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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Apr&#232;s la grande panne d'&#233;lectricit&#233; : quel mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique pour la transition &#233;cologique ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-la-grande-panne-d-electricite-quel-modele-energetique-pour-la-transition</link>
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		<dc:date>2025-08-26T13:57:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-08-26</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La panne d'&#233;lectricit&#233; du 28 avril dernier a boulevers&#233; pendant quelques heures la p&#233;ninsule ib&#233;rique et le sud de la France. Toutes celles et ceux qui y vivent ont &#233;t&#233; touch&#233;s d'une mani&#232;re ou d'une autre. Cela a fait l'objet de nombreuses discussions qui, pour ne pas rester au stade de l'anecdote, compte tenu des risques syst&#233;miques qu'une telle situation se reproduise, exigent une analyse et une r&#233;flexion approfondies. Il faut en tirer des le&#231;ons pour l'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt; 19 ao&#251;t 2025 | Tir&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/capture_d_e_cran_le_2025-08-26_a_08.36_53-3a9c3.png?1756216739' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La panne d'&#233;lectricit&#233; du 28 avril dernier a boulevers&#233; pendant quelques heures la p&#233;ninsule ib&#233;rique et le sud de la France. Toutes celles et ceux qui y vivent ont &#233;t&#233; touch&#233;s d'une mani&#232;re ou d'une autre. Cela a fait l'objet de nombreuses discussions qui, pour ne pas rester au stade de l'anecdote, compte tenu des risques syst&#233;miques qu'une telle situation se reproduise, exigent une analyse et une r&#233;flexion approfondies. Il faut en tirer des le&#231;ons pour l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 ao&#251;t 2025 | Tir&#233; d'Inprecor-&gt;&lt;a href=&#034;https://inprecor.fr/node/4949&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://inprecor.fr/node/4949&lt;/a&gt; | Photo : Rue Rosalia de Castro, Vigo le 28 avril 2025. /Seoane Pardo CC BY-SA 4.0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce sens, on peut dire que le syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique se trouve &#224; un tournant historique. L'urgence climatique, la fragilit&#233; g&#233;opolitique et la rar&#233;faction des ressources nous obligent &#224; repenser la mani&#232;re dont nous produisons, distribuons et consommons l'&#233;nergie. Dans ce contexte, l'augmentation de la capacit&#233; &#233;nerg&#233;tique bas&#233;e sur les &#233;nergies renouvelables appara&#238;t comme un enjeu crucial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout d&#233;veloppement n'est pas bon &#224; prendre : il reproduit en effet bon nombre des logiques du syst&#232;me fossile qu'il est cens&#233; remplacer, car le mod&#232;le de transition &#233;nerg&#233;tique actuel est men&#233; par de grandes entreprises priv&#233;es, dont l'objectif est la rentabilit&#233;. Un oligopole priv&#233; a p&#233;n&#233;tr&#233; et accapar&#233; toutes les sources et technologies, y compris les &#233;nergies renouvelables, et est prot&#233;g&#233; par l'&#201;tat et par un syst&#232;me de prix qui lui garantit des marges et un march&#233;, dans le secteur le plus rentable de l'&#233;conomie espagnole. Face &#224; cette situation, il est urgent de d&#233;fendre une transition &#233;cosocialiste juste, d&#233;mocratique et planifi&#233;e qui place au centre la vie et le bien-&#234;tre collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne le syst&#232;me &#233;lectrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#233;lectrique n'est pas la forme principale sous laquelle l'&#233;nergie nous parvient et ne repr&#233;sente que 24 % du total de l'&#233;nergie utilis&#233;e, le reste provenant de sources fossiles utilis&#233;es pour le transport ou le chauffage. Le r&#233;seau &#233;lectrique n&#233;cessite une infrastructure complexe qui permet &#224; l'&#233;lectricit&#233; produite d'atteindre les points de consommation de mani&#232;re instantan&#233;e, continue et s&#251;re. Pour comprendre les d&#233;fis actuels et les d&#233;cisions que suppose sa transformation, il est important de conna&#238;tre ses &#233;l&#233;ments cl&#233;s et leurs interactions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le syst&#232;me &#233;lectrique comprend quatre grandes phases :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Production d'&#233;lectricit&#233; dans des centrales (thermiques, nucl&#233;aires, hydro&#233;lectriques, solaires, &#233;oliennes, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Acheminement de l'&#233;lectricit&#233; &#224; haute tension sur de longues distances via un r&#233;seau de lignes de transport.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Distribution de l'&#233;lectricit&#233; en moyenne et basse tension aux foyers, aux entreprises et aux services.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Consommation : utilisation finale de l'&#233;nergie &#233;lectrique par les utilisateurs domestiques, industriels ou publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me &#233;lectrique centralis&#233; exige que la production et la consommation soient &#233;quilibr&#233;es &#224; tout moment. Cela n&#233;cessite un contr&#244;le technique continu, g&#233;n&#233;ralement automatis&#233;, afin d'ajuster l'offre &#224; la demande r&#233;elle, la production &#224; la consommation, seconde par seconde. Pour r&#233;pondre &#224; cette exigence, il faut non seulement une surveillance et une coordination ad&#233;quates, mais aussi combiner des technologies pr&#233;sentant des caract&#233;ristiques tr&#232;s diff&#233;rentes, certaines plus difficiles &#224; g&#233;rer que d'autres &#8211; c'est le cas des &#233;nergies renouvelables &#8211; dans la production qui contribue au syst&#232;me &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les caract&#233;ristiques des technologies de production d'&#233;lectricit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, les principales technologies actuelles pr&#233;sentent les caract&#233;ristiques suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Centrales thermiques fossiles (gaz, charbon, fioul)&lt;br class='autobr' /&gt;
Elles contribuent &#224; la gestion du syst&#232;me &#233;lectrique centralis&#233; actuel en ayant l'avantage de pouvoir &#234;tre mises en marche ou arr&#234;t&#233;es en fonction de la demande. Elles ont &#233;galement une puissance install&#233;e et une inertie &#233;lev&#233;es qui assurent la stabilit&#233; au syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, elles sont tr&#232;s polluantes, &#233;mettent de grandes quantit&#233;s de CO&#8322; et d'autres gaz, sans oublier la d&#233;pendance ext&#233;rieure qu'entra&#238;ne le recours &#224; l'importation de ces sources, l'incertitude caus&#233;e par les troubles g&#233;opolitiques et d'autres risques environnementaux et sanitaires graves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Centrales nucl&#233;aires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On attribue souvent &#224; cette technologie le m&#233;rite d'une production continue et contribuant &#224; la stabilit&#233; du r&#233;seau, en raison de son inertie. Mais il faut savoir que cette continuit&#233; n'est pas un avantage, mais un &#233;l&#233;ment de rigidit&#233;, car si les centrales peuvent &#234;tre arr&#234;t&#233;es, leur remise en service est tr&#232;s lente et tr&#232;s co&#251;teuse. Le fait de devoir produire en permanence est exactement le contraire de ce dont le syst&#232;me de r&#233;seau centralis&#233; a besoin. Les lobbies nucl&#233;aires essaient de promouvoir leur technologie, avec le mantra de sa stabilit&#233;, mais elle implique d'adapter le syst&#232;me et le reste des sources d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement vrai qu'elles n'&#233;mettent pas directement de CO&#8322;, mais diff&#233;rents &#233;l&#233;ments rendent totalement inenvisageables leur utilisation dans le cadre de la transition &#233;cologique &#224; moyen et long terme : m&#234;me si leurs co&#251;ts d'exploitation sont faibles, leurs co&#251;ts d'investissement sont &#233;lev&#233;s, ce qui les rend peu rentables ; leur dur&#233;e de vie est limit&#233;e &#224; quelques d&#233;cennies et il en d&#233;coule des co&#251;ts de d&#233;mant&#232;lement et de r&#233;investissement tr&#232;s &#233;lev&#233;s ; la gestion des d&#233;chets radioactifs s'&#233;tend &#224; l'&#233;chelle g&#233;ologique et il n'existe pas de conteneurs capables de r&#233;sister &#224; la corrosion pendant plus d'un si&#232;cle ; et malgr&#233; les am&#233;liorations en mati&#232;re de s&#233;curit&#233;, les risques &#224; long terme font de l'improbable un danger certain, comme pourrait l'affirmer Ulrich Beck1, sans oublier la consommation d'eau n&#233;cessaire au refroidissement des centrales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;nergies renouvelables&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;nergies renouvelables repr&#233;sentent l'alternative, mais elles ne sont pas exemptes de contraintes. Tout d'abord, le syst&#232;me de r&#233;seau &#233;lectrique centralis&#233; est mal adapt&#233; aux &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie &#233;olienne est propre, ainsi que l'&#233;nergie solaire photovolta&#239;que, et celle-ci est en outre modulaire et facile &#224; installer. Toutes deux ont de faibles co&#251;ts d'exploitation. Mais elles sont intermittentes, plus difficiles &#224; g&#233;rer, n&#233;cessitent de grandes surfaces disponibles et le mod&#232;le technologique actuel ne g&#233;n&#232;re pas d'inertie. Pour accro&#238;tre leur compatibilit&#233; dans un environnement stable, avec le syst&#232;me actuel, elles n&#233;cessitent des solutions de stockage ou de secours, qui sont aujourd'hui insuffisantes. Dans les pays o&#249; l'eau est abondante, comme les pays scandinaves, les centrales hydro&#233;lectriques fonctionnent bien, mais dans les pays touch&#233;s par des s&#233;cheresses r&#233;currentes, comme le n&#244;tre, les batteries constituent une alternative. Celles-ci sont &#233;galement co&#251;teuses, tant en termes &#233;conomiques qu'en termes de mat&#233;riaux critiques (lithium, cobalt, nickel), avec l'empreinte &#233;cologique qui en d&#233;coule, tandis que l'hydrog&#232;ne est peu efficace comme accumulateur et que ses utilisations seront limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus on int&#232;gre d'&#233;nergies renouvelables intermittentes, plus le r&#233;seau &#233;lectrique devient techniquement complexe. C'est pourquoi, parall&#232;lement &#224; la production renouvelable, il est indispensable de promouvoir un mod&#232;le d&#233;centralis&#233; et distribu&#233; de mani&#232;re &#224; ce que l'autoconsommation dans des communaut&#233;s &#233;nerg&#233;tiques, qui r&#233;duit la pression sur le r&#233;seau central, soit privil&#233;gi&#233;e. Il faut aussi appliquer des politiques de gestion de la demande qui encourage la consommation aux heures o&#249; la production est la plus &#233;lev&#233;e. &#192; cet &#233;gard, certaines mesures peuvent d&#233;j&#224; &#234;tre prises. Dans la mesure o&#249; le syst&#232;me &#233;lectrique n&#233;cessite une synchronisation entre la production et la consommation, quel sens cela-t-il qu'au printemps et en &#233;t&#233;, la tranche de consommation la plus ch&#232;re corresponde aux heures les plus ensoleill&#233;es ? Il faudrait au contraire que l'&#233;lectricit&#233; soit moins ch&#232;re pendant les heures les plus ensoleill&#233;es de la journ&#233;e &#224; cette p&#233;riode de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui ne fonctionne pas dans le d&#233;veloppement actuel des &#233;nergies renouvelables&lt;br class='autobr' /&gt;
Loin de constituer une v&#233;ritable alternative au syst&#232;me fossile, le d&#233;ploiement actuel des &#233;nergies renouvelables est guid&#233; par la logique du march&#233; et non par les besoins sociaux ou &#233;cologiques. Les entreprises priv&#233;es investissent de mani&#232;re d&#233;sordonn&#233;e, en privil&#233;giant les zones o&#249; le raccordement au r&#233;seau &#233;lectrique est le plus accessible et rentable, et celles o&#249; la consommation est plus importante, sans tenir compte des cons&#233;quences sur les territoires et des conflits avec les besoins des communaut&#233;s rurales, qui sont souvent situ&#233;es &#224; proximit&#233; de ces m&#234;mes points de raccordement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette logique extractiviste des renouvelables ne r&#233;duit pas vraiment le recours aux sources non renouvelables : dans de nombreux cas, elle s'y ajoute simplement, tandis que les syst&#232;mes fossiles et nucl&#233;aires se maintiennent tant qu'ils continuent &#224; g&#233;n&#233;rer des profits. En outre, la centralisation du syst&#232;me &#8211; qui reproduit le mod&#232;le fossile &#8211; &#224; travers des m&#233;ga-installations solaires et &#233;oliennes et un r&#233;seau &#233;lectrique centralis&#233; qui n&#233;cessite une part importante d'&#233;nergies polluantes pour &#234;tre stable, entre souvent en conflit avec les populations rurales, les usages agricoles traditionnels et la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu d'avancer vers une r&#233;duction de la consommation et une r&#233;organisation du mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique, on reproduit un mod&#232;le productiviste qui se heurte de front aux limites &#233;cologiques de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers un mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique juste et durable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie est un bien commun essentiel. Elle doit donc &#234;tre g&#233;r&#233;e par une planification publique, avec une participation d&#233;mocratique communautaire, et non comme un domaine lucratif. Il est indispensable que les pouvoirs publics reprennent l'initiative dans la conception du syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique, en s'orientant vers un mod&#232;le qui combine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Les &#233;nergies renouvelables comme source principale, en r&#233;duisant et en rempla&#231;ant progressivement les &#233;nergies fossiles et nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une distribution d&#233;centralis&#233;e et communautaire, avec des syst&#232;mes d'autoconsommation, des r&#233;seaux locaux et un stockage de l'&#233;nergie adapt&#233; &#224; chaque territoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une collaboration avec les communaut&#233;s rurales et urbaines, en int&#233;grant des crit&#232;res sociaux, environnementaux et paysagers dans le choix des sites et des mod&#232;les de gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une participation d&#233;mocratique aux d&#233;cisions &#233;nerg&#233;tiques, en reconnaissant l'&#233;nergie comme un droit et non comme une marchandise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le n&#233;cessite un investissement public soutenu, non seulement dans les infrastructures de production, mais aussi dans les r&#233;seaux de distribution intelligents, le stockage, l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique et l'&#233;ducation technique et citoyenne. Un investissement public ne peut se limiter au financement des infrastructures dont les entreprises priv&#233;es tirent profit ; il doit profiter &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;. Par exemple, la location massive de batteries et de syst&#232;mes de stockage, bien qu'elle puisse contribuer &#224; stabiliser le r&#233;seau &#233;lectrique, revient &#233;galement &#224; r&#233;duire les co&#251;ts d'investissement que les entreprises priv&#233;es auraient d&#251; assumer. Si le secteur public loue des batteries &#224; grande &#233;chelle, alors il serait logique que l'ensemble du syst&#232;me soit public, par une socialisation de ce secteur strat&#233;gique. Le co&#251;t, bien qu'&#233;lev&#233;, sera toujours inf&#233;rieur aux 5 % de d&#233;penses pr&#233;vues pour la D&#233;fense d'ici &#224; 2030. Il s'agirait sans aucun doute d'une bien meilleure option.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en &#339;uvre la socialisation n'est toutefois pas suffisant. Cela doit s'accompagner d'une planification du red&#233;ploiement des infrastructures et de modifications technologiques. Fond&#233; sur les &#233;nergies renouvelables &#8211; et de mani&#232;re marginale, sur le gaz pour les situations d'urgence &#8211; ce mod&#232;le doit remplacer les autres technologies et sources d'&#233;nergie, d&#233;ployer un mod&#232;le d&#233;centralis&#233;, et adapter les sources aux sp&#233;cificit&#233;s des territoires, par les d&#233;cisions d&#233;mocratiques de chaque communaut&#233; concernant l'emplacement des installations. De m&#234;me, il semble indispensable que la r&#233;organisation et le red&#233;ploiement des infrastructures s'effectuent dans le cadre d'une transition appuy&#233;e sur la recherche et l'innovation. Ainsi, elle pourra reposer de plus en plus sur des technologies low tech &#8211; appel&#233;es &#233;galement &#171; modestes &#187; ou &#171; l&#233;g&#232;res &#187; &#8211; ind&#233;pendantes de l'industrie fossile et capables de minimiser l'utilisation des mat&#233;riaux et de l'&#233;nergie, et s'inscrivant dans une &#171; &#233;conomie en spirale &#187;, dans laquelle on r&#233;int&#232;gre autant que possible les mat&#233;riaux dans le cycle de la nature &#8211; en gardant &#224; l'esprit que la thermodynamique est t&#234;tue &#224; cet &#233;gard, comme le souligne souvent le professeur Jos&#233; Manuel Naredo 2. Tout en fournissant un service suffisant &#224; l'ensemble de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique et territoire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un monde de plus en plus marqu&#233; par les tensions autour du contr&#244;le des ressources, l'autosuffisance &#233;nerg&#233;tique devient un &#233;l&#233;ment cl&#233; de la souverainet&#233;. La p&#233;ninsule ib&#233;rique, et en particulier le sud, dispose d'un potentiel &#233;norme, suffisamment important pour satisfaire une grande partie de sa demande avec des &#233;nergies renouvelables. Mais cela exige un changement de mod&#232;le : il ne suffit pas de changer les sources &#233;nerg&#233;tiques, il faut &#233;galement transformer les rapports de forces qui structurent le syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable souverainet&#233; &#233;nerg&#233;tique implique de d&#233;cider collectivement quelle &#233;nergie doit &#234;tre produite, comment, o&#249;, pour qui et avec quels impacts. Cela suppose de reconna&#238;tre que l'&#233;nergie n'est pas neutre, que son acc&#232;s in&#233;gal conditionne tous les aspects de la vie et que toute transformation doit s'accompagner d'une justice territoriale et sociale, dont le premier pas est l'&#233;radication de la pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique, en garantissant l'approvisionnement de base &#224; toute la population, et en tenant compte des limites de notre biosph&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette justice implique &#233;galement, comme nous l'avons indiqu&#233;, de convenir de l'emplacement des installations selon des crit&#232;res qui ne compromettent pas les possibilit&#233;s et les besoins de la production agricole, ni les besoins des communes rurales, et qui incluent l'adaptation technique des infrastructures n&#233;cessaires. Par exemple, d&#233;velopper des &#233;oliennes sans pales, qui transf&#232;rent l'&#233;nergie par le biais de vibrations induites par des vortex &#8211; car les oiseaux suivent le m&#234;me chemin que le vent exploit&#233; par ces dispositifs &#8211;, ou installer les fermes solaires sur des parkings, sur les toits des b&#226;timents et des industries et dans les zones rurales, de fa&#231;on &#224; avoir un impact moindre sur les populations, l'agriculture et la biodiversit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gardons &#233;galement &#224; l'esprit que nous devons multiplier ces infrastructures bas&#233;es sur les &#233;nergies renouvelables &#8211; non pas pour les additionner aux technologies fossiles et nucl&#233;aires, mais pour les remplacer dans leur immense majorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les limites biophysiques : la face cach&#233;e de la transition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas parler de transition &#233;nerg&#233;tique sans reconna&#238;tre les limites mat&#233;rielles de la plan&#232;te. L'&#233;lectrification de l'&#233;conomie, n&#233;cessaire &#224; bien des &#233;gards, ne doit pas &#234;tre con&#231;ue dans le cadre d'une croissance illimit&#233;e de la production d'&#233;nergie renouvelable. Il semble n&#233;cessaire d'augmenter radicalement la capacit&#233; actuelle, &#224; condition que cela ne se fasse pas de mani&#232;re d&#233;sordonn&#233;e et selon des crit&#232;res de march&#233;, mais en tenant compte des besoins et des conditions sociales, environnementales et techniques. Mais nous devons &#234;tre conscients que cela implique de disposer de mat&#233;riaux en quantit&#233;s &#233;normes, tels que le cuivre, le lithium et les terres rares, dont la disponibilit&#233; est limit&#233;e et dont le cycle de vie pose d'&#233;normes d&#233;fis &#233;cologiques. Cela impliquera &#233;galement de poursuivre la recherche scientifique et de d&#233;velopper des infrastructures pouvant utiliser d'autres mat&#233;riaux abondants, tels que l'aluminium qui, bien que moins bon conducteur que le cuivre, pourrait convenir &#224; certaines activit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les infrastructures renouvelables actuelles d&#233;pendent indirectement des &#233;nergies fossiles pour leur extraction, leur fabrication, leur transport ou leur maintenance. Leur dur&#233;e de vie est limit&#233;e &#8211; g&#233;n&#233;ralement pas plus de 30 ans &#8211;, ce qui implique de les reconstruire, et elles g&#233;n&#232;rent des d&#233;chets. Il ne suffit donc pas de changer les sources d'&#233;nergie, il est indispensable de transformer le mod&#232;le &#233;conomique pour une &#233;conomie sobre et juste, op&#233;rant des choix dans les besoins &#233;nerg&#233;tiques &#224; satisfaire, en &#233;vitant les consommations excessives et superflues, au lieu d'essayer de maintenir le m&#234;me niveau de consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela implique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; De promouvoir des modes de vie et de consommation sobres, efficaces et partag&#233;s, sans renoncer &#224; satisfaire les besoins li&#233;s au bien-&#234;tre et &#224; un mode de vie digne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; De parier sur la mobilit&#233; publique, collective et &#233;lectrifi&#233;e, en donnant la priorit&#233; au transport par rail et tramway, mais aussi par bus ou m&#233;tro, et de r&#233;server l'usage des voitures &#233;lectriques en milieu urbain pour les services essentiels (taxi, ambulance, pompiers). Il s'agit aussi de d&#233;velopper des syst&#232;mes municipaux de transport partag&#233;s permettant de desservir les zones rurales non desservies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Donner la priorit&#233; &#224; l'utilisation de l'&#233;nergie pour couvrir les besoins fondamentaux et les activit&#233;s &#224; forte utilit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle politique &#233;conomique pour quel mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
Une transition &#233;nerg&#233;tique &#233;cologique exige une politique &#233;conomique au service du bien commun. Il ne s'agit pas seulement de changer la matrice &#233;nerg&#233;tique, mais de construire un autre mod&#232;le de d&#233;veloppement. Un mod&#232;le qui ne recherche pas une croissance illimit&#233;e, mais l'&#233;quilibre avec les limites naturelles et la justice sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n&#233;cessite :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une planification publique &#224; long terme, avec des crit&#232;res techniques, sociaux et &#233;cologiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une n&#233;gociation et une participation d&#233;mocratique des communaut&#233;s aux d&#233;cisions strat&#233;giques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une reconversion de l'emploi et de la formation professionnelle vers des secteurs &#233;cologiques ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une d&#233;centralisation des syst&#232;mes de production et de distribution, en maintenant une articulation, voire une synergie, entre les diff&#233;rents syst&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites &#233;conomiques et politiques mondiales semblent avoir choisi une voie oppos&#233;e : une transition autoritaire et antisociale, fond&#233;e sur le contr&#244;le des ressources strat&#233;giques, l'extractivisme, le recours croissant &#224; la force, les in&#233;galit&#233;s et l'exclusion. Il s'agit d'un mod&#232;le o&#249; les combustibles fossiles, l'&#233;nergie nucl&#233;aire et les &#233;nergies renouvelables extr&#234;mement centralis&#233;es coexistent dans un syst&#232;me de plus en plus instable, extractif et militaris&#233;. Un mod&#232;le qui se barricade pour faire face aux protestations, restreint les droits et consolide les privil&#232;ges d'une minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette voie est non seulement socialement injuste, elle est aussi anti-&#233;cologique et politiquement insupportable. Elle va &#224; l'encontre des int&#233;r&#234;ts de la majorit&#233;, en particulier des classes populaires et des peuples du Sud, et bloque toute possibilit&#233; de transition r&#233;elle vers un avenir viable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique n'est pas une simple question technique : c'est une question profond&#233;ment politique. Il d&#233;termine quelle vie est possible et pour qui. C'est pourquoi la lutte pour un nouveau syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique est aussi une lutte pour la d&#233;mocratie, la justice et la dignit&#233;. De m&#234;me, le syst&#232;me &#233;lectrique n'est pas seulement un r&#233;seau technique : c'est aussi un champ de d&#233;cisions politiques, sociales et &#233;cologiques. Chaque technologie a ses conditions, ses avantages et ses limites, et aucune, pas m&#234;me les &#233;nergies renouvelables, n'est exempte d'impacts. C'est pourquoi une transition &#233;nerg&#233;tique juste n&#233;cessite non seulement davantage d'&#233;nergies renouvelables, mais aussi une planification d&#233;mocratique consciente, &#224; partir du secteur public et des communaut&#233;s, qui donne la priorit&#233; aux usages socialement n&#233;cessaires, minimise les impacts et distribue l'&#233;nergie de mani&#232;re plus d&#233;mocratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;viter les coupures d'&#233;lectricit&#233; &#224; l'avenir ne d&#233;pend pas seulement de l'installation de plus de panneaux solaires ou d'&#233;oliennes, mais d'une profonde refonte de notre mode de vie, de production et d'organisation. Nous avons besoin d'un mod&#232;le public, d&#233;mocratique, &#224; la hauteur des besoins, &#233;cologique et juste. Et nous devons le d&#233;velopper d&#232;s maintenant, car le mod&#232;le actuel est de plus en plus incertain et dangereux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 6 juin 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ulrich Beck (1944-2015), est un sociologue allemand, enseignant-chercheur &#224; la London School of Economics, auteur de la Soci&#233;t&#233; du risque (1986), et de nombreux ouvrages et r&#233;flexions sur la gestion et la mitigation politique et &#233;conomique des risques dans les soci&#233;t&#233;s occidentales contemporaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Jos&#233; Manuel Naredo P&#233;rez (1942-&#8230;) est un &#233;conomiste et statisticien espagnol, pionnier, chercheur et vulgarisateur de l'&#233;conomie &#233;cologique en Espagne, domaine dans lequel il a apport&#233; d'importantes contributions en tant qu'auteur et &#233;diteur.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>SVB et Credit Suisse, ph&#233;nom&#232;nes isol&#233;s ou sympt&#244;mes de changement de cycle ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/SVB-et-Credit-Suisse-phenomenes-isoles-ou-symptomes-de-changement-de-cycle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/SVB-et-Credit-Suisse-phenomenes-isoles-ou-symptomes-de-changement-de-cycle</guid>
		<dc:date>2023-03-28T13:20:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-03-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les crises, comme le voleur, surviennent quand on s'y attend le moins. Cette semaine, il y a eu une s&#233;rie de crises bancaires, aux &#201;tats-Unis et en Suisse, et une chute brutale des march&#233;s boursiers qui, apparemment, ont g&#233;n&#233;r&#233; une certaine confusion. Comment interpr&#233;ter ce qui s'est pass&#233; ? &lt;br class='autobr' /&gt; 19 mars 2023 / VientoSur.info https://ecuadortoday.media/2023/03/19/svb-y-credit-suisse-fenomenos-aislados-o-sintomas-del-cambio-de-ciclo/ &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise de SVB, Signature Bank et Credit Swisse Bank, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-28-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-03-28-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-03-28&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH89/credit_suisse-843aa.png?1680009667' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='89' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les crises, comme le voleur, surviennent quand on s'y attend le moins. Cette semaine, il y a eu une s&#233;rie de crises bancaires, aux &#201;tats-Unis et en Suisse, et une chute brutale des march&#233;s boursiers qui, apparemment, ont g&#233;n&#233;r&#233; une certaine confusion. Comment interpr&#233;ter ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;19 mars 2023 / VientoSur.info&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://ecuadortoday.media/2023/03/19/svb-y-credit-suisse-fenomenos-aislados-o-sintomas-del-cambio-de-ciclo/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ecuadortoday.media/2023/03/19/svb-y-credit-suisse-fenomenos-aislados-o-sintomas-del-cambio-de-ciclo/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crise de SVB, Signature Bank et Credit Swisse Bank, une crise de gestion ou de liquidit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser qu'il s'agit de crises particuli&#232;res d'entit&#233;s sp&#233;cifiques et faire appel &#224; leur mode de fonctionnement ou &#224; leur gestion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Silicon Valley Bank, une banque de taille moyenne, la 16&#232;me aux &#201;tats-Unis, a &#233;t&#233; aliment&#233;e par des d&#233;p&#244;ts de start-ups, d'entreprises technologiques, qui disposaient de financements en capital-risque. Ils ont quitt&#233; leur capital pour leurs op&#233;rations courantes &#224; SVB. SVB a achet&#233; des obligations sur les march&#233;s avec ces fonds. Tout a bien fonctionn&#233; lorsqu'il y a eu reprise et des r&#232;gles financi&#232;res laxistes, et les affaires de SVB se sont bien d&#233;roul&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On dit que, tout &#224; coup, il y a eu une crise de liquidit&#233;. Mais cela n'explique pas ce qui s'est pass&#233;. Bient&#244;t, une hausse des taux d'int&#233;r&#234;t et une baisse des pr&#233;visions commerciales ont mis les entreprises en difficult&#233;. Dans le m&#234;me temps, SVB avait besoin de renforcer son capital, car ses clients commen&#231;aient &#224; exiger qu'une partie de leur &#233;pargne soit d&#233;pos&#233;e sur leurs comptes. SVB pour renforcer son capital a vendu les obligations (21 milliards de dollars), pour &#234;tre en mesure de r&#233;pondre et d'avoir des liquidit&#233;s, et a augment&#233; son capital de 000 milliards de dollars. Mais la vente des obligations a caus&#233; 2000,1 milliard de pertes, et l'augmentation de capital a d&#233;t&#233;rior&#233; la valeur boursi&#232;re de 800%. Il a perdu la confiance de ses clients. La fuite des d&#233;p&#244;ts, 75 milliards de dollars en une journ&#233;e, a coul&#233; la viabilit&#233; de la banque. Ce sont les cons&#233;quences d'un fonctionnement avec des niveaux de capitalisation aussi bas. Ce capital est all&#233; aux grandes banques, achetant de la dette publique, de l'or et des bitcoins. Bref, nous ne sommes pas confront&#233;s &#224; une crise de liquidit&#233;, mais &#224; une crise de solvabilit&#233; et de cr&#233;dibilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette crise est-elle le probl&#232;me de quelques banques singuli&#232;res ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, ce comportement est beaucoup plus r&#233;pandu qu'il n'y para&#238;t, et n'est pas pr&#233;par&#233; au brusque revirement, depuis juillet 2022, de la politique mon&#233;taire, et encore moins &#224; la fin du cycle, que tous les analystes anticipaient d&#233;j&#224;, bien qu'en Espagne il soit syst&#233;matiquement ignor&#233;. L'Espagne n'est peut-&#234;tre pas aussi dure qu'une r&#233;cession qui se produira dans d'autres pays, mais, attention, ici, tout &#233;conomiste attentif sait que nous entrons, au moins, dans la stagnation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette crise de SVB a &#233;t&#233; suivie par l'effondrement d'autres banques, telles que Signature Bank, une petite banque (la 29e aux &#201;tats-Unis), li&#233;e au march&#233; des crypto-monnaies. Il ne s'agit pas d'un cas isol&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils disent que les vol&#233;es d'oiseaux se d&#233;placent de mani&#232;re &#233;tonnamment synchrone avec des mouvements harmonieux. Pure apparition d'un ph&#233;nom&#232;ne &#233;mergent qui cache comment ils sont affect&#233;s en m&#234;me