<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=2189&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1692368156</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Le d&#233;but d'une &#233;tape nouvelle</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Le-debut-d-une-etape-nouvelle</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Le-debut-d-une-etape-nouvelle</guid>
		<dc:date>2010-10-19T12:15:47Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Llu&#237;s Rabell</dc:creator>


		<dc:subject>Mouvement syndical</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2010-10-19</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet article &#233;tant &#233;crit &#224; quelques jours de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre, il serait superflu de sp&#233;culer sur son d&#233;roulement. Mais quels que puissent &#234;tre son succ&#232;s ou ses limites, une chose est certaine : cet appel syndical met fin au long cycle de relations sociales relativement pacifiques dans l'&#201;tat espagnol et nous fait entrer dans une nouvelle &#233;tape, agit&#233;e et incertaine. Une &#233;tape qui va mettre en question les mod&#232;les &#233;conomiques, les institutions politiques et les formes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Mouvement-syndical-32-+" rel="tag"&gt;Mouvement syndical&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2010-10-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2010-10-19&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH65/arton5644-fdc37.jpg?1675223242' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='65' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet article &#233;tant &#233;crit &#224; quelques jours de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 29 septembre, il serait superflu de sp&#233;culer sur son d&#233;roulement. Mais quels que puissent &#234;tre son succ&#232;s ou ses limites, une chose est certaine : cet appel syndical met fin au long cycle de relations sociales relativement pacifiques dans l'&#201;tat espagnol et nous fait entrer dans une nouvelle &#233;tape, agit&#233;e et incertaine. Une &#233;tape qui va mettre en question les mod&#232;les &#233;conomiques, les institutions politiques et les formes organisationnelles du mouvement ouvrier h&#233;rit&#233;s de la &#171; transition d&#233;mocratique &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise du capitalisme mondialis&#233; a eu un impact particuli&#232;rement aigu sur une des &#233;conomies europ&#233;ennes dont les param&#232;tres ont &#233;t&#233; le plus fid&#232;lement model&#233;s par cette mondialisation. Le &#171; prodigieux &#187; mod&#232;le espagnol de croissance &#8212; en 2008, le premier ministre Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez Zapatero (PSOE) osait encore proclamer que &#171; nous jouons dans la ligue des champions de l'&#233;conomie mondiale &#187; &#8212; a &#233;t&#233; litt&#233;ralement submerg&#233; dans le tourbillon de la crise financi&#232;re r&#233;pandue depuis Wall Street. De fait, ce mod&#232;le gravitait autour d'une bulle sp&#233;culative immobili&#232;re colossale, moteur d'une croissance du produit int&#233;rieur brut (PIB) ininterrompue durant quinze ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &#171; prosp&#233;rit&#233; &#187; que cette derni&#232;re nourrissait masquait en r&#233;alit&#233; toute une s&#233;rie de faiblesses structurelles que la crise a brutalement mis &#224; nu, avec des r&#233;percussions sociales &#233;normes. Le ch&#244;mage se situe autour de 20 % de la population active, soit le double de la moyenne des pays de l'Union europ&#233;enne. Pr&#232;s d'un quart de la population vit dans la pauvret&#233; et un million de personnes subsiste gr&#226;ce aux aides sociales et &#224; la bienfaisance. Selon certaines estimations, en un an et demi, quelques 350 000 familles auront perdu leurs logements, incapables de payer les hypoth&#232;ques. Le mirage d'une croissance sans frein et d'une richesse b&#233;n&#233;ficiant de larges secteurs de la population s'est d&#233;finitivement &#233;vanoui, faisant place &#224; un sentiment d'am&#232;re frustration au sein de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un