<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=1962&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Construire la gauche de rupture</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Construire-la-gauche-de-rupture</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Construire-la-gauche-de-rupture</guid>
		<dc:date>2024-09-03T06:47:19Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan, Stefano Palombarini</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-09-03</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives et leur r&#233;sultat inattendu ont cr&#233;&#233; une nouvelle situation politique et acc&#233;l&#233;r&#233; la crise du macronisme, mettant la gauche face &#224; ses responsabilit&#233;s. Dans cette tribune, C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan et Stefano Palombarini avancent quelques propositions pour construire la gauche de rupture, insistant en particulier sur le r&#244;le central que peut et doit jouer la France insoumise. &lt;br class='autobr' /&gt; 22 juillet 2024 | tir&#233; de contretemps.eu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-09-03-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-09-03&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/la_gauche_de_gauche-f1c42.png?1781028175' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les &#233;lections l&#233;gislatives et leur r&#233;sultat inattendu ont cr&#233;&#233; une nouvelle situation politique et acc&#233;l&#233;r&#233; la crise du macronisme, mettant la gauche face &#224; ses responsabilit&#233;s. Dans cette tribune, C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan et Stefano Palombarini avancent quelques propositions pour construire la gauche de rupture, insistant en particulier sur le r&#244;le central que peut et doit jouer la France insoumise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 juillet 2024 | tir&#233; de contretemps.eu &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/construire-gauche-rupture-nouveau-front-populaire/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/construire-gauche-rupture-nouveau-front-populaire/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;br class='autobr' /&gt;
La situation politique &#233;volue &#224; toute vitesse. Quatre &#233;l&#233;ments la caract&#233;risent :&lt;br class='autobr' /&gt;
1/ Le RN est en embuscade. Son &#233;chec &#8211; relatif, puisqu'il a doubl&#233; le nombre de ses d&#233;put&#233;s &#8211; aux &#233;lections l&#233;gislatives r&#233;sulte notamment de deux facteurs. D'abord, des l&#233;gislatives sans pr&#233;sidentielles, o&#249; donc la dynamique de ces derni&#232;res ne se transmet pas aux premi&#232;res, favorisant de ce fait les partis les plus territorialis&#233;s. Ensuite, un efficace &#171; barrage r&#233;publicain &#187;, construit avant tout par la gauche. Ces facteurs ont contenu pour cette fois la progression du RN dans certaines limites, mais rien ne garantit leur p&#233;rennit&#233; et leur efficacit&#233; &#224; l'avenir. Surtout, la fascisation progresse dans la soci&#233;t&#233;, avec notamment la multiplication des actes et propos racistes au quotidien. Et des secteurs entiers de la bourgeoisie basculent, &#224; l'image du morceau des LR emmen&#233; par Ciotti ou de l'accueil positif du CAC 40 &#224; la perspective d'un gouvernement RN au soir du premier tour.&lt;br class='autobr' /&gt;
2/ Le macronisme s'effondre aussi rapidement qu'il est apparu. Le &#171; bloc bourgeois &#187; a toujours &#233;t&#233; une illusion, mais d&#233;monstration est faite d&#233;sormais qu'il n'a de majorit&#233; ni dans le pays ni au sein des institutions. Tant mieux, une repolarisation droite-gauche devrait clarifier le champ politique pour les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ Donn&#233; pour mort en 2017, le Parti socialiste est de retour. En nombre de d&#233;put&#233;s, il fait d&#233;sormais quasi-jeu &#233;gal avec LFI. Il contr&#244;le cinq r&#233;gions, un grand nombre de villes, et est la deuxi&#232;me force politique au S&#233;nat. L'hypoth&#232;se fondatrice du NPA puis de LFI, selon laquelle la crise de la social-d&#233;mocratie laisserait m&#233;caniquement le champ libre aux forces radicales &#224; gauche, est clairement d&#233;mentie. Notre approche strat&#233;gique doit &#234;tre repens&#233;e de fond en comble. La gauche radicale n'est pas seule &#224; gauche, il faut int&#233;grer cette donn&#233;e une fois pour toutes dans notre logiciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/ Malgr&#233; une progression importante en nombre de voix aux europ&#233;ennes 2024 par rapport &#224; 2019, le rapport de force pour LFI au sein de la gauche s'est d&#233;t&#233;rior&#233; depuis la derni&#232;re pr&#233;sidentielle. On le constate, entre autres indicateurs, dans sa difficult&#233; &#224; imposer ses choix aux autres composantes du Nouveau front populaire en mati&#232;re de d&#233;signation du premier ministre et de la pr&#233;sidence de l'Assembl&#233;e Nationale. Quelle diff&#233;rence par rapport aux l&#233;gislatives de 2022 ! Le spectacle lamentable de purges men&#233;es au plus mauvais moment n'a pas aid&#233;. Il a donn&#233; l'impression que LFI s'en prenait aux plus proches politiquement, plut&#244;t que d'employer ses efforts &#224; combattre les fascistes et &#224; renforcer, dans l'espace de la gauche, les positions de ceux qui souhaitent une rupture nette avec la trajectoire n&#233;olib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, quatre blocs peuvent d&#233;sormais &#234;tre identifi&#233;s dans le champ &#233;lectoral : le Rassemblement national ; une droite autrefois connue sous le nom de &#171; r&#233;publicaine &#187;, &#224; l'intersection entre un macronisme en crise terminale et LR, dont &#201;douard Philippe est l'incarnation ; une gauche n&#233;olib&#233;rale assum&#233;e, dont la campagne europ&#233;enne de Rapha&#235;l Glucksmann est le paradigme ; et la gauche de rupture. Les bords de ces quatre blocs sont &#233;volutifs. S'ajoutent &#224; eux les abstentionnistes, premier parti au sein des classes populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;LFI est le c&#339;ur du bloc de la gauche de rupture. Mais ce bloc est le seul, sur le plan id&#233;ologique, &#224; se situer en dehors d'un paradigme n&#233;olib&#233;ral qui, s'il donne des signes d'une crise probablement irr&#233;versible, demeure celui qui structure la vision du monde du plus grand nombre. Il ne faut donc pas se cacher que le bloc de la gauche de rupture demeure en situation de faiblesse sur le plan de l'h&#233;g&#233;monie. Il est de ce fait essentiel d'&#233;largir son p&#233;rim&#232;tre, et de ce point de vue une responsabilit&#233; fondamentale revient &#224; LFI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela passe par un travail politique en particulier en direction des abstentionnistes, jeunesse et classes populaires, remarquablement mis en &#339;uvre par LFI ces derni&#232;res ann&#233;es. Mais pour monter en &#233;chelle et esp&#233;rer gouverner, il faut &#233;galement agr&#233;ger des forces politiques et sociales constitu&#233;es, avec chacune leur influence dans divers secteurs sociaux et dans le champ politique : syndicats, associations et autres composantes de la gauche, soit le PCF, une partie des &#233;cologistes au moins, certains socialistes, le NPA et les insoumis &#171; dissidents &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble de ces forces pourraient prendre d&#232;s septembre l'initiative de constituer des Assembl&#233;es du Nouveau front populaire, une alliance qu'il s'agit d'ancrer durablement dans la perspective de la rupture avec le n&#233;olib&#233;ralisme ; et LFI pourrait &#234;tre avec d'autres la cheville ouvri&#232;re de la construction d'une v&#233;ritable base populaire de ce qui n'est, pour l'instant, qu'un accord entre appareils. L'un des obstacles sur cette route est la nature de LFI qui, si elle fonctionne comme une machine &#233;lectorale redoutable et extr&#234;mement efficace, n'est quasiment pas structur&#233;e &#224; la base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or le &#171; gazeux &#187; ne r&#233;sistera pas au fascisme qui vient : si on veut le combattre efficacement, et plus g&#233;n&#233;ralement cr&#233;er les conditions de la transformation au sein de l'appareil &#233;tatique et de la soci&#233;t&#233; toute enti&#232;re, on ne pourra faire l'&#233;conomie de la construction d'une organisation digne de ce nom. Les Assembl&#233;es du Nouveau front populaire pourraient enclencher une dynamique de cet ordre. Cela n'emp&#234;che pas les organisations existantes de continuer &#224; exister et interagir. Mais cela cr&#233;era un ancrage &#224; la base, obligeant les appareils &#224; tenir compte de l'int&#233;r&#234;t du Nouveau front populaire dans son ensemble. Pour peser efficacement et durablement sur le devenir de la gauche, dans ces Assembl&#233;es du NFP et au-del&#224;, LFI devra donc se transformer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e, tr&#232;s pr&#233;sente dans le groupe dirigeant de LFI, que la construction du mouvement s'op&#232;re par &#171; clarifications &#187; successives, o&#249; les personnes et collectifs qui ne suivent pas la ligne d&#233;cid&#233;e par Jean-Luc M&#233;lenchon et son entourage sont progressivement exclus, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e efficace lorsqu'il s'agissait de construire une perspective pour une gauche de rupture, en la sauvant du naufrage du hollandisme. Mais elle est en totale contradiction avec les exigences de la phase politique que nous vivons. Il s'agit pour LFI, aujourd'hui, d'assumer le r&#244;le d'organisateur et de pivot d'un bloc social qui, pour s'&#233;largir, doit admettre une certaine diversit&#233; en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le crit&#232;re de la stricte fid&#233;lit&#233; &#224; la ligne d&#233;cid&#233;e par un petit nombre de personnes ne fait que favoriser la renaissance de ses concurrents, au premier rang desquels le Parti socialiste et les &#233;cologistes. Il nous faut construire l'h&#233;g&#233;monie &#224; gauche et dans le pays dans un m&#234;me mouvement. Or l'h&#233;g&#233;monie est le contraire de l'exclusion : elle suppose d'agr&#233;ger des forces politiques et sociales diverses, tout en exer&#231;ant sur elles ce que Gramsci appelait une capacit&#233; de direction, et en leur imposant nos th&#232;mes. &lt;br class='autobr' /&gt;
Seule la gauche de rupture peut sauver le pays des crises multiples qu'il subit. Pour cela, nous avons besoin d'une LFI confiante dans la force de ses id&#233;es et de sa capacit&#233; d'organisation. Sur le plan id&#233;ologique, sa capacit&#233; &#224; faire bouger les lignes se cristallise dans les programmes communs de 2022 et 2024 qui rompent sans ambigu&#239;t&#233;s avec le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan organisationnel en revanche, le mouvement patine, comme en atteste l'incapacit&#233; &#224; enclencher une dynamique d'&#233;largissement cumulative. L'ancrage dans diff&#233;rents milieux s'incarne dans des figures qui fonctionnent comme des symboles, mais pas dans la structuration concr&#232;te. Pour cro&#238;tre, c'est-&#224;-dire agr&#233;ger et mettre en mouvement dans l'organisation des secteurs sociaux diversifi&#233;s, LFI doit instaurer un pluralisme interne, bas&#233; sur des r&#232;gles collectivement d&#233;cid&#233;es. Gage d'efficacit&#233;, ce pluralisme lui permettra de rayonner au-del&#224; des fronti&#232;res du mouvement. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le fonctionnement de LFI repose sur un petit appareil, compos&#233; tout au plus d'une dizaine de personnes aux capacit&#233;s de travail hors du commun, qui organisent l'engagement de milliers de militants d&#233;vou&#233;s &#224; la cause. Ce type d'organisation n'est pas adapt&#233; &#224; l'ambition de construire une h&#233;g&#233;monie r&#233;elle et durable sur la gauche et dans la soci&#233;t&#233;. Il faut &#233;largir et d&#233;l&#233;guer, et pour cela construire des formes de l&#233;gitimit&#233; qui ne passent plus seulement par le contact direct avec Jean-Luc M&#233;lenchon et son entourage imm&#233;diat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement cela signifie que LFI doit sans attendre formaliser les principes de son fonctionnement, avec des r&#232;gles effectives de contr&#244;le d&#233;mocratique de la direction et des moyens du mouvements. Cette formalisation est la condition sine qua non pour que la dynamique politique interne ne se r&#233;sume pas &#224; un jeu de faux-semblants, dans lequel la contrepartie de l'activisme militant est une forme de d&#233;politisation. En l'absence de possibilit&#233; d'influer sur le destin du mouvement, le corps militant est infantilis&#233; et les forces vives se retirent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette perspective n'implique nullement que LFI deviendra une organisation de &#171; bavards &#187; et de coupeurs de cheveux en quatre, ou encore qu'elle sera en proie aux ambitions personnelles des uns ou des autres, ni qu'elle sera oblig&#233;e de chercher des synth&#232;ses improbables entre courants rivaux. C'est le contraire. La d&#233;lib&#233;ration et les ambitions peuvent et doivent &#234;tre contenues dans des limites strictes, et l'histoire de la gauche ne manque pas d'exemples d'organisations qui, tout en admettant un certain degr&#233; de d&#233;bat et de confrontation &#224; l'int&#233;rieur, ont su marquer de leur empreinte la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise. L'action collective suppose l'intelligence collective, c'est le m&#233;lange des deux qui augmentera la capacit&#233; h&#233;g&#233;monique de LFI.&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
*****
&lt;/center&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; notre lettre hebdomadaire - pour recevoir tous les liens permettant d'avoir acc&#232;s aux articles publi&#233;s chaque semaine. &lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Chaque semaine, PTAG publie de nouveaux articles dans ses diff&#233;rentes rubriques (&#233;conomie, environnement, politique, mouvements sociaux, actualit&#233;s internationales ...). La lettre hebdomadaire vous fait parvenir par courriel les liens qui vous permettent d'avoir acc&#232;s &#224; ces articles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Remplir le formulaire ci-dessous et cliquez sur ce bouton pour vous abonner &#224; la lettre de PTAG :&lt;/p&gt;
&lt;center&gt;
&lt;h5 class=&#034;widget-title&#034;&gt;Abonnez-vous &#224; la lettre&lt;/h5&gt;
&lt;p&gt;&lt;!-- Begin MailChimp Signup Form --&gt;&lt;/p&gt;
&lt;form action=&#034;//pressegauche.us9.list-anage.com/subscribe/post?u=730411ce9b6e72cf02b79c890&amp;id=5abe61d847&#034; method=&#034;post&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; name=&#034;mc-embedded-subscribe-form&#034; class=&#034;validate newsletter-form clearfix&#034; target=&#034;_blank&#034; novalidate&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;email&#034; name=&#034;EMAIL&#034; class=&#034;required email&#034; id=&#034;mce-EMAIL&#034; placeholder=&#034;Adresse courriel&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;FNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-FNAME&#034; placeholder=&#034;Pr&#233;nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p class=&#034;input-email clearfix&#034;&gt;
