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	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
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		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
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		<title>Le resserrement des rangs autour du leader, n'endiguera pas la droite </title>
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		<dc:date>2024-12-17T06:47:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-12-17</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le r&#233;cent congr&#232;s du PSOE s'est d&#233;roul&#233; dans un contexte international et g&#233;opolitique de plus en plus instable, d'une part, et dans le contexte de centralit&#233; m&#233;diatique et judiciaire de corruption qui affecte le soi-disant sanchisme, en particulier le num&#233;ro 2 de ce parti, Jos&#233; Luis &#193;balos, d'autre part. &lt;br class='autobr' /&gt; 7 d&#233;cembre 2024 | tir&#233; de Viento sur https://vientosur.info/con-el-cierre-de-filas-en-torno-al-lider-no-se-para-a-la-derecha/ &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans ces conditions, le d&#233;veloppement de ce rassemblement (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/sanchez_et_le_psoe-59164.png?1782148601' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le r&#233;cent congr&#232;s du PSOE s'est d&#233;roul&#233; dans un contexte international et g&#233;opolitique de plus en plus instable, d'une part, et dans le contexte de centralit&#233; m&#233;diatique et judiciaire de corruption qui affecte le soi-disant sanchisme, en particulier le num&#233;ro 2 de ce parti, Jos&#233; Luis &#193;balos, d'autre part.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;7 d&#233;cembre 2024 | tir&#233; de Viento sur&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/con-el-cierre-de-filas-en-torno-al-lider-no-se-para-a-la-derecha/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/con-el-cierre-de-filas-en-torno-al-lider-no-se-para-a-la-derecha/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, le d&#233;veloppement de ce rassemblement parlementaire &#224; S&#233;ville &#233;tait pr&#233;visible : d&#233;monstration maximale de resserrement des rangs autour du leader charismatique et de son Manuel de r&#233;sistance, ainsi que r&#233;affirmation de son engagement &#224; continuer &#224; jouer la carte du chantage (&#171; la droite et l'extr&#234;me droite arrivent &#187;) afin de discipliner ses partenaires au gouvernement et au parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De cette mani&#232;re, S&#225;nchez cherche &#224; atteindre son objectif de rester &#224; la Moncloa jusqu'en 2027 et, malgr&#233; les mauvais pr&#233;sages des urnes, de remporter les prochaines &#233;lections. Comme on pouvait s'y attendre, il n'y a pas non plus eu de tentative d'autocritique par rapport &#224; de nombreuses politiques d&#233;velopp&#233;es au cours de ces ann&#233;es, pas m&#234;me pour leur coresponsabilit&#233; dans l'inaction initiale face &#224; la catastrophe tragique de la DANA&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une DANA se produit lorsqu'une masse d'air froid en altitude reste isol&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; (Depresion Aislada en Niveles Altos), malgr&#233; le fait que les reproches soient venus de secteurs tr&#232;s diff&#233;rents, y compris de certains de ses partenaires, tels que Comprom&#237;s et Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rh&#233;torique sociale-lib&#233;rale, protectionnisme pr&#233;caire et euro-atlantisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si nous pr&#234;tons attention au document-cadre de la Conf&#233;rence, intitul&#233; &lt;i&gt;&#171; Espagne 2030. Un socialisme qui avance, une Espagne qui dirige &#187;&lt;/i&gt;, il est juste de reconna&#238;tre quelques signes d'une rh&#233;torique plus radicale contre les &lt;i&gt;&#171; m&#233;ga-riches &#187;&lt;/i&gt; en d&#233;fense de &lt;i&gt;&#171; la classe moyenne et ouvri&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, mais on voit peu de nouveaut&#233;s programmatiques. En effet, le document commence par annoncer quatre d&#233;fis majeurs &#224; l'horizon 2030, ce qui semble bien loin en ces temps d'acc&#233;l&#233;ration r&#233;actionnaire : d&#233;velopper un mod&#232;le de croissance diff&#233;rent et faire face &#224; l'urgence climatique (il faudrait expliquer comment le premier et le second peuvent &#234;tre compatibles...) ; faire face &#224; la transformation de l'ordre mondial et, enfin, r&#233;pondre &#224; la &lt;i&gt;&#171; mont&#233;e des valeurs autoritaires &#224; l'&#233;chelle internationale &#187;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'en est suivi la tentative de magnifier les &lt;i&gt;&#171; choses impossibles que nous avons accomplies &#187;&lt;/i&gt; dans la derni&#232;re &#233;tape (avec la r&#233;forme du travail, malgr&#233; ses limites, en premier lieu) et l'annonce des &#171; choses impossibles que nous r&#233;aliserons &#187; (avec le projet &#8211; difficilement viable avec ses alli&#233;s PNV et Junts &#8211; de protection constitutionnelle des conqu&#234;tes sociales), puis la d&#233;finition d'un projet pour le pays avec dix objectifs : le premier d'entre eux (&#171; Une &#233;conomie plus comp&#233;titive, &#233;quitable et durable &#187;) fixe d&#233;j&#224; le cadre de ceux qui seront pr&#233;sent&#233;s plus loin : r&#233;duction du temps de travail, &#233;ducation de qualit&#233;, logement pour tous, lutte contre les in&#233;galit&#233;s sous toutes leurs formes, &#201;tat autonome renforc&#233;, d&#233;mocratie pleine qui r&#233;siste &#224; la d&#233;sinformation, vocation en direction du projet europ&#233;en, soutien &#224; la (fausse) &lt;i&gt;&#171; solution de deux &#201;tats en Isra&#235;l et en Palestine &#187;&lt;/i&gt; et le renforcement de &lt;i&gt;&#171; l'autonomie strat&#233;gique &#187;&lt;/i&gt; de l'UE en mati&#232;re de d&#233;fense avec l'alibi de la guerre en Ukraine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parall&#232;lement &#224; la mesure la plus r&#233;pandue de r&#233;duction du temps de travail, dont le contenu concret reste &#224; appr&#233;cier, parmi les d&#233;veloppements sp&#233;cifiques qui pourraient attirer l'attention, on peut citer la cr&#233;ation d'un &#171; si&#232;ge citoyen &#187; au Congr&#232;s et au S&#233;nat afin que des repr&#233;sentants de la soci&#233;t&#233; civile puissent intervenir ; le droit de vote d&#232;s l'&#226;ge de 16 ans et la convocation de conventions citoyennes d&#233;lib&#233;ratives ; l'interdiction de la conversion de logements r&#233;sidentiels en logements touristiques et saisonniers, la cr&#233;ation d'une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat pour la cr&#233;ation de logements sociaux et l'exigence que les hypoth&#232;ques et les loyers n'exc&#232;dent pas 30 % des salaires ; la r&#233;forme du syst&#232;me de financement r&#233;gional (avec une formulation suffisamment ambigu&#235; pour satisfaire toutes les baronnies...) ; ou enfin, l'abrogation de l'Accord de 1979 avec l'&#201;glise catholique en mati&#232;re culturelle et &#233;ducative&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines de ces promesses sonnent d&#233;j&#224; comme une simple r&#233;p&#233;tition de celles incluses dans les Congr&#232;s pr&#233;c&#233;dents, tandis que le peu d'attention accord&#233;e &#224; la (n&#233;cro)politique migratoire (seulement la n&#233;cessit&#233; d'un &lt;i&gt;&#171; mod&#232;le d'immigration qui garantisse un flux constant &#187;&lt;/i&gt;) ou l'absence d'une politique fiscale allant au-del&#224; d'une r&#233;f&#233;rence g&#233;n&#233;rique au fait que les grandes entreprises seront oblig&#233;es (comment ?) de r&#233;partir une partie des b&#233;n&#233;fices scandaleux r&#233;alis&#233;s au cours des derni&#232;res ann&#233;es. Sans parler de l'abrogation toujours repouss&#233;e de la loi b&#226;illon et de la loi sur les secrets officiels ; ou de la r&#233;forme d&#233;mocratique et urgente du syst&#232;me judiciaire (o&#249; est cette annonce de la r&#233;g&#233;n&#233;ration d&#233;mocratique ?) ; ou le manque de pr&#233;cision de ce que peut signifier &#171; se plonger dans le processus de f&#233;d&#233;ralisation de l'&#201;tat &#187; ; ou, last but not least, le silence total sur le droit &#224; l'autod&#233;termination du peuple sahraoui, confirmant une fois de plus sa complicit&#233; avec le r&#233;gime r&#233;pressif marocain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'int&#233;r&#234;t que ce document-cadre a pu avoir au Congr&#232;s n'a fait que d&#233;passer le triomphe des f&#233;ministes dites classiques avec leur amendement visant &#224; emp&#234;cher l'inclusion de Q+ aux c&#244;t&#233;s des LGBTI. Chose qui a &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;e gr&#226;ce au lobby men&#233; par l'ancienne vice-pr&#233;sidente Carmen Calvo, et qui a finalement &#233;t&#233; approuv&#233;e en s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re avec un tr&#232;s faible pourcentage de participation. Une d&#233;cision qui repr&#233;sente un grave pas en arri&#232;re dans la reconnaissance de la diversit&#233;, contribue &#224; promouvoir la transphobie, enhardit la droite dans sa guerre culturelle et &#233;loigne le PSOE d'une position qui fait l'objet d'un large consensus dans la majeure partie du mouvement f&#233;ministe ; surtout, parmi ses nouvelles g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, S&#225;nchez a profit&#233; du Congr&#232;s pour exiger la loyaut&#233; des militant-es face au harc&#232;lement judiciaire, politique et m&#233;diatique qu'il subit, surtout depuis l'approbation de la loi d'amnistie (voulant oublier qu'il n'a pas protest&#233; et qu'il a m&#234;me &#233;t&#233; complice de celle qui, dans le pass&#233;, a affect&#233; la souverainet&#233; catalane et Podemos). En m&#234;me temps, il propose un projet de gouvernement suffisamment ambigu sur les questions fondamentales auxquelles il est confront&#233; avec le PP pour tenter d'attirer une partie de son &#233;lectorat et m&#234;me r&#233;tablir avec ce parti un syst&#232;me bipartite &#224; partir d'un sens de l'&#201;tat. Ce n'est gu&#232;re une t&#226;che r&#233;alisable, m&#234;me comme nous le voyons face &#224; l'urgence migratoire aux &#238;les Canaries, puisque le PP continue d'&#234;tre sous la pression non seulement de Vox (d&#233;sireux de revendiquer sans complexe l'h&#233;ritage de la dictature franquiste &#224; l'approche du 50e anniversaire de la mort de son fondateur), mais aussi de la pr&#233;sidente de la Communaut&#233; de Madrid, Isabel D&#237;az Ayuso, tous deux renforc&#233;s par la victoire &#233;lectorale de Trump. De plus, compte tenu de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; de ses alli&#233;s au Parlement, il n'est pas non plus pr&#233;visible que certaines des lois et mesures progressistes promises, &#224; commencer par leur inclusion dans le budget, se concr&#233;tisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, nous allons nous retrouver avec un PSOE qui va continuer sur la voie du r&#233;formisme sans r&#233;formes structurelles remettant en cause les int&#233;r&#234;ts du grand capital et les bases du r&#233;gime monarchique dont ce m&#234;me parti a &#233;t&#233; et est un pilier fondamental. Ce n'est pas par cette voie qu'il pourra arr&#234;ter la menace r&#233;elle du bloc r&#233;actionnaire ni, malgr&#233; les &lt;i&gt;bonnes&lt;/i&gt; donn&#233;es macro&#233;conomiques, att&#233;nuer l'aggravation des in&#233;galit&#233;s. Il n'est possible, dans les meilleures hypoth&#232;ses, que d'essayer de neutraliser le conflit social en r&#233;pondant &#224; certaines revendications, comme dans le cas de la lutte pour un logement d&#233;cent ; mais cela n'arrivera pas si la taxe sur les locations saisonni&#232;res ne peut m&#234;me pas &#234;tre vot&#233;e par le Parlement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette impasse strat&#233;gique dans laquelle s'est engag&#233; le PSOE n'est pas sans rapport avec l'&#233;volution qui a longtemps caract&#233;ris&#233; un social-lib&#233;ralisme atlantiste qui tend &#224; perdre de sa centralit&#233; dans de nombreux pays, comme on le voit maintenant en France et tr&#232;s probablement en Allemagne apr&#232;s les &#233;lections l&#233;gislatives de f&#233;vrier. Dans ce contexte, dans le cas de l'Espagne, la r&#233;silience du gouvernement appara&#238;t de plus en plus comme une anomalie gr&#226;ce au fait qu'il a r&#233;ussi &#224; annuler le potentiel de rupture des partis qui ont &#233;merg&#233; &#224; sa gauche &#8211; Podemos puis Sumar &#8211; et, en m&#234;me temps, &#224; maintenir une politique de pactes avec les forces non &#233;tatiques, principalement au Pays basque et en Catalogne, en &#233;change de modestes concessions pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, cette politique de la peur face au mal plus grand ne durera pas &#233;ternellement &#224; une &#233;poque o&#249; l'agitation sociale et la d&#233;saffection politique, maintenant accrues par les cons&#233;quences de la catastrophe de la DANA, continueront &#224; augmenter. Ce ne sont pas les politiques de ce gouvernement qui emp&#234;cheront le bloc r&#233;actionnaire de capitaliser sur la propagation de l'antipolitique parmi de nouveaux secteurs de l'&#233;lectorat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peur de la d&#233;mocratie interne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan organisationnel, la consolidation d'un mod&#232;le de parti bas&#233; sur un c&#233;sarisme de plus en plus renforc&#233; autour du leader maxima est &#233;galement &#233;vidente, comme l'a d&#233;j&#224; critiqu&#233; l'un des rares d&#233;l&#233;gu&#233;s de la Gauche socialiste &#224; avoir assist&#233; au congr&#232;s, Manuel de la Rocha Rub&#237;. Comme il l'a lui-m&#234;me v&#233;rifi&#233;, il y a eu une d&#233;monstration claire de la &lt;i&gt;&#171; peur de la d&#233;mocratie &#187;&lt;/i&gt;, qui s'est manifest&#233;e m&#234;me dans le &lt;i&gt;&#171; refus de d&#233;battre de la gestion au Congr&#232;s, en violation d'un principe d&#233;mocratique fondamental et d'un article cl&#233; de nos statuts &#187;&lt;/i&gt;, et une subordination totale du parti au gouvernement lui-m&#234;me a &#233;t&#233; install&#233;e ; ce qui a &#233;t&#233; rendu encore plus visible avec le nombre de ministres qui font partie de la nouvelle Commission ex&#233;cutive f&#233;d&#233;rale ; d&#233;finitivement, conclut-il, &lt;i&gt;&#171; la position du Parti est fix&#233;e par le gouvernement et non l'inverse, sans m&#234;me qu'il y ait possibilit&#233; d'une influence mutuelle &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas de Madrid, avec la d&#233;mission forc&#233;e de Juan Lobato en tant que secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du PSM, quelle que soit l'opinion que l'on a sur son comportement vis-&#224;-vis la compagne de D&#237;az Ayuso, est un autre exemple clair de ces pratiques, comme l'a critiqu&#233; &#224; juste titre Izquierda Socialista de Madrid (&#171; Les formes comptent ! &#187;) face &#224; l'interdiction des r&#233;unions pour monter quelque candidature que ce soit contre le parti au pouvoir, dirig&#233; par l'actuel ministre Oscar L&#243;pez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, certainement, en vertu de la maxime de faire de la n&#233;cessit&#233; une vertu, le triomphe d'un mod&#232;le de leadership pl&#233;biscitaire qui n'aspire qu'&#224; rester au gouvernement en faisant quelques concessions &#224; ses alli&#233;s aux investitures dans des domaines qui n'affectent pas le noyau dur de l'&#233;conomie politique qui est dict&#233; par l'UE, principalement &#224; partir de la Commission europ&#233;enne et de la Banque centrale europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vide &#224; gauche&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ces sombres perspectives s'ajoute l'absence tragique de forces politiques &#224; gauche du PSOE capables de construire une alternative aux politiques de division des classes populaires pratiqu&#233;es par la droite, mais aussi au social-lib&#233;ralisme en d&#233;clin de S&#225;nchez. Ni Sumar &#8211; de plus en plus adapt&#233; aux limites fix&#233;es par la Moncloa et l'UE &#8211; ni Podemos &#8211; malgr&#233; ses efforts pour appara&#238;tre aujourd'hui hypercritique &#224; l'&#233;gard d'un PSOE avec lequel il continue pourtant d'aspirer &#224; gouverner &#8211; n'ont la cr&#233;dibilit&#233; d'&#234;tre des r&#233;f&#233;rences dans la t&#226;che ardue de recomposer une gauche pr&#234;te &#224; tirer les le&#231;ons du cycle ouvert par le 15M et les processus catalans afin d'offrir une voie de refondation qui ne soit pas subordonn&#233;e &#224; la politique institutionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan plus social, les directions des grands syndicats, CCOO et UGT, subordonn&#233;es &#224; leur tour &#224; ce que dicte le gouvernement, n'apparaissent pas non plus aujourd'hui comme le cadre de r&#233;f&#233;rence d'une recomposition d'un mouvement ouvrier pr&#234;t &#224; affronter un patronat et un grand capital de plus en plus enclins &#224; favoriser l'arriv&#233;e du bloc r&#233;actionnaire au gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, les mobilisations pour un logement d&#233;cent sur pratiquement tout le territoire de l'&#201;tat espagnol &#8211; v&#233;ritables expressions d'une lutte de classe qui s'attaque directement au capitalisme rentier &#8211; ainsi que l'admirable r&#233;ponse solidaire du peuple valencien et d'autres parties de l'&#201;tat face &#224; la catastrophe &#233;co-sociale de la DANA, ainsi que les diff&#233;rentes formes de r&#233;sistance qui ont lieu dans diff&#233;rents secteurs &#8211; tels que la sant&#233; et l'&#233;ducation ou en solidarit&#233; avec la Palestine, montrent des sympt&#244;mes d'espoir qu'un nouveau cycle de mobilisations d'en bas et de gauche puisse &#234;tre rouvert dans la p&#233;riode &#224; venir. C'est de ces exp&#233;riences qu'il nous faudra tirer les le&#231;ons pour chercher de nouvelles formes de confluence dans les luttes et les d&#233;bats d'acteurs collectifs renouvel&#233;s ; et avec eux, g&#233;n&#233;rer de nouvelles initiatives qui nous permettront de construire un front politique et social commun, capable de faire face &#224; la menace r&#233;actionnaire et d'accumuler un potentiel contre-h&#233;g&#233;monique &#224; partir des quartiers et des lieux de travail. Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons remettre au centre la n&#233;cessit&#233; d'une strat&#233;gie de transition &#233;co-sociale et de rupture d&#233;mocratique avec ce r&#233;gime et avec le bloc de pouvoir qui le soutient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jaime Pastor est politologue et membre de la r&#233;daction de Viento Sur&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Conflits g&#233;opolitiques, anti-imp&#233;rialisme et internationalisme &#224; l'heure de &#171; l'acc&#233;l&#233;ration r&#233;actionnaire &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Conflits-geopolitiques-anti-imperialisme-et-internationalisme-a-l-heure-de-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Conflits-geopolitiques-anti-imperialisme-et-internationalisme-a-l-heure-de-l</guid>
		<dc:date>2024-11-19T06:58:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2024-11-19</dc:subject>
		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Face &#224; crise du (d&#233;s)ordre g&#233;opolitique international, &#171; je me concentrerai dans cet article sur une description sommaire de la situation actuelle, pour ensuite caract&#233;riser les diff&#233;rentes positions qui &#233;mergent au sein de la gauche dans cette nouvelle phase et insister sur la n&#233;cessit&#233; de construire une gauche internationaliste, oppos&#233;e &#224; tous les imp&#233;rialismes (principaux ou secondaires) et solidaire des luttes des peuples agress&#233;s. &#187; &lt;br class='autobr' /&gt; Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res 15 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Le-Monde-" rel="directory"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2024-11-19-+" rel="tag"&gt;Edition du 2024-11-19&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/capture_d_e_cran_le_2024-11-18_a_19.09_59-2ef90.png?1782148601' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; crise du (d&#233;s)ordre g&#233;opolitique international, &#171; je me concentrerai dans cet article sur une description sommaire de la situation actuelle, pour ensuite caract&#233;riser les diff&#233;rentes positions qui &#233;mergent au sein de la gauche dans cette nouvelle phase et insister sur la n&#233;cessit&#233; de construire une gauche internationaliste, oppos&#233;e &#224; tous les imp&#233;rialismes (principaux ou secondaires) et solidaire des luttes des peuples agress&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; de Europe Solidaire Sans Fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
15 novembre 2024&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jaime Pastor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre g&#233;n&#233;ral de la crise multidimensionnelle dans laquelle nous nous trouvons &#8211; aujourd'hui aggrav&#233;e par l'impulsion donn&#233;e par la r&#233;cente victoire &#233;lectorale de Trump &#224; la mont&#233;e d'une extr&#234;me droite &#224; l'&#233;chelle mondiale &#8211;, il semble encore plus &#233;vident que nous assistons &#224; une crise profonde du (d&#233;s)ordre g&#233;opolitique international, ainsi que des r&#232;gles fondamentales du droit international qui ont &#233;t&#233; &#233;tablies depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La manifestation la plus tragique de cette crise (qui remet en question l'avenir m&#234;me de l'ONU) se trouve dans la guerre g&#233;nocidaire contre Gaza (Awad, 2024), &#224; laquelle s'ajoutent actuellement quelque 56 guerres dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le syst&#232;me hi&#233;rarchique imp&#233;rialiste bas&#233; sur l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine est ouvertement remis en question et contest&#233; par des grandes puissances rivales, telles que la Chine et la Russie, ainsi que par d'autres au niveau r&#233;gional, comme l'Iran. Cette comp&#233;tition g&#233;opolitique mondiale se manifeste clairement dans certains conflits militaires, de l'&#233;volution desquels d&#233;pendra une nouvelle configuration des rapports de forces au sein de ce syst&#232;me, ainsi que dans les blocs pr&#233;sents ou en formation, tels que les BRICS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce nouveau sc&#233;nario, je me concentrerai dans cet article sur une description sommaire de la situation actuelle pour ensuite caract&#233;riser les diff&#233;rentes positions qui &#233;mergent au sein de la gauche dans cette nouvelle phase et insister sur la n&#233;cessit&#233; de construire une gauche internationaliste, oppos&#233;e &#224; tous les imp&#233;rialismes (principaux ou secondaires) et solidaire des luttes des peuples agress&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; &lt;strong&gt;Polycrise et n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe un large consensus au sein de la gauche sur le diagnostic que l'on peut faire de la crise globale que le monde traverse aujourd'hui, avec en toile de fond la crise &#233;co-sociale et climatique. Une polycrise que l'on peut d&#233;finir avec Pierre Rousset comme &#171; &lt;i&gt;multiforme, r&#233;sultat de la combinaison de multiples crises sp&#233;cifiques. Nous ne sommes donc pas face &#224; une simple somme de crises, mais &#224; leur interaction, qui d&#233;multiplie leur dynamique, alimentant une spirale mortif&#232;re pour l'esp&#232;ce humaine (et pour une grande partie des esp&#232;ces vivantes&lt;/i&gt;) &#187; (Pastor, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une situation &#233;troitement li&#233;e &#224; l'&#233;puisement du r&#233;gime d'accumulation capitaliste n&#233;olib&#233;ral initi&#233; au milieu des ann&#233;es 1970, qui, apr&#232;s la chute du bloc h&#233;g&#233;monis&#233; par l'URSS, a fait un bond en avant vers son expansion &#224; l'&#233;chelle mondiale. Un processus qui a conduit &#224; la Grande R&#233;cession qui a d&#233;but&#233; en 2008 (aggrav&#233;e par les politiques d'aust&#233;rit&#233;, les cons&#233;quences de la crise pand&#233;mique et la guerre en Ukraine), qui a fini par frustrer les attentes d'ascension sociale et de stabilit&#233; politique que la mondialisation heureuse promise avait g&#233;n&#233;r&#233;es, principalement parmi des secteurs significatifs des nouvelles classes moyennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une mondialisation, rappelons-le, qui s'est d&#233;velopp&#233;e dans le cadre du nouveau cycle n&#233;olib&#233;ral qui, tout au long de ses diff&#233;rentes phases &#8211; combative, normative et punitive (Davies, 2016) &#8211;, a construit un nouveau constitutionnalisme &#233;conomique transnational au service de la tyrannie corporative globale et de la destruction du pouvoir structurel, associatif et social de la classe ouvri&#232;re. Plus s&#233;rieusement, il a fait de la civilisation du march&#233; &#171; la seule civilisation possible &#187;, un sens commun, bien que tout ce processus ait pris diff&#233;rentes variantes et formes de r&#233;gimes politiques, g&#233;n&#233;ralement bas&#233;s sur des &#201;tats forts et immunis&#233;s contre les pressions d&#233;mocratiques (Gill, 2022 ; Slobodian, 2021). Un n&#233;olib&#233;ralisme qui, cependant, montre aujourd'hui son incapacit&#233; &#224; offrir un horizon d'am&#233;lioration &#224; la majorit&#233; de l'humanit&#233; sur une plan&#232;te de plus en plus inhospitali&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous trouvons donc dans une p&#233;riode, tant au niveau &#233;tatique qu'inter&#233;tatique, pleine d'incertitudes, sous un capitalisme financiaris&#233;, num&#233;rique, extractiviste et rentier qui pr&#233;carise nos vies et cherche &#224; tout prix &#224; jeter les bases d'une nouvelle &#233;tape de croissance avec un r&#244;le de plus en plus actif des &#201;tats &#224; son service. Pour ce faire, il recourt &#224; de nouvelles formes de domination politique, fonctionnelles, adapt&#233;es &#224; ce projet, qui tendent de plus en plus &#224; entrer en conflit non seulement avec les libert&#233;s et les droits conquis au terme de longues luttes populaires, mais aussi avec la d&#233;mocratie lib&#233;rale. Ainsi, un n&#233;olib&#233;ralisme de plus en plus autoritaire se r&#233;pand, non seulement au Sud mais aussi de plus en plus au Nord, avec la menace d'une &#171; &lt;i&gt; acc&#233;l&#233;ration r&#233;actionnaire &lt;/i&gt; &#187; (Castellani, 2024). Un processus d&#233;sormais stimul&#233; par un trumpisme qui devient le cadre discursif ma&#238;tre d'une extr&#234;me droite montante, pr&#234;te &#224; se constituer en alternative &#224; la crise de la gouvernance mondiale et &#224; la d&#233;composition des anciennes &#233;lites politiques (Urb&#225;n, 2024 ; Camargo, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Le syst&#232;me hi&#233;rarchique imp&#233;rialiste en question&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, succinctement esquiss&#233; ici, nous assistons &#224; une crise du syst&#232;me hi&#233;rarchique imp&#233;rialiste qui pr&#233;vaut depuis la chute du bloc sovi&#233;tique, facilit&#233;e pr&#233;cis&#233;ment par les effets g&#233;n&#233;r&#233;s par un processus de mondialisation qui a conduit &#224; un d&#233;placement du centre de gravit&#233; de l'&#233;conomie mondiale de l'Atlantique Nord (Europe/&#201;tats-Unis) vers le Pacifique (&#201;tats-Unis, Asie de l'Est et du Sud-Est).