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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Dissiper le mythe multipolaire</title>
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		<dc:date>2025-09-16T06:55:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-09-16</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si l'empire politique lib&#233;ral occidental a &#233;t&#233; d&#233;shonor&#233; au-del&#224; de toute r&#233;paration par le g&#233;nocide en Palestine et que le projet n&#233;olib&#233;ral ne peut pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; (malgr&#233; les revendications de r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, de s&#233;curit&#233; alimentaire ou d'&#171; action climatique &#187;, comme propos&#233; pour le sommet du G20 de Johannesburg en novembre) &#8212; que se passe-t-il ensuite ? &lt;br class='autobr' /&gt; 9 mai 2025 | tir&#233; de Europe solidaire sans fronti&#232;res &lt;br class='autobr' /&gt;
Les attentes ont r&#233;cemment augment&#233; pour un &#171; multipolarisme &#187; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH96/dessin_brics-564a3.png?1781068616' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='96' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'empire politique lib&#233;ral occidental a &#233;t&#233; d&#233;shonor&#233; au-del&#224; de toute r&#233;paration par le g&#233;nocide en Palestine et que le projet n&#233;olib&#233;ral ne peut pas &#234;tre r&#233;cup&#233;r&#233; (malgr&#233; les revendications de r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s, de s&#233;curit&#233; alimentaire ou d'&#171; action climatique &#187;, comme propos&#233; pour le sommet du G20 de Johannesburg en novembre) &#8212; que se passe-t-il ensuite ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;9 mai 2025 | tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article76169&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les attentes ont r&#233;cemment augment&#233; pour un &#171; multipolarisme &#187; revitalis&#233;, en partie parce que le bloc BRICS (Br&#233;sil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud) continue de cro&#238;tre en termes de population, de PIB et de gravit&#233; g&#233;opolitique, ayant ajout&#233; de nouveaux membres &#8212; l'&#201;gypte, l'&#201;thiopie, l'Iran et les &#201;mirats arabes unis &#8212; lors du Sommet de Johannesburg en 2023. L'Arabie saoudite est souvent &#233;galement incluse comme membre imminent, tandis que l'Indon&#233;sie a rejoint le bloc plus t&#244;t cette ann&#233;e. Il y a aussi dix nouveaux &#171; partenaires &#187; avec un statut d'observateur : la Bi&#233;lorussie, la Bolivie, Cuba, le Kazakhstan, la Malaisie, le Nigeria, la Tha&#239;lande, l'Ouganda, l'Ouzb&#233;kistan et le Vietnam. Ils pr&#233;sentent une grande vari&#233;t&#233; de persuasions politiques et l'un d'eux, la Bolivie, vient de prendre un virage prononc&#233; vers la droite (bien que, contrairement &#224; l'Argentine en 2023, cela pourrait ne pas l'emp&#234;cher de conserver un alignement BRICS).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sommet de juillet 2025 du bloc a &#233;t&#233; organis&#233; &#224; Rio de Janeiro par le pr&#233;sident br&#233;silien de centre-gauche (et dirigeant du Parti des travailleurs) Luiz In&#225;cio Lula da Silva. Malgr&#233; l'&#233;chec largement anticip&#233; d'aborder la gamme de questions qu'un multipolariste s&#233;rieux insisterait &#224; traiter &#224; Rio, les semaines suivantes ont &#233;branl&#233; les certitudes g&#233;opolitiques et donn&#233; aux BRICS une nouvelle aura. Le dictateur russe Vladimir Poutine et Trump se sont rencontr&#233;s en Alaska le 15 ao&#251;t sans qu'aucun changement ne r&#233;sulte dans la guerre d'Ukraine, &#224; l'exception des bombardements plus intensifs de civils par Moscou, laissant le dirigeant am&#233;ricain &#171; tr&#232;s d&#233;&#231;u &#187;. Mais &#224; cause des retomb&#233;es de l'imposition de nouveaux tarifs douaniers am&#233;ricains en ao&#251;t &#8212; en particulier contre le Br&#233;sil et l'Inde (le deuxi&#232;me principal client p&#233;trolier de Poutine) &#8212; la col&#232;re a gonfl&#233; et Deutsche Welle a correctement demand&#233; : &#171; Les BRICS vont-ils prosp&#233;rer sous la surveillance de Trump ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rassemblement de l'Organisation de coop&#233;ration de Shanghai, traditionnellement orient&#233;e vers la s&#233;curit&#233;, &#224; Tianjin du 31 ao&#251;t au 1er septembre a inclus le r&#244;le de haut niveau de Poutine et au moins un rapprochement temporaire entre les dirigeants indien et chinois souvent querelleurs Narendra Modi et Xi Jinping. Ce dernier co-organisera les deux prochains sommets BRICS, respectivement. Mais entre les deux au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, des tensions durables ont augment&#233; &#224; partir de conflits frontaliers &#8212; en particulier sur le territoire himalayen, par exemple les impacts n&#233;gatifs anticip&#233;s de la construction chinoise du plus grand barrage du monde l&#224;-bas &#8212; plus les liens &#233;troits de P&#233;kin avec les ennemis de Delhi au Pakistan. En 2020, apr&#232;s que des dizaines de soldats soient morts dans des combats de montagne, l'Inde a impos&#233; des sanctions sur la technologie chinoise et l'investissement direct &#233;tranger, et a m&#234;me interdit les vols a&#233;riens directs &#8212; qui peuvent maintenant &#234;tre assouplis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 8 septembre, lors d'une r&#233;union d'urgence en ligne appel&#233;e par Lula pour discuter du commerce, les dirigeants des BRICS seront mis &#224; un test encore plus s&#233;rieux : face aux politiques tarifaires chaotiques am&#233;ricaines &#8212; par exemple tr&#232;s &#233;lev&#233;es contre le Br&#233;sil, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud, mais seulement 10 pour cent contre les EAU et l'Arabie saoudite &#8212; peuvent-ils transcender leurs n&#233;gociations bilat&#233;rales isol&#233;es et individualistes avec Washington, et enfin travailler collectivement ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela peut &#234;tre impossible, car apr&#232;s tout, des dizaines de dirigeants nationaux &#171; nous appelaient, me l&#233;chaient le cul &#187;, comme Trump s'est vant&#233; en avril, peu apr&#232;s sa premi&#232;re s&#233;rie d'augmentations tarifaires irrationnelles du &#171; Jour de la Lib&#233;ration &#187;. Parmi les membres et partenaires BRICS, seul le Vietnam a depuis r&#233;ussi &#224; conclure un accord commercial (les autres sont la Cor&#233;e du Sud, le Royaume-Uni et l'Union europ&#233;enne). Lula a qualifi&#233; les man&#339;uvres politiques de Trump de &#171; chantage inacceptable &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le pessimisme concernant une r&#233;volte multipolaire contre les politricks [1] commerciales am&#233;ricaines reste appropri&#233;. Comme plusieurs sources de Brasilia ont dit &#224; Bloomberg le 1er septembre, les BRICS sont encore susceptibles de manquer de r&#233;sistance syst&#233;matique : &#171; Lula ne veut pas que la r&#233;union se transforme en sommet anti-am&#233;ricain &#187;, m&#234;me si Trump a impos&#233; un tarif de 50 pour cent sur les exportations br&#233;siliennes en repr&#233;sailles pour la poursuite par son gouvernement du pr&#233;d&#233;cesseur Jair Bolsonaro suite &#224; une tentative de coup d'&#201;tat rat&#233;e en janvier 2023.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Mythes multipolaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, certains de la gauche internationale croient qu'il y a maintenant un potentiel beaucoup plus grand pour que les BRICS g&#233;n&#232;rent de nouvelles relations de pouvoir bas&#233;es sur le respect mutuel et un terrain de jeu &#233;conomique mondial &#233;quitable. Ils souligneraient comment le mot &#171; paix &#187; est apparu 41 fois dans la D&#233;claration des dirigeants de Rio. Mais pour rendre ce cas plausible, le mouvement multipolaire aurait besoin de victoires claires contre l'h&#233;g&#233;monie destructrice des int&#233;r&#234;ts imp&#233;riaux occidentaux, y compris l'Organisation mondiale du commerce (OMC) n&#233;olib&#233;rale, le Fonds mon&#233;taire international (FMI) et la Banque mondiale. Ces int&#233;r&#234;ts sont bas&#233;s sur l'agenda d'expansion des entreprises &#8212; en particulier les financiers, les marchands, les capitalistes du Big Data, Big Pharma et les industries extractives &#8212; qui ont longtemps domin&#233; les politiques de la plupart des institutions multilat&#233;rales occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant dans le contexte actuel, la pr&#233;tendue r&#233;forme des Institutions de Bretton Woods est maintenant pass&#233;e en marche arri&#232;re. La dirigeante de l'OMC Ngozi Okonjo-Iweala admet qu'en partie &#224; cause de l'affaiblissement de son institution par Trump (datant de 2019), &#171; le syst&#232;me commercial mondial conna&#238;t aujourd'hui ses pires perturbations depuis la Seconde Guerre mondiale. La coop&#233;ration multilat&#233;rale elle-m&#234;me est remise en question... Les &#233;conomistes de l'OMC ont r&#233;duit les attentes de croissance du volume du commerce de marchandises de pr&#232;s de trois points de pourcentage et s'attendent maintenant &#224; une contraction de 0,2 pour cent en 2025. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc facile de glisser sur une pente glissante, de ce qui peut &#234;tre appel&#233; &#171; battage m&#233;diatique &#187; ou &#171; espoir &#187; concernant le multipolarisme BRICS sauvant le multilat&#233;ralisme, vers un sentiment d'&#171; impuissance &#187; une fois que les limitations du bloc sont r&#233;v&#233;l&#233;es. Les r&#233;formes institutionnelles multilat&#233;rales du bloc BRICS ont &#233;chou&#233; malgr&#233; l'investissement de sommes &#233;normes dans le FMI. La Nouvelle banque de d&#233;veloppement extr&#234;mement conservatrice et gangren&#233;e par la corruption pr&#234;te encore 75 pour cent en dollars am&#233;ricains m&#234;me pour des projets de d&#233;veloppement de besoins de base sans exigences d'importation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomies sous-imp&#233;riales sont centrales aux cha&#238;nes de valeur mondiales contemporaines, effectuant une grande partie de l'extraction et du traitement des mati&#232;res premi&#232;res fournies par les pays plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contraste, les critiques de la gauche ind&#233;pendante sont traditionnellement beaucoup plus dubitatifs quant &#224; la multipolarit&#233;. Une raison est leur ancrage analytique implicite dans une th&#233;orie plus large du &#171; sous-imp&#233;rialisme &#187;, qui situe les &#233;conomies BRICS non pas contre mais &#224; l'int&#233;rieur du capitalisme mondial. Les critiques s'allient plut&#244;t avec les opposants locaux progressistes des r&#233;gimes BRICS, en particulier contre leurs classes dirigeantes et leurs grandes entreprises. Le r&#233;sultat peut &#234;tre une version &#171; anti-polaire &#187; (ou au minimum &#171; non-polaire &#187;) de l'internationalisme, en opposition explicite &#224; la fois &#224; l'unipolarit&#233; imp&#233;rialiste et &#224; la multipolarit&#233; sous-imp&#233;rialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la pro&#233;minence des BRICS est amplifi&#233;e par la haine mal inform&#233;e de Trump &#224; leur &#233;gard (dans laquelle en janvier il a faussement inclus l'Espagne), sa peur irrationnelle souvent r&#233;p&#233;t&#233;e de leur potentiel de &#171; d&#233;-dollarisation &#187; (peu importe &#224; quelle fr&#233;quence cet agenda est ni&#233;, m&#234;me par la principale victime des sanctions am&#233;ricaines Poutine), et sa destruction auto-dommageable de larges aspects de la gouvernance multilat&#233;rale et du soft power am&#233;ricain (comme la bureaucratie d'aide annuelle de 64 milliards de dollars [2]).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Situer les int&#233;r&#234;ts des &#233;lites BRICS&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue de la gauche ind&#233;pendante, il appara&#238;t que le bloc BRICS a d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; en un r&#233;seau de puissances sous-imp&#233;riales &#224; croissance rapide mais souvent chancelantes qui ont g&#233;n&#233;ralement servi les int&#233;r&#234;ts du capital international et ont principalement ob&#233;i &#8212; et en effet l&#233;gitim&#233; &#8212; les institutions multilat&#233;rales n&#233;olib&#233;rales. Ceci est particuli&#232;rement vrai dans les domaines du commerce international, de l'investissement, de la finance et de la gestion climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques exceptions pr&#232;s, l'objectif des BRICS n'est pas d'abolir ou de changer radicalement les m&#233;canismes capitalistes internationaux &#8212; commerce, dette, investissement et main-d'&#339;uvre migrante &#8212; autant qu'il s'agit de r&#233;duire la domination am&#233;ricaine et plus g&#233;n&#233;ralement occidentale des processus. Mais contre Trump, les BRICS ont jusqu'&#224; pr&#233;sent &#233;t&#233; divis&#233;s et conquis, et dans le cas de l'Afrique du Sud, si obs&#233;quieusement m&#234;me lors d'une r&#233;union humiliante au Bureau ovale le 21 mai qu'une partie de golf avec ce tricheur notoire reste une priorit&#233; &#233;lev&#233;e dans l'agenda du pr&#233;sident Cyril Ramaphosa. Se prosternant, il a offert sans succ&#232;s &#224; Trump une visite d'&#201;tat officielle fin novembre pour l'attirer au sommet du G20 de Johannesburg. Pour 2026, Trump est programm&#233; pour organiser le G20 sur son propre terrain de golf de Miami.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pleinement conscients de l'imp&#233;ratif g&#233;opolitique de s'opposer &#224; l'imp&#233;rialisme occidental, de nombreux activistes engag&#233;s dans des luttes sociales non-polaires se trouvent souvent oppos&#233;s aux deux blocs majeurs au sein du G20 : le G7 et les BRICS. Les activistes demandent plut&#244;t r&#233;guli&#232;rement les types de politiques et pratiques &#233;conomiques, sociales et environnementalement justes associ&#233;es aux valeurs de gauche lib&#233;ratrices, post-capitalistes, antiracistes, f&#233;ministes et &#233;cologiquement saines qui tendent &#224; &#234;tre soit ignor&#233;es soit r&#233;prim&#233;es dans le G7 et les BRICS. Les voix critiques concernant les classes dirigeantes BRICS individuelles ainsi que le bloc dans son ensemble sont bas&#233;es sur un large &#233;ventail de griefs. Ceux-ci sont exprim&#233;s dans les contre-sommets p&#233;riodiques &#171; BRICS du peuple &#187; ou &#171; BRICS d'en bas &#187;, ou les protestations &#171; Briser les BRICS &#187; de 2018 et 2023 &#224; Johannesburg, et &#224; venir, le Sommet du peuple 2025 &#171; Nous les 99 pour cent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La critique conceptuelle de la gauche ind&#233;pendante&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; une pr&#233;occupation plus g&#233;n&#233;rale concernant le capitalisme BRICS, en plus de la critique de la cr&#233;ation massive de surcapacit&#233; de la Chine &#8212; c'est-&#224;-dire ce que Karl Marx consid&#233;rait comme la contradiction centrale du capitalisme, &#224; savoir la &#171; suraccumulation &#187;, et son d&#233;placement destructeur &#8212; les r&#244;les des entreprises BRICS dans les circuits extractifs et productifs du capital sont souvent les plus n&#233;ocoloniaux et exploiteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci est vrai non seulement en termes d'appropriation de plus-value, mais aussi lorsque les entreprises BRICS s'engagent dans l'extraction de ce que Marx appelait le &#171; don gratuit de la nature &#187; au capital &#8212; en particulier les ressources min&#233;rales et de combustibles fossiles non renouvelables dans les pays les plus pauvres &#8212; et tirent parti de la &#171; super-exploitation &#187; du travail : payer le travailleur en dessous des co&#251;ts de sa reproduction &#224; vie. Il y a ainsi trois groupes de BRICS :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; ceux dont les entreprises comptent pour la main-d'&#339;uvre bon march&#233; sur les taux de pauvret&#233; tr&#232;s &#233;lev&#233;s &#8212; pour simplifier, en utilisant une mesure de 5,50 dollars/personne/jour &#8212; qui caract&#233;risent l'Inde (plus de 80 pour cent de pauvret&#233;), l'Indon&#233;sie (70 pour cent), l'Afrique du Sud (66 pour cent), l'&#201;gypte (58 pour cent) et l'&#201;thiopie (50 pour cent) ; les &#233;conomies o&#249; l'accumulation de capital n'a pas &#233;t&#233; tout &#224; fait aussi d&#233;pendante des travailleurs les moins chers du monde &#8212; comme le Br&#233;sil apr&#232;s que Lula soit arriv&#233; au pouvoir pour la premi&#232;re fois et ait doubl&#233; le salaire minimum (27 pour cent de pauvret&#233;), l'Iran (22 pour cent) et la Chine (17 pour cent, bien que le syst&#232;me de travail migrant hukou [3] affecte encore un quart de la main-d'&#339;uvre) ; et ceux qui ont stimul&#233; leurs &#233;conomies gr&#226;ce aux stimulants artificiels des combustibles fossiles et militaires, &#224; savoir la Russie (4 pour cent de pauvret&#233;) et les EAU (dont la main-d'&#339;uvre ultra-bon march&#233; est presque enti&#232;rement immigr&#233;e, comme celle de l'Arabie saoudite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bas&#233; en partie sur son observation des processus super-exploiteurs du Br&#233;sil et en partie sur le r&#244;le que certaines &#233;conomies ont jou&#233; en tant qu'agents r&#233;gionaux de l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain, l'intellectuel marxiste Ruy Mauro Marini a introduit le concept de sous-imp&#233;rialisme en 1965. En exil au Chili et au Mexique, il a travaill&#233; avec des camarades intellectuels-activistes Andre Gunder Frank, Vania Bambirra, Theotonio dos Santos, Samir Amin et Immanuel Wallerstein pour &#233;tablir une approche marxiste de la th&#233;orie de la d&#233;pendance et des syst&#232;mes mondiaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats sous-imp&#233;riaux tendent &#224; souffrir de crises de suraccumulation sous des formes plus intenses, et cherchent donc souvent &#224; exporter le capital exc&#233;dentaire via l'IDE, les pr&#234;ts et le commerce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la suite, en 2001, David Harvey a document&#233; le sous-imp&#233;rialisme &#233;mergeant &#171; en Asie de l'Est et du Sud-Est alors que chaque centre de d&#233;veloppement d'accumulation de capital cherchait des solutions spatio-temporelles syst&#233;matiques pour son propre capital exc&#233;dentaire en d&#233;finissant des sph&#232;res territoriales d'influence &#187;. Le terme a refait surface dans les ann&#233;es 2010 avec les sp&#233;cialistes agraires Sam Moyo, Paris Yeros et Pravin Jha, tandis qu'Amin a utilis&#233; le concept (&#224; titre posthume dans sa Long Revolution) contre l'Afrique du Sud post-apartheid. Au Br&#233;sil, Ana Garcia et Miguel Borba ont contribu&#233; aux critiques acad&#233;miques mais hautement politiques de la couche sous-imp&#233;riale du capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;conomiquement, les puissances sous-imp&#233;riales partagent g&#233;n&#233;ralement les caract&#233;ristiques domestiques suivantes : des niveaux &#233;lev&#233;s de concentration d'entreprises et de financiarisation, une tendance plus rapide &#224; la sur-accumulation de capital (la contradiction interne centrale du syst&#232;me), une d&#233;pendance croissante &#224; la production et au traitement de mati&#232;res premi&#232;res pour l'exportation (&#171; reprimarisation &#187;), et, pouss&#233;es par la politique publique n&#233;olib&#233;rale, la super-exploitation du travail et la destruction &#233;cologique g&#233;n&#233;ralis&#233;e. Ceci coexiste souvent avec une structure de classe ossifi&#233;e, des niveaux &#233;lev&#233;s de r&#233;pression sociale et une in&#233;galit&#233; croissante &#8212; mais fournit parfois aussi un espace pour le type de nationalisme qui parle &#224; gauche et marche &#224; droite si familier aux Africains du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au niveau mondial ou r&#233;gional, les &#233;conomies sous-imp&#233;riales sont centrales aux cha&#238;nes de valeur mondiales contemporaines, effectuant une grande partie de l'extraction et du traitement des mati&#232;res premi&#232;res fournies par les pays plus pauvres ainsi que, depuis les ann&#233;es 2000 en Chine, la plupart de la fabrication de biens bon march&#233;. En contraste, le c&#339;ur imp&#233;rialiste continue de b&#233;n&#233;ficier de la plupart de l'extraction d'exc&#233;dent des &#233;conomies BRICS et plus pauvres, via les redevances pour la propri&#233;t&#233; intellectuelle et les profits pris dans les circuits financiers, marketing et de distribution du capital. Dans ce processus, les &#201;tats sous-imp&#233;riaux exacerbent ce qu'on appelle l'&#171; &#233;change &#233;cologique in&#233;gal &#187; avec les pays plus pauvres, en particulier en Afrique : extraction non compens&#233;e de ressources naturelles non renouvelables et destruction &#233;cologique associ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats sous-imp&#233;riaux tendent aussi &#224; souffrir de crises de suraccumulation sous des formes plus intenses, et cherchent donc souvent &#224; exporter le capital exc&#233;dentaire via l'IDE, les pr&#234;ts et le commerce. Le &#171; dumping &#187; &#8212; ventes en dessous du co&#251;t &#8212; de produits est courant, afin de saper les concurrents r&#233;gionaux. De nombreux BRICS s'imposent des tarifs tr&#232;s s&#233;v&#232;res les uns aux autres en cons&#233;quence ; par exemple, la Commission d'administration du commerce international sud-africaine imposant de nouveaux tarifs sur les importations d'acier chinois, d'&#233;crous et boulons, de pneus et de machines &#224; laver cette ann&#233;e. Politiquement, les &#201;tats sous-imp&#233;riaux coop&#232;rent g&#233;n&#233;ralement avec le multilat&#233;ralisme imp&#233;rialiste, cherchant &#224; devenir de plus en plus incorpor&#233;s dans et influents au sein des institutions multilat&#233;rales Washington-New York-Gen&#232;ve essentiellement non r&#233;form&#233;es et du G20.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; R&#233;forme &#187; multilat&#233;rale sous-imp&#233;rialiste&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ces caract&#233;ristiques du sous-imp&#233;rialisme contemporain fournissent un niveau de g&#233;n&#233;ralit&#233; qui &#224; son tour n&#233;cessite plus de validation th&#233;orique et beaucoup plus de soutien empirique. Mais d&#233;j&#224;, elles aident &#224; expliquer pourquoi au lieu de suivre un agenda multipolaire contre l'Occident, les &#201;tats BRICS op&#232;rent g&#233;n&#233;ralement au sein du c&#339;ur de l'imp&#233;rialisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re r&#233;union des chefs d'&#201;tat du G20 s'est tenue en octobre 2008 &#224; Washington. C'&#233;tait un rassemblement urgent, alors que le pr&#233;sident am&#233;ricain George W. Bush cherchait des alli&#233;s des march&#233;s &#233;mergents &#8212; en particulier la Chine et l'Arabie saoudite, qui avaient les plus grandes r&#233;serves financi&#232;res &#8212; pour soutenir le plus grand renflouement bancaire international du monde. Mais c'est l'Occident qui en a b&#233;n&#233;fici&#233;. Cette r&#233;union du G20 et un suivi &#224; Londres six mois plus tard avaient une t&#226;che d'urgence simple : s'assurer que les politiques extr&#234;mes centr&#233;es sur les banques &#8212; nouvelle impression d'argent &#171; assouplissement quantitatif &#187;, pr&#234;ts &#224; faible taux d'int&#233;r&#234;t, laxisme r&#233;glementaire et recapitalisation du FMI &#8212; &#233;taient coordonn&#233;es afin de renflouer les financiers occidentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque, le ministre des Finances sud-africain Trevor Manuel dirigeait un &#171; Comit&#233; sur la r&#233;forme de la gouvernance du FMI &#187; dont le rapport recommandait de donner au FMI pr&#232;s de 1 billion de dollars am&#233;ricains de pouvoirs de financement suppl&#233;mentaires, assurant non seulement la stabilit&#233; &#233;conomique occidentale, mais aussi que le FMI deviendrait alors un outil plus utile pour les pr&#234;teurs BRICS qui devenaient aussi de plus en plus expos&#233;s aux pays les plus pauvres. En Afrique, cela incluait les banques sud-africaines &#224; travers le continent, la VTB Bank corrompue de Russie au Mozambique, et les banques d'&#201;tat chinoises presque partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat fut une d&#233;cision de direction du G20 d'avril 2009 de soutenir le FMI &#224; fond en approuvant le plan de Manuel. Les structures de classe de plus en plus financiaris&#233;es des BRICS &#233;taient maintenant int&#233;gralement entrem&#234;l&#233;es dans les Institutions de Bretton Woods et les agences de notation de cr&#233;dit de New York, laissant la plupart des BRICS comme des investisseurs beaucoup plus importants dans le FMI pendant sa collecte de fonds 2010-15 : la part de propri&#233;t&#233; et les droits de vote de la Chine ont augment&#233; de 37 pour cent, ceux de l'Inde de 23 pour cent, ceux du Br&#233;sil de 11 pour cent, et ceux de la Russie de 8 pour cent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette augmentation de la propri&#233;t&#233; des pays BRICS s'est faite aux d&#233;pens des &#201;tats plus pauvres, qui ont perdu des parts de vote. Le Nigeria et le Venezuela, par exemple, ont chacun perdu 41 pour cent de leurs parts de vote. Ainsi, via le G20 et la recapitalisation du FMI, les dirigeants BRICS ont d&#233;cid&#233; de rejoindre &#8212; et non de combattre &#8212; les Institutions de Bretton Woods et les circuits financiers occidentaux. Il vaut mieux consid&#233;rer cela comme une d&#233;formation multilat&#233;rale, pas une r&#233;forme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; BRICS se refl&#232;te trop souvent dans les d&#233;clarations de sommet et les engagements multilat&#233;raux concrets qui r&#233;v&#232;lent comment les membres et partenaires (la plupart) ne s'opposent pas, en r&#233;alit&#233;, &#224; l'unilat&#233;ralisme du capitalisme occidental, mais le renforcent plut&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, en termes de g&#233;opolitique, la principale pr&#233;occupation est que les classes dirigeantes des puissances sous-imp&#233;riales &#171; collaborent activement avec l'expansion imp&#233;rialiste, assumant dans cette expansion la position d'une nation cl&#233; &#187;, comme l'a expliqu&#233; Marini en 1965. Bien qu'il soit mort en 1997, il hocherait la t&#234;te en sachant comment tous les pays BRICS &#8212; &#224; part l'Iran &#8212; en 2024 ont augment&#233; leur commerce (en particulier &#233;nergie et militaire) avec sans doute la puissance sous-imp&#233;riale la plus brutale, Isra&#235;l, pendant un g&#233;nocide qui, ironiquement, a &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par le gouvernement sud-africain &#224; la Cour internationale de Justice fin 2023. N&#233;anmoins,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Les entreprises chinoises et indiennes facilitent les importations militaires vers Isra&#235;l gr&#226;ce &#224; leur gestion des terminaux &#224; conteneurs (privatis&#233;s) de Ha&#239;fa, y compris des milliers de drones chinois qui traquent les Gazaouis ;&lt;br class='autobr' /&gt; L'Afrique du Sud, la Russie et la Chine fournissent la majeure partie du charbon soutenant le r&#233;seau isra&#233;lien (maintenant que la Colombie a impos&#233; des sanctions), avec les approvisionnements p&#233;troliers des g&#233;nocidaires venant du Br&#233;sil (9 pour cent) et des nouveaux partenaires BRICS Kazakhstan (22 pour cent) et Nigeria (9 pour cent) ;&lt;br class='autobr' /&gt; Les entreprises br&#233;siliennes, indiennes et sud-africaines maintiennent des relations avec la principale entreprise d'armement de Tel Aviv, Elbit, tandis que les EAU, l'Arabie saoudite et l'&#201;gypte facilitent la d&#233;fense militaire d'Isra&#235;l contre l'Iran et les Palestiniens ;&lt;br class='autobr' /&gt; Des milliers de citoyens de Russie, d'&#201;thiopie, d'Inde et d'Afrique du Sud servent dans les Forces de d&#233;fense isra&#233;liennes, sans entrave de la r&#233;glementation mercenaire de l'&#201;tat d'origine BRICS.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Assimilation et collaboration&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De ces points de vue, l'unit&#233; BRICS se refl&#232;te trop souvent dans les d&#233;clarations de sommet et les engagements multilat&#233;raux concrets qui r&#233;v&#232;lent comment les membres et partenaires (la plupart) ne s'opposent pas, en r&#233;alit&#233;, &#224; l'unilat&#233;ralisme du capitalisme occidental, mais le renforcent plut&#244;t. Depuis 2022, quatre pays BRICS &#8212; l'Indon&#233;sie, l'Inde, le Br&#233;sil et maintenant l'Afrique du Sud &#8212; ont organis&#233; avec enthousiasme le club global de pays puissants qui g&#232;rent l'imp&#233;rialisme, le G20. Plut&#244;t que de d&#233;fier le statu quo imp&#233;rialiste, les pays BRICS s'en remettent typiquement au G20, soulignant leurs propres responsabilit&#233;s de &#171; nation cl&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Typique de cette collaboration &#233;tait, par exemple, la D&#233;claration de Kazan des BRICS d'octobre 2024 : &#171; Nous r&#233;affirmons notre engagement &#224; maintenir un Filet de s&#233;curit&#233; financi&#232;re mondial fort et efficace avec un FMI bas&#233; sur les quotas et ad&#233;quatement financ&#233; en son centre... Nous r&#233;affirmons notre soutien au syst&#232;me commercial multilat&#233;ral bas&#233; sur les r&#232;gles, ouvert, transparent, &#233;quitable, pr&#233;visible, inclusif, &#233;quitable, non discriminatoire, bas&#233; sur le consensus avec l'Organisation mondiale du commerce en son c&#339;ur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La D&#233;claration des dirigeants BRICS de Rio en juillet a pouss&#233; cet engagement encore plus loin en ajoutant un engagement mon&#233;taire g&#233;n&#233;reux : &#171; Malgr&#233; l'absence de r&#233;alignement des quotas, nous avons donn&#233; notre consentement &#224; l'augmentation propos&#233;e des quotas sous la 16e R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des quotas (GRQ) et exhortons les membres du FMI qui ne l'ont pas encore fait &#224; donner leur consentement et &#224; donner effet aux augmentations de quotas sous la 16e GRQ sans plus de d&#233;lai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce document &#233;tait particuli&#232;rement conscient de la fa&#231;on dont les alli&#233;s sous-imp&#233;riaux &#171; nation cl&#233; &#187; de l'imp&#233;rialisme fonctionnent au sein du G20 : &#171; Nous soulignons le r&#244;le cl&#233; du G20 comme forum mondial premier pour la coop&#233;ration &#233;conomique internationale qui fournit une plateforme de dialogue des &#233;conomies d&#233;velopp&#233;es et &#233;mergentes sur un pied d'&#233;galit&#233; et mutuellement b&#233;n&#233;fique pour chercher conjointement des solutions partag&#233;es aux d&#233;fis mondiaux et favoriser un monde multipolaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;ritage de Trump de l'organisation du G20 2026 et son engagement &#224; retirer toute consid&#233;ration de climat mondial, sant&#233; publique, commerce international, paix et rh&#233;torique anti-in&#233;galit&#233; h&#233;rit&#233;e de Lula et Ramaphosa aurait d&#251; conduire ce dernier &#224; organiser une exclusion &#171; votez-le hors de l'&#238;le &#187; en 2025 (comme le G8 a expuls&#233; Poutine en 2014 apr&#232;s que la Russie ait envahi la Crim&#233;e).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nonobstant la rh&#233;torique multipolaire favorisant &#171; solidarit&#233;, &#233;galit&#233; et durabilit&#233; &#187; &#8212; les mots &#224; la mode G20 de Ramaphosa &#8212; l'assimilation des BRICS dans l'&#233;conomie politique domin&#233;e par l'Occident et la mal-gouvernance mondiale continuera d'exhiber toutes les caract&#233;ristiques de l'alignement sous-imp&#233;rial, plut&#244;t que du d&#233;fi anti-imp&#233;rial. Ce sera au d&#233;triment de tous &#224; part les &#233;lites G7 et BRICS, et renforcera donc le besoin de r&#233;sistance politique anti-polaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Bond est bas&#233; au Centre for Social Change de l'Universit&#233; de Johannesburg, partenaire du bureau Afrique australe de la Fondation Rosa Luxemburg.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;i&gt;L'article original a &#233;t&#233; publi&#233; en anglais par la Fondation Rosa Luxemburg le 9 mai 2025.&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.rosalux.de/en/news/id/53772/dispelling-the-multipolar-myth&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.rosalux.de/en/news/id/53772/dispelling-the-multipolar-myth&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit pour ESSF par Adam Novak&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Notes&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;[1] Jeu de mots anglais entre &#171; politics &#187; (politique) et &#171; tricks &#187; (tours/manigances)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] environ 59 milliards d'euros&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Syst&#232;me chinois d'enregistrement des m&#233;nages qui limite la mobilit&#233; des travailleurs ruraux vers les villes&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique du Sud. Renverser la haine et combattre l'effet Trump</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-du-Sud-Renverser-la-haine-et-combattre-l-effet-Trump</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afrique-du-Sud-Renverser-la-haine-et-combattre-l-effet-Trump</guid>
		<dc:date>2025-03-04T06:35:33Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-03-04</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Parti pris &#183; Le crime de Stilfontein, o&#249; des centaines de mineurs artisanaux ont &#233;t&#233; affam&#233;s par la police sud-africaine, entre ao&#251;t 2024 et janvier, a de nouveau mis en lumi&#232;re la politique x&#233;nophobe de l'&#201;tat sud-africain. Ces ouvriers ill&#233;gaux, d&#233;sesp&#233;r&#233;s au point d'accepter des conditions de travail abominables, viennent souvent de pays limitrophes, comme le Mozambique, avec lesquels l'Afrique du Sud entretient des relations asym&#233;triques. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de afriquexxi 26 f&#233;vrier 2025 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-03-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-03-04&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-sud-1421-+" rel="tag"&gt;Afrique du sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/47e00c09b7767492030a7f1c4b157c07.jpg-04154.webp?1781068617' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parti pris &#183; Le crime de Stilfontein, o&#249; des centaines de mineurs artisanaux ont &#233;t&#233; affam&#233;s par la police sud-africaine, entre ao&#251;t 2024 et janvier, a de nouveau mis en lumi&#232;re la politique x&#233;nophobe de l'&#201;tat sud-africain. Ces ouvriers ill&#233;gaux, d&#233;sesp&#233;r&#233;s au point d'accepter des conditions de travail abominables, viennent souvent de pays limitrophes, comme le Mozambique, avec lesquels l'Afrique du Sud entretient des relations asym&#233;triques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de afriquexxi&lt;br class='autobr' /&gt;
