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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Les politiques migratoires en Europe et le pouvoir d'influence de l'extr&#234;me droite</title>
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		<dc:date>2010-10-19T12:18:41Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Miguel Urb&#225;n Crespo et Luca Sebastiani, Luca Sebastiani</dc:creator>


		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>L'extr&#234;me-droite dans le monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche poursuit la publication du dossier sur l'expansion des droites extr&#234;mes en Europe, ph&#233;nom&#232;ne qui risque de se propager jusqu'ici au Qu&#233;bec avec des couleurs locales et aux &#201;tats-Unis avec le Tea Party. Il est important de comprendre et d'&#233;viter tout banalisation de ces courants politiques naus&#233;abonds pour en bloquer tout d&#233;veloppement. &lt;br class='autobr' /&gt; S'il y a bien un &#233;l&#233;ment commun entre les principales formations d'extr&#234;me droite au niveau europ&#233;en, c'est leur rejet de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Droite-extreme-en-Europe-+" rel="tag"&gt;L'extr&#234;me-droite dans le monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH91/arton5624-3c948.jpg?1675057814' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='91' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Presse-toi &#224; gauche poursuit la publication du dossier sur l'expansion des droites extr&#234;mes en Europe, ph&#233;nom&#232;ne qui risque de se propager jusqu'ici au Qu&#233;bec avec des couleurs locales et aux &#201;tats-Unis avec le Tea Party. Il est important de comprendre et d'&#233;viter tout banalisation de ces courants politiques naus&#233;abonds pour en bloquer tout d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;S'il y a bien un &#233;l&#233;ment commun entre les principales formations d'extr&#234;me droite au niveau europ&#233;en, c'est leur rejet de l'immigration. La totalit&#233; de ces organisations h&#233;t&#233;rog&#232;nes font des immigr&#233;s, de pr&#233;f&#233;rence pauvres et non occidentaux, les boucs &#233;missaires de la d&#233;gradation des conditions de vie socio-&#233;conomiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, ce rejet s'est propag&#233;, avec une facilit&#233; relative, bien au-del&#224; de ces formations, impr&#233;gnant le d&#233;bat politique dans son ensemble car &#233;tant partiellement assum&#233; par les partis majoritaires et les institutions de l'UE elles-m&#234;mes. On peut parfaitement parler d'un v&#233;ritable &#171; pouvoir d'agenda &#187;, compris dans le sens de la capacit&#233; d'&#233;tablir les priorit&#233;s programmatiques, les probl&#232;mes soulev&#233;s et les discours qui d&#233;terminent les termes du d&#233;bat politique dominant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce sens, l'extr&#234;me droite a commenc&#233; &#224; engranger ses succ&#232;s &#224; partir de la fin des ann&#233;es 1980, puisqu'elle a su introduire &#224; l'ordre du jour certaines questions, pr&#233;sent&#233;es comme des ph&#233;nom&#232;nes &#233;troitement li&#233;s entre eux, telles que la s&#233;curit&#233;, l'immigration &#171; ill&#233;gale &#187; et &#171; incontr&#244;l&#233;e &#187; et la &#171; perte de l'identit&#233; nationale &#187;. Cette derni&#232;re th&#233;matique, en particulier, a commenc&#233; &#224; prendre une importance croissante puisque l'identit&#233; est aujourd'hui con&#231;ue d'une mani&#232;re essentialiste, en tant que caract&#233;ristique ethno-culturelle correspondant &#224; un peuple, ou comme un attribut civico-politique qui se consid&#232;re comme un produit original de la tradition europ&#233;enne et nationale. De l&#224; d&#233;coulent les tests d'int&#233;gration auxquels sont soumis les immigr&#233;s sur les &#171; valeurs civiques &#187; ou le d&#233;bat lanc&#233; par Sarkozy sur la nature de l'identit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les origines de la question : l'immigration en tant que &#171; probl&#232;me&lt;/strong&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'Europe capitaliste, la &#171; d&#233;couverte &#187; de l'immigration comme fait politique central surgit au d&#233;but des ann&#233;es 1970, lorsque la plupart des pays, face &#224; la r&#233;cession &#233;conomique, mettent un terme aux politiques d'importation de main d'&#339;uvre &#233;trang&#232;re et inaugurent une phase de fermeture (relative) des fronti&#232;res. Selon une lecture simpliste, on pense que les travailleurs &#233;trangers vont rentrer dans leur pays, ce qui ne se produit pas. Au contraire, leur nombre augmente au cours des ann&#233;es suivantes, avec les d&#233;s&#233;quilibres Nord-Sud croissants provoqu&#233;s par la mondialisation, l'offensive n&#233;olib&#233;rale, l'effondrement du &#171; socialisme r&#233;el &#187; et l' &#233;mergence de la question des r&#233;fugi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;sence de migrants, dans ce contexte nouveau, devient un &#171; probl&#232;me &#187; pour les diff&#233;rents gouvernements, qui adoptent des mesures restrictives vari&#233;es, cr&#233;ant ainsi un cadre politique et rh&#233;torique qui sera efficacement exploit&#233; par les partis d'extr&#234;me droite. En effet, les nouveaux partis &#171; post &#187; ou &#171; neo &#187; fascistes et populistes, vont rapidement apprendre &#224; politiser avec succ&#232;s la question migratoire, en rejetant la culpabilit&#233; de tous les maux sur ces &#171; autres &#187;, suppos&#233;ment porteurs d'une alt&#233;rit&#233; irr&#233;ductible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le politologue italien Ignazi (2006) illustre cette dynamique en faisant r&#233;f&#233;rence &#224; l'exp&#233;rience du Front national en France. Lors des &#233;lections europ&#233;ennes de 1984, ce parti fait irruption avec force sur la sc&#232;ne publique en obtenant 11,1% des suffrages et deux parlementaires. Sa campagne &#233;lectorale a repos&#233; en grande partie sur la probl&#233;matisation de l'immigration, consid&#233;r&#233;e comme la cause de l'ins&#233;curit&#233; urbaine, de l'augmentation du ch&#244;mage et de la concurrence pour des services sociaux restreints ; une situation face &#224; laquelle le FN dresse la banni&#232;re de la &#171; pr&#233;f&#233;rence nationale &#187; (&#171; les Fran&#231;ais d'abord &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les partis du centre-droite traditionnel (UDF et RPR), jouant les apprentis sorciers, acceptent ce terrain de confrontation et reprennent &#224; leur compte une bonne partie des th&#233;matiques lep&#233;nistes, l&#233;gitimant ainsi un nouvel espace politique qui, cependant, sera occup&#233; au cours des ann&#233;es suivantes par le protagonisme croissant du Front national. Comme le souligne D'Appollonia : l'utilisation de la x&#233;nophobie par l'extr&#234;me droite a &#233;t&#233; facilit&#233;e par la banalisation des pr&#233;jug&#233;s x&#233;nophobes, et cette banalisation a &#233;t&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;e par les partis traditionnels quand, dans leur tentative de freiner le succ&#232;s de l'extr&#234;me droite, ils ont adopt&#233; des positions similaires sur les th&#232;mes de l'immigration, de l'identit&#233; nationale, ou de la s&#233;curit&#233; (D'Appollonia, 2007 : 200).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce processus de modification de l'agenda politique s'est &#233;tendu dans toute l'Europe, quelles que soient les attitudes formelles adopt&#233;es envers l'extr&#234;me droite. Tant les gouvernements qui ont install&#233; un &#171; cordon sanitaire &#187; destin&#233; &#224; l'&#233;carter du pouvoir et &#224; l'isoler, que ceux qui l'ont int&#233;gr&#233; au sein de coalitions majoritaires, tous ont termin&#233; par se placer sur son terrain en termes de discours et de contenu politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la v&#233;ritable victoire de l'extr&#234;me droite a &#233;t&#233; la normalisation de son discours et l'introduction de ses th&#233;matiques &#224; la fois dans le d&#233;bat g&#233;n&#233;ral comme dans les politiques publiques