mod&#232;le qui a fait faillite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire, cependant, que tous les ressorts du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral contenaient les germes de cet &#233;chec. A l'initiative des gouvernements &#171; progressistes &#187; de Felipe Gonz&#225;lez (PSOE), l'Espagne a adapt&#233; sa r&#233;alit&#233; &#233;conomique aux exigences de la construction europ&#233;enne. Les industries lourdes du secteur public &#8212; construction navale, sid&#233;rurgie, une partie de l'industrie mini&#232;re&#8230; &#8212; ont &#233;t&#233; d&#233;mantel&#233;es d&#232;s la d&#233;cennie 1980-1989. Le pays s'est transform&#233; en une piste d'atterrissage pour les grandes entreprises multinationales, dont l'installation a &#233;t&#233; favoris&#233;e par toute sorte de facilit&#233;s administratives. Autour d'elles, un dense r&#233;seau d'entreprises auxiliaires, toujours d&#233;pendantes des grandes corporations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de la d&#233;cennie 1990-1999, en pleine apog&#233;e des politiques n&#233;olib&#233;rales qui ont eu une forte impulsion des gouvernements conservateurs de Jos&#233; Mar&#237;a Aznar, les secteurs strat&#233;giques de l'&#233;nergie et des communications ont &#233;t&#233; privatis&#233;s. La nouvelle loi du sol a rendu am&#233;nageable l'ensemble du territoire, d&#233;cha&#238;nant une expansion du march&#233; immobilier, qui paraissait ne pas avoir de limites. Au cours des vingt ans qui ont pr&#233;c&#233;d&#233; la crise, les constructions en Catalogne ont &#233;t&#233; aussi nombreuses que depuis l'&#233;poque romaine jusqu'aux ann&#233;es soixante-dix. L'Espagne a construit autant de logements que la France et l'Allemagne r&#233;unies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;rive du mod&#232;le productif, combin&#233;e avec un pari sur le tourisme et plus g&#233;n&#233;ralement sur le secteur de services, a profond&#233;ment transform&#233; le pays, se faisant sentir dans tous les domaines. Les villes sont devenues diffuses. Le territoire a &#233;t&#233; maltrait&#233; par des urbanisations insoutenables. La pression de ce mod&#232;le de croissance, l'irruption des grandes multinationales de la distribution et l'expansion du n&#233;goce agricole (encourag&#233; par les politiques communautaires) ont radicalement modifi&#233; la campagne, favorisant un d&#233;placement de sa population vers les villes. Aujourd'hui, en Catalogne, seulement 1 % de la population se consacre &#224; l'agriculture ; dans l'ensemble de l'&#201;tat espagnol ce pourcentage n'atteint pas 5 %. La d&#233;mographie ainsi que la composition nationale et culturelle des populations ont &#233;t&#233; &#233;galement modifi&#233;es. A titre d'exemple, en moins d'une d&#233;cennie, la Catalogne est pass&#233;e de 6 millions &#224; 7,5 millions d'habitants, gr&#226;ce &#224; l'immigration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces ann&#233;es de la transformation de la r&#233;alit&#233; &#233;conomique et sociale ont produit aussi des changements non moins significatifs en ce qui concerne le monde du travail. Les gouvernements successifs ont mis en &#339;uvre des mesures de lib&#233;ralisation qui ont min&#233; les conqu&#234;tes sociales et les droits acquis par le mouvement ouvrier. Si la puissante gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale du 14 d&#233;cembre 1988, convoqu&#233;e par les CCOO et l'UGT, a forc&#233; le gouvernement &#171; socialiste &#187; de Felipe Gonz&#225;lez &#224; retirer sa r&#233;forme du code du travail et l'a oblig&#233; durant une p&#233;riode &#224; augmenter les d&#233;penses sociales (tr&#232;s inf&#233;rieures &#224; la moyenne europ&#233;enne), &#224; partir de la d&#233;cennie suivante les politiques lib&#233;rales ont &#233;rod&#233; de mani&#232;re constante la protection du travail et les salaires. Apr&#232;s la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale de 1994, qui eu un impact plus faible, les syndicats se sont totalement align&#233;s sur la dynamique de concertation sociale et de n&#233;gociations &#224; froid (qui, mis &#224; part quelques &#233;carts, a &#233;t&#233; une constante depuis 1977, sous des