26 f&#233;vrier 2025&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Patrick Bond&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette image montre un carrefour routier en ext&#233;rieur. &#192; gauche, un panneau marron avec un symbole de police indique &#034;SAPS Khuma&#034;, sugg&#233;rant la pr&#233;sence d'un poste de police local. &#192; droite, un panneau vert montre deux fl&#232;ches directionnelles : une vers &#034;Vermaasdrift&#034; et l'autre vers &#034;Stilfontein&#034;. L'environnement est caract&#233;ris&#233; par une v&#233;g&#233;tation verte et dense, avec quelques arbres en arri&#232;re-plan et un ciel nuageux, cr&#233;ant une atmosph&#232;re calme et naturelle. Le sol est asphalt&#233;, donnant l'impression d'une route peu fr&#233;quent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des centaines de mineurs ont &#233;t&#233; affam&#233;s par la police &#224; Stilfontein, en Afrique du Sud.&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; Willem Cronje / Alamy&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article a initialement &#233;t&#233; publi&#233; le 30 janvier en anglais dans le &lt;a href=&#034;https://globallabourcolumn.org/2025/01/30/south-africas-stilfontein-mine-disaster-reveals-a-regional-labour-crisis/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Global Labour Column&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Michael Pauron&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant plusieurs mois, entre ao&#251;t 2024 et janvier, des centaines de mineurs du secteur informel, dans le centre de l'Afrique du Sud, ont &#233;t&#233; affam&#233;s par l'&#201;tat, ce qui a choqu&#233; le pays et le monde entier. Seule une centaine de corps ont &#233;t&#233; d&#233;couverts dans la mine de Stilfontein, &#224; proximit&#233; des &#233;quipements de sauvetage, alors que beaucoup d'autres se trouvent encore dans les profondeurs des mines d'or.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces cadavres marquent un point bas dans une lutte des classes explicite d&#233;guis&#233;e par une x&#233;nophobie rampante qui plaira &#224; Donald Trump. La perspective d'une visite de ce dernier &#224; Johannesburg en novembre, lorsque le pr&#233;sident Cyril Ramaphosa accueillera le sommet des dirigeants du G20, est ironique. Dans un discours prononc&#233; en novembre 2024 lors du G20 de Rio de Janeiro, Cyril Ramaphosa s'est insurg&#233; contre &#171; &lt;i&gt; l'utilisation de la faim comme arme de guerre, comme nous le voyons actuellement dans certaines parties du monde, notamment &#224; Gaza et au Soudan &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, quelques jours auparavant, le ministre &#224; la Pr&#233;sidence auquel Ramaphosa fait souvent appel pour expliquer au public la politique de l'&#201;tat, Khumbudzo Ntshavheni, avait justifi&#233; plusieurs semaines d'oppression polici&#232;re contre les mineurs de Stilfontein en les qualifiant de &#171; &lt;i&gt;criminels&lt;/i&gt; &#187; et en proclamant que la police devait &#171; &lt;i&gt; &lt;a href=&#034;https://www.dailymaverick.co.za/article/2024-11-13-we-will-smoke-them-out-ntshavheni-talks-tough-amid-scepticism-over-number-of-zama-zamas-trapped-underground/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;les faire sortir&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; &#187;. Au moment de cette d&#233;claration, cela faisait d&#233;j&#224; trois mois que les mineurs &#233;taient priv&#233;s de nourriture, d'eau et de m&#233;dicaments vitaux &#8211; par exemple, des antir&#233;troviraux renfor&#231;ant le syst&#232;me immunitaire pour les travailleurs vivant avec le VIH.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque plus de 1 800 mineurs de Stilfontein ont refait surface, ils ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. La grande majorit&#233; d'entre eux sont des immigr&#233;s des pays voisins, travaillant dans des conditions infernales. Les travailleurs survivants, affam&#233;s pendant des semaines, avaient fini par se livrer &#224; l'anthropophagie sur leurs camarades d&#233;c&#233;d&#233;s et par manger des insectes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La moiti&#233; des r&#233;serves d'or de la plan&#232;te&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; environ deux heures de route au sud-ouest de Johannesburg, d'anciennes mines d'or &#233;tablies dans les ann&#233;es 1940-1960 s'&#233;tendent sur tout le paysage. Leur profondeur de 2,8 kilom&#232;tres &#8211; voire 4 kilom&#232;tres pour la mine de Carletonville, &#224; mi-chemin entre Stilfontein et Johannesburg &#8211; atteint le filon le plus prolifique du monde. En effet, l'or du Reef, d&#233;couvert au milieu des ann&#233;es 1880, repr&#233;sentait &#224; son apog&#233;e la moiti&#233; des r&#233;serves d'or historiques de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; c&#244;t&#233; de l'or, du diamant, du charbon, du platine, du mangan&#232;se, du minerai de fer et des autres filons miniers &#233;puis&#233;s qui ont fait la r&#233;putation de l'Afrique du Sud, on trouve les rebuts de la d&#233;gradation capitaliste : plus de 6 000 mines n'ont jamais &#233;t&#233; correctement ferm&#233;es. Consid&#233;r&#233;es comme &#233;puis&#233;es par l'exploitation mini&#232;re formelle, nombre d'entre elles sont aujourd'hui nettoy&#233;es par des mineurs artisanaux d&#233;sesp&#233;r&#233;s. Des r&#233;sidus subsistent &#8211; par exemple, dans les colonnes qui soutiennent des toits vieux de plus d'un si&#232;cle, ou dans les raclures le long des parois des tunnels &#8211; qui sont tous d'une dangerosit&#233; exceptionnelle. &#201;crivant sur les conditions de travail &#224; Stilfontein, le journaliste du&lt;i&gt; Sunday Times &lt;/i&gt; Isaac Mahlangu &lt;a href=&#034;https://www.timeslive.co.za/sunday-times/news/2025-01-19-how-death-stalked-stilfonteins-dark-stinking-depths/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a d&#233;crit&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Une hi&#233;rarchie souterraine dans laquelle ceux qui creusaient et exploitaient les mines aux niveaux les plus bas &#233;taient principalement des &#233;trangers, la majorit&#233; d'entre eux venant du Mozambique. Tr&#232;s peu de Sud-Africains faisaient ce travail. Ceux qui travaillaient &#224; des niveaux sup&#233;rieurs &#233;taient des tireurs de corde ou s'occupaient du traitement de l'or. La poussi&#232;re d'or &#233;tait la principale monnaie d'&#233;change pour l'achat de marchandises dans le magasin situ&#233; au niveau 10, dans les profondeurs du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un sac de 5 kilos de farine de ma&#239;s co&#251;te 5 000 rands, soit vingt-cinq fois son prix en surface. Un ouvrier lui a dit : &#171; &lt;i&gt;Un bouchon de Colgate [dentifrice] rempli d'or vaut 3 000 rands [environ 156 euros] sous terre, mais le magasin ne rend pas la monnaie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Ils doivent mourir comme des rats &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des t&#233;moignages continuent d'&#233;merger sur la mani&#232;re dont la police et les administrateurs responsables de Stilfontein Gold Mining (qui avaient abandonn&#233; le site depuis longtemps) ont contribu&#233; &#224; cette tuerie. Bien que le capitalisme soit responsable de l'extr&#234;me irresponsabilit&#233; environnementale, sociale et &#233;conomique dans tout le Reef, de nombreuses personnes en Afrique du Sud ont &#233;t&#233; pouss&#233;es &#224; faire des remarques x&#233;nophobes et inhumaines. Elles ont &#233;t&#233; encourag&#233;es par des populistes de droite tr&#232;s en vue qui ont surf&#233; sur l'effet Trump.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la pression montait pour sauver la vie des mineurs, la ministre adjointe de la Police, Shela Polly Boshielo, a d&#233;clar&#233; : &#171; Nous cr&#233;ons un pr&#233;c&#233;dent en disant que les gens peuvent descendre sous terre, s'adonner &#224; l'exploitation mini&#232;re ill&#233;gale, obtenir tout l'argent et tout le reste, et que [le gouvernement viendra] ensuite les sauver... Nous n'avons m&#234;me pas affaire &#224; des Sud-Africains qui essaient de gagner leur vie. Ce n'est pas le cas. [Ces personnes] sont dans l'ill&#233;galit&#233;.{} &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vice-pr&#233;sident de l'Alliance patriotique, Kenny Kunene, a tenu des propos encore plus virulents : &#171; &lt;i&gt; Je n'ai aucune sympathie pour ceux qui sont morts en volant les richesses de notre pays... Je n'ai absolument aucune sympathie. Il faut qu'ils meurent tous comme des rats sous terre. Ils n'ont qu'&#224; br&#251;ler en enfer.&lt;/i&gt; &#187; Un th&#232;me r&#233;current est que les mineurs artisanaux volent la soci&#233;t&#233;, comme l'a laiss&#233; entendre un autre homme politique, le pr&#233;sident d'ActionSA et ancien maire de Johannesburg, Herman Mashaba, qui a d&#233;clar&#233; : &#171; &lt;i&gt;Personnellement, je n'ai aucune sympathie pour la criminalit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; L'aboutissement sanglant de politiques perfides &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la mi-janvier &#233;galement, le ministre des Ressources mini&#232;res et p&#233;troli&#232;res, Gwede Mantashe, a annonc&#233; ne pas &#234;tre d'accord avec des militants locaux qui proposaient la r&#233;gularisation de l'exploitation mini&#232;re artisanale, ce qui pour lui revenait &#224; demander que son minist&#232;re &#171; &lt;i&gt;accorde des licences aux Mozambicains, aux Zimbabw&#233;ens et aux ressortissants du Lesotho pour voler de l'or. C'est une activit&#233; criminelle. C'est une attaque contre [l']&#233;conomie [sud-africaine] commise par des ressortissants &#233;trangers pour l'essentiel &lt;/i&gt; &#187;. Mantashe a tent&#233; de chiffrer ce &#171; vol &#187; : &#171; &lt;i&gt;L'exploitation mini&#232;re ill&#233;gale est une guerre contre l'&#233;conomie... Ce sont des criminels qui attaquent l'&#233;conomie. Le commerce illicite de m&#233;taux pr&#233;cieux est estim&#233; en 2024 &#224; environ 60 milliards de rands [312 millions d'euros], une perte pour l'&#233;conomie du pays.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe trois r&#233;ponses possibles aux x&#233;nophobes. La premi&#232;re fait appel aux valeurs humanistes de base de l'&#171; ubuntu &#187; (&#171; &lt;i&gt; nous sommes ce que nous sommes gr&#226;ce aux autres&lt;/i&gt; &#187;). Le soutien syndical le plus actif est celui de Mametlwe Sebei, pr&#233;sident du Syndicat sud-africain des travailleurs des industries g&#233;n&#233;rales, qui est &#233;galement avocat sp&#233;cialis&#233; dans les droits humains. Alors que deux ministres du gouvernement (Mantashe et le ministre de la police) visitaient Stilfontein &#224; la mi-janvier, Sebei a d&#233;clar&#233; lors d'une r&#233;union de la communaut&#233; non loin des puits de mine :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Ces ministres sont ici sur la sc&#232;ne du crime. Des centaines de mineurs sont morts sous terre dans ce qui ne peut &#234;tre que l'aboutissement sanglant de leurs pratiques polici&#232;res perfides, planifi&#233;es et ex&#233;cut&#233;es avec l'approbation des plus hautes sph&#232;res de l'&#201;tat, y pris le Cabinet (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La communaut&#233; a refus&#233; de rencontrer les ministres, qui ont d&#251; se retirer honteusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une deuxi&#232;me r&#233;ponse consiste &#224; souligner qu'en comparaison avec l'orpaillage pratiqu&#233; avec des moyens artisanaux, il existe une fuite massive de richesses mini&#232;res op&#233;r&#233;e par les soci&#233;t&#233;s mini&#232;res multinationales, qui est loin d'&#234;tre compens&#233;e par un r&#233;investissement dans l'&#233;conomie, la soci&#233;t&#233; et les infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Notre pays est pill&#233; par l'Afrique du Sud &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, la plus-value qui alimente le capitalisme sud-africain est le fruit du travail d'ouvriers immigr&#233;s depuis au moins 150 ans, et ces pays souffrent eux-m&#234;mes d'une &#171; mal&#233;diction &#187; des ressources du fait des entreprises de Johannesburg. Comme l'explique Solomon Mondlane, de la Coalition de l'alliance d&#233;mocratique (opposition) du Mozambique et candidat malheureux &#224; la &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Mozambique-Il-n-est-pas-impossible-de-voir-apparaitre-une-nouvelle-guerilla&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;derni&#232;re &#233;lection pr&#233;sidentielle&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt; 50 % de notre gaz au Mozambique va en Afrique du Sud. 80 % de notre &#233;lectricit&#233; au Mozambique est destin&#233;e &#224; l'Afrique du Sud. Et elle l'ach&#232;te moins cher qu'elle co&#251;te ici au Mozambique, o&#249; nous payons le double pour ce qui est produit dans notre pays. Et ils nous disent qu'on les envahit, alors qu'en r&#233;alit&#233; notre pays est pill&#233; par l'Afrique du Sud.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant syndical sud-africain le plus connu, Zwelinzima Vavi, de la F&#233;d&#233;ration sud-africaine des syndicats, est d'accord :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; L'Afrique du Sud est souvent accus&#233;e d'&#234;tre un sous-imp&#233;rialiste et de jouer ce r&#244;le vis-&#224;-vis de ses voisins et du reste du continent africain. Nos filles et nos fils [qui servent dans l'arm&#233;e sud-africaine] ont &#233;t&#233; envoy&#233;s dans les r&#233;gions septentrionales du Mozambique pour mener une guerre pour le compte de multinationales [TotalEnergies, ExxonMobil, ENI, BP, etc.] qui font la queue pour exploiter les &#233;normes gisements de gaz au Cabo Delgado. Et ils y sont all&#233;s, bien s&#251;r, avec des instructions claires de la France. Le pr&#233;sident fran&#231;ais, si vous vous en souvenez, est venu &#224; l'improviste &#224; l'Union Buildings (2) [en mai 2021] pour faire pression sur l'Afrique du Sud afin qu'elle d&#233;ploie des soldats pour surveiller les vastes gisements de gaz dans les r&#233;gions septentrionales du Mozambique.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_49983 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.pressegauche.org/IMG/webp/c1f78e4e58ff7fa44fc8b5c9c1a6583a.jpg.webp?49983/a1998faf2a75803c0f73018630fceeaac4a9e07089deae69470fd0614c95abb8' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/webp&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH333/c1f78e4e58ff7fa44fc8b5c9c1a6583a.jpg-20ea1.webp?1781068617' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident fran&#231;ais, Emmanuel Macron, et son homologue sud-africain, Cyril Ramaphosa, &#224; Johannesburg, le 28 mai 2021.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#169; GovernmentZA/Flickr&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vavi poursuit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; C'est ce qui me rend malade &#8211; quand les gens disent : &#171; Ils volent nos mines, ils volent notre or. &#187; Attendez, de quoi parlez-vous ? De quel or s'agit-il ? Comment avez-vous b&#233;n&#233;fici&#233;, en tant que Sud-Africain noir, de cet or que vous voulez prot&#233;ger ? Et comment c&#233;l&#233;brer la mort de 78 personnes &#171; qui volent notre or et qui sont des ressortissants &#233;trangers ill&#233;gaux &#187; ? Les Mozambicains ne viennent pas en Afrique du Sud par choix. ils ne traversent pas le parc Kruger &#224; la recherche d'un portefeuille alors que lorsqu'ils sont d&#233;vor&#233;s par les lions, les l&#233;opards et les hy&#232;nes, il est impossible de retrouver des cadavres entiers... Si vous deviez passer quatre ou cinq jours par semaine avec vos enfants qui pleurent, assis, impuissants, ne sachant que faire ? C'est le d&#233;sespoir qui les pousse. Le fait que la plupart des personnes secourues dans ces mines &#8211; les &#8220;zama zamas&#8221; &#8211; soient originaires du Mozambique n'est pas une co&#239;ncidence. C'est parce que la r&#233;volution a &#233;chou&#233; l&#224;-bas, comme elle est en train d'&#233;chouer ici en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renforcer les liens entre les communaut&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les propres &#233;checs de Ramaphosa sont indiscutables : ancien dirigeant du Syndicat national des mineurs, son investissement majeur dans l'entreprise britannique Lonmin en 2012 l'a conduit &#224; traiter la gr&#232;ve des &lt;a href=&#034;https://afriquexxi.info/Dix-ans-apres-le-massacre-rien-n-a-change-a-Marikana&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mineurs de Marikana&lt;/a&gt;de &#171; &lt;i&gt; crime ignoble&lt;/i&gt; &#187; dans des courriels qu'il a r&#233;dig&#233;s 24 heures avant que la police massacre 34 op&#233;rateurs de foreuses de platine qui r&#233;clamaient un salaire de 1 000 dollars (956 euros) par mois. Ramaphosa &#233;tait membre du conseil d'administration de Lonmin et avait par ailleurs conseill&#233; &#224; l'entreprise de continuer &#224; utiliser des flux financiers illicites offshore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'avenir, nous devons reconstruire la solidarit&#233; sud-africaine avec ceux qui luttent au Mozambique &#8211; une solidarit&#233; qui avait motiv&#233; les manifestations d'&#233;tudiants en 1976, peu de temps apr&#232;s que les nationalistes de gauche avaient battu les brutaux colons portugais, ce qui a conduit &#224; l'ind&#233;pendance. Cette solidarit&#233; est aujourd'hui n&#233;cessaire pour renforcer les liens entre les communaut&#233;s et les travailleurs, d'autant plus que de nouvelles voix &#171; rebelles &#187; s'&#233;l&#232;vent contre les nationalistes d&#233;sormais corrompus. C'est l'agenda que sont en train de forger les mineurs artisanaux eux-m&#234;mes, soutenus par la General Industries Workers Union of South Africa (Giwusa), la South African Federation of Trade Unions (Saftu), la Mining Affected Communities United in Action (Macua) et des avocats progressistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'ils r&#233;clament une commission d'enqu&#234;te sur les centaines de morts de Stilfontein, une partie du travail consiste &#224; renverser psychologiquement la haine qui r&#232;gne au sein de l'&#201;tat et de la soci&#233;t&#233;. Cela est n&#233;cessaire pour que le &#171; vol &#187; des richesses mini&#232;res souveraines soit mieux compris &#8211; et pour que l'internationalisme remplace la x&#233;nophobie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
1. Le Cabinet est le niveau le plus &#233;lev&#233; de l'ex&#233;cutif sud-africain. Il est compos&#233; du pr&#233;sident, du vice-pr&#233;sident et des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Le si&#232;ge de la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le sommet des BRICS &#224; Johannesburg : battage m&#233;diatique, espoir et impuissance</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-sommet-des-BRICS-a-Johannesburg-battage-mediatique-espoir-et-impuissance</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-sommet-des-BRICS-a-Johannesburg-battage-mediatique-espoir-et-impuissance</guid>
		<dc:date>2023-08-29T06:32:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-08-29</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jusqu'au sommet de Johannesburg du 22 au 24 ao&#251;t, sommet dont la perspective fait na&#238;tre l'espoir d'une nouvelle force de contrepoids dans la politique mondiale, et effraie les &#233;lites occidentales, au moins cinq facteurs au moins avaient r&#233;duit le bloc Br&#233;sil-Russie- Inde-Chine-Afrique du Sud (BRICS) &#224; une paralysie acrimonieuse. Cependant, les conditions ont chang&#233; au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, et les discussions sur un &#171; BRICS+ &#187; avec pr&#232;s de deux douzaines de nouveaux membres et un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-101-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-08-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-08-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-846-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/brics_johannesbourg-de99d.png?1781068617' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'au sommet de Johannesburg du 22 au 24 ao&#251;t, sommet dont la perspective fait na&#238;tre l'espoir d'une nouvelle force de contrepoids dans la politique mondiale, et effraie les &#233;lites occidentales, au moins cinq facteurs au moins avaient r&#233;duit le bloc Br&#233;sil-Russie- Inde-Chine-Afrique du Sud (BRICS) &#224; une paralysie acrimonieuse. Cependant, les conditions ont chang&#233; au cours de l'ann&#233;e &#233;coul&#233;e, et les discussions sur un &#171; BRICS+ &#187; avec pr&#232;s de deux douzaines de nouveaux membres et un programme de &#171; d&#233;dollarisation &#187; ont amen&#233; les attentes par rapport &#224; ce r&#233;seau &#224; un niveau sans pr&#233;c&#233;dent - et tout &#224; fait irr&#233;aliste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 ao&#251;t 2023 | tir&#233; du site du CADTM&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir d'une p&#233;riode o&#249; les contradictions internes semblaient provoquer une sorte d'&#171; &#233;caillage &#187;, o&#249; le mur des BRICS &#233;tait proche de l'effondrement, il est utile de rappeler ce qui n'allait pas :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Tout d'abord, trois ann&#233;es de Covid-19 &lt;a href=&#034;https://www.gov.za/speeches/president-cyril-ramaphosa-confirms-south-africa%E2%80%99s-readiness-host-15th-summit-brics-nations&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ont emp&#234;ch&#233;&lt;/a&gt; les dirigeants des BRICS d'organiser des sommets en personne ou de convoquer les centaines de r&#233;unions de bureaucrates, d'hommes d'affaires, d'universitaires et de repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile qui faisaient partie de l'&#233;cosyst&#232;me du bloc.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Deuxi&#232;mement, &#224; partir de 2019-22, le gouvernement br&#233;silien de Jair Bolsonaro a retard&#233; les progr&#232;s du bloc et an&#233;anti sa coh&#233;sion, en raison de son extr&#233;misme de droite et de son alignement pro-occidental - par exemple sur la question cruciale de l'obtention par le Sud de d&#233;rogations en mati&#232;re de brevets pour les vaccins et les traitements Covid-19. Ces d&#233;rogations repr&#233;sentaient une proposition de r&#233;forme majeure de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) et, m&#234;me si le rejet &#233;manait principalement de pays europ&#233;ens au nom de leurs industries pharmaceutiques en 2021-22, Angela Merkel et Boris Johnson ont d&#251; &lt;a href=&#034;https://www.theguardian.com/world/2021/jun/12/drop-covid-vaccine-patent-rules-to-save-lives-in-worlds-poorest-countries-britain-and-germany-told&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appr&#233;cier&lt;/a&gt; que Bolsonaro &lt;a href=&#034;https://www.hrw.org/news/2021/03/09/brazil-support-wider-vaccine-production-wto&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rejoigne&lt;/a&gt; la poign&#233;e de dirigeants qui ont rejet&#233; les appels r&#233;p&#233;t&#233;s du Premier ministre indien Narendra Modi et du pr&#233;sident sud-africain Cyril Ramaphosa, qui demandaient au nom de plus de 100 pays que les produits pharmaceutiques vitaux soient consid&#233;r&#233;s comme des &#171; biens publics mondiaux &#187;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Troisi&#232;mement, les conflits territoriaux sino-indiens &lt;a href=&#034;https://thediplomat.com/2023/05/the-sino-indian-border-after-galwan/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ont&lt;/a&gt; r&#233;guli&#232;rement &lt;a href=&#034;https://thediplomat.com/2023/05/the-sino-indian-border-after-galwan/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;clat&#233;&lt;/a&gt; dans les hauteurs de l'Himalaya, refl&#233;tant un manque de r&#233;solution de la fronti&#232;re datant du d&#233;but des ann&#233;es 1960, ce qui a conduit en 2020 &#224; la mort de dizaines de soldats dans des combats au corps-&#224;-corps. Il n'y a pas de fin en vue pour les escarmouches militaires concernant les terres situ&#233;es &#224; flanc de montagne et, en raison de la construction excessive de barrages par la Chine, concernant les sources des rivi&#232;res qui coulent vers le sud. L'autre site de conflit s'&#233;tend &#224; l'ouest du Pakistan depuis le Cachemire, o&#249; la r&#233;sistance locale se poursuit contre le contr&#244;le strict et l'islamophobie de Delhi, ainsi que contre le d&#233;sir de P&#233;kin de contr&#244;ler les Cachemiris en Chine. Plus &#224; l'ouest, P&#233;kin finance &#224; hauteur de 65 milliards de dollars l'infrastructure du corridor reliant le port pakistanais de Gwadar &#224; l'ouest de la Chine, corridor qu'elle consid&#232;re comme de plus en plus vital en raison des vuln&#233;rabilit&#233;s mercantiles du d&#233;troit de Malacca, et afin d'obtenir plus rapidement un acc&#232;s aux importations de p&#233;trole du golfe Persique dans le cadre des nouvelles routes de la soie. Mais ce niveau d'engagement &#233;conomique envers le principal &#201;tat ennemi de l'Inde - y compris une zone de souverainet&#233; contest&#233;e au sein du Pakistan - exasp&#232;re les autorit&#233;s de Delhi, qui ont &#224; leur tour bloqu&#233; &#224; plusieurs reprises les investissements d'entreprises chinoises et fait preuve d'un niveau extr&#234;me de sinophobie nationaliste.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Quatri&#232;mement, &lt;a href=&#034;https://thediplomat.com/2023/05/the-sino-indian-border-after-galwan/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'invasion de l'Ukraine par Vladimir Poutine en f&#233;vrier 2022&lt;/a&gt; n'a pas seulement &#233;t&#233; catastrophique sur le plan local, elle a &#233;galement boulevers&#233; les march&#233;s mondiaux de l'alimentation et de l'&#233;nergie, cr&#233;ant d'&#233;normes pressions politiques &#224; travers le monde. Poutine a failli provoquer une crise constitutionnelle en Afrique du Sud en raison de la perspective que les tribunaux locaux obligent Ramaphosa &#224; ex&#233;cuter un &lt;a href=&#034;https://www.icc-cpi.int/news/situation-ukraine-icc-judges-issue-arrest-warrants-against-vladimir-vladimirovich-putin-and&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mandat d'arr&#234;t de la Cour p&#233;nale&lt;/a&gt; internationale (pour l'enl&#232;vement de dizaines de milliers d'enfants ukrainiens), s'il arrivait en personne au sommet de Johannesburg en 2023. M. Ramaphosa a suppli&#233; le dirigeant russe d'assister virtuellement au sommet, dans le cadre d'un accord parall&#232;le lors d'une mission de paix Kiev-Moscou, par ailleurs totalement inefficace, men&#233;e par plusieurs dirigeants africains en juin 2023. M. Ramaphosa a &#233;galement demand&#233; publiquement au dirigeant russe de r&#233;tablir l'acc&#232;s maritime aux exportations ukrainiennes, qui repr&#233;sentent pr&#232;s de 10 % de l'approvisionnement mondial en c&#233;r&#233;ales, mais M. Poutine a ignor&#233; cet appel, offrant plut&#244;t des livraisons gratuites de ses propres c&#233;r&#233;ales &#224; plusieurs pays appauvris dont les dirigeants ont particip&#233; au sommet Russie-Afrique de Saint-P&#233;tersbourg &#224; la fin du mois de juillet.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Cinqui&#232;mement, les gouvernements de plusieurs pays des BRICS ont &#233;t&#233; &#233;branl&#233;s : au Br&#233;sil, apr&#232;s la courte victoire &#233;lectorale du pr&#233;sident Lula da Silva sur Bolsonaro, tentative rat&#233;e des partisans de ce dernier de mener une insurrection en janvier 2023 ; la &lt;a href=&#034;https://www.thenation.com/article/world/putin-russia-rebellion-ukraine/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mutinerie&lt;/a&gt; de juin 2023 de l'ancien proche alli&#233; de Poutine, Evgueni Prigojine, et de son groupe de mercenaires, le groupe Wagner ; la &lt;a href=&#034;https://www.theatlantic.com/international/archive/2023/08/qin-gang-china-missing-foreign-minister/674954/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;disparition&lt;/a&gt; myst&#233;rieuse du ministre chinois des affaires &#233;trang&#232;res, Qin Gang, en juillet, sur fond de &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=imd1WPc01A0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rumeurs&lt;/a&gt; concernant une liaison avec une espionne britannique ou simplement un manque d'efficacit&#233; ; et en Afrique du Sud, la quasi-&lt;a href=&#034;https://mg.co.za/news/2022-12-02-this-is-why-ramaphosa-made-a-u-turn-on-resigning/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;d&#233;mission&lt;/a&gt; de Ramaphosa en d&#233;cembre 2022, &#224; la suite d'une enqu&#234;te accablante sur sa corruption personnelle. Alors que le dirigeant chinois Xi Jinping, Modi et Poutine semblent avoir consolid&#233; leur pouvoir personnel, les deux BRICS les plus faibles sont instables : &lt;a href=&#034;https://jacobin.com/2023/05/lula-is-working-to-revive-brazils-democracy-against-a-powerful-far-right-bloc&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lula est confront&#233;&lt;/a&gt; &#224; un Congr&#232;s hostile domin&#233; par les partisans de Bolsonaro et s'appuie sur des alliances autodestructives avec des n&#233;olib&#233;raux au sommet de son propre gouvernement ; tandis que l'affaire de&lt;a href=&#034;https://mg.co.za/thoughtleader/opinion/2023-08-09-ramaphosa-dodging-the-bullets-of-phala-phala-and-putin/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;corruption&lt;/a&gt; financi&#232;re de Ramaphosa et le &lt;a href=&#034;https://www.dailymaverick.co.za/article/2023-07-12-out-of-the-shadows-mashatile-now-has-to-fight-the-harsh-glare-of-the-national-spotlight/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;manque de fiabilit&#233;&lt;/a&gt; de son vice-pr&#233;sident (sans parler de la &lt;a href=&#034;https://www.news24.com/news24/opinions/columnists/pieter_du_toit/pieter-du-toit-with-zuma-theres-no-shame-as-the-anc-says-i-am-the-state-20230812&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;br&#232;ve incarc&#233;ration&lt;/a&gt; de son pr&#233;d&#233;cesseur le 12 ao&#251;t - pour des accusations li&#233;es aux pots-de-vin d'un marchand d'armes fran&#231;ais - suivie d'une gr&#226;ce imm&#233;diate), ainsi que les &lt;a href=&#034;https://businesstech.co.za/news/energy/674207/after-141-days-of-blackouts-eskom-gives-south-africa-its-first-full-day-of-no-load-shedding/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pannes d'&#233;lectricit&#233;&lt;/a&gt; g&#233;n&#233;ralis&#233;es, feront probablement perdre &#224; son parti la majorit&#233; et l'obligeront &#224; former un gouvernement de coalition apr&#232;s les &#233;lections de la mi-2024.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, malgr&#233; le chaos cr&#233;&#233; par ces tensions, les trois &#233;conomies exportatrices de produits primaires des BRICS - le Br&#233;sil, la Russie et l'Afrique du Sud - ont obtenu de meilleurs r&#233;sultats que pr&#233;vu &#224; partir de la mi-2020, apr&#232;s le principal choc du confinement, lorsque les prix des min&#233;raux et des combustibles fossiles se sont d'abord effondr&#233;s avant de grimper en fl&#232;che &#224; des niveaux record, puis &#224; partir de mars 2022, apr&#232;s l'invasion de Poutine, lorsque les prix des produits de base ont encore augment&#233; pendant au moins quelques mois suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me la Russie pourrait donc se remettre &#233;tonnamment vite des sanctions financi&#232;res occidentales et de la saisie de plus de 600 milliards de dollars d'actifs &#224; l'&#233;tranger appartenant &#224; l'&#201;tat et aux oligarques - sanctions qui ont envoy&#233; des messages forts aux tyrans anciennement pro-occidentaux, en particulier au Moyen-Orient, en leur indiquant que leurs actifs occidentaux n'&#233;taient pas non plus en s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les BRICS+ &#233;mergent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, l'exc&#232;s de punition financi&#232;re de la ministre des finances am&#233;ricaine Janet Yellen en mars 2022 est une raison majeure pour laquelle tant de candidats BRICS+ veulent maintenant rejoindre un futur bloc d&#233;dollaris&#233;. Tous constatent la volatilit&#233; des relations politiques avec un d&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain qui fait souvent volte-face, et pas seulement parce que l'id&#233;ologie &#171; pal&#233;o-conservatrice &#187; Make America Great Again de Donald Trump a &#233;t&#233; remplac&#233;e par la politique &#233;trang&#232;re &#171; n&#233;o-conservatrice &#187; de Joe Biden, dans laquelle les id&#233;aux &#171; d&#233;mocratiques &#187; et le n&#233;olib&#233;ralisme &#233;conomique sont impos&#233;s si n&#233;cessaire, par la force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ind&#233;pendamment de la perspective d'un retour au pouvoir de Trump au d&#233;but de 2025, un dilemme g&#233;n&#233;ral pour les tyrans est que Washington installe et remplace parfois de mani&#232;re arbitraire les dirigeants des r&#233;gimes clients, sans logique apparente. Si cette pratique est ancienne, les changements de r&#233;gime ext&#233;rieurs sont devenus plus complexes en raison du pouvoir des sanctions financi&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience de l'Arabie saoudite a &#233;t&#233; particuli&#232;rement r&#233;v&#233;latrice, d'abord en 2020 comme l'une des principales cibles rh&#233;toriques de la politique &#233;trang&#232;re du candidat &#224; la pr&#233;sidence des &#201;tats-Unis Joe Biden (en tant que &#171; paria &#187;), compte tenu de l'ex&#233;cution &#224; la tron&#231;onneuse par Riyad du journaliste Jamal Khashoggi en 2018. D&#233;but 2021,&lt;a href=&#034;https://www.commondreams.org/news/2021/02/04/day-peace-activists-have-been-waiting-biden-vows-curb-us-support-saudi-led-war-yemen&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Biden a annonc&#233;&lt;/a&gt; que la guerre saoudienne au Y&#233;men devait cesser, mais il a &lt;a href=&#034;https://newrepublic.com/article/164998/bidens-saudi-arabia-war-yemen-shameful-silence&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chang&#233; de tactique&lt;/a&gt; et s'est tu au bout d'un an, alors que les prix de l'&#233;nergie montaient en fl&#232;che, Biden a fait volte-face et &lt;a href=&#034;https://environmentaljusticetv.wordpress.com/2022/06/15/biden-to-visit-saudi-arabia-after-vowing-to-treat-kingdom-as-a-pariah-for-human-rights-vio-lations/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'est rendu&lt;/a&gt; personnellement &lt;a href=&#034;https://environmentaljusticetv.wordpress.com/2022/06/15/biden-to-visit-saudi-arabia-after-vowing-to-treat-kingdom-as-a-pariah-for-human-rights-vio-lations/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;chez le&lt;/a&gt; prince h&#233;ritier Mohammed bin Salman (&#171; MBS &#187;) pour supplier Riyad d'augmenter la production de p&#233;trole (afin de faire baisser les prix), ce que le dirigeant saoudien &lt;a href=&#034;file:///C:/C:/Users/pbond/Desktop/files/2023/lists.readersupportednews.org/ga/click/2-750448312-9-750031088-750061630-750284610-8599dd1686-533ffda461&#034; class=&#034;spip_out&#034;&gt;a refus&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, au d&#233;but de l'ann&#233;e 2023, dans un autre &lt;a href=&#034;https://www.unz.com/pescobar/xi-of-arabia-and-the-petroyuan-drive/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;signe d'irrespect manifeste&lt;/a&gt; envers Washington, Riyad a non seulement conclu un accord pr&#233;liminaire de paix avec l'Iran, n&#233;goci&#233; par la Chine, mais a &#233;galement mis en place un syst&#232;me commercial &#171; p&#233;tro-yuan &#187; afin de saper l'h&#233;g&#233;monie du dollar. D&#233;but ao&#251;t, Washington a maladroitement&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=NmYybJZo3fo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;tent&#233; d'inverser cette d&#233;dollarisation particuli&#232;rement importante&lt;/a&gt; avec un paquet qui reprenant &#233;galement les termes des accords d'Abraham de l'&#232;re Trump &#171; normalisant &#187; les liens isra&#233;lo-saoudiens de mani&#232;re similaire &#224; la normalisation entre Isra&#235;l et les EAU en 2020. Mais le dirigeant saoudien a mis la proposition en attente jusqu'&#224; ce que la poussi&#232;re soit retomb&#233;e au sommet des BRICS et que les nouveaux membres du bloc aient &#233;t&#233; choisis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors qu'un nouveau BRICS+ commence &#224; prendre forme, les caract&#233;ristiques les plus frappantes des candidats actuellement envisag&#233;s sont leur extr&#234;me intensit&#233; en carbone et leur caract&#232;re politique tyrannique, incarn&#233; par MBS. La liste compl&#232;te des candidats au premier tour pour rejoindre les BRICS, nomm&#233;e d&#233;but ao&#251;t par le ministre sud-africain des affaires &#233;trang&#232;res Naledi Pandor, est la suivante : Alg&#233;rie, Arabie saoudite, Argentine, Bangladesh, Bahre&#239;n, Bi&#233;lorussie, Bolivie, Cuba, &#201;gypte, &#201;mirats arabes unis, &#201;thiopie, Honduras, Indon&#233;sie, Iran, Kazakhstan, Kowe&#239;t, Maroc, Nigeria, &#201;tat de Palestine, S&#233;n&#233;gal, Tha&#239;lande, Venezuela et Vi&#234;t Nam.