<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.pressegauche.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
	<link>https://www.pressegauche.org/</link>
	<description>Presse-toi &#224; gauche ! propose &#224; tous ceux et celles qui aspirent &#224; voir grandir l'influence de la gauche au Qu&#233;bec un espace r&#233;gulier d'&#233;change et de d&#233;bat, d'interpr&#233;tation et de lecture de l'actualit&#233; de gauche au Qu&#233;bec...</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.pressegauche.org/spip.php?id_auteur=2385&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>Presse-toi &#224; gauche !</title>
		<url>https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L144xH36/ptag-logo-1200x300px-02d59.png?1781022263</url>
		<link>https://www.pressegauche.org/</link>
		<height>36</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Plus de salaire, mais moins de d&#233;mocratie syndicale &#8211; Une victoire compliqu&#233;e &#224; Air Canada</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Plus-de-salaire-mais-moins-de-democratie-syndicale-Une-victoire-compliquee-a</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Plus-de-salaire-mais-moins-de-democratie-syndicale-Une-victoire-compliquee-a</guid>
		<dc:date>2025-09-09T07:56:49Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2025-09-09</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Comme le rapporte la Presse Canadienne, les agent&#183;es de bord d'Air Canada ont rejet&#233; &#224; 99,1 % l'entente de principe avec la compagnie a&#233;rienne alors que le taux de participation au vote s'est &#233;lev&#233; &#224; 99,4% selon le SCFP. Cette d&#233;cision n'aura cependant pas d'influence sur les vols, puisqu'aucune gr&#232;ve ni lock-out ne pourra avoir lieu. Air Canada et le SCFP avaient envisag&#233; cette &#233;ventualit&#233; et se sont entendus pour ne pas d&#233;clencher de gr&#232;ve ou de lock-out pendant que les n&#233;gociations se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Mouvement-syndical-canadien-" rel="directory"&gt;Mouvement syndical canadien&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2025-09-09-+" rel="tag"&gt;Edition du 2025-09-09&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/unfair_canada-fa628.png?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme le rapporte la Presse Canadienne, les agent&#183;es de bord d'Air Canada ont rejet&#233; &#224; 99,1 % l'entente de principe avec la compagnie a&#233;rienne alors que le taux de participation au vote s'est &#233;lev&#233; &#224; 99,4% selon le SCFP. Cette d&#233;cision n'aura cependant pas d'influence sur les vols, puisqu'aucune gr&#232;ve ni lock-out ne pourra avoir lieu. Air Canada et le SCFP avaient envisag&#233; cette &#233;ventualit&#233; et se sont entendus pour ne pas d&#233;clencher de gr&#232;ve ou de lock-out pendant que les n&#233;gociations se poursuivaient par voie de m&#233;diation et d'arbitrage. 5 Septembre 2025. &lt;i&gt;(PTAG)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;2 septembre 2025 tir&#233; d'&lt;a href=&#034;https://internationalviewpoint.org/spip.php?article9153&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;International Viewpoint&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quatre jours de gr&#232;ve inspirants, les agent&#183;es de bord d'Air Canada votent maintenant sur une entente de principe (EP) qui offre des gains salariaux significatifs. Mais pour obtenir cette EP, les dirigeants syndicaux ont aussi accept&#233; de sacrifier le droit des travailleuses et travailleurs de rejeter l'ensemble de l'entente et de lutter pour plus. Le socialiste canadien David Camfield explique les circonstances inhabituelles de cette lutte &#8211; et l'entente tout aussi inhabituelle qui l'a conclue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les agent&#183;es de bord d'Air Canada (AC) et d'Air Canada Rouge, environ 10 500 travailleuses et travailleurs, ont fait gr&#232;ve du 16 ao&#251;t jusqu'au matin du 19 ao&#251;t. Le personnel est compos&#233; &#224; 70 % de femmes et surtout de jeunes &#8211; les trois quarts ont moins de cinq ans d'anciennet&#233;. Ils sont membres du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) parce qu'Air Canada &#233;tait autrefois une soci&#233;t&#233; d'&#201;tat f&#233;d&#233;rale (une entreprise publique) qui a ensuite &#233;t&#233; privatis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs n'&#233;taient en gr&#232;ve que depuis quelques heures lorsque le gouvernement f&#233;d&#233;ral lib&#233;ral est intervenu. La ministre du Travail a ordonn&#233; au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), l'organisme f&#233;d&#233;ral comp&#233;tent pour les travailleur&#183;euses du transport a&#233;rien, d'ordonner au syndicat de mettre fin &#224; la gr&#232;ve et de trancher le conflit par arbitrage ex&#233;cutoire. Cette intervention &#233;tait largement attendue, puisque les lib&#233;raux l'avaient d&#233;j&#224; fait &#224; plusieurs reprises, en utilisant l'article 107 du Code canadien du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plupart du temps, les dirigeants syndicaux s'&#233;taient simplement pli&#233;s &#224; cette d&#233;cision, mais pas cette fois-ci. La gr&#232;ve a continu&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sident national du SCFP, Mark Hancock, a d&#233;chir&#233; l'ordonnance de retour au travail du CCRI devant une foule de gr&#233;vistes en liesse &#224; l'a&#233;roport Pearson de Toronto. Le message des dirigeant&#183;es du SCFP national et de la composante Air Canada du syndicat &#233;tait clair : la gr&#232;ve ne serait r&#233;gl&#233;e que par la n&#233;gociation. C'&#233;tait une d&#233;fiance ouverte de l'ordonnance fond&#233;e sur l'article 107, dont les dirigeant&#183;es du SCFP contestaient la l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hancock a d&#233;clar&#233; qu'il &#233;tait pr&#234;t &#224; aller en prison si n&#233;cessaire. Cela peut arriver : Grace Hartman, pr&#233;sidente nationale du SCFP, avait purg&#233; une peine de prison en 1981 pour avoir refus&#233; d'ordonner aux travailleuses et travailleurs des h&#244;pitaux ontariens en gr&#232;ve ill&#233;gale de retourner au travail. Jean-Claude Parrot, du Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes, avait lui aussi &#233;t&#233; emprisonn&#233; en 1978 pour avoir refus&#233; de dire &#224; ses membres de respecter une loi de retour au travail qui mettait fin &#224; une gr&#232;ve postale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve &#233;tait absolument solide, sans surprise, car le vote de gr&#232;ve avait &#233;t&#233; adopt&#233; &#224; 99,7 % avec une participation de 94,6 %. Les agent&#183;es de bord soutenaient fermement les revendications syndicales cl&#233;s : des augmentations salariales substantielles pour compenser l'&#233;rosion du pouvoir d'achat subie sous la pr&#233;c&#233;dente convention collective &#8211; qui avait dur&#233; dix ans ! &#8211; et la fin du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, une pratique de longue date dans l'industrie. En effet, les agent&#183;es de bord n'&#233;taient pay&#233;&#183;es que pour le temps pass&#233; en vol, et non pour tout le temps pass&#233; dans l'avion au sol, avant ou apr&#232;s un vol.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que la gr&#232;ve ait clou&#233; au sol tous les vols d'Air Canada et perturb&#233; les voyageur&#183;euses, il y avait beaucoup de sympathie pour les agent&#183;es de bord. Le SCFP avait pr&#233;par&#233; le terrain gr&#226;ce &#224; une communication publique efficace centr&#233;e sur la question du travail non r&#233;mun&#233;r&#233;. Des membres d'autres syndicats et des personnes pro-syndicales ont commenc&#233; &#224; se joindre aux piquets de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour beaucoup de syndicalistes actif&#183;ves, de militant&#183;es de gauche et, je crois, pour de nombreux travailleurs et travailleuses, voir Hancock d&#233;chirer l'ordonnance de retour au travail et insister pour que la gr&#232;ve ne prenne fin qu'avec une entente n&#233;goci&#233;e a &#233;t&#233; &#233;lectrisant. Pour quiconque &#233;tait constern&#233; par l'usage du fameux article 107 pour &#233;touffer les gr&#232;ves et inquiet que cela donne des id&#233;es aux gouvernements provinciaux d'ajouter des dispositions semblables aux lois provinciales du travail &#8211; qui couvrent environ 90 % des travailleuses et travailleurs de l'&#201;tat canadien &#8211;, voir le SCFP tracer une ligne de r&#233;sistance a &#233;t&#233; tr&#232;s inspirant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Congr&#232;s du travail du Canada (CTC), &#233;quivalent de l'AFL-CIO aux &#201;tats-Unis, a publi&#233; le 17 ao&#251;t une d&#233;claration exigeant le retrait de l'ordonnance. Il promettait un appui financier et autre &#224; la gr&#232;ve, ainsi qu'une &#171; solidarit&#233; ind&#233;fectible &#187; si le gouvernement intentait une action contre le SCFP. Sans surprise, il restait vague sur la nature concr&#232;te de cet appui, mais il s'agissait tout de m&#234;me d'un soutien sans &#233;quivoque &#224; une gr&#232;ve d&#233;fiant la loi. Le CTC appelait aussi le gouvernement &#224; s'engager &#224; ne plus jamais utiliser l'article 107 contre une gr&#232;ve et &#224; l'abroger d&#232;s la prochaine session parlementaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La gr&#232;ve a continu&#233; jusqu'au lundi 18 ao&#251;t, alors que les n&#233;gociations &#233;taient suspendues. Mais ce soir-l&#224;, on annon&#231;ait que l'&#233;quipe de n&#233;gociation du syndicat rencontrerait Air Canada. T&#244;t le matin du mardi, un accord &#233;tait annonc&#233; et la gr&#232;ve termin&#233;e. Le communiqu&#233; du SCFP donnait l'impression d'une grande victoire :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les agents de bord d'Air Canada et d'Air Canada Rouge ont conclu une entente de principe, obtenant un changement transformationnel pour notre industrie apr&#232;s une lutte historique pour affirmer nos droits constitutionnels. Le travail non r&#233;mun&#233;r&#233;, c'est fini. Nous avons retrouv&#233; notre voix et notre pouvoir. Quand nos droits ont &#233;t&#233; bafou&#233;s, nous avons tenu bon, nous avons ripost&#233; &#8211; et nous avons obtenu une entente de principe sur laquelle nos membres peuvent voter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est ainsi que la plupart des gens qui soutenaient la gr&#232;ve per&#231;oivent le r&#233;sultat, mais il n'a pas fallu longtemps avant que des faits viennent nuancer ce tableau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entente de principe soumise au vote ne donne en r&#233;alit&#233; aux membres que le choix entre ratifier l'accord ou le rejeter, auquel cas les salaires seraient tranch&#233;s par arbitrage, tandis que toutes les autres clauses n&#233;goci&#233;es seraient quand m&#234;me int&#233;gr&#233;es dans la convention collective. Ce n'est pas du tout ainsi que fonctionne normalement la n&#233;gociation collective au Canada. Les travailleuses et travailleurs syndiqu&#233;s ont le droit de voter pour accepter ou rejeter une entente de principe dans son int&#233;gralit&#233;, sauf en cas d'arbitrage ex&#233;cutoire. Mais ici, de fa&#231;on tr&#232;s inhabituelle, et parce que le CCRI avait d&#233;clar&#233; la gr&#232;ve termin&#233;e juridiquement, les travailleuses et travailleurs font face &#224; un vote de ratification qui ne leur permet pas vraiment de rejeter l'entente. Les dirigeant&#183;es du SCFP ont accept&#233; un r&#232;glement qui prive les travailleurs-euses de ce droit et les emp&#234;che de reprendre la gr&#232;ve pour obtenir mieux dans ce cycle. Ils n'ont pas gagn&#233; une v&#233;ritable entente de principe n&#233;goci&#233;e que les membres pouvaient accepter ou rejeter, ce qui aurait rendu l'ordonnance de retour au travail lettre morte, encore moins forc&#233; son retrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les travailleurs et travailleuses doivent donc se prononcer sur un vote de ratification qui ne leur permet pas r&#233;ellement de rejeter l'entente. (Voir l'introduction) &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au contenu de l'entente de principe de quatre ans, elle pr&#233;voit des augmentations salariales. Pour celles et ceux ayant moins de cinq ans d'anciennet&#233;, une hausse de 12 % d&#232;s la premi&#232;re ann&#233;e ; pour les autres, 8 %. Ensuite, 3 %, 2,5 % et 2,75 % les trois ann&#233;es suivantes. Il y a aussi une r&#233;mun&#233;ration partielle au sol, d'une heure ou un peu plus par segment de vol, selon la largeur du fuselage, avec un pourcentage progressant de 50 % du taux horaire cette ann&#233;e &#224; 70 % en 2028. Ce sont des gains, absolument, mais cela ne signifie pas que le travail non r&#233;mun&#233;r&#233; est termin&#233; ni qu'il s'agit d'un changement &#171; transformationnel &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le vote de ratification est en cours, du 27 ao&#251;t au 6 septembre, en ligne et par t&#233;l&#233;phone, et je m'attends &#224; ce que certains ne votent pas du tout en raison de leur d&#233;ception, de leur col&#232;re et de leur r&#233;signation face au fait que, m&#234;me s'ils rejettent l'entente, ils ne seront pas autoris&#233;s &#224; se battre