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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Au N&#233;pal, apr&#232;s le s&#233;isme, la diplomatie du d&#233;sastre humanitaire &#8211; Quand la &#171; g&#233;n&#233;rosit&#233; &#187; fait de l'ombre aux victimes et &#224; la trag&#233;die</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Au-Nepal-apres-le-seisme-la-diplomatie-du-desastre-humanitaire-Quand-la</link>
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		<dc:date>2015-05-19T11:53:53Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Bouissou</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>N&#233;pal</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lettre de Delhi. La diplomatie du d&#233;sastre humanitaire a de beaux jours devant elle. Avec les typhons et les s&#233;cheresses provoqu&#233;s par le r&#233;chauffement climatique qui s'annonce, de nombreuses catastrophes pourraient &#224; l'avenir d&#233;stabiliser des r&#233;gions et mettre en p&#233;ril leur s&#233;curit&#233;, d&#233;clenchant par exemple des migrations massives. Elles donnent aussi l'occasion aux Etats d'afficher leur puissance, leur h&#233;ro&#239;sme et leur g&#233;n&#233;rosit&#233;, pour mieux rayonner. En mati&#232;re de &#171; soft power &#187;, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-05-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-05-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton22208-bccf1.jpg?1677022619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lettre de Delhi. La diplomatie du d&#233;sastre humanitaire a de beaux jours devant elle. Avec les typhons et les s&#233;cheresses provoqu&#233;s par le r&#233;chauffement climatique qui s'annonce, de nombreuses catastrophes pourraient &#224; l'avenir d&#233;stabiliser des r&#233;gions et mettre en p&#233;ril leur s&#233;curit&#233;, d&#233;clenchant par exemple des migrations massives. Elles donnent aussi l'occasion aux Etats d'afficher leur puissance, leur h&#233;ro&#239;sme et leur g&#233;n&#233;rosit&#233;, pour mieux rayonner. En mati&#232;re de &#171; soft power &#187;, la r&#233;alit&#233; est peut-&#234;tre plus forte que la fiction, que celle-ci vienne d'Hollywood ou de Bollywood, comme l'a montr&#233; la r&#233;ponse internationale au s&#233;isme survenu au N&#233;pal, le 25 avril, qui a fait plus de 8 000 morts.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; L'Inde va essuyer les larmes du N&#233;pal &#187;, a d&#233;clar&#233; le premier ministre indien Narendra Modi, quelques heures apr&#232;s la catastrophe. Voisins ou pas, les Etats ont &#233;t&#233; si nombreux &#224; vouloir porter secours aux victimes du d&#233;sastre, que le petit a&#233;roport de Katmandou a &#233;t&#233; vite satur&#233;, ralentissant l'acheminement des vivres et du mat&#233;riel m&#233;dical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bord de l'unique piste d'atterrissage, les &#233;quipes de secouristes de plus d'une trentaine de nationalit&#233;s, &#233;taient rassembl&#233;es sous des tentes avec parfois des drapeaux hiss&#233;s au-dessus de leurs t&#234;tes. Mais sur les tas de ruines, les Hollandais &#233;taient vite confondus avec les Pakistanais, et les Allemands avec les Turcs. Sauf peut-&#234;tre pour les secouristes chinois qui, m&#233;thodiques, distribuaient des tentes bleu ciel arbor&#233;es du drapeau chinois et plantaient leur &#233;tendard apr&#232;s chaque inspection d'un immeuble en ruines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#233;diatisation&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette diplomatie d'un nouveau genre, il y a des perdants. La France a eu la malchance d'arriver plus tard que la Chine et l'Inde, apr&#232;s que son avion charg&#233; d'aide a fait demi-tour au-dessus de l'a&#233;roport congestionn&#233; de Katmandou. Elle a aussi &#233;t&#233; critiqu&#233;e lorsque son ambassade a refus&#233; d'accueillir dans son vaste jardin les victimes du s&#233;isme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des atouts de la diplomatie du d&#233;sastre humanitaire, c'est que les m&#233;dias sont pr&#233;sents en grand nombre. Et quel plus beau succ&#232;s diplomatique, pour un pays, que d'avoir un de ses secouristes sortant un b&#233;b&#233; des d&#233;combres, devant les t&#233;l&#233;visions du monde entier ? Au milieu des ruines, un soldat de l'arm&#233;e n&#233;palaise confiait son amertume. Pas une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision ne s'&#233;tait int&#233;ress&#233;e &#224; lui. Lui, qui &#233;tait pourtant sans nouvelle de sa famille mais qui devait travailler sans rel&#226;che pour secourir les victimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un journaliste &#233;tranger lui avait m&#234;me demand&#233; de garder son tr&#233;pied et son mat&#233;riel, afin qu'il puisse suivre, cam&#233;ra &#224; l'&#233;paule, un secouriste de son pays arriv&#233; il y a quelques heures seulement. Sur place, certaines &#233;quipes &#233;trang&#232;res, arriv&#233;es en grand nombre, ont pourtant d&#251; passer leurs journ&#233;es ailleurs que sur les ruines, &#224; leur grand d&#233;sarroi. A faire du shopping touristique, par exemple, et attendre qu'un h&#233;licopt&#232;re se lib&#232;re pour les emmener quelque part dans des villages isol&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La surexposition m&#233;diatique est, cependant, risqu&#233;e. Dans les conf&#233;rences du G20, ou dans les couloirs de l'ONU, les diplomates ont peut-&#234;tre la mine sombre et les journalistes se font rares, mais la communication est ma&#238;tris&#233;e. Sur les ruines de Katmandou, quelques jours seulement apr&#232;s le s&#233;isme, il &#233;tait plus difficile de cacher les vieilles rivalit&#233;s entre nations. Ce 30 avril, le quotidien indien Daily Mail tenait son scoop, photos &#224; l'appui : l'envoi de viande de b&#339;uf par le Pakistan dans un pays en majorit&#233; hindou, o&#249; l'abattage de cet animal est interdit ! Sacril&#232;ge&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Propagande &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;dias indiens s'empar&#232;rent de la question et le N&#233;pal, qui avait pourtant bien d'autres choses &#224; faire ce jour-l&#224;, fut bien oblig&#233; de lancer une enqu&#234;te. Islamabad fut innocent&#233;. &#171; Les m&#233;dias indiens ont transform&#233; cette question en propagande visant &#224; faire d&#233;railler les relations entre le Pakistan et le N&#233;pal &#187;, s'est agac&#233; le quotidien pakistanais The Express Tribune. Accueillir la g&#233;n&#233;rosit&#233; du monde entier tout en g&#233;rant ses rivalit&#233;s n'est pas une t&#226;che ais&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette g&#233;n&#233;rosit&#233; hyperm&#233;diatis&#233;e a d'ailleurs fini par agacer certains N&#233;palais. Une semaine apr&#232;s le d&#233;sastre, le mot-cl&#233; #IndianMediaGoHome (&#171; M&#233;dias indiens rentrez chez vous &#187;) s'est r&#233;pandu comme une tra&#238;n&#233;e de poudre sur les r&#233;seaux sociaux. Des N&#233;palais ont reproch&#233; aux m&#233;dias indiens de ne s'int&#233;resser qu'aux secouristes indiens et &#224; leur bravoure, de dramatiser &#224; outrance leurs reportages, et m&#234;me de g&#234;ner l'acheminement de l'aide en montant dans les rares h&#233;licopt&#232;res disponibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'aide mobilis&#233;e par l'Inde est impressionnante avec pr&#232;s de 700 soldats et plus d'une dizaine d'h&#233;licopt&#232;res mobilis&#233;s, au point qu'un ministre indien &#233;voqua devant le Parlement, le 29 avril, l'&#233;mergence de l'Inde comme une des nations leaders en mati&#232;re de r&#233;ponse aux catastrophes naturelles. Mais &#224; trop vouloir &#233;treindre un pays de sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, on peut l'&#233;touffer. Surtout lorsque dans la lumi&#232;re m&#233;diatique, cette g&#233;n&#233;rosit&#233; fait de l'ombre aux victimes et &#224; la trag&#233;die.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Patriarcat et cast&#233;isme : Un viol suivi de pendaison illustre le martyre des Indiennes de basse caste</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Patriarcat-et-casteisme-Un-viol-suivi-de-pendaison-illustre-le-martyre-des</link>
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		<dc:date>2014-06-03T13:00:54Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Bouissou</dc:creator>


