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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>En finir avec l'impunit&#233; des multinationales</title>
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		<dc:date>2022-11-22T07:14:47Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juan Tortosa, Miguel Urb&#225;n Crespo</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-11-22</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Miguel Urb&#225;n Crespo, eurod&#233;put&#233; du groupe de la Gauche au Parlement europ&#233;en (GUE-NGL) et membre d'Anticapitalistas, &#233;tait pr&#233;sent &#224; Gen&#232;ve en octobre pour participer aux n&#233;gociations, dans le cadre des Nations Unies, relatives &#224; un trait&#233; contraignant sur les entreprises multinationales et les droits humains. Entretien &#224; l'occasion du 10e anniversaire du processus. &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 11 novembre 2022 &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Juan Tortosa, Miguel Urban Crespo &lt;br class='autobr' /&gt;
Rassemblement &#224; la fin (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-de-solidarite-internationaliste-" rel="directory"&gt;Mouvement de solidarit&#233; internationaliste&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Economie-135-+" rel="tag"&gt;&#201;conomie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-11-22-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-11-22&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH86/arton54937-7fdc5.jpg?1781055852' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='86' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Miguel Urb&#225;n Crespo, eurod&#233;put&#233; du groupe de la Gauche au Parlement europ&#233;en (GUE-NGL) et membre d'Anticapitalistas, &#233;tait pr&#233;sent &#224; Gen&#232;ve en octobre pour participer aux n&#233;gociations, dans le cadre des Nations Unies, relatives &#224; un trait&#233; contraignant sur les entreprises multinationales et les droits humains. Entretien &#224; l'occasion du 10e anniversaire du processus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de &lt;a href=&#034;https://www.europe-solidaire.org/spip.php?article64729&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
11 novembre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Juan Tortosa, Miguel Urban Crespo&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rassemblement &#224; la fin de la 8e session de n&#233;gociations au Palais des nations, Gen&#232;ve, 28 octobre 2022&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Juan Tortosa - Qu'est-ce que ce trait&#233; contraignant et &#224; quelle &#233;tape se trouve-t-il actuellement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Miguel Urb&#225;n Crespo &lt;/strong&gt; - Le trait&#233; contraignant concerne le processus ouvert en 2014 par la r&#233;solution 26/09 approuv&#233;e par le Conseil des droits humains de l'ONU, stipulant qu'il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; &#171; &lt;i&gt; d'&#233;tablir un groupe de travail intergouvernemental &#224; composition ouverte charg&#233;, entre autres choses, d'&#233;laborer un instrument juridiquement contraignant pour r&#233;guler les activit&#233;s des entreprises multinationales et autres entreprises dans le droit international des droits humains &lt;/i&gt; &#187;. L'objectif de ce processus est d'obtenir une norme internationale approuv&#233;e par le maximum de pays obligeant les entreprises, et sp&#233;cialement les multinationales, &#224; respecter les droits humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ouverture de ce processus en 2014 fut un succ&#232;s, fruit de d&#233;cennies de luttes sociales et de pression politique, &#224; un moment international tr&#232;s particulier, avec des alli&#233;s conjoncturels concrets comme le gouvernement &#233;quatorien alors en fonction. Cette ann&#233;e fut la 8e ronde de n&#233;gociations, o&#249; j'ai particip&#233; avec les membres du r&#233;seau interparlementaire d'appui au trait&#233; contraignant, des espaces de confluence internationalistes d'organisations sociales et politiques travaillant &#224; pousser ce processus dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui vous appuie et qui rend difficile la mise en route d'un tel instrument ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Formellement, personne ne s'oppose au respect des droits humains. C'est le r&#233;sultat d'une victoire s&#233;mantique &#8211; je dirais m&#234;me h&#233;g&#233;monique &#8211; des forces progressistes dans le monde entier. Mais cela fait aussi partie de l'hypocrisie r&#233;gnante et de la capacit&#233; de cooptation et d'annulation permanente dont sont capables les &#233;lites dominantes. Nous avons pu entendre les grandes puissances et les lobbies &#233;conomiques prononcer de belles paroles sur le respect des droits humains et la responsabilit&#233; des multinationales. Mais depuis des ann&#233;es, les m&#234;mes milieux se chargent de torpiller le processus, en le ralentissant ou en le vidant de tout contenu r&#233;ellement contraignant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ann&#233;e pass&#233;e, apr&#232;s des ann&#233;es d'absence, les &#201;tats-Unis ont rejoint le processus, en le vidant totalement de contenu. L'Union europ&#233;enne (UE) s'est mise de c&#244;t&#233; et ne respecte pas le mandat que lui a donn&#233; &#224; maintes reprises le Parlement europ&#233;en pour appuyer ces n&#233;gociations : l'UE tente d'&#233;liminer tout contenu contraignant et transformateur. Dans le Sud global, particuli&#232;rement en Afrique et dans une bonne partie de l'Am&#233;rique latine, nous continuons d'avoir des alli&#233;s importants. Mais rien ne s'obtiendra sans un mouvement social fort qui fasse pression de l'ext&#233;rieur. Nous devons fuir les illusions institutionnelles. Dans les institutions, il n'y a pas de h&#233;ros. Il n'y a pas non plus de gouvernements courageux par eux-m&#234;mes. Il faut que les peuples organis&#233;s poussent &#224; ce que les parlements et les &#201;x&#233;cutifs traduisent en lois les rapports de force en faveur des majorit&#233;s sociales. Et cela se construit en ayant des pieds dans les institutions et bien plus de pieds dans les rues et les mouvements populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi un tel trait&#233; est-il important ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mot-cl&#233; dans tout ce processus est &lt;i&gt;impunit&#233;&lt;/i&gt;. L'impunit&#233; des entreprises multinationales lorsqu'elles exploitent et pr&#233;carisent la main-d'&#339;uvre, contaminent l'environnement, menacent et assassinent celles et ceux qui d&#233;fendent le territoire ou se soustraient aux imp&#244;ts. Les multinationales abusent, spolient et exploitent parce qu'elles se savent intouchables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pour cela que nous avons besoin d'un instrument international qui les contraigne, les poursuive et les ch&#226;tie avec la m&#234;me &#233;nergie par laquelle ces multinationales abusent de leur pouvoir, et qui donne r&#233;paration aux victimes, en assurant &#224; celles-ci un acc&#232;s universel &#224; la justice. C'est-&#224;-dire inverser la situation actuelle pour mettre les droits humains au-dessus de la loi du march&#233; : mettre nos vies, nos droits et la plan&#232;te au-dessus des b&#233;n&#233;fices d'une poign&#233;e de multimillionnaires et de multinationales qui forment une minorit&#233; dangereuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette impunit&#233; s'alimente des mesures molles et du manque d'&#233;nergie. Les syst&#232;mes d'&#171; &lt;i&gt; autor&#233;gulation&lt;/i&gt; &#187; impuls&#233;s par les entreprises ne fonctionnent pas. Ni avec Chevron, ni &#224; Rana Plaza (au Bangladesh), ni &#224; Brumadinho (au Br&#233;sil), ni avec les scandales fiscaux successifs que nous connaissons de mani&#232;re r&#233;currente. Les multinationales ne vont jamais s'autor&#233;guler. Leurs abus de pouvoir impunis ne sont pas une erreur du syst&#232;me, mais rel&#232;vent de la nature propre du syst&#232;me capitaliste globalis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on ne les y contraint pas, les multinationales ne cesseront pas. Et ceux qui mettent des entraves &#224; ce type d'instruments, soit en retardant et en bloquant le processus ou en le vidant de son contenu, sont ouvertement complices de ces violations des droits humains. Il faut choisir et prendre parti : avec les droits des majorit&#233;s sociales ou avec les int&#233;r&#234;ts d'une minorit&#233; dangereuse. Rester dans l'expectative, c'est conforter le terrain de l'impunit&#233; corporative globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais derni&#232;rement on parle beaucoup du &#171; &lt;i&gt;retour de l'&#201;tat&lt;/i&gt; &#187; comme acteur politique. Quel r&#244;le joue dans le contexte actuel le pouvoir priv&#233; des entreprises ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#201;tat n'est jamais parti. Le &#171; &lt;i&gt;n&#233;olib&#233;ralisme &lt;/i&gt; &#187; est une tromperie, parce qu'il n'est ni nouveau, ni lib&#233;ral. Les suppos&#233;&#183;e&#183;s n&#233;olib&#233;raux&#183;ales n'ont jamais exig&#233; le retrait de l'&#201;tat pour que l'initiative priv&#233;e puisse se d&#233;ployer librement sans entraves, c'est tout le contraire : le n&#233;olib&#233;ralisme r&#233;ellement existant consiste en une prise d'assaut du pouvoir institutionnel par le pouvoir priv&#233; global pour mettre le public au service d'une minorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le pr&#233;tendu n&#233;olib&#233;ralisme, il n'y a pas de dichotomie entre le public et le priv&#233; comme dans la th&#233;orie lib&#233;rale classique : ces deux sph&#232;res fonctionnent comme un bin&#244;me. Les institutions sont converties en agents de marchandisation pour ouvrir et d&#233;velopper de nouvelles niches de march&#233; au b&#233;n&#233;fice des entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;ducation, la sant&#233;, les retraites, les services publics, l'&#233;nergie, y compris la vie ou le CO&#8322;, tout est susceptible de se transformer en marchandise et de contribution &#224; l'accumulation moderne par d&#233;possession. Et les institutions publiques sont le brise-glace dans ce processus. L'UE ne tol&#232;re pas seulement l'&#233;vasion fiscale des multinationales et des multimillionnaires, mais son architecture &#233;conomique et institutionnelle est dessin&#233;e pour l'alimenter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Irlande, le Luxembourg, Malte ou les Pays-Bas sont des &#201;tats membres de l'UE et des &#171; &lt;strong&gt; cloaques fiscaux &lt;/strong&gt; &#187; (parce que les appeler &#171; &lt;i&gt; paradis &lt;/i&gt; &#187; serait assumer la grammaire de la minorit&#233; qui trouve paradisiaques ces trous noirs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il est certain que, dans l'actuel d&#233;sordre global, o&#249; les m&#233;canismes multilat&#233;raux dirig&#233;s par les anciennes puissances dominantes sont en crise, o&#249; &#233;mergent de nouvelles puissances qui forment un &#233;chiquier g&#233;opolitique plus multipolaire et o&#249; le n&#233;olib&#233;ralisme occidental globalisant est remis en question comme &#171; &lt;i&gt; direction politique &lt;/i&gt; &#187; de la globalisation capitaliste r&#233;gnante durant ces derni&#232;res d&#233;cennies, nous voyons &#233;merger des discours sur le suppos&#233; retour de l'&#201;tat-nation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Daniel Bensa&#239;d disait qu'il se passe avec l'&#201;tat la m&#234;me chose qu'avec la question du pouvoir : sorti par la porte, il revient par la fen&#234;tre. Parce qu'en r&#233;alit&#233; l'&#201;tat n'est jamais parti. Que de nouveaux &#201;tats &#233;mergents remettent en question la direction globale des &#201;tats-Unis ou de l'Union europ&#233;enne ne signifie pas que ceux-ci remettent en question leurs politiques. M&#234;me avec des nuances et quelques diff&#233;rences significatives, il y a sur le fond une dispute pour la direction politique de la globalisation, non sur son orientation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Crise climatique, pand&#233;mie, crise &#233;conomique, crise sanitaire&#8230; Quel r&#244;le jouent les multinationales ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions parler d'une crise multidimensionnelle, o&#249; l'urgence climatique est sans aucun doute l'un des axes centraux et la pand&#233;mie a acc&#233;l&#233;r&#233; de