gouvernements de droite comme de gauche). Une seule gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, en juin 2002, contre une r&#233;forme r&#233;gressive des prestations aux ch&#244;meurs, promue par l'ex&#233;cutif d'Aznar, d&#233;j&#224; fort impopulaire &#224; cette &#233;poque-l&#224;, a interrompu cette paix sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derni&#232;res quinze ann&#233;es ont &#233;t&#233; d&#233;cisives, parce qu'elles ont combin&#233; un processus de pr&#233;carisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e des relations contractuelles et des conditions salariales dans les entreprises priv&#233;es et dans le secteur public avec ce qui a &#233;t&#233; appel&#233; &#171; l'effet richesse &#187;. L'&#233;conomie espagnole maintenait un niveau tr&#232;s &#233;lev&#233; de ch&#244;mage structurel, toujours sup&#233;rieur &#224; deux millions de demandeurs d'emploi ; mais son caract&#232;re &#233;tait fluctuant. Certes, les emplois &#233;taient devenus instables et la menace du ch&#244;mage &#233;tait toujours pr&#233;sente. Mais, gr&#226;ce au b&#226;timent et aux services, la demande de main d'&#339;uvre demeurait soutenue. Les caract&#233;ristiques de ces secteurs expliquent le caract&#232;re de l'immigration, aussi maltrait&#233;e au niveau administratif qu'elle &#233;tait indispensable pour l'&#233;conomie de croissance. Si le pouvoir d'achat des salaires r&#233;gressait, le cr&#233;dit &#233;tait bon march&#233; &#8212; stimul&#233; par les &#233;tablissements bancaires et par les pouvoirs publics &#8212; permettant de maintenir un niveau de consommation des familles sans rapport avec leurs revenus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Espagne a ainsi connu un ph&#233;nom&#232;ne semblable &#224; celui du march&#233; immobilier &#233;tats-unien. Il n'y a rien de semblable &#224; un parc de logements locatifs sociaux. Bien au contraire, les gouvernements successifs ont promu le n&#233;goce des banques et des constructeurs en stimulant l'achat de logements &#224; travers les pr&#234;ts hypoth&#233;caires, dont la demande &#233;tait encourag&#233;e par des d&#233;gr&#232;vements fiscaux. Parall&#232;lement, malgr&#233; la croissance du PIB, les d&#233;penses publiques pour l'&#233;ducation, la sant&#233; et la protection sociale ont continu&#233; &#224; &#234;tre inf&#233;rieures de neuf points &#224; la moyenne de l'Union europ&#233;enne des 15. Ainsi la r&#233;alit&#233; d&#233;t&#233;rior&#233;e du cadre social &#233;tait dissimul&#233;e par une fa&#231;ade de prosp&#233;rit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Impact de la crise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;gradation du march&#233; du travail et la fragilit&#233; de l'&#233;chafaudage &#233;conomique espagnol expliquent les effets fulgurants de la crise. En automne et en hiver 2008 on a assist&#233; &#224; une v&#233;ritable lame de fond de fermetures d'entreprises et de licenciements, dont les multinationales comme Pirelli ou Nissan furent les r&#233;f&#233;rences. Les syndicats ont r&#233;pondu en n&#233;gociant cas par cas tout en r&#233;clamant impuissamment un &#171; dialogue social &#187; au niveau national avec le gouvernement et le patronat. Toutefois l'explosion du ch&#244;mage n'&#233;tait pas due essentiellement &#224; ces licenciements, mais au non renouvellement des contrats pr&#233;caires et &#224; l'asphyxie des travailleurs &#171; ind&#233;pendants &#187; fort nombreux. Le b&#226;timent a &#233;t&#233; paralys&#233; du jour au lendemain, laissant plus d'un million de logements nouveaux invendus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cr&#233;dit a &#233;t&#233; restreint, pr&#233;cipitant la faillite de milliers de petites entreprises et de commerces. Il faut dire que le syst&#232;me bancaire espagnol repr&#233;sente un cas &#224; part, tant par son influence d&#233;terminante sur le pouvoir politique que par les exorbitants privil&#232;ges dont il jouit. Il suffit de mentionner, par exemple, qu'en cas d'impay&#233;s, les entit&#233;s cr&#233;anci&#232;res obtiennent non seulement l'expulsion des familles, mais ils b&#233;n&#233;ficient d'une adjudication truqu&#233;e de l'appartement, se