		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Inde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'image sordide s'est r&#233;pandue &#224; toute allure sur les r&#233;seaux sociaux : une assembl&#233;e de villageois calmement assis autour de deux adolescentes pendues aux branches d'un manguier. La sc&#232;ne s'est d&#233;roul&#233;e dans un petit village d'Uttar Pradesh, l'un des Etats les plus pauvres d'Inde, min&#233; par les conflits entre castes. L'autopsie a r&#233;v&#233;l&#233; que les deux jeunes filles de 14 et 15 ans avaient &#233;t&#233; viol&#233;es avant leur mort, dans la nuit du mardi 27 mai au mercredi. &lt;br class='autobr' /&gt; Les villageois ont attendu, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-06-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-06-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH133/arton17928-d4ac9.png?1677022619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='133' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'image sordide s'est r&#233;pandue &#224; toute allure sur les r&#233;seaux sociaux : une assembl&#233;e de villageois calmement assis autour de deux adolescentes pendues aux branches d'un manguier. La sc&#232;ne s'est d&#233;roul&#233;e dans un petit village d'Uttar Pradesh, l'un des Etats les plus pauvres d'Inde, min&#233; par les conflits entre castes. L'autopsie a r&#233;v&#233;l&#233; que les deux jeunes filles de 14 et 15 ans avaient &#233;t&#233; viol&#233;es avant leur mort, dans la nuit du mardi 27 mai au mercredi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les villageois ont attendu, devant les corps suspendus des victimes, l'arriv&#233;e des journalistes et des cam&#233;ras pour faire pression sur la police qui s'est finalement d&#233;cid&#233;e, une dizaine d'heures plus tard, &#224; arr&#234;ter les suspects. La veille de la d&#233;couverte des corps, des policiers avaient insult&#233;, et renvoy&#233; chez lui, le p&#232;re de l'une des victimes, lorsqu'il &#233;tait venu signaler la disparition de sa fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les familles accusent la police d'avoir voulu &#233;pargner les suspects issus, comme eux, de la caste des yadavs. Une centaine d'&#233;tudiants sont descendus dans les rues de Delhi, vendredi, pour demander au gouvernement de sanctionner les policiers. Deux agents ont &#233;t&#233; mis &#224; pied et deux des trois suspects, arr&#234;t&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Violence, provocation, sentiment d'impunit&#233; &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les zones rurales de cette r&#233;gion du nord de l'Inde, une femme appartient &#224; sa caste avant de s'appartenir &#224; elle-m&#234;me. Victime de la soci&#233;t&#233; patriarcale, elle est aussi la plus expos&#233;e aux violences subies par les basses castes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pendaison des victimes dans un lieu public est un acte de violence et de provocation. C'est la preuve que le sentiment d'impunit&#233; r&#232;gne encore &#187;, d&#233;plore la f&#233;ministe Kavita Krishnan. Malgr&#233; la nouvelle loi vot&#233;e en 2013 pr&#233;voyant jusqu'&#224; la peine de mort pour les auteurs de viol, ces derniers sont encore nombreux &#224; se croire invincibles, surtout lorsque les victimes sont au bas de l'&#233;chelle sociale et n'ont pas acc&#232;s &#224; la justice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes issues des basses castes sont les damn&#233;es des damn&#233;s de l'Inde. Elles doivent subir, souvent en silence, violences et discriminations. La liste est longue : prostitution forc&#233;e, violences domestiques, viols, n&#233;gligences en mati&#232;re de soins m&#233;dicaux, malnutrition, illettrisme ou avortement s&#233;lectif. L'une des rares &#233;tudes publi&#233;es sur le sujet, en 2006, par la Campagne nationale pour les droits de l'homme des intouchables (NCDHR) donne un aper&#231;u de l'ampleur de cette trag&#233;die : sur 500 femmes issues de la caste des intouchables, une sur deux d&#233;clare avoir subi des agressions sexuelles. Les auteurs de l'&#233;tude citent m&#234;me l'exemple de parents qui marient leur fille d&#232;s l'&#226;ge de 5 ans de peur qu'elle soit viol&#233;e et ne trouve plus d'&#233;poux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les lois existent, mais la justice n'est qu'un r&#234;ve lointain pour ces femmes souvent tr&#232;s pauvres. Il arrive que la police tente de les dissuader de porter plainte ou refuse d'enregistrer leur plainte. Parfois ce sont les m&#233;decins qui inscrivent dans leur rapport que la victime &#233;tait habitu&#233;e aux rapports sexuels, sugg&#233;rant que la fille &#233;tait &#171; facile &#187;, donc consentante. Et la justice se paie cher, non pas pour s'offrir les services d'un avocat, mais pour verser des pots-de-vin, passer des journ&#233;es au tribunal sans travailler et donc &#234;tre priv&#233; de revenus d&#233;j&#224; maigres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Laxisme de la police &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces femmes