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un m&#233;li-m&#233;lo sans id&#233;ologie discernable, mais d&#233;bordant d'int&#233;r&#234;ts personnels antisociaux, anti-&#233;cologiques et financi&#232;rement inocul&#233;s au dollar. Les grands prix pour la Chine et la Russie, qui sont les moteurs de l'expansion, seraient l'Arabie saoudite et l'Iran. Si les 23 nouveaux candidats sont tous accept&#233;s, les 28 pays BRICS+ peuvent &#234;tre &#233;valu&#233;s en fonction de leur tendance relativement favorable &#224; Poutine (en votant contre les r&#233;solutions de retrait des Nations unies) ou de leur position neutre (en s'abstenant lors des votes, comme l'a fait l'Afrique du Sud), par rapport &#224; ceux qui sont favorables &#224; l'Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce dernier camp se trouvent, outre le Br&#233;sil, 14 pays candidats : Argentine, Arabie saoudite, Bahre&#239;n, Bangladesh, &#201;gypte, Honduras, Indon&#233;sie, Kowe&#239;t, Maroc, Nigeria, Palestine, S&#233;n&#233;gal, Tha&#239;lande et &#201;mirats arabes unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, 13 gouvernements candidats des BRICS et des BRICS+ se sont prononc&#233;s contre la r&#233;solution de f&#233;vrier 2023 ou se sont abstenus : Afrique du Sud, Alg&#233;rie, Bi&#233;lorussie, Bolivie, Chine, Cuba, &#201;thiopie, Inde, Iran, Kazakhstan, Russie, Venezuela et Vietnam. Ainsi, d'un rapport de quatre pour un dans le groupe des pays qui s'opposent ou s'abstiennent dans le cadre des BRICS actuels, le rapport passerait potentiellement de 13 &#224; 15.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne ce que l'on pourrait consid&#233;rer comme de v&#233;ritables d&#233;mocraties incontestables, il n'y a en r&#233;alit&#233; que l'Argentine, la Bolivie et le Honduras, qui rejoignent le Br&#233;sil et l'Afrique du Sud. Pour de bonnes raisons, la solidarit&#233; traditionnelle de la gauche - au moins au 21e si&#232;cle - avec les candidats des BRICS+, la Bolivie, Cuba, la Palestine et le Venezuela, bien que ce dernier ait perdu ses valeurs progressistes au cours de la d&#233;cennie qui a suivi la mort d'Hugo Chavez, et bien s&#251;r, la nostalgie de la gauche pour les mouvements anticoloniaux de l'Alg&#233;rie et du Vi&#234;t Nam des ann&#233;es 1960 subsiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;gimes r&#233;actionnaires qui ont longtemps travaill&#233; dans la sph&#232;re d'influence occidentale sont &#233;galement pr&#233;occupants : L'Indon&#233;sie, le Kowe&#239;t, le Maroc, l'Arabie Saoudite, la Tha&#239;lande et les &#201;mirats arabes unis. L'Argentine pourrait rejoindre leurs rangs si les &#233;lections d'octobre d&#233;bouchent sur un vainqueur de type Bolsonaro (Javier Milei). Certains de ces changements d'all&#233;geance de l'Occident vers les BRICS sont, dans chaque cas, r&#233;versibles en fonction de la conjoncture g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; bien des &#233;gards, l'aspect le plus dangereusement conservateur du nouveau bloc potentiel est le degr&#233; extraordinaire d'addiction des candidats au carbone. Les derni&#232;res donn&#233;es comparatives de 2021 sugg&#232;rent que non seulement l'int&#233;r&#234;t personnel en mati&#232;re d'&#233;missions augmentera, puisque l'Iran, l'Arabie saoudite, l'Indon&#233;sie, le Vi&#234;t Nam, la Tha&#239;lande, le Kazakhstan, l'&#201;gypte et les &#201;mirats arabes unis ajouteront 3,375 milliards de tonnes de CO2 par an provenant de l'&#233;nergie et de l'industrie, aux 16,9 milliards de tonnes du bloc BRICS existant. Il existe en outre d'autres pays candidats dont les recettes en devises proviennent en grande partie du p&#233;trole et du gaz : L'Alg&#233;rie, l'Argentine, le Bahre&#239;n, le Kowe&#239;t, le Nigeria, le S&#233;n&#233;gal et le Venezuela.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, dans le cadre du processus d'expansion, on peut s'attendre &#224; la diplomatie habituelle : des discours de gauche et des actions de droite. Comme Pandor&lt;a href=&#034;https://issafrica.org/iss-today/extra-brics-shouldnt-be-used-to-build-a-wall-against-the-west&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'y est engag&#233;&lt;/a&gt;, &#171; je me garderais bien de tout crit&#232;re d'expansion qui nous m&#232;nerait sur une voie o&#249; nous contribuerions &#224; accro&#238;tre les conflits dans la communaut&#233; mondiale ou dans n'importe quelle partie du monde &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Retrait de la r&#233;forme multilat&#233;rale - comme c'est le devoir sous-imp&#233;rial des BRICS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu des alliances instables et de la collection h&#233;t&#233;roclite de membres candidats, ni les BRICS existants ni un bloc BRICS+ ne peuvent pr&#233;tendre &#224; un &#233;lan vers le syst&#232;me mondial plus juste auquel ils font souvent r&#233;f&#233;rence. Par exemple, les d&#233;clarations des sommets des BRICS expriment souvent des aspirations &#224; une r&#233;forme multilat&#233;rale, ainsi que des accords potentiels pour des collaborations institutionnelles, m&#233;dicales et financi&#232;res qui ne d&#233;pendraient pas de l'Occident. Mais les r&#233;sultats ne sont pas satisfaisants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un cas &#233;vident est celui du d&#233;veloppement de vaccins contre les pand&#233;mies, d'une importance vitale en 2020-22 lorsque le Covid-19 tua entre 7 millions (officiels) et 31 millions de personnes, selon les estimations de la &#171; &lt;a href=&#034;https://www.economist.com/graphic-detail/coronavirus-excess-deaths-estimates&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;surmortalit&#233;&lt;/a&gt; &#187; (qui, en Inde, au Br&#233;sil et en Afrique du Sud, repr&#233;sentent au moins trois fois le nombre officiel de d&#233;c&#232;s). Et pourtant, alors que le sommet de Johannesburg de 2018&lt;a href=&#034;https://www.ancparliament.org.za/content/10th-brics-summit-major-success&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;avait promis&lt;/a&gt; un centre de vaccination des BRICS bas&#233; dans cette ville, celui-ci ne &lt;a href=&#034;https://www.globaltimes.cn/page/202206/1268824.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;s'est mat&#233;rialis&#233;&lt;/a&gt; que de mani&#232;re symbolique et virtuelle en mars 2022.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des questions subsistent quant &#224; &lt;a href=&#034;https://www.researchgate.net/profile/Esmaeil-Farshi/publication/369687105_Virology_Current_Research_An_Overview_of_Approved_COVID-19_Vaccines_and_Medications/links/642768e692cfd54f8442e6bd/Virology-Current-Research-An-Overview-of-Approved-COVID-19-Vaccines-and-Medications.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'efficacit&#233;&lt;/a&gt; des vaccins chinois et russes par rapport &#224; la technologie occidentale de l'ARNm (l'Afrique du Sud a m&#234;me&lt;a href=&#034;https://mg.co.za/coronavirus-essentials/2021-10-18-russias-sputnik-v-covid-19-vaccine-turned-down-over-hiv-concerns/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interdit&lt;/a&gt; Sputnik en raison des dangers pour les personnes vivant avec le VIH/sida). Ensuite, il y a eu la recherche chinoise sur le &#171; gain de fonction &#187; financ&#233;e par l'&#201;tat am&#233;ricain (et &lt;a href=&#034;https://www.cidrap.umn.edu/dual-use-research/feds-lift-gain-function-research-pause-offer-guidance&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;interdite&lt;/a&gt; de 2014 &#224; 2017) pour le compte de Big Pharmacorps. Apr&#232;s l'arriv&#233;e au pouvoir de Trump en 2017, ces recherches n'ont repris qu'&#224; Wuhan - &lt;a href=&#034;https://theintercept.com/2021/09/09/covid-origins-gain-of-function-research/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;dans un laboratoire &#171; qui fuit &#187;&lt;/a&gt; - parce que les&lt;a href=&#034;https://theintercept.com/2023/07/12/covid-documents-house-republicans/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;risques biologiques &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme trop dangereux&lt;/a&gt; pour le site de Caroline du Nord. Les archives chinoises des exp&#233;riences de Wuhan - et des premiers cas de maladie survenus au laboratoire fin 2019 - restent impossibles &#224; consulter, mais cette relation semble, une fois de plus, refl&#233;ter le ma&#238;tre imp&#233;rial et le serf sous-imp&#233;rial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre devoir sous-imp&#233;rial est de respecter les accords financiers internationaux. Par cons&#233;quent, les abus du Fonds mon&#233;taire international &#224; l'&#233;gard de la souverainet&#233; des pays pauvres et l'imposition des dogmes du n&#233;olib&#233;ralisme, de l'aust&#233;rit&#233; et de la privatisation - sans v&#233;ritable opposition des BRICS - ont fait na&#238;tre de faux espoirs quant &#224; de v&#233;ritables alternatives des BRICS au pouvoir &#233;conomique multilat&#233;ral :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; L'accord de r&#233;serve conditionnelle (ARC) de 100 milliards de dollars &#233;tait cens&#233; offrir un soutien, mais sa conception de 2014 a en fait renforc&#233; le pouvoir du FMI, en obligeant les emprunteurs des BRICS qui souhaitaient acc&#233;der &#224; plus de 30 % de leur quota d'emprunt (par exemple, dans le cas de l'Afrique du Sud, 3 milliards de dollars) &#224; signer d'abord un programme d'ajustement structurel du FMI, amplifiant ainsi l'effet de levier financier de Washington.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Lorsqu'en 2020, le ministre des finances des BRICS le plus vuln&#233;rable, le Sud-Africain Tito Mboweni, a estim&#233; qu'il avait besoin d'un pr&#234;t de 4,3 milliards de dollars pour survivre au krach &#233;conomique provoqu&#233; par la crise sanitaire, il s'est &lt;a href=&#034;https://omny.fm/shows/afternoon-drive-702/imf-board-to-consider-south-africa-financing-aid&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;adress&#233; au FMI&lt;/a&gt;, et non &#224; l'ARC - cette &#171; alternative &#187; particuli&#232;re n'a donc pas seulement fait l'objet d'une publicit&#233; mensong&#232;re, mais elle n'existe que sur le papier.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; M&#234;me si les BRICS ont acquis un plus grand nombre de voix au FMI et &#224; la Banque mondiale, atteignant pr&#232;s de 15 % &#224; la fin des ann&#233;es 2010 (aux d&#233;pens de pays plus pauvres comme le Nigeria et le Venezuela, dont les voix ont chut&#233; de plus de 40 % chacun), les principaux dirigeants des deux institutions sont toujours nomm&#233;s par les gouvernements europ&#233;en et &#233;tatsunien, respectivement. Les politiciens des BRICS ainsi que leurs repr&#233;sentants aupr&#232;s des institutions de Bretton Woods se contentent de se plaindre occasionnellement, mais depuis 2012, ils n'ont m&#234;me pas propos&#233; de candidats alternatifs au poste de directeur g&#233;n&#233;ral du FMI ou &#224; la pr&#233;sidence de la Banque mondiale.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; Les BRICS ont toujours tendance &#224; se plaindre de la puissance imp&#233;rialiste occidentale, mais ne font rien pour changer les r&#232;gles de l'ordre multilat&#233;ral n&#233;olib&#233;ral - et accueillent g&#233;n&#233;ralement favorablement les missions du FMI et de la Banque mondiale (et, dans le cas de l'Afrique du Sud, de nouveaux pr&#234;ts d'une valeur de plusieurs milliards de dollars).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;En bref, apr&#232;s une d&#233;cennie au cours de laquelle - depuis le sommet des BRICS de Durban en 2013 - le financement du d&#233;veloppement international a figur&#233; en t&#234;te de l'agenda des dirigeants, la philosophie du &#171; consensus de Washington &#187; &#233;conomique mondial n'a pas chang&#233;. Les pratiques de pr&#234;t pr&#233;datrices des institutions de Bretton Woods n'ont pas chang&#233; non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces pratiques &#233;cologiquement et socialement destructives - et corrompues - sont &#233;galement&lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/BRICS-New-Development-Bank-Corruption-in-South-Africa&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;videntes&lt;/a&gt; dans la principale r&#233;alisation des BRICS, la Nouvelle banque de d&#233;veloppement (NDB), qui, &#224; l'instar de l'ARC, rest&#233; tr&#232;s th&#233;orique, est rapidement devenue un &lt;a href=&#034;https://www.worldbank.org/en/news/press-release/2016/09/09/world-bank-group-new-development-bank-lay-groundwork-for-cooperation&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;alli&#233; officiel de la Banque mondiale&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, l'ancienne pr&#233;sidente Dilma Rousseff ayant &#233;t&#233; r&#233;cemment nomm&#233;e pr&#233;sidente de la NDB des BRICS, c'est un signe des temps que le 26 juillet 2023, juste apr&#232;s avoir rencontr&#233; Poutine, elle a tweet&#233; : &#171; La NDB a r&#233;affirm&#233; qu'elle ne pr&#233;voit pas de nouveaux projets en Russie et qu'elle op&#232;re dans le respect des restrictions applicables aux march&#233;s financiers et aux march&#233;s des capitaux internationaux. Toute sp&#233;culation &#224; ce sujet est infond&#233;e &#187;. Elle s'est &#233;galement engag&#233;e &#224; se contenter d'un portefeuille de pr&#234;ts en monnaie locale de 30 % d'ici &#224; 2030, un objectif extr&#234;mement prudent malgr&#233; les d&#233;g&#226;ts caus&#233;s par les pr&#234;ts en devises fortes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le potentiel de sortie de l'h&#233;g&#233;monie du dollar a fait l'objet d'un &#233;norme battage m&#233;diatique, et ce pour de bonnes raisons :&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; La R&#233;serve f&#233;d&#233;rale am&#233;ricaine a soutenu la destruction par Richard Nixon, en 1971- 1973, de l'accord de parit&#233; d'une once d'or pour 35 dollars &#233;tabli par le syst&#232;me de Bretton Woods en 1944, par un d&#233;faut de paiement de 80 milliards de dollars sur cette obligation, ceci en augmentant les taux d'int&#233;r&#234;t &#224; une vitesse sans pr&#233;c&#233;dent pour mettre fin &#224; l'inflation d'origine am&#233;ricaine en 1979, provoquant ainsi la crise de la dette du tiers-monde qui a appauvri des milliards de personnes.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Dans les ann&#233;es 1990, la Fed s'est engag&#233;e dans une dangereuse d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re et lorsque cela a conduit &#224; l'implosion des march&#233;s immobiliers et de nombreux cr&#233;anciers, sp&#233;culateurs et assureurs importants en 2007-2008, les renflouements du gouvernement am&#233;ricain en 2008-2009 ont &#233;t&#233; suivis d'un assouplissement quantitatif en 2009-2013 (QE, qui repr&#233;sente de nouveaux renflouements).&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Apr&#232;s les confinements de la Covid-19 en 2020, la Fed s'est &#224; nouveau engag&#233;e dans l'assouplissement quantitatif, avant d'y mettre fin d&#233;but 2022 par une s&#233;rie de hausses douloureuses des taux d'int&#233;r&#234;t.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but 2023, les d&#233;tracteurs de la surextension du dollar ont not&#233; que deux des trois plus grandes faillites jamais enregistr&#233;es par le gouvernement am&#233;ricain ont eu lieu d&#233;but 2023. En f&#233;vrier, le bouillant journaliste br&#233;silien Pepe Escobar a intitul&#233; un tweet populaire &#171; BRICS IT UP, BABY &#187; parce que &#171; si la Chine, la Russie et l'Inde se mettent d'accord sur une monnaie adoss&#233;e &#224; l'or, c'est la FIN du dollar fiduciaire... Une nouvelle monnaie entra&#238;nerait le d&#233;ficit de la balance courante des &#201;tats-Unis - 18 000 milliards de dollars - et ferait s'effondrer le dollar &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin, au lendemain d'une r&#233;union des ministres des affaires &#233;trang&#232;res des BRICS, la r&#233;bellion mon&#233;taire a &#233;t&#233; &lt;a href=&#034;https://www.iol.co.za/news/politics/opinion/brics-expansion-may-lead-to-shrinking-of-sas-influence-46fafa9e-fa54-48f9-8992-f3c0391228f2&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#233;touff&#233;e&lt;/a&gt; par le principal diplomate sud-africain, Anil Sooklal : &#171; Nous n'avons jamais parl&#233; de d&#233;dollarisation. Ce que nous avons fait, et qui n'est pas nouveau, c'est que nous avons sign&#233; un accord il y a plusieurs ann&#233;es, un accord interbancaire, ouvrant la voie au commerce dans nos monnaies locales &#187;. Mais la t&#226;che sera ardue, en raison des &#233;normes d&#233;s&#233;quilibres commerciaux au sein des BRICS, ainsi que des contr&#244;les de change chinois et indiens rigoureux qui rendent difficile le rapatriement des recettes commerciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, Escobar &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/live/imd1WPc01A0?app=desktop&amp;feature=share&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;pr&#233;disait&lt;/a&gt; plus sobrement d&#233;but ao&#251;t : &#171; Les BRICS ne vont pas annoncer une nouvelle monnaie en Afrique du Sud, tout d'abord parce qu'ils n'en ont m&#234;me pas &#233;tudi&#233; les d&#233;tails. C'est impossible. Ensuite, parce qu'on ne peut pas lancer une nouvelle monnaie comme &#231;a. C'est un processus qui peut prendre jusqu'&#224; dix ans. Ce qu'ils font et qu'ils vont encore &#224; am&#233;liorer, ce sont des r&#232;glements commerciaux utilisant leurs propres monnaies de membres des BRICS, et l'&#233;tendre aux BRICS+ &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Escobar &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/live/imd1WPc01A0?app=desktop&amp;feature=share&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;a laiss&#233; entendre&lt;/a&gt; qu'il faudrait une d&#233;cennie pour la mettre en place et qu'elle consisterait alors &#171; peut-&#234;tre en une nouvelle monnaie qui sera essentiellement une monnaie de r&#232;glement des &#233;changes et non une monnaie comme, par exemple, l'euro ou la livre sterling. Quelque chose de compl&#232;tement diff&#233;rent : un m&#233;canisme de r&#232;glement des &#233;changes capable de contourner l'&#233;cosyst&#232;me du dollar am&#233;ricain qui, vous le savez, est omnipr&#233;sent dans le monde. Il est tr&#232;s difficile d'y &#233;chapper &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, Vijay Prashad, du Tricontinental Institute, bas&#233; &#224; Delhi, a admis lors d'un s&#233;minaire &#224; l'universit&#233; de Johannesburg en ao&#251;t que &#171; personne ne veut actuellement supplanter le dollar &#187; : &#171; Personne, &#224; l'heure actuelle, ne veut supplanter le dollar. J'ai demand&#233; &#224; des membres de la Banque populaire de Chine si le renminbi allait supplanter le dollar. Ce ne sera pas le cas. Pourquoi ? Parce que les Chinois se targuent de contr&#244;ler les capitaux et leur monnaie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un point extr&#234;mement important, &#233;tant donn&#233; la capacit&#233; impressionnante de la Chine &#224; ralentir la fuite des capitaux apr&#232;s les krachs boursiers de 2015-16 gr&#226;ce &#224; ces contr&#244;les, et son interdiction louable des crypto-monnaies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prashad a demand&#233; : &#171; Allons-nous entrer dans une phase o&#249; nous aurons un panier de monnaies ? Vous savez, c'est peut-&#234;tre un long chemin &#224; parcourir, alors les gens qui s'enthousiasment en ligne pour la d&#233;dollarisation devraient se calmer. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les soi-disant &#171; gold bugs &#187; et autres enthousiastes des capacit&#233;s anti-imp&#233;riales potentielles des BRICS devraient en effet reconna&#238;tre que les bureaucrates les plus conservateurs de presque tous les pays se trouvent dans les minist&#232;res des finances et les banques centrales - et les BRICS ne font pas exception &#224; la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une conf&#233;rence organis&#233;e le 18 ao&#251;t dans la campagne chinoise, non loin de la fronti&#232;re mongole, je suis tomb&#233; sur Justin Lin, non seulement ancien &#233;conomiste en chef de la Banque mondiale (2008-2012), mais aussi l'un des observateurs g&#233;opolitiques les plus avis&#233;s du pays. Je lui ai demand&#233; si quelqu'un dans ses circuits avait exprim&#233; l'intention de voir le renmimbi supplanter le dollar, que ce soit ou non en tandem avec le rouble, la roupie, le rand et le real - et il a simplement secou&#233; la t&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ticence des BRICS &#224; lutter contre la base principale du pouvoir financier de l'imp&#233;rialisme n'aurait pas d&#251; &#234;tre une surprise, car dans tous les cas, y compris la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) - &#224; commencer par le sommet de Copenhague en 2009 o&#249; Barack Obama a rejoint Lula, Wen Jiabao, Manhoman Singh et Jacob Zuma pour un accord ax&#233; sur le statu quo qu'ils ont ensuite impos&#233; &#224; tous les autres - les BRICS ont pass&#233; les ann&#233;es 2010 &#224; jouer le jeu de l'ordre &#171; unipolaire &#187; dit de Washington-Bruxelles- Londres-Tokyo, et non &#224; se rebeller contre lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le G20 - que Modi accueillera les 9 et 10 septembre &#224; Delhi - est le lieu le plus logique pour cette fusion, en particulier compte tenu de ses r&#233;cents flirts avec Biden et Emmanuel Macron (qui a demand&#233; le mois dernier &#224; &#234;tre autoris&#233; &#224; se joindre au sommet des BRICS et s'est vu opposer un refus). Toutefois, un processus qui allie discours de gauche et actions de droite au sein des BRICS est un pr&#233;curseur essentiel, comme les &#233;v&#233;nements de Johannesburg le confirmeront certainement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Les 21 et 22 ao&#251;t, un webinaire d'analyse &#224; Johannesburg et un teach-in militant pr&#233;c&#233;deront les manifestations pr&#232;s du site du sommet des BRICS le 23 ao&#251;t ; le site web &lt;a href=&#034;http://bricsfrombelow.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://bricsfrombelow.org&lt;/a&gt; fournit des d&#233;tails).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit par Christine Pagnoulle&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Carottes et b&#226;tons de financement climatique en Afrique du Sud</title>
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		<dc:date>2023-06-06T06:34:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-06-06</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Plan&#232;te</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pr&#233;sentation : La r&#233;flexion qu&#233;b&#233;coise sur la crise climatique, tout comme celle canadienne et &#233;tasunienne sans doute, prend rarement en compte le point de vue des peuples des pays dit &#233;mergents et d&#233;pendants. Ce point de vue est celui du militant et penseur Patrick Bond de l'Afrique du Sud. Son analyse climatique de son pays, tant dans ses rapports internes qu'externes, il l'a r&#233;cemment pr&#233;sent&#233; et discut&#233; &#224; une r&#233;union de Global Ecological Network (GEN) en s'appuyant sur son texte publi&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH84/climate_justice_action_mb-bc2d4.png?1781068617' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='84' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pr&#233;sentation : La r&#233;flexion qu&#233;b&#233;coise sur la crise climatique, tout comme celle canadienne et &#233;tasunienne sans doute, prend rarement en compte le point de vue des peuples des pays dit &#233;mergents et d&#233;pendants. Ce point de vue est celui du militant et penseur Patrick Bond de l'Afrique du Sud. Son analyse climatique de son pays, tant dans ses rapports internes qu'externes, il l'a r&#233;cemment pr&#233;sent&#233; et discut&#233; &#224; une r&#233;union de Global Ecological Network (GEN) en s'appuyant sur son texte publi&#233; en anglais par le CADTM (Patrick Bond, &lt;a href=&#034;https://www.cadtm.org/Climate-Financing-Carrots-and-Sticks-in-South-Africa#nh62&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Climate-Financing Carrots and Sticks in South Africa&lt;/a&gt;, CADTM, 29/03/23). Il vaut la peine d'en faire une pr&#233;sentation sur la base de nombreux extraits traduits. Mes commentaires suivent. Les sous-titres sont les miens. &lt;br class='autobr' /&gt;
Marc Bonhomme&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;29 mars 2023&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Payer les gouvernements des pays du Sud pour qu'ils laissent les combustibles fossiles inexploit&#233;s et qu'ainsi ces pays se d&#233;carbonent activement - c'est-&#224;-dire fournir une &#171; carotte &#187; de financement climatique - a longtemps &#233;t&#233; consid&#233;r&#233; comme un moyen de parvenir &#224; un monde plus juste pour le climat : des &#171; transitions justes &#187; ont &#233;t&#233; conceptualis&#233;es, en particulier dans le domaine de l'&#233;nergie, d&#232;s 2006 (m&#234;me si le premier projet pilote du parc Yasuni en &#201;quateur &#8211; pour laisser le p&#233;trole sous terre &#8211; a &#233;chou&#233; en 2013). Pendant ce temps, dans une autre application des principes de la finance climatique, &#224; savoir la tarification des &#233;missions, la p&#233;nalisation par l'Europe des &#233;conomies qui exportent des produits &#224; forte intensit&#233; de carbone vers le march&#233; mondial commencera en octobre 2023. Au cours des trois prochaines ann&#233;es, des barri&#232;res tarifaires seront appliqu&#233;es aux importations en provenance des &#233;conomies dont les &#233;missions directes et l'&#233;nergie fossile int&#233;gr&#233;e annuleraient (en tant que &#171; fuite de carbone &#187;) les propres strat&#233;gies de r&#233;duction des &#233;missions des importateurs. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on consid&#232;re &#224; la fois le b&#226;ton et la carotte de la finance climatique, le cas de l'Afrique du Sud est particuli&#232;rement important &#233;tant donn&#233; son extr&#234;me d&#233;pendance au charbon pour la production d'&#233;lectricit&#233; locale, ses ambitions d'&#233;tendre l'exploration &#224; forte intensit&#233; de carbone et de combustibles fossiles (en particulier le m&#233;thane), sa d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard de la fonte de m&#233;taux et d'autres exportations &#224; fortes &#233;missions. En contrepartie, se d&#233;ploie son impressionnante r&#233;sistance socio-&#233;cologique et &#233;conomique de base : d'ici la fin de 2021, tr&#232;s visible dans les rues, sur les plages et dans les salles d'audience). Lors du sommet de Glasgow sur le climat en 2021, l'Afrique du Sud est devenue le premier pays pilote pour 8,5 milliards de dollars de &#034;financements soi-disant&#034; concessionnels via un &#034;partenariat pour une transition &#233;nerg&#233;tique juste&#034;, mais il a &#233;galement &#233;t&#233; cibl&#233; pour certains des m&#233;canismes d'ajustement carbone aux fronti&#232;res de l'Union europ&#233;enne. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une poign&#233;e de transnationales polluantes alli&#233;s &#224; quelques capitalistes noirs parvenus&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;parmi les pays de 10 millions d'habitants ou plus, seuls deux autres [que l'Afrique du Sud] &#8211; le Kazakhstan et la R&#233;publique tch&#232;que &#8211; avaient des &#233;conomies plus vuln&#233;rables &#224; la d&#233;carbonation, mesur&#233;e comme les &#233;missions n&#233;cessaires pour une unit&#233; de croissance du PIB par habitant. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;le MEC [&#8220;Minerals Energy Complex&#8221; &#8212; Complexe &#233;nerg&#233;tique des min&#233;raux] &#233;tait [&#8230;] dominant dans l'approvisionnement en combustibles fossiles [en plus de leur consommation]. Jusque dans les ann&#233;es 2010, les principaux fournisseurs de charbon d'Eskom [le monopole &#233;tatique producteur d'&#233;lectricit&#233;] comprenaient des soci&#233;t&#233;s multinationales Anglo Coal (Londres), Glencore (Baar, Suisse) et BHP Billiton (Melbourne). Par la suite, ils se sont diversifi&#233;s pour inclure des entreprises &#034;Black Diamond&#034; qui ont b&#233;n&#233;fici&#233; de campagnes internationales de d&#233;sinvestissement dans les combustibles fossiles (d'o&#249; des prix brad&#233;s aux nouveaux acheteurs, en particulier dans le cas d'AngloCoal) [Pour s'&#233;coblanchir, les transnationales de l'hydrocarbure bradent leurs pires actifs en &#233;manation de GES &#224; des entreprises au profil m&#233;diatique bas, NDLR]. Cela a &#224; son tour fauss&#233; la structure de classe post-apartheid de l'Afrique du Sud, avec des magnats miniers noirs exceptionnellement riches apportant leur soutien au principal d&#233;fenseur du charbon du gouvernement, le ministre des Ressources min&#233;rales et de l'&#201;nergie, Gwede Mantashe, qui a &#233;t&#233; secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du parti au pouvoir de 2009 &#224; 2018, puis pr&#233;sident du parti. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant que le pr&#233;sident Cyril Ramaphosa n'entre au gouvernement en 2014, il avait pr&#233;sid&#233; une compagnie charbonni&#232;re, Shanduka, qui au d&#233;but des ann&#233;es 2010 &#233;tait &#233;troitement li&#233;e &#224; Glencore (une entreprise condamn&#233;e en 2022 pour pots-de-vin et corruption &#224; grande &#233;chelle &#224; travers l'Afrique). [&#8230;] Dans ce contexte, une d&#233;carbonisation &#224; part enti&#232;re &#233;tait peu probable. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les pays de l'imp&#233;rialisme, historique et nouveau, profitent de l'end&#233;mique corruption nationale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramaphosa commen&#231;ait &#224; s'inqui&#233;ter des sanctions climatiques d&#233;favorables [concernant les exportations]. En octobre 2021, une carotte est soudainement apparue. Dirig&#233;s par le d&#233;partement d'&#201;tat am&#233;ricain, les principaux d&#233;cideurs des gouvernements occidentaux en mati&#232;re de climat se sont rendus &#224; Johannesburg et ont mis de l'avant des incitations et des sanctions lors des n&#233;gociations avec Eskom&#8230; [&#8230;] La carotte propos&#233;e &#8211; un accord de d&#233;carbonisation du Partenariat pour une transition &#233;nerg&#233;tique juste [JETP en anglais] d'une valeur de 8,5 milliards de dollars en pr&#234;ts principalement concessionnels &#8211; a &#233;t&#233; n&#233;goci&#233;e par le directeur g&#233;n&#233;ral d'Eskom, Andre de Ruyter, qui a ensuite &#233;t&#233; licenci&#233; en f&#233;vrier 2023 pour avoir d&#233;nonc&#233; la corruption dans la production d'&#233;lectricit&#233; impliquant le parti au pouvoir. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que les n&#233;gociateurs ont pris leur temps pendant la majeure partie de 2022 pour d&#233;terminer comment 8,5 milliards de dollars seraient le mieux collect&#233;s et allou&#233;s, le statu quo a marqu&#233; la faible reprise post-Covid : d&#233;pendance continue au charbon et au diesel pour plus de 90 % de la production d'&#233;nergie ; transport de passagers enti&#232;rement bas&#233; sur des moteurs &#224; combustion interne lorsque les lignes de trains de banlieue sont tomb&#233;es en panne ; une reprise de l'exploitation mini&#232;re, de la fonderie et de la production industrielle gourmandes en &#233;lectricit&#233;, le tout avec de fortes &#233;missions de gaz &#224; effet de serre gr&#226;ce &#224; la flamb&#233;e des prix des mati&#232;res premi&#232;res ; une relance du tourisme international (&#224; fortes &#233;missions) ; agriculture &#224; forte intensit&#233; d'engrais ; la construction renouvel&#233;e de banlieues tentaculaires, d'espaces de bureaux commerciaux et de n&#339;uds de transport et de logistique centr&#233;s sur les camions ; et des d&#233;charges dont les d&#233;chets organiques non tri&#233;s rejettent du m&#233;thane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres m&#233;gaprojets centr&#233;s sur les fossiles se sont poursuivis pendant et apr&#232;s la signature du JETP : une zone &#233;conomique sp&#233;ciale m&#233;tallurgique chinoise de 10 milliards de dollars et, &#224; proximit&#233;, une extension de 50 milliards de dollars de la ligne ferroviaire d'exportation de charbon vers le terminal portuaire de Richards Bay, o&#249; se trouvent les principaux clients du charbon, maintenant europ&#233;en, chinois et indien. En plus de la production de gaz m&#233;thane &#224; grande &#233;chelle [&#8230;], un terminal GNL promu par la Banque mondiale, deux centrales &#233;lectriques au gaz d'Eskom co&#251;tant 5 milliards de dollars et une expansion p&#233;trochimique du port de 10 milliards de dollars &#224; Durban &#233;taient tous en cours - soulevant des questions &#224; savoir si le financement climatique &#171; fongible &#187; (facilement d&#233;tourn&#233;) vers l'Afrique du Sud g&#233;n&#233;rerait par inadvertance des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre encore plus &#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple, au Mozambique voisin, plus de 1000 soldats de l'arm&#233;e sud-africaine ont &#233;t&#233; d&#233;ploy&#233;s par Pretoria &#224; la mi-2021 dans la r&#233;gion de Cabo Delgado &#224; c&#244;t&#233; du quatri&#232;me plus grand champ de m&#233;thane au monde, pour combattre une arm&#233;e de gu&#233;rilla connue sous le nom d'Al-Shabaab. Les troupes facilitaient en effet l'extraction du &#171; m&#233;thane sanglant &#187; [Blood Methane] par TotalEnergies [France], ENI [Italie], ExxonMobil [&#201;U] et China National Petroleum [Chine] dans une r&#233;gion o&#249; d&#233;j&#224; un million de personnes avaient en 2020-22 &#233;t&#233; d&#233;plac&#233;es par la guerre, avec au moins six mille morts [ce &#224; quoi s'ajout&#232;rent les d&#233;vastations d'une s&#233;rie de cyclones]. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_42275 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH341/3a0a41ca94a76811-724c4449-bc24d.png?1781068618' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les dirigeants occidentaux c&#233;l&#232;brent secr&#232;tement, scellant le Partenariat pour une transition &#233;nerg&#233;tique juste [JETP] - UNFCCC &#8212; COP27 Accord parall&#232;le de 8,5 milliards de dollars &#8211; Sharm ElSheikh, 7 novembre 2022&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;John Kerry, &#201;U&lt;/i&gt; &#8212; Premi&#232;re chose : r&#233;cup&#233;rer notre argent sur ces pr&#234;ts ant&#233;rieurs &#224; Eskom en faillite, pour des centrales &#233;lectriques au charbon cribl&#233;es de corruption. Voici l'affaire : nous offrons une nouvelle ligne de cr&#233;dit d'un milliard de dollars aux taux du march&#233; avec une garantie de paiement &#224; 100 % pour les banquiers du secteur priv&#233;. Super relations publiques ! B&#233;n&#233;fices ! Gagnant-gagnant !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Rishi Sunak, Royaume-Uni&lt;/i&gt; &#8212; Ian Smith [ancien premier ministre de la Rhod&#233;sie raciste, aujourd'hui le Zimbabwe], notre ancien comparse colonial britannique en Rhod&#233;sie, s'est vant&#233; d'un &#034;partenariat&#034; entre le cavalier et le cheval ! Alors maintenant je sais ce qu'il voulait dire ! Crikey !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Emmanuel Macron, France&lt;/i&gt; &#8212; Rappelez-vous, en mai 2021, j'ai dit &#224; mon ami Cyril de sacrifier ses troupes pour combattre dans la guerre civile au Mozambique - afin que TotalEnergies puisse enfin extraire ce m&#233;thane sanglant [Blood Methane]. Total fore &#233;galement du gaz au large de l'Afrique du Sud, m&#234;me si le m&#233;thane cause 85 fois plus de d&#233;g&#226;ts que le CO2. Pourtant, je pr&#233;tends toujours que je suis oppos&#233; &#224; l'exploitation mini&#232;re des fonds marins ! C'est formidable !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Ursula von der Leyden, Union europ&#233;enne &lt;/i&gt; &#8212; Les &#233;conomies europ&#233;ennes ont &#233;t&#233; tellement d&#233;pendantes des combustibles fossiles russes. Mais nous venons d'acqu&#233;rir plusieurs millions de tonnes de charbon sale import&#233; d'Afrique du Sud &#224; la place ! Vielen Dank, Cyril !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cyril Ramaphosa, Afrique du Sud &lt;/i&gt; &#8212; &#034;L'Afrique du Sud appr&#233;cie l'engagement que l'International Partners Group a pris lors de la COP-26 pour apporter des ressources &#224; notre ambitieuse transition &#233;nerg&#233;tique juste&#034; ----- Mais j'esp&#232;re juste que Lula, Poutine, Modi et Xi ne regardent pas ! Eich|&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Olaf Scholz, Allemagne &lt;/i&gt; &#8212; Les gars de BMW, VW et Mercedes ont trich&#233; lors des tests d'&#233;missions de CO2 et se sont fait prendre &#8212; mais cet accord leur accorde toujours des subventions pour les exportations de v&#233;hicules &#233;lectriques vers l'Europe. Et nos pr&#234;ts seront rembours&#233;s &#224; des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s en raison de la baisse du Rand. Wunderbar !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un financement imp&#233;rialiste lucratif pour non pas moins de GES mais davantage&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me durable avec le financement climatique international en g&#233;n&#233;ral et le JETP en particulier, est qu'il s'accumulera presque enti&#232;rement en dette de devises fortes : initialement 8,245 milliards de dollars, avec seulement 3 % des fonds sous forme de subventions. Alors que les pr&#234;ts am&#233;ricains (1 milliard de dollars) et britanniques (500 millions de dollars) doivent &#234;tre accord&#233;s par des banques &#224; but lucratif aux taux du march&#233;, les agences de cr&#233;dit d'&#201;tat europ&#233;ennes offriront une dette l&#233;g&#232;rement &#171; concessionnelle &#187;. Cependant, comme les pr&#234;ts sont en devises fortes et que la monnaie sud-africaine est en baisse, Eskom devra faire face &#224; des remboursements on&#233;reux dans les ann&#233;es &#224; venir. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arrangement id&#233;al impliquerait une fabrication locale rempla&#231;ant les composants d'&#233;nergie renouvelable import&#233;s. Eskom devrait construire sa propre capacit&#233; interne d'&#233;nergies renouvelables et de stockage d'&#233;nergie, et ne devrait pas continuer &#224; privatiser l'&#233;lectrification via des contrats externalis&#233;s pour l'&#233;nergie solaire et &#233;olienne. Cela devrait &#233;branler la d&#233;pendance des ann&#233;es 2010 &#224; l'&#233;gard des soci&#233;t&#233;s multinationales d'&#233;nergie renouvelable qui rapatrient les b&#233;n&#233;fices et les dividendes dans leur pays d'origine. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le JETP a &#233;galement financ&#233; le passage d'Eskom du charbon au m&#233;thane. De Ruyter [le pr&#233;sident d'Eskom] propose un programme d'investissement dans le gaz m&#233;thane &#8212; pour lequel il pr&#233;voyait d'utiliser 44 % des fonds du JETP. [&#8230;] Ce que tout cela signifie, en bref, c'est que l'utilisation de l'argent de l'UE ostensiblement d&#233;ploy&#233; pour la d&#233;carbonisation aidera plut&#244;t le financement du gaz m&#233;thane. [&#8230;] La nouvelle dette JETP d'Eskom lui permet [aussi] de rembourser des pr&#234;ts plus anciens, l&#233;gitimant &#224; son tour la corruption&#8230;. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;le &#171; c&#244;t&#233; demande &#187; du r&#233;seau &#233;lectrique du service public est tout aussi vital. Le plus gros consommateur, utilisant plus de 5 % de l'approvisionnement du r&#233;seau, est South32, filiale de BHP Billiton (bas&#233;e &#224; Melbourne, Australie). Sa fonderie d'aluminium de Richards Bay importe le principal ingr&#233;dient (la bauxite) et le transforme avec de l'&#233;nergie au charbon &#224; un prix correspondant &#224; seulement 10 % de ce que paient les consommateurs ordinaires. Le produit et les b&#233;n&#233;fices sont export&#233;s. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;les politiques de d&#233;connexion que De Ruyter a impos&#233;es aux quartiers noirs &#224; la mi-2020 (pendant l'hiver au milieu du confinement initial de la pand&#233;mie de Covid-19) - qu'il qualifie de &#034;r&#233;duction de charge&#034; et que les critiques appellent &#034;racisme &#233;nerg&#233;tique&#034; - ont &#233;t&#233; amplifi&#233;es par sa proposition mi-2022 de mettre fin &#224; la subvention crois&#233;e de l'&#233;lectricit&#233; pour les pauvres. Le JETP soutient implicitement ces politiques r&#233;trogrades. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres composants JETP beaucoup plus petits sont &#233;galement mal con&#231;us. Les subventions pour les v&#233;hicules &#233;lectriques &#8212; fournies par les constructeurs automobiles occidentaux (en particulier allemands et japonais) seront inabordables pour la plupart des Sud-Africains, et il n'y a pas d'infrastructure de ravitaillement en place. Le JETP fournit &#233;galement des fonds pour stimuler le battage m&#233;diatique de l'hydrog&#232;ne vert de Sasol. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Frapper les exportations sud-africaines par le march&#233; du carbone europ&#233;en : un mal pour un bien ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Joe Biden l'a port&#233; [le prix des dommages associ&#233;s &#224; une tonne de CO2] &#224; 51 $ en 2021 et en 2022, un prix de 185 $/tonne a &#233;t&#233; recommand&#233; par ses administrateurs environnementaux. Des scientifiques plus rigoureux qui ont int&#233;gr&#233; des boucles de r&#233;troaction et un faible potentiel d'adaptation ont augment&#233; le &#171; co&#251;t social du carbone &#187; &#224; 3 000 $/tonne. En Europe, la principale technique de tarification du carbone &#233;tait bas&#233;e sur le syst&#232;me d'&#233;change de quotas d'&#233;mission, qui a &#233;t&#233; d&#233;traqu&#233; en 2022 en raison de l'invasion russe de l'Ukraine, zigzaguant entre 70 et 100 dollars la tonne, et malheureusement le m&#233;canisme europ&#233;en d'ajustement des fronti&#232;res carbone (CBAM en anglais) le prix sera li&#233; &#224; ce programme. La taxe carbone la plus &#233;lev&#233;e en 2022 &#233;tait de 130 $/tonne n&#233;cessaire pour couvrir la taxe carbone su&#233;doise. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'imposition de sanctions climatiques viendra principalement des &#201;tats-Unis, de l'Europe et du Royaume-Uni, responsables de l'achat d'environ la moiti&#233; des exportations sud-africaines. L'UE sera la premi&#232;re, avec son CBAM lanc&#233; en octobre 2023, m&#234;me si les p&#233;nalit&#233;s r&#233;elles de prix ne seront impos&#233;es qu'en 2026. [&#8230;] L'Afrique du Sud et d'autres &#233;conomies exportatrices avec des parts tr&#232;s &#233;lev&#233;es de CO2 incorpor&#233;es dans leurs produits &#8212; soit directement, soit via l'&#233;nergie et les transports sales &#8212; devraient &#234;tre incit&#233;es &#224; passer plus rapidement aux sources renouvelables. L'un des moyens consiste &#224; augmenter les tarifs de l'UE impos&#233;s sur les exportations sud-africaines vers l'Europe, et au cours des ann&#233;es 2020 &#233;galement vers d'autres &#233;conomies occidentales qui adopteront le CBAM. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nerfs &#233;taient si tendus en novembre 2022 que le groupe Br&#233;sil-Afrique du Sud-Inde-Chine a &#233;mis une critique s&#233;v&#232;re de CBAM : &lt;i&gt;&#171; Des mesures unilat&#233;rales et des pratiques discriminatoires, telles que des taxes carbone aux fronti&#232;res, qui pourraient entra&#238;ner une distorsion du march&#233; et aggraver le d&#233;ficit de confiance entre les Parties, doit &#234;tre &#233;vit&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Compte tenu de cette crainte, les sanctions punitives de la CBAM seront utiles aux d&#233;fenseurs de la justice environnementale, mais seulement si elles sont d&#233;fendues avec int&#233;grit&#233;, en particulier lorsqu'il s'agit d'indemniser les travailleurs et les communaut&#233;s qui subissent des souffrances &#233;conomiques involontaires en raison de l'incapacit&#233; des entreprises &#224; se d&#233;carboner. Au lieu de cela, ce qui semblait plus probable en mars 2023 &#233;tait une &#171; forteresse Europe &#187; anti-solidariste et protectionniste emp&#234;chant les importations en provenance d'Afrique du Sud sans compensation correspondante. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce b&#226;ton particulier de la finance climatique est cass&#233;, car la CBAM avec int&#233;grit&#233; n&#233;cessite au moins trois r&#233;formes. Premi&#232;rement, la politique climatique r&#233;cente de l'UE la plus absurde a &#233;t&#233; la d&#233;cision de juillet 2022 d'&#233;tiqueter le gaz m&#233;thane et le nucl&#233;aire comme &#034;verts&#034; dans la &#034;taxonomie&#034; de l'&#233;nergie de l'UE. [&#8230;] Deuxi&#232;mement, une autre r&#233;forme porte sur la fixation du prix du carbone CBAM. Malheureusement, le niveau des p&#233;nalit&#233;s &#224; l'importation sera, &#224; partir de 2026, li&#233; au syst&#232;me europ&#233;en d'&#233;change de quotas d'&#233;mission (ETS), qui a subi une volatilit&#233; exceptionnelle des prix depuis 2005. [...] Il faut une autre mani&#232;re de fixer le prix du carbone, qui est plus proche du v&#233;ritable co&#251;t social du carbone. [&#8230;] Troisi&#232;mement, pour contrer les accusations d'&#034;imp&#233;rialisme !&#034;, l'Europe devrait verser un acompte sur sa vaste dette climatique en renvoyant les revenus de la CBAM aux travailleurs et aux communaut&#233;s touch&#233;s dont les exportations sont tax&#233;es &#8212; dans certains cas jusqu'&#224; la fermeture de leurs entreprises. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8230;une politique de campagne pour mettre en &#233;vidence la dette climatique &#8212; y compris une compensation pour laisser les combustibles fossiles sous terre - aidera les peuples africains dans leurs batailles avec les dirigeants nationaux (comme Ramaphosa) et les soci&#233;t&#233;s transnationales p&#233;troli&#232;res, gazi&#232;res et charbonni&#232;res. [...] R&#233;pudier la dette odieuse d'Eskom r&#233;duirait consid&#233;rablement la pression de remboursement sur la dette du service public et permettrait un processus de r&#233;investissement &#224; part enti&#232;re. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;sistance populaire fait mouche mais le rapport de forces impose un soutien international&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;sistance a &#233;merg&#233; simultan&#233;ment en Afrique du Sud, avec un r&#233;seau progressiste - le Climate Justice Charter Movement - appelant les alli&#233;s internationaux &#224; faire pression sur les &#201;tats-Unis, la Grande-Bretagne et l'Europe pour qu'ils annulent le financement du JETP. Et quant &#224; la tentative de Shell, Total et des alli&#233;s locaux de faire avancer l'agenda du gaz offshore, plus d'une centaine de manifestations ont eu lieu sur les plages, dans les stations-service et devant les autres entreprises des alli&#233;s (une cha&#238;ne de t&#233;l&#233;vision et des h&#244;tels) juste au moment o&#249; le JETP a &#233;t&#233; annonc&#233;. [&#8230;] Align&#233;s sur les manifestations, les avocats d'int&#233;r&#234;t public ont d&#233;pos&#233; des injonctions judiciaires contre l'exploration gazi&#232;re offshore &#224; sept reprises de la fin 2021 &#224; septembre 2022, remportant six d'entre elles. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les citoyens de bonne volont&#233; des pays occidentaux ont soutenu la lutte pour la libert&#233; des SudAfricains en imposant des sanctions &#233;conomiques contre les entreprises tirant profit d'un crime contre l'humanit&#233;, qui en 1985 a atteint une &#233;tape d&#233;cisive dans la fin de l'apartheid alors que l'alliance &#233;troite des entreprises blanches et de l'&#201;tat raciste &#233;tait finalement cass&#233;. La m&#234;me logique s'applique : avec la justice climatique sud-africaine, les mouvements sociaux et syndicaux font souvent preuve de dynamisme et remportent de petits gains, c'est pourtant, encore une fois, par la solidarit&#233; internationale que les sauts d&#233;cisifs seront faits.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Commentaires&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;Une comparaison avec le Qu&#233;bec comme demi-&#201;tat d'une nation marginalis&#233;e&#8230;&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'entr&#233;e de jeu, on remarque quelques similarit&#233;s att&#233;nu&#233;es entre l'Afrique du Sud, le plus faible des pays du BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud), un pays rest&#233; d&#233;pendant de l'imp&#233;rialisme malgr&#233; ses caract&#233;ristiques d'imp&#233;rialisme local surtout dans le sud de l'Afrique, et le Qu&#233;bec, un demi-&#201;tat d'une nation non reconnue et souffre-douleur, autrement dit opprim&#233;e, au sein du Canada. Ne serait-ce que la corruptrice Glencore qui empoisonne autant le peuple qu&#233;b&#233;cois &#224; Rouyn-Noranda que celui sud-africain avec son charbon. Si en Afrique du Sud l'aluminerie &#224; &#233;nergie charbonni&#232;re d'une transnationale &#233;trang&#232;re mini&#232;re, une super-&#233;mettrice de GES, brade l'&#233;lectricit&#233; locale &#224; vil prix, il en va de m&#234;me au Qu&#233;bec soit directement (ALCOA) soit indirectement (Rio Tinto) en disposant de centrales priv&#233;es hydro&#233;lectriques amorties depuis longtemps donc d'&#233;lectricit&#233; seulement au co&#251;t de l'entretien et de l'amortissement. Au Qu&#233;bec comme en Afrique du Sud, les grands producteurs de GES comptent une dizaine de transnationales &#224; cette diff&#233;rence pr&#232;s de leur importance relative plus grande en Afrique du Sud dans le bilan national de GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous deux ont recours au subterfuge du gaz naturel comme dite &#233;nergie de transition quoique l'Afrique du Sud en produise contrairement au Qu&#233;bec&#8230; qui aimerait bien en trouver dans son sol. Dans les deux cas, le producteur national d'&#233;lectricit&#233; est un monopole &#233;tatique fournissant une &#233;lectricit&#233; au rabais aux grandes entreprises consommatrices bien que la R&#233;volution tranquille ait valu au peuple qu&#233;b&#233;cois une &#233;lectricit&#233; relativement bon march&#233; pour l'&#233;lectricit&#233; domestique dont la climatisation. La grande diff&#233;rence qualitative est que le Qu&#233;bec, comme partie prenante de la zone ACEUM (ex-AL&#201;NA) et comme disposant de l'atout majeur de l'hydro&#233;lectricit&#233; et de ressources mini&#232;res en grande demande par le capitalisme vert (graphite, lithium, nickel, cuivre), se positionne dans la division du travail du nouvel extractivisme dit vert comme fournisseur d'&#233;nergie et de mati&#232;res premi&#232;res en partie semi-transform&#233;es (cathode, anode, batteries ?, hydrog&#232;ne vert ?) au b&#233;n&#233;fice de l'industrie de transformation des &#201;U et de l'Ontario.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &lt;strong&gt;&#8230;et une discussion sur l'&#224;-propos de l'utilisation des outils du march&#233; afin de le subvertir&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Lors de la rencontre de GEN, davantage que dans le texte &#233;crit pour le CADTM, la br&#232;ve discussion s'est focalis&#233;e sur la pertinence d'utiliser, en les r&#233;formant, les outils agissant sur les rapports de prix dans le contexte des rapports sociaux et politiques existants afin de mettre en branle une dite transition juste. Bien que l'aide internationale doive &#234;tre interpr&#233;t&#233;e comme un acompte des pays imp&#233;rialistes vers les pays d&#233;pendants pour rembourser la dette due &#224; l'historique pillage &#233;cologique et &#233;conomique, &#224; quoi sert de convertir cette aide en don si elle finance le d&#233;veloppement du gaz naturel ou rembourse de vieilles dettes dues &#224; la corruption ? Si, aux fronti&#232;res, on applique la taxe ou le march&#233; carbone aux importations qui en sont exemptes, est-ce juste de s'en prendre &#224; l'&#233;conomie des pays d&#233;pendants, probablement ces secteurs les plus en pointe, y compris les pertes d'emploi qui en d&#233;couleront ? D'autant plus que ces march&#233; et taxation sont eux-m&#234;mes des outils de march&#233; dont l'efficacit&#233; et l'&#233;quit&#233; sont fort contestables. Ce questionnement est appel&#233; &#224; s'intensifier avec la nouvelle tactique des pays imp&#233;rialistes d'inviter ceux d&#233;pendants &#224; all&#233;ger leur dette impayable en retour d'obligations environnementales sous la supervision des premiers et l'accord quasi oblig&#233; des seconds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment naviguer entre opportunisme et gauchisme ? La discussion &#224; la r&#233;union du GEN ne s'est pas rendue l&#224;. &#192; mon avis, la clef pour r&#233;soudre cette contradiction se trouve dans l'internationalisme concret en mal d'un grand bond en avant. En plus de supprimer la &#171; dette odieuse &#187;, la dette &#233;cologique doit commencer &#224; &#234;tre pay&#233;e sans attendre la semaine des quatre jeudi de la r&#233;volution et sans servir de pr&#233;texte au capitalisme financier pour enserrer dans une camisole de force le d&#233;veloppement &#233;conomique des pays d&#233;pendants. Pour y arriver, le mouvement &#233;cologiste des pays imp&#233;rialistes a, de son c&#244;t&#233;, &#224; se mobiliser pour imposer aux gouvernements l'imm&#233;diat d&#233;bours complet en dons et sans conditions des engagements pris lors des COP de Paris, de Glasgow et de Sharm El Sheikh pour les r&#233;duction / adaptation / pertes et dommages. De son c&#244;t&#233;, les mouvements des pays d&#233;pendants, et en coordination avec ceux des pays imp&#233;rialistes, ont &#224; r&#233;clamer la m&#234;me chose tout en luttant pour une canalisation &#233;cosocialiste de ces argents. Tout n'est pas bien s&#251;r une question d'argent qui en plus est loin d'&#234;tre suffisant. On pense &#224; des politiques concernant les personnes r&#233;fugi&#233;es climatiques et &#224; des politiques mondiales commerciales et scientifiques &#224; promouvoir conjointement. On peut penser que la meilleure tactique serait de pointer des enjeux et des pays particuliers pour lesquels les rapports de forces sont les plus favorables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marc Bonhomme, 4 juin 2023&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique du Sud. Les effets meurtriers des inondations face &#224; la politique du gouvernement Ramaphosa&#8230; qui encourage le charbon et le m&#233;thane</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-du-Sud-Les-effets-meurtriers-des-inondations-face-a-la-politique-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Afrique-du-Sud-Les-effets-meurtriers-des-inondations-face-a-la-politique-du</guid>
		<dc:date>2022-05-03T07:15:11Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mary Galvin, Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Changements climatiques</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-05-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;(Johannesburg, le 14 avril 2022) Les pluies diluviennes et inondations ont de nouveau ravag&#233; la troisi&#232;me plus grande ville d'Afrique du Sud, Durban, tuant au moins 300 habitants lundi [actuellement, le nombre de morts est estim&#233; &#224; plus de 400 et 41000 personnes sont brutalement affect&#233;es], obligeant des milliers d'autres &#224; &#233;vacuer leurs maisons et emp&#234;chant la circulation des personnes et des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; en raison de l'effondrement des routes et des ponts. Dans de nombreuses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Changements-climatiques-+" rel="tag"&gt;Changements climatiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-05-05-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-05-03&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton52651-b37fd.jpg?1781068618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;(Johannesburg, le 14 avril 2022) Les pluies diluviennes et inondations ont de nouveau ravag&#233; la troisi&#232;me plus grande ville d'Afrique du Sud, Durban, tuant au moins 300 habitants lundi [actuellement, le nombre de morts est estim&#233; &#224; plus de 400 et 41000 personnes sont brutalement affect&#233;es], obligeant des milliers d'autres &#224; &#233;vacuer leurs maisons et emp&#234;chant la circulation des personnes et des biens de premi&#232;re n&#233;cessit&#233; en raison de l'effondrement des routes et des ponts. Dans de nombreuses zones, les ruptures de conduites de distribution d'eau et l'effondrement du syst&#232;me &#233;lectrique ont laiss&#233; les robinets &#224; sec et le courant coup&#233; pendant des jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://alencontre.org/ecologie/afrique-du-sud-les-effets-meurtriers-des-inondations-face-a-la-politique-du-gouvernement-ramaphosa-qui-encourage-le-charbon-et-le-methane.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan en vies humaines perdues d&#233;passe le pr&#233;c&#233;dent record de Durban, qui &#233;tait de 64 morts lors de la &#171; bombe de pluie &#187; d'avril 2019, lorsque 168 millim&#232;tres sont tomb&#233;s en 24 heures, faisant au moins 75 millions de dollars de d&#233;g&#226;ts. En octobre 2017, 108 mm sont tomb&#233;s en une journ&#233;e, faisant 11 morts [1 mm de pluie repr&#233;sente 1 litre par m&#232;tre carr&#233;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on remonte plus loin, Durban a accueilli en 2011 le sommet annuel des Nations unies sur le climat COP17, g&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233; comme un &#233;chec politique mondial (mais pas selon le n&#233;gociateur du d&#233;partement d'Etat am&#233;ricain Todd Stern qui a c&#233;l&#233;br&#233; aupr&#232;s d'Hillary Clinton ce qu'il a qualifi&#233; de &#171; succ&#232;s significatif pour les Etats-Unis &#187;). Pourtant, les responsables de la ville ont sembl&#233; insensibles &#224; la menace imminente, ne prenant pas la peine de r&#233;parer les infrastructures de base apr&#232;s 2017, m&#234;me dans des sites tr&#232;s connus comme le foyer de travailleurs migrants des Glebelands, touch&#233; par la violence, dont le toit n'a toujours pas &#233;t&#233; r&#233;par&#233; deux ans plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lundi 11 avril, le ciel a d&#233;vers&#233; 351 mm. Une fois de plus, il &#233;tait &#233;vident que la municipalit&#233; de Durban (officiellement connue sous le nom d'eThekwini), la province du KwaZulu-Natal et le gouvernement de l'Etat national ne s'engagent pas v&#233;ritablement &#224; s'adapter &#224; la crise climatique, notamment en mettant sur pied un g&#233;nie civil suffisamment robuste et un simple entretien des syst&#232;mes de drainage des eaux pluviales d&#233;j&#224; inad&#233;quats. Les normes de construction et de mise &#224; disposition de logements de l'Etat pour des milliers de zones r&#233;sidentielles de la ville se sont r&#233;v&#233;l&#233;es inad&#233;quates. Les communaut&#233;s pauvres de Durban ont &#233;t&#233; les plus durement touch&#233;es : sur les 550 bidonvilles informels de la ville, au moins 164 sont situ&#233;s dans des plaines inondables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Durban greenwash&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La municipalit&#233; est souvent accus&#233;e de rel&#226;cher ses efforts en mati&#232;re de protection du climat, en d&#233;pit d'une rh&#233;torique contraire &#8211; par exemple, en 2020, en affirmant &#171; &#234;tre &#224; la pointe de l'action contre le changement climatique, gr&#226;ce &#224; son leadership progressiste et &#224; son engagement au sein du C40 Leadership Group &#187; (un r&#233;seau promu par l'ancien maire de New York, Michael Bloomberg). Il y a beaucoup trop d'&#233;loges de la part d'universitaires d&#233;connect&#233;s de la r&#233;alit&#233;, bien qu'&#224; l'occasion, les journalistes s&#233;parent la r&#233;alit&#233; de la fiction pr&#233;sent&#233;e par le C40.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le plan d'action climatique de Durban de 2019 ne fait pas face &#224; l'urgence, bien qu'il soit au moins fond&#233; sur ce que les climatologues pr&#233;disaient dix ans auparavant : les zones s&#232;ches seront beaucoup plus sujettes &#224; la s&#233;cheresse, et les zones c&#244;ti&#232;res humides et l'est de l'Afrique du Sud beaucoup plus pluvieuses, avec une plus grande intensit&#233; des &#233;v&#233;nements m&#233;t&#233;orologiques extr&#234;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais personne ne peut nier le greenwashing notoire de Durban, qui a m&#234;me entra&#238;n&#233; la r&#233;ception du Prix du WWF en 2014, pour laquelle les bureaucrates de la ville ont engag&#233; un tricheur professionnel de l'internet qui a d&#233;tourn&#233; des comptes Twitter, en partie pour promouvoir un syst&#232;me d'&#233;change de carbone de la Banque mondiale qui a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2018, malgr&#233; les rapports des m&#233;dias sur les poursuites imminentes de la maire de l'&#233;poque, Zandile Gumede, pour de multiples accusations de corruption et d'escroquerie &#224; l'achat de d&#233;chets solides, le &#171; One Planet City Challenge &#187; du San Francisco Global Climate Action Summit a qualifi&#233; Durban comme &#171; un leader de l'action climatique &#187; parce qu'elle &#171; continue de combiner des objectifs ambitieux et une action cibl&#233;e avec des initiatives de d&#233;veloppement communautaire &#187;. Zandile Gumede a &#233;t&#233; de 2016 jusqu'&#224; son arrestation et sa d&#233;mission forc&#233;e &#224; la mi-2019, la vice-pr&#233;sidente du r&#233;seau climatique urbain du C40, r&#233;v&#233;lant &#224; nouveau l'incomp&#233;tence effective des &#233;lites climatiques mondiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Parler g&#233;n&#233;reux et vert, marcher avare et sale &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me esprit, imm&#233;diatement apr&#232;s la pluie de 2019 &#224; Durban, le pr&#233;sident Cyril Ramaphosa [en fonction depuis le 15 f&#233;vrier 2018] s'est rendu sur place &#8211; aux c&#244;t&#233;s de Zandile Gumede &#8211; pour constater les d&#233;g&#226;ts, conc&#233;dant que &#171; la force de la nature est tellement puissante et c'est en partie la caract&#233;ristique du changement climatique qu'elle frappe au moment o&#249; nous nous y attendons le moins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; l'aide d'urgence et au paiement de ce que les Nations unies appellent les &#171; pertes et dommages &#187;, il a promis : &#171; J'ai imm&#233;diatement contact&#233; notre Tr&#233;sor et demand&#233; si nous avions de l'argent pour aider notre peuple. Et ils ont r&#233;pondu &#8220;Pr&#233;sident, nous avons l'argent.