&lt;input type=&#034;text&#034; value=&#034;&#034; name=&#034;LNAME&#034; class=&#034;text email&#034; id=&#034;mce-LNAME&#034; placeholder=&#034;Nom&#034;&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span&gt;&lt;input type=&#034;submit&#034; value=&#034;GO&#034; name=&#034;subscribe&#034; id=&#034;mc-embedded-subscribe&#034; class=&#034;submit&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div id=&#034;mce-responses&#034; class=&#034;clear&#034;&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-error-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;response&#034; id=&#034;mce-success-response&#034; style=&#034;display:none&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;!-- real people should not fill this in and expect good things - do not remove this or risk form bot signups--&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div style=&#034;position: absolute; left: -5000px;&#034; aria-hidden=&#034;true&#034;&gt;&lt;input type=&#034;text&#034; name=&#034;b_730411ce9b6e72cf02b79c890_5abe61d847&#034; tabindex=&#034;-1&#034; value=&#034;&#034;&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/form&gt;
&lt;p&gt;&lt;!--End mc_embed_signup--&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelle gauche face au capitalisme ? - partie 2</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Nous-reprenons-un-balado-de-contretemps-eu</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Nous-reprenons-un-balado-de-contretemps-eu</guid>
		<dc:date>2022-12-13T07:14:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ludivine Bantigny, Razmig Keucheyan, Romaric Godin</dc:creator>


		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Balados : Aux temps des catastrophes, l'urgence des ruptures</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-12-13</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Nous reprenons un balado de contretemps.eu. Intitul&#233; c'est quoi le plan ? deuxi&#232;me partie. Ce balados cherche &#224; r&#233;pondre &#224; la question : Quelle gauche face au capitalisme ? &lt;br class='autobr' /&gt;
https://spectremedia.org/cest-quoi-le-plan/?episode=1009&amp;playing=1009 &lt;br class='autobr' /&gt; Quelle gauche face au capitalisme ? - partie 2 &lt;br class='autobr' /&gt;
PAR ROMARIC GODIN, RAZMIG KEUCHEYAN ET LUDIVINE BANTIGNY &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Que faire ? &#187; La question est classique mais elle revient sans cesse avec force, obs&#233;dante et puissante. C'est l'interrogation que (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Balados-de-PTAG-Au-temps-des-catastrophes-l-urgence-des-ruptures-" rel="directory"&gt;Balados : Au temps des catastrophes, l'urgence des ruptures !&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-France-+" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Balados-Aux-temps-des-catastrophes-l-urgence-des-ruptaures-+" rel="tag"&gt;Balados : Aux temps des catastrophes, l'urgence des ruptures&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-12-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-12-13&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH111/arton55289-101af.png?1781027222' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='111' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous reprenons un balado de contretemps.eu. Intitul&#233; &lt;i&gt;c'est quoi le plan ? deuxi&#232;me partie&lt;/i&gt;. Ce balados cherche &#224; r&#233;pondre &#224; la question : Quelle gauche face au capitalisme ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://spectremedia.org/cest-quoi-le-plan/?episode=1009&amp;playing=1009&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://spectremedia.org/cest-quoi-le-plan/?episode=1009&amp;playing=1009&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Quelle gauche face au capitalisme ? - partie 2&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;PAR ROMARIC GODIN, RAZMIG KEUCHEYAN ET LUDIVINE BANTIGNY&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip_document_7162 spip_document spip_documents spip_document_audio spip_documents_center spip_document_center&#034;&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;div class=&#034;audio-wrapper&#034; style='width:400px;max-width:100%;'&gt; &lt;audio class=&#034;mejs mejs-7162 &#034; data-id=&#034;0f6b4774f2d2b775112337189c265262&#034; src=&#034;IMG/mp3/mon_audio.mp3?7162/453d9220ce1c289cffbef8e87eb3d47ff2d666e3ee09b1f4b610f58263acbffa&#034; type=&#034;audio/mpeg&#034; preload=&#034;none&#034; data-mejsoptions='{&#034;iconSprite&#034;: &#034;plugins-dist/medias/lib/mejs/mejs-controls.svg&#034;,&#034;alwaysShowControls&#034;: true,&#034;loop&#034;:false,&#034;audioWidth&#034;:&#034;100%&#034;,&#034;duration&#034;:3095}' controls=&#034;controls&#034; &gt;&lt;/audio&gt; &lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;base64javascript5699749806a38fe0b2b9f46.26788600&#034; title=&#034;PHNjcmlwdD4gdmFyIG1lanNwYXRoPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudC1hbmQtcGxheWVyLm1pbi5qcz8xNzgxMDIyMDMyJyxtZWpzY3NzPSdwbHVnaW5zLWRpc3QvbWVkaWFzL2xpYi9tZWpzL21lZGlhZWxlbWVudHBsYXllci5taW4uY3NzPzE3ODEwMjIwMzMnOwp2YXIgbWVqc2xvYWRlcjsKKGZ1bmN0aW9uKCl7dmFyIGE9bWVqc2xvYWRlcjsidW5kZWZpbmVkIj09dHlwZW9mIGEmJihtZWpzbG9hZGVyPWE9e2dzOm51bGwscGx1Zzp7fSxjc3M6e30saW5pdDpudWxsLGM6MCxjc3Nsb2FkOm51bGx9KTthLmluaXR8fChhLmNzc2xvYWQ9ZnVuY3Rpb24oYyl7aWYoInVuZGVmaW5lZCI9PXR5cGVvZiBhLmNzc1tjXSl7YS5jc3NbY109ITA7dmFyIGI9ZG9jdW1lbnQuY3JlYXRlRWxlbWVudCgibGluayIpO2IuaHJlZj1jO2IucmVsPSJzdHlsZXNoZWV0IjtiLnR5cGU9InRleHQvY3NzIjtkb2N1bWVudC5nZXRFbGVtZW50c0J5VGFnTmFtZSgiaGVhZCIpWzBdLmFwcGVuZENoaWxkKGIpfX0sYS5pbml0PWZ1bmN0aW9uKCl7ITA9PT1hLmdzJiZmdW5jdGlvbihjKXtqUXVlcnkoImF1ZGlvLm1lanMsdmlkZW8ubWVqcyIpLm5vdCgiLmRvbmUsLm1lanNfX3BsYXllciIpLmVhY2goZnVuY3Rpb24oKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGU9ITAsaDtmb3IoaCBpbiBkLmNzcylhLmNzc2xvYWQoZC5jc3NbaF0pO2Zvcih2YXIgZiBpbiBkLnBsdWdpbnMpInVuZGVmaW5lZCI9PQp0eXBlb2YgYS5wbHVnW2ZdPyhlPSExLGEucGx1Z1tmXT0hMSxqUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KGQucGx1Z2luc1tmXSxmdW5jdGlvbigpe2EucGx1Z1tmXT0hMDtiKCl9KSk6MD09YS5wbHVnW2ZdJiYoZT0hMSk7ZSYmalF1ZXJ5KCIjIitjKS5tZWRpYWVsZW1lbnRwbGF5ZXIoalF1ZXJ5LmV4dGVuZChkLm9wdGlvbnMse3N1Y2Nlc3M6ZnVuY3Rpb24oYSxjKXtmdW5jdGlvbiBiKCl7dmFyIGI9alF1ZXJ5KGEpLmNsb3Nlc3QoIi5tZWpzX19pbm5lciIpO2EucGF1c2VkPyhiLmFkZENsYXNzKCJwYXVzaW5nIiksc2V0VGltZW91dChmdW5jdGlvbigpe2IuZmlsdGVyKCIucGF1c2luZyIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwbGF5aW5nIikucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNpbmciKS5hZGRDbGFzcygicGF1c2VkIil9LDEwMCkpOmIucmVtb3ZlQ2xhc3MoInBhdXNlZCIpLnJlbW92ZUNsYXNzKCJwYXVzaW5nIikuYWRkQ2xhc3MoInBsYXlpbmciKX1iKCk7YS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5IixiLCExKTsKYS5hZGRFdmVudExpc3RlbmVyKCJwbGF5aW5nIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlIixiLCExKTthLmFkZEV2ZW50TGlzdGVuZXIoInBhdXNlZCIsYiwhMSk7Zy5hdHRyKCJhdXRvcGxheSIpJiZhLnBsYXkoKX19KSl9dmFyIGc9alF1ZXJ5KHRoaXMpLmFkZENsYXNzKCJkb25lIiksYzsoYz1nLmF0dHIoImlkIikpfHwoYz0ibWVqcy0iK2cuYXR0cigiZGF0YS1pZCIpKyItIithLmMrKyxnLmF0dHIoImlkIixjKSk7dmFyIGQ9e29wdGlvbnM6e30scGx1Z2luczp7fSxjc3M6W119LGUsaDtmb3IoZSBpbiBkKWlmKGg9Zy5hdHRyKCJkYXRhLW1lanMiK2UpKWRbZV09alF1ZXJ5LnBhcnNlSlNPTihoKTtiKCl9KX0oalF1ZXJ5KX0pO2EuZ3N8fCgidW5kZWZpbmVkIiE9PXR5cGVvZiBtZWpzY3NzJiZhLmNzc2xvYWQobWVqc2NzcyksYS5ncz1qUXVlcnkuZ2V0U2NyaXB0KG1lanNwYXRoLGZ1bmN0aW9uKCl7YS5ncz0hMDthLmluaXQoKTtqUXVlcnkoYS5pbml0KTtvbkFqYXhMb2FkKGEuaW5pdCl9KSl9KSgpOzwvc2NyaXB0Pg==&#034;&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que faire ? &#187; La question est classique mais elle revient sans cesse avec force, obs&#233;dante et puissante. C'est l'interrogation que nous soulevons dans ce nouveau podcast de &#171; C'est quoi le plan ? &#187;, avec Romaric Godin et Razmig Keucheyan. Ce deuxi&#232;me &#233;pisode s'interroge plus pr&#233;cis&#233;ment sur le r&#244;le, le projet et la strat&#233;gie de la gauche en France, en particulier de la NUPES et en son sein de La France insoumise. Les d&#233;put&#233;s NUPES bataillent &#224; l'Assembl&#233;e et le plus souvent le font bien. Mais c'est aussi l&#224; que le b&#226;t blesse : dans la passivit&#233; relative &#224; laquelle ces m&#234;l&#233;es nous conduisent. La politique comme bien commun ne peut &#234;tre r&#233;duite aux joutes parlementaires, qui parfois nous confinent &#224; l'impuissance et nous d&#233;poss&#232;dent au fond. Nous ne pouvons aller seulement d'&#233;lection en &#233;lection. Or c'est le risque du r&#233;formisme, m&#234;me quand il s'agit d'un r&#233;formisme cons&#233;quent comme c'est le cas ici : compter peu sur les luttes sociales et sur les mobilisations, et trop miser sur l'&#233;lection ; pr&#233;f&#233;rer les manifestations aux gr&#232;ves ; ne jamais vraiment poser les questions pourtant d&#233;cisives : l'auto-activit&#233; politique, la perspective autogestionnaire, les enjeux de propri&#233;t&#233;&#8230; &#199;a ne signifie &#233;videmment pas qu'il faille n&#233;gliger les &#233;lections. Elles permettent d'instaurer des rapports de force et peuvent constituer un appui &#224; l'auto-organisation ; elles sont aussi l'occasion d'intenses moments de discussion et de politisation au sein de l'espace public et priv&#233;. Dans cet &#233;pisode, nous r&#233;fl&#233;chissons donc &#224; l'organisation de cette gauche, aux perspectives qu'elle ouvre et &#224; leurs limites strat&#233;giques, sans n&#233;gliger son fonctionnement interne. Masquer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Romaric Godin est journaliste, sp&#233;cialiste de macro-&#233;conomie notamment, et auteur entre autres de La Guerre sociale en France. Aux sources &#233;conomiques de la d&#233;mocratie autoritaire (La D&#233;couverte) et de La monnaie pourra-t-elle changer le monde ? Vers une &#233;conomie &#233;cologique et solidaire (10/18). Razmig Keucheyan est sociologue, professeur &#224; l'Universit&#233; Paris Cit&#233; ; il a publi&#233;, parmi d'autres ouvrages, H&#233;misph&#232;re gauche. Une cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques ; La nature est un champ de bataille. Essai d'&#233;cologie politique ; Les besoins artificiels. Comment sortir du consum&#233;risme (tous trois &#224; La D&#233;couverte/Zones).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette discussion est centr&#233;e sur trois sujets compl&#233;mentaires :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;un &#233;tat du capitalisme, non seulement dans une analyse du stade o&#249; il est parvenu, mais pour une interrogation sur le n&#233;o-keyn&#233;sianisme et la social-d&#233;mocratie : sont-ils encore possibles au stade d'un d&#233;cha&#238;nement du capital et &#224; la destruction m&#233;thodique du vivant ?&lt;br class='autobr' /&gt;
un &#233;tat de la gauche en France et tout particuli&#232;rement de La France Insoumise. Nous nous interrogeons sur l'articulation entre luttes sociales et perspectives &#233;lectorales et regardons au plus pr&#232;s LFI, son programme, sa strat&#233;gie, ses batailles parlementaires comme son fonctionnement quotidien ;&lt;br class='autobr' /&gt;
dans ce prolongement, la question toujours pleine d'acuit&#233; entre r&#233;forme et r&#233;volution, qui n'est pas une simple opposition. Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; il faut sans doute miser sur des strat&#233;gies diverses et imbriqu&#233;es, sans sectarisme ni querelle de chapelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant cette discussion, nous soulevons en particulier la question des rapports entre strat&#233;gie et d&#233;mocratie, entendue ici non seulement sur le plan institutionnel et politique, mais dans de nombreux domaines de nos vies, en particulier ceux, si d&#233;cisifs, de la production et du travail. Ce qui pose &#233;videmment, de mani&#232;re li&#233;e, la question centrale de la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La transition &#233;cologique sera dirig&#233;e ou ne sera pas</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/La-transition-ecologique-sera-dirigee-ou-ne-sera-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/La-transition-ecologique-sera-dirigee-ou-ne-sera-pas</guid>
		<dc:date>2020-02-04T08:00:39Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-02-04</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres du monde eux-m&#234;mes le reconnaissent : le Global risks report du Forum &#233;conomique mondial de Davos de cette ann&#233;e fait de la crise environnementale la principale menace qui p&#232;se sur l'humanit&#233;. Loin des discussions feutr&#233;es de la station suisse, les gr&#232;ves lyc&#233;ennes &#8211; avec leur figure de proue Greta Thunberg &#8211; sont une autre expression de la prise de conscience environnementale. Leur ampleur ne laisse pas place au doute : en mati&#232;re de mobilisation pour le climat, nous sommes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Planete-+" rel="tag"&gt;Plan&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-02-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-02-04&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/arton41854-dce76.jpg?1781170174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les ma&#238;tres du monde eux-m&#234;mes le reconnaissent : le Global risks report du Forum &#233;conomique mondial de Davos de cette ann&#233;e fait de la crise environnementale la principale menace qui p&#232;se sur l'humanit&#233;. Loin des discussions feutr&#233;es de la station suisse, les gr&#232;ves lyc&#233;ennes &#8211; avec leur figure de proue Greta Thunberg &#8211; sont une autre expression de la prise de conscience environnementale. Leur ampleur ne laisse pas place au doute : en mati&#232;re de mobilisation pour le climat, nous sommes entr&#233;s dans une phase nouvelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du site d'&lt;a href=&#034;https://france.attac.org/nos-publications/les-possibles/numero-22-hiver-2020/dossier-les-politiques-monetaires-des-banques-centrales/article/la-transition-ecologique-sera-dirigee-ou-ne-sera-pas&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Attac-France&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les d&#233;bats qui entourent le &#171; Green new deal &#187; aux quatre coins du monde en sont une troisi&#232;me illustration. Contre toute attente, sa version am&#233;ricaine, port&#233;e par la jeune repr&#233;sentante d&#233;mocrate Alexandria Ocasio-Cortez, est la plus ambitieuse. La transition &#233;cologique, soutiennent Ocasio-Cortez et son &#233;quipe, suppose la restructuration de fond en comble de nos &#233;conomies. La bonne nouvelle est que nos soci&#233;t&#233;s ont d&#233;j&#224; r&#233;ussi des transitions de ce genre, dans le contexte la Grande d&#233;pression ou apr&#232;s la Seconde Guerre mondiale en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est sure : l'&#201;tat doit prendre les commandes de la transition &#233;cologique. Les solutions pr&#233;conis&#233;es jusqu'ici, m&#233;lange de m&#233;canismes de march&#233; et d'initiatives d&#233;centralis&#233;es, ne sont pas &#224; la hauteur. La transition &#233;cologique sera dirig&#233;e ou ne sera pas. Comme il s'agit d'un enjeu transversal, qui concerne la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, toutes les ressources de l'&#201;tat doivent &#234;tre r&#233;orient&#233;es dans cette perspective. En m&#234;me temps qu'il se fera plus interventionniste, sa teneur en d&#233;mocratie doit augmenter, afin d'&#233;viter le risque de &#171; technocratie verte &#187; ou de &#171; dictature des experts &#187;. Bien s&#251;r, il faut pr&#233;server &#8211; voire &#233;largir &#8211; un espace d'autonomie et d'exp&#233;rimentation pour les collectivit&#233;s locales et la construction des communs. Mais cela doit se faire dans le cadre d'objectifs valid&#233;s d&#233;mocratiquement au niveau central.