s'exposent aussi aux repr&#233;sailles des castes sup&#233;rieures. Jeudi soir, la m&#232;re d'une victime de viol a &#233;t&#233; battue et d&#233;shabill&#233;e en public dans l'Uttar Pradesh apr&#232;s que sa fille, de basse caste, a port&#233; plainte. &#171; Le viol ou toute autre forme de violence sont des armes utilis&#233;es comme punition pour avoir transgress&#233; l'ordre &#233;tabli &#187;, analyse Namrata Daniel, de la NCDHR. Les victimes sont donc nombreuses &#224; choisir le silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elles ont contre elles une soci&#233;t&#233; patriarcale et un Etat incapable de prot&#233;ger leurs droits. &#171; La triste r&#233;alit&#233;, c'est que les droits de nombreuses femmes en Inde continuent d'&#234;tre viol&#233;s et l'impunit&#233; est la norme &#187;, d&#233;clarait, en mai 2013, la rapporteuse sp&#233;ciale de l'ONU sur les droits des femmes, Rashida Manjoo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lendemain des manifestations provoqu&#233;es par le viol collectif, en d&#233;cembre 2012, d'une &#233;tudiante qui avait succomb&#233; &#224; ses blessures, les associations f&#233;ministes &#233;taient parvenues &#224; imposer une nouvelle loi prot&#233;geant mieux les victimes. &#171; Mais, dans le mouvement f&#233;ministe, on ne pr&#234;te pas suffisamment attention aux probl&#232;mes des femmes intouchables et, dans le mouvement des intouchables, elles sont ignor&#233;es. La caste, la classe et le genre doivent &#234;tre abord&#233;s ensemble &#187;, insiste Namrata Daniel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vendredi, la ministre charg&#233;e de l'enfance et des femmes, Maneka Gandhi, a annonc&#233; la cr&#233;ation d'une cellule de crise pour venir en aide aux familles des deux adolescentes. &#171; Le laxisme de la police est &#233;galement responsable de l'incident qui a conduit &#224; [leur] mort &#187;, a reconnu Mme Gandhi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La panne de l'&#233;l&#233;phant indien</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-panne-de-l-elephant-indien</link>
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		<dc:date>2012-08-14T12:36:42Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Bouissou</dc:creator>


		<dc:subject>Indes</dc:subject>
		<dc:subject>Asie/Proche-Orient</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-02-14</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ainsi va la politique en Inde : alors que 600 millions d'habitants &#233;taient plong&#233;s dans le noir, victimes de la plus grande panne d'&#233;lectricit&#233; de tous les temps, le ministre indien de l'&#233;nergie, Sushilkumar Shinde, a &#233;t&#233; promu, le 31 juillet, &#224; l'int&#233;rieur. Une fois le courant r&#233;tabli, la nouvelle de cette promotion a pour le moins surpris. S&#251;r de lui, le ministre a pr&#233;f&#233;r&#233; s'attaquer aux critiques : &#171; La col&#232;re des gens est injuste, a-t-il dit. Il faut savoir que l'Inde a une expertise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/arton11192-b2130.png?1677022619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ainsi va la politique en Inde : alors que 600 millions d'habitants &#233;taient plong&#233;s dans le noir, victimes de la plus grande panne d'&#233;lectricit&#233; de tous les temps, le ministre indien de l'&#233;nergie, Sushilkumar Shinde, a &#233;t&#233; promu, le 31 juillet, &#224; l'int&#233;rieur. Une fois le courant r&#233;tabli, la nouvelle de cette promotion a pour le moins surpris. S&#251;r de lui, le ministre a pr&#233;f&#233;r&#233; s'attaquer aux critiques : &#171; La col&#232;re des gens est injuste, a-t-il dit. Il faut savoir que l'Inde a une expertise dans le secteur de la production d'&#233;nergie. &#187; La presse indienne a eu beau jeu de vilipender un gouvernement coup&#233; des r&#233;alit&#233;s et fuyant ses responsabilit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Une nouvelle ligne de fracture &#233;merge, qui ne s&#233;pare plus seulement les riches des pauvres mais, cette fois, les gouvernants des gouvern&#233;s. Pratap Bhanu Mehta, le directeur du Center for Policy Research, un think tank bas&#233; &#224; New Delhi, va m&#234;me plus loin dans une tribune publi&#233;e par le quotidien Indian Express : &#171; Il y a comme un air d'ancien r&#233;gime o&#249; chacun essaie d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de s'accrocher &#224; ses privil&#232;ges, loin d'un parti moderne qui tente de faire le bien de