagnent plus ou moins. En effet, sans b&#233;n&#233;ficier d'aussi importants relais m&#233;diatiques que celles et ceux-l&#224;, d'autres collectifs se sont aussi d&#233;j&#224; exprim&#233;s, dans une perspective oppos&#233;e, contraire, par exemple, en rappelant que &#171; La logique de la r&#233;duction de la nature et de ses &#234;tres &#224; des biens &#224; exploiter pour le profit est [&#8230;] au c&#339;ur m&#234;me de la pand&#233;mie Covid-19, la m&#234;me logique qui est &#224; l'origine de la crise climatique mondiale [celle du] capitalisme patriarcal et extractiviste [&#8230;] Les femmes de la classe ouvri&#232;re et les paysannes d'Afrique portent le fardeau de toutes les crises &#187;, en affirmant que &#171; Les &#233;tablissements de sant&#233; priv&#233; devraient &#234;tre nationalis&#233;s et leurs services mis &#224; la disposition de tous les citoyens &#187;, &#171; L'Afrique doit renforcer sa propre capacit&#233; [&#8230;] &#224; produire des m&#233;dicaments et des &#233;quipement sur son territoire pour ses habitants, dans le cadre de la propri&#233;t&#233; publique et non de la cupidit&#233; priv&#233;e, fond&#233; sur le principe de la souverainet&#233; des peuples &#187; ; en appelant &#224; &#171; la mise en &#339;uvre de mesures &#233;conomiques, sociales et environnementales qui se fondent sur les besoins fondamentaux de la classe ouvri&#232;re, des petits producteurs et des couches marginalis&#233;es en g&#233;n&#233;ral &#187;, &#224; &#171; rompre avec la mondialisation capitaliste et le n&#233;olib&#233;ralisme &#187;, en r&#233;affirmant que &#171; le r&#244;le des syndicats est important [&#8230;] leur force est n&#233;cessaire pour imposer une alternative au syst&#232;me actuel &#187;, &#171; les travailleurs et les pauvres sont des laiss&#233;s-pour-compte. Ils n'ont pas d'autre alternative que de s'organiser pour le renversement de cet ordre social et son remplacement par une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e de l'exploitation capitaliste &#187; [46]. Une n&#233;cessit&#233;, optionnelle &#8211; comme pr&#233;ciserait Daniel Bensa&#239;d &#8211;, qui d&#233;pend aussi d'un enrichissement permanent de la compr&#233;hension, largement partag&#233;e, de cette civilisation capitaliste, de ses m&#233;canismes, des nocivit&#233;s envo&#251;tantes qu'elle produit &#8211; Nkrumah parlait dans Le Consciencisme du n&#233;ocolonialisme en termes de &#171; sir&#232;ne, un monstre qui attire ses victimes par une douce musique &#187; &#8211;, des imbrications de l'exploitation et des diff&#233;rentes oppressions, de sa dynamique dans chaque soci&#233;t&#233;, chaque r&#233;gion, chaque aspect de la vie et globalement. Sans oublier les le&#231;ons &#224; tirer aussi bien des soul&#232;vements populaires, des luttes sociales qui ont eu lieu en Afrique, surtout celles de 2011 &#224; 2019, de la Tunisie au Soudan en passant par le Burkina Faso [47], que des luttes pour l'&#233;mancipation men&#233;es par des exploit&#233;&#183;e&#183;s, des opprim&#233;&#183;e&#183;s partout sur cette terre (dont l'unit&#233; humaine est aussi rappel&#233;e par cette pand&#233;mie) que nous avons en partage avec la tr&#232;s riche diversit&#233; du vivant, et dont peut encore &#234;tre sauv&#233;e la joliesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er septembre 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Merci &#224; Milan Rivi&#233; pour ses observations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (1/3)&lt;br class='autobr' /&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (2/3)&lt;br class='autobr' /&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (3/3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Kako Nubukpo et Demba Moussa Demb&#233;l&#233; sont aussi signataires de cet appel-ci. Mamadou Gazibo, l'un des auteurs de l'Index de l'&#233;mergence en Afrique 2017, est aussi signataire de cet appel commen&#231;ant pourtant par la critique du bavardage sur ladite &#233;mergence. On dirait qu'il s'agit d'une position auto-critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Wole Soyinka et alii, &#171; Aux dirigeants du continent africain : face au Covid-19, il est temps d'agir &#187;, Mediapart, 13 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/130420/aux-dirigeants-du-continent-africain-face-au-covid-19-il-est-temps-dagir&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/130420/aux-dirigeants-du-continent-africain-face-au-covid-19-il-est-temps-dagir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Il est souvent oubli&#233; que Nkrumah s'en &#233;tait d&#233;tourn&#233; apr&#232;s le putsch de 1966, cf., K. Nkrumah, &#171; African Socialism revisited &#187; (1967), Paper read at the Africa Seminar held in Cairo at the invitation of the two organs At-Talia and Problems of Peace and Socialism, &lt;a href=&#034;https://www.marxists.org/subject/africa/nkrumah/1967/african-socialism-revisited.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.marxists.org/subject/africa/nkrumah/1967/african-socialism-revisited.htm&lt;/a&gt; ; K. Nkrumah, La lutte des classes en Afrique, Paris, Pr&#233;sence Africaine, 1972 [Londres, Panaf Books Ltd, 1970 ; traduit de l'anglais par Marie-A&#239;da Bah Diop].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Wole Soyinka (RFI - Invit&#233; Afrique), &#171; Covid-19 : le prix Nobel Wole Soyinka cosigne une lettre ouverte aux gouvernants africains &#187;, RFI, 29 avril 2020, &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200429-wole-soyinka-lettre-ouverte-gouvernants-africains-covid-19&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200429-wole-soyinka-lettre-ouverte-gouvernants-africains-covid-19&lt;/a&gt;. Il y a, par ailleurs, au cours de cet entretien, un propos de Wole Soyinka d'une particuli&#232;re na&#239;vet&#233; sur l'histoire des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique (voire sur l'histoire de l'humanit&#233;), au cas o&#249; ce ne serait pas par l&#233;g&#232;ret&#233; volontaire : &#171; Je me demande parfois : Trump est-il vraiment un &#234;tre humain ? Est-ce qu'il fait partie de votre humanit&#233; et de la mienne ? Cet homme, je ne sais de quelle plan&#232;te il vient &#187;. &#192; la lumi&#232;re de l'histoire des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique, non pas &#224; partir du r&#233;cit narcissique de cet &#201;tat, Trump n'est-il pas plut&#244;t &#224; consid&#233;rer comme une expression concentr&#233;e des tares de l'establishment &#233;tats-unien, du racisme &#224; l'arrogance imp&#233;rialiste, en passant par la phallocratie, le culte du profit &#233;conomique ? Apparemment, Soyinka s'y trouvait bien avant l'&#233;lection de Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Extrait d'un propos de Cabral aux gu&#233;rilleros, au village de Mak&#233; en 1966, rapport&#233; par G&#233;rard Chaliand, Lutte arm&#233;e en Afrique, Paris, Fran&#231;ois Maspero, 1967, p. 49.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] De l'Afrique du Sud, Patrick Bond rappelle que &#171; the labor movement is now considered (by corporate elites) to be the world's third most militant (although its political division are profound) &#187;, P. Bond, &#171; Covid-19 Attacks the Down-and-Out in Ultra-Unequal South Africa &#187;, Counterpunch, April 3, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.counterpunch.org/2020/04/03/covid-19-attacks-the-down-and-out-in-ultra-unequal-south-africa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.counterpunch.org/2020/04/03/covid-19-attacks-the-down-and-out-in-ultra-unequal-south-africa/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Amir Ben Yahmed, &#171; Pour un capitalisme africain au profit de tous &#187;, Jeune Afrique, 2 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/904427/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/904427/&lt;/a&gt;. L'article semble devenu inaccessible sur le site du journal, mais peut l'&#234;tre sur les sites de Fraternit&#233; matin (&lt;a href=&#034;https://www.fratmat.info/article/201818/&#233;conomie/tribune--pour-un-capitalisme-africain-au-profit-de-tous&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.fratmat.info/article/201818/&#233;conomie/tribune--pour-un-capitalisme-africain-au-profit-de-tous&lt;/a&gt;) ou de Leaders (&lt;a href=&#034;https://www.leaders.com.tn/article/29175/print&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leaders.com.tn/article/29175/print&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Chuck Collins, Omar Ocampo, Sophia Paslaski, Billionaire Bonanza 2020. Wealth Windfalls, Tumbling Taxes, ans Pandemic Profiteers, Institute for Policy Studies, April 23, 2020, p. 10 ; &lt;a href=&#034;https://ips-dc.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ips-dc.org/&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://inequality.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://inequality.org/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Samuel Eto'o (RFI - Invit&#233; Afrique), &#171; Samuel Eto'o : &#8220;Il faut un sursaut d'orgueil&#8221; en Afrique face au coronavirus &#187;, RFI, 4 mai 2020, &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200504-samuel-etoo-il-faut-sursaut-dorgueil-en-afrique-face-coronavirus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200504-samuel-etoo-il-faut-sursaut-dorgueil-en-afrique-face-coronavirus&lt;/a&gt;. En 2018, ce &#8220;panafricaniste&#8221; avait appel&#233; &#224; voter aux pr&#233;sidentielles pour &#171; le candidat Paul Biya pour toutes ces choses qu'il m'a apport&#233;es dans ma vie, dans ma carri&#232;re et pour toutes ces choses que j'ai connues &#187;, Africanews, &#171; Au Cameroun, Samuel Eto'o et Rigobert Song appellent &#224; voter pour Paul Biya &#187;, 2 octobre 2018, &lt;a href=&#034;https://fr.africanews.com/2018/10/02/au-cameroun-samuel-eto-o-et-rigobert-song-appellent-a-voter-pour-paul-biya/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.africanews.com/2018/10/02/au-cameroun-samuel-eto-o-et-rigobert-song-appellent-a-voter-pour-paul-biya/&lt;/a&gt;. Serait-ce la croyance en cet int&#233;r&#234;t commun ou par ironie que le collectif f&#233;ministe African Feminism (&#224; ne pas confondre avec la r&#233;cemment d&#233;funte revue Feminist Africa), apparemment critique du n&#233;olib&#233;ralisme, a exprim&#233; la volont&#233; de dialoguer avec la task force (&#224; la liste de quatre indiqu&#233;e en note plus haut, s'est ajout&#233; Benkhalfa Abderrahmane, un ancien ministre alg&#233;rien des Finances) tout acquise au capitalisme, m&#234;me n&#233;olib&#233;ral, cr&#233;&#233;e par Cyril Ramaphosa (&#171; nous aimerions entamer une conversation avec vous. Nous voulons entendre vos r&#233;flexions et votre vision pour les pays africains, les &#233;conomies africaines, la mobilisation des ressources et les peuples africains au-del&#224; de la Covid-19. Nous aimerions avoir une audience avec vous pour en discuter davantage, notamment par le biais d'un webinaire &#187;, African Feminism, &#171; D&#233;claration f&#233;ministe sur la relance &#233;conomique apr&#232;s la Covid-19 &#187;, &lt;a href=&#034;https://africanfeminism.com/african-feminist-post-covid-19-economic-recovery-statement/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africanfeminism.com/african-feminist-post-covid-19-economic-recovery-statement/&lt;/a&gt;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Kako Nubukpo, &#171; Apr&#232;s le coronavirus, une autre Afrique est possible et ce n'est pas une utopie &#187;, Le Monde, 4 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/04/04/apres-le-coronavirus-une-autre-afrique-est-possible-et-ce-n-est-pas-une-utopie_6035567_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/04/04/apres-le-coronavirus-une-autre-afrique-est-possible-et-ce-n-est-pas-une-utopie_6035567_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Une autre prise de position collective appelle les chefs d'&#201;tat africains &#171; &#224; d&#233;velopper une strat&#233;gie continentale de r&#233;silience pour r&#233;duire au maximum les cons&#233;quences de la pand&#233;mie et de la r&#233;cession &#233;conomique globale sur les &#233;conomies africaines. Cette strat&#233;gie devra s'appuyer sur des m&#233;canismes d&#233;j&#224; en place, comme le NEPAD &#8230; &#187;, Collectif RASA (Rapport alternatif sur l'Afrique), LEGS (Leadership, &#201;thique, Gouvernance et Strat&#233;gies pour l'Afrique) et alii, &#171; D&#233;claration pour une r&#233;ponse africaine souveraine &#224; la pand&#233;mie du Covid-19 &#187; (Dakar, 30 mars 2020), &lt;a href=&#034;https://www.impact.sn/Declaration-pour-une-reponse-africaine-souveraine-a-la-pandemie-du-Covid-19_a19638.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.impact.sn/Declaration-pour-une-reponse-africaine-souveraine-a-la-pandemie-du-Covid-19_a19638.html&lt;/a&gt;. Les signataires qui expriment une certaine &#8220;fiert&#233;&#8221; (n&#233;gro-)africaine ne savent peut-&#234;tre pas que le NEPAD est, concernant les actions dites de d&#233;veloppement, financ&#233;e &#224; 80 % par des agences de d&#233;veloppement de quelques &#201;tats d'Europe et la philanthropie (du capital transnational) occidentale. Cette d&#233;claration est plus consacr&#233;e &#224; r&#233;agir, avec un zeste de complotisme, au catastrophisme, comme l'exprime assez bien ce passage : &#171; Nous interpellons les autorit&#233;s des organisations internationales cit&#233;es ci-dessus [ONU, OMS, sont aussi prises &#224; partie : la France, le G20, la &#171; communaut&#233; internationale &#187;] sur la gravit&#233; de leurs d&#233;clarations p&#233;remptoires et interrogeons les fondements scientifiques de leurs pr&#233;visions qui ont plus l'air de plans machiav&#233;liques sur le dos des Africains, voire des menaces voil&#233;es &#224; leur endroit &#187;. Sans les alarmes catastrophistes de l'OMS et de l'ONU, les &#201;tats africains auraient-ils r&#233;agi de la m&#234;me fa&#231;on, avec la m&#234;me efficacit&#233; qui leur est attribu&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Jos&#233; Francisco Puello-Socarr&#225;s et Mar&#237;a Ang&#233;lica Gunturiz, &#171; &#191; Social-neoliberalismo ? Organismos multilat&#233;rales, crisis global y programmas de transferencia monetaria condicionada &#187;, Pol&#237;tica y Cultura, Automne 2013, n&#176; 40, p. 29-54.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Razmig Keucheyan, &#171; &#8220;Leur &#233;cologie et la n&#244;tre&#8221;, quarante ans apr&#232;s &#187;, Contretemps, 21 novembre 2016, &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/read-offline/12518/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/read-offline/12518/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Concernant le fardeau des femmes, cf. la d&#233;claration du r&#233;seau WoMin (African women unite against destructive ressource extraction), &#171; Covid-19 &#8211; Crise sur crise en Afrique : une perspective &#233;cof&#233;ministe &#187;, 8 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://womin.org.za/covid-19---crisis-upon-crisis-in-africa-an-ecofeminist-perspective.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://womin.org.za/covid-19---crisis-upon-crisis-in-africa-an-ecofeminist-perspective.html&lt;/a&gt; ; Gavin van der Nest, op.cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Jean-Christophe Servant &#171; La ZLEC, un afrolib&#233;ralisme cach&#233; derri&#232;re le masque du panafricanisme &#187;, Le Monde Diplomatique, 16 mai 2019, &lt;a href=&#034;https://blog.mondediplo.net/la-zlec-un-afroliberalisme-cache-derriere-le&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blog.mondediplo.net/la-zlec-un-afroliberalisme-cache-derriere-le&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] Kate Meagher, &#171; Reflections of an Engaged Economist : An Interview with Thandika Mkandawire &#187;, Development and Change, 2019, vol. 50, n&#176;2, (p. 511-541), p. 521.