nombreux processus qui se forgeaient d&#233;j&#224;. Mais d'abord la pand&#233;mie et ensuite l'invasion russe de l'Ukraine ont fourni un pr&#233;texte pour appliquer une &#171; &lt;i&gt;doctrine du choc&lt;/i&gt; &#187; dans le Nord. Depuis des mois nous voyons s'acc&#233;l&#233;rer des processus et des dynamiques qui, sur le fond, se forgeaient depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous parlons &#224; peine de la pand&#233;mie. Ni de la spoliation qu'elle a signifi&#233;e. Les entreprises pharmaceutiques ont r&#233;alis&#233; des b&#233;n&#233;fices multimilliardaires en commercialisant les vaccins d&#233;velopp&#233;s gr&#226;ce &#224; des fonds publics, achet&#233;s gr&#226;ce &#224; l'argent public, mais &#224; des conditions draconiennes et sous des contrats opaques et abusifs. Tout cela pendant que les brevets continuent d'&#234;tre priv&#233;s et que la majorit&#233; de la population mondiale est exclue de la vaccination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'acc&#232;s &#224; la sant&#233; doit &#234;tre un droit humain fondamental et les vaccins et les m&#233;dicaments des biens publics de base. Et dans la fourniture des droits et des biens publics l'initiative priv&#233;e ne peut pas participer parce que la logique du profit doit rester compl&#232;tement en dehors de ce processus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais nous voyons aujourd'hui comment les fonds de reconstruction &#8211; Next Generation de la Commission europ&#233;enne pour l'UE et les projets de Team Europe pour le Sud global &#8211; pivotent sur les entreprises multinationales, qui re&#231;oivent la majorit&#233; de l'argent public pour se reconvertir, se moderniser, se digitaliser et g&#233;n&#233;rer de &#171; &lt;i&gt; l'emploi vert &lt;/i&gt; &#187;. &#192; nouveau, le march&#233; comme unique r&#233;ponse aux failles structurelles du march&#233;. Le n&#233;olib&#233;ralisme est la phase h&#233;g&#233;monique du capitalisme. Raison pour laquelle il ressemble &#224; un dogme de la foi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la suppos&#233;e transition &#233;nerg&#233;tique et le changement de mod&#232;le productif pour affronter la crise climatique, il se passe la m&#234;me chose. Tant l'European Green Deal que les autres propositions pr&#233;conisent toutes le&lt;i&gt; greenwashing &lt;/i&gt; du pouvoir corporatif : repeindre en vert la production, le commerce et la consommation pour que tout change en apparence mais que rien ne change sur le fond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelles cons&#233;quences aura la demande croissante de min&#233;raux rares pour fabriquer les batteries de voitures &#233;lectriques, en termes de pressions extractivistes, sur les territoires et populations du Sud global ? Comment lutter contre le changement climatique en signant de nouveaux accords commerciaux continuant &#224; &#233;tendre le commerce international et la d&#233;forestation de l'Amazonie comme l'accord que n&#233;gocie l'UE avec le Mercosur ? S'il &#233;tait d&#233;j&#224; difficile de mettre ces questions &#224; l'agenda politique, la strat&#233;gie du choc de la guerre en Ukraine les a encore enterr&#233;es. Nous voyons d&#233;j&#224; toute la priorit&#233; &#224; l'agenda climatique europ&#233;en ou les suppos&#233;s engagements pour prot&#233;ger les droits humains dans les cha&#238;nes de valeur globales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les forces anticapitalistes doivent mettre au c&#339;ur de l'agenda public la question du pouvoir corporatif, de ses abus et de son impunit&#233;, de la connivence institutionnelle, et d&#233;monter les mensonges du capitalisme vert ou la normalisation de l'exceptionnalit&#233; permanente d&#233;riv&#233;e de crises comme le changement climatique, la pand&#233;mie ou la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les droits, les peuples, les personnes et la plan&#232;te au centre. Et le pouvoir des entreprises et de leurs alli&#233;s en face. Il n'y a pas de lutte possible si nous ne commen&#231;ons pas par bien identifier le champ de bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Juan Tortosa&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Paru dans le n&#176; 412 de solidarit&#233;S. 11.11.2022 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://solidarites.ch/journal/412-2/en-finir-avec-limpunite-des-multinationales/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://solidarites.ch/journal/412-2/en-finir-avec-limpunite-des-multinationales/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Traduction du castillan : Hans-Peter Renk.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notre non &#224; la guerre et au militarisme. </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Notre-non-a-la-guerre-et-au-militarisme</link>
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		<dc:date>2022-03-29T07:05:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Urb&#225;n Crespo</dc:creator>


		<dc:subject>Ukraine</dc:subject>
		<dc:subject>La guerre en Ukraine - Les enjeux</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2022-03-29</dc:subject>
		<dc:subject>Guerre en Ukraine</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 2 mars dernier, Miguel Urb&#225;n, d&#233;put&#233; europ&#233;en d'Anticapitalistas (section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, auparavant composante de Podemos), fait partie de cette poign&#233;e de d&#233;put&#233;s de la gauche radicale (sept au total) &#224; avoir vot&#233; contre la r&#233;solution du Parlement europ&#233;en sur la guerre en Ukraine. On doit noter que le groupe de la Gauche Unie Europ&#233;enne a, par une large majorit&#233;, soutenu cette r&#233;solution, y compris les &#233;lu&#183;es de la France insoumise. Dans cette tribune, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Ukraine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-La-guerre-en-Ukraine-Les-enjeux-+" rel="tag"&gt;La guerre en Ukraine - Les enjeux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2022-03-29-+" rel="tag"&gt;Edition du 2022-03-29&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Guerre-en-Ukraine-+" rel="tag"&gt;Guerre en Ukraine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton52097-e57ef.jpg?1781192444' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 mars dernier, Miguel Urb&#225;n, d&#233;put&#233; europ&#233;en d'Anticapitalistas (section de la IVe Internationale dans l'Etat espagnol, auparavant composante de Podemos), fait partie de cette poign&#233;e de d&#233;put&#233;s de la gauche radicale (sept au total) &#224; avoir vot&#233; contre la r&#233;solution du Parlement europ&#233;en sur la guerre en Ukraine. On doit noter que le groupe de la Gauche Unie Europ&#233;enne a, par une large majorit&#233;, soutenu cette r&#233;solution, y compris les &#233;lu&#183;es de la France insoumise. Dans cette tribune, publi&#233;e le 15 mars sur le site elDiario.es, Miguel Urb&#225;n s'explique sur le sens de son vote et la position de son organisation sur la situation cr&#233;&#233;e par la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;22 mars 2022 | tir&#233; de contretemps.eu &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.contretemps.eu/non-guerre-militarisme-miguel-urban/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.contretemps.eu/non-guerre-militarisme-miguel-urban/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques jours, le haut repr&#233;sentant de l'UE pour les affaires &#233;trang&#232;res, Josep Borrell, s'est servi de la tribune du Parlement europ&#233;en pour d&#233;clamer un discours belliciste &#224; l'image du g&#233;n&#233;ral Broulard dans Les Sentiers de la gloire. Ces militaires de haut rang que met si bien en sc&#232;ne Stanley Kubrick, se gargarisent de qualificatifs comme &#171; courage &#187;, &#171; patrie &#187;, &#171; audace &#187;, &#171; discipline &#187; ou &#171; soumission &#187;, tout en regardant la guerre install&#233;s dans leurs bureaux. &#171; Personne ne peut se justifier en r&#233;clamant la r&#233;solution pacifique du conflit. Nous nous souviendrons de ceux qui, en ce moment solennel, ne sont pas de notre c&#244;t&#233; &#187; a d&#233;clar&#233; Borell sur un ton mena&#231;ant et inquisitorial. Un avertissement on ne peut plus clair &#224; ceux qui s'opposent &#224; la d&#233;rive belliciste de l'UE en pr&#233;conisant une r&#233;solution pacifique face &#224; l'intol&#233;rable invasion de l'Ukraine par le r&#233;gime dictatorial de Poutine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, nous sommes un certain nombre &#224; refuser tout compromis avec les partis, les r&#233;gimes et les gouvernements qui ont contribu&#233; au d&#233;clenchement de cette guerre. C'est au peuple ukrainien accabl&#233; par cette guerre et au peuple russe qui s'y oppose que va notre sympathie. En tant qu'Anticapitalistas, la politique que nous d&#233;fendons n'est pas une politique au service des classes dominantes et de leurs appareils politiques, mais bien au service des int&#233;r&#234;ts internationalistes des classes travailleuses. Nous sommes face &#224; une guerre imp&#233;rialiste tragique qui aurait pu &#234;tre &#233;vit&#233;e. Mais la logique des imp&#233;rialismes y a conduit et ni Poutine, seul responsable de l'avoir d&#233;clench&#233;e, ni l'OTAN et sa strat&#233;gie interventionniste en plein essor, n'en seront pardonn&#233;s. Lui, pour avoir agress&#233; le peuple ukrainien et voulu imposer son projet imp&#233;rialiste grand russe. Eux, pour d&#233;nier toute souverainet&#233; &#224; l'Ukraine en la convertissant en un simple pion de leur g&#233;opolitique, en alliance avec l'&#233;lite corrompue qui, complice de l'Occident, a saccag&#233; ce pays depuis des ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est tout &#224; fait l&#233;gitime que ceux qui se trouvent aujourd'hui engag&#233;s en Ukraine dans la lutte contre Poutine d&#233;cident de prendre les armes ou d'adopter d'autres formes de r&#233;sistance civile et de tout faire pour mettre fin &#224; cette occupation. Il faut prendre acte que la r&#233;ponse de l'Europe &#224; cette guerre n'est pas unanime. Il y a ceux qui ont fait le choix de la course aux armements et sont pr&#234;ts &#224; aller jusqu'au bout, quitte &#224; pr&#233;cipiter la plan&#232;te dans une guerre totale entre puissances nucl&#233;aires. Mais il y a aussi d'autres positions. Comme la n&#244;tre, qui fait le choix de soutenir les peuples ukrainien et russe et, simultan&#233;ment, de mettre fin &#224; cette guerre le plus t&#244;t possible par la n&#233;gociation, la seule voie pour freiner l'escalade militaire, &#233;viter un chaos g&#233;opolitique encore pire et parvenir &#224; contenir ce conflit avant qu'il ne soit trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vell&#233;it&#233;s militaristes dans leur version actuelle semblent avoir conquis les moquettes et les bureaux de Bruxelles. Le parlement europ&#233;en a approuv&#233; la semaine derni&#232;re une r&#233;solution qui pr&#233;tendait d&#233;noncer l'occupation de l'Ukraine par Poutine et se solidariser avec le peuple ukrainien, ce que nous, Anticapitalistas, avons constamment d&#233;fendu. Mais cette r&#233;solution allait bien au-del&#224; d'une condamnation de Poutine, et se servait de la guerre et des souffrances du peuple ukrainien comme alibi pour remilitariser l'Europe en pr&#233;conisant, dans une escalade belliciste, l'augmentation des cr&#233;dits militaires qui ne b&#233;n&#233;ficie qu'aux multinationales de la mort et renforce l'OTAN dans son r&#244;le de gendarme international selon l'agenda de Washington auquel se subordonnent les puissances europ&#233;ennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La r&#233;solution approuv&#233;e affirme textuellement, entre autres choses, que le Parlement europ&#233;en :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; rappelle que l'OTAN constitue le fondement de la d&#233;fense collective des &#201;tats membres qui sont des alli&#233;s de l'OTAN ; se f&#233;licite de l'unit&#233; entre l'Union europ&#233;enne, l'OTAN et d'autres partenaires d&#233;mocratiques partageant les m&#234;mes valeurs face &#224; l'agression russe, mais souligne la n&#233;cessit&#233; de renforcer son dispositif de dissuasion collective, sa pr&#233;paration et sa r&#233;silience ; encourage le renforcement de la pr&#233;sence avanc&#233;e rehauss&#233;e l'OTAN dans les &#201;tats membres de l'Union europ&#233;enne g&#233;ographiquement les plus proches de l'agresseur russe et du conflit ; met l'accent sur les clauses d'assistance mutuelle et de solidarit&#233; de l'Union et demande le lancement d'exercices militaires communs ;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; souligne que cette attaque exige que l'Union et l'OTAN se pr&#233;parent &#224; toutes les possibilit&#233;s ; se f&#233;licite, &#224; cet &#233;gard, de l'activation des plans de d&#233;fense de l'OTAN ainsi que de l'activation des forces de r&#233;action de l'OTAN et de leur d&#233;ploiement partiel, en plus des d&#233;ploiements de troupes provenant des alli&#233;s de l'OTAN, y compris le Royaume-Uni, les &#201;tats-Unis et le Canada, afin de renforcer le flanc oriental et de dissuader toute nouvelle agression russe ; demande une nouvelle fois aux &#201;tats membres de l'Union d'augmenter leurs d&#233;penses en mati&#232;re de d&#233;fense, de garantir l'existence de capacit&#233;s plus efficaces et de tirer pleinement parti des efforts conjoints de d&#233;fense dans le cadre europ&#233;en, notamment la coop&#233;ration structur&#233;e permanente (CSP) et le Fonds europ&#233;en de la d&#233;fense, afin de renforcer le pilier europ&#233;en au sein de l'OTAN, ce qui accro&#238;tra la s&#233;curit&#233; des &#201;tats membres de l'OTAN comme de l'Union. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela pourrait para&#238;tre anecdotique mais, dans la r&#233;solution du Parlement europ&#233;en, le mot &#171; paix &#187; n'appara&#238;t que 4 fois, contrairement &#224; &#171; OTAN &#187;, 15 fois, et &#224; &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, 22 fois. Les mots sont tr&#232;s r&#233;v&#233;lateurs des objectifs v&#233;ritables d'un texte. Avec cette nouvelle &#233;tape, l'UE tourne le dos &#224; sa politique th&#233;oriquement pacifiste inscrite dans les trait&#233;s, et red&#233;veloppe son bras arm&#233; et sa politique de militarisation, en pr&#233;conisant l'augmentation des d&#233;penses militaires pour atteindre au moins 2 % du PIB de chaque &#201;tat membre, comme l'ont d&#233;j&#224; annonc&#233; des pays comme l'Allemagne, ce qui, connaissant les ant&#233;c&#233;dents du militarisme allemand, devrait inqui&#233;ter les citoyens europ&#233;ens un minimum au fait de l'histoire de ce continent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la r&#233;solution approuv&#233;e pr&#233;voit la livraison d'armes en contradiction avec les trait&#233;s europ&#233;ens qui interdisent express&#233;ment de d&#233;dier des fonds du budget commun &#224; des projets ayant des &#171; implications militaires ou de d&#233;fense &#187;. Pour contourner cet obstacle, on se sert de la FEP (Facilit&#233; europ&#233;enne pour la paix) qui a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e il y a 3 ans dans le but de contribuer &#224; la paix et &#224; la stabilit&#233; dans des r&#233;gions lointaines dans le monde, mais qui, paradoxalement, va trouver sa premi&#232;re utilisation dans un financement de 450 millions pour livrer des armes &#224; l'Ukraine. Et comme ce dispositif se situe en dehors du cadre financier pluriannuel et b&#233;n&#233;ficie d'un financement ext&#233;rieur, cela lui permet incidemment de contourner les Trait&#233;s europ&#233;ens qui l'interdiraient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut alors se demander pourquoi l'UE d&#233;cide de fournir des armes aujourd'hui. Pourquoi &#224; l'Ukraine ? Pourquoi pas dans l'un quelconque des nombreux conflits dans le monde o&#249; la l&#233;galit&#233; internationale est &#233;galement viol&#233;e de fa&#231;on flagrante ? Me vient &#224; l'esprit le cas du Sahara occup&#233; ill&#233;galement, mais il y a tant d'autres exemples o&#249; l'UE dans le meilleur des cas d&#233;tourne le regard, quand elle n'y participe pas directement en soutenant la puissance bellig&#233;rante ou occupante. En outre, peut-on &#234;tre confiant que les armes seront livr&#233;es &#224; ceux qui en ont le plus besoin, la population civile assi&#233;g&#233;e, et pas aux groupes ardemment bellicistes d'extr&#234;me-droite ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, il n'importerait nullement aux &#233;lites politiques et &#233;conomiques europ&#233;ennes de laisser le conflit en Ukraine s'enliser pendant des ann&#233;es, m&#234;me si c'est aux d&#233;pens du peuple ukrainien, et de soutenir des gouvernements fantoches en renfor&#231;ant et en justifiant par l&#224;-m&#234;me la dictature de Poutine. C'est pourquoi ils ne manifestent aucun int&#233;r&#234;t &#224; impulser des initiatives diplomatiques et qu'ils ont d&#233;plac&#233; le d&#233;bat et les mesures sur le terrain sans issue du r&#233;ductionnisme militaire. Ce qui ne fait aucun doute, c'est que cette course aux armements remplit les caisses d'une industrie militaire qui a d&#233;j&#224; gagn&#233; 24 milliards d'euros depuis le d&#233;but de la guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais revenons-en &#224; Bruxelles. Dans les discours prononc&#233;s au Parlement europ&#233;en la semaine derni&#232;re se d&#233;tachait l'id&#233;e que l'Europe n'avait jamais &#233;t&#233; aussi unie. Et c'est vrai que la guerre est mise &#224; profit, dans une logique d'union sacr&#233;e, comme bou&#233;e de sauvetage d'un projet europ&#233;en qui souffre depuis longtemps d'une forte crise de l&#233;gitimit&#233;. L'aventure criminelle de Poutine permet ainsi d'obtenir la coh&#233;sion de l'Europe sur la base d'un grand sentiment d'ins&#233;curit&#233; face aux menaces ext&#233;rieures qui l&#233;gitiment sa remilitarisation (bien au-del&#224; des seules d&#233;penses militaires que nous avons mentionn&#233;es) et qui permet &#224; l'OTAN de dissoudre toute vell&#233;it&#233; d'ind&#233;pendance politique de l'UE, tout en retrouvant une l&#233;gitimit&#233; et une unit&#233; perdues depuis des ann&#233;es, en particulier depuis l'&#233;chec de l'occupation de l'Afghanistan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la d&#233;rive militaire et belliciste qui frappe l'Europe, et malgr&#233; le climat maccarthyste d'intimidation intellectuelle et de d&#233;magogie belliciste, nous sommes un certain nombre &#224; avoir d&#233;cid&#233; de brandir le drapeau d'une tradition socialiste qui s'est toujours engag&#233;e pour la paix face aux imp&#233;rialismes, d'o&#249; qu'ils viennent. Je dois reconna&#238;tre pourtant qu'il n'existe pas de recettes magiques qui permettraient de r&#233;soudre rapidement cette situation. En tant qu'Anticapitalistas, nous assumons les contradictions de notre vote contre la r&#233;solution du Parlement europ&#233;en. Mais c'est une position que nous avons adopt&#233;e collectivement, en toute conscience et en toute autonomie, sans c&#233;der aux qu'en dira-t-on ni se livrer &#224; des calculs fallacieux. Nous avons vot&#233; &#171; non &#187; &#224; la remilitarisation de l'Europe. Et nous l'avons fait parce que nous refusons que l'invasion inacceptable et criminelle de l'Ukraine &#224; laquelle se livre le r&#233;gime dictatorial de Poutine soit mise &#224; profit pour renforcer l'OTAN et faire peser sur les vies des travailleuses et des travailleurs ukrainiens et russes la menace d'un affrontement entre puissances imp&#233;rialistes. Nous avons dit non &#224; ceux qui veulent nous ramener &#224; la logique de l'Union sacr&#233;e form&#233;e d&#232;s les pr&#233;mices de la Premi&#232;re Guerre mondiale, avec l'obligation de voter de nouveaux cr&#233;dits de guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il est vrai que, jusqu'ici, une seule puissance s'est livr&#233;e &#224; une agression et que le peuple ukrainien a le droit de se d&#233;fendre, d'opposer une r&#233;sistance arm&#233;e ou non arm&#233;e, et de lutter pour sa souverainet&#233; (ce qui devrait passer par le non-alignement, tout le contraire d'une satellisation par l'OTAN ou la Russie), il n'en est pas moins vrai que, en Ukraine, l'OTAN se pr&#233;pare chaque jour davantage &#224; intervenir contre la Russie. C'est ce qui rend la situation sans cesse plus dangereuse, avec le risque accru, plus le conflit se prolonge, de d&#233;g&#233;n&#233;rer en un affrontement direct entre puissances nucl&#233;aires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question n'est pas de se ranger ou non du c&#244;t&#233; d'une puissance imp&#233;rialiste. Mais quand cette guerre d'agression conduit &#224; une confrontation entre imp&#233;rialismes, en tant qu'Anticapitalistas nous ne pouvons pas tomber dans ce pi&#232;ge binaire, nous devons en rompre la logique. Notre position est de prendre parti, dans la clart&#233; et dans l'action, en faveur des peuples ukrainien et russe, pour une paix sans annexions, pour le retrait inconditionnel des troupes russes d'Ukraine et pour garantir le droit des peuples sans exception &#224; d&#233;cider librement de leur avenir. C'est cette m&#234;me position qu'ont d&#233;fendue Trotsky et L&#233;nine lors de la Conf&#233;rence de Zimmerwald, ce qui leur a valu, il y a peu, d'&#234;tre violemment attaqu&#233;s par Poutine pour leur d&#233;fense du droit &#224; l'autod&#233;termination de tous les peuples, &#224; commencer par la R&#233;publique d'Ukraine, et dans ce but nous rechercherons la plus grande collaboration possible avec les gauches ukrainienne et russe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour toutes ces raisons, l'UE devrait soutenir les n&#233;gociations d&#233;j&#224; engag&#233;es entre Poutine et le gouvernement ukrainien et contribuer par l&#224;-m&#234;me &#224; mettre fin le plus t&#244;t possible &#224; cette barbarie ; faire pression par tous les moyens sur l'oligarchie russe qui soutient le r&#233;gime de Poutine ; sanctionner les oligarques, et pas le peuple, par des mesures telles que l'expropriation des actifs et des passifs des millionnaires russes pour financer la reconstruction de l'Ukraine. &#192; cet effet, il faudrait constituer un fichier international qui permette de conna&#238;tre les propri&#233;taires r&#233;els, m&#234;me si c'est une mesure qui n'agr&#233;erait certainement pas aux fortunes occidentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La g&#233;opolitique et la Realpolitik oublient g&#233;n&#233;ralement les peuples. Pour soutenir le peuple ukrainien, r&#233;clamer l'annulation de sa dette ext&#233;rieure (et, au passage, celle de tous les pays qu'elle &#233;touffe) est aujourd'hui l'un des outils les plus puissants. Elle permettrait d'all&#233;ger la pression exerc&#233;e sur l'&#233;conomie ukrainienne, sur sa population et ses finances, et de contribuer &#224; &#233;baucher un avenir autre que l'appauvrissement de son peuple. C'est une proposition qui, pour des raisons &#233;videntes, semble n'avoir jamais &#233;t&#233; prise en compte par les puissances imp&#233;riales parties prenantes au conflit, et moins encore aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, au-del&#224; de l'Ukraine, il est essentiel que nous organisions un programme de confrontation sociale face aux cons&#233;quences, pr&#233;visibles ou d&#233;j&#224; pr&#233;sentes, de la guerre en Europe. Il faut redoubler d'efforts dans l'aide humanitaire au peuple ukrainien et &#224; celles et ceux qui fuient et sont &#224; la recherche d'un refuge, dans un exode qui est d&#233;j&#224; le plus massif en Europe depuis la Deuxi&#232;me Guerre mondiale. Cela passe par une distribution &#233;quitable et solidaire des charges et des efforts d'accueil dans l'ensemble de l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#233;galement s'opposer, par des mesures r&#233;solues, &#224; la crise &#233;conomique qui s'annonce sur l'ensemble du continent, pour que ce ne soient pas les classes populaires qui, une fois de plus, paient les cons&#233;quences de cette guerre. Outre le contr&#244;le de la hausse des prix de l'&#233;nergie et de bien d'autres produits, il faut obtenir une hausse des salaires et du pouvoir d'achat des classes laborieuses pour emp&#234;cher la hausse du co&#251;t de la vie. Mais ne nous abusons pas : le contr&#244;le des prix n'est pas possible sans une planification sociale et &#233;cologique de l'&#233;conomie, et sans la nationalisation de secteurs strat&#233;giques comme l'&#233;nergie. Et &#224; l'&#233;vidence, rien de cela n'adviendra ni de soi-m&#234;me ni par la volont&#233; propre &#224; ceux qui nous gouvernent, et ne pourra s'obtenir que par une mobilisation active et consciente des classes laborieuses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que le monde se dirige vers une crise majeure dans tous les domaines et que les guerres sont le th&#233;&#226;tre d'un r&#233;am&#233;nagement de l'ordre capitaliste dans lequel les grandes entreprises accumulent des profits colossaux et perfectionnent les dispositifs sociaux pour s'imposer face aux classes laborieuses. Organiser la riposte populaire &#224; ce sc&#233;nario fait aussi partie du &#171; Non &#224; la guerre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avenir de notre si&#232;cle s'&#233;crit aujourd'hui dans les plaines ukrainiennes. Avec les forces de transformation en Europe nous devons adopter une position active, avec notre propre agenda, en refusant sans ambigu&#239;t&#233; le projet politique imp&#233;rial de l'oligarchie russe et de l'autocratie poutinienne tout comme l'agenda militariste de l'OTAN et les diktats imp&#233;rialistes de Washington. &#201;loigner le spectre d'une confrontation nucl&#233;aire passe par la reprise d'un programme de d&#233;sarmement et de d&#233;nucl&#233;arisation de l'Europe mis au service des int&#233;r&#234;ts des peuples. &#192; ceux, donc, qui recourent &#224; une fougue guerri&#232;re et &#224; une rh&#233;torique belliciste pour dresser les travailleuses et les travailleurs les uns contre les autres dans une guerre o&#249; eux resteront &#224; l'abri, nous rappellerons que &#171; les sentiers de la gloire ne conduisent &#224; rien d'autre qu'&#224; la tombe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'espagnol par Robert March.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Europe. Campagne internationaliste pour l'Austerexit</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Europe-Campagne-internationaliste-pour-l-Austerexit</link>
