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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Une victoire au go&#251;t amer</title>
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		<dc:date>2010-09-28T08:31:48Z</dc:date>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban </dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;lections 2018</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-09-28</dc:subject>

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&lt;p&gt;Vous trouverez ici une analyse &#224; chaud des r&#233;sultats des &#233;lections du 26 septembre au Venezuela, Presse-toi &#224; gauche vous fournira dans un avenir rapproch&#233; une analyse plus approfondie d'un recul que l'on souhaite temporaire. &lt;br class='autobr' /&gt; Le PSUV du pr&#233;sident Chavez a remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives du 26 septembre mais n'a pas atteint l'objectif de disposer d'une majorit&#233; parlementaire des deux tiers qui lui auraient permis d'adopter une s&#233;rie de &#171; lois organiques &#187; sans passer par de difficiles (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton5436-5c672.jpg?1781104694' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vous trouverez ici une analyse &#224; chaud des r&#233;sultats des &#233;lections du 26 septembre au Venezuela, Presse-toi &#224; gauche vous fournira dans un avenir rapproch&#233; une analyse plus approfondie d'un recul que l'on souhaite temporaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le PSUV du pr&#233;sident Chavez a remport&#233; les &#233;lections l&#233;gislatives du 26 septembre mais n'a pas atteint l'objectif de disposer d'une majorit&#233; parlementaire des deux tiers qui lui auraient permis d'adopter une s&#233;rie de &#171; lois organiques &#187; sans passer par de difficiles n&#233;gociations avec l'opposition. Une fois de plus, la participation a &#233;t&#233; forte, avec 66,45% d'&#233;lecteurs inscrits ayant vot&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PSUV a obtenu 95 des 165 si&#232;ges de l'Assembl&#233;e nationale, ce qui lui donne tout de m&#234;me une confortable majorit&#233;. Les 32 partis d'opposition rassembl&#233;s dans l'h&#233;t&#233;roclite coalition &#171; Mesa de Unidad Democratica (MUD) ont obtenus 61 si&#232;ges, tandis que le PPT (Patria Para Todos), une dissdence du camp chaviste, en a 2. Huit si&#232;ges sont encore &#224; pourvoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'opposition a remport&#233; quelques victoires significatives, en prenant le contr&#244;le de r&#233;gions (Etats) importantes telles que le Zulia, la Nueva Esparta, le T&#225;chira et l'Anzo&#225;tegui, pr&#233;c&#233;dement gouvern&#233; par un chaviste. Dans l'Etat central de Miranda, le PSUV et l'opposition sont &#224; &#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#233;lections pour le Parlement de l'Am&#233;rique latine (Parlatino), qui se d&#233;roulaient en m&#234;me temps, la victoire du PSUV a &#233;t&#233; acquise de justesse, avec 46,62% contre 45,10% pour le MUD, chaque formation obtenant 5 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Venezuela - S&#233;cheresse, &#233;lectricit&#233;, d&#233;linquance, corruption</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Venezuela-Secheresse-electricite-delinquance-corruption</link>
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		<dc:date>2010-08-31T08:44:15Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Brulez et Fernando Esteban </dc:creator>


		<dc:subject>V&#233;n&#233;zuela</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-31</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Des &#233;lections l&#233;gislatives sont pr&#233;vues le 26 septembre prochain au Venezuela. Le scrutin vise &#224; &#233;lire la nouvelle Assembl&#233;e nationale. Presse-toi &#224; gauche poursuit la publication d'une s&#233;rie d'articles sur le pays et le processus en cours. Le pays que plusieurs voient comme le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle conna&#238;t des avanc&#233;es mais aussi plusieurs situations contradictoires. Nous souhaitons que les prochains t&#233;moignages pourront &#233;clairer davantage une situation cruciale pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L116xH150/arton5196-bdb83.png?1781104695' class='spip_logo spip_logo_right' width='116' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des &#233;lections l&#233;gislatives sont pr&#233;vues le 26 septembre prochain au Venezuela. Le scrutin vise &#224; &#233;lire la nouvelle Assembl&#233;e nationale. Presse-toi &#224; gauche poursuit la publication d'une s&#233;rie d'articles sur le pays et le processus en cours. Le pays que plusieurs voient comme le laboratoire du socialisme du XXIe si&#232;cle conna&#238;t des avanc&#233;es mais aussi plusieurs situations contradictoires. Nous souhaitons que les prochains