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e est simple : il s'agit de repartir des besoins. Pour peu qu'ils soient solvables, le capitalisme est pr&#234;t &#224; satisfaire n'importe quel besoin, si nocif ou ali&#233;nant soit-il. &#192; l'inverse, quantit&#233;s de besoins individuels et collectifs ne sont pas satisfaits car ils ne sont pas solvables. Tout commence par la d&#233;finition des besoins, une d&#233;finition bas&#233;e sur des proc&#233;dures d&#233;mocratiques. Des formes de &#171; d&#233;mocratie participative &#187; pourront &#234;tre mises en &#339;uvre pour y parvenir. Ensuite, on se demande comment les besoins ainsi d&#233;finis seront satisfaits. Parfois, ce sera par le secteur priv&#233;, d'autres fois des soci&#233;t&#233;s publiques locales, d'autres fois encore des organisations de l'&#233;conomie sociale et solidaire. Mais dans bien des cas, l'&#201;tat sera partie prenante pour donner coh&#233;rence et consistance &#224; une trajectoire de transition qui allie satisfaction des vrais besoins et restauration &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'action de l'&#201;tat en mati&#232;re de transition &#233;cologique doit reposer sur trois piliers. Le premier : un programme d'investissements massifs en faveur des &#233;nergies et des infrastructures propres et de d&#233;sinvestissement des &#233;nergies fossiles. Les chiffrages existent, ceux de l'Association &#171; N&#233;gawatt &#187; ou de l'ADEME par exemple. Les Am&#233;ricains, eux, proposent de d&#233;carbonner leur &#233;conomie d'ici dix ans. Finies les demi-mesures : l'heure est &#224; la mobilisation g&#233;n&#233;rale pour le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces investissements se donneront pour objectifs la r&#233;duction des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, mais aussi la d&#233;croissance dans l'usage des ressources naturelles, ou encore des mesures de pr&#233;servation/restauration des &#233;cosyst&#232;mes. Trop souvent, la crise environnementale est r&#233;duite au changement climatique, qui n'en est que l'une des dimensions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces investissements combin&#233;s &#224; la d&#233;croissance mat&#233;rielle doivent d&#233;boucher sur ce que les &#233;conomistes de l'environnement appellent le &#171; d&#233;couplage &#187; : jusqu'ici, la croissance &#233;conomique s'est toujours accompagn&#233;e d'un surcro&#238;t d'exploitation de la nature (d&#233;penses &#233;nerg&#233;tiques, mati&#232;res premi&#232;res). Cette corr&#233;lation doit &#234;tre d&#233;faite. Pour cela, l'&#201;tat doit intervenir dans les choix productifs. C'est l&#224; que le niveau de confrontation avec les capitalistes risque d'augmenter. Mais le capitalisme est nocif pour l'environnement, tout le monde l'a compris, si bien que cette confrontation est in&#233;vitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les march&#233;s ou les taxes carbone rel&#232;vent d'une logique a posteriori : l'activit&#233; &#233;conomique g&#233;n&#232;re des &#171; externalit&#233;s n&#233;gatives &#187;, ces mesures cherchent &#224; les limiter en les internalisant, en les int&#233;grant aux co&#251;ts de production. Il faut la remplacer par une logique a priori, qui emp&#234;che en amont les pollutions ou les d&#233;gradations de la biodiversit&#233; de survenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Historiquement, l'intervention de l'&#201;tat dans les choix productifs porte un nom : la planification. Au XXe si&#232;cle, elle a pris des formes diverses. Certaines se r&#233;v&#233;l&#232;rent in fine des &#233;checs, comme en URSS, d'autres des succ&#232;s. En France, la tradition de la planification &#171; indicative &#187; ou &#171; concert&#233;e &#187; doit &#234;tre revitalis&#233;e pour r&#233;ussir la transition &#233;cologique, apr&#232;s que la parenth&#232;se n&#233;olib&#233;rale ait conduit &#224; son affaiblissement. Le premier &#171; commissaire au plan &#187; de l'apr&#232;s-guerre c'&#233;tait Jean Monnet, plut&#244;t c&#233;l&#233;br&#233; comme un des &#171; p&#232;res &#187; de l'Europe. Pourtant, les efforts des planificateurs ont &#233;t&#233; d&#233;cisifs dans la reconstruction du pays. C'est un d&#233;fi du m&#234;me ordre auquel sont confront&#233;es les g&#233;n&#233;rations pr&#233;sentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;me pilier : un programme d' &#171; emplois verts &#187;, situ&#233;s dans des secteurs non polluants et/ou contribuant &#224; la transition &#233;cologique. La campagne &#171; One million climate jobs &#187; lanc&#233;e par une coalition internationale de syndicats et d'associations il y a deux ans doit &#234;tre transform&#233;e en politique publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; Green new deal &#187; version Ocasio-Cortez comprend une proposition de bon sens : la &#171; job guarantee &#187;, souvent traduite en fran&#231;ais par &#171; employeur en dernier ressort &#187;. L'&#201;tat s'engage &#224; offrir ou &#224; financer un emploi &#224; tout ch&#244;meur qui souhaite travailler, au salaire de base du secteur public ou davantage. Cela permet non seulement de r&#233;duire le ch&#244;mage, mais aussi de satisfaire des besoins criants dans des secteurs non polluants, ou &#224; effet social et environnemental positif : am&#233;lioration de la vie urbaine (espaces verts, restauration de b&#226;timents), prise en charge des personnes en situation de d&#233;pendance et des enfants en bas &#226;ge, activit&#233;s scolaires ou artistiques, etc. Ces emplois ont ceci de particulier qu'ils ne font pas cro&#238;tre l'usage des ressources, donc qu'ils ne p&#232;sent d'aucun poids sur l'environnement. L'exp&#233;rience des &#171; Territoires z&#233;ro ch&#244;meur &#187; est une pr&#233;figuration de ce que pourrait &#234;tre cette &#171; garantie de l'emploi &#187; mise en &#339;uvre &#224; grande &#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me pilier, le programme d'investissements &#233;cologiques ambitieux et de garantie publique de l'emploi s'affranchira des politiques d'aust&#233;rit&#233; en vigueur depuis la crise de 2008. Elles ont non seulement creus&#233; les in&#233;galit&#233;s, mais en paralysant l'&#201;tat, elles ont conduit &#224; une aggravation de la crise environnementale. C'est d'autant plus d&#233;plorable que, dans le m&#234;me temps, les banques centrales ont d&#233;montr&#233; leur puissance de feu mais, h&#233;las, au service de la stabilit&#233; de la finance priv&#233;e. La mobilisation de la puissance souveraine de la monnaie permettra de rompre la d&#233;pendance aux march&#233;s et de faire en sorte que les ressources productives soient pleinement engag&#233;es dans la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais rien de tout ceci n'aurait de sens si la transition &#233;cologique n'&#233;tait pas juste. Justice environnementale : un mot d'ordre que l'on voit d&#233;j&#224; fleurir dans les mobilisations pour le climat. Comme l'indiquent les rapports du GIEC, les classes populaires sont souvent les premi&#232;res victimes des pollutions, des catastrophes naturelles, de l'&#233;puisement des ressources naturelles ou de l'effondrement de la biodiversit&#233;. Ce sont aussi celles sur qui les gouvernements successifs cherchent &#224; faire porter prioritairement le co&#251;t de la transition. C'est moralement insupportable, et politiquement vou&#233; &#224; l'&#233;chec. Sans sentiment de justice, on ne parviendra pas &#224; mobiliser les populations en faveur de la transition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Investissements/d&#233;sinvestissements massifs, d&#233;couplage, garantie de l'emploi, planification, justice environnementale : la feuille de route ne peut pas &#234;tre plus claire. Reste &#224; construire la coalition politique, associative et syndicale qui la mettra en &#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dric Durand, &#233;conomiste &#224; l'universit&#233; Paris 13&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Razmig Keucheyan, sociologue &#224; l'universit&#233; de Bordeaux, auteur de La nature est un champ de bataille, Essai d'&#233;cologie politique (La D&#233;couverte, 2014)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dric Durand&lt;br class='autobr' /&gt;
Razmig Keucheyan&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelle Europe ? La vraie nature de l'internationalisme</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelle-Europe-La-vraie-nature-de-l-internationalisme</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelle-Europe-La-vraie-nature-de-l-internationalisme</guid>
		<dc:date>2015-09-15T08:37:55Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan, Stathis Kouvelakis</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-15</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res 23 avril 2014) &lt;br class='autobr' /&gt; La sid&#233;ration de la gauche face &#224; l'Europe r&#233;sulte de son incapacit&#233; &#224; admettre qu'il y a un internationalisme du capital, un internationalisme des classes dominantes. L'internationalisme n'est pas toujours de gauche ou progressiste. A l'inverse, les classes dominantes ne sont pas encro&#251;t&#233;es &#224; jamais dans cette forme politique qu'est l'Etat-nation. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le capitalisme est un syst&#232;me par essence mobile. Lorsque les circonstances (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-la-Grece-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-15-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-15&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH116/arton23279-e8654.jpg?1781170174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='116' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res 23 avril 2014)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La sid&#233;ration de la gauche face &#224; l'Europe r&#233;sulte de son incapacit&#233; &#224; admettre qu'il y a un internationalisme du capital, un internationalisme des classes dominantes. L'internationalisme n'est pas toujours de gauche ou progressiste. A l'inverse, les classes dominantes ne sont pas encro&#251;t&#233;es &#224; jamais dans cette forme politique qu'est l'Etat-nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme est un syst&#232;me par essence mobile. Lorsque les circonstances deviennent d&#233;favorables &#224; l'accumulation du capital, il peut aller chercher des conditions plus propices ailleurs. Le capitalisme peut aussi mettre en concurrence les espaces, en s'appuyant sur les uns pour contraindre les autres &#224; se plier &#224; sa logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation n&#233;olib&#233;rale permet, &#224; la fois, d'ouvrir de nouveaux champs d'activit&#233;s profitables, et d'agir comme un puissant levier pour d&#233;faire les co&#251;teux compromis sociaux de l'apr&#232;s-guerre. R&#233;organiser l'accumulation du capital &#224; une &#233;chelle o&#249; les syndicats et les mouvements sociaux sont presque inexistants est le meilleur moyen d'affaiblir leurs positions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'UE est une incarnation de cet internationalisme du capital. C'est un espace politique dont les classes populaires sont exclues. Par le pass&#233;, des nuances ont pu exister au sein des &#233;lites europ&#233;ennes concernant le type de dynamique &#233;conomique et de r&#233;gime politique &#224; d&#233;velopper. Depuis, la relance du projet europ&#233;en, avec l'acte unique de 1986, le n&#233;olib&#233;ralisme r&#232;gne sans partage. L'UE tend, depuis ses origines, &#224; &#233;chapper au contr&#244;le populaire. Cette tendance n'a cess&#233; de s'accentuer, surtout, depuis la crise de 2008. C'est alors que les institutions europ&#233;ennes les moins d&#233;mocratiques, au premier rang desquelles la Banque centrale, sont mont&#233;es en puissance, au d&#233;triment de celles qui font encore mine d'&#234;tre d&#233;mocratiques, comme le Parlement europ&#233;en. L'euro est au c&#339;ur de cet internationalisme des classes capitalistes europ&#233;ennes : v&#233;ritable rouleau compresseur de la &#171; discipline salariale &#187; &#224; l'int&#233;rieur, il s'est construit comme moyen de paiement et monnaie de r&#233;serve au niveau mondial, au service de l'expansion de la finance et des grandes soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondialisation et construction europ&#233;enne ont ainsi chang&#233; le contexte dans lequel se pose la question de l'internationalisme. La configuration politique n'est plus celle d'une domination de la bourgeoisie via les Etats-nations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout comme son oppos&#233; le nationalisme, l'internationalisme n'a jamais cess&#233; de changer de forme. Les mouvements sociaux &#8212; mouvement ouvrier en t&#234;te &#8212; ont, quant &#224; eux, cherch&#233; &#224; articuler les diff&#233;rentes &#233;chelles de la politique. L'id&#233;e que l'internationalisme consisterait &#224; opposer toujours l'international au national est donc simpliste. L'internationalisme consiste &#224; faire avancer les int&#233;r&#234;ts des classes subalternes - et par cette entremise de l'humanit&#233; enti&#232;re - en s'affranchissant des obstacles &#233;rig&#233;s par les classes dominantes, quelle que soit l'&#233;chelle &#224; laquelle ces obstacles sont situ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'approche des europ&#233;ennes, la gauche radicale doit se rendre &#224; l'&#233;vidence : aucune politique alternative au n&#233;olib&#233;ralisme n'est possible dans le cadre institutionnel actuel de l'UE. Rendre une telle politique possible suppose de rompre avec ce cadre, et de recouvrer les moyens d'une politique mon&#233;taire autonome. Cela conduira forc&#233;ment &#224; des dislocations au sein de l'UE, autrement dit, un ou des pays sortiront de ce cadre, alors que d'autres voudront le conserver. Les pays qui en sortiront se rabattront sur l'&#233;chelon &#233;tatique national, et d&#233;cideront, dans le meilleur des cas, ensemble des politiques alternatives &#224; mettre en &#339;uvre pour organiser un autre type d'int&#233;gration. Sans &#234;tre pr&#233;par&#233;e &#224; cette &#233;ventualit&#233;, la gauche radicale sera prise au d&#233;pourvu si elle acc&#232;de au pouvoir. Il est inconcevable qu'au cours de ce processus de rupture, l'euro demeure en l'&#233;tat. Les pays qui quitteront le cadre europ&#233;en se doteront de leur propre politique mon&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Loin d'&#234;tre un antidote contre le nationalisme, l'UE n'a cess&#233; de le renforcer. La r&#233;surgence de ce que la construction europ&#233;enne devait conjurer est due &#224; la combinaison de politiques n&#233;olib&#233;rales de plus en plus agressives, et au sentiment de d&#233;possession politique croissant qu'&#233;prouvent les citoyens face &#224; l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;gime semi-colonial impos&#233; &#224; certains pays de la p&#233;riph&#233;rie europ&#233;enne, Gr&#232;ce en t&#234;te, n'est pas accidentel, mais l'expression de ces tendances de fond. A ce r&#233;gime font &#233;cho, vers l'ext&#233;rieur, une politique migratoire odieuse - l'Europe &#171; forteresse &#187; et une politique &#233;trang&#232;re inexistante ou assujettie aux int&#233;r&#234;ts des Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe n'est ni une entit&#233; coh&#233;rente sur le plan &#233;conomique (la crise l'a d&#233;montr&#233;), encore moins un espace culturellement homog&#232;ne. La seule raison de faire l'Europe est de la doter d'un projet politique am&#233;liorant la vie des populations. Un tel projet n'a, en r&#233;alit&#233;, aucune raison de s'arr&#234;ter aux fronti&#232;res g&#233;ographiques de l'Europe. Des pays situ&#233;s au-del&#224; de ces fronti&#232;res pourraient y prendre part, et d'autres pays, situ&#233;s sur le continent, s'y opposer. Rompre avec l'Europe pour sortir du cauchemar n&#233;olib&#233;ral : c'est peut-&#234;tre cela le v&#233;ritable internationalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;dric Durand Economiste &#224; Paris-XIII, Stathis Kouv&#233;lakis Philosophe au King's College de Londres, Razmig Keucheyan Sociologue &#224; Paris-IV&lt;br class='autobr' /&gt;