pour une meilleure. Mais comme les attentes &#233;taient &#233;lev&#233;es, peut-&#234;tre qu'une majorit&#233; votera non. Bien qu'il soit th&#233;oriquement possible que les agent&#183;es de bord rejettent l'entente puis d&#233;clenchent une gr&#232;ve sauvage qui d&#233;fie la loi et leurs responsables syndicaux, je ne pense pas que cela se produira. Il faudrait pour cela une organisation vraiment solide parmi les travailleuses et travailleurs de la base, en dehors de la structure syndicale officielle, avec des dirigeants combatifs et s&#251;rs d'eux, des conditions pr&#233;alables qui semblent douteuses en ce moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, je pense que le r&#233;sultat est une victoire partielle et compliqu&#233;e. Les travailleurs&#183;euses ont obtenu de r&#233;els gains salariaux, mais ils n'ont pas le droit de rejeter une entente et de lutter pour une meilleure. Ce qui s'est pass&#233; ne semble gu&#232;re de nature &#224; dissuader le gouvernement f&#233;d&#233;ral d'utiliser &#224; l'avenir l'article 107 pour mettre fin aux gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient de souligner que n&#233;gocier une entente que les travailleurs&#183;euses n'ont pas r&#233;ellement le droit de rejeter pr&#233;sentait des avantages &#224; la fois pour la compagnie et pour les responsables du SCFP. La compagnie a obtenu la garantie que la gr&#232;ve ne reprendrait pas, et les dirigeants syndicaux ont obtenu une protection contre la pression de la base les incitant &#224; se battre pour une meilleure entente et &#224; mener davantage d'actions de gr&#232;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le r&#233;sultat d'une entente que les travailleurs&#183;euses ne peuvent pas r&#233;ellement rejeter est n&#233;faste pour la construction syndicale. Ce n'est pas d&#233;mocratique. Cela a retir&#233; des mains des travailleurs et travailleuses la d&#233;cision de savoir si l'entente &#233;tait suffisante. Cela n'encouragera pas les militantes et les militants les plus combatifs, qui ont &#233;t&#233; vraiment inspir&#233;&#183;es par la gr&#232;ve, &#224; s'impliquer davantage dans le syndicat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une victoire plus importante &#233;tait certainement possible. Air Canada &#233;tait compl&#232;tement clou&#233;e au sol. Elle perdait beaucoup d'argent et &#233;tait donc sous une forte pression. La direction n'&#233;tait absolument pas pr&#233;par&#233;e &#224; ce qui s'est produit. Elle s'attendait &#224; ce que le gouvernement f&#233;d&#233;ral intervienne et que les dirigeants du SCFP disent alors aux travailleurs&#183;euses de se conformer &#224; un ordre de retour au travail. Pendant la gr&#232;ve, le SCFP a publi&#233; en ligne une image contenant une citation tir&#233;e d'une entrevue accord&#233;e par le PDG d'AC, Michael Rousseau, &#224; BNN Bloomberg le 18 ao&#251;t. Rousseau a d&#233;clar&#233; : &#171; Eh bien, nous pensions, &#233;videmment, que l'article 107 serait appliqu&#233;, et qu'ils n'essaieraient pas ill&#233;galement de l'&#233;viter. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la gr&#232;ve s'&#233;tait prolong&#233;e, je pense que le SCFP aurait pu remporter une victoire beaucoup plus grande pour les agent&#183;es de bord et pour la classe ouvri&#232;re dans son ensemble. M&#234;me sans forcer le gouvernement &#224; annuler l'ordonnance, ils auraient pu obtenir une entente avec des gains plus importants, qui ignorait l'ordre de retour au travail &#8212; une entente que les travailleurs&#183;euses auraient pu ratifier ou r&#233;ellement rejeter. Cela aurait &#233;t&#233; un pr&#233;c&#233;dent incroyable. Et si des actions de solidarit&#233; avaient eu lieu, de la part de travailleurs&#183;euses d'a&#233;roport ou de travailleurs&#183;euses de WestJet, principal concurrent d'AC &#8212; par exemple des ralentissements, des arr&#234;ts maladie, ou le refus de franchir les lignes de piquetage &#8212; d'autres employeurs auraient paniqu&#233; en coulisses et auraient fait pression sur AC pour r&#233;gler le conflit. Je ne sais pas si de telles actions de solidarit&#233; auraient eu lieu si la gr&#232;ve s'&#233;tait prolong&#233;e, puisque c'est ill&#233;gal et que la plupart des travailleurs&#183;euses aujourd'hui n'ont aucune exp&#233;rience de ce type d'action, mais il n'est pas impossible qu'au moins un peu de cela se soit produit, surtout si le gouvernement avait d&#233;cid&#233; de punir le SCFP pour avoir d&#233;fi&#233; la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pourquoi les responsables du SCFP ont-ils mis fin &#224; la gr&#232;ve de la fa&#231;on dont ils l'ont fait ? Pour les dirigeants nationaux du SCFP, je pense que l'objectif principal &#233;tait de n&#233;gocier un r&#232;glement avec certains gains pour les agent&#183;es de bord. Ils ne voulaient pas que tout soit d&#233;cid&#233; par un arbitre. Apr&#232;s l'intervention du gouvernement, cela restait leur objectif primordial. Remporter une victoire politique contre l'utilisation de l'article 107 pour casser des gr&#232;ves &#8212; ce qui aurait &#233;t&#233; une victoire pour la classe ouvri&#232;re dans son ensemble &#8212; passait au second plan. Une fois qu'ils ont forc&#233; AC &#224; revenir &#224; la table des n&#233;gociations, ils ont abandonn&#233; cet objectif et se sont concentr&#233;s sur le but principal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ont-ils agi ainsi ? Surtout parce qu'ils sont attach&#233;s &#224; la n&#233;gociation collective. Ce processus l&#233;galement encadr&#233; et strictement contr&#244;l&#233; est au c&#339;ur de ce que fait la couche des permanents syndicaux, qu'il s'agisse des dirigeants &#233;lus ou du personnel &#8212; cela, ainsi que la gestion des griefs, qui est la mani&#232;re de traiter les diff&#233;rends sur les droits des travailleurs&#183;euses entre deux rondes de n&#233;gociation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense que les dirigeants du SCFP ont montr&#233; qu'ils sont pr&#234;ts &#224; soutenir une action militante si c'est ce qu'il faut pour pr&#233;server la n&#233;gociation collective conventionnelle. Cela les distingue des chefs de nombreux autres syndicats. L'intervention flagrante du gouvernement avec des ordres ou des lois de retour au travail mine la n&#233;gociation collective conventionnelle. Ils sont donc parfois dispos&#233;s &#224; soutenir les travailleurs&#183;euses qui la contestent, ou m&#234;me &#224; diriger cette contestation, comme ils viennent de le faire. Ils sont parfois pr&#234;ts &#224; utiliser des tactiques militantes pour lutter pour des objectifs qui ne sont pas radicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut se rappeler que d&#233;fier la loi peut entra&#238;ner des amendes massives pour les syndicats. Cela peut les affaiblir en tant qu'institutions, voire menacer leur capacit&#233; &#224; fonctionner. Pour l'appareil syndical, compos&#233; de dirigeants et de permanents &#224; temps plein, c'est un probl&#232;me d'une autre nature que pour les syndiqu&#233;&#183;es de la base, car leur fonction d&#233;pend du maintien de la machine syndicale. Donc, une fois que les principaux dirigeants du SCFP ont vu une voie vers une entente qui mettrait fin &#224; la gr&#232;ve et &#233;carterait la menace d'amendes importantes ou de poursuites pour avoir d&#233;fi&#233; la loi, ils l'ont saisie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un connaisseur du SCFP m'a dit ceci : &#171; Il faut reconna&#238;tre au National d'avoir si bien jou&#233; ses cartes &#8212; ils se donnent efficacement l'image de militants audacieux aupr&#232;s des membres et du public, tout en contenant les luttes dans les limites du statu quo. Ils ont le beurre et l'argent du beurre. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois qu'ils agissent ainsi. En 2022, lorsque le Conseil des syndicats scolaires de l'Ontario (OSBCU) du SCFP &#233;tait en n&#233;gociation et qu'il a &#233;t&#233; frapp&#233; par une loi provinciale pr&#233;ventive pour l'emp&#234;cher de faire gr&#232;ve, ils ont d&#233;fi&#233; la loi et ont quand m&#234;me fait gr&#232;ve. L'organisation d'actions de solidarit&#233; pour soutenir l'OSBCU avait commenc&#233;. D&#232;s que le premier ministre provincial a dit qu'il retirerait la loi si la gr&#232;ve cessait, les responsables nationaux du SCFP et d'autres dirigeants syndicaux ont fait pression sur la pr&#233;sidente de l'OSBCU pour qu'elle accepte l'offre et retourne &#224; la table de n&#233;gociation sans le levier que repr&#233;sentaient les travailleurs et travailleuses en gr&#232;ve et leurs nombreux soutiens. Et c'est ce qui s'est pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De loin, le r&#233;sultat de la gr&#232;ve d'Air Canada peut facilement sembler &#234;tre ce que le SCFP national a dit qu'il &#233;tait. Beaucoup de gens pensent donc probablement que ce fut tout simplement une immense victoire. Cela encouragera les militant&#183;es syndicaux &#224; l'utiliser comme exemple positif. Ils pourront dire : &#171; Regardez, le SCFP a d&#233;fi&#233; la loi et a gagn&#233;, c'est ce que nous devrions nous pr&#233;parer &#224; faire si n&#233;cessaire. &#187; C'est bien. C'est positif que les agent&#183;es de bord aient montr&#233; qu'on peut mener une gr&#232;ve populaire qui d&#233;fie la loi et qui gagne, m&#234;me si cela cause des d&#233;sagr&#233;ments &#224; beaucoup de gens. C'est bien que le geste de Hancock, d&#233;chirant l'ordre de retour au travail, ait &#233;t&#233; largement relay&#233; dans les m&#233;dias.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qui s'est r&#233;ellement pass&#233; n'est pas ce que cela semble &#234;tre vu de loin. Pour moi, ce qui s'est pass&#233; confirme que nous ne pouvons pas compter sur l'appareil syndical pour nous battre et gagner de fa&#231;on coh&#233;rente, m&#234;me quand les responsables semblent plus combatifs. Les membres qui veulent des syndicats r&#233;ellement combatifs, d&#233;mocratiques et solidaires doivent s'organiser eux-m&#234;mes et travailler &#224; transformer nos syndicats. Nous devons construire des caucus, des groupes de membres qui prennent &#224; c&#339;ur ce que disait le Comit&#233; des travailleurs de Clyde en &#201;cosse en 1915 : &#171; Nous soutiendrons les responsables tant qu'ils repr&#233;senteront correctement les travailleurs, mais nous agirons ind&#233;pendamment d&#232;s qu'ils les trahiront. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;30 ao&#251;t 2025&lt;br class='autobr' /&gt;
Source : Tempest.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Des mouvements de masse n&#233;cessaires pour sauver l'humanit&#233;</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Des-mouvements-de-masse-necessaires-pour-sauver-l-humanite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Des-mouvements-de-masse-necessaires-pour-sauver-l-humanite</guid>
		<dc:date>2023-01-31T08:04:26Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield, Donald Cuccioletta</dc:creator>


		<dc:subject>Edition du 2023-01-31</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;cosocialisme</dc:subject>
		<dc:subject>Actualit&#233;s &#233;cosocialistes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite du dossier L'&#201;COSOCIALISME, UNE STRAT&#201;GIE POUR NOTRE TEMPS &lt;br class='autobr' /&gt; 8 janvier 2022 | tir&#233; des Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 28 - Automne 2022 - &lt;br class='autobr' /&gt;