t&#233;moignages pourront &#233;clairer davantage une situation cruciale pour l'avenir du mouvement anticapitaliste. Cette semaine :l'&#233;tat de la soci&#233;t&#233; et de la production d'&#233;nergie&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un contexte particulier&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une s&#233;cheresse historique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, le Venezuela a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; une des plus importantes s&#233;cheresses de son histoire, cons&#233;quence du ph&#233;nom&#232;ne El Ni&#241;o. Pour l'ann&#233;e 2009, la pluviom&#233;trie indique une baisse de 30 % &#224; 60 % en fonction des r&#233;gions, selon l'Institut national de m&#233;t&#233;orologie et d'hydrologie (Inameh). Cette carence de pluies a notamment affect&#233; le fleuve Caroni, qui a vu le niveau d'eau de ses affluents diminuer de 80 %. Dans l'&#201;tat de Bolivar (sud du pays), o&#249; se concentre une grande partie des centrales hydro&#233;lectriques, le niveau de l'eau du barrage du R&#237;o Gur&#237; a baiss&#233; de plus de neuf m&#232;tres. Partout dans le pays la s&#233;cheresse s'est doubl&#233;e d'une forte augmentation des temp&#233;ratures. &#192; Caracas, le thermom&#232;tre a flirt&#233; durant plusieurs semaines avec les 40 degr&#233;s, au lieu des 27-28 degr&#233;s habituels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle s&#233;cheresse a bien &#233;videmment un impact dramatique. En premier lieu au niveau de l'&#233;cosyst&#232;me local, fortement perturb&#233;. Mais les r&#233;percussions pour les V&#233;n&#233;zu&#233;liens sont aussi extr&#234;mement importantes. Le gouvernement a d&#251; d&#233;cider des rationnements d'eau et des rationnements d'&#233;lectricit&#233;, vu la baisse notable de la production hydro&#233;lectrique. Tout ceci n'est pas sans poser un certain nombre de probl&#232;mes et g&#233;n&#233;rer un m&#233;contentement important au sein de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire face &#224; la p&#233;nurie d'eau, le gouvernement a d&#233;cid&#233; une vaste campagne visant &#224; la fois au rationnement et &#224; la conscientisation afin de diminuer les gaspillages. Selon Alejandro Hitcher, ministre de l'Environnement, ces mesures ont permis, dans le seul cas de Caracas, une diminution de 30 % de la consommation d'eau, soit l'&#233;quivalent de 70 millions de m&#232;tres cube (14). Ces mesures n'ont toutefois pas suffit &#224; limiter l'effondrement de la production agricole. La production de lait et de viande a diminu&#233; de 40 %, celle de tournesol de 30 %. Du coup, les prix flambent. Ceux de certains fruits et l&#233;gumes comme la tomate, la goyave, la past&#232;que, ont augment&#233; de plus de 50 %. L'Assembl&#233;e nationale s'est ainsi vue contrainte &#224; prendre un certain nombre de mesures afin de limiter les cons&#233;quences sur la production agricole, en pr&#233;vision d'une prolongation de la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les failles du syst&#232;me &#233;lectrique national&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays qui d&#233;pend &#224; plus de 70 % de la production d'&#233;nergie hydro&#233;lectrique, la s&#233;cheresse a aussi un impact &#233;norme sur l'alimentation du r&#233;seau. Dans un d&#233;cret pr&#233;sidentiel, Hugo Ch&#225;vez a du d&#233;clarer le Venezuela en &#171; urgence &#233;lectrique &#187; (15). La p&#233;nurie d'eau intervient dans un contexte o&#249; la consommation hydro&#233;lectrique a augment&#233; annuellement de 7 % ces derni&#232;res ann&#233;es. De plus, l'an pass&#233; la Colombie a diminu&#233; ses ventes d'&#233;lectricit&#233; au Venezuela de 140 000 m&#233;gawatts, car elle-m&#234;me est touch&#233;e par la s&#233;cheresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Concr&#232;tement, le d&#233;cret &#171; urgence &#233;lectrique &#187; vise &#224; diminuer la consommation &#233;lectrique. Les administrations publiques ferment leurs portes l'apr&#232;s-midi, les entreprises priv&#233;es sont invit&#233;es &#224; diminuer leur consommation de 20 % (arr&#234;t des syst&#232;mes de climatisation, des escaliers m&#233;caniques&#8230;), les centres commerciaux (gros consommateurs d'&#233;nergie) ouvrent plus tard et ferment plus t&#244;t, toutes les villes (sauf Caracas, o&#249; le fiasco provoqu&#233; par le rationnement avait co&#251;t&#233; son poste au ministre de l'&#201;nergie &#233;lectrique, Angel Rodr&#237;guez) subissent des coupures volontaires d'&#233;lectricit&#233; de plusieurs heures&#8230; Par ailleurs des efforts ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s pour tenter d'incorporer de nouveaux syst&#232;mes de production &#233;lectrique. L'objectif ? Tenter de limiter les r&#233;percussions de la baisse continuelle du barrage du R&#237;o Gur&#237;, responsable &#224; lui seul de 73 % de la