KOUVELAKIS Stathis , DURAND C&#233;dric, KEUCHEYAN Razmig&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &#171; La vraie nature de l'internationalisme &#187; :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/23/la-vraie-nature-de-l-internationalisme_1003162&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/politiques/2014/04/23/la-vraie-nature-de-l-internationalisme_1003162&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Alexis Tsipras, la rupture c'est maintenant</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Alexis-Tsipras-la-rupture-c-est-maintenant</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Alexis-Tsipras-la-rupture-c-est-maintenant</guid>
		<dc:date>2015-06-16T07:54:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aur&#233;lie Trouv&#233;, C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Solidarit&#233; avec le peuple grec</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-16</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C&#233;dric Durand, &#233;conomiste, Razmig Keucheyan, sociologue et Aur&#233;lie Trouv&#233;, agro-&#233;conomiste appellent les mouvements sociaux et syndicaux &#224; se solidariser avec le peuple grec. &#171; Si la perspective p&#233;rilleuse d'une sortie de l'euro de la Gr&#232;ce se pr&#233;cise, la faute en est &#224; l'acharnement des cr&#233;anciers, et singuli&#232;rement &#224; la France et &#224; l'Allemagne. Reculer davantage ferait perdre toute consistance politique au gouvernement Syriza et affaiblirait durablement l'alternative de gauche au (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-la-Grece-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec la Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Solidarite-avec-le-peuple-grec-+" rel="tag"&gt;Solidarit&#233; avec le peuple grec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-06-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-06-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH75/arton22567-d478a.jpg?1781127282' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='75' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C&#233;dric Durand, &#233;conomiste, Razmig Keucheyan, sociologue et Aur&#233;lie Trouv&#233;, agro-&#233;conomiste appellent les mouvements sociaux et syndicaux &#224; se solidariser avec le peuple grec. &#171; Si la perspective p&#233;rilleuse d'une sortie de l'euro de la Gr&#232;ce se pr&#233;cise, la faute en est &#224; l'acharnement des cr&#233;anciers, et singuli&#232;rement &#224; la France et &#224; l'Allemagne. Reculer davantage ferait perdre toute consistance politique au gouvernement Syriza et affaiblirait durablement l'alternative de gauche au n&#233;olib&#233;ralisme dans toute l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le face &#224; face &#233;pique entre Syriza et la Tro&#239;ka dure depuis 5 mois. Au terme de cette phase initiale d'&lt;a href=&#034;http://www.mediapart.fr/journal/international/270415/grece-nous-presentons-nos-arguments-nous-repond-par-des-regles&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;affrontement riche en p&#233;rip&#233;ties&lt;/a&gt;, la partie grecque a incontestablement remport&#233; une manche. En d&#233;pit d'une disproportion consid&#233;rable de forces, David tient toujours la drag&#233;e haute &#224; Goliath. Esquives, touches agiles, reculades partielles, contre-attaques, l'inventivit&#233; tactique de l'&#233;quipe Tsipras force l'admiration. Elle a su jouer en finesse de toutes les subtilit&#233;s technico-politiques pour prolonger et publiciser au maximum le bras de fer qui l'oppose aux institutions, emp&#234;chant le n&#339;ud coulant financier d'&#233;touffer dans l'&#339;uf la premi&#232;re alternative gouvernementale au n&#233;olib&#233;ralisme sur le vieux continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En permanence sur le fil, le gouvernement grec est parvenu &#224; pr&#233;server un semblant de normalit&#233; dans le service de ses obligations financi&#232;res, sans renoncer &#224; l'esprit du programme qui l'a port&#233; au pouvoir : d&#233;fendre un attachement principiel au projet europ&#233;en tout en croisant le fer pour desserrer l'&#233;tau de l'aust&#233;rit&#233;. Ce positionnement aux limites lui a permis d'engranger un soutien populaire croissant. Et c'est l&#224; une seconde victoire. Loin de l'asphyxier sur le plan politique, l'attitude combative du gouvernement Syriza a transform&#233; l'affrontement avec les institutions en un carburant politique interne lui permettant de renforcer son assise. Les sondages donnent aujourd'hui une confortable avance au parti de la gauche radicale par rapport &#224; ses comp&#233;titeurs conservateurs de la Nouvelle D&#233;mocratie et d'un parti socialiste (PASOK) r&#233;duit &#224; une pr&#233;sence r&#233;siduelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me victoire de Syriza tient &#224; l'&#233;chec de ses adversaires. En d&#233;pit de leur acharnement, les cr&#233;anciers &#8211; Merkel, Hollande et Lagarde en t&#234;te &#8211; n'ont pas r&#233;ussi &#224; faire de Syriza un exemple du There is no alternative. Les r&#233;sultats &#233;lectoraux en Espagne et en Italie sont &#224; l'unisson des sondages qui indiquent une pouss&#233;e des forces hostiles aux politiques coordonn&#233;es &#224; Bruxelles. Ils signalent l'&#233;puisement de la logique de grande coalition qui pr&#233;side au consensus aust&#233;ritaire appliqu&#233; avec le m&#234;me enthousiasme par Manuel Valls, Matteo Renzi ou Mariano Rajoy. En regard de ce d&#233;litement de l'extr&#234;me centre &#8211; qui touche d'abord les courants sociaux-d&#233;mocrates &#8211;, l'id&#233;e que d'autres politiques sont possibles fait son chemin dans les consciences des europ&#233;ens. Et, pour l'instant, gr&#226;ce &#224; Syriza, c'est la gauche radicale &#8211; et non l'extr&#234;me droite - qui occupe le terrain de l'alternative effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rien ne serait cependant plus dangereux que de se laisser &#233;blouir par ces d&#233;buts &#233;clatants. Les tactiques d'&#233;vitement, aussi habiles soient elles, ne sauraient se substituer aux d&#233;cisions strat&#233;giques qui doivent maintenant &#234;tre tranch&#233;es. Pour amadouer les cr&#233;anciers, la partie grecque a d&#233;j&#224; consenti &#224; des concessions substantielles par rapport &#224; son programme, acceptant notamment le principe de privatisations massives (3,2 milliards d'euros en 2015-2016, 15 milliards d'ici 2022), d'un recul progressif de l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite et d'objectifs d'exc&#233;dent primaire &lt;a href=&#034;http://www.tagesspiegel.de/downloads/11870514/2/Regierungsvorschlag%20Griechenland&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;proches de ceux exig&#233;s par la Tro&#239;ka&lt;/a&gt; (0,6% en 2015 ; 3,5% en 2018). Les lignes rouges que Tsipras avait lui-m&#234;me fix&#233;es sont d&#233;j&#224; franchies et, &lt;a href=&#034;http://www.nytimes.com/2015/06/05/business/in-greek-debt-puzzle-the-game-theorists-have-it.html?smid=fb-share&amp;_r=0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;comme le r&#233;sume Yanis Varoufakis&lt;/a&gt;, l'objectif se r&#233;duit d&#233;sormais &#224; tenter d'obtenir une restructuration de la dette en &#233;change de l'acceptation des r&#233;formes structurelles honnies. On pourrait &#224; bon droit qualifier la derni&#232;re offre du gouvernement grec comme un reniement des engagements de Syriza&#8230; Et pourtant, &lt;a href=&#034;http://www.tovima.gr/files/1/2015/06/04/000.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;de leur c&#244;t&#233;&lt;/a&gt;, les cr&#233;anciers n'ont amend&#233; qu'&#224; la marge leurs projections irr&#233;alistes concernant les niveaux d'exc&#233;dents primaires, tout en r&#233;affirmant leur exigence de voir r&#233;duit un &#233;tat providence d&#233;j&#224; exsangue et parachev&#233;e la lib&#233;ralisation de la relation salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;monstration politique de l'autisme n&#233;olib&#233;ral de l'UE est faite. Si la perspective p&#233;rilleuse d'une sortie de l'euro de la Gr&#232;ce se pr&#233;cise, la faute en est &#224; l'acharnement des cr&#233;anciers, et singuli&#232;rement &#224; la France et &#224; l'Allemagne. Reculer davantage ferait perdre toute consistance politique au gouvernement Syriza et affaiblirait durablement l'alternative de gauche au n&#233;olib&#233;ralisme dans toute l'Europe. Seuls un moratoire sur le r&#232;glement de la dette et l'instauration d'un contr&#244;le des capitaux peuvent d&#233;sormais lui permettre de reprendre l'initiative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la Gr&#232;ce, suivie peut-&#234;tre d'une Espagne o&#249; Podemos aura pris le pouvoir lors des &#233;lections l&#233;gislatives de novembre, venait &#224; rompre avec les politiques d'aust&#233;rit&#233;, la France sera plac&#233;e devant une alternative : ou bien pers&#233;v&#233;rer dans l'erreur, et voir son taux de ch&#244;mage continuer sa tragique envol&#233;e, ou alors rejoindre ces pays du sud dans un projet de refondation progressiste et d&#233;mocratique de l'Europe. La d&#233;cision, &#224; vrai dire, ne sera pas tant prise par le pouvoir en place que par les mouvements sociaux et syndicaux, qui auront l'occasion d&#232;s le 20 juin prochain de d&#233;montrer dans la rue leur solidarit&#233; avec la voie choisie par le peuple grec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cologie des pauvres, &#233;cologie des riches : quand les in&#233;galit&#233;s sont aussi environnementales</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Ecologie-des-pauvres-ecologie-des-riches-quand-les-inegalites-sont-aussi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Ecologie-des-pauvres-ecologie-des-riches-quand-les-inegalites-sont-aussi</guid>
		<dc:date>2014-06-17T08:10:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Razmig Keucheyan, Sophie Chapelle</dc:creator>


		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-06-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les catastrophes naturelles et pollutions industrielles ne frappent pas de la m&#234;me mani&#232;re toutes les populations. Au contraire. &#171; Si vous voulez savoir o&#249; un stock de d&#233;chets a le plus de chances d'&#234;tre enfoui, demandez-vous o&#249; vivent les Noirs, les Hispaniques, les Am&#233;rindiens et autres minorit&#233;s raciales &#187;, interpelle le sociologue Razmig Keucheyan dans son dernier ouvrage La nature est un champ de bataille. Saturnisme, mal-logement, pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique&#8230; Autant de facettes d'un &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-environnementaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement environnementaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-06-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-06-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH150/arton18061-b646e.jpg?1781170174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les catastrophes naturelles et pollutions industrielles ne frappent pas de la m&#234;me mani&#232;re toutes les populations. Au contraire. &#171; Si vous voulez savoir o&#249; un stock de d&#233;chets a le plus de chances d'&#234;tre enfoui, demandez-vous o&#249; vivent les Noirs, les Hispaniques, les Am&#233;rindiens et autres minorit&#233;s raciales &#187;, interpelle le sociologue Razmig Keucheyan dans son dernier ouvrage La nature est un champ de bataille. Saturnisme, mal-logement, pr&#233;carit&#233; &#233;nerg&#233;tique&#8230; Autant de facettes d'un &#171; racisme environnemental &#187; qu'il propose de combattre. En s'attaquant aux racines du capitalisme. Entretien tir&#233; de Basta mag.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Basta ! : Votre ouvrage, La nature est un champ de bataille, bat en br&#232;che l'id&#233;e que l'humanit&#233; subit uniform&#233;ment les cons&#233;quences de la crise &#233;cologique. Qu'entendez-vous par &#171; in&#233;galit&#233;s environnementales &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Razmig Keucheyan&lt;/strong&gt; [1] : Les in&#233;galit&#233;s sont classiquement associ&#233;es &#224; trois dimensions : les in&#233;galit&#233;s de classes, de genres (in&#233;galit&#233;s entre hommes et femmes) et ethno-raciales. Je propose d'en ajouter une quatri&#232;me, la dimension environnementale. On ne subit pas les effets de la crise environnementale de la m&#234;me mani&#232;re, selon la classe sociale, le genre ou la minorit&#233; ethno-raciale &#224; laquelle on appartient. Or le discours &#233;cologique dominant d&#233;crit souvent la question &#233;cologique comme &#233;tant v&#233;cue uniform&#233;ment par la population mondiale. La notion d'&#171; in&#233;galit&#233;s &#233;cologiques &#187; permet de montrer que les diff&#233;rentes cat&#233;gories de population ne sont pas &#233;gales face au changement climatique par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une des facettes de ces in&#233;galit&#233;s, c'est le &#171; racisme environnemental &#187;...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement. Le concept de &#171; racisme environnemental &#187; est n&#233; aux &#201;tats-Unis au d&#233;but des ann&#233;es 80 dans le cadre du mouvement pour la justice environnementale, qui est une bifurcation tardive du mouvement des droits civiques (pour l'&#233;galit&#233; des droits entre Noirs et Blancs, ndlr). Les animateurs de ce mouvement s'aper&#231;oivent que les entreprises priv&#233;es et l'&#201;tat ont tendance &#224; stocker les d&#233;chets toxiques &#224; proximit&#233; de quartiers noirs. Et &#224; prot&#233;ger les cat&#233;gories sociales les plus favoris&#233;es, les blancs en particulier, des nuisances environnementales. Le concept de racisme environnemental permet de penser ensemble discriminations racistes et questions environnementales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi l'ouragan Katrina qui a d&#233;vast&#233; la Nouvelle-Orl&#233;ans en 2005 est-il le r&#233;v&#233;lateur de ce racisme environnemental ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces in&#233;galit&#233;s environnementales s'inscrivent dans la dur&#233;e. Et parfois, cette temporalit&#233; s'acc&#233;l&#232;re, notamment lors des catastrophes naturelles. L'ouragan Katrina a &#233;t&#233; une expression extr&#234;mement visible, y compris m&#233;diatiquement, du racisme environnemental. Les personnes &#226;g&#233;es et les Noirs, issus majoritairement des classes populaires, ont particuli&#232;rement souffert au moment o&#249; l'ouragan a frapp&#233;, mais aussi dans la dur&#233;e. Comme le montre Naomi Klein dans La Strat&#233;gie du choc, Katrina a &#233;t&#233; l'occasion pour la municipalit&#233; de gentrifier le centre-ville, et d'emp&#234;cher le retour des populations noires pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le racisme environnemental existe-t-il en Europe et en France ? Sous quelles formes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La litt&#233;rature sur cette question porte beaucoup sur le monde anglo-saxon. Du fait de la centralit&#233; de l'esclavage dans l'histoire des &#201;tats-Unis, la probl&#233;matique du racisme environnemental y tient une place plus forte que dans d'autres pays. Mais ces probl&#232;mes existent aussi en France sous des d&#233;nominations diff&#233;rentes. Par exemple, j'&#233;voque dans le livre le cas du saturnisme, li&#233; aux peintures dans les logements anciens d&#233;grad&#233;s qui ont souvent &#233;t&#233; habit&#233;s par des immigr&#233;s africains subsahariens [2]. Une &#233;tude statistique de 2012 sur la justice spatiale en France r&#233;v&#232;le &#233;galement que si la population &#233;trang&#232;re d'une ville augmente de 1 %, il y a 29 % de chances en plus pour qu'un incin&#233;rateur &#224; d&#233;chets, &#233;metteur de diff&#233;rents types de pollutions comme les dioxines [3], soit install&#233;. Les incin&#233;rateurs ont donc tendance &#224; se