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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>C'est par milliers que les femmes y&#233;m&#233;nites sont descendues dans les rues ces derni&#232;res semaines.</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/C-est-par-milliers-que-les-femmes-yemenites-sont-descendues-dans-les-rues-ces</link>
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		<dc:date>2025-06-17T07:29:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Yemen</dc:subject>
		<dc:subject>Le mouvement des femmes dans le monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elles ont exig&#233; de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, un meilleur niveau de vie, le paiement des arri&#233;r&#233;s de salaires, l'am&#233;lioration des conditions d'enseignement, ou encore l'arr&#234;t de la g&#233;n&#233;ralisation de l'armement et des poursuites contre les auteurs de corruption. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Entre les lignes et les mots https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/11/yemen-le-soulevement-des-femmes/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce mouvement n'est pas n&#233; de rien. Il y a des ann&#233;es que des groupes de femmes descendent dans la rue (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Femmes-" rel="directory"&gt;Mouvement des femmes&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Yemen-+" rel="tag"&gt;Yemen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-mouvement-des-femmes-dans-le-monde-+" rel="tag"&gt;Le mouvement des femmes dans le monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH68/yemen-42519.jpg?1781042223' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='68' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elles ont exig&#233; de l'eau, de l'&#233;lectricit&#233;, un meilleur niveau de vie, le paiement des arri&#233;r&#233;s de salaires, l'am&#233;lioration des conditions d'enseignement, ou encore l'arr&#234;t de la g&#233;n&#233;ralisation de l'armement et des poursuites contre les auteurs de corruption.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Entre les lignes et les mots&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/11/yemen-le-soulevement-des-femmes/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/06/11/yemen-le-soulevement-des-femmes/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mouvement n'est pas n&#233; de rien. Il y a des ann&#233;es que des groupes de femmes descendent dans la rue de fa&#231;on sporadique pour exiger eau ou &#233;lectricit&#233;, dans le cadre plus large de mouvements de protestation essentiellement masculins. Pour ne citer que ces derni&#232;res : les femmes d'Arrawa (gouvernorat de Abyan) pour l'eau en 2017, d'Aden pour l'eau et &#233;lectricit&#233; et de Mukalla (gouvernorat de Hadramaout) pour l'&#233;lectricit&#233; et des emplois en 2020, de Maareb pour de l'eau et des m&#233;dicaments en 2021, de Qaataba (gouvernorat de Dali) pour l'eau en 2022, et de Seiyoun (gouvenorat de Hadramaout) pour l'&#233;lectricit&#233; et des &#233;coles en 2024. Mais l'exacerbation des probl&#232;mes &#233;conomiques, les incessantes manifestations de leurs pairs pour les m&#234;mes revendications qui n'ont abouti &#224; rien, sinon &#224; des affrontements et de la r&#233;pression, qui a pu entrainer arrestations, parfois assorties de torture, morts ou bless&#233;s par balles, ont pouss&#233; les femmes &#224; s'affirmer comme une force pouvant diriger ce que d'aucunes ont d&#233;j&#224; appel&#233; la &#171; r&#233;volution des femmes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vague de protestation a commenc&#233; &#224; El Hawf (gouvernorat de Al Mahra) le 5 mai quand des femmes ont bloqu&#233; le poste fronti&#232;re de Sarfit avec le Sultanat d'Oman, pour exiger de l'&#233;lectricit&#233;. Puis le mouvement s'est &#233;tendu &#224; El Houta et Zinjibar (gouvernorat de Lahij), Chakra (gouvernorat de Abyan), Taiz ou Aden. Les femmes parfois accompagn&#233;es de leurs enfants, o&#249; munies de bouteilles d'eau vides, de vieilles lanternes ou encore de bois de chauffage, ont manifest&#233;, et ce, &#224; plusieurs reprises &#224; Taezz et Aden. Les femmes ont tenu &#224; se d&#233;marquer de toute politisation (partisane) afin d'unifier les femmes autour de leurs revendications, quelle que soit l'autorit&#233; en place, mais ont tenu &#224; souligner le caract&#232;re politique de leur d&#233;marche. Les pancartes ou les slogans le r&#233;v&#233;laient : &#171; &lt;i&gt; il n'y a pas une crise de l'eau &#224; Taiz, mais une crise de la conscience &#187; ou ceux appelant &#224; &#171; poursuivre les corrompus &lt;/i&gt; &#187; et le slogan historique &#171; &lt;i&gt;le peuple veut une vie digne&lt;/i&gt; &#187; (El Houta).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, il y a eu un double mouvement. A Aden et &#224; El Houta les autorit&#233;s ont aliment&#233; davantage les centrales &#233;lectriques en carburant, afin qu'elles fournissent des heures suppl&#233;mentaires de courant. Mais lors de la manifestation du 24 mai &#224; Aden, des miliciens ont bloqu&#233; les routes menant &#224; la place du rassemblement et des milices f&#233;minines ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es pour dissuader les manifestantes et les ont agress&#233;es violemment . Et au lendemain de la manifestation du 31 &#224; Aden encore, des barrages filtrants &#233;taient en place dans les rues et les chauffeurs de bus ne pouvaient plus embarquer de passag&#232;res. A l'exception de la r&#233;gion contr&#244;l&#233;e par les Houthis o&#249; les Zaynabia, une milice f&#233;minine, ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;es &#224; titre dissuasif, les femmes continuent malgr&#233; la r&#233;pression. Ainsi, le 6 juin, elles s'&#233;taient donn&#233;es rendez-vous &#224; l'issue de la pri&#232;re de l'A&#239;d El Adha au stade Hubaishi &#224; Aden pour une nouvelle manifestation pour exiger du courant &#233;lectrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane, 6 juin 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
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&lt;p&gt;******&lt;/p&gt;
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		<title>Soudan : Par-del&#224; la guerre, l'&#233;puration ethnique</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-Par-dela-la-guerre-l-epuration-ethnique</link>
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		<dc:date>2024-04-09T06:46:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2024-04-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le conflit entre les Forces Arm&#233;es Soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdelfattah Al Burhane et les Forces de Soutien Rapide (FSR) de Mohammad Dagolo, dit Hemedti, entre dans sa deuxi&#232;me ann&#233;e, sans que la situation ne soit tranch&#233;e en faveur de l'un ou de l'autre des bellig&#233;rants. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'avanc&#233;e des FSR &#233;tait toutefois inattendue, compte tenu de leur absence d'aviation. Mais entretemps, les soutiens internationaux se sont multipli&#233;s pour les deux camps (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/capture_d_e_cran_le_2024-04-08_a_08.29_50-7e3b6.png?1781042223' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le conflit entre les Forces Arm&#233;es Soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdelfattah Al Burhane et les Forces de Soutien Rapide (FSR) de Mohammad Dagolo, dit Hemedti, entre dans sa deuxi&#232;me ann&#233;e, sans que la situation ne soit tranch&#233;e en faveur de l'un ou de l'autre des bellig&#233;rants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article70375&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avanc&#233;e des FSR &#233;tait toutefois inattendue, compte tenu de leur absence d'aviation. Mais entretemps, les soutiens internationaux se sont multipli&#233;s pour les deux camps [1]. Et les FSR se sont notoirement enrichis mat&#233;riellement en m&#234;me temps que leurs soutiens ou contacts internationaux se diversifiaient [2]. Le conflit a sabord&#233; la plus prodigieuse exp&#233;rience r&#233;volutionnaire de la r&#233;gion et a entra&#238;n&#233; une catastrophe humanitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus de neuf millions de personnes ont &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es &#224; l'int&#233;rieur et &#224; l'ext&#233;rieur du Soudan depuis le 15 avril 2023, dont quatre millions d'enfants. Il s'agit de l'une des plus grandes crises de d&#233;placement interne au monde. Quelque dix-huit millions de personnes sont confront&#233;es &#224; une ins&#233;curit&#233; alimentaire aigu&#235;, le pays &#233;tant en passe de devenir le th&#233;&#226;tre de la plus grande crise alimentaire au monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En parall&#232;le du conflit, se m&#232;ne la guerre des FSR contre les Massalit, au Darfour Ouest. La chronologie des attaques men&#233;es par les RSF, leur finalit&#233;, leurs moyens, r&#233;v&#232;le que ces derni&#232;res n'ont rien &#224; voir avec le conflit inter g&#233;n&#233;raux, mais rel&#232;vent de consid&#233;rants ethniques et &#233;conomiques. Il semblerait qu'en cas de partition du pays, pendant ou &#224; la suite du conflit, les forces de Hemedti se pr&#233;pareraient &#224; prendre le pouvoir sur une zone &#224; h&#233;g&#233;monie arabe. Les RSF ne sont plus exactement les miliciens janjaweed, &#8211; m&#234;me si au niveau des populations, l'appellation de janjaweed s'est maintenue &#8211;, chameliers, mais viennent &#224; bord de pickup et sont arm&#233;s mitraillettes et de drones, &#224; d&#233;faut d'aviation. Ils disposent des richesses aurif&#232;res via la soci&#233;t&#233; El Gunaid et de soci&#233;t&#233;s, ainsi que de leurs alli&#233;s : Wagner, &#201;mirats Arabes Unis, entre autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations non arabes de cette zone avaient d&#233;j&#224; &#233;t&#233; massacr&#233;es par les milices janjaweed (anc&#234;tre des FSR) entre 2003 et 2020, &#224; savoir les Fours, les Massalit et les Zaghawa. Cela avait conduit la Cour P&#233;nale Internationale (CPI) &#224; inculper plusieurs personnes, dont l'ex-pr&#233;sident Omar El B&#233;chir pour crimes contre l'humanit&#233;, transferts forc&#233;s et tortures. Ces crimes s'&#233;taient sold&#233;s par la mort de 300 000 personnes. En 2010, la CPI a &#233;mis un acte d'accusation contre Omar El B&#233;chir et six autres suspects pour g&#233;nocide. Aucun d'eux n'a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; &#224; ce jour, Khartoum n'ayant jamais remis &#224; la CPI les personnes recherch&#233;es. Pire, certains d'entre eux, emprisonn&#233;s au Soudan, se sont &#233;vad&#233;s, un autre est d&#233;c&#233;d&#233;. Or la CPI ne juge pas les personnes en leur absence. Un seul, Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman, dit Ali Kushayb, s'est rendu &#224; la Cour en R&#233;publique Centre Africaine en 2020 et est d&#233;tenu &#224; La Haye. Son proc&#232;s s'est ouvert en 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environ 360 000 r&#233;fugi&#233;s du Darfour se trouvaient dans des camps au Tchad quand le conflit de 2023 a &#233;clat&#233;. Les forces des FSR ont continu&#233; leurs attaques contre les Massalit. Car au Darfour occidental, le conflit ne se m&#232;ne pas entre les FAS et les FSR, mais il s'agit d'une attaque des FSR contre les Massalit, entre autres peuples non arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 30 d&#233;cembre 2019 et le 16 janvier 2021, soit avant la guerre des g&#233;n&#233;raux, des miliciens arabes et des &#233;l&#233;ments des FSR attaquent le camp de Kirinding, majoritairement peupl&#233; de d&#233;plac&#233;s Massalit, faisant respectivement 45 et 150 morts, alors que la mission de l'ONU &#233;tait encore pr&#233;sente. En 2021, le camp est ras&#233;. Les rescap&#233;s s'enfuient vers de nouveaux camps &#224; El Gene&#239;na, capitale du Darfour occidental.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 avril 2022, un an avant la guerre opposant les FAS et les FSR, Kreineik, ou vivent nombre de Massalit, est attaqu&#233; par les FSR, lors d'un raid qui a tu&#233; plus de 200 personnes, dont des enfants et des personnes &#226;g&#233;es. Presque toutes les maisons de la ville (&#224; 80 km &#224; l'ouest de El Gene&#239;na) ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;es, le b&#233;tail est d&#233;cim&#233;. Plus de 20 000 personnes s'enfuient. [3]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, l'&#233;puration ethnique des Massalits avait commenc&#233; avant la guerre et elle va se poursuivre &#224; l'ombre de cette derni&#232;re, l'objectif restant pour les FSR et les milices arabes qui leur sont alli&#233;es, essentiellement nomades de prendre possession des terres des Massalits, majoritairement agriculteurs. Les meurtres et viols se doublent d'une pratique de la terre br&#251;l&#233;e, destin&#233;e &#224; emp&#234;cher tout retour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin avril 2023, les FSR et des milices arabes alli&#233;es fondent sur El Gene&#239;na o&#249; entre 10 000 et 15 000 Massalit auraient &#233;t&#233; tu&#233;s, y compris des notables et des responsables. [4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;28 mai 2023, les FSR ex&#233;cutent 28 massalit dans la ville de Misterei, pillent et br&#251;lent la majeure partie de la ville et six autres villages au Darfour dont Molle, Murnei et Gokor ont &#233;t&#233; incendi&#233;s. 17 000 r&#233;fugi&#233;s de Misterei sont au Tchad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers le 1er novembre 2023, les FSR attaquent la base de l'arm&#233;e &#224; Ardamata (banlieue de Geneina) et les massacres s'intensifient apr&#232;s la prise de cette derni&#232;re. Femmes et hommes et enfants massalit sont pris pour cibles ainsi que d'autres membres de tribus non arabes. Des civils sont ex&#233;cut&#233;s sommairement chez eux ou dans les rues lorsqu'ils tentaient de fuir. Se concentrant sur les camps de d&#233;plac&#233;s d'Ardamata et de Dorti, et sur le quartier d'Al-Kabri habit&#233; par les Massalit, les FSR et ses milices alli&#233;es auraient pill&#233; des maisons, tortur&#233; des personnes et ex&#233;cut&#233; nombre d'entre elles puis abandonn&#233; leurs corps dans la rue. Plus de 800 personnes auraient &#233;t&#233; tu&#233;es &#224; Ardamata [5], 1300 si l'on compte ceux qui ont &#233;t&#233; tu&#233;s alors qu'ils s'enfuyaient et 8000 ont fui au Tchad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces donn&#233;es chiffr&#233;es sont fournies &#224; titre indicatif, et sont &#233;volutives. Elles ne prennent pas en compte toutes les personnes entass&#233;es dans les fosses communes, qui n'ont pas encore toutes &#233;t&#233; d&#233;couvertes, et, surtout, ne prennent pas en compte les nombres de femmes viol&#233;es en masse, &#233;videmment impossibles &#224; d&#233;compter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CPI enqu&#234;te sur les crimes commis au Darfour &#224; partir des ann&#233;es 2002 sans qu'aucune date de fin n'ait &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e et le procureur de la Cour, Karim Khan, l'a r&#233;affirm&#233; le juillet 2023, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; saisi de nouvelles all&#233;gations de crimes contre l'humanit&#233; dans cette r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Soudan, le n&#339;ud coulant | L'Anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Un chef janjawid visite le m&#233;morial du g&#233;nocide rwandais (sudanwarmonitor.com)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Kreinik town today is a burned-out spectre after the attack that happened last year | MEDECINS SANS FRONTIERES - MIDDLE EAST (msf-me.org)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Ethnic killings in one Sudan city left up to 15,000 dead, UN report says | Reuters&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] UNHCR warns of increasing violence and human rights violations against civilians in Darfur | UNHCR&lt;/p&gt;
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<item xml:lang="fr">
		<title>Soudan, le n&#339;ud coulant</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-le-noeud-coulant-59638</link>
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		<dc:date>2023-12-19T06:58:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-12-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre entre les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdel Fattah al-Burhan, &#224; la t&#234;te du Conseil de souverainet&#233; de transition, mis en place suite au coup d'&#201;tat du 25 octobre 2021, et les Forces de soutien rapide (FSR), de Mohamed Daglo dit &#171; Hemedti &#187;, ex num&#233;ro 2 du m&#234;me Conseil, commenc&#233;e en avril dernier, n'a connu aucun r&#233;pit. Le bilan humanitaire de ce conflit &#224; l'&#233;cart duquel se sont tenues les populations, est catastrophique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Afrique en lutte. &lt;br class='autobr' /&gt;
D&#233;but octobre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-12-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-12-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH132/capture_d_e_cran_le_2023-12-18_a_15_32.03-7e39a.png?1781042223' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='132' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre entre les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdel Fattah al-Burhan, &#224; la t&#234;te du Conseil de souverainet&#233; de transition, mis en place suite au coup d'&#201;tat du 25 octobre 2021, et les Forces de soutien rapide (FSR), de Mohamed Daglo dit &#171; Hemedti &#187;, ex num&#233;ro 2 du m&#234;me Conseil, commenc&#233;e en avril dernier, n'a connu aucun r&#233;pit. Le bilan humanitaire de ce conflit &#224; l'&#233;cart duquel se sont tenues les populations, est catastrophique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.afriquesenlutte.org/afrique-de-l-est/soudan/article/soudan-le-noeud-coulant&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Afrique en lutte&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, on &#233;valuait les morts &#224; 9 000 [1] et les bless&#233;s &#224; 16 000. Il faut prendre les chiffres, en constante &#233;volution par ailleurs, avec pr&#233;caution. Les chiffres donn&#233;s par l'ONU sont en g&#233;n&#233;ral ceux du minist&#232;re de la Sant&#233; soudanais qui recense les morts comptabilis&#233;s par les h&#244;pitaux et sont donc inf&#233;rieurs aux chiffres susmentionn&#233;s. On estime que sur les 45 millions d'habitantEs que compte le Soudan, plus de 7 millions sont d&#233;plac&#233;Es, dont 4,3 millions dans la foul&#233;e du conflit. Le pays accueillait par ailleurs au moment du d&#233;clenchement de la guerre 1 million de d&#233;plac&#233;Es venant du Soudan du Sud, de l'&#201;rythr&#233;e, de la R&#233;publique Centrafricaine (RCA) ou de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la date du 9 octobre, 1&#8197;105&#8197;791 personnes avaient fui le pays, dont une majorit&#233; au Tchad [2], mais &#233;galement au Soudan du Sud, en &#201;gypte, en &#201;thiopie, en RCA ou en Libye, dont 67&#8197;% de Soudanais selon l'Organisation Internationale des Migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes jamais comptabilis&#233;es de ce conflit sont les femmes viol&#233;es en masse, kidnapp&#233;es ou disparues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisons et les centres de d&#233;tention secrets comptent les d&#233;tenus par milliers. Beaucoup d'&#233;coles ne fonctionnent plus, des dizaines d'entre elles servant d'abris pour les d&#233;plac&#233;s. 19 millions d'enfants sont d&#233;scolaris&#233;s [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines d'h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; bombard&#233;s et bien des structures de sant&#233; ne fonctionnent plus que par le volontariat de civils, mais il manque de l'eau potable, des m&#233;dicaments et du personnel qualifi&#233;. Or, des &#233;pid&#233;mies mortelles [4] de chol&#233;ra, de dengue et de malaria se propagent, ainsi que la rougeole infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que dans ce pays, o&#249; les r&#233;gions de l'est sont &#233;pargn&#233;es par le conflit, l'&#233;conomie et l'agriculture ont &#233;t&#233; sinistr&#233;es : ces six mois ont vu des &#233;pisodes de s&#233;cheresse, puis d'inondations, qui ont conduit les agences humanitaires &#224; parler de risque de famine pour la moiti&#233; des habitants du pays.[5] Il faut y ajouter les SoudanaisEs mortEs de faim, en raison du si&#232;ge militaire de localit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;centes inondations dans l'&#201;tat du Nil font courir un risque sanitaire aux populations, puisque les eaux charrient le mercure utilis&#233; pour l'extraction de l'or [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une partition de fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-septembre, l'&#233;missaire sp&#233;cial de l'ONU pour le Soudan, Volker Perthes, a d&#233;missionn&#233;, en alertant sur un risque de &#171; guerre civile &#187;. Si cette d&#233;mission n'est pas une grande perte, l'&#233;missaire ayant concentr&#233; ses efforts dans la tenue de n&#233;gociations incluant les forces contre-r&#233;volutionnaires et n&#233;gligeant les Comit&#233;s de r&#233;sistance [7] qui refusaient la n&#233;gociation avec les forces issues du coup d'&#201;tat de 2021, ses mises en garde refl&#232;tent un aveuglement total. La &#171; guerre civile &#187; n'est pas un &#171; risque &#187; mais une r&#233;alit&#233;. Dans l'ouest du pays, au Darfour o&#249; se concentrent les FSR, les massacres des populations non arabes, notamment les Masalit, ont commenc&#233; d&#232;s juin dernier [8]. Et l'appel &#224; la mobilisation des FSR a rencontr&#233; un &#233;cho positif chez des tribus arabes. Quand on sait que les FSR sont les h&#233;riti&#232;res des milices janjawid qui ont &#224; leur actif un nettoyage ethnique qui a fait 300&#8197;000 morts (l&#224; aussi on ne compte pas les viols) et deux millions de d&#233;plac&#233;Es au Darfour depuis 2003, il ne s'agit pas d'une hypoth&#232;se. En 2010, la Cour p&#233;nale internationale avait lanc&#233; un mandat d'arr&#234;t contre Omar el-B&#233;chir, alors pr&#233;sident du Soudan, incluant des accusations de g&#233;nocide [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du conflit redessine la carte des forces en pr&#233;sence qui pourrait laisser pr&#233;sager une partition du pays : Khartoum, la capitale, est l'objet de combats quotidiens &#226;pres : les FSR qui ne disposent pas d'aviation, ont r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir plusieurs zones et la capitale subit les bombardements des FAS. &#192; l'ouest du Soudan, les FSR sont h&#233;g&#233;moniques sur des bases ethniques. L'est du pays est contr&#244;l&#233; par les FAS. Au sud, les forces de Mouvement populaire pour la lib&#233;ration du Soudan (MPLS) ont profit&#233; du conflit pour lancer des offensives depuis l'&#233;t&#233; dans le Kordofan du Sud et le Nil Bleu. Si ces deux derni&#232;res r&#233;gions connaissent &#224; leur tour de graves probl&#232;mes sociaux (absence de scolarit&#233;, de sant&#233; et hausse des prix) depuis l'entr&#233;e en guerre du MPLS contre les FAS, ce troisi&#232;me acteur n'a qu'un r&#244;le marginal par rapport aux deux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la guerre al-Burhan/Hemedti n'est pas seulement locale : elle se serait d&#233;j&#224; termin&#233;e faute de munitions ou d'armes. Le premier est soutenu par l'&#201;gypte, le Qatar, la Turquie et le second, par les forces du mar&#233;chal Haftar (est libyen) et les &#201;mirats arabes unis. La guerre s'est internationalis&#233;e, les milices Wagner ayant toujours soutenu Hemedti, tandis qu'en riposte, Volodymyr Zelensky, le pr&#233;sident ukrainien, a rencontr&#233; le 23 septembre dernier Abdel Fattah al-Burhan en Irlande, confirmant implicitement les rumeurs d'attaques, film&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux, par des drones ukrainiens FPV (pilotage en immersion par cam&#233;ra embraqu&#233;e) contre les FSR. Sergue&#239; Lavrov avait rencontr&#233; al-Burhan et Hemedti le 9 f&#233;vrier dernier. Le Soudan est, apr&#232;s l'Alg&#233;rie, le second importateur d'armes russes en Afrique et il est question de concr&#233;tiser enfin l'&#233;tablissement d'une base navale russe sur la mer Rouge &#224; Port Soudan. La Russie n'a pas int&#233;r&#234;t non plus &#224; trop soutenir l'un plut&#244;t que l'autre, mais plut&#244;t &#224; garder de bonnes relations avec les deux, pour pr&#233;server, quel que soit le vainqueur, son acc&#232;s aux zones d'exploitation aurif&#232;re dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le conflit va s'&#233;terniser, ou conduire &#224; une partition est-ouest, achevant l'&#233;puration ethnique &#224; l'ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des populations oubli&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, si aucune solution politique n'est envisageable, les interventions humanitaires sont &#224; leur tour bloqu&#233;es par les combats, ou inexistantes. Ainsi, aucun moment, il n'y a eu de pont a&#233;rien ou d'&#233;vacuation envisag&#233;e, ni m&#234;me discut&#233;e pour exfiltrer des populations comme cela a pu &#234;tre le cas pour des Irakiens en 2015 [10]&#8230; ou des Afghans en 2021 [11], m&#234;me si ces derni&#232;res initiatives furent s&#233;lectives et limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fuir dans les pays limitrophes ne constitue pas une solution : dans les camps du Tchad vivent pr&#232;s d'un demi-million de personnes avec des difficult&#233;s d'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; la nourriture et aux soins m&#233;dicaux. Ils manifestent pour leurs droits, comme &#224; Iridimi, le 30 septembre, pour obtenir de la nourriture non p&#233;rim&#233;e [12]. L'&#201;gypte a pos&#233; des limites : seules les femmes et les filles, et les hommes de moins de 16 ans et de plus de 50 ans peuvent entrer, mais munis de passeports en cours de validit&#233;. Les autres hommes doivent demander des visas et se heurtent &#224; beaucoup de refus. L'&#201;thiopie exige des visas d'entr&#233;e pour les ressortissants de l'Union Africaine. Seul le Soudan du Sud n'exige ni visa ni ressources, mais il n'y a gu&#232;re d'assistance au point de passage et la r&#233;gion est elle-m&#234;me l'objet de combats. Reste la fuite avec des passeurs. Lors des inondations &#224; Derna en Libye, on a recens&#233; 155 Soudanais morts [13], sans parler des disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier l'hospitalit&#233; &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; : la France a ferm&#233; d&#232;s le mois d'avril sa repr&#233;sentation diplomatique au Soudan, ce qui oblige celleux qui le peuvent &#224; se rendre dans les pays limitrophes, comme l'&#201;thiopie qui exige un visa d'entr&#233;e. L'ambassade de France &#224; Khartoum, avant de fermer, a d&#233;truit tous les passeports de SoudanaisEs en qu&#234;te de visa, par une d&#233;cision qu'elle juge &#171; in&#233;vitable &#187;, enfermant celles et ceux qui avaient voulu fuir un pays en guerre. Les &#201;tats-Unis auraient fait de m&#234;me14, et bien des ambassades europ&#233;ennes ou autres n'ont pas r&#233;pondu aux d&#233;tenteurs/rices de passeports. Une r&#233;fugi&#233;e soudanaise en France avait demand&#233; la r&#233;unification familiale &#224; laquelle elle pouvait pr&#233;tendre pour ses deux filles mineures. Ces derni&#232;res &#233;taient bloqu&#233;es au Soudan suite &#224; la destruction de leurs passeports par la France et leur m&#232;re n'est pas parvenue &#224; ce que les autorit&#233;s fran&#231;aises leur d&#233;livrent un laissez-passer15, bien qu'elles soient soutenue par plusieurs associations, au terme d'un marathon juridique qui s'est achev&#233; en juillet dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Sudan Situation Update : October 2023 | Ethnic Strife Amid Escalating Power Struggles (acleddata.com).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.Selon le d&#233;compte actualis&#233; du Haut Commissariat aux R&#233;fugi&#233;s de l'ONU : situation Soudan (unhcr.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.WHO scales up Sudan aid after cholera outbreak - Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.Les difficult&#233;s de financement du Programme alimentaire mondial pourraient pousser &#171; 24 millions de personnes &#187; au bord de la famine (lemonde.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.&#171; Pendant la guerre actuelle, il y a beaucoup moins d'espace possible pour les comit&#233;s de r&#233;sistance par rapport &#224; avant &#187;, L'Anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.Conflit au Soudan : &#171; La catastrophe est peut &#234;tre d'une plus grande ampleur &#187; dans la r&#233;gion d'el-Geneina (rfi.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.Al Bashir | International Criminal Court (icc-cpi.int).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.06_Fiche_IRAK_-_dihad-FR_cle851713.pdf (diplomatie.gouv.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11.Afghanistan - Accueil en France des personnes &#233;vacu&#233;es d'Afghanistan (vols d'&#233;vacuation des 21, 22 et 23.08.2021) - Minist&#232;re de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res (diplomatie.gouv.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12.alrakoba.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.skynewsarabia.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14.U.S. Diplomats in Sudan Shredded Passports, Stranding Sudanese - The New York Times.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15.R&#233;f&#233;r&#233;s-libert&#233; contre le refus de d&#233;livrer des laissez-passer &#224; des mineures soudanaises emp&#234;ch&#233;es de rejoindre leur m&#232;re r&#233;fugi&#233;e en France, GISTI.&lt;/p&gt;