temps par les m&#234;mes courants d'air, auxquels ils r&#233;pondent &#224; la fois. Ce n'est pas la contagion le mot appropri&#233; pour cette crise, mais les m&#234;mes courants de pression affectent structurellement de la m&#234;me mani&#232;re, plus aux plus faibles. Peut-&#234;tre d'abord aux entit&#233;s plus petites ou r&#233;gionales, mais en exer&#231;ant une force &#233;gale sur les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assouplissement des r&#232;gles bancaires, la politique mon&#233;taire restrictive et la crise de surproduction, qui ont accumul&#233; un exc&#232;s de capital fictif, c'est-&#224;-dire sans soutien dans des activit&#233;s rentables, et la pr&#233;sence de nombreuses entreprises zombies, repr&#233;sentent la base d'une crise financi&#232;re et de rentabilit&#233; et d'investissement, p&#233;riodiques mais uniques en raison des contradictions ajout&#233;es les unes aux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une crise de quelle ampleur ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est difficile &#224; d&#233;terminer, mais cela ne fait que commencer. Pour continuer, le cas d'une banque &#171; trop grande pour &#234;tre ignor&#233;e &#187; comme Credit Swisse, indique &#233;galement une crise financi&#232;re r&#233;sultant de la stagnation et de la hausse des taux d'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains responsables officiels affirment que les banques de la zone euro sont plus contr&#244;l&#233;es et mieux capitalis&#233;es. Comme pour ne pas l'&#234;tre, mais pas pour tirer des roquettes, tout est dit. Le processus de sauvetage des banques et l'&#233;norme concentration de banques induite par les politiques publiques europ&#233;ennes, la BCE et les &#201;tats membres font que le syst&#232;me bancaire oligopolistique europ&#233;en a retrouv&#233; une certaine solvabilit&#233; depuis la crise de 2008. Nous le savons d&#233;j&#224;, au d&#233;triment des politiques sociales et du monde du travail. Mais cette reprise est loin d'exorciser le risque financier persistant d'un syst&#232;me soutenu par de grandes proportions de capital fictif non garanti dans une activit&#233; &#233;conomique saine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les cons&#233;quences de cette crise bancaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que l'intensit&#233; des hausses de taux s'att&#233;nuerait, mais Christina Lagarde a suivi le sc&#233;nario rigide pr&#233;vu &#224; l'avance, suivant dans le sillage Jerome Powell avec la Fed (4%). Nous avons des taux d'int&#233;r&#234;t de 3,5 % &#224; la BCE, et elle semble compenser cela par un soutien financier aux banques. Non &#224; l'investissement public ou &#224; l'emploi, &#224; la banque ! Peut-&#234;tre que les gourous du n&#233;olib&#233;ralisme pragmatique atteindront un point pour ne pas continuer &#224; augmenter les taux, mais &#224; ce jour, ils continuent dans leur fanatisme contre l'inflation, tuant le chien pour le gu&#233;rir de la rage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Suisse, la Banque nationale suisse renflouera Credit Swisse. Dans l'UE, Mme Lagarde promet davantage de soutien financier de la BCE, qui continuera &#224; alimenter le syst&#232;me financier priv&#233;, tout en pr&#233;cipitant une r&#233;cession. Encore une fois, socialisation des pertes, avantages priv&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, Biden affirme que les contribuables n'en paieront pas le prix. Et que les d&#233;posants seront prot&#233;g&#233;s autant que n&#233;cessaire, contre la SVB et la Signature. Nous ne savons pas s'ils feront de m&#234;me si First Republic Bank, Wester Allianz ou Pact West Bancorp font &#233;galement faillite, qui sont des petites banques ou des banques r&#233;gionales avec des pertes importantes sur le march&#233; boursier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Biden pr&#233;tend qu'il fera tomber les actionnaires du SVB ou de Signature, que c'est ainsi que fonctionne le capitalisme. Que la Federal Deposit Insurance Corporation, la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale et le Tr&#233;sor couvriront les d&#233;p&#244;ts sup&#233;rieurs &#224; 250 000 $. Cela signifie couvrir plus de 95% du montant des d&#233;p&#244;ts. Il couvrira les entreprises technologiques, malmen&#233;es ou en r&#232;gle, de m&#234;me, il couvrira les fonds de capital-risque qui les financent. Quel capital de risque qui fonctionne sans risque ! Il affirme que le contribuable ne paiera pas pour cela, ce qui ne fait pas mal de doutes. Ce fonds a-t-il la capacit&#233; et seulement des fonds priv&#233;s pour couvrir tout ce capital ? Nous ne le pensons pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instar de la Banque nationale suisse avec le cas de Credit Swisse Bank avec un nouveau sauvetage de 50.000 millions, soit la BCE r&#233;cup&#232;re la politique d'injection de liquidit&#233;s, soit elle persiste dans une politique qui signifie que les banques n'ont pas &#224; pr&#234;ter mais simplement &#224; prendre leurs d&#233;p&#244;ts &#224; la BCE pour recevoir les taux &#233;lev&#233;s appliqu&#233;s, Les pertes sont socialis&#233;es. Les pouvoirs publics sont le cousin de Zumosol dans le secteur bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans un moment de changement de cycle industriel, qui tire du pass&#233; les probl&#232;mes non r&#233;solus accumul&#233;s, ce qui rend le syst&#232;me fragile face aux crises financi&#232;res. Cela conduit &#224; un processus de plus grande concentration du capital et &#224; une r&#233;cession probable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle peut aussi d&#233;truire le capital, ce qui, paradoxalement, avec la baisse des salaires r&#233;els et une &#233;ventuelle destruction de l'emploi, pourrait contribuer &#224; r&#233;cup&#233;rer partiellement le taux de profit. Bien que nous doutions qu'avec cette politique financi&#232;re, elle fera du taux de profit qui compte, le taux effectif, qui soustrait les taux de rendement les co&#251;ts financiers, une nouvelle r&#233;cession peut &#234;tre &#233;vit&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, il ne s'agit pas d'une crise isol&#233;e de gestion ou de liquidit&#233;, mais d'un sympt&#244;me d'une crise plus profonde. Une crise de rentabilit&#233; et d'investissement qui, face &#224; un environnement inond&#233; de capitaux fictifs et d'endettement, montre les premiers sympt&#244;mes d'une nouvelle crise financi&#232;re, peut-&#234;tre d'une ampleur in&#233;gale. La p&#233;riode de faible reprise inaugur&#233;e en 2014, et bri&#232;vement interrompue par la pand&#233;mie, touche &#224; sa fin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est en jeu, c'est ce qu'il adviendra du monde du travail et quel type de politique &#233;conomique sera appliqu&#233;, et en faveur de quels int&#233;r&#234;ts : de la vie, de l'&#233;cologie et de la classe ouvri&#232;re, ou, encore une fois, du capital.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nucl&#233;aire vert et quoi d'autre ? Au sujet des alternatives &#224; la diversification de notre mod&#232;le &#233;conomique actuel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-nucleaire-vert-et-quoi-d-autre-Au-sujet-des-alternatives-a-la-54867</link>
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		<dc:date>2022-11-15T11:48:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat espagnol est, comme la plupart des pays europ&#233;ens, tr&#232;s d&#233;pendant de l'&#233;nergie import&#233;e. La disponibilit&#233; de sa propre &#233;nergie est fondamentalement d'origine renouvelable, hydro&#233;lectrique, &#233;olienne et surtout solaire. Le pays ne dispose que de petites r&#233;serves de charbon, de qualit&#233; m&#233;diocre par rapport &#224; celle d'autres pays europ&#233;ens. Les entreprises de raffinage et leur capacit&#233; &#224; adapter les hydrocarbures au syst&#232;me de production comptent parmi les quelques possibilit&#233;s dont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH76/arton54867-343b1.png?1674753766' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='76' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat espagnol est, comme la plupart des pays europ&#233;ens, tr&#232;s d&#233;pendant de l'&#233;nergie import&#233;e. La disponibilit&#233; de sa propre &#233;nergie est fondamentalement d'origine renouvelable, hydro&#233;lectrique, &#233;olienne et surtout solaire. Le pays ne dispose que de petites r&#233;serves de charbon, de qualit&#233; m&#233;diocre par rapport &#224; celle d'autres pays europ&#233;ens. Les entreprises de raffinage et leur capacit&#233; &#224; adapter les hydrocarbures au syst&#232;me de production comptent parmi les quelques possibilit&#233;s dont dispose l'&#201;tat espagnol. Bien entendu, cela constituerait pas &#224; une solution du point de vue environnemental et &#233;nerg&#233;tique &#224; moyen terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Paru sur vientosur.info, &#8220;10/2022&#8221; | tir&#233; du site Fourth international&lt;br class='autobr' /&gt;
https://fourth.international/fr/479&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de notre &#233;conomie &#224; forte intensit&#233; &#233;nerg&#233;tique n'est pas seulement sa d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique vis-&#224;-vis des sources &#233;trang&#232;res. C'est aussi sa non-durabilit&#233;, du point de vue climatique et la crise &#233;nerg&#233;tique qui nous touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;chauffement climatique, une dynamique multifactorielle, avec l'effet de serre aujourd'hui au premier plan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports d'experts de la Convention internationale pour la protection des v&#233;g&#233;taux (CIPV) de l'ONU sont habituellement tr&#232;s mod&#233;r&#233;s dans leurs pr&#233;visions, puisqu'ils ne tiennent pas compte de tous les ph&#233;nom&#232;nes &#224; dynamiques exponentielles1 , tels que les &#233;missions de m&#233;thane - un gaz &#224; effet de serre quatre-vingt fois plus important que le CO2 - retenues jusqu'&#224; pr&#233;sent par le permafrost et d'autres zones actuellement glac&#233;es de la plan&#232;te lors de leur fonte. N&#233;anmoins, en d&#233;pit de cette mod&#233;ration, les donn&#233;e de ces rapports mettent en lumi&#232;re le vertigineux probl&#232;me du r&#233;chauffement de la plan&#232;te et son acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'effet de serre cr&#233;&#233; par l'&#232;re industrielle conduit &#224; un ph&#233;nom&#232;ne &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;extraordinairement rapide, en termes de temps g&#233;ologique. En seulement deux si&#232;cles, en utilisant le charbon, le p&#233;trole et le gaz, la soci&#233;t&#233; industrielle a &#233;t&#233; la cause d'une concentration de gaz dans l'atmosph&#232;re qui n'a pas &#233;t&#233; vue depuis le Plioc&#232;ne. La diff&#233;rence cruciale est que le changement climatique d&#251; &#224; des mod&#232;les industriels non soutenables se produit beaucoup trop rapidement pour laisser &#224; la vie le temps de s'adapter. Ses impacts sur la temp&#233;rature, sur la disponibilit&#233; de l'eau douce et les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes conduisent &#224; une r&#233;duction drastique de la biodiversit&#233;, au point que la dynamique actuelle d'extinction des esp&#232;ces, la 6e grande extinction, est la plus d&#233;vastatrice et la plus rapide que la Terre ait connue depuis l'impact d'une m&#233;t&#233;orite il y a 65 millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#233;rature de la terre, lorsqu'elle &#233;volue entre certains seuils, est un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour la disponibilit&#233; d'eau douce, pour la fertilit&#233; des sols et, en fin de compte, pour l'habitabilit&#233; de la biosph&#232;re. En bref, elle affecte les &#233;cosyst&#232;mes et notre existence m&#234;me (notons que la Fondation pour la biodiversit&#233; rappelle que 40 % de l'&#233;conomie d&#233;pend des services fournis par les &#233;cosyst&#232;mes). Inversement, cette temp&#233;rature est elle-m&#234;me le r&#233;sultat de dynamiques multifactorielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d'entre elles est la distance au Soleil et l'&#233;volution de notre &#233;toile. Le Soleil, une &#233;toile de taille moyenne, consomme son combustible, l'hydrog&#232;ne, qu'il transforme en h&#233;lium pendant des milliards d'ann&#233;es. La tendance est &#224; l'augmentation des &#233;missions de chaleur. Aux premiers &#226;ges de la Terre, la chaleur atteignant la Terre, depuis longtemps stabilis&#233;e sur son orbite, &#233;tait beaucoup plus faible. Au Plioc&#232;ne, lorsque la concentration de particules de CO2 &#233;tait comparable &#224; celle d'aujourd'hui, le Soleil &#233;mettait 25 % de chaleur en moins. Or, l'effet de serre de l'atmosph&#232;re de l'&#233;poque, entre 5,3 et 2,5 millions d'ann&#233;es, permettait non seulement de maintenir les temp&#233;ratures dans certains seuils, ou de filtrer certains rayonnements ultraviolets, mais aussi de compenser cette baisse de chaleur en la retenant, rendant le climat de la Terre plus temp&#233;r&#233;. &#192; l'&#233;poque, cet effet de serre contribuait positivement au maintien d'une temp&#233;rature propice &#224; la vie. Mais aujourd'hui, avec 25 % de chaleur solaire en plus, nous avons le m&#234;me effet de serre qu'&#224; l'&#233;poque, ce qui signifie que notre climat devient excessivement et dangereusement chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur concerne l'axe gravitationnel de la plan&#232;te, qui impacte l'angle selon lequel nous parvient la lumi&#232;re du Soleil et, donc, l'intensit&#233; de la chaleur qui en d&#233;coule. Au cours de la derni&#232;re p&#233;riode longue de la Terre, l'axe gravitationnel, moins stable qu'&#224; l'&#233;poque des dinosaures, se d&#233;place p&#233;riodiquement, entra&#238;nant de longues p&#233;riodes glaciaires d'environ 100 000 ans et des p&#233;riodes temp&#233;r&#233;es d'environ 10 000 ans. Avant la r&#233;volution industrielle, nous &#233;tions dans une p&#233;riode chaude et g&#233;ologiquement b&#233;nigne, l'Holoc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode s'est achev&#233;e avec l'avanc&#233;e de la soci&#233;t&#233; industrielle et le d&#233;veloppement du Capitaloc&#232;ne &#8211; plut&#244;t qu'Anthropoc&#232;ne, qui attribue g&#233;n&#233;riquement &#224; l'esp&#232;ce humaine la cause, et non &#224; ses rapports de production et &#224; son mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique. Bas&#233; sur l'accumulation et les &#233;nergies fossiles, il am&#232;ne une esp&#232;ce, l'esp&#232;ce humaine, en raison de son mode de production, &#224; modifier l'atmosph&#232;re et le climat. En ce sens, nous assistons &#224; une &#233;poque g&#233;ologique singuli&#232;re, dont le caract&#232;re est d&#233;termin&#233; par un certain mod&#232;le de production et de consommation, dont moins de 10 % de la population humaine la plus riche, une partie des secteurs -industriel, agricole, de l'&#233;levage, extractif, de la mobilit&#233;, etc.- et des entreprises2 , et un petit groupe de pays et de territoires (USA, UE, Chine, Russie et Inde), sont responsables et b&#233;n&#233;ficiaires de ce mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient &#233;galement de mentionner le r&#244;le des oc&#233;ans dans le tamponnement, l'accumulation et la distribution de la chaleur et, au sein de ceux-ci, les courants oc&#233;aniques profonds, que l'acidification de l'eau transforme. La fonte des glaces aux p&#244;les ou au Groenland, en d&#233;versant de l'eau &#171; douce &#187; dans les oc&#233;ans, a un impact &#233;vident sur ces courants et peut modifier sensiblement le climat au niveau r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, un autre probl&#232;me pressant est l'augmentation du co&#251;t et la r&#233;duction de la disponibilit&#233; et de l'accessibilit&#233; bon march&#233; des sources d'&#233;nergie &#224; haute densit&#233; &#233;nerg&#233;tique, comme les combustibles fossiles, qui sont aussi fondamentalement responsables de l'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre. C'est ce que l'on appelle la crise &#233;nerg&#233;tique. Cette crise, qui se traduit par la baisse des taux de rendement &#233;nerg&#233;tique, dure en fait depuis plusieurs d&#233;cennies. Probl&#232;mes d'approvisionnement et hausses des prix sont ses cons&#233;quences, aggrav&#233;es par d'autres facteurs comme que la concurrence &#233;conomique et g&#233;opolitique internationale, qui se traduit par des conflits comme celui de l'Ukraine ou celui, r&#233;current, du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus personne ne conteste la n&#233;cessit&#233; de diversifier les &#233;nergies, mais vers quel mix &#233;nerg&#233;tique ? Comment le concevoir afin d'engager la transition &#233;nerg&#233;tique et productive pour un mod&#232;le &#233;conomique durable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diversification &#233;nerg&#233;tique face &#224; la crise p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise p&#233;troli&#232;re, une fois d&#233;pass&#233; le pic p&#233;trolier en 2006, a conduit &#224; un recours au fracking. Technique visant &#224; extraire des formes de p&#233;trole de mauvaise qualit&#233; et dispers&#233;es en les obtenant par fracturation hydraulique aux co&#251;ts &#233;conomiques et environnementaux consid&#233;rables, elle a r&#233;cemment cess&#233; d'&#234;tre rentable au sens &#233;troit capitaliste du terme. Cela fait d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es que les compagnies p&#233;troli&#232;res ont mis &#224; leurs investissements dans de nouvelles infrastructures d'extraction, r&#233;duisant ainsi leur capacit&#233; d'obtenir du p&#233;trole brut. Au cours de cette p&#233;riode, le gaz, notamment les centrales &#224; cycle combin&#233;, apparaissait comme la principale option. Cependant, la Russie et l'Alg&#233;rie se sont r&#233;cemment heurt&#233;es aux pics d'extraction de leurs gisements, qui s'ajoutent aux probl&#232;mes d'approvisionnement caus&#233;s par les gazoducs qui traversent des territoires situ&#233;s dans des orbites g&#233;opolitiques diff&#233;rentes et des concurrents &#233;conomiques internationaux. La crise en Ukraine est une r&#233;ponse &#224; ce probl&#232;me, parmi d'autres facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la course, alors que l'Europe centrale n'est plus approvisionn&#233;e par la Russie, suite &#224; la perturbation et au sabotage du gazoduc Nord Stream, tous les regards se tournent vers l'Alg&#233;rie et la France. Le gaz et l'&#233;nergie nucl&#233;aire ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s, de mani&#232;re incompr&#233;hensible et parfaitement cynique, &#171; &#233;nergies vertes &#187; par l'Union europ&#233;enne. Le gaz naturel est responsable, bien que dans une moindre mesure que le p&#233;trole, de l'effet de serre, et il lui reste encore quelques d&#233;cennies dans de nombreux domaines de voies d'extraction accessibles, en l'absence de guerre. &#192; l'heure actuelle, l'Europe re&#231;oit davantage de gaz des &#201;tats-Unis, d'Arabie saoudite et d'Australie, mais &#224; un co&#251;t beaucoup plus &#233;lev&#233;, car il doit &#234;tre achemin&#233; sous forme liqu&#233;fi&#233;e et sur des navires, et n&#233;cessite des op&#233;rations de regaz&#233;ification co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci contribue &#224; remettre au go&#251;t du jour l'id&#233;e selon laquelle l'&#233;nergie nucl&#233;aire pourrait &#234;tre une alternative. Dans quelle mesure est-ce raisonnable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire &#233;met tr&#232;s peu de gaz &#224; effet de serre. Ses co&#251;ts d'exploitation sont faibles et sa production est stable et ininterrompue, ce qui en fait l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me de tarification marginaliste. Il est certain que les centrales modernes ont r&#233;solu de nombreux probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; et de gestion des d&#233;chets depuis la catastrophe de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, elles pr&#233;sentent toujours un ensemble de probl&#232;mes, dont certains sont si graves qu'ils en font une source d'&#233;nergie absolument d&#233;conseill&#233;e sur le long terme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les co&#251;ts d'investissement initiaux sont extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Cela explique que, pendant des ann&#233;es, les entreprises ont &#233;t&#233; r&#233;ticentes &#224; construire de nouvelles usines, tant en Espagne que dans la plupart des pays industriels occidentaux. Il y a actuellement cinq centrales en Espagne avec sept r&#233;acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les centrales nucl&#233;aires espagnoles, et en particulier la centrale de Garo&#241;a &#224; Burgos, ont un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; comparable &#224; celui de la centrale de Fukushima, qui rejette encore de l'eau radioactive &#224; grande &#233;chelle dans le Pacifique et aura des effets irr&#233;versibles &#224; long terme sur le Pacifique et la p&#234;che internationale. En France, avec 52 r&#233;acteurs, plus de 30 sont &#224; l'arr&#234;t en raison de probl&#232;mes de corrosion et d'une p&#233;nurie d'eau de refroidissement, ce qui pose un grave probl&#232;me puisque la France est aliment&#233;e &#224; 77 % par sa principale source d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;chelle g&#233;ologique, l'emplacement de toute centrale nucl&#233;aire n'est pas sans risque. Dans le cas de Fukushima, la catastrophe a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par un tsunami. Cependant, m&#234;me si le sol peut para&#238;tre stable &#224; l'&#233;chelle de la vie d'un d'une humaine, nous parlons de ph&#233;nom&#232;nes qui, bien que peu probables et donc risqu&#233;s &#224; court terme, repr&#233;sentent un danger certain &#224; long terme, comme les tremblements de terre, sans parler des autres ph&#233;nom&#232;nes naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en va de m&#234;me pour la gestion des d&#233;chets radioactifs. Qui va prendre en charge ce co&#251;t &#224; tr&#232;s long terme ? Personne ne le pr&#233;voit. Les sites d'&#233;limination des d&#233;chets nucl&#233;aires, comme celui d'El Cabril, &#224; Hornachuelos, dans la province de Cordoue, sont-ils exempts de probl&#232;mes g&#233;ologiques r&#233;sultant du mouvement constant des plaques tectoniques ? Absolument pas. Les silos en b&#233;ton vont-ils suffire ? Non, pas &#224; long terme. Existe-t-il un mat&#233;riau pour les contenants qui ne se pliera pas, ne se d&#233;formera pas et ne s'&#233;rodera pas apr&#232;s des milliers d'ann&#233;es ? Aucun mat&#233;riau de ce type n'existe, l'acier subit &#233;galement ces cons&#233;quences au fil du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, les centrales nucl&#233;aires n&#233;cessitent avec des mati&#232;res premi&#232;res &#233;galement en quantit&#233;s limit&#233;es. L'uranium est rare, et ses localisations sont connues. Son extraction est conflictuelle du point de vue g&#233;ostrat&#233;gique. Les principales r&#233;serves se trouvent en Australie, au Kazakhstan et en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir r&#233;side dans la diversification, en mettant l'accent sur les &#233;nergies renouvelables, les syst&#232;mes distribu&#233;s et une utilisation plus sobre de l'&#233;nergie&lt;br class='autobr' /&gt;
Les alternatives ne sont ni le gaz ni l'&#233;nergie nucl&#233;aire. Mais il est vrai que le taux de rendement &#233;nerg&#233;tique des &#233;nergies renouvelables est nettement inf&#233;rieur (20 %) &#224; celui du p&#233;trole, et qu'elles n&#233;cessitent des infrastructures dont la production d&#233;pend fortement des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons nous orienter d'urgence vers la transition &#233;nerg&#233;tique et productive. Cela n&#233;cessite de r&#233;viser notre mod&#232;le de rapports de production et de remettre en question les privil&#232;ges d'une minorit&#233;, dans le cadre d'une diversification et d'une transition graduelles et intenses, qui peuvent durer plusieurs d&#233;cennies. Et cette question du temps nous place devant un difficile probl&#232;me : la transition vers un nouveau mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique est urgente et n&#233;cessite non seulement un effort d'investissement important et la substitution des &#233;nergies sales par d'autres sources d'&#233;nergie, mais aussi du temps, qui se r&#233;duit chaque jour de plus en plus, pour mener &#224; bien cette t&#226;che colossale. Les mesures &#224; prendre pourraient &#234;tre les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut plus construire de centrales nucl&#233;aires. Celles qui restent devront &#234;tre ferm&#233;es au cours des prochaines ann&#233;es, et leur contribution devra &#234;tre limit&#233;e, pendant leur fermeture, &#224; compl&#233;ter et stabiliser le mix &#233;nerg&#233;tique. Il faut pr&#233;voir des fonds pour le d&#233;mant&#232;lement et la gestion des d&#233;chets radioactifs &#224; tr&#232;s long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Limiter l'utilisation des sources fossiles au d&#233;ploiement de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration d'infrastructures de base pour les &#233;nergies renouvelables. Il faut tenir compte du fait que, dans 40 &#224; 50 ans, la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration ne pourra plus utiliser les combustibles fossiles, sauf de mani&#232;re marginale et tr&#232;s s&#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Promouvoir l'autoconsommation solaire, en investissant les toits des b&#226;timents, en &#233;tendant les parcs solaires et les parcs &#233;oliens dans des zones ayant un impact moindre sur la production alimentaire, la population locale et la biodiversit&#233;, avec un d&#233;bat d&#233;mocratique sur cette s&#233;lection et cet emplacement, combin&#233; &#224; l'&#233;co-efficacit&#233;, &#224; la proximit&#233; des centres de r&#233;sidence et de production, et &#224; des mod&#232;les distribu&#233;s. Il faut d&#233;velopper les centrales solaires thermiques, y compris des accords avec les pays du Sahara africain, les infrastructures permettant la collecte et la pr&#233;paration de la biomasse et d'autres sources renouvelable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;velopper l'&#233;lectrification des villes et des syst&#232;mes de mobilit&#233; collective, en envisageant des alternatives au cuivre. Actuellement mat&#233;riau de base des technologies &#233;lectriques conventionnelles, il est rare, tandis que l'aluminium, qui est moins conducteur mais viable, est nettement plus abondant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettre en &#339;uvre une politique de limitation, de reconversion et de sobri&#233;t&#233;, de s&#233;lection des usages &#233;nerg&#233;tiques &#224; des fins productives et des types et pratiques de consommation et de mobilit&#233;, bas&#233;e sur l'&#233;tablissement de priorit&#233;s sociales d&#233;mocratiquement accept&#233;es, sur les aspects li&#233;s &#224; l'alimentation, &#224; la mobilit&#233; et aux services publics essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique ne peut &#234;tre r&#233;gi par des formes de march&#233; et des syst&#232;mes de prix marginalistes. Un secteur public d'extraction, de production et d'approvisionnement, en raison de sa nature strat&#233;gique, est indispensable, notamment pour permettre cette diversification &#233;nerg&#233;tique en l'adaptant aux sp&#233;cificit&#233;s locales en en adoptant un caract&#232;re coop&#233;ratif et communautaire. Cela implique une planification d&#233;mocratique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux, avec une large participation populaire &#224; la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur vientosur.info, 10/2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Article de Daniel Albarrac&#237;n S&#225;nchez. Membre de la Chambre des comptes d'Andalousie. Sociologue et &#233;conomiste. Membre d'Anticapitalistas et du Conseil consultatif de viento sur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Rapha&#235;l Porcherot&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1&lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.abn7950&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.abn7950&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
2&lt;a href=&#034;https://www.climatica.lamarea.com/las-20-empresas-responsables-de-un-tercio-de-las-emisiones-globales-de-carbono/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.climatica.lamarea.com/las-20-empresas-responsables-de-un-tercio-de-las-emisiones-globales-de-carbono/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le nucl&#233;aire vert et quoi d'autre ? Au sujet des alternatives &#224; la diversification de notre mod&#232;le &#233;conomique actuel</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-nucleaire-vert-et-quoi-d-autre-Au-sujet-des-alternatives-a-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-nucleaire-vert-et-quoi-d-autre-Au-sujet-des-alternatives-a-la</guid>
		<dc:date>2022-11-08T12:02:09Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#201;tat espagnol est, comme la plupart des pays europ&#233;ens, tr&#232;s d&#233;pendant de l'&#233;nergie import&#233;e. La disponibilit&#233; de sa propre &#233;nergie est fondamentalement d'origine renouvelable, hydro&#233;lectrique, &#233;olienne et surtout solaire. Le pays ne dispose que de petites r&#233;serves de charbon, de qualit&#233; m&#233;diocre par rapport &#224; celle d'autres pays europ&#233;ens. Les entreprises de raffinage et leur capacit&#233; &#224; adapter les hydrocarbures au syst&#232;me de production comptent parmi les quelques possibilit&#233;s dont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton54759-b6485.jpg?1674686852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#201;tat espagnol est, comme la plupart des pays europ&#233;ens, tr&#232;s d&#233;pendant de l'&#233;nergie import&#233;e. La disponibilit&#233; de sa propre &#233;nergie est fondamentalement d'origine renouvelable, hydro&#233;lectrique, &#233;olienne et surtout solaire. Le pays ne dispose que de petites r&#233;serves de charbon, de qualit&#233; m&#233;diocre par rapport &#224; celle d'autres pays europ&#233;ens. Les entreprises de raffinage et leur capacit&#233; &#224; adapter les hydrocarbures au syst&#232;me de production comptent parmi les quelques possibilit&#233;s dont dispose l'&#201;tat espagnol. Bien entendu, cela constituerait pas &#224; une solution du point de vue environnemental et &#233;nerg&#233;tique &#224; moyen terme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Quatri&#232;me internationale&lt;br class='autobr' /&gt;