officielles. Dans la suite de cet article, nous analyserons comment s'articule aujourd'hui ce pouvoir d'agenda sur les politiques migratoires de plusieurs pays europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;France : le FN comme fer de lance de la droite x&#233;nophobe&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mont&#233;e du Front national aux europ&#233;ennes de 1984 consacre cette formation comme &#233;tant le principal parti &#233;mergeant de la droite populiste et x&#233;nophobe europ&#233;enne. La capacit&#233; m&#233;diatique de son leader, Le Pen, ensemble avec les nouvelles revendications mises en avant &#8212; non &#224; l'immigration, d&#233;fense de l'identit&#233; fran&#231;aise entendue dans un sens r&#233;actionnaire et de pr&#233;f&#233;rence nationale &#8212; fait du FN le premier parti anti-immigr&#233;s au niveau europ&#233;en et montre la voie de la nouvelle strat&#233;gie &#224; suivre dans les autres pays.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les deux derni&#232;res d&#233;cennies, l'importance accord&#233;e par les lep&#233;nistes aux th&#233;matiques migratoires n'a pas seulement augment&#233;, elle a de plus pris de plus en plus la forme d'une islamophobie marqu&#233;e. En 1991, le FN lance son programme &#171; Immigration ; 50 mesures concr&#232;tes &#187;, o&#249; il propose d'interrompre la construction de mosqu&#233;es et d'&#233;tablir un contr&#244;le strict sur les centres islamiques (Betz, 2007). Lors des &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002, avec un d&#233;bat g&#233;n&#233;ral centr&#233; sur l'immigration et la s&#233;curit&#233;, il obtient 16,86% des suffrages et passe au second tour.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce succ&#232;s notable, on assiste alors &#224; une radicalisation croissante de la droite traditionnelle, qui peut &#234;tre observ&#233;e en comparant les programmes &#233;lectoraux du FN et de l'UMP aux &#233;lections de 2007. Le Front national exige que les aides sociales soient r&#233;serv&#233;es aux Fran&#231;ais ; l'expulsion de tous les &#171; ill&#233;gaux &#187; ; la suppression du regroupement familial et de l'obtention &#171; automatique de la nationalit&#233; &#187; ainsi que la r&#233;duction du permis de r&#233;sidence de 10 &#224; 3 ans (EFE, 2007). L'UMP, pour sa part, plaide pour cr&#233;er un Minist&#232;re sp&#233;cifique de l'Immigration ; pour favoriser la seule immigration qualifi&#233;e et propose des subsides aux imams musulmans afin qu'ils enseignent les &#171; valeurs fran&#231;aises &#187; ; s'oppose &#224; l'entr&#233;e de la Turquie dans l'UE, etc. Son leader, Sarkozy, se profile de plus en plus comme un partisan de la ligne &#171; dure &#187; par sa politique au Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur, notamment au cours de la r&#233;volte des banlieues de 2005.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la victoire de l'UMP, loin de supposer un adoucissement des politiques migratoires, marque leur durcissement. Comme pr&#233;vu, on instaure un Minist&#232;re de l'Immigration, de l'Int&#233;gration, de l'Identit&#233; Nationale et du Co-d&#233;veloppement. Son ministre, Brice Hortefeux, fait passer une loi qui impose, pour les futurs regroupements familiaux, l'organisation de cours sur les &#171; valeurs fran&#231;aises &#187; dans le pays d'origine, la connaissance de la langue et la signature d'un &#171; contrat d'int&#233;gration &#187; qui responsabilise la personne r&#233;sidant d&#233;j&#224; sur le territoire par rapport &#224; la conduite du candidat ou de la candidate au regroupement familial. On &#233;tablit &#233;galement un test d'ADN pour v&#233;rifier la v&#233;racit&#233; des demandes, ainsi que la r&#233;colte d'informations d&#233;mographiques bas&#233;es sur des crit&#232;res ethniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre mesure impuls&#233;e par le gouvernement Sarkozy, cette fois-ci au niveau communautaire, est le &#171; Pacte europ&#233;en sur la migration et l'asile &#187;, approuv&#233; par le Conseil europ&#233;en d'octobre 2008. Ce document, outre