son peuple. &#187; Avec une croissance qui devrait tomber &#224; 6 ou 6,5 % cette ann&#233;e, la conjoncture dans le pays ne cesse de se d&#233;t&#233;riorer, sans que le gouvernement soit capable d'engager la moindre r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis la ratification, au Parlement, de l'accord sur le nucl&#233;aire civil avec les Etats-Unis en 2008, aucune grande r&#233;forme n'a vu le jour. Ou alors elles ont &#233;t&#233; vite enterr&#233;es, comme celle qui ouvrait le secteur de la grande distribution aux investissements &#233;trangers. Le premier ministre indien l'a lui-m&#234;me reconnu dans un discours au Parlement en mars : &#171; Les d&#233;cisions difficiles sont d'autant plus difficiles &#224; prendre que nous sommes un gouvernement de coalition. &#187; Depuis les derni&#232;res &#233;lections nationales de 2009, la survie de la coalition et la recherche du consensus se font au d&#233;triment des r&#233;formes. Manmohan Singh doit composer avec des alli&#233;s difficiles comme l'impr&#233;visible Mamata Banerjee, premi&#232;re ministre du Bengale occidental. Et les vell&#233;it&#233;s de changement du premier ministre sont parfois contrari&#233;es par Sonia Gandhi, la pr&#233;sidente de son propre parti, le Parti du Congr&#232;s, qui g&#232;re le pays dans son ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panne d'&#233;lectricit&#233; sonne comme un d&#233;saveu pour celui qui, en 1991 lorsqu'il &#233;tait ministre de l'&#233;conomie, a mis le pays sur les rails de la croissance en lib&#233;ralisant des pans entiers de l'&#233;conomie, et ne cesse de r&#233;p&#233;ter que la construction d'infrastructures est la priorit&#233;. Las ! La production de charbon n'est pas suffisante pour alimenter les centrales thermiques et les projets de construction de centrales sont sans cesse retard&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La panne g&#233;ante qui a frapp&#233; l'Inde livre un autre enseignement : malgr&#233; les trains &#224; l'arr&#234;t et quelques embouteillages m&#233;morables, le pays a continu&#233; de fonctionner. Les usines et les foyers les plus ais&#233;s ont mis en route leurs groupes &#233;lectrog&#232;nes, les &#233;choppes ont sorti des bougies et les quelques centaines de millions d'habitants qui n'ont pas acc&#232;s &#224; l'&#233;lectricit&#233; n'ont rien senti. Comme si les habitants n'esp&#233;raient plus rien du gouvernement. Les entrepreneurs ont appris &#224; vivre en autarcie. &#171; Il faut r&#233;ussir malgr&#233; l'administration indienne et pas gr&#226;ce &#224; elle &#187;, disent les patrons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Bangalore, on raconte en riant que le secteur informatique s'est d&#233;velopp&#233; car les fonctionnaires ne comprenaient pas ce que faisaient les ing&#233;nieurs et les ont laiss&#233;s tranquilles. En ce qui concerne l'industrie, talon d'Achille de l'Inde, le sc&#233;nario est diff&#233;rent. Les usines ont besoin de terrains et d'infrastructures, c'est-&#224;-dire de r&#233;glementations claires et de proc&#233;dures transparentes. Les plus chanceux parviennent &#224; acqu&#233;rir des terrains et &#224; produire eux-m&#234;mes l'&#233;nergie dont ils ont besoin. Mais personne ne peut r&#233;former, &#224; la place du gouvernement, les lois du travail rigides qui ont contribu&#233; &#224; l'&#233;meute d'ouvriers dans une usine automobile de Maruti Suzuki au mois de juillet, causant la mort d'un responsable du personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ces temps troubles pour l'Inde, on se prend &#224; r&#234;ver du Mahatma Gandhi. Un Gandhi d&#233;fenseur des petits villages contre les multinationales qui pillent les ressources naturelles du pays. Un Gandhi int&#232;gre contre les politiciens corrompus d'aujourd'hui. M&#234;me dans le secteur des infrastructures, certains appellent &#224; un mod&#232;le d&#233;centralis&#233; de production d'&#233;nergie qui n'est pas sans rappeler le mod&#232;le d'autarcie des villages propos&#233; par le Mahatma. Gandhi est-il l'avenir de l'Inde ? Le pays arrive en tout cas &#224; un tournant. Il n'est plus la valeur s&#251;re de ces dix derni&#232;res ann&#233;es, la shining India, mais un &#171; pari &#224; 50/50 &#187;, &#233;crit Ruchir Sharma, de Morgan Stanley, dans son livre r&#233;cent, Breakout Nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Inde poss&#232;de de formidables atouts : une &#233;lite form&#233;e dans les meilleures universit&#233;s du monde, un tissu d'entrepreneurs