5 novembre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Daniel Albarrac&#237;n&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de notre &#233;conomie &#224; forte intensit&#233; &#233;nerg&#233;tique n'est pas seulement sa d&#233;pendance &#233;nerg&#233;tique vis-&#224;-vis des sources &#233;trang&#232;res. C'est aussi sa non-durabilit&#233;, du point de vue climatique et la crise &#233;nerg&#233;tique qui nous touche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le r&#233;chauffement climatique, une dynamique multifactorielle, avec l'effet de serre aujourd'hui au premier plan&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rapports d'experts de la Convention internationale pour la protection des v&#233;g&#233;taux (CIPV) de l'ONU sont habituellement tr&#232;s mod&#233;r&#233;s dans leurs pr&#233;visions, puisqu'ils ne tiennent pas compte de tous les ph&#233;nom&#232;nes &#224; dynamiques exponentielles1 , tels que les &#233;missions de m&#233;thane - un gaz &#224; effet de serre quatre-vingt fois plus important que le CO2 - retenues jusqu'&#224; pr&#233;sent par le permafrost et d'autres zones actuellement glac&#233;es de la plan&#232;te lors de leur fonte. N&#233;anmoins, en d&#233;pit de cette mod&#233;ration, les donn&#233;e de ces rapports mettent en lumi&#232;re le vertigineux probl&#232;me du r&#233;chauffement de la plan&#232;te et son acc&#233;l&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'effet de serre cr&#233;&#233; par l'&#232;re industrielle conduit &#224; un ph&#233;nom&#232;ne extraordinairement rapide, en termes de temps g&#233;ologique. En seulement deux si&#232;cles, en utilisant le charbon, le p&#233;trole et le gaz, la soci&#233;t&#233; industrielle a &#233;t&#233; la cause d'une concentration de gaz dans l'atmosph&#232;re qui n'a pas &#233;t&#233; vue depuis le Plioc&#232;ne. La diff&#233;rence cruciale est que le changement climatique d&#251; &#224; des mod&#232;les industriels non soutenables se produit beaucoup trop rapidement pour laisser &#224; la vie le temps de s'adapter. Ses impacts sur la temp&#233;rature, sur la disponibilit&#233; de l'eau douce et les ph&#233;nom&#232;nes m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes conduisent &#224; une r&#233;duction drastique de la biodiversit&#233;, au point que la dynamique actuelle d'extinction des esp&#232;ces, la 6e grande extinction, est la plus d&#233;vastatrice et la plus rapide que la Terre ait connue depuis l'impact d'une m&#233;t&#233;orite il y a 65 millions d'ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La temp&#233;rature de la terre, lorsqu'elle &#233;volue entre certains seuils, est un &#233;l&#233;ment cl&#233; pour la disponibilit&#233; d'eau douce, pour la fertilit&#233; des sols et, en fin de compte, pour l'habitabilit&#233; de la biosph&#232;re. En bref, elle affecte les &#233;cosyst&#232;mes et notre existence m&#234;me (notons que la Fondation pour la biodiversit&#233; rappelle que 40 % de l'&#233;conomie d&#233;pend des services fournis par les &#233;cosyst&#232;mes). Inversement, cette temp&#233;rature est elle-m&#234;me le r&#233;sultat de dynamiques multifactorielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re d'entre elles est la &lt;i&gt;distance au Soleil et l'&#233;volution de notre &#233;toile&lt;/i&gt;. Le Soleil, une &#233;toile de taille moyenne, consomme son combustible, l'hydrog&#232;ne, qu'il transforme en h&#233;lium pendant des milliards d'ann&#233;es. La tendance est &#224; l'augmentation des &#233;missions de chaleur. Aux premiers &#226;ges de la Terre, la chaleur atteignant la Terre, depuis longtemps stabilis&#233;e sur son orbite, &#233;tait beaucoup plus faible. Au Plioc&#232;ne, lorsque la concentration de particules de CO2 &#233;tait comparable &#224; celle d'aujourd'hui, le Soleil &#233;mettait 25 % de chaleur en moins. Or, l'effet de serre de l'atmosph&#232;re de l'&#233;poque, entre 5,3 et 2,5 millions d'ann&#233;es, permettait non seulement de maintenir les temp&#233;ratures dans certains seuils, ou de filtrer certains rayonnements ultraviolets, mais aussi de compenser cette baisse de chaleur en la retenant, rendant le climat de la Terre plus temp&#233;r&#233;. &#192; l'&#233;poque, cet effet de serre contribuait positivement au maintien d'une temp&#233;rature propice &#224; la vie. Mais aujourd'hui, avec 25 % de chaleur solaire en plus, nous avons le m&#234;me effet de serre qu'&#224; l'&#233;poque, ce qui signifie que notre climat devient excessivement et dangereusement chaud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me facteur concerne l'&lt;i&gt;axe gravitationnel de la plan&#232;te&lt;/i&gt;, qui impacte l'angle selon lequel nous parvient la lumi&#232;re du Soleil et, donc, l'intensit&#233; de la chaleur qui en d&#233;coule. Au cours de la derni&#232;re p&#233;riode longue de la Terre, l'axe gravitationnel, moins stable qu'&#224; l'&#233;poque des dinosaures, se d&#233;place p&#233;riodiquement, entra&#238;nant de longues p&#233;riodes glaciaires d'environ 100 000 ans et des p&#233;riodes temp&#233;r&#233;es d'environ 10 000 ans. Avant la r&#233;volution industrielle, nous &#233;tions dans une p&#233;riode chaude et g&#233;ologiquement b&#233;nigne, l'Holoc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette p&#233;riode s'est achev&#233;e avec l'avanc&#233;e de la soci&#233;t&#233; industrielle et le d&#233;veloppement du Capitaloc&#232;ne &#8211; plut&#244;t qu'Anthropoc&#232;ne, qui attribue g&#233;n&#233;riquement &#224; l'esp&#232;ce humaine la cause, et non &#224; ses rapports de production et &#224; son mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique. Bas&#233; sur l'accumulation et les &#233;nergies fossiles, il am&#232;ne une esp&#232;ce, l'esp&#232;ce humaine, en raison de son mode de production, &#224; modifier l'atmosph&#232;re et le climat. En ce sens, nous assistons &#224; une &#233;poque g&#233;ologique singuli&#232;re, dont le caract&#232;re est d&#233;termin&#233; par un certain mod&#232;le de production et de consommation, dont moins de 10 % de la population humaine la plus riche, une partie des secteurs -industriel, agricole, de l'&#233;levage, extractif, de la mobilit&#233;, etc.- et des entreprises (2) , et un petit groupe de pays et de territoires (USA, UE, Chine, Russie et Inde), sont responsables et b&#233;n&#233;ficiaires de ce mod&#232;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient &#233;galement de mentionner le r&#244;le des oc&#233;ans dans le tamponnement, l'accumulation et la distribution de la chaleur et, au sein de ceux-ci, les courants oc&#233;aniques profonds, que l'acidification de l'eau transforme. La fonte des glaces aux p&#244;les ou au Groenland, en d&#233;versant de l'eau &#171; douce &#187; dans les oc&#233;ans, a un impact &#233;vident sur ces courants et peut modifier sensiblement le climat au niveau r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, un autre probl&#232;me pressant est l'augmentation du co&#251;t et la r&#233;duction de la disponibilit&#233; et de l'accessibilit&#233; bon march&#233; des sources d'&#233;nergie &#224; haute densit&#233; &#233;nerg&#233;tique, comme les combustibles fossiles, qui sont aussi fondamentalement responsables de l'&#233;mission de gaz &#224; effet de serre. C'est ce que l'on appelle la crise &#233;nerg&#233;tique. Cette crise, qui se traduit par la baisse des taux de rendement &#233;nerg&#233;tique, dure en fait depuis plusieurs d&#233;cennies. Probl&#232;mes d'approvisionnement et hausses des prix sont ses cons&#233;quences, aggrav&#233;es par d'autres facteurs comme que la concurrence &#233;conomique et g&#233;opolitique internationale, qui se traduit par des conflits comme celui de l'Ukraine ou celui, r&#233;current, du Moyen-Orient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus personne ne conteste la n&#233;cessit&#233; de diversifier les &#233;nergies, mais vers quel mix &#233;nerg&#233;tique ? Comment le concevoir afin d'engager la transition &#233;nerg&#233;tique et productive pour un mod&#232;le &#233;conomique durable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La diversification &#233;nerg&#233;tique face &#224; la crise p&#233;troli&#232;re et gazi&#232;re&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise p&#233;troli&#232;re, une fois d&#233;pass&#233; le pic p&#233;trolier en 2006, a conduit &#224; un recours au&lt;i&gt; fracking&lt;/i&gt;. Technique visant &#224; extraire des formes de p&#233;trole de mauvaise qualit&#233; et dispers&#233;es en les obtenant par fracturation hydraulique aux co&#251;ts &#233;conomiques et environnementaux consid&#233;rables, elle a r&#233;cemment cess&#233; d'&#234;tre rentable au sens &#233;troit capitaliste du terme. Cela fait d&#233;j&#224; quelques ann&#233;es que les compagnies p&#233;troli&#232;res ont mis &#224; leurs investissements dans de nouvelles infrastructures d'extraction, r&#233;duisant ainsi leur capacit&#233; d'obtenir du p&#233;trole brut. Au cours de cette p&#233;riode, le gaz, notamment les centrales &#224; cycle combin&#233;, apparaissait comme la principale option. Cependant, la Russie et l'Alg&#233;rie se sont r&#233;cemment heurt&#233;es aux pics d'extraction de leurs gisements, qui s'ajoutent aux probl&#232;mes d'approvisionnement caus&#233;s par les gazoducs qui traversent des territoires situ&#233;s dans des orbites g&#233;opolitiques diff&#233;rentes et des concurrents &#233;conomiques internationaux. La crise en Ukraine est une r&#233;ponse &#224; ce probl&#232;me, parmi d'autres facteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la course, alors que l'Europe centrale n'est plus approvisionn&#233;e par la Russie, suite &#224; la perturbation et au sabotage du gazoduc&lt;i&gt; Nord Stream&lt;/i&gt;, tous les regards se tournent vers l'Alg&#233;rie et la France. Le gaz et l'&#233;nergie nucl&#233;aire ont &#233;t&#233; d&#233;clar&#233;s, de mani&#232;re incompr&#233;hensible et parfaitement cynique, &#171; &#233;nergies vertes &#187; par l'Union europ&#233;enne. Le gaz naturel est responsable, bien que dans une moindre mesure que le p&#233;trole, de l'effet de serre, et il lui reste encore quelques d&#233;cennies dans de nombreux domaines de voies d'extraction accessibles, en l'absence de guerre. &#192; l'heure actuelle, l'Europe re&#231;oit davantage de gaz des &#201;tats-Unis, d'Arabie saoudite et d'Australie, mais &#224; un co&#251;t beaucoup plus &#233;lev&#233;, car il doit &#234;tre achemin&#233; sous forme liqu&#233;fi&#233;e et sur des navires, et n&#233;cessite des op&#233;rations de regaz&#233;ification co&#251;teuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci contribue &#224; remettre au go&#251;t du jour l'id&#233;e selon laquelle l'&#233;nergie nucl&#233;aire pourrait &#234;tre une alternative. Dans quelle mesure est-ce raisonnable ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;nergie nucl&#233;aire &#233;met tr&#232;s peu de gaz &#224; effet de serre. Ses co&#251;ts d'exploitation sont faibles et sa production est stable et ininterrompue, ce qui en fait l'un des principaux b&#233;n&#233;ficiaires du syst&#232;me de tarification marginaliste. Il est certain que les centrales modernes ont r&#233;solu de nombreux probl&#232;mes de s&#233;curit&#233; et de gestion des d&#233;chets depuis la catastrophe de Tchernobyl.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, elles pr&#233;sentent toujours un ensemble de probl&#232;mes, dont certains sont si graves qu'ils en font une source d'&#233;nergie absolument d&#233;conseill&#233;e sur le long terme :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les co&#251;ts d'investissement initiaux sont extr&#234;mement &#233;lev&#233;s. Cela explique que, pendant des ann&#233;es, les entreprises ont &#233;t&#233; r&#233;ticentes &#224; construire de nouvelles usines, tant en Espagne que dans la plupart des pays industriels occidentaux. Il y a actuellement cinq centrales en Espagne avec sept r&#233;acteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les centrales nucl&#233;aires espagnoles, et en particulier la centrale de Garo&#241;a &#224; Burgos, ont un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; comparable &#224; celui de la centrale de Fukushima, qui rejette encore de l'eau radioactive &#224; grande &#233;chelle dans le Pacifique et aura des effets irr&#233;versibles &#224; long terme sur le Pacifique et la p&#234;che internationale. En France, avec 52 r&#233;acteurs, plus de 30 sont &#224; l'arr&#234;t en raison de probl&#232;mes de corrosion et d'une p&#233;nurie d'eau de refroidissement, ce qui pose un grave probl&#232;me puisque la France est aliment&#233;e &#224; 77 % par sa principale source d'&#233;nergie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#192; l'&#233;chelle g&#233;ologique, l'emplacement de toute centrale nucl&#233;aire n'est pas sans risque. Dans le cas de Fukushima, la catastrophe a &#233;t&#233; provoqu&#233;e par un tsunami. Cependant, m&#234;me si le sol peut para&#238;tre stable &#224; l'&#233;chelle de la vie d'un d'une humaine, nous parlons de ph&#233;nom&#232;nes qui, bien que peu probables et donc risqu&#233;s &#224; court terme, repr&#233;sentent un danger certain &#224; long terme, comme les tremblements de terre, sans parler des autres ph&#233;nom&#232;nes naturels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il en va de m&#234;me pour la gestion des d&#233;chets radioactifs. Qui va prendre en charge ce co&#251;t &#224; tr&#232;s long terme ? Personne ne le pr&#233;voit. Les sites d'&#233;limination des d&#233;chets nucl&#233;aires, comme celui d'El Cabril, &#224; Hornachuelos, dans la province de Cordoue, sont-ils exempts de probl&#232;mes g&#233;ologiques r&#233;sultant du mouvement constant des plaques tectoniques ? Absolument pas. Les silos en b&#233;ton vont-ils suffire ? Non, pas &#224; long terme. Existe-t-il un mat&#233;riau pour les contenants qui ne se pliera pas, ne se d&#233;formera pas et ne s'&#233;rodera pas apr&#232;s des milliers d'ann&#233;es ? Aucun mat&#233;riau de ce type n'existe, l'acier subit &#233;galement ces cons&#233;quences au fil du temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; En outre, les centrales nucl&#233;aires n&#233;cessitent avec des mati&#232;res premi&#232;res &#233;galement en quantit&#233;s limit&#233;es. L'uranium est rare, et ses localisations sont connues. Son extraction est conflictuelle du point de vue g&#233;ostrat&#233;gique. Les principales r&#233;serves se trouvent en Australie, au Kazakhstan et en Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'avenir r&#233;side dans la diversification, en mettant l'accent sur les &#233;nergies renouvelables, les syst&#232;mes distribu&#233;s et une utilisation plus sobre de l'&#233;nergie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les alternatives ne sont ni le gaz ni l'&#233;nergie nucl&#233;aire. Mais il est vrai que le taux de rendement &#233;nerg&#233;tique des &#233;nergies renouvelables est nettement inf&#233;rieur (20 %) &#224; celui du p&#233;trole, et qu'elles n&#233;cessitent des infrastructures dont la production d&#233;pend fortement des combustibles fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons nous orienter d'urgence vers la transition &#233;nerg&#233;tique et productive. Cela n&#233;cessite de r&#233;viser notre mod&#232;le de rapports de production et de remettre en question les privil&#232;ges d'une minorit&#233;, dans le cadre d'une diversification et d'une transition graduelles et intenses, qui peuvent durer plusieurs d&#233;cennies. Et cette question du temps nous place devant un difficile probl&#232;me : la transition vers un nouveau mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique est urgente et n&#233;cessite non seulement un effort d'investissement important et la substitution des &#233;nergies sales par d'autres sources d'&#233;nergie, mais aussi du temps, qui se r&#233;duit chaque jour de plus en plus, pour mener &#224; bien cette t&#226;che colossale. Les mesures &#224; prendre pourraient &#234;tre les suivantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il ne faut plus construire de centrales nucl&#233;aires. Celles qui restent devront &#234;tre ferm&#233;es au cours des prochaines ann&#233;es, et leur contribution devra &#234;tre limit&#233;e, pendant leur fermeture, &#224; compl&#233;ter et stabiliser le mix &#233;nerg&#233;tique. Il faut pr&#233;voir des fonds pour le d&#233;mant&#232;lement et la gestion des d&#233;chets radioactifs &#224; tr&#232;s long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Limiter l'utilisation des sources fossiles au d&#233;ploiement de la premi&#232;re g&#233;n&#233;ration d'infrastructures de base pour les &#233;nergies renouvelables. Il faut tenir compte du fait que, dans 40 &#224; 50 ans, la deuxi&#232;me g&#233;n&#233;ration ne pourra plus utiliser les combustibles fossiles, sauf de mani&#232;re marginale et tr&#232;s s&#233;lective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Promouvoir l'autoconsommation solaire, en investissant les toits des b&#226;timents, en &#233;tendant les parcs solaires et les parcs &#233;oliens dans des zones ayant un impact moindre sur la production alimentaire, la population locale et la biodiversit&#233;, avec un d&#233;bat d&#233;mocratique sur cette s&#233;lection et cet emplacement, combin&#233; &#224; l'&#233;co-efficacit&#233;, &#224; la proximit&#233; des centres de r&#233;sidence et de production, et &#224; des mod&#232;les distribu&#233;s. Il faut d&#233;velopper les centrales solaires thermiques, y compris des accords avec les pays du Sahara africain, les infrastructures permettant la collecte et la pr&#233;paration de la biomasse et d'autres sources renouvelable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; D&#233;velopper l'&#233;lectrification des villes et des syst&#232;mes de mobilit&#233; collective, en envisageant des alternatives au cuivre. Actuellement mat&#233;riau de base des technologies &#233;lectriques conventionnelles, il est rare, tandis que l'aluminium, qui est moins conducteur mais viable, est nettement plus abondant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mettre en &#339;uvre une politique de limitation, de reconversion et de sobri&#233;t&#233;, de s&#233;lection des usages &#233;nerg&#233;tiques &#224; des fins productives et des types et pratiques de consommation et de mobilit&#233;, bas&#233;e sur l'&#233;tablissement de priorit&#233;s sociales d&#233;mocratiquement accept&#233;es, sur les aspects li&#233;s &#224; l'alimentation, &#224; la mobilit&#233; et aux services publics essentiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;vident que le mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique ne peut &#234;tre r&#233;gi par des formes de march&#233; et des syst&#232;mes de prix marginalistes. Un secteur public d'extraction, de production et d'approvisionnement, en raison de sa nature strat&#233;gique, est indispensable, notamment pour permettre cette diversification &#233;nerg&#233;tique en l'adaptant aux sp&#233;cificit&#233;s locales en en adoptant un caract&#232;re coop&#233;ratif et communautaire. Cela implique une planification d&#233;mocratique dans tous les domaines et &#224; tous les niveaux, avec une large participation populaire &#224; la prise de d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paru sur vientosur.info, 10/2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article de Daniel Albarrac&#237;n S&#225;nchez. Membre de la Chambre des comptes d'Andalousie. Sociologue et &#233;conomiste. Membre d'Anticapitalistas et du Conseil consultatif de viento sur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Rapha&#235;l Porcherot&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 1. &lt;a href=&#034;https://www.science.org/doi/10.1126/science.abn7950&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.science.org/doi/10.1126/science.abn7950&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; 2. &lt;a href=&#034;https://www.climatica.lamarea.com/las-20-empresas-responsables-de-un-tercio-de-las-emisiones-globales-de-carbono/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.climatica.lamarea.com/las-20-empresas-responsables-de-un-tercio-de-las-emisiones-globales-de-carbono/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#8203;La crise d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie et la camisole de force de l'Union europ&#233;enne</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/%E2%80%8B-La-crise-declenchee-par-la-pandemie-et-la-camisole-de-force-de-l-Union</link>
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		<dc:date>2020-12-08T12:01:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-12-08</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet article aborde la crise pand&#233;mique du point de vue de l'&#233;conomie politique et, en particulier, des d&#233;cisions fondamentales prises par l'Union europ&#233;enne, dont les mesures devront prendre une forme pr&#233;cise une fois que sa proc&#233;dure institutionnelle aura &#233;t&#233; achev&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; 18 novembre 2020 | tir&#233; du site anti-k &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8203; Pand&#233;mie ou d&#233;clenchement d'une crise latente &lt;br class='autobr' /&gt;
La pand&#233;mie de Covid-19 a submerg&#233; notre esp&#232;ce en raison du choc qu'elle a caus&#233; &#224; la sant&#233; publique, mais plus encore en raison de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Coronavirus-1579-+" rel="tag"&gt;Coronavirus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-12-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-12-08&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton46045-55b6e.jpg?1675071743' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article aborde la crise pand&#233;mique du point de vue de l'&#233;conomie politique et, en particulier, des d&#233;cisions fondamentales prises par l'Union europ&#233;enne, dont les mesures devront prendre une forme pr&#233;cise une fois que sa proc&#233;dure institutionnelle aura &#233;t&#233; achev&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;18 novembre 2020 | tir&#233; du site &lt;a href=&#034;https://www.anti-k.org/2020/11/19/la-crise-declenchee-par-la-pandemie-et-la-camisole-de-force-de-lunion-europeenne/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;anti-k&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203; &lt;strong&gt; Pand&#233;mie ou d&#233;clenchement d'une crise latente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie de Covid-19 a submerg&#233; notre esp&#232;ce en raison du choc qu'elle a caus&#233; &#224; la sant&#233; publique, mais plus encore en raison de la profondeur de la d&#233;pression &#233;conomique qu'elle a d&#233;clench&#233;e, provoquant une catastrophe sociale qui nous plonge dans l'incertitude. Cette crise, aggrav&#233;e et acc&#233;l&#233;r&#233;e par la pand&#233;mie, se situe dans un contexte o&#249; les sympt&#244;mes d'&#233;puisement du cycle &#233;conomique capitaliste, bref et fragile, faussement sorti de la crise de 2008, se sont manifest&#233;s au pr&#233;alable [1]. La pand&#233;mie a augment&#233; la dimension de ses fardeaux : faible rentabilit&#233;, &#233;puisement de la croissance de la productivit&#233;, endettement &#233;lev&#233; &#8211; d'abord priv&#233; puis public [2] &#8211;, investissements inutiles, ch&#244;mage &#233;lev&#233; et mod&#232;le de travail instable et autoritaire, mod&#232;le de production fond&#233; sur l'&#233;nergie fossile, services publics r&#233;duits voire partiellement privatis&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les difficult&#233;s de relance de l'&#233;conomie seront importantes dans un contexte o&#249; l'activit&#233; du capital n'atteint pas de rentabilit&#233; suffisante dans de nombreux secteurs &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la pand&#233;mie donne &#224; cette crise sa propre forme, non seulement en raison de la mise en place de mesures de confinement partiel de l'&#233;conomie, mais aussi en raison du d&#233;sordre et de la perturbation des cha&#238;nes d'approvisionnement internationales et des cha&#238;nes de valeur capitalistes. En fait, les difficult&#233;s de relance de l'&#233;conomie seront importantes dans un contexte o&#249; l'activit&#233; du capital n'atteint pas de rentabilit&#233; suffisante dans de nombreux secteurs &#233;conomiques, sauf dans les secteurs qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la pand&#233;mie en raison des circonstances impos&#233;es par les pr&#233;cautions sanitaires (technologie, produits pharmaceutiques, distribution en ligne et &#224; domicile, travaux d'am&#233;nagement et &#233;quipements int&#233;rieurs des logements et des lieux de travail, certains secteurs alimentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G-20 : Taux de profit en %&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_5413 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH344/cb64ab76222d978d-053c705d-8712a.png?1717599027' width='500' height='344' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Source : Michael Roberts (&lt;a href=&#034;https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://thenextrecession.wordpress.com/2020/07/25/a-world-rate-of-profit-a-new-approach/&lt;/a&gt;)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;visions les plus r&#233;alistes contredisent clairement l'id&#233;e que les cons&#233;quences macro&#233;conomiques prendront la forme d'un &#171; V &#187;. Sa forme sera plut&#244;t similaire &#224; celle du logo de Nike, avec une chute profonde et une sortie lente [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes face &#224; un de ces &#233;v&#233;nements qui modifient la structure, tant en rompant les fragiles &#233;quilibres &#233;conomiques existants que par les nouvelles doctrines appliqu&#233;es. Sans remettre en cause l'ordre &#233;tabli, ces derni&#232;res vont d&#233;velopper ce que nous avons appel&#233; un n&#233;olib&#233;ralisme d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'intervention des institutions publiques appara&#238;t comme d&#233;cisive, prenant un r&#244;le novateur de premier plan, non pas tant en raison de l'inauguration d'une nouvelle relation avec le priv&#233;, mais en raison de sa proportion. Face &#224; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre aux besoins sanitaires, sociaux et d'emploi de la population, comme &#224; l'urgence d'une transition &#233;cologique du mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique et productif, en promouvant des investissements publics conformes &#224; ces objectifs, le financement public sera utilis&#233;. Par le biais de la &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Dette-970&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dette&lt;/a&gt; et de la fiscalit&#233; r&#233;gressive il sera parasit&#233; par les entreprises priv&#233;es, sous forme de pr&#234;ts bon march&#233; ou semi-garantis, d'aides directes et de march&#233;s publics selon des formules de partenariat public-priv&#233;, mettant les ressources publiques au service du profit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Seule une r&#233;ponse organis&#233;e du monde du travail &#8211; avec la n&#233;cessaire collaboration des mouvements sociaux et des forces politiques transformatrices audacieuses &#8211; sera en mesure de freiner les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la pand&#233;mie aggrave la crise pr&#233;existante, mais les mesures prises pour lui faire face peuvent conduire &#224; une intensification de la concentration des capitaux, en poussant les &#171; majors technologiques &#187; opaques et oligopolistiques et en verrouillant g&#233;opolitiquement les &#233;conomies face &#224; la guerre commerciale. La pand&#233;mie peut &#224; son tour ligoter le monde du travail, en le contraignant &#224; accepter des conditions de travail qui augmenteraient le taux d'exploitation [4] dans un contexte de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, d'extension du t&#233;l&#233;travail sans garantie de r&#233;glementation et de la poursuite des r&#233;formes du travail sans oublier l'introduction de nouvelles mesures n&#233;fastes concernant le droit au ch&#244;mage (mod&#232;le autrichien) et &#224; la retraite (augmentation de l'&#226;ge effectif de d&#233;part &#224; la retraite). Dans tous ces cas, il s'agit de conditions pr&#233;alables &#224; la r&#233;cup&#233;ration du taux de profit du capital, qui est l'objectif des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions sont sur la table. Seule une r&#233;ponse organis&#233;e du monde du travail &#8211; avec la n&#233;cessaire collaboration des mouvements sociaux et des forces politiques transformatrices audacieuses &#8211; sera en mesure de freiner les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e. C'est seulement en adoptant une perspective politique de d&#233;passement, fond&#233;e sur l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile d'en bas, que l'on pourra mettre en place un type de soci&#233;t&#233; et d'&#233;conomie r&#233;pondant aux besoins sociaux, sanitaires et &#224; ceux de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203; &lt;strong&gt;La camisole de force de l'architecture politique de l'UE&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de l'Union europ&#233;enne, malgr&#233; sa propagande et ses mythes fondateurs, n'est pas destin&#233;e &#224; prot&#233;ger ses citoyens en g&#233;n&#233;ral, et encore moins les classes populaires. Ses pierres angulaires sont la d&#233;fense de la libre circulation des capitaux et des marchandises et, &#233;ventuellement, la mobilit&#233; des personnes &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res quand cela est utile pour accro&#238;tre la rentabilit&#233; et la comp&#233;titivit&#233; de ses entreprises. Les aspects de coh&#233;sion qu'elle peut contenir sont loin de contrebalancer cette priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle que soit l'ampleur des injections de fonds de la BCE dans l'&#233;conomie, si les attentes de rentabilit&#233; sont faibles, cet argent alimentera les circuits de th&#233;saurisation ou de sp&#233;culation et, surtout, couvrira les grandes entreprises qui souffrent de passifs financiers peu solvables&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Align&#233;s sur le d&#233;veloppement d'une &#233;conomie capitaliste, ces principes &#8211; pratiquement irr&#233;formables apr&#232;s le trait&#233; de Maastricht et le trait&#233; sur le fonctionnement de l'UE &#8211; ont pris forme selon une formule institutionnelle consolid&#233;e dans un syst&#232;me intergouvernemental, o&#249; les politiques et les institutions europ&#233;ennes ne refl&#232;tent que ce qui est d&#233;cid&#233; par ses &#201;tats membres. Dans la pratique, ces d&#233;cisions sont prises par les grands pays de l'Eurogroupe, un organe informel et totalement antid&#233;mocratique. Pour que les changements soient &#233;tablis, les initiatives importantes requi&#232;rent l'unanimit&#233; ou une majorit&#233; qualifi&#233;e, ce qui aboutit souvent &#224; des coalitions de blocage (g&#233;n&#233;ralement celles des &#201;tats ordo-lib&#233;raux du centre de l'Europe et des pays scandinaves d'orientation n&#233;olib&#233;rale qui cherchent &#224; renverser leur tradition sociale-d&#233;mocrate, ou celles des &#201;tats d'orientation r&#233;actionnaire : les pays de l'Est du groupe de Visegr&#225;d). La proc&#233;dure formelle de prise de d&#233;cision institutionnelle commence par des propositions de la Commission europ&#233;enne. Cependant, le dernier mot revient au Conseil europ&#233;en. Le Parlement europ&#233;en peut &#224; peine corriger des aspects mineurs, jouant un r&#244;le de l&#233;gitimation politique dans un cadre tr&#232;s d&#233;limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce mod&#232;le de prise de d&#233;cision, l'UE assure un fonctionnement qui garantit que son orientation &#233;conomique continue sur pilotage automatique en cas d'absence d'accord et de nouveaux d&#233;veloppements. S'il y a des blocages, le fonctionnement se poursuit. Lorsqu'elle promeut des initiatives et des r&#233;formes, ce qui est assez souvent le cas, elle le fait en laissant ses principes pratiquement intacts, car ils doivent toujours &#234;tre respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE s'est dot&#233;e d'une architecture &#233;conomique qui consiste &#224; articuler :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; La &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/BCE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Banque centrale europ&#233;enne&lt;/a&gt; (BCE) soi-disant ind&#233;pendante (au service du syst&#232;me financier priv&#233; et des grandes entreprises) ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Un budget annuel europ&#233;en, de dimension d&#233;risoire et d&#233;croissante &#8211; contraint par le Cadre financier pluriannuel (CFP) pour des p&#233;riodes de 7 ans &#8211;, incapable de stimuler l'investissement et de mettre en place de v&#233;ritables m&#233;canismes de coh&#233;sion et de convergence ;&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC), les pactes fiscaux associ&#233;s et le &#171; semestre europ&#233;en &#187; [5] qui fixe l'obsession du contr&#244;le du d&#233;ficit et des d&#233;penses publiques, de m&#234;me qu'il emp&#234;che les r&#233;formes fiscales progressistes, au nom de la priorit&#233; du remboursement des dettes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est sous le sceau de la monnaie unique qui conduit &#224; une divergence, pour laquelle aucun m&#233;canisme substantiel de compensation ou de correction n'a &#233;t&#233; &#233;tabli, entre d'une part les pays centraux et, d'autre part, les pays du Sud et de l'Est. Ce qui fait de ces derniers une p&#233;riph&#233;rie d&#233;pendante et les pousse &#224; appliquer une politique de &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Devaluation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;valuation&lt;/a&gt; interne (r&#233;duction des salaires, des services publics et des droits sociaux et du droit du travail) comme moyen comp&#233;titif d'adaptation de leurs &#233;conomies [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cette politique favorise, d'une part, un formidable sauvetage des grandes entreprises priv&#233;es et, d'autre part, une concentration de capitaux sans pr&#233;c&#233;dent, car ce financement n'atteindra pas les entreprises se trouvant en dehors du r&#233;seau des soci&#233;t&#233;s transnationales&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE est le principal instrument de politique &#233;conomique de l'UE dans cette crise. Elle poursuit et approfondit la politique mon&#233;taire connue sous le nom d'assouplissement quantitatif. Il s'agit de formidables facilit&#233;s de cr&#233;dit, &#224; des &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Taux-d-interet&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;taux d'int&#233;r&#234;t&lt;/a&gt; r&#233;els n&#233;gatifs (et nominaux nuls) [7], auxquels seul le syst&#232;me financier priv&#233; a acc&#232;s, ainsi que de l'achat &#224; grande &#233;chelle &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Oligations&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'obligations&lt;/a&gt; d'entreprises priv&#233;es. Dans la p&#233;riode actuelle, outre la cr&#233;ation massive de monnaie pour l'achat &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Actif&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d'actifs&lt;/a&gt; et de facilit&#233;s de cr&#233;dit, il convient de souligner la possibilit&#233; d'acheter de la dette publique sur les march&#233;s secondaires, ce qui contribuera &#224; r&#233;duire les co&#251;ts financiers du secteur public, mais surtout sera une source de revenu pour les banques et pour ceux qui n&#233;gocient de gros volumes d'obligations publiques sur les &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Marche-financier&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;march&#233;s financiers&lt;/a&gt;. Les banques priv&#233;es qui contracteront des pr&#234;ts &#224; un taux r&#233;el n&#233;gatif aupr&#232;s de la BCE seront en mesure de faire des affaires car elles sont le seul acteur capable de financer le secteur public lors de l'&#233;mission prochaine des dettes, europ&#233;enne et des &#201;tats, qui devraient prendre des proportions sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te de la BCE, Christine Lagarde a mis en marche un v&#233;ritable bazooka charg&#233; de 750 milliards d'euros suppl&#233;mentaires, le fameux Fonds europ&#233;en de relance, qui s'ajoute aux programmes inaugur&#233;s lors de la crise pr&#233;c&#233;dente [8] et constitue une source de financement de plus grande dimension que le Fonds europ&#233;en &#171; Next Generation UE &#187;, puisqu'il s'agit de mobiliser un total de 1 400 milliards d'euros, sans la conditionnalit&#233; requise des gouvernements. Cette politique vise &#224; stimuler le cr&#233;dit pour l'investissement, afin d'att&#233;nuer les cons&#233;quences de la &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Recession&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;r&#233;cession&lt;/a&gt;. Cependant, comme nous l'avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, quelle que soit l'ampleur des injections de fonds de la BCE dans l'&#233;conomie, si les attentes de rentabilit&#233; sont faibles, cet argent alimentera les circuits de th&#233;saurisation ou de &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Speculation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sp&#233;culation&lt;/a&gt; et, surtout, couvrira les grandes entreprises qui souffrent de passifs financiers peu solvables [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette politique produise un all&#232;gement des taux d'int&#233;r&#234;t de la dette publique, elle favorise en pratique, d'une part, un formidable sauvetage des grandes entreprises priv&#233;es et, d'autre part, une concentration de capitaux sans pr&#233;c&#233;dent, car ce financement n'atteindra pas les entreprises se trouvant en dehors du r&#233;seau des soci&#233;t&#233;s transnationales. Il s'agit d'une politique mon&#233;taire sp&#233;cifique ultra-expansive, qui ne suit pas une vocation post-keyn&#233;sienne en raison de sa vocation claire de sauvetage et de financement du secteur priv&#233;. Elle n'est pas non plus comparable &#224; celle de la Banque d'Angleterre, qui a la souverainet&#233; sur la livre sterling, car elle ne va pas jusqu'&#224; mon&#233;tiser la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet de combiner un sauvetage financier des entreprises, en particulier des capitaux du centre de l'Europe, avec des facilit&#233;s financi&#232;res pour la p&#233;riph&#233;rie afin de soutenir les exportations des pays centraux, en maintenant, pendant un certain temps, le pouvoir d'achat des march&#233;s cibles. C'est ce que devaient penser Merkel et Macron lorsqu'ils ont chang&#233; d'avis sur le Fonds europ&#233;en de relance. Il est &#224; noter que les pays du Sud, en absence d'une banque publique propre et digne de ce nom, seront plus d&#233;pendants de ces financements, tant pour leurs entreprises que pour leurs &#201;tats. L'attitude soumise des gouvernements du Sud, align&#233;s sur la France et l'Allemagne, est frappante. Ils ont exclu la formation d'une coalition alternative avec une proposition propre, montrant une fois de plus leur faiblesse et leur absence de projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le budget europ&#233;en, aliment&#233; principalement par des contributions nationales en fonction de la taille &#233;conomique du pays, atteint une dimension relative tr&#232;s faible, encore plus apr&#232;s le d&#233;part du Royaume-Uni. Les budgets sont encadr&#233;s, avec des plafonds rigides, par le Cadre financier pluriannuel (CFP). En attente de sa ratification par le Parlement, le prochain CFP ne serait dot&#233; que de 1 074,3 milliards d'euros pour la p&#233;riode 2021-2027, un chiffre inf&#233;rieur aux 1 134,58 milliards qui &#233;taient la proposition de la Commission europ&#233;enne en f&#233;vrier 2020 (ce qui repr&#233;sentait d&#233;j&#224; &#224; peine 1,11 % du revenu national brut europ&#233;en) [10] et aussi inf&#233;rieur au CFP 2014-2020, qui s'&#233;levait &#224; 1,16 % du RNB europ&#233;en. Dans la version du Conseil, la plus restrictive des institutions europ&#233;ennes, le budget serait inf&#233;rieur &#224; 1,1 % du &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/PIB-Produit-interieur-brut&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;PIB&lt;/a&gt; de l'UE, y compris les r&#233;ductions dans les investissements dans la sant&#233;, la recherche ou la transition &#233;cologique. Il est probable qu'il sera l&#233;g&#232;rement plus &#233;lev&#233;, bien que de mani&#232;re symbolique, dans sa version finale, apr&#232;s les n&#233;gociations avec le Parlement europ&#233;en. Il s'agit d'une r&#233;duction en termes absolus [11], plus importante que pr&#233;vu, d'un CFP qui, ne l'oublions pas, comprenait d&#233;j&#224; une r&#233;duction de 12 % du Fonds de coh&#233;sion et de 14 % de la politique agricole commune [12].