la sanction qu'il donne aux priorit&#233;s de l'UE sur cette mati&#232;re au cours des derni&#232;res ann&#233;es, met en avant des politiques d'int&#233;gration &#171; reposant sur l'&#233;quilibre entre les droits (acc&#232;s &#224; l'emploi, au logement et aux services sociaux) et les obligations des migrants (respect des lois et de l'identit&#233; du pays d'accueil) &#187;. Traduit du langage juridique &#224; un style moins grandiloquent, cela revient &#224; dire que les droits sont conditionn&#233;s au respect d'une suppos&#233;e &#171; identit&#233; &#187; du pays d'accueil, pens&#233;e en des termes de plus en plus culturels et essentialistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette foul&#233;e, au d&#233;but de 2009, le nouveau ministre de l'Immigration, &#201;ric Besson, lance un &#171; d&#233;bat sur l'identit&#233; nationale &#187; pour r&#233;affirmer l'orgueil d'appartenir &#224; la nation. L'appel de Le Pen &#224; la d&#233;fense des traditions et de l'identit&#233; fran&#231;aise trouve l&#224; un nouveau point d'appui de la part de la droite gouvernementale. (&#192; l'&#233;t&#233; 2010, avec l'expulsion collective des Roms sur bases ethniques et le projet de loi de &#171; d&#233;ch&#233;ance &#187; de la nationalit&#233; fran&#231;aise pour les personnes &#171; d'origine immigr&#233;e &#187; ayant attent&#233; &#224; la vie de repr&#233;sentants des forces de l'ordre, un nouveau pallier a &#233;t&#233; atteint, NDT).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, si le FN a connu des hauts et des bas &#233;lectoraux, il a gagn&#233; le plus important : ses th&#233;matiques sont aujourd'hui au c&#339;ur et conditionnent enti&#232;rement le d&#233;bat politique. La lep&#233;nisation des esprits n'est plus un vain mot, comme Le Pen lui-m&#234;me l'a d&#233;clar&#233; pendant les &#233;lections de 2002 ; &#171; Tout le monde parle comme moi, je me suis normalis&#233; &#187; (Casals Meseguer, 2003 : 70).&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt; &lt;strong&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pays-Bas : le mouvement anti-musulman&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Plusieurs pays de l'Europe du Nord, comme la Su&#232;de, le Danemark et les Pays-Bas, ont &#233;t&#233; historiquement c&#233;l&#233;br&#233;s pour leur &#201;tat providence et ont &#233;galement longtemps &#233;t&#233; consid&#233;r&#233;s comme des mod&#232;les de r&#233;f&#233;rence exemplaires pour leurs politiques multiculturelles et respectueuses des droits, tant des immigr&#233;s que des populations &#171; autochtones &#187;. Malgr&#233; cet h&#233;ritage, au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, on a assist&#233; &#224; un tournant r&#233;gressif, caract&#233;ris&#233; par l'&#233;mergence de formations d'extr&#234;me droite ayant une orientation islamophobe tr&#232;s marqu&#233;e. Le cas hollandais, o&#249; 8% de la population est de confession musulmane, est embl&#233;matique de ce ph&#233;nom&#232;ne &#224; partir du triomphe de la Liste Pim Fortuyn aux &#233;lections de 2002. Une formation politique qui, malgr&#233; l'assassinat de son leader, obtient 17% des votes et participe, m&#234;me si ce n'est que quelques semaines, au pouvoir dans le gouvernement de Jan Peter Balkenende. Cet &#233;v&#233;nement repr&#233;sente la l&#233;gitimation officielle des discours x&#233;nophobes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la dissolution de la LPM, le Parti pour la libert&#233; repr&#233;sente depuis lors la principale force anti-immigr&#233;s : apr&#232;s avoir obtenu 16,9% aux derni&#232;res &#233;lections europ&#233;ennes, elle a obtenu un raz-de-mar&#233;e &#233;lectoral aux &#233;lections locales &#224; Almere et &#224; La Haye pour ensuite tripler le nombre de ses &#233;lus lors des &#233;lections l&#233;gislatives de juin (de 9 &#224; 24 si&#232;ges sur 150). Son leader, Geert Wilders, consid&#233;r&#233; comme l'h&#233;ritier de Pim Fortuyn, poursuivi pour incitation &#224; la haine, d&#233;veloppe un discours &#233;conomiquement lib&#233;ral et se pose en d&#233;fenseur des