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		<title>Soudan, le n&#339;ud coulant</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-le-noeud-coulant</link>
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		<dc:date>2023-11-07T07:03:36Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2023-11-07</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La guerre entre les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdel Fattah al-Burhan, &#224; la t&#234;te du Conseil de souverainet&#233; de transition, mis en place suite au coup d'&#201;tat du 25 octobre 2021, et les Forces de soutien rapide (FSR), de Mohamed Daglo dit &#171; Hemedti &#187;, ex num&#233;ro 2 du m&#234;me Conseil, commenc&#233;e en avril dernier, n'a connu aucun r&#233;pit. Le bilan humanitaire de ce conflit &#224; l'&#233;cart duquel se sont tenues les populations, est catastrophique. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; d'Europe solidaire sans fronti&#232;re. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/capture_d_e_cran_le_2023-11-06_a_15.11_46-9bc54.png?1781042224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La guerre entre les Forces arm&#233;es soudanaises (FAS) dirig&#233;es par Abdel Fattah al-Burhan, &#224; la t&#234;te du Conseil de souverainet&#233; de transition, mis en place suite au coup d'&#201;tat du 25 octobre 2021, et les Forces de soutien rapide (FSR), de Mohamed Daglo dit &#171; Hemedti &#187;, ex num&#233;ro 2 du m&#234;me Conseil, commenc&#233;e en avril dernier, n'a connu aucun r&#233;pit. Le bilan humanitaire de ce conflit &#224; l'&#233;cart duquel se sont tenues les populations, est catastrophique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article68536&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but octobre, on &#233;valuait les morts &#224; 9 000 [1] et les bless&#233;s &#224; 16 000. Il faut prendre les chiffres, en constante &#233;volution par ailleurs, avec pr&#233;caution. Les chiffres donn&#233;s par l'ONU sont en g&#233;n&#233;ral ceux du minist&#232;re de la Sant&#233; soudanais qui recense les morts comptabilis&#233;s par les h&#244;pitaux et sont donc inf&#233;rieurs aux chiffres susmentionn&#233;s. On estime que sur les 45 millions d'habitantEs que compte le Soudan, plus de 7 millions sont d&#233;plac&#233;Es, dont 4,3 millions dans la foul&#233;e du conflit. Le pays accueillait par ailleurs au moment du d&#233;clenchement de la guerre 1 million de d&#233;plac&#233;Es venant du Soudan du Sud, de l'&#201;rythr&#233;e, de la R&#233;publique Centrafricaine (RCA) ou de la Syrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la date du 9 octobre, 1&#8197;105&#8197;791 personnes avaient fui le pays, dont une majorit&#233; au Tchad [2], mais &#233;galement au Soudan du Sud, en &#201;gypte, en &#201;thiopie, en RCA ou en Libye, dont 67&#8197;% de Soudanais selon l'Organisation Internationale des Migrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victimes jamais comptabilis&#233;es de ce conflit sont les femmes viol&#233;es en masse, kidnapp&#233;es ou disparues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les prisons et les centres de d&#233;tention secrets comptent les d&#233;tenus par milliers. Beaucoup d'&#233;coles ne fonctionnent plus, des dizaines d'entre elles servant d'abris pour les d&#233;plac&#233;s. 19 millions d'enfants sont d&#233;scolaris&#233;s [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des dizaines d'h&#244;pitaux ont &#233;t&#233; bombard&#233;s et bien des structures de sant&#233; ne fonctionnent plus que par le volontariat de civils, mais il manque de l'eau potable, des m&#233;dicaments et du personnel qualifi&#233;. Or, des &#233;pid&#233;mies mortelles [4] de chol&#233;ra, de dengue et de malaria se propagent, ainsi que la rougeole infantile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons que dans ce pays, o&#249; les r&#233;gions de l'est sont &#233;pargn&#233;es par le conflit, l'&#233;conomie et l'agriculture ont &#233;t&#233; sinistr&#233;es : ces six mois ont vu des &#233;pisodes de s&#233;cheresse, puis d'inondations, qui ont conduit les agences humanitaires &#224; parler de risque de famine pour la moiti&#233; des habitants du pays.[5] Il faut y ajouter les SoudanaisEs mortEs de faim, en raison du si&#232;ge militaire de localit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;centes inondations dans l'&#201;tat du Nil font courir un risque sanitaire aux populations, puisque les eaux charrient le mercure utilis&#233; pour l'extraction de l'or [6].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers une partition de fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-septembre, l'&#233;missaire sp&#233;cial de l'ONU pour le Soudan, Volker Perthes, a d&#233;missionn&#233;, en alertant sur un risque de &#171; guerre civile &#187;. Si cette d&#233;mission n'est pas une grande perte, l'&#233;missaire ayant concentr&#233; ses efforts dans la tenue de n&#233;gociations incluant les forces contre-r&#233;volutionnaires et n&#233;gligeant les Comit&#233;s de r&#233;sistance [7] qui refusaient la n&#233;gociation avec les forces issues du coup d'&#201;tat de 2021, ses mises en garde refl&#232;tent un aveuglement total. La &#171; guerre civile &#187; n'est pas un &#171; risque &#187; mais une r&#233;alit&#233;. Dans l'ouest du pays, au Darfour o&#249; se concentrent les FSR, les massacres des populations non arabes, notamment les Masalit, ont commenc&#233; d&#232;s juin dernier [8]. Et l'appel &#224; la mobilisation des FSR a rencontr&#233; un &#233;cho positif chez des tribus arabes. Quand on sait que les FSR sont les h&#233;riti&#232;res des milices janjawid qui ont &#224; leur actif un nettoyage ethnique qui a fait 300&#8197;000 morts (l&#224; aussi on ne compte pas les viols) et deux millions de d&#233;plac&#233;Es au Darfour depuis 2003, il ne s'agit pas d'une hypoth&#232;se. En 2010, la Cour p&#233;nale internationale avait lanc&#233; un mandat d'arr&#234;t contre Omar el-B&#233;chir, alors pr&#233;sident du Soudan, incluant des accusations de g&#233;nocide [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;volution du conflit redessine la carte des forces en pr&#233;sence qui pourrait laisser pr&#233;sager une partition du pays : Khartoum, la capitale, est l'objet de combats quotidiens &#226;pres : les FSR qui ne disposent pas d'aviation, ont r&#233;ussi &#224; conqu&#233;rir plusieurs zones et la capitale subit les bombardements des FAS. &#192; l'ouest du Soudan, les FSR sont h&#233;g&#233;moniques sur des bases ethniques. L'est du pays est contr&#244;l&#233; par les FAS. Au sud, les forces de Mouvement populaire pour la lib&#233;ration du Soudan (MPLS) ont profit&#233; du conflit pour lancer des offensives depuis l'&#233;t&#233; dans le Kordofan du Sud et le Nil Bleu. Si ces deux derni&#232;res r&#233;gions connaissent &#224; leur tour de graves probl&#232;mes sociaux (absence de scolarit&#233;, de sant&#233; et hausse des prix) depuis l'entr&#233;e en guerre du MPLS contre les FAS, ce troisi&#232;me acteur n'a qu'un r&#244;le marginal par rapport aux deux autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la guerre al-Burhan/Hemedti n'est pas seulement locale : elle se serait d&#233;j&#224; termin&#233;e faute de munitions ou d'armes. Le premier est soutenu par l'&#201;gypte, le Qatar, la Turquie et le second, par les forces du mar&#233;chal Haftar (est libyen) et les &#201;mirats arabes unis. La guerre s'est internationalis&#233;e, les milices Wagner ayant toujours soutenu Hemedti, tandis qu'en riposte, Volodymyr Zelensky, le pr&#233;sident ukrainien, a rencontr&#233; le 23 septembre dernier Abdel Fattah al-Burhan en Irlande, confirmant implicitement les rumeurs d'attaques, film&#233;es sur les r&#233;seaux sociaux, par des drones ukrainiens FPV (pilotage en immersion par cam&#233;ra embraqu&#233;e) contre les FSR. Sergue&#239; Lavrov avait rencontr&#233; al-Burhan et Hemedti le 9 f&#233;vrier dernier. Le Soudan est, apr&#232;s l'Alg&#233;rie, le second importateur d'armes russes en Afrique et il est question de concr&#233;tiser enfin l'&#233;tablissement d'une base navale russe sur la mer Rouge &#224; Port Soudan. La Russie n'a pas int&#233;r&#234;t non plus &#224; trop soutenir l'un plut&#244;t que l'autre, mais plut&#244;t &#224; garder de bonnes relations avec les deux, pour pr&#233;server, quel que soit le vainqueur, son acc&#232;s aux zones d'exploitation aurif&#232;re dans le pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le conflit va s'&#233;terniser, ou conduire &#224; une partition est-ouest, achevant l'&#233;puration ethnique &#224; l'ouest.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des populations oubli&#233;es&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans tous les cas, si aucune solution politique n'est envisageable, les interventions humanitaires sont &#224; leur tour bloqu&#233;es par les combats, ou inexistantes. Ainsi, aucun moment, il n'y a eu de pont a&#233;rien ou d'&#233;vacuation envisag&#233;e, ni m&#234;me discut&#233;e pour exfiltrer des populations comme cela a pu &#234;tre le cas pour des Irakiens en 2015 [10]&#8230; ou des Afghans en 2021 [11], m&#234;me si ces derni&#232;res initiatives furent s&#233;lectives et limit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fuir dans les pays limitrophes ne constitue pas une solution : dans les camps du Tchad vivent pr&#232;s d'un demi-million de personnes avec des difficult&#233;s d'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; la nourriture et aux soins m&#233;dicaux. Ils manifestent pour leurs droits, comme &#224; Iridimi, le 30 septembre, pour obtenir de la nourriture non p&#233;rim&#233;e [12]. L'&#201;gypte a pos&#233; des limites : seules les femmes et les filles, et les hommes de moins de 16 ans et de plus de 50 ans peuvent entrer, mais munis de passeports en cours de validit&#233;. Les autres hommes doivent demander des visas et se heurtent &#224; beaucoup de refus. L'&#201;thiopie exige des visas d'entr&#233;e pour les ressortissants de l'Union Africaine. Seul le Soudan du Sud n'exige ni visa ni ressources, mais il n'y a gu&#232;re d'assistance au point de passage et la r&#233;gion est elle-m&#234;me l'objet de combats. Reste la fuite avec des passeurs. Lors des inondations &#224; Derna en Libye, on a recens&#233; 155 Soudanais morts [13], sans parler des disparus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier l'hospitalit&#233; &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; : la France a ferm&#233; d&#232;s le mois d'avril sa repr&#233;sentation diplomatique au Soudan, ce qui oblige celleux qui le peuvent &#224; se rendre dans les pays limitrophes, comme l'&#201;thiopie qui exige un visa d'entr&#233;e. L'ambassade de France &#224; Khartoum, avant de fermer, a d&#233;truit tous les passeports de SoudanaisEs en qu&#234;te de visa, par une d&#233;cision qu'elle juge &#171; in&#233;vitable &#187;, enfermant celles et ceux qui avaient voulu fuir un pays en guerre. Les &#201;tats-Unis auraient fait de m&#234;me14, et bien des ambassades europ&#233;ennes ou autres n'ont pas r&#233;pondu aux d&#233;tenteurs/rices de passeports. Une r&#233;fugi&#233;e soudanaise en France avait demand&#233; la r&#233;unification familiale &#224; laquelle elle pouvait pr&#233;tendre pour ses deux filles mineures. Ces derni&#232;res &#233;taient bloqu&#233;es au Soudan suite &#224; la destruction de leurs passeports par la France et leur m&#232;re n'est pas parvenue &#224; ce que les autorit&#233;s fran&#231;aises leur d&#233;livrent un laissez-passer15, bien qu'elles soient soutenue par plusieurs associations, au terme d'un marathon juridique qui s'est achev&#233; en juillet dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1.Sudan Situation Update : October 2023 | Ethnic Strife Amid Escalating Power Struggles (acleddata.com).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2.Selon le d&#233;compte actualis&#233; du Haut Commissariat aux R&#233;fugi&#233;s de l'ONU : situation Soudan (unhcr.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4.WHO scales up Sudan aid after cholera outbreak - Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5.Les difficult&#233;s de financement du Programme alimentaire mondial pourraient pousser &#171; 24 millions de personnes &#187; au bord de la famine (lemonde.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6.Dabanga Radio TV Online (dabangasudan.org).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7.&#171; Pendant la guerre actuelle, il y a beaucoup moins d'espace possible pour les comit&#233;s de r&#233;sistance par rapport &#224; avant &#187;, L'Anticapitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8.Conflit au Soudan : &#171; La catastrophe est peut &#234;tre d'une plus grande ampleur &#187; dans la r&#233;gion d'el-Geneina (rfi.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9.Al Bashir | International Criminal Court (icc-cpi.int).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;10.06_Fiche_IRAK_-_dihad-FR_cle851713.pdf (diplomatie.gouv.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;11.Afghanistan - Accueil en France des personnes &#233;vacu&#233;es d'Afghanistan (vols d'&#233;vacuation des 21, 22 et 23.08.2021) - Minist&#232;re de l'Europe et des Affaires &#233;trang&#232;res (diplomatie.gouv.fr).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12.alrakoba.net.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;13.skynewsarabia.com&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14.U.S. Diplomats in Sudan Shredded Passports, Stranding Sudanese - The New York Times.&lt;/p&gt;
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&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : assoiff&#233;Es et pollu&#233;Es, de la lutte &#224; la r&#233;volution</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Moyen-Orient-et-en-Afrique-du-Nord-assoiffeEs-et-pollueEs-de-la-lutte-a-la</link>
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		<dc:date>2020-06-02T07:19:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des processus r&#233;volutionnaires arabes, les luttes des populations pour leur environnement se sont propag&#233;es dans toute la r&#233;gion, pour des revendications et par des modes d'actions similaires. Les ann&#233;es 2018 et 2019 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par la recrudescences des luttes pour l'eau, l'&#233;mergence de nouvelles questions li&#233;es aux d&#233;r&#232;glements climatiques et le d&#233;clenchement de processus r&#233;volutionnaires li&#233;s &#224; des pr&#233;occupations environnementales1. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site Europe Solidaire (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH94/arton43739-835eb.jpg?1781042224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='94' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des processus r&#233;volutionnaires arabes, les luttes des populations pour leur environnement se sont propag&#233;es dans toute la r&#233;gion, pour des revendications et par des modes d'actions similaires. Les ann&#233;es 2018 et 2019 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par la recrudescences des luttes pour l'eau, l'&#233;mergence de nouvelles questions li&#233;es aux d&#233;r&#232;glements climatiques et le d&#233;clenchement de processus r&#233;volutionnaires li&#233;s &#224; des pr&#233;occupations environnementales1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res, 22 mai 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, les soul&#232;vements r&#233;volutionnaires n'avaient pas d&#233;velopp&#233; de revendication &#233;cologique, m&#234;me s'il para&#238;t que la revendication de dignit&#233; pouvait &#234;tre sous tendue par l'absence d'eau, d'&#233;gout, d'&#233;lectricit&#233; et la pollution. Les soul&#232;vements de 2019 non seulement sont sous tendus par les m&#234;mes pr&#233;occupations, mais certaines exigences environnementales font partie des revendications des r&#233;volutionnaires et sont clairement exprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soif, premi&#232;re pr&#233;occupation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour l'eau potable (absente, pollu&#233;e, sal&#233;e ou mal dessal&#233;e, ou trop ch&#232;re) sont les plus nombreuses, suivies par les luttes pour l'eau d'irrigation (Khouzestan), contre les factures anticip&#233;es (Tunisie). La revendication de l'eau peut &#234;tre le fait de grands et petits agriculteurs. A ce sujet, notons les luttes contre les grands agriculteurs qui accaparent l'eau (Maroc, Tunisie), parfois pour la culture du cannabis (Maroc) ou du qat (Y&#233;men), ou des luttes contre la culture intensive d'ol&#233;agineux (Soudan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les luttes contre des d&#233;charges polluantes, (Alg&#233;rie, Arabie Saoudite, Gaza, Liban) et pour des r&#233;seaux d'assainissement (absents ou non fonctionnels), pour la collecte des d&#233;chets, contre les d&#233;chets toxiques (Tunisie) ou encore les d&#233;versoirs de margines (Tunisie). Des pays ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de conflits sur la dur&#233;e contre des projets d'incin&#233;ration (Liban), de stations d'&#233;puration (&#201;gypte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es ont vu une augmentation des luttes pour l'&#233;lectricit&#233; (pour le raccordement, contre les d&#233;lestages ou les hausses de tarification2), souvent li&#233;es aux luttes pour l'eau (l'&#233;lectricit&#233; alimentant les pompes), &#224; celles des p&#234;cheurs (un d&#233;lestage dans une conserverie oblige les p&#234;cheurs &#224; jeter leur p&#234;che) au d&#233;r&#232;glement climatique (l'&#233;lectricit&#233; faisant fonctionner r&#233;frig&#233;rateurs, ventilateurs, etc).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Contre la pollution industrielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les luttes contre des industries polluantes, notamment : -et &#224; titre d'exemple seulement car ces luttes sont d'importance tr&#232;s diff&#233;rente- les huileries (Maroc), les cimenteries (Liban, Cisjordanie), la production de dindes et de poules (Maroc), les briqueteries (Irak, Tunisie), les conserveries de poisson (Maroc), l'extraction aurif&#232;re (Soudan), la farine de poisson (Mauritanie), le meulage de pierre (Maroc), les engrais (&#201;gypte), les carri&#232;res de tuf (Alg&#233;rie), d'agr&#233;gats, de pierres (Liban, Maroc), de marbres, de sable (Alg&#233;rie), de gravier (Tunisie), les mines de phosphate (Isra&#235;l), les raffineries de phosphate (Tunisie), de p&#233;trole (Irak), l'aquaculture (Alg&#233;rie, Tunisie), les explosifs utilis&#233;s dans les travaux publics (Alg&#233;rie), la liqu&#233;faction de l'asphalte (Maroc), les g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques (Isra&#235;l), ou les industries utilisant le bien commun : mise en bouteille de l'eau (Alg&#233;rie, Maroc), extraction du sable (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises &#233;trang&#232;res polluantes particuli&#232;rement vis&#233;es sont l'allemande Heidelberg Cement (&#201;gypte), les fran&#231;aises Lafarge (Jordanie) ou Amendis (Maroc3), la russe Miro Gold (Soudan), la multinationale Holcim (Liban), les turques Ozgun et EMRE-ETB (Alg&#233;rie), l'indienne TCI-Sanmar (&#201;gypte), la saoudienne Khazain SARL (Mauritanie) etc,... Sont &#233;galement combattus des projets financ&#233;s par des institutions internationales tel celui du future barrage de Bisri (Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perspectives d'exploitation du gaz de schiste ont &#224; nouveau fait descendre des populations dans la rue (Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les luttes contre la pollution des fleuves et rivi&#232;res (li&#233;es souvent aux entreprises polluantes (&#201;gypte, Liban) et pour les fleuves tout court menac&#233;s par des barrages (Irak, Kurdistan d'Irak, Liban) d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;s ou en projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La densification urbaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interp&#233;n&#233;tration des zones rurales et urbaines entra&#238;ne des revendications telles la d&#233;limitation de p&#233;rim&#232;tres de chasse (Maroc) afin d'&#234;tre prot&#233;g&#233; des tirs, des sangliers (Maroc), des animaux errants : chiens (&#201;gypte), serpents dans les douches d'&#233;coles (Irak) ; mais aussi des luttes pour la pr&#233;servation du caract&#232;re rural de localit&#233;s (Alg&#233;rie) ou de sites (&#238;le de Warak en &#201;gypte, Fuheis en Jordanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants des zones urbanis&#233;es se l&#232;vent contre le passage de camions de gros tonnage, de voitures, notamment les taxis clandestins, les antennes r&#233;seau de t&#233;l&#233;phone (Alg&#233;rie, &#201;gypte), les ventes de psychotropes (&#201;gypte, Jordanie), les pyl&#244;nes &#224; haute tension (&#201;gypte), les g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques (Liban), la pollution de l'air (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations des grandes villes se mobilisent pour la pr&#233;servation d'arbres (Rabat, Casablanca), d'espaces verts (Port Soudan), de parcs (Rades, Tunisie), de for&#234;ts (Mont Chenoua, Alg&#233;rie), de lacs ou de zones humides (Dar Bouazza, Casablanca), de salines (Aden), de zones c&#244;ti&#232;res, menac&#233;es par des projets immobiliers ou la main mise sur les biens communs ou par la pollution (Aokas, Beyrouth, Safi, Nouakchott,) ou par des marinas (Bizerte)4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urbains et ruraux se mobilisent pour pour la s&#233;curit&#233; routi&#232;re (exigence de passerelles, d'amortisseurs de vitesse (Alg&#233;rie, &#201;gypte), de passages &#224; niveau, de signalisation (Gaza) pour des transports publics (Maroc), le ramassage scolaire. La question du transport public se pose dans tous les pays de la r&#233;gion pour que les transports relient de nouvelles zones p&#233;riph&#233;riques, ou qu'ils soient plus nombreux ou en &#233;tat, ou encore assur&#233;s par les employeurs (Tunisie) mais la question de la tarification n'est pas pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;r&#232;glement climatique &lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;cheresses, incendies et inondations ont entra&#238;n&#233; des luttes pour des indemnisations, des relogements, des routes, des ponts, des ports (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Liban, Mauritanie, Soudan, Tunisie, Y&#233;men), pour des stations de drainage des eaux pluviales, mais aussi un d&#233;bat sur la gratuit&#233; de la consommation &#233;lectrique en cas de canicule.