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		<dc:date>2015-09-08T07:58:02Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antonis Ntavanellos, Miguel Urb&#225;n Crespo, Olivier Besancenot</dc:creator>


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		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2015-09-08</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 5 - septembre - 2015 &lt;br class='autobr' /&gt;
Les derniers mois qui se sont &#233;coul&#233;s ont &#233;t&#233; riches en commentaires &#224; propos du bras de fer qui oppose la tro&#239;ka au peuple grec. Certains &#233;conomistes se sont donn&#233; beaucoup de peine, ne m&#233;nageant pas les efforts, s'&#233;poumonant parfois, pour propager la bonne parole, l'officielle s'entend, aux quatre coins de l'Europe. Ces avocats des cr&#233;anciers de l'Union Europ&#233;enne ont satur&#233; nos &#233;crans t&#233;l&#233; de donn&#233;es comptables afin de ne pas laisser de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2015-09-08-+" rel="tag"&gt;Edition du 2015-09-08&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH85/arton23194-28cec.png?1781192445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='85' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 5 - septembre - 2015&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les derniers mois qui se sont &#233;coul&#233;s ont &#233;t&#233; riches en commentaires &#224; propos du bras de fer qui oppose la tro&#239;ka au peuple grec. Certains &#233;conomistes se sont donn&#233; beaucoup de peine, ne m&#233;nageant pas les efforts, s'&#233;poumonant parfois, pour propager la bonne parole, l'officielle s'entend, aux quatre coins de l'Europe. Ces avocats des cr&#233;anciers de l'Union Europ&#233;enne ont satur&#233; nos &#233;crans t&#233;l&#233; de donn&#233;es comptables afin de ne pas laisser de doutes possibles quant &#224; l'id&#233;e que les plans d'aust&#233;rit&#233; &#233;taient l'unique option envisageable pour remettre l'&#233;conomie grecque d'aplomb. D'abord avec l'air navr&#233; de ceux qui s'en veulent un peu de r&#233;clamer des sacrifices suppl&#233;mentaires aux classes populaires, ils nous ont dit que ces nouveaux tours de vis &#233;taient tragiquement n&#233;cessaires. Une sorte de mal pour notre bien. Puis, agac&#233;s par notre tenace manque de compr&#233;hension, voire notre franche hostilit&#233;, ils sont all&#233;s jusqu'&#224; pr&#233;tendre que le r&#233;gime de l'expertise pr&#233;valait, dans certains cas, sur celui des consultations d&#233;mocratiques, et ont p&#233;ror&#233;, par l&#224; m&#234;me, sur l'immaturit&#233; du peuple grec.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ces faux-nez du lib&#233;ralisme sont pourtant les premiers &#224; savoir que le v&#233;ritable enjeu hell&#233;nique n'est pas tant &#233;conomique que hautement symbolique du point de vue politique. Car, si la stricte application du programme initial sur lequel a &#233;t&#233; &#233;lu Syriza, sur les salaires, l'emploi ou les retraites, ou m&#234;me le non-remboursement de la dette grecque vont &#224; l'encontre de l'air du temps, ces mesures n'en demeurent pas moins largement digestibles par le capital europ&#233;en. Elles appellent des financements modestes au regard de la fortune colossale des cr&#233;anciers, et, quoi qu'il en soit, elles p&#232;sent peu en proportion des gains engrang&#233;s par les sp&#233;culateurs du syst&#232;me bancaire europ&#233;en, allemand et fran&#231;ais en particulier, qui se sont goinfr&#233;s &#224; hauteur de 6 ou 7 % de taux d'int&#233;r&#234;t, durant des ann&#233;es, sur le dos des d&#233;ficits publics grecs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lumi&#232;re de la r&#233;alit&#233; des circuits financiers, l'annulation de la dette grecque ne pose pas plus de probl&#232;mes que cela pour qui n'a pas oubli&#233; qu'en janvier 2015, la BCE a mis plus de 1000 milliards d'euros sur la table, fabriqu&#233;s ex nihilo, pour racheter des dettes publiques ou priv&#233;es. Rien ne l'emp&#234;che donc d'effacer cette dette, si ce n'est sa farouche volont&#233;, toute politique, de troquer ce rachat contre une orientation gouvernementale mise au pas. Chose finalement faite avec Tsipras malgr&#233; la l&#233;gitimit&#233; du NON massivement exprim&#233; lors du r&#233;f&#233;rendum du 5 juillet, l&#233;gitimit&#233; qu'Unit&#233; Populaire entend faire vivre lors des prochaines &#233;lections [du 20 septembre].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les experts-comptables de la pens&#233;e unique se sont fait un malin plaisir &#224; s'adresser frauduleusement &#224; nos porte-monnaie, r&#233;p&#233;tant en boucle un mensonge &#233;cul&#233; et sournois selon lequel les contribuables des autres pays auraient &#224; payer la facture grecque. Cette volont&#233; d'opposer les peuples les uns aux autres est vieille comme le monde et a pour fonction de masquer les v&#233;ritables ressorts de la bataille en cours. Or, celle-ci se r&#233;sume &#224; une d&#233;monstration politique grandeur nature qui voudrait tuer dans l'&#339;uf la contestation &#224; l'aust&#233;rit&#233; qui monte de toute part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les dirigeants de l'UE, il s'agit bien plus de faire un vaincu politique pour exemple que de raisonner en gestionnaires t&#233;l&#233;guid&#233;s par leurs calculatrices. Du Trait&#233; de Rome en 1957 &#224; l'Acte unique de 1986, du trait&#233; de Maastricht de 1992 au TCE (Trait&#233; instituant une Constitution pour l'Europe) entr&#233; en vigueur en 2005, la caste politique et &#233;conomique n'a finalement jamais &#233;t&#233; motiv&#233;e par autre chose que la volont&#233; de construire un vaste march&#233; &#233;conomique afin de satisfaire les int&#233;r&#234;ts imm&#233;diats de quelques groupes capitalistes et financiers, et rivaliser ainsi avec les Etats-Unis, puis, plus tard, avec l'Asie &#233;galement. Une patiente construction financi&#232;re rythm&#233;e, &#224; chaque &#233;lection, par la sempiternelle promesse de refondre cette Europe, la changer et la rendre plus sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette Europe meurt sous nos yeux, implosant sous le poids des contradictions de la crise capitaliste, une crise de suraccumulation et de rentabilit&#233; du capital, aggrav&#233;e par des politiques d'aust&#233;rit&#233; qui alimentent la r&#233;cession &#233;conomique. Elle meurt aussi car, dans ce bourbier &#233;conomique et ce marasme social, elle provoque le rejet des peuples qui peuvent constater toujours plus am&#232;rement que les droits sociaux et la d&#233;mocratie sont d&#233;finitivement &#233;trangers &#224; l'UE. Le &#171; cas grec &#187; n'a pas d'autres objectifs que de nous envoyer un message &#233;minemment politique, en nous signifiant qu'aucune alternative &#224; l'aust&#233;rit&#233; men&#233;e par un gouvernement ne saurait avoir sa place dans cette Europe-l&#224;. L'alternance &#233;lectorale doit se borner aux limites de l'aust&#233;rit&#233;, version hard ou version light ! Revendiquer autre chose, c'est encourir le risque de se faire virer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'issue est dor&#233;navant trac&#233;e par la tro&#239;ka : &#171; M&#233;morandum &#187; ou &#171; Grexit &#187;. A ce chantage, nous r&#233;pondons : &#171; Avec la Gr&#232;ce &#187; et &#171; Austerexit &#187;. Il est urgent de f&#233;d&#233;rer les r&#233;sistances sociales, politiques, et les mouvements qui, dans les diff&#233;rents pays, se battent, pied &#224; pied, pour faire sortir l'aust&#233;rit&#233; de nos vies quotidiennes. Cette grande campagne unitaire europ&#233;enne pour &#171; l'Austerexit &#187;, dont nous sommes aujourd'hui orphelins, doit d'abord accompagner le souffle qui provient des forces militantes qui se dressent depuis des mois en Gr&#232;ce et en Espagne. Il s'agit de prendre la mesure de la fin d'&#233;poque dans laquelle nous rentrons inexorablement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis cet &#233;t&#233;, rien n'est plus tout &#224; fait comme avant pour aucun d'entre nous. Quelles que soient notre filiation politique singuli&#232;re ou notre nationalit&#233;, nous ne pouvons plus ignorer que la moindre mesure progressiste, pour &#234;tre appliqu&#233;e, impose un rapport de force imm&#233;diat avec le pouvoir des cr&#233;anciers, c'est-&#224;-dire du capital. Nous savons d&#233;sormais &#224; quel point l'appartenance au syst&#232;me mon&#233;taire de l'euro est, dans le cas grec, contradictoire avec une politique d'&#233;mancipation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous, l'essentiel r&#233;side dans l'arr&#234;t des politiques d'aust&#233;rit&#233;, soit dans le cadre de l'euro si la situation le permet, soit en dehors si la population ne parvient pas &#224; imposer ses aspirations. Ne confondant pas la fin et les moyens, nous ne sommes pas les partisans de telle ou telle monnaie car la v&#233;ritable question pos&#233;e est celle de savoir qui contr&#244;le ce syst&#232;me mon&#233;taire. Que le syst&#232;me de cr&#233;dit soit &#233;mis en monnaie nationale ou europ&#233;enne ne change pas grand-chose tant qu'il reste sous l'emprise des traditionnels groupes de la sp&#233;culation financi&#232;re qui font la loi dans le syst&#232;me bancaire. Exproprier les actionnaires de ce secteur en socialisant les banques dans un monopole public, sous contr&#244;le des salari&#233;&#183;e&#183;s et des usagers, est une &#233;tape d'une br&#251;lante actualit&#233; en Gr&#232;ce, mais c'est aussi un objectif commun &#224; tous les peuples d'Europe. Car, pour notre part, si nous croyons n&#233;cessaire de rompre avec cette Europe, avec ses trait&#233;s, et son syst&#232;me bancaire, nous ne renon&#231;ons pas &#224; l'internationalisme. Plus que jamais, l'alliance des peuples est une n&#233;cessit&#233; si l'on compte faire plier un jour le diktat de l'aust&#233;rit&#233;. Les replis patriotiques et chauvins ne font que sponsoriser &#224; terme l'extr&#234;me droite. Sortir de l'Europe du capital ne revient pas, selon nous, &#224; imaginer les fronti&#232;res comme un parapluie contre l'aust&#233;rit&#233;. Elle est un point d'appui pour b&#226;tir une autre Europe, aussi fid&#232;le aux int&#233;r&#234;ts des peuples que celle-ci l'est aux int&#233;r&#234;ts des banquiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne voulons pas plus du r&#232;gne de la tro&#239;ka que celui de nos castes nationales. Nous proposons &#224; toutes celles et ceux qui ne veulent plus courber l'&#233;chine de discuter ensemble pour envisager l'organisation d'une grande conf&#233;rence europ&#233;enne de la r&#233;sistance sociale et politique dans les prochaines semaines et d&#233;battre du sens que nous pourrions donner &#224; cette campagne pour &#171; l'Austerexit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;Olivier Besancenot, NPA (France), Antonis Ntavanellos, conseil politique d'Unit&#233; populaire (Gr&#232;ce) et Miguel Urban, d&#233;put&#233; europ&#233;en de Podemos (Etat espagnol)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pays-Bas : Le fant&#244;me de Pym Fortuyn revient au pouvoir</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pays-Bas-Le-fantome-de-Pym-Fortuyn-revient-au-pouvoir</link>