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Daniel Bensa&#239;d, &#201;loge de la r&#233;sistance &#224; l'air du temps, Paris, Textuel, 1999, p. 89.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Ricardo Petrella, &#171; La d&#233;possession de l'&#201;tat &#187;, Le Monde diplomatique, ao&#251;t 1999, p. 3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Roland Pfefferkorn, &#171; Sur la notion d'&#233;galit&#233; des chances &#187;, Revue des Sciences Sociales, 2002, n&#176; 29, p. 130-135.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Sophie Sensier, &#171; La longue marche des femmes &#187;, Le Monde diplomatique, septembre 1995, p. 25.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Josephine Ahikire, &#171; African feminism in context : Reflections on the legitimation battles, victories and reversals &#187;, Feminist Africa, Issue 19, 2014, p. 7-23, &lt;a href=&#034;http://www.feministafrica.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.feministafrica.org&lt;/a&gt;. Tout r&#233;cemment une f&#233;ministe, Adama Pouye, a ainsi d&#233;fini le f&#233;minisme : &#171; Pour moi, le f&#233;minisme est une revendication des droits de la femme, une aspiration vers l'&#233;quit&#233;. Equit&#233; au lieu d'&#233;galit&#233; pour &#234;tre plus juste. L'&#233;quit&#233; fera que dans tous les domaines (sic), on verra la femme au-del&#224; de son genre, rien ne sera plus bas&#233; sur le sexe. Le f&#233;minisme est une d&#233;nonciation pour tendre vers une soci&#233;t&#233; plus juste et plus humaniste &#187; (Maimouna Eliane Thior et Adama Pouye (propos recueillis par Rama Salla Dieng), &#171; F&#233;minisme, religion et culture au S&#233;n&#233;gal &#187;, Seneplus, 22 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.seneplus.com/femmes/feminisme-re..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.seneplus.com/femmes/feminisme-re..&lt;/a&gt;.). N&#233;anmoins, elle parle par la suite d' &#171; &#233;galit&#233; juridique &#187;, d'&#171; &#233;galit&#233; homme/femme &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Fran&#231;oise Verg&#232;s (propos recueillis par Aboubacar Demba Cissoko), &#171; Les femmes du Sud ne luttent pas pour un f&#233;minisme de 50/50 &#187;, legrenierdekibili, 30 janvier 2020, &lt;a href=&#034;https://legrenierdekibili.wordpress.com/2019/01/30&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://legrenierdekibili.wordpress.com/2019/01/30&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Sanusi Lamido Sanusi, &#171; BUHARISM : Economic Theory and Political Economy &#187;, July 2002, &lt;a href=&#034;http://www.nigerdeltacongress.com/barticles/buharism.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.nigerdeltacongress.com/barticles/buharism.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Au cours d'un colloque, &#224; la fin du 20e si&#232;cle, la philosophe Aminata Diaw avait ainsi r&#233;agi, &#224; juste titre, pendant le d&#233;bat, aux propos des nationalistes culturalistes (negro-)africain&#183;e&#183;s : &#171; O&#249; est l'Afrique traditionnelle ? J'ai du mal &#224; appr&#233;hender ce que certains appr&#233;hendent comme Afrique traditionnelle &#187;, &#171; Minutes du colloque international &#201;tat et Soci&#233;t&#233; civile en Afrique. Enracinements et Projections &#187;, Quest (Special issue), vol. XII, Number 1, june 1998, Actes du Colloque International Interdisciplinaire : &#201;tat et Soci&#233;t&#233; civile en Afrique, Abidjan, 13/18 -7- 1998, p. 310, disponible sur &lt;a href=&#034;http://quest-journal.net&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://quest-journal.net&lt;/a&gt;. N&#233;anmoins ladite &#8220;Afrique traditionnelle&#8221; demeure une marchandise culturelle assez rentable pour maint&#183;e&#183;s intellectuel&#183;le&#183;s/universitaires africain&#183;e&#183;s, ainsi que pour des politicien&#183;ne&#183;s voulant justifier leur hostilit&#233; &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rentes revendications d'&#233;galit&#233; concr&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Serait-elle comprise dans les &#171; autres &#233;lites &#187; mentionn&#233;es dans &#8220;Une nouvelle Afrique est possible&#8221; (&#171; Les soci&#233;t&#233;s transnationales (STN), en collusion avec les gouvernements africains et d'autres &#233;lites, op&#233;rant en toute impunit&#233; et au m&#233;pris des populations et de la plan&#232;te, sont parmi les principaux responsables des crises &#233;nerg&#233;tiques, climatique, alimentaire et &#233;cologiques actuelles &#187;) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Horman Chitonge, &#171; Capitalism in Africa : mutating capitalist relations and social formations &#187;, Review of African Political Economy, november 2017, &lt;a href=&#034;https://doi.org/10.1080/03056244.2017.1372280&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://doi.org/10.1080/03056244.2017.1372280&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] Femi Aborisade, &#171; Nigeria &#8211; the hunger virus and Covid-19 &#187; /&#171; Out of the Ruins and Rubble : Covid-19 and the fightback in Africa &#187;. Ce n'est pas particulier &#224; Dangote, car dans le rapport de l'Institute for Policy Studies, d&#233;j&#224; cit&#233; plus haut, il est affirm&#233; que &#171; Despite Amazon's e-commerce dominance, Bezos has been unable to protect his workforce from Covid-19 : Workers in 10 different Amazon warehouses tested positive for the disease in late March.31 Instead, in early April, Bezos announced a donation of $100 million of his $140 billion in wealth to Feeding America. &#187; (p. 11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Comit&#233; de solidarit&#233; avec les travailleurs de Numilog (filiale de Cevital), &#171; P&#233;tition en soutien aux travailleurs licenci&#233;s de Numilog &#187;, 31 juillet 2020, &lt;a href=&#034;https://www.bejaia06.com/bejaia-petition-en-soutien-aux-travailleurs-licencies-de-numilog&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.bejaia06.com/bejaia-petition-en-soutien-aux-travailleurs-licencies-de-numilog&lt;/a&gt;. Ironiquement, il y a cinq ans, les travailleurs de Cevital s'&#233;taient organis&#233;s pour &#171; d&#233;noncer &#8220;l'acharnement&#8221; contre Rebrab &#187; par le gouvernement alg&#233;rien (&#171; Les travailleurs de Cevital s'organisent pour d&#233;noncer &#8220;l'acharnement&#8221; contre Rebrab &#187;, TSA, 7 octobre 2015 ; &lt;a href=&#034;http://www.tsa-&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tsa-&lt;/a&gt; algerie.com/20151007/les-travailleurs-de-cevital-sorganisent-pour-denoncer-lacharnement-contre-rebrab/). Maintenant qu'ils s'organisent pour la d&#233;fense de leurs int&#233;r&#234;ts exclusifs, le m&#234;me Rebrab les r&#233;prime.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Funmi Adebayo Funmi (&#233;crivain et ancien trader), &#171; Thank you Jack Ma ! But where are Africa's billionaires ? &#187;, The Africa Report, 13 juin 2020, &lt;a href=&#034;https://www.theafricareport.com/29822/thank-you-jack-ma-but-where-are-africas-billionaires/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.theafricareport.com/29822/thank-you-jack-ma-but-where-are-africas-billionaires/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Romaric Godin, &#171; Emmanuel Macron, Saint Paul de l'&#201;tat-providence &#187;, Mediapart.fr, 13 mars 2020, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/france/130320/emmanuel-macron-saint-paul-de-l-etat-providence&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/france/130320/emmanuel-macron-saint-paul-de-l-etat-providence&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Pour Naomi Klein, la &#171; Shock Doctrine &#187; (traduite en fran&#231;ais par &#171; strat&#233;gie du choc &#187;) consiste &#224; profiter d'une situation dramatique ou catastrophique pour r&#233;aliser un projet nocif qui ne passerait pas, sinon tr&#232;s difficilement, en temps ordinaire (La strat&#233;gie du choc. La mont&#233;e d'un capitalisme du d&#233;sastre, 2007, 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Le ministre sud-africain des Finances, Tito Mboweni, cit&#233; par Se&#225;n Muller, &#171; South Africa's one sided lockdown/coercing the poor, coddling the rich &#187;, Africa is a Country 17 april 2020, &lt;a href=&#034;https://africasacountry.com/2020/04/south-africas-one-sided-lockdown-coercing-the-poor-coddling-the-rich&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://africasacountry.com/2020/04/south-africas-one-sided-lockdown-coercing-the-poor-coddling-the-rich&lt;/a&gt;. La secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'association patronale panafricaine BUSINESS Africa/Organisation internationale des Employeurs a, par la suite, dit la m&#234;me chose lors d'une rencontre virtuelle de l'Organisation international edu Travail : &#171; As difficult as the situation night be, we must seize the opportunities that crisis offers and accelerate reforms in our continent &#187;, Jacqueline Mugo, Speech during the ILO African Regional Virtual Meeting : Covid-19 response In Africa : Building back Better, 2 july 2020 &lt;a href=&#034;https://www.ilo.org/africa/WCMS_749780/lang--en/index.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ilo.org/africa/WCMS_749780/lang--en/index.htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Olfa Lamloum, &#171; Tunisie. Une gestion s&#233;curitaire du Covid-19 au d&#233;triment du droit &#224; la sant&#233; &#187;, Orient XXI, &lt;a href=&#034;https://orientxxi.info/magazine/en-tunisie-les-fragilites-sociales-et-sanitaires-assombrissent-l-horizon,3839&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://orientxxi.info/magazine/en-tunisie-les-fragilites-sociales-et-sanitaires-assombrissent-l-horizon,3839&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Dick Forslund, &#171; Tito needs the IMF, South Africa doesn't &#187;, Mail &amp; Guardian, 1st August 2020, &lt;a href=&#034;https://mg.co.za/business/2020-08-01-tito-needs-the-imf-south-africa-doesnt/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mg.co.za/business/2020-08-01-tito-needs-the-imf-south-africa-doesnt/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] La R&#233;daction, &#171; Covid-19 Bill : pol&#233;mique &#224; tous les &#233;tages &#187;, L'express, 13 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lexpress.mu/article/376885/covid-19-bill-polemique-tous-etages&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lexpress.mu/article/376885/covid-19-bill-polemique-tous-etages&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Extrait d'un r&#233;sum&#233; de ladite loi communiqu&#233; par Ashok Subron (syndicaliste et militant &#233;cosocialiste mauricien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[37] Lingu&#232;re Mously Mbaye (&#233;conomiste sup&#233;rieure de recherche &#224; la Banque africaine de d&#233;veloppement), &#171; Crise et post-crise en Afrique : et si le changement &#233;tait pour maintenant &#187;, La Tribune Afrique, 19 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://afrique.latribune.fr/think-tank/tribunes/2020-05-19/crise-et-post-crise-en-afrique-et-si-le-changement-etait-pour-maintenant-847965.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://afrique.latribune.fr/think-tank/tribunes/2020-05-19/crise-et-post-crise-en-afrique-et-si-le-changement-etait-pour-maintenant-847965.html&lt;/a&gt; ; Carlos Lopes (propos recueillis par Marie de Verg&#232;s), &#171; En Afrique, &#8220;il n'y aura pas de meilleur moment pour acc&#233;l&#233;rer le changement&#8221; &#187;, Le Monde, 26 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/26/en-afrique-il-n-y-aura-pas-de-meilleur-moment-pour-accelerer-le-changement_6040841_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/05/26/en-afrique-il-n-y-aura-pas-de-meilleur-moment-pour-accelerer-le-changement_6040841_3212.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Les r&#233;gimes kenyan et sud-africain ne se sont pas priv&#233;s de d&#233;truire des habitations informelles pendant le confinement &#8211; et en pleine saison de pluies au Kenya &#8211; &#233;videmment, sans proposer aux pauvres qui y r&#233;sidaient quelque solution de rechange.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Milford Bateman, &#171; The Dangerous Rise of the Digital Utopians Across Africa &#187;, roape.net, 14 september 2018, &lt;a href=&#034;http://roape.net/2018/09/14/the-dangerous-rise-of-the-digital-utopians-across-africa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://roape.net/2018/09/14/the-dangerous-rise-of-the-digital-utopians-across-africa/&lt;/a&gt;. Cf. aussi, Julia Verne, Julian Stenmanns, Stefan Ouma, &#171; La connectivit&#233;, condition du d&#233;veloppement pour l'Afrique ? &#187;, Alternatives Sud, n&#176; 151 : &#171; Impasses num&#233;riques &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.cetri.be/Impasses-numeriques&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cetri.be/Impasses-numeriques&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] Dans le chapitre 3 (&#171; Animisme et visc&#233;ralit&#233; &#187;, p. 77-101) de son livre Brutalisme (d&#233;but 2020), A. Mbembe affirme, par exemple : &#171; les outils technologiques qui saturent nos existences deviennent des extensions de nous-m&#234;mes et, &#224; travers ce processus, d'autres relations sont cr&#233;&#233;es entre les humains et les objets que les traditions africaines ont longtemps anticip&#233;es. En effet, dans les traditions africaines antiques, les &#234;tres humains n'&#233;taient jamais satisfaits d'&#234;tre seulement des &#234;tres humains. Ils &#233;taient toujours en qu&#234;te d'un suppl&#233;ment &#224; leur humanit&#233;. Souvent, &#224; leur humanit&#233;, ils ajoutaient des attributs d'animaux, de plantes et de divers autres &#233;tants. La modernit&#233; disqualifia de telles mani&#232;res d'&#234;tre et les confina &#224; l'enfance de l'Homme &#187;. La derni&#232;re phrase semble indiquer qu'il ne s'agissait pas d'une particularit&#233; africaine contrairement &#224; ce que laissent penser les trois phrases pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Un des arguments des partisan&#183;e&#183;s du d&#233;ploiement de la technologie de cinqui&#232;me g&#233;n&#233;ration (5G) est son utilit&#233; pour la t&#233;l&#233;-m&#233;decine. Mais leurs adversaires affirment par contre qu' &#171; Il n'y a pas besoin de 5G pour les communications machine-machine, ni pour la t&#233;l&#233;m&#233;decine, les r&#233;seaux existant suffisent &#187;, Collectif &#8220;Stop 5G&#8221;, &#171; Arguments contre le d&#233;ploiement de la &#8220;5G&#8221; &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.stop5g.ch/argumentaire-contre-la-5g&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.stop5g.ch/argumentaire-contre-la-5g&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] En 2017, le Conseil &#233;conomique social et environnemental du Maroc consid&#233;rait que &#171; l'industrie marocaine, malgr&#233; une forte progression du PIB industriel dans certains domaines (automobile, a&#233;ronautique, Offshoring) au cours de la d&#233;cennie pass&#233;e &#8211; gr&#226;ce notamment aux strat&#233;gies sectorielles &#8211; est faiblement pr&#233;par&#233;e &#224; ce grand bouleversement induit par la quatri&#232;me r&#233;volution industrielle &#187;, Conseil &#201;conomique Social et Environnemental, Changement de paradigme pour une industrie dynamique au service d'un d&#233;veloppement soutenu, inclusif et durable, Auto-Saisine, n&#176;30/2017, p. 15, &lt;a href=&#034;http://www.cese.ma&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cese.ma&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Cyril Ramaphosa, &#171; A national strategy for harnessing the Four Industrial Revolution : The case of South Africa &#187;, in chapter 5 of Foresight Africa 2020 : Capturing the Fourth Industrial Revolution. A Regional and national Agenda, Brookings Institution, january 2020, (p. 71-73), p. 72 ; Njunga Ndung'u (Executif Director, African Economic Research Consortium &amp; Former Governor, Central Bank of Kenya), Landry Sign&#233; (Senior Fellow, Africa Growth Initiative, Brookings Institution &amp; Chairman, Global Network for Africa's Prosperity), &#171; The Fourth Industrial Revolution and digitization will transform Africa into a global powerhouse &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.brookings.edu/research/the-fourth-industrial-revolution-and-digitization-will-transform-africa-into-a-global-powerhouse/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.brookings.edu/research/the-fourth-industrial-revolution-and-digitization-will-transform-africa-into-a-global-powerhouse/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] Klaus Schwab, &#171; La Quatri&#232;me r&#233;volution industrielle : ce qu'elle implique et comment y faire face &#187;, weforum.org, 27 octobre 2017, &lt;a href=&#034;https://fr.weforum.org/agenda/2017/10/la-quatrieme-revolution-industrielle-ce-qu-elle-implique-et-comment-y-faire-face/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr.weforum.org/agenda/2017/10/la-quatrieme-revolution-industrielle-ce-qu-elle-implique-et-comment-y-faire-face/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] C&#233;dric Leterme, &#171; La num&#233;risation de l'Afrique face au dilemme &#233;cologique &#187;, CETRI, 29 juin 2020, &lt;a href=&#034;https://www.cetri.be/La-numerisation-de-l-Afrique-face&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cetri.be/La-numerisation-de-l-Afrique-face&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[46] Il s'agit de citations tir&#233;es respectivement de : WoMin (African Women Unite Against Destructive Resource Extraction), &#171; Covid-19 &#8211; Crise sur crise en Afrique : une perspective &#233;cof&#233;ministe &#187;, 8 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://womin.org.za/covid-19---crisis-upon-crisis-in-africa-an-ecofeminist-perspective.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://womin.org.za/covid-19---crisis-upon-crisis-in-africa-an-ecofeminist-perspective.html&lt;/a&gt; ; idem ; Collectif africain pour la justice climatique, &#171; Une nouvelle Afrique est possible &#187;, 14 mai 2020 &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article53263&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article53263&lt;/a&gt; ; Collectif (une quarantaine d'organisations dont une trentaine d'Afrique du Nord), &#171; Appel des peuples. Organisations, mouvements et r&#233;seaux militants d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient/r&#233;gion arabe Pour l'annulation de la dette et l'abandon des accords de libre-&#233;change &#187;, 20 mai 2020 &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Appel-des-peuples-organisations-mouvements-et-reseaux-militants-d-Afrique-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Appel-des-peuples-organisations-mouvements-et-reseaux-militants-d-Afrique-du&lt;/a&gt; ; Southern African Peoples's Solidarity Network (SAPSN), &#171; As Southern African Faces A socioeconomic Catastrophe We Must Break with Capitalist Globalization and Neoliberalism &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.sapsn.org/download/sapsn-statement-on-covid-19/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.sapsn.org/download/sapsn-statement-on-covid-19/&lt;/a&gt; ; Thienta Mahamane (Syndicat des travailleurs du rail de l'Union nationale des travailleurs du Mali, SYTRAIL-UNTM), &#171; Si le coronavirus ne nous tue pas, la faim aura raison de nous &#187;, Europe solidaire sans fronti&#232;res, 7 mai 2020, &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article53203&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article53203&lt;/a&gt; ; Union Africaine des travailleurs communistes internationalistes (UATCI-UCI), &#171; Lutte contre le Covid-19 :des mesures surtout contre les classes populaires &#187;, 17 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/cote-d-ivoire/article/lutte-contre-le-covid-19-des-mesures-surtout-contre-les-classes-populaires&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-ouest/cote-d-ivoire/article/lutte-contre-le-covid-19-des-mesures-surtout-contre-les-classes-populaires&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[47] Cf., par exemple, Gilbert Achcar, Sympt&#244;mes morbides. La rechute du soul&#232;vement arabe, Paris, Actes Sud, 2017 [Londres, Saqi Books ; traduit de l'anglais par Julien Salingue] ; Hamza Hamouche, Extractivisme et Resistance en Afrique du Nord, Amsterdam, Transnational Institute, octobre 2019, &lt;a href=&#034;https://www.tni.org/en/ExtractivismNorthAfrica?content_language=fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.tni.org/en/ExtractivismNorthAfrica?content_language=fr&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Auteur.e&lt;br class='autobr' /&gt;
Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;est militant du CADTM en Afrique, il collabore r&#233;guli&#232;rement &#224; la revue Inprecor.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autres articles en fran&#231;ais de Jean Nanga (25)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (2/3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 6 novembre, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (1/3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 30 octobre, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2 septembre, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Communaut&#233; des Etats de l'Afrique centrale : Retour &#224; l'ajustement structurel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 7 janvier, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zone de libre-&#233;change continentale africaine : Quel panafricanisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 30 novembre 2018, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zone de libre-&#233;change continentale africaine : Quel panafricanisme ? (Partie 3/3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 13 novembre 2018, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zone de libre-&#233;change continentale africain : Quel panafricanisme ? (Partie 2 sur 3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 5 novembre 2018, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zone de libre-&#233;change continentale africaine : Quel panafricanisme ? (Partie 1/3)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 2 novembre 2018, par Jean Nanga&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Zimbabwe : Vers un capitalisme ouvertement n&#233;olib&#233;ral&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 12 mars 2018, par Jean Nanga , Daniel S&#252;ri&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Aper&#231;u sur l'actuelle classe dominante en Afrique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 29 janvier 2018, par Jean Nanga&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique : Covid-19, &#171; &#233;lites &#187;, dette, capitalisme et le &#171; temps d'apr&#232;s &#187; (2/3)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-2-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-2-3</guid>
		<dc:date>2020-11-10T12:13:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean Nanga</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-11-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans cette seconde partie, l'auteur revient sur quelques-une des prises de position de la &#171; technocratie africaine &#187; et du &#171; monde intellectuel &#187;. En dehors des officiels africains, des collectifs aussi se sont prononc&#233;s sur le sujet, avant (&#224; partir de mars) et apr&#232;s la d&#233;cision du G20. Non seulement concernant le pr&#233;sent de la pand&#233;mie, mais aussi &#224; propos de ce qui a &#233;t&#233; couramment d&#233;nomm&#233; le &#171; jour d'apr&#232;s &#187;, l'organisation possible du futur. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Interventions (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-11-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-11-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton45533-ad1f3.jpg?1678984478' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans cette seconde partie, l'auteur revient sur quelques-une des prises de position de la &#171; technocratie africaine &#187; et du &#171; monde intellectuel &#187;. En dehors des officiels africains, des collectifs aussi se sont prononc&#233;s sur le sujet, avant (&#224; partir de mars) et apr&#232;s la d&#233;cision du G20. Non seulement concernant le pr&#233;sent de la pand&#233;mie, mais aussi &#224; propos de ce qui a &#233;t&#233; couramment d&#233;nomm&#233; le &#171; jour d'apr&#232;s &#187;, l'organisation possible du futur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Afrique-Covid-19-elites-dette-capitalisme-et-le-temps-d-apres-2-3&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Interventions africaines non officielles : Des technocrates aux panafricanistes&lt;br class='autobr' /&gt;
En dehors des officiels africains, des collectifs aussi se sont prononc&#233;s sur le sujet, avant (&#224; partir de mars) et apr&#232;s la d&#233;cision du G20. Non seulement concernant le pr&#233;sent de la pand&#233;mie, mais aussi &#224; propos de ce qui a &#233;t&#233; couramment d&#233;nomm&#233; le &#171; jour d'apr&#232;s &#187;, l'organisation possible du futur. Il n'est pas question ici de faire le tour de ces prises de position, mais d'en pr&#233;senter quelques-unes, choisies en fonction de la notori&#233;t&#233; des signataires, du rapport (non)&#233;tabli avec d'autres aspects (capitalisme, &#233;cologie, post-Covid-19, etc.). En commen&#231;ant par un appel de technocrates africain&#183;e&#183;s de la finance &#8211; en compagnie d'un grand capitaliste africain &#8211;, ayant publi&#233; &#171; La dette de l'Afrique doit &#234;tre all&#233;g&#233;e pour lui permettre de lutter contre le Covid-19 &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Technocrates africain&#183;e&#183;s de la finance : d'un appel &#224; l'autre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y est question, apr&#232;s avoir affirm&#233; le soutien &#224; &#171; l'all&#232;gement bilat&#233;ral de la dette des pays &#224; faible revenu &#187; demand&#233; par la Banque mondiale et le FMI, mais que le collectif souhaite &#233;tendu aux &#171; pays &#224; revenu moyen &#187;, de la demande d'&#171; une suspension de deux ans du remboursement de toutes les dettes ext&#233;rieures, qu'il s'agisse du paiement des int&#233;r&#234;ts ou de la dette elle-m&#234;me &#187; [2]. Une demande apparemment entendue par le FMI qui s'est mis &#224; parler post&#233;rieurement d'&#171; all&#232;gement [qui] pourrait &#234;tre prolong&#233; jusqu'&#224; deux ans maximum, sous r&#233;serve de disponibilit&#233; des ressources du fonds fiduciaire ARA [assistance et riposte aux catastrophes] &#187;. Soit, un peu plus que la d&#233;cision prise par la r&#233;union des financiers du G20. Ainsi, tout en la consid&#233;rant dans un second texte comme &#171; un bon d&#233;but &#187;, le collectif (l&#233;g&#232;rement modifi&#233;) pense qu'&#171; il faut faire plus et viser plus haut &#187; [3]. Par exemple, en r&#233;it&#233;rant sa demande d'extension du moratoire, incluant aussi les &#201;tats (Afrique du Sud, Alg&#233;rie, Angola, &#201;gypte, Libye, Maroc, Tunisie) que la Banque mondiale &#171; consid&#232;re qu'ils peuvent se financer sur les march&#233;s &#187; ; une plus grande participation des cr&#233;anciers priv&#233;s au moratoire ; plus de liquidit&#233;s du FMI &#224; disposition des banques centrales et des entreprises priv&#233;es [4] ; une gestion transparente de ces ressources par les &#201;tats, avec implication possible &#171; des ONG et des soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es &#187; &#8211; une gageure pour la &#8220;d&#233;mocratie&#8221; en vigueur dans ces soci&#233;t&#233;s, surtout dans les &#171; d&#233;mocratures &#187; ( &#8220;dictatures d'allure d&#233;mocratique&#8221;, selon l'&#233;crivain uruguayen Eduardo Galeano) &#224; l'instar de celles d'Afrique centrale. Toutefois, m&#234;me ce &#171; faire plus et viser plus haut &#187; reste bien en dessous de l'annulation de la dette [5] qui, &#224; titre de rappel, avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; revendiqu&#233;e, par exemple, par Macky Sall, chef d'un &#201;tat s&#233;n&#233;galais qui n'est pas le plus endett&#233;, tout en &#233;tant en continuel endettement sans &#8220;d&#233;veloppement&#8221; depuis 1960 [6]. De m&#234;me que par l'Observatoire tunisien de l'&#201;conomie ayant appel&#233; &#224; &#171; L'annulation de la dette et la mise &#224; disposition de nouveaux financements. Et ce sans exiger de r&#233;formes politiques favorables aux march&#233;s et ax&#233;s sur l'aust&#233;rit&#233; dans les pays en d&#233;veloppement [7] &#187;. Ce que ces IFI ne veulent pas faire : la succession de d&#233;caissements pour &#171; aider le[s] pays &#224; faire face &#224; la pand&#233;mie de Covid-19 &#187; s'accompagne g&#233;n&#233;ralement d'un appel &#224; poursuivre, par la suite, les &#171; mesures et r&#233;formes structurelles &#187; ou, le cas &#233;ch&#233;ant, &#224; appliquer, dans un tr&#232;s proche avenir, l'accord encore soumis &#224; &#171; l'approbation de la direction du FMI et du Conseil d'Administration &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans surprise, il n'est nullement question, dans les deux textes de ce collectif de technocrates, de sortir de la logique financi&#232;re n&#233;olib&#233;rale dont le respect par les &#201;tats est assur&#233; principalement par les institutions de Bretton Woods. M&#234;me s'il y est affirm&#233; que &#171; les dirigeants des pays avanc&#233;s, avec sagesse, ont d&#233;j&#224; jet&#233; aux orties toute notion d'orthodoxie financi&#232;re et l'Afrique doit faire de m&#234;me &#187;, il va de soi que non seulement comme disaient les Grecs/Grecques antiques &#171; ce qui est permis &#224; Jupiter ne l'est pas au b&#339;uf &#187;. Mais c'est aussi en attendant des jours meilleurs pour le si r&#233;silient capitalisme. La pr&#233;tendue h&#233;t&#233;rodoxie financi&#232;re des &#201;tats capitalistes d&#233;velopp&#233;s, eu &#233;gard au contenu du &#171; faire plus et viser plus haut &#187; est en fait une &#171; h&#233;t&#233;rodoxie n&#233;olib&#233;rale &#187; visant &#224; sauver non seulement le capitalisme, mais aussi sa forme n&#233;o-lib&#233;rale, tout comme le keyn&#233;sianisme, en tant qu'h&#233;t&#233;rodoxie, devait (pour son th&#233;oricien, John Maynard Keynes, apparemment effray&#233; par la r&#233;volution socialiste de 1917 et le dynamisme du mouvement