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;v&#233;nement sans pr&#233;c&#233;dent et signe de la gravit&#233; de la crise, le Pacte de stabilit&#233; et de croissance a &#233;t&#233; suspendu (peut-&#234;tre jusqu'en 2023), m&#234;me si son esprit continuera &#224; dominer et &#224; &#234;tre appliqu&#233; par le biais de l'instrument &#171; Semestre europ&#233;en&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me pilier de l'architecture &#233;conomique europ&#233;enne repose sur le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC). Cela implique des politiques visant &#224; limiter le d&#233;ficit public &#224; 3 % du PIB et la dette publique &#224; 60 % du PIB &#8211; politiques toujours beaucoup plus strictes pour les pays p&#233;riph&#233;riques que pour les pays centraux, qui ne s'y conforment g&#233;n&#233;ralement pas (ce qui d'habitude ne se dit pas). Rappelons que la dette publique moyenne dans l'UE atteint 80,7 % du PIB [13].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;v&#233;nement sans pr&#233;c&#233;dent et signe de la gravit&#233; de la crise, le PSC a &#233;t&#233; suspendu (peut-&#234;tre jusqu'en 2023), m&#234;me si son esprit continuera &#224; dominer et &#224; &#234;tre appliqu&#233; par le biais de l'instrument du &#171; Semestre europ&#233;en &#187;, qui surveille la politique macro&#233;conomique des &#201;tats membres dans les domaines fiscal, budg&#233;taire et macro&#233;conomique. Il va sans dire qu'une fois termin&#233;e, cette suspension temporaire (qui a d&#233;j&#224; plusieurs param&#232;tres diff&#233;rents dans les chapitres du d&#233;ficit et de la dette, suite &#224; un effondrement de la croissance et des recettes fiscales) se traduira vraisemblablement par une s&#233;rie de politiques publiques : des coupes et des ajustements dans les services publics ainsi que dans les droits sociaux et le droit du travail, et une probable augmentation des imp&#244;ts indirects, qui sont ceux qui nuisent le plus aux classes qui consacrent la plus grande partie de leurs revenus &#224; la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point culminant de cette architecture &#233;conomique n'est autre que la circulation de la monnaie unique. Ce syst&#232;me de taux de change irr&#233;vocablement fixe profite aux exportations des puissances du centre de l'Europe, qui voient ainsi leurs monnaies devenir moins ch&#232;res, et repr&#233;sente un co&#251;t suppl&#233;mentaire pour les pays dont la &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Balance-des-transactions-courantes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;balance des paiements&lt;/a&gt; est d&#233;ficitaire. C'est essentiellement la condition des p&#233;riph&#233;ries europ&#233;ennes, subordonn&#233;es dans la cha&#238;ne de valeur europ&#233;enne domin&#233;e par l'Allemagne et la France, avec une productivit&#233; plus faible. La monnaie unique, en l'absence d'une harmonisation fiscale progressive, d'une politique &#233;conomique commune forte et redistributive, ainsi que d'une politique de convergence r&#233;elle contribuant &#224; une politique commune de solidarit&#233; et &#224; la lutte contre le cycle &#233;conomique, provoque une divergence permanente qui accro&#238;t le foss&#233; entre les &#233;conomies, entre le capital transnational et national et entre les classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203; &lt;strong&gt; La r&#233;ponse des politiques europ&#233;ennes au Covid-19&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE a propos&#233; au moins quatre instruments, dont certains ne sont qu'une simple extension de certains pr&#233;existants, pour faire face &#224; la crise d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de noter que les chiffres vertigineux pr&#233;sent&#233;s par les institutions europ&#233;ennes ne sont que des estimations maximalistes du potentiel financier (qui suppose un effet multiplicateur d'injections en r&#233;alit&#233; moins importantes du capital). Il faut garder &#224; l'esprit qu'un investissement direct, une subvention pour une d&#233;pense ou un pr&#234;t n'ont pas le m&#234;me effet, et nous devons &#233;galement &#233;tudier la politique de fourniture de &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Garanties&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;garanties&lt;/a&gt; et d'avals pour l'&#233;mission d'obligations sur les march&#233;s financiers, les conditions d'acc&#232;s ou la destination de leur utilisation admissible. Les dits &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Instruments-financiers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;instruments financiers&lt;/a&gt; (qui fournissent des capitaux pour soutenir une &#233;mission d'obligations) offrent g&#233;n&#233;ralement un multiplicateur financier plus &#233;lev&#233;, d'o&#249; les chiffres spectaculaires, bien que dans la pratique ils se concr&#233;tisent rarement tels qu'ils &#233;taient annonc&#233;s. Cela pr&#233;suppose un jeu avec les banques, les sp&#233;culateurs et les entreprises, qui op&#232;rent avec un argent b&#233;n&#233;ficiant du soutien des ressources publiques, en laissant sur le chemin des commissions, des paiements de pr&#234;ts &#233;chus et des investissements publics pr&#233;f&#233;rentiels non r&#233;alis&#233;s. De plus, ceux qui en subissent les cons&#233;quences et ceux qui en b&#233;n&#233;ficient ne sont pas les m&#234;mes, car les pr&#234;ts entra&#238;nent des dettes et profitent g&#233;n&#233;ralement aux entreprises priv&#233;es qui peuvent y acc&#233;der en favorisant des solutions de march&#233; rentables. Parall&#232;lement, les subventions et les investissements publics directs sont g&#233;n&#233;ralement orient&#233;s vers des politiques qui ne sont pas n&#233;cessairement soumises aux entreprises priv&#233;es, sauf lorsqu'elles sont mobilis&#233;es par des formules de coop&#233;ration public-priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie, l'Union europ&#233;enne a initialement mis en place une aide financi&#232;re allant jusqu'&#224; 540 milliards qui d&#233;pendra en derni&#232;re instance des sollicitations des &#201;tats membres [14]. Il s'agissait de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Programmes par l'interm&#233;diaire de la Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI). Les &#201;tats fourniront 25 milliards suppl&#233;mentaires pour ce programme. En &#233;mettant des obligations sur les march&#233;s, garanties par ce capital public, ils pourraient b&#233;n&#233;ficier d'un effet multiplicateur allant jusqu'&#224; 200 milliards sous forme de pr&#234;ts garantis pour les entreprises au niveau europ&#233;en.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Programme SURE (soutien pour att&#233;nuer les risques de ch&#244;mage en cas d'urgence) : 100 milliards d'euros seront allou&#233;s pour couvrir les co&#251;ts salariaux r&#233;sultant de la cessation de l'activit&#233; &#233;conomique. Dans le cas espagnol, il pourrait servir &#224; &#171; couvrir l'ERTE &#187; [15] en le faisant entrer dans le cadre du financement du programme d'aide de l'UE pour le ch&#244;mage, soutenu par des garanties publiques des &#201;tats &#224; hauteur de 25 %. Ce programme n'a pas la vocation de devenir un syst&#232;me europ&#233;en de r&#233;assurance ch&#244;mage.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES), avec 240 milliards d'euros [16] des pr&#234;ts potentiels, et un maximum de 2 % du PIB pour chaque pays [17]. Ces pr&#234;ts sont soumis &#224; une conditionnalit&#233; par le biais d'un protocole d'accord et d'un contr&#244;le de la &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Troika-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764-764&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Tro&#239;ka&lt;/a&gt;, exigeant le respect de la discipline budg&#233;taire et des d&#233;penses. L'exp&#233;rience de la Gr&#232;ce en 2015, entre autres, est la plus connue. Tous les &#201;tats pourront y adh&#233;rer &#224; condition de consacrer l'argent aux questions li&#233;es aux soins de sant&#233;. Nous pensons que cette ressource sera utilis&#233;e une fois que les autres seront &#233;puis&#233;es, car c'est celle qui implique le plus d'engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Eurogroupe a conclu en juillet dernier un accord pour mobiliser un Fonds europ&#233;en de relance, appel&#233; Next Generation EU, qui, pour la premi&#232;re fois, utilisera le budget europ&#233;en comme garantie pour &#233;mettre une dette publique europ&#233;enne, pour un montant financier potentiel de 750 milliards d'euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cela, et en attendant la ratification et la sp&#233;cification du Parlement europ&#233;en et du Conseil europ&#233;en, l'Eurogroupe a conclu en juillet dernier un accord pour mobiliser un Fonds europ&#233;en de relance, appel&#233; &#171; Next Generation EU &#187;, qui, pour la premi&#232;re fois, utilisera le budget europ&#233;en comme garantie pour &#233;mettre une dette publique europ&#233;enne, pour un montant financier potentiel de 750 milliards d'euros. En d'autres termes, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un macro-instrument financier soutenu par le budget europ&#233;en, ce qui est une nouveaut&#233; par rapport &#224; l'ancien syst&#232;me intergouvernemental canalis&#233; par la Banque europ&#233;enne d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce montant, 390 milliards d'euros seront vers&#233;s sous forme de transferts, soit &#224; peine 0,7 % de la production &#233;conomique de l'UE sur trois ans [18]. Le reste serait sous forme de pr&#234;ts. Ils seront moins utilis&#233;s, voire plus tard, car la politique mon&#233;taire de la BCE permettra de se financer plus facilement et &#224; moindre co&#251;t sur les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enveloppes financi&#232;res du &#171; Next Generation EU &#187; seront organis&#233;es en programmes [19]. Il s'agira de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &#8226; Facilit&#233; pour la reprise et la r&#233;silience (RRF), qui sera le principal, avec un total de 672,5 milliards d'euros, dont 360 milliards d'euros de pr&#234;ts et 312,5 milliards d'euros de transferts. Il financerait des programmes d&#233;finis par le gouvernement au-del&#224; de l'approbation du reste des &#201;tats membres.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; REACT-EU (47,5 milliards d'euros) soutiendra des initiatives dont le profil est &#224; peine d&#233;fini et qui pourraient faire place &#224; des formules de capitalisme vert, profiter &#224; l'&#233;nergie et aux entreprises connexes ainsi qu'&#224; l'&#233;conomie num&#233;rique [20].&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Horizon Europe : 5 milliards d'euros pour des initiatives de recherche et scientifiques.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; InvestEU : 5,6 milliards d'euros pour promouvoir l'investissement, surtout priv&#233;, dans l'UE. L'exp&#233;rience montre que cela finance des investissements qui seraient faits de toute fa&#231;on, en se concentrant sur les &#233;conomies les plus rentables.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; D&#233;veloppement rural : 7,5 milliards d'euros.&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Fonds pour une transition juste (FTJ) : 10 milliards d'euros. Il encouragera les investissements publics et priv&#233;s con&#231;us dans le Pacte vert europ&#233;en, conform&#233;ment aux param&#232;tres du capitalisme vert critiqu&#233;s par Daniel Tanuro [21].&lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; RescEU : 1,9 milliard d'euros. Il s'agit d'un m&#233;canisme de protection civile qui, cette fois-ci, cherchera &#233;galement &#224; combler le manque d'&#233;quipements m&#233;dicaux, par la production, l'achat et le stockage centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les d&#233;penses d'utilit&#233; sociale, en mati&#232;re sanitaire et &#233;cologique, qui sont celles qui repr&#233;sentent une priorit&#233;, ne disposent que de 11,9 milliards d'euros pour l'ensemble de l'UE, et d'ailleurs sous une forme susceptible d'&#234;tre en grande partie n&#233;goci&#233;s par l'initiative priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les d&#233;penses d'utilit&#233; sociale, en mati&#232;re sanitaire et &#233;cologique, qui sont celles qui repr&#233;sentent une priorit&#233;, ne disposent que de 11,9 milliards d'euros pour l'ensemble de l'UE&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de nouvelles ressources propres, impos&#233;es pour financer le budget europ&#233;en, reste &#224; d&#233;cider. Il est question d'une taxe sur le plastique, sur des permis de polluer, de droits d'&#233;mission de carbone pour les entreprises importatrices, qui, selon le Conseil europ&#233;en, pourraient, au total, rapporter 31 milliards d'euros par an. Ils ne suffiront pas &#224; eux seuls, ne vont pas r&#233;soudre le probl&#232;me climatique et repr&#233;sentent des taxes r&#233;gressives. La taxe sur les transactions financi&#232;res, la taxe Google ou une certaine harmonisation de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s &#8211; qui seraient plus int&#233;ressantes, bien qu'insuffisantes et loin d'une fiscalit&#233; progressive ou d'une coop&#233;ration fiscale harmonis&#233;e [22] &#8211; sont plus s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds &#171; Next Generation EU &#187; permettra aux gouvernements de proposer leur programme &#233;conomique en vue d'un financement. La tro&#239;ka ne sera pas l&#224;, mais son esprit impr&#233;gnera toute l'initiative. Non seulement les institutions europ&#233;ennes devront le valider, mais il disposera &#233;galement d'un frein d'urgence que tout &#201;tat membre pourra activer s'il estime qu'un autre pays enfreint les principes de l'accord, c'est-&#224;-dire une combinaison entre la r&#233;activation priv&#233;e de l'&#233;conomie et la capacit&#233; &#224; rembourser les dettes. L'esprit de la tro&#239;ka ne sera pas incarn&#233; directement par la BCE, le &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/FMI,786&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FMI&lt;/a&gt; ou la Commission europ&#233;enne, mais il si&#233;gera dans chaque cabinet gouvernemental, s'autocensurant, ou sera ensuite contr&#244;l&#233; par le veto potentiel de l'un des gouvernements non favorables, comme les Pays-Bas ou l'Autriche, jaloux des principes d'aust&#233;rit&#233; dans les politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, non seulement on regardera autrement le non-respect des droits humains dans les pays du Club de Visegr&#225;d, comme la Hongrie ou la Pologne, mais les rabais sur les contributions au budget europ&#233;en accord&#233;s aux pays dominants (qui existaient d&#233;j&#224; sous la forme du fameux rabais britannique, aujourd'hui disparu) seront maintenus, afin qu'ils n'aient pas &#224; contribuer comme ils le devraient. Jusqu'&#224; 1124 millions d'euros par an ne seront plus vers&#233;s par les pays &#171; frugaux &#187;, ce qui a servi &#224; les persuader d'accepter ce fonds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Nous estimons le financement maximal de ces mesures &#224; 1 290 milliards d'euros, ce qui, ajout&#233; &#224; la politique de pr&#234;t et d'achat de la BCE, repr&#233;senterait un potentiel de 1 940 milliards d'euros&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, nous estimons le financement maximal de ces mesures &#224; 1 290 milliards d'euros, ce qui, ajout&#233; &#224; la politique de pr&#234;t et d'achat de la BCE, repr&#233;senterait un potentiel de 1 940 milliards d'euros [23]. En arrondissant, cela pourrait repr&#233;senter 13,9 % du PIB europ&#233;en, &#224; condition de consid&#233;rer que ces stimuli seront r&#233;partis sur pr&#232;s de six ans et qu'ils ne pourront probablement pas &#234;tre utilis&#233;s m&#234;me pendant la moiti&#233; de cette p&#233;riode. &#192; titre de comparaison, en variation annuelle au deuxi&#232;me trimestre 2020, le PIB de l'UE a chut&#233; de 14,4 % par rapport &#224; la m&#234;me p&#233;riode l'ann&#233;e derni&#232;re. La reprise de l'&#233;conomie sera donc lente. En d'autres termes, la politique publique europ&#233;enne est tr&#232;s loin de pouvoir faire face, tant par son ampleur que par son contenu, &#224; cette crise ou &#224; celles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8203; &lt;strong&gt; Les fonds europ&#233;ens, une manne pour la politique de l'&#201;tat ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'&#201;tat espagnol, qui pourra acc&#233;der &#224; 140 milliards d'euros sur six ans, dont 72,7 milliards de transferts [24]. C'est ce second montant qui sera obtenu en priorit&#233; et qui est le plus important. Il est significatif, mais tr&#232;s &#233;loign&#233; de ce qui est n&#233;cessaire, d'autant plus que toute la politique &#233;conomique d&#233;velopp&#233;e par le gouvernement &#8211; qui fera passer la dette publique &#224; au moins 115,6 % en 2021 soit vingt points de plus en un an &#8211; a confi&#233; sa couverture aux fonds europ&#233;ens. Le gouvernement a ainsi renonc&#233; &#224; une politique autonome, bas&#233;e sur une r&#233;forme fiscale progressive s&#233;rieuse (un imp&#244;t sur les grandes fortunes ou une forte augmentation du taux effectif de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s), sans promouvoir une politique d'investissement public solide dans la sant&#233;, l'&#233;ducation ou le changement de mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique, en se limitant &#224; des am&#233;liorations peu significatives et en abandonnant, par exemple, la r&#233;vision des engagements de la dette publique ou de l'article 135 de la Constitution [25].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La crise &#233;conomique, aggrav&#233;e par la pand&#233;mie, a g&#233;n&#233;r&#233; un tr&#232;s grave contexte de socialisation des pertes, des co&#251;ts du travail et des dettes priv&#233;es, faite dans le dos du Tr&#233;sor public&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que les politiques nationales attendent que les fonds europ&#233;ens couvrent leurs initiatives et qu'aucune politique budg&#233;taire ambitieuse n'est envisag&#233;e, on ne peut gu&#232;re s'attendre &#224; ce que le secteur public puisse faire face &#224; la crise &#233;conomique, &#233;nerg&#233;tique ou climatique. Et il n'en sera pas autrement en ce qui concerne cette crise provoqu&#233;e par la pand&#233;mie. Nous craignons fort que tout cela n'aboutisse qu'&#224; une combinaison de dette publique, de futures r&#233;ductions des services publics, d'ajustements salariaux, de ch&#244;mage et peut-&#234;tre de nouveaux imp&#244;ts indirects. Dans le domaine des politiques de sant&#233;, il est pr&#233;visible que la politique de coop&#233;ration public-priv&#233; sera approfondie, c'est-&#224;-dire le financement par l'argent public de la prestation de services priv&#233;s, qui est beaucoup utilis&#233; par des gouvernements r&#233;gionaux comme ceux de Madrid, de la Galice et, de plus en plus, de l'Andalousie. Compte tenu de ces circonstances, le temps viendra pour le domaine central : la remise en cause des acquis des travailleurs et des droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maigres ressources disponibles ne seront pas non plus utilis&#233;es pour une grande politique d'investissement public dans le domaine social et sanitaire, de soins, pour la transition &#233;nerg&#233;tique ou le changement du mod&#232;le de production. Les mesures de protection sociale propos&#233;es, m&#234;me si elles constituent un petit pas en avant du gouvernement espagnol, ne sont pas suffisantes, n'arrivent pas l&#224; o&#249; elles &#233;taient annonc&#233;es, ni ne r&#233;solvent les probl&#232;mes de fond. En absence d'une politique fiscale ou de la remise en cause des dettes, elles augmenteront la dette de la p&#233;riode suivante. Et les dettes d'aujourd'hui provoqueront demain des r&#233;ductions budg&#233;taires et la marchandisation du patrimoine commun, la pr&#233;carit&#233; des droits du travail, l'intensification du travail et l'in&#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les travailleuses et les travailleurs doivent faire irruption sur la sc&#232;ne, s'organiser, avoir confiance en tant que classe, tirer des le&#231;ons et pr&#233;senter une proposition de politique d&#233;mocratique qui implique de s'emparer des ressources &#233;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les privil&#232;ges de la minorit&#233; capitaliste et les politiques qui la servent ne seront pas combattues avec force, par des r&#233;glementations, des expropriations et la d&#233;mocratisation de secteurs entiers, la tendance sera celle-l&#224;, dans un contexte o&#249; le taux de ch&#244;mage monte en fl&#232;che et o&#249; le pouvoir de n&#233;gociation du monde du travail s'affaiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique, aggrav&#233;e par la pand&#233;mie, a g&#233;n&#233;r&#233; un tr&#232;s grave contexte de socialisation des pertes, des co&#251;ts du travail et des dettes priv&#233;es, faite dans le dos du Tr&#233;sor public. L'interruption du pacte de stabilit&#233; est temporaire. Une fois la crise sanitaire pass&#233;e, la p&#233;riode d'exception termin&#233;e et le pacte de stabilit&#233; et de croissance &#224; nouveau applicable, la Tro&#239;ka ou une politique &#233;quivalente reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'un fonds de solidarit&#233; suffisant, par exemple un grand fonds souverain supranational commun et redistributif, pour promouvoir une politique d'investissement public ax&#233;e sur le domaine social et sanitaire et sur un changement de mod&#232;le de production, la crise sera forte et durable, et l'augmentation de la dette publique implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, les classes travailleuses ne peuvent pas continuer &#224; faire confiance &#224; ceux qui sont pris au pi&#232;ge de leurs horizons &#233;troits, de la peur, de la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des classes populaires et de la pauvret&#233; de leurs id&#233;es et qui n'organisent pas la soci&#233;t&#233; civile face aux d&#233;fis auxquels elle est confront&#233;e, en termes de transformation. Les travailleuses et les travailleurs doivent faire irruption sur la sc&#232;ne, s'organiser, avoir confiance en tant que classe, tirer des le&#231;ons et pr&#233;senter une proposition de politique d&#233;mocratique qui implique de s'emparer des ressources &#233;conomiques sur les lieux de travail, la sph&#232;re publique et les biens communs et de les diriger d'une mani&#232;re solidaire, durable, inclusive et alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Face &#224; cette situation, la conception de l'architecture institutionnelle, d&#233;cisionnelle et &#233;conomique de l'UE doit &#234;tre remise en question&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes confront&#233;s &#224; la plus grande crise que le fonctionnement du capitalisme ait jamais connue. Face &#224; cette situation, la conception de l'architecture institutionnelle, d&#233;cisionnelle et &#233;conomique de l'UE doit &#234;tre remise en question. Il n'y a pas d'autre solution que de construire une alliance tant au niveau &#233;tatique qu'international pour r&#233;aliser des solutions coop&#233;ratives favorables aux classes populaires, &#224; la sant&#233; publique et &#224; la biosph&#232;re, en d&#233;sob&#233;issant dans chaque pays aux trait&#233;s europ&#233;ens qui bloquent de telles solutions. Il faudra le faire en marge des institutions europ&#233;ennes telles qu'elles sont d&#233;finies, en les d&#233;bordant et en construisant des institutions qui les d&#233;passent, partout o&#249; cela est possible, en commen&#231;ant peut-&#234;tre par les peuples p&#233;riph&#233;riques en large alliance avec les classes travailleuses, organis&#233;es et solidaires, o&#249; qu'elles se trouvent.&lt;br class='autobr' /&gt;
Traduit de l'espagnol par JM et ET&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8203; &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8203; &lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#201;ric Toussaint, &#171; La pand&#233;mie du capitalisme, le coronavirus et la crise &#233;conomique &#187;, Inprecor n&#176; 672/673 de mars-avril 2020. &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/La-Pandemie-du-Capitalisme-le-Coronavirus-et-la-crise-economique&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.cadtm.org/La-Pandemie-du-Capitalisme-le-Coronavirus-et-la-crise-economique&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[2] Pas seulement la dette publique des &#201;tats membres, mais aussi la dette publique europ&#233;enne, car la BCE avait, fin 2018, rachet&#233; pour 2 100 milliards &#8364; de dette souveraine des divers pays (en fonction de leur poids dans l'&#233;conomie) dans le cadre des programmes d'assouplissement quantitatif. Cette dette devra &#234;tre ajout&#233;e &#224; celle &#233;mise par le nouveau Fonds de relance.&lt;br class='autobr' /&gt;
[3] Mats Lucia et Daniel Albarrac&#237;n, &#171; El virus de la obediencia a la arquitectura econ&#243;mica europea &#187; &lt;a href=&#034;https://vientosur.info/spip.php?article15900 (22/04/2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/spip.php?article15900&#160;(22/04/2020&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[4] N'oublions pas que l'UE, en tant que march&#233;, est &#233;cras&#233;e par l'emprise de la guerre commerciale entre les &#201;tats-Unis et la Chine, et que la seule voie qui semble &#234;tre tent&#233;e est celle de l'augmentation du taux d'exploitation du travail, apr&#232;s l'&#233;chec d'autres politiques au sein du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
[5] Introduit en 2010, en plein c&#339;ur de la crise commenc&#233;e en 2008, le &#171; semestre europ&#233;en &#187; est un m&#233;canisme de contr&#244;le des budgets et des projets de r&#233;formes des &#201;tats membres. Dans ce cadre, la Commission europ&#233;enne exerce une activit&#233; de surveillance et de recommandations. &#192; propos de ces derni&#232;res, Tom Kucharz a &#233;crit : &#171; Entre 2011 et 2018, il a recommand&#233; 105 fois aux &#201;tats membres de l'UE de r&#233;duire les pensions et 50 fois de prendre des mesures contre les augmentations de salaire. &#192; 63 reprises, la Commission a m&#234;me appel&#233; &#224; des coupes et &#224; la privatisation du syst&#232;me de soins de sant&#233; &#187;. (Tom Kucharz, &#171; La Troika, sentada en el Consejo de Ministros &#187;. &lt;a href=&#034;https://www.elsaltodiario.com/opinion/tom-kucharz-troika-sentada-consejo-ministros-acuerdo-recuperacion-next-generation (23/07/2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elsaltodiario.com/opinion/tom-kucharz-troika-sentada-consejo-ministros-acuerdo-recuperacion-next-generation&#160;(23/07/2020&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[6] Il est int&#233;ressant de noter que les tribunaux allemands sont d'avis contraire, d&#233;clarant que le capital allemand a des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els plus &#233;lev&#233;s que les pays p&#233;riph&#233;riques, qui ont une inflation plus &#233;lev&#233;e. Il faut dire que les tribunaux allemands et la Bundesbank refl&#232;tent ici les int&#233;r&#234;ts des grands capitalistes allemands op&#233;rant sur son march&#233; national, et non sur le march&#233; europ&#233;en, et il va sans dire que ce pr&#233;tendu dommage, manifestement mineur, est compens&#233; par les avantages qu'elle apporte aux capitaux allemands tourn&#233;s vers l'exportation en Europe.&lt;br class='autobr' /&gt;
[7] De plus, les banques peuvent avoir acc&#232;s &#224; des cr&#233;dits &#224; long terme de la BCE &#224; un taux nominal n&#233;gatif de -1% (Note d'Eric Toussaint)&lt;br class='autobr' /&gt;
[8] D. Albarrac&#237;n et M. Lucia, &#171; &#191;Del plan Marshall so&#241;ado a la farsa de los Pactos de la Moncloa ? &#187; &lt;a href=&#034;https://vientosur.info/del-plan-marshall-sonado-a-la-farsa-de-los-pactos-de-la-moncloa/ (23/04/2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/del-plan-marshall-sonado-a-la-farsa-de-los-pactos-de-la-moncloa/&#160;(23/04/2020&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[9] La dette priv&#233;e des entreprises repr&#233;sente d&#233;j&#224; 110 % du PIB de la zone euro (Michel Husson, &#171; L'&#233;conomie mondiale en plein chaos &#187;, &#192; l'encontre, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/economie/leconomie-mondiale-en-plein-chaos.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/economie/leconomie-mondiale-en-plein-chaos.html&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[10] Il faut tenir compte du fait que si le PIB quantifie la production totale r&#233;alis&#233;e dans un espace &#233;conomique ind&#233;pendamment de la r&#233;sidence du facteur productif qui la g&#233;n&#232;re, le RNB, au contraire, n'inclut que les produits ou services obtenus par les facteurs productifs r&#233;sidant dans le pays.&lt;br class='autobr' /&gt;
[11] Il convient de noter qu'en termes relatifs, il va &#234;tre difficile d'en estimer le poids dans l'&#233;conomie europ&#233;enne, car le revenu national brut europ&#233;en pour les prochaines ann&#233;es est difficile &#224; estimer et pourrait subir une baisse notable en raison de la d&#233;pression que nous traversons.&lt;br class='autobr' /&gt;
[12] Nous ne devons pas oublier que le nouveau budget pr&#233;voit des fonds pour la s&#233;curit&#233; et la militarisation de l'Europe : 23 milliards d'euros suppl&#233;mentaires pour la fermeture des fronti&#232;res ext&#233;rieures et 20 milliards d'euros suppl&#233;mentaires pour l'industrie de l'armement (cf. l'article de T. Kucharz mentionn&#233; en note 5).&lt;br class='autobr' /&gt;
[13] L'Allemagne &#171; sera endett&#233;e &#224; hauteur de 118,7 milliards de plus que ce que permet la r&#232;gle budg&#233;taire ancr&#233;e dans la Constitution allemande. En outre, la dette allemande atteindra 77 % du PIB en 2020, ce qui est nettement sup&#233;rieur &#224; la limite de 60 % d&#233;finie dans le pacte de stabilit&#233; de l'Union europ&#233;enne &#187; (T. Kucharz, op. cit. note 5).&lt;br class='autobr' /&gt;