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, suite &#224; la Grande R&#233;cession qui a d&#233;but&#233; en 2007-2008 et &#224; la crise de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale qui s'en est suivie, une nouvelle phase s'est ouverte dans laquelle une reconfiguration de l'ordre g&#233;opolitique mondial est en train de se produire, un ordre qui est tendanciellement multipolaire, mais en m&#234;me temps asym&#233;trique, dans lequel les &#201;tats-Unis restent la grande puissance h&#233;g&#233;monique (mon&#233;taire, militaire et g&#233;opolitique), mais se trouvent plus affaiblis et d&#233;fi&#233;s par la Chine, la grande puissance montante, et la Russie, ainsi que par d'autres puissances sub-imp&#233;riales ou secondaires dans diff&#233;rentes r&#233;gions de la plan&#232;te. Pendant ce temps, dans de nombreux pays du Sud, confront&#233;s au pillage de leurs ressources, &#224; l'augmentation des dettes souveraines, aux r&#233;voltes populaires et aux guerres de toutes sortes, la fin du d&#233;veloppement comme horizon &#224; atteindre c&#232;de la place &#224; des populismes r&#233;actionnaires au nom de l'ordre et de la s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la concurrence g&#233;opolitique mondiale et r&#233;gionale est accentu&#233;e par des int&#233;r&#234;ts divergents, non seulement dans le domaine &#233;conomique et technologique, mais aussi dans le domaine militaire et des valeurs, avec pour cons&#233;quence la mont&#233;e des ethno-nationalismes &#233;tatiques face &#224; des ennemis pr&#233;sum&#233;s internes et externes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, nous ne devons pas oublier le haut degr&#233; d'interd&#233;pendance &#233;conomique, &#233;nerg&#233;tique et technologique qui s'est mat&#233;rialis&#233; &#224; travers le monde dans le contexte de la mondialisation n&#233;olib&#233;rale, comme l'ont ouvertement soulign&#233; &#224; la fois la crise pand&#233;mique mondiale et l'absence d'un blocus efficace contre la Russie dans le domaine de l'&#233;nergie malgr&#233; les sanctions convenues. &#192; cela s'ajoutent deux nouveaux facteurs fondamentaux : d'une part, la possession actuelle d'armes nucl&#233;aires par les grandes puissances (il existe actuellement quatre points chauds nucl&#233;aires : un au Moyen-Orient (Isra&#235;l) et trois en Eurasie (Ukraine, Inde-Pakistan et p&#233;ninsule cor&#233;enne) ; et, d'autre part, les crises du climat, de l'&#233;nergie et des mati&#232;res premi&#232;res (c'est l'heure de v&#233;rit&#233; !), qui rendent cette situation sensiblement diff&#233;rente de ce qu'elle &#233;tait avant 1914. Ces facteurs conditionnent la transition g&#233;opolitique et &#233;conomique en cours, fixant les limites d'une d&#233;mondialisation qui risque d'&#234;tre partielle et certainement pas heureuse pour la grande majorit&#233; de l'humanit&#233;. Dans le m&#234;me temps, ces facteurs alertent sur les risques accrus d'escalade dans les conflits arm&#233;s dans lesquels des puissances dot&#233;es de l'arme nucl&#233;aire sont directement ou indirectement impliqu&#233;es, comme dans les cas de l'Ukraine et de la Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sp&#233;cificit&#233; de l'&#233;tape historique actuelle nous am&#232;ne, selon Promise Li, &#224; consid&#233;rer que la relation entre les grandes puissances (notamment entre les Etats-Unis et la Chine) est un &#233;quilibre instable entre une &#171; &lt;i&gt;coop&#233;ration antagoniste &lt;/i&gt; &#187; et une &#171; &lt;i&gt;rivalit&#233; inter-imp&#233;rialiste&lt;/i&gt; &#187; croissante. Un &#233;quilibre qui pourrait &#234;tre rompu en faveur de cette derni&#232;re, mais qui pourrait &#233;galement &#234;tre normalis&#233; dans le cadre de la recherche commune d'une issue &#224; la stagnation s&#233;culaire d'un capitalisme mondial dans lequel la Chine (Rousset, 2021) et la Russie (Serfati, 2022) se sont d&#233;sormais ins&#233;r&#233;es, bien qu'avec des &#233;volutions tr&#232;s diff&#233;rentes. Un processus, donc, plein de contradictions, qui est extensible &#224; d'autres puissances, comme l'Inde, qui font partie des BRICS, dans lesquels les gouvernements de ses pays membres n'ont pas r&#233;ussi jusqu'&#224; pr&#233;sent &#224; remettre en question le r&#244;le central d'organisations comme la Banque mondiale ou le Fonds mon&#233;taire international, qui sont toujours sous l'h&#233;g&#233;monie des &#201;tats-Unis (Fuentes, 2023 ; Toussaint, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il est clair que l'affaiblissement g&#233;opolitique des &#201;tats-Unis - surtout apr&#232;s leur fiasco total en Irak et en Afghanistan et, maintenant, la crise de l&#233;gitimit&#233; qu'entra&#238;ne leur soutien inconditionnel &#224; l'&#201;tat g&#233;nocidaire d'Isra&#235;l - permet une plus grande marge de man&#339;uvre potentielle de la part des diff&#233;rentes puissances mondiales ou r&#233;gionales, en particulier celles dot&#233;es de l'arme nucl&#233;aire. Je suis donc d'accord avec la description de Pierre Rousset :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le d&#233;clin relatif des Etats-Unis et la mont&#233;e incompl&#232;te de la Chine ont ouvert un espace dans lequel des puissances secondaires peuvent jouer un r&#244;le significatif, au moins dans leur propre r&#233;gion (Russie, Turquie, Br&#233;sil, Arabie Saoudite, etc.), m&#234;me si les limites des BRICS sont &#233;videntes. Dans cette situation, la Russie n'a pas manqu&#233; de mettre la Chine devant une s&#233;rie de faits accomplis aux fronti&#232;res orientales de l'Europe. En agissant de concert, Moscou et P&#233;kin ont &#233;t&#233; largement ma&#238;tres du jeu sur le continent eurasiatique. En revanche, il n'y a pas eu de coordination entre l'invasion de l'Ukraine et l'attaque effective de Ta&#239;wan&lt;/i&gt; &#187; (Pastor, 2024).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci, sans doute facilit&#233; par le poids plus ou moins important d'autres facteurs li&#233;s &#224; la polycrise, explique l'&#233;clatement de conflits et de guerres dans des endroits tr&#232;s diff&#233;rents de la plan&#232;te, mais en particulier dans trois &#233;picentres tr&#232;s pertinents de l'actualit&#233; : l'Ukraine, la Palestine et, bien que pour l'instant en termes de guerre froide, Ta&#239;wan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, nous avons vu comment les &#201;tats-Unis ont utilis&#233; l'invasion injuste de l'Ukraine par la Russie comme alibi pour relancer l'expansion d'une OTAN en crise vers d'autres pays d'Europe de l'Est et du Nord. Cet objectif est &#233;troitement associ&#233; &#224; la reformulation du &#171; &lt;i&gt; nouveau concept strat&#233;gique&lt;/i&gt; &#187; de l'OTAN, comme nous l'avons vu lors du sommet que cette organisation a tenu &#224; Madrid en juillet 2022 (Pastor, 2022) et plus r&#233;cemment lors du sommet qui s'est tenu en juillet de cette ann&#233;e &#224; Washington. Ce dernier a r&#233;affirm&#233; cette strat&#233;gie, ainsi que la prise en compte de la Chine comme principal concurrent strat&#233;gique, tout en &#233;vitant de critiquer l'&#201;tat d'Isra&#235;l. Ce dernier montre le double standard (Achcar, 2024) du bloc occidental concernant son implication dans la guerre en Ukraine, d'une part, et sa complicit&#233; avec le g&#233;nocide commis par l'&#201;tat colonial d'Isra&#235;l contre le peuple palestinien, d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons &#233;galement constat&#233; l'int&#233;r&#234;t croissant de l'OTAN pour le flanc sud afin de poursuivre sa n&#233;cropolitique raciste contre l'immigration ill&#233;gale tout en aspirant &#224; rivaliser pour le contr&#244;le des ressources de base dans les pays du Sud, en particulier en Afrique, o&#249; l'imp&#233;rialisme fran&#231;ais et am&#233;ricain perd du terrain au profit de la Chine et de la Russie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une red&#233;finition de la strat&#233;gie du bloc occidental a eu lieu, au sein duquel l'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine a &#233;t&#233; renforc&#233;e militairement (gr&#226;ce, surtout, &#224; l'invasion de l'Ukraine par la Russie) et &#224; laquelle une Union europ&#233;enne plus divis&#233;e est clairement subordonn&#233;e, avec son vieux moteur allemand affaibli. Cependant, apr&#232;s la victoire de Trump, l'UE semble d&#233;termin&#233;e &#224; renforcer sa puissance militaire au nom de la recherche d'une fausse autonomie strat&#233;gique, car elle restera li&#233;e au cadre de l'OTAN. Pendant ce temps, de nombreux pays du Sud prennent de plus en plus leurs distances avec le bloc, bien qu'ils aient des int&#233;r&#234;ts diff&#233;rents, ce qui diff&#233;rencie les alliances possibles qui pourraient &#234;tre form&#233;es de celles qui caract&#233;risaient le mouvement des non-align&#233;s dans le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, il est probable qu'apr&#232;s sa victoire &#233;lectorale, Donald Trump op&#232;re un changement majeur dans la politique &#233;trang&#232;re des &#201;tats-Unis afin de mettre en &#339;uvre son projet MAGA (&lt;i&gt;Make America Great Again&lt;/i&gt;) au-del&#224; de la sph&#232;re g&#233;o-&#233;conomique (en intensifiant sa concurrence avec la Chine et, bien qu'&#224; un niveau diff&#233;rent, avec l'UE), en particulier en ce qui concerne les trois &#233;picentres de conflit mentionn&#233;s plus haut : en ce qui concerne l'Ukraine, en r&#233;duisant substantiellement l'aide &#233;conomique et militaire et en cherchant une forme d'accord avec Poutine, au moins, sur un cessez-le-feu ; en ce qui concerne Isra&#235;l, en renfor&#231;ant son soutien &#224; la guerre totale de Netanyahou ; et enfin en r&#233;duisant son engagement militaire avec Ta&#239;wan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Quel internationalisme anti-imp&#233;rialiste de la gauche ?&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de mont&#233;e du n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire (dans ses diff&#233;rentes versions : l'extr&#234;me droite r&#233;actionnaire et l'extr&#234;me centre, principalement) et de divers conflits g&#233;opolitiques, le grand d&#233;fi pour la gauche consiste &#224; reconstruire des forces sociales et politiques antagonistes ancr&#233;es dans la classe ouvri&#232;re et capables de forger un anti-imp&#233;rialisme et un internationalisme solidaire qui ne soient pas subordonn&#233;s &#224; l'une ou l'autre grande puissance ou &#224; un bloc capitaliste r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une t&#226;che qui ne sera pas facile, car dans la phase actuelle, nous assistons &#224; de profondes divisions au sein de la gauche quant &#224; la position &#224; maintenir face &#224; certains des conflits mentionn&#233;s ci-dessus. En essayant de synth&#233;tiser, avec Ashley Smith (2024), nous pourrions distinguer quatre positions :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La premi&#232;re serait celle qui s'aligne sur le bloc imp&#233;rial occidental dans la d&#233;fense commune de pr&#233;tendues valeurs d&#233;mocratiques contre la Russie, ou sur l'&#201;tat d'Isra&#235;l dans son droit injustifiable &#224; l'autod&#233;fense, comme l'a affirm&#233; un secteur majoritaire de la gauche sociale-lib&#233;rale. Une position qui cache les v&#233;ritables int&#233;r&#234;ts imp&#233;rialistes de ce bloc, ne d&#233;nonce pas son double langage et ignore la d&#233;rive de plus en plus antid&#233;mocratique et raciste que connaissent les r&#233;gimes occidentaux, ainsi que le caract&#232;re colonial et d'occupation de l'&#201;tat isra&#233;lien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La seconde serait celle que l'on qualifie habituellement de campiste, qui s'alignerait sur des &#201;tats comme la Russie et la Chine, qu'elle consid&#232;re comme des alli&#233;s contre l'imp&#233;rialisme am&#233;ricain parce qu'elle consid&#232;re ce dernier comme l'ennemi principal, en ignorant les int&#233;r&#234;ts g&#233;opolitiques expansionnistes de ces deux puissances. Une position qui rappelle celle adopt&#233;e dans le pass&#233; par de nombreux partis communistes pendant la p&#233;riode de la guerre froide &#224; l'&#233;gard de l'URSS, mais qui devient aujourd'hui caricaturale au vu de la nature r&#233;actionnaire du r&#233;gime de Poutine et de la persistance du despotisme bureaucratique d'&#201;tat en Chine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; La troisi&#232;me est celle du &lt;i&gt;r&#233;ductionnisme g&#233;opolitique&lt;/i&gt;, qui se traduit aujourd'hui dans la guerre en Ukraine, se limitant &#224; consid&#233;rer qu'il ne s'agit que d'un conflit inter-imp&#233;rialiste. Cette attitude, adopt&#233;e par un secteur du pacifisme et de la gauche, implique de nier la l&#233;gitimit&#233; de la dimension nationale de la lutte de la r&#233;sistance ukrainienne contre la puissance occupante, tout en critiquant le caract&#232;re n&#233;olib&#233;ral et pro-&lt;i&gt;whitewashing&lt;/i&gt; du gouvernement qui la dirige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Enfin, il y a celle qui s'oppose &#224; tous les imp&#233;rialismes (qu'ils soient majeurs ou mineurs) et &#224; tous les doubles standards, se montrant pr&#234;te &#224; faire preuve de solidarit&#233; avec tous les peuples attaqu&#233;s, m&#234;me s'ils peuvent compter sur le soutien de l'une ou l'autre puissance imp&#233;riale (comme les &#201;tats-Unis et l'UE en ce qui concerne l'Ukraine) ou r&#233;gionale (comme l'Iran en ce qui concerne le Hamas en Palestine). C'est une position qui n'accepte pas le respect des sph&#232;res d'influence que les diff&#233;rentes grandes puissances aspirent &#224; prot&#233;ger ou &#224; &#233;tendre, et qui est solidaire des peuples qui luttent contre l'occupation &#233;trang&#232;re et pour le droit de d&#233;cider de leur avenir (en particulier, avec les forces de gauche dans ces pays qui s'engagent pour une alternative au n&#233;olib&#233;ralisme), et qui n'est align&#233;e sur aucun bloc politico-militaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette derni&#232;re position est celle que je consid&#232;re comme la plus coh&#233;rente de la part d'une gauche anticapitaliste. En r&#233;alit&#233;, en gardant la distance historique et en reconnaissant la n&#233;cessit&#233; d'analyser la sp&#233;cificit&#233; de chaque cas, elle co&#239;ncide avec les crit&#232;res que L&#233;nine a essay&#233; d'appliquer lorsqu'il a analys&#233; la centralit&#233; que la lutte contre l'oppression nationale et coloniale &#233;tait en train d'acqu&#233;rir dans la phase imp&#233;rialiste du d&#233;but du 20e si&#232;cle. Cela s'est refl&#233;t&#233;, en ce qui concerne les conflits qui ont &#233;clat&#233; &#224; cette &#233;poque, dans plusieurs de ses articles comme, par exemple, dans &#171; La r&#233;volution socialiste et le droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes &#187;, &#233;crit en janvier-f&#233;vrier 1916, dans lequel il a soutenu que :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le fait que la lutte contre une puissance imp&#233;rialiste pour la libert&#233; nationale peut, dans certaines conditions, &#234;tre exploit&#233;e par une autre &#171; grande &#187; puissance dans ses propres buts &#233;galement imp&#233;rialistes, ne peut pas plus obliger la social-d&#233;mocratie &#224; renoncer au droit des nations &#224; disposer d'elles-m&#234;mes, que les nombreux exemples d'utilisation par la bourgeoisie des mots d'ordre r&#233;publicains dans un but de duperie politique et de pillage financier, par exemple dans les pays latins, ne peuvent obliger les social-d&#233;mocrates &#224; renier leur r&#233;publicanisme&lt;/i&gt; &#187; (L&#233;nine, 1916).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une position internationaliste qui doit s'accompagner d'une mobilisation contre le processus de remilitarisation en cours de l'OTAN et de l'UE, mais aussi contre celui d'autres puissances comme la Russie et la Chine. Elle doit s'engager &#224; remettre au centre de l'agenda la lutte pour le d&#233;sarmement nucl&#233;aire unilat&#233;ral et la dissolution des blocs militaires, en reprenant le flambeau du puissant mouvement pacifiste qui s'est d&#233;velopp&#233; en Europe dans les ann&#233;es 1980, avec en t&#234;te les militantes f&#233;ministes de Greenham Common et des intellectuels tels qu'Edward P. Thompson. Une orientation qui devra &#233;videmment s'ins&#233;rer dans un projet global &#233;cosocialiste, f&#233;ministe, antiraciste et anticolonialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jaime Pastor&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Achcar, Gilbert (2024) &#171; El antifascismo y la ca&#237;da del liberalismo atl&#225;ntico &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 19/08/24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Awad, Nada (2024) &#171; Derecho Internacionalismo y excepcionalismo israel&#237; &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 193, pp. 19-27.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Camargo, Laura (2024) Trumpismo discursivo. Barcelone : Verso (sous presse).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Castellani, Lorenzo (2024) &#171; Avec Trump, l'&#232;re de l'acc&#233;l&#233;ration r&#233;actionnaire &#187;, Le Grand Continent, 8/11/24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Davies, William (2016) &#171; Neoliberalism 3.0 &#187;, &lt;i&gt;New Left Review&lt;/i&gt;, 101, pp. 129-143.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fuentes, Federico (2023) &#171; Interview with Promise Li : US-China rivalry, &#8220;antagonistic cooperation&#8221; and anti-imperialism &#187;,&lt;i&gt; South Wind&lt;/i&gt;, 191, 5-18.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gill, Stephen (2002) &#171; Globalization, Market Civilization and Disciplinary Neoliberalism &#187;. Dans Hovden, E. et Keene, E. (Eds.) The Globalization of Liberalism. Londres : Millennium. Palgrave Macmillan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&#233;nine, Vladimir (1976) &#171; La r&#233;volution socialiste et le droit des nations &#224; l'autod&#233;termination &#187;, &#338;uvres choisies, Volume V, pp. 349-363. Moscou : Progress.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pastor, Jaime (2022) &#171; El nuevo concepto estrat&#233;gico de la OTAN : Hacia una nueva guerra global permanente ? &#187;, viento sur, 2/07/22.&lt;br class='autobr' /&gt; (2024) &#171; Entretien avec Pierre Rousset : Crise mondiale et guerres : quel internationalisme pour le XXIe si&#232;cle ? &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 16/04/24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rousset, Pierre (2021) &#171; China, el nuevo imperialismo emergente &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 16/10/21.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Serfati, Claude (2022) &#171; La era de los imperialismos contin&#250;a : as&#237; lo demuestra Putin &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 21/04/22.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Slobodian, Quinn (2021) Globalistas. Madrid : Capit&#225;n Swing.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Smith, Ashley (2024) &#171; Imperialismo y antiimperialismo hoy &#187;, &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, 4/06/24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toussaint, Eric (2024) &#171; La cumbre de los BRICS en Rusia no ofreci&#243; ninguna alternativa &#187;, Viento Sur, 30/10/24.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Urb&#225;n, Miguel (2024) Trumpisms. N&#233;olib&#233;raux et autoritaires. Barcelone : Verso.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Traduit pour ESSF par Pierre Rousset avec l'aide de DeepL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Source -&lt;i&gt; Viento Sur&lt;/i&gt;, 15/NOV/2024 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/conflictos-geopoliticos-antiimperialismo-e-internacionalismo-en-tiempos-de-aceleracion-reaccionaria/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/conflictos-geopoliticos-antiimperialismo-e-internacionalismo-en-tiempos-de-aceleracion-reaccionaria/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Cet article est une version actualis&#233;e de celui publi&#233; dans la revue&lt;i&gt; Nuestra Bandera&lt;/i&gt;, 264, pp. 55-62, 2024.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jaime Pastor est politologue et membre de la r&#233;daction de &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*****&lt;/p&gt;
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol. &#171; Du 28M au 23J. Mar&#233;e droiti&#232;re contre progressisme en d&#233;clin &#187;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Du-28M-au-23J-Maree-droitiere-contre-progressisme-en-declin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Du-28M-au-23J-Maree-droitiere-contre-progressisme-en-declin</guid>
		<dc:date>2023-06-13T06:37:44Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-06-13</dc:subject>