NCS &#8211; Dans le dernier paragraphe de la pr&#233;face de votre livre, Future on Fire[2], Dharma Noor affirme et je cite : &#171; Future on Fire est une lecture essentielle pour ceux et celles qui cherchent une fa&#231;on d'effectuer [des] changements et de b&#226;tir un monde plus juste. Camfield &#233;claire le territoire non explor&#233; qui s'&#233;tend devant nous&#8230; il donne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Ecosocialisme-" rel="directory"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2023-01-31-+" rel="tag"&gt;Edition du 2023-01-31&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Ecosocialisme-158-+" rel="tag"&gt;&#201;cosocialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Actualites-ecosocialistes-+" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s &#233;cosocialistes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH87/1-831bc.png?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='87' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite du dossier L'&#201;COSOCIALISME, UNE STRAT&#201;GIE POUR NOTRE TEMPS&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;8 janvier 2022 | tir&#233; des Nouveaux Cahiers du socialisme - No. 28 - Automne 2022 -&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Dans le dernier paragraphe de la pr&#233;face de votre livre, Future on Fire[2], Dharma Noor affirme et je cite : &#171; Future on Fire est une lecture essentielle pour ceux et celles qui cherchent une fa&#231;on d'effectuer [des] changements et de b&#226;tir un monde plus juste. Camfield &#233;claire le territoire non explor&#233; qui s'&#233;tend devant nous&#8230; il donne aussi aux lecteurs et lectrices une &#233;toile polaire : r&#233;aliser l'&#233;cosocialisme &#187;. Je vous demande d'abord, David, de donner une br&#232;ve d&#233;finition de ce que vous entendez par &#233;cosocialism&lt;/strong&gt;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;David Camfield&lt;/strong&gt; &#8211; Bonne question ! Il est important d'&#234;tre clair sur ce qu'on entend par &#233;cosocialisme parce que, de nos jours, on emploie r&#233;guli&#232;rement le terme pour d&#233;signer des choses fort diff&#233;rentes. Certaines personnes l'utilisent pour d&#233;signer une soci&#233;t&#233; dans laquelle l'&#201;tat r&#233;glemente les entreprises priv&#233;es et la soci&#233;t&#233; dans son ensemble dans l'int&#233;r&#234;t de la justice sociale et &#233;cologique. &#192; mon avis, une telle soci&#233;t&#233; serait toujours capitaliste. D'autres comprennent l'&#233;cosocialisme comme une soci&#233;t&#233; o&#249; l'&#201;tat contr&#244;le l'ensemble ou la majeure partie de l'&#233;conomie et la planifie de mani&#232;re &#224; satisfaire les besoins humains et les objectifs &#233;cologiques. Ce n'est pas ce que j'entends non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par &#233;cosocialisme, j'entends une soci&#233;t&#233; fond&#233;e sur une planification hautement d&#233;mocratique qui vise &#224; r&#233;pondre aux besoins humains d'une mani&#232;re &#233;cologiquement rationnelle. D&#233;termin&#233;e &#224; r&#233;parer les dommages &#233;cologiques, cette soci&#233;t&#233; entretiendrait une relation tout &#224; fait diff&#233;rente de celle qui pr&#233;vaut aujourd'hui entre les humains et le reste de la nature. Ce serait &#233;galement une soci&#233;t&#233; sans divisions de classe et sans pouvoir d'&#201;tat, &#339;uvrant &#224; l'&#233;mancipation humaine. Ce type de soci&#233;t&#233; ne peut r&#233;sulter que d'un long processus de reconstruction socio&#233;cologique planifi&#233; de fa&#231;on d&#233;mocratique. Une telle soci&#233;t&#233; est-elle possible ? On n'en sait trop rien ! Mais je crois qu'elle l'est, et je crois qu'il faut travailler &#224; amorcer la transition vers cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois mentionner que mon livre ne traite pas en profondeur de l'&#233;cosocialisme ; il se concentre sur la fa&#231;on de concevoir un programme d'urgence minimal en faveur de la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Dans le premier chapitre, intitul&#233; &#171; The Path We're On &#187; (&#171; Le chemin que nous avons pris &#187;), il est tr&#232;s clair que vous souhaitez que vos lectrices et lecteurs se sentent interpell&#233;s et prennent conscience que le temps ne joue pas en notre faveur.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C. &lt;/strong&gt; &#8211; Oui, je pense que c'est vrai. Je pense que toute personne qui comprend les &#233;l&#233;ments fondamentaux de la science actuelle du climat reconna&#238;t l'urgence de la situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Dans le premier chapitre, vous faites r&#233;f&#233;rence &#224; Andreas Malm &#224; propos de &#171; l'objectif des deux degr&#233;s &#187; et vous poursuivez en qualifiant le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'&#233;volution du climat (GIEC) des Nations unies d'&#171; &#233;talon-or &#187; des rapports scientifiques conservateurs. Le rapport du GIEC envoie-t-il un signal d'alarme ou est-ce un rapport mod&#233;r&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; En ce qui concerne le rapport du GIEC de 2018, la r&#233;ponse est peut-&#234;tre l'un et l'autre. Je ne revendique pas une grande connaissance de la science du climat, mais je pense que ce que l'&#233;conomiste politique Geoff Mann a &#233;crit r&#233;cemment est important : &#171; Les mod&#232;les les plus sophistiqu&#233;s de la science climatique d&#233;crivent une gamme de conditions environnementales possibles, fa&#231;onn&#233;es par un &#233;ventail d'effets de seuil et de boucles de r&#233;troaction interreli&#233;s mais mal compris, et il ne s'agit l&#224; que de syst&#232;mes non humains. Ces mod&#232;les sont comme des radeaux de complexit&#233; math&#233;matique flottant sur des mers d'incertitude, m&#234;me pour ce qui est des mesures aussi fondamentales que la relation entre les &#233;missions et le changement de temp&#233;rature de la plan&#232;te &#187;. Il n'est pas question ici de minimiser la menace, pas du tout. Il s'agit simplement de reconna&#238;tre la complexit&#233; et le caract&#232;re incertain des processus &#233;tudi&#233;s par la science du climat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Comme vous le dites, certains scientifiques concluent que nous vivons une nouvelle &#232;re g&#233;ologique, l'anthropoc&#232;ne, que d'autres appellent le capitaloc&#232;ne. Que veulent-ils dire &#224; votre avis ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; L'anthropoc&#232;ne d&#233;signe une &#233;poque de l'histoire g&#233;ologique de la Terre qui succ&#232;de &#224; l'&#233;poque holoc&#232;ne, qui a d&#233;but&#233;, elle, il y a environ 11 700 ans. Les scientifiques qui proposent de reconna&#238;tre l'anthropoc&#232;ne comme une &#233;poque s'appuient sur l'importance de l'empreinte humaine sur le syst&#232;me terrestre. Mais ce sont des chercheuses et des chercheurs politiquement radicaux qui ont propos&#233; de parler plut&#244;t de capitaloc&#232;ne pour mieux faire valoir que le capitalisme est responsable des changements et non l'humanit&#233;. Le sociologue Jason Moore emploie le terme capitaloc&#232;ne pour d&#233;signer tout autre chose, ce qui porte &#224; confusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis d'accord pour dire que le capitalisme est la cause de ces changements, mais je ne crois pas qu'il soit utile de proposer le concept de capitaloc&#232;ne. &#192; mon avis, il vaut mieux tirer des le&#231;ons des avanc&#233;es de la science des syst&#232;mes terrestres et proposer ensuite une explication mat&#233;rialiste historique des causes qui font que ce mode particulier d'organisation humaine a eu un impact aussi marqu&#233; et aussi d&#233;vastateur sur la plan&#232;te, un changement tel que de nombreux scientifiques militent en faveur du concept d'anthropoc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Vous &#233;crivez : &#171; Why Are We On This Path ? &#187; (&#171; Pourquoi en sommes-nous l&#224; ? &#187;). Peut-on se demander pourquoi les gouvernements ont failli &#224; la t&#226;che, alors que l'on conna&#238;t depuis des d&#233;cennies l'enjeu des changements climatiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C. &lt;/strong&gt; &#8211; Il s'agit d'une question cruciale. Il est clair que nous nous dirigeons vers des hausses extr&#234;mement dangereuses de la temp&#233;rature de la plan&#232;te (entre 2,7 et 3,1 degr&#233;s Celsius au-dessus des niveaux pr&#233;industriels d'ici 2100 selon le groupe Climate Action Tracker). Pourquoi ? Principalement en raison de la fa&#231;on dont les combustibles fossiles sont si fondamentalement int&#233;gr&#233;s au fonctionnement de la soci&#233;t&#233; capitaliste. L'expression capitalisme fossile est vraiment appropri&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi alors les gouvernements ont-ils fait si peu pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre qui sont &#224; l'origine des changements climatiques ? Principalement parce que les changements radicaux et rapides n&#233;cessaires pour r&#233;duire consid&#233;rablement les &#233;missions auraient un impact &#233;norme sur les profits des grandes entreprises, qui crieraient au meurtre &#224; la seule perspective de tels changements. &#199;a ne concerne pas seulement les entreprises qui extraient, raffinent, transportent et vendent des combustibles fossiles. On parle &#233;galement des banques, des fonds d'investissement et d'autres entreprises qui investissent dans les &#233;nergies fossiles. Il y a aussi la question du co&#251;t de ces changements pour les &#201;tats, mais je pense que le pouvoir du capital de m&#234;me que les rapports entre les &#201;tats et le capital expliquent pourquoi ces changements n'ont pas &#233;t&#233; entrepris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Le Canada a g&#233;n&#233;ralement bonne r&#233;putation, mais qu'en est-il r&#233;ellement lorsque nous parlons du Canada et de l'industrie des combustibles fossiles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; Il suffit de regarder l'ampleur des &#233;missions de CO2 au Canada au cours des derni&#232;res d&#233;cennies pour comprendre de quoi il retourne. Les &#233;missions ont diminu&#233; dans de nombreux pays capitalistes avanc&#233;s &#8211; nulle part de fa&#231;on suffisante, mais m&#234;me aux &#201;tats-Unis, je crois qu'elles ont diminu&#233; de pr&#232;s de 8 % entre 1990 et 2020. Au Canada, les &#233;missions ont augment&#233; de 20 % au cours de ces ann&#233;es. La d&#233;claration de Justin Trudeau lors d'un discours prononc&#233; il y a plusieurs ann&#233;es disant qu'&#171; aucun pays ne laisserait dormir 173 milliards de barils de p&#233;trole dans le sol &#187; laisse planer peu de doutes. L'industrie des combustibles fossiles est tr&#232;s puissante au Canada. Mais il y n'a pas que le pouvoir de ces entreprises. Les personnes &#224; la t&#234;te du gouvernement f&#233;d&#233;ral voient dans l'extraction des combustibles fossiles destin&#233;s &#224; l'exportation une source importante de dynamisme pour l'&#233;conomie canadienne, qui, &#224; l'instar des autres &#233;conomies dans le monde, a connu de faibles taux de croissance depuis 2008, au cours de ce que certains ont appel&#233; la &#171; Longue D&#233;pression &#187; (ici, je dois remercier Geoff McCormack et Todd Gordon pour leur analyse[3]).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Les sociaux-d&#233;mocrates, y compris ceux du Canada, ont-ils vraiment combattu les changements climatiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; Bon nombre d'adeptes des partis sociaux-d&#233;mocrates ont &#233;t&#233; et sont toujours engag&#233;&#183;e&#183;s dans diverses actions en faveur de la justice climatique. Cependant, ces partis, comme le Nouveau Parti d&#233;mocratique, n'exigent pas le type de changements qu'il faudrait pour nous rapprocher le plus pr&#232;s possible de la cible de z&#233;ro &#233;mission de gaz &#224; effet de serre &#8211; et j'entends l&#224; un v&#233;ritable z&#233;ro, non pas l'objectif trompeur et dangereux du &#171; z&#233;ro net[4] &#187;. Ils ne se situent pas non plus dans une perspective de lutte contre les injustices sociales &#224; l'&#233;chelle mondiale. Croire qu'il est possible d'effectuer les changements n&#233;cessaires en &#233;lisant un parti plus &#224; gauche et plus engag&#233; dans la lutte pour la justice climatique, c'est oublier les obstacles que dresseraient le capital et les grands fonctionnaires de l'&#201;tat devant un gouvernement qui voudrait appliquer un tel programme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Comment les peuples autochtones sont-ils per&#231;us dans la lutte pour les changements &#233;cologiques ? Sont-ils des leaders ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; Les peuples autochtones jouent un r&#244;le de premier plan dans cette lutte, sans aucun doute. Les &#233;missions seraient m&#234;me pires qu'elles ne le sont pr&#233;sentement si ce n'avait &#233;t&#233; de l'opposition d&#233;termin&#233;e des Autochtones aux projets li&#233;s aux combustibles fossiles, aux projets miniers et aux empi&#232;tements grandissants des grandes entreprises sur les for&#234;ts. Au Canada, l'opposition des chefs h&#233;r&#233;ditaires des Wet'suwet'en au projet de gazoduc de Coastal GasLink destin&#233; &#224; alimenter le vaste projet de gaz naturel liqu&#233;fi&#233; de Kitimat est exemplaire. Je pense que la r&#233;sistance autochtone internationale a aussi incit&#233; de nombreux non-Autochtones &#224; remettre en question certains pr&#233;suppos&#233;s n&#233;fastes pour l'environnement et &#224; se mobiliser pour la justice &#233;cologique dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Certaines personnes qui luttent contre les changements climatiques continuent de voir la r&#233;forme du capitalisme comme une solution. Ne s'agit-il pas alors d'&#233;cocapitalisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C. &lt;/strong&gt; &#8211; Oui, beaucoup de gens pensent qu'il est possible de rendre le capitalisme &#233;cologiquement soutenable. Malheureusement, je pense que c'est une chim&#232;re : l'&#233;chelle et la vitesse de l'accumulation concurrentielle rendent le capitalisme intrins&#232;quement destructeur pour l'environnement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Pour gagner cette bataille, ne devrions-nous pas nous ancrer dans les mouvements de masse, &#224; l'&#233;chelle locale et internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; Certainement ! L'&#233;pigraphe de mon livre est emprunt&#233;e &#224; Naomi Klein : &#171; Seuls les mouvements sociaux de masse peuvent nous sauver maintenant &#187;, et l'essentiel du livre consiste &#224; d&#233;montrer pourquoi il en est ainsi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Quand nous appuyons un New Deal vert, il ne faut pas oublier qu'il s'agit d'une approche tactique et que la perspective strat&#233;gique visant &#224; d&#233;truire le capitalisme demeure le but ultime, n'est-ce pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C.