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt; De nouvelles causes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays ont vu des campagnes pour le respect de la vie animale (tortues marines, Libye, &#201;gypte, chiens errants et outardes, Tunisie, chiens errants Kowe&#239;t, outardes, Tunisie), contre le braconnage industriel (Khouzestan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et de nouvelles revendications &lt;/strong&gt; :&lt;br class='autobr' /&gt; des h&#244;pitaux pour soigner les personnes affect&#233;es par les pollutions&lt;br class='autobr' /&gt; autorisation de permis de chasse pour se prot&#233;ger des sangliers&lt;br class='autobr' /&gt; pistes cyclables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme et &#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Des s&#233;quelles du terrorisme en Alg&#233;rie font descendre des populations dans la rue lors de la d&#233;couverte de bombes dans la terre, pour exiger des infrastructures dans des villages abandonn&#233;s lors de la d&#233;cennie noire et dans lesquels des habitants voudraient retourner. En Tunisie, des habitants exigent de pouvoir s'alimenter en eau sans &#234;tre expos&#233;s &#224; des risques (Mont Chaambi).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Celles et ceux qui luttent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations qui luttent sont celles qui sont les plus &#233;loign&#233;es des centres urbains, les oubli&#233;es du d&#233;veloppement. Hommes, femmes et enfants sortent dans les rues pour manifester apr&#232;s avoir tent&#233; en vain d'autres moyens. Les femmes sont souvent le fer de lance ou l'&#233;l&#233;ment moteur (Libye, Mauritanie, Y&#233;men) de ces mobilisations, en majorit&#233; locales. Ces populations parcourent au Maroc distances &#233;normes &#224; pied pour se faire entendre et n'h&#233;sitent pas &#224; se rendre &#224; la premi&#232;re agglom&#233;ration voisine &#224; dos d'&#226;ne, ou accompagn&#233;s de troupeaux assoiff&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants de quartiers pr&#233;caires (chalets, bidonvilles, b&#226;ti tr&#232;s ancien) cumulent plusieurs probl&#232;mes : pas de raccordement &#224; l'eau, ni &#224; l'&#233;lectricit&#233;, absence d'&#233;gouts. Ils sont plus vuln&#233;rables aux d&#233;r&#232;glements climatiques et parfois menac&#233;es d'expulsion (Alg&#233;rie, &#201;gypte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents d'&#233;l&#232;ves se mobilisent contre l'absence d'eau potable (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Tunisie), le d&#233;versement des eaux us&#233;es dans les salles de classes, voire les effondrements d'&#233;cole, parfois mortels (Alg&#233;rie) ou la pr&#233;sence d'amiante, et les personnels enseignants des &#233;coles et coll&#232;ges en Alg&#233;rie, pour les m&#234;mes raisons que les parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves (Maroc, Isra&#235;l, Cisjordanie) les lyc&#233;ens (&#201;gypte) et les &#233;tudiants (Alg&#233;rie, Soudan, Y&#233;men) se mobilisent contre le mauvais &#233;tat ou l'insalubrit&#233; de leurs &#233;coles, lyc&#233;es ou cit&#233;s universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ch&#244;meurs r&#233;clament fin de la pollution et emploi dans l'entreprise polluante (Alg&#233;rie, Irak, Jordanie, Tunisie). Parmi les autres cat&#233;gories touch&#233;e par la pollution et luttant selon leurs moyens : les malades du cancer (Irak), les d&#233;tenus (prison du N&#233;guev).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs cat&#233;gories de travailleurs particuli&#232;rement expos&#233;s &#224; la pollution, au danger ou la soif manifestent ou d&#233;braient : les travailleurs forestiers (Alg&#233;rie), les agents de la propret&#233; (Alg&#233;rie), les marins p&#234;cheurs (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Liban), les agriculteurs, affect&#233;s par l'&#233;pandage toxique (Soudan) ou le manque d'eau d'irrigation (Soudan, Alg&#233;rie, Jordanie, Cisjordanie), les &#233;leveurs du fait du manque d'eau (Mauritanie), les commer&#231;ants affect&#233;s par les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, les chiens errants et la pollution (Jordanie), les travailleurs de l'aviation civile (Kowe&#239;t), les ouvriers du b&#226;timent (Qatar), les travailleurs des industries et des carri&#232;res, les personnels des d&#233;charges, des agences de l'eau (Libye).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les modes de protestation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modes les plus utilis&#233;s sont les manifestations (y compris en mer : cort&#232;ge de barques de p&#234;che au Liban), les sit-in, les blocages de routes avec pierres, les pneus br&#251;l&#233;s, le d&#233;versement d'ordures (Irak), les marches au Maroc, le blocage de voies ferr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, il y fr&#233;quemment recours &#224; la fermeture des Assembl&#233;es Populaires Communales, des si&#232;ges de l'Alg&#233;rienne Des Eaux, de la da&#239;ra. Les populations investissent les locaux des soci&#233;t&#233;s d'eau (&#201;gypte, Tunisie). Il peut y avoir boycott des factures d'eau, et au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; dernier, il y a eu des lancers de viandes putr&#233;fi&#233;es (Alg&#233;rie) ou de peaux de moutons (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des manifestations, le mat&#233;riel des manifestants est sommaire : banderoles ou pancartes, seaux, jerricans ou bouteilles vides ou remplies d'eau sale, port de masques, drapeaux nationaux ou symboliques d'un groupe (amazigh), portraits du roi (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves sont le fait des &#233;l&#232;ves, parfois sur instigation des parents, des lyc&#233;ens, &#233;tudiants (Libye) et travailleurs. A ces gr&#232;ves ouvri&#232;res s'ajoutent les journ&#233;es ville morte dites &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite viennent les fermetures de d&#233;charges, les blocages de travaux de barrages, ou de vannes de barrages, la coupure de l'eau alimentant entreprises (Tunisie), les blocages de l'acc&#232;s aux champs de p&#233;trole (Irak, Libye, Tunisie), les blocages de l'eau destin&#233;es &#224; des voisins (Alg&#233;rie), ou les sit-in avec tentes (Soudan). Les sit-in ont d&#233;cru ou ont disparu dans la derni&#232;re p&#233;riode, notamment le sit-in avec occupation d'une zone &#224; d&#233;fendre, [peut-&#234;tre] le plus ancien du monde &#224; Imider au Maroc5. Restent les exceptions du Soudan6 contre l'extraction aurif&#232;re, et de la Tunisie, contre une carri&#232;re &#224; Al Houeidiya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveaux modes de protestation :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'humour s'est invit&#233; dans les luttes avec des F&#234;tes en Tunisie : l'&#171; Anniversaire des ordures &#187; ou la &#171; F&#234;te du trou &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le boycott a vu le jour au Maroc et en Alg&#233;rie, notamment le boycott d'&#233;v&#233;nements festifs en temps de canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La circulation &#224; bicyclette voudrait s'imposer progressivement parall&#232;lement &#224; la revendication de pistes cyclables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les soutiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soutiens sont en g&#233;n&#233;ral des sections d'organisations de d&#233;fense des droits de l'homme au Maroc ou en Tunisie, des organisations berb&#232;res, ou palestiniennes. Le r&#244;le de l'Union G&#233;n&#233;rale Tunisienne du Travail en Tunisie (UGTT) est ambivalent, allant du don de fonds aux victimes des inondations, au soutien &#224; des personnels enseignants dont le lyc&#233;e a &#233;t&#233; investi par des chiens errants et des sangliers, jusqu'&#224; l'opposition &#224; la d&#233;cision de la municipalit&#233; de Sfax d'interdire le transport de produits chimiques dangereux en ville et bien &#233;videmment le refus de la fermeture de la Soci&#233;t&#233; Industrielle d'Acide Phosphorique et d'Engrais usine (SIAPE) au nom de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de jonction des luttes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes sont locales, souvent simultan&#233;es et se prolongent parfois pendant des ann&#233;es sans s'&#233;tendre, &#224; l'exception du Soudan o&#249; les populations l&#233;s&#233;es par l'usage de cyanure dans l'extraction aurif&#232;re ont men&#233; des sit-in simultan&#233;s contre des entreprises diff&#233;rentes. Les m&#234;mes manifestent &#224; r&#233;p&#233;tition ; toutefois, si des conflits se prolongent, certains se structurent pour prot&#233;ger des ZAD (Ile de Warak en &#201;gypte, bande d'Aokas en Alg&#233;rie) ou contre l'incin&#233;ration de d&#233;chets (Liban), contre les cimenteries (Liban), la pollution des rivi&#232;res et les barrages (Liban), contre les mines de charbon (Jerada Maroc), de phosphate (N&#233;guev), le Groupe Chimique Tunisien (Gabes) ou la SIAPE &#224; Sfax (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des collectifs ad hoc voient le jour et s'y joignent alors des associations et des partis politiques. La coordination Akal7 a vu le jour essentiellement dans le Sud Marocain, qui cherche &#224; combiner la d&#233;fense de l'identit&#233; amazigh, des terres collectives et des ressources naturelles, tout en int&#233;grant des revendications &#233;cologistes. Au Soudan, la jonction entre la d&#233;fense de l'identit&#233; nubienne et la lutte contre l'extraction aurif&#232;re et contre les barrages au Soudan a &#233;t&#233; faite il y a des ann&#233;es et reste un &#233;l&#233;ment pouvant expliquant la combativit&#233; des populations8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de solidarit&#233; internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'extension des luttes est absente, la solidarit&#233; internationale l'est aussi, &#224; l'exception des campagnes autour des fleuves ou des barrages, de quelques campagnes frontali&#232;res (Alg&#233;rie Libye, lors des inondations), de la solidarit&#233; avec les morts en mer en M&#233;diterran&#233;e &#224; Zarzis (Tunisie) et des Journ&#233;es internationales des Fridays For Future r&#233;percut&#233;es dans la jeunesse scolaris&#233;e de quelques capitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien est imm&#233;diat avec les luttes des groupes opprim&#233;s : Nubiens du Soudan, Amazigh (Maroc) Arabes d'Iran, Palestiniens, et la cause est alors r&#233;percut&#233;e dans les diasporas ou dans des groupes opprim&#233;s de par le monde : les peuples autochtones en solidarit&#233; avec les amazigh en lutte pour l'eau &#224; Imider (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luttes de classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, les populations d&#233;clinent une s&#233;rie de revendications. Et aux exigences port&#233;e environnementale s'ajoutent d'autres, sociales : centres de sant&#233;, gaz de ville, emploi, bitumage de routes, &#233;clairage public, entretien de cimeti&#232;res, agents de voirie, stades, loisirs, classes, toutes revendications qui sont le fait de populations d&#233;laiss&#233;es par les pouvoirs, locaux ou centraux. La d&#233;nonciation de l'entreprise polluante et l'exigence d'y &#234;tre employ&#233; vont souvent de pair. Et les populations qui se r&#233;voltent pour l'eau ou des r&#233;seaux d'assainissements sont souvent les m&#234;mes que celles qui exigent des emplois. Ces revendications en disent long sur la classe en lutte pour l'environnement : petits paysans, ch&#244;meurs, employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la revendication environnementale est dans cette r&#233;gion du monde une revendication sociale et est port&#233;e essentiellement par les plus d&#233;munis, elle ne rencontre pas le soutien qu'elle m&#233;riterait des syndicats ou des partis cens&#233;s porter le combat des classes sociales d&#233;favoris&#233;es. Elles et ils sont souvent tr&#232;s seul.e.s dans ce combat, per&#231;u comme un combat les opposant &#224; ceux ou celles ayant un emploi (polluant) qu'il convient de d&#233;fendre &#224; n'importe quel prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense majorit&#233; de ces luttes sont mues par une logique d'aspiration au d&#233;veloppement et d'acc&#232;s aux services, d'autres par des pr&#233;occupations d'ordre sanitaire, et enfin, d'autres par des pr&#233;occupations environnementales et/ou &#233;cologique. Ces derni&#232;res sont rarement assum&#233;es comme telles mais une lutte r&#233;cente en Tunisie pourrait ouvrir une nouvelle perspective : les sit inneurs de Houeidiya (pour l'essentiel des femmes et des hommes de la petite paysannerie), contre la pollution de leur unique source d'eau potable par une carri&#232;re de pierres, n'ont pas ajout&#233; &#224; la revendication de la fermeture d&#233;finitive de la carri&#232;re d'autre revendication sociale. Il s'agit d'une lutte pour la vie, et non pour &#171; d&#233;veloppement &#187;, une lutte qui ne peut se n&#233;gocier, puisqu'il s'agit du droit &#224; l'existence9.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;ponses des pouvoirs en place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les luttes sont locales, les interlocuteurs vis&#233;s le sont aussi, &#224; l'exception du Maroc et de la Mauritanie, o&#249; le Roi et le Pr&#233;sident sont souvent respectivement interpell&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses des autorit&#233;s vont de l'indiff&#233;rence aux promesses sans lendemain. Ici et l&#224;, une &#233;cole amiant&#233;e (Alg&#233;rie) ou une usine polluante est ferm&#233;e (Liban, Tunisie) au terme d'une longue mobilisation. Mais g&#233;n&#233;ralement la r&#233;pression est imm&#233;diate : des journalistes menac&#233;s pour avoir couvert des questions environnementales (Irak) ou arr&#234;t&#233;s : Soudan. Idem pour des artistes (&#201;gypte). Plus g&#233;n&#233;ralement il y a interpellation et poursuites judiciaires (&#201;gypte, Khouzestan d'Iran, Maroc, Soudan, Tunisie), tirs &#224; balles r&#233;elles et bless&#233;s (Alg&#233;rie) ou tu&#233;s (Irak, par centaines). La r&#233;pression peut &#234;tre le fait de milices priv&#233;es des entreprises (Soudan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnes sont interpell&#233;es par la police de l'environnement (Kowe&#239;t) et poursuivies (Maroc), une nouvelle police qui use de son pouvoir pour r&#233;gler des comptes envers les plus vuln&#233;rables (vendeurs ambulants, militants).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si cette r&#233;pression a pu entra&#238;ner l'hilarit&#233; dans le cas de la chanteuse Shirine en &#201;gypte, elle entra&#238;ne plus g&#233;n&#233;ralement des luttes pour la lib&#233;ration des personnes emprisonn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Volontariat, autogestion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volontariat a connu une recrudescence en 2019 : il concerne surtout des actions de collecte de d&#233;chets dans les quartiers, mais aussi dans les forets, de reboisement, la restauration de fontaine et l'entretien de sources, l'entretien d'&#233;coles, la construction de passerelles sur les rivi&#232;res ou le bitumage de route et il est majoritairement le fait des populations alg&#233;riennes dans le sillage du hirak. Ailleurs, on note :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une campagne de nettoyage des h&#244;pitaux &#224; Gaza, en coordination avec le personnel en gr&#232;ve, en Tunisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du volontariat dans les camps de Jordanie suite au retrait de l'UNRWA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; travailleurs du nettoyage travaillant volontairement (Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nettoyage de rues (Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nettoyage d'oued (Maroc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ecojogging (Mauritanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salu&#233; en Alg&#233;rie par les autorit&#233;s incapables de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes, le volontariat reste toutefois &#224; appr&#233;cier en corr&#233;lation avec la mont&#233;e du mouvement r&#233;volutionnaire. Cette prise en charge par les populations elles-m&#234;mes est &#233;videmment encourag&#233;e, salu&#233;e, voire quelquefois aid&#233;es par des autorit&#233;s locales, mais elle peut &#234;tre r&#233;prim&#233;e, comme au Khouzestan d'Iran, par un pouvoir qui ne tol&#232;re d'autres initiatives que les siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'autogestion, &#224; part des exemples isol&#233;s comme un lancement de coop&#233;rative par des femmes (Mauritanie), elle est le fait des comit&#233;s de r&#233;sistance au Soudan parall&#232;lement &#224; la mont&#233;e du mouvement r&#233;volutionnaire, des communes auto administr&#233;es en Syrie dans tous les aspects de la vie quotidienne, souvent avec des financements internationaux, associatifs ou autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines probl&#233;matiques ont atteint un tel stade qu'elles ont entra&#238;n&#233; l'&#233;mergence de structures locales ou nationales, telles les tunisiennes : &#171; Vous nous assoiffez &#187;, &#171; Jendouba veut le d&#233;veloppement &#187;, en plus des structures d&#233;j&#224; existantes telles l'Observatoire Tunisien de l'Eau, Nomad 08 ou le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES).&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;volution et &#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les soul&#232;vements de 2019, Le hirak du Rif au Maroc avait r&#233;v&#233;l&#233; l'int&#233;gration de la dimension &#233;cologique dans un mouvement insurrectionnel en en int&#233;grant dans sa plateforme revendicative la question de la d&#233;fense d'un mode d'exploitation non industriel de la p&#234;che ou de la petite agriculture vivri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des soul&#232;vements de 2019, des exigences environnementales font partie des revendications des r&#233;volutionnaires et sont clairement exprim&#233;es. Au niveau symbolique, il y a eu dans les quatre pays (Soudan, Alg&#233;rie, Irak, Liban) une prise en charge par les manifestants de la question de la soif et des d&#233;chets (distribution d'eau, nettoyage des rues apr&#232;s les manifestations, arrosage des manifestants). Mais est-ce seulement symbolique ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La jonction avec les luttes populaires a commenc&#233; en Alg&#233;rie&lt;/strong&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par des slogans explicites &#171; Nous ne voulons pas d'ordures, ni dans la rue ni au pouvoir &#187;10,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par la reprise de campagnes men&#233;es par les populations : contre le gaz de schiste, la loi sur les hydrocarbures, la d&#233;fense du Mont Chenoua menac&#233; par les carri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part n'est pas n&#233;cessairement environnemental, mais anti corruption tel &#224; Skikda, le slogan des manifestants : &#171; wilaya corrompue, vous l'avez vendue &#187; due &#224; l'absence des &#233;lus lors des inondations, ou &#224; Tiaret : &#171; ouvrir les dossiers de la corruption &#224; Tiaret, ceux de la concession du foncier &#187; ou des manifestants r&#233;clamant leur part du d&#233;veloppement &#224; proximit&#233; des champs gaziers de Hassi Rmel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ciproquement, bien des manifestants ont repris au niveau local, pour des revendications locales telles que l'eau, les slogans centraux transpos&#233;s &#224; leur &#233;chelon : &#171; klitou el baladia, asabat serraqine &#187; (Vous avez vol&#233; la municipalit&#233;, bande de voleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, o&#249; la question des d&#233;chets avait d&#233;bouch&#233; sur une crise politique en 2015, et o&#249; la question reste l'&#233;quation de toute alternative, le hirak a fait siennes des causes locales et manifeste contre les centrales &#233;lectriques au Liban, contre le barrage de Bisri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Soudan, les r&#233;volutionnaires ont repris les causes des manifestants anti cyanides, l'approvisionnement en eau des populations, le sauvetage des animaux du zoo de Khartoum. La situation de double pouvoir qui pr&#233;vaut depuis des mois a contribu&#233; &#224; l'auto organisation dans la dur&#233;e et les r&#233;volutionnaires prennent en charge via leurs comit&#233; locaux, des campagnes d'information et de nettoyage des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Irak, le mouvement r&#233;volutionnaire est d'embl&#233;e &#233;co social, motiv&#233; entre autres par l'exigence de l'eau potable et de l'&#233;lectricit&#233; et il est assum&#233; comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, la pand&#233;mie de covid-19 a donn&#233; un coup d'arr&#234;t &#224; ces mouvements, pour le plus grand bonheur des pouvoirs qui tenteront d'expliquer tous les probl&#232;mes socio-&#233;conomique par le &#171; virus &#187;. Mais la satisfaction de ces derniers pourrait ne pas durer, la crise sanitaire risquant de r&#233;v&#233;ler davantage les carences des syst&#232;mes, notamment la p&#233;nurie d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, et les disparit&#233;s sociales. Si la menace de la pand&#233;mie venait &#224; s'att&#233;nuer, et avec elle les raisons biologiques qui dissuadent aujourd'hui les gens de se rassembler, les m&#233;thodes traditionnelles de r&#233;pression ne pourraient alors plus emp&#234;cher les luttes de se propager et les soul&#232;vements r&#233;volutionnaires de s'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisse ce rapide survol de la r&#233;gion avoir contribu&#233; &#224; mettre en valeur les populations qui ont lutt&#233; pour leur survie et celle de leurs soci&#233;t&#233;s et &#224; clarifier les enjeux &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cet article doit beaucoup &#224; la relecture et aux suggestions de Lotfi Chawqui, Daniel Tanuro et Nadir Djermoune, qu'ils en soient ici remerci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;1. Cet article se base sur les donn&#233;es contenues dans le document source ESSF (article 52407), Relev&#233; non exhaustif de luttes &#224; port&#233;e environnementale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (2018-2019) : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;2. L'existence de partenariat public-priv&#233; dans la gestion de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233; se traduit g&#233;n&#233;ralement par une hausse des tarifs (Maroc)&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;3. La soci&#233;t&#233; Amendis a &#233;t&#233; la cible des protestataires au niveau de la pollution d&#233;gag&#233;e par ses activit&#233;s au Maroc, elle l'a aussi &#233;t&#233; en raison des tarifs de l'&#233;lectricit&#233; qu'elle applique.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;4. Il existe une intense vie associative &#224; vis&#233;e &#233;cologique en d&#233;fense d'&#238;lots de biodiversit&#233; et d'esp&#232;ces en danger. Le pr&#233;sent article, bas&#233; essentiellement sur les luttes men&#233;es &#224; la base par les populations, l'a d&#233;lib&#233;r&#233;ment ignor&#233;e, non par d&#233;sint&#233;r&#234;t ou sous estimation, mais parce qu'il s'agit d'une autre dynamique, pour l'heure &#233;trang&#232;re &#224; celle qui fonde les combats des populations d&#233;munies.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;5. ESSF (article 47520), Maroc, l'histoire d'une lutte : &#171; Le mouvement contre la mine d'Imider dure depuis plus de 40 ans &#187; : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;6. ESSF (article 50709), Soudan, un mois de sit-in contre l'utilisation du cyanure : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;7. &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/CoordinationAka..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/CoordinationAka..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;8. ESSF (article 41992), Soudan, ru&#233;e contre l'or ! Mobilisations populaires contre les usines utilisant le mercure ou le cyanure : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;9. &lt;a href=&#034;https://fr-fr.facebook.com/1322028774590..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr-fr.facebook.com/1322028774590..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;10. &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/En-Algerie-la-lut..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://reporterre.net/En-Algerie-la-lut..&lt;/a&gt;. Disponible sur ESSF (article 48445), En Alg&#233;rie, la lutte populaire est une lutte environnementale (de m&#234;me que sociale) : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php..&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord : Assoiff&#233;.e.s et pollu&#233;.e.s, de la lutte &#224; la r&#233;volution</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Moyen-Orient-et-en-Afrique-du-Nord-Assoiffe-e-s-et-pollue-e-s-de-la-lutte-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Au-Moyen-Orient-et-en-Afrique-du-Nord-Assoiffe-e-s-et-pollue-e-s-de-la-lutte-a</guid>
		<dc:date>2020-05-26T08:36:59Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Irak</dc:subject>
		<dc:subject>Liban</dc:subject>
		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Egypte</dc:subject>
		<dc:subject>Maroc</dc:subject>
