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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Aviation et marine internationales : des &#233;missions importantes toujours hors radar</title>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2016-11-22</dc:subject>

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&lt;p&gt;Marrakech le 18 novembre 2016&#8211; &#192; l'heure o&#249; les discussions se poursuivent &#224; Bab Ighli sur le contenu du texte final &#233;manant de la COP22, le vrombissement fr&#233;quent des avions qui d&#233;collent de l'a&#233;roport de Marrakech a rappel&#233; pendant 15 jours aux membres des d&#233;l&#233;gations et aux observateurs cette r&#233;alit&#233; d&#233;plaisante : le trafic a&#233;rien et le transport maritime internationaux ne sont pas couverts par l'Accord de Paris (AP). Or, en 2014 le secteur a&#233;rien mondial a &#233;mis plus de dioxyde de carbone (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton28706-653fe.jpg?1781094189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Marrakech le 18 novembre 2016&#8211; &#192; l'heure o&#249; les discussions se poursuivent &#224; Bab Ighli sur le contenu du texte final &#233;manant de la COP22, le vrombissement fr&#233;quent des avions qui d&#233;collent de l'a&#233;roport de Marrakech a rappel&#233; pendant 15 jours aux membres des d&#233;l&#233;gations et aux observateurs cette r&#233;alit&#233; d&#233;plaisante : le trafic a&#233;rien et le transport maritime internationaux ne sont pas couverts par l'Accord de Paris (AP). Or, en 2014 le secteur a&#233;rien mondial a &#233;mis plus de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosph&#232;re que les &#233;missions des 129 pays les moins polluants, incluant des pays comme la Su&#232;de, Singapour ou le Maroc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2016/11/18/aviation-et-marine-internationales-des-emissions-importantes-toujours-hors-radar/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de l'AQLPA&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et son impact sur le climat ne se limite pas au CO2, les avions &#233;mettent &#233;galement des oxydes d'azote et de la vapeur d'eau dans les tra&#238;n&#233;es de condensation en altitude, ce qui accro&#238;t encore leur impact sur le r&#233;chauffement. L'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI) a annonc&#233; en octobre dernier, juste avant la COP22, la conclusion d'un accord international sur un Programme de compensation et de r&#233;duction de carbone pour l'aviation internationale (CORSIA en anglais). Un timide d&#233;but qui pose plusieurs questions abord&#233;es lors d'&#233;v&#233;nements parall&#232;les tenus &#224; la COP22. L'Organisation maritime internationale (OMI) de son c&#244;t&#233; commence &#224; peine &#224; s'interroger sur ce qu'elle peut faire pour r&#233;duire ses &#233;missions. &#192; quand une action mondiale d&#233;cisive sur le transport international ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un des dix plus grands pollueurs mondiaux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le moyen de transport avec lequel quasiment tous les participants aux Conf&#233;rences sur le climat se d&#233;placent, &#224; l'instar de quelque 8,2 millions de personnes par jour, pourrait contribuer, &#224; terme, &#224; faire &#233;chec &#224; l'objectif de l'Accord de Paris de limiter la hausse de la temp&#233;rature globale bien en-dessous de 2&#176;Celsius. Si l'aviation civile internationale &#233;tait un pays, il serait en effet l'un des dix plus gros pollueurs mondiaux. Les carburants utilis&#233;s pour le transport international par avion ou bateau ne sont soumis &#224; aucune taxe destin&#233;e &#224; contr&#244;ler leurs rejets polluants. Le trafic a&#233;rien international est en forte croissance : + 7% en 2015. Sans restriction, la croissance pr&#233;vue du trafic a&#233;rien d'ici 2050 pourrait faire en sorte que les &#233;missions du transport a&#233;rien atteignent presque 3 milliards de tonnes de CO2 par an, &#8211; contre 630 millions en 2015 &#8211; soit l'&#233;quivalent de la moiti&#233; des &#233;missions actuelles du deuxi&#232;me plus important pollueur au monde, les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, cette omission constitue une subvention indirecte &#224; l'usage des combustibles fossiles, subvention incoh&#233;rente avec les objectifs de l'Accord de Paris. Le programme de l'OACI de r&#233;duction des GES bas&#233; sur des mesures de march&#233;, dit CORSIA, vise &#224; rendre la croissance des &#233;missions de CO2 de l'aviation internationale carbo-neutre &#224; partir 2020. Autrement dit, les &#233;missions venant en surplus de celles de 2020 seraient compens&#233;es par des cr&#233;dits carbone &#224; partir de cette date. L'objectif est de les diminuer de 50% par rapport &#224; ce qu'elles seraient sans CORSIA. Cela signifie toutefois qu'aucune action internationale n'est pr&#233;vue pour limiter les &#233;missions avant 2020. Il s'agit aussi d'un programme qui sera d'abord volontaire et s'appliquera &#224; tous les grands &#233;metteurs seulement &#224; partir de 2027 (les petits seront exempt&#233;s). Et son horizon s'arr&#234;te pour l'instant en 2035.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les calculs de Kelsey Perlman, de Carbon Market Watch, pr&#233;sent&#233;s ici dans une conf&#233;rence, ce programme couvrira seulement un quart du total des &#233;missions du trafic international sur la p&#233;riode de 2021-2035. Seules les &#233;missions internationales entre deux pays participant &#224; CORSIA seront comptabilis&#233;es. Il risque donc d'y avoir des fuites importantes d'&#233;missions qui seront non comptabilis&#233;es. L'efficacit&#233; de ce dispositif d&#233;pendra &#233;galement de la qualit&#233; des cr&#233;dits carbone &#233;chang&#233;s et du respect de l'int&#233;grit&#233; environnementale du processus (c'est-&#224;-dire op&#233;rer selon le principe d'additionnalit&#233; des r&#233;ductions et &#233;viter les doubles comptages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'OACI, il s'agit avant tout de donner un signal clair au march&#233;, lequel pourra d&#232;s lors d&#233;velopper des technologies et prendre des initiatives pour faire face &#224; la contrainte. Mais il est d&#233;j&#224; &#233;vident que c'est nettement insuffisant et que ce programme n'est pas en ligne avec l'objectif de l'Accord de Paris. Rappelons qu'il faut arriver &#224; z&#233;ro &#233;mission nette le plus vite possible au cours de ce si&#232;cle pour avoir une chance de limiter la hausse des temp&#233;ratures &#224; moins de 2&#176;C.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourrions-nous sugg&#233;rer aux &#201;tats membres de l'OACI, qui sont essentiellement les m&#234;mes que les Parties qui ont sign&#233; l'Accord de Paris, une solution alternative ? Bouchez-vous les oreilles et pincez-vous le nez, je vais prononcer un gros mot : une taxe de 10$ par vol aller-retour, soit 1000 sous par voyage, pourrait lever pr&#232;s de 30 milliards par an d&#232;s 2017 et pas en 2027 ! Cet argent pourrait servir &#224; aider les pays les plus vuln&#233;rables &#224; s'adapter aux in&#233;vitables changements qui viennent et d'aider les pays les moins avanc&#233;s &#224; mettre en &#339;uvre leurs contributions d&#233;termin&#233;es nationalement. &#192; Marrakech, comme dans toutes les COP, un des contentieux lancinants porte sur le financement des mesures pour les pays les pus pauvres. Voil&#224; une fa&#231;on de faire simple et efficace pour peu que tous embarquent dans le m&#234;me vol&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Lou&#233; soit le pape Fran&#231;ois, alchimiste de nos c&#339;urs fossiles !</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Loue-soit-le-pape-Francois-alchimiste-de-nos-coeurs-fossiles</link>
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		<dc:date>2015-06-23T08:10:27Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-23</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le pape Fran&#231;ois entre en force dans la bataille mondiale du climat avec la diffusion de la premi&#232;re encyclique de son pontificat consacr&#233;e au climat et &#224; l'&#233;cologie humaine. L'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte contre la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA) loue la courageuse prise de position du guide spirituel de l'&#201;glise catholique qui appelle &#224; une transformation en profondeur de &#171; notre culture du d&#233;chet &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt; Son analyse lucide des causes de la d&#233;gradation &#233;cologique et les actions qu'elle (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton22646-44955.jpg?1781094189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le pape Fran&#231;ois entre en force dans la bataille mondiale du climat avec la diffusion de la premi&#232;re encyclique de son pontificat consacr&#233;e au climat et &#224; l'&#233;cologie humaine. L'Association qu&#233;b&#233;coise de lutte contre la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA) loue la courageuse prise de position du guide spirituel de l'&#201;glise catholique qui appelle &#224; une transformation en profondeur de &#171; notre culture du d&#233;chet &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Son analyse lucide des causes de la d&#233;gradation &#233;cologique et les actions qu'elle enclenchera dans toutes les &#233;glises, et bien au-del&#224;, constituent de puissants appuis au combat des &#233;cologistes et de tous les gens de bonne volont&#233; pour arr&#234;ter la course au d&#233;sastre &#233;cologique et construire un autre monde soucieux de la nature et des pauvres. Le pape a d'ailleurs un mot particulier pour tous les d&#233;fenseurs du bien commun &#233;cologique :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ici je veux reconna&#238;tre, encourager et remercier tous ceux qui s'efforcent d'innombrables fa&#231;ons de prot&#233;ger notre maison commune. Une appr&#233;ciation particuli&#232;re est due &#224; ceux qui sans rel&#226;che cherchent &#224; r&#233;soudre les effets tragiques de la d&#233;gradation environnementale sur la vie des plus pauvres du monde. &#187; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le pape Fran&#231;ois d&#233;nonce &#171; la confiance aveugle dans les solutions techniques. Il nous faut une nouvelle solidarit&#233; universelle &#187; dit-il. Il relie avec raison la crise climatique &#224; une crise morale et une crise socio-&#233;conomique. Il souligne que les pays riches ont une dette &#233;cologique &#224; l'&#233;gard des pays pauvres qui n'ont pour ainsi dire pas contribu&#233; &#224; l'accumulation de gaz &#224; effet de serre mais qui en subiront les plus dures cons&#233;quences. &#171; Il faut que les pays d&#233;velopp&#233;s contribuent &#224; solder cette dette en limitant de mani&#232;re significative la consommation d'&#233;nergies non renouvelables et en apportant des ressources aux pays qui en ont le plus de besoins pour soutenir des politiques et des programmes de d&#233;veloppement durable &#187;, dit le Pape.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; son appel &#224; une v&#233;ritable r&#233;volution &#233;thique et &#233;conomique, car &#171; il devient indispensable de cr&#233;er un syst&#232;me normatif qui implique des limites infranchissables et assure la protection des &#233;cosyst&#232;mes, avant que les nouvelles formes de pouvoir d&#233;riv&#233;es du paradigme techno-&#233;conomique ne finissent par raser non seulement la politique mais aussi la libert&#233; et la justice &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce pape scientifique, Fran&#231;ois a une formation de technicien en chimie et en psychologie, est tel un alchimiste voulant secouer les &#233;prouvettes de notre aveuglement confortable pour transformer le plomb de nos c&#339;urs fossiles en or de notre lib&#233;ration &#187;, affirme Alain Brunel, directeur climat &#233;nergie de l'AQLPA. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le titre de l'encyclique renvoie au Cantique des cr&#233;atures de Fran&#231;ois d'Assise dans lequel il loue son fr&#232;re soleil, son fr&#232;re vent, sa s&#339;ur eau et sa m&#232;re la terre. Le pape a choisi son nom en r&#233;f&#233;rence &#224; ce saint. Le cantique est une ode aux &#233;l&#233;ments de la nature. Il constitue le point de d&#233;part de sa r&#233;flexion. Car &#171; si nous nous sentons intimement unis &#224; tout ce qui existe, la sobri&#233;t&#233; et l'esprit de protection jailliront spontan&#233;ment &#187;. L'autre message, discret, origine de sa date de diffusion, qui ne peut avoir &#233;t&#233; choisie au hasard. Elle a une r&#233;sonnance particuli&#232;re chez les Fran&#231;ais, h&#244;tes de la Conf&#233;rence sur les changements climatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 18 juin 1940, le G&#233;n&#233;ral de Gaulle lan&#231;ait son appel &#224; la r&#233;sistance contre l'envahisseur, son appel &#224; la lib&#233;ration. Il conviait tous les Fran&#231;ais, o&#249; qu'ils se trouvent &#224; s'unir &#224; lui &#8216;dans l'action, dans le sacrifice et dans l'esp&#233;rance'. Il invitait &#224; garder espoir car &#8216;dans l'univers libre des forces immenses n'ont pas encore donn&#233;'. Des mots que Fran&#231;ois endosse assur&#233;ment. Ces trois textes doivent donc &#234;tre lus et compris ensemble. Le cantique fait r&#233;sonner le c&#339;ur gr&#226;ce &#224; la communion avec la nature, l'encyclique sollicite la raison et la compr&#233;hension des causes sociales et &#233;conomiques du probl&#232;me et l'appel du 18 juin au corps ou &#224; l'action de transformation du monde &#187;, fait valoir Alain Brunel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En qu&#234;te de l'air pur perdu</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/En-quete-de-l-air-pur-perdu</link>
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		<dc:date>2015-06-03T13:00:43Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-06-02</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un jour d'air pur comme un rappel de la qu&#234;te d'un paradis perdu. Donnez-moi de l'oxyg&#232;ne. Donnez-moi de l'air pur, autour de 12 000 litres par jour ou 12 m&#232;tres cube. C'est la quantit&#233; moyenne d'air quotidiennement filtr&#233; par un adulte avec tout ce qui s'y trouve. C'est un volume &#233;quivalent &#224; celui des petits camions utilitaires europ&#233;ens. Tous les jours nous inspirons ce volume avec la soupe chimique qui flotte dedans. Mais ne boudons pas notre plaisir, les bonnes nouvelles sont rares en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton22405-a58ed.jpg?1781094189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un jour d'air pur comme un rappel de la qu&#234;te d'un paradis perdu. Donnez-moi de l'oxyg&#232;ne. Donnez-moi de l'air pur, autour de 12 000 litres par jour ou 12 m&#232;tres cube. C'est la quantit&#233; moyenne d'air quotidiennement filtr&#233; par un adulte avec tout ce qui s'y trouve. C'est un volume &#233;quivalent &#224; celui des petits camions utilitaires europ&#233;ens. Tous les jours nous inspirons ce volume avec la soupe chimique qui flotte dedans. Mais ne boudons pas notre plaisir, les bonnes nouvelles sont rares en &#233;cologie ces temps-ci : les concentrations des principaux contaminants de l'air ont fortement baiss&#233; au Qu&#233;bec de 1975 &#224; 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Petit b&#233;mol cependant : les donn&#233;es commencent &#224; dater. Le dernier inventaire des &#233;missions atmosph&#233;riques issu du minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) remonte &#224; 2008. Sept ans&#8230; Il y a comme un trou noir qui risque de grossir avec les coupures budg&#233;taires constantes inflig&#233;es par les gouvernements successifs &#224; ce petit minist&#232;re aux grosses missions. En plus les normes qu&#233;b&#233;coises sont moins s&#233;v&#232;res que les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) de 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il ne faut pas rel&#226;cher l'attention et la pression car il est d&#233;sormais &#233;tabli qu'il n'y a pas de seuil minimal sans dommages. Autrement dit toute pollution de l'air, aussi faible soit-elle, entra&#238;ne des risques pour la sant&#233;, en particulier pour les personnes les plus fragiles, enfants, vieux et victimes de maladies respiratoires. En plus le r&#233;chauffement climatique en cours va aggraver certains effets de la pollution atmosph&#233;rique. Notre chance, si on peut dire : les principales sources de pollution de l'air sont celles-l&#224; m&#234;mes qui causent le r&#233;chauffement plan&#233;taire, &#224; savoir la combustion des &#233;nergies fossiles. R&#233;duire les &#233;missions li&#233;es aux combustibles fossiles diminue donc en m&#234;me temps les &#233;missions de polluants de l'air et limite le r&#233;chauffement plan&#233;taire. Une solution gagnant-gagnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le risque le plus grave &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les donn&#233;es expos&#233;es ici sont largement tir&#233;es du &lt;a href=&#034;http://www.inspq.qc.ca/pdf/publications/1432_BilanQualiteAirQcLienSante1975-2009.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;bilan de la qualit&#233; de l'air au Qu&#233;bec&lt;/a&gt; en lien avec la sant&#233; publi&#233; en f&#233;vrier 2012 par l'Institut national de la sant&#233; publique du Qu&#233;bec et le minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'Environnement et des Parcs (devenu en 2014 le minist&#232;re du d&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les valeurs de r&#233;f&#233;rence pour le Qu&#233;bec sont &#233;tablies &#224; partir du R&#232;glement sur l'assainissement de l'atmosph&#232;re, (derni&#232;re mise &#224; jour en 2011). On peut comparer dans le tableau ci-dessous (tir&#233; du bilan ci-haut cit&#233;) avec les lignes directrices plus s&#233;v&#232;res de l'OMS. L'&lt;a href=&#034;http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/wha-26-may-2015/fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;OMS a justement soulign&#233; le 26 mai 2015&lt;/a&gt; que &#171; la pollution de l'air constitue au plan mondial le risque le plus grave en mati&#232;re de salubrit&#233; de l'environnement. Chaque ann&#233;e 4,3 millions de d&#233;c&#232;s sont imputables &#224; la pollution de l'air int&#233;rieur et 3,7 millions &#224; la pollution de l'air ext&#233;rieur. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On estime aujourd'hui que la pollution de l'air touche 9 citadins sur 10 dans le monde, avec des valeurs de r&#233;f&#233;rences souvent largement d&#233;pass&#233;es, en particulier dans les villes des pays en d&#233;veloppement. Ci-dessous, un tableau qui compare les valeurs de r&#233;f&#233;rences du Qu&#233;bec, les normes du R&#232;glement sur l'assainissement de l'air, et les lignes directrices de l'Organisation mondiale de la sant&#233; (OMS) qui n'ont pas valeur l&#233;gale et sont indicatives de l'objectif &#224; atteindre pour &#233;viter les effets n&#233;fastes de la pollution de l'air sur la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2341 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH311/796ce4ed83ea5695-3b37e85d-58e38.png?1781094189' width='500' height='311' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contaminants, effets, concentrations&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici les principaux r&#233;sultats du bilan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Particules fines&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On appelle particules fines (PM2,5 ou PM10), les particules d'un diam&#232;tre inf&#233;rieur &#224; 2,5 microns (&#181;m) ou 10 microns qui peuvent p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment dans les alv&#233;oles pulmonaires et interagir avec le corps humain. Les PM10 ont longtemps &#233;t&#233; analys&#233;s car elles sont consid&#233;r&#233;s respirables. Mais le bilan qu&#233;b&#233;cois indique que cette mesure est de plus en plus remplac&#233;e par la mesure des PM2,5 car ces derni&#232;res particules peuvent p&#233;n&#233;trer profond&#233;ment les alv&#233;oles pulmonaires et que du point de vue des effets sur la sant&#233; elles ont donc plus d'int&#233;r&#234;t. De plus, elles contiennent des produits toxiques provenant des proc&#233;d&#233;s industriels et de combustion comme les m&#233;taux et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) dont certains sont consid&#233;r&#233;s canc&#233;rig&#232;nes. Leur toxicit&#233; d&#233;pend des produits chimiques absorb&#233;s &#224; leur surface tels que les sulfates, les nitrates, les acides, les m&#233;taux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux concentrations auxquelles les populations urbaines et rurales sont expos&#233;es, il n'existe pas de seuil en dessous duquel il n'y aurait aucun effet sur la sant&#233;. Le risque sanitaire augmente avec l'importance de l'exposition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; court terme une exposition aux PM2,5 est associ&#233;e des effets aux syst&#232;mes respiratoire (irritation, inflammation des bronches etc. ) et cardiovasculaires (arythmie, augmentation de la viscosit&#233; sanguine etc.). L'augmentation de l'exposition journali&#232;re est associ&#233;e &#224; une augmentation de la mortalit&#233; et de la morbidit&#233; quotidienne (visites &#224; l'urgence, hospitalisation) pour probl&#232;mes cardiorespiratoires. L'exposition chronique peut engendrer une diminution permanente de la capacit&#233; respiratoire, en plus d'&#234;tre associ&#233;e &#224; un accroissement de la mortalit&#233; cardiovasculaire, respiratoire, ainsi que par cancers pulmonaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Qu&#233;bec, les principales sources de PM2,5 de 2002 &#224; 2008 sont le chauffage au bois (42,7%), l'industrie (41%, principalement l'extraction de minerai, 17%) et le transport (15,6%).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En milieu urbain, une diminution des concentrations moyennes annuelles de 30% a &#233;t&#233; observ&#233;e entre 1999 et 2007. Les d&#233;passements de la norme quotidienne du R&#232;glement sur l'assainissement de l'atmosph&#232;re (RAA) de 30&#181;g/m3 (microgrammes par m&#232;tre cube) s'observent dans les grandes agglom&#233;rations urbaines (Montr&#233;al, Laval, Capitale nationale, Mont&#233;r&#233;gie) ou les r&#233;gions o&#249; sont localis&#233;es des activit&#233;s industrielles (Mauricie, Centre-du-Qu&#233;bec, Abitibi-T&#233;miscamingue).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Curieusement, le bilan qu&#233;b&#233;cois n'indique pas le nombre suppl&#233;mentaire de jours de d&#233;passement qui seraient comptabilis&#233;es en se basant sur la ligne directrice plus s&#233;v&#232;re de l'OMS pour la norme quotidienne. Mais il indique, de mani&#232;re assez sibylline, qu'il y a au moins une station de chacune des r&#233;gions de Montr&#233;al, Laval, Abitibi-T&#233;miscamingue (pour 2008 et 2009) et Capitale nationale (2009) qui ont d&#233;pass&#233; la ligne directrice de l'OMS d'une moyenne annuelle de 10 &#181;g/m3.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les oxydes d'azote (NO et NO2)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oxydes d'azote comprennent le monoxyde d'azote (NO) et le dioxyde d'azote (NO2). Les oxydes d'azote sont un des pr&#233;curseurs de l'ozone sous l'effet du rayonnement solaire. Le dioxyde d'azote se forme dans l'atmosph&#232;re &#224; partir du NO. Il se transforme dans l'atmosph&#232;re en acide nitrique qui retombe au sol et sur la v&#233;g&#233;tation. Cet acide contribue, avec l'acide sulfurique, &#224; l'acidification des milieux naturels ainsi qu'&#224; l'eutrophisation des sols (ce sujet est abord&#233; plus loin).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dioxyde d'azote (NO2) est le plus nocif pour la sant&#233;. &#192; des concentrations d&#233;passant 200&#181;g/m3 sur de courtes dur&#233;es, le NO2 est un gaz toxique entra&#238;nant une inflammation importante des voies respiratoires. L'exposition &#224; court terme serait associ&#233;e &#224; des effets de morbidit&#233; respiratoire tels que l'inflammation pulmonaire, l'hyperr&#233;activit&#233; bronchique, la r&#233;duction de la fonction pulmonaire. Les effets d'une exposition prolong&#233;e au NO2 sont une diminution de la capacit&#233; pulmonaire, une augmentation des sympt&#244;mes respiratoires chez les asthmatiques et un ralentissement du d&#233;veloppement de la fonction pulmonaire chez les enfants expos&#233;s &#224; de fortes concentrations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne, de 1998 &#224; 2008, les principales sources d'&#233;missions d'oxydes d'azote sont les transports (79%) et dans une moindre mesure l'industrie (14%). Le NO2 est un contaminant rencontr&#233; principalement en milieu urbain. Il est un bon indicateur des &#233;missions des v&#233;hicules et on remarque une plus grande concentration le long des grands axes routiers. Puisque les NOx sont &#233;troitement li&#233;es aux activit&#233;s de transport, le suivi des concentrations du dioxyde d'azote se fait essentiellement en milieu urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entre 1975 et 2009, la concentration moyenne annuelle du NO2 a diminu&#233; de 60%. Celle du NO a diminu&#233; de 86%. De 1995 &#224; 2009, une seule journ&#233;e avec un d&#233;passement de la norme de 220ppb de NO2 a &#233;t&#233; observ&#233;e. Et bien que les valeurs de la ligne directrice de l'OMS soient deux fois plus s&#233;v&#232;res que la norme du RAA, tr&#232;s peu de d&#233;passements son observ&#233;s. Seule la r&#233;gion de Montr&#233;al a enregistr&#233; des d&#233;passements de la ligne directrice de l'OMS entre 1999 et 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nouveaux v&#233;hicules moins polluants et plus &#233;conomes en carburants ont fait diminuer rapidement les concentrations du NO2 de 1975 &#224; 1996. Toutefois depuis 1996 la baisse est moins rapide en raison de l'augmentation du nombre de v&#233;hicules.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ozone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut distinguer l'ozone (O3) de la couche protectrice de la haute atmosph&#232;re (ozone stratosph&#233;rique) de l'ozone retrouv&#233; au niveau du sol (ozone troposph&#233;rique), qui est l'un des principaux constituants du smog. L'ozone se forme sous l'effet des r&#233;actions photochimiques (en pr&#233;sence de rayonnement solaire) entre diff&#233;rents contaminants pr&#233;curseurs comme les oxydes d'azote &#233;mis par les v&#233;hicules et l'industrie et les compos&#233;s organiques volatils &#233;mis par les v&#233;hicules, les solvants et l'industrie. On observe des pics de concentration d'ozone au niveau du sol pendant les p&#233;riodes ensoleill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ozone a une dur&#233;e de vie de quelques jours dans les basses couches de l'atmosph&#232;re de sorte qu'il peut &#234;tre transport&#233; loin de sa source de production. La pollution transfrontali&#232;re joue donc &#233;galement un r&#244;le dans la pr&#233;sence de l'ozone. Dans un environnement satur&#233; d'oxydes d'azote (NOx), les concentrations en ozone diminuent avec l'augmentation des &#233;missions de NOx. Ces r&#233;actions chimiques engendrent un paradoxe : les concentrations d'ozone sont souvent plus faibles dans les zones urbaines et plus fortes dans les zones rurales. Et inversement, autre paradoxe, la diminution des oxydes d'azote en milieu urbain engendre une augmentation de la concentration d'ozone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ozone est un gaz agressif qui p&#233;n&#232;tre profond&#233;ment le syst&#232;me respiratoire et peut r&#233;agir sur les composantes cellulaires. &#192; des concentrations &#233;lev&#233;es, sont relev&#233;s des effets comme l'irritation des yeux, du nez et de la gorge qui cause de la toux et de la difficult&#233; &#224; respirer. L'augmentation des concentrations quotidiennes est associ&#233;e &#224; une hausse de la s&#233;v&#233;rit&#233; et de la fr&#233;quence des crises d'asthme, &#224; une augmentation des hospitalisations et des visites &#224; l'urgence pour maladies respiratoires, et &#224; une diminution des fonctions pulmonaires, particuli&#232;rement chez les enfants et les personnes sensibles. &#192; long terme, les effets de l'exposition &#224; l'ozone seraient l'augmentation du risque de d&#233;velopper de l'asthme, la diminution de fa&#231;on irr&#233;versible des fonctions pulmonaires et l'augmentation de la mortalit&#233; pr&#233;matur&#233;e li&#233;e &#224; des troubles respiratoires. Les temp&#233;ratures &#233;lev&#233;es peuvent &#233;galement amplifier les effets de l'ozone sur la sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concentrations sont plus &#233;lev&#233;es en milieu rural qu'en milieu urbain. Mais de 1988 &#224; 2009 elles ont baiss&#233; de 15% en milieu rural et augment&#233; de 30% en milieu urbain. Par contre, le nombre de jours de d&#233;passement de la norme horaire du RAA semble en baisse depuis 2001. Le bilan qu&#233;b&#233;cois explique cette distinction par la baisse des &#233;missions des pr&#233;curseurs de l'ozone qui influe davantage en milieu rural alors que cette m&#234;me baisse augmente paradoxalement les niveaux d'ozone en milieu urbain (voir Bilan de la qualit&#233; de l'air au Qu&#233;bec en lien avec la sant&#233; p.21-25). Par ailleurs les statistiques des nombres de jours de d&#233;passement sont &#233;troitement d&#233;pendantes des conditions m&#233;t&#233;orologiques puisque la formation de l'ozone est li&#233;e &#224; la temp&#233;rature et &#224; l'ensoleillement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le dioxyde de soufre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le soufre est pr&#233;sent dans les mati&#232;res brutes comme le p&#233;trole brut, le charbon et les minerais comme l'aluminium, le cuivre, le zinc, le plomb et le fer. Les &#233;missions de ce gaz r&#233;sultent de la combustion de mati&#232;res fossiles contenant du soufre (charbon, mazout etc.) de proc&#233;d&#233;s industriels (m&#233;tallurgie, p&#226;tes et papiers, raffineries de p&#233;trole) et des syst&#232;mes de chauffage. La r&#233;action avec l'eau produit de l'acide sulfurique principal composant des pluies acides avec l'acide nitrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dioxyde de soufre (SO2) est associ&#233; &#224; de nombreuses pathologies respiratoires souvent en combinaison avec les particules pr&#233;sentes dans l'air ambiant. L'inflammation de l'appareil respiratoire entra&#238;ne de la toux, une production de mucus, une exacerbation de l'asthme, des bronchites chroniques et une sensibilisation aux infections respiratoires. L'exposition &#224; court terme est associ&#233;e &#224; de la morbidit&#233; respiratoire (nombre de visites &#224; l'h&#244;pital et &#224; l'urgence) particuli&#232;rement pour les enfants, les personnes &#226;g&#233;es et celles souffrant d'asthme. Les &#233;tudes &#233;pid&#233;miologiques n'&#233;tablissent cependant pas de lien causal avec la morbidit&#233; &#224; long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne de 1990 &#224; 2008, les &#233;missions de SO2 sont le fait de l'industrie &#224; 85%. Les principaux &#233;metteurs industriels sont les alumineries, l'extraction des m&#233;taux non ferreux (cuivre et zinc), les p&#226;tes et papiers et les raffineries de p&#233;trole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1975 &#224; 2008, les concentrations annuelles moyennes de dioxyde de soufre ont connu une baisse de 80%. Les d&#233;passements de la norme quotidienne sanitaire de 120ppb (partie par milliard) du RAA sont peu nombreux et limit&#233;s ces derni&#232;res ann&#233;es aux r&#233;gions socio-sanitaires d'Abitibi-T&#233;miscamingue et de Mont&#233;r&#233;gie. La diminution des concentrations dans l'air ambiant refl&#232;te la diminution des &#233;missions de 58% entre 1990 et 2008. Les plus fortes r&#233;ductions ont &#233;t&#233; obtenues dans l'industrie du cuivre et la diminution importante du nombre de jours de d&#233;passement de la norme en Abitibi-T&#233;miscamingue refl&#232;te bien cela. La r&#233;duction du soufre dans les carburants explique la diminution des concentrations en milieu urbain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le monoxyde carbone&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monoxyde de carbone (CO) est un gaz inodore et incolore produit lors d'une mauvaise combustion des combustibles carbon&#233;s (bois, butane, charbon, essence, mazout, gaz naturel, propane etc.). Le CO pr&#233;sente des maximums de concentration aux heures o&#249; la circulation est la plus importante soit le matin ou la fin d'apr&#232;s-midi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le monoxyde de carbone est un gaz asphyxiant. Il se fixe sur l'h&#233;moglobine prenant la place de l'oxyg&#232;ne. Il peut entra&#238;ner des troubles respiratoires et cardiaques et peut m&#234;me &#234;tre fatal &#224; forte dose. Une exposition de courte dur&#233;e, &#224; des concentrations relativement faibles mais tout de m&#234;me sup&#233;rieures &#224; celle que l'on retrouve dans l'air ambiant au Qu&#233;bec, peut occasionner des maux de t&#234;te, des &#233;tourdissements, des naus&#233;es, une aggravation des sympt&#244;mes cardiaques et une baisse de la performance athl&#233;tique. Les personnes souffrant de maladies cardiovasculaires figurent parmi les plus sensibles aux effets du CO. Les effets document&#233;s de l'exposition du CO &#224; court terme sont une augmentation de la morbidit&#233; et de la mortalit&#233; cardiovasculaire et respiratoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moyenne de 1990 &#224; 2008, les principales sources CO sont le transport (75%) et l'industrie (16%). Les incendies de for&#234;t constituent &#233;galement une source naturelle de CO. La surveillance du CO se limite au milieu urbain avec seulement 11 stations. Pendant la p&#233;riode de 1995 &#224; 2009 aucun d&#233;passement de la norme horaire du r&#232;glement sur l'assainissement de l'atmosph&#232;re (RAA) de 30ppm n'a &#233;t&#233; observ&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1975 &#224; 2009, les concentrations de CO dans l'air ambiant indiquent une tr&#232;s forte diminution de 93%, la plus forte baisse &#233;tant observ&#233;e de 1975 &#224; 1984. Les &#233;missions du secteur transport ont diminu&#233; de 40% de 1990 &#224; 2008, ce qui correspond &#224; la diminution des concentrations pour cette p&#233;riode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les d&#233;p&#244;ts acides&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mot doit &#234;tre dit sur les pr&#233;cipitations acides qui r&#233;sultent de deux contaminants de l'air, le dioxyde de soufre (SO2) et les oxydes d'azote (NOx), lesquels, au contact de l'humidit&#233; de l'air, se transforment en acide sulfurique et en acide nitrique et retombent au sol sous forme de pluies, neiges, d&#233;p&#244;ts secs ou gazeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AQLPA a d'ailleurs &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1982 pour faire face &#224; ce probl&#232;me continental (le P.A. de son acronyme signifiait alors Pluies Acides). Probl&#232;me continental car 75% des oxydes de soufre ou d'azote qui se d&#233;posent sur le territoire du Qu&#233;bec proviennent des &#201;tats-Unis ou de l'Ontario en raison des vents dominants. Ici aussi on peut constater que les informations r&#233;centes manquent au minist&#232;re du D&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte aux changements climatiques. Le dernier &#233;tat de la situation des lacs et des sols, intitul&#233;e &#171; &lt;a href=&#034;http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/lacs_acides/2004/index.htm&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La probl&#233;matique des lacs acides au Qu&#233;bec&lt;/a&gt; &#187; remonte &#224; 2004.