libert&#233;s civiles qu'il oppose &#224; l'immigration non occidentale. Il consid&#232;re l'Islam comme une id&#233;ologie totalitaire &#171; fasciste &#187; (comparant le Coran avec Mein Kampf), comme une culture homog&#232;ne oppos&#233;e aux droits de l'Homme et aux droits des femmes et des homosexuels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon ses propres termes ; &#171; Pourquoi ne serait-il pas permis de dire que les musulmans doivent s'adapter &#224; nous, vu le fait que nos normes et nos valeurs sont plus &#233;lev&#233;es, meilleures et plus humaines ? Je dis non &#224; l'int&#233;gration et oui &#224; l'assimilation ! &#187; (Betz, 2007 : 128-129). Lors de sa derni&#232;re campagne &#233;lectorale, Wilders a ouvertement d&#233;clar&#233; sa haine de l'Islam, il a affirm&#233; que Mahomet &#233;tait un terroriste et que lorsqu'il croise une personne avec un foulard, il se sent dans un autre pays. (Wilders d&#233;fend ainsi l'instauration d'une taxe pour celles qui le portent, NDT). Il a &#233;galement propos&#233; de fermer les fronti&#232;res aux ressortissants des pays musulmans, d'interdire le Coran et de r&#233;guler la vente des aliments halal (Oliver, 2010)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cas hollandais, nous voyons que la diffusion d'un sentiment anti-immigr&#233;s n'a pas &#233;t&#233; un simple &#171; produit d'importation &#187; de l'extr&#234;me droite, mais bien un processus plus g&#233;n&#233;ral de remise en question de la &#171; tol&#233;rance &#187; traditionnelle auquel les partis traditionnels ont activement particip&#233;. Par exemple, au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, ont &#233;t&#233; adopt&#233;es des mesures qui rendent plus difficile l'obtention du statut de r&#233;fugi&#233; politique. On a r&#233;alis&#233; des d&#233;portations massives de demandeurs d'asile et on a mis sur pied l' &#171; Inburgeringscursus &#187;, un cours d'int&#233;gration obligatoire qui comprend l'&#233;tude de la langue, de la culture et des &#171; valeurs hollandaises &#187;. Dans un tel contexte, l'extr&#234;me droite ne peut qu'&#234;tre &#224; l'aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Italie : l'extr&#234;me droite au pouvoir&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce pays, &#224; c&#244;t&#233; de formations d'orientation n&#233;ofasciste et &#171; nationalistes-r&#233;volutionnaires &#187; relativement marginales, existent d'autres forces anti-immigr&#233;s qui influencent directement les politiques men&#233;es &#224; partir de positions gouvernementales. Par rapport aux premi&#232;res, il faut mentionner des organisations telles que Forza Nuova, Fiamma Tricolore, Casa Pound, qui, entre autres choses, proposent l'instauration d'une &#171; mutuelle sociale &#187; et des pr&#234;ts avantageux pour l'achat d'un logement uniquement pour les citoyens italiens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les partis institutionnels, il existe au moins trois courants significatifs : la Fondation &#171; Fare Futuro &#187; dirig&#233;e par le pr&#233;sident de la Chambre des D&#233;put&#233;s, Gianfranco Fini, ex secr&#233;taire du Movimiento Sociale Italiano &#8212; h&#233;ritier du Parti fasciste mussolinien &#8212; devenu ensuite l'Alleanza Nazionale qui a finalement fusionn&#233; avec Forza Italia pour fonder le parti du Peuple des libert&#233;s de Berlusconi &#8212; avant de rompre r&#233;cemment avec lui. Cependant, &#224; partir de positions ouvertement x&#233;nophobes ce parti a de plus en plus &#233;volu&#233; vers une droite conservatrice classique, proposant y compris le droit de vote pour les immigr&#233;s aux &#233;lections municipales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En second lieu, on trouve le parti La Destra (la droite), qui a oscill&#233; entre des positions pro-gouvernementales et des postures plus &#171; critiques &#187; et &#171; sociales &#187; et dont la porte-parole est Daniela Santanch&#232;, qui a d&#233;clar&#233; au cours d'un r&#233;cent programme t&#233;l&#233;vis&#233; que Mahomet &#233;tait un