[14] D. Albarrac&#237;n et M. Lucia, op. cit. note 7.&lt;br class='autobr' /&gt;
[15] Expediente de Regulaci&#243;n Temporal de Empleo (ERTE) est une proc&#233;dure permettant &#224; une entreprise de suspendre l'emploi d'un ou des travailleurs dans une situation exceptionnelle, sans forcement les licencier. Le salaire est alors compens&#233; &#224; 70 % par une allocation de ch&#244;mage durant au maximum 180 jours.&lt;br class='autobr' /&gt;
[16] Ce montant a &#233;t&#233; donn&#233; en mars 2020. Cf. : D. Albarrac&#237;n, &#171; &#191;Qu&#233; es el MEDE y porqu&#233; debiera importarnos ? &#187; ; &lt;a href=&#034;https://poderpopular.info/2020/04/15/que-es-el-mede-y-por-que-deberia-importarnos/ (15/04/2020&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://poderpopular.info/2020/04/15/que-es-el-mede-y-por-que-deberia-importarnos/&#160;(15/04/2020&lt;/a&gt;).&lt;br class='autobr' /&gt;
[17] Le MES dispose d'un capital de 80 milliards, ce qui lui a permis jusqu'&#224; pr&#233;sent d'&#233;mettre des obligations avec un potentiel de pr&#234;t allant jusqu'&#224; 500 milliards d'euros.&lt;br class='autobr' /&gt;
[18] T. Kucharz, op. cit. note 5.&lt;br class='autobr' /&gt;
[19] Cf. : &lt;a href=&#034;https://www.consilium.europa.eu/media/45109/210720-euco-final-conclusions-en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.consilium.europa.eu/media/45109/210720-euco-final-conclusions-en.pdf&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[20] L'&#233;conomie num&#233;rique repr&#233;sente un &#233;ventail disparate d'initiatives align&#233;es sur les nouvelles technologies, l'automatisation, le t&#233;l&#233;travail, la robotisation et d'autres formules de la &#171; quatri&#232;me r&#233;volution industrielle &#187; qui, soit dit en passant, implique une consommation d'&#233;nergie impossible &#224; assumer en termes g&#233;n&#233;raux dans le contexte de la crise &#233;nerg&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
[21] Cf. Daniel Tanuro, l'Impossible capitalisme vert, La D&#233;couverte, Paris 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
[22] D. Albarrac&#237;n, A. Merlo et M. Lucia, &#171; Cooperaci&#243;n fiscal armonizada y auditor&#237;as de la deuda, un nuevo concepto solidario para una nueva Europa &#187; : &lt;a href=&#034;https://rebelion.org/cooperacion-fiscal-armonizada-y-auditorias-de-la-deuda-un-nuevo-concepto-solidario-para-una-nueva-europa-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebelion.org/cooperacion-fiscal-armonizada-y-auditorias-de-la-deuda-un-nuevo-concepto-solidario-para-una-nueva-europa-2/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[23] A noter que le 16 novembre 2020, la Hongrie et la Pologne ont &#233;mis leur v&#233;to pour bloquer le budget de l'UE et le plan de relance post-Covid. Voir L'Echo, &#171; La Hongrie et la Pologne bloquent le budget de l'UE et le plan de relance post-Covid &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.lecho.be/economie-politique/europe/general/la-hongrie-et-la-pologne-bloquent-le-budget-de-l-ue-et-le-plan-de-relance-post-covid/10265507.html (note&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.lecho.be/economie-politique/europe/general/la-hongrie-et-la-pologne-bloquent-le-budget-de-l-ue-et-le-plan-de-relance-post-covid/10265507.html&#160;(note&lt;/a&gt; d'Eric Toussaint)&lt;br class='autobr' /&gt;
[24] S. Hern&#225;ndez-Ranera, &#171; Espa&#241;a obtendr&#225; 140 000 millones en ayudas de la UE : &#8220;La cuesti&#243;n es si ser&#225; suficiente&#8221; &#187;, &lt;a href=&#034;https://mundo.sputniknews.com/economia/202007211092143632-espana-obtendra-140000-millones-en-ayudas-de-la-ue-la-cuestion-es-si-sera-suficiente/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mundo.sputniknews.com/economia/202007211092143632-espana-obtendra-140000-millones-en-ayudas-de-la-ue-la-cuestion-es-si-sera-suficiente/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
[25] L'article 135 de la Constitution de l'&#201;tat espagnol a &#233;t&#233; modifi&#233; en septembre 2011 &#224; l'initiative du gouvernement de Jos&#233; Lu&#237;s Rodriguez Zapatero (PSOE), avec le soutien du Parti populaire de Mariano Rajoy, faisant du remboursement de la dette une &#171; priorit&#233; absolue &#187; (article 135.3). Voir &#224; ce sujet : J&#233;r&#244;me Duval et F&#225;tima Mart&#237;n, &#171; Le changement constitutionnel du PSOE qui nous soumet &#224; l'esclavage de la dette est ill&#233;gal &#187; : httpq ://cadtm.org/Le-changement-constitutionnel-du&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8203; Auteur.e&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Daniel Albarrac&#237;n , &#233;conomiste et sociologue, collaborateur de la revue Viento Sur, est militant d'Anticapitalistas dans l'&#201;tat espagnol).&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La crise d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie et l'&#233;conomie politique de l'UE</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-crise-declenchee-par-la-pandemie-et-l-economie-politique-de-l-UE</link>
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		<dc:date>2020-10-27T11:51:18Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-10-27</dc:subject>

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&lt;p&gt;Cet article aborde la crise pand&#233;mique du point de vue de l'&#233;conomie politique et, en particulier, des d&#233;cisions fondamentales prises par l'Union europ&#233;enne, dont les mesures devront prendre une forme pr&#233;cise une fois que sa proc&#233;dure institutionnelle aura &#233;t&#233; achev&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; dans le no d'Inprecor 677-678 d'ao&#251;t-septembre-octobre &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Daniel Albarrac&#237;n* &lt;br class='autobr' /&gt;
Pand&#233;mie ou d&#233;clenchement d'une crise latente ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La pand&#233;mie de Covid-19 a submerg&#233; notre esp&#232;ce en raison du choc qu'elle a caus&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-10-27-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-10-27&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton45295-07d6c.jpg?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article aborde la crise pand&#233;mique du point de vue de l'&#233;conomie politique et, en particulier, des d&#233;cisions fondamentales prises par l'Union europ&#233;enne, dont les mesures devront prendre une forme pr&#233;cise une fois que sa proc&#233;dure institutionnelle aura &#233;t&#233; achev&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; dans le no d'Inprecor 677-678 d'ao&#251;t-septembre-octobre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Daniel Albarrac&#237;n*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pand&#233;mie ou d&#233;clenchement d'une crise latente ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie de Covid-19 a submerg&#233; notre esp&#232;ce en raison du choc qu'elle a caus&#233; &#224; la sant&#233; publique, mais plus encore en raison de la profondeur de la d&#233;pression &#233;conomique qu'elle a d&#233;clench&#233;e, provoquant une catastrophe sociale qui nous plonge dans l'incertitude. Cette crise, aggrav&#233;e et acc&#233;l&#233;r&#233;e par la pand&#233;mie, se situe dans un contexte o&#249; les sympt&#244;mes d'&#233;puisement du cycle &#233;conomique capitaliste, bref et fragile, faussement sorti de la crise de 2008, se sont manifest&#233;s au pr&#233;alable (1). La pand&#233;mie a augment&#233; la dimension de ses fardeaux : faible rentabilit&#233;, &#233;puisement de la croissance de la productivit&#233;, endettement &#233;lev&#233; &#8211; d'abord priv&#233; puis public (2) &#8211;, investissements inutiles, ch&#244;mage &#233;lev&#233; et mod&#232;le de travail instable et disciplinaire, mod&#232;le de production fond&#233; sur l'&#233;nergie fossile, services publics r&#233;duits voire partiellement privatis&#233;s, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la pand&#233;mie donne &#224; cette crise sa propre forme, non seulement en raison de la mise en place de mesures de confinement partiel de l'&#233;conomie, mais aussi en raison du d&#233;sordre et de la perturbation des cha&#238;nes d'approvisionnement internationales et des cha&#238;nes de valeur capitalistes. En fait, les difficult&#233;s de relance de l'&#233;conomie seront importantes dans un contexte o&#249; le capital n'attend pas de rentabilit&#233; dans de nombreux secteurs &#233;conomiques, sauf dans les secteurs qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de la pand&#233;mie en raison des circonstances impos&#233;es par les pr&#233;cautions sanitaires (technologie, produits pharmaceutiques, distribution en ligne et &#224; domicile, r&#233;formes immobili&#232;res, certains secteurs alimentaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pr&#233;visions les plus r&#233;alistes contredisent clairement l'id&#233;e que les cons&#233;quences macro&#233;conomiques prendront la forme d'un &#171; V &#187;. Sa forme sera plut&#244;t similaire &#224; celle du logo de Nike, avec une chute profonde et une sortie lente (3).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes face &#224; un de ces &#233;v&#233;nements qui modifient la structure, tant en rompant les fragiles &#233;quilibres &#233;conomiques existants que par les nouvelles doctrines appliqu&#233;es. Sans remettre en cause l'ordre &#233;tabli, ces derni&#232;res vont d&#233;velopper ce que nous avons appel&#233; un n&#233;olib&#233;ralisme d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que l'intervention des institutions publiques appara&#238;t comme d&#233;cisive, prenant un r&#244;le novateur de premier plan, non pas tant en raison de l'inauguration d'une nouvelle relation avec le priv&#233;, mais en raison de sa proportion. Face &#224; la n&#233;cessit&#233; de r&#233;pondre aux besoins sanitaires, sociaux et d'emploi de la population, comme &#224; l'urgence d'une transition &#233;cologique du mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique et productif, en promouvant des investissements publics conformes &#224; ces objectifs, le financement public sera utilis&#233;. Par le biais de la dette et de la fiscalit&#233; r&#233;gressive il sera parasit&#233; par les entreprises priv&#233;es, sous forme de pr&#234;ts bon march&#233; ou semi-garantis, d'aides directes et de march&#233;s publics selon des formules de partenariat public-priv&#233;, mettant les ressources publiques au service du profit priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non seulement la pand&#233;mie aggrave la crise pr&#233;existante, mais les mesures prises pour lui faire face peuvent conduire &#224; une intensification de la concentration des capitaux, en poussant les &#171; majors technologiques &#187; opaques et oligopolistiques et en verrouillant g&#233;opolitiquement les &#233;conomies face &#224; la guerre commerciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pand&#233;mie peut &#224; son tour ligoter le monde du travail, en le contraignant &#224; accepter des conditions de travail qui augmenteraient le taux d'exploitation (4) dans un contexte de ch&#244;mage &#233;lev&#233;, d'extension du t&#233;l&#233;travail sans garantie de r&#233;glementation et de la poursuite des r&#233;formes du travail sans oublier l'introduction de nouvelles mesures n&#233;fastes concernant le droit au ch&#244;mage (mod&#232;le autrichien) et &#224; la retraite (augmentation de l'&#226;ge effectif de d&#233;part &#224; la retraite). Dans tous ces cas, il s'agit de conditions pr&#233;alables &#224; la r&#233;cup&#233;ration du taux de rendement du capital, qui est l'objectif des classes dominantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions sont sur la table. Seule une r&#233;ponse organis&#233;e du monde du travail &#8211; avec la n&#233;cessaire collaboration des mouvements sociaux et des forces politiques transformatrices audacieuses &#8211; sera en mesure de freiner les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; privil&#233;gi&#233;e. C'est seulement en adoptant une perspective politique de d&#233;passement, fond&#233;e sur l'organisation de la soci&#233;t&#233; civile, que l'on pourra mettre en place un type de soci&#233;t&#233; et d'&#233;conomie r&#233;pondant aux besoins sociaux, sanitaires et &#224; ceux de notre plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bouclier de l'architecture politique de l'UE&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La conception de l'Union europ&#233;enne, malgr&#233; sa propagande et ses mythes fondateurs, n'est pas destin&#233;e &#224; prot&#233;ger ses citoyens en g&#233;n&#233;ral, et encore moins ses classes ouvri&#232;res. Ses pierres angulaires sont la d&#233;fense de la libre circulation des capitaux et des marchandises et, &#233;ventuellement, la mobilit&#233; des personnes &#224; l'int&#233;rieur de ses fronti&#232;res quand cela est utile pour accro&#238;tre la rentabilit&#233; et la comp&#233;titivit&#233; de ses entreprises. Les aspects de coh&#233;sion qu'elle peut contenir sont loin de contrebalancer cette priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Align&#233;s sur le d&#233;veloppement d'une &#233;conomie capitaliste, ces principes &#8211; pratiquement irr&#233;formables apr&#232;s le trait&#233; de Maastricht et le trait&#233; sur le fonctionnement de l'UE &#8211; ont pris forme selon une formule institutionnelle consolid&#233;e dans un syst&#232;me intergouvernemental, o&#249; les politiques et les institutions europ&#233;ennes ne refl&#232;tent que ce qui est d&#233;cid&#233; par ses &#201;tats membres. Dans la pratique, ces d&#233;cisions sont prises par les grands pays de l'Eurogroupe, un organe hors-la-loi et totalement antid&#233;mocratique. Pour que les changements soient &#233;tablis, les initiatives importantes requi&#232;rent l'unanimit&#233; ou une majorit&#233; qualifi&#233;e, ce qui aboutit souvent &#224; des coalitions de blocage (g&#233;n&#233;ralement celles des &#201;tats ordo-lib&#233;raux du centre de l'Europe et des pays scandinaves d'orientation n&#233;olib&#233;rale qui cherchent &#224; renverser leur tradition sociale-d&#233;mocrate, ou celles des &#201;tats d'orientation r&#233;actionnaire : les pays de l'Est du groupe de Visegr&#225;d). La proc&#233;dure formelle de prise de d&#233;cision institutionnelle commence par des propositions de la Commission europ&#233;enne. Cependant, le dernier mot revient au Conseil europ&#233;en. Le Parlement europ&#233;en peut &#224; peine corriger des aspects mineurs, jouant un r&#244;le de l&#233;gitimation politique dans un cadre tr&#232;s d&#233;limit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec ce mod&#232;le de prise de d&#233;cision, l'UE assure un fonctionnement qui garantit que son orientation &#233;conomique continue sur pilotage automatique en cas d'absence d'accord et de nouveaux d&#233;veloppements. S'il y a des blocages, le fonctionnement se poursuit. Lorsqu'elle promeut des initiatives et des r&#233;formes, ce qui est assez souvent le cas, elle le fait en laissant ses principes pratiquement intacts, car ils doivent toujours &#234;tre respect&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE s'est dot&#233;e d'une architecture &#233;conomique qui consiste &#224; articuler :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La Banque centrale europ&#233;enne (BCE) soi-disant ind&#233;pendante (au service du syst&#232;me financier priv&#233; et des grandes entreprises) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Un budget annuel europ&#233;en, de dimension d&#233;risoire et d&#233;croissante &#8211; contraint par le Cadre financier pluriannuel (CFP) pour des p&#233;riodes de 7 ans &#8211;, incapable de stimuler l'investissement et de mettre en place de v&#233;ritables m&#233;canismes de coh&#233;sion et de convergence ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC), les pactes fiscaux associ&#233;s et le &#171; semestre europ&#233;en &#187; (5) qui fixe l'obsession du contr&#244;le du d&#233;ficit et des d&#233;penses publiques, de m&#234;me qu'il emp&#234;che les r&#233;formes fiscales progressistes, au nom de la priorit&#233; au remboursement des dettes publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est sous le sceau de la monnaie unique qui conduit &#224; une divergence, pour laquelle aucun m&#233;canisme substantiel de compensation ou de correction n'a &#233;t&#233; &#233;tabli, entre d'une part les pays centraux et, d'autre part, les blocs du Sud et de l'Est. Ce qui fait de ces derniers une p&#233;riph&#233;rie d&#233;pendante et les pousse &#224; appliquer une politique de d&#233;valuation interne (r&#233;duction des salaires, des services publics et des droits sociaux et du droit du travail) comme moyen comp&#233;titif d'adaptation de leurs &#233;conomies (6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BCE est le principal instrument de politique &#233;conomique de l'UE dans cette crise. Elle poursuit et approfondit la politique mon&#233;taire connue sous le nom d'assouplissement quantitatif. Il s'agit de formidables facilit&#233;s de cr&#233;dit, &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els n&#233;gatifs (et nominaux nuls), auxquels seul le syst&#232;me financier priv&#233; a acc&#232;s, ainsi que de l'achat &#224; grande &#233;chelle d'obligations d'entreprises priv&#233;es. Dans la p&#233;riode actuelle, outre la cr&#233;ation massive de monnaie pour l'achat d'actifs et de facilit&#233;s de cr&#233;dit, il convient de souligner la possibilit&#233; d'acheter de la dette publique sur les march&#233;s secondaires, ce qui contribuera &#224; r&#233;duire les co&#251;ts financiers du secteur public, mais surtout sera une source de n&#233;goce pour les banques et pour ceux qui n&#233;gocient de gros volumes d'obligations publiques sur les march&#233;s financiers. Les banques priv&#233;es qui contracteront des pr&#234;ts &#224; un taux r&#233;el n&#233;gatif aupr&#232;s de la BCE seront en mesure de faire des affaires car elles sont les seuls acteurs capables de financer le secteur public lors de l'&#233;mission prochaine des dettes, europ&#233;enne et des &#201;tats, qui devraient prendre des proportions sans pr&#233;c&#233;dent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la t&#234;te de la BCE, Christine Lagarde a mis en marche un v&#233;ritable bazooka charg&#233; de 750 milliards d'euros suppl&#233;mentaires, le fameux Fonds europ&#233;en de relance, qui s'ajoute aux programmes inaugur&#233;s lors de la crise pr&#233;c&#233;dente (7) et constitue une source de financement de plus grande dimension que le Fonds europ&#233;en &#171; Next Generation UE &#187;, puisqu'il s'agit de mobiliser un total de 1,4 trillion d'euros, sans la conditionnalit&#233; requise des gouvernements. Cette politique vise &#224; stimuler le cr&#233;dit pour l'investissement, afin d'att&#233;nuer les cons&#233;quences de la r&#233;cession. Cependant, comme nous l'avons vu au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, quelle que soit l'ampleur des injections de fonds de la BCE dans l'&#233;conomie, si les attentes de rentabilit&#233; sont faibles, cet argent alimentera les circuits de th&#233;saurisation ou de sp&#233;culation et, surtout, couvrira les grandes entreprises qui souffrent de passifs financiers peu solvables (8).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que cette politique produise un all&#232;gement des taux d'int&#233;r&#234;t de la dette publique, elle favorise en pratique, d'une part, un formidable sauvetage des grandes entreprises priv&#233;es et, d'autre part, une concentration de capitaux sans pr&#233;c&#233;dent, car ce financement n'atteindra pas les entreprises se trouvant en dehors du r&#233;seau des soci&#233;t&#233;s transnationales. Il s'agit d'une politique mon&#233;taire sp&#233;cifique ultra-expansive, qui ne suit pas une vocation post-keyn&#233;sienne en raison de sa vocation claire de sauvetage et de financement du secteur priv&#233;. Elle n'est pas non plus comparable &#224; celle de la Banque d'Angleterre, qui a la souverainet&#233; sur la livre sterling, car elle ne va pas jusqu'&#224; mon&#233;tiser la dette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela permet de combiner un sauvetage financier des entreprises, en particulier des capitaux du centre de l'Europe, avec des facilit&#233;s financi&#232;res pour la p&#233;riph&#233;rie afin de soutenir les exportations des pays centraux, en maintenant, pendant un certain temps, le pouvoir d'achat des march&#233;s cibles. C'est ce que devaient penser Merkel et Macron lorsqu'ils ont chang&#233; d'avis sur le Fonds europ&#233;en de relance. Il est &#224; noter que les pays du Sud, en absence d'une banque publique propre et digne de ce nom, seront plus d&#233;pendants de ces financements, tant pour leurs entreprises que pour leurs &#201;tats. L'attitude soumise des gouvernements du Sud, align&#233;s sur la France et l'Allemagne, est frappante. Ils ont exclu la formation d'une coalition alternative avec une proposition propre, montrant une fois de plus leur faiblesse et leur absence de projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa part, le budget europ&#233;en, aliment&#233; principalement par des contributions nationales en fonction de la taille &#233;conomique du pays, atteint une dimension relative tr&#232;s faible, encore plus apr&#232;s le d&#233;part du Royaume-Uni. Les budgets sont encadr&#233;s, avec des plafonds rigides, par le Cadre financier pluriannuel (CFP). En attente de sa ratification par le Parlement, le prochain CFP ne serait dot&#233; que de 1.074,3 milliards d'euros pour la p&#233;riode 2021-2027, un chiffre inf&#233;rieur aux 1.134,58 milliards qui &#233;taient la proposition de la Commission europ&#233;enne en f&#233;vrier 2020 (ce qui repr&#233;sentait d&#233;j&#224; &#224; peine 1,11 % du revenu national brut europ&#233;en) (9) et aussi inf&#233;rieur au CFP 2014-2020, qui s'&#233;levait &#224; 1,16 % du RNB europ&#233;en. Dans la version du Conseil, la plus restrictive des institutions europ&#233;ennes, le budget ne d&#233;passerait pas 1,074 % du PIB de l'UE, y compris les r&#233;ductions dans les investissements dans la Sant&#233;, la recherche ou la transition &#233;cologique. Il est probable qu'il sera l&#233;g&#232;rement plus &#233;lev&#233;, bien que de mani&#232;re symbolique, dans sa version finale, apr&#232;s les n&#233;gociations avec le Parlement europ&#233;en. Il s'agit d'une r&#233;duction en termes absolus (10), plus importante que pr&#233;vu, d'un CFP qui, ne l'oublions pas, comprenait d&#233;j&#224; une r&#233;duction de 12 % du Fonds de coh&#233;sion et de 14 % de la politique agricole commune (11).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me pilier de l'architecture &#233;conomique europ&#233;enne repose sur le Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC). Cela implique des politiques visant &#224; limiter le d&#233;ficit public &#224; 3 % du PIB et la dette publique &#224; 60 % du PIB &#8211; politiques toujours beaucoup plus strictes pour les pays p&#233;riph&#233;riques que pour les pays centraux, qui ne s'y conforment g&#233;n&#233;ralement pas (ce qui d'habitude ne se dit pas). Rappelons que la dette publique moyenne dans l'UE atteint 80,7 % du PIB (12).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;v&#233;nement sans pr&#233;c&#233;dent et signe de la gravit&#233; de la crise, le PSC a &#233;t&#233; suspendu (peut-&#234;tre jusqu'en 2023), m&#234;me si son esprit continuera &#224; dominer et &#224; &#234;tre appliqu&#233; par le biais de l'instrument du &#171; Semestre europ&#233;en &#187;, qui surveille la politique macro&#233;conomique des &#201;tats membres dans les domaines fiscal, budg&#233;taire et macro&#233;conomique. Il va sans dire qu'une fois termin&#233;e, cette suspension temporaire (qui a d&#233;j&#224; plusieurs param&#232;tres diff&#233;rents dans les chapitres du d&#233;ficit et de la dette, suite &#224; un effondrement de la croissance et des recettes fiscales) se traduira vraisemblablement par une s&#233;rie de politiques publiques : des coupes et des ajustements dans les services publics ainsi que dans les droits sociaux et le droit du travail, et une probable augmentation des imp&#244;ts indirects, qui sont ceux qui nuisent le plus aux classes qui consacrent la plus grande partie de leurs revenus &#224; la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point culminant de cette architecture &#233;conomique n'est autre que la circulation de la monnaie unique. Ce syst&#232;me de taux de change irr&#233;vocablement fixe profite aux exportations des puissances du centre de l'Europe, qui voient ainsi leurs monnaies devenir moins ch&#232;res, et repr&#233;sente un co&#251;t suppl&#233;mentaire pour les pays dont la balance des paiements est d&#233;ficitaire. C'est essentiellement la condition des p&#233;riph&#233;ries europ&#233;ennes, subordonn&#233;es dans la cha&#238;ne de valeur europ&#233;enne domin&#233;e par l'Allemagne et la France, avec une productivit&#233; plus faible. La monnaie unique, en l'absence d'une harmonisation fiscale progressive, d'une politique &#233;conomique commune forte et redistributive, ainsi que d'une politique de convergence r&#233;elle contribuant &#224; une politique commune de solidarit&#233; et &#224; la lutte contre le cycle &#233;conomique, provoque une divergence permanente qui accro&#238;t le foss&#233; entre les &#233;conomies, entre le capital transnational et national et entre les classes sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse des politiques europ&#233;ennes au Covid-19&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE a propos&#233; au moins quatre instruments, dont certains ne sont qu'une simple extension de certains pr&#233;existants, pour faire face &#224; la crise d&#233;clench&#233;e par la pand&#233;mie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est important de noter que les chiffres vertigineux pr&#233;sent&#233;s par les institutions europ&#233;ennes ne sont que des estimations maximalistes du potentiel financier (qui suppose un effet multiplicateur d'injections en r&#233;alit&#233; moins importantes du capital). Il faut garder &#224; l'esprit qu'un investissement direct, une subvention pour une d&#233;pense ou un pr&#234;t n'ont pas le m&#234;me effet, et nous devons &#233;galement &#233;tudier la politique de fourniture de garanties et d'avals pour l'&#233;mission d'obligations sur les march&#233;s financiers, les conditions d'acc&#232;s ou la destination de leur utilisation admissible. Les dits instruments financiers (qui fournissent des capitaux pour soutenir une &#233;mission d'obligations) offrent g&#233;n&#233;ralement un multiplicateur financier plus &#233;lev&#233;, d'o&#249; les chiffres spectaculaires, bien que dans la pratique ils se concr&#233;tisent rarement tels qu'ils &#233;taient annonc&#233;s. Cela pr&#233;suppose un jeu avec les banques, les sp&#233;culateurs et les entreprises, qui op&#232;rent avec un argent b&#233;n&#233;ficiant du soutien des ressources publiques, en laissant sur le chemin des commissions, des paiements de pr&#234;ts &#233;chus et des investissements publics pr&#233;f&#233;rentiels non r&#233;alis&#233;s. De plus, ceux qui en subissent les cons&#233;quences et ceux qui en b&#233;n&#233;ficient ne sont pas les m&#234;mes, car les pr&#234;ts entra&#238;nent des dettes et profitent g&#233;n&#233;ralement aux entreprises priv&#233;es qui peuvent y acc&#233;der en favorisant des solutions de march&#233; rentables. Parall&#232;lement, les subventions et les investissements publics directs sont g&#233;n&#233;ralement orient&#233;s vers des politiques qui ne sont pas n&#233;cessairement soumises aux entreprises priv&#233;es, sauf lorsqu'elles sont mobilis&#233;es par des formules de coop&#233;ration public-priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la pand&#233;mie, l'Union europ&#233;enne a initialement mis en place une aide financi&#232;re allant jusqu'&#224; 540 milliards qui d&#233;pendra en derni&#232;re instance des sollicitations des &#201;tats membres (13). Il s'agissait de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Programmes par l'interm&#233;diaire de la Banque europ&#233;enne d'investissement (BEI). Les &#201;tats fourniront 25 milliards suppl&#233;mentaires pour ce programme. En &#233;mettant des obligations sur les march&#233;s, garanties par ce capital public, ils pourraient b&#233;n&#233;ficier d'un effet multiplicateur allant jusqu'&#224; 200 milliards sous forme de pr&#234;ts garantis pour les entreprises au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Programme SURE (soutien pour att&#233;nuer les risques de ch&#244;mage en cas d'urgence) : 100 milliards d'euros seront allou&#233;s pour couvrir les co&#251;ts salariaux r&#233;sultant de la cessation de l'activit&#233; &#233;conomique. Dans le cas espagnol, il pourrait servir &#224; &#171; couvrir l'ERTE &#187; (14) en le faisant entrer dans le cadre du financement du programme d'aide de l'UE pour le ch&#244;mage, soutenu par des garanties publiques des &#201;tats &#224; hauteur de 25 %. Ce programme n'a pas la vocation de devenir un syst&#232;me europ&#233;en de r&#233;assurance ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le M&#233;canisme europ&#233;en de stabilit&#233; (MES), avec 240 milliards d'euros (15) des pr&#234;ts potentiels, et un maximum de 2 % du PIB pour chaque pays (16). Ces pr&#234;ts sont soumis &#224; une conditionnalit&#233; par le biais d'un protocole d'accord et d'un contr&#244;le de la Tro&#239;ka, exigeant le respect de la discipline budg&#233;taire et des d&#233;penses. L'exp&#233;rience de la Gr&#232;ce en 2015, entre autres, est la plus connue. Tous les &#201;tats pourront y adh&#233;rer &#224; condition de consacrer l'argent aux questions li&#233;es aux soins de sant&#233;. Nous pensons que cette ressource sera utilis&#233;e une fois que les autres seront &#233;puis&#233;es, car c'est celle qui implique le plus d'engagements.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; cela, et en attendant la ratification et la sp&#233;cification du Parlement europ&#233;en et du Conseil europ&#233;en, l'Eurogroupe a conclu en juillet dernier un accord pour mobiliser un Fonds europ&#233;en de relance, appel&#233; &#171; Next Generation EU &#187;, qui, pour la premi&#232;re fois, utilisera le budget europ&#233;en comme garantie pour &#233;mettre une dette publique europ&#233;enne, pour un montant financier potentiel de 750 milliards d'euros. En d'autres termes, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de cr&#233;er un macro-instrument financier soutenu par le budget europ&#233;en, ce qui est une nouveaut&#233; par rapport &#224; l'ancien syst&#232;me intergouvernemental canalis&#233; par la Banque europ&#233;enne d'investissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce montant, 390 milliards d'euros seront vers&#233;s sous forme de transferts, soit &#224; peine 0,7 % de la production &#233;conomique de l'UE sur trois ans (17). Le reste serait sous forme de pr&#234;ts. Ils seront moins utilis&#233;s, voire plus tard, car la politique mon&#233;taire de la BCE permettra de se financer plus facilement et &#224; moindre co&#251;t sur les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les enveloppes financi&#232;res du &#171; Next Generation EU &#187; seront organis&#233;es en programmes (18). Il s'agira de :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Facilit&#233; pour la reprise et la r&#233;silience (RRF), qui sera le principal, avec un total de 672,5 milliards d'euros, dont 360 milliards d'euros de pr&#234;ts et 312,5 milliards d'euros de transferts. Il financerait des programmes d&#233;finis par le gouvernement au-del&#224; de l'approbation du reste des &#201;tats membres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; REACT-EU (47,5 milliards d'euros) soutiendra des initiatives dont le profil est &#224; peine d&#233;fini et qui pourraient faire place &#224; des formules de capitalisme vert, profiter &#224; l'&#233;nergie et aux entreprises connexes ainsi qu'&#224; l'&#233;conomie num&#233;rique (19).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Horizon Europe : 5 milliards d'euros pour des initiatives de recherche et scientifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; InvestEU : 5,6 milliards d'euros pour promouvoir l'investissement, surtout priv&#233;, dans l'UE. L'exp&#233;rience montre que cela finance des investissements qui seraient faits de toute fa&#231;on, en se concentrant sur les &#233;conomies les plus rentables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; D&#233;veloppement rural : 7,5 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Fonds pour une transition juste (FTJ) : 10 milliards d'euros. Il encouragera les investissements publics et priv&#233;s con&#231;us dans le Pacte vert europ&#233;en, conform&#233;ment aux param&#232;tres du capitalisme vert critiqu&#233;s par Daniel Tanuro (20).