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acidit&#233; des pr&#233;cipitations a pour cons&#233;quence d'acidifier les lacs, de d&#233;min&#233;raliser les sols, de d&#233;structurer les &#233;cosyst&#232;mes et d'ab&#238;mer les infrastructures. L'acidification des lacs alt&#232;re les conditions de vie de nombreuses esp&#232;ces, appauvrit les &#233;cosyst&#232;mes et mobilise certains m&#233;taux comme l'aluminium. Les sols de leur c&#244;t&#233; perdent leurs cations basiques comme le calcium, le magn&#233;sium et le potassium. Ce d&#233;ficit, estim&#233; en 2004 &#224; une perte de 2,5% par ann&#233;e dans le sud du Qu&#233;bec, appauvrit les sols forestiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a cru un moment que les nitrates en exc&#232;s pourraient &#234;tre b&#233;n&#233;fiques &#224; la croissance des v&#233;g&#233;taux. Il semble, au contraire, qu'une partie des d&#233;p&#244;ts d'azote n'est pas consomm&#233;e par les plantes et l'activit&#233; microbienne. &#171; Cet azote exc&#233;dentaire s'accumulerait graduellement dans le sol jusqu'au point de rupture (saturation en azote) au-del&#224; duquel, les sols largueraient le trop plein d'azote sous forme de nitrates acides qui viendraient alors accentuer l'acidification des eaux de surface. Le r&#233;chauffement climatique acc&#233;l&#233;rerait grandement ce ph&#233;nom&#232;ne. Une hausse de temp&#233;rature favorise l'activit&#233; microbienne et le processus de min&#233;ralisation de la mati&#232;re organique dans les couches sup&#233;rieures du sol. Ce ph&#233;nom&#232;ne contribue &#224; acc&#233;l&#233;rer la lib&#233;ration de l'azote accumul&#233; au cours des d&#233;cennies dans les sols forestiers. &#187; [1]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exc&#232;s de nitrates contribuent aussi &#224; l'eutrophisation des lacs et aux efflorescences d'algues bleues. L&#224; encore le r&#233;chauffement climatique a un effet aggravant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les programmes de r&#233;duction des &#233;missions polluantes &#8211; notamment, au plan continental, l'accord transfrontalier Canada-&#201;tats-Unis sur la qualit&#233; de l'air de 1991 &#8211; ont permis de diminuer de fa&#231;on significative les &#233;missions des gaz pr&#233;curseurs comme cela a &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; dans les sections pr&#233;c&#233;dentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il faut se tourner vers le Canada pour avoir des donn&#233;es r&#233;centes. Selon le rapport d'&#233;tape 2014 de l'accord Canada-&#201;tats-Unis sur la qualit&#233; de l'air, entre 1991 et 2012 les &#233;missions de SO2 ont diminu&#233; de 58% au Canada et de 78% aux &#201;tats-Unis tandis que les &#233;missions de dioxyde d'azote &#171; dans la r&#233;gion de l'ozone transfrontalier &#187; ont diminu&#233; de 45% au Canada et de 47% aux &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les oxydes de soufre ont longtemps &#233;t&#233; la principale source d'acidit&#233; des lacs du Qu&#233;bec, dans une proportion deux fois plus grande que les oxydes d'azote. Mais les importances diminutions des &#233;missions de SO2 font qu'aujourd'hui les d&#233;p&#244;ts humides de sulfate sont inf&#233;rieurs aux d&#233;p&#244;ts de nitrate (cf graphiques ci-dessous).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diminution des d&#233;p&#244;ts humides, tant de sulfates que de nitrates, a &#233;t&#233; remarquable en 22 ans comme on peut le voir dans les graphiques suivant tir&#233;s du &lt;a href=&#034;https://www.ec.gc.ca/Publications/default.asp?lang=Fr&amp;xml=30F4015A-1C47-40AB-A422-7D3C4280BA01&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rapport d'&#233;tape 2014&lt;/a&gt; de l'Accord Canada-&#201;tats-Unis sur la qualit&#233; de l'air.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2340 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH552/0f19bde9be2032bd-993c7675-cd866.png?1781094189' width='500' height='552' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut toutefois noter que ces graphiques n'incluent pas les d&#233;p&#244;ts secs de sulfates et de nitrates qui contribuent pourtant de mani&#232;re significative &#224; l'acidification. Cela est expliqu&#233; par le recours &#224; des m&#233;thodes diff&#233;rentes de comptabilisation des d&#233;p&#244;ts secs qui ne donnent pas pour l'instant de r&#233;sultats concordants entre les deux pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces r&#233;sultats positifs ont &#233;videmment et heureusement permis d'am&#233;liorer la qualit&#233; des eaux de nombreux lacs. Mais la faible tol&#233;rance de certains lacs et certains sols ainsi que la prise en compte des effets inattendus des d&#233;p&#244;ts de nitrate et leur diminution moins rapide que les sulfates font que de nombreuses r&#233;gions dans l'est du Canada continuent de recevoir des quantit&#233;s qui d&#233;passent les charges critiques. La charge critique est d&#233;finie comme la quantit&#233; maximale de d&#233;p&#244;ts acides qu'un &#233;cosyst&#232;me peut tol&#233;rer &#224; long terme sans &#234;tre endommag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce constat n&#233;cessite donc de nouvelles r&#233;ductions des &#233;missions de dioxyde de soufre et surtout des oxydes d'azote dont l'origine est plus diffuse (le transport) et plus difficile &#224; contr&#244;ler. Plusieurs mesures sont donc pr&#233;vues par les deux pays pour r&#233;duire davantage les &#233;missions polluantes &#224; l'origine des d&#233;p&#244;ts acides. C'est &#224; suivre. Et &#224; Qu&#233;bec aussi&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs &#233;tudes r&#233;centes ont fait des liens entre pollution de l'air et diff&#233;rents d&#233;r&#232;glements affectant la sant&#233; tels que la production d'&lt;a href=&#034;http://www.metronews.fr/info/l-etude-sante-du-jour-la-pollution-rend-les-allergenes-plus-puissants/mocw!hz85snVOKs0Vg/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;allerg&#232;nes plus puissants&lt;/a&gt;, la &lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/planete/article/2015/03/26/la-pollution-atmospherique-perturbe-t-elle-l-esprit_4602351_3244.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sant&#233; mentale affect&#233;e&lt;/a&gt;, &lt;a href=&#034;http://www.euractiv.fr/sections/sante-modes-de-vie/les-gaz-dechappement-favorisent-le-diabete-chez-les-enfants-313218&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;le diab&#232;te&lt;/a&gt; et l'&lt;a href=&#034;http://www.pourquoidocteur.fr/Autisme---la-pollution-de-l-air-mise-en-cause-8399.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;autisme favoris&#233;s chez l'enfant&lt;/a&gt; ou le &lt;a href=&#034;http://www.newscientist.com/article/dn19180-air-pollution-could-increase-risk-of-suicide.html#.VRRPdSgoW2d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;risque de suicide accru&lt;/a&gt;. Nous sommes ici rest&#233;s dans les canons de la science classique. Nous avons voulu insister, une fois n'est pas coutume, sur les bonnes nouvelles&#8230; L'air pur perdu est en voie d'&#234;tre retrouv&#233;&#8230; Et l'abandon progressif des combustibles fossiles dans les transports va acc&#233;l&#233;rer le mouvement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, bien que nous observions une am&#233;lioration de la qualit&#233; de l'air au Qu&#233;bec au cours des derni&#232;res d&#233;cennies, il est de la plus haute importance de maintenir les efforts visant &#224; r&#233;duire la pollution atmosph&#233;rique. L'air pur est au c&#339;ur de la mission de l'AQLPA tant pour la sant&#233; des humains que celle des &#233;cosyst&#232;mes de la plan&#232;te. Depuis sa fondation en 1982, l'AQLPA &#339;uvre en &#233;ducation et sensibilisation populaire et initie des projets visant des r&#233;ductions concr&#232;tes des &#233;missions polluantes &#224; l'origine des pluies acides, du smog, du r&#233;chauffement plan&#233;taire et d'autres ph&#233;nom&#232;nes destructeurs aux impacts n&#233;fastes sur la sant&#233;, l'environnement naturel et les infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Dupont Jacques (2004), La probl&#233;matique des lacs acides au Qu&#233;bec, Minist&#232;re de l'Environnement du Qu&#233;bec, Direction du suivi de l'environnement, p. 10.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;missions de GES du Qu&#233;bec augmentent de 7% en 2013 apr&#232;s int&#233;gration du nouveau potentiel de r&#233;chauffement du m&#233;thane</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-emissions-de-GES-du-Quebec-augmentent-de-7-en-2013-apres-integration-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-emissions-de-GES-du-Quebec-augmentent-de-7-en-2013-apres-integration-du</guid>
		<dc:date>2015-05-12T08:04:52Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le minist&#232;re du d&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) du Qu&#233;bec se f&#233;licitait, il y a peu, d'une diminution des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre du Qu&#233;bec de 8% en 2012 par rapport &#224; 1990. Nous avons soulign&#233; dans notre pr&#233;c&#233;dent blogue (http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/01/reduction-de-ges-pas-de-potion-magique-pour-quebec/) qu'en d&#233;pit de cette bonne nouvelle, Qu&#233;bec n'avait pas pour autant atteint l'objectif de r&#233;duction (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Lutte-contre-les-energies-fossiles-+" rel="tag"&gt;Lutte contre les &#233;nergies fossiles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-05-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-05-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton22052-afa8a.png?1781094189' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le minist&#232;re du d&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) du Qu&#233;bec se f&#233;licitait, il y a peu, d'une diminution des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre du Qu&#233;bec de 8% en 2012 par rapport &#224; 1990. Nous avons soulign&#233; dans notre pr&#233;c&#233;dent blogue (&lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/01/reduction-de-ges-pas-de-potion-magique-pour-quebec/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/01/reduction-de-ges-pas-de-potion-magique-pour-quebec/&lt;/a&gt;) qu'en d&#233;pit de cette bonne nouvelle, Qu&#233;bec n'avait pas pour autant atteint l'objectif de r&#233;duction fix&#233; par le protocole de Kyoto comme le communiqu&#233; du minist&#232;re du 10 avril le laissait supposer (car Kyoto impliquait de diminuer les &#233;missions de 6% pendant 5 ann&#233;es cons&#233;cutives et non seulement une). Mais il y a plus : la hausse du potentiel de r&#233;chauffement plan&#233;taire (PRP) du m&#233;thane, deuxi&#232;me gaz en importance apr&#232;s le dioxyde de carbone (CO2) dans le r&#233;chauffement plan&#233;taire, n'a pas &#233;t&#233; int&#233;gr&#233;e dans les donn&#233;es de l'inventaire des gaz &#224; effet de serre (GES) du Qu&#233;bec 1990-2012.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'an dernier, nous avions alert&#233; sur cette hausse continue du PRP du m&#233;thane depuis 20 ans dans les rapports des experts du climat et pr&#233;par&#233; une &lt;a href=&#034;http://www.aqlpa.com/sites/default/files/publications-aqlpa/prp_methane-_fiche_technique.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;note technique&lt;/a&gt; sur ce sujet. Nous avions &#233;galement soulign&#233; l'importance n&#233;glig&#233;e de ce facteur dans notre &lt;a href=&#034;http://www.aqlpa.com/sites/default/files/publications-aqlpa/memoireaqlpasurgazdeschiste_bapejuin2014.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;m&#233;moire&lt;/a&gt; soumis &#224; la commission du Bureau d'Audiences Publiques sur l'Environnement (BAPE) sur les enjeux de l'exploration et l'exploitation du gaz de schiste dans la vall&#233;e du Saint-Laurent et pr&#233;venu les commissaires de son effet massif sur les &#233;missions du Qu&#233;bec advenant une exploitation du gaz de schiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or voil&#224; qu'Environnement Canada, dans son plus r&#233;cent inventaire 1990-2013 des GES &#233;mis au Canada, int&#232;gre la hausse du PRP selon la nouvelle r&#233;f&#233;rence scientifique de 2007 fix&#233;e par convention internationale. Le potentiel de r&#233;chauffement du m&#233;thane est maintenant et officiellement calcul&#233; comme &#233;tant 25 fois plus puissant que le dioxyde de carbone sur 100 ans. C'est une hausse de 19% par rapport &#224; l'ancienne r&#233;f&#233;rence de 21 qui datait de 1995. R&#233;sultat : le Qu&#233;bec se retrouve avec une augmentation de 5,4 millions de tonnes eqCO2 en 2013 par rapport &#224; l'inventaire 2012 ou 7% de plus.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les principaux &#233;metteurs de m&#233;thane au Qu&#233;bec qu'on retrouve essentiellement dans les secteurs du r&#233;sidentiel, de l'agriculture, de l'industrie et des d&#233;chets voient ainsi leurs &#233;missions r&#233;&#233;valu&#233;es &#224; la hausse en 2013 comme on peut le voir dans le tableau ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1 : Comparaison des &#233;missions du Qu&#233;bec selon les inventaires de GES qu&#233;b&#233;cois 2012 et canadien 2013 par secteur d'activit&#233; et avec potentiels de r&#233;chauffement plan&#233;taire du m&#233;thane distincts [1]&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2317 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH216/9d000c06c65aea17-fd02a3a9-f5c57.jpg?1781094190' width='500' height='216' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le rel&#232;vement du potentiel de r&#233;chauffement plan&#233;taire du m&#233;thane a donc des incidences non n&#233;gligeables sur le total des &#233;missions de CO2 &#233;quivalent du Qu&#233;bec, avec une augmentation moyenne de 7% par rapport &#224; 2012. La baisse de 8% en 2012 par rapport &#224; 1990 dont se targuait Qu&#233;bec est presque effac&#233;e. Ce sont les secteurs du r&#233;sidentiel, des d&#233;chets et de l'agriculture qui connaissent les croissances relatives les plus significatives. Presque 50% dans le r&#233;sidentiel en raison du chauffage au gaz ; 23 et 21% respectivement pour les d&#233;chets et l'agriculture. Mais, en valeur absolue, l'industrie ajoute quand m&#234;me 1,2 million de tonnes eq CO2 &#224; son bilan soit presque autant que l'agriculture. Le transport, qui n'utilise pratiquement pas de m&#233;thane, n'est pour ainsi dire pas affect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est toutefois important de noter ici que c'est la valeur du potentiel de r&#233;chauffement plan&#233;taire du m&#233;thane en &#233;quivalent dioxyde de carbone qui augmente et non les quantit&#233;s absolues de gaz m&#233;thane qui elles restent stables. &#201;videmment toute augmentation absolue des &#233;missions de ce gaz prend d&#233;sormais plus d'importance dans le bilan des gaz &#224; effet de serre. On discerne mieux les &#233;carts dans le graphique suivant :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH361/b23998646dd01a76-ebe5cf8b-b183e.jpg?1781094190' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En plus, le potentiel de r&#233;chauffement plan&#233;taire de 25 fois celui du dioxyde de carbone, bas&#233; sur la valeur du rapport du GIEC de 2007, laisse en plan un autre 36% d'augmentation ; car le dernier rapport des experts de la physique du climat de 2013 a relev&#233; &#224; nouveau le potentiel de r&#233;chauffement du m&#233;thane &#224; 34 fois celui de la mol&#233;cule de CO2 sur 100 ans. L'AQLPA avait aussi alert&#233; l'an dernier dans un blog sur le fait, universellement omis, que ce potentiel de r&#233;chauffement est encore plus puissant sur une p&#233;riode de 20 ans, 86 fois celui du dioxyde de carbone&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Environnement Canada a recalcul&#233; les &#233;missions canadiennes depuis 1990 avec un PRP du m&#233;thane de 25 et on constate que cette r&#233;&#233;valuation du PRP du m&#233;thane ne change pas le profil de la courbe des &#233;missions comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous tir&#233; de la page 40 de l'inventaire canadien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2319 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH261/a7378af9bf09ec34-c36e46dc-3f0b5.jpg?1781094190' width='500' height='261' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le profil ne change pas, donc la valeur relative des &#233;missions par rapport &#224; 1990 demeure la m&#234;me, &#8211; c'est-&#224;-dire qu'on peut toujours atteindre une diminution relative de x% par rapport &#224; 1990 &#8211; mais les donn&#233;es en tonnes &#233;quivalent CO2 se retrouvent plus haut sur l'&#233;chelle des &#233;missions. Et comme la science du climat nous garde en r&#233;serve une nouvelle hausse du PRP du m&#233;thane sur 100 ans presque deux fois plus importante que celle illustr&#233;e sur le graphique ci-haut (36% vs 19%), les hausses du PRP du m&#233;thane font en sorte de nous &#233;loigner concr&#232;tement de l'objectif z&#233;ro &#233;mission requis par la science pour prot&#233;ger le climat. Et nous n'abordons m&#234;me pas ici le potentiel de r&#233;chauffement du m&#233;thane sur 20 ans dont la prise en compte conduirait &#224; une hausse de la valeur de r&#233;chauffement du m&#233;thane presque 3,5 fois plus importante que celle qui vient d'&#234;tre r&#233;&#233;valu&#233;e (86/25) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'ensuit une conclusion implacable : le recours au gaz naturel non renouvelable (au contraire du recours au biom&#233;thane renouvelable qui &#233;vite des &#233;missions atmosph&#233;riques) n'est pas une solution de transition pour r&#233;duire les GES contrairement &#224; ce qu'on entend souvent. C'est particuli&#232;rement &#233;vident dans le secteur r&#233;sidentiel o&#249; en raison du chauffage au gaz naturel, compos&#233; essentiellement de m&#233;thane, la hausse du PRP a des incidences directes sur les &#233;missions du secteur en 2013, dont la croissance d&#233;passe m&#234;me celles de l'industrie ! En contrepartie, le recours au biom&#233;thane vaut aussi plus cher en &#233;missions de GES &#233;vit&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas encore comment Qu&#233;bec va int&#233;grer cette hausse du PRP dans la m&#233;canique de la bourse du carbone. Les &#233;missions de moins de 25kt eq CO2 sont exempt&#233;es de d&#233;claration obligatoire et l'agriculture n'est pas soumise &#224; la bourse carbone. Il est donc possible qu'une bonne part de ces &#233;missions de m&#233;thane ne soient tout simplement pas couvertes par la r&#233;glementation (elles pourront &#233;ventuellement faire l'objet de cr&#233;dits compensatoires). Mais cela d&#233;montre qu'au-del&#224; des jeux d'&#233;criture, de droits d'&#233;mission gratuits et de profits anticip&#233;s autour de la bourse carbone, la vraie potion magique pour diminuer nos &#233;missions de gaz &#224; effet de serre est de tout faire pour diminuer nos &#233;missions en termes absolus et pour &#233;viter d'en &#233;mettre de nouvelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ceci porte &#224; cons&#233;quences majeures pour les espoirs d'exploration et d'exploitation du p&#233;trole et du gaz de schiste que certains caressent au Qu&#233;bec, tout comme pour l'exploitation des sables bitumineux : les proc&#233;d&#233;s d'extraction du bitume dits in situ, par injection de vapeur, n&#233;cessitent de quantit&#233;s importantes de gaz naturel non renouvelables&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Certains secteurs marginaux de l'inventaire qu&#233;b&#233;cois comme l'&#233;lectricit&#233; ne sont pas repris ici d'o&#249; la diff&#233;rence du total des &#233;missions du Qu&#233;bec 2012 avec celui &#233;voqu&#233; dans le pr&#233;c&#233;dent texte sur le sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; See more at : &lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&lt;/a&gt; - See more at : &lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&lt;/a&gt; - See more at : &lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogueaqlpa.com/2015/05/07/les-emissions-de-ges-du-quebec-augmentent-de-7-en-2013/#sthash.Gc5CeUct.dpuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;duction de GES : pas de potion magique pour Qu&#233;bec - L'objectif de Kyoto n'est PAS atteint</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Reduction-de-GES-pas-de-potion-magique-pour-Quebec-L-objectif-de-Kyoto-n-est</link>