		<dc:subject>Coronavirus</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-26</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des processus r&#233;volutionnaires arabes, les luttes des populations pour leur environnement se sont propag&#233;es dans toute la r&#233;gion, pour des revendications et par des modes d'actions similaires. Les ann&#233;es 2018 et 2019 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par la recrudescences des luttes pour l'eau, l'&#233;mergence de nouvelles questions li&#233;es aux d&#233;r&#232;glements climatiques et le d&#233;clenchement de processus r&#233;volutionnaires li&#233;s &#224; des pr&#233;occupations environnementales [1]. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe solidaire sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Irak-+" rel="tag"&gt;Irak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Liban-+" rel="tag"&gt;Liban&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Tunisie-+" rel="tag"&gt;Tunisie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Algerie-+" rel="tag"&gt;Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Egypte-+" rel="tag"&gt;Egypte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Maroc-+" rel="tag"&gt;Maroc&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-26&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH102/arton43731-f1dc7.jpg?1781042224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='102' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but des processus r&#233;volutionnaires arabes, les luttes des populations pour leur environnement se sont propag&#233;es dans toute la r&#233;gion, pour des revendications et par des modes d'actions similaires. Les ann&#233;es 2018 et 2019 ont &#233;t&#233; marqu&#233;es par la recrudescences des luttes pour l'eau, l'&#233;mergence de nouvelles questions li&#233;es aux d&#233;r&#232;glements climatiques et le d&#233;clenchement de processus r&#233;volutionnaires li&#233;s &#224; des pr&#233;occupations environnementales [1].&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article53382&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, les soul&#232;vements r&#233;volutionnaires n'avaient pas d&#233;velopp&#233; de revendication &#233;cologique, m&#234;me s'il para&#238;t que la revendication de dignit&#233; pouvait &#234;tre sous tendue par l'absence d'eau, d'&#233;gout, d'&#233;lectricit&#233; et la pollution. Les soul&#232;vements de 2019 non seulement sont sous tendus par les m&#234;mes pr&#233;occupations, mais certaines exigences environnementales font partie des revendications des r&#233;volutionnaires et sont clairement exprim&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La soif, premi&#232;re pr&#233;occupation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour l'eau potable (absente, pollu&#233;e, sal&#233;e ou mal dessal&#233;e, ou trop ch&#232;re) sont les plus nombreuses, suivies par les luttes pour l'eau d'irrigation (Khouzestan), contre les factures anticip&#233;es (Tunisie). La revendication de l'eau peut &#234;tre le fait de grands et petits agriculteurs. A ce sujet, notons les luttes contre les grands agriculteurs qui accaparent l'eau (Maroc, Tunisie), parfois pour la culture du cannabis (Maroc) ou du qat (Y&#233;men), ou des luttes contre la culture intensive d'ol&#233;agineux (Soudan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis viennent les luttes contre des d&#233;charges polluantes, (Alg&#233;rie, Arabie Saoudite, Gaza, Liban) et pour des r&#233;seaux d'assainissement (absents ou non fonctionnels), pour la collecte des d&#233;chets, contre les d&#233;chets toxiques (Tunisie) ou encore les d&#233;versoirs de margines (Tunisie). Des pays ont &#233;t&#233; le th&#233;&#226;tre de conflits sur la dur&#233;e contre des projets d'incin&#233;ration (Liban), de stations d'&#233;puration (&#201;gypte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derni&#232;res ann&#233;es ont vu une augmentation des luttes pour l'&#233;lectricit&#233; (pour le raccordement, contre les d&#233;lestages ou les hausses de tarification [2]), souvent li&#233;es aux luttes pour l'eau (l'&#233;lectricit&#233; alimentant les pompes), &#224; celles des p&#234;cheurs (un d&#233;lestage dans une conserverie oblige les p&#234;cheurs &#224; jeter leur p&#234;che) au d&#233;r&#232;glement climatique (l'&#233;lectricit&#233; faisant fonctionner r&#233;frig&#233;rateurs, ventilateurs, etc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contre la pollution industrielle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les luttes contre des industries polluantes, notamment : -et &#224; titre d'exemple seulement car ces luttes sont d'importance tr&#232;s diff&#233;rente- les huileries (Maroc), les cimenteries (Liban, Cisjordanie), la production de dindes et de poules (Maroc), les briqueteries (Irak, Tunisie), les conserveries de poisson (Maroc), l'extraction aurif&#232;re (Soudan), la farine de poisson (Mauritanie), le meulage de pierre (Maroc), les engrais (&#201;gypte), les carri&#232;res de tuf (Alg&#233;rie), d'agr&#233;gats, de pierres (Liban, Maroc), de marbres, de sable (Alg&#233;rie), de gravier (Tunisie), les mines de phosphate (Isra&#235;l), les raffineries de phosphate (Tunisie), de p&#233;trole (Irak), l'aquaculture (Alg&#233;rie, Tunisie), les explosifs utilis&#233;s dans les travaux publics (Alg&#233;rie), la liqu&#233;faction de l'asphalte (Maroc), les g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques (Isra&#235;l), ou les industries utilisant le bien commun : mise en bouteille de l'eau (Alg&#233;rie, Maroc), extraction du sable (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises &#233;trang&#232;res polluantes particuli&#232;rement vis&#233;es sont l'allemande Heidelberg Cement (&#201;gypte), les fran&#231;aises Lafarge (Jordanie) ou Amendis (Maroc [3]), la russe Miro Gold (Soudan), la multinationale Holcim (Liban), les turques Ozgun et EMRE-ETB (Alg&#233;rie), l'indienne TCI-Sanmar (&#201;gypte), la saoudienne Khazain SARL (Mauritanie) etc,... Sont &#233;galement combattus des projets financ&#233;s par des institutions internationales tel celui du future barrage de Bisri (Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des perspectives d'exploitation du gaz de schiste ont &#224; nouveau fait descendre des populations dans la rue (Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Viennent ensuite les luttes contre la pollution des fleuves et rivi&#232;res (li&#233;es souvent aux entreprises polluantes (&#201;gypte, Liban) et pour les fleuves tout court menac&#233;s par des barrages (Irak, Kurdistan d'Irak, Liban) d&#233;j&#224; r&#233;alis&#233;s ou en projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La densification urbaine&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interp&#233;n&#233;tration des zones rurales et urbaines entra&#238;ne des revendications telles la d&#233;limitation de p&#233;rim&#232;tres de chasse (Maroc) afin d'&#234;tre prot&#233;g&#233; des tirs, des sangliers (Maroc), des animaux errants : chiens (&#201;gypte), serpents dans les douches d'&#233;coles (Irak) ; mais aussi des luttes pour la pr&#233;servation du caract&#232;re rural de localit&#233;s (Alg&#233;rie) ou de sites (&#238;le de Warak en &#201;gypte, Fuheis en Jordanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants des zones urbanis&#233;es se l&#232;vent contre le passage de camions de gros tonnage, de voitures, notamment les taxis clandestins, les antennes r&#233;seau de t&#233;l&#233;phone (Alg&#233;rie, &#201;gypte), les ventes de psychotropes (&#201;gypte, Jordanie), les pyl&#244;nes &#224; haute tension (&#201;gypte), les g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques (Liban), la pollution de l'air (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations des grandes villes se mobilisent pour la pr&#233;servation d'arbres (Rabat, Casablanca), d'espaces verts (Port Soudan), de parcs (Rades, Tunisie), de for&#234;ts (Mont Chenoua, Alg&#233;rie), de lacs ou de zones humides (Dar Bouazza, Casablanca), de salines (Aden), de zones c&#244;ti&#232;res, menac&#233;es par des projets immobiliers ou la main mise sur les biens communs ou par la pollution (Aokas, Beyrouth, Safi, Nouakchott,) ou par des marinas (Bizerte) [4].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urbains et ruraux se mobilisent pour pour la s&#233;curit&#233; routi&#232;re (exigence de passerelles, d'amortisseurs de vitesse (Alg&#233;rie, &#201;gypte), de passages &#224; niveau, de signalisation (Gaza) pour des transports publics (Maroc), le ramassage scolaire. La question du transport public se pose dans tous les pays de la r&#233;gion pour que les transports relient de nouvelles zones p&#233;riph&#233;riques, ou qu'ils soient plus nombreux ou en &#233;tat, ou encore assur&#233;s par les employeurs (Tunisie) mais la question de la tarification n'est pas pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;r&#232;glement climatique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;cheresses, incendies et inondations ont entra&#238;n&#233; des luttes pour des indemnisations, des relogements, des routes, des ponts, des ports (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Liban, Mauritanie, Soudan, Tunisie, Y&#233;men), pour des stations de drainage des eaux pluviales, mais aussi un d&#233;bat sur la gratuit&#233; de la consommation &#233;lectrique en cas de canicule.&lt;br class='autobr' /&gt; De nouvelles causes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays ont vu des campagnes pour le respect de la vie animale (tortues marines, Libye, &#201;gypte, chiens errants et outardes, Tunisie, chiens errants Kowe&#239;t, outardes, Tunisie), contre le braconnage industriel (Khouzestan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et de nouvelles revendications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des h&#244;pitaux pour soigner les personnes affect&#233;es par les pollutions&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; autorisation de permis de chasse pour se prot&#233;ger des sangliers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pistes cyclables&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Terrorisme et &#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des s&#233;quelles du terrorisme en Alg&#233;rie font descendre des populations dans la rue lors de la d&#233;couverte de bombes dans la terre, pour exiger des infrastructures dans des villages abandonn&#233;s lors de la d&#233;cennie noire et dans lesquels des habitants voudraient retourner. En Tunisie, des habitants exigent de pouvoir s'alimenter en eau sans &#234;tre expos&#233;s &#224; des risques (Mont Chaambi).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Celles et ceux qui luttent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations qui luttent sont celles qui sont les plus &#233;loign&#233;es des centres urbains, les oubli&#233;es du d&#233;veloppement. Hommes, femmes et enfants sortent dans les rues pour manifester apr&#232;s avoir tent&#233; en vain d'autres moyens. Les femmes sont souvent le fer de lance ou l'&#233;l&#233;ment moteur (Libye, Mauritanie, Y&#233;men) de ces mobilisations, en majorit&#233; locales. Ces populations parcourent au Maroc distances &#233;normes &#224; pied pour se faire entendre et n'h&#233;sitent pas &#224; se rendre &#224; la premi&#232;re agglom&#233;ration voisine &#224; dos d'&#226;ne, ou accompagn&#233;s de troupeaux assoiff&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants de quartiers pr&#233;caires (chalets, bidonvilles, b&#226;ti tr&#232;s ancien) cumulent plusieurs probl&#232;mes : pas de raccordement &#224; l'eau, ni &#224; l'&#233;lectricit&#233;, absence d'&#233;gouts. Ils sont plus vuln&#233;rables aux d&#233;r&#232;glements climatiques et parfois menac&#233;es d'expulsion (Alg&#233;rie, &#201;gypte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les parents d'&#233;l&#232;ves se mobilisent contre l'absence d'eau potable (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Tunisie), le d&#233;versement des eaux us&#233;es dans les salles de classes, voire les effondrements d'&#233;cole, parfois mortels (Alg&#233;rie) ou la pr&#233;sence d'amiante, et les personnels enseignants des &#233;coles et coll&#232;ges en Alg&#233;rie, pour les m&#234;mes raisons que les parents d'&#233;l&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;l&#232;ves (Maroc, Isra&#235;l, Cisjordanie) les lyc&#233;ens (&#201;gypte) et les &#233;tudiants (Alg&#233;rie, Soudan, Y&#233;men) se mobilisent contre le mauvais &#233;tat ou l'insalubrit&#233; de leurs &#233;coles, lyc&#233;es ou cit&#233;s universitaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ch&#244;meurs r&#233;clament fin de la pollution et emploi dans l'entreprise polluante (Alg&#233;rie, Irak, Jordanie, Tunisie). Parmi les autres cat&#233;gories touch&#233;e par la pollution et luttant selon leurs moyens : les malades du cancer (Irak), les d&#233;tenus (prison du N&#233;guev).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs cat&#233;gories de travailleurs particuli&#232;rement expos&#233;s &#224; la pollution, au danger ou la soif manifestent ou d&#233;braient : les travailleurs forestiers (Alg&#233;rie), les agents de la propret&#233; (Alg&#233;rie), les marins p&#234;cheurs (Alg&#233;rie, &#201;gypte, Liban), les agriculteurs, affect&#233;s par l'&#233;pandage toxique (Soudan) ou le manque d'eau d'irrigation (Soudan, Alg&#233;rie, Jordanie, Cisjordanie), les &#233;leveurs du fait du manque d'eau (Mauritanie), les commer&#231;ants affect&#233;s par les coupures d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, les chiens errants et la pollution (Jordanie), les travailleurs de l'aviation civile (Kowe&#239;t), les ouvriers du b&#226;timent (Qatar), les travailleurs des industries et des carri&#232;res, les personnels des d&#233;charges, des agences de l'eau (Libye).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les modes de protestation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les modes les plus utilis&#233;s sont les manifestations (y compris en mer : cort&#232;ge de barques de p&#234;che au Liban), les sit-in, les blocages de routes avec pierres, les pneus br&#251;l&#233;s, le d&#233;versement d'ordures (Irak), les marches au Maroc, le blocage de voies ferr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Alg&#233;rie, il y fr&#233;quemment recours &#224; la fermeture des Assembl&#233;es Populaires Communales, des si&#232;ges de l'Alg&#233;rienne Des Eaux, de la da&#239;ra. Les populations investissent les locaux des soci&#233;t&#233;s d'eau (&#201;gypte, Tunisie). Il peut y avoir boycott des factures d'eau, et au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; dernier, il y a eu des lancers de viandes putr&#233;fi&#233;es (Alg&#233;rie) ou de peaux de moutons (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des manifestations, le mat&#233;riel des manifestants est sommaire : banderoles ou pancartes, seaux, jerricans ou bouteilles vides ou remplies d'eau sale, port de masques, drapeaux nationaux ou symboliques d'un groupe (amazigh), portraits du roi (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gr&#232;ves sont le fait des &#233;l&#232;ves, parfois sur instigation des parents, des lyc&#233;ens, &#233;tudiants (Libye) et travailleurs. A ces gr&#232;ves ouvri&#232;res s'ajoutent les journ&#233;es ville morte dites &#171; gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#187; (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite viennent les fermetures de d&#233;charges, les blocages de travaux de barrages, ou de vannes de barrages, la coupure de l'eau alimentant entreprises (Tunisie), les blocages de l'acc&#232;s aux champs de p&#233;trole (Irak, Libye, Tunisie), les blocages de l'eau destin&#233;es &#224; des voisins (Alg&#233;rie), ou les sit-in avec tentes (Soudan). Les sit-in ont d&#233;cru ou ont disparu dans la derni&#232;re p&#233;riode, notamment le sit-in avec occupation d'une zone &#224; d&#233;fendre, [peut-&#234;tre] le plus ancien du monde &#224; Imider au Maroc [5]. Restent les exceptions du Soudan [6] contre l'extraction aurif&#232;re, et de la Tunisie, contre une carri&#232;re &#224; Al Houeidiya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouveaux modes de protestation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humour s'est invit&#233; dans les luttes avec des F&#234;tes en Tunisie : l'&#171; Anniversaire des ordures &#187; ou la &#171; F&#234;te du trou &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boycott a vu le jour au Maroc et en Alg&#233;rie, notamment le boycott d'&#233;v&#233;nements festifs en temps de canicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La circulation &#224; bicyclette voudrait s'imposer progressivement parall&#232;lement &#224; la revendication de pistes cyclables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les soutiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soutiens sont en g&#233;n&#233;ral des sections d'organisations de d&#233;fense des droits de l'homme au Maroc ou en Tunisie, des organisations berb&#232;res, ou palestiniennes. Le r&#244;le de l'Union G&#233;n&#233;rale Tunisienne du Travail en Tunisie (UGTT) est ambivalent, allant du don de fonds aux victimes des inondations, au soutien &#224; des personnels enseignants dont le lyc&#233;e a &#233;t&#233; investi par des chiens errants et des sangliers, jusqu'&#224; l'opposition &#224; la d&#233;cision de la municipalit&#233; de Sfax d'interdire le transport de produits chimiques dangereux en ville et bien &#233;videmment le refus de la fermeture de la Soci&#233;t&#233; Industrielle d'Acide Phosphorique et d'Engrais usine (SIAPE) au nom de l'emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de jonction des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes sont locales, souvent simultan&#233;es et se prolongent parfois pendant des ann&#233;es sans s'&#233;tendre, &#224; l'exception du Soudan o&#249; les populations l&#233;s&#233;es par l'usage de cyanure dans l'extraction aurif&#232;re ont men&#233; des sit-in simultan&#233;s contre des entreprises diff&#233;rentes. Les m&#234;mes manifestent &#224; r&#233;p&#233;tition ; toutefois, si des conflits se prolongent, certains se structurent pour prot&#233;ger des ZAD (Ile de Warak en &#201;gypte, bande d'Aokas en Alg&#233;rie) ou contre l'incin&#233;ration de d&#233;chets (Liban), contre les cimenteries (Liban), la pollution des rivi&#232;res et les barrages (Liban), contre les mines de charbon (Jerada Maroc), de phosphate (N&#233;guev), le Groupe Chimique Tunisien (Gabes) ou la SIAPE &#224; Sfax (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des collectifs ad hoc voient le jour et s'y joignent alors des associations et des partis politiques. La coordination Akal [7] a vu le jour essentiellement dans le Sud Marocain, qui cherche &#224; combiner la d&#233;fense de l'identit&#233; amazigh, des terres collectives et des ressources naturelles, tout en int&#233;grant des revendications &#233;cologistes. Au Soudan, la jonction entre la d&#233;fense de l'identit&#233; nubienne et la lutte contre l'extraction aurif&#232;re et contre les barrages au Soudan a &#233;t&#233; faite il y a des ann&#233;es et reste un &#233;l&#233;ment pouvant expliquant la combativit&#233; des populations [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de solidarit&#233; internationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'extension des luttes est absente, la solidarit&#233; internationale l'est aussi, &#224; l'exception des campagnes autour des fleuves ou des barrages, de quelques campagnes frontali&#232;res (Alg&#233;rie Libye, lors des inondations), de la solidarit&#233; avec les morts en mer en M&#233;diterran&#233;e &#224; Zarzis (Tunisie) et des Journ&#233;es internationales des Fridays For Future r&#233;percut&#233;es dans la jeunesse scolaris&#233;e de quelques capitales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lien est imm&#233;diat avec les luttes des groupes opprim&#233;s : Nubiens du Soudan, Amazigh (Maroc) Arabes d'Iran, Palestiniens, et la cause est alors r&#233;percut&#233;e dans les diasporas ou dans des groupes opprim&#233;s de par le monde : les peuples autochtones en solidarit&#233; avec les amazigh en lutte pour l'eau &#224; Imider (Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Luttes de classes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s souvent, les populations d&#233;clinent une s&#233;rie de revendications. Et aux exigences port&#233;e environnementale s'ajoutent d'autres, sociales : centres de sant&#233;, gaz de ville, emploi, bitumage de routes, &#233;clairage public, entretien de cimeti&#232;res, agents de voirie, stades, loisirs, classes, toutes revendications qui sont le fait de populations d&#233;laiss&#233;es par les pouvoirs, locaux ou centraux. La d&#233;nonciation de l'entreprise polluante et l'exigence d'y &#234;tre employ&#233; vont souvent de pair. Et les populations qui se r&#233;voltent pour l'eau ou des r&#233;seaux d'assainissements sont souvent les m&#234;mes que celles qui exigent des emplois. Ces revendications en disent long sur la classe en lutte pour l'environnement : petits paysans, ch&#244;meurs, employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la revendication environnementale est dans cette r&#233;gion du monde une revendication sociale et est port&#233;e essentiellement par les plus d&#233;munis, elle ne rencontre pas le soutien qu'elle m&#233;riterait des syndicats ou des partis cens&#233;s porter le combat des classes sociales d&#233;favoris&#233;es. Elles et ils sont souvent tr&#232;s seul.e.s dans ce combat, per&#231;u comme un combat les opposant &#224; ceux ou celles ayant un emploi (polluant) qu'il convient de d&#233;fendre &#224; n'importe quel prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'immense majorit&#233; de ces luttes sont mues par une logique d'aspiration au d&#233;veloppement et d'acc&#232;s aux services, d'autres par des pr&#233;occupations d'ordre sanitaire, et enfin, d'autres par des pr&#233;occupations environnementales et/ou &#233;cologique. Ces derni&#232;res sont rarement assum&#233;es comme telles mais une lutte r&#233;cente en Tunisie pourrait ouvrir une nouvelle perspective : les sit inneurs de Houeidiya (pour l'essentiel des femmes et des hommes de la petite paysannerie), contre la pollution de leur unique source d'eau potable par une carri&#232;re de pierres, n'ont pas ajout&#233; &#224; la revendication de la fermeture d&#233;finitive de la carri&#232;re d'autre revendication sociale. Il s'agit d'une lutte pour la vie, et non pour &#171; d&#233;veloppement &#187;, une lutte qui ne peut se n&#233;gocier, puisqu'il s'agit du droit &#224; l'existence [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;ponses des pouvoirs en place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les luttes sont locales, les interlocuteurs vis&#233;s le sont aussi, &#224; l'exception du Maroc et de la Mauritanie, o&#249; le Roi et le Pr&#233;sident sont souvent respectivement interpell&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses des autorit&#233;s vont de l'indiff&#233;rence aux promesses sans lendemain. Ici et l&#224;, une &#233;cole amiant&#233;e (Alg&#233;rie) ou une usine polluante est ferm&#233;e (Liban, Tunisie) au terme d'une longue mobilisation. Mais g&#233;n&#233;ralement la r&#233;pression est imm&#233;diate : des journalistes menac&#233;s pour avoir couvert des questions environnementales (Irak) ou arr&#234;t&#233;s : Soudan. Idem pour des artistes (&#201;gypte). Plus g&#233;n&#233;ralement il y a interpellation et poursuites judiciaires (&#201;gypte, Khouzestan d'Iran, Maroc, Soudan, Tunisie), tirs &#224; balles r&#233;elles et bless&#233;s (Alg&#233;rie) ou tu&#233;s (Irak, par centaines). La r&#233;pression peut &#234;tre le fait de milices priv&#233;es des entreprises (Soudan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des personnes sont interpell&#233;es par la police de l'environnement (Kowe&#239;t) et poursuivies (Maroc), une nouvelle police qui use de son pouvoir pour r&#233;gler des comptes envers les plus vuln&#233;rables (vendeurs ambulants, militants).&lt;br class='autobr' /&gt;