&lt;/strong&gt; &#8211; C'est pr&#233;cis&#233;ment l'approche que je d&#233;fends dans le livre. J'ajouterais qu'il faut utiliser de fa&#231;on prudente l'expression &#171; New Deal vert &#187; et &#234;tre attentif au contenu de chaque r&#233;forme portant cette &#233;tiquette : les mots peuvent &#234;tre trompeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le type de programme d'urgence pour la justice climatique que je pr&#233;conise dans Future on Fire correspond &#224; ce que certains ont appel&#233; un &#171; New Deal vert radical &#187;. Il doit comporter des mesures pour affaiblir l'emprise imp&#233;rialiste du capitalisme sur le Sud &#8211; les pays soumis &#224; l'imp&#233;rialisme &#8211; et permettre &#224; la majorit&#233; des habitants de la plan&#232;te de consommer davantage d'&#233;nergie tout en r&#233;duisant leurs &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Cela signifie que l'abandon des &#233;nergies fossiles passera notamment par la r&#233;duction de la demande en &#233;nergie dans les pays riches.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Obtenir des r&#233;formes d'une telle ampleur en mati&#232;re de justice climatique constituerait une victoire incroyable pour l'humanit&#233; ! Je pense &#233;galement que pour effectuer ces changements, il faudra mobiliser un nombre consid&#233;rable de personnes ayant des attentes &#233;lev&#233;es, ce qui rendra les changements radicaux beaucoup plus probables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;NCS &#8211; Il semble que beaucoup de personnes aient perdu espoir, qu'elles croient que nous sommes intervenus trop tard et qu'il n'y a plus rien &#224; esp&#233;rer. Pourtant, dans la quatri&#232;me partie de votre livre, vous affirmez : &#171; Even a Ravaged Planet is Worth Fighting For &#187; (&#171; Il vaut la peine de lutter, m&#234;me pour une plan&#232;te d&#233;vast&#233;e &#187;). Donnez un peu d'espoir &#224; ceux et celles qui n'en ont pas.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D. C. &lt;/strong&gt; &#8211; Je vais faire de mon mieux. Commen&#231;ons par r&#233;fl&#233;chir &#224; ce qu'affirme le climatologue Michael Mann : &#171; Aujourd'hui, le catastrophisme constitue sans doute une plus grande menace pour l'action climatique que le d&#233;ni pur et simple. En effet, si le r&#233;chauffement catastrophique de la plan&#232;te est vraiment in&#233;luctable et que nous ne pouvons rien faire pour l'&#233;viter, pourquoi devrions-nous agir ? Le catastrophisme conduit potentiellement &#224; la m&#234;me inaction que le d&#233;ni pur et simple de la menace &#187;. Ainsi, dire &#171; Il est trop tard, il n'y a plus d'espoir &#187; incite ais&#233;ment &#224; ne rien faire. Nous devons plut&#244;t prendre la mesure des dangers auxquels nous devons faire face et agir collectivement pour la justice climatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, il ne s'agit pas de choisir entre limiter le r&#233;chauffement &#224; 2 &#176;C ou abandonner la lutte. La diff&#233;rence entre, disons, 2,5 &#176;C et 3 &#176;C correspond &#224; des millions de vies humaines. Nous devons viser une transition &#233;quitable qui limite le r&#233;chauffement &#224; 1,5 &#176;C, sans entretenir d'illusions quant &#224; nos chances d'y arriver. Si cette limite s'av&#233;rait impossible &#224; atteindre en raison du volume des &#233;missions, nous devrions redoubler d'efforts dans la lutte pour une transition juste et une adaptation &#233;quitable aux effets du r&#233;chauffement de la plan&#232;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, grande est l'incertitude quant &#224; l'ampleur des changements climatiques &#224; venir et plus encore quant &#224; l'avenir des soci&#233;t&#233;s humaines. Les crises sociales et &#233;cologiques pourraient provoquer diverses formes de r&#233;volte dans les ann&#233;es &#224; venir. Peut-&#234;tre pourrions-nous dire que la porte n'est pas ferm&#233;e &#224; toute possibilit&#233; de lib&#233;ration. Elle est encore entrouverte, alors passons-y la main et for&#231;ons-la &#224; s'ouvrir. Je ne crois pas qu'il soit impossible d'obtenir de vastes r&#233;formes en mati&#232;re de justice climatique. Je ne crois pas que l'&#233;cosocialisme soit impossible. Nos chances sont minces, sans aucun doute, mais les enjeux sont exceptionnellement &#233;lev&#233;s. Que pouvons-nous faire alors, jouer ? C'est ce que Daniel Bensa&#239;d appelle &#171; le pari m&#233;lancolique &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, je pense que Terry Eagleton l'exprime magnifiquement bien dans son livre Hope without Optimism[5] : &#171; Il est irrationnel d'esp&#233;rer l'impossible, mais pas le tr&#232;s improbable [&#8230;] peut-&#234;tre n'y a-t-il pas d'espoir ; mais &#224; moins que nous n'agissions comme s'il y en avait, cette possibilit&#233; risque fort de devenir une certitude &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Notes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1. David Camfield est professeur &#224; l'Universit&#233; du Manitoba o&#249; il enseigne les &#171; Labour Studies &#187; (&#201;tudes sur le travail et le mouvement ouvrier). &lt;br class='autobr' /&gt;
2. David Camfield, Future on Fire. Capitalism and the Politics of Climate Change, Halifax, Fernwood Publishing/PM Press, 2022. &lt;br class='autobr' /&gt;
3. Geoff McCormack et Todd Gordon, &#171; Flagging profitability and the oil frontier. State power, the world market, and settler-colonial capitalism in Canada &#187;, Historical Materialism, vol. 28, n&#176; 4, 2020, p. 25-66. &lt;br class='autobr' /&gt;
4. NDLR. Le concept de &#171; z&#233;ro net &#187; qui pr&#233;vaut dans les conf&#233;rences internationales sur le climat ainsi qu'au niveau des politiques gouvernementales est consid&#233;r&#233; par plusieurs &#233;cologistes comme &#233;tant profond&#233;ment trompeur car il postule que l'on peut atteindre la neutralit&#233; carbone en d&#233;veloppant des m&#233;canismes compensatoires qui contrebalanceraient les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre. Or l'efficacit&#233; de ces m&#233;canismes est souvent non prouv&#233;e, ou carr&#233;ment sur&#233;valu&#233;e, de telle sorte que l'effort pour r&#233;duire les &#233;missions de GES, notamment en coupant drastiquement dans les &#233;nergies fossiles, est insuffisant pour atteindre une r&#233;elle carboneutralit&#233;. Voir Maik Marahrens, Why Net Zero and Offsets won't solve the climate crisis, Greenpeace International, 4 juin 2021, &lt;span class='ressource spip_in'&gt;&lt;&lt;a href=&#034;https://www.greenpeace.org/international/story/48180/why-net-zero-offsets-wont-solve-climate-crisis/&#034; class=&#034;spip_url spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.greenpeace.org/international/st...&lt;/a&gt;&gt;&lt;/span&gt;
. &lt;br class='autobr' /&gt;
5. Terry Eagleton, Hope without Optimism, New York, University of Virginia Press, 2015.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quelques r&#233;flexions sur la course &#224; la direction du NPD f&#233;d&#233;ral</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Quelques-reflexions-sur-la-course-a-la-direction-du-NPD-federal</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Quelques-reflexions-sur-la-course-a-la-direction-du-NPD-federal</guid>
		<dc:date>2017-10-10T08:04:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2017-10-10</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;2 octobre 2017 | New Socialist | traduction PTAG &lt;br class='autobr' /&gt;
Il ne s'agit pas d'une tentative d'&#233;valuation compl&#232;te de la campagne ou de son r&#233;sultat, mais seulement de quelques r&#233;flexions initiales sur le r&#233;sultat solide, mais d&#233;cevant de Niki Ashton et sur les prochaines mesures &#224; prendre pour les radicaux qui ne sont pas partisans de la voie parlementaire pour la transformation sociale &lt;br class='autobr' /&gt; 1. Ashton a obtenu le meilleur score pour un-e candidat-e de gauche depuis Svend Robinson en 1995, m&#234;me si je (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2017-10-10-+" rel="tag"&gt;Edition du 2017-10-10&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH80/arton32225-79777.png?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='80' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;2 octobre 2017 | New Socialist | traduction PTAG&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit pas d'une tentative d'&#233;valuation compl&#232;te de la campagne ou de son r&#233;sultat, mais seulement de quelques r&#233;flexions initiales sur le r&#233;sultat solide, mais d&#233;cevant de Niki Ashton et sur les prochaines mesures &#224; prendre pour les radicaux qui ne sont pas partisans de la voie parlementaire pour la transformation sociale&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;1. Ashton a obtenu le meilleur score pour un-e candidat-e de gauche depuis Svend Robinson en 1995, m&#234;me si je prends en compte que ses politiques et son approche &#233;taient plus &#224; gauche que celle de Robinson, donc une meilleure comparaison pourrait &#234;tre le score de 14,6% de Steve Langdon en 1989 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2. La longue r&#233;cession &#233;conomique qui a suivi l'ann&#233;e 2007 n'a pas eu autant de r&#233;percussions sur la soci&#233;t&#233; de l'&#201;tat canadien que sur d'autres pays, y compris les &#201;tats-Unis et le Royaume-Uni. Bien qu'il y ait beaucoup de jeunes qui sont coinc&#233;s dans des emplois horribles, charg&#233;s de dettes et qui craignent pour l'avenir, la situation des jeunes travailleurs et travailleuses n'est pas aussi grave qu'aux &#201;tats-Unis et au Royaume-Uni.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3. Les lib&#233;raux f&#233;d&#233;raux sous Trudeau n'ont pas d&#233;fendu une aust&#233;rit&#233; agressive, pr&#233;sid&#233; &#224; une baisse des salaires r&#233;els, et n'ont pas jou&#233; avec le racisme pour gagner des voix, comme les conservateurs l'ont fait au Royaume-Uni. La version lib&#233;rale du n&#233;olib&#233;ralisme est diff&#233;rente de celle de Harper et de nombreux partisans du NPD n'ont pas compris que la meilleure r&#233;ponse du NPD aux lib&#233;raux serait un virage &#224; gauche intelligent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4. De nombreux partisans du NPD ont &#233;t&#233; d&#233;&#231;us par la performance de Mulcair aux &#233;lections de 2015, mais aucun des candidat-e-s &#224; son remplacement n'a &#233;t&#233; largement consid&#233;r&#233; par les n&#233;o-d&#233;mocrates comme des candidat-e-s qui continueraient &#224; orienter le NPD vers la droite et plus profond&#233;ment alors que la politique officielle est maintenant d&#233;finie (m&#234;me si Jagmeet Singh et Charlie Angus &#233;taient &#233;videmment de tels candidats), et mise en pratique. C'est ce cours qu'Ashton a d&#233;fi&#233;. Oui, Ashton a fait face au sexisme, mais il y a beaucoup plus &#224; consid&#233;rer pour comprendre pourquoi elle n'a obtenu que 17% des votes exprim&#233;s. Le NPD est maintenant dirig&#233; par un leader qui, comme l'a dit Dru Oja Jay, &#171; repr&#233;sente une &#233;norme opportunit&#233; d'appuyer sur le bouton de r&#233;initialisation de la politique du NPD &#187;, mais ne &#171; n'attire pas la base des gens qui luttent pour la justice climatique et &#224; l'&#233;galit&#233; &#233;conomique &#034;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5. Ni Singh, ni Angus, ni Caron n'ont &#233;t&#233; vus par les d&#233;put&#233;s n&#233;o-d&#233;mocrates dans une situation semblable &#224; celle qu'a connue Hilary Clinton lorsqu'elle &#233;tait candidate &#224; la nomination du Parti d&#233;mocrate (candidate &#224; la continuit&#233; de huit ann&#233;es de pertes d'emplois, de baisse du niveau de vie et de meurtres racistes sous une pr&#233;sidence acoquin&#233;e avec Wall St.). On ne les voyait pas non plus comme les pr&#233;tendants au parti travailliste battus par Corbyn (plus ou moins candidat &#224; la continuit&#233; avec ce que le parti &#233;tait devenu), parti qui faisait avancer le n&#233;olib&#233;ralisme et partait en guerre en Irak et qui promettait une aust&#233;rit&#233; plus douce quand il s'y opposait). La dynamique autour de la course d'Ashton &#233;tait qualitativement moins favorable que celle autour de celles de Sanders et de Corbyn.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6. Le niveau de protestation sociale est plus bas ici qu'aux &#201;tats-Unis avant l'&#233;lection de Trump et, sauf au Qu&#233;bec, il n'y a pas eu de mobilisation anti-aust&#233;rit&#233; du genre de celle qui a eu lieu en Grande-Bretagne au cours des ann&#233;es 2010-11. Sans de telles exp&#233;riences d'action collective, et dans les conditions mentionn&#233;es au point 2, il n'y a pas de politisation g&#233;n&#233;ralis&#233;e de gauche. Cela a voulu dire que la base potentielle d'une contestation &#224; gauche par l'establishment n&#233;o-d&#233;mocrate n'&#233;tait pas aussi importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7. Ashton a fait du r&#233;formisme parlementaire anti-n&#233;olib&#233;ral ax&#233; sur la justice climatique et s'est oppos&#233;e &#224; diverses formes d'oppression, y compris l'oppression de la Palestine. C'&#233;tait bienvenu, puisque de telles id&#233;es d&#233;passent le spectre de ce qui est consid&#233;r&#233; comme acceptable dans la politique officielle au Canada aujourd'hui. Sa campagne a probablement donn&#233; l'impression &#224; certains partisans qu'il y a une gauche &#224; gauche de l'establishment n&#233;o-d&#233;mocrate. Mais m&#234;me si j'aimerais me tromper, je ne pense pas que sa campagne ait v&#233;ritablement un impact durable. C'est &#224; la fois parce qu'elle n'a pas essay&#233; de construire un courant de gauche organis&#233; avant qu'elle se lance dans la course ou pendant la course et parce qu'il ne semble pas qu'une organisation significative soit positionn&#233;e pour cro&#238;tre &#224; la suite de sa campagne (je n'ai pas vu de signes que les partisans d'Ashton aient afflu&#233; &#224; Courage ou qu'ils le feront maintenant, bien que certains le feront).