p&#233;dophile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a, enfin, le parti le plus ouvertement raciste et influent dans l'ar&#232;ne politique, la Liga Norte. Son discours n'a rien &#224; envier &#224; celui du Front national, il est m&#234;me plus grossier encore. Une de ses figures de proue, Mario Borghezio a &#233;t&#233; le protagoniste d'actes racistes r&#233;p&#233;t&#233;s tels que la dispersion de restes de porcs sur un terrain destin&#233; &#224; la construction d'une mosqu&#233;e ou encore son irruption dans un train avec un vaporisateur de parfum afin de le &#171; d&#233;sinfecter &#187; de la pr&#233;sence d'immigr&#233;s&#8230; L'un de ses ministres, Roberto Calderoli, a d&#233;clar&#233; par rapport aux musulmans : &#171; S'ils pensent que leur civilisation est grande, qu'ils le d&#233;montrent. Si ce n'est pas le cas, la porte est grande ouverte. Laissons-les retourner dans leur d&#233;sert pour parler avec les chameaux ou dans leur jungle pour parler avec les singes &#187; (Betz, 2007 : 120-121).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien plus qu'un ph&#233;nom&#232;ne de pouvoir d'influence sur l'agenda politique, on peut parler dans le cas italien d'une profonde imbrication entre l'ex&#233;cutif de Berlusconi et la droite raciste. Ce qui ne veut nullement dire que les pr&#233;c&#233;dents gouvernements de centre-gauche &#233;taient blancs comme neige sur ce terrain l&#224;, bien au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, la loi &#171; Turco-Napolitano &#187; (1998), approuv&#233;e par le gouvernement de Prodi, a &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; &#233;tablir les Centres de transit temporaires (CIE), des centres de r&#233;tention pour immigr&#233;s &#171; ill&#233;gaux &#187;. Sa r&#233;forme de la part de la droite au travers de la loi &#171; Bossi-Fini (2002) n'a fait que durcir les mesures r&#233;pressives d&#233;j&#224; existantes, par exemple en acc&#233;l&#233;rant l'expulsion imm&#233;diate des &#171; ill&#233;gaux &#187;. Il faut dire qu'en Italie, le discours s&#233;curitaire atteint des dimensions incroyables : en 2008 le gouvernement &#233;tait dispos&#233; &#224; r&#233;aliser un fichage collectif de la population gitane malgr&#233; les protestations de l'UE. En 2009, il a approuv&#233; le &#171; paquet de s&#233;curit&#233; &#187; qui cr&#233;e le d&#233;lit d'immigration ill&#233;gale, augmente la dur&#233;e de d&#233;tention dans un CIE jusqu'&#224; six mois, pr&#233;voit des peines d'emprisonnement pour ceux qui h&#233;bergent des sans-papiers et &#171; lib&#233;ralise &#187; les patrouilles de milices priv&#233;es non arm&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier 2010, juste apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de Rosarno, Berlusconi d&#233;clare qu'&#171; Une r&#233;duction du nombre des personnes extra-communautaires en Italie repr&#233;sente une diminution des forces qui vont grossir les rangs des criminels &#187; (Velasco, 2010).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le th&#232;me de l'int&#233;gration au niveau local acquiert aujourd'hui une centralit&#233; renouvel&#233;e puisqu'il se traduit par une forte conflictivit&#233; autour du partage de services sociaux sans cesse plus r&#233;duits. On assiste &#224; l'&#233;mergence de &#171; maires-sh&#233;riffs &#187; tel que celui de la municipalit&#233; d'Adro qui, en avril dernier, en se justifiant de la pr&#233;f&#233;rence nationale, a approuv&#233; l'exclusion des enfants d'immigr&#233;s des cantines scolaires, prenant pr&#233;texte de l'insolvabilit&#233; des parents. On assiste &#233;galement dans le sud de l'Italie &#224; d'autres cas d'apartheid, comme &#224; Foggia o&#249; l'on a &#233;tabli une ligne d'autobus qui, de facto, est r&#233;serv&#233;e aux &#233;trangers qui r&#233;sident dans un centre d'accueil des environs. Les autorit&#233;s italiennes ont instaur&#233;, comme dans d'autres pays, l'apprentissage obligatoire de la connaissance de la langue et des &#171; valeurs civiques &#187;. Mais il se traduit par un permis de r&#233;sidence &#224; points, qui peuvent se perdre y compris