l'attribuant &#224; moiti&#233; prix&#8230; tout en continuant &#224; r&#233;clamer aux gens expuls&#233;s le reste de la dette hypoth&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;ficit de la balance de paiements (les importations sont sup&#233;rieures aux exportations) a conduit les organismes de cr&#233;dit &#224; se procurer sur le march&#233; interbancaire europ&#233;en les liquidit&#233;s n&#233;cessaires pour pouvoir offrir des cr&#233;dits et faire des affaires sur le territoire, essentiellement en finan&#231;ant l'immobilier et en r&#233;alisant des hypoth&#232;ques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gouvernement Zapatero a mobilis&#233; une &#233;norme quantit&#233; de fonds publics (260 milliards d'euros) pour &#233;viter une crise financi&#232;re aux cons&#233;quences impr&#233;visibles. Les banques ont utilis&#233; ces aides et garanties pour assainir leurs comptes et, dans un second temps, pour sp&#233;culer sur le d&#233;ficit de l'&#201;tat en achetant une partie de la dette publique, &#233;mise justement pour les sauver de la faillite (&#224; peu pr&#232;s la moiti&#233; de cette dette est dans les mains des grandes entit&#233;s europ&#233;ennes : la Deutsche Bank &#224; elle seule poss&#232;de plus de 45 milliards d'euros de dette publique espagnole). L'&#233;conomie nationale s'est install&#233;e dans la r&#233;cession. Les banques, devenues propri&#233;taires de milliers d'appartements, lotissements et terrains poursuivent leurs activit&#233; avec des bilans manifestement faux, car leurs actifs sont sur&#233;valu&#233;s et maintenus artificiellement : selon les experts le prix des logements devrait &#234;tre d&#233;pr&#233;ci&#233; d'au moins 30 % pour promouvoir la r&#233;activation du march&#233; immobilier. Cela va sans dire, de nouveaux sursauts sont pr&#233;visibles dans un proche avenir&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ajoutons pour compl&#233;ter ce tableau, que le syst&#232;me fiscal espagnol est le plus r&#233;gressif d'Europe. Les cadeaux fiscaux aux entreprises et aux propri&#233;taires des biens patrimoniaux ont encore &#233;t&#233; multipli&#233;s en pleine crise. Les soci&#233;t&#233;s d'investissements boursiers ne payent que 1 % de leur capital. L'&#233;conomie parall&#232;le pour sa part est estim&#233;e, par l'inspection fiscale elle m&#234;me, &#224; 23 % du PIB.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous ces &#233;l&#233;ments &#8212; auxquels il faudrait ajouter la corruption end&#233;mique du mod&#232;le n&#233;olib&#233;ral et l'agressivit&#233; des classes dominantes &#8212; aident &#224; saisir la fragilit&#233; de la situation espagnole. Le virage antisocial du gouvernement Zapatero a profond&#233;ment atteint les grands syndicats, qui se sont lourdement tromp&#233;s en pariant sur la conciliation avec un &#171; gouvernement ami &#187;. La r&#233;action &#224; laquelle les directions syndicales ont &#233;t&#233; contraintes a mis en &#233;vidence l'inad&#233;quation du mouvement ouvrier &#224; la situation actuelle du march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les CCOO et l'UGT revendiquent chacun un peu plus d'un million d'affili&#233;s, ces chiffres rendent compte plus d'une influence que d'une organisation. En r&#233;alit&#233; la structure des syndicats se fonde sur une charpente de d&#233;l&#233;gu&#233;s &#233;lus dans les entreprises, mais g&#233;n&#233;ralement d&#233;pourvus d'une organisation militante sur le terrain. La fragmentation de la classe travailleuse, du fait de la filialisation des entreprises et de la diversit&#233; des contrats de travail, a laiss&#233; les organisations syndicales con&#231;ues pour l'&#233;poque &#171; fordiste &#187; comme suspendues en l'air. Par ailleurs, les syndicats ont pris l'habitude depuis les lointaines ann&#233;es de la &#171; transition &#187; de g&#233;rer les conflits dans le cadre des entreprises et des branches, alors que la politique n&#233;olib&#233;rale et la mondialisation ont bouscul&#233; ce cadre. Les r&#233;alit&#233;s contractuelles sont aujourd'hui diversifi&#233;es au sein m&#234;me de chaque entreprise et les circuits de valorisation du capital ne correspondent plus aux r&#233;seaux