		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En guise de premi&#232;res consid&#233;rations sur les r&#233;centes &#233;lections municipales et r&#233;gionales, deux conclusions peuvent facilement &#234;tre tir&#233;es : il y a eu une nette victoire du bloc n&#233;oconservateur et r&#233;actionnaire et une d&#233;faite politique pour le PSOE. La r&#233;ponse de Pedro S&#225;nchez &#224; l'euphorie de ses adversaires ne s'est donc pas fait attendre. Elle est arriv&#233;e d&#232;s le lendemain, en avan&#231;ant au 23 juillet (23J) les &#233;lections l&#233;gislatives g&#233;n&#233;rales qui avaient &#233;t&#233; programm&#233;es pour d&#233;cembre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-06-13-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-06-13&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH101/isabel_diaz_et_al-76473.png?1782148602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='101' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En guise de premi&#232;res consid&#233;rations sur les r&#233;centes &#233;lections municipales et r&#233;gionales, deux conclusions peuvent facilement &#234;tre tir&#233;es : il y a eu une nette victoire du bloc n&#233;oconservateur et r&#233;actionnaire et une d&#233;faite politique pour le PSOE. La r&#233;ponse de Pedro S&#225;nchez &#224; l'euphorie de ses adversaires ne s'est donc pas fait attendre. Elle est arriv&#233;e d&#232;s le lendemain, en avan&#231;ant au 23 juillet (23J) les &#233;lections l&#233;gislatives g&#233;n&#233;rales qui avaient &#233;t&#233; programm&#233;es pour d&#233;cembre de cette ann&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;2 juin 2023 | tir&#233; du site alencontre .org&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-du-28m-au-23j-maree-droitiere-contre-progressisme-en-declin.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-du-28m-au-23j-maree-droitiere-contre-progressisme-en-declin.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, une fois de plus, le leader socialiste, apr&#232;s avoir reconnu son erreur de s'&#234;tre adapt&#233; au cadre &#233;tatique que le bloc de droite a r&#233;ussi &#224; imposer au cours de la r&#233;cente campagne &#233;lectorale, a eu recours &#224; son habilet&#233; tactique bien connue pour jouer un coup et ouvrir un nouveau sc&#233;nario, pr&#233;vu par personne, en se fiant une fois de plus &#224; la d&#233;esse Chance. Nous entrons donc dans une nouvelle phase dont l'enjeu est de savoir s'il y aura d&#233;finitivement un changement de cycle ou si, au contraire, la r&#233;silience dont S&#225;nchez a fait preuve jusqu'&#224; pr&#233;sent parviendra &#224; survivre &#224; cette nouvelle &#233;preuve, sans aucun doute beaucoup plus difficile que les pr&#233;c&#233;dentes, sachant en outre qu'elle se d&#233;roulera dans un contexte de mar&#233;e n&#233;oconservatrice en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il semble d&#233;j&#224; clair qu'&#224; l'approche du 23J, l'objectif d'Alberto N&#250;&#241;ez Feij&#243;o [pr&#233;sident du Parti populaire depuis avril 2022] et de Pedro S&#225;nchez sera de r&#233;duire l'affrontement &#233;lectoral &#224; une polarisation bipartisane. Ce qui ne favorisera sans doute pas le Movimiento Sumar [dont la dirigeante est Yolanda Diaz, vice-pr&#233;sidente et ministre du Travail et de l'Economie sociale] d&#233;j&#224; l&#233;galis&#233; [comme parti politique depuis le 31 mai 2023] qui, bien qu'il ne se soit pas pr&#233;sent&#233;, ne sortira pas indemne du 28 mai (28M) ; surtout en raison de la d&#233;faite de la principale alli&#233;e de Yolanda D&#237;az, Ada Colau [maire de Barcelone depuis juin 2015], aux &#233;lections du Conseil municipal de Barcelone. Un Podemos beaucoup plus faible n'apportera pas non plus grand-chose, comme nous le verrons plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, S&#225;nchez va faire appel au vote utile contre le PP-Vox au d&#233;triment d'une confluence de formations politiques (y compris Izquierda Unida, En Com&#250; Podem, M&#225;s Madrid et Comprom&#237;s) qui ne seront probablement pas en mesure de contrer cette pression avec un contour unitaire. Une nouvelle tentative de parti-mouvement qui, en outre, semble vouloir continuer &#224; parier sur la reproduction du mod&#232;le d'un gouvernement de coalition progressiste qui n'a m&#234;me pas tenu les promesses fondamentales de son programme gouvernemental &#8211; comme, entre autres, l'abrogation des r&#233;formes du travail de Rajoy et Zapatero et de la loi b&#226;illon, ou une r&#233;forme fiscale progressiste &#8211; et qui, si cette reconduction &#233;tait men&#233;e &#224; bien, se d&#233;roulerait dans un rapport de forces encore pire que lors de la derni&#232;re l&#233;gislature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une mar&#233;e qui profite de la d&#233;composition de Ciudadanos&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;alit&#233;, ce qui s'est pass&#233; le 28 mai a confirm&#233; la tendance ascendante du PP pr&#233;vue par les sondages (&#224; l'exception de celui du Centro de Investigaciones Sociol&#243;gicas) gr&#226;ce, surtout, au fait que le PP a pu gagner une partie significative du vote de Ciudadanos (Cs), un parti qui a pratiquement disparu. De plus, le PP a montr&#233; sa capacit&#233; &#224; attirer une partie du vote Vox [extr&#234;me droite], en particulier dans la r&#233;gion de Madrid, o&#249; il a obtenu la majorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; cela, la diff&#233;rence de voix entre le PP et le PSOE lors des &#233;lections municipales au niveau de l'Etat, avec un taux de participation de 63,92%, n'a pas &#233;t&#233; assez importante pour assurer une victoire du PP aux &#233;lections g&#233;n&#233;rales de juillet : 31,51% contre 28,11%. N&#233;anmoins, cela signifie que le premier parti de droite a gagn&#233; le gouvernement dans un bon nombre de villes importantes (y compris les villes embl&#233;matiques de Valence contre Comprom&#237;s, de S&#233;ville contre le PSOE et de Cadix contre Adelante Andaluc&#237;a) et, surtout, dans les communaut&#233;s autonomes qu'il a arrach&#233;es au PSOE, comme le Pa&#237;s Valenci&#224;, l'Aragon, les &#238;les Bal&#233;ares, l'Estr&#233;madure, La Rioja et la Cantabrie. Bien que dans certaines d'entre elles, il devra payer un prix &#233;lev&#233; pour obtenir le soutien de Vox, un parti qui, bien qu'il ait acquis un poids municipal avec 7,19% des voix, est loin des 3,5 millions de voix qu'il a obtenues lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales de 2019. Malgr&#233; cela, il conditionnera la gouvernabilit&#233; de six r&#233;gions autonomes et de 30 capitales provinciales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande exception &#224; la victoire r&#233;colt&#233;e par le PP, comme le souligne Petxo Idoiaga (article du 31 mai sur le site Viento Sur), a &#233;t&#233; la Communaut&#233; autonome basque et la Navarre, o&#249; Euskal Herrua Bildu [&#171; R&#233;unir le Pays basque &#187;], seul b&#233;n&#233;ficiaire de la campagne contre l'ETA d&#233;ploy&#233;e surtout par Isabel Diaz Ayuso [membre du PP et pr&#233;sidente de la Communaut&#233; de Madrid], a connu une ascension notable qui menace l'h&#233;g&#233;monie du Parti nationaliste basque (PNV). En revanche, UNO Podemos a disparu des parlements r&#233;gionaux de Madrid, Valence et des &#238;les Canaries et de nombreuses mairies, dont la capitale madril&#232;ne. Il n'est plus pr&#233;sent dans cinq gouvernements r&#233;gionaux et ne reste pr&#233;sent que dans 17 capitales provinciales. Une d&#233;b&#226;cle qui l'oblige d&#233;sormais &#224; se r&#233;signer &#224; &#234;tre un acteur secondaire dans le projet de Yolanda D&#237;az. Reste &#224; savoir si cette confluence se concr&#233;tisera et, le cas &#233;ch&#233;ant, dans quelle mesure ils partageront un discours commun au cours d'une campagne qui les obligera &#224; se diff&#233;rencier davantage du PSOE.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre cas de figure est celui de la Catalogne, o&#249; la dimension &#233;tatique a profit&#233; au Parti des socialistes de Catalogne (PSC) alors qu'elle a nui &#224; la Gauche r&#233;publicaine de Catalogne (ERC) contre Junts per Catalunya. Junts per Catalunya s'est appuy&#233; cette fois sur l'image nostalgique de l'ancienne Converg&#232;ncia, incarn&#233;e avec succ&#232;s par le candidat &#224; la mairie de Barcelone, Xavier Tr&#237;as [maire de juillet 2011 &#224; juin 2015]. De son c&#244;t&#233;, la Candidature d'unit&#233; populaire (CUP), bien qu'elle n'ait pas r&#233;ussi &#224; entrer au Conseil municipal de Barcelone, a remport&#233; la deuxi&#232;me place &#224; G&#233;rone au sein de la coalition et reste la quatri&#232;me force politique en termes de nombre de si&#232;ges au Conseil municipal dans l'ensemble de la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un retour &#224; la centralit&#233; des deux grands partis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pla&#231;ant au centre du d&#233;bat des questions annexes &#8211; comme la d&#233;nonciation des alliances du &#171; sanchisme &#187; (Sanchez) avec &#171; les communistes, les s&#233;paratistes et les terroristes &#187; et en r&#233;veillant le fant&#244;me de l'ETA douze ans apr&#232;s sa dissolution, ainsi que des classiques comme la s&#233;v&#233;rit&#233; p&#233;nale contre tout d&#233;lit &#8211; et non les probl&#232;mes locaux et r&#233;gionaux (comme la crise de la sant&#233;, de l'&#233;ducation ou du logement, ou la lutte contre l'inflation), le PP a r&#233;ussi &#224; installer l'image d'un r&#233;gime et d'une Espagne en danger et d'une ins&#233;curit&#233; citoyenne qui lui a permis de sortir victorieux de ce d&#233;fi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa joie de triompher au premier tour, comme nous l'avons d&#233;j&#224; not&#233; plus haut, a &#233;t&#233; de courte dur&#233;e. Les leaders et les dirigeants du PP (avec l'ancien pr&#233;sident Aznar &#224; sa t&#234;te) n'ont pas pu cacher leur d&#233;ception face &#224; la d&#233;cision prise par S&#225;nchez d'&#233;lections en juillet. En effet, elle les oblige &#224; affronter un &#171; second tour &#187; dans un d&#233;lai beaucoup plus court que celui dont ils pensaient profiter pour approfondir, avec le puissant soutien m&#233;diatique dont ils disposent, l'&#233;rosion de la coalition gouvernementale progressiste, d&#233;sormais encore plus ill&#233;gitime si cela est possible. Cependant, ils n'ont pas tard&#233; &#224; choisir le slogan qui dirigera leur campagne : &#171; Soit S&#225;nchez, soit l'Espagne &#187;. On verra donc &#224; nouveau Alberto N&#250;&#241;ez Feij&#243;o, avec Isabel Diaz Ayuso au premier rang, recourir au spectre d'une rupture de l'unit&#233; de l'Espagne &#8211; qui n'est ni &#224; l'ordre du jour ni voulue par le PSOE &#8211; comme liant de son programme n&#233;olib&#233;ral, autoritaire et r&#233;actionnaire au service de la structure de pouvoir oligarchique qu'il repr&#233;sente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cet objectif, S&#225;nchez ne semble pas craindre le risque de transformer le 23J en pl&#233;biscite autour de sa personne, d&#233;sireux de remporter une victoire qui lui permettra d'&#233;viter de recourir &#224; des alliances inconfortables sur sa gauche. Ainsi, il cherchera &#224; calmer le malaise des barons du parti vaincus [PSOE], en essayant de renforcer son image de parti d'Etat et de rivaliser sans complexe avec la droite. C'est ce qu'il a d&#233;j&#224; fait dans nombre de ses politiques. Il va maintenant &#233;tendre cette orientation &#224; de nouvelles concessions portant sur des questions telles que la lutte contre le changement climatique, la politique fiscale, le droit au logement ou la mal nomm&#233;e ins&#233;curit&#233; citoyenne ; et, bien s&#251;r, en exprimant sa volont&#233; d'appliquer les coupes budg&#233;taires dict&#233;es par la Commission europ&#233;enne ou d'ob&#233;ir &#224; une OTAN sous leadership &#233;tats-unien. Il ne faut m&#234;me pas exclure que leur aspiration commune, avec le PP, &#224; r&#233;cup&#233;rer la centralit&#233; des deux partis au niveau de l'Etat, voire le bipartisme, les conduise apr&#232;s le 23J &#224; rechercher un accord pour une r&#233;forme &#233;lectorale suivant des mod&#232;les comme celui de la Gr&#232;ce, dans une tentative d'imposer une alternance qui a &#233;t&#233; enterr&#233;e en 2015. Tout cela au nom de la stabilit&#233; d'un r&#233;gime qui, malgr&#233; la fin des cycles ouverts par le 15M (mouvement des Indign&#233;s) et le souverainisme catalan, conna&#238;t encore de nombreuses fissures et doit faire face &#224; de plus grandes turbulences internationales ; et, surtout, &#224; une accumulation de troubles sociaux qui pourraient &#224; l'avenir produire des r&#233;voltes comme celles qui ont lieu dans des pays tels que la France ou la Grande-Bretagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;duire la menace de l'extr&#234;me droite en changeant de cap&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera certainement pas possible d'endiguer la d&#233;rive droiti&#232;re en faisant &#233;voluer le PSOE vers la droite. L'exp&#233;rience r&#233;cente des trois derni&#232;res ann&#233;es, comme dans d'autres pays, l'a d&#233;j&#224; montr&#233; : comme nous l'avons soutenu dans le dernier num&#233;ro de Viento Sur, les nouveaux progressismes peuvent &#234;tre, pour citer Modonesi, une &#171; digue temporaire &#187;, un moindre mal face au bloc r&#233;actionnaire, mais ils ne sont pas capables de &#171; r&#233;soudre les contradictions sous-jacentes &#187; qui expliquent sa mont&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la situation de &#171; paix sociale &#187; que les directions des CCOO et de l'UGT ont maintenue tout au long de cette l&#233;gislature et qu'elles ont renouvel&#233;e avec leur r&#233;cent pacte avec les patrons ne semble pas de nature &#224; favoriser la remobilisation de la gauche. Il sera donc difficile de cr&#233;er les conditions favorables pour d&#233;border le cadre bipartisan de la campagne &#233;lectorale et, surtout, de faire appara&#238;tre un projet autonome et alternatif dans la campagne qui mette au centre des questions aussi fondamentales que la lutte contre le changement climatique, la pr&#233;carit&#233; de nos vies, l'avanc&#233;e dans la reconnaissance de la r&#233;alit&#233; plurinationale de l'Etat, ou le rejet d'un racisme structurel qui, comme nous l'avons vu r&#233;cemment, en est venu &#224; avoir ses pires expressions non seulement &#224; notre fronti&#232;re m&#233;ridionale, mais aussi sur les terrains de football.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la gauche anticapitaliste doit &#233;galement assumer sa part de responsabilit&#233; dans la situation de d&#233;faite collective dans laquelle nous nous trouvons et qui la conduit &#224; &#234;tre pratiquement absente en tant qu'alternative politique lors de la prochaine bataille &#233;lectorale. Cela ne signifie pas qu'elle doive ignorer la n&#233;cessit&#233; de contribuer &#224; emp&#234;cher la victoire du bloc de droite, car nous ne pouvons pas sous-estimer la menace que repr&#233;senterait son acc&#232;s au gouvernement de l'Etat, avec l'attaque cons&#233;quente des droits civils et sociaux fondamentaux (en premier lieu contre les personnes du Sud et les femmes) et le renforcement d'une soi-disant d&#233;mocratie militante [extension des pouvoirs juridiques pour d&#233;fendre le dit ordre d&#233;mocratique lib&#233;ral], pr&#234;te m&#234;me &#224; mettre hors la loi une partie de l'actuel spectre parlementaire. Cependant, la gauche anticapitaliste devrait affronter ce danger &#224; partir d'une position autonome et critique qui, &#224; son tour, chercherait &#224; se joindre aux mouvements sociaux et aux forces politiques &#224; gauche du PSOE, cela dans un processus de remobilisation sociale contre les politiques n&#233;olib&#233;rales et n&#233;oconservatrices, d'o&#249; qu'elles viennent et quels que soient les gouvernants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tout &#233;tat de cause, quels que soient les r&#233;sultats du 23J, des heures encore plus difficiles nous attendent : il est temps de r&#233;sister &#224; la menace d'un autoritarisme r&#233;actionnaire, mais aussi &#224; un bipartisme syst&#233;mique qui se renforce, et de chercher de nouvelles voies de convergence et d'ancrage dans les couches populaires qui contribueront &#224; offrir un horizon d'espoir pour un v&#233;ritable changement. Pour cela, il faudra s'appuyer sur le travail essentiel et patient des r&#233;seaux de solidarit&#233; de quartiers et de lieux de travail qui permettent un plus grand ancrage social autour d'une culture de la mobilisation et de la solidarit&#233; qui remette au centre les conflits sociaux et la d&#233;fense d'une vie digne sur une plan&#232;te habitable face au capital. (Article publi&#233; sur le site Viento Sur, le 31 mai 2023 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Jaime Pastor est politologue et r&#233;dacteur en chef de Viento sur.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Apr&#232;s les &#233;lections du 4 mai : Madrid, capitale du Trumpisme europ&#233;en &#8211; Et maintenant quoi ?</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Apres-les-elections-du-4-mai-Madrid-capitale-du-Trumpisme-europeen-Et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Apres-les-elections-du-4-mai-Madrid-capitale-du-Trumpisme-europeen-Et</guid>
		<dc:date>2021-05-18T06:46:30Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2021-05-18</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Je suis consciente que j'ai beaucoup de votes emprunt&#233;s &#8211; provenant d'autres forces politiques-, il faudra l'analyser &#187;, Isabel D&#237;az Ayuso, El Pa&#237;s, 5/05/2021. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux articles sont d&#233;j&#224; parus ces jours-ci, dont certains sur notre site web, &#224; propos des &#233;lections du 4 mai 2021 (4M). C'est pourquoi, dans cet article, je n'entrerai pas dans des r&#233;f&#233;rences &#224; des donn&#233;es tr&#232;s pr&#233;cises, mais j'essaierai de mettre en &#233;vidence les aspects qui me semblent les plus pertinents dans le nouveau (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2021-05-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2021-05-18&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH77/arton48312-19671.png?1782148602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='77' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suis consciente que j'ai beaucoup de votes emprunt&#233;s &#8211; provenant d'autres forces politiques-, il faudra l'analyser &#187;&lt;/strong&gt;, Isabel D&#237;az Ayuso, El Pa&#237;s, 5/05/2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De nombreux articles sont d&#233;j&#224; parus ces jours-ci, dont certains sur notre site web, &#224; propos des &#233;lections du 4 mai 2021 (4M). C'est pourquoi, dans cet article, je n'entrerai pas dans des r&#233;f&#233;rences &#224; des donn&#233;es tr&#232;s pr&#233;cises, mais j'essaierai de mettre en &#233;vidence les aspects qui me semblent les plus pertinents dans le nouveau sc&#233;nario politique qui se dessine, ainsi que les cons&#233;quences que ces r&#233;sultats peuvent avoir au-del&#224; de la Communaut&#233; de Madrid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 mai 2021 | tir&#233; du site Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article58108&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article58108&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une conclusion pr&#233;alable et indiscutable doit &#234;tre faite et il est obligatoire de partir de celle-ci : l'ayusisme a obtenu une victoire &#233;lectorale retentissante qui va avoir des effets au-del&#224; de la capitale de l'&#201;tat et m&#234;me &#224; l'&#233;chelle europ&#233;enne, comme nous avons pu le v&#233;rifier avec les f&#233;licitations rapides que le leader du PP a re&#231;ues de Mateo Salvini, d&#233;termin&#233; &#224; aller forger un nouveau regroupement de l'extr&#234;me droite europ&#233;enne et, en m&#234;me temps, &#224; trouver la recette qui lui permet de concilier le fait d'&#234;tre un parti de protestation (x&#233;nophobe, surtout) et un parti de gouvernement soutenant le technocrate n&#233;olib&#233;ral Draghi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette victoire s'est produite, en outre, avec un taux de participation, 76,2%, qui a &#233;t&#233; le plus &#233;lev&#233; connu jusqu'&#224; pr&#233;sent dans une &#233;lection dans la Communaut&#233; de Madrid. Malgr&#233; cela, et contre les attentes du bloc progressiste, cette augmentation s'est traduite par une plus grande mobilisation du vote en faveur de la droite et non de la gauche. Cela ne peut &#234;tre compris sans reconna&#238;tre qu'Ayuso a r&#233;ussi &#224; obtenir, au-del&#224; des doses classiques de n&#233;oconservatisme, de n&#233;olib&#233;ralisme et de nationalisme espagnol, un cadre de polarisation associ&#233; &#224; l'unicit&#233; de Madrid dans la lutte contre la pand&#233;mie, repr&#233;sent&#233;e par elle contre le gouvernement de S&#225;nchez, comme l'a bien d&#233;crit Juan Jes&#250;s Gonz&#225;lez quelques jours avant 4M :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La pand&#233;mie est devenue un facteur suppl&#233;mentaire de polarisation en raison, d'une part, de la pr&#233;carit&#233; de la strat&#233;gie gouvernementale face &#224; une crise sans pr&#233;c&#233;dent ; et, d'autre part, du d&#233;couragement et de la lassitude d'une opinion publique lass&#233;e des restrictions et impuissante devant l'ampleur des co&#251;ts &#233;conomiques, sociaux et psychologiques de la pand&#233;mie &#187; [1].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, Ayuso a r&#233;ussi &#224; convertir son id&#233;e de libert&#233;, r&#233;duite &#224; une d&#233;fense de l'entreprise commerciale, mais aussi du &#171; droit de travailler et de consommer sans restrictions &#187;, r&#233;pondant ainsi &#224; la fatigue pand&#233;mique qui s'est r&#233;pandue parmi une partie importante de la population touch&#233;e. Elle a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e comme une voie de conciliation entre la sant&#233; et l'&#233;conomie face aux errances du gouvernement S&#225;nchez-Iglesias et au peu d'attention qu'il porte aux secteurs les plus l&#233;s&#233;s par l'&#233;tat d'urgence, que ce soit sur le plan &#233;conomique ou simplement dans leur &#233;tat d'esprit. Ainsi, il a r&#233;ussi &#224; laisser au second plan le bilan d&#233;sastreux de sa propre gestion de la crise sanitaire, surtout dans la premi&#232;re phase, &#224; r&#233;cup&#233;rer la plupart des votes qui, par le pass&#233;, allaient &#224; Ciudadanos (le premier grand perdant du jour des &#233;lections) et &#224; attirer une partie de l'abstentionnisme traditionnel et m&#234;me une autre, bien que r&#233;duite, provenant de l'&#233;lectorat du PSOE. Il s'agit &#233;galement d'un vote clairement transversal en termes de composition sociale et territoriale, qui, s'il se consolide, pourrait signifier un bond en avant dans l'expansion du bloc social h&#233;g&#233;monique qui s'est construit au cours des 26 ann&#233;es de gouvernements PP. Car il est clair qu'il y a eu une fraction non n&#233;gligeable de votes captur&#233;s, n&#233;gatifs, comme l'a reconnu la chef du PP elle-m&#234;me le soir des &#233;lections. Il n'a pas &#233;t&#233; facile de contrecarrer ce soutien circonstanciel, mais, bien s&#251;r, les mesures tr&#232;s limit&#233;es du gouvernement central et le climat ant&#233;rieur d'accord social entre syndicats et employeurs n'ont pas aid&#233; &#224; d&#233;montrer par les faits qu'il existait une politique alternative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre fait en faveur du bloc r&#233;actionnaire a &#233;t&#233; le fait que Vox, bien qu'il ait perdu beaucoup de voix par rapport &#224; celles qu'il avait obtenues lors des derni&#232;res &#233;lections g&#233;n&#233;rales, a pu r&#233;sister &#224; l'effet Ayuso en se consolidant comme force politique dans ses principaux fiefs. En plus de cela, le leader du PP a repris une partie de son discours et de ses propositions concr&#232;tes (contre l'euthanasie, contre l'avortement, contre les squatteurs...), alors qu'il n'en a quasiment pas parl&#233; pendant la campagne. Il faut donc craindre que, m&#234;me s'il n'est pas au gouvernement, Vox continue &#224; fixer son agenda et &#224; conditionner l'approbation des lois qui requi&#232;rent une majorit&#233; absolue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me grand perdant apr&#232;s Ciudadanos (Cs, un parti qui a suffisamment d&#233;montr&#233; qu'il ne repr&#233;sentait pas un centre politique encore &#224; d&#233;couvrir) a &#233;t&#233; le PSOE &#8211; pas seulement le PSOE &#224; Madrid &#8211;, puisqu'il a obtenu les pires r&#233;sultats de son histoire dans cette Communaut&#233;. La campagne de Gabilondo (t&#233;l&#233;guid&#233;e depuis la Moncloa et son gourou Iv&#225;n Redondo), obs&#233;d&#233;e par l'id&#233;e de recueillir d'abord le vote des Cs et d'&#233;viter de confronter Ayuso sur des questions centrales comme la politique fiscale ou la gestion de la pand&#233;mie, a pris un virage forc&#233; apr&#232;s le d&#233;bat du SER qui a fini par affaiblir sa cr&#233;dibilit&#233; en tant qu'alternative. Ainsi, m&#234;me si heureusement l'Espagne n'est pas Madrid, il est clair que cette d&#233;faite a une port&#233;e au-del&#224; de la capitale et affecte le leadership de Pedro S&#225;nchez, d'autant plus que lui et son gouvernement de coalition &#233;taient une cible centrale des attaques de la campagne d'Ayuso. La d&#233;mission de Gabilondo en tant que d&#233;put&#233; et celle de son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral &#224; Madrid n'exon&#232;rent pas S&#225;nchez de sa responsabilit&#233; et c'est ainsi que cette d&#233;faite continuera d'&#234;tre per&#231;ue par son propre &#233;lectorat, comme en profite d&#233;j&#224; sa vieille concurrente Susana D&#237;az.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le troisi&#232;me perdant a &#233;t&#233; Podemos Unidas, avec Pablo Iglesias &#224; sa t&#234;te. Car il est vrai qu'il a r&#233;ussi &#224; faire en sorte que cette formation soit pr&#233;sente dans le nouveau parlement, mais il n'a pas r&#233;ussi &#224; faire en sorte que l'augmentation de la participation &#233;lectorale soit &#224; son avantage, mais plut&#244;t le contraire. Malgr&#233; le fait qu'il ait abord&#233; d'autres th&#232;mes tout au long de la campagne et que la candidature incluait des activistes repr&#233;sentatifs de diff&#233;rents mouvements sociaux, la priorit&#233; qu'Iglesias a donn&#233;e &#224; la polarisation autour de l'axe antifasciste n'a pas r&#233;ussi &#224; la connecter avec des secteurs populaires moins politis&#233;s qui, au contraire, ont &#233;t&#233; contamin&#233;s par une campagne politique et m&#233;diatique brutale contre lui. Sa d&#233;mission est la confirmation de son propre &#233;chec, ouvrant ainsi une nouvelle phase de Podemos, dont il reste &#224; voir si elle garantit sa coh&#233;sion interne sans le leadership pl&#233;biscitaire qui s'est concentr&#233; autour de sa figure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au contraire, M&#225;s Madrid a &#233;t&#233; la seule force gagnante au sein du bloc progressiste, en s'appuyant sur une campagne autour d'un nouveau leader qui a mis l'accent sur des questions cl&#233;s telles que la sant&#233; (&#171; curar Madrid &#187;, gu&#233;rir Madrid) et, surtout, a r&#233;ussi &#224; capter le m&#233;contentement d'une partie de l'&#233;lectorat de la classe moyenne et ouvri&#232;re qui vote g&#233;n&#233;ralement socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle phase s'ouvre maintenant qui permettra &#224; Ayuso de laisser libre cours &#224; sa version particuli&#232;re du n&#233;olib&#233;ralisme autoritaire et du nationalisme espagnol, tandis que le bloc progressiste devra faire face &#224; un processus de recomposition dans lequel M&#225;s Madrid pourra atteindre une plus grande pro&#233;minence autour d'un projet n&#233;osocial-d&#233;mocratique, vert et f&#233;ministe qui a pour r&#233;f&#233;rence les Verts allemands.