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		<dc:date>2010-10-26T08:26:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Urb&#225;n Crespo</dc:creator>


		<dc:subject>Pays-Bas</dc:subject>
		<dc:subject>Droite extr&#234;me</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-26</dc:subject>

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&lt;p&gt;Nous publions la suite de notre dossier consacr&#233; &#224; la droite extr&#234;me et &#224; l'extr&#234;me droite en Europe, avec une analyse plus particuli&#232;re du cas hollandais. Au Pays-Bas, l'extr&#234;me droite de Geert Wilders vient de n&#233;gocier un accord gouvernemental bien confortable pour elle, &#224; l'image de l'exp&#233;rience danoise. La semaine prochaine, le cas de l'Espagne. &lt;br class='autobr' /&gt; En juin dernier, les &#233;lections l&#233;gislatives hollandaises ont donn&#233; un r&#233;sultat incertain. La droite lib&#233;rale de Mark Rutte, avec 31 d&#233;put&#233;s, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Pays-Bas-+" rel="tag"&gt;Pays-Bas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-+" rel="tag"&gt;Droite extr&#234;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-26-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-26&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH136/arton5707-8a916.png?1781192445' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='136' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Nous publions la suite de notre dossier consacr&#233; &#224; la droite extr&#234;me et &#224; l'extr&#234;me droite en Europe, avec une analyse plus particuli&#232;re du cas hollandais. Au Pays-Bas, l'extr&#234;me droite de Geert Wilders vient de n&#233;gocier un accord gouvernemental bien confortable pour elle, &#224; l'image de l'exp&#233;rience danoise. La semaine prochaine, le cas de l'Espagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En juin dernier, les &#233;lections l&#233;gislatives hollandaises ont donn&#233; un r&#233;sultat incertain. La droite lib&#233;rale de Mark Rutte, avec 31 d&#233;put&#233;s, a gagn&#233; de justesse les &#233;lections, &#224; un si&#232;ge pr&#232;s, face &#224; la social-d&#233;mocratie de l'ex-maire d'Amsterdam, Job Cohen, tandis que le parti chr&#233;tien-d&#233;mocrate, du premier ministre sortant Jan Peter Balkenende, a &#233;t&#233; durement sanctionn&#233; en perdant 20 si&#232;ges, passant de 41 &#224; 21 d&#233;put&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le fait majeur de ce scrutin, c'est la mont&#233;e spectaculaire de l'extr&#234;me droite x&#233;nophobe : le Parti pour la libert&#233; (PVV), dirig&#233; par Geert Wilders, a progres&#233; de 9 &#224; 24 &#233;lus. C&#233;l&#233;brant sa victoire au soir des &#233;lections, Wilders a d&#233;clar&#233; : &#171; Personne ne pourra plus nous ignorer. Les Pays-Bas ont vot&#233; pour l'int&#233;gration, pour moins d'Islam, pour moins d'immigration et pour plus de s&#233;curit&#233;. Nous le savions et l'&#233;lecteur aussi. C'est une journ&#233;e fantastique pour notre Parti pour la libert&#233; et un jour de gloire pour la Hollande &#187; (1).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vu du r&#233;sultat final des n&#233;gociations pour former le nouveau gouvernement, qui ont dur&#233; plus de trois mois, il semble bien que ces paroles de Wilders au soir du scrutin &#233;taient proph&#233;tiques. Non seulement personne ne l'a ignor&#233;, mais l'ultra-droite hollandaise va jouer un r&#244;le crucial dans le nouveau gouvernement. En effet, la coalition form&#233;e par le Parti Lib&#233;ral et le Parti chr&#233;tien d&#233;mocrate est minoritaire et devra compter avec l'appui des d&#233;put&#233;s du PVV dans le parlement. De cette mani&#232;re, la stabilit&#233; du nouvel ex&#233;cutif de centre-droite d&#233;pend des votes de l'extr&#234;me droite. Tr&#232;s habile, Geert Wilders n'entrera pas dans le gouvernement et se limitera &#224; soutenir les initiatives l&#233;gislatives d'un pouvoir qui d&#233;pendra enti&#232;rement du bon vouloir d'un x&#233;nophobe populiste, accus&#233; par ailleurs de discrimination et d'incitation &#224; la haine raciale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution du PVV en parti-pivot pour les n&#233;gociations gouvernementales n'a pas seulement &#233;t&#233; b&#233;n&#233;fique pour ce parti, au vu de la conclusion de ces derni&#232;res, mais aussi pour la popularit&#233; et la centralit&#233; politique qu'il a atteint, ce que d&#233;montrent les derniers sondages, qui indiquent qu'il serait d&#233;sormais la premi&#232;re force politique du pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ascension m&#233;t&#233;orique du PVV, sans doute la plus significative dans la droite radicale europ&#233;enne au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, plonge ses racines dans la scission survenue au sein du Parti populaire pour la libert&#233; et la d&#233;mocratie, l'une des principales forces politiques hollandaises depuis la seconde guerre mondiale, et dont Wilders &#233;tait d&#233;put&#233;. La rupture s'est produite en 2004, suite &#224; un d&#233;saccord sur l'entr&#233;e de la Turquie dans l'Union europ&#233;enne. Deux ans plus tard, Wilders fonda le PVV et obtint 9 d&#233;put&#233;s aux &#233;lections l&#233;gislatives de 2006.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'h&#233;ritage de Pim Fortuyn&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondamentalement, Wilders doit ce succ&#232;s du fait de sa capacit&#233; a recueillir l'h&#233;ritage de Pim Fortuyn. Ce dernier tenait un discours neuf dans le panorama politique hollandais, un discours marqu&#233; par un populisme anti-establishment et une critique du mod&#232;le d'int&#233;gration de l'immigration et, surtout, d'une islamophobie visc&#233;rale. En 2002, il avait obtenu 35% des votes aux &#233;lections municipales de Rotterdam, le bastion historique de la social-d&#233;mocratie. Deux mois plus tard, il se pr&#233;senta aux &#233;lections l&#233;gislatives avec un parti nouvellement form&#233; qui adopta la nom de son leader charismatique, la Liste Pim Fortuyn (LPF). A huit jours du scrutin, alors que les sondages lui pronostiquaient une victoire &#233;crasante, Pim Fortuyn fut assassin&#233; &#224; la sortie d'un d&#233;bat &#233;lectoral. Malgr&#233; sa mort, son parti parvint &#224; obtenir la seconde place en termes de votes et participa &#224; la coalition gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais sa base sociale &#233;tait pratiquement inexistante, la LPF n'&#233;tait pas un parti structur&#233;. Il n'avait &#233;t&#233; cr&#233;&#233; que deux mois avant les &#233;lections, rassemblant un m&#233;lange h&#233;t&#233;roclite de gens en col&#232;re et dont les figures de proues allaient d'une Miss Pays-Bas &#224; un ex-joueur professionnel de Dames. Sans le ciment constitu&#233; par leur leader, sans vie interne, soumis aux contradictions inh&#233;rentes &#224; une participation gouvernementale, tiraill&#233; par des luttes intestines, cette formation politique m&#233;t&#233;orique explosa tout bonnement en plein vol, avant le scrutin suivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'h&#233;ritage de Fortuyn est aujourd'hui plus pr&#233;sent que jamais dans la soci&#233;t&#233; hollandaise. Le ph&#233;nom&#232;ne &#233;lectoral de la LPF n'a pas seulement radicalement remis en question le mod&#232;le multiculturel hollandais, il a en outre tir&#233; &#224; droite tout le spectre politique du pays. Comme l'explique Gabriel van den Brink, sociologue &#224; l'Universit&#233; de Tilburg ; &#171; Le nombre des partisans des id&#233;es de Pim Fortuyn cro&#238;t sans cesse (...). Les partis politiques, et la soci&#233;t&#233; dans son ensemble, ont massivement vir&#233; vers la droite, vers un discours assimilationiste par rapport &#224; l'immigration. Au Pays-Bas, il appara&#238;t que la tol&#233;rance vis &#224; vis de la diversit&#233; a atteint sa limite et que nous ne sommes pas aussi ouverts d'esprits que nous ne le paraissons, surtout lorsqu'il s'agit d'accepter des &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s &#233;lectoral de Fortuyn reposait sur son &#171; attitude politiquement incorrecte, une agressivit&#233; verbale inconnue jusqu'alors aux Pays-Bas et des d&#233;clarations extravagantes, bien plus frappantes sur la forme que sur le fond &#187;. Geert Wilders a tent&#233; d'imiter au milim&#232;tre pr&#232;s cette formule politique qui a donn&#233; tant de si bons r&#233;sultats &#224; Fortuyn. Si le d&#233;funt leader d'extr&#234;me droite a obtenu une grande partie de sa notori&#233;t&#233; publique &#224; travers un livre pol&#233;mique sur l'Islam, Wilders a diffus&#233; quant &#224; lui sur le Web un &#171; documentaire &#187; profond&#233;ment islamophobe, intitul&#233; &#171; Fitna &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film commence avec l'un des fameuses caricatures publi&#233;es au Danemark par un journal d'ultra-droite et qui repr&#233;sente le proph&#232;te Mahomet avec une bombe &#224; la place du turban. Le fond musical est constitu&#233; par une danse arabe de Tcha&#239;kovsky. On entend une allumette qui met le feu &#224; une m&#232;che et un tic-tac d'un compte &#224; rebours qui dure les 15 minutes restantes du film. Le &#171; documentaire &#187; met en exergue des versets du Coran qui exaltent la guerre sainte, ensemble avec des images sur les attentats terroristes du 11 septembre 2001 &#224; New-York, du 11 mars 2003 &#224; Madrid, ceux de Londres, etc. A la fin, la caricature de Mahomet avec sa bombe revient au moment o&#249; le compte &#224; rebours se termine. Tout en finesse...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film a atteint l'objectif assign&#233; ; g&#233;n&#233;rer une forte pol&#233;mique &#8211; il a &#233;t&#233; condamn&#233; par des organismes internationaux tels que l'ONU ou le Conseil de l'Europe &#8211; et mettre son auteur populiste sous les feux des projecteurs, atteignant ainsi sur le web un chiffre record de visionnage de 4 millions pour la version hollandaise et de 3 millions pour la version anglaise. La diffusion de &#171; Fitna &#187; a valu &#224; Wilders l'ouverture d'un proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'extr&#234;me droite au pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas hollandais n'est malheureusement pas exceptionnel depuis qu'en l'an 2000, J&#246;rg Haider avait cr&#233;&#233; la surprise en entrant dans le gouvernement autrichien. D'autres pays ont, depuis lors, connu le m&#234;me processus d'accession de l'extr&#234;me droite au centre du pouvoir politique. Ce fut le cas au Pays-Bas, comme on l'a vu, avec l'&#233;ph&#233;m&#232;re LPF qui participa au gouvernement de 2003 &#224; 2006. En Italie, c'est la Lega Norte qui soutient le gouvernement actuel de Silvio Berlusconi. En Pologne, la Ligue des familles polonaises a fait partie du gouvernement de 2005 &#224; 2007. Au Danemark, et c'est sans doute l'exemple suivi par l'actuelle alliance gouvernementale hollandaise, l'extr&#234;me droite joue un r&#244;l&#233; cl&#233; depuis 2001. Le Parti du peuple danois (PPD) a compos&#233; une alliance avec le Parti conservateur et le Parti lib&#233;ral, qui forment un gouvernement minoritaire, en soutenant cette coalition dans le parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat, pour l'extr&#234;me droite danoise, est on ne peut plus b&#233;n&#233;fique puisque cela revient tout bonnement &#224; gouverner sans s'exposer, sans prendre en charge le poids politique de la gestion (et le risque de sanction &#224; la cl&#233;), elle oriente et d&#233;termine les politiques, qui ont notamment abouti &#224; des lois sur l'immigration et l'asile parmi les plus s&#233;v&#232;res en Europe. De cette mani&#232;re, elle n'est pas seulement parvenue &#224; devenir la troisi&#232;me force politique du pays, mais aussi, comme l'affirme l'analyste Peter Mogensen, &#171; la machine politique la mieux huil&#233;e du Danemark &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors de la pr&#233;sentation de la coalition hollandaise, en pr&#233;sence de ses leaders politiques, Wilders a d&#233;clar&#233; qu'il s'agissait &#224; nouveau d'une journ&#233;e &#171; fantastique &#187; ; &#171; La gauche ne gouvernera pas et nous pourrons enfin nous mettre au travail en Hollande &#187;. Parmi les mesures annonc&#233;es, par Wilders lui-m&#234;me, figurent l'interdiction de la burqa dans l'espace public ; la r&#233;duction du montant de l'aide aux pays en voie de d&#233;veloppement (de 0,8 &#224; 0,7%, un sujet tabou jusqu'alors dans ce pays) ; une r&#233;duction de 18 milliards d'euros dans les d&#233;penses publiques jusqu'en 2015 qui, sans nul doute, touchera en premier les budgets destin&#233;s &#224; l'immigration et &#224; l'int&#233;gration ; la r&#233;vision des lois &#8211; d&#233;j&#224; tr&#232;s restrictives &#8211; sur le droit d'asile, le regroupement familial et le contr&#244;le des permis de r&#233;sidence, dans l'objectif de r&#233;duire l'immigration de 50%.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Huit ans apr&#232;s la mort de Fortuyn, l'ultra-droite revient au pouvoir, cette fois ci de l'ext&#233;rieur, sans accepter de portefeuille minist&#233;riel, mais en jouissant d'un contr&#244;le parlementaire, avec un parti organis&#233; et ayant bien plus de coh&#233;sion et donc moins enclin &#224; une dissolution subite. Mais l'h&#233;ritage empoisonn&#233; le plus important de Fortuyn ne r&#233;side pas dans le fait qu'un nouveau parti d'ultra-droite atteint les sommets. Sa v&#233;ritable victoire, c'est que ses id&#233;es &#171; se sont transmises au reste des partis &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Une Europe en crise, une extr&#234;me droite en regain</title>