production &#233;lectrique nationale ! Le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien s'est fix&#233; comme objectif de se doter d'un appareil de production thermo&#233;lectrique capable de produire 5 900 m&#233;gawatts pour la fin 2010. N&#233;anmoins de nombreuses interrogations se font jour sur la capacit&#233; du gouvernement &#224; remplir cet objectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon l'Agence bolivarienne de l'information (ABN), seuls 605 m&#233;gawatts nouveaux ont &#233;t&#233; ajout&#233;s &#224; la fin du mois de f&#233;vrier 2010. Selon certains experts, le barrage du R&#237;o Gur&#237;, aura besoin de deux ans minimum pour retrouver son niveau ant&#233;rieur. Pendant ce temps, les nombreuses coupures &#233;lectriques, souvent impr&#233;vues, alimentent le m&#233;contentement g&#233;n&#233;ral. Si Caracas est &#233;pargn&#233; par les coupures &#233;lectriques, celles-ci font d&#233;j&#224; partie int&#233;grante du quotidien de la population vivant dans l'ouest du pays. Non seulement elle doit faire face aux coupures pendant les heures de pointe, mais l'approvisionnement irr&#233;gulier signifie &#233;galement que de nombreux appareils et machines finissent par subir des dommages, souvent irr&#233;parables... Cette situation appara&#238;t &#224; beaucoup d'autant plus intol&#233;rable que de nombreux experts soulignent que la s&#233;cheresse n'est pas seule responsable des failles &#233;lectriques, mais que le manque de planification influe pour beaucoup sur la crise &#233;nerg&#233;tique que traverse le pays. Certains sont m&#234;me extr&#234;mement alarmistes. Pour Pedro Rond&#243;n, syndicaliste de Sidor, si la consommation &#233;lectrique ne diminue pas de 1 600 m&#233;gawatts tr&#232;s rapidement, on pourrait assister &#224; un effondrement du syst&#232;me &#233;lectrique national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent, le minist&#232;re de l'&#201;nergie et des Mines a lanc&#233; un plan d'urgence pour r&#233;parer les installations hydro&#233;lectriques endommag&#233;es dans la r&#233;gion andine. Mais si aucune mesure n'est prise rapidement, les V&#233;n&#233;zu&#233;liens pourraient conna&#238;tre, dans les deux ans, des rationnements dus &#224; un manque de production et non plus aux seuls probl&#232;mes actuels de transmission. La compagnie nationale d'&#233;lectricit&#233; (Cadafe) a averti qu'il faudrait un investissement d'environ sept milliards de dollars au cours des cinq prochaines ann&#233;es pour &#233;viter le risque de pannes &#233;lectriques de grande ampleur, et un investissement de vingt milliards de dollars dans les dix prochaines ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que de nouveaux barrages sont actuellement en construction et qu'il est pr&#233;vu d'en construire d'autres, la solution &#224; long terme semble plus dans le d&#233;veloppement de l'&#233;nergie thermique, &#224; la fois en construisant de nouvelles centrales et en r&#233;parant celles existantes. Le Venezuela a aussi r&#233;cemment sign&#233; un accord avec la Russie pour d&#233;velopper le nucl&#233;aire civil sur le long terme. Si quelques parcs &#233;oliens sont actuellement en construction, comme dans la p&#233;ninsule de Paraguan&#225; (16), l'option dominante semble bien &#234;tre celle d'un mod&#232;le de d&#233;veloppement classique bien &#233;loign&#233; de toute pr&#233;occupation environnementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1999, le parlement a adopt&#233; une loi sur les services &#233;lectriques encourageant l'investissement priv&#233; dans la production d'&#233;lectricit&#233;. L'objectif de cette loi &#233;tait de permettre la libre concurrence dans la production &#233;lectrique tout en conservant dans le domaine public, la distribution et la transmission. Aujourd'hui, la mauvaise maintenance dans le syst&#232;me de distribution fait qu'il existe de nombreux points noirs qui agissent comme des goulots d'&#233;tranglement, alors que les compagnies &#233;lectriques priv&#233;es continuent de s'enrichir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De leur c&#244;t&#233;, les travailleurs du secteur &#233;lectrique revendiquent depuis plusieurs mois leur participation aux prises de d&#233;cisions. Ils d&#233;noncent, par ailleurs, &#224; la fois une gestion du mod&#232;le de production &#233;lectrique qui continue &#224; &#234;tre d'inspiration lib&#233;rale o&#249;, aux erreurs d'appr&#233;ciation de la IVe R&#233;publique, se sont ajout&#233;es les erreurs de la Ve, et un manque de rationnement coh&#233;rent de la consommation &#233;lectrique qui pourrait &#233;viter un certain nombre de gaspillages (17).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, si le gouvernement v&#233;n&#233;zu&#233;lien ne prend pas rapidement les mesures ad&#233;quates en &#233;coutant notamment les nombreuses voix qui s'&#233;l&#232;vent du c&#244;t&#233; des travailleurs du secteur &#233;lectrique, il y a fort &#224; parier que l'addition se paye lors des prochaines &#233;lections.