&#8221; L'argent sera donc mobilis&#233; pour aider notre peuple. Il s'agit de situations d'urgence pour lesquelles nous &#233;tablissons un budget, donc les ressources seront mobilis&#233;es de la mani&#232;re la plus large possible afin que notre peuple qui est actuellement dans le besoin soit aid&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le Tr&#233;sor public n'a d&#233;bloqu&#233; que 6,25 millions de dollars pour r&#233;pondre aux besoins urgents en mati&#232;re de logement, soit &#224; peine 14% de l'estimation faite par la ville elle-m&#234;me, soit 46 millions de dollars de d&#233;g&#226;ts sur les zones habitu&#233;es caus&#233;s par la temp&#234;te d'avril, montant lui-m&#234;me consid&#233;r&#233; comme faible compte tenu de l'ampleur des destructions et de la n&#233;cessit&#233; d'une reconstruction ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 13 avril, Cyril Ramaphosa est retourn&#233; &#224; Durban pour rendre visite aux victimes des inondations. Il a d&#233;clar&#233; : &#171; Cette catastrophe fait partie du changement climatique. Elle nous indique que le changement climatique est s&#233;rieux, qu'il est l&#224;. Nous ne pouvons plus remettre &#224; plus tard ce que nous devons faire, et les mesures que nous devons prendre pour faire face au changement climatique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ses paroles apaisantes, son hypocrisie &#233;tait flagrante. Avant 2016, lorsqu'il a vendu son conglom&#233;rat priv&#233; Shanduka [Ramaphosa a pass&#233; du statut de syndicaliste &#224; celui de puissant homme d'affaires], Cyril Ramaphosa &#233;tait si press&#233; de creuser pour trouver du charbon qu'il n'a pas obtenu les permis d'eau requis (apparemment en raison de la corruption li&#233;e &#224; la r&#233;glementation), qu'il a d&#233;plac&#233; les r&#233;sidents locaux et s'est &#233;galement associ&#233; &#224; la c&#233;l&#232;bre soci&#233;t&#233; suisse Glencore [Zoug] &#224; un moment o&#249; cette derni&#232;re faisait l'objet de poursuites internationales pour des dizaines de motifs. (La remarque n'a pas &#233;chapp&#233; aux habitants qui se souviennent du r&#244;le de son fondateur, Marc Rich, dans l'application des sanctions &#224; l'&#233;poque de l'apartheid.) Il y a un an, m&#234;me certains anciens alli&#233;s ouvriers de Ramaphosa se sont retourn&#233;s contre lui, &#233;tant donn&#233; les soup&#231;ons plausibles sur le fait qu'il aurait favoris&#233; la branche charbon du groupe Glencore aux d&#233;pens des consommateurs lors d'une bataille sur la tarification de l'&#233;lectricit&#233; en 2014-15. A cette &#233;poque, Ramaphosa occupait d&#233;j&#224; le poste de vice-pr&#233;sident de l'Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; ce que l'Afrique du Sud soit menac&#233;e de sanctions climatiques li&#233;es au commerce l'ann&#233;e derni&#232;re, Ramaphosa a manifest&#233; sa r&#233;sistance aux revendications des militants qui demandaient que l'Etat mette un terme &#224; son histoire d'amour destructrice avec les combustibles fossiles, l'exploitation mini&#232;re profonde, le raffinage et l'&#233;lectrolyse &#224; forte intensit&#233; d'&#233;lectricit&#233;. Par exemple, en juillet dernier, afin de lutter contre une insurrection mozambicaine dans la province de Cabo Delgado, riche en gaz, Ramaphosa a d&#233;ploy&#233; plus de 1000 soldats de l'arm&#233;e et des h&#233;licopt&#232;res indispensables en cas de catastrophe (n'en laissant qu'un seul &#224; Durban pour les sauvetages d'urgence cette semaine). Ces forces militaires d&#233;fendent principalement les int&#233;r&#234;ts des compagnies p&#233;troli&#232;res occidentales et chinoises qui forent le quatri&#232;me plus grand champ de m&#233;thane du monde. Les insurg&#233;s continuent d'agir dans l'ombre, bien que Total ait annonc&#233; la reprise de ses activit&#233;s de forage et de traitement du gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ce virage soudain vers l'&#233;nergie m&#233;thanif&#232;re ? En 2020, le ministre des Entreprises publiques du gouvernement Ramaphosa &#8211; qui, dix ans plus t&#244;t, en tant que ministre des Finances, avait obtenu le plus grand pr&#234;t jamais accord&#233; par la Banque mondiale pour financer les plus grandes centrales &#224; charbon du monde, alors en construction &#8211; a engag&#233; un ancien cadre de Sasol [entreprise chimique], connu sous le nom de &#171; M. Charbon &#187;, pour diriger Eskom, la soci&#233;t&#233; para-&#233;tatique d'&#233;lectricit&#233;. C'est l&#224; qu'il a annonc&#233;, &#224; la mi-2021, que 44% des fonds de sa &#171; transition &#233;nerg&#233;tique juste &#187; &#8211; dont 8,5 milliards de dollars de financement suppos&#233; de la d&#233;carbonisation allou&#233;s lors de la COP26 de Glasgow en novembre dernier &#8211; serviraient &#224; convertir des centrales au charbon en centrales au gaz m&#233;thane (et que de nouvelles centrales seraient construites). Il est aujourd'hui largement admis que le m&#233;thane a un pouvoir r&#233;chauffant bien sup&#233;rieur au CO2, et qu'il est m&#234;me quatre-vingt fois pire sur un si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres contributions permanentes du gouvernement Ramaphosa &#224; la crise climatique sont nombreuses. Le premier m&#233;gaprojet pr&#233;sidentiel prioritaire en mati&#232;re d'infrastructures dans le cadre du plan de d&#233;veloppement national (dont Ramaphosa &#233;tait le vice-pr&#233;sident en 2012) consiste &#224; exporter 18 milliards de tonnes de charbon &#224; partir d'un site situ&#233; dans la province natale de ses parents, le Limpopo. Si les infrastructures ferroviaires et &#233;lectriques associ&#233;es sont un jour achev&#233;es, cela co&#251;tera au moins 100 milliards de dollars. Son &#233;quipe Transnet est d&#233;termin&#233;e &#224; privatiser les lignes ferroviaires afin d'augmenter les exportations de charbon &#8211; l'ann&#233;e derni&#232;re, seulement 59 millions de tonnes, suite aux op&#233;rations des voleurs et vandales &#8211; pour les porter &#224; 75 millions par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours dans le Limpopo, son gouvernement fait la promotion de la zone &#233;conomique sp&#233;ciale de Musina-Makhado MMSEZ (situ&#233;e &#224; c&#244;t&#233; de son village natal traditionnel), d'une valeur de 17 milliards de dollars, une initiative fi&#232;rement annonc&#233;e en 2018 apr&#232;s que lui et Xi Jinping ont copr&#233;sid&#233; le Forum sur la coop&#233;ration sino-africaine : &#171; Les projets suivants au sein de la MMSEZ ont &#233;t&#233; class&#233;s prioritaires pour leur mise en &#339;uvre : une centrale &#224; charbon de 4600 MW, une cimenterie et d'autres projets m&#233;tallurgiques. &#187; M&#234;me sans le g&#233;n&#233;rateur &#224; charbon initialement pr&#233;vu, que les militant&#183;e&#183;s pour le climat semblent avoir neutralis&#233; le mois dernier, les &#171; autres projets m&#233;tallurgiques &#187; &#233;mettront 34 m&#233;gatonnes de CO2 par an, selon les responsables. Ainsi, d'ici 2030, si le projet se poursuit, ils repr&#233;senteront 8% de l'objectif national de 420 m&#233;gatonnes de pollution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, sans objection pr&#233;sidentielle, le ministre de l'Energie de Cyril Ramaphosa fait une promotion inconsid&#233;r&#233;e du gaz m&#233;thane et du charbon, son ministre de l'Environnement rejette les injonctions judiciaires de r&#233;duire la pollution chez les deux plus grands &#233;metteurs de gaz &#224; effet de serre (Eskom et Sasol). Et son ministre des Finances retarde (de plusieurs ann&#233;es) l'augmentation de ce qui est une taxe sur le carbone incroyablement faible, une taxe actuellement de seulement 0,42 $/tonne en raison d'exemptions, par rapport aux estimations les plus r&#233;centes d'un co&#251;t du carbone de 3000 $/tonne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le co&#251;t d'une transition in&#233;quitable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est vital, car en appliquant un principe rudimentaire de &#171; pollueur-payeur &#187; comme moyen de lever des fonds &#8211; mais de mani&#232;re progressive et non r&#233;gressive (comme l'ont fait les gouvernements fran&#231;ais et &#233;quatorien en 2018-19, suscitant des protestations sociales massives) &#8211; des fonds pourraient &#234;tre lev&#233;s non seulement pour les r&#233;parations des pertes et dommages, mais aussi pour les investissements n&#233;cessaires au sein des communaut&#233;s pauvres en mati&#232;re de protection climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; l'augmentation spectaculaire du ch&#244;mage dans ces r&#233;gions en raison du Covid-19, il existe des r&#233;serves non employ&#233;es de travailleurs du b&#226;timent et d'ouvriers de travaux g&#233;n&#233;raux qui peuvent r&#233;parer et renforcer les syst&#232;mes de drainage, reconstruire les routes endommag&#233;es, construire des maisons plus solides et des ponts plus s&#251;rs, restaurer les zones humides et r&#233;habiliter les r&#233;seaux riverains pour qu'ils agissent comme une &#233;ponge. L'&#233;nergie solaire et &#233;olienne ainsi que l'am&#233;lioration des transports en commun n&#233;cessitent &#233;galement des subventions g&#233;n&#233;reuses. Selon certains, un &#171; million d'emplois climatiques &#187; pourraient &#234;tre cr&#233;&#233;s ici, s'il y avait une volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le gouvernement n'a pas tenu ses nombreuses promesses de &#171; reconstruire en mieux &#187; apr&#232;s le blocage &#233;conomique d&#251; au Covid-19. M&#234;me si, en octobre 2020, Cyril Ramaphosa a engag&#233; l'Etat &#224; embaucher 800 000 nouveaux travailleurs, les coupes budg&#233;taires sans pr&#233;c&#233;dent du Tr&#233;sor sont entr&#233;es en vigueur peu apr&#232;s. Ces coupes ont ass&#233;ch&#233; les fonds n&#233;cessaires non seulement &#224; la r&#233;paration des infrastructures endommag&#233;es, mais aussi &#224; la mise en &#339;uvre d'une v&#233;ritable &#171; transition juste &#187; : l'aide aux travailleurs d&#233;log&#233;s par la d&#233;carbonisation, que ce soit dans le charbonnage ou dans le complexe de raffineries de Durban Sud (o&#249; les firmes Engen et Sapref ont r&#233;cemment mis fin &#224; leurs activit&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si davantage de fonds publics avaient &#233;t&#233; disponibles pour le redressement de Durban en 2019 &#8211; et r&#233;serv&#233;s pour ne pas &#234;tre victimes des tendances pr&#233;sum&#233;es &#224; la corruption de Zandile Gumede &#8211; les travaux n&#233;cessaires d'adaptation au climat auraient pu avoir lieu. Pourtant, comme l'a fait remarquer cette semaine le journaliste local Des Erasmus du Daily Maverick, un cas fondamental de mal-gouvernance ne peut &#234;tre dissimul&#233; : &#171; Les gouvernements locaux et provinciaux ont parl&#233; du changement climatique jusqu'&#224; ce qu'on leur rappelle que, au-del&#224; du changement climatique, les mauvaises infrastructures, le drainage et l'entretien des &#233;gouts, les maisons mal construites et le fait d'autoriser les habitants &#224; construire des maisons sur les berges des rivi&#232;res avaient &#233;galement contribu&#233; de mani&#232;re significative aux retomb&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels types d'investissements r&#233;silients au changement climatique sont n&#233;cessaires ? Une premi&#232;re &#233;tape essentielle consiste &#224; am&#233;liorer les syst&#232;mes d'alerte pr&#233;coce et la pr&#233;paration aux inondations, puisque le service m&#233;t&#233;orologique de l'Etat a admis avoir largement sous-estim&#233; la puissance de la temp&#234;te. D'autres constructions &#224; forte intensit&#233; de main-d'&#339;uvre sont n&#233;cessaires : petits barrages et digues, renforcement des routes et des ponts, am&#233;lioration de la qualit&#233; des canalisations et du traitement de l'eau, g&#233;n&#233;rateurs &#233;lectriques de secours pour les stations de pompage, &#233;vacuation beaucoup plus efficace des eaux de pluie, y compris leur entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Evidemment, des am&#233;liorations de la stabilit&#233; des logements sont n&#233;cessaires dans les quartiers ouvriers de la ville, ainsi que pour toutes les structures construites sur des collines instables et pr&#232;s des oc&#233;ans et des rivi&#232;res. Et il faut investir bien davantage dans les infrastructures vertes, notamment en am&#233;liorant l'entretien des for&#234;ts, des plaines inondables et des zones humides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une politique rouge-verte insaisissable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour y parvenir, les rapports de forces devront &#234;tre modifi&#233;s en profondeur et de toute urgence. La fa&#231;on dont cela se produira n'est pas encore claire. En effet, bien que Ramaphosa soit en train de perdre rapidement le pouvoir en interne au sein de son parti, l'ANC (Congr&#232;s national africain) tr&#232;s divis&#233; &#8211; qui n'a obtenu que 42% aux &#233;lections de 2021 (25% de moins qu'il y a 20 ans) et a perdu la plupart des grandes villes au profit des partis d'opposition de centre-droit &#8211; un nouveau danger est apparu : un courant d'extr&#234;me droite et x&#233;nophobe dans les milieux de la classe ouvri&#232;re ciblant les immigr&#233;s africains et asiatiques (ce qui rappelle le Brexit, Trump, Bolsonaro, Duterte, Orban, etc.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, il existe des scissions majeures dans la communaut&#233; progressiste : deux coalitions diff&#233;rentes pour la justice climatique, un terrible clivage dans le mouvement ouvrier de gauche, des d&#233;connexions permanentes entre les militants dans les collectivit&#233;s, qui m&#232;nent des batailles similaires mais sans coh&#233;rence organisationnelle, et d'autres malheurs bien connus auxquels la gauche ind&#233;pendante est confront&#233;e partout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;sespoir de modifier ces rapports de forces a conduit certains militants climatiques courageux &#224; r&#233;clamer des sanctions internationales contre le gouvernement de Cyril Ramaphosa. Cette action refl&#232;te leur sentiment l&#233;gitime que ce type de punition est ce qui touche les &#233;lites, comme cela a &#233;t&#233; d&#233;montr&#233; en 1985 lorsque les sanctions anti-apartheid ont frapp&#233; fort. En outre, la tarification du carbone propre au M&#233;canisme d'ajustement carbone aux fronti&#232;res (MACF) de l'Union europ&#233;enne (et d'autres pays occidentaux) pourrait bien creuser un foss&#233; suffisamment profond pour s&#233;parer le bloc des &#233;metteurs de carbone du reste de l'&#233;conomie. En r&#233;ponse directe &#224; la bombe &#224; retardement de Durban, ce mouvement et la coalition Oceans Not Oil, bas&#233;e &#224; Durban, ont &#233;galement ouvert un dossier d'homicide (involontaire) contre de hauts responsables du gouvernement, dont Ramaphosa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'optimisme est &#233;galement &#224; chercher du c&#244;t&#233; des simples habitants de Durban, qui s'efforcent de s'entraider (notamment le groupe d'aide d'urgence respect&#233; Gift of the Givers) et de durcir leurs critiques d&#233;j&#224; vives &#224; l'&#233;gard des gouvernements locaux, provinciaux et nationaux. Au cours du dernier demi-si&#232;cle, les militant&#183;e&#183;s de la ville ont souvent &#233;t&#233; au centre des luttes : en 1973, avec l'organisation des travailleurs portuaires, qui a contribu&#233; &#224; l'&#233;mergence d'un mouvement ouvrier national ; au milieu des ann&#233;es 1980, avec la r&#233;sistance communautaire contre l'apartheid ; &#224; la fin des ann&#233;es 1990, avec le mouvement &#171; We are the Poors &#187;, qui a relanc&#233; les mouvements sociaux urbains ; en 2005, avec la sortie de prison de l'impressionnant groupe Abahlali baseMjondolo (qui collecte aujourd'hui des fonds pour venir en aide aux victimes des inondations) ; et dans la d&#233;fense de la justice environnementale par l'ONG groundWork et surtout par la South Durban Community Environmental Alliance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;sidents de la classe ouvri&#232;re, frapp&#233;s par les pluies et les inondations, et furieux du manque de soutien de l'Etat dans plusieurs parties de la ville, protestent d&#233;j&#224; contre l'&#233;chec de l'Etat municipal, principalement en bloquant les principales art&#232;res. Des personnes d&#233;sesp&#233;r&#233;es ont &#233;galement p&#233;n&#233;tr&#233; dans des magasins et des conteneurs &#224; la recherche de nourriture, d'eau et de tout objet de valeur. Mais si ce genre de r&#233;actions socio-psychologiques ont acquis une importance, elles n'ont pas d&#233;g&#233;n&#233;r&#233; autant qu'on le craignait : le dimanche pr&#233;c&#233;dent, le 10 avril, une marche du mouvement x&#233;nophobe dans le centre-ville (appel&#233;e &#171; Op&#233;ration Dudula &#187;, ce qui signifie &#171; refouler &#187;) a &#233;t&#233; un &#233;chec, n'attirant que quelques dizaines de participants locaux. N&#233;anmoins, autre signe des temps, le m&#234;me jour, l'ancienne maire Zandile Gumede a &#233;t&#233; &#233;lue par les membres de l'ANC &#224; la t&#234;te de la branche de Durban du parti au pouvoir, qui &#233;tait ces derni&#232;res ann&#233;es la plus importante du pays, bien que les poursuites judiciaires dont elle fait l'objet pour corruption puissent l'emp&#234;cher d'exercer ses fonctions. Tous ces processus politiques &#224; Durban confirment une fois de plus combien les dynamiques restent fluides et difficiles &#224; pr&#233;voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces processus peuvent aider la soci&#233;t&#233; dans son ensemble &#224; d&#233;terminer, une fois de plus, comment combattre l'oppression par une r&#233;ponse organisationnelle, une r&#233;ponse qui transcende les lamentations, les maigres r&#233;formes et la charit&#233;, bien que des centaines de milliers de personnes aient besoin d'une aide d'urgence en ce moment m&#234;me. La seule certitude est que la derni&#232;re bombe &#224; retardement de Durban annonce des injustices climatiques bien plus profondes &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; sur le site Climate&amp;Capitalism, le 14 avril 2022 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Afrique du Sud. Cyril Ramaphosa relance le n&#233;olib&#233;ralisme (I)</title>
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		<dc:date>2018-03-20T08:29:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
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		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le coup d'Etat &#171; soft &#187; du 14 f&#233;vrier 2018 au cours duquel Cyril Ramaphosa a &#233;ject&#233; de la pr&#233;sidence Jacob Zuma, apr&#232;s environ neuf ans au pouvoir et une lutte humiliante afin d'&#233;viter de d&#233;missionner, a des implications locales et g&#233;opolitiques contradictoires. L'applaudissement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; &#224; voir Zuma s'en aller r&#233;sonne avec force. Toutefois, sa d&#233;mission soul&#232;ve imm&#233;diatement des pr&#233;occupations quant aux tendances n&#233;olib&#233;rales, favorables aux grandes entreprises, du nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton34065-26a88.jpg?1781068618' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le coup d'Etat &#171; soft &#187; du 14 f&#233;vrier 2018 au cours duquel Cyril Ramaphosa a &#233;ject&#233; de la pr&#233;sidence Jacob Zuma, apr&#232;s environ neuf ans au pouvoir et une lutte humiliante afin d'&#233;viter de d&#233;missionner, a des implications locales et g&#233;opolitiques contradictoires. L'applaudissement g&#233;n&#233;ral de la soci&#233;t&#233; &#224; voir Zuma s'en aller r&#233;sonne avec force. Toutefois, sa d&#233;mission soul&#232;ve imm&#233;diatement des pr&#233;occupations quant aux tendances n&#233;olib&#233;rales, favorables aux grandes entreprises, du nouveau pr&#233;sident ainsi que de son pass&#233; de corruption financi&#232;re et son engagement dans une guerre de classe contre les travailleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/afrique-du-sud/afrique-du-sud-cyril-ramaphosa-relance-le-neoliberalisme-i.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;pisode du massacre [des mineurs] de Marikana de 2012 n'est toujours pas referm&#233;, en d&#233;pit de son discours devant le Parlement, le 20 f&#233;vrier, au cours duquel il a demand&#233; pardon. Les nouvelles lois que Ramaphosa soutient auront pour effet de limiter le droit de gr&#232;ve au moment m&#234;me o&#249; le nouveau budget subit des coupes et que des hausses d'imp&#244;t frappent les plus pauvres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan international, l'&#233;mergence de l'alliance entre le Br&#233;sil, la Russie, l'Inde, la Chine et l'Afrique du Sud en 2010 (lorsque Beijing invita Pretoria &#224; bord) constituait, du moins en &#233;tait-il convaincu, le principal legs de Zuma : les BRICS offraient un potentiel &#233;norme pour d&#233;fier l'h&#233;g&#233;monie abusive de l'Occident. La r&#233;alit&#233;, toutefois, s'est r&#233;v&#233;l&#233;e d&#233;cevante, en particulier au sein du pays le plus in&#233;gal et agit&#233; des cinq, l'Afrique du Sud, o&#249; la direction form&#233;e &#224; Moscou parlait &#171; gauche &#187; de mani&#232;re experte&#8230; tout en marchant &#224; droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#232;re Zuma, une aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire plus extr&#234;me, doubl&#233;e du retour &#224; une accumulation centr&#233;e sur les minerais, sous Ramaphosa, ne fera qu'amplifier la mis&#232;re localement &#8211; tout en laissant, probablement, l'engagement de l'Afrique du Sud envers le projet des BRICS dans le marais. La premi&#232;re indication est apparue le 21 f&#233;vrier lorsque le ministre des Finances dont a h&#233;rit&#233; Ramaphosa, Malusi Gigaba [ministre sous Zuma de mai 2014 &#224; mars 2017 ; et ministre des Finances du 31 mars au 27 f&#233;vrier 2018], entach&#233; par la corruption, a impos&#233; l'aust&#233;rit&#233; et a lib&#233;ralis&#233; le contr&#244;le des changes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fin des Zuptanomics&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La chute de Zuma est le r&#233;sultat d'un changement d'&#233;quilibre [dans la balance &#171; du pouvoir &#187;] au cours des derni&#232;res semaines. Il trouve son origine, d'un c&#244;t&#233;, dans les changements du soutien client&#233;laire au sein de la direction de l'African National Congress (ANC), principalement en cons&#233;quence d'une corruption &#224; large &#233;chelle financ&#233;e gr&#226;ce &#224; une hausse rapide de la dette publique (passant de 28% &#224; 55% du PIB depuis 2009) ; de l'autre, dans les perspectives mena&#231;antes pour l'ANC en vue des &#233;lections de 2019. Cela est d&#251;, sous la forme souvent grotesque par laquelle Zuma a fusionn&#233; l'&#233;thique personnelle, un traditionalisme ethnique fond&#233; sur le patriarcat [au sens de &#171; patriarche &#187;, ce qui n'exclut &#233;videmment pas la dimension que poss&#232;de l'autre signification du terme ; Zuma s'identifie &#224; l'&#171; ethnie zouloue &#187;] et une accumulation de capitaux par le biais de gangs criminels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a deux mois, la direction de l'ANC a &#233;lu de justesse Ramaphosa &#8211; contre Nkozasana Dlamini-Zuma, qui occupait r&#233;cemment, entre 2012 et 2017, le poste de pr&#233;sidente de la Commission de l'Union africaine et &#233;tait vue comme loyale envers son ancien mari &#8211; dans l'espoir qu'il puisse restaurer le prestige du parti, gagn&#233; &#224; l'&#233;poque o&#249; l'ANC, entre 1912 et 1994, &#233;tait un mouvement de lib&#233;ration, puis sous la pr&#233;sidence de Nelson Mandela (1994-1999). Ramaphosa est pourtant coupable d'&#233;vasion fiscale significative en faveur des firmes qu'il dirigeait, l'entreprise mini&#232;re de la platine Lonmin ainsi que la plus grande firme de t&#233;l&#233;phonie mobile du continent (MTN). L'usine &#224; gaz controvers&#233;e Shanduka [un holding d'investissement actif dans les ressources naturelles, les t&#233;l&#233;communications, l'alimentaire, etc. fond&#233; par &#171; l'ancien syndicaliste &#187; Ramaphosa] ainsi que les franchises locales de McDonald's et de Coca-Cola sont d'autres dimensions contribuant &#224; ses richesses. Il a retir&#233; ses investissements &#224; partir de 2016 lorsque ses richesses estim&#233;es &#224; 550 millions de dollars ont &#233;t&#233; plac&#233;es aupr&#232;s d'un organisme ind&#233;pendant de gestion d'actifs (blind trust).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramaphosa a d&#233;sormais devant lui une &#171; fen&#234;tre d'opportunit&#233; &#187; de 15 mois pour effacer la m&#233;moire &#233;lectorale visc&#233;rale des &#171; combinaisons &#187; dites &#171; Zupta &#187; qui &#8211; en parall&#232;le &#224; l'alignement de Ramaphosa avec le &#171; monopoly du capital blanc &#187; [expression, controvers&#233;e, qui sert &#224; d&#233;signer la puissance &#233;conomique des &#171; &#233;lites blanches &#187; ainsi que les collusions, au travers de la corruption, entre les diverses &#233;lites et l'Etat] &#8211; ont influenc&#233; de mani&#232;re si malsaine l'Etat sud-africain tout au long de la derni&#232;re d&#233;cennie, au moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le surnom &#171; Zupta &#187; combine deux composantes : les membres de la famille et les clients de Zuma, qui agissaient sous la direction de trois fr&#232;res riches, souvent de mauvais go&#251;t, les Gupta, des immigr&#233;s Indiens. La strat&#233;gie de &#171; capture de l'Etat &#187; par ces derniers a &#233;t&#233; engag&#233;e au d&#233;but de la d&#233;cennie 2000, mais n'a attir&#233; l'attention des citoyens qu'&#224; la suite d'un luxueux mariage au sein de la famille Gupta, en 2013, au cours duquel les r&#232;gles de l'immigration et de la s&#233;curit&#233; &#224; l'a&#233;roport ont &#233;t&#233; viol&#233;es de mani&#232;re notoire en faveur des invit&#233;s Indiens. En outre, afin de payer la facture de 2,5 millions de dollars, les Gupta et leurs alli&#233;s &#8211; comprenant apparemment le nouveau secr&#233;taire de l'ANC, Ace Magashule &#8211; ont pill&#233; un fonds de soutien agricole destin&#233; &#224; des paysans noirs de la province Free State [capitale Bloemfontain], dont le dirigeant officiel est encore Magashule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors du scrutin au sein de l'ANC, en d&#233;cembre dernier, Magashule a battu de peu le colistier de Ramaphosa pour le poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral. Son destin repose toutefois sur l'&#233;tendue des poursuites contre les Gupta et dans quelle mesure appara&#238;tront des t&#233;moignages concernant son implication dans le pillage des coffres provinciaux pour leurs affaires. Si les Gupta &#233;vitent une arrestation en Afrique du Sud et ne fournissent donc pas un t&#233;moignage accablant sur Magashule, il est possible qu'il conserve son emploi dans les mois, voire les ann&#233;es, &#224; venir, &#224; l'instar de Zuma, malgr&#233; les doutes r&#233;pandus au sujet de sa probit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#232;s de 1,25 milliard de dollars par ann&#233;e ont &#233;t&#233; perdus en faveur du pillage Zupta, selon ce que reconna&#238;t l'ancien ministre des finances, Pravin Gordhan, en particulier par le biais des grandes compagnies para-&#233;tatiques de l'&#233;nergie et des transports. Il s'agit, certes, d'une petite fraction des 22 milliards perdus chaque ann&#233;e dans la surfacturation des contrats publics, op&#233;r&#233;e par l'&#233;lite des affaires la plus corrompue au monde, selon les termes de la soci&#233;t&#233; d'audit PricewaterhouseCoopers (PwC). Au c&#339;ur des combines (circuits) de Johannesburg, du Cap, de Stellenbosch et de Durban du White Monopoly Capital, PwC rapporte que &#171; huit cadres sup&#233;rieurs sur dix commettent des crimes &#233;conomiques &#187;, en particulier par le biais de la fraude lors de passation de contrats publics, par le blanchiment d'argent, le d&#233;tournement d'actifs ainsi que les pots-de-vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; &#233;lu &#224; la t&#234;te de l'ANC en d&#233;cembre dernier, lorsque Ramaphosa a battu l'ancienne pr&#233;sidente de l'Union africaine Nkosazana Dlamini-Zuma (une ancienne &#233;pouse de Jacob), le nouveau dirigeant a gracieusement remerci&#233; son pr&#233;d&#233;cesseur. Seuls deux legs ont &#233;t&#233; mentionn&#233;s : la mise en avant du Plan nation de d&#233;veloppement (NDP) [un programme qui pr&#233;tend, &#224; l'horizon 2030, lutter contre les in&#233;galit&#233;s et la suppression des in&#233;galit&#233;s] ainsi que la fourniture de m&#233;dicaments gratuits contre le sida &#224; quatre millions de Sud-Africains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re r&#233;ussite a en effet &#233;lev&#233; de 10 ans l'esp&#233;rance de vie par rapport aux 52 ans au d&#233;but des ann&#233;es 2000 [52 ans en 2005 contre 62 en 2015]. La bataille historique de l'organisation Treatment Action Compaign contre les profits de Big Pharmacorp et le n&#233;gationnisme envers le sida de l'ancien pr&#233;sident Thabo Mbeki avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; remport&#233;e sans soutien visible de Zuma en 2004. C'est-&#224;-dire bien avant qu'il ne devienne pr&#233;sident en 2009 [Mbeki a contest&#233; l'origine virale de la maladie et il est largement consid&#233;r&#233; comme responsable des retards pris dans l'introduction de traitements antir&#233;troviraux en Afrique du Sud, voir ici et ici].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramaphosa mettra fi&#232;rement en &#339;uvre le NDP (South Africa's National Development Plan) au cours des prochaines ann&#233;es car il en est le co-auteur. L'engagement principal du plan, dans lequel la question climatique est absente, en termes d'infrastructures consiste en une ligne ferroviaire d'un co&#251;t de 75 milliards de dollars, principalement dans le but d'exporter 18 milliards de tonnes de charbon. Il implique 50 projets majeurs dont 14 sont d&#233;j&#224; lanc&#233;s. L'agence ferroviaire, Transnet, dispose d'un cr&#233;dit chinois de 5 milliards de dollars en vue de financer l'achat de locomotives, suffisamment puissantes pour tirer des trains charg&#233;s de charbon, longs de 3 kilom&#232;tres, fabriqu&#233;es en Chine. La corruption &#171; Zupta &#187; est toutefois d&#233;j&#224; un probl&#232;me majeur en ce qui concerne les acquisitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une combinaison malsaine de politiques client&#233;laires et de n&#233;olib&#233;ralisme se poursuivra sans aucun doute, &#233;tant donn&#233; que le 26 f&#233;vrier, Ramaphosa a annonc&#233; un nouveau cabinet dans lequel prendront place deux anciens ministres des Finances c&#233;l&#233;br&#233;s par les march&#233;s financiers &#8211; Nhlanhla Nene et Pravin Gordhan &#8211; ainsi qu'un pr&#233;sident adjoint, David Mabuza, &#224; la t&#234;te de la province de l'est de Mpumalanga [ancien Transvaal] depuis 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;d&#233;cesseur de Mabuza &#224; ce poste, Mathews Phosa &#8211; qui &#233;tait aussi un ancien tr&#233;sorier de l'ANC &#8211;, avait des formules cinglantes sur sa r&#233;putation de voleur corrompu : &#171; Il est plong&#233; dans un nuage de scandales et laissez-moi vous dire qu'il le suivra l&#224; o&#249; il se trouve aujourd'hui&#8230; Les gens le craignent. Ils parlent de meurtres dans la province, lorsque l'on parle de ceux-ci, ils sont li&#233;s &#224; lui&#8230; Je ne pense pas que l'ANC remportera les &#233;lections de 2019. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dirigeant de la nouvelle F&#233;d&#233;ration des syndicats d'Afrique du Sud (la deuxi&#232;me plus importante derri&#232;re le Congr&#232;s des syndicats d'Afrique du Sud qui soutient l'ANC), Zwelinzima Vavi, &#233;tait tout aussi critique envers les nouveaux ministres : &#171; La nomination de Ramaphosa n'a rien chang&#233;. Il a chang&#233; quelques t&#234;tes, mais il est toujours enracin&#233; dans une ANC corrompue et favorable au capital &#224; la t&#234;te de laquelle se trouvait son pr&#233;d&#233;cesseur. Il est particuli&#232;rement incroyable qu'il ait nomm&#233; un pr&#233;sident adjoint, et donc un pr&#233;sident potentiel, qui est impliqu&#233; depuis des ann&#233;es dans certains des crimes les plus s&#233;rieux [de la r&#233;gion], lorsqu'il &#233;tait premier ministre de Mpumalanga. Au nombre de ces crimes se trouvent des pots-de-vin pr&#233;sum&#233;s pour l'obtention de contrats pour des installations li&#233;es &#224; la Coupe du monde [en 2010], des menaces et l'espionnage envers des journalistes ainsi que la constitution d'une liste noire d'opposants politiques, parmi lesquels au moins 15 ont &#233;t&#233; assassin&#233;s, alors que personne n'a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; pour ces meurtres. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des aspects positifs, toutefois, Ramaphosa a d&#233;mis l'alli&#233; &#233;troit de Zuma au sein du cabinet, le ministre de l'&#233;nergie David Mahlobo, ce qui a pour r&#233;sultat que la tentative d'achat par Pretoria de huit r&#233;acteurs nucl&#233;aires aupr&#232;s de Rosatom [compagnie russe] pour 100 milliards de dollars est d&#233;sormais hautement improbable. Cela est principalement d&#251; &#224; l'aggravation de la crise de la dette de Pretoria, ce qui fait qu'il ne reste qu'une r&#233;alisation au cr&#233;dit de Zuma : les r&#233;unions annuelles de &#171; networking &#187; avec des dirigeants &#224; Beijing, Brasilia, Delhi et Moscou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les r&#233;formes des BRICS ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens commun, tel qu'il est exprim&#233; &#224; la fin de l'ann&#233;e derni&#232;re par le chercheur en politique &#233;trang&#232;re Oscar van Heerden, veut que Zuma &#171; ait assur&#233; notre ascendance au sein du groupe g&#233;ostrat&#233;gique des BRICS, compos&#233; du Br&#233;sil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine : les &#233;conomies &#233;mergentes du monde. C'est un point important car dans la recherche d'un ordre mondial plus &#233;quitable et plus juste, ce groupe fournit un contrepoids aux puissances occidentales dominantes. Les BRICS offrent un meilleur acc&#232;s aux relations commerciales ainsi que de meilleurs dispositifs mondiaux de s&#233;curit&#233;. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fiert&#233; a &#233;t&#233; &#233;galement formul&#233;e par Zuma, en partie par le biais de son avatar, le politicien et homme d'affaires Gaytom McKenzie, qui a commis un ouvrage &#171; raconte-tout &#187; du type Fire and Fury [allusion &#224; l'ouvrage d'anecdotes, rapidement traduit en de nombreuses langues, de Michael Wolff], Kill Zuma by Any Means Necessary.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sens commun aussi bien que les thurif&#233;raires de Zuma doivent &#234;tre soumis &#224; l'&#233;preuve de la r&#233;alit&#233; : loin des gestes rh&#233;toriques permanents de Pretoria, les BRICS ont amplifi&#233; des processus mondiaux injustes et in&#233;quitables. Alors que trois membres des BRICS ont abrit&#233;, entre 2010 et 2018, la Coupe du monde entach&#233;e de corruption de la FIFA &#8211; ce qui n'est l&#224; que la manifestation la plus flagrante, quoique superficielle, de l'entr&#233;e dans l'imp&#233;rialisme (footballistique de Sepp Blatter) &#8211; les intentions de &#171; r&#233;formes &#187; de la gouvernance mondiale men&#233;e par les BRICS sont r&#233;v&#233;latrices :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Dans le domaine de la finance mondiale, la restructuration de la direction du FMI entre 2010 et 2015 a c&#233;d&#233; une place plus importante aux quatre membres des BRICS largement plus puissants (hausse des droits de vote de 37% pour la Chine, de 23% pour le Br&#233;sil, 11% pour l'Inde et 8% pour la Russie), mais la plupart des pays africains disposent aujourd'hui d'un droit de vote bien peu fiable (par exemple le Nigeria en a perdu 41% et m&#234;me l'Afrique du Sud a perdu 21%). Un droit de vote des BRIC &#8211; donc sans l'Afrique du Sud &#8211; plus &#233;lev&#233;. Il n'atteint juste pas le 15% n&#233;cessaire pour pr&#233;senter un veto. Fait-il une diff&#233;rence quelconque ? Apr&#232;s tout, les directeurs du bloc ont suivi &#224; trois reprises (en 2011, 2015 et 2016) leurs homologues occidentaux dans le soutien &#224; la directrice g&#233;n&#233;rale du FMI, Christine Lagarde, alors m&#234;me qu'elle &#233;tait poursuivie &#8211; et jug&#233;e en 2016 coupable par n&#233;gligence &#8211; pour une affaire de corruption criminelle de 490 millions de dollars remontant &#224; sa p&#233;riode comme ministre des Finances fran&#231;aise. La &#171; pratique libre &#187; (free ride) de Lagarde sugg&#232;re que les BRICS non seulement partagent son approche n&#233;olib&#233;rale mais aussi l'apparition d'une corruption politique syst&#233;mique au sommet de l'ordre financier mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En outre, le Contingent Reserve Arrangement &#8211; un fonds de sauvetage th&#233;orique &#8211; de 100 milliards de dollars des BRICS renforce le FMI en obligeant les emprunteurs d'obtenir d'abord un pr&#234;t du FMI et de passer par un programme d'ajustement structurel avant d'acc&#233;der &#224; l'autre 70% de leur quota de contributions dans des p&#233;riodes d'urgence financi&#232;re. Et les dirigeants de la New Development Bank des BRICS &#8211; qui n'est pas supervis&#233;e par la soci&#233;t&#233; civile &#8211; se vantent d'un cofinancement et d'arrangements concernant le partage de personnel avec la Banque mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En ce qui concerne le r&#233;chauffement climatique, l'Accord sur le climat de Paris (2015) a laiss&#233; les victimes sans une quelconque option de &#171; dette climatique &#187; contre l'Occident et les BRICS, dans la mesure o&#249; les pr&#233;tentions juridiques vis-&#224;-vis de la responsabilit&#233; des signataires sont interdites. Les engagements concernant les diminutions d'&#233;mission prises &#224; Paris sont trop faibles et, dans tous les cas, non contraignants &#8211; ce dont a t&#233;moign&#233; le d&#233;part de Trump, en juin dernier, sans qu'il provoque de punition officielle. Les &#233;missions militaires, maritimes et des transports a&#233;riens ne sont pas couverts [par ces engagements]. Les march&#233;s de carbone &#8211; soit la &#171; privatisation de l'air &#187; &#8211; ont &#233;t&#233; avalis&#233;s. La catastrophe climatique est ainsi in&#233;vitable, principalement pour le b&#233;n&#233;fice des industries qui produisent de grandes quantit&#233;s de carbone dans les pays riches et moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; En ce qui concerne le commerce mondial, le sommet de Nairobi de 2015 de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) a essentiellement mis un terme aux subsides agricoles et donc &#224; la souverainet&#233; alimentaire gr&#226;ce aux alliances cruciales conclues entre les repr&#233;sentants de Brasilia et de New Delhi avec les n&#233;gociateurs de Washington et de Bruxelles. Le leader favorable au capital de l'OMC est le Br&#233;sil, ce qui laisse penser que le remplacement des &#233;lites du Nord par celles du Sud continuera &#224; porter atteinte au &#171; Sud &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants des BRICS se sont r&#233;v&#233;l&#233;s des alli&#233;s vitaux de l'Occident dans chacun de ces moments r&#233;cents de la mal-gouvernance mondiale. Les accords &#224; court terme b&#233;n&#233;ficiant &#224; leurs agences para-&#233;tatiques et entreprises n&#233;olib&#233;rales, intens&#233;ment polluantes, surviennent toutefois &#224; une &#233;poque difficile. Les pr&#233;tendues &#171; am&#233;liorations dans les accords commerciaux &#187; que van Heerden relie &#224; l'&#232;re des BRICS sont, en r&#233;alit&#233;, accompagn&#233;es d'un d&#233;clin relatif plus important du commerce tel qu'il est mesur&#233; en rapport au PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'ann&#233;e 2017 ait repr&#233;sent&#233; des volumes commerciaux plus &#233;lev&#233;s, entre 2008 et 2016, le ratio commerce mondial/PIB a diminu&#233; l&#233;g&#232;rement, passant de 61 &#224; 58%. Ce sont les BRICS qui figuraient en t&#234;te de cette baisse : le ratio commerce/PIB de la Chine a chut&#233; de 53 &#224; 36%, celui de l'Inde de 53 &#224; 40%, celui d'Afrique du Sud de 73 &#224; 60%, celui de la Russie de 53 &#224; 45% et, enfin, celui du Br&#233;sil de 28 &#224; 25%. Pour les deux premiers BRICS, la chute provient d'un r&#233;&#233;quilibrage par le biais d'une consommation nationale plus &#233;lev&#233;e plut&#244;t que par une croissance li&#233;e aux exportations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part d&#233;clinante du commerce pour l'Afrique du Sud, la Russie et le Br&#233;sil refl&#232;te le pic du prix des mati&#232;res premi&#232;res juste avant l'effondrement financier mondial cette ann&#233;e, auquel ont succ&#233;d&#233; les r&#233;cessions suivantes. Depuis d&#233;but 2016, une hausse des prix des mati&#232;res premi&#232;res a encourag&#233; les pays d&#233;pendants de l'&#233;conomie extractive, tirant m&#234;me le Br&#233;sil, la Russie et l'Afrique du Sud hors de la r&#233;cession. Mais le renouveau de la volatilit&#233; &#233;conomique en 2018 &#8211; par exemple les milliers de milliards de dollars qui se sont &#233;vapor&#233;s des march&#233;s financiers pratiquement en une nuit au d&#233;but de ce mois [de f&#233;vrier] &#8211; porte la menace du retour d'une vuln&#233;rabilit&#233; extr&#234;me pour les mati&#232;res premi&#232;res, tel qu'en portent t&#233;moignage les oscillations folles des prix entre 2007 et 2015. (A suivre ; article publi&#233; le 27 f&#233;vrier sur le site Znet, traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Bond a cor&#233;dig&#233; South Africa &#8211; The Present as History (Jacana Media, 2014) et publi&#233; Elite Transition : From apartheid to neo-liberalism in South Africa (Pluto Press, 2014). Plusieurs de ses articles ont &#233;t&#233; traduits sur le site A l'Encontre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Afrique du Sud. Cyril Ramaphosa relance le n&#233;olib&#233;ralisme (II)</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Afrique-du-Sud-Cyril-Ramaphosa-relance-le-neoliberalisme-II</link>