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nouvelle phase, anciennes fractures&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de la Communaut&#233; de Madrid, le paysage politique conna&#238;tra &#233;galement des changements notables, m&#234;me s'il est ind&#233;niable que le triomphe a &#233;t&#233; celui d'Ayuso et non du PP. Ce parti sort renforc&#233; de ces &#233;lections, confiant qu'il b&#233;n&#233;ficiera de la d&#233;composition des Cs dans d'autres r&#233;gions autonomes, mais le leadership trumpiste-madril&#232;ne dont Ayuso a fait preuve est loin d'&#234;tre exportable dans d'autres r&#233;gions et pas seulement en Catalogne ou en Euskadi. Le test de la croissance du PP et de sa capacit&#233; &#224; stopper la mont&#233;e de Vox (bien que le mentor de Casado et Abascal, Jos&#233; Mar&#237;a Aznar, ait d&#233;j&#224; propos&#233; une coalition stable entre les deux partis) se fera principalement en Andalousie, o&#249; il reste &#224; voir si son pr&#233;sident, Juan Manuel Moreno, d&#233;cide finalement de convoquer des &#233;lections anticip&#233;es &#224; l'automne prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, une bataille s'engage au sein du PP pour savoir quel est le meilleur discours capable d'arr&#234;ter la mont&#233;e de Vox sans manquer de ramasser les restes de Cs. C'est l&#224; qu'Ayuso fera compter sa victoire &#233;clatante contre les barons et Casado lui-m&#234;me, dont la dissociation de la motion de censure pass&#233;e de l'extr&#234;me droite est d&#233;sormais loin. Il faut donc pr&#233;voir une plus grande bellig&#233;rance de Casado envers la coalition gouvernementale afin d'accentuer son usure ind&#233;niable, en exigeant sa rupture avec Podemos et les forces politiques souverainistes catalanes et basques, l'abandon des promesses mod&#233;r&#233;es de d&#233;-judiciarisation du conflit catalan (r&#233;forme du d&#233;lit de s&#233;dition, gr&#226;ces, table de dialogue), la n&#233;gociation bipartisane des fonds europ&#233;ens et le renoncement &#224; certaines des promesses en mati&#232;re de travail ou de fiscalit&#233; contenues dans l'accord de gouvernement avec UP. Tout cela dans le contexte d'une crise profonde de l'&#201;tat autonome, avec diff&#233;rentes fissures qui restent ouvertes et qui permettront &#224; Ayuso, comme elle l'a d&#233;j&#224; avanc&#233;, d'agir comme &#171; un contrepoids et un contre-pouvoir &#187; de son gouvernement contre celui de S&#225;nchez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne semble pas que le leader du PSOE va opposer une grande r&#233;sistance &#224; ces plans dans le domaine socio-&#233;conomique, malgr&#233; les vents nouveaux en provenance des &#201;tats-Unis - avec Biden en faveur d'une variante n&#233;okeyn&#233;sienne du capitalisme compassionnel - et, surtout, les pires effets de la profonde crise &#233;cologique, &#233;conomique, sociale et des soins, avec ses d&#233;riv&#233;s, qui se profile &#224; l'horizon. Quoi qu'il en soit, au fur et &#224; mesure que le processus de vaccination progresse et que la fatigue de la pand&#233;mie est surmont&#233;e, les promesses de l'arriv&#233;e de fonds europ&#233;ens (qui sont d&#233;j&#224; annonc&#233;s comme un nouveau renflouement des grandes entreprises de l'Ibex 35) ne suffiront pas &#224; neutraliser le malaise qui continuera &#224; se r&#233;pandre dans les couches populaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, en ce qui concerne le conflit catalan, S&#225;nchez sera confront&#233; &#224; un d&#233;fi qui pourrait mettre en p&#233;ril sa stabilit&#233; dans un gouvernement affaibli apr&#232;s le 4M : son retard continu &#224; d&#233;bloquer ce conflit, au moins en ce qui concerne la politique r&#233;pressive, pourrait lui faire perdre le soutien parlementaire n&#233;cessaire pour contrecarrer l'offensive que le bloc PP-Vox entreprendra dans les prochains mois. Il devra faire un geste dans une direction ou une autre, maintenant que la b&#233;quille souhait&#233;e des Cs a disparu, s'il veut &#233;viter que la demande d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales anticip&#233;es de l'opposition ne revienne au premier plan &#224; l'automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sanchez devra &#233;galement faire face &#224; des batailles internes en Andalousie et dans la m&#234;me Communaut&#233; de Madrid, d&#233;sormais dirig&#233;e par un responsable contraint de r&#233;soudre un &#233;ni&#232;me conflit pour la reconstruction d'un parti vieillissant qui s'est av&#233;r&#233; avoir perdu l'ancrage dans des zones traditionnellement cl&#233;s de son &#233;lectorat. Une maladie qui, bien s&#251;r, n'est pas seulement imputable &#224; ce parti, mais qui est r&#233;pandue dans la plupart des partis, de plus en plus oligarchiques et d&#233;pendants de leaderships charismatiques, dont la routinisation et l'attrition tendent &#224; &#234;tre rapides en ces temps turbulents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Et la gauche du PSOE ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi la crise dans laquelle pourrait entrer l'UP dans ses deux composantes &#8211; Podemos et IU &#8211; et entre elles n'est pas de bon augure. La bureaucratisation acc&#233;l&#233;r&#233;e de Podemos et l'insertion de IU dans le m&#234;me processus, dix ans apr&#232;s la naissance du 15M, sont d&#233;j&#224; pratiquement irr&#233;versibles. A cela s'ajoute le fait que sa continuit&#233; dans la coalition gouvernementale ne manquera pas d'accentuer son &#233;rosion devant la base sociale de la nouvelle classe moyenne dont elle est issue, &#224; quoi s'ajoutera l'entr&#233;e dans un processus de d&#233;bat et de remplacement interne qui peut l'aggraver encore plus si possible. Un vide dont M&#225;s Pa&#237;s peut profiter, au moins partiellement, au-del&#224; de Madrid pour tester son extension, seul ou, comme c'est d&#233;j&#224; le cas avec Comprom&#237;s &#8211; force politique de la communaut&#233; de Valence &#8211;, en alliance avec d'autres forces au niveau r&#233;gional.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette sombre perspective, m&#234;me les principales forces politiques souverainistes de gauche ne parviennent pas &#224; avancer dans la construction d'une &#171; opposition qui s'oppose &#187; (pour reprendre le vieux titre d'un ouvrage de Jos&#233; Manuel Naredo) au n&#233;ocaciquisme de plus en plus transnationalis&#233; qui est &#224; l'origine de ce r&#233;gime monarchique et le soutient. Dix ans apr&#232;s le 15M et le potentiel rupturiste qui est n&#233; avec cet &#233;v&#233;nement, son esprit a &#233;t&#233; pratiquement dilapid&#233; avec la d&#233;rive transformiste de la force politique qui aspirait &#224; &#234;tre l'exposant de ses revendications dans les institutions. M&#234;me la r&#233;g&#233;n&#233;ration de ce r&#233;gime irr&#233;formable (sinon pour le pire) n'a pas eu lieu et la fracture entre l'ancienne et la nouvelle politique a &#233;t&#233; oubli&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y aura pas de reconstruction d'une gauche qui renoue avec cet h&#233;ritage d'indignation et d'exigence de d&#233;mocratie r&#233;elle sans cr&#233;er les conditions d'une nouvelle vague de mobilisations et d'auto-organisation populaires capable d'affronter le nouveau bond en avant de la doctrine du choc qui nous menace dans les temps &#224; venir. Il est maintenant temps, comme le proposent d'autres articles r&#233;cemment publi&#233;s dans Viento sur, de faire un effort pour configurer un p&#244;le social et politique alternatif &#224; partir de l'autonomie et du protagonisme d'organisations sociales renouvel&#233;es et ancr&#233;es territorialement dans leurs villes, quartiers et villages. Car, comme l'a rappel&#233; Cristina Mart&#237;n, &#171; la p&#233;dagogie sociale et politique ne suffit pas. Ce qu'il faut, ce sont des actions. Ressources, argent, mesures mat&#233;rielles. Nous devons construire des quartiers. Centres sociaux, maisons de village, sport de proximit&#233; &#187; [2].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrons le faire avec humilit&#233; et en contestant les cadres de polarisation qui nous sont impos&#233;s d'en haut, mais sans nous y adapter, afin de &#171; ne pas nous tromper ni nous d&#233;naturer &#187;, comme l'a recommand&#233; Manuel Sacrist&#225;n contre la d&#233;rive eurocommuniste qui, &#224; l'&#233;poque de la mythique Transition dirig&#233;e par Santiago Carrillo. Parce que de nombreux travailleurs qui ont vot&#233; pour Ayuso verront bient&#244;t qu'apr&#232;s la fin (?) des restrictions subies pendant cette derni&#232;re p&#233;riode, la libert&#233;, si elle n'est pas accompagn&#233;e de la lutte pour l'&#233;galit&#233; et la solidarit&#233;, deviendra pour eux un mot vide de sens face &#224; une nouvelle phase de pillage du public et du commun par l'oligarchie parasitaire qui nous domine. C'est pourquoi nous devons exiger avec d'autant plus de raison, comme le propose Wendy Brown [3], &#171; une notion de libert&#233; qui inclut la libert&#233; face au manque, la libert&#233; face au d&#233;sespoir et &#224; la pr&#233;carit&#233;, la libert&#233; face &#224; l'impuissance du sans-abrisme. La libert&#233; de, mais aussi la libert&#233; de : la libert&#233; de r&#233;aliser nos r&#234;ves, pas seulement de survivre ; la libert&#233; de choisir, pas seulement de se faire avorter ou de choisir avec qui coucher - ce qui est important - mais aussi la libert&#233; de construire des vies, de construire des communaut&#233;s et des mondes dans lesquels nous voulons tous vivre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de recettes magiques pour vaincre la droite, mais il y a des le&#231;ons &#224; (d&#233;)tirer de ce qui s'est pass&#233; si nous voulons &#233;viter que la trag&#233;die v&#233;cue dans ce 4M se r&#233;p&#232;te dans deux ans &#224; Madrid et ailleurs dans l'&#201;tat. Et la t&#226;che commence maintenant, sans leur laisser de r&#233;pit, en faisant des pas en avant vers la reconstruction d'un front social contre-h&#233;g&#233;monique qui aura sa traduction politique, non pas d'en haut, mais d'en bas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaime Pastor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P.-S.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Source originale :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://vientosur.info/madrid-capital-del-trumpismo-europeo-y-ahora-que/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://vientosur.info/madrid-capital-del-trumpismo-europeo-y-ahora-que/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Jaime Pastor est politologue et r&#233;dacteur en chef de Viento sur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] &#171; El 4-M y el juego de la identidad &#187;, El Mundo, 21/04/2021.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] &lt;a href=&#034;https://ctxt.es/es/20210501/Firmas/35964/elecciones-madrid-cinturon-rojo-sur-podemos-4m-ayuso-usera-cristina-martin-gomez.htm?utm_campaign=paseo-semanal-de-7-de-mayo&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=acumbamail&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://ctxt.es/es/20210501/Firmas/35964/elecciones-madrid-cinturon-rojo-sur-podemos-4m-ayuso-usera-cristina-martin-gomez.htm?utm_campaign=paseo-semanal-de-7-de-mayo&amp;utm_medium=email&amp;utm_source=acumbamail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] &lt;a href=&#034;https://tintalimon.com.ar/post/si-no-trabajamos-en-la-resignificaci%C3%B3n-de-la-libertad-perderemos-esta-batalla/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://tintalimon.com.ar/post/si-no-trabajamos-en-la-resignificaci%C3%B3n-de-la-libertad-perderemos-esta-batalla/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Covid-19, le capitalisme et la fin de la normalit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Covid-19-le-capitalisme-et-la-fin-de-la-normalite</link>
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		<dc:date>2020-05-12T07:32:07Z</dc:date>
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		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Le Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-05-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'emprunte le titre de l'&#339;uvre de James K. Galbraith, The End of Normal1, car il semble aujourd'hui incontestable que la &#171; normalit&#233; &#187; est d&#233;finitivement termin&#233;e et que nous nous trouvons &#224; un tournant in&#233;dit de notre histoire contemporaine. Et, surtout, de celle d'un capitalisme mondialis&#233;, qui s'&#233;tait impos&#233; comme le seul syst&#232;me possible. Parce que c'est maintenant qu'il faut le remettre en question. Pour des raisons encore plus fortes. &lt;br class='autobr' /&gt; Cr&#233;dit Photo : Phototh&#232;que Rouge / JMB Jaime (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-International-" rel="directory"&gt;International&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Le-Monde-614-+" rel="tag"&gt;Le Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-05-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-05-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;J'emprunte le titre de l'&#339;uvre de James K. Galbraith, The End of Normal1, car il semble aujourd'hui incontestable que la &#171; normalit&#233; &#187; est d&#233;finitivement termin&#233;e et que nous nous trouvons &#224; un tournant in&#233;dit de notre histoire contemporaine. Et, surtout, de celle d'un capitalisme mondialis&#233;, qui s'&#233;tait impos&#233; comme le seul syst&#232;me possible. Parce que c'est maintenant qu'il faut le remettre en question. Pour des raisons encore plus fortes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cr&#233;dit Photo : Phototh&#232;que Rouge / JMB&lt;br class='autobr' /&gt;
Jaime Pastor&lt;br class='autobr' /&gt;
Tir&#233; du site du NPA, 9 mai 2020&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il existe un d&#233;bat parmi les scientifiques sur les origines de la pand&#233;mie, il semble qu'il y ait suffisamment de preuves que la propagation est &#233;troitement li&#233;e &#224; &#171; la cocotte-minute &#233;volutive de l'agriculture et de l'urbanisation capitaliste &#187; et avec des facteurs tels que &#171; &lt;i&gt; l'alt&#233;ration globale des &#233;cosyst&#232;mes associ&#233;e &#224; la crise &#233;cosociale et climatique, la d&#233;forestation de l'Asie du Sud-Est, les changements massifs dans l'utilisation des terres, la fragmentation des habitats, l'urbanisation, la croissance massive du tourisme et du transport a&#233;rien, la faiblesse et la marchandisation des syst&#232;mes de sant&#233; publique &#187;, &lt;/i&gt; comme l'explique Joan Benach dans &#171; Le coronavirus est une menace pour les quartiers les plus pauvres &#187;2. Un ensemble de facteurs, donc, qui exigent une remise en question radicale du mod&#232;le de civilisation injuste et anti-&#233;cologique qui a fa&#231;onn&#233; le capitalisme tout au long de son histoire et qui a atteint son point culminant sous le n&#233;olib&#233;ralisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un capitalisme qui ne s'est m&#234;me pas montr&#233; compatible avec la t&#226;che de garantir un droit universel aussi fondamental que la sant&#233;. Bien au contraire, il l'a restreint en pillant, privatisant, r&#233;duisant et surexploitant la sant&#233; publique et ses travailleur&#183;es pour la mettre entre les mains du secteur priv&#233;, uniquement motiv&#233; par la logique du profit maximum. C'est tout cela qui a cr&#233;&#233; les conditions de l'effondrement du syst&#232;me qui se produit actuellement dans les pays dits d&#233;velopp&#233;s &#8211; le Premier Monde, mal nomm&#233; et suppos&#233; mod&#232;le &#8211;, avec la trag&#233;die humaine qui en r&#233;sulte et que nous observons avec une indignation croissante ces jours-ci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait des doutes avant cette crise, il ne devrait plus y en avoir pour vous convaincre que nous sommes entr&#233;s dans l'&#232;re du &#171; capitalisme du d&#233;sastre &#187;3, avec la crise climatique comme principale menace pour la vie sur la plan&#232;te, mais avec d'autres qui interagissent avec elle, comme celle de la sant&#233; et l'aggravation des in&#233;galit&#233;s de toutes sortes, qui transforment un nombre croissant de personnes en objets jetables. Ajoutons-y une perspective de sortie de crise encore pire, en raison de l'entr&#233;e imminente dans une nouvelle Grande r&#233;cession, d&#233;j&#224; probable avant l'irruption de Covid-19. Cette r&#233;cession en sera d'autant plus grave et elle va g&#233;n&#233;rer une augmentation &#233;norme de la dette mondiale et, en cons&#233;quence, une puissante pression des grandes multinationales pour que les &#201;tats les sauvent &#224; nouveau afin qu'elles puissent se concurrencer encore plus dans le cadre de l'instabilit&#233; g&#233;opolitique g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au milieu de ce repli national-&#233;tatique quasi g&#233;n&#233;ralis&#233;, nous pourrions bient&#244;t nous retrouver face &#224; une offensive d'aust&#233;rit&#233; n&#233;olib&#233;rale plus dure que la pr&#233;c&#233;dente &#8211; y compris dans une Union europ&#233;enne qui a montr&#233; toute son impuissance lorsqu'il s'agit d'apporter une r&#233;ponse solidaire, comme l'expliquent Manuel Gar&#237; et Fernando Luengo. Il est possible que ce nouveau tour de vis soit accompagn&#233;, dans le meilleur des cas, de quelques mesures temporaires de compassion visant &#224; neutraliser les mouvements sociaux, comme c'est le cas actuellement, mais cela ne compensera pas la brutalit&#233; du recours des employeurs aux Proc&#233;dures r&#233;glementaires sur l'emploi temporaire (ERTE) car d&#233;j&#224;, comme le rappelle Mart&#237;n C&#250;neo, &#171; le gouvernement sauve les grandes entreprises b&#233;n&#233;ficiaires &#187;4. Ces mouvements sociaux apparus avant la pand&#233;mie, ces r&#233;voltes populaires dans de nombreux endroits de la plan&#232;te, stimul&#233;es par les mobilisations initi&#233;es par l'&#233;cologie et le f&#233;minisme, renaitront, nous l'esp&#233;rons, face &#224; cette probable strat&#233;gie de choc, sous l'une ou l'autre variante nationale-&#233;tatique, en fonction des diff&#233;rents rapports des forces sociales et politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;(D&#233;)raison d'un monde en faillite&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, il ne sera pas facile pour un n&#233;olib&#233;ralisme qui &#233;tait devenu&lt;i&gt; &#171; la nouvelle raison du monde &#187;5 de retrouver la l&#233;gitimit&#233; perdue dans cette crise. En effet, nous avons vu comment la r&#233;ponse &#224; la pand&#233;mie s'est r&#233;v&#233;l&#233;e incompatible avec la culture de l'individualisme propri&#233;taire et de &#171; l'esprit d'entreprise &#187; &lt;/i&gt; et n&#233;cessite la recherche de solutions collectives &#8211; &#224; ne pas confondre avec des &#171; solutions &#187; &#233;tatistes &#8211; pour la d&#233;fense du public, du bien commun, de la solidarit&#233; et du soutien mutuel pour les soins. Dans ce domaine, la revendication de soins de sant&#233; publics universels, gratuits et de qualit&#233;, sous contr&#244;le social, dans n'importe quelle partie du monde, est aujourd'hui la plus urgente. Une lutte qui se manifeste d&#233;j&#224; par un tr&#232;s grand nombre d'initiatives venues d'en bas &#8211; m&#234;me dans des conditions de confinement et en faisant de la n&#233;cessit&#233; une vertu &#8211; qui annoncent un bond en avant dans la construction et le renforcement de r&#233;seaux d'auto-organisation communautaire dans de nombreuses villes, quartiers et villages partout dans l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La paralysie forc&#233;e d'une longue liste d'activit&#233;s &#233;conomiques, pour les r&#233;duire &#224; ce qui est essentiel (souvent sous la pression de la classe ouvri&#232;re autour du slogan &#171; &lt;i&gt;Nos vies valent plus que vos profits &lt;/i&gt; &#187;, comme cela s'est produit dans l'industrie ou la construction) permet de donner de la cr&#233;dibilit&#233; aux propositions de diminution s&#233;lective &#8211; y compris la remise en cause du mod&#232;le de consommation, en distinguant les besoins des faux d&#233;sirs &#8211; issues de l'&#233;cologie, &#224; la revalorisation du travail de soins que le f&#233;minisme r&#233;clame depuis longtemps, en somme &#224; la pr&#233;figuration d'une &#233;conomie morale alternative par opposition au f&#233;tichisme de la croissance &#233;conomique et &#224; l'&#233;conomie politique du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera donc pas facile pour les think tanks n&#233;olib&#233;raux de r&#233;p&#233;ter l'histoire de 2008, en cherchant &#224; bl&#226;mer d&#233;magogiquement ceux du bas de l'&#233;chelle pour avoir &#171; &lt;i&gt;v&#233;cu au-dessus de nos moyens &#187; et &#224; faire de l'&#201;tat le sauveur des grandes entreprises dans sa version lib&#233;rale ordinaire. Le cadre h&#233;g&#233;monique est contest&#233; et avec lui &#233;merge le sentiment collectif que cette crise change tout. Ou du moins devrait tout changer en commen&#231;ant par la socialisation des secteurs strat&#233;giques de l'&#233;conomie, de la production et de la reproduction de la vie. Et donc en pointant vers une r&#233;ponse &#224; la crise qui mette en avant la n&#233;cessit&#233; d'une redistribution radicale de la richesse de haut en bas et des Plans de choc social, similaires &#224; ceux qui sont propos&#233;s par plus de 200 groupes sociaux dans le cas espagnol6, face au keyn&#233;sianisme pervers annonc&#233; par les &#201;tats au profit du &#171; 1 %&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les efforts devront &#234;tre faits pour emp&#234;cher un retour &#224; la &#171; normalit&#233; &#187; qui existait avant cette crise, en exigeant une rupture radicale avec le vieux soi-disant bon sens et en for&#231;ant le d&#233;mant&#232;lement de toutes les politiques qui ont pr&#233;domin&#233; pendant la longue vague de n&#233;olib&#233;ralisme. Il ne s'agit pas, par exemple, de suspendre temporairement la loi de stabilit&#233; budg&#233;taire ou l'article 135 de la Constitution espagnole7, mais de les abroger, comme certaines forces de gauche l'ont d&#233;j&#224; propos&#233; lors du r&#233;cent d&#233;bat au Parlement espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car il semble d&#233;sormais &#233;vident que le temps du &#171; r&#233;formisme sans r&#233;formes &#187; repr&#233;sent&#233; par le social-lib&#233;ralisme est r&#233;volu. Des discours comme celui de Pablo Casado montrent d&#233;j&#224; la crainte de la droite qu'apr&#232;s cette crise toutes les coupes et tous les profits faits au nom de la pr&#233;servation de la sacro-sainte propri&#233;t&#233; priv&#233;e soient remis en question. Et il ne faut pas se laisser intimider, bien au contraire, parce que nous allons assister &#224; une plus grande polarisation des int&#233;r&#234;ts, valeurs et des raisons en conflit, et que les demi-mesures ne vaudront plus rien. Nous devrons proposer des mesures qui, une fois pour toutes, conduiront &#224; une transition radicale vers une rupture civilisationnelle, des r&#233;formes qui remettront en question la logique de ce capitalisme de plus en plus destructeur dans lequel nous sommes plong&#233;&#183;es et qui ne servent pas simplement &#224; repeindre ce syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S&#233;curit&#233;(s) humaine(s) contre le n&#233;olib&#233;ralisme d'exception&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il existe cependant un autre domaine de lutte plus complexe et plus difficile &#224; affronter p&#233;dagogiquement en raison des mesures prises par les gouvernements dans la lutte contre la pand&#233;mie. C'est tout ce qui concerne la suspension des droits fondamentaux, d&#233;coulant de l'&#233;tat d'alerte ou d'urgence, selon les pays. Car, si l'adoption de mesures de confinement et d'autres visant &#224; freiner la contagion est justifi&#233;e (bien que certaines d'entre elles r&#233;sultent de l'absence d'une politique pr&#233;ventive qui aurait d&#251; tenir compte des avertissements &#233;manant d'une partie au moins de la communaut&#233; scientifique), le recours au vocabulaire de la guerre ne l'est pas. Pas plus que de voir les hauts commandements militaires jouer le premier r&#244;le dans les conf&#233;rences de presse en appelant les citoyens &#224; devenir des soldats. Ce n'est pas l'arm&#233;e qui doit jouer le r&#244;le premier dans les t&#226;ches d'assistance. Elles auraient pu &#234;tre assum&#233;es par les services de protection civile si ces derniers y avaient &#233;t&#233; pr&#233;par&#233;s &#224; l'avance8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re cette option autoritaire il y a la conception erron&#233;e de la lutte contre la pand&#233;mie comme une guerre et, avec elle, l'intention de restreindre nos libert&#233;s et nos droits au nom d'une &#171; unit&#233; nationale &#187; (avec le corrompu Philippe VI en t&#234;te), qui pr&#233;tend ignorer que la pand&#233;mie n'abolit pas les in&#233;galit&#233;s &#8211; des classes sociales, des genres, de la couleur de peau, de l'&#226;ge, de la diversit&#233; des fonctions, des territoires et toutes les autres. Un discours qui sert d'alibi pour exiger un alignement en rangs serr&#233;s et, en particulier, la d&#233;monstration de la force et son abus par les membres de la police et des forces militaires dans les rues et, pire encore, la promotion d'un populisme punitif contre les personnes et les groupes sociaux vuln&#233;rables, comme cela a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;nonc&#233; par les collectifs juridiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous ne sommes pas confront&#233;&#183;es pour autant &#224; la menace r&#233;elle d'un nouveau bond en avant dans le processus de d&#233;-d&#233;mocratisation, d&#233;j&#224; en place avant cet &#233;tat d'alerte. C'est pourquoi il est vraiment n&#233;cessaire de promouvoir d&#232;s maintenant ce que Jordi Mu&#241;oz a d&#233;fini comme une &#171; culture d&#233;mocratique d'exception &#187;9, qui permettra de contrecarrer une culture de sujets ob&#233;issant &#224; un &#201;tat autoritaire et re-centralisateur, qui aspire &#224; sortir encore renforc&#233; de cette crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bref, dans cet &#233;tat d'alerte, nous devons surveiller ceux qui nous surveillent si nous voulons &#233;viter que l'exception ne devienne la r&#232;gle et que, l&#224; aussi, la tendance au panoptisme10) num&#233;rique ne se propage. Un danger qui n'est pas irr&#233;aliste mais de plus en plus proche, comme nous le voyons sous ses formes extr&#234;mes dans des pays comme la Chine, la grande puissance qui pourrait bien &#234;tre le vainqueur &#224; court terme de cette crise dans le jeu g&#233;opolitique mondial. Un nouveau paradigme de contr&#244;le social de la dissidence est en train d'&#233;merger, comme le d&#233;nonce le collectif Chung : &#171; &lt;i&gt; Alors que la crise s&#233;culaire du capitalisme prend un caract&#232;re apparemment non &#233;conomique, de nouvelles &#233;pid&#233;mies, famines, inondations et autres catastrophes &#034;naturelles&#034; seront utilis&#233;es pour justifier l'extension du contr&#244;le de l'&#201;tat, et la r&#233;ponse &#224; ces crises sera de plus en plus l'occasion de tester de nouveaux outils de contre-insurrection. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela au nom d'une conception de la s&#233;curit&#233; r&#233;duite &#224; la pr&#233;servation de l'ordre public dans un monde orwellien et dans la nouvelle &#233;conomie de guerre capitaliste que l'on veut nous vendre. Face &#224; cela, il sera n&#233;cessaire de d&#233;fendre un concept complexe et multidimensionnel de s&#233;curit&#233; humaine (qui devrait &#234;tre &#233;tendu aux autres &#234;tres sensibles et souffrants), comme l'a d&#233;j&#224; avanc&#233;, avec d'autres voix pr&#233;monitoires, Elmar Altvater, d&#233;fenseur d'un communisme solaire, comme l'horizon de plus en plus n&#233;cessaire11.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;1. The End of Normal : The Great Crisis and the Future of Growth (2014), qu'on pourrait traduire par &#171; la fin de la normalit&#233; &#187;, mais que les &#233;ditions du Seuil ont publi&#233; en 2015 sous le titre la Grande Crise : Comment en sortir autrement.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;2. Entretien avec Joan Benach, chercheuse &#224; l'universit&#233; Pompeu Fabra de Bracelone et directrice du Grup de Recerca en Desigualtats en Salut &#8211; Employment Conditions Network : &lt;a href=&#034;https://www.elcritic.cat/entrevistes/joa..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elcritic.cat/entrevistes/joa..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;3. Naomie Klein, la Strat&#233;gie du choc : Mont&#233;e d'un capitalisme du d&#233;sastre, Actes Sud, 2008.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;4. Mart&#237;n C&#250;neo, &#171; Espa&#241;a se va al ERTE : el gobierno rescata a las grandes empresas con beneficios &#187;, El Salto : &lt;a href=&#034;https://www.elsaltodiario.com/coronaviru..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elsaltodiario.com/coronaviru..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;5. Pierre Dardot et Christian Laval, La nouvelle raison du monde &#8211;Essai sur la soci&#233;t&#233; n&#233;olib&#233;rale, La D&#233;couverte, 2010.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;6. Ce plan de choc social peut &#234;tre consult&#233;, en espagnol, sur son site : &lt;a href=&#034;http://www.plandechoquesocial.org/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.plandechoquesocial.org/&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;7. . La r&#233;forme constitutionnelle espagnole de 2011, &#224; l'initiative du Premier ministre socialiste Jos&#233; Lu&#237;s Zapatero avec le soutien du Parti populaire, a modifi&#233; l'article 135, en y introduisant le concept de &#171; stabilit&#233; budg&#233;taire &#187; qui &#233;tablit que le paiement de la dette publique est prioritaire devant toute autre d&#233;pense dans le budget de l'&#201;tat. Cependant, un d&#233;lai &#8211; jusqu'au budget de 2020 &#8211; &#233;tait adopt&#233; pour l'entr&#233;e en vigueur de cette modification, promulgu&#233;e le 27 septembre 2011.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;8. Voir l'article de Pere Ortega, &#171; El coronavirus y las fuerzas armadas &#187; (Le coronavirus et les forces arm&#233;es), P&#250;blico, 23 mars 2020 : &lt;a href=&#034;https://blogs.publico.es/cronicas-insumi..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://blogs.publico.es/cronicas-insumi..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;9. Jordi Mu&#241;oz, &#171; Tres pregunats para despu&#233;s de la pandemia &#187; (Trois questions pour l'apr&#232;s-pand&#233;mie), Viento Sur, 25 mars 2020 : &lt;a href=&#034;https://www.vientosur.info/spip.php?arti..&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.vientosur.info/spip.php?arti..&lt;/a&gt;.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;10. Le concept, issu de l'architecture carc&#233;rale imagin&#233;e &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle par Jeremy et Samuel Bentham pour permettre &#224; un gardien d'observer tous les prisonniers, a &#233;t&#233; repris par Michel Foucault (Surveiller et punir, 1975) en tant que mod&#232;le abstrait d'une soci&#233;t&#233; disciplinaire, ax&#233;e sur le contr&#244;le social. La technologie num&#233;rique ouvre de nouvelles voies &#224; ce mod&#232;le...&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;11. Voir &#224; ce sujet Michael L&#246;wy, &#201;cosocialisme &#8211; l'alternative radicale &#224; la catastrophe &#233;cologique capitaliste, &#233;d. 1001 nuits, Paris 2011.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tat espagnol &#8211; Un gouvernement de &#8220;progr&#232;s&#8221; face au chantage du bloc r&#233;actionnaire	</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Un-gouvernement-de-progres-face-au-chantage-du-bloc-reactionnaire</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Un-gouvernement-de-progres-face-au-chantage-du-bloc-reactionnaire</guid>
		<dc:date>2020-01-21T08:29:23Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2020-01-21</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un climat de tension croissante au sein d'un parlement tr&#232;s fragment&#233; (avec 10 groupes parlementaires et 22 partis), le leader du PSOE, Pedro S&#225;nchez, a r&#233;ussi, gr&#226;ce &#224; un second vote tr&#232;s serr&#233; (167 voix contre 165 et 18 abstentions) et &#224; l'ombre d'un tamayazo1 &#224; &#234;tre investi [le 7 janvier &#224; 14h30] comme pr&#233;sident du premier gouvernement de coalition de l'histoire de la d&#233;mocratie post-franquiste qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, reposait sur l'alternance bipartisane. &lt;br class='autobr' /&gt; 11 janvier 2020 \ Europe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Espagne-+" rel="tag"&gt;Espagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Europe-230-+" rel="tag"&gt;Europe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2020-01-21-+" rel="tag"&gt;Edition du 2020-01-21&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH90/arton41715-bb381.png?1782148602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='90' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un climat de tension croissante au sein d'un parlement tr&#232;s fragment&#233; (avec 10 groupes parlementaires et 22 partis), le leader du PSOE, Pedro S&#225;nchez, a r&#233;ussi, gr&#226;ce &#224; un second vote tr&#232;s serr&#233; (167 voix contre 165 et 18 abstentions) et &#224; l'ombre d'un tamayazo1 &#224; &#234;tre investi [le 7 janvier &#224; 14h30] comme pr&#233;sident du premier gouvernement de coalition de l'histoire de la d&#233;mocratie post-franquiste qui, jusqu'&#224; pr&#233;sent, reposait sur l'alternance bipartisane.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;11 janvier 2020 \ Europe solidaire sans fronti&#232;res&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit sans aucun doute d'un &#233;v&#233;nement historique qui se produit &#233;galement dans un contexte d'une crise de r&#233;gime dans le domaine socio-&#233;conomique (qui est le r&#233;sultat des mesures d'aust&#233;rit&#233; initi&#233;es par Jos&#233; Luis Rodr&#237;guez Zapatero en mai 2010 et l'irruption du 15M en 2011, ce qui a conduit &#224; l'une des soci&#233;t&#233;s les plus in&#233;galitaires et les plus pr&#233;caires au sein de l'UE), ainsi que sur le plan institutionnel (avec un gouvernement des juges2, une crise du syst&#232;me de repr&#233;sentation politique et une monarchie de plus en plus contest&#233;e), ainsi que sur le terrain national-territorial, qui ne concerne pas seulement la Catalogne et qui a &#233;galement mis en lumi&#232;re l'Espagne vide [une vaste partie du territoire fait face &#224; un fort d&#233;peuplement].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette formule sans pr&#233;c&#233;dent de gouvernement a &#233;t&#233; atteinte &#8211; bien que sa dur&#233;e potentielle soit pleine d'incertitudes &#8211; suite &#224; deux processus &#233;lectoraux rat&#233;s [28 avril 2019 et novembre 2019] et gr&#226;ce &#224; un accord entre le PSOE-120 &#233;lus et l'UP (Unidas Podemos-35 &#233;lus) qui, lui, a n&#233;cessit&#233; des accords avec d'autres forces politiques pour r&#233;ussir. Avec certains [PNV-Parti nationaliste basque-6 &#233;lus, BNG-Bloc nationaliste galicien-1 &#233;lu, NC-Nuevas Canarias, M&#225;s Pa&#237;s-2 &#233;lus, Comprom&#237;s-1 &#233;lu et Teruel Existe-1 &#233;lu] pour voter en faveur de Pedro Sanchez et avec d'autres [ERC-Gauche r&#233;publicaine de Catalogne-13 &#233;lus et EH Bildu-&#171; R&#233;unir le pays basque-5 &#233;lus] afin de garantir leur abstention. Le plus important d'entre eux est sans aucun doute celui conclu avec ERC, selon lequel un engagement a &#233;t&#233; pris de mettre en place, &#224; court terme, une Table de dialogue sur le &#171; conflit politique &#187; catalan entre le gouvernement espagnol et le govern, afin d'&#233;valuer un &#233;ventuel accord qui aboutirait &#224; une consultation de l'ensemble des citoyens/citoyennes de Catalogne sur son propre statut. En d'autres termes, cette proc&#233;dure suppose le d&#233;but d'un processus dont le r&#233;sultat reste &#224; d&#233;finir, avec l'ambigu&#239;t&#233; n&#233;cessaire quant au cadre juridique dans lequel il pourrait s'inscrire, et avec un long chemin qui reste &#224; parcourir [voir l'article de Mart&#237; Caussa publi&#233; sur Viento Sur le 5 janvier 2020].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, le document sign&#233; avec le PNV est tr&#232;s important, car il renforce la n&#233;cessit&#233; de prendre en compte la r&#233;alit&#233; plurinationale de l'&#201;tat et, de plus, il &#233;tablit l'obligation du gouvernement de consulter pr&#233;alablement ce parti (de droite, ne l'oublions pas, bien que sans les g&#232;nes franquistes) sur les politiques &#224; appliquer, notamment dans le domaine budg&#233;taire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien que l'ensemble de ces accords puisse &#234;tre qualifi&#233; de social-lib&#233;ral et ob&#233;issant aux diktats de Bruxelles dans le domaine &#233;conomique &#8211; sur la mani&#232;re dont le programme traite de questions telles que les droits du travail, la sant&#233; et les retraites &#8211; et r&#233;formiste dans le domaine national-territorial, l'alarme qu'il a suscit&#233;e dans la majorit&#233; de l'establishment s'est accrue au cours des derniers jours. Cela s'est traduit lors du d&#233;bat d'investiture par la tournure belliqueuse des attaques provoqu&#233;e par la comp&#233;tition ouverte entre les trois droites (stimul&#233;e, &#233;videmment, par la nouveaut&#233; d'avoir, pour la premi&#232;re fois dans ce parlement, une formation ouvertement d'ultra-droite comme Vox, avec 52 &#233;lus et formant le troisi&#232;me groupe parlementaire ; le PP dispose de 88 si&#232;ges et Ciudadanos de 10) pour voir qui alerterait le plus l'&#233;lectorat &#8211; face &#224; la &#171; catastrophe &#187; et &#224; la &#171; trahison de l'Espagne &#187; que Pedro S&#225;nchez &#233;tait pr&#234;t &#224; r&#233;aliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette r&#233;action s'est manifest&#233;e sur diff&#233;rents fronts : celui de la majorit&#233; des m&#233;dias &#224; la Conf&#233;rence &#233;piscopale (&#171; Prions pour l'Espagne &#187;) en passant, bien s&#251;r, par les grandes firmes et, surtout, les instances judiciaires et m&#234;me administratives comme le Conseil Electoral Central (Junta electoral central-JEC). C'est ce dernier qui, &#224; la veille de la s&#233;ance d'investiture, a fait un &#233;norme bond en avant dans cette ambiance d'affrontement, en d&#233;cidant par 7 voix contre 6 la disqualification du pr&#233;sident du govern catalan, Joaquim Torra (condamn&#233; pour avoir d&#233;sob&#233;i &#224; l'ordre de retirer une banderole appelant &#224; la lib&#233;ration des prisonniers catalans). Dans la foul&#233;e, il exige qu'Oriol Junqueras (ERC) soit maintenu en prison, malgr&#233; l'arr&#234;t de la Cour de justice de l'Union europ&#233;enne et l'annonce du Parlement europ&#233;en qui le reconna&#238;t d&#233;finitivement &#8211; conjointement &#224; Carles Puigdemont [de JuntsXCat] et &#224; Toni Com&#237;n [de JxSi] &#8211; comme d&#233;put&#233; europ&#233;en [avec l'immunit&#233; devant en d&#233;couler]. Le fait que ce soit le leader du PP, Pablo Casado, qui ait &#233;t&#233; le premier &#224; diffuser la r&#233;solution du JEC concernant Joaquim Torra a clairement confirm&#233; la complicit&#233; entre ce parti et la majorit&#233; de cet organe administratif dans son intention politique de placer un obstacle de derni&#232;re minute devant la possible abstention de l'ERC lors de l'investiture de Sanchez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, comme nous l'avons vu, le r&#233;sultat a &#233;t&#233; inverse, puisqu'il a servi &#224; resserrer les rangs des forces de &#171; l'alliance pour le progr&#232;s &#187; face &#224; la strat&#233;gie de guerre juridique que, avec la mobilisation dans les rues et l'obstruction institutionnelle, le bloc r&#233;actionnaire menace d'intensifier contre le nouveau gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Encore une fois, l'union sacr&#233;e de l'Espagne et&#8230; ETA	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne le d&#233;bat v&#233;cu ces jours-ci, bien que les critiques de la droite ne manquent pas &#224; l'&#233;gard des mesures socio-&#233;conomiques mod&#233;r&#233;es annonc&#233;es (abrogation partielle de la r&#233;forme du travail du PP, augmentation du salaire minimum, hausse de certains imp&#244;ts directs&#8230;), ainsi que les in&#233;vitables r&#233;f&#233;rences au Venezuela chaviste et &#224; la pr&#233;sence future de ministres populistes et communistes, c'est l'accord avec les forces nationalistes et ind&#233;pendantistes (principalement ERC mais aussi EH Bildu) qui a &#233;t&#233; le principal objet de leurs diatribes contre le dirigeant socialiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En utilisant comme alibi le discours ouvertement hostile &#224; l'ind&#233;pendance catalane que Pedro S&#225;nchez avait lui-m&#234;me d&#233;velopp&#233; lors de la derni&#232;re campagne &#233;lectorale, l'accusation le qualifiant de &#171; tra&#238;tre &#187; &#224; l'Espagne et &#224; la Constitution fut conduite, sur une tonalit&#233; commune, par les dirigeants de ce bloc r&#233;actionnaire. &#171; Le cauchemar du gouvernement Frankenstein &#187;, &#171; L'Espagne est laiss&#233;e sans socialisme constitutionnaliste &#187;, &#171; Il brise la souverainet&#233; nationale &#187;, voil&#224; quelques-unes des accusations lanc&#233;es par Pablo Casado (PP). Il fut suivi par Santiago Abascal (Vox) qui, comme en d'autres occasions &#8211; sans oublier ses attaques bien connues contre le f&#233;minisme, l'&#233;cologie ou l'immigration &#8211;, a fait appel &#224; l'histoire du PSOE avant la guerre civile de 1936 afin de d&#233;noncer ce parti comme un conspirateur de coup d'Etat. A toute cette liste d'ennemis, Abascal a ajout&#233; cette fois le d&#233;put&#233; de Teruel Existe [Tom&#225;s Guitarte] avec une campagne men&#233;e dans les r&#233;seaux sociaux et dans sa province pour l'inclure dans la liste des &#171; tra&#238;tres &#224; la patrie &#187; &#224; cause sa volont&#233; de voter en faveur de l'investiture de S&#225;nchez. Apr&#232;s les deux discours, il n'y avait plus grand-chose &#224; ajouter pour la dirigeante de Ciudadanos [Ines Arrimadas], une formation en d&#233;clin &#233;lectoral acc&#233;l&#233;r&#233;, au-del&#224; de la d&#233;nonciation de la &#171; contre-r&#233;forme id&#233;ologique &#187; dans l'&#233;ducation, si ce n'est de perp&#233;tuer la critique parano&#239;aque de toutes les forces nationalistes&#8230; non espagnoles et de lancer un appel aux membres du groupe socialiste pour qu'ils op&#232;rent un &#171; transfuge politique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, c'est &#224; l'occasion de l'intervention de la porte-parole d'EH Bildu [Mertxe Aizpurua] et de sa critique de Felipe VI pour son discours du 3 octobre 2017 [sur la Catalogne] que s'est illustr&#233;e dans toute sa crudit&#233; la conception particuli&#232;re de la libert&#233; d'expression propre &#224; ces droites face &#224; une attaque visant Felipe VI, tout comme leur &#171; nostalgie &#187; de l'ETA disparue, dans le strict but de continuer &#224; criminaliser la gauche abertzale (basque) et afin d'accuser S&#225;nchez d'&#234;tre complice du terrorisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ces discours, la r&#233;ponse du leader socialiste consista &#224; &#233;viter d'expliquer la raison de son changement d'attitude, refl&#233;t&#233; dans l'accord qu'il a conclu avec l'UP et l'ERC &#8211; cela compar&#233; &#224; ses discours pr&#233;c&#233;dents &#8211; pour se limiter &#224; soutenir que la seule alternative qui lui restait, afin d'&#233;viter une troisi&#232;me &#233;lection face au blocus de la droite, &#233;tait d'atteindre le nombre d'appuis auquel il est finalement parvenu. Toutefois, il a tent&#233; de r&#233;duire la port&#233;e du document sign&#233; avec ERC, en pr&#233;cisant qu'il chercherait une solution &#171; dans le cadre de la Constitution &#187; et qu'il continuait de rejeter le droit &#224; l'autod&#233;termination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de cette polarisation, Pablo Iglesias (UP) a voulu cr&#233;er de l'espoir lors de son intervention en faisant appel de fa&#231;on d&#233;magogique aux mouvements sociaux comme &#171; architectes de l'Accord &#187;, &#224; la lutte pour la justice sociale comme alternative &#224; l'extr&#234;me droite et &#224; &#171; l'Espagne diverse &#187; contre l'anti-Espagne de Vox, mais sans reconna&#238;tre tout ce qu'il a d&#251; abandonner pour accepter les limites impos&#233;es au programme qu'il avait d&#233;fendu dans sa campagne &#233;lectorale. C'est le porte-parole d'ERC, Gabriel Rufi&#225;n, qui n'a pas &#233;vit&#233; de faire allusion au pass&#233; plein de contradictions de Pedro S&#225;nchez et pour reconna&#238;tre que maintenant, en citant Jorge Luis Borges, &#171; nous ne sommes pas unis par l'amour mais par la peur &#187; face &#224; une &#171; droite sauvage &#187; et en avertissant que &#171; s'il n'y a pas de Table de dialogue, il n'y a pas de l&#233;gislature &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, Mireia Veh&#237; de la CUP [Candidature d'unit&#233; populaire] a &#233;t&#233; la seule &#224; critiquer, depuis la gauche, le programme du gouvernement de coalition, en d&#233;non&#231;ant que des trag&#233;dies comme celles qui se produisent &#224; la fronti&#232;re sud du pays et dans les CIES (Centro de Internamiento de Extranjeros) continueront &#224; se produire. Elle rappela au PSOE les temps du franquisme tardif o&#249; il d&#233;fendait &#171; le droit &#224; l'autod&#233;termination de toutes les nationalit&#233;s ib&#233;riques &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La br&#232;ve deuxi&#232;me session du d&#233;bat ne nous a gu&#232;re apport&#233; de nouveaut&#233;s, si ce n'est la r&#233;affirmation du rejet par la droite de toute critique adress&#233;e &#224; Felipe VI et sa d&#233;nonciation de la &#171; capitulation socialiste &#187; face aux nationalistes et, surtout, sa d&#233;nonciation de la revendication l&#233;gitime de Montserrat Bassa (ERC) en faveur de la lib&#233;ration de sa s&#339;ur Dolors Bassa [emprisonn&#233;e depuis mars 2018, accus&#233;e de s&#233;dition et r&#233;bellion], comme des repr&#233;sentants politiques et sociaux catalans qui sont toujours en prison. En ce qui nous concerne, il faut souligner la mention opportune du d&#233;put&#233; Oskar Matute, de EH Bildu, &#224; Daniel Bensa&#239;d qui lors du bilan de sa carri&#232;re militante a affirm&#233; que &#171; nous nous sommes tromp&#233;s parfois, peut-&#234;tre de nombreuses fois, et sur beaucoup de choses. Mais nous ne nous sommes pas tromp&#233;s sur le combat ou sur nos ennemis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un chemin &#233;troit, plein d'obstacles et de renoncements	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons donc dans une nouvelle phase o&#249; l'investiture du nouveau pr&#233;sident du gouvernement ne garantit en aucune mani&#232;re la gouvernabilit&#233; d'un r&#233;gime qui continue &#224; affronter une crise structurelle, non seulement au niveau de l'Etat mais aussi de l'UE. Il aspire tout au plus &#224; contrecarrer une partie des coupes sociales appliqu&#233;es dans le pass&#233; r&#233;cent, mais dans le cadre des restrictions impos&#233;es par l'article 135 de la Constitution, d&#233;j&#224; rappel&#233;es et pr&#233;cis&#233;es par la Commission europ&#233;enne pour 2020, c'est-&#224;-dire une r&#233;duction du d&#233;ficit de 0,65% du PIB, soit quelque 8 milliards d'euros. Une r&#233;duction qu'il essaiera de compenser avec une r&#233;forme fiscale qui continuera sans atteindre toutefois la moyenne d'imposition europ&#233;enne et, principalement, avec des mesures progressistes sur d'autres terrains comme celui des droits et libert&#233;s civils (abrogation de la loi du b&#226;illon, euthanasie, m&#233;moire historique, contre la violence machiste). A quoi s'ajouteront une timide transition &#233;nerg&#233;tique et une disponibilit&#233; pour &#171; canaliser &#187; le conflit catalan au moyen du dialogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgr&#233; la mod&#233;ration r&#233;affirm&#233;e par Pedro S&#225;nchez dans ses derni&#232;res interventions, le probl&#232;me fondamental est qu'il se trouve face &#224; une droite qui est principalement d'origine franquiste et a une conception patrimoniale du r&#233;gime. Cela explique sa crainte qu'une r&#233;forme, m&#234;me partielle, du r&#233;gime portant sur ce qui est l'un de ses dogmes intouchables &#8211; l'unit&#233; de l'Espagne, comprise comme la seule nation au sein d'un &#201;tat dont les fronti&#232;res sont inviolables &#8211; ouvre la bo&#238;te de Pandore de la r&#233;forme constitutionnelle et y compris un processus constituant dans lequel des piliers fondamentaux tels que la monarchie et les enclaves autoritaires h&#233;rit&#233;es de la dictature soient remis en question.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me un chroniqueur de droite espagnol, apparemment lib&#233;ral, comme Jos&#233; Antonio Zarzalejos, a compar&#233; l'alliance que S&#225;nchez a conclue avec les autres forces nationalistes au Pacte de Saint-S&#233;bastien de 1930, qui a pr&#233;c&#233;d&#233; la chute de la monarchie et la proclamation de la R&#233;publique en avril 1931. J'aimerais que ce soit le cas, mais malheureusement la volont&#233; du nouveau gouvernement ne vise pas &#224; produire un sc&#233;nario de rupture comme celui qui a commenc&#233; &#224; l'&#233;poque, elle consiste plut&#244;t &#224; att&#233;nuer l'instabilit&#233; et la crise de gouvernabilit&#233; qui continuera sans doute &#224; imposer sa tonalit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi, malgr&#233; la mod&#233;ration de ce nouveau gouvernement, il faudra se pr&#233;parer &#224; r&#233;pondre &#224; la strat&#233;gie de tension que le bloc r&#233;actionnaire apprend rapidement, celle du nouveau coup d'&#201;tat constitutionnel (comme nous le voyons d&#233;j&#224; avec la tentative de disqualification du pr&#233;sident de la Generalitat), une strat&#233;gie qui se r&#233;pand en Am&#233;rique latine ces derniers temps et qui conduit maintenant &#224; consid&#233;rer le nouveau gouvernement comme &#171; ill&#233;gitime &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous revenons ainsi &#224; la vieille discussion sur la l&#233;galit&#233; et la l&#233;gitimit&#233;, ressuscit&#233;e au lendemain du conflit catalan et que ces droitiers r&#233;cup&#232;rent aujourd'hui en leur faveur, comme ils l'ont fait face &#224; la victoire &#233;lectorale de Zapatero en mars 2004, apr&#232;s le massacre du 11M [11 mars : bombes plac&#233;es dans des trains de banlieue arrivant dans les gares madril&#232;nes, le matin aux heures de pointe] et les mensonges d'Aznar [sur les pr&#233;tendues responsabilit&#233;s d'ETA].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que faire pour une gauche alternative ?	&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par cons&#233;quent, en raison de ce contexte de polarisation et de radicalisation de la droite, il n'est pas possible de pr&#233;voir, au moins &#224; court terme, que le PSOE puisse beaucoup jouer avec une voilure &#224; g&#233;om&#233;trie variable qui l'aiderait &#224; rendre ses accords gouvernementaux compatibles avec ceux qu'il pourrait conclure avec le PP et Ciudadanos sur les questions relevant de l'Etat, bien que ce soit sans aucun doute ce qu'il essaiera de faire lorsque les vagues se calmeront.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tenant compte, en outre, des virages discursifs et tactiques que S&#225;nchez a effectu&#233;s (sans oublier les pressions qu'il subira au sein de son propre parti, surtout de la part des baronnies PSOE des r&#233;gions autonomes) et de l'h&#233;g&#233;monie dont il disposera dans le nouveau gouvernement par rapport &#224; l'UP (rel&#233;gu&#233; &#224; des portefeuilles en dehors des minist&#232;res de l'Etat (r&#233;galiens) et oblig&#233; d'&#234;tre loyal et disciplin&#233;, &#233;galement dans ses initiatives parlementaires, selon le Protocole de suivi sign&#233;), nous ne pouvons avoir aucune confiance dans le fait que cette &#171; coalition de progr&#232;s &#187; affrontera avec fermet&#233; le bloc r&#233;actionnaire et les puissances &#233;conomiques qui le soutiennent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrons faire appel &#8211; comme cela se fait d&#233;j&#224; depuis la mobilisation (gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale) annonc&#233;e le 30 janvier au Pays Basque &#8211; &#224; l'urgence de rouvrir un nouveau cycle de luttes qui mette &#224; l'ordre du jour un agenda social, &#233;cologique, f&#233;ministe, antiraciste et solidaire entre nos peuples et qui d&#233;passe les limites syst&#233;miques que S&#225;nchez lui-m&#234;me assumera d&#232;s le premier jour ; un agenda qui, en m&#234;me temps, ne renonce pas &#224; la revendication de lib&#233;ration des prisonniers politiques et &#224; d&#233;sob&#233;ir face aux lois et aux sentences judiciaires qui attaquent nos droits et libert&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces t&#226;ches doivent aller de concert et &#234;tre &#233;tay&#233;es par la reconstruction d'une gauche qui ne se subordonne pas au nouveau gouvernement et r&#233;affirme la n&#233;cessit&#233; de continuer &#224; parier sur un projet qui rompt avec ce r&#233;gime et avec les r&#232;gles du n&#233;olib&#233;ralisme mondial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, face &#224; la menace d'un coup d'&#201;tat constitutionnel avec lequel cette nouvelle phase a d&#233;but&#233;, il n'y a pas de place pour la mod&#233;ration. Bien au contraire, il faudra construire un bloc social des classes populaires qui soit dispos&#233; &#224; s'orienter vers un processus destituant d'un r&#233;gime au sein duquel on verra &#224; nouveau appara&#238;tre des forces qui ne sont m&#234;me pas dispos&#233;es &#224; permettre les timides r&#233;formes promises. Un gouvernement, d'ailleurs, qui devra bient&#244;t r&#233;pondre &#224; la menace de guerre qu'a de nouveau agit&#233;e Trump au Moyen-Orient et qui, pour ce faire, voudra r&#233;utiliser des bases militaires comme celle de Rota. Il faudra exiger, maintenant, qu'il dise Non &#224; la guerre, comme nous l'avons d&#233;j&#224; cri&#233; au d&#233;but de ce si&#232;cle contre le trio des A&#231;ores [Bush, Blair et Aznar r&#233;unis le 15 mars 2003], et ce jusqu'&#224; en finir avec le dirigeant actuel des trois partis de la droite : Jos&#233; Mar&#237;a Aznar. (Article paru sur le site de Viento Sur en date du 7 janvier 2020 ; traduction r&#233;daction A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaime Pastor est politologue et &#233;diteur responsable de la revue Viento Sur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cet article est d'abord paru en castillan sur le site Viento Sur en date du 7 janvier, puis traduit et publi&#233; en fran&#231;ais par la revue &#192; l'Encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;f&#233;rences&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. Ce terme journalistique renvoie &#224; un &#171; renversement &#187; de position de deux &#233;lus du PSOE, en 2003, concernant l'&#233;lection &#224; la pr&#233;sidence de la Communaut&#233; de Madrid. En mai 2003, le PSOE et Izquierda Unida (IU) obtenaient respectivement 47 et 9 &#233;lu&#183;e&#183;s, soit 56 au total, et donc une majorit&#233; lors de ces &#233;lections &#224; la Communaut&#233; de Madrid. Il en d&#233;coula la proposition de pr&#233;senter &#224; la pr&#233;sidence le socialiste Rafael Simancas. Or, deux &#233;lus du PSOE &#8211; Eduardo Tamayo et Maria Teresa S&#225;ez &#8211; se sont absent&#233;s. Ceci a ouvert la possibilit&#233; d'une &#233;lection d'une membre du Parti Populaire. &#201;tait ainsi illustr&#233; un exemple de transfuge politique et de corruption. Diverses pressions furent exerc&#233;es, lors de l'&#233;lection de Pedro Sanchez, ce 7 janvier 2020, sur des &#233;lu&#183;e&#183;s du PSOE pour ne pas soutenir le leader du PSOE. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;br class='autobr' /&gt;