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes r&#233;currents de l'ins&#233;curit&#233; et de la corruption &lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre th&#232;me, qui va sans aucun doute peser sur la d&#233;cision des &#233;lecteurs lors des prochaines l&#233;gislatives, est celui de l'ins&#233;curit&#233;. Celle-ci frappe indistinctement et affecte surtout les couches populaires qui sont les plus expos&#233;es au crime et &#224; la d&#233;linquance. Si les m&#233;dias et la droite utilisent, comme en Europe, le sujet &#224; des fins &#233;lectorales, le probl&#232;me n'en est pas moins r&#233;el et de taille. Dans la derni&#232;re d&#233;cennie Caracas s'est hiss&#233;e au rang des villes les plus dangereuses du continent et le nombre d'homicides au Venezuela est pass&#233; de pr&#232;s de 6 000 &#224; plus de 13 000 par an (18). Entre 1999 et 2008, pr&#232;s de 22 000 personnes sont tomb&#233;es sous les balles de la d&#233;linquance, rien qu'&#224; Caracas (2 millions d'habitants selon l'Institut national de Statistiques). Au niveau national, un document du Corps d'investigations scientifiques, p&#233;nales et criminelles (CICPC), divulgu&#233; l'ann&#233;e derni&#232;re dans la presse, avance le chiffre de 101 141 homicides en dix ans (pour une population totale de 28 millions d'habitants en 2008).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le rapport 2007 des Nations Unies sur l'&#233;tat des villes dans le monde, l'augmentation de la violence est un ph&#233;nom&#232;ne global et est surtout notoire dans les pays en voie de d&#233;veloppement qui connaissent une forte croissance urbaine. Avec une population concentr&#233;e &#224; 93 % dans les villes, le Venezuela d&#233;passe largement la moyenne r&#233;gionale qui tourne autour de 79 %. A titre d'exemple, au Br&#233;sil, depuis les ann&#233;es 1970, le taux d'homicides a tripl&#233; &#224; Rio de Janeiro et quadrupl&#233; &#224; S&#227;o Paulo. A Caracas, en vingt ans il a &#233;t&#233; pratiquement multipli&#233; par dix. L'Organisation panam&#233;ricaine de la Sant&#233; (OPS) signale qu'entre 1980 et 2002, le taux d'homicides au Br&#233;sil est pass&#233; de 11,4 &#224; 28,4 pour 100 000 habitants. Le Venezuela a, lui, effectu&#233; un bond de 19,4 &#224; 50,9 entre 1998 et 2003. A contrario, le Salvador et la Colombie, jusqu'ici les plus violents du continent, ont amorc&#233; une baisse de cette mortalit&#233; (respectivement de 62,5 &#224; 54,9 et de 64 &#224; 38).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La gauche sans solutions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Hugo Ch&#225;vez dirige le pays depuis plus de onze ans maintenant, l'opposition n'h&#233;site pas &#224; faire le parall&#232;le entre l'augmentation de la violence et la gestion du pr&#233;sident. &#171; Dites &#8220;non&#8221; &#224; l'ins&#233;curit&#233;, votez &#8220;non&#8221; ! &#187;, &#233;tait l'un des slogans utilis&#233;s pendant la campagne du r&#233;f&#233;rendum constitutionnel remport&#233; en f&#233;vrier 2009 par le camp bolivarien. Et il est fort &#224; parier que la campagne des l&#233;gislatives sera de nouveau fortement ax&#233;e sur le sujet. Il faut dire que d&#233;j&#224; en novembre 2008, les &#233;lections r&#233;gionales avaient laiss&#233; appara&#238;tre un certain m&#233;contentement dans les zones les plus peupl&#233;es. Sur les sept &#201;tats perdus lors de ce scrutin, quatre figurent parmi les plus violents du pays (le district de Caracas et les &#201;tats de Carabobo, Zulia et Miranda).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le criminologue Andr&#233;s Antillano, la d&#233;linquance pose un r&#233;el probl&#232;me aux gouvernements progressistes d'Am&#233;rique latine : &#171; Il n'y a pas de discours de gauche consistant sur le sujet. L'agenda de l'ins&#233;curit&#233; est un agenda colonis&#233; par la droite, dans la plupart des pays &#187;. Professeur &#224; l'Institut des sciences p&#233;nales de l'Universit&#233; centrale du Venezuela (UCV), M. Antillano consid&#232;re que les progressistes se limitent &#224; concevoir le probl&#232;me sous forme de mythes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le premier est le mythe de la n&#233;gation : il n'y a pas d'ins&#233;curit&#233;, c'est une invention des m&#233;dias, c'est une fa&#231;on de criminaliser le peuple, etc. Cela a &#233;t&#233; la position de ce gouvernement durant une certaine &#233;poque &#187;. Un autre mythe est celui qu'il qualifie de &#171; fonctionnalisme de gauche &#187; et qui revient &#224; penser que &#171; simplement &#187; en am&#233;liorant les conditions de vie et l'inclusion sociale, on peut faire baisser les chiffres de l'ins&#233;curit&#233;. &#171; La r&#233;alit&#233; du Venezuela