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		<dc:date>2018-03-20T08:29:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-03-20</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique du sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quant aux pr&#233;tendus &#171; meilleurs arrangements s&#233;curitaires mondiaux &#187;, le monde est ironiquement bien plus dangereux depuis que les BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud) ont pris leur forme actuelle en 2010 : en Syrie, dans les Etats du Golfe, en Ukraine et en Pologne, dans la p&#233;ninsule cor&#233;enne, au Sahel et dans la Corne de l'Afrique, ainsi qu'au sud de la mer de Chine. M&#234;me la fronti&#232;re indo-chinoise est touch&#233;e par des affrontements, lesquels ont &#233;t&#233; pr&#232;s de faire capoter (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton34066-163e7.jpg?1781068619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quant aux pr&#233;tendus &#171; meilleurs arrangements s&#233;curitaires mondiaux &#187;, le monde est ironiquement bien plus dangereux depuis que les BRICS (Br&#233;sil, Russie, Inde, Chine, et Afrique du Sud) ont pris leur forme actuelle en 2010 : en Syrie, dans les Etats du Golfe, en Ukraine et en Pologne, dans la p&#233;ninsule cor&#233;enne, au Sahel et dans la Corne de l'Afrique, ainsi qu'au sud de la mer de Chine. M&#234;me la fronti&#232;re indo-chinoise est touch&#233;e par des affrontements, lesquels ont &#233;t&#233; pr&#232;s de faire capoter le sommet annuel des BRICS au milieu de l'ann&#233;e 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/afrique-du-sud/afrique-du-sud-cyril-ramaphosa-relance-le-neoliberalisme-ii.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Turbulences g&#233;opolitiques&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le boycott de Narendra Modi du sommet de la Belt and Road Initiative [1], en mai dernier, &#233;tait d&#251; &#224; l'intrusion du m&#233;ga-projet de Beijing sur le terrain de ce que New Delhi consid&#232;re comme ses propres terres du Cachemire, d&#233;tenues aujourd'hui par le Pakistan. Il s'agit pour Xi Jiping du lopin de terre crucial reliant la Chine occidentale au port de Gwadar [extr&#234;me sud-ouest du Pakistan], sur la mer d'Arabie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que bloc g&#233;opolitique, les interventions publiques en mati&#232;re de s&#233;curit&#233; des BRICS se sont d&#233;roul&#233;es strictement dans le contexte du G20. Tout d'abord, en septembre 2013, les BRICS ont emp&#234;ch&#233; Barack Obama de bombarder la Syrie en faisant pression lors du sommet de ce groupe plus large &#224; Saint-P&#233;tersbourg. Ensuite, dix mois plus tard &#224; Amsterdam, les BRICS ont soutenu l'invasion russe (ou &#171; lib&#233;ration &#187;) de la Crim&#233;e apr&#232;s que l'Occident a menac&#233; d'expulser Moscou du G20 ; de la m&#234;me mani&#232;re que les Etats-Unis et l'Europe avaient jet&#233; Vladimir Poutine hors du G8, aujourd'hui G7. Toutefois, lorsque Donald Trump est venu, en juillet dernier, au sommet du G20 &#224; Hambourg, les dirigeants des BRICS se sont r&#233;v&#233;l&#233;s tr&#232;s polis malgr&#233; les nombreux appels visant &#224; sanctionner les Etats-Unis en raison de leur retrait des engagements sur le climat &#224; peine un mois plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, la s&#233;curit&#233; militaire et politique de la r&#233;gion d'Afrique australe s'est am&#233;lior&#233;e par rapport &#224; des &#233;poques ant&#233;rieures. Plus de deux millions de personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es par des r&#233;gimes blancs et leurs auxiliaires sur les fronts de la lutte contre le colonialisme et l'apartheid au cours des d&#233;cennies 1970 et 1980, en particulier au Mozambique et en Angola. Un plus grand nombre encore sont morts &#224; l'est de la R&#233;publique d&#233;mocratique du Congo (RDC) au d&#233;but des ann&#233;es 2000, p&#233;riode et r&#233;gion d'extraction extr&#234;me des ressources mini&#232;res. Les deux interventions arm&#233;es r&#233;centes de Pretoria dans la r&#233;gion se sont faites en jonction avec les troupes de maintien de la paix de l'ONU en RDC (de 2013 &#224; aujourd'hui) et pour aider le r&#233;gime autoritaire aux abois de la R&#233;publique centrafricaine (2006-13).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces deux interventions sont vues comme des &#233;checs politico-militaire sous-imp&#233;rialistes dans la mesure o&#249; les violences se poursuivent dans les deux pays. A Bangui, capitale de Centrafrique, plus d'une dizaine de soldats de Pretoria ont &#233;t&#233; tu&#233;s en mars 2013 en d&#233;fendant des entreprises de Johannesburg, qui ont pass&#233; des contrats juteux, &#224; peine quelques jours avant la tenue du sommet &#171; Gateway to Africa &#187; des BRICS &#224; Durban, en Afrique du Sud.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui a trait &#224; la s&#233;curit&#233; locale, des soul&#232;vements majeurs en protestation contre les injustices ont &#233;t&#233; r&#233;prim&#233;s et font l'objet d'une surveillance tr&#232;s &#233;troite dans chacun des pays des BRICS. Le pire moment, en Afrique du Sud, s'est d&#233;roul&#233; le 16 ao&#251;t 2012 lorsqu'une trentaine de mineurs ont &#233;t&#233; massacr&#233;s par la police. Cette derni&#232;re &#171; agissait ostensiblement &#187; &#224; la demande explicite (transmise par courriel le jour avant) du principal actionnaire local de la compagnie mini&#232;re de la platine Lonmin, qui exigeait une &#171; action d&#233;cisive &#187; contre les &#171; inf&#226;mes criminels &#187;. C'est-&#224;-dire les 4000 mineurs engag&#233;s dans une gr&#232;ve sauvage contre des salaires de mis&#232;re et des conditions de vie d&#233;plorables. L'actionnaire n'&#233;tait autre que Cyril Ramaphosa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les excuses pr&#233;sent&#233;es par Ramaphosa en 2017 &#224; propos de la formulation du courriel ont &#233;t&#233; rejet&#233;es par les familles des victimes comme relevant d'une posture d&#233;pourvue d'authenticit&#233;. Son engagement contraignant sur le plan l&#233;gal &#8211; alors qu'il &#233;tait &#224; la t&#234;te de l'ex&#233;cutif du Comit&#233; de transformation de Lonmin entre 2010 et 2013 &#8211; de construire 5500 logements pour les mineurs ne s'est jamais traduit dans la r&#233;alit&#233;. Sous le r&#232;gne de Ramaphosa, seules trois maisons ont &#233;t&#233; construites, laissant les taudis de Wonderkop et de Nkaneng sans approvisionnement &#233;lectrique et sanitaire (except&#233; les &#233;normes pyl&#244;nes qui, passant au-dessus, fournissent l'&#233;lectricit&#233; &#224; la fonderie de platine, quelques centaines de m&#232;tres plus loin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour sa d&#233;fense, il a avanc&#233; de pr&#233;tendues difficult&#233;s financi&#232;res suite &#224; l'effondrement &#233;conomique mondial de 2008. La Banque mondiale lui avait pourtant allou&#233; un pr&#234;t de 100 millions de dollars pour y faire face. Ramaphosa, au lieu de cela, a d&#233;cid&#233; d'utiliser des fonds de la compagnie pour acheter des services marketing dans les Bermudes d'une valeur de 100 millions de dollars, par le biais de son contr&#244;le, via Shnaduka, exerc&#233; sur la principale firme partenaire du Black Empowerment de Lonmin, une entreprise qui, pour reprendre les paroles de l'avocat de Lonmin, &#171; a refus&#233; pendant de nombreuses ann&#233;es d'accepter la nouvelle structure &#187; afin de mettre un terme &#224; l'&#233;vasion fiscale vers les Bermudes &#8211; de la m&#234;me fa&#231;on qu'il s'est dirig&#233; vers des paradis fiscaux pour ses autres entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le poison des BRICS&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande part du sens commun voulant que les BRICS suivent un agenda contre l'Occident est donc douteuse. M&#234;me sur le plan de la s&#233;curit&#233; individuelle, plusieurs politiciens sud-africains de premier plan sont pr&#233;occup&#233;s. Zuma lui-m&#234;me a affirm&#233; r&#233;guli&#232;rement que le fait qu'il a failli mourir en 2014 d'un compos&#233; toxique du ricin, avant d'&#234;tre rapidement pris en charge pendant deux semaines en Russie, &#233;tait li&#233; aux BRICS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ao&#251;t dernier, il a d&#233;clar&#233; devant les membres de l'ANC de sa circonscription rurale au KwaZulu-Natal (le lieu d'un grand nombre d'assassinats politiques), &#171; j'ai &#233;t&#233; empoisonn&#233; et je suis presque mort parce que l'Afrique du Sud a rejoint les BRICS sous ma direction &#187;. Zuma a renouvel&#233; cette accusation trois mois plus tard lors d'une interview &#224; la t&#233;l&#233;vision, laissant entendre qu'il s'agissait d'un complot occidental. Quelques jours avant d'&#234;tre jet&#233; &#224; la porte, sa famille a r&#233;gurgit&#233; l'id&#233;e que &#171; l'Occident &#187; &#233;tait responsable de sa chute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramaphosa est-il un antidote face aux accomplissements au jeu des BRICS de Zuma ? Oui, selon le BRICS Post, dont le correspondant en Afrique du Sud a appel&#233; &#224; un remplacement de leadership imm&#233;diat. La branche sud-africaine du BRICS Business Council, dirig&#233;e par le magnat local de la presse Iqbal Surv&#233; (&#224; la t&#234;te du The Sekunjalo Group, sis &#224; Capte Town ; il contr&#244;le un nombre impressionnant de journaux, de publications online, etc.), a propos&#233; des titres d'un cynisme surprenant suite au discours de Zuma devant le Congr&#232;s de l'ANC en d&#233;cembre : &#171; Vintage Zuma lance un chant de cygne vengeur, d&#233;pourvu de toute responsabilit&#233; &#187; et &#171; Ramaphosa se pr&#233;pare &#224; faire face &#224; un avenir sombre pour l'Afrique du Sud &#187;. De tels titres participent &#224; la cacophonie des plaintes contre Zuma &#233;manant des milieux d'affaires et de la soci&#233;t&#233; civile. Accompagn&#233;es par un changement de pouvoir rapide au sein de l'ANC, elles ont conduit &#224; l'expulsion de Zuma de la pr&#233;sidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les BRICS sont aussi devenus un facteur politique local, car quelques heures avant qu'il ne quitte son poste, le 14 f&#233;vrier, Zuma a d&#233;clar&#233; &#224; la cha&#238;ne nationale : &#171; En vue du sommet, des BRICS, je devrais &#234;tre en position de vous introduire [Ramaphosa] aux autres dirigeants en disant voici le camarade qui prend ma suite. Cela aussi pour &#233;viter l'impression qui existe que Zuma a &#233;t&#233; expuls&#233; par un coup de coude. &#187; Et, selon Zuma, son successeur &#171; a &#233;t&#233; d'accord. Il a dit que c'&#233;tait une bonne proposition. Nous &#233;tions tous d'accord. &#187; La confirmation est venue quelques jours plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soupire collectif de soulagement qui s'est fait entendre dans la plupart des couches de la soci&#233;t&#233; sud-africaine &#8211; principalement dans les rangs de la bourgeoisie et de la petite-bourgeoisie &#8211; est temp&#233;r&#233;, du c&#244;t&#233; de la gauche, par la connaissance approfondie des engagements de Ramaphosa pour une politique mini&#232;re extr&#234;me. Il est bien possible que &#8211; bien qu'il ait jusqu'ici compt&#233; sur les puissances capitalistes occidentales et les riches Blancs d'Afrique du Sud pour l'approvisionnement de ses fonds et pour ses opportunit&#233;s de franchises &#8211; Ramaphosa se tourne &#233;galement vers ses nouveaux alli&#233;s des BRICS, en particulier s'il en vient &#224; des responsabilit&#233;s plus difficiles, telle que l'imposition d'une aust&#233;rit&#233; budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois plus probable, apr&#232;s un accueil &#224; contrec&#339;ur du sommet des BRICS &#224; Sandton, qu'il t&#233;moigne seulement de ti&#232;des gestes symboliques envers les BRICS. C'est certainement de cette fa&#231;on que Ramaphosa gouvernera tr&#232;s probablement l'Afrique du Sud : suivant le courant afin de ne pas &#233;branler le bateau capitaliste. Dans un pays o&#249; les in&#233;galit&#233;s sont les plus importantes, il s'agit de la poursuite d'un empoisonnement diff&#233;rent, mais d'un type proche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des paroles de gauche, un budget de droite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mardi 20 f&#233;vrier, Ramaphosa a offert ces belles paroles dans une r&#233;ponse formelle aux critiques de son &#171; Adresse sur l'&#233;tat de la nation &#187; devant la principale chambre l&#233;gislative du pays : &#171; Les personnes les plus importantes ne sont pas celles qui arpentent les tapis rouges du parlement, mais celles qui passent leurs nuits sur les bancs &#224; ses portes. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mercredi 21 f&#233;vrier, malgr&#233; des affirmations contraires, la strat&#233;gie budg&#233;taire du ministre des Finances, Malusi Gigaba, frappe de mani&#232;re disproportionn&#233;e pr&#232;s des deux tiers de Sud-africains qui survivent en dessous de la ligne de pauvret&#233; ; et non pas 55% comme le pr&#233;tendent les statistiques officielles d'Afrique du Sud, StatsSA. Cette agence, selon l'unit&#233; de recherche sur le travail et le d&#233;veloppement d'Afrique du Sud de l'Universit&#233; du Cap, utilise une ligne de pauvret&#233; plus basse d'au moins un quart par rapport &#224; ce qu'elle devrait &#234;tre. Et pour ceux qui se trouvent au-dessus et disposent d'&#233;conomies, 43 milliards de dollars sur le total des fonds d'investissement institutionnels, s'&#233;levant &#224; 843 milliards, ils pourront bient&#244;t s'abriter &#224; l'&#233;tranger en raison d'un contr&#244;le des changes plus flexible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1991, la taxe sur la valeur ajout&#233;e (la TVA) a remplac&#233;, sur requ&#234;te du FMI, une taxe g&#233;n&#233;rale sur les ventes, malgr&#233; les protestations vigoureuses du Congress of South African Trade Unions (Cosatu). Le Cosatu a finalement exig&#233; &#8211; avec succ&#232;s &#8211; que certains biens alimentaires ne soient pas tax&#233;s. La derni&#232;re hausse de la TVA date de 1993, principalement en raison des pressions des organisations de travailleurs. S'dumo Dlamini, le pr&#233;sident du Cosatu, se souvient : &#171; Le gouvernement d'apartheid s'est effondr&#233; parce qu'il &#233;tait sous pression alors que le pays op&#233;rait une transition vers la d&#233;mocratie. Aujourd'hui, 25 ans plus tard, la TVA a augment&#233;. C'est une mauvaise chose pour les pauvres. C'est une mauvaise chose pour les travailleurs qui suent tous les jours. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Carol Paton, du Business Day's, a en outre observ&#233; : &#171; Du c&#244;t&#233; des d&#233;penses, ce sont les communaut&#233;s pauvres qui ont &#233;t&#233; les plus grands perdants, en raison des coupes dans des entit&#233;s publiques telles que le service des passagers des trains d'Afrique du Sud et alors que les pr&#234;ts pour les infrastructures dans les provinces et les municipalit&#233;s ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;s. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Parti communiste d'Afrique du Sud ajoute : &#171; Il est simplement faux d'affirmer, ainsi que l'a fait le ministre des Finances, que le 20% le plus pauvre ne sera pas touch&#233; par la hausse de la TVA. Pire encore, d'autres taxes indirectes, comme la redevance sur le carburant, auront un impact accru sur le co&#251;t de la vie, en particulier pour les pauvres. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'une des ONG les plus respect&#233;es dans le domaine de la lutte contre la pauvret&#233;, la Pietermaritzburg Agency for Community Social Action (Pacsa), a scrut&#233; le panier mensuel d'un consommateur &#224; faibles revenus. Il en r&#233;sulte que, d&#233;sormais, d&#232;s lors que moins de la moiti&#233; des 38 composantes du panier ne sont pas tax&#233;es, la TVA mensuelle seulement pour des achats d'aliments atteindra 19 dollars (la hausse de TVA de 1% repr&#233;sentant une augmentation de 1 dollar 30). Julie Smith, une chercheuse de la Pacsa, observe qu'&#171; afin de confectionner un repas, les m&#233;nages de la classe laborieuse n'utilisent pas seulement des aliments non tax&#233;s. Une m&#232;re n'envoie pas son enfant &#224; l'&#233;cole avec seulement quelques tranches de pain noir ; elle l'envoie avec un sandwich, ce qui exige, en plus du pain, de la margarine, du beurre de cacahu&#232;te ou du jambon, du fromage ou du polony [saucisse &#224; base de viande hautement transform&#233;e, une &#233;pid&#233;mie de list&#233;riose, occasionnant plusieurs dizaines de morts, li&#233;e &#224; ces saucisses vient d'&#233;clater en Afrique du Sud]. Or, tous ces aliments sont soumis &#224; la TVA. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'allocation familiale (Child Support Grant) a &#233;t&#233; &#233;lev&#233;e de 6,6% en octobre, atteignant 35,50 dollars mensuels, soit plus que le taux d'inflation pr&#233;vu &#224; 5,5%. Pacsa affirme toutefois que pour plus de 12 millions d'enfants d&#233;pendants de cette allocation, le rythme de l'inflation est bien plus &#233;lev&#233; : &#171; Au cours des derniers six mois, le co&#251;t pour nourrir des enfants &#226;g&#233;s entre 10 et 13 ans &#8211; avec un r&#233;gime de base mais nutritif &#8211; a cr&#251; de 8,8% pour atteindre 51 dollars. &#187; Les allocations pour personnes &#226;g&#233;es dont b&#233;n&#233;ficient 3,4 millions de pensionnaires ont aussi &#233;t&#233; augment&#233;es plus que le taux officiel d'inflation, &#224; 148 dollars mensuels &#224; partir du mois d'octobre, mais cette hausse reste en de&#231;&#224; du taux actuel d'inflation des aliments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est des gagnants, plusieurs ann&#233;es de protestations &#233;tudiantes (dans les universit&#233;s) &#233;nergiques ont &#233;t&#233; r&#233;compens&#233;es par une augmentation du budget annuel de 1,65 milliard de dollars pour 2020, de sorte qu'au moins le d&#233;but d'une &#233;ducation tertiaire gratuite figure d&#233;sormais au budget.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un v&#233;ritable assaut n&#233;olib&#233;ral &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Gigaba, ministre des Finances, n'a toutefois impos&#233; aucune hausse substantielle de l'imp&#244;t sur la fortune, ce qui est r&#233;v&#233;lateur des sph&#232;res o&#249; r&#233;side le v&#233;ritable pouvoir social de l'un des pays les plus in&#233;galitaires au monde. Manifestement ravi, John Campbell, de Chartered Wealth Solutions [un fonds de pension et assurance vie], a remarqu&#233; : &#171; Il n'y a pas eu de changements sur les taux marginaux de l'imp&#244;t sur le revenu, sur le taux de l'imp&#244;t sur les trusts (45%) ou encore sur l'imp&#244;t sur les entreprises (28%). Les droits de transfert lors de ventes de propri&#233;t&#233; n'ont &#233;galement pas &#233;t&#233; &lt;br class='autobr' /&gt;
modifi&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, ceux qui se trouvent dans les tranches de revenus &#233;lev&#233;es vont souffrir en raison des effets de l'inflation sur l'imp&#244;t sur les revenus personnels qui impliquera une contribution de 600 millions de dollars, mais c'est moins du tiers du 1,9 milliard obtenu par la hausse socialement r&#233;gressive de la TVA. D'autres augmentations d'imp&#244;t, y compris celle de 0,05 dollar par litre de p&#233;trole, g&#233;n&#233;reront 600 millions suppl&#233;mentaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en d&#233;coule que Gigaba a d&#233;plac&#233; le ratio dette totale/PIB d'une trajectoire ascendante partant de 53% aujourd'hui &#224; 55% dans sept ans plut&#244;t que 63%, tel que pr&#233;vu en octobre dernier. On s'attend &#224; ce que cela suffise &#224; apaiser l'agence de notation Moody pour qu'elle n'attribue pas la pire note aux obligations d'Afrique du Sud ainsi qu'elle mena&#231;ait de le faire, il y a moins d'un mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zwelinzima Vavi, le dirigeant de la South African Federation of Trade Unions, a critiqu&#233; Gigaba pour avoir maintenu le principal imp&#244;t sur les soci&#233;t&#233;s &#224; la moiti&#233; de son niveau de 1994 : &#171; Les imp&#244;ts sur les entreprises ne sont pas affect&#233;s, il s'agit l&#224; d'un v&#233;ritable assaut n&#233;olib&#233;ral contre les pauvres. Cela est fait sur la fausse conviction que si les riches sont &#233;pargn&#233;s, ils investiront leur argent et les pauvres en b&#233;n&#233;ficieront au final. Soit l'id&#233;e &#233;conomique, qui s'est r&#233;v&#233;l&#233;e un d&#233;sastre, du ruissellement (trickle down). &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autorisation (soit un siphonnage) qu'a accord&#233;e Gigaba aux fonds de pension et aux assurances de retirer 5% suppl&#233;mentaires de leurs actifs vers des paradis fiscaux (offshore) m&#233;rite en effet un examen. En octobre dernier, le taux de la capitalisation des march&#233;s/PIB de la Bourse de Johannesburg a atteint un sommet in&#233;gal&#233;, soit plus de 16,2 billions de rands en valeurs actionnariales contre un PIB de 4,6 billions de rands pour 2017, soit un ratio de 450% (trois fois plus &#233;lev&#233; que le niveau mondial). Une diversification est donc bienvenue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais laisser les investisseurs chercher &#224; l'&#233;tranger des retours sur investissement plus &#233;lev&#233;s que les 8,1% des obligations d'Etat sud-africaines &#8211; qui restent encore parmi les plus &#233;lev&#233;es du monde, &#224; l'&#233;gal de la Russie et du Venezuela &#8211; revient pourtant &#224; produire une autre trag&#233;die financi&#232;re. Alors qu'une partie de la compagnie d'assurances Old Mutual retourne d&#233;sormais sur la Bourse de Johannesburg pour y &#234;tre cot&#233;e &#8211; suite aux difficult&#233;s rencontr&#233;es &#224; la Bourse de Londres &#8211; et cela imm&#233;diatement apr&#232;s l'effondrement les Bourses mondiales d&#233;but f&#233;vrier, une telle volatilit&#233; financi&#232;re mondiale ne devrait-elle pas provoquer un renforcement du contr&#244;le des changes plut&#244;t qu'une lib&#233;ralisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M. Gigaba admet que des &#171; remboursements &#233;lev&#233;s de la dette ext&#233;rieure &#187; frapperont durement au cours de l'ann&#233;e, mais avec pr&#232;s de 160 milliards de dollars (soit 48% du PIB), selon l'estimation la Reserve Bank d'Afrique du Sud, la dette ext&#233;rieure totale d'Afrique du Sud est aujourd'hui bien au-del&#224; de tout pr&#233;c&#233;dent historique, y compris lorsque P. W. Botha (pr&#233;sident entre 1984 et 1989) a fait d&#233;faut (le taux de la dette atteignait alors juste 42% du PIB).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Ramaphosa affirme &#234;tre engag&#233; dans une lutte contre les mouvements illicites de capitaux &#8211; son ant&#233;c&#233;dent d'encouragement des paradis fiscaux aupr&#232;s de Lonmin, MTN et Shanduka sugg&#232;re une certaine familiarit&#233; avec l'&#233;vasion fiscale &#8211; il aurait &#233;t&#233; plus logique pour Pretoria de suivre la route indiqu&#233;e par Beijing : renforcer au lieu d'&#233;mousser ce qui reste de contr&#244;le des transferts de capitaux. Ce revirement est coh&#233;rent avec l'engagement d&#233;clar&#233; de Ramaphosa envers les pauvres, lui aussi sabot&#233; par le budget de Gigaba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ces aspects, Ramaphosa pourra s'adapter avec aisance aux tendances n&#233;olib&#233;rales qui &#233;mergent au sein des BRICS, d&#232;s lors que le manteau de la promotion des politiques favorables &#224; la mondialisation est transf&#233;r&#233; des Etats-Unis &#224; la Chine. M&#234;me s'il n'adoptera jamais le faux anti-imp&#233;rialisme de Zuma, on peut s'attendre &#224; ce que Ramaphosa adopte des th&#232;mes nationalistes &#233;tant donn&#233; ses extraordinaires ant&#233;c&#233;dents dans les organisations &#233;tudiantes, syndicales et &#224; l'ANC. Il devra toutefois &#234;tre oubli&#233; comme un bourgeois insensible et non patriote. Et c'est dans le genre de Gigaba &#8211; &#224; moins qu'il ne soit remerci&#233; comme les ministres de l'&#233;nergie, des mines, du d&#233;veloppement social, du gouvernement local et des services publics, lesquels ont tous &#233;t&#233; des alli&#233;s de Gupta &#8211; qu'un nouveau surnom pourrait bien coller &#224; son gouvernement pour la prochaine p&#233;riode : le r&#233;gime Ramazupta. (Article publi&#233; le 27 f&#233;vrier sur le site Znet, traduction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Bond a cor&#233;dig&#233; South Africa &#8211; The Present as History (Jacana Media, 2014) et publi&#233; Elite Transition : From apartheid to neo-liberalism in South Africa (Pluto Press, 2014). Plusieurs de ses articles ont &#233;t&#233; traduits sur le site A l'Encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Connue aussi sous le nom de &#171; Nouvelle route de la soie &#187;, soit le d&#233;veloppement des liaisons ferroviaires en Eurasie depuis la Chine, pendant de la &#171; ceinture de perles &#187; qui vise &#224; assurer les liaisons maritimes en direction du Moyen-Orient et de l'Afrique. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La d&#233;b&#226;cle de Jacob Zuma r&#233;v&#232;le la pauvret&#233; et la corruption</title>
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		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2017-01-17</dc:subject>

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&lt;p&gt;Tout explose autour du pr&#233;sident Zuma. Des opposants de tous horizons politiques, les &#233;tudiants radicalis&#233;s, la direction de son propre parti. Son syst&#232;me client&#233;liste en lambeaux est mis sous les projecteurs. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site du CADTM. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est possible que l'on se souvienne de la premi&#232;re semaine de novembre 2016 comme le tournant le plus important en Afrique du Sud depuis que l'African National Congress (ANC) a &#233;vinc&#233; le pr&#233;sident Thabo Mbeki en septembre 2008. Le principal tourment de ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton29285-8c065.jpg?1781068619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tout explose autour du pr&#233;sident Zuma. Des opposants de tous horizons politiques, les &#233;tudiants radicalis&#233;s, la direction de son propre parti. Son syst&#232;me client&#233;liste en lambeaux est mis sous les projecteurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org/La-debacle-de-Jacob-Zuma-revele-la&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site du CADTM&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est possible que l'on se souvienne de la premi&#232;re semaine de novembre 2016 comme le tournant le plus important en Afrique du Sud depuis que l'African National Congress (ANC) a &#233;vinc&#233; le pr&#233;sident Thabo Mbeki en septembre 2008. Le principal tourment de ce dernier &#233;tait alors Jacob Zuma qui gouverne le pays depuis mai 2009, d'une fa&#231;on toujours plus discutable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#231;a explose maintenant de toutes parts autour de Zuma. Des opposants de tous horizons politiques, les &#233;tudiants radicalis&#233;s, la direction de son propre parti, tous sentent le sang, tandis que son syst&#232;me client&#233;liste en lambeaux est mis sous les projecteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma vient de subir deux d&#233;faites juridiques majeures :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Des accusations maladroites de l'&#201;tat contre le ministre des Finances, Pravin Gordhan |1| qui ont &#233;t&#233; piteusement abandonn&#233;es le lundi 31 octobre par un procureur incomp&#233;tent &#224; la suite d'un toll&#233; national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. Cela a &#233;t&#233; suivi, le mercredi 2 novembre, par la publication par le Minist&#232;re public du rapport sur &#171; la captation de l'&#201;tat &#187; portant sur les relations de corruption de la famille de Zuma, un rapport que le pr&#233;sident et deux autres ministres ont vainement tent&#233; d'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zuma perd son emprise politique alors que les lib&#233;raux et les radicaux se renforcent&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Zuma tentait de gagner du temps, les grondements &#224; la base se faisaient toujours plus forts. Le parti de gauche Economic Freedom Fighters (EFF) et le parti de centre droit Democratic Alliance (DA) ont tous deux organis&#233; le 2 novembre des manifestations contre Zuma dans la capitale, Pretoria. Julius Malema |2|, le dirigeant des EFF, s'est alors clairement distanci&#233; d'un troisi&#232;me &#233;v&#233;nement : une r&#233;union plac&#233;e sous le slogan de &#171; Sauver l'Afrique du Sud &#187;, qui se tenait dans la cath&#233;drale anglicane, situ&#233;e &#224; proximit&#233;, en pr&#233;sence d'un grand nombre de notables de la soci&#233;t&#233; civile et des grandes entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malema s'est exprim&#233; ainsi devant une foule de plusieurs milliers de personnes : &#171; Un PDG va parler dans la petite &#233;glise, l&#224;-bas, et non sur la grande place de l'&#233;glise, Church Square. Laissons-les parler l&#224;-bas. Les petites &#233;glises sont faites pour les PDG. Seuls les EFF ont le pouvoir de faire s'effondrer l'ANC. &#187; La manifestation des militants des EFF qui voulaient occuper les bureaux de Zuma dans les locaux de l'Union Buildings de Pretoria a &#233;t&#233; d&#233;vi&#233;e par la police, mais les manifestants portant des T-shirts rouges ont quand m&#234;me r&#233;ussi &#224; occuper une bonne partie du quartier d'affaires au centre de la capitale o&#249; se situe Church Square.