ouvrier en Europe, quasiment comme l'avait &#233;t&#233; avant lui concernant celui-ci, &#224; la fin du 19e si&#232;cle, le chancelier Bismarck, initiateur de l'&#201;tat capitaliste &#8220;social&#8221; ) et a eu &#224; sauver le capitalisme dans une partie du 20e si&#232;cle. Telle est, d'ordinaire, la fonction de l'h&#233;t&#233;rodoxie : revitaliser l'orthodoxie menac&#233;e, &#233;branl&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, serait-ce inconsciemment qu'a disparu du second appel la mention des &#171; travailleurs [&#8230;] fragilis&#233;s &#187;, des &#171; organisations populaires &#187; ? Comme remplac&#233;e par le rappel que &#171; la Tunisie ait &#233;t&#233; l'&#233;picentre du Printemps arabe, avec les risques potentiels que cela implique, devrait &#234;tre pris en consid&#233;ration &#187;, qu'il faut &#171; &#233;viter une d&#233;stabilisation politique et sociale &#187;. Expression assez claire d'une certaine phobie des irruptions populaires dans l'espace politique, pouvant impacter l'ordre &#233;conomique, voire pr&#233;tendre &#224; un changement fondamental (ainsi l'&#8220;accompagnement&#8221; par la Banque africaine de d&#233;veloppement, la Banque mondiale et le FMI de l'actuelle transition au Soudan &#8211; dont le Premier ministre, Abdalla Hamdok, appartient &#224; ce s&#233;rail de la fonction publique internationale, plus proche du Capital que des administr&#233;&#183;e&#183;s). Par contre, l'insistance sur le r&#244;le (moteur) du capital priv&#233; &#8211; le &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187; (Naomi Klein, La strat&#233;gie du choc, 2007) &#8211; et l'aide &#224; lui apporter &#233;tant conserv&#233;e dans les deux textes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bonnes consciences capitalistes, ces technocrates n'ont pas jug&#233; utile de consacrer rien que quelques lignes aux facteurs ayant favoris&#233; le passage du virus de quelque animal &#224; l'animal sp&#233;cifique qu'est l'&#234;tre humain, au contexte favorisant une telle pand&#233;mie et d&#233;terminant d'une certaine fa&#231;on le futur de l'Afrique, de l'humanit&#233;. Comme s'il ne s'agissait que d'un ph&#233;nom&#232;ne biologique, exog&#232;ne &#224; l'&#233;conomique, au stade n&#233;olib&#233;ral de la mondialisation capitaliste. M&#234;me si en m&#234;me temps, certains &#233;conomistes n'ont pas h&#233;sit&#233; &#224; pr&#233;senter, faussement [8], le virus comme la cause du &#8220;mauvais&#8221; vent ayant souffl&#233; sur les bourses, voire de ce qui s'annonce, pourtant depuis quelque temps, comme une future crise &#233;conomique. Mais, un Strive Masiwiya (capitaliste transnational, 19e rang des milliardaires africain&#183;e&#183;s), par exemple, pouvait-il partager la mention du facteur destruction de la for&#234;t par le productivisme dans l'&#233;mergence des maladies zoonotiques (transmises par des animaux &#224; cet autre animal qu'est l'humain, et vice versa) [9], des menaces virales qui p&#232;sent actuellement sur les soci&#233;t&#233;s (selon des &#233;pid&#233;miologistes), alors qu'il est pr&#233;sident honoraire de l'Alliance pour une r&#233;volution verte en Afrique (AGRA, lanc&#233;e par les fondations Ford et Gates, avec l'ex-secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de l'ONU, Kofi Annan, comme premier pr&#233;sident), r&#233;volution verte qui ne s'est pas arr&#234;t&#233;e ailleurs (Am&#233;rique dite latine, Asie) au seuil des for&#234;ts (dont le recul en Afrique s'est acc&#233;l&#233;r&#233; dans la derni&#232;re d&#233;cennie, malgr&#233; le gel de certains projets de culture des palmiers &#224; huile, si mangeuse d'espaces forestiers) [10] ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&#171; &#233;vidence [de] la n&#233;cessit&#233; de [&#8230;] renforcer les syst&#232;mes de sant&#233; de l'Afrique &#187;, elle est &#233;nonc&#233;e sans avoir au pr&#233;alable parl&#233; des facteurs de la pr&#233;carit&#233; actuelle de la sant&#233; publique, dont, &#233;videmment, les programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral ou d'aust&#233;rit&#233;, non seulement en Afrique, mais dans le monde, en g&#233;n&#233;ral. Ainsi, apr&#232;s avoir organis&#233; le sous-financement de la sant&#233; publique, sa pr&#233;carisation, afin de rembourser la dette dans les ann&#233;es 1980-1990, le FMI et la Banque mondiale organisent maintenant la croissance de la dette des &#201;tats africains afin d'att&#233;nuer les effets (nocifs) de ce sous-financement pr&#233;sent&#233; auparavant comme un rem&#232;de. Et ce n'est m&#234;me pas assez probable que les &#201;tats africains se trouvant dans une situation lamentable en mati&#232;re d'infrastructures de sant&#233; publique, d'&#233;quipement et de personne, d'unit&#233;s de production pharmaceutique locales, etc., s'orientent d&#233;sormais vers une rectification de leurs politiques de sant&#233; publique. &#192; un point tel que, par exemple, les dirigeants des &#201;tats africains se mettraient &#224; fr&#233;quenter les h&#244;pitaux/centres de sant&#233; public de leurs propres pays, qu'ils m&#233;prisent d'ordinaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sortir de cette assez fragmentaire et courte vue, ascientifique, aurait conduit ces technocrates &#224; une critique, une mise en accusation du syst&#232;me dont elles/ils sont des technocrates, dont elles/ils profitent, et sont par cons&#233;quent attach&#233;&#183;e&#183;s &#224; sa perp&#233;tuation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Capitalistes et intellectuel&#183;le&#183;s (altermondialistes inclus&#183;es) &#171; Plus fort[e]s ensemble &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une critique du syst&#232;me qui est aussi &#233;vit&#233;e dans l'appel sign&#233; par une vingtaine d'intellectuel&#183;le&#183;s africain&#183;e&#183;s : &#171; Coronavirus : Pour en sortir plus forts ensemble &#187; [11]. Un appel adress&#233; non plus aux d&#233;cideurs politiques et de la finance internationale mais &#171; &#224; tous les intellectuels africains, aux chercheurs de toutes les disciplines, aux forces vives de nos pays, &#224; rejoindre le combat contre la pand&#233;mie du Covid-19, nous &#233;clairer de leurs r&#233;flexions, de leurs talents, nous enrichir des fruits de leurs recherches et tous de leurs propositions constructives &#187;. Il n'y est pas question du fardeau de la dette, pourtant alors &#224; la une, sinon sous-entendue dans &#171; les initiatives multiples prises pour mobiliser des ressources financi&#232;res suffisantes afin d'&#233;viter que s'ajoute une crise &#233;conomique majeure &#224; la crise sanitaire annonc&#233;e sont &#224; saluer &#187;. Comme dans l'explication de la situation de la sant&#233; publique en Afrique : &#171; il faut reconna&#238;tre pour s'en souvenir, l'effet catastrophique des d&#233;cennies d'ajustement structurel sur la sant&#233; publique et l'offre sanitaire dans les pays africains &#187;. Du pass&#233;, en quelque sorte. Alors qu'en 2019, Eurodad (European network on debt and development) constatait, &#224; propos des programmes approuv&#233;s par le FMI en 2016 et 2017, qu'&#171; In many countries, for instance Chad and Gabon, austerity measures have sparked cuts in the health sector, which has had a grave impact on health service delivery and health personnel. This has reduced access to health services for the population as out-of-pocket payments have increased [12] &#187;. Ainsi, &#224; la diff&#233;rence de l'appel des technocrates de la finance, il n'y a pas ici de prise de position explicite sur la question de l'all&#232;gement ou de l'annulation de la dette. Sans grande importance, peut-&#234;tre. Ou par manque de consensus au sein du collectif de r&#233;daction. Par exemple, des signataires comme Aminata Dramane Traor&#233; et Demba Moussa Dembel&#233; sont encore des figures de l'altermondialisme africain, des activistes du mouvement international pour l'annulation des dettes africaines [13]. &#192; l'oppos&#233; de leur cosignataire Felwine Sarr [14] qui compte parmi les voix africaines s'&#233;tant ouvertement exprim&#233;es contre la revendication d'annulation ou d'all&#232;gement de la dette publique ext&#233;rieure pour combattre la Covid-19 (voix individuelles, mais aussi officielles, &#224; l'instar de l'&#201;tat kenyan, ou de l'&#201;tat b&#233;ninois &#8211; faisant preuve, sous la pr&#233;sidence Talon, d'un certain z&#232;le n&#233;olib&#233;ral &#8211; qui s'est publiquement oppos&#233; en la mati&#232;re, dans la sous-r&#233;gion ouest-africaine, &#224; l'&#201;tat s&#233;n&#233;galais).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois ces deux textes ont en commun de ne donner aucun &#233;clairage sur les facteurs de la pand&#233;mie. C'est comme si, pour ces intellectuel&#183;le&#183;s aussi, est &#224; consid&#233;rer comme superflue l'esquisse d'une compr&#233;hension de cette pand&#233;mie, la connaissance de ses causes, afin de bien se pr&#233;server d'autres virus et &#233;pid&#233;mies possibles (consid&#233;r&#233;es comme en &#8220;r&#233;serve&#8221;, selon des &#233;pid&#233;miologistes et autres sp&#233;cialistes) [15]. Serait-ce pour &#233;viter la question des rapports de l'&#233;pid&#233;mie avec le capitaloc&#232;ne (&#232;re g&#233;ologique de manifestation d'une grande intensit&#233; des effets du Capital sur la nature) ou de la pand&#233;mie avec le n&#233;olib&#233;ralisme ? Ou serait-ce l'expression, au nom de quelque &#8220;&#233;pist&#233;mologie africaine&#8221;, d'une non-adh&#233;sion &#224; cette hypoth&#232;se d'une zoonose particuli&#232;rement d&#233;termin&#233;e par le contexte &#233;conomique, mais qui rel&#232;verait plut&#244;t de la &#8220;science occidentale&#8221;, voire de l'id&#233;ologie marxiste suppos&#233;e d&#233;terministe &#233;conomiste ? Ainsi s'expliquerait, par exemple, le manque de rigueur ou d&#233;ficit de l'attention exprim&#233; par la surprenante confusion&#8211; de la part d'intellectuel&#183;le&#183;s tr&#232;s habiles d'ordinaire dans le maniement des notions/concepts &#8211; &#233;tablie (d&#233;j&#224; brocard&#233;e, par un bloggeur du journal en ligne Mediapart [16]), d'abord d&#232;s les premiers mots du dit appel, entre le nouveau virus corona (SRAS-CoV-2) et la maladie caus&#233;e par ledit virus, corona virus disease 2019 (Covid-2019), ensuite dans l'avant-derni&#232;re phrase affirmant que la pand&#233;mie, Covid-19, est &#171; &#233;ponyme &#187; du nouveau virus corona, SRAS-CoV-2 ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'insistance, bien logique et &#224; juste titre, sur la crise sanitaire s'accompagne de propos assez vagues sur les diff&#233;rents aspects abord&#233;s, cachant mal, entre autres, une non remise en question de la dynamique du mode de production &#233;conomique qui, comme il est assez &#233;tabli, n'est pas &#233;trang&#232;re &#224; l'&#233;mergence, au passage, des virus comme le SRAS-CoV-2, d'une esp&#232;ce animale &#224; l'autre, l'humaine en l'occurrence, &#224; la si rapide propagation mondiale de Covid-19. Ainsi, s'il est affirm&#233; savamment qu'&#171; Il est temps de se rappeler que les p&#233;riodes de basculement du monde ont toujours engendr&#233; un renouvellement paradigmatique, culturel et parfois civilisationnel pour ceux qui embrassent les exigences du changement &#187;, c'est juste apr&#232;s avoir d&#233;nonc&#233; &#171; La perp&#233;tuation d'un mod&#232;le d'&#233;conomie de rente, fond&#233; sur l'exportation de mati&#232;res premi&#232;res non transform&#233;es en attendant des recettes ext&#233;rieures volatiles est suicidaire &#187;, apr&#232;s avoir d&#233;plor&#233; que l'Afrique n'ait pas encore trouv&#233; &#171; de r&#233;ponse structurelle aux d&#233;fis de son d&#233;veloppement &#187;. Le &#171; renouvellement paradigmatique &#187; ne concernerait-il que le &#171; mod&#232;le d'&#233;conomie de rente &#187; [17] ? Dans ce cas la solution aux probl&#232;mes de l'Afrique r&#233;siderait tout simplement dans l'industrialisation (la transformation locale des mati&#232;res premi&#232;res), dans le &#8220;d&#233;veloppement&#8221; &#8211; avec une dynamisation de l'&#233;conomie de la culture, selon un des signataires [18], du num&#233;rique selon tel autre technocrate [19], un alliage de la tradition avec la quatri&#232;me r&#233;volution industrielle [20], voire un d&#233;veloppement du basketball [21]. La nature capitaliste de ladite industrialisation, dudit d&#233;veloppement, n'est pas &#233;nonc&#233;e, m&#234;me si elle peut &#234;tre sous-entendue. C'est comme si ces intellectuel&#183;le&#183;s, tout en ne demeurant pas, certes, au temps du triomphe de la &#171; pens&#233;e unique &#187; (ann&#233;es 1980-1990), semblent n&#233;anmoins attach&#233;&#183;e&#183;s &#224; l'id&#233;e de la &#171; fin de l'histoire &#187;, c'est-&#224;-dire l'inexistence de quelque autre horizon &#233;conomique et social que celui fix&#233; par la dynamique du Capital, l'impossibilit&#233; d'une organisation alternative de la production et de la r&#233;partition des biens. Dans un tel contexte, l'&#233;vitement, par les r&#233;dacteurs/r&#233;dactrices de l'appel, des termes exprimant le paradigme (&#233;conomie capitaliste, capitalisme), para&#238;t exprimer une adh&#233;sion id&#233;ologique au dit capitalisme, dont l'&#233;conomie est davantage g&#233;n&#233;ralement pr&#233;sent&#233;e comme l'&#201;conomie [22] par une &#8220;science &#233;conomique&#8221; s'av&#233;rant hostile au pluralisme (comme s'en sont plaint&#183;e&#183;s, par exemple, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, organis&#233;&#183;e&#183;s en une Initiative &#201;tudiante Internationale pour l'&#201;conomie Pluraliste) &#8211; caract&#233;ristique aussi bien des documents onusiens et leur d&#233;veloppement sans pr&#233;dicat que, presque autant, des &#171; &#233;tudes africaines &#187; en Europe et aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique [23]. &#201;conomie capitaliste cens&#233;e, &#224; en croire la logique des signataires de cet appel, produire, du fait de l'industrialisation (non probl&#233;matis&#233;e, &#233;videmment, m&#234;me en cette p&#233;riode de crise &#233;cologique assez &#233;vidente), la fin des in&#233;galit&#233;s sociales, la justice sociale, le bien-&#234;tre de tous/toutes, comme ce serait le cas partout ailleurs qu'en cette Afrique si peu industrialis&#233;e. Ainsi peut-on en dire que &#171; Changement de mod&#232;le, de syst&#232;me, de paradigme&#8230; La grandiloquence des termes peut cacher une frilosit&#233; d'engagement, en &#233;vacuant le conflit social, les int&#233;r&#234;ts antagonistes et la perspective de la r&#233;volution sous un vocable s'autant plus g&#233;n&#233;ral qu'il est n&#233;buleux [24] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, les signataires de cet appel ne sont pas int&#233;ress&#233;&#183;e&#183;s, concernant le SRAS-CoV-2 et la Covid-19, par une critique du capitalisme. Celle-ci-ci n'&#233;tant pas &#224; r&#233;duire &#224; ce qui est d'ordinaire consid&#233;r&#233; comme &#233;tant des particularit&#233;s de la phase n&#233;olib&#233;rale du capitalisme &#8211; comparativement &#224; celles de l'h&#233;t&#233;rodoxie capitaliste dite fordo-keyn&#233;sienne des Trente glorieuses, du Welfare State &#8211; fallacieusement pr&#233;sent&#233;es par certain&#183;e&#183;s de ses pr&#233;tendu&#183;e&#183;s critiques comme des expressions d'un capitalisme d&#233;voy&#233; par la Finance. Ainsi, m&#234;me un Sarkozy, alors pr&#233;sident fran&#231;ais, fonci&#232;rement