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		<dc:date>2015-05-01T18:50:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-04-28</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En mati&#232;re de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre et d'atteinte des objectifs li&#233;s au protocole de Kyoto, la position du Qu&#233;bec &#8211; rapport&#233;e souvent sans mise en perspective par certains m&#233;dias - ressemble fort &#224; du p&#233;tage de bretelles comme l'a d&#233;j&#224; soulign&#233; Andr&#233; B&#233;lisle dans un texte limpide diffus&#233; sur le Blogue AQLPA. Elle fait un peu penser &#224; une situation comique de la bande dessin&#233;e Ast&#233;rix le Gaulois. Le sc&#233;nario ? Tromp&#233; par Panoramix, le centurion romain Caius Bonus pense, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton21985-0f0ad.jpg?1781094190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre et d'atteinte des objectifs li&#233;s au protocole de Kyoto, la position du Qu&#233;bec &#8211; rapport&#233;e souvent sans mise en perspective par certains m&#233;dias - ressemble fort &#224; du p&#233;tage de bretelles comme l'a d&#233;j&#224; soulign&#233; Andr&#233; B&#233;lisle dans un texte limpide diffus&#233; sur le Blogue AQLPA. Elle fait un peu penser &#224; une situation comique de la bande dessin&#233;e Ast&#233;rix le Gaulois. Le sc&#233;nario ? Tromp&#233; par Panoramix, le centurion romain Caius Bonus pense, faussement, avoir bu de la potion magique. Il essaie de soulever une &#233;norme pierre qu'il n'arrive &#233;videmment pas &#224; bouger. Il tente alors d'en soulever une moins grosse et n'y arrive pas non plus. Il s'exclame finalement &#171; je suis un surhomme ! &#187; quand il r&#233;ussit &#224; soulever &#224; deux mains une petite roche pour laquelle assur&#233;ment aucune potion magique n'&#233;tait n&#233;cessaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'objectif de protocole de Kyoto pour le Canada, auquel Qu&#233;bec s'est d&#233;clar&#233; li&#233;, consistait &#224; r&#233;duire les &#233;missions de 6% par rapport &#224; 1990 pour chacune des ann&#233;es de 2008 &#224; 2012 (donc pendant 5 ann&#233;es cons&#233;cutives). L'id&#233;e &#233;tait de s'assurer que les r&#233;ductions n'&#233;taient pas conjoncturelles mais t&#233;moignaient d'une tendance structurelle &#224; long terme. Le communiqu&#233; de presse du 10 avril du minist&#232;re - &#171; Caius Bonus &#187; - du d&#233;veloppement durable, de l'environnement et de la lutte contre les changements climatiques (MDDELCC) rel&#232;ve fi&#232;rement que le dernier inventaire qu&#233;b&#233;cois des gaz &#224; effet de serre indique une r&#233;duction des &#233;missions de 8% en 2012 par rapport &#224; 1990. C'est &#233;videmment une bonne nouvelle en soi et l'objectif pour 2012 (et strictement 2012) a effectivement &#233;t&#233; d&#233;pass&#233;. Mais il est erron&#233; de pr&#233;tendre, comme cela est affirm&#233; dans le communiqu&#233;, que l'objectif correspond &#224; celui que Qu&#233;bec s'&#233;tait donn&#233; &#171; dans la foul&#233;e du protocole de Kyoto &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une erreur significative et fr&#233;quemment relay&#233;e par les m&#233;dias. Lorsqu'on cumule les diff&#233;rences annuelles par rapport &#224; l'objectif d&#233;fini par le protocole de Kyoto pour chacune des ann&#233;es 2008 &#224; 2011, on se retrouve en 2012 avec 9,58 millions de tonnes &#233;quivalent dioxyde de carbone (teq CO2) &#233;mises en trop sur 4 ans. L'objectif de Kyoto impliquait en effet de r&#233;duire les &#233;missions de 84,54 mt (1990) &#224; 79,47 mt eq CO2 en 2008 et de maintenir ce volume pendant 5 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'inventaire qu&#233;b&#233;cois, le Qu&#233;bec a &#233;mis 78 millions de teqCO2 en 2012. L'objectif Kyoto pour l'ann&#233;e 2012 a donc &#233;t&#233; d&#233;pass&#233; de 1,47 millions de teqCO2. Mais comme l'a montr&#233; Andr&#233; B&#233;lisle, pour calculer l'&#233;cart par rapport &#224; l'objectif du protocole de Kyoto il faut soustraire ce volume du surplus de tonnes &#233;mises pour les ann&#233;es 2008 &#224; 2011, soit 9,58 &#8211; 1,47 = 8,11. Nous sommes donc encore &#224; plus de 8 millions de tonnes de CO2 eq de l'atteinte de l'objectif du protocole de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la mobilisation citoyenne dans plusieurs dossiers d'exploitation de combustibles fossiles, dont les gaz de schiste, et le ralentissement &#233;conomique ont permis d'&#233;viter un d&#233;rapage encore plus grand des &#233;missions du Qu&#233;bec par rapport &#224; l'objectif de Kyoto. Il faut &#233;galement mentionner la fermeture de la raffinerie Shell qui a men&#233; &#224; une r&#233;duction de 2 mt &#233;q CO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu&#233;bec tra&#238;ne encore plus de la patte qu'on le pense. Ses &#233;missions pour 2013 sont estim&#233;es par Environnement Canada &#224; 82,6 millions de tonnes eqCO2, c'est-&#224;-dire 4,6 millions de tonnes de plus que le chiffre de 2012 donn&#233; par le MDDELCC. Comment se fait-il ? C'est que dans son inventaire soumis au secr&#233;tariat de la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Environnement Canada a rehauss&#233; le potentiel de r&#233;chauffement plan&#233;taire (PRP) du m&#233;thane de 19%, pour se caler sur les donn&#233;es scientifiques de 2007, nouvelle r&#233;f&#233;rence fix&#233;e par convention internationale, ce que Qu&#233;bec n'a pas encore fait.[1] Le rehaussement du PRP du m&#233;thane &#224; 25 fois celui du CO2 a pour effet d'augmenter le nombre de tonnes &#233;quivalent carbone de ce gaz dans le total des &#233;missions du Qu&#233;bec. Donc les &#233;missions totales du Qu&#233;bec augmentent m&#233;caniquement en 2013. Nous reviendrons bient&#244;t sur ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Environment Canada, (2015) National Inventory Report, Greenhouse Gas and Sinks in Canada 1990-2013, the Canadian Government's Submission to the UN Framework Convention on Climate Change, Part 1.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les &#233;missions de GES li&#233;es &#224; &#201;nergie Est sur 40 ans : l'&#233;quivalent de plus de 1,3 milliard d'autos</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-emissions-de-GES-liees-a-Energie-Est-sur-40-ans-l-equivalent-de-plus-de-1-3</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-emissions-de-GES-liees-a-Energie-Est-sur-40-ans-l-equivalent-de-plus-de-1-3</guid>
		<dc:date>2015-03-17T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-03-17</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : dans l'analyse qui suit, Alain Brunel, directeur climat &#233;nergie de l'AQLPA, expose des donn&#233;es in&#233;dites sur les &#233;missions totales de gaz &#224; effet de serre (GES), produites en amont par l'extraction et en aval par la combustion, associ&#233;es au p&#233;trole bitumineux transport&#233; par les nouveaux projets d'ol&#233;oducs ou d'expansion des anciens sur toute leur dur&#233;e d'op&#233;ration. Les chiffres sont astronomiques. Et c'est une estimation conservatrice lorsqu'on la compare aux donn&#233;es du d&#233;partement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton21342-8a55d.jpg?1781094190' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; : dans l'analyse qui suit, Alain Brunel, directeur climat &#233;nergie de l'AQLPA, expose des donn&#233;es in&#233;dites sur les &#233;missions totales de gaz &#224; effet de serre (GES), produites en amont par l'extraction et en aval par la combustion, associ&#233;es au p&#233;trole bitumineux transport&#233; par les nouveaux projets d'ol&#233;oducs ou d'expansion des anciens sur toute leur dur&#233;e d'op&#233;ration. Les chiffres sont astronomiques. Et c'est une estimation conservatrice lorsqu'on la compare aux donn&#233;es du d&#233;partement d'&#201;tat des &#201;tats-Unis relativement au pipeline Keystone XL. Les &#233;missions totales projet&#233;es sont &#233;galement mises en perspective avec le budget carbone mondial limit&#233; qui nous est imparti pour &#233;viter l'emballement climatique. Cette recherche montre hors de tout doute qu'on ne peut vouloir &#224; la fois r&#233;duire les GES et favoriser l'exploitation des sables bitumineux. &lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Sur 40 ans, les &#233;missions totales amont et aval du pipeline &#201;nergie Est d&#233;passeraient les 5,2 milliards de tonnes &#233;quivalent CO2, (GteqCO2) soit 64 fois les &#233;missions du Qu&#233;bec de 2011. &#187;&#8232;- Alain Brunel, directeur climat &#233;nergie, AQLPA &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Version imprimable (PDF) &#224; t&#233;l&#233;charger (&lt;a href=&#034;http://www.aqlpa.com/sites/default/files/publications-aqlpa/20150313_ges_energieest_sur40ans.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Alain Brunel, directeur climat &#233;nergie AQLPA, mars 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour une deuxi&#232;me fois depuis qu'il est au pouvoir, le pr&#233;sident des &#201;tats-Unis a appos&#233; son veto au projet de pipeline Keystone XL. Sur le fond, nous le savons, Barack Obama est pr&#233;occup&#233; par l'augmentation des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) que l'utilisation du pipeline entra&#238;nerait. Il a bien raison. En juin 2013, il affirmait dans un discours &#224; Georgetown University qu'il consid&#233;rerait KXL d'int&#233;r&#234;t national pour les &#201;tats-Unis uniquement s'il &#233;tait d&#233;montr&#233; que l'ol&#233;oduc &#171; n'exacerberait pas significativement &#187; la pollution carbone. Et il a d&#233;clar&#233; tout r&#233;cemment que la production de p&#233;trole bitumineux &#233;tait &#171; extraordinairement sale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les positions canadienne et qu&#233;b&#233;coise (ou canab&#233;coise) &#224; ce propos sont d'une hypocrisie sans nom. Les gouvernements pr&#233;tendent vouloir r&#233;duire les GES tout en soutenant directement ou indirectement le d&#233;veloppement tous azimuts des p&#233;troles extr&#234;mes, lequel passe obligatoirement par la construction ou l'expansion de nombreux ol&#233;oducs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ensemble des projets de nouveaux ol&#233;oducs ou d'expansion de pipelines actuellement pr&#233;vus au Canada pourrait transporter 3,7 millions de barils par jour (b/j). &#192; lui seul, l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est en transporterait 1,1 million et ajouterait dans l'atmosph&#232;re l'&#233;quivalent des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre de 7,6 millions de voitures par ann&#233;e ou 304 millions de v&#233;hicules sur sa dur&#233;e op&#233;rationnelle de 40 ans, et ce, en calculant uniquement les &#233;missions li&#233;es &#224; la production. Si l'on comptabilisait les &#233;missions li&#233;es &#224; la combustion du p&#233;trole &#201;nergie Est, qui sont 5 fois plus importantes que les &#233;missions li&#233;es &#224; la production, ce projet &#224; lui seul &#233;mettrait en 40 ans autant de gaz &#224; effet de serre que 1,3 milliard de voitures sur une ann&#233;e ! Soit 30% de plus que toutes les voitures roulant actuellement sur la plan&#232;te !!!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette contradiction ne semble pas troubler l'esprit du premier ministre Couillard quand, du m&#234;me souffle, il souligne l'importance de diminuer les GES et qu'il approuve &#201;nergie Est. La plan&#232;te br&#251;le et les Canab&#233;cois regardent &#8230; o&#249; ? Dans leur portefeuille d'actions probablement&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut le redire haut et fort : ces projets d'ol&#233;oduc aboutiraient &#224; annuler tous les efforts des provinces et citoyens en mati&#232;re de r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre. Ils sont donc incoh&#233;rents avec l'objectif plan&#233;taire de r&#233;duction des GES de 40 &#224; 70% d'ici 2050. Et ils sont parfaitement incompatibles avec celui d'atteindre z&#233;ro &#233;mission de GES dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du si&#232;cle, deux objectifs que les experts du climat disent incontournables si nous voulons limiter le r&#233;chauffement plan&#233;taire &#224; 2&#176;C et avoir une chance d'&#233;viter un emballement climatique catastrophique. En voici la d&#233;monstration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le p&#233;trole sur rail&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, d'o&#249; sortent donc tous ces projets de pipeline ? Il faut savoir que les capacit&#233;s de transport de p&#233;trole, par train ou par ol&#233;oduc, sont satur&#233;es dans l'ouest canadien. Au point que des pipeliniers comme TransCanada ont d&#233;cid&#233; d'investir dans le rail ! Et que m&#234;me si la croissance du transport par train ralentit en raison des bas prix actuels, plusieurs projets ferroviaires sont malgr&#233; tout lanc&#233;s ou en d&#233;veloppement dont un terminal ferroviaire par &lt;a href=&#034;http://www.bloomberg.com/research/stocks/private/snapshot.asp?privcapId=84607663&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;USD Group LLC&lt;/a&gt;, d'une capacit&#233; de chargement 140 000 b/j mis en activit&#233; en juin dernier pr&#232;s de Hardisty en Alberta. Un autre projet est en construction &#224; Lashburn en Saskatchewan pour Altex qui augmentera ses capacit&#233;s de transport ferroviaire &#224; 110 000 b/j. Imperial Oil et Kinder Morgan disposeront de capacit&#233;s de 210 000 b/j en cours d'ann&#233;e 2015 et il y en a d'autres&#8230; Selon les &lt;a href=&#034;https://www.neb-one.gc.ca/nrg/sttstc/crdlndptrlmprdct/stt/2014/cndncrdlxprtsrl-fra.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;statistiques de l'Office national de l'&#233;nergie&lt;/a&gt; les exportations de p&#233;trole par train ont diminu&#233; l&#233;g&#232;rement &#224; 173 000 b/j au dernier trimestre 2014. Compte tenu du prix actuel qui rend non rentables les exportations du nord de l'Alberta jusqu'aux raffineries du Golfe du Mexique il serait &#233;tonnant que les pr&#233;visions de transport par rail de 700 000 barils par jour de l'Association canadienne des producteurs p&#233;troliers (ACCP ou CAPP en anglais) pour 2016 soient r&#233;alistes. Mais &lt;a href=&#034;http://business.financialpost.com/2015/02/09/oil-by-rail-economics-suffers-amid-narrowing-spreads/?__lsa=6261-0ecd&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Russ Girling&lt;/a&gt;, le PDG de TransCanada, estime que l'ouest sera en mesure de transporter par train 1,2 millions de barils par jour (Mb/j) et que ses capacit&#233;s de transport par train atteindraient &#224; terme 2 Mb/j.