et une consommation int&#233;rieure dynamique qui l'aide &#224; tenir bon dans une conjoncture internationale morose. Mais certains de ses atouts pourraient vite devenir des &#233;pines. Les in&#233;galit&#233;s se creusent, m&#234;me si la pauvret&#233; recule. D'ici &#224; 2026, 150 millions d'Indiens vont arriver sur le march&#233; du travail ; selon qu'ils seront instruits et form&#233;s ou pas, ils iront grossir les rangs des travailleurs pauvres, ou au contraire ils feront gagner deux points de croissance par an &#224; l'Inde. Tel un cycliste en pleine ascension, l'Inde ne doit pas arr&#234;ter de se r&#233;former. Faute de quoi, c'est toute la croissance qui risque de tomber en panne, et avec elle, ses chances de d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Bouissou est correspondance &#224; New Delhi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article tir&#233; du quotidien LE MONDE du 08/08/2012&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les ouvriers du textile se r&#233;voltent au Bangladesh</title>
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		<dc:date>2010-08-17T12:37:39Z</dc:date>
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		<dc:creator>Julien Bouissou</dc:creator>


		<dc:subject>Bengladesh</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Rafiqul pr&#233;f&#232;re un rendez-vous discret au zoo de Dacca. Depuis que les violentes manifestations des ouvriers du secteur de l'habillement secouent la capitale du Bangladesh, les leaders syndicaux comme lui sont surveill&#233;s de pr&#232;s par des policiers d&#233;guis&#233;s en civil. &lt;br class='autobr' /&gt; S'il est aper&#231;u en en compagnie d'un &#233;tranger, il pourrait &#234;tre accus&#233; de trahison &#224; l'encontre de son pays, et risque la prison. Rafiqul arrive donc discr&#232;tement entre la cage des ours et celle des singes, flanqu&#233; d'un garde (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5076-c2c72.jpg?1677022619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rafiqul pr&#233;f&#232;re un rendez-vous discret au zoo de Dacca. Depuis que les violentes manifestations des ouvriers du secteur de l'habillement secouent la capitale du Bangladesh, les leaders syndicaux comme lui sont surveill&#233;s de pr&#232;s par des policiers d&#233;guis&#233;s en civil.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il est aper&#231;u en en compagnie d'un &#233;tranger, il pourrait &#234;tre accus&#233; de trahison &#224; l'encontre de son pays, et risque la prison. Rafiqul arrive donc discr&#232;tement entre la cage des ours et celle des singes, flanqu&#233; d'un garde du corps. Il reste vigilant, surtout depuis qu'il a refus&#233; la derni&#232;re proposition de hausse du salaire mensuel minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 31 juillet, une commission compos&#233;e de repr&#233;sentants du gouvernement, des ouvriers et du patronat a d&#233;cid&#233; d'augmenter celui-ci de 80 %, &#224; 3 000 takas (32,6 euros), contre 19 euros auparavant. &#171; Cette augmentation couvre &#224; peine la hausse du co&#251;t de la vie. Il nous faut au moins 55 euros pour survivre. Ceux qui nous ont repr&#233;sent&#233;s sont membres du parti au pouvoir. Vous pensez vraiment qu'ils sont impartiaux ? &#187;, ironise le leader syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour fixer le nouveau salaire minimum, la commission des salaires a calcul&#233; le nombre de calories journali&#232;res dont a besoin un ouvrier pour survivre. &#171; 3 200 calories par jour, soit environ 27 euros par mois &#187;, explique froidement le juge Ikteder Ahmed, pr&#233;sident du comit&#233; du salaire minimum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; comment, au Bangladesh, un ouvrier qui doit subvenir aux besoins d'un autre que lui, comme c'est souvent le cas, tombe au-dessous du seuil de pauvret&#233; en travaillant jusqu'&#224; 10 heures par jour, 6 jours sur 7. Dans les jours qui ont suivi l'annonce du nouveau salaire minimum, 50 usines ont &#233;t&#233; saccag&#233;es, et pr&#232;s d'une centaine de manifestants ont &#233;t&#233; bless&#233;s dans des affrontements avec la police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement de protestation, qui dure depuis le mois de juin, a de quoi inqui&#233;ter le gouvernement. De 1995 &#224; 2010, le chiffre d'affaire du secteur est pass&#233; de 2 &#224; 12,3 milliards de dollars (de 1,5 &#224; 9,3 milliards d'euros) et il repr&#233;sente &#224; lui seul 7 % du produit national brut (PNB). Cette croissance est due &#224; l'augmentation des salaires en Chine et &#224; &#171; un vaste r&#233;servoir de main-d'&#339;uvre &#224; bas co&#251;t et aux doigts fins &#187;, explique Munsur Khaled, porte-parole de la puissante Association des exportateurs et des fabricants bangladais de v&#234;tements (BGMEA).