2. Formule qui renvoie, entre autres, au r&#244;le du Consejo General del Poder Judicial (CGPJ), dont les membres ont &#233;t&#233; nomm&#233;s en 2013 par le gouvernement du PP. Les n&#233;gociations, ouvertes en novembre 2018, entre le PSOE et le PP pour r&#233;nover cette instance fort importante ont &#233;chou&#233;. Or, pour modifier la composition du CGPJ, il faut une majorit&#233; de 210 voix. Et actuellement le PP se refuse &#224; tout changement. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;tat espagnol. Apr&#232;s les &#233;lections du 26 mai, de nouveaux pas vers la recomposition du r&#233;gime</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Apres-les-elections-du-26-mai-de-nouveaux-pas-vers-la</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Apres-les-elections-du-26-mai-de-nouveaux-pas-vers-la</guid>
		<dc:date>2019-06-04T07:34:56Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2019-06-04</dc:subject>
		<dc:subject>Bilan des &#233;lections europ&#233;ennes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le panorama qui se d&#233;gage suite &#224; la journ&#233;e &#233;lectorale du 26 mai 2019 dans l'Etat espagnol [&#233;lections europ&#233;ennes, municipales ainsi que dans 11 des 17 communaut&#233;s autonomes du pays] est complexe et vari&#233;, ainsi qu'on peut le v&#233;rifier &#224; la lecture des analyses qui sont publi&#233;es sur le site internet de VientoSur.info, ainsi que par les lectures que r&#233;alisent ses principaux acteurs et actrices. Cette remarque prend un relief plus prononc&#233; encore si l'on se r&#233;f&#232;re aux r&#233;sultats des divers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2019-06-04-+" rel="tag"&gt;Edition du 2019-06-04&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH105/arton39393-69495.png?1781104605' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='105' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le panorama qui se d&#233;gage suite &#224; la journ&#233;e &#233;lectorale du 26 mai 2019 dans l'Etat espagnol [&#233;lections europ&#233;ennes, municipales ainsi que dans 11 des 17 communaut&#233;s autonomes du pays] est complexe et vari&#233;, ainsi qu'on peut le v&#233;rifier &#224; la lecture des analyses qui sont publi&#233;es sur le site internet de &lt;a href=&#034;https://vientosur.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;VientoSur.info&lt;/a&gt;, ainsi que par les lectures que r&#233;alisent ses principaux acteurs et actrices. Cette remarque prend un relief plus prononc&#233; encore si l'on se r&#233;f&#232;re aux r&#233;sultats des divers pays de l'Union europ&#233;enne. Pour ces raisons, je me limiterai &#224; une br&#232;ve description de ces r&#233;sultats en constatant, toutefois, qu'ils ne donnent gu&#232;re d'espoir quant &#224; un changement de cap.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tir&#233; du &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/espagne-elections-recomposition-regime/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site de la revue Contretemps&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, si les deux principales familles politiques de l'Union europ&#233;enne &#8211; les conservateurs et les sociaux-lib&#233;raux &#8211; ont &#233;t&#233; affaiblies, c'est l'extr&#234;me droite &#8211; dans toutes ses variantes &#8211; et les Verts et lib&#233;raux, dans une moindre mesure, qui sortent renforc&#233;s de cette &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale, alors que la gauche alternative, &#224; l'exception du Portugal, a perdu du poids. Il est par cons&#233;quent pr&#233;visible, face &#224; la menace toujours pr&#233;sente d'une nouvelle grande r&#233;cession au c&#339;ur de la comp&#233;tition interimp&#233;rialiste mondiale, que la crise de l&#233;gitimit&#233; de l'UE va se poursuivre, sans que soient perceptibles des possibilit&#233;s de rupture avec les politiques aust&#233;ritaires et x&#233;nophobes qui pr&#233;sident aux politiques de l'Union. Bien au contraire. La d&#233;faite de juillet 2015 en Gr&#232;ce continue de peser de tout son poids, il faudra du temps pour s'en lib&#233;rer. Nous continuerons de vivre face &#224; un nouveau n&#233;olib&#233;ralisme qui est mis en avant, plus que jamais, ainsi que nous en avertissent Pierre Dardot et Christian Laval, comme &#233;tant syst&#233;mique. L'irruption de nouvelles mobilisations, comme celles port&#233;es par la jeunesse qui exige la d&#233;claration de l'urgence climatique dans toute l'UE est, malgr&#233; tout, une bonne nouvelle. Reste &#224; esp&#233;rer qu'elles s'&#233;tendent et convergent avec d'autres mouvements, tels que le mouvement f&#233;ministe ainsi que qu'avec les nouvelles formes de syndicalisme social &#8211; par exemple autour de la d&#233;fense du droit au logement &#8211;, qui luttent contre la pr&#233;carisation de nos existences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui touche au superdomingo &#233;lectoral dans l'Etat espagnol, il semble possible de tirer quelques conclusions fondamentales :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est la confirmation de la mont&#233;e du PSOE de Pedro S&#225;nchez, en particulier pour les &#233;lections au Parlement europ&#233;en (avec pr&#232;s de 33% des suffrages), mais aussi dans la majorit&#233; des Communaut&#233;s autonomes et des villes, &#224; l'exception notable de Madrid [o&#249; la liste du PSOE n'a engrang&#233; que 13,2% des suffrages et 8 &#233;lus sur 57].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde est la capacit&#233; de r&#233;sistance montr&#233;e par le Parti populaire (PP), en d&#233;pit du recul prononc&#233; des suffrages, face &#224; Ciudadanos (C's) (qui &#233;choue dans son projet de sorpasso) et de Vox (qui, malgr&#233; le fait qu'il ait re&#231;u moins de voix que lors des &#233;lections g&#233;n&#233;rales du 28 avril 2019, devient une force d&#233;terminante dans 18 municipalit&#233;s importantes et 3 Communaut&#233;s autonomes). Le PP continue de se pr&#233;senter comme la force principale de la droite ; &#224; partir de maintenant, pour user Pedro S&#225;nchez, il pourra s'appuyer sur le levier d'opposition que lui offre la possibilit&#233; de gouverner autant la capitale de l'Etat [o&#249; le PP, avec 24,23% des voix et 15 &#233;lus, est la seconde force apr&#232;s la formation M&#225;s Madrid de l'ancienne maire Manuela Carmena &#8211; concoct&#233;e en rupture avec Podemos et avec le soutien d'I. Errej&#243;n] que de la Communaut&#233; autonome de Madrid [deuxi&#232;me force, avec 22,21% des suffrages face au PSOE qui a re&#231;u plus de 27% des suffrages ; l'effondrement de Podemos &#8211; qui passe de 27 &#224; 7 d&#233;put&#233;s et de 18,59% &#224; 5,56% par rapport &#224; 2015 &#8211; soit moins que les 8,86% de Vox &#8211; fait que le trifachito est majoritaire]. Le PP pourra &#233;galement reprendre une strat&#233;gie de la tension, en particulier autour de la question catalane [le 29 mai, le parquet a r&#233;clam&#233; une peine de 25 ans de prison contre le d&#233;put&#233; r&#233;cemment &#233;lu &#8211; et suspendu peut apr&#232;s &#8211; Oriol Junqeras, ancien membre de l'ex&#233;cutif catalan jusqu'en 2017 et figure d'ERC, voir &#224; ce sujet l'article publi&#233; sur ce site le 27 mai &lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-la-non-reconnaissance-des-droits-des-deputes-catalans-elus-une-atteinte-aux-droits-democratiques-dune-rare-ampleur.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-la-non-reconnaissance-des-droits-des-deputes-catalans-elus-une-atteinte-aux-droits-democratiques-dune-rare-ampleur.html&lt;/a&gt;], qui lui permettra de regagner les secteurs les plus &#224; droite qui l'ont abandonn&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me est la d&#233;route sans appel d'Unidas Podemos (qui est pass&#233; de 14,31% des voix aux g&#233;n&#233;rales du 28 avril 2019 &#224; 10% aux europ&#233;ennes, une perte de 860'000 voix) ainsi que des forces associ&#233;es dans les trois scrutins du 26 mai. A l'exception de Cadix [o&#249; la liste Adelante emmen&#233;e par le maire, depuis 2015, Jos&#233; Mar&#237;a Gonz&#225;lez dit Kichi, membre d'Anticapitalistas, a remport&#233; 43,59% des voix] et de Valence [o&#249; Comprom&#237;s a re&#231;u 27,44% des voix], les &#171; municipalit&#233;s du changement &#187; [nom g&#233;n&#233;rique donn&#233; aux listes de gauche, coalitions variables selon les villes, qui ont remport&#233; les municipalit&#233;s de plusieurs grandes villes en 2015] rel&#232;vent du pass&#233;. C'est sans aucun doute la donn&#233;e la plus n&#233;gative, malgr&#233; le fait que, comme &#224; Madrid, cela fait d&#233;j&#224; un moment que les perspectives d'un changement se sont &#233;vapor&#233;es [Carmena, qui a r&#233;duit la dette municipale de 65% par rapport au pic de 2012, s'est attaqu&#233;e aux voix dissidentes de sa formation, Ahora Madrid, et a donn&#233; son aval &#224; plusieurs grands projets immobiliers].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, une chose incontestable : la mont&#233;e d'Esquerra republicana de Catalunya (et de son alli&#233; basque EHBildu), symbolis&#233;e par sa premi&#232;re place gagn&#233;e en ville de Barcelone [21,35% contre 20,71% &#224; la liste d'Ada Colau], mais aussi la r&#233;affirmation du poids de l'ind&#233;pendantisme avec pr&#232;s de 50% des voix obtenues en Catalogne pour les &#233;lections europ&#233;ennes, Puigdemont en t&#234;te [ce qui pose des difficult&#233;s juridiques du m&#234;me ordre que l'&#233;lection de cinq prisonniers au Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s, Puigdemont ayant gagn&#233; un si&#232;ge d'eurod&#233;put&#233;].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ouvre ainsi une nouvelle &#233;tape au sein de laquelle le pr&#233;sident du gouvernement, Pedro S&#225;nchez, peut offrir des garanties de gouvernabilit&#233; du r&#233;gime au moyen de sa disposition &#224; neutraliser un Unidas Podemos affaibli[1] et, sur sa droite, &#224; tenter de renouer avec Ciudadanos dans certaines Communaut&#233;s autonomes (y compris l'Andalousie ? [o&#249; le PSOE a &#233;t&#233;, en d&#233;cembre, &#233;ject&#233; de l'ex&#233;cutif, &#224; la suite de la victoire des droites avec Vox, apr&#232;s une pr&#233;sence ininterrompue depuis 1982]) et villes (Madrid ?) &#224; mesure qu'&#233;mergeront les tensions entre les trois droites (en particulier avec Vox) au cours des n&#233;gociations indispensables pour former des coalitions de gouvernement. Il ne faut toutefois pas s'attendre &#224; un virage &#224; gauche de la Moncloa [le si&#232;ge du gouvernement], plut&#244;t la recherche d'un nouveau cadre de consensus excluant Vox, attirant au moins Ciudadanos, neutralisant le PP et, de l'autre c&#244;t&#233;, faisant pression sur UP pour qu'il se r&#233;signe devant les carcans syst&#233;miques au nom de la stabilit&#233; politique et sociale. Pour l'heure, seule la crise nationale-territoriale peut &#234;tre un facteur de conflictualit&#233; conduisant &#224; de nouveaux moments de bipolarisation entre les forces du r&#233;gime concernant la mani&#232;re d'envisager la r&#233;ponse &#224; donner &#224; ce qui se passera en Catalogne une fois que tombera le verdict, probablement dur, du proc&#232;s du proc&#233;s [soit ledit processus vers l'ind&#233;pendance].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, le plus pr&#233;occupant r&#233;side dans la disposition &#233;mise par Pablo Iglesias, r&#233;it&#233;r&#233;e lors de ses premi&#232;res d&#233;clarations post-&#233;lectorales et malgr&#233; l'&#233;norme recul &#233;lectoral, &#224; miser encore sur la participation &#224; un gouvernement de coalition avec le PSOE, sachant qu'il ne dispose pas du rapport de forces n&#233;cessaire pour conditionner la politique que Pedro S&#225;nchez aspire &#224; d&#233;velopper en cette nouvelle phase. Une politique qui, en outre, trouvera son reflet dans le cadre europ&#233;en par la recherche d'une alliance large allant de Macron &#224; Tsipras (ce dernier est, bien s&#251;r, le grand vaincu des &#233;lections europ&#233;ennes ainsi que l'indique Stathis Kouv&#233;lakis sur notre site) et qui, bien s&#251;r, n'annonce aucun changement par rapport au n&#233;olib&#233;ralisme aust&#233;ritaire et s&#233;curitaire en vigueur au sein de l'UE. Ce n'est pas un hasard si la premi&#232;re visite post-&#233;lectorale de S&#225;nchez a &#233;t&#233; de se rendre &#224; Paris pour rencontrer Macron, qui a &#233;t&#233; battu par Marine Le Pen au scrutin europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne la formation M&#225;s Madrid, men&#233;e par &#205;&#241;igo Errej&#243;n &#8211; Manuela Carmena ne faisant d&#233;j&#224; plus figure de coprotagoniste &#8211;, sa proclamation solennelle selon laquelle une nouvelle gauche est n&#233;e tr&#233;buche sur un sc&#233;nario qui r&#233;duit la formation &#224; un r&#244;le d'opposition constructive en concurrence vertueuse avec un PSOE avec lequel il sera difficile de trouver des diff&#233;rences substantielles face &#224; leur projet commun de reconstruire la classe moyenne. Il n'est pas non plus &#233;vident que cette nouvelle formation parvienne &#224; &#233;tablir un ancrage territorial significatif, &#224; moins que Podemos n'entre dans un processus de d&#233;composition acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ce qui a trait aux r&#233;sultats obtenus par la liste Madrid En Pie dans la capitale de l'Etat, ils ne sont pas parvenus &#224; remplir les attentes visant &#224; d&#233;passer le quorum n&#233;cessaire de 5% pour obtenir une repr&#233;sentation [2,63% des suffrages, 42'855 voix]. Malgr&#233; tout, la campagne a &#233;t&#233; le cadre d'un effort consid&#233;rable des diff&#233;rents courants &#8211; Izquierda Unida, Bancada municipalista et Anticapitalistas &#8211; qui ont promu cette liste. Il s'agissait de diffuser un discours et un programme alternatifs maintenant vivant le meilleur de l'h&#233;ritage d'Ahora Madrid, dont les trois t&#234;tes de liste en sont l'illustration [Rommy Arce, Carlos S&#225;nchez Mato et Pablo Carmona] et qui avaient repr&#233;sent&#233; le pari cons&#233;quent en faveur du changement. Cette bataille devait &#234;tre engag&#233;e car, ainsi que nous le rappelle Enzo Traverso, &#171; la d&#233;faite lors d'un combat bien men&#233; donne une dignit&#233; aux vaincus et peut repr&#233;senter un motif de fiert&#233; &#187;. Il reste &#224; tirer les enseignements de cette exp&#233;rience de travail en commun et &#224; chercher les formes pour poursuivre le long de ce chemin au moyen d'un meilleur ancrage au sein des classes populaires et d'une convergence avec les mouvements sociaux qui, sans doute, ne resteront pas passifs face aux agressions qu'annoncent les droites dispos&#233;es &#224; revenir au gouvernement de la capitale et de la Communaut&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons donc dans une &#233;poque de r&#233;sistance aux contre-r&#233;formes lanc&#233;es par ces droites, mais aussi &#224; un PSOE qui n'a offert qu'un certain soulagement le 28 avril dernier [face &#224; la possibilit&#233; d'une mont&#233;e plus forte de l'extr&#234;me droite ainsi que de la possibilit&#233; d'un accord des trois droites] et qui, aujourd'hui, ne masque pas sa volont&#233; de remporter la confiance de l'IBEX 35 [l'indice boursier des principales entreprises espagnoles cot&#233;es] tout en se r&#233;affirmant comme le parti principal du r&#233;gime, au service d'une monarchie et d'un pouvoir judiciaire dispos&#233;s &#224; prendre des mesures plus r&#233;pressives face &#224; la profonde crise nationale-territoriale et aux revendications d&#233;mocratiques de la majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; catalane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le cadre de ce nouveau cycle, il n'est gu&#232;re probable que la direction de Podemos fasse une autocritique &#224; la hauteur de ce qu'exige aujourd'hui un processus de recomposition capable de faire face aux nouveaux d&#233;fis et cela sans disposer du poids institutionnel dont il jouissait jusqu'&#224; maintenant. Il revient aux forces de la gauche de rupture de tirer les le&#231;ons des erreurs, les n&#244;tres autant que celle des autres, mais aussi des exp&#233;riences qui, sans les id&#233;aliser, sortent renforc&#233;es du r&#233;cent cycle &#233;lectoral, comme Adelante Andaluc&#237;a ; ou m&#234;me de ce que repr&#233;sente dans la p&#233;ninsule Ib&#233;rique, au Portugal, le Bloco de Esquerda. Il faudra donc emprunter de nouveaux chemins de recomposition, qui devront se fonder sur des piliers indispensables, tels que la plus vaste horizontalit&#233; possible dans les d&#233;lib&#233;rations et la prise de d&#233;cision collective, la recherche de consensus internes qui respectent &#224; leur tour les dissensions, la diversit&#233; et la conf&#233;d&#233;ralit&#233;. En jeu : la possibilit&#233; d'ouvrir un nouvel horizon alternatif &#224; m&#234;me de surmonter la r&#233;signation et le ressentiment parmi ceux et celles d'en bas face &#224; la minorit&#233; dangereuse de toujours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 27 mai 2019 sur le site VientoSur.info ; traduction A l'Encontre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Note&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] S&#225;nchez n'a pas manqu&#233; de balayer, d&#232;s le 27 mai, les esp&#233;rances et d&#233;sirs de Pablo Iglesias &#224; devenir membre du gouvernement ; le &#171; minist&#233;rialisme &#187;, pour reprendre une formule ancienne, de la direction de Podemos, inscrit dans son projet, est la triste conclusion de l'&#233;volution d'une formation qui, en 2014, recelait bien d'autres potentialit&#233;s&#8230; Il ne fait gu&#232;re de doute que les r&#233;sultats de mai vont entra&#238;ner un approfondissement de la crise de cette formation. (R&#233;d.)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol. Le chemin &#233;troit du nouveau gouvernement et les d&#233;fis d'Unidos Podemos</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Le-chemin-etroit-du-nouveau-gouvernement-et-les-defis-d-Unidos</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Le-chemin-etroit-du-nouveau-gouvernement-et-les-defis-d-Unidos</guid>
		<dc:date>2018-06-05T09:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Europe</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-06-05</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Article publi&#233; le 2 juin 2018 sur le site VientoSur.info ; traduction A L'Encontre | Photo : Pedro Sanchez &lt;br class='autobr' /&gt;