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'environnement &#233;conomique actuel est donc d&#233;favorable au train. Il en co&#251;te 21$ par baril pour envoyer le p&#233;trole par train au Texas alors qu'il en coute 7$ par pipeline. D'o&#249; l'int&#233;r&#234;t de Keystone XL et des nombreux projets d'ol&#233;oducs sur la table &#224; dessin du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consid&#233;rant que KXL est toujours bloqu&#233;, que Northern Gateway et TransMountain Expansion font face &#224; de vives r&#233;sistances et contestations en cour en Colombie Britannique, la pression sera forte pour faire avancer &#201;nergie Est &#224; vive allure. TransCanada a d'ailleurs un nouveau projet en rayon, le Upland Pipeline, qui partirait du Dakota du nord et irait 300km vers le nord rejoindre l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est &#224; Moosomin Saskatchewan. Capacit&#233; : 300 000 barils par jour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les promoteurs des pipelines soutiennent que ce moyen de transporter l'or noir est plus s&#233;curitaire que le train. C'est un argument fallacieux. Car les plans actuels de d&#233;veloppement p&#233;trolier requerront tous les moyens disponibles, pipeline et rail, pour pouvoir &#233;couler l'augmentation pr&#233;vue de la production du p&#233;trole enclav&#233; dans l'ouest (incluant le Bakken du Dakota du nord) comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figure 1&lt;/strong&gt; : Pr&#233;visions de production et capacit&#233;s de transport depuis le bassin s&#233;dimentaire de l'ouest (Source CAPP 2014, Crude Oil, Forecast, Markets &amp; Transportation)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2224 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH355/9229b9858e028121-b0f140ce-0a41f.png?1781094191' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La ligne rouge en croissance indique les pr&#233;visions d'augmentation de production du bassin s&#233;dimentaire de l'ouest incluant le p&#233;trole de roche m&#232;re du Bakken (tight oil) du Dakota du nord selon l'Association canadienne des producteurs p&#233;troliers. Chaque rectangle dans le graphique correspond aux capacit&#233;s de transport des projets de pipelines sur la table. On voit bien qu'ils sont concomitants &#224; l'augmentation pr&#233;vue de la production, tout comme les projets d'expansion du transport par rail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Keystone XL et le projet Upland Pipeline jusqu'&#224; &#201;nergie Est permettraient de leur c&#244;t&#233; d'accro&#238;tre &#233;galement la part du p&#233;trole de schiste du Dakota du nord transport&#233;e par pipeline (qui n'est que de 20% actuellement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tous ces projets de pipelines sont autoris&#233;s, les Canadiens auront droit au jackpot : les risques associ&#233;s aux ol&#233;oducs en plus de ceux qui viendront avec les trains et les navires qui chargeront leurs cargaisons&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au total, les pipelines en activit&#233; aujourd'hui ont une capacit&#233; de sortir 3,7 Mb/j de l'ouest canadien. L'ensemble des projets anticip&#233;s ajouterait une capacit&#233; nouvelle de 3,7 millions de baril par jour.[1] &#201;nergie Est et l'inversion de la ligne 9B d'Enbridge repr&#233;sentent 38% de cette croissance potentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il d&#233;coule de ces constats un corollaire incontournable : l'augmentation pr&#233;vue de la production n'est possible qu'avec la construction de nouveaux ol&#233;oducs. Si un seul de ces projets de pipeline ne se r&#233;alisait pas, l'augmentation pr&#233;vue de la production serait ralentie d'un volume &#233;quivalent &#224; sa capacit&#233; de transport. Si tous les projets &#233;taient bloqu&#233;s la production de quelque 3,7 millions b/j serait impossible &#224; &#233;couler et les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre correspondantes emp&#234;ch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre constat peut &#234;tre fait. Au Canada, l'essentiel de l'augmentation de la production pr&#233;vue est tir&#233; par les projets de p&#233;trole bitumineux en op&#233;ration, en d&#233;veloppement ou &#224; venir comme on peut le voir dans le graphique ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Figure 2&lt;/strong&gt; : Production de p&#233;trole conventionnel et bitumineux (Source CAPP 2014, Crude Oil, Forecast, Markets &amp; Transportation)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2225 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH273/4d927cc9559c95c9-7828c913-1217c.png?1781094191' width='500' height='273' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La part de la production provenant de l'est canadien est n&#233;gligeable et en d&#233;croissance d'ici 2030. Les pr&#233;visions de production de 2014 sont en l&#233;ger retrait sur celles de 2013. La &lt;a href=&#034;http://www.capp.ca/forecast/Pages/default.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;mise &#224; jour de janvier 2015&lt;/a&gt; de l'Association canadienne des producteurs p&#233;troliers a encore retranch&#233; de la courbe de croissance pr&#233;vue de la production un volume de 120 000 b/j &#224; l'horizon 2016, dont &#8211; 56 000 de p&#233;trole bitumineux. Mais la croissance se poursuit n&#233;anmoins et il n'y a toujours aucun pic de production en vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chiffres du tableau suivant le montrent autrement :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 1&lt;/strong&gt; : Production de p&#233;trole brut au Canada 2013-2030 (Source CAPP 2014, adaptation AQLPA)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2226 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH166/341b02b4e09fc6ec-c2b94372-701a9.png?1781094192' width='500' height='166' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2030, la production de p&#233;trole bitumineux augmenterait d'un facteur 2,5 par rapport &#224; 2013 ; 72% de la production canadienne de p&#233;trole proviendrait des sables bitumineux contre 54% aujourd'hui. Le quasi doublement de la production totale entre 2013 et 2030 vient donc essentiellement des sables bitumineux, la production de p&#233;trole conventionnel atteignant un plateau de 1,5 millions de barils par jour. Il est toutefois possible que l'Est contribue davantage au final, selon le rapport de CAPP 2014, car de nouveaux gisements exploitables ont &#233;t&#233; identifi&#233;s en Atlantique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;missions cumulatives de GES li&#233;es aux projets d'augmentation de capacit&#233;s de transport par ol&#233;oduc&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venons-en &#224; notre question centrale, celle que l'Office national de l'&#233;nergie se refuse d'&#233;tudier pour &#201;nergie Est ou Northern Gateway pr&#233;textant qu'elle sort de son mandat : quelle quantit&#233; de gaz &#224; effet de serre pourrait &#234;tre inject&#233;e dans l'atmosph&#232;re chaque ann&#233;e gr&#226;ce &#224; ces nouveaux pipelines ou ces projets d'expansion ? Et combien au total sur leur dur&#233;e op&#233;rationnelle de 40 ans ? [2]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'institut Pembina de Calgary a r&#233;alis&#233; une int&#233;ressante &#233;tude &#224; ce propos sur les &#233;missions associ&#233;es &#224; la production des barils de p&#233;trole qui transiteraient dans l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est. [3] Ce travail rigoureux et &#233;clairant nous a servi de base pour estimer les &#233;missions de GES des projets de nouveaux pipelines et d'expansion de pipelines existants dans le tableau ci-dessous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons cependant voulu aller plus loin que Pembina en extrapolant les &#233;missions li&#233;es &#224; la combustion. Pembina s'est refus&#233; &#224; effectuer ce calcul dans son &#233;tude au motif que les &#233;missions li&#233;es &#224; la combustion sont attribu&#233;es &#224; l'inventaire des &#233;missions du pays dans lequel elles sont produites, selon les r&#232;gles fix&#233;es par les Nations Unies pour la comptabilit&#233; des &#233;missions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette approche se justifie quand on veut attribuer les &#233;missions nationalement et ce, afin d'&#233;viter les doubles comptages. Mais &#224; l'heure o&#249; il faut &#233;liminer les &#233;missions de GES partout sur la plan&#232;te et donc se d&#233;tourner r&#233;solument des &#233;nergies fossiles, il s'agit plut&#244;t ici pour nous d'&#233;valuer l'apport suppl&#233;mentaire de dioxyde de carbone des nouveaux projets d'infrastructures sur l'ensemble de leur cycle de vie, du puits &#224; la roue, afin d'obtenir une premi&#232;re estimation de leur contribution au budget carbone mondial limit&#233; qui nous est allou&#233; si l'on veut &#233;viter l'emballement climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;valuer le potentiel d'&#233;missions &#224; long terme sur la dur&#233;e de vie des ouvrages, nous avons aussi effectu&#233; le calcul pour toute la dur&#233;e op&#233;rationnelle de 40 ans pr&#233;vue par TransCanada pour son pipeline &#201;nergie Est. Cette valeur inscrite dans le temps doit toujours rester &#224; l'esprit car elle repr&#233;sente la totalit&#233; des GES que le pipeline permettrait effectivement d'ajouter globalement dans un syst&#232;me climatique d&#233;j&#224; satur&#233;, alors m&#234;me que les experts du climat du GIEC nous disent qu'il faut aller vers z&#233;ro &#233;mission le plus t&#244;t possible dans la deuxi&#232;me moiti&#233; du si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, pour avoir une vue de l'ensemble de la croissance des &#233;missions mondiales attribuables au Canada, nous avons fait le m&#234;me exercice pour les autres projets de construction ou d'expansion de pipeline destin&#233; &#224; exploiter essentiellement le p&#233;trole bitumineux de l'ouest canadien. Les r&#233;sultats sont stup&#233;fiants comme on peut le voir dans le tableau 2 suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 2&lt;/strong&gt; : Capacit&#233;s suppl&#233;mentaires des projets de pipeline et &#233;missions associ&#233;es de GES, amont et aval, par an et sur 40 ans[4] &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2227 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH178/08fdc6e087f8aba1-032965a9-7923b.png?1781094192' width='500' height='178' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les lignes d'&#201;nergie Est de TransCanada et ligne 9B d'Enbridge sont &#224; examiner attentivement car elles correspondent aux projets concernant directement le Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voici quelques faits saillants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;missions amont uniquement de l'ol&#233;oduc &#201;nergie Est (EE) sur 40 ans d&#233;passeraient le milliard de tonnes de dioxyde de carbone &#233;quivalent (eq CO2) soit 13 fois les &#233;missions totales du Qu&#233;bec de 2011 (81 millions de tonnes). La ligne 9B ajouterait 3 ann&#233;es d'&#233;missions &#224; ce chiffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;missions totales amont et aval du pipeline EE sur 40 ans d&#233;passeraient les 5,2 milliards de tonnes &#233;quivalent CO2, (GteqCO2) soit 64 fois les &#233;missions du Qu&#233;bec de 2011. Cela donne une id&#233;e de l'&#233;normit&#233; de cet ol&#233;oduc un tiers plus gros que Keystone XL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur 40 ans, les &#233;missions combin&#233;es amont et aval d'&#201;nergie Est et de la ligne 9B (6,6 GteqCO2) &#233;quivaudraient &#224; 82 fois les &#233;missions du Qu&#233;bec de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;missions annuelles amont de l'ensemble des projets pipeliniers ajouteraient 103 Mt eq CO2 au bilan canadien soit 15% du total des &#233;missions canadiennes de 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Mais sur 40 ans, les &#233;missions uniquement amont de l'ensemble des projets donneraient 3,5 milliards de tonne de CO2 de plus, soit cinq fois les &#233;missions canadiennes de 2011 (701 mt).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;missions amont et aval de l'ensemble de ces projets s'&#233;l&#232;veraient &#224; pr&#232;s de 17,5 Gt eq CO2, et ajouteraient dans l'atmosph&#232;re l'&#233;quivalent de 25 ann&#233;es d'&#233;missions canadiennes de 2011. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour utiliser une comparaison souvent reprise, nous avons transpos&#233; ces &#233;missions en nombre de voitures suppl&#233;mentaires/an sur les routes dans le tableau suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 3&lt;/strong&gt; : &#201;quivalences des &#233;missions de GES des ol&#233;oducs en nombre de voitures ajout&#233;es sur les routes (amont et aval, par ann&#233;e et sur 40 ans) &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH145/21b5540d3f759936-541ff872-5fb68.png?1781094193' width='500' height='145' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faits saillants :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les &#233;missions annuelles, amont uniquement, de tous ces projets ajouteraient l'&#233;quivalent de 25 millions de voitures tous les ans sur les routes du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur 40 ans, les &#233;missions amont seulement de l'ensemble des projets ajouteraient quelque 1,02 milliard de voitures, soit presque l'&#233;quivalent du parc mondial d'automobiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur 40 ans, les &#233;missions amont de GES d'&#201;nergie Est ajouteraient l'&#233;quivalent de plus de 300 millions de v&#233;hicules l&#233;gers sur les routes (16% de plus que le parc automobile &#233;tasunien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Sur 40 ans, les &#233;missions amont et aval d'&#201;nergie Est ajouteraient l'&#233;quivalent de plus 1,3 milliard d'automobiles (30% de plus que le parc mondial d'automobiles). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'ensemble des projets de pipelines pr&#233;vus dans ce tableau ajouteraient au total sur 40 ans l'&#233;quivalent des gaz &#224; effet de serre de 4,3 milliards de voitures sur les routes soit plus de 4 fois le parc mondial d'automobiles&#8230;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une part significative du budget carbone mondial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit que les &#233;missions de dioxyde de carbone associ&#233;es aux projets pipeliniers entra&#238;nant l'augmentation de la production de p&#233;trole bitumineux sont majeures &#224; l'&#233;chelle du Qu&#233;bec et du Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui est plus surprenant c'est qu'elles le sont tout autant &#224; l'&#233;chelle du budget carbone mondial. Dans un premier temps, voyons le tableau suivant qui nous permet de comprendre les diff&#233;rents chiffres qui circulent sur le budget carbone restreint qui nous est imparti si l'on veut tenter de limiter le r&#233;chauffement plan&#233;taire &#224; une moyenne de 2&#176;C d'ici 2100. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tableau 4&lt;/strong&gt; : &#201;missions cumulatives de CO2 compatibles avec la limitation du r&#233;chauffement &#224; des seuils de temp&#233;rature limite selon diff&#233;rents niveaux de probabilit&#233; (source Rapport synth&#232;se du GIEC, AR5 2014)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH376/9acabc157df0f0b6-88a7aa4b-46780.png?1781094193' width='500' height='376' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut lire ce tableau ainsi : 66% des mod&#232;les climatiques restent sous le seuil de 2&#176;C en 2100 lorsque les &#233;missions cumulatives depuis 1870 ne d&#233;passent pas 2900 GtCO2. Mais pour obtenir que 66% des simulations restent sous la barre des 2 degr&#233;s d'ici la fin du si&#232;cle, le budget de CO2 de 2011 &#224; 2100 doit &#234;tre limit&#233; &#224; 1000 GtCO2 selon la ligne des mod&#232;les complexes qui ont servi de base aux sc&#233;narios d'&#233;volution du GIEC.&lt;br class='autobr' /&gt;
Or les r&#233;serves totales de carbone fossile disponibles en 2011 (derni&#232;re ligne), avec les technologies et les conditions d'op&#233;ration existantes, sont de 3,7 &#224; 7 fois plus importantes que le budget de 1000 GtCO2. Et les ressources de carbone fossile, potentiellement exploitables avec de nouvelles technologies ou des conditions &#233;conomiques favorables, d&#233;passent de 30 &#224; 50 fois le budget carbone global allou&#233; pour limiter la hausse moyenne &#224; 2&#176;C ! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;missions ont continu&#233; &#224; cro&#238;tre depuis 2011 et selon le GlobalCarbonProject, il faut retrancher quelque 108GtCO2 au solde du bilan qui est maintenant de 892 milliards de tonnes en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre &#171; l&#233;ger &#187; d&#233;tail &#224; ne pas n&#233;gliger : les &#233;missions qui sont d&#233;j&#224; engag&#233;es dans le syst&#232;me &#233;conomique et climatique avec le parc technologique et d'infrastructures existant, donc qu'on ne peut pas &#233;liminer du jour au lendemain. Par exemple les centrales thermiques, toutes &#233;nergies fossiles confondues, vont encore &#233;mettre 307 GtCO2 sur leur dur&#233;e de vie selon une recherche de &lt;a href=&#034;http://iopscience.iop.org/1748-9326/9/8/084018&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Steven Davis et Robert Socolow&lt;/a&gt;. Une autre &#233;quipe de chercheurs, &lt;a href=&#034;http://www.nature.com/nclimate/journal/v4/n10/pdf/nclimate2384.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Raupach et al&lt;/a&gt;, estime que les &#233;missions totales d&#233;j&#224; engag&#233;es dans le syst&#232;me, incluant le transport, s'&#233;l&#232;vent &#224; 729 GtCO2.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et l&#224;, Houston, nous avons un gros probl&#232;me. Si l'on retire du solde actuel de 892Gt les &#233;missions d&#233;j&#224; commises dans le syst&#232;me de 729Gt, il nous reste un petit 163Gtde marge, 163 milliards de tonnes de nouvelles &#233;missions que l'humanit&#233; peut ajouter d'ici 2100 dans le syst&#232;me, soit l'&#233;quivalent de 4 ans d'&#233;missions mondiales de 2015 !&lt;br class='autobr' /&gt;
Les projets de nouveaux pipelines et d'expansion d'anciens ol&#233;oducs qui sont en cours au Canada retrancheraient donc quelque 16 &#224; 17,5Gt (selon que l'on inclue ou pas la ligne 9B) &#224; un budget de 163 GtCO2 d'&#233;missions admissibles, soit de 10 &#224; 11% du budget total autoris&#233; de nouvelles &#233;missions pour le XXIe si&#232;cle. C'est &#233;norme pour une population canadienne qui repr&#233;sente 0,5% de la population mondiale.&lt;br class='autobr' /&gt;