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis vingt ans, le gouvernement du Bangladesh a tout mis&#233; sur l'&#171; eldorado du textile &#187;. Plus de six zones franches d&#233;di&#233;es &#224; l'exportation ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;es. Le gouvernement a m&#234;me invent&#233; le statut de &#171; commercially important people &#187; r&#233;serv&#233; aux principaux exportateurs du pays, qui b&#233;n&#233;ficient, entre autres, de coupe-file &#224; l'a&#233;roport et du droit au port d'arme. Et puisque la survie du Bangladesh semble passer par les exportations, les petites fourgonnettes qui portent l'inscription officielle &#171; Urgent. Livraison pour exportations &#187; sont prioritaires dans le trafic congestionn&#233; de Dacca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelque 80 % des exportations du pays d&#233;pendent du secteur de l'habillement, qui a cr&#233;&#233; plus de 3,5 millions d'emplois. &#171; Jusqu'&#224; pr&#233;sent, la main-d'&#339;uvre &#233;tait surtout compos&#233;e de femmes, r&#233;put&#233;es plus dociles. Avec l'arriv&#233;e des hommes, les revendications sont apparues. Et l'absence de dialogue social, en raison de l'interdiction des syndicats, conduit &#224; la violence &#187;, explique Mustafizur Rahman, &#233;conomiste, directeur du Centre for Policy Dialogue, un centre de recherche bas&#233; &#224; Dacca.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les syndicats ne sont autoris&#233;s que dans les usines, hors des zones franches, si au moins 30 % des salari&#233;s en font la demande. Autant dire qu'ils sont quasi inexistants, m&#234;me si 28 f&#233;d&#233;rations de travailleurs, &#224; la frange de la l&#233;galit&#233;, se sont cr&#233;&#233;es. &#171; Si nous autorisons les syndicats, les travailleurs d&#233;pendront d'&#233;l&#233;ments ext&#233;rieurs qui perturberont le travail &#187;, explique Shamsuz Zaman, le directeur des op&#233;rations de l'usine Gildan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Bangladesh, ce sont donc les acheteurs internationaux qui jouent le r&#244;le des syndicats. Les distributeurs, comme H&amp;M ou Zara, viennent inspecter les usines chaque mois pour v&#233;rifier leur conformit&#233; &#224; des cahiers des charges tr&#232;s stricts : respect des horaires de travail, pr&#233;sence d'une infirmerie, s&#233;curit&#233; anti-incendie et nombre de travailleurs au m&#232;tre carr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce ne sont que des apparences, maugr&#233;e Arjun, qui fabrique plus de 150 tee-shirts par jour, notamment pour H&amp;M, lorsqu'ils viennent inspecter l'usine, on nous pr&#233;vient &#224; l'avance. Et on doit leur mentir sur nos salaires et nos horaires de travail. &#187; Arjun, &#226;g&#233; de 20 ans, gagne environ 54 euros par mois. Il r&#233;clame la cr&#233;ation de dortoirs, pour &#233;conomiser les co&#251;ts de transport, et surtout des jours de cong&#233;, pour ne pas &#234;tre licenci&#233; lorsqu'il doit s'absenter quelques jours. Avec sa soeur et ses parents, il vit dans une petite pi&#232;ce &#224; peine plus grande que le lit, sur lequel tous dorment entass&#233;s. La cuisine, un point d'eau partag&#233; avec les autres habitants du bidonville, se trouve &#224; l'ext&#233;rieur. Sous la pression de sa famille, qui a besoin de son salaire pour survivre, Arjun s'est r&#233;sign&#233; &#224; ne pas rejoindre le mouvement de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres, souvent tr&#232;s jeunes, ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s pour avoir manifest&#233;. &#171; Il suffit que les patrons les accusent d'incitation &#224; la violence pour que tous soient mis en prison &#187;, explique Rafiqul. Islam, par exemple, a &#233;t&#233; lib&#233;r&#233; sous caution, il y a un mois. &#171; Je demandais juste qu'on me r&#233;mun&#232;re mes heures suppl&#233;mentaires. Les patrons nous disent qu'ils sont pauvres mais pourquoi ils construisent des usines partout et roulent en Mercedes s'ils n'ont pas d'argent ? &#187;, s'agace-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'usine o&#249; il travaille d&#233;sormais produit des tee-shirts pour l'&#233;tranger mais