anti-anticapitaliste, s'&#233;tait permis une critique fragmentaire et &#233;ph&#233;m&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme pendant la crise de 2007-2008. C'est d'ailleurs cette critique pro-capitaliste du n&#233;olib&#233;ralisme, critique de ses dits &#171; exc&#232;s &#187; &#8211; comme chez certains des signataires de l'appel &#8211; qui l'emporte, quantitativement parlant, sur celle r&#233;solument anticapitaliste. Alors que le n&#233;olib&#233;ralisme serait, &#224; juste titre, &#224; consid&#233;rer comme un &#171; pur capitalisme &#187; : &#171; le capitalisme contemporain tend vers un fonctionnement pur, en se d&#233;barrassant progressivement de toutes les &#8220;rigidit&#233;s&#8221; qui pouvaient le r&#233;guler ou l'entraver. Il ne s'agit pas tant d'un retour &#224; des formes historiques ant&#233;rieures que d'une ad&#233;quation croissante &#224; son concept&#8230; Il s'agit donc d'un capitalisme sans adjectif, m&#234;me si l'expression capitalisme n&#233;o-lib&#233;ral peut &#234;tre commode pour d&#233;signer sa phase actuelle &#187; [25] &#8211; les &#171; rigidit&#233;s &#187; &#233;tant ce qui relevait de la parenth&#232;se h&#233;t&#233;rodoxe, keyn&#233;sienne, r&#233;sumable par l' &#8220;interventionnisme&#8221; &#233;conomique de l'&#201;tat contre la &#8220;main invisible du march&#233;&#8221;, un &#8220;plein emploi&#8221;/ taux tr&#232;s bas de ch&#244;mage, une esp&#232;ce de compromis social entre le capital et le travail en mati&#232;re de redistribution (gr&#226;ce aussi aux luttes men&#233;es par les salari&#233;&#183;e&#183;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Capitalisme contemporain dont le d&#233;veloppement en Afrique a des activistes cons&#233;quents parmi les signataires de l'appel, &#224; l'instar de Mamadou Koulibaly, Carlos Lopes, Lionel Zinsou [26]. En non-praticien&#183;ne&#183;s, mais passeurs id&#233;ologiques, il y a des intellectuel&#183;le&#183;s assez m&#233;diatis&#233;&#183;e&#183;s, &#224; l'instar de l'historien et politologue Achille Mbembe, pro-capitaliste &#8220;honteux&#8221; (comme les agnostiques &#233;taient des &#171; mat&#233;rialistes honteux &#187; pour Friedrich Engels), qui critique souvent certains aspects du n&#233;olib&#233;ralisme, ayant pu ainsi &#234;tre class&#233; ou se dire de gauche [27], mais consid&#232;re l'Afrique comme &#171; la derni&#232;re fronti&#232;re du capitalisme [28] &#187;, tout en se demandant &#171; quelle forme de capitalisme ? &#187;. Interrogation qui est plut&#244;t une clause de style, vu qu'au cours d'un entre soi pro-capitaliste au si&#232;ge de la Banque africaine de d&#233;veloppement (BAD) &#224; Abidjan, il a eu &#224; &#171; insiste[r] sur la n&#233;cessit&#233; d'approfondir les r&#233;flexions sur la gestion des fronti&#232;res africaines, ainsi que sur la possibilit&#233; de leur privatisation [29] &#187; (au profit des soci&#233;t&#233;s militaires priv&#233;es ?). Afin de favoriser la libre circulation des individus ? Car, hors les murs de la BAD, c'est un critique de l'existence des fronti&#232;res en Afrique et de la politique (anti-)migratoire de l'Union europ&#233;enne (&#171; mur de Schengen &#187;). Il semble que son opinion sur le sujet est en fonction des client&#183;e&#183;s. &#192; l'instar aussi du philosophe Souleymane Bachir Diagne, ayant, par exemple, soutenu que dans l'enseignement sup&#233;rieur s&#233;n&#233;galais &#171; le secteur priv&#233; jouera un r&#244;le de plus en plus important. Une des recommandations c'est de faire en sorte qu'il puisse jouer ce r&#244;le de mani&#232;re &#224; accueillir le maximum d'&#233;tudiants. On a donn&#233; une projection de 50 % [30] &#187; &#8230; Il n'est pas exclu qu'en ces temps de pand&#233;mie ces deux intellectuels soient devenus des critiques du capitalisme, ne se limitant plus &#224; une critique de certains aspects du n&#233;olib&#233;ralisme. Par exemple, le premier a parl&#233; de r&#233;invention de l'&#233;conomie sur laquelle r&#233;fl&#233;chissaient des &#233;conomistes africains, s'est demand&#233; : &#171; Est-ce qu'on peut continuer &#224; vivre sur la base d'une &#233;conomie bas&#233;e sur le saccage de l'environnement ? Je ne le pense pas du tout &#187;, et a affirm&#233; tout r&#233;cemment que &#171; nous devons inventer un mod&#232;le de d&#233;veloppement absolument original [&#8230;] il nous faut changer le mod&#232;le de croissance tout entier &#187; [31]. Esp&#233;rons que, de la part de ce th&#233;oricien ambigu de l'afropolitanisme, il ne s'agisse pas que du &#171; capitalisme vert &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si encore cette union des activistes du capitalisme, des intellectuel&#183;le&#183;s r&#233;put&#233;&#183;e&#183;s et des altermondialistes av&#233;r&#233;&#183;e&#183;s (voire suppos&#233;&#183;e&#183;s anticapitalistes) se limitait au temps de la pand&#233;mie en Afrique comme ph&#233;nom&#232;ne sanitaire (dans l'acception courante). Mais, elle para&#238;t s'int&#233;resser aussi &#224; l'au-del&#224; du sanitaire, car il est question aussi bien de lutter contre le pr&#233;cariat : &#171; Osons lutter ensemble contre la propagation du Covid-19 et osons vaincre ensemble le pr&#233;cariat mondial auquel donne naissance la pand&#233;mie &#233;ponyme &#187;, que d'une r&#233;cup&#233;ration platement adapt&#233;e du slogan &#8211; d&#233;j&#224; assez vague &#8211; du mouvement altermondialiste : &#171; Une autre Afrique est possible tout comme l'est une autre humanit&#233; dans laquelle la compassion, l'empathie, l'&#233;quit&#233; et la solidarit&#233; d&#233;finiraient les soci&#233;t&#233;s. Ce qui pouvait ressembler jusqu' ici &#224; une utopie est entr&#233; dans l'espace des possibles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; lutter contre le pr&#233;cariat appara&#238;t comme une pi&#232;ce rapport&#233;e, vu qu'ont &#233;t&#233; oubli&#233;es le long du texte les cons&#233;quences sociales de l'&#233;tat d'urgence sanitaire, du confinement, pour les damn&#233;&#183;e&#183;s des soci&#233;t&#233;s africaines, les victimes de la pand&#233;mie p&#233;renne &#171; Pochvid &#187;. Par ailleurs, la mondialisation du pr&#233;cariat n'a pas attendu le SRAS-CoV-2, le d&#233;veloppement de la pr&#233;carit&#233; des emplois et des revenus, du pr&#233;cariat (une nouvelle classe sociale en formation selon Guy Standing, auteur de The Precariat. The new Dangerous Class, 2011 ; des nouveaux/nouvelles prol&#233;taires, selon Sarah Abdelnour, auteure de Les nouveaux prol&#233;taires, 2012) &#233;tant une des caract&#233;ristiques de la phase actuelle, n&#233;olib&#233;rale, de la mondialisation (la pr&#233;carit&#233; &#233;tant &#233;videmment bien plus ancienne, permanente dans l'odyss&#233;e du capitalisme, aussi sous d'autres formes). Par exemple, les d&#233;localisations des entreprises, pendant les d&#233;cennies 1980 et suivantes, ont, entre autres, favoris&#233; l'existence de ce pr&#233;cariat (n&#233;olib&#233;ral) aussi bien dans les pays d'origine (g&#233;n&#233;ralement du capitalisme central traditionnel/du &#8220;Nord&#8221;) que dans les pays d'accueil des dites entreprises &#8211; qui ne sont pas situ&#233;s que dans le &#8220;Sud Global&#8221; : par exemple, des &#201;tats du Sud &#233;tats-unien, o&#249; les droits des salari&#233;&#183;e&#183;s sont tr&#232;s restreints, ont aussi re&#231;u des entreprises d&#233;localis&#233;es. En Afrique &#8211; en dehors de l'ampleur de l'&#233;conomie dite informelle, assez caract&#233;ristique du capitalisme p&#233;riph&#233;rique et caract&#233;ris&#233;e par une masse importante de pr&#233;caires parmi ses animateurs/animatrices &#8211;, l'existence du pr&#233;cariat, comme produit, &#233;videmment, de la pr&#233;carisation (&#224; travers la r&#233;forme des codes du travail &#8211; g&#233;n&#233;ralement en d&#233;faveur de la force de travail salari&#233;e, contre des &#8220;acquis sociaux&#8221;, des garanties sociales des d&#233;cennies ant&#233;rieures &#8211; au cours des ann&#233;es 1980-1990, de la premi&#232;re vague d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral ; la pression exerc&#233;e par les &#8220;investisseurs &#233;trangers&#8221; &#224; travers le rapport annuel Doing Business du Groupe de la Banque mondiale, etc.), a pr&#233;c&#233;d&#233; [32] et accompagn&#233; la croissance du taux moyen du PIB africain, c&#233;l&#233;br&#233;e pendant la d&#233;cennie 2010. Au cours de laquelle, contrairement aux promesses mensong&#232;res de ruissellement, les soci&#233;t&#233;s africaines sont devenues plus in&#233;galitaires qu'auparavant : les riches le devenant davantage, se distanciant (socialement) davantage des pauvres, dont le nombre vivait aussi sa croissance. Pendant que dans les &#8220;classes moyennes&#8221; d'aucun&#183;e&#183;s &#8211; les &#8220;buppies&#8221; (black urban professionals) sud-africains et leurs semblables des secteurs de la finance et des nouvelles technologies de l'information et de la communication dans le reste de l'Afrique &#8211; prenaient l'ascenseur, croisant celles/ceux qui se retrouvaient dans le &#171; descendeur social [33] &#187;. Comme ces universitaires de certains pays africains qui deviennent taximen informels la nuit, afin de parer &#224; la baisse de leur pouvoir d'achat. Ou ces dipl&#244;m&#233;&#183;e&#183;s de l'universit&#233; qui se retrouvent devant un &#233;tal de march&#233;, &#224; vendre, par exemple, des &#8220;faux&#8221; m&#233;dicaments. Un contexte acad&#233;mique, social, qui ne peut favoriser une grande mobilisation des &#171; intellectuels africains [&#8230;], chercheurs de toutes les disciplines &#187; pour la connaissance et la lutte contre le SRAS-CoV-2 et la Covid-19, souhait&#233;e, &#224; juste titre, par les signataires de l'appel. Il s'agit en fait de manifestations africaines du ph&#233;nom&#232;ne mondial, d&#233;coulant de la n&#233;olib&#233;ralisation, de pr&#233;carisation dans le monde acad&#233;mique (dont certains aspects y favorisent une intervention du philanthrocapitalisme n&#233;olib&#233;ralisateur, &#224; la conqu&#234;te de l'&#8220;&#233;lite&#8221; africaine en formation) ainsi que de nombre de ses produits, la &#171; fraction &#233;duqu&#233;e &#187; du pr&#233;cariat, selon Guy Standing [34] (r&#233;alit&#233; que ne peuvent ignorer les universitaires signataires, parmi lesquel&#183;le&#183;s des cosmopolites, voire leurs co-signataires capitalistes). C'est de cette pr&#233;carit&#233; dominante des emplois et des revenus dont il est question quand l'onusienne Organisation internationale du Travail/OIT se donne pour mandat, entre autres, le plaidoyer pour une &#8220;croissance inclusive&#8221; cr&#233;atrice d'emplois d&#233;cents dans le monde (un des &#8220;Objectifs du d&#233;veloppement durable&#8221;). Avec une attention particuli&#232;re pour l'Afrique, car celle-ci occupe traditionnellement la premi&#232;re place mondiale en mati&#232;re de &#171; travailleurs pauvres &#187;, de grave d&#233;ficit dans la cr&#233;ation d'emplois d&#233;cents, malgr&#233; la croissance (&#171; Les travailleurs pauvres continuent d'&#234;tre tr&#232;s nombreux : pr&#232;s d'un tiers d'entre eux (32 pour cent) vivaient dans l'extr&#234;me pauvret&#233; en 2018 et 22 pour cent dans une pauvret&#233; mod&#233;r&#233;e &#187; selon l'OIT, soit &#171; le taux d'emploi vuln&#233;rable le plus &#233;lev&#233; (66 %) &#187;, selon la CEA, 2019). Sans toutefois, en bonne logique onusienne, de cette fonction publique internationale (bureaucratie du capitalisme international), que l'OIT (conciliatrice, par ailleurs, des int&#233;r&#234;ts des organisations patronales et des bureaucraties internationales des syndicats des salari&#233;&#183;e&#183;s) se d&#233;parte de la diffusion d'illusions sur la possibilit&#233; d'y parvenir sous le capitalisme, de surcro&#238;t n&#233;olib&#233;ralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le SRAS-CoV-2 et la Covid-19 ne font qu'exacerber la pr&#233;carisation, grossir les rangs du pr&#233;cariat africain, comme d'ailleurs, dont le d&#233;veloppement ne peut pas, &#224; la diff&#233;rence du virus et sa pand&#233;mie, b&#233;n&#233;ficier d'une large m&#233;diatisation qui pourrait susciter davantage de questionnement sur le syst&#232;me &#233;conomique. Ainsi, la lutte contre la pr&#233;carit&#233; ou la pr&#233;carisation &#8211; et non pas, d'un point de vue de l'&#233;mancipation ou de la justice sociale, la lutte contre le pr&#233;cariat, en tant que &#171; classe sociale en formation &#187; (G. Standing) ou nouveaux/nouvelles prol&#233;taires (S. Abdelnour) &#8211; ne peut pas porter que sur la pr&#233;carisation li&#233;e au virus et &#224; sa pand&#233;mie, mais devrait viser les m&#233;canismes qui depuis quatre d&#233;cennies ne cessent d'en &#233;tendre la normalisation. Ce qui, &#233;videmment, ne peut pas int&#233;resser les activistes du capitalisme co-signataires de l'appel, qui comptent, logiquement, parmi les b&#233;n&#233;ficiaires de la pr&#233;carisation. La posture altermondialiste tardive, affich&#233;e dans la phrase cit&#233;e ci-dessus, ne doit pas faire illusion [35].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, l'appel ne souligne pas qu'une autre Afrique post-coloniale a toujours &#233;t&#233; possible, pendant les six d&#233;cennies dites post-coloniales. Celle qui s'est r&#233;alis&#233;e, dans laquelle nous (sur)vivons n'&#233;tant que l'un des possibles, rendu effectif aux d&#233;pens d'autres possibles &#233;touff&#233;s, combattus d&#232;s la transition au post-colonialisme, au n&#233;ocolonialisme, par les administrations coloniales. Celles-ci ayant auparavant s&#233;lectionn&#233;, dans bon nombre de cas, par exemple dans les territoires fran&#231;ais, les futurs &#171; p&#232;res de l'ind&#233;pendance &#187; et consorts. Lesquels &#233;toufferont &#224; leur tour l'expression locale des possibles &#233;mancipateurs, avec souvent le soutien des ex-m&#233;tropoles coloniales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'&#8220;autre Afrique possible&#8221;, voire l'&#8220;autre humanit&#233; possible&#8221; envisag&#233;e par cet appel, elle promet, par les principes cens&#233;s la d&#233;finir, hormis la solidarit&#233;, ne pas &#234;tre &#233;mancipatrice, mais prolonger de fa&#231;on r&#233;form&#233;e l'Afrique actuelle. Car une soci&#233;t&#233; se construisant pour l'&#233;mancipation ne peut avoir pour principe la compassion. Il ne s'agit pas, &#233;videmment, de la compassion pour la coll&#232;gue de travail ayant perdu son compagnon ou sa compagne, ou des voisin&#183;e&#183;s dont le champ de tubercules a &#233;t&#233; cambriol&#233;, mais de la compassion pour des groupes humains, proches ou lointains, dans la souffrance (permanente ou passag&#232;re). Telle que l'illustrent l'activisme dit humanitaire, l'activit&#233; des pyromanes jouant les pompiers : associations (caritatives)/fondations des nouvelles dames patronnesses que deviennent les &#233;pouses des chefs d'&#201;tat africains, des fondations philanthropiques aussi bien de capitalistes africain&#183;es (de l'&#233;gyptienne Sawiris Foundation for Social Development &#224; la sud-africaine Khayelitsha Motsepe Foundation Motsepe, en passant par la nig&#233;riane Rose of Sharon Foundation) que celles extra-africaines, mondialement r&#233;put&#233;es, etc. Toutes suppl&#233;ant, selon leurs sp&#233;cialisations, aux diverses carences des pouvoirs publics (favoris&#233;es aussi bien par le principe n&#233;olib&#233;ral de r&#233;duction du budget des secteurs sociaux que par la gestion pr&#233;datrice