Nous comprenons ainsi mieux pourquoi cette question ne peut pas &#234;tre trait&#233;e par l'Office national de l'&#233;nergie. L'instance suppos&#233;e faire les &#233;valuations environnementales des projets pipeliniers au Canada ne peut aborder un sujet environnemental si chaud, si br&#251;lant, qu'il carboniserait litt&#233;ralement les projets d'exploitation des sables bitumineux et les moyens d'en augmenter la production&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] Les projets ferroviaires comblant la diff&#233;rence pour fr&#244;ler les 8 millions b/j de capacit&#233;s de transport en 2030. Il faut ici prendre garde &#224; ne pas confondre capacit&#233;s de transport et volumes effectivement transport&#233;s. Les ol&#233;oducs transportent en g&#233;n&#233;ral 80-85% de leurs capacit&#233;s maximales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] La dur&#233;e de 40 ans est celle indiqu&#233;e par TransCanada. Dans les faits il est tr&#232;s probable, si la ressource existe encore et est toujours en demande, que celle-ci soit prolong&#233;e. La ligne 9B d'Enbridge a 40 ans et vit une nouvelle jeunesse avec le projet d'inversion en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Flanagan Erin &amp; Demerse Claire, Climate Implications of the Proposed Energy East Pipeline, A Preliminary Assessment, Pembina Institute, February 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] M&#233;thodologie : pour les fins de la pr&#233;sente approximation nous reprenons le sc&#233;nario moyen 2 de l'&#233;tude cit&#233;e de Pembina qui suppose qu'&#201;nergie Est transporterait 50% de bitume dilu&#233;, 20% de p&#233;trole conventionnel et 30% de p&#233;trole synth&#233;tique. Pour &#233;valuer les &#233;missions de GES des autres pipelines nous avons emprunt&#233; les valeurs retenues par Pembina pour &#201;nergie Est : facteur d'utilisation de 85%, m&#234;mes types de p&#233;trole et division du total des barils transport&#233;s par le facteur 11,15 r&#233;sultant du calcul de Pembina entre le nombre de barils et le nombre de tonnes de GES &#233;mises. Pour les &#233;missions aval &#8211; ici du raffinage &#224; la combustion &#8211; nous avons multipli&#233; les &#233;missions amont par un facteur 5, valeur retenue par l'&#233;tude du service de recherche du congr&#232;s am&#233;ricain &#171; Canadian OilSands : LifeCycle Assessments of Greenhouse Gas Emissions, March 2014, &lt;a href=&#034;http://fas.org/sgp/crs/misc/R42537.pdf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://fas.org/sgp/crs/misc/R42537.pdf&lt;/a&gt; . Dans cette &#233;tude, il est relev&#233; que 70 &#224; 80% des &#233;missions d'un baril de p&#233;trole proviennent de la combustion ; nous avons retenu la valeur maximale de 80% pour tenir compte du raffinage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les valeurs du cycle complet amont et aval pr&#233;sent&#233;es avec cette m&#233;thode de calcul apparaissent tr&#232;s conservatrices lorsque compar&#233;es aux donn&#233;es du d&#233;partement d'&#201;tat &#233;tasunien relatives &#224; Keystone XL. Le rapport de janvier 2014 &#8220;Final Supplemental Environmental Impact Statement&#8221; du d&#233;partement d'&#201;tat &#233;valuait les &#233;missions annuelles du projet de KXL selon l'analyse du cycle de vie (du puits &#224; la roue) entre 147 et 168 Mt eqCO2/an. L'estimation ici avanc&#233;e dans notre tableau pour ce m&#234;me pipeline est de 115 Mt eqCO2/an. Soit une valeur presque 30% inf&#233;rieure &#224; la valeur la plus faible de l'estimation du D&#233;partement d'&#201;tat. Les &#233;missions totales du cycle de vie d'un baril de p&#233;trole bitumineux sont donc clairement sous-estim&#233;es dans notre tableau. L'&#233;cart s'explique vraisemblablement par une composition de p&#233;trole bitumineux dilu&#233; -Dilbit- plus importante dans le cas de l'&#233;tude du D&#233;partement d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La dur&#233;e d'op&#233;ration de 40 ans est celle d&#233;clar&#233;e dans le projet de TransCanada pour &#201;nergie Est. Nous avons reproduit cette dur&#233;e d'op&#233;ration pour l'ensemble des projets d'ol&#233;oducs. Les volumes indiqu&#233;s pour Transmountain Exp. et Alberta Clipper Exp. correspondent uniquement aux volumes suppl&#233;mentaires produits apr&#232;s la mise &#224; niveau des ol&#233;oducs. Pour la ligne 9B, il aurait fallu en toute logique soustraire du volume d'&#233;missions &#233;manant du p&#233;trole de l'ouest celles provenant du p&#233;trole conventionnel import&#233; qu'il remplace, mais ajouter l'intensit&#233; plus importante en carbone du p&#233;trole bitumineux +17-20% et la capacit&#233; augment&#233;e de la ligne 9B +25%. Nous avons voulu limiter la complexit&#233; des donn&#233;es pr&#233;sent&#233;es ici et donner le portrait g&#233;n&#233;ral des &#233;missions canadiennes li&#233;es aux ol&#233;oducs. Du reste, cela aurait chang&#233; marginalement le profil global des &#233;missions pr&#233;sent&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>De Lima &#224; Paris, ombres et lumi&#232;res autour du climat</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/De-Lima-a-Paris-ombres-et-lumieres-autour-du-climat</link>
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		<dc:date>2015-01-27T08:44:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-01-27</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il s'est pass&#233; quelque chose d'important lors des n&#233;gociations internationales sur l'avenir du climat en d&#233;cembre &#224; Lima, capitale du P&#233;rou. Les 195 &#201;tats signataires de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques se sont engag&#233;s &#224; soumettre l'an prochain un plan national de r&#233;duction de leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) &#224; mettre en &#339;uvre &#224; partir de 2020. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Alain Brunel, Directeur Climat-&#201;nergie. &lt;br class='autobr' /&gt; Les &#201;tats conviennent enfin que pour avoir une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton20620-ff1d9.jpg?1781094193' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il s'est pass&#233; quelque chose d'important lors des n&#233;gociations internationales sur l'avenir du climat en d&#233;cembre &#224; Lima, capitale du P&#233;rou. Les 195 &#201;tats signataires de la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques se sont engag&#233;s &#224; soumettre l'an prochain un plan national de r&#233;duction de leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) &#224; mettre en &#339;uvre &#224; partir de 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Alain Brunel, Directeur Climat-&#201;nergie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les &#201;tats conviennent enfin que pour avoir une chance de maintenir la hausse de la temp&#233;rature moyenne globale &#224; 1,5 ou 2 degr&#233;s Celsius, il est n&#233;cessaire de r&#233;duire substantiellement les &#233;missions de GES d'ici 2050 et de r&#233;duire les &#233;missions nettes &#224; &#171; pr&#232;s de z&#233;ro gigatonne de dioxyde de carbone &#233;quivalent, ou moins, d'ici 2100 &#187;. Les Parties reconnaissent &#233;galement que l'attribution d'un prix au carbone constitue une approche efficace et coh&#233;rente pour une r&#233;duction globale des GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cette avanc&#233;e significative, plusieurs ombres viennent noircir le tableau :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Fonds vert pour le climat d&#233;tient &#224; ce jour un capital &#233;valu&#233; &#224; $10 milliards US, bien loin de l'engagement des pays d&#233;velopp&#233;s de mettre $100 milliards par an &#224; partir de 2020, un montant d'ailleurs bien inf&#233;rieur aux besoins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucune entente sur un format de communication commun des &#171; contributions volontaires nationalement d&#233;termin&#233;es &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun examen externe ou de r&#233;vision de ces contributions avant leur agr&#233;gation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des divisions Nord/Sud restent toujours vives alors que les pays du sud attendent toujours un engagement pr&#233;-2020 d'actions d'att&#233;nuation des pays d&#233;velopp&#233;s en &#233;change de la n&#233;gociation par le Sud d'un accord universel post-2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'accord de Lima, le Canada ent&#233;rine ce que Stephen Harper refuse de faire depuis huit ans ! Signer n'entra&#238;ne pas forc&#233;ment action&#8230; Lors des n&#233;gociations, le premier ministre canadien a os&#233; affirmer qu'il serait &#171; fou &#187; de r&#233;glementer le secteur p&#233;trole et gaz alors que c'est celui dont les &#233;missions augmentent le plus au Canada&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; sa port&#233;e potentiellement immense, le projet d'accord n'est pas encore &#224; la hauteur de l'urgence et de l'importance de l'enjeu. Comme un fumeur inv&#233;t&#233;r&#233; qui ferait le v&#339;u de changer son comportement apr&#232;s que le m&#233;decin lui eut annonc&#233; qu'il allait mourir s'il continuait sa mauvaise habitude, le monde se trouve &#224; la crois&#233;e des chemins et esp&#232;re beaucoup de la prochaine conf&#233;rence &#224; Paris &#224; l'automne 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'AQLPA sera encore une fois sur le terrain en 2015 parce que nous jugeons essentiel de fournir aux Qu&#233;b&#233;coises et Qu&#233;b&#233;cois une vision &#233;clair&#233;e des tenants et aboutissants de ces n&#233;gociations, en parall&#232;le des discours officiels. En vulgarisant ces questions complexes et faisant &#233;tat de l'&#233;volution des n&#233;gociations, notre objectif est de vous amener &#224; comprendre l'importance de ces rencontres et d'&#234;tre mieux &#224; m&#234;me d'agir et de r&#233;agir pour le bien-&#234;tre de nos collectivit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'espoir r&#233;sidant dans l'action, nous esp&#233;rons compter sur vos dons pour continuer notre travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Brunel, directeur climat-&#233;nergie, Association qu&#233;b&#233;coise de lutte contre la pollution atmosph&#233;rique (AQLPA)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les enjeux des n&#233;gociations sur le climat &#8211; La conf&#233;rence de Lima d&#233;terminante pour le succ&#232;s de celle de Paris en 2015</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-enjeux-des-negociations-sur-le-climat-La-conference-de-Lima-determinante</link>
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		<dc:date>2014-12-09T08:41:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AQLPA</dc:creator>


		<dc:subject>Blogues</dc:subject>
		<dc:subject>Lutte contre les &#233;nergies fossiles</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-12-09</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, Lima devra servir &#224; cr&#233;er un &#233;lan, un climat politique favorable &#224; l'accord devant &#234;tre sign&#233; &#224; Paris en 2015. Il s'agit de s'entendre sur les principes et l'architecture d'un nouvel accord international. Il s'agit aussi d'&#233;lever le niveau d'ambition et de s'assurer que chaque &#201;tat soit pr&#234;t &#224; soumettre sa &#171; contribution &#187; nationale de r&#233;duction des &#233;missions au plus tard en mars 2015. La somme de ces r&#233;ductions d'&#233;missions permettra ou non &#224; la communaut&#233; internationale de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton20192-690aa.jpg?1781094193' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'entr&#233;e de jeu, Lima devra servir &#224; cr&#233;er un &#233;lan, un climat politique favorable &#224; l'accord devant &#234;tre sign&#233; &#224; Paris en 2015. Il s'agit de s'entendre sur les principes et l'architecture d'un nouvel accord international. Il s'agit aussi d'&#233;lever le niveau d'ambition et de s'assurer que chaque &#201;tat soit pr&#234;t &#224; soumettre sa &#171; contribution &#187; nationale de r&#233;duction des &#233;missions au plus tard en mars 2015. La somme de ces r&#233;ductions d'&#233;missions permettra ou non &#224; la communaut&#233; internationale de stopper la progression fulgurante de 45% des &#233;missions mondiales de GES depuis 1990.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Alain Brunel, Directeur Climat-&#201;nergie, AQLPA et Marc Lebel, Coordonnateur Climat-&#201;nergie, AQLPA.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, l'annonce conjointe surprise, &#224; la mi-novembre, de l'intention des deux plus gros &#233;metteurs mondiaux de CO2, les &#201;tats-Unis et la Chine, de r&#233;duire leurs &#233;missions de mani&#232;re significative avec un objectif &#224; long terme impulse une dynamique favorable &#224; ces n&#233;gociations. D'autant que cette annonce est survenue apr&#232;s celle de l'Europe qui veut r&#233;duire ses &#233;missions de 40% en 2030 par rapport &#224; celles de 1990. Le Canada de son c&#244;t&#233; a &#233;t&#233; pris les culottes baiss&#233;es par l'annonce sino-&#233;tasunienne et n'a toujours aucun plan f&#233;d&#233;ral cr&#233;dible de r&#233;duction des GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;quit&#233; et &#171; juste part &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande nouveaut&#233; depuis l'an dernier r&#233;side dans les INDCs (Intended nationally determined contributions). Ce terme flou a fini par &#233;merger de longues n&#233;gociations et devrait normalement rallier tous les grands &#233;metteurs &#224; un prochain accord en 2015. Le projet d'accord traitera des questions relatives &#224; la r&#233;duction des &#233;missions, &#224; l'adaptation, &#224; la finance, &#224; la technologie, &#224; la transparence et au renforcement des capacit&#233;s (capacity building). Lima est crucial car il faudra y d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment les engagements que les pays devront fournir dans leurs contributions nationales &#224; rendre pour la fin mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le casse-t&#234;te politique consistera &#224; d&#233;terminer objectivement la part de responsabilit&#233; respective de chaque &#201;tat dans les r&#233;ductions de GES n&#233;cessaires pour emp&#234;cher &#171; toute perturbation anthropique dangereuse du syst&#232;me climatique &#187;, soit l'objectif de la CCNUCC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#201;tats devront &#233;galement s'entendre sur un syst&#232;me honn&#234;te et robuste de mesure, de reddition de comptes et de v&#233;rification dit MRV (Measuring, Reporting and Verification) pour s'assurer que les cibles de r&#233;duction de GES des &#201;tats sont ad&#233;quates, &#233;quitables, et surtout, qu'elles sont bel et bien respect&#233;es et bonifi&#233;es dans le futur pour en arriver &#224; la neutralit&#233; carbone dans la deuxi&#232;me partie de ce si&#232;cle comme le recommande la science[i].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sayonara Kyoto !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture de l'accord sera nouvelle. L'approche du haut vers le bas (top-down) qui caract&#233;risait le Protocole de Kyoto o&#249; des cibles &#233;taient impos&#233;es aux pays de l'Annexe 1 prend le bord. Apr&#232;s de longs blocages, c'est l'approche du bas vers le haut (bottom-up) qui semble faire consensus, car plus r&#233;aliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les risques associ&#233;s &#224; la d&#233;cision de laisser les &#201;tats d&#233;cider de la teneur des r&#233;ductions de GES envisag&#233;es par chaque partie, c'est probablement la meilleure mani&#232;re de parvenir &#224; un accord juste, &#233;quitable et global. D'ailleurs, de nombreuses ONG se penchent depuis longtemps sur des calculateurs d'&#233;quit&#233;[ii] et il serait judicieux d'inclure la soci&#233;t&#233; civile et des tierces parties ind&#233;pendantes dans le suivi, la comptabilisation et l'&#233;valuation des contributions nationales lorsqu'elles seront toutes compil&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, une des difficult&#233;s sera le calendrier. Les &#201;tats devront annoncer leur programme de r&#233;duction volontaire d'ici la fin du premier trimestre 2015. Le processus de r&#233;vision des programmes et de traduction des textes se d&#233;roulera sous forte contrainte de temps avant l'&#233;ch&#233;ance de la conf&#233;rence de Paris fin 2015. Les &#201;tats devront donc aussi s'entendre sur le processus de r&#233;vision qui s'ensuivra et certainement consentir &#224; rehausser davantage leurs ambitions afin d'arriver &#224; Paris avec un projet d'accord robuste et audacieux, &#224; la hauteur des enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sonner le glas de l'&#232;re fossile&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut constater que les d&#233;cideurs politiques peinent &#224; suivre le rythme impos&#233; par les rapports scientifiques qui s'accumulent et qui laissent peu de place &#224; l'interpr&#233;tation. Pour &#233;viter le pire des d&#233;g&#226;ts associ&#233;s aux d&#233;r&#232;glements climatiques, il faut rapidement d&#233;carboner l'&#233;conomie mondiale. La rencontre de Lima sera donc cruciale dans la mesure o&#249; une feuille de route ou du moins des engagements clairs et ambitieux seront pris pour mettre en branle une v&#233;ritable transition &#233;nerg&#233;tique &#224; long terme. L'urgence du moment exige de la communaut&#233; internationale qu'elle s'affranchisse graduellement, mais r&#233;solument, des &#233;nergies fossiles et embrasse pleinement les &#233;nergies renouvelables, tout en innovant dans sa mani&#232;re de consommer l'&#233;nergie. Fixer un prix universel croissant au carbone est un moyen jug&#233; efficace par la plupart des &#233;conomistes pour acc&#233;l&#233;rer la transition &#233;nerg&#233;tique. Or il suffit aujourd'hui de comparer les subventions astronomiques accord&#233;es aux &#233;nergies fossiles &#224; l'aide an&#233;mique apport&#233;e au d&#233;veloppement des &#233;nergies vertes pour constater l'ampleur du d&#233;fi qui se dresse devant les d&#233;cideurs publics et les peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra d'ailleurs surveiller attentivement le jeu des acteurs qui ont int&#233;r&#234;t au statu quo : les pays producteurs d'&#233;nergie fossile ou les entreprises influentes de la production d'&#233;nergie fossile, seront tent&#233;es de poser des obstacles, d'une mani&#232;re ou d'une autre, &#224; la signature d'un accord international. Le Canada de Stephen Harper, terre d'&#233;lection de nombreux int&#233;r&#234;ts p&#233;troliers, fait clairement partie de ceux qui pr&#233;f&#232;rent le statu quo. La Russie, qui agit en hors-la-loi international en Ukraine et qui a beaucoup &#224; perdre au d&#233;classement des &#233;nergies fossiles, peut-elle n&#233;gocier en partageant v&#233;ritablement l'objectif commun ? Et que dire de l'Arabie Saoudite ou du Venezuela ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fonds vert pour le climat : Un d&#233;part sur les chapeaux de roues&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir &#233;t&#233; surpris par l'accord climatique conclu entre la Chine et les &#201;tats-Unis, puis par l'annonce de Barack Obama de l'injection de trois milliards $ au Fonds vert pour le climat (FVC)[iii], le gouvernement du Canada a finalement admis du bout des l&#232;vres qu'il allait contribuer &#224; ce fonds important pour les pays vuln&#233;rables aux changements climatiques. La ministre de l'Environnement Leona Agglukkaq a annonc&#233; la semaine derni&#232;re que le Canada d&#233;bloquerait 300 millions $ pour financer des projets de r&#233;duction des GES dans les pays en d&#233;veloppement (PED).