trouver &#224; proximit&#233; de quartiers populaires ou d'immigration r&#233;cente, car les populations qui s'y trouvent ont une capacit&#233; moindre &#224; se d&#233;fendre face &#224; l'installation par les autorit&#233;s de ce genre de nuisances environnementales. Ou parce que les autorit&#233;s pr&#233;f&#232;rent pr&#233;server les cat&#233;gories ais&#233;es ou blanches de ces nuisances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de la Gr&#232;ce montre aussi comment une crise &#233;conomique peut se transformer en crise &#233;cologique. L&#224;-bas comme ailleurs, se chauffer au fioul co&#251;te beaucoup plus cher que de se chauffer au bois. La crise &#233;conomique a acc&#233;l&#233;r&#233; les coupes ill&#233;gales en Gr&#232;ce et la d&#233;forestation. Dans le m&#234;me temps, les licenciements des gardes forestiers du fait des mesures d'aust&#233;rit&#233; ont acc&#233;l&#233;r&#233; indirectement la d&#233;forestation. Crise &#233;conomique et crise &#233;cologique sont une seule et m&#234;me crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Certains estiment que les pauvres polluent beaucoup plus que les riches, en particulier du fait du poids d&#233;mographique des pays les plus pauvres. Que r&#233;pondez-vous &#224; cela ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que j'appellerai &#171; &#233;cologie de droite &#187; repose sur deux piliers. D'une part, la confiance dans les m&#233;canismes de march&#233; pour r&#233;gler le probl&#232;me du r&#233;chauffement climatique (march&#233;s carbone, de produits financiers comme les obligations catastrophe ou les d&#233;riv&#233;s climatiques...), et d'autre part l'obsession pour la d&#233;mographie. &#171; L'&#233;cologie de gauche &#187; devrait &#234;tre extr&#234;mement critique vis-&#224;-vis de tous les arguments d&#233;mographiques. Il faut admettre que des populations qui sont en situation de survie, notamment dans les pays du Sud, peuvent engendrer des d&#233;vastations &#233;cologiques. D&#232;s lors que la survie de populations est en jeu, la question environnementale est secondaire. D&#233;veloppement et &#233;cologie sont intimement m&#234;l&#233;s. Mais il existe par ailleurs des travaux qui montrent que l'empreinte &#233;cologique des populations les plus riches est bien sup&#233;rieure, du fait de leur consommation, &#224; celle des populations pauvres. La question n'est pas d&#233;mographique mais rel&#232;ve de la dynamique du syst&#232;me. La crise environnementale est li&#233;e au capitalisme et aux in&#233;galit&#233;s qu'il g&#233;n&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S'attaquer au capitalisme serait donc une fa&#231;on de r&#233;soudre la question environnementale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, tout &#224; fait ! Quatre caract&#233;ristiques du capitalisme en font un syst&#232;me n&#233;faste pour l'environnement. D'abord, le capitalisme est productiviste : il cherche en permanence &#224; augmenter la productivit&#233; pour g&#233;n&#233;rer des profits. Il n'y a pas dans le capitalisme de m&#233;canisme d'auto-limitation, mais une logique de fuite en avant permanente. Le deuxi&#232;me aspect est la dimension pr&#233;datrice du capitalisme : il ne peut survivre que gr&#226;ce &#224; la pr&#233;dation sur les ressources naturelles. La troisi&#232;me caract&#233;ristique est que le capitalisme &#8211; industriel en particulier &#8211; est li&#233; &#224; un syst&#232;me &#233;nerg&#233;tique bas&#233; sur les &#233;nergies fossiles, le carbone (charbon, p&#233;trole, gaz). Enfin, il repose sur une injonction permanente &#224; consommer toujours plus, qui a des effets catastrophiques sur l'environnement. Le probl&#232;me est donc fondamentalement li&#233; &#224; la dynamique du capitalisme et &#224; ses effets sur l'environnement et les in&#233;galit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Remettre en cause le capitalisme suppose de mettre en question l'avenir de secteurs industriels polluants &#8211; p&#233;trole, chimie, automobile... &#8211; et donc l'avenir de leurs salari&#233;s. Comment r&#233;soudre ce dilemme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai essay&#233; dans mon ouvrage de construire un langage, des concepts et un imaginaire qui puissent &#234;tre partag&#233;s par deux mouvements souvent s&#233;par&#233;s, les mouvements &#233;cologistes au sens large et le mouvement ouvrier. Pour cela, je me suis beaucoup appuy&#233; sur l'approche marxiste. Le marxisme parle aux mouvements ouvriers au travers de cat&#233;gories comme les in&#233;galit&#233;s, l'imp&#233;rialisme, la lutte des classes. Et ces cat&#233;gories aident &#224; comprendre la crise environnementale. L'&#233;volution des secteurs de l'industrie doit &#234;tre r&#233;fl&#233;chie par les acteurs et syndicats de ces secteurs. Mais le pr&#233;alable, quand on travaille dans une perspective marxiste &#233;cologique, est d'essayer de construire une grille d'analyse commune qui parle aux uns et aux autres, et qui permette de trouver des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire prendre conscience aux classes populaires des pays &#171; riches &#187;, actrices de la consommation de masse, que les in&#233;galit&#233;s &#233;cologiques sont aussi mondiales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a un travail &#224; faire de r&#233;activation du concept marxiste d'imp&#233;rialisme. Il faut parvenir &#224; montrer que cette exploitation des pays du Sud par les pays du Nord, et l'exploitation des classes moyennes et populaires dans les pays du Nord sont le fruit d'une m&#234;me logique, d'un m&#234;me m&#233;canisme. Le capitalisme est producteur d'in&#233;galit&#233;s. Quelque chose de crucial se joue autour des notions de dette &#233;cologique et de dette &#233;conomique. Il suffit de voir le succ&#232;s du livre du chercheur &#233;tats-unien David Graeber (lire notre entretien) : la dette et l'aust&#233;rit&#233;, toutes deux extr&#234;mement li&#233;es, sont des questions politiques centrales aujourd'hui. Il faudrait &#233;tudier la mani&#232;re dont la dette &#233;conomique entraine des r&#233;formes de l'&#201;tat et des privatisations, et dont la dette &#233;cologique, via l'exploitation du Sud par le Nord, vient accentuer ce ph&#233;nom&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon vous, qu'est-ce que &#171; l'&#233;cologie qui vient &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;cologie politique qui vient &#187; est une &#233;cologie qui se fond dans les autres probl&#233;matiques. Elle n'est pas cloisonn&#233;e mais se m&#234;le de ce qui ne la regarde pas : in&#233;galit&#233;s, finance, guerre, lutte des classes... La question &#233;cologique doit &#234;tre pens&#233;e &#224; partir des cat&#233;gories habituelles de la gauche radicale. Le mouvement sur le racisme environnemental, ou la mani&#232;re dont certains syndicats &#8211; comme Sud &#8211; se r&#233;inventent au contact des cat&#233;gories populaires, semblent pr&#233;figurer un lien accru entre la question &#233;cologique et la probl&#233;matique des in&#233;galit&#233;s par exemple. Poser la question du changement climatique en rapport avec les in&#233;galit&#233;s environnementales permet de rendre les choses concr&#232;tes et peut constituer un v&#233;ritable levier de mobilisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Sophie Chapelle&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A lire : Razmig KEUCHEYAN, La nature est un champ de bataille. Essai d'&#233;cologie politique, Hors Collection ZONES/La D&#233;couverte, mars 2014. Pour commander ce livre dans la librairie la plus proche de chez vous, rendez-vous sur le site lalibrairie.com.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Razmig Keucheyan est docteur en sociologie et ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; l'universit&#233; de Paris-IV-Sorbonne. Il est l'auteur de Constructivisme. Des origines &#224; nos jours (Hermann, 2007), d'une anthologie des Cahiers de prison d'Antonio Gramsci, Guerre de mouvement et guerre de position (La Fabrique, 2012) ainsi que de H&#233;misph&#232;re gauche, cartographie des nouvelles pens&#233;es critiques, Zones/La D&#233;couverte, 2013, 2e&#233;d..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &#171; Le saturnisme est une maladie ancienne qui a refait son apparition &#224; Paris dans les ann&#233;es 1980. On l'observe principalement dans l'habitat ancien d&#233;grad&#233;. Les cat&#233;gories de la population affect&#233;es sont celles qui r&#233;sident dans ces immeubles : principalement &#224; cette &#233;poque des immigr&#233;s africains subsahariens. C'est l'absorption des &#233;cailles et des poussi&#232;res de peinture qui provoque le saturnisme. L'air que l'on respire, on le voit, a une teneur &#233;minemment politique. &#187; Note de l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Voir cette publication du CNIID (Centre national d'information ind&#233;pendante sur les d&#233;chets).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vers un c&#233;sarisme europ&#233;en</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Vers-un-cesarisme-europeen</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Vers-un-cesarisme-europeen</guid>
		<dc:date>2012-11-06T10:30:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-11-06</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ironie grin&#231;ante, encouragement ou &#233;pitaphe ? L'attribution du prix Nobel de la paix &#224; l'Union europ&#233;enne, le 12 octobre dernier, peut susciter la perplexit&#233; quand, au m&#234;me moment, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission de Bruxelles m&#232;nent une guerre budg&#233;taire contre plusieurs pays membres. Ce choix appelle en tout cas une r&#233;flexion sur la nature du r&#233;gime politique de l'Union. &lt;br class='autobr' /&gt;
(tir&#233; du Monde diplomatique, novembre 2012) &lt;br class='autobr' /&gt; &#171; Si nous jetons un cristal par terre, il se brise, mais (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-70-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-11-06-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-11-06&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH122/arton12187-b0685.png?1781170174' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='122' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ironie grin&#231;ante, encouragement ou &#233;pitaphe ? L'attribution du prix Nobel de la paix &#224; l'Union europ&#233;enne, le 12 octobre dernier, peut susciter la perplexit&#233; quand, au m&#234;me moment, la Banque centrale europ&#233;enne et la Commission de Bruxelles m&#232;nent une guerre budg&#233;taire contre plusieurs pays membres. Ce choix appelle en tout cas une r&#233;flexion sur la nature du r&#233;gime politique de l'Union.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(tir&#233; du Monde diplomatique, novembre 2012)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Si nous jetons un cristal par terre, il se brise, mais pas n'importe comment : il se casse suivant ses directions de clivage en des morceaux dont la d&#233;limitation, bien qu'invisible, &#233;tait cependant d&#233;termin&#233;e &#224; l'avance par la structure du cristal. &#187; Ce constat &#233;tabli par Sigmund Freud dans les ann&#233;es 1930 (1) &#224; propos des malades mentaux s'applique aussi aux malades politiques, au premier rang desquels l'Union europ&#233;enne, structure f&#234;l&#233;e et fissur&#233;e s'il en est. La crise &#233;conomique ouverte en 2007 a r&#233;v&#233;l&#233; les contradictions inh&#233;rentes &#224; la construction europ&#233;enne. Elle a en particulier d&#233;montr&#233; que l'Union s'adossait &#224; un r&#233;gime politique autoritaire, susceptible de suspendre les proc&#233;dures d&#233;mocratiques en invoquant l'urgence &#233;conomique ou financi&#232;re. Au cours des quatre derni&#232;res ann&#233;es, des institutions &#233;chappant &#224; tout contr&#244;le populaire, telles la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et la Commission europ&#233;enne, ont ainsi &#8211; avec la collaboration active des classes dominantes de ces pays &#8211; dict&#233; leur feuille de route aux peuples irlandais, hongrois, roumain, grec, italien, espagnol, portugais, fran&#231;ais, etc. Le trait&#233; sur la stabilit&#233;, la coordination et la gouvernance (TSCG), le contr&#244;le budg&#233;taire des Etats membres et la surveillance des banques par l'Union prolongent ce mouvement (2).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment caract&#233;riser cette forme de gouvernement des peuples sans les peuples ? Pour saisir la nature du nouveau r&#233;gime politique europ&#233;en, il convient de revenir sur les quatre phases de la crise. Tout commence en ao&#251;t 2007. Quand la plus grosse banque fran&#231;aise, BNP Paribas, annonce le gel des actifs de trois de ses fonds d'investissement, en arguant de son incapacit&#233; &#224; les &#233;valuer, l'Union europ&#233;enne ne dispose d'aucune ressource financi&#232;re propre lui permettant d'intervenir : si la monnaie unique a suscit&#233; l'&#233;mergence de banques op&#233;rant &#224; l'&#233;chelle du continent, la supervision de leur activit&#233; demeure la pr&#233;rogative des Etats. La BCE injecte d'importants volumes de liquidit&#233;s, sans qu'une r&#233;forme en profondeur du syst&#232;me financier soit encore envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faillite de la quatri&#232;me banque d'investissement du monde, Lehman Brothers, en septembre 2008, donne le coup d'envoi de la deuxi&#232;me phase de la crise. Elle conduit le syst&#232;me financier international au bord de la faillite, et suscite une contraction du cr&#233;dit (credit crunch) de grande ampleur. Pour la premi&#232;re fois depuis l'apr&#232;s-guerre, l'&#233;conomie mondiale plonge dans la r&#233;cession. La r&#233;ponse vient d'abord du G20 et des banques centrales des principales &#233;conomies de la plan&#232;te : tous reconnaissent la n&#233;cessit&#233; de mesures contracycliques provisoires. Lors du Conseil europ&#233;en des 15 et 16 octobre 2008, les gouvernements annoncent la recapitalisation des &#233;tablissements de cr&#233;dit en difficult&#233;, et promettent de garantir les emprunts bancaires. Au niveau de l'Union europ&#233;enne, deux institutions montent en puissance : la BCE et la direction g&#233;n&#233;rale de la concurrence (DGC). Elles constituent les v&#233;ritables centres de pilotage dans la temp&#234;te. Comme elles sont sans l&#233;gitimit&#233; &#233;lectorale, leur renforcement s'intensifie de fa&#231;on inversement proportionnelle au niveau de d&#233;mocratie de l'Union. Troisi&#232;me phase : fin 2009, l'Europe devient l'&#233;picentre de la crise globale. S'enclenche alors une spirale infernale : envol des taux d'int&#233;r&#234;t de la dette publique des pays de la p&#233;riph&#233;rie, g&#233;n&#233;ralisation des mesures d'aust&#233;rit&#233;, croissance en berne ou en chute libre. Dans la tourmente, des pays souverains enchass&#233;s dans une monnaie unique se trouvent &#224; la merci d'attaques sp&#233;culatives d&#232;s lors que la BCE refuse d'apporter sa garantie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De Bonaparte &#224; Mario Draghi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;MAI 2010. Le premier plan de sauvetage de la Gr&#232;ce place Ath&#232;nes sous la tutelle de la &#171; tro&#239;ka &#187; : Fonds mon&#233;taire international (FMI), BCE et Commission europ&#233;enne. Dans son sillage, les taux d'int&#233;r&#234;t de l'Irlande et du Portugal, suivis par ceux de l'Espagne et de l'Italie, s'affolent, infirmant l'hypoth&#232;se selon laquelle la Gr&#232;ce serait un cas particulier. Au m&#234;me moment, un Fonds europ&#233;en de stabilit&#233; financi&#232;re (FESF) voit le jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; l'opposition d'une