Le triomphe de la motion de d&#233;fiance constructive pr&#233;sent&#233;e par Pedro S&#225;nchez ce 1er juin et l'expulsion de M. Rajoy [&#171; M punto Rajoy &#187;, allusion &#224; la fa&#231;on dont Podemos et d'autres nomment publiquement l'ancien pr&#233;sident du gouvernement en raison de l'apparition de son nom dans des affaires de corruption] de la Moncloa [si&#232;ge du pr&#233;sident du gouvernement &#224; Madrid] constituent sans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton35105-737bf.png?1781970525' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Article publi&#233; le 2 juin 2018 sur le site VientoSur.info ; traduction A L'Encontre | Photo : Pedro Sanchez&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le triomphe de la motion de d&#233;fiance constructive pr&#233;sent&#233;e par Pedro S&#225;nchez ce 1er juin et l'expulsion de M. Rajoy [&#171; M punto Rajoy &#187;, allusion &#224; la fa&#231;on dont Podemos et d'autres nomment publiquement l'ancien pr&#233;sident du gouvernement en raison de l'apparition de son nom dans des affaires de corruption] de la Moncloa [si&#232;ge du pr&#233;sident du gouvernement &#224; Madrid] constituent sans aucun doute une bonne nouvelle et c'est ainsi qu'elle a &#233;t&#233; re&#231;ue par une large majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; espagnole. Un nouveau sc&#233;nario politique s'ouvre ainsi, plein d'inconnues et sans susciter de grandes illusions envers le nouveau gouvernement qui sera form&#233; dans les prochains jours. Pour le moins, une &#233;tape d'attaques brutales contre les droits et les libert&#233;s fondamentales sur tous les fronts s'ach&#232;ve.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, le 24 mai dernier, par hasard un jour apr&#232;s l'approbation du budget 2018 du PP (Parti Polaire) au Congr&#232;s des d&#233;put&#233;s [gr&#226;ce aux voix du Parti nationaliste basque, PNV], la condamnation de l'Audience nationale sur le r&#233;seau de corruption G&#252;rtel &#233;tait enfin prononc&#233;e. Le jugement comprend la condamnation pour 28 d&#233;lits de pr&#233;varication, 24 de corruption, 26 de blanchiment d'argent et 20 contre le fisc ainsi que de longues condamnations prononc&#233;es contre un nombre important de personnes li&#233;es au PP, tels que l'ancien tr&#233;sorier Luis B&#225;rcenas, l'entrepreneur Francisco Correa, les anciens maires de Majadahonda et de Pozuelo de Alarc&#243;n [deux villes voisines des environs de Madrid] ainsi que l'ancien secr&#233;taire &#224; l'organisation du PP de Galice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un jugement qui reconna&#238;t ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; &#233;vident depuis longtemps : qu'au cours des ans, s'&#233;tait tiss&#233; entre les entreprises de Correa et le PP &#171; un authentique et efficace syst&#232;me de corruption institutionnelle par le biais de m&#233;canismes de manipulation des march&#233;s publics aux niveaux central, des communaut&#233;s autonomes et locales par le biais de sa relation &#233;troite et continue avec d'influents militants dudit parti. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette sentence d&#233;vastatrice ne laisse aucun doute, y compris du c&#244;t&#233; de Ciudadanos, sur le caract&#232;re criminel du PP et sur la responsabilit&#233; de M. Rajoy en tant que pr&#233;sident de ce dernier. La d&#233;cision de Pedro S&#225;nchez de pr&#233;senter d&#232;s lors une motion de d&#233;fiance est apparue comme une initiative sans vis&#233;e de succ&#232;s mais qui &#233;tait n&#233;cessaire pour r&#233;pondre &#224; une revendication de simple hygi&#232;ne d&#233;mocratique, exigeant que le parti le plus corrompu d'Europe sorte du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, malgr&#233; l'incertitude qui planait jusqu'au dernier moment sur la d&#233;mission ou non de Rajoy, le PNV s'est d&#233;termin&#233; &#224; voter la motion, en &#233;change du respect d'un budget aust&#233;ritaire qui venait d'&#234;tre approuv&#233; ainsi que l'absence de convocation d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales anticip&#233;es. Ces voix ont permis &#224; la motion d'obtenir la majorit&#233; absolue [il fallait 176 votes en faveur, la motion en a re&#231;u 180 &#8211; voir sur le r&#233;sultat la note 1 de l'article publi&#233; vendredi 1er juin].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas question de souligner les diff&#233;rentes interventions du d&#233;bat, mais il est int&#233;ressant de constater qu'une fois le r&#233;sultat atteint, Pedro S&#225;nchez, qui semblait avoir pratiquement disparu de la sc&#232;ne si ce n'est pour serrer les rangs dans le bloc de l'imposition de l'article 155 en Catalogne, sort renforcer sans pouvoir toutefois dissimuler son vertige devant les &#233;normes d&#233;fis auxquels il fait face. Le grand perdant est, en revanche, le dirigeant de Ciudadanos [avec 32 d&#233;put&#233;s au l&#233;gislatif], Albert Rivera, obnubil&#233; par des sondages qui le pr&#233;sentent comme le vainqueur d'&#233;lections g&#233;n&#233;rales imm&#233;diates. Il est contraint de faire le constat de son &#233;loignement, au moins jusqu'aux &#233;lections municipales et autonomiques [en 2019]. Son projet ultranationaliste espagnol, assaisonn&#233; de n&#233;olib&#233;ralisme et d'europ&#233;isme de type Macron, ne pourra r&#233;sister aussi facilement dans l'opposition, pour le moins en dehors de Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unidos Podemos est, lui, apparu comme le d&#233;fenseur le plus ferme de la motion de d&#233;fiance et, par cons&#233;quent, partie prenante du succ&#232;s au point d'en arriver &#224; se proposer pour gouverner aux c&#244;t&#233;s du PSOE. Pour ce qui est des partis souverainistes catalans [ERC et le PDeCAT], de m&#234;me que Bildu [coalition de gauche nationaliste basque], se sont branch&#233;s sur la soif d'&#233;jecter le PP. Cette attitude leur permet d&#233;sormais d'obliger Pedro S&#225;nchez &#224; un dialogue bilat&#233;ral qui mette un frein &#224; la juridiciarisation du conflit, tout en sachant que sur ce front le dirigeant du PSOE, soumis &#224; l'&#233;troite surveillance des barons et de la vieille garde, ne peut que promettre quelques bonnes paroles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PP, au contraire, est d&#233;concert&#233; face &#224; un sc&#233;nario nouveau, qu'il n'attendait pas, et entre dans une nouvelle &#233;tape de refondation qui sera probablement dirig&#233;e encore par Rajoy. Il est certain que le PP n'est pas l'UCD [Union du centre d&#233;mocratique, formation issue du parti unique franquiste et de caciques locaux de l'appareil d'Etat, auquel se sont adjointes d'autres forces, qui a, sous la direction d'Adolfo Su&#225;rez &#171; pilot&#233; &#187; la transition avant de dispara&#238;tre au d&#233;but des ann&#233;es 1980]. Il n'y a pas lieu de s'attendre &#224; une d&#233;composition &#224; br&#232;ve &#233;ch&#233;ance, mais celle-ci pourrait d&#233;buter suite &#224; la premi&#232;re &#233;ch&#233;ance &#233;lectorale, en Andalousie en mars 2019, dans le cas o&#249; Ciudadanos remportait un plus grand nombre de suffrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tous les cas, d&#232;s maintenant, contraint par la concurrence de ce parti, son processus de refondation et de construction d'un nouveau leadership s'accompagnera d'une opposition v&#233;h&#233;mente au nouveau gouvernement [le PP compte 137 d&#233;put&#233;s contre 84 au PSOE], non exempt de tr&#234;ves pour permettre une d&#233;fense commune de la raison d'Etat et, particuli&#232;rement, de l'unit&#233; de l'Espagne face au s&#233;paratisme. Les deux formations, PP et Ciudadanos, seront aiguillonn&#233;es par le Brunete m&#233;diatique [terme utilis&#233; pour d&#233;signer le front m&#233;diatique oppos&#233; aux ind&#233;pendantistes basques ou catalans], dispos&#233; &#224; engager une guerre sale si n&#233;cessaire pour ne laisser aucun r&#233;pit &#224; S&#225;nchez et inviter un agenda occulte qui, comme on le voit d&#233;j&#224;, annonce les pires catastrophes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que peut-on esp&#233;rer du nouveau gouvernement ? Et de Podemos ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;bauche de programme annonc&#233; jusqu'&#224; maintenant semble se concentrer sur quelques mesures modestes, bien qu'urgentes, un grand nombre d'entre elles ayant fait l'objet d'un veto du gouvernement PP, telles celles portant sur la loi museli&#232;re, l'universalisation du syst&#232;me de soin ou le d&#233;blocage &#224; la radio-t&#233;l&#233;vision espagnole. Il semble que l'annonce qu'il a faite d'un sauvetage social ne pourra gu&#232;re aller loin en raison de son engagement &#224; respecter un budget aust&#233;ritaire alors que le PSOE lui-m&#234;me avait pr&#233;sent&#233; un amendement portant sur sa totalit&#233;. Pour ce qui a trait &#224; sa disposition au dialogue avec l'ind&#233;pendantisme catalan, cela impliquerait, outre une sortie du traitement judiciaire du conflit, de mettre un terme au contr&#244;le &#233;conomique du govern de la Generalitat, chose qui ne semble pas non plus faire partie de ses projets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est ainsi possible que nous devions faire face &#224; une nouvelle version de ce que la porte-parole socialiste au Parlement, Margarita Robles, a pr&#233;sent&#233; comme mod&#232;le : l'&#233;tape des gouvernements pr&#233;sid&#233;s par Rodr&#237;guez Zapatero [entre 2004 et 2011]. En r&#233;sum&#233;, pour compenser la marge de man&#339;uvre &#233;troite sur le plan social et &#233;conomique, en raison des engagements pris &#8211; avec des cons&#233;quences encore plus dures aujourd'hui qu'alors &#8211; envers le Plan de stabilit&#233; europ&#233;en et sur la question de la fracture nationale-territoriale &#8211; qui s'est fortement &#233;largie depuis lors &#8211;, Sanchez devra prendre des mesures phares dans le domaine des libert&#233;s et de l'assistance sociale. Cela de fa&#231;on &#224; ce que le PSOE se trouve dans une position de force les prochaines luttes &#233;lectorales, r&#233;cup&#233;rant un peu de cr&#233;dibilit&#233; devant un &#233;lectorat qui l'abandonne progressivement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si, de plus, ce gouvernement est mis sous pression par les puissants lobbies internes et externes &#8211; le patronat et les banques qui exigent d&#233;j&#224; qu'il ne touche pas aux &#171; grandes r&#233;formes &#187;, en particulier dans le domaine de la l&#233;gislation du travail et pour qu'il s'engage &#224; ne pas introduire de nouveaux imp&#244;ts &#8211; ainsi que par l'hostilit&#233; du PP et de Ciudadanos devant tout geste d'apaisement envers l'ind&#233;pendantisme catalan, appelant &#224; une mobilisation dans la rue comme ils l'ont fait sous Zapatero, Paglo Iglesias aurait alors raison de soutenir que Pedro S&#225;nchez forme un gouvernement faible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que pour faire face &#224; ce bloc r&#233;actionnaire, la meilleure voie ne consiste pas &#224; se proposer comme membre potentiel de ce gouvernement, ainsi que l'a fait &#224; la h&#226;te Pablo Iglesias. Au contraire, Unidos Podemos (UP) devrait s'affirmer &#224; nouveau comme la force politique qui, au parlement et en relation avec les mouvements sociaux, est dispos&#233;e &#224; conclure des accords avec le PSOE. si possible en dehors du gouvernement, &#224; l'instar de ce qui se fait au Portugal [1]. Et, surtout, vise &#224; b&#226;tir un bloc alternatif d&#233;termin&#233; &#224; r&#233;pondre aux attaques de la droite et, simultan&#233;ment, contraindre Pedro S&#225;nchez &#224; emprunter un chemin qui aille au-del&#224; de quelques mesures mod&#233;r&#233;ment social-lib&#233;rales et de &#171; r&#233;g&#233;n&#233;ration &#187; [d'un syst&#232;me politique &#224; bout de souffle].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agirait ici de la tactique la plus ad&#233;quate car, ainsi que l'a d&#233;clar&#233; le leader de Podemos lui-m&#234;me lors de sa premi&#232;re intervention au parlement, nous ne devons pas seulement aller au-del&#224; de l'&#233;tape d'un PP corrompu ou d'une simple crise de la repr&#233;sentation politique. Nous sommes toujours face &#224; une triple crise (institutionnelle, sociale et &#233;conomique ainsi que nationale et territoriale) qui, en r&#233;alit&#233;, en d&#233;pit du reflux r&#233;cent et du blocage de la situation catalane, fait que la crise de r&#233;gime reste ouverte, un r&#233;gime dont le PSOE est l'un des piliers fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me Juan Luis Cebri&#225;n [pr&#233;sident du quotidien El Pa&#237;s] appelait r&#233;cemment &#224; &#233;viter le &#171; naufrage de l'Etat &#187;. Il n'y a donc pas lieu de se limiter &#224; la recherche de nouveaux consensus (id&#233;alisant ceux qui ont &#233;t&#233; conclus lors de la Transition de 1978) pour une simple r&#233;g&#233;n&#233;ration de ce r&#233;gime. Il faut au contraire continuer &#224; se battre pour un horizon de rupture constituante, principe qui figure aux origines m&#234;me de la fondation de Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Unidos Podemos ne peut devenir un simple collaborateur d'une recomposition partielle de ce r&#233;gime, ce qui en outre ne ferait que renforcer un PSOE qui, outre sa propre et longue histoire de corruption, est loin de s'inspirer de l'exemple de courants comme celui que repr&#233;sente Jeremy Corbyn en Grande-Bretagne. Ainsi que le propose le communiqu&#233; d'Anticapitalistas, la t&#226;che d'UP doit consister en une contribution &#224; la cr&#233;ation de conditions favorables &#224; un nouveau cycle de mobilisations, suivant en cela l'exemple de mouvements comme celui des retrait&#233;&#183;e&#183;s ou le mouvement f&#233;ministe, aspirant ainsi &#224; d&#233;border les cadres aust&#233;ritaires, liberticides [2] et recentralisateurs impos&#233;s, dont l'on peut craindre sans se tromper qu'ils resteront une donn&#233;e centrale de la nouvelle &#233;tape politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; quel devrait &#234;tre le meilleur chemin pour pr&#233;parer les prochaines &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales, en suscitant en parall&#232;le des processus participatifs &#8211; sans dimension pl&#233;biscitaire [&#224; l'instar de la pratique de la direction de Podemos] &#8211; de construction de listes d'unit&#233; populaire, suivant en cela les accords conclus entre Podemos et IU en Andalousie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Jaime Pastor&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;___&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] O&#249; &#171; tout ce qui a chang&#233; depuis 2015 r&#233;sulte de la pression du Bloco et du Parti communiste portugais &#187;, mais o&#249; &#171; la question des banques, de m&#234;me que celle de la dette et de l'Union europ&#233;enne, n'a pas pu faire partie de l'accord &#187; (voir Alda Sousa et Adriano Campos, &#171; La experiencia del Bloco de Esquerda. Conquistas y conflictos &#187;, Viento Sur n&#176; 157, avril 2018, p. 5-14. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Mentionnons seulement le r&#233;cent jugement contre les jeunes d'Altsasu [&#224; la suite d'une altercation dans un bar avec des gardes civiles ; des peines de plusieurs ann&#233;es de prison ont &#233;t&#233; prononc&#233;es] ainsi que l'existence de prisonniers politiques et d'exil&#233;&#183;e&#183;s. (R&#233;d. A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Etat espagnol : Apr&#232;s les &#233;lections du 21 d&#233;cembre en Catalogne, nouvelle phase, vieux d&#233;fis</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Apres-les-elections-du-21-decembre-en-Catalogne-nouvelle-phase</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Etat-espagnol-Apres-les-elections-du-21-decembre-en-Catalogne-nouvelle-phase</guid>
		<dc:date>2018-01-16T08:41:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2018-01-16</dc:subject>

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&lt;p&gt;Samedi 6 janvier 2018 | tir&#233; su site &#192; l'encontre &lt;br class='autobr' /&gt;
Le sc&#233;nario qui se dessine suite aux &#233;lections du 21 d&#233;cembre 2017 n'a pas chang&#233; fondamentalement du point de vue parlementaire. En revanche, l'action croissante de criminalisation de l'ind&#233;pendantisme par le pouvoir judiciaire est une donn&#233;e forte. Il serait erron&#233; que la gauche active &#224; l'&#233;chelle de l'Etat espagnol, tout comme ceux qui s'opposent &#224; la &#171; d&#233;d&#233;mocratisation &#187; ainsi qu'&#224; la recentralisation croissante de cet Etat, consid&#232;re (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Europe-" rel="directory"&gt;Europe&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2018-01-16-+" rel="tag"&gt;Edition du 2018-01-16&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH82/arton33288-852c7.png?1782148602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='82' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Samedi 6 janvier 2018 | tir&#233; su site &#192; l'encontre&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sc&#233;nario qui se dessine suite aux &#233;lections du 21 d&#233;cembre 2017 n'a pas chang&#233; fondamentalement du point de vue parlementaire. En revanche, l'action croissante de criminalisation de l'ind&#233;pendantisme par le pouvoir judiciaire est une donn&#233;e forte. Il serait erron&#233; que la gauche active &#224; l'&#233;chelle de l'Etat espagnol, tout comme ceux qui s'opposent &#224; la &#171; d&#233;d&#233;mocratisation &#187; ainsi qu'&#224; la recentralisation croissante de cet Etat, consid&#232;re que le conflit qui met aux prises une majorit&#233; de Catalans avec le r&#233;gime lui est &#233;tranger &#8211; d&#232;s lors qu'elle comprend non seulement les ind&#233;pendantistes mais aussi des souverainistes [1]. Nos libert&#233;s tout comme nos droits collectifs et individuels sont en jeu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;De nombreuses analyses sur les r&#233;sultats des &#233;lections du 21 d&#233;cembre dernier en Catalogne ont &#233;t&#233; publi&#233;es. Je veux ici partir de celles de Mart&#237; Caussa et de Josep Mar&#237;a Antentas, dont je partage une bonne partie des diagnostics et conclusions. Le titre du premier, &#171; L'ind&#233;pendantisme r&#233;siste, mais sans clarifier sa strat&#233;gie &#187; [2], est suffisamment parlant alors que le texte souligne la d&#233;faite politique de l'article 155 [la mise sous tutelle des institutions catalanes], mais &#233;galement que &#171; le bloc unioniste [contre l'ind&#233;pendance] et partisan de l'application du 155 est devenu plus fort et agressif &#187;. Il conclut en pr&#233;sentant un contexte marqu&#233; par une incertitude plus grande face &#224; une nouvelle &#233;tape qui s'ouvre, suite &#224; la fin brutale du cycle ant&#233;rieur au 27 octobre [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me article d'Antentas [4], r&#233;dig&#233; plusieurs jours apr&#232;s les &#233;lections, entre plus en d&#233;tail sur les facteurs qui expliquent, d'un c&#244;t&#233;, le &#171; succ&#232;s de l'op&#233;ration Puigdemont &#187; au moyen de son discours l&#233;gitimiste [c'est-&#224;-dire comme pr&#233;sident &#233;lu l&#233;gitime puisque destitu&#233; par l'Etat en dehors de toute &#233;lection] et, de l'autre, la mont&#233;e de Ciudadanos (C's) en tant que vote strat&#233;gique d'opposition &#224; l'ind&#233;pendance, en m&#234;me temps qu'expression &#171; de l'ordre et de la peur &#187;. Le texte constate en outre la crise du slogan &#171; un sol poble &#187; [un seul peuple] afin d'argumenter en faveur de la n&#233;cessit&#233; d'une reformulation strat&#233;gique, face au verrouillage persistant du r&#233;gime, qui aspire &#224; &#171; lier l'agenda ind&#233;pendantiste avec les politiques contre l'aust&#233;rit&#233; et d&#233;fendre un processus constituant compatible avec un destin soit ind&#233;pendantiste, soit conf&#233;d&#233;r&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, en d&#233;pit d'une application abusive &#8211; et anticonstitutionnelle aux yeux de nombreux experts &#8211; de l'article 155 [5], d'un harc&#232;lement judiciaire croissant (plus de 60 cas ouverts, un grand nombre portant sur des accusations injustes pour des d&#233;lits de r&#233;bellion, de s&#233;dition et&#8230; de haine) et de l'annonce permanente d'une instabilit&#233; &#233;conomique plus importante, la revendication de la majorit&#233; absolue par le bloc ind&#233;pendantiste [6] a compromis les plans du mal nomm&#233; bloc constitutionnaliste [qui pr&#233;tend d&#233;fendre la Constitution de 1978] &#8211; plus exactement des constitutionnalistes camoufl&#233;s, ainsi qu'ils sont qualifi&#233;s par le procureur &#233;m&#233;rite Mart&#237;n Pall&#237;n [7] &#8211; et rend toujours manifeste la crise de l&#233;gitimit&#233; du r&#233;gime ainsi que, surtout, de l'Etat autonomique en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement vrai que les partis ind&#233;pendantistes ont obtenu seulement 47,49% des suffrages. Il est toutefois aussi exact qu'&#233;tant donn&#233; les conditions aussi asym&#233;triques &#8211; incontestablement en faveur du r&#233;gime &#8211; o&#249; se sont d&#233;roul&#233;es ces &#233;lections et le degr&#233; &#233;lev&#233; de participation (79,04%), ce r&#233;sultat signifie sans aucun doute un &#233;chec ind&#233;niable de la strat&#233;gie &#233;labor&#233;e par l'Etat pour emp&#234;cher le succ&#232;s des ind&#233;pendantistes. Il &#233;tait de plus confiant dans la dite majorit&#233; silencieuse qui leur aurait permis d'obtenir une ample victoire. Il s'agit donc d'une d&#233;faite du Parti populaire de Rajoy &#8211; le parti ayant la plus petite repr&#233;sentation au sein du nouveau Parlament, avec trois d&#233;put&#233;s &#8211;, de son gouvernement ainsi que du r&#233;gime monarchique (n'oublions pas le discours de Felipe VI dans la soir&#233;e du 3 octobre qui a &#233;t&#233; adouci, uniquement quant &#224; la forme, lors de celui diffus&#233; le 24 d&#233;cembre).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui pr&#233;c&#232;de ne doit pas impliquer une sous-estimation du fait que Ciudadanos (C's) a gagn&#233; de nombreux suffrages provenant de secteurs sociaux tr&#232;s divers, ce qui permet &#224; cette formation de concurrencer ouvertement le PP dans la recherche d'un soutien plus important aupr&#232;s des entreprises de l'Ibex 35 [l'indice boursier espagnol] en vue des prochaines &#233;lections autonomiques et municipales qui se tiendront en mai 2019. Ciudadanos ne cessera pas pour autant d'&#234;tre une opposition parlementaire impuissante en Catalogne, en d&#233;pit de l'inconnue sur le sort de Puigdemont [&#224; Bruxelles, sous la menace d'&#234;tre arr&#234;t&#233; d&#232;s qu'il sortira de l'avion &#224; Barcelone, ce qui l'emp&#234;che de prendre possession de son mandat et d'&#234;tre &#233;lu &#224; nouveau pr&#233;sident de la Generalitat] ainsi que des personnes &#233;lues en prison ou en exil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pression au vote utile &#8211; en raison du contexte de bipolarisation au sein duquel ces &#233;lections se sont d&#233;roul&#233;es &#8211; a marginalis&#233;, d'une mani&#232;re &#233;vidente, CeC-Podem [Catalunya en Comu-Podem], probablement &#233;galement en raison de &#171; la passivit&#233; strat&#233;gique tacticiste [de la coalition], esp&#233;rant que l'ind&#233;pendantisme s'effondre rapidement &#187;, pour reprendre les termes d'Antentas. Elle a aussi port&#233; pr&#233;judice &#224; la CUP (malgr&#233; une certaine r&#233;orientation de sa campagne autour des axes &#171; R&#233;publique, droits sociaux et Assembl&#233;e constituante &#187;). D'un autre c&#244;t&#233;, cette pression a port&#233; atteinte &#224; un PP qui est directement identifi&#233; avec le gouvernement et la r&#233;pression du 1er octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; L'impossible liquidation de l'ind&#233;pendantisme&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, malgr&#233; le d&#233;menti cinglant apport&#233; &#224; la proclamation aventureuse selon laquelle l'ind&#233;pendantisme aurait &#233;t&#233; liquid&#233; (ainsi que s'est &#233;vertu&#233;e &#224; le r&#233;p&#233;ter la vice-reine [la vice-pr&#233;sidente du gouvernement a, en vertu de l'article 155, &#233;t&#233; mise &#224; la t&#234;te de la Generalitat le 27 octobre] Soraya S&#225;enz de Santamar&#237;a tout au long de la campagne), la r&#233;ponse de Rajoy &#224; l'ouverture au dialogue bilat&#233;ral exprim&#233; avec une clart&#233; plus nette par ERC [Gauche r&#233;publicaine de Catalogne] reste, ainsi qu'il &#233;tait pr&#233;visible, sostenella y no enmendalla [8]. Ce qui est pire, c'est que, sous pression de Ciudadanos, Rajoy continue de tra&#238;ner les pieds, y compris devant la possibilit&#233; d'une r&#233;forme constitutionnelle qui aborderait la question catalane. Il ne faut donc pas trop attendre de la sous-commission d'&#233;tude qui sera constitu&#233;e au sein du parlement espagnol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, auxquelles il faut ajouter de nouveaux cas de corruption pouvant atteindre &#171; M. Rajoy &#187; (ainsi que, bien s&#251;r, l'ancienne Converg&#232;ncia [CDC, le parti de Pujol, d'Artur Mas et de Puigdemont rebaptis&#233; PDeCat]) et sans le soutien [indispensable] du Parti nationaliste basque (PNV) au vote du budget, la question catalane demeurera au centre de l'agenda politique, d&#233;sormais sous la surveillance implacable du Minist&#232;re public (Fiscal&#237;a del Estado) et d'un pouvoir judiciaire dont l'absence d'ind&#233;pendance a &#233;t&#233; r&#233;cemment d&#233;nonc&#233;e par le Conseil de l'Europe. Tout cela ne manquera pas d'affecter la gouvernabilit&#233; du pays ainsi qu'une pr&#233;tendue reprise &#233;conomique qui ne peut d&#233;sormais pas dissimuler la pr&#233;carisation croissante dans laquelle est plong&#233;e la force de travail ou le fait que les investissements publics ont atteint en 2017 leur point le plus bas en 50 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas surprenant que des m&#233;dias aussi belliqueux que El Pa&#237;s font d'&#233;normes efforts pour tranquilliser les grands pouvoirs &#233;conomiques (souvenons-nous de l'&#233;ditorial du quotidien &#224; peine deux jours apr&#232;s les &#233;lections catalanes : &#171; Pas de panique &#187;). Ils sont conscients en outre que Puigdemont deviendra &#224; nouveau le pr&#233;sident l&#233;gitime de la Generalitat, si les juges ne l'en emp&#234;chent pas, ce qui signifierait un &#233;chec total de la campagne m&#233;diatique brutale et parano&#239;aque d&#233;ploy&#233;e au cours des derniers mois contre l'ind&#233;pendantisme et m&#234;me contre Podemos et Catalunya En Com&#250; [formations qui d&#233;fendent la tenue d'un r&#233;f&#233;rendum n&#233;goci&#233; tout en affirmant qu'elles appelleraient &#224; voter non].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le le plus lamentable dans tout ce processus a sans aucun doute &#233;t&#233; tenu par le PSC [Parti des socialistes catalans], qui cherchait un vote fourre-tout de catalanistes et d'anticatalanistes sans &#234;tre toutefois parvenu &#224; freiner l'ascension de Ciudadanos. Cela pourrait bien le r&#233;duire au rang de subalterne de C's au nom de la d&#233;fense de la raison d'Etat et de l'unit&#233; de l'Espagne. Une politique &#224; laquelle il a &#233;t&#233; pouss&#233; par l'alignement de Pedro S&#225;nchez sur Rajoy et son gouvernement (ce qui a assur&#233;ment d&#233;&#231;u un grand nombre d'adh&#233;rents qui a r&#233;&#233;lu Sanchez au poste de secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral lors des primaires, d&#233;j&#224; bien &#233;loign&#233;es, de mai dernier). L'abandon du PSOE de celui qui a &#233;t&#233; le porte-parole du courant Izquierda Socialista, Jos&#233; Antonio P&#233;rez Tapias (universitaire, ex-membre du PSOE &#224; S&#233;ville), est donc compr&#233;hensible d&#232;s lors que S&#225;nchez a non seulement renonc&#233; &#224; d&#233;fendre de mani&#232;re cons&#233;quente la reconnaissance de la plurinationalit&#233;, mais &#233;galement &#224; faire face &#224; la politique d'exception que Rajoy souhaite maintenir en Catalogne [9].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en demeure pas moins important de reconna&#238;tre qu'il est urgent que les gauches souverainistes et ind&#233;pendantistes catalanes op&#232;rent une r&#233;orientation politique qui permette un meilleur ancrage au sein des classes subalternes autour d'une articulation plus claire de la question nationale et de la question sociale ainsi que, en parall&#232;le, d'aller vers la construction d'un sujet politique, un nouveau d&#232;mos pluriel, allant au-del&#224; de toute forme de nationalisme excluant en ses propres rangs. Des t&#226;ches sans aucun doute urgentes d&#232;s lors que l'on consid&#232;re la n&#233;cessit&#233; de disputer en meilleures conditions l'h&#233;g&#233;monie d'une ancienne Converg&#232;ncia dont la capacit&#233; de m&#233;tamorphose, en d&#233;pit de son pass&#233; de corruption et ses politiques n&#233;olib&#233;rales et aust&#233;ritaires, a &#233;t&#233; une nouvelle fois d&#233;montr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous entrons ainsi dans une nouvelle phase d'un conflit &#224; l'histoire longue, lequel fait toujours face au blocage permanent impos&#233; par le r&#233;gime d'une solution d&#233;mocratique, ainsi que par un plafond &#233;lectoral inf&#233;rieur &#224; 50% atteint jusqu'ici par l'ind&#233;pendantisme. Ce plafond devrait &#234;tre franchi en empruntant de nouvelles voies, en alliance avec Catalunya En Com&#250; ainsi que diverses organisations sociales souverainistes. Un plafond qui, il convient de le rappeler, est plus &#233;lev&#233; que celui atteint par le principal parti nationaliste &#233;cossais, le SNP, lors des &#233;lections de 2011 (tournant autour de 45%) et qui, malgr&#233; cela, lui a permis de n&#233;gocier avec le gouvernement britannique de David Cameron un r&#233;f&#233;rendum de s&#233;paration qui s'est tenu avec toutes les garanties l&#233;gales le 18 septembre 2014 [avec une participation s'&#233;levant &#224; 84,59%, 55,30% ont vot&#233; non et 44,70% oui &#224; l'ind&#233;pendance].