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le FVC a &#233;t&#233; officiellement mis sur pied lors de la conf&#233;rence de Canc&#250;n en 2010. Apr&#232;s plus de trois ans de disputes sur le fonctionnement du fonds, celui-ci totalise aujourd'hui un peu moins de 10 milliards $. Cela demeure bien en-de&#231;&#224; de la cible de 15 milliards $ demand&#233;e par les PED d'ici la fin de l'ann&#233;e pour la phase initiale de capitalisation, mais l'espoir est permis. &#192; ce jour, des pays riches comme l'Australie, l'Autriche, la Belgique et l'Irlande n'ont pas encore affich&#233; leur intention de contribuer ou non au FVC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Copenhague en 2009, les &#201;tats s'&#233;taient engag&#233;s &#224; mobiliser environ 30 milliards $ de 2010 &#224; 2012, soit un blitz de financement acc&#233;l&#233;r&#233; (fast-start finance) dans le jargon climatique. D'ici 2020, c'est pas moins de 100 milliards $ par an en fonds publics et priv&#233;s &#8211; des montants neufs et additionnels &#8211; qui ont &#233;t&#233; promis pour financer des projets li&#233;s &#224; la r&#233;duction des GES et aux mesures d'adaptation dans des pays pauvres ou vuln&#233;rables (ex : reforestation, &#233;nergies vertes, etc.) afin de b&#226;tir une confiance entre les diff&#233;rentes parties et de parvenir &#224; un accord. Rappelons qu'un financement appropri&#233; est une condition essentielle pour que plusieurs PED acceptent d'apposer leur signature au bas de l'accord devant &#234;tre sign&#233; &#224; Paris l'an prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La part du Canada : le strict minimum pour ne pas perdre la face&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Canada est fier d'annoncer qu'il a bel et bien contribu&#233; &#224; la hauteur de 400 millions de $ par an de 2010 &#224; 2012 &#224; cet effort de financement, mais des doutes subsistent sur la nature de ces sommes. Environ trois quarts des sommes allou&#233;es par le Canada constituaient des pr&#234;ts aux pays aux prises avec les al&#233;as climatiques[iv]. Ce sont donc des fonds qui reviennent au Tr&#233;sor canadien sans apporter une aide durable aux pays b&#233;n&#233;ficiaires. Quoiqu'il en soit, l'annonce d'une contribution de 300 millions $ au FVC va dans le bon sens, mais les 60 PED qui en b&#233;n&#233;ficieront ont des besoins tr&#232;s vari&#233;s qui ne cadrent pas n&#233;cessairement avec ceux des entreprises canadiennes. L'argent doit avant tout servir &#224; la r&#233;duction des GES ainsi l'adaptation des populations cibles, pas au chiffre d'affaire des entreprises canadiennes ou &#224; l'&#233;conomie canadienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare les montants propos&#233;s par le Canada et les &#201;tats-Unis &#224; leur Produit int&#233;rieur brut respectif de 2013, on peut constater qu'ils sont proches - 1,64/10000e du PIB pour le Canada contre 1,79/10000e pour les &#201;tats-Unis. Cependant, en proportion de leur PIB, ce sont des montants moiti&#233; moins g&#233;n&#233;reux que ceux promis par la France et la Grande-Bretagne au Fonds vert pour le climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Qu&#233;bec &#224; l'aff&#251;t des opportunit&#233;s de se distinguer du palier f&#233;d&#233;ral&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme &#224; l'habitude, le Qu&#233;bec enverra une d&#233;l&#233;gation gouvernementale &#224; Lima cette ann&#233;e. Si elle ne peut prendre part directement aux n&#233;gociations, cette repr&#233;sentation provinciale dans une conf&#233;rence internationale de haut niveau d&#233;montre n&#233;anmoins que les acteurs sub-&#233;tatiques jouent un r&#244;le n&#233;vralgique dans la lutte aux changements climatiques. La position canadienne est g&#234;nante pour tout le monde et le gouvernement du Qu&#233;bec doit tirer son &#233;pingle du jeu &#224; Lima en continuant d'avancer les m&#233;rites de sa politique d'&#233;lectrification des transports et du march&#233; du carbone Qu&#233;bec-Californie par exemple. La pr&#233;sence conjointe de l'Ontario, du Qu&#233;bec et de la Californie au sommet laisse penser que l'Ontario pourrait saisir l'occasion pour annoncer qu'elle se joindra au march&#233; carbone de la Western Climate Initiative avec le Qu&#233;bec et la Californie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce serait une excellente occasion pour l'Ontario et le Qu&#233;bec de se dissocier de la mauvaise r&#233;putation accol&#233;e au Canada dans les enceintes environnementales comme la CCNUCC en r&#233;v&#233;lant les initiatives porteuses des municipalit&#233;s et entit&#233;s f&#233;d&#233;r&#233;es. Alors que seuls les &#201;tats peuvent participer aux discussions officielles, il serait grand temps de faire une plus grande place aux villes, MRC, provinces, citoyens, entreprises vertes, groupes de femmes et peuples autochtones pour dynamiser le mouvement climatique mondial et en refl&#233;ter la pluralit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce titre, le Qu&#233;bec doit partager son savoir-faire en &#233;nergies vertes et prendre la place qui lui revient &#224; Lima dans la promotion d'une vision audacieuse du d&#233;veloppement des &#233;nergies renouvelables de l'avenir. Au printemps 2015, le Qu&#233;bec accueillera un sommet sur les changements climatiques auquel sont invit&#233;s les premiers ministres de chaque province et territoire canadiens. Il doit donc profiter des enjeux qui seront d&#233;battus &#224; Lima pour continuer &#224; se forger un r&#244;le de leader dans la transition in&#233;vitable des ressources fossiles vers les &#233;nergies renouvelables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;tapes d'une mutation historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien d'autres enjeux seront &#224; surveiller &#224; Lima comme le financement de l'accord REDD +[v], sign&#233; &#224; Varsovie l'an dernier, destin&#233; &#224; prot&#233;ger les for&#234;ts &#8211; la d&#233;forestation est responsable de 20% des &#233;missions mondiales &#8211; ou l'&#233;volution du dispositif de compensation des pertes et dommages pour les populations les plus vuln&#233;rables, principe &#233;galement agr&#233;&#233; &#224; Varsovie. Au minimum, la conf&#233;rence de Lima servira de barom&#232;tre pour voir si les grands &#233;metteurs peuvent s'entendre sur des r&#233;ductions, constater si les pays riches seront en mesure de garantir la pr&#233;visibilit&#233; du financement li&#233; au climat et devra dessiner le plan d'une architecture solide pour le futur accord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'ampleur et la complexit&#233; des enjeux, l'importance des int&#233;r&#234;ts concern&#233;s, rendent ces n&#233;gociations longues, difficiles, &#226;prement d&#233;battues. Il est loin d'&#234;tre s&#251;r que le succ&#232;s sera au rendez-vous de Lima et a fortiori de la conf&#233;rence de Paris en 2015. Il n'en demeure pas moins que les 196 pays signataires de la CCNUCC ont partag&#233; le diagnostic scientifique du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat. Il faut d&#233;j&#224; mesurer l'&#233;normit&#233; du pas accompli. La science est formelle : il faut sortir de l'&#232;re des &#233;nergies fossiles aussi vite que possible. Lima et Paris ne seront que des &#233;tapes sur un long fleuve, pas du tout tranquille, guidant l'humanit&#233; vers une nouvelle mutation historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[i] 5e Rapport du GIEC, &lt;a href=&#034;http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ii] EcoEquity Reference Equity Calculator, &lt;a href=&#034;http://gdrights.org/calculator/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://gdrights.org/calculator/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iii] Site Web du Fonds vert pour le climat, &lt;a href=&#034;http://news.gcfund.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://news.gcfund.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iv] Blogue du Carrefour canadien pour la coop&#233;ration internationale, &lt;a href=&#034;http://www.ccic.ca/blog/fast-start-slow-finish-on-canadian-climate-finance/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ccic.ca/blog/fast-start-slow-finish-on-canadian-climate-finance/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[v] Institut international du d&#233;veloppement durable, &#171; Qu'est-ce que le REDD+ ? &#187;, &lt;a href=&#034;https://www.iisd.org/climate/land_use/redd/about_fr.aspx&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.iisd.org/climate/land_use/redd/about_fr.aspx&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; See more at : &lt;a href=&#034;http://www.blogueaqlpa.com/2014/11/28/les-enjeux-des-negociations-sur-le-climat-la-conference-de-lima-determinante-pour-le-succes-de-celle-de-paris-en-2015/#sthash.B2HfxIHz.dpuf&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.blogueaqlpa.com/2014/11/28/les-enjeux-des-negociations-sur-le-climat-la-conference-de-lima-determinante-pour-le-succes-de-celle-de-paris-en-2015/#sthash.B2HfxIHz.dpuf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Objectif climat Terre vivante : Z&#233;ro &#233;mission nette de gaz &#224; effet de serre d'ici la fin du si&#232;cle !</title>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'image &#233;tait belle dimanche 2 novembre &#224; Banff devant les Rocheuses. Le pr&#233;sident de la France, c&#244;te &#224; c&#244;te avec un Stephen Harper ravi, en communion devant un panorama spectaculaire de l'Alberta ; avant d'entonner de concert l'hymne aux richesses de la province que les entreprises fran&#231;aises sont bien plac&#233;es pour exploiter &#8211; et o&#249; la p&#233;troli&#232;re Total a investi massivement. Malaise chez les &#233;cologistes fran&#231;ais et f&#226;cheuse co&#239;ncidence : le jour m&#234;me o&#249; Fran&#231;ois Hollande atterrissait pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-11-11-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-11-11&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton19759-b14ed.jpg?1781094194' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'image &#233;tait belle dimanche 2 novembre &#224; Banff devant les Rocheuses. Le pr&#233;sident de la France, c&#244;te &#224; c&#244;te avec un Stephen Harper ravi, en communion devant un panorama spectaculaire de l'Alberta ; avant d'entonner de concert l'hymne aux richesses de la province que les entreprises fran&#231;aises sont bien plac&#233;es pour exploiter &#8211; et o&#249; la p&#233;troli&#232;re Total a investi massivement. Malaise chez les &#233;cologistes fran&#231;ais et f&#226;cheuse co&#239;ncidence : le jour m&#234;me o&#249; Fran&#231;ois Hollande atterrissait pour une premi&#232;re visite historique d'un pr&#233;sident fran&#231;ais dans la province canadienne de l'or noir, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) rendait public le r&#233;sum&#233; final des trois rapports des groupes de travail sur la physique du climat, les impacts des changements climatiques et les moyens de r&#233;duire les gaz &#224; effet de serre (GES).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Oh bien s&#251;r, Fran&#231;ois Hollande a rappel&#233; lors de sa visite l'importance de l'enjeu climatique - Paris accueillera en d&#233;cembre 2015 une conf&#233;rence internationale cruciale des Nations Unies sur le sujet - et le premier ministre canadien a feint de s'y pencher en trompant encore son monde sur les pr&#233;tendues r&#233;ductions d'&#233;missions de GES de l'industrie[i]. Mais tous deux avaient manifestement d'abord &#224; l'esprit les centaines de milliards de dollars d'investissements pr&#233;vus dans l'exploitation des sables bitumineux ces prochaines ann&#233;es... Par l&#224; m&#234;me, ils montrent qu'ils n'ont rien compris &#224; l'urgence climatique, sauf &#224; danser au bal des hypocrites, des aveugles et des culs-de-jatte ! Car le GIEC est cat&#233;gorique : pour atteindre l'objectif de rester sous la barre d'un r&#233;chauffement plan&#233;taire moyen de 2 &#176; Celsius au cours du si&#232;cle, objectif partag&#233; par le Canada et la France &#224; travers les accords de Copenhague, puis de Canc&#250;n, il faudra viser z&#233;ro &#233;mission nette de GES d'ici 2100, voire aller vers des &#233;missions n&#233;gatives (i.e. retirer du carbone de l'atmosph&#232;re)&#8230; Un d&#233;fi colossal !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'essentiel des r&#233;serves d'&#233;nergie fossile doit rester dans le sol&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faits saillants du r&#233;sum&#233; du GIEC sont les suivants :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#183; Sans effort suppl&#233;mentaire pour r&#233;duire les &#233;missions de GES, le r&#233;chauffement plan&#233;taire moyen atteindra en 2100 de 3&#176; &#224; 5&#176; Celsius au-dessus des valeurs pr&#233;industrielles ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Le GIEC affirme avec un haut niveau de confiance que le cours actuel des choses, m&#234;me avec des efforts d'adaptation, entra&#238;nerait un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233; &#171; de risques graves, g&#233;n&#233;ralis&#233;s et globalement irr&#233;versibles &#187; : notamment par &#171; des extinctions consid&#233;rables d'esp&#232;ces, des ins&#233;curit&#233;s alimentaires r&#233;gionales et globales et un potentiel limit&#233; d'adaptation dans certains cas &#187;. Le GIEC souligne qu'avec une hausse moyenne de 1 &#224; 2 &#176; Celsius, les risques mena&#231;ant les &#233;cosyst&#232;mes et cultures uniques et les risques associ&#233;s aux &#233;v&#233;nements climatiques extr&#234;mes sont d&#233;j&#224; consid&#233;r&#233;s de mod&#233;r&#233;s &#224; &#233;lev&#233;s ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Les sc&#233;narios &#233;tudi&#233;s par le GIEC qui limitent la hausse moyenne &#224; 2 &#176; Celsius impliquent de cibler d'ici 2050 une r&#233;duction globale des GES de 40 &#224; 70% sous le niveau de 2010 et un niveau d'&#233;missions pr&#232;s de z&#233;ro, et m&#234;me sous z&#233;ro (&#233;missions n&#233;gatives) pour la fin du si&#232;cle. Cela suppose de d&#233;ployer largement des dispositifs de capture et s&#233;questration du carbone (CSC) et de bio&#233;nergie associ&#233;e &#224; la CSC, dispositifs pour l'instant exp&#233;rimentaux ou &#224; &#233;laborer. Et de fixer un prix universel au carbone, ce qui n'est pas une mince t&#226;che malgr&#233; le succ&#232;s &#233;conomique/&#233;cologique rencontr&#233; par certains gouvernements comme celui de la Colombie-Britannique avec l'instauration d'une taxe carbone[ii].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Des changements majeurs d'orientation en mati&#232;re de production, de consommation et d'investissements dans le secteur &#233;nerg&#233;tique et dans l'efficacit&#233; &#233;nerg&#233;tique seront n&#233;cessaires. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Pour avoir deux chances sur trois de limiter le r&#233;chauffement plan&#233;taire &#224; 2 &#176; Celsius, les &#233;missions cumulatives de carbone &#233;mises par l'humanit&#233; depuis 1870 ne doivent pas d&#233;passer 2 900 Gt CO2 (milliards de tonnes de dioxyde de carbone). Cette prescription r&#233;sulte du constat d'une corr&#233;lation &#233;troite entre le niveau de CO2 dans l'atmosph&#232;re et la temp&#233;rature plan&#233;taire moyenne. Or, environ 1 900 Gt CO2 avaient &#233;t&#233; &#233;mises en 2011. Il restait donc 1000 GtCO2 dans notre budget carbone &#224; cette date. Depuis 2011, quelque 60 Gt suppl&#233;mentaires de CO2 se sont accumul&#233;es dans l'atmosph&#232;re. Cela laisse un solde d'environ 940 Gt de CO2 disponible pour toute l'humanit&#233; si l'on veut &#233;viter de d&#233;passer les 2 degr&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#183; Le GIEC estime les r&#233;serves prouv&#233;es d'&#233;nergie fossile accessibles aujourd'hui avec les technologies actuelles entre 3 670 et 7 100 Gt CO2, soit de 4 &#224; 7,5 fois plus importantes que le solde du budget carbone global permettant d'&#233;viter le sc&#233;nario du pire. L'essentiel des r&#233;serves d'&#233;nergie fossile doit donc rester sous terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce budget carbone pr&#233;visionnel est d'ailleurs entach&#233; d'incertitudes inqui&#233;tantes. Il suppose que les absorptions de CO2 par les oc&#233;ans et les for&#234;ts demeurent constantes, alors qu'il est probable qu'elles diminuent. Il ne tient pas compte des &#233;missions difficiles &#224; estimer du m&#233;thane et du carbone provenant de la fonte d'une partie du perg&#233;lisol qui elle est jug&#233;e &#171; virtuellement certaine &#187; par le GIEC. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les sables bitumineux rec&#232;lent 10% du budget carbone mondial allou&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mettons les donn&#233;es du budget carbone du GIEC en perspective des suppos&#233;es fabuleuses r&#233;serves canadiennes. Avec 173 milliards de barils, essentiellement dans les sables bitumineux, le Canada a des r&#233;serves prouv&#233;es qui le placent au troisi&#232;me rang en importance dans le monde apr&#232;s l'Arabie Saoudite et le Venezuela. En multipliant ces 173 milliards par les 550 kg de CO2 contenus dans un baril de p&#233;trole, comptabilis&#233;s du puits &#224; la roue, on trouve le potentiel total d'&#233;missions de CO2 contenu dans les r&#233;serves de p&#233;trole du Canada, soit le chiffre astronomique de 96 milliards de tonnes de CO2.