partie des &#233;lites continentales, la BCE &#233;largit le champ de ses pr&#233;rogatives et se met &#224; racheter des bons du Tr&#233;sor sur le march&#233; secondaire. Ces changements &#233;pousent les int&#233;r&#234;ts de la finance. M. Klaus Regling prend la t&#234;te du FESF. Ancien cadre du FMI, du minist&#232;re des finances allemand et de la Commission europ&#233;enne, il a accompli une partie de sa carri&#232;re dans la finance priv&#233;e, travaill&#233; au cours des ann&#233;es 1980 pour l'Association f&#233;d&#233;rale des banques allemandes, dirig&#233; un fonds sp&#233;culatif (hedge fund) &#224; Londres entre 1999 et 2001 et exerc&#233; comme consultant priv&#233; &#224; Bruxelles Cas similaire : M. Jacques de Larosi&#232;re. Ancien directeur g&#233;n&#233;ral du FMI, haut fonctionnaire du Tr&#233;sor fran&#231;ais, puis conseiller de M. Michel P&#233;bereau, pr&#233;sident- directeur g&#233;n&#233;ral de BNP Paribas, il a dirig&#233; en f&#233;vrier 2009 le groupe d'experts qui a remis &#224; la Commission europ&#233;enne un rapport sur la r&#233;forme de l'architecture financi&#232;re europ&#233;enne. Quatre des huit membres de ce groupe sont ou ont &#233;t&#233; li&#233;s &#224; des &#233;tablissements financiers : Goldman Sachs, BNP Paribas, Lehman Brothers et Citigroup. Lors de la quatri&#232;me phase, qui d&#233;bute en juillet 2011, la crise des dettes souveraines de la p&#233;riph&#233;rie de l'Europe s'&#233;tend &#224; certains pays du coeur historique de l'Union, comme l'Italie, qui voit les taux d'int&#233;r&#234;t de sa dette bondir par rapport &#224; ceux acquitt&#233;s par l'Allemagne. L'ensemble du continent bascule &#224; nouveau dans la r&#233;cession, tandis que les pays du Sud s'enfoncent dans la d&#233;pression. En m&#234;me temps, la crise se politise de plus en plus. Les tensions s'avivent au niveau international entre pays europ&#233;ens, et surtout au sein des soci&#233;t&#233;s les plus malmen&#233;es par les turbulences &#233;conomiques : l'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Gr&#232;ce. Le r&#244;le jou&#233; par l'Institut de la finance internationale (IIF) au cours de cette phase s'av&#232;re crucial. Sorte de lobby des grands &#233;tablissements financiers mondiaux, cet organisme a pes&#233; de tout son poids sur les repr&#233;sentants des gouvernements nationaux et de l'Union. Il a &#233;t&#233; directement impliqu&#233; dans les n&#233;gociations sur la r&#233;forme de l'architecture financi&#232;re europ&#233;enne, parvenant par exemple &#224; faire capoter la proposition d'une nouvelle taxe pour le secteur bancaire (3). Quand, en octobre 2011, le premier ministre grec Georges Papandr&#233;ou annonce son intention de convoquer un r&#233;f&#233;rendum sur le nouveau plan d'aide, les gouvernements europ&#233;ens se font mena&#231;ants. M. Nicolas Sarkozy &#233;voque pour la premi&#232;re fois l'&#233;ventualit&#233; d'une sortie de l'euro pour la Gr&#232;ce. M. Papandr&#233;ou d&#233;missionne ; il est remplac&#233; par M. Lucas Papad&#233;mos, ancien banquier central &#224; Ath&#232;nes et &#224; Francfort, &#224; la t&#234;te d'un &#171; gouvernement d'unit&#233; nationale &#187;. En Italie, M. Silvio Berlusconi conna&#238;t le m&#234;me sort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que le commissaire aux affaires &#233;conomiques et mon&#233;taires Olli Rehn a adress&#233; &#224; l'Italie, en novembre 2011, une lettre exigeant des r&#233;formes &#233;conomiques et fiscales drastiques, il est contraint &#224; la d&#233;mission. Il est remplac&#233; par M. Mario Monti, clone transalpin de MM. Papad&#233;mos, Larosi&#232;re et Regling. Ancien commissaire europ&#233;en charg&#233; de la concurrence, M. Monti a pr&#233;sid&#233; l'European Money and Finance Forum, un think tank r&#233;unissant financiers, politiques et universitaires, et a conseill&#233; Goldman Sachs et Coca-Cola. L'incapacit&#233; des gouvernements nationaux &#224; faire face conduit &#224; une acc&#233;l&#233;ration de l'int&#233;gration europ&#233;enne. Le nouveau trait&#233; en cours de ratification cors&#232;te les politiques budg&#233;taires nationales, les soumettant au chaperonnage de la Commission et des autres gouvernements. Le principe selon lequel &#171; la souverainet&#233; s'arr&#234;te quand la solvabilit&#233; s'arr&#234;te &#187; r&#233;duit les pays sous programme d'assistance &#224; des quasi-protectorats. A Ath&#232;nes, Lisbonne et Dublin, les hommes en noir de la &#171; tro&#239;ka &#187; dictent les trains de mesures &#224; adopter, donnant &#224; voir les rapports n&#233;ocoloniaux auxquels sont soumis les pays de la p&#233;riph&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soutenues par le nouveau pouvoir en France, l'Espagne et l'Italie ont arrach&#233; au sommet europ&#233;en de juin 2012 une vague promesse selon laquelle la mise sous tutelle pourrait &#234;tre moins stricte &#224; l'avenir. Ces illusions ont vol&#233; en &#233;clats avec les r&#233;centes d&#233;clarations de M.Mario Draghi, qui n'envisage d'offrir la garantie compl&#232;te de la BCE &#8211; dont il est devenu gouverneur en novembre 2011 &#8211; qu'en &#233;change d'une ob&#233;issance compl&#232;te des autorit&#233;s nationales aux injonctions de la &#171; tro&#239;ka &#187; (4). Ainsi, depuis le d&#233;but de la crise, l'Union europ&#233;enne n'a cess&#233; de manifester les caract&#233;ristiques d'un r&#233;gime autoritaire. Gouvernements &#233;lus contraints &#224; la d&#233;mission et remplac&#233;s par des technocrates sans l&#233;gitimit&#233; d&#233;mocratique ; pr&#233;&#233;minence d'institutions suppos&#233;es &#171; neutres &#187;, comme la BCE ; effacement du r&#244;le du Parlement europ&#233;en, dont le pr&#233;sident social-d&#233;mocrate allemand, M. Martin Schulz, essaie en vain de faire reconna&#238;tre le r&#244;le (5) ; annulation de r&#233;f&#233;rendums ; intrusions du secteur priv&#233; dans la prise de d&#233;cision politique&#8230; Pour comprendre cette dynamique antid&#233;mocratique, que seul pourrait renverser un mouvement social d'ampleur &#224; l'&#233;chelle du continent, il n'est pas inutile de se tourner vers un contemporain de Freud, lui aussi observateur perspicace de la crise de civilisation des ann&#233;es 1930 : Antonio Gramsci. Selon l'intellectuel italien, au cours des grandes crises du capitalisme, les institutions qui d&#233;pendent du suffrage universel, comme les Parlements, passent au second plan. A l'inverse, les circonstances consolident &#171; la position relative du pouvoir haute finance, de l'Eglise, et en g&#233;n&#233;ral de tous les organismes relativement ind&#233;pendants des fluctuations de l'opinion publique (6) &#187;. En temps normal, toutes ces instances ne rechignent pas &#224; laisser les institutions d&#233;mocratiques aux commandes. Ce n'est plus le cas en situation de crise : d'une part, les contradictions inh&#233;rentes aux institutions l&#233;gitimes sur le plan &#233;lectoral s'approfondissent, affaiblissant leur capacit&#233; &#224; prendre les d&#233;cisions que requiert l'acc&#233;l&#233;ration du rythme de la politique ; d'autre part, l'opinion publique fluctue consid&#233;rablement, mena&#231;ant de se tourner vers les solutions les plus radicales. Gramsci nomme &#171; c&#233;sarisme &#187; cette propension des r&#233;gimes d&#233;mocratiques &#224; manifester des penchants autoritaires en temps de crise. Au XIXe si&#232;cle et dans la premi&#232;re moiti&#233; du XXe si&#232;cle, c'est souvent au sein des arm&#233;es qu'&#233;mergent les &#233;l&#233;ments c&#233;saristes &#8211; ainsi de Napol&#233;on Bonaparte, Otto von Bismarck et Benito Mussolini, trois figures embl&#233;matiques du ph&#233;nom&#232;ne. Le c&#233;sarisme emprunte d'ailleurs son nom &#224; un charismatique g&#233;n&#233;ral romain qui, franchissant le Rubicon, a effac&#233; la fronti&#232;re entre le militaire et le politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gramsci avait toutefois pr&#233;vu que des acteurs non militaires puissent eux aussi exercer la fonction de c&#233;sar : c'est le cas de l'Eglise, de la finance ou de la bureaucratie &#233;tatique. L'auteur des Cahiers de prison constate par exemple la nature fragment&#233;e de la nation n&#233;e du Risorgimento italien, au XIXe si&#232;cle : sa constitution par agr&#233;gation de territoires successivement annex&#233;s s'op&#232;re sans v&#233;ritable implication des masses populaires. Seule la bureaucratie d'Etat garantit l'unit&#233;, jouant le r&#244;le de c&#233;sar sans lequel les forces centrifuges feraient &#233;clater l'ensemble. Les dynamiques actuellement &#224; l'oeuvre au sein de l'Union europ&#233;enne &#233;voquent une forme de c&#233;sarisme non pas militaire, mais financier et bureaucratique. Entit&#233; politique &#224; la souverainet&#233; fragment&#233;e, l'Europe ne voit son unit&#233; garantie que par la bureaucratie bruxelloise et l'immixtion structurelle de la finance internationale dans son fonctionnement. Et les suppos&#233;s &#171; progr&#232;s &#187; accomplis sur la voie de l'int&#233;gration au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es accentuent cette caract&#233;ristique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce c&#233;sarisme n'est pas une invention r&#233;cente. Apr&#232;s la seconde guerre mondiale, certaines institutions non d&#233;mocratiques, parmi lesquelles les cours constitutionnelles ou les banques centrales ind&#233;pendantes, sont devenues de plus en plus puissantes en Europe de l'Ouest. L'id&#233;e qui anime les &#233;lites continentales &#224; l'&#233;poque est que les totalitarismes &#171; jumeaux &#187; &#8211; nazisme et stalinisme &#8211; &#233;taient le produit des &#171; exc&#232;s &#187; de la d&#233;mocratie, raison pour laquelle il faut prot&#233;ger cette derni&#232;re contre sa propre d&#233;raison (7). Depuis son origine, le projet europ&#233;en s'inscrit dans cette logique de mise &#224; distance des peuples. Mais l'acc&#233;l&#233;ration brutale op&#233;r&#233;e depuis 2009 a radicalis&#233; le processus : l'union &#233;conomique et mon&#233;taire est devenue un instrument autoritaire de gestion des contradictions &#233;conomiques et sociales produites par la crise. De ce fait, le choix qui s'offre d&#233;sormais n'oppose plus la poursuite de la construction europ&#233;enne au retour &#224; l'&#233;chelon national, comme voudraient nous le faire croire m&#233;dias dominants et intellectuels eurolib&#233;raux, mais deux options antagonistes : le c&#233;sarisme ou la d&#233;mocratie.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(1) Sigmund Freud, Nouvelles Conf&#233;rences d'introduction &#224; la psychanalyse, Gallimard, Paris, 1984 (1re &#233;d. : 1933).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(2) Lire Raoul Marc Jennar, &#171; Deux trait&#233;s pour un coup d'Etat europ&#233;en &#187; et &#171; Trait&#233; flou, cons&#233;quences limpides &#187;, Le Monde diplomatique, respectivement juin et octobre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(3) Financial Times, Londres, 20 juillet 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(4) Financial Times, 7 septembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(5) Le Monde, 19 janvier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(6) Antonio Gramsci, Guerre de mouvement et guerre de position, textes des Cahiers de prison choisis et comment&#233;s par Razmig Keucheyan, La Fabrique, Paris, 2012. Lire &#171; Gramsci, une pens&#233;e devenue monde &#187;, Le Monde diplomatique, juillet 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(7) Cf. Jan-Werner M&#252;ller, Contesting Democracy. Political Ideas in Twentieth-Century Europe, Yale University Press, New Haven, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;PAR C&#201;DRIC DURAND ET RAZMIG KEUCHEYAN&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Respectivement ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;conomie l'universit&#233; Paris-XIII et ma&#238;tre de conf&#233;rences en sociologie &#224; l'universit&#233; Paris-Sorbonne (Paris-IV).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Syriza ou le moment de changer l'Europe</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Syriza-ou-le-moment-de-changer-l-Europe</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Syriza-ou-le-moment-de-changer-l-Europe</guid>
		<dc:date>2012-05-22T08:19:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>C&#233;dric Durand, Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Gr&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-05-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le succ&#232;s remport&#233; par Syriza lors des l&#233;gislatives grecques du 6 mai est un &#233;v&#233;nement pour toute l'Europe. Arriv&#233;e en deuxi&#232;me position, cette formation de la gauche radicale est d&#233;sormais la principale force d'opposition aux politiques de la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission europ&#233;enne, Banque centrale europ&#233;enne, Fonds mon&#233;taire international) relay&#233;es par les partis du centre, gauche et droite r&#233;unies. Dans un pays en d&#233;composition acc&#233;l&#233;r&#233;e, o&#249; s'&#233;tend l'ombre d&#233;lirante des n&#233;onazis, elle incarne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grece-+" rel="tag"&gt;Gr&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-05-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-05-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH98/arton10417-93e1d.png?1781170175' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='98' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le succ&#232;s remport&#233; par Syriza lors des l&#233;gislatives grecques du 6 mai est un &#233;v&#233;nement pour toute l'Europe. Arriv&#233;e en deuxi&#232;me position, cette formation de la gauche radicale est d&#233;sormais la principale force d'opposition aux politiques de la &#171; tro&#239;ka &#187; (Commission europ&#233;enne, Banque centrale europ&#233;enne, Fonds mon&#233;taire international) relay&#233;es par les partis du centre, gauche et droite r&#233;unies. Dans un pays en d&#233;composition acc&#233;l&#233;r&#233;e, o&#249; s'&#233;tend l'ombre d&#233;lirante des n&#233;onazis, elle incarne la seule lueur d'espoir. Face &#224; la d&#233;g&#233;n&#233;rescence de l'Europe n&#233;olib&#233;rale, c'est par Ath&#232;nes que passe aujourd'hui l'alternative.