suite &#224; des amendes de circulation automobile&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques observations en guise de conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cet article, nous avons tent&#233; de d&#233;montrer le pouvoir d'influence de l'extr&#234;me droite sur l'agenda en mati&#232;re de discours et de politiques migratoires. S'il serait simpliste de penser que le caract&#232;re de plus en plus restrictif des mesures sur l'immigration d&#233;pend uniquement de ce facteur, il serait au contraire erron&#233; de sous-estimer son importance. Les exemples trait&#233;s ici ne sont pas des faits isol&#233;s et ponctuels, ils sont embl&#233;matiques d'une dynamique plus g&#233;n&#233;rale &#224; l'&#339;uvre dans tout le continent europ&#233;en et qui, &#224; des degr&#233;s divers, affecte pratiquement tous les pays : de la Hongrie &#224; la Serbie en passant par l'Angleterre, la Suisse, la Belgique, la Roumanie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que le degr&#233; de l&#233;gitimit&#233; formel de l'extr&#234;me droite et sa place dans l'ar&#232;ne institutionnelle diff&#232;re d'un pays &#224; l'autre et bien que les questions relevant de l'immigration peuvent l&#233;g&#232;rement varier en fonction des diff&#233;rents contextes nationaux et historiques, cette dynamique g&#233;n&#233;rale se manifeste de mani&#232;re tr&#232;s similaire partout : la banalisation du racisme et l'approche de l'immigration comme &#233;tant un &#171; probl&#232;me &#187; &#224; r&#233;soudre ont pav&#233; la voie &#224; l'extr&#234;me droite, qui a su profiter de l'ouverture de cet espace politique afin de d&#233;velopper ses discours racistes, se doter d'une l&#233;gitimit&#233; sociale et influencer l'agenda politique bien au del&#224; de son poids &#233;lectoral r&#233;el (par ailleurs en croissance).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, il faut souligner l'attitude extr&#234;mement r&#233;serv&#233;e de l'UE, pour ne pas parler de sa condescendance et de sa responsabilit&#233; directe. Elle se cantonne g&#233;n&#233;ralement soit &#224; des condamnations timides et platoniques peu suivies d'actions r&#233;elles, soit &#224; faire purement et simplement l'autruche. On ne peut pas expliquer non plus les politiques migratoires r&#233;pressives europ&#233;ennes au travers du seul prisme du pouvoir d'influence de l'extr&#234;me droite, car bien que cette derni&#232;re soit en train de se renforcer, c'est la gauche social-lib&#233;rale et la droite qui tiennent fermement les rennes de la construction europ&#233;enne, dans tous les domaines. On peut au contraire affirmer que les politiques europ&#233;ennes en la mati&#232;re ont &#171; profit&#233; &#187; de l'existence des forces x&#233;nophobes et du danger qu'elles repr&#233;sentent afin de masquer leur propre racisme institutionnalis&#233; (Van Dijk, 2003).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mesures telles que la &#171; Directive sur la Carte bleue &#187;, qui vise &#224; fragmenter les droits et les conditions de travail de la main d'&#339;uvre migrante en fonction de ses qualifications professionnelles, d&#233;montre clairement que le v&#233;ritable objectif de l'UE n'est pas de supprimer l'immigration &#171; ill&#233;gale &#187;, mais bien de rendre &#171; invisibles &#187; de vastes secteur de la forces de travail, de les criminaliser et de les marginaliser afin de favoriser au mieux leur exploitation et leur rentabilisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En derni&#232;re instance, pour l'UE capitaliste, les migrations ne sont pas seulement une question principalement &#233;conomique. Il faut malheureusement s'attendre &#224; ce que, face aux contradictions croissantes provoqu&#233;es par la profonde crise sociale, &#233;conomique et &#233;cologique, les migrants deviennent de plus en plus les boucs &#233;missaires des &#233;checs du syst&#232;me et que les partis d'extr&#234;me droite en r&#233;coltent en premiers les fruits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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