[iii] Le Canada dispose donc &#224; lui seul, et avec ses seules r&#233;serves de p&#233;trole, de 10% du budget carbone global autoris&#233; pour rester en de&#231;&#224; de la limite de 2&#176;Celsius&#8230; Cela d&#233;montre l'&#233;troitesse de ce budget au niveau mondial.[iv]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Supposons maintenant que nous prenions au s&#233;rieux la limite d'&#233;mission carbone afin d'&#233;viter un emballement climatique et que la majeure partie des r&#233;serves fossiles demeure imbr&#251;l&#233;e ; les r&#233;serves du Canada fondent alors comme neige au soleil. En divisant les r&#233;serves par le facteur 7,5, les r&#233;serves de p&#233;trole du Canada se r&#233;duisent &#224; 23 milliards de barils. Avec une production constante de 4 millions de barils par jour, niveau de production cens&#233; &#234;tre atteint en 2015, les r&#233;serves de p&#233;trole br&#251;lables du Canada ne dureraient que&#8230; 16 ans&#8230; En divisant ces r&#233;serves par le facteur 4, les r&#233;serves de p&#233;trole br&#251;lables dureraient 30 ans&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc si les gouvernements &#8211; et les citoyens - prennent au s&#233;rieux l'objectif de limiter le r&#233;chauffement plan&#233;taire &#224; 2 &#176; Celsius, les investissements massifs consentis dans les sables bitumineux risquent bel et bien de finir en actifs &#233;chou&#233;s, en actifs perdus (stranded assets) ainsi que le craint le groupe financier Carbon Tracker Initiative[v].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussi Fran&#231;ois Hollande devrait se m&#233;fier fortement des pr&#233;tentions de Stephen Harper &#224; contribuer positivement aux n&#233;gociations climatiques. Et il serait bien avis&#233; de mettre en garde les entreprises fran&#231;aises de trop investir dans des sables visqueux qui risquent de les engloutir sans retour lorsque le nouveau paradigme &#233;nerg&#233;tique, celui qui est compatible avec l'objectif climat Terre vivante, rayonnera de tous ses feux&#8230; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour information&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alain Brunel, directeur climat-&#233;nergie AQLPA&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C 514-835-3402 / alain.brunel@aqlpa.com&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[i] Voir &lt;a href=&#034;http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/11/04/003-ges-sables-bitumineux-stephen-harper-environnement.shtml&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/politique/2014/11/04/003-ges-sables-bitumineux-stephen-harper-environnement.shtml&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[ii] &lt;a href=&#034;http://www.pembina.org/blog/lessons-from-bcs-carbon-tax&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pembina.org/blog/lessons-from-bcs-carbon-tax&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iii] La production d'un baril de p&#233;trole bitumineux du puits au r&#233;servoir g&#233;n&#232;re autour de 125kg de CO2 et sa combustion 430kg de CO2 soit 555kg par baril au total. Dans La Presse du 6 novembre, Pierre-Olivier Pineau retient le chiffre de 87 kg par baril pour la production, donn&#233;e valable que pour l'extraction et qui omet les &#233;missions li&#233;es au transport et au raffinage. Les &#233;valuations des &#233;missions en CO2 varient en fonction des proc&#233;d&#233;s d'extraction du p&#233;trole bitumineux (mine ou in situ) et des m&#233;thodologies utilis&#233;es. Nous avons retenu le nombre de kg &#233;mis par le proc&#233;d&#233; in situ car 80% des r&#233;serves sont accessibles par cette technique. Les &#233;valuations n'incluent g&#233;n&#233;ralement pas les &#233;missions de CO2 cons&#233;cutives au changement d'affectation des terres ou au torchage des gaz. Les valeurs fournies ici sont donc conservatrices. Pour plus d'information, consulter l'&#233;tude sur le cycle de vie des GES des sables bitumineux effectu&#233;e par le service de recherche du Congr&#232;s am&#233;ricain publi&#233;e en d&#233;but d'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[iv] Pour plus d'info sur la notion de budget carbone voir : &lt;a href=&#034;http://www.wri.org/blog/2014/03/visualizing-global-carbon-budget&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.wri.org/blog/2014/03/visualizing-global-carbon-budget&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[v] &lt;a href=&#034;http://www.carbontracker.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.carbontracker.org/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Qu&#233;bec, Kyoto : la magie des chiffres et des mots</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quebec-Kyoto-la-magie-des-chiffres-et-des-mots</link>
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		<dc:date>2014-10-07T08:53:58Z</dc:date>
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		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
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		<dc:subject>Edition du 2014-10-07</dc:subject>

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&lt;p&gt;Par del&#224; les mots envol&#233;s depuis longtemps et les chiffres qui ont rapidement fondu, dans l'incontournable et urgente lutte au r&#233;chauffement plan&#233;taire, il n'en demeure pas moins que depuis 1997 le gouvernement du Qu&#233;bec a pris trois engagements formels qu'il a pour ainsi dire perdus de vue. &lt;br class='autobr' /&gt; Nous proposons ici un rappel de la situation en reprenant les propres mots du gouvernement du Qu&#233;bec. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; En mai 2001 le projet de Loi modifiant la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-10-07-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-10-07&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH72/arton19188-5e870.jpg?1781094194' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='72' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par del&#224; les mots envol&#233;s depuis longtemps et les chiffres qui ont rapidement fondu, dans l'incontournable et urgente lutte au r&#233;chauffement plan&#233;taire, il n'en demeure pas moins que depuis 1997 le gouvernement du Qu&#233;bec a pris trois engagements formels qu'il a pour ainsi dire perdus de vue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Nous proposons ici un rappel de la situation en reprenant les propres mots du gouvernement du Qu&#233;bec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En mai 2001 le projet de Loi modifiant la Loi sur la qualit&#233; de l'environnement a &#233;t&#233; &#233;labor&#233; par le minist&#232;re de l'environnement afin de permettre le recours &#224; des instruments &#233;conomiques et &#224; des m&#233;canismes de march&#233; qui permettent d'atteindre les objectifs du Protocole de Kyoto. &#187; &#8211; Extrait d'un document intitul&#233; &#171; L'&#201;tat d'avancement de la mise en &#339;uvre du Plan d'action qu&#233;b&#233;cois 2000-2002 sur les changements climatiques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le temps d'agir. &#187; Voila le leitmotiv qui guide l'action du gouvernement du Qu&#233;bec et la participation des citoyennes et des citoyens ainsi que des chefs d'entreprise face au d&#233;fi mondial que repr&#233;sente la r&#233;duction des gaz &#224; effet de serre. [&#8230;] Ce plan d'action interpelle l'ensemble de la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise et repose sur l'engagement des diff&#233;rents secteurs de l'&#233;conomie. C'est le temps d'agir. - Paul B&#233;gin, Ministre de l'Environnement et Jacques Brassard, Ministre des Ressources naturelles. Tir&#233; du Plan d'action qu&#233;b&#233;cois 2000-2002 sur les changements climatiques, Mots des ministres, page 5.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 5 d&#233;cembre 2007 l'Assembl&#233;e Nationale a d&#233;clar&#233; &#224; l'unanimit&#233; (d&#233;cret 1074-2007) &#171; Que le gouvernement du Qu&#233;bec adh&#232;re aux principes et aux objectifs du Protocole de Kyoto &#224; la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et s'y d&#233;clare li&#233;&#8230; &#187;, objectifs qui visaient pour le Canada &#224; r&#233;duire, d&#232;s l'ann&#233;e 2008, de 6 % les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre (GES) par rapport &#224; 1990 et &#224; maintenir ce plafond jusqu'en 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Qu&#233;bec s'est par la suite engag&#233; formellement par d&#233;crets, les 18 novembre 2009 et le 23 mai 2012 (d&#233;crets 1187-2009 et 518-2012) &#224; r&#233;duire ses &#233;missions de GES de 20% par rapport &#224; 1990 au cours de la p&#233;riode 2013-2020. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; trois occasions, un plan d'action devait assurer l'atteinte de ces objectifs. C'est &#224; ce niveau qu'une d&#233;rive commence. D'abord une bonne partie des mesures parmi les plus importantes pr&#233;vues au plan 2000-2002 n'ont jamais &#233;t&#233; mises en &#339;uvre. Le PIEVA, Programme d'inspection et d'entretien des v&#233;hicules automobiles (l&#233;gers), en est un exemple r&#233;v&#233;lateur. Ensuite le plan d'action 2006-2012 ne d&#233;buta qu'en 2010 et il ne contenait pas les mesures n&#233;cessaires pour assurer l'atteinte des objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant, quand le Qu&#233;bec annonce une r&#233;duction de 6,8% en 2012 par rapport &#224; ses &#233;missions de 1990, on peut, bien s&#251;r, consid&#233;rer que c'est une bonne nouvelle d'avoir finalement obtenu un bilan relativement positif mais cela ne co&#239;ncide aucunement avec son engagement &#171; d'adh&#233;rer aux principes et aux objectifs du Protocole de Kyoto &#187; maintes fois r&#233;p&#233;t&#233; publiquement et dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, on proclame avec enthousiasme que nous avons atteint notre objectif de r&#233;duction de 6% pour 2012. Dans les faits cet objectif ne se retrouve ni identifi&#233; ni confirm&#233; nulle part dans quelque loi ou d&#233;cret que ce soit, on peut donc consid&#233;rer cette d&#233;claration comme une d&#233;rive de relation publique dans un discours adaptable au gr&#233; des besoins, puisque cela n'a jamais &#233;t&#233; un engagement formel ni l&#233;gal. Il y a donc l&#224; un flou politiquement bien utile peut-&#234;tre, mais une telle attitude est &#224; la limite de la fausse repr&#233;sentation et induit la population du Qu&#233;bec en erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, le ministre David Heurtel, dans son communiqu&#233; du 3 juillet 2014 sur le bilan 2012-2013 du Plan d'action sur les changements climatiques faisait preuve de transparence en termes de reddition de comptes. Monsieur Heurtel d&#233;clara clairement que pour bien comprendre, il fallait aussi inclure d'autres facteurs que le Plan d'action 2006-2012 pour expliquer la r&#233;duction de 6,8%. &#171; En 2006, lorsque nous avons lanc&#233; le Plan d'action 2006-2012 sur les changements climatiques, nous avons d&#233;montr&#233; notre volont&#233; ferme de contribuer au d&#233;fi plan&#233;taire qu'est la lutte contre les changements climatiques. Les donn&#233;es de l'inventaire du f&#233;d&#233;ral indiquent que nous avons r&#233;duit nos &#233;missions de 6,8% sous le niveau de 1990 en 2012. Si plusieurs facteurs peuvent expliquer cette diminution, les mesures du Plan d'action en font certainement partie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, on doit retenir que le Qu&#233;bec a rat&#233; l'objectif de Kyoto, c'est-&#224;-dire une r&#233;duction de 6% d&#232;s 2008 et maintenue jusqu'en 2012, n'ayant atteint qu'un hypoth&#233;tique -6,8% en 2012, soit une r&#233;duction applicable seulement une ann&#233;e sur cinq de la p&#233;riode vis&#233;e dans l'objectif de Kyoto (2008-2012). Il n'existe d'ailleurs &#224; ce jour aucun bilan d&#233;terminant la part des r&#233;ductions d'&#233;missions attribuable au Plan d'action 2006-2012 sur les changements climatiques versus celles en provenance des fermetures d'usines comme celles de la raffinerie Shell &#224; Montr&#233;al en 2012 ou dans le secteur de la foresterie ou encore du ralentissement &#233;conomique de 2008 &#224; 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Commissaire au d&#233;veloppement durable du Qu&#233;bec mentionnait dans son rapport de 2012 que &#171; l'atteinte de l'objectif de 6% pour une ann&#233;e d&#233;termin&#233;e peut r&#233;sulter d'un &#233;v&#233;nement fortuit ou d'une conjoncture exceptionnelle et notait &#171; des lacunes de gestion importantes &#187; dans l'&#233;valuation de la performance et la reddition de comptes du Plan d'action 2006-2012 alors que &#171; l'atteinte de l'objectif de r&#233;duction de 6% des &#233;missions de GES requiert un syst&#232;me pr&#233;cis d'&#233;valuation &#187;. De plus, dans un souci de transparence, il prenait soin de rappeler dans son rapport que l'atteinte d'une r&#233;duction de 6% en 2012 ne correspond pas aux objectifs de Kyoto.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour atteindre ses objectifs de r&#233;duction d'&#233;missions dans le cadre du Protocole de Kyoto, les &#233;missions annuelles du Qu&#233;bec devaient passer de 84,54 Mt &#224; 79,47 Mt d&#232;s 2008 et rester &#224; ce niveau (ou plus bas) jusqu'en 2012, si, bien entendu, le Qu&#233;bec comptait r&#233;ellement honorer ses engagements et ses nombreuses d&#233;clarations publiques &#224; cet effet au fil des ann&#233;es&#8230; Les &#233;missions au-del&#224; du plafond annuel de 79,47 Mt pour les ann&#233;es 2008 &#224; 2012 doivent &#234;tre prises en compte, car elles se sont accumul&#233;es dans l'atmosph&#232;re. Le total des &#233;missions en trop au Qu&#233;bec par rapport &#224; l'objectif canadien dans le cadre du Protocole de Kyoto (ann&#233;es 2008 &#224; 2012) serait donc de 5,32 millions de tonnes (si le bilan 2012 clam&#233; actuellement se confirme, ce que nous ne saurons vraisemblablement qu'au printemps 2015 au moment de la diffusion du prochain inventaire des GES du Qu&#233;bec).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Surplus des &#233;missions de GES du Qu&#233;bec de 2008 &#224; 2012 en fonction du v&#233;ritable objectif de Kyoto &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des donn&#233;es de l'Inventaire qu&#233;b&#233;cois des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre en 2011 et leur &#233;volution depuis 1990 (rapport dat&#233; de mai 2014, publi&#233; en juin 2014), nous avons calcul&#233; les surplus d'&#233;missions GES au Qu&#233;bec en fonction de l'objectif de Kyoto :&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2058 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L500xH173/4d13b6b48a11b213-fdfcfc84-27b07.png?1781094194' width='500' height='173' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duction de 20% des &#233;missions de gaz &#224; effet de serre en 2020 : Besoin d'une mise au point&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui est de l'objectif de r&#233;duction de 20% en 2020, la r&#233;cente Commission sur les enjeux &#233;nerg&#233;tiques du Qu&#233;bec (Lanoue-Mousseau) estime qu'en l'absence de nouveaux moyens draconiens pour r&#233;duire les &#233;missions, cet objectif l&#233;gal ne sera pas atteint.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelons que des projets annonc&#233;s r&#233;cemment risquent de faire augmenter de pr&#232;s de 20% les &#233;missions qu&#233;b&#233;coises de GES d'ici 2020 : la cimenterie de Port-Daniel, l'usine d'engrais IFFCO, l'&#233;ventuelle exploitation de p&#233;trole et de gaz de schiste, le raffinage du p&#233;trole des sables bitumineux &#224; Montr&#233;al et L&#233;vis. Signalons &#233;galement que pendant ce temps, le parc automobile, qui comprend 4 500 000 v&#233;hicules l&#233;gers, continuera d'augmenter en moyenne de 100 000 v&#233;hicules par ann&#233;e, lui qui est de plus le plus important contributeur au bilan des GES.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons aux points pr&#233;c&#233;dents que le troisi&#232;me plan d'action sur les changements climatiques, celui de la p&#233;riode 2013-2020, a &#233;t&#233; lanc&#233; par le gouvernement lib&#233;ral en 2012 et n'identifiait qu'un tiers des mesures n&#233;cessaires pour atteindre l'objectif pour 2020 et n'a toujours pas &#233;t&#233; am&#233;lior&#233; depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce qui ressemble, depuis l'an 2000, &#224; un exercice de relations publiques visant &#224; faire bien para&#238;tre le Qu&#233;bec, nous d&#233;plorons grandement la d&#233;rive entre les paroles et le battage m&#233;diatique vantant la d&#233;termination du gouvernement dans la lutte au r&#233;chauffement plan&#233;taire par rapport aux objectifs d&#233;clar&#233;s et aux r&#233;sultats r&#233;ellement obtenus en termes de r&#233;duction de GES. Dans un esprit de transparence et de respect pour la soci&#233;t&#233; qu&#233;b&#233;coise, il faudra &#233;tablir clairement le niveau de r&#233;duction r&#233;ellement obtenu par le plan d'action pour connaitre la base d&#233;part du plan d'action 2013-2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une v&#233;ritable r&#233;duction des GES est la seule issue responsable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la lutte aux changements climatiques, actuellement le plus important d&#233;fi environnemental de l'humanit&#233;, l'interpr&#233;tation cr&#233;ative des chiffres et les d&#233;clarations n&#233;buleuses ne sont d'aucun secours. Une v&#233;ritable r&#233;duction des GES est la seule issue. Les pirouettes politiques ne sont pas inoffensives. Elles auront d'importantes r&#233;percussions sur les citoyennes et citoyens d'ici et d'ailleurs, elles ont d&#233;j&#224; des r&#233;percussions tragiques. Le temps perdu &#224; jouer sur les mots et les chiffres magiques fait que nous avons pris un retard important sur nos responsabilit&#233;s face aux g&#233;n&#233;rations futures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, le Qu&#233;bec n'a pas vraiment de quoi se p&#233;ter les bretelles et il doit agir bien plus r&#233;solument.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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