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		<dc:date>2010-10-12T08:26:36Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Miguel Urb&#225;n Crespo</dc:creator>


		<dc:subject>International</dc:subject>
		<dc:subject>Droite extr&#234;me</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-12</dc:subject>

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&lt;p&gt;L'Europe est en crise et nous assistons &#224; l'une des pires offensives antisociales de l'histoire r&#233;cente. La crise est utilis&#233;e comme pr&#233;texte pour justifier et appliquer l'agenda &#171; maximal &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, face &#224; ces attaques, la r&#233;action des organisations politiques et sociales de gauche est rest&#233;e relativement timide, comme si elles &#233;taient assourdies par le choc d'un cauchemar qui semble sans fin. &lt;br class='autobr' /&gt; Et l'extr&#234;me droite ? &#192; quelques rares exceptions pr&#232;s, la crise a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH95/arton5544-e4e3c.jpg?1781192446' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='95' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Europe est en crise et nous assistons &#224; l'une des pires offensives antisociales de l'histoire r&#233;cente. La crise est utilis&#233;e comme pr&#233;texte pour justifier et appliquer l'agenda &#171; maximal &#187; du n&#233;olib&#233;ralisme. Jusqu'&#224; pr&#233;sent, face &#224; ces attaques, la r&#233;action des organisations politiques et sociales de gauche est rest&#233;e relativement timide, comme si elles &#233;taient assourdies par le choc d'un cauchemar qui semble sans fin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Et l'extr&#234;me droite ? &#192; quelques rares exceptions pr&#232;s, la crise a &#233;clat&#233; dans un contexte de recul g&#233;n&#233;ralis&#233; de la gauche sur tout le continent, tandis que, parall&#232;lement, depuis d&#233;j&#224; plus de deux d&#233;cennies, des formations n&#233;o-populistes de caract&#232;re totalitaire et x&#233;nophobe &#233;mergent. Depuis la mont&#233;e du Front national fran&#231;ais aux &#233;lections europ&#233;ennes de 1984, il s'est confirm&#233; que le FN n'&#233;tait pas une exception mais bien l'avant-garde d'une nouvelle extr&#234;me droite europ&#233;enne. &#192; la faveur de la crise actuelle et en l'absence d'une alternative de gauche cr&#233;dible, cette droite extr&#234;me gagne non seulement en force, en visibilit&#233; et en poids &#233;lectoral dans de nouveaux pays, o&#249; elle entre pour la premi&#232;re fois dans des parlements, mais en outre, elle se renforce et se consolide &#233;galement l&#224; o&#249; elle avait d&#233;j&#224; acquis des positions importantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une analyse de l'ensemble de l'extr&#234;me droite et de ses r&#233;sultats les plus r&#233;cents semble indiquer qu'elle a su, mieux que d'autres forces, traduire l'inqui&#233;tude et la protestation contre la crise et l'actuel mod&#232;le de construction europ&#233;enne. Lors des derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, c'est elle qui a connu la plus forte progression &#233;lectorale, obtenant 37 eurod&#233;put&#233;s. Dans toutes les &#233;lections qui ont suivi, cette progression a &#233;t&#233; confirm&#233;e : aux &#233;lections l&#233;gislatives hongroises d'avril dernier, le parti Jobbik a obtenu 17% des votes. Aux &#233;lections r&#233;gionales fran&#231;aises du mois de mars, avec 11,6%, le FN a connu une spectaculaire remont&#233;e &#233;lectorale apr&#232;s son &#233;chec aux l&#233;gislatives de 2007 (4,29%). En Autriche, le FP&#214; a obtenu 16% aux &#233;lections pr&#233;sidentielles, devenant le second parti ayant le plus de votes. En Italie, la Liga Norte est le parti le plus vot&#233; du nord du pays, avec 2,7 millions de suffrages. Aux Pays-Bas, le Parti de la libert&#233; a consolid&#233; ses bons r&#233;sultats &#233;lectoraux au scrutin europ&#233;en, en obtenant aux l&#233;gislatives de juin dernier 17% des votes, passant de 9 &#224; 24 d&#233;put&#233;s et devenant d&#233;sormais la troisi&#232;me force politique dans le parlement. Lors des derni&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives, le Vlaams Belang a obtenu 12,5% des votes en Flandre. (Le Vlaams Belang constitue une sorte d'exception dans le spectre de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne puisqu'il conna&#238;t un recul important depuis au moins deux &#233;lections, mais il maintient toutefois une base &#233;lectorale de masse. NDT)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cette liste, on peut &#233;galement ajouter le succ&#232;s du British National Party anglais, qui a obtenu deux eurod&#233;put&#233;s ou encore le LAOS grec, avec 6% des votes et 15 &#233;lus aux l&#233;gislatives de d&#233;cembre 2009. En Scandinavie, le Parti du peuple danois (DF) est, depuis 2001, l'indispensable soutien parlementaire du gouvernement lib&#233;ral-conservateur, tandis qu'en Norv&#232;ge, le Parti du progr&#232;s (FrP) est le deuxi&#232;me parti du pays. Le r&#233;sultat &#233;lectoral le plus r&#233;cent et notable de l'extr&#234;me droite est celui r&#233;alis&#233; par les &#171; D&#233;mocrates su&#233;dois &#187; qui ont obtenu 20 si&#232;ges avec 5,7% des votes aux l&#233;gislatives du 21 septembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une telle liste ne peut g&#233;n&#233;rer qu'un sentiment d'intense inqui&#233;tude car elle indique clairement une tendance au renforcement et &#224; la consolidation d'une extr&#234;me droite qui, dans la majeure partie de l'Europe, r&#233;ussit &#224; capitaliser un vote protestataire contre l'ins&#233;curit&#233; sociale et &#233;conomique. D'autant plus que cette mont&#233;e n'est pas contre-balanc&#233;e &#8212; et s'explique ainsi en partie &#8212; ou disput&#233;e par une mont&#233;e &#233;quivalente des forces anticapitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, le succ&#232;s de l'extr&#234;me droite ne se limite pas au seul terrain &#233;lectoral ; elle obtient &#233;galement des succ&#232;s importants dans le domaine id&#233;ologique, en imposant &#224; l'agenda politique ses th&#233;matiques et ses orientations puisque les grandes formations politiques conservatrices et social-lib&#233;rales europ&#233;ennes s'impr&#232;gnent, par contamination et par int&#233;r&#234;t &#233;lectoraliste, de plus en plus de ses discours. Ce processus a &#233;t&#233; d&#233;sign&#233; en France sous le nom de &#171; lep&#233;nisation des esprits &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces organisations d'extr&#234;me droite, malgr&#233; toutes les diff&#233;rences entre elles qui sont le produit de contextes politiques, sociaux et &#233;conomiques divers, ont des caract&#233;ristiques communes qui permettent de parler d'une v&#233;ritable rupture avec les paradigmes du fascisme classique de la p&#233;riode de l'entre-deux guerres. On assiste &#224; l'&#233;mergence d'une extr&#234;me droite du XXIe si&#232;cle, n&#233;o-populiste et x&#233;nophobe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Inmigration et x&#233;nophobie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux traits d&#233;finissant cette nouvelle extr&#234;me droite est l'exaltation de la x&#233;nophobie, la peur et la haine de l'&#233;tranger pauvre et &#171; diff&#233;rent &#187;. Le national-populisme, &#233;l&#233;ment id&#233;ologique cl&#233; des nouvelles formations d'extr&#234;me droite, est une lecture sch&#233;matique et manich&#233;enne de la r&#233;alit&#233;, ais&#233;ment compr&#233;hensible et dans laquelle pr&#233;domine la figure d'un ou plusieurs boucs &#233;missaires et agents &#171; anti-populaires &#187; et anti-nationaux qui seraient &#224; la racine des maux dont souffre la &#171; communaut&#233; nationale &#187;. Tandis que le fascisme classique &#233;laborait un discours reposant en grande mesure sur l'exploitation des boucs &#233;missaires et des &#171; conspirations &#187; jud&#233;o-ma&#231;onniques et communistes, les nouvelles organisations d'extr&#234;me droite font de l'immigration en g&#233;n&#233;ral le bouc &#233;missaire des maux de notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La rencontre entre nationalisme, populisme et x&#233;nophobie s'est transform&#233;e en une recette politique &#224; succ&#232;s en vertu d'une s&#233;rie de conditions favorables. L'augmentation g&#233;n&#233;ralis&#233;e du ch&#244;mage et l'immigration en Europe depuis les ann&#233;es 1970 &#224; 1990 ont cr&#233;&#233; un climat propice &#224; l'extension des discours x&#233;nophobes. La concurrence, au lieu de la coop&#233;ration, entre les travailleurs &#171; de souche &#187; et ceux d'origine immigr&#233;e pour des ressources de plus en plus r&#233;duites (travail, logement, prestations sociales, etc.) dans un climat de r&#233;cession &#233;conomique et de d&#233;mant&#232;lement de &#171; l'&#201;tat-providence &#187;, tout cela a favoris&#233; l'extr&#234;me droite, lui permettant d'avancer des r&#233;ponses simplistes &#224; des probl&#232;mes complexes. Le traditionnel &#171; ennemi ext&#233;rieur &#187; &#8212; le communisme &#8212; a &#233;t&#233; remplac&#233; par un nouvel ennemi, cette fois-ci int&#233;rieur ; l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#171; immigr&#233;s &#187;, du moment qu'ils soient pauvres, sont pr&#233;sent&#233;s par l'extr&#234;me droite comme le nouvel ennemi de l'Europe du XXIe si&#232;cle. Tout en niant le droit universel des personnes &#224; chercher un avenir plus digne, les immigr&#233;s sont repr&#233;sent&#233;s comme des &#171; parasites &#187; qui viennent voler nos richesses et accaparer les maigres prestations sociales d'un &#201;tat-providence en d&#233;liquescence. L'extr&#234;me-droite exploite de mani&#232;re populiste la peur de l'&#233;tranger, de la diff&#233;rence, exalte une suppos&#233;e primaut&#233; nationale pour les &#171; autochtones &#187; et d&#233;nonce les autres partis comme &#233;tant favorables &#224; ces immigr&#233;s. En 1992, le slogan du FN fran&#231;ais aux &#233;lections pr&#233;sidentielles l'&#233;non&#231;ait clairement : &#171; Ils pr&#233;f&#232;rent les &#233;trangers. Nous pr&#233;f&#233;rons les Fran&#231;ais. Votez Fran&#231;ais &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s de l'extr&#234;me droite ne peut pas seulement se mesurer sur base de ses r&#233;sultats &#233;lectoraux ou de son accession au pouvoir comme dans les cas italien, autrichien, roumain, polonais ou suisse. Il faut surtout prendre en compte le fait qu'ils sont parvenus &#224; imposer sur l'agenda politique europ&#233;en les questions de l'immigration et de l'ins&#233;curit&#233; comme &#233;tant des &#171; probl&#232;mes fondamentaux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme le souligne le politologue Piero Ignazi, l'exploitation habile de la th&#233;matique de l'immigration a permis &#224; l'extr&#234;me droite d'atteindre un vaste consensus entre des secteurs sociaux h&#233;t&#233;rog&#232;nes, en s'adressant &#224; la population en termes de &#171; valeurs &#187; et &#171; d'identit&#233; &#187;, et