aucun inspecteur ne vient la contr&#244;ler. Car elle ne re&#231;oit ses commandes que des usines voisines &#171; homologu&#233;es &#187;, lorsque ces derni&#232;res sont en surcapacit&#233;. Ici, les r&#233;primandes sont s&#233;v&#232;res. Un contrema&#238;tre hurle, la main lev&#233;e, sur une ouvri&#232;re, tandis qu'&#224; ses c&#244;t&#233;s, d'autres cousent &#224; un rythme effr&#233;n&#233; des tee-shirts dans une chaleur &#233;touffante. Tous sont pay&#233;s &#224; la quantit&#233; produite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La BGMEA, qui regroupe presque tous les fabricants de v&#234;tements du pays, assure veiller &#224; l'am&#233;lioration des conditions de travail. &#171; Mais nous ne pouvons pas augmenter les salaires. Sinon des usines vont fermer &#187;, pr&#233;vient Munsur Khaled. Les patrons invoquent le co&#251;t des infrastructures d&#233;ficientes. L'encombrement des ports retarde les livraisons, ce qui les oblige parfois &#224; envoyer leurs marchandises par avion, et les usines doivent produire elles-m&#234;mes leur &#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le probl&#232;me, c'est que si les salaires augmentent, les usines ach&#232;teront des machines et embaucheront moins &#187;, pr&#233;dit Mustafizur Rahman. Quant &#224; savoir si le montant du nouveau salaire minimum est satisfaisant, l'&#233;conomiste h&#233;site : &#171; Un salaire de 38 euros permet de cr&#233;er des emplois, mais il ne sortira pas les ouvriers de la pauvret&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Bouissou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le droit de gr&#232;ve et les droits syndicaux sont bafou&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La r&#233;pression antisyndicale s'est poursuivie sans tr&#234;ve en 2009 &#187;, alors que les ouvriers bangladais du secteur de l'habillement sont &#171; les moins bien pay&#233;s du monde &#187; et que &#171; leur exploitation est en hausse &#187;, note un rapport publi&#233; en juin par la Conf&#233;d&#233;ration syndicale internationale (CSI), &#224; Gen&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour &#234;tre enregistr&#233;, un syndicat doit obtenir l'approbation d'au moins 30 % des travailleurs et l'autorisation du gouvernement. Il est souvent limit&#233; &#224; l'entreprise, ce qui entra&#238;ne une fragmentation du paysage syndical. &#171; Le droit de gr&#232;ve est &#233;galement frapp&#233; de restrictions &#187;, estime la CSI. Celle-ci doit &#234;tre approuv&#233;e par 75 % des travailleurs et doit intervenir au cours d'une p&#233;riode convenue &#224; l'avance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la plupart des gr&#232;ves sont ill&#233;gales et s&#233;v&#232;rement r&#233;prim&#233;es par la police. &#171; Les recours l&#233;gaux &#233;tant quasiment impossibles, la manifestation spontan&#233;e est souvent la seule solution &#187;, t&#233;moigne un syndicaliste sous condition d'anonymat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2009, le personnel de s&#233;curit&#233; de l'usine textile du groupe Pretty a ouvert le feu sur des manifestants, faisant un mort. Lors des manifestations qui ont suivi, les affrontements avec la police ont fait deux morts parmi les gr&#233;vistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les entorses au droit du travail sont courantes, comme le non-respect du salaire minimal ou le retard dans le versement des salaires. D'apr&#232;s un rapport de la direction de l'inspection du travail bangladaise, 15 % des usines textiles n'ont pas pay&#233; &#224; temps leurs salari&#233;s entre janvier et mai 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les patrons accusent les syndicats d'&#234;tre corrompus. Certains portent r&#233;guli&#232;rement plainte pour demande de pots-de-vin et refusent pour ce motif toute n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre secteur montr&#233; du doigt par la CSI concerne les chantiers de d&#233;molition de navires. Plus d'un travailleur sur cinq serait &#226;g&#233; de moins de 15 ans, et les conditions de travail sont jug&#233;es &#171; dangereuses &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien Bouissou&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;BOUISSOU Julien&lt;br class='autobr' /&gt;
* Paru dans Le Monde dat&#233; du 11 ao&#251;t 2010. Publi&#233; le 10.08.10 | 14h04 &#8226; Mis &#224; jour le 10.08.10 | 17h26.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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