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; RescEU : 1,9 milliard d'euros. Il s'agit d'un m&#233;canisme de protection civile qui, cette fois-ci, cherchera &#233;galement &#224; combler le manque d'&#233;quipements m&#233;dicaux, par la production, l'achat et le stockage centralis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les destinations d'utilit&#233; sociale, en mati&#232;re sanitaire et &#233;cologique, qui sont celles qui repr&#233;sentent une priorit&#233;, ne disposent que de 11,9 milliards d'euros pour l'ensemble de l'UE, et d'ailleurs sous une forme susceptible d'&#234;tre en grande partie n&#233;goci&#233;s par l'initiative priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;finition de nouvelles ressources propres, impos&#233;es pour financer le budget europ&#233;en, reste &#224; d&#233;cider. Il est question d'une taxe sur le plastique, sur des permis de polluer, de droits d'&#233;mission de carbone pour les entreprises importatrices, qui, selon le Conseil europ&#233;en, pourraient, au total, rapporter 31 milliards d'euros par an. Ils ne suffiront pas &#224; eux seuls, ne vont pas r&#233;soudre le probl&#232;me climatique et repr&#233;sentent des taxes r&#233;gressives. La taxe sur les transactions financi&#232;res, la taxe Google ou une certaine harmonisation de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s &#8211; qui seraient plus int&#233;ressantes, bien qu'insuffisantes et loin d'une fiscalit&#233; progressive ou d'une coop&#233;ration fiscale harmonis&#233;e (21) &#8211; sont plus s&#233;rieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds &#171; Next Generation EU &#187; permettra aux gouvernements de proposer leur programme &#233;conomique en vue d'un financement. La tro&#239;ka ne sera pas l&#224;, mais son esprit impr&#233;gnera toute l'initiative. Non seulement les institutions europ&#233;ennes devront le valider, mais il disposera &#233;galement d'un frein d'urgence que tout &#201;tat membre pourra activer s'il estime qu'un autre pays enfreint les principes de l'accord, c'est-&#224;-dire une combinaison entre la r&#233;activation priv&#233;e de l'&#233;conomie et la capacit&#233; &#224; rembourser les dettes. L'esprit de la tro&#239;ka ne sera pas incarn&#233; directement par la BCE, le FMI ou la Commission europ&#233;enne, mais il si&#233;gera dans chaque cabinet gouvernemental, s'autocensurant, ou sera ensuite contr&#244;l&#233; par le v&#233;to potentiel de l'un des gouvernements non favorables, comme les Pays-Bas ou l'Autriche, jaloux des principes d'aust&#233;rit&#233; dans les politiques publiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, non seulement on regardera autrement le non-respect des droits humains dans les pays du Club de Visegr&#225;d, comme la Hongrie ou la Pologne, mais les rabais sur les contributions au budget europ&#233;en accord&#233;s aux pays centraux (qui existaient d&#233;j&#224; sous la forme du fameux rabais britannique, aujourd'hui disparu) seront maintenus, afin qu'ils n'aient pas &#224; contribuer comme ils le devraient. Jusqu'&#224; 1,124 milliard d'euros par an ne seront plus vers&#233;s par les pays &#171; frugaux &#187;, ce qui a servi &#224; les persuader d'accepter ce fonds. C'est le cas des Pays-Bas (dont le rabais passe de 1,576 &#224; 1,921 milliard d'euros par an), du Danemark (de 197 &#224; 377 millions d'euros), de l'Autriche (de 237 &#224; 565 millions d'euros) et de la Su&#232;de (de 798 millions &#224; 1,609 milliard d'euros). Quant &#224; l'Allemagne, elle se limite &#224; pr&#233;server son rabais (3,671 milliards d'euros par an).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, nous estimons le financement maximal de ces mesures &#224; 1,29 billion d'euros, ce qui, ajout&#233; &#224; la politique de pr&#234;t et d'achat de la BCE, repr&#233;senterait un potentiel de 1,94 billion d'euros. En arrondissant, cela pourrait repr&#233;senter 13,9 % du PIB europ&#233;en, &#224; condition de consid&#233;rer que ces stimuli seront r&#233;partis sur pr&#232;s de six ans et qu'ils ne pourront probablement pas &#234;tre utilis&#233;s m&#234;me pendant la moiti&#233; de cette p&#233;riode. &#192; titre de comparaison, en variation annuelle au deuxi&#232;me trimestre 2020, le PIB de l'UE a chut&#233; de 14,4 % par rapport &#224; la m&#234;me p&#233;riode l'ann&#233;e derni&#232;re. La reprise de l'&#233;conomie sera donc lente. En d'autres termes, la politique publique europ&#233;enne est tr&#232;s loin de pouvoir faire face, tant par son ampleur que par son contenu, &#224; cette crise ou &#224; celles &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les fonds europ&#233;ens, une manne pour la politique de l'&#201;tat ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons l'exemple de l'&#201;tat espagnol, qui pourra acc&#233;der &#224; 140 milliards d'euros sur six ans, dont 72,7 milliards de transferts (22). C'est ce second montant qui sera obtenu en priorit&#233; et qui est le plus important. Il est significatif, mais tr&#232;s &#233;loign&#233; de ce qui est n&#233;cessaire, d'autant plus que toute la politique &#233;conomique d&#233;velopp&#233;e par le gouvernement &#8211; qui fera passer la dette publique &#224; au moins 115,6 % en 2021 soit vingt points de plus en un an &#8211; a confi&#233; sa couverture aux fonds europ&#233;ens. Le gouvernement a ainsi renonc&#233; &#224; une politique autonome, bas&#233;e sur une r&#233;forme fiscale progressive s&#233;rieuse (un imp&#244;t sur les grandes fortunes ou une forte augmentation du taux effectif de l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;cart&#233;s), sans promouvoir une politique d'investissement public solide dans la sant&#233;, l'&#233;ducation ou le changement de mod&#232;le &#233;nerg&#233;tique, en se limitant &#224; des am&#233;liorations peu significatives et en abandonnant, par exemple, la r&#233;vision des engagements de la dette publique ou de l'article 135 de la Constitution (23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;tant donn&#233; que les politiques nationales attendent que les fonds europ&#233;ens couvrent leurs initiatives et qu'aucune politique budg&#233;taire ambitieuse n'est envisag&#233;e, on ne peut gu&#232;re s'attendre &#224; ce que le secteur public puisse faire face &#224; la crise &#233;conomique, &#233;nerg&#233;tique ou climatique. Et il n'en sera pas autrement en ce qui concerne cette crise provoqu&#233;e par la pand&#233;mie. Nous craignons fort que tout cela n'aboutisse qu'&#224; une combinaison de dette publique, de futures r&#233;ductions des services publics, d'ajustements salariaux, de ch&#244;mage et peut-&#234;tre de nouveaux imp&#244;ts indirects. Dans le domaine des politiques de sant&#233;, il est pr&#233;visible que la politique de coop&#233;ration public-priv&#233; sera approfondie, c'est-&#224;-dire le financement par l'argent public de la prestation de services priv&#233;s, qui est beaucoup utilis&#233; par des gouvernements r&#233;gionaux comme ceux de Madrid, de la Galice et, de plus en plus, de l'Andalousie. Compte tenu de ces circonstances, le temps viendra pour le domaine central : la remise en cause des acquis des travailleurs et des droits sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les maigres ressources disponibles ne seront pas non plus utilis&#233;es pour une grande politique d'investissement public dans le domaine social et sanitaire, de soins, pour la transition &#233;nerg&#233;tique ou le changement du mod&#232;le de production. Les mesures de protection sociale propos&#233;es, m&#234;me si elles constituent un diff&#233;rentiel du gouvernement espagnol, ne sont pas suffisantes, n'arrivent pas l&#224; o&#249; elles &#233;taient annonc&#233;es, ni ne r&#233;solvent les probl&#232;mes de fond. En absence d'une politique fiscale ou de la remise en cause des dettes, elles augmenteront la dette de la p&#233;riode suivante. Et les dettes d'aujourd'hui provoqueront demain des r&#233;ductions budg&#233;taires et la marchandisation du commun, la pr&#233;carit&#233; des droits du travail, l'intensification du travail et l'in&#233;galit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tant que les privil&#232;ges de la minorit&#233; capitaliste et les politiques qui la servent ne seront pas combattues avec force, par des r&#233;glementations, des expropriations et la d&#233;mocratisation de secteurs entiers, la tendance sera celle-l&#224;, dans un contexte o&#249; le taux de ch&#244;mage monte en fl&#232;che et o&#249; le pouvoir de n&#233;gociation du monde du travail s'affaiblit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise &#233;conomique, aggrav&#233;e par la pand&#233;mie, a g&#233;n&#233;r&#233; un tr&#232;s grave contexte de socialisation des pertes, des co&#251;ts du travail et des dettes priv&#233;es, faite dans le dos du Tr&#233;sor public. L'interruption du pacte de stabilit&#233; est temporaire. Une fois la crise sanitaire pass&#233;e, la p&#233;riode d'exception termin&#233;e et le pacte de stabilit&#233; et de croissance &#224; nouveau applicable, la tro&#239;ka ou une politique &#233;quivalente reviendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En l'absence d'un fonds de solidarit&#233; suffisant, par exemple un grand fonds souverain supranational commun et redistributif, pour promouvoir une politique d'investissement public ax&#233;e sur le domaine social et sanitaire et sur un changement de mod&#232;le de production, la crise sera forte et durable, et l'augmentation de la dette publique implacable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, les classes travailleuses ne peuvent pas continuer &#224; faire confiance &#224; ceux qui sont pris au pi&#232;ge de leurs horizons &#233;troits, de la peur, de la m&#233;fiance &#224; l'&#233;gard des classes populaires et de la pauvret&#233; de leurs id&#233;es et qui n'organisent pas la soci&#233;t&#233; civile face aux d&#233;fis auxquels elle est confront&#233;e, en termes de transformation. Les travailleuses et les travailleurs doivent faire irruption sur la sc&#232;ne, s'organiser, avoir confiance en tant que classe, tirer des le&#231;ons et pr&#233;senter une proposition de politique d&#233;mocratique qui implique de s'emparer des ressources &#233;conomiques sur les lieux de travail, la sph&#232;re publique et les biens communs et de les diriger d'une mani&#232;re solidaire, durable, inclusive et alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes confront&#233;s &#224; la plus grande crise que le fonctionnement du capitalisme ait jamais connue. Face &#224; cette situation, la conception de l'architecture institutionnelle, d&#233;cisionnelle et &#233;conomique de l'UE doit &#234;tre remise en question. Il n'y a pas d'autre solution que de construire une alliance tant au niveau &#233;tatique qu'international pour r&#233;aliser des solutions coop&#233;ratives favorables aux classes populaires, &#224; la sant&#233; publique et &#224; la biosph&#232;re, en d&#233;sob&#233;issant dans chaque pays aux trait&#233;s europ&#233;ens qui bloquent de telles solutions. Il faudra le faire en marge des institutions europ&#233;ennes telles qu'elles sont d&#233;finies, en les d&#233;bordant et en construisant des institutions qui les d&#233;passent, partout o&#249; cela est possible, en commen&#231;ant peut-&#234;tre par les peuples p&#233;riph&#233;riques en large alliance avec les classes travailleuses, organis&#233;es et solidaires, o&#249; qu'elles se trouvent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23 ao&#251;t 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Albarrac&#237;n, &#233;conomiste et sociologue, collaborateur de la revue Viento Sur, est militant d'Anticapitalistas (section de la IVe Internationale dans l'&#201;tat espagnol). (Traduit de l'espagnol par JM)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. &#201;ric Toussaint, &#171; La pand&#233;mie du capitalisme, le coronavirus et la crise &#233;conomique &#187;, Inprecor n&#176; 672/673 de mars-avril 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Pas seulement la dette publique des &#201;tats membres, mais aussi la dette publique europ&#233;enne, car la BCE avait, fin 2018, rachet&#233; pour 2,1 billions de dette souveraine des divers pays (en fonction de leur poids dans l'&#233;conomie) dans le cadre des programmes d'assouplissement quantitatif. Cette dette devra &#234;tre ajout&#233;e &#224; celle &#233;mise par le nouveau Fonds de relance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. M. Lucia et D. Albarrac&#237;n, &#171; El virus de la obediencia a la arquitectura econ&#243;mica europea &#187; &lt;a href=&#034;https://vientosur.info/spip.php?article15900&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/spip.php?article15900&lt;/a&gt; (22/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. N'oublions pas que l'UE, en tant que march&#233;, est &#233;cras&#233;e par l'emprise de la guerre commerciale entre les &#201;tats-Unis et la Chine, et que la seule voie qui semble &#234;tre tent&#233;e est celle de l'augmentation du taux d'exploitation du travail, apr&#232;s l'&#233;chec d'autres politiques au sein du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Introduit en 2010, en plein c&#339;ur de la crise commenc&#233;e en 2008, le &#171; semestre europ&#233;en &#187; est un m&#233;canisme de contr&#244;le des budgets et des projets de r&#233;formes des &#201;tats membres. Dans ce cadre la Commission europ&#233;enne exerce une activit&#233; de surveillance et de recommandations. &#192; propos de ces derni&#232;res, T. Kucharz a &#233;crit : &#171; Entre 2011 et 2018, il a recommand&#233; 105 fois aux &#201;tats membres de l'UE de r&#233;duire les pensions et 50 fois de prendre des mesures contre les augmentations de salaire. &#192; 63 reprises, la Commission a m&#234;me appel&#233; &#224; des coupes et &#224; la privatisation du syst&#232;me de soins de sant&#233; &#187;. (T. Kucharz, &#171; La Troika, sentada en el Consejo de Ministros &#187;. &lt;a href=&#034;https://www.elsaltodiario.com/opinion/tom-kucharz-troika-sentada-consejo-ministros-acuerdo-recuperacion-next-generation&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elsaltodiario.com/opinion/tom-kucharz-troika-sentada-consejo-ministros-acuerdo-recuperacion-next-generation&lt;/a&gt; (23/07/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Il est int&#233;ressant de noter que les tribunaux allemands sont d'avis contraire, d&#233;clarant que le capital allemand a des taux d'int&#233;r&#234;t r&#233;els plus &#233;lev&#233;s que les pays p&#233;riph&#233;riques, qui ont une inflation plus &#233;lev&#233;e. Il faut dire que les tribunaux allemands et la Bundesbank refl&#232;tent ici les int&#233;r&#234;ts des capitaux allemands op&#233;rant sur son march&#233; national, et non sur le march&#233; europ&#233;en, et il va sans dire que ce pr&#233;tendu dommage, manifestement mineur, est compens&#233; par les avantages qu'elle apporte aux capitaux allemands tourn&#233;s vers l'exportation en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. D. Albarrac&#237;n et M. Lucia, &#171; &#191;Del plan Marshall so&#241;ado a la farsa de los Pactos de la Moncloa ? &#187; &lt;a href=&#034;https://vientosur.info/del-plan-marshall-sonado-a-la-farsa-de-los-pactos-de-la-moncloa/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/del-plan-marshall-sonado-a-la-farsa-de-los-pactos-de-la-moncloa/&lt;/a&gt; (23/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. La dette priv&#233;e des entreprises repr&#233;sente d&#233;j&#224; 110 % du PIB de la zone euro (Michel Husson, &#171; L'&#233;conomie mondiale en plein chaos &#187;, &#192; l'encontre, &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/economie/leconomie-mondiale-en-plein-chaos.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/economie/leconomie-mondiale-en-plein-chaos.html&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9. Il faut tenir compte du fait que si le PIB quantifie la production totale r&#233;alis&#233;e dans un espace &#233;conomique ind&#233;pendamment de la r&#233;sidence du facteur productif qui la g&#233;n&#232;re, le RNB, au contraire, n'inclut que les produits ou services obtenus par les facteurs productifs r&#233;sidant dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10. Il convient de noter qu'en termes relatifs, il va &#234;tre difficile d'en estimer le poids dans l'&#233;conomie europ&#233;enne, car le revenu national brut europ&#233;en pour les prochaines ann&#233;es est difficile &#224; estimer et pourrait subir une baisse notable en raison de la d&#233;pression que nous traversons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11. Nous ne devons pas oublier que le nouveau budget pr&#233;voit des fonds pour la s&#233;curit&#233; et la militarisation de l'Europe : 23 milliards d'euros suppl&#233;mentaires pour la fermeture des fronti&#232;res ext&#233;rieures et 20 milliards d'euros suppl&#233;mentaires pour l'industrie de l'armement (cf. l'article de T. Kucharz mentionn&#233; en note 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12. L'Allemagne &#171; sera endett&#233;e &#224; hauteur de 118,7 milliards de plus que ce que permet la r&#232;gle budg&#233;taire ancr&#233;e dans la Constitution allemande. En outre, la dette allemande atteindra 77 % du PIB en 2020, ce qui est nettement sup&#233;rieur &#224; la limite de 60 % d&#233;finie dans le pacte de stabilit&#233; de l'Union europ&#233;enne &#187; (T. Kucharz, op. cit. note 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13. D. Albarrac&#237;n et M. Lucia, op. cit. note 7.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Expediente de Regulaci&#243;n Temporal de Empleo (ERTE) est une proc&#233;dure permettant &#224; une entreprise de suspendre l'emploi d'un ou des travailleurs dans une situation exceptionnelle, sans forcement les licencier. Le salaire est alors compens&#233; &#224; 70 % par une allocation de ch&#244;mage durant au maximum 180 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. Ce montant a &#233;t&#233; donn&#233; en mars 2020. Cf. : D. Albarrac&#237;n, &#171; &#191;Qu&#233; es el MEDE y porqu&#233; debiera importarnos ? &#187; ; &lt;a href=&#034;https://poderpopular.info/2020/04/15/que-es-el-mede-y-por-que-deberia-importarnos/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://poderpopular.info/2020/04/15/que-es-el-mede-y-por-que-deberia-importarnos/&lt;/a&gt; (15/04/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. Le MES dispose d'un capital de 80 milliards, ce qui lui a permis jusqu'&#224; pr&#233;sent d'&#233;mettre des obligations avec un potentiel de pr&#234;t allant jusqu'&#224; 500 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. T. Kucharz, op. cit. note 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Cf. : &lt;a href=&#034;https://www.consilium.europa.eu/media/45109/210720-euco-final-conclusions-en.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.consilium.europa.eu/media/45109/210720-euco-final-conclusions-en.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. L'&#233;conomie num&#233;rique repr&#233;sente un &#233;ventail disparate d'initiatives align&#233;es sur les nouvelles technologies, l'automatisation, le t&#233;l&#233;travail, la robotisation et d'autres formules de la &#171; quatri&#232;me r&#233;volution industrielle &#187; qui, soit dit en passant, implique une consommation d'&#233;nergie impossible &#224; assumer en termes g&#233;n&#233;raux dans le contexte de la crise &#233;nerg&#233;tique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. Cf. Daniel Tanuro, l'Impossible capitalisme vert, La D&#233;couverte, Paris 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. D. Albarrac&#237;n, A. Merlo et M. Lucia, &#171; Cooperaci&#243;n fiscal armonizada y auditor&#237;as de la deuda, un nuevo concepto solidario para una nueva Europa &#187; : &lt;a href=&#034;https://rebelion.org/cooperacion-fiscal-armonizada-y-auditorias-de-la-deuda-un-nuevo-concepto-solidario-para-una-nueva-europa-2/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://rebelion.org/cooperacion-fiscal-armonizada-y-auditorias-de-la-deuda-un-nuevo-concepto-solidario-para-una-nueva-europa-2/&lt;/a&gt; (16/06/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. S. Hern&#225;ndez-Ranera, &#171; Espa&#241;a obtendr&#225; 140 000 millones en ayudas de la UE : &#8220;La cuesti&#243;n es si ser&#225; suficiente&#8221; &#187;, &lt;a href=&#034;https://mundo.sputniknews.com/economia/202007211092143632-espana-obtendra-140000-millones-en-ayudas-de-la-ue-la-cuestion-es-si-sera-suficiente/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://mundo.sputniknews.com/economia/202007211092143632-espana-obtendra-140000-millones-en-ayudas-de-la-ue-la-cuestion-es-si-sera-suficiente/&lt;/a&gt; (21/07/2020).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23. L'article 135 de la Constitution de l'&#201;tat espagnol a &#233;t&#233; modifi&#233; en septembre 2011 &#224; l'initiative du gouvernement de Jos&#233; Lu&#237;s Rodriguez Zapatero (PSOE), avec le soutien du Parti populaire de Mariano Rajoy, faisant du remboursement de la dette une &#171; priorit&#233; absolue &#187; (article 135.3). Voir &#224; ce sujet : J&#233;r&#244;me Duval et F&#225;tima Mart&#237;n, &#171; Le changement constitutionnel du PSOE qui nous soumet &#224; l'esclavage de la dette est ill&#233;gal &#187; : &lt;a href=&#034;http://cadtm.org/Le-changement-constitutionnel-du&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://cadtm.org/Le-changement-constitutionnel-du&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol : Podemos, un nouveau mouvement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Podemos-un-nouveau-mouvement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Podemos-un-nouveau-mouvement</guid>
		<dc:date>2014-05-13T12:34:10Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin, Ra&#250;l Camargo</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-05-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si l'offensive aust&#233;ritaire du gouvernement Rajoy et de l'Union europ&#233;enne est loin d'avoir &#233;t&#233; d&#233;faite, la r&#233;sistance populaire dans l'Etat espagnol enregistre d&#233;sormais des succ&#232;s partiels. Ceux du mouvement de la &#171; Marche blanche &#187; (qui a emp&#234;ch&#233; des privatisations d'h&#244;pitaux publics &#224; Madrid) ou de la population de Garmonal, pr&#232;s de Burgos (qui a bloqu&#233; un projet de restructuration urbaine que voulait imposer la droite), ont &#233;t&#233; suivis de l'immense mobilisation des &#171; Marches de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-05-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-05-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton17653-8b59b.png?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'offensive aust&#233;ritaire du gouvernement Rajoy et de l'Union europ&#233;enne est loin d'avoir &#233;t&#233; d&#233;faite, la r&#233;sistance populaire dans l'Etat espagnol enregistre d&#233;sormais des succ&#232;s partiels. Ceux du mouvement de la &#171; Marche blanche &#187; (qui a emp&#234;ch&#233; des privatisations d'h&#244;pitaux publics &#224; Madrid) ou de la population de Garmonal, pr&#232;s de Burgos (qui a bloqu&#233; un projet de restructuration urbaine que voulait imposer la droite), ont &#233;t&#233; suivis de l'immense mobilisation des &#171; Marches de la dignit&#233; &#187; (voir L'Anticapitaliste n&#176; 53 d'avril 2014).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'est dans ce contexte que vient de surgir, avec &#171; Podemos &#187;, un nouveau projet politique qui, par bien des aspects, reprend des aspirations port&#233;es depuis quatre ans par le mouvement des Indign&#233;s. Dans cet article &#233;crit pour notre revue, Ra&#250;l Camargo et Daniel Albarrac&#237;n, militants d'Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste), d&#233;crivent les conditions de son lancement, le projet dont il est porteur et indiquent les conditions de sa r&#233;ussite.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'initiative politique Podemos (&#171; Nous pouvons &#187;), qui se donne pour objectif imm&#233;diat de pr&#233;senter une liste aux &#233;lections europ&#233;ennes, a &#233;t&#233; lanc&#233;e publiquement le 17 janvier 2014 &#224; l'initiative du pr&#233;sentateur du programme de t&#233;l&#233;vision La Tuerka (&#171; L'Ekrou &#187;), Pablo Iglesias, d'un groupe d'enseignants r&#233;uni autour de lui et d'Izquierda Anticapitalista.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet est parti d'un Manifeste, sign&#233; par une trentaine de personnalit&#233;s de la gauche sociale, politique et culturelle, intitul&#233; Mover Ficha (&#171; Prendre les choses en main &#187;). Ce Manifeste met notamment en avant la r&#233;alisation d'un audit citoyen de la dette et le non-paiement de la dette ill&#233;gitime, la nationalisation des banques, la d&#233;fense du droit &#224; l'autod&#233;termination des peuples et du r&#233;f&#233;rendum catalan du 9 novembre prochain, la critique de l'aust&#233;rit&#233; et des coupes dans les services publics, la d&#233;fense des droits reproductifs des femmes, l'expropriation du secteur de l'&#233;nergie et le changement de mod&#232;le productif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tr&#232;s peu de temps, il a re&#231;u le soutien de plus de 100 000 personnes. Les meetings de pr&#233;sentation organis&#233;s dans une s&#233;rie de villes, remplis de jeunes mais aussi de v&#233;t&#233;rans de nombreuses luttes, ont d&#233;pass&#233; toutes les attentes. L'esprit du mouvement du &#171; 15-M &#187; para&#238;t s'incarner maintenant dans ce mouvement politique d'un type nouveau. Les primaires ouvertes qui ont &#233;t&#233; organis&#233;es pour &#233;lire ses candidats aux europ&#233;ennes ont r&#233;uni 33 000 votants, soit le chiffre le plus &#233;lev&#233; pour tout scrutin pr&#233;paratoire &#224; ces &#233;lections, n'importe o&#249; en Europe. Pablo Iglesias, la personnalit&#233; la plus connue, avec sa participation r&#233;guli&#232;re &#224; des programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s, y a &#233;t&#233; &#233;lu t&#234;te de liste, devant la militante sociale et politique Teresa Rodr&#237;guez, membre d'Izquierda Anticapitalista. Selon les derniers sondages publi&#233;s dans les m&#233;dias, Podemos serait d&#233;j&#224; pr&#232;s d'obtenir une repr&#233;sentation au parlement de Strasbourg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un secteur significatif des classes populaires et laborieuses, qui ne veut pas s'enfoncer dans l'impuissance, aspire &#224; disposer d'instruments politiques cr&#233;dibles qui lui permettent de sentir pleinement participant. La situation critique que nous traversons a ouvert un espace pour la construction d'un instrument politique, tel que celui repr&#233;sent&#233; par Podemos, dans le cadre plus large et complexe de la gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;niablement, il existe au sein de ce mouvement des aspirations diverses (certaines centr&#233;es davantage sur la lutte contre la corruption, d'autres sur un besoin de d&#233;mocratie, etc.) qui pourraient &#234;tre int&#233;gr&#233;es dans le cadre d'options politiques plus larges, voire technocratiques. Mais il y a aussi celles qui reconnaissent, et de fa&#231;on croissante, que le probl&#232;me est le syst&#232;me, et qui ne trouvaient pas de cadre organis&#233; dans lequel s'exprimer. C'est &#224; celles-l&#224; que Podemos ouvre maintenant une voie.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Que se passe-t-il avec Izquierda Unida ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Izquierda Unida (IU, Gauche unie) est une coalition dirig&#233;e par le Parti communiste d'Espagne (PCE). De caract&#232;re r&#233;formiste, elle d&#233;fend une orientation qui inclut la recherche d'accords avec le Parti socialiste (PSOE) dans toutes les institutions, comme c'est actuellement le cas au sein du gouvernement r&#233;gional d'Andalousie, la r&#233;gion autonome la plus peupl&#233;e de l'Etat. L'absence de formations alternatives, capables d'enthousiasmer des majorit&#233;s et d'organiser la contestation, laissait orphelines de nombreuses personnes qui s'incorporaient &#224; nouveau &#224; la lutte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup, l'option &#233;lectorale est n&#233;cessaire, mais non suffisante. D'autant que l'on peut douter de la volont&#233; de certaines directions politiques d'aller au-del&#224; des institutions de la &#171; Transition &#187; (le processus qui, entre 1975 et 1978, a signifi&#233; le passage du franquisme &#224; une d&#233;mocratie formelle) et du r&#233;gime sur lequel elle a d&#233;bouch&#233; &#8211; un d&#233;fi qui exigerait de l'audace anticapitaliste. Certaines organisations se sont &#233;galement montr&#233;es peu aptes &#224; s'enraciner suffisamment dans la culture horizontale et radicalement d&#233;mocratique port&#233;e par les mouvements d'indignation. Peut-&#234;tre l'irruption de Podemos pourra-t-elle contribuer &#224; acc&#233;l&#233;rer des changements en leur sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, c'est un d&#233;fi que nous devons prendre &#224; bras-le-corps, avec des pratiques et des formes d'organisation collectives nouvelles qui nous engagent toutes et tous. Si de tels changements surviennent, tant mieux, ils faciliteront les rencontres. Mais m&#234;me si l'on peut observer certaines r&#233;actions, le message a-t-il &#233;t&#233; entendu ? A ce jour il semble que non, ou qu'on n'ait pas voulu l'entendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, pour nous qui n'&#233;prouvons aucun sentiment de loyaut&#233; envers une Constitution (approuv&#233;e en 1978 dans un r&#233;f&#233;rendum qui laissa de nombreuses questions non r&#233;solues, et rejet&#233;e au Pays basque) que nous n'avons pas vot&#233;e (tout comme d'autres, auxquels on exigeait de choisir entre le franquisme et l'obtention de quelques libert&#233;s d&#233;mocratiques tr&#232;s encadr&#233;es), il est n&#233;cessaire de construire quelque chose de meilleur et, autant que possible, d'unitaire. Une unit&#233; qui se base sur l'&#233;coute mutuelle et non sur un monologue dans lequel l'autre est ni&#233; ou qui vise simplement &#224; donner des le&#231;ons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont pr&#233;cis&#233;ment ces d&#233;fauts d'IU et de sa composante essentielle, le PCE, ainsi que l'espoir que suscite l'initiative Podemos, qui ont pouss&#233; de nombreuses personnes non organis&#233;es, qui voyaient que leur avenir personnel et collectif &#233;tait bris&#233;, &#224; se rapprocher de nouvelles formes d'organisation politique collective. D'un outil politique qui s'oppose aux politiques qui agressent le peuple et propose des alternatives pour chasser le gouvernement, d&#233;passer le r&#233;gime et rompre avec le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans doute, Podemos ne peut s'arroger l'exclusivit&#233; de la repr&#233;sentation de la gauche politique. La pr&#233;sence plus ou moins consolid&#233;e de forces, organis&#233;es au niveau de l'Etat, qui disposent depuis longtemps d'une certaine audience &#233;lectorale, tout comme celle de forces de gauche nationalistes enracin&#233;es, sont une r&#233;alit&#233;. Toutes comptent et nous comptons tous. Il est urgent de nous reconna&#238;tre avec nos diff&#233;rences et, surtout, d'&#234;tre capables de trouver les terrains et les moyens d'influer ensemble &#8211; et de le faire.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Podemos, un d&#233;fi en construction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons-le, en l'absence de contrepoids effectifs (limitation dans le temps des mandats, r&#233;vocabilit&#233;, bilans et plans de travail, rotation des &#233;lus, etc.), l'expression de la base est conditionn&#233;e au plus haut point par la gestion des rythmes et de l'information impos&#233;e depuis les directions (dans une situation o&#249; elles sont privil&#233;gi&#233;e en termes de contacts, d'information, de temps disponible et de ressources). C'est ce qui explique les r&#233;ticences de ce secteur qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, ne se sentait pas repr&#233;sent&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos est donc un espace qui permet de s'auto-organiser et, surtout, donnera aux gens la possibilit&#233; d'exercer du pouvoir, de faire les choses par eux-m&#234;mes dans le cadre d'un soutien mutuel collectif ; un espace o&#249; la d&#233;l&#233;gation ne pourra &#234;tre que transitoire et d&#233;finie pour des t&#226;ches concr&#232;tes, o&#249; l'exp&#233;rience, la responsabilit&#233; et la capacit&#233; politique de toutes et tous sera socialis&#233;e &#224; tous les niveaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos est un d&#233;fi qui a &#233;t&#233; mis en marche. S'il faut naturellement &#234;tre conscients (c'est notamment notre cas) qu'il n'y a pas de formules magiques ni de recettes simples et rapides, il offre n&#233;anmoins quelque chose que d'autres instruments n'ont pas pu r&#233;aliser, ou ne l'ont fait que jusqu'&#224; un certain point sans para&#238;tre mener tr&#232;s loin : une participation horizontale respectueuse des processus d&#233;mocratiques, sans suj&#233;tion &#224; la verticalit&#233; impos&#233;e par des directions dominant des appareils d&#233;pourvus du contrepoids d'un contr&#244;le d&#233;mocratique effectif ; la r&#233;union de collectifs et de personnes honn&#234;tes et combatifs ; une r&#233;elle ouverture autour d'un projet politique qui a un bon point de d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour cette raison, bien que Podemos ne cesse d'interpeller les formations politiques de gauche pour une strat&#233;gie politique faisant corps avec les luttes populaires, son potentiel &#233;mane fondamentalement de l'auto-organisation des classes populaires, des nouvelles et nouveaux militants qui en sont issus. Son appel implique sans aucun doute un tournant &#224; gauche, qui ne consiste pas seulement en l'impulsion de m&#233;canismes plus participatifs, mais exige aussi de rompre avec le social-lib&#233;ralisme sur tous les terrains &#8211; que ce soit en Andalousie (o&#249; gouverne une coalition form&#233;e entre le PSOE et IU), au niveau du gouvernement national ou &#224; celui de l'Europe. Deux points pr&#233;cis&#233;ment sur lesquels Izquierda Unida, le &#171; grand fr&#232;re &#187; de la gauche, fait aujourd'hui la sourde oreille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre des personnes d&#233;j&#224; impliqu&#233;es dans d'autres formations peuvent-elles consid&#233;rer cette initiative avec suspicion (juste parce qu'elles ont coutume d'interpr&#233;ter les initiatives nouvelles comme des adversaires &#233;lectoraux). Mais les personnes qui au cours de ces ann&#233;es se sont incorpor&#233;es &#224; la lutte sociale, ou qui seulement sympathisent avec elles, et ne sont pas encore organis&#233;es, se sont enthousiasm&#233;es pour Podemos. Simplement, parce qu'il s'agit d'un outil qu'elles pourront construire sur un pied d'&#233;galit&#233;, avec l'assurance que l'on ne transigera pas avec les vieilles fa&#231;ons de faire, ni avec le n&#233;o ou le social-lib&#233;ralisme qui a notablement d&#233;&#231;u en tant de lieux (France, Andalousie, etc.)&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Une direction collective qui dialogue en permanence avec ceux d'en bas &#8211; La loyaut&#233; envers le peuple et les Cercles comme ciment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les figures dirigeantes qui impulsent aujourd'hui le processus ont une grande responsabilit&#233;. Leur premi&#232;re t&#226;che est de ne pas s'arroger des r&#244;les que d'autres ont &#224; assumer. Leurs voix doivent permettre de repr&#233;senter, avec respect, sensibilit&#233; et dans un dialogue permanent avec le mouvement politique qui leur conf&#232;re ce r&#244;le, les aspirations de nombreuses personnes mat&#233;rialis&#233;es dans des accords et un projet politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en demeurant loyales envers le r&#244;le premier des Cercles (les assembl&#233;es de base &#224; travers lesquels Podemos s'organise, territorialement et par secteurs), il leur faut devenir des facilitateurs du contact et de l'action au sein des espaces sociaux, de travail et institutionnels &#8211; territoires &#224; investir pour les retourner tous.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Organiser patiemment l'impatience &#8211; Mobilisation soutenable et r&#244;le central des Cercles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons l'espoir au travail. Sans impatience, mais sans pause. La borne des &#233;lections marque une &#233;tape dans un trajet qui sera long et parsem&#233; d'obstacles. Assumons-le. En sachant que pour avancer au milieu des adversit&#233;s, la premi&#232;re chose &#224; faire sera d'implanter une forme de vie collective dans laquelle s'organiser avec d'autres fera partie de nos habitudes quotidiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un outil politique commun ne sera pas une chose simple, du fait de l'ennemi que nous avons &#224; affronter comme de l'effort que n&#233;cessitera l'&#233;change mutuel de nos exp&#233;riences et capacit&#233;s. Nous aurons besoin de nous &#233;couter, de g&#233;rer les d&#233;saccords, de nous mettre d'accord sur des points communs et de frapper ensemble. Il nous faudra &#233;tablir un compromis viable afin de pouvoir mener nos vies sans abandonner nos objectifs, et sans que les n&#233;cessit&#233;s de la vie ne soient rel&#233;gu&#233;es dans un coin. Il nous faudra &#233;laborer, discuter fraternellement et apprendre les uns des autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous aurons par-dessus tout besoin de lutter pour que l'impatience ne nous consume pas, ni ne nous entra&#238;ne dans un &#233;lectoralisme illusoire. Le but est bien plus &#233;loign&#233;, mais nous commen&#231;ons d&#232;s &#224; pr&#233;sent &#224; cheminer. A travers l'exemple et la pratique, avec ouverture d'esprit, parce que ce mouvement n'est pas ni ne peut &#234;tre excluant &#8211; nous ne serons intransigeants qu'avec les privil&#232;ges, o&#249; qu'ils soient et quels que soient leurs d&#233;tenteurs. C'est ainsi qu'une plus grande unit&#233; se formera (dans la diversit&#233; de celles et ceux d'en bas) et que les conqu&#234;tes futures deviendront possibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1 Traduit du castillan par Jean-Philippe Div&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2 Le 15 mai 2011, jour de la manifestation convoqu&#233;e &#224; la Puerta del Sol, &#224; Madrid, d'o&#249; ont surgi les mobilisations et le mouvement des Indign&#233;s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3 En Espagne comme dans d'autres pays, ces &#233;lections font l'objet d'un scrutin de liste unique, organis&#233; au niveau de tout l'Etat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L' &#171; exp&#233;rience Chypre &#187; : Un hold-up &#224; grande &#233;chelle pour sauver les banques</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/L-experience-Chypre-Un-hold-up-a-grande-echelle-pour-sauver-les-banques</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/L-experience-Chypre-Un-hold-up-a-grande-echelle-pour-sauver-les-banques</guid>