Si cette r&#233;pression a pu entra&#238;ner l'hilarit&#233; dans le cas de la chanteuse Shirine en &#201;gypte, elle entra&#238;ne plus g&#233;n&#233;ralement des luttes pour la lib&#233;ration des personnes emprisonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Volontariat, autogestion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le volontariat a connu une recrudescence en 2019 : il concerne surtout des actions de collecte de d&#233;chets dans les quartiers, mais aussi dans les forets, de reboisement, la restauration de fontaine et l'entretien de sources, l'entretien d'&#233;coles, la construction de passerelles sur les rivi&#232;res ou le bitumage de route et il est majoritairement le fait des populations alg&#233;riennes dans le sillage du hirak. Ailleurs, on note :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; une campagne de nettoyage des h&#244;pitaux &#224; Gaza, en coordination avec le personnel en gr&#232;ve, en Tunisie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; du volontariat dans les camps de Jordanie suite au retrait de l'UNRWA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; travailleurs du nettoyage travaillant volontairement (Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nettoyage de rues (Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; nettoyage d'oued (Maroc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; ecojogging (Mauritanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Salu&#233; en Alg&#233;rie par les autorit&#233;s incapables de r&#233;soudre leurs probl&#232;mes, le volontariat reste toutefois &#224; appr&#233;cier en corr&#233;lation avec la mont&#233;e du mouvement r&#233;volutionnaire. Cette prise en charge par les populations elles-m&#234;mes est &#233;videmment encourag&#233;e, salu&#233;e, voire quelquefois aid&#233;es par des autorit&#233;s locales, mais elle peut &#234;tre r&#233;prim&#233;e, comme au Khouzestan d'Iran, par un pouvoir qui ne tol&#232;re d'autres initiatives que les siennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'autogestion, &#224; part des exemples isol&#233;s comme un lancement de coop&#233;rative par des femmes (Mauritanie), elle est le fait des comit&#233;s de r&#233;sistance au Soudan parall&#232;lement &#224; la mont&#233;e du mouvement r&#233;volutionnaire, des communes auto administr&#233;es en Syrie dans tous les aspects de la vie quotidienne, souvent avec des financements internationaux, associatifs ou autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines probl&#233;matiques ont atteint un tel stade qu'elles ont entra&#238;n&#233; l'&#233;mergence de structures locales ou nationales, telles les tunisiennes : &#171; Vous nous assoiffez &#187;, &#171; Jendouba veut le d&#233;veloppement &#187;, en plus des structures d&#233;j&#224; existantes telles l'Observatoire Tunisien de l'Eau, Nomad 08 ou le Forum Tunisien pour les Droits Economiques et Sociaux (FTDES).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution et &#233;cologie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant les soul&#232;vements de 2019, Le hirak du Rif au Maroc avait r&#233;v&#233;l&#233; l'int&#233;gration de la dimension &#233;cologique dans un mouvement insurrectionnel en en int&#233;grant dans sa plateforme revendicative la question de la d&#233;fense d'un mode d'exploitation non industriel de la p&#234;che ou de la petite agriculture vivri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des soul&#232;vements de 2019, des exigences environnementales font partie des revendications des r&#233;volutionnaires et sont clairement exprim&#233;es. Au niveau symbolique, il y a eu dans les quatre pays (Soudan, Alg&#233;rie, Irak, Liban) une prise en charge par les manifestants de la question de la soif et des d&#233;chets (distribution d'eau, nettoyage des rues apr&#232;s les manifestations, arrosage des manifestants). Mais est-ce seulement symbolique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jonction avec les luttes populaires a commenc&#233; en Alg&#233;rie :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par des slogans explicites &#171; Nous ne voulons pas d'ordures, ni dans la rue ni au pouvoir &#187; [10],&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; par la reprise de campagnes men&#233;es par les populations : contre le gaz de schiste, la loi sur les hydrocarbures, la d&#233;fense du Mont Chenoua menac&#233; par les carri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le point de d&#233;part n'est pas n&#233;cessairement environnemental, mais anti corruption tel &#224; Skikda, le slogan des manifestants : &#171; wilaya corrompue, vous l'avez vendue &#187; due &#224; l'absence des &#233;lus lors des inondations, ou &#224; Tiaret : &#171; ouvrir les dossiers de la corruption &#224; Tiaret, ceux de la concession du foncier &#187; ou des manifestants r&#233;clamant leur part du d&#233;veloppement &#224; proximit&#233; des champs gaziers de Hassi Rmel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;ciproquement, bien des manifestants ont repris au niveau local, pour des revendications locales telles que l'eau, les slogans centraux transpos&#233;s &#224; leur &#233;chelon : &#171; klitou el baladia, asabat serraqine &#187; (Vous avez vol&#233; la municipalit&#233;, bande de voleurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, o&#249; la question des d&#233;chets avait d&#233;bouch&#233; sur une crise politique en 2015, et o&#249; la question reste l'&#233;quation de toute alternative, le hirak a fait siennes des causes locales et manifeste contre les centrales &#233;lectriques au Liban, contre le barrage de Bisri.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Soudan, les r&#233;volutionnaires ont repris les causes des manifestants anti cyanides, l'approvisionnement en eau des populations, le sauvetage des animaux du zoo de Khartoum. La situation de double pouvoir qui pr&#233;vaut depuis des mois a contribu&#233; &#224; l'auto organisation dans la dur&#233;e et les r&#233;volutionnaires prennent en charge via leurs comit&#233; locaux, des campagnes d'information et de nettoyage des quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Irak, le mouvement r&#233;volutionnaire est d'embl&#233;e &#233;co social, motiv&#233; entre autres par l'exigence de l'eau potable et de l'&#233;lectricit&#233; et il est assum&#233; comme tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'heure o&#249; nous &#233;crivons ces lignes, la pand&#233;mie de covid-19 a donn&#233; un coup d'arr&#234;t &#224; ces mouvements, pour le plus grand bonheur des pouvoirs qui tenteront d'expliquer tous les probl&#232;mes socio-&#233;conomique par le &#171; virus &#187;. Mais la satisfaction de ces derniers pourrait ne pas durer, la crise sanitaire risquant de r&#233;v&#233;ler davantage les carences des syst&#232;mes, notamment la p&#233;nurie d'eau et d'&#233;lectricit&#233;, et les disparit&#233;s sociales. Si la menace de la pand&#233;mie venait &#224; s'att&#233;nuer, et avec elle les raisons biologiques qui dissuadent aujourd'hui les gens de se rassembler, les m&#233;thodes traditionnelles de r&#233;pression ne pourraient alors plus emp&#234;cher les luttes de se propager et les soul&#232;vements r&#233;volutionnaires de s'accentuer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisse ce rapide survol de la r&#233;gion avoir contribu&#233; &#224; mettre en valeur les populations qui ont lutt&#233; pour leur survie et celle de leurs soci&#233;t&#233;s et &#224; clarifier les enjeux &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cet article doit beaucoup &#224; la relecture et aux suggestions de Lotfi Chawqui, Daniel Tanuro et Nadir Djermoune, qu'ils en soient ici remerci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cet article se base sur les donn&#233;es contenues dans le document source ESSF (article 52407), Relev&#233; non exhaustif de luttes &#224; port&#233;e environnementale au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (2018-2019) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article52407&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article52407&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'existence de partenariat public-priv&#233; dans la gestion de l'eau et de l'&#233;lectricit&#233; se traduit g&#233;n&#233;ralement par une hausse des tarifs (Maroc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] La soci&#233;t&#233; Amendis a &#233;t&#233; la cible des protestataires au niveau de la pollution d&#233;gag&#233;e par ses activit&#233;s au Maroc, elle l'a aussi &#233;t&#233; en raison des tarifs de l'&#233;lectricit&#233; qu'elle applique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Il existe une intense vie associative &#224; vis&#233;e &#233;cologique en d&#233;fense d'&#238;lots de biodiversit&#233; et d'esp&#232;ces en danger. Le pr&#233;sent article, bas&#233; essentiellement sur les luttes men&#233;es &#224; la base par les populations, l'a d&#233;lib&#233;r&#233;ment ignor&#233;e, non par d&#233;sint&#233;r&#234;t ou sous estimation, mais parce qu'il s'agit d'une autre dynamique, pour l'heure &#233;trang&#232;re &#224; celle qui fonde les combats des populations d&#233;munies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] ESSF (article 47520), Maroc, l'histoire d'une lutte : &#171; Le mouvement contre la mine d'Imider dure depuis plus de 40 ans &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47520&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article47520&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] ESSF (article 50709), Soudan, un mois de sit-in contre l'utilisation du cyanure :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article50709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article50709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/CoordinationAkalMaroc/?hc_ref=ARS6X6FIxGESZh5GnG9o22xI7GvJh6uF6eJs1QeHFgHe86O2rXnmzBRJjKRqwgOUr1o&amp;fref=nf&amp;__tn__=kC-R&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.facebook.com/CoordinationAkalMaroc/?hc_ref=ARS6X6FIxGESZh5GnG9o22xI7GvJh6uF6eJs1QeHFgHe86O2rXnmzBRJjKRqwgOUr1o&amp;fref=nf&amp;__tn__=kC-R&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] ESSF (article 41992), Soudan, ru&#233;e contre l'or ! Mobilisations populaires contre les usines utilisant le mercure ou le cyanure :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] &lt;a href=&#034;https://fr-fr.facebook.com/1322028774590822/videos/1550127188469748/UzpfSTM5NTA2NTcwNzIzNjc0NzoyNzUzMDY3NDk4MTAzMjEx/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://fr-fr.facebook.com/1322028774590822/videos/1550127188469748/UzpfSTM5NTA2NTcwNzIzNjc0NzoyNzUzMDY3NDk4MTAzMjEx/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/En-Algerie-la-lutte-populaire-est-aussi-une-lutte-environnementale&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://reporterre.net/En-Algerie-la-lutte-populaire-est-aussi-une-lutte-environnementale&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Disponible sur ESSF (article 48445), En Alg&#233;rie, la lutte populaire est une lutte environnementale (de m&#234;me que sociale) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article48445&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article48445&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Soudan, un mois de sit-in contre l'utilisation du cyanure</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Soudan-un-mois-de-sit-in-contre-l-utilisation-du-cyanure</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Soudan-un-mois-de-sit-in-contre-l-utilisation-du-cyanure</guid>
		<dc:date>2019-10-28T20:24:28Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Soudan</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-10-29</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les habitants de Talodi (&#201;tat du Sud Kordofan) commencent leur deuxi&#232;me mois de sit-in pour exiger la fermeture des entreprises aurif&#232;res utilisant du cyanure. Il ne s'agit pas de leur premi&#232;re action, mais de la reprise d'un long combat pour l'environnement (1), men&#233; depuis des ann&#233;es par les populations soudanaises. Dans la foul&#233;e, d'autres initiatives, sit-in, manifestations, ont vu le jour simultan&#233;ment dans d'autres zones d'extraction aurif&#232;re. Dans le contexte ouvert par le processus (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Soudan-+" rel="tag"&gt;Soudan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-10-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-10-29&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH67/arton40871-275e2.jpg?1781042224' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='67' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les habitants de Talodi (&#201;tat du Sud Kordofan) commencent leur deuxi&#232;me mois de sit-in pour exiger la fermeture des entreprises aurif&#232;res utilisant du cyanure. Il ne s'agit pas de leur premi&#232;re action, mais de la reprise d'un long combat pour l'environnement (1), men&#233; depuis des ann&#233;es par les populations soudanaises. Dans la foul&#233;e, d'autres initiatives, sit-in, manifestations, ont vu le jour simultan&#233;ment dans d'autres zones d'extraction aurif&#232;re. Dans le contexte ouvert par le processus r&#233;volutionnaire soudanais, ce combat a pris la forme d'un affrontement direct avec l'&#201;tat central.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;tir&#233; de : Entre les lignes et les mots Objet : 2019 - 43 - 26 octobre Notes de lecture, textes, vid&#233;o, annonce et p&#233;tition&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 25 octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but septembre, des habitants de Talodi (&#201;tat du Sud Kordofan) manifestent, font un sit-in et donnent un d&#233;lai de trois jours pour fermer les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res (Al Sunut, Abarsi, Lanos, Aldowalia et Al Gunaid). Le lendemain, ils manifestent et ferment les administrations publiques pour protester contre l'usage du cyanure par les entreprises aurif&#232;res. Puis ils manifestent &#224; Talodi car le d&#233;lai est d&#233;pass&#233;. Le 9, ils commencent un sit-in illimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'&#233;tend dans l'&#201;tat du Sud Kordofan&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants de Talodi ne sont pas seuls au Sud Kordofan o&#249; des sit-in similaires sont organis&#233;s : le 3 septembre, des habitants de Kalogi commencent un sit-in illimit&#233; contre une entreprise d'extraction d'or utilisant des substances dangereuses pour l'environnement. Puis, les sit-inners de Kalogi remettent un m&#233;morandum aux forces arm&#233;es, exigeant le d&#233;part du gouverneur du Sud Kordofan et la dissolution de la commission s&#233;curitaire locale. Le 10, le sit-in se transforme en mouvement d'insoumission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 3 septembre &#233;galement, des habitants de Kadeer commencent un sit-in illimit&#233; pour protester contre l'usage du cyanure dans l'extraction de l'or. Au neuvi&#232;me jour, le sit-in se transforme en mouvement de d&#233;sob&#233;issance civile (fermeture des administrations, des march&#233;s) pour protester contre l'utilisation de produits toxiques dans l'extraction de l'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des modes d'action diversifi&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des habitants de Liri se joignent au sit-in de Talodi. Ceux de Talodi soumettent leurs demandes au gouverneur du Sud Kordofan, le g&#233;n&#233;ral Rashad Abdelhameed. Le 11, ce dernier donne l'ordre d'arr&#234;ter toute les activit&#233;s d'extraction de l'or dans l'&#201;tat. Les activit&#233;s se poursuivent, les sit-in aussi. Les &#233;coles &#233;taient ferm&#233;es le 15 septembre en solidarit&#233; avec la d&#233;sob&#233;issance civile. Le 17, des militants de Talodi, Kalogi et Liri manifestent devant le conseil des ministres &#224; Khartoum pour exiger l'arr&#234;t des entreprises. Les habitants manifestent &#224; Talodi, Kadeer et Kalogi pour exiger le d&#233;part du gouverneur qui n'a pas fait respecter sa d&#233;cision.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 22, des habitants de Talodi manifestent avec le soutien de l'Union des enseignants contre une d&#233;l&#233;gation venue de la capitale et exigent le d&#233;part du gouverneur. Les &#233;coles resteront ferm&#233;es. Une d&#233;l&#233;gation de Kadeer et Kalogi est re&#231;ue par un membre du Conseil souverain qui appelle &#224; la suspension de l'extraction de l'or. Le 28, des habitants bloquent la route lors de la venue du nouveau chef de la garde militaire &#224; Talodi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses du pouvoir&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une commission mixte mise en place par les autorit&#233;s d'El Tadamoun, suite aux plaintes d'habitants, a r&#233;v&#233;l&#233; la pr&#233;sence de substances toxiques enterr&#233;es dans le sol de la zone d'El Jaghrour, et les autorit&#233;s ont interpell&#233; des responsables de l'International Mining Group et saisi du mat&#233;riel pour mener une enqu&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat des populations de Talodi, initialement men&#233; contre l'utilisation du cyanure, s'est heurt&#233; &#224; la r&#233;pression : la soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;communications Zain a bloqu&#233; les services Internet sur les mobiles. Un processus de m&#233;diation est lanc&#233; mais les RSF (2) s'y opposent. D&#232;s le 8 septembre, une d&#233;l&#233;gation form&#233;e par le gouverneur du Sud Kordofan s'&#233;tait rendue &#224; Talodi pour une enqu&#234;te, accompagn&#233;e par des jeunes de la localit&#233;. Elle a inspect&#233; la compagnie Abarsi, mais avait &#233;t&#233; stopp&#233;e par les RSF &#224; la compagnie Al Gunaid, qui avaient laisser entrer le gouverneur, mais pas les jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affrontement direct avec les services de s&#233;curit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ticence des autorit&#233;s &#224; ex&#233;cuter l'ordre du gouverneur de mettre fin aux activit&#233;s d'extraction de l'or dans l'&#201;tat a &#233;t&#233; &#224; l'origine des affrontements directs entre la population et les services de s&#233;curit&#233;. Le 3 octobre, des centaines d'habitants de Talodi sont descendus dans la rue pour protester contre la poursuite des activit&#233;s de plusieurs soci&#233;t&#233;s mini&#232;res dans les mines de Meridein, El Tagola et El Laffa. Les manifestants ont march&#233; du centre ville &#224; la soci&#233;t&#233; Al Gunaid. Ils se sont ensuite rendus aux bureaux des soci&#233;t&#233;s El Ein El Zarga et El Sunut, o&#249; ils se sont affront&#233;s aux forces de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants ont incendi&#233; les locaux de la compagnie Al Gunaid, dont le chef adjoint du Conseil souverain du Soudan, Mohamed Hamdan &#171; Hemeti &#187;, commandant de RSF, d&#233;tient des participations, ainsi que les bureaux de la soci&#233;t&#233; Abersi. Ils ont &#233;galement incendi&#233; la soci&#233;t&#233; El Sunut appartenant &#224; la Security Operations Corporation cr&#233;&#233;e par des membres du NISS (3) pendant le r&#233;gime du pr&#233;sident Al Bashir, ainsi que l'usine El Ein El Zarga, &#233;galement propri&#233;t&#233; d'anciens officiers du NISS. Ils ont attaqu&#233; une base des RSF. Un milicien aurait &#233;t&#233; tu&#233; et d'autres bless&#233;s, selon un bilan provisoire. Des manifestants ont &#233;galement &#233;t&#233; bless&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une unit&#233; des RSF a attaqu&#233; le 7 octobre des personnes vivant &#224; proximit&#233; de mines d'or dans la localit&#233; de Talodi. Des membres de la milice des RSF sont arriv&#233;s de Kadugli (4) dans 27 v&#233;hicules et ont attaqu&#233; les habitants vivant &#224; proximit&#233; des mines d'El Tagola et d'El Laffa. Ils les auraient battus avec des fouets et ont arr&#234;t&#233; six hommes, qu'ils ont emmen&#233;s au poste des RSF &#224; El Tagola.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marche de protestation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les habitants de Talodi, dont le sit-in se poursuit, ont organis&#233; le m&#234;me jour une marche massive d&#233;non&#231;ant les d&#233;clarations du responsable militaire au sujet des violences dans la localit&#233; la semaine derni&#232;re. La marche a &#233;t&#233; lanc&#233;e depuis le sit-in dans la ville et s'est dirig&#233;e vers la garnison militaire de Talodi. La marche &#233;tait paisible. Personne n'a port&#233; d'armes, mais les manifestants ont &#233;t&#233; menac&#233;s par des coups de feu tir&#233;s par des membres de l'appareil de s&#233;curit&#233;. Un certain nombre de personnes ont &#233;t&#233; bless&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une visite pour rien&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le g&#233;n&#233;ral Shamseldin Kabashi, membre du Conseil souverain en visite &#224; Kadugli, a soulign&#233; la n&#233;cessit&#233; de restaurer le &#171; prestige de la nation &#187;, de prot&#233;ger le peuple et de mettre un terme &#224; tout nouvel empi&#233;tement sur les institutions de l'&#201;tat. Il a appel&#233; &#224; une r&#233;union avec des membres du comit&#233; de la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat du Sud Kordofan, dirig&#233; par le gouverneur. Et il a promis de satisfaire les besoins de base de l'&#201;tat en produits, en s'engageant &#224; augmenter son quota de farine. En ce qui concerne le cyanure, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La solidarit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Association des Professionnels Soudanais (APS) de Talodi a condamn&#233; &#171; la r&#233;pression, l'intimidation et la d&#233;tention de citoyens &#224; proximit&#233; des mines d'El Tagola et d'El Laffa men&#233;es par la milice des RSF &#187;. L'APS tient les autorit&#233;s &#171; pleinement responsables &#187; de la violence et a appel&#233; l'arm&#233;e soudanaise &#171; &#224; intervenir pour prot&#233;ger la population et &#224; lib&#233;rer imm&#233;diatement les d&#233;tenus &#187;. De son c&#244;t&#233;, le Parti communiste soudanais a exprim&#233; sa solidarit&#233; avec les habitants de Talodi par communiqu&#233;. Le bureau politique du parti a offert son &#171; soutien total &#224; la poursuite des sit-in pacifiques et des marches de protestation jusqu'au d&#233;part des soci&#233;t&#233;s mini&#232;res qui utilisent des substances toxiques nocives pour l'environnement dans la r&#233;gion et dans le reste du Soudan &#187; et ajout&#233; que les &#171; criminels qui ont ouvert le feu sur des manifestants pacifiques &#187; doivent &#234;tre tenus pour responsables &#187;. Il r&#233;it&#232;re son &#171; rejet de l'utilisation de cyanure et d'autres produits chimiques dans les monts Nouba, dans le Sud Kordofan, dans l'&#201;tat du Nord et dans d'autres r&#233;gions mini&#232;res aurif&#232;res du pays &#187;. Ces substances sont &#171; nocives pour l'homme et les animaux. Elles provoquent la pollution des sources d'eau, des fausses couches, des malformations f&#339;tales, des insuffisances r&#233;nales et le cancer, tuant le b&#233;tail et endommageant les arbres et les plantes &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'&#233;tend aux autres &#201;tats&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le 17 septembre, des habitants de Simit, Simit Est et Kabdi (Al Mahas, &#201;tat du Nord) font une marche pour protester contre l'implantation d'une entreprise d'extraction d'or utilisant le cyanure et le mercure, la Hamid Mining Company, entre El Saree et Simit Est, &#224; proximit&#233; de leurs habitations. Le 22, des habitants de Sawarda manifestent &#224; Wadi Halfa contre une compagnie internationale utilisant du cyanure et exigent son d&#233;part. Ils &#233;rigent une tente devant l'usine. Le 23, des habitants de Dagla, El Mahas et Wadi Halfa (&#201;tat du Nord) commencent un sit-in &#224; Sawarda&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mobilisations sont parvenues en un mois &#224; politiser la question du cyanure et &#224; la remettre au c&#339;ur des mobilisations en cours au Soudan. Le fait que des responsables de services de s&#233;curit&#233;,- notamment un d'eux, &#171; Hemedti &#187;, propuls&#233; par le processus r&#233;volutionnaire &#224; la t&#234;te de l'&#201;tat soudanais apr&#232;s la destitution d'Omar El B&#233;chir -, soient des propri&#233;taires de soci&#233;t&#233;s d'extraction aurif&#232;re (5), fait de cette lutte pour l'environnement un enjeu politique central, et place les forces qui ont men&#233; ce processus devant de nouvelles responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane, 8 octobre 2019&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article50709&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article50709&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Se reporter &#224; &#171; Soudan, ru&#233;e contre l'or &#187;, ESSF (article 41992), Soudan, ru&#233;e contre l'or ! Mobilisations populaires contre les usines utilisant le mercure ou le cyanure : &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Rapid Support Force, milice pr&#233;torienne de l'ancien dictateur, actuellement dirig&#233;e par Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) National Intelligence and Security Service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) La capitale de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Se reporter &#224; : &lt;a href=&#034;http://sudanreeves.org/2019/08/01/general-mohamed-hamdan-dagalo-hemeti-one-of-the-most-powerful-men-in-sudan-and-one-of-the-richest/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://sudanreeves.org/2019/08/01/general-mohamed-hamdan-dagalo-hemeti-one-of-the-most-powerful-men-in-sudan-and-one-of-the-richest/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En Alg&#233;rie, la lutte populaire est une lutte environnementale (de m&#234;me que sociale)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-Algerie-la-lutte-populaire-est-une-lutte-environnementale-de-meme-que</link>
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		<dc:date>2019-04-16T07:15:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Alg&#233;rie</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-04-16</dc:subject>