de l'argent public, celle-ci pouvant aussi alimenter les associations/fondations priv&#233;es et client&#233;listes des premi&#232;res dames africaines et consorts). Autrement dit, cette dite politique de la compassion est justifi&#233;e par des in&#233;galit&#233;s structurelles que les associations compatissantes ne peuvent vouloir qu'att&#233;nuer (comme le font depuis des si&#232;cles, la daya hindoue, la tsedaka juive, la charit&#233; chr&#233;tienne, la sadaqa musulmane, etc.), non pas &#233;radiquer. L'action politique ne pouvant relever de la compassion, poser celle-ci comme l'un des principes de l'Afrique possible laisse entendre que l'&#233;radication des in&#233;galit&#233;s structurelles ou des structures in&#233;galitaires n'y sera pas &#224; l'ordre du jour. Ce que renforce la r&#233;f&#233;rence &#224; l'&#233;quit&#233;, non pas &#224; l'&#233;galit&#233; [36], devenue p&#233;jorativement connot&#233;e dans l'id&#233;ologie dominante n&#233;olib&#233;ralis&#233;e comme &#8220;&#233;galitarisme&#8221;. L'&#8220;&#233;quit&#233;&#8221; &#233;tant assez en phase avec le capitalisme g&#233;n&#233;ralement, dans sa r&#233;alit&#233; n&#233;olib&#233;rale en l'occurrence, tout comme la compassion. Ainsi, le possible envisag&#233; par cet appel risque de n'&#234;tre qu'un altercapitalisme. Logiquement, point ne serait besoin de politique compassionnelle dans une soci&#233;t&#233; d&#233;barrass&#233;e du &#171; supr&#233;matisme du secteur priv&#233; &#187;, concernant l'organisation de/et la production des biens ainsi que leur distribution, et ayant pour principes l'&#233;galit&#233;, la justice sociale et la solidarit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;cisons que cette r&#233;f&#233;rence-ci &#224; la &#171; solidarit&#233; &#187; n'est pas &#224; confondre avec celle qui est de mise dans la th&#233;orie de la n&#233;gritude de L&#233;opold S&#233;dar Senghor (&#8220;p&#232;re de l'ind&#233;pendance&#8221; du S&#233;n&#233;gal) et consorts &#8211; postulant une rationalit&#233; n&#233;gro-africaine non-antagonique, contrairement &#224; la suppos&#233;e rationalit&#233; blanche/europ&#233;enne antagonique, sur laquelle se fonderait, par exemple, la lutte des classes &#8211;, dont la traduction politique est la promesse (partag&#233;e par exemple par son pair kenyan, Jomo Kenyatta, &#8220;p&#232;re de l'ind&#233;pendance&#8221; du Kenya, ploutocrate av&#233;r&#233; [37]) de &#8220;socialisme africain&#8221;. Celui-ci &#233;tant consid&#233;r&#233; comme une adaptation ou mise &#224; jour (&#8220;moderne&#8221;) d'une suppos&#233;e solidarit&#233; traditionnelle, entre autres, mais dont la concr&#233;tisation s'est plut&#244;t av&#233;r&#233;e, au S&#233;n&#233;gal, au Kenya et ailleurs, un masque du n&#233;ocolonialisme (la gestion senghorienne de celui-ci ayant d'ailleurs abouti &#224; l'un des tout premiers programmes d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral en Afrique, ayant, semble-t-il, favoris&#233; la d&#233;mission du pr&#233;sident chantre de la n&#233;gritude). Sans n&#233;anmoins cesser d'exercer quelque influence sur des intellectuel&#183;le&#183;s (n&#233;gro-)africains (si la solidarit&#233; n'est pas moins caract&#233;ristique des traditions rurales d'Afrique du Nord que de l'Afrique dite noire &#8211; dans la classification coloniale &#8211;, c'est plus &#224; celle-ci que renvoie souvent le discours sur la &#8220;solidarit&#233; africaine&#8221; suppos&#233;e essentiellement particuli&#232;re), &#224; l'instar des signataires de cet appel. En effet, leur conception de la solidarit&#233; exprime le diff&#233;rentialisme essentialis&#233; de l'ethnologie coloniale, d'une certaine anthropologie post-coloniale, d&#233;pourvu de comparaison sym&#233;trique [38] (dans une double ignorance aussi bien de l'histoire sociale complexe des soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes &#8211; diff&#233;rente du r&#233;cit bourgeois urbanocentr&#233; de l'Europe/Occident auquel se r&#233;f&#232;rent aussi g&#233;n&#233;ralement les critiques de ladite Europe/Occident &#8211; que de celle des soci&#233;t&#233;s extra-europ&#233;ennes, dont les africaines, dans leur grande diversit&#233;, sur lesquelles nous ne nous &#233;tendrons pas ici). Ce malgr&#233; le racisme de ce diff&#233;rentialisme (fondant des qualit&#233;s morales/intellectuelles &#8211; attribu&#233;es &#224; des groupes humains diff&#233;renci&#233;s plus par la couleur de la peau, jusqu'&#224; les hi&#233;rarchiser &#8220;naturellement&#8221; &#8211; sur une biologie approximative, fantaisiste, d&#233;termin&#233;e par les rapports de domination/subordination, d'exploitation, en vue de leur reproduction). Ainsi, l'appel parle de &#171; la solidarit&#233; dont elle [l'Afrique] poss&#232;de les g&#232;nes &#187; [39]. Autrement dit, la solidarit&#233; que les Africain&#183;e&#183;s ont dans leurs g&#232;nes. Comme l'affirmait le ma&#238;tre, L. S. Senghor : &#171; Les vertus non seulement raciales, mais ethniques, nationales, se transmettent mat&#233;riellement par les g&#232;nes des chromosomes [40] &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant cette solidarit&#233;, suppos&#233;e g&#233;n&#233;tiquement transmise, n'a pas emp&#234;ch&#233; que l'Afrique des deux derni&#232;res d&#233;cennies, au moins, s'illustre non seulement par la croissance du PIB, celle suppos&#233;e des classes moyennes [41], etc. (ce qui a fait croire &#224; certains que &#171; le temps de l'Afrique est arriv&#233; [42] &#187;), mais aussi par celle des in&#233;galit&#233;s sociales, des injustices diverses et vari&#233;es. Dans l'une des deux premi&#232;res &#233;conomies africaines, par exemple : &#171; According to Oxfam calculations, the amount of money that the richest Nigerian man can earn annually from his wealth is sufficient to lift 2 million people out of poverty [le nombre de pauvres est pass&#233; de 69 millions en 2004 &#224; 112 millions en 2010] for one year. Lifting all Nigerian people living below the extreme poverty line of $1.90 [86,9 millions d'extr&#234;mes pauvres en 2018, sur une population de 197 millions] out of poverty for one year will cost about $24 billion. This amount of money is just lower than the total wealth owned by five of the richest Nigerians in 2016, which was equal to $29.9 billion [43] &#187;. C'est le genre d'in&#233;galit&#233;s (expression de, entre autres, l'exploitation, la surexploitation, la fraude fiscale qui impacte n&#233;gativement la redistribution sociale, plut&#244;t que d'une quelconque solidarit&#233;) contre lesquelles ces intellectuel&#183;le&#183;s n'ont pas, dans leur quasi-totalit&#233;, acquis la r&#233;putation d'&#234;tre des activistes, rien que par la plume. Voire il y a comme un d&#233;ni dans l'affirmation par l'un des signataires que &#171; L'Afrique d'aujourd'hui, ce sont des classes moyennes, plus &#233;duqu&#233;es, qui se sont malgr&#233; tout d&#233;velopp&#233;es et qui sont aussi un pouvoir d'achat [44] &#187; (&#224; moins que ce soit une coquille, on peut remarquer la pr&#233;f&#233;rence du philosophe pour &#8220;&#234;tre un pouvoir d'achat&#8221; au lieu d'&#8220;avoir un pouvoir d'achat&#8221;). &#192; l'image, peut-on ajouter, de la repr&#233;sentation courante des soci&#233;t&#233;s du capitalisme central traditionnel pendant leur p&#233;riode du suppos&#233; Welfare State, leurs dites &#8220;Trente Glorieuses&#8221;, cette &#233;tape importante de la modernisation &#233;cocidaire (productiviste, consum&#233;riste et polluante), de pr&#233;tendue &#8220;moyennisation&#8221; sociale fortement int&#233;gratrice &#224; l'ordre capitaliste. La suppos&#233;e &#233;ducation, sup&#233;rieure, consiste, de plus en plus, en Afrique aussi, en, entre autres, une pr&#233;paration de ses produits &#224; l'int&#233;gration dans cet ordre, comme membres des classes moyennes en effet, g&#233;n&#233;ralement d&#233;pourvues d'une culture de la solidarit&#233; avec les damn&#233;&#183;e&#183;s de la terre d'Afrique, de solidarit&#233; pour une Afrique, une humanit&#233; &#233;mancip&#233;e des in&#233;galit&#233;s et injustices sociales et environnementales. Que l'Afrique demeure peupl&#233;e majoritairement de pauvres ne rel&#232;ve pas de pr&#233;jug&#233;s, d'une observation erron&#233;e de la r&#233;alit&#233; : &#171; 60 pour cent de la population active sont encore &#8220;mod&#233;r&#233;ment&#8221; ou &#8220;extr&#234;mement&#8221; pauvres &#187; et &#171; Quelque 82 % de la population du continent n'ont pas acc&#232;s &#224; la protection sociale &#187; (document de la 14e R&#233;union r&#233;gionale africaine de l'OIT, d&#233;cembre 2019 [45]). Une r&#233;alit&#233; qui est d&#233;j&#224; davantage d&#233;grad&#233;e par la Covid-19, y compris, d'ailleurs, au sein des classes moyennes, des &#171; plus &#233;duqu&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Critiquer la domination de l'Afrique, par des puissances &#233;trang&#232;res (&#201;tats et firmes transnationales), ne signifie pas automatiquement &#234;tre du c&#244;t&#233; des damn&#233;&#183;e&#183;s de la terre africain&#183;e&#183;s, encore g&#233;n&#233;ralement majoritaires, leur manifester de la solidarit&#233; dans les luttes pour l'&#233;mancipation. Le nationalisme africain ou panafricanisme pouvant aussi, voire surtout, relever des classes dirigeantes locales, du capital transnational africain (en plein essor ces derniers ann&#233;es), pour leurs propres int&#233;r&#234;ts avant tout, ainsi que ceux des intellectuel&#183;le&#183;s qui leur sont solidaires, de fa&#231;on assum&#233;e ou &#8220;honteuse&#8221;. Ce que prouvent bien cinq d&#233;cennies d'Afrique post-coloniale r&#233;unie dans l'Organisation de l'Union Africaine, puis dans l'Union Africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Il s'agit de Ngozi Okonjo-Iweala (ancienne num&#233;ro 2 de la Banque mondiale, ancienne ministre des Finances du Nig&#233;ria, membre de l'Africa Growth Initiative de la Brookings Institution, l'un des principaux think tanks de l'establishment &#233;tats-unien) ; Brahima Sangafowa Coulibaly (directeur de l'Africa Growth Initiative, ancien &#233;conomiste en chef de la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale des &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique), Tidjiane Thiam (ancien ministre du Plan et du D&#233;veloppement de la C&#244;te d'Ivoire, membre du Council on Foreign Relations &#8211; un autre des think tanks majeurs de l'establishment &#233;tats-unien &#8211;, ancien directeur g&#233;n&#233;ral de la banque Cr&#233;dit Suisse, membre de l'International Business Council du Forum &#233;conomique mondial), Donald Kaberuka (ancien ministre des Finances du Rwanda, ancien pr&#233;sident de la Banque africaine de d&#233;veloppement), Vera Songwe (Secr&#233;taire ex&#233;cutive de la Commission &#233;conomique pour l'Afrique des Nations unies et membre de l'Africa Growth Initiative, ancienne directrice des op&#233;rations &#224; la Banque mondiale, etc.), Strive Masiwiya (fondateur de la transnationale des t&#233;l&#233;communications Econet Global &#8211; active sur tous les continents &#8211;, pr&#233;sident honoraire de l'Alliance pour une r&#233;volution verte en Afrique/AGRA, etc.), Louise Mushikiwabo (Secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de l'Organisation internationale de la francophonie et ancienne ministre des Affaires &#233;trang&#232;res du Rwanda), Christina Duarte (ancienne consultante aupr&#232;s de la Banque mondiale, ancienne vice-pr&#233;sidente de Citibank, ancienne ministre des Finances, de la Planification et de l'Administration publique du Cap-Vert).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Ngozi Okonjo-Iweala, Brahima Coulibaly et alii, &#171; La dette de l'Afrique doit &#234;tre all&#233;g&#233;e pour lui permettre de lutter contre le Covid-19 &#187;, Project Syndicate, 9 avril 2020 (traduit de l'anglais par Fran&#231;ois Boisivon), &lt;a href=&#034;https://www.project-syndicate.org/commentary/africa-needs-debt-relief-to-fight-covid19-by-ngozi-okonjo-iweala-and-brahima-coulibaly-2020-04/french&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.project-syndicate.org/commentary/africa-needs-debt-relief-to-fight-covid19-by-ngozi-okonjo-iweala-and-brahima-coulibaly-2020-04/french&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Ngozi Okonjo-Iweala, et alii (Christina Duarte est remplac&#233;e par Trevor Manuel, ancien ministre n&#233;olib&#233;ral des Finances de l'Afrique du Sud, sous la pr&#233;sidence de Nelson Mandela, puis de Thabo Mbeki. C'est l'un des quatre &#233;missaires &#8211; avec Ngozi Okonjo-Iweala, Donald Kaberuka, Tidjane Thiam, &#8211; de l'UA, nomm&#233;&#183;e&#183;s par son pr&#233;sident en exercice Cyril Ramaphosa, pour la mobilisation du soutien international &#224; la lutte de l'Afrique contre les cons&#233;quences &#233;conomiques du Covid-19), &#171; Suspension de la dette de l'Afrique : un bon d&#233;but, mais il faut faire plus &#187;, Jeune Afrique, 20 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/930853/economie/tribune-suspension-de-la-dette-de-lafrique-un-bon-debut-du-g20-mais-il-faut-faire-plus/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/930853/economie/tribune-suspension-de-la-dette-de-lafrique-un-bon-debut-du-g20-mais-il-faut-faire-plus/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Attac/CADTM Maroc, &#171; Non &#224; l'utilisation de la pand&#233;mie de Coronavirus, pour plus de dette et d'aust&#233;rit&#233; &#187;, 12 avril 2020, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Non-a-l-utilisation-de-la-pandemie-pour-plus-de-dette-et-d&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Non-a-l-utilisation-de-la-pandemie-pour-plus-de-dette-et-d&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Dans un entretien sur RFI, au lendemain de la d&#233;cision de moratoire sur la dette, Tidjane Thiam a n&#233;anmoins affirm&#233; qu' &#171; il va falloir envisager des remises ou des annulations de dettes &#187;, &#171; Invit&#233; Afrique &#8211; Tidjane Thiam : &#8220;Ce moratoire apporte &#224; l'Afrique les moyens d'agir rapidement &#187;, RFI, 16 avril 2020, &lt;a href=&#034;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200416-tidjane-thiam-moratoire-dette-afrique-moyens-agir-covid-19&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200416-tidjane-thiam-moratoire-dette-afrique-moyens-agir-covid-19&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] Ndongo Samba Sylla parle de &#171; la strat&#233;gie innocemment suivie par le S&#233;n&#233;gal depuis 1960 : un endettement continuel en monnaie &#233;trang&#232;re qui est financ&#233; par un r&#233;endettement permanent en monnaie &#233;trang&#232;re &#187;, N. S. Sylla, &#171; Afrique : la dette contre la souverainet&#233; &#187;, Alternatives &#233;conomiques. 