non plus en termes d'int&#233;r&#234;ts &#233;conomiques ou de classe. Cette strat&#233;gie leur a permis de d&#233;passer les fronti&#232;res sociales qui, il y a &#224; peine deux d&#233;cennies, semblaient insurmontables et, depuis plusieurs ann&#233;es, leur succ&#232;s influence les partis conservateurs classiques, en plein processus d'adaptation aux discours x&#233;nophobes. Pour leur part, les partis sociaux d&#233;mocrates convertis au social-lib&#233;ralisme ont &#233;galement abdiqu&#233; et c&#233;d&#233; aux sir&#232;nes x&#233;nophobes, en appliquant des politiques r&#233;gressives par rapport aux droits fondamentaux, pavant ainsi la voie &#224; la consolidation et &#224; l'extension des options politique d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'islamophobie&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe dans le discours x&#233;nophobe contre l'immigration certaines diff&#233;rences. On assiste ainsi &#224; une mont&#233;e importante de l'islamophobie ; tous les immigr&#233;s ne sont pas ha&#239;s de la m&#234;me mani&#232;re par l'extr&#234;me droite. &#192; la fin de la Guerre froide, les puissances occidentales, &#201;tats-Unis en t&#234;te, avaient besoin d'un nouvel ennemi mondial pour remplacer le communisme et ce fut l'Islam. On a ainsi &#233;labor&#233; tout un discours qui nous pr&#233;sente le monde musulman comme un tout homog&#232;ne et atavique, incapable de progresser vers la modernit&#233;, &#224; l'oppos&#233; d'un Occident &#8212; ou d'une partie de l'Occident &#8212; pr&#233;sent&#233; comme seul digne repr&#233;sentant de la &#171; civilisation &#187;. Des th&#233;ories telles que le &#171; Choc des civilisations &#187; de Samuel P. Huntington, qui jouit d'une grande influence parmi les n&#233;o-conservateurs aux &#201;tats-Unis, d&#233;finit ainsi la culture musulmane : &#171; Partout, les relations entre les musulmans et les personnes d'autres civilisations ont &#233;t&#233; en g&#233;n&#233;ral antagonistes ; la majorit&#233; de ces relations ont &#233;t&#233; violentes dans le pass&#233; et une partie a &#233;t&#233; violente dans les ann&#233;es 1990. O&#249; que nous portions notre regard tout au long des fronti&#232;res de l'Islam, les musulmans ont des probl&#232;mes &#224; vivre de mani&#232;re pacifique avec leurs voisins (&#8230;). Les fronti&#232;res de l'Islam sont sanglantes, tout comme le sont ses zones et territoires internes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La construction de l'Islam comme nouvel ennemi mondial, tout particuli&#232;rement &#224; partir des attentats du 11 septembre 2001, a g&#233;n&#233;r&#233; un climat favorable pour les organisations d'extr&#234;me droite, qui ont commenc&#233; &#224; alimenter et &#224; exacerber le discours islamophobe dominant. Ainsi, la nouvelle extr&#234;me droite ne justifie plus son aversion envers les musulmans en termes racistes ou &#171; biologiques &#187;, au nom de la &#171; sup&#233;riorit&#233; d'une race sur une autre &#187;, mais bien en termes culturels et identitaires. La &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187; ne s'applique plus seulement sur le terrain du travail ou des droits sociaux, elle est &#233;largie au domaine culturel. Cela permet &#224; l'extr&#234;me droite de pr&#233;senter la religion musulmane comme &#233;tant radicalement incompatible avec les &#171; valeurs et l'identit&#233; europ&#233;ennes &#187; car elle subvertirait ses traditions, sa culture et ses racines. En outre, cela lui permet de brouiller les pistes en instrumentalisant des arguments &#171; progressistes &#187; dans les d&#233;bats sur le foulard ou le niqab, tout en assimilant purement et simplement l'Islam avec le terrorisme, comme le fait Geert Wilders, leader du parti islamophobe hollandais dans son documentaire &#171; Fitna &#187; (le Calvaire).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, la majorit&#233; de ces partis lient &#233;troitement la communaut&#233; musulmane avec la croissance de la criminalit&#233; et de l'ins&#233;curit&#233; urbaines. C'est notamment le cas du Vlaams Belang, dont le rejet de l'immigration se concentre essentiellement &#224; l'encontre des musulmans qui sont collectivement rendus coupables du trafic de drogues et de l'ins&#233;curit&#233; urbaine.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'islamophobie et l'extr&#234;me droite : des noms, des dates, des faits&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de la lutte contre l'islamisation, autrement dit l'islamophobie, est un th&#232;me largement f&#233;d&#233;rateur. Il est d'abord f&#233;d&#233;rateur des diff&#233;rents courants x&#233;nophobes, r&#233;actionnaires et nationalistes entre eux (Front national, Parti de la libert&#233;,Vlaams Belang, Lega Nord, FP&#214; et BZ&#214; autrichiens&#8230;), mais aussi de ces mouvements institutionnalis&#233;s avec des groupements &#224; l'id&#233;ologie clairement n&#233;onazie ou fasciste, qui gravitent autour d'eux. L'islamophobie se construit &#224; travers une s&#233;rie d'amalgames : le premier consiste &#224; assimiler toute pratique religieuse musulmane &#224; un islam violent, archa&#239;que et conqu&#233;rant ; le deuxi&#232;me identifie l'islam &#224; une religion &#233;trang&#232;re, culturellement incapable de s'int&#233;grer &#224; l'Europe &#171; chr&#233;tienne &#187; ou &#171; lib&#233;rale et moderne &#187; ; et le troisi&#232;me permet d'ajouter la guerre sainte et la menace s&#233;curitaire &#224; l'islam. Par connotation, &#171; islam &#187; devient ainsi &#233;quivalent de r&#233;trograde, d'envahisseurs doublement &#233;trangers et de terrorisme potentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21 mars 2007, premi&#232;re apparition du blog &#171; Stop Islamisation of Europe &#187; inspir&#233; par l'&#233;g&#233;rie islamophobe &#233;tats-unienne Pamela Geller. &#171; Nous autres les silencieux qui ne nous plaignons jamais et sommes aujourd'hui gagn&#233;s par l'impatience nous avons perdu la foi en nos politiciens et entamons notre propre r&#233;sistance &#224; l'islamisation rampante de l'Europe &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1er mai 2007, l'UDC lance l'initiative &#171; contre la construction de minarets &#187;. Fin mai 2007, l'Office f&#233;d&#233;ral de la justice se demande &#171; si (&#8230;) une l&#233;gislation contre le racisme n'entame pas de mani&#232;re excessive le droit des Suisses &#224; la pr&#233;servation de leur propre identit&#233;, respectivement &#224; la d&#233;limitation par rapport aux &#233;trangers &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17 janvier 2008, &#224; l'initiative de Filip Dewinter, d&#233;put&#233; anversois et porte-parole du Vlaams Belang flamand, plusieurs mouvements nationaux et identitaires europ&#233;ens constituent l'organisation europ&#233;enne &#171; Les villes contre l'islamisation &#187; et cr&#233;ent une structure commune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8 juillet 2008, le Comit&#233; &#171; contre la construction de minarets &#187; a d&#233;pos&#233; son initiative &#224; la Chancellerie f&#233;d&#233;rale avec 114.895 signatures, 14 mois apr&#232;s son lancement le 1er mai 2007.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;19 au 21 septembre 2008, la coalition des villes &#171; contre l'islamisation des villes europ&#233;ennes &#187; tient congr&#232;s &#224; Cologne contre la construction d'une mosqu&#233;e. L'extr&#234;me droite europ&#233;enne s'y presse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 26 novembre 2009, la Suisse vote par r&#233;f&#233;rendum contre la construction des minarets et adopte, avec 57,5% des votes l'initiative de l'UDC qui s'inspire elle-m&#234;me de la r&#233;glementation &#171; anti-minarets &#187; de deux L&#228;nder autrichiens domin&#233;s par le FP&#214;, le Vorarlberg et la Carinthie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(D'apr&#232;s Karl Gr&#252;nberg et Peter Erich, journal &#171; Solidarit&#233;S &#187;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La s&#233;curit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ins&#233;curit&#233; urbaine est l'un des points centraux du discours x&#233;nophobe contre l'immigration et l'int&#233;gration, tous les partis d'extr&#234;me droite ass&#232;nent de mani&#232;re r&#233;p&#233;t&#233;e la m&#234;me triade &#171; d&#233;linquance-ins&#233;curit&#233;-immigration &#187;. Ces partis cherchent &#224; d&#233;montrer qu'il existe un lien de cause &#224; effet entre l'augmentation de l'immigration et celle de la criminalit&#233;, se profilant ainsi comme des partisans de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;, favorables &#224; une politique de &#171; tol&#233;rance z&#233;ro &#187; &#224; la fois contre l'immigration et la d&#233;linquance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit l&#224; d'une vieille th&#233;matique, h&#233;rit&#233;e des fascismes de l'Entre-deux-guerres qui utilisaient la crainte des conflits ouvriers et la mont&#233;e du communisme pour mobiliser les secteurs de la petite et moyenne bourgeoisie en leur faveur, en se pr&#233;sentant comme un antidote au &#171; chaos et &#224; la r&#233;volution &#187;, comme les partis de la &#171; loi et de l'ordre &#187;. L'ennemi communiste et la peur de la r&#233;volution ont tout simplement &#233;t&#233; remplac&#233;s dans les discours et dans l'imaginaire de la nouvelle extr&#234;me droite par l'immigration et la d&#233;linquance. Une ennemi qui permet de mobiliser tout un &#233;lectorat frapp&#233; par la crise sociale et &#233;conomique et inquiet face aux changements acc&#233;l&#233;r&#233;s par la globalisation capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce discours s&#233;curitaire est &#233;galement assum&#233; et partag&#233; par les partis de droite, conservateurs et sociaux-lib&#233;raux dans leur concurrence &#233;lectorale. De fait, l'une des raisons du succ&#232;s obtenu par Le Pen aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 ne fut pas seulement le fait d'avoir r&#233;colt&#233; 16,8% des votes au premier tour &#8212; ce qui lui a permis, pour la premi&#232;re fois de l'histoire en France, de passer au second tour &#8212;, son v&#233;ritable succ&#232;s fut de parvenir &#224; imposer dans la campagne &#233;lectorale et &#224; tous les autres partis traditionnels les th&#232;ses du FN sur l'immigration et l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agitation autour du fantasme de l'ins&#233;curit&#233; urbaine et de son &#233;troite relation avec l'immigration a &#233;galement &#233;t&#233; utilis&#233;e dans des campagnes &#233;lectorales o&#249; l'extr&#234;me droite n'&#233;tait pourtant pas pr&#233;sente, comme dans le cas de l'&#201;tat espagnol, o&#249; le PP (Parti populaire) a mis en avant un discours et des mesures que Le Pen pourrait signer des deux mains. Autrement dit, la tendance extr&#234;mement dangereuse de l'adaptation des partis traditionnels aux discours et mesures x&#233;nophobes de l'extr&#234;me droite se confirme, y compris lorsqu'il n'existe pas de concurrence &#233;lectorale de cette derni&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces discours, fondamentalement destin&#233;s &#224; capter un vote protestataire ou de m&#233;contents, sert de bouillon de culture aux explosions de haine, de violences x&#233;nophobes et de &#171; chasse &#224; l'&#233;tranger &#187; qui se succ&#232;dent depuis quelques ann&#233;es en Europe. Au mois de mai dernier, les rumeurs sur l'enl&#232;vement d'un b&#233;b&#233; par une gitane &#224; Naples ont provoqu&#233; une orgie de violences racistes contre des campements roms. Des hommes arm&#233;s de barres de fer ont incendi&#233;s des caravanes et expuls&#233; les Gitans de leurs caravanes au cours de dizaines de raids, orchestr&#233;s par la mafia locale, la Camorra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas italien est particuli&#232;rement pr&#233;occupant, non seulement par l'ampleur de ce type d'agression mais aussi de par la r&#233;action du gouvernement de Berlusconi face &#224; ces &#233;v&#233;nements. &#171; C'est ce qui arrive quand les Gitans volent des b&#233;b&#233;s &#187; s'est content&#233; de r&#233;pondre le Ministre de l'int&#233;rieur Maroni, tandis que son coll&#232;gue et leader de la Liga Norte, Umberto Bossi, a tout bonnement d&#233;clar&#233; que &#171; Les gens font ce que la classe politique ne peut pas faire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;f&#233;rence nationale : un nationalisme int&#233;rieur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nationalisme