d&#233;montre que cela n'est pas vrai, qu'il n'y a pas de relation m&#233;canique. Il y a en plus un effet paradoxal, car non seulement les politiques d'inclusion sociale n'entra&#238;nent pas une diminution de l'ins&#233;curit&#233;, mais en plus l'ins&#233;curit&#233; elle-m&#234;me augmente l'exclusion sociale &#187;, commente-t-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Venezuela, le taux de ch&#244;mage est pass&#233; de 10,2 % en 1995 &#224; 7,5 % en 2009. La pauvret&#233; est quant &#224; elle pass&#233;e de 49,4 % de la population en 1999 &#224; 27,6 % en 2008. Mais le segment de la population le plus touch&#233; par la violence demeure le secteur le plus marginalis&#233; par rapport au reste de la soci&#233;t&#233; : les hommes jeunes, habitants de localit&#233;s socio&#233;conomiquement d&#233;prim&#233;es des grands centres urbains du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Policiers d&#233;linquants&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais si le nombre d'homicides a effectivement augment&#233; ces derni&#232;res ann&#233;es, l'ins&#233;curit&#233; appara&#238;t comme un probl&#232;me structurel puisant aussi ses racines dans les politiques publiques des d&#233;cennies pass&#233;es. En particulier au niveau des forces de l'ordre r&#233;guli&#232;rement accus&#233;es d'inefficacit&#233;, voire de complicit&#233;. Dans les barrios, les policiers ne sont pas vraiment per&#231;us comme la solution au probl&#232;me, mais plut&#244;t comme des auteurs potentiels de graves d&#233;lits, tels qu'enl&#232;vements, extorsions, vols ou trafics de drogue. &#171; Les flics ici revendent la drogue qu'ils confisquent aux trafiquants, ou leur font payer une &#8221;vacuna&#8221; (ran&#231;on) pour fermer les yeux. Certains agents vont m&#234;me jusqu'&#224; louer leur arme aux d&#233;linquants &#187;, t&#233;moigne Francisco P&#233;rez, militant alternatif et habitant du quartier populaire de La Vega, &#224; Caracas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon le ministre de l'Int&#233;rieur et Justice, Tareck El Aissami, 20 % des d&#233;lits commis dans le pays sont perp&#233;tr&#233;s par ces m&#234;mes fonctionnaires. Il faut dire que la multiplicit&#233; des corps de police ne facilite pas la t&#226;che ni le contr&#244;le sur les effectifs. Au Venezuela il existe 25 polices d&#233;partementales et 67 municipales. A cela viennent s'ajouter le CICPC, les autorit&#233;s de transport et circulation (qui ne portent pas d'arme), ainsi que la Garde nationale et les forces arm&#233;es. Et il aura fallu attendre 2001 pour que soit approuv&#233; le d&#233;cret de &#171; coordination de s&#233;curit&#233; citoyenne &#187;, qui a pour t&#226;che de relier entre eux les diff&#233;rents organismes de maintien de l'ordre. Un second pas, en avril 2006, a &#233;t&#233; la cr&#233;ation d'une Commission nationale de r&#233;forme polici&#232;re (Conarepol) qui a fait le m&#234;me constat qu'une pr&#233;c&#233;dente commission en 1991 : le Venezuela paie &#171; l'inexistence d'une politique nationale en mati&#232;re de police, la carence de m&#233;canismes de coordination polici&#232;re, la superposition de fonctions entre les diff&#233;rents corps de s&#233;curit&#233; &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2009, le gouvernement a annonc&#233; l'activation de &#171; sept fronts contre la violence &#187;, avec la cr&#233;ation d'un Conseil national de pr&#233;vention et de s&#233;curit&#233; citoyenne, int&#233;gr&#233; par plusieurs minist&#232;res. Figurent aussi au menu la cr&#233;ation d'un Syst&#232;me int&#233;gr&#233; de polices, ainsi que d'une nouvelle Police nationale actuellement en projet-pilote dans quelques secteurs populaires de Caracas et qui est cens&#233;e travailler main dans la main avec les conseils communaux et les communaut&#233;s organis&#233;es. Par ailleurs, une Universit&#233; nationale exp&#233;rimentale de la S&#233;curit&#233; vient d'&#234;tre cr&#233;&#233;e r&#233;cemment afin d'am&#233;liorer le niveau de formation des fonctionnaires. A plus long terme, l'ambition est de r&#233;former les polices d&#233;partementales et municipales. Un sujet d&#233;licat dans ce pays si polaris&#233;, o&#249; l'opposition s'accroche &#224; quelques bastions locaux. Plusieurs lois sont &#233;galement en cours d'&#233;laboration &#224; l'Assembl&#233;e nationale. C'est le cas de l'am&#233;lioration du statut social et professionnel du policier et du durcissement des peines pour port d'armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le paramilitarisme s'installe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus de la d&#233;linquance &#171; classique &#187;, certaines r&#233;gions du pays et certains quartiers populaires de la capitale voient s'installer une violence infiniment plus sournoise : celle due aux groupes paramilitaires. Inspir&#233;s du &#171; mod&#232;le &#187; colombien, ces groupes sont li&#233;s au trafic de drogue et d'essence dans les &#201;tats frontaliers et sur la c&#244;te, mais ils ont aussi des objectifs politiques qui visent &#224; d&#233;stabiliser le processus bolivarien. Ils s'implantent au sein de la population et, en l'absence d'un &#201;tat capable de faire respecter l'ordre, gagnent la sympathie des habitants en contr&#244;lant les quartiers et en pr&#234;tant d'importantes sommes d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'&#201;tat de Sucre, sur la c&#244;te nord orientale, la pr&#233;sence de ces groupes est connue de la population. Ils intimident les p&#234;cheurs et pratiquent des actes de piraterie. En plus de provoquer un grand sentiment d'impuissance et d'ins&#233;curit&#233;, ils dissuadent les habitants de pratiquer la p&#234;che artisanale et accentuent de cette mani&#232;re le d&#233;sapprovisionnement. Certains p&#234;cheurs, surtout chez les plus jeunes, finissent par se &#171; reconvertir &#187; en ramasseurs de paquets parachut&#233;s en pleine mer et destin&#233;s &#224; &#234;tre &#233;coul&#233;s par d'autres voies. Ils en tirent ainsi deux avantages non n&#233;gligeables : ils sont &#224; la fois &#224; l'abri des agressions et touchent en plus une r&#233;compense qui d&#233;passe largement leur salaire de simple p&#234;cheur. C'est le premier pas vers la dangereuse int&#233;gration du paramilitarisme &#224; la soci&#233;t&#233; par l'&#233;tablissement d'une &#233;conomie mafieuse dont une partie de la population finit aussi par b&#233;n&#233;ficier. Face &#224; cela, les moyens d&#233;ploy&#233;s par l'&#201;tat frisent le ridicule : quelques agents mal entra&#238;n&#233;s et bien souvent mouill&#233;s dans le trafic, et &#224; peine quelques barques bien insuffisantes pour couvrir la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les groupes paramilitaires qui s&#233;vissent dans les &#201;tats frontaliers ont &#233;tabli des contacts avec des groupes de la capitale. La pr&#233;sence des Aguilas Negras (19) a &#233;t&#233; rapport&#233;e dans certains quartiers. Des activistes communautaires sont parfois tu&#233;s dans des circonstances &#233;tranges, pris &#171; entre deux feux &#187; de bandes rivales. Et les assassinats cibl&#233;s effectu&#233;s par des sicarios (tueurs &#224; gage) font parfois preuve d'une violence et d'une puissance de feu peu communes. Dans le quartier populaire du 23 de Enero ce ph&#233;nom&#232;ne a aussi &#233;t&#233; identifi&#233;. &#171; Ici chaque groupe de la communaut&#233;, chaque collectif apporte son travail social, son travail politique, afin d'emp&#234;cher la d&#233;linquance et le trafic de drogue de s'installer dans le quartier. Il y a d'ailleurs eu des affrontements et des camarades ont &#233;t&#233; assassin&#233;s par les narcotrafiquants &#187;, explique Juan Contreras, membre de la Coordinadora Sim&#243;n Bol&#237;var (CSB), un regroupement d'associations et de collectifs du quartier. Mais Contreras ne manque pas d'identifier l'origine historique et politique de ce fl&#233;au : &#171; Ici nous menons une lutte de longue date contre la drogue et la d&#233;linquance. D&#232;s la fin des ann&#233;es 1970, l'&#201;tat a commenc&#233; &#224; mener une &#8220;guerre sale&#8221; et &#224; inonder le quartier de drogue afin de venir &#224; bout des luttes sociales qui r&#233;clamaient la transformation de la soci&#233;t&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; pr&#233;sent l'&#201;tat v&#233;n&#233;zu&#233;lien semblait pr&#234;ter peu d'attention &#224; ce ph&#233;nom&#232;ne inqui&#233;tant. Cependant, en mai dernier, Hugo Ch&#225;vez a finalement ordonn&#233; la cr&#233;ation d'un &#171; commando unifi&#233; &#187; afin de garantir la s&#233;curit&#233; maritime dans l'&#201;tat de Sucre. La Colombie voisine devrait servir comme avertissement d'un exemple &#224; ne pas suivre. Et les arrestations d&#233;j&#224; survenues de groupes paramilitaires arm&#233;s jusqu'aux dents devraient faire r&#233;fl&#233;chir le gouvernement aux cons&#233;quences d&#233;sastreuses que pourrait avoir ce fl&#233;au &#224; long terme sur le processus bolivarien et sur la soci&#233;t&#233; v&#233;n&#233;zu&#233;lienne dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fl&#233;au de la corruption&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre fl&#233;au qui affecte la cr&#233;dibilit&#233; de la gestion bolivarienne est celui de la corruption. Malgr&#233; le discours officiel de lutte contre toute forme de corruption, force est de constater que la justice n'agit pas de la m&#234;me mani&#232;re quand il s'agit d'opposants ou de fonctionnaires chavistes. Un exemple parlant est celui de l'ex-ministre de la D&#233;fense, Ra&#250;l Isa&#237;as Baduel, qui n'a jamais &#233;t&#233; inqui&#233;t&#233; lorsqu'il exer&#231;ait ses fonctions au sein du gouvernement bolivarien. Mais une fois ses