4 mai 2020. &lt;a href=&#034;https://www.alternatives-economiques.fr/afrique-dette-contre-souverainete/00092519&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.alternatives-economiques.fr/afrique-dette-contre-souverainete/00092519&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] Imen Zine, &#171; OTE/Covid-19 : l'annulation des paiements du service de la dette ext&#233;rieure est essentielle &#187;, L'&#201;conomiste maghr&#233;bin, 7 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.leconomistemaghrebin.com/2020/04/07/ote-covid-19-annulation-paiements-dette-essentielle/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.leconomistemaghrebin.com/2020/04/07/ote-covid-19-annulation-paiements-dette-essentielle/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] &#201;ric Toussaint, &#171; La pand&#233;mie du capitalisme, le coronavirus et la crise &#233;conomique &#187;, Inprecor, n&#176; 672/673, mars-avril 2020, p. 7-11, &lt;a href=&#034;http://www.inprecor.fr/article-La-pand&#233;mie-du-capitalisme,-le-coronavirus-et-la-crise-&#233;conomique?id=2347&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.inprecor.fr/article-La-pand&#233;mie-du-capitalisme,-le-coronavirus-et-la-crise-&#233;conomique?id=2347&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Robert Wallace, Alex Liebman, Luis Fernando Chaves, Rodrick Wallace, &#171; Covid-19 and Circuits of Capital &#187;, Monthly Review, April 1, 2020, monthlyreview.org/2020/04/01/covid-19-and-circuits-of-capital, en traduction fran&#231;aise : &#171; Covid-19 et les routes du capital &#187;, Contretemps, 4 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/covid-19-routes-capital-wallace/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/covid-19-routes-capital-wallace/&lt;/a&gt;. Cf. aussi, par exemple, J&#233;r&#244;me Baschet, &#171; Qu'est-ce qu'il nous arrive ? Beaucoup de questions et quelques perspectives par temps de coronavirus &#187;, La voie du jaguar, 19 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://lavoiedujaguar.net/Qu-est-ce-qu-il-nous-arrive-Beaucoup-de-questions-et-quelques-perspectives-par&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lavoiedujaguar.net/Qu-est-ce-qu-il-nous-arrive-Beaucoup-de-questions-et-quelques-perspectives-par&lt;/a&gt; ; African Centre for Biodiversity, &#171; Coronavirus and the ecosystem &#187;, Amandla !, issue n&#176; 69, april 2020, p. 24-25 ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] Cf., par exemple, Grain, &#171; Une nouvelle r&#233;volution verte pour l'Afrique ? &#187;, novembre 2007, &lt;a href=&#034;http://www.grain.org/rapports/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.grain.org/rapports/&lt;/a&gt; ; R&#233;mi Vilain, &#171; La nouvelle r&#233;volution verte en Afrique subsaharienne. Vers un bouleversement des pratiques agricoles paysannes ? &#187;, CADTM, 28 d&#233;cembre 2015, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-nouvelle-revolution-verte-en-Afrique-subsaharienne-Partie-1-sur-2&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/La-nouvelle-revolution-verte-en-Afrique-subsaharienne-Partie-1-sur-2&lt;/a&gt; ; Lena Bassermann, Mamadou Go&#239;ta, Jan Urhahn, Timothy Wise et alii, False Promises. The Alliance for a Green Revolution in Africa (AGRA), Bamako, Berlin, Cologne, Dar es Salaam, Johannesburg, Lusaka, Nairobi, June 2020 (les id&#233;es essentielles sont r&#233;sum&#233;es en fran&#231;ais par Timothy Wise, &#171; Des fausses promesses : &#8220;la r&#233;volution verte en Afrique&#8221; &#233;choue &#224; ses propres conditions &#187;, A l'Encontre, 18 juillet 2020, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/ecologie/de-fausses-promesses-la-revolution-verte-en-afrique-echoue-a-ses-propres-conditions.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/ecologie/de-fausses-promesses-la-revolution-verte-en-afrique-echoue-a-ses-propres-conditions.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] Publi&#233;e le 10 avril 2020 sur le site de Jeune Afrique, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com&lt;/a&gt;. Les signataires sont : Kako Nubukpo, Alioune Sall, Reckya Madougou, Martial Ze Belinga, Felwine Sarr, Carlos Lopes, Cristina Duarte (signataire aussi du texte des technocrates de la finance), Achille Mbembe, Francis Akind&#232;s, Aminata Dramane Traore, Souleymane Bachir Diagne, Lionel Zinsou, Nadia Yala Kisukidi, Demba Moussa Demb&#233;l&#233;, Franck Hermann Ekra, Alinah Segobye, Mamadou Koulibaly, Karim El Aynaoui, Mamadou Diouf, Hakim Ben Hammouda, Paulo Gomes, Carlos Cardoso, Gilles Yabi, Adebayo Olukoshi, Augustin Holl, Abdoulaye Bathily, Lalla Aicha Ben Barka, El Hadj Hamidou Kasse. Apparemment, il ne s'agit presque que de francophones, les Carlos Lopes, Adebayo Olukoshi, par exemple, bien que respectivement lusophone, anglophone, peuvent aussi par leur bilinguisme, au moins, &#234;tre consid&#233;r&#233;s comme tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] Gino Brunswijck, Unhealthy conditions. IMF loan conditionality and its impact on health financing, Eurodad (&lt;a href=&#034;http://www.eurodad.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.eurodad.org&lt;/a&gt;), Eurodad, 2019 p. 4, &lt;a href=&#034;http://www.eurodad.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.eurodad.org&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] Cf., par exemple de Demba Moussa Demb&#233;l&#233; : &#171; Dette africaine ou moratoire &#187;, 27 avril 2020, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/Dette-africaine-moratoire-ou-annulation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org/Dette-africaine-moratoire-ou-annulation&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Selon F. Sarr : &#171; certains &#201;tats africains profitent de cette crise pour jouer sur ce que je nomme la politique de la compassion et demander l'annulation de leur dette. Or [sic], nous ne devrions pas tendre la main. Il faut changer de discours. Assumons nos dettes, payons-les, g&#233;rons-les comme il faut et arr&#234;tons de venir qu&#233;mander une annulation tous les vingt ans &#187;, Felwine Sarr, (propos recueillis par Oumy Diallo), &#171; Les Europ&#233;ens s'inqui&#232;tent pour nous et nous nous inqui&#233;tons pour eux &#187;, TV5 Monde, 30 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.seneplus.com/societe/les-europeens-sinquietent-pour-nous-et-nous-nous-inquietons-pour&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.seneplus.com/societe/les-europeens-sinquietent-pour-nous-et-nous-nous-inquietons-pour&lt;/a&gt;. Son compagnon intellectuel, Achille Mbembe, s'est plut&#244;t prononc&#233;, sur sa page facebook, pour &#171; l'abolition pure et simple de certaines dettes [&#8230;] la suspension de certaines autres dans le cadre exceptionnel du Covid-19, le temps de relancer l'&#233;conomie [&#8230;] l'effacement des int&#233;r&#234;ts au titre de certaines dettes &#187; (mais il appelle &#8211; les cr&#233;anciers bilat&#233;raux ? multilat&#233;raux ? priv&#233;s ? &#8211; &#224; &#171; arr&#234;ter d'accorder des cr&#233;dits aux r&#233;gimes corrompus et anti-d&#233;mocratiques, et soumettre tout emprunt &#224; un d&#233;bat exhaustif qui engagerait les soci&#233;t&#233;s concern&#233;es, de la mani&#232;re la plus transparente possible &#187;) A. Mbembe, &#171; Le jour d'apr&#232;s, le joug de la dette &#187;, publi&#233; par Seneplus, 15 avril 2014, &lt;a href=&#034;https://www.seneplus.com/opinions/le-jour-dapres-le-joug-de-la-dette&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.seneplus.com/opinions/le-jour-dapres-le-joug-de-la-dette&lt;/a&gt;. Carlos Lopes aussi s'est plus d'une fois prononc&#233; pour l'all&#232;gement du fardeau de la dette africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[15] Cf., par exemple, Jean-Fran&#231;ois Gu&#233;gan (Professeur-chercheur en sant&#233; publique, propos recueillis par Claire Legros), &#171; Si nous ne changeons pas nos modes de vie, nous subirons des monstres autrement plus violents que ce coronavirus &#187;, Le Monde, 17 avril, 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/jean-francois-guegan-en-supprimant-les-forets-primaires-nous-sommes-en-train-de-debusquer-des-monstres_6036871_3232.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/04/17/jean-francois-guegan-en-supprimant-les-forets-primaires-nous-sommes-en-train-de-debusquer-des-monstres_6036871_3232.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[16] &#171; D&#232;s la premi&#232;re ligne de leur tribune, ces penseurs apprennent aux africains que &#8220;Covid-19 est le nom scientifique du virus responsable d'une maladie respiratoire tr&#232;s contagieuse pouvant devenir mortelle&#8221; Euh, comment &#231;a la covid-19 c'est le nom d'un virus ? [&#8230;] Nos &#8220;intellectuels africains&#8221;, &#224; d&#233;faut d'&#234;tre des pointures en virologie, auraient pu faire preuve d'un peu plus de s&#233;rieux. Quand m&#234;me, ce n'est pas parce qu'on s'adresse aux &#8220;africains&#8221;, qu'il faut les prendre pour des imb&#233;ciles finis&#8230; &#187;, Charles Kabango, &#171; Les &#8220;intellectuels africains&#8221; s'expriment sur le coronavirus &#187;, 11 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/charles-kabango/blog/110420/les-intellectuels-africains-sexpriment-sur-le-coronavirus&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/charles-kabango/blog/110420/les-intellectuels-africains-sexpriment-sur-le-coronavirus&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[17] Selon Felwine Sarr, &#171; Dans le milieu des &#233;conomistes, le d&#233;bat tourne plut&#244;t autour de la r&#233;orientation de nos &#233;conomies. Comment les restructurer ? Les rendre moins d&#233;pendantes des mati&#232;res premi&#232;res ? Comment cr&#233;er sur place des industries nous permettant d'atteindre l'auto-suffisance alimentaire ? &#187;, F. Sarr (propos recueillis par Oumy Diallo), op. cit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[18] Martial Ze Belinga, &#171; &#201;conomie de la culture en Afrique, une chance pour le d&#233;veloppement ? &#187;, 7 d&#233;cembre 2016, &lt;a href=&#034;http://ideas4development.org/artisanat-africain-fabrique-asie/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ideas4development.org/artisanat-africain-fabrique-asie/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[19] Makhtar Diop (vice-pr&#233;sident de la Banque mondiale), &#171; La crise du coronavirus r&#233;v&#232;le cruellement l'in&#233;gale r&#233;partition des bienfaits de la technologie &#187;, Le Monde, 20 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/04/20/makhtar-diop-la-crise-du-coronavirus-revele-cruellement-l-inegale-repartition-des-bienfaits-de-la-technologie_6037181_3212.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/04/20/makhtar-diop-la-crise-du-coronavirus-revele-cruellement-l-inegale-repartition-des-bienfaits-de-la-technologie_6037181_3212.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[20] Tshilidzi Marwala, &#171; The Rain Queen and Covid-19 &#8211; imagining a post-coronavirus future &#187;, Daily Maverick, 15 may 2020, &lt;a href=&#034;https://www.dailymaverick.co.za/opinionista/2020-05-15-the-rain-queen-and-covid-19-imagining-a-post-coronavirus-future&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.dailymaverick.co.za/opinionista/2020-05-15-the-rain-queen-and-covid-19-imagining-a-post-coronavirus-future&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[21] Amadou Gallo Fall, &#171; Le basket, un appui puissant pour le d&#233;veloppement de l'Afrique &#187;, 31 janvier 2020, &lt;a href=&#034;https://ideas4development.org/basket-appui-developpement-afrique/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ideas4development.org/basket-appui-developpement-afrique/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[22] Dans une acception apolog&#233;tique, &#224; la diff&#233;rence de l'acception n&#233;gative d' &#171; &#233;conomie &#187; par celles et ceux qui demandent d'en sortir, &#224; l'instar du r&#233;seau &#171; sortir de l'&#233;conomie &#187; selon lequel l'&#233;conomie &#171; est une &#8220;techn&#232;&#8221;, un savoir-faire pour acqu&#233;rir des &#8220;richesses&#8221; r&#233;duites &#224; des richesses mon&#233;taires, &#224; leur production et &#224; leur accumulation dans des coffres, bref tout ce qui concerne les affaires d'argent, le n&#233;goce et l'entreprise &#187;, produisant pour la masse &#171; une vie individuelle saucissonn&#233;e en des moments de travail-marchandise o&#249; l'on se vend, un &#233;change marchand des produits de ce travail-l&#224; [&#8230;] et la consommation solvabilis&#233;e des produits r&#233;pondants aux besoins r&#233;els comme fictifs &#187; (Cl&#233;ment, &#171; Sur l'invention grecque du mot &#8220;&#233;conomie&#8221; &#187;, Sortir de l'&#233;conomie, n&#176; 3, juin 2009, p. 7-10 ; &lt;a href=&#034;http://sortirdeleconomie.ouvaton.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sortirdeleconomie.ouvaton.org&lt;/a&gt;), autrement dit &#171; l'&#8220;&#233;conomicisation&#8221; du monde &#187; initi&#233;e par le mercantilisme, le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;tant &#171; l'acm&#233; de [cette] omnimarchandisation du monde &#187;, selon Serge Latouche, qui entend par l'apr&#232;s-&#233;conomie &#171; une soci&#233;t&#233; conviviale plurielle lib&#233;r&#233;e de la religion de la croissance et de l'&#233;conomie &#187; (L'invention de l'&#233;conomie, Paris, Albin Michel, 2005, p. 225-229). Cet apr&#232;s-&#233;conomie serait un apr&#232;s-capitalisme &#233;cosocialiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[23] Deux universitaires ont constat&#233;, apr&#232;s enqu&#234;te, le quasi silence des African Studies en Europe et aux &#201;tats-Unis d'Am&#233;rique sur le capitalisme comme &#233;conomie des pays d'Afrique : J&#246;rg Wiegratz et Nataliya Mykhalchenko, &#171; The Great Lacuna : Capitalism in Africa &#187;, Roape.net, October 19, 2018, &lt;a href=&#034;http://roape.net/2018/10/19/the-great-lacuna-capitalism-in-africa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://roape.net/2018/10/19/the-great-lacuna-capitalism-in-africa/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[24] Fr&#233;d&#233;ric Thomas, &#171; Imp&#233;ratif de changement : Le Sud &#224; la man&#339;uvre &#187;, Alternatives Sud, vol. XXIII, n&#176;3, 2016, &lt;a href=&#034;https://www.cetri.be/Imperatif-de-changement-le-Sud-a&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cetri.be/Imperatif-de-changement-le-Sud-a&lt;/a&gt; ; cf. aussi, Dimitri M'Bama, &#171; La critique aux temps du lib&#233;ralisme, un outil de contr&#244;le social ? &#187;, Lundi matin, 31 ao&#251;t 2020, &lt;a href=&#034;https://lundi.am/La-critique-aux-temps-du-liberalisme-un-outil-de-controle-social&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://lundi.am/La-critique-aux-temps-du-liberalisme-un-outil-de-controle-social&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[25] Michel Husson, Un pur capitalisme, Lausanne, Page deux, 2008, p. 9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[26] Mamadou Koulibaly (ancien ministre de l'&#201;conomie et des Finances du gouvernement d'union nationale de transition du g&#233;n&#233;ral Gu&#233;i, en C&#244;te d'Ivoire, ancien pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale sous la pr&#233;sidence de Laurent Gbagbo, auteur de Le lib&#233;ralisme, nouveau d&#233;part pour l'Afrique noire, 1992), Carlos Lopes (ancien secr&#233;taire ex&#233;cutif de la Commission &#233;conomique des Nations unies pour l'Afrique, haut-repr&#233;sentant de l'Union Africaine aux n&#233;gociations avec l'Union europ&#233;enne pour l'apr&#232;s Accord de Cotonou, auteur de Africa in Transformation : Economic Development in the Age of Doubt, 2019) Lionel Zinsou (banquier d'affaires, ancien pr&#233;sident du fonds d'investissements fran&#231;ais PAI Partners, co-auteur avec, entre autres, Tidjane Thiam, du Rapport au ministre fran&#231;ais de l'&#201;conomie et des Finances intitul&#233; Un partenariat pour l'avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique &#233;conomique entre l'Afrique et la France dit Rapport V&#233;drine, 2013, pr&#233;sident de la Fondation Afrique-France pour la croissance, dernier Premier ministre du pr&#233;sident b&#233;ninois Boni Yayi, pui candidat malheureux &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle b&#233;ninoise de 2016).