industriels traditionnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ann&#233;es de r&#233;ussite &#233;conomique ont &#224; la fois fait cro&#238;tre l'individualisme et ont affaibli la culture de la d&#233;fense collective de la force du travail. Toute une g&#233;n&#233;ration de syndicalistes n'a pratiquement pas connu d'autres actions que le recours devant les tribunaux. Les gr&#232;ves les plus combatives n'ont eu d'autre horizon que celui de la n&#233;gociation des indemnit&#233;s de licenciement selon l'anciennet&#233;&#8230; Enfin, le bureaucratisme et la d&#233;pendance des subventions minent la cr&#233;dibilit&#233; des syndicats et leur relation avec la masse des travailleurs, effray&#233;s par la gravit&#233; de la crise et tent&#233;s par &#171; le sauve-qui-peut &#187;. Ce ne sont pas les meilleures conditions pour faire face au tournant qui approche. Mais il faut regarder la r&#233;alit&#233; en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;strong&gt;L'imminence d'un tournant&lt;/strong&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous allons entrer dans une nouvelle &#233;tape de la lutte des classes et il s'agit d'un tournant de port&#233;e historique. La classe ouvri&#232;re n'a pas encore pris la mesure des attaques que le gouvernement met en &#339;uvre &#224; l'instigation des &#171; march&#233;s &#187;. En juin, le gouvernement a d&#233;cr&#233;t&#233; : des r&#233;ductions de salaires dans la fonction publique (qui ont eu imm&#233;diatement un effet de &#171; boule de neige &#187; dans les entreprises priv&#233;es), le gel des retraites et des prestations sociales, des coupures radicales dans les d&#233;penses budg&#233;taires qui affectent gravement les infrastructures, les &#233;quipements et les services publics. Cette d&#233;t&#233;rioration ouvre la porte &#224; une nouvelle vague de privatisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;forme du code du travail, qui a &#233;puis&#233; la patience des syndicats, r&#233;duit les indemnit&#233;s des licenciements, augmente les marges de man&#339;uvre des patrons et accro&#238;t le champ d'activit&#233; des soci&#233;t&#233;s d'int&#233;rim &#8211; y compris dans le domaine de l'administration publique. Elle autorise aussi les entreprises &#224; ne pas respecter les conventions collectives de leurs branches en fonction de leurs besoins particuliers, ce qui constitue une concession au patronat r&#233;ellement cruciale. Il s'agit d'une v&#233;ritable torpille envoy&#233;e sous la ligne de flottaison du syndicalisme. Les conventions collectives sont fondamentales pour l'existence m&#234;me des syndicats, sans elles la classe ouvri&#232;re sera atomis&#233;e et transform&#233;e en une masse d'individus sans d&#233;fense qui s'affronteront entre eux de mani&#232;re in&#233;vitable&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le point d'&#234;tre d&#233;battue au Parlement, le r&#233;forme des retraites qui pr&#233;tend, comme dans tant d'autres pays europ&#233;ens, de repousser l'&#226;ge de d&#233;part &#224; la retraite &#224; 67 ans, de r&#233;duire le montant des pensions et de promouvoir de cette mani&#232;re les fonds de pension priv&#233;s, constitue le couronnement de cette offensive du grand capital contre l'&#201;tat providence. Les relations entre les classes sociales &#233;tablies apr&#232;s la seconde guerre mondiale dans toute l'Europe sont ainsi remises en question. Dans l'&#201;tat espagnol, avec ses caract&#233;ristiques particuli&#232;res, cela prend des aspects particuli&#232;rement dramatiques. Les ann&#233;es du n&#233;olib&#233;ralisme triomphant ont pr&#233;par&#233; le terrain. A travers une nouvelle application de la &#171; doctrine du choc &#187; ch&#232;re aux tenants du lib&#233;ralisme, le capitalisme essaye aujourd'hui d'imposer un saut qualitatif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve du 29 septembre montrera &#224; quel point le mouvement ouvrier est pr&#234;t &#224; relever ce d&#233;fi. Les directions conciliatrices des syndicats majoritaires sont soumises &#224; des pressions contradictoires. Elles voient leurs propres organisations menac&#233;es&#8230; mais elles r&#234;vent de revenir aux temps de la &#171; concertation &#187;. Certes, leurs proclamations d&#233;noncent avec lucidit&#233; la gravit&#233; des r&#233;formes gouvernementales. Certaines prises de position des mouvements de voisins li&#233;s aux syndicats proposent m&#234;me des mesures radicales pour une sortie de gauche de la crise : banques publiques, fiscalit&#233; progressive, nationalisations, d&#233;fense des services publics, r&#233;duction des d&#233;penses militaires, reconversion &#233;cologique de la production, mesures d'&#233;galit&#233; entre les genresw (les femmes repr&#233;sentent 80 % des salari&#233;s &#224; temps partiel, souffrent de la discrimination salariale et sont les premi&#232;res victimes de toute nouvelle d&#233;gradation du march&#233; du travail, des prestations sociales ou des services publics)&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant de telles proclamations se concluent g&#233;n&#233;ralement par un appel &#224; la &#171; reprise du dialogue social &#187;. Il faudra voir quelle sera la capacit&#233; de mobilisation d'un corps de d&#233;l&#233;gu&#233;s qui, dans de nombreux cas, ont une faible pr&#233;sence et peu d'autorit&#233; dans leurs entreprises. Car pour leur part, les syndicats de gauche &#8212; la CGT libertaire, le Syndicat ferroviaire, le Cobas, l'Intersyndicale alternative de Catalogne ou le Syndicat andalous des travailleurs &#8212; sont minoritaires et, ind&#233;pendamment de la qualit&#233; de leurs &#233;quipes militantes et de leur poids dans tel ou tel secteur, ne peuvent compenser la d&#233;faillance des grandes centrales. Il faut encore pr&#233;ciser que l'engagement de chacune des grandes centrales n'est pas le m&#234;me : alors que l'on voit les CCOO pleinement actives dans la convocation du 29 septembre, l'UGT se montre ici et l&#224; vacillante, soumise &#224; de fortes tensions internes du fait des pressions exerc&#233;es par le PSOE auquel ce syndicat est &#233;troitement li&#233; historiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Signalons enfin la particularit&#233; basque, qui complique encore le panorama syndical. La majorit&#233; du mouvement syndical au Pays Basque, repr&#233;sent&#233;e par ELA, LAB, STES&#8230; est de tradition nationaliste et s'est fr&#233;quemment heurt&#233; au syndicalisme structur&#233; &#224; l'&#233;chelle &#233;tatique. La majorit&#233; syndicale basque a d&#233;j&#224; organis&#233; deux gr&#232;ves g&#233;n&#233;rales &#8212; une l'an dernier et la seconde en juin 2010, avec cette fois-ci l'appui des CCOO. Les deux gr&#232;ves ont &#233;t&#233; tr&#232;s suivies et ont donn&#233; lieu &#224; d'importantes manifestations. Mais pour ce 29 septembre, la majorit&#233; des syndicats basques a refus&#233; de soutenir l'appel des CCOO et de l'UGT, en all&#233;guant des griefs et son propre calendrier de mobilisation. La question nationale, que la crise tend une nouvelle fois, p&#232;se ainsi sur l'unit&#233; d'action du mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas l&#224;, &#233;videmment, de la seule distorsion d'origine politique. La gr&#232;ve met aussi en lumi&#232;re l'incontournable crise des gauches. Le PSOE para&#238;t d&#233;cid&#233; au harakiri pour servir les riches. Sa politique gouvernementale pr&#233;pare le retour de la droite. Les &#233;lections autonomes catalanes de cet automne verront tr&#232;s probablement le triomphe de la droite nationaliste et la fin d'un cycle de gouvernements de la gauche social-lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Izquierda Unida (la Gauche Unie) se d&#233;chire entre l'id&#233;e de &#171; refonder &#187; son projet avec une tournure anticapitaliste&#8230; et ses engagements de gouvernabilit&#233; locale et r&#233;gionale sous la houlette du PSOE. Avec ses modestes forces militantes en construction, Izquierda Anticapitalista (Gauche anticapitaliste) s'est fermement engag&#233;e dans la pr&#233;paration de la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale, consciente de l'importance de cette gr&#232;ve et de la n&#233;cessit&#233; d'en faire le d&#233;but d'un cycle de luttes, ouvrant une issue &#224; la crise syst&#233;mique, favorable aux int&#233;r&#234;ts des classes populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