		<dc:date>2013-03-19T14:48:38Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2013-03-19</dc:subject>
		<dc:subject>Chypre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tous les Chypriotes retirent aujourd'hui les pas plus de 1 000 euros que leur permettent les distributeurs automatiques de billets. Comble d'hypocrisie, ils savent qu'on leur appliquera bient&#244;t une &#171; taxe financi&#232;re solidaire &#187; qui r&#233;duira leur &#233;pargne et qui sera destin&#233;e &#224; sauver le syst&#232;me bancaire priv&#233;. Autrement dit, pour prot&#233;ger tous les cr&#233;anciers internationaux qui pourront continuer &#224; &#234;tre rembours&#233;s pour les dettes contract&#233;es par les banques chypriotes aujourd'hui en faillite. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH106/arton13473-bda4c.png?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='106' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tous les Chypriotes retirent aujourd'hui les pas plus de 1 000 euros que leur permettent les distributeurs automatiques de billets. Comble d'hypocrisie, ils savent qu'on leur appliquera bient&#244;t une &#171; taxe financi&#232;re solidaire &#187; qui r&#233;duira leur &#233;pargne et qui sera destin&#233;e &#224; sauver le syst&#232;me bancaire priv&#233;. Autrement dit, pour prot&#233;ger tous les cr&#233;anciers internationaux qui pourront continuer &#224; &#234;tre rembours&#233;s pour les dettes contract&#233;es par les banques chypriotes aujourd'hui en faillite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il y a peu un accord a &#233;t&#233; trouv&#233; pour un mod&#232;le d'union bancaire dans le cadre europ&#233;en qui r&#233;affirmait le r&#244;le des institutions financi&#232;res de l'UE en tant que m&#233;canismes de socialisation des dettes financi&#232;res priv&#233;es. Et, surtout, de leur conversion en dettes souveraines publiques en cr&#233;ant des fonds qui garantissent le capital bancaire mais non les d&#233;p&#244;ts que les gens placent dans les banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la petite Chypre, &#224; peine 0,17% du PIB europ&#233;en, et le &#171; corralito &#187; (limitation des retraits, NdT) impos&#233; &#224; sa population est une exp&#233;rimentation qui doit sans doute servir d'avertissement pour les autres &#233;conomies p&#233;riph&#233;riques de l'UE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancien pr&#233;sident de Chypre, le communiste Demetris Christofias, hostile aux exigences de la Tro&#239;ka, ne s'est pas repr&#233;sent&#233; aux &#233;lections et la r&#233;cente victoire &#233;lectorale du conservateur Nicos Anastasiades a ouvert la porte &#224; un programme qui supposait la demande imm&#233;diate d'un &#171; sauvetage &#187; &#224; la Tro&#239;ka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les racines de la faillite &#233;conomique chypriote r&#233;pondent &#224; diff&#233;rents facteurs. On a mentionn&#233; sa relation &#233;troite avec l'&#233;conomie grecque, mais ce qui est fondamental dans le cas chypriote est la formidable et particuli&#232;re faillite de son secteur bancaire priv&#233;. Les besoins de recapitalisation bancaire &#233;taient estim&#233;s il y a quelques mois &#224; 55% de son PIB (en Irlande, au pire moment de sa crise, il s'agissait de 40% du PIB). L'Etat chypriote a d&#233;j&#224; du demander une aide financi&#232;re en juin 2012 pour un total de 1,8 milliard d'euros. Apr&#232;s avoir perdu son acc&#232;s aux march&#233;s internationaux, l'Etat s'est retrouv&#233; incapable de financer par lui-m&#234;me ce processus. A partir de ce moment s'est &#233;labor&#233; un M&#233;morandum d'accord avec la Tro&#239;ka en novembre dernier qui incluait un ajustement budg&#233;taire repr&#233;sentant au total 7,25% du PIB (soit 1,3 milliard d'euros) jusqu'en 2016. Le poids de la dette publique par rapport au PIB a augment&#233; de 140% apr&#232;s ce premier sauvetage bancaire de l'ann&#233;e derni&#232;re, et il atteint aujourd'hui 150% du PIB, ce qui suppose un risque tr&#232;s s&#233;rieux de d&#233;faut de paiement de la dette chypriote.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syst&#232;me bancaire de ce pays fonctionne avec une certaine opacit&#233; dans une &#233;conomie qui suit un mod&#232;le fiscal comparable &#224; celui d'un paradis fiscal &#8211; presque comme l'Irlande - , ce qui est tr&#232;s attractif pour capter l'&#233;pargne des fortunes &#233;trang&#232;res qui repr&#233;sentent un total de 24 milliards d'euros (en grande partie en provenance de Russie). C'est pour cette raison que le secteur bancaire atteint une taille inappropri&#233;e pour la petite &#233;conomie chypriote puisqu'il p&#232;se cinq fois plus que le PIB du pays. Le fait qu'il devient insolvable entra&#238;ne automatiquement l'effondrement du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face aux r&#233;ticences des pays du centre de l'UE, la Tro&#239;ka n'apportera qu'un total de 10 milliards d'euros dans ce cinqui&#232;me programme de sauvetage dans la zone euro. Une quantit&#233; bien inf&#233;rieure &#224; ce que demandait Nicosie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette UE, les sauvetages, dont l'objectif principal est de stabiliser le syst&#232;me financier priv&#233;, s'accompagnent de fortes conditions pour les Etats, ce qui implique une forte discipline impos&#233;e aux classes productives. Dans ce cas-ci, les premi&#232;res victimes sont les d&#233;posants qui verront fondre leurs &#233;pargnes et seront frapp&#233;s, afin d'&#233;viter la fuite des capitaux, par des restrictions dans l'utilisation de leur argent. On appliquera une taxe de 6,75% sur les d&#233;p&#244;ts jusqu'&#224; 100.000 euros et de 9,9% &#224; partir de cette somme. Une mesure (exig&#233;e surtout par le FMI et le gouvernement allemand) qui permettrait de r&#233;colter 5,8 milliards d'euros. Elle frappera durement les &#233;pargnants et, tout particuli&#232;rement, la classe salari&#233;e et les pensionn&#233;s qui n'ont pu pr&#233;voir une telle situation (les experts, quant &#224; eux, s'y attendaient depuis des mois) ou qui n'ont pas la possibilit&#233; de transf&#233;rer leur argent dans un autre pays parce qu'ils en ont quotidiennement besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme mesure compensatoire pour les d&#233;posants, ces derniers recevront un montant &#233;quivalent &#224; la taxe en actions&#8230; d'un secteur bancaire en faillite ! En outre, si tant est qu'elles valent quelque chose, ces actions vont surtout se concentrer dans les mains des grands &#233;pargnants, qui seront d'ailleurs les seuls &#224; profiter de la recapitalisation provenant du sauvetage !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres mesures repr&#233;sentent un ajustement budg&#233;taire qui coupe dans les politiques d'investissement et les d&#233;penses sociales n&#233;cessaires. Des privatisations d'une valeur totale de 3 milliards d'euros ont &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;es ainsi que des &#171; accords &#187; afin de tirer profit des nouvelles r&#233;serves de gaz trouv&#233;es dans la zone &#224; la fin de l'ann&#233;e 2011. Toutes ces mesures repr&#233;sentent la garantie que les dettes (celles du secteur bancaire chypriote hier, et celles du secteur public aujourd'hui) continueront d'&#234;tre toujours rembours&#233;es. (&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis qu'il se montre g&#233;n&#233;raux avec le capital bancaire, les cr&#233;anciers et les rentiers, l'Etat continue &#224; spolier les richesses naturelles et &#224; r&#233;duire les droits des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme contrepoint mineur, on augmentera de 10 &#224; 12,5% l'imp&#244;t des soci&#233;t&#233;s. Une mesure certes destin&#233;e &#224; augmenter les recettes, mais il faut indiquer que cette augmentation aurait du &#234;tre beaucoup plus &#233;lev&#233;e vu le dumping fiscal existant dans le pays et la disproportion avec le traitement inflig&#233;s aux revenus issus du travail. En m&#234;me temps, il est clair que les sommes ainsi r&#233;colt&#233;es serviront &#224; des fins totalement injustes et inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, l' &#171; exp&#233;rience Chypre &#187; est un avertissement qu'il faut prendre au s&#233;rieux. Il est temps que les peuples du sud de l'Europe s'unissent pour d&#233;sob&#233;ir &#224; ces conditions injustes des M&#233;morandums et des Trait&#233;s europ&#233;ens d'aust&#233;rit&#233; et qu'ils commencent &#224; marcher ensemble pour construire une strat&#233;gie &#233;conomique supranationale solidaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://blogs.publico.es/dominiopublico/6688/el-experimento-chipre-depositos-acorralados-por-rescates-bancarios/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://blogs.publico.es/dominiopublico/6688/el-experimento-chipre-depositos-acorralados-por-rescates-bancarios/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction fran&#231;aise pour Avanti4.be&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le naufrage de l'&#233;conomie espagnole</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-naufrage-de-l-economie-espagnole</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-naufrage-de-l-economie-espagnole</guid>
		<dc:date>2012-07-31T12:23:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bibiana Medialdea, Daniel Albarracin, Manuel Gari, Nacho Alvarez Peralta</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-07-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La batterie de mesures annonc&#233;es par Mariano Rajoy le 11 juillet 2012, sous les applaudissements indignes des bancs de la majorit&#233; parlementaire (du Parti Populaire &#8211; PP), constitue une attaque contre la majorit&#233; sociale et implique une d&#233;claration de guerre contre la population salari&#233;e. &lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site de &#192; l'encontre &lt;br class='autobr' /&gt; Parmi ces mesures, celles qui ressortent particuli&#232;rement et traduisent le m&#233;pris port&#233; aux personnes les plus faibles, on peut relever celle qui a trait aux coupes dans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-07-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-07-31&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH125/arton11018-5514f.png?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='125' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La batterie de mesures annonc&#233;es par Mariano Rajoy le 11 juillet 2012, sous les applaudissements indignes des bancs de la majorit&#233; parlementaire (du Parti Populaire &#8211; PP), constitue une attaque contre la majorit&#233; sociale et implique une d&#233;claration de guerre contre la population salari&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tir&#233; du site de &#192; l'encontre&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Parmi ces mesures, celles qui ressortent particuli&#232;rement et traduisent le m&#233;pris port&#233; aux personnes les plus faibles, on peut relever celle qui a trait aux coupes dans les allocations de ch&#244;mage. C'est pourquoi il n'est pas surprenant qu'elles aient suscit&#233; imm&#233;diatement des r&#233;actions d'opposition de la part des organisations syndicales et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que les mesures d&#233;cid&#233;es soient de dures attaques antisociales, m&#234;me le pr&#233;sident du gouvernement, M. Rajoy, ne se risque pas &#224; le d&#233;mentir. L'am&#232;re potion commune se r&#233;sume &#224; ce que tout l'ajustement budg&#233;taire a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent par des coupes dans les d&#233;penses. Par contre, la question centrale, celle de l'augmentation des rentr&#233;es fiscales n'a pas &#233;t&#233; abord&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; Rajoy de pr&#233;senter ces mesures au parlement &#8211; appliquant de la sorte l'ordre donn&#233; par la Banque centrale europ&#233;enne (BCE), la Commission europ&#233;enne et le FMI &#8211; comme n&#233;cessaires et in&#233;vitables, comme la &#171; seule &#187; solution possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, il leur a attribu&#233;, comme il l'avait fait au moment de la contre-r&#233;forme du droit du travail, une vertu d'efficacit&#233; &#233;conomique qui nous garantira la reprise. Le pr&#233;sident du trio (Rajoy, de Guindos &#8211; &#233;conomie &#8211; et Montoro &#8211; Finances) essaye, une fois de plus, de nous tromper par ses tours de passe-passe et son suppos&#233; sens commun. En outre, il le fait d'une fa&#231;on terriblement contre-productive pour le futur imm&#233;diat de l'&#233;conomie. C'est l&#224; que r&#233;side son talon d'Achille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), avec Alfredo P&#233;rez Rubalcaba &#224; sa t&#234;te, intervient sans capacit&#233; de peser dans le d&#233;bat politique, entrav&#233; qu'il est par son pass&#233; r&#233;cent (d&#233;faite &#233;lectorale de mai 2011 !), par sa conception sociale-lib&#233;rale de l'&#233;conomie, et par l'Union Europ&#233;enne (qui le prive d'une alternative qui pourrait le distinguer) ainsi que par le r&#244;le qu'il veut jouer (dont personne ne l'en a charg&#233;, ni personne ne lui en est reconnaissant) de parti qui fait de la politique d'Etat responsable au moment o&#249; il faut faire une politique de majorit&#233; sociale face &#224; la barbarie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Causer d&#233;pression et autres souffrances&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1966, l'anthropologue Maurice Godelier questionnait la raison capitaliste dans le titre m&#234;me d'un de ses ouvrages : Rationalit&#233; et irrationalit&#233; en &#233;conomie (Maspero, 1966). Il semblerait qu'aujourd'hui Bruxelles, Berlin et Madrid se d&#233;battent &#224; nouveau entre ces deux termes de la dichotomie. D'un c&#244;t&#233;, les principaux gouvernements europ&#233;ens et les institutions de l'UE agissent comme les repr&#233;sentants des int&#233;r&#234;ts du capital financier qui se chargent de garantir que les dettes contract&#233;es soient recouvr&#233;es par les cr&#233;anciers. Pour cela, le M&#233;morandum qui impose &#224; l'Etat espagnol le &#171; sauvetage &#187; par l'UE oblige &#224; d&#233;gager les ressources n&#233;cessaires au moyen de coupes dans les d&#233;penses sociales, de baisses de salaires et d'augmentations d'imp&#244;ts, etc., dans l'objectif de recapitaliser le syst&#232;me bancaire espagnol afin qu'elle paie ses cr&#233;anciers &#233;trangers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, cependant, les mesures que vient d'approuver le trio Cristobal Montoro, ministre des finances, Luis De Guindos, ministre de l'&#233;conomie, et Mariano Rajoy, le pr&#233;sident du gouvernement &#8211; qui incluent de nouveaux ajustements &#8211; sont un bon exemple de l'irrationalit&#233; et de l'incomp&#233;tence de ces serviteurs des march&#233;s puisqu'ils les effectuent au nom d'un suppos&#233; assainissement &#233;conomique n&#233;cessaire pour sortir de la crise alors qu'ils ne font qu'aggraver la situation actuelle de d&#233;pression &#233;conomique. Le trio ne semble pas bien savoir ni quoi faire ni quelles cons&#233;quences auront ses d&#233;cisions, bien qu'elles aient plac&#233; l'&#233;conomie espagnole au centre d'un bourbier de sables mouvants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Montoro a impos&#233; avec son arrogance et &#224; toute vitesse car il &#233;tait press&#233;, aux communaut&#233;s autonomes [fortement endett&#233;es] un objectif de d&#233;ficit encore plus s&#233;v&#232;re que celui &#171; approuv&#233; &#187; il y a deux mois. Cela va provoquer de nouvelles coupes sociales dans les services publics de base comme la sant&#233; publique, l'enseignement et les soins aux personnes d&#233;pendantes. Mais cet objectif signifie aussi une dure atteinte &#233;conomique pour divers secteurs qui vont conna&#238;tre encore plus de r&#233;cession et de ch&#244;mage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suppression du 13e salaire de No&#235;l pour des dizaines de milliers d'employ&#233;s de la fonction publique repr&#233;sente la &#233;ni&#232;me agression salariale &#224; ce secteur. Elle aura, aussi, des effets sur leurs d&#233;penses et leur demande sur le march&#233; interne avec des cons&#233;quences qui iront toutes dans le m&#234;me sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les privatisations des restes des joyaux de la couronne, comme la compagnie de chemin de fers RENFE, n'am&#232;neront que diminutions de personnel, services publics d&#233;t&#233;rior&#233;s, mais gains priv&#233;s augment&#233;s. Dans tous les cas les &#171; &#233;conomies &#187; et les &#171; rentr&#233;es financi&#232;res &#187; vont &#234;tre moindres que les pertes &#233;conomiques que cela va occasionner &#224; l'ensemble de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de ce marasme, ils profitent en plus d'annoncer la baisse du montant des cotisations &#224; la s&#233;curit&#233; sociale (un nouveau cadeau pour les patrons aux d&#233;pens de notre salaire et de notre couverture sociale) ainsi qu'un imp&#244;t sur l'&#233;nergie dont le but est de procurer des rentr&#233;es fiscales. Ce nouvel imp&#244;t, loin de r&#233;soudre l'escroquerie du d&#233;ficit tarifaire, se traduira en augmentations des prix finaux pour les petits consommateurs, sans pour autant r&#233;ussir &#224; r&#233;duire la demande &#233;nerg&#233;tique globale effective, ni favoriser des changements en direction des &#233;nergies renouvelables qui mettraient en danger le futur de cet imp&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouveaut&#233; dans cette situation, ce ne sont pas les mobilisations populaires annonc&#233;es et indispensables. Ce qui est nouveau, c'est que pour la premi&#232;re fois depuis la formation du gouvernement du PP son orientation a d&#233;clench&#233; des critiques tr&#232;s s&#233;v&#232;res de la part de divers secteurs patronaux &#224; propos de l'effet pernicieux de la diminution de la masse salariale des employ&#233;s de la fonction publique et tout particuli&#232;rement &#224; propos de la hausse de la TVA qui va entrer en vigueur le 1er septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne partie des patrons et de leurs analystes craignent que cette hausse d&#233;prime encore plus la demande. C'est le cas du secteur touristique. Exceltur, le forum qui regroupe les principales entreprises du secteur, estime que chaque point de hausse de la TVA qui se r&#233;percutera directement sur le prix final provoquera une diminution des ventes du secteur touristique de 1,005 milliard d'euros, ce qui peut impliquer la destruction de milliers d'emplois. Joan Rosell, le patron des patrons de la CEOE (la Conf&#233;d&#233;ration espagnole des organisations patronales), continue de montrer sa compr&#233;hension et d'appuyer les mesures du PP. Toutefois, l'unit&#233; monolithique qu'ils ont maintenue autour de la r&#233;forme du droit du travail s'est fissur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant tout cela, nous ne pouvons que convenir avec Ernest Mandel, quand il d&#233;clarait en 1983 dans une de ses conf&#233;rences universitaires &#224; Ath&#232;nes, la capitale de ce pays aujourd'hui tortur&#233; et combatif : &#171; La soci&#233;t&#233; bourgeoise dans son ensemble se caract&#233;rise par une combinaison sui generis de rationalit&#233; partielle et d'irrationalit&#233; globale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'augmentation de la TVA comme paradigme&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PP a enfin d&#233;cid&#233; d'augmenter les rentr&#233;es fiscales en augmentant fortement les imp&#244;ts. Mais de la m&#234;me mani&#232;re qu'il l'a fait r&#233;cemment avec l'imp&#244;t sur le revenu des personnes physiques (IRPF), la hausse p&#232;sera et retombera sur les classes travailleuses. La pi&#232;ce cl&#233; de l'augmentation des rentr&#233;es fiscales r&#233;side en la hausse de la TVA. Le reste des mesures fiscales aura moins d'effets imm&#233;diats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le sait, la TVA est un imp&#244;t indirect que paient les consommateurs finaux et cet imp&#244;t a une forte nature r&#233;gressive, puisqu'il est proportionnel aux d&#233;penses de consommation, mais &#224; la diff&#233;rence des bas revenus, les riches ne consomment pas tous leurs revenus, &#233;chappant ainsi largement &#224; la TVA. La TVA ne permet que peu de modulations pour corriger les effets pervers qu'elle provoque. C'est un imp&#244;t &#171; facile &#187; qui p&#232;se sur la population &#8211; avec peu de moyens pour s'y opposer &#8211; et non pas sur les d&#233;tenteurs de la richesse produite, qui sont, eux, riches &#233;galement en instruments de pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La hausse du taux g&#233;n&#233;ral de 18% &#224; 21% et du taux r&#233;duit (sur certains biens) de 8% &#224; 10 % implique que 60% des biens et services, qui se traduisent dans le PIB, se verront affect&#233;s. En outre, divers biens et services passent du taux r&#233;duit au taux g&#233;n&#233;ral. Cela veut dire que non seulement la TVA monte pour des biens de luxe ou superflus, mais &#233;galement pour des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; comme les habits, le transport des voyageurs, le logement, l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, et va affecter des biens et services comme le t&#233;l&#233;phone, les lunettes et lentilles correctrices, les couches pour b&#233;b&#233;s, le coiffeur ou les plats pr&#233;par&#233;s, ainsi que les bars, restaurants et h&#244;tels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux le plus bas reste &#224; 4%. Il continuera de s'appliquer aux aliments frais &#8211; comme le lait, les &#339;ufs, les fruits et l&#233;gumes &#8211; les livres et journaux, le mat&#233;riel scolaire, les m&#233;dicaments et le logement social. Mais cela ne veut pas dire que les prix, par exemple, des aliments, ne vont pas monter car les producteurs r&#233;percuteront sur leurs prix les 400 millions d'euros de TVA qu'ils devront payer en plus pour leur consommation et leurs achats de machines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, aucun bien ne sera exempt de rench&#233;rissement. Les prix vont monter de fa&#231;on g&#233;n&#233;ralis&#233;e, contribuant &#224; l'&#233;rosion du pouvoir d'achat et &#224; une d&#233;t&#233;rioration encore plus grande de la demande totale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Organisation des consommateurs et usagers (OCU) &#233;value la hausse moyenne de la d&#233;pense par ann&#233;e &#224; 415 euros par famille. D'autres estimations parlent de presque 800 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si aux hausses actuelles nous ajoutons celles de juillet 2010, quand le taux g&#233;n&#233;ral de la TVA avait pass&#233; de 16% &#224; 18% et le taux r&#233;duit de 7% &#224; 8%, nous constatons que la TVA, si r&#233;gressive socialement, aura augment&#233; en deux ans de 23,8% pour ce qui est du taux g&#233;n&#233;ral et de 30% pour ce qui est du taux r&#233;duit. Cela veut dire que chaque famille d&#233;pensera en moyenne 800 euros de plus qu'en 2010, ce qui signifie que pour une grande partie de la population c'est presque un salaire mensuel qui partira sous l'effet de cette hausse de la TVA.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, les rentr&#233;es de TVA ont augment&#233; de 5 milliards d'euros durant l'ann&#233;e. Aujourd'hui, le gouvernement estime que dans les douze mois qui vont suivre l'entr&#233;e en vigueur de la hausse, les rentr&#233;es de TVA vont monter de 7,5 milliards. C'est une erreur crasse, car la situation de stagnation est aujourd'hui plus grave qu'il y a deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est donc plus que probable que les rentr&#233;es li&#233;es &#224; la TVA n'augmentent pas parce que la hausse du taux se verra compens&#233;e par la baisse de l'activit&#233;. Les m&#233;dias gouvernementaux argumentent que l'Allemagne a r&#233;alis&#233; une hausse de trois points de TVA en 2007, de 16% &#224; 19%. Ce qu'ils ne disent pas, c'est qu'elle l'a fait &#224; un moment o&#249; son &#233;conomie croissait de plus que 3%. Dans le cas espagnol, le gouvernement pr&#233;voit qu'en 2012 le PIB chutera de 1,7% et la demande interne de 4,4%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans notre pays, &#224; cause de la fin du cancer immobilier, la permissivit&#233; &#224; l'&#233;gard de la fraude fiscale et les baisses incessantes depuis 1996 des imp&#244;ts sur les revenus du capital, la pression fiscale sur le PIB s'est situ&#233;e &#224; des niveaux bien inf&#233;rieurs &#224; la zone communautaire, particuli&#232;rement la zone euro. C'est ce qui a &#233;t&#233; une des causes principales de la hausse rapide du d&#233;ficit public, alors qu'en 2007 encore, il y avait un solde positif. Et par cons&#233;quent, c'est un des facteurs qui poussent &#224; la hausse la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir d'aujourd'hui, on assiste au paradoxe que l'Espagne est &#224; la fois un des pays de l'UE avec la pression fiscale la plus basse et avec cependant une des TVA les plus hautes. Ou dit autrement, la r&#233;gressivit&#233; fiscale augmente. Depuis le d&#233;but de la crise actuelle, des 27 Etats membres de l'UE, 17 ont relev&#233; leur taux de TVA. Uniquement la Hongrie et la Roumanie ont d&#233;cid&#233; une hausse plus forte que celle que vient d'annoncer le gouvernement de Rajoy, mais ces deux pays partaient de taux plus bas. Dans la zone euro, seuls la Gr&#232;ce, l'Irlande, le Portugal et la Finlande auront d&#233;sormais un taux de TVA, &#224; 23%, sup&#233;rieur &#224; l'espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Oui, c'est possible&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'y a-t-il pas d'autres solutions que celles propos&#233;es par le trio espagnol et par la tro&#239;ka communautaire ? Si, &#224; tous points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques pistes suffisent pour indiquer d'autres horizons. Si nous parlons de dette. Les citoyens doivent-ils payer les dettes des banques et des entreprises ? Toute la dette est-elle l&#233;gitime ? La dette l&#233;gitime doit-elle &#234;tre pay&#233;e toute d'un coup ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parlons de finances. Pourquoi ne pas convertir le business financier priv&#233; en une grande banque publique qui investisse en activit&#233; productive et maximise le bien-&#234;tre social ? Pourquoi ne pas combattre la d&#233;pression de la demande par des hausses g&#233;n&#233;ralis&#233;es des salaires et des pensions ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parlons de ch&#244;mage et de production. Pourquoi ne pas r&#233;partir le travail et l'emploi en diminuant la journ&#233;e de travail ? Pourquoi ne pas impulser des investissements massifs dans les &#233;nergies alternatives, la sant&#233;, l'enseignement ou la recherche ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous parlons de d&#233;ficit. Pourquoi ne pas combattre et &#233;radiquer la fraude fiscale, estim&#233;e &#224; 6% du PIB, c'est-&#224;-dire, un montant de 70 milliards d'euros &#233;quivalant &#224; ce que le gouvernement veut &#233;conomiser et lever sur le dos des plus faibles ? Pourquoi accepter les transactions avec les paradis fiscaux ? Pourquoi ne pas augmenter l'imposition des profits patronaux et mettre fin &#224; des refuges comme les SICAV (soci&#233;t&#233;s qui &#233;mettent ou rach&#232;tent des actions) dans un pays o&#249; l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s a un taux effectif qui tourne autour de 10%, c'est-&#224;-dire plus bas m&#234;me que le taux nominal de 12,5% qu'avait l'Irlande avant son renflouement ? Pourquoi ne pas r&#233;tablir l'imp&#244;t sur la fortune et cr&#233;er en outre un imp&#244;t sur les grandes fortunes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces questions et beaucoup d'autres indiquent des mesures cr&#233;dibles et raisonnables qui rendraient possibles que ce ne soient pas les classes travailleuses et populaires qui paient la crise. Pour les mettre sur pied, il faut accumuler des &#233;nergies sociales et politiques qui en finissent avec l'orientation antisociale que nous offrent ceux qui gouvernent dans l'UE et &#224; Madrid. (Traduction A l'Encontre ; article publi&#233; sur le site de Viento Sur)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Espagne : une r&#233;forme du code du travail qui facilite et qui banalise le licenciement</title>
