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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Inondations et dette, la double peine pour le Pakistan </title>
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		<dc:date>2010-08-31T08:47:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Damien Millet &#8211; Sophie Perchellet - Eric Toussaint</dc:creator>


		<dc:subject>Dette</dc:subject>
		<dc:subject>Pakistan</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-08-31</dc:subject>
		<dc:subject>Dette</dc:subject>

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&lt;p&gt;A cause de pluies torrentielles qu'il conna&#238;t depuis plusieurs jours, le Pakistan fait face &#224; l'une des pires situations humaines et mat&#233;rielles qu'il ait connues depuis plus de 80 ans. Les d&#233;g&#226;ts sont impressionnants. Environ 22 millions de personnes sont touch&#233;es par de graves inondations. De nombreuses infrastructures n'ont pas support&#233; la violence des pluies. Beaucoup de routes sont impraticables, de m&#234;me que des ports. Des millions de personnes ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de quitter pr&#233;cipitamment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A cause de pluies torrentielles qu'il conna&#238;t depuis plusieurs jours, le Pakistan fait face &#224; l'une des pires situations humaines et mat&#233;rielles qu'il ait connues depuis plus de 80 ans. Les d&#233;g&#226;ts sont impressionnants. Environ 22 millions de personnes sont touch&#233;es par de graves inondations. De nombreuses infrastructures n'ont pas support&#233; la violence des pluies. Beaucoup de routes sont impraticables, de m&#234;me que des ports. Des millions de personnes ont &#233;t&#233; oblig&#233;es de quitter pr&#233;cipitamment leurs logements, et l'ONU avance le chiffre de 5 millions de sans-abri.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Des camps de fortune sont mis en place et environ 1 million de personnes y vivent d&#233;j&#224;, dans des conditions sanitaires d&#233;plorables. Le sud du pays, et notamment la province de Snidh, est extr&#234;mement fragilis&#233; par cette catastrophe. Les pertes &#233;conomiques se comptent en milliards et le secteur agricole est particuli&#232;rement touch&#233; puisque de nombreuses terres arables ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Pakistan a besoin d'aide. Le 20 ao&#251;t 2010, les pays membres de l'ONU se sont engag&#233;s &#224; lui apporter 200 millions de dollars, mais il ne s'agit l&#224; que de promesses et les exp&#233;riences pr&#233;c&#233;dentes en la mati&#232;re montrent qu'une faible part de cette somme arrivera dans le pays. La Banque asiatique de d&#233;veloppement, qui a d&#233;j&#224; connu le tsunami de d&#233;cembre 2004, s'est auto-d&#233;sign&#233;e leader de l'effort de reconstruction au Pakistan et a d&#233;j&#224; annonc&#233; un pr&#234;t de 2 milliards de dollars. La Banque mondiale a ajout&#233; un pr&#234;t de 900 millions de dollars. Touch&#233; par une catastrophe naturelle, le Pakistan va donc voir sa dette s'accro&#238;tre de mani&#232;re significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'aide d'urgence est indispensable, il est important de revenir sur les enjeux r&#233;els de la situation pakistanaise. En ao&#251;t 2008, le pays &#233;tait au bord du d&#233;faut de paiement. Contraint d'accepter l'aide du Fonds mon&#233;taire international (FMI), il a re&#231;u au total un pr&#234;t de 11,3 milliards de dollars, mais les conditionnalit&#233;s attach&#233;es au pr&#234;t sont particuli&#232;rement brutales : mise en vente d'un million d'hectares de terres arables, fin des subsides du gouvernement sur le carburant, augmentation du prix de l'&#233;lectricit&#233;, coupe drastique dans les d&#233;penses sociales&#8230; Seul le budget militaire n'est pas vis&#233; par la rigueur. En bout de course, ce pr&#234;t a d&#233;t&#233;rior&#233; les conditions de vie de la population tout en fragilisant grandement la souverainet&#233; du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, le Pakistan a une dette ext&#233;rieure de 54 milliards de dollars et consacre chaque ann&#233;e 3 milliards &#224; son remboursement. Cette dette, qui a notamment explos&#233; depuis les ann&#233;es 2000, est en grande partie d'origine odieuse. En effet, l'ancien r&#233;gime du G&#233;n&#233;ral P&#233;rez Musharraf &#233;tait un alli&#233; strat&#233;gique des Etats-Unis dans la r&#233;gion, surtout depuis les attentats du 11 septembre 2001. Les principaux bailleurs de fonds n'ont jamais h&#233;sit&#233; &#224; pr&#234;ter &#224; la dictature pakistanaise de Musharraf les fonds n&#233;cessaires pour mener sa politique. A l'automne 2001, les Etats-Unis ont demand&#233; le soutien du Pakistan dans leur guerre contre l'Afghanistan. Musharraf avait alors accept&#233; que son pays serve de base arri&#232;re aux troupes militaires des Etats-Unis et de leurs alli&#233;s. Le r&#233;gime de Musharraf a ensuite continu&#233; d'endetter le Pakistan, avec le soutien actif de la Banque mondiale et des grandes puissances. Les pr&#234;ts accord&#233;s n'ont aucune l&#233;gitimit&#233;, ils ont servi &#224; renforcer la tyrannie de Musharraf et n'ont am&#233;lior&#233; en rien les conditions de vie des citoyens pakistanais. La dette contract&#233;e par ce r&#233;gime despotique est odieuse. Les cr&#233;anciers qui ont pr&#234;t&#233; &#224; Musharraf l'ont fait en connaissance de cause et, dans ces conditions, il est inadmissible que le peuple pakistanais soit contraint de rembourser aujourd'hui la dette odieuse contract&#233;e par Musharraf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, son annulation pure et simple est une exigence minimale. Plusieurs pays, &#224; l'image de l'Equateur en 2007-2008, ont r&#233;alis&#233; un audit de leur dette afin d'en annuler la partie jug&#233;e odieuse. Le Pakistan est tout &#224; fait en mesure de suivre cet exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre m&#233;canisme juridique de non paiement est &#224; prendre en compte par le Pakistan soumis &#224; des inondations d&#233;vastatrices : l'&#233;tat de n&#233;cessit&#233;. Dans ce cas, il peut invoquer cet &#233;tat de n&#233;cessit&#233; pour consacrer les fonds aux besoins vitaux de sa population meurtrie au lieu de rembourser sa dette, sans craindre des poursuites pour n'avoir pas respect&#233; ses obligations. Les trois milliards de dollars ainsi &#233;conomis&#233;s doivent alors &#234;tre r&#233;orient&#233;s vers des d&#233;penses sociales en faveur des Pakistanais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est donc temps pour le gouvernement du Pakistan &#224; la fois de suspendre le paiement de sa dette ext&#233;rieure, de pratiquer un audit de celle-ci et de d&#233;cider la r&#233;pudiation de sa part odieuse. Loin de repr&#233;senter une fin en soi, il devrait s'agir l&#224; du premier pas vers un mod&#232;le de d&#233;veloppement radicalement diff&#233;rent, bas&#233; enfin sur la garantie des droits humains fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Damien Millet est porte-parole du CADTM France (Comit&#233; pour l'annulation de la dette du tiers-monde, &lt;a href=&#034;http://www.cadtm.org&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.cadtm.org&lt;/a&gt;), Sophie Perchellet est vice-pr&#233;sidente du CADTM France, Eric Toussaint est pr&#233;sident du CADTM Belgique. Dernier livre paru : &#171; La crise, quelles crises ? &#187;, CADTM/Aden/CETIM, d&#233;cembre 2009.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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