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant ce temps, d&#233;mocratie disciplinaire et aust&#233;rit&#233; permanente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de ce parcours, la judiciarisation du conflit a d&#233;j&#224; abouti &#224; une bataille globale contre l'ind&#233;pendantisme, reposant sur le recours le plus abusif possible du Code p&#233;nal, le dernier exemple en date &#233;tant l'ordonnance de la salle d'appel du Tribunal supr&#234;me contre le recours pr&#233;sent&#233; par Oriol Junqueras [vice-pr&#233;sident de la Generalitat jusqu'au 27 octobre, dirigeant d'ERC] visant &#224; obtenir sa mise en libert&#233; provisoire. On peut d&#233;duire de la lecture de l'ordonnance, bien que les instances judiciaires le nient, la tendance &#224; l'imposition d'une d&#233;mocratie militante qui, en &#233;largissant une formule &#233;labor&#233;e par Albo et Fanelli [10], pourrait mieux &#234;tre rendue par d&#233;mocratie disciplinaire. C'est sous la menace d'une criminalisation y compris des nouvelles manifestations non violentes qui pourront &#234;tre convoqu&#233;es en faveur de l'ind&#233;pendance que d&#233;butera la nouvelle &#233;tape parlementaire en Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'application du droit p&#233;nal de l'ennemi &#224; la Catalogne n'est rien d'autre que l'une des formes prise par le processus de &#171; d&#233;d&#233;mocratisation &#187; acc&#233;l&#233;r&#233;e de r&#233;gimes formellement d&#233;mocratiques depuis le d&#233;but de la grande r&#233;cession de 2008. Employ&#233;e initialement pour faciliter l'application de politiques d'aust&#233;rit&#233; devenues permanentes, la contre-r&#233;forme propre &#224; l'article 135 de la Constitution [imposition d'un corset budg&#233;taire] est actuellement utilis&#233;e au travers de l'action belliqueuse de Montoro [le ministre des finances] contre les municipalit&#233;s du changement [municipalit&#233;s dirig&#233;es par des forces dites de changement] et contre les communaut&#233;s autonomes. Tout cela prend des formes dans l'Etat espagnol. Et ce processus s'&#233;tend d&#233;sormais &#224; d'autres domaines de conflit tels que la libert&#233; d'expression, les droits du travail et les guerres culturelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'application par le triparti du r&#233;gime [PP, C's et PSOE] de l'article 155 en Catalogne [11] et les accusations de r&#233;bellion et de s&#233;dition dirig&#233;es contre l'ample cycle de mobilisation qui, depuis 2012, traverse ce pays ne sont pas &#233;trang&#232;res &#224; cette d&#233;mocratie disciplinaire. Elle s'applique en ce cas &#224; la d&#233;fense d'un autre pilier fondamental du r&#233;gime, celui de la souverainet&#233; territoriale exclusive, telle qu'elle est interpr&#233;t&#233;e par une lecture fondamentaliste de l'article 2 de la Constitution [12]. Il en va de m&#234;me de la tendance de procureurs, de juges et de grands m&#233;dias &#224; interpr&#233;ter de mani&#232;re large les d&#233;lits de haine. Une interpr&#233;tation dirig&#233;e contre les manifestations ind&#233;pendantistes mais aussi, et toujours plus, contre diverses formes de dissidence envers l'establishment. Une attitude belliqueuse qui contraste en outre avec la tol&#233;rance qui est t&#233;moign&#233;e envers les apologies constantes du franquisme ainsi que le rejet de la diversit&#233; sexuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ces raisons &#8211; nous insistons une fois de plus, au-del&#224; des divergences qui peuvent exister avec le bloc ind&#233;pendantiste ou envers la nouvelle feuille de route qui pourra &#234;tre adopt&#233;e en cette nouvelle phase &#8211; la gauche active &#224; l'&#233;chelle de l'Etat ne peut &#234;tre indiff&#233;rente au conflit qui met aux prises ce bloc avec le r&#233;gime. Et, surtout, face aux menaces r&#233;pressives qui s'abattent une fois de plus sur une majorit&#233; parlementaire valid&#233;e &#224; nouveau dans les urnes le 21 d&#233;cembre. Sa l&#233;gitimit&#233; est hors de doute et, par cons&#233;quent, la d&#233;fendre face &#224; la reconduction des mesures d'exception du r&#233;gime doit figurer au m&#234;me rang que les actions visant &#224; mettre en &#233;chec les menaces de Montoro &#8211; alors qu'augmentent les budgets d'une arm&#233;e au service d'une OTAN dont l'ADN imp&#233;rialiste est la m&#234;me [13]. Elle a la m&#234;me importance que l'opposition aux attaques contre les libert&#233;s et les droits, comme celle qui a tragiquement co&#251;t&#233; la vie &#224; Mohamed Bouderbala, demandant l'asile et incarc&#233;r&#233;, dans la prison d'Archidona le 28 d&#233;cembre dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Conjugu&#233; &#224; la r&#233;ponse qui doit &#234;tre apport&#233;e &#224; cette d&#233;rive oligarchique et r&#233;pressive, il sera toujours n&#233;cessaire de trouver, autant en Catalogne que dans le reste de l'Etat, de nouvelles voies visant &#224; retisser des liens solidaires entre les diff&#233;rents peuples de l'Etat espagnol face au dangereux tour de vis recentralisateur du r&#233;gime, favoris&#233; d&#233;sormais par la mont&#233;e de Ciudadanos et v&#233;rifi&#233; suite aux nouvelles coupes budg&#233;taires op&#233;r&#233;es par le gouvernement dans le financement des communaut&#233;s autonomes. Sans oublier toutefois, ainsi que l'a justement pr&#233;cis&#233; P&#233;rez Tapias dans l'entretien cit&#233; plus haut, que &#171; sans r&#233;soudre les questions de reconnaissance &#8211; dans ce cas, de la pluralit&#233; nationale &#8211;, les th&#232;mes de redistribution et du syst&#232;me de financement, par exemple, ne pourront v&#233;ritablement &#234;tre r&#233;solus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fin de la politique r&#233;pressive et la reconnaissance de la pluralit&#233; nationale, politique et culturelle au sein de cet Etat sont des t&#226;ches que l'on ne peut &#233;viter. La premi&#232;re doit passer par la cr&#233;ation d'un large front commun de d&#233;fense des droits d&#233;mocratiques et sociaux, &#224; m&#234;me de paralyser la r&#233;gression r&#233;pressive. La seconde doit continuer d'exercer une pression afin d'aboutir &#224; un changement de la l&#233;galit&#233; en vigueur (au moyen de r&#233;formes &#224; court terme facilitant la voie de processus constituants) dans le but de permettre l'exercice du droit &#224; d&#233;cider de son avenir &#8211; comprenant le droit &#224; la s&#233;paration &#8211; des peuples qui, comme c'est le cas d'une majorit&#233; ind&#233;niable en Catalogne, le r&#233;clament.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Renoncer &#224; modifier le sens commun de l'actuelle majorit&#233; de la soci&#233;t&#233; espagnole [14] en fonction de crit&#232;res &#233;lectoralistes et tacticistes conduira la gauche active &#224; l'&#233;chelle de l'Etat &#224; se transformer en force subalterne d'un nationalisme espagnol excluant &#8211; dont les slogans pr&#233;f&#233;r&#233;s sont A por ellos [que l'on peut traduire par quelque chose comme &#171; achevez-les &#187;, &#171; chargez &#187;, &#171; on se les fait &#187;, il s'agit d'un slogan typique des supporters de football] et Yo soy espa&#241;ol, espa&#241;ol, espa&#241;ol, sans parler des ressources r&#233;pressives et judiciaires croissantes dont il dispose &#8211;, et contribuant ainsi, d&#233;finitivement, &#224; une sortie par en haut [antid&#233;mocratique et antipopulaire] de la crise de r&#233;gime. Il vaudrait mieux ne pas se r&#233;soudre &#224; un r&#233;alisme conservateur &#8211; qui se limite &#224; constater un rapport de forces d&#233;favorable &#8211; et opter pour forcer un changement de cap, en cherchant &#224; unir en un m&#234;me projet destituant les luttes contre la d&#233;mocratie disciplinaire et l'aust&#233;rit&#233; permanente afin d'aboutir &#224; des transformations en faveur de la souverainet&#233; des peuples.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jaime Pastor&lt;br class='autobr' /&gt;
P.-S.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;* Article publi&#233; le 6 janvier 2018 sur le site VientoSur.info ; traduction A L'Encontre publi&#233;e le 9 janvier :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-catalogne-apres-les-elections-du-21-decembre-nouvelle-phase-vieux-defis.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-catalogne-apres-les-elections-du-21-decembre-nouvelle-phase-vieux-defis.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[1] C'est-&#224;-dire les formations, comme Podem et le secteur autour d'Ada Colau, maire de Barcelone, qui d&#233;fendent le droit de la population catalane &#224; se prononcer sur le type de lien institutionnel entre la Catalogne et l'Etat espagnol&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] ESSF (article 42740), En Catalogne, aux &#233;lections du 21 d&#233;cembre, le mouvement ind&#233;pendantiste r&#233;siste, mais sans clarifier sa strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] A quelques minutes d'intervalle s'est d&#233;roul&#233;, ce jour-l&#224;, le vote au Parlament catalan d'un projet de r&#233;solution sur l'ind&#233;pendance &#8211; dans les faits sans valeur autre que symbolique &#8211; suivi par le vote de mesures de coercition au S&#233;nat espagnol, sous couvert de l'article 155, dont la suspension du gouvernement catalan et la dissolution du Parlament&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[4] &lt;a href=&#034;http://vientosur.info/spip.php?article13365&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vientosur.info/spip.php?article13365&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[5] Il est tr&#232;s r&#233;v&#233;lateur que l'application qui a &#233;t&#233; faite de cet article se soit fond&#233;e sur l'amendement pr&#233;sent&#233; en 1978 lors de l'&#233;laboration de la Constitution [et non adopt&#233; au final] par le dirigeant d'alors d'Alianza Popular [l'une des composantes principale qui participera &#224; la fondation du PP en 1989] Manuel Fraga [ministre sous Franco entre 1962 et 1969, ministre de l'int&#233;rieur en 1975-76 avant d'&#234;tre pr&#233;sident de la junte de Galice entre 1990 et 2005]. Il s'agit l&#224; d'une confirmation de la volont&#233; de vider la constitution de son contenu (desconstituyente) qui anime le parti fond&#233; plusieurs ann&#233;es par ce m&#234;me Fraga. Cette action ne porte pas seulement sur la question catalane mais sur bien d'autres telles ceux li&#233;s &#224; nos libert&#233;s et droits fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[6] R&#233;sultat qui est d&#251; &#224; la vive m&#233;moire du cycle qui s'est d&#233;roul&#233; entre le 20 septembre &#8211; protestations massives contre l'arrestation d'une quinzaine de fonctionnaires de la Generalitat, perquisitions de divers locaux ainsi qu'une tentative de perquisition, sans mandat, des locaux de la CUP &#8211; et des journ&#233;es du 1er octobre [tenue du r&#233;f&#233;rendum] et du 3 octobre [gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale et &#171; arr&#234;t de pays &#187;] ainsi que la r&#233;pression qui s'est d&#233;ploy&#233;e pendant et suite &#224; ces journ&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[7] &lt;a href=&#034;http://www.elmundo.es/opinion/2017/12/30/5a4698d3ca474182728b45e9.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.elmundo.es/opinion/2017/12/30/5a4698d3ca474182728b45e9.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[8] Expression en castillan ancien utilis&#233;e pour d&#233;signer l'attitude d'une personne qui persiste dans son erreur bien que ses effets n&#233;fastes soient &#233;vidents&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[9] Jos&#233; A. P&#233;rez Tapias : &#171; S&#243;lo un proceso constituyente nos puede sacar de esta crisis, y el PSOE no est&#225; en ello &#187;, Miguel Mora, ctxt.es, 3 janvier 2018 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://ctxt.es/es/20180103/Politica/17076/perez-tapias-psoe-pedro-sanchez-catalu&#241;a-federalismo-izquierda.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://ctxt.es/es/20180103/Politica/17076/perez-tapias-psoe-pedro-sanchez-catalu&#241;a-federalismo-izquierda.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[10] G. Albo et C. Fanelli, &#171; Austerity against Democracy &#187;, 2014. Pour une critique de l'ordonnance judiciaire : Joan Queralt, &#171; Carb&#243;n &#187;, elnacional.cat, 6 janvier 2018 :&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;https://www.elnacional.cat/es/opinion/joan-queralt-carbon_226791_102.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;https://www.elnacional.cat/es/opinion/joan-queralt-carbon_226791_102.html&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[11] N'oublions pas que les communaut&#233;s autonomes d'Euskadi [le Pays basque] et de Castille-La Manche ont &#233;galement &#233;t&#233; menac&#233;es par l'application de ce m&#234;me article en l'absence des circonstances particuli&#232;res &#224; la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[12] &#171; La Constitution est fond&#233;e sur l'unit&#233; indissoluble de la nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols. Elle reconna&#238;t et garantit le droit &#224; l'autonomie des nationalit&#233;s et des r&#233;gions qui la composent et la solidarit&#233; entre elles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[13] A. Coll, &#171; OTAN : control geopol&#237;tico, soberan&#237;as limitadas e involuci&#243;n pol&#237;tica &#187;, Viento sur, 155, d&#233;cembre 2017, p. 45.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[14] Un sondage publi&#233; ce 6 janvier par El Espa&#241;ol constate que 33,8% des personnes interrog&#233;es dans tout l'Etat sont favorables &#224; la possibilit&#233; d'un r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination face &#224; 59,4% qui y sont oppos&#233;s : la tendance semble pointer, malgr&#233; ce que veulent nous faire croire la grande majorit&#233; des moyens de communication au niveau de l'Etat, &#224; une augmentation de ceux qui y sont favorables.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Etat espagnol-Catalogne. L'article 155 et la mise entre parenth&#232;ses de la d&#233;mocratie</title>
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		<dc:date>2017-10-23T21:55:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jaime Pastor</dc:creator>


		<dc:subject>Espagne</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Catalogne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-24</dc:subject>

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&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 22 - octobre - 2017 | Barcelone, le 21 octobre 2017 &lt;br class='autobr' /&gt;
Suite &#224; la d&#233;cision ferme du r&#233;gime tripartite (Parti Populaire, Ciudadanos, Parti socialiste ouvrier espagnol), avec le roi Felipe VI &#224; sa t&#234;te, visant &#224; donner l'interpr&#233;tation la plus dure, et en m&#234;me temps la plus discutable, de l'article 155 de la Constitution [1], nous entrons irr&#233;m&#233;diablement dans les jours cl&#233;s, en termes de rapports de forces, de l'&#233;preuve qui depuis quelques ann&#233;es a pris jour concernant (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH88/arton32388-41b73.png?1782148602' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='88' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Publi&#233; par Alencontre le 22 - octobre - 2017 | Barcelone, le 21 octobre 2017&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; la d&#233;cision ferme du r&#233;gime tripartite (Parti Populaire, Ciudadanos, Parti socialiste ouvrier espagnol), avec le roi Felipe VI &#224; sa t&#234;te, visant &#224; donner l'interpr&#233;tation la plus dure, et en m&#234;me temps la plus discutable, de l'article 155 de la Constitution [1], nous entrons irr&#233;m&#233;diablement dans les jours cl&#233;s, en termes de rapports de forces, de l'&#233;preuve qui depuis quelques ann&#233;es a pris jour concernant la revendication majoritaire du peuple de Catalogne, soit celle ayant trait &#224; son droit l&#233;gitime de d&#233;cider de son avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En effet, avec l'intention de faire de Mariano Rajoy le pr&#233;sident de la Catalogne, de dissoudre le Parlement catalan afin de pouvoir convoquer de nouvelles &#233;lections et de placer sous son contr&#244;le la police r&#233;gionale [Policia de la Generalitat de Catalunya-Mossos d'Esquadra] et les m&#233;dias &#8211; entre autres mesures &#8211; le r&#233;gime vise &#224; mettre fin &#224; l'autonomie catalane. Mais, de plus, comme l'&#233;crivait r&#233;cemment Javier P&#233;rez Royo [2], il s'agit de mettre fin au nationalisme catalan comme option politique l&#233;gale. Nous pouvons y ajouter : et &#224; toute opposition au r&#233;gime, avec parmi ses cibles le parti Unidos Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ce qui a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; proclam&#233; par les porte-parole du PP, tels Garc&#237;a Albiol [maire de Badalona jusqu'en 2015 et pr&#233;sident de Groupe populaire dans le parlement de Catalogne] et Pablo Casado [membre du PP et vice-secr&#233;taire charg&#233; de la communication]. Ils n'ont manifest&#233; aucune retenue pour &#233;tendre la menace d'interdiction envers des forces politiques r&#233;publicaines ou simplement &#224; inclure dans leur programme des propositions qui vont &#224; l'encontre de la Constitution. C'est ce &#224; quoi nous sommes confront&#233;s : un nationalisme-constitutionnaliste espagnoliste et militant. Et pour cette raison, cela rel&#232;verait d'une tr&#232;s grave erreur que de consid&#233;rer ce conflit comme ne concernant que la Catalogne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;cision &#8211; qui sera sans doute approuv&#233;e, le 27 octobre, par un S&#233;nat &#224; la majorit&#233; absolue du PP [le PP d&#233;tient 148 si&#232;ges sur 266] &#8211; est &#233;galement pr&#233;c&#233;d&#233;e de l'emprisonnement &#171; pr&#233;ventif &#187;, accus&#233; du crime de &#171; s&#233;dition &#187; [passible de 15 ans de prison], de Jordi S&#224;nchez [pr&#233;sident de l'Assembl&#233;e nationale catalane] et de Jordi Cuixartl [pr&#233;sident de l'association &#210;mnium Cultural], dirigeants de deux grandes organisations sociales ayant organis&#233; les plus grandes mobilisations pacifiques en faveur du droit de d&#233;cider qui se sont tenues en Catalogne depuis 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et peu de temps apr&#232;s, le Tribunal constitutionnel (TC) a jug&#233; ill&#233;gale la loi du r&#233;f&#233;rendum approuv&#233;e par le Parlement [catalan], qui la fondait, comme il est de coutume dans ce cas, sur les articles 1 et 2 de la Constitution (&#171; l'autonomie &#187; &#8211; en bref &#8211; n'est pas la &#171; souverainet&#233; &#187;, le TC dixit). En fait, une d&#233;monstration suppl&#233;mentaire que toute promesse de r&#233;forme constitutionnelle qui ne remet pas directement en question ces articles ne peut jamais ouvrir la voie &#224; un v&#233;ritable pacte f&#233;d&#233;ral entre les peuples [3].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;ponse depuis la Catalogne ne s'est pas fait attendre : la manifestation d'hier, le 21 octobre, pour la libert&#233; des deux &#171; Jordis &#187; s'est &#233;galement transform&#233;e en une d&#233;nonciation massive et indign&#233;e de la d&#233;cision du Conseil des ministres d'appliquer l'article 155 de la Constitution, ainsi qu'en une r&#233;affirmation de la volont&#233; de centaines de milliers de personnes [450'000 selon la police] de d&#233;sob&#233;ir &#224; ce qui est per&#231;u comme un v&#233;ritable &#233;tat d'urgence et un d&#233;mant&#232;lement de leurs institutions d'autonomie [d'auto-gouvernement]. En r&#233;sum&#233;, il s'agissait d'un coup port&#233; &#224; la d&#233;mocratie, en somme, cela signifierait le retour &#224; 1977, avant m&#234;me l'instauration de la Generalitat qui, aujourd'hui, a quarante ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;El Pais, le 7 juillet 2017 titrait :&#171; Le PSOE affirme qu'il n'appuiera jamais l'article 155 en Catalogne &#187; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la chose la plus grave r&#233;side dans l'alignement complet des rangs du r&#233;gime, avec le soutien des grandes puissances &#233;conomiques de l'IBEX 35 [indice de la Bourse de Madrid] et des principaux dirigeants de l'UE, un r&#233;gime qui a re&#231;u le plein soutien de la nouvelle direction du PSOE [Pedro S&#225;nchez]. Sont sap&#233;es ainsi les illusions qu'avaient g&#233;n&#233;r&#233;es la d&#233;faite &#233;lectorale interne du felipismo [allusion &#224; la d&#233;faite de Susana Diaz soutenue par Felipe Gonzales lors des primaires au sein du PSOE, en mai 2017] et le changement initial de discours de Pedro S&#225;nchez avec sa reconnaissance timide de la plurinationalit&#233; face au nationalisme espagnol monocorde et exclusif de Rajoy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois de plus, au sein du PSOE, la &#171; (sans) raison d'Etat &#187; s'est impos&#233;e contre la raison d&#233;mocratique. Il n'y a pas si longtemps, la d&#233;fense de certains de ses dirigeants catalans s'exprimait au moins de la mani&#232;re suivante : nous sommes en faveur d'un r&#233;f&#233;rendum consultatif. Heureusement, il n'a pas fallu trop longtemps pour que des premi&#232;res critiques soient &#233;mises par des responsables publics du PSC (Parti socialiste de Catalogne) face &#224; une d&#233;cision qui, certainement, va impliquer la d&#233;composition de ce parti en Catalogne et son identification, dans le reste de l'Etat, avec le PP, avec Ciudadanos dont le mordant ultranationaliste n'a plus besoin de se d&#233;guiser en lib&#233;ral et, surtout, une identification avec ce que va impliquer l'enterrement d&#233;finitif d'un Etat autonome, d&#233;j&#224; agonisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Que vas-tu faire ici ? &#187;, a demand&#233; Maria del Mar Bonet [chanteuse de musique folk en catalan, ayant re&#231;u plusieurs distinctions] lors de la manifestation du samedi 21 octobre &#224; Barcelone. Elle a repris ainsi une chanson qui a environ 40 ans d'&#226;ge et l'a entonn&#233;e afin de d&#233;noncer la r&#233;pression polici&#232;re survenue le jour du r&#233;f&#233;rendum du 1er octobre &#224; Barcelone. Si, &#224; l'&#233;poque, la dictature franquiste s'accrochait &#224; sa force brutale pour emp&#234;cher le progr&#232;s de notre lutte commune pour les libert&#233;s, il semble &#233;vident, aujourd'hui, que beaucoup d'h&#233;ritiers de ce r&#233;gime entendent remonter le temps afin de laisser la d&#233;mocratie en suspens&#8230; En vue de semer le d&#233;sespoir parmi ces millions de personnes qui, en Catalogne, continuent &#224; parier sur la d&#233;sob&#233;issance civile et institutionnelle face &#224; un r&#233;gime et face &#224; un Etat qu'ils consid&#232;rent d&#233;j&#224; comme ill&#233;gitimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous savons que dans cette confrontation la relation de forces entre les deux blocs est tr&#232;s in&#233;gale. Mais ceux qui chantent aujourd'hui la victoire de l'Etat doivent savoir que la transformation de la citoyennet&#233; catalane en un sujet [de cet Etat] va se heurter &#224; un mouvement populaire qui a d&#233;j&#224; d&#233;montr&#233; son &#233;norme capacit&#233; de r&#233;sistance et d'auto-organisation le 1er octobre dernier, et le 3 octobre. Le gouvernement (govern) et le parlement (parlament) seront-ils &#224; la hauteur des exigences de ce mouvement en assumant le d&#233;fi d'avancer dans le sens de la R&#233;publique catalane, tout en ouvrant un processus constitutif d&#233;mocratique et participatif ? Saurons-nous g&#233;n&#233;rer un large mouvement de solidarit&#233; [dans les autres r&#233;gions autonomes] et de convergence dans notre lutte commune pour les libert&#233;s, la d&#233;mocratie et le droit de d&#233;cider ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne sera pas facile de r&#233;pondre &#224; ces questions, mais comme nos r&#233;f&#233;rents classiques l'ont d&#233;j&#224; &#233;crit, &#171; la seule chose certaine r&#233;side dans le combat &#187;. Dans cette perspective, il en va, soit de mettre fin &#224; la crise du r&#233;gime par en haut, soit, au contraire, d'approfondir la fissure qui a ouvert le cycle de protestation le plus intense et prolong&#233; qui s'est d&#233;velopp&#233; depuis les derni&#232;res ann&#233;es du r&#233;gime de Franco en Catalogne et en dans tout l'Etat. (22 octobre 2017 ; article publi&#233; sur le site de Viento Sur ; traduction par A l'Encontre)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;[1] Xavier Arb&#243;s, &#8220;El 155 no permite convocar elecciones en Catalu&#241;a&#8221;, El peri&#243;dico, 20 octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[2] Javier P&#233;rez Royo, &#8220;La castraci&#243;n del nacionalismo catal&#225;n&#8221;, eldiario.es , 20 octobre 2017.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[3] Como muy bien argumenta el ex-ministro socialista de Justicia Francisco Caama&#241;o (&#8220;Presentaci&#243;n&#8221;, en Daniel Guerra (ed.), El pensamiento territorial de la Segunda Rep&#250;blica espa&#241;ola, Athenaica, Sevilla, 2017.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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