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		<dc:date>2010-08-10T12:38:44Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Daniel Albarracin</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le capital europ&#233;en a d&#233;j&#224; &#233;labor&#233; une strat&#233;gie pour affronter la profonde et multidimensionnelle crise capitaliste qui a tellement d&#233;concert&#233;, ici [dans l'Etat espagnol] et ailleurs. Le pouvoir des grandes firmes transnationales &#8211; en particulier dans le secteur financier et des assurances, disposant d'un arsenal de pressions &#233;conomiques et politiques &#8211; a inflig&#233; un coup d'&#233;tat aux gouvernements en s'arrogeant la souverainet&#233;. Du moins aux gouvernements de l'Union Europ&#233;enne (UE) et des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH83/arton5033-4bf23.jpg?1675071745' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='83' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le capital europ&#233;en a d&#233;j&#224; &#233;labor&#233; une strat&#233;gie pour affronter la profonde et multidimensionnelle crise capitaliste qui a tellement d&#233;concert&#233;, ici [dans l'Etat espagnol] et ailleurs. Le pouvoir des grandes firmes transnationales &#8211; en particulier dans le secteur financier et des assurances, disposant d'un arsenal de pressions &#233;conomiques et politiques &#8211; a inflig&#233; un coup d'&#233;tat aux gouvernements en s'arrogeant la souverainet&#233;. Du moins aux gouvernements de l'Union Europ&#233;enne (UE) et des diff&#233;rents pays qui la composent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le contexte politique de l'ajustement n&#233;olib&#233;ral &#233;conomique, social et syndical international&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir du Capital, qui compte d&#233;j&#224; avec de nombreux march&#233;s dans les pays &#233;mergents &#224; un co&#251;t tr&#232;s bas, o&#249; il investit, exige que l'ensemble des pays avanc&#233;s des conditions d'investissement devant rejoindre celles de la p&#233;riph&#233;rie la plus rentable : la Chine, l'Inde, la Cor&#233;e du Sud, etc. Le Capital a d&#233;cid&#233; de rendre plus rentable l'&#233;conomie europ&#233;enne sur le dos d'une exploitation de la force de travail, au d&#233;triment des droits de la majorit&#233; sociale et en particulier des services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dette priv&#233;e des banques s'est transform&#233;e en une volumineuse dette publique. Parce que le d&#233;ficit public s'est accru, ce qui s'explique par les nombreux &#171; stimuli fiscaux &#187; (abaissements d'imp&#244;ts, subventions accrues au capital, certaines orientations d'investissements publics, etc....) et par le renflouement du syst&#232;me financier. Maintenant les agents sp&#233;culateurs du syst&#232;me financier, en particulier allemands et fran&#231;ais, apr&#232;s avoir abandonn&#233; des secteurs en crise et &#224; la recherche de nouvelles victimes, s'orientent vers le march&#233; des titres de la dette de certains pays. Ils jouent &#224; tirer vers le haut les taux int&#233;r&#234;ts comme ceux de la dette publique de Gr&#232;ce ou de l'Espagne, sur les march&#233;s sp&#233;cialis&#233;s, ce qui menace de ruiner les Etats. Les agents financiers (banques, assurances&#8230;), qui ont &#233;t&#233; sauv&#233;s par le secteur public et qui ont obtenu un financement bon march&#233;, utilisent ces ressources pour manipuler &#224; la baisse la valeur de la dette publique et engranger des b&#233;n&#233;fices plus importants. Pendant ce temps, ils ne lib&#232;rent pas le cr&#233;dit pour alimenter d'autres domaines o&#249; ils seraient n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre cons&#233;quence en est la d&#233;stabilisation de l'euro, qui est d&#233;j&#224; en train de remettre en question le cadre de l'Union europ&#233;enne. Et qui pourrait bien, dans les ann&#233;es qui viennent, inciter soit &#224; une int&#233;gration mon&#233;taire avec le dollar, soit au retour des vieilles monnaies nationales. Mais le plus important est que ce pouvoir mafieux exerce un chantage (o&#249; compte sur les complicit&#233;s dont il dispose) sur la souverainet&#233; politique, qui a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e aux gouvernements par les urnes, pour &#233;viter toute r&#233;sistance &#224; ses exigences de politiques d'ajustement en sa faveur et au d&#233;triment de la classe travailleuse et de la majorit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gouvernements europ&#233;ens ont adopt&#233; la d&#233;cision de mobiliser d'&#233;normes ressources pour sauver les banques de l'insolvabilit&#233; et pour r&#233;tablir leur rentabilit&#233;, sous pr&#233;texte de stimuler le flux des cr&#233;dits, qui n'a d'ailleurs retrouv&#233; la fluidit&#233; requise. De la m&#234;me mani&#232;re, ils ont renonc&#233; &#224; entreprendre des r&#233;formes fiscales progressives pour augmenter la capacit&#233; de relance publique ayant des traits redistributifs. En Espagne on a &#233;limin&#233; l'imp&#244;t sur le patrimoine, en grande partie l'imp&#244;t sur les successions et sur les donations, on a r&#233;duit l'imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s, on a supprim&#233; des all&#233;gements fiscaux tout en maintenant les amnisties fiscales pour les grandes fortunes. On a seulement mis&#233; sur l'augmentation de la TVA et des imp&#244;ts sp&#233;ciaux, tous indirects, r&#233;gressifs et non-redistributifs. On n'a pas non plus renonc&#233; aux diverses subventions vers&#233;es &#224; des secteurs ayant de forts groupes de pression &#8211; l'automobile, par exemple &#8211; et on soutient le fond de restructuration des banques (Fondo de Reestructuracion Ordenada Bancaria - FROB), suite &#224; la crise des banques hypoth&#233;caires (Cajas).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faible pression fiscale et la chute de l'activit&#233; &#233;conomique ont cr&#233;&#233; un contexte de formidable ass&#232;chement des recettes et des revenus publics qui explique en premier lieu le d&#233;ficit public engendr&#233;. Mais il faut &#233;galement dire que les volumes de la dette publique de certains pays, et en particulier de l'Espagne, ne sont pas aussi importants que ce qu'on a bruyamment pr&#233;tendu. Ce qui est grave, c'est l'attitude sp&#233;culative et tra&#238;tresse du secteur financier. Et son op&#233;ration contre des pays individuels qui n'ont pas pu compter sur le soutien n&#233;cessaire de la part des institutions publiques europ&#233;ennes. En d&#233;finitive, ce sont les politiques r&#233;cessives qu'on est en train de dicter qui vont effectivement augmenter le volume et le co&#251;t de la dette au cours des prochaines ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A &#233;chelle europ&#233;enne on s'est concert&#233; pour la cr&#233;ation d'un nouveau fond, avec des apports des grands pays. Ceux-ci d&#233;cident d'activer la planche &#224; billets sans autre appui que le sceau de la BCE (Banque Centrale Europ&#233;enne), en un mod&#232;le de politique mon&#233;taire expansif qui se r&#233;v&#232;le inutile dans ce contexte &#8211; plus la participation du FMI &#8211; pour financer les pays menac&#233;s par la sp&#233;culation, en &#233;change de l'obligation de politiques d'ajustement draconiennes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Autrement dit, au cours des derni&#232;res ann&#233;es, au lieu de miser sur le secteur public pour stimuler l'&#233;conomie &#224; partir d''investissements publics financ&#233;s avec les imp&#244;ts, ou sur l'augmentation des salaires et des services publics, on a mis&#233; de le faire en endettant la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re, en combinant les restrictions salariales et l'aust&#233;rit&#233; en mati&#232;re de d&#233;penses publiques. Maintenant l'endettement redevient une sorte de fuite en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette politique a &#233;trangl&#233; avec la crise d'importants secteurs priv&#233;s et celle s m&#233;nages, elle contribuera d&#233;sormais &#224; ass&#233;ner le coup de gr&#226;ce au secteur public en Europe pour pulv&#233;riser l'Etat social en rendant sa situation financi&#232;re insoutenable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y aurait eu beaucoup d'alternatives, mais on a choisi de se r&#233;fugier dans les recettes n&#233;olib&#233;rales. On aurait pu remettre en place une banque publique, on aurait pu r&#233;guler le syst&#232;me financier, on aurait pu en finir avec les paradis fiscaux. Pour des pays comme l'Espagne on aurait pu, avec une pression fiscale minime, augmenter les imp&#244;ts sur le capital et sur revenus rentiers les plus &#233;lev&#233;s, faire des investissements publics bien planifi&#233;s et soutenables qui auraient pu avoir des effets multiplicateurs (sur la croissance du Produit int&#233;rieur brut - PIB) et ayant un int&#233;r&#234;t social. Mais la d&#233;mocratie formelle bourgeoise n'a plus rien de d&#233;mocratique. Les gouvernements sont &#8211; certains avec plus de r&#233;ticence et d'autres plus loyalement &#8211; pratiquement des marionnettes du Capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parenth&#232;se du Pacte de stabilit&#233; et de croissance (PSC) est termin&#233;e ; on en a fini avec la stricte fiction d'un retour vers un certain mod&#232;le de keynesianisme. On revient &#224; la sacro-sainte norme d'un d&#233;ficit public de 3%. En Espagne, on veut diminuer le d&#233;ficit public, proche du 12% du PIB, pour devenir un &#233;l&#232;ve exemplaire. Et on a commenc&#233; cette t&#226;che en optant pour une voie antisociale. Le programme d'aust&#233;rit&#233;, qui rognera 50'000 millions d'euros (50 milliards) en quatre ans, le coup de ciseau de 15'000 millions d'euros (15 milliards) qui s'appliquera aux salaires des fonctionnaires, &#224; l'investissement public et &#224; un gel des pensions, et bient&#244;t l'augmentation de l'&#226;ge de la retraite, et actuellement &#224; la r&#233;forme du Code du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des mesures nuisibles. Mais le plus important est l'orientation et l'ampleur des mesures entreprises, compte tenu l'objectif vis&#233; et l'orientation fix&#233;e pour l'atteindre. En effet, le fait de vouloir appliquer ce mod&#232;le, cette orientation signifie que les agressions pr&#233;vues ne constituent que la premi&#232;re d'une s&#233;rie d'&#233;tapes, s&#233;rie qui sera encore plus importante si nous entrons en d&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que la lutte sera longue. Et il s'agira de contester non seulement une r&#233;forme ou une coupe budg&#233;taire, mais toute l'orientation politique du projet bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais en attendant, nous allons examiner et &#233;valuer ci-dessous la r&#233;forme du code du travail propos&#233;e par le gouvernement du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol), le 16 juin 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une &#233;valuation de la r&#233;forme du Code du Travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'actuel projet du gouvernement constitue une agression importante contre la r&#233;gulation des rapports de travail et les droits des travailleurs et des travailleuses. En outre, certains aspects se trouvent encore &#224; un stade d'&#233;laboration impr&#233;cis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En premier lieu, le contenu de la r&#233;forme est encore vague en ce qui concerne certains des indicateurs et des proc&#233;dures. Par exemple, un des indicateurs qui n'est pas clair est celui qui permettrait de cautionner une entreprise en ce qui concerne les causes &#233;conomiques qui justifieraient un licenciement objectif, avec 20 jours d'indemnisation pour licenciement. Dans le texte d&#233;finitif cela n'appara&#238;t pas clairement, m&#234;me si dans les m&#233;dias on &#233;voquait six mois de pertes. Si c'&#233;tait le cas, ce serait une condition arbitraire, d'abord parce que tous les six mois les entreprises n'&#233;tablissent que des rapports de gestion internes et qu'ils sont &#233;tablis selon des normes h&#233;t&#233;rog&#232;nes et qu'on n'utiliserait alors pas la r&#233;f&#233;rence de la comptabilit&#233; annuelle selon les normes du Registre du Commerce. Sans compter le fait que les rapports, qu'ils soient pour six mois ou pour trois ans, ne constituent que des informations conjoncturelles. Et que le capital &#233;tablit sa comptabilit&#233; &#224; &#233;chelle du groupe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas non plus clair si l'augmentation graduelle de l'indemnisation de licenciement pour un contrat de travail et de service affecterait &#233;galement le contrat temporaire. Il en va de m&#234;me en ce qui concerne la dur&#233;e des bonifications pour contrat pour jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, devant l'absence de soutien suffisant, le gouvernement ne peut approuver le projet comme D&#233;cret royal, mais uniquement comme projet de loi, ce qui implique un risque que les groupes conservateurs au Parlement en durcissent encore davantage les contenus [finalement le d&#233;cret-loi a &#233;t&#233; adopt&#233; le 17 juin 2010]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, dans l'&#233;tat actuel le document peut encore subir &#8211; et subira probablement &#8211; des changements qui feront que certaines des questions qui sont analys&#233;es ici devront encore &#234;tre nuanc&#233;es par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les principaux contenus de la R&#233;forme du code de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet de r&#233;forme modifie diff&#233;rents chapitres qui se r&#233;f&#232;rent &#224; l'acc&#232;s, &#224; la dur&#233;e et &#224; la fin des rapports de travail, ainsi que des aspects concernant la n&#233;gociation collective et l'organisation du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re conclusion qu'on peut tirer de ce projet de r&#233;forme est que, de mani&#232;re globale elle va dans le sens suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; de faciliter et rendre moins cher le licenciement, en particulier pour les contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'impulser les relations de travail par des agents priv&#233;s (r&#244;le des bo&#238;tes d'int&#233;rim, de bo&#238;tes de placement) ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'augmenter la pr&#233;carisation de certaines modalit&#233;s contractuelles pour les jeunes ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; d'accorder encore davantage de pouvoir aux patrons dans la gestion interne de l'organisation du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; de faciliter la s&#233;paration d'accords salariaux n&#233;goci&#233;s au sein des entreprises, en d&#233;naturant ainsi l'efficacit&#233; relative des conventions collectives.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les aspects compensatoires de la r&#233;forme n'atteignent pas l'ampleur de ce qui pr&#233;c&#232;de, leur impact est bien moindre, et ils n'ont qu'un effet de distraction.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rench&#233;rissement ridicule des contrats temporaires, les limites impos&#233;es &#224; l'extension du contrat de travail et de service ou l'encha&#238;nement des contrats, le mod&#232;le allemand pour r&#233;duire la journ&#233;e de travail et le salaire en cas de danger de licenciement et d'autres mesures du m&#234;me acabit n'ont qu'un effet m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des changements dans le syst&#232;me d'acc&#232;s au rapport de travail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux mesures se d&#233;gagent dans ce chapitre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.- Les aides li&#233;es &#224; des contrats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif au d&#233;part &#233;tait de concentrer ces aides sur les groupes &#171; qui en avaient le plus besoin &#187;, en particulier les jeunes, les femmes et d'autres groupes d&#233;favoris&#233;s. En r&#233;alit&#233; elles se concentrent sur les jeunes entre 16 et 30 ans qui sont au ch&#244;mage depuis plus de 12 mois, sans scolarit&#233; obligatoire ou sans formation professionnelle, sur des personnes de plus de 45 ans au ch&#244;mage depuis plus d'une ann&#233;e, ainsi que sur des mutations de contrats de formation, de rel&#232;ve et de remplacement pour cause de retraite, auxquels on ajoutera un certain montant s'il s'agit de femmes.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les conditions pour que les entreprises puissent obtenir les aides sont l'augmentation les contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e et le maintien du travail &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e durant la p&#233;riode d'aide, soit environ trois ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'agira au total de 2'800 millions d'euros (2,8 milliards) qui ne serviront qu'&#224; modifier la position dans la file d'attente devant les bureaux de ch&#244;mage de certains groupes par rapport &#224; d'autres. Ils serviront &#224; abaisser gracieusement les co&#251;ts du travail pour les entrepreneurs sans pour autant stimuler la cr&#233;ation d'emplois. Cet argent serait mieux utilis&#233; pour la cr&#233;ation d'emplois publics ou pour des aides &#224; l'adaptation au poste de travail ou pour des appuis sp&#233;cifiques d'accompagnement en faveur de groupes ayant des difficult&#233;s, telles les personnes ayant un handicap.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.- Privatisation partielle de la m&#233;diation du travail priv&#233;e&lt;br class='autobr' /&gt;
Le projet l&#233;galise l'intervention des agences de placement priv&#233;es. Elles pourront d&#233;velopper des travaux, si elles y sont autoris&#233;es, en collaboration (externalisation) avec les services publics de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les ETT (agences d'emploi et de travail temporaire) pourront agir dans des secteurs qui leur &#233;taient jusqu'&#224; maintenant interdits pour des raisons de s&#233;curit&#233; au travail : la construction, la sant&#233;, etc... La seule limite sera que la n&#233;gociation collective devra d&#233;terminer si l'agence peut pratiquer et quels seront les termes de son activit&#233;. Cette question est tr&#232;s probl&#233;matique et r&#233;gressive, car elle suppose le transfert au priv&#233; de la gestion de l'acc&#232;s &#224; l'emploi et la s&#233;lection de personnel sur des crit&#232;res priv&#233;s, ce qui suppose le d&#233;veloppement de mod&#232;les discriminatoires et l'ouverture d'un important march&#233; pour &#171; quelque chose &#187; qui devrait &#234;tre un droit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics de l'Emploi continueront &#224; fonctionner comme jusqu'ici, mais en externalisant une partie de leurs fonctions. Selon les propositions du gouvernement, leur r&#244;le devrait augmenter. Aujourd'hui ils ne g&#232;rent que 2% des placements. Et ils se consacrent essentiellement &#224; la gestion des prestations de ch&#244;mage, &#224; faire un peu d'orientation professionnelle ou &#224; r&#233;partir des fonds pour la formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui se passe actuellement, et &#224; ce qui se passera avec cette r&#233;forme,les services publics devraient &#234;tre le principal outil d'&#233;tablissement de relations de travail, avec un fonctionnement qui rendrait plus rationnel et plus fluide l'acc&#232;s &#224; l'emploi et &#224; la formation dans les domaines &#233;conomiques les plus indispensables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils devraient rendre plus objectifs et plus transparents les crit&#232;res de s&#233;lection du personnel et miser sur le d&#233;veloppement avec davantage d'initiatives dans le domaine des politiques de l'emploi. Ils pourraient &#233;galement &#8211; pourquoi pas ? &#8211; jouer le r&#244;le d'employeur direct dans un &#233;lan vers une &#171; &#233;conomie sociale &#187;, par exemple en comptant sur les montants des aides qui servent maintenant &#224; subventionner le Capital et &#224; abaisser les co&#251;ts du travail, sans grands r&#233;sultats.&lt;br class='autobr' /&gt; Permanence : modifications dans le syst&#232;me contractuel et flexibilit&#233; de l'organisation du travail&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.- Les modifications n&#233;gatives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contrats de formation. Malgr&#233; le fait qu'ils pourront compter avec les prestations de ch&#244;mage,il y aura une aide de 100% pour la cotisation &#224; la s&#233;curit&#233; sociale. On admettra cette formule pour des jeunes jusqu'&#224; 24 ans &#8211; s'ils sont au ch&#244;mage &#8211; (avant c'&#233;tait jusqu'&#224; 21 ans, et 25 jusqu'au 31.12.2011, et durant la premi&#232;re ann&#233;e l'on admet un salaire inf&#233;rieur au SMI (salaire minimum interprofessionnel). L'entreprise devra augmenter le personnel pour pouvoir offrir des emplois selon cette formule. Il faudra assurer un 15% de formation th&#233;orique par journ&#233;e de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des contrats avec pratique. On &#233;largit l'&#233;ventail des groupes pouvant b&#233;n&#233;ficier de ce type de contrat. Il ne faudra plus seulement un dipl&#244;me, le certificat de travail (exp&#233;rience acquise) sera aussi valable. Et il faudra qu'ils aient &#233;t&#233; obtenus dans les cinq derni&#232;res ann&#233;es. Ils seront d'une dur&#233;e variant entre 6 et 24 mois, avec un salaire entre 60 et 75% du salaire fix&#233; par la convention durant la premi&#232;re ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.- Modifications positives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rench&#233;rissement graduel de l'indemnit&#233; de licenciement lors d'un contrat temporaire de 8 &#224; 12 jours sur une p&#233;riode donn&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sauf pour les contrats int&#233;rimaires et de formations, il est pr&#233;vu une indemnisation allant jusqu'&#224; 12 jours &#224; partir de 2014. Elle sera de 10 jours en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce rench&#233;rissement n'emp&#234;chera pas qu'il continuera &#224; &#234;tre plus attractif d'engager &#224; titre temporaire, car cela restera tout de m&#234;me meilleur march&#233;. D'ailleurs, cet abaissement du co&#251;t du personnel employ&#233; pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e est proportionnellement beaucoup plus important (touchant 75% de la population salari&#233;e) que le rench&#233;rissement des licenciements du personnel temporaire, m&#234;me si la rotation de ces derniers supposera d'allouer davantage de ressources &#224; cette indemnisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le financement du FOGASA (Fondo de Garantia Salarial &#8211; Fonds de garantie salarial) pour le licenciement d'un employ&#233; ayant un contrat aid&#233; serait en 2014 &#233;gal au co&#251;t du licenciement pour &#171; raisons objectives &#187; d'un temporaire ou d'une personne avec un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Cette voie est rendue plus facile par cette r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Pour la premi&#232;re fois, il y a une limite dans le temps de l'utilisation du Contrat de travail et de services.. A partir de maintenant, d&#232;s les 24 mois (avec une extension de 12 mois, par convention sectorielle), ces contrats se transformeront en contrats &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Limitation &#224; l'encha&#238;nement du contrat temporaire et sa transformation en contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Il existe un &#233;largissement des cas o&#249; un encha&#238;nement des contrats entra&#238;ne le droit &#224; un emploi &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Selon le projet, si sur une p&#233;riode de 30 mois une personne se trouve employ&#233;e durant plus de 24 mois, avec ou sans solution de continuit&#233;, la possibilit&#233; de conversion en un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e existera que ce soit dans le m&#234;me poste de travail ou dans des postes diff&#233;rents, avec la m&#234;me entreprise ou dans un groupe d'entreprises, avec deux contrats ou davantage, y compris un contrat de mise &#224; disposition (c'est-&#224;-dire un contrat &#233;tabli par une entreprise temporaire en faveur d'une entreprise), ou dans des situations de reprise d'une entreprise. Le nouveau Code peut r&#233;guler des syst&#232;mes de pr&#233;vention afin qu'un m&#234;me poste de travail ne soit pas occup&#233; abusivement par diff&#233;rentes personnes ayant un contrat temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Le mod&#232;le allemand. R&#233;duction de la journ&#233;e de travail et du salaire, combin&#233;e avec une prestation de ch&#244;mage avec indemnisation (ch&#244;mage partiel).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le projet favorise cette solution de ch&#244;mage partiel (qui n'affecte que 1,5% de l'ensemble des d&#233;cisions de licenciements), misant sur des suspensions partielles du contrat, et comme solution temporaire, on admet une r&#233;duction de la journ&#233;e de travail d'entre 10 et 70%, pendant une dur&#233;e n'exc&#233;dant pas une ann&#233;e, compens&#233;e par une prestation partielle de ch&#244;mage. On appliquera une aide de 50% aux cotisations patronales, jusqu'&#224; un taux maximum de 80% lorsqu'on incorpore des activit&#233;s de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En ce qui concerne la flexibilit&#233; de l'organisation du travail, le projet modifie le r&#232;glement des conditions n&#233;goci&#233;es pour changer les conditions collectives de l'organisation du travail, notamment en mati&#232;re de mobilit&#233; g&#233;ographique&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Des modifications substantielles des conditions de travail. Heures de travail journali&#232;res, distribution irr&#233;guli&#232;re du temps de travail et de l'horaire, travail en &#233;quipe, syst&#232;mes de r&#233;mun&#233;ration et syst&#232;me du travail et du rendement ainsi que des fonctions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y avait d&#233;j&#224; un trou &#233;norme de flexibilit&#233; patronale dans le Statut des Travailleurs. Maintenant on veut flexibiliser encore davantage : dans les cas o&#249; il n'y aura pas d'accord avec les syndicats on fera appel &#224; un arbitrage qui pourra &#234;tre volontaire), avec des crit&#232;res tellement laxistes (&#171; favoriser la comp&#233;titivit&#233; sur le march&#233; ou une meilleure r&#233;ponse aux exigences de la demande &#187;) qu'il est &#224; craindre que cela ne serve qu'&#224; donner davantage de pouvoir au patron en mati&#232;re d'organisation du travail. A part cela, on raccourcit les d&#233;lais de la p&#233;riode de consultation, qui ne sera que de 15 jours au maximum.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au niveau personnel, le travailleur n'aura le droit de r&#233;silier son contrat qu'avec une indemnisation de 20 jours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fin de la relation de travail et licenciement meilleur march&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Abaissement de l'indemnisation de licenciement. G&#233;n&#233;ralisation du contrat aid&#233; avec indemnisation de 33 jours par ann&#233;e de travail et 24 mensualit&#233;s au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On laissera comme app&#226;t destin&#233; &#224; &#171; retenir le personnel strat&#233;gique &#187; le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e apr&#232;s 45 jours, et en particulier pour les hommes de 30 &#224; 45 ans employ&#233;s ou ayant subi moins de trois mois de ch&#244;mage et les femmes employ&#233;es entre 30 et 45 ans et toutes celles employ&#233;es pr&#233;alablement avec un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Les entreprises qui auraient licenci&#233; de mani&#232;re non-fond&#233;e ne pourront pas embaucher au moyen d'un contrat aid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FOGASA subviendra &#224; hauteur de 8 jours d'indemnisation par ann&#233;e de travail pour les licenciements intervenant dans les contrats aid&#233;s d'une dur&#233;e de plus d'un an. Cela implique un abaissement du co&#251;t important pour les entreprises et une charge salariale indirecte &#224; supporter par la collectivit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le licenciement disciplinaire (pour faute professionnelle), d&#233;clar&#233; juridiquement comme &#233;tant non fond&#233;, du contrat aid&#233;, passera de 45 jours &#224; 33 jours avec un maximum de 24 mensualit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La possibilit&#233; d'invoquer des causes &#233;conomiques (&#171; qui ne soient pas conjoncturelles &#187;). Dans les m&#233;dias on a parl&#233; de &#171; six mois de perte &#187;, mais cela sera fix&#233; par des d&#233;marches parlementaires) pour le licenciement pour raisons &#233;conomiques &#8211; licenciements collectifs &#8211; de 20 jours par ann&#233;e. Cette mesure se transforme en passoire pour rendre meilleur march&#233; les licenciements dans les emplois li&#233;s &#224; des mesures de ch&#244;mage partiel.&lt;br class='autobr' /&gt;
Reste &#224; d&#233;finir l'apport r&#233;gulier du patronat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, il sera cr&#233;&#233; un fond qui servira &#224; financer un droit des travailleurs et des travailleuses, tout au long de leur vie active, &#224; un certain nombre de jours de salaire, en fonction des ann&#233;es de service ; cette indemnit&#233; pourra &#234;tre vers&#233;e en cas de licenciement, de mobilit&#233; g&#233;ographique ou de d&#233;veloppement d'activit&#233;s de formation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si nous ignorons la port&#233;e de ce fond, on peut affirmer qu'avec celui-ci on va perdre en partie la fonction d'obstacle qu'exerce l'indemnisation actuellement. En effet, l'apport patronal r&#233;gulier aura plusieurs cons&#233;quences. Ce fond sera nourri aussi bien par des entreprises en crise que par les autres, et va faire qu'il sera plus facile de licencier, m&#234;me s'il existe d&#233;j&#224; des fonds n&#233;cessaires pour indemniser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;crochage salarial et d&#233;naturation de la n&#233;gociation collective&lt;br class='autobr' /&gt;
Il vaut la peine de souligner les conditions d'une plus grande flexibilit&#233; pour que les entreprises fassent appel &#224; la dite &#171; Clause d'inapplication salariale &#187;. La convention peut d&#233;finir les conditions de son application, mais les entreprises pourront faire appel lorsque &#171; se verront affect&#233;es les perspectives de stabilit&#233; ou de maintien de l'emploi &#187;. En cas d'absence d'accord, on ferait appel &#224; un arbitrage, ce qui r&#233;duirait de mani&#232;re notable l'efficacit&#233; de la n&#233;gociation collective en mati&#232;re salariale&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;La gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre 2010 et le combat social &#224; long terme qui d&#233;bute&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 29 septembre 2010 avec un processus de mobilisation (30 juin, 8 septembre, etc...) peut &#234;tre un bon mod&#232;le, malgr&#233; la d&#233;mobilisation qu'entra&#238;nera la p&#233;riode estivale au milieu de ces mobilisations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est n&#233;cessaire de bien pr&#233;parer la gr&#232;ve, et pour cela le malaise social doit s'exprimer. Or, ce n'est pas par g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e que se fera une prise de conscience, une organisation et une lutte collective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela exige des explications, des d&#233;bats, de la propagande et des d&#233;clarations publiques pour que les gens voient non seulement les raisons de se mobiliser, mais qu'ils se rendent compte qu'il s'agira d'un processus qui n&#233;cessitera un important soutien social pour animer et soutenir la gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un atout particuli&#232;rement important est la co&#239;ncidence avec la mobilisation europ&#233;enne appel&#233;e par la CES (Conf&#233;d&#233;ration europ&#233;enne des syndicats) pour le m&#234;me jour. Il conviendrait d'encourager le nombre le plus &#233;lev&#233; possible de mouvements de gr&#232;ve dans les pays d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#233;valuer la gr&#232;ve, il faudra tenir compte des facteurs suivants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La r&#233;ussite ne doit pas &#234;tre mesur&#233;e en termes de la participation de gr&#233;vistes, mais plut&#244;t en termes de port&#233;e en ce qui concerne la paralysie de l'appareil de production, car c'est l&#224; l'arme principale pour faire pression sur le gouvernement. Pour ce faire, il est d'importance cl&#233; de paralyser certains secteurs de l'&#233;conomie : transports, moyens de communication, industrie, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est tr&#232;s probable que cette initiative ne suffira pas &#224; renverser les mesures pr&#233;vues. Il est possible que devant l'envergure des politiques du Capital, il soit n&#233;cessaire d'aller au-del&#224; d'une gr&#232;ve symbolique et expressive et qu'il faille adopter des initiatives d'occupation de centres de travail, de penser &#224; de nouvelles manifestations et gr&#232;ves, peut-&#234;tre &#224; caract&#232;re illimit&#233;, jusqu'&#224; ce que les objectifs soient atteints.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est n&#233;cessaire d'obtenir une unit&#233; d'action pour gagner cette bataille de longue dur&#233;e, et il conviendra de profiter de tout appel &#224; une protestation, de toutes les initiatives de d&#233;bat, etc... qui se pr&#233;senteront. A ce propos, la co&#239;ncidence avec des initiatives de syndicats nationalistes [en Catalogne, dans le Pays Basque, etc.] et minoritaires sera particuli&#232;rement opportune, m&#234;me si, en m&#234;me temps, il est n&#233;cessaire de demander que ceux-ci se joignent aux luttes des syndicats majoritaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Il est important de d&#233;passer m&#234;me les objectifs limit&#233;s et d&#233;fensifs de certains secteurs, en introduisant une p&#233;dagogie avec une perspective sur l'importance de ce conflit, en en politisant l'interpr&#233;tation et l'orientation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Daniel Albarracin&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ALBARRACIN Daniel&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Traduction A l'encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Daniel Albarracin est &#233;conomiste aupr&#232;s des CCOO (Commissions ouvri&#232;res) et professeur &#224; l'Universit&#233; Carlos III. Il a contribu&#233; avec deux articles au num&#233;ro 5/6 de la revue La br&#232;che. L'article &#233;crit le 16 juin 2010 est pour l'essentiel conforme aux d&#233;cisions finales adopt&#233;es par le D&#233;cret-loi du 17 juin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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