		<dc:subject>Alg&#233;rie et Soudan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s sept semaines de mobilisation massive et non violente de la population alg&#233;rienne, le pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika a d&#233;missionn&#233; le 2 avril. L'&#233;lection pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; fix&#233;e au 4 juillet. L'autrice de cette tribune explique que cette r&#233;volte prend racine dans de multiples luttes locales &#224; port&#233;e &#233;cologique et sociale. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Reporterre. &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise r&#233;volutionnaire qui &#233;branle le r&#233;gime alg&#233;rien n'a rien d'une temp&#234;te dans un ciel serein. Elle survient dans un pays o&#249; les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton38764-e9094.jpg?1781042225' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s sept semaines de mobilisation massive et non violente de la population alg&#233;rienne, le pr&#233;sident Abdelaziz Bouteflika a d&#233;missionn&#233; le 2 avril. L'&#233;lection pr&#233;sidentielle a &#233;t&#233; fix&#233;e au 4 juillet. L'autrice de cette tribune explique que cette r&#233;volte prend racine dans de multiples luttes locales &#224; port&#233;e &#233;cologique et sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/En-Algerie-la-lutte-populaire-est-aussi-une-lutte-environnementale&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Reporterre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise r&#233;volutionnaire qui &#233;branle le r&#233;gime alg&#233;rien n'a rien d'une temp&#234;te dans un ciel serein. Elle survient dans un pays o&#249; les luttes ont &#233;t&#233; quotidiennes l'ann&#233;e pass&#233;e et les pr&#233;c&#233;dentes contre la hogra, c'est-&#224;-dire pour la dignit&#233;. Sous ce terme, on retrouvera quantit&#233; de luttes &#224; port&#233;e environnementale, ou &#233;cologique, dans lesquelles les citoyens entendent au niveau local am&#233;liorer leur quotidien. La principale revendication des populations concerne l'eau potable ou l'eau d'irrigation, absente, coup&#233;e, pollu&#233;e ou trop ch&#232;re. Vient ensuite celle de l'assainissement manquant, de la collecte des ordures, de la d&#233;nonciation de la pollution des rivi&#232;res et des fontaines, et de la pollution par l'amiante de b&#226;timents, dont des &#233;coles. Elles se mobilisent contre les entreprises polluantes (engrais, bitume, huilerie, cimenterie, aluminium, centrale &#233;lectrique), des projets de barrages, des relais de t&#233;l&#233;phonie mobile ou encore contre les centres d'enfouissement de d&#233;chets (CET), qui polluent &#224; leur tour terres et rivi&#232;res. Ces luttes sont men&#233;es par les habitants, notamment par les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes employ&#233;es, quand ont &#233;chou&#233;, presque toujours, les tentatives classiques de lettres ou p&#233;titions, sont les manifestations de rue devant les administrations concern&#233;es (Alg&#233;rienne des eaux) ou les assembl&#233;es populaires communales ou les si&#232;ges de da&#239;ra [1], mais aussi la fermeture de ces derniers, avec parfois la fermeture de march&#233;s hebdomadaires, de d&#233;charges, de vannes de barrages ou d'&#233;coles dangereuses. Et, surtout, le blocage des routes et chemins, avec force barricades et pneus br&#251;l&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces luttes &#224; port&#233;e environnementale sont des luttes sociales&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les effets du d&#233;r&#232;glement climatique ont leur traduction en mati&#232;re de revendications nouvelles, les habitants dont les logements ont &#233;t&#233; d&#233;truits ou endommag&#233;s par des s&#233;ismes, incendies ou inondations entra&#238;nant souvent la remont&#233;e des &#233;gouts, exigent des autorit&#233;s r&#233;fection et d&#233;dommagements en mati&#232;re de relogement imm&#233;diat. Quant aux p&#233;riodes de fortes chaleurs, elles entra&#238;nent de nouvelles formes de mobilisations, et de nouvelles revendications, comme la fourniture et la gratuit&#233; de l'&#233;lectricit&#233; dans des zones o&#249; la climatisation est g&#233;n&#233;ralis&#233;e, ainsi que de repenser la journ&#233;e de travail, le boycott de loisirs jug&#233;s d&#233;plac&#233;s au regard des urgences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes sont locales, atomis&#233;es, et d&#233;passent rarement le cadre de la commune ou de la da&#239;ra, il faut remonter &#224; la victoire de la population de In Salah contre le gaz de schiste en 2015 pour qu'une lutte ait acquis une dimension nationale. Hormis les habitants, ce sont aussi les parents d'&#233;l&#232;ves et les &#233;l&#232;ves qui font la gr&#232;ve pour cause d'absence d'eau, d'hygi&#232;ne, de pr&#233;sence d'amiante, quand ils ne ferment pas les &#233;coles, les professeurs (d&#233;chetterie devant une &#233;cole, absence d'eau ou de toilettes), les &#233;tudiants (pour exiger une passerelle &#224; la suite de la mort d'un &#233;tudiant), les agriculteurs, les travailleurs, notamment ceux du ramassage des ordures, des cimenteries, de l'aluminium, de carri&#232;res, ou de la voirie, pour exiger des protections contre la dangerosit&#233; de leur profession, ou encore les gardes forestiers. Les formes de luttes vont de la manifestation &#224; la gr&#232;ve voire &#224; la fermeture pure et simple du site. Enfin, dans les cas de r&#233;pression, surtout lors de fermeture de site, les gens se mobilisent pour la lib&#233;ration des personnes arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes &#224; port&#233;e environnementale sont des luttes sociales. Les revendications d'eau ou de r&#233;seau d'assainissement sont souvent coupl&#233;es avec d'autres (&#233;cole, route, unit&#233; de soins, transport scolaire, &#233;clairage) et sont le fait de populations de r&#233;gions p&#233;riph&#233;riques laiss&#233;es pour compte ou de quartiers &#224; l'abandon. La lutte contre la pollution d'une entreprise peut &#234;tre accompagn&#233;e par la revendication de l'embauche dans cette m&#234;me entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les victoires sont rares et partielles : annonce, le 3 d&#233;cembre 2018, de la fermeture d'une &#233;cole amiant&#233;e &#224; Souahlia (wilaya [2] de Tlemcen), fermeture d'une d&#233;charge &#224; Aokas (wilaya de Beja&#239;a), annonc&#233;e par la presse le 28 octobre 2018&#8230; La fermeture de l'entreprise sino-alg&#233;rienne Dauphin d'or &#224; Bechloul (wilaya de Bouira), le 23 septembre 2018, est le fruit de la lutte parall&#232;le des travailleurs et des populations, mais voit maintenant le combat des travailleurs mis au ch&#244;mage depuis des mois pour la r&#233;ouverture de leur usine, qu'ils jugent avoir &#233;t&#233; remise aux normes exig&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce volontariat s'est multipli&#233; ces derniers jours et s'est &#233;tendu &#224; d'autres r&#233;gions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les associations environnementales ad hoc sont plut&#244;t pr&#233;sentes dans les villes et m&#232;nent un combat sans rel&#226;che pour les Zad d'Alg&#233;rie que sont les for&#234;ts (menac&#233;es par la &#171; disneylandisation &#187; ou &#171; for&#234;t r&#233;cr&#233;ative &#187;), les c&#244;tes, les parcs, les lacs, les jardins publics, les projets fonciers qui menacent les esp&#232;ces v&#233;g&#233;tales et animales. Et, dans ce cas, il y a parfois le soutien de partis politiques, comme c'est le cas de la lutte pour la bande bois&#233;e d'Aokas (wilaya de Beja&#239;a), dont la d&#233;fense entra&#238;ne un bras de fer depuis des ann&#233;es entre les associations, le wali [celui qui dirige la wilaya] et les promoteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi l'essentiel des luttes se fait sur le mode revendicatif, exigeant de l'&#201;tat qu'il prenne en charge la r&#233;solution des probl&#232;mes. Toutefois, dans certaines r&#233;gions, et notoirement en Kabylie, l'autoorganisation, souvent sous-tendue par un fort r&#233;seau associatif culturel, identitaire, voire autonomiste, prend en charge depuis longtemps des initiatives palliant l'incurie du pouvoir central en mati&#232;re de r&#233;fections de fontaines, de chemins, de digues ou de ponts endommag&#233;s ou l'organisation du ramassage des ordures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce volontariat, &#233;videmment lou&#233; et encourag&#233; par les autorit&#233;s, s'est multipli&#233; ces derniers jours et s'est &#233;tendu &#224; d'autres r&#233;gions, l'insurrection du peuple alg&#233;rien ayant entra&#238;n&#233; dans sa foul&#233;e une multitude d'actions civiques, notamment de nettoyage, dans les campus, les quartiers ou dans les rues apr&#232;s les manifestations, car, comme le disait un manifestant : &#171; Nous entendons d&#233;montrer que nous nous prenons en charge et que nous ne voulons d'ordures ni dans la rue ni au pouvoir &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] L'&#233;chelon administratif alg&#233;rien au-dessus de la commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] L'Alg&#233;rie est divis&#233;e en quarante-huit collectivit&#233;s publiques territoriales appel&#233;es wilayas (auparavant d&#233;partements jusqu'en 1968), elles-m&#234;mes subdivis&#233;es en da&#239;ras.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Une formulation qui n'est pas sans rappeler &#171; Vous puez ! &#187;, le slogan du mouvement libanais du m&#234;me nom, en 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La r&#233;volution du Jerrican &#8211; Les luttes populaires &#224; caract&#232;re environnemental dans la r&#233;gion arabe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-revolution-du-Jerrican-Les-luttes-populaires-a-caractere-environnemental</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-revolution-du-Jerrican-Les-luttes-populaires-a-caractere-environnemental</guid>
		<dc:date>2018-04-24T08:13:03Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>La r&#233;volution arabe en marche</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-04-24</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ces trois derni&#232;res ann&#233;es ont vu les populations et groupes opprim&#233;s de la r&#233;gion arabe mener des luttes environnementales au quotidien [1]. De 2015 &#224; 2017, ces luttes se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es, intensifi&#233;es et radicalis&#233;es, d&#233;bouchant sur de rares victoires et s'affrontant &#224; la surdit&#233; ou la r&#233;pression des pouvoirs. Il n'en reste pas moins qu'elles constituent une exp&#233;rience in&#233;dite dans la r&#233;gion et pourraient bien &#234;tre un moteur du processus r&#233;volutionnaire en cours. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-revolution-arabe-en-marche-+" rel="tag"&gt;La r&#233;volution arabe en marche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-04-24-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-04-24&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH99/arton34529-f12f0.jpg?1781042225' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='99' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ces trois derni&#232;res ann&#233;es ont vu les populations et groupes opprim&#233;s de la r&#233;gion arabe mener des luttes environnementales au quotidien [1]. De 2015 &#224; 2017, ces luttes se sont g&#233;n&#233;ralis&#233;es, intensifi&#233;es et radicalis&#233;es, d&#233;bouchant sur de rares victoires et s'affrontant &#224; la surdit&#233; ou la r&#233;pression des pouvoirs. Il n'en reste pas moins qu'elles constituent une exp&#233;rience in&#233;dite dans la r&#233;gion et pourraient bien &#234;tre un moteur du processus r&#233;volutionnaire en cours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article44144&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;re&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'article qui suit ne traite que des mobilisations &#224; l'initiative des populations et n'aborde pas les activit&#233;s importantes d'associations d'autant plus si ces derni&#232;res sont ant&#233;rieures au processus r&#233;volutionnaire dans la r&#233;gion (Green Peace, &#201;gyptiens Anti Charbon, etc). En revanche il ne n&#233;glige pas les tentatives de structuration mises en place dans la foul&#233;e des mobilisations [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes sont le fait des populations elles-m&#234;mes, g&#233;n&#233;ralement issues des r&#233;gions marginalis&#233;es, de lieux-dits, hameaux et autres villages &#233;loign&#233;s des villes. Ayant &#224; affronter des probl&#232;mes quotidiens et locaux, les manifestations se d&#233;roulent g&#233;n&#233;ralement sur les lieux d'habitation ou devant les locaux polluants en projet ou en activit&#233; (fontaine ass&#233;ch&#233;e, station de dessalement, d&#233;potoir, fleuve, &#233;gout), devant le si&#232;ge de l'entit&#233; locale consid&#233;r&#233;e comme responsable (les offices d'assainissement, les compagnies des eaux, les carri&#232;res ou usines, mairie) et plus rarement devant le si&#232;ge des responsables &#224; un plus haut niveau comme le gouvernorat (c'est le cas en Egypte : Zagazig, Daqehliya, Al Buha&#239;ra) et tr&#232;s exceptionnellement devant l'Assembl&#233;e nationale, ou dans la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont donc massivement des femmes et des enfants qui manifestent, car souvent en premi&#232;re ligne pour ces t&#226;ches (transport de l'eau) dans un contexte marqu&#233; par une division des t&#226;ches que n'a pas h&#233;sit&#233; &#224; traduire avec tact un habitant de Toghzaz (Tunisie) : &#171; Quand on a un &#226;ne, tant mieux, sinon c'est les femmes qui transportent l'eau &#187; [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes sont men&#233;es par les travailleurs (les travailleurs de Sanmar TCI, en lutte pour leur survie apr&#232;s des d&#233;c&#232;s et des blessures dus &#224; des explosions ou des produits toxiques, &#224; Port Sa&#239;d, &#201;gypte), les &#233;l&#232;ves (&#224; Gargour en Tunisie), gr&#232;ves des coll&#233;giens pour l'eau (&#224; Chabiba, Tunisie), luttes men&#233;es par les lyc&#233;ens pour l'eau (&#224; Igherm au Maroc), et leurs parents (Tunisie, &#201;gypte), par les enseignants, les &#233;boueurs (Alg&#233;rie), les plongeurs professionnels, les m&#233;decins du public et du priv&#233; (en Tunisie, contre les coupures d'eau) et le personnel m&#233;dical (&#224; Bouzeguene en Alg&#233;rie pour l'eau), les paysans (&#201;gypte), les p&#234;cheurs (Nil, &#201;gypte, Saint-Simon, Ouza&#239; et Borj Hammoud au Liban, mer Rouge, Soudan), les travailleurs des soci&#233;t&#233;s d'eau potable : les travailleurs d'El Salam (&#201;gypte) font un sit-in et menacent de gr&#232;ve, car ils ne peuvent faire leur travail au service de la population, par manque d'eau), les &#233;tudiants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, diverses couches sociales rentrent en lutte avec des int&#233;r&#234;ts potentiellement divergents &#224; long terme ; la revendication de l'eau d'irrigation port&#233;e par des agriculteurs pratiquant la culture de plantes (past&#232;ques, tomate industrielle (Guelma, Alg&#233;rie), petits pois ou riz) dans cette r&#233;gion peut &#234;tre antagonique avec celles des populations priv&#233;es d'eau potable. C'est le cas &#224; Zagora (Maroc) o&#249; la culture de la past&#232;que destin&#233;e &#224; l'exportation pompe la nappe phr&#233;atique. Des commer&#231;ants (abattoirs) r&#233;clament de l'eau pour leur activit&#233; (&#224; Suez en &#201;gypte). Des citoyens de Kom Hamada se plaignent du fait que les agriculteurs br&#251;lent le bois et le riz et polluent l'air. Des industriels du tourisme de masse ou de luxe se joignent parfois aux manifestants, car les odeurs pestilentielles des fleuves, des &#233;gouts et des ordures peuvent porter pr&#233;judice &#224; leur activit&#233;, mais ils ne remettent pas en cause leur activit&#233; elle-m&#234;me, souvent polluante elle aussi (cars, quads, navires de croisi&#232;re, etc.) ou qui fait main basse sur l'eau (piscines, golfs). Ces pratiques sont partie prenante de la politique de pr&#233;dation et de restructuration n&#233;olib&#233;rale, qui, si elles ne sont pas le sujet de l'article, expliquent en partie le stress hydrique &#224; longueur d'ann&#233;e, et partant les luttes incessantes pour l'eau. En revanche, les revendications des p&#234;cheurs rejoignent g&#233;n&#233;ralement celles des populations (&#224; Teboulba, Ksibet El Mediouni en Tunisie, Borj Hammoud au Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;M&#233;thodes de lutte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestations contre la pollution de l'air voient des cort&#232;ges masqu&#233;s avec pr&#233;sence d'enfants (&#224; Safi au Maroc contre l'importation d'ordures, &#224; Bagdad en Irak, &#224; Qalaa Sghira en Tunisie contre une briqueterie), ou le port de combinaisons de protection contre la pollution de l'eau, des visages grim&#233;s ou peints &#224; la couleur de la pollution (Liban, les visages des enfants des p&#234;cheurs sont recouverts &#224; la peinture rouge, la couleur de l'eau de mer). Au Khouzestan, certains manifestants peuvent rev&#234;tir la tenue arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants pour l'eau arborent des jerricans vides, des bouteilles pleines d'eau du robinet, sale ou saum&#226;tre, des bougies pour les manifestations nocturnes (&#224; Tanger au Maroc). Les manifestants viennent parfois avec leurs troupeaux assoiff&#233;s (&#224; Oued Beja, Mahdia en Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestants arborent banderoles, pancartes, avec des revendications en arabe, tifinagh, persan ou h&#233;breu, rarement en anglais, des communiqu&#233;s en arabe, tifinagh, fran&#231;ais et plus rarement en anglais et allemand (&#224; Al Qusair en &#201;gypte, suite &#224; l'&#233;pid&#233;mie de Dengue), des portraits du roi au Maroc, des drapeaux nationaux (Maroc) ou des drapeaux amazigh (Maroc). Ils reprennent parfois l'hymne national ou celui de la Tunisie (&#224; Safi au Maroc, pour l'eau et l'&#233;lectricit&#233;). Le slogan &#171; Le peuple veut &#187; est d&#233;clin&#233; en fonction des revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes sont men&#233;es de fa&#231;on graduelle ou conjointement par divers moyens : p&#233;titions, selfie (devant les immondices en Mauritanie), presse (&#201;gypte, notamment via Sahafat Al Muwaten, soit &#171; La page du citoyen &#187; de Al yom Al Sabaa), r&#233;seaux sociaux, mais le moyen le plus r&#233;pandu est la manifestation de rue, parfois pendant plusieurs jours d'affil&#233;e (manifestations nocturnes &#224; Ouargla pour l'eau en Alg&#233;rie). Certains d&#233;bouchent sur des sit-in, rarement p&#233;rennes (Kafr Ed Dawar en &#201;gypte, pour l'eau). Dans le cas de sit-in illimit&#233;s, des tentes sont mont&#233;es (barrages Tamtatouche et Toudgha au Maroc, centrale &#233;lectrique de Jiyeh et &#224; Karaoun, contre la pollution du canal d'irrigation, ou &#224; Hana, Hermel, pour l'eau au Liban, &#224; In Salah en Alg&#233;rie). Dans un seul cas, qui dure depuis 7 ans, il s'agit de logements en dur dans une zone occup&#233;e &#224; Imider au Maroc contre la pollution due aux mines d'argent et pour l'emploi. L'&#171; occupation &#187; est un mode d'action qui semble avoir d&#233;cru depuis 2011. En revanche, la structuration des mouvements s'est renforc&#233;e avec des initiatives parall&#232;les ; art, chant, festival (de l'ordure en Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestants qui voient leurs manifestations ignor&#233;es s'en remettent &#224; la fermeture de mairies parfois pour plusieurs jours d'affil&#233;e (Chaber El Ameur, Tifaou en Alg&#233;rie), de da&#239;ra (Tala Amara, Mchadallah ou Bouzeguene en Alg&#233;rie), de d&#233;l&#233;gation (Mdhilla en Tunisie), de l'Alg&#233;rienne Des Eaux (&#224; Djebla ou Mchadallah), d'usines d'or (Soudan), de stations de pompages (&#224; Lota Ouadouz, Arzew, et Lanser Azezga en Alg&#233;rie, &#224; Deraw en &#201;gypte), au br&#251;lage des ordures (&#224; Akbou en Alg&#233;rie), &#224; leur d&#233;versement devant la municipalit&#233; (&#224; Tobruk en Libye), au blocage des rails du train amenant le phosphate du bassin minier &#224; Gab&#232;s ou des camions de phosphate &#224; Sbih en Tunisie, &#224; l'incendie d'entreprises aurif&#232;res (&#224; Batana ou Kalogi et la demeure du commissaire de Kalogi au Sud Kordofan au Soudan) dans le cadre du combat contre les entreprises aurif&#232;res utilisant du cyanure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des gr&#232;ves ont lieu : des lyc&#233;ens (&#224; Bezaia, pr&#232;s de Naplouse,) des &#233;l&#232;ves &#224; l'initiative des parents (&#224; Bir Ali Ben Khelifa en Tunisie, &#224; Wadi Nakra, dans le gouvernorat d' Assouan en Egypte), des gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales de villes (commer&#231;ants d'Azzefoun en Alg&#233;rie, populations de Jerada, Laouinat Touissit, Guefait, Oued El Himer, Sidi Boubker et Guenfouda au Maroc, apr&#232;s le d&#233;c&#232;s de deux mineurs, Bouchemma en Tunisie), des gr&#232;ves &#224; l'initiative des travailleurs (la clinique de Bouzegu&#232;ne en Alg&#233;rie), des &#233;boueurs (Khemis Miliana, Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve de la faim (&#224; Beyrouth, au Liban, lors de la crise des ordures, dans les villages de Fakous, en &#201;gypte, pour l'eau) et la cha&#238;ne humaine (Ahwaz, contre le d&#233;tournement du fleuve Karoun) restent des moyens exceptionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les rassemblements au centre des villages n'ayant pour seul spectateur ou interlocuteur que les acteurs eux-m&#234;mes, les manifestants vont se d&#233;placer progressivement, vers les routes r&#233;gionales, puis nationales, pour les couper (Y&#233;men, Tunisie, Maroc, Alg&#233;rie) et rendre publique (et parfois &#171; impopulaire &#187;) leur col&#232;re. Ce peut &#234;tre aussi le cas du blocage de voies ferr&#233;es (Mit Yazid, Al Gharbiyya en &#201;gypte). Les blocages de route sont r&#233;alis&#233;s &#224; l'aide de pierres, de branches, de pneus en feu, de barricades, de camions, de bateaux (au Liban &#224; l'initiative de p&#234;cheurs ne pouvant travailler &#224; cause des d&#233;chets d&#233;vers&#233;s dans la mer) ou de construction de murs de briques (Annaba, en Alg&#233;rie, pour l'eau). Au Maroc, les mobilisations pour l'eau donnent lieu &#224; des marches sur des dizaines de kilom&#232;tres, &#224; pied (Tazourt/Fes, Tazouta/Sefrou, Zmar/Chichawa, Zaoui El Fath/Tazaou, A&#239;t Sebaa Al Jarouf/Souab, Kandar Raouda/Sefrou, Zaouiat Cheikh/Beni Melal, Marbouh/Marrakech, Al Bayada/Marrakech) ou de manifestations &#224; dos d'&#226;ne (&#224; Rouajee, A&#239;n Blal ou Qaria Ba Mohammed). Ces manifestations rendent ces populations visibles et audibles et reproduisent les longs trajets que femmes et enfants font quotidiennement pour se ravitailler en eau. Les caravanes de voitures sont rares. Au Y&#233;men, une marche de l'eau est organis&#233;e d'Ibb &#224; Taez pour ravitailler en eau la population assi&#233;g&#233;e par les Houthis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les revendications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier rang des revendications et en termes de nombre de manifestations dans tous les pays arrive la question de l'eau, qu'elle soit absente, pollu&#233;e ou sal&#233;e. Les questions de la s&#233;cheresse ou du changement climatique n'expliquent pas &#224; elles seules ce ph&#233;nom&#232;ne puisque les manifestations pour l'eau ont lieu toute l'ann&#233;e, hiver comme &#233;t&#233;. On distingue la revendication pour l'eau potable et celle de l'eau d'irrigation, pollu&#233;e et/ou absente &#233;galement, mais qui n'est pas toujours port&#233;e par les m&#234;mes cat&#233;gories de population. La lutte pour l'eau potable est souvent conjugu&#233;e &#224; une lutte pour la baisse des tarifs de l'eau puisque les populations payent souvent l'eau une fois (celle du robinet), une seconde fois (celle des jerricans) et une troisi&#232;me (le transport des jerricans). Et dans les m&#233;tropoles, les populations luttent contre la facturation de l'eau, apr&#232;s la privatisation des services (Maroc). Elles luttent contre le d&#233;tournement de fleuves (petit Zab au Kurdistan d'Irak, Karoun au Khouzestan, dans les deux cas par le pouvoir iranien), pour l'autorisation de forage de puits art&#233;sien (Timedkit en Alg&#233;rie), contre la fermeture de puits (Jrabta au Liban), contre la pollution de fleuves (Estwan, Litani, Rachine et A&#239;n Al Qamar au Liban, Sbiba et Tassa en Tunisie), contre les forages anarchiques de puits (Akachich et Menata au Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la pollution de l'air renvoie aux questions des poussi&#232;res industrielles, de l'absence d'&#233;gouts ou &#224; celle des ordures d&#233;vers&#233;es n'importe o&#249; par les pouvoirs publics ou les entreprises (Sharonim &#224; Ta&#239;be, Cisjordanie), la lutte contre les d&#233;chets s'est enrichie d'une lutte contre leur importation (Maroc) ou leur exportation (Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les populations rentrent en lutte contre des entreprises polluantes :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mines d'argent (Imider au Maroc),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; mines d'or utilisant le cyanure : (des dizaines au Soudan [4], Tiouite au Maroc, Taziast en Mauritanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; carri&#232;res de pierres (Tulkarem en Cisjordanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; carri&#232;res de tuf (&#224; Bouaita en Alg&#233;rie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de concassage (&#224; Isly au Maroc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d'agr&#233;gats (&#224; Fraksa en Alg&#233;rie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; de sable (&#224; Jbeil au Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; centrale &#233;lectrique (&#224; Jiyeh au Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; centrale thermique (&#224; Mohammedia au Maroc)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; raffineries de p&#233;trole (&#224; Mustorad en &#201;gypte),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; cimenteries (Al Tahama en Arabie Saaoudite, Helwan Cement Italcementi Groups &#224; Minieh, Wadi Al Qamar et Sanmar Trust Chemical Industries (TCI), Port Sa&#239;d, en &#201;gypte, Al Hallabat en Jordanie, A&#239;n Dara au Liban, SANAD &#224; Wadi Cha&#239;r en Cisjordanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; gaz de schiste (In Salah, A&#239;n Fares en Alg&#233;rie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; briqueteries (&#224; Qalaa Sghira en Tunisie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; pl&#226;treries (Oued Ghar en Tunisie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; teintureries (&#224; Kfour Er Ramel en &#201;gypte, et SEFITA &#224; Mekn&#232;s au Maroc),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; entreprises de potasse (&#224; Mazar Janoubi en Jordanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; tailles de pierre (&#224; Tkout en Alg&#233;rie, Douar Lashab et Ouled Salah au Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; huilerie (Sidi Madhkour en Tunisie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aluminium (Bouficha en Tunisie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; farine et huile de poisson (&#224; Nouadhibou en Mauritanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#201;levage de poulets (&#224; Al Hadida au Soudan)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Abattage industriel de poulets (&#224; Anfeh au Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Extraction de l'huile &#224; l'hexane (&#224; Bziza au Liban)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; fermes d'aquaculture intensive (&#224; Beja&#239;a en Alg&#233;rie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; d&#233;p&#244;ts de bouteilles de gaz jouxtant des d&#233;p&#244;ts d'essence et des habitations (&#224; Maan en Jordanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; implantation de d&#233;chetterie (&#224; Kitta en Jordanie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises polluent g&#233;n&#233;ralement l'air et la nappe phr&#233;atique qu'elles ont souvent contribu&#233; &#224; ass&#233;cher au pr&#233;alable (usines de phosphate, Tunisie). Les populations s'opposent aussi &#224; des projets (centrale aliment&#233;e au charbon &#224; Qatraneh, Jordanie,) autant dire que la pollution industrielle va entra&#238;ner &#224; son tour des luttes pour l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau des transports, les populations luttent contre le passage de camions de gros tonnage laissant dans leur sillages produits polluants et pollution sonore (&#224; El Moghoun en Alg&#233;rie, charg&#233;s de phosphorite par Jordan India Fertiliser Company (JIFCO) &#224; Maan en Jordanie, &#224; Deel Al Abdusalam, dans le Sultanat d'Oman, &#224; Fadasi au Soudan).