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la publication du rapport de 355 pages sur &#171; la captation de l'&#201;tat &#187;, Floyd Shivambu, d&#233;put&#233; et bras droit de Malema, avait &#233;crit l'analyse la plus compl&#232;te sur l'influence des fr&#232;res Gupta. Les EFF font r&#233;guli&#232;rement r&#233;f&#233;rence au r&#233;seau liant l'&#201;tat et les capitalistes de connivence (cronies) de la famille Gupta par le terme suivant : &#171; Zuptas &#187;, soit une contraction de Zuma et de Gupta. L'influence de cette famille s'&#233;tend aux m&#233;dias (ils poss&#232;dent un journal et un r&#233;seau de t&#233;l&#233;vision), aux mines, en particulier au travers de liens controvers&#233;s avec la compagnie d'&#233;lectricit&#233; para-&#233;tatique Eskom et de son manager principal, ainsi qu'aupr&#232;s de dirigeants locaux de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres secteurs du prol&#233;tariat entrent en &#233;bullition. L'un des trois plus importants syndicats qui soutient encore Zuma, celui des infirmi&#232;res &#8211; comptant plus de 200 000 membres et appartenant &#224; la m&#234;me f&#233;d&#233;ration que les enseignants et les mineurs qui &#233;tait le principal soutien du monde du travail &#224; Zuma &#8211; a annonc&#233; le 1er novembre qu'il voulait d&#233;sormais que le pr&#233;sident d&#233;missionne. Le plus grand syndicat, celui des m&#233;tallurgistes |3|, exigeait la m&#234;me chose fin 2013. Plus r&#233;cemment, cette opinion a &#233;t&#233; exprim&#233;e par un grand nombre de dirigeants importants de l'ANC, ainsi que par ce qui semble &#234;tre la quasi-totalit&#233; de la soci&#233;t&#233; civile du centre gauche et centriste tout comme des commentateurs des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma, &#226;g&#233; de 74 ans, ancien gu&#233;rillero sans instruction, est un g&#233;nie non seulement lorsqu'il s'agit de maintenir une souplesse id&#233;ologique consistant &#224; parler &#224; gauche et agir &#224; droite, mais aussi lorsqu'il s'agit de conserver la loyaut&#233; de son groupe ethnique zoulou ainsi que des provinces de l'est et du nord (KwaZulu-Natal, Mpumalanga, Free State, North West et Limpopo). Bien que lors des &#233;lections municipales d'ao&#251;t l'ANC ait perdu 8 % des voix par rapport &#224; 2011, il a remport&#233; largement les &#233;lections dans ces r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois depuis la fin de l'apartheid, l'ANC a d&#251; c&#233;der le pouvoir dans les centres &#233;conomiques que sont Johannesburg, Pretoria ainsi que la cinqui&#232;me ville du pays, Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth), face &#224; ce qui sera sans doute une alliance passag&#232;re droite-gauche entre la DA et les EFF. La deuxi&#232;me ville, Cape Town, est dirig&#233;e par la DA depuis 2006, alors que la troisi&#232;me, Durban, est un bastion s&#251;r pro-Zuma. Un immense bras de levier client&#233;liste a &#233;t&#233; perdu pour l'ANC avec la perte de ces trois zones m&#233;tropolitaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma est lui-m&#234;me est &#224; nouveau malmen&#233; suite aux 783 actes d'accusation pour corruption port&#233;s contre lui &#224; la suite d'un accord militaire avec la France &#224; la fin de la d&#233;cennie 1990. Le tristement c&#233;l&#232;bre accord sur l'achat d'armes porte atteinte &#224; la mystique de l'ANC sur la lib&#233;ration, y compris sous le gouvernement Mandela entre 1994 et 1999. En 2005, apr&#232;s l'emprisonnement d'un proche pour les m&#234;mes chefs d'accusation, Zuma a &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions d'adjoint au pr&#233;sident Mbeki. Il avait ensuite &#233;t&#233; acquitt&#233; en 2006 lors d'un proc&#232;s retentissant pour viol. La victime, Fezikile Kuzwayo &#8211; fille d'un ancien gu&#233;rillero de l'ANC proche de la famille de Zuma &#8211; est d&#233;c&#233;d&#233;e du sida &#224; Durban le mois pass&#233;. Ce fut l'occasion de rappeler la misogynie de Zuma. Zuma, qui a quatre &#233;pouses et plus de vingt enfants, a pr&#233;tendu lors du proc&#232;s que &#171; dans la culture zouloue, on n'abandonne pas une femme &#187;. Une affirmation qui a &#233;t&#233; &#233;loquemment r&#233;fut&#233;e par Kuzwayo qui fut contrainte &#224; l'exil par les partisans de Zuma pendant plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant, Zuma est parvenu &#224; maintenir les tendances dissidentes sous le grand chapiteau politique de l'ANC, en partie gr&#226;ce &#224; une utilisation habile de son syst&#232;me de favoritisme politique au service de la strat&#233;gie &#171; diviser pour mieux r&#233;gner &#187;. L'heure de v&#233;rit&#233; est cependant arriv&#233;e. En effet, ainsi que le r&#233;v&#232;le le rapport sur la &#171; captation de l'&#201;tat &#187;, la famille Gupta &#8211; trois fr&#232;res immigr&#233;s d'Inde qui sont devenus des magnats ostentatoires au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; a remport&#233; de tr&#232;s gros contrats aupr&#232;s de l'&#201;tat, distribuant des pots-de-vin pour devenir encore plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mcebisi Jonas, le respectable ministre adjoint des Finances, a par exemple accus&#233; les Gupta d'avoir voulu lui offrir 45 millions de dollars &#8211; il y a un an &#8211; s'il acceptait de devenir ministre des Finances gr&#226;ce &#224; un putsch informel parce que son chef d'alors, Nhlanhla Nene, refusait des contrats favorables &#224; la cour de Zuma portant sur l'achat d'avions et sur le nucl&#233;aire. Suite au refus &#233;nergique de Jonas, Nene fut cong&#233;di&#233; et son poste attribu&#233; &#224; un ing&#233;nu en politique, David van Rooyen. Ce fut un choc pour le pays en d&#233;cembre 2015. Quatre jours plus tard, au milieu d'une d&#233;valuation du rand, le monde des affaires se soul&#232;ve, sous l'impulsion de trois banquiers blancs, et contraint Zuma &#224; &#233;carter le malheureux van Rooyen, d&#233;plac&#233; au minist&#232;re de la Gouvernance coop&#233;rative et des affaires traditionnelles. Gordhan, qui avait occup&#233; le poste de ministre des Finances entre 2009 et 2014, pour le plus grand plaisir du monde des affaires, a pris sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Gordhan est toutefois devenue de plus en plus intenable tout au long de l'ann&#233;e 2016 en raison du ralentissement &#233;conomique, ainsi que des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es des alli&#233;s de Zuma de le poursuivre pour ce qui semble &#234;tre soit des affirmations absurdes, soit des m&#233;faits relativement mineurs lorsqu'il se trouvait &#224; la t&#234;te de l'autorit&#233; fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le pays &#233;vite tout juste la r&#233;cession, les man&#339;uvres budg&#233;taires de Gordhan pour 2016 ont &#233;t&#233; &#233;galement compliqu&#233;es par une contestation populaire croissante. En particulier la campagne FeesMustFall |4|, men&#233;e par les &#233;tudiants qui exigeaient environ 2 milliards de dollars de nouveaux investissements pour r&#233;aliser une &#171; &#233;ducation sup&#233;rieure de qualit&#233;, d&#233;colonis&#233;e et libre &#187;, qui s'ajoutait &#224; la col&#232;re des communaut&#233;s noires face &#224; l'absence de services municipaux dignes de ce nom. La menace d'une notation &#224; la baisse des obligations pourries, les junk bond, couronnait le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menaces sur la notation des taux de cr&#233;dit et revendications &#233;tudiantes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants locaux de trois agences de notation &#8211; Moody's, Fitch et Standard&amp;Poor's &#8211; mena&#231;aient depuis longtemps de d&#233;grader la notation des obligations pourries, et Gordhan a fait tout son possible pour les apaiser ainsi que les financiers qui se trouvent derri&#232;res elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que ces trois agences se sont souvent tromp&#233;es spectaculairement (par exemple avec une note AAA pour Lehman Brothers et l'assurance IAG en 2008) et sont manifestement tendancieuses en s'alignant sur les pr&#233;jug&#233;s des banques occidentales. L'alliance &#233;conomique du Br&#233;sil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud s'est engag&#233;e, lors de sa r&#233;union &#224; Goa le mois dernier, &#224; faire sa propre agence de notation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites financi&#232;res n&#233;olib&#233;rales &#224; la t&#234;te des BRICS garantissent, cependant, que cette agence serait fortement &#171; orient&#233;e vers le march&#233; &#187; &#8211; &#224; l'instar de la Nouvelle banque de d&#233;veloppement des BRICS et du Contingent Reserve Arrangement &#8211; et il n'y aura en toute logique aucune diff&#233;rence avec les institutions existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'instar du Br&#233;sil et de la Russie qui ont &#233;galement re&#231;u un junk status, l'Afrique du Sud verse un taux d'int&#233;r&#234;t de 9 % sur sa dette &#233;trang&#232;re qui atteint d&#233;sormais le seuil dangereusement &#233;lev&#233; de 135 milliards de dollars, ce qui indique que les &#171; march&#233;s &#187; consid&#232;rent d&#233;j&#224;, de facto, que l'Afrique du Sud est r&#233;duite &#224; un junk status.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 octobre 2016, ayant fortement &#224; l'esprit ces trois agences, Gordhan a d&#233;voil&#233; son dernier budget devant le Parlement. Au m&#234;me moment, 16 des 25 universit&#233;s du pays &#233;taient contraintes de fermer temporairement sous la pression des &#233;tudiants contestataires, dans leur tentative de faire monter la pression &#224; l'&#233;chelle nationale sur le gouvernement. Bien que le mouvement f&#251;t courageux &#8211; et alors m&#234;me que 600 &#233;tudiants furent arr&#234;t&#233;s &#8211; et qu'une perte de 80 millions de dollars soit enregistr&#233;e, ni Zuma ni Gordhan n'ont c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me 25 octobre, plusieurs milliers d'&#233;tudiants en col&#232;re ont entendu le discours de Gordhan devant le Parlement avant son discours sur le budget. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; attaqu&#233;s par la police, ils ont commenc&#233; &#224; manifester avec force dans le centre de Cape Town. Ils &#233;taient profond&#233;ment choqu&#233;s, apr&#232;s plus d'un an de d&#233;bats et de mobilisations &#233;tudiantes intenses, par la d&#233;cision de Gordhan de n'allouer que 420 millions de dollars suppl&#233;mentaires au syst&#232;me universitaire. Cela en tenant compte de la situation h&#233;rit&#233;e : c'est-&#224;-dire des universit&#233;s sous-financ&#233;es telles que les avait laiss&#233;es le pr&#233;d&#233;cesseur de Gordhan, le fameux n&#233;olib&#233;ral Trevor Manuel. Il travaille d&#233;sormais pour la banque Rothschild. Les &#233;tudiants ont &#233;t&#233; en outre exc&#233;d&#233;s par une nouvelle r&#233;pression polici&#232;re brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les &#233;tudiants n'auraient pas d&#251; &#234;tre surpris. Gordhan, en effet, avait d&#233;crit le 5 octobre une politique du diviser pour mieux r&#233;gner dans un entretien &#224; New York lors de sa derni&#232;re tourn&#233;e &#224; la recherche d'investisseurs : &#171; Nous avons une solution qui r&#233;pondra aux besoins des &#233;tudiants pauvres. Il est important que les &#233;tudiants qui comprennent les calculs, qui comprennent les compromis, saisissent que nous devons, d'un c&#244;t&#233;, financer les frais d'&#233;tudes et, de l'autre, financer le logement, la sant&#233;, et tant d'autres ; ils devraient se positionner dans une discussion constructive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers l'ensemble de l'Afrique du Sud, FeesMustFall avait rejet&#233; deux semaines plus t&#244;t cette &#171; solution &#187; lorsqu'elle a &#233;t&#233; propos&#233;e par Blade Nzimande, le ministre de l'Enseignement sup&#233;rieur, &#233;galement dirigeant du Parti communiste d'Afrique du Sud. Ils comprennent bien que les subventions &#233;tatiques fournissaient 50 % des revenus des universit&#233;s en 2000, mais qu'elles ont constamment chut&#233; pour atteindre actuellement 40 %. Donc les &#233;tudiants doivent combler la plus grande partie de ce qui manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 octobre, Gordhan leur a dit une fois de plus d'emprunter plus &#8211; il a offert 670 millions de dollars &#8211;, afin de payer leur &#233;ducation de premier cycle. Le tr&#232;s faible taux de remboursement du National Student Financial Aid Scheme (1,5 milliard dollars sur une dette de 1,8 milliard reste non pay&#233;) refl&#232;te la fa&#231;on dont cette strat&#233;gie fonctionne. L'accroissement d'une dette des m&#233;nages n'est qu'un &#171; secours &#187; &#224; court terme, ainsi que le d&#233;montre le pourcentage des emprunteurs d&#233;sign&#233;s par le National Credit Regulator comme appartenant &#224; la cat&#233;gorie des &#171; cr&#233;dits douteux &#187; : il se situe toujours dans la zone insoutenable de 45%, &#224; peine plus bas que le record de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est, en outre, important de signaler qu'un rapport r&#233;alis&#233; par la commission Nzimande 2012-13 sur une &#233;ducation gratuite a &#233;t&#233; dissimul&#233; avant que ses conclusions n'aient fuit&#233; en 2015. Le porte-parole de Nzimande, Khaye Nkwanyana, expliquait : &#171; Il s'agit d'un document public, mais en raison de la nature du rapport, nous avons d&#233;cid&#233; de ne pas le rendre public. Il est &#233;vident que nous aurions plac&#233; le ministre des Finances &#61531;Gordhan&#61533; dans une situation d'affrontement avec le public si cette d&#233;cision et ce rapport avaient &#233;t&#233; diffus&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travers n&#233;olib&#233;ral de Gordhan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix op&#233;r&#233;s par Gordhan le mois dernier le placent n&#233;cessairement en opposition avec la population. Son budget de f&#233;vrier, par exemple, ne pr&#233;voyait qu'une augmentation nominale de 3,5 % pour les familles d'accueil (qui jouent un r&#244;le vital &#233;tant donn&#233; le taux &#233;lev&#233; d'orphelins en raison du sida), ainsi qu'une augmentation de 6,1 % pour les m&#232;res de plusieurs millions de b&#233;n&#233;ficiaires du Child Support Grant. Alors que les allocations de retraites n'augmentent pas, alors que l'augmentation de 0,75 $ par mois &#8211; pour atteindre le montant symbolique de 27 $ par mois &#8211; n'aboutit &#224; une augmentation des allocations pour les enfants que de 7,5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'inflation qui frappe les pauvres d&#233;passera sans doute 10 %, en raison d'une augmentation de 15 % du prix des aliments de base, d'une augmentation de 9,4 % de la facture d'&#233;lectricit&#233; (Eskom), ainsi que des d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour les transports. Refl&#233;tant l'&#233;cart entre la conscience de Pretoria et la faim de la soci&#233;t&#233;, le taux de pauvret&#233; (nourriture et besoins de base) atteint d&#233;sormais un taux insoutenable de 63 %. Pourtant, l'Afrique du Sud figure parmi les cinq pays dont les d&#233;penses sociales sont les plus faibles parmi les 40 plus importantes &#233;conomies du monde (la moiti&#233; de ce que d&#233;pensent la Russie et le Br&#233;sil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cibler les d&#233;penses sociales, Gordhan aurait pu s'en prendre aux 17,3 milliards dollars annuels de surfacturation dans le budget de 45 milliards g&#233;r&#233; par le Tr&#233;sor. Le responsable du contr&#244;le des achats aupr&#232;s du Tr&#233;sor, Kenneth Brown, a reconnu r&#233;cemment que &#171; sans d&#233;penser un centime de plus, le gouvernement peut augmenter ses rentr&#233;es de 30 %-40 %. C'est l&#224; que se trouve en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable fuite dans le syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel gaspillage se poursuit-il depuis si longtemps ? Gordhan admet lui-m&#234;me que le Tr&#233;sor est encore marqu&#233; par une recherche syst&#233;matique de rentes de la part de l'ANC : &#171; Cela signifie qu'&#224; chaque fois que je veux faire quelque chose, je d&#233;clare que cela fait partie de la transformation. Cela signifie dans le m&#234;me temps que je donne des contrats &#224; mes copains dans les cabinets minist&#233;riels &#187; (le &#171; je &#187; et le &#171; mes &#187; font r&#233;f&#233;rence &#224; la faction Zupta).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve toutefois d'autres copains dans d'autres cabinets. Ceux-l&#224; encensent habituellement le n&#233;olib&#233;ralisme du Tr&#233;sor : le 1 % des plus riches d'Afrique du Sud dont la trajectoire est exceptionnelle depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, ainsi que l'indique un rapport de la Banque mondiale publi&#233; le mois dernier. Les politiques &#233;conomiques de l'apr&#232;s-apartheid ont port&#233; la part qu'ils occupent dans le revenu total (en dehors des gains en capitaux) de 10 %-12 % en 1990-1994 &#224; 18 %-20 % depuis 2009, un chiffre presque sans pr&#233;c&#233;dent dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y ajouter les hommes (pour la plupart) qui placent ill&#233;galement leurs biens &#224; l'&#233;tranger. En plus des 11 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices nets, de dividendes et de paiements d'int&#233;r&#234;ts qui quittent le pays &#8211; la principale raison qui explique que le d&#233;ficit en devises actuel de l'Afrique du Sud atteint r&#233;guli&#232;rement 5 % du PIB &#8211;, il y a 21 milliards de dollars en moyenne annuelle de &#171; flux financiers ill&#233;gaux &#187; (selon l'estimation du Global Financial Integrity pour la derni&#232;re d&#233;cennie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette menace va perdurer &#224; moins que le Tr&#233;sor et la Banque centrale ne l'emp&#234;chent en renfor&#231;ant le contr&#244;le sur les transferts de capitaux. Ils ne le feront pas. Sans que cela suscite de tensions avec des r&#233;gulations &#233;tatiques quelconques, une &#233;vasion fiscale flagrante est r&#233;alis&#233;e par les plus grandes compagnies de platine, en particulier Lonmin avec sa branche &#171; marketing &#187;, De Beers avec ses fausses factures pour 2,8 milliards de dollars sur sept ans, ainsi que le d&#233;tournement des b&#233;n&#233;fices en provenance de plusieurs pays d'Afrique vers l'&#238;le Maurice de l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phones portables MTN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ministre des Finances fort et engag&#233; attaquerait de telles d&#233;pravations afin de trouver les fonds n&#233;cessaires pour &#233;liminer la pauvret&#233;. D&#232;s lors que Gordhan a &#233;chou&#233;, la soci&#233;t&#233; s'interrogera-t-elle sur la modification du rapport de forces n&#233;cessaire pour b&#226;tir finalement un &#201;tat d&#233;mocratique et assurant la satisfaction des besoins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape de cette r&#233;volution (lib&#233;rale) est &#224; notre port&#233;e : s'opposer &#224; la faction corrompue de Zuma compos&#233;e d'un noyau de politiciens, de g&#233;rants d'agences para-&#233;tatiques ainsi que de partenaires en pillage priv&#233;-public. L'appareil client&#233;liste pourrait bien tomber lentement, car Zuma va s'opposer aux conclusions du rapport sur &#171; la captation de l'&#201;tat &#187; et une commission officielle l&#233;thargique sera nomm&#233;e pour enqu&#234;ter plus &#224; fond sur les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;tape suivante, les protestations nombreuses en cours des partis d'opposition, des &#233;tudiants, des quartiers et des travailleurs restent &#224; l'horizon alors que la poussi&#232;re politique ne va pas retomber. La p&#233;riode &#224; venir permettra d'abord de savoir si les lib&#233;raux et leurs alli&#233;s se battant au nom de Gordhan et pour la cause anti-corruption peuvent battre Zuma, le ma&#238;tre en politique de survie nationaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi important, nous apprendrons quelles sont les pressions &#224; partir d'en bas qui peuvent &#234;tre mobilis&#233;es pour provoquer un changement de r&#233;gime non violent en faveur d'un budget post-Zupta (Zuma et Gupta), post-n&#233;olib&#233;ral, la prochaine fois que Gordhan le pr&#233;sentera au Parlement, en f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|1| Pravin Gordhan a &#233;t&#233; membre du Parti communiste d'Afrique du Sud jusqu'en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|2| Julius Malema &#233;tait &#224; la t&#234;te des jeunesses de l'ANC entre 2008 et 2012, avant de rompre et de cr&#233;er le parti Economic Freedom Fighters (Combattants pour la libert&#233; &#233;conomique, EFF) en 2013, avec d'anciens membres de l'ANC. Il revendique l'expropriation des terres et la nationalisation des mines sans compensation, demande que l'Afrique du Sud soit rebaptis&#233; &#171; Azanie &#187; et que l'hymne national soit modifi&#233;, que l'architecture des b&#226;timents soit revue et adapt&#233;e pour refl&#233;ter l'histoire de la lutte contre le colonialisme. Dans son programme pour les &#233;lections municipales de 2016, il a demand&#233; en outre qu'une quarantaine de villes de la province du Cap occidental soient rebaptis&#233;es. Julius Malema a lanc&#233; en avril 2015 un appel &#224; d&#233;truire tous les monuments et statues li&#233;s &#224; l'histoire des blancs. EEF a obtenur 6,35 % des suffrages aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales de 2014 et 25 d&#233;put&#233;s. Aux &#233;lections municipales de 2016 il a obtenu 8,31 % des voix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|3| NUMSA, qui a &#233;t&#233; expuls&#233; de la centrale syndicale COSATU en 2014 pour avoir refus&#233; de financer l'ANC et le Parti communiste sud-africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;|4| La campagne Fees Must Fall (&#171; les frais d'inscriptions doivent baisser &#187;), lanc&#233;e en octobre 2015 par les &#233;tudiants et les salari&#233;s de l'universit&#233; du Witwatersrand &#224; Johannesburg, une des plus prestigieuses du pays, est rapidement devenue un mouvement national et a remport&#233; une premi&#232;re victoire en mettant fin &#224; l'externalisation, une pratique d'exploitation et d'exclusion, et en obtenant la gratuit&#233; de l'enseignement. Mais les suites budg&#233;taires de cette victoire n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es. Cf. Noor Nieftagodien, La victoire des &#233;tudiants et des travailleurs pr&#233;caires ne met pas fin &#224; la lutte, Inprecor n&#176; 623 de janvier 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Bond enseigne &#224; la Witwatersrand University School of Governance &#224; Johannesburg. Il est &#233;galement directeur du Centre for Civil Society &#224; l'Universit&#233; KwaZulu-Natal &#224; Durban. Son dernier ouvrage (avec Ana Garcia) s'intitule BRICS, An Anti-Capitalist Critique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Afrique du Sud. La d&#233;b&#226;cle de Jacob Zuma r&#233;v&#232;le le d&#233;nuement et la corruption</title>
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		<dc:date>2016-11-22T07:17:01Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;Il est possible que l'on se souvienne de cette semaine [31 octobre-6 novembre 2016] comme le tournant le plus important en Afrique du Sud depuis que l'African National Congress (ANC) a &#233;vinc&#233; le pr&#233;sident Thabo Mbeki, membre de ce parti, en septembre 2008. Le principal tourment de ce dernier &#233;tait alors Jacob Zuma qui, depuis mai 2009 &#8211; suite &#224; une br&#232;ve p&#233;riode transitoire &#8211;, gouverne le pays d'une fa&#231;on toujours plus discutable. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; du site de &#192; l'encontre. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreuses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Afrique-" rel="directory"&gt;Afrique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-du-Sud-+" rel="tag"&gt;Afrique du Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Afrique-208-+" rel="tag"&gt;Afrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2016-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2016-11-22&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH74/arton28704-35d62.jpg?1781068619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='74' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est possible que l'on se souvienne de cette semaine [31 octobre-6 novembre 2016] comme le tournant le plus important en Afrique du Sud depuis que l'African National Congress (ANC) a &#233;vinc&#233; le pr&#233;sident Thabo Mbeki, membre de ce parti, en septembre 2008. Le principal tourment de ce dernier &#233;tait alors Jacob Zuma qui, depuis mai 2009 &#8211; suite &#224; une br&#232;ve p&#233;riode transitoire &#8211;, gouverne le pays d'une fa&#231;on toujours plus discutable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/afrique/afrique-du-sud/afrique-du-sud-la-debacle-de-jacob-zuma-revele-le-denuement-et-la-corruption.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de &#192; l'encontre&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreuses contradictions explosent toutefois au visage de Zuma. Des opposants politiques de tout le spectre&#8211; depuis les &#233;tudiant&#183;e&#183;s universitaires jusqu'&#224; l'establishment de son propre parti &#8211; sentent l'odeur du sang &#224; mesure que le fameux syst&#232;me client&#233;laire de Zuma, apparemment en lambeaux, est expos&#233; au regard de tous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma vient juste de faire face &#224; deux importantes d&#233;faites l&#233;gales : 1&#176; une attaque h&#233;sitante de l'Etat contre Pravin Gordhan, le ministre des finances, qui a &#233;t&#233; r&#233;voqu&#233; de mani&#232;re humiliante par un procureur incomp&#233;tent lundi [31 octobre] &#224; la suite d'un toll&#233; national ; 2&#176; cela suivi, mercredi [2 novembre], par la publication par le Minist&#232;re public du rapport &#171; sur la captation de l'Etat &#187; portant sur les relations corrompues de la famille de Zuma, un rapport que le pr&#233;sident et deux autres ministres ont vainement tent&#233; d'&#233;touffer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Zuma perd son emprise politique alors que les lib&#233;raux et les radicaux prennent de l'&#233;lan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant que Zuma tentait de gagner du temps, les grondements &#224; la base se faisaient toujours plus forts. Mercredi [2 novembre], le parti de gauche Economic Freedom Fighters (EFF) et le parti de centre droit Democratic Alliance (DA) ont tous deux organis&#233; des manifestations contre Zuma dans la capitale, Pretoria, au cours desquelles Julius Malema [&#224; la t&#234;te des jeunesses de l'ANC entre 2008 et 2012, avant de rompre], le dirigeant des EFF, s'est clairement distanci&#233; d'un troisi&#232;me &#233;v&#233;nement : une r&#233;union plac&#233;e sous le slogan de &#171; Sauver l'Afrique du Sud &#187; qui se tenait dans la cath&#233;drale anglicane, situ&#233;e &#224; proximit&#233;, en pr&#233;sence d'un grand nombre de notables de la soci&#233;t&#233; civile et du grand capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malema s'est exprim&#233; ainsi devant une foule de plusieurs milliers de personnes : &#171; Un PDG va parler dans la petite &#233;glise, l&#224;-bas, et non sur la place de l'Eglise. Laissons-les parler l&#224;-bas. Les petites &#233;glises sont faites pour les PDG. Seuls les EFF ont le pouvoir de faire s'effondrer l'ANC. &#187; La menace de militants des EFF se dirigeant vers les bureaux de Zuma dans les locaux de l'Union Buildings de Pretoria a &#233;t&#233; &#233;vit&#233;e gr&#226;ce &#224; la police. Les manifestants portant des t-shirts rouges se sont toutefois r&#233;pandus dans une bonne partie du quartier des affaires au centre de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la publication du rapport de 355 pages sur &#171; la captation de l'Etat &#187;, l'adjoint de Malema, Floyd Shivambu, a &#233;crit l'analyse la plus compl&#232;te sur l'influence des fr&#232;res Gupta [une famille d'origine indienne &#224; la t&#234;te d'un empire &#233;conomique et en relations avec Zuma]. Les EFF font r&#233;guli&#232;rement r&#233;f&#233;rence au r&#233;seau liant l'Etat et les capitalistes de connivence (cronies) de la famille Gupta par le terme suivant : &#171; Zuptas &#187;, soit une contraction de Zuma et de Gupta. L'influence de cette famille s'&#233;tend aux mass media (ils poss&#232;dent un journal et un r&#233;seau de t&#233;l&#233;vision), aux mines, en particulier au travers de liens controvers&#233;s avec l'entreprise para-&#233;tatique Eskom [compagnie d'&#233;lectricit&#233;, parmi les dix plus importantes au monde] et de son manager principal, ainsi qu'aupr&#232;s de dirigeants locaux de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autres secteurs du prol&#233;tariat entrent en &#233;bullition. L'un des trois plus importants syndicats qui soutient encore Zuma, celui des infirmi&#232;res &#8211; comptant plus de 200'000 membres et appartenant &#224; la m&#234;me f&#233;d&#233;ration que les enseignant&#183;e&#183;s et les mineurs qui &#233;tait le principal soutien du monde du travail &#224; Zuma &#8211;, a annonc&#233; mardi [1er novembre] qu'il voulait d&#233;sormais que le pr&#233;sident d&#233;missionne. Le plus grand syndicat, celui des m&#233;tallurgistes [NUMSA, qui a &#233;t&#233; expuls&#233; de la centrale syndicale COSATU en 2014], exigeait la m&#234;me chose fin 2013. Plus r&#233;cemment, cette opinion a &#233;t&#233; exprim&#233;e par un grand nombre de dirigeants importants de l'ANC, ainsi que par ce qui semble &#234;tre l'ensemble de la soci&#233;t&#233; civile du centre gauche et centriste tout comme des commentateurs des m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma, &#226;g&#233; de 74 ans, ancien gu&#233;rillero sans formation formelle, est un g&#233;nie non seulement lorsqu'il s'agit de maintenir une flexibilit&#233; id&#233;ologique consistant &#224; &#171; parler gauche &#187; et &#224; aller vers la droite, mais aussi lorsqu'il s'agit de conserver la loyaut&#233; de son &#171; groupe ethnique &#187; zoulou ainsi qu'avec les provinces de l'est et du nord (KwaZulu-Natal, Mpumalanga, Free State, North West et Limpopo). Bien que lors des &#233;lections municipales d'ao&#251;t l'ANC ait perdu 8% des voix par rapport &#224; 2011, elle a remport&#233; largement les &#233;lections dans ces r&#233;gions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois depuis la lib&#233;ration [de l'apartheid], l'ANC a d&#251; c&#233;der le pouvoir dans les c&#339;urs &#233;conomiques que repr&#233;sentent Johannesburg, Pretoria ainsi que la cinqui&#232;me ville du pays, Nelson Mandela Bay (Port Elizabeth), face &#224; ce qui sera sans doute une alliance passag&#232;re droite-gauche entre la DA et les EFF. La deuxi&#232;me ville, Cape Town, est dirig&#233;e par la DA depuis 2006, alors que la troisi&#232;me, Durban, est un bastion s&#251;r pro-Zuma. Un immense bras de levier client&#233;laire a &#233;t&#233; perdu pour l'ANC avec la perte de ces trois zones m&#233;tropolitaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zuma est lui-m&#234;me est &#224; nouveau malmen&#233; suite aux 783 actes d'accusation pour corruption port&#233;s contre lui lors d'un accord militaire avec la France &#224; la fin de la d&#233;cennie 1990. Le tristement c&#233;l&#232;bre accord sur l'achat d'armes porte atteinte &#224; la mystique de l'ANC sur la lib&#233;ration, y compris sous le gouvernement Mandela entre 1994 et 1999. En 2005, suite &#224; l'emprisonnement d'un proche pour les m&#234;mes chefs d'accusation, Zuma a &#233;t&#233; d&#233;mis de ses fonctions d'adjoint au pr&#233;sident Mbeki. Il a ensuite &#233;t&#233; acquitt&#233; en 2006 lors d'un proc&#232;s retentissant pour viol. La victime, Fezikile Kuzwayo, s&#233;ropositive &#8211; fille d'un ancien gu&#233;rillero de l'ANC proche de la famille de Zuma &#8211;, est d&#233;c&#233;d&#233;e &#224; Durban le mois pass&#233;. Ce fut l'occasion de faire resurgir la misogynie de Zuma. Zuma, qui a quatre &#233;pouses et plus de vingt enfants, a pr&#233;tendu lors du proc&#232;s que &#171; dans la culture zouloue, on n'abandonne pas une femme &#187;. Une affirmation qui a &#233;t&#233; &#233;loquemment r&#233;fut&#233;e (&lt;a href=&#034;http://mg.co.za/article/2016-08-10-the-khanga-womanhood-and-how-zumas-2006-rape-trial-changed-its-meaning&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://mg.co.za/article/2016-08-10-the-khanga-womanhood-and-how-zumas-2006-rape-trial-changed-its-meaning&lt;/a&gt;) par Kuzawayo alors qu'elle fut contrainte &#224; l'exil plusieurs ann&#233;es par les partisans de Zuma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; maintenant, Zuma est parvenu &#224; maintenir les tendances dissidentes sous le grand toit politique de l'ANC, en partie gr&#226;ce &#224; une utilisation habile de son syst&#232;me de parrainage politique au service d'une strat&#233;gie de diviser pour mieux r&#233;gner. L'heure de v&#233;rit&#233; est cependant arriv&#233;e. En effet, ainsi que le r&#233;v&#232;le le rapport sur la &#171; captation de l'Etat &#187;, la famille Gupta &#8211; trois fr&#232;res immigr&#233;s d'Inde qui sont devenus des magnats ostensibles au cours des deux derni&#232;res d&#233;cennies &#8211; a remport&#233; des contrats massifs aupr&#232;s de l'Etat. Et cela parce qu'ils utilisent des pots-de-vin pour devenir encore plus riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mcebisi Jonas, l'adjoint respect&#233; au ministre des finances, a par exemple accus&#233; les Gupta d'avoir voulu lui offrir 45 millions de dollars &#8211; il y a un an &#8211; s'il avait accept&#233; de devenir ministre des Finances gr&#226;ce &#224; un putsch informel parce que son chef d'alors, Nhlanhla Nene, regimbait face &#224; des contrats favorables &#224; la cour de Zuma portant sur l'achat d'avions et sur le nucl&#233;aire. Suite au refus &#233;nergique de Jonas, Nene fut cong&#233;di&#233; et son poste attribu&#233; &#224; un ing&#233;nu politique, David van Rooyen. Ce fut un choc pour le pays en d&#233;cembre 2015. Quatre jours plus tard, au milieu d'une d&#233;valuation du rand, le monde des affaires se souleva, sous l'impulsion de trois banquiers blancs, et contraint Zuma &#224; &#233;carter le malheureux van Rooyen, d&#233;plac&#233; au minist&#232;re de la Gouvernance coop&#233;rative et des affaires traditionnelles. Gordhan, qui avait occup&#233; le poste de ministre des Finances entre 2009 et 2014, pour le plus grand plaisir du monde des affaires, a pris sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La position de Gordhan est toutefois devenue de plus en plus intenable tout au long de l'ann&#233;e 2016 en raison du ralentissement &#233;conomique, ainsi que des tentatives r&#233;p&#233;t&#233;es des alli&#233;s de Zuma de le poursuivre pour ce qui semble &#234;tre soit des affirmations absurdes, soit des m&#233;faits relativement mineurs lorsqu'il se trouvait &#224; la t&#234;te de l'autorit&#233; fiscale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que le pays &#233;vite tout juste la r&#233;cession, les man&#339;uvres budg&#233;taires de Gordhan pour 2016 ont &#233;t&#233; &#233;galement compliqu&#233;es par une contestation populaire croissante &#8211; men&#233;e en particulier par les &#233;tudiant&#183;e&#183;s universitaires qui exigeaient environ 2 milliards de dollars de nouveaux investissements pour r&#233;aliser une &#171; &#233;ducation sup&#233;rieure de qualit&#233;, d&#233;colonis&#233;e et libre &#187;, lors de la campagne #FeesMustFall [il faut faire tomber les taxes d'&#233;tudes]. A cela s'ajoutait la col&#232;re des communaut&#233;s noires face &#224; l'absence de services municipaux dignes de ce nom. La menace d'une notation &#224; la baisse des obligations pourries couronnait le tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menaces sur la notation des taux de cr&#233;dit et revendications &#233;tudiantes&lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dirigeants locaux de trois agences de notation &#8211; Moody's, Fitch et Standard&amp;Poor's &#8211; mena&#231;aient depuis longtemps de d&#233;grader la notation des obligations pourries. Alors que Gordhan a fait tout son possible pour les apaiser ainsi que les financiers qui se trouvent derri&#232;res elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est clair que ces trois agences se sont souvent tromp&#233;es spectaculairement (par exemple avec une note AAA pour Lehman Brothers et l'assurance IAG en 2008) et sont manifestement tendancieuses en s'alignant sur les pr&#233;jug&#233;s des banques occidentales. Ainsi, l'alliance &#233;conomique du Br&#233;sil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine et de l'Afrique du Sud [lesdits BRICS] a plaid&#233;, lors de sa r&#233;union &#224; Goa le mois dernier, en faveur de l'introduction de leur propre agence de notation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites financi&#232;res n&#233;olib&#233;rales &#224; la t&#234;te de la machinerie des BRICS garantissent, cependant, que les termes sur lesquels reposerait une telle agence seraient fortement &#171; orient&#233;s vers le march&#233; &#187;, &#224; l'instar de la Nouvelle banque de d&#233;veloppement des BRICS [fond&#233;e en juillet 2014] et du Contingent Reserve Arrangement [mis en place en 2015], qu'il n'y aura en toute logique aucune diff&#233;rence avec les institutions existantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'instar du Br&#233;sil et de la Russie qui ont &#233;galement re&#231;u un junk status [soit un rang &#171; d'obligation pourrie &#187;, BBB], l'Afrique du Sud verse un taux d'int&#233;r&#234;t de 9% sur sa dette &#233;trang&#232;re qui atteint d&#233;sormais un seuil dangereusement &#233;lev&#233; de 135 milliards de dollars, ce qui indique que les &#171; march&#233;s &#187; consid&#232;rent d&#233;j&#224;, de facto, que l'Afrique du Sud est r&#233;duite &#224; un junk status.