distances prises avec le chavisme (en novembre 2007 pr&#233;cis&#233;ment, lors de la campagne pour la r&#233;forme de la Constitution &#224; laquelle il s'opposait), il s'est vu accuser d'actes de corruption datant de l'&#233;poque o&#249; il &#233;tait ministre. Il a finalement &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 8 ann&#233;es de prison pour le d&#233;tournement de pr&#232;s de 4 millions de dollars durant sa gestion. D'autres cas de personnes de moindre calibre dans l'appareil d'&#201;tat (gouverneurs et d&#233;put&#233;s principalement), ont &#233;t&#233; marqu&#233;s par la m&#234;me logique : aucun ennui tant qu'ils &#233;taient consid&#233;r&#233;s comme bolivariens, mais une fois leur veste retourn&#233;e on voit alors appara&#238;tre les &#171; linges sales &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un scandale a &#233;clat&#233; en mai dernier apr&#232;s la d&#233;couverte de plus de 2 000 containers contenant de la nourriture p&#233;rim&#233;e dans diff&#233;rents ports du pays (20). Import&#233;s par l'entreprise publique PDVAL &#8212; filiale de la p&#233;troli&#232;re PDVSA (21) &#8212; les containers &#233;taient &#171; oubli&#233;s &#187; dans les ports afin de b&#233;n&#233;ficier aux entrep&#244;ts et entreprises priv&#233;es. Suite &#224; cette affaire, plusieurs membres de l'ancienne direction de PDVAL ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. L'ex vice-pr&#233;sident de la R&#233;publique, Jos&#233; Vicente Rangel, a salu&#233; les mesures prises par la justice dans l'affaire des containers mais les a jug&#233;es insuffisantes. &#171; Il faut approfondir le sujet, car ce qui est en train de se passer est r&#233;v&#233;lateur de l'absence de contr&#244;les, de l'inefficacit&#233; et de l'incapacit&#233; m&#233;lang&#233;e &#224; la corruption &#187;, a-t-il d&#233;clar&#233; lors de son programme t&#233;l&#233;vis&#233; du dimanche 13 juin. Selon Rangel, journaliste de profession, &#171; l'exp&#233;rience est dure et indique que nous devons &#234;tre plus vigilants &#224; l'int&#233;rieur m&#234;me du processus r&#233;volutionnaire si nous voulons faire face aux menaces provenant des ennemis externes &#187; (22).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le &#233;conomique qui se cherche En ce qui concerne l'&#233;conomie, le pays ne cesse de conna&#238;tre une inflation galopante. Selon les chiffres officiels de la Banque Centrale du Venezuela, si l'on prend comme indicateur l'Indice national des prix &#224; la consommation (INPC), on s'aper&#231;oit que durant les onze ans de processus bolivarien, l'inflation cumul&#233;e a &#233;t&#233; de 747 %. Bien s&#251;r, il convient de rappeler que durant les 11 ann&#233;es ant&#233;rieures &#224; Ch&#225;vez, elle &#233;tait de 8 250 %, soit onze fois plus &#233;lev&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pr&#233;sident de l'Institut national de Statistiques (INE), le taux d'inflation du Venezuela est en grande partie d&#251; &#224; la sp&#233;culation croissante qui existe dans un certains nombre de secteurs de la production. Par exemple, dans la grande distribution alimentaire, chaque interm&#233;diaire contribue &#224; l'augmentation des prix de telle mani&#232;re qu'il existe une diff&#233;rence de 30 % entre le prix fix&#233; par le producteur et le prix pay&#233; par le consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le vice-pr&#233;sident de la Commission des Finances du Parlement, le d&#233;put&#233; Simon Escalona, &#171; les entreprises priv&#233;es utilisent l'inflation comme une arme politique, en mettant de c&#244;t&#233; des produits afin d'alimenter la p&#233;nurie et ainsi g&#233;n&#233;rer une hausse des prix dans le seul but de d&#233;stabiliser le gouvernement et d'affecter les indicateurs &#233;conomiques &#187;. L'&#233;conomiste et militant du PSUV, Jes&#250;s Far&#237;as, a examin&#233; ce ph&#233;nom&#232;ne. Pour lui, &#171; la sp&#233;culation priv&#233;e est la principale cause de l'inflation, et ne pourra &#234;tre combattue que par un accroissement de la production initi&#233; par le gouvernement et une attaque syst&#233;matique des monopoles par la cr&#233;ation de milliers d'entreprises, publiques et priv&#233;es, avec une vision socialiste &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la base de l'analyse des donn&#233;es officielles de la Banque Centrale du Venezuela (BCV) et de l'INE, V&#237;ctor &#193;lvarez, ancien ministre des Industries de base et chercheur au Centre international Miranda (CIM) fait valoir que, en d&#233;pit des critiques anticapitalistes du gouvernement bolivarien, apr&#232;s onze ans de r&#233;volution, le poids de l'&#233;conomie capitaliste, loin d'avoir diminu&#233;, a augment&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi le poids du secteur priv&#233; dans l'&#233;conomie nationale est pass&#233; de 64,7 % en 1998 &#224; 71 % en 