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles luttent contre des projets :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; touristique (Aokas en Alg&#233;rie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; urbain (le projet de Lafarge de construction d'un hub urbain &#224; Fuheis, Jordanie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; industriel (cimenterie turque &#224; Beith Kahel en Cisjordanie)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; barrages (Kajbar, Dal et Shirek au Soudan, Souk N'tlata en Alg&#233;rie, Bisri au Liban, Tamalout et Tamtatouche au Maroc, Legreynatt en Mauritanie),&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; contre une autoroute (Maamar en Alg&#233;rie) ou pour une bretelle de cette m&#234;me autoroute (Ighil Azi, A&#239;t Rzine) afin d'&#233;viter la marginalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, d'autres luttes ont pour objectif la lutte contre les effets de la pollution, les populations luttent pour l'ouverture d'h&#244;pitaux &#224; Tkout (Batna, Alg&#233;rie) o&#249; la silicose a fait 138 d&#233;c&#232;s chez les tailleurs de pierres, &#224; Gab&#232;s (Tunisie) o&#249; l'activit&#233; du Groupe Chimique Tunisien (GCT) est l&#233;tale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les d&#233;plac&#233;s d'anciens projets (barrages) continuent de lutter pour leur retour sur leurs terres en Egypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entreprises polluantes sont nationales ou &#233;trang&#232;res (Lafarge, Total, Amendis-V&#233;olia, Sanmar TCI, Inde, JIFCO, jordano-indienne, Kinross, Agrium Qalloubia, Canada, TAHE International Metal Mining.Inc, Turquie) ou financ&#233;es par des fonds &#233;trangers : Jordanie, Gesellschatf F&#252;r Internationale Zusammenarbeit, Ambassade du Canada, Agence japonaise de Coop&#233;ration internationale, UNDP /ONU impliqu&#233;s dans un projet de d&#233;chetterie &#224; Kitta, Jordanie, Tunisie)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des luttes pour la pr&#233;servation d'espaces verts (parc Jamal Abdelnasser &#224; Kowe&#239;t, parc du Belv&#233;d&#232;re &#224; Tunis et colline de Sidi Bou Sa&#239;d en Tunisie, Parc Hosh &#224; Beyrouth au Liban, Lac Mezaya, bande bois&#233;e d'Aokas, Bois des Oliviers ou gorges de Kherrata en Alg&#233;rie, jardin du quartier Al Hasni &#224; Casablanca au Maroc, zone prot&#233;g&#233;e de Wadi Al Kaf et Hassaka, au nord-ouest d'H&#233;bron), pour la r&#233;ouverture du parc d'A&#239;n Sara, Karak, en Jordanie, pour les pins d'Akkar au Liban, ou encore pour l'autorisation de forage de puits art&#233;siens (Alg&#233;rie), la pr&#233;servation des oryx (Oman), des flamants roses (&#224; Maysan en Irak), pour sauver les mouettes &#224; Costa Brava (Liban). Et enfin il y a la mise en valeur de nouveaux modes de d&#233;placement (bicyclette, Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La convergence des revendications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revendication vient rarement seule, mais assortie de celles de constructions d'&#233;quipements (&#233;lectricit&#233;, gaz, &#233;coles, routes, espaces verts) et dans certains cas, il y a des cahiers de revendications (&#224; Rajish en Tunisie, les revendications vont de la lutte contre la pollution &#224; l'emploi ou l'&#233;lection d'un conseil municipal ind&#233;pendant et la restitution de terres accapar&#233;es par des entrepreneurs). Dans le cas d'Imider, ce ne sont plus seulement des revendications,mais des propositions concernant aussi la scolarisation, les &#233;coles, qui ont &#233;t&#233; &#233;labor&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'interpellation des pouvoirs&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces luttes se d&#233;roulent &#224; l'&#233;chelon local et les populations interpellent le responsable le plus proche, pour l'inviter &#224; agir, ou pour exiger sa d&#233;mission ou son &#233;viction. Les populations qui interpellent le pouvoir central sont &#233;gyptiennes (slogans qui s'adressent &#224; Sissi), marocaines (photos du roi et slogans, ayant conscience que tout est d&#233;cid&#233; au Palais), mauritaniennes, ces derni&#232;res manifestant parfois devant le Palais pr&#233;sidentiel, et libanaises (lors de la crise des d&#233;chets). L'international est rarement sollicit&#233;, &#224; l'exception des slogans des Arabes du Khouzestan qui en appellent ouvertement &#224; l'ONU.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La prise en charge des populations par elles-m&#234;mes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#171; autogestion &#187; est rare, la majorit&#233; des populations s'adressant aux pouvoirs pour exiger des droits ; cependant se d&#233;veloppent dans certaines r&#233;gions des initiatives qui partent du principe que les pouvoirs sont carents ou incapables : recours aux sourciers et puisatiers (&#224; Maatkas en Alg&#233;rie), r&#233;habilitation de fontaines publiques (Tizi N'tetla en Alg&#233;rie) (nettoyages des villages, des rues, des plages (les plages de 14 wilayas en Alg&#233;rie, nettoyage de l'eau de mer de huit plages par des plongeurs volontaires &#224; Tabarja au Liban, mises en place de tri s&#233;lectif, mise en place d'un village &#171; mod&#232;le &#187; &#224; Kafr Wahb en &#201;gypte), plantation de ch&#234;nes (&#224; Kitta en Jordanie). Ces initiatives peuvent &#234;tre per&#231;ues comme accompagnant le d&#233;sengagement de l'&#201;tat et elles ne d&#233;bouchent pas forc&#233;ment sur des dynamiques d'autogestion plus &#233;tendues. Et encore, cet article ne traite pas des milliers de projets financ&#233;s par des ONG, locales ou internationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque ces populations sont des groupes opprim&#233;s, elles ont d&#233;j&#224; tendance &#224; mettre en place une structuration autonome : (Iguersafene et Taourirt en Kabylie, &#233;co projets en Cisjordanie et &#224; Gaza). En revanche, l'autogestion est de mise dans les zones lib&#233;r&#233;es en Syrie. La guerre a fait dispara&#238;tre toute vell&#233;it&#233; de s'adresser &#224; un quelconque pouvoir (remise en &#233;tat de puits &#224; Al Houla (Homs) ou campagnes de solidarit&#233; dans les camps de r&#233;fugi&#233;s en Syrie, ou encore &#224; Mossoul o&#249; la population creuse des puits apr&#232;s le d&#233;part de Daech, Irak). Rien n'indique non plus que ces initiatives relevant de la survie &#233;l&#233;mentaire d&#233;boucheront sur une autogestion &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont des luttes sur le long terme men&#233;es par des populations locales qui ont eu recours &#224; l'occupation ponctuelle, car victorieuse dans le cas d'In Salah en Alg&#233;rie et illimit&#233;e dans le cas d'Imider, cette derni&#232;re lutte avec occupation ayant d&#233;bouch&#233; sur la mise en place d'un autre projet de soci&#233;t&#233; pour la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La jonction avec les luttes des groupes opprim&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les luttes pour l'environnement sont largement li&#233;es aux questions des groupes nationaux ou culturels opprim&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, on a vu que c'est dans ces r&#233;gions que se d&#233;veloppe le plus l'autogestion en mati&#232;re environnementale, d'autre part se diffuse l'id&#233;e que ces r&#233;gions sont n&#233;glig&#233;es, parce qu'habit&#233;es par des non-Arabes (Rif, Zagora, Jerrada, au Maroc, Kabylie en Alg&#233;rie, Nubiens expuls&#233;s de leurs terres en Egypte et au Soudan). Dans certains cas, l'arme &#233;cologique est utilis&#233;e &#224; dessein contre ces minorit&#233;s : Territoires occup&#233;s, Gaza, Nubiens du Soudan, Arabes d'Iran). En r&#233;ponse, les luttes n'en sont que plus m&#234;l&#233;es et plus fortes (Amazighs, Palestiniens, Sahraouis d'Assa au Maroc).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines ont parfois des soutiens internationaux (Amazighs dans la diaspora, Palestiniens) que ce soit au plan politique ou mat&#233;riel. La question d'Imider est relay&#233;e d'abord comme une lutte amazighe par les Amazighs. Les Kabyles sont aid&#233;s dans les projets d'autogestion par leur diaspora, et les Palestiniens comptent sur le mouvement anti sioniste. Ces luttes sont per&#231;ues comme des luttes de minorit&#233;s, car soutenues en tant que telles, et non des luttes environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La question environnement/Emploi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question &#233;cologique et question sociale sont &#233;troitement li&#233;es, car les populations qui luttent pour l'eau et contre les d&#233;chets sont en g&#233;n&#233;ral les m&#234;mes qui sont affect&#233;es et/ou luttent contre le ch&#244;mage. Du c&#244;t&#233; des travailleurs, la question se d&#233;cline de diverses mani&#232;res : les travailleurs eux-m&#234;mes luttent pour leur survie (150 travailleurs de la carri&#232;re de la zone du Piton &#224; Akbou, en Alg&#233;rie, au ch&#244;mage depuis la fermeture impos&#233;e par la mobilisation des populations, exigent de reprendre le travail). Les &#233;boueurs de Khemis Miliana en Alg&#233;rie font gr&#232;ve pour &#234;tre prot&#233;g&#233;s. Les travailleurs s'opposent aux revendications des populations (briqueterie de Qalaa Sghira en Tunisie). Les travailleurs sont int&#233;ress&#233;s aux revendications des populations parce qu'il s'agit d'eux-m&#234;mes : port&#233;e par des populations affect&#233;es qui sont aussi celles qui travaillent dans les entreprises, la revendication sera &#171; des explosifs de moindre intensit&#233; &#187; dans une carri&#232;re d'agr&#233;gats (Ath Mansour, Bouira, en Alg&#233;rie).. Des travailleurs du Groupe Chimique Tunisien se joignent au sit-in des populations contre le d&#233;versement du phosphogypse dans la mer &#224; Gab&#232;s o&#249; 200 000 personnes vivent de l'industrie du phosphate. Du c&#244;t&#233; des populations, la question du ch&#244;mage et de l'environnement est &#233;troitement li&#233;e. Il y a ambivalence, les locaux r&#233;clamant leur emploi prioritairement dans des entreprises polluantes (en Irak dans les soci&#233;t&#233;s p&#233;troli&#232;res qui ont ass&#233;ch&#233; les Marais de Bahla, jeunes de Tunisie qui r&#233;clament de l'emploi dans les mines de phosphate ou de gaz (Redeyef, Bouchemma, Gargour) dont ils d&#233;noncent par ailleurs les effets sur la nappe phr&#233;atique, jeunes de Boujniba et de Khouribka au Maroc qui exigent du travail &#224; l'Office Ch&#233;rifien des Phosphates (Office Ch&#233;rifien des Phosphates) dont ils d&#233;noncent la pollution) ou dans la compagnie des eaux, travailleurs de Jerrada (Maroc) qui continuent de descendre dans des mines ferm&#233;es depuis presque vingt ans au p&#233;ril de leur vie tout en accusant les barons du charbon, soutenus par des &#233;lus locaux de les y contraindre. Dans un cas unique, une population a pr&#233;f&#233;r&#233; vivre sainement plut&#244;t que travailler pour mourir, en refusant l'implantation de la SIAPE (d&#233;riv&#233;s du phosphate) &#224; Mdhilla (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pose la question des syndicats, largement absents de ces combats pr&#233;cit&#233;s ; o&#249; sont les syndicats de Lafarge, de Kinross ? La Tunisie fait un peu exception, m&#234;me si l'Union G&#233;n&#233;rale Tunisienne du Travail (UGTT) para&#238;t plus &#224; l'aise dans les luttes contre les effets de la pollution (d&#233;fense des &#233;l&#232;ves, des professeurs victimes de l'eau contamin&#233;e, revendication de la construction d'h&#244;pitaux) et moins &#224; l'aise dans la d&#233;nonciation des activit&#233;s polluantes. Elle a exprim&#233; sa satisfaction d&#232;s l'annonce de l'arr&#234;t du d&#233;versement du phosphogypse dans la mer d'ici huit ans (&#231;a va dans le bon sens) ..., annul&#233; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale d&#233;cid&#233;e par l'Union R&#233;gionale de UGTT et l'Union locale de l'Union Tunisienne de l'Industrie du Commerce et de l'Artisanat (UTICA) &#224; Redeyef pour l'eau potable suite &#224; des &#171; promesses &#187; de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) ; en revanche, l'UGTT s'associe plus volontiers aux luttes d'apr&#232;s-coup : d&#233;c&#232;s d'un travailleur et mobilisation, d&#233;c&#232;s d'une &#233;l&#232;ve et gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale dans l'&#233;ducation et la sant&#233; &#224; Bir Ali Ben Khelifa, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;action des pouvoirs en place&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques victoires&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs ignorent les revendications ou parent au plus press&#233;. On envoie un camion-citerne &#224; une population assoiff&#233;e (&#224; Nafra en &#201;gypte), ou &#224; un &#233;tablissement m&#233;dical sans eau (clinique de Bouzeguene en Alg&#233;rie). On promet et parfois l'eau est r&#233;tablie pour une courte p&#233;riode puis coup&#233;e &#224; nouveau. Il y a eu des combats remport&#233;s (annulation de projet de cimenterie, Batna en Alg&#233;rie), mise en cause du projet de fermes d'aquaculture au lac Mezaya (&#224; Bejaia en Alg&#233;rie), fermeture de l'usine d'extraction de l'huile &#224; l'hexane (&#224; Bziza au Liban), annulation du projet de route traversant le parc du Belv&#233;d&#232;re &#224; Tunis, arr&#234;t du projet de construction &#224; Sidi Bou Sa&#239;d, Tunisie), abandon du projet de plage priv&#233;e &#224; Ramlet El Beida au Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs semblent reculer ponctuellement puis laissent le temps passer. Ainsi l'exploitation du gaz de schiste est &#224; nouveau envisag&#233;e apr&#232;s un coup d'arr&#234;t de deux ans dans le sud alg&#233;rien. L'usine d'engrais de MOPCO, ferm&#233;e suite &#224; des mobilisations a repris son activit&#233; en 2016 (&#201;gypte). Lafarge a d&#251; fermer sa cimenterie &#224; Fuheis (Jordanie) suite aux mobilisations des habitants, mais ces derniers luttent maintenant contre le projet de hub urbain de l'entreprise. Les habitants sont partag&#233;s sur les engagements pris par les pouvoirs (calendrier sur huit ans de l'arr&#234;t du d&#233;versement du phosphogypse dans la mer &#224; Gab&#232;s, Tunisie), ou sur l'annulation de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale &#224; Redeyef (Tunisie) suite aux engagements des responsables sur l'eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des demi-r&#233;ponses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;ponses paraissent inadapt&#233;es : majoritairement c'est le d&#233;ni qui fait loi : &#171; Non l L'eau n'est pas pollu&#233;e &#187;. Il peut y avoir reconnaissance implicite, avec la distribution d'une machine de respiration artificielle aux tailleurs de pierre &#224; Tkout (Batna) en Alg&#233;rie, ou r&#233;ponse locale ou partielle : le gouverneur du Caire (&#201;gypte) d&#233;cide d'acheter les ordures, mais pas les d&#233;chets alimentaires. La compagnie des eaux de Galil&#233;e annonce une baisse r&#233;troactive des factures d'eau en compensation des pr&#233;judices dus &#224; l'eau pollu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des sanctions sont prises pour l'exemple (&#201;gypte, Tunisie) contre des responsables de la soci&#233;t&#233; d'eau, ou annonc&#233;es contre des entreprises (au Liban, 283 entreprises sur le fleuve Litani doivent &#171; r&#233;gulariser &#187; leur situation, et 23 sont ferm&#233;es &#171; provisoirement &#187; en &#201;gypte), quelquefois avec l'arri&#232;re-pens&#233;e de prot&#233;ger davantage l'industrie touristique que les habitants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a parfois des reconnaissances du probl&#232;me : en Arabie Saoudite, les autorit&#233;s reconnaissent que les 150 &#233;tudiantes de Qunfundha ont &#233;t&#233; intoxiqu&#233;es &#224; cause de la pollution de l'eau. Suite &#224; l'&#233;pid&#233;mie de dengue &#224; Al Qusair en &#201;gypte, le minist&#232;re de la Sant&#233; reconna&#238;t que la larve s'est d&#233;velopp&#233;e &#224; cause de l'&#233;rosion du fer blanc qui recouvre les couvercles des r&#233;servoirs, mais reste &#224; savoir quels seront les moyens mis en place par la suite. En Jordanie, le minist&#232;re de l'Environnement reconna&#238;t que des boues &#233;mettant des gaz toxiques ont &#233;t&#233; d&#233;vers&#233;es &#224; Wadi Al Ghadir Al Abyad par un entrepreneur local et promet qu'elles seront enlev&#233;es, mais ne parle pas de sanctions &#224; l'encontre du contrevenant. Le maire de Saham (Sultanat d'Oman) reconna&#238;t les probl&#232;mes li&#233;s au passage de camions, mais recourt &#224; d'autres camions, citernes cette fois-ci pour d&#233;verser de l'eau sur la route et diminuer le niveau de poussi&#232;re !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand il y a des &#171; solutions &#187;, il s'agit de d&#233;localiser :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les ordures au Liban, de la terre &#224; la mer !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le phosphogypse en Tunisie, de Gab&#232;s &#224; Oudhref,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la SIAPE, de Sfax &#224; Mdhilla, en Tunisie,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; des entreprises aurif&#232;res d'une ville &#224; l'autre, au Soudan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On d&#233;localise aussi des villes : Sohar dans une ville nouvelle &#224; Liwa (Oman), et des projets sont en cours : une nouvelle capitale en &#201;gypte, &#224; l'est du Caire, par une joint venture entre l'arm&#233;e et des soci&#233;t&#233;s priv&#233;es, et des financements chinois, une &#171; &#233;co cit&#233; &#187; &#224; Zenata (Maroc), une ville &#171; 100 % &#233;colo &#187; &#224; N&#233;om, en Arabie Saoudite, pour la bagatelle de 500 milliards de dollars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures gadget sont prises en haut, ainsi la cr&#233;ation d'une police environnementale (Maroc, Tunisie) qui ne figurait pas &#233;videmment parmi les revendications des populations. Certaines mesures de &#171; protection de l'environnement &#187; ont parfois un effet inattendu qui peut se retourner contre le pouvoir : l'interdiction de l'abattage d'arbres au Soudan entra&#238;ne une p&#233;nurie de bois de chauffage, et partant, la fermeture des boulangeries, car le gaz est trop cher, avec dans la foul&#233;e une &#233;meute estudiantine pour le pain. Mohsene Fikri, marocain, qui vendait un poisson interdit de p&#234;che, est broy&#233; dans une benne &#224; ordure et son assassinat d&#233;clenche un mouvement social sans pr&#233;c&#233;dent et de longue dur&#233;e au Maroc. La police environnementale en Tunisie (une police de plus) s'attaque aux vendeurs ambulants... d'eau qui vont manifester &#224; leur tour pour leur droit au travail !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;G&#233;n&#233;ralement on r&#233;pond qu'on n'a pas le budget, ou pas de solution, ce qui a l'avantage de la franchise et de renvoyer &#224; la nature du probl&#232;me, les populations &#224; leur solitude, mais aussi &#224; leur imagination pour cr&#233;er des solutions alternatives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression de l'information : Le pouvoir coupe Internet (Khouzestan), emp&#234;che des journalistes &#233;trangers de couvrir les manifestations (Khouzestan). La r&#233;pression emp&#234;che la tenue de r&#233;unions (Soudan). Elle frappe d'abord les manifestant.e.s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;pression des militants &#233;cologistes : arrestations au Khuzestan (dont un mineur, Ali Kab-Aomair), &#224; Oman, et par dizaines en &#201;gypte, poursuites en Tunisie, &#201;gypte ou Maroc, condamnations &#224; de lourdes peines (Maroc, Tunisie, Oman), licenciements de travailleurs ( &#201;gypte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des manifestants sont bless&#233;s au Maroc ou en Irak, voire tu&#233;s (&#224; Najaf pour l'eau et l'&#233;lectricit&#233; en Irak, au Soudan dans les manifestations contre les entreprises aurif&#232;res).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat d'urgence est d&#233;cr&#233;t&#233; dans l'Etat du Sud Kordofan au Soudan afin que les entreprises aurif&#232;res utilisant le cyanure puissent travailler sans entraves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les poursuites concernent aussi les journalistes qui couvrent les probl&#232;mes environnementaux ou les mobilisations (Hiba Abdelazim au Soudan, Hassan Bouras en Alg&#233;rie), les artistes (le caricaturiste Tahar Djehiche, &#224; propos du gaz de schiste, Alg&#233;rie, la chanteuse Sherine Abdelwahab, &#224; propos de la qualit&#233; de l'eau du Nil, &#201;gypte)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les soutiens&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand les revendications s'entrecroisent, il n'y a pas &#171; soutien &#187; aux luttes, mais jonction des luttes ainsi la lutte anti cyanure et la lutte anti barrage au Soudan sont men&#233;es par les populations nubiennes, qui se voient d&#233;plac&#233;es et promues &#224; la mort lente. Au Maroc, les revendications sociales et &#233;cologiques sont tellement m&#234;l&#233;es qu'elles se sont confondues, &#224; Imider, dans le Rif, &#224; Zagora, &#224; Jerrada, d&#233;voilant la nature exacte de ce combat, un combat essentiellement politique, mettant en cause le pouvoir central que r&#233;v&#232;le un des slogans : &#171; Ni parlement, ni gouvernement. Insoumission &#187; &#224; Khouribka en 2017. Les luttes environnementales ont gagn&#233; le soutien d'associations luttant pour les droits de l'homme (sections de l'Association marocaine des Droits de l'Homme (AMDH) ou d'ATTAC au Maroc, de la Ligue Tunisienne pour la d&#233;fense des Droits de l'Homme (LTDH) ou de UGTT, Tunisie). Elles ont entra&#238;n&#233; dans leur sillage la cr&#233;ation d'innombrables collectifs ad hoc (Collectif pour la d&#233;fense de la bande bois&#233;e d'Aokas, Alg&#233;rie) ou probablement p&#233;rennes : Comit&#233;s pour l'environnement au Soudan, Observatoire de l'Eau en Tunisie, &#171; Vous puez &#187; au Liban&#8230;)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions environnementales sont parfois reprises par des &#233;diles (pour leur r&#233;&#233;lection ?) (&#224; Bziza au Liban, Mustapha Achelwaw sur la question de l'eau &#224; Alnif au Maroc, qui d&#233;missionne), m&#234;me quand la formation politique &#224; laquelle ils appartiennent n'a strictement aucune pr&#233;occupation &#233;cologique (le d&#233;put&#233; du Parti de la Justice et du D&#233;veloppement (PJD) concernant la mine d'or de Tiouit, Maroc) ou par des d&#233;put&#233;s repr&#233;sentant des minorit&#233;s opprim&#233;es (15 d&#233;put&#233;s du Khouzestan arborant des masques noirs au Parlement iranien, la d&#233;put&#233;e &#233;gyptienne Hala Abou Saad s'adresse au ministre des Ressources hydrauliques au sujet de la pollution &#224; l'aluminium dans le gouvernorat de Kafr Al Cheikh). Des d&#233;put&#233;s kowe&#239;tiens participent &#224; la manifestation pour le parc Jamal Abdelnasser &#224; Kowe&#239;t. Des d&#233;put&#233;s soudanais attribuent l'insuffisance r&#233;nale et les cancers &#224; la pollution de l'eau. La justice est rarement sollicit&#233;e et r&#233;pond quelquefois favorablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question environnementale au Khouzestan est reprise par les Moujahidin du peuple, qui s'&#233;taient av&#233;r&#233;s moins loquaces lors de l'utilisation de gaz chimiques contre les Kurdes &#224; Halabja par le pouvoir irakien de Saddam Hussein auquel ils &#233;taient alors alli&#233;s. Les partis politiques reprennent rarement ces revendications, sinon en Kabylie (Front des Forces socialistes, Rassemblement pour la Culture et la D&#233;mocratie, Parti socialiste des Travailleurs). En revanche, l&#224; o&#249; les questions environnementales remettent en cause les sommets de l'&#201;tat, tous les partis prennent position, pas forc&#233;ment sur des bases principielles (crise des ordures, cimenterie d'A&#239;n Dara, divergences des partis sur la question de la station d'&#233;puration &#224; Al Ayoun, fleuve Assi au Liban).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On le voit, la gauche n'est pas bavarde et encore moins active, m&#234;me si la solidarit&#233; internationale des militants &#233;cologistes s'est traduite lors de la COP 22 &#224; Marrakech avec Imider (Maroc), du Forum Social Mondial en 2015 &#224; Tunis avec la lutte internationale contre le phosphogypse en Tunisie. Des soutiens internationaux se sont exprim&#233;s &#224; la population d'In Salah contre le gaz de schiste (Alg&#233;rie). On d&#233;j&#224; vu, les groupes opprim&#233;s (Khouzestan, Palestine, Amazigh, Nubiens) ont recours &#224; leur propre diaspora ou a des r&#233;seaux de solidarit&#233; internationale (Territoires occup&#233;s, Gaza, collecte internationale pour financer un ch&#226;teau d'eau &#224; Khuz'a), mais sont rarement soutenus par les militants &#233;cologistes. La lutte pour la colline de Sidi Bou Sa&#239;d (village touristique de Tunisie qui voit se d&#233;verser chaque ann&#233;e des centaines de milliers de visiteurs) a vu une p&#233;tition sur Change.org.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ecologie et processus r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combats &#233;cologistes sont fragment&#233;s, locaux, et pourtant ils partent des m&#234;mes causes. Aucune force ne s'est donn&#233; pour objectif de les faire converger ni d'op&#233;rer une jonction entre ces luttes et d'autres mouvements sociaux. Cet article n'a fait que d&#233;montrer des jonctions et des convergences de fait, sur fond de mouvement r&#233;volutionnaire in&#233;gal dans la r&#233;gion. En Iran, les luttes des populations arabes pour l'&#233;cologie sont d&#233;cal&#233;es, mais se m&#232;nent en parall&#232;le des luttes des populations iraniennes pour la justice sociale et la d&#233;mocratie. Gageons qu'&#224; court terme, elles s'y m&#234;leront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des luttes environnementales ont d&#233;fi&#233; les pouvoirs en place dans trois pays, le Soudan, o&#249; les luttes environnementales ont accompagn&#233; le mouvement r&#233;volutionnaire ascendant ces derniers mois, le Liban, o&#249; la question des d&#233;chets partie de Beyrouth, est devenue une question nationale du fait de la politique consistant &#224; d&#233;localiser les ordures un peu partout, et surtout parce qu'elle a mis &#224; nu la corruption et le fonctionnement du syst&#232;me politique, et enfin au Maroc, o&#249; la question environnementale a &#233;t&#233; en creux un des points de d&#233;part du mouvement du Rif et l'un des moteurs des soul&#232;vements de Zagora et Jerada. La force de ce mouvement r&#233;side dans sa capacit&#233; &#224; s'&#234;tre transform&#233; d'embl&#233;e en un mouvement social mobilisant des r&#233;gions enti&#232;res, &#233;laborant des cahiers de revendications pouvant &#234;tre repris par l'ensemble des populations marocaines, soit une dimension sociale et politique assum&#233;e. Il est le strict pendant de l'incapacit&#233; officielle &#224; offrir une quelconque solution comme l'a formul&#233; le Pr&#233;sident de la soci&#233;t&#233; d'eau potable de Gizeh (&#201;gypte) : &#171; Je n'ai pas de solution &#187;. L'incurie officielle et les capacit&#233;s des populations &#224; offrir des solutions alternatives sont porteuses d'espoir pour un mouvement r&#233;volutionnaire arabe largement mis &#224; l'&#233;preuve dans une s&#233;rie d'autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puissent ces quelques lignes avoir contribu&#233; &#224; rendre visibles ces luttes locales et &#224; faire &#233;merger une solidarit&#233; large.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a b&#233;n&#233;fici&#233; de la relecture et des remarques de Lotfi Chawqui. Qu'il en soit ici vivement remerci&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Cet article se veut un compl&#233;ment et une suite &#224; un pr&#233;c&#233;dent article, ESSF (article 44145) Les r&#233;volutions arabes et les luttes environnementales : &#171; Le peuple veut l'eau au robinet &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