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 octobre, ayant fortement &#224; l'esprit ces trois agences, Gordhan a d&#233;voil&#233; son dernier budget devant le Parlement. Au m&#234;me moment, 16 des 25 universit&#233;s du pays &#233;taient contraintes de fermer temporairement sous la pression des &#233;tudiant&#183;e&#183;s contestataires, dans leur tentative de faire monter la pression &#224; l'&#233;chelle nationale sur le gouvernement. Bien que le mouvement f&#251;t courageux &#8211; et alors m&#234;me que 600 &#233;tudiant&#183;e&#183;s furent arr&#234;t&#233;s &#8211; et qu'une perte de 80 millions de dollars soit enregistr&#233;e, ni Zuma ni Gordhan n'ont c&#233;d&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce m&#234;me 25 octobre, plusieurs milliers d'&#233;tudiant&#183;e&#183;s en col&#232;re ont rencontr&#233; Gordhan pour une discussion devant le Parlement avant son discours sur le budget. Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; attaqu&#233;s par la police, ils ont commenc&#233; &#224; manifester avec force dans le centre de Cape Town. Leur c&#339;ur a &#233;t&#233; bris&#233;, apr&#232;s plus d'un an de d&#233;bats et de mobilisations &#233;tudiantes intenses, par la d&#233;cision de Gordhan de n'allouer que 420 millions dollars suppl&#233;mentaires au syst&#232;me universitaire. Cela en tenant compte de la situation h&#233;rit&#233;e : c'est-&#224;-dire des universit&#233;s sous-financ&#233;es telles que les avait laiss&#233;es le pr&#233;d&#233;cesseur de Gordhan, le fameux n&#233;olib&#233;ral Trevor Manuel. Il travaille d&#233;sormais pour la banque Rothschild. Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s ont &#233;t&#233; en outre exc&#233;d&#233;s par une nouvelle r&#233;pression polici&#232;re brutale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;tudiant&#183;e&#183;s n'auraient toutefois pas d&#251; &#234;tre surpris. Gordhan, en effet, avait signal&#233; le 5 octobre une politique visant &#224; diviser pour r&#233;gner dans un entretien &#224; New York lors de sa derni&#232;re tourn&#233;e &#224; la recherche d'investisseurs : &#171; Nous avons une solution qui permettra de combler les besoins des &#233;tudiants pauvres, ainsi que pour le pr&#233;tendu cha&#238;non manquant. Il est important que les &#233;tudiants, qui comprennent les calculs, qui comprennent les compromis, saisissent que nous devons, d'un c&#244;t&#233;, subventionner les taxes d'&#233;tudes et, de l'autre, contribuer &#224; financer pour le bien-&#234;tre, le logement et la sant&#233; ; ils doivent participer &#224; une discussion constructive. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A travers l'ensemble de l'Afrique du Sud, #FeesMustFall rejetait deux semaines plus t&#244;t cette &#171; solution &#187; lorsqu'elle a &#233;t&#233; propos&#233;e par Blade Nzimande, le ministre de l'Education sup&#233;rieure, &#233;galement dirigeant du Parti communiste d'Afrique du Sud. Ils comprennent bien que les subventions &#233;tatiques fournissaient 50% des revenus des universit&#233;s en 2000, mais qu'elles ont constamment chut&#233; pour atteindre actuellement 40%. Donc les &#233;tudiant&#183;e&#183;s doivent combler la plus grande partie de ce qui manque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 octobre, Gordhan leur a dit une fois de plus d'emprunter plus [emprunt par les &#233;tudiants] &#8211; il a offert 670 millions de dollars, afin de payer l'&#233;ducation pr&#233;gradu&#233;e [qui pr&#233;c&#232;de l'obtention du bachelor]. Le tr&#232;s faible taux de remboursement du National Student Financial Aid Scheme (1,5 milliard dollars sur une dette de 1,8 milliard reste non pay&#233;) refl&#232;te la fa&#231;on dont cette strat&#233;gie fonctionne. L'accroissement d'une dette des m&#233;nages n'est qu'un &#171; secours &#187; &#224; court terme, ainsi que le d&#233;montre le pourcentage des emprunteurs d&#233;sign&#233;s par le National Credit Regulator comme appartenant &#224; la cat&#233;gorie des &#171; cr&#233;dits douteux &#187; : il se situe toujours dans la zone insoutenable de 45%, &#224; peine plus bas que le record de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est, en outre, important de signaler qu'un rapport r&#233;alis&#233; par la commission Nzimande 2012-13 sur une &#233;ducation sans taxes a &#233;t&#233; dissimul&#233; avant que ses conclusions n'aient fuit&#233; en 2015. Le porte-parole de Nzimande, Khaye Nkwanyana, expliquait : &#171; Il s'agit d'un document public, mais en raison de la nature du rapport, nous avons d&#233;cid&#233; de ne pas le rendre public. Il est &#233;vident que nous aurions plac&#233; le ministre des Finances [Gordhan] dans une situation d'affrontement avec le public si cette d&#233;cision et ce rapport avaient &#233;t&#233; diffus&#233;s. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le travers n&#233;olib&#233;ral de Gordhan&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix op&#233;r&#233;s par Gordhan le mois dernier le situent n&#233;cessairement en opposition avec la population. Son budget de f&#233;vrier, par exemple, ne pr&#233;voyait qu'une augmentation nominale de 3,5% pour les familles d'accueil (qui jouent un r&#244;le vital &#233;tant donn&#233; le taux &#233;lev&#233; d'orphelins en raison du sida), ainsi qu'une augmentation de 6,1% pour les m&#232;res de plusieurs millions de b&#233;n&#233;ficiaires du Child Support Grant. Alors que les allocations de retraites n'augmentent pas, alors que l'augmentation de 0,75$ par mois &#8211; pour atteindre le montant symbolique de 27$ par mois &#8211; n'aboutit &#224; une augmentation des allocations pour les enfants que de 7,5%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, l'inflation qui frappe les pauvres d&#233;passera sans doute 10%, en raison d'une augmentation de 15% du prix des aliments de base, d'une augmentation de 9,4% de la facture d'&#233;lectricit&#233; (Eskom), ainsi que des d&#233;penses suppl&#233;mentaires pour les transports. Refl&#233;tant l'&#233;cart entre la conscience de Pretoria et la faim de la soci&#233;t&#233;, le taux de pauvret&#233; (face &#224; l'achat de nourriture et pour satisfaire les besoins de base) atteint d&#233;sormais un taux insoutenable de 63%. Toutefois, l'Afrique du Sud figure parmi les cinq pays qui consacrent les budgets les plus faibles en mati&#232;res sociales parmi les 40 plus importantes &#233;conomies du monde (la moiti&#233; de ce que d&#233;pensent la Russie et le Br&#233;sil).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au lieu de cibler les d&#233;penses sociales, Gordhan aurait pu indiquer les 17,3 milliards dollars annuels de surfacturation dans le budget de 45 milliards g&#233;r&#233; par le Tr&#233;sor. Le responsable du contr&#244;le des achats aupr&#232;s du Tr&#233;sor, Kenneth Brown, a reconnu r&#233;cemment que &#171; sans d&#233;penser un centime de plus, le gouvernement peut augmenter ses entr&#233;es de 30-40%. C'est l&#224; que se trouve en r&#233;alit&#233; la v&#233;ritable fuite dans le syst&#232;me. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi un tel gaspillage se poursuit-il depuis si longtemps ? Gordhan admet lui-m&#234;me que le Tr&#233;sor est encore confondu par une recherche syst&#233;matique de rentes de la part de l'ANC : &#171; Cela signifie qu'&#224; chaque fois que je veux faire quelque chose, je d&#233;clare que cela fait partie d'une transformation. Cela signifie dans le m&#234;me temps que je donne des contrats &#224; mes potes qui se trouvent dans les placards &#187; (le &#171; je &#187; et le &#171; mes &#187; font r&#233;f&#233;rence &#224; la faction Zupta).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve toutefois d'autres copains cach&#233;s dans d'autres placards. Ces derniers encensent habituellement le n&#233;olib&#233;ralisme du Tr&#233;sor : le 1% des plus riches d'Afrique du Sud dont la trajectoire est exceptionnelle depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990, ainsi que l'indique un rapport de la Banque mondiale publi&#233; le mois pass&#233;. Les politiques &#233;conomiques de l'apr&#232;s-apartheid ont port&#233; la part qu'ils occupent dans le revenu total (en dehors des gains en capitaux) de 10-12% en 1990-1994 &#224; 18-20% depuis 2009, un chiffre presque sans pr&#233;c&#233;dent dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut y ajouter les hommes (pour la plupart) qui placent ill&#233;galement leurs biens &#224; l'&#233;tranger. En plus des 11 milliards de dollars de b&#233;n&#233;fices nets, de dividendes et de paiements d'int&#233;r&#234;ts qui quittent le pays &#8211; la principale raison qui explique que le d&#233;ficit en devises actuel de l'Afrique du Sud atteint r&#233;guli&#232;rement 5% du PIB &#8211; il y a 21 milliards dollars en moyenne annuelle de &#171; flux financiers ill&#233;gaux &#187; (selon l'estimation du Global Financial Integrity pour la derni&#232;re d&#233;cennie).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette menace va perdurer &#224; moins que le Tr&#233;sor et la Banque centrale ne l'emp&#234;chent en renfor&#231;ant le contr&#244;le sur les transferts de capitaux. Ils ne le feront pas. Sans que cela suscite de tensions avec des r&#233;gulations &#233;tatiques quelconques, une &#233;vasion fiscale flagrante est r&#233;alis&#233;e par les plus grandes compagnies de platine, en particulier Lonmin avec sa branche &#171; marketing &#187;, De Beers avec ses fausses factures pour 2,8 milliards dollars sur sept ans, ainsi que le d&#233;tournement des b&#233;n&#233;fices en provenance de plusieurs pays d'Afrique vers l'&#238;le Maurice de l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phones portables MTN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le d&#233;fi de la soci&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ministre des Finances fort et engag&#233; attaquerait de telles d&#233;pravations afin de trouver les fonds n&#233;cessaires pour &#233;liminer les privations de la soci&#233;t&#233;. D&#232;s lors que Gordhan a &#233;chou&#233;, la soci&#233;t&#233; s'interrogera-t-elle sur la modification du rapport de forces n&#233;cessaire pour b&#226;tir finalement un Etat d&#233;mocratique et assurant la satisfaction des besoins ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re &#233;tape de cette r&#233;volution (lib&#233;rale) est &#224; notre port&#233;e : s'opposer &#224; la faction corrompue de Zuma compos&#233;e d'un noyau de politiciens, de g&#233;rants d'agences para-&#233;tatiques ainsi que de partenaires en chapardage priv&#233;-public. L'appareil client&#233;laire pourrait bien tomber lentement, car Zuma va d&#233;fier les conclusions du rapport sur &#171; la captation de l'Etat &#187; et une commission officielle paresseuse sera nomm&#233;e pour enqu&#234;ter plus &#224; fond sur les d&#233;tails.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'&#233;tape suivante, les protestations nombreuses en cours des partis d'opposition, des &#233;tudiant&#183;e&#183;s, des quartiers et des travailleurs restent &#224; l'horizon alors que la poussi&#232;re politique ne va pas retomber. La p&#233;riode &#224; venir clarifiera non seulement la question de savoir si les lib&#233;raux et leurs alli&#233;s se battant au nom de Gordhan et en faveur de la cause anti-corruption peuvent battre le ma&#238;tre de la politique de survie nationaliste, Zuma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout aussi important, nous apprendrons quelles sont les pressions &#224; partir d'en bas qui peuvent &#234;tre mobilis&#233;es pour provoquer un changement de r&#233;gime non-violent en faveur d'un budget post-Zupta, post-n&#233;olib&#233;ral lorsque la prochaine fois Gordhan le pr&#233;sentera au parlement, en f&#233;vrier 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 4 novembre sur le site CounterPunch.org. Traduction A l'Encontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Patrick Bond enseigne &#224; la Wits University School of Governance &#224; Johannesburg. Il est &#233;galement directeur du Centre for Civil Society &#224; l'Universit&#233; KwaZulu-Natal &#224; Durban. Son dernier ouvrage s'intitule BRICS : An Anti-Capitalist Critique (co-edited with Ana Garcia).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la rubrique &#171; Afrique du Sud &#187; du site &lt;a href=&#034;http://www.alencontre.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.alencontre.org&lt;/a&gt;, plusieurs articles du m&#234;me auteur ont &#233;t&#233; traduits offrant une vision d'ensemble de la situation sociale, &#233;conomique et &#233;cologique du pays, au m&#234;me titre que la traduction d'un article sur la vague x&#233;nophobe qui a travers&#233; le pays en 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'aust&#233;rit&#233; avance un peu plus dans une Afrique du Sud fragilis&#233;e</title>
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		<dc:date>2016-05-03T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Bond </dc:creator>


		<dc:subject>Afrique du Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Afrique</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2016-05-03</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Patrick Bond, The Bullet, 28 mars 2016. P. Bond est directeur de l'Universit&#233; du Centre KwaZulu-Natal pour la soci&#233;t&#233; civile. Il est aussi professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; du Witwatersrand. &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr, &lt;br class='autobr' /&gt; Un clivage s'est ouvert au sein de l'&#233;lite politique de Pr&#233;toria. Il divise ceux qui ont travaill&#233; ensemble aux temps sombres de l'espionnage &#224; Durban durant les ann&#233;es quatre-vingt au cours de la lutte contre l'apartheid. Parmi les victimes se trouvent un grand nombre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton26256-38710.jpg?1781068619' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Patrick Bond, The Bullet, 28 mars 2016. &lt;br class='autobr' /&gt;
P. Bond est directeur de l'Universit&#233; du Centre KwaZulu-Natal pour la soci&#233;t&#233; civile. Il est aussi professeur d'&#233;conomie &#224; l'Universit&#233; du Witwatersrand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr,&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un clivage s'est ouvert au sein de l'&#233;lite politique de Pr&#233;toria. Il divise ceux qui ont travaill&#233; ensemble aux temps sombres de l'espionnage &#224; Durban durant les ann&#233;es quatre-vingt au cours de la lutte contre l'apartheid. Parmi les victimes se trouvent un grand nombre de gens pauvres qui portent le plus gros des divers soubresauts qui arrivent en ce moment, fruit de la confrontation entre les deux politiciens les plus puissants du 21i&#232;me si&#232;cle, le Pr&#233;sident Jacob Zuma et son pr&#233;d&#233;cesseur, Thabo Mbeki. Cet affrontement a commenc&#233; en 2005 quand M. Mbeki a cong&#233;di&#233; celui qui &#233;tait alors vice-pr&#233;sident, J. Zuma pour cause de condamnation pour corruption d'un de ses associ&#233;s de longue date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de leur rivalit&#233; arrive &#224; un moment de grande intensit&#233; (dans la vie politique) en Afrique du Sud. La contestation des &#233;tudiants-es, des travailleurs-euses, et des citoyens-nes s'est intensifi&#233;e le mois dernier apr&#232;s les vacances d'&#233;t&#233; de d&#233;cembre et janvier. La valeur de la monnaie a diminu&#233; de 30% au cours de la derni&#232;re ann&#233;e, apr&#232;s avoir subit plusieurs attaques. Les financiers-&#232;res du pays et la frange sup&#233;rieure de la classe moyenne n'ont eut que des commentaires positifs envers le ministre des finances, M. Pravin Gordham qui a maintenu un bas niveau d'aust&#233;rit&#233; ; on a applaudit sa performance. On s'attend toutefois &#224; ce que les agences internationales de notation serve bient&#244;t une bien mauvaise note au pays ce qui entrainerait une fuite des capitaux ; c'est une menace &#233;conomique directe &#224; la faction au pouvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des divisions dans le parti au pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre des finances est lui-m&#234;me sous pressions politiques grandissantes. Sa pr&#233;paration du discours du budget a &#233;t&#233; interrompue par des all&#233;gations &#224; son sujet. Il aurait &#171; mont&#233; &#187; une unit&#233; ill&#233;gale alors qu'il dirigeait l'Agence du revenu pour espionner M. Zuma. Ceux et celles qui sont au centre du parti au pouvoir et demeurent loyaux-ales &#224; J. Zuma craignent maintenant que ce qui arrive &#224; M. Gordhan n'affaiblisse encore plus l'&#233;conomie malade du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour encore empirer les choses, M. Zuma, ancien dirigeant de l'ANC, commandait une unit&#233; d'espionnage durant la guerre de lib&#233;ration. &#192; cette &#233;poque M. Gordham faisait parti de ses plus importants fid&#232;les &#224; Durban. M. Zuma a d&#251; se d&#233;fendre en cour la semaine derni&#232;re contre des all&#233;gations port&#233;es contre ses alli&#233;s espions qui font maintenant parti de la s&#233;curit&#233; de l'&#201;tat. En avril 2009, tout juste avant qu'il ne soit &#233;lu Pr&#233;sident, M. Zuma allait faire face &#224; 783 chefs d'accusation pour corruption. L'affaire est tomb&#233;e quand des sources anonymes ont publi&#233; des transcriptions de conversations t&#233;l&#233;phoniques enregistr&#233;es entre le principal enqu&#234;teur sur les crimes de M. Mbeki, M. Leonard McCarthy et M. Bulelani Ngcuka l'enqu&#234;teur pr&#233;c&#233;dent et conjoint du vice-pr&#233;sident de M. Mbeki.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas jusqu'&#224; quel point M. Mbeki savait et approuvait ces apparents arrangements et l'organisation dans le temps des attaques contre M. Zuma qui ont co&#239;ncid&#233; avec l'intention de M. Mbeki de solliciter un troisi&#232;me mandat &#224; la t&#234;te de l'ANC en 2007. Sa tentative a &#233;chou&#233;. M. Zuma a gagn&#233; cette &#233;lection sans &#233;quivoque. M. Mbeki a donc &#233;t&#233; renvoy&#233; &#224; la seule pr&#233;sidence du pays en septembre 2008 alors qu'il ne lui restait que 9 mois &#224; servir &#224; ce poste. Le Conseil ex&#233;cutif national de l'ANC &#233;tait furieux ; un juge de Durban venait tout juste d'affirmer que M. Zuma avait &#233;t&#233; victime d'une conspiration politique. C'est dans ce climat que M. Mbeki a &#233;chou&#233; dans sa tentative de servir un 3i&#232;me mandat &#224; la t&#234;te de l'ANC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le conspirateur principal, M. McCarthy, a imm&#233;diatement &#233;t&#233; d&#233;plac&#233; sans qu'il n'y ait eut plus d'enqu&#234;te &#224; son sujet. Il a &#233;t&#233; nomm&#233; vice pr&#233;sident &#224; l'int&#233;grit&#233; (sic) &#224; la Banque mondiale &#224; Washington avec l'aide d'un allier de M. Mbeki, son ministre des finances, M. Trevor Manuel. Comme M. MacCarthy l'a d&#233;clar&#233; il lui fallait un metteur en sc&#232;ne pour apparaitre au-dessus de tout soup&#231;on. On pensait que la Banque mondiale ne lui confierait pas d'enqu&#234;tes d&#233;licates. On ne cesse de nous le r&#233;p&#233;ter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ce temps, la corruption se r&#233;pandait comme un feu de brousse en Afrique du Sud. Dans un effort futile pour d&#233;cr&#233;dibiliser une accusation de trafic ill&#233;gal de cigarettes, les autorit&#233;s locales du revenu ont ridiculis&#233; les espions de M. Zuma et son fils Edward en 2011. Ces enqu&#234;tes seraient &#224; la source des r&#233;centes attaques contre M. Gordham qui, &#224; l'&#233;poque &#233;tait commissaire en chef du revenu avant de devenir ministre des finances en 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contagion sans pr&#233;c&#233;dent de ce que M. Zuma qualifie de &#171; comm&#233;rages et rumeurs &#187; au sein m&#234;me du c&#339;ur du r&#233;gime, menace la stabilit&#233; du pouvoir &#224; Pretoria. La loyaut&#233; de plusieurs individus importants a &#233;t&#233; test&#233;e. Il ne fait pas de doute que le caract&#232;re volatil de l'ANC a &#233;t&#233; amplifi&#233; au cours des deux semaines pr&#233;c&#233;dent le discours du budget de M. Gordham. Avant de prononcer son discours sur l'&#233;tat de la Nation, M. Zuma a finalement accept&#233; de rembourser environ 16 millions de subventions qu'il avait re&#231;us pour am&#233;liorer la situation de son village, Nkandlaii. Ce virage s'est produit apr&#232;s que M. Zuma ait oblig&#233; les parlementaires de l'ANC &#224; le soutenir dans son refus de &#171; remettre cet argent &#187; ce que les membres de l'opposition demandaient depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'aust&#233;rit&#233; et le plaisir des cr&#233;anciers de l'Afrique du Sud&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que la soci&#233;t&#233; tente de se tenir sur ses pieds politiques sur le Titanic qu'est devenu l'Afrique du sud, le navire &#233;conomique continue de tanguer dangereusement. Les march&#233;s financiers mondiaux sont venus perturber la valeur de la monnaie, empirer le PIB et provoquer une fuite des capitaux. Au lieu de se plier aux demandes des march&#233;s pour un budget &#224; moindre d&#233;ficit, (il a maintenu ses pr&#233;visions). Il a promis qu'il ne repr&#233;senterait que 2,4% du PIB en 2018 soit une baisse de 3,8%. M. Gordham a &#233;t&#233; imm&#233;diatement d&#233;savou&#233; : le Rand a perdu 3,2% &#224; peine quelques minutes apr&#232;s la fin de son discours au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il a quand m&#234;me ex&#233;cut&#233; ce que les financiers-&#232;res lui demandaient, soit augmenter l'aust&#233;rit&#233; qui avait commenc&#233; un an au paravent, du temps du ministre des finances, M. Nhlanhla Nene. Il a &#233;t&#233; cong&#233;di&#233; au cours d'un jeu grotesque de chaise musicale en d&#233;cembre qui a ramen&#233; M. Gordham &#224; la t&#234;te du minist&#232;re des finances. Il a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; de gauche mais son budget actuel n'augmente que de 3,5% la r&#233;mun&#233;ration des soignants-es qui jouent un r&#244;le fondamental aupr&#232;s des orphelins-es du Sida dont le nombre ne cesse d'augmenter et de 6,1% les allocations aux m&#232;res qui prennent soin d'enfants autres que les leurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces familles pauvres doivent assumer une inflation de plus de 10% cette ann&#233;e &#224; cause de l'augmentation des aliments, de l'&#233;lectricit&#233; et des transports. Les &#171; r&#233;elles &#187; coupes budg&#233;taires op&#233;r&#233;es par M. Gordham, s'ajoutent &#224; l'inflation : de plusieurs points de pourcentage &#224; l'aide sociale, elles vont diminuer les revenus de 16, 5 millions de b&#233;n&#233;ficiaires sur une population de 55 millions. Il leur faudra se serrer la ceinture encore un peu plus ; 63% des sud-africains, en grande majorit&#233; des femmes, vivent d&#233;j&#224; sous le seuil de pauvret&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pire est &#224; venir. La dette ext&#233;rieure de l'Afrique du sud a doubl&#233;e depuis 2009 pour se chiffrer &#224; 145 milliards de dollars. Le ratio entre la dette et le PIB a lui aussi doubl&#233; depuis les niveaux de la moiti&#233; des ann&#233;es quatre-vingt. Au c&#339;ur de cette augmentation de la vuln&#233;rabilit&#233;, ceux qui guident vraiment M. Gordham dans son travail appartiennent aux entreprises de notation Standard&amp;Poors, Fitch et Moodys et sont des financiers qui travaillent pour Goldman Sachs &#224; New-York. C'est cette banque qui s'est attaqu&#233; &#224; la monnaie sud-africaine le 11 janvier dernier. Elle a baiss&#233; sa valeur de 9% en 13 petites minutes de sp&#233;culation expresse peu apr&#232;s avoir d&#233;clar&#233; &#224; ses courtiers que ce d&#233;clin du rand &#233;tait le deuxi&#232;me plus agressif pari que la banque ait effectu&#233; en 2016, (apr&#232;s la mont&#233;e de la valeur du dollar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affreuse situation financi&#232;re du pays est beaucoup plus compliqu&#233;e que m&#234;me un esprit d&#233;rang&#233; ne peut l'imaginer. Il est utile de se rappeler qu'en 2009, quand le directeur du FMI de l'&#233;poque, D. Strauss-Kahn a plaid&#233; pour des d&#233;passements de budget pour emp&#234;cher une implosion du capitalisme mondial, l'agence Moodys a &#233;lev&#233; la cote de l'Afrique du sud de BBB+ &#224; A- parce que le ratio d&#233;ficit-PIB annonc&#233; cette ann&#233;e l&#224; par M. Gordham &#233;tait de 7,3%. (C'est ce genre d'appr&#233;ciation qui a conduit Moodys &#224; &#233;lev&#233; la note de Lehmnan Brothers au niveau de la &#171; cat&#233;gorie des bons investissements &#187; quelques jours avant qu'elle ne d&#233;clare faillite).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me si elles sont capricieuses, ces agences ont pouss&#233; M. Grodham &#224; obliger M. Zuma &#224; mettre les freins sur ses r&#234;ves de 100 milliards de dollar en &#233;nergie nucl&#233;aire et &#224; r&#233;sister aux intenses pressions de Moscou et de la Chine pour l'achat des r&#233;acteurs. Il faut donner cr&#233;dit &#224; M. Gordham de s'&#234;tre d&#233;barrass&#233; de cette roulette russe en transf&#233;rant le tout &#224; la ministre de l'&#233;nergie, Mme Tina Joemat-Pettersson pour que &#171; des travaux pr&#233;paratoires soient fait en rapport avec les investissements en &#233;nergie nucl&#233;aire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus concr&#232;tement, ce budget comporte une augmentation substantielle de 40 millions du financement de l'unit&#233; Public Order Policing, (POP) celle qui est responsable du massacre de Marikana pour lequel il n'y a eu aucune punition, au lieu de lui retirer des fonds et de la remplacer par des unit&#233;s form&#233;es pour faire face aux &#233;meutes. Par contre 500 millions ont &#233;t&#233; d&#233;duit du total des d&#233;penses de la d&#233;fense, des services de maintient de l'ordre public et de la s&#233;curit&#233;, par rapport aux pr&#233;visions que son pr&#233;d&#233;cesseur avaient pr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas de neutralit&#233; possible face aux &#233;nergies fossiles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est lorsque M. Gordham s'est vant&#233; de la plus importante d&#233;pense de l'&#201;tat, que les leaders de la communaut&#233; r&#233;sidentielle de Bluff en bord de mer &#224; Durban, sont devenus furieux. J'ai d&#233;j&#224; v&#233;cu dans ce quartier. Pour moi, l'apog&#233;e du jour du budget a &#233;t&#233; la r&#233;vision du carnage qu'il contenait avec l'Alliance de la communaut&#233; environnementale de Durban sud. Nous y avons pass&#233; deux heures apr&#232;s la fin du discours de M. Gordham. Nous &#233;tions install&#233;s dans le minable sous-sol du centre communautaire que M. Gordham a lui-m&#234;me fr&#233;quent&#233; quand il &#233;tait militant &#224; Durban. Nous &#233;tions 24 militants-es convaincus-es de toutes les races, toutes les classes, genres et &#226;ges &#224; nous &#233;chiner pour comprendre sa g&#233;n&#233;rosit&#233; envers l'entreprise para&#233;tatique Transnet et d'autres corporations g&#233;antes install&#233;es dans le complexe p&#233;trochimique du port. Ce sont les ennemis jur&#233;s des militants-es. &lt;br class='autobr' /&gt;
M. Gordham n'est pas le premier politicien &#224; &#234;tre accus&#233; de collusion avec la mafia de la construction. Beaucoup ont quand m&#234;me ferm&#233; les yeux sur cette situation qui a men&#233; &#224; des co&#251;ts au-del&#224; de la normale &#224; Durban. La r&#233;action actuelle vise Transnet et son d&#233;tournement raciste du trac&#233; de son ol&#233;oduc qui double les capacit&#233;s de pompage du p&#233;trole vers Johannesburg depuis les installations de Shell/BP &#224; Engen, le plus grand complexe de raffinage de l'Afrique. Au passage il enferme la banlieue indienne de Merebank entre ses bras. &#192; l'&#233;cole primaire Settlers, le taux d'asthme &#233;tait &#224; 52%, le plus &#233;lev&#233; au monde. La r&#233;vision des co&#251;ts de ce d&#233;veloppement ont &#233;t&#233; effectu&#233;e le mois dernier. Au point de d&#233;part, Transnet les &#233;valuaient &#224; 400 millions ; on parle maintenant de presque 2 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le ministre des finances a annonc&#233; une nouvelle d&#233;pense de 19 milliards de la part de l'&#201;tat &#171; dans le transport inter modal et la logistique des fonctions internet pour am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de l'Afrique du sud &#187;. Mais une grande partie de ces fonds sera gaspill&#233;e pour nourrir l'&#233;l&#233;phant blanc de M. Zuma, une infrastructure inutile centr&#233;e sur les &#233;nergies fossiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Durban sud, nous craignions ce que le Baltic Dry Index qui mesure les capacit&#233;s d'exportation, nous dit : il est au plus bas niveau de son histoire (apr&#232;s son point le plus haut en 2008). La demande s'est &#233;cras&#233;e, le prix des &#233;nergies fossiles est &#224; son plus bas ; c'est un gros nuage sur le projet de M. Gordham dont il nous dit que : &#171; le travail est commenc&#233; pour le d&#233;veloppement d'un nouveau terminal pour le gaz et le p&#233;trole et d'installations de r&#233;paration des navires &#224; Durban &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est assez ironique d'entendre ce discours imm&#233;diatement apr&#232;s qu'il ait dit tant de bien de l'accord de Paris et le tr&#232;s douteux engagement du pays &#224; lutter contre les changements climatiques. Il a ajout&#233; : &#171; Nous devons augmenter le rythme des investissements dans les infrastructures dans la p&#233;riode &#224; venir. Nous devons donc &#233;tendre le spectre et la vari&#233;t&#233; de nos ententes avec nos partenaires investisseurs du secteur priv&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait encore pire, il viole le sens commun en &#233;conomie et quant aux changements climatiques en se vantant du financement de Transnet &#224; titre de priorit&#233; absolue de la Commission pr&#233;sidentielle de coordination des projets d'infrastructures : le transport par rail de 18 milliards de tonnes de charbon extrait des montagnes gr&#226;ce &#224; un chemin de fer de haute capacit&#233;. Le chemin de fer Waterburg-Richards Bay , au co&#251;t de 20 milliards a pu apparaitre profitable en 2008 quand le charbon valait 170$ la tonne. Il en vaut maintenant 50$ la tonne. Le projet continue &#224; faire du bruit, entretenant les attentes dans le nord du pays dont un territoire non loin de Nkandla. Mais ce n'est qu'un &#233;l&#233;phant blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus au sud de Durban, M. Johan van Zyl, patron de Toyota qui y poss&#232;de les plus grandes usines en Afrique, se plaint des frustrants d&#233;lais pour recevoir 7 milliards qui doivent servir &#224; draguer le port. Cela dure depuis 2012 : &#171; Si le retour sur l'investissement est la fa&#231;on de penser, il se peut que nous ne voyons jamais cette infrastructure &#187;. En d&#233;cembre 2015, les rumeurs voulaient qu'il y ait un nouveau d&#233;lai de 2 ans pour ce projet. M. Zeph Ndlovu, pr&#233;sident de la Chambre de commerce et d'industrie a d&#233;clar&#233; qu'il n'&#233;tait pas question de renoncer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les camps sont choisis ; ensuite l'implosion ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou bien M. Grodham continue &#224; r&#233;duire les d&#233;penses de l'&#201;tat en personnel en cong&#233;diant des dizaines de centaines de fonctionnaires comme il l'a promis aux agences de notation, ou il continue de faire la belle devant les entreprises. Le flot du financement illicite se chiffre &#224; 20 milliards de dollars. C'est son d&#233;fi : dorloter les &#171; petits amis &#187; pour r&#233;cup&#233;rer cette somme et s'en prendre aux b&#233;n&#233;ficiaires de l'aide sociale pour &#233;quilibrer sa comptabilit&#233;. C'est de cette mani&#232;re que M. Grodham a jou&#233; le plus clairement dans la lutte des classes sud africaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La faction du parti au pouvoir qui pleure sur l'&#233;volution sociale est soutenue par les int&#233;r&#234;ts les plus ancr&#233;s de la bourgeoisie et les petits bourgeois triomphants. Elle constitue la base de la division entre les technocrates de M. Gordham et les populistes de M. Zuma. Il se peut que certains-es soient tent&#233;s-es d'esp&#233;rer que les deux factions r&#233;ussissent &#224; d&#233;truire les bases du pouvoir de l'autre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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