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Sociale, antiraciste, &#233;cologiste, Syriza et son jeune leader, Alexis Tsipras, repr&#233;sentent une nouvelle gauche radicale dont l'identit&#233; s'est forg&#233;e dans le creuset altermondialiste. Fille du mouvement ouvrier n&#233; au XIXe si&#232;cle et des mouvements sociaux apparus au lendemain de 1968, elle constitue une synth&#232;se politique in&#233;dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle gauche radicale est celle des travailleurs mais aussi des d&#233;poss&#233;d&#233;s. L'anticapitalisme qu'elle promeut ne se limite pas &#224; l'antagonisme capital-travail. Comme l'a montr&#233; David Harvey dans son ouvrage r&#233;cemment publi&#233; en fran&#231;ais, le Nouvel Imp&#233;rialisme, le capitalisme ne repose pas seulement sur l'exploitation des salari&#233;s. Il proc&#232;de aussi par la d&#233;possession des populations. Privatisations, r&#233;duction des droits sociaux, marchandisation de la nature, fiscalit&#233; antiredistributive, prol&#233;tarisation de gigantesques masses rurales sont autant de modalit&#233;s extra-&#233;conomiques permettant de g&#233;n&#233;rer du profit lorsque la machine productive s'enraye. La d&#233;possession est ainsi reconnue pour ce qu'elle est : un pivot de la lutte des classes tout aussi essentiel que l'exploitation salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette nouvelle sensibilit&#233; politique a appris &#224; articuler la diversit&#233; lors des forums sociaux et contre-sommets altermondialistes. La d&#233;possession capitaliste affecte des populations h&#233;t&#233;rog&#232;nes. Si la d&#233;forestation et le cr&#233;dit imp&#244;t recherche ont tous deux pour fonction de soutenir la rentabilit&#233; du capital, l'alliance politique des paysans expropri&#233;s et des universitaires ne va pas de soi. La lutte contre la d&#233;possession, son articulation avec les mouvements ouvriers, f&#233;ministe et antiraciste implique en ce sens de f&#233;d&#233;rer des incommensurables : nul axe ne peut &#234;tre subordonn&#233; &#224; un autre et tous participent de la r&#233;sistance &#224; la logique du syst&#232;me. La construction d'un projet politique commun suppose de penser l'articulation de ces combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, cette nouvelle gauche radicale n'est pas une simple addition de mouvements, elle propose une strat&#233;gie pour l'&#233;mancipation. R&#233;solument politique, elle sait que la conqu&#234;te de l'Etat est un &#233;l&#233;ment d&#233;cisif pour engager un processus de transformation social. Mais elle sait aussi que cette conqu&#234;te sera impuissante si elle n'est pas port&#233;e par des mobilisations populaires de grande ampleur. Les id&#233;es ne font leur chemin que lorsque des forces sociales les poussent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tous &#233;gards, Syriza vient de nous donner une le&#231;on. Intransigeante sur l'essentiel - le refus de l'aust&#233;rit&#233; - mais ne r&#233;cusant pas la discussion, elle vient de renvoyer la social-d&#233;mocratie grecque, le Pasok, &#224; sa pr&#233;f&#233;rence pour une alliance avec la droite, tout en engageant un dialogue avec les syndicats et les mouvements sociaux pour expliquer sa d&#233;marche. Sa mont&#233;e en puissance lors d'un &#233;ventuel nouveau scrutin le mois prochain est in&#233;luctable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; l'extr&#234;me droite, &#224; la tentation du recours militaire ou &#224; une intervention antid&#233;mocratique suppl&#233;mentaire de l'Union europ&#233;enne, la solidarit&#233; avec le peuple grec est une n&#233;cessit&#233; imp&#233;rieuse. En France, l'appui du Front de gauche est acquis, mais qu'en est-il de l'attitude du nouveau pouvoir socialiste ? Les d&#233;cisions de Fran&#231;ois Hollande dans les semaines &#224; venir vont non seulement marquer sa pr&#233;sidence, mais sceller le sort de la social-d&#233;mocratie &#224; l'&#233;chelle du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Hollande va-t-il consid&#233;rer, comme l'ont r&#233;affirm&#233; Angela Merkel et J&#246;rg Asmussen de la BCE qu'&#171; il n'y a pas d'alternative &#187; aux r&#233;formes exig&#233;es par la tro&#239;ka ? Il n'y aurait d&#232;s lors que deux solutions : soit donner un blanc-seing &#224; une solution autoritaire qui officialiserait le rabaissement de la souverainet&#233; de la Gr&#232;ce &#224; celle d'un protectorat, soit expulser le pays de l'euro, donnant le coup d'envoi de la dislocation g&#233;opolitique du continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Va-t-il au contraire entamer, comme Syriza l'y invite, un processus de rel&#233;gitimation de l'Europe en subordonnant les formes de l'int&#233;gration &#233;conomique &#224; la r&#233;alisation d'objectifs de convergence sociale et de transformation &#233;cologique ? Un tel engagement impose de rompre le consensus avec la droite europ&#233;enne et d'assumer une crise politique au sommet. Se pourrait-il que le soutien &#224; la gauche radicale grecque devienne, pour les nouvelles g&#233;n&#233;rations, ce que le soutien au Vietnam fut pour la g&#233;n&#233;ration 68, &#224; savoir un puissant levier de mobilisation &#224; l'&#233;chelle globale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#201;DRIC DURAND est Ma&#238;tre de conf&#233;rences en &#233;conomie &#224; Paris-XIII,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;RAZMIG KEUCHEYAN est Ma&#238;tre de conf&#233;rences en sociologie &#224; Paris-4&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* &lt;a href=&#034;http://www.liberation.fr/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.liberation.fr/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; l'occasion du cinquantenaire de la New Left Review</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/A-l-occasion-du-cinquantenaire-de-la-New-Left-Review</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/A-l-occasion-du-cinquantenaire-de-la-New-Left-Review</guid>
		<dc:date>2010-08-17T08:44:41Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Razmig Keucheyan</dc:creator>


		<dc:subject>Grande-Bretagne</dc:subject>
		<dc:subject>Lire &#224; gauche</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233;e en 1960, la NLR &#171; premi&#232;re mouture &#187; est anim&#233;e par des intellectuels critiques du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier issus majoritairement des Cultural Studies (Stuart Hall, E.P Thompson, Raymond Williams). L'&#233;quipe est rajeunie en 1962 avec l'arriv&#233;e d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'intellectuels qui reste en partie aux commandes de la revue aujourd'hui (Tariq Ali, Robin Blackburn, Alexander Cockburn, Perry Anderson). La NLR s'inscrit contre le sous-d&#233;veloppement th&#233;orique de la gauche britannique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Grande-Bretagne-+" rel="tag"&gt;Grande-Bretagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lire-a-gauche-+" rel="tag"&gt;Lire &#224; gauche&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-08-17-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-08-17&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L105xH150/arton5081-62903.jpg?1781170175' class='spip_logo spip_logo_right' width='105' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233;e en 1960, la NLR &#171; premi&#232;re mouture &#187; est anim&#233;e par des intellectuels critiques du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier issus majoritairement des Cultural Studies (Stuart Hall, E.P Thompson, Raymond Williams). L'&#233;quipe est rajeunie en 1962 avec l'arriv&#233;e d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration d'intellectuels qui reste en partie aux commandes de la revue aujourd'hui (Tariq Ali, Robin Blackburn, Alexander Cockburn, Perry Anderson). La NLR s'inscrit contre le sous-d&#233;veloppement th&#233;orique de la gauche britannique et son &#233;loignement du marxisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'inspirant des Temps modernes sartriens, la NLR est depuis 50 ans une revue de gauche radicale, ouverte au monde, attentive aux mouvements politiques et sociaux, mais aussi &#224; la culture, surtout depuis sa refonte en 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#8230; il y a une erreur de perspective &#224; vouloir analyser avec les lunettes de J&#252;rgen Habermas et de John Rawls une &#233;poque qui a produit Ernst J&#252;nger et Antonio Gramsci, Carl Schmitt et L&#233;on Trotski. &#187;&#8232;Enzo Traverso, 1914-1945. La guerre civile europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le renouveau de l'&#233;dition critique que l'on constate en France &#224; l'heure actuelle a eu son &#233;quivalent dans la Grande-Bretagne des ann&#233;es 1960. Les &#233;ditions Amsterdam, Prairies ordinaires, Agone, la Fabrique, Zones ou Lignes (parmi d'autres), occupent dans le champ intellectuel fran&#231;ais contemporain une position analogue &#224; celle de la New Left Review (NLR) lors de sa fondation, il y a de cela cinquante ans. Prenant acte de la m&#233;diocrit&#233; de la production intellectuelle nationale, ces &#233;diteurs ind&#233;pendants ont entrepris depuis quelques ann&#233;es une vaste op&#233;ration de traductions de courants critiques &#233;trangers. Et ainsi port&#233; &#224; l'attention du public fran&#231;ais des auteurs de l'importance de Fredric Jameson, David Harvey, Mike Davis, Franco Moretti, Giorgio Agamben, Judith Butler, Slavoj Zizek, ou encore les subalternistes indiens. La France avait &#233;t&#233; pendant les trois premiers quarts du 20e si&#232;cle un pays novateur en mati&#232;re de pens&#233;e critique (marxisme inclus). D&#232;s la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1970, elle devient un centre mondial de la r&#233;action, &#224; la faveur de ce que l'historien &#233;tatsunien Michael Scott Christofferson a nomm&#233; le &#171; moment antitotalitaire &#187; [1]. La vague de traductions en cours conduira sans doute &#224; terme &#224; l'&#233;mergence de nouvelles g&#233;n&#233;rations d'intellectuels critiques bas&#233;s en France, nourris de ces r&#233;f&#233;rences venues de l'&#233;tranger. Comme le montre l'histoire de la NLR, celles-ci subiront d'importantes mutations au contact de l'environnement dans lequel elles arrivent, jusqu'&#224; donner lieu &#224; des courants de pens&#233;e sui generis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Naissance de la New Left Review&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR na&#238;t en 1960 de la fusion des r&#233;dactions de The New Reasoner et de la Universities and Left Review. Ces publications rel&#232;vent de la &#171; first New Left &#187;, qui appara&#238;t autour de 1956. Cette ann&#233;e est celle de la crise de Suez, de l'&#233;crasement de l'insurrection de Budapest par les chars sovi&#233;tiques, et du rapport Khroutchev sur les crimes de Staline. La &#171; premi&#232;re &#187; nouvelle gauche est compos&#233;e d'intellectuels souvent membres du parti communiste britannique, mais qui rompent avec lui &#224; cette occasion. La critique du stalinisme et plus g&#233;n&#233;ralement du &#171; vieux &#187; mouvement ouvrier (communiste et social-d&#233;mocrate) en est une marque distinctive. Parmi les figures de la NLR des commencements, on trouve ainsi E.P. Thompson, Raymond Williams, Stuart Hall, Ralph Miliband, C. Wright Mills, Charles Taylor et Alasdair MacIntyre. La fine fleur de l'intelligentsia anglo-am&#233;ricaine de l'&#233;poque, en somme, des fondateurs des cultural studies que sont Williams et Hall &#224; l'historien de la classe ouvri&#232;re anglaise Thompson, en passant par les futurs philosophes politiques &#171; communautariens &#187; Taylor et MacIntyre. La d&#233;fense d'un socialisme &#171; humaniste &#187; aux accents romantiques - caract&#233;ristique commune de la nouvelle gauche mondiale - est la banni&#232;re sous laquelle se placent ces penseurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe plus jeune prend le relai d&#232;s 1962. C'est peu ou prou la m&#234;me qui, cinq d&#233;cennies plus tard, continue &#224; impulser &#224; la revue ses principales orientations. Elle inclut Tariq Ali, Robin Blackburn - qui dirigera la revue de 1983 &#224; 1999 -, Gareth Stedman Jones, Alexander Cockburn, Tom Nairn, Fred Halliday, ainsi que celui qui en prend la direction pour deux d&#233;cennies, et auquel l'histoire de la NLR est le plus &#233;troitement li&#233;e, Perry Anderson [2]. Le mod&#232;le dont s'inspire la nouvelle &#233;quipe est Les Temps modernes, fond&#233;s par Sartre et Beauvoir au sortir de la seconde guerre mondiale. Il s'agit de faire vivre une revue socialiste - &#224; certaines p&#233;riodes r&#233;volutionnaire - en un sens large mais radical, en prise avec les mouvements politiques et sociaux, mais r&#233;solument ind&#233;pendante. Une caract&#233;ristique de la NLR qui la rapproche de son illustre mod&#232;le (certes aujourd'hui m&#233;connaissable) est l'id&#233;e que la lutte des classes se livre autant dans la th&#233;orie et la culture que dans le champ politique proprement dit. C'est ainsi que depuis les origines, et sans doute davantage encore depuis les ann&#233;es 2000, les articles consacr&#233;s &#224; la litt&#233;rature (Franco Moretti, Roberto Schwarz), au cin&#233;ma (Peter Wollen, Fredric Jameson), ou &#224; l'art moderne et contemporain (Hal Foster, T.J. Clark), y figurent en bonne place. La cr&#233;ation d'un &#171; nouveau sens commun &#187;, selon l'expression d'un Gramsci dont les animateurs de la revue sont de fins connaisseurs, implique d'aborder l'analyse de la culture comme on aborde celle de la politique : en strat&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tropisme continental caract&#233;rise la NLR des premi&#232;res d&#233;cennies. Un constat fondateur qu'effectuent ses membres est que le marxisme britannique est sous-d&#233;velopp&#233;. Nulle trace dans la Grande-Bretagne du milieu du 20e si&#232;cle - et le monde anglo-saxon plus en g&#233;n&#233;ral - de courants de l'importance de l'Ecole de Francfort, des marxismes italiens (Gramsci, Della Volpe, l'op&#233;ra&#239;sme), de l'existentialisme sartrien, ou du structuralisme althuss&#233;rien. Les origines de ce sous-d&#233;veloppement th&#233;orique remontent au seuil de l'&#233;poque moderne. Perry Anderson et Tom Nairn ont d&#233;velopp&#233; l'id&#233;e - pass&#233;e &#224; la post&#233;rit&#233; sous le nom de &#171; th&#232;se d'Anderson-Nairn &#187; - selon laquelle la Grande-Bretagne a connu une r&#233;volution pr&#233;matur&#233;e au XVIIe si&#232;cle. Les &#233;l&#233;ments bourgeois &#233;tant quasiment absents de la soci&#233;t&#233; de l'&#233;poque, elle fut pour l'essentiel men&#233;e par l'aristocratie terrienne. Terrifi&#233;e par les cons&#233;quences de la r&#233;volution fran&#231;aise, et par la puissance de son propre prol&#233;tariat - exp&#233;riment&#233;e &#224; l'occasion du chartisme - la bourgeoisie anglaise n'a pas jou&#233; un r&#244;le moteur sur le plan &#233;conomique et culturel. N'ayant jamais r&#233;alis&#233; un changement social radical, elle n'a pas non plus eu &#224; le th&#233;oriser. C'est pourquoi la pens&#233;e sociologique, fille des r&#233;volutions des 18e et 19e si&#232;cles, n'a pas trouv&#233; en Grande-Bretagne un terreau fertile. La France, l'Allemagne et l'Italie ont quant &#224; elles g&#233;n&#233;r&#233; d'importantes th&#233;ories du changement et des fondements de l'ordre social, dont les &#339;uvres de Durkheim, Weber et Pareto (respectivement) sont les points hauts. Ceci a donn&#233; lieu par contrecoup &#224; l'&#233;mergence dans ces pays de puissants courants marxistes, versants prol&#233;tariens de la sociologie (bourgeoise). En Grande-Bretagne, les causes qui expliquent l'absence de la sociologie expliquent aussi celle du marxisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR se donne pour objectif de rem&#233;dier &#224; cette situation, en important et traduisant massivement les courants critiques continentaux. Les nombreuses variantes de marxisme sont bien s&#251;r &#224; l'honneur, mais le structuralisme ou certains courants de la psychanalyse traversent &#233;galement la Manche par son entremise. La NLR et New Left Books, la maison d'&#233;dition li&#233;e &#224; la revue - aujourd'hui Verso -, ont ainsi constitu&#233; la principale sinon seule voie d'entr&#233;e vers le monde anglo-saxon d'Antonio Gramsci, Theodor Adorno, Andr&#233; Gorz, Louis Althusser, Lucio Colletti, Galvano Della Volpe, Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Nicos Poulantzas, Georg Lukacs, Karl Korsch, Paul Feyerabend, Ernest Mandel, ou Mikha&#239;l Bakhtine&#8230; Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, Perry Anderson constate que la greffe entam&#233;e deux d&#233;cennies plus t&#244;t a pris [3] . Le centre de gravit&#233; du marxisme bascule dans le dernier quart du 20e si&#232;cle dans le monde anglo-saxon. La NLR n'est certes pas le seul acteur &#233;ditorial &#224; pouvoir se pr&#233;valoir de ce succ&#232;s. D'autres revues (para)marxistes y ont contribu&#233;, parmi lesquelles Semiotext(e), Telos, New German Critique, Theory and Society, Radical Philosophy, Economy and Society et Critical Inquiry. Le marxisme a en outre &#233;t&#233; litt&#233;ralement expuls&#233; d'Europe de l'Ouest, et particuli&#232;rement de France lors de la &#171; grande catastrophe &#187; des ann&#233;es 1980. L'&#233;radication du marxisme continental a fait ressortir a contrario l'existence de marxismes dynamiques dans ces terres d'adoption. Mais l'on peut souhaiter aux &#233;diteurs fran&#231;ais qui traduisent aujourd'hui des auteurs anglo-saxons eux-m&#234;mes produits d'une vague ant&#233;rieure de traductions de penseurs continentaux vers l'anglais de rencontrer une fortune similaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'elle avait &#233;t&#233; jusque-l&#224; importatrice nette de th&#233;ories, la NLR commence alors &#224; en exporter. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1960, plus de la moiti&#233; de son lectorat se trouve d&#233;j&#224; &#224; l'ext&#233;rieur de la Grande-Bretagne. La NLR est la premi&#232;re revue-monde, c'est-&#224;-dire la premi&#232;re revue - toute tendance politique confondue - dont le th&#233;&#226;tre des op&#233;rations est d'embl&#233;e mondial. Les Etats-Unis concentrent une part grandissante du lectorat, et font l'objet d'une attention de plus en plus soutenue de la part de la r&#233;daction. Le tropisme continental des premiers temps se transforme ainsi, &#224; partir de la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1970, en tropisme &#233;tatsunien. C'est &#224; ce moment-l&#224; que certaines c&#233;l&#233;brit&#233;s am&#233;ricaines qui font la r&#233;putation de la revue jusqu'&#224; ce jour, comme Mike Davis ou Robert Brenner, int&#232;grent son comit&#233; &#233;ditorial. Fredric Jameson, qui y publie en 1984 son essai classique sur le postmodernisme [4] , fait &#233;galement son apparition. Perry Anderson lui-m&#234;me s'am&#233;ricanise &#224; cette &#233;poque, puisque quittant ses bureaux londoniens, il occupe d&#233;sormais une chaire d'histoire &#224; l'universit&#233; de Los Angeles en Californie (UCLA). Ce mouvement vers l'Ouest ne semble pas pr&#234;t de s'arr&#234;ter. L'Asie en g&#233;n&#233;ral, et la Chine en particulier, sont l'objet d'un nombre croissant d'articles au cours des ann&#233;es r&#233;centes. S'agit-il des signes annonciateurs d'un troisi&#232;me tropisme dans l'histoire de la NLR, &#224; savoir un tropisme chinois ? Quoiqu'il en soit, on chercherait en vain une r&#233;gion du monde, si recul&#233;e soit-elle, &#224; laquelle la revue n'ait pas consacr&#233; un article, et souvent plusieurs. Que la NLR s'exprime dans la lingua franca de notre temps lui conf&#232;re bien s&#251;r un avantage comparatif sur d'autres revues, en termes de diversit&#233; nationale des contributeurs aussi bien que de volume du lectorat (10'000 exemplaires de chaque num&#233;ro vendus &#224; l'heure actuelle).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR s'est caract&#233;ris&#233;e pendant un demi-si&#232;cle par un refus de la sp&#233;cialisation. Non pas naturellement que les articles soient &#233;crits par des incomp&#233;tents, mais le type de division du travail disciplinaire qui a cours dans le monde universitaire a toujours &#233;t&#233; activement combattu par la revue. Le refus de la sp&#233;cialisation n'est pas une coquetterie d'intellectuels aspirant &#224; formuler un avis sur tout. Du point de vue marxiste, il a un fondement pr&#233;cis. Le capitalisme est une totalit&#233; (contradictoire), dont la logique s'impose &#224; tous les secteurs de la vie sociale. Afin de le combattre, il est indispensable de situer la critique au niveau m&#234;me o&#249; op&#232;re le capital, c'est-&#224;-dire celui de la totalit&#233;. La lutte contre la fragmentation des savoirs est de ce fait un enjeu politique de premi&#232;re importance [5]. Elle est cependant d'autant plus difficile que la division du travail intellectuel s'accentue avec le temps, condition d'un syst&#232;me bas&#233; sur l'augmentation constante de la productivit&#233;. La r&#233;ponse socialiste &#224; ce d&#233;fi capitaliste est l'&#233;laboration collective - le general intellect -, seule &#224; m&#234;me de d&#233;fragmenter le savoir, et de l'&#233;lever au niveau de la totalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les mains sales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une revue socialiste ind&#233;pendante n'est pas loin d'&#234;tre une contradiction dans les termes. Le refus de s&#233;parer la th&#233;orie de la pratique est une condition du marxisme, comment une publication s'en r&#233;clamant pourrait-elle se passer de liens organiques avec des partis et syndicats ouvriers ? Cette contradiction a hant&#233; la NLR depuis les origines, comme elle a hant&#233; de nombreux collectifs intellectuels - Socialisme ou barbarie en est un autre - dans la seconde moiti&#233; du 20e si&#232;cle. Perry Anderson a consacr&#233; des pages lumineuses &#224; ce probl&#232;me. La rupture entre la th&#233;orie et la pratique se trouve au fondement du marxisme &#171; occidental &#187;, dont les repr&#233;sentants ne se trouvent plus, contrairement aux marxistes &#171; classiques &#187;, &#224; la t&#234;te d'organisations ouvri&#232;res [6]. En &#233;tablissant cette distinction dans les ann&#233;es 1970, Anderson appelle au d&#233;passement de cette contradiction dans le cas de la NLR elle-m&#234;me. La d&#233;faite historique du mouvement ouvrier dans les ann&#233;es 1990 a diminu&#233; l'acuit&#233; du probl&#232;me. L'ind&#233;pendance de la NLR &#233;tait en effet plus difficilement d&#233;fendable lorsque des organisations de masse existaient. Aujourd'hui, l'urgence est ailleurs, et sans doute avant tout dans le sauvetage d'un h&#233;ritage critique enseveli sous les d&#233;combres du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Son ind&#233;pendance de principe n'a pas emp&#234;ch&#233; la NLR de c&#233;der aux enthousiasmes successifs d'une &#233;poque riche en &#233;v&#233;nements politiques. Dans les ann&#233;es 1960, la position dominante au sein du comit&#233; &#233;ditorial est favorable au mod&#232;le &#171; polycentrique &#187; du parti communiste italien. Le PCI offre l'avantage par rapport &#224; ses homologues fran&#231;ais et britannique d'admettre en son sein des courants oppositionnels, tout en &#233;tant un authentique parti de masse. La figure tut&#233;laire est alors Antonio Gramsci, que la NLR contribue &#224; faire conna&#238;tre dans le monde anglo-saxon (on sait que les cultural studies en feront grand usage). Perry Anderson consacrera ult&#233;rieurement un ouvrage &#224; l'auteur des Cahiers de prisons, &#224; une &#233;poque o&#249; il aura toutefois pris quelques distances avec lui [7] . Au cours de cette premi&#232;re p&#233;riode, la revue d&#233;fend des id&#233;es proches de ce qui deviendra par la suite l' &#171; eurocommunisme &#187;, et particuli&#232;rement des versions de gauche de ce courant, &#233;labor&#233;e par exemple par Nicos Poulantzas. La Grande-Bretagne n'&#233;tant pas l'Italie, la NLR place quelques espoirs - rapidement d&#233;&#231;us - dans le premier gouvernement travailliste d'Harold Wilson (1964). La revue est &#233;galement partie prenante de la Campagne pour le d&#233;sarmement nucl&#233;aire (CND). Son int&#233;r&#234;t pour la question de l'armement nucl&#233;aire ne se d&#233;menti pas au fil des ans, puisqu'au cours des ann&#233;es 1980, elle accueille les r&#233;flexions d' E.P. Thompson consacr&#233;e &#224; l' &#171; ext&#233;rminisme &#187; comme stade terminal de la civilisation [8].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1970, la NLR se d&#233;porte vers la gauche, et se rapproche de conceptions plus classiquement l&#233;ninistes de la lutte des classes. Elle traverse d'abord un bref &#233;pisode mao&#239;ste et althuss&#233;rien, qui sera l'occasion d'une pol&#233;mique hom&#233;rique entre Perry Anderson et E.P. Thompson sur le r&#244;le de la &#171; th&#233;orie &#187; dans l'analyse historique et la politique r&#233;volutionnaire [9]. L'impact combin&#233; des mouvements &#233;tudiants en Occident et des luttes de lib&#233;ration dans le tiers-monde - le gu&#233;varisme et la r&#233;volution vietnamienne notamment - conduit la revue &#224; se rapprocher du trotskisme, en particulier de la IVe Internationale et de son th&#233;oricien belge Ernest Mandel. L'influence plus ancienne de l'historien Isaac Deutscher, collaborateur de Trotski r&#233;fugi&#233; en Angleterre, puis devenu son biographe, continue &#233;galement &#224; op&#233;rer. Certains membres de la NLR, parmi lesquels Tariq Ali, adh&#232;rent &#224; la IVe Internationale et y exercent pour un temps des fonctions de direction. M&#234;me si elle ouvrira largement ses colonnes &#224; Mandel et d'autres figures du trotskisme, la revue conserve son autonomie. Avec l'&#233;mergence de mouvements de masse apr&#232;s 1968, l'espoir s'installe de voir la coupure entre la th&#233;orie et la pratique enfin se r&#233;sorber. Il sera comme on sait de courte dur&#233;e. Alors que le thatch&#233;risme bat son plein, la NLR se rapproche de la gauche du parti travailliste, r&#233;unie autour de Tony Benn. La r&#233;sistance &#224; l'&#233;mergence de la &#171; troisi&#232;me voie &#187; blairiste se soldera elle aussi par un &#233;chec. Certains membres de la NLR participent &#224; cette &#233;poque &#224; des initiatives visant &#224; doter la Grande-Bretagne d'une constitution, ou d'y instaurer un scrutin proportionnel. La revue prend &#233;galement position, sous la plume de Perry Anderson, en faveur de l'adh&#233;sion de la Grande-Bretagne &#224; l'Europe, et d&#233;fend la n&#233;cessit&#233; de faire &#233;merger une Europe f&#233;d&#233;rale, dans laquelle pourraient se reconstituer les solidarit&#233;s ouvri&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Radicaliser le r&#233;alisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ab&#238;me s&#233;pare le monde actuel de celui dans lequel est n&#233; la NLR. Comme le dit Perry Anderson dans un &#233;ditorial paru &#224; l'occasion du quarantenaire de la revue, tout l'arri&#232;re-plan de r&#233;f&#233;rences th&#233;oriques sur lequel elle reposait dans les ann&#233;es 1960 et 1970 a &#233;t&#233; balay&#233; par la contre-r&#233;volution n&#233;olib&#233;rale. Qui aujourd'hui sait encore situer avec tant soit peu de pr&#233;cision l'un ou l'autre des penseurs traduits et comment&#233;s par la NLR &#224; l'&#233;poque ? A supposer m&#234;me que les jeunes g&#233;n&#233;rations s'y int&#233;ressent, elles auraient le plus grand mal &#224; se procurer leurs ouvrages m&#234;mes les plus connus. (Que le lecteur essaie seulement de mettre la main sur un exemplaire d'Histoire et conscience de classe, l'un des livres les d&#233;battus autour de 1968.) L'effacement de cette culture marxiste, qui avait p&#233;n&#233;tr&#233; le sens commun de secteurs non n&#233;gligeables de la population, s'est accompagn&#233; de la mont&#233;e en puissance, &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me des pens&#233;es critiques, de courants non-marxistes : poststructuralisme (Foucault, Deleuze, Derrida), sociologie critique de Bourdieu, deuxi&#232;me (Habermas, Apel) et troisi&#232;me (Honneth, Fraser) Ecoles de Francfort, &#233;tudes postcoloniales&#8230; L'h&#233;g&#233;monie dans l'ordre des th&#233;ories critiques dont a joui le marxisme pendant pr&#232;s d'un si&#232;cle n'est plus. Que l'on se r&#233;jouisse de ce fait ou qu'on le d&#233;plore, il cr&#233;e une situation nouvelle, dont les implications doivent &#234;tre pens&#233;es. C&#233;l&#233;brer un pluralisme enfin (re)trouv&#233; est un peu court, car apr&#232;s tout, c'est sur ses effets politiques r&#233;els qu'une th&#233;orie critique doit &#234;tre &#233;valu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La NLR - aujourd'hui dirig&#233;e par Susan Watkins, premi&#232;re femme &#224; exercer cette fonction - semble engag&#233;e depuis la chute du mur de Berlin dans un vaste inventaire de la situation actuelle. Celui-ci concerne aussi bien la g&#233;opolitique - l'&#233;mergence possible d'un &#171; Beijing Consensus &#187; &#224; la place du &#171; Washington Consensus &#187; - que l'&#233;volution du capitalisme et de ses crises, la culture contemporaine et son brouillage de la s&#233;paration entre culture &#171; exigeante &#187; et &#171; populaire &#187;, aussi bien que les dynamiques urbaines &#224; l'&#339;uvre &#224; l'&#233;chelle globale. L'analyse des mouvements sociaux n'est pas en reste, la question des acteurs concrets de l'&#233;mancipation &#233;tant pos&#233;e par la revue aujourd'hui comme par le pass&#233;. Une s&#233;rie d'articles s'inscrivant dans le sillage des Forums sociaux mondiaux - intitul&#233;e A Movement of Movements - a entrepris de cartographier les foyers de r&#233;sistance au n&#233;olib&#233;ralisme. Des entretiens avec le dirigeant &#171; sans-terre &#187; br&#233;silien Joao Pedro Stedile, le th&#233;oricien de l'Empire et de la Multitude Michael Hardt, ou le repr&#233;sentant de la &#171; nouvelle gauche chinoise &#187; Wang Hui, apportent des &#233;clairages sur les modalit&#233;s de cette r&#233;sistance. Quels rapports les mouvements sociaux actuels entretiennent-ils avec le mouvement ouvrier ? S'agit-il d'une continuation de ce dernier par d'autres moyens ? La centralit&#233; en leur sein des th&#233;matiques &#233;cologiques, f&#233;ministes et postcoloniales laisse-t-elle au contraire pr&#233;sager que l'histoire du mouvement ouvrier est achev&#233;e, et que l'on assiste &#224; l'&#233;mergence de mouvements d'un type nouveau ? Le r&#244;le d'une revue comme la NLR - et quelques autres - n'est pas le m&#234;me dans les deux cas. Dans le premier, elle t&#226;chera de rendre coh&#233;rent l'ancien et le nouveau, c'est-&#224;-dire plus pr&#233;cis&#233;ment de montrer que l'ancien, contrairement aux apparences, est actuel. Dans le second, elle doit d&#233;barrasser le nouveau de la gangue de l'ancien - du poids des morts qui p&#232;se sur l'esprit des vivants - afin qu'il exprime pleinement ce qui l'en diff&#233;rencie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Perry Anderson, un r&#233;alisme intransigeant est la principale vertu dont une revue critique doit faire preuve dans les circonstances pr&#233;sentes . Le r&#233;alisme doit &#234;tre &#171; intransigeant &#187; parce qu'aucun accommodement avec l'ordre existant n'est concevable. Le capitalisme consiste plus que jamais en l'organisation de l'injustice, la critique de ses fondements ne saurait par cons&#233;quent conna&#238;tre de r&#233;pit. Le bilan de la NLR &#224; cet &#233;gard est impeccable : cinq d&#233;cennies jalonn&#233;es de d&#233;faites de grande ampleur n'ont pas entam&#233; le tranchant de sa mise en cause de l'ordre &#233;tabli. Mais l'intransigeance doit aussi &#234;tre &#171; r&#233;aliste &#187;. Jusqu'&#224; preuve du contraire, le mouvement ouvrier a &#233;chou&#233; dans sa tentative d'instaurer une soci&#233;t&#233; socialiste, alors qu'en de nombreux endroits, l'&#233;mancipation a tourn&#233; au cauchemar. Le capitalisme traverse aujourd'hui l'une des plus graves crises de son histoire. Malgr&#233; l'&#233;closion &#231;a et l&#224; de r&#233;sistances aux politiques qui y ont conduit, aucune alternative globale ni de mouvement social capable de l'incarner ne se profile. Si le n&#233;olib&#233;ralisme est caduc en tant qu'id&#233;ologie de l&#233;gitimation, les politiques qui s'en r&#233;clament sont encore largement impl&#233;ment&#233;es &#224; l'&#233;chelle mondiale. Ne pas se raconter d'histoire est dans ce contexte une condition de la reconstruction d'une perspective g&#233;n&#233;rale d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Publi&#233; par Mouvements, le 23 avril 2010. &lt;a href=&#034;http://www.mouvements.info/Un-realisme-intransigeant-A-l.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.mouvements.info/Un-realisme-intransigeant-A-l.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