44145&lt;br class='autobr' /&gt;
On pourra aussi se reporter &#224; : &lt;a href=&#034;https://blogs.mediapart.fr/edition/revolutions-dans-le-monde-arabe/article/230416/le-processus-revolutionnaire-arabe-et-les-luttes-ecologistes&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.mediapart.fr/edition/revolutions-dans-le-monde-arabe/article/230416/le-processus-revolutionnaire-arabe-et-les-luttes-ecologistes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Pour conna&#238;tre les luttes au jour le jour entre 2015 et 2017, se reporter &#224; : ESSF (article 43991), Vivre au compte goutte, Non ! &#8211; Relev&#233; non exhaustif de luttes pour l'environnement dans la r&#233;gion arabe (2015-2017) :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article43991&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article43991&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://nawaat.org/portail/2015/12/09/crise-eau-tunisie-soif-nord/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://nawaat.org/portail/2015/12/09/crise-eau-tunisie-soif-nord/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] Se reporter pour plus de d&#233;tails &#224; : ESSF (article 41992), Soudan, ru&#233;e contre l'or ! Mobilisations populaires contre les usines utilisant le mercure ou le cyanure :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article41992&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les luttes LGBTIQ, mal aim&#233;es des processus r&#233;volutionnaires arabes</title>
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		<dc:date>2017-08-15T08:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Luiza Toscane</dc:creator>


		<dc:subject>Moyen-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>LGBT</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-08-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La dimension in&#233;dite atteinte par les combats des LGBTIQ dans les pays arabes est largement li&#233;e au d&#233;clenchement des processus r&#233;volutionnaires. Les lignes qui suivent, extraites d'un article beaucoup plus long et d&#233;taill&#233;, tentent de d&#233;crypter l'inscription de ces luttes dans ces processus, leurs dynamiques, leur mode d'expression et d'action. &lt;br class='autobr' /&gt;
tire de : entre les lignes et les mots 2017 30 22 juillet &lt;br class='autobr' /&gt; Publi&#233; le 17 juillet 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Avant 2010, date formelle du d&#233;but des processus, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Asie-Proche-Orient-" rel="directory"&gt;Asie/Proche-Orient&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Moyen-Orient-+" rel="tag"&gt;Moyen-Orient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-LGBT-+" rel="tag"&gt;LGBT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-08-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-08-15&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton31535-0d0c1.jpg?1781042225' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La dimension in&#233;dite atteinte par les combats des LGBTIQ dans les pays arabes est largement li&#233;e au d&#233;clenchement des processus r&#233;volutionnaires. Les lignes qui suivent, extraites d'un article beaucoup plus long et d&#233;taill&#233;, tentent de d&#233;crypter l'inscription de ces luttes dans ces processus, leurs dynamiques, leur mode d'expression et d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;tire de : entre les lignes et les mots 2017 30 22 juillet&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; le 17 juillet 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant 2010, date formelle du d&#233;but des processus, existaient d&#233;j&#224; des initiatives dans la r&#233;gion, notamment au Liban, au Soudan, en Alg&#233;rie, dans les Territoires occup&#233;s, le sultanat d'Oman, en Syrie, au Maroc ou en Tunisie, qu'il s'agisse de blogs, d'associations ou de noyaux plus ou moins clandestins. Au plan r&#233;gional, Bekhsoos (&#171; A propos &#187;), est une revue arabe f&#233;ministe et queer, un site et une page Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces initiatives &#233;taient contemporaines de la mont&#233;e d'une s&#233;rie de luttes qui ont d&#233;bouch&#233; sur des mouvements de rue dans l'&#233;crasante majorit&#233; des pays arabes, ou de minorit&#233;s arabes (Iran).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les processus r&#233;volutionnaires vont voir les LGBTIQ participer aux mouvements, manifestations et initiatives de rue dans une s&#233;rie de pays ; &#224; ce stade, ils et elles se joignent &#224; titre individuel aux soul&#232;vements et m&#234;lent leurs voix &#224; celles de millions de manifestant-e-s qui veulent en d&#233;coudre avec les pouvoirs en place. Leurs slogans sont ceux de l'ensemble du peuple insurg&#233;, leurs drapeaux ceux du pays en r&#233;volution, leurs espoirs ceux de voir s'effondrer des r&#233;gimes despotiques et antisociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de cette phase initiale des soul&#232;vements, ils et elles ne d&#233;veloppent pas de revendications particuli&#232;res. C'est une nouvelle g&#233;n&#233;ration qui n'a pas connu, ni particip&#233; aux initiatives des militants LGBT de la d&#233;cennie 2000, ne serait-ce qu'en raison de son extr&#234;me jeunesse. Le caract&#232;re de masse des r&#233;volutions les inclut naturellement, alors que les associations qui avaient vu le jour dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes avaient une dynamique concernant plus des militant-e-s confin&#233;-e-s dans des capitales ou des villes importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une multiplicit&#233; d'expressions&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De l&#224; va na&#238;tre un triple mouvement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Une s&#233;rie limit&#233;e de coming out individuels qui sont de fait des actes militants, que ce soit au niveau de la famille, du lyc&#233;e, du quartier ou de fa&#231;on m&#233;diatis&#233;e, &#224; la t&#233;l&#233;vision, la radio, les r&#233;seaux sociaux ou des autobiographies publi&#233;es dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Un mouvement d'expression individuel ou collectif &#224; travers &#224; travers des sites, blogs, pages Facebook ou hashtags (en Alg&#233;rie, Arabie Saoudite, Egypte, Bahrein, Irak, Y&#233;men, Khouzestan d'Iran, Liban, Libye, Emirats arabes unis, Soudan, Syrie, Tunisie), une revue papier clandestine (au Maroc), des revues &#233;lectroniques (Tunisie, Syrie, Alg&#233;rie, Soudan, Egypte) et m&#234;me une radio (radio Alouen, en Alg&#233;rie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Et enfin, un mouvement d'action collective, qui va se dissocier partiellement de la dynamique des r&#233;volutions. Celles-ci, qui sont n&#233;es et se sont d&#233;velopp&#233;es dans les zones les plus &#233;loign&#233;es des centres urbains et des capitales, rassemblent chaque jour des milliers de manifestant-e-s sur des bases largement spontan&#233;es et se heurtent &#224; mains nues &#224; la r&#233;pression des contre-r&#233;volutionnaires. Les militant-e-s LGBTIQ, s'ils et elles sont n&#233;-e-s de ce mouvement et en utilisent la symbolique (le drapeau national), ne vont pas suivre la dynamique de ces r&#233;volutions. Ils et elles vont lutter et combattre dans les villes les plus importantes, sans occuper la rue spontan&#233;ment pour des raisons faciles &#224; comprendre. Ils et elles se regroupent et s'organisent sur leurs propres bases, cr&#233;ent des organisations ou des associations susceptibles de porter leurs revendications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement LGBTIQ est en rupture avec la spontan&#233;it&#233; et le caract&#232;re de masse du mouvement r&#233;volutionnaire arabe, dont il est largement issu. Mu-e-s par la certitude que ce mouvement ne portera pas leurs revendications, que les soci&#233;t&#233;s civiles &#233;mergentes sont parfois d&#233;cevantes, ils et elles comptent sur leurs propres forces pour se battre. Les LGBTIQ vont cr&#233;er leurs propres structures qui organisent l'expression, l'&#233;laboration, la d&#233;fense des droits et des revendications et d&#233;veloppent des modes d'actions extr&#234;mement divers, sur la forme et sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pouvant mener des actions publiques, ces organisations, non reconnues pour l'&#233;crasante majorit&#233; d'entre elles, d&#233;veloppent n&#233;anmoins des activit&#233;s. Des &#233;v&#233;nements comme des d&#233;fil&#233;s de mode sont parfois utilis&#233;s pour arborer le drapeau arc-en-ciel, certaines associations tentent d'organiser des initiatives en ligne comme en Arabie Saoudite (janvier 2012). En Alg&#233;rie, des bougies sont allum&#233;es tous les 10 octobre, dit &#171; Ten Ten &#187;, pour mettre en lumi&#232;re les LGBTIQ. L'association Bedayaa, qui travaille quasiment dans la clandestinit&#233;, vise &#224; venir en aide, &#233;couter et prot&#233;ger les LGBT en Egypte et au Soudan. L'association Aswat, au Maroc, lance une campagne en 2013 &#171; L'amour pour tous &#187;, puis en 2015 la campagne &#171; L'amour n'est pas un crime &#187;, surTwitter, pour la d&#233;p&#233;nalisation de l'homosexualit&#233; et l'abrogation des articles 489 et 490 du code p&#233;nal. La campagne se fait avec la participation de militants de la soci&#233;t&#233; civile, notamment de l'Association marocaine des droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 10 d&#233;cembre 2016, anniversaire de la D&#233;claration universelle des droits de l'homme, Mawjoudin, qui lutte en Tunisie pour l'&#233;galit&#233; et les droits des LGBTQI, lance sur le net la campagne &#171; Hetta houni fomma mithliyyin &#187; (M&#234;me ici il y a des homosexuels) avec le hashtag de la ville et le nom de l'association. La campagne a un &#233;cho dans toute la Tunisie et cette association participe au d&#233;bat sur les LGBT &#224; l'occasion de la &#171; Nuit des id&#233;es &#187;, en 2017 &#224; Tunis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les LGBTIQ s'expriment sur les murs par des campagnes de graffitis, tags ou peintures murales ; au Liban, &#171; Support Gay Rights &#187;, &#171; Stop Homophobia &#187;, &#171; No homophobia, racism, sexism, classism. Stand up for our rights &#187;, &#171; Gay is OK &#187;, &#171; shou fiyya ? &#187; (Et alors ?) &#233;crit &#224; c&#244;t&#233; d'un dessin repr&#233;sentant deux hommes s'embrassant, &#171; Arab Lesbian Liberation Front &#187;, &#171; Queers kanou houna. Thawra &#187; (Des queers sont pass&#233;s par l&#224;, R&#233;volution)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me au Caire, en Isra&#235;l et dans les territoires occup&#233;s palestiniens, en Tunisie, au Kurdistan d'Irak&#8230; Ces graffitis ne rel&#232;vent g&#233;n&#233;ralement pas d'initiatives individuelles improvis&#233;es, mais de campagnes initi&#233;es par des associations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les revendications&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des revendications g&#233;n&#233;rales du droit &#224; l'existence, de fiert&#233; ou de libert&#233;, viennent celles de la d&#233;criminalisation de l'homosexualit&#233; par l'abrogation des articles du Code p&#233;nal (Maroc, Tunisie, Liban, Soudan), la suppression du recours au test anal (Liban : test supprim&#233; dans la loi, mais en vigueur dans certains commissariats, et Tunisie), la lib&#233;ration de femmes trans emprisonn&#233;es (Liban), d'homosexuels incarc&#233;r&#233;s (Tunisie) ou de lesbiennes en d&#233;tention pr&#233;ventive (Maroc), et la l&#233;galisation des associations LGBTIQ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines associations demandent &#224; l'Etat la pr&#233;vention des MST/IST/VIH. La question du mariage homosexuel n'est g&#233;n&#233;ralement pas &#224; l'ordre du jour des associations, m&#234;me si leurs repr&#233;sentants sont souvent mis en demeure de mani&#232;re peu am&#232;ne de se prononcer sur le sujet. Des associations s'adressent d'abord &#224; la soci&#233;t&#233; et aux LGBTIQ, d'autres pensent initier le changement par des revendications s'adressant aux pouvoirs en place ou aux institutions internationales. Shams et l'Association tunisienne de soutien aux minorit&#233;s (ASTM) vont participer &#224; l'intergroupe LGBT, un forum informel du Parlement europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iraqueer sollicite l'appui des autorit&#233;s du Royaume-Uni via des parlementaires, le 15 juillet 2016, salue la lev&#233;e du drapeau arc-en-ciel devant le consulat am&#233;ricain d'Irbil en 2016, lors du tr&#232;s officiel Pride Month et d&#233;veloppe une analyse critique de la fragile avanc&#233;e contenue dans les d&#233;clarations de 2016 du chef chiite irakien, Moktada al Sadr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, Helem, La Fondation arabe pour les libert&#233;s et l'&#233;galit&#233;, M-Coalition, le centre de sant&#233; sexuelle Marsa et la LebMASH d&#233;noncent des arrestations dans un hammam gay en ao&#251;t 2014 et exigent la lib&#233;ration des emprisonn&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un front LGBTQI (incluant des associations de la soci&#233;t&#233; civile) appelle les autorit&#233;s tunisiennes &#224; s'engager lors du prochain Examen p&#233;riodique universel de la Tunisie devant le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, pr&#233;vu en mai 2017, &#224; abroger l'article 230 du code p&#233;nal, interdire la pratique du test anal, lutter contre toutes les formes de discrimination envers les LGBTQI et r&#233;primer tout appel &#224; la haine ou la violence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des manifestations publiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les LGBT organisent des manifestations publiques au Maroc, en Tunisie et au Liban. Ainsi, au Maroc, un sit-in de nuit a lieu &#224; Rabat en 2016, pour rendre hommage aux victimes de la tuerie d'Orlando, avec drapeaux arc-en-ciel et bougies. Au Liban, en 2012, des drapeaux arc-en-ciel sont arbor&#233;s lors d'une &#171; La&#239;que Pride &#187; qui exigeait la fin du syst&#232;me confessionnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La m&#234;me ann&#233;e, une autre manifestation est organis&#233;e par l'association Helem, &#224; Beyrouth, contre la pratique du test anal. En 2014, une centaine de manifestant-e-s se rassemblent devant le minist&#232;re de la Justice apr&#232;s l'arrestation et la garde &#224; vue, assortie d'humiliations et de violences, de six gays et personnes trans dans un club. En 2016, Helem organise une projection-d&#233;bat du film Priscilla, suivie d'une conf&#233;rence de presse d'un rassemblement exigeant l'abrogation de l'article 534 du code p&#233;nal et la lib&#233;ration de personnes trans emprisonn&#233;es. En 2016, Proud Lebanon organise une r&#233;ception &#224; Khan Al Harir, en pr&#233;sence d'autres organisations et de diplomates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Tunisie, le drapeau arc-en-ciel est arbor&#233; d&#232;s 2011, et une Premi&#232;re Gay Pride a lieu en 2015 sur le campus universitaire de Tunis, avec drapeaux et pancartes : &#171; L'amour n'est pas un crime &#187;, &#171; Mon corps, ma sexualit&#233;, mon droit &#187;. La m&#234;me ann&#233;e, un festival d'art f&#233;ministe est organis&#233; par Chouf &#224; Carthage, repris l'ann&#233;e suivante (choufouhonna, soit &#171; vous les avez vues &#187;). Shams organise son premier meeting pour la d&#233;p&#233;nalisation de l'homosexualit&#233; &#224; La Marsa, en 2015. A l'occasion du Forum social mondial &#224; Tunis, en 2015, un rassemblement a lieu arborant le drapeau arc-en-ciel. En 2016, des militants LGBT d&#233;filent &#224; Tunis avec ce drapeau &#224; l'occasion du cinqui&#232;me anniversaire de la r&#233;volution. Puis Shams organise un &#233;v&#233;nement public &#224; l'espace El Teatro de Tunis. En 2017, des &#233;quipes de Damj se rendent &#224; Beja, Sousse et Gabes pour diffuser un guide de s&#233;curit&#233;, juridique, num&#233;rique et informatique. Les projets poussent comme des champignons, ainsi Shams devrait lancer une hotline et une revue pour les homosexuel-le-s, intitul&#233;e Shams Mag.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La dimension internationale et r&#233;gionale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t, Tunisia's Gay Day a pris part &#224; la campagne de solidarit&#233; avec les gays d'Irak. La dimension s'est particuli&#232;rement exprim&#233;e au moment de la tuerie d'Orlando, en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les LGBTIQ joignent aux drapeaux nationaux leur banni&#232;re arc-en-ciel et participent &#224; des manifestations au niveau international : Gay Pride d'Amsterdam (participation d'un bateau marocain en 2014 et 2016), Forum social mondial au Canada en 2016, avec la participation de Without Restriction (Tunisie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iraqueer participe au congr&#232;s de Stockholm de 2015, au Malmo&#235; for Diversity Festival en 2016 (Su&#232;de), &#224; la Copenhagen Winter Pride en 2016 (Danemark), &#224; Queer Asia 2016 et &#224; une action conjointe avec Out Right et London Young Professionnal Engagement Committee, &#224; Londres en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;UAE LGBT Rights (Emirats arabes unis) s'associe &#224; la c&#233;l&#233;bration de l'IDAHO (Journ&#233;e internationale contre l'homophobie et la transphobie) en 2011, appelle &#224; signer une p&#233;tition pour les homosexuels pers&#233;cut&#233;s en Iran, appelle au Spirit Day, le 16 octobre 2014 et au Bisexual Visibility Day le 23 septembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Abu Nawas (Alg&#233;rie) participe &#224; la conf&#233;rence panafricaine de l'ILGA (International Lesbian, Gay, Bisexual, Trans and Intersex Association) &#224; Johannesburg, en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quzah (Libye) participe &#224; la Gay Pride 2016 en Italie, arborant drapeau libyen et drapeau arc-en-ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des initiatives se font jour au niveau r&#233;gional comme &#171; Ensemble, notre voix est plus forte &#187;, organis&#233;e le 15 mai 2016 par des associations d'Alg&#233;rie (trans et homosexuelles), d'Egypte ou du Soudan (Mesahat, Bedayaa). Ces m&#234;mes associations lancent &#224; l'occasion du 8 mars 2016 la campagne &#171; La voix des femmes queer du Nord de l'Afrique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Khomsa est le premier r&#233;seau LGBT maghr&#233;bin ; il a &#233;t&#233; lanc&#233; en 2011. Queers of Levant, lanc&#233; par deux femmes de 22 ans en 2015, veut couvrir le Liban, la Syrie, la Palestine et la Jordanie. En novembre 2016, vingt-deux structures LGBTQI du Maghreb et du Moyen Orient publient une d&#233;claration commune, suite &#224; l'arrestation et &#224; l'incarc&#233;ration de deux marocaines mineures, en raison d'un baiser &#233;chang&#233; sur la voie publique &#224; Marrakech. Quatre associations du Maroc, d'Alg&#233;rie, de Tunisie et Libye publient un communiqu&#233; commun pour la d&#233;criminalisation de l'homosexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MantiQitna (&#171; Notre r&#233;gion &#187;, avec le Q majuscule pour Queer) est une association qui organise un stage annuel dans la discr&#233;tion, &#224; destination des militant-e-s LGBTIQ de la r&#233;gion arabe. La dimension r&#233;gionale se traduit aussi par l'&#233;mergence de blogs, sites et pages &#171; arabes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pouvoirs, soci&#233;t&#233;s et r&#233;pression&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions des pouvoirs en place peuvent &#234;tre contradictoires. Ainsi, en Irak, on a vu Moqtada Al Sadr d&#233;clarer qu'il faut que les exactions &#224; l'encontre des LGBT cessent, tout en r&#233;affirmant dans la m&#234;me phrase que l'homosexualit&#233; est une &#171; maladie psychologique &#187;. L'ambassadeur des Emirats arabes unis aux Etats-Unis s'est fendu d'une condamnation de la &#171; tuerie haineuse d'Orlando &#187; sans toutefois pr&#233;ciser qu'il s'agissait d'un massacre homophobe, tandis que les ambassadeurs des autres pays arabes se taisaient. Les Emirats arabes unis et l'Egypte ont l&#233;galis&#233; les op&#233;rations chirurgicales de r&#233;assignation de sexe (auxquelles la minorit&#233; arabe d'Iran avait acc&#232;s de plus longue date), mais cette l&#233;galisation vise &#224; &#171; supprimer &#187; l'homosexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Liban, des &#233;volutions sont r&#233;guli&#232;rement enregistr&#233;es au niveau juridique. L'article 534 du code p&#233;nal punit les relations sexuelles contraires &#171; &#224; l'ordre de la nature &#187;, une formulation sujette &#224; diverses interpr&#233;tations, qui a permis en 2009 de faire acquitter deux homos, le juge ayant estim&#233; que &#171; l'homosexualit&#233; (&#8230;) fait partie de la nature &#187;. En 2017, le juge unique du tribunal du Metn n'a pu poursuivre un couple pour la m&#234;me raison et en s'appuyant sur un article prot&#233;geant la libert&#233; d'expression. En 2014, un juge acquitte une trans en se fondant notamment sur l'&#171; &#233;galit&#233; de tous les Libanais &#187; pr&#233;vue par la constitution. Un juge de la Cour d'appel de Beyrouth confirmera le droit d'une femme trans &#224; faire modifier son identit&#233;, lui ouvrant l'acc&#232;s aux traitements et &#224; une vie priv&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste qu'&#224; la diff&#233;rence d'autres mouvements (&#233;cologiques et f&#233;ministes, notamment) ayant surgi ou s'&#233;tant renforc&#233;s dans le cadre des r&#233;volutions arabes, les LGBTIQ rencontrent l'hostilit&#233; de la majorit&#233; des soci&#233;t&#233;s et des r&#233;volutionnaires eux-m&#234;mes. S'y ajoute le fait que les contre-r&#233;volutions ont s&#233;rieusement r&#233;duit les petits espaces militants, contraints &#224; limiter voire suspendre leurs activit&#233;s, particuli&#232;rement en Libye, Irak, Bahrein, Syrie ou au Y&#233;men, o&#249; les homosexuel-le-s encourent la peine de mort. De fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, c'est la r&#233;pression qui est la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de celle qui vise tous les LGBTIQ (criminalisation p&#233;nale, r&#233;pression sociale et tortures sp&#233;cifiques), ceux et celles qui les soutiennent, voire se contentent de leur donner la parole, sont &#224; leur tour r&#233;prim&#233;s. Des publications sont interdites, leurs responsables pourchass&#233;s. En Tunisie, les militants de Shams sont menac&#233;s de mort et agress&#233;s r&#233;guli&#232;rement, parfois en pr&#233;sence de policiers impassibles. Les autorit&#233;s y&#233;m&#233;nites bloquent l'acc&#232;s &#224; des sites LGBT. A Oman, Omantel bloque le blog Comunity Queer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres sont purement et simplement assassin&#233;s comme en Libye, apr&#232;s passage devant des cours. En 2014, Ali Shalwi, Saad Fakhakhiri et Nassib Jazawi sont ex&#233;cut&#233;s &#224; l'issue d'un proc&#232;s devant un tribunal de l'EI en Libye. C'est &#233;galement le cas en Arabie Saoudite. En f&#233;vrier 2017, Amna et Meeno, personnes trans d'origine pakistanaise, sont d&#233;c&#233;d&#233;es sous la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mandat d'arr&#234;t a &#233;t&#233; &#233;mis en 2017 contre Abbad Yahya, un romancier de Cisjordanie. Son polar, Jarima fi Ramallah (Un crime &#224; Ramallah), a &#233;t&#233; saisi en Cisjordanie et &#224; Gaza. Le procureur g&#233;n&#233;ral de Palestine estime que le livre comporte des textes et termes dont la connotation sexuelle menace la &#171; moralit&#233; et la pudeur publiques, et qui pourraient affecter la population, en particulier les mineurs &#187;. Il est soutenu en cela par le pr&#233;sident de l'Association des &#233;crivains palestiniens, qui affirme : &#171; c'est un roman stupide qui viole les valeurs nationales et religieuses de notre soci&#233;t&#233; pour flatter l'Occident et gagner des prix. Ma libert&#233; d'&#233;crivain s'arr&#234;te aux limites de la libert&#233; du pays &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luiza Toscane&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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