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[27] &#171; Je ne suis pas anti-marxiste mais, travaillant sur le type d'existence qui est le n&#244;tre, je pense que le marxisme a besoin d'un certain suppl&#233;ment &#187;, Achille Mbembe (entretien avec Joseph Confavreux), &#171; Achille Mbembe : il n'y a pas de monde sans circulation libre des hommes &#187;, Mediapart, 19 octobre 2013, &lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.mediapart.fr&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[28] Achille Mbembe (propos recueillis par Christophe Ayad, Cyril Bensimon, Christophe Ch&#226;telot et Serge Michel), &#171; Venez en Afrique, venez chez nous ! &#187;, Le Monde, hors-s&#233;rie : Afrique l'envol, janvier 2015, (p. 6-11), p. 10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[29] Communiqu&#233; de presse de la Banque africaine de d&#233;veloppement (repris quasi int&#233;gralement par d'autres journaux, du parisien La Tribune &#8211; &lt;a href=&#034;https://afrique.latribune.fr&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://afrique.latribune.fr&lt;/a&gt; au panafricain Financial Afrik &#8211; &lt;a href=&#034;https://www.financialafrik.com&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.financialafrik.com&lt;/a&gt;), &#171; &#192; Abidjan, l'historien Achille Mbembe livre un vibrant plaidoyer pour l'int&#233;gration r&#233;gionale en Afrique &#187;, 2 octobre 2017, &lt;a href=&#034;https://www.afdb.org/fr/news-and-events/mbembe-makes-a-strong-case-for-african-integration-through-open-borders-17398/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.afdb.org/fr/news-and-events/mbembe-makes-a-strong-case-for-african-integration-through-open-borders-17398/&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[30] Souleymane Bachir Diagne (propos recueillis par Abdoulaye Diallo et Seydou Ka), &#171; Pr. Souleymane Bachir Diagne &#8211; &#8220;Il n'y a pas de privatisation rampante de l'universit&#233; publique &#187;, Le Soleil, 9 avril 2013, &lt;a href=&#034;http://fr.allafrica.com/stories/201304091395.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fr.allafrica.com/stories/201304091395.html&lt;/a&gt;. C'&#233;tait &#224; l'issue des travaux de la Concertation nationale sur l'avenir de l'Enseignement sup&#233;rieur, &#224; la pr&#233;sidence de laquelle l'avait plac&#233; le pr&#233;sident Macky Sall. (S. Bachir Diagne avait &#233;t&#233; le conseiller &#224; l'&#201;ducation nationale du pr&#233;sident fran&#231;africain Abdou Diouf dont les mandats ont &#233;t&#233; caract&#233;ris&#233;s par, entre autres, le d&#233;clenchement du processus d'ajustement structurel n&#233;olib&#233;ral de l'&#201;cole s&#233;n&#233;galaise. Un connaisseur donc.) Cf. aussi, Ferloo, &#171; UCAD [Universit&#233; Cheikh Anta Diop] : Les &#233;tudiants d&#233;clarent Souleymane Bachir Diagne et le Recteur Saliou Ndiaye, persona non grata &#187;, Ferloo, 19 d&#233;cembre 2013, &lt;a href=&#034;http://www.ferloo.com/https://www.dakaractu.com/Remous-a-l-Universite-Cheick-Anta-Diop-Souleymane-Bachir-Diagne-declare-non-grata-par-les-etudiants_a57310.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ferloo.com/https://www.dakaractu.com/Remous-a-l-Universite-Cheick-Anta-Diop-Souleymane-Bachir-Diagne-declare-non-grata-par-les-etudiants_a57310.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[31] Respectivement, Achille Mbembe, &#171; Invit&#233; Afrique &#8211; Coronavirus : &#8220;Chaque fois qu'il est question d'Afrique, c'est la catastrophe&#8221; &#187;, RFI, 22 avril 2020, &lt;a href=&#034;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200422-coronavirus-chaque-fois-il-est-question-d-afrique-c-est-la-catastrophe&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rfi.fr/fr/podcasts/20200422-coronavirus-chaque-fois-il-est-question-d-afrique-c-est-la-catastrophe&lt;/a&gt; (cet entretien est ant&#233;rieur &#224; l'appel collectif) et Achille Mbembe (propos recueillis par Clarisse Juompan-Yakam et Fran&#231;ois Soudan), &#171; La m&#233;moire des luttes anticoloniales r&#233;veille des questions d&#233;rangeantes &#187;, Jeune Afrique, 29 ao&#251;t 2020, &lt;a href=&#034;https://www.jeuneafrique.com/mag/1033801/culture/achille-mbembe-la-memoire-des-luttes-anticoloniales-reveille-des-questions-derangeantes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jeuneafrique.com/mag/1033801/culture/achille-mbembe-la-memoire-des-luttes-anticoloniales-reveille-des-questions-derangeantes&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[32] Pour une histoire de la pr&#233;carit&#233; du travail en Afrique, du colonial au post-colonial, cf., par exemple, Franco Barchiesi, &#171; Pr&#233;carit&#233; africaine. Pour une g&#233;n&#233;alogie et une critique &#187;, Multitudes, 201774, n&#176; 69, p. 180-188, &lt;a href=&#034;https://www.cairn.info/revue-multitudes-2017-4-page-180-htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cairn.info/revue-multitudes-2017-4-page-180-htm&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[33] Bastien Bonnefous, &#171; Le &#8220;descendeur social&#8221; des classes moyennes &#187;, Le Monde, 16 mai 2013, &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/16/le-descenseur-social-des-classes-moyennes_3260084_823448.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/05/16/le-descenseur-social-des-classes-moyennes_3260084_823448.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[34] Guy Standing, &#171; The Precariat &#187;, Contexts, 2014 13 : 10 DOI : 10.1177/1536504214558209. Cf. aussi, par exemple, Collectif P.E.C.R.E.S. (Pour l'&#201;tude des Conditions de travail dans la Recherche et l'Enseignement Sup&#233;rieur), Recherche pr&#233;caris&#233;e, recherche atomis&#233;e. Production et transmission des savoirs &#224; l'heure de la pr&#233;carisation (Paris, Raisons d'agir, 2011), selon lequel il y avait alors 24 % de pr&#233;caires dans le personnel de l'enseignement sup&#233;rieur et des &#233;tablissements publics &#224; caract&#232;re scientifique et technique &#224; l'instar des r&#233;put&#233;s Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Institut de recherche pour le d&#233;veloppement (IRD, anciennement ORSTOM, Office de la recherche scientifique et technique Outre-mer, 1953-1998), p. 141-145.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[35] En r&#233;ponse &#224; une question sur &#171; tant d'Africains qui ne trouvent pas le travail chez eux &#187;, sous-entendu, oblig&#233;s ainsi de migrer vers l'Europe, l'Am&#233;rique du Nord, Mbembe, r&#233;pond par &#171; Il faut en cr&#233;er. L'Afrique nous oblige &#224; repenser des cat&#233;gories fondamentales. &#199;a veut dire quoi le travail ? &#192; quel prix ? L'Afrique est un laboratoire des formes &#224; venir [du travail, en l'occurrence], y compris en Occident. Le taux de ch&#244;mage en France est de 10 % et il ne diminue pas : c'est &#231;a le monde qui vient &#187; (Achille Mbembe (propos recueillis par Christophe Ayad, Cyril Bensimon, Christophe Ch&#226;telot et Serge Michel), &#171; Venez en Afrique, venez chez nous ! &#187;, p. 11). La red&#233;finition du travail, en le flexibilisant, en le pr&#233;carisant, aussi gr&#226;ce &#224; une importante &#171; arm&#233;e industrielle de r&#233;serve &#187; (K. Marx) d&#233;sormais mondialis&#233;e &#8211; sous forme aussi bien de force de travail dite sans papiers que d'immigration s&#233;lective (&#171; immigration choisie &#187; selon Dominique de Villepin/Nicolas Sarkozy par l'&#201;tat du pays de destination), &#224; l'instar des m&#233;decins nord-africains en France (ancien&#183;ne&#183;s &#233;tudiant&#183;e&#183;s immigr&#233;&#183;e&#183;s) en situation d'inf&#233;riorit&#233; statutaire par rapport &#224; leurs coll&#232;gues fran&#231;ais, &#224; dipl&#244;me semblable &#8211; telle est une des caract&#233;ristiques du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[36] Il y a cette formule lapidaire et tr&#232;s pertinente de la politologue fran&#231;aise No&#235;lle Burgi-Golub pour distinguer l'usage qui en est fait par ceux qu'elle d&#233;nomme alors les &#171; nouveaux id&#233;ologues &#187; ou les &#171; nouveaux r&#233;formateurs &#187; (fran&#231;ais) : &#171; l'&#233;quit&#233; tente de trouver un &#233;quilibre entre &#233;galit&#233; et in&#233;galit&#233; &#187;, No&#235;lle Burgi-Golub. &#171; &#201;galit&#233;, &#233;quit&#233;. Les cat&#233;gories id&#233;ologiques des politiques publiques &#187;, Politix, vol. 9, n&#176;34, 2e trimestre 1996, (p. 47-76), p. 76, &lt;a href=&#034;https://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_1996_num_9_34_1031&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.persee.fr/doc/polix_0295-2319_1996_num_9_34_1031&lt;/a&gt; ; cf. aussi Fran&#231;ois Brune, &#171; Ces mots qui font accepter l'inacceptable &#187;, Le Monde diplomatique, mai 1995, p. 28.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[38] Cf., par exemple, Paulin J. Hountondji, &#171; Une pens&#233;e pr&#233;-personnelle &#187;, L'Homme, 2008, 185-186, &lt;a href=&#034;http://journals.openedition.org/lhomme/24191&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://journals.openedition.org/lhomme/24191&lt;/a&gt;, (p. 343-363), p. 353 ; Vasant Kaiwar, L'Orient postcolonial. Sur la &#171; provincialisation &#187; de l'Europe et la th&#233;orie postcoloniale, Paris, Syllepse, 2013 [traduit de l'anglais et pr&#233;sent&#233; par Thierry Labica], p. 119 ; D'une part, dans L'Entr'aide. Un facteur de l'&#233;volution (1906, 1938), le th&#233;oricien anarchiste Pierre Kropotkine a pr&#233;sent&#233; l'universalit&#233; historique de la solidarit&#233;, aussi bien parmi les animaux que dans les soci&#233;t&#233;s humaines. D'autre part, selon l'anthropologue May Mandelbaum Edel, chez le peuple Ciga vivant sur les r&#233;gions montagneuses du Rwanda septentrional et de l'Ouganda occidental, pr&#233;vaut l'individualisme : &#171; le groupe social le plus important est le m&#233;nage [household] &#187;, la &#171; propri&#233;t&#233; est essentiellement individualiste &#187;, &#171; dans ses transactions &#233;conomiques le chef de m&#233;nage n'a pas &#224; se soumettre &#224; quelque autorit&#233; sup&#233;rieure &#224; la sienne &#187;, &#171; donner peut impliquer la r&#233;ciprocit&#233;, mais ce n'est pas une obligation. Les emprunts sont courants &#187;, &#171; Il n'y a rien qui limite l'individu de faire ce qu'il veut de ce qui lui appartient &#187;, &#171; en ce qui concerne la nourriture aussi, chaque m&#233;nage est une unit&#233; ind&#233;pendante &#187;, &#171; L'individu n'est pas forc&#233; de participer &#224; une entreprise communautaire &#187;, etc., cependant &#171; Il n'&#233;tait pas permis aux femmes de poss&#233;der des biens personnels &#187; dans cette soci&#233;t&#233; de polygynique, extraits de M. M. Edel, &#171; Property among the Ciga in Uganda &#187;, Journal of the International African Institute, Vol. 11, N&#176; 3 (July, 1938), (p. 325-3419, p. 327, 328, 329, 341, &lt;a href=&#034;https://www.jstor.org/stable/1155654&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.jstor.org/stable/1155654&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[39] Nous n'insistons pas ici sur ce culturalisme (expression du complexe d'inf&#233;riorit&#233; produit par le narcissisme du dominant bourgeois, europ&#233;en, blanc &#8211; colon esclavagiste, colonialiste, n&#233;ocolonialiste &#8211;, ayant &#233;t&#233; transfigur&#233; en relativisme culturel, revivifi&#233; de nos jours, par exemple, par Felwine Sarr, les th&#233;oricien&#183;ne&#183;s de l'Ubuntu, voire par une certaine d&#233;colonialit&#233; acritique &#224; l'&#233;gard des &#8220;traditions africaines&#8221; ou &#8220;valeurs africaines&#8221; dont certaines rel&#232;vent de l'invention par la colonisation, voire par la traite n&#233;gri&#232;re) qui n'a pas fondamentalement g&#234;n&#233; la reproduction du capital n&#233;ocolonial, alimentant plut&#244;t bien le n&#233;ocolonialisme. Par exemple, des politiciens l'exploitent bien en transformant, au nom de suppos&#233;es sp&#233;cificit&#233;s africaines, la commune appartenance ethnique ou r&#233;gionale en client&#233;lisme &#233;lectoral en vue d'acc&#233;der au pouvoir, jusqu'&#224; en arriver, parfois, &#224; des conflits meurtriers dits &#8220;ethniques&#8221;/tribaux, en fait des manifestations aigu&#235;s de la concurrence entre fractions ethniques/r&#233;gionales d'une m&#234;me &#8220;classe politique&#8221;, d'une m&#234;me classe sociale : la pr&#233;datrice au pouvoir et celles candidates &#224; la gestion pr&#233;datrice (pour l'accumulation dite primitive du capital ou le contr&#244;le autochtone de sa reproduction).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[40] L. S. Senghor, &#171; Pour une relecture africaine de Marx et d'Engels &#187;, &#201;thiopiques, n&#176; 5, janvier 1976, &lt;a href=&#034;http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?article1447&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ethiopiques.refer.sn/spip.php?article1447&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[41] Jean Nanga, &#171; &#192; propos du boom des classes moyennes en Afrique &#187;, cadtm.org, 24 d&#233;cembre 2014, &lt;a href=&#034;https://cadtm.org/Quel-boom-des-classes-moyennes-en&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://cadtm.org/Quel-boom-des-classes-moyennes-en&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[42] Nelson Mandela, &#171; Africa's Time has Come : The role of The United States In Aid and Development Efforts &#187;, communication faite &#224; la Brookings Institution (un des principaux think tanks de l'establishment &#233;tats-unien) le 16 mai 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[43] Oxfam, Inequality in Nigeria. Exploring the drivers, may 2017, p. 4. cf. aussi du m&#234;me Oxfam, la crise des in&#233;galit&#233;s en Afrique de l'Ouest, juillet 2019. Quelques intellectuel&#183;le&#183;s africain&#183;e&#183;s pourraient contester le mode d'&#233;valuation de cette pauvret&#233;, de cette extr&#234;me pauvret&#233;, sur des crit&#232;res mon&#233;taires, se r&#233;f&#233;rant &#224; la consommation des produits-marchandises, mais n'int&#233;grant pas la &#8220;chaleur familiale&#8221; parmi les crit&#232;res &#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[44] S. Bachir Diagne (propos recueillis par Rachida El Azzouzi), &#171; Les pays du Nord ne connaissent pas l'Afrique &#187;, Mediapart, 17 mai 2020, &lt;a href=&#034;https://www.mediapart.fr/journal/international/170520/souleymane-bachir-diagne-les-pays-du-nord-ne-connaissent-pas-l-Afrique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.mediapart.fr/journal/international/170520/souleymane-bachir-diagne-les-pays-du-nord-ne-connaissent-pas-l-Afrique&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[45] La situation est probablement pire, &#224; en croire la critique de la mesure de la pauvret&#233; par la Banque mondiale (servant de r&#233;f&#233;rence) faite dans le dernier rapport (en temps de Covid-19) publi&#233; par le Rapporteur sp&#233;cial des Nations unies sur l'extr&#234;me pauvret&#233; et les droits humains (sortant), Philip Alston : The parlous state of poverty eradication, 2 juillet 2020, accessible par &lt;a href=&#034;https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26046&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=26046&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