2008. Et m&#234;me si la Banque centrale dans son dernier rapport annuel indique que &#171; la participation du secteur public dans le PIB est pass&#233; en 2009 &#224; 30,3 % contre 29 % l'ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente &#187;, ce chiffre est encore inf&#233;rieur au poids du secteur public en 1998 qui &#233;tait de 35,3 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces donn&#233;es montrent que, entre 1998 et 2009, l'&#233;conomie v&#233;n&#233;zu&#233;lienne est devenue plus capitaliste, ce qui entre en totale contradiction avec les objectifs &#233;tablis par le gouvernement bolivarien pour construire un nouveau mod&#232;le socialiste de production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le Venezuela est sans aucun doute en train de gagner la bataille contre la pauvret&#233; et l'exclusion sociale. La grande r&#233;ussite ind&#233;niable du gouvernement bolivarien, poursuit &#193;lvarez, est la r&#233;duction significative du taux de ch&#244;mage et du pourcentage de personnes en &#233;tat de pauvret&#233; et d'extr&#234;me pauvret&#233;. Le ch&#244;mage est tomb&#233; &#224; seulement 7 % en d&#233;cembre 2009, alors qu'il atteignait les 20,3 % en f&#233;vrier 2003. Le pourcentage de personnes pauvres a diminu&#233;, passant de 62,1 % en 2003 &#224; 25 % en 2008. De m&#234;me, le pourcentage de personnes dans la pauvret&#233; extr&#234;me est pass&#233; de 29 % en 2003 &#224; moins de 10 % &#224; la fin de 2009 (23).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les investissements dans les programmes sociaux, par le biais des missions, a permis de compenser une r&#233;partition r&#233;gressive des revenus dans le secteur priv&#233; de l'&#233;conomie, o&#249; la part que s'accapare le capital a augment&#233; au d&#233;triment de la part des travailleurs. En 1998, les travailleurs recevaient 39,7 % de la valeur cr&#233;&#233;e, contre 36,2 % pour les revenus du Capital. Dix ans plus tard, la part des travailleurs est tomb&#233;e &#224; 32,8 % tandis que celle des capitalistes est pass&#233;e &#224; 48,8 %. &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* S&#233;bastien Brulez est journaliste et collaborateur du quotidien suisse Le Courrier et de la revue de la section belge de la IVe Internationale La Gauche. Fernando Estaban est membre du Nouveau parti anticapitaliste (NPA, France) etcollaborateur Tout est &#224; nous !, Viento Sur et Inprecor. Tous deux vivent au Venezuela depuis plusieurs ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14. Conf&#233;rence de presse du 13 mars 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15. D&#233;cret pr&#233;sidentiel N&#176; 7 228 du 8 f&#233;vrier 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16. La premi&#232;re pierre du chantier du &#171; Parc &#233;olien de Paraguan&#225; &#187; a &#233;t&#233; pos&#233;e en novembre 2006 par le Pr&#233;sident v&#233;n&#233;zu&#233;lien et l'inauguration &#233;tait pr&#233;vue pour 2007. A l'heure actuelle, le complexe n'est toujours pas entr&#233; en fonctionnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17. Aporrea.org du 15 janvier 2010, &#171; Los Trabajadores El&#233;ctricos se pronuncian ante la crisis del sector &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/endogeno/n148856.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/endogeno/n148856.html&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18. Cette partie se base sur l'article de Brulez (S.) intitul&#233; &#171; La d&#233;linquance aura-t-elle la peau de la &#8220;R&#233;volution bolivarienne' ? &#187;, publi&#233; dans le quotidien suisse Le Courrier (&lt;a href=&#034;http://www.lecourrier.ch&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.lecourrier.ch&lt;/a&gt;) le 26 mai 2009.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19. Les Aguilas Negras sont n&#233;es en Colombie apr&#232;s le d&#233;mant&#232;lement du principal groupe paramilitaire d'extr&#234;me droite, les Autod&#233;fenses unis de Colombie (AUC).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;20. &#171; Ministerio P&#250;blico realiza investigaci&#243;n en caso de contenedores con alimentos vencidos &#187;, Aporrea.org, 10 juin 2010, &lt;a href=&#034;http://www.aporrea.org/contraloria/n159111.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.aporrea.org/contraloria/n159111.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21. P&#233;trole du Venezuela S.A. (PDVSA) est la plus importante entreprise publique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22. &#171; J. V. Rangel pide sancionar a los responsables en el caso de Pdval &#187;, Ciudad CCS, 13 juin 2010, &lt;a href=&#034;http://www.ciudadccs.org.ve/?p=76190&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.ciudadccs.org.ve/?p=76190&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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