de la nouvelle extr&#234;me droite n'a pas une vocation ext&#233;rieure, il n'est pas guid&#233; par la soif de construire un empire colonial ou d'annexer des territoires &#224; des &#201;tats voisins, comme ce fut le cas pour les fascismes de l'Entre-deux-guerres. Presque tous les vieux antagonismes et conflits territoriaux en Europe occidentale, qui impliquaient alors des pays tels que l'Allemagne et la France, ont cess&#233; d'exister depuis de nombreuses ann&#233;es. Dans ce contexte, l'extr&#234;me droite a du r&#233;nover son discours nationaliste, d'autant plus que son autre b&#234;te noire, la &#171; menace communiste &#187;, n'&#233;tait plus cr&#233;dible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le nationalisme de la nouvelle extr&#234;me droite se structure d&#233;sormais essentiellement autour de l'exaltation et de la pr&#233;servation d'une &#171; identit&#233; nationale &#187; suppos&#233;e menac&#233;e par l'acc&#233;l&#233;ration du processus de la mondialisation de l'&#233;conomie, des cultures et des communications. On postule la d&#233;fense d'une identit&#233; nationale face aux processus &#171; d'uniformisation globale &#187; dans le but de capitaliser les craintes face &#224; ce dernier, comme le d&#233;clin de l'&#201;tat providence, les d&#233;localisations d'entreprises, la crise de l'ancien mod&#232;le du march&#233; du travail, et la peur face au d&#233;fi de l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le nouveau discours nationaliste de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne se pr&#233;sente ainsi comme un ph&#233;nom&#232;ne &#224; vocation int&#233;rieure, qui pr&#233;tend sauvegarder l'identit&#233; nationale contre l'immigration, la mondialisation, et le colonialisme culturel. Avec ce programme, il tente de mobiliser les peurs parmi des secteurs importants de la soci&#233;t&#233; europ&#233;enne face &#224; l'ins&#233;curit&#233; que repr&#233;sente l'acc&#233;l&#233;ration du n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils avancent ainsi des r&#233;ponses simplistes et identitaires face &#224; des probl&#232;mes complexes auxquels les partis traditionnels ne peuvent ou ne veulent pas apporter des solutions. Dans ce sens, les partis d'extr&#234;me droite tentent de &#171; d&#233;passer &#187; la dichotomie traditionnelle &#171; gauche-droite &#187;, en mobilisant leur &#233;lectorat sur base de crit&#232;res d'identit&#233; et non de classe. Filip Dewinter, leader du Vlaams Belang, a affirm&#233; que son parti devait son succ&#232;s au fait d'avoir &#233;t&#233; capable de &#171; remplacer la vieille division entre le capital et le travail, par un nouvel axe qui oppose le peuple et son identit&#233; au multiculturalisme &#187; (Casals, X. (2003) Ultrapatriotas. Extrema derecha y nacionalismo de la guerra fr&#237;a a la era de la globalizaci&#243;n. Barcelona : Cr&#237;tica : 47).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La &#171; particratie &#187; et le vote protestataire. Cl&#233;s d'un nouveau populisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capacit&#233; de capter &#233;lectoralement ce qu'on appelle le &#171; vote protestataire &#187; a jou&#233; un r&#244;le d&#233;terminant dans la croissance et la consolidation d'une bonne partie des nouvelles formations d'extr&#234;me droite. Cette capacit&#233; est notamment due au fait que l'extr&#234;me droite a su habilement exploiter une s&#233;rie de circonstances nouvelles. La premi&#232;re d'entre elles provient d'un processus qui s'est &#233;tendu &#224; toute l'Europe au cours des derni&#232;res d&#233;cennies et dans lequel tant les partis traditionnels que les structures gouvernementales ont renforc&#233; le r&#244;le et la place jou&#233;s par des individus &#224; l'oppos&#233; des anciens modes de direction plus coll&#233;giales, surtout dans les vieux syst&#232;mes parlementaires o&#249; le charisme du chef du gouvernement n'&#233;tait pas un &#233;l&#233;ment indispensable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a pu observer ce processus en France, o&#249; le leadership pr&#233;sidentiel s'est renforc&#233; avec la Ve R&#233;publique, mais aussi en Allemagne et en Italie. Ce processus du renforcement de la figure des leaders au d&#233;triment de l'id&#233;ologie, li&#233; &#224; une &#171; am&#233;ricanisation &#187; de la politique europ&#233;enne, a cr&#233;&#233; un contexte favorable pour la figure traditionnelle du leader absolu dans les formations d'extr&#234;me droite. La totalit&#233; de ces partis en Europe a fait reposer son succ&#232;s dans la popularisation d'un leadership fort et charismatique autour de sa figure de proue. Les cas les plus embl&#233;matiques sont ceux du FN avec Le Pen et de la Liste de Pim Fortuyn, qui s'est &#233;lectoralement construite exclusivement autour de sa personne. Cette &#171; d&#233;sid&#233;ologisation &#187; de la politique &#233;lectorale europ&#233;enne a favoris&#233; l'&#233;mergence d'un national-populisme r&#233;nov&#233; autour d'un leadership fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours populiste d'extr&#234;me droite mart&#232;le l'id&#233;e d'une &#171; trahison du peuple &#187; par les &#233;lites politiques, culturelles et &#233;conomiques, qui se pr&#233;occupent exclusivement de leurs int&#233;r&#234;ts de castes. De l&#224;, la n&#233;cessit&#233; d'une mobilisation du peuple afin que la communaut&#233; nationale r&#233;cup&#232;re son identit&#233; au nom de ses int&#233;r&#234;ts propres. La cl&#233; id&#233;ologique du populisme r&#233;side dans l'utilisation politique du terme &#171; peuple &#187; comme d'une communaut&#233; politique nationale. Un peuple id&#233;alis&#233; et form&#233; par une majorit&#233; d'hommes &#171; quelconques &#187; dot&#233;s d'un instinct et d'une sagesse politiques inn&#233;s qu'ils ne peuvent pas d&#233;velopper parce que les &#233;lites corrompues les ont trahis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'unit&#233; de ce peuple doit se r&#233;aliser au travers d'un mouvement qui d&#233;passe les partis et les classes. De cette conception d&#233;coule le fait que la majorit&#233; des formations politiques d'extr&#234;me droite n'a pas adopt&#233; le terme de &#171; parti &#187; mais bien ceux de front, bloc, mouvement, alliance, etc. En outre, cette conception de l'organisation politique renforce l'id&#233;e de rupture avec la lutte des classes comme moteur du conflit et des contradictions politiques, en faveur d'un rassemblement interclassiste con&#231;u dans l'esprit de l'extr&#234;me droite comme la forme d'expression la plus ad&#233;quate pour exprimer les int&#233;r&#234;t de la &#171; communaut&#233; nationale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le peuple &#233;tait le mot le plus r&#233;p&#233;t&#233; par le fascisme de l'entre-deux guerres, le nazisme l'invoquait constamment et son id&#233;ologie &#233;tait indissociable de la &#171; Volksgemeinschaft &#187;, la &#171; communaut&#233; nationale populaire &#187;. La nouvelle extr&#234;me droite se r&#233;f&#232;re &#233;galement constamment au peuple, mais le terme a aujourd'hui une double signification : le peuple est toujours la &#171; communaut&#233; nationale &#187; mais, et il s'agit d'une diff&#233;rence fondamentale par rapport au fascisme classique, il est &#233;galement le d&#233;positaire d'une souverainet&#233; nationale &#233;touff&#233;e par une oligarchie politique et des institutions supra-&#233;tatiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tandis que le fascisme classique m&#233;prisait toute forme de d&#233;mocratie, l'extr&#234;me droite actuelle en fait aujourd'hui un cheval de bataille. Elle invoque, comme un &#233;l&#233;ment fondamental dans sa propagande &#233;lectorale, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;cup&#233;rer la d&#233;mocratie bafou&#233;e par une oligarchie corrompue d&#233;sign&#233;e sous le terme de &#171; particratie &#187;. Le succ&#232;s &#233;lectoral de l'extr&#234;me droite sous la banni&#232;re d'une &#171; authentique d&#233;mocratie &#187; ne peut se comprendre qu'en soulignant le d&#233;ficit d&#233;mocratique des soci&#233;t&#233;s dans lequel il surgit et au sein desquelles on a assist&#233; &#224; une d&#233;l&#233;gitimisation de la politique et du politique et &#224; une d&#233;valorisation des id&#233;ologies. Le contexte du d&#233;clin de la gauche traditionnelle, du communisme officiel, de la social-d&#233;mocratie devenue social-lib&#233;rale et de la faiblesse de la gauche anticapitaliste, a fait que le vote protestataire qui s'exprime aujourd'hui contre les d&#233;ficits d&#233;mocratiques est essentiellement accapar&#233; par l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La conqu&#234;te des mass media&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'un des principaux obstacles pour l'extr&#234;me droite &#224; l'heure d'exploiter et de renforcer son poids &#233;lectoral est constitu&#233; par les m&#233;dias. Sa relative absence dans les moyens de communication et particuli&#232;rement &#224; la t&#233;l&#233;vision a agi comme un contre-feu dans le cas espagnol, du moins jusqu'&#224; pr&#233;sent. De fait, la majorit&#233; des succ&#232;s rencontr&#233; par l'extr&#234;me droite europ&#233;enne ont &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; par son entr&#233;e, en tant que groupe politique ou au travers de ses dirigeants, dans le circuit m&#233;diatique de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les politologues Yves M&#233;ny et Yves Surel soulignent dans ce sens que les leaders du nouveau populisme d'extr&#234;me droite &#171; ont su utiliser &#224; merveille le talon d'Achille de la soci&#233;t&#233; m&#233;diatique, autrement dit son int&#233;r&#234;t quasi pathologique pour le scandale &#187;. En d&#233;finitive, les populismes nationaux, comme le souligne Moreau, sont des agences de mobilisation symbolique et requi&#232;rent une pr&#233;sence m&#233;diatique. Ils entrent en crise quand ils n'y trouvent pas de place ou que leur image m&#233;diatique ne fonctionne pas. (Casals 2003, :53)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;alit&#233; europ&#233;enne a d&#233;montr&#233; que, d&#232;s qu'ils parviennent &#224; atteindre une certaine notori&#233;t&#233; publique et &#224; acqu&#233;rir une certaine base sociale, il est quasiment impossible de les d&#233;loger de la sc&#232;ne m&#233;diatique. Une fois de plus, les cas de Le Pen, pionnier en la mati&#232;re, et de Pim Fortuyn aux Pays-Bas, sont embl&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extr&#234;me droite d'aujourd'hui est le fruit d'un long processus de maturation, men&#233; depuis au moins deux d&#233;cennies et demi. Il s'agit d'une droite radicale distincte des fascismes de l'Entre-deux-guerres, mais qui conserve une bonne partie de leur cosmovision et de leur composition identitaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est une extr&#234;me droite qui a su exploiter les contradictions du syst&#232;me lui-m&#234;me et du n&#233;olib&#233;ralisme de ces derni&#232;res d&#233;cennies, en mettant en avant un discours homog&#232;ne, simpliste mais suffisamment coh&#233;rent que pour opposer un paradigme social et politique propre sur lequel elle a consolid&#233; une base sociale diversifi&#233;e. Dans un contexte de crise &#233;conomique syst&#233;mique, d'aust&#233;rit&#233;, d'attaques contre les droits sociaux et les droits des travailleurs, de malaises divers, d'ins&#233;curit&#233; face &#224; l'avenir, il se cr&#233;e un terrain encore plus favorable pour une connexion entre ces probl&#232;mes complexes avec les r&#233;ponses simplistes et les boucs &#233;missaires mis en avant par des partis populistes d'extr&#234;me droite, qui remettent en question le syst&#232;me tout en restant dans son cadre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut &#234;tre particuli&#232;rement attentifs aux processus qui sont en train de se d&#233;rouler en Europe, non seulement par rapport aux exp&#233;riences anticapitalistes qui, timidement, commencent &#224; &#233;merger, mais aussi en tournant notre regard vers cette nouvelle extr&#234;me droite afin de mieux la combattre. Analyser les discours et les &#233;l&#233;ments cl&#233;s des succ&#232;s de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne est une t&#226;che urgente et indispensable afin d'affronter les d&#233;fis et les p&#233;rils qui risquent de surgir de la crise actuelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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