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8. &#192; la fin de la course, les gens qui consid&#232;rent la lutte sociale - pas la politique &#233;lectorale - comme la cl&#233; du changement, mais qui ont rejoint le NPD pour voter pour Ashton ne devraient pas s'impliquer dans le parti. Au lieu de cela, ils ou elles devraient consacrer leurs efforts &#224; l'organisation sur les lieux de travail, dans la communaut&#233; et les campus et essayer de renforcer la gauche radicale non sectaire. Le camarade de Winnipeg Matthew Brett l'a bien expliqu&#233; : &#171; Nous devons b&#226;tir une gauche forte, dynamique et ind&#233;pendante qui s'engage dans la lutte de la base et s'efforce de s'enraciner dans les mouvements de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;David Camfield est membre de Solidarity Winnipeg et l'auteur de We Can Do Better : des id&#233;es pour changer la soci&#233;t&#233;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>David Camfield : La crise du syndicalisme au Canada et au Qu&#233;bec - R&#233;inventer le mouvement ouvrier</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/David-Camfield-La-crise-du-syndicalisme-au-Canada-et-au-Quebec-Reinventer-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/David-Camfield-La-crise-du-syndicalisme-au-Canada-et-au-Quebec-Reinventer-le</guid>
		<dc:date>2014-03-18T08:24:27Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Qu&#233;bec</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Livres et revues</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-03-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Il s'agit d'un excellent livre tant pour les militantes du mouvement syndical que pour les jeunes militantes de la gauche qui sont souvent assez &#233;loign&#233;es des r&#233;alit&#233;s syndicales. &#187; David Mandel, Nouveaux Cahiers du socialisme. &#171; David Camfield va au-del&#224; des &#233;tudes de cas et articulent une vision sociale plus large, tout en &#233;vitant l'opacit&#233;. &#187; Stephanie Ross, Labour/Le Travail. &lt;br class='autobr' /&gt; La crise des mouvements syndicaux qu&#233;b&#233;cois et canadien est profonde. Le taux de syndicalisation dans le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Livres-et-periodiques-" rel="directory"&gt;Livres et p&#233;riodiques&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Quebec-16-+" rel="tag"&gt;Qu&#233;bec&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Livres-+" rel="tag"&gt;Livres et revues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-03-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-03-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L97xH150/arton16991-7a053.png?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='97' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Il s'agit d'un excellent livre tant pour les militantes du mouvement syndical que pour les jeunes militantes de la gauche qui sont souvent assez &#233;loign&#233;es des r&#233;alit&#233;s syndicales. &#187; David Mandel, Nouveaux Cahiers du socialisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; David Camfield va au-del&#224; des &#233;tudes de cas et articulent une vision sociale plus large, tout en &#233;vitant l'opacit&#233;. &#187; Stephanie Ross, Labour/Le Travail.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La crise des mouvements syndicaux qu&#233;b&#233;cois et canadien est profonde. Le taux de syndicalisation dans le secteur priv&#233; est tomb&#233; &#224; 16,1 %. Les droits syndicaux dans le secteur public sont devenus plus formels que r&#233;els. Le patronat et les gouvernements sont partout &#224; l'offensive, exigeant des concessions et les obtenant souvent sans trop rencontrer de r&#233;sistance. La survie des organisations syndicales est devenue plus importante aux yeux de leurs dirigeantes que la d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts des membres. Les liens entre l'entreprise et les syndicats sont d&#233;sormais &#233;troits, particuli&#232;rement depuis la cr&#233;ation de diff&#233;rents fonds syndicaux d'investissement. La d&#233;mocratie dans les syndicats laisse beaucoup &#224; d&#233;sirer ; la base syndicale est d&#233;mobilis&#233;e et d&#233;motiv&#233;e. La solidarit&#233; entre syndicats est faible, tout comme celle entre le mouvement syndical, les autres mouvements sociaux et la masse des salari&#233;es non syndiqu&#233;es. L'action politique des syndicats se limite g&#233;n&#233;ralement &#224; des gestes symboliques d'appui &#224; des partis ou des candidates qui, en pratique, acceptent et m&#234;me promeuvent le n&#233;olib&#233;ralisme. Il y a, bien s&#251;r, des exceptions dans ce sombre tableau, mais elles sont rares. D'o&#249; la question pos&#233;e par David Camfield : existe-t-il encore aujourd'hui au Canada et au Qu&#233;bec un mouvement ouvrier ? &lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; partir d'une analyse du mouvement de la classe des salari&#233;es et de son d&#233;veloppement historique, David Camfield ausculte son &#233;tat actuel, caract&#233;ris&#233; par sa faiblesse et son incapacit&#233; &#224; am&#233;liorer de fa&#231;on importante les conditions de vie et de travail des salari&#233;es. De la structure de ses organisations &#224; ses activit&#233;s et &#224; son id&#233;ologie, le mouvement a besoin d'&#234;tre r&#233;invent&#233;. Il ne s'agit donc plus de r&#233;former le mouvement syndical, il faut aller plus loin. David Camfield propose une fa&#231;on novatrice d'atteindre cet objectif, offrant ainsi aux salari&#233;es, plus particuli&#232;rement aux syndicalistes, une r&#233;flexion salutaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sommaire&lt;br class='autobr' /&gt;
Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9654; Premi&#232;re partie : le mouvement ouvrier aujourd'hui &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Les syndicats et le milieu de travail. &#8226; Les activit&#233;s du syndicat au-del&#224; de la convention collective. &#8226; La vie interne des syndicats : leur organisation. &#8226; Les autres organisations de la classe ouvri&#232;re. &#8226; Une &#233;valuation du mouvement ouvrier d'aujourd'hui. &#8226; Les racines des probl&#232;mes d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#9654;	Deuxi&#232;me partie : Regarder vers l'avenir &lt;br class='autobr' /&gt; &#8226; Pourquoi r&#233;inventer le mouvement ouvrier ? &#8226; Comment r&#233;inventer le mouvement ouvrier ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226; Lectures et bibliographie &#8226; Concepts &#8226; Remerciements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'auteur&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;David Camfield est professeur agr&#233;g&#233; en &#171; Labour Studies &#187; &#224; l'Universit&#233; du Manitoba.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduit de l'anglais par Catherine Browne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parution : 12 mars 2014&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prix : 23,95 $ ; 264 pages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Format : 12,7 x 20,32 cm&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;ISBN : 978-2-923986-92-0&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Collection : Mouvements&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots cl&#233;s : Syndicalisme, mouvement ouvrier, crise, luttes, d&#233;faites, renouvellement, d&#233;mocratie syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;m.editeur@editionsm.info&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.editionsm.info/&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;www.editionsm.info/&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Personne ressource : Richard Poulin&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pas de raccourcis pour arriver &#224; une gauche renouvel&#233;e </title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Pas-de-raccourcis-pour-arriver-a-une-gauche-renouvelee</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Pas-de-raccourcis-pour-arriver-a-une-gauche-renouvelee</guid>
		<dc:date>2014-02-18T09:19:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2014-02-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans un r&#233;cent article sur Canadian Dimension, Derrick O'Keefe &#233;crit que : &#171; au-del&#224; de quelques organisations marginales et de petites publications, la gauche est absente. Du point de vue organisationnel elle n'existe tout simplement pas &#187;. &lt;br class='autobr' /&gt;
DAVID CAMFIELD, Canadian Dimension, 5 f&#233;vrier 2014, &lt;br class='autobr' /&gt;
Traduction, Alexandra Cyr &lt;br class='autobr' /&gt; Je suis d'accord avec lui. &#171; Cette absence est une vieille affaire &#187;. De fait nous vivons &#171; des temps lamentables &#187;. Nous devons prendre en compte cette importante (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-312-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2014-02-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2014-02-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH100/arton16654-55449.jpg?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='100' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans un r&#233;cent article sur Canadian Dimension, Derrick O'Keefe &#233;crit que : &#171; au-del&#224; de quelques organisations marginales et de petites publications, la gauche est absente. Du point de vue organisationnel elle n'existe tout simplement pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;DAVID CAMFIELD&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;David Camfield est membre de la r&#233;daction de New Socialist Webzine et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, Canadian Dimension, 5 f&#233;vrier 2014,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Traduction, Alexandra Cyr&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis d'accord avec lui. &#171; Cette absence est une vieille affaire &#187;. De fait nous vivons &#171; des temps lamentables &#187;. Nous devons prendre en compte cette importante r&#233;alit&#233; quand nous analysons la force de la gauche au Canada et au Qu&#233;bec. (Au Qu&#233;bec, la situation n'est pas aussi extr&#234;me). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le r&#233;veil d'un mouvement social est le meilleur outil pour renforcer la gauche. Selon moi, nous devrions diriger nos efforts en ce sens. Nous avons besoin &#224; la fois du mouvement social et des organisations politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il y a beaucoup de preuves que de nouvelles organisations politiques de gauche pourraient &#233;merger quand de puissantes exp&#233;riences de mobilisation sociale auront r&#233;ussi &#224; radicaliser un grand nombre de personnes, &#224; les inspirer, les engager, &#224; d&#233;velopper leurs habilet&#233;s et leur confiance en eux et dans le mouvement. C'est ce qu'un nombre croissant de personnes ont acquis en 2000-2002 dans la lutte pour la justice globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devrions penser la strat&#233;gie &#224; long terme et reconna&#238;tre qu'il n'y a pas de raccourcis pour arriver &#224; nos fins. Le meilleur espoir de renforcer ceux et celles qui veulent faire plus que de mettre le NPD au pouvoir, (d'autant plus que sa direction a clairement endoss&#233; le n&#233;o-lib&#233;ralisme), c'est d'entreprendre le patient travail d'organisation de la base dans les lieux de travail, sur les campus, dans les communaut&#233;s. C'est l&#224; qu'il faut semer les graines d'un futur mouvement de masse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu partout, il n'y a pas de v&#233;ritables mouvements. Au mieux, il y a de petites organisations dont l'objectif est b&#226;tir des mouvements. Pourtant le potentiel pour la construction de tels mouvements est bien pr&#233;sent. Nous sommes dans une p&#233;riode o&#249; la lutte pour la justice est n&#233;cessaire, o&#249; les Premi&#232;res Nations doivent d&#233;fendre leurs terres, o&#249; les non-indig&#232;nes doivent faire preuve de solidarit&#233;, o&#249; il faut mener des campagnes contre les politiques d'aust&#233;rit&#233; dont celle pour que Poste Canada ne mette pas fin &#224; la distribution du courrier de porte &#224; porte, o&#249; il y a &#224; faire dans tous les milieux de travail et dans les communaut&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;CertainEs vont nous accuser, Derrick et moi, de pessimisme. Ils et elles soutiendront par exemple que &#171; Le changement radical est impossible &#187;, &#171; Notre civilisation est d&#233;j&#224; perdue. Alors cessez de vous battre pour une soci&#233;t&#233; meilleure et pr&#233;parez-vous &#224; l'effondrement &#187;. C'est vraiment d&#233;mobilisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous devons absolument analyser notre conjoncture le plus intelligemment et le plus s&#233;rieusement possible m&#234;me si les conclusions ne sont pas excitantes. Il faut r&#233;sister &#224; la tentation de minimiser les probl&#232;mes de peur que nous, ou d'autres, succombent au d&#233;sespoir et d&#233;missionnent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut opposer une vision plus optimiste : &#171; Il n'y a jamais eu meilleur moment pour &#234;tre socialiste &#187;, &#171; La soci&#233;t&#233; est sur le fil du rasoir et la moindre &#233;tincelle peut d&#233;clencher la lutte &#187;, &#171; Les choses vont tellement mal qu'in&#233;vitablement les gens vont se lever et faire ce qui s'est fait en&#8230;.(choisissez le pays que vous voulez). Ce genre de discours pourrait motiver des gens et les lancer dans la lutte pour un certain temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arr&#234;ter sur cela au m&#233;pris des preuves contraires. Beaucoup ne mettrons pas longtemps &#224; comprendre que c'est faux. Malheureusement ils et elles se retireront et ne seront pas l&#224; pour construire de meilleures bases et poursuivre le combat. Une perspective que n'a que de faibles bases ne permettra pas quoique ce soit qui puisse rester fort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Heureusement, deux livres doivent &#234;tre &#233;dit&#233;s prochainement. 1- Celui d'Alan Sears, The Next New Left : A History of the Future. 2- Celui de Richard Seymour, Against Austerity : How We Can Fix the Crisis They Made. J'esp&#232;re que plusieurs liront ces livres et d'autres, discuteront sur la base de ces efforts pour r&#233;fl&#233;chir s&#233;rieusement aux probl&#232;mes auxquels nous sommes confront&#233;Es et pour nous projeter en avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est demain que la gauche canadienne se retrouvera forte. Ce que Sears nomme &#171; l'infrastructure de la dissidence &#187; est tr&#232;s faible ici m&#234;me si au Qu&#233;bec ce n'est aussi pire. Il faudra un mouvement r&#233;nov&#233; pour d&#233;passer cette situation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une telle conjoncture, nous devrions mettre dans nos priorit&#233;s les efforts &#224; faire pour construire le mouvement de protestation. Il faut aussi prendre en main l'&#233;ducation politique. C'est trop important pour la laisser aux acad&#233;micienNEs. Les radicaux devraient chercher de nouvelles opportunit&#233;s pour collaborer sur le terrain politique. Solidarity Halifax est un exemple en ce sens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;David Camfield est membre de la r&#233;daction de New Socialist Webzine et l'auteur de : Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Worker's Movement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les services publics canadiens pris d'assaut</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Les-services-publics-canadiens-pris-d-assaut</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Les-services-publics-canadiens-pris-d-assaut</guid>
		<dc:date>2012-06-12T08:36:06Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Politique canadienne</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2012-06-12</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; travers le Canada, on s'attaque aux services publics et aux emplois des travailleuses et travailleurs qui livrent ces services. Cet assaut provient de tous les niveaux de gouvernements et de tous les partis politiques, peu importe que les Conservateurs, les Lib&#233;raux ou le NPD soient au pouvoir. Les employeurs du secteur public &#8211; les services sociaux, les services de la sant&#233;, les biblioth&#232;ques et le milieu de l'&#233;ducation dans son ensemble &#8211; participent &#224; cette attaque. &lt;br class='autobr' /&gt; Tout cela n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Politique-64-" rel="directory"&gt;Politique&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Politique-canadienne-46-+" rel="tag"&gt;Politique canadienne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2012-06-12-+" rel="tag"&gt;Edition du 2012-06-12&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L150xH109/arton10650-ee7dc.png?1781048012' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='109' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; travers le Canada, on s'attaque aux services publics et aux emplois des travailleuses et travailleurs qui livrent ces services. Cet assaut provient de tous les niveaux de gouvernements et de tous les partis politiques, peu importe que les Conservateurs, les Lib&#233;raux ou le NPD soient au pouvoir. Les employeurs du secteur public &#8211; les services sociaux, les services de la sant&#233;, les biblioth&#232;ques et le milieu de l'&#233;ducation dans son ensemble &#8211; participent &#224; cette attaque.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Tout cela n'a rien nouveau &#8211; nous l'observons depuis bien des ann&#233;es. Ce qu'il y a de nouveau, c'est l'amplification de son intensit&#233;. Je vais souligner quelques batailles r&#233;centes dans cette guerre contre les services publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le gouvernement Harper a annonc&#233; que, dor&#233;navant, l'&#226;ge auquel nous pourrons retirer les prestations de la s&#233;curit&#233; de la vieillesse passera de 65 &#224; 67 ans. Cette mesure frappera donc les jeunes travailleuses et travailleurs et aussi les moins jeunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un grand nombre des personnes plus &#226;g&#233;s &#8211; surtout ceux et celles qui sont les moins bien r&#233;mun&#233;r&#233;s &#8211; seront oblig&#233;s de travailler deux ans de plus parce qu'ils ne pourront pas se permettre de prendre leur retraite avant de pouvoir retirer leurs prestations. Puisque les femmes et les personnes racis&#233;es sont surrepr&#233;sent&#233;s dans les cat&#233;gories d'emplois &#224; faible r&#233;mun&#233;ration, ils seront encore plus durement touch&#233;s par cette initiative. Repousser l'&#226;ge de la retraite est donc sexiste et raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;galement, cette mesure fait mal aux jeunes travailleuses et travailleurs. Comme certains travailleurs et travailleuses plus &#226;g&#233;s se verront dans l'obligation de repousser leur retraite, cela veut dire moins d'ouvertures d'emplois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assurance-emploi est aussi victime d'une offensive. Bien que tous les salari&#233;s contribuent &#224; financer l'assurance-emploi, seulement 40 % des ch&#244;meurs et ch&#244;meuses peuvent retirer des prestations. C'est d&#233;j&#224; une situation lamentable. Mais beaucoup de ch&#244;meuses et ch&#244;meurs sont pr&#233;sentement oblig&#233;s d'attendre plus longtemps avant de recevoir leur premier ch&#232;que. Pourquoi ? Parce que le gouvernement f&#233;d&#233;ral a coup&#233; des postes &#224; Services Canada. Il y a donc moins d'agents pour traiter les demandes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assurance maladie est &#233;galement attaqu&#233;e &#8211; une attaque sournoise. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral sait qu'il ne peut pas se d&#233;clarer ouvertement en faveur d'un syst&#232;me de sant&#233; priv&#233; de style am&#233;ricain, car trop de gens appuient le syst&#232;me de sant&#233; public. Plut&#244;t que d'attaquer ouvertement le syst&#232;me de sant&#233; public, le gouvernement le mine indirectement. Les Conservateurs refusent de s'engager &#224; long terme dans le financement de l'Accord des Soins de Sant&#233; de 2014 qui permettrait aux provinces de financer ad&#233;quatement leur syst&#232;me de sant&#233; public. Le gouvernement f&#233;d&#233;ral a plut&#244;t signal&#233; qu'ils n'emp&#234;cheraient pas les gouvernements provinciaux d'augmenter la participation du secteur priv&#233; dans le secteur de la sant&#233;. C'est clairement un feu vert aux provinces qui veulent accro&#238;tre le r&#244;le des entreprises motiv&#233;es par le profit au sein du syst&#232;me de sant&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lorsque le gouvernement n'assure pas un financement ad&#233;quat du syst&#232;me de sant&#233;, les gestionnaires des h&#244;pitaux font des coupures. Ils sous-traitent aux entreprises priv&#233;es des t&#226;ches essentielles comme le contr&#244;le des maladies infectieuses. Les employ&#233;s et employ&#233;es de ces entreprises, souvent sous-r&#233;mun&#233;r&#233;s et surcharg&#233;s, peuvent difficilement faire un aussi bon travail que les travailleurs et travailleuses du syst&#232;me de sant&#233; public. Quand le contr&#244;le des maladies infectieuses est donn&#233; en sous-traitance, le nombre de patients et patientes qui meurent de maladies contract&#233;es &#224; l'h&#244;pital augmente, comme l'a rapport&#233; un r&#233;cent reportage de la CBC. C'est aussi simple que &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; travers le Canada, les gouvernements provinciaux s'attaquent au syst&#232;me d'&#233;ducation. R&#233;cemment, en Colombie-Britannique, les Lib&#233;raux ont adopt&#233; le projet de loi 22 qui s'attaque &#224; la qualit&#233; de l'&#233;ducation. Cette loi &#233;limine presque la notion du &#171; nombre maximal &#187; d'&#233;l&#232;ves ainsi que la limite du nombre d'enfants &#171; &#224; besoins particuliers &#187; qu'on peut int&#233;grer dans une classe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines municipalit&#233;s participent aussi activement &#224; la guerre contre les services publics. Cela vaut la peine de s'attarder au cas de la ville de Toronto parce que son maire a fait monter les hostilit&#233;s &#224; un autre niveau. Il a tent&#233; de couper massivement dans les services municipaux. Heureusement, les membres de la communaut&#233; et les militantes et militants syndicaux se sont mobilis&#233;s pour contrer ces coupures et ils ont r&#233;ussi &#224; bloquer la plupart d'entre elles. Le nettoyage des rues et certains autres programmes ont &#233;t&#233; r&#233;duits et plus de mille travailleurs et travailleuses municipaux perdront leur emploi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, lorsqu'on coupe des emplois dans le secteur des services publics, les services publics en souffrent. On peut le voir avec les pertes d'emplois qui d&#233;coulent du plus r&#233;cent budget f&#233;d&#233;ral.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#192; titre d'exemple, pr&#232;s de 100 inspecteurs et inspectrices de l'Agence canadienne d'inspection des aliments ont &#233;t&#233; mis &#224; pied alors qu'ils n'&#233;taient d&#233;j&#224; pas en nombre suffisant. Cette agence est responsable d'assurer que les aliments que nous consommons soient s&#233;curitaires. &lt;br class='autobr' /&gt;
On peut voir que les attaques envers les services publics g&#233;n&#232;rent de graves cons&#233;quences et am&#232;nent une d&#233;t&#233;rioration de la qualit&#233; de vie du &#171; monde ordinaire &#187;, de la classe ouvri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce n'est pas tout. Avec la d&#233;t&#233;rioration des services publics, de plus en plus de gens auront tendance &#224; croire que les services publics sont sans importance, que le secteur priv&#233; est meilleur, plus efficace. De plus en plus de personnes vont adh&#233;rer &#224; l'id&#233;e que nous devons cesser d'envoyer nos enfants &#224; l'&#233;cole publique, que nous devons arr&#234;ter de recourir au syst&#232;me de sant&#233; public pour nous soigner. Toujours plus de gens vont accepter l'id&#233;e que nous ne m&#233;ritons pas les services publics. En d'autres mots, quand le gouvernement affaiblit les services publics, cela laisse croire &#224; la population que nous devrions tous nous tourner vers les entreprises &#224; but lucratif pour nos soins m&#233;dicaux, pour notre &#233;ducation et pour voir &#224; notre s&#233;curit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est exactement ce que les forces politiques de la droite, celles qui dirigent ces attaques, voudraient nous faire croire. Les politiciens de droite, les organisations patronales comme le Conseil canadien des chefs d'entreprise et les capitalistes servent tous les m&#234;mes int&#233;r&#234;ts : ils veulent affaiblir les services publics et miner leurs appuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi ? Pour trois raisons. Premi&#232;rement, ils veulent ouvrir le secteur public &#224; l'entreprise priv&#233;e. Ils veulent qu'un plus grand nombre d'entreprises puisse faire des profits en offrant des services qui &#233;taient auparavant dispens&#233;s par le secteur public. Ils recherchent donc plus de privatisation et de sous-traitance.&lt;br class='autobr' /&gt;
Deuxi&#232;mement, par principe, ils n'aiment pas les services publics parce qu'ils sont convaincus que les individus devraient payer de leur poche tous les biens et services qu'ils consomment. Ils n'appr&#233;cient pas que n'importe qui puisse avoir acc&#232;s &#224; des soins de sant&#233; ou une &#233;ducation de qualit&#233;, peu importe son revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;mement, ils n&#8216;aiment pas non plus que les travailleuses et travailleurs du secteur public soient majoritairement syndiqu&#233;s. Ils savent tr&#232;s bien que les syndicats du secteur public constituent un obstacle &#224; leur programme visant l'affaiblissement des services publics et l'accroissement des profits et du pouvoir des corporations, qui ont d&#233;j&#224; trop de pouvoir dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est donc pas surprenant de constater que les attaques envers les syndicats du secteur public au Canada sont en progression. Voici trois exemples pertinents :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le gouvernement lib&#233;ral de l'Ontario a retir&#233; le droit de gr&#232;ve aux m&#233;caniciens, chauffeurs et autres employ&#233;s de la Soci&#233;t&#233; de transport de Toronto &#224; la demande du &#171; tr&#232;s &#224; droite &#187; maire Ford. Il s'agit l&#224; d'une attaque significative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours, l'ann&#233;e derni&#232;re, le Syndicat des travailleurs et travailleuses des Postes, d'abord mis en lock-out, a &#233;t&#233; frapp&#233; d'une loi for&#231;ant le retour au travail par le gouvernement f&#233;d&#233;ral. Cette l&#233;gislation a impos&#233; un r&#232;glement salarial en de&#231;&#224; de la derni&#232;re offre de l'employeur ! Cette loi a &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;e de mani&#232;re &#224; s'assurer que le m&#233;diateur favorisera un r&#232;glement &#224; l'avantage de l'employeur sur plusieurs autres sujets &#224; n&#233;gocier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Colombie Britannique, la loi 22, que j'ai mentionn&#233;e plus t&#244;t, n'attaque pas seulement la qualit&#233; de l'&#233;ducation. Elle constitue aussi une frappe directe envers le syndicat des enseignantes et enseignants de cette province. On y a suspendu le droit &#224; la n&#233;gociation collective. Cette loi emp&#234;che toute augmentation de salaire et toute augmentation dans le co&#251;t des avantages sociaux. Elle impose des concessions importantes vis-&#224;-vis les droits d'anciennet&#233; et certains reculs en regard d'autres droits syndicaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet de cette guerre contre les syndicats du secteur public au Canada, c'est aussi n&#233;cessaire de noter qu'il y a une campagne majeure de salissage &#224; l'endroit des gens qui y travaillent. Les organisations patronales, les politiciens de droite et les m&#233;dias travaillent fort pour d&#233;peindre les travailleuses et travailleurs du secteur public comme des &#234;tres paresseux, surpay&#233;s, avides de gains mon&#233;taires et b&#233;n&#233;ficiant de droits et d'avantages qu'ils ne m&#233;ritent pas. Cette campagne de salissage sert, entre autres, &#224; opposer les travailleurs et travailleuses du secteur priv&#233; &#224; ceux du secteur public. L'objectif est de faciliter la t&#226;che aux gouvernements et aux patrons qui veulent couper dans les services publics, d&#233;valoriser et rendre plus difficiles les emplois de ce secteur et affaiblir les syndicats du secteur public qui forment une majorit&#233; dans le mouvement syndical.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En terminant, quelques mots au sujet de la r&#233;sistance qui s'organise face &#224; ces attaques envers les services publics. Il y a certainement de l'opposition devant ce qui se passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Toronto, la campagne &#171; Stoppons les coupures &#187; a mobilis&#233; un grand nombre de gens de plusieurs quartiers dans un mouvement populaire contre les coupures impos&#233;es aux services municipaux et aux emplois par le maire Ford. Ce mouvement demandait l'annulation des coupures et, au contraire, l'augmentation des services et des taxes aux entreprises en plus d'un contr&#244;le plus strict du &#171; stratosph&#233;rique budget du service de police &#187;. Plusieurs autres organisations torontoises se sont aussi oppos&#233;es aux coupures. Cette mobilisation &#233;nergique a eu de l'impact aupr&#232;s du conseil municipal de Toronto : la majorit&#233; des propositions visant les coupures ont &#233;t&#233; abandonn&#233;es, du moins pour l'instant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s que l'Ontario eut retir&#233; le droit de gr&#232;ve aux travailleurs et travailleuses de la Soci&#233;t&#233; de transport de Toronto, Gord Wilson, ex-pr&#233;sident de la F&#233;d&#233;ration du travail d'Ontario, a &#233;crit ces sages conseils.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; L'assaut men&#233; envers les travailleurs et travailleuses par les entreprises et les puissants ne se terminera pas en une nuit. Et notre r&#233;ponse non plus ! Nous devons nous pr&#233;parer &#224; un conflit long et difficile, et nous devons commencer d&#232;s maintenant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, &#224; vrai dire, la r&#233;sistance face cet assaut envers le secteur public a &#233;t&#233; beaucoup moins importante que ce qui aurait &#233;t&#233; n&#233;cessaire pour qu'on puisse le ralentir et encore moins l'arr&#234;ter. Trop souvent, les gens ont fait l'erreur de penser que les arguments logiques qui vantent les m&#233;rites des services publics seront &#224; eux seuls suffisants pour stopper cet assaut. Les meilleurs arguments du monde ne convaincront ni les politiciens de droite ni les capitalistes qui b&#233;n&#233;ficient de l'affaiblissement des services publics.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, la d&#233;fense des services publics n&#233;cessitera davantage que quelques journ&#233;es de manifestations. Pour repousser cet assaut, les syndicats et les organismes communautaires devront s'unir et organiser des campagnes de r&#233;sistance militante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'extraordinaire d&#233;termination et la solidarit&#233; que nous avons observ&#233;es chez les &#233;tudiantes et &#233;tudiants qu&#233;b&#233;cois dans leur lutte pour d&#233;fendre l'accessibilit&#233; aux &#233;tudes universitaires et contre la loi 78 inspireront peut-&#234;tre les gens du Canada lors des batailles &#224; venir,je l'esp&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un mouvement en difficult&#233; et une perspective de changement</title>
		<link>https://www.pressegauche.org/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.pressegauche.org/Un-mouvement-en-difficulte-et-une-perspective-de-changement</guid>
		<dc:date>2011-01-18T08:37:22Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>David Camfield</dc:creator>


		<dc:subject>Canada</dc:subject>
		<dc:subject>Syndicalisme</dc:subject>
		<dc:subject>Edition du 2011-01-18</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/-Monde-du-travail-et-syndicalisme-" rel="directory"&gt;Monde du travail et syndicalisme&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Canada-17-+" rel="tag"&gt;Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Syndicalisme-+" rel="tag"&gt;Syndicalisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.pressegauche.org/+-Edition-du-2011-01-18-+" rel="tag"&gt;Edition du 2011-01-18&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.pressegauche.org/local/cache-vignettes/L100xH150/arton6302-02bef.png?1781048013' class='spip_logo spip_logo_right' width='100' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Les syndicats dans l'&#201;tat canadien sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements canadien ou provinciaux qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale. En automne 2010 des millions de travailleurs des secteurs priv&#233; et public en France ainsi que des &#233;tudiants sont sortis dans la rue, ont d&#233;bray&#233; et ont bloqu&#233; des routes et l'entr&#233;e &#224; des raffineries de p&#233;trole.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'enjeu central de ce mouvement populaire, qui a dur&#233; plusieurs semaines, &#233;tait l'attaque du gouvernement du pr&#233;sident Nicolas Sarkozy contre le syst&#232;me public de pensions de retraite. En m&#234;me temps, c'&#233;tait aussi une protestation contre les politiques injustes d'un gouvernement dirig&#233; par le &#171; pr&#233;sident des riches. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant des semaines, les directions des diverses centrales syndicales sont rest&#233;es unies en appui des protestations de masse. De nombreux militants de la base et les &#233;lus syndicaux les plus militants ont tent&#233; d'&#233;tendre et d'intensifier l'action directe. Les manifestations et les gr&#232;ves n'ont pas r&#233;ussi &#224; arr&#234;ter l'attaque contre les retraites. Mais le r&#233;sultat n'&#233;tait pas non plus une d&#233;faite, parce que le mouvement a beaucoup nui au gouvernement, tout en renfor&#231;ant le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contraste avec le mouvement ouvrier au Canada et le Qu&#233;bec est frappant. Les syndicats ici sont en difficult&#233;. Il n'y a aucun signe que les syndicats soient capables de construire un mouvement de masse pour s'opposer aux gouvernements qui font payer aux gens ordinaires les frais de la crise &#233;conomique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le nombre de travailleurs syndiqu&#233;s ne diminue pas et que la baisse du taux de syndicalisation a &#233;t&#233; lente ces derni&#232;res ann&#233;es. La situation n'est pas aussi grave qu'aux &#201;tats-Unis, o&#249; le nombre de syndiqu&#233;s et la densit&#233; syndicale sont en baisse depuis des ann&#233;es. Au Canada, les institutions syndicales sont rest&#233;es g&#233;n&#233;ralement stables, m&#234;me si certains syndicats ont perdu un nombre important de membres et donc du revenu. (Par exemple, entre 2005 et 2009, les mises &#224; pieds ont fait perdre aux TCA 40,000 de leurs 265,000 membres.) Cette stabilit&#233; relative a contribu&#233; &#224; aveugler certains secteurs du mouvement quant &#224; la situation r&#233;elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des signes de d&#233;gradation &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le nombre de membres et la densit&#233; ne se traduisent pas n&#233;cessairement en dynamisme et en puissance. Plus inqui&#233;tants que la lente &#233;rosion du taux de syndicalisation sont les signes qui les travailleurs ont de plus en plus de difficult&#233; &#224; se servir des syndicats comme organisations pour la promotion de leurs int&#233;r&#234;ts collectifs. (J'&#233;cris qu'ils ont &#171; plus de difficult&#233; &#187; parce qu'ils ont d&#251; affronter des difficult&#233;s importantes sur ce front depuis les ann&#233;es 1940, quand les luttes ouvri&#232;res ont gagn&#233; de nouveaux droits pour les syndicats, mais accompagn&#233;s de nouvelles restrictions sur l'activit&#233; syndicale.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Le mouvement est de plus en plus repli&#233; sur lui-m&#234;me, de sorte que l'action se r&#233;duit &#224; du lobbying, &#187; dit un initi&#233; du monde syndical. La bureaucratie syndicale (les &#233;lus et les fonctionnaires) est souvent pr&#233;occup&#233;e de la d&#233;fense des syndicats comme institutions. Un fonctionnaire du Syndicat des employ&#233;s d'h&#244;pital s'est exprim&#233; de la mani&#232;re suivante : &#171; Il me semble qu'il y a vraiment un manque de solidarit&#233; et de tout int&#233;r&#234;t &#224; repr&#233;senter les travailleurs et la classe ouvri&#232;re par opposition &#224; la lutte pour la survie de l'organisation. Ainsi, je vois souvent que la priorit&#233; est la survie du syndicat comme organisation au lieu du renforcement des droits des travailleurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela a de nombreuses r&#233;percussions n&#233;gatives. Ainsi, les syndicats font encore moins d'attention &#224; ce que vivent la plupart non-syndiqu&#233;s salari&#233;s. Environ 20 % des hommes et 32 % des femmes, classifi&#233;s comme employ&#233;s par Statistiques Canada, n'ont pas d'emplois permanents et &#224; temps plein. Mais ces chiffres sous-estiment le probl&#232;me parce que certains des classifi&#233;s comme &#171; autonomes &#187; sont en r&#233;alit&#233; des travailleurs. Certains dirigeants syndicaux expriment du bout des l&#232;vres une inqui&#233;tude au sujet des travailleurs pr&#233;caires, mais l'action suit rarement. Seulement 23% des travailleurs &#224; temps partiel sont syndiqu&#233;s, comparativement &#224; 31 % des salari&#233;s &#224; temps plein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs de couleur sont nettement sous-repr&#233;sent&#233;s dans les syndiqu&#233;s, cela &#224; un moment o&#249; la part des salari&#233;s qui subissent le racisme est plus grande que jamais. Cela a &#233;largi l'&#233;cart entre les parties syndiqu&#233;es et non syndiqu&#233;es de la classe ouvri&#232;re. Il en va de m&#234;me pour le d&#233;clin &#224; 16% de la densit&#233; syndicale du secteur priv&#233; qui emploie la plupart des travailleurs. La pr&#233;dominance de travailleurs plus &#226;g&#233;s dans les syndicats a &#233;galement &#233;largi la distance entre de nombreux travailleurs et leurs syndicats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un patronat de plus en plus coriace, la plupart des dirigeants syndicaux ont fini par accepter les concessions comme in&#233;vitables, au lieu des les voir comme r&#233;pugnantes et &#224; r&#233;sister tant que possible. Cela a un impact important. Comme l'a dit Bruce Allen, vice-pr&#233;sident de la section locale 199 des TCA, &#171; les travailleurs n'ont pas cr&#233;&#233; les syndicats pour reculer &#187;, mais &#171; pour d&#233;fendre leur dignit&#233;, leurs gains et pour avancer quand c'est possible. &#187; L'attrait des syndicats baisse lorsqu'ils font des concessions sans r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un probl&#232;me connexe est que les dirigeants syndicaux, soucieux &#224; faire accepter les concessions par leurs membres, sont tent&#233;s &#224; miner la d&#233;mocratie syndicale pour que les travailleurs ent&#233;rinent la &#171; bonne &#187; d&#233;cision. La d&#233;mocratie syndicale a, par cons&#233;quent, souffert ces derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre signe inqui&#233;tant est la tendance des syndicats &#224; appuyer n'importe quelle force politique qui semble repr&#233;senter un &#171; moindre mal &#187;. Il en r&#233;sulte souvent un appui acritique aux partis (comme les Lib&#233;raux, le NPD dans certaines provinces, le PQ et le BQ au Qu&#233;bec) et &#224; des candidats (comme l'ancien maire de Toronto David Miller) qui jouissent de l'appui du patronat. L'action politique des syndicats cherche rarement &#224; renforcer la classe ouvri&#232;re comme force ind&#233;pendante pour la transformation de la soci&#233;t&#233;. Cette norme minimale de soutien au &#171; moindre mal &#187; a sa contrepartie dans la faible confiance des travailleurs en la capacit&#233; des syndicats de n&#233;gocier des gains. Les deux ph&#233;nom&#232;nes montrent jusqu'&#224; quel point les expectations des travailleurs ont &#233;t&#233; r&#233;duites par trois d&#233;cennies d'offensive patronale et gouvernementale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure o&#249; la bureaucratie syndicale s'est repli&#233;e, sur elle-m&#234;me, les divisions entre elle et les militants des mouvements de justice sociale se sont approfondis. C'&#233;tait &#233;vident lors de la mobilisation contre le sommet du G-20 &#224; Toronto en juin 2010, notamment quand Ken Georgetti, pr&#233;sident de CTC, s'est empress&#233; &#224; condamner les attaques contre la propri&#233;t&#233; de la part de certains manifestants, tandis que le CTC a temp&#233;r&#233; sa critique de l'arrestation de quelques 1100 personnes et n'a pas contest&#233; les efforts de l'&#201;tat de criminaliser la dissidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prises dans leur ensemble, ces tendances font preuve d'un processus de d&#233;gradation des syndicats comme organisations du mouvement ouvrier. Ce processus est in&#233;gal, mais quand m&#234;me r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela est important pour deux simples raisons. D'abord, les travailleurs salari&#233;s et &#171; autonomes &#187; font face aujourd'hui par &#224; patronat et &#224; des gouvernements qui sont plus d&#233;cid&#233;s que jamais &#224; renforcer les profits et le pouvoir des entreprises. Tout ce que les travailleurs ont pr&#233;sentement pour se d&#233;fendre contre cette menace ce sont les syndicats et de beaucoup plus petites organisations communautaires. Deuxi&#232;mement, ce sont les seules organisations existantes qui offrent aux travailleurs une possibilit&#233; quelconque de changer la soci&#233;t&#233; dans le sens de leurs besoins et de leurs int&#233;r&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel type de changement ? &lt;/strong&gt; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment, alors, le mouvement ouvrier doit-il changer ? Ceux qui aimeraient que nos organisations ouvri&#232;res mobilisent comme ont fait ceux de la France en automne 2010 doivent viser des changements du genre suivant :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; Plus de d&#233;mocratie&lt;/i&gt;. Si les membres ne contr&#244;lent pas leurs propres syndicats et leurs autres organisations, celles-ci vont tomber sous l'influence d'autrui &#8211; des fonctionnaires syndicaux, ou pire encore, des patrons. La puissance des organisations ouvri&#232;res, ont fait valoir Mike Parker et Martha Gruelle, &#034;r&#233;side dans la participation des membres, et cela prend la d&#233;mocratie pour que les membres d&#233;sirent s'engager.&#034; Dans une organisation d&#233;mocratique les travailleurs acqui&#232;rent de nouvelles comp&#233;tences et renforcent leur la confiance en eux-m&#234;mes. Cela les encourage &#224; se servir de leur pouvoir collectif. Une culture organisationnelle qui incite les membres &#224; s'exprimer, &#224; poser des questions difficiles et &#224; d&#233;battre de mani&#232;re respectueuse est essentielle pour le mouvement. Les erreurs sont in&#233;vitables, mais dans une organisation d&#233;mocratique les membres peuvent apprendre de leurs erreurs et apporter des modifications. Le titre du livre de Gruelle et Parker sur le renouveau des syndicats fait mouche : la d&#233;mocratie est le pouvoir .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus de militants&lt;/i&gt;. Pour que le mouvement se renforce, il faut impliquer plus de monde. Fernando Gapasin, qui milite dans les mouvements populaires aux &#201;tats-Unis depuis de nombreuses ann&#233;es, soutient qu'il y a deux cl&#233;s &#224; la mobilisation : les gens doivent &#234;tre convaincus de la n&#233;cessit&#233; de changer les choses ; et ils doivent croire que leur action contribuera au r&#233;sultat souhait&#233;. Des militants efficaces sont des organisateurs qui peuvent apprendre &#224; organiser des autres. Ils &#171; comprennent que la mobilisation se fait une personne &#224; la fois. Il s'agit d'organiser les gens pour qu'ils organisent d'autres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De meilleurs militants&lt;/i&gt;. Le plus souvent la formation syndicale est consacr&#233;e au traitement des griefs, aux cas d'arbitrage, &#224; la n&#233;gociation. Mais les activistes, qu'ils militent dans les syndicats ou dans d'autres organisations populaires, ont besoin de plus que cela. Les militants de la base doivent &#234;tre capables de penser et d'agir de mani&#232;re ind&#233;pendante. Ce dont les militants ont besoin pour mobiliser d&#233;mocratiquement les gens ne peut s'apprendre en tr&#232;s grande partie que par l'exp&#233;rience concr&#232;te, par essais et erreurs. Les le&#231;ons apprises dans les luttes doivent &#234;tre partag&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il y a aussi beaucoup de choses qui ne s'apprennent pas seulement par l'exp&#233;rience personnelle (ou qui s'apprennent avec beaucoup de difficult&#233;), y compris les rouages du syst&#232;me capitaliste, les desseins des employeurs et des gouvernements, les diverses formes d'oppression et l'histoire du mouvement. Tout cela demande une formation diff&#233;rente de ce qu'offrent la plupart de programmes de formation syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Du leadership qui &#233;mane de la base et qui refl&#232;te la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. La couche militante dans les lieux de travail et dans les communaut&#233;s devrait &#234;tre aussi vari&#233;e en termes de genre, d'identit&#233; ethnoraciale, de sexualit&#233; et de profession que la classe ouvri&#232;re elle-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'action&lt;/i&gt;. Les m&#233;thodes militantes sont actives et offensives, comme les gr&#232;ves tenaces, les occupations et les autres formes d'action directe. Le militantisme ne veut pas dire la violence - contrairement &#224; ce que nous disent les m&#233;dias propatronaux. Il s'agit de l'emploi de moyens qui permettent d'atteindre les buts. Le radicalisme, par contre, porte sur les fins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus radicalisme&lt;/i&gt;. Sam Gindin a dit : &#034;L'adversaire s'est rendu compte que &#8230; les choix sont polaris&#233;s : pour d&#233;fendre leurs privil&#232;ges, ils ont conclu qu'il faut &#234;tre plus radical. Nous devons apprendre la m&#234;me le&#231;on radicale, mais, &#233;videmment, de notre propre perspective.&#034; &#202;tre radical ne signifie pas recourir &#224; la violence ou tomber dans l'irrationnel. Il s'agit d'identifier les causes profondes des probl&#232;mes et d'oeuvrer pour des changements fondamentaux dans l'organisation de la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plus d'ind&#233;pendance&lt;/i&gt;. Il faut que les travailleurs comprennent que leurs int&#233;r&#234;ts et ceux de la classe dominante sont fondamentalement antagoniques. Il s'ensuit que les organisations ouvri&#232;res doivent essayer d'&#234;tre aussi ind&#233;pendantes que possible des patrons, du syst&#232;me juridique et des partis politiques existants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Un engagement envers la mobilisation et l'organisation de l'ensemble de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt;. Comme l'a dit Winnie Ng, &#171; nous ne pouvons pas permettre que la division artificielle entre syndiqu&#233;s et non-syndiqu&#233;s nous emp&#234;che de concevoir et de reconstruire une communaut&#233; o&#249; personne ne se d&#233;fendrait seul : [il faut] un mouvement d'espoir, de justice et de solidarit&#233; &#034;. On ne peut pas se concentrer &#233;troitement sur son propre syndicat, sur les travailleurs syndiqu&#233;s, sur les salari&#233;s &#224; faible revenu, ou sur toute section particuli&#232;re de la classe ouvri&#232;re. Cette classe est large, diverse et fragment&#233;e. Le but devrait &#234;tre la cr&#233;ation d'un mouvement de tous les travailleurs et pour tous les travailleurs. Cela ne peut se faire par les seuls syndicats. Il est essentiel que les syndicats soutiennent et collaborent avec les organisations communautaires, y compris les centres de travailleurs dont la priorit&#233; est les salari&#233;s au bas de l'&#233;chelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Une solidarit&#233; plus profonde et plus englobante&lt;/i&gt;. Puisque la classe ouvri&#232;re est divis&#233;e de nombreuses mani&#232;res, la solidarit&#233; doit &#234;tre activement construite. La vieille devise syndicale &#171; un mal fait &#224; un est un mal fait &#224; tous &#187; doit cesser d'&#234;tre de la simple rh&#233;torique. Certaines des divisions proviennent principalement de la fa&#231;on dont l'emploi est structur&#233;. Un exemple est la division entre secteurs public et priv&#233;. D'autres divisions sont li&#233;es au racisme, au sexisme et aux autres formes d'oppression. Les travailleurs qui appartiennent &#224; des groupes de la soci&#233;t&#233; qui sont privil&#233;gi&#233;s ont une responsabilit&#233; particuli&#232;re &#224; tendre la main de la solidarit&#233; aux autres. Par exemple, les travailleurs blancs ne souffrent pas de racisme. Pour construire l'unit&#233; entre les travailleurs blancs et ceux qui sont directement touch&#233;s par le racisme, les premiers doivent se former au sujet du racisme et le combattre. Pour construire la solidarit&#233;, il faut aussi que les syndiqu&#233;s soutiennent les luttes pour la justice sociale des gens qui ne sont pas organis&#233;s consciemment en tant que travailleurs (m&#234;me si la plupart d'entre eux font probablement partie de la classe ouvri&#232;re). De tels exemples sont les campagnes pour r&#233;duire les &#233;missions de gaz &#224; effet de serre, pour finir avec la violence faite aux femmes, pour gagner le statut de r&#233;sident permanent pour les immigrants sans statut. La solidarit&#233; doit aussi s'&#233;tendre aux luttes contre l'oppression par des gens qui ne font pas partie de la classe ouvri&#232;re - par exemple, les autochtones qui d&#233;fendent leurs terres ancestrales contre l'empi&#233;tement par les entreprises. Enfin, la solidarit&#233; doit aussi &#234;tre internationale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'ensemble de ces changements signifie plus que le renouveau du mouvement ouvrier. Il s'agit de r&#233;inventer le mouvement ouvrier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu de gens, m&#234;me sur la gauche, endossent pr&#233;sentement un tel objectif. Mais ceux d'entre nous qui le font doivent se mettre &#224; discuter s&#233;rieusement de l'&#233;tat du mouvement et de comment contribuer, m&#234;me par des gestes modestes, &#224; sa r&#233;invention. Il est crucial que nos efforts partent de la fa&#231;on dont les travailleurs s'organisent et r&#233;sistent aujourd'hui, et non pas de la vision d'un autre de mouvement, tel qu'esquiss&#233; ci-dessus. De petits pas pris par des radicaux qui travaillent ensemble avec des autres qui veulent lutter de mani&#232;re plus efficace ont plus de potentiel que des initiatives radicales isol&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article est bas&#233; sur le livre de l'auteur